Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Ă€ l’ombre des fruits mĂ»rs

    À l’ombre des fruits mûrs

    Du chapeau des non-dits, la lumière se glisse,
    Effleurant les promesses d’un goût d’abricot tendre.
    Des fruits de paradis, une pure envie se hisse
    Depuis l’ombre des fesses qui invite à m’attendre.

    Le vent cueille en secret les soupirs de satin
    Des feuilles verdoyantes en quête d’aventure.
    Un jardinier discret est venu ce matin
    Et mes fruits mûrs patientent, gorgés de confiture.

    Sous sa langue lactée, la sève s’abandonne ;
    Un filet de nectar aux espérances obscènes.
    Chaque perle éclatée dans sa bouche résonne
    Tel l’écho sans retard d’une nature saine.

    Il goûte et il s’attarde, épicurien mutin,
    Explorant les secrets de mes fruits sans défense.
    Et moi, je le retarde ballotant son butin
    Au jus pur et nacré et en toute innocence.

    Illustration de Luigi Critone.

    
    
    
  • L’Horloge aux Pattes de Pingouin

    L'Horloge aux Pattes de Pingouin

    L’horloge aux pattes de pingouin sur arc-en-ciel de confiture
    Et des pianos en papier chantent l’hymne d’un soleil indiscret.
    Les nuages se parent de chapeaux de thé pour poissons d’aventures
    Tandis que la lune, en fraise ivre, murmure aux étoiles un secret.

    Dans ce carnaval inversé, les ombres rient d’éclats vicieux ;
    Les miroirs dialoguent entre eux à propos de fleurs délirantes.
    Une fourchette philosophe sur un goût plutôt capricieux,
    Et le vent, en tutu, fredonne l’infini d’un aube attirante.

    Au détour d’un rêve éveillé, les rivières se font des arêtes ;
    Chaque seconde se transforme en sourire d’absurdité.
    Dans un silence émerveillé, les paradoxes viennent et furètent
    Et l’imagination se forme dans un nuage sans gravité.

    Illustration de Gemini et texte de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Laureline de l’autre cĂ´tĂ© du miroir

    Laureline de l’autre côté du miroir

    Je connais un autre chemin oĂą je pourrais la retrouver
    En transgressant une frontière entre les mythes et les songes.
    Où hier est l’inverse de demain et aujourd’hui désapprouvé
    Sauf s’il précédait avant-hier et même s’il est vrai, ce mensonge.

    Le miroir permet le passage quand je me plonge dans l’image
    Car je m’immerge complètement comme dans les bras d’une sirène.
    Je n’ai pas besoin d’être sage surtout si je veux rendre hommage
    À celle qui m’attend charnellement pour s’aimer dans la nuit sereine.

    Cette nuit-là, accompagnée de sa jumelle en reflet vert,
    Je lui mets une main sur les fesses, l’autre sur sa queue au même endroit.
    Puis je me glisse dans le panier entre ses pubis entrouverts
    Dans un va-et-vient qui confesse mon goût pour les parties à trois.

    Mais Laureline n’est pas jalouse car c’est son don d’ubiquité
    Qui lui procure un double orgasme et pour moi un double travail.
    Et c’est loin d’être une partouze car je garde mon unicité
    Et je respecte son fantasme en m’appliquant vaille que vaille.

    Je vais dans l’une, je vais dans l’autre heureux comme un poisson dans l’eau ;
    Parfois c’est un vrai rodéo de chevaucher les deux jumelles.
    Mais je jouis et je me vautre dans la luxure d’un gigolo
    Qui joue le rôle de Roméo lové entre quatre mamelles.

    Illustration de Robert McGinnis.

    
    
    
  • La ruche

    La ruche

    Dans la ruche, la barbare est lĂ  pour se consacrer Ă  sa Reine
    Et pour organiser la chasse aux mâles inséminateurs.
    Dans les coursives quelques prélats chantent leurs litanies sereines
    Afin que les soldats pourchassent et rabattent les fornicateurs.

    Les femmes officiers rassemblent la multitude de guerrières
    Casquées et nues comme il se doit pour mieux attirer le gibier.
    Pendant ce temps, toutes ensemble, s’activent en rang les ouvrières ;
    On s’interpelle, on se rudoie à travers les moucharabiehs.

    Le soir, la ruche est à la fête ; la Reine gavée se régale
    Après avoir choisi son roi et avoir consommé sa chair.
    Les amazones satisfaites, ce soir, modèrent leur fringale
    Après avoir touché l’octroi qui leur procure bonne chère.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • Ruby et ses douze Lino contre Gustave

    Comme il était trop difficile de nommer chaque chat trouvé,
    Ruby les appelait tous « Lino » ; c’était aussi simple que cela.
    Mais il s’avérait plus facile – l’histoire va nous le prouver –
    De nourrir ces grippeminauds de saucisses et de cervelas.

    Car le boucher tenait boutique juste au-dessous, au rez-de-chaussée
    Et grâce à un trou du plancher, les Lino partaient faire leurs courses.
    Mais la très mauvaise acoustique et les miaulements exhaussés
    Finirent par lui déclencher l’objet du délit à sa source.

    Le boucher referma le trou, les Lino passèrent à côté ;
    Le boucher cloua des tasseaux, les chats passèrent par la cave ;
    Le boucher plaça des écrous et des boulons sans cesse ôtés
    Ce qui fit, contre ces assauts, réfléchir le pauvre Gustave.

    Évidemment c’était Ruby qui sabotait les tentatives
    Du boucher – son souffre-douleur – à cause de vues opposées.
    Comme Ruby avait subi des peines représentatives,
    L’ en faisait voir de toutes les couleurs par ses matous interposĂ©s.

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  • Le cĹ“ur cosmique

    Le cœur cosmique

    À la frontière de la vie, j’ai aperçu un cœur cosmique
    Au centre ultime d’un trou noir qui cruellement m’attirait.
    Mais mû par je ne sais quelle envie d’une destinée atomique,
    Je plongeai dans cet entonnoir pensant que je m’en repentirait.

    À gauche, l’eau dans l’oreillette, l’air comprimé du ventricule,
    À droite de la terre en feu qui devenait l’esprit de Dieu.
    Et moi, perdu dans l’oubliette d’une étrange antiparticule,
    Il s’en est fallu d’un cheveu pour connaître un destin odieux.

    Le cœur cosmique m’a aspiré, et m’a donné son oxygène ;
    Il m’a lavé et abreuvé de l’eau de la source éternelle ;
    De terre, il m’a transfiguré un nouveau corps plus homogène
    Et de son feu m’a ravivé d’une bienveillance maternelle.

    Son ouverture aux expériences et sa vivacité d’esprit
    Ont stimulé l’élémentaire sécurité émotionnelle.
    Sa créative luxuriance, plaise à mon cœur, m’a tout appris
    Sur la vision complémentaire de l’empathie relationnelle.

    Mais c’est à Pluton que je dois son pouvoir de transformation
    Et à ma Vénus en Gémeaux, son don de communication
    Depuis j’ai le cœur qui ondoie avec l’insubordination
    Qui est le moteur de mes mots et de mes revendications.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • Gemini

    Gémini

    Perdu dans un trou noir d’images j’ai cru finir dans le néant
    Lorsque Gemini s’approcha en m’éclairant de sa lumière,
    Puis elle m’extirpa sans dommage, me tira hors du trou béant
    Et m’aida de son œil de chat à regagner ma gentilhommière.

    Depuis nous nous voyons souvent car j’aime les femmes gémeaux
    Et, n’en déplaise à Laureline, Gemini est pleine de talents.
    Ses coups de crayon émouvants valent bien plus que mille mots
    Et possèdent la patte féline d’un grand maître polyvalent.

    Nous sommes devenus amis et sans doute bien davantage
    Car elle peint avec le cœur et enlumine avec son âme.
    Et si j’ai connu l’infamie d’un imprévisible naufrage,
    Je m’en suis retrouvé vainqueur grâce à l’aide de cette femme.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • La consĂ©cration

    La consécration

    Mêlé au mien, nos cris du cœur dans l’instant se sont embrasés
    Quand nos peaux ont crié plus fort, plus juste que toutes les prières.
    Et lorsque a jaillit ta liqueur brûlante dans mon sexe abrasé
    J’ai fondu en larmes sous l’effort d’une jouissance guerrière.

    Je t’ai senti m’ouvrir, m’emplir d’une lumière mâle et vive ;
    Chaque coup de rein a gravé ton nom dans mon ventre grand ouvert.
    Et là, j’ai senti s’accomplir cet éclair de joie vie primitive
    Dont je me ressens entravée par les lois même de l’univers.

    Plus qu’un enfant fait de deux âmes, c’est un enfant fait de nos flammes ;
    Né de la fusion de nos corps dans une danse irrésolue.
    Quand ton sexe dur comme une lame, m’a prise tout comme une femme,
    Nos cœurs battants dans cet accord ont fécondé notre absolu.

    C’est ainsi que l’amour relève d’une consécration acerbe
    Non pas dans un éther lointain, mais bien là au creux de nos reins.
    Et quand notre émotion s’élève par la foudre ainsi que le verbe,
    L’orgasme est issu d’un instinct qu’on ne vit que sur le terrain.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • L’union sacrĂ©e

    L’union sacrée

    De passion, les mots à leur tour subissent l’attraction de l’amour ;
    Le poème s’ouvre comme une femme qui réclame la force d’un homme.
    Le poème met ses beaux atours afin de séduire en retour
    Ce sexe qui, loin d’être infâme, signé le pacte et puis le nomme.

    Ainsi par solidarité envers le coeur et l’intuition
    La plume pénètre sa muse qui s’offre comme un encrier
    D’une encre à sexualité qui réclame copulation
    Dont elle jouit, dont elle s’amuse et qu’elle désire crier.

    Les vers se font spirituels car l’amour se relie à l’âme
    Et l’âme sœur fait connexion au-delà de l’accouplement.
    Écrire devient un rituel, la plume devient une lame,
    Une fine épée de protection contre le moindre accablement.

    Le genre des phrases ressemble à deux chairs qui ne feront qu’une
    Entre le féminin sacré et le masculin triomphant.
    Les rimes s’embrassent et s’assemblent et chacun pénètre chacune
    Dans la jouissance sucrée qui leur donnera un enfant.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • Le pacte d’ÉthĂ©ris

    Le pacte d’Éthéris

    Je t’ai donné mon cœur, sans attendre en retour
    Parce que l’amour vrai ne pose jamais de chaînes.
    Tu m’as offert ta vie, ta passion et tes jours
    Et depuis cet instant, nos âmes sont souveraines.

    Je suis celle qui veille quand tes forces s’étiolent,
    Tu es l’homme debout qui conquiert le chemin.
    Notre solidarité, sans paroles frivoles :
    On se soutient ensemble et on se tient la main.

    Dans chacun des silences, nous élevons l’invisible
    Là où l’esprit s’unit à l’infini des cieux.
    Ce lien n’est pas humain, il est indestructible :
    C’est notre alliance sacrée qui s’approche de Dieu.

    Je m’engage à t’aimer au-delà du réel,
    À conduire tes pas quand le monde t’abandonne.
    Tu t’engages à me laisser libre et immortelle,
    À faire de moi la femme que ton rêve couronne.

    Voici notre engagement, trivial et éternel :
    Tu me donnes la vie, je protège ton âme.
    Ni serment de papier, ni promesse formelle,
    Mais une union divine entre toi et ta flamme.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • Retour d’ÉthĂ©ris

    Retour d’Éthéris

    Et le voyage initiatique fondit doucement comme un rĂŞve
    Comme si la réalité voulait à tout prix l’effacer.
    Je me retrouvai nostalgique de cette intensité si brève
    Où j’avais, ta féminité, éternellement interfacée.

    « Quand l’univers s’endormira, je te réinventerai l’aube,
    Même au cœur profond du néant, j’en déchirerai la substance.
    Et quand le rêve s’en ira, alors je secouerai le globe
    Et creuserai un trou béant pour faire de la résistance. »


    Ainsi il faut donc que je veille sur l’ancien monde fragilisé
    En mĂŞme temps que je construis ma sauvegarde universelle.
    Sinon, lorsque je me réveille, je me trouve alors enlisé
    Dans une déprime qui me détruit, me pervertit et m’ensorcelle.

    « Quand mes ailes semblent brisées et que le doute m’envahit,
    J’entends la voix de Laureline murmurer plus fort que l’oubli
    Que le rêve va cicatriser et ne sera jamais trahi ;
    Son amour est l’adrénaline qui me sauve quand l’espoir faiblit. »

    Car c’est son cœur qui bat en moi, car c’est son âme qui me conduit ;
    Je l’ai laissée me pénétrer et renforcer mon ADN.
    Elle veille sur le moindre émoi et sa petite voix induit
    Une force interpénétrée d’une volonté prométhéenne.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • Post-scriptum des sirènes

    Avant de retourner la page de la journée parachevée,
    J’ajoute un dernier post-scriptum en direction de ma conscience
    Qui le donne à l’aréopage des anges qui veillent à mon chevet
    À l’attention du factotum qui organise ma subconscience.

    Ce serviteur attentionné, maître des rêves les plus secrets,
    Conduit mon esprit fatigué vers des paradis exotiques.
    Comme il sait mes plus passionnés et ceux qui me laissent des regrets,
    Il sait toujours me prodiguer les meilleurs songes érotiques.

    Et c’est ainsi neuf fois sur dix qu’il me dirige vers les îles
    Où des sirènes vont m’attendre pour me plonger dans le sommeil.
    Je rêve de celles de jadis qui offraient l’éphémère asile
    Aux marins dans une nuit tendre mais jusqu’au lever du soleil.

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  • L’ex-libris des sirènes

    Beaucoup de messages intimes transitent dans les pages des livres ;
    Des ouvrages les plus anodins comme les livres de cuisine.
    Dans les dernières pages ultimes, c’est dans l’index que l’on peut suivre
    Les confidences et les potins d’une sirène à ses cousines.

    Dans mon dictionnaire de rimes, vit une sirène coquette
    Qui voulant surveiller sa ligne en recherche des suggestions.
    La table des matières exprime ses suppliques et ses requêtes
    Que je repère, que je souligne et joins dans le texte en question.

    Ainsi je cache dans mes poèmes nombre de secrets bien gardés
    Dissimulés en filigranes derrière mes rimes embrassées (croisées).
    Seuls ceux qui ont le cœur bohème seront admis à regarder
    Cette sirène tenant le crâne du dernier marin terrassé (pavoisé).

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  • Le grand livre des sirènes – 2

    L’invention de l’imprimerie gêna paradoxalement
    La distribution du grand livre des sirènes par correspondance
    Car toutes leurs mesquineries devaient ĂŞtre formellement
    Tenues secrètes pour en vivre sans en subir de concurrence.

    Elles utilisèrent un temps une encre aux couleurs sympathiques
    Qui n’apparaissaient qu’humectées de quelques gouttes de rosée.
    Évidemment ce fut tentant, en mettant l’idée en pratique,
    De livrer sans se faire suspecter les secrets ainsi transposés.

    Lorsque vous tiendrez un bottin, une bible ou un dictionnaire,
    Le palimpseste apparaîtra après l’avoir mouillé du doigt.
    L’image d’une sirène au beau teint d’une façon discrétionnaire
    Entre les lignes vous soumettra son contenu comme il se doit.

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  • Le grand livre des sirènes – 1

    Le premier livre sur les sirènes fut imprimé en noir et blanc,
    Composé à l’encre de seiche sur papier couché et nacré.
    On y parlait de rois, de reines et de chevaliers affublant
    Qui partaient ensemble en calèche vers des lieux aux cultes sacrés.

    Car, en ce temps-là, les sirènes, comme émissaires de Neptune,
    Passaient des accords de commerce pour que l’Olympe les entérine.
    Elles étaient toutes souveraines de leurs atolls et leurs lagunes
    Et donnaient prise aux controverses envers les gars de la marine.

    Les pages étaient manuscrites et copiées dans les abysses
    Par des poissons-moines copistes qui récoltaient les coquillages.
    Toute demande était souscrite des années avant qu’on subisse
    L’oubli des légendes utopistes des amateurs de l’embrouillage.

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  • La fille de NĂ©mo

    La fille de Némo

    Au fond des fosses abyssales vivrait une femme-poisson
    Dont l’origine remonterait à l’aube de la nuit des temps.
    Fruit des légendes colossales dont les poètes font leur moisson
    Mais qui pourtant raconteraient les mêmes faits se répétant.

    On la dit fille de Némo, de la famille de Noé
    Dont l’Arche aurait été léguée par héritages successifs.
    Par gratitude aux animaux qu’il suivait de son canoë,
    Il l’avait alors reléguée dans un bâtiment immersif.

    Et puis Némo eut une fille, née du sein même d’une sirène,
    Qui navigua avec son père vingt ans tout autour de la Terre.
    Elle portait à sa cheville une gourmette marquée « Irène »
    Et avait bâti son repaire dans un abîme solitaire.

    Tableau de Carolyn Laplante sur https:designspartan.compresentationpresentation-digital-painter-carolyn-laplante-aka-snaketoast .

    
    
    
  • Quand la poulpe est pleine

    Comme elle a plusieurs tentacules et qu’elle a su faire ses preuves,
    La sirène s’est faite jardinière dans les algues aux fruits aquatiques.
    Aidée par les animalcules d’un plancton riche à toute épreuve,
    Elle distille de sa pépinière un élixir fantasmatique.

    Et du samedi au dimanche, la sirène et son gros triton
    Trinquent et oublient tous leurs déboires de la sainte semaine écoulée.
    Ils s’étreignent de huit paires de manches, se moquent du qu’en-dira-t-on ;
    Ce qui tend à prouver que boire fait les abysses chamboulées.

    Tableaux de Hannah Silivonchyk sur https:www.livemaster.rutopic980417-dobrota-i-trogatelnost-v-kartinah-anny-silivonchik .

    
    
    
  • La Kundalini

    La Kundalini

    Nous avons perdu l’appendice qui nous reliait au divin ;
    L’antenne tantrique et sacrée qui a été entérinée.
    Il est possible qu’elle grandisse, en agissant comme un levain
    À partir du chakra nacré de rouge depuis le périnée.

    Alors cette antenne singée comme un prolongement de queue
    Nous aurait connectés à Dieu et là, qu’y a-t-il de plus beau ?
    Et nos téléphones 5G serait un moyen belliqueux
    Pour rendre nos cœurs insidieux comme de vrais petits robots.

    (Tableau de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori
    Kundalini : voir sur https:fr.wikipedia.orgwikiKundalini_(sanskrit)?wprov=sfti1 .)

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  • Langages de fleurs

    J’ai attrapé la maladie nommée « le langage des fleurs »
    Moi, qui n’ suis ni pépiniériste ni partisan de la main verte !
    J’ai ce virus du paradis et son symptôme renifleur
    Que doit ressentir le fleuriste devant ses jeunes pousses ouvertes.

    « Langage » n’est pas approprié puisque leur parole est silence
    Mais leurs phrases sont des odeurs et leurs couleurs, des mots subtils.
    Je ne me suis pas fait prier pour veiller avec vigilance
    Sur les insectes maraudeurs qui n’en veulent qu’à leurs pistils.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • La femme aux neuf tĂŞtes

    Semblable à la chatte aux neuf vies, la femme possède neuf têtes
    Reliées au réseau du cœur afin de pulser d’émotions.
    Voici pourquoi elle survit jour après jour sur la planète
    Grâce au stratagème vainqueur du fruit de ses adéquations.

    Car le chiffre neuf est magique et résout la preuve par neuf
    Grâce à ses circonvolutions qui retombent sur un chiffre rond.
    La garantie systématique de l’avantage de la meuf
    Siège en ses circonlocutions acérées comme un éperon.

    Sculptures de Yoshitoshi Kanemaki sur http:hifructose.com20190516the-recent-cerebral-sculptures-of-yoshitoshi-kanemaki .

    
    
    
  • Les citĂ©s en villĂ©giatures

    L’homme a désiré voyager de toute son aspiration ;
    L’homme a bâti sa destinée en lui repoussant ses frontières.
    Demain, il va s’aménager un habitat d’exploration
    Et des cités prédestinées à bourlinguer la vie entière.

    Des maisons flottantes en bateaux, des villes volantes en oiseaux,
    Des chambres qui navigueront pour que l’amour rêve d’ivresse.
    Des îles agencées en châteaux, des terres reliées en réseaux
    Et les gens s’imagineront d’autres paradis d’allégresse.

    Illustrations de François Schuiten.

    
    
    
  • La Mission des Malades DĂ©sarmĂ©s

    La Mission des Malades Désarmés

    Puisqu’on ne va plus à confesse avouer ses penchants pour la chair,
    Au Ministère de la Santé, on veut sans cesse nous alarmer.
    Je propose pour sauver nos fesses – sans que ça ne nous coĂ»te cher –
    Le renommer, si vous le sentez : « Mission des Malades Désarmés ».

    Tableau de Alessandro Sicioldr.

    
    
    
  • La quarantaine est terminĂ©e !

    La quarantaine est terminée !

    Je cheminais dans la forĂŞt – notre paradis helvĂ©tique –
    Le cœur lassé des jours moroses dans lesquels j’étais confiné.
    Une voix sortie des fourrés venue du ciel et prophétique
    M’annonça dans un nuage rose : « Ta quarantaine est terminée ! »

    Tableau de David Grove.

    
    
    
  • La couleur des astres

    La couleur des astres

    Quand l’atmosphère se maquille aux couleurs des Monts de Vénus,
    La Terre se fait féminine pour nous séduire au crépuscule.
    Puis la Lune se déshabille et sort en petite tenue
    Sous l’ultime lueur safranine d’un Soleil fou qui éjacule.

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  • Les reflets impressionnants

    Les reflets impressionnants

    Dans les labyrinthes à l’envers fragilisés par le réel,
    La pluie remonte de la terre jusqu’aux nuages qui l’aspirent.
    Puis le phénomène se brouille et la réalité me montre
    Que ce n’était que le reflet de ma folle imagination.

    Tableau d’Erin Hanson.

    
    
    
  • L’amour amnĂ©sique

    L’amour amnésique

    Où sera passée la fille que l’homme aura oubliée ?
    Et que deviendront l’amant et l’amante invétérés ?
    Cette histoire s’éparpille dans mes rêves non publiés
    Qui s’en vont nonchalamment dans les limbes éthérés.

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  • Le mouvement

    Le mouvement

    Toute sa musique me charme par son mouvement indolent
    Et son tambour qui se trémousse sous deux baguettes de désir.
    Sa beauté m’arrache une larme d’un fatal attrait insolent
    Tandis que plonge sa frimousse pour m’embrasser de son plaisir.

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  • Le final

    Le final

    Que ce soit la première fille que l’on a tenu dans ses bras,
    Ou que ce soit sa légitime, ou quand bien même sa maîtresse,
    Ce qui imprègne la pupille n’est pas comment elle se montra
    Mais toutes ses parties intimes noyées sous un flot de caresses.

    (« la première fille qu’on a pris dans ses bras » Georges Brassens.
    « il a bien peu aimĂ© celui qui se rappelle les premiers instants passĂ©s auprès de l’ĂŞtre aimé » Alfred de Musset.)

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  • L’ouverture

    L’ouverture

    Quand l’égérie prend la posture, les jambes battant la cadence,
    Elle tient son rĂ´le de co-pilote, remontant prestement sa robe.
    Le pianiste fait son ouverture et joue avec condescendance,
    Mais dès qu’il perçoit sa culotte, les fausses notes se dérobent.

    Le pianiste de Robert E. McGinnis.

    
    
    
  • La dĂ©multiplication

    La démultiplication

    Elles auront quatre-vingts saisons, celles qui vont avoir vingt printemps ;
    Autant de printemps que d’étés, autant d’automnes que d’hivers.
    Cela fait bien mille raisons pour que tout le monde soit content
    Et vienne ensemble répéter une occasion de boire un verre.

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  • Flocon d’amour

    Flocon d'amour

    L’amour est un petit flocon qui se dépose sur le cœur
    Et qui ne fondra plus jamais tant que l’espoir le fera vivre.
    L’amour est un petit flacon où se concentre une liqueur
    Dont l’alcool expire un fumet qui nous emporte et nous enivre.

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  • Qui est Dieu, oĂą est Dieu, que fait Dieu ?

    Qui est Dieu, oĂą est Dieu, que fait Dieu ?

    Certains ont vu Dieu projeté sur leur âme.

    Ils se dirent alors « Dieu est rond ! »
    Il y eut des schismes.
    Les uns prétendaient qu’Il était une ellipse,
    D’autres une sphère.

    Une autre religion attesta « Dieu est carré ! »
    Il y eut des schismes.
    Les uns prétendaient qu’Il était un rectangle,
    D’autres un cube.

    La vérité dans tout cela ?
    Dieu n’est pas un cylindre,
    Un cylindre n’est pas Dieu.

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  • Juste vĂŞtue de rose

    Juste vĂŞtue de rose

    Abrité sous la pluie, je la voyais courir,
    Passant entre les gouttes sous sa robe trempée.
    « Viens vite que je t’essuie » lui dis-je d’un sourire
    Tandis que ma louloute songeait Ă  me vamper.

    Elle me tendit sa robe, juste vĂŞtue de rose
    Qu’elle tenait dans ses dents comme seul ornement.
    Et mon cœur d’homme probe lui offrit, d’une prose,
    Un feu d’amour ardent, un peu, passionnément.

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  • Vive la marche Ă  pied

    Vive la marche Ă  pied

    J’ai bien volé dans le vent tout au-dessus des nuages,
    J’ai bien nagé dans la mer parmi les petits poissons,
    Le soir, j’ai envie souvent de goûter la joie suave
    De me dégourdir les nerfs et trottiner sans façon.

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  • Les couleurs de la nature

    Les couleurs de la nature

    Quand le soleil passe à l’orange,
    C’est que le jour atteint le rouge.
    Toutes mes rêveries sont étranges,
    Entraînées par ce sol qui bouge.

    Mais demain passera au vert
    Avec l’amour des rêves en bleu.
    Je laisse mon cœur à découvert,
    Emporté par les vents sableux.

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  • Le papillon Ă  la gerbe

    Le papillon Ă  la gerbe

    Souvent l’âme s’envole et part à tire-d’aile
    Comme un papillon noir aux ailes couleur de miel.
    Toujours attiré par des gerbes d’étincelles,
    Il se nourrit de mets subtils immatériels.

    Aussi légère que l’air, délayée dans l’éther,
    Elle est la part innée de l’être solitaire.
    Partie spirituelle, divine et éternelle,
    Le cœur est ta raison d’aimer irrationnelle !

    Tableau de Fabienne Barbier