Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La fille Ă  l’Opinel

    La fille à l’Opinel

    D’abord juste son Opinel, lame sortie et cran bloqué,
    La virole tournée qui assure la sécurité de la main
    Couronnée par l’originel symbole qui vient invoquer
    Le lien par l’étroite blessure qu’on s’fait entre frères humains.

    Maintenant observons la fille et l’analogie de la lame ;
    Les seins ont jailli du fourreau prĂŞts Ă  tailler avec rudeur.
    Un string évoquant la goupille sur l’intimité de la femme
    Qui devient alors le bourreau de l’attentat à la pudeur.

    Enfin concentrons-nous sur l’âme en suivant le reflet des yeux
    En clair-obscur sous le chapeau – objet du culte spirituel –
    Et l’angle formé de la lame avec le regard silencieux.
    Soudain, les nerfs Ă  fleur de peau, commence alors le rituel.

    « D’un pas feutré, la nuit s’étire, sous la lueur d’une aube froide,
    Son bras s’élève et fend le vide, traçant l’adieu d’un sortilège.
    Le fil d’acier frémit, soupire, prêt à sceller l’instant si roide,
    Puis dans l’écho d’un geste avide, s’efface un rêve sacrilège. »

    Photo de Jan Saudek sur https:shungagallery.comerotic-photos-jan-saudek .

    
    
    
  • Sortie du tableau

    Sortie du tableau

    D’un tableau de Klimt échappée – sans doute un baiser refusé –
    Une blondasse dégoulinante d’une peinture encore fraîche,
    Sortait, comme une rescapée d’une atmosphère désabusée
    Due à la bouche impertinente d’un peintre tout aussi revêche.

    Or, elle qui n’était qu’une toile, découvre les trois dimensions
    Du monde de l’art qui l’accueille comme si Léonard de Vinci
    L’avait peinte comme une étoile au titre de l’incarnation
    La plus réussie qu’on le veuille ou non ; c’est drôle mais c’est ainsi.

    Tout le monde se précipite sur l’émanation toute nue,
    Sortie du vide « ex nihilo » dans un délire vertigineux.
    Mais la peinture décrépite commence à vieillir l’inconnue
    Et cesse le méli-mélo d’artistes-peintres libidineux.

    Elle se réveille alors brisée, dans cet univers sans retour
    Où l’ombre du trou dans la toile lui a englouti sa jeunesse.
    Dans une lumière irisée, elle renaît loin des vieux vautours,
    Chassant ces peintres qui se voilent la face devant sa vieillesse.

    Tableau de Casimir Lee casimir0304devisntart.

    
    
    
  • PrĂ©liminaire Ă  l’ouverture

    Préliminaire à l’ouverture

    Mettez votre cĹ“ur en musique et l’amour donnera le « La Â».
    La carte du tendre devient la partition des sentiments
    Si Madame Ă´te sa tunique pour une tenue de gala
    Qui ne cache rien mais prévient une ouverture à son amant.

    Monsieur vous prête son archet et Madame entre en résonance
    Avec des mouvements presto, agitato, fortissimo
    Qui seront bientôt panachés d’accords qui semblent en dissonance
    Comme une explosion de cristaux secoués de bravissimo.

    Dernier partie, le tempo accélère à n’en plus finir
    Jusqu’à l’orgasme musical des deux interprètes duals.
    La jouissance Ă  fleur de peau laisse Ă  jamais le souvenir
    Du rituel dominical d’un concert sexo-spiritual.

    Tableau de Bogdan Prystrom.

    
    
    
  • Vision utopiste d’avenir

    Je vois le soleil qui rougeoie dans une aurore rouge sang ;
    Sans doute le vent de la plaine qui souffle un air de virulence.
    Les uns attisent un feu de joie, les autres jouent les innocents
    Et quand la coupe sera pleine, mourra le temps de l’opulence.

    Sans doute une propriété inconnue de l’économie
    Qui veut qu’une masse critique d’argent fasse exploser la Terre.
    Les comptes dont la sobriété validait leur physionomie
    Éclaboussent la politique d’une épidémie délétère.

    Je vois la Lune qui flamboie, la pleine Lune magnanime ;
    Sans doute le vent des montagnes qui se rencontrent en fin de compte.
    Billets, valeurs et chèques en bois s’envolent dans un flux unanime,
    Fuyant les pays de cocagne pour l’enfer à ce qu’on raconte.

    Finalement je m’en balance de tout ce monde chaotique
    Devenu trop mégalomane pour se réguler de lui-même.
    Après les cris vient le silence qui vient se coucher pathétique
    Sobre et cependant mélomane, paradoxal mais vrai dilemme.

    Tableaux d’Ed Emshwiller et de Valery Rybakow.

    
    
    
  • Adoptez un alien – 2

    Adoptez un alien – 2

    Bien sûr, il fallait s’y attendre, il est né le divin enfant,
    Fruit d’un immigré saturnien et d’une Marie-couche-toi-là.
    Et, malin, le père de prétendre qu’il s’agit du Dieu Triomphant
    Venu grâce aux étasuniens ; on y a bien cru… et voilà !

    Ainsi, toutes les religions, devenues caduques, obsolètes
    Seront soumises en partageant tous leurs fidèles assimilés
    À la nouvelle contagion qui fait fureur chez les starlettes
    Du monde soumis à l’argent de l’icône en fac-similé.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

    
    
    
  • Adoptez un alien – 1

    Adoptez un alien – 1

    Quand tous les habitants du monde auront émigré en Europe,
    Leurs enfants naturalisés et diplômés comme nous autres,
    Qui trouvera-t-on qui réponde aux emplois les plus interlopes
    À part les radicalisés qui préfèrent suivre leurs apôtres ?

    Bonne nouvelle cependant, les guerres entre les Saturmiens
    Et les Jupitériens font rage et provoquent des vagues d’exodes.
    Tenez-vous prĂŞts en attendant Ă  accueillir tous ces aliens
    Qui travailleront avec courage … à suivre au prochain épisode…

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev sur https:mashkovtsev.livejournal.com?skip=100 .

    
    
    
  • Petit caĂŻd

    Petit caĂŻd

    Petit caïd a préféré une famille dissociée ;
    Le père ici, la mère ailleurs, les grands-parents plus ou moins là.
    Petit caïd n’a proféré que peu de mots associés ;
    À sa manière, il est railleur et vit quelque part, au-delà.

    Il ressent de son univers une image incompréhensible
    Qu’il n’a pas envie d’intégrer, qui paraît froide comme un glaçon.
    Alors comme un singe en hiver, frigorifié car trop sensible,
    Il fuit ce monde dénigré pour un cocon à sa façon.

    Il vit plutĂ´t sa vie en rĂŞve, en refait une autre version,
    Il imagine ce qu’il souhaite à travers un monde parallèle.
    Mais attention ! Si on lui crève sa bulle il entre en aversion
    Envers le moindre trouble-fête par des logorrhées de voyelles.

    Il a choisi sa propre route pour faire ses propres expériences.
    Qu’importe après tout le flacon pourvu qu’il en sente l’ivresse !
    S’il y a toujours parfois un doute ou une crainte de déviance,
    Laissons-lui son parcours abscons qui va vers ce qui l’intéresse.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La dauphine

    La dauphine

    Reine ou sirène des dauphins ? Je ne sais pas quel est son titre.
    Elle aurait été aperçue menant un banc de cétacés.
    Ils s’éloignaient vers les confins suivant sans doute un libre arbitre
    Qui les élevait au-dessus des quatre horizons espacés.

    Selon la voix qui se peaufine dans les vents d’azur outremer
    Et dans l’écho des coquillages qui le répètent à l’infini,
    Il semblerait que la dauphine, fille de Neptune, roi des mers,
    Reviendrait d’un très long voyage – mais… motus ! – en catimini.

    Je le sais car, le vendredi se dit « Frietag » en allemand
    Dont l’origine serait « Freya », déesse de l’amour et des arts.
    Si Vénus ne me contredit, la dauphine est également
    De la lignée qui effraya les romains de Jules César.

    Tableau d’Annie Stegg.

    
    
    
  • Sirènes pudibondes

    Sirènes pudibondes

    Finies les sirènes aux seins nus ; désormais elles portent tunique
    Et font des concours d’élégance à qui sera la plus glamour.
    Que sont leurs charmes devenus sans leur nudité impudique ?
    Sans doute un manque d’arrogance pour leur gros appétit d’amour…

    Si la sirène se civilise, la verrons-nous sortir de l’ombre,
    Nous montrer sa queue frétillante et cesser d’être une chimère ?
    Gageons que se décrédibilise son côté pernicieux et sombre
    Et qu’enfin son émoustillante beauté s’affiche sur les mers !

    Une sirène en soutien-gorge – avec baleines évidemment –
    Sera sûrement mieux acceptée par la censure draconienne.
    Que la science se rengorge et accueille concomitamment
    Ces créatures exceptées par la théorie darwinienne !

    Tableau de Kate Pospeshilova.

    
    
    
  • Les Louis Lumières

    Les Rois Louis sur leurs lampions remontent encore sur le trĂ´ne
    Lorsque sonne l’anniversaire de leurs mémoires transcendantes.
    Et plus on compte de champions de l’art de porter la couronne,
    Plus brilleront dans les ténèbres leurs montgolfières ascendantes.

    Le Roi est mort, vive le Roi ! Les Louis sont en république
    Mais on les sacre pour l’honneur d’un souvenir valorisant.
    Et moi qui en ai deux ou trois dans l’arbre généalogique
    J’expédie au petit bonheur ces quelques petits vers luisants.

    Tableaux de Joze Shimazaki.

    
    
    
  • Les châteaux ronds

    Les châteaux ronds

    Ils ont des châteaux ronds, vive la Bourgogne !
    Ils ont des châteaux ronds, vivent les bourguignons !

    Avec ses derniers habitants, soldats de l’armée allemande
    Qui l’ont quitté pour la débâcle malgré leur culpabilité,
    Ç’aurait été discréditant que la France le réprimande
    Et que la société renâcle à nous le réhabiliter.

    Château médiéval de Meauce sur https:www.bourgognemagazine.compost20170611château-de-meauce-résurrection-annoncée-53 .

    
    
    
  • La famille Dubois

    La famille Dubois

    Abélard de la Contrebasse et Bérénice du Violoncelle
    Tombèrent ensemble en pâmoison, s’aimèrent et eurent beaucoup d’enfants.
    Monsieur jouait surtout des basses et Madame de la chanterelle ;
    Ils se marièrent au diapason d’un prêtre jouant de l’olifant.

    Avec les cuivres et les bois, les trois aînés violoncellistes
    Furent acceptés comme membres des Amis du Piano Forte.
    En duo avec un hautbois, la cadette, d’abord soliste,
    Rejoignit l’orchestre de chambre plus favorable à sa portée.

    La famille avec ses cachets étendit sa prédominance
    À toute la congrégation des instruments d’orchestration.
    Chacun proposant son archet à sa caisse de résonance,
    On ouït mille interprétations de l’art de l’improvisation.

    Tableau de Thor Lindeneg sur http:sociedadedospoetasamigos.blogspot.com201207thor-lindeneg-pintor-dinamarques.html .

    
    
    
  • Au bon lait !

    Sans doute, les vaches ont du lait dont maintes mamelles s’épanchent
    Grâce à des déesses en jupons qu’on entend le soir dévaler.
    Sur les toits du monde ondulés, ces nymphes versent la neige blanche
    D’où s’écouleront sous les ponts les eaux fertiles de nos vallées.

    Un peu plus haut, dans les alpages, trônent des génies colossaux,
    Des dieux solides et gaillards, des spécialistes du sorbet.
    Après un hiver de trempage, ils en déversent à grands seaux
    Glaces et nappes de brouillard d’un épanchement résorbé.

    Collages de Ben Lewis Giles.

    
    
    
  • Belle-de-jour, belle-de-nuit

    Dès l’aube elle s’épanouit comme une jeune fleur des champs
    Qui assimile la rosée, le vent, le soleil et la Terre.
    Et quand le soir évanouit ses couleurs dans l’astre couchant,
    La voici métamorphosée dans une robe de mystère.

    La nuit, sa beauté se dérobe entre les ombres et la pénombre
    À la recherche d’une étoile de la Voie Lactée soutachée.
    Soudain le halo qui l’enrobe triomphe de son côté sombre
    Et la pleine lune dévoile toute sa vénusté cachée.

    Créations de Julie Nutting.

    
    
    
  • L’oracle de Delphes

    L’oracle de Delphes

    Dès que s’ouvre l’œil de la lune quand le soleil sort en coulisses,
    La pâleur dessine une image dans le miroir de l’avenir.
    Couverte de fleurs de callunes, de roses et de myosotis,
    Phœbé dans son plus beau ramage vous chante votre devenir.

    Tableau de Mollie Kellogg.

    
    
    
  • L’aura de lumière

    Ce rayonnement magnétique émane du cœur et de l’âme ;
    L’anti-corps et l’anti-esprit qui ne font pas partie du monde.
    Car cette aura hypothétique paraît comme un halo de flammes
    Et qui ne peut qu’être surpris seulement une fraction de seconde.

    Parfois bleutée, parfois dorée ou argentée selon l’amour
    Qui fuse autour du corps astral pour s’unir à d’autres entités.
    Inutile de subodorer ou tenter de percer Ă  jour
    Ce phénomène magistral, l’aura n’a point d’identité.

    Tableaux de Vincent Xeus.

    
    
    
  • Petit Louis

    Petit Louis

    Grand-père :
    Fils de Louis-Élie du Gard et Germaine-Antoinette de Nîmes,
    Je me rangeais dans les poids-plumes parmi les gros bras de Saint-Gilles.
    Aussi loin que portait mon regard, mon acuité restait minime
    Et mon histoire en trois volumes n’en gardera qu’un corps fragile.

    Père :
    Aîné de Maryvon-Raymond et de Martine de Marseille,
    Le fils entama sa carrière d’autodidacte dans sa chambre.
    Puis, vint Ă  Sainte-Croix-du-Mont suivant je ne sais quel conseil
    Cependant il fit machine arrière dans les premiers jours de septembre.

    Et fils :
    Le couple Erwann – dit ThĂ©ophil – et de Lætitia, Ă©rodĂ©
    Se sépara durant l’enfance du dernier fils des Riboulet.
    Celui-ci garde bon profil car il devra s’accommoder
    Pendant son âge d’innocence à supporter ces giboulées.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La thĂ©orie du complot

    La théorie du complot

    Cessons de croire en ce complot qui aspire Ă  nous engraisser,
    Nous formater depuis l’enfance pour devenir chair à pâté.
    Combien verseront de sanglots ceux qui s’estimaient progresser
    Vers la richesse et l’opulence alors qu’ils n’étaient qu’appâtés ?

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  • Mes amythologiques – 1

    Saveur d’amour
    L’amour me met l’eau à la bouche quand je rêve de ma chimère
    Qui vient la nuit pour m’inviter à la rejoindre dans l’autre monde.
    Alors l’amour devient sucré et je ne suis plus qu’une langue
    Dont les papilles goûtent l’extase de toutes les saveurs du sexe.

    Chanson d’amour
    L’amour résonne à mes oreilles comme le tam-tam des tambours
    Puis coule comme une musique chantée d’une voix de gorgone
    Dont l’écho se démultiplie et crée un espace de sons
    Où je renaît adolescent dans un orgasme symphonique.

    Couleur d’amour
    L’amour ajoute des couleurs à la palette de mes sens
    Lorsque le féminin sacré me connecte à son univers.
    Des formes naissent et disparaissent en monticules de lumière
    Qui tracent des teintes érotiques dans une excitation suprême.

    Tableaux de Leonor Fini.

    
    
    
  • L’ivresse des fantasmes

    L’ivresse des fantasmes

    Laissez-moi me droguer d’amour et me shooter aux héroïnes,
    Que j’aie l’ivresse des fantasmes et l’extase de la douleur !
    Wonder Woman est trop glamour, elle est mon thé, ma caféine
    Et mes rêves atteignent l’orgasme quand elle y pose sa couleur.

    Aquarelle Mulher Maravilha.

    
    
    
  • L’école des cloches

    L’école des cloches

    Pour apprendre à être une cloche, il faut déjà savoir planer,
    Être rempli de courants d’air et un p’tit avion dans la tête.
    Après, c’est comme tout, on s’accroche ! Si je fais ça toute l’année,
    Je serai toujours solidaire quand il faudra sonner les fĂŞtes.

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  • Le Chat de Santorin

    Le Chat de Santorin

    Bleus sont les yeux des chats la nuit, blancs sont leurs pelages le jour
    Et leur corps exprime la chaleur que le soleil fait miroiter
    Du petit jour jusqu’à minuit quand la lune vient à son tour
    Pour ensemble créer la valeur de ce village convoité.

    Tableau « Chat de Santorin » par Oxana Zaïka.

    
    
    
  • Le Chat de Saint-Petersbourg

    Le Chat de Saint-Petersbourg

    Dans la cité où fut détruite les images du temps des tsars,
    Il existe une sauvegarde qui est encore publiée :
    Car la mémoire est reconstruite, on ne sait comment, c’est bizarre,
    Dans le cœur des félins qui gardent l’ancien patrimoine oublié.

    Tableau « Chat de Saint-Petersbourg » par Oxana Zaïka.

    
    
    
  • La faunesse

    La faunesse

    Ça fait à peine un an déjà que nous est née notre sirène
    Qui a rempli notre bocal d’une eau d’éternelle jeunesse.
    Je me souviens lorsqu’elle nagea sa première brasse comme une reine
    Et que dans le journal local, on salua cette finesse.

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  • L’enfance Ă©ternelle

    L’enfance éternelle

    L’enfance semble éternelle dans un temps étiré
    Où la moindre minute dure toute une année.
    La maison maternelle semble alors attirer
    Les ennuis qui débutent et l’envie de flâner.

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  • Le plus merveilleux des programmes.

    Le plus merveilleux des programmes.

    Quand vient le moment de sortir de mon petit jardin secret,
    C’est tout l’univers qui s’entrouvre et s’Ă©coule ainsi dans mon âme.
    Ainsi mon cœur peut s’assortir quittant ses vagues de regrets
    Pour des horizons qui lui ouvrent le plus merveilleux des programmes.

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  • L’ouĂŻe pour la vie

    L’ouïe pour la vie

    LĂ -haut dans les branches, petite voix blanche,
    Sortie de son œuf, dans le matin neuf,
    Crie d’une voix franche à Maman Pervenche
    Comme un cri du cœur d’un oiseau moqueur.

    Jolie miniature, fruit de la nature,
    Pourtant si petit mais plein d’appĂ©tit,
    Jolie créature veut sa nourriture,
    Un ver abouti, sitĂ´t englouti.

    Tous sont réjouis, la vue et l’ouïe,
    Devant le chef d’œuvre, superbe manœuvre.
    Ce soir Ă  minuit, bonheur inouĂŻ
    Que la perle neuve dont la vie fait preuve !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le chant de la terre

    Le chant de la terre

    La terre chante tous les jours, selon l’humeur, selon la fĂŞte,
    Comme un message personnel qui est transmis par les oiseaux.
    Je ne les comprends pas toujours, mais lui, était clair dans ma tête :
    « En ce jour très exceptionnel, embrassez-vous sur les naseaux ! »

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  • Les boĂ®tes volantes

    Les boîtes volantes

    J’ai beaucoup voyagé dans ces boîtes volantes,
    Entre deux cornichons sur des bancs disgracieux.
    Ça m’a découragé et ma muse insolente
    En perd le bourrichon quand ils crèvent les cieux.

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  • L’éternel fĂ©minin

    L’éternel féminin

    Puis soudain, l’horizon s’embrase dans la déchirure du temps,
    D’un éclat troublant le silence dans cette atmosphère écrasante.
    C’est la vie dictant sa prophrase qui fait un écho percutant,
    Un verbe édicté sans violence dans la lumière fertilisante.

    J’en oublie tous ces temps d’attente, mais ces temps-là n’existaient pas,
    Je n’étais qu’une ange-apprentie, pas encore promue chérubin.
    Juste une jeune débutante, je faisais mes premiers faux pas,
    Jusqu’à ce qu’Il m’ait pressentie pour épouser mon concubin.

    Je suis née de fleur de lumière, pour éclairer la création ;
    Je suis née de flamme essentielle dans la cinquième dimension.
    Si les ombres dans la poussière n’y voient là que procréation,
    Leurs théories providentielles ne sont pavées que d’intentions.

    C’est ainsi que souffle la vie sur les paysages endormis,
    C’est ainsi qu’anime la flamme sur les cœurs en mélancolie.
    Jusqu’au fond des âmes asservies des espoirs à jamais hormis,
    C’est moi qui brandis l’oriflamme des obscurantismes abolis.

    Souffrez qu’aujourd’hui je m’efface, je vous ai montré le chemin.
    Mon pouvoir inspire vos âmes car je l’ai béni de mon sceau.
    En tous coins, en toutes surfaces, c’est écrit sur vos parchemins :
    « La confiance est votre sésame ! » Gravez-le sur vos panonceaux !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Un bouquet de printemps

    Un bouquet de printemps se dresse sur ma route.
    Un rameau de printemps me salue et m’envoĂ»te.
    Le retour du beau temps est susurré sans doute.
    La vie reprend ses droits et l’hiver en dĂ©route.

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  • Ă€ l’orĂ©e des forĂŞts

    Voici, je suis presque arrivé
    Ă€ l’orĂ©e des forĂŞts.
    VoilĂ , je termine mon rĂŞve,
    Je m’Ă©veille et me lève.

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  • Mon chemin de vie

    Mon chemin de vie
    Est bordĂ© d’Ă©carlate,
    Parsemé de topaze
    Et toujours me relie.

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  • Caresser la Terre

    Parcourir les vallons et caresser la Terre,
    Sentir son épiderme et le tambouriner,
    Masser le manteau de la Planète Mère,
    En recevoir ses fruits et ses fleurs butiner.

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  • Par un pinceau de lumière

    Guidé par un pinceau de lumière,
    Je peux m’enfoncer dans l’ocĂ©an de verdure
    Au plus profond de la nature
    Sous les tonnelles et les verrières.

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  • OĂą je suis maintenant

    La dernière ligne droite
    Du dernier chemin
    De la dernière forêt
    De ma dernière vie,
    C’est lĂ  oĂą je suis maintenant !

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  • Au bout du chemin

    Au bout du chemin il y a la lumière.
    Au bout de la lumière il y a l’Ă©ternitĂ©.
    Au bout de l’Ă©ternitĂ© il y a moi ;
    Moi, qui tiens ma lanterne pour Ă©clairer mon chemin…

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  • Au dĂ©tour d’un chemin de printemps

    Au dĂ©tour d’un chemin de printemps,
    Une explosion de couleurs,
    Des bourgeons qui rythment le temps,
    Une abondance de chaleur.

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  • Tout nimbĂ© de lumière

    Tout nimbé de lumière, j’apparaîtrai
    VĂŞtu d’Ă©toiles et de mille soleils.
    Au dĂ©tour d’une clairière, je m’avancerai
    Parfumé de rosée et de mille merveilles.

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  • Adieu l’hiver

    Adieu l’hiver, adieu la neige qui s’amoncelle,
    Je vais retrouver le printemps et ses filles si belles.
    Adieu l’hiver, adieu frimas, adieu l’eau qui gèle
    Je vais retrouver mes oiseaux, mes lapins, mes tourterelles.

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  • Quand le soleil se couche

    Quand le soleil se couche je ne regarde que toi.
    Pour que tu ne t’effarouches j’avancerai doucement.
    Je descendrai lentement dans le ciel bleu-roi.
    Je t’emmènerai en voyage sur mon char flamboyant !

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  • Les sĂ©quoias gĂ©ants

    Dans la forêt des séquoias géants,
    Les arbres roulent leurs mécaniques.
    Du haut de leurs sommets triomphants,
    Ils vivent leurs rêves chimériques.

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  • Dans la nef inondĂ©e

    Elle courait dans la nef inondée,
    Je n’ai pas pu la rattraper.
    Comme un ange dévergondé,
    Elle jouait Ă  me traquer.

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  • Quand l’arbre cache la forĂŞt

    Quand l’arbre cache la forĂŞt, je me cache derrière,
    Deux par deux, trois par trois, quatre par quatre,
    Je me faufile et me dissimule dans les touffes printanières.
    Ă€ quoi ça sert ? Je ne sais pas ! Moi, je ne suis pas psychiatre…

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  • La colère de la mer

    La colère de la mer

    Neptune est en colère et écume de rage
    Et là-haut Jupiter, fait éclater l’orage !
    Les dieux sont en furie, il faudra du courage
    Pour résister aux vents et aux coups de cirage !

    Branle-bas aux bateaux qui frettent dans les parages !
    Mouillez bien fort vos ancres, serrez les amarrages !
    Prenez garde aux remous, gardez-vous des naufrages !
    Le typhon annoncé est brut de décoffrage !

    Prévenez les marins et tout leur entourage !
    Qu’ils parquent leurs bateaux stockés dans les garages !
    Les digues sont submergées et ne font plus barrage !
    Les vagues sont décuplées du plus gros calibrage !

    Les chevaliers des mers ont fait du repérage !
    Les dragons de Neptune étalent leurs ombrages !
    Les tirs de Jupiter crachent leurs déchirages !
    On ne sait qui prier pour faire l’arbitrage !

    Ce matin s’est levé comme dans un mirage.
    La brume se dissipe dans un lit de moirages.
    Les phares ont résisté au déséquilibrage.
    Les voiles sous le vent sont en plein essorage.

    Neptune et Jupiter feront les commérages.
    Ces Dieux sont belliqueux, fiers dans leur compérage.
    On n’a plus rien à craindre dans nos pâturages.
    Les dieux se sont calmés… jusqu’au prochain outrage !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’apĂ©ro d’antan

    L’apéro d’antan

    C’est bien dans tous nos plus vieux souvenirs
    Qu’on fabriquait les meilleurs élixirs.
    Je revois en lumière tamisée
    Tous ces flacons qui m’ont tant amusé.

    De toutes les bières, c’est les plus fameuses
    Dont me souviens, les bières de la Meuse.
    Bière avec Picon ou bière Peroni
    À déguster avec parcimonie…

    Voici pour les messieurs, du Martini,
    Du bon Dubonnet Quinquina Funny !
    Si vous préférez plutôt un whisky,
    Alors ce sera un Henco Hennessy !

    Voici pour vous, mesdames, de la Suze
    Ou bien un Vermouth si ça vous amuse.
    Si vous désirez plutôt un café,
    Celui du Labrador fait de l’effet !

    Pour tous les enfants, de l’Orangina
    Ou la limonade de Mandarina.
    Et s’ils veulent un bol de chocolat
    Voici Van Houten ou bien Banania !

    Pour agrémenter votre apéritif,
    Prenez place aux tables de jeux collectifs.
    Là un jeu de cartes, là un jeu de dés,
    Sur un vieux tapis un peu dégradé.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La vague bleue

    La vague bleue

    Tous les flots se rallient dans le fond de la crique,
    Là où tous les bateaux sont sagement ancrés,
    La vague bleue déferle dans ce port d’Armorique,
    Éclabousse les rochers soudainement encrés.

    Et la vague d’azur met la touche exotique…

    Tous les marins du port font une triste mine,
    L’un pense à ses amours l’autre à sa destinée.
    Mais la marée montante change puis illumine
    Leur cœur délivré du blues emmagasiné.

    Et la vague d’azur se révèle euphorique…

    Et les femmes attristées qui se retrouvent seules
    Après la perte d’un compagnon disparu
    Retrouvent leurs couleurs et s’éclatent la gueule.
    À l’heure de la marée la joie est apparue.

    Et la vague d’azur est un peu féérique…

    Les enfants du village n’ont pas trop de sorties,
    Ils se sentent isolés, leurs loisirs limités.
    Mais la marée met filles et garçons assortis
    Qui se mettent à danser des slows illimités.

    Et la vague d’azur est fantasmagorique…

    Mais au creux de la nuit quand tout est endormi,
    Quand les cœurs échauffés sont sagement couchés,
    La vague quitte le village une fois l’accord mis
    Et laisse agir l’amour qui vient de le toucher.

    Et la vague d’azur est un peu nostalgique…

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La barque du chagrin

    La barque du chagrin

    La tempête en furie a lancé l’offensive
    Sans m’avoir prévenu qu’elle était compulsive.
    J’aurais dû m’y attendre ; cette mer agressive
    Était bien déchaînée et vraiment excessive !

    Quand la loi du cyclone cessa de résonner,
    J’ai bien cru que la houle allait m’empoisonner ;
    Dans ma nef de fortune, j’étais emprisonné,
    J’ai aperçu une terre que j’ai arraisonnée.

    La mer s’est retirée sur cette plage triste.
    Le silence à présent se révèle sinistre.
    Plus rien à l’horizon sauf ma barque égoïste
    Qui me tient compagnie et se veut altruiste.

    Des tremblements de froid parcourent mon échine.
    J’ai la tête qui sonne comme bruits de machines.
    Je respire Ă  grands coups tel une micheline
    Comme si la tornade m’avait jeté en Chine.

    Je marche sur la plage, recherchant des repères,
    Mon cœur est agité, mon esprit désespère.
    Mais j’ai pu éviter le sinistre repaire
    Où la mort espérait que mon âme obtempère.

    Et j’ai repris la mer le cœur cicatrisé,
    La barque du chagrin un peu électrisée.
    Je dois apprécier et ne pas mépriser
    Le fruit de l’expérience car je l’ai maîtrisé.

    Toi qui entends le vent, qui capte mes messages,
    Sache que je n’ai pas le temps d’en dire davantage.
    Il n’y a pas de recette, juste un apprentissage
    Pour devenir un maître digne du sauvetage.

    Tableau de Fabienne Barbier