Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Ce fichu changement d’heure !

    Ce fichu changement d’heure !

    Un petit changement bénin qui devient grand chamboulement
    D’abord senti par l’estomac, mon sommeil et mes aptitudes.
    Puis comme un perfide venin qui s’inocule mentalement,
    Un grain de sable, juste un comma, dans le rouage des habitudes.

    Et les soirées interminables où j’attends l’étoile polaire
    Pour écouter la Voie Lactée venir me souhaiter bonne nuit !
    Mais ces deux heures incriminables volées sur le cadran solaire
    Dissonent d’un trouble impacté comme treize coups de minuit.

    Mais on a banni le soleil comme régulateur instruit ;
    La course à la montre domine l’emploi du temps sociologique.
    L’homme moderne alors balaye ce que la nature a construit
    Et l’heure d’été abomine ma propre horloge physiologique

    Et moi, je traîne en robe d’ombre sur le quai d’une gare sans train,
    Le ciel me pend des horloges molles, absurdes astres sans mémoire.
    On dit que l’heure est un grand nombre ; moi je la cherche à pleines mains
    Mais chaque tic me rend plus folle… ou plus lucide, c’est notoire.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:moicani.over-blog.com202004the-art-of-rafal-olbinski.html .

    
    
    
  • Le changement d’heure dĂ©chue

    Le changement d’heure déchue

    On a tous reculé d’une heure ou avancé la p’tite aiguille
    Et j’ai un peu perdu ma tête, le cœur avance sur la raison.
    Toujours une histoire de cœur lorsque l’horloge fait tic-tac,
    Toujours une histoire d’amour lorsque le temps soudain s’arrête.

    C’est la guillotine du temps, le couperet à la seconde ;
    Des silhouettes sur un ciel noir qui coupent mes rêves d’antan
    Dans un velours d’obscurité où une lumière clignote
    Pareille au phare qui dans la nuit perce trois heures du matin.

    Et moi, je suis nue comme l’aube, j’attends mon prince intemporel ;
    J’attends qu’une pendule hésite à lui ouvrir le huis de mon cœur.
    Fendre ma robe est inutile, je l’ai jetée depuis longtemps
    Pour sentir le dard dans mon sexe de cette heure qui est en retard !

    Mais l’aiguille, coquine, hésite ; elle bande et se remet à l’heure ;
    Son tic est moite, son tac soupire, elle me retourne et me pendule.
    Une seconde me visite d’une minute mais c’est un leurre
    Et quand l’heure mord comme un vampire, je jouis, je crie et je stridule !

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:skysnail.livejournal.com725862.html .

    
    
    
  • Vivement ce soir quand on se couche !

    Vivement ce soir quand on se couche !

    Être une femme, c’est fatiguant pour les guiboles et les talons
    Qui tracent maintes circonférences comme un compas érotisé.
    Surtout pour celles s’investiguant à ne pas mettre de pantalon
    Pour provoquer l’intempérance des jeunes mâles hypnotisés.

    Si le charme a du potentiel, la séduction est l’énergie
    Qui fait soulever les montagnes à ce qu’on dit prétendument.
    L’amour est un référentiel qui additionne en synergie
    Le cœur des hommes et leurs compagnes qui s’exténuent éperdument.

    Sitôt le premier pied posé à terre part le compte à rebours ;
    Chaque rond de jambes est noté et chaque flexion des genoux.
    Elles ne seront jamais reposées tant elles sont toujours à la bourre
    En tant que mère connotée, épouse, maîtresse ou nounou.

    Illustration de Jean-Baptiste Andreæ sur https:sambabd.net20190220pin-up-321-tout-lart-de-jean-baptiste-andreade .

    
    
    
  • Nous perdons le bon en cherchant le meilleur

    « Le mieux est l’ennemi du bien » alors à quoi bon le progrès ?
    À toujours trop vouloir sans cesse grandir, croître et évoluer ;
    À toujours demander « combien ? » sans avoir le moindre regret ;
    Tout ça, c’est montrer sa bassesse se mentir et se dévaluer.

    On ne voit mieux qu’avec le cœur alors à quoi bon mesurer ?
    Toujours user de sa science pour encore expliquer son art ;
    Toujours réserver au vainqueur les honneurs les plus délurés,
    Tout ça, c’est placer sa conscience au même niveau qu’un sonar.

    Ainsi l’œil qui ne juge point, ainsi l’œil qui ne pense pas,
    Est alors relié à l’âme sans se connecter à l’esprit
    Qui réfléchit au contrepoint avec la règle et le compas
    Et qui tranche comme une lame avec les mots qu’il a appris.

    Comment arrêter de penser, stopper le flot de ses idées,
    Se sentir mieux dans le silence afin de pouvoir observer ?
    Le cœur d’enfant récompensé lorsqu’il est seul à décider
    Et choisir sans équivalence le bon qu’il souhaite conserver.



    Le titre est une citation attribuée à Franz Kafka mais il ne l’aurait jamais prononcée, paraît-il.

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  • Les Pâquis sur le fil d’avril

    Son nettoyage de printemps achevé, le géant se tourne
    Vers l’avenir qui, par un fil d’éternité, lui communique
    Ce qui va passer par le temps où les météores séjournent
    Et quel sera donc le profil Ă  adopter en sens unique.

    Le temps qui passe ? Peu lui importe ! Immortel est notre géant
    Que les bâtisseurs d’univers ont érigé comme témoin.
    Le temps qu’il fait en quelque sorte ? Il s’en moque sur son séant ;
    Il a traversé tant d’hivers qu’un de plus ou bien un de moins…

    En fait, le géant se demande – car il est de pierre vivante –
    S’il va devoir recommencer à voir la civilisation
    Se montrer toujours plus gourmande jusqu’à provoquer la suivante
    Qui va devoir sur sa lancée faire plus d’abominations.

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  • Adieu mars, bonjour avril

    Voilà que notre bonne vieille Terre a quitté l’orbite de Mars
    Pour s’en aller par une fronde courir la gueuse auprès d’Avril.
    Cela m’inquiète et cela m’atterre car tout ceci n’est qu’une farce
    Étant donné le ciel qui gronde devant cette orbite en péril.

    Car Avril est traître à sa race, celle des beaux mois printaniers,
    Et nous allons tous regretter les giboulées du mois dernier.
    Avec les tristes Saints-de-glace qui poussent tous les casaniers
    À s’enfermer et grelotter sous un climat balivernier.

    Avril se découvre d’un fil pour nous charmer de ses attraits
    Et nous voici hypnotisés nous croyant déjà en été.
    Hélas, elle cache son profil car derrière son joli portrait
    De belles journées érotisées, l’est une bombe prête à péter.

    Illustration de June Leeloo sur https://havengallery.com/portfolio/june-leeloo-imaginarium .

    
    
    
  • Le renouveau des Pâquis

    Comme une fois n’est pas coutume, cette année, les géants de Pâques
    Nous ont célébré un printemps de couleurs inhabituelles.
    Dès le matin, un beau costume de rayons de soleil opaques
    A orné leurs crânes suintants d’une impression spirituelle.

    Vers midi, on les vit verdir d’une eau qui couvrait leurs frimousses
    Et leur donnait l’air printanier, tous recouverts de jeunes pousses.
    Ils étaient cocasses, à vrai dire, avec le visage plein de mousse
    Dans un sourire chicanier et une grosse tignasse rousse.

    Le soir tout s’est un peu fané mais le ciel a contribué
    À perpétuer le souvenir de cette Pâque un peu spéciale.
    On les vit tous se pavaner, promettant de distribuer
    La même joie dans l’avenir qu’ils firent en ce moment crucial.

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  • Les Ĺ“ufs prisonniers

    C’est un p’tit poussin prisonnier qui m’a fait parvenir sa lettre
    Par un vaguemestre geôlier soudoyé je ne sais comment…
    C’était un p’tit œuf saisonnier qu’hier je m’étais fais remettre
    Par ce facteur épistolier qui ne parlait que l’ottoman.

    J’ai essayé de déchiffrer le premier œuf avec Google
    Mais perse, turc ou ottoman, pour moi c’est toujours du chinois.
    Lors j’ai maudit cet empiffré qui voulait se payer ma gueule
    Lorsque je vis à ce moment que de l’œuf sortait un minois.

    « Coucou ! » piaula-t-il en français – car il connaissait cette langue –
    « Je suis un p’tit poussin perdu qui enfin savoure sa victoire ! »
    Si, de comprendre, j’ai renoncé en sortant le Piaf de sa gangue,
    J’ai prié ma plume éperdue de narrer cette étrange histoire.

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  • Avril, le roi de la brosse-Ă -chiottes

    Avril, le roi de la brosse-Ă -chiottes

    Au mois d’avril, grand nettoyage, c’est le mois qui lave plus blanc
    À grandes averses et pluies d’orages, un peu de grêle pour décaper.
    On sèche à grand coup d’essorage ; les coups de vent les plus troublants
    Font plus que force ni que rage envers une Terre Ă  retaper.

    Et Avril s’en donne à cœur joie avec son balai arc-en-ciel
    Qui vous redonne un coup de neuf tout autour des quatre horizons
    Qui donne envie aux villageois qu’il est enfin providentiel
    Au bout de quatre-vingt-dix-neuf jours de fêter Pâques aux tisons !

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

    
    
    
  • La course Ă©perdue de Mars

    La course éperdue de Mars

    Aussitôt né, c’est de départ pour la course contre la vie
    Où il ne pourra s’arrêter d’avancer sinon reculer.
    Où court-il ainsi ? Nulle part ! Sa faim toujours inassouvie
    Le pousse Ă  ne jamais regretter de devoir tant gesticuler.

    Ainsi était la vie de Mars, un mois échappé à l’hiver
    Qui voulait connaître l’amour et épanouir sa libido.
    Mais le printemps aime les farces ; le mois d’avril n’est qu’un pervers
    Qui lui glisse dans un trait d’humour un poisson derrière le dos.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

    
    
    
  • Parties de sirènes

    Parties de sirènes

    Vivre d’amour et de marin, bien entendu c’est nourrissant
    Mais mieux vaut changer du train-train pour que ce soit plus intéressant !
    Pour les sirènes consternées d’être à chaque fois gourmandées,
    Il faut un régime alterné adapté et recommandé.

    Les sirènes unissant leurs charmes sont devenues homosexuelles ;
    Si la morale tire l’alarme, cette pratique est conceptuelle.
    Les marins ne s’en plaignent pas, la voie des mers devient plus sûre ;
    Ils ne servent plus de repas et ne craignent plus les morsures.

    En revanche la reproduction a changé comme le raconte
    La science qui fait obstruction mĂŞme si elle y trouve son compte.
    Si les sirènes se font rares car elles s’aiment avec passion,
    Leur espèce – et sans crier gare – a fini en queue de poisson.

    Tableau d’Anthony Ackrill sur https:americangallery.wordpress.comcategoryackrill-anthony .

    
    
    
  • Des poissons Ă  mes chromosomes

    Des poissons Ă  mes chromosomes

    Il doit me rester quelques arêtes inscrites dans mes chromosomes ;
    Antique souvenir du temps oĂą je vivais au fond des mers.
    Comme jamais la vie ne s’arrête, il faudra bien qu’un jour les hommes
    Acceptent tous de convenir de leur existence éphémère.

    Mais tout va bien, tout se transforme et nous avec, par ricochet ;
    Demain nous serons chats ou rats ou homo-LGBTibus.
    Nouvelle race, nouvelles normes, nouveaux dieux auxquels s’accrocher
    Ou un démon qui essaiera de nous la couper rasibus.

    Tableau de Kagoshima sur https:www.juxtapoz.comnewspaintings-by-japans-ai-shinohara .

    
    
    
  • La mĂ©tĂ©o au logis de mars

    La météo au logis de mars

    En mars, la météo se couche pour pleurer ses larmes amères,
    La Terre accepte son offrande de toute sa reconnaissance
    En attendant qu’elle débouche orages et tempêtes éphémères
    Pour devenir la Révérende Mère de toutes les naissances.

    Mais quand le temps reste au beau fixe, la météo pourtant joyeuse
    S’en va puiser sur l’océan les sanglots amers des sirènes
    Qu’elle versera en pluies prolixes comme une manne pourvoyeuse
    Et le Soleil, roi bienséant, mûrira la Terre sereine.

    Tableau de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

    
    
    
  • Mars aux champs

    Mars aux champs

    Bien que je j’aie ni la main verte, ni le pied de l’agriculteur,
    La nature m’a tiré l’oreille pour lui offrir un jardinet.
    Touffes d’herbes-à-chat recouvertes d’un bon terreau contributeur
    Ont fait une joie sans pareille et gustative Ă  mon minet.

    Tant que nous étions en hiver, j’ai disposé plein de callunes,
    Petites fougères qui fleurissent notre balcon jusqu’au printemps.
    En mars, tout plein d’oignons divers que j’ai plantés en pleine Lune
    Font, sans que ma main n’en florisse, de moi un jardinier à plein temps.

    Mars est venu, mars est parti et le temps file évidemment,
    J’ai fait des plans sur la comète et aussi des plants de tomate.
    Si le beau temps m’est imparti de pluies et d’ensoleillement,
    J’en goûterai, soyons honnête, avec mes meilleurs aromates.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .

    
    
    
  • Regards sur l’au-delĂ 

    Regards sur l’au-delà

    Sans doute la prière est-elle une connexion à contretemps
    Vers ce qui n’existe pas encore mais dont j’en intégrerai l’âme ?
    Sans doute prendrais-je la bretelle Ă  contresens en empruntant
    Le risque d’être en désaccord et de Dieu recevoir un blâme ?

    Il fallait juste un peu d’audace et quitter les sentiers battus
    Pour prier Dieu dans le futur où tout est déjà accompli.
    Comme j’y suis déjà en place, c’est moi-même à bride abattue
    Qui répare et coud les sutures de mon cœur d’afflictions rempli.

    Voici pourquoi, en confiance, je marche au bord des précipices,
    Je saute sans filet et je tombe puis, relevé, je recommence.
    Je parie sur la défiance en espérant les bons auspices
    De l’indulgence qui incombe au Dieu de toutes les clémences.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

    
    
    
  • MĂ©chante Alice

    Méchante Alice

    Parfois le miroir est fêlé et ses reflets sont déformés
    De l’autre côté de son tain décapé à la pierre à chaux.
    Sans doute le verre descellé et son épaisseur difformée
    Laissent voir un cœur de putain à la place d’un cœur d’artichaut.

    « La belle Alice » devient « la laide » – celle dont le lapereau se tâte –
    Les cartes à jouer sont transformées en cartes truquées sans les cœurs.
    D’ailleurs, elle s’appelle Isalaide, son chat souffre de la prostate !
    Lewis nous en avait informés ; parfois il rêve à contrecœur.

    Collage de Tanya Mayers.

    
    
    
  • Mars se relooke

    Mars se relooke

    Tout le monde se précipite, toujours à la dernière minute,
    Pour quitter la principauté de Mars et franchir sa banlieue.
    Voyez Mars, le cœur qui palpite, au point de changer d’azimut,
    S’en aller chez le Chat-Botté chausser ses bottes de sept lieues.

    Afin de finir en beauté, Mars est allée se relooker
    Chez Vénus, sa muse érotique qui tient la boutique esthétique.
    Avec une charibotée d’onguents et de fleurs en bouquets,
    Elle changera d’humeur névrotique par des vacances helvétiques.

    Tableau de Remedios Varo.

    
    
    
  • Le requiem de mars

    Avec des pluies de giboulées et un rayon de pleine lune,
    L’ange interprète devant nous le requiem du chant de Mars.
    Ainsi, ce soir, dans la foulée, une grande fête opportune
    Marque le mois qui se dénoue avec ses innombrables farces.

    Mars nous aura bien étonnés de ses mélanges pluies-et-neiges
    Qui ont mis nos projets à l’eau sans barbecue ni pique-nique.
    Chaque jour aura détoné selon le temps et le manège
    D’un Soleil qui brille à vau-l’eau derrière des vents de panique.

    Tableau de Remedios Varo.

    
    
    
  • Histoires de voiles

    Histoires de voiles

    Toutes ces histoires de voiles et d’attentats à la pudeur
    Sont tous entièrement issus de la pomme de connaissance.
    De peur que la femme ne dévoile un avenir de cheerleader,
    Rajoutons un peu de tissus pour une poignée de décence.

    S’il faut remettre la calotte en plus du masque qui fait « tilt »,
    Je rejoindrai les naturistes pour dire ce qui me préoccupe ;
    Je rejoindrai les sans-culotte, les parties libres sous mon kilt,
    Et je prierai les féministes d’en faire autant dessous leurs jupes.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

    
    
    
  • L’arbre sourit

    L’arbre sourit

    Quand le ciel pleure, l’arbre rit de sa nature à contretemps ;
    Quand le vent souffle, l’arbre plie, le roseau le lui a appris.
    Dis-moi par quelle diablerie te moques-tu du mauvais temps ?
    A-t-il fallu que tu supplies l’Univers et quel en est le prix ?

    Alors je suivrai ton exemple, je rirai des calamités ;
    Quand un cyclone soufflera, je pirouetterai une danse.
    Comme toi, je bâtirai mon temple en suivant la conformité
    De ta Nature qui portera les plus beaux fruits en abondance.

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  • Les contes de fĂ©es

    Les contes de fées

    Le monde est un conte de fées remplis de vides et de trous
    Que je comble un peu tous les jours de mes rencontres et mes acquis.
    La mort me fait philosopher, la vie m’amuse peu ou prou
    Et quand vient le temps des amours je conclus par l’acte requis.

    Illustration de Virginia Frances Sterrett.

    
    
    
  • Fin de mois

    Fin de mois

    Ainsi s’en vont les émotions transportées par le temps qui passe
    Avec les pires absurdités de tous les soucis de la vie.
    Les blessures et les commotions sans queue ni tête qui me dépassent
    Mais qui font la diversité à laquelle je suis asservi.

    Tableau de Michael Sowa.

    
    
    
  • Le Gode Michel

    Le Gode Michel

    Le Gode Michel perdit sa chatte et cherchait qui la lui rendrait
    Lorsqu’il rencontra sa voisine en train de se la peloter.
    Le Gode, en voyant la goujate, lui fit savoir qu’il la prendrait
    Sur la table de la cuisine aussitôt que déculottée.

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  • Au cĹ“ur du voyage

    Au cœur du voyage

    Les voyages collectent un trésor qui se distille dans le cœur,
    Jolis bijoux de souvenirs, divins alcools de l’aventure,
    Dont mon nabuchodonosor améliore sans cesse la liqueur
    Pour trinquer et me soutenir vers de prochaines villégiatures.

    Tableau de Lucy Campbell.

    
    
    
  • Shakespeare & Cie

    La chasse au bouquin reste ouverte en tous lieux et par tous les temps.
    Les meilleurs coins ne sont connus que par les amateurs futés.
    Quand je pars à la découverte, mon rayon d’enquête s’étend
    Là où commence l’inconnu face à tous mes sens affûtés.

    (Librairie indépendante 37 rue de la Bûcherie 75005 Paris. En allemand, « Livre » se dit « Buch » et la « Bibliothèque « , « Bücherei »

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  • Chasse-Lune

    Si la Lune était un fromage, elle servirait de maison
    Aux souris de laboratoire et ne coûterait pas un radis.
    Ainsi, les chats rendraient hommage, il faut s’en faire une raison,
    À leurs rêves prémonitoires de les rejoindre au paradis.

    Au moment de la pleine lune, les chats d’argent guettent leurs proies
    Au milieu de la transhumance vers les galaxies de saison.
    Mais dans leur chasse Ă  la fortune, ils se montrent bien maladroits
    Et, contre toute performance, ils rentrent vite Ă  la maison.

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  • Adieu Mars !

    On a vu rouge, on a ri jaune sur cette planète occupée
    À faire couler trop de sang et terroriser trop de gens.
    Les femmes prises pour des connes, les hommes trompés et dupés
    Par un capital oppressant qui mène la course à l’argent.

    On nous promet le changement, juré craché, on quitte mars !
    On gagne une heure et on s’y perd car demain on passe en avril.
    Bien sûr, on suit le mouvement, mais avouons-le, cette farce
    Qui veut nous changer les repères n’est qu’un artifice puéril.

    Et les avions de foncer à travers le ciel encombré
    Pour transporter cet or humain qui fait l’esclavage moderne.
    Et pour mieux, le clou, enfoncer, la population dénombrée
    Obtiendra de vivre demain sur une planète bien terne.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Les fĂ©es de mars

    Pour peu que le bonheur existe, il est fréquent de le trouver
    En observant juste la fleur qui au matin s’épanouit.
    Et si le miracle persiste, dans les campagnes éprouvées,
    Ce sont les jeunes fées en pleurs dont le chagrin s’évanouit.

    Ainsi la nature s’éveille par cette présence invisible
    À grands cris d’ « Abracadabras », et formules « Hocus Pocus » !
    Et les doigts de fées font merveille auprès de la terre paisible
    Qui voit renaître à tour de bras perce-neige, bulbes et crocus.

    Je les vois par leurs émissaires qui m’accueillent dans les forêts,
    Soit déguisés en écureuils, soit confondus dans le décor.
    Ils vérifient, si nécessaire, que tous les bois soient décorés
    De couleurs vives et « tape-à-l’œil » afin d’atteindre leur record !

    Tableaux de Molly Harrison.

    
    
    
  • Le sablier de l’éternelle renaissance

    Le sablier de l’éternelle renaissance

    Hier encore, j’allais en hiver dans un royaume ensommeillé
    Où les arbres déshabillés semblaient vides de leurs essences.
    Mais je savais que l’Univers a rigoureusement veillé
    À renverser le sablier de l’éternelle renaissance.

    Tableau de Lucy Campbell.

    
    
    
  • L’ange de Pâques

    L’ange de Pâques

    On ne l’a jamais aperçu, on dit qu’il fait sonner les cloches,
    On dit qu’il se cache dans l’œuf, on dit qu’il n’est que de passage.
    L’ange de Pâques n’est perçu que dans le vent qui effiloche
    Les énergies d’un printemps neuf et en propage le message.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le vif-argent de lune

    Le vif-argent de lune

    Pâques, les animaux le savent, c’est la cérémonie lunaire
    Qui vient juste après l’équinoxe et transmet l’amour maternel.
    Cette nuit là, les fées reçoivent le vif-argent du luminaire
    Qui vivra, curieux paradoxe, juste un printemps, mais éternel.

    Tableau d’Amanda Clark.

    
    
    
  • Ombres et silhouettes

    Ombres et silhouettes

    Pleine lune secrète, pleine lune d’argent,
    Comme un théâtre d’ombres et silhouettes blanches,
    En lumière discrète, en rayons convergents,
    Créera dans la pénombre un ballet sous les branches.

    Tableau de Catherine Hyde.

    
    
    
  • Le feu papillon

    Le feu papillon

    Est-ce l’amour qui émulsionne nos âmes dans un monde hostile
    Ou bien la haine qui cristallise ce que les deuils ont déchiré ?
    Que vienne un feu qui papillonne des étamines vers le pistil
    Pour qu’il butine et réalise ce que nos cœurs ont désiré !

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • Les pensĂ©es papillon

    Les pensées papillon

    Tout ce que je crois être « moi », sont des pensées de papillons
    Qui s’envolent dans l’éphémère univers que je pense mien.
    Tandis que mon cœur en émoi reste au fond de son pavillon
    Et que mon âme intérimaire apprend, écoute mais ne dit rien.

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • L’impĂ©rissable jeunesse

    L’impérissable jeunesse

    Mes vêtements partent en lambeaux, mes années passées s’effilochent,
    Tandis que la vague déferle effaçant mes pas sur le sable.
    L’esprit brûlant comme un flambeau, le cœur battant comme une cloche,
    Aujourd’hui j’enfile une perle à ma jeunesse impérissable.

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  • Circonlocutions et circonvolutions

    Circonlocutions et circonvolutions

    Pour une rencontre admirable, évitez circonvolutions (1)
    Qui deviennent interminables noyées de circonlocutions (2).
    Si vous voulez être formidable ; foin d’une belle élocution (3) !
    Sautez-lui direct sur le râble et sur ses circonvolutions (4).

    Circonvolution : en astronomie, course circulaire ou elliptique autour d’un point ;
    Circonlocution : périphrase, circuit de paroles dont on se sert quand on veut évoquer une chose sans l’exprimer directement.
    Élocution : diction, manière dont les sons sont exprimés.
    Circonvolution : en anatomie, enroulement que forment certaines parties du corps.

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  • Les derniers jours de mars

    Les derniers jours de mars

    Aux derniers jours du mois de mars, je m’en allais sur la frontière
    Qui sépare les jours d’avril et garde intacts les souvenirs
    Des amours vives et éparses qui duraient des journées entières
    Et offraient à l’homme viril des promesses sans avenir.

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  • Le plus riche des nectars

    Le plus riche des nectars

    Qu’il fait bon de débrayer après une folle course
    Et se retrouver ensemble entre zèbres sur le tard !
    Qu’il fait bon d’être rayés des tractations de la bourse
    Et goûter ce qui nous semble le plus riche des nectars !

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  • Le papillon des nuits coquettes

    Le papillon des nuits coquettes

    Le papillon séducteur revêt son habit du soir.
    Richement paré de soie, peur de paraître surfait,
    D’un mouvement instructeur, il contrĂ´le en son miroir
    Que sur lui, rien ne déçoit, tant il veut rester parfait.

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  • Mes amours profondes

    Mes amours profondes

    J’entends le vent qui s’engouffre et gémit dans le ravin
    Qui s’ouvre en gorges profondes d’où la rivière jaillit.
    L’amour tombe dans le gouffre comme la plume de l’écrivain
    Qui vient se tremper dans l’onde et puis tracer sa saillie.

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  • Mon petit monde intĂ©rieur

    Mon petit monde intérieur

    Comme une île inaccessible loin des routes maritimes,
    Une montagne imprenable qu’aucun chemin n’atteindra,
    Comme un acte irréversible d’une émotion rarissime,
    Dans ce lieu irraisonnable, un jour aussi tu viendras.

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  • La pĂŞche au trĂ©sor – 2

    La pêche au trésor - 2

    Les oiseaux crevant le silence, le soleil perçant l’horizon,
    Le courant m’emportant au large, Les vagues berçant ma pirogue,
    J’abandonne toute vigilance, je sors mon cœur de sa prison,
    Je m’en vais en dehors des marges, je ne suis plus qu’une âme qui vogue.

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  • Bouquet de rosĂ©e

    Bouquet de rosée

    Quoi de mieux qu’un bouquet de perles de rosée
    Comme autant de bougies pour ton anniversaire ?
    Pour orner ton banquet quelques fleurs déposées
    Comme un feu qui rougit sur ton plus beau dessert.

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