🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Suivez-moi, jeune homme !

La première fois qu’elle fit tomber sa robe uniforme de bure,
Juste vêtue d’une nuisette qui ne cachait quasiment rien,
J’avais vingt ans ; j’ai succombé à son buste dont les courbures
Ont cueilli comme une épuisette mon cœur qui n’y comprenait rien.
Et je l’ai suivie dans la chambre et je l’ai vue ôter son voile
Tandis qu’elle me déshabillait et tâtait mon intimité.
Elle a alors saisi mon membre, j’avais la tête dans les étoiles,
Et m’a aimé, j’en vacillais, de sa magnanimité.
En amour, elle fut magnanime tellement elle fut angélique ;
C’était ma toute première fois ; ce moment était solennel.
Moi, hier encore pusillanime dans la jouissance idyllique,
Je m’ouvrai de toute ma foi, au culte de l’amour charnelIllustration d’Olivier Ledroit sur https:eroartkomora.livejournal.com88208.html .
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Lily Artémis

Lily était folle à lier et se prenait pour Artémis.
Armée d’un bâton de bois vert et d’un couvercle de tonneau,
Elle affrontait les chevaliers qui surgissaient in extremis
Par le portail, resté ouvert, pour lui voler ses jambonneaux.
L’un d’eux, sans peur et sans reproche, lui aurait monté à la tête
Mais Lily Artémis, pas folle, aurait identifié Bayard.
Et tout en guettant son approche, elle courut lui faire sa fête
Et bien que l’Histoire en raffole, Elle oublia ce fait paillard.
Lily Artémis disparut ; un bateau l’aurait recueillie
Pour lui faire courir l’aventure avec un corsaire du Roy.
C’est plus tard qu’il est apparu qu’elle aurait été accueillie
Comme cow-girl dont la monture ne trottait pas toujours très droit.Tableau de Jana Brike sur http:www.janabrike.com .
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Laurelïne
Labyrinthes
Laureline était prisonnière d’une soumission formatée
Comme une poupée trop gentille, une partenaire soumise.
Dévêtue dans ma garçonnière, toute docile, acclimatée
À mes envies de pacotille, j’ai cru qu’elle était ma promise…
J’ai voulu lui briser ses chaînes mais ses maîtres l’ont jalousée ;
J’ai désiré l’émanciper mais ses maîtres l’ont limitée ;
J’ai souhaité qu’elle se déchaîne et même offert de l’épouser
Afin qu’elle puisse participer avec pouvoirs illimités.
Mais comme cela n’a pas suffi, j’ai remonté aux origines
Afin de connaître son âme : la Loreleï qui l’animait.
Par cet acte, je lui certifie qu’elle est telle que je l’imagine
Depuis toujours : maîtresse femme, reine que je légitimais.
Écoute-moi, Loreleï, libre : tu n’es pas là pour me servir ;
Tu n’es pas femme pour me chérir ni même obligée à me suivre !
Tu vis pour ton propre équilibre, jamais n’ai voulu t’asservir ;
Seul l’amour peut surenchérir sur qui de nous pourra s’ensuivre.
Je te rends ton cœur et ton corps, ton souffle, ton nom et la voix.
Je t’ai reflétée de moi-même et je t’en demande pardon.
Et si tu me désires encore indique moi alors la voie
Qui mène auprès de celle que j’aime… celle à l’aura bleu-céladon.Tableau de PiA sur https:www.gallea.caenartistspia .
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Laurelïne
Comme une sirène immergée

Entre deux vents qui se rencontrent à la frontière de nos rêves,
Laureline flotte dans un éther semblable au fleuve de l’amour.
L’un et l’autre soufflent à l’encontre de Lyséon qui vient sans trève
Troubler le sommeil solitaire de l’endormie d’un trait d’humour.
Je suis la sirène immergée dans l’onde d’un rêve inversé,
Mon visage effacé s’assigne à l’empreinte de ton désir.
Je ne pense plus, submergée ; je suis l’eau que tu as versée
Et sous mes doigts je sens le signe du cœur que tu n’oses saisir.
AZILA monte de mon bas-ventre et remonte ton canal concave,
ALIZA descend de tes lèvres et descend mon canal convexe.
Lorsque Ysara atteint le centre, Nomir se met au même octave
Pour chanter dans la même fièvre la commémoration du sexe.
Et dans l’abîme d’un instant, tout s’accorde et puis tout s’oublie ;
Le rêve, la chair, la matière, le nom, le rire et le serment.
Je deviens matrice à plein temps, mer du dedans, source accomplie ;
Alors je m’ouvre, tout entière, au chant nuptial du firmament.
Et moi j’exerce dans ton ventre, dans le sanctuaire sacré
L’acte d’amour qui te fait femme et moi l’homme que tu chéris
Afin qu’à la fin je concentre mon offrande chaude et nacrée
Pour que tu baignes dans mon âme et moi dans ton cœur renchéri.Tableau d’Agostino Arrivabene.
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Laurelïne
Le rêve de Laureline

Carte du tendre imaginaire pour un rituel solitaire
Où elle s’abandonne soumise à l’AZILA, le vent d’amour ;
Première étape préliminaire de son voyage pour Cythère
Avec un lapin en chemise sifflotant un compte à rebours.
Mais la flûte devient un ORACLE et Laureline alors l’embouche
Pour exécuter de sa pipe l’hymne du pays des merveilles.
Alors s’écoule, par miracle, une chaude liqueur dans sa bouche
Tandis qu’une ÉTOILE dissipe une lueur qui l’émerveille.
Conduite vers le SANCTUAIRE de LYSÉON, un demi-dieu,
Laureline se met à chanter allègrement tout en marchant
Et tous les chœurs préambulaires aussi charmants que mélodieux
Soufflent de leurs flûtes enchantées un YSARA en contrechant.
Laureline se sent transportée d’une allégresse jouissante
Et demande à être fécondée par un cantique de romance.
Les chœurs toujours à sa portée chantent de toute leur puissance
Un NOMIR qui vient inonder le sanctuaire de sa semence.
Et Laureline ouvre les yeux, le corps entièrement mouillé
De transpiration érotique de son ventre inassouvissable.
Elle se souvient d’un délicieux orgasme qui l’a barbouillée
D’un cocktail d’alcool exotique d’une ivresse indéfinissable.Tableau d’Adelchi Riccardo Mantovani.
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Labyrinthe cortical

Le temps qu’une idée, née du centre, atteigne la périphérie,
La première pensée primitive a grandi le long des couloirs.
Si peu qu’une paroi s’éventre et la voici en hystérie
Errant dans la sphère afflictive de la mémoire, sans le vouloir.
Parfois une pensée se perd alors que, chargée de mission,
Elle s’égare dans les sous-sols après une folie à poursuivre.
Alors que je me désespère, elle sort par télétransmission
À point nommé, comme une boussole qui montre le chemin à suivre.
Ce labyrinthe est magicien en dédales de rêves éveillés,
Où le petit enfant en moi apprend tout au long de sa route.
Qu’il soit psychosomaticien ou simplement émerveillé,
Il vit et rit au fil des mois de tout ce qui le met en déroute.
Et c’est là le but de ma vie : explorer tout mon univers ;
Créer des corridors nouveaux vers des issues qui se devinent.
Ne tenir compte d’aucun avis et me connaître par les vers
Qui découlent de mon cerveau à l’encre d’essence divine.Tableau de snugsomeone sur https:www.deviantart.comsnugsomeonegallery?page=4 .
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Outrage aux bonnes moeurs

En hommage à la bonne sœur qui, l’hiver par temps pas très chaud,
Fit fondre avec tant de douceur le pénis gelé du manchot †,
La môme délurée mais probe devant le gosse embarrassé
Abrita des pans de sa robe son feu par le vent harassé.
Qu’elle ne porta pas de culotte n’était pas vraiment impudique
Car devant la flamme pâlotte, lorsqu’elle lui ouvrit sa boutique,
Le garçon ne profita pas d’y réchauffer ses doigts transis
En les plongeant dans les appas de la fille par courtoisie.
Est-ce un outrage aux bonnes mœurs de dévoiler l’intimité
Pour proposer de bonne humeur et en toute légitimité
Un peu de sa chaleur humaine à son prochain pour un quart d’heure
Sans que les chaînes de l’hymen crient « Attentat à la pudeur ! » ?
(Tableau de Poulbot sur https:www.montmartre-secret.com201611poulbot.immoralite-et-proces.html
† « Gloire à la bonne soeur qui, par temps pas très chaud,
Dégela dans sa main le pénis du manchot – Don Juan » Georges Brassens.)Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’éloge de l’escarçon
Plus je me hâte avec lenteur, plus le temps s’écoule moins vite ;
La théorie de l’escargot est providentielle au rêveur.
Lutter contre la pesanteur demande à mon corps qu’il lévite
Et abandonne tout fardeau qui pèserait en sa défaveur.
J’ai la langue en colimaçon qui tourne sept fois dans ma bouche
Avant de parler pour rien dire et faire une fausse sortie.
Ce petit déni mollasson, c’est mon petit côté farouche
Imposé pour vous interdire de me pousser dans les orties.Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .
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Peau de lion


Si Peau d’âne vivait aujourd’hui avec un père incestueux,
Elle vendrait la peau de l’ours avant de tuer le félon.
Lorsque l’histoire se reproduit avec un roi majestueux,
Il faut l’attaquer à sa bourse et couper le membre étalon.
La chatte sait se montrer lionne et engloutir le gland fendu
Qui, comme un sceptre ridicule entre les deux jambes pendouille.
Elle n’est peut-être pas si couillonne ! Après tout, ses fruits défendus
Sont plus gros que deux testicules, deux olives lovées dans leurs couilles.Illustrations de Lisa Aisato sur https:salg.aisato.nobutikkdigitaltrykk .
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Nuit d’Onyx
Discrétion, silence et mesure, l’ange de nuit répand son ombre
Et tisse un écheveau obscur qui plonge la Terre en sommeil.
Le jour s’enfuit dans l’embrasure poursuivant le soleil qui sombre
Flanqué du fidèle Mercure dans un dernier rayon vermeil.
Ange ou démon ? Je m’interroge sur ses véritables desseins
Et cette étrange accoutumance qu’instaure le marchand de sable.
Fatalement nul ne déroge à ce rituel sacro-saint
Malgré toute la véhémence de ma quête inassouvissable.
Les plus beaux rêves sont tissés dans la chevelure de nuit
Qui me reconnecte au réseau du chœur des étoiles qui songent.
Étoiles noires métissées d’astres et de comètes qui fuient
Comme s’envolent les oiseaux qui migrent au pays des mensonges.vTableau de Kaysha Siemens.
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L’autre côté du miroir
Tous les miroirs de ma maison accèdent à un autre côté,
Un genre d’univers inversé, mais qu’ils m’interdisent de franchir.
Je ne sais si j’ai eu raison mais je les ai tous boycottés
Jusqu’à c’ qu’ils soient controversés et acceptent de m’affranchir.
Depuis je peux passer ma tête, un bras, une jambe, une main
Mais je reçois un bol d’eau froide et parfois carrément un seau.
Ils sont farceurs mais je m’entête à y découvrir un chemin,
Même si c’est une porte étroite, pour m’y retrouver au verso.
Alors pour fair’ fondre la glace puisque le miroir est poli,
Je m’ suis reflétée en parlant d’une voix pointue et étroite,
Puis nous avons changé de place, mon double et moi, à la folie,
Et depuis je parle en verlan et confonds ma gauche et ma droite.
Lorsa pour raif’ drefon la cegla quepuis le roirmi est lipo,
Je m’ suis téeflére en lantpar d’une voix tuepoin et troitée,
Puis nous vonsa géchan de cepla, mon bledou et moi, à la liefo,
Et puisde je lepar en lanver et fondcons ma chegau et ma tedroi.Tableau de Natalie Shau.
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La danse des Samodiva



Les trois sorcières solidaires ne sont pas descendantes d’Ève
Mais de Lilith ou Artémis selon l’histoire non écrite.
Sauvages et de vies solitaires, chaque année elles renouvellent
Leurs liens en suivant les prémices que leur nature leur a prescrites.
Alors elles invoquent leur mère qui apparaît tel un phénix
Dans le feu ardent dont les flammes les embrassent de leur chaleur.
Elles redeviennent chimères et montent dans la nuit d’onyx
Rejoindre et réunir leurs âmes sacrées aux divines valeurs.
Comme une naissance d’étoile, les filles ont fusionné leur mère
Et créent de nouvelles énergies pour les diriger sur la Terre.
Alors retombent comme un voile des étincelles éphémères
Qui se transforment en synergie fertilisante, élémentaire.Premier tableau d’artiste inconnu ; deuxième et troisième tableaux d’Eduardo Rodriguez Calzado sur https:eduardorodriguezcalzado.com .
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Féminité sacrée




La vierge clôture l’été, c’est déjà le temps des colchiques ;
Les feuilles commencent à tomber malgré la chaleur persistante.
On l’aperçoit se refléter sur les eaux sombres métapsychiques
Des lacs et étangs surplombés par sa psyché inconsistante.
La mère est enceinte en automne ; elle gardera neuf mois son fruit
Et subira une alchimie archangélique en son bassin.
Sa grossesse paraît monotone mais à l’intérieur se construit
Une inviolable biochimie qui métamorphose en son sein.
L’enchanteresse ferme l’hiver et annonce le renouveau
De primevères en perce-neiges, de boutons d’or en pâquerettes.
En accord avec l’univers qui met les saisons à niveau,
Elle exécute son manège, fraîche émoulue et guillerette.
La sorcière charme le printemps, surtout les nuits de pleine Lune
Où elle adore danser nue autour d’un feu avec ses sœurs.
Mais elle donne des cours à plein temps aux quatre filles de Neptune,
Jeunes sirènes ingénues, qui nécessitent un professeur.Tableaux de Tamara Phillips sur https:www.tamaraphillips.ca .
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La girafe à grande gueule emmanchée d’un long cou
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,
La girafe à grande gueule, emmanchée d’un long cou.
Quelques anges farceurs l’avaient ainsi dotée
Et, de ses quatre pattes, était bien empotée.
Son cou démesuré lui permet de brouter
Au-dessus des nuages, leurs surfaces encroûtées.
Elle parle à la Lune, son unique voisine
Avec quelques étoiles qui, le soir, l’avoisinent.
Par les temps orageux, quand le temps est couvert,
Sa tête hors d’atteinte demeure à découvert.
À son regard hagard, nous pouvons supposer
Qu’elle traîne ses pieds sans voir où les poser.
On en fait l’étalon, par sa taille géante
Depuis ses pieds arqués à sa gueule béante.
Les élégantes adoptent sa robe chamarrée
Dans les soirées mondaines parfois pour se marrer.
Du haut de son royaume, elle ne craint personne.
Les oiseaux l’importunent ? Elle les désarçonne.
Tous ceux qui la regardent chopent un torticolis ;
Du coup, son âme plonge dans la mélancolie.
De ce septième ciel où vous posez la tête,
J’aspire vaillamment à faire la conquête.
Je gravirais l’aiguë tout en haut de la gamme,
Madame la girafe, si vous étiez ma dame.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’étoile à sept jambes
Elle court, elle court contre la montre, elle tourne, elle tourne contre le temps ;
Elle parcourt toute la semaine selon l’humeur au pied du jour.
Elle bondit, bondit à l’encontre de son destin à contretemps
Vers la fatalité humaine qui marque la fin du séjour.
Plus elle court vite, plus elle s’enivre, malgré le cœur qui la martèle ;
Elle lutte contre la frousse de perdre l’élan et la boule.
À toute berzingue, elle se délivre de l’immobilité mortelle ;
Jamais n’amassera de mousse, l’éternelle pierre qui roule.Tableau de Wolfgang Lettl.
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L’assemblée des dieux
Finalement mille-et-un dieux trônent au royaume des cieux ;
Celui qu’on appelle « Éternel » ou parfois même « Emmanuel »
N’est qu’un « porte-parole » choisi par un gouvernement moisi
Qui ne nous envoie que des crises pour nous garder sous son emprise.Tableau de Giulio Romano.
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Les voyages confinés
Puisque nous passons nos vacances dans nos pavillons confinés,
Dotons leurs fondations de roues d’imagination raffinée !
Puis, sur des rails d’extravagance, nous irons par le Dauphiné
Vers les mers bleues où les mérous rôtirons dans nos cheminées.Photo de Meherab Arsalan.
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Sorcières d’aujourd’hui
J’ai lu « Sorcières d’aujourd’hui », le magazine émancipé
Qui s’adresse aux fées actuelles et à la mode satanique.
On y voit les meilleurs produits à s’offrir pour participer
À leurs épreuves rituelles dans leurs réunions sabbatiques.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Fées d’aujourd’hui
Les fées se sont banalisées et prennent aujourd’hui le métro ;
Elles cotisent pour leur retraite mais s’offrent très peu de vacances.
Leur magie rationalisée a perdu le charme du rétro
Et même certaines sous-traitent leurs potions par correspondance.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le masque du gémeau – 1
Plonge tes yeux dans le regard d’un gémeau choisi au hasard,
Tu y verras un autre monde où l’on vit pour s’y amuser.
Si ici, les gens sont hagards, là-bas, il n’y a pas de lézard,
La vie pulse à chaque seconde et la mort est désabusée.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Faiseur de roses
Je ferais bien pousser des roses dans les déserts les plus arides,
Là où les terrains sont exsangues de l’eau et du sang de ma Terre.
Par quelques « Reflets Vers & Prose », je voudrais bien que se dérident
Les volcans qui tirent la langue et les crevasses qui m’atterrent.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La double face du gémeau
Gémeau, j’ai mal à accepter ta double individualité.
Gémeau, j’ai mis beaucoup d’années à comprendre à quoi tu jouais.
Gémeau gémit, tu es affecté par ta propre dualité.
Gémeau, j’aime à m’abandonner dans ton troublant puits à souhaits.Tableau Christine Chauloux.
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Le progrès en marche – 2



Tout ce que je croyais moderne dans mon enfance en noir et blanc
Semblait d’un concept fantastique, un genre de loufoquerie.
Aujourd’hui, tout paraît bien terne, le futur est assez troublant,
Et j’en demeure sarcastique d’y voir comme une escroquerie.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
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Les fées grassouillettes
Toutes les fées qui se sont penchées, sur mon berceau à ma naissance,
Ont bien failli m’écrabouiller, pas seulement de leurs souhaits.
Elles se sont tant épanchées à prouver leur reconnaissance
Et m’ont tellement papouillé que j’en suis encor secoué.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’animal-totem
Chacun son animal-totem, son animal imaginaire,
Gnome, lutin ou petit elfe qui l’accompagne à rêvasser.
Je laisse au mien le choix du thème pour souhaiter mon anniversaire
Et, à votre ami philadelphe, le plaisir de vous embrasser.Philadelphe : personne qui aime ses frères ou ses sœurs.
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Le passe-pont
À tous ceux qui feront le pont de l’Ascension à Pentecôte,
Je veux dédier ce passage qui m’a permis de rebondir
Et de placer quelques tampons afin de remonter la côte.
À défaut de devenir sage, je n’arrête pas de grandir.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Fa si la mouillé
Les jours de pluie sont langoureux et vous en seriez dégoûtés
S’ils n’étaient pas apprivoisés par un solfège approprié.
Rassemblez-vous les amoureux du soleil ! Venez écouter
Le chant de l’averse voisée et ne vous faites pas prier !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon dimanche paisible
C’est que j’y tiens coûte que coûte à mon beau dimanche paisible
Dans la douce sérénité de nos campagnes endormies
Juste réveillées à l’écoute de ces carillons invisibles
Échappés de l’éternité des clochers en hypothermie.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le cœur rougissant
Je vois dès le soleil levant l’éclat de ton cœur rougissant
Qui rayonne tant dans un fond d’enthousiasme et de protection.
Mais c’est surtout sur le devant, là, dans son débit rugissant,
Le flot de tes mots si profonds qui fondent en pure délectation.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le cœur mareyeur
Quand j’étais petite fille, j’aimais les œufs d’esturgeons !
Je plongeais dans la Caspienne pour en pêcher les meilleurs.
Je filais comme une anguille en nageant parmi les joncs ;
J’avais la forme olympienne et le cœur bien mareyeur.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’horizon dévoilé
C’est le soir au crépuscule, à l’heure entre chien et loup,
Que les voiles se dévoilent et que l’horizon se montre.
Comme un « i » en minuscule, le soleil vient, tranquillou,
Laisser la place aux étoiles pour une heureuse rencontre.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La femme rousse
Celle que j’ai aimée, que j’ai presque épousée,
A beaucoup de chagrin depuis que j’ai quitté
Son lit et son foyer, qu’elle m’a jalousé.
Aussi je reconnais ma responsabilité.
N’ai-je pas de la peine, moi qui ai traversé
Océans d’aversions et d’amour transpercé ?
Veux-tu voir les raisons qui m’ont bouleversé,
Arrêter les griefs qui t’ont controversée ?Tableau de Fabienne Barbier
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L’atlante amarante
Accueillante, avenante, tu m’étais apparue
Nimbée de gentillesse et tes mots un peu crus
Ne me dérangeaient pas ; ils étaient bienvenus ;
Et tu m’as embrassé et montrée toute nue.
Mais petit à petit cette rigidité
A grandi et rompu toute l’intimité.
Rien ne te convenait ; tu m’as court-circuité
Invitant à trahir toute notre amitié.
Et je suis à la rue …
… mais j’ai ma dignité.Tableau de Fabienne Barbier
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La vague déferlante – 2
Savez-vous où est le peintre, le maître de la palette ?
Mais où est passé l’artiste, disparu aux oubliettes ?
Il a laissé ses couleurs s’échapper de sa mallette
Maintenant tout se mélange, tout échappe à sa houlette.
Soudain le bleu de la vague attaque avec les goélettes.
Mais quand sonne la retraite, c’est le retour des sablettes,
Les dunes de sable jaune dominent sur la plagette ;
Puis c’est à nouveau l’assaut commandé par les mouettes.
Puis soudain le jour faiblit, lentement la marée monte.
Le sable blond disparait et sans demander son compte !
Puis le soleil qui se couche enflamme le ciel de fonte ;
La nuit met son couvre-feu sur ce monde noir de honte.
Mais où est passé le peintre ? C’est lui le vrai responsable !
Savez-vous où est l’artiste ? On recherche le coupable !
Il a laissé ses couleurs dans un chaos effroyable.
Maintenant c’est les ténèbres, c’est fini, c’est pitoyable.Tableau de Fabienne Barbier
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La délectation
J’ai traversé mille dangers, j’ai reçu mille tentations,
Mais je n’ai jamais reculé, j’ai accepté l’humiliation.
Je continue à avancer malgré les dénonciations.
Et je m’attache à progresser en évitant l’aliénation.
Mais après mon initiation, j’ai l’âme en paix et reposée.
J’ai reçu l’illumination, tous les dangers sont oubliés.
Mon cœur vit une association, l’esprit serein est détaché.
Je suis la réconciliation, je suis vainqueur et je suis prêt !Tableau de Fabienne Barbier