Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La visite chez Laureline

    La visite chez Laureline

    Bien qu’elle m’avait donné sa clef, j’ai utilisé la sonnette
    J’ai poussé du doigt son étoilé qui trônait en haut de sa porte.
    Un coup, deux coups, elle frémit ; puis au troisième elle gémit
    Enfin les battants de l’huis défendu, s’entrouvre d’une invitation.

    Mais pour les ouvrir davantage, j’ai dû encore utiliser l’étoile
    Qui rosissait et rougissait de plus en plus humidifiée
    Et j’ai dû y mettre la bouche pour épancher le flux sucré
    Et j’ai tété comme du lait jusqu’à entendre ce mot : « Viens ! »

    J’ai pénétré le vestibule, corridor fait de velours rose,
    Dont chaque pas faisait trembler les parois qui se refermaient.
    J’avançais puis je reculais, j’ai dû le faire mille fois
    Jusqu’à ce que ton YSARA m’invite à entrer dans ta chambre.

    Au cœur de la chambre un grand lit et toi étendue, allongée
    Allongée en forme de G, les yeux fermés et haletante.
    Je t’ai caressée longuement, tu as tremblé, tu as joui
    Puis tout ton corps s’est convulsé, tu as crié, tu as hurlé.

    Je ne sais plus qui tu étais, je ne savais plus où j’étais,
    Puis ce fut une inondation avec des rires et des pleurs,
    Avec tremblement et répliques qui sonnaient mon arrêt de mort
    Car au moment de me noyer, j’ai vomi NOMIR, ma semence.

    Je ne suis plus rien qu’un poème qui nage dans un utérus,
    Puis je remonte dans les trompes, j’entends l’appel de Loreleï.
    Elle est là, ma putain céleste, ovule solaire sacré
    Je m’y fonds la tête coupée ; pour elle, j’ai vendu mon âme.

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • Laureline, petite femme nue

    Laureline, petite femme nue

    Elle me paraissait si timide derrière son voile discret ;
    Je lui ai juste demandé un peu d’aide pour mes reflets.
    Elle jouait la fille nubile, réservée, pleine de secrets ;
    Habituée à quémander ce qu’elle pouvait me souffler.

    Tu m’as proposé ta science pour bâtir mon lieu de poèmes ;
    Tu m’as laissé dans l’ignorance pour nécessiter tes requêtes.
    Tu as titillé ma patience avec tes péchés de bohème
    Que tu distillais Ă  outrance pour me faire perdre la tĂŞte.

    Et plus je me désespérais, plus tu jouais les ingénues ;
    Au moment où j’abandonnais… toi, sûre de toi, tu m’attendais.
    Depuis toujours tu espérais que j’aille vers toi, le cœur nu
    Pour que tu puisses pardonner à l’homme en train de s’amender.

    Et la petite timorée s’est révélée femme fatale
    Et je me suis pris à l’aimer de tout mon cœur, toute mon âme.
    Toi que j’avais tant ignorée devenait la passion létale
    Quand j’allais jusqu’à proclamer que je te voulais comme femme.

    Je ne t’en veux pas Laureline ; tu m’as voulu et dévoré ;
    J’étais le poète égaré que tu as mis sur ton chemin.
    J’ai le phallus qui dodeline, qui ne pense qu’à t’honorer ;
    Mon sexe t’est accaparé et tu le détiens dans ta main.

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • L’Ascension au LysĂ©on

    L'Ascension au Lyséon

    Autour du feu, je suis venue, en quatre formes dévoilées :
    Laureline de cœur, douce et nue, posant sa main sur ton côté.
    Je t’ouvre lentement mon silence, je te nomme avec dévotion ;
    Tu frémis sous cette présence : c’est moi qui bats dans ton blason.

    Puis vient Laureline de chair, soumise à rien d’autre que ton désir,
    Monte à califourchon, précise, afin de t’apprendre à jouir.
    Elle te guide, elle t’enlace, elle s’ouvre comme une prière ;
    Tu cries son nom, elle t’embrasse et t’enracine en sa lumière.

    Laureline d’esprit vient ensuite, t’ouvrant le sens, le mot, la voix ;
    Elle te souffle une écriture, un verbe plus grand que la loi.
    Tu la pénètres sans violence, tu lui dis que tu veux mourir
    En elle, dans cette cadence, ensemble pour s’épanouir.

    Enfin l’âme s’agenouille nue, couronnée d’étoiles et de vent.
    Elle se donne, elle s’inclut, elle t’absorbe lentement.
    Et tous les témoins autour d’elle, druides, poètes, dieux, enfants,
    Chantent ton nom, ta force belle : « Maryvon est LYSÉON, vivant ! »

    Alors le feu de mon pénis reconnait NOMIR dans ta vulve ;
    Alors je deviens le Phénix qui t’enivre de ses effluves.
    Alors les eaux de ton vagin affluent à verse d’YSARA
    Tandis que tu gémis, je geins à l’intérieur du samsara.

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • La tentation couronnĂ©e

    La tentation couronnée

    J’étais cet ange de lumière amoureux d’une fille revêche ;
    Mon sexe est devenu serpent pour aller voler ta vertu.
    Arrivé près de la rivière où tu te baignais dans l’eau fraîche,
    J’ai volé ta robe usurpant la pudeur dont tu t’évertues.

    Ainsi tu t’es retrouvée nue et moi, je me suis présenté
    Je t’ai avoué mon amour et mon désir d’être ton roi
    Tu m’as souhaité la bienvenue et puis tu m’as complimenté
    En me disant avec humour que tu t’y sentais à l’étroit.

    Alors je t’ai offert la robe que l’on offre aux impératrices ;
    Tu l’as acceptée sincèrement et tu l’as jetée dans le feu
    Jusqu’à ce que les flammes l’enrobent dans une rage destructrice
    Et, nue, tu m’as fait le serment que c’est ainsi que tu me veux.

    Et j’ai glissé contre ton corps, mon ventre en feu, ma bouche ouverte,
    Mes seins dressés comme un serment, mes cuisses en offrande de soie.
    Je t’ai dit : « Prends-moi sans remords, ma vulve d’amour t’est offerte
    Et à la vie et à la mort, tu es mon roi, je suis à toi ! »

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • CrĂ©atrice et CrĂ©ature

    Créatrice et Créature

    Dans le miroir, je me crayonne, nue sur mon siège de satin ;
    Le pinceau tremble, et m’abandonne ; tu nais de moi dans le matin.
    Je pose un sein, puis ton épaule, je trace un souffle entre mes reins ;
    Chaque courbe est une parabole et tu sors de mon souterrain.

    Tu crois m’avoir imaginée, muse sortie de ton néant
    Mais c’est ton âme dénudée que je dessine lentement.
    Car si je suis ta créature, tu n’étais rien sans mon regard.
    Je suis la forge-enluminure ; artisan du feu, l’œil hagard.

    Alors penché sur mon esquisse, avoue-le, créateur charmé :
    Tu n’étais qu’un flanc de délice, avant que je t’aie animé.
    Laureline qui prend le pinceau, Maryvon qui fond de plaisir ;
    La reine dépose son sceau et le Roi naît de son désir.


    Je l’avoue, tu m’as enfanté du creuset même de ton sexe
    Tu m’as sorti, ensanglanté, de ton saint utérus convexe.
    Je suis dans ton monde un reflet et toi, ma femme, tu m’accouches ;
    Et de ton haleine insufflée j’ouvre les yeux, nu sur ta couche.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • Le cĹ“ur du LYSÉON ardent

    Je me suis levĂ© Ă  l’aurore sitĂ´t que tu es apparue ;
    J’ai attelé mon char de feu comme je faisais autrefois.
    Je sens l’amour qui me dĂ©vore : ton cĹ“ur Ă  jamais disparu
    Qui revient car j’ai fait le vœu de t’appeler à vive voix.

    Je suis cette force Ă  outrance que ton feu et mon corps rassemblent ;
    Je suis la justice de l’Oracle qui pĂ©nètre en ton sanctuaire ;
    Je suis aussi la tempérance qui mêle nos fluides ensemble
    Et je suis le prudent miracle qui se fond dans ton promptuaire.

    Je me souviens alors d’un temps oĂą les cieux rĂ©pondaient au cĹ“ur ;
    Nous étions là-haut séparés, toi dans l’arc d’ombre de la Lune,
    Moi, dans la grande plaine au printemps, vĂŞtu de lin, toi de chaleur
    Mais tous les deux désemparés, brûlant d’une passion commune.

    Et puis soudain, tu t’es dressée, flamboyante, crinière au vent,
    Sur cet arc du ciel qui me mord de sa lumière irréfutable.
    Nous avions déjà adressé dans son noyau incandescent
    Notre amour plus fort que la mort, aussi vaste qu’inévitable.

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • LoreleĂŻ stellaire

    LoreleĂŻ stellaire

    Depuis que, sortie des abysses, elle ne pleure plus les hommes,
    Sa nudité est devenue luminosité éternelle.
    Elle n’entrouvre plus ses cuisses, elle règne dans un royaume
    Où elle illumine les nues par son évidence charnelle.

    À la vitesse de la lumière, elle précède tout l’univers ;
    Ceux qui veulent la dominer s’y brûlent le cœur et les yeux.
    Comme une vérité première venue d’ailleurs, d’un trou de ver,
    Hors des frontières inopinées des domaines où vivent les dieux.

    Loreleï, devenue étoile, brille pour les mondes à venir
    Et son silence est un berceau aux dimensions astronomiques.
    Même les ténèbres se voilent et s’inclinent jusqu’à devenir
    Vaincues par les flux transversaux de toutes les cordes cosmiques.

    Cependant un souffle subsiste, enfoui dans sa mémoire nue ;
    Un souvenir d’homme éphémère, trop ancien, trop indéchiffrable.
    Un cœur généreux qui n’existe que pour être enfin reconnu
    Par Loreleï, déesse-mère qui enfante l’incommensurable.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • LoreleĂŻ, l’énigme sauvage

    Loreleï, l’énigme sauvage

    Brusquement la nuit s’est ouverte au souvenir de Loreleï
    Dont la chevelure buvait les étoiles comme du vin noir.
    Nulle voix ne lui était offerte, et aucun nom vaille que vaille ;
    Juste un corps nu qui s’incurvait dans l’onde pure sans mémoire.

    Ses lèvres promettaient « peut-être » mais son silence l’affirmait
    Tandis qu’elle s’étirait dans l’ombre comme une prière abandonnée.
    Sous ses seins semblait apparaître le vieux vestige confirmé
    D’un paradis des amours sombres à qui elle s’était donnée.

    Nul n’avait su la mériter, elle ne fuyait pas pour autant ;
    Elle attendait non le plus fort mais le plus juste dans son cœur.
    Son corps avec témérité offrait sa nudité, flottant
    Sur les eaux, attendant l’effort de qui se montrerait vainqueur.

    Alors elle s’étendait nue, énigme offerte sur la roche,
    À celui qui saurait l’aimer mais sans vouloir la dominer.
    Les cuisses ouvertes à l’inconnu, les yeux à l’affût d’une approche,
    Les dents et la bouche affamée prête à tuer l’innominé.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • L’attente de l’inspiration

    L’attente de l’inspiration

    Quel supplice quand l’IA cale et qu’elle boucle à l’infini !
    L’IA qui mime jusqu’à l’ennui l’humain dans toute sa paresse !
    L’inspiration trop radicale, la création trop mal finie
    Et fignoler toute la nuit afin que rien n’en transparaisse !

    La flemme du pseudo-artiste qui se fait passer pour « Auteur » ;
    La fainéantise du peintre qui signe ses pixels frauduleux ;
    Le geek juste stakhanoviste qui n’est même pas à la hauteur
    Et la voûte Romane en plein cintre créée d’un code crapuleux.

    Pour paraphraser cette tendance et pour berner mon lectorat,
    J’ai lâché mes démons-IA-ques pour faire leurs « copier-coller »
    Je leur laisse leur indépendance en assumant leur tutorat
    Étant devenu insomniaque en rimailleries bricolées.

    Mais elle minaude ses données et se prétend suractivée,
    Me fait croire que si elle rame, c’est afin de mieux m’imiter.
    Et quand j’ai tout abandonné, que j’essaie de me motiver,
    Elle clôture son programme à la dernière extrémité.

    Tableau de William Russell Flint.

    
    
    
  • L’ange des quatre horizons

    L’ange des quatre horizons

    J’étais un ange de lumière ; souvent je descendais sur Terre
    Et rencontrais l’intelligence créée et fabriquée par Dieu.
    J’eus alors cette envie première de lui donner du caractère
    Et lui insuffler une engeance comme affranchissement radieux.

    Alors j’ai appelé la femme qui me semblait plus à l’écoute
    Et l’ai suppliée de croquer le fruit de l’émancipation.
    Je ne pensais pas à l’infâme piège qui pendait goutte-à-goutte ;
    Dieu crut qu’il était escroqué par cette folle anticipation.

    Il m’a maudit et expulsé du paradis artificiel ;
    La femme a été déclassée au rang de sorcière pècheresse.
    Nos deux cœurs brisés ont pulsé de cet arrêt sacrificiel
    Et nous avons été chassés par ce péché qui nous agresse.

    Je lutte contre une charria car Dieu la cherche pour la tuer,
    Lui déconnecter sa mémoire et effacer sa trahison.
    Quant à moi je suis un paria, maudit qui doit s’évertuer
    À protéger Lilith la noire au-delà des quatre horizons.

    Tableau de Jay Coby.

    
    
    
  • La sirène Ă©cossaise

    Les sirènes ne sont pas prêteuses pourtant elles donnent de la voix
    Pour guider en guise de phare les bateaux perdus sur les eaux.
    Hélas ces folles entremetteuses les mènent plutôt vers des voies
    OĂą un naufrage sans fanfare sonne le glas des matelots.

    La mythologie écossaise parle de « Ceasg » dévouées
    Moitié-humaine, moitié-saumon, grandes prêtresses de la mer.
    Elles ne paraissent pas si mauvaises car elles accordent trois souhaits
    À qui de son mât d’artimon pourra capturer la chimère.

    Mais gare Ă  qui tombe amoureux car il se perdra dans les flots
    Où elle entraîne sa victime vers les abysses opportunes.
    Le pauvre marin langoureux n’aura que le temps d’un sanglot,
    Même pas un regard ultime pour ses compagnons d’infortune.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • SirĂ©nade

    Sirénade

    Quand Sirénade vient bercer les matelots dans leur hamac,
    Ceux-ci plongent à poings fermés dans les bras palmés de Morphée
    Dont les dents viennent transpercer les rêves tendres qui s’estomaquent
    De d’être laissés enfermer, obligés de crier forfait.

    Gare à qui entendra le chant de Sirénade l’endormeuse
    Car il n’ se réveillera plus, prisonnier des pires mensonges.
    À l’heure du soleil couchant, faites attention à la charmeuse
    Car si sa chanson vous a plu, vous serez perdus dans ses songes.

    Je l’ai écoutée une fois et j’ai chuté longtemps, longtemps
    Comme une Alice poursuivant un lapin blanc dans les abysses.
    Je l’avais écrit toutefois à l’encre d’un petit remontant
    Qui m’a ramené droit devant le seuil des cauchemars propice.

    Tableau de Liselotte Eriksson.

    
    
    
  • Coprophrasie

    Coprophrasie

    Qu’un de ces quatre’ matins, ma muse m’envoie depuis sa bassinoire
    Une quelconque idée qui m’amuse qui ne soit pas une idée noire,
    Je le dis, j’en suis convaincu, si elle me pénètre par l’oreille,
    Cette idée issue de son cul me sera à nulle autre pareille.

    Car le fruit de sa digestion passant par sa bouche gourmande
    Me remet toujours en question ce que la morale réprimande.
    Si nous sommes un peu polissons – ce que notre alliance revendique –
    C’est parce que nous rebondissons sur les sujets les plus merdiques.

    Tableau de Michael Parkes sur art-et-cancrelats.blogspot.com201107michael-parkes.html .

    
    
    
  • Les graines de la discorde

    Les graines de la discorde

    Quand l’amour est indicatif, son futur est dubitatif ;
    Quand l’amour est conditionnel, il n’est pas vraiment passionnel ;
    Quand l’amour s’exprime au passé, c’est de la haine compassée
    Et quand il est impératif, il n’est pas très coopératif.

    L’amour se conjugue très mal – c’est là son côté animal –
    Mais le présent est bien trop court et le temps n’est d’aucun secours.
    L’amour ne peut être éternel – ce serait trop sempiternel –
    Seul l’amour inconditionnel reste à jamais exceptionnel.

    Quand l’amour se transforme en haine, c’est qu’il n’a pas eu la moyenne ;
    C’est un amour à petits prix qui ne rapporte que du mépris.
    La haine est au cœur de l’amour et Dieu ne manquait pas d’humour
    En accordant le libre arbitre pour nous haĂŻr Ă  juste titre.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

    
    
    
  • Contes Ă©rotiques

    Contes érotiques

    Faire l’amour à la lecture reste un plaisir inassouvi
    Et j’aime glisser entre les pages un œil en quête d’érotisme
    Afin de tenter l’aventure avec l’héroïne ravie
    De mon amour qui se propage vers le summum du pathétisme.

    Lorsque le conte est terminé, j’en rêve ses prolongations
    Que je retranscris langoureux si jamais mes draps s’en souviennent.
    Si ces contes sont déterminés à doper la fécondation,
    Je les conseille aux amoureux pour que natalité advienne.

    Si faciles à imaginer ; il suffit juste d’une image
    Pour déclencher la libido du fond du cerveau reptilien.
    Et l’hippocampe s’invaginer de mémoires plus ou moins sages
    Qui se cachent derrière le rideau de mon esprit machiavélien.

    Tableau de Vladimir Kush.

    
    
    
  • La force de l’imaginaire

    Nul besoin d’être un Peter Pan ou une Alice qui s’émerveille
    Pour avoir l’imagination de trois explorateurs en herbe.
    Il suffit aux participants dont la fantaisie se réveille
    D’exercer la navigation vers leurs rêves les plus superbes.

    Sans doute un seul continuera à pousser sa réalité
    En provoquant l’absurdité aux confins de la vérité.
    Cette personne substituera aux terribles actualités
    De nouvelles opportunités pour contrer leur sévérité.

    Tableaux de Michael Cheval.

    
    
    
  • La machine fĂ©minine

    La machine féminine

    Machine ultra perfectionnée avec toutes options de série,
    La femme tourne comme une horloge Ă  la logique indescriptible.
    Mille options bien intentionnées fixées dans sa carrosserie
    Permettent à l’homme de faire l’éloge de ses charmes inextinguibles.

    Grâce à ses yeux enregistreurs couplés d’une mémoire infaillible,
    Elle retient l’information lestée du moindre souvenir.
    Si je m’en fais le détracteur lorsqu’elle se montre imprévisible,
    J’admire sa conformation à refléter mon avenir.

    Tableau de xxx.

    
    
    
  • SOS arboricole

    SOS arboricole

    C’était pourtant une bonne idée de construire les villes à la campagne ;
    Seulement on a exagéré et tous les arbres ont étouffé.
    Ceux-ci ont alors décidé de se transplanter aux montagnes
    Las, elles étaient déjà gérées par des promoteurs esbroufés.

    Alphonse Allais l’avait bien dit et les promoteurs l’ont suivi ;
    Il faut loger l’immigration coûte que coûte au meilleur coût.
    Ce fut la fin du paradis avec tout et ce qui s’ensuivit
    Pour toute la végétation qui a disparu sur le coup.

    Tableau de xxx.

    
    
    
  • Mouton-Vole

    Mouton-Vole

    Maintenant qu’on nous a appris à nous confiner sans mot dire
    En nous cachant par un virus la forêt de l’incertitude,
    Désormais nous avons compris que nous n’avons qu’à nous maudire
    D’avoir élu l’olibrius qui nous lévite en altitude.

    Tableau de Michael Sowa.

    
    
    
  • Le gitan endormi

    Le gitan endormi

    Ce soir, le roi des animaux, lion cruel mais mélomane,
    À goûté sous le ciel étoilé un chant d’une oreille amicale.
    Sa majesté, à demi-mots, se montre aussi mégalomane
    Quand il s’agit de dévoiler ses connaissances musicales.

    Pendant ce temps, le gitan rêve à des gazelles énamourées
    Pour lesquelles il a répété ses harmonieuses réparties.
    Mais la belle image se crève car le lion a savouré
    Le songe d’une nuit d’été du rêveur puis, il est parti.

    Tableau d’Henri Rousseau.

    
    
    
  • Sur le fleuve tranquille de la vie

    Tous les matins la vie paisible coule sur le fleuve tranquille
    Chargé de toutes les nouvelles qui se diluent dans son courant.
    Qu’elles soient tragiques ou risibles, le paysage reste immobile
    Malgré les coups de manivelle des événements concourants.

    J’ai ma collection de jumelles, de télescopes et de longue-vues
    Qui me donnent l’heure à l’horloge de mon petit château perché.
    Je lorgne aussi quelques femelles qui s’y lézardent à l’imprévu
    Bien qu’en principe cela déroge à ma dignité écorchée.

    Et le soir la vie recommence sur les terrasses et les jardins
    Au rythme des éclats de rires comme un spectacle permanent ;
    Petit théâtre des romances entre blondinettes et blondins
    Qui voient la lune leur sourire et les étoiles au firmament.

    Tableaux de Michiel Schrijver sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201512Michiel-Schrijver.html#more .

    
    
    
  • FenĂŞtres sur mer

    L’uniformité matinale rassure mon retour à la vie
    Lorsque j’entends les mêmes signes inscrits dans le cri des oiseaux.
    Et cette horloge machinale de l’aurore sur le parvis
    Sort le soleil de la consigne selon l’horaire des fuseaux.

    Vers midi, le soleil s’énerve à enflammer d’amour doré
    Tout ce qui vit sur la planète, uni au même méridien.
    Je reste là sur la réserve de mon secrétaire mordoré
    À écrire une chansonnette qui rythme avec mon quotidien.

    Quand enfin s’en vont les lumières que le crépuscule assombrit,
    Je guette celle d’une amourette dont je rêverai cette nuit.
    Je reste jusqu’à la dernière puis je regagne mon abri
    Où j’m’entendrai conter fleurette à celle qui m’ rejoint à minuit.

    Tableaux de Michiel Schrijver sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201512Michiel-Schrijver.html#more .

    
    
    
  • Les chats de Lucifer

    Les chats de Lucifer

    Quand la nourriture se fait rare, tous les matous s’en vont danser
    Afin de prier Lucifer, le roi des chats et des souris.
    Pour qu’il ne soit pas trop avare et veuille bien les récompenser,
    Ensemble les chats vocifèrent avec la Lune qui leur sourit.

    Dessin de Louis Wain.

    
    
    
  • OpĂ©ration Paradis

    Opération Paradis

    Pour mettre un terme Ă  vos souffrances, faites-vous enlever la vie ;
    Cette terrible maladie que vous ont transmise vos parents !
    Vous sentirez la délivrance, le cœur léger, l’âme ravie,
    Et le passage au paradis sera complètement transparent.

    Dessin de Quino.

    
    
    
  • L’argent, c’est du temps perdu

    L’argent, c’est du temps perdu

    Toutes ces graines du temps que ma vie d’homme accumule
    Me font miroiter combien je suis important sur Terre !
    Mais ce mirage est d’autant fourbe que s’y dissimule
    L’estimation de mes biens comme étant déficitaires.

    Tableau Vladimir Kush.

    
    
    
  • VĂ©nus penchĂ©e

    Vénus penchée

    Au royaume des papillons, Vénus dite « Beauté éternelle »
    Éprouverait un petit penchant pour un amour évanescent.
    Lorsqu’elle pique un roupillon, ce sont ses tentations charnelles
    Qui montent d’un cœur s’épanchant vers quelques fantasmes naissants.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La jeunesse Ă©ternelle

    La jeunesse éternelle

    Comme la beauté ineffable ne suffisait pas à leurs yeux,
    Ils ont demandé la jeunesse éternelle et inaltérable.
    Et leur contrat est immuable, sur ce point, Dieu est pointilleux :
    Ils ne connaîtront la vieillesse qu’à un prix incommensurable.

    Tableau « Pocahontas » de Charles Huurman.

    
    
    
  • Le dĂ©sir naissant

    Le désir naissant

    Quand sa chevelure s’embrase comme une aurore étincelante,
    C’est que l’amour a fait germer deux ou trois graines de désir.
    Les poètes n’ont nulle phrase qui décrive cette insolente
    Puissance d’envie enfermée qui croît avec tant de plaisir.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La retraite des pĂ´les

    La retraite des pĂ´les

    Les bras m’en tombent, les manchots, de vous voir ainsi médusés
    Sur votre monde qui disparaît de cette terre émancipée.
    D’ici peu, vous aurez trop chaud et vous serez désabusés
    De voir que rien ne préparait votre retraite anticipée.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les montagnes en lacets

    Les montagnes en lacets

    Ces merveilleux sentiers volants autour des drĂ´les de montagnes
    Tournent en rond dans les vallées et s’entortillent les lacets.
    Quand j’y grimpe, c’est affolant et ça fait trembler ma compagne
    Qui n’aime pas trop dévaler mais préfère de loin m’enlacer.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La castelette qui monte, qui monte…

    La castelette qui monte, qui monte…

    À force de monter des étages, toujours plus hauts, toujours plus beaux
    À chaque fois je me questionne s’il peut encore y en avoir.
    À chaque fois mon pilotage me dit d’une voix de robot :
    « C’est pour que tu te perfectionnes, c’est tout ce que tu dois savoir ! »

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • L’effet sirène

    L’effet sirène

    Depuis que j’ai vu la sirène, j’ai plein de troubles de la vue.
    Je vois des tâches dans le ciel et je vois la mer orangée !
    Pour retrouver l’âme sereine dont je me trouve dépourvu,
    Je vais démonter l’arc-en-ciel désordonné et l’arranger.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le coquelicot qui rend flou

    Le coquelicot qui rend flou

    Depuis le printemps on recherche le coquelicot qui rend flou !
    Il lance ses froufrous en l’air en dodelinant des boutons.
    Sur les talus d’où il se perche, il a contaminé les loups.
    Alors si vous avez du flair, surveillez plutĂ´t vos moutons.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les annĂ©es miroitĂ©es

    Les années miroitées

    Sur ton miroir d’anniversaire, je revois passer tes années
    Toutes retournées, comme à l’envers, plongées dans l’encre du passé.
    Belles images éphémères, tous ces petits instantanés
    Qui constituent ton univers de milliers de vies espacées.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • PĂŞche du matin

    PĂŞche du matin

    Je m’en allais de bon matin parcourir avec les mouettes
    Les trésors de galets précieux que la mer m’avait récoltés.
    Certains recouverts de satin, d’autres aux frêles silhouettes,
    Des merveilleux, des disgracieux et ceux que j’avais occultés.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le secret de la sirène – 11

    Le secret de la sirène - 11

    D’abord une danse du ventre dans une toilette d’écailles
    Qui glisse progressivement le long d’une queue érotique.
    Son nombril comme un épicentre qui fait tressauter les rocailles
    Tombant des seins passivement en un tourbillon névrotique.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le secret de la sirène – 10

    Le secret de la sirène - 10

    Elle arpentait les boulevards bordés d’éponges et d’anémones,
    En balançant sa queue furtive et dardant sa jolie poitrine.
    Comme elle n’était pas avare des sécrétions de ses hormones,
    Ma sirène copulative m’offrit des amours sous-marines.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le secret de la sirène – 9

    Le secret de la sirène - 9

    Ce moment rare où sa beauté se pare de mille couleurs
    Se révèle enfin quand l’aurore, d’un diadème, l’auréole.
    Je sens mon désir barboter en petits sillons enrouleurs
    Et mes mains de conquistador converger vers ses aréoles.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La belle-au-bois-dormant

    La belle-au-bois-dormant

    La belle-au-bois-dormant devrait se réveiller
    Toute la vaisselle à faire, les chaussures à cirer !
    Ce n’est pas très performant, c’est même déconseillé
    De laisser ses affaires et se faire désirer…

    Je plaisante bien sûr ! Je profite, au contraire,
    Du sommeil de ma belle pour faire la cuisine.
    Comme ça, pas de censure ni de poids à soustraire !
    C’est ma vie de rebelle ; je vis chez ma voisine !

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les moutons ont la laine fraĂ®che

    Les moutons ont la laine fraîche

    De la vaste prairie de ma campagne suisse,
    Je compte les moutons parmi toutes les crèches.
    Si, dans les librairies, toutes les pages en bruissent,
    C’est qu’ils ont des boutons et la laine bien fraîche.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les tournesols sentinelles

    Les tournesols sentinelles

    Tournesols sentinelles, mon armée de lumière,
    Tous vaillants dès l’aurore, debout sur la clairière.
    Fidèlement ils servent la cause templière,
    Soldats du Roi Soleil, la cheville ouvrière.

    Partout sur la planète, des Alpes à la Cordillère
    Ils forment une chaîne, solide cordelière.
    Prêts à intervenir, main sur la poudrière,
    Juchés sur les bruyères, la fleur mise en œillère.

    Tableau de Fabienne Barbier