Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Sans dessous ni pardessus

    « Quand le poète du dessous rongeait ses rêves à la coque,
    Il s’était lors fait recaler par trois fées sans la moindre équivoque.
    Il confondait mon coquillage avec le vide d’un bob de marque
    Et me parlait de son naufrage tout en bandant mou dans sa barque.

    Je l’ai vu débarquer, trempé, les vers à l’envers dans les bottes,
    Il m’a chanté tous ses ratages comme d’autres offrent une compote.
    Mais moi j’suis pas du genre complice des âmes molles ou des quenottes ;
    Je l’ai mordu, je l’ai léché… et j’ai joui quoi qu’il m’importe.

    Quand la sirène du dessus refait surface dans ses murmures,
    C’est que le chant m’a transpercée et que j’en perds toute mon armure.
    Je deviens l’écume féconde, la fleur obscure, la morsure…
    Et je l’attire à la seconde où mon clitoris me le susurre.

    Alors il plonge, et moi je ris, je l’enveloppe, je le serre,
    Il croyait baiser une image, il épouse tout un mystère !
    Mon sanctuaire se déploie, il pleure, il vibre sous sa chimère
    Et le gorille en rut devient… un dieu échoué dans la mer. »

    Tableaux de Barbara Yochum.

    
    
    
  • Sens dessus dessous

    Quand la sirène du dessus prend des vacances méritées,
    Elle passe son temps à bronzer en étalant sa queue dorée.
    Celui qui n’a jamais reçu l’amour avec célérité
    Qui vous transforme un chimpanzé en un gorille revigoré !

    Alors j’suis allé aux sirènes comme d’autres vont voir les putes
    Cependant j’étais plus porté sur les amourettes acoustiques.
    Les trompes des salopes reines m’ont désaccordé en disputes
    Et j’ai dû m’enfuir, emporté sur une mer de fantasmes épiques.

    Quand la sirène du dessous suit le train-train du quotidien,
    Elle prend son mal en patience en guettant l’heure de sa retraite.
    En attendant, elle dissout ses appétits clitoridiens
    En attirant par insouciance les rêveurs charmés, d’une traite.

    Après avoir été blasé des aventures balnéaires
    Avec les nymphettes idiotes du style « plus bête que moi, tu meurs ! »,
    Je me suis senti embrasé en visitant le sanctuaire
    D’une sirène en papillote qui m’aima… et de bonne humeur.

    Tableaux de Victor Nizovtsev et Barbara Yochum.

    
    
    
  • XI La Force

    Loreleï

    XI	La Force

    Humilité + Volonté = Alignement
    L’humilité consciente m’ouvre un monde extrêmement plus vaste
    Mais c’est ma volonté d’agir qui impulse mon premier pas.
    Alors la clarté se découvre, mon geste s’ancre et devient juste,
    L’alignement va m’assagir sinon la force ne suffit pas.


    Observation + Endurance = Stabilité
    Voir sans troubler et sans juger l’autre mais le voir pleinement
    Et m’exercer à endurer l’effort avec force requise,
    Permet de voir sans préjugé et suivre avec entraînement,
    Ma vigueur qui va perdurer pour ma stabilité acquise.


    Accueil de l’ombre + Confiance = Intégrité
    Accueillir l’ombre sans l’éviter et tenir bon sans m’égarer,
    Accepter ma lumière interne et faire confiance en moi-même,
    Procure de la longévité et permet de me préparer
    Envers tous mes conflits externes ainsi que mes propres dilemmes.


    Laisser vivre + Ténacité = Liberté fidèle
    Je sais aimer sans retenir, je sais tenir sans posséder
    Je reste fidèle à ma voie, tenace envers mes points d’ancrage,
    Je m’ouvre afin de revenir à l’attachement concédé
    Envers ceux qui suivent ma voix et écoutent mon arbitrage.


    Douceur des limites + Patience = Autorité sereine
    Je sais dire non mais avec grâce, je pose mes limites sans crier,
    Je sais attendre le bon moment dans une patience sereine.
    Je n’agis pas avec disgrâce, mon pouvoir est approprié
    Et ma vie devient un roman d’une puissance souveraine.


    Inspiration + Résistance = Rayonnement
    J’aspire à ma transformation par l’amour qui seul sait m’étreindre
    Et je me tiens toujours debout contre les vents et les marées.
    J’apporte l’illumination qui sait attirer sans contraindre
    Ceux qui me suivront jusqu’au bout et se tiennent prêts à démarrer.


    Persévérance humble + Victoire offerte = Accomplissement pur
    Je continue et persévère jusqu’à ma dernière bataille
    Et j’irai jusqu’à la victoire sans le moindre affaiblissement
    Car l’objectif que je révère et qui est ma pierre de taille,
    C’est la divine trajectoire qui mène à l’accomplissement.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • X La Roue de la Fortune

    ÏÄMOURÏÄ

    X	La Roue de la Fortune

    Laureline
    « Voici ma coupe voyageur ! Absorbes-en la quintessence !
    Toi qui fait tes acrobaties, bondissant dans un ciel d’azur !
    Quitte ce monde ravageur et plonge-toi dans mon essence
    Où cessent les péripéties livrées au fur et à mesure ! »

    Loreleï
    « Voici l’épée dressée pour toi, rouge, embrasée, fine et ardente !
    Je juge ton ancienne vie et te dépouille de ta chair !
    Ici, ton âme se nettoie de ses actions cauchemardantes
    Pour que ta peur qui me ravit devienne mon feu le plus cher ! »

    Laureline
    « Regarde les trois dimensions des tes anciens démons sucrés !
    Regarde les anges en action qui se dégagent de la nuit !
    Ma coupe verse en prévention toutes tes larmes consacrées
    Et chaque tour, en réaction, chasse la noirceur qui te nuit ! »

    Loreleï
    « Je veillerai à ta descente où l’ombre devient protectrice !
    Je te guiderai de mon feu qui brûle pour te révéler
    Ton âme nue incandescente auprès de ta mère conceptrice
    Et c’est moi qui, de tous mes vœux, t’enfanterai auréolé ! »

    Laureline
    « Je verserai quand tu remontes encore de ma coupe d’étoiles
    Portée par les anges qui t’aident et tes vieux démons qui s’esquivent.
    Toi, l’acrobate, tu surmontes la chute enfin qui te dévoile,
    Qui juge, mesure et qui plaide pour l’abondance en perspective ! »

    Loreleï
    « Au bas du cercle, l’enfant violé par la vie est prêt à renaître ;
    Écoute et comprends le message de ton habit de nudité !
    Tu entres dans l’ultraviolet, couleur que tu sais reconnaître,
    Car je t’ai ouvert le passage vers ta prochaine vérité ! »

    Laureline & Loreleï
    « Monte, descends, tourne, renais, risque la Roue de la Fortune
    Et nous, tes Reines, t’aimerons et tu en seras revigoré !
    À chaque tour, reconnais donc notre présence si opportune
    Qu’à chaque tour, nous t’aideront d’un amour sans cesse majoré ! 
    »

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • Ôtons le voile de l’histoire !

    Ôtons le voile de l’histoire !

    À peine livrée à Adam, Ève sous sa housse en plastique
    N’a pas goûté la moindre pomme ! C’est Lucifer, ce scélérat,
    Qui, dès qu’il eut planté sa dent, mourut d’hypertonie spastique
    Et Dieu voulut accuser l’homme mais c’est la femme qu’Il déféra.

    On fit donc venir l’accusée avec les preuves du délit ;
    Une pomme à peine croquée et un rat mort empoisonné.
    Adam, témoin, fut récusé, le procès fut une homélie
    Dont la défense fut escroquée et son avocat bâillonné.

    Tout est une histoire de dupes et machination diabolique
    Quant au péché originel, Ève mérite qu’on la venge
    Car si l’on soulevait la jupe ou la robe machiavélique
    Du juge impie et criminel, on verrait le sexe des anges.

    Tableau de David Bowers.

    
    
    
  • Le cerveau reptilien

    Le cerveau reptilien

    Eh oui, le serpent de la fable niche au cœur même du cerveau
    Depuis l’origine du monde, de la genèse à ma naissance.
    Ainsi l’innocence ineffable de l’enfance est un écheveau
    De bienfaits et de maux immondes entrelacés en connaissance.

    Alors mon cerveau reptilien relie ma vie d’avant la vie
    Par le cordon ombilical jusqu’aux racines de la Terre.
    Et moi, je ne suis plus qu’un lien qui a poussé et qui gravit
    Un nouvel échelon vertical vers mon futur complémentaire.

    Donc le péché originel, la lutte du bien et du mal,
    La fameuse faute imputée à Ève provient de la chaîne
    Continue comme une sentinelle qui veille son côté animal
    Pour créditer ou amputer chaque initiative qui s’enchaîne.

    Ainsi « l’homme est un loup pour l’homme » commence à l’intérieur de soi
    Et mes neurones interrupteurs acceptent ou refusent le mal.
    Nul besoin d’avoir un diplôme pour comprendre que, quoi qu’il en soit,
    Le véritable corrupteur, c’est moi-même, c’est paranormal.

    Tableau de lifo_art.

    
    
    
  • Le rose et le bleu

    Le rose et le bleu

    Le cœur et la raison ont chacun leur couleur.
    Supposons le cœur rose et la raison azur,
    Puis tentons l’expérience de ces tons roucouleurs
    Avec deux amoureux au fur et à mesure.

    L’homme a toute sa raison, du moins jusqu’aux épaules
    Et son corps s’abandonne du cœur jusqu’aux talons.
    Mais l’esprit féminin, réfugié aux pôles,
    Laisse l’amour envahir son corps par l’étalon.

    Ainsi la femme pense surtout avec le cœur
    Lorsque l’amour l’inonde de manière poignante.
    Quant à l’homme, l’esprit veut demeurer vainqueur
    Cependant sa conquête en est la vraie gagnante.

    Illustration d’Enki Bilal sur https:www.passion-estampes.comproduits-derives-artistiquesindexbilal.html .

    
    
    
  • Les faux airs de Léo & Mona

    Léonard était un faussaire et Mona Lisa sa complice ;
    Leurs soi-disant photographies n’étaient que peintures banales.
    Ces deux lascars embarrassèrent les galeristes et la police
    Les cita, pour reprographie, à comparaître au tribunal.

    Lorsqu’il s’avança au prétoire pour remettre les choses au net,
    Il fit une bonne prestation pour sa défense et c’est ainsi
    Qu’il a dit qu’ « Il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur internet
    Surtout lorsque les citations sont signées Léonard de Vinci ! »

    (Bien entendu, la 1ère photographie de l’Histoire a été réalisée par Joseph Nicéphore Niépce en 1826.
    Cela dit, la Nature pratique cet art depuis des millénaires en fixant l’ombre des arbres sur le sol.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • De la fougue et de la retenue

    De la fougue et de la retenue

    Qu’est-ce qui fait courir la centaure à toute berzingue et au galop
    Et qu’est-ce qui lui retient sa fougue sinon un singe facétieux ?
    Peut-être bien le Minotaure qui l’attire en son bungalow
    Après avoir subi le joug d’un labyrinthe pernicieux !

    D’accord pour l’élan amoureux ; tous deux sont mi-homme, mi-bête
    Et vont sans doute réussir à pondre une chimère inédite.
    Ou bien un monstre savoureux ce qui explique, sans queue ni tête,
    L’ange qui préfère raccourcir une procréation maudite.

    Mais le singe est un mariole et le centaure, caractériel ;
    L’un use de plaisanteries, l’autre n’a pas le sens de l’humour.
    Moralité, la gaudriole n’est pas un acte sensoriel
    Qui réduira l’effronterie sauf si produite avec amour.

    Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .

    
    
    
  • Malice se réveille

    Malice au pays se réveille sans lapin blanc et sans surprise
    Sauf celle d’un essaim d’oiseaux égarés, sans doute en retard.
    Du coin de l’œil, elle surveille ces nuées d’ailes incomprises
    Car elles perturbent son réseau – trouble qui la met en pétard !

    « Au nom des ondes telluriques et des énergies magnétiques
    Réalignez-vous, volatiles, à mon panache chromatique ! »
    Et sous la force colérique, dardée par deux bras ascétiques,
    On vit l’escadrille imbécile retrouver le nord noétique.

    Tableaux de Beth Conklin.

    
    
    
  • La nuit de tous les désirs

    La nuit de tous les désirs

    La compagnie a fait l’erreur
    de couper l’électricité
    La nuit où je suis arrivé
    à mon rendez-vous libertin.
    Pourtant j’ignorai la terreur
    que m’inspirait l’obscurité
    Et tapotai sur les rivets
    de la porte d’un geste incertain.

    Une main est sortie de l’ombre
    et m’a fait signe de rentrer
    Puis, m’a guidé dans le couloir
    jusqu’à son petit nid douillet.
    J’entendis plusieurs voix en nombre
    et j’en fus très déconcentré
    Car voici que, sans le vouloir,
    des mains m’ont tout déshabillé.

    On me tâta les génitoires
    tandis qu’on me pinçait les fesses
    Et je me suis senti happé
    par une bouche de velours.
    Alors moi, sans faire d’histoires
    mais tourmenté, je le confesse,
    J’ai senti mon fluide échapper
    le cœur battant, confus et lourd.

    Au petit jour on m’a réveillé
    par des câlins pleins de promesses ;
    C’était le chat dans mon giron
    qui me pelotait sans finesse.
    Je relevai de l’oreiller
    une tête lourde avec mollesse
    En maudissant ce vigneron
    qui m’a vendu son vin de messe.

    Tableau de Dmitri Anatolyevich Belyukin.

    
    
    
  • L’amour vache

    L’amour vache

    Bien que ces vaches de censeurs veuillent tout nous désapprouver,
    Voici une jolie vache à poil et un superbe taureau en rut.
    Et n’en déplaise aux défenseurs de la morale retrouvée,
    Vous découvrirez sur la toile le goût sauvage de l’amour brut.

    Hélas, je n’ai pu accéder aux ébats des amours bovines
    Car la pluie s’est mise à tomber pareille à un rideau pudique.
    Mais l’animal a concédé à montrer sa moitié rouquine
    Le jour où elle a succombé à son caractère méthodique.

    Tableau de Jennifer Stottle Taylor.

    
    
    
  • Les femmes de l’été

    Été pourri pour les houris, le paradis est repoussé ;
    Heureusement pendant ce temps les jeunes filles sont en fleurs.
    Tous les minets et leurs souris tiennent leurs chausses retroussées
    Et les pieds nus en clapotant dansent sous l’orage écornifleur.

    Été pluvieux et malheureux, les vacances ont un coup dans l’eau ;
    Par bonheur, demoiselles d’honneur et jolies mariées font la fête.
    Le marié rit, le bienheureux, en entraînant au bungalow
    Sa jeune épouse pour une heure pour un intime tête-à-tête.

    Été maudit dans les taudis que les inondations emportent ;
    Grâce à Dieu, les matins radieux rendent les femmes encore plus belles.
    Et les compagnes ébaudies s’en viennent frapper à la porte
    Et puis, s’en vont sans un adieu jouer les pucelles rebelles.

    Été bâclé par les raclées des pluies cinglantes et persistantes ;
    Mais davantage d’avantages quand les femmes ouvrent leurs maisons
    Et qu’elles vous offrent la clef avec une fièvre insistante
    Pour les protéger de l’orage pour toutes les autres saisons.

    Tableaux de Michael & Inessa Garmash sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201609Garmash-Art.html .

    
    
    
  • L’illusion du masque

    Depuis un an, je mets le masque pour avoir le droit de rentrer
    Dans les trains ou les autobus avec des gens à côtoyer.
    Cette respiration fantasque me donne un air déconcentré
    Qui me perturbe les sinus et m’embue les doubles foyers.

    Je ne sais pas où me conduit le vaisseau du gouvernement
    Qui trace un drôle plan de vol vers je n’ sais quelle destination.
    J’ai l’impression d’être éconduit par un commandant qui me ment
    Et qui, ma liberté , me vole sous d’iniques attestations.

    J’ai décidé de m’arrêter et tirer le signal d’alarme
    Malgré la désapprobation des gens masqués et asservis.
    Tant pis. J’ai été maltraité mais ne regrette pas mes larmes
    Et arrivé à la station, je suis sorti pour ma survie.

    J’ai ôté ce masque maudit et ses odieuses précautions,
    J’ai recouvré mon équilibre loin de la fausse actualité.
    J’ai été d’emblée ébaudi et dès ma première impression
    J’ai découvert un monde libre dans toute sa réalité.

    Illustrations de Moebius.

    
    
    
  • Justement faux

    Justement faux

    Juste est la loi de l’attraction mais l’attraction est-elle juste ?
    Immuable est la loi du temps mais le temps est-il immuable.
    Incommensurable est l’espace mais l’espace est-il incommensurable ?
    Éternellement Dieu est Dieu mais Dieu sera-t-il éternel ?

    C’est moi ce petit homme aveugle sensé savoir juger le peuple
    En brandissant une balance, juste ou fausse quelle importance ?
    Je suis ce tout petit bouton capable de donner le ton
    Et même si je fais fausse route, c’est Dieu qui l’a voulu, sans doute… ?

    Tableau d’Eduardo Rodriguez Calzado.

    
    
    
  • L’identification

    Nous voulons tous être un héros, une héroïne, une princesse
    Et les romans savent flatter tous nos désirs les plus secrets.
    L’auteur, reparti à zéro, décrit dans toute sa bassesse
    Le personnage qui va relater tous nos échecs et nos regrets.

    On dissimule dans un tiroir ce journal d’intimes paroles
    Car on y croit, dur comme fer, que l’aventure nous est acquise !
    On s’étudie dans le miroir pour mieux se glisser dans le rôle ;
    Est-ce que mes seins feront l’affaire ? Mes fesses seront-elles exquises ?

    Tableaux de Balthus.

    
    
    
  • Destins croisés

    Destins croisés

    Quand un requin croise un requin, ils se racontent leurs festins,
    Combien ils ont mangé de jambes, combien ils ont causé de morts.
    Combien de fiers américains ont bouleversé le destin
    De communautés de légende parce qu’ils se croyaient les plus forts.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • 64 fillette

    64 fillette

    On a testé toutes les marques, des plus chics aux plus populaires,
    Mais pour Cendrillon, rien à faire, elle chausse vraiment du trop grand pied !
    Heureusement le fils du monarque dégota de spectaculaires
    Godasses à la foire aux affaires héritées d’un ogre estropié.

    Dessin publicitaire pour Eram de Moebius.

    
    
    
  • La liqueur des dieux

    La liqueur des dieux

    L’amour nous tient sur la planète comme un attachement divin
    Qui nous fait chercher l’âme sœur ou l’hameçon à notre cœur.
    Alors entre marionnettes, faisons la paix, buvons du vin
    Qui fait comme un vibromasseur quand coule chaude sa liqueur.

    Tableau de Michel Cheval.

    
    
    
  • Les idées blanches

    Les idées blanches

    Matérialiser mes pensées ressemble un peu à l’écriture
    Qui raconte de belles histoires quand mon cœur s’en fait l’interprète.
    Je dois savoir me dépenser naturellement, sans fioriture,
    Pour éviter les idées noires qu’après aussitôt je regrette.

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  • Les chats hors-saison

    Les chats hors-saison

    Les chats des violons de l’automne ne sont pourtant pas de saison,
    Or voici qu’il m’est arrivé une visite singulière :
    Deux chats, dont la couleur détonne avec les murs de ma maison,
    Dans ma cuisine, ont salivé devant un morceau de gruyère.

    En réalité, il n’y avait qu’un chat qui a plutôt profité des croquettes de Chanelle sinon c’est à peu près ça.

    
    
    
  • Mon lion intérieur

    Mon lion intérieur

    L’infiniment petit du cœur contient un géant de lion.
    Il représente mon courage, juste quand il faut le montrer ;
    Il renforce mon bras vainqueur, mais ce n’est qu’un echantillon ;
    Il apporte à mon entourage tout ce j’aime, en concentré.

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  • A due

    A due

    J’aime caresser à deux mains, du haut du manche au bas du manche,
    Cette portée qui vous entraîne à danser de tout votre corps.
    J’aime reprendre ce chemin, « a due », du lundi au dimanche,
    Afin que votre cœur m’apprenne à vous offrir le bon accord.

    En musique, le tempo « a due » signifie qu’un morceau se joue à deux musiciens.

    
    
    
  • La femme au volant

    La femme au volant

    Quand la femme au volant se serre la ceinture,
    Ça me donne très faim de désirs et d’ivresses.
    Partir en convolant à bord de sa voiture,
    Sur les routes sans fin à perte de vitesse.

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  • C’était au temps

    C’était au temps

    C’était au temps de ma jeunesse quand j’allais sur les rues pavées,
    Du primeur à la laiterie et du boucher au poissonnier.
    L’enfance était une kermesse, en allant chez qui-vous-savez,
    Salué dans la bonneterie, accueilli chez le cordonnier.

    Le mien s’appelait Bovetto et fabriquait des godillots
    Qui mettaient parfois des années à s’accommoder à mes pieds.
    Ça me serrait comme un étau et me pressait comme un noyau,
    Mais ce n’était que momentané, car j’exagère comme il me sied.

    Des rues étroites se perdaient dans un chemin de labyrinthes
    Où j’avais peur d’aventurer et mon museau et mes gambettes.
    Les vieux, souvent, me regardaient pousser mes râles et mes plaintes
    Quand je fuyais, démesuré, prenant la poudre d’escampette.

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  • Le huis de l’infini

    Le huis de l’infini

    Couchés dans le huis de l’infini, laissons-nous rayonner d’amour
    Qui donne aux journées, sa chaleur et aux nuits sa divinité.
    Les couleurs jouent la symphonie avec une pointe d’humour
    Car le rire en fait la valeur et le sourire, la trinité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Un toboggan de couleurs

    Un toboggan de couleurs

    Comme aspiré dans un abîme dont les pigments me sucent l’âme,
    Un vertige irisé m’entraîne à emprunter son toboggan.
    Tous mes amis sont unanimes à tenter d’éteindre ma flamme
    Mais j’aime les couleurs extrêmes et j’ai noué mon catogan.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Parées au décollage

    Parées au décollage

    Toutes les maisons se pressent, arrivées au bout du monde,
    Et vont prendre leur envol pour fuir la modernité.
    Tous les chantiers nous oppressent, des travaux aux grues immondes ;
    Lâchons-prise aux métropoles, vivons en fraternité !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Au spectacle ce soir

    Au spectacle ce soir

    Pour bien profiter du spectacle, j’ai mis des gradins de nature
    Autour de la place du square où le soleil vient se coucher.
    Ce soir, il n’aura pas d’obstacle pour profiter de la peinture
    Artistique et jubilatoire où mon cœur s’amuse à loucher.

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  • Plus de silence

    Plus de silence

    Comme il y avait trop de vacarme qui me faisait mourir de bruit,
    Je me suis jeté dans un vide de plénitude et de silence.
    Ma mort n’a pas sonné d’alarme mais j’ai enfin goûté le fruit
    Du calme dont j’étais avide et du repos par excellence.

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  • Lavandes éternelles

    Lavandes éternelles

    Pour que ce jour reste éternel, je le tapisse de lavandes
    Comme une moquette moelleuse où tu pourras toujours t’allonger
    Pour voir les reflets paternels jouer sur un ciel de légende
    Charmé des fragrances soyeuses de cette terre prolongée.

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  • Au volant, la vue, c’est la vie

    Au volant, la vue, c’est la vie

    Je ne prends jamais le volant sans mon petit ange gardien ;
    Elle a les airbags en série et le châssis bien rembourré ;
    Je ne suis jamais somnolant grâce à nos rapports quotidiens ;
    Elle m’appelle « Mon chéri » lorsqu’elle veut être bourrée.

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  • Les femmes dunes – 2

    Les femmes dunes - 2

    Je suis sorti du désert pour oublier ses mirages,
    Ses courbures féminines qui m’obsédaient sur ma route.
    J’ai troqué mes dromadaires pour des moutons des alpages
    Mais la nature masculine prolonge encore ma déroute.

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  • La fée provençale

    Devant son champ de lavande qui chatouille à l’horizon
    L’azur du décor céleste sur le théâtre de l’été,
    La fée rose des légendes, celle qui ouvre les prisons,
    De ses deux mamelles lestes a, les pousses, allaitées.

    Dessin de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Mousse aux coquelicots

    Mousse aux coquelicots

    Prenez une prairie tendre, juste arrosée de rosée ;
    Plantez-y quelques pavots et puis quelques coquelicots ;
    Il n’y a plus qu’à attendre et le soleil s’exposer ;
    Après vous direz « Bravo ! » à ces menus amicaux.

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  • Juste avant l’aube

    Juste avant l’aube

    Juste avant que la chaleur me broie dans son engluage,
    J’aime faire du naturisme dans la fraîcheur des couleurs.
    La caresse du vent haleur qui remorque les nuages
    Donne un goût d’aventurisme dans le matin roucouleur.

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  • Juste après l’aube

    Juste après l’aube

    Les lumières sont en fête comme deux soleils levant ;
    Elles dansent sur le fleuve dans le ballet matinal.
    Dans la nature parfaite qui m’apparait là devant,
    Mon âme perçoit la preuve de la Terre imaginale.

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  • Le Père-Noël en vacances

    Le Père-Noël en vacances

    Tandis que je remontais avec le téléphérique,
    Je l’ai croisé au coucher du soleil vendredi soir
    C’était dans le Piémontais sur les voies stratosphériques
    Je n’ai osé le toucher il sommeillait comme un loir.

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  • Victime des degrés

    Victime des degrés

    Juste vêtue de lumière, auréolée de soleil,
    Juste recouverte d’ombres aux endroits les plus intimes,
    Je vis nue dans ma chaumière, mon armoire est en sommeil,
    Les degrés sont en surnombre et moi je suis leur victime.

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  • Gare au mâle

    Gare au mâle (nu

    En jouant avec les ombres sur le mâle individu,
    Découvrons géographie, histoire et anatomie.
    L’importance de chaque membre doit être bien défendue
    Entre l’organographie et la belle académie.

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  • La vague

    La vague

    Pour trouver mes mots, je reste bien calme
    Et j’attends la vague qui m’emportera.
    C’est ma dynamo, pas besoin de palmes,
    Quand le cœur divague, Dieu transportera.

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  • Ma muse s’amuse

    Ma muse s’amuse (nu

    Bien souvent ma muse s’amuse de moi
    Quand elle m’attire là où je ne veux pas.
    Mon âme est confuse, mon cœur en émoi,
    C’est un vrai satyre, c’n’est pas très sympa !

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  • Le train de rêves

    Le train de rêves

    Ce train de rêves qui me transporte entre les monts hors des frontières,
    Chargé de joies plein les wagons, chargé d’émoi dans sa chaudière.
    Toutes les nuits, j’ouvre la porte sur mon chemin de vie entière
    Et ce convoi, tel un dragon, souffle son feu, sa pétaudière.

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  • La pêche au vol

    La pêche au vol

    Pas de canne-à-pêche pour la pêche au vol ;
    Faut de bonnes ailes et une bonne vue !
    Puis on se dépêche pendant son envol
    De mettre du zèle face à l’imprévu.

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  • L’invitation aux rêves d’amour

    L’invitation aux rêves d’amour

    Avant de m’envoler vers le pays des songes,
    J’envoie toujours des fleurs et aussi quelques roses
    Dans des lettres volées par un pieux mensonge ;
    J’y chuchote en souffleur mes fantasmes en prose.

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  • L’arbre-mère aux oiseaux

    L’arbre-mère aux oiseaux

    Émergeant de la mer jusqu’à toucher le ciel
    Il relie la frontière entre les éléments
    Les oiseaux messagers sont très confidentiels
    Et transmettent les lois aux initiés cléments.

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  • Mon petit professeur

    Mon petit professeur

    Pour mes leçons de vol j’ai pris un professeur.
    Il est vraiment petit mais il est vraiment fort !
    Il me fait décoller d’un courant accesseur
    Et je tiens dans les airs sans le moindre renfort.

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  • Ma nature vide

    Ma nature vide

    Le matin quand je vois toutes ces bouteilles vides,
    L’alcool évaporé dans mes cellules grises
    Me rappellent au passé des mémoires livides
    Sans cesse refoulées mais jamais bien comprises.

    Les doux rêves berçant du vin doux sur mes lèvres
    Me sont enchantement, je pars en éclaireur.
    Je fais une excursion sur le chemin des fièvres
    Qui me font échapper au monde de terreur.

    Surtout ne croyez pas que j’ai l’alcool facile ;
    C’est juste une méthode avec modération.
    Il n’y a pas d’abus le soir au domicile
    Mais c’est juste l’ivresse de l’accélération.

    Tableau de Fabienne Barbier