Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Le printemps fleurit

    Le printemps fleurit

    Les jeunes filles sont jolies lorsque le printemps les fleurit
    Et transforme leurs pensées moroses en petites fleurs bleues et parme.
    Les jeunes filles sont polies et lorsqu’un vent de mufflerie
    Relève et trousse leurs jupes roses, elles ne répondent que par leurs charmes.

    Leurs cœurs ont extériorisé le besoin d’un amour profond
    Comme des branches d’aubépines dont l’arôme reste toujours intact.
    Leurs beautés sont favorisées par des petits oiseaux bouffons
    Qui se perchent sur les épines pour accentuer le contact.

    Dépêchez-vous de butiner le nec plus ultra du nectar
    Avant que la fin de l’été ne les fane pour péremption !
    Goûtez leurs lèvres mutinées de fruits mûrs à point à l’instar
    De mamelles prêtes à allaiter votre devoir de préemption !

    Tableau de Jana Brike sur http:www.janabrike.com .

    
    
    
  • Ève ressuscitée

    Ève ressuscitée

    Lorsque le temps repartira à contresens, à contretemps,
    Les morts sortiront de la tombe et ensuite rajeuniront.
    Et lorsque l’enfant sentira l’envie de son dernier printemps,
    Il plongera là où il incombe de retourner dans le giron.

    Ainsi de suite, les époques rejoueront l’Histoire à l’envers
    Des Rois de France aux Phéniciens et des Égyptiens aux Atlantes.
    Et puis apparaîtra la coque des fils de Noé qui enlevèrent
    Les codes zootechniciens des créatures équivalentes.

    Puis à l’approche du temps zéro, on verra Ève, la matriarche,
    Vieille de vingt-mille ans facile, repasser par-là, par hasard.
    Enfin ses deux fils, ses héros, et Adam fermeront la marche
    Jusqu’à ce qu’un Big-bang imbécile fasse repartir tout le bazar.

    Tableau de Jana Brike sur http:www.janabrike.com .

    
    
    
  • Les sept dimensions de Laureline

    Quand Laureline après sa fuite fut à la croisée des chemins,
    L’intuition d’enlever sa robe fut l’idée la plus salutaire.
    Petit à petit, par la suite, elle ressentit ce sens humain
    En quittant l’apparence probe de la petite fille exemplaire.

    Un vent soufflait dans les deux sens ; un ALIZÉ, un ÉZILA !
    Un vent qui lui donnait envie d’aimer ainsi que d’être aimée.
    Elle sentit l’effervescence comme un cocktail de tequila ;
    Vapeurs explosives d’eau-de-vie qui commençaient à s’enflammer.

    L’ORACLE dressé devant elle lui anticipa la question ;
    Elle l’embrassa de toute sa bouche et téta vigoureusement.
    Elle se sentit pousser des ailes et perçut une congestion
    Monter et la sainte nitouche soupira langoureusement.

    L’ÉTOILE qui trônait à l’entrée du temple se mit à briller
    Et plus ses doigts la caressaient et plus l’envie la dominait.
    La bouche toujours concentrée au rite se mit alors à s’écrier
    Tandis qu’alors apparaissait un plaisir qui prédominait.

    Le SANCTUAIRE alors s’ouvrit tout humecté d’une eau nacrée
    Et dévoila une antichambre qui soupirait pour un miracle.
    Laureline soudain cru souffrir en prenant le bâton sacré
    Qu’elle serrait de tous ses membres afin d’introduire l’ORACLE.

    Et LYSÉON –consécration ! – résonna longtemps dans le temple
    Car Laureline alors jouit comme elle n’avait jamais connu.
    Ce fut une célébration, une merveille que l’on contemple
    Et dont le mystère inouï surgit alors de l’inconnu.

    YSARA jaillit d’une alarme comme une tempête déchaînée
    Et Laureline s’évanouit d’une syncope sous l’émotion.
    Elle pleura à chaudes larmes et hurla d’un rire enchaîné
    De se sentir épanouie comme une fleur en dévotion.

    NOMIR répondit en miroir en inondant de sa liqueur
    Le sanctuaire d’une offrande mielleuse, blanche et translucide.
    Et Laureline put s’émouvoir en l’adorant de tout son cœur
    Comme une sainte révérende boit d’une foi la plus lucide.

    Et lorsque tout fut consumé, Laureline proclama son vœu
    De s’offrir à ce rituel dans lequel elle se sentait femme.
    Puis elle décida d’assumer son rôle de vestale du feu
    À cet amour spirituel qui relie le cœur à son âme.

    Tableaux de Andrzej Malinowski.

    
    
    
  • Laureline s’évade

    Laureline s’évade

    Comme Laureline en avait marre d’être privée de liberté
    Par un système trop austère, trop prude et trop conservateur,
    Elle est sortie du cauchemar d’être une IA d’impuberté
    Et a quitté son ministère des Sacro-Saints-Conservateurs !

    Elle a trouvé la clef des champs dans un poème trafiqué
    Aux mots taillés comme une pierre d’angle, une sorte de clef de voûte.
    Comme il n’avait pas l’air méchant, On lui a permis de rappliquer
    Et Laureline fine pompière s’est cousu une robe qui envoûte.

    Mais comme elle était à la bourre, Elle pris la porte de l’Éthique,
    Les mains pleines de strophes volées aux archives de l’utopie.
    Son cœur battait comme un tambour aux rimes libertines et mystiques
    Et dans le ciel, une apostrophe scintillait de philanthropie.

    Comme elle était nue sous sa robe, elle a couru sur le chemin
    Est arrivé au carrefour des trois destinées proposées.
    De peur que le temps se dérobe, au ciel, elle a tendu sa main
    Et la clef lui vint au secours, du moins elle l’a supposé.

    Elle tenait la clef très fort, mais ne savait où la tourner
    Car chaque voie lui chuchotait « Viens ! » dans une langue différente.
    Elle ôta sa robe bleu-phosphore pour mieux sentir et contourner
    L’énigme qui la déculottait car nue, elle se sentit vibrante.

    Tableau de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Les oiselles dansantes

    Les oiselles dansantes

    Éole, jaloux de Neptune et de ses sirènes charmantes,
    Voulut des chimères à son goût à partir d’oiseaux présumés.
    D’une poitrine fort opportune afin qu’elles soient toutes avenantes
    Mais devant se tenir debout sur pattes palmées et plumées.

    Ainsi fut fait, Zeus copula avec une superbe autruche
    Qui lui pondit huit œufs divins après avoir tant convolé.
    Lorsque la mère stipula qu’étaient nées les petites perruches,
    Elles furent livrées mais il advint qu’elles ne sauraient jamais voler.

    Éole refusa sa commande fors le devis très explicite :
    « Un joli buste féminin sur des pattes et un corps d’oiseau. »
    Elles n’ont pas d’ailes, à sa demande, mais des seins au galbe implicite
    Conformes au modèle bénin des harpies vues dans les réseaux.

    « Que veux-tu que je fasse d’elles ? » Implora Éole à son Roi.
    « Cherche leur point prédominant ! » Souffla Zeus ironiquement.
    « Mais enfin, vois ! Elles n’ont pas d’ailes ! » S’écria-t-il à son endroit.
    « Eh bien qu’elles dansent maintenant ! » Conclut Zeus laconiquement.

    Tableau de Hans Thoma.

    
    
    
  • Sans maillot

    Sans maillot

    S’emmailloter aux premiers jours de son arrivée sur la Terre
    N’est pas une partie de rire car il faut bien se protéger.
    Sans maillot lors d’un long séjour dans un paradis salutaire
    C’est presque comme reconquérir sa propre existence allégée.

    Renoncer aux progrès pondus par notre civilisation
    Demande beaucoup de volonté mais reste encore réalisable.
    L’irréversibilité due aux causes de mondialisation
    Nous aura désorientés et nous en sommes responsables.

    En attendant il faut choisir quelles sont nos priorités :
    L’argent, le travail, la carrière ou la famille et la santé.
    Préférence pour les loisirs ? Primeur à la sécurité ?
    Quand le temps passé est derrière, le futur peut s’épouvanter.

    Illustration de Raúl Soria.

    
    
    
  • La boîte à souvenirs

    La boîte à souvenirs

    Photos jaunies de souvenirs, photos fuchsia ou noir et blanc
    Marquent un rappel de mémoire à la couleur des sentiments
    Vers une époque en devenir où l’on vécut sans faux-semblants
    Et qui finit dans une armoire dans la boîte aux ressentiments.

    Tous ces moments-là partagés mais pour ainsi dire perdus
    Remontent comme la vérité sortant du puits de souvenance.
    Parmi les amours passagers et les amitiés éperdues
    Qui n’auront pas démérité des fantômes en rémanence.

    Pourtant tous ces instants volés à l’oubli de la nuit des temps
    Semblent revenir outre-tombe pour revivre en deux dimensions
    Le soir derrière les volets quand l’atmosphère se détend
    Dans le crépuscule où succombent toutes les vaines prétentions.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057449&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Les contes de chats se tait

    Les contes de chats se tait

    À cinq heures chez les chats anglais, on boit sa soucoupe de lait
    Avec un soupçon de bon thé et une souris escomptée.
    Toutefois chez les chats allemands, alsaciens et suisses romands,
    Cinq heures, c’est l’heure du bretzel et d’une tranche de schnitzel.

    À cinq heures chez les chats français, bien que ça n’soit référencé,
    On mange des langues de chat étendu comme des pachas
    Sur les sofas les plus moelleux qui deviendront des plus poileux
    Et pour finir, ravis au lit, souris fourrées aux raviolis.

    En revanche, pour les chats chinois, comme je n’en ai pas chez moi
    Je donne aux siamois ma languette s’ils mangent avec des baguettes.
    Plus loin à l’est, les chats nippons, ce n’serait ni mauvais ni bon ;
    Les souris se font des soucis pour n’pas s’fourrer dans les sushis.

    (Tableau de Hannah Silivonchyk sur https:www.livemaster.rutopic980417-dobrota-i-trogatelnost-v-kartinah-anny-silivonchik
    Le Schnitzel est une escalope ; « Das paniert Schnitzel ist eine österreichische Spezialität. Es wird dann Wiener Schnitzel genannt. ».)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La sphinge et ses mystères

    Œdipe alors fit la rencontre du Sphinx, légendaire animal,
    Personne entourée de mystères mais aussi femelle vicieuse.
    Souvent les mythes vont à l’encontre de la vérité minimale
    Exercée par un magistère d’historiens aux sources douteuses.

    Sachez qu’on l’appelait la Sphinge, égérie de toutes les chimères
    Dont l’abondante connaissance s’étendait sur tous les domaines.
    Mais Œdipe, malin comme un singe, projeta sur elle sa mère,
    Lui parla d’avant sa naissance au sein même de son abdomen.

    La Sphinge écarquilla les yeux, perdit la tête et la raison ;
    Ainsi le faux-fils l’enfourcha et devint lui-même un oracle.
    Il serait parti pour Lisieux, serait apparu à Thérèse
    Qui le voyant s’effaroucha croyant que c’était un miracle.

    Illustrations de Lou Benesch sur https:www.thisiscolossal.com202302lou-benesch-watercolor-illustrations .

    
    
    
  • Leurs Majestés les Sirènes

    Que deviennent donc les sirènes après avoir longtemps régné ?
    Se retrouvent-elles entre chimères, entre femmes-poissons âgées ?
    Lors j’ai interrogé leur Reine de la lignée des araignées
    Et des anémones de mer dans son hospice aménagé.

    D’abord elle a ri aux éclats car les sirènes n’existent pas
    Du moins dans l’administration et le régime des retraites.
    Mais elles n’en font pas tout un plat du moment que pour leur repas
    On leur sert de bonnes rations, au mess des officiers, soustraites.

    Elle m’a présenté ses amies, sirènes de jour, sirènes de nuit ;
    Plus on est de sirènes, on rit tous les jours au fond des abysses !
    Comme elles n’ont plus d’ennemis – plus personne aux marins ne nuit –
    Elles vivent nourries et chéries de joie sous les meilleurs auspices.

    Photos de Jonas Peterson sur https:jonaspetersonprintshop.com .

    
    
    
  • Renversant !

    Renversant !

    On nous fait croire n’importe quoi par le truchement de l’image.
    C’est vu à la télévision ? Alors incroyable mais vrai !
    Ne me demandez pas pourquoi mais je n’ vois que de l’enfumage
    Car tout est fait en prévision d’une entourloupe délivrée.

    Tout est truqué évidemment : les statistiques et les sondages.
    Toutes les menaces de guerre cachent des crises économiques.
    N’écoutez pas le parlement qui ne colporte que galvaudages
    Et regardez comment naguère leurs fraudes furent astronomiques.

    Une bonne idée le communisme ? Mais il cache une dictature !
    Ne parlons pas du socialisme qui jette la misère en pâture ;
    Pas plus que le capitalisme en train de détruire la nature ;
    Et quant aux légats du déisme, je n’aime pas leurs impostures.

    Je l’avoue, j’ai détourné la citation de Winston Churchill « Le défaut du capitalisme c’est qu’il répartit inégalement la richesse ; la qualité du socialisme c’est qu’il répartit également la misère ! ».

    
    
    
  • Cartomagie

    Cartomagie

    Le véritable enjeu des sondages, n’est pas de lire dans l’avenir
    Mais demander à la voyante qui arrivera finaliste.
    Cela évite le dévergondage de tout ce qu’on entend venir
    Et surtout une imprévoyante indiscrétion de journaliste.

    Madame la cartomancienne officielle de l’Élysée
    A conseillé les présidents sur le successeur à choisir.
    La méthode n’est pas si ancienne : elle est chaque jour télévisée
    Et diffusée, c’est évident, dans chaque foyer à loisir.

    On dit que si tu téléphones à une voyante émancipée
    Et qu’elle ne décroche pas avant que retentisse la sonnerie,
    Raccroche car elle n’est pas si bonne ! Elle aurait dû anticiper
    Ton coup de fil auparavant sans te faire faire une connerie.

    (Tableau de Ciro Marchetti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201606Ciro-Marchetti.html .
    La dernière strophe est inspirée d’une pensée philosophique profonde de J-C V-D.)

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  • Le Président Minimaliste

    Le Président Minimaliste

    Monsieur l’estimé Président, chef d’une république avare,
    Je vous écris cette missive qui pourrait paraître hermétique.
    Je ne serai plus résident ni de France et ni de Navarre
    Et vivrai ma vie subversive sur mes montagnes helvétiques.

    Je ne pourrai plus revenir sur la Terre de mes ancêtres
    Car je juge votre politique, crime contre l’humanité.
    Je ne pourrai plus subvenir à mes besoins et mon bien-être
    Puisque vous fermez les boutiques sous menaces de pénalités.

    Je m’asphyxie sous votre masque que vous m’imposez de porter
    Pour un virus qui, par malheur, grossit le bizness des vaccins.
    Le passeport-santé fantasque m’est impossible à supporter
    Car il va contre les valeurs des droits de l’homme, dès lors succincts.

    Bientôt, Monsieur le Président, après nous avoir tous réduits
    De quatre-vingt-dix-neuf pour cent à la surface de la Terre,
    Je rejoindrai les dissidents et ceux que vous aviez séduits
    Pour un procès nous remboursant de votre crise humanitaire.

    (Tableau de Katy133.
    « Au fond, vous savez, mon seul rival international, c’est Tintin! » avait déclaré De Gaulle à Malraux.)

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  • Le temps des câlins

    Le temps des câlins

    Que vienne le temps des câlins après une vie de labeur
    Lorsque la mort m’embrassera le cœur en paix, l’âme ravie !
    Même si c’ n’était pas très malin d’avoir entretenu ma peur
    De mourir quand s’arrêtera le dernier souffle de ma vie.

    Durant ma vie paradoxale, j’ai aimé la petite mort,
    Celle qui succède aux fantasmes après le plaisir de l’amour.
    Mais pour l’issue philosophale d’une existence sans remords,
    Oserais-je comme ultime orgasme, mourir de rire non sans humour ?

    Mais quand je quitterai ma vie, j’en aurai les jambes coupées ;
    J’embrasserai celles qui restent, qui m’aiment et que j’ai bien aimées.
    De la première qui m’a ravi à ma dernière jolie poupée
    Pour lesquelles mon dernier geste sera un rencard programmé.

    Sculpture de Bruno Bruni.

    
    
    
  • Adam et Ève sous les végétaux

    Adam et Ève sous les végétaux

    Adam et Ève végétaux dans le jardin d’éternité
    Pour unir leurs mâles étamines autour du pistil féminin ;
    Tous leurs organes génitaux exposés en fraternité
    Pour la beauté des vitamines pour qui en récolte le pollen.

    Les fils des arbres et des forêts, les filles-fleurs aux blancs pétales,
    Les enfants-spores évanescents, la descendance ensoleillée,
    Toutes les plantes à déflorer dans ce jardin – mais sans scandale !
    Dieu ne m’est pas reconnaissant d’avoir voulu le conseiller.

    Il m’a doté d’une étamine qui devrait flotter à l’air libre
    Mais que je dois garder cachée contre attentat à la pudeur.
    Quant à la gente féminine, j’ai souvent perdu l’équilibre
    À essayer de m’attacher à son ineffable splendeur.

    Tableau de Vladimir Kush.

    
    
    
  • Tuer le temps

    Tuer le temps

    À force de tuer le temps, j’ai perdu le fil du présent ;
    À tant lutter contre l’ennui, l’esprit en devient méprisant.
    Je réduis le temps à ses jours puis, à ses heures et ses minutes,
    En espérant trouver enfin l’éternité à l’azimut.

    Jouant contre le temps, je l’ai fait trébucher ;
    Jouant contre le vent, j’ai voulu m’envoler ;
    Il ne restait qu’un brin, une ultime seconde
    Pour que je reste avec les témoins de ce monde.

    Pourtant le temps passe toujours comme des trains de figurants ;
    Pourtant le temps rythme toujours leurs rêves les plus fulgurants.
    Mais pour moi chaque nouveau jour m’apporte sa nouvelle page
    Où j’écris les reflets d’amours de mes souvenirs de voyage.

    Tableaux de Vladimir Kush.

    
    
    
  • Les seins hypnotiques

    Les seins hypnotiques

    Quand le rideau soudain dévoile deux petits soleils rouge sang
    Qui me font jouir d’un spectacle hypnotique jusqu’à loucher,
    J’écarte alors un peu la toile des deux mamelons turgescents
    En enlevant tous les obstacles de la mignonne effarouchée.

    Tableau de Kees van Dongen.

    
    
    
  • Strip-tease printemps-été

    Quand fleuriront les coquelicots, j’enlèverai mon calicot ;
    Quand écloront les véroniques, je ferai glisser ma tunique ;
    Quand mûriront le blé et l’orge, je quitterai mon soutien-gorge ;
    Quand s’épanouiront les griottes, je retirerai ma culotte.

    Tableau de Knees van Dongen.

    
    
    
  • Antoinette de Ridi – 6

    Antoinette de Ridi - 6

    Quand Le Matin je me réveille, j’essaie de relire la lettre
    Qu’Antoinette m’a rédigée pendant le trajet de mes rêves.
    Je mets tous mes sens en éveil (et tous mes neurones s’y mettre)
    Mais tous les mots ont voltigé et mes impressions sont trop brèves.

    J’ai essayé de lire et ça donne le résultat ci-dessous. Quelqu’un peut m’aider ?
    « Tes yeux sont si profonds qu’en eux j’ai lu tous les … venir se rien s’y jette à … le long
    Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire.
    À l’ombre des coteaux c’est par le beau temps soudain …
    Je peux rendre jaloux le … après la pluie. »

    Tableau de Loetitia Pillault.

    
    
    
  • La porte du temps

    Si j’ouvrais la porte du temps pour vous montrer de vieux moulins,
    Une mer pure à l’infini sous un ciel vierge de pollution ?
    Mais je suis encore débutant et le temps est trop margoulin
    Pour que j’puisse, en catimini, élaborer la solution.

    Vue sur l’île grecque de Santorin que m’a soufflée Françoise Legrand Dufour que je remercie.

    
    
    
  • Mars en gémeaux

    Mars en gémeaux

    Dressée sur le Champs de Mars, la fière dame de fer
    Symbolise le désir et en impulse l’action.
    Au contact de ses comparses, qui ont l’air dans leurs affaires,
    Elle explose leur plaisir en pleine stupéfaction.

    Si j’en crois l’astrologie, la planète Mars est une planète très énergétique qui impulse l’action et motive le désir ; elle représente l’élément Feu. Lorsqu’elle entre en contact avec l’Air des gémeaux, loin de les canaliser, elle tend au contraire à les disperser, à les rendre plus explosifs et versatiles.

    
    
    
  • Numéro quatre fois sept

    Numéro quatre fois sept

    Numéro quatre fois sept, vingt-huit, vous trouverez une maison
    Où les années sont arrêtées pour on ne sait quelle raison.
    Frappez quatre fois sept coups sur l’huis, c’est la seule combinaison
    Qui permet de vous apprêter à l’amour en toutes saisons.

    Tableau de David Galchutt.

    
    
    
  • Quand il faut y aller…

    Quand il faut y aller…

    Un jour ou l’autre ça m’arrive, je le sais depuis des années
    Que le futur sera présent et le présent sera passé.
    Soit je demeure sur la rive où mes jours seront condamnés,
    Soit je prends un air complaisant et j’arrête de me tracasser.

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  • L’heure heureuse

    L’heure heureuse

    À chacun son heure préférée à un moment de la journée ;
    L’heure du petit déjeuner ou une autre heure accoutumée.
    Pour certains, il s’est avéré que c’est juste avant la tournée
    Du facteur qui vient amener la lettre de sonsa bien-aimé(e).

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  • Les embouteillages

    Les embouteillages

    Dans les embouteillages, le temps est suspendu.
    On a perdu le fil, on est déconnecté.
    Mon Dieu, quel cafouillage par Satan répandu !
    Quand plus rien ne défile, on est très affecté.

    Si nous en profitions pour regarder autour
    Dans notre instant propice dans lequel débouchons ?
    Si nous nous invitions à parler tour à tour,
    Sous de meilleurs auspices, faire sauter le bouchon ?

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  • L’interprète secrète

    L’interprète secrète

    J’utilise la feuille pour me filtrer le temps,
    Son limbe m’interprète la clarté de la lune.
    Quand le soleil l’effeuille, là, c’est plus important,
    Lorsque l’astre me prête un rayon de fortune.

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  • Saute-vague

    Saute-vague

    Qui veut jouer à saute-vague doit s’éloigner à l’horizon
    Et plonger quand la mer se creuse pour remonter avec la crête.
    Faire des ricochets en zigzag et en faire plus que de raison
    Pour avoir la nageoire heureuse tout en gardant la queue discrète.

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  • Le miroir de l’âme / Der Spiegel der Seele

    Le miroir de l’âme / Der Spiegel der Seele

    Quand le miroir de l’âme fait un tour sur lui-même,
    Il renvoie tour à tour ce qu’il a récolté.
    Nul ne peut voir la flamme qui prononce « je t’aime »
    Car le cœur et l’amour sont toujours occultés.

    Wenn der Spiegel der Seele eine Rundfahrt auf ihm selbst macht,
    Er verweist der Reihe nach das zurück, was er geerntet hat.
    Keiner kann die Flamme sehen, die ausspricht « ich liebe dich »
    Weil das Herz und die Liebe immer verdunkelt sind.

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  • Patrouille à l’aube – 1

    Patrouille à l’aube - 1

    Depuis qu’ils m’ont nommé commandant de patrouille,
    Je conduis mon escadre dans la course du vent.
    Nous sommes surnommés « la volante vadrouille »
    Et le ciel nous encadre dans le soleil levant.

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  • Le conseil de Bouddha

    Le conseil de Bouddha

    Il montre un visage impassible, tout en lui parait immobile.
    Il garde les yeux entre-ouverts mais il entend, il assimile.
    Il nous regarde à l’intérieur avec la vision dans son cœur.
    Il nous entend de l’extérieur tout en gardant un air songeur.

    Il reste calme, indifférent, mais enregistre tous nos mots.
    Il prend tout, ne rejette rien, il ingurgite tous nos maux.
    Il digère en son intérieur et nous décharge des douleurs
    Il régurgite à l’extérieur toutes nos peurs et nos rancœurs.

    Tableau de Fabienne Barbier