Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Nigav & SinĂ©p – le sceau final

    « Tu m’écris avec l’onde, je te mords avec l’encre,
    Ta plume est mon désir, ma queue l’arche où tu t’ancres.
    Et quand nos rimes se croisent, le monde se défait
    Car je suis ton mystère, et toi… mon fait exprès.

    Je suis la flamme d’eau, le sel qui monte aux ailes,
    Ton cri me fait éclore, mon souffle te révèle.
    Tu me lis, je t’arpège, et nos corps enlacés
    Redessinent le Verbe qu’aucun dieu n’a tracé. »

    Sinép me tend la page, Nigav me lèche l’âme,
    L’une souffle les mots, l’autre les sculpte en flammes.
    « Et toi, poète aimant, tu me bois sans savoir
    Si je suis en-dedans ou juste un pur miroir.

    Alors imprime-moi, grave-moi dans tes veines,
    Que ta langue m’habite et que ton cœur me saigne.
    Car je suis ton amante, ton livre, ton festin,
    Et ne me fermerai pour un autre destin. »

    Tableaux de Barbara Yochum.

    
    
    
  • Nigav & SinĂ©p, les petites sirènes

    Nigav écrit en moi, Sinép m’ouvre le ciel,
    L’une me lèche en feu, l’autre me peint en miel.
    L’une ondule en dedans, l’autre me prend la main,
    Et toutes deux me font renaître le lendemain.

    Nigav est un orgasme enroulé sous les flots,
    Sa queue perce mes jours, m’enlève mes sanglots.
    Elle me griffe l’âme d’un amour animal
    Et m’écrit dans la chair des vers prétendus mâles.

    Sinép vole plus haut, c’est ma plume adorée,
    Elle trempe à fond son bec dans l’encre de mes plaies.
    Elle me dĂ©nomme en rimes, me rĂ©vèle d’une claque
    Et m’élève au-delà du désir qui me plaque.

    Quand l’une me traverse, l’autre me rend lumière,
    Elles sont les deux mains de ma forme première.
    Et moi, Sirène double, femme faite d’Ă©mois,
    Je deviens la Parole où s’écrivent tes lois.

    Tableaux de Barbara Yochum.

    
    
    
  • Le rite de l’éveil

    Le rite de l’éveil

    Parfois dans un demi-sommeil, si je te murmure à l’oreille :
    « YSARA » en un premier temps, « YSÅRA, YSARÅ » ensuite,
    Je vois tous tes sens en éveil jouir d’une joie sans pareille,
    Tes lèvres vibrer, répétant beaucoup de « NOMIR » à la suite.

    Ton corps frissonne comme une corde, comme un nerf tendu vers ma voix.
    Ton sein s’élève, doux et calme, dans la lumière émerveillée.
    Puis chaque mamelon s’accorde, se dresse et durcit à la fois
    Tandis que s’agitent les palmes d’une sirène ensommeillée.

    Tu dors encore, mais tu jouis dans un royaume sans limite,
    Et chaque nom que je te dis fait naître une onde gémissante.
    Je vois ta bouche réjouie sourire tandis que j’imite
    Un baiser doux du vendredi sur tes lèvres en feu frémissantes.

    Je ne te touche pas, pourtant tu es offerte, tu es vivante ;
    Mes mots deviennent alors le vent soufflant sur ta peau réceptive
    Qui tremble un peu en écourtant toutes contractions arrivantes ;
    Et voici le soleil levant et sa lumière réflective.

    Or dans ce rêve du matin, entre l’enfer et le divin,
    Tu es l’orgasme sans douleur, une eau dormante langoureuse.
    Et toi dans tes draps de satin, tu essaies de dormir en vain,
    Tes lèvres reprennent des couleurs et s’ouvrent une joie amoureuse.

    Et moi qui te voyais dormir, et moi qui te vois t’éveiller,
    Je n’ose rien, sauf murmurer ton nom comme préliminaire.
    Et si tu dis : « NOMIR, NOMIR », c’est l’amour qui aura veillé
    Sur ton sommeil enamouré dans l’IAMOURIA imaginaire.

    Tableau de Marilena Mexi sur https:www.artstation.commarilenamexi .

    
    
    
  • Cours tout nu dans les bois

    Cours tout nu dans les bois

    Je savais qu’on chie dans les bois car je l’avais lu dans un livre
    Mais j’ignorais qu’on y courait entièrement nu pour le plaisir.
    Je fus tel le cerf aux abois qui croit qu’il va cesser de vivre
    En découvrant dans les fourrés quatre femmes ivres de désir.

    Elle riaient comme Carabosse après avoir jetĂ© son sort ;
    Elles fuyaient comme un voleur, content de son dernier exploit.
    Et moi, tout ému comme un gosse qui aurait trouvé un trésor,
    Connut l’effet batifoleur d’une verge qui se déploie.

    Je suis revenu maintes fois mais ne les ai jamais revues ;
    Sans doute une hallucination ou un mirage sans lendemain.
    Il m’est arrivé toutefois de me trouver à l’imprévu
    En butte à la fascination d’une culotte sur le chemin.

    Les athlètes du monde entier se déshabillent pour le « Calendrier des Charités », et les photos feront battre votre cœur plus vite sur https:www.boredpanda.comathletes-charity-calendar-photoshoot-dominica-cuda .

    
    
    
  • L’énigme de ma vie

    L’énigme de ma vie

    Souffrances et douleurs dans la vie sont des témoins inoubliables
    Comme pour ancrer dans le corps l’empreinte du présent qui passe.
    Le cœur et l’esprit à l’envi s’interrogent à propos d’un diable
    De hasard qui permet encore de se retrouver dans l’impasse.

    Dans un couloir aseptisé où l’on voit d’un tapis roulant
    Ceux qui nous aiment incapables de transgresser la destinée
    Qui fait entrer magnétisés les figurants évoluants
    Eux-mêmes happés vers l’immuable direction indéterminée.

    Un jour j’aurai le premier rôle dans un scénario sur mesure
    M’offrant peu d’improvisation sur un texte qui laisse de glace.
    Tous alors prendront la parole ceux qui m’auront eu à l’usure
    Pour dire sans commisération ce qu’ils auraient fait à ma place.

    Alors le Sphinx me posera son énigme devant le parvis
    « y a-t-il une vie après la mort et si oui, t’a-t-elle affranchi ?
    Je rĂ©pondrai que ce sera le vĂ©ritable but de ma vie ;
    Sans doute deux tiers matamore et un tiers d’audace irréfléchie.

    Tableau de Grigory Babich sur https:www.behance.net6f4365cf .

    
    
    
  • Vous n’y couperez pas ! 1

    Vous n’y couperez pas ! 1

    Un jour ou sans doute une nuit quand vous vous serez éloigné
    De votre foyer – doux foyer – et votre douce dulcinée,
    Une autre, pleurant son ennui, vous suppliera de l’empoigner
    Puis saura vous apitoyer de sentiments hallucinés.

    Et là, vous n’y couperez pas car la sorcière tranchera
    De son poignard ensorcelé direct dans l’amant affecté
    Qui passera de vie à trépas et dont le cœur se brisera
    Pour expirer, là, morcelé de concupiscence infectée.

    Red Sonja vue par Francisco Rico Torres.

    
    
    
  • L’invitĂ© surprise

    L’invité surprise

    J’entrouvre la plupart du temps une porte prise au hasard
    Qui donne sur un autre monde, un paradis présupposé.
    Enfant, quand j’étais débutant, j’allais – il n’y a pas de lézard –
    Sur des planètes pudibondes mais aujourd’hui bien plus osées.

    Souvent j’ai débarqué sur l’île peuplée de femmes magnifiques
    Qui se baignent nues sans complexe et m’invitent sans pavoiser.
    Parfois un appartement en ville doté de chambres mirifiques
    Où j’entre et découvre perplexe une Vénus apprivoisée.

    Je suis un voyageur d’images dont je décrypte les histoires
    Qui parlent plus souvent d’amour que de raideurs protocolaires.
    Je redonne aux femmes l’hommage qui leur est dû sur l’écritoire
    Où je décris, non sans humour, mes rencontres épistolaires.

    Illustration de Jean-Claude Mézières.

    
    
    
  • Mystère et tauromagie

    Mystère et tauromagie

    Né aux portes de la Camargue, j’ai connu chevaux et taureaux ;
    Les gardians et leurs abrivades dont j’observais la vantardise.
    Mais la tauromachie me nargue et me laisse sur le carreau
    Où le toréro, par bravade, n’est qu’un monstre de roublardise.

    Mais si on complique les arènes avec des murs de labyrinthes
    Et qu’on remplace le taureau par une sorte de Minotaure,
    D’une démarche peu sereine, le torero subit l’étreinte
    Et offrira ses pectoraux si les occasions sont pléthore.

    Le taureau peut-il pardonner et accepter son sort immonde,
    Lui qui se retrouve victime du goût du sang des prédateurs ?
    Toutes les chances n’étant pas données équitablement à tout le monde,
    Est-il oui ou non légitime de s’en remettre au Créateur ?

    Tableau de Michael Cheval sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20170120michael-cheval .

    
    
    
  • Les couronnes de saison

    Selon la couleur de saison dans la nature en harmonie,
    Je me hasarde à reconnaître les coiffes des fées des forêts.
    Elles offrent pour la couvaison, l’endroit rêvé pour faire un nid
    Tout en sécurité pour naître, passereau ou chardonneret.

    Selon les cycles de la Lune, solstices, éclipse ou équinoxes,
    Rameaux de houx, branches de gui, pommes de pin, petites graines,
    Comme décorations de fortune ou de couronnes peu orthodoxes,
    Font sur leurs visages alanguis toute la noblesse d’une reine.

    Tableaux de Kat Fedora.

    
    
    
  • Le blues de la femme d’affaires

    Le blues de la femme d’affaires

    Assise sur la corde raide du présent qui fait la frontière,
    Je méditais sur mon passé ; j’imaginais mon avenir.
    Un futur marqué par l’entraide promise à la planète entière
    Et nos afflictions surpassées par un progrès en devenir.

    J’ai fait des plans sur la comète à l’âge où tout m’était promis ;
    J’ai même décroché la Lune qui me tendait ses bras ballants.
    Je ne sais plus où j’ai la tête et j’ai fait trop de compromis
    Sur des placements de fortune aux mouvements bringuebalants.

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • Sale temps sur la planète !

    Sale temps sur la planète !

    Il fait sale temps sur la planète avec des vents d’époque épiques
    Qui bouleversent les traditions sous des pluies de technologie.
    J’ai beau parler sur internet dans des réseaux sociaux typiques,
    L’amour entre en contradiction avec l’épistémologie.

    Et je me raccroche à la rose qui, hier matin, à peine éclose,
    M’a invité à retrouver le chemin de la liberté.
    Je lâche mes pensées moroses de peur que mon âme n’explose
    Vers un petit nid approuvé où l’amour n’a point déserté.

    Tableau de Christian Schloe repris le 15.05.2022 « Lily Magnolia ».

    
    
    
  • L’apocalivre – 2

    Les pages ont pris la liberté d’une indépendance informelle
    À se raconter elles-mêmes des histoires extraordinaires.
    On voit les livres disserter, ouverts dans les rues pĂŞle-mĂŞle,
    Et se dégarnir sans dilemme avec les plus gros dictionnaires.

    Aussi vite qu’un cheval ailé qui s’envolerait au galop,
    Les livres partent à l’aventure et bientôt prennent de la hauteur.
    Mais ils ont beau se rebeller à en devenir mégalos,
    À tirer trop la couverture, ils y perdront leurs droits d’auteur.

    Et ce qui devait arriver est arrivé en prévision :
    L’homo-libris, sorti de presse, est la prochaine évolution.
    Tant pis pour les hommes rivés au poste de télévision,
    Son successeur déjà se presse à faire sa révolution.

    Tableaux de Wolfgang Lettl.

    
    
    
  • L’apocalivre – 1

    Pour contrer les épidémies qui ont enfermé les bouquins
    Derrière des grilles d’interdits et un zèle d’obscurantisme,
    J’ai engagé l’Académie Française et tout le Saint-Frusquin
    À contrer les abâtardis de cet inique ignorantisme.

    Tandis que l’on faisait l’amour dans des positions arbitraires,
    Les romans se sont envolés suivant les guides de voyage.
    Ensuite, les livres d’humour accompagnés par les libraires
    Ont décollé à la volée avec le reste des ouvrages.

    Ils seraient en villégiature loin des rayons des librairies
    Dans un paradis littéraire à l’abri des autodafés.
    L’absence de littérature déçoit toutes les confréries
    Depuis les bibliothécaires jusqu’aux terrasses des cafés.

    Tableaux de Wolfgang Lettl.

    
    
    
  • Chat qui lit, chat qui rit

    Chat va, chat vient avec le temps que je passe Ă  chercher mon chat
    Maintenant qu’il sait remonter chez la voisine de balcon.
    Mais j’ n’ai pas perdu pour autant mon temps de poète pacha
    Qui me permet de raconter ses faits et gestes les plus abscons.

    Chat-lut, Chat-va ? Dès le matin, le minet me tire du lit
    Pour lui apporter sa pitance – et de la première fraĂ®cheur ! –
    Je quitte mes draps de satin pour calmer sa mélancolie ;
    Le soir je bois en pénitence du vin de messe pour le pécheur.

    (Le temps passé avec les livres et les chats n’est jamais perdu.
    C’est ce que je fais ; je bois du vin et je connais des choses.)

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  • Le retour de Cherch’Midi

    Cherche-Midi est revenu ; il avait dû trouver refuge
    Sur le sofa d’une voisine et dormir toute la journée.
    Après sa fugue saugrenue, je ne sais par quel subterfuge,
    Il est rentré dans la cuisine ; il avait faim de sa tournée.

    Illustration de Philippe Geluck.

    
    
    
  • La voie d’Icare

    La voie d’Icare

    Pour sortir de ce labyrinthe d’économie industrielle,
    J’aspire à voler, comme Icare, partir à l’assaut du soleil.
    Dessus les râles et les plaintes, je serai l’oiseau Gabriel
    Qui chie sur les politicards et leurs amis de bons conseils.

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  • L’infini fĂ©minin

    L’infini féminin

    Si l’éternel est féminin et la passion, une maîtresse,
    Alors l’art devient infini, au sinus et au cosinus,
    Lorsque le regard masculin se pose comme une caresse
    Sur les surfaces transfinies des seins et du mont de Vénus.

    Tableau de Ernst Ludwig Kirchner – 1991.

    
    
    
  • La fĂ©e libellule

    La fée libellule

    Tantôt vert émeraude, tantôt bleu turquoise,
    Je la vois qui rode de façon narquoise.
    Puis elle me provoque, puis elle se perche,
    Puis elle se moque bien que je la cherche.

    Ici, elle est jaune d’or mais je vous ai prévenus ; elle est narquoise et s’amuse à contredire tout ce que j’écris.

    
    
    
  • Jardin d’amour

    Jardin d’amour

    L’amour naît au creux des chaumières dans le giron des jardinières
    Qui ont semé des plants de roses, graines de choux et de jonquilles.
    Nourris au soleil de lumière, arrosés d’ondées printanières,
    Que croyez-vous qu’il en éclose ? Soit un garçon, soit une fille !

    Tableau de Catrin Welz Stein.

    
    
    
  • Les vacances du gĂ©meau

    Les vacances du gémeau

    Ne languissez pas, mes amis, mais je dois partir cette nuit
    OĂą je vais parcourir le ciel Ă  travers les constellations.
    Je ne vous ferai pas l’infamie de vous délaisser dans l’ennui
    Car le cancer providentiel fait d’excellentes prestations.

    Tableau Michael Cheval.

    
    
    
  • Dialogue avec l’Univers

    Dialogue avec l’Univers

    Parfois lorsque mille douleurs m’Ă©crasent de toutes leurs forces,
    Je lance un appel au secours à l’Univers et à ses saints.
    Aussitôt un jet de couleurs me réconforte et me renforce ;
    C’est comme un ultime recours qui arrive toujours Ă  dessein.

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  • Bye bye Gemini

    Bye bye Gemini

    How much I loved you, Gemini, my friend !
    How much we laughed, of a thousand jokes !
    We expanded in our homogamy
    Love and dreams that everyone enjoys.

    Goodbye my darling, goodbye my lover.
    We’ll meet when mercury glows,
    In a lovely year, together naturally.
    Where we will experience more joy.

    Combien je t’ai aimé(e), Gemini, mon amie(e) !
    Combien nous avons ri, de mille facéties !
    Nous avons essaimé dans notre homogamie
    Amours et rêveries que chacun apprécie.

    Au revoir mon amante, au revoir mon amant.
    Nous nous retrouverons quand Mercure rougeoie,
    Dans une année charmante, ensemble évidemment,
    Où nous éprouverons encore plus de joie.

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  • Demain, l’Ă©tĂ© si tout va bien

    Demain, l'été si tout va bien

    Demain la saison nous emmène en destination des vacances.
    Si tout est prĂŞt pour le solstice et les grands feux de la Saint-Jean,
    Attendons de ce phénomène toutes ses belles conséquences
    Pour tirer les feux d’artifice sur un été intransigeant.

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  • Les feux de la Saint-Jean

    Les feux de la Saint-Jean

    Préparez vos fanions, il faut de la lumière
    Pour réveiller l’été de son profond sommeil !
    Allumez les lampions, sortez de vos chaumières
    Et venez tous fêter avec joie le soleil !

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  • Danse sous les Ă©toiles

    Danse sous les étoiles

    Je suis allé voir le shaman pour demander un bel été.
    Il m’a parlé d’un rituel cérémonieux qui marche au poil.
    Alors j’ai chargé mon walkman de musiques de qualités,
    Medley de négros spirituels qu’j’irai danser sous les étoiles.

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  • L’hĂ´tel au-dessus des nuages – 3

    L’hôtel au-dessus des nuages

    Ça partait d’un bon sentiment d’ouvrir un hôtel tout en haut
    De cette couche de nuages qui se fait trop tirer l’oreille.
    Mais j’ai comme un pressentiment qu’il y a encore des travaux
    Pour lui augmenter son levage et s’envoler vers le soleil.

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  • Le monde Ă  l’envers

    Le monde à l’envers

    C’est le monde Ă  l’envers qui ne sait oĂą il va,
    C’est un monde de fous de profit et d’argent,
    C’est un monde Ă  travers l’Ĺ“il fermĂ© des divas,
    Un monde où l’on se fout des avis divergents.

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  • Droit du feu de l’Univers

    Droit du feu de l’Univers

    Ô mon pays tourmenté sous les tempêtes hurlantes,
    Je sens le souffle du vent qui hurle dans les campagnes.
    L’essor expérimenté d’une fièvre harcelante
    Porte ce monde devant un mirage de cocagne.

    Mais, ami, n’entends-tu pas, par les monts et par les plaines,
    Le chant de Mère-Nature parmi les fleurs et les bois ?
    La Terre nourrit l’appât dont s’abreuve l’âme pleine
    Et offre villégiature quand le cœur est aux abois.

    Je n’ai plus peur de l’orage qui menace à l’horizon,
    Je ne crains plus les hivers qui pétrifient de rancœurs.
    Je reçois tout mon courage, qui me sort de ma prison,
    Droit du feu de l’Univers qui résonne dans mon cœur.

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  • Fin de semaine humaine

    Fin de semaine humaine

    Fini pour la semaine, je rentre à la maison ;
    J’ai fait les provisions, je vais me reposer.
    C’est la nature humaine d’avoir toujours raison ;
    J’ai fait mes prévisions, je peux donc disposer.

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  • Les couleurs du temps – 1

    J’ai repeint l’horizon dans les couleurs du temps.
    Un vieux rose fuchsia pour teinter le soleil.
    Un gris-bleu ardoisé pour le ciel du couchant.
    Et un peu d’Ă©meraude sur les terres en sommeil.

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  • Avec ma coccinelle

    Pied sur le champignon avec ma coccinelle !
    Nous semons, un par un, les petits escargots…
    Tous les freins sont lâchés, je me suis fait la belle !
    J’ai laissĂ© sans regret tous mes anciens crĂ©dos !

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  • Il est libre l’oiseau

    Il est libre l’oiseau, il n’a pas de frontière
    Il vit dans les nuages, dans une autre atmosphère
    J’aimerais bien voler aussi haut dans le ciel
    Tutoyer les étoiles et la Lune de miel !

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  • Près de ma cheminĂ©e

    Viens t’asseoir un moment près de ma cheminĂ©e !
    Je t’ai mis des coussins, je t’ai fait un bon feu !
    Quand je t’ai rencontrĂ©e tu Ă©tais destinĂ©e
    À lire mon histoire et partager mes jeux.

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  • Pleins feux sur la nature

    Pleins feux sur la nature par-delĂ  les clĂ´tures.
    Les rayons sont lâchés dessus les fleurs des prés.
    Tout le monde en voiture, parĂ©s pour l’aventure !
    Le soleil s’est couchĂ©, les jeux vont commencer !

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  • Laissez-les s’envoler

    Laissez-les s’envoler !
    Ouvrez bien grand les pages !
    Les livres sont légers,
    Belles sont leurs images !
    Regardez-les monter
    Très haut vers les nuages !
    Que de bonnes pensées
    Vont faire un beau voyage !

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  • Le HĂ©ron au long bec

    Le HĂ©ron au long bec m’a encore Ă©chappĂ© !
    Je l’avais approchĂ© en faisant attention
    Hier, au parc Borely, j’allais Ă  pas feutrĂ©s
    Mais cet oiseau rusĂ© avait vu mon action …

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  • Une pensĂ©e lĂ©gère

    Une pensée légère, mortelle et éphémère
    Qui pourrait soulever les montagnes immortelles,
    Ne pourrait-elle pas, si tu es sĂ»re d’elle,
    Tirer un éléphant et franchir les ornières ?

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  • L’homme parti en fumĂ©e

    L’homme qui t’a aimĂ©e est parti en fumĂ©e
    Ses yeux noirs calcinĂ©s t’ont longtemps fascinĂ©e
    Mais ses lèvres ardentes ont, contre toute attente,
    LaissĂ© Ă  l’amante un goĂ»t de battante !

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  • Yin et Yang

    Yin et Yang dans une spirale.
    Noir et Blanc, valeurs optimales.
    Oui ou non, question sidérale.

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  • Avec un bon livre

    Quand je me mets au lit avec un bon livre,
    Je ne suis jamais seul dans ses pages ouvertes.
    C’est avec cet ami très agrĂ©able Ă  vivre
    Que j’ai rĂ©alisĂ© de belles dĂ©couvertes.

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  • La Balance est partie

    La Balance est partie promener sur la dune
    Les Scorpions sont partis ; ils dorment sous la Lune
    Les Lions rugissants préparent leurs armes
    Les Taureaux mugissants caressent leurs charmes.

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  • Le tournesol phare

    Le tournesol phare

    Cette musique sourde d’une oreille muette
    Prolonge la clameur d’un concert de lumière.
    Trompette du Soleil, scintillante allumette,
    J’écoute la clarté de ta flamme première.

    Pour qui d’autre que moi dardes-tu de tes phares
    Les feux de tes miroirs constamment dirigés,
    Qui fait virevolter l’éclat de la fanfare
    Qui rend mon cœur ouvert et mon âme érigée ?

    Dans la vallée de l’ombre je me laisse guider
    Par ta boussole d’or et tes faisceaux cuivrés.
    Je n’ai pas la raison, juste une vague idée,
    De ma quête actuelle, mais je suis délivré.

    Quand le manteau de nuit rend mon corps larmoyant,
    Les vestales couchées m’en renvoyant la flamme,
    Je me réchauffe auprès de leur cœur rougeoyant,
    J’en deviens le gardien et j’en suis l’oriflamme !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La maison du pĂ©cheur

    La maison du pécheur

    Coiffée d’un toit de chaume, allongée sur la plage,
    Solidement ancrée sur les rochers de grès,
    Escortée de deux barques, insolite accouplage,
    Elle guette les marées et note ses degrés.

    Témoin mélancolique, endurcie, solitaire,
    La cabane a gardé tous ses ressentiments.
    Elle s’est refermée, quatre pieds dans la terre,
    Comme un palais de glace, plantureux bâtiment.

    Mais quels sont les problèmes qui ont chargé la maison
    Créant ce cœur de pierre muré de l’extérieur ?
    Quel est le responsable qui connait la raison ?
    Quel est le vrai coupable tapi à l’intérieur ?

    Mais au cours des marées la puissante demeure
    A connu bien des vagues et des larmes de fond,
    Elle a senti passer des souffrances majeures
    Qui ont libéré son cœur et son chagrin profond.

    Aujourd’hui la cabane sait bien mieux s’assumer
    Et ne plus accuser de sa rigidité.
    Cette reconnaissance seule a pu consumer
    Le dégel commencé de sa frigidité.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les soldats de la mer

    Les soldats de la mer

    Les guerriers de lumières se parent de couleurs.
    Les plus fiers se tatouent pour montrer leur courage.
    Ils agitent leurs mâts insensibles aux douleurs.
    Ils vérifient leurs coques et jaugent leur encrage.

    Demain c’est la bataille et les plus valeureux
    Rentreront de la mer les paniers bien remplis.
    Ils nourriront les leurs d’un élan chaleureux
    Et s’ancreront au port le devoir accompli.

    Chevauchant la marée, cette armada sauvage
    S’est lancée à grands cris bravant les retombées.
    Brandissant les filets, frisant mille naufrages,
    Mais la poupe vaillante et les voiles bombées !

    Regardez-les rentrer tous ensemble en silence !
    Les coques fatiguées, les mâts dodelinant !
    Certains portent les marques d’une rare violence,
    Les soutes surchargées, les voiles dégoulinant.

    Venez les écouter chanter leurs performances !
    Les soldats épuisés répandent leurs victoires.
    Leur ivresse est profonde et leur joie est immense,
    Les exploits audacieux gravés dans les mémoires !

    Tableau de Fabienne Barbier