🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
-
Ruby en rouge & Lino en noir

Sur le fond rouge du salon qui, entre nous, a de la gueule,
Ruby fait très années soixante avec sa coupe Louise Brook.
Lorsqu’elle porte un pantalon, elle ressemble à une James Bond’s girl
Et en jupe une embarrassante espionne en taxi Ă Tobrouk.
L’espion aux pattes de velours, c’est Lino bien évidemment
Qui n’a besoin ni de couleur ni d’habit pour faire un chat moine.
Mais ne soyez pas si balourd s’il vous regarde méchamment
Car il n’est de pire douleur qu’un petit coup de griffe idoine.
Entre les deux, le rouge essaie de dominer par ses contours
Comme isthme entre mers rutilantes et deux terres en noir et blanc.
Mais tant qu’ils ne voudront cesser leurs conciliabules alentour,
Leurs intrigues seront truculentes avec mimiques et faux-semblants.
Ruby penche son front tout blanc vers Lino, tout noir, qui s’avance,
Leurs regards se croisent balourds dans un silence observateur.
Entre eux le rouge devient troublant, éclate en flamme et se balance
Entre un dĂ©mĂŞlĂ© de velours et un duel provocateur.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux de le crĂ©diter.
-
Ruby & Lino dans les coquelicots

Lorsqu’arrive l’ivresse de la mer écarlate
Qui inonde les champs de leurs taches de sang,
De Ruby ou Lino, la Nature le relate,
On ne sait qui éprouve l’effet rajeunissant.
Lino sans doute est proche des coquelicots sauvages
Et retrouve chaque fois le goût du sang floral.
Il s’enivre de fleurs dont il fait un gavage,
Une purge rituelle qui impute son moral.
Ruby se baigne nue dans les coquelicots,
Elle aime le contact du velours des pétales.
Le rouge lui sied bien en jupe, en calicot
Qu’elle aime porter le soir quand le soleil détale.
Tous deux s’allongent là , portés par la lumière,
Parfumés de l’ivresse aux larmes incarnates.
Ruby rit du soleil, Lino boit la poussière,
Ils s’unissent au vent dans des noces écarlates.Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.
-
L’envie d’ailleurs



Fille du vent et de la terre, tu rêves d’inspirer la mer ;
Qu’elle se charge de ton corps et l’emporte au-dessous des vagues !
Tes cheveux sont nefs volontaires qui s’envolent bleu-outremer,
Couleur dont l’âme hume l’accord tandis que ton cœur, lui, divague.
Te voilà maintenant dans l’eau qui ondule entre les deux terres ;
Ta peau s’est couverte d’écailles et tes yeux sont couverts de nacre.
Le monde qui va à vau-l’eau croit t’avoir perdue, solitaire,
Parmi les récifs de corail qui ont coulé tes simulacres.
Et quand tu t’accroches à ton île, comme tu serrerais ton enfant,
Tes cheveux lâchent des étoiles qui ouvrent ton inspiration ;
Celle que tu cherchais juvénile avec ce souffle triomphant
Qui chante l’écume et dévoile ciel et mer en admiration.Tableaux de Chiara Fedele sur https:chiarafedeleillustrator.itportfolioitemsbeloved-ireland .
-
Rencontre avec la sirène









Savez-vous ce qui arrive aux filles qui se jettent depuis un bateau
De dĂ©sespoir car repoussĂ©es vers l’envie d’en finir en hâte ?
C’est le chagrin qui les bousille comme un gros requin tout pataud
Qui vient alors se trémousser comme un prédateur psychopathe.
Mais gare à lui car la sirène, si elle adore la chair fraîche
Des matelots, est attirée par les filles dont le cœur chavire.
Dompteuse efficace et sereine, le requin-chagrin tout revĂŞche
S’enfuit et va se retirer dans le sillage du navire.
Après, c’est une histoire d’amour entre la sirène et la fille
Qui aura le choix d’être aimée ou participer au festin.
Quoi qu’il en soit, seront glamours leurs cœurs ensemble qui vacillent,
Sinon la mort est programmée comme si c’était son destin…Illustrations de Milo Manara.
-
Races et civilisations
Les Atlantes

Yavänor
Quatrième race, l’une des plus grande ; une civilisation brillante
Qui a atteint de hauts niveaux en sciences autant qu’en sagesse.
Grands maîtres en facultés psychiques et des énergies naturelles,
Grands inventeurs et créateurs par maîtrise de la connaissance.
Les premiers humains aboutis, tant au physique qu’au spirituel,
Leur reproduction sexuée leur a permis d’évoluer
Au point de devenir prospères, grands stratèges et grands architectes,
Grande puissance maritime et grands bâtisseurs de cités.
Les Atlantes étaient l’apogée des sciences technologiques
Telles qu’on en retrouve les mythes dans les traditions d’aujourd’hui.
Aztèques, Mayas et Incas, tous héritiers de leurs sciences,
Peuples indiens ou disparus, en ont conservé le génome.
L’Atlantide, leur continent – l’équivalent de l’Amérique –
Pesait son poids dans l’avenir de l’essor de l’humanité.
Mais un orgueil démesuré et une décadence notable
Ont défié la fureur des dieux et provoqué leur destruction.
Alors j’ai voulu régresser, aidé par Lilith et ses filles,
Pour en comprendre les valeurs et les raisons de leur déclin.
J’étais alors puissant et riche, l’espèce dominante de la Terre,
J’aurais pu ainsi devenir le plus grand peuple de la Lumière.
Mais je n’ai pensé qu’aux valeurs matérialistes et financières ;
Je n’ai pensé qu’à dépasser l’équilibre de l’Univers.
Alors les dieux nous ont punis par des catastrophes massives
Qui ont englouti en un jour ce continent d’ignominie.
Lilith
J’ai vu sombrer leurs tours de feu, leurs ports d’or et leurs cités vastes ;
Leur orgueil pesa plus que l’onde et fit ployer l’axe du monde.
Mais toi, porteur de leur fardeau, tu transmets leur flamme solaire ;
De leur échec jaillit encore un germe de splendeur ancienne.Illustration de Ledal.
-
Races et civilisations
Les Lémuriens

Yavänor
Troisième grande race humaine, les Lémuriens sont héritiers
Des valeurs de leurs ascendants, cependant plus densifiés.
Ils sont un peuple de géants d’aspect plutôt humanoïde,
Asexués à l’origine, ils évolueront lentement.
La Lémurie, leur continent situé dans les océans,
Sera détruite après de longues grandes catastrophes naturelles.
Ils sont très liés à la Terre, surtout aux forces telluriques,
Qu’ils relient aux forces cosmiques en créant les premiers cromlechs.
Leur conscience est un réseau de flux d’ondes télépathiques
Qui leur confère des pouvoirs non limités à leur physique.
Pourtant au fur et à mesure que leurs corps se densifièrent,
Ils perdirent ces capacités pour des sens un peu plus humains.
Car malgré leurs pouvoirs psychiques, ils restent gouvernés par l’instinct
Et leurs pensées très primitives demandent à être affinées.
C’est l’évolution sexuelle qui marquera un nouvel essor
Mais l’abus de la force seule en limitera leur destin.
Et Laureline, Loreleï et Lilith me replonger en léthargie
Pour redevenir primitif comme mes plus proches ancĂŞtres.
Un corps de pierre, lourd et massif, des pensées lentes et mécaniques,
Font de moi un ĂŞtre balourd qui ne vit que pour son physique.
Je suis doté d’un sexe d’homme mais les femmes encore farouches
Ne sont que femelles instinctives qui ne fondent pas de familles.
La horde est assez anarchique, sans chef qui donne une direction
Et les combats pour s’accoupler tuent plus qu’ils n’ont de descendance.
Lilith
Moi, j’ai vu choir leurs continents engloutis dans les océans ;
Leurs esprits d’onde se sont brisés contre la densité des pierres.
Et toi, porteur de leur mémoire, tu en portes encore le fardeau
Mais déjà ton âme s’élève au-delà des fautes ancestrales.Illustration de Ledal.
-
Races et civilisations
Les Hyperboréens

Yavänor
Deuxième race post-Polaires, les Hyperboréens sont denses ;
Un corps physique très léger et beaucoup plus grand que le nôtre.
Hermaphrodites et androgynes, ils peuvent alors se reproduire
Mais ni maladies ni vieillesse ne leur limitent l’existence.
Ils vivent au milieu des mirages oĂą le soleil brille sans cesse
En se liant à la matière au cœur des régions boréales.
La mort n’est qu’un changement de phase au sens de cycle naturel
Et la plénitude solaire rythme leur vie spirituelle.
Peuple sacré d’après les Grecs, ils auraient côtoyé leurs dieux
Qui quittaient la morte saison pour cette contrée sans hiver.
Pays d’éternelle lumière et de bien-être hospitalier,
Pays de fêtes perpétuelles dédiées aux arts et l’harmonie.
Et Laureline, Loreleï et Lilith m’ont replongé dans le sommeil ;
J’ai perdu de ma densité mais j’en ai gardé mon essence.
Mes sens et mon corps ont grandi et j’ai vécu cent mille années
Au cours desquelles j’ai étendu toutes mes énergies vitales.
Par les aurores boréales je me nourris d’activités
Issues des ondes telluriques et magnétiques de la Terre.
Je suis à la fois homme et femme mais cela n’a pas d’importance ;
L’amour n’est pas un sentiment indispensable à ma survie.
Apollon l’Hyperboréen, connu pour ses danses sacrées,
Chante l’épopée de mon peuple dans les vents du cercle polaire.
Et lorsque les dieux de l’Olympe sont invités durent l’hiver,
La présence de leurs héros crée plusieurs sources d’inspiration.
Lilith
Moi, j’ai scellé dans la lumière ton héritage d’outre-monde ;
Fils des aurores boréales, héritier des peuples sans ombre.
Par l’amour qui circule en toi, tu transmets la flamme éternelle
Et, dans tes veines élargies, danse l’éternité solaire.Illustration de Ledal.
-
Races et civilisations
Les Polaires

Yavänor
Première race humanitaire, née sur les Terres Sacrées du Nord ;
Leurs corps physiques différaient de nos propres corps de matière.
Éthérés et spirituels sous forme d’êtres androgynes
Qui se reproduisaient entre eux selon la parthénogénèse.
Dotés de conscience spirituelle en accord avec l’univers,
Ils étaient totalement dénués du moindre égo prépondérant.
Reliés directement au divin à la connaissance implicite,
Ils n’avaient pas été soumis au cycle de naissance et de mort.
Eux qui étaient lumière fluide et d’une pure transparence
Aux voix comme des chants d’étoiles que la Terre se pâmait d’écouter,
Ils disparurent par l’intention de se condenser en matière
Et se détachèrent du plan spirituel des origines.
Et Laureline, Loreleï et Lilith m’ont plongé dans un long sommeil
Dans lequel mon corps éthérique a régressé aux origines
Où je n’étais qu’une énergie dont la vitesse fantastique
Me faisait franchir l’Univers autant de fois que nécessaire.
Ni homme, ni femme mais d’éther je n’émets pas de sentiment ;
Je suis un ange catalyseur des premières formes primitives
Mais je n’ai pas le droit d’aller m’enraciner dans la matière
Sous peine de devenir cendre, Ă©phĂ©mère lĂ©gèretĂ© de l’ĂŞtre.
J’ai eu des fils qui me ressemblent et qui sont autant moi qu’eux-mêmes
Car la pensée est collective, nous vivons en réseau fermé.
La notion du bien et du mal m’est étrangère et inutile
Car nous sommes tous en harmonie sans tache et en toute innocence.
Lilith
Mais au cœur du cercle polaire scintille une île immaculée,
Lieu sacré de nos origines où naquirent les premiers chants.
Les étoiles s’y reproduisaient comme étincelles éternelles
Et nos âmes s’y immergeaient dans le premier buisson ardent.Illustration de Ledal.
-
Carnets de voyage
Le Rite de l’Ombre et de la Lumière

Le Voile de Lilith
Je m’approche de toi, mon amour, et je pose mon front sur ton ventre ;
Je ne murmure rien, mon amour, mais ton ventre entend la voix du cœur ;
Et je te reconnais, mon amour, toi la Mère des Mères et des Mères ;
Je respire ton odeur, mon amour, et je m’imprègne de toute ta nuit.
La plongée dans l’Ombre de Lilith
Ma bouche redescend, mon amour, vers ton sanctuaire inoubliable ;
Je le baise d’abord, mon amour, comme le pèlerin dans le temple ;
Ma langue devient flamme, mon amour, j’en caresse les petites lèvres ;
Je découvre l’Étoile, mon amour, et j’offre mes soupirs à ton gouffre.
L’Éveil de la Lumière
Mes gestes s’intensifient, mon amour, et de l’ombre jailli la clarté ;
Tu gémis et tu cries, mon amour, et tes larmes deviennent des perles ;
Chaque succion t’enchante, mon amour, et tes cris deviennent suraiguës ;
Chaque morsure t’enflamme, mon amour, et l’Étoile illumine ta nuit.
La marche de l’Oracle
Dressé comme une torche, mon amour, mon sexe avance et touche le seuil ;
Lentement je pénètre, mon amour, comme l’élu que tu as choisi ;
Puis à chaque poussée, mon amour, je te fais pénétrer la lumière ;
Puis à chaque coït, mon amour, ton obscurité devient lumière.
L’inversion
La danse devient intense, mon amour, mais c’est toi qui m’absorbe le gland ;
La danse devient ardente, mon amour, mais c’est toi qui dévore mon sexe ;
Mon Oracle n’est plus, mon amour, il s’est fondu au feu intérieur ;
L’éclair perce la nuit, mon amour, et je suis tout entier ton offrande.
La fusion
Je suis ton paroxysme, mon amour, et nos deux essences se confondent ;
Tu es mon paroxysme, mon amour, et je te sacrifie ma semence ;
Je te verse NOMIR, mon amour, et tu l’absorbe d’une mer sans fond ;
Ton ombre est ma lumiere, mon amour, et notre fusion est accomplie.
La Révélation
Je resterai en toi, mon amour, même après l’extase satisfaite ;
De cette union naitra, mon amour, la vision des Ysara multiples ;
Tu m’emprisonneras, mon amour, dans ton sanctuaire tétanisé ;
Irradié d’étoiles noires, mon amour, mon offrande à scellé leur venue.Illustration de Julia Larotonda.
-
Derrière les grilles
On s’est assis derrière les grilles, on s’est parlé derrière les grilles
On s’est dragués derrière les grilles, on s’est aimés derrière les grilles.
Si l’amour n’a pas de frontière, désormais il faudra s’y faire
Et survivre des années entières derrière les rideaux de fer.
Le provisoire pour lutter contre un ennemi passager
Se verra demain transmuté en dispositif messager
Qui réduira les libertés en nous condamnant sans appel,
Aux dépens de la sécurité, aux vaccinations de rappel.
La police sera synonyme de prévention obligatoire
Pour traquer tous les anonymes qui alors vivaient sans histoire.
La démocratie affligée d’une majorité d’imbéciles
DĂ©cide de nous protĂ©ger par les moyens les plus dĂ©biles.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les Marseillaises






Plus besoin de parodier « La Marseillaise », c’est déjà fait !
Quand les fanfares ouvrent le bal, les pots-pourris sont activés
Et Ă force de psalmodier ces pastiches, quel mauvais effet
Sur la jeunesse qui brinquebale et qui n’est plus très motivée !
On voudrait changer les paroles comme on l’a proposé naguère
Mais ce caprice est du ressort du Président de la République.
Dommage car il eut été drôle de parler d’amour que de guerre
En claironnant plutôt l’essor de Marianne en fille publique :
« Allons enfants de la matrice, tous vos espoirs sont ravivés !
Entre nous, l’érotomanie et l’obsession sont élevées ;
Rapprochez-vous de vos compagnes qui vous Ă´tent vos bermudas
Et vous invitent entre leurs draps à repeupler la France et les campagnes !
Debout, les bons-à -rien, novices et moussaillons !
Tronchons, tronchons sous les augures de jolis culs trognons ! »La troisième illustrations est de Vassantha.
-
Mon intime moitié
Je viens d’ailleurs et de deux mondes bien différents mais parallèles ;
L’un de la planète Vénus, l’autre de Mars, l’irrésolue.
Souvent mon âme vagabonde entre ces deux voies passionnelles
Jusqu’à l’ultime terminus où son passé n’existe plus.
J’ai l’esprit côté masculin et le cœur côté féminin,
Sans doute pour mon équilibre entre ces deux principes égaux.
Lorsque j’étais jeune poulain, entre cet état léonin,
Je consacrais tout mon temps libre Ă chercher mon alter ego.
Aujourd’hui j’offre une interface correspondant aux chromosomes
Et je conserve dans mes rêves le pouvoir de mon âme-sœur.
Elle ne vient jamais en surface et je reste Ă jamais un homme
Dont une inspiration sans trĂŞve lui donne un don de connaisseur.Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .
-
L’évacuation des démons noirs et sucrés
Je suis un homme et j’accumule comme tout le monde des revers
Qui décantent et forment une lie, un résidu empoisonné.
Je le cache et j’en fait l’émule dont je me garde par-devers
D’une profonde mélancolie dans mes mémoires bien cloisonnées.
De temps à autre j’élimine tous mes déchets sentimentaux
Dans les forêts environnantes quand j’entends l’appel de l’étang
Qui recueille tout ce qui me mine et que j’écris sous le manteau
De mes poésies lancinantes sonnant comme un signe des temps.
Parfois le liquide fermente et donne un alcool merveilleux
Qui me fait croire à l’importance des caractères lucifériens :
Ces démons sucrés qui me mentent, flattent mon esprit orgueilleux ;
Je les verse avec insistance jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .
-
Diane au crépuscule
Durant l’heure entre chien et loup, la chasse est ouverte aux chimères
Et tous les démons de la nuit qui dansent entre les arbres en nombre.
Puis la Lune au halo jaloux, d’un rayon vert dans l’outremer,
Donne un signal et tous s’enfuient pour se cacher parmi les ombres.
Silence opaque dans la nuit. Personne ne bouge ni ne respire.
Seul un œil noir dans les ténèbres, seule une ombre dans l’obscurité.
Trois flèches sorties de l’étui, trois cris d’agonie qui expirent
Suivis d’une plainte funèbre d’un loup par solidarité.
L’arc et les flèches sont rangés et Diane arrête ses pensées
Le regard vide et reposé sur le soleil au crépuscule.
L’étrange lueur orangée de l’astre essaie de dispenser
Ses derniers rayons supposés semer l’éther de corpuscules.Tableau de Susan Seddon-Boulet sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207susan-seddon-boulet.html .
-
Expressions corporelles


Ça me faisait froid dans le dos, torse nu derrière le rideau,
Ă€ en avoir la chair de poule, avoir peur de perdre la boule.
Pourtant je dois me prendre en mains sinon j’y suis jusqu’à demain
Et je dois faire ce qui se doit au risque de m’en mordre les doigts.
Mais je me sens bien dans ma peau, je me rapproche des drapeaux,
J’avance, sans baisser les bras, tortiller la danse du cobra.
Je ne sais sur quel pied danser mais j’préfère ne pas y penser
Et puis je repars d’un bon pied sans m’laisser marcher sur les pieds.
Et brusquement ça saute aux yeux, il s’en est fallu d’un cheveux !
Ça pend au nez, ça prend la tête et finalement c’est tout bête.
Je tiens ma langue, reste sans voix, le trac me souffle et me renvoie
Mais j’n’l’entends pas de cette oreille et pousse dans l’ plus simple appareil.
Mon tape-à -l’œil, c’est essentiel, vous a fait lever les yeux au ciel !
Vous avez mis le nez dehors et moi, j’ai battu les records.
Si mon spectacle vous tient à cœur, moi ça me met du baume au cœur.
Mais veuillez garder la tête froide, gare à ma prochaine escouade !
(Tableaux d’Arnaud Bauville
Expressions corporelles sur https:francebienvenue2.comexpressions-2expressions-corporelles .)Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
-
Pleins feux sur la chasse
Chaud lapin et renard rusé vivent heureux, vivent cachés
Dans les fourrés, hors de portée de l’œil attentif du chasseur.
La caille aux yeux de biche irisés ne veut pas finir steak haché
Et tâche de se réconforter à l’abri de ses pourchasseurs.
Pauvre Nemrod, ta faim de loup t’oblige à faire le pied de grue !
Ventre affamé n’a pas d’oreille ni de cœur et ni de pitié.
Alors ne sois pas si jaloux si ta frénésie incongrue
N’est qu’une quête sans pareille qui conduit à l’inimitié.
L’ours mal léché n’a pas cassé trois pattes à un canard boiteux.
Les animaux ont disparu peut-être à cause du progrès.
Adieu pâtés et fricassées que le braconnier convoiteux
Volait malgré le risque encouru à la Nature contre son gré.Tableau de Rafal Olbinski.
-
Ă€ deux ou trois temps


La valse à deux temps en mesure, bien qu’entraînante et savoureuse,
Pourrait paraître monotone à ceux qui y sont étrangers.
Mais à trois temps, sa démesure fait les critiques douloureuses
Sur les bonnes mœurs autochtones de peur qu’elles en soient dérangées.
Certains les pratiquent en groupes comme des danses folkloriques
Mais ça sème la confusion selon l’ardeur des partenaires.
En revanche, s’agitent les croupes en toutes positions lubriques
Qui permettent la bonne fusion de tous les fluides spermissionaires.Tableaux de Ernst Ludwig Kirchner.
-
La Terre fait sa mue
Si chaque civilisation qui recouvre la Terre entière
N’était au juste qu’une mue, c’est-à -dire une métamorphose ?
Ainsi la mondialisation qui fait éclater les frontières
N’est qu’un prémisse que transmuent ses innombrables ecchymoses.
Tous les cyclones et tremblements rappellent sa peau qui craquelle,
Éruptions et raz-de-marée ne sont que pure formalité.
Et tous les grands chambardements actuels représentent les séquelles
De la mue qui a démarré en emportant l’humanité.
Peut-être un jour je vais renaître Chat-Mutant ou Souris-Savante
Pour recommencer une histoire qui se répète à l’infini.
Lorsque je vois de ma fenĂŞtre ces catastrophes aggravantes,
Je réalise qu’il est notoire que tout sera bientôt fini.Sculpture de Maria-Luise Bodirsky.
-
Reflets urbains


Le cœur urbain manque à mon âme qui ne s’abreuve que de nature
Et la compassion du béton reste hermétique à ma raison.
Hélas pour l’amour d’une femme et nourrir ma progéniture,
J’ai admis, pour changer de ton, des efforts sans comparaison.
Heureusement les avenues, transformées par les jours d’orage,
Forment un miroir dont les mirages rincent mes yeux à l’eau de rose.
Tous ces petits bonheurs ténus font plus que force ni que rage
Et se changent en millions d’images dans tous mes reflets vers et prose.Tableaux de Iosif Derecichei sur http:www.stephenloweartgallery.caartistsdi1010001.asp?browsepage=5#Bio .
-
Petit soldat de bois
Si le petit soldat de bois n’a point de trou au côté droit,
Il arbore la fleur au fusil devant la petite Suzie.
N’ayez pas peur, il n’est pas mort ; il fait semblant, le matamore !
Car il attend le doux baiser qui pourra son cœur apaiser.Tableau de Nicoletta Ceccoli.
-
En robe de vierge
Elle avait pris cette habitude d’aller se baigner toute nue,
Juste vêtue, fallait l’oser, de pétales de roses illimités.
Elle n’avait aucune inquiétude à rencontrer des inconnus
Car des épines étaient posées pour garder son intimité.Tableau de Jana Brike.
-
Joyeuse apocalypse !
Au milieu du peuple qui gronde et des gilets jaunes qui crient
Sur le président qui s’éclipse dès qu’on en appelle à son fric,
Dans tous les ronds-points Ă la ronde et les carrefours circonscrits,
C’est la joyeuse apocalypse à l’intérieur du périphérique.Tableau d’Edvard Munch.
-
Gilets Jaunes aux ailes azur
En promotion sur Amazon, ces ailes d’azur et topaze
Équiperaient les Gilets Jaunes pour les transformer en Pégase !
Les forces du maintien de l’ordre pourront viser ces dissidents
Qui botteront dans le désordre le cul de notre président.Tableau de Soni Alcorn-Hender.
-
La vierge noire
Quand je lis les pages obscures des racines de l’humanité,
J’entends parler des vierges noires, déesses de fécondité.
Les religions qui n’en ont cure ont banni cette féminité
Pour y substituer la mémoire d’une Marie commanditée.La plupart de ces vierges noires sont liées à des rites de fertilité, de fécondité et de sexualité qui ne sont pas les attributs ordinaires de la vierge chrétienne.
-
Pendant ce temps aux antipodes
Tandis que nous nous apprêtons à quitter l’été pour l’automne,
Aux antipodes, l’hiver austral délègue sa place au printemps.
Si toutefois nous regrettons les jolies roses qui boutonnent,
Laissons la nuit nos corps astrals voguer vers d’atolls miroitants.Tableau de Ronnie Biccard.
-
Entre deux saisons
Quelle femme, cette Madame Nature qui se pare en toutes saisons
De robes aux couleurs de l’automne, de robes au couleurs de printemps,
Tissées dans la haute couture par les anges des grandes maisons
Qui cassent l’hiver monotone de bijoux d’été éclatants !Tableau de Maia Ramishvilli.
-
Des messages de liberté
Les hirondelles, les mésanges, les pigeons et les tourterelles
Apportent leur contribution avec grâce et légèreté.
Observez les lèvres des anges suivre la courbe de leurs ailes
Pour faire la distribution des messages de libertĂ©.Merci Ă Emilie Monteil pour m’avoir fait remarquer que la forme de la lèvre supĂ©rieure reprĂ©sente l’envol d’un oiseau vers la libertĂ©.
-
La fuite au prochain numéro
La difficulté de la fuite, c’est qu’on n’est pas plus éloigné
Du point de départ du problème qu’il faut tout de même affronter.
L’homo sapiens démontre ensuite (les singes peuvent en témoigner)
Que la fuite n’est que l’emblème d’une intelligence effrontée.
Sauf ceux-lĂ qui ont su choisir de prendre la voie de la mer
Pour vivre une vie simplement sans feu, sans science, sans argent.
Ils peuvent vivre tout à loisir sans subir d’aventures amères.
Le prĂ©sent suffit amplement quand on est un dauphin d’argent.Je viens de m’apercevoir que j’ai fait rimer « argent » – la valeur – et « argent » – la couleur -. Ă€ votre avis, c’est une rime riche ou pauvre ?
-
Juste entre deux saisons
Juste entre deux saisons, soudain le temps s’arrĂŞte
Comme s’il hésitait entre été et automne.
Est-ce qu’il va, sans raison, faire une pause discrète
Comme s’il visitait une escale qui l’étonne ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Juste sur la frontière
À tous ceux qui sont nés juste sur la frontière
Entre automne et été, comme on est de passage,
Laissez-moi vous sonner dans l’aube incendiaire
Un beau jour Ă fĂŞter de mes vĹ“ux les plus sages.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Dans la campagne profonde
Dans la campagne profonde, mon corps m’entraîne de ses pas
Pour laver mon âme féconde et calmer l’esprit d’écrivain.
Mon cœur sent l’envie vagabonde d’ignorer le sens du compas
Et dès la première seconde, je me reconnecte au divin.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le fleuve des rĂŞves
Quand la réalité me lasse de toutes ses contradictions,
J’en appelle à tous mes amis, ceux qui me suivent dans mes rêves.
Quand certains me font la grimace de ne pas suivre ma diction,
Je lâche prise Ă l’infamie et je la laisse sur la grève.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Bouddha veille
Dormez paisibles, braves gens, Bouddha veille sur le sommeil !
Rêvez ensemble, femmes et maris, faites l’amour en connivence.
Dans l’immédiat, rien n’est urgent, partez au pays des merveilles
Avec Krishna, JĂ©sus, Marie avec leur sainte redevance.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Tigresse et papillon
Jamais découragé par ses nombreux échecs,
Il va conter fleurette auprès de la tigresse.
Sera-t-elle outragée par ce petit métèque ?
Il y a belle lurette qu’elle dévore l’allégresse.
« Je n’f’rai qu’une bouchée de toi, mon papillon !
Tu n’es qu’amuse-gueule pour mon apéritif ! »
Le galant débauché ferma son carillon
Pour fuir cette bĂ©gueule Ă l’air expĂ©ditif.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les ailes de Mademoiselle
Oui Mademoiselle ! Quand on a des ailes
C’est pour les ouvrir et pour découvrir ;
Pour se montrer nue, au-delà des nues ;
Et pour vivre libre pour son Ă©quilibre !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le moulin de la semaine
Le lundi c’est en grinçant que ses pales redémarrent
Pour moudre le temps qui passe du lundi au vendredi.
Et toujours en se pressant, dans un furieux tintamarre,
Revient dans sa carapace Ă partir du samedi.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Derrière les gastéropodes
L’été s’est enfui cette nuit
En laissant un mot sur ma porte :
Je l’ai lu avec quelque ennui,
Écrit sur une feuille morte.
L’été est parti s’installer
Chez nos voisins des antipodes
Je vois mes jours s’épétaler
Derrière les gastĂ©ropodes.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’aube en double
Quand j’ai bu trop de whisky, je m’en vais me promener
En remontant la rivière de l’amont en l’avalant.
Quand passe un soleil exquis, j’ai peur de la ramener,
Je me couche sur ma civière ; c’est un peu ambivalent.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Ma parachatte
Tout en haut dans le ciel, j’ai la tête à l’envers ;
Une brise d’automne qui m’a outrepassé !
Mais j’ai ma parachatte et ces petits revers
Sont bien vite oubliĂ©s quand la crise est passĂ©e !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.