« Sous les eaux du temps sommeillent parfois des chemins que nul ne cherche plus.
Il suffit pourtant d’un rêveur obstiné pour retrouver une porte oubliée, et d’un peu de folie pour avoir le courage de la franchir.
Les ruines ne sont pas toujours des fins. Certaines attendent simplement que quelqu’un retrouve la clef du retour. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Lundi matin, un feu de camp, un atlante avec trois sirènes
Observent le lac de Constance et, tandis qu’ils se déshabillent…
« Vous ne manquez pas de piquant ! » dit Cristïäs d’une voix sereine
Et un sourire de circonstance devant les poitrines des filles.
« En plus de gaffeur, tu es lourd ! » dit Éôlïäne les seins dressés
Devant son nez pour le narguer : « Mets plutôt ton équipement !
Un conseil : ne sois pas balourd et aide-nous à progresser
Sans essayer de nous larguer ! Nous, nous sommes dans notre élément ! »
Chevauchant les siluriformes, on contourne la statue de Diane,
On prend l’escalier tout au fond et Cristïäs dit dans l’océan :
« Suivons cette route difforme ! J’y retrouve mon fil d’ariane
Et Atlantïs est plus profond, enfoncé dans l’antre béant ! »
Un champ de ruines les accueille là où Cristïäs pensait trouver
Son ancien lieu natal intact ou des témoins, vaille que vaille.
« Décidément quoi que l’on veuille, tout cela ne fait que prouver
Que tu as perdu le contact ! » fait remarque Loreleï.
« Non ! » tranche-t-il. « S’il y a le sas, alors il y a un relais
Puisque tout ça fonctionne encore et que rien n’est tombé en panne.
Il faut chercher un abraxas fixé au fronton d’un palais ! »
« J’en vois un avec manticores ! » Dit en scrutant Azurïanne.
« Le palais de Poséidon ! » lâche Cristïäs tout ébahi ;
« Mon peuple est donc passé par-là ; la mort ne l’a pas envahi ! »
Debout sur un pyramidon, il retrouve alors son pays
Et son enthousiasme au-delà de ses espérances trahies.
« Voyez le signal du retour ! » dit-il tout joyeux en courant ;
« Nous allons faire connaissance avec ma propre destinée ! »
Mais dès qu’ils en ont fait le tour, ils sentent d’abord un courant,
Puis une formidable ascendance vers un chemin prédestiné.
Illustration de Ledalïä.
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