🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
-
La sirène de la Madrague
Inspiration pour les artistes, Fille des arts qui font vibrer,
Saint-Tropez obtint la faveur des peintres et des écrivains ;
Peinture fauve et pointilliste, romans qui l’ont tant célébrée
Et rehaussée de la saveur d’acteurs et actrices divins.
Notamment la belle sirène qui fit construire sa maison,
Une cabane de pĂŞcheur sur la plage des environs.
Tout le village l’a élue reine et l’on vient en toute saison
Se confronter aux empĂŞcheurs de paparazzier en rond.
On dit que la sirène est vieille et qu’elle approche des cent ans
Mais qu’elle serait éternelle en même temps… est-ce une blague ?
Mais ce n’est pas demain la veille que les potins alimentant
La légende sur la péronnelle s’arrêteront sur la madrague.Illustration d’Arantza Sestayo sur https:nevsepic.com.uaenart-and-hand-drawn-graphicspage,2,15239-works-by-arantza-sestayo-54-works.html .
-
Drôle de sirène


Drôle de sirène me direz-vous ! Mais moi, les sirènes je les aime
À moitié femme, moitié poisson, un quart, trois-quart soit quarteron.
Et celle-ci, je vous l’avoue, venue suite à un emphysème
Après s’être éprise de boisson à cause d’un qui n’tournait pas rond…
« Drôle de sirène ! », me dit-elle, alors que j’observais ses pieds
En forme de nageoire caudale… « Un peu compliqué pour danser
Mais je sais faire la tarentelle et le tango sur un trépied
Avec une voiture à pédales sur un mouvement cadencé ! »
Drôle de sirène dans mes filets, foi de marin-pêcheur breton ;
Je n’ai pourtant pas l’habitude de faire une mauvaise pêche !
Mais là , j’ai dû me défiler et revenir à croupetons
Tandis qu’elle, par gratitude, se parfumait à l’escabèche…
Je l’ai revue en pâmoison, chantant Ă la lueur des lampions,
La queue en l’air sur la mesure d’un madrigal plutôt baroque.
J’ai trĂ©buchĂ© sur l’Ă©motion en rĂŞvant d’être son champion
Tandis qu’elle, d’un dernier murmure, mĂ®t fin Ă notre idylle loufoque.Tableau de David Inshaw sur https:www.davidinshaw.netgallery.html .
-
L’art étrange de l’ethnologie

Dans deux ou trois millions d’années, je me serai réincarné
Dans la nouvelle créature dominante de la nature.
Serai-je alors dédouané de continuer à m’acharner
À rechercher ma nourriture et nourrir ma progéniture ?
Je recommencerai l’histoire, peindrai des fresques sur les murs,
Réinventerai l’écriture et ses instruments scolastiques.
Puis mes descendants, c’est notoire, trouveront un bout de fémur
Au milieu de la sépulture de mes animaux domestiques.
Ils en déduiront sûrement que j’étais un hominidé
Qui ne descendait pas du singe mais des canins ou des félins.
Ils réfléchiront mûrement, puis me classeront canidé ;
Une espèce dont les méninges avaient un côté chevalin.Illustration de Moebius.
-
À nu les vacances bien méritées !


Pour éviter les attentats un peu partout sur la planète,
Il nous suffirait d’embarquer comme notre maman nous a fait.
Et par l’action des potentats qui rendraient le tourisme net
De tout vêtement démarqué et du moindre petit effet.
Première classe sans chemise, deuxième classe sans pantalon ;
Plus besoin de contrôle poussé, à peine juste un doigt dans le cul.
On pourra faire une remise à ceux qui n’ont ni mamelon,
Ni poireau à peine émoussé s’ils n’en étaient pas convaincus.
Dans le froid de nos métropoles, chacun s’habille chaudement ;
Pendant ce temps aux antipodes, on court tout nu, y’a pas d’outrage.
Ici, on montre un bout d’épaule, on entend des ronchonnements ;
LĂ -bas, vive la nouvelle mode : Bodypainting et tatouage !
Attendons-nous aux changements dont l’évolution est issue ;
Une vague de naturisme va surgir avec frénésie,
Proposer des appartements et résidences « sans tissu »
Et indexer le voyeurisme comme condamnable hérésie.Illustrations de Peter de Seve sur https://tanjand.livejournal.com/108193.html#comments .
-
Miss Cordon rouge
Toute petite, Marie-Léone voulait être une caméléonne
Et s’entraînait de tout son corps parmi toutes sortes de décors.
Toute son enfance, elle s’est produit, on la voit encore aujourd’hui,
Sur scène pour perfectionner son don et se sélectionner.
Son seul défaut, elle ne respecte pas de manière circonspecte
Les proportions que sa nature altère au niveau des rayures
Qui font ressortir à dessein la convexité de ses seins
Mais qui lui donne, lorsqu’elle bouge, le titre de Miss cordon rouge.Photo de Jace Wallace sur https:awesomerobo.blogspot.com201308art-of-jace-wallace-nsfw.html .
-
La vision musicale


Ma cochlée en colimaçon inspire depuis l’oreille interne
Un besoin d’écouter en rond qui influence mes cinq sens.
Mes yeux le font à leur façon en employant comme lanterne
La lumière qu’ils œilleront sous la nocturne incandescence.
Nocturne que reprend ma bouche pour le chanter à sa manière
En produisant des triolets de tourbillons fantomatiques.
Mes doigts pianotent sur les touches une ballade chansonnière ;
Un blues tirant sur le violet dans des arpèges chromatiques.Illustrations d’Akira Kusaka sur https:akira-kusaka-illustration.tumblr.com .
-
La complexité de la vie
Au casse-tĂŞte de la vie, il faut savoir partir Ă point
Et trouver de suite les clefs qui ouvriront chaque serrure.
Faire semblant d’être d’avis sans émettre de contrepoint
Et avancer sans renâcler malgré le poids de son armure.
Mais ça, c’est la règle des fourbes qui violent la loi et l’écourtent
Attendant le moment propice pour triompher des adversaires.
Moi, j’ai emprunté la ligne courbe – pas celle qui paraît plus courte –
Celle qui longe les précipices et demande l’effort nécessaire.
J’ai plusieurs fois joué au fou avec mon esprit cavalier
Et me suis fait damer le pion par des petits roitelets abscons.
J’ai traversé les garde-fous et suis tombé dans l’escalier
Et malgré tout, je suis champion du titre envié de roi des cons.Tableau d’Anna Berezovskaya.
-
L’arbre des connaissances
Au pied de l’arbre, la connaissance publie ses feuilles au quotidien.
Chaque jour, il écrit l’histoire de demain et après-demain.
Ainsi, il prédit les naissances, grâce à l’ascendant ophidien
Du serpent aux conseils notoires qui offrait les fruits de sa main.
Mais aujourd’hui ne craignez rien ! Laissez les enfants s’amuser
À lire ce qu’il adviendra des plans dont l’enfer est pavé.
Tout va très bien pour les terriens ! Après s’être ensemble accusés
De s’être mis dans de sale draps, demain la Terre sera lavée.
Mais pour connaître la méthode employée pour le décrassage,
Il faudrait lire toutes les feuilles dans l’ordre épistémologique.
Ça déclencherait un exode d’érudits lors du ramassage ;
Nul n’ouvrirait son portefeuille pour ce sort idéologique.Illustration de Cyril Rolando sur https:www.demotivateur.frarticlecyril-rolando-artiste-dessins-tim-burton-hayao-miyazaki-surrealisme-7104amp .
-
Joli chant des fleurs
J’aime la musique des fleurs et leur langage vert-galant,
Ouïr le chant du rossignol, le bourdonnement d’une abeille.
La nature, de sa main, effleure mes goûts qui vont se régalant ;
Inventive tellement tartignole mais reine au-dessus des merveilles.
Jolies clochettes, jolies trompettes, tous les sons sont dans la nature
Organisés, enjolivés, magnifiés par le silence.
Lupins malins qui font trempette et les fées en villégiature
Imagent et me font saliver l’art dans toute son opulence.Tableau de Casey Weldon sur https:supersonicart.compost94072477342casey-weldon-novel-relicamp .
-
Le Comte du Missouri
Descendant du Roi Mistigri et de la Reine des Souris,
Cherche-Midi, mon chat vairon, était parti aux Amériques.
Au départ, un peu amaigri, il devint Comte du Missouri
Après avoir, nous le verrons, suivi un parcours homérique.
D’abord il fut fait chevalier par les oiseaux paradisiers
Et battit les ornithologues Ă la bataille de Kansas City.
Il rejoignit les alliés dans le rang des arquebusiers
Car il était politologue et leur imposa l’amnistie.
(Photo de Svetlana Melik-Nubarova.
« Cherche-Midi » mon chat noir n’est pas raciste, heureusement.)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Aventure en rouge – 2



Les chattes rouges jouent les souris et l’une d’elles m’a souri.
Et comme un rêve inachevé, je suis resté à son chevet.
J’y suis resté jusqu’au matin, serrés dans ses draps de satin,
J’y suis resté toute ma vie pour tout recommencer à l’envi.
J’avais emporté pour bagage tous mes souvenirs d’un autre âge
Que j’ai abandonnés pour elle afin de vivre dans sa tourelle.
Nous y avons aménagé assez d’électro-ménager
Et disposé notre cuisine dans un coin de la mezzanine.
Je l’ai mariée un lundi comme on dit « opera mundi »
Car ainsi le monde fonctionne car ainsi l’amour nous actionne.
Le rouge est resté la couleur qui me rappelle sans douleur
Qu’il faut sortir de sa coquille et tout quitter pour une fille.Tableaux de Viktor Sheleg.
-
Aventure en rouge – 1



Les chattes rouges jouent les souris pour le bonheur de leurs minets
Dans certains bouges de Paris quand le couvre-feu a sonné.
On y rencontre ses houris, Vénus aux portes d’estaminets
Qui vous ouvrent le paradis pour un peu d’amour passionné.
Suivez le rouge, suivez le fil, suivez la trace du message
Qui vous emmènera un soir dans quelques passages secrets.
Prenez la place dans la file, vous obtiendrez droit au passage
Mais pour traverser la passoire, vous devrez vous montrer discret.
À l’arrivée, demandez Paule, c’est notre mère, notre égérie.
C’est elle qui marie l’amour et lui accorde ses victoires.
Elle vous met la main sur l’épaule, vous conduit dans la féérie
Et vous dévoile à contre-jour l’une des plus charmantes histoires.Tableaux de Viktor Sheleg.
-
Le miroir du temps
Savez-vous qu’il y a deux mondes qui vivent en coexistence
Dont la frontière inaccessible s’arrête au plan d’eau miroitant ?
Et la seule question profonde qui sonne dans mon existence :
« Est-ce qu’il me serait possible d’y vivre en inversant le temps ? »Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Bergères en folie


Est-ce que le printemps contamine les fleurettes encore en boutons ?
Apporte-t-il des vitamines à l’ensemble de nos moutons ?
Toujours est-il que nos bergères sont atteintes d’un grain de folie
Qui les fait, en tenues légères, sortir de leur mélancolie.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
-
La pensée promise
C’est au moment où les rayons du soleil frappent ma remise,
Quand les fleurettes en boutons se dressent pour les accueillir,
Que j’utilise mon crayon pour noter la pensée promise
Par l’aube que mon cĹ“ur glouton susurre pour se recueillir.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Immortel va-et-vient
Est-ce que la peur de disparaĂ®tre dans le nĂ©ant de l’au-delĂ
Serait plus forte qu’arriver sans jamais avoir existé ?
Là -bas, la mort fait apparaître une grande entrée de gala,
Ici, la naissance est privĂ©e d’une direction assistĂ©e.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le grand déverrouillage de printemps
Les croyances les plus fermées, les idées les plus arrêtées
Qu’on ne fait plus évoluer ont toutes tendance à rouiller.
Laissons le printemps transformer, laissons la nature s’apprĂŞter
Et rĂŞvons de dĂ©polluer nos crĂ©dos les plus verrouillĂ©s.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le miroir de la destinée
Le jour de son anniversaire est un bon moment dans l’annĂ©e
Pour s’observer dans le miroir et comprendre sa destinée.
On voit son meilleur adversaire, passé futur simultanés,
Tout dĂ©file dans sa mĂ©moire comme si c’Ă©tait prĂ©destinĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Une fin en queue de bœuf
La grenouille qui voulait être aussi grosse qu’un bœuf,
Rêve encore à sa carrière en voyant la pluie tomber.
L’ambition est refoulĂ©e, les projets sont morts dans l’Ĺ“uf,
Les lauriers sont loin derrière et la gloire a succombĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Une nouvelle branche
Voici une nouvelle branche qui grandit sous le soleil
Elle portera mes fleurs et mes fruits vitaminés.
Je passe ma vie en tranches de richesses et de merveilles
Et je hisse mes couleurs sur mon arbre illuminĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’ange nue
L’ange nue est enfermée dans sa soif de liberté.
Elle guette une espérance, les yeux levés vers le ciel.
Son amour qui a germé dans son cœur déconcerté
N’attend qu’une délivrance à son sort pénitentiel.
L’amour enferme les anges dans un joli corps de femme,
Emprisonnant en leur sein le lien sacré de la vie
Mais il leur donne en échange d’une condition infâme
Les plus nobles des desseins dans leur cĹ“ur inassouvi.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Si j’étais…
Si j’étais le fils de l’homme, je serais maître du monde !
Si j’étais le fils de Dieu, je serais ascensionné !
Mais sans avoir de diplôme, je n’ai pas une âme immonde ;
Mon esprit reste radieux et mon cĹ“ur attentionnĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.