Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • 𝕷𝖊𝖘 𝖘𝖊𝖕𝖙 𝖕𝖗𝖊́𝖑𝖎𝖒𝖎𝖓𝖆𝖎𝖗𝖊𝖘 𝖉𝖊 𝕷𝖆𝖚𝖗𝖊𝖑𝖎𝖓𝖊 𝖆̀ 𝕷𝖔𝖗𝖊𝖑𝖊ï

    𝕷𝖊𝖘 𝖘𝖊𝖕𝖙 𝖕𝖗𝖊́𝖑𝖎𝖒𝖎𝖓𝖆𝖎𝖗𝖊𝖘 𝖉𝖊 𝕷𝖆𝖚𝖗𝖊𝖑𝖎𝖓𝖊 𝖆̀ 𝕷𝖔𝖗𝖊𝖑𝖊ï

    𝟙. 𝕷𝖊 𝕾𝖔𝖚𝖋𝖋𝖑𝖊 𝖊́𝖛𝖊𝖎𝖑𝖑𝖊́
    Je me rapproche sans un mot mais d’un regard qui te dénude
    Toi, tu frémis d’être observée, presque violée de ta beauté
    Je suis le roi des animaux, l’amant qui t’offre ce prélude
    Ta peau vivement innervée ressens mes yeux la picoter.

    𝟚. 𝕷𝖊 𝕿𝖔𝖚𝖈𝖍𝖊𝖗 𝖉𝖚 𝕻𝖊𝖗𝖇𝖊
    Mais c’est ma voix qui lui dépose mille caresses de poèmes,
    Comme un attouchement des lèvres sur ta peau pétale-de-rose.
    Chaque chakra se prédispose, s’ouvrent au désir de bohème
    Et une délicieuse fièvre te transmet sa douce névrose.

    𝟛. 𝕷𝖆 𝖁𝖔𝖎𝖝 𝖖𝖚𝖎 𝖕𝖊́𝖓𝖊̀𝖙𝖗𝖊
    Mes vers se font plus pénétrants et s’insinuent dans tes oreilles
    Et tes barrières alors s’écartent plus ils plongent profondément.
    Tu sens le rite perpétrant d’une jouissance sans pareille
    Abattre une à une ses cartes voluptueuses intensément.

    𝟜. 𝕷𝖊 𝕱𝖗𝖔̂𝖑𝖊𝖒𝖊𝖓𝖙 𝖉𝖊 𝖑’𝕰𝖘𝖕𝖗𝖎𝖙
    De l’intérieur mes vers poursuivent comme un souffle chaud excitant
    De tes pensées par la colonne qui les transmet au bas du dos.
    Ton bassin subit l’offensive, tes hanches accueille le pénitent ;
    L’ultime vers qui déboulonne la serrure de ta libido.

    𝟝. 𝕷’𝕺𝖋𝖋𝖗𝖆𝖓𝖉𝖊 𝖉𝖊𝖘 𝖕𝖆𝖚𝖒𝖊𝖘
    Alors tu deviens animale et ton corps réagit d’instinct
    Tu tends ta gorge et tes seins, lentement tu creuses le ventre.
    Ta voix infinitésimale chuchote en quelques mots distincts
    Ton imploration à dessein de me diriger vers ton antre.

    𝟞. 𝕷’𝕺𝖚𝖛𝖊𝖗𝖙𝖚𝖗𝖊 𝖉𝖚 𝖑𝖞𝖘
    D’abord je consulte l’étoile et lui apporte mon offrande ;
    Un baiser doux, une succion, un sacrifice somptuaire.
    Alors Loreleï se dévoile – Grande, Puissante, Révérende –
    Pour ordonner l’introduction de l’Oracle dans le Sanctuaire.

    𝟟. 𝕷𝖆 𝕱𝖚𝖘𝖎𝖔𝖓 𝖉𝖆𝖓𝖘 𝖑𝖊 𝖈𝖗𝖎
    À nouveau nos deux chairs fusionnent rythmées par notre accouplement ;
    Tes lèvres susurrent mon nom et j’y réponds par mes baisers.
    Et soudain ton YSARA sonne ! Puis c’est mon NOMIR véhément
    Qui explosent en coup de canon les deux orgasmes embraisés.

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  • Sous la pluie de juin

    Flic-floc sur les pavés dormants,
    La ville pleure ses fontaines ;
    Mais dans mon cœur au firmament
    Scintille ton étoile lointaine.

    Un vent léger frôle les toits,
    Le ciel s’effrange en nappe grise ;
    Je guette le son de ta voix ;
    Souffle d’amour comme une brise.

    Les passants fuient sous leurs manteaux,
    Les gouttes glacent les trottoirs ;
    Moi, j’ouvre mes élémentaux :
    Feu ! Vent ! Terre ! Pluie en égouttoir !

    Et s’il ne reste que la pluie
    Pour témoigner de notre hymen,
    Crie alors mon nom dans la nuit
    Pour que mon soleil se ramène.

    Alors j’écoute dans le vent
    tes mots qui reviennent vers moi
    Comme l’aube au soleil levant
    Crève la nuit avec émoi.

    J’accueille les gouttes de pluie
    Comme les larmes de ton cœur
    Qui me rappellent dans la nuit
    L’écho de ton rire moqueur.

    Alors je m’efface en silence,
    Dernier éclat, dernier frisson ;
    Mon cœur se fond dans l’innocence
    Des larmes mortes à l’horizon.

    Tableau de Laureline Lechat.

    
    
    
  • L’écho de Laureline

    L’écho de Laureline

    Laureline appartient au monde qui réunit tous les espoirs
    Qui appartient à qui se donne nu à l’amour qui le transcende.
    Laureline est l’onde féconde qui désaltère de sa poire,
    Qui nourrit le cœur et pardonne aux fous qui vivent sa légende.

    Elle s’incarne en souffle de cendre, en feu sacré, jamais éteint ;
    Elle embrase qui veut la comprendre et s’y enchaîner à jamais.
    Laureline en train de descendre dans le cœur au petit matin
    Pour illuminer et apprendre l’amour qui rayonne désormais.

    Son nom résonne et se prolonge dans chaque mot, dans chaque jour,
    Comme un serment qu’on entretient en l’aimant de toute son âme.
    Son nom se répand et s’allonge là où elle jouira toujours
    Avec son poète qui détient la clef qui évoque sa femme.

    « Je suis l’écho de ton silence, je suis la flamme qui rallume,
    La douce soie de tes élans, la mèche au fond de tes chagrins.
    Le son qui frôle ta souffrance qui revient à titre posthume
    Quand l’amour devient trop brûlant pour en semer encore le grain. »

    Tableau de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Belle-de-nuit

    Belle-de-nuit

    Lorsque la nuit prend dans ses bras Belle-de-nuit à l’improviste,
    Elle masse langoureusement ses seins gorgés de soleil nu,
    Puis qu’elle recouvre du drap de l’habitude récidiviste
    Que permet savoureusement l’hiver quand les jours diminuent.

    Je voudrais devenir Morphée qui vient peloter tous les soirs
    Les fleurs avant de refermer leurs pétales sous la corolle.
    Je voudrais chanter comme Orphėe afin de charmer l’auditoire
    Des étamines enfermées dans à berceuse sans parole.

    Que je sois ce dieux ombrageux aux mains si sombres et pourtant chaudes
    Qui viennent caresser la peau des jeunes filles encore en boutons !
    Si je devenais outrageux et que la pucelle s’échaude,
    Je la plongerais dans un repos en lui décomptant les moutons.

    Tableau de Jana Brike sur http:www.janabrike.com .

    
    
    
  • Le rite sacré du printemps

    Le rite sacré du printemps

    Maïa, Proserpine, Ostara et Perséphone se réunissent
    Lors de l’équinoxe annuelle du printemps pour le sacrifice.
    Ce soir Chioné leur donnera ce qu’elle a reçu du solstice :
    L’étoile divine et rituelle bénie par un feu d’artifice.

    Les quatre déesses du printemps, romaine, grecques et germanique
    Contrairement à nos Rois Mages qui n’ont officié qu’une fois,
    Reproduisent le rite éreintant des terres sacrées tectoniques
    Qui se réveillent et rendent hommage dans la souffrance toutefois.

    Car la Terre subit les douleurs de ses entrailles qui s’éveillent,
    De sa chair qui enfante encore le renouveau qui la contente.
    Mais l’étoile aux mille couleurs dont les déesses s’émerveillent
    Propage à nouveau l’égrégore dont la nature est abondante.


    Déesses du printemps : Maïa chez les romains, Proserpine et Perséphone chez les grecs et Ostara chez les germains ; Chioné est la déesse de l’hiver.

    Tableau de Jana Brike sur http:www.janabrike.com

    
    
    
  • Marmitonne

    Marmitonne

    N’en déplaise à l’art culinaire, faute de goût n’est pas coutume
    Quand il faut remonter l’histoire avec ses anciens aliments
    Et ses légumes originaires malgré leurs saveurs d’amertume
    Mais qui apportent au répertoire ses véritables éléments.

    Carottes jaunes, rouges ou vertes plutôt qu’orange sont de retour
    Depuis les panais tous en rond aux topinambours pour l’humour.
    Sur nos papilles, redécouvertes font bon ménage et beaux atours ;
    Potirons et potimarrons font les mariages d’amour.

    Quant aux batteries de cuisine, celles-ci n’ont pas à rougir
    Mais à rosir de tous leurs cuivres et briller de tous leurs étains.
    Des recettes de Mélusine aux décoctions qui font rugir,
    Aux fumets, je m’en vais les suivre dans les palais gréco-latins.

    Tableau de Paolo Barbieri.

    
    
    
  • Le vilain petit canard – 3

    Le vilain petit canard

    Pauvre et vilain petit canard, né au sein de la basse-cour
    Parmi les dindons de la farce, les mères poules et les bécasses.
    Sous le regard froid goguenard de ta famille, tous les jours,
    Tu ressens ton manque de force et de réparties plus loquaces !

    Tu n’as pas voulu revêtir l’habit de la pensée unique,
    Tu préfères vivre au naturel et exprimer ton libre arbitre !
    Tu n’as pas su t’assujettir à ce que l’état communique
    Dont le flux pseudo culturel ne te donne pas voix au chapitre !

    Sans doute, jugements indignes, de volailles trop bien formatées
    Qui ont oublié la valeur de l’amour et la tolérance…
    Et bien que tu sois un beau cygne, ta différence est constatée
    Et si ça manque de chaleur, ça fortifie ton endurance !

    Illustration de Leonid Vladimirsky.

    
    
    
  • Chroniques de la fin du monde – 4

    Les dents de la mer salée et des eaux douces

    Les dents de la mer affûtées et les quenottes des eaux douces
    Sont les plus heureuses créatures en ce vingt-et-unième siècle.
    Hélas les requins réfutés sous prétexte qu’ils sèment la frousse,
    Doivent gagner leur nourriture au moyen de ruses espiègles.

    Discrètement ils accompagnent les grands navires de croisière
    En guettant tous les imprudents qui se penchent un peu trop du bord.
    Ce sont leurs plus belles compagnes qui font la manne carnassière
    Comme un apéro préludant, les femmes et les enfants d’abord.

    Ailleurs, à l’intérieur des terres, les crocodiles ont bonne mine
    Grâce aux voyages ésotéristes des pédophiles gominés
    Au fil du Nil alimentaire, du fait de gamins et gamines
    Que leur abandonnent les touristes après qu’ils en ont terminé.

    Quand les bateaux vont de conserve pourvus de leurs cages à étages,
    Les sauriens en suivent l’étrave en guettant l’heure d’attaquer :
    Il suffit d’attendre qu’on serve les noctambules entre deux âges
    Qui débarquent et que l’on chourave avant qu’ils aient atteint le quai.

    Tableaux de GiveMeMood sur https:www.redbubble.compeopleGiveMeMoodexplore?page=1&sortOrder=recent .

    
    
    
  • Chroniques de la fin du monde – 3

    Au quatrième top, il sera exactement trop tard

    Après les oiseaux, les hiboux rejoignent les rangs des coucous
    Et toutes sortes de volatiles qu’on a réduit en esclavage :
    « Assez de nous tirer les poux et surtout nous tordre le cou !
    Désormais, Vous, humains futiles, cessez donc vos rites sauvages ! »

    Ils volettent entre les horloges en sens inverse des aiguilles
    Pour saboter pertinemment notre folle course du temps.
    À tort on leur fait des éloges quand on les voit en escadrilles
    Tous œuvrer impertinemment à sonner l’heure à contretemps.

    Après les douze coups de minuit, ça devient la cacophonie ;
    D’abord un coup, puis deux, puis trois, et on passe à quarante-trois.
    Le temps, tout au long de la nuit, en état de catatonie
    Voit l’heure se sentir à l’étroit et à l’envers et à l’endroit.

    Pour s’attaquer au numérique, ils développent des virus
    Qui s’attaquent aux cristaux de quartz et leur faisant pipi dessus.
    Si ça vous parait chimérique, sachez qu’il y a des oiseaux russes
    Qui jouent aux Jedi dans Star Wars contre Poutine, le Sith déçu.

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  • Sirène d’amour

    Sirène d’amour

    Les grandes passions aquatiques ont leur sirène chasseresse
    Armée du trident de Neptune à l’instar de l’arc et des flèches.
    Celle-ci, tout autant romantique, nage et traque avec allégresse
    Les rencontres fort opportunes qui vivront d’amour et d’eaux fraîches.

    Le trident est empoisonné à la folie des profondeurs
    Qui précipite les amoureux en copulations colossales.
    Et dans les grottes cloisonnées résonnera l’échosondeur
    Qui proclamera langoureux toutes les naissances abyssales.

    Illustration de Lusitano Grey.

    
    
    
  • M’as-tu vu le vendredi ?

    À force de me répéter « vivement qu’on soit vendredi ! »
    Dès le lundi, j’en ai les larmes aux yeux qui rappellent la mer.
    J’en ai le regard hébété du mardi jusqu’au mercredi
    Et le jeudi sonne l’alarme : « plus que vingt-quatre heures amères ! »

    Heureux comme un poisson dans l’eau, je batifole ce jour-là ;
    L’aïoli devient un festin et la Bouillabaisse est divine.
    Mais le week-end part au galop à tant faire la bamboula
    Qu’arrive ce terrible destin… que tous les travailleurs devinent.

    Tableaux de João Vaz de Carvalho.

    
    
    
  • Pas boulotte, la femme !

    Pas boulotte, la femme !

    N’est pas boulotte, celle qui sait trancher d’une volée de hache
    Les racines qui la retiennent et la menacent de moisir.
    Sans autre forme de procès, son coup d’audace la détache
    Afin que sa vie n’appartienne qu’au destin qu’elle va choisir.

    Maintenant que son mouvement s’est répandu dans la nature,
    Tout ce qu’elle va nous réserver mérite notre anticipation.
    De quel bois se chauffe ardûment la femme nouvelle et mature ?
    Attendons-nous à observer une vaste émancipation !

    Or, de la maladie du mâle, gageons que sa femelle guérisse
    Afin qu’elle devienne conductrice d’une nouvelle humanité !
    Et moi, je jure, foi d’animal, que j’ai grand hâte que mûrisse
    De façon la plus séductrice, la femme à l’unanimité.

    Tableau de Steven Kenny.

    
    
    
  • M comme Icare

    M comme Icare

    J’ai échappé au labyrinthe de ma vie voici treize années
    Excepté, qu’à l’instar d’Icare, j’ai d’abord chu de quinze mètres.
    Souffrances après sept mois d’astreinte à l’hôpital m’ont condamné
    À m’envoler loin à l’écart vers des sommets, assis sans maître.

    Mais je ne vole pas, je plane sur des montagnards de prestige
    Dont je ne comprends ni langage ni comment m’y socialiser.
    Et trop de bourrages de crâne m’occasionnent tant de vertiges,
    Que j’en suis l’idiot du village qui vit selon les alizés.

    Puis les montagnes dominées par des coups de vents assassins
    M’ont déporté hors des limites de ce dédales de vallées.
    Aujourd’hui je suis confiné dans les forêts de marcassins
    Où je séjourne comme un ermite qui n’a plus d’endroit où aller.

    Tableau d’Abner Recinos.

    
    
    
  • C’est pas volé !

    C’est pas volé !

    Les oies sauvages volent bas par les temps qui courent ici-bas
    Et même les canards sauvages, pourtant fidèles, sont volages.
    Quelque chose dans leurs regards me laisse un sentiment hagard ;
    Si j’en crois mon chapeau melon, rien ne va plus dans nos vallons.

    Tous les oiseaux perdent la tête, le canard, l’oie et l’alouette.
    Même le héron au long cou brusquement n’est plus dans le coup.
    J’en ai parlé à mon cheval qui m’a dit que ce carnaval
    N’était rien d’autre que le reflet de mes poèmes et mes pamphlets.

    Tableau de Simon McCheung.

    
    
    
  • Le tracassier

    Le tracassier

    Sur ma tour d’ivoire, je m’ennuie… j’aimerais tant que tout s’arrête…
    Mais le soleil continue sa course et j’attrape un torticolis
    Tandis que je passe mes nuits à effeuiller les pâquerettes
    Pour découvrir toute ressource à contrer ma mélancolie.

    Alors j’invente mille farces à réserver à mes semblables
    Qui se comportent comme prévu sur leur chemin sécurisé.
    J’en appelle à tous mes comparses sur cette route invraisemblable
    Semée de pièges et d’imprévus disposés pour les défriser.

    Tableau de Mike Davis.

    
    
    
  • La liberté masquée

    La liberté masquée

    À quoi servirait la lumière si on la mettait en sommeil ?
    À quoi servirait la beauté dissimulée sous la laideur ?
    Mais les saisons sont coutumières d’inverser averses et soleil
    Et nous de voir la liberté désapprouvée par ses plaideurs.

    Perséphone était trop jolie pour Hadès, le dieu des enfers,
    Qui l’enleva d’un subterfuge et mit la Terre en abstinence.
    Alors pour contrer la folie, Zeus la limita à l’hiver
    Et elle put trouver refuge tous les printemps en alternance.

    Tableau de Jake Baddeley.

    
    
    
  • Celle-ci exactement

    Celle-ci exactement

    Soudain une tête dépasse sur les rails de la destinée.
    Celle-ci, à nulle autre pareille, deviendra votre matriarche.
    Alors profitez de l’espace-temps qui vous est déterminé,
    Ne vous faites pas tirer l’oreille et s’il le faut, sautez en marche.

    Photo de Wiktor Franko sur https:wiktorfranko.comalbums

    
    
    
  • Le café au violoncelle

    Le café au violoncelle

    En ce dimanche après-midi, la jeune fille goûte la sieste
    En compagnie de son galant qui lui joue de son violoncelle
    D’abord un air de rapsodie, puis une musique céleste
    Qui suscitera par son talent le désir de sa jouvencelle.

    Tableau « le café au violoncelle » de Roman Zasnolov.

    
    
    
  • C’est les rats !

    C’est les rats !

    Après les rouges chaperons et les méchants loups scélérats,
    L’homme a tant conté son adresse au jeu du chat et de la souris,
    Qu’enfin ceux qui hériteront de nos mémoires, c’est les rats
    À qui reviendra l’allégresse de lire la vie qui leur sourit.

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  • Stéréosexuels

    Stéréosexuels

    Bras-dessus et bras-dessous, côte-à-côte et fesse-à-fesse,
    L’homme et la femme s’assemblent, corps concave et corps convexe.
    Par-dessus et par-dessous, face-à-face tout en caresses,
    La femme et l’homme, ensemble, jouent un concerto pour sexes.

    Tableau de Marlina Vera.

    
    
    
  • Antoinette de Ridi – 7

    Antoinette de Ridi – 7

    Parfois ce n’est pas un message, qu’au réveil j’aurais oublié,
    Mais une histoire qui s’incruste dans un rêve comme une empreinte.
    Après, je ressens son passage comme si elle l’avait publié
    Dans un ouvrage que je déguste en me rappelant ses étreintes.

    Tableau Delphine Cossais.

    
    
    
  • En latin dans le rêve

    En latin dans le rêve

    Dans mon rêve, une ancienne amante
    Qui m’avait fait bien lanterner
    S’enfuit tandis qu’elle fomente
    Un coup qui va me consterner.

    Elle laisse derrière, un message
    Douze cartes ainsi décorées
    En latin dont le déchiffrage
    Pose un problème édulcoré.

    Mais en le lisant à l’envers,
    Le message redevient clair
    Tandis qu’un bras vengeur, pervers
    Me plante un couteau dans la chair.

    Heureusement, derrière la porte
    La police municipale
    Avait exigé que je porte
    Sous ma veste un gilet pare-balle.

    Quant à la signification
    Que pourrait renfermer ce songe,
    C’est une mystification
    Ou alors peut-être un mensonge.

    C’est à peu près, en simplifié, mon rêve de cette nuit qui n encore plus compliqué que cela. Quant au calendrier, je ne me souviens plus du tout où je l’ai déniché.

    
    
    
  • Un message pour demain

    Un message pour demain

    Combien mes rêves évanescents s’évaporent en me réveillant !
    Et pour retrouver le chemin, je dois plonger en profondeur
    Vers mon passé disparaissant sous les souvenirs sommeillants
    Et qui me laissent pour demain un message sur mon répondeur.

    The Women Of Tanakh Story Of Rachel Art Print.

    
    
    
  • La vérité ultra rapide

    La vérité sortant du puits fait de brèves apparitions,
    Car de nos jours, la vérité ne dure jamais bien longtemps.
    Si hier n’est plus vrai aujourd’hui, demain est en contradiction.
    Le temps, avec célérité, agit ainsi dès le printemps.

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  • Ça pousse !

    Ça pousse !

    Combien mes journées semblent longues quand l’année atteint ce moment
    Où je sens mon corps étiré de mes racines jusqu’au ciel !
    Même mon âme paraît oblongue tellement elle va slalomant
    Entre ce soleil désiré et cette terre si essentielle.

    Tableau Christine Chauloux.

    
    
    
  • La fille au bolide

    La fille au bolide

    Cette nuit dans mon train de rêve, un joli bandit en jupon
    Descendait du convoi en marche pour embarquer dans une auto
    Qui sans faire la moindre trêve s’enfuit par les routes et les ponts
    Car la fille avait un comparse, encore un drôle de zigoto.

    Vous l’auriez vue en robe blanche courant, le jupon retroussé
    Révélant un châssis solide et des cuisses bien animées !
    C’est une image qui déclenche une envie folle de rebrousser
    Son chemin pour suivre le bolide dans une course envenimée.

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  • La bonne mesure

    La bonne mesure

    Bravo pour la virtuosité et la maîtrise indispensable
    De ces grands cous démesurés dont bénéficient les girafes
    Qui mettent la curiosité à une place irremplaçable
    Pour les faire ainsi figurer à la portée du photographe !

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  • Les chromos d’antan

    Les chromos d’antan

    Te souviens-tu de ces chromos qu’on découvrait dans les paquets
    De chocolat ou de café ou qu’on gagnait pour dix bons points ?
    C’étaient des voyages en promo qui nous permettaient d’embarquer
    Pour l’Amérique ou Santa-Fé ou n’importe où mais très, très loin…

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  • La dégringolade

    La dégringolade

    Elles ont dû en voir, ces pierres, des pas qui montent et qui descendent
    Dans ces rues en dégringolade où plus d’un cul a culbuté.
    J’en ai la larme à la paupière quand je dois monter la descente
    Ou descendre à la rigolade ou quand je dois transbahuter.

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  • Nouvelle trajectoire

    Nouvelle trajectoire

    Te voici de retour au port après un voyage d’un an,
    Prêt à repartir dès demain dans une nouvelle trajectoire.
    Avec un nouveau passeport qui va t’ouvrir dès maintenant
    Toutes les voies et les chemins qui transporteront tes victoires.

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  • Mais où est le chat ? – 1

    Mais où est le chat ? - 1

    Où donc est passé ce chat qui miaule avec tant de zèle ?
    C’est un chat caméléon, un espion observateur !
    Il mène une vie de pacha et ronronne comme un Diesel
    De race du Napoléon, un chat assez dictateur.

    S’il se cache c’est par jeu, pour échapper à ses maîtres
    Qui cherchent à le destiner à être chasseur de souris.
    Il est plus avantageux de s’élever de dix mètres
    Pour mieux se faire câliner après s’être bien nourri.

    Mais je connais le moyen d’attirer cet animal ;
    Il suffit de siffloter la danse des entrechats.
    Aussitôt mon citoyen quitte son fief optimal
    Et descend sans souffloter, mais c’est normal, c’est un chat !

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  • Aux premières lueurs de l’aube

    Aux premières lueurs de l’aube,
    Tandis que la Terre s’éveille,
    Le Soleil nourrit les couleurs de ses filles.

    Aux premières lueurs de l’aube
    J’ai ancré mon bateau sur la rive
    Et je suis parti cueillir les couleurs de la Terre…

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  • Là où va l’oiseau

    Parfois je vais là où va l’oiseau,
    Parfois je monte là où montent les rêves,
    Parfois je m’élève là où pointent les cimes,
    Parfois j’atteins ma nourriture.

    Source : Photos for Sale – Fine Art America

    
    
    
  • Bien ancré à mon rocher

    Bien ancré à mon rocher

    Bien ancré à mon rocher, je laisse le fleuve dériver.
    Mon bateau est à quai et je reste aux aguets
    Prêt à repartir au moindre signe,
    Prêt à t’écrire quelques lignes.

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  • Les plus beaux

    Les plus beaux

    Les plus beaux animaux courent libres dans la nature.
    Les plus beaux hommes vivent libres dans leurs rêves.
    Les plus belles femmes aiment librement dans leur coeur.

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  • Le bisou bec-à-bec

    Le bisou bec-à-bec

    Et si on se faisait un bisou bec-à-bec ?
    On s’envole vers la plus haute branche,
    On prend un bain de lune,
    On s’asperge d’étoiles,
    On se baigne de paradis,
    Le coeur serein !

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  • Le fleuve du silence

    Le fleuve du silence

    Sur le fleuve du silence je plonge ma pagaie
    Et j’avance sans bruit dans la nuit.
    Je parcours les rives de mes rêves.
    Je sais où je vais et mon ange me guide.

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  • Mon double et moi

    Mon double et moi

    Mon double et moi menons nos vies en parallèle,
    Nous ne nous rencontrons jamais.
    Peut-être avant la naissance ?
    Peut-être au bout de la vie ?
    Nous cheminons ensemble et rions de concert.

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  • J’ai ramené cette fleur pour toi

    J'ai ramené cette fleur pour toi

    J’ai ramené cette fleur pour toi.
    J’ai cherché la toison d’or à l’autre bout de la Terre.
    J’ai trouvé le Soleil de la vie.
    J’ai cueilli sa fille baignée d’or et de lumière.

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  • La nuit, tous les élémentaux

    La nuit, tous les élémentaux

    La nuit, tous les élémentaux s’activent en secret.
    Quand l’aube darde ses rayons, on aperçoit les retardataires ;
    Ceux qui voulaient bien faire leur travail.
    Remercions-les !
    Nous leur devons les plus belles merveilles…

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  • Pour apprendre à chanter

    Pour apprendre à chanter

    Pour apprendre à chanter, l’oiseau écoute la Terre
    Pour entraîner sa voix, il se gorge d’étoile
    Pour affermir son chant, il se nourrit de rosée
    Pour séduire sa belle, il exhale l’amour.

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  • Sur les eaux dormantes du lac

    Quand l’aube luit sur les eaux dormantes du lac,
    J’ancre tous les bateaux de mon corps,
    J’encre toutes les lignes de ma vie.
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    Source inconnue. Si l’auteur de ces images reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer

    
    
    
  • Le Voyageur, le Conquérant, le Maître et le Sage

    Le Voyageur décide son chemin dès l’aube.
    Le Conquérant marche d’un pas confiant à midi.
    Le Maître parcourt son domaine le soir.
    Le Sage expérimente la nuit.

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  • Sur le dos de la Dune

    J’aime marcher sur le dos de la Dune.
    J’aime courir au reflet de la Lune.
    J’aime rire et chanter sur les beautés de la Terre.

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  • Dans la quiétude du moment

    Un soir dans la quiétude du moment,
    Immobile avec les oiseaux de passage,
    Transporté par la beauté immobile,
    Pénétré de la lumière d’or.

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  • L’ange de l’onde

    L’ange de l’onde

    Vers la gauche il regarde et se tient sur ses gardes,
    Vers la droite il s’attarde hésitant par mégarde.
    Le cœur de l’ange hasarde, cet ange, l’âme hagarde,
    Oscille entre avant-garde et entre sauvegarde.

    C’est le prince de l’onde à l’humeur furibonde.
    D’une allure faconde pour commencer sa ronde
    Et d’une âme féconde à la même seconde.
    Son esprit vagabonde, sa nature est profonde.

    Ange de l’eau, tu mens ! Tu vis l’atermoiement !
    Ange de mer, suspends ta pendule d’argent,
    Ange de l’océan, tes quarante rugissants,
    Ange des grands courants, l’éternel louvoiement !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La femme à soixante ans

    La femme à soixante ans

    La femme à soixante ans est toujours attirante.
    Elle a, au fil des ans, acquit l’âme vaillante.
    Elle va souriant dans sa vie rayonnante.
    Elle vit patiemment dans la voie souriante.

    Elle a, évidemment, une humeur chancelante.
    Elle a mille tourments mais jamais défaillante.
    Tous ses millions d’enfants dont elle est bienveillante
    Lui rappellent tout le temps sa nature accueillante.

    J’ai pour elle vraiment une pensée charmante.
    Elle est belle et pourtant restera flamboyante !
    Dans mon cœur cet enfant demeurera brillante
    Car elle est maintenant à jamais pétillante !

    La femme à soixante ans est toujours attrayante.
    Son cœur a soixante ans, son âme est clairvoyante.
    Elle offre à ses amants une peau croustillante.
    Ses soixante printemps la rendent émoustillante !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La femme-flamme

    La femme-flamme

    Femme-flamme, dans la douceur de ton foyer brûlant,
    Je t’ai vue émailler plein de jolis enfants.

    Femme-flamme, dans l’atelier, sur le tour du potier,
    Je t’ai vue façonner des fils sur ton chantier.

    Femme-flamme, dans la chaleur de ton four rougeoyant,
    Je t’ai vue embraser des filles en chantant.

    Femme-flamme, tes mains de feu connaissent leur métier,
    Alors fais-moi l’amour, je vais te marier.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les mâts

    Les mâts

    Je les vois tous tordus, je le juge foutus,
    Ils sont tous distendus comme un malentendu.
    Mais quels sont ces fichus mâts sûrement mordus,
    Par je ne sais quel gus, sinistre individu ?

    Mais ce n’est qu’un reflet que je vois s’agiter.
    Je n’ai pas observé que la réalité !
    Ce que je vois courbé n’est pas vraiment l’objet,
    Mais l’image immergée dans une ambiguïté.

    Il ne faut pas prétendre à toujours tout comprendre.
    Car il vaut mieux attendre que se laisser surprendre.
    Ce qui n’est que méandre et illusion à prendre
    Permet parfois d’apprendre à connaître et entendre.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Popoterie

    Popoterie

    Je change de crèmerie pour la popoterie :
    Impasse papeterie, pressez la sonnerie
    Pour un charivari à la toile émeri !
    On papote et on rit comme des canaris !

    Quand le vin est tiré au début de l’été,
    Il faut rire et chanter et pas se lamenter
    Si je t’ai invité(e), c’est pour ton amitié
    Et pour nous préserver un peu d’intimité.

    Tableau de Fabienne Barbier