Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Sportifs dans les abysses

    Il cherchait sur la mer turquoise à draguer les jolies sirènes
    En faisant de la planche Ă  bar, aussi appelĂ©e « planche Ă  loup Â».
    Il avait une envie narquoise de faire une démo sereine
    De ses exploits de malabar Ă  rendre tous les autres jaloux.

    Mais la sirène peu cavalière envers les dragueurs d’opérette,
    Chevauchait nue, mais magnifique, un espadon apprivoisé.
    Leur rencontre fut animalière en ce qui concerne les arêtes
    Et pour les os, frigorifique mais bon… la glace fut brisée.

    Tableaux d’Eduardo Bolioli sur https:clubofthewaves.comsurf-artisteduardo-bolioli .

    
    
    
  • Une sirène noire dans les eaux vertes

    Une sirène noire dans les eaux vertes

    De bas en haut, de haut en bas, elle nage Ă  la verticale
    Avec ses frères de même race, tous les rescapés du déluge.
    Mais elle évite en contrebas ceux qui nagent à l’horizontale,
    Tous parés de noires cuirasses, souvenir d’un ancien transfuge.

    Remarquez les longs pieds palmés de notre sirène ébonite
    Qui évolue dans les eaux vertes pour remonter à la surface !
    Brusquement sur la mer calmée rejoindre l’âme-sœur bénite,
    Cheminant à sa découverte pour se retrouver face-à-face.

    Un peu ce qui m’est arrivé alors que je cherchais la rime
    D’un mot difficile à trouver sur une mer de Reflets-Vers.
    Laissant mes pensées dériver, voici qu’une sirène m’arrime
    Pour me tendre « lu et approuvé » un mot arraché au Cap-Vert.

    Tableau d’Eduardo Bolioli sur https:clubofthewaves.comsurf-artisteduardo-bolioli .

    
    
    
  • 4. Hymne de MĂ©tamorphose

    Laureline
    Du cocon lumineux s’éveille Élysäé,
    D’un battement de cĹ“ur faible mais dĂ©vouĂ© ;
    Orélion baigne au fond des parois utérines
    Deux âmes dans ma chair, deux âmes pèlerines.

    LoreleĂŻ
    Sous le voile des eaux s’éclaire Laëtïtïa,
    Son corps naît du frisson dont elle bénéficia.
    Comme un bouton de fleur s’ouvrant à la rosée,
    Son âme transforme l’eau dont elle est arrosée,

    Laureline
    La flamme et l’onde unies façonnent leur mystère,
    Leurs germes se transforment en âmes complémentaires.
    Des œufs originels éclot deux Dioscures
    Et leurs sexes se changent en lumières obscures.

    LoreleĂŻ
    Sa route n’est pas double, elle Ă©claire sa voie ;
    Laëtïtïa s’élève à l’écho de ma voix.
    Fille unique, elle est graine au calice lunaire,
    Un lys transfiguré dans mon sein lagunaire.

    Laureline
    Élysäé frĂ©mit et OrĂ©lion sursaute ;
    Ils se codéveloppent et leurs âmes tressautent.
    Elle ressent sa chaleur, il pressent sa valeur
    Et ensemble s’éveillent sous la douce pâleur.

    LoreleĂŻ
    LaĂ«tĂŻtĂŻa en moi, ondule dans mes eaux ;
    Son petit corps fluet, relié au réseau
    Des âmes solitaires guidées par Élohim
    En son lys intérieur, s’ouvre au secret sublime.

    Yavänor
    Trente jours, trente nuits, sainte mĂ©tamorphose ;
    Trois petits corps ensemble poursuivent leur nymphose.
    Unions de trois divins prophètes en chemin
    Qui bâtiront ensemble le monde de demain.

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • 3. Hymne de Floraison

    Yavänor
    Mon jardin au soleil, astre fécondateur,
    S’épanouit des rayons de l’aube florissante.
    L’Étoile du matin, à l’éclat salvateur,
    Annonce un ciel radieux sur ma terre naissante.

    Mon jardin sous la pluie, ma manne nourricière,
    S’imbibe de l’ondée qui coule vers mon puits.
    Ma terre sous-jacente en est bénéficiaire
    Et toutes mes racines en absorbent l’appui.

    Sous l’étreinte des eaux que le soleil enflamme,
    Ma corolle s’étend, délicate oriflamme.
    L’îlot fleuri respire sous un vent de saison
    Et toute ma toison s’ouvre à la floraison.

    Laureline
    Mon soleil bienveillant couronne la colline,
    Il dore mon verger d’une chaleur divine.
    Chaque épi dans mes champs se dresse vers le ciel
    Et toute ma vallée ressent son potentiel.

    LoreleĂŻ
    Ma pluie silencieuse irrigue ma vallée
    Qu’elle remplit de fraîcheur aussitôt avalée.
    Chaque source renaît, chaque herbe se redresse,
    Et mon terrain fertile s’apaise de tendresse.

    Laureline
    Le souffle des saisons s’accroît sur mon domaine,
    Il disperse la vie tout au fil des semaines.
    Mes rameaux sont chargés de parfums éclatants,
    Et mes champs florissants rayonnent au printemps.

    LoreleĂŻ
    Mon jardin accomplis la promesse éternelle,
    Il renaît chaque jour de source maternelle.
    Sous l’éclat du soleil et la pluie nutritive,
    Il prospère et produit sa nature primitive.

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • La civilisation Pastèque

    La civilisation Pastèque

    Mes chromosomes amérindiens ont réveillé mon subconscient
    Cette nuit en me révélant mes origines guatémaltèques.
    Notamment le syndrome indien du songe induit et préconscient
    Des souvenirs me rappelant ma vie dans les villes pastèques.

    J’habitais une ville ouverte creusée dans un melon géant
    Qu’un héros avait rapporté du royaume des dieux anciens,
    Cernée d’une muraille verte, garnie de jardins bienséants
    Dont les fruits étaient exportés par des bateaux costariciens.

    Puis sont venus conquistadors et conquérants de toutes espèces
    Qui ont bu nos vins de renom, violé nos femmes et nos pastèques,
    Accumulé tout un tas d’or volé au nom de la papesse
    Et ont écorché notre nom en nous appelant les Aztèques.

    Tableau d’Anzhelika Iagodina.

    
    
    
  • Le vĂ©lo de Penrose

    Le vélo de Penrose

    Dévalant l’escalier d’Escher avec le cycle de Penrose
    Dans les limites du réel au pays de l’absurdité,
    J’ai osé mon vœu le plus cher : redécouvrir le pot-aux-roses
    Qui se cachait dans les ruelles pavées de l’intrépidité.

    Avec l’audace et l’assurance de mon vélo aux roues carrées,
    Tous les mystères de l’illogique s’ouvrent à mon effarement
    Qui m’aurait pressé d’ignorance afin de mieux contrecarrer
    Ma soif d’instants psychologiques, tel ce moment d’égarement.

    J’aime échapper à la logique de la bêtise monotone
    Qui entrave toute tentative pour en soulever le couvercle.
    Par l’art épistémologique, j’expérimente et je tâtonne
    Vers la science imaginative de la quadrature du cercle.

    Tableau de Mister Ham.

    
    
    
  • Femme Ă  lunettes

    Femme Ă  lunettes

    Femme à lunettes, femme à lorgnette qui rira lorsqu’elle verra
    La véritable dimension de votre appareil à plaisir.
    Femme Ă  lunette, femme Ă  vignette qui aussitĂ´t vous renverra
    L’étiquette avec la mention : « une belle occasion à saisir ! »

    Mais gare au retour de bâton si le vôtre n’a pas la longueur
    Ni la puissance nécessaire pour jouer le rôle dans le moteur
    Du septième temps du piston qui détermine avec langueur,
    Par l’explosion, cet émissaire de l’orgasme le plus promoteur !

    Tableau « Amanda » 2003 de John Currin.

    
    
    
  • Bon voyage, Marguerite !

    Avec leurs coupes dans le vent et leurs corps bronzés de soleil,
    Les marguerites de mon cœur seront toujours bien accueillies.
    Les jambes penchées en avant, leurs têtes hautes qui balayent
    D’un regard chargé de vigueur qui parfois même s’enorgueillit.

    Seraient-elles fières et hautaines, ces fleurs des champs présomptueuses
    Qui snobent roses et pivoines, glaïeuls, jacinthes, tulipes et lys ?
    Mais non, on les voit par centaines garnir de façon somptueuse
    Nos prés parmi la folle avoine, coquelicots et pissenlits.

    Marguerite est ma préférée des grands oracles de l’amour ;
    Comme la jolie strip-teaseuse le fait durant l’effeuillement,
    Plus l’impatience est proférée avec suspense mêlé d’humour,
    Plus l’issue sera jouisseuse quand on tombe sur « passionnément ».

    Tableaux de Jonas Peterson.

    
    
    
  • Lectures coquines

    Lectures coquines

    J’aime les lectures coquines qui cultivent l’imagination
    En lui déblayant le chemin vers des destinations nouvelles.
    Certains ouvrages que je bouquine ouvrent une invagination
    Que se continue Ă  la main pareille au tour de manivelle.

    La masturbation littéraire commence en caressant la page
    Comme la peau de l’écrivain dont le grain excitent mes doigts
    Qui poursuivent leur itinéraire jusqu’à l’envie qui se propage
    De toucher l’organe divin et l’aviver comme il se doit.

    Je garde le meilleur pour la fin lorsque je referme le livre
    Et que je m’apprête à tomber en pâmoison impétueuse
    Lorsqu’une voix de séraphin ouvre mon cœur et lui délivre
    Un rĂŞve oĂą il va succomber sous des amours voluptueuses.

    Photo de Michal Lukasiewicz sur https:poramoralarte-exposito.blogspot.com201604michal-lukasiewicz.html?m=0&hl=es_419 .

    
    
    
  • Chasseuses de chasseurs

    Dès que le matin apparaît, déjà, elle se poste à l’affût,
    vêtue en lièvre premier choix, et guette l’arrivée du chasseur.
    Aussitôt que Nemrod paraît, maligne, elle fait tout un raffut
    Et si l’occasion lui échoit, le gibier devient pourchasseur.

    Aussitôt que le rideau tombe sur les ombres du crépuscule,
    Elle se masque en oiseau de proie et se perche sur les hautes branches
    Mimant le cri de la colombe pour le prédateur ridicule,
    Elle crève les yeux du maladroit mais, par respect, à l’arme blanche.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Les portes sur l’au-delĂ 

    Les portes sur l’au-delà

    Il est un ensemble de portes que je dois franchir une Ă  une
    Et le passage vers l’inconnu à chaque fois me rend perplexe.
    Parfois la destinée m’apporte une rencontre fort opportune,
    Parfois un chemin biscornu pour une expérience complexe.

    Approximativement sept ans séparent chaque nouveau stade ;
    Durée impartie nécessaire pour accomplir chaque degré.
    Le septième est très important ; si j’ai bien rempli ma croisade
    Mon alliance se resserre envers l’absolu qui m’agrée.

    Illustration de Tuco Amalfi.

    
    
    
  • Celui qui parle aux animaux

    Il doit être fils de Noé ou fils caché de La Fontaine,
    Bâtard de Saint-François-d’Assise ou tout simplement magicien.
    Car il débarque en canoë, en uniforme de capitaine,
    Et descend s’asseoir sur l’assise d’un banc de pierre vénitien.

    Il demande aux chats les nouvelles sur la bonne santé de leurs maîtres ;
    Les oiseaux livrent les potins entendus au bord des fenĂŞtres.
    Le temps qu’il fait, c’est l’hirondelle qui joue le rôle du baromètre
    Et les chiens, ces vieux cabotins, savent tout ce qu’il y a à connaître.

    Aquarelle d’Hugo Pratt.

    
    
    
  • Les femmes des jours de pluie

    J’aime les femmes des jours de pluie que j’aime imaginer uniques,
    Créées par Dieu, un jour d’orage, uniquement pour le plaisir
    De leur offrir un parapluie, un abri ou une tunique
    Et voir la pluie sur leurs visages ruisseler vive de désir.

    Parapluie rouge de préférence, tunique verte, s’il vous plaît.
    En amour, je reste classique, surtout si la femme est jolie.
    Pour le prix d’une révérence, un peu d’humour et de fair-play,
    J’égoutte mon cœur narcissique et le présente ainsi poli.

    Je hais les chiens, ces trouble-fêtes, qui se prétendent chevaliers
    Et défendent en montrant les crocs celle qu’ils pensent dominer.
    Je ne vais point risquer ma tête pour un mâtin peu cavalier
    Et je vais soigner mes accrocs chez la mercière inopinée.

    Tableaux de Georgy Kurasov sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201111georgy-kurasov-1958-russian-cubist.html .

    
    
    
  • Abeilles & Papillons

    Quand Madame la Reine en sa ruche s’ennuie
    Et que les faux-bourdons ne savent la dérider,
    Elle s’en va à la traîne en chemise de nuit
    Qu’elle remonte et court donc les ailes débridées.

    Elle va voir ses cousins, les petits papillons
    Tout comme elle, insatiables envers la bagatelle,
    Remplit son magasin des petits dardillons
    Des diptères appréciables malgré leur parentèle.

    Sans qu’il y ait d’entourloupe, quand les œufs ont éclos,
    Les larves sont triées dans sa progéniture.
    La reine prend sa loupe et observe Ă  huis clos
    Pour garder les striées aux plus belles rayures.

    Tableaux de Maggie Taylor sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201512Maggie-Taylor.html?m=1#more .

    
    
    
  • Le courrier du Qu…

    Le courrier du Qu…

    Le courrier du cœur a évolué
    Grâce à des pratiques assez raffinées
    Dont le contenu surévalué
    Glisse dans l’enveloppe rose paraffinée.

    Les mots ont repris du poil de la bête ;
    On ne les lit plus mais on les caresse.
    Le parfum n’est plus essence d’herbettes
    Mais de l’entrejambe de notre maîtresse.

    Pour décacheter, ouvrez le nombril
    Et plongez le nez, l’organe à fantasmes.
    Vous y sentirez au fond assombri
    Les préliminaires d’un futur orgasme.

    Photo d’Alice Wellinger.

    
    
    
  • PrĂ©sence de la Nature

    Présence de la Nature

    Que j’aime la Nature qui se penche vers moi
    Pour m’écouter le cœur et pour me guider l’âme !
    Sentir sa signature gravée dans mon émoi,
    Sa force de vainqueur, la force de sa flamme.

    Car elle me ressemble, la Terre qui me tend
    Une branche d’amour, un vent d’inspiration.
    Et moi, je lui rassemble le plus gros de mon temps
    Pour vivre au fil des jours par sa respiration.

    Photo du Baldeneysee Ă  Essen en Allemagne par Chribeu.

    
    
    
  • Tandis que MaĂ®tre Renard dort

    Tandis que Maître Renard dort

    Un jour, le corbeau s’oublia et le renard désappointé
    L’attendit toute la journée et s’endormit à poings fermés.
    Le lendemain, on publia que l’oiseau s’était accointé
    D’un canard faisant sa tournée dans des crémeries renfermées.

    Tableau de Louie Lorry.

    
    
    
  • Caravanes

    Caravanes

    Caravane du matin, tu te réveilles en plein mirage ;
    Caravane de midi, tu te restaures de couleurs ;
    Caravane au crépuscule, tu te remplis de souvenirs ;
    Caravane de la nuit, tu te reposes avec amour.

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  • La musique Ă  lampes

    La musique Ă  lampes

    Les lampes de l’électrophone offraient un son enveloppé
    De graves et de crépitements par la vibration du saphir.
    Decca, Philips et Parlophone distribuaient des mélopées
    Qui swinguaient intrépidement jusqu’à n’en pouvoir plus suffire.

    Mon premier était un Teppaz « oscar ».

    
    
    
  • La vierge cosmique

    La vierge cosmique

    Fécondée de fragments d’étoiles tombés de comètes errantes,
    Enfantée de vierge cosmique de ses amours inassouvies,
    L’eau s’est frayée, entre les voiles de roches pures et transparentes,
    Une destinée diatomique jusqu’au royaume de la vie.

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  • Les trois vierges

    Les trois vierges

    La première connaît ses limites et ne peut jamais échouer,
    D’avis pratique et rationnelle, elle est vraiment organisée.
    La deuxième exhorte le mythe – ça je dois bien vous l’avouer –
    D’être maniaque et ponctuelle, prévoyante et analysée.

    Mais je préfère la troisième, antisociale et paniquée.
    Elle est beaucoup moins difficile et les amours, elle en raffole !
    Avec elle, y’a pas de problème pour s’embrasser et forniquer
    Mais ce n’est pas une fille facile, c’est simplement une vierge folle.

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  • Comptine de la vierge

    Comptine de la vierge

    Voici la vierge folle,
    Le fusil à l’épaule.
    Ses amants vont mourir,
    Ils pourront toujours courir !

    Elle a mis Ă  la bouche
    Un paquet de cartouches.
    Après l’avoir draguée,
    Ils devront bien zigzaguer !

    Plus tard la vierge sage
    Portera le message :
    Les amants atterrés
    Ont été tous enterrés !

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  • Le film du jour

    Le film du jour

    La lumière matinale de la pellicule vierge
    Capte le film du jour par le projecteur solaire.
    L’aube donne le signal où tous les rayons convergent
    Qui fixeront pour toujours nos amours dans l’oculaire.

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  • Le goĂ»t du risque

    Le goût du risque

    Quand les chemins sont dangereux, je veux toujours les embellir ;
    Quand les routes sont incertaines, je veux toujours les occulter.
    Pourquoi suis-je si valeureux à repousser tous mes délires
    Pour des aventures lointaines avec tant de difficultés ?

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  • Et j’entends souffler le soleil

    Et j’entends souffler le soleil

    Comme un train sifflant dans le soir en emportant mes souvenirs
    Je regarde avec nostalgie le soleil partir doucement
    Emportant toujours plein d’espoir mes prières pour l’avenir
    Qui vont entrer en léthargie jusqu’à leur accomplissement.

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  • Dans le creux de la vague

    Dans le creux de la vague

    Dans le creux de la vague, je dois savoir attendre
    Que la marée remonte pour me raccompagner.
    Bougonner en zigzag dans ma cervelle tendre
    Ne fait pas le bon compte qui me fera gagner.

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  • Tout dans les pieds

    Tout dans les pieds

    Le meilleur moyen salutaire pour bien garder les pieds sur terre,
    C’est de les avoir tatouĂ©s d’une manière intemporelle.
    Ne soyez jamais tributaires des traditions totalitaires
    Et oser enfin l’avouer : « Vive la peinture corporelle ! »

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  • Les fleurs d’artifice

    Les fleurs d’artifice

    À la première pensée d’amour qui, du profond du cœur, s’élève,
    Je me reconnecte Ă  la cime pour capter les bonnes nouvelles.
    Ah quel beau matin que ce jour, qui fête en prenant sa relève
    L’anniversaire sérénissime par ces bouquets qui s’échevellent !

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  • New Relook

    New Relook (nu

    Quand la femme a besoin d’un look, c’est d’un voyage en felouque !
    Quand la femme a besoin d’appâts, ses jolis seins sont faits pour ça !
    Quand la femme doit être glamour, il lui faut juste un peu d’amour !
    Quand la femme doit être maquillée, il suffit de la déshabiller !

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  • En promenant ma lumière…

    En promenant ma lumière…

    En promenant ma lumière comme je fais chaque soir,
    Je croise des écrans vides et des livres vides de sens.
    Ces choses sont coutumières et nous souhaitent le bonsoir
    Mais leurs paroles sont livides et teintées d’insuffisance.

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  • Le Chat adoucissant – 1

    Le Chat adoucissant - 1

    Qu’est ce qui ne fait qu’un poids plume d’une boule de fourrure ?
    Qu’est ce qui est attendrissant, fragile comme un vase de Chine ?
    Qu’est ce qui ne prend de volume moins qu’une clef de serrure ?
    C’est Le Chat adoucissant que je mets dans ma machine !

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  • Le capitaine au crochet rouge

    Le capitaine au crochet rouge

    Foi, de Capitaine Crochet, c’est bien la dernière fois
    Que je mets ce chaperon pour aller faire mes courses !
    Je m’empale comme un brochet et ce crocodile, ma foi
    Va m’gober comme un moucheron et me mastiquer les bourses !

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  • Les lotus de Bouddha

    Les lotus de Bouddha

    Tandis qu’elles ont les pieds enfouis dans cette vase
    Et qu’elles dressent la tête au-dessus de l’eau mêlée,
    Bouddha, lui sur son trépied, montre son cœur en emphase
    Et s’accorde en esthète en prières démêlées.

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  • J’adore la Suisse

    J’adore la Suisse

    Nous avons quittĂ© Marseille et son climat oĂą le soleil cogne pour emmĂ©nager aujourd’hui dans notre nouvelle maison, dans une Suisse ensoleillĂ©e. Cet endroit est vraiment magnifique. Les montagnes sont majestueuses. Je suis impatient de les voir couvertes de neige.
    J’adore cet endroit.

    14 Octobre
    La Suisse est l’endroit le plus beau de la planète. Les feuillages passent par toutes les nuances du rouge et de l’orange. Je suis allĂ© en promenade dans ces belles montagnes et j’ai aperçu des cerfs. Ils sont tellement gracieux. Ce sont sans doute les animaux les plus merveilleux de la crĂ©ation. J’ai l’impression d’ĂŞtre au Paradis et en totale harmonie avec cette nature merveilleuse.
    J’adore cet endroit.

    11 Novembre
    BientĂ´t l’ouverture de la chasse au cerf. J’ai du mal Ă  imaginer qu’on puisse tuer des crĂ©atures aussi adorables. J’espère qu’il va bientĂ´t neiger et voir virevolter tous ces flocons lĂ©gers et blancs.
    J’adore cet endroit.

    02 Décembre
    Il a neigĂ© cette nuit. La première neige de la saison. Au rĂ©veil, j’ai vu que tout Ă©tait recouvert de blanc. Le paysage est devenu enchanteur sous sa blancheur pleine de puretĂ©. On dirait une carte postale. Nous sommes sortis pour dĂ©blayer la neige sur les marches et nous avons dĂ©gagĂ© le chemin d’accès Ă  la pelle. Nous avons fait une bataille de boules de neige. (J’ai gagnĂ©.) Mais quand le chasse-neige est passe, nous avons dĂ» reprendre les pelles. Quel endroit merveilleux !
    J’adore la Suisse.

    12 Décembre
    Encore de la neige cette nuit. J’adore. Les bruits sont Ă©touffĂ©s et le silence n’est rompu que par quelques brames de cerfs. C’est incroyable ce que la nature est belle. Le chasse-neige a fait une farce en encombrant le chemin.
    J’adore cet endroit.
    19 Décembre
    Encore de la neige cette nuit. Je n’ai pas pu aller travailler. Le chemin Ă©tait obstruĂ© par la neige. Je suis extĂ©nuĂ© Ă  force de pelleter mais quel exercice, et c’est bon pour la santĂ© !
    Enfoiré de chasse-neige.

    22 Décembre
    Cette merde blanche est encore tombĂ©e toute la nuit. J’ai des ampoules plein les mains Ă  cause de la pelle et malheureusement je n’ai pas de bandages Ă  la maison. J’essayerai de dĂ©marrer la voiture demain pour aller Ă  la pharmacie. Je suis sĂ»r que le chasse-neige est planquĂ© dans le virage et attend que j’aie dĂ©gagĂ© le chemin.
    Le connard.

    25 Décembre
    Joyeux NoĂ«l de merde ! Encore cette saloperie de neige. Si seulement je pouvais mettre la main sur le fils de pute qui conduit le chasse-neige. Ma parole, je lui fais la peau Ă  ce sale con. Je me demande pourquoi ils n’ont pas rajoutĂ© du sel sur la route pour faire fondre cette putain de glace de mes deux. Cette salope de bagnole n’a pas voulu dĂ©marrer et j’ai une espèce de furoncle Ă  la main gauche. Le docteur ne peut pas venir vu que c’est NoĂ«l.
    Faignant de montagnard !

    27 Décembre
    Encore cette merde blanche, la nuit dernière. Je suis reste enferme 3 jours, sauf pour dĂ©gager le chemin Ă  chaque passage du chasse-neige. Je ne peux plus aller nulle part. La voiture est enfouie sous un tas de neige. Le gars de la mĂ©tĂ©o a dit qu’on doit encore s’attendre Ă  25 cm de merde cette nuit. Vous avez une idĂ©e de combien de pelletĂ©es ça reprĂ©sente 25 cm de neige ? La ligne de tĂ©lĂ©phone est coupĂ©e, rapport au poids de la neige sur les fils soi-disant. EnculĂ©s (*) de fonctionnaires qui veulent pas se dĂ©placer pour rĂ©parer. Si ça se trouve tout ça c’est pipo et compagnie.
    Y a certainement un complot de France Telecom avec ces cons du chasse neige.
    28 Décembre
    Cette tarlouze de mĂ©tĂ©orologue de mes deux s’est encore foutue dedans. Cette fois, c’est plus de 80 cm qui est tombĂ©. A ce train-lĂ , ça ne fondra pas avant l’Ă©tĂ©. Le chasse-neige est restĂ© coincĂ© sur la route et l’autre burne est venue Ă  la porte pour m’emprunter une pelle ! Après lui avoir racontĂ© que j’avais dĂ©jĂ  bousillĂ© 6 pelles en dĂ©gageant la putain de neige qu’il balançait dans mon allĂ©e, je lui ai cassĂ© la dernière qui me restait sur sa sale gueule d’enculĂ© (*). Je ne peux plus bouger la main gauche et j’ai un peu mal dans l’Ă©paule. Impossible de joindre ce fainĂ©ant de docteur. Je crois que j’ai un peu de fièvre. J’ai vu un cerf cette nuit qui est venu me narguer dans la chambre. Il Ă©tait entourĂ© de petits hommes avec les longs bonnets.

    4 Janvier
    J’ai quand mĂŞme pu sortir aujourd’hui malgrĂ© la fièvre. Je suis allĂ© au magasin acheter de la nourriture, et sur le chemin du retour, un con de cerf est venu emplafonner l’avant de ma voiture alors que j’essayais d’Ă©viter le chasse neige. RĂ©sultat des courses : 3 000 francs suisses de dĂ©gâts. On devrait massacrer ces putains de bestioles.
    Je croyais que ces abrutis de chasseurs les avaient toutes exterminées en novembre.

    3 Mai
    J’ai perdu mon index gauche mais « ce n’est pas grave » qu’il a dit ce con de toubib de mes deux de merde car on a sauvĂ© la main. J’ai conduit la voiture au garage, en ville. Vous me croirez si vous voulez, ma bagnole est toute rouillĂ©e Ă  cause de cette saloperie de sel qu’ils ont mis partout sur la route.

    10 Mai
    Les dĂ©mĂ©nageurs sont lĂ . On retourne Ă  Marseille. Je n’arrive pas Ă  imaginer que quelqu’un sain d’esprit puisse avoir envie de vivre dans ce pays de merde !!!

    (*) en marseillais dans le texte.

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  • Manger en Suisse

    Manger en Suisse

    Pour faire un bon repas en Suisse, il faut savoir se lever tĂ´t
    Et s’en aller sur les marchés pour trouver sa bonne pitance.
    Fi des gigots et des saucisses ! Il faut quêter les végétaux
    Pour fuir tous ces supermarchés et les maintenir à distance.

    Des kilomètres de rayons vous font voyager à l’envi
    Pour vous offrir tant de cépages que l’énumération vous en saoule !
    Mais pour faire un bon réveillon, il faut surtout avoir envie
    D’un petit Beaujolais village ou d’un bon Bourgogne qui coule !

    Mais qu’est-ce qu’ils ont comme fromages ces communautaires helvétiques !
    Mais c’est surtout pour leurs fondues noyées d’un Fendant qui ensuque !
    Alors qu’il serait bien dommage de se priver d’un véridique
    Roquefort très bien défendu qu’on déguste sous sa perruque !

    Pour la charcuterie, ça va ! Ils sont prédominants, ma foi !
    À condition d’aimer le porc qui développe l’embonpoint.
    J’entends bien souvent les vivats suivis de grandes crises de foie
    Qui nécessitent le transport vers l’hôpital en contrepoint.

    Mais pour faire une bonne table, je consulte les maraîchers
    Qui ont des produits du terroir très fins et très traditionnels.
    Alors tout devient acceptable et on n’est plus effarouché
    À se regarder dans un miroir après un bon nutritionnel.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le baiser escargot

    Le baiser escargot

    Tout mouillé, bien baveux, le baiser du mollusque
    Sur le bout de mes lèvres est l’invite à aimer !
    J’en fais mon désaveu, au début il me brusque,
    Puis, je sens une fièvre, dans mon cœur, essaimer.

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  • ĂŽle ou aile ?

    Île ou aile ?

    Sur mon île ensoleillée, je t’accueille sous mon aile,
    J’y bercerai tes pensées, réaliserai tes rêves.
    Puis viendra, ensommeillé, nuit communicationnelle,
    L’amour fou à dépenser et recommencer sans trêve.

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  • TĂŞte en l’air

    Tête en l’air

    Tête en l’air quand je m’envole du sommet de la montagne !
    Terre-à-terre quand je m’écrase au pied de cette éminence…
    Cœur de feu, parfois frivole, quand je risque la castagne !
    À vau-l’eau quand je m’embrase sans aucune convenance…

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  • Accord de l’âme

    Accord de l’âme

    En effleurant les cordes de ses cheveux de crin,
    La musicienne en transe a le goût du sacré !
    À mon cœur, elle accorde le son de son crincrin
    Qui incarne à outrance mon âme consacrée.

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  • Ă€ corps de lame

    Une lame effilée qu’on remet au fourreau,
    Qu’on sort et qu’on remet pour lubrifier le fil,
    Illico la brandir par la main du bourreau
    Pour goûter le fumet aussitôt qu’on l’enfile.

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  • Demain, je dĂ©mĂ©nage

    Demain, je déménage

    Je déménage dès demain, j’en ai assez du mauvais temps !
    Je prendrai la première tornade ou, s’il le faut, un ouragan !
    Je prends mon courage à deux mains, je ne suis pas incompétent !
    Dites-le à la cantonade : mon appartement est vacant !

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  • La première fleur du matin

    La première fleur du matin

    Je suis toujours ému par la première fleur
    Qui sourit le matin, parfumée de rosée.
    La nature qui mue d’un geste fignoleur
    Aux pétales de satin, me rend fort disposé.

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  • Jurassic-boy

    Jurassic-boy

    Furtivement il se glisse entre les pans de la tente,
    Subrepticement il ose pénétrer à l’intérieur,
    Audacieusement il plisse ses grands yeux noirs dans l’attente,
    Silencieusement il pose son regard de l’extérieur.

    Il n’a aucune richesse hormis sa curiosité,
    Il n’a pas de prétention excepté de partager,
    Il n’a aucune noblesse sauf son affectuosité,
    Pas de mauvaises intentions, fors un cœur avantagé.

    Il m’a suivi sur la route quand je cherchais des trésors ;
    Il m’a guidé sur la piste quand je traquais les filons ;
    Il m’a sauvé des déroutes dans les pas des dinosaures ;
    Il s’est montré moraliste quand je perdais l’aquilon.

    Rapide comme une gazelle, il disparait sans un bruit ;
    Aussi véloce qu’un aigle, il sait capturer ses proies ;
    Élancé comme une oiselle, il sait repérer les fruits ;
    Droit, loyal à toute règle, il n’affiche nul désarroi.

    J’ai songé à l’adopter, à lui ouvrir ma maison,
    Mais il n’a pas accepté mon offrande narcissique.
    Il a préféré opter, à l’encontre de ma raison,
    Pour encore intercepter les chasseurs du jurassique.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Nippon bleu

    Nippon bleu

    Je ne serais jamais allé sur ni pont bleu, sur ni pont d’or
    Mais quand j’ai vu la fille bleue le parcourir l’air guilleret
    Je me suis dit « et pourquoi pas ?» L’abondance ne fait pas de tort
    Lorsque la fille vous sourit quand elle va au prieuré.

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  • Pardon, vous n’avez pas vu l’inspecteur Canardeau ?

    Pardon, vous n’avez pas vu l’inspecteur Canardeau ?

    Depuis qu’il est sur son enquête, nous n’avons pas eu de nouvelles !
    A-t-il bien retrouvé la piste ? A-t-il repéré quelques indices ?
    La dernière fois que je l’ai vu, il suivait un vol d’hirondelles
    Faisons-lui entière confiance, il retrouvera les complices !

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  • Allons faon-faon

    Allons faon-faon

    Allons faon-faon de la prairie, ton tour de boire est arrivé !
    Loin de toutes les beuveries, l’eau dans l’abreuvoir est tirée !
    Entendez-vous dans les campagnes mugir les vaches désespérées
    Qui lorgnent les trains exagérés dégorger voyageurs et compagnes.

    Aux larmes, les bovins ! Ensemble larmoyons !
    Meuglons ! Meuglons ! Qu’un lait impur sorte de nos trayons !

    Pom pom pom !

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  • L’autruchator

    L’autruchator

    Pour connaître les joies du sport
    Ne vous contentez pas d’un cheval
    Moi, je pratique l’autruchator
    Et dans la savane, je cavale !

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  • Lavez bien vos spaghettis

    Lavez bien vos spaghettis

    Frottez bien fort dans tous les coins !
    Faites bouillir en lessiveuse !
    Rincez bien le moindre recoin !
    Faites sécher dans l’étuveuse !

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  • PiĂ©tinez bien la mer

    Piétinez bien la mer

    Marchez sur le rivage et puis, là, sans relâche
    Appuyez bien des pieds, piétinez, piétinez !
    Jusqu’à ce que les vagues se transforment en gouaches
    Se mélangeant à l’eau peignant des pieds-de-nez !

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  • Dieu m’a ratĂ© mais j’existe !

    Dieu m’a raté mais j’existe !

    Dieu est le roi des farceurs ! Avec un bouquet de fleur
    Et un perroquet pervers, il fit ce paradisier !
    Peut-être qu’il l’a raté ? En faisant l’écornifleur,
    En créant ce drôle d’oiseau, il a fait son bêtisier !

    Une tête de corbac, mal à l’aise dans ses baskets,
    Un vieux col vert de canard, et des ailes de mésanges,
    Une fausse queue d’hirondelle, verte comme une pastèque,
    Les pattes de l’albatros, pour s’écraser comme un ange.

    Franchement, si Lucifer, avait juste osé le faire,
    Gageons qu’il aurait trouvé nettement moins ridicule !
    Je crois que Dieu a fumé, la moquette en mâchefer !
    Ça ne fait pas très sérieux à mettre dans les fascicules !

    La peintre a fait ce qu’elle a pu pour corriger les défauts,
    Le poète a essayé mais il n’est pas convaincu.
    Quand le scénario est nul, les acteurs auront tout faux
    Quand ils voudront relever le paradisier vaincu.

    Tableau de Fabienne Barbier