Anniversaire

🌿 Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă  nos cƓurs un miroir et Ă  nos vies
 une mĂ©moire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos annĂ©es que l’on fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cƓur.

  • Fleurs moulantes

    C’était pourtant une bonne idĂ©e cette robe faite d’orchidĂ©es
    Mais finalement, c’est dĂ©cevant surtout lorsqu’il y a trop de vent !
    Cousons plutÎt des azalées qui se moquent bien des alizés
    FaufilĂ©es d’un fil de nylon contre le souffle d’aquilon.

    Si ces habits sont désuets, choisissons plutÎt des bleuets
    Ou une robe transparente avec quelques fleurs d’amarante.
    Quelques pétales de colchiques qui font les plus beaux dessous chics
    Et pour les soir, des vanilliers pour un joli déshabillé.

    Et si l’on coud des lys charmants qui s’ouvrent aux lùvres des amants,
    Leurs Ă©tamines en feu discret chatouillent l’ivresse des secrets.
    Un brin de rose entre deux seins, pétale ardent aux doigts mutins,
    Fait frissonner la chair offerte quand la corolle sonne l’alerte.

    Un jupon d’iris entrouverts, pour un bouquet de corps pervers,
    RévÚle au bal, sous les lumiÚres, des pistils luisants, téméraires.
    Et l’on entend, dans les jardins, des soupirs doux comme jasmins ;
    La robe-fleur devient caresse, toute en ivresse et en tendresse.

    Tableau de Sergio Lopez sur https:www.camiamarielle.comsergio-lopez .

    
    
    
  • Tout l’or du monde

    Tout l’or du monde

    Une main devant, une main derriùre, j’arriverai au paradis
    Mais dĂ©chargĂ©e de l’infortune de l’argent qui n’est que du vent.
    Or j’aurai mon ñme guerriùre, enrichie et ragaillardie
    Des expériences opportunes comme sauf-conduit adjuvant :

    J’ai dans le cƓur tout l’or du monde et des pĂ©pites dans le ventre
    Par les amours qui prolongĂšrent mon plaisir pour l’éternitĂ©.
    Si l’on me pĂšse Ă  la seconde, mon Ăąme au cƓur du pĂ©ricentre
    Se trouvera aussi lĂ©gĂšre qu’un atome de pĂ©rennitĂ©.

    Tout cet or puisĂ© Ă  la source des hommes qui m’ont tant aimĂ©e,
    Je l’offre en tout bien tout honneur Ă  Cupidon et Ă  VĂ©nus
    Pour constituer une bourse pour toutes les amours essaimées
    Qui n’ont pas trouvĂ© le bonheur, une fois bredouilles au terminus.

    Les anges viennent les mains ouvertes, dĂ©bordant d’or et de trĂ©sors
    Et moi, j’accueille Ă©merveillĂ©e tout ce qu’ils me versent en mon sein.
    Dans mon ùme ainsi découverte, je redécouvre en plein essor
    Toutes mes passions réveillées en me vouant à tous les saints.

    Tableau de Catherine Alexandre.

    
    
    
  • DerniĂšre nuit avec les Amazones

    YavÀnor
    Avec les Amazones pour la derniĂšre nuit
    Laureline et LoreleĂŻ furent mes esclaves soumises.
    Comme les jeux d’amour à personne ne nuit
    Elles eurent tour Ă  tour leurs punitions promises.

    Nous reprümes alors tout le KÄMÄSÜTRÏÄ
    Pour l’apprendre aux guerriĂšres hyper intĂ©ressĂ©es.
    Car l’honneur du royaume de notre ÏÄMOURÏÄ
    Se devait d’ĂȘtre fort et toujours progresser.

    Laureline demandait grĂące mais LoreleĂŻ tenait bon
    Puis elle s’essouffla le vagin ruisselant.
    Alors les Amazones caressant leurs bonbons
    MontrÚrent à leur tour un état chancelant.

    Lilith qui avait suivi de toute son attention,
    M’entraĂźna Ă  l’écart d’un p’tit air polisson
    Et exigea de moi avec ferme intention
    De rĂ©viser ensemble l’érotique leçon.

    C’est ainsi que Lilith mit son grappin sur moi
    Moi qui n’avais rien vu venir ce cĂŽtĂ©
    J’essayais de cacher l’épouvantable Ă©moi
    De ma queue tout enflée et tarabiscotée.

    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠ° Laureline
    Tu m’as domptĂ©e, seigneur, au feu de ta vigueur ;
    J’ai criĂ© grĂące en vain, mais mon cri fut dĂ©lice.
    Je rends grñce à tes mains, à ton fouet, à ton cƓur ;
    Ton amour m’a liĂ©e d’une ardente malice !

    đŸ‘©đŸ» LoreleĂŻ
    Je tenais tĂȘte au fer, Ă  sa morsure cruelle,
    Et mon corps ruisselant m’a trahie dans l’extase.
    Je proclame aujourd’hui ton emprise sexuelle ;
    Je suis ton océan, ton abßme et ton vase !

    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠł Lilith
    Moi, j’ai cueilli ton trouble, j’en ai fait mon miracle ;
    Ton émoi enflé fut ma plus douce victoire.
    Je réclame ta chair, mon sceptre et mon oracle,
    Comme trophée gagné au rut jubilatoire.

    YavÀnor
    Ainsi donc j’appartiens à Lilith et ses filles ;
    Celles que j’avais crues ĂȘtre mes douces esclaves
    M’avaient cachĂ© leur jeu de l’amour en famille.
    La Papesse m’a eu au cours de ce conclave.

    Trois femmes, trois enfants, faut-il donc que j’assume ?
    Devant les Amazones, j’ai approuvĂ© sans honte !
    L’amour je vous le dis, vous consomme et consume
    Mais je les aime trop et c’est cela qui compte !

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

    
    
    
  • Qui est Laureline, qui est Loreleï ?

    YavÀnor
    Il est une lĂ©gende que je pense ĂȘtre vraie
    Qui raconte qu’une nuit Loreleï fut Laureline.
    Et moi je n’ai rien vu car mon cƓur s’enfiĂ©vrait
    Des Ă©lans langoureux de jets d’adrĂ©naline.

    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠ° Laureline
    Depuis je suis frustrée et tiens à ma revanche
    Et vais me maquiller en Loreleï à mon tour !
    Je te mets au défi, YavÀnor de la Manche,
    À distinguer laquelle a de meilleurs atours !

    đŸ‘©đŸ» LoreleĂŻ
    Je voudrais bien voir ça et suis prĂȘte Ă  jouer
    Le jeu de l’imposture Ă  notre bien-aimĂ©.
    Mais attention, non roi, je peux te l’avouer,
    Si jamais tu te trompes, ce sera proclamé !

    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠł Lilith
    Alors j’arbitrerai ce concours singulier
    Et vous travestirai de la mĂȘme tenue.
    Si YavĂ€nor remporte l’examen rĂ©gulier
    Vous serez ses esclaves bien ou mal advenues !

    YavÀnor
    Puisqu’il en est ainsi, je me prĂȘte Ă  leur jeu
    Les voici toutes deux comme deux gouttes d’eau.
    Pour gagner cette Ă©preuve dont je connais l’enjeu
    Je vais en explorer toute leur libido.

    Elles peuvent me duper du cÎté extérieur ;
    Je sais les yeux fermés faire la différence.
    AussitÎt pénétrées dedans leur intérieur
    Je reconnais leurs vulves et leurs protubérances.

    Laureline a les seins nus, Loreleï peinturlurés ;
    Laureline, la bouche en feu et LoreleĂŻ trop humide.
    Vous ĂȘtes dĂ©couvertes, le jeu assez duré ;
    Dites-moi si mon choix tranchant vous intimide ! »

    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠ° Laureline
    Je perds dans ton Ă©preuve et j’en ris de plaisir
    Car tu m’as reconnue jusque dans mes entrailles.
    Mon feu t’appartient donc, je m’offre Ă  ton dĂ©sir
    Et je viens déposer mes offrandes royales.

    đŸ‘©đŸ» LoreleĂŻ
    Tu m’as percĂ©e Ă  jour malgrĂ© mes noirs atours ;
    Ton doigt m’a dĂ©noncĂ©e, ton souffle m’a trahie.
    Je ploie sous ta victoire et je cĂšde en retour,
    Esclave consentie, à ta force, ébahie.

    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠł Lilith
    Ainsi la loi est dite, et je scelle le pacte :
    Tes deux reines t’appartiennent, dociles, enchaĂźnĂ©es.
    Moi, Lilith, je déclare ton triomphe dont acte
    Et je ris, car l’amour t’a fait roi des damnĂ©es.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

    
    
    
  • Les trois songes Ă©veillĂ©s

    YavÀnor
    Une fĂȘte est donnĂ©e en l’honneur des chamanes
    Avec des champignons noirs hallucinogĂšnes.
    Les amazones alors deviennent nymphomanes
    Et mes trois reines en font des rĂȘves hĂ©tĂ©rogĂšnes.

    Elles réclament le fouet et me tendent leurs fesses
    Pour sentir la morsure et gémir de douleur.
    En le faisant claquer, je crains, je le confesse,
    D’en prolonger l’envie, le goĂ»t et la couleur.

    Laureline
    Le cuir me marque au flanc, j’en fais jaillir des flammes
    Chaque strie devient fleur au parfum insolent.
    De la brĂ»lure vive Ă©clot l’éclat des femmes,
    Et j’élĂšve ma chair en brasier triomphant.

    J’en ai les mains en sang et je m’en badigeonne
    Le corps en lettres rouges comme une litanie.
    Je me mets Ă  danser comme une sauvageonne
    Et je succombe aussi Ă  leur nymphomanie.

    LoreleĂŻ
    Le fouet dĂ©chire l’ombre et rĂ©sonne en ma transe ;
    Son claquement cruel devient rythme marin.
    Je ploie mais je souris car de cette souffrance
    Jaillit la vague noire juste au creux de mes reins.

    Alors je me caresse et puis j’appelle à l’aide
    Car je ne parviens pas à éteindre mon feu.
    Les amazones accourent le lĂšchent et me possĂšdent
    Et je jouis si fort qu’hĂ©rissent mes cheveux.

    Lilith
    Je tends mon dos royal au supplice des cordes ;
    Mon rire fend la nuit, plus fort que le courroux.
    Chaque frappe m’exalte et mes tĂ©nĂšbres mordent
    Car j’aime pleurer nue quand je saigne à genoux.

    J’ai besoin qu’on enfonce dans mes trois orifices
    Des langues de vipĂšres, des doigts et des phallus.
    J’en fait ma religion et j’accomplis l’office
    En montant sur la table pour chanter l’AngĂ©lus !

    ChƓur des trois prĂȘtresses
    Si nos chairs s’illuminent en constellations vives,
    Chaque coup de ton fouet peint l’amour sur nos peaux.
    Nous montons vers le ciel comme des fugitives ;
    Nos cris sont des éclairs, nos soupirs des flambeaux.

    La sueur devient pluie, nos sexes des oracles ;
    La liqueur de nos bouches se déversent en torrent.
    Nous buvons ta vigueur comme un divin miracle
    Et la transe s’élĂšve au-dessus du courant.

    Si nos reins sont des forges, nos poitrines des flammes,
    Nos cuisses des portails tu nous ouvres les cieux.
    Et de nos jouissances remonte un chant de femmes
    Dont l’écho retentit en compliments prĂ©cieux.

    YavÀnor
    J’ai donc fait provision de tous ces champignons
    Que je replanterai plus tard dans nos jardins.
    Quand vous le sentirez, cet élixir mignon
    Vous donnera l’envie de tñter mon gourdin.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

    
    
    
  • Les trois prĂȘtresses

    YavÀnor
    La vie reprit son cours parmi les amazones ;
    Les chamanes officiaient et montraient leurs talents.
    Leurs maitrises en amour n’étonnaient plus personne
    Et leurs savoirs n’avaient aucun Ă©quivalent.

    Laureline
    Laureline adorait se baigner dans les sources
    Avec des dĂ©coctions d’herbes aromatiques.
    Sa nudité trouvait mille-et-une ressources
    Pour se confondre avec la faune emblématique.

    Sa chevelure rousse intriguait les guerriÚres ;
    Elles l’admiraient tant qu’elles lui donnaient le grade
    De la « femme-racine » façon aventuriÚre,
    ÉmancipĂ©e de tout rituel rĂ©trograde.

    LoreleĂŻ
    LoreleĂŻ semblait par ses cheveux couleur de jais
    Être comme une sƓur mythique et vĂ©nĂ©rĂ©e.
    Elle leur faisait peur mais personne ne jugeait
    Ses pratiques ancestrales cependant honorées,

    Elle pratiquait un rite par un crĂąne et des os
    Et dansait en hélant les ùmes disparues.
    En transes, elle rejoignait le céleste réseau
    Auquel chaque guerriĂšre un jour a comparu.

    Lilith
    Mais sombre et fascinante, Lilith nous dominait ;
    Son charisme et son verbe subjuguait tout le monde.
    Elle ouvrait son grand livre et toutes dodelinaient
    Quand Lilith leur lisait sa gnose furibonde.

    Comme elle officiait nue, sa poitrine généreuse
    Semblait avoir nourri des centaines d’enfants.
    Son savoir excellait sur ces femmes chaleureuses
    Au féminin sacré désormais triomphant.

    Laureline
    Je marche dans un feu de plantes insoumises ;
    Chaque rosĂ©e m’habille en cristal de soleil.
    J’arrache aux traditions leurs complaintes promises
    Et je forge un futur de mon rire vermeil.

    LoreleĂŻ
    Je parle au ciel noirci par la bouche des crùnes ;
    Je tisse avec mes mains les songes des noyées.
    Je danse, convulsant, sur les pierres profanes
    Et l’ombre m’applaudit de ses paumes mouillĂ©es.

    Lilith
    Je rÚgne sans pudeur, nue sur les cicatrices ;
    Mes mots ensorcelés sortent en fumée grise.
    Je donne à chaque chair l’ivresse fornicatrice
    Et je m’offre Ă  ton corps dont mon Ăąme est Ă©prise.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

    
    
    
  • Le coup passa si prĂšs que le chapeau tomba

    Le coup passa si prĂšs que le chapeau tomba

    Armé du salut détonant, rapide, presque instantané,
    Le héros-chevalier-sans-peur envoie son bonjour valdinguer.
    DĂ©sarmĂ© d’un tir Ă©tonnant, ce contrecoup momentanĂ©
    Frappe le rival de stupeur aux salutations distinguées.

    C’est ainsi que parle la poudre et que l’honneur part en fumĂ©e
    Au nom de la force de l’ordre ou de l’amour ou de l’argent.
    Mais selon qu’il faudra recoudre le malheureux ou l’inhumer,
    La vie donne du fil à retordre par ses conflits décourageants.

    Si dure est la loi de l’ouest qui permet de porter une arme
    Mais elle met à égalité le salueur et le salué.
    Si la répartie est funeste, heureusement, il y a le charme
    De l’imprĂ©vue fatalitĂ© qui reste, certes, Ă  Ă©valuer.

    Illustration de Jean Giraud et le titre est de Victor Hugo ici https:www.poesie-francaise.frvictor-hugopoeme-apres-la-bataille.php .

    
    
    
  • La soif narcissique

    La soif narcissique

    Si, lorsque Ă  mĂȘme la riviĂšre, tu dĂ©sires Ă©tancher ta soif,
    En te penchant à la surface, tu y découvriras ton double ;
    Mouille tes lĂšvres de fraĂźcheur et abreuve-toi de baisers.
    En savourant combien l’eau t’aime, toi-mĂȘme alors tu t’aimeras.

    Tu peux aussi t’imaginer aimer ton ego inversĂ©,
    Lui, ni concave ni convexe mais juste inversé par le sexe.
    L’ñme-sƓur enfin retrouvĂ©e qui te donne l’eau de la vie
    Et qui coule alors dans ton corps comme une semence d’amour.

    Alice Ă  travers le miroir a dĂ» sentir pareillement
    Un frisson quand son Ăąme-çon l’a pĂ©nĂ©trĂ©e d’une onde brĂšve.
    Je sais, j’en ai plein mes tiroirs de tous ces Ă©merveillements
    Que j’aime mettre Ă  l’hameçon de ma canne-Ă -pĂȘche aux beaux rĂȘves.

    Tableau de Jana Brike.

    
    
    
  • Des amours de Mandragores

    Des amours de Mandragores

    En pleine Lune, les mandragores se lient assez facilement
    Mais si leurs amours durent encore jusqu’à l’aurore, c’est la cata
    Car les lapins sont assez gores pour les croquer rapidement
    Les préférant avec le corps reliés comme duplicatas.

    Si vous trouvez des mandragores en train de s’envoyer en l’air
    Et de se rouler des patins, protégez-les donc des lapins.
    Confiez-les aux égrégores dans les ombres crépusculaires
    Et si c’est dĂ©jĂ  le matin, cachez-les donc dans un sapin !

    Traduction trĂšs approximative : La jeune fille l’a volontiers Ă©coutĂ© et a dĂ©couvert qu’elle faisait partie de sa famille. Un petit baiser sur la lune rubis et l’alliance du cƓur est conclue.

    
    
    
  • PlongĂ©e en mĂ©moires profondes

    J’avais envie d’une plongĂ©e dans mon passĂ© le plus profond ;
    Non pas pour tout recommencer mais pour dĂ©nouer l’écheveau
    De tout le mal qui m’a rongĂ© durement et dont je me morfonds
    Par mes idylles romancées de vaudevilles en Marivaux.

    La poussĂ©e d’ArchimĂšde Ă©gale au poids de mes lourds souvenirs,
    Je remonte de mes mémoires toutes mes fautes inavouables.
    Vous l’avouerais-je ? Je me rĂ©gale de les faire ainsi revenir,
    Puis repĂȘchĂ©es par l’écumoire de mon cƓur inassouvissable.

    Tableaux de Lorella Paleni et de David van der Linden.

    
    
    
  • Les fruits de Marie

    Les fruits de Marie

    Colchiques dans les prĂ©s fleurissent pour fĂȘter la fin de l’été ;
    Le cƓur de Marie a mĂ»ri et ses fruits garnissent les comportes.
    La Terre, devenue sa nourrice, de ses pluies les a allaités
    Malgré les bourrasques en furie qui entraßnent les feuilles mortes.

    Marie met sa plus belle robe pour faire honneur Ă  la Nature
    Avec des pĂ©tales de rose en guise de sous-vĂȘtements.
    De l’humus, ses pieds se dĂ©robent pour partir en villĂ©giature
    Avant que les frimas moroses l’enjîlent par leurs empiùtements.

    L’hiver la dĂ©shabillera et l’endormira sous la neige ;
    Nous n’apercevrons de Marie que ses habits tombĂ©s par terre.
    Le printemps la réveillera pour lui offrir, en privilÚge,
    Des fleurs nouvelles et mûries de pluies et soleil salutaires.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-acryliques-surrealistes-de-lacclimatation-culturelle-de-duy-huynh .

    
    
    
  • Le cƓur de Marie

    Le cƓur de Marie

    Fleurs de soleil et de printemps s’échappent du cƓur de Marie
    Et ses sentiments papillonnent tout autour de la floraison.
    PensĂ©es d’amour Ă  chaque instant qu’un ange au petit gabarit,
    Entre ses deux mains, tourbillonne pour se blottir dans sa maison.

    Pluie et rosée, Soleil et Lune, ont veillé au fleurissement
    Et tout l’étĂ© s’épanouit car la Terre devient maman.
    Adieu perce-neige et callunes, bienvenue au mûrissement
    Sous le jour qui s’évanouit et les Ă©toiles au firmament.

    Tout finira divinement d’un bouquet de feux d’artifice
    En fleurs pour la reproduction pour ĂȘtre lĂ  l’annĂ©e prochaine.
    L’hiver poindra timidement avec ses jours qui raccourcissent,
    Puis viendra la reconduction d’un cycle de vie qui s’enchaüne.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-acryliques-surrealistes-de-lacclimatation-culturelle-de-duy-huynh .

    
    
    
  • CarrĂ© de reines – 2

    La Reine de CƓur cherche un mari qui lui donnera beaucoup d’enfants ;
    Un Italien pour l’amuser, un Français ou un Autrichien.
    HĂ©las le Roi, homme marri, ne s’est pas montrĂ© triomphant
    Et la Reine dĂ©sabusĂ©e s’en retourne auprĂšs de ses chiens.

    La Reine de Carreau cherche un amant pour la distraire les jours de pluie
    Et tromper sa mélancolie, tromper son Roi et son ennui.
    Hélas le Roi, sur le moment, a oublié son parapluie,
    Puis les a surpris dans son lit et les a tués cette nuit.

    La Reine de Trùfle cherche un galant pour l’accompagner sur les routes
    Tandis que le Roi se dérobe pour aller jouer au Casino.
    HĂ©las le Roi mirobolant, Ă©perdu, s’est mis en dĂ©route
    Et ne peut ni payer ses robes, ni les frais de son Valentino.

    La Reine de Pique cherche un chéri juste pour un soir, une nuit ;
    Baiser dans ses draps de satin et puis le jeter en chemin.
    HĂ©las le Roi, homme aguerri, l’a fait tant jouir Ă  minuit
    De sept orgasmes jusqu’au matin qu’il a droit de rester demain.

    Tableaux de Donatella Marraoni.

    
    
    
  • CarrĂ© de reines – 1

    Le Roi de CƓur, homme fidĂšle cherche sa Reine appropriĂ©e ;
    Comme il a l’esprit cavalier, il sait qu’il peut tout pardonner.
    Hélas la Reine est infidÚle et ne se fait jamais prier
    Pour rencontrer beaux chevaliers, marquis ou mĂȘme baronnets

    Le Roi de Carreaux, homme admirable, cherche sa Reine la plus belle
    Avec cuisses bien affermies et une poitrine de rĂȘve.
    Hélas la Reine, fort désirable, qui aime un espion chez les rebelles,
    A fait pĂ©nĂ©trer l’ennemi et la fin du Roi fut trĂšs brĂšve.

    Le Roi de Trùfle, homme d’argent, cherche sa Reine intelligente
    Avec amplement d’avenant et de l’esprit sous le chapeau.
    HĂ©las la Reine en partageant d’une maniĂšre trop diligente
    Son fonds de commerce Ă  tout venant l’a ruinĂ© et l’a mis capot.

    Le Roi de Pique, homme volage, cherche sa Reine voluptueuse
    Qui sache lui donner au lit, le plaisir, l’amour et l’extase.
    Hélas la Reine, sous son pelage, possÚde une ùme de tueuse
    Et, dĂšs le premier hallali, le Roi est mort d’une Ă©pectase.

    Tableaux de Donatella Marraoni.

    
    
    
  • Confinement rose

    Pour aider au confinement, il faut rouvrir les maisons closes
    Avec des murs évidemment capitonnés de velours rose.
    Des pin-up en bleu de travail pour mettre le cƓur à l’ouvrage
    Et des visites en leur sérail soumises aux tickets de sevrage.

    Nous passerons nos quarantaines sans trop nous plaindre de l’ennui ;
    Nous y courrons la prétentaine quarante jours quarante nuits
    AuprÚs des hÎtesses anonymes avec le visage masqué,
    Nous serions, je crois, unanimes malgré nos femmes estomaquées.

    Photos de Pol Kurucz sur https:freeyork.orgphotographyphotographer-pol-kuruczs-flamboyant-portraits-of-black-brazilian-women .

    
    
    
  • Le complotiste

    Le complotiste

    Au dĂ©but de sa pubertĂ©, pile entre l’enfance et l’adulte,
    Il a choisi la libertĂ© plutĂŽt que s’adonner au culte
    Du Dieu Métro-Boulot-Dodo que la tradition exigeait
    Et s’est fait son Eldorado, tout seul, comme s’il se l’infligeait.

    Il n’a pas cru aux belles promesses d’une humanitĂ© pragmatique
    Devant les mĂ©thodes S.S. d’un gouvernement fanatique.
    Il a fui les spĂ©culations ; l’argent ne fait pas son bonheur ;
    Il choisit la révolution, ce qui est tout à son honneur.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • L’apolitique

    L’apolitique

    « Esclavage, inégalités, inimitié » sera gravé
    Sur le fronton de nos mairies et les écoles communales.
    Apprendre l’illĂ©galitĂ© sera inscrit sur les pavĂ©s
    Que tous nos enfants aguerris absorberont jusqu’en terminale.

    Alors regroupons-nous ensemble en confiance et ténacité
    « Plus jamais ça » revient plus fort et plus de détermination.
    Ce Nouvel Ordre qui ressemble au despotisme dans les cités
    Conduit ses robots sans effort vers leur propre extermination.

    Alors redevenons hippies et revivons en autarcie !
    Tant pis pour le progrĂšs qui mĂšne Ă  l’évaporation de l’ñme !
    Regroupés sous de grands Tipis mangeant des tomates farcies
    Et dégustant bon gré mal gré le vin nouveau avec nos femmes !

    Tableau de Nicole Eisenman.

    
    
    
  • Tout va bien !

    Tout va bien, nous sommes en septembre et nous continuerons la fĂȘte.
    Bien sĂ»r, l’étĂ© fut dĂ©sastreux sous le rĂ©gime macronien ;
    Bien sĂ»r, le printemps fut pourri pour solutionner les casse-tĂȘtes ;
    Bien sĂ»r l’hiver malencontreux reviendra, mais nous verrans bien


    Si les cardiopathies subsistent
 on entend plus le glas qui sonne ;
    Le paludisme fait son score
 mais personne ne s’en inquiùte ;
    La faim dans de monde persiste
 mais ça ne dĂ©range personne ;
    Le cancer bat tous les records
 mais, sur nos craintes, rien n’empiùte.

    Tableaux de Marion Peck.

    
    
    
  • Space invaders

    Space invaders

    ComplÚtement dissimulé sous une nébulosité,
    Cet envahisseur de l’espace nous est prĂ©dit envenimĂ©.
    À coups d’alertes simulĂ©es, de peurs et de frilositĂ©s,
    On ne voit pas ce qui se passe mais un orage est confirmé.

    Photo d’Eliseo H. Zubiri.

    
    
    
  • CƓur solitaire

    CƓur solitaire

    Il paraüt n’avoir nulle attache loin des rivages qu’il accoste ;
    Il paraĂźt prĂ©caire et fragile mais l’eau lui offre une assurance.
    Demain, quelle que sera sa tùche, il sera fidÚle à son poste ;
    Pour lui, le temps reste immobile, ses jours ne sont que récurrence.

    Photo de Tran Tuan Viet.

    
    
    
  • Spaghettis en robe bolognaise

    Spaghettis en robe bolognaise

    Comme elle naquit Ă  Bologne dans un berceau de spaghettis,
    Elle goĂ»ta la bonne chĂšre en sauce Émilie-Romagnaise.
    À prĂ©sent, nue et sans vergogne, elle me souhaite bon appĂ©tit
    Tout en enveloppant sa chair de pĂątes en robe bolognaise.

    Je remercie Haly Nath d’avoir partagĂ© cette jolie photo. Et Bologne est le chef-lieu de la rĂ©gion d’Émilie-Romagne dans la plaine du PĂŽ en Italie.

    
    
    
  • Amour de Lune

    Amour de Lune

    MĂȘme le Soleil le plus fort ne saurait rĂ©sister au charme
    D’une divinitĂ© lunaire drapĂ©e d’une robe opportune
    Qui glisse le long de son corps dont la féminité désarme
    Sa majestĂ© l’astre solaire qui rĂȘve d’un amour de Lune.

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  • La Terre de septembre

    La Terre de septembre

    Un rayon de soleil, éclaireur intrépide,
    Perce la nuit profonde obscure et mystérieuse.
    Et sonne le réveil par des éclats rapides
    Qui miroitent sur l’onde de la mer impĂ©rieuse.

    Et puis l’aube s’avance, illuminant les terres,
    Réchauffant la nature qui renaßt de ses cendres.
    C’est une eau de jouvence, rosĂ©e Ă©lĂ©mentaire,
    Qui monte de l’azur pour doucement descendre.

    Et les oiseaux saluent l’explosion de lumiùre
    De ce jour qui renaĂźt et renaĂźtra demain.
    Et les fleurs du talus éclosent les premiÚres
    Et la Terre connaĂźt tout un autre chemin.

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  • Le lever du rideau

    Le lever du rideau

    C’est tout d’abord un rougeoiement qui dilue le bleu de l’azur
    Pour empourprer tout l’azimut qui quitte ses habits bleuñtres.
    Rayonnement et poudroiements viennent transpercer l’embrasure
    Et vont de minute en minute lever le rideau du théùtre.

    L’aube sur le Lac Louise au Canada.

    
    
    
  • L’étoile du rĂ©veil

    L’étoile du rĂ©veil

    Ma belle Ă©toile des forĂȘts aux rayons chargĂ©s de rosĂ©e
    S’offre, resplendissante reine, Ă  son Ă©poux, le roi soleil.
    Étincelante et dĂ©corĂ©e, elle va mĂ©tamorphoser
    Cette aube nouvelle et sereine de l’étincelle du rĂ©veil.

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  • À l’équateur

    À l’équateur

    À l’équateur, je l’ai prouvĂ©, la terre est absolument plate
    Et quand vous renversez de l’eau, ça Ă©clabousse dans tous les sens !
    Ce phénomÚne est approuvé par ma théorie adéquate
    Qui rend mon savoir rigolo car j’en ai nulle connaissance.

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  • PrĂ©paratifs d’automne

    PrĂ©paratifs d’automne

    Sont un avant-goĂ»t de l’automne, rehaussĂ©es d’un soupçon de rouille,
    Ces soirĂ©es d’étĂ© picturales oĂč la nature se prĂ©pare,
    Avec des couleurs gaies luronnes, Ă  teindre de couleur citrouille
    Ses chevelures pastorales jusqu’Ă  ce que l’hiver les sĂ©pare.

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  • Tout ce temps qui passe

    Tout ce temps qui passe

    Dans son pavillon rongé par le sable
    Il n’entendra plus la voix de sa mĂšre.
    Mais un carillon fort, irremplaçable
    Qui répond au flux lointain de la mer.

    Car la coccinelle suit toujours les traces
    Gravées dans la nacre de sa carapace.
    Chanson éternelle qui toujours embrasse
    D’un souvenir acre tout ce temps qui passe.

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  • Le Lac Pourquoi

    Le Lac Pourquoi

    Ami, entends-tu la rĂ©ponse dans le point d’interrogation
    Qui tourne dans le tourbillon de cet oracle un peu narquois ?
    Si toutes tes questions s’enfoncent sans autre forme d’approbation,
    C’est qu’elles sont un tatillon idiotes pour le Lac Pourquoi.

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  • Mes envies primesautiĂšres

    Mes envies primesautiĂšres

    J’avais tant besoin d’Ă©vasion dans mon enceinte de vacarme,
    Que j’ai crevĂ© le mur du son en rĂȘvant de cette frontiĂšre.
    Loin de semer la division ou tirer le signal d’alarme,
    Elle me permet le grand frisson et des envies primesautiĂšres.

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  • Un Ă©cho qui s’amplifie

    Un Ă©cho qui s’amplifie

    Le temps avance lentement et me semble incommensurable ;
    Je trace un parcours si petit qu’il me semble insignifiant.
    Mais le soleil au firmament me fait une ombre redoutable
    Qui augmente mes appĂ©tits comme un Ă©cho s’amplifiant.

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  • Au théùtre ce soir ! – 2

    Au théùtre ce soir ! - 2

    On se croirait au théùtre lorsque tombe le rideau
    D’un ciel cramoisi de nacre dans les brumes assourdies.
    Voici le soleil bellùtre qui se mute en péridot
    Au rayon vert un peu Ăącre qui nous laisse abasourdis.

    Péridot : pierre semi-précieuse verte qui aurait un pouvoir magique.

    
    
    
  • Sous le coucher mordorĂ©

    Sous le coucher mordoré

    Et si nous allions nous dorer la pilule à l’horizon,
    Nous abreuver de soleil et nous enivrer d’étoiles ?
    Sous la voûte mordorée qui suit la défloraison
    De l’automne en sommeil qui tient les cordons du poĂȘle.

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  • Les fils des couleurs – 4

    Les fils des couleurs - 4

    MĂȘme les petits insectes sont les enfants de la Terre.
    Libellules et coccinelles, abeilles, mouches et papillons.
    Si leur travail nous affecte il n’y a là pas de mystùre
    C’est la marque originelle du divin Ă©chantillon.

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  • Les fils des couleurs – 5

    Les fils des couleurs - 5

    Ce que j’aime dans les couleurs, c’est qu’on peut les mĂ©langer
    Ou bien les multiplier comme un kaléidoscope.
    Et tant pis pour les rñleurs qui ne savent s’arranger
    Et ne veulent pas plier Ă  partager leur biotope.

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  • Les fils des couleurs – 3

    Les fils des couleurs - 3

    Quand Dieu a terminĂ© l’Ɠuvre d’une semaine en folie
    Il restait plein de peinture au pied de Napoléon.
    Vous devinez sa manƓuvre pour tuer la mĂ©lancolie :
    Il conçut la crĂ©ature et l’appela « CamĂ©lĂ©on ».

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  • Les fils des couleurs – 1

    Les fils des couleurs - 1

    Ils ont été enfantés dans les entrailles de la Terre
    Fécondé par les couleurs engendrées par le Soleil.
    AprÚs avoir décanté cette essence élémentaire,
    Ils expriment sans douleur leur héritage au vermeil.

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  • Les fils des couleurs – 2

    Les fils des couleurs - 2

    Il n’existe ni laideur, ni beautĂ© inachevĂ©e !
    Il n’y a que l’expression d’une nature inventive.
    N’écoutons pas les plaideurs qui pensent parachever
    Le monde par l’oppression de croyances punitives !

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  • Ben Adam et ÈvaĂŻda

    Ben Adam et Èvaïda

    L’extrĂ©miste a rĂ©solu son problĂšme de quĂ©quette
    En empaquetant de voiles sa femme des pieds Ă  la tĂȘte.
    L’idĂ©e paraĂźt rĂ©volue mais elle continue sa quĂȘte
    Jusqu’Ă  ce qu’on nous dĂ©voile qu’il n’a rien dans la braguette.

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  • L’oiseau cynique

    L’oiseau cynique

    Je suis cyniquement douĂ© pour remarquer l’absurditĂ©.
    Je suis pince-aussi sans-rire mais je ne devrais pas le dire.
    Mais c’est pour mieux amadouer de mes propos accrĂ©ditĂ©s
    Et tenter de faire sourire au risque de me faire interdire


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  • Mes pas dans la neige

    Mes pas dans la neige

    Si mes pas dans la neige se sont tant étirés
    C’est parce que mon chemin est chargĂ© d’impressions.
    Charmant comme un manÚge ou à couteaux tirés,
    Il m’emmùne à demain sans aucune pression.

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  • Mes pas vers la lumiĂšre

    Mes pas vers la lumiĂšre

    Tapi dans l’ombre depuis longtemps, je dormais d’un sommeil de plomb.
    C’est une explosion de lumiĂšre qui m’a rĂ©veillĂ© brusquement.
    Je n’ai pas Ă©tĂ© mĂ©content de ce matutinal aplomb
    Je suis parti de ma chaumiĂšre un peu chevaleresquement.

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  • Madame est malade

    Madame est malade

    Madame est malade Ă  mourir d’une sĂ©cheresse d’amour ;
    Madame est malade d’éloge et dĂ©pĂ©rit sans compliment ;
    Madame est malade à nourrir ses craintes dans le désamour ;
    Madame est malade à l’horloge du temps qui triche impoliment.

    Madame veut ĂȘtre admirĂ©e pour ses hypocrites ramages
    Qu’elle Ă©crit au fil de ses livres que personne ne lira jamais.
    Madame veut sans cesse se mirer dans le miroir de ses hommages
    Dont elle a besoin pour survivre dans ses envolées enflammées.

    Madame est souffrante d’orgueil qu’elle drape d’humilité ;
    Madame est imbue d’elle-mĂȘme lorsqu’elle est lĂ , agenouillĂ©e ;
    Madame s’habille de deuil pour masquer sa stĂ©rilité ;
    Madame, la seule qui s’aime et qui sait le mieux baisouiller.

    Madame est la seule à connaßtre ce qui pourrait la dérider ;
    Personne ne sait comment faire, c’est là son tragique destin.
    Madame sait tout avant de naßtre, son ùme a été débridée ;
    Tous les saints sont à son affaire et son salut est célestin.

    Madame sait tout sur la vie et vous explique Ă  tour de bras
    Qu’elle est experte en connaissances et qu’elle vous apprendra sa loi.
    Madame ne sera ravie que lorsque enfin, tel le cobra,
    Elle croquera sa propre essence et s’éteindra de bon aloi.

    Tableau de Fabienne Barbier