« La piscine couverte d’Ô ALLEGÔRÏÄ n’est ni une piscine ni une cave.
C’est un organe vivant relié au lac de Constance par des passages oubliés.
Éôlïäne y a immédiatement retrouvé ses habitudes.
Loreleï également. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

« Pas une piscine d’Atlantide… on dirait… un drôle d’organe ! »
Dit Loreleï et la porte vexée lui claquer violemment au nez.
« Plutôt comme un poumon liquide ! » suggère prudemment Éôlïäne
Complètement décomplexée dans son élément, passionnée.
« Nous sommes dans un sous-sol vivant qui respirerait lentement… »
Explique la fille qui dévale « …et enfantée par la maison !
J’aime bien voir, en arrivant, et avec son consentement,
Le grand bassin de forme ovale ! » dit-elle en plongeant sans raison.
Elle émerge au bout d’une minute avec une fleur à la main ;
« Ça communique avec le lac par un passage sous-marin ! »
S’esclaffe-t-elle tous azimuts : « Pour les sirènes et les humains,
C’est une maison paradisiaque ! » termine-t-elle l’air serein.
Et, en effet, chaque partie semble réactive aux intentions :
Le fond se creuse ou se soulève selon l’humeur de la piscine,
L’eau se chauffe en contrepartie sans que l’on y prête attention,
Les marches se baissent et s’élèvent selon comment marche Laurelïne.
« Je conserve toutes vos empreintes grâce à ma mémoire liquide ;
Je modifie ma densité selon l’émotion des baigneurs ;
Je sauvegarde sans contrainte vos rêves obscurs comme limpides ! »
Dit la voix d’une immensité comme le ferait un grand seigneur.
Éôlïäne n’est pas rancunière et prend Loreleï d’une main ferme ;
« Viens ! Je vais te faire visiter ses grottes marines colossales ! »
Et les deux sirènes pionnières planter Laurelïne pour, à long terme,
Goûter en exclusivité les béatitudes abyssales.
Tandis que Laurelïne trépigne, elle observe venant du plafond
La lumière tombant sans détour d’une lucarne dorée à l’or fin
Sur les grandes parois longilignes et le bassin géant sans fond…
Mais nos sirènes sont de retour et crient : « Montons ! On meurt de faim ! »
Illustration de Ledalïä.
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