Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Briseurs de frontières

    « La propriété c’est le vol ! » Disait Brissot ou bien Proudhon ?
    On n’sait pas à qui appartient la phrase, ça commence à bien faire !
    Prenons le taureau par le col et secouons-lui le bourdon
    En apportant notre soutien aux briseurs de murs mortifères.

    À bas les murailles immenses, à bas les cloîtres et les prisons !
    Brisons le mur de l’ignorance qui rend les esprits hermétiques !
    Et honni soit qui mal y pense et veut limiter l’horizon
    Pour établir l’intolérance envers ce qu’il croit hérétique !

    Qui a la clef du paradis s’est fait spolier comme un novice ;
    Je le sais car il n’y a ni mur, ni maison, aucune frontière.
    N’en faites pas une maladie mais la propriété est un vice
    Et tombera comme un fruit trop mûr pour l’éternité tout entière.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • Baiser mĂ©tissĂ©

    Baiser au goût café au lait, bisou citron ou chocolat ;
    Tous les goûts sont dans la nature surtout lorsqu’ils sont métissés
    D’attrait salé, olé-olé, de saveur sucrée, oh la la,
    Pour bien mélanger la mouture d’une humanité épicée.

    Métis, quarterons, sang-mêlé seront les humains de demain
    À l’ADN consolidée par ses gènes complémentaires
    Et chaque brin entremêlé des couleurs à portée de main ;
    Ceux qui en jaunissent à l’idée feraient sans doute mieux de se taire.

    Quant à moi, méditerranéen,j’ai un quart de sang italien,
    Un quart sans doute d’espagnol, un quart de la France profonde.
    Quant au dernier quart… Lémurien ? Atlante ou néandertalien ?
    Mon ADN est tartignole ; je crains que je ne le confonde.

    Tableau de Pablo Picasso.

    
    
    
  • Le choix du prince

    L’électrice, en démocratie, possède le pouvoir de choisir
    À l’opposé, en monarchie, elle se doit d’embrasser son prince.
    Sans doute qu’en théocratie, les dieux élus règnent à loisir ;
    Peut-être même qu’en anarchie, c’est plutôt le peuple qui grince.

    L’idéal serait d’essayer chaque prétendu président
    Et passer une nuit d’amour pour savoir s’il est un bon coup.
    S’il passe son temps à grasseyer comme tous ses véreux précédents,
    Dans tel cas, on pourra toujours voter en lui tordant le cou.

    À force de nous prendre pour des nouilles et de nous plumer comme un œuf,
    On se rassemble Ă  la Bastille afin de le montrer du doigt.
    Et s’il fait comme la grenouille qui veut être grosse comme un bœuf,
    Laissons-le enfler des chevilles et éclater comme il se doit.

    Tableau de Lisa Aisato sur https://www.aisato.no

    
    
    
  • Ces pies qui chantent faux

    Au royaume des pies voleuses, tout ce qui brille n’est pas d’or ;
    Si la pie blanche voit tout en noir, la noire aussi, quoi qu’il en soit.
    Le problème de ces enjôleuses tient à s’ méfier quand on dort
    D’être volé, dans son manoir, par beaucoup plus voleur que soi.

    Par ailleurs, les pies sont menteuses et ne parlent que sous un masque
    Afin de montrer patte blanche et tromper ainsi les moutons.
    Bien que la pratique soit honteuse et que personne ne les démasque,
    Elles continuent tous les dimanches Ă  nous resserrer les boutons.

    Les pies chantent faux Ă  Davos, Ă  Paris, dans tous les pays
    Et les pies volent allègrement d’une manière déloyale.
    Certaines pies roulent en carrosse et leurs sujets restent ébahis
    Quand l’un’ d’elles, par dénigrement, crache dans la soupière royale.

    Tableau d’Aaron Jasinski sur https://www.taringa.net/+arte/aaron-jasinski-pinceladas-nostalgicas-parte-2_hrdb0 ainsi que sur https://www.aaronjasinski.com

    
    
    
  • Mauvais prĂ©sages

    Mais ce qui devait arriver est arrivé finalement ;
    À force d’être exterminés, les poissons deviennent insolents.
    Avec des oiseaux motivés, ils ont croisés leurs filaments
    D’ADN prédéterminés à produire des poissons volants.

    Et les voici crevant l’écran des aquariums et des fenêtres !
    Les voilà perçant la surface de toutes calottes glaciaires !
    Ainsi foncent les oiseaux à cran et tous les alevins à naître
    Qui réclament l’ultime face-à-face contre l’humanité carnassière.

    Tableau de Cyril Rolando sur https://mymodernmet.com/cyril-rolando-surreal-digital-art

    
    
    
  • La musique aquatique

    Pourquoi du poisson aux chrétiens et des croissants aux musulmans ?
    C’est le secret du Vendredi mais pas celui de Robinson.
    Mais quoi qu’il en soit, l’entretien de cette légende ridiculement
    Pèse dans le monde des érudits bouddhistes, juifs et franc-maçons.

    J’en ai fait ce pianoquarium pour poissons muets comme une carpe
    Qui permet de communiquer avec des bulles de toutes sortes.
    Mon piscicole auditorium sous l’action de mes métacarpes
    M’a dit d’cesser d’polémiquer ; chacun voit midi à sa porte.

    Tableau de Cyril Rolando sur https://mymodernmet.com/cyril-rolando-surreal-digital-art

    
    
    
  • La reine rouge

    Bien que les reines sans histoires aient enfanté dans la douleur,
    On ne connaît pas leurs victoires, on n’a pas hissé leurs couleurs.
    Sauf pour Brigitte, la souveraine qui a épousé un enfant
    Et ainsi est devenue reine auprès de son roi triomphant.

    Bien que, dans les contes de fées, les vilaines reines soient des sorcières,
    On sait par quelle cause à effet elles finissent dans la souricière.
    Sauf pour Birgitt, la reine rouge couronnée aux Champs Élysées
    Qui souhaiterait que rien ne bouge du palais caramélisé.

    Tableau d’Ayami Kojima

    
    
    
  • La reine (ou)verte

    Les deux yeux pointés en avant dans l’embrasure de sa robe,
    Dissimulés derrière les pans comme de plongeantes paupières,
    La reine verte dorénavant à ses locuteurs se dérobe
    Afin de laisser en suspens toute réponse à leurs prières.

    Elle préfère détourner les yeux qui ne voient rien que le mensonge
    Afin de laisser l’œil du cœur libéré de toute contrainte.
    Quand l’amour devient litigieux et que le conflit se prolonge,
    Ses seins désignent le vainqueur au prix d’une mortelle étreinte.

    Photo de Sebastian Palacio

    
    
    
  • Par l’audace

    Folie de l’intrépidité, extravagance de l’audace
    Forcent mon cœur à découvrir ce qui se cache sous l’horizon.
    Allié à la témérité, mon esprit ne tient plus en place
    Et force mon corps à ouvrir les frontières de sa prison.

    Si je reste un temps immobile, le temps s’occupe alors de moi
    Et me conduit vers l’expérience qui marquera toute ma vie.
    Comme un destin indélébile qui me pigmente au fil des mois
    D’universelle invariance qui me titille mes envies.

    Tableau de Yana Fefelova

    
    
    
  • Par l’imagination

    Magie de l’imagination, fantasme de la fantaisie,
    Élèvent mon cœur dans les nues avec mon esprit pour moteur.
    À hélice ou à réaction, ou bien par télékinésie,
    L’idée nouvelle est bienvenue et fait monter mes droits d’hauteur.

    J’y vais chercher un oxygène d’une étoffe qui a du corps,
    J’y vais récolter la liqueur qui pleut des nuages à foison.
    Cette pluie hallucinogène et cette neige qui m’édulcore
    Lorsqu’elles saupoudrent mon cœur qui d’amour tombe en pamoison.

    Tableau de Yana Fefelova

    
    
    
  • Adieu, les vers sots

    Adieu, les vers sots

    Il est onze heures moins le quart, buvons ensemble un dernier verre.
    À minuit nous repartirons vers notre univers à l’envers.
    Nous avons déjà un rencard, nous n’attendons que le feu vert
    Pour déployer nos ailerons et quitter la fin de l’hiver.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

    
    
    
  • La gardienne de la porte

    La gardienne de la porte

    La porte est habitée par une espèce d’ange ;
    Il faut s’y acquitter d’une monnaie d’échange.
    Car la porte est gardée par un droit de passage
    Et jamais ne tardez Ă  payer votre gage.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Chut ! C’est dimanche !

    Chut ! C’est dimanche !

    Quand le samedi soir a semé ses nuits blanches,
    Les rayons du matin n’osent pas réveiller
    Ceux qui ont dans l’espoir de dormir le dimanche
    Dans leurs draps de satin, la tête sur l’oreiller.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La spirale du temps

    La spirale du temps

    Quand le jour et le mois ressemblent à l’année.
    C’est le temps qui s’enroule d’une faim viscérale.
    Pourquoi donc vous et moi serions-nous condamnés
    À rentrer dans le moule d’un monde en spirale ?

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Retour au port

    Retour au port

    Te souviens-tu du tour du monde que tu accomplis tous les ans
    Sur ton petit bateau de bois, la voile gonflée par le vent ?
    Ainsi ta course vagabonde regagne son port, à présent,
    Convié des rayons qui flamboient dans l’aube du soleil levant.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Dieu est un petit oiseau

    Dieu est un petit oiseau

    Je crois que Dieu est un oiseau, le plus petit de la nature,
    Celui qui devant les roseaux semble un animal miniature.
    Il naît quand le printemps revient, il meurt dans le froid de l’hiver,
    Demain renaît puis, redevient le petit roi de l’univers.

    Je crois que Dieu est un moineau car il est toujours éternel.
    Je le crois parti en automne et l’entends chanter en été
    Avec sa voix de Soprano qu’il tient de la voie maternelle
    Et son ramage qui chantonne sur un air de paternité.

    Je crois que Dieu est un serin ou un tout petit canari.
    Peut-être aussi le rossignol, le p’tit oiseau du photographe ?
    Pourquoi serait-il si serein Ă  ignorer la barbarie
    Et faire fi aux branquignols qui le traitent de pauvre Piaf ?

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Poussières d’étoiles – 1

    Poussières d’étoiles - 1

    Nous sommes poussières d’étoiles qui nous prenons pour un soleil.
    Après tout, l’image est (p)osée quand on sait que tout part d’un œuf
    Dont les cellules se dévoilent après neuf mois d’un long sommeil
    Et dont la voie est imposée par un Dieu qui n’est plus tout neuf.

    BientĂ´t la Terre devient pareille Ă  une ruche gigantesque
    OĂą l’ĂŞtre humain ne reste plus qu’une cellule de production.
    Mais qui nous a tiré l’oreille pour créer ce projet dantesque
    En nous ayant nous-mêmes inclus dans l’art de la reproduction ?

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La frontière

    La frontière

    Aujourd’hui le soleil se lève sur une drĂ´le de frontière
    Qui sépare les rives du passé et celles du temps actuel.
    Un nouvel âge qui s’élève et transforme la vie entière
    Car chaque jour est dépassé par un nouveau conceptuel.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Autour du tour

    Autour du tour

    Venez tous voir le magicien qui nous dévoile son dernier tour !
    Regardez ce monceau de glaise : il va lui insuffler l’esprit ;
    Comme le divin technicien, il lui imprime le contour
    Et par deux boucles à l’anglaise, remportera le premier prix.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Pourquoi l’eau ?

    Pourquoi l’eau ?

    Cette eau qui est si précieuse, cette eau qui porte la vie,
    Est le deuxième miracle après celui de la lumière.
    Sa nature capricieuse Ă  la science ravit
    L’inexplicable spectacle de sa majesté première.

    (Ravir dans le sens d’enlever).

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La tournĂ©e d’AndrĂ©

    La tournée d’André

    C’est ici qu’habite AndrĂ©, l’homme des bois franco-suisse
    Qui braconne dans la journée et le soir fait ses grillades.
    Quelques branches en bois cendrĂ©, quelques ailes et quelques cuisses…
    Quand André fait sa tournée, on est toute une pléiade !

    Je suis tombĂ© sur ce banc ce matin lors de ma balade dans la forĂŞt d’Eschenberg Ă  Winterthur.

    
    
    
  • La tĂŞte Ă  l’envers

    La tête à l’envers

    T’mets donc pas la tĂŞte Ă  l’envers le jour de ton anniversaire !
    On est tous de la mĂŞme branche et nos racines nous rassemblent !
    Rien n’ira jamais de travers tant que nous resterons solidaires !
    Alors reprends donc une tranche de cette vie qui te ressemble !

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • L’aventure aveugle

    L’aventure aveugle

    Perdue dans le brouillard, l’insolite aventure
    Me tend ses bras ouatés pour mieux m’emmitoufler.
    Oserais-je y aller sans la déconfiture
    De ne voir l’avenir sans pouvoir y souffler ?

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Chutes Ă©ternelles

    Chutes éternelles

    Depuis que je suis tombé, tout s’écroule autour de moi.
    Il n’y a ni stabilité ni d’arrêt quoi qu’il en soit.
    Tout continue de rouler comme des pierres de guingois.
    Je reviens à mon départ et je repars chaque fois.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.