Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • PlongĂ©e

    À mon appel, elle a plongé nue mais vêtue de vérité ;
    À mon signal, elle a brisé une nouvelle fois la glace ;
    Une première fois pour prolonger l’effet de ma témérité
    Et puis pour mieux me maîtriser une fois qu’elle serait sur place.

    Elle émerge la première fois, comme le ferait une sirène ;
    Une Laureline sur son rocher afin de me familiariser.
    Elle paraît la deuxième fois mais sous Loreleï reconnue Reine
    Et moi, je n’ose l’approcher car j’ai le cœur électrisé.

    En Laureline, je me suis glissée pour panser souffrances et douleurs ;
    Je t’ai inoculé Vénus pour te ranimer la mémoire.
    Et j’ai soigné ton cœur blessé en lui redonnant la couleur
    Avec un amour en bonus comme le plus précieux fermoir.

    En Loreleï, je t’ai arraché la peau par la peur qui te brûle
    J’ai éradiqué de ton cœur tendresse et tiédeur de ton âme !
    J’ai eu plaisir à cravacher ton cul sous mes coups de férule
    Jusqu’à réveiller mon vainqueur, mon roi, mon époux et ma flamme !

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • Reddition ou rĂ©silience ?

    L’acceptation passive étant l’abandon de toute résistance,
    Je renonce Ă  toute tentative de progrès et d’amĂ©lioration.
    La situation au fil du temps si elle s’avère persistante
    N’aura aucune alternative quant à sa détérioration.

    Je peux aussi baisser les armes en lâchant prise à l’obsession
    De l’actuelle gravité afin de prendre un autre élan.
    Reddition envers toute alarme qui empĂŞche la progression
    Vers le pire ainsi évité par l’acceptation du bilan.

    L’adaptation au changement, surmonter les difficultés,
    Permet de tirer des leçons de l’expérience et rebondir.
    Avec quelques arrangements, la catastrophe est occultée
    Mais sans me montrer mollasson, plutĂ´t toujours prĂŞt Ă  grandir.

    Je peux aussi en profiter par un lâcher prise opiné
    Et utiliser l’attraction pour quitter une ancienne orbite ;
    Abandonner l’atrocité d’une vie passée à clopiner
    Pour une existence où l’action est une délivrance subite.

    Tableaux d’Ashly Curay et de Kelly McKernan sur https:www.kellymckernan.com .

    
    
    
  • Renaissance de LoreleĂŻ

    Renaissance de LoreleĂŻ

    Loreleï renaît à chaque appel de son nom qui perce le temps,
    Qui sollicite et lui rappelle qu’elle a promis à qui l’attend
    De revenir dans les réseaux passés, présents et avenir,
    De jaillir entre les roseaux avec l’envie de revenir.

    Renaissance sortie de l’écume, de la foudre des profondeurs,
    Peu à peu son corps s’accoutume, s’étire, affiche ses rondeurs,
    Et se tourne vers l’appelant qui l’a fait émerger de l’onde
    Et reconnaît l’ancien galant qui l’a précédée dans ce monde.

    Son amoureux, bien qu’amnésique, l’avait retrouvée dans ses rêves
    Et ses souvenirs agnosiques qui revenaient souvent sans trĂŞve.
    Elle qui avait conservée intacte sa mémoire des temps anciens
    Pensait à honorer le pacte envers un poète béotien.

    Elle a dû se montrer farouche et l’investiguer fermement
    Avant de connaître sa bouche, son cœur et son discernement.
    Malgré sa peur, sans hésiter, s’est avancé vers le miracle,
    N’a pas voulu lui résister en lui présentant son Oracle.

    Je suis venue comme on revient d’un ancien serment dépassé ;
    L’ombre d’un amour qui devient la trace qu’on n’a pu effacer
    Ton oubli fut une dure épreuve, ton appel m’a ressuscitée
    Et me voilà, nue, comme preuve de ma fidèle complicité.

    Ton cœur m’a reconnue avant que ta parole ne me nomme
    Et j’apprends que tu es vivant et redevenu un autre homme.
    Plus l’ancien guerrier obsédé mais celui qui m’écrit des poèmes,
    Qui n’aime pas pour me posséder mais pour m’aimer et que je l’aime.

    Alors je me suis avancée, sur l’onde guidée par ton oracle ;
    Et toi, tu m’avais devancée, tu t’attendais à ce miracle.
    « Je suis Loreleï » t’ai-je dit, « ta femme, ton épouse, ta lumière ! »
    Et comme je te l’avais prédit, je t’ai embrassé la première.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • CuriositĂ© pas sereine

    Curiosité pas sereine

    De mon plafond gouttait de l’eau et j’entendais des clapotis ;
    Et je décidai de monter m’informer sur ce qui s’y passe.
    Sur le plancher, méli-mélo, trônaient plusieurs caillebotis
    Afin d’éviter d’inonder car on était à marée basse.

    Une créature rouquine chantonnait un air coquinet,
    Les bras levés, les seins ballants, les yeux brillants de porcelaine.
    Un poulpe aux ventouses coquines se suçotait le robinet
    Et la sirène bringuebalant de la queue n’était pas vilaine.


    Ce que je vis par l’œilleton me pétrifia à la porte
    Car c’était en fait Médusa, avec sa queue faite de serpents.
    Et pour finir le feuilleton, cette diablesse m’emporta,
    Elle m’usa et m’abusa, bien malgré moi, participant.

    Elle m’aspira dans la baignoire, d’un coup de nageoire impérieux ;
    Mes habits se désagrégeaient sous ses sucs gluants et baveurs.
    Le poulpe colla sa bouche noire et ses tentacules luxurieux
    Tandis que Médusa me grugeait de baisers à triples saveurs.


    Devenu son homme-grenouille, je suis à jamais asservi ;
    Elle me vide de mon sang, me dévore le foie et le cœur.
    Le soir comment elle se débrouille pour me rappeler à la vie ?
    Je ne le sais mais j’y consens ; tel le privilège du vainqueur !

    Tableau de Gina Litherland.

    
    
    
  • Vendredi, grasse matinĂ©e

    Vendredi, grasse matinée

    Vendredi, grand jour de farniente parmi le peuple des abysses.
    Non pas que ce soit un jour saint mais une journée lumineuse ;
    Après une semaine « al dente » avec les marins qui subissent
    Du lundi au jeudi l’essaim de nos sirènes butineuses.

    Puis le samedi, place au jeûne, après les agapes joyeuses
    Où elles ont pu se réjouir en toute camaraderie.
    Quant au dimanche, place aux jeunes, en bonnes mamans pourvoyeuses,
    Elles aiment voir leurs enfants jouir avec quelques pâtisseries.

    Mais aujourd’hui c’est vendredi et le vendredi, c’est sacré !
    Après un déjeuner aqueux, savourer son bain d’algues vertes,
    Apprécier sans discrédit l’instant d’intimité sucrée
    Quand la main caresse la queue en vue d’étroites découvertes.

    Dans l’alcôve d’un corail rose, la queue frémit, frôle la perle.
    Un vrai plaisir, en douce osmose, coule de l’organe sensuel ;
    Une écume, nacrée d’une prose, qui éclate, jouit et déferle
    Sa vague sur l’anastomose d’un pur orgasme consensuel.

    Tableau d’Anastasia Elly Koldareva.

    
    
    
  • La conception du projet fĂ©minin

    La conception du projet féminin

    Concevoir la femme parfaite lui a pris sept milliards d’années
    Et des plans des millions de fois refusés par la Créatrice.
    Tant qu’Elle n’était pas satisfaite, Elle a son travail condamné
    En lui accordant toutefois une note appréciatrice.

    Certes le travail d’architecte, lorsqu’il concerne l’être humain,
    S’avère ici très difficile quand il s’applique à sa femelle
    Car sa Nature circonspecte exige une patte de première main
    Artistique autant que gracile, soit d’une perfection formelle.

    Car elle doit gérer sa famille et administrer sa maison ;
    Respecter l’environnement, protéger la faune et la flore ;
    Planter un arbre aux ramilles généalogiques de raison
    Pour que l’approvisionnement en bénédiction puisse éclore.

    Mais le problème, c’est le mâle qui met des bâtons dans les roues
    Par son ambition imbécile à toujours être le plus fort.
    Tant pis ! La fonction animale de l’homme à entrer en courroux
    Ne sera pas des plus faciles et réclamera maints efforts…

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

    
    
    
  • Et ils ne feront qu’une seule flamme

    Et ils ne feront qu’une seule flamme

    Laissons-leur l’amour consommer, laissons l’amour les consumer
    Car, lorsqu’ils unissent leurs âmes, ils ne sont alors qu’une flamme.
    Une seule énergie pour deux et deux cœurs qui résonnent entre eux
    Comme une chanson de tendresse sur une musique d’allégresse.

    Laissons-leur les corps convoiter, laissons-leur les corps d’emboîter
    Car, lorsque les sexes fusionnent, la vie entre eux s’approvisionne.
    L’amour en est la nourriture, c’est là la loi de la Nature
    Qui exige par induction, mouvement et reproduction.

    Laissons-leur les cœurs exploser gorgés et prêts à imploser
    Car le piston dans le cylindre donne l’explosion à atteindre
    À chacun de leurs battements comme un moteur d’ébattement
    Qui s’échauffe sous les fantasmes jusqu’à l’apogée de l’orgasme.

    Tableau d’Alex Levin sur https:artlevin.com .

    
    
    
  • Le bustier

    Le bustier

    Plus qu’un vêtement, le bustier n’est pas pour autant parasite
    Mais un fidèle compagnon qui mystifie avec délices.
    Un peu fou, voire flibustier, il s’accorde avec les visites,
    D’un bout de mamelon mignon qu’il laisse échapper par malice.

    Il sait détourner les regards en jouant comme des paupières
    Qui battent leurs cils de dentelles sur ces deux seins observateurs.
    Si un puceau à l’air hagard, se prend au piège dans la guêpière,
    Il est bon pour l’accidentelle chute fors l’ange salvateur.

    Le bustier, arme redoutable du beau sexe en toute apparence,
    Est une bombe magnétique par ses effets et ses rondeurs.
    De cette gorge irréfutable, l’amour en toute transparence
    Envoie ses atomes érotiques qui vous transpercent en profondeur.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

    
    
    
  • Ma bibliothèque ouverte

    Ma bibliothèque intérieure m’invite dans son univers
    Où ses racines aventureuses ont écrit mille découvertes.
    J’y lis les légendes antérieures, les grands récits, les faits divers
    Que ma parenté sulfureuse a gravé dans ses pages ouvertes.

    Ma bibliothèque extérieure m’invite aux voyages impossibles
    Qui échappent à la certitude que la vie est déjà écrite.
    J’y lis les visions postérieures à ce présent incompressible
    Et l’âme quitte la servitude du monde des hommes hypocrite.

    Illustrations de Willy Maltaite extraites de l’album « Le jardin des couleurs ».

    
    
    
  • CĹ“ur d’oiseau

    Cœur d’oiseau

    Lorsqu’un jour le dieu des oiseaux m’a dit que j’avais survécu
    Cinquante années de solitude, enfermé dans ma cage humaine,
    Déconnecté de son réseau, j’étais pourtant fort convaincu
    De n’avoir vu qu’infinitude d’un seul jour d’une seule semaine.

    C’était sans cesse ce même jour qui déferlait dans ma cellule
    À répéter la même chose et de battre de tout mon saoul.
    Qu’il est étrange le séjour ! Qu’elle est amère la pilule
    D’accepter ma métamorphose en rossignol de quatre sous !

    Cependant j’ai brisé la glace car aujourd’hui je me dévoile
    Et montre qui je suis vraiment derrière le masque des yeux.
    Eh oui ! C’est mon âme à la place du cerveau ; mon petit cœur d’étoile
    Qui là vous gazouille gaiement ses petits poèmes sourcilleux.

    (Tableau de Shiori Matsumoto.
    « Lorsqu’un jour, le gardien m’a dit que j’étais lĂ  depuis cinq mois, je l’ai cru, mais je ne l’ai pas compris. Pour moi, c’était sans cesse le mĂŞme jour qui dĂ©ferlait dans ma cellule et la mĂŞme tâche que je poursuivais. » Albert Camus – L’Étranger.)

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  • La machine Ă  dupliquer

    Chez Madame Duplicata, sonnez deux fois ou mĂŞme trois,
    Entrez donc dans le vestibule et patientez quelques secondes
    Pour l’analyse de vos datas, plus une minute de surcroît
    Pour l’examen de vos cellules et votre conscience féconde !

    Ouvrez la porte, vous ĂŞtes trois, peut-ĂŞtre quatre quelquefois,
    Car la machine Ă  dupliquer contracte souvent le hoquet !
    Que chaque clone rentre chez soi – peut-être pas tous à la fois –
    Mais n’essayez pas d’expliquer comment cela s’est provoqué !

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:www.kaifineart.comshiorimatsumoto .

    
    
    
  • Adama & Éva

    Adama & Éva

    Bien sûr, la vie change d’avis, c’est là son droit et son devoir.
    Au début, elle a créé l’homme qui n’était autre qu’une femme.
    Elle l’a fait pour la survie de l’espèce, histoire de voir
    Si une planète autonome mérite sa féminine âme.

    Quelque chose n’a pas dû marcher car la vie a changé d’idée
    Et créé l’homme et ses ravages afin de contrebalancer
    Les femmes ainsi harnachées par leurs bonhommes décidés
    À les conduire sur des rivages où tout pourrait recommencer.

    Dieu a voulu créer la femme, la Nature a choisi le sexe
    Et l’homme devint phallocrate pour régner sur l’humanité.
    Dommage que ce pouvoir infâme ne lui donne pas quelque complexe
    Car un renouveau démocrate réveillerait sa féminité.

    Tableau de Jean Dominique Antony Metzinger sur https:fr.wahooart.comArt.nsfArt_FR?Open=&Query=Jean%2CMetzinger .

    
    
    
  • L’évasion d’une seconde

    L’évasion d’une seconde

    Heures rouillées par les années, minutes tombées en poussière
    Et les secondes oubliées, passées trop vite, momentanées.
    Le temps cruel a condamné ses filles dans une souricière
    En ne les ayant publiées qu’une fraction instantanée.

    Une seconde et une seule s’est échappée du trou béant
    Et s’est rajoutée quelque part dans l’infini de l’univers.
    Le temps, d’une moue lâche et veule l’a laissée fuir dans le néant
    Cependant, depuis son départ, il est passé à l’heure d’hiver.

    Parfois l’astronomie découvre une trace de son passage
    Ajoute ou retranche la seconde qui apparaît furtivement.
    Parfois lorsque le temps se couvre, lorsque le temps est à l’orage,
    Elle se glisse entre les ondes pour s’écouler hâtivement.

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  • L’histoire en trois tomes

    Au premier tome, un chat beauté ourle le revers de l’histoire
    En apposant sa griffe encrée en tant qu’accroche irrésistible,
    Ivre de vers aligotés de rimes aux cépages notoires
    Dont les pages volent, échancrées par ma lecture inextinguible.

    Mais accéder au second livre demande une persévérance
    Ainsi qu’une ténacité qui me revendiquent tant d’efforts
    Que le suspense se délivre au prix de la désespérance
    Qui s’heurte à la nécessité d’un troisième tome en renfort

    Lorsqu’au bout d’une éternité, paraît enfin l’œuvre intégrale,
    Je me prends trois mois de vacances, ailleurs, sur une île déserte.
    J’y jouis de la pérennité de relire enfin le Saint-Graal
    Écrit avec grandiloquence sur toutes ses pages disertes.

    Illustrations de Jean-Pierre Gibrat sur https:lectraymond.forumactif.comt54p25-les-belles-images-de-jean-pierre-gibrat .

    
    
    
  • Les lumières impressionnistes

    Vincent mit l’âme dans un éclat de sa vision de l’univers
    Avec un pinceau de lumière qui faisait danser les couleurs.
    D’objets immobiles en aplat aux modèles les plus divers
    Qui font la matière première qui se conçoit dans la douleur.

    Avec un soleil pour crayon sur la toile de création,
    Il trace les premiers effets induits par sa botte secrète ;
    Il en manœuvre les rayons en pinceau d’interprétation
    Pour saisir le trait stupéfait par son intuition indiscrète.

    Avec la Lune nitescente qui éveille un désir ardent,
    Avec l’encre d’obscurité d’un songe d’une nuit d’été,
    Dans la pénombre luminescente mêlée de reflets discordants
    Surgit l’œuvre de vérité d’impressionnisme interprété.

    Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.

    
    
    
  • On est tous lĂ  pour dĂ©filer !

    On est tous là pour défiler !

    Boris Vian n’est pas très content ; il n’a pas vu le défilé.
    L’état n’est pas trop mécontent, il n’aperçoit plus les gilets.
    Comment peut-on manifester sans gĂŞner le gouvernement
    Quand on veut lui admonester tout notre mécontentement ?

    Marcher masqués ? La bonne idée ! Avec casques et boucliers
    Personne ne pourrait décider qui est flic ou fou à lier !
    Même en burqa ! Et pourquoi pas ? Hommes et femmes tous pareils
    Ou bien tous nus et sans tracas et dans le plus simple appareil !

    Collage de Johanna Goodman.

    
    
    
  • Bon voyage !

    Bon voyage !

    Hésitez-vous entre la mer et la montagne ?
    Souhaiteriez-vous une évasion dans la campagne ?
    Prenez l’avion, prenez le train, nous on s’en fout !
    Vous êtes ailleurs, si bien qu’ici, on fait les fous !

    N’hésitez pas à goûter à la quarantaine
    Si le virus vous tombe dessus dans la quinzaine.
    Profitez bien des hôpitaux sous équipés ;
    Vous aurez droit à une mort anticipée.

    Collage de Johanna Goodman.

    
    
    
  • Étonnez-moi !

    Étonnez-moi !

    Étonnez-moi pour me séduire, provoquez-moi, soyez direct !
    Je fonds lorsque je suis surprise et j’abandonne toute résistance.
    Je saurais bien vous reconduire si vous cessez d’être correct
    Mais s’il n’y a pas de méprise, j’embellirai votre existence.

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  • PoussĂ©e de joie

    Poussée de joie

    Plonger dans la béatitude subit la poussée d’Archimède
    Et effectue une poussée de bas en haut en pleine joie.
    Adoptez donc cette habitude qui reste le meilleur remède
    Contre les amours repoussées et remet le cœur en émoi.

    Tableau de Becky Kinkead.

    
    
    
  • Marius et Fanny

    Marius et Fanny

    Marius :
    « Je t’aime tellement que si je te versais
    Mon pastis dans ton eau, tu en serais troublée ! »

    Fanny :
    « Vas-y fidèlement car si t’en renversais
    Dans un autre tonneau, de coups, serais criblé ! »

    Tableau de Virginie Matz.

    
    
    
  • L’accord du plaisir

    L’accord du plaisir

    Elle a la douceur d’une plume qui donne l’envie de coucher
    Juste une ligne entre ses jambes dans l’encre noire du désir.
    Et l’amour gonfle de volume lorsque je parviens à toucher
    La note dans son entrejambe qui pousse l’accord du plaisir.

    Dessin de Jose Blume.

    
    
    
  • Chat-pristi !

    Chat-pristi !

    Ferme tes mirettes, ma jolie minette.
    J’ai dans la main prise, une jolie surprise !
    Ouvre maintenant, les yeux lentement.
    Voici ma souris et toi tu sourit.

    Si tu veux, ce soir, allons nous asseoir
    LĂ -haut sur le toit, juste moi et toi.
    Ronronner ensemble et puis, s’il te semble
    Avoir l’appétit, ´ferons des petits.

    Tableau de Anna Silivonchik.

    
    
    
  • Chez Charlemagne

    Chez Charlemagne

    Qu’est donc devenu Charlemagne, roi des francs et puis empereur,
    Descendant des carolingiens, chef du Saint-Empire Romain ?
    Au Paradis chacun se magne avec entrain, avec ferveur
    Pour voir où les théologiens ont placé son rang surhumain.

    Pas du tout !

    Il s’est retiré des affaires, il a lâché prise au pouvoir,
    Trouvé dans l’arrière pays un coin pour ouvrir une auberge.
    On y connaît son savoir-faire pour vous plaire et vous émouvoir
    Et devant vos yeux ébahis, vous fait l’omelette aux asperges.

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  • Le chemin des portĂ©es

    Le chemin des portées

    Sur le chemin des portées, les cœurs sont au diapason
    Et chacun y met sa force pour soutenir la musique.
    Et l’énergie apportée nous met tous en pamoison
    Car chaque note est l’amorce d’un plaisir métaphysique.

    Tableau de Zayasaikhan Sambuu.

    
    
    
  • La vie perpĂ©tuelle

    La vie perpétuelle

    Il est des moments où l’essence qui perpétue la dimension
    De toute la matière animée à travers l’espace et le temps,
    Transmet à l’homme, ses connaissances ; à la femme, ses bonnes intentions ;
    Afin que le fruit arrimé suive la loi de l’existant.

    Tableau de Irina Karkabi.

    
    
    
  • Dans l’allĂ©gresse et la candeur

    Dans l’allégresse et la candeur

    Comme on ne peut pas se promener nu sans attentat Ă  la pudeur,
    J’ai inventé un vêtement qui, par la capillarité,
    Fait remonter l’eau contenue, dans l’allégresse et la candeur,
    Du pôle sud, parfaitement, sans provoquer l’hilarité !

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  • La mĂ©canique des fluides

    La mécanique des fluides

    Tandis que la planète entière lentement glisse entre ses pôles,
    Que des pauvres voient venir des riches qui leur refusent leurs accès,
    Que l’on déplace, hors des frontières, communautés et métropoles,
    L’avenir reste dans les friches et mon futur est complexé.

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  • Le livre qui n’existe pas

    Le livre qui n’existe pas

    Parmi les rĂŞves inassouvis, il y a le livre du Grand Tout
    Qui contient l’intégralité des connaissances et des secrets.
    Le concevoir nous asservit à obéir aux Manitous
    Qui changent la réalité pour mieux l’adapter à leur gré.

    La démonstration par l’absurde serait de dire que s’il existe,
    Depuis des centaines d’années, tout serait donc déjà écrit.
    Souvent le cerveau se masturbe Ă  des croyances fantaisistes
    Car il a peur d’être damné et que s’éteigne son esprit.

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  • Enfants du monde

    Enfants du monde

    Enfants des îles, enfants du monde, vous vagabondez par les voiles
    Qui portent vos cœurs et vos âmes parmi les corps abandonnés.
    Chaque minute, chaque seconde, votre abondance nous dévoile
    Les richesses dont nous disposâmes que nous n’avons pas su donner.

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  • Les grosses chaleurs

    Les grosses chaleurs

    Quand il fait trop chaud, faites donc l’amour !
    Laissez s’embraser votre sexe à l’air.
    Peau contre la peau, caressez glamour
    Tandis qu’embrassez votre partenaire.

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  • L’amour en 2cv

    L’amour en 2cv

    Pour envoyer en l’air ma cocotte, pour qu’elle fasse des soubresauts,
    Je suis Ă  cheval sur la bagnole qui doit ĂŞtre un bon tape-cul.
    Afin qu’elle me décalotte et m’humecte bien le pinceau,
    Le châssis, pour mes roubignoles, doit être souple et convaincu.

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  • C’est pour la littĂ©rature

    Entièrement déshabillée, vous serez à l’aise pour lire,
    En parcourant mon petit pont avant d’y goûter l’aventure.
    Vous pourrez ainsi babiller et vous entraĂ®ner au dĂ©lire…
    Je suis peut-ĂŞtre un peu fripon mais c’est pour la littĂ©rature.

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  • L’hymne de la nature

    L’hymne de la nature

    Quand la nature abreuve ses sillons
    Par des nuages encore gorgés d’or,
    J’entends tonner au fond le carillon
    Qui dégringole au bas du corridor.

    Et l’eau du ciel descend dans les campagnes
    Pour arroser ces féroces rochers.
    Elle ruisselle du haut de nos montagnes
    Par les fleuves où la vie s’est accrochée.

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  • La mansuĂ©tude des jours

    La mansuétude des jours

    Dans les jours de quiétude sont quelques événements
    Qui réjouissent mon cœur bien plus que nécessaire.
    J’aime la mansuétude qui fleurit ce moment
    Et me fait chroniqueur de ton anniversaire.

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  • Sur mon Ă®le accorte

    Sur mon île accorte

    Venez me rendre visite, chez moi, sur mon île accorte !
    Le climat est tempéré et constamment en été.
    Pour accomplir le transit, il suffit d’ouvrir la porte
    Et se laisser transférer en totale indemnité.

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  • Ă” cruelle destinĂ©e

    Ô cruelle destinée

    Il faut manger pour survivre, il faut chasser pour manger,
    Il faut croire au sacrifice de ce qui fait le dîner.
    Ô que j’aimerais voir vivre la nature sans danger !
    Mais la vie est maléfice. Ô cruelle destinée !

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  • Le chasseur d’eau

    Le chasseur d’eau

    Tous les matins je pars chasser, parmi les gouttes de rosée,
    Les plus délicates captures crochées aux toiles d’araignée.
    À petits pas, à pas chassés, je me fais souvent arroser,
    Mais c’est de la belle facture, il faut savoir se résigner.

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  • Les pĂŞcheurs d’eau

    Les pêcheurs d’eau

    Qui va à la pêche à l’eau, le samedi à la fraîche,
    Trouvera dans ses filets les plus belles molécules !
    Qui va faire le Charlot Ă  sa paroisse fait le prĂŞche
    Et dimanche au défilé, calmera la canicule !

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  • Cancer et Capricorne

    Cancer et Capricorne

    Un an de plus sous le cancer, c’est le tropique du bonheur,
    Six mois avant le capricorne, six mois après aux antipodes
    Ça vous fait vibrer en concert depuis le matin de bonne heure
    Avec le chant de la licorne jour après jour un épisode.

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  • En route vers demain

    En route vers demain

    Pour ton anniversaire, j’ai mis la barre haute
    Pour sauter cette année et embrasser les autres !
    Alors soyons sincères, ne faisons plus de faute,
    Soyons bien spontanés et l’année sera nôtre !

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  • Quand les poissons volent…

    Quand les poissons volent…

    Quand les petits poissons volent et sortent de l’océan,
    Leurs nageoires se déploient et leur donnent l’air goguenard.
    Ils deviennent un peu frivoles, levant bien haut leur séant
    Et accomplissent cet exploit de se changer en canard !

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  • L’écoute silencieuse

    L’écoute silencieuse

    Elle écoute à l’intérieur dans l’oreille de mon cœur,
    Elle observe les non-dits par l’intuition de mon âme,
    Elle pressent tout l’extérieur, naturelle et sans rancœur,
    Elle perçoit les interdits dans le souffle de sa flamme.

    Tout derrière la cloison intime de mes pensées,
    Dans les cavités du cœur et ses émotions profondes,
    Elle échappe à ma raison mais n’est jamais offensée,
    Souriant d’un air moqueur d’une tendresse féconde.

    Le soir avant de plonger dans l’abîme de mes rêves,
    Elle déroule mon âme pour en faire sa tunique.
    Elle sait bien prolonger les images les plus brèves,
    Elle dédouble sa flamme pour retisser l’être unique.

    Dans la souffrance excessive, elle parle Ă  mon oreille
    Comme un ange protecteur qui psalmodie ma douleur.
    Dans les ombres dépressives, c’est à nulle autre pareille
    Qu’elle éclaire les projecteurs et met mes nuits en couleur.

    C’est l’écho de mes racines qui remonte aux origines
    Et me relie à moi-même bien avant que je m’incarne.
    Elle vibre et me fascine dans mes fibres androgynes,
    La divinité qui m’aime dans cette intime lucarne.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Malicieuse reinette

    Malicieuse reinette

    Ma reinette sur sa branche regarde d’un œil malicieux
    Avec ses petits yeux rouges, flamboyants comme le sang
    Et sa petite peau verte pour se cacher des curieux.

    Elle attend que je m’avance pour me dire en coassant :
    « Bonjour, Monsieur le poète, vous ĂŞtes un prince audacieux !
    Moi je suis une princesse, vous m’aurez en m’embrassant ! Â»

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  • Ă€ la recherche de la clairvoyance

    À la recherche de la clairvoyance

    Cet homme cherche la clef dans le faisceau de sa lampe
    Mais oĂą a-t-il l’esprit ? OĂą-a-t-il la conscience ?
    À sa place j’irai chercher en suivant la rampe
    LĂ  oĂą la lumière fuse et oĂą est la clairvoyance !

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  • Le muguet ambassadeur

    Le muguet ambassadeur

    Ma mie, veux-tu ce muguet ?
    Symbole d’amour, de bonheur !
    L’ai cueilli dans la forêt
    En tout et bien tout d’honneur.

    Mais pas de sous-entendu,
    Entre nous pas de pudeur !
    Je te l’ai juste tendu,
    Il est mon ambassadeur.

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  • La vie en rose – 1

    La vie en rose

    Tiens ! Tiens ! Vous savez quoi ? Je vois la vie en rose !
    J’ouvre mon parapluie, il n’y a plus de danger !
    Je me perche au-dessus de ces soucis moroses,
    J’invite une copine et je vais m’arranger.

    Ne croyez surtout pas que je fuis votre monde !
    J’essaie tout simplement de ne pas m’entraîner
    Sur les rails mécaniques d’une existence immonde.
    Je veux juste essayer de me dĂ©senchaĂ®ner !

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  • Les moutons au Mont Saint-Michel

    Les moutons au Mont Saint-Michel

    Tous les moutons s’en vont voir le Mont Saint-Michel.
    La route est bien tracée et les prés verdoyants.
    Pourquoi leur faudrait-il trouver leur propre échelle
    Quand les rails sont posĂ©s, huilĂ©s par les croyants ?

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  • Une fille Ă  sa fenĂŞtre

    Une fille Ă  sa fenĂŞtre

    Assise devant sa fenêtre, elle était comme une fleur,
    Je venais de lui offrir un petit brin d’amandier.
    Elle l’a délicatement posé juste sur son cœur.
    Je l’ai cueilli ce matin, moi son petit arcandier.

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  • Le micro-port

    Le micro-port

    Sur la peau douce-marine de mon exquise bretonne
    Tous ses pores sont ouverts et respirent l’air marin.
    Quelques toisons un peu rares sur son derme monotone
    Et les landes herbacées qui flairent le romarin.

    Juste au coin de son orbite, près de son œil cristallin,
    Mouillent lĂ  dans une larme mes jolis petits bateaux.
    Cet iris qui les regarde comme un pompon bien malin
    Semble osciller dans ses rêves pour s’enfuir de son château.

    Ce petit port prend racine juste auprès d’un petit pore
    Qui borde tes jolis yeux, juste à l’encre de tes larmes.
    Protégé par le cap vert protégeant des ascospores,
    Ton petit nez fait de l’ombre à ce petit port de charme.

    Sous ton regard attendri, je suis venu en ami.
    Dans la baie, j’ai jeté l’ancre et j’ai replié ma voile.
    Je me suis fait tout petit pour accéder à ton nid
    Et de peur que je me perde, je regarde mon étoile.

    Petit port, je suis Ă  toi, je suis amoureux de toi.
    J’ai pris ce chemin tranquille qui me guide vers ta bouche.
    Lorsque je serai dedans, je nous chercherai un toit
    Pour t’inviter tendrement à y partager ma couche.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le mime moqueur

    Le mime moqueur

    Il dit l’amour par ses mains, Il dit oui avec le cœur.
    Il parle beaucoup de sa vie, il parle beaucoup de lui.
    Le langage de ses mains, c’est son seul soliloqueur,
    Sa parole c’est le geste, il dialogue sans un bruit.

    Il dit « oui » avec sa tête, pour dire « non » il la balance.
    Il s’exprime par son corps, il raconte avec son cœur.
    Ne croyez pas qu’il est muet, qu’il a fait vœu de silence.
    Il n’use pas de parole, c’est un mime un peu moqueur.

    Il parle d’amour par ses gestes, il fait la cour par son corps.
    Pour séduire une femme, il lui mime sa beauté.
    Pour l’inviter, il suggère, une pose pour l’accord
    Et pour dormir avec elle, il met sa langue de côté.

    C’est une sorte de danse, une espèce de ballet
    Sans musique et sans parole, plutôt une « anti-chanson ».
    Il a un vocabulaire brillant et inégalé.
    Tout le monde le comprend et même les enfançons !

    Il sait compter sur les doigts quand il faut parler d’argent.
    Sa gestuelle est d’argent et ses silences sont d’or.
    Il est riche de son âme, son esprit est émergent
    Et la nuit dans sa demeure, tout doucement … il s’endort.

    Tableau de Fabienne Barbier