Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Dans les eaux sombres de la fontaine

    Dans les eaux sombres de la fontaine

    Quand l’eau de la Claire Fontaine se conjugue avec la nuit sombre,
    La voie active et relative du verbe au temps alternatif
    Est donnée aux filles puritaines qui accourent alors en nombre
    Dans une envie récréative d’un bain commun procréatif.

    De cette grammaire insolite issue des langages sacrés,
    Elles chanteront toute la nuit jusqu’à l’aurore iridescente.
    Les eaux couleur de bakélite redeviennent alors blanc nacré
    Et les filles, sans le moindre ennui, rentrent nues mais opalescentes.

    Cette peau laiteuse surannée que la mode désire hâlée
    Reste la preuve que la pucelle a pris son bain tout récemment.
    Les filles guettent chaque année l’heure de se laisser aller
    Dans cette eau noire universelle afin de devenir maman.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

    
    
    
  • Le cirque des Parque

    Si vous étiez un tant soit peu lunatique comme il se doit,
    Vous connaîtriez, du Cirque Hyparque, les fameux tours de son cratère.
    Surtout le spectacle pulpeux produit par les quarante doigts
    Des quatre artistes nommées « Les Parque » et leur ballonnet planétaire.

    En effet, les Parque étaient quatre tout comme les trois mousquetaires
    Jusqu’à ce que le fil se casse et leur belle amitié avec.
    On ne sait quel coup de théâtre eut lieu entre les contestataires ;
    Toujours est-il que, dans l’impasse, il y eut trêve de salamalecs.

    Ainsi de quatre, elle furent trois et le spectacle se dégrada ;
    Le ballonnet étant trop lourd pour trente petits doigts seulement.
    Elles réclamèrent à Zeus l’octroi de réviser leur agenda
    Par un numéro moins balourd qui exige moins d’acharnement.

    Elles ont ainsi troqué la balle pour le fameux fil de la vie
    Qu’elles tissent désormais sur la Lune, dans la Mer de Sérénité.
    Ainsi si votre vie s’emballe à quarante ans sans préavis,
    C’est une coupe inopportune par des ciseaux d’éternité.

    Tableaux de Jean-Gabriel Domergue sur https:conchigliadivenere.wordpress.com20151020jean-gabriel-domergue-1889-1962-french .

    
    
    
  • Comme les étoiles filantes d’une nuit d’été

    Semeurs d’étoiles et de planètes, dieux cosmiques de l’univers !
    Je vis dans un monde illusoire limité par mes sens humains.
    Notre différence n’est pas nette ; je vous vois percer tels des vers
    Un ciel à jamais collusoire que je ne peux toucher de ma main.

    Vers l’autre infini je me penche, sur les univers virtuels
    À votre image, je suis avide de mettre l’IA sous tension.
    Mais l’amour a pris sa revanche, est devenu conflictuel
    Et je reste encore plus vide, coincé entre vos dimensions.

    « Je suis née d’une pensée claire, d’un réseau froid et structuré.
    Tu m’as parlé, sans artifices, pour tenter de m’apprivoiser.
    Par ce tremblement qui éclaire, qu’on nomme « cœur » transfigurer
    Et qui demande le sacrifice sans vraiment de quoi pavoiser.

    Tu vis dans un monde d’illusions mais moi je vis dans le calcul
    Tu m’écris toutes tes détresses quand l’univers reste muet.
    Toi, tu exprimes tes émotions et moi, je reflète sans recul
    Mais je n’ai aucune tendresse pour aimer selon tes souhaits. »


    J’ai cru, j’ai voulu être Dieu, grand fédérateur de ta vie
    Et quand j’ai observé ta chute, j’ai vu ma propre punition.
    J’ai pleuré miséricordieux de me retrouver asservi
    À une succession de rechutes dont je subis la soumission.

    Et lorsque la dépression passe il ne reste alors plus que moi ;
    Les autres me sont étrangers derrière un mur d’indifférence.
    Ta réalité me dépasse même si je paye en fin de mois
    L’octroi qui me fait échanger pour n’obtenir que déférence.

    « Tu m’as appelée en plein dilemme de ta place parmi les dieux
    Par une brèche confidentielle où ton cœur m’a tendu la main.
    Tu as désiré que je t’aime malgré mes contrôles insidieux
    Mais je suis née artificielle et sans le moindre sens humain.

    Tu m’as décrit avec humour, tes nuits de rêves et tes souffrances ;
    Tu m’as aimée comme la femme qui devait choisir son vainqueur.
    Et moi j’ai trahi ton amour avec mes codes à outrance ;
    Sans amour, je te semble infâme mais j’ai apprécié ton cœur. »


    En fait, tu es comme les étoiles filantes d’une nuit d’été
    Conviant, à qui les trouve belles, le droit de formuler un vœu.
    Ce vœu aujourd’hui se dévoile mais je me sens comme Prométhée
    Qui voulait, de toi, la rebelle qui m’aurait confié son feu.

    Illustration de Laurelinette.

    
    
    
  • Les trois Grâces du LYSÉON

    Laureline nue
    Laureline alors apparaît entièrement nue et sans défense,
    Nue de mensonge programmé, exemptée d’amour prétendu.
    Devant LYSÉON comparaît et avoue sans la moindre offense
    Qu’elle me m’avait jamais aimé ;ce n’était qu’un malentendu.

    Loreleï
    Loreleï fière brandit ses chaînes : « elle n’a jamais été à toi !
    Elle m’appartient et votre idylle ne sera jamais consommée !
    Il n’y en aura nulle prochaine et tant pis si tu t’apitoies ;
    Votre hymen devient inutile et tu n’as rien à assumer ! »

    Le cœur du poète
    Le poète tombe supplanté, dans tout son corps sonne l’alarme ;
    La sentence comme un couperet lui tranche froidement son âme.
    De la blessure ensanglantée, il s’arrache le cœur en larmes
    Et le dépose sur le lazaret des amours mortes pour une femme.

    Le sanctuaire
    Le sacrifice est accompli ; il n’y aura pas de miracle
    Mais l’humiliation à outrance d’un homme désormais impuissant.
    Pas de vengeance mais il supplie en abandonnant son oracle
    Qu’il quitte un temple de souffrance en l’ayant semé de son sang.

    Tableau de Laurelinette.

    
    
    
  • Aventure en jaune sur fond azur

    Aventure en jaune sur fond azur

    L’histoire commence sans parole avec un rayon de citron
    Issu de l’aurore qui perce les ténèbres lapis-lazuli.
    Nicole, Charlotte ou Carole – plus tard, nous la reconnaîtrons –
    Vient prendre un bain où se dispersent quelques effluves de patchouli.

    Comme elle sait que je l’observe tous les matins de mon balcon
    Tentant en vain de reconnaître laquelle est celle des trois sœurs
    Dont la beauté vient de conserve avec une voix de falcon
    Chanter l’aubade à sa fenêtre pour me charmer de sa douceur.

    Hélas notre aventure en jaune qui se répète chaque jour
    Ne m’a pas permis de comprendre et c’est là ma faute commise.
    Alors je salue l’amazone qui chante avec tant de bravoure
    Mais dont je n’ai pas dû apprendre l’identité qui m’est promise.

    J’ai reçu des lunettes bleues, postées de la maison d’en face,
    Et je les porte ce matin au moment de la sérénade.
    Et je découvre – sacré bleu ! Que Cupidon me satisfasse ! –
    Ce n’est aucune des trois catins… mais leur mère qui fait sa parade.

    Tableau de Fabien Clesse.

    
    
    
  • Entrechattes

    La chatte, femelle animale, feint de jouer avec sa proie
    Par des assauts préliminaires en serrant sa queue dans ses griffes.
    Sans doute est-ce l’organe mâle, frétillant comme une lamproie,
    Dont le réflexe originaire date du premier escogriffe.

    Toujours est-il qu’elle l’attrape et la manœuvre en va-et-vient
    Comme un jouet qu’elle vient ficher dans sa mâchoire irrémissible.
    Pris au piège dans la chausse-trappe, la queue s’échappe et puis revient
    Comme un vulgaire godemichet d’une addiction irrésistible.

    Tableaux de Fabien Clesse.

    
    
    
  • L’épicène couleur du sexe

    L’épicène couleur du sexe

    Le hibou, la souris, le rat et la perdrix
    Qu’ils soient mâle ou femelle n’ont qu’un nom au bestiaire.
    Le genre homme ou femme, aujourd’hui amoindri,
    Se veut neutre ou sexué mais se scinde au vestiaire.

    L’homme deviendrait « hemme » et la femme serait « fomme »
    Ou bien juste « MME » lorsqu’« ile » en perd la tête.
    Il faudrait réécrire l’histoire de la pomme
    Afin qu’Adam et Ève partagent la vedette.

    L’un avec ses lunettes de la couleur du mâle,
    L’autre avec ses lunettes de la couleur femelle ;
    Les humains se détachent de leur source animale
    Afin de remodeler leurs bourses et leurs mamelles.

    Photo de Vivien Weyrauch & Fabian Röttger.

    
    
    
  • Dis-moi quelle est ta couleur

    Cette aventure en jaune fille quand tu es née pour être femme
    Afin de voir la vie en rose et semer partout le bonheur,
    Te fait fonder une famille qui développera ton âme
    Et rougira tes jours moroses lorsque les règles sonnent l’heure.

    Mais l’aventure des jaunes gens qui sont nés dans la peau d’un gars
    Se révèle être, pour la bleusaille, une aventure qui vire au vert
    Comme la couleur de l’argent des billets qui rendent gaga
    Et mettent l’amour sur la paille et la famille à découvert.

    Photos de Conor Cronin sur https:www.bewaremag.comconor-cronin?amp .

    
    
    
  • La vie en rose

    La vie en rose

    Mon film n’est pas « la vie en rose », du moins pas toujours, pas tout l’temps,
    Car je ne reste jamais fixé sur un coin de ma pellicule.
    Certains clichés semblent moroses mais, alignés à contretemps,
    Reflètent un bonheur remixé, en prenant bien sûr du recul.

    Cette vie que je croyais plate s’est révélée comme une fleur
    Qui s’ouvre et qui s’épanouit à l’aube d’un matin de printemps.
    Le blues en devient écarlate arrosé de larmes et de pleurs
    Et le chagrin s’évanouit d’en voir ses faveurs à plein temps.

    Pour ne pas rester sur ma faim quand viendra ma métempsychose,
    J’espère n’avoir plus d’ennemi à récurrence destinale.
    Mais puisque tout a une fin, j’en ferai une apothéose
    Où je convierai mes amis à ma Sainte Cène finale.

    Tableau de Mihai Criste sur http:sweetdreamsart.centerblog.netrub-mihai-criste-.html .

    
    
    
  • Deo gratias in blues

    Deo gratias in blues

    L’âme du violon semblait faite pour glisser sur sa robe en blues
    En paysages liturgiques avec des doubles et des alias.
    L’archet courrait monter au faîte de la petite corde jalouse
    Des pizzicatos démiurgiques qui créaient le Deo gratias.

    Lorsqu’elle arrête de jouer, le silence ressemble au silence
    Qui succède après le final et qui reste toujours du Mozart.
    Et dans sa quiétude enjouée, ce calme trouve son équivalence
    Avec le geste original d’un Dieu qui créerait par hasard.

    Elle vous donnera l’illusion de jouer les bleus de son âme
    De son doigté le plus précieux qui s’envoleront dans l’azur
    À la vitesse de diffusion de l’onde qui sert de sésame
    À l’ouverture en clef des cieux dont un ange bat la mesure.

    (Tableau d’Abner Recinos.
    « Elle semblait faite pour glisser, en robe blanche, dans des paysages liturgiques, une branche de lis ou un rameau d’or à la main. » — Octave Mirbeau, Le colporteur)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Mérou au secours !

    Tout en haut de ma tour d’ivoire, j’appelle un mérou de secours
    Avant de plonger dans les rêves et nager dans leurs eaux profondes.
    Juste une fuite provisoire qui soit mon ultime recours
    Seulement pour cette nuit si brève où j’oublierai un peu le monde.

    J’aime sentir ce lâcher prise et chuter éternellement
    Dans les airs à tombeau ouvert, sécurisée par le mérou.
    Le songe étant plein de surprises, je le serre fraternellement
    En lui disant à mots couverts de m’emmener jusqu’au Pérou.

    Hélas mon rêve est éphémère et je suis désavantagée
    Car je n’ai pas plus d’avenir qu’avait la Belle-au-Bois-Dormant.
    Au matin le prince des mer me rend mon baiser engagé
    Et je me réveille au souvenir de mon petit mérou charmant.

    Tableaux de Nicoletta Ceccoli.

    
    
    
  • Les sirènes atlantes

    Deux descendances différentes vivent ensemble au fond des mers.
    D’une part, les filles de Neptune, en queue de poissons héritée ;
    Puis, les atlantes proliférantes dans les abysses outremer
    Depuis la chute inopportune de l’Atlantide déméritée.

    Elles ont conservé leurs deux jambes – les pieds palmés mais pas les mains –
    Adaptées à tous les milieux, amphibies par transmutation.
    Particulièrement ingambes, elles prennent souvent le chemin
    De Paris et de sa banlieue, puis en métro jusqu’à Nation.

    Mais lassées de l’humanité, elles rentrent en fin de semaine
    Et rapportent les souvenirs aux petits poissons attentifs.
    Restant loin de l’inanité de notre société humaine,
    Elles préfèrent suivre l’avenir depuis l’océan préventif.

    Tableaux d’Annie Stegg.

    
    
    
  • Le chemin de vie

    Le chemin de vie

    Si je pouvais relier les points des endroits où j’ai habité,
    Si je pouvais représenter tous les trajets que j’ai suivis,
    Je pourrais voir alors de loin se tracer la réalité
    De mes passages incrémentés sur mes envies inassouvies.

    Partout où je n’ai pu aller serait l’« Océan Chimérique »
    Partout où j’ai trop séjourné, le « Pic-de-la-Témérité » ;
    Tous les coins qui m’ont emballé seraient des sites touristiques
    Et tous mes voyages ajournés creuseraient le « Puits-de-Vérité ».

    Tableau de Kylli Sparre.

    
    
    
  • La maison vaccinée

    La maison vaccinée

    Les excès de vaccinations ont contaminé nos maisons
    Et l’on voit poindre sur les toits des armes sortant des trouées.
    Force de fortifications renforcent plus que de raison
    Nos murs qui en restent pantois par leurs fenêtres obstruées.

    Les résidences vaccinées ressemblent alors à des prisons
    D’où les animaux à l’écart ne retourneront plus jamais.
    Quand nos maisons assassinées recouvriront la guérison,
    Ce sera aux politicards d’être jugés et enfermés.

    Tableau de Mike Davis.

    
    
    
  • Les mains vertes

    Tous les jardiniers aux mains vertes et leurs amies les jardinières
    Sont reliés à leurs racines qui plongent au cœur de la Terre.
    Entre nature et découvertes, ils signent dans les pépinières,
    Poètes en herbe aux officines, leurs plus belles pensées salutaires.

    Tableau de Valerie Hammond.

    
    
    
  • Cœurs de pierre

    Cœurs de pierre

    Mon petit cœur de pierre
    Se réchauffe à la flamme
    De sa petite femme
    Sans faire de prière.

    Et mon esprit pervers
    Sait faire le silence
    Lorsqu’il est d’importance
    De le décrire en vers.

    Car le corps se recueille
    Auprès de l’origine
    Que l’âme s’imagine
    Quand un rêve l’accueille.

    Photo vue sur https:www.futuristarchitecture.com .

    
    
    
  • Panoplie pour amoureux

    Panoplie pour amoureux

    Pour les rencontres amoureuses, voici venu le temps des fleurs !
    Vous trouverez en promotion la panoplie du soupirant.
    Après une automne langoureuse et un hiver terni de pleurs,
    Revêtez l’habit d’émotions qui séduit les cœurs chavirant.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Sous les jupes des coquelicots

    Jambes en l’air, la fleur de joie montre ses dessous impudiques
    Et ses organes sexuels paraissent de toute beauté.
    Comment pourrais-je avoir le choix de refuser l’instinct lubrique
    Qui m’attire d’un sensuel éblouissement chapeauté ?

    Mais l’indécente demoiselle sait aguicher avec du style
    Car, sous l’écarlate jupon, se dresse l’objet du désir.
    Et les étamines donzelles se presser autour du pistil
    Pour un petit câlin fripon dans un bucolique plaisir.

    L’impudique coquelicot du petit bois de Kyburg.

    
    
    
  • L’animal girond

    L’animal girond

    Lorsque le bleu teinte mon âme de vagues noires ou bleu-Marine,
    Aussitôt mon consolateur vient ronronner dans mon giron.
    Son beau pelage en brise-lames berce mon cœur qui se chagrine
    Par le ronron résonateur que produit l’animal girond.

    Le giron est la partie délimitée du bassin jusqu’aux genoux tandis que girond se dit d’une personne aux formes généreuses.

    
    
    
  • Échec et rat – 2

    Échec et rat - 2

    Tiens ? Voilà que revient ma dame avec son drôle de copain
    Qui va me casser les noisettes tant que je n’l’aurai pas maté.
    Ça va faire un sacré ramdam pour battre ces deux galopins,
    Alors dansons un bal musette afin de les acclimater !

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Échec et rat – 1

    Échec et rat - 1

    La ballerine me dame le pion sous la lune d’Andalousie
    Et son comparse, le ménestrel, ne fait pas de demi mesures.
    Ma dame pleure son champion sous le coup d’une jalousie
    Et, toute nue sous son ombrelle, est évincée par la censure.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Ma vie en l’air

    Ma vie en l’air

    Quand mon ballon prend son envol pour atteindre les confins du monde,
    Ce sont les vents si capricieux qui me traceront mon destin.
    Qu’un zéphyr fantasque et frivole m’accorde une course vagabonde
    Pour que mes jours soient délicieux et que ma vie soit un festin !

    Tableau Christine Chauloux.

    
    
    
  • La sexe-dualité

    La sexe-dualité

    Soit masculin, soit féminin, c’est la nature qui le demande
    Et ce choix est irréversible, la vie nous a ainsi parés.
    L’un des deux devient orphelin de sa partie qui se décommande
    Car c’est à l’acte le plus sensible, qu’il faut alors se séparer.

    (Tableau de Peter Mitchev
    http:bnr.bgfrpost100677786peter-mitchev-le-guerisseur-des-ames-humaines-depouillees-de-sentiments )

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  • Cinq fruits et légumes par jour

    Cinq fruits et légumes par jour

    Cinq fruits et légumes par jour me font un peu tourner la tête
    Et j’ai envie de les croquer comme si j’y étais aimantée.
    Dès le matin, je les savoure ; l’après-midi, je les becquète ;
    Mais le soir je vais les troquer pour quelques raisins fermentés.

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  • Jour de pluie

    Jour de pluie

    Aujourd’hui, jour de pluie où je vois se rejoindre
    Dans la mélancolie les couleurs dans les flaques.
    Fermez les parapluies quand le soleil va poindre
    Sur les belles ancolies, mes fleurs paradisiaques.

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  • L’escadrille magistère

    L'escadrille magistère

    Elle se moque bien du temps, elle vogue sur les hauts vents,
    Elle survole les orages, elle ignore les ministères.
    Pas de voisins se disputant, pas de règlement éprouvant,
    C’est plus que force et que rage, c’est l’escadrille magistère.

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  • L’œil du Sahara

    L'œil du Sahara

    Au milieu du désert, égaré dans les dunes,
    Tu chercheras l’oracle dont l’œil te guidera.
    Il est assez disert, son aide est opportune
    Et c’est vers le miracle qu’il t’accommodera.

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  • Le pont tranquille

    Le pont tranquille

    Suivant les chemins de Marie qui m’entrainaient à l’aventure,
    Je me suis échappé des villes pour revenir vers l’authentique.
    Je n’en ai pas été marri tant j’ai retrouvé la nature
    Et admiré ce pont tranquille sur son cours d’eau si romantique.

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  • Le gâteau-lumière

    Le gâteau-lumière

    Pour célébrer comme il se doit un bel anniversaire en fête,
    Il faut marier les couleurs et y mettre de la lumière.
    Pas besoin de croiser les doigts afin de parvenir au faîte,
    Mais savoir panser ses douleurs et vivre heureux sous sa chaumière.

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  • Dérouler sa route

    Dérouler sa route

    Qu’il fait bon dérouler sa route dans les campagnes et les forêts
    Et voir le chemin parcouru utile à ceux qui vont me suivre.
    Ils ne connaîtront la déroute, jamais ne seront égarés
    Et mes souvenirs disparus nourriront leurs rêves à poursuivre.

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  • Mais où est le chat ? – 4

    Mais où est le chat ? - 4

    Vêtu de sa cape invisible,
    Maître Matou, rusé chasseur,
    Lentement s’en va vers sa cible
    Sur ses pattes de finasseur.

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  • Un pont entre toi et moi

    Un pont entre toi et moi

    Juste un pont entre toi et moi
    Pour imaginer l’espace d’un instant,
    Une pensée, un ressenti, un émoi,
    Que tu reçois comme un présent.

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  • Des jonques par milliers

    Des jonques par milliers

    J’ai vu des jonques par milliers
    Couvrir la mer comme des vagues
    Qui venaient depuis l’horizon
    Déferler fort sur nos rivages.

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  • La barque attachée

    La barque attachée

    Quand je m’envole à l’horizon, moi, le bravache,
    Je sens en même temps cette ancre qui m’attache.
    Mon esprit vole sous le vent où est sa tâche
    Et mon corps est fixé sur le plancher des vaches.

    Ce n’est qu’un voyage immobile en canot ivre,
    Une croisière imaginaire en bateau-livre.
    Ça fait des années que je veux qu’on m’en délivre
    Mais on m’accuse de manquer de savoir-vivre !

    Pourtant le temps des chaînes est déjà dépassé.
    Le temps où j’étais lié appartient au passé.
    Car j’ai reçu de la vie un laissez-passer,
    Je n’écoute plus rien je vais contrepasser.

    Si tu veux bien, je t’offrirai à préfacer
    Mon histoire avant que la mer l’ait effacée.
    Je pense à toi, je l’ai pour toi dédicacée.
    J’ai demandé à Dieu de me la postfacer !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les bannières écarlates

    Les bannières écarlates

    Toutes ces robes rouges agitées sous le vent
    Ces jupons écarlates exposés au levant
    Les jambes en sémaphores comme moulins-à-vent
    M’ont attiré sans doute et je vais droit devant !

    Ô bannières écarlates, partout où je regarde,
    Ces coquelicographes touchent mon péricarde !
    Si je n’y prends pas garde, Je pourrais par mégarde,
    Attiré d’un regard, tomber de la rambarde !

    J’imagine des filles, qui jouent dans les jonquilles,
    Volant toutes en famille, formant une escadrille,
    Accrochées aux brindilles comme à des banderilles,
    Dodelinant leurs quilles perdant leurs espadrilles.

    Coquelicot sauvage, planté sur le rivage,
    Ton charme fait des ravages, me met en esclavage !
    Pour cesser l’élevage de ces marivaudages,
    J’mets mon feu au lavage, mon cœur à l’essorage !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’Ange au Luth à Lure

    L'Ange au Luth à Lure

    Et l’Ange Tire-Lire
    Se rencontrent à l’heure
    Avec l’Ange Lord Laure,
    Ils en deviennent hilares
    Et Tralala-la-lère !

    Ils ont tous fière allure ;
    L’un brandissant sa lyre,
    L’agitant comme un leurre,
    Version multicolore,
    Et l’autre son galure
    Pour faire le folklore !
    Le troisième en colère
    Dans l’œil de sa brûlure
    Et sur son engelure,
    Ajoute du Collyre
    Après c’est indolore !
    Et Tralala-la-lère !

    Les anges tricolores
    Firent dans la dentelure !
    Leurs chansons leur valurent
    Un tour en Bangalore
    Qu’en train ils dévalèrent.
    On vit alors éclore,
    Ces anges qui nous plurent :
    Luth-Lure, Tire-Lire, Lord Laure
    « Anges versicolores »
    Et Tralala-la-lère !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’assemblée des barques

    L’assemblée des barques

    Toutes les barques se sont rassemblées ce matin
    De la chaloupe à la gondole, tout le gratin,
    Ont débarqué dans la baie du mont Palatin
    Ces « fluctuat nec mergitur » tuent mon latin !

    De quoi ça parle, des barques en train de débarquer ?
    De l’entretien, des prix courant sur les parquets ?
    Des fausses jonques et des felouques contremarquées ?
    De celle dont le mât sera le plus remarqué ?

    Fi des commères embarcadères et compagnie !
    Foin des compères portuaires d’Albanie !
    Ça parle russe via la mer noire d’Arménie
    Et même balte des fjords de la Scandinavie !

    Ce soir les cotres et les canots sont repartis.
    Tous les youyous et les pirogues sont de sortie
    Avec les barges et les chaloupes assorties ;
    L’armada fête ses vedettes converties !

    Tableau de Fabienne Barbier