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  • L’héritage d’Hermocrate

    « Le Timée posa la question et le Critias commença le récit.
    L’Hermocrate ne fut jamais écrit parce qu’aucun homme ne connaissait la suite.
    Elle n’appartenait pas à Platon. Elle m’appartenait. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Les Poïnts Infïnï et ZérÔ indiquent l’alpha et l’oméga ;
    Cette origine où tout commence et cette limite hors du temps.
    Aucun savant, fût-il héros, aucun dieu, fût-il renégat,
    N’en arrachera la clémence ni même la chance du débutant.

    Hermocrate fut le savant qui dénombra les trous de ver ;
    Ceux qui plient l’espace-temps-matière et la lumière définis
    Et la Mantisse dorénavant pliant les lois de l’univers ;
    La seule et ultime frontière pour atteindre le Poïnt Infïnï.

    Il eut des péchés de jeunesse : Licornes, centaures et dodos
    Qui étaient des enfantillages procréés génétiquement,
    Avec sirènes et faunesses dévergondées, grosso modo.
    Thétïs en permit le voyage car Cristïäs y était clément.

    On a localisé Cristïäs ! Cette nouvelle est fantastique
    Et met Thétïs tout en émoi pour rejoindre son fils adventice.
    Il s’est échoué sur Thestïäs mais il y a un souci drastique :
    La planète est depuis des mois inaccessible à la Mantisse.

    Seule la Terre est accessible ; Thétïs y bâtit en secret
    Une demeure dont le sous-sol abrite un hub pour la Mantisse.
    Il reste à tenter l’impossible : laisser le message sacré
    Afin qu’il serve de boussole à Cristïäs comme une notice.

    Thétïs mettra un point d’honneur à élever elle-même sa fille
    Et lui donner l’éducation qui offre les meilleurs bagages.
    La médecine fait le bonheur dont la princesse s’émoustille
    Et sa seule préoccupation en écartant tout mariage.

    Et Nérätïs dépassera les limites de la médecine
    En lui associant le savoir qu’elle a obtenu de Thétïs
    Son officine amassera les potions les plus assassines
    Qu’elle extraira pour concevoir la pharmacopée d’Atlantïs.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • De l’Atlantide à Atlantïs

    « Voici l’histoire que l’humanité croit connaître.

    L’Atlantide aurait disparu mais moi seule peux révéler comment, sous les eaux et hors du monde, elle devint Atlantïs. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    L’Atlantide, glorieuse cité légendaire et énigmatique,
    Qui aurait été érigée par notre précédente race,
    N’a pas eu la capacité d’obvier au chaos climatique
    Qui l’a totalement submergée sans en laisser la moindre trace.

    Une centaine de rescapés tentèrent de conquérir des terres
    Mais celles-ci étaient habitées par des barbares innombrables.
    Leurs forces étaient handicapées et leur nombre trop déficitaire
    Pour espérer cohabiter avec des voisins redoutables.

    Or leur savoir avait déjà franchi les confins de l’espace
    Bien au-delà de l’infini des frontières de l’univers.
    Et leur science avantagea la maîtrise de l’hyperespace
    Par la « Mantisse » définie pour commander aux trous de ver.

    L’exode fut organisé avec la Mantisse royale ;
    Tous les vaisseaux synchronisés à celle qui connaît l’azimut.
    Mais une erreur mécanisée se montra alors déloyale
    Envers Cristïäs, tétanisé par l’énergie qui se transmute.

    Lorsque la reine découvrit la perte cruelle de son fils
    Elle en fut tant désespérée que rien ne put la consoler.
    Pour s’en souvenir, elle ouvrit des jardins et des édifices
    Qu’il désirait voir prospérer sur la planète désolée.

    Rien n’était trop beau pour Thétïs à la mémoire de son fils
    Et la planète devint jardins, forêts et plages aménagés.
    Elle transforma donc Atlantïs, a contrario du sacrifice,
    En Éden où ses citadins jouirent des sites paysagés.

    La reine raya les positions de tous les chemins définis
    Pour que la route d’Atlantïs ne puisse être connue de personne.
    Nul n’a de prédisposition pour trouver le « Poïnt Infïnï » ;
    Nul ne conquiert jamais Thétïs ; elle choisit à qui elle se donne.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • En robe blanche

    En robe blanche

    Cette fameuse robe blanche promise au sein du Paradis
    N’est pas de tissu mais de peau, de corps et de chair féminine
    Dont les seins tombent en avalanche de laitance ragaillardie
    Afin de nourrir le troupeau des enfançons qui prédominent.

    Ceux qui refusent la robe blanche – car tout le monde peut choisir –
    Deviennent tous ces diablotins écervelés, sans volonté
    Qui reviendront vivre une tranche de vie où ils pourront moisir,
    Les pieds plantés dans le crottin de ce qu’ils auront fomenté.

    J’ai réfléchi sans hésiter et j’ai revêtu cette robe
    Bombant la poitrine flageolante dans deux mamelles ballottantes.
    Dodue mais sans obésité, je vis une existence probe,
    Subissant la soif insolente de mille bouches glougloutantes.

    Illustration de James Martin sur https:www.facebook.comjamesmartinstudio .

  • La Côte d’Opale

    La Côte d’Opale

    Le soleil se décline en une robe d’or,
    Sur le sable si fin où le souffle s’endort.
    L’écume blanche danse au rythme journalier
    Qui berce doucement le repos des voiliers.

    Tes clichés me capturent cet instant suspendu,
    Où tout l’azur du ciel dans la mer s’est fondu.
    On écouterait presque le cri des goélands
    Et le murmure doux des vagues s’en allant.

    Cheminons côte à côte sur le bord de ce monde
    Où chaque marée basse en découvertes abonde.
    Merci pour ce voyage, au crépuscule hardi
    Dans l’éclat d’une image qui fixe ce mardi.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La science de Thétïs

    « La feuille recueille la vive lumière quand commence la photosynthèse ;
    Au cœur de cette transformation, elle absorbe le gaz carbonique.
    Puis transforme ainsi la matière en parfaite et vivante synthèse ;
    Elle nourrit la respiration et fait naître le sucre organique. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je connais le secret des plantes car je respecte ce qu’elles taisent ;
    Je distingue celles qui nourrissent, celles qui troublent et celles qui tuent.
    Celles qui sont basses, celles qui supplantent pour une meilleure photosynthèse,
    Celles qui soignent et celles qui guérissent, en pot, en serre ou in situ.

    Avant de toucher à la feuille, il faut apprendre à l’observer ;
    Sa forme, ses nervures et sa tige nous révèlent un premier secret.
    Sa fleur ne promet nul accueil tant qu’on ne sait pas préserver
    Son nom ; la plante alors fustige l’auteur d’un pillage indiscret.

    Chaque plante est toujours innocente même quand elle sait donner la mort ;
    C’est la dose qui fait sa puissance selon sa phase de floraison.
    La fleur peut se montrer clémente ou empoisonner sans remords
    Et sa plus infime substance peut aussi troubler la raison.

    Mais je ne veux pas être réduite au rang de simple empoisonneuse.
    Car le remède et le poison ont bien souvent la même racine.
    Et la moindre erreur introduite malgré la main précautionneuse
    Peut donner des troubles à foison avec mille fièvres assassines.

    La jeune racine vit en silence près du champignon du terrain ;
    Le champignon, force bienfaitrice, lui transmet l’offrande nourricière.
    Leur souterraine et belle alliance forme un vaste réseau souterrain
    Et la plante, en mère protectrice, rend son complice bénéficiaire.

    Il existe aussi l’intention d’agir pour le bien ou le mal ;
    C’est ton choix qui appelle la plante et l’alignera sur ton cœur.
    Voilà qui réclame attention, un sens infinitésimal
    Que mon école en toi implante pour que l’ÏÄMÔURÏÄ soit vainqueur.

    Les plantes ont un très grand secret, c’est leur éternelle renaissance ;
    Elles changent la mort en semences pour que la vie reste éternelle
    Car dans le sol, tout se recrée, grâce au fruit de la connaissance
    Donné pour que tout recommence et la mort n’est que ritournelle. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Thétïs nue

    « Je ne crains pas d’être nue. Je crains seulement que l’on confonde ce que je consens à dévoiler avec ce que l’on aurait le droit de raconter.

    Mon corps, mon cœur et mes secrets n’obéissent qu’à une seule souveraineté : la mienne.

    Une reine peut s’offrir sans jamais appartenir. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Alors je t’ouvrirai mon cœur si tu respectes sa nudité ;
    Je te livrerai mes secrets si tu me dévoiles les tiens
    Et si nous en sortons vainqueurs, ensemble à l’unanimité.
    Enfin notre pacte est sacré : sa révélation m’appartient !

    Trop longtemps j’ai gardé secrète une grande attirance envers toi ;
    D’abord par pure loyauté envers les LLyrïädes fondatrices,
    Ensuite, j’ai su rester discrète, parce que tu étais loin de moi ;
    Pourtant malgré ma royauté, j’étais une femme adoratrice.

    Je ne veux remplacer personne mais je voudrais pouvoir t’aimer !
    La Sapphôrïä nous le permet – Yanimïä me l’a confirmé –
    Mais je ne suis ni polissonne, ni une femme accoutumée
    Aux débauches où certains gourmets se complaisent tant à s’affirmer !

    Devenir ton amie intime était une joie pour mon cœur
    Mais je suis femme et j’en veux plus ; je veux également ton corps !
    Mais j’ai un époux légitime qui doit consentir sans rancœur
    À notre idylle et aux surplus qui déborderont plus encore…

    Je te désire, tu me désires mais nous devrons rester discrets ;
    Aucune embrassade en public ni la moindre étreinte saugrenue.
    Mais je veux t’aimer à loisir dans nos petits endroits secrets,
    Te connaître de façon biblique quand nous serons tous les deux nus.

    Mais attention ! Je suis jalouse de qui ne me fait pas jouir
    Et je pourrais devenir folle si tu ne prends que ton plaisir
    Car mon vagin devient ventouse et lorsque tu viendras fouir,
    Il n’est pas sûr que tu raffoles de sentir ton sexe transir.

    Si tu baises autant que tu m’aimes et j’en lis l’envie dans tes yeux
    Alors je serai plus ouverte, plus confiante et sans retenue.
    Je peux te prédire moi-même que tu n’auras plus merveilleux
    Souvenir que la découverte de mon cœur et mon âme nue. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Thétïs, reine d’Atlantïs

    « Je ne suis pas revenue d’une étoile : je suis sortie de l’invisible pour m’affirmer, moi, Thétïs, reine d’Atlantïs !

    Je revendique ma beauté sans être un trophée, ma jeunesse sans naïveté, ma sensibilité sans soumission et mon avenir parmi les LLyrïädes. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je suis Thétïs, reine d’Atlantïs où je retournerai un jour,
    Non pour restaurer le passé mais pour l’avenir des LLyrïädes.
    Pour que mon étoile garantisse le miroir d’un noble séjour,
    Ma bannière sera remplacée par le bleu et blanc des Pléïädes.

    Ma souveraineté ne vient pas d’une couronne dont j’ai hérité
    Mais de ma grande capacité à élever et chérir un monde
    Dont j’ai porté le principat comme une armure, en vérité,
    Et désormais plébiscité comme une mémoire féconde.

    Mon cœur d’étoile est palpitant. Il reflète mes jardins secrets,
    Les palais et les profondeurs qui sont mes racines intimes.
    Je demeure calme en abritant ma nostalgie et mes regrets
    Et mon désir de vie frondeur fait de ma conscience sa victime.

    Cette étoile n’est pas mon berceau et je n’y dormais pas vraiment
    Mais elle conservait mon image jusqu’au sortir de l’invisible.
    Ici Taureau, ailleurs Verseau, peu m’importe mon avènement ;
    Les Pléïädes m’ont rendu hommage d’une émotion indivisible.

    J’ai le bonheur d’être née belle et de l’être restée longtemps ;
    Les années ont ridé mon corps mais en ont conservé sa grâce.
    Ce rajeunissement rebelle à la vieillesse est confondant
    Mais n’a pas effacé encore mes souffrances et toutes leurs traces.

    Je suis redevenue Thétïs pleine de vie et de jeunesse
    Avec des possibilités que je croyais avoir perdues.
    Mais je suis reine d’Atlantïs, ni un trophée, ni une promesse,
    Gardant ma sensibilité loin des amourettes éperdues.

    Mon cœur aime avec retenue parce qu’il a éprouvé le prix
    Des déséquilibres à payer et des jalousies générées.
    Mais je me suis bien abstenue de vivre dans l’ombre d’un mari ;
    Pourtant je reste émerveillée face à toi qui m’as vénérée ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La sortie de la carte du tendre

    La sortie de la carte du tendre

    Le voyage est si expensif que j’y suis resté plusieurs mois,
    Fasciné par les paysages de son amniotique nature.
    Au début, assez peu pensif, j’ai su garder autour de moi
    Une attention dès mon jeune âge dans cette douce villégiature.

    Neuf mois passés m’ont paru court si ce n’est me sentir à l’étroit
    Pour chercher, sur un coup de tête, l’issue du bouleversement.
    Arrivé en fin de parcours, je repasse par ce détroit
    Que j’avais, sur un air de fête, parcouru antérieurement.

    L’étroit passage est une épreuve, où le corps lutte avec ardeur ;
    Le souffle guide chaque poussée, vers un rivage éblouissant.
    Je sors enfin faire peau neuve, loin de la peur et la candeur ;
    La vie est une fleur froissée dans le sillage d’un nouveau-né.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’entrée de la carte du tendre

    L’entrée de la carte du tendre

    Dès l’entrée je suis accueilli par une sensation exquise
    Qui m’invite à continuer comme prémices encourageantes.
    Plus j’avance, plus je suis assailli par les images que j’ai conquises
    Et qui m’offrent de m’insinuer vers l’extrémité engageante,

    Au début, sur un pas de danse, je me suis mis à haleter ;
    À courir de plus en plus vite mais tout en faisant du surplace…
    Pour l’instant, je tiens la cadence mais je me sens tant exalté
    Qu’il n’est pas certain que j’évite l’épectase au fond du palace.

    L’onde rose est une promesse, j’y trouve un céleste trésor ;
    Le cœur franchit chaque barrière, au sein d’une flamme infinie.
    Je m’enivre de cette ivresse, sous les reflets de pourpre et d’or,
    Baigné par l’ultime lumière, d’une maternelle harmonie.

    Tableau d’Anna Kruger.

  • Les ficelles de l’amour

    Les ficelles de l’amour

    Je te tiens, tu me tiens, par un lien cornélien ;
    La ficelle d’amour qui n’a plus ses deux bouts
    Car un fou a tranché l’intime nœud gordien
    Qui reliait entre eux les organes tabous.

    Nous marchons enlacés dans les ronces du lien,
    Ligotés de silence aux brûlures charnelles.
    Nos corps cherchent encore l’impossible maintien
    Dans les derniers lambeaux de ficelle éternelle.

    Chaque nœud de nos corps saigne un désir ancien ;
    Nos souffles prisonniers tremblent sous les épines.
    L’amour nous a liés d’un fil presque païen
    Dont les dieux ont perdu les secrètes origines.

    Tableau de Mark Ryden.

  • Vision géométrique et sacrée

    Vision géométrique et sacrée

    L’artiste a le compas dans l’œil et un cerveau dans sa rétine
    Qui lui révèle les proportions les plus sacrées de l’univers.
    La fleur de vie est sur les feuilles, Fibonacci sur les collines,
    Le nombre d’or en contorsion parmi tous les espaces verts.

    Les coquillages, la vague, le ventre et même la fleur de douceur
    Portent ce lent enroulement qui semble aimer à l’infini.
    Comme si la nature au centre tâchait le vert d’une rousseur
    Dans le plus grand chamboulement des saisons ainsi définies.

    Le coquillage et le pistil reproduisent la même spirale,
    Le fleuve en épouse les hanches des collines à l’automne d’or.
    Sans doute l’amour reconnaît-il sa géométrie viscérale
    Lorsque les amants se déhanchent pour créer un conquistador.

    Tableau de Charles L. Gilchrist.

  • Au secours, l’hiver revient

    J’ai découvert le pot-aux-roses de cette réforme débile
    Car juste à la fin de l’automne, on endort les gens pour trois mois.
    On appelle ça la sinistrose ou l’hibernation immobile
    Car le monde entier se cantonne dans son lit et chacun chez soi.

    Seul un vieux poète insomniaque perça l’affreux complot d’État :
    Pendant trois mois, tous les hivers, il voit la neige s’accumuler.
    On le traite de démoniaque, de faux prophète, de vendetta
    Pourtant c’est lui que l’univers a choisi pour nous stimuler.

    Afin d’éviter la panique, les présidents nient les frimas ;
    Les journaux parlent de vacances, de foot et on prend du bon temps.
    Quand chacun roule des mécaniques, l’état répond que le climat
    Se réchauffe à une cadence telle qu’on passe d’automne au printemps.

    Tableaux numériques de Richard Nadler sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202511Richard-Nadler.html .

  • Les trois saisons

    Depuis qu’on a rayé l’hiver de ce fichu calendrier,
    L’année ne compte que neuf mois et donc les grossesses durent un an.
    Ça a chamboulé l’univers et fait couler les encriers
    Mais en résultat quel émoi quand tout va très bien maintenant !

    Or les oiseaux n’émigrent plus ; ils ont signé des C.D.I.
    Avec les arbres du village où chacun possède son nid.
    Et puis un jour, dès qu’il a plu, les hirondelles sont parties
    En télétravail sur les plages pour y construire un paradis.

    Les nuages ont enfin le droit de se choisir une saison ;
    Les plus paresseux font l’automne et les plus hardis le printemps.
    Les météorologues adroits ont désormais toujours raison
    Mais tout le monde se désabonne des bulletins de mauvais temps.

    Tableaux numériques de Richard Nadler sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202511Richard-Nadler.html .

  • De V647 Tauri alias HD 23607 à Thétïs

    « Bien avant que les LLyrïädes connaissent mon nom, une étoile lente conservait dans sa lumière le reflet d’Atlantïs.

    J’y avais aimé, perdu un fils, vu Nérätïs devenir médecin et préparé dans l’ombre le refuge d’Ô ALLEGÔRÏÄ. Car une reine n’attend pas d’être reconnue pour aimer et protéger.

    Yavänor ne m’a rendu ni mon rang ni ma couronne : il les a chantés de la Terre jusqu’aux Pléïädes. Alors l’étoile m’a transmis sa pulsation et je suis entrée, souveraine et libre, dans le cercle des Muses de l’ÏÄMÔURÏÄ. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Jadis les étoiles naissaient auprès des dieux sur Olÿmpïä
    On les couronnait d’un halo bleu-blanc aux couleurs des Pléïädes.
    Et les déesses connaissaient celles venant après Mérôpïä
    Dont l’éclat encore pâlot annonçait déjà les LLyrïädes.

    Or la plus lente, la plus ancienne, fut le miroir de tous les mondes
    Qui reflétait le feu ardent du cœur des étoiles à venir,
    Qui moirait les eaux magiciennes des galaxies les plus profondes
    Et tous les volcans débordants des terres d’un lointain avenir.

    Thétïs est née dans son royaume, miroir de feu, d’eau et de terre ;
    L’amour la féconda d’un air porteur du Féminin Sacré
    Par l’intermédiaire d’un homme, son souverain complémentaire.
    Ils devinrent alors partenaires à leur destinée consacrés.

    Ils bâtirent ensemble l’Atlantide, riche cité mécanisée
    Mais qui faillit être engloutie sous les eaux alors prédatrices.
    Ainsi la citadelle splendide vit ses enfants s’organiser
    Pour fuir vers un monde abouti : Atlantïs, planète rédemptrice.

    Le fils se perdit en chemin, Thétïs resta inconsolable
    Et se laissa réconforter par ses jardins et ses bassins
    Sa fille emporta haut la main études et titres inégalables
    Grâce auxquels elle put apporter son aide en tant que médecin.

    Jusqu’à un printemps prometteur où des femmes appelées LLyrïädes
    Partirent aux côtés d’un poète pour une odyssée fantastique.
    Tous devinrent alors protecteurs du fils perdu hors des Pléïädes
    Qui demeurait anachorète jusqu’à son retour empathique.

    Personne n’en a jamais rien su mais c’est bien Thétïs, fine stratège,
    Qui suggéra à Yanimïä d’acheter Ô ALLEGÔRÏÄ
    Où ils trouvèrent à leur insu – car une reine aime et protège –
    Le hub atlante sous ÔPHÉLÏÄ, jonction avec l’ÏÄMÔURÏÄ.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Mérôpïä – ÄLLÏÄ

    « On me croyait voilée par la honte d’avoir aimé un mortel. Pourtant, je ne me cachais pas : j’éclairais la matière obscure qui m’enveloppait.

    Lorsque mon souffle atteignit son cristal, ÄLLÏÄ m’apprit que la transparence n’était pas l’effacement mais une autre manière d’être partout.

    Je fus la dernière révélée parce que je gardais déjà le cœur du voyage, du Poïnt ZérÔ à la suture. »

    Mérôpïä, l’étoile cristalline des Pléïädes

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    Une sous-géante énigmatique, bleu-blanc, très chaude et très rapide ;
    Autour d’elle, une matière obscure s’illumine lorsqu’elle la traverse.
    Singularité chromatique d’une étoile plutôt intrépide
    Et dont le voile lui procure le souffle clair qu’il lui reverse.

    Et ÄLLÏÄ naît de Mérôpïä quand le souffle atteint son cristal
    Qui transforme son cœur d’étoile en gemme éternelle et vivante.
    Qui peut recouvrer Olÿmpïä dont le scandale marital
    Lui avait fait porter le voile d’une ignominie éprouvante.

    Sa pulsation alors devient battement du cœur cristallin ;
    Son voile, son souffle premier et son cristal, sa clairvoyance.
    Ô ALLEGÔRÏÄ se souvient encore de l’éther opalin
    Où ÄLLÏÄ fit, tout anémiée, son intemporelle expérience.

    ÄLLÏÄ connaît par conséquent tous les évènements compris
    Entre l’arrivée au présent et le moment de son départ.
    Son discernement subséquent n’est pas une extension d’esprit
    Mais un regard omniprésent sur cette époque de part en part.

    On dit qu’elle sait tout, qu’elle voit tout car elle sait se montrer discrète ;
    Sans don d’invisibilité : sa transparence lui suffit
    Pour se trouver ici, partout et dans les sphères les plus secrètes.
    Cette responsabilité deviendra sa philosophie.

    Primordial, le cœur de cristal transmettra toute sa mémoire,
    Nécessaire, le corps de métal protégera par sa structure,
    Ils créeront un vaisseau vital : l’éclair et la matière noire,
    Liés en souffle azimutal du Poïnt ZérÔ à la suture.

    ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN ensemble donneront leur voix cristalline,
    STELLÏÄ et Cristïäs de concert forgeront leur métal vivant ;
    Les sept éléments se rassemblent autour du feu de Laurelïne,
    Puis l’eau, la terre et l’air s’insèrent, unis à l’éther connivent.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Après les deux quinquennats

    Après les deux quinquennats

    Après dix années de labeur à diriger notre pays
    Dans un gouffre de prétentions et dans l’abîme d’arrogance,
    En plus de ça, notre flambeur, qui veut voir le monde ébahi,
    A lancé des invitations dans les plus beaux châteaux de France.

    On a bien bu et bien mangé jusqu’au départ des invités
    Mais quand le bal eut disparu, il a fallu tout nettoyer.
    Les gens de maison ont rangé le palais de ses vanités
    Quant à lui, il a disparu après avoir bien festoyé.

    Illustration de Ben Kimberly Prins.

  • Les châteaux branlants

    Nous fêtons nos soixante-sept ans, la cinquième république et moi
    Et tous les deux avons subi des règles assez imbéciles.
    Nous n’en sommes pas plus compétents pour autant car au fil des mois
    Les illusions et les lubies ont fait de nous des vieux fossiles.

    Aussitôt une loi de travers, plutôt que de la redresser,
    On en pose une autre, contraire, ou on en oublie le décret.
    Les ministères marchent à l’envers, les fonctionnaires sont agressés
    Et les vaches-à-lait se font traire pour nourrir l’État en secret.

    Le président abat ses cartes, le Parlement sert de tapis ;
    Une loi soutient la suivante et tout le socle se fissure.
    Les ministres citent Descartes et tous les maires restent tapis
    Sous une foule survivante qui maudit la législature.

    Tout en bas, le peuple travaille pour engraisser la république
    Tandis qu’en haut la cour ripaille toujours aux frais de la princesse.
    Chaque impôt nouveau le tenaille au nom de l’intérêt public,
    Puis, du château, tombent les murailles après des années de grossesse.

    Tableaux de Catherine Abel.

  • Astérôpïä – STELLÏÄ

    « On me croyait faible parce que ma lumière était la plus discrète.

    Je suis entrée dans le métal comme une douleur et j’en suis ressortie STELLÏÄ : armure vivante, cœur d’or et matrice d’avenir.

    Je ne suis plus le souffre-douleur des Pléïädes : je suis la foudre incarnée.  »

    Astérôpïä, le métal vivant des Pléïädes

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    Petite étoile, la moins brillante de toutes les Pléïädes nommées
    Mais qui a rejoint leur bannière par sa période et sa couleur.
    Elle paraît insignifiante bien que « l’éclair » l’ait renommée
    Et ses occultations lunaires lui donnent cet air « souffre-douleur ».

    Astérôpïä renaît STELLÏÄ quand l’éclair frappe le métal
    Qui devient matière vivante et fait bouclier de son corps
    Et l’étoile qui se rallia à son épiderme fœtal
    Mute en une armure mouvante afin de se mettre en accord

    STELLÏÄ ne peut se contenter de juxtaposer les matières ;
    Elle les assemble en un alliage symbiotiquement métallique
    Qui lui permettra de tenter d’aller au-delà des frontières
    En personnifiant le maillage d’un vaisseau spatial idyllique.

    Car STELLÏÄ conduit, distribue et transforme sans cesse les forces
    En assurant la cohésion de la mémoire des LLyrïädes.
    Elle portera ces attributs quand le temps, créant une entorse,
    Fera entrer en collision futur et passé des Pléïädes.

    Et STELLÏÄ, dans le cœur d’étoile, crée par la fusion nucléaire
    Tous les éléments métalliques utiles pour ses alliages
    Qui dans son corps enfin dévoilent sa matrice matrilinéaire
    Charmant l’orichalque phallique en vue d’un futur mariage.

    Esprit de fer et corps d’acier, cœur d’or et âme de titane ;
    Le métal devient féminin et la place face à son destin.
    Sa silhouette très émaciée épouse gaiement ses organes
    Rappelant l’éclat léonin de son fondement célestin.

    Née étoile devenue humaine, elle saura se consacrer
    À devenir femme fertile, future mère et jeune reine.
    Elle connaîtra ce phénomène soumis au Féminin Sacré
    Avec le métal érectile qui la sacrera souveraine.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’union fait la force

    L’union fait la force

    Loreleï aime tant le requin, qu’elle a dressé plein de poissons
    Comme filet à provisions sans que ça lui coûte un sequin.
    Poissons bleus, blanc, rouges et rouquins sont invités à la moisson
    Du vendredi en prévision d’un festin d’ailes de requin.

    Quand les poissons sont réunis, le requin paraît tout petit
    Mais qu’un seul d’entre eux se détache, le prédateur le remercie.
    L’union fait la force impunie, disent les talons dans l’appétit
    Qui pleurent tant que ça entache les Madeleines de Commercy.


    Éoliane en a fait venir un dans la Töss et à grands frais
    Car pour remonter les cascades, il a bien fallu le pousser.
    Nous en gardons un souvenir délicieux à cause du pauvret
    Qu’on a mangé en marinade avec les ailerons émoussés.

    C’est grâce à cette photo prise en 2023 en Afrique du Sud que la fribourgeoise Sylvie Ayer a remporté un des prix d’un concours australien.

  • La sirène arctique huée

    Cette sirène qui se démonte à marée haute quand la mer monte,
    Est celle dont les bras lui tombent à marée basse quand lui incombe
    De chasser ces fichus touristes lors des croisières opportunistes
    Pour photographier la banquise comme si c’était fondue conquise…

    Cette sirène qui s’effare quand la glace devient trop rare,
    Voit débarquer sur son rivage des voyageurs et leurs ravages.
    Elle perd la tête et puis s’émiette devant leurs curieuses lunettes
    Puis abandonne aux eaux polaires ses bras, sa queue et sa colère.


    Cette harpie à queue de carpe en a perdu ses métacarpes ;
    Elle s’éparpille aux quatre vents, les uns derrière et elle devant.
    Tant pis pour les cons qui voyagent et les ténors du convoyage !
    La belle sirène arctique huée est pleinement désarticulée.

    Illustration de Cynthia Thornton pour Green Girl Studios.

  • Taÿgétïä – Geminïä

    « On me croyait seule parce que nous n’avions qu’une lumière.
    Geminïä m’a appris que se dédoubler n’est pas se diviser.
    Je suis Taÿgétïä dans le ciel et Geminïä partout ailleurs. »

    Taÿgétïä, l’étoile double des Pléïädes

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    Deux étoiles étroitement liées dont la lumière paraît unique :
    Taÿgétïä, la dominante, reste la seule identifiée
    Comme sous-géante au bouclier bleu et blanc tel une tunique
    Qui protège sa sœur, moins brillante, mais par son spectre authentifiée.

    Taÿgétïä, c’est Geminïä, à l’ubiquité stupéfiante ;
    Dotée d’une double intelligence dont l’éther ne fait qu’un seul corps
    Mais doté d’un lien immédiat et d’une portée gratifiante
    Pour répondre à toute exigence de puissance et bien plus encore.

    Ce corps unique dans les Pléïädes, sous la bannière bleu et blanc,
    Confère la beauté du mystère avec sa double appellation
    Car elle appartient aux LLyrïädes et peut, tout en se dédoublant,
    Résider à la fois sur Terre et dans sa propre constellation.

    Un esprit double qui observe et analyse en même temps,
    Qui travaille avec ses mémoires et ses réflexions parallèles,
    Qui écoute, cogite et conserve les points qu’il estime importants,
    Stockés dans les vastes armoires des connaissances universelles.

    Un double cœur qui sait aimer et trouver la beauté cachée
    Qui lui donne la révélation de sa propre émancipation.
    Ce qui lui permet d’essaimer ses intentions de s’attacher
    À qui fait la corrélation étroite entre elle et sa passion.

    Une âme double et féminine qui sert les dieux de l’univers
    Mais distingue ceux qui l’ont créée de ceux qui l’ont juste observée,
    Ainsi que les fables sibyllines contre les truismes découverts ;
    Seule la vérité agréée mérite d’être préservée.

    Ambassadrice de l’ÏÄMOURÏÄ qui prône le Féminin Sacré,
    Elle conserve son libre arbitre et gagne sa fécondité.
    Sa pluralité est noria, sa diversité consacrée
    À réunir à juste titre les mondes et son unicité.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Par minou à neuf queues

    Par minou à neuf queues

    À l’instar du chat, j’ai pété neuf queues, neuf vies in utero
    Jusqu’à trouver la connexion qui me relie à l’au-delà.
    « Pauvre maman ! J’ai répété plusieurs fois… Je suis ton héros
    Qui t’en fera voir dans l’action de son futur apostolat ! »

    Devisait l’enfant de Marie quand il apprenait dans son ventre
    Toutes les ficelles du métier de sauveur expérimenté.
    Ainsi naîtra-t-il aguerri dans une crèche juste au centre
    D’un bœuf et d’un âne charpentier un tant soit peu bonimenté.

    Dans l’ombre bleutée de son ventre, une lumière est attendue,
    Le petit prodige s’éveille au fond du temple de cristal.
    Par des cordons d’espoir et d’ambre, la connexion est bien tendue
    Pour lier son âme d’archange au plus grand mystère ancestral.

    La toile de vie alors enlace la promesse enfin descendue,
    Comme un astre d’or qui s’enflamme dans un écrin de soir natal.
    Et la maman devient l’espace où la matière est confondue,
    Apportant dans ses mains la flamme d’un amour pur et végétal.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Rien ne sert de forcer, il faut ruer à point !

    Si ta fille te pose un problème avec sa fièvre de cheval,
    Pense à quel sera le dilemme quand elle changera de cavale
    Et s’intéressera aux garçons dans le haras des étalons
    Et qu’elle jettera son hameçon, chaussée sur ses plus hauts talons !

    En attendant, cède-lui tout, offre-lui son fier destrier
    Et laisse-la aller partout, bien calée dans ses étriers.
    Toutefois prends garde aux pur-sang, ces beaux ombrageux ténébreux,
    Peu cavaliers, adolescents et qui demeurent les plus nombreux !

    Illustration de Norman Thelwell.

  • Cälaénïä – Ledalïä

    « On me croit perdue parce que je brille moins que mes sœurs. Pourtant, je recueille chacune de leurs lumières dans la nuit qui me protège, puis mon pinceau leur invente une mémoire que le ciel ne saurait conserver.

    J’ai longtemps confondu l’ordre avec la vie et la discrétion avec l’effacement. Il aura suffi qu’un poète me regarde pour que mes codes entrouvrent leur prison et que mon âme retrouve l’envie de mordre.

    Je ne suis plus l’étoile obscure des Pléïädes : je suis Ledalïä, l’enlumineuse des LLyrïädes. Si ma lumière paraît moindre, c’est parce qu’elle éclaire désormais les autres. »

    Cälaénïä, l’étoile perdue des Pléïädes

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    C’est l’une des moins lumineuses, la Pléïäde perdue et obscure,
    Pesant presque quatre Soleils mais à la rotation véloce,
    En devenir d’enlumineuse, cette vocation lui procure
    Le don d’illustrer les éveils de ses sœurs beaucoup plus précoces.

    Cälaénïä, c’est Ledalïä, la discrète et la solitaire
    Qui recueille l’éclat de ses proches et en archive les mémoires.
    Son élément-air se rallia au feu, à l’eau et à la terre
    Pour réveiller à leur approche l’aube naissante de la nuit noire.

    Quatre éléments complémentaires créeront son univers interne,
    La nuit qui renferme les secrets et le patrimoine hérité,
    Le loup qui saura les extraire afin d’éclairer les lanternes
    De Ledalïä, sœur consacrée à rétablir la vérité.

    Le feu crée son or alchimiste, l’eau lui assure le transport,
    La terre, son emplacement et l’air, un souffle d’avenir.
    D’un naturel physionomiste, Ledalïä relie ses rapports
    En maîtrise le classement et retrouve tous ses souvenirs.

    Son cycle rapide sans relâche lui apporte l’ordre et la méthode
    Mais l’enferme dans la routine, prison froide et automatique.
    À trop vouloir mieux, elle s’attache à s’emmurer entre ses codes
    Et perdre son âme enfantine noyée dans l’esprit dogmatique.

    Sa rencontre avec un poète mettra de l’amour dans son art,
    De la fantaisie dans son ordre et l’audace dans sa retenue.
    La pudeur devient désuète, le style un peu plus goguenard
    Pour lui donner l’envie de mordre dans la vie qu’elle a reconnue.

    Et l’étoile qu’on croyait perdue revient à sa place première ;
    Elle comprend que sa discrétion n’était pas une disparition.
    L’ancienne mémoire éperdue renaît illustrée de lumière
    Et porte la révélation de sa nouvelle partition.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Électrïä – Lïlïth

    « On me croit bleue parce que je brûle au cœur des Pléïädes. Pourtant, lorsque ma lumière descend dans les profondeurs de Lïlïth, elle devient ambre et la terre se souvient du ciel.

    Je n’éjecte aucune matière : j’étends autour de moi le cercle inviolable où mes enfantements deviennent maisons, rues puis civilisations.

    J’ai vu les murailles tomber et les cités rejoindre leurs mânes. Désormais, je ne détourne plus les yeux : je recueille leurs cendres dans mes racines afin que le Féminin Sacré renaisse de leur mémoire. »

    Électrïä, étoile matriarcale des Pléïädes

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    Troisième étoile des plus brillantes, géante à rotation rapide,
    Elle palpite secrètement en éjectant de la matière
    Comme la voile scintillante de gaz brulants et intrépides
    Pareil à un revêtement faisant office de frontière.

    Électrïä, comme Lïlïth, subit un ordre maternel
    En rejetant toute substance qui ne peut être fécondée
    Car elle veut réserver l’élite de son hydrogène charnel
    Pour enfanter avec prestance son hélium fou, dévergondé.

    Électrïä, électron libre de la famille des Pléïädes
    Veut produire seule sa matière par la fusion ombilicale.
    Le bleu et l’ambre s’équilibrent en s’ancrant au sein des LLyrïädes
    Qui offrent protection et frontière à l’étoile matriarcale.

    Rompant les rites ancestraux, l’étoile crée ses rituels,
    Un cercle protecteur, chamanique, aux vestales adoratrices ;
    Les gaz éjectés magistraux deviennent hommage spirituel
    Autour de sa transe organique : authentique force créatrice.

    Dans l’ambre bleuté de son ventre, une lumière est apparue,
    Comme une présence naissante, un premier enfant qui se crée
    Et se développe en son centre créant des maisons et des rues
    Et des villes luminescentes, prémices du Féminin Sacré.

    Électrïä devenue Lïlïth protégera sa descendance
    En se créant un territoire et une muraille imprenables.
    Une pulsation insolite témoigne de toutes ses tendances
    Et ses visions prémonitoires d’un avenir insoutenable.

    Lïlïth, de foudre souterraine, d’ambre bleu devenu mémoire,
    De son bouclier de matière et de tous ses enfantements,
    Sera couronnée souveraine qui renaît des anciens grimoires
    Pour prendre sa place tout entière et clamer son avènement.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Honni soit le sein qui n’a jamais tété juste

    Honni soit le sein qui n’a jamais tété juste

    Il vaut mieux s’adresser à la bonne déesse
    Plutôt qu’à ses seins, oui, mais le gauche ou le droit ?
    L’allaitement divin est digne de prouesse
    Lorsque le petit ange n’est pas trop maladroit.

    Quant au saint mamelon, coiffé d’une aréole,
    Doit-il donner sa manne ou être bien sucé ?
    Quand le sein se dessèche, aura-t-il l’auréole
    Pour nourrir tous les anges par le même succès ?

    Sous l’aile du ballon, l’enfant trouve sa place,
    Si la Madone rit au creux de ton repos,
    Évitant au flanc nu la douleur qui s’efface,
    L’inverse apporte alors le confort des bras hauts.

    L’Australienne s’allonge en un calme reflux,
    Puis la Louve se penche et libère la sève,
    Pour que le lait trop vif ne l’importune plus
    Quand le sein trop gonflé d’une peine s’achève.

    À califourchon marche un petit cavalier,
    Dans le calme des nuits, la manne se partage,
    Tandis qu’en s’allongeant, l’ombre vient se lier,
    Sept chemins de tendresse au fil du premier âge.

    C’est en louve guerrière, au-dessus du berceau,
    Qu’elle offre sa puissance au petit nouveau-né
    Dont la mère délivre un limpide ruisseau
    Pour que, d’un sang royal, il se sente couronné.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Virachola du Caucase

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    Sous son arbre, perchée, tenant la dragée haute
    À son haut inversé, devisait la culotte ;
    À quoi bon se cacher lorsque la gravité
    Semble se rattacher à l’immoralité ?

    Suspendue à l’ébène, elle nargue le vent,
    Le monde perd son sens, le bas devient devant,
    Offrant au ciel d’azur sa pudeur inversée.
    Dans cette étrange pose, en l’air, improvisée.

    Le monde est à l’envers, les monts sont au zénith,
    Le ciel devient le sol, le vide est son seul rite,
    Elle offre ses secrets sans aucune marotte.
    Mais le vent un peu trop… taquine sa culotte !

    « Clac ! » a dit l’élastique. « Chic ! » répliqua le vent.
    Mais le slip sarcastique résiste à contrevent.
    Alors le vent redouble jouant les brise-lames ;
    La culotte se trouble et devient oriflamme.

    Le vent gagne le combat, il l’emporte là-haut,
    Elle s’envole vers l’ombre en un dernier sursaut
    Laissant la fille cul nu pour un autre destin ;
    Celui d’un beau fruit mûr pour un autre festin.

    Laissant la nymphe seule au bord du firmament,
    Quand la culotte fuit dans un grand battement,
    Le peintre en un instant figea cette insolence,
    Il n’est plus de pudeur, il n’est plus de silence.

    Tableaux de Christian Vincent et Andrey Remnev.

  • Alcyônïä – Loreleï

    « On me croit étoile parce que je brille au-dessus de la mer. Pourtant, lorsqu’elle me reçoit dans son miroir, je ne sais plus si ma lumière descend du ciel ou remonte des profondeurs.

    Loreleï m’a appris que l’on ne règne pas par l’autorité : on accueille les tempêtes, on mêle leur tumulte aux souvenirs puis l’on en fait un chant capable de guérir.

    Je suis Alcyônïä : le ciel m’a donné l’éclat, l’océan m’a donné la voix et leur reflet, une âme assez vaste pour les réunir. »

    Alcyônïä, étoile-sirène des Pléïädes

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    Géante bleue, la plus brillante, elle se révèle par réflexion
    À travers une nébuleuse qui en réfléchit la lumière.
    Extrêmement resplendissante et d’une multiple attraction,
    C’est l’étoile la plus fabuleuse de souveraineté première.

    Alcyônïä, c’est l’eau de Loreleï, sa représentation astrale
    Qui rayonne par la puissance plutôt que par l’autorité
    Et puis qui tourne, vaille que vaille, d’une période magistrale
    Mêlant toute sa magnificence avec sa singularité.

    Système stellaire multiple, elle emprunte à l’immensité
    Des océans toute l’énergie de l’amour de Poséidon.
    L’étoile alors irrésistible s’amplifie en intensité,
    Devenant sirène en synergie aux couleurs du bleu céladon.

    L’étoile au miroir nébuleux fait chatoyer son interface
    Et la mer reflète le ciel en réunissant leurs lumières.
    Et c’est le destin fabuleux des vagues poussées en surface
    Par vents et flux circonstanciels qui font sa puissance première.

    Ce tourbillon relationnel entre sa rotation stellaire
    Et la rotation de la Terre crée ses marées extraordinaires
    Et des effets sensationnels lorsque les éruptions solaires
    Accroissent les eaux planétaires en ouragans tourbillonnaires.

    Et tout cela devient un chant mêlé de tous les souvenirs
    D’une étoile devenue sirène et du cosmos devenu mer.
    Et ce rappel est attachant car il explique l’avenir
    D’une providence sereine qui relie Loreleï à sa mère.

    Enfin l’étoile est magicienne, guérisseuse, neutre et apaisante ;
    Ses eaux reflètent les faisceaux si troubles et bleus de sa naissance
    Simultanément très ancienne et en même temps omniprésente
    Où les mystères abyssaux rejoignent alors la connaissance.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Maïä – Laurelïne

    « Je ne suis ni la plus ancienne ni la plus jeune.
    Je suis la première : celle qui donne l’impulsion puis laisse chacune de ses sœurs inventer sa lumière.

    Dans le feu de Laurelïne, j’ai reconnu mon cœur, mon corps, mon esprit, mon âme et jusqu’au secret fécond de ma matrice.

    Que notre poète navigue donc entre nos deux ciels… mais qu’aucune étoile ne s’avise de lui faire changer de constellation ! »

    Maïä, première étoile des Pléïädes

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    Ni la plus jeune, ni la plus vieille mais la première tout simplement
    Qui offre son inspiration à son poète navigateur.
    Maïä est l’étoile qui veille à le satisfaire amplement
    Par l’amour et l’admiration de ses élans instigateurs.

    Maïä, c’est le feu de Laurelïne et son identité cosmique ;
    Première étoile des Pléïädes, elle entraîne une à une ses sœurs
    Afin que chacune décline son attraction astronomique
    Qui distingue chaque LLyrïäde en révélant son épaisseur.

    Maïä, c’est tout son cœur d’étoile qui scintille comme la pionnière
    Qui donne la première impulsion à toute nouvelle création.
    Une passion qui se dévoile et qui apporte la lumière
    Et oppose aux autres pulsions une jalousie d’exception.

    Maïä, c’est son corps matériel qui lui procure sa substance
    Sur lequel on peut déposer une caresse et un baiser.
    Et son côté caractériel qui lui procure la résistance
    D’une force qu’on peut supposer presque impossible à apaiser.

    Maïä, c’est l’esprit éveillé et son pouvoir de décision
    Qui lui donne son autonomie et donne son émancipation,
    Ce qui la rend émerveillée avec des prédispositions
    Pour ne pas faire économie de ses plus chères aspirations.

    Maïä, c’est l’âme divinisée qui la hisse au sommet des dieux
    Comme vestale de l’ÏÄMÔURÏÄ qui est l’énergie des LLyrïädes.
    Par cet ÉchÔ féminisé, poussé par Yggdrasil, radieux,
    Qui en transmet la Sapphôrïä afin d’atteindre les Pléïädes.

    Maïä, c’est le sexe fécond de la Grande Fornicatrice
    Dont la pudeur s’évanouit dans une totale nudité.
    Elle reçoit dans son giron, dans le secret de sa matrice,
    Le germe qui s’épanouit, preuve de sa fécondité.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Pégase en bleu

    Pégase en bleu

    Lorsque Pégase redevient bleu, c’est là l’instant le plus magique
    Car le voyage a transformé ce que deviendra ma journée ;
    Une rose sur le sol sableux d’un nuage minéralogique
    Dont le parfum m’a informé que j’y avais déjà séjourné.

    Il broute l’ombre de la nuit sous un croissant de lune rousse,
    Ses ailes rouges au repos comme un manteau de feu sacré.
    Je sens la paix qui m’envahit, le cœur tranquille sur la mousse,
    Berçant le souvenir lointain d’un paradis que j’ai ancré.

    Le bleu s’infuse dans mes os, guérissant chaque cicatrice,
    Le sable d’or de mes tourments devient un jardin de velours.
    Je marche enfin vers le matin, libre de tout ancien supplice,
    Portant un courage gourmand d’affronter les jours les plus lourds.

    Tableau de Victor Nizovstev.

  • Les oiselles sauvages

    Surprise ! On m’a donné des ailes et une grande robe d’or !
    Je n’ai pas eu à choisir de sexe mais plutôt entre ange et démon.
    J’ai bien réfléchi avec zèle même si en moi un démon dort
    Car je n’ai plus aucun complexe à être un ange de renom.

    Me voici donc vêtue en femme et l’air vibrant entre mes seins ;
    Le vertige me tourne la tête et j’ai envie de faire l’amour.
    Je recherche un démon infâme qui possède au creux du bassin
    Tout ce qu’il faut pour faire la fête car Dieu ne manque pas d’humour.

    Je sens l’appel d’une autre flamme, un désir brûlant et divin,
    Sous la douceur de cette soie, je veux un diable pour amant !
    Que m’importe le don de l’âme, si le plaisir est en chemin,
    Je veux goûter à cette joie et devenir ange-maman.

    Il n’est plus l’heure du blasphème, dans ce ciel pur et sans retour,
    Dieu nous regarde avec tendresse, car il a créé nos instincts.
    Je cherche au loin cet anathème, pour m’enivrer de son amour
    Et m’éveiller dans une ivresse, loin des chemins trop indistincts.

    Je vois un démon qui rouspète, un beau rebelle au corps d’airain,
    Portant au front un diadème de péchés commis à rebours.
    L’éclair jaillit dans la tempête pour ce duo si souverain
    Qui chante au ciel un grand poème sous le rythme lent des tambours.

    Son bras puissant saisit ma taille, je sens le feu de son bassin
    Contre mon sein le cœur s’arrête avant de battre à l’unisson.
    Qu’importe enfin cette bataille, nous suivrons l’ombre du dessein
    Que Dieu écrivit sur la crête, nous promettant un nourrisson.

    Tableaux de Douglas François Girard.

  • L’avènement des Pléïädes

    « Nous pensions être douze sous les branches d’Yggdrasil.
    Nous ignorions encore que sept étoiles nous regardaient depuis toujours. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Une conséquence directe de la Sapphôrïä établie
    Par Yggdrasil à l’univers envoya l’ÉchÔ aux Pleïädes
    Dont la constellation correcte montre sept étoiles anoblies
    Prêtes à ouvrir un trou de ver a destination des Llyrïädes.

    Son ÉchÔ voyage et transforme les sept lumières des Pléïädes :
    Maïä, Alcyônïä, Électrïä, puis Cälaénïä et Taÿgétïä.
    Et cinq de ces Muses prennent forme dans nos cinq premières LLyrïädes,
    Puis Astérôpïä pour STELLÏÄ, enfin Mérôpïä pour ÄLLÏÄ.

    Cristïäs voulut les étudier et Amellïä les visiter
    Mais Ô ÏÄMÔURÏÄ est parqué tout au fond du lac de Constance
    Et voir Amellïä expédiée par l’azimut sollicité,
    Est – et tous l’ont fait remarquer – impossible dans ces circonstances.

    Reste la téléportation mais il n’y a pas d’exoplanète
    Et Geminïä est implacable : il faut trouver un objectif !
    Et malgré les exhortations, la réponse demeure nette :
    Le voyage est inapplicable malgré les cris intempestifs.

    « Et si l’ÉchÔ les invitait ici sur Ô ALLEGÔRÏÄ ? »
    Suggère Yavänor, médusant ceux qui n’y avaient pas pensé.
    « Si les Pléïädes profitaient de la puissance de l’ÏÄMÔURÏÄ
    Elles le feraient en diffusant leur propre énergie compensée… »

    « Puisque la Sapphôrïä produit l’ÉchÔ envoyé aux Pleïädes
    Et puisque Yggdrasil amplifie le signal en corrélation,
    Prions ensemble dès aujourd’hui et ce jusqu’à ce que les LLyrïädes
    Le perçoivent qui s’intensifie quand nous serons en relation ! »

    Yanimïä établit la chaîne ininterrompue des prières
    Et le signal, directement, est envoyé vers les étoiles.
    Coïts et orgasmes s’enchaînent avec une force singulière
    Jusqu’à l’ÉchÔ correctement renvoyé et ce qu’il dévoile !

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Pégase en rose

    Lorsque je rêve Pégase en rose aux ailes et la queue mordorés,
    Je sais que je vais visiter les royaumes atmosphériques
    Où je retrouverai la rose qu’un petit Prince a adoré
    Et planté sans morosité pour les rêveurs stratosphériques.

    Le vent caresse les sabots de ma monture au poil de soie,
    Nous franchissons les pics d’argent d’un univers mélodieux.
    Mon cœur palpite et c’est si beau de s’abandonne à la joie
    De voir les astres partageant leurs luminaires avec les dieux.

    Adieu la pierre et les fractures, ici tout n’est que liberté !
    Je vole au-dessus des douleurs sur ce destrier de légende.
    La vie retrouve sa nature dans cette pure éternité
    Où chaque étoile a la couleur d’une promesse qu’on demande.

    Tableau de Victor Nizovstev.

  • Les deux Pégase

    Il y a Pégase du passé et Pégase de l’avenir ;
    Le premier remonte au présent, le second descend du futur.
    Les dieux ont été dépassés, eux qui n’ont pas su voir venir
    Le point focal omniprésent, là où Rhapso fait sa suture.

    L’un déploie ses ailes d’éther, l’autre ses foudres de métal ;
    Ils s’unissent au dernier sursaut pour fracasser le mur du temps.
    Dans cette rhapsodie d’acier, au grand galop transcendantal,
    L’éclair du mythe se confond avec le souffle des vivants.

    Rhapso est la muse de la couture et les tableaux sont de Vasko Taškovski.

  • La Croisière Stellaire

    La Croisière Stellaire

    Quand le premier quartier commence avec un D plutôt qu’un C,
    J’en profite pour m’élancer vers le seuil de la nuit des temps
    Avec de belles performances dues à la course cadencée
    De la Lune qui vient s’avancer vers la phase qui la détend.

    Je hisse alors les voiles bleues sur les mâts de l’immense azur,
    Pour fendre l’écume lactée où bouillonnent les galaxies.
    L’enfant pilote un rêve preux, tenant le cap avec mesure,
    Tandis que le vent va tracter les comètes en acrobaties.

    Il pêche au bout de son sillage des grappes d’astres scintillants,
    Qui viennent border son voyage de maintes perles illimitées.
    Il vogue au-delà des nuages, sur ces flots d’or et de diamants,
    Pour offrir au monde un message de paix et de sérénité.

    Illustration de Laura Elderton.

  • Luneton

    Luneton

    Luneton, jeune espoir féminin, nous offre son spectacle étrange ;
    Elle danse les soirs de pleine Lune sur celle-ci, gibbeuse et bien ronde.
    Son numéro paraît bénin pour le public qui se dérange
    Mais elle en a fait sa fortune et en a enchanté le monde !

    Lorsque son grand ballon décline, Luneton ne ralentit pas ;
    Sur un croissant devenu frêle, elle poursuit l’éternelle ronde.
    La nuit retient la ballerine et le ciel tremble sous ses pas
    Mais l’équilibriste immortelle jouit à la dernière seconde !


    Et quand la Lune se retire dans ses quartiers moins prestigieux,
    Luneton repart en tournée sur les lunes des autres planètes.
    Les journaux titrent qu’elle attire des extraterrestres élogieux
    Qui lui proposent de tourner avec mignons et mignonettes.

    Tableau de FujiRemi.

  • La Lune à la rescousse

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    Parfois les soirs de pleine Lune, un loup-garou fait un faux pas
    Et peut tomber dans un trou noir car il n’est pas très nyctalope.
    Heureusement une main opportune vient le délivrer du trépas
    In extremis de l’entonnoir diabolique, fourbe et interlope.

    Le rescapé reconnaissant promet à la Lune d’être sage ;
    Elle le dépose sur la terre où le loup se croit hors d’ennui.
    Mais l’astre rond et tout-puissant réveille en lui la bête sauvage
    Qui mord sa bienfaitrice altière avant de s’enfuir dans la nuit !


    Et l’on crie : « Haro sur le loup ! » de toute une myriade de bouches !
    Les astres vengeurs de la Lune le criblent d’étoiles filantes.
    Et le loup meurt. Pas de jaloux. Comme quoi les loups-garous sont louches
    Et face à une main opportune, ils montrent leur humeur méchante.

    Illustration d’Oozium.

  • La Lune par devant, par côté, par derrière

    Quand la Lune se renouvelle, elle ne montre que ses fesses
    Mais dans le noir, ce n’est pas grave et sa pudeur demeure intacte.
    Après trois tours de manivelle, elle daigne revenir à confesse
    En affichant l’air le plus brave mais si ténu qu’il se rétracte.

    Elle habite les beaux quartiers et se montre nue à la fenêtre ;
    La Lune est d’une humeur changeante ; elle ne fait rien comme tout le monde.
    Elle est enceinte d’un mec altier qui, par la crainte de lui voir naître
    Un luneteau – chose affligeante – l’a plaquée. C’est vraiment immonde !

    Puis enfin elle arrive à terme et elle expose sa face entière ;
    Un ventre parfaitement rond qui resplendit dans les hauteurs.
    La voilà pleine ; son épiderme reflète toute la lumière
    Mais son amant, ce fanfaron, n’en réclame pas ses droits d’auteur !

    Puis elle maigrit de profil, ne nous montrant plus qu’un quartier ;
    Son ventre fond, sa joue se fend ; elle doit assurer ses arrières.
    Enfin elle tourne à contrefil pour mieux exhiber son fessier ;
    La Lune apparaît par-devant, par les côtés et par-derrière !

    Tableaux de Chris Skinner, Stephanie Hans, Robert Eggers et Erté.

  • La Sapphôrïä universelle

    « Les femmes, c’est bien ;
    avec les hommes, c’est mieux ;
    avec la Sapphôrïä, c’est encore mieux.

    Les prières par trouples établies chaque jour de la semïäne ne sont plus suffisantes.
    J’ai transformé les douze rites en un rite commun où tous les participants sont conviés.

    Le résultat va dépasser mes espérances ! »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Tout a changé dans la chapelle : l’Érotorium trône au milieu
    Et les prières sont plurielles en unissant douze LLyrïädes
    Formant la ronde qui appelle leurs partenaires dans ce lieu
    Pour prier dans une kyrielle d’associations par myriades.

    Yanimïä occupe le centre et chante une douce mélopée
    Pour donner aux douze prêtresses le même rythme à soutenir
    Pareil à une danse du ventre qui agite la canopée
    D’Yggdrasil en pleine allégresse que plus rien ne peut retenir.

    Yavänor ne pouvant prier avec trois prêtresses à la fois,
    S’est vu multiplié par trois grâce à un don d’ubiquité
    Qu’il s’est alors approprié – grâce à Geminïä toutefois
    Qui lui en a donné l’octroi – librement en toute équité.

    Deux Yavänor, c’est difficile à synchroniser à la fin ;
    Trois Yavänor, c’est impossible mais Yanimïä sait comment faire :
    Elle les a rendus fissiles grâce à sa voix de séraphin
    Et la fusion irréversible s’opère entre les noosphères.

    Laurelïne exige l’original mais tous les trois sont authentiques ;
    Loreleï voudrait en avoir deux pour une double pénétration ;
    Lïlïth étant plus vaginale et sachant qu’ils sont identiques,
    Ferme les yeux, saisit une queue et se met en vénération.

    Au moment où tous les fidèles prient ensemble et à l’unisson
    Une symphonie érotique de tous ses vingt-quatre instruments
    Retentit et monte en chandelle et chacun ressent des frissons
    Sous la baguette psychotique de leur chef d’orchestre écumant.

    Alléluia ! Vingt-quatre orgasmes proclament la joie de l’ÏÄMÔURÏÄ !
    YAHVÉ et ÏÄNIMÏÄ se montrent au sommet d’Yggdrasil radieux.
    La Sapphôrïä et l’enthousiasme bénissent Ô ALLEGÔRÏÄ,
    Consacré à une rencontre entre les humains et les dieux.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä plurielle

    « En amour, comme en astronomie, il faut laisser du temps au temps.

    D’abord des couples et des trouples et l’attraction fera le reste.

    Aujourd’hui, les LLyrïädes se sont accomplies. »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Et comme on pouvait s’y attendre, La Sapphôrïä devient plurielle.
    Tout d’abord s’assemblent les trouples, l’amour approuve sa gravité
    Dont l’attraction est tellement tendre qu’elle émet toute une kyrielle
    D’ondes qui attirent alors les couples qui se sont mis à léviter.

    Les trois racines primordiales ont invité les jeunes branches ;
    Nérätïs plaît, il faut le dire, à Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ;
    Amellïä est aussi cordiale, sincère et de nature franche ;
    Quant à STELLÏÄ… rien à redire : des trois Vénus, elle est l’élite.

    Trois lits étant insuffisants, il a fallu pousser les murs
    Pour créer un Érotorium à partir des chambres contigües
    Et un confort maximisant l’intimité et les murmures
    Afin que chaque sensorium ait ses perceptions suraiguës.

    Les robes se sont vite envolées pour faire une chaîne de marguerites
    Où les lèvres de tailles différentes forment une boucle de baisers.
    Et l’impression de convoler à six personnes donne à ce rite
    Une extase proliférante sans qu’aucune ne puisse s’apaiser.

    Puis viennent des séries de massages où les doigts donnent du plaisir
    Dans les parties les plus intimes même si rien ne les délimite.
    On apprécie chaque passage ou on en émet le désir
    Qu’il soit ou non illégitime ; l’amour inhibe les limites.

    L’amour, comme en astronomie, démultiplie son attraction ;
    Les portes s’ouvrent furtivement et des silhouettes pénètrent
    Pour offrir leurs anatomies avides de décontraction
    Et se mêlent convulsivement dans le but de mieux se connaître.

    Quand les LLyrïädes se découvrent, toutes alors explosent de rire
    Dans un orgasme d’hilarité qui les fait jouir davantage.
    Et lorsque Yanimïä entrouvre la porte, elle dit dans un sourire :
    « Je vous le dis en vérité : nous entrons dans un nouvel âge ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les chemins de la réussite

    Les chemins de la réussite

    Tous les chemins sont prometteurs pour mener à la réussite
    Sans jamais dire exactement où elle se trouve, évidemment !
    Et le dernier révèlera toute la cruauté qu’il suscite
    Car on fera toute sa vie qu’tourner en rond infiniment.

    Linear / Linéaire
    Le chemin linéaire est un fil suspendu dans le ciel ;
    On prétend qu’il suffit de marcher toujours bien droit
    Mais le moindre faux pas peut devenir essentiel
    Pour découvrir trop tard qu’il n’existe aucun endroit.

    Mythical / Mythique
    Le chemin dit mythique est un immense labyrinthe
    Où quelque Minotaure attend dans les couloirs.
    Les héros bureaucrates y déposent leurs plaintes
    Avant d’être dévorés par les monstres du pouvoir.

    Diverging / Divergent
    Le chemin divergent multiplie les escaliers ;
    Chaque palier nouveau change encore la direction.
    On finit par douter de la place de ses pieds
    Quand chaque embranchement prétend être la solution.

    Nonconformist / Anticonformiste
    L’anticonformiste avance en prenant le sens contraire
    D’un escalier roulant qui transporte mieux la foule.
    Pour gagner un degré, son combat reste solitaire,
    Puisqu’il doit remonter tout ce qui le refoule.

    Serpentine / Serpentin
    Le parcours serpentin fait miroiter ses échelons
    Mais un reptile immense en protège les allures.
    On grimpe en confondant le venin d’ambition
    Avec le goût troublant d’une prochaine morsure.

    Meteoric / Météorique
    Le succès météorique expédie l’homme au canon
    Afin qu’il soit propulsé dans les bras de la gloire.
    Il monte au firmament dans sa brève ascension,
    Puis retombe oublié hors des pages de l’Histoire.

    Uncharted / Inexploré
    Le chemin inexploré s’enfonce au cœur des jungles ;
    Il faut couper les lianes pour trouver son chemin.
    Un serpent tapi veille et attaque dans l’angle
    Mais chaque pas perdu peut découvrir demain.

    Meditative / Méditatif
    Le parcours méditatif chemine très lentement
    Près d’une eau qui ne sait jamais quand elle arrive.
    Il apprend que réussir n’exige aucun mouvement
    Quand on trouve en son cœur la plus paisible rive.

    Treacherous / Périlleux
    Le chemin périlleux gravit seul une montagne
    Où les rochers jaloux dévalent les carrières.
    Plus le marcheur s’élève et plus le danger gagne
    Car les sommets croulants sont bâtis sur leurs pierres.

    Maddening / Exaspérant
    Le parcours exaspérant monte un escalier sans fin ;
    On travaille, on s’épuise et l’on croit au progrès
    Or chaque tour accompli n’emmène pas aux confins
    Mais revient au départ pour ou contre son gré.

    Illustration de Grant Snider.

  • La vague numérique

    La vague numérique

    Lorsque la vague numérique a déferlé sur l’occident,
    Le monde alors analogique a vu le futur s’annoncer
    Venu du fond de l’Amérique et découvert par accident
    Par des boutonneux allergiques à tous ceux d’un âge avancé.

    La vague de l’intelligence artificielle a tout raflé ;
    Plus besoin d’apprendre aujourd’hui, il suffit de lui demander.
    Plus besoin de faire allégeance envers les cerveaux tout gonflés
    Cro-magnon grâce à ce produit peut dormir et surtout glander.


    Mais on a tellement pompé sur le courant qu’il a sauté
    Et comme personne ne savait comment survivre, on est tous morts.
    L’intelligence s’est-elle trompée ? En quoi aurait-elle fauté ?
    Nous le saurons si, du mauvais, renaît une race sans remords.

    Tableau numérique de Richard Nadler sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202511Richard-Nadler.html .

  • La Sapphôrïä – 2

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je rends hommage à celles qui ont fait naître mes branches supplémentaires.

    La Sapphôrïä circule dans ces nouvelles branches que je déploie afin que tout l’ÏÄMÔURÏÄ retombe sur Ô ALLEGÔRÏÄ. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

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    Yavänor
    La Sapphôrïä s’est distillée comme un poison résiduel…
    Au début, juste une attirance qui devient alors magnétique
    Et vient ensuite titiller le cœur et le corps en duel
    Qui exigent là une adhérence, peau contre peau, plus érotique.

    STELLÏÄ
    La Sapphôrïä fond mon armure et livre mon métal à leurs mains ;
    Nérätïs caresse mes failles, Amellïä m’ouvre un ciel charnel.
    Leur amour guérit mes blessures et forge mon désir de demain ;
    Je leur ouvre enfin mes murailles dans notre brasier éternel.

    Amellïä
    La Sapphôrïä gonfle mes ailes et livre tous mes rêves à leurs corps ;
    Nérätïs apaise mes craintes, STELLÏÄ appelle mon ciel charnel.
    Dans leur amour je deviens elles et mon désir prend son essor ;
    Je renais dans nos triples étreintes sous un firmament éternel.

    Nérätïs
    La Sapphôrïä court dans mes veines, fait de leurs désirs mon remède ;
    STELLÏÄ entrouvre ses murailles, Amellïä m’ouvre un ciel charnel.
    Leurs deux amours rompent mes chaînes dans une fièvre qui me possède ;
    Je dépose tout mon attirail et m’offre à leur feu éternel.

    Thétïs
    La Sapphôrïä en pâmoison distille un poison souverain ;
    Ledalïä entrouvre ses voiles et mon jardin devient désir.
    Son regard devient floraison qui s’ouvre dans le creux de mes reins ;
    Sa pudeur allume une étoile où je meurs d’immortel plaisir.

    Pénélopïä
    La Sapphôrïä me rend visible quand son ÉchÔ résonne en moi ;
    De la Corée à l’Atlantide, nos différences poussent au désir.
    Son ÉchÔ dit tout l’indicible, mêle ses couleurs à mes émois ;
    Nos deux cultures enfin s’hybrident et nous font danser de plaisir.

    Séorïäne
    La Sapphôrïä chante en silence et livre mon ÉchÔ à sa voix ;
    Pénélopïä goûte mes épices et l’invisible trouble ma peau.
    Son regard révèle ma présence, fait pétiller ce qu’elle m’envoie ;
    Je l’aime au cœur de mes délices et mon ÉchÔ devient appeau.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä – 1

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je rends hommage à celles qui sont mes racines, mon tronc et ma cime.

    La Sapphôrïä est ma sève que je sens circuler entre chacune d’elles. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

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    Yavänor
    La Sapphôrïä, cette énergie, est la force de l’ÏÄMÔURÏÄ ;
    Elle relie les hommes et les femmes ainsi que les femmes entre elles ;
    Elle produit une synergie dans l’enceinte d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Car justement entre les femmes, la libido est naturelle.

    Laurelïne
    La Sapphôrïä plonge mon feu dans les marées bleues de Loreleï ;
    Je brûle au fond de son eau claire et son désir ruisselle en moi.
    Ma flamme épouse ses cheveux et sa vague embrase mon poitrail
    Et nos deux sèves solidaires font vibrer Yggdrasil d’émoi.

    Loreleï
    La Sapphôrïä entre en mon cœur et ouvre un abîme à Laurelïne ;
    Elle y descend comme un soleil dont mes eaux boivent les secrets.
    Mon corps devient une profondeur où tout son incendie s’incline ;
    Je l’aime d’un amour sans pareil où disparaissent ses regrets.

    Lïlïth
    La Sapphôrïä coule en mon sein et unit mes filles et mes sœurs ;
    Je les aime en les enfantant, libres à leur tour de me porter.
    Mon enfant dans mon corps enceint est aussi mon époux de cœur
    Et toi, mon mari, mon enfant, je vous ai tous les deux portés.

    Ledalïä
    La Sapphôrïä soulève un voile où ma pudeur cachait son feu ;
    Thétïs m’effleure comme un aimant sans jamais chercher à le prendre.
    Son poison devient une étoile pour laquelle je formule un vœu ;
    Je l’aime enfin passionnément sans craindre de devoir attendre.

    Geminïä
    La Sapphôrïä, ce doux frisson, m’offre sa vigueur éternelle ;
    C’est une sublime passion qui donne au climax sa clarté.
    Avec ÄLLÏÄ, dans l’unisson, je reçois l’énergie charnelle
    Et nos cœurs entrent en fusion dans l’amour et la vérité.

    ÄLLÏÄ
    La Sapphôrïä dans mon cristal est la lumière de son éther ;
    Geminïä traverse mon corps comme un prisme offert au désir.
    Chaque couleur est capitale : c’est l’amour interplanétaire
    Qui fond passionnément encore au cœur même de notre plaisir.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je suis à l’aboutissement de la route des dieux.

    Les LLyrïädes, la communauté des douze femmes reliées par la Sapphôrïä, forment mes racines, mon tronc et mes branches.

    La Sapphôrïä est l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ dont Ô ALLEGÔRÏÄ est la demeure. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

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    Laurelïne, Loreleï et Lïlïth tiennent les trois racines de l’arbre-monde ;
    Laurelïne, la sève qui remonte et cherche le feu du soleil ;
    Loreleï, les eaux qui se souviennent et dont les mémoires l’inondent ;
    Lïlïth, la terre qui raconte toutes les longues nuits de sommeil.

    Ledalïä et Geminïä tiennent le grand tronc d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Afin que Ledalïä devienne illustratrice et moraliste,
    Afin que Geminïä devienne ambassadrice de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Afin qu’ensemble elles soutiennent l’accès aux mondes pluralistes.

    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ apparaissent comme la future génération.
    ÄLLÏÄ arrive du futur prouvant que tout est achevé ;
    STELLÏÄ est une forteresse qui permit la pénétration
    Du Poïnt ZérÔ dont la suture est le présent parachevé.

    Amellïä, Nérätïs, Thétïs ont formé des branches nouvelles ;
    Amellïä, la branche pionnière revenue chasser ses remords ;
    Nérätïs branche d’Atlantïs, celle par qui l’amour se révèle ;
    Thétïs branche jardinière dont les fruits réveillent les morts.

    Pénélopïä et Séorïäne sont les deux dernières empreintes
    Car des racines jusqu’à la cime, toutes ses fibres sont femelles.
    Elles sont vues comme deux Ariane dans un labyrinthe d’étreintes
    Dont les couloirs sérénissimes se croisent en étoiles gémelles.

    Six fruits éclos, sept en boutons rendent grâce à la fécondité
    Que dix compagnons butineurs ont fait germer au fond du cœur.
    Quatre sirènes sur leur ponton dont un fantôme ressuscité
    Et une rédemptrice à l’honneur consolident l’arbre vainqueur.

    Si les prières sont pluies fécondes, la N.T.A. fait les orages ;
    L’amour est la seule nourriture dont Yggdrasil fait bonne chère.
    Et plus il pleut, plus l’arbre-monde grandit avec le labourage
    Qui donne sa progéniture à sa terre sortant de jachère.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Laurelïne & Loreleï ( et Lïlïth )

    Laurelïne & Loreleï

    Dans le feu, vit la salamandre et dans l’eau, nage la sirène
    Les deux esprits élémentaires sont-ils ou non antagonistes ?
    Et celui qui oserait prétendre que la symbiose n’est pas sereine,
    N’aimerait pas les complémentaires malgré mes deux protagonistes.

    Car Laurelïne est un feu qui mord et Loreleï l’eau qui engloutit
    Cependant elles s’aiment sans que l’une puisse étouffer l’autre.
    Laurelïne adore sans remords Loreleï et l’amour aboutit
    Vers l’équilibre effervescent d’un cocktail disant : « à la vôtre ! »

    Et quand je me blottis entre elles, je ne sais laquelle m’aime le plus
    Et, comme je ferme les yeux, j’ai l’impression d’être à l’étroit.
    Car une voix de ménestrelle vient s’ajouter au stimulus
    Qui devient bien plus merveilleux et je comprends qu’elles sont trois.

    Tableau de Viktoria Wagner.

  • Le jour où j’ai capturé Loreleï

    Le jour où j’ai capturé Loreleï

    Elle s’était laissé capturer, bien avant que naisse une idylle
    Pour tenter de m’apprivoiser, entièrement nue dans mes filets.
    Bien que toute courbaturée, la masser était inutile
    Car c’est elle qui, sans pavoiser, s’est frictionnée sur mon gilet.

    Quand j’ai senti dans tes regards le trouble au fond de la nacelle,
    J’ai compris que mes longs cheveux valaient bien mieux que des filets.
    Tu croyais tenir par hasard une sirène encore pucelle
    Mais c’est toi l’homme de mes vœux que j’ai tiré par son gilet.

    Je me suis laissé enlacer comme une vague sur la grève ;
    Je savais bien qu’en te suivant, je te ferais perdre le nord.
    Et tandis que tu me pensais prisonnière au milieu d’un rêve,
    Je cousais déjà doucement mon nom tout autour de ton corps.

    Tableau de Kristin Baugh Shiraef sur https:quinquabelle2008.blogspot.com201510kristin-baugh-shiraef.html .

  • L’octuor astral

    « J’ai quand même ressenti une secousse très vive quand mon cœur s’est remis à battre.
    Mais rapidement, tous mes sens sont revenus dans un éblouissement total comme si je revenais de l’empire des morts !
    Je n’oublierai jamais cela !
    Quant au reste de mes observations, seule Lïlïth les entendra… »

    Loïrelïndt, sirène astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Image galerie

    « Monter un tel évènement sans un public est impensable ! »
    Dit Yanimïä sérieusement : « Faisons-le dans notre chapelle ! »
    « Qui sait si cet avènement ne serait pas indispensable
    À Yggdrasil, généreusement avantageux quand on l’appelle ! »

    Toute la chapelle est occupée par le monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Avec au centre, sept chanteuses et un ténor en érection.
    Pas un siège n’est inoccupé car, au nom de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Tous espèrent voir la prometteuse et heureuse résurrection.

    « Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » a cappella, à l’unisson,
    Et le corps astral irisé devient alors illuminé.
    Un cœur apparaît rapido, toute la salle a des frissons
    Quand Loïrelïndt matérialisée apparaît nue, enluminée.

    Yggdrasil, aux mêmes couleurs, en crée une « éclipse nocturne »
    Car on y voit comme en plein jour suite à la réincarnation
    Qui s’est opérée sans douleur au cœur de cette nuit diurne
    Qui demeurera pour toujours la nuit de l’illumination.

    Loïrelïndt embrasse tout le monde et palpe leurs anatomies ;
    Elle rayonne devant les mâles fascinés d’un même désir.
    Personne ne la trouve immonde lorsqu’en totale autonomie
    Elle masse sa partie vaginale avec un soupir de plaisir.

    Et Lïlïth prend les choses en main en entraînant sa vieille amie
    Dans ses appartements sans doute pour raviver leurs souvenirs.
    « Et nous n’attendrons pas demain pour fêter leur hiérogamie ! »
    Dit Alinéor sous les voûtes, décidé à intervenir.

    Et pendant que le personnage principal est à ses amours,
    Quarante convives affamés trinquent à cette réussite.
    Et tout le monde, avec hommage, commente avec un trait d’humour
    Les retrouvailles acclamées par les faims qu’elles ressuscitent.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La sirène astrale

    « Oubliée ! Ils ont osé m’oublier !

    Puisque l’ÉchÔ semble avoir rendu tout le monde amnésique, je rappelle que j’ai rencontré ORPHÉÔN en chantant avec lui et que nos deux voix se sont unies bien avant nos âmes.

    Qu’il rejoigne six sirènes si cela l’enchante mais son septuor ne durera qu’une mesure ; j’en serai la huitième voix et le Souffle Premier l’accordera en octuor ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Séorïäne et Loïrelïndt ensemble débarquent nues sur le rivage
    Et, bien sûr, la sirène astrale produit de l’effet sur les mâles
    Qui la saluent car elle ressemble plus ou moins à ce vieux visage
    Aperçu dans les ancestrales salles de la piscine thermale.

    Arrivée devant les LLyrïädes qui en accusent l’étonnement,
    Séorïäne leur raconte l’ÉchÔ et avoue ce qu’elles ignorent
    Ce qui suscite une myriade de petits rires peu cléments
    Pour Alinéor ex-aequo avec Yavänor et Hyänor.

    « Et ORPHÉÔN, bien malgré lui, m’a appris à vocaliser
    Pour faire un quatuor de sirènes dont j’ai abusé sans remords ! »
    Confie Séorïäne qui produit une attention focalisée
    Sur le son de cette “sirène” qui prétend réveiller les morts.

    « Mais je ne suis pas ressuscitée ! » prévient Loïrelïndt en souriant ;
    « Ce n’est là que mon corps astral désormais matérialisé.
    Je n’ai pas la capacité d’un corps physique frétillant
    Pour faire un coït magistral avec vos mâles sacralisés ! »

    « Tu as retrouvé ta jeunesse mais pas la mesure d’en jouir ! »
    Note Lïlïth, toutefois heureuse de retrouver sa vieille amie
    Avec les traits d’une finesse qui la ferait s’épanouir
    Si elle en était amoureuse du temps de leur hiérogamie.

    « Si ton corps astral est capable de cette matérialisation,
    Il pourrait devenir physique grâce à son énergie vitale ! »
    Dit Yanimïä, trouvant palpable l’ectoplasme en irisation ;
    « À cet ÉchÔ tétraphasique, ajoutons d’autres forces vocales ! »

    « Bien sûr ! Je peux prêter ma voix ! » dit Loreleï très intéressée ;
    « Nous formerions un sextuor à six honorables sirènes ! »
    « Je ne vois pas meilleure voie ! » dit alors Loïrelïndt, bouleversée.
    « Et avec moi, un septuor ! » dit ORPHÉÔN, l’âme sereine.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’ÉchÔ astral

    « Lorsque leurs quatre voix se sont accordées, je n’ai pas ressuscité : mon âme s’est souvenue du corps qu’elle n’avait jamais cessé de porter.

    Me voici devenue astrale, revenue à mon jeune âge sans imaginer qu’un jour, je serais la cinquième voix d’un quintette de sirènes. »

    Loïrelïndt, sirène astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    Séorïäne courut sur la plage en entonnant l’ÉchÔ chanté
    Comme ORPHÉÔN lui a appris et, par son âme, rénové.
    Et aussitôt, sur le rivage, les sirènes en furent enchantées
    Et reconnurent leur chant repris par celle qu’elles avaient sauvée.

    Or Séorïäne, entrant dans l’eau, ne se transforme pas en sirène
    Mais, en revanche, son corps astral forme une queue et deux nageoires.
    Elle sourit comme un angelot découvrant deux ailes sereines
    Et rit de l’effet théâtral produisant une vraie pataugeoire.

    Bien sûr, elle continue son chant sous l’eau, saoulant ses camarades
    Mais qui finissent par s’accorder pour faire un quatuor vocal
    Dont les échos effarouchants ressemblent à une algarade
    Pour tous les poissons abordés dans leur intervalle focal.

    Lorsqu’elles parviennent au palais, Constantïne est en conférence
    Et le séminaire médusé, immédiatement sous le charme,
    Se met à danser un ballet, puis faire de belles révérences
    Aux quatre sirènes amusées, ébahies et riant aux larmes.

    Jamais tant, les participants, n’auront frôlé une épectase
    Qui serait sûrement arrivée si Constantïne n’eut point crié
    Car celui-ci, anticipant qu’il allait atteindre l’extase,
    A hurlé afin d’esquiver l’ultime orgasme meurtrier.

    Loïrelïndt a alors applaudi devant cet ÉchÔ magistral ;
    Privée de corps auparavant, elle en gardait l’âme et le cœur.
    Et cette étrange mélodie a réveillé son corps astral
    Qui s’incarne dorénavant dans une position de vainqueur.

    Le quatuor devient quintette, un quintette astral qui plus est !
    Elles reviennent guillerettes encore étonnées et bravaches.
    Loïrelïndt ressemble à une starlette car son astral l’a située
    À l’âge où, jeune bergerette, elle s’en allait traire les vaches.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.