Anniversaire

🌿 Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă  nos cƓurs un miroir et Ă  nos vies
 une mĂ©moire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos annĂ©es que l’on fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cƓur.

  • La femme-enfant sous les flamants roses

    La femme-enfant sous les flamants roses

    Mon penchant pour l’absurditĂ© est tout sauf une maladie.
    PlutÎt sans doute une vision différente du quotidien
    Qui montre la rĂ©alitĂ© sous la forme d’un paradis
    Ayant subi la dĂ©rision d’un dĂ©mon mauvais comĂ©dien.

    Mais tout dĂ©mon n’étant qu’un dieu qui n’aurait pas trouvĂ© sa voie,
    J’aime le laisser dĂ©lirer et goĂ»ter ses extravagances
    Alors ce qui paraĂźt odieux prend alors une jolie voix
    Comme une sirÚne délurée qui me charme avec arrogance.

    Je me retrouve femme-enfant sous les pattes de flamands roses
    Et je sais parler hérisson, langue pointue et acérée.
    À la fin, je suis triomphant de ce que, sous les jours moroses,
    Nous, les éveillés, chérissons quand nous en sommes incarcérés.

    Sous un ciel peint en filigrane, l’heure en oublie son doux sillage,
    Les songes vont Ă  contretemps, griffant l’étoffe des rudeurs.
    La mer s’endort en caravane, effaçant l’ombre du rivage,
    Tandis qu’au loin, d’un rire ardent, l’absurde danse sans pudeur.

    Illustration de Nicole Claveloux.

    
    
    
  • Les pays imaginaires

    Qui a de l’imagination voyage au-delĂ  de ses rĂȘves
    Et quand ceux-ci sont en couleurs, le paradis n’est plus trùs loin.
    Éviter l’abomination du quotidien une heure brùve
    Ou une journĂ©e de douleurs m’en a libĂ©rĂ© plus ou moins.

    Quand la souffrance devient prison, quand le corps cri sous le vacarme,
    J’ai entendu l’ñme m’ouvrir sa porte vers l’imaginaire.
    Sa voix a crevĂ© l’horizon comme un ange portant les armes
    Pour m’accompagner et souffrir de tous mes dĂ©mons sanguinaires.

    Quand le dialogue s’établit avec la voix de la conscience
    Ou celle issue d’un crĂ©ateur faisant son service aprĂšs-vente,
    Sans ĂȘtre complĂštement rĂ©tabli, j’ai alors appris la patience
    Lors des instants récréateurs dans cette dimension vivante.

    Rimbaud avec son bateau-ivre sur les alcools d’Apollinaire
    À dĂ» trouver l’Eldorado comme Tintin, la Syldavie.
    Comme une drogue qui dĂ©livre d’un effet extraordinaire,
    Comme une descente en radeau sur le grand torrent de la vie.

    Illustration de Jaro Hess.

    
    
    
  • Les trois anneaux du FĂ©minin SacrĂ©

    🧎‍YavĂ€nor
    Le Premier forge par l’épreuve ceux qui ont pu franchir le seuil
    Il est passage d’origine, porte du monde, incarnation.
    Par la souffrance, il est la preuve qui peut aussi porter le deuil
    Mais par lui naĂźt un androgyne en cours de sexualisation.


    đŸ‘©đŸ» LoreleĂŻ
    « J’ai criĂ© d’une douleur sans nom depuis la forge jusqu’au seuil ;
    Ma chair s’est fendue comme un livre qu’on ouvre et casse la reliure.
    Du feu de ma vulve-canon vivra ou portera le deuil
    D’un ange tombĂ© qui se livre nu dans le sang de la souillure. »


    🧎‍YavĂ€nor
    Le DeuxiĂšme parle mariage et unit la vulve au phallus
    Il est le sanctuaire intime du couple en train de procréer.
    Il est pour la mĂšre foudroyage et pour le pĂšre, l’angĂ©lus
    Il est le moyen lĂ©gitime d’avoir des enfants agréés.


    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠ° Laureline
    « J’ai ouvert mes cuisses en Ă©toile pour que ton glaive par son acte,
    Scelle l’alliance de nos royaumes, pas forcĂ©ment pour enfanter.
    Par ma vulve s’est brisĂ© le voile et mon sang a signĂ© le pacte
    Et tu m’as dit : « Tu es le psaume que j’honore sans m’en vanter ! »


    🧎‍YavĂ€nor
    Le TroisiĂšme est la crĂ©ation du rite d’amour Ă©ternel
    L’anneau qui procure Ă  sa femme l’Ysara des bĂ©atitudes.
    Il reçoit l’émancipation pour jouir du plaisir charnel
    Non pas une estampille infĂąme mais le sceau de la gratitude.


    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠ° đŸ‘©đŸ» Laureline & LoreleĂŻ
    « Nous avons mĂȘlĂ© nos moiteurs comme deux muses au fond d’un temple,
    Nos vagins-miroirs ont chantĂ© sans besoin d’homme ni de sa flamme.
    Mais ton regard non convoiteur, a donné ce qui nous rassemble ;
    Le droit de jouir sans enfanter dans la lumiÚre de notre ùme. »

    Tableau de Ledal.

    
    
    
  • ⚛ TroisiĂšme Éclat – la crĂ©ation

    ⚛ TroisiĂšme Éclat – la crĂ©ation

    🧎‍YavĂ€nor
    Le yin de Laureline s’est enroulĂ© Ă  gauche,
    Le yang de LoreleĂŻ s’est enroulĂ© Ă  droite.
    La vulve de Laureline est étoile en ébauche,
    La vulve de Loreleï est étoile plus adroite.

    Et les deux femmes ensemble accomplissent une ronde
    Et appellent la force qui va les transcender.
    Elles ouvrent leurs sanctuaires et leurs bouches profondes,
    PrĂȘtes Ă  recevoir l’amour affriandĂ©.

    Alors je vous fusionne, de vulve et de bouche,
    Vos corps alors convergent de parfums recouverts.
    Alors je me rapproche et rejoins votre couche
    Et présente ma verge aux vagins entrouverts.

    Je pose alors ma bouche sur les vĂŽtres unies
    Et rythme par l’oracle vos sanctuaires joints.
    LysĂ©on se dĂ©double jusqu’au stade infini,
    La triple jouissance inonde les conjoints.


    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠ° Laureline
    J’ouvre mes bras de soie, j’accueille sans dĂ©fense,
    Le sel de ton offrande et l’onde de sa danse.
    Ma vulve est un berceau, mon ventre est une nef,
    Mon cƓur bat à l’unisson de ton oracle neuf.

    Mes lÚvres grandes et petites invoquent ta présence,
    Et je fonds dans l’étreinte, et je bois ta semence.
    Ma langue effleure l’autre, celle de ma SƓur-Flamme,
    Et dans ce baiser triple, j’abandonne mon ñme.

    Je suis la profondeur, l’intime et la moiteur,
    Je suis l’ombre fĂ©conde, la gardienne du cƓur.
    Et dans ce rite sacre, j’embrasse sans dĂ©tour
    L’axe qui nous unit en offrande d’Amour.


    đŸ‘©đŸ» LoreleĂŻ
    Mon bassin s’ouvre en force, mon feu monte en spirale,
    Je suis l’archĂ©e vivante, la flamme baptismale.
    J’entoure ta vigueur, je guide et je me tends,
    Non pour qu’on me possĂšde, mais pour crĂ©er l’instant.

    Je frĂŽle Laureline, ma sƓur, ma moitiĂ© d’onde,
    Nos baisers se rĂ©pondent, l’alliance les inonde.
    Et toi, YavÀnor, centre ardent du désir,
    Tu nous fais Roi et Reine dans l’acte de jouir.

    Mon vagin est un sceau, mon clitoris étoile,
    Et ma gorge s’ouvre à toi, sans armure ni voile.
    Le Verbe en moi s’enfonce, et je ne suis que flamme
    Indolore cri de vie, de jouissance, de femme.


    đŸ‘©đŸ»â€đŸŠ° đŸ‘©đŸ» Laureline & LoreleĂŻ
    Nos vulves rĂ©unies chantent l’axe du monde,
    Nos bouches en fusion t’ouvrent la suprĂȘme onde.
    En toi tout s’accomplit, YavĂ€nor le Vivant
    Le yin, le yang, l’union d’un pouvoir Ă©mouvant.


    🧎‍YavĂ€nor
    Mon sperme éjaculé est le don paternel
    Qui conjuguĂ©e au yin et au yang s’amalgame.
    L’ÏÄMOURÏÄ devient un amour Ă©ternel
    Qui nous lie Ă  jamais en couple polygame.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La belle plante et le petit rabougri

    La belle plante et le petit rabougri

    On dit qu’Adam Ă©tait petit et qu’Ève Ă©tait une belle plante ;
    Ce n’est pas moi qui le prĂ©tends mais c’est cachĂ© dans la genĂšse.
    Si Ève a eu de l’appĂ©tit pour un fruit qui Adam supplante,
    C’est qu’elle Ă©tait grande pourtant pour l’avoir cueillie Ă  son aise.

    Si le serpent a prĂ©fĂ©rĂ© sĂ©duire Ève plutĂŽt qu’Adam
    C’est que le petit rabougri n’avait vraiment rien pour lui plaire.
    Ève au contraire l’a sidĂ©rĂ© par son regard persuadant
    Et l’autre, vieux loup lubrique aigri, a vu une aubaine exemplaire.

    Et si Dieu s’est mis en colĂšre et a discrĂ©ditĂ© la femme,
    C’est qu’il Ă©tait un dieu jaloux qui ne souffrait pas sa splendeur.
    Ainsi depuis l’homme la tolĂšre pour ce petit dĂ©tail infĂąme
    Mais l’entourloupe Ă©tant chelou, rendons Ă  Ève sa grandeur !

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

    
    
    
  • Les femmes Ă  quatre pattes

    Les femmes Ă  quatre pattes

    Qu’est-ce donc qu’une centauresse sinon une femme à quatre pattes,
    Femme qui a les pieds sur terre et du matin au soir cavale ?
    Son mari s’en dĂ©sintĂ©resse ? La voici qui se carapate
    Et restera cĂ©libataire nantie d’une queue de cheval.

    Regardez donc autour de vous, observez-les à satiété
    Selon leur type de coiffure et leur façon de rigoler ;
    Si la queue de cheval se voue à les trahir en société,
    Rire à belles dents vous assure l’meilleur moyen de les gauler.

    Si elles sont dociles à monter, attention elles peuvent ruer !
    Et quatre fers dans la figure, ça stoppe un homme pour l’aventure.
    Mais si vous savez surmonter leurs façons de tonitruer,
    Alors sous de meilleurs augures vous apprécierez ces montures.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

    
    
    
  • À couteaux tirĂ©s

    À couteaux tirĂ©s

    L’information est un couteau lancĂ© afin de sĂ©parer
    Ceux qui vont l’éviter Ă  gauche et ceux qui l’esquivent Ă  droite.
    TantÎt on titille les cathos, tantÎt les brebis égarées ;
    Le but étant une débauche de guerres civiles maladroites.

    Lorsqu’une nouvelle percute la cible dont je fais l’objet,
    J’écoute le pour et le contre lors d’affrontements Ă©cumeux.
    Hélas personne ne discute en examinant le sujet
    Mais ressort les rancƓurs à l’encontre de ceux qui ne pensent pas comme eux.

    Tableau de Liese Chavez sur https:www.liesechavez.comimagery.html .

    
    
    
  • Vous ĂȘtes la cible !

    Vous ĂȘtes la cible !

    Dùs aujourd’hui, les droits de l’homme tiennent du consommateur cible
    Qui devient client potentiel pour les messages commerciaux.
    Achat et vente tendent en binĂŽme notre intime corde sensible
    Entre commerces « non essentiels » et jeux vidéo asociaux.

    On est visĂ© selon son sexe, son milieu et sa tranche d’ñge ;
    On satisfait Ă  des enquĂȘtes pour dĂ©finir notre profil ;
    On n’achĂšte plus que par rĂ©flexe selon la pub et les sondages
    Qui nous ont formatĂ© la tĂȘte via tous nos appareils sans fil.

    Tableau de Colette Calascione.

    
    
    
  • En queue de Lune Ă  la passion

    En queue de Lune Ă  la passion

    Lundi avait bien commencĂ© et la semaine s’écoulait
    Puis vendredi, sans queue ni tĂȘte sous la folie de la passion.
    Leur Lune de miel, bien romancée, les deux amoureux roucoulaient
    Et subitement, tout s’arrĂȘte et finit en queue de poisson.

    La sirĂšne n’aime qu’une semaine ; le lundi elle pĂȘche aux appas
    Elle ferre un marin, quelle aubaine ! Ils font l’amour, qu’est-ce que c’est bon !
    Comme elle préfÚre la chair humaine bien attendrie pour son repas
    Elle lui masse la bedaine et lui caresse le jambon.

    Et Vendredi, le vent en poupe, le marin connaĂźt l’Ă©pectase ;
    Aprùs toute une nuit d’orgasmes, il subit la petite mort.
    La sirÚne alors le découpe et ardemment tombe en extase
    En se cuisinant son fantasme : noix d’homme des Cîtes-d’Armor.

    Tableau de David Delamare.

    
    
    
  • Poissonnes polissonnes

    Poissonnes polissonnes

    Quelques sirĂšnes polissonnes – crĂ©atures Ă  tĂȘtes poissonnes –
    Hantent le courant des riviÚres pour y placer leur souriciÚre ;
    Elles traquent le marin d’eau douce ou Ă©ventuellement le mousse
    En agitant leur périnée au rythme des seins animés.

    Comme elles ont perdu la voix, elles leur font des gestes grivois.
    Les matelots, ces imbéciles, se laissent faire, tous dociles
    Et sur le malheureux noyĂ©, elles font mine de s’apitoyer
    Mais la faim prenant le dessus, l’appĂ©tit n’en est point déçu.

    Chose curieuse, une remarque, elles s’entourent de monarques ;
    Ces papillons couleur orange pour une raison, ma foi, étrange.
    Sans doute pour attirer l’homme qui verrait un joli symptîme
    À suivre les ailes dĂ©corĂ©es pour mieux se faire dĂ©vorer.

    Tableau de Hannah Faith Yata sur https:hannahyata.com .

    
    
    
  • La folle du tarot

    La folle du tarot

    J’aime le tarot fĂ©minin qui commence Ă  la bateliĂšre
    Puis, la pendue et l’amoureuse, la charrette et la femme ermite.
    La diablesse crache son venin de maniĂšre inhospitaliĂšre
    Puis, sait se montrer langoureuse quand elle réchauffe sa marmite.

    Mais c’est la folle que je prĂ©fĂšre, la fĂ©e qui s’enfuit dĂ©frisĂ©e
    À poil en dandinant des fesses pour recommencer Ă  zĂ©ro.
    D’ailleurs les cartes s’y rĂ©fĂšrent car elle apparaĂźt dĂ©guisĂ©e
    En impératrice et papesse afin de tromper les héros.

    Tableau d’Andrius Kovelinas.

    
    
    
  • CƓurs de saison – 2

    Au cƓur de l’étĂ©, tout mĂ»rit comme les fruits de la raison
    Que la nature aime semer juste pour se mettre en beauté.
    Le vent, d’un jeu de souffleries, propage sans comparaison
    Chaque graminée parsemée vers sa prochaine nouveauté.

    Puis, tout comme un artiste peintre, qui travaillerait au couteau,
    La Nature use de matiĂšres pour renouveler sa garde-robe.
    Et je verrai voler les cintres faire des tours en culbuto
    Et la Terre nue tout entiĂšre mettra ses tenues les plus probes.

    Photos de Christophe Gilbert sur https:ego-alterego.combiggest-famous-photo-manipulators-christophe-gilbert#.YOP6pSKvjxw .

    
    
    
  • L’instrumentale

    L’instrumentale

    Vous qui pensez avec le cƓur puisque le cƓur est instrument,
    Entendez-vous sonner votre ùme dans le canal de résonance ?
    Vous qui chantez, merle moqueur, contre l’ennui, Ă©perdument,
    Écoutez-vous vibrer la lame de l’intuition en assonance ?

    CƓur et raison en dissonance sans pour autant de fausses notes,
    Quand le corps se fait troubadour, la chair veut jouer en duo.
    L’Ɠil entrevoit la rĂ©manence du chatoiement sur les menottes
    Qui pincent les cordes d’amour de l’organe de plus en plus haut.

    Tableau de Jiƙí Petr.

    
    
    
  • CƓurs de saison – 1

    Au cƓur de l’étĂ©, tout fleuri d’une abondance de saison ;
    Un peu d’eau et un peu d’amour, un peu de soleil et de vent,
    Parsùment d’une espiùglerie toutes les fleurs de la maison
    Toujours un peu plus chaque jour, plus que derriĂšre, moins que devant.

    Quand viendra le temps des colchiques et du changement des couleurs,
    Tous les pĂ©tales s’envoleront avec les feuilles en tourbillon.
    Et dans ce chaos anarchique, mĂȘlĂ© de deuils et de douleurs,
    Tous les pleurs s’évanouiront aussi lĂ©gers qu’un papillon.

    Photos de Christophe Gilbert sur https:ego-alterego.combiggest-famous-photo-manipulators-christophe-gilbert#.YOP6pSKvjxw .

    
    
    
  • Valentine

    Valentine

    Je l’aimais bien, ma Valentine qui me racontait ses malheurs ;
    Elle faisait commerce de charmes sur le trottoir devant chez moi.
    Ses Ă©tudes de laborantine n’avaient pas su mettre en valeur
    Tout ce qui peut tirer des larmes aux cƓurs solitaires en Ă©moi.

    Elle venait me raconter, les seins nus tout décontractés,
    Tous ceux qu’elle avait rencontrĂ©s au fil de ses folles journĂ©es.
    Moi, j’étais l’ami patentĂ©, celui qu’elle aimait contacter
    Car nous étions tous deux montrés comme ceux qui avaient mal tourné.

    Je l’aimais bien, ma Valentine mais je ne l’ai jamais baisĂ©e.
    Nous passions simplement du temps Ă  parler de tout et de rien.
    Quand elle enlevait ses bottines, laissant ses pieds nus apaisés,
    Je me souviens de ces instants comme un trésor épicurien.

    Tableau de Maia Ramishvili.

    
    
    
  • Jeux de dames

    Jeux de dames

    Les dames jouent avec les yeux, les dames jouent avec les cƓurs,
    Avec les piques, avec les pions, avec les hommes, avec les femmes.
    Leurs jeux nous paraĂźt fallacieux, leurs stratagĂšmes alambiqueurs,
    Mais les stratégies des champions jouent de tous les moyens infùmes.

    Infùmes ou simplement infimes, cette différence minime
    Figure la carte maßtresse qui désignera le vainqueur.
    Mais voyons ! Soyons magnanimes et reconnaissons là l’ultime
    CapacitĂ© de leurs caresses lorsqu’elles gagnent notre cƓur.

    Tableau de Maia Ramishvili.

    
    
    
  • La haime

    La haime

    Quand l’amour se transforme en haine par le miroir de l’existence,
    L’échange n’est pas rĂ©versible au cours de la bourse du cƓur.
    Ainsi, les amours incertaines qui n’ont aucune persistance
    Dans des aventures impossibles sont l’apanage des truqueurs.

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  • La vampire

    Quand la vampire m’avoue qu’elle m’aime, est-ce mon cƓur ou bien mon sang
    Dont elle a tant besoin d’amour qu’elle s’en lùche les babines ?
    Si elle en pince pour moi-mĂȘme, dois-je avoir peur en m’enfonçant
    Profondément au petit jour dans ses petites lÚvres sanguines ?

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  • Les vacances du Cancer

    Les vacances du Cancer

    Lorsqu’elle aura cĂ©dĂ© la place Ă  son camarade Lion,
    Madame Cancer en vacances va regagner son océan.
    Dans son agrĂ©able palace oĂč les poissons et les scorpions
    Ripailleront avec l’aisance du royaume des eaux sĂ©ant.

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  • Combien de bosses avaient jauni Ă  l’idĂ©e ?

    Combien de bosses avaient jauni Ă  l’idĂ©e ?

    En Asie, j’ai vu les deux bosses du chameau, ce camĂ©lidĂ©.
    En Afrique, j’ai vu une seule bosse du dromadaire, autre camĂ©lidĂ©.
    En AmĂ©rique il n’y a pas de bosse sur le lama, pourtant camĂ©lidĂ©.
    J’en demande Ă  Dieu, lorsqu’il bosse, qui a pu lui donner l’idĂ©e ?

    http:marnimaree.com

    Tableau de Marni Maree.

    
    
    
  • LĂącher de Lune

    LĂącher de Lune

    AprĂšs le coucher de soleil vers les onze heures, onze heures et quart,
    Se fera le lùcher de Lune pour que nous nous réconcilions.
    D’un geste qui l’espace balaye, mais dont est calculĂ© l’écart,
    Madame Cancer, sans rancune, laissera la place au Lion.

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  • Vingt-deux, c’est juillet !

    Vingt-deux, c’est juillet !

    Vingt-deux, amis les amoureux ! DĂ©pĂȘchez-vous, pĂšres et mĂšres
    À consommer le blanc nectar dans la coupe qui vous est offerte !
    Faites d’un seul coup vigoureux gicler le vin de spermes amùres
    Et enivrez-vous sans retard de vos deux croupes découvertes.

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  • Vision et gĂ©nie

    Vision et génie

    Le jour des grandes ambitions, la Lune est une visionnaire,
    Et le Soleil a du génie et de grands accomplissements.
    Alors c’est sans inhibition qu’elle lui fait un baiser lunaire
    Tandis que lui, il s’ingĂ©nie dans cet approfondissement.

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  • Premier baiser

    Premier baiser

    En amour, il n’y a qu’une fois et le premier baiser ça coĂ»te !
    Mais quand on flirte avec le roi, jamais personne ne s’en dĂ©goĂ»te.
    Et quand le roi est un soleil et quand la reine est une lune
    Toutes les étoiles se relayent et les comÚtes sont opportunes.

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  • Soleil de feu et Lune rousse

    Soleil de feu et Lune rousse

    Soleil de feu et Lune rousse parfois s’aiment Ă  la belle Ă©toile
    MĂȘme si le Soleil s’éclipse lorsque la Terre se rĂ©veille.
    Parfois quand la Lune se trĂ©mousse sous les rayons ardents du poĂȘle,
    La Terre, poursuivant son ellipse, occulte un peu cette merveille.

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  • Le Soleil a rendez-vous avec la Lune

    Le Soleil a rendez-vous avec la Lune

    Quand le Soleil a rendez-vous avec la Lune, son amie,
    La Terre fait le chaperon et les étoiles tiennent la chandelle.
    C’est un an aprùs, qu’ils avouent avoir, par leur monogamie,
    EngendrĂ© un enfant tout rond qui tient un peu de lui et d’elle.

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  • Le dĂ©doublement

    Le dédoublement

    Parfois je descends sans en voir le fond ;
    Aucune lumiĂšre ne guide mes pas.
    Quand l’ñme dĂ©cante tout ce qui la trouble,
    Seul le cƓur propose de lñcher la rampe.

    Rien n’est indĂ©cent d’aller si profond !
    Ma chair, la premiùre, succombe à l’appñt.
    Mais, ce qui m’enchante quand je vois mon double
    C’est qu’on se suppose, de la mĂȘme trempe.

    C’Ă©tait un jour de dĂ©prime, ce n’est pas grave, ça m’arrive rĂ©guliĂšrement et je me laisse dĂ©river…

    
    
    
  • L’odeur de la musique

    L’odeur de la musique

    J’aime la musique suave, toute en rondeur et en douceur
    Qui fait des volutes de gamme qui disparaissent en fumée.
    Je m’y sens comme sur un nuage de notes en taches de rousseur
    Et qui dĂ©shabillent, Madame, mon cƓur de chansons parfumĂ©es.

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  • L’Ɠil de l’amitiĂ©

    L’Ɠil de l’amitiĂ©

    Tous mes amis sont des regards qui s’ouvrent sur de nouveaux rĂȘves
    Et m’apportent un nouveau langage qui m’ouvre tant de dĂ©couvertes.
    Quand mon cƓur est un peu hagard, je me retourne alors sans trĂȘve
    Pour Ă©couter ce qui s’engage dans notre relation ouverte.

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  • La part du lion

    La part du lion

    Comme sa MajestĂ© le Lion n’a que trente jours Ă  rĂ©gner,
    Elle en compense la douleur en brillant dans le ciel nocturne.
    Les libellules et papillons, oiseaux de nuit et araignées
    En respectent bien les couleurs pour qu’Elle ne soit pas taciturne.

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  • Dans l’eau de la claire fontaine

    Dans l’eau de la claire fontaine

    Ce matin m’allant promener au fond de la claire fontaine,
    J’ai trouvĂ© l’eau si attirante que j’ai plongĂ© tout habillĂ©.
    La sirĂšne s’est amenĂ©e en disant d’une humeur hautaine :
    « Je ne suis pas ta soupirante, tu peux aller te rhabiller ! »

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  • Sous les jupes du pont

    Sous les jupes du pont

    Comme j’étais un peu fripon lorsque je passais sur le pont,
    Je suis descendu dans l’entrepont pour lui soulever ses jupons.
    J’étais sans doute un peu filou mais vous ne serez pas jaloux
    Car j’ai surpris, à pas de loup, la photo que je vous alloue.

    Photo prise dans la forĂȘt d’Eschenberg.

    
    
    
  • La souche Ă©rectile

    La souche érectile

    C’est une souche, paraĂźt-il, fort apprĂ©ciĂ©e de certaines gens
    Qui ont envie de se payer un petit moment de détente.
    Parfois les troncs sont érectiles pour les besoins fort exigeants
    Mais je leur dis de me rayer de leur compagnie dilettante.

    Photo prise dans la forĂȘt d’Eschenberg.

    
    
    
  • La riviĂšre aux cinq couleurs

    La riviĂšre aux cinq couleurs

    Pour effacer toute douleur qui rend la vie en noir et blanc,
    Je t’offre ce bain de couleurs dont l’effet paraüt affublant.
    Ça met du bonheur dans les yeux, ça remet de la joie au cƓur,
    Et pour le corps, c’est merveilleux, ça le rend super sĂ©ducteur.

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  • La machine Ă  tricoter – 2

    La machine Ă  tricoter - 2

    Un patchwork à la tricoteuse, ça fait voyager en couleurs
    Et ça repeint les paysages selon les teints de mes humeurs !
    Allons, roule ma jolie trotteuse, allons repeindre les douleurs,
    Transformons tous les balisages par d’échappements parfumeurs.

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  • Lune-vole

    Lune-vole

    Quand j’étais petite fille, je jouais Ă  lune-vole.
    J’étendis mes bras trĂšs haut et j’étais comme aspirĂ©e !
    Je transformais mes chevilles en propulsion bénévole,
    Surtout quand la mĂ©tĂ©o m’était tout inespĂ©rĂ©e.

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  • Peur du froid ?

    Peur du froid ?

    Je ne sais pas vous mais j’ai dĂ©cidĂ©
    De me mettre au frais jusqu’à la rentrĂ©e.
    Mais je vous l’avoue, ça m’a dĂ©bridé !
    La neige m’effraie, j’suis dĂ©concentré !

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  • Dans un monde neuf

    Dans un monde neuf

    À tous ceux qui sortent de l’Ɠuf, je leur souhaite beaucoup de courage !
    À tous ceux qui dĂ©ploient leurs ailes, je leur promets des dĂ©couvertes !
    Pour vivre dans un monde neuf, il faut soigner son entourage,
    Marcher sans montrer trop de zĂšle et franchir les portes entrouvertes.

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  • L’ange sans-culotte

    L’ange sans-culotte

    Pour me rafraĂźchir les idĂ©es, j’ai modifiĂ© ma latitude ;
    Deux petites ailes ont poussé comme deux polaires calottes.
    Bien vite, je me suis dĂ©cidĂ©e et j’ai grimpĂ© en altitude
    Mais ma petite robe s’est retroussĂ©e et on ne voit pas ma culotte !

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  • Le sourire roucouleur

    Le sourire roucouleur

    Au pays du soleil et des fortes chaleurs
    Ils s’habillent de rien et beaucoup de couleurs.
    Si je faisais pareil et changeait de valeur ?
    Tout nu tout aérien, et sourire roucouleur !

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  • La vieille au fagot

    La vieille au fagot

    Suivez la vieille au fagot qui glane dans les forĂȘts.
    Vous la connaissez sans doute, vous l’avez dĂ©jĂ  croisĂ©e !
    Sur son paquet, un corbeau Ă  l’air un peu timorĂ© ;
    Craignez fort qu’il ne redoute que vous puissiez pavoiser.

    Proposez-lui votre appui, portez sa charge un peu lourde,
    Traversez donc la forĂȘt jusqu’au lieu oĂč elle habite.
    Puis, arrivés à son puits, elle vous paraßtra balourde
    De transformer en goret l’oiseau bavard qui dĂ©bite.

    ‘Prenez pas l’air Ă©tonnĂ©, laissez-la vous mettre Ă  l’aise,
    Laissez-la vous dĂ©vĂȘtir et vous mettre dans sa couche.
    Fermez les yeux, tĂątonnez, laissez fondre le malaise,
    Laissez-vous assujettir et embrasser sur la bouche.

    Vers minuit, minuit-et-quart, quand la lune sera pleine,
    Elle se transformera en une fée merveilleuse.
    Elle vous donnera rencard demain midi sur la plaine
    Et l’amour vous guidera loin d’une vie ennuyeuse.

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  • Les bergers des couleurs

    Les bergers des couleurs

    Y-a-t-il plus beau mĂ©tier que celui des coloristes ?
    Tous les soirs au crépuscule, ils vont rentrer les couleurs.
    Patiemment ils veillent au grain et cajolent le ciel triste,
    Vont border les eaux dormantes, sĂšchent les larmes de douleur,
    Rafistolent les nuages percés par les améthystes
    Qui ont déchiré le ciel des éclats avant-coureurs.
    Tout le monde va dormir dans la nuit irréaliste
    Et laisser mourir le feu enrobé dans la noirceur.

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