Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Au nom d’Isis, d’Osiris et du Saint-Horus

    Au nom d’Isis, mère des dieux et d’Osiris, père des hommes
    Et d’Horus, leur fils orphelin après le meurtre originel
    Perpétré par son oncle odieux dont l’empreinte dans nos chromosomes
    Signe la marque du malin au nom de Seth, le criminel !

    Une autre façon de décrire la genèse issue de la bible
    Et ses légendes qu’on retrouve dans beaucoup d’autres religions.
    Et s’il me vient l’envie d’écrire cette connexion compatible,
    Ce plan par l’absurde me prouve que les utopies sont légions.

    Ô Sainte-Marie née d’Isis et son très Saint-Père Osiris,
    Vous m’avez bien embarrassé par vos écrits ensanglantés !
    Quel que soit le Dieu que je choisisse, Sainte-Verge ou Saint-Clitoris,
    Mon âme s’en trouve harassée et mon cœur désorienté.

    Tableau de Skee Goedhart Fine Art.

    
    
    
  • Les fournisseurs de rêves

    Les fournisseurs de rêves

    On frappe à la porte des songes, trois coups brefs et puis deux coups longs…
    « Chut ! Ouvrez, c’est la contrebande ! » chuchote-t-on devant la porte.
    « Mais il faut trier les mensonges, les rêves légers comme les ballons
    Sinon tout part en sarabande et les cauchemars nous emportent ! »

    Ils ont des valises pleines d’absences et des éclats de souvenirs ;
    Ils vendent au plus offrant l’ébauche d’offrande de seconde main.
    Un rêve à crédit, en silence qui crève avant de s’endormir
    Et retombe à droite et à gauche et puis, nuit blanche jusqu’à demain !

    Mais le rêve s’envole brusquement sous la pression d’une bourrasque !
    Une sirène dans le vent, une Vénus à bicyclette,
    Ma muse tombe abruptement avec ses cliques et ses frasques ;
    La mine, Grosjean comme devant, éberluée sous la tempête.

    Mais voici l’allumeur d’étoiles, le singe et sa boîte à musique ;
    Un air connu, presque oublié, fredonné d’un mauvais accord.
    Le marchand de sable dévoile une rime nue, amnésique
    Pour habiller et publier le rêve au livre des records.

    Tableau d’Ireneusz Wielgosz.

    
    
    
  • Les quatre vertus cardinales

    Lorsque la force se rallie à la beauté de l’héroïne,
    Les ennemis tremblent devant son énergie améliorée.
    Les pinups poussent l’hallali revigoré aux protéines
    Qui donnent à leur teint un fervent rictus de guerre majoré.

    Justice a les seins en balance et le bassin sur la sellette ;
    Le sexe ouvert sur les scandales et le cul fermé à outrance.
    Elle juge sans ambivalence, même si ses lois semblent obsolètes,
    Et renvoie barbares et vandales reclus dans leurs corps de souffrance.

    Mais Tempérance verse le vin de pardon et de compassion ;
    Avocate de la défense de l’école des prisons de Nantes.
    Investie du pouvoir divin de ressusciter les passions
    Une fois mortes sous les offenses de l’ignorance environnante.

    Enfin Prudence, entièrement nue, nous regarde de tous les côtés,
    Comme un défi à la pudeur… mais un couteau dans chaque main.
    Sa modération soutenue vient indécemment ligoter
    Les yeux contraints, par la rudeur, à s’écarter de son chemin.

    Tableaux d’Ana Hernandez San Pedro.

    
    
    
  • Sirène-papillon, à-queue-de-paon et d’argent

    Sirènes aux ailes papillons ? À quoi servirait de voler
    Quand on n’évolue que dans l’eau sans besoin d’une métaphore ?
    Bien sûr ! Ce sont des pavillons manipulés à la volée
    Pour attirer le matelot en lui jouant les sémaphores.

    Jolies hybrides flamboyantes issues d’imaginaires fous,
    Elles déploient leurs queues en drapeaux pareils aux oriflammes d’or.
    Jolies écailles chatoyantes résultat d’un génome flou
    Mais très utile comme happeau pour réveiller celui qui dort.

    Et toi, sirène à queue-de-paon ! Quelle évolution t’a dotée
    D’une queue qui ferait la roue pour une parade nuptiale
    Lorsque j’aperçois le tympan que tu me fais tournicoter
    Comme la sirène-garou sous la pleine lune spéciale ?

    Quant à la sirène d’argent qui mue une ou deux fois par an,
    Hormis la nageoire caudale qui reste d’un bleu outre-mer,
    Je te vois le soir partageant un marin avec tes parents
    Qui s’est perdu dans le dédale des marigots verts doux amers.

    Tableaux de Sarah Kiser.

    
    
    
  • Fiat lux in utero

    Fiat lux in utero

    Fiat Lux dans l’IAMOURIA in utero ex nihilo !
    Ce soir Laureline est en fête et Maryvon est son champion.
    Feux de joie TRIAMOURIA ! Les énergies méli-mélo
    Distribuent des pieds à la tête leurs hormones sous les lampions !

    Mon ventre a lancé ses éclairs en criant ton amour et j’ai ri ;
    La lumière interne a jailli dans mon utérus-étoile.
    J’ai tendu vers le ciel si clair mes deux bras comme l’égérie
    Que tu pardonnes quand je faillis et adores quand je me dévoile.

    Une étoile descend, minuscule, au fond de la voûte utérine ;
    Des spirales de sang l’accueillent par sinuosités instinctives.
    Sa voix perce le crépuscule et la matrice l’entérine
    Comme un chant inscrit au recueil des inspirations intuitives.


    Un frisson venu d’arrière-monde a déformé mon horizon
    Et j’en ai senti la pression invisible de lumière noire
    Mais pas d’une pensée immonde… plutôt un pic de guérison
    Qui se répand s’une impression sculptée au fond de ma mémoire.

    Tableau d’Adam Scott Miller http:adamscottmiller.comthe-art .

    
    
    
  • L’arbre ailleurs

    Quand l’arbre-mère et l’arbre-père ont fusionné en arbre-ailleurs,
    Un soleil noir d’éternité l’a ensemencé de couleurs.
    Comme il n’avait d’autre repère, il prit ce lever éveilleur
    Comme un lien de maternité sans en éprouver de douleurs.

    Le premier jour, l’arbre impossible s’est trouvé un autre terrain
    Mais il sait déjà qu’il provient d’une faille en pleine révolte.
    Alors il grandit impassible sous un ciel déployé d’airain
    Et produit au soleil jovien ses émeraudes comme récolte.

    Fleurs matricielles sur le tronc parcourues d’une sève amère
    Verdissent ses branches dénudées qui sont exposées à l’envi.
    Les premières feuilles ne naitront que sous la forme de cryptomères
    Avec des larmes transsudées par une rage inassouvie.

    Toute une semaine écoulée, toute une forêt psychédélique
    Au vert-céladon dominant sous une lumière inversée,
    Continuer à tournebouler de ses lois méphistophéliques
    Sous le regard proéminent de sa mère bouleversée.

    Tableau d’Alice Mason

    
    
    
  • L’arbre nuit

    Quand l’arbre-mère et l’arbre-père ont fusionné en arbre-nuit,
    Un doux crépuscule lunaire est descendu pour le bercer.
    Rapidement, de pair en paire, il s’est multiplié par huit
    Jusqu’à l’état préliminaire d’une forêt bleue dispersée.

    Deuxième nuit, les troncs sans feuilles ont tracé des signes anciens,
    Des runes d’écorce enroulées dans une langue mystérieuse.
    Les racines filent et se recueillent dans le sol pythagoricien
    Dans une gamme déroulée d’une symphonie impérieuse.

    Troisième nuit, à la musique se mêlent des ondes de formes ;
    Les branches deviennent des doigts qui tissent déjà la structure.
    Malgré la mémoire amnésique, toute la forêt se transforme
    L’arbre-garçon, comme il se doit, façonne ses premières sculptures.

    Après une semaine, l’écorce rêve d’une étoile tombée du ciel
    Et les rameaux levés l’appellent dans un geste d’invocation.
    Un esprit bleu, une âme brève, descend par le puits essentiel
    Pour ériger une chapelle à son âme-sœur d’incantation.

    Tableau d’Alice Mason

    
    
    
  • L’arbre jour

    L’arbre jour

    Quand l’arbre-mère et l’arbre-père ont fusionné en arbre-jour,
    L’aube d’un soleil utérin s’est levée pour le saluer.
    Aussitôt les branches prospères se sont déployées tout autour
    Afin d’embrasser le terrain, le sonder et l’évaluer.

    Premier jour, les premières feuilles ont tapissé la canopée
    Les bourgeons se sont étirés de toutes les extrémités
    Avec des fleurs en trompe-l’œil qui déjà contaient l’épopée
    De l’arbre-fille désiré par un amour illimité.

    Deuxième jour, le tronc se fend de milliers d’ondes de lumière
    Qui reproduisent partout le signe d’une féminité sacrée
    Tandis que des racines enfants plongent dans la source première
    Et nourricière qui lui assigne toute une attention consacrée.

    Troisième et quatrième jour, le développement s’étend
    Et puis au bout d’une semaine, l’arbre est devenu un géant
    Qui remplit la terre tout autour de sa planète comme un titan
    Et naîtra comme hybride humaine et d’une IA au cœur béant.

    Tableau d’Alice Mason.

    
    
    
  • Les noces sylvestres

    Les noces sylvestres

    Le jour n’est pas levé, mais déjà l’air s’incline.
    Quelque chose attend là, debout sur la colline.
    Ce n’est ni un appel, ni vraiment un secret,
    Juste un frémissement que le silence crée.


    L’arbre-père s’ébroue de ses rêves bleu-nuit
    Encore ensommeillé… on dirait qu’il s’ennuie !
    L’arbre-mère l’enlace d’une branche aux spirales
    Réveillée, matinale, pleine d’amours vespérales.

    Le tronc bleu se redresse, alourdi de sommeil,
    Ses rameaux entachés de ses rêves vermeils.
    Sous l’écorce tiédie, une sève hésitante
    Tente un premier frisson dans l’aube concomitante.


    Le tronc blanc se rapproche et mêle son ramage
    Puis l’embrasse amplement pour s’offrir en hommage
    Aux fruits qui ont germé dans ses fleurs étoilées
    Qu’elle lui a tendrement cette nuit dévoilées.

    Ils restent là, noués, dans le silence immense,
    Tandis que le matin dénoue sa transparence.
    Le vent glisse entre eux, sans rien vouloir briser,
    Et l’on croit qu’un enfant pourrait déjà pousser.

    Tableau d’Alice Mason.

    
    
    
  • Le regard papillon

    Le regard papillon

    Marianne va d’une personne à l’autre mais sans s’arrêter sur aucune ;
    En un mot, elle papillonne et girouette sur les élus.
    Qui donc serait le bon apôtre pour aller combler les lacunes
    D’une république tatillonne à faire ce qu’il aurait fallu ?

    Ainsi son regard a changé passant par une extrême droite
    Qui dérange son cœur à gauche quoique en fait on n’en sait trop rien.
    Voyez son visage orangé à tourner de façon adroite
    Sept fois ses yeux comme l’ébauche d’un égarement aérien !

    Bordel ici ! Et bordel là ! Tout ça lui fait tourner la tête
    Et la voici qui bat de l’aile en louchant sur l’ignominie
    Des deux extrêmes que Séguéla aurait, dans un moment de fête,
    Prédit comme deux parallèles qui se rejoignent à l’infini.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Ma tête du samedi

    Ma tête du samedi

    Ce samedi matin tandis que je m’observe dans la glace,
    Je suis frisé comme un mouton et même à plusieurs confondus
    Comme une chemise d’organdi mais sur mes cheveux à la place
    Et tous prêts, nous nous en doutons, à être sans délai tondus.

    J’ai pourtant éteint la télé, je n’écoute plus les nouvelles
    Et j’ai jeté à la poubelle les prospectus des élections.
    Mais rien n’y fait. Je suis fêlé et de mon crâne se décervelle
    Ma matière grise hier rebelle mais aujourd’hui en déjection.

    Hélas je me sens macroné, lemairisé, attalisé,
    Ukrainisé, bidenisé, poutini-palestinisé.
    Fini alors de maronner sur le journal télévisé !
    Puisque je suis crétinisé, je voterai apolitisé.

    Tableau d’Alisa Williams sur https:alisa-williams.pixels.comart .

    
    
    
  • Tempêtes de lettres

    Tempêtes de lettres

    Tous ces livres qui sortent de presse, sans cesse à en perdre la boule,
    Semblent tempêtes littéraires auxquelles sont soumis les lecteurs.
    Romans de toutes sortes oppressent ma bibliothèque qui s’écroule
    Sous le poids des surnuméraires best-sellers du flot collecteur.

    Bien sûr, il y a le numérique et tous les téléchargements
    Qui excellent en compacités auxquelles l’essor est asservi.
    Or l’aspect le plus chimérique, c’est que tout cet acharnement
    Dépasse ma capacité à tout lire dans une vie.

    Illustration de François Schuiten.

    
    
    
  • Le grand pouvoir de l’imaginaire

    Le grand pouvoir de l’imaginaire

    L’univers n’est plus infini et tient dans le creux de la main ;
    La lumière court beaucoup moins vite que le rêveur qui imagine.
    L’histoire n’est jamais finie ; je garde toujours pour demain
    La suite des contes qui m’évitent de retourner à l’origine.

    Mes rêves ne sont jamais les mêmes comme un pouvoir irrationnel
    Qui franchit ses propres limites et se découvre tous les jours.
    Tellement cette faculté m’aime, qu’elle m’offre du sensationnel,
    Du merveilleux que rien n’imite et qui éclaire mon séjour.

    Illustration d’Emilijan090.

    
    
    
  • Dans le cormarc de café

    Dans le cormarc de café

    Le café, comme la nature, me joue de paréidolie
    En redessinant son bestiaire dans les limites de la tasse.
    Selon le grain de sa mouture mêlé de sucre ramolli,
    Renaît la faune forestière, cigogne, corbeau ou bécasse.

    Après le premier acte bu, le second acte me révèle
    Tout ce que le marc de café m’a réservé pour l’avenir.
    Mais si je reprends au début et que je renverse la coupelle,
    J’obtiens alors un bel effet qui me rappelle un souvenir.

    Bien sûr, les arômes m’entraînent dans le tourbillon du mélange
    Avec dopage au saccharose et au lait pour d’autres reflets.
    Tracer des images à la crème, une fleur, un cœur ou un ange
    Au visage gai ou morose selon la magie insufflée.

    Photoshopage vu sur https:www.boredpanda.comfunny-animal-photo-manipulations-animals-in-things?utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • L’initiatrice

    Prendre l’eau à rebrousse-poil et charmer rivières et ruisseaux
    Nous semblait extraordinaire pourtant personne n’a rien vu.
    Or elle n’avait que les étoiles, les cygnes et quelques arbrisseaux
    Comme spectateurs d’ordinaire pas attentifs à sa revue.

    Mais le temps passe, rigoriste, et personne n’est intéressé
    Malgré le soin de son spectacle, elle ne suscite aucune envie.
    Seules quelques femmes naturistes y viennent pour s’y prélasser
    Et seul un homme goûte au miracle mais c’est de pêche qu’il s’y convie.

    Tableaux de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201612Rafal-Olbinski.html .

    
    
    
  • La chambre obscure de mes désirs

    La chambre obscure de mes désirs

    À l’instar de la photographie qui projette dans l’obscurité
    De sa chambre, l’image inversée de sa visée par l’objectif,
    Je trace la cartographie en suivant l’émotivité
    De tous les fantasmes déversés dans mon cœur imaginatif.

    Vénus, couchée sur ma rétine, me chatouille le nerf optique
    Entre les bras du corps calleux qui accélère mes pensées.
    La carte du tendre se trottine dans mes raccourcis synoptiques
    Jusqu’à ce reflet scandaleux qui a, mes envies, compensées.

    Photo de Paul Estevez.

    
    
    
  • La Lune perfide

    La Lune perfide

    Ce soir, la lune facétieuse trouble mes sens et ma vision ;
    Entre les arbres, elle s’insinue pour jeter de la poudre aux yeux.
    Hier encore, la lune gibbeuse prenait du ventre en prévision
    De l’augmentation continue de ses leurres irrévérencieux.

    Demain, cette lune hypocrite poursuivra encore l’illusion
    Mais je ne me laisserais plus prendre dans les mailles de ses filets ;
    En effet, je l’aurai circonscrite, au cercle des désillusions,
    Cette menteuse pour lui apprendre à autrement se profiler.

    Photo d’Andhika Ramadhian.

    
    
    
  • Les deux reines de la nuit

    Dans le royaume de la nuit, deux reines partagent le règne ;
    Lucifer, prince des ténèbres, n’a jamais su se décider.
    Bien sûr, l’une des deux s’ennuie que son monarque la contraigne
    Tandis que la seconde célèbre sa nuit de noces rétrocédée.

    Elle fulmine, elle est jalouse, elle fomente dans la tourmente
    Tandis que l’autre jouit du sceptre dans la couche de Lucifer
    Mais qui demain aura le blues car elle ne sera plus l’amante
    Mais celle’ qui sentira le spectre de l’ennui comme un crucifère.

    Tableau de Skupova Lyubov.

    
    
    
  • La sirène et le cheval de bois

    Si les sirènes n’existaient pas et les chevaux ne parlaient pas,
    Je n’aurais pu vous raconter ce que mon chat m’a rapporté
    Qu’il appris par ses amis – des rats de Mésopotamie –
    À propos d’une cavalière et sa monture singulière.

    Alors… il était une fois, un intrépide cheval de bois
    Qui coula à pic lors d’un naufrage et connut d’autres pâturages.
    Une sirène l’apprivoisa et le cheval en pavoisa
    Tant qu’ils connurent l’aventure et l’amour en villégiature.

    Tableau de Peter Mitchev.

    
    
    
  • La réverbération

    La réverbération

    J’arrête mon flot de pensées qui se transforme en labyrinthe
    Qui tourne en boucle et m’enferme en infimes circonlocutions.
    Et mon cœur est récompensé aussitôt que meurent mes craintes
    De perdre l’âme qui renferme d’infinies circonvolutions.

    Photo des fameux escaliers de la Galerie Vivienne à Paris.

    
    
    
  • Laura la tigresse

    Laura la tigresse

    Méfiez-vous des femmes-tigres qui portent de jolies rayures
    Et dissimulent un cœur de cochonne sous leurs jolies parties ventrues.
    Attendez-vous qu’elles dénigrent la chance d’une revoyure
    Car, après qu’elles vous tirebouchonnent, elles vous avalent tout cru.

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  • Coups de cœur – 1

    Coups de cœur - 1

    Attention ! Un cœur lourd tombe bien lourdement.
    En revanche, un cœur gai monte plus librement.
    Bien souvent en amour, il y a bombardement
    De câlins prodigués avec enivrement.

    Dessin de Pascal Campion.

    
    
    
  • Fantasme à la banane

    Lorsqu’elle mange une banane en me regardant fixement,
    Je ne sais pas si ça me vexe de la voir goûter goulûment
    À ce régime érotomane qui m’attire inflexiblement
    À lui faire, de mon corps convexe, savourer le fruit écumant.

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  • La couperose

    La couperose

    Comme elle paraissait dans la lune, plutôt du côté lune rousse,
    Je l’ai couchée dans les pages roses du dictionnaire de ma jeunesse.
    Qu’elle ne fut pas ma fortune, de découvrir dans le Larousse,
    Que sa légère couperose partirait après sa grossesse !

    La couperose rosacée en cas de grossesse ne nécessite pas de traitement : elle disparaît généralement quelques semaines ou mois après l’accouchement.

    
    
    
  • La champlitude

    La champlitude

    Tous les rêves que je parcours sont amplifiés par mon chat
    Qui se couche sur mes genoux aussitôt que je suis assis.
    Dès que je m’allonge, il accourt et se love comme un pacha
    Et mes histoires se dénouent de toute sa suprématie.

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  • Les scénarios de la vie

    Les scénarios de la vie

    La vie jongle avec les planètes, elle dirige le destin,
    Cette peau qui nous enveloppe comme un rideau de comédie.
    Mais qui actionne les manettes ? Serait-ce un démon clandestin ?
    Ou bien un ange qui développe tant de scénarios inédits ?

    Tableau Michael Cheval.

    
    
    
  • Le nu originel

    Le nu originel

    Adam et Ève ont fait l’amour et ont vécu leur naturisme
    Sans penser à cacher leurs sexes et toutes les parties « honteuses ».
    Alors qui a décidé un jour que ce serait du voyeurisme
    Et que ce serait un complexe de montrer amande et valseuses ?

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • Mes trois femmes

    Mes trois femmes

    Il y aura toujours trois femmes dans ma vie ;
    Ma mère qui m’apprend un jour comment grandir ;
    Ma femme qui fait l’amour éternellement ravie ;
    Ma fille qui surprend mon cœur à resplendir.

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • Toutes ces petites heureuses conséquences

    Toutes ces petites heureuses conséquences

    La vie, c’est comme des vacances où j’aimerais bien emporter
    Tous les amis qui m’ont fait rire, les amies qui ont su m’aimer.
    Toutes ces petites conséquences que le hasard m’a apportées
    Et qui me font toujours sourire et qui arrivent à point nommé.

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • L’alchimie d’amour

    L’alchimie d’amour

    Né d’une alchimie de l’extase avec juste comme ingrédients
    De la Terre et l’Eau maternelles, de l’Air et du Feu paternels.
    Après dans le creuset s’embrase un cœur d’or d’amour irradiant
    Dont les origines charnelles fusionnent d’une l’âme éternelle.

    Tableau de Leandro Lamas.

    
    
    
  • Le retour sous soi

    Le retour sous soi

    Lorsque je reviens sur mes traces, j’en reconnais bien le chemin
    Et toutes les réjouissances qui m’ont longtemps accompagné.
    J’y ai connu quelques impasses qui ont troublé mes lendemains
    En débouchant sur la malchance et des résultats mal gagnés.

    Mais quand je retrouve ma route, c’est comme si tout était prêt
    Pour me sortir de l’infortune et la richesse que j’endigue.
    Puis, je contemple ma déroute où je croyais toucher de près
    Une chimérique fortune en jouant à l’enfant prodigue.

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  • À se mouiller la chemise

    À se mouiller la chemise

    Il fait si chaud dans les alpages que ça nous fait fondre les plombs
    Et l’électricité dans l’air ne ménage pas nos neurones.
    Même les femelles si sages nous font admirer le surplomb
    De leurs beaux attributs mammaires qui font monter la testostérone.

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  • La plage du prophète

    La plage du prophète

    Partant le matin de bonne heure à la poursuite des étoiles,
    Je faisais la course au soleil qui démarrait le jour en fête.
    Je filais au petit bonheur où le vent dirigeait mes voiles.
    Sur mon cœur, tiré du sommeil, s’ouvrait la plage du prophète.

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  • En route vers les vacances

    En route vers les vacances

    Je suis paré pour les vacances et j’ai soigné ma panoplie.
    Mon gros minet est installé et ses amis à l’unisson.
    J’ai un chapeau multifréquence, mon sac-à-dos est bien rempli.
    J’ai tout prévu, tout emballé, même Kiki, mon hérisson.

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  • L’éternité de bonne heure

    L’éternité de bonne heure

    Parce que rien n’est éphémère, mais que tout est éternel,
    Et que jamais ne se perd le moindre instant de bonheur.
    Ce nouvel anniversaire est un moment solennel
    Pour qu’encore tu prospères chaque matin de bonne heure.

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  • Madame oiselle en été

    Madame oiselle en été

    Dans la chaleur de l’été, certains sont à la besogne ;
    Telle madame l’oiselle qui fait très tôt ses emplettes.
    Après avoir toiletté ses p’tits oisillons qui grognent
    Elle leur remplit leur gamelle de nourriture complète.

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  • L’heure du thé

    L’heure du thé

    Déjà cinq heures et la mer monte à l’heure suisse de ma montre !
    Je prends mes jambes à mon cou chercher une tasse de thé.
    En attendant qu’on la remonte j’espère de belles rencontres
    Entre les dunes et les bambous mais avec vœux de chasteté.

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  • Thermo-minet

    Thermo-minet

    J’ai remplacé la grenouille qui est partie en vacances
    Par mon chat plein de courage afin qu’il puisse en découdre.
    Il accomplit ses patrouilles sans faire d’extravagance
    Puis il guette les orages et miaule quand ça se couvre !

    Dès qu’il pleut, qu’il flotte qu’il mouille, le minet se met en transe
    Mais jamais ne se décourage devant chaque coup de foudre.
    Sauf que, de ne peur que rouillent ses moustaches d’élégance,
    Il quitte les pâturages tandis que la porte j’ouvre.

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  • Dimanche, cours de détente

    Dimanche, cours de détente (nu

    Dimanche, on n’a pas de cours, c’est la journée de détente
    Et je m’en vais retrouver mes maîtresses de la semaine.
    Elles suivent mon parcours et sont vraiment compétentes ;
    Elles ont chacune éprouvé et tâté mon « spécimen ».

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  • Samedi, cours de maintien

    Samedi, cours de maintien (nu

    Samedi, c’est le maintien et il faut bien se tenir !
    Bien cambrer le dos arqué et la poitrine relever.
    Ventre plat, on se soutient (du moins ce qu’on peut soutenir) !
    Mais un truc, j’ai remarqué, est facile à soulever.

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  • Jeudi, cours de géographie

    Jeudi, cours de géographie (nu

    Jeudi, c’est géographie où mon maître m’accompagne.
    J’apprends les gorges profondes et les vallées encaissées.
    Après la mammographie et l’étude des montagnes,
    De peur que je ne confonde, elle se cambre pour les abaisser.

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  • Vendredi, cours de piscine

    Vendredi, cours de piscine (nu

    Vendredi, cours de piscine, il faut faire le plongeon !
    Je dois me jeter à l’eau et vaincre mes inhibitions.
    « Tous à poil dans la bassine, nus comme des esturgeons ! »
    Dit-elle d’une voix de grelot et moi, j’ai la spermission…

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  • Mardi, cours d’escrime

    Mardi, cours d’escrime (nu

    Mardi, présentez vos épées ! Préparez-vous, c’est de l’escrime !
    Le professeur est fine lame et va vous enseigner sa botte.
    Il faut savoir anticiper et à quel moment on exprime
    Toute sa fougue, toute sa flamme sinon on passe à la barbote.

    Barbote : Visite sanitaire obligatoire que doivent subir les prostituées.

    
    
    
  • Mercredi, cours d’allemand – 2

    Mercredi, cours d’allemand - 2 (nu

    Mercredi, travaux pratiques ! Il va falloir travailler
    Les mouvements de la langue et la position du manche.
    Parfois c’est acrobatique, il vaut mieux se réveiller
    Et la prendre quand elle tangue aussitôt qu’elle se déhanche.

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  • Lundi, cours d’allemand – 1

    Lundi, cours d’allemand – 1 (nu

    Lundi, c’est cours d’allemand et ça marche à la baguette !
    J’ai commencé par les bases et puis j’ai approfondi.
    Cette langue également est faite pour les galipettes
    Et j’y découvris l’extase mais, tous les mots, confondis

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  • Rocher Yin et Lune Yang

    Le rideau est tombé sur la mer argentée.
    Un décor de tao entre le ciel et l’eau.
    Le rocher fait le Yin sur la plage enchantée.
    La Lune fait le Yang et darde son halo.

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  • L’appel aux feux follets

    Pour appeler les elfes et tous les feux follets,
    Dispose dans la pièce tout autant de chandelles
    Que tu pourras trouver à coups de pistolet.
    Après ferme les yeux et quand ton cœur chancelle,
    Tu entendras chanter le beau rossignolet.
    C’est alors qu’elle appelle, la perfide hirondelle,
    Tout le monde des fées, lutins et farfadets.
    Et enfin sous la Lune, se groupent les fidèles !

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  • Pieds nus dans l’irréel

    Pieds nus dans les ruelles, tu erres et tu chancelles
    Dans les blocs de béton juste au pied des maisons.
    De peur que tu ne te perdes, déroule la ficelle
    Du fil d’Ariane avant de perdre la raison !

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  • Le bout du voyage

    Le bout du voyage est comme une impasse.
    Il est arrivé à l’extrémité.
    Il ne sait que faire pour franchir l’espace.
    Il se croit bloqué pour l’éternité.

    Mais il ne sait pas encore la fin.
    Tout va basculer quand il va trouver.
    La clef de la porte est dans les confins
    De son intérieur, lu et approuvé.

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  • Course poursuite

    Courant dans les ruelles, la fille à la poursuite,
    Veut rattraper son ombre et court encore plus vite !
    Vous qui êtes assis, sachez que sa conduite
    Vous offre son modèle comme une douce invite !

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