Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’Arche interne de Laureline

    L’Arche interne de Laureline

    Je suis cette Arche, chaude et humide, hermétique où pulse la vie
    Je sens la présence de l’âme qui conduit le vaisseau charnel.
    Deux petits ĂŞtres encore timides dormant dans le berceau ravi
    Qui m’apporte l’éveil et la flamme de l’amour divin maternel.

    Je perçois plusieurs frôlements ; un pied, une main, un doigt…– un front ? –
    Contre ma peau interne, obscure où ils m’écrivent leurs silences.
    Chacun est un effleurement qui rase et caresse mon giron,
    L’encre invisible qui procure l’attestation de leur naissance.

    Ma salive, chargée de présages et du sel qui les a baignés,
    M’apporte leurs silences acides et leur présence tout entière,
    La saveur âpre du visage de d’homme qui m’a m’imprégnée
    D’un sperme d’amour translucide qui s’est fondu dans ma matière.

    J’entends monter le chœur secret dans le liquide qui les nourrit,
    Un battement d’étoiles lourd dans les profondeurs de mon antre ;
    De l’un, comme un soupir discret tandis que l’autre me sourit
    Dans sa quiétude de velours en sculptant la chair de mon ventre.

    Mon troisième œil est connecté à mes enfants en formation.
    Ils distinguent ainsi mes humeurs, mes craintes et mes tremblements ;
    Un voile écarlate affecté, de l’or en illumination,
    Comme des petits rires allumeurs qu’ils me transmettent tendrement.

    Je hume la trace animale dont ils imprègnent ma matrice ;
    La sente fauve, chaude et douce pareille à l’odorante flouve.
    Leurs effluves femelle et mâle forment l’essence divinatrice
    Qui m’enivre tant elle éclabousse mon odorat subtil de louve.


    Je vois l’Arche prépondérante préservant son trésor prospère
    Avancer vers un nouveau monde oĂą coulent des eaux cristallines.
    Je lui sens l’âme conquérante pour renouer avec le père
    L’amour puissant qui les inonde depuis le cœur de Laureline.

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  • L’Arche externe de Laureline

    L’Arche externe de Laureline

    Quand mes tempêtes de semences ont inondé le SANCTUAIRE,
    Le monde interne de Laureline qui n’avait jamais connu l’eau du ciel,
    Les anges ont dit : « ça recommence ! Construisons l’Arche Somptuaire
    Qui, féminine et masculine, abritera le substantiel.

    Alors Gaïa, mère de la Terre, bascule l’axe de Laureline
    Qui devient vaisseau de lumière et son ventre Arche d’Alliance !
    Et moi j’assiste à ce mystère sous la peau blanche d’opaline
    Qui se colore des premières transformations de flamboyances.

    Ses membres de vert-céladon s’écartent pour me révéler
    Juste l’abdomen de grossesse qui me parle de notre avenir.
    Les seins mûrissant : « c’est le don de manne sacrée nourricière ! »
    Le ventre bombé : « La promesse de ton nouveau monde à venir ! »

    Les deux Saints Anges nourriciers veillent à l’approvisionnement ;
    Le Ventre Archange constructeur bâtit le berceau des jumeaux ;
    Le cœur pouvant bénéficier de l’apport de mon attachement
    Ravitaille en sang instructeur la matrice avide de mes mots.

    Je vois l’Arche de Laureline sculptée par les forces de vie
    Changer alors de dimension dans cette clandestinité.
    Je vois les mutations violines assurer le plan poursuivi
    Afin d’établir l’ascension de l’âme de la Trinité.

    Tableau de Vincenzo Stanislao.

    
    
    
  • La danse capricieuse

    La danse capricieuse

    Elles surgissent sans prévenir, d’un battement d’humeur fugace,
    Trois muses rouges nues et sans voile, aux gestes pleins d’impertinence.
    Elles me tordent mes vers dociles, y mêlant leur fièvre efficace
    Et modifient le fil des moires au rythme d’une ardente danse.

    La première envole les mots d’un rire aux ailes de tempête,
    Son pas claque comme un refus en désordre des convenances.
    La seconde, flamme et pirouette, enfièvre les lignes indiscrètes,
    Et peint le poème à sa guise avec éclats vifs d’insolence.

    La troisième enfin se dĂ©robe, saute une rime et puis l’efface,
    Puis revient sur la page en reine, mais cassant la cadence sage.
    Elle préfère l’écart dans le creux et le silence qui enlace,
    Puis laisse au lecteur ébahi l’écho d’un étrange mirage.

    Illustration de Benoit Drigny sur https:www.behance.netbenoitdrigny sur un thème de Laureline Lechat

    
    
    
  • La raison du reflet

    La raison du reflet

    J’ai imaginé mon reflet derrière la froide frontière
    Que le miroir machiavélique me renvoie solennellement.
    A-t-il une vie insufflée par une déesse à part entière
    Ou bien un faux-dieu diabolique qui œuvre parallèlement ?

    Sommes-nous deux créations disjointes vivant deux expériences humaines
    Ou bien la même répartie entre deux natures divines ?
    Avons-nous deux âmes conjointes ou une seule par un phénomène
    Qui exige, en contrepartie, une relation sibylline ?

    J’en étais là des réflexions entre mes deux corps reflétés
    Lorsque le miroir s’exprima d’une étrange petite voix :
    « Vous n’êtes que deux projections ensemble que j’ai complétée
    Pour qu’animus et anima en vous s’unissent dans la même voie ! »

    Alors mon double me sourit en dissipant mon inquiétude
    Et, d’un regard énigmatique, me délivra ce doux secret :
    « Loin des leurres un peu trop nourris par des siècles d’inexactitudes,
    Nous sommes le lien charismatique du véritable plan sacré ! »

    Tableau de Bela Kádár.

    
    
    
  • Les douze, treize, quatorze « moi » et plus

    Les douze, treize, quatorze « moi » et plus

    Quand sonne la cacophonie parmi les douze ou treize « moi »,
    C’est que j’ai dépassé le nombre qui délimite l’harmonie
    Car règne alors l’hégémonie d’un petit groupe au fil des mois
    Qui se développe dans l’ombre et qui ourdit la félonie.

    Qui suis-je à un moment donné ? Je ne sais plus ; tout a changé !
    Un nouveau réseau s’est formé parmi les « moi » supplémentaires.
    Je dois alors me pardonner car je ne suis pas étranger
    À ma conscience déformée par tous mes actes volontaires.

    Ainsi nous sommes donc légion ; une bande de fous déchaînés
    Que je dois moi-même orchestrer pour m’éviter l’aliénation.
    Heureusement, sans religion, j’ai évité de m’enchaîner
    À une destinée séquestrée par la divine abnégation.

    L’évolution, c’est accepter de toujours remettre en question
    Ses valeurs qui ont évolué vers des objectifs transformés.
    Je dois sans cesse intercepter le « moi » en cours dans sa gestion,
    Peser, admettre et évaluer mon nouvel ego réformé.

    Tableau de Nicole Claveloux.

    
    
    
  • Les douze « moi »

    Les douze « moi »

    Un seul « moi Â» n’est pas suffisant ; Dieu m’en a attribuĂ© douze.
    J’ai le premier à ma naissance et je dois conquérir les autres.
    Le deuxième est valorisant ; je le trouve avec mon Ă©pouse
    Qui me renvoie sa connaissance qui fusionne et devient la nĂ´tre.

    Le troisième arrive en s’aimant et en semant de beaux enfants ;
    Le quatrième en construisant un foyer pour sa maisonnée
    Ainsi de suite en essaimant, en bouturant et en greffant
    Des sentiments électrisants sur des folies irraisonnées.

    Quand j’aurai enfin remportĂ© le douzième signe du « moi Â»
    Je ne serai plus simple pion car j’aurai le titre de roireine.
    Reste Ă  savoir qui supporter qui aura le titre de reineroi
    À moins qu’il ne soit mon champion et que je lui tire les rênes.

    Tableau de Nicole Claveloux.

    
    
    
  • L’œil du fond de mes racines

    L’œil du fond de mes racines

    Au cœur des troncs d’arbres coupés, un iris en forme d’étoile
    M’évoque une rose des vents qui plongent dans l’œil du cyclone.
    Je m’y vois comme une poupée dans sa pupille qui dévoile
    L’âme des végétaux d’avant, d’avant l’apparition des clones.

    Clones d’oiseaux préhistoriques survolant le mésozoïque,
    Clones des géants dinosaures errant depuis le crétacés,
    Clones de guerriers homériques et créatures humanoïdes
    Jusqu’à Nabuchodonosor et tous les héros trépassés.

    Enfin, j’en arrive aux racines de mon arbre généalogique
    Et mes ancêtres reliés à ce regard qui me surplombe.
    Au début cet œil me fascine mais après, en toute logique,
    J’y vois leurs âmes folles à lier sortant une à une de leur tombe.

    Tableau de Mark Ryden.

    
    
    
  • Histoires de roux

    Histoires de roux

    La Nature a créé le roux pour une histoire de couleurs
    Qui relieraient faune avec flore, couvrant d’automne la cambrousse,
    De l’écureuil au loup-garou qui se transforme dans la douleur
    Et la chevelure uniflore de nos plus belles filles rousses.

    Si l’homme descend de l’animal, la femme provient d’une bête fauve
    Dont la robe réapparaît parmi ses taches de rousseur.
    Pour sa défense, face au mâle, soit elle lutte, soit elle se sauve
    Mais sa résistance disparaît quand il lui montre sa douceur.

    Photo de FlĂłra Borsi sur https:www.2tout2rien.frdes-auto-portraits-avec-des-yeux-danimaux-par-flora-borsi .

    
    
    
  • La porte du crĂ©puscule

    Quand le jour referme la porte du crépuscule par l’interstice,
    Juste à l’instant du rayon vert, l’ange de nuit déploie ses ailes.
    Tous les démons qui l’insupportent guettent une occasion subreptice
    Pour se glisser à découvert dans le dos de la demoiselle.

    Mais Morphée dans la nuit d’onyx, garde de manière intangible
    Le seuil en tirant la tenture tissée des rêves impénétrables.
    Jusqu’à ce que vienne le Phénix dont l’action inintelligible
    Autorisera l’ouverture d’un nouveau jour impondérable.

    Seulement voilà, l’ange de nuit commence à douter de lui-même.
    Tout seul jusqu’au lever du jour, il estime sa vie infâme.
    Les années passent et il s’ennuie ; personne ne lui dit « je t’aime »
    À part Morphée, depuis toujours, mais l’ange préfère les femmes.

    Tableau de Kinuko Y. Craft.

    
    
    
  • RĂŞver aux Ă©toiles

    Rêver aux étoiles

    Dans les trous noirs de mes nuits blanches, lorsqu’il n’y a rien à explorer,
    Je fais ce que Dieu à ma place aurait fait… et alors je crée.
    Souvent les mots en avalanches tombés des mémoires éplorées
    Se décantent dans la mélasse d’un poème à leur consacrer.

    Parfois je lis sur ma tablette, en lettres blanches sur fond noir,
    Des mots en étoiles filantes dans l’infini de l’interface.
    Parfois ma soif reste incomplète alors j’enfile mon peignoir
    Et je trinque Ă  la rutilante Lune gibbeuse sur ma terrasse.

    Et les mots s’affichent en couleurs et la page m’ouvre ses portes ;
    Je traverse un champ de lecture et prends la voie des vers ferrés.
    J’arrive en Gare des Douleurs attraper le bus qui transporte
    Les rêveurs en soif d’aventure sur un air de Léo Ferré.

    Tableau de Hajin Bae.

    
    
    
  • L’amour vert

    La sexualité des arbres, souvent incomprise des hommes,
    Ne laisse pourtant pas les femmes indifférentes envers leurs charmes.
    Les religions restent de marbre sur les sylvestres chromosomes
    Et jugent la question infâme sans même y verser une larme.

    Pourtant ces amours invisibles en forêts profondes s’enchaînent ;
    Les arbres mâles et femelles s’accouplent en chœur, petits et grands
    Quand leurs passions imprévisibles annoncent leurs noces de chêne,
    Toute la flore alors s’emmêle pour leur souhaiter beaucoup de glands.

    Nos femmes, beaucoup plus sensibles, ressentent le lien de la sève
    Comme des sœurs apparentées à l’arbre de la vie cosmique.
    Et l’envie irrépréhensible de les prendre en leurs bras relève
    D’un désir de complimenter cette sororité karmique.

    Tableaux de Tomazs Alen Kopera.

    
    
    
  • Le troisième Ĺ“il

    L’œil solaire
    Par une lumière solaire d’un premier rayon éphémère,
    L’intuition donne une vision connectée vers notre intérieur,
    Et depuis l’étoile polaire jusqu’à la Terre, notre mère,
    Nous en sentons les prévisions projetées au monde extérieur.

    L’œil animal
    Par le premier cri de la vie poussé par la petite voix,
    Notre subconscience instinctive parle directement au cœur.
    Sage est l’esprit qui se ravit d’écouter et suivre la voie
    D’illumination inductive connexe à l’âme du vainqueur.

    L’œil lunaire
    Par une présence lunaire qui rythme le cycle du temps,
    Nous ressentons dans la matière l’arborescence de l’amour.
    Comme une partie lacunaire, un vide se répercutant
    De la nature tout entière qui nous fait vivre chaque jour.

    Tableaux de Tomasz Alen Kopera sur https:www.grahamfineart.comtomasz-alen-koperatomasz-alen-kopera-1.php .

    
    
    
  • La maman des poissons

    Au dernier terme de sa grossesse, une maman-sirène enceinte
    Aura le cœur bien accroché quand elle perdra les eaux de mer !
    L’ichtyologie nous le professe, en une seule vague succincte
    Sortiront de petits brochets impatients de téter leur mère.

    Sa poitrine gorgée de laitance aux gros mamelons turgescents
    Aiguiseront leurs jeunes dents lorsqu’ils les mordront sans façon.
    Un marin par inadvertance, trouvant le thème intéressant,
    Provoquera un incident en y jetant son hameçon.

    La maman des poissons connue pour ĂŞtre de nature gentille,
    Peut les curieux incommoder en les aimant à sa manière :
    L’intrus dans sa déconvenue et sous l’assaut qui le mordille
    Devient friture accommodée avec des moules marinières.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html .

    
    
    
  • Tutu, l’es-tu ?

    Colombine en tutu, légère et court-vêtue,
    L’air indéfinissable, cheminait sur le sable,
    Les ailes déployées, le cœur apitoyé,
    L’esprit mélancolique d’un amour bucolique.

    Plus tard en cotillon et chapeau papillon,
    Elle reprit des couleurs oubliant sa douleur.
    La teinte du tutu comme quoi restitue
    Tantôt l’air écumeur, tantôt la bonne humeur.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

    
    
    
  • Le sphynx

    Le sphynx

    Au temps des anciens égyptiens, le Sphynx, une grande femme nue,
    Attirait tous les vacanciers Ă  la piscine des pyramides.
    Or, par vengeance, un magicien fit l’incantation saugrenue
    Qui, d’un coup de maître faïencier, en fit un chat qui intimide.

    Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .

    
    
    
  • Couper les cheveux en quatre

    Couper les cheveux en quatre

    Après la coupe énergétique quand le rasoir dresse le poil
    Pour laisser celui-ci se rabattre sur le crâne excité en feu,
    Voici la coupe dichotomique quand le peigne découpe en étoile
    Le visage en deux puis, en quatre comme le rasoir aux cheveux.

    Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .

    
    
    
  • Un petit air d’antan

    Un petit air d’antan

    Sur un petit air démodé de quelques notes nostalgiques,
    L’amour devient le chef d’orchestre et tous les sens sont en alarme ;
    L’oreille en est accommodée à la saveur de la musique
    Et le cœur se fait vaguemestre pour porter ce courrier de charme.

    Tableau de Marie Laurencin 1938.

    
    
    
  • Femme fatale

    Femme fatale

    Pour les héros à la retraite, il n’est pire éventualité
    Qu’une rencontre dangereuse avec une femme fatale !
    Il leur faut comme arme secrète, l’art de la sexualité
    Contre ces femmes dévoreuses qui sécrètent l’amour létal.

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  • La ballade des ancolies

    La ballade des ancolies

    J’aime chanter sous les fenêtres des belles dames éprouvées
    Toutes les ballades que mon cœur a ouï auprès des ancolies.
    Quand je vois un sourire renaître ou un petit geste approuvé,
    J’entonne le chant du vainqueur qui fait fuir la mélancolie.

    (Tableau de Otar Imerlishvili.
    Les ancolies sont ces petites fleurs violettes en forme de clochettes que je rencontre souvent sur les chemins et qui me racontent tout ce qui se passe dans la forĂŞt.)

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  • Les moulins Ă  pensĂ©es

    Les moulins à pensées

    J’ai des moulins dans mon enfance, un peu partout à profusion
    Dont tournent encore leurs larges pales selon le vent de mes pensées.
    J’en regrette aujourd’hui l’absence et je mouds seul la confusion
    De mes graminées principales et l’oseille que j’ai dépensées.

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  • L’enfant du grillon et du soleil

    L’enfant du grillon et du soleil

    J’entends encore dans le vent le chant du grillon du foyer
    Qui chauffait le cœur de ma mère et montait par la cheminée.
    Je revois au soleil levant, toute la force déployée
    Qui luisait au front de mon père et son visage parcheminé.

    Tableau de David Renshaw.

    
    
    
  • Mes petites montagnes

    Mes petites montagnes

    Comme des chèvres capricieuses, elles me font crapahuter
    Par-dessus les monts escarpés afin de mieux les observer.
    Mais quelle beauté délicieuse, comme un miracle parachuté,
    Que cette neige rescapée que les montagnes ont préservée !

    La chaĂ®ne des Alpes Ă  100 km de distance que j’observe par temps sec une fois que j’ai grimpĂ© les 100 m de dĂ©nivelĂ© jusqu’au plateau de Kyburg qui domine la rĂ©gion de Winterthur.

    
    
    
  • Le sommet des exploits

    Le sommet des exploits

    Au sommet de tous les exploits, on montre une santé de fer
    Et il faut s’entraĂ®ner souvent pour rester au top de sa forme.
    Sur les montagnes, je déploie, dans une meilleure atmosphère,
    Mon aptitude à tous les vents à ce que mon cœur se transforme.

    Photo de 1934 montrant des acrobates qui tiennent en équilibre au sommet de l’Empire State Building.

    
    
    
  • Un monde flou

    Un monde flou

    Et je cherche la lumière pour éclairer mon parcours.
    Tout ce qui paraît immonde n’est simplement qu’un mirage
    Et les vérités premières ne me sont d’aucun secours.

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  • Je plane dans les nues

    Je plane dans les nues

    Tous ces vents de catastrophes, terrorismes et attentats
    M’emportent dans des remous et bien au-delà des nues.
    Pourtant parfois quatre strophes suffisent aux potentats
    Pour me remettre à genoux, à cause d’une femme nue.

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  • Ă€ vos anniversaires bâillonnĂ©s

    À vos anniversaires bâillonnés

    À tous mes amis dont ce s’ra l’anniversaire,
    Au fond de mon cachot pendant ma punition,
    J’en demande pardon, moi votre ami sincère
    De vous faire faux bond, j’n’ai plus de munition.

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  • Fleur bleue – 2

    Fleur bleue

    Je m’en allais de bon matin, le cœur fleur bleue, sur les chemins
    Dans la forĂŞt de mon exil oĂą l’on m’avait coupĂ© les ailes.
    J’ai perdu mon mont palatin, où me dirigerai demain ?
    En Argentine ou au Brésil ? Dites-le-moi, mesdemoiselles.

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  • Au cachot

    Au cachot

    Pour toute la semaine, on l’a mis au secret ;
    Maryvon Riboulet est chassé de Facebook.
    Et moi, je me démène, tout en restant discret,
    Ses Reflets pourchasser, au vert. Corne de bouc !

    J’avais été puni une semaine de facebook pour avoir montré un joli nu féminin.

    
    
    
  • Pas de fumĂ©e sans feu

    Pas de fumée sans feu

    Quand des émanations montent sur une mer insolite
    Et que je sens la fumée chargée d’effluves profonds,
    Je sais que la Terre surmonte de graves métabolites
    De colères consumées qui remontent des tréfonds.

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  • DĂ®ner chinois

    Dîner chinois

    Je connais deux pécheurs chinois qui dînent à la belle étoile
    Et campent les nuits de l’été sur quelques nattes quadrillées.
    J’ai rencontré ces pékinois un soir qu’ils abaissaient leur voile
    Et m’ont permis de compléter mon repas de poissons grillés.

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  • L’amante religieuse se met au vert – 8

    L’amante religieuse se met au vert - 8

    C’est le temps de l’été, c’est le temps des amours !
    Pour trouver un mari, il faut mettre du tact !
    L’amante s’est apprêtée et joue sur le velours
    Pour cuire au bain-marie, dès le premier contact,
    Son amant étêté. Tant pis pour le balourd !
    Il est un peu marri et n’en sort pas intact.

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  • L’oiseau narquois

    L’oiseau narquois

    J’ai une cervelle d’oiseau et ce n’est pas fait pour s’arranger :
    On me dit « Décroche la lune » et je vais chercher une échelle.
    Avec mon long bec en ciseaux, je peux blesser et déranger ;
    J’ai la parole inopportune et des manies romanichelles.

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  • L’amour propre

    L’amour propre

    Après avoir pratiqué l’exigence de notre corps,
    Nous allons les rafraichir dans un bon bain de minuit.
    On a beau nous critiquer de nos ébats un peu forts,
    Mais c’est ça ou défraichir et s’enterrer dans l’ennui.

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  • La bonne cachatte

    La bonne cachatte

    Cachés derrière le rideau pour épier les souris.
    Chacun taché de pénombre dans un camaïeu de gris.
    Nous, les félins rapidos, dans la vie tout nous sourit.
    Nous vivons heureux dans l’ombre, parole de Mistigris !

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  • Le ciel ambre

    C’est Ă  ce moment-lĂ  quand le ciel devient ambre,
    Lorsque l’astre descend et Ă©tire les ombres,
    Quand mon cœur est en peine et mes pensées si sombres,
    Que j’ai besoin de force et de sang dans mes membres.

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  • L’arbre-cĹ“ur

    L’arbre-cĹ“ur est Ă  l’homme bien plus qu’un refuge.
    Il relie aux racines lorsqu’il y a du grabuge.
    Il renvoie dans ses veines la force centrifuge.
    Mais il le laisse vivre et le laisse seul juge.

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  • Au-dessus des tourments

    Au-dessus des tourments et des intempéries,
    Je me construis une île où je me réfugie.
    Plus rien ne peut m’atteindre et mon cĹ“ur est guĂ©ri
    Quand la sagesse est lĂ  et la flamme surgit.

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  • CouchĂ© sur le sable

    Que vois-tu mon ami, là, couché sur le sable ?
    As-tu sondé ton cœur si indéfinissable ?
    As-tu creusé ses joies et ses peines insondables ?
    As-tu éprouvé cette tristesse inconsolable ?

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  • Emmène-moi

    Emmène-moi encore parcourir la nature.
    Guide-moi sur ta barque par les rivières obscures.
    Ces initiations deviennent nourriture.
    Mon âme a besoin d’elles et mon cĹ“ur d’aventure.

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  • Les relations amicales

    Les relations amicales sont comme le sable :
    Elles s’accumulent un jour et paraissent stables
    Mais un souffle du vent les rend volatilisables !
    Seul l’Ă©cho dans le cĹ“ur rĂ©sonne indĂ©finissable…

    Mais je sais que malgré ces coups infranchissables
    Il y a des branches intactes qui sont fertilisables.
    Tout renaît de ses cendres et devient guérissable
    Car les valeurs du cœur demeurent impérissables !

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  • L’offrande musicale

    Quand vient l’offrande musicale
    Riche en couleurs et amicale
    Je suis séduit par la chorale
    De son aubade sentimentale.

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  • Debout sur les sommets

    Debout sur les sommets qui atteignent le ciel
    J'ai porté mes fardeaux vers le père éternel
    Maintenant je fais face Ă  tout l'artificiel
    Et je lève les yeux d'un cœur compassionnel.

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  • FlambĂ©e de coquelicots

    Flambée de coquelicots

    Ce feu incandescent, juste au bord du rivage,
    Tout en me promenant sur la cĂ´te sauvage,
    Attise mes désirs et provoque ma flamme.
    J’ai envie de t’aimer, mon cœur est en réclame.

    Coquelicots qui flambent,
    Écarte un peu les jambes !
    Coquelicots en flammes,
    Embrasse-moi belle dame !

    Ce désir passionné, juste au bord de la mer,
    Donnera Ă  ta bouche un bouquet doux-amer.
    Ce rouge flamboyant me rappelle Ă  ton corps
    Deux sommets turgescents qui résonnent d’accord.

    Coquelicots lumières
    Exposent ta bannière !
    Coquelicots vermillon
    Sont ton plus beau pavillon !

    N’est-il plus bel hommage que ce bouquet en flammes ?
    Ni plus bel allumage pour ton désir, ma dame ?
    Rejoins-moi dans les dunes je m’en vais t’apaiser,
    Juste dessous la Lune, te couvrir de baisers.

    Coquelicots en flammes,
    Ta plus belle oriflamme !
    Coquelicots flammeroles,
    Enlève tes banderoles !

    La suite est délectable mais je n’ai pas le droit
    De la conter ici, ce serait maladroit !
    Mais le Kama Sutra en aurait profité
    D’ajouter un chapitre pour la postérité !

    Coquelicots en flambeau,
    Hissez-haut le drapeau !
    Coquelicots chandelle,
    Pour notre ritournelle !

    Tableau de Fabienne Barbier