Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La naissance de VĂ©nus

    La naissance de Vénus

    Si Dieu crée l’homme à son image, l’homme doit pouvoir créer Dieu.
    Et plutôt que créer un mythe, j’aimerais mieux la Vérité
    Sortant du puits pour un hommage à Vénus dans un corps radieux
    Juste vêtue, à la limite, d’un élan de sincérité.

    Maintenant que j’ai ma déesse en chair et en os achevée,
    Je vais écrire son histoire dans une bible immaculée
    Où les versets crient la prouesse de son amour parachevé
    Par toutes les positions notoires du sexe au culte miraculé.

    Enfin je quitterai ce monde pour celui que j’aurai créé
    Avec Vénus à mes côtés pour l’aimer pour l’éternité.
    Loin de ces artifices immondes que sont les valeurs maugrées
    Par les dieux tarabiscotés de l’utopique modernité.

    Alors des flots surgit la femme, ruisselante d’ondes guerrières,
    Ses paupières closes me déclament l’éclat d’un monde en gestation.
    Je tends ma plume comme une lame, vers ses lèvres aventurières
    Et dans son souffle je proclame la naissance de MA création.

    Tableau d’un peintre qui s’appelle Juste Tretchikoff car je n’ai pas trouvé son prénom.

    
    
    
  • L’argument

    L’argument

    Monsieur s’impatiente et tempête :

    « Elle a toujours le dernier mot sinon elle a d’autres arguments
    Qui déséquilibre l’adversaire et met fin à toute riposte.
    Lorsqu’elle sort prestissimo un nichon subrepticement,
    Que dis-je ? Une mamelle comme émissaire qu’elle darde vers les avant-postes.

    L’obus argumenté fait mouche et cloue le bec à l’opposant
    Comme s’il embouchait le téton qui fait office de bouchon !
    Aussitôt se tarit sa bouche et il accepte l’imposant
    Raisonnement tellement béton que s’en dédit notre cochon.

    Et puisqu’on parle de cochon si l’argument ne suffit pas,
    Elle a plein d’autres armes secrètes sous les dessous prêtes à jaillir
    Sur le terrain du polochon, terrain miné par les appas
    De la conquérante discrète qui frappe sans jamais faillir. »


    Voire… laissons-la s’exprimer :

    « Il pense, le beau, qu’en deux tétons je gagne toutes mes batailles…
    Il croit céder au sein impie ? Mais non ! C’est juste un leurre exquis !
    Car c’est d’un regard en deux tons et de mon silence en mitraille
    Que l’âme qui l’envoie au tapis, à coup de bouteille de whisky.

    Je laisse croire qu’un décolleté suffit à vaincre son esprit,
    Qu’il est l’argument invisible, la rhétorique en hauts talons.
    Mais dans l’embrasure, a voleté ma ruse qui l’a le plus surpris,
    Celle qui sourit…imprévisible et gagne la main au pantalon ! »

    Alors je tire du corsage, l’arme suprême du décolleté ;
    Non pour flatter ses appétits mais pour sceller son abandon.
    Car d’un sourire en héritage, il a le gland décalotté…
    Le sein n’est qu’une feinte aboutie afin de lui couper le cordon.

    Tableau de Waldemar Kazak sur https:arthur.ioartwaldemar-kazakend-of-parade .

    
    
    
  • Les Dieux nordiques – Le Mont Olympe

    Les Dieux nordiques – Le Mont Olympe

    Au-dessous des nuages blancs qui coiffent le palais des dieux,
    J’ai grimpé les pentes escarpées jusqu’au trône de Zeus, sans doute.
    Entre les éclats redoublants se dressait un griffon radieux
    Qui, voyant mes mains écharpées, m’a laissé poursuivre ma route.

    Au sommet, Zeus m’a accueilli en m’offrant l’éclair silencieux
    – Fragment d’étincelle de foudre – qu’il a arraché à l’orage.
    Alors Athéna a jailli avec un serment sentencieux :
    « J’ai supplié Zeus de t’absoudre si tu avances avec courage ! »

    En descendant sous les sapins veillaient des corbeaux messagers
    Envoyés du palais d’Asgard par Odin pendant la morte-eau.
    Et Zeus lança, tel un grappin, sa foudre pour m’encourager
    Tandis que Thor avec égard lui rendait, levant son marteau.

    Alors Freyja vint à pas lents, sous son grand manteau, dévoilée ;
    Ses yeux billaient de l’alliance entre l’amour et la violence.
    Athéna d’un pas nonchalant dressa son égide étoilée :
    « Reçois de mon bras, la vaillance et de mon cœur la vigilance ! »

    Alors les deux déesses d’or joignirent leurs mains lumineuses,
    Freyja réunit son collier avec l’égide d’Athéna :
    « Toi, le symbole de notre accord, reprends ta course vertigineuse
    Et va rencontrer nos alliés de Rome pour ton mécénat ! »

    Alors Freyja et Athéna ensemble sertirent un anneau
    Et me jurèrent par cette union de m’assister dans cette quête.
    Si Freyja me rasséréna en allumant tous ses fanaux,
    Athéna brandit son fanion et nous partîmes à la conquête !

    Alors ensemble nous quittâmes l’Olympe, cette montagne aux vents sauvages,
    Traversèrent à nouveau la brume et descendîmes vers la plaine.
    Vers la mer Égée dont les lames déferlaient fort sur le rivage
    Et sous l’étoile, nous courûmes, mes femmes et moi à perdre haleine.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La mode au paradis

    La mode au paradis

    Quand irons-nous au Paradis comment donc nous vêtirons-nous ?
    Un vêtement blanc, une tunique ? Un nimbe d’or, une couronne
    Ou un costume de comédie, un uniforme choupinou
    Prévu pour un spectacle unique de danses soufis isochrones ?

    Vivre toute une éternité, toujours dans la même tenue,
    Sera sacrément monotone ; Dieu ne peut pas nous faire cela !
    J’espère que la modernité avec ses fringues saugrenues
    N’aura d’influence qui détonne envers mes rêves d’au-delà !

    Ceux qui sont pour la transparence porteront l’aube translucide
    Et ceux qui cachent quelque chose, une robe opaque convenue.
    Mais quelle qu’en soit l’apparence, si je redeviens plus lucide,
    J’aspire à la métamorphose des hommes et femmes en anges nus.

    Photo de Spencer Tunick sur https:www.theguardian.comartanddesigngallery2022sep10the-naked-ambition-of-spencer-tunick-in-pictures .

    
    
    
  • Camille en corrĂ©lations

    Comme de coutume, le lundi, Camille à l’Opera Mundi
    Passe son temps en conférences, avec respect et déférence,
    À parler des choses du monde, autant agréables qu’immondes…
    Bref toutes les informations qui réclament son attention.

    Quant au reste de la semaine, elle est aux relations humaines ;
    Communications personnelles et attaches professionnelles.
    Entre théorie et pratique, correspondances médiatiques…
    Bref toutes les reconnaissances acquises depuis sa naissance.

    Heureusement le samedi, viennent loisirs et comédies ;
    Ce soir on va à l’Opéra ou bien au théâtre, on verra !
    Après elle va s’encanailler, elle a le cœur à chamailler…
    Bref ce soir Camille se lâche, samedi soir, on fait relâche.

    Que fait Camille le dimanche ? Elle va danser, elle se déhanche ;
    Thé dansant, salsa et tango, danses exotiques ou fandango.
    Dans les dancings festivaliers, elle choisit son cavalier…
    Bref Camille l’intellectuelle passe aux relations sexuelles.

    Tableaux d’Igor Bondarenko.

    
    
    
  • Le combat des peuples

    Le combat des peuples

    Un jour le peuple s’est trompé de bulletin approprié
    Pour élire le bon candidat du bon moment à l’Élysée.
    Son caractère bien trempé nous avait tous entortillés
    Jusqu’à c’ qu’un jour il décida qu’il nous ferait tous baliser.

    Nous fîmes une guerre civile principalement les samedis
    Aux ronds-points avec gilets jaunes, de l’Opéra à la Bastille.
    Aujourd’hui dans toutes les villes on voit des foules ragaillardies
    Venues des lieux d’ seconde zone que les forces de l’ordre écharpillent.

    Bizarrement on l’a réélu ; comme quoi malgré les mécontents
    Ceux qui veulent « vivre comme avant » sont devenus majoritaires.
    Ce temps de dupes est révolu et espérons qu’avant longtemps
    Nous aurons, détail aggravant, une révolution salutaire.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

    
    
    
  • L’AssemblĂ©e irrationnale

    À l’assemblée chacun son masque quand la république est en marche.
    Certains le portent sur les yeux – ceux-là n’auront jamais rien vu –
    D’autres sur leurs bouches fantasques pour ne faire aucune démarche
    Et d’autres sur les lobes orgueilleux d’oreilles qui n’ont rien entendu.

    Le masque cache la place vide de qui a pris la clef des champs
    Pour éviter de comparaître devant celui qui le confond
    Car son visage devient livide, autoritaire, même méchant,
    Aussitôt qu’on voit apparaître le moindre détournement de fonds.

    Sculpture d’Ans Vink sur https:www.lilavert.comblog_lilavertgallerie-1sculptures .

    
    
    
  • La Rose qui voulait voir le monde

    La Rose qui voulait voir le monde

    Il était une petite rose, toute timide en son jardin,
    Qui rêvait d’explorer le monde et naviguer dans l’outremer.
    Elle pleurait des rosées moroses dans son bassin périgourdin
    Dont les eaux coulaient, vagabondes, jusqu’aux ouïes des poissons de mer.

    Ce bouche à ouïe aquatique remonta jusqu’aux anciens dieux ;
    Éole alloua l’air du levant, Neptune ses poissons volants.
    Et l’on vit un fantasmatique, étrange carrosse dispendieux
    Promener la rose-des-vents dans un voyage affriolant.

    Après elle a perdu le nord quand elle a passé l’équateur
    Et a exploré l’Antarctique dans ses plus basses latitudes.
    Ce seraient les signaux sonores de quelques câblo-opérateurs
    Qui ont transmis sa fantastique pérégrination dans le sud.

    Collage de Paula Belle Flores sur https:www.iamfy.coshoppaula-belle-flores .

    
    
    
  • Les voyages en poisson-volant

    Les voyages en poisson-volant

    Vendredi, je ne sais pourquoi, je m’envole en poisson-volant
    Pour respirer un air iodé empreint des embruns coralliens.
    Quand vient le moment adéquat, j’en appelle un, batifolant
    Par les vieilles ballades yodlées comme des chanteurs tyroliens.

    Car les meilleures montgolfières, construites en poissons de Bavière,
    Vous siéent les meilleures montures qui vous emporteront au loin
    Toutes les rêveuses sont fières de traverser monts et rivières
    Pour aller braver l’aventure jusqu’au dimanche et faire le point.

    Faire le point sera facile grâce au vol des roses-des-vents
    Qu’il me suffira d’observer pour mes prochains itinéraires.
    Si les vents se montrent graciles, le voyage sera innovant
    Mais devra bien me préserver des coups de foudre temporaires.

    Collage de Margaret Orr sur https:www.redbubble.comfrpeoplehogretshop .

    
    
    
  • L’école de la rĂ©silience

    L’école de la résilience

    J’ai des ressources plein mon cartable car je suis toujours à l’école ;
    L’école de la survivance dans ce siècle qui va de travers.
    Chaque seconde est exploitable pour me soumettre au protocole
    Où je me branche en connivence avec l’univers à l’envers.

    Alors je bascule en arrière dans une totale résilience ;
    D’abord j’accepte mon naufrage tout en préservant mes efforts.
    Je ne regarde plus derrière et je recherche l’alliance
    Qui recueillera le suffrage de ce qui me rendra plus fort.

    Tableau de Jung Yeon Min.

    
    
    
  • Les porteurs de lumière

    Les porteurs de lumière

    Le couple, porteur de lumière, partage ses condoléances ;
    L’homme porte l’énergie lunaire et la femme, l’énergie solaire.
    Ce feu sacré dans leur chaumière ne subît aucune influence
    Des escarmouches embryonnaires qui pourraient crever de colère.

    Force et faiblesse disparaissent dans la fusion des demi-cœurs ;
    Le froid se réchauffe à la flamme et la chaleur se cristallise.
    De nouveaux êtres apparaissent car l’énergie les rend vainqueurs
    Et chacun partage son âme dans l’amour qui l’immortalise.

    Sculpture de Riccardo Biavati.

    
    
    
  • Enlacements

    Au premier temps de la caresse, les doigts s’attouchent doucement ;
    La main effleure les cheveux, sans précision, presque gauchère.
    Le temps s’étire par paresse et puis s’arrête patiemment ;
    Les corps s’abandonnent au vœu de ne faire qu’une seule chair.

    La fusion ne saurait attendre son alchimie de l’amalgame ;
    Les langues échangent leurs bouches et le temps reprend son envol.
    La passion de plus en plus tendre atteint bientôt le haut de gamme ;
    L’amour transmute sur la couche désirs et plaisirs qui convolent.

    Tableaux de Georgy Kurasov.

    
    
    
  • Lectures pour tous les temps

    Quel doux bonheur que le matin oĂą je me baigne de lecture
    Avec le chat tout près de moi qui m’assiste dans ma détente !
    C’est vrai, je fais traîne-patins, vagabond de littérature ;
    Seulement voilĂ , au fil des mois je suis devenu dilettante.

    Quel doux plaisir que ces soirées où je repars à l’aventure
    En renouant avec l’histoire qui m’avait vaincu de sommeil,
    Qui me laisse aux heures moirées la peine à faire la jointure
    Que j’oublie toujours, c’est notoire, aux premiers rayons du soleil !

    Tableaux de Didier Lourenço.

    
    
    
  • S.O.S. inspiration

    S.O.S. inspiration

    Boum ! Quand l’inspiration s’éteint et que le courant s’est perdu,
    Tous les morceaux éparpillés semblent impossibles à réunir.
    Alors je laisse le destin dériver ma course éperdue
    Avec les yeux écarquillés sur les surprises d’avenir.

    Photo de Natacha Einat.

    
    
    
  • La reine de cĹ“ur Ă©pique

    La reine de cœur épique

    La reine de cœur donne la réplique à tous ses problèmes d’amour ;
    Elle découvre sa poitrine en ouvrant sa combinaison.
    Le roi – quelle mouche le pique ? – envoie ses chevaux et ses tours
    Que ses deux évêques endoctrinent, pour rester seuls à la maison.

    Tableau de Michael Cheval.

    
    
    
  • L’âme-sĹ“ur

    Tous ceux qui croient avoir vécu une ou plusieurs vies antérieures
    Auraient été princes de sang, nés d’une mère magicienne.
    Ainsi les morts ont survécu par des naissances postérieures
    À condition qu’à cent pour cent, leur âme-sœur soit égyptienne.

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  • Le livre de la vie

    Le livre de la vie

    Le meilleur moment des semences dépend des phases de la lune ;
    Après, tout dépend du soleil, la pluie et l’environnement.
    Puis, vient le temps des transhumances où l’homme ira chercher fortune
    LĂ -bas, au pays des merveilles, selon son propre rayonnement.

    (« Les morts, c’est comme la semence, on met en terre et après, tout dépend du ciel. »
    Extrait de « Les champs d’honneur » de Jean Rouaud.
    Fresque égyptienne du voyage de Rê dans la Douât.)

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  • Le baiser vierge

    Le baiser vierge

    Sur un côté de ton visage, j’ai calqué ta constellation
    Tout autour de ton œil astral, source de divine lumière.
    Qu’il est charmant, le doux présage que produit l’interpellation
    Du baiser vierge et magistral dont mes amours sont coutumières !

    Photo de Lisandro Fernandez.

    
    
    
  • L’automne s’amuse

    L’automne s’amuse

    À quelques jours de l’équinoxe, les quatre muses des saisons
    S’entraînent à charmer la nature pour offrir l’hospitalité
    À cette mode paradoxe qui va lui troubler la raison
    Par des habits neufs qui saturent d’une rouille tonalité.

    Tableau de Ronnie Biccard.

    
    
    
  • L’hĂ´tel de Lune

    L’hôtel de Lune

    Premier quartier, hĂ´tel de luxe, la Lune vous offre une chambre,
    Vue magnifique et imprenable sur toutes les constellations.
    Servie par Castor et Pollux, les deux étoiles de septembre,
    Savourez leur impressionnable et somptueuse collation.

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  • Les sauts de gĂ©ants

    Les sauts de géants

    Je marchais au bord de la mer, j’écoutais la voix des sirènes ;
    Après je m’asseyais enfin, les yeux perdus dans l’océan.
    Puis, dans la brise douce-amère, le cœur en paix, l’âme sereine,
    J’attendais de voir les dauphins accomplir des sauts de géants.

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  • Le sillon de la vie

    Le sillon de la vie

    Imaginez tous vos instants gravés sur un microsillon
    Et tous ces enregistrements vous vêtiraient d’enlacements ;
    Imaginez le temps restant pour aller au bout du sillon
    Et découvrir finalement que vous n’êtes qu’au commencement.

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  • Paon l’oiseau – 2

    Paon l’oiseau - 2

    Paon l’oiseau est malin et coquin séducteur
    Qui, le coup de la paonne, nous fait Ă  chaque coup.
    Paon l’oiseau est câlin à l’amour conducteur
    Les femelles se pâment et se jettent à son cou.

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  • Paon l’oiseau – 1

    Paon l’oiseau - 1

    Paon, l’oiseau fait la roue pour séduire sa belle.
    Et la belle est séduite de tous ces yeux braqués
    Sur les plumes en froufrou, un peu folles et rebelles,
    D’une aimable conduite qui la fera craquer.

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  • Au voleur

    Au voleur

    C’est l’heure où sort le raton, furtivement des fourrés.
    Attention c’est un voleur très rapide et bien masqué !
    Malgré les qu’en-dira-t-on, il vit, très mal entouré
    De mulots cambrioleurs au pays des rats musqués.

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  • Ă€ la vĂ´tre

    À la vôtre

    Encore un jour comme les autres, coincé entre été et automne
    Sur les vagues qui se fracassent et qui déferlent vers les terres.
    Mais si je vous dis « À la vôtre ! » d’une voix luronne et gloutonne,
    Je risque de boire la tasse en fĂŞtant mon anniversaire.

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  • La tĂ©lĂ©pigeon

    La télépigeon

    C’est vrai qu’il est drĂ´le de voir tous les soirs
    Tous les gros bobards qu’on doit avaler.
    On est sous contrĂ´le, la tĂŞte au pressoir,
    Mais c’est trop bonnard d’rester affalĂ©s.

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  • Gulliver chez les gĂ©ants

    Gulliver chez les géants

    Quand il était chez les géants, Jonathan en a profité
    Pour écrire ses mots de potache sur un agenda adéquat.
    S’il n’avait, le cas échéant, pas de plume bien affutée,
    Il prenait un poil de moustache qu’il trempait dans je ne sais quoi !

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  • Grand cerf

    Grand cerf

    Chaque fois que je m’égare dans des rêves un peu confus,
    J’en appelle à tous mes guides et principalement « Grand Cerf » !
    Il est à tous mes égards, sans m’opposer de refus
    Lorsque je me sens languide sous le signe du cancer.

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  • Biser les moutons

    Biser les moutons

    La nuit je bise les moutons dans mes escales entre les rĂŞves.
    Lorsque je quitte un joli songe avant de m’embarquer ailleurs.
    Parfois je dégrafe leurs boutons et je les couche sur la grève
    En disant de jolis mensonges à mes brebis d’un air railleur.

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  • Mon gros minet

    Mon gros minet

    Mon gros minet tout moustaché, tu passes ton temps à rêver
    Tandis que les p’tits rats dansotent que tu n’aperçois même pas.
    Peut-être t’es-tu amouraché de quelques souris dépravées
    Qui de leurs grands yeux papillotent et t’hypnotisent de leurs appâts ?

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  • Recette marine

    Recette marine

    Prenez un gros jaune bien mûr et plongez-le dans l’eau fouettée
    Que vous mettrez en émulsion par quelques vents forts alizés.
    Battez ensuite dans la saumure quelques poissons bien mouettés
    Enfin, selon votre impulsion, un peu de sel cristallisé.

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  • Couleurs d’automne

    Couleurs d’automne

    Rendez-vous au prochain automne, m’avait dit Madame Larousse
    Cette saison où je m’effeuille et m’exhibe nue en plein vent.
    Joli striptease monotone que je verrai dans la cambrousse
    En convoitant ce millefeuille l’eau à la bouche en salivant.

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  • Descente aux trĂ©sors d’automne

    Descente aux trésors d’automne

    Descendre ce jardin d’automne, tout doucement quand rien ne bruit,
    C’est comme pêcher des trésors dans l’épuisette d’un cœur neuf.
    Avec les couleurs qui détonnent dans la récolte des derniers fruits
    Que j’amasse comme un précieux or depuis l’année deux-mille-neuf.

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  • Comme un cachalot devant le vase de Soisson

    Comme un cachalot devant le vase de Soisson

    C’était ce matin dans la brume, je cheminai au bord du lac
    Lorsque je vis sortir de l’eau une jolie queue de poisson.
    Puis, dans une gerbe d’écume, je vis surgir deux seins « clic, clac ! »
    J’en restai comme un cachalot devant le vase de Soisson !

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  • La symphonie de minuit

    La symphonie de minuit

    Doucement tombe la neige en pizzicato moelleux ;
    Juste quelques notes blanches sur l’étoffe de la nuit.
    Observez bien le manège du doigté talentueux
    De la pianiste qui déclenche la symphonie de minuit !

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  • Enfin, la rencontre

    Enfin, la rencontre

    Tu voulais que l’homme vienne à toi, gage de sa témérité !
    Je voulais que la femme exprime qu’elle avait très envie de moi !
    Finalement, je t’ai cédée et j’en suis bien récompensé !
    Et lorsque tu m’as embrassé, tu étais ma reine, j’étais ton roi !

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  • Pendant ce temps, les Ă©toiles

    Pendant ce temps, les étoiles

    Dans notre horloge cosmique, les étoiles tournent en rond,
    Enfermées dans cette sphère que j’imagine là-haut,
    Comme des milliards d’aiguilles, d’infimes petits éperons.
    Et je suis la plus petite, échappée de ce chaos.

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  • Madame Coucou

    Madame Coucou

    À son air courroucé, on la devine ivre
    De colère ou de rage ou de viles intentions.
    Car Madame Coucou n’a pas de savoir-vivre ;
    Elle cherche Ă  voler une autre habitation.

    Elle pond ses ouvrages dans le foyer des autres.
    Un cadeau pensez-vous ? Vous n’y êtes pas du tout !
    Car sa création va éliminer les vôtres,
    Aussitôt l’œuf éclot, elle fait le vide partout !

    Car Madame Coucou est une concurrente !
    Elle cache ses œufs dans plusieurs autres nids.
    Vous pensez nourrir votre famille apparente
    En réalité vous nourrissez l’ennemie.

    Elle se dit poète, écrivaine ou artiste,
    Elle met dans vos œuvres toute sa litanie.
    Mais sa vraie volonté est bien plus égoïste :
    Elle veut vous écarter et cherche l’avanie.

    Mais voilà, elle est faible et n’a pas le talent
    D’élever sa portée par le canal du cœur.
    C’est pourquoi j’ai pitié sans être ambivalent
    Mais je n’accepte pas les volatiles truqueurs.

    Tableau de Fabienne Barbier