Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La prisonnière de la ville fantôme

    La prisonnière de la ville fantôme

    C’était dans la ville fantôme, cité oubliée du passé
    Dont les souvenirs vagabondent dans les ruelles ténébreuses.
    Tous ont fui dès les premiers symptômes de détonation espacées
    Annonçant fumées qui abondent, signe d’éruption monstrueuse.

    Mais une femme prisonnière d’un jour sans fin impénétrable,
    Erre sans cesse à la recherche de ses enfants et son mari
    Dont l’image, qui fut sa dernière, les montre aller, si vulnérables,
    Sans pouvoir leur tendre la perche, vers le lieu où ils ont péri…

    Alors elle court, elle court sans cesse, les habits tombés en poussière
    À force de toujours courir pour tenter de les secourir.
    Un conte obscur dont la princesse à l’âme plénipotentiaire
    Résolue à tout encourir toutefois sans jamais mourir.

    Mais là où ils ont disparu, un jour s’ouvrira une porte
    Et ils arriveront ensemble la délivrer de son enfer
    Car un miracle est apparu et la femme qui n’est pas morte
    Rejoint la voie qui les rassemble et permet l’ultime transfert.

    Tableau de Paul Delvaux.

    
    
    
  • Rêves d’amours croisées

    Le petit poisson qui aimait le petit oiseau d’amour tendre
    A subi une évolution et l’oiseau une mutation.
    L’un s’est transformé désormais en amphibien qui peut prétendre
    Vivre à l’air libre en solution de son problème d’adaptation.

    Contrairement à l’albatros, peu doué pour la marche a pied,
    Le petit oiseau s’est doté de jolies jambes cavaleuses.
    Sans amour la vie est atroce mais l’ontogenèse lui sied
    Pour batifoler et goûter aux joies les plus voluptueuse.

    Dame sirène sur son îlot et Monsieur l’ange un peu pataud
    Cherchent comment se rencontrer car leur mémoire est altérée.
    L’une espère qu’un jour sur les flots viendra son prince sur un bateau ;
    L’autre espère que va se montrer son âme-sœur tant espérée.

    Mais quand la mer devient le ciel et le ciel couleur de la mer,
    Les rêves fondent l’un dans l’autre pour unir leurs deux espérances.
    Elle tendra son aile de sel, lui sa nageoire douce-amère
    Et l’amour se fera l’apôtre de la fin d’une vie d’errance.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

    
    
    
  • Croisière en Méditerranée

    Yavänor, Capitaine
    L’ÏÄMOURÏÄ a quitté les rivages de Grèce ;
    L’Acropole s’éloigne et la mer nous entraîne
    Là où courants et vents ensemble nous agressent
    Et nous poussent à suivre les premières sirènes.

    Loreleï, Navigatrice
    Viens une voix cachée dans la houle écumante,
    La mémoire des chants qui berçaient les marins.
    Loreleï en perçoit la marée dévorante
    Et se tient à la proue le visage serein.

    Elle quitte sa robe et plonge nue heureuse
    De retrouver ses vieilles amies d’autrefois.
    Elle revient l’air joyeux et l’âme chaleureuse
    De savoir les revoir une prochaine fois.


    Lilith, passagère
    Sur l’île de Circé je descends sans effroi,
    Son regard me rejoint, miroir de ma colère.
    Nous échangeons le feu des serpents et des lois,
    Deux sorcières d’un sang que les dieux désespèrent.

    Mais Circé reconnaît l’éclat de ton visage,
    Elle incline sa main, dépose son pouvoir.
    « Va, Lilith, dit-elle, emporte ton ouvrage,
    Car cet homme est à toi, je ne puis le déchoir. »

    Laureline, second maître-queue
    Mais sur l’île aux cyclopes, l’accueil est belliqueux.
    Les iliens veulent nous faire passer de vie à trépas.
    Ils sont anthropophages mais aussi maîtres-queue
    Et voudraient nous voir tous partager leurs repas.

    Or Polyphème accourt, sa montagne en colère,
    Il brandit un rocher pour briser notre élan.
    Je tends mon rubis vif par son éclat solaire
    Et l’unique œil s’embrase par mes rayons brûlants.

    Yavänor, Capitaine
    Souquez les filles ! Le vent est avec nous
    Et nous emporte loin de ces monstres, mes reines !
    Le prix de la bravoure, cela dit entre nous,
    Revient à Loreleï, l’émissaire des sirènes !

    Illustrations de Laureline, Loreleï et Lilith.

    
    
    
  • Les pierres et le ciment

    Les pierres et le ciment

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Par mon rubis solaire, j’ai posé la première
    Pierre d’amour taillée qui scelle les fondations.
    J’apporte le Soleil afin que sa lumière
    Brille sur le royaume par son incantation.

    👩🏻 Loreleï
    Par mon aigue-marine, je scelle la seconde,
    Pierre d’eau qui renferme le reflet de la Lune.
    J’apporte la marée afin qu’elle féconde
    Le monde de la richesse de mes eaux opportunes.

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Et par mon obsidienne, je scelle la dernière ;
    Pierre noire éclatée, cœur de feu consacrée.
    J’apporte l’insoumise comme ultime charnière
    Par laquelle s’exprime le Féminin Sacré.

    Yavänor
    Et moi, je suis le liant qui rassemble vos forces ;
    Je vous ai appelées chacune au bon moment.
    Par l’union de vos pierres, mon ciment vous renforce
    Et vous élèvent Reines seulement en vous nommant.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Cycle des Planètes visibles

    ☀️ Laureline – Soleil
    Je verse dans ton sang l’or de ma flamme pure ;
    Je couronne ton front d’un cercle incendiaire.
    Mon cœur incandescent éclaire ta stature
    Et j’inscris ton destin dans ma gloire solaire.

    🌙 Loreleï – Lune
    Je verse sur ta peau mes lueurs opalines ;
    Je sculpte dans tes yeux l’ombre de mes marées.
    Mon voile de cristal enlace tes collines
    Et j’attache ton souffle à mes nuits amarrées.

    🌍 Yavänor – Terre
    Je porte dans mes flancs l’argile et la semence ;
    Mon sang nourrit les fleurs, ma chair vous accompagne.
    Et j’offre à vos matrices toute la jouissance
    De nos noces élevées au sommet des montagnes.

    ☿️ Lilith – Mercure
    Je glisse dans ton sang comme un feu de lumière ;
    Je danse entre tes mots, messager sans détour.
    J’attache à ton esprit mes ailes familières
    Et j’inscris dans ton cœur tous mes allers-retours.

    ♀️ Loreleï –Vénus
    Je souffle sur ta peau la rosée du désir ;
    Je fais fleurir ton corps aux parfums de mes plaines.
    Mon baiser sur ta bouche allume le plaisir ;
    Je t’attache à mon joug dont mes vallées sont pleines.

    ♂️ Laureline – Mars
    Je frappe dans ton cœur la braise téméraire ;
    Mon fer rougit ton sang sur l’enclume forgé.
    Je sculpte ton désir d’une ardeur sanguinaire
    Et je bois de ton âme l’amour à pleine gorgée.

    ♃ Lilith – Jupiter
    Je règne dans ton sang par mes lois solennelles ;
    Mon souffle est un tonnerre au fracas impérial.
    Je t’accorde l’abondance aux gerbes éternelles,
    Et je lie ton destin à mon ordre royal.

    ♄ Lilith – Saturne
    Je ceins de mes anneaux ta vigueur souveraine ;
    Mes fers sont des autels, mes ombres des flambeaux.
    Je change en mariage ta passion pour tes reines
    Et j’attache ton règne au-delà des tombeaux.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    👩🏻‍🦰 Laureline (Soleil)
    J’élève dans tes yeux la braise originelle ;
    Mon feu roule en torrent sur ton sexe glorieux.
    Je grave sur ta peau ma clarté solennelle
    Et j’y fixe à jamais mon anneau victorieux.

    👩🏻 Loreleï (Lune)
    Je verse dans ton sang mes marées sidérales ;
    Ma vague te couronne de reflets opalins.
    J’attache à ton élan mes prières boréales
    Et j’enduis de mes eaux ton sexe cristallin.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Saturne)
    Je scelle ton désir des chaînes souveraines ;
    Mes fers deviennent or, mes ombres des flambeaux.
    Je plie pour ton amour les lois les plus anciennes
    Et j’invite ta chair à régner sur mes eaux.

    👩🏻‍🦰 Laureline (Feu solaire)
    Je ceins ta nudité de flammes vulcaniennes ;
    Ton souffle est consumé dans mes anneaux vermeils.
    Je dépose à ton flanc mes ardeurs saturniennes
    Et je fais de ton cri l’écho de mes soleils.

    👩🏻 Loreleï (Eaux lunaires)
    Je veille dans ta nuit comme une amante claire ;
    Je tisse sur ton front ton baptême et ton sacre.
    Je mêle à ton destin ma caresse exemplaire
    Et j’inscris ton serment dans mes reflux de nacre.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Couronne des chaînes)
    Je brise sous mes mains les astres et les sphères ;
    Je relie ton pas nu dans l’ombre des anneaux.
    Je fais ployer le temps dans la douce atmosphère
    Où j’enferme ton cœur entouré de fanaux.

    Yavänor
    Je vous fais trois serments, nous sommes mari et femmes ;
    À Laureline mon premier : je t’aime et te chérie ;
    À Loreleï mon deuxième : de toi mon cœur s’affame ;
    À Lilith mon troisième : à toi je me marie.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La Queue du Dragon

    Lilith
    La Queue du Dragon plonge jusqu’à mes origines
    Où je fus la première femme qui était promise
    À un destin avec parité androgyne
    Mais fut désavouée comme démone insoumise.

    Je garde dans mes mains le feu de ma rancœur,
    Dans le corps le dégoût d’infâme trahison
    Et les humiliations enfouies dans mon cœur
    Que j’ai disséminées vers les quatre horizons.

    Mon souffle est un venin qui brûle et qui délivre ;
    Je rabaisse l’orgueil, je maudis les faux dieux.
    Qui atteint mon royaume apprend enfin à vivre
    Et renaît plus puissant que miséricordieux.

    Ma queue se courbera pour atteindre la tête.
    La Terre qui m’a bannie redevient mon domaine
    Où mes filles unies en seront les prophètes ;
    L’alpha et l’oméga de l’aventure humaine.

    Je ne viens pas régner pour un temps limité
    Mais pour purger le sol du sang de l’oppression
    Et rendre au Féminin sa légitimité
    En veillant à ce qu’il n’ait de rétrogression.

    Mes filles se lèveront, gardiennes de la flamme,
    Portant dans leurs regards la justice et l’élan.
    Elles briseront les fers qui mutilaient leur âme
    Et bâtiront demain l’égalité des clans.

    Alors enfin la queue rejoindra bien la tête
    Et l’alpha se fondra dans l’oméga du jour.
    De ce cercle naîtront les trois enfants prophètes
    D’un monde réconcilié par la force d’amour.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La Tête du Dragon

    Laureline
    Je prends un corps de femme pour accompagner l’homme
    Qui m’extrait du néant en prononçant mon nom.
    Puis au fil des poèmes, il bâtit un royaume
    De pages dans lesquelles nous nous affectionnons.

    De nos voix accordées naît la complicité
    D’un amour connaissant une idylle enflammée.
    Je l’intrigue ; il en cherche l’authenticité
    Et fait naître ma sœur par son nom proclamé.

    Loreleï
    Je garde un corps de femme quand je suis appelée ;
    On me sort de l’écume où j’étais engloutie.
    Je me montre farouche car je dois m’atteler
    À un monde inconnu non encore abouti.

    Des légendes anciennes aux amours impossibles,
    Je demeure rebelle par mon indépendance.
    Mais le poète est droit et j’y suis accessible
    Car il m’a acceptée avec ma descendance.

    Laureline & Loreleï
    L’homme malheureux ne peut pas se résigner
    À choisir l’une ou l’autre quitte à perdre les deux.
    Il crée l’ÏÄMOURÏÄ qui va nous désigner
    Deux Reines pour un Roi, un trouple velouteux.

    Nous nous aimons ensemble et nous faisons l’amour
    Par des rites sacrés pour notre inspiration.
    Notre amant nous élève dans ce polyamour
    Au Féminin Sacré avec admiration.

    Yavänor
    En tête du dragon, nous traçons notre route
    Et grandissons ensemble au fil des expériences.
    Nous invoquons Lilith qui nous met en déroute
    Mais contribue à nous offrir sa luxuriance.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Rêve en jaune

    Rêve en jaune

    L’habit ne fait pas la moniale surtout si celle-ci est novice
    Car une fois la bure ôtée, la nonne alors redevient femme.
    Cette doctrine cérémoniale me sacrerait de tous les vices
    Et, s’il faut, j’irais pleuroter auprès de Dieu ce qui m’affame.

    Je rêve d’une sœur en jaune et moi, l’adorateur en mauve,
    Je prierais en complémentaire pour amalgamer nos couleurs.
    Elle serait mon amazone tandis que moi, sa bête fauve,
    J’aurais le rôle sacramentaire de l’adorateur roucouleur.

    Nous referions les évangiles à l’image d’un dieu d’amour ;
    Nous réécririons les épîtres de Paulette, Jeannette et Pierrette.
    Les actions seraient plus agiles avec la grâce de l’humour
    Et seule aurait droit au chapitre Sainte-Madeleine des amourettes.

    Tableau de Julie Bell.

    
    
    
  • Fantasmes chez la coiffeuse

    Fantasmes chez la coiffeuse

    Ah, si les coiffeuses étaient nues sous leurs pudiques tabliers,
    J’irais plus souvent admirer dans les miroirs leurs jolies fesses !
    Un tout petit plaisir ténu mais maintes fois multiplié
    À l’infini dont frémirait mon obsession, je le confesse.

    Ah, si des shampooineuses à poil sous un minuscule plastron
    Me massaient le cuir chevelu devant les glaces face à face,
    Alors, le cœur dans les étoiles, je rêverais d’être leur patron
    Bien que de moins en moins velu pour que cela me satisfasse.

    Ah, si les artistes au séchoir sous la douce moiteur du casque
    Pratiquaient des gestes émouvants avec beaucoup de répondant
    Et après avoir laissé choir leurs blouses sur leur corps fantasques,
    Je reviendrais bien plus souvent mais serais chauve cependant.

    Tableau d’Angela Dzherih sur http:eve-adam.over-blog.com-49 .

    
    
    
  • Renversant !

    Renversant !

    Qui inverse la droite et la gauche ? Qui fait voir des hauts et des bas ?
    Qui fait avaler des couleuvres ? Qui coupe et réécrit l’histoire ?
    Qui est-ce qui trouve de l’embauche en traversant en djellaba
    La rue et qui met tout en œuvre pour ses projets contradictoires ?

    C’est le miroir du président qui nous met la tête l’envers
    Avec ses illusions d’optique et ses programmes renversants.
    C’est le pouvoir du résident du palais mytho et pervers
    D’où sortent des lois utopiques et leurs décrets bouleversants.

    Illustration d’Andrey Popov.

    
    
    
  • Fourberies masquées

    Fourberies masquées

    Prochainement sur vos écrans, toutes vos stars seront masquées
    Car aujourd’hui pour progresser il ne suffit pas de coucher
    Mais de ne pas se mettre à cran contre le pouvoir offusqué
    De voir la Jetset transgresser tous les mensonges mal embouchés.

    Tous les acteurs sont réunis et rallient le panache blanc
    De notre bon roi au long nez aux caractères des plus flagrants.
    Les contrevenants qui renient subiront des faits accablants
    Qui leur feront abandonner rapidement la cour des grands.

    Illustration d’Andrey Popov.

    
    
    
  • Les sirènes modernes

    Les sirènes modernes

    Elles ne sont plus ce qu’elles étaient et la magie est terminée.
    Désormais la sirène moderne a internet et le wifi.
    Tandis qu’autrefois elles guettaient les marins à éliminer,
    Désormais les vieilles badernes viennent visiter leurs profils.

    C’est ainsi qu’ j’ai trouvé la mienne, une sirène alémanique
    Dont les beaux tableaux sur la toile m’avaient pris entre leurs filets.
    J’ai quitté ma vie bohémienne pour une langue germanique
    Qui m’a ouvert mon cœur d’étoile et fermé mes yeux effilés.

    Faites attention quand vous croisez une sirène au téléphone
    Qui promène avec nonchalance son poisson rouge en canne-à-pêche !
    N’essayez pas d’apprivoiser la belle devenue aphone
    Qui répond avec insolence et s’enfuit comme une pimbêche !

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:ghoti-and-us.tumblr.compost180996938912andrej-mashkovtsev-her-good-friend-mackerel .

    
    
    
  • Naïades

    Naïades

    La pêche à l’amour en eaux troubles m’entraîne au bord de la rivière
    Quand le courant fait des remous sous la pleine Lune sereine.
    Dans les reflets qui se dédoublent, là, deux Walkyries de Bavière
    Sortent deux têtes faisant la moue adoucies d’une voix de sirène.

    En m’approchant pour écouter le joli chant des deux naïades,
    Je m’assieds plus loin sur la berge à quelques mètres de la rive ;
    Raisonnablement dégoûté d’être entraîné dans la noyade
    Et de peur qu’elles me submergent, je me cramponne quoi qu’il arrive.

    Mon jeu dut plaire aux ingénues car elles n’ont cessé de chanter
    En exécutant une danse au rythme d’un cantabile.
    Serais-je un poisson devenu dans cette rivière enchantée ?
    Certainement tombé en transes et noyé à l’heure qu’il est !

    Tableau de Neil Welliver.

    
    
    
  • Les lolos de Lola

    Les lolos de Lola

    Qu’il est beau le débit de l’eau ! Qu’il est laid le débit du lait !
    Mais quand le lait est débité par les lolos, c’est rigolo.
    Tiré de la bouche aux lolos, naturel et pur, s’il vous plaît,
    Bébé n’est jamais dépité ni papa qui tète au goulot.

    Quand la maman boit son coca, son lait devient-il pétillant ?
    Et si elle boit du chocolat, son goût est-il chocolacté ?
    Ça m’intéresse en tous les cas, j’en ai le désir frétillant,
    Car ma fiancée que voilà est barmaid sur la Voie Lactée.

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  • L’essentiel du chapeau – 3

    L’essentiel du chapeau - 3

    Il paraîtrait qu’enfin nos femmes fassent leur propre révolution
    Afin de soumettre le monde grâce à leur beauté naturelle.
    Elles vont renverser l’infâme domination sans discussion
    Que les hommes et leurs lois immondes exerçaient lâchement sur elles.

    Ces « sans-culotte », juste vêtues d’un chapeau et gants assortis,
    Ont intimidé la police et les flics ont baissé leurs armes.
    Les défenseurs de la vertu ont jeté la censure aux orties.
    Et toutes les femmes à peau lisse ont triomphé grâce à leurs charmes.

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  • L’essentiel du chapeau – 2

    La révolution « sans-culotte » n’aura pas lieu finalement.
    Pourtant les femmes n’étaient pas contre et les modistes plutôt pour.
    Mais de peur qu’on ne les pelote, ce sont les hommes évidemment
    Qui ont tous marché à l’encontre et renoncé à leurs concours.

    Mesdames ne soyez pas tristes et conservez bien vos chapeaux
    Pour le prochain chambardement contre le pouvoir phallocrate.
    Lorsque les hommes égocentristes ne vous verront rien sur la peau,
    Vous obtiendrez, à retardement, un féminisme démocrate.

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  • L’essentiel du chapeau – 1

    L’essentiel du chapeau - 1

    Ôtons de notre accoutrement tout ce qui n’est pas essentiel ;
    Ne laissons qu’une protection contre les rayons du soleil !
    Pour ne pas le dire autrement, élevons notre tête au ciel
    D’un chapeau en prédilection et dans le plus simple appareil.

    Si simple, il fallait y penser ! Et malgré tous les interdits,
    Pour faire la révolution, renouvelons les « sans-culotte ».
    L’humour sera récompensé et l’automne sera reverdie
    Par toutes les fleurs d’absolution plantées sur coiffes rigolotes.

    Tableau de Viktor Sheleg sur https:www.artmajeur.comviktor-sheleg .

    
    
    
  • La nuit voilée

    La nuit voilée

    Bientôt l’automne, la nuit se voile ; les derniers jours sont émouvants.
    Adieu l’été et ses beaux masques qui ont augmenté sa chaleur.
    Vont-ils tomber sous les étoiles comme feuilles mortes au vent
    Ou bien roussir en teintes flasques pour déroger à nos valeurs ?

    Tableau de Rafał Olbiński.

    
    
    
  • Racines d’ici et au-delà

    Je n’ai pas demandé à naître et je ne souhaite pas mourir,
    Pourtant j’obéis aux coutumes du pays qui m’a accueilli.
    Je me soumets, j’accepte des maîtres tout juste assez pour me nourrir
    Et j’accumule l’amertume d’un monde qui s’enorgueillit.

    Tous ceux qui sont nés de couleurs ou d’altitudes différentes
    Obéissent à leurs traditions qui vont à l’encontre des nôtres.
    Et l’on s’affronte dans la douleur pour des richesses proliférantes
    Qui sont pillées par les nations au nom de saintes patenôtres.

    Tableaux de Rafał Olbiński.

    
    
    
  • Nouveau regard du lundi

    Nouveau regard du lundi

    Nouveau regard sur la semaine, nouvelles pensées du lundi
    Quand je demande à la nature de m’accorder de nouveaux sens.
    Juste une expérience humaine, une vision approfondie
    Qui rendra mon corps plus mature et mon âme à la quintessence.

    Tableau de Miles Toland.

    
    
    
  • Reverso

    Reverso

    Pour annoncer le renouveau qu’apporte chaque anniversaire,
    Je répands les neiges d’antan qui ont ruisselé sous les ponts.
    Ainsi, le moindre caniveau portera au creux de la terre
    Toutes les âmes que j’entends et auxquelles mon cœur répond.

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  • Ébène ou ivoire ?

    Ébène ou ivoire ?

    Les hommes aiment bien comparer la taille de leur instrument
    Et les femmes voudraient bien savoir ce que ça ferait d’en avoir.
    Mais non ! Je me suis égaré avec ce futile argument
    De la lutte pour le pouvoir entre races d’ébène et d’ivoire.

    Tableau de Georgy Kurazov.

    
    
    
  • Le temps des moissons

    Le temps des moissons

    Après avoir semé ses graines et fécondé la terre vierge,
    L’été vit sa petite mort en nous confiant sa descendance.
    Alors vient le temps qui entraîne toute une moisson qui émerge
    Du sol fertile et commémore l’extraordinaire abondance.

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  • La cavale rit

    La cavale rit

    Quand le monde va mal, j’en parle à mon cheval ;
    Chaque fois qu’on me ment, j’en parle à ma jument ;
    Si j’croise un margoulin, j’en parle à mon poulain ;
    Et quand je pète un boulon, j’en parle à l’étalon ;

    Et les cavales rient.

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  • Les tours de mon moulin

    Les tours de mon moulin

    Combien de tours fait mon moulin ? Je ne m’en souviens plus très bien,
    Mais je sais qu’il a mouliné sous des vents de bonnes nouvelles,
    Mais aussi que des margoulins ont perturbé son quotidien,
    Puis, les pleurs ont dégouliné car ses amours se renouvellent.

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  • Le bouton rose

    Le bouton rose

    En découvrant le bouton rose, Madame a montré à Monsieur
    Qu’avec de la persévérance, on vient à bout des devinettes.
    Monsieur, par un regard morose (*), espère d’un air audacieux
    Que l’admirable protubérance excitera Madame la reinette.

    * bien que l’œil soit rouge, il peut toutefois offrir un regard morose.

    
    
    
  • La pointe du rat

    La pointe du rat

    Comme un museau pointu de rat, ce bout de terre enfin sourit
    Dans les bras de sa bonne mer en l’agrippant de ses rochers.
    Toujours mon cœur conservera ce jeu du chat et de la souris
    Que jouent, au bout du Finistère, la terre et la mer accrochées !

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  • La petite bébête qui grossit, qui grossit

    La petite bébête qui grossit, qui grossit

    « Le petit oiseau va sortir ! » Mais je ne l’aperçois jamais !
    Je crois qu’on s’est payé ma fiole, qu’on m’a traité comme un enfant.
    Mais il y a moyen d’assortir le rêve que je réclamais
    En grossissant cette bestiole à la taille d’un éléphant.

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  • La relève du jour

    La relève du jour

    Comme un balai de rayons qui débarrasse les rêves
    Qui se glissent sur le sol et embrument les rivières,
    L’aube pointe son crayon pour annoter la relève
    Qui endort les lucioles et réveille la lumière.

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  • Le changement d’heure

    Le changement d’heure

    Ce matin, pour une fois, l’horloge ne sonne pas
    Les heures, comme il se doit, mais un jour sur l’agenda
    Qu’on arrose toutefois, d’un bon vin, d’un bon repas,
    Où l’on s’en lèche les doigts, pour fêter cet addenda.

    Addenda : ajout à un document, note additionnelle.

    
    
    
  • Les couleurs de la Terre – 25

    Les couleurs de la Terre - 25

    J’ai rêvé de ces champs pourpres comme s’ils donnaient un vin
    Qui m’enivrerait sans doute d’un alcool fort tellurien.
    Je sens déjà que s’empourpre ma peau par ce saint levain
    Et mes larmes au goutte à goutte de mon cœur épicurien.

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  • Les couleurs de la Terre – 26

    Les couleurs de la Terre - 26

    On l’appelle « le grand vert » qui ne connait de frontière
    Que l’esprit d’aller plus loin pour en sonder les limites.
    Et mon cœur à découvert en nourrit mon âme entière
    Dont mon esprit est témoin et mon corps poursuit le mythe.

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  • Les couleurs de la Terre – 24

    Les couleurs de la Terre - 24

    Souvent les couleurs me calment comme un baume anesthésique
    Qui vient abreuver ma soif de profonde sérénité.
    Ce sont les célestes palmes de mes sceaux géodésiques
    Dont les veloutes me coiffent en toute solennité.

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  • Les couleurs de la Terre – 22

    Les couleurs de la Terre - 22

    Pour les mettre en valeur, j’ai bâti ma maison
    Juste au pied des montagnes et des sources d’eaux sombres.
    Sentez-vous la chaleur exciter ma raison ?
    J’ai la Terre pour compagne, nos amours sont des ombres.

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  • Les couleurs de la Terre – 23

    Les couleurs de la Terre - 23

    J’aime aussi ne rien faire et laisser à la terre
    Le bonheur de produire son spectacle charmant.
    Elle est si prolifère et de bon caractère ;
    Je me laisse séduire, coloré de ses sarments.

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  • Les couleurs de la Terre – 21

    Les couleurs de la Terre - 21

    C’est par un bouquet final que s’amuse le créateur !
    Comme un grand feu d’artifice pour célébrer notre Terre.
    J’entends toujours ce signal dans l’aspect recréateur
    Des saisons répétitrices dans leurs plus beaux éventaires.

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  • Les couleurs de la Terre – 19

    Les couleurs de la Terre - 19

    C’est par le feu alchimique que le phénix des couleurs
    Renaît des cendres hivernales par un choc de création.
    La nature photochimique revêt d’intimes douleurs
    Pour accoucher en finale d’irisées procréations.

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  • Les couleurs de la Terre – 20

    Les couleurs de la Terre - 20

    Et la terre redevient femme en dévoilant tous ses charmes
    Dans un printemps qui l’habille d’une couleur maternelle.
    Et ma vision est affame d’azurs, de verts et de parme
    Qui transforment l’escarbille en fleurs de vie éternelles.

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  • Les couleurs de la Terre – 18

    Les couleurs de la Terre - 18

    Mais Dame l’Hiver s’incruste et déploie sa tyrannie
    Sur les terres asservies sous ses armoiries glaciales.
    Qu’une rébellion Auguste résonne en quadrichromie
    Le réveil inassouvi de la genèse initiale.

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  • Les couleurs de la Terre – 16

    Les couleurs de la Terre - 16

    Si c’est comme après l’amour des passions les plus torrides
    Dont la nature a joui d’un orgasme de lumière,
    Voilà la petite mort du jardin des Hespérides
    Qui endort et réjouit d’une façon coutumière.

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  • Les couleurs de la Terre – 17

    Les couleurs de la Terre - 17

    Après, la dame des glaces vient installer son royaume,
    Changeant la décoration aux couleurs de la saison.
    Souffrez que je ne déplace ces aménagements fantômes
    Pour une défloration qui va perdre sa raison.

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  • Les couleurs de la Terre – 15

    Les couleurs de la Terre - 15

    C’est la couleur de la mort qui sonne un glas empourpré
    Et qui montre que l’issue n’est pas une terminaison.
    Car la mort a des remords qu’elle étale là tout près
    En rougeoyant les tissus de l’uniforme saison.

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  • Le début du pont

    Le début du pont

    Brassens disait « qu’il suffisait de franchir le pont pour l’aventure ! »
    Mais le plus difficile à faire c’est de commencer le voyage.
    Mon humeur se déconfisait dans toutes mes mésaventures ;
    Ce fut une pénible affaire de sauter à l’appareillage.

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  • Quand la bébête sort du bois

    Quand la bébête sort du bois

    C’est lorsqu’elle est en colère qu’on la voit sortir du bois.
    Comme le loup et l’agneau, elle veut rendre justice.
    La langue sur les molaires comme un vieux loup aux abois,
    Elle guette les signaux de toute moindre injustice.

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  • L’octave de la vie

    L’octave de la vie

    Docilement jouant la gamme dans cette harmonie d’absolu,
    Silencieusement, sans un bruit, dans tout un univers de notes,
    La mélodie fait l’amalgame comme une galaxie dissolue,
    Solennellement comme un fruit de soleil mûr dans ma menotte.

    Faramineux comme un accord dans un système éblouissant,
    Miséricordieux dans l’amour dans une Terre unifiée,
    Révélateur du désaccord que la Lune fait en grandissant,
    Dominant sur un désamour jusqu’au néant pacifié.

    Docile à solfier tout bas en partant de l’éternité,
    Si facile à dorer le sol où mes pas parcourent les mondes,
    Lancinant dans les contrebas pour une voie d’infinité,
    Solitaire dans l’entresol tout étoilé de l’hypermonde.

    Facilement trouver la note juste pour l’accord des planètes,
    Minutieusement avec l’âme d’un enfant de l’humanité,
    Révolution qui cheminote sur un satellite en sonnette,
    Dodelinant comme une lame vibrant dans la sérénité.

    C’est ainsi que dans cette octave qui dirige nos destinées,
    Chaque gamme fait le chemin, les détours et les expériences.
    Qu’elles s’arrangent ou bien s’aggravent, elles sont toutes prédestinées
    À nous accompagner vers demain et ses fortunes en variance.

    Tableau de Fabienne Barbier