Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Ma mie, veux-tu ce bouquet ?

    Ma mie, dans ce bouquet, le monde se recueille,
    De pétales et de vent, le silence t’accueille.
    Viens, déposons ensemble ces fleurs d’août sur la table,
    Où la douceur s’installe, invisible, ineffable.

    Quand sous l’ombre légère, la lumière du soir
    Charmera tes paupières d’un nuage d’espoir.
    J’effeuillerai alors une ou deux marguerites
    Pour continuer dès lors sur toi ce tendre rite.

    Quand tu m’auras ouvert le bouton de ta rose,
    J’irai à mots couverts l’arroser d’une prose
    Plantée dans ton giron qui chantera tes charmes
    Quand mes vers agiront et sècheront tes larmes.

    Tableau de Vincenzo Calli.

    
    
    
  • Laure novice no vice

    Avant de devenir prêtresse des quatre éléments de la Terre,
    La novice va se nourrir d’eau de pluie et de fleurs des champs,
    Se repaître avec allégresse des rayons doux alimentaires
    Du soleil pour sa libido, son dernier, avant le couchant.

    Sur ses épaules l’eau ruisselle d’une rosée inachevée
    Où l’éclat du pavot s’accroche comme des taches rouge sang.
    Sous la pluie fine, elle chancelle, heureuse de parachever
    Sa vie claire comme de l’eau de roche tombant d’un ciel éblouissant.

    C’était la Laure des coquelicots perçant les champs de blé dorés ;
    Nue sous sa robe de bohème poussant gaiement des petits cris
    Sous les assauts inamicaux mais qui semblaient les adorer
    Comme on marche dans un poème qu’on n’aurait pas encore écrit.

    Tableau de John Anster Fitzgerald.

    
    
    
  • La rencontre, le rire et le fou-rire

    Plus belle que Brigitte Bardot déguisée en auto-stoppeuse,
    Elle m’attendait près de la borne sur la Nationale 113.
    Elle était tout, sauf un fardeau : aussi légère que pulpeuse
    Je l’ai appelée « ma licorne » et elle « mon petit cœur de braise ».

    Nous avons beaucoup rit ensemble durant le bal des débutantes,
    Nue sous une robe à volants qui provoquait mille sarcasmes
    À cause du mauvais exemple de ses pirouettes déroutantes
    Dont l’effet était affolant et déclenchait mille fantasmes.

    Et puis de rires en fou-rires je lui ai demandé sa main
    En mil-neuf-cent-soixante-deux, l’apogée des trente glorieuses.
    Mais elle a cessé de sourire lorsqu’elle a su le lendemain
    Que je n’étais qu’un galvaudeux poète à la rime rieuse.

    Illustrations de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .

    
    
    
  • Butineuses printemps été automne

    Parmi les trois muses fleuries, j’appelle au jardin la première ;
    Celle qui butine les idées et les parfume de reflets.
    Avec la douce soufflerie des vents forts chargés de lumière
    Et d’inspirations décidées de fantaisies à m’insuffler.

    À l’été, mon cœur papillonne, gorgé du nectar récolté
    Par le pollen des mille fleurs dont l’autre muse est le ferment.
    Et les abeilles tourbillonnent, les faux-bourdons sont révoltés
    Mais meurent sous la reine en pleurs qui leur fait son dernier serment.

    Que tiendra la muse d’automne de la mort douce conservatrice
    Qui emportent les idées noires dans l’encrier aux oubliettes
    D’où nulle pensée monotone ne sortira vindicatrice
    Mais renaîtra de ma mémoire en fruits mûris pour la cueillette !

    Tableaux de Vincenzo Sguera.

    
    
    
  • XIV La Tempérance

    Laureline & Loreleï

    XIV	La Tempérance

    L’Unité siamoise
    Les deux reines n’en forment qu’une au cours de la cérémonie ;
    Chacune incarne ses valeurs, ses couleurs et ses énergies.
    Sans animosité aucune, elles co-existent en harmonie
    Et relient la douce chaleur de leurs forces en synergie.


    Le Cercle de l’Aura
    Le yin et le yang prédominent comme les battants d’un portail
    Lié aux puissances cosmiques générant le flux de la vie.
    Bleu féminin pour Laureline, Rouge masculin pour Loreleï,
    Et l’or des trois forces karmiques présentes au cœur en vis-à-vis.


    Les Deux Coupes Sacrées
    La coupe bleue des eaux du rêve, force négative de guérison ;
    La coupe rouge du feu ardent, force positive du dénuement.
    Les gestuelles précises et brèves, n’admettent aucune trahison ;
    L’écoulement se raccordant dans une boucle, continûment.


    Les Flux Croisés
    Les deux messages unifiés deviendront la source de vie
    En recombinant leurs vertus qui se renforceront ensemble.
    Renforcés et purifiés, ils assureront la survie
    De qui affronte et s’évertue à choisir la voie qui rassemble.


    La Guérison Douce
    Les sources ne sont pas détruites mais unies et amplifiées ;
    La guérison n’est efficace que si le dénuement épure.
    Ainsi la personne reconstruite reste un être authentifié
    Par cette double dédicace émanant d’origines pures.


    La Patience Cosmique
    L’alchimie use de patience car sa maîtrise, hors du temps,
    Remémore à l’homme-phénix la lente progression du cœur.
    Elle est gravée dans sa conscience, à même le fœtus débutant,
    Et baptise du sang de l’onyx son retour confirmé vainqueur.


    L’Annonce de la Prudence
    La chimie de la Tempérance annonce déjà la Prudence
    Indissociable et cardinale comme la Force et la Justice.
    Les vertus de prépondérance apporteront la providence
    Et la protection germinale pour que l’ÏÄMOURÏÄ s’investisse.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

    
    
    
  • XIII Le Détachement

    Yavänor

    XIII	Le Détachement

    L’annonce à l’enfant
    J’ai eu conscience de la mort très tôt dans ma petite enfance ;
    La vie n’était plus éternelle ; funèbre en était l’oraison.
    Vivre et Mourir… quel oxymore pour mon petit corps sans défense
    Encore à l’école maternelle bien avant l’âge de raison !


    Le refus
    J’ai rejeté ce châtiment, persuadé d’être éternel
    Et me suis forgé ma raison de vivre sans jamais mourir.
    Et cette peur, infiniment obsédante comme une ritournelle,
    A marqué tout mon horizon à me hanter et m’en nourrir.


    La grande négociation
    J’ai usé mille stratagèmes et subterfuges de toutes sortes,
    Pris la voie de la religion et de la réincarnation,
    Me suis soumis à l’anathème – sinon que le diable m’emporte –
    Jusqu’à n’y voir que contagion de la peur et la damnation.


    Le choc du Pendu
    Mais les épreuves de la vie, notamment mes basculements,
    M’ont modifié brutalement et brisé mes appréhensions.
    Devant lutter pour ma survie, j’ai perçu dans un dénuement
    Un profond renouvellement de mes intimes présomptions.


    L’inévitabilité
    Je ne lutte pas contre la marée ni ne nage à contre-courant ;
    J’ai accepté l’irrémédiable, bravé ma thanatophobie
    Par un besoin de m’amarrer aux enseignements concourants
    D’après des voies appropriables qui m’éloignaient de mes phobies.


    L’espérance
    Or j’ai été accompagné durant mes jours de désespoirs
    Par une voix qui me portait pour me redonner du courage.
    Elle m’a fait peu à peu gagner sa confiance avec espoir
    Et sa patience l’a emporté faisant plus que force ni que rage.


    L’abandon au flux
    Je suis celui qui naît et vit, puis qui mourra suivant la vague
    Et je subis son attraction vers des lieux indéfinissables.
    Les espérances que j’ai gravies malgré mes craintes qui divaguent
    me paraissaient hier abstraction mais demain inassouvissables.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • Le mensonge criant de vérité

    Le mensonge criant de vérité

    La Vérité sortant du puits pique un fard pour sa nudité
    Tandis que le Mensonge est fier de poindre en toute sa splendeur.
    En effet celui-ci s’appuie sur un fond de validité
    Avec des formes plus outrancières que sa dérisoire candeur.

    La vérité semble un peu crue tandis que le mensonge est cuit
    À point de tous les points de vue pour satisfaire la justice.
    Comme personne n’y a cru, on a remis dans le circuit
    Les bons vieux contes dépourvus de toute intuition subreptice.

    Du coup Marianne s’est rhabillée de sa robe à langue de bois
    Tenant deux roses dans les poings comme un nouveau front populaire.
    Elle sort par la gauche en juillet mais en août fera contrepoids
    En revenant à brûle-pourpoint à droite car elle est pendulaire.

    La vérité est subjective et le mensonge plus objectif
    Et sa maîtrise par l’État lui fait faire feu de tout bois.
    Même en devenant objective, la vérité du collectif
    Demeure apprise sur le tas de la fourberie aux abois.

    Tableau de Mike Worrall sur https:www.mikeworrall.comprints-available .

    
    
    
  • Les espoirs de Marianne

    Les espoirs de Marianne

    Après la France toute en couleurs des exploits du siècle dernier,
    Voici la France de tous les sexes présents pour les jeux olympiques.
    Cependant c’est avec douleur qu’on a du mal à remanier
    Les règles devenues complexes pour tous ces genres atypiques.

    Les Gays se combattant entre eux, Lesbiennes s’affrontant entre elles,
    Les Bis on ne sait où les mettre et les Queers-plus, encore moins !
    Quoi qu’il en soit, c’est désastreux et ça suscite des querelles
    Car les sans-genre vont en remettre une couche, Dieu en est témoin.

    Alors en désespoir de cause, Marianne a eu une drôle d’idée :
    Faire du village olympique un nouvel État-Non-Genré.
    Pour mettre un terme à ces psychoses, des médecins ont décidé
    D’y créer la race anthropique aux sexes auto-suggérés.

    Tableau de Snake.

    
    
    
  • Quand l’amour emboîte le pas

    Quand l’amour emboîte le pas

    Notre tout petit nid d’amour a bien grandi avec le temps
    Ainsi que toute notre affection par l’art de si bien nous entendre.
    Par conséquent de jour en jour notre tout petit nid s’étend,
    Et sans la moindre défection, sur l’aire de la carte du tendre.

    Il a dépassé les montagnes et pousse sans cesse ses frontières
    Comme s’il était arrosé telle une plante gigantesque.
    Tous les soirs avec ma compagne qui se donne à moi tout entière,
    Notre nid prêt à exploser devient abracadabrantesque.

    Tableau de Lisandro Rota sur http:www.lisandrorota.itgalleria-2-dal-2003-al-2010 .

    
    
    
  • Qui suis-je ?

    Le miroir inverse la gauche avec la droite, c’est notoire
    Mais n’intervertit pas le bas avec le haut, c’est étonnant.
    Sans doute l’esprit, en ébauche, nécessite une belle histoire
    Afin de relancer le débat du paradoxe arraisonnant.

    Le cerveau, assez terre-à-terre avec ses illusions optiques,
    Nous fait croire tout ce qu’il veut et taire ce qu’il ne veut pas.
    Et comme il est majoritaire dans l’analyse synoptique,
    Seule l’âme peut en faire l’aveu : son reflet a fait un faux pas.

    Tableaux de Marwah Al_bahnassi sur https:www.behance.netMarwahBahnasi .

    
    
    
  • Sombrero !

    Sombrero !

    En attendant le sombre héros qui va la sortir de son trou,
    Mademoiselle Capucine se sent comme folle à lier.
    Elle ressent, sous le sombrero monter d’un étrange courroux,
    L’impression de prendre racine en espérant son cavalier.

    Déjà le vingtième printemps, toujours personne à l’horizon.
    L’ombrelle se garnit de fustets, de lierre et rosier défloré.
    Finalement pour ses vingt ans, elle connaîtra la floraison
    Par un noble de haute futaie, prince des chênes des forêts.

    Tiens ! Voici le Prince Charmant de la dynastie des Chênaie
    Qui s’achemine en marcottant et poussant de ses radicelles.
    Galant, il brandit un sarment de fleurs de lys et de genêts
    Qu’il agite en tournicotant devant la frêle jouvencelle.

    Madame Capucine attend son mille-et-unième arbrisseau
    Dont elle a enfanté le gland durant la dernière saison.
    Monsieur le Chêne, le cœur battant de l’eau dont on fait les ruisseaux,
    Lève la tête au vent cinglant et fait de l’ombre à l’horizon. »

    Tableau de Steven Kenney.

    
    
    
  • À l’encre de tes lèvres

    Rouge baiser couleur cerise ou rose-sang d’où proviens-tu ?
    Du fond d’un cœur de jalousie qui demande à mordre à souhait.
    Celui dont son âme est éprise et dont son corps, t’en souviens-tu,
    Est marqué avec frénésie de vos ébats désavoués.

    Gare à ses lèvres écarlates qui ont goûté à ta liqueur
    Et qui ont bu jusqu’à la lie le calice de ton amour !
    Et gare à ses dents scélérates qui vont se planter dans ton cœur
    Se rassemblant pour l’hallali dès la fin du compte à rebours !

    Tableaux de Beth Conklin.

    
    
    
  • L’impasse diabolique

    L’impasse diabolique

    S’il est facile d’entrer en crise dans les méandres de la loi,
    Il demeure assez difficile avec un plan de s’en sortir.
    Après la première surprise, on trouve tous de bon aloi
    À se conduire en imbéciles et même de s’y assortir.

    À chaque jour, son oppression qui augmente insensiblement
    Comme la grenouille plongée dans l’eau qu’on chauffe doucement.
    Plus forte sera la pression, plus suivront ostensiblement
    Les moutons vers leur apogée et mourront d’affadissement.

    Entrée du palais de Linlithgow.

    
    
    
  • Les passages en diagonales

    Chaque jour, la voûte céleste me fait avancer dans l’espace
    Et franchir le couloir du temps à chaque arcade récurrente.
    À chaque fois, je me déleste d’une tranche de vie qui passe
    Et puis, à chaque fois je m’attends à vivre une journée différente.

    Curieusement, le bon chemin n’est pas tracé en ligne droite.
    Je dois savoir virer à temps et dégringoler une pente.
    Jamais ne remettre à demain une décision maladroite
    Mais me décider à l’instant d’une intuition participante.

    Photos de Bjorn Borgers et Stefan Opalka.

    
    
    
  • Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Aveuglé par l’information diffusée dans l’actualité,
    J’ai longtemps cru être éveillé alors que j’étais un mouton
    Berné par la déformation d’une fausse réalité
    Comme un enfant émerveillé par tous ses jouets à boutons.

    Seul celui qui ferme les yeux à la pollution médiatique
    Évite de s’empoisonner lentement à petites doses.
    Or, j’ai fait ce choix judicieux d’occulter l’intox systématique
    Dans l’info qui vient foisonner à m’en filer une overdose.

    Illustration de Saman Torabi sur https:cartooncontest.yesilay.org.trenarchive?page=10 .

    
    
    
  • L’homme de bois

    Que ne suis-je homme-végétal, roseau pensant au cœur de bois,
    Enraciné dans la nature et qui revit chaque printemps !
    Aux beaux jours, mes premiers pétales refleuriraient à chaque fois ;
    L’automne verrait ma mâture porter la robe du pénitent.

    Je vivrais nu dans les forêts avec femmes-fleurs à portée
    Afin de féconder les fruits qui propageraient mon essence.
    L’hiver viendrait me déflorer mais l’été saurait m’apporter
    Un héritage dont l’usufruit serait l’éternelle naissance.

    Œuvres de Johannes Stoetter sur http:www.lazerhorse.org20130707johannes-stoetter-world-body-painting-championamp .

    
    
    
  • Fabienne chez les monstres

    Fabienne chez les monstres

    Fabienne fut à bonne école dans la famille des Grands Ducs
    Dont les enfants criaient famine matin, midi, goûter et soir.
    Aujourd’hui, on vit à la colle mais sa dextérité caduque
    Ne lui sert que de dopamine quand elle évoque l’oppressoir.

    Illustration de Suwi.

    
    
    
  • La pomme et le poisson

    Bon, le problème de la pomme, à l’origine alimentaire,
    Était pourtant la bonne idée pour devenir végétariens.
    La femme aurait nourri son homme avec tous les fruits de la terre,
    Ainsi Ève nous aurait guidés vers un paradis plus terrien.

    Alors Adam est arrivé avec son poisson à la main
    Car il a pris la connaissance carrément au pied de la lettre.
    Depuis les humains sont rivés à produire en un tournemain
    Tellement, tellement plus de naissances que l’on ne sait plus où se mettre.

    Tableaux de Marlina Vera.

    
    
    
  • Ce qui unit les rêves

    Ce qui unit les rêves

    La vérité et le mensonge ensemble unissent les deux mondes
    Et la frontière du sommeil en délimite le terrain.
    Les reflets que montrent les songes, parfois probes et parfois immondes,
    Proviennent du cœur du soleil, rêveur toujours contemporain.

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  • La loi de l’attraction

    La loi de l’attraction

    Tout ce qui naît, qui vit, qui meurt, d’un amour hélicoïdal,
    Subit la loi de l’attraction vers un lieu indéfinissable.
    Et c’est par là que le dormeur, dans son sommeil cycloïdal,
    Frôle ce qui fait abstraction de ses limites infranchissables.

    Tableau d’Eduardo Rodriguez Calzado.

    
    
    
  • L’ouverture du cœur

    L’ouverture du cœur

    Te souviens-tu, il y a longtemps, de ton ouverture du cœur,
    Quand tu brisas enfin tes chaînes avant que finisse le jour ?
    Depuis, c’est toujours le printemps car tu as goûté la liqueur
    Qui coule aujourd’hui dans tes veines comme une substance d’amour.

    Dessin de Alphachanelling.

    
    
    
  • Le Lion-Totem

    Le Lion-Totem

    Mes rêves souvent s’évaporent dès que l’aurore y met un terme,
    Mais je sais que j’ai entrevu mon Lion-Totem qui me ressemble.
    Et je conserve cet apport qui me renforce l’épiderme
    Et qui, face à tout imprévu, recrée ce lien qui nous rassemble.

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  • Le jeu de la vie

    Le jeu de la vie

    La vie offre une partie retorse à l’humain qui veut y jouer ;
    À chaque étape s’y manigancent des épreuves plus ou moins infâmes.
    Si tu veux miser sur la force, choisis un corps d’homme enjoué ;
    Si tu préfères l’élégance, prends donc plutôt un corps de femme.

    Dès la naissance, c’est parti et l’apprentissage commence.
    Puis vient le temps d’adolescence où le choix du sexe est crucial.
    Après, les rôles sont repartis ; il faut créer une romance
    Afin de faire la connaissance de son partenaire nuptial.

    Tout ça, bien sûr, c’est résumé et je passe sur les détails ;
    La religion, la politique, les amours et les déceptions.
    À la fin tout est consumé ; soit tu finis comme du bétail,
    Soit tu as le choix hypothétique de prendre une autre connexion.

    Dessin de Danielle Caners.

    
    
    
  • Sauvons les arbres !

    Sauvons les arbres !

    Sauvons les arbres du béton par petits gestes coutumiers !
    Sauvons les oiseaux et les fleurs de nos meilleures intentions !
    Si toujours nous le répétons, tous ensemble à l’accoutumée,
    Alors des larmes et des pleurs refleuriront les plantations.

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  • Le roi fait relâche

    Le roi fait relâche

    Le roi des animaux fait relâche et s’accorde un été sabbatique.
    Pas un chat dans les rues au soleil, pas un chat sur les toits à minuit.
    Mais alors où trouver le panache de sa queue en antenne extatique ?
    Seul Bouddha pourrait prêter l’oreille et vous dire qu’aujourd’hui, Il s’ennuie.

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  • Aile-stop

    Aile-stop

    Quand on est oiseau migrateur et qu’on traverse l’océan,
    C’est le petit coup de fatigue qu’il faut apprendre à partager
    On se cherche un admirateur, un camarade bienséant
    Qui vous laisse en guise de viatique l’enfourcher comme passager.

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  • La montagne Woolmark

    La montagne Woolmark

    L’ont tant foulée de leurs sabots que la montagne s’est adoucie
    Comme si elle était devenue un immense tapis de laine.
    Les monts arborent leurs jabots en pur mouton et sans souci
    D’oublier la déconvenue qui ferait jalouser la plaine.

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  • Accouchement de lumière

    Accouchement de lumière

    Au début, la petite voix se fraie un chemin vers le cœur
    Et l’âme veille sur la graine comme une mère jardinière.
    Et puis un jour s’ouvre la voie vers cet accouchement vainqueur.
    Les rayons de lumière égrènent une flamboyante crinière.

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  • Les frères ratons

    Les frères ratons

    Fermez les portes et les volets, les frères ratons vont passer !
    Car ils vont vous apitoyer afin de les laisser entrer.
    Aussitôt vous auront volé amandes, noix et pois cassés
    Sans que ne puissiez déployer une défense concentrée.

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  • La Suisse en rose

    La Suisse en rose

    Aujourd’hui, je suis primesautier, je vous offre la Suisse en rose.
    Pas de verdure à l’infini, ni de rouge sur le drapeau.
    Je ne suis pas un cachotier, quand je dois arroser, j’arrose.
    Mes chers amis, chers ennemis, levons ensemble nos chapeaux !

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  • Le nouveau monde

    Le nouveau monde

    T’en souviens-tu, à ta naissance, quand tu as découvert le monde ?
    Tu étais le conquistador nouveau au pays des merveilles.
    Aujourd’hui tu as fait connaissance ; si tu sais que la Terre est ronde,
    Dans cette boîte de Pandore, ensemble cœur et âme veillent.

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  • Vénus à l’école

    Vénus à l’école (nu

    J’étais encore un ingénu, le cœur ouvert et presque nu.
    J’avais été sollicité chez Madame la directrice.
    Je trouvais un peu saugrenu de n’avoir été prévenu
    Qu’à la dernière extrémité au bureau de la correctrice.

    Au bureau je suis parvenu, elle m’a ouvert toute nue
    Et d’un air de complicité a pris une voix séductrice.
    Elle m’a dit : « Tu es prévenu, tu vas connaître l’inconnu ! »
    Et en toute simplicité m’ôta ma blouse protectrice.

    « Mon Dieu » dis-je d’une voix saugrenue, « mon petit membre fort ténu
    A pris une excentricité d’une manière inspiratrice ! »
    Et c’est ainsi que j’ai connu qu’une invitation malvenue
    Pouvait en synchronicité devenir, ma foi, bienfaitrice.

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  • Je suis jaloux

    Je suis jaloux

    Aujourd’hui c’était sa fête et je voulais l’arroser.
    J’ai placé un grand seau d’eau un peu comme un piège à loup.
    Brusquement elle s’apprête sous la porte supposée
    Et ça tombe decrescendo et alors je suis jaloux.

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  • Le dernier pour la route

    Le dernier pour la route (nu

    Tandis que je courais nu à la poursuite d’un rêve,
    Elle m’a barré la route dans le plus simple appareil.
    « Arrêtez, belle ingénue, je dois continuer sans trêve !
    Vous me mettez en déroute d’une façon sans pareille ! »

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  • La danse du feu

    La danse du feu

    Lorsque la chaleur monte dans les campagnes suisses,
    Quand le sol est brûlant à nous griller les pattes,
    Ma lionne, en acompte, me tape sur les cuisses.
    Nous sommes turbulents mais jamais névropathes !

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  • Un trou dans la nuit

    Un trou dans la nuit

    Comme un trou dans la nuit crevant l’obscurité
    À la pointe du jour, le soleil a percé.
    Doucement sans un bruit dans l’opportunité,
    Les pêcheurs ont toujours leurs filets déversés.

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  • La roue qui rend fou

    La roue qui rend fou

    Je vous propose un jeu qui va vous rendre fous !
    Vous prenez une roue et vous montez dessus.
    Après un saut périlleux, vous vous retrouvez dessous
    Vous tombez dans un trou, vous ne serez pas déçus.

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  • Hissez les couleurs

    Hissez les couleurs

    J’ai dit « Hissez les couleurs ! » à ces voiliers triomphants
    Et le Ciel m’a pris au mot en écartant les nuages.
    Sans bavure et sans douleur, quand Dieu joue de l’olifant,
    Ça vous fait une promo, comme un divin renflouage.

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  • La palette champêtre

    La palette champêtre

    Je veux transformer le monde d’une palette champêtre ;
    Mettre le vert de l’espoir conjugué au bleu serein ;
    Un peu de pourpre furibonde à répandre au kilomètre
    Et noyer le désespoir dans ces lumineux terrains.

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  • Le roi lion est un papa

    Le roi lion est un papa

    Être roi des animaux, c’est d’abord être papa,
    S’occuper des lionceaux, tout le monde est unanime.
    D’attouchements minimaux, il en restera baba
    Et même ses commensaux le trouveront magnanime.

    Commensaux : Les animaux domestiques vivant à l’intérieur de la maison.

    
    
    
  • Dunes Yin Yang

    Dunes Yin Yang

    Dans le yin et yang des dunes, je découvre la fusion
    Entre le versant de l’ombre et le versant de lumière.
    Quelle face inopportune portera la confusion ?
    Laquelle sortira du nombre pour s’avancer la première ?

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  • L’Afrique géométrique

    L’Afrique géométrique

    J’aime l’Afrique géométrique dans toutes ses mosaïques
    De cultures et traditions sur les murs de leurs maisons.
    Ces coutumes biométriques du Mali au Mozambique
    Contribuent à l’addiction de mon cœur à ma raison.

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  • Les couleurs du temps

    Les couleurs du temps

    C’est encore une année pour le peintre du temps
    Qui colore le vent, qui brosse les saisons.
    C’est le don cutané de cet exécutant
    Comme un soleil levant sur un cœur sans raison.

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  • Le secret d’un nid

    Le secret d’un nid

    Le secret d’un nid, on se le répète
    De bouche d’oiseau à oreille d’oiseau.
    La monotonie de chaque interprète
    Rase les naseaux dans tous les réseaux.

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  • Aimer lire

    Aimer lire

    Aimer lire des histoires ou embrasser la lecture
    Est un remède salutaire aux pannes de l’âme humaine.
    Auteurs, sur vos écritoires, imprégnez vos conjectures
    Par l’amour élémentaire des romans à la semaine !

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  • Les encres de la Terre

    Les encres de la Terre

    Lorsque je trempe ma plume dans les encres de la Terre,
    Je peux raconter l’histoire de mon sang et mes racines.
    Ces souvenirs me déplument et mon cœur est solitaire
    Mais c’est sur cet écritoire que mon esprit s’enracine.

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  • Tous nus sous la pluie

    Tous nus sous la pluie

    Au dixième jour de pluie, l’amour nous monte aux chevilles.
    Après trente jours d’orage, on en a à la ceinture.
    Blottis sous nos parapluies, on enlève nos guenilles.
    Avec ce temps de cirage, on fait l’amour en peinture.

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  • Temps d’avance-saison

    Temps d’avance-saison

    C’est l’automne en été, la saison en avance !
    La météo n’est plus qu’imprévisible science.
    Nature admonestée ! Paie-moi ta redevance
    Pour m’avoir fort déplu et forcer ma patience !

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  • Les coquelicots aux mille voix

    Les coquelicots aux mille voix

    Entendez-vous de mille voix, leur écho frappe l’espace ?
    C’est la chorale des mille fleurs, l’orchestre auguste, éternel.
    Entendez-vous à claire-voie, le souffle du vent qui passe
    Et qui s’accorde en siffleur au soleil sempiternel ?

    Chef d’orchestre étincelant, c’est toi qui tiens la baguette !
    Tu as charmé ton audience par ta couronne royale.
    De tes feux ensorcelant, sous la voûte de guinguette,
    Tu cultives l’impatience de tes sujettes prairiales.

    Je ne suis que spectateur de ce théâtre floral
    Mais je me laisse séduire par les mille bouches vermeilles.
    Le doux chant incantateur de l’écarlate chorale
    Ne cesse point de produire mille tons, mille merveilles.

    Alors doucement je penche et dépose sur leurs lèvres,
    Une par une, un baiser pour ressentir dans ma bouche
    Des échos, des avalanches du plus précieux des orfèvres :
    Une quiétude apaisée m’arrosant comme une douche.

    Je ne suis plus que le vent qui amplifie l’orphéon,
    Je ne suis plus que la pluie qui communique la vie,
    Je ne suis qu’un feu vivant, un témoin du panthéon,
    Je ne suis plus que le fruit de l’amour inassouvi.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’escadrille des oies sauvages

    L’escadrille des oies sauvages

    Leader à escadrille : « parés à atterrir !
    L’objectif est en vue prêt à nous accueillir ! »
    Formation resserrée, il nous faut acquérir
    Du carburant bien frais pour ne pas défaillir ! »

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