Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Plusieurs regards nĂ©cessaires

    Plusieurs regards sont nécessaires pour lire et comprendre le monde
    Sous toutes les différentes couches sociales, religieuses et ethniques.
    Plusieurs lunettes et un glossaire pour les langages qui abondent
    Et plusieurs oreilles qui débouchent sur un cerveau mnémotechnique.

    Ainsi, pour moi qui comprends vite lorsqu’on m’explique lentement,
    J’ai besoin de vérifier chaque information à la fois
    Je filtre celles qui gravitent dans l’orbite du gouvernement
    Et vois si je peux m’y fier et accorder toute ma foi.

    Me méfiant de ma mémoire que je déforme en consultant,
    Je fais usage des IA pour résumer l’actualité
    Sinon j’utilise la passoire du vieux Socrate consistant
    À passer au crible s’il y a du poids pour toute éventualité.

    Corroborer la vérité n’est pas le plus facile à faire ;
    Confirmer l’apport bénéfique devient une histoire de fous ;
    Quant à savoir l’utilité pour ma part, c’est toute une affaire ;
    En bref, tout est philosophique quand je peux dire que je m’en fous !

    Tableau de Gervasio Gallardo.

    
    
    
  • L’Afrique vue par… mon petit doigt

    L’Afrique vue différemment par ceux qui découpent la carte,
    Qui collent les États-Unis sur la savane et le désert,
    Qui font rentrer indécemment la Chine là où le Nil s’écarte
    Et qui posent un drapeau jauni comme ferait un cache-misère.

    L’Afrique vue conséquemment par ceux qui likent sans regarder,
    Qui partagent soit une girafe, soit un gorille miraculé,
    Experts d’un soir prétendument, prophètes qui savent clavarder
    Comme une pluie tombe en carafe sur un toit de tôle ondulée.

    L’Afrique vue concurremment entre BRICS et G7 enfin !
    L’un qui dépouille et qui promet des royalties aux rois immondes.
    Et l’autre qui veille nonchalamment à placer ses troupes aux confins
    Pour l’envahir lors du sommet sur la domination du monde.

    L’Afrique vue personnellement… j’ignore tout ou presque tout…
    Le colonialisme est fini mais les plaies sont restées ouvertes.
    Mais à choisir inversement les bras d’un autre Manitou,
    Quelle nouvelle Afrique définie soignera les plaies qu’elle a soufferte ?

    Illustrations d’après https:vahineblog.over-blog.comarticle-le-pillage-de-l-afrique-111729248.html .

    
    
    
  • XII Le Pendu

    Yavänor

    XII	Le Pendu

    Rite de la Coupe de Laureline : Volonté de rupture
    Craignant de ne pas accomplir la mission qui était la mienne,
    J’ai priĂ© pour mon changement quel qu’en soit le prix Ă  payer.
    Un accident a su remplir de façon plutôt draconienne
    Ce vœu lors d’un évènement que je ne saurais déconseiller.


    Basculement initiatique
    Je suis tombé de quinze mètres et me suis brisé le bassin ;
    J’en suis ressorti par miracle grâce à une anticipation.
    La douleur a été mon maître d’un acharnement assassin
    Qui a confronté au pentacle ma cruelle participation.


    Entrave sacrée
    Sept mois passés à l’hôpital dont un mois d’intense douleur ;
    Deux mois passés nu, entravé, prisonnier d’un corps de souffrance ;
    J’ai subi ma peine capitale et vu, de toutes les couleurs,
    Ma situation s’aggraver durant cette épreuve d’errance.


    Inversion du regard
    Mon univers a basculé et a dissout mes habitudes ;
    Ma carrière s’en est ressentie et ma famille déboussolée.
    Mon corps pourtant miraculé a recouvré son amplitude
    Malgré des séquelles bien senties qui ne se sont jamais consolées.


    Rite de l’épée de Loreleï : Reflexion
    Mais je n’ai jamais retrouvé vraiment l’homme que j’avais été ;
    Mon passé paraissait un rêve et le présent comme une absence
    Dans laquelle mon corps éprouvé ne trouvait plus son unité
    Et j’ai dû aspirer sans trêve à de nouvelles connaissances.


    Le temps de décision
    J’ai abandonné ma carrière, j’ai renoncé à ma compagne,
    J’ai cherché de nouveaux contacts et de nouvelles activités.
    Malgré les nombreuses barrières, j’ai cru qu’un futur de cocagne
    M’offrirait le désir intact de vivre mon objectivité.


    Rite du Pentacle : Renaissance
    J’ai poussé ma transplantation vers une retraite de bohème ;
    J’ai confié mon âme à un autre nouveau pays, nouvel idiome.
    Mes nouvelles orientations m’ont fait écrire des poèmes
    Dans lesquels je me fait l’apôtre de l’ÏÄMOURÏÄ et son royaume.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • La sirène vĂ©gane

    La sirène végane

    Ce n’est pas une queue de poisson mais une racine de carotte ;
    Pas de cheveux mais du cresson dont elle n’est pas peu fiérote.
    Vous la trouverez au potager se nourrissant de pommes de terre
    Qu’elle contribue à propager par son lait phytosanitaire.

    Les sirènes véganes ont du lait qui perle de leurs seins en poire
    Dont les mamelons ondulés plaisent aux vers qui voudraient y boire.
    Heureuse l’humble jardinière qui la découvre dans une endive
    Et passe de fonction routinière à une activité lascive.

    Si la queue sert à aguicher la jardinière dans son jardin,
    Elle fait office de godemichet et s’agrandit comme un gourdin.
    Si vous passez près des enclos et oyez des gémissements,
    C’est la maraîchère à huis clos qui pousse des trémoussements.

    Illustration de Forest Diver sur https:www.behance.netgallery247706332d-digital .

    
    
    
  • Jumping Mermaid

    Jumping Mermaid

    Sur les rouleaux, on voit l’surfeur et dans le rouleau, très sereine,
    On la voit jaillir sur sa proie laissant la planche à la dérive.
    Tant pis pour le sportif gaffeur qui ne croyait pas aux sirènes
    Maintenant je pense qu’il y croit mais c’est trop tard quoi qu’il arrive.

    Quand la mer fait de grosses vagues, les sirènes chassent en équipe
    Lors des frégates et concours, toutes s’y adonnent en chœur.
    Aussitôt qu’elles voient que divague d’exaltation le pauvre type,
    L’une le fauche dès qu’il encourt la jubilation du vainqueur.

    Pourtant je dois rendre justice, quand mĂŞme, Ă  son esprit sportif
    Car elle enlève du peloton notamment les brebis galeuses
    Qui auraient porté préjudice par leurs errements abortifs
    En mĂŞlant au phytoplancton leurs cervelles encore moelleuses.

    Tableau d’Anna Podedworna sur https:www.artstation.comakreon .

    
    
    
  • Marie-les-ondes

    Marie-les-ondes

    Marie s’est montrée réceptrice et le Saint-Esprit, émetteur ;
    Ainsi donc la fécondation s’est transmise par de saintes ondes.
    Avec bien plus de collectrices, aurait été plus prometteur
    Un flot d’expérimentations en sauveurs partout à la ronde.

    Marie avait bonne fréquence, si j’en juge du résultat,
    Pour capter la bonne émission venue au-delà des nuages.
    Le germe traduit en séquences, déployées en ondes delta,
    A fait preuve de « spermission » si vous me permettez l’image.

    Marie-les-ondes, la bien nommée, serait donc mère par transmission ;
    Ce qui explique une fois pour toute l’opération du Saint-Esprit.
    Quant à lui faire une renommée de déesse en compromission,
    Le débat sème encore le doute chez certains hommes avec mépris.

    Illustration de Yuko Rabbit sur https:www.cuded.comdigital-paintings-by-yuko-rabbit?ssp_iabi=1676447831639 .

    
    
    
  • La gardienne quadrangulaire

    Suite de « La gardienne triangulaire »

    Par sa fonction triangulaire, elle devint quadrangulaire ;
    Une promotion méritée auprès des oracles secrets.
    Elle trĂ´nait, les seins pendulaires, en position spectaculaire
    Comme une déesse héritée d’une mythologie sacrée.

    De cercles en triangles isocèles et de tous les quadrilatères,
    Sortant de sa méditation, la gardienne avait pris du grade.
    Désormais la jeune pucelle émergeant des eaux de la Terre
    Possédait l’accréditation pour les prédictions rétrogrades.

    Les seins à moitié immergés me regardaient au fil de l’eau
    Et laissaient de ses yeux perler des larmes de lait nourricières.
    Je sentis mon cœur diverger et mon âme partir à vau-l’eau
    Lorsqu’elle se mit à parler d’une intonation outrancière :

    « Toi qui ose me déranger par tes rêveries intrusives,
    Sache que je pourrais t’enfermer dans un carré d’hypothénuse !
    Mais puisque tu es étranger à mes exigences exclusives,
    Dès lors je peux te confirmer que désormais je suis ta muse ! »

    Tableau de Leonor Fini.

    
    
    
  • InterfĂ©rences optiques

    Interférences optiques

    Entre les lignes comme un store que j’écarte pour voir à travers,
    Entre les mots chromatisés par une rémanence hypnotique,
    Entre les pages dont le score affiche l’âge de l’Univers,
    Entre les lettres stigmatisées par leur message prophétique.

    À chaque fois que j’ouvre un livre, j’en entrouvre aussi la frontière
    D’une mémoire partagée entre innombrables créateurs.
    J’apporte ce que mon cœur délivre, j’en récolte toute la matière
    Je n’ suis plus simple passager mais l’un des membres procréateurs.

    Partir ou non à l’aventure, partir ou non à la rencontre,
    Tout dépend de ses dimensions, longueur, profondeur et hauteur.
    L’œil attiré par la lecture évite d’aller à l’encontre
    Mais plutôt percer l’intention que m’envoie le cœur de l’auteur.

    Tableau de Beth Conklin.

    
    
    
  • Jusqu’ici tout va bien !

    La chatte perchée, haut là là, entre deux p’tits péchés sucrés,
    Quand la vie ne tient qu’à un fil je n’ai pas honte d’en abuser !
    Mon petit minou, troulala, ne comprend rien au feu sacré
    Du Beaujolais que je m’enfile à voir son air désabusé.

    Mais le lundi, jour de lessive, il faut attendre que ça sèche
    Et comme je n’ai rien à me mettre, je bois un vin aligoté
    Le mardi, je suis dépressive alors je mange et je pourlèche
    Sur mon fil assise sans maître avec la chatte ligotée.

    Mercredi je vais Ă  la plage braver les tabous de la loi
    Mais les chiens policiers surveillent tous les écarts de ma conduite.
    Tant pis ! Je retourne au village vers un abri de bon aloi
    Où j’avale le jus de la treille et trois gâteaux qui m’ont séduite.

    Déjà dimanche, le temps excelle et mon maillot a rétréci ;
    Trop de lavages ont resserrés la taille, les fesses et les bonnets !
    Demain je m’habille en XL d’une couleur que j’apprécie ;
    Bordeaux ou rosé macéré d’un vin de pays Bourbonnais.

    Illustrations de Ronald West.

    
    
    
  • Fragmentations

    Fragmentations

    Sans doute y-a-t’il plusieurs corps dans ce qui nous fait homme et femme !
    Un corps de chair, d’eau et de feu, d’air et de Terre mélangés ;
    Un esprit souvent en désaccord entre l’honorable et l’infâme ;
    Un cœur qui tend, de tous ses vœux, à surmonter tous les dangers.

    Toutes les pièces de mon puzzle ne sont pas livrées dans la boîte
    Certaines se touchent, d’autres s’entendent, d’autres se voient, d’autres se goûtent.
    Quoi qu’il en soit, je reste seul à découvrir comment s’emboîtent
    Toutes ces parcelles qui tendent à m’améliorer mon écoute.

    Hermon & Heroda par Alma Haser.

    
    
    
  • SoirĂ©es intimes

    Soirées intimes

    Que dois-je faire quand je m’ennuie dans des soirées interminables
    Où les heures soporifiques n’en finissent plus de s’étirer ?
    Combien j’ai hâte que la nuit d’un mystère inimaginable
    Réveille en moi d’honorifiques fantasmes qui vont m’attirer !

    Juste vêtue d’obscurité, ma première fée imaginaire
    Vient m’embrasser comme Morphée convoyée par sa sœur jumelle
    En vêtement de vérité pour un rêve extraordinaire
    Dans lequel je suis le trophée de ces deux chasseuses femelles.

    Quant à ceux qui les croient lesbiennes admirant le phallus sacré
    Je les invite à postuler afin de leur être présentés.
    Qui sait ? Peut-être qu’elles entretiennent une admiration consacrée
    À se le faire inoculer lorsqu’il est bien instrumenté ?

    Photo de Helmut Newton.

    
    
    
  • La sirène immigrĂ©e

    La sirène immigrée

    Leurs jolies queues emprisonnées par ceux qui draguent l’océan
    Les ont poussées, contre leur gré, à se ramener sur nos plages.
    Sorties des eaux empoisonnées par des détritus malséants,
    Pauvres sirènes immigrées et condamnées au recyclage.

    Certaines chantent dans les rues, dans le métro ou dans les bars,
    Ou reconverties en hĂ´tesses dans les palaces en plein turbin ;
    D’autres pleurent leurs queues disparues dans un bordel à Zanzibar.
    Aussi, messieurs, par politesse, ouvrons-leur nos salles-de-bain !

    Stephanie Seymour à Hawaii en 1989 et photographiée par Herb Ritts.

    
    
    
  • Vacances sur Mars – 1

    Vacances sur Mars – 1

    Vacances de rĂŞves inoubliables, loin de la civilisation.
    Choisissez Mars pour un séjour désempourpré de vos douleurs !
    Des paysages incroyables grâce à la canalisation
    Des eaux de Mars qui, pour toujours, vous marquerons de leurs couleurs.

    À condition d’aimer le rouge et vivre nu sous le soleil
    Car la lumière trop éloignée peine à bronzer les épidermes.
    En revanche, on vit et on bouge au rythme des vents qui balayent
    Le sable qui vient témoigner d’une satisfaction à terme.

    Vu sur https:yazbukeyloves.tumblr.com .

    
    
    
  • Ă€ l’alcool de mes Reflets Vers

    À l’alcool de mes Reflets Vers

    La vie devient une habitude dans chaque jour de solitude
    Alors je me permets de transgresser, alors je me permets de m’agresser.
    Je prends quelque chose à fumer, le cerveau prêt à être allumé
    Et je m’envole dans un verre à l’alcool de mes Reflets-Vers.

    Illustration d’Adrian Borda.

    
    
    
  • Bienvenue chez « Reflets Vers & Prose »

    Bienvenue chez « Reflets Vers & Prose »

    L’entrée, dans le style classique, comporte plusieurs escaliers
    En quatrième dimension vers les galeries de tableaux.
    L’humour et le genre érotique sont accrochés sous le palier,
    L’absurde, soustrait aux conventions, est caché derrière un hublot.

    Le spirituel est au sous-sol avec la cave aux spiritueux ;
    Le fantastique est au grenier sous une poussière d’étoiles ;
    Les interdits sous la console avec les nus voluptueux ;
    L’ordre, je ne peux le renier, prend les gens à rebrousse-poil.

    Gravure de Maurits Cornelis Escher.

    
    
    
  • Les comĂ©diennes

    Sonnant comme un troupeau de vaches, je m’attendais à des génisses
    Mais je rencontrai leur bergère au tablier de clochetons.
    Elle me semblait fière et bravache et me dit : « Que Dieu vous bénisse !
    Nous cherchons une main étrangère qui peint les corps à croupetons ! »

    En effet, derrière un bosquet une femme nue, tatouée
    Semblait en pleines dévotions envers un esprit défloré.
    Elle m’a regardée offusquée, j’étais – je peux vous l’avouer –
    Surpris que de telles émotions puissent exister dans la forêt.

    « Tout va bien ! » me dit la grand-mère avec des oiseaux dans la poche.
    « Nous répétons un numéro au carnaval des animaux !
    Si vous voulez faire le compère et si ça vous paraît fantoche,
    Nous cherchons un nouvel héros qui s’appellerait Geronimo ! »

    Tableaux d’Anne Siems sur https:www.annesiems.com .

    
    
    
  • Blanche-Neige, ma mĂ´me

    Une fuite au cours de l’histoire de Blanche-Neige et des sept nains
    Révèle qu’il était un plombier qui répara cette avarie.
    Ils rentrèrent en train, rue Victoire, dans un palais assez bénin :
    Une H.L.M. de rombier dans une banlieue de Paris.

    La Blanche-Neige de mon histoire s’appelait Madame Leprince.
    Elle eut deux p’tits princes jumeaux qui lui ont tant tiré son lait
    Qu’elle s’ennuya, c’était notoire, dans cet appartement qui grince
    Mais étant du signe des gémeaux, elle s’en est bien consolée.

    Quant au mari, quelle avanie ! Il développa sa clientèle
    Pour déboucher les robinets de toutes les princesses du pays.
    Peau d’âne, Raiponce et Mélanie furent ses clientes fidèles ;
    Il put ouvrir un cabinet de toilette aux femmes ébahies.

    Illustrations de Quentin Gréban.

    
    
    
  • CamĂ©lĂ©onne

    Toute en camées, Caméléonne arbore l’animal sacré
    Qui lui assure ses couleurs et son fond de teint chamarré.
    Rubis de la Sierra Léone, du sang des ethnies massacrées
    Au nom des mines de douleurs et des richesses accaparées.

    Tableau de Martin la Spina. La Sierra Léone, pays africain producteur en mines de diamants et d’or, est l’état le plus pauvre du monde.

    
    
    
  • Le moment de Renard

    Le moment de Renard

    Lorsqu’il revient de ses poulettes qu’il a chopé au poulailler
    Pour leur prodiguer ses câlins et consommer leurs parties tendres,
    Il est encore un peu pompette, les yeux encore ensommeillés,
    Et je surprends ce gros malin qui n’a même pas su m’entendre.

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  • L’arrimage symbolique

    L’arrimage symbolique

    Il faut m’en faire une raison ; pour m’échapper de ma prison,
    Je dois m’accrocher aux symboles qui s’échappent au fil des images.
    Au fil des mois et des saisons je dépasserai l’horizon
    Et vaincrai chaque carambole en renforçant mon arrimage.

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  • Les effluves dĂ©formants

    Les effluves déformants

    N’allez pas au marché aux fleurs en le cherchant avec les yeux
    Car la vision est déformée par les parfums qui leur échoient.
    Pointez le nez écornifleur, ce bel organe si orgueilleux
    Saura bientôt vous confirmer la qualité de premier choix.

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  • La lionne fleurie

    La lionne fleurie

    Pour satisfaire le regard de tous ceux qui te veulent belle
    Et que par ces roses tu puisses affirmer ton statut de reine,
    Cœur de lionne ou cœur de cougar, cette couronne te révèle,
    De l’Ukraine jusqu’à la Suisse, ton rêve d’une beauté sereine.

    Couronne de fleurs d’Ukraine. Quant à la suisse, c’est là qu’on fait des rêves, à Sion.

    
    
    
  • La prĂ©paratrice des beaux rĂŞves

    La préparatrice des beaux rêves

    Pour préparer les meilleurs songes, il faut les meilleurs ingrédients ;
    C’est comme une recette de cuisine qui donnerait une bonne influence.
    La vérité et le mensonge sont de trop simples expédients ;
    Pour que le meilleur avoisine, il faut bien choisir ses nuances.

    Tableau de Anna Silivonchik.

    
    
    
  • Lion neuf

    Lion neuf

    Une aube à nulle autre pareille a rayonné au petit jour
    Car le soleil est un lion et le lion a un cœur d’or.
    Alors ouvrez bien vos oreilles et écoutez ce chant d’amour
    Qui monte des voix par millions car sa clémence est un trésor.

    Tableau de Andrew Gonzalez.

    
    
    
  • L’heure du loup

    L’heure du loup

    Ce moment qui précède l’aube, on l’appelle l’heure du loup.
    Il est quatre heures du matin et la nature est en sommeil.
    Si l’ombre de la nuit l’englobe encore d’un pouvoir jaloux,
    Tapie sous le ciel de satin, la planète attend le soleil.

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  • Constellion

    Constellion

    Je les vois parmi les étoiles, je les vois dans la Voie Lactée,
    Je les entends dans le silence et dans le bruissement du vent.
    Je ferme les yeux sur ma toile, j’ouvre mon regard diffracté
    Et je vois l’œil de ma conscience me toiser d’un lion vivant.

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  • La voie de l’être aimĂ©

    La voie de l’être aimé

    Quand je vais à mon rendez-vous, c’est l’amour qui m’ouvre la voie
    Comme si l’univers se plie et l’infiniment se referme.
    Sans doute, mon cœur se dévoue et mon esprit en perd sa voix
    Devant le miracle accompli de ce que l’être aimé renferme.

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  • La beautĂ© nue

    La beauté nue

    Lorsque, de l’oiseau, le ramage se rapporte à son beau plumage ;
    Quand la robe de l’animal est un trésor pour les vandales ;
    Il est dommage que l’image d’une femme nue fasse des ravages
    Et que le sexe soit mis à mal et traité d’objet à scandale.

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  • Le bonheur sans valeur

    Le bonheur sans valeur

    Pour vivre heureux, vivons cachés loin de ce monde sans valeur ;
    Pour vivre heureux, oublions-les, ceux qui ravagent la planète.
    Fuyons ceux qui sont attachés à se nourrir de nos malheurs ;
    Restons nous-mĂŞmes, ignorons-les, ceux qui croient tenir les manettes.

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  • Le futur en panne

    Le futur en panne

    Les promesses du futur ont fait rĂŞver la jeunesse
    Qui se voyait explorer tous les mondes infinis.
    Ah, quelle déconfiture de voir à quelle vitesse
    L’humanité éplorée réalise que c’est fini !

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  • L’anti-anniversaire

    L’anti-anniversaire

    Je pourrais bien voir la vie comme un immense escalier
    Parsemé de catastrophes et d’épées de Damoclès.
    Pourtant ce qui me ravit, après mille-et-un paliers,
    C’est de rester philosophe au-delĂ  de mes faiblesses.

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  • Quand le jour paraĂ®t

    Quand le jour paraît

    Un nouveau jour paraît qui ouvre mes pétales
    Et me nourrit d’amour juste mais nécessaire.
    Si je me préparais à faire un bel étal
    Pour accueillir ce jour de mon anniversaire ?

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  • Les seins sauvages

    Les seins sauvages (nu

    Les seins sauvages et dangereux ont besoin d’ĂŞtre muselĂ©s,
    Surtout s’ils sont autoritaires et qu’ils regardent droit dans les yeux.
    Cette poitrine plantureuse, comme deux obus fuselés,
    Me donne très envie de la traire et d’y téter son lait moelleux.

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  • Je vous devine nues

    Je vous devine nues

    Ne vous froissez pas, mesdames, mais je vous devine nues
    Lorsque vous déshabillez mes petits couplets intimes.
    Souffrez que nous accédâmes à ce plaisir continu
    En écoutant babiller les désirs que nous sentîmes.

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  • Avec ma 2 chevaux

    Avec ma 2 chevaux

    Quand j’ai rencontré Fabienne avec ma 2 chevaux,
    Je n’étais pas capitaine mais je venais de Lorraine.
    J’lui ai demandé d’être mienne avec ma 2 chevaux,
    Elle allait en aquitaine pour voir les fĂŞtes foraines.

    Nous avons fait bonne route avec ma 2 chevaux,
    Campé à la belle étoile à la lumière des phares,
    Mangé de bonnes choucroutes avec ma 2 chevaux,
    Juste réchauffée à la poêle sous les accents des fanfares.

    Nous avons eu des enfants avec ma 2 chevaux,
    Qui sont montés en voiture pour jouer sur la banquette,
    Nous étions bien triomphants avec ma 2 chevaux,
    Comme on n’avait pas de toiture, c’était la bonne franquette.

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  • Les vagues de cheveux

    Les vagues de cheveux

    Quand les vagues font des cheveux qui en coiffent les sirènes,
    Je suis le sens du courant sur la piste des chimères.
    Ô mes fantasmes, je veux, vous suivre, l’âme sereine,
    Jusqu’au fond en parcourant vos convoitises primaires.

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  • L’offrande aux poussins

    L’offrande aux poussins

    Tous ces poussins nuancés peints aux couleurs de la vie
    Le soleil a mis du jaune pour éclairer ses copains
    La nuit a influencé quelques oiseaux au lavis
    La lune a griffé la faune d’une teinte de bon pain.

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  • La colère du vent

    La colère du vent

    Quelquefois le vent se lève pour exprimer sa colère
    Et son souffle devient l’hydre qui agite ses tornades.
    Ces tentacules soulèvent les grondements des tonnerres
    D’une irréelle clepsydre qui sonne à la cantonade.

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  • La peinture naturelle

    La peinture naturelle

    J’aime la peinture naturelle qui ne cherche pas qu’à plaire,
    J’aime la beauté spontanée qui ne veut pas qu’être aimée,
    J’aime ce surnaturel dans la brièveté de l’éclair,
    J’aime cet instantané que la vie a essaimé.

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  • Qui es-tu, quiĂ©tude ?

    Qui es-tu, quiétude ?

    Lorsque les bruits se taisent à la tombée du jour,
    Quand l’esprit se dilue dans l’eau froide de l’âme,
    Lorsque l’ego s’apaise et quitte le séjour,
    Une paix me salue en soleil oriflamme.

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  • Le chant des coquelicots

    Le chant des coquelicots

    Ô mon écho écarlate, que j’aime entendre ta voix
    Quand le vent se fait archer et fait vibrer les montagnes !
    Je chéris ce chant qui flatte dans les champs à claire-voie
    Lorsque je m’en vais marcher dans les chemins de Bretagne.

    Lèvres grenat frémissantes, chuchotant un chant nouveau
    Qui s’accorde à la quiétude qui règne dans la nature.
    Votre antienne engourdissante fait sonner le renouveau,
    Comme une mansuétude dans vos appogiatures.

    Alors l’esprit se détache, le mental éteint son verbe
    Et le cœur rejoint la source qui jaillit dans votre écho.
    Je relâche les attaches de mes souvenirs acerbes,
    Le temps arrête sa course et je lui paie mon écot.

    Fleurs de joie et de corail, vous m’accrochez au présent ;
    Le passé n’est plus qu’une ombre, le futur inexistant.
    L’éclat du champ de vitrail, doux rayon omniprésent,
    Me soustrait de la pénombre dans un faisceau consistant.

    Toutes vos vagues écumantes du sang vermeil de la Terre,
    Me transportent au bout du monde et me relient à mon âme.
    Votre houle consumante des beautés du Finistère,
    M’est nourriture féconde comme le cœur d’une femme.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le repas de fiançailles

    Le repas de fiançailles

    Pour mieux goûter l’ivresse de mes amours naissantes,
    J’avais pris l’habitude d’exciter les saveurs.
    Foin des fadeurs pauvresses, pâles et affadissantes !
    Je cherchais l’amplitude des subtiles faveurs.

    Des poivrons bien féconds comme seins de la Terre,
    Aux mamelons charnus pour téter leurs liqueurs.
    Avec quelques flacons de vins de caractères,
    De cruchons biscornus parfois alambiqueurs.

    Pimenter et sucrer les arĂ´mes ensemble
    Pour mieux les marier et confondre leurs goûts !
    Des sauces bien nacrées d’un velouté qui tremble,
    Vous pouvez parier qu’il y aura du bagout !

    Pour mettre en appétit, embrasser sur la bouche,
    Les lèvres humectées d’un arôme de vin.
    La main assujettie au désir de la couche
    Qu’on va lui becqueter dans un baiser divin.

    Pour priser le dessert, on éteint les chandelles.
    Tout se fait dans le noir, tout se fait à tâtons.
    On séduit l’adversaire qui fait sa brigandelle
    Et dans son entonnoir y planter son bâton.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Mon amie lapine

    Mon amie lapine

    Quand j’étais petit garçon j’étais l’ami des lapins.
    Lentement j’ai bien grandi, et lapine a bien suivi !
    Ce ne sont pas ses oreilles qui battent le mieux le tapin
    Mais sa jolie queue touffue qui lui sert de pont-le-vit.

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  • Jouez au bois

    Jouez au bois

    Promenons-nous dans nos bois quand les biches n’y sont pas !
    Juste pour repérer les terrains à brouter.
    Ces dames sont difficiles et il faut un compas
    Pour trouver les meilleures herbettes à goûter.

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  • Cerise sur le gâteau

    Cerise sur le gâteau

    Déposer ma cerise sur ton gâteau exquis
    Est l’action intrépide d’un zeste réussi.
    Elle est rouge et croquante et glisse en monoski
    Vers le bouton sucré, mais avec minutie !

    Tandis que tu écartes tes jambes d’écuyère,
    Je joue avec mon fruit d’un va-et-vient subtil
    Qui t’apporte l’extase au fond de ta cuillère ;
    Tu en goûtes le suc au bout de mon pistil.

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  • L’œuf de Jupiter

    L’œuf de Jupiter

    Jupiter a pondu et c’est son œuf du jour
    La planète géante vient de nous enfanter
    Une planète-enfant. Souhaitons-lui le bonjour !
    Une nouvelle planète qui va nous enchanter !

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  • LĂ  oĂą va le dragon

    LĂ  oĂą va le dragon

    Comment fait le dragon pour savoir où il va ?
    Je ne le savais pas jusqu’à vendredi soir
    Il suit les intuitions de ses anges, Ă -Dieu-vat
    Et reçoit son bonheur et tous ses accessoires !

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  • Ces rivages lointains

    Ces rivages lointains

    Perdu sur l’atlantique dans un monde insolite
    OĂą les bateaux qui passent sont des barques en papier,
    Le soleil qui flamboie comme un aérolithe
    Qui ne tombe jamais, l’éternel contre-pied !

    Ces rivages lointains sont comme des vacances.
    Éternel estivant dans un cycle sans fin,
    Comme si je devais agir en conséquence
    Et tout recommencer jusqu’à vivre, enfin !

    Souvent je suis parti dans ces contrées lointaines
    Pour échapper au monde et trouver mes racines.
    Imaginer alors que je suis capitaine
    Et que j’ai navigué sous les fourches caudines.

    Dans mes rêves érotiques, j’en ai vu des guerrières,
    Farouches et altières dans leurs habits de fées.
    Elles m’ont enseigné les arts de la prière
    Et elles m’ont aimé sans jamais me bluffer.

    Toutes ces connaissances, aujourd’hui je les cite
    Dans mes phrases et mes mots et mes déclarations.
    Si vous vous retrouvez dans mes mots implicites,
    C’est que vous participez à mes aspirations.

    Tableau de Fabienne Barbier