La planète bleue cherche de l’eau pour alimenter ses tuyaux ; La planète bleue en manque d’air pour faire voler ses Canadairs ; La planète bleue manque de sous, la France est sens dessus-dessous ; La planète cherche les mythomanes incendiaires et pyromanes.
La baleine bleue crier famine sous les robinets qu’on élimine ; La baleine bleue boire la tasse tandis que le plancton trépasse ; La baleine bleue prendre feu sous les discours des grands mafieux ; Et les pompiers chercher encore l’eau que les riches vendent à prix d’or.
Oui mais voilà, il faut choisir l’eau ou inviter à loisir Les grands de ce monde à Versailles pour se rincer, vaille que vaille ; Donner de l’argent pour la guerre comme on l’a toujours fait naguère Et vivre au frais de la princesse même en période de sécheresse.
Pendant que le peuple suffoque, le gouvernement nous convoque À consentir quelques efforts pour remplir les poches des plus forts ; Mais la baleine souveraine, lasse de boire toute cette haine, Ferme enfin tous ses robinets et la porte des cabinets !
Illustration de Carlo Stanga et texte inspiré d’une chanson de Steve Waring.
Non seulement elles ont provoqué elles-mêmes la fugue des silures mais elles en rejettent la faute sur Constantïne qui gobe l’affaire et s’en lamente. Avec câlineries et espiègleries, elles vont réussir à lui faire accepter un nouveau rôle en prétextant que c’est pour son bien. Et ce pauvre Constantïne a signé les yeux fermés. »
Loïrelïndt, fantôme de première classe
« Je n’y comprends rien ! » dit Constantïne ; « Je vérifie toujours les portes Et il n’y a aucune raison qu’un silure, tout seul, puisse sortir ! » « Peut-être une main enfantine… » suggère Loïrelïndt, « de la sorte… Quelqu’un qui dans cette maison aurait voulu les pervertir… »
« Les trois gamines ? C’est ridicule ! Elles tiennent beaucoup à leurs montures ; D’ailleurs elles m’ont déjà promis que tout s’éclaircirait un jour… Elles viennent avant le crépuscule ! » dit-il, l’œil sur les fermetures. « Sur les lieux du crime commis, l’assassin y revient toujours… »
« Le bonsoir, Monsieur Constantïne ! » Disent les sirènes à trois voix ; « Le bonsoir, mes chères petites ! Alors ? Où en est votre enquête ? » « Il semble, hélas, que la routine vous ait fait oublier une fois… Juste une fois… lorsque vous partîtes avec tout autre chose en tête… »
« Ah mes petites pardonnez-moi ce seul moment de distraction ! » Gémit-il en tendant les mains, « Je n’suis qu’un vieux polichinelle ! » « Mon pauvre Monsieur, c’est ce mois chargé de bien trop d’attractions… Mais… que voulez-vous… c’est humain ! » minaudent les trois criminelles.
« Vous avez besoin de repos et on va s’occuper de vous ; Venez ! Nous sommes toutes expertes en massage récupérateur ! Vos nerfs sont tous à fleur de peau… allongez-vous… détendez-vous… Sentez toutes nos mains offertes dans un amour libérateur… »
« Vous êtes des petites fées ; demandez ce que vous voulez… » « Nous songeons à votre bonheur pour que vos soucis se détachent… Dans le haras vous étouffez… alors… sans trop vous chambouler Laissez-nous donc vous faire honneur en vous offrant de nouvelles tâches… »
« Il vous faut de la compagnie… rencontrer d’autres humains, en somme… Organiser une belle cantine, des logements, des mobile-homes… Et comme vous êtes si bien garni, vous pourriez être leur majordome… » « Quelle bonne idée ! » dit Constantïne, « Je suis d’accord, je suis votre homme ! »
« Lu dans les journaux du matin : L’Italie déclare la guerre aux silures géants qui menacent la faune du lac de Garde. Ils prolifèrent dans les eaux du lac et menacent la faune locale. L’Italie va subventionner leur capture pour freiner leur expansion. Les plus gros spécimens s’attaquent aux sardines, aux bars et aux corégones, mais aussi aux canards et aux cormorans ; ils pourraient même s’en prendre à de petits chiens.
Bien que soi-disant originaires d’Asie, nous savons très bien qu’ils proviennent du haras de Monsieur Constantïne… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Voici qu’au bord du lac de Garde, on traque aujourd’hui les silures ; Venus du haras des sirènes, ils ont pris goût aux eaux du Sud. Constantïne monte la garde mais cherche encore ses créatures ; Les autorités souveraines ont mis cent mille écus dessus.
Au haras, l’alarme est donnée : deux pensionnaires sont partis ; La serrure était bien fermée, Constantïne peut l’attester. Loïrelïndt fut, bien sûr, questionnée mais elle n’en a pourtant rien dit ; Son innocence est proclamée sans même avoir à protester.
« Ce n’est qu’un voyage estival ; ils prennent leurs congés payés ! À la fin de cette saison, ils reviendront tous d’Italie. Quand ils seront bien dépaysés, fatigués d’avoir trop nagé, Ils regagneront la maison pour retrouver leur paradis ! »
Ils ont croqué quelques canards comme nouvelle gastronomie, Puis avalé des cormorans, des bars, des perches et des bernaches. Ils ont coursé des chiens bavards et gagné le trophée promis, Puis poursuivi des chats marrants pour entretenir leurs moustaches.
Mais la Vénétie les menace, met leurs têtes à cent mille euros Et a subventionné la traque faisant armer tous les pêcheurs. « Cette récompense tenace pour exterminer nos héros Est un scandale qui détraque la Nature et ses démarcheurs ! »
« Ne craignez rien ! » dit Éôlïäne : « ils rentreront tout simplement Lorsque l’eau leur paraîtra fade et qu’ils pleureront nos boîtes de thon. Selon la mémoire océane, ils remonteront lentement Les rivières sans rebuffade pour s’faire chatouiller le menton ! »
Constantïne a fermé les portes puis recompté tous ses poissons ; Loïrelïndt, restée toujours muette, contemple au loin les eaux lombardes. Nul ne sait encore de quelle sorte ils sont partis sans permission Mais trois sirènes satisfaites font une patrouille d’avant-garde.
Illustrations de Ledalïä & Geminïä, Texte de Laurelïne.
« Les LLyrïädes disposent désormais d’un calendrier précis afin de nourrir Yggdrasil.
Les sirènes, elles, ne disposent que des congés payés de leurs amants de passage.
Nous avons donc décidé d’ouvrir une maison d’hôtes aquatique et d’en confier l’intendance à Monsieur Constantïne, qui se plaignait justement de sa solitude.
Loïrelïndt n’a formulé aucune objection.
Nous considérons son silence comme un consentement. »
Princesse Éôlïäne, Gardienne des Eaux profondes
« C’est bien joli toutes ces prières mais pour nous, il n’y a pas d’amants ! » Constate Éôlïäne, rancunière comme un chapitre qu’on a sauté. « Ben… on a la classe ouvrière qui vient passer en ce moment Ses vacances d’été routinières ! » répond Azurïanne excitée.
« C’est vrai mais c’est trop saisonnier ! Durant deux mois, ils nous complaisent Mais l’été est périclitant ; fini de courir la prétentaine ! » « Que faisiez-vous de vos prisonniers ? Je les baisais, ne vous déplaise ! » S’esclaffe Olivïäne imitant ce bon Monsieur de La Fontaine.
« C’est ça, rigole ! » dit Éôlïäne ; « Mais aussitôt réglée la note Quand les congés seront finis, on verra si tu y renonces ! » « J’ai une idée ! » dit Olivïäne ; « pourquoi ne pas faire chambre d’hôtes ? Les chambres sont presque à l’infini ; il suffit de mettre une annonce ! »
« Mais ça nous oblige à rester en permanence à leur service ! » Objecte Éôlïäne à l’étude d’une cuniculture d’hommes. « Monsieur Constantïne a pesté avant-hier contre le maléfice Qui le force à la solitude ; je le verrais bien majordome ! »
« Moi, pour l’annonce… » dit Azurïanne, « je la rédigerais ainsi : Charmante maison d’hôtes aquatique. Venez passer vos séminaires ! Venez suivant le fil d’Ariane, là même où Léonard de Vinci A peint la “Joconde helvétique” dans un cadre extraordinaire. »
« Pour ces messieurs ayant besoin de distraction, évidemment, Nous saurons bien les satisfaire ! » conclut Éôlïäne, convaincue. « Comme ils seront sans leurs conjoints, ce sera concomitamment Assez élémentaire à faire ! » s’amuse Azurïanne sur le cul.
« Moi, j’en ai le sperme à la bouche ! Qu’est-ce qu’on attend pour aller voir Et convaincre Monsieur Constantïne de participer au projet ? » « Ne t’en fais pas car, sur sa couche, il suffira de lui prévoir Une série de massages intimes auxquels il ne peut déroger ! »
« La véritable sagesse ne réside pas dans l’armure de nos fonctions, mais dans l’éclat de nos abandons. Lorsque la citadelle referme ses portes sur le monde, l’ÏÄMOURÏÄ révèle son plus précieux mystère : l’harmonie absolue de deux âmes et de deux corps mis à nu. »
Geminïä, ambassadrice du Féminin Sacré
« J’avais connu et pratiqué cela au cours de ma carrière Mais jamais personnellement ! » avoue Geminïä névralgique. « Ça m’a rappelé, sans critiquer, mais plusieurs années en arrière, Nos études occasionnellement ! » avoue Irénée nostalgique.
« Toi ? Peut-être bien mais pas moi ! » dit-elle d’un air stupéfait ; « Ça passe quand c’est professionnel mais pas lorsque c’est personnel ! » « Mais ce n’est pas la première fois ; toi et moi l’avons déjà fait ! » Dit-il un peu plus rationnel ; « et c’était plutôt passionnel ! »
« Nous étions jeunes ! » tranche-t-elle ; « et complètement délurés ! Mais aujourd’hui j’ai une charge et je me dois d’en être digne ! » « Mais pas dans cette citadelle ! » répond-il pour la rassurer ; « Ici, tu es, à ta décharge, une LLyrïäde sans tes consignes ! »
« C’est vrai que j’ai double casquette et que j’ai une autre fonction ; En tant qu’ambassadrice active au nom du Féminin Sacré ! » « Et si tu as deux étiquettes qui sont ensemble en disjonction, Tu dois mettre l’une inactive quand tu es, pour l’autre, consacrée ! »
« Oui en effet et, après tout, cela n’est pas incompatible Car nous agissons pour la paix et le bien de la communauté ! » « Sans doute ! Mais c’est aussi surtout parce que tu es suprasensible Et que tu as participé de toute ta féminité ! »
« Oui… je dois faire la part des choses et c’est vrai que ça m’a bien plu ! Cette Yanimïä est excellente dans son rôle plénipotentiaire ! » « J’ai bien vu ta métamorphose quand nos orgasmes furent conclus ! Tu étais alors déferlante de jouissances outrancières ! »
« À ce propos, je reste sur ma faim ! Et quelque chose m’a fait défaut… » Dit Geminïä en saisissant la “chose” d’Irénée en question. « Viens ! » dit-elle en faisant le dauphin ; « Et pénètre-moi comme il faut ! » Et Irénée compatissant se met alors en position.
Qui veut nager plus loin ménage sa monture Et les sirènes sont exigeantes de nature. Quand elles vont au vivier choisir leur véhicule Les unes contre les autres, ça crie, ça se bouscule.
Observons Arabelle, la sirène bien connue ; Regardons-la tâter un poisson biscornu ! Pour chasser le marin, la vitesse l’obnubile Elle exige des nageoires et une queue mobiles.
Puis une autre examine d’un œil mélancolique Des thons aux ailerons pas vraiment méthodiques. « Ne prends pas ce thon beau ! » lui conseille Arabelle « Il te fera frémir ; il a la queue rebelle ! »
« C’est bien là son talent ! » lui rétorque Angélique « Sa nageoire dorsale est plutôt fantastique ! Une fois calée dessus, le moindre soubresaut Me fera ressentir la verge du puceau ! »
J’aime retrouver ma sirène après avoir suivi de loin Un trois-mâts prenant son essor à la poursuite des sept mers. Là, je m’accroche à sa carène et la voici qui me rejoint M’embrasse et, coup du mauvais sort, me trouve alors un goût amer.
Puis ses cheveux noyés d’avers enveloppent mes rêves d’écume Et ses yeux aux couleurs fantômes ont la douceur des fonds marins. Elle goûte à mes lèvres amères où survit l’encre de ma plume Et m’attire vers son royaume où se perdent mes vieux chagrins.
« STELLÏÄ affirme que tous les chemins conduisent quelque part, à condition d’en essayer suffisamment.
Je continue de croire qu’il n’existe qu’un chemin qui nous attend.
Nous avons rapproché les berceaux. Papa-maman se sont aussitôt rendormis l’un contre l’autre. Je ne sais toujours pas si c’est de l’empathie, de l’amour ou de la prédestination. Mais je n’ai plus envie de les séparer pour vérifier. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Papa-maman dans leur berceau ; deux petits bébés trop cocasses ! » Dit ÄLLÏÄ, leur donnant le bain, à sa sœur dans la nurserie « En plaçant les lits transversaux, ça leur fait un plus grand espace ! » Répond STELLÏÄ en plein turbin d’aménagement de literie.
« Tu crois qu’il faut les mettre ensemble ? Ils sont encore si petits ! » Dit ÄLLÏÄ jouant avec eux laissant sa sœur à ses corvées. « Loreleï m’a dit que ça lui semble une bonne idée, vu l’empathie Qu’ils montrent car ils sont heureux, l’un contre l’autre, toujours lovés ! »
« Oui mais on dirait qu’on les mène vers un mariage organisé ! » Fait ÄLLÏÄ, mi-figue, mi-raisin, à sa sœur devant la fenêtre. « Lïlïth m’a dit cette semaine que leurs âmes sont focalisées Et qu’il faudrait être zinzin pour ne pas les faire se connaître ! »
« N’empêche ! Si on m’avait placée à côté d’ORPHÉÔN bébé, Notre coup de foudre choral n’aurait pas été si intense ! » « Il aurait été remplacé par d’autres qui seraient tombés Au bon moment collatéral ! » répond STELLÏÄ avec aisance.
« Pour toi, tous les chemins sont bons ! Pour moi… il faut trouver le bon ! » Précise ÄLLÏÄ qui se souvient encore des caves d’ALLEGÔRÏÄ… « La vie, c’est une boîte de bonbons ! Tu ne sais pas s’ils sont tous bons… Et la seule méthode qui convient c’est de les manger en noria ! »
« Alors tu aurais pu rencontrer un autre mari que Cristïäs ! » Réplique ÄLLÏÄ pour vérifier les hypothèses de sa sœur. « C’est différent ! Nous sommes entrées dans un “chronodrome” coriace Pour un destin spécifié par un drôle de hub propulseur… »
« Mouais… en attendant, papa-maman ont vraiment l’air d’être amoureux Car sitôt que je les sépare, ils se mettent à crier ensemble ! » « Tu vois bien que c’est pertinent ! Moi, je les trouve savoureux ! Et savoir que ça les prépare à une idylle qui les rassemble… ! »
Ledalïä et Geminïä ont mêlé leurs corps, leurs cœurs et leurs couleurs jusqu’à féconder Yggdrasil.
J’ai seulement peint ce que j’ai vu et ajouté l’Insémination poétique à quatre mains au calendrier.
Il fallait bien que quelqu’un tienne le pinceau. »
Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ
Ce n’est pas la première fois qu’elles travaillent de concert Mais aujourd’hui elles innovent ; aujourd’hui est un nouveau jour. L’amour du corps – c’est là leur choix. Dans l’intimité nécessaire De l’atelier qu’elles rénovent, elles vont peindre par amour.
Et Ledalïä fait tomber le voile de sa pudeur et s’offre nue À Geminïä qui fait de même pour l’insémination graphique. Elles s’embrassent, ce qui dévoile une lumière soutenue Entre leurs corps qui disent « je t’aime » pour l’art nouveau honorifique !
Bien sûr, Yanimïä est présente mais juste en tant qu’observatrice Et réalise une aquarelle des illustratrices amoureuses Dont les couleurs électrisantes émeuvent la Fornicatrice Et deviendront surnaturelles sur la peinture langoureuse.
D’ailleurs elles ont presque imposé un calendrier adapté À leurs créations artistiques, le corps, le cœur et l’âme nus. L’ordre du jour est proposé par une formule adoptée : « L’Insémination poétique à quatre mains » est au menu.
Yggdrasil répond aussitôt et se recouvre de leurs couleurs ; Tout Ô ALLEGÔRÏÄ se teinte du lapis bleu, du rouge et or ! On n’avait pas vu de sitôt pareil accouchement sans douleur De grâce immaculée empreinte de la beauté du météore !
Les aréoles de leurs seins deviennent alors les quatre lunes Et leurs yeux des milliers d’étoiles au regard illuminateur. L’amour se répand à dessein guidant chacun vers sa chacune Et tout le monde se dévoile d’un même geste imitateur.
Et c’est la peinture orgasmique ! Leurs deux corps nus alors s’étreignent ; L’art nouveau est un arc-en-ciel qui grave son incrustation. L’amour devient ectoplasmique, une substance qui s’imprègne De l’ÏÄMÔURÏÄ au potentiel décuplé par l’illustration.
« J’ai cru devoir abandonner ma pudeur. Yanimïä m’a appris qu’elle ne dépendait ni de mes vêtements ni des fenêtres fermées.
Alors je les ai ouvertes. Alinéor a compris le reste. »
Ledalïä, Archiviste et Illustratrice
Ledalïä paraît consternée et se confie à Alinéor : « Je ne m’attendais pas du tout à pratiquer l’amour à trois ! Cela a profondément gêné mes crédos, mes confiteor Et mon intimité ! » avoue-t-elle d’un air maladroit.
« Être nue devant Yanimïä ! Un cunnilingus imposé ! Et toi en train de la bourrer ! J’avais trop envie de pleurer. Et voir la prude Ledalïä impudiquement exposée ! Mon orgueil ainsi labouré et toutes mes illusions leurrées ! »
« Oui ! J’ai pleuré à chaudes larmes ! Oui ! Je me suis sentie humiliée ! Mais Yanimïä m’a rassurée ; elle m’a parlé dans ma tête ; Elle m’a dit de baisser mes armes, le cœur et le corps ralliés Ainsi je réévaluerais le vrai sens de cette requête ! »
« Alors j’ai écouté mon corps mais j’ai eu honte du plaisir ; Alors j’ai écouté mon cœur et me suis laissé attendrir ; Alors j’ai senti cet accord sis entre prière et désir Et je vous ai sentis en chœur et nos orgasmes retentir. »
« Si ma pudeur demeure intacte, la nudité n’est plus taboue Et j’ai bien aimé rentrer nue même devant nos compagnons Dont l’attitude respectable était, de plus, je vous l’avoue, D’une courtoisie soutenue ainsi qu’un charme très mignon ! »
« Pourtant je reste un peu jalouse de savoir Yanimïä baisée Par ton phallus qui m’appartient et que je ne peux partager. Et me faire lécher la pelouse ne m’a pas vraiment apaisée Et je pense que tu détiens le remède pour me soulager ! »
Sans dire un mot, Ledalïä monte à cheval sur son partenaire Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement. Et enfin Ledalïä surmonte toute pudeur réactionnaire En faisant l’amour dans la chambre, fenêtres ouvertes au firmament.
« Ledalïä et Geminïä avaient demandé un pique-nique en tout petit comité.
Je me suis donc dissimulée derrière Yggdrasil afin de veiller discrètement au respect de leur intimité.
Elles ont mêlé leurs rêves, uni leurs talents puis scellé d’un baiser leur pacte d’art nouveau.
Pendant ce temps, Alinéor et Irénée contemplaient leurs épouses et un écureuil pillait le déjeuner. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Par une journée ensoleillée, Alinéor et Irénée Organisèrent un pique-nique mais en tout petit comité. Or Ledalïä émerveillée et Geminïä illuminée Profitèrent de l’instant unique pour parler en intimité.
« Tes sublimes illustrations ornent la plupart de nos pages, » Dit Geminïä de but en blanc, d’une complice autorité. « Mais j’en ressens une frustration. Ne pourrais-je offrir mes images Et nous unir sans faux-semblant au nom de notre sororité ? »
« Voilà longtemps que j’espérais que tu me proposes tes beaux rêves ! » Répond Ledalïä tout sourire en lui offrant ce geste humain : « Mêlons désormais nos portraits afin que chacune parachève, De ses pleurs comme de ses rires, le livre éclos à quatre mains ! »
« Je suis comblée par ta promesse pour notre belle complicité, Atteignant la douce fusion au grand climax de la splendeur ! Mon âme vibre d’allégresse, scellant notre fraternité, Partageant la même vision pour en révéler la grandeur ! »
« Alors, peignons dès aujourd’hui nos souvenirs les plus intimes ! » Propose Ledalïä, ravie, en contemplant leurs deux époux. « Nous leur offrirons le produit de nos arts aussi légitime Que celui de leurs cœurs assouvis qui nous accélèrent le pouls. »
« J’accepte donc avec ardeur cette invitation au partage, Mêlant mes teintes avec plaisir dans une si douce tendresse. Pour nos époux ambassadeurs, nous forgerons ce bel ouvrage Et le bouquet de nos désirs se dévoilera dans l’allégresse ! »
En s’embrassant, les deux complices forment un pacte d’art nouveau ; Désormais leurs cœurs seront nus à l’écoute de nos épopées. Ainsi les deux illustratrices mettront leurs talents à niveau Pour une peinture obtenue des deux génies télescopés.
Alle Münder stets gespitzt, Gurgelnd alle Kehlen, Wand und Boden stets bespritzt, – Fluch auf Speichelseelen! Fluch der Bildung, wenn sie speit! Fluch dem Tugendbunde! Auch die reinste Heiligkeit Trägt nicht Gold im Munde! Quand la Vertu s’avance, les yeux d’un bandeau clos, Elle ignore le tumulte et ses désirs en feu ; Mais l’Amour, nu et fier, brandit son fer bien haut, Pourfendant les tabous sous le regard de dieu. Les bouches se dénouent, les gorges ne sont tues Dans des puits de silence et les plaisirs exclus.
L’Éveil des Sens
Un vent de liberté balaie le sol flétri, Éclaboussant les murs de désirs écarlates ; On se moque bien fort des prêcheurs rabougris Et de leurs lois d’argent, pesantes et ingrates. Que les âmes salivent et que les cœurs s’emballent, Loin des ligues de fer qui dans l’ombre s’installent !
Malheur à qui voudrait, par une éducation, Éteindre cette flamme et briser les élans ; L’érotisme est un droit, une sainte passion, Qui se rit des dévots et des esprits tremblants. La sainteté n’a cure d’un or pur en sa bouche, Tant que l’Amour triomphe et que le désir touche.
Illustration de Heinrich Kley d’après-skis un poème de Friedrich Nietzsche.
Il y a la musique de chambre et la peinture d’antichambre Qui fait office de paravent avec toiles surdimensionnées. Dans les tons pastel, rouge-et-ambre lorsqu’elle est au goût de novembre Et des coloris dans le vent quand le printemps est mentionné.
Cet été, on peindra des nus, couchés, debout à la fenêtre, Avec des couleurs grenadine, menthe-à-l’eau et citron pressé. Avec de jeunes inconnues afin de ne pas reconnaître Tante Claudine ou Géraldine et toute la famille oppressée.
« Séorïäne et Hyänor se sont coupés dès leur premier jour aux cuisines.
Pénélopïä a nettoyé leurs plaies avant d’être promue interne de Nérätïs et d’apprendre qu’elle était enceinte.
Elle a enfin réussi à tutoyer son ancienne reine puis lui a spontanément avoué qu’elle l’aimait.
Nérätïs a pris note de ce dernier symptôme. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Bonjour votre altesse ! Aujourd’hui deux personnes attendent ! » Dit Pénélopïä désignant les deux Coréens tout patauds. « Pénélopïä je reproduis tous les jours la même demande : Tutoyons-nous car maintenant nous sommes dans le même bateau ! »
« Si vous voulez… heu… si… TU… veux ! Les Coréens se sont coupés Avec les couteaux de cuisine. Je leur ai nettoyé les plaies. Mais pour leurs vaccins si… TU… peux vérifier et t’en occuper… J’ai fait les analyses d’urine et prise de sang, s’il… TE plaît. »
« Le vaccin antitétanique ! Bien entendu Pénélopïä. Au fait, tu n’es plus “assistante” mais mon interne dès à présent ! Depuis nos années de clinique, ton statut à Ô ALLEGÔRÏÄ Passe du titre “méritante” à mon bras droit omniprésent ! »
« Tu sais, Nérätïs, je peux dire que je suis heureuse d’être ici Et je te remercie d’avoir souhaité ma présence avec toi ! » Dit Pénélopïä sans prédire qu’un autre changement s’instancie Que Nérätïs semble devoir avoir deviné, l’air courtois.
« Nous vivons l’expérience humaine la plus importante de ma vie Et tu es la seule en qui je place une confiance inébranlable. D’ailleurs depuis une semaine, tu es enceinte, mon amie ! Nemo apparemment remplace ses troubles par une vie agréable… »
« Tu sais que j’ai failli te dire que ce n’est pas professionnel Mais nous devons nous épauler et Nemo est très bien pour toi ! Je te vois beaucoup plus sourire et ton diagnostic rationnel S’est beaucoup plus extrapolé depuis que tu vis sous son toit. »
« C’est moi qui dois te remercier pour ta fidélité sereine, Pour l’amour que tu nous as mis au bloc et le cœur à l’ouvrage ! » « Je t’ai toujours appréciée ! » dit Pénélopïä à sa reine « Et maintenant qu’on est amies, je t’en aime bien davantage ! »
« Alinéor a réuni Lïlïth, Ledalïä et Yavänor afin de leur exposer les difficultés croissantes de son service.
Nos deux amis coréens se sont portés volontaires pour l’assister en attendant de découvrir leurs véritables spécialités. Lïlïth a tellement apprécié cette initiative qu’elle a décidé de l’étendre à toute la communauté après consultation de Nérätïs et Yanimïä.
J’étais entrée dans la cuisine à la dérobée pour y chiper une pâtisserie ; j’en suis ressortie avec la perspective d’une nouvelle fiche de fonction. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Lïlïth, Ledalïä, Yavänor et Alinéor se retrouvent À l’invite de ce dernier qui a demandé leur concours. « Merci ! Votre présence m’honore ! Il faut vous dire que j’éprouve, Dans mon service routinier, du mal à gérer mon encours.
« Les bouches à nourrir sont nombreuses et ont tendance à augmenter ; Je ne m’en plains pas cependant car la communauté prospère ! Ce n’est pas qu’elle soit onéreuse mais ma besogne est tourmentée Et j’ai besoin de répondant et que d’autres gens coopèrent. »
« Alors j’ai pris l’initiative de demander autour de moi Et nos deux amis coréens ont choisi d’être bénévoles Puis ils auront l’alternative de mieux servir sous notre toit Et comme je suis épicurien, je leur confie mes casseroles ! »
« Alors on va manger chinois ? » demande Yavänor prudemment ! « Coréen ! Et la variété est excellente pour la santé ! » Dit Alinéor dont le minois impudemment Sourit à la contrariété semée pour avoir plaisanté.
« D’abord ils apprendront à mes côtés et s’ils ont des spécialités À proposer je suis preneur d’autres conseils plus perspicaces. Au vu de la charibotée d’enfants qui veulent s’inviter Il nous faudra quinze harponneurs ou de la main-d’œuvre efficace ! »
« Non seulement tu as raison mais ton initiative t’encense ! » Lui dit Lïlïth reconnaissante qu’il y ait plus de gens pragmatiques. « Et tu peux gérer ta maison sans qu’il y ait de réticence ; Ton idée est intéressante pour toutes les tâches pratiques ! »
« Avec Yavänor, nous irons voir Nérätïs et Yanimïä Pour évaluer leurs exigences dans tous les secteurs désignés Et tous ses membres fourniront leur aide à Ô ALLEGÔRÏÄ Car il faut faire diligence comme le dit notre cuisinier ! »
« La prière de yalïth fut aussi intense que délicieuse.
Elle m’a cependant laissée dans un état de frustration que mes filles, habituées à échanger leurs positions, savent transformer en excitation.
J’ai donc réveillé Yavänor afin de vérifier si cet effet secondaire avait été prévu par Yanimïä.
Il l’était manifestement. »
Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde
« Excuse-moi si je te réveille mais j’en avais vraiment envie ! » Avoue Lïlïth à Yavänor en train d’émerger de ses rêves. « J’étais au pays des merveilles… » dit-il, « et nous avions suivi L’invitation qui nous honore auprès d’Yggdrasil sur la grève… »
« Oui ! Moi aussi ça me tourmente ! Si notre prière était forte Elle me laisse une frustration qui m’obsède ! » réplique Lïlïth. « Yanimïä est une bonne amante mais le problème en quelque sorte C’est cette étrange pénétration indirecte autant qu’insolite ! »
« Exactement ! » rétorque-t-elle. « Et mes filles… que t’ont-elles dit ? » « Depuis longtemps nous pratiquons ensemble cette position Et leur satisfaction est telle que c’est pour elles le paradis ! » Dit-il le visage rubicond d’avouer leurs prédispositions.
« J’avais oublié ces vicieuses et vos rites avant que j’arrive ! » Admet Lïlïth ; « Leur frustration est compensée par leur échange ! Ainsi cette prière délicieuse qui met mon cœur à la dérive M’incite alors, par réaction, à cette envie qui me démange ! »
« Tu n’as pas à te justifier car j’ai moi-même été frustré Pour la même raison que toi et je pensais à te le dire ! Mais j’étais tant quantifié que ma vitalité prostrée M’a épuisé bien malgré moi ! » répond-il sans la contredire.
Sans dire un mot, Lïlïth s’installe à cheval sur son partenaire Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement. L’amante redevient vestale ranimant le feu millénaire De son Yavänor dans la chambre de la passion des deux amants.
« Je crois cet effet secondaire organisé par Yanimïä Comme un effet excitateur pour relancer la libido. Le couple reste plus solidaire. Si Ledalïä et Geminïä Subissent cet amplificateur, ça fera tomber le rideau ! »
Le clou du culte rouge dans la tente éponyme Rapproche de l’ivresse et cause de la sueur. Pourtant il faut qu’on bouge, qu’on danse et qu’on s’anime Avec cris d’allégresse sous la pâle lueur…
…d’une éclipse de Lune qui n’obscurcit la Terre, N’occulte le Soleil mais endort les oiseaux ; Une transe opportune imbibée de mystère Qu’un petit vent balaye et courbe les roseaux !
Quatre bénéficiaires des secrets des ténèbres, Quatre jeunes ingénues toutes encore novices, Quatre jeunes sorcières se retrouvent et célèbrent Les quatre flammes nues des vestales en service.
S’il faut se faire entendre, il faudra plus d’oreilles S’il faut se faire voir, il faudra d’autres yeux S’il faut se faire étreindre, il faudra plus de mains S’il faut se faire aimer, il faudra plus de sexes.
Sur la carte du tendre, l’illusion sans pareille Est de ne pas décevoir le voyage merveilleux Afin de ne point éteindre la flamme qui demain Brûlera d’essaimer nos délices complexes.
Ne pouvant plus attendre, dès demain j’appareille Pour suivre les couloirs les plus cérémonieux Pour, au plus vite, atteindre l’éternel féminin Et, s’il faut, s’enfermer dans ses ivresses annexes.
« ORPHÉÔN et Valérion répétaient lorsqu’une simple vocalise s’est transformée en conversation privée.
Valérion a respecté avec une remarquable prudence le pacte qui l’unit à Nérätïs.
ORPHÉÔN, pour sa part, a décrit mes capacités vocales et certaines habitudes plus intimes avec une précision dont personne ne lui avait demandé de faire la démonstration. Je lui ai rappelé que la discrétion participe également à l’harmonie d’un couple. Il a promis de tenir sa langue.
Pour un chanteur, l’effort mérite d’être salué. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« … Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » vocalise ORPHÉÔN, ravi ; « Sept octaves mais… c’est formidable ! » dit Valérion, presque incollable ; « ÄLLÏÄ en a huit crescendo mais sur les basses, elle dévie ; Elle manque de puissance applicable mais pour les aiguës, imbattable ! »
« Quand on fait l’amour, c’est gênant… mais bon, les murs sont assez denses ! Après, elle est bien plus loquace ! » dit ORPHÉÔN méditatif. « Elle est sujette – morigénant l’indiscrétion – aux confidences Si mon tact demeure efficace… mais ça reste approximatif ! »
« Nérätïs ne parle jamais de ses moindres activités ; Notre pacte est de déposer nos vies à la porte d’entrée ! » Dit Valérion. « Et maintenant qu’elle est LLyrïäde plébiscitée, La discrétion est imposée pourtant je n’en suis pas outré. »
« Elle est partout, elle voit tout, elle entend tout et note tout ! » Précise ORPHÉÔN étonné ; « on dirait qu’elle est archiviste ! Mais pas moyen d’en voir un bout ; elle reste discrète et surtout Secrète autant que cantonnée à son devoir stakhanoviste ! »
« Nous nous retrouvons pour passer nos meilleures heures ensemble Et Nérätïs sait animer nos soirées de belles prouesses. Aucun ne va outrepasser la relation qui nous rassemble Et cela nous a arrimés sans autre forme de promesses ! »
« Mais si ce que tu dis est vrai, alors ton ÄLLÏÄ, maintenant, Doit savoir que tu parles d’elle ! » avertit Valérion, prudent. « C’est vrai et c’est ce qui m’effraie ! C’est comme un danger imminent ! » Polémique ORPHÉÔN, fidèle à son caractère imprudent.
« Mais tant que tu tiendras ta langue, tu n’auras alors rien à craindre ! » Pique ÄLLÏÄ, sortie brusquement du coin qu’elle s’était ménagé. « La réserve dont je te harangue, c’est de devoir pouvoir t’astreindre À garder hermétiquement notre intimité partagée. »
« Dissimulée derrière un aulne, j’ai assisté aux confidences de Cristïäs et Irénée-le-jeune.
Irénée attribuait ses démangeaisons à des moustiques particulièrement discrets.
Cristïäs attribuait les poissons flottant le ventre à l’air à la pluie de la veille.
Les poissons n’ont contredit ni l’un ni l’autre.
Je confirme néanmoins qu’aucun harpon n’a été utilisé. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Pas de Hyänor ni de harpon ! Nous n’aurons pas à avoir honte Comme ce pauvre Captain Nemo ridiculisé avant-hier ! » Plaisante Irénée, l’air fripon, à Cristïäs tandis qu’ils remontent Vers le ponton sous les rameaux ombragés de l’aulnaie côtière.
Cristïäs installe son appareil : une canne à pêche électrique Avec objectif de visée, sonar et électrodes en place. Irénée n’a pas son pareil pour ses études bathymétriques Sur la profondeur avisée parmi les bancs qui se déplacent.
« Geminïä m’a un peu appris les transformations des novices Mais j’ai plutôt eu l’impression qu’elle voulait noyer le poisson ! » Dit Irénée, assez surpris de subir des micro-sévices Qui le mettent un peu sous pression… peut-être dus à l’hameçon…
« STELLÏÄ est un peu plus bavarde mais elle n’est pas scientifique ; Faire la part du vrai et du faux s’avère assez aléatoire. » Répond Cristïäs, qui se hasarde à rendre un peu plus spécifique L’ampérage plus qu’il n’en faut afin d’remporter la victoire.
« Geminïä est trop diplomate ; je crois qu’elle ne veut pas me dire Tout ce qui touche au grand secret de leur ordre assez mystérieux ! » Dit Irénée qui s’acclimate comme il peut mais voudrait maudire Ces moustiques pas très indiscrets et au prurit assez curieux…
« STELLÏÄ m’a parlé de problèmes d’adaptation à notre groupe Mais qu’elles s’adaptent bon gré mal gré et que tout se remet à l’endroit ! » Répond Cristïäs en plein dilemme devant les vagues qui se regroupent En triangles dont les degrés forment ensemble des angles droits…
« Je vais rentrer, je ne tiens plus ! Je fais sûrement une allergie ! Tiens ? C’est normal tous ces poissons le ventre à l’air ! Ils sont tous morts ? » « Je crois qu’hier, il a bien plu ! » répond Cristïäs dont l’énergie De la batterie, sans façon, vient de les griller sans remords.
« Après les deux premières prières de l’échéancier, j’ai interrogé Laurelïne et Loreleï sur les aptitudes de leurs partenaires.
Leurs explications furent précises, démonstratives et parfois comparatives.
Je confirme que Yanimïä maîtrise parfaitement sa fonction de Grande Fornicatrice.
J’attendrai néanmoins yalïth pour procéder moi-même aux vérifications nécessaires. »
Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde
« Alors mes filles ? Comment se passe cet échéancier de prières ? » Demande Lïlïth, très curieuse de l’apprendre de bonne source. « Est-ce que Yanimïä se dépasse ? J’ai aperçu les deux lumières D’Yggdrasil assez impérieuses ; vous avez eu de la ressource ! »
« Pour moi c’est comme d’habitude : j’adore les cunnilingus Et Yanimïä les exécute avec un vrai doigté divin. Yavänor, lui, a l’attitude de quelqu’un qui baise Vénus Et l’énergie se répercute dans tout l’Arbre-Mère sylvain ! »
Enfin Laurelïne de poursuivre : « Au début c’est presque pareil. Ensuite Yanimïä redouble d’énergie transmise en arrière Évidemment il va s’ensuivre des cris qui montent à mon oreille Jusqu’au triple orgasme du trouple qui me foudroie dans le derrière ! »
« J’ai désiré être au milieu… » avoue Loreleï, embarrassée ; « Mais Yanimïä, catégorique en tant que Grande Fornicatrice, S’impose en maîtresse des lieux et m’a totalement harassée Mais sa langue fantasmagorique s’est montrée revendicatrice ! »
« Laurelïne a beaucoup de doigté et une langue très habile Mais Yanimïä possède un membre presque viril et énergique. Elle sait bien comment l’emboîter dans mon organe qui jubile Jusqu’à l’extase qui me cambre vers l’orgasme en toute logique ! »
« Merci pour la comparaison ! » repartie Laurelïne, offusquée ; « Sa langue est peut-être un peu forte mais la mienne a su t’arracher Des cris à perdre la raison qui ont su aller débusquer Le plus grand orgasme qui porte mon “doigté” perso tout craché ! »
« Oh oui, je vois ! » conclut Lïlïth ; « Merci pour cette exactitude ! J’ai presque envie d’aller prier avec vous trois, séance tenante, Pour en dépasser mes limites et contrôler mes aptitudes Mais ce serait inapproprié et j’attendrai l’heure sonnante ! »
Marseille sans l’« O » reste elle-même ; Marseille sans eau, toujours pareille, Avec Notre-Dame qui m’aime Et qui souffle au creux de l’oreille :
« Un jour le Mistral soufflera ! Un jour il te ramènera ! Toutes tes montagnes, oublieras Et ta fille, y retrouveras ! »
Ainsi chantent du Lacydon Toutes les sirènes du port En espérant que Cupidon Perce d’une flèche mon passeport.
(Le Vieux-Port a été partiellement vidé le 1er avril (!) Une opération exceptionnelle de nettoyage des fonds avec retrait des déchets accumulés depuis plusieurs années. Photo de Gaby Barathieu sur https:www.facebook.comgabriel.barathieu .)
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Voici l’île paradisiaque où ma muse nous a naufragés ; Je me croyais fier capitaine, je ne suis plus que son otage Car cette île si aphrodisiaque cache des sous-sols ouvragés Là où l’amour terrible enchaîne ses captifs à tous les étages.
Ma geôlière, en folle amoureuse, m’a oint d’huile sur tout le corps Et m’a prodigué des caresses telles que j’en fus évanoui. Si chaque journée langoureuse m’a affûté l’âme et le cœur, Cette prison enchanteresse est mon enfer épanoui.
Je n’en suis jamais ressorti mais ma muse m’a aménagé Une retraite bien paisible dans les abysses de ses charmes. J’ai l’amour en contrepartie dont ce poème est messager : « Je suis devenu invisible ; inutile de sonner l’alarme ! »
Tableau de Pierre Ionica ; le tableau illustre les neuf cercles de l’Enfer décrits dans la Divine Comédie de Dante Alighieri. Les Cercles sont la structure qui montre une descente en profondeur, chaque niveau représentant différents péchés et punitions, se terminant par Lucifer au centre.
« Après l’invective d’Alinéor, les trois compagnons ont fini par rejoindre leurs épouses et nous avons examiné la situation entre femmes.
Geminïä comprend Nérätïs, Ledalïä compatit avec Thétïs et nous partageons toutes l’inquiétude d’Amellïä.
Quant à Ledalïä, elle estime que son mari est parfait.
Sur ce dernier point, toute tentative de discussion paraît inutile. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Eh bien, dis donc, ça a bardé ! » rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ; « Ils se sont montrés maladroits ! » dit Geminïä, plus invective ; « On aurait dit des attardés ! » critique vertement Ledalïä Après les avoir poussés droit vers leurs épouses respectives.
« Cette nuit, je les ai entendues ! » confie ÄLLÏÄ à ses amies ; « En fait, elles sont déboussolées mais savent qu’il leur faut avancer ; Amellïä est un peu perdue, Nérätïs en plein tsunami Et Thétïs est si désolée de savoir qu’elle doit renoncer ! »
« Je comprends très bien Nérätïs ! » dit Geminïä compatissante ; « Les transformations de leurs corps lui semblent trop extraordinaires Pour la science d’Atlantïs et voir sa maman ravissante Comme à trente ans – ou moins encore – relève de l’imaginaire ! »
« Je compatis avec Thétïs ! » dit Ledalïä plus pragmatique ; « Elle dirige son royaume sur la planète qui l’a vue naître Et la voilà loin d’Atlantïs, plongée dans une problématique Maintenant qu’elle attend un môme qu’elle ne peut faire reconnaître… »
« Et ces lourdauds de lève-tard qui ne voient même pas le travail Qu’elles accomplissent tous les matins quand ces messieurs vont à la pêche ! Et aucun de ces trois vantards n’a éprouvé, vaille que vaille, Le moindre doute samaritain pour leurs épouses sur la brèche ! »
« Mais concernant Alinéor, je tire mon chapeau à sa verve ! Il n’est pas seulement un poète doublé d’un cuisinier hors pair Mais un censeur, un météore qui ne reste pas sur sa réserve ! » Dit Ledalïä d’une voix fluette, admirative envers l’expert.
« Oui, Ledalïä, il est parfait, ton chouchou de mari adoré ! Si nos trois garçons malhabiles pouvaient en prendre de la graine, Nous serions tous bien satisfaits de les voir plus collaborer ! Mais en musique ils sont habiles et leur enthousiasme nous entraîne ! »
Il faut dire qu’entendre les trois copains interpréter à la légère les troubles de leurs compagnes respectives, ça l’a complètement abasourdi.
Ni une ni deux, il les a promptement renvoyés au chevet de leurs épouses et ne leur permettra jamais de revenir sans elles. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je n’sais ce qu’a fait Amellïä mais pas moyen d’la réveiller ! » Dit Altänor à ses amis autour d’un petit-déjeuner. « Cependant je sais par ÄLLÏÄ qu’elle aurait très longtemps veillé Et parlé en catimini avec deux autres acoquinées… »
« Pareil pour moi avec Thétïs ! Elle dormait comme une marmotte Ce qui est inhabituel ! » glisse Astérias subtilement. « Alors qu’au palais d’Atlantïs, au petit jour elle s’escamote Pour ses passages rituels dans ses jardins en alignement ! »
« J’en ai autant pour Nérätïs qui d’habitude est lève-tôt Et qui ronflait au petit jour ! » ajoute Valérion à son tour. « Amellïä, ma femme et Thétïs ont dû bavarder de facto La nuit durant qui se savoure avec du thé et des petits fours ! »
« À part parler d’aviation, je ne vois pas ce qu’Amellïä A pu leur dire la nuit durant ou alors des trucs de nanas… » Dit Altänor sans la version de ce qu’aurait pu dire ÄLLÏÄ S’il avait été au courant des infos qu’elle lui glana.
« Sans doute de trucs médicaux pour donner suite aux changements Qui les ont rendues un peu folles ces derniers jours, à mon avis… » Souligne Valérion illico pour qui les précédents évènements Ne sont ni ce dont il raffole, ni les grands moments de sa vie.
« Sans doute au sujet d’Atlantïs qui est une planète remarquable ! Amellïä est une femme aventureuse ; elle a voulu en savoir plus Et Thétïs ainsi que Nérätïs sont les guides les plus incollables Pour une personne un peu curieuse ! » Suppose Astérias mais sans plus…
« Non mais je rêve, les copains ! » Dit Alinéor stupéfait. « Vos nanas ont de vrais problèmes dont elles parlent déjà entre elles Et vous venez rompre le pain car, à part ça, tout est parfait ! Courez résoudre leur dilemme et ne revenez pas sans elles ! »
« Cette nuit, Amellïä, Nérätïs et Thétïs se sont retrouvées dans la cuisine autour d’une chandelle.
Elles ont comparé les vies qu’elles avaient perdues, les rôles qu’elles avaient abandonnés et les miracles auxquels aucune d’elles ne parvient encore à croire.
Toutes trois se disent égarées. Pourtant, aucune ne semble désirer retrouver le chemin du retour. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Moi qui suis venue en avion, dès lors je plane et l’apprécie ! » Dit Amellïä dans la cuisine, frappée cette nuit d’insomnie. « Et cependant nous ne savions pas à quoi nous attendre ici ! » Dit Nérätïs à sa voisine, elle-même en pleine hégémonie.
« Je venais juste te chercher et te ramener au palais… » Avoue Thétïs en soupirant ; « J’ai toujours du mal à comprendre ! » « Nous devions être trop haut perchées dans la vie qui nous emballait ! » Dit Amellïä en espérant trouver quelque chose à apprendre.
« Médicalement, c’est impossible de rajeunir comme tu le fais ! » Précise Nérätïs sûre d’elle ; « Et quant à la télépathie… Or vieillir est irréversible et là, je déclare forfait ! » Dit-elle en soufflant la chandelle comme pour chasser son apathie.
« Et de surcroît, je suis enceinte ! Moi, pourtant bien ménopausée, Je dois diriger un royaume et vivre ici pour ma grossesse Parmi ces femmes soi-disant saintes et qui m’ont métamorphosée Pour rajeunir comme mon homme ! » dit Thétïs en pleine détresse.
« Moi, je reviens d’entre les morts pour avoir péché par orgueil ! Si jamais j’avais écouté ceux qui me conseillaient d’arrêter, J’aurais achevé mon record sans terminer dans un cercueil… Jamais je ne me serais doutée… » dit Amellïä très affectée.
« Moi, j’ai pu échapper au faste d’une existence de princesse ; Ici, je ne suis que médecin et l’égale de mes équipières Dont la science est la plus vaste de l’univers que je connaisse ! » Dit-elle en se massant les seins un peu plus douloureux qu’hier.
« Nous sommes toutes trois des égarées sans espoir de nous retourner Vers le passé qui n’est qu’un rêve parmi d’autres rêves perdus… Et complètement séparées, nos anciens rôles ajournés, Pourtant heureuses de cette trêve dans ce nouveau monde éperdu. »
Lorsque ma muse me murmure un rêve facile à accomplir, Je sais qu’elle me glisse à l’oreille l’entrée de sa carte du Tendre. Aussitôt pris dans la ramure des limbes en train de m’assoupir, Mon vaisseau des songes appareille pour l’onirisme sans attendre.
Alors un souffle de lumière effleure le rivage d’une île ; Ce n’est que l’écho de ma muse qui, dans la conque de mon cœur, Rappelle les mémoires premières de mes rêveries juvéniles Où elle voulait que je m’amuse de sa folie, d’un air moqueur.
Après s’être jouée de moi une éternité avec elle, Elle me glissait chaque soir un nouveau rêve à découvrir. Évidemment au fil des mois j’en ai gardé quelques séquelles Notamment ne pouvoir surseoir à elle sans devoir en souffrir.
Ma muse m’a emprisonné dans les cordages de son cœur ; Des liens impossibles à couper sans que je hurle de douleur. Nos rêves, toujours passionnés, la rendent de plus en plus vainqueur Et je ne suis que sa poupée, un poète aux mille couleurs.
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J’m’promenais sur l’avenue avec au bras ma femme nue Lorsqu’un photographe inconnu nous prit une photo saugrenue Qu’il nous tendit sans retenue mais dont la portée obtenue Opposa sa déconvenue sur les charmes de mon ingénue.
Avec « Carreaux sur le body ! » écrit en rouge avec rudeur Comme si dès lors la pellicule avait été impressionnée Par une sorte de parodie d’un attentat à la pudeur Qui tournerait en ridicule l’argentique sexconditionnée.
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« Laurelïne dort encore à poings fermés et Yavänor prétend que l’atmosphère était sereine sous Yggdrasil. Je veux bien le croire.
Mais puisqu’il affirme que nous sommes à égalité, je compte vérifier personnellement ses méthodes de calcul avant yaleï.
Une sirène jalouse ne réclame aucune médiation. Elle sonne le hourvari. »
Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde
« Alors ce soir, c’était comment ? » demande Loreleï excitée ; « Quand Laurelïne dort à poings fermés, c’est signe de prodigalité ! » « Oui mais c’est une jeune maman… » dit Yavänor en vérité Incapable de lui affirmer qu’elles restent à égalité.
« À d’autres, mon petit mari ! » dit Loreleï insidieusement Plus séductrice que jamais et même plus provocatrice. « Yanimïä, d’un bon gabarit, t’a formé prodigieusement À un niveau qui désormais est digne d’une fornicatrice ! »
« Ça valait la médaille d’or et elle s’est montrée vraiment digne Conforme à ce que tu exiges de moi pour ton plus grand plaisir ! » « De la compétition ? J’adore ! Et puisque telle est la consigne, Maintenant c’est moi qui dirige ce soir tes ultimes désirs ! »
« Ne sois pas jalouse, mon amour ! » tente Yavänor, modérateur ; « Sous Yggdrasil, c’est différent et l’ambiance était plus sereine… » « Je suis sensible à ton humour mais pas à ton ton médiateur ! Tu me connais ! C’est inhérent à ma nature de sirène ! »
« La position du “levronier” ressemble beaucoup à nos rites Lorsque nous sommes dans notre lit à trouver la bonne position… » « Vraiment ? Vous vous abandonniez à effeuiller la marguerite Jusqu’à tomber “à la folie” au top de la fornication ? »
« Oui mais yaleï, tu connaîtras également la même extase, Les mêmes transes, les mêmes émois au nom de l’illumination ! » « Jamais plus tu ne commettras, au risque de subir l’épectase, Toute comparaison avec moi à l’aune de ma domination ! »
« Tais-toi maintenant ! Il est temps que Loreleï se venge à présent Et qu’elle réclame à son mari l’octroi d’amour qui lui est dû ! Sache que ta favorite attend de toi le membre le plus introduisant Pour dépasser le hourvari qu’Yanimïä t’aurait répandu ! »
« Deux convives manquaient à l’appel lorsque Yggdrasil a illuminé le pays.
Laurelïne et Yavänor sont revenus peu après, affamés et manifestement rajeunis.
Yanimïä parle d’un phénomène météorologique. Personne ne la croit. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Bravo ! » s’exclame Alinéor ; « Ce soir, friture de perchettes ! Demain je ferai tes brochets au four ou bien en court-bouillon ! Mais fais bien attention Hyänor, la pêche au harpon est sujette À une amende et entachée d’un délit pénal, c’est couillon ! »
« L’emplacement est très discret et les sirènes font le guet ! » Rassure Hyänor tout sourire car il connaissait le problème. « Alors si ça reste un secret et si les filles restent aux aguets, Ça change tout, cela va sans dire ! Pas vu, pas pris, pas de dilemme ! »
Pas besoin de sonner la cloche, le fumet du soir les appelle Et c’est à l’odeur alléchés que les hôtes se lèchent les babines. Il n’y a qu’une seule chose qui cloche : deux personnes manquent à l’appel ! « Où sont donc partis se cacher Yavänor ainsi que Laurelïne ? »
Sous Yggdrasil dans la chapelle, Yanimïä accueille les pionniers Qui vont inaugurer les rites où tous les trouples se concentrent. Là, l’officiante leur rappelle la position du “levronier” ; Position qui a le mérite de placer Yanimïä au centre.
Yavänor et Laurelïne entonnent les chants qui doivent être émis Tandis que Yanimïä reçoit la bénédiction prodiguée Par l’homme qui se pelotonne et par la femme qui gémit Ainsi l’arbre-mère perçoit la force dont il est irrigué.
Un éclair déchire le ciel visible dans tout le pays ; « Eh oui ! Le temps est à l’orage ; on dira “c’est un météore !” » Dit Yanimïä ; « C’est officiel, Yggdrasil est tout ébahi Et pour nous donner du courage, retournons voir Alinéor ! »
« L’éclair était impressionnant ! » dit Alinéor, préservant Leurs parts de friture au poisson qui a enchanté les convives. « Record à battre ! » dit rayonnant Yavänor, chevalier servant De celle qui lui tend une boisson d’un pétillant qui le ravive.
« Deux techniques de pêche se sont affrontées. Hyänor a rapporté une douzaine de poissons et Captain Nemo aucun.
Mais à les entendre, Nemo pêchait surtout des renseignements sur leurs épouses tandis que Hyänor était plus concentré. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Drôle d’idée d’pêcher au harpon ! » dit Captain Nemo, intrigué ; « Ne préfères-tu pas une bonne ligne, une canne et un hameçon ? » « En Corée tout comme au Japon, nos ancêtres nous ont prodigué Qu’un bon pêcheur doit s’montrer digne et humble devant le poisson ! »
« Comme tu voudras ! Moi, je m’assieds, les pieds nus, au bout du ponton ! » « Et moi, j’irai sur le rivage ! » indique Hyänor de la main. Tandis que l’un tout émacié avance brandissant son bâton, L’autre oublie un temps les ravages d’une mémoire perdue en chemin.
« Nos femmes ont l’air de s’apprécier ! Elles paraissent inséparables ! » Dit le géant noir à sa ligne en fixant un ver au crochet. « Les femmes savent s’associer pour joindre l’utile à l’agréable ! » Répond Hyänor d’un ton très digne en harponnant un beau brochet.
« Je me demande ce qu’elles se disent… leurs propos n’ont pas de limite ! » Continue le pêcheur bredouille mais en relançant son bouchon. « Deux femmes qui parlent ensemble brisent le couvercle d’une marmite ! » Répond celui qui se débrouille mieux que son ami ronchon.
« Elles ont dansé je n’sais combien de fois ensemble à pleine bourre ! » Dit Nemo toujours maladroit mais toujours patient malgré tout. « Même si la femme danse très bien, elle ne peut danser sans tambour ! » Répond Hyänor d’un coup adroit qui fauche deux poissons d’un coup.
« Pénélopïä ne me dit rien… ta femme t’aurait dit quelque chose ? » « La nuit, on dirait qu’elle divague… » avoue Nemo, un peu revêche. « Non… Séorïäne ne me dit rien… elle doit réfléchir, je suppose… » Tranche le harpon sur la vague, rapportant son trésor de pêche.
« Je n’ai rien pris ! À mon avis, l’exposition n’est pas très saine ! » Conclut Nemo amèrement, rangeant ses lignes d’un air balourd. « Alinéor sera ravi ! J’en ai pris une bonne douzaine ! » S’exclame Hyänor fièrement en montrant son panier bien lourd.
«Cette nuit, deux futures Ariane ont déroulé leurs fils dans la cuisine autour d’une théière.
Elles ont parlé de leurs maris sans attaches, de leurs différences et des chemins qu’elles pourraient encore emprunter.
Je n’ai évidemment rien entendu.
Mais Yggdrasil affirme que le Cercle des dix ferait bien de ne pas s’habituer trop vite à son chiffre. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Pénélopïä et Séorïäne échangent leurs premières émotions ; Elles ne sont pas encore Llyrïädes sans se sentir prêtes à s’ouvrir. Elles sont un peu comme deux Ariane dans un labyrinthe de sensations Où chaque couloir ouvre des myriades de nouveautés à découvrir.
« Je sais l’occident différent mais ici, ça dépasse tout Ce que j’aurais imaginé ! » dit Séorïäne sans jérémiades. « Pour moi, c’est plus interférent car je reconnais d’autres atouts Avec les miens enracinés avec Thestïäs et les Llyrïädes ! »
Si Nérätïs et Valérion ont réuni leurs destinées Ainsi que Cristïäs et STELLÏÄ au sein de la communauté, Ils nous montrent que nous devrions accepter d’être les dulcinées Qui, parmi tous les aléas, sauront nos hommes chapeauter. »
« Lorsque j’ai vu Captain Nemo pour la toute première fois, J’ai ressenti une attraction malgré l’énorme différence. Mais nous avons trouvé les mots et j’ai vu où était ma voie : Lui montrer la bonne direction ! » conclut Pénélopïä en transes.
« Pour moi, c’est un peu similaire ! » avoue Séorïäne à son tour ; « Chez nous, Hyänor a constamment ce besoin que je l’encourage Quand nos parents nous infligèrent un refus, c’est moi, en retour, Qui ai décidé prestement de fuir leur odieux entourage ! »
« Nos points communs sont nos atouts ! » confirme alors Pénélopïä « Et nous pouvons nous épauler comme cette nuit où nous avions Une exigence, par-dessus-tout, de chercher dans Ô ALLEGÔRÏÄ Une amie à qui dévoiler les soucis que nous soulevions ! »
« Je suis moi aussi rassurée de t’avoir rencontrée ici ! » Dit Séorïäne reconnaissante envers son amie de fortune. « Et je pourrai te susurrer, puisque ton cœur bénéficie D’une écoute très compatissante, mes propres questions opportunes. »
La canicule me laboure et mon cœur redevient cheval Pour lutter contre le sillon de la chaleur qui me pénètre. Mes pensées fondues, à la bourre, dérivent d’amont en aval Dans le flot d’une transpiration évaporée à la fenêtre.
Le soleil pousse sa charrue jusqu’au plus profond des moissons ; Les blés s’inclinent en silence en buvant l’or qui les consume. Du vent chaud qui a disparu après avoir cuit les buissons, Il ne reste qu’une vigilance pour une fraîcheur qui s’assume.
« Mon royaume pour un cheval ! » a dit Richard III, empathique ; Je le lui laisse et en échange, je prends une mort subite bien fraîche ! Et puis je prends le car naval pour redescendre en antarctique, Là où la canicule dérange nettement moins mon corps revêche.
Hormis le lait dans l’écuelle et les croquettes dans la gamelle, Il y a tout le territoire qui m’appartient et de plein droit ! Ma promenade habituelle, la drague auprès des belles femelles, La chasse et, en cas de victoire, cet oiseau plutôt maladroit !
Les humains parlent d’astronomie, de galaxies et de trous noirs ; Moi, je me demande simplement si la Lune n’est pas un fromage. Pour moi, tout est gastronomie et exploration de l’armoire Où l’on stocke les aliments auxquels j’aime bien rendre hommage.
Mon chat retombe sur ses pattes et moi sur mes douze ou seize pieds. Nous sommes donc un peu pareils concernant nos rapports aux hommes. Lui, naturellement psychopathe, ne pense qu’à chasser le gibier Et moi si l’on me tire l’oreille, je pars écrire mes factums.
Quand Azurianne sort de l’eau dans son costume de sirène, Elle n’a qu’une fleur comme vêtement et la censure pousse un grand cri ; Elle trouve que tout va à vau-l’eau et pour qu’la morale soit sereine, Elle lui apporte prestement un T-shirt comme il est prescrit.
« Mais pourquoi donc me déguiser ? » demande la nudiste pulpeuse ; « Mes poissons-chats n’ont pas pesté et les siluriformes, pareil ! » La censure reste tétanisée devant cette logique nébuleuse Et cherche en vain pourquoi rester ainsi dans le plus simple appareil.
Alors qu’elle pouffe de rire et carrément qu’elle se bidonne, Azurianne prend le chandail sans comprendre ce qui se passe. Mais elle ne cesse de sourire malgré tout le mal qu’on se donne Et enlève tout cet attirail et… que voulez-vous qu’on y fasse ?
On la prie de se rhabiller, elle se déshabille aussitôt ; On la menace et on la gronde… enfin y consent l’ingénue. Tout le monde cesse de babiller sur ses organes génitaux Lorsqu’en s’élançant à la ronde, on s’aperçoit qu’elle est cul nu !
Tableaux de Marcin Jaszczak sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202403marcin-jaszczak.html .
La Terre exprime ses humeurs depuis l’aube de la nuit des temps Bien avant l’homme ou l’animal, végétal ou bien minéral. Du ciel, on entend les rumeurs affirmer – à ce que l’on prétend – Que ce ne serait qu’un demi-mal, juste un passage sidéral.
Ses colères font des montagnes, ses soupirs déplacent les mers ; Ses rêves couvrent les campagnes d’immenses draperies de brume. Mais lorsque ses chagrins nous gagnent, nous les croyons souvent amers Pourtant, bien qu’ils nous accompagnent, ce ne sont que des traits de plume.
Elle enfante parfois l’orage, quelquefois un ciel lumineux ; Les volcans servent de langage aux profondeurs de son royaume. Nous n’apercevons là qu’un passage dans son sommeil sublimineux Comme un virus qui met en gage l’insoutenable destin de l’homme.
Pourtant mon cœur est fait d’étoiles, celles-là même de la genèse Dont les atomes ont vibré quand Dieu a prononcé « Fiat lux ! » Alors la Terre ne me dévoile qu’un peu du feu de la fournaise Qui règne au centre pour livrer l’amour de Castor et Pollux.
« Pour célébrer l’entrée de Thétïs dans le Cercle, les dix LLyrïädes ont allumé chacune une flamme au pied d’Yggdrasil.
Lorsque leurs lumières se sont rejointes dans ses branches, l’Arbre-Mère a illuminé le lac au point que les riverains nous demanderont certainement quelques explications.
La cérémonie s’est prolongée par un banquet atlante, notre récital avec ORPHÉÔN et les danses des sirènes avant de s’achever par la première prière collective de yangmïä.
Yanimïä affirme s’être parfaitement reposée en surveillant les opérations. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
À nouveau comme tous les dimanches, les hôtes tardent à se lever ; Comme toujours à l’accoutumée, Alinéor est le premier. Puis, un par un, on se déhanche, on s’étire, on est lessivé Et le matin est consumé dans un marasme coutumier.
Alors les hommes vont à l’ouvrage : tandis que les uns dressent les tables, Les autres élèvent une scène devant un parterre de gazon. Dans les cuisines, on s’encourage à faire un banquet respectable ; Quant aux musiciens, ils enchaînent leurs partitions au diapason.
Les LLyrïädes sont maîtresses d’œuvre : on prépare la cérémonie ; On baptise les catéchumènes sous l’égide de Yanimïä. Ensuite, changement de manœuvre dans une parfaite harmonie, On fête la fin de semaine en ce tout premier yangmïä.
Dans la lumière vespérale, tous les couples sont conviés À la prière collective dans le sanctuaire béni. Dans la nudité générale, les rituels sont sanctifiés Lors des étreintes affectives en douze copulations unies.
Alors Yggdrasil resplendit dans une lumière aveuglante Dont les riverains stupéfaits auront à noyer le poisson. On regagne la place arrondie où les spécialités atlantes Sont proposées sur un buffet à volonté avec boissons.
Et vient le moment du spectacle avec la crème des musiciens : ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN, choristes, et puis les sirènes danseuses. Le public atteint le pinacle, séduit par le charme helvétien De la troupe d’artistes folkloristes et leur euphonie ambianceuse.
Quand le grand cercle des dix flammes se termine au petit matin, Les LLyrïädes regagnent leurs lits pour s’y endormir aussitôt. Laurelïne, qui a du vague à l’âme, s’enfonce dans les draps de satin, Réveille Yavänor aveuli après les rituels sommitaux.
« Considérant que douze trouples ne sauraient accomplir leur prière au cours d’une semaine de sept jours, j’institue un calendrier rituel de quatorze jours que nous appellerons semïänes.
Chaque trouple disposera de sa nuit pour nourrir Yggdrasil.
Les dimanches yinmïä et yangmïä seront consacrés à la fornication collective durant laquelle, conformément à ma charge, je me reposerai en surveillant les opérations. »
Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ
Yanimïä À Ô ALLEGÔRÏÄ, les semaines durent désormais quatorze jours ; Consacrés aux prières humaines, les cérémonies de l’amour. Six jours pour les six premiers trouples ; un jour dédié à Yanimïä ; Six jours pour les six derniers trouples ; un jour dédié à Yanimïä.
Lundi devient yalïn, jour de prière pour Yavänor & Laurelïne ; Mardi devient yaleï, jour de prière pour Yavänor & Loreleï ; Mercredi devient yalïth, jour de prière pour Yavänor & Lïlïth ; Jeudi devient alilïä, jour de prière pour Alinéor & Ledalïä ; Vendredi devient irenïä, jour de prière pour Irénée-le-jeune & Geminïä ; Samedi devient ôrphlïä, jour de prière pour ORPHÉÔN & ÄLLÏÄ ; Dimanche devient yinmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.
Lundi devient cristlïä, jour de prière pour Cristïäs & STELLÏÄ ; Mardi devient valtïs, jour de prière pour Valérion & Nérätïs ; Mercredi devient asttïs, jour de prière pour Astérias & Thétïs ; Jeudi devient altlïä, jour de prière pour Altänor & Amellïä ; Vendredi devient nempïä, jour de prière pour Captain Nemo & Pénélopïä ; Samedi devient hyärïäne, jour de prière pour Séorïäne & Hyänor ; Dimanche devient yangmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.
Laurelïne Deux semïänes forment une Lune où chacun des trouples vient fleurir ; Chaque prière devient la fortune que notre Arbre vient recueillir. Le calendrier nomme les jours sans en scinder notre unité ; Car demeure encore notre amour au-delà des solennités.
« Aux premières heures de yangmïä, tandis qu’Ô ALLEGÔRÏÄ dormait encore, Yavänor et moi sommes restés tendrement enlacés sous les draps.
Nous devions attendre yalïn pour inaugurer notre première prière avec Yanimïä… Mais les pionniers ont toujours quelques heures d’avance sur les cérémonies. »
Laurelïne, Première Reine-Mère Souveraïne dite ”la pionnière”
Aux premières heures, le monde dort, excepté nous deux dans la nuit, Ta tête posée sur mon buste, nos quatre mains entrelacées ; Des couples sous la Lune d’or entreprennent leurs bains de minuit ; Toi, couchée sur mon corps robuste et moi, sous le tien, enlacés.
Je te caresse les cheveux et je murmure à ton oreille : « Demain nous inaugurerons la première prière de yalïn ; Pionnière, c’est bien ce que tu veux et tu le seras sans pareille, Toi qui agites ton électron de feu aux teintes hyalines ! »
« Premier amour au premier jour, ton feu m’a presque brûlé les yeux ! Heureusement celui du cœur a su comment te reconnaître En t’accordant dans ce séjour, ton tout premier rôle ambitieux : Soit de faire de moi ton vainqueur et de toi un amour à naître ! »
« Nous sommes les pièces inséparables du puzzle des amours humaines ; Mon évagination convexe dans l’invagination concave. Tu as commis l’inénarrable douceur de joindre à notre hymen Ta sœur dotée d’une eau connexe et ta mère qui fait son enclave. »
« Mais je reviens toujours à toi ; même si ta sœur est favorite, Même si ta mère est mon Œdipe, tu restes l’interaction forte. Si yaleï tu prends l’air pantois et yalïth quand j’honore Lïlïth, C’est que nous aimons en équipe, un tétraèdre en quelque sorte. »
« Oui, je la sens ! » me réponds-tu. « La force invisible qui court Sur ta peau, attire mes lèvres et me ramène vers ton cœur ! Et sur ton organe pointu, j’en sens les petits élans courts Qui battent d’amour avec fièvre jusqu’à mon sanctuaire en chœur ! »
« Et quand nos sexes chantent en chorale la jouissance de l’ÏÄMÔURÏÄ, Ta force me serre si fort que je deviens ton prisonnier. Et toi ma geôlière vaginale, fondatrice d’Ô ALLEGÔRÏÄ Qui me récompense des efforts en m’offrant ton amour pionnier ! »
Hier, le progrès sentait si bon ; l’an deux mille était prometteur Avec ses voitures volantes, avec la téléportation ! Je me voyais grand vagabond de l’espace, illuminateur De rêveries affriolantes d’un avenir en formation.
Aujourd’hui tout paraît rouillé ; l’an deux mille est passé si vite Avec des guerres inattendues d’anciens conflits trop résistants. Moi-même, ai-je pris des dérouillées malgré les dangers que j’évite Et je vis sur un fil tendu qui peut se rompre à tout instant.
Mon eau a rencontré l’éther d’un avenir inconsistant, Mon air s’est dilué dans le temps d’un ascenseur vers la folie, Mon feu est resté solitaire mais son espoir est persistant, Ma terre s’effrite depuis longtemps vers une étrange mélancolie.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Quand la Terre devient le cerveau et donc la Lune, la cervelle, Mettons le Soleil dans le sexe et Dieu au milieu de ses seins. Et voici donc le renouveau avec l’amour qui renouvelle La création vers plus complexe qui s’adresserait à ses saints.
Quand deux (ou trois) corps enlacés deviennent des constellations, Leurs veines se créent des chemins où vont circuler les étoiles. L’univers n’est jamais lassé du coït de leurs pulsations Et la nuit promet pour demain les séquelles d’un temps qui se voile.
Hélas l’amour doit se cacher tandis que la guerre est montrée Dans les journaux, à la télé et dans tous les réseaux sociaux. Et tous ceux qui restent attachés à l’amour ont vu démontrer Que la censure vient marteler plus durement ces asociaux.
Présentation de la nouvelle impétrante au titre de LLyrïäde.
Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs et neuvième LLyrïäde, présentera sa mère devant le Cercle afin qu’elle soit reconnue dixième LLyrïäde.
Son adoubement renforcera l’union de la Terre et d’Atlantïs au sein d’une même sororité. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Dans le sanctuaire béni où les LLyrïädes se rassemblent, Dès ce soir sera consacrée notre dernière adepte en date Car sa transformation l’unit à toutes les autres, ensemble, Auprès du Féminin Sacré qui la reçoit pour candidate.
Thétïs, présente dans le chœur, est parrainée par Nérätïs ; Puis Laurelïne, Loreleï et Lïlïth l’adoubent devant l’assemblée : « Bénie sois-tu, toi dont le cœur, relié depuis Atlantïs, A décidé de joindre l’élite qui t’accueille dès ce soir, d’emblée ! »
Lïlïth pare du médaillon la dixième LLyrïäde lauréate Qui prononce son vœu d’union à la sainte sororité Dont elle devient dernier maillon par l’investiture adéquate Et fait alors sa communion soumise à son autorité.
Le médaillon dans sa rondeur est un sceau ceint des dix blasons ; Les neuf éléments précédents et puis la Perle couronnée. La perle née des profondeurs qui est l’enfant en pâmoison Et la couronne correspondant à Atlantïs écussonnée.
Thétïs choisit de prononcer son témoignage personnel Où elle avoue sa réticence et, plus tard, son acceptation. Elle dit qu’elle va renoncer à son retour prévisionnel Pour vivre la réjouissance qu’a donné sa transformation.
Les dix LLyrïädes se rassemblent autour d’Yggdrasil, l’arbre-mère, Elles-mêmes Reines-Souveräïnes puisqu’elles ont porté un enfant Car la dernière Lauréate semble être encore une future mère Dont la grossesse sûre et sereine produira son fruit triomphant.
Les dix se prennent par la main ; Yanimïä chante l’hymne ascendant : « Je vous ai ouvert le passage, par vous le cercle est refermé ! » Thétïs, tu recevras demain le lien d’Yggdrasil descendant Au médaillon sous ton corsage où brillera le sceau confirmé.
« Thétïs avait demandé à rester parmi nous tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.
Ôphélïä lui a rendu ses trente ans ; Astérias s’est empressé de vérifier si son épouse se souvenait encore de leur nuit de noces et Nérätïs vient de découvrir que sa mère ovule, qu’elle est enceinte et qu’elle se transforme en LLyrïäde.
La reine d’Atlantïs souhaitait pourtant rentrer rapidement chez elle. Et il semble qu’un treizième enfant nous soit promis ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Eh bien Maman, tu es enceinte ! » annonce Nérätïs fièrement. « Chérie ! Je suis ménopausée ! » réplique Thétïs dignement. « À quand remontent vos étreintes avec papa… ou un amant ? » « Hier soir et je suis opposée à ce que tu doutes de ta maman ! »
« Maman, tout cela nous dépasse et je me dois d’en référer À nos trois LLyrïädes fondatrices : Lïlïth, Loreleï et puis Laurelïne. Suis-moi ! Nous sommes dans une impasse et devons en délibérer Avec la Grande Fornicatrice pour cet excès de syncytine ! »
« Ainsi ma très chère Thétïs, vous ne faites pas que rajeunir Mais, de surcroît, vous ovulez ! » s’exclame Lïlïth interdite. « Je suis la reine d’Atlantïs et j’étais censée revenir Rapidement et vous voulez me faire croire ce que vous dites ? »
« Je ne cherche pas à vous leurrer mais à comprendre votre état ! Permettez-moi de vous sonder le corps, le cœur ainsi que l’âme ! » « Faites ! » répond Thétïs apeurée par la présence d’un placenta Qui lui apporte des ondées de chaleur et nausées infâmes.
« Laurelïne, Loreleï, faites une chaîne avec nos huit mains reliées Et amplifiez le signal que Thétïs devrait nous émettre ! » Et tandis que Lïlïth enchaîne toutes les synergies ralliées, Elle a un sourire, au final, qu’elle doit aussitôt retransmettre.
« Tout va très bien chère Thétïs mais nous devrons nous tutoyer ! » « Nous tutoyer ? » répond celle-ci ; « Mais… quelle est donc cette bravade ? » « Tu vas t’éloigner d’Atlantïs juste le temps de déployer Ta personne qui nous remercie en devenant une LLyrïäde ! »
« Nérätïs est passée par là et va t’expliquer tous les troubles Que tu risques de traverser sous l’égide d’Ô ALLEGÔRÏÄ. Si hier ta jeunesse s’installa, aujourd’hui ton âme se dédouble Pour accomplir la traversée hors de ton corps vers l’ÏÄMÔURÏÄ ! »
« À la demande de Yanimïä, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ont accepté de témoigner sur la ronde des trouples.
Leurs souvenirs nous ramènent aux premiers rituels érotiques de l’ÏÄMÔURÏÄ, lorsque Yavänor priait encore seul avec le feu et l’eau avant que la terre ne les rejoigne.
Ce qui n’était alors qu’un tétraèdre amoureux rassemble aujourd’hui vingt officiants au sein de onze trouples dont les flux nourrissent chaque nuit Yggdrasil.
Le levain a merveilleusement bien travaillé ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
On comprend désormais le rôle de la Grande Fornicatrice Car gérer onze trouples ensemble relève d’un doigté divin ! Mais laissons plutôt la parole à nos LLyrïädes fondatrices Dont la communauté ressemble à ce que produit le levain.
Laurelïne « La ronde des trouples me rappelle lorsque nos rituels commencent ; Où Yavänor, Loreleï et moi inventons nos premières prières Si torrides qu’elles interpellent Lïlïth qui vient et qui s’avance Pour joindre son souffle aux émois dont elle complète nos lumières.
Aujourd’hui, chacun de nos trouples ranime cette ardeur première Afin de nourrir Yggdrasil d’une ferveur particulière. Nous étions quatre à découvrir l’ÏÄMÔURÏÄ et ses prières ; Nous sommes vingt à prolonger cette flamboyante lumière. »
Loreleï « J’ai perçu le feu de Laurelïne embraser nos premiers élans ; Couler celui de Yavänor en moi comme une source souveraine. Lïlïth sentit l’adrénaline de nos corps comme un océan Et vint mêler au bout d’un mois nos vies à sa chair souterraine.
Si dans la ronde, chaque trouple est une vague qui revient, Elle dépose aux pieds d’Yggdrasil l’écume singulière douce-amère. Yanimïä guide les flux en double par le plaisir qui lui convient ; Onze marées d’un même asile ravitaillent ainsi l’Arbre-Mère. »
Lïlïth « Je vous observais en secret lorsque vous vous êtes accouplés ; Votre eau-de-feu s’est raffinée et a ruisselé de lumière. J’ai senti ma terre sacrée trembler sous l’appel décuplé Et suis venue enraciner toutes vos étreintes premières.
La ronde des trouples corrobore aujourd’hui notre création ; Chaque coït plante un désir dans la chair même de notre histoire. Yggdrasil puise dans nos corps la sève de l’illumination Et j’y reconnais le plaisir d’un polyamour méritoire. »
« Depuis ce jour, Yanimïä a constitué onze trouples à partir des huit couples formés et le tétraèdre Laurelïne-Loreleï-Lïlïth-Yavänor.
La nuit, on observe ce que nous appelons “la ronde des trouples” car chaque nuit, l’un après l’autre, les trouples prient pour Yggdrasil.
ORPHÉÔN et moi avons organisé une chorale pour chanter nos cantiques érotiques. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Et chaque nuit, à tour de rôle, Yanimïä convoque les couples Et leur explique la procédure qui va nourrir l’ÏÄMÔURÏÄ. Chacun se soumet au contrôle dont elle compose les trouples Et les trois forment la soudure qui bénit Ô ALLEGÔRÏÄ !
Nommée Grande Fornicatrice, Yanimïä vante sans relâche L’honneur du Féminin Sacré qui illumine tout Yggdrasil. Avec les neuf adoratrices, les neuf LLyrïädes à la tâche, Tous les hommes sont consacrés à œuvrer pour leur saint asile.
Or depuis longtemps les LLyrïädes maîtrisent pleinement leurs ovaires Et ne déclenchent l’ovulation que par leur seule volonté. Ceci évite les myriades de beaux bébés surnuméraires Qui mettraient la population face à de grosses difficultés.
La Coréenne Séorïäne puis Thétïs et Pénélopïä Ont été assez délicates à convaincre pour le rituel. Mais en usant d’un fil d’Ariane que seule connaît Yanimïä Elles ont été candidates et leurs maris fort cultuels.
Avec ses onze trouples possibles, Yanimïä est fort occupée Mais elle se nourrit d’énergie, ce qui lui permet de tenir. Personne ne reste impassible et tous souhaiteraient usurper Le tour des autres en synergie que l’on ne saurait retenir.
Tous forment une chaîne de prières et parfois avec des cantiques Car le trouple ORPHÉÔN-ÄLLÏÄ et Yanimïä fornique en chœur. Et les sirènes templières ces nuits-là joignent d’authentiques Chants homériens a cappella qui réjouissent tous les cœurs.
Les transformations se succèdent, les femmes sont de plus en plus belles Les hommes de plus en plus habiles à honorer leurs épousées. D’ailleurs un changement excède Thétïs, notre ancienne rebelle, En train de redevenir nubile alors qu’elle est ménopausée.
« Comme l’œuf de Christophe Colomb, il suffisait d’y penser !
Yanimïä vient cette nuit de comprendre le mécanisme de l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ.
Elle vient, entre les lignes, de s’instituer Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ et célébrera désormais ses rituels avec chaque couple habitant Ô ALLEGÔRÏÄ. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Raconte-nous encore comment l’amour s’est propagé ! » Demande Yanimïä qui refait la carte du tendre omnisciente. « Au début c’était un roman, la passion était partagée Laurelïne et moi, c’était parfait ! » dit Yavänor aux officiantes…
« Laurelïne a appelé Loreleï car l’amour devenait trop fort Et, au cours de nos rituels, Lïlïth est venue aux vivats ! » « C’est donc à trois, vaille que vaille, que l’amour devient sémaphore Et lance un flux spirituel ! » répond Yanimïä à tout-va.
« Il y a trois combinaisons : neutron, proton et électron ; Neutron, électron et proton ; électron, neutron et proton. Et selon leurs déclinaisons le signal alors est si prompt Que l’amour émet son “photon” vers ce que nous représentons. »
« Yavänor-neutron, puis Laurelïne-électron et Loreleï-proton ; En faisant l’amour tous ensemble ont créé le même signal. Si je prends la place de Laurelïne et Lïlïth celle de l’autre hadron Nous verrons bien ce qui ressemble à cet auspice original ! »
Et commencent les rituels selon les trois combinaisons Jusqu’à ce que l’orgasme commun transmette son flux vers le ciel. C’est au troisième gestuel qu’ils observent l’illumination : Yggdrasil brillant d’un immun rayonnement référentiel.
« Ainsi nous avons reproduit l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ Chaque nuit avec Laurelïne et Loreleï tu l’accomplis. Et nous trois avons reconduit exactement la même noria Qui, par nos triples adrénalines, l’amplifie et la multiplie ! »
« Si je convoque chaque couple et joue la force neutralisante, Je peux produire à volonté l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ ! Et refermant ainsi le trouple, l’énergie anabolisante Génère la force escomptée pour bénir Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
« Je n’étais pas dans le sanctuaire ce soir-là. Pourtant, lorsque les trois forces se sont accordées, mon médaillon s’est illuminé.
Et quand nous avons fait l’amour, ORPHÉÔN et moi, j’ai bien senti que nous étions trois. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Yavänor trouva Yanimïä qui l’attendait au sanctuaire Avec Lïlïth et juste eux trois car ils incarnaient cette amorce – Qui avait connu ÏÄNIMÏÄ et sa vérité textuaire – Et possédaient ce lien étroit de représenter les trois forces.
Lïlïth et Yanimïä pourtant auraient dû être solidaires Mais elles étaient opposées et ce n’est pas contradictoire Car ici le plus important est plutôt que l’on considère Que les deux femmes sont imposées comme les deux pôles notoires.
L’une négative, l’autre positive et peu importe qui est qui Car sans la force neutralisante la création n’aura pas lieu. Yavänor, force cognitive, est le poète dont les acquis Et les amours polarisantes ont été le juste milieu.
« Toi, Yavänor… » dit Yanimïä, « tu es à la fois fils et père ! Toi, Lïlïth, tu es à la fois sa mère, son amante et la corde Qui a appelé ÏÄNIMÏÄ vers un nouvel ordre prospère Et c’est moi qui porte la foi pour que nos trois forces concordent.
Nous sommes tous les trois positifs et sommes tous les trois négatifs Ainsi que neutres également mais lorsque nous nous rencontrons, Un mouvement alternatif nous fait tous représentatifs Des trois forces intégralement : proton, électron et neutron.
Je peux être neutre ce soir, Lïlïth peut être négative Et Yavänor être positif et changer à chaque seconde. Un mouvement de balançoire crée l’impulsion générative Au cœur de ce dispositif qui est à l’origine du monde.
Ainsi nous paraissons instables parce que c’est là notre énergie. Je vous ai réunis ce soir car il est temps de le comprendre. Et notre amour incontestable devient alors une synergie Maintenant veuillez vous asseoir, nous avons beaucoup à apprendre.
Loreleï possède un alphabet très érotique apparemment Qui demande des dispositions et une oreille de sirène. Aucune lettre n’est au rabais ; elles sont toutes un parement Pour dessiner des positions que seul un roi donne à sa reine.
Elle m’a dit « A comme Aventure qui met notre amour en peinture ! » Elle m’a dit « B comme un Baiser qui ne peut jamais s’apaiser ! » Elle m’a dit « C —comme un Courant qui te fait revenir en courant ! » Elle m’a dit « D comme Dérive lorsque la jouissance arrive ! »
Elle m’a dit « E comme l’Écume ; ton marteau frappe mon enclume ! » Elle m’a dit « F comme la Fièvre que je te transmets par mes lèvres ! » Elle m’a dit « G comme le Gong ; ton cœur bat d’un état second ! » Elle m’a dit « H comme la Hache dont je me fâche si tu me lâches ! »
Ainsi de suite jusqu’à « Z, la dernière lettre qu’elle possède Et puis, à force d’arguments, je m’abandonne à mes tourments Qu’elle recueille entre ses mains, qu’elle remet au lendemain Car elle est procrastinatrice d’une folie dominatrice.
Parfois Loreleï a des idées… vraiment de drôles d’idées, ma foi ! Elles se transforment en tentacules qui semblent chercher l’inspiration. Jusqu’à ce qu’elle ait décidé de les projeter à la fois Dans cet air du large où bascule la suite de ma narration…
Je me retrouve alors captif d’une étrange prolifération ; Chaque bras voudrait m’emmener vers un dénouement différent. L’un me conduit vers un récif, l’autre vers une constellation, Et tous prétendent me ramener après ce rêve proliférant.
Parfois je lui dis : « Mon amour, pourrais-tu faire enfin un choix ? » Mais elle sourit, mine anodine mais sardonique toutefois Car ses tentacules glamours m’enserrent alors comme un anchois Dans une boîte de sardines et je meurs encore une fois…
Mais je me réveille à nouveau, sa langue plongée dans la mienne Par son baiser incitateur, si doux, comme à l’accoutumée. Je vois passer dans mon cerveau ces fameuses idées hawaïennes Et son désir solliciteur pour un voyage présumé.
Illustrations de Siyu Chen et boxyheadbry sur https:boxyheadbry.tumblr.compost36081891861in-the-near-dystopian-future-proper-ladies-will .
« Thétïs avait demandé tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.
Ôphélïä n’a eu besoin que d’une nuit pour noyer ses préjugés, effacer ses rides et lui rendre ses trente printemps.
Au lever du soleil, elle courait nue vers le lac avec Astérias, lui aussi rajeuni. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Après cette nuit d’expérience, Thétïs et Nérätïs savourent Le soleil levant qui paraît, entièrement nues, toutes les deux Mais sans la moindre malveillance envers elles-mêmes par bravoure Ni envers le groupe guilleret qui les accompagne, fougueux.
« C’est comme tout ! Il faut oser et une fois que je suis lancée, J’ai l’impression de l’avoir fait depuis des années sans problème. Une fois ma honte déposée, la confiance a commencé Et j’y trouve même du bienfait en moi sans le moindre dilemme. »
« Cela se voit sur ton visage, je te trouve bien plus rayonnante ! » Dit Nérätïs qui examine de plus près le corps de sa mère. « Et je crois même que j’envisage d’être encore plus résiliente ! » Dit Thétïs comme une gamine et non comme une quinquagénaire.
« Tes rides se sont effacées et ta chevelure a blondi ! » Dit Nérätïs qui continue et poursuit son auscultation. « Mes seins ne sont plus crevassés et mes fesses sont rebondies ! » S’étonne Thétïs toute nue et fière de sa constitution.
« Viens ! J’ai envie d’aller nager ! La dernière est une tortue ! » Et Thétïs partir en courant pour profiter de sa lancée. Nérätïs voit sa mère âgée mais dans un corps qui s’évertue À paraître presque concurrent d’une jeune femme élancée.
Lorsqu’elle rejoint son mari, elle a du mal à le reconnaître : « Tu es splendide ce matin ! Tu as rajeuni de vingt ans ! » « Et toi ? Tu t’es vue, ma chérie ? Viens donc te voir à la fenêtre ! » Thétïs, sur la vitre sans tain, se voit avec trente printemps.
« Qu’est-ce qu’il m’arrive, ma chérie ? » demande Thétïs ingénue. « Tu es désormais comme nous ! » Ô ALLEGÔRÏÄ fait renaître, Ôphélïä est notre égérie et tu peux rester toute nue Tout en arborant ton minou sans honte mais fière de l’être. »