Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’esprit des plaines

    Sur l’étendue des vastes plaines, des plateaux et des champs de blé,
    J’observe le curieux manège des oies sur les prés cultivés
    Qui me survolent à perdre haleine dans leur migration endiablée
    En savourant le privilège de voler sans s’invectiver.

    Moi aussi, oiseau de passage, je rêve de m’envoler nue
    Au-dessus des grandes étendues et sous la caresse des vents.
    Mon cœur en fait l’apprentissage lorsque l’esprit n’est soutenu
    Que par le doux chant attendu des oiseaux au soleil levant.

    Alors mon corps étend ses ailes et décolle, le sexe frémissant,
    Pour faire l’amour sous l’azur comme sous des draps de satin.
    Les cieux défilent avec zèle tandis que mon cœur gémissant
    Jouit au fur et à mesure dans le plus sensuel des matins.

    « Dans l’ombre où le songe s’achève, mon vol s’efface au fil du jour,
    Glissant sur l’or d’un vent docile qui lentement tait ses éclats.
    Là-haut, mon corps muet s’élève, porté par l’aube et son détour,
    Puis disparaît, plume fragile, dans un frisson tombé tout bas. »

    Tableau de Sydney Long.

    
    
    
  • La première nuit de Shéhérazade

    La première nuit de Shéhérazade

    « Première nuit, première angoisse et peut-être aussi la dernière…
    Ma fille, tu vas devoir trouver comment te sortir du pétrin !
    Réfléchissons car c’est la poisse et vite ! Car de toutes manières
    C’est LÀ que je dois me prouver que j’en ai dans l’arrière-train ! »

    Ainsi pensait Shéhérazade au seuil de cette nuit fatale
    À se poser mille questions et même encore mille-et-une.
    Mille-et-une ? Quelle improvisade ! Voilà une idée non létale !
    Bon cœur, bon compte d’indigestion contre une mauvaise fortune.

    Nul besoin d’imagination ! Il suffit de tisser des nœuds
    D’intrigues à ne savoir qu’en faire et bien l’assoiffer d’addiction.
    Un grain de sel d’obstination envers ce vieux libidineux
    Qui, pour pouvoir se satisfaire, reportera l’exécution.

    « Mais pour tenir mille-et-une nuits, il me faudra mille artifices,
    Suspendre l’aube en son récit, distiller l’ombre et le mystère,
    Que son désir devienne un puits, évitant l’heure du supplice,
    Jouer sans peur, tromper l’oubli, et triompher de la lumière. »

    Illustration de Yannick Corboz.

    
    
    
  • Les gorges rouges

    La conversation devient chaude et tourne en rond, décervelée,
    À répéter les mêmes choses tout en restant persuadée.
    Par cette obsession je m’échaude, je sens ma chaleur s’élever
    Et l’espoir se métamorphose en un désir dissuadé.

    Est-ce trop demander, ma sœur, faire que vos oiseaux de malheur
    Arrêtent de faire des discours qui ne sont que des codes rouges ?
    Je voudrais me faire chasseur, traquer ces propos sans valeur
    Qui tournent, tournent et tournent court, et tirer sur tout ce qui bouge.

    Hélas l’homme n’est qu’une machine, une intelligence factuelle
    Qui parle comme un perroquet, un rossignol qui se répète.
    J’essaie d’entendre mais je m’échine à ouïr ces piques rituelles
    Telles la boule du bilboquet qui me cogne surtout à la tête.

    J’voudrais fermer les écoutilles, éteindre ces voix automatiques,
    Me faire loup dans les broussailles, prêt à bondir sur le système.
    Mais même au fond de ma coquille, j’entends l’écho systématique
    Qui souhaiterait que je m’en aille loin de ce monde d’anathèmes.

    Je laisse ce monde mourir sous un tombeau de belles phrases…
    Dieu ! Je te prie, si tu existes, de m’enlever mon libre arbitre ;
    M’ôter le corps et encourir l’arrêt complet de chaque phase,
    Jusqu’à l’atome fantaisiste qui t’a donné voix au chapitre !

    Tableaux de Denis Bogapin.

    
    
    
  • À Maryvon & Fabienne

    2013 — Le miroir s’allume au matin du possible
    Deux cœurs au bord du lit, complices à demi-mots,
    Un monde encore fragile, un reflet tendre et drôle,
    Les regards s’enlacent dans le silence mobile,
    Et déjà, l’invisible ourle son auréole.

    2014 — Le vent souffle en éclats sur le quai du hasard
    Rires pris dans le ciel, gestes pleins de lumière,
    L’amour a mis ses bottes et saute dans le temps,
    Une main sur l’épaule, l’autre levée pour l’art
    De saluer la vie, bras ouverts au printemps.

    2016 — Deux verres, deux âmes au fond d’un restaurant
    Les années ont mûri sans froisser vos sourires,
    Vous buvez les secondes comme un vin compagnon,
    Et dans ce calme feu, où rien n’est important
    Sinon d’être ensemble, naît l’éternel frisson.

    2025 — Quatre verres valent mieux que deux
    Qui veut voyager loin ménage sa monture
    Alors il faut choisir entre boire et bien voire.
    Quant à moi je poursuis toujours notre aventure
    En chevauchant l’azur par-delà nos déboires.

    Photos de Fabienne & Maryvon de 2013 à aujourd’hui.

    
    
    
  • L’oracle craquelé

    L’oracle craquelé

    Si vous demandez à l’Oracle ce que projette Marianne,
    Vous le verrez se craqueler car sa vision est échaudée.
    Il faut en effet un miracle pour dérouler le fil d’Arianne
    Du labyrinthe morcelé que Manu a échafaudé.

    Les couloirs de droite débouchent sur un avenir extrémiste ;
    Ceux de gauche mènent à une impasse d’après un plan désordonné ;
    Au centre, le dédale accouche d’inextricables polémistes
    Et tout autour, rien ne se passe car la sortie est condamnée.

    Lors autant demander au Sphinx de nous proposer ses énigmes
    Qui seront bien moins compliquées que celles posées à l’Assemblée.
    Que Dieu me donne un œil de lynx pour voir clair dans ce paradigme
    Et je pourrais tout expliquer ; ça, je vous le promets d’emblée.

    Tableau d’Egregore Design.

    
    
    
  • Manifestation des anges

    Des anges sociaux manifestent sur la rive gauche tous nus
    Portant le masque sanitaire qui enveloppe tous leurs corps.
    D’autres ont retourné leurs vestes sur la rive droite en tenue
    D’Adam et Ève solidaires dans des tons turquoise en accord.

    Il ne manque que l’ange blanc pour faire un drapeau tricolore
    Aux couleurs « Turquoise, Blanc et Rose », nouveau genre et nouveau standard.
    Je vois déjà les flics tremblant de peur au-devant du folklore
    Brandir leur paintball qui arrose pour noyer leur fol étendard.

    Photos de Spencer Tunick sur https:www.theguardian.comartanddesigngallery2022sep10the-naked-ambition-of-spencer-tunick-in-pictures .

    
    
    
  • Thérapie en blues

    Thérapie en blues

    Quand j’entrai dans son cabinet pour la toute première fois,
    Je fus autant impressionné par elle que par son atmosphère.
    Sa robe bleue un tantinet décolletée m’a toutefois
    Engagé à me passionner à lui expliquer mon affaire.

    En ce temps-là j’étais perdu, complètement désorienté
    Et j’avais besoin de lumière pour me sortir de ma prison.
    J’avais aussi l’esprit tordu, échaudé voire ébouillanté,
    Espérant de cette première consultation ma guérison.

    Elle me jeta juste un regard suivi d’un geste de la main
    Et j’en fus tout hypnotisé, puis plongeai dans un sommeil lourd.
    Mes souvenirs demeurent hagards à la suite de cet examen
    Mais elle m’a érotisé pour le restant de mes vieux jours.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

    
    
    
  • Spécial Vacances

    Spécial Vacances

    Comme souvenirs de vacances, j’ai la nostalgie de l’enfance
    Avec le temps qui s’étirait dans l’infinité de l’été.
    Tous les défis d’extravagance et les couleurs de l’insouciance
    Étaient à ceux qui désiraient les plus beaux rêves reflétés.

    On commençait par la grande malle et les valises pleines à craquer ;
    Tout ce qu’on voulait emporter et qui ne voulait pas rentrer.
    La capacité maximale du coffre où tasser les paquets
    En souhaitant se réconforter par ce qu’on allait rencontrer.

    Joies du camping pour les enfants ou sacs de nœuds pour les parents ;
    Cuisine et lessive au grand air, pique-niques dans la nature ;
    Les après-midis étouffants, les nuits passées en espérant
    Courir les terres légendaires où goûter la villégiature.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

    
    
    
  • Mme Minocervus

    Elle aurait eu la même mère – à moins que ce ne soit le père –
    Que son cousin le Minotaure, locataire d’un palais en Crète.
    Mais si l’on en croit les commères, les matelots et leurs compères,
    Ses aïeux seraient des centaures croisés par des biches discrètes.

    Madame Minocervus, elle-même, pratique la dragonologie,
    Une science spécialisée dans l’étude des libellules,
    De petits dragons qui essaiment aux alentours de son logis
    Et qu’elle a commercialisés au pied des Colonnes d’Hercule.

    Les dragonfly jouent aux espions sur le détroit de Gibraltar
    Et monnayent aux belligérants des renseignements stratégiques.
    Ils forment le réseau « Scipion » établi à Madagascar,
    L’œil sur les gangs proliférant sur la péninsule ibérique.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • M. Minotaure

    M. Minotaure

    Les vieilles ruelles de Crête forment un étrange labyrinthe
    Dont l’entrée, en trois coups de pédale, démarre sur la rue d’Icare.
    Certaines traboules secrètes dont les murs resserrent leurs étreintes
    Augmentent l’effet du dédale quand la lumière passe à l’écart.

    Sur la grand-place du Roi Minos – pour la trouver il faut un guide –
    Cherchez l’hôtellerie du Centaure réputée pour ses entremets.
    Priez le serveur albinos de vous séduire, d’un air candide,
    Et c’est le chef « le Minotaure » qui vous servira en fumée.

    Une Centauresse un peu fougueuse et un ancien Dieu Égyptien
    Ont mis au monde l’enfant chimère qui a déployé son renom.
    Après une jeunesse bourlingueuse, il est revenu chez les siens
    Ouvrir en l’honneur de sa mère l’auberge qui porte son nom.

    Tableau d’Alan Macdonald sur https:alanmacdonald.net .

    
    
    
  • Relaxation

    Relaxation

    S’arrête la course du temps au temps de la relaxation
    Si seulement la vie s’en imprègne afin d’en prendre connaissance.
    Plus l’objectif est important, plus forte est l’accélération
    Vers un leurre qu’il faut que j’enfreigne contre une nouvelle naissance.

    Lorsque le temps stoppe sa course et que le flot de mes pensées
    S’écoule vers une quiétude dans une forêt de silence,
    Peu à peu le temps me rembourse, le temps perdu est compensé
    Et je n’ai aucune inquiétude à abaisser ma vigilance.

    Si je suis souvent dans la Lune, dans la mer de sérénité,
    J’y cultive mes petits vers sous un soleil de réflexion.
    Ainsi donc ma seule fortune reste un moment d’éternité
    Où l’âme respire à découvert et le cœur s’ouvre en réception.

    Tableau de Jasmine Le Nozac’h sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201308Jasmine-Le-Nozach.html .

    
    
    
  • Les petits animaux dans la tête

    Le cœur court comme un éléphant qui fuit le fruit de la raison
    Et l’âme brame comme une biche lorsque l’esprit est aux abois.
    Je redeviens ce petit faon qui recherche en vain sa maison
    Dans la forêt de vers en friche dont mon corps fait feu de tout bois.

    L’éléphant lourd comme une plume s’envole en étendant ses ailes,
    La biche retrouve son cerf et le faon regagne son gîte.
    Tandis que mon corps se déplume, le temps court comme une gazelle
    Et je me dis : « À quoi ça sert toutes ces pensées qui s’agitent ? »

    Sculpture de Luciana Novo sur http:luciananovo.blogspot.com .

    
    
    
  • Bavaroise Saint-Michel

    Bavaroise Saint-Michel

    Mont Saint-Michel en bavaroise aux oranges flambée au Cointreau
    Pavoise d’honneur sur la carte aux entremets les plus soûlards.
    Un breton né en mer d’Iroise, pâtissier pourtant maestro,
    L’aurait réalisé en tarte aux dépends de la mère Poulard.

    Photo de Mathieu Rivrin.

    
    
    
  • Le cœur

    Le cœur, c’est un grand pot de fleur mais de fleurs qui poussent d’amour ;
    Le cœur, c’est comme un coffre-fort qui renferme tous vos trésors ;
    Le cœur, il se remplit de pleurs mais pour les changer en humour ;
    Le cœur, l’organe le plus fort qui sait donner tout son essor.

    Le cœur, c’est un carnet d’amis qui vous aident à chaque problème ;
    Le cœur, c’est un sac à malice où l’on dépose ses baisers ;
    Le cœur, subit un tsunami quand un autre lui dit qu’il l’aime ;
    Le cœur, c’est lui, le Saint Calice porté à vos lèvres braisées.

    Illustrations de Aitch Heliana.

    
    
    
  • Le grand départ

    Lorsqu’elle décidera de partir, que mettrai-je dans ses valises ?
    Alain Barrière et Crèvecœur ? Sans oublier les écouteurs !
    Les vieilles photos à répartir entre ses voyages à Venise,
    Et ses tableaux accroche-cœurs ? Sans oublier ses droits d’auteur !

    Ne cherchez pas de concession ou une place au cimetière !
    Elle veut être incinérée, ses cendres dispersées au vent.
    Il n’y aura ni procession, ni héritiers, ni héritières,
    Puisque ses œuvres énumérés auront brillé de son vivant.

    Illustrations de Aitch Heliana.

    
    
    
  • La tour de Babel-Oued

    Puisque Dieu passe à la retraite tandis que la science domine,
    L’homme n’a plus peur de construire de hautes tours vers les étoiles.
    La langue française se maltraite, l’anglais et l’arabe culminent ;
    À force de s’autodétruire, nos traditions mettront les voiles.

    Dessin d’Athanasius Kircher.

    
    
    
  • Le cycle lunaire

    Le cycle lunaire

    Si nous mesurions notre temps selon les quatre lunaisons,
    Alors treize mois de vingt-huit jours feraient l’année, à un jour près.
    Les femmes seraient tout autant réglées sous la combinaison
    Du cycle sacré de l’amour dont l’homme connaîtrait les apprêts.

    Tableau de Alice Haibara. 13 x 28 = 364 ; + 1 = 365.

    
    
    
  • Le soufflé Saint-Michel

    Le soufflé Saint-Michel

    La mère Poulard l’a bien doré, bien cuit au four comme un soufflé !
    Désormais le Mont-Saint-Michel est classé « art gastronomique » !
    Venez goûter et adorer ce qui va vous époustoufler
    Et vous faire grimper à l’échelle des délices astronomiques.

    Le Mont-Saint-Michel doré au soleil du soir 360° chaleur tournante. À déguster en faisant l’amour.

    
    
    
  • La chute du cancer

    La chute du cancer

    Voilà que le cancer trébuche entre les pattes du lion
    Dont la queue sous nos yeux s’agite en voyant sa chute de rein.
    Mais entre eux, il n’y a pas d’embûche et ensemble nous réconcilions
    Le feu Bélier-Lion-Sagittaire avec l’eau du cancer serein.

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  • Nouvelle Marianne

    Nouvelle Marianne

    Pour marquer un nouvel emblème, plus sexy que les précédentes,
    Et pour incarner Marianne, le choix me paraît évident :
    Si ça ne pose pas de problème à Madame la présidente,
    J’aimerais que la fée Viviane soit proposée au président.

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  • Les préparatifs du lion

    Les préparatifs du lion

    Les préparatifs vont bon train pour savourer un mois de règne ;
    Autour du soleil, les princesses s’apprêtent auprès de sa Majesté.
    Déjà on voit avec entrain de quelle ardeur elles s’imprègnent
    Et toutes sortes de promesses qu’elles s’affairent à manifester.

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  • L’arbre de vie

    L’arbre de vie

    La vie n’est qu’une illusion où chacun se croit unique
    Car l’esprit se méconnaît et croit suivre ses envies.
    La mort, cruelle désillusion, fait voler la vieille tunique
    Et l’âme nue se reconnaît comme feuille de l’arbre de vie.

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  • Le départ du cancer

    Sur le départ, il interroge les deux chevaux de son destin
    Car le cancer met à profit sa retraite pour l’avenir.
    Voyant qu’aujourd’hui se déroge sa contribution au festin,
    Tandis que son temps s’atrophie, il emballe ses souvenirs.

    Tableau de Zayasaikhan Sambuu.

    
    
    
  • Yin Yang

    Yin Yang

    Si je pouvais inverser le miroir nacré du temps,
    L’homme de nuit aimerait d’amour la femme du jour ;
    Et les sexes renversés échangeraient à l’instant
    Un baiser qui troquerait un adieu pour un bonjour.

    Dessin « Yin Yang » de Alphachanelling.

    
    
    
  • La danse pastèque

    La danse pastèque

    Depuis la nuit des temps, dans les cités aztèques,
    Sautillent les chevilles sous les jolis jupons.
    Ça calme et ça détend, c’est la danse pastèque
    Qui fait valser les filles dans des ballets fripons.

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  • Quand les hommes lisent

    Quand les hommes lisent

    Quand les hommes lisent, c’est pour s’évader
    Le temps d’un roman ou d’une aventure.
    Ils font leurs valises pour se balader
    Loin de l’assommant monde d’argenture.

    Quand les hommes lisent, le temps se suspend,
    Les heures défilent à toute vitesse.
    Ils se tranquillisent de tous les suspens
    Que la vie enfile dans leur petitesse.

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  • Quand je lis

    Quand je lis

    Quand je prends un livre, je ne suis plus là ;
    Mon fauteuil est vide, l’absence est notoire.
    Ce qui me délivre des bruits d’ici-bas,
    C’est quand je dévide le fil d’une histoire.

    Lorsque je découvre de nouveaux savoirs,
    Mon âme se branche sur des longueurs d’ondes
    Qui m’aident et qui m’ouvrent pour me recevoir ;
    Ainsi je débranche le reste du monde.

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  • Quand les femmes lisent

    Quand les femmes lisent

    Quand les femmes lisent, elles agrémentent
    Leur jardin secret de pensées secrètes.
    Elles analysent, elles se lamentent
    Quand c’est consacré à ce qu’on regrette.

    Quand les femmes lisent, c’est pour se défendre,
    Pour construire un nid ensemble en famille.
    Ça déstabilise l’envie de dépendre
    Avec ironie, d’être trop gentilles.

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  • La fin du Cancer

    La fin du Cancer

    Lorsque vient la fin du Cancer, tout l’orchestre se met debout
    Pour saluer d’une ovation son chef et ce public vivant !
    Et tout le monde de concert, mettre à ses lèvres son embout
    Pour un refrain d’innovation en attendant l’été suivant.

    L’image est extraite du dessin animé « Yellow Submarine » avec les Beatles sorti le 17 juillet 1968.

    
    
    
  • Dernières nouvelles des forêts

    Dernières nouvelles des forêts

    Chaque fois que je vagabonde parmi les bois et les orées,
    J’apprends les nouvelles du temps par toutes ces petites fleurs.
    Leurs petites bouches abondent de tous les secrets des forêts
    Et moi, l’écrivain débutant, je vous en offre la primeur.

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  • L’entrée maritime

    L'entrée maritime

    Imaginez un tsunami fait de vapeur et de brouillard
    Qui pénètre au cœur de la ville et vous voilà embarrassés !
    Il m’est arrivé, mes amis, qu’en étant un peu débrouillard
    J’embrassais toutes les jolies filles et, subitement, disparaissais.

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  • La vieille ville

    La vieille ville

    En parcourant la vieille ville et ses boutiques hors du temps
    Je suis tombé sur ce village issu d’une autre dimension.
    J’imaginais les vaudevilles et les couples s’y culbutant
    L’un après l’autre en enfilage et dans toutes les positions.

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  • Méli-mélo de feu et d’eau

    Méli-mélo de feu et d’eau

    La mère était démontée pour le jour de ta naissance
    Pourtant la mer s’est calmée lassée du méli-mélo.
    Puis ton père s’est montré, lumineux avec aisance
    Et ton âme s’est incarnée bercée par le feu et l’eau.

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  • On n’est jamais content

    On n’est jamais content

    Une pluie providentielle est toujours la bienvenue
    Quand les gouttes content fleurettes à mon jardin assoiffé.
    Mais quand elle est torrentielle, la pluie est bien malvenue
    Si l’eau noie mes pâquerettes aux figures décoiffées !

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  • Gare au triton

    Gare au triton

    Là, derrière son rideau d’écume, quelques fois se cache un triton
    Pour guetter sa petite reine et lui offrir une boisson.
    Avec moins que rien de costume, d’une belle voix de baryton
    Il séduit la petite sirène et tout finit en queue de poisson !

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  • Là où va l’éléphant – 5

    Là où va l’éléphant – 5

    C’est les pieds dans l’eau, si je ne me trompe
    Qu’on goûte la vie en s’ébouriffant !
    Gagner le gros lot avec grandes pompes
    Fait le cœur ravi de mes éléphants !

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  • L’amour en couplet

    L’amour en couplet

    S’il faut le faire en chantant, autant faire des couplets
    Avec des lignes embrassées prolongées de rimes riches.
    Quand l’amant est consentant et bien bâti, s’il vous plait,
    La belle, jamais harassée, l’étreindra comme une biche.

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  • L’anniversaire au sommet

    L’anniversaire au sommet

    Encore une année gagnée sur la chaîne de la vie
    Chaque année est un sommet qu’on se doit de conquérir.
    Si on est accompagné de passions inassouvies
    La joie vient à point nommé, on n’a plus qu’à l’acquérir !

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  • Les fleurs égoïstes

    Les fleurs égoïstes

    Mes jolies fleurs clairsemées ont toutes beaucoup à dire.
    Trop grosse ou bien trop charnue ? Chaque fleur a son histoire.
    Unique ou bien parsemée ? À louer ou affadir ?
    Sublime ou bien biscornue ? Laide ou bien adulatoire ?

    Dans nos jardins de famille, chaque cicatrice reste
    Et les années de printemps n’en effacent pas la trace.
    Toutes les jeunes charmilles grandissent plus ou moins prestes
    Et se gênent en s’éreintant pour régner sur les terrasses.

    On charme le jardinier, on captive le fleuriste.
    Tant pis s’il faut ombrager les candidates en friche !
    Sous le soleil matinier, on loue le pépiniériste
    Pour se faire encourager et admettre au clan des riches.

    Chaque fleur a ses affaires et se croit unique au monde.
    Le bouquet n’est qu’un réseau qui doit l’écouter se plaindre.
    Les roses qui prolifèrent ont des épines immondes
    Mais unies par des tréseaux hypocrites à complaindre.

    Elles faneront un jour, desséchées dans l’amertume,
    Rejetant la faute aux autres si elles n’ont pas eu leur gloire.
    C’est le pire des séjours de chercher l’honneur posthume
    Et jouer les bons apôtres dans un bocal étrangloir.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le petit prince

    Le petit prince

    En habit d’explorateur, brandissant bien bas son sceptre,
    Le petit prince est paré pour de nouvelles aventures,
    Avec son air d’orateur, le fils de la belle Électre,
    Et son air désemparé d’un héros en miniature.

    Il est tombé des étoiles de son beau vaisseau d’argent
    Naufragé involontaire, un Robinson de l’espace,
    Observant la moindre voile, sur l’horizon émergeant,
    Pour une aide humanitaire de crainte qu’il ne trépasse.

    C’est d’un coucou en acier échoué d’une tempête
    Que son ange est arrivé par une nuit déprimante.
    Un aviateur finassier, un amateur de trompette
    Qui avait trop dérivé, balloté par la tourmente.

    Petit prince s’est caché du monstre métallisé
    De peur qu’il ne se réveille et l’avale goulûment,
    Puis sa peur s’est relâchée sous l’effet des alizées
    Et le voilà qui surveille son sauveur résolument.

    L’aviateur était artiste et grand-maître du pinceau.
    Il sut dessiner la route qui menait à sa maison.
    Aidé par le trompettiste, l’enfant couru les rinceaux,
    Représentés sur la croûte, qui faisaient la liaison.

    Quand vous le rencontrez, éperdu sur votre route,
    Ayez toujours à portée quelque chose à regarder ;
    Des crayons à liseré pouvant servir de biroute
    Et les moutons confortés seront sagement gardés.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le génie des alpages

    Le génie des alpages

    Le génie des alpages est là bien à son aise !
    Son compère l’oiseau lui est resté fidèle.
    Il se met sur son dos et siffle « La Paimpolaise »
    Et tous deux aiment bien se poser en modèle.

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  • Ma fiancée, la Nature

    Ma fiancée, la Nature

    Ma fiancée, c’est la nature, sa toilette est très frivole ;
    Sa robe est nacrée de rouge sur un joli jupon vert ;
    Elle porte sur l’épaule une vaporeuse étole.
    Et, quand je viens l’embrasser, elle m’attend à découvert.

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  • Le bouquet des peurs violettes

    Le bouquet des peurs violettes

    J’ai jeté mes soucis au fond d’une oubliette
    Et mes craintes aussi avec mes inquiétudes.
    Et pour chaque victoire, deux ou trois fleurs violettes
    C’est comme un témoignage, c’est comme une habitude.

    Je ne connais pas la peur car la peur tue l’émoi.
    C’est une petite mort qui conduit au néant.
    J’affronterai ma peur, elle passera sur moi,
    Elle me traversera debout sur mon séant.

    Lorsqu’elle a circulé j’observe son chemin
    Par mon œil intérieur que je fais pivoter.
    Et là où elle est passée il ne subsiste rien,
    Plus rien d’autre que moi et mon intimité.

    Il faut savoir oser, il faut savoir risquer.
    Oui mais au bout du compte on a tout à gagner !
    Retrouver le courage qu’on nous a confisqué
    Et le laisser agir pour nous accompagner.

    Chaque jour une peur suit le même chemin.
    Ça m’amuse toujours et je rajoute un brin.
    Une petite fleur violette du jardin.
    Mon bouquet me rend fort, je suis calme et serein.

    Tableau de Fabienne Barbier