Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Deux maillots pour trois

    Deux maillots pour trois

    Deux bikinis pour trois beau corps, la division ne tombe pas juste
    Et si deux femmes sont pudiques, la troisième ne le sera pas.
    Le cul à l’air pour la pécore ; pour la pin-up ce sera le buste
    Et les deux pièces fatidiques pour celle qui garde ses appas.

    Quant à deviner leurs pensées selon leur mode d’habillage…
    Celle à la croupe populaire est immergée dans son roman ;
    Celle qui a peur d’être offensée doit avoir peur des babillages
    Et celle qui a les seins à l’air cherche à attirer les amants.

    Ne croyez pas qu’il est facile d’entrer dans la tête des femmes !
    Je sais le faire parce que je triche, je ne pénètre que l’organe.
    Pour le cul, c’est plus difficile ; beaucoup trouverait ça infâme
    Mais, pour ma part, de belles miches sont la plupart du temps véganes.

    Tableau de Jonathan Gardner sur https:www.artwort.com20170510artejonathan-gardner .

    
    
    
  • Vammatar (ou « Vamos a matar ! »)

    Vammatar (ou « Vamos a matar ! »)

    Déesse de la maladie, de la douleur et la souffrance,
    Ne rencontrez pas Vammatar, vous seriez maudits à jamais !
    Divinité de parodie ou démon cruel à outrance ?
    Si vous croisez son avatar, vous en saurez plus désormais.

    Quatre bras d’un corps de souffrance vous enserreront pour toujours
    Pour vous emmener aux enfers et vous purger de tous les maux.
    Vaine sera la délivrance espérée dans votre séjour
    Car votre affliction vous confère un destin pire que mille mots.

    Car si Vammatar vous fait peur, si son étreinte est un obstacle,
    Sachez qu’elle se nourrit de vous, de vos phobies et vos tourments.
    Un jour, j’en ai eu la stupeur en m’engageant dans son pentacle
    Et mes chagrins, je vous l’avoue, ont nourri son instinct gourmand.

    Elle m’a pris le corps, sans détour, m’a brisé le cœur sans un mot ;
    Ses bras m’ont enserré longtemps, jusqu’aux tréfonds de mes silences.
    Depuis, que je suis de retour dans ce monde rempli de maux,
    Je suis heureux et bien content d’être aguerri de sa violence.

    Tableau d’Ellina Akhiamova.

    
    
    
  • 30. Le testament du KĂ„MĂ„SĂśTRĂŹĂ„

    30. Le testament du KÄMÄSÜTRÏÄ

    Laureline
    « Nous avons livré notre corps au sacrifice des caresses,
    Nos sexes furent les bougeoirs et nos lèvres les encensoirs.
    Nous avons joui plus encore jusqu’à en connaître l’ivresse
    Et Lilith a su promouvoir ce qui ne pouvait plus surseoir ! »

    LoreleĂŻ
    « Nous avons laissé nos cœurs fondre au puits d’offrandes débordantes ;
    Chaque soupir dans nos calices s’élever de nos vœux les plus chers.
    Nous avons entendu répondre la mort dans cette coupe ardente ;
    Lilith a changé nos délices en glaise modelée de sa chair. »

    ÏÄMOURÏÄ
    « Nous lui avons remis nos âmes et nos propres corps purs et nus
    À l’aune du Féminin Sacré, trône le Lilith rétabli.
    Nous nous sommes plongés dans sa flamme et sommes alors redevenus
    Par l’ÏÄMOURÏÄ tous consacrés à Celle qui nous anoblît. »

    Laureline
    « Nos ventres sont devenus calices de braises ardentes et souveraines,
    Nos entrailles ont bien moissonné les semences d’or et de miel.
    Pour que Lilith les embellisse et soient l’abondance sereine
    Qui s’élève pour façonner son être sur la Terre et le Ciel ! »

    LoreleĂŻ
    « Nous avons fui l’écume des jours pour les vagues de ton essence
    Et nos bouches l’ont transformée en rivières de volupté.
    Chaque gémissement d’amour fut l’évangile de ta présence,
    Chaque cri s’est conformé à l’appel de ta vénusté ! »

    ÏÄMOURÏÄ
    « Nos morts charnelles sont devenues graines germées de renaissance,
    Nos corps brisés, pierres d’autel au sanctuaire de l’extase.
    Lilith recueille nos corps nus sacrifiés en jouissance
    Et de ses lèvres nous constelle comme ses élus par l’épectase. »

    Tous trois
    « Sept strophes sont scellées au Livre des âmes promues immortelles,
    Sept sceaux brisés afin d’ouvrir la voie du Féminin Sacré.
    Lilith nous unit et se livre rayonnante et sacramentelle
    Et l’ÏÄMOURÏÄ peut découvrir sa divinité consacrée. »

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 29. Le sceau du KĂ„MĂ„SĂśTRĂŹĂ„

    29. Le sceau du KÄMÄSÜTRÏÄ

    ÏÄMOURÏÄ
    Je suis Lilith, femme souveraine qui refuse l’asservissement ;
    Créée égale face à Adam, j’exige l’antique parité !
    Je suis la sagesse sereine qui vous guide intuitivement ;
    Mon principe est indépendant des lois phallocrates héritées !

    Je suis le Féminin Sacré nourri de ma propre puissance ;
    Je prône la liberté sexuelle ainsi que le choix de procréer.
    Ma vie entière est consacrée à exclure la concupiscence
    Et la soumission consensuelle aux autorités agréées.

    Laureline
    Mon sexe est la bouche de Lilith qui scelle ton nom de sa langue,
    Les seins dressés comme évangile gravé sur ma peau épanouie.
    J’ouvre mes cuisses où je t’invite à offrir ta semence exsangue
    Qui m’honore de l’oracle agile et me couronne Reine éblouie.

    LoreleĂŻ
    Je suis la vague de Lilith qui roule et s’écrase en mon ventre,
    Mon corps nu sans peur ni pudeur t’initie au corps de la femme.
    J’offre mes lèvres, coupe d’élite, afin que nos eaux s’y concentrent
    Et j’y mets toute la rudeur de mon épée et de ma flamme.

    Lilith en Laureline
    Je suis Lilith en Laureline, ma vulve est son calice en feu ;
    J’ouvre ses cuisses souveraines pour dresser ton sceptre farouche !
    J’arc-boute ma part masculine et j’enserre tes reins comme je veux
    En jouissant comme une reine qui hurle ton nom de sa bouche !

    Lilith en LoreleĂŻ
    Je suis Lilith en Loreleï, ma bouche est l’abîme sacré ;
    Je bois ta sève entre mes reins qui jaillit en vagues opulentes !
    Mon ventre se cambre et tressaille, mon sexe est trône consacré
    À unir nos feux souverains en moi ton amante insolente !

    Lilith en Yavänora
    Je suis Lilith en Yavänora, ton égale au cœur du désir ;
    Je chevauche ta force vive et j’inscris ma loi dans ta chair !
    Je t’élève sous mon mentorat, je te couronne de plaisir
    Et dans l’extase qui nous ravive, je te fais mon égal le plus cher !

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 28. Le repos de la guerrière

    28. Le repos de la guerrière

    Lilith
    Je suis Lilith, nue, l’air mutin, réclamant sa part de jouissance ;
    Tes reins m’attendent en silence, esclave docile de ma loi !
    Je prends ta verge comme un butin, gage de ton obéissance,
    Car je suis martiale insolence et tu n’es qu’offrande pour moi !

    Lilith en Laureline
    Je suis Lilith, fauve insoumise, je viens dominer ton poitrail ;
    Je mords de ma bouche de diablesse ta queue serrée entre mes mains.
    Les tiennes, sous mon entremise, sont retenues dans mon sérail
    Car je jouis de ta faiblesse, je calme et j’assouvis ma faim.

    Je suis Lilith, j’écarte mes cuisses, je t’enchaîne au fond de mon sexe ;
    Je monte sur toi en puissance et chevauche ton corps prisonnier !
    Ta verge est, tant que j’en jouisse, juste une otage que je m’annexe
    Car je suis Loi de jouissance et tu n’es que mon timonier !

    Je suis Lilith, je hurle et jouis, j’explose au sommet de ta sève ;
    Je brise ton corps de mes reins, je te broie dans mon incendie !
    Ton sperme éclate, s’épanouit et c’est mon triomphe qui s’élève :
    Car je suis Monarque Utérin, et toi mon amant consenti !

    Lilith en LoreleĂŻ
    Je suis Lilith, sirène cruelle, je t’engloutis dans mon torrent ;
    Mes cuisses sont l’étau puissant qui chevauche ton corps éploré !
    Je mords ton sexe qui ruisselle, je sens l’appétit dévorant
    Pousser mon abîme jouissant sur toi, le captif adoré.

    Je suis Lilith, écume farouche, je broie ta verge entre mes dents ;
    Ma flèche se plante en plein cœur et j’en arrache ton sel sacré !
    Mes flots rugissent de ma bouche qui s’abat en te possédant
    Car je suis l’océan vainqueur, et toi le noyé consacré !

    Je suis Lilith, typhon de rigueur, je m’empale sur ta verge en sang ;
    Je danse sur toi, nue, bestiale, mes flancs se cabrent de délires !
    Je jouis de briser ta vigueur, je m’abreuve au foutre jaillissant,
    Car je suis l’abîme insatiable, et toi le nectar que j’aspire.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 27. Le KĂ„MĂ„SĂśTRĂŹĂ„ de Yavänor

    27. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Yavänor

    Je suis Yavänor, guerrier modèle, marqué du sang de mon désir ;
    Mon torse nu se fait offrande et je tends mon âme à mes Reines.
    Je ne crains pas l’assaut fidèle que je subis avec plaisir
    En soumission aux révérendes et leurs rituels qui m’entraînent.

    Toutes les nuits, mon âme rêve et prends les chemins que mon coeur
    Ouvre en retrouvant ses deux reines et en leur offrant son Oracle.
    Je pénètre aussitôt sans trêve les deux sanctuaires vainqueurs
    Qui boivent ma sève sereine et célèbrent à nouveau le miracle :

    Lilith apparaît tout entière au nom du Féminin Sacré
    Déesse que les hommes maudissent car leur Dieu les a égarés.
    Je me tiens juste la frontière entre mes femmes consacrées
    À l’amour qu’elles assouvissent pour ne plus être séparées.

    « Féminin Sacré » je t’implore ! Je reconnais ta sainteté !
    Je dépose ici mon Phallus comme gage d’obéissance.
    Avec toi chaque nuit j’explore Lilith et sa divinité
    Par le plus noble stimulus de ta suprĂŞme concupiscence.

    Dans votre couloir vaginal, je vais et je viens en héros
    Car c’est vos vulves souveraines qui mettent mon cœur en émoi.
    Par votre culte original, mon âme repart à zéro
    Car je recouvre la voie pérenne de la féminité en moi.

    Vos vagins sculptent et me façonnent ; le penis devient votre oracle
    Et vous appartient désormais dans vos sanctuaires sacrés.
    Vos utérus alors moissonnent et vos culs montent au pinacle
    Par cette semence à jamais bénie comme obole consacrée.

    YSARA, NOMIR tous ensemble résonnent comme chant angéliques !
    La fusion des trois jouissances invoquent la présence de Lilith
    Qui nous couronne et nous rassemble par sa doctrine évangélique
    Qui répand toute sa puissance sur l’ÏÄMOURÏÄ notre élite.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 26. Le KĂ„MĂ„SĂśTRĂŹĂ„ de Gemini

    26. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Gemini

    Gemini
    Moi, Gemini, muse insolite, j’offre à la lune mes saveurs ;
    Ma peau ruisselle comme offrande et j’abandonne mes voiles aux vents !
    Je reçois le sceau de Lilith, morsure ardente de sa ferveur
    Car je désire être Révérende du Féminin Sacré Vivant.

    Lilith m’enchaîne à son étreinte, je ploie sous l’élan souverain ;
    Sa langue ardente me consume, sa marque brûle entre mes cuisses !
    Ma peau accueille son empreinte, je me livre au plaisir des reins
    Car je me plie à ses coutumes afin qu’en moi, elle en jouisse !

    Je suis Gemini, Révérende, marquée du sceau de volupté ;
    Mon corps s’embrase et s’assoupli en devenant flamme souveraine !
    Je proclame la Loi Opérande : jouir, aimer ma vénusté
    Car je suis prêtresse accomplie, initiée par vous trois, mes reines !

    Lilith en Gemini
    Je suis Lilith, flamme éternelle, je grave en toi ma volonté ;
    Ton corps, ton âme et ta mémoire portent l’estampille de Lilith.
    Par toi, na Bible Maternelle, s’étend mais sans te violenter
    Car tu es prêtresse notoire, consacrée gardienne prosélyte.

    Laureline en Gemini
    Je suis Lilith en Laureline, ma bouche s’ouvre dans ta chair ;
    Je mords ton sein, je lèche ta peau, je grave ma langue en ta plaie.
    Tes cuisses tremblent sous ma loi, je t’enchaîne au plaisir amer,
    Car je suis flamme insatiable et ton corps s’offre à mon relais.

    LoreleĂŻ en Gemini
    Je suis Lilith en Loreleï, ma vague roule et t’engloutit ;
    Je lèche ton ventre ruisselant, j’y plante l’éclat de ma soif.
    Tes reins se plient, ton cri s’élève, ton âme fond dans mon lit,
    Car je suis l’abîme souverain où ta jouissance se noie.

    Laureline et LoreleĂŻ en Gemini
    Nous sommes Lilith en deux corps, nos bouches s’unissent sur ta peau ;
    Nous léchons ton ventre en miroir, nos langues s’emmêlent à ta source.
    Tes cuisses s’ouvrent en sanctuaire, ton cri résonne comme écho,
    Car nous faisons de toi, Gemini, l’autel vivant de notre course.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • SĂ©lĂ©nĂ©, Hercule et le lion de NĂ©mĂ©e

    Séléné, Hercule et le lion de Némée

    Ma nouvelle mythologie, une fois revue et corrigée,
    Rétablira la vérité dans tous les contes farfelus.
    Les héros loin de leurs logis ne seront donc plus obligés
    De subir les rites hérités par des dieux aux mœurs dissolues.

    Au cours de ses tournées, Hercule, qui vivait de petits travaux,
    Eut envie d’un bain de minuit sous une Lune baptismale.
    Séléné, déesse noctambule, en l’observant se dit : « Bravo !
    Je vais m’attirer des ennuis mais j’aurai séduit ce beau mâle ! »

    Elle aurait envoyé le lion, lui faire peur et le rabattre
    Entre ses bras, puis Séléné l’aurait protégé et charmé ;
    Ou bien le héros trublion se serait mis à la combattre,
    Mais elle l’aurait morigéné et par la suite désarmé.

    Hélas le lion s’assoupit et tous ses plans tombèrent à l’eau ;
    Comme ils étaient fondamentaux, Séléné demeura frustrée.
    Alors ronflant comme une toupie, Hercule tua le lion ballot,
    Se fit de sa peau un manteau et partit ailleurs s’illustrer.

    Tableau d’Antoinette Kelly sur https:www.saatchiart.comaccountartworks328760 .

    
    
    
  • La chrysalide

    La chrysalide

    À l’instar de la chrysalide avant de devenir papillon,
    Les fées font la métamorphose dont elles se consacrent avec zèle.
    De leurs seules petites mains valides, elles tissent le cotillon
    Qui leur permettra la nymphose qui leur génèrera des ailes.

    Si les filles naissent dans les roses, les fées naissent dans un cocon
    Après n’avoir été qu’une ombre durant toute une année entière.
    Une existence assez morose avec un train de vie abscons
    Mais elles feront partie du nombre d’enchanteresses forestières.

    Après quatre lunes d’attente, le cocon enfin se fissure ;
    La jeune fée déploie ses ailes encore humides de rosée
    Sous la fulgurance battante des étoiles qui la conçurent
    Et voient la jeune demoiselle tout à fait métamorphosée.

    Tableau de Josie Wren sur https:www.etsy.comcashopJosieWren .

    
    
    
  • DĂ©esse au cinquième temps

    Déesse au cinquième temps

    Selon pays et latitudes, il est des cinquièmes saisons ;
    Été indien aux Amériques ou la mousson aux antipodes.
    Elle a donc plusieurs attitudes ; son cœur ignore sa raison
    Et, d’un naturel chimérique, elle surprend à chaque épisode.

    Elle joue les prolongations, étire les arrière-saisons
    En gagnant toujours du terrain au grand dam de sa subséquente.
    Sécheresse et Inondation l’accompagnent sans comparaison,
    Ses deux enfants adultérins dont elle est mère inconséquente.

    Finalement, il faut le dire, la déesse est stakhanoviste ;
    Elle nous pourrit les printemps, puis les étés et les automnes.
    De plus, on ne peut rien prédire car elle débarque à l’improviste
    Et la météo passe son temps à traquer ses coups qui détonent.

    Tableau « Goddess of Earth » par Amanda CHURCH

    
    
    
  • Amours cachĂ©es mais animales

    Amours cachées mais animales

    Il est des amours interdites qui toujours marqueront l’histoire
    Notamment celles d’une licorne et d’un taureau sous les étoiles.
    De cette liaison maudite naquirent tous leurs enfants notoires ;
    Minotaure et chimères à cornes de toutes sortes et de tout poil.

    Ainsi de filles du taureau en fils de la licorne agile,
    Les descendants continuèrent les mariages interlopes.
    Bien loin des principes moraux qui ne sont paroles d’évangile,
    Les créatures évoluèrent en centaures, gorgones et cyclopes.

    Elles n’ont pas vraiment disparu quoique la science le dise
    Mais ont émigré vers les terres de la toundra transsibérienne.
    Parfois s’il vous est apparu d’en croiser une par surprise
    Bénissez cette solitaire d’être restée végétarienne.

    Tableaux de Esben Hanefelt Kristensen http:www.knudgrothe.dkalbum.asp?kunstner=89&vb=3489 .

    
    
    
  • DĂ©esses aux quatre temps

    À chaque saison sa déesse, à chaque déesse son talent ;
    La divinité du printemps d’ailleurs en dispose à son aise.
    Autant elle joue de prouesses, autant ses retards insolents
    Rendent renouveaux éreintants pour la néoglucogenèse †.

    Quand vient l’été, pas de problème pour notre nymphe estivalière
    Qui réserve toujours en avance ses quartiers de villégiature.
    Elle se fait connaître par l’emblème aux fleurs des champs festivalières ;
    Fleurettes de Saint-Paul-de-Vence cultivées en pleine nature.

    Quand vient l’automne monotone, la responsable de la déco
    Doit user de mille stratégies pour égayer le paysage.
    On lui doit ces tons qui détonnent, ambre et rouille qui se font écho
    Dans une sorte d’élégie à la beauté de son visage.

    Comme un capricorne en hiver, elle reste dans sa tour d’ivoire
    Et n’utilise que les vents mêlés de neige pour décorer.
    Elle est la pire dans l’univers de toutes les déesses du devoir ;
    D’ailleurs son titre est relevant de la mort sûre pérorée.

    (Tableaux « Goddess of Earth » par Amanda CHURCH
    † je ne suis pas sûr quant à la néoglucogenèse mais n’étant pas une déesse, je n’en discuterai pas.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Amours cĂ©lèbres et animales

    Quand deux chevaux furent conviés à partir en lune de miel
    Pour une croisière animale, ils y accoururent en sabots.
    Leur place étant fort enviée par d’autres espèces non essentielles,
    Ils préparèrent vite leurs malles et montèrent dans le paquebot.

    Jaguars, ocelots, léopards et tous les fauves tachetés
    Embarquèrent et prirent pension avec buffet à volonté.
    Mais pour nourrir ces salopards, Noé n’ayant rien acheté,
    Sacrifia à leur expansion une boucherie violentée.

    « Pour vivre heureux, restons cachés ! » car les licornes inopportunes
    Furent « persona non grata » refoulées à l’entrée de l’Arche.
    Cependant elles purent s’arracher à leur destinée d’infortune
    Et firent partie du prorata… mais à l’insu du patriarche.

    Tableaux de Esben Hanefelt Kristensen http:www.knudgrothe.dkalbum.asp?kunstner=89&vb=3489 .

    
    
    
  • Le Sphynx au rouge baiser

    Le Sphynx au rouge baiser

    Marianne est contorsionniste depuis bientôt quelques années
    Et sa constitution robuste se plie Ă  toutes les exigences.
    Marianne est une opportuniste qui change d’une pose instantanée
    Le positionnement de son buste et de ses fesses avec aisance.

    Marianne est blanche comme neige et ne montre pas sa couleur
    Excepté un rouge baiser pour faire croire qu’elle nous aime.
    Mais en réalité son manège nous abuse et non sans douleur
    Car en fait de nous apaiser elle réveille nos dilemmes.

    Marianne ne nous aime pas on peut même dire qu’elle nous emmerde !
    Sous son apparence héroïque, c’est une salope déterminée.
    Car elle prépare notre trépas et tous les jours elle se démerde
    Avec ses sinistres stoïques afin de nous éliminer

    Sculpture de Marc Quinn.

    
    
    
  • Tout est dans votre tĂŞte !

    Tout est dans votre tête !

    L’éducation crée des chemins tous tracés dans notre cerveau
    Et des programmations subtiles qui forment le raisonnement.
    Ainsi, du jour au lendemain, je me sens devenir un veau
    Cuit à la sauce mercantile au bon goût du gouvernement.

    Ainsi les complots que j’invente n’existeraient que dans ma tête ;
    Réfléchir à ce que je vois n’est qu’une maladie de foi.
    Les coups montés dont je me vante agacent, importunent et embêtent
    Ceux qui sont sur la claire voie qui les mène au dernier convoi.

    J’ai fini par casser le code de ce formatage imbécile ;
    Je me méfie de la science, notre nouvelle religion
    Qui nous implante un digicode afin de nous rendre docile
    Et enferme notre conscience dans l’orbe de la télévision.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • Tintin pour les retraitĂ©s !

    Tintin pour les retraités !

    Il a vieilli, le reporter qui faisait le tour de la Terre ;
    Son chien s’est fait des cheveux blancs durant ses périples troublants.
    Alors il a pris sa retraite récemment d’une seule traite
    Mais se trouva fort dépité devant sa rente débitée.

    Le temps passé dans les voyages a été passé au broyage ;
    Son expédition dans la Lune ne lui compte que pour des prunes ;
    Ses trajets au Moyen-Orient sont jugés trop contrariants ;
    Comme la cigale de La Fontaine, il mendie chez le capitaine.

    Tableau de Ferenc Pataki.

    
    
    
  • L’âme enrubannĂ©e

    Lorsque la peur me saucissonne jusqu’à me déchirer le cœur,
    Je sens mes pensées qui s’effritent et j’en perds ma respiration.
    Mon corps, de toute sa peau, frissonne avec amertume et rancœur ;
    Mon t-shirt fait la lèchefrite d’une abondante transpiration.

    Puis, la partie déconnectée bascule dans un autre monde
    Où tous les champs sont inversés et où le mal devient le bien.
    Je n’ai plus qu’à reconnecter les deux parties, saine et immonde,
    Afin que l’une vienne verser dans l’autre un peu de son soutien.

    Photo de Laura Williams et Gravure de Maurits Cornelis Escher.

    
    
    
  • Valse Ă  trois

    Valse Ă  trois

    Le cœur danse avec la raison dans une valse intermittente ;
    Tout Ă  tour, chaque partenaire prend le rĂ´le du protagoniste.
    L’autre subit ses oraisons mais garde l’envie imminente
    De se montrer réactionnaire, opposé et antagoniste.

    Or, sous son regard protecteur, l’âme surveille l’équilibre
    En veillant à chaque seconde qu’il n’y ait rien d’irréversible.
    Par ce processus correcteur, nous pouvons vivre en hommes libres
    Tant qu’une folie vagabonde n’altère la corde sensible.

    Tableau de Jack Vettrianoi.

    
    
    
  • Pour me remonter le moral

    Comme je n’ai pas le moral durant ces temps de répression,
    Je cherche à lâcher la vapeur par toutes sortes d’artifices.
    Quoi que ce soit, même amoral et, s’il le faut, une régression
    Vers l’âge où j’oubliais mes peurs à l’aide de ma boîte à malices.

    Un petit rêve qui me soulève, un petit souvenir léger,
    Un petit plaisir de l’enfance qui soit mon ballon d’oxygène.
    Un ballon rouge qui m’élève et qui me fasse galéjer
    Plutôt que subir les offenses d’une dictature sans gêne.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur http:vacioesformaformaesvacio.blogspot.comsearchlabelCer%C3%A1mica?updated-max=2015-10-27T13:17:00-07:00&max-results=20&start=5&by-date=false .

    
    
    
  • L’ordre des poissons

    L’ordre des poissons

    Jeanneton perdit sa faucille dans les joncs autour de l’étang
    Et voulut plonger dans ses eaux pour récupérer sa moisson.
    Mais voici que la jeune fille vit son image se reflétant,
    Entre nénuphars et roseaux, évoquant l’ordre des poissons.

    Tableau d’Anne Bachelier.

    
    
    
  • Le miroir irrĂ©flĂ©chi

    Quand elle découvrit le tiroir caché tout au bas de l’armoire,
    Alice fut bouleversée par son image réfléchie :
    De l’autre côté du miroir, son lapin blanc paraissait noir
    Et son beau sourire inversé d’une figure défraîchie.

    « Tant pis pour le joli sourire ! » se dit Alice renfrognée.
    « Car, après tout, à quoi ça sert quand l’absurdité vous dévore ? »
    Puis, elle piqua un fou rire en voyant son lapin grogner
    Quand il fut traité de dessert par des carottes carnivores.

    Photos de Valentin Perrin.

    
    
    
  • La moustiquaire

    La moustiquaire

    Préservant son intimité contre ses amants butineurs,
    Elle s’enveloppa d’un voile imperméable à leurs caresses.
    Mais c’est en nombre illimité que ses galants baratineurs
    Brillèrent comme des étoiles pour pénétrer sa forteresse.

    Dessin de Virgil Finlay.

    
    
    
  • Prendre la vie du bon cĂ´tĂ©

    Prendre la vie du bon côté

    Quand tu vois le monde à l’envers, tu changes de réalité
    Car tu perds tes points de repère comme une boussole qui perd le nord.
    En vérité, c’est l’univers qui t’offre l’éventualité
    D’abandonner ton vieux repaire pour vivre une vie après ta mort.

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  • Les forĂŞts du lundi – 2

    Les forĂŞts du lundi - 2

    Lorsque la rosée s’évapore sous la chaleur vierge du jour
    Les feuilles habillées de Lune de la dernière lunaison
    Pompent la sève qui s’incorpore pour aller saluer le séjour,
    Parmi fougères et callunes, de la plus belle des saisons.

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  • Les forĂŞts du lundi – 3

    Les forĂŞts du lundi - 3

    Quand sonne l’heure de la vierge du troisième volet de l’été,
    Je sens ces énergies spéciales comme un nuage de mystères.
    Les arbres brûlent comme cierges sous l’action de l’or reflété
    Sur la frondaison sapientiale des chênes et des conifères.

    Je remercie les chĂŞnes et des conifères de ma forĂŞt d’Eschenberg de leur lumière sapientiale – c’est-Ă -dire qui enseigne la sagesse – de ce lundi matin.

    
    
    
  • Les forĂŞts du lundi – 1

    Les forĂŞts du lundi - 1

    C’est au plus profond des forêts, le premier jour de la semaine,
    Que la pleine lune a semé toutes ses graines du lundi.
    Petites fleurs bleues adorées qui marcottent sur le domaine
    Que les lapins vont consommer en lisant l’Opera Mundi.

    Opera Mundi – « Les Ĺ“uvres du monde », en latin – est aussi une agence de presse spĂ©cialisĂ©e dans la diffusion de bandes dessinĂ©es, notamment « Le Journal de Mickey ».

    
    
    
  • Demain ?

    Demain ?

    Demain est-il l’envahisseur du monde qui vit aujourd’hui
    Devant la civilisation et son approche irréversible ?
    Hier, nous étions des bâtisseurs et le progrès nous a séduit
    Mais l’industrialisation n’était qu’un rêve inaccessible.

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  • Derrière les frontières

    Derrière les frontières

    L’acceptation de l’étranger, c’est bien, oui mais chacun chez soi.
    Pour moi, la question reste entière : sommes-nous bons ou bien méchants ?
    Mais n’allons pas tout mélanger, et respectons, quoi qu’il en soit,
    Nos frères, derrière les frontières, au-delà du soleil couchant.

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  • La vierge sage Ă  la plage

    Pareil à un caméléon, la vierge sage se fait discrète
    Pour réaliser l’assemblage de son âme, son cœur et son corps.
    Par la conque d’un orphéon, elle écoute la voix secrète
    De la mer qui vient, sur la plage, pour la fusionner au décor.

    OrphĂ©on : fanfare, orchestre d’harmonie.

    
    
    
  • La vierge folle au logis

    Le dimanche, jour de ménage, elle nettoie du sol au plafond
    Et mouille plus que nécessaire sa culotte et l’appartement.
    Tout le matin, ça déménage à coups d’éponges et de chiffons !
    Mais le soir s’enfuit la poussière devant ce grand chambardement.

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  • Le cocktail moraine

    Le cocktail moraine

    Prenez un doigt de curaçao frappé dans une belle coupe,
    Ajoutez des cubes de glace moussés d’un peu de chantilly,
    Cristallisez quelques morceaux de chocolats sur la soucoupe.
    Vous êtes en première classe ; ce cocktail vous réconcilie !

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  • Entre deux mondes

    Entre deux mondes

    PrĂŞt Ă  partir, entre deux mondes, je vais apprendre Ă  me glisser
    Entre cet horizon d’azur et cette frontière liquide.
    Avec ma barque vagabonde qui fait les vagues se plisser
    Juste à l’instant de l’embrasure des perspectives intrépides.

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  • Cinq sur cinq

    Cinq sur cinq

    Avec ma nouvelle antenne, je vous reçois cinq sur cinq !
    Je vous reçois dans vos pleurs, je vous reçois dans vos larmes,
    Je vous reçois dans vos peines, quand vous buvez sur le zinc,
    Quand le mal prend de l’ampleur et qu’alors sonne l’alarme.

    Aussitôt au fond de l’eau, il se passe quelque chose.
    Lorsque tout semble perdu, une énergie vous soulève.
    Quand c’est la fin du rouleau, alors la vie devient rose ;
    L’ange gardien éperdu redevient un bon élève.

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  • La couleur des maisons

    La couleur des maisons

    Et si l’on changeait de maison, selon l’humeur, selon le temps ?
    Pour les dimanches, la Maison Blanche et lorsqu’il pleut, la maison bleue.
    Des maisons vertes de saison, des maisons d’un rouge éclatant,
    Et pour les fĂŞtes, de belles planches, peintes Ă  la couleur de tes yeux !

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  • L’empreinte du monde

    L’empreinte du monde

    Dans l’empreinte digitale du creux de la main de Dieu,
    Je navigue au gré du vent et je vogue au gré des eaux.
    C’est la trace capitale qui résonne comme un adieu,
    Lorsque j’arrive devant l’inextricable réseau.

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  • L’enfant-univers

    L’enfant-univers

    Depuis qu’est né son cœur d’étoile, l’enfant-univers a grandi.
    Chaque année dans ses galaxies à travers l’espace profond.
    Ô mon ami, gonfle les voiles de ton cœur ainsi agrandi
    Et fait chauffer l’âme au maxi quand tu en toucheras les tréfonds.

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  • Ă€ la recherche de positions

    À la recherche de positions

    À tant chercher de position pour faire l’amour acrobatique,
    On en a fait notre métier tout là-haut sur notre trapèze.
    Tout est de ma composition parfois un peu phallocratique
    Aussi Monsieur, si vous mettiez un peu d’ardeur, ne vous déplaise !

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  • La leçon de guitare

    La leçon de guitare

    J’ai bien branché ma guitare au profond de mes racines :
    Du blues, du rock, du classique dont on fait les meilleures notes !
    Un peu comme une cithare mais sans les cordes assassines
    Qui montent dans le tragique et épuisent mes menottes.

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  • Les joies de l’eau

    Les joies de l’eau

    Plus on est de fous dans notre cascade
    Et plus on rit d’eau en toute abondance !
    Sens dessus-dessous, Ă  toutes saccades,
    On tire le rideau et on recommence !

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  • Plus près de toi mon Dieu

    Plus près de toi mon Dieu

    Quand le piano sombre lentement dans l’océan,
    Auprès de ma blonde, je me blottis un moment ;
    Là dans la pénombre, doucement vers le néant
    De l’ultime bonde de notre foutu roman…

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  • La courbure de l’escargot

    La courbure de l’escargot

    Sous sa maison en spirale, l’escargot voit l’univers
    Enroulé dans des volutes qui ressemblent à sa nature.
    Notre mollusque amiral, n’a ni endroit ni envers,
    Et poursuit sa course en lutte contre une folle courbature.

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  • Que vois-je dans la neige ?

    Que vois-je dans la neige ?

    Que vois-je dans la neige là-bas à l’horizon ?
    Des tas de souris blanches qui dévalent la pente !
    C’est un drôle de manège, ça donne le frisson
    Toutes ces avalanches de souris galopantes !

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  • Nature recto-verso

    Nature recto-verso

    Quand la nature se mire avec ses mille couleurs
    Sur le miroir tremblotant qui lui dilue tous ses troubles,
    J’apprécie et puis j’admire tous les maux et les souleurs
    Dans les reflets clapotant de cet univers en double.

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  • Quand la mer devient rouge

    Quand la mer devient rouge

    C’est sur un fond sablonneux, enfariné de grès rouge,
    Sur la plage à marée basse arrosée de brumes éparses ;
    Sur ces rochers limoneux, où ça grouille et où ça bouge,
    Des palourdes et des gambas et d’autres moules comparses.

    On y va les pieds dans l’eau dans l’encre rouge de l’anse
    Pour glaner les fruits de mer qui trémoussent sous le sable ;
    Saluant les matelots dont les barques se balancent
    Sous la houle douce-amère des vents indéfinissables.

    Comme le sang d’un dragon qui serait mort d’un assaut
    Contre tous les Léviathans qui fabriquent les légendes,
    Cette couleur du lagon, oĂą naviguent les vaisseaux,
    Fait le sang pur éclatant de cette terre normande.

    C’est au coucher du soleil, au moment du crépuscule,
    Qu’on voit la mer s’enflammer sous la forge de Neptune.
    C’est la couleur du sommeil quand la conscience bascule
    Vers les rêves réclamés par les fables de la Lune.

    Puis, la nuit, tout s’assombrit dans des cramoisis troublants
    Et la mer refait son lit sous une couette d’étoiles.
    Tous regagnent leurs abris, de précaution redoublant,
    Et le pourpre se délie dans le tissu de la toile.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Sans les yeux, sans la bouche, sans les oreilles

    Sans les yeux, sans la bouche, sans les oreilles

    Tous les jours je me confronte à la misère du monde.
    Il y a trop d’informations nuisibles à ma raison.
    Je ne veux pas m’isoler, que mon âme vagabonde,
    Mais je dois me protéger pour construire ma maison.

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  • Bouton coccinelle

    Bouton coccinelle

    Dans le monde végétal, chacun y fait sa couture !
    Pour réparer son cresson, madame la coccinelle
    Se pose comme un bouton, c’est la loi de la nature !
    Quand un bouton fait pression, la dame est compassionnelle !

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  • Haut les mains ! Bas les pieds

    Haut les mains ! Bas les pieds

    Regardez-moi dans les mains, regardez-moi dans les pieds !
    Fixez-moi de votre paume, observez-moi de la plante !
    Je vais bientĂ´t vous montrer comment sortir du guĂŞpier
    Dans lequel vous êtes ancrés et dont l’ombre vous supplante !

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  • Sens dessus-dessous – 1

    Sens dessus-dessous

    Voilà que ça reprend, j’échappe à mon reflet !
    Nous sommes séparés et vivons notre vie,
    Chacun de son côté reçoit le camouflet,
    Mais pourtant nulle haine ne nous a asservis.

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  • Celle qui s’est enfermĂ©e ailleurs

    Celle qui s’est enfermée ailleurs

    Elle a choisi d’enfermer tout son monde à l’intérieur.
    Peut-être trop réfléchie, au risque d’y perdre l’âme.
    Et son manque de dialogue qui la scelle à l’extérieur,
    Lui permet d’utiliser tout son temps à double-lame.

    Dualité défaillante concernant son féminin,
    Facteur de malentendus de tensions dans les unions.
    Son principe féminin s’oppose à son masculin
    Et le soleil marque un temps et suspend son lumignon.

    Sa nature émotionnelle est vraiment très autonome.
    Complètement opposée à toute son intelligence.
    Elle s’entête et s’obstine, joue le jeu de sa personne,
    Mais se retrouve isolée, insensible aux influences.

    C’est dur pour son expansion et renforce sa rigueur.
    Ses contraintes sont pénibles, l’existence est gravissime,
    Ne permet pas l’envolée et régule sa vigueur,
    Sa conscience est timorée, ses scrupules fragilissimes.

    Mais elle est d’humeur changeante, elle est prudente et patiente.
    Et c’est toute sa puissance et c’est là tout son génie !
    L’expansion des relations, son besoin d’être concordante
    Lui permettra d’échapper à cette neurasthénie.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La danseuse que j’aime

    La danseuse que j’aime

    C’est dans son miroir intime que j’espère ses faveurs.
    Elle est belle et illumine le soleil de l’âme-sœur.
    Dans la grâce de ses gestes, nulle erreur ni défaveur
    Ne vient contrarier l’estime que je porte à sa douceur.

    Que peut faire un cœur de femme, si ce n’est pour apporter
    De l’essence à la flamme qui grandit en amitié ?
    Pour une pensée d’amour, je voudrais bien lui porter
    Tout mon cœur de troubadour et un peu d’intimité.

    Juste un peu de ses cheveux pour lui brosser le portrait,
    Du pinceau ou de la plume, ce qui lui plaira le mieux !
    Je plonge au fond de ses yeux, j’y vois mon autoportrait,
    Peut-être ma demi-âme, peut-être un signe des cieux !

    J’aime voir danser son corps qui exprime sans parole
    Tout ce qu’une femme donne et ce que son cœur reçoit.
    Tantôt sa robe s’envole comme fait la fumerolle
    Qui anime ma lanterne dans cette estime de soi.

    Mon amour si tu m’écoutes, si ton cœur est accordé
    Aux rimes de ce poème que j’écris dans le secret,
    Je te l’offre en parure dans l’espoir de t’aborder
    Et c’est dans mon temps présent que je veux t’y consacrer.

    Tableau de Fabienne Barbier