Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Le sens de la critique

    Le noble sens de la critique, s’il reste toujours partagé,
    Demeure en outre l’apanage des femmes qui l’ont aiguisé.
    Malgré l’esprit autocritique des hommes jeunes au plus âgés
    Qui n’a pour but qu’un harponnage entre mâles électrisés.

    Les femmes possèdent l’œil de lynx qui scanne comme leurs bonhommes
    Le corps mais sans être distraites pas les appas libidineux.
    Elles pénètrent par le larynx, descendent de manière économe
    En scannant de façon concrète l’objet du désir épineux.

    Les seins redeviennent mamelles, le cul n’est plus qu’un postérieur,
    Le sexe un organe à produire l’accomplissement d’un enfant.
    Voyez les, ces fières femelles, avec un aplomb supérieur
    Sur ce corps prétendu séduire lancer un blâme apostrophant !

    Tableau d’Evert Thielen sur https:en.evertthielen.com .

    
    
    
  • De la Terre à la Mère

    De la Terre à la Mère

    Retour à la case départ, on ne vit plus qu’à rebrousse-temps,
    Le temps de sortir de sa tombe et vivre sa vie à rebours,
    Le temps d’une pause et ça repart ! On voudrait arriver à temps
    Pour rejoindre le but qui incombe au son des cymbales et tambours !

    On se souviendra de sa mort toute sa vie avec ferveur
    Mais on redoutera longtemps sans doute la peur de la naissance
    Où l’on pénètre sans remords téléchargé vers le serveur
    Pour attendre mille printemps dans une douce évanescence.

    Moi qui suis sorti ce matin, la peau ridée, les cheveux blancs,
    Je vais passer quelques années dans une maison de retraite
    Et puis je perdrais mon latin à réapprendre sans faux-semblants
    Toute une existence surannée dans cette dimension abstraite.

    Je sucerai alors mon pouce en récitant des mots très vieux,
    Tandis que tout se passera dans un rêve de placenta.
    Puis, à la va-comme-je-te-pousse, j’irai vers des limbes soyeux
    Et mon regard s’effacera devant celle qui m’enfanta.

    Tableau de Raymond Douillet.

    
    
    
  • 25. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Lilith

    25. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Lilith

    Yavänor
    Depuis longtemps tu m’attendais, très Sainte Déesse suprême
    Et dans ma tête je t’entendais me souffler tes paroles ancrées !
    Depuis longtemps tu prétendais m’initier au bonheur extrême
    De ta yoni qui transcendait ton noble Féminin Sacré !

    Lilith
    Je t’ai soufflé des vents de fièvre au seuil des songes de ton âme ;
    J’ai fait vibrer ta moelle intime dans l’éclat de ta chute libre !
    J’ai tatoué dans tes vertèbres l’ivresse au venin de ma flamme ;
    Ta féminité légitime te sacralise et t’équilibre.

    Lilith par Laureline – le Feu
    J’allume en toi l’incandescence, je mords tes nerfs, je brise l’air ;
    Mon cri dévore ton vertige, ma flamme en toi devient ton glaive.
    Je te couronne de quintessence, j’enchaîne ton souffle à l’éclair
    Et je m’embrase en ton prestige, là où mon désir te relève.

    Lilith par Loreleï – l’Eau
    J’inonde toutes tes entailles, je noie tes os, je creuse au loin ;
    Mon flot t’arrache et te renverse, ma vague en toi devient ton ombre.
    Je te recouvre de mes failles en marées de rouleaux malouins
    Et je t’engloutis d’eaux converses à mon abîme secret et sombre.

    Lilith par Laureline – le Feu
    Je t’enlace dans ma lithosphère, mes cheveux embrasent ton front ;
    J’écorche l’ombre qui t’inspire, je crache le magma de la Terre.
    Ton cri est musique des sphères, ton corps s’ouvre à mon nom profond
    Et je consume ton empire où chaque spasme devient cratère.

    Lilith par Loreleï – l’Eau
    Je t’entraîne au fond des abysses, mes algues s’emmêlent à ton souffle ;
    La houle emplit ta bouche frêle, tu respires l’écume de ma nuit.
    Ton sang coule dans mon précipice, tes yeux chavirent, tes bras m’étouffent ;
    Je suis la vague qui déferle et tu chavires dans mon puits.

    Lilith
    Je suis la flamme et la marée, je suis le fer et la rosée ;
    Je suis le cri, la jouissance, le sacre et la transgression.
    Mon nom résonne, remémoré dans tes blessures névrosées
    Et je demeure en toi, puissance qui te lie en ma possession.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 24. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Loreleï

    24. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Loreleï

    Yavänor
    Depuis longtemps déjà tu guettes le moment qui t’est consacré ;
    La Fornicatrice lunaire va exiger son protocole.
    Je tiens bien dressée ma baguette, prête à ton office sacré
    Par de subtils préliminaires qui font honneur à ton école.

    Loreleï
    Mes cuisses s’ouvrent en marées sombres où se jettent déjà tes désirs ;
    Mon ventre appelle ta morsure, l’oracle ardent de tes mystères.
    Lilith se réveille dans l’ombre avec un torrent de plaisir ;
    J’écarte grand mes commissures pour te mordre jusqu’aux molaires.

    Ton sexe enfonce sa puissance au fond de mes gouffres marins
    Et je deviens ta proie sacrée, ton animal offert aux flammes.
    Chaque assaut brise mes défenses et me tord au plus creux des reins ;
    Je hurle, aimée et consacrée par l’extase au secret des femmes.

    Mes seins gonflés sont turgescents, j’offre mes perles à tes dents ;
    Ton souffle embrasé me ravage, j’étouffe en mes râles lubriques.
    Lilith hurle : « À feu et à sang ! Rends-lui sa sève en mords ardents ! »
    Je deviens louve au cri sauvage, ivresse aux transes idolâtriques.

    Tes mains de fer serrent mes hanches, mes fesses ploient sous ton ardeur
    Et ton épée de chair m’entrouvre comme un lys au cœur de la nuit.
    Je sens mon âme qui s’épanche, noyée de jouissances en pleurs
    Et mes convulsions se découvrent en éclairs d’orage et de pluie.

    Enfin je cède, corps inondé, mon fleuve éclate en ton abîme ;
    La mer entière se répand dans l’extase de ton ânanda.
    Je suis ta reine furibondée, ta sirène offerte au sublime ;
    Lilith m’habite et me suspend au sortilège du nirvâna.

    Ainsi je tombe et je me dresse au seuil des gouffres sensoriels ;
    Ton nom s’inscrit dans mes abîmes, il est le sceau de ma couronne.
    Lilith, gorge repue, m’adresse son trop-plein d’éclats tensoriels
    Et mon amour, fleuve sublime, déborde de progestérone.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 23. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Laureline

    23. Le KÄMÄSÜTRÏÄ de Laureline

    Yavänor
    Tandis qu’en silence j’approche du feu de ta chatte solaire
    Qui guette l’entrée de l’Oracle dans son sanctuaire enflammé,
    Mes mains te caressent et s’accrochent – prélude au rite séculaire –
    À te faire crier au miracle que tu es en droit d’acclamer.

    Laureline
    Lilith en moi alors s’emballe et vient ainsi me motiver
    Car son esprit se développe dans mes nerfs jusqu’à mon cerveau.
    Par ma colonne vertébrale, tous mes chakras sont activés ;
    Ma Kundalini s’enveloppe d’auras au septième niveau.

    Tes mains de feu glissent sur moi, traçant des flammes sur ma peau,
    Et chaque fibre de ma chair se met à battre en harmonie.
    Ton souffle ardent met en émoi ma gorge en mots bien à propos ;
    Ma voix s’élève et je t’enserre avec Lilith en diaphonie.

    Mon ventre en transe se déploie, convulsant d’ondes élémentaires ;
    Ton sexe plonge dans mes abîmes et vient y fonder son autel.
    Les dieux déclament leurs exploits au creux des cavernes lunaires
    Et chaque spasme est un intime tonnerre qui mène le rituel.

    Tes lèvres mordent mon épaule et mes hanches ploient sous ta loi ;
    La bête en moi s’éveille féroce et me déchire de l’intérieur.
    Je jouis, je crie et je me m’envole dans cette offrande de bon aloi
    Et je ressens l’Ouroboros de la couronne au postérieur.

    Je sens mes reins forger la foudre et l’allumer dans chaque éclair
    Et ton corps d’homme qui s’arc-boute comme un pilier de cathédrale.
    L’univers vibre à se dissoudre, plus rien ne saurait me déplaire ;
    Mon âme s’ouvre et je m’envoûte dans une extase sidérale.

    Alors j’expire et je respire, consumée d’or et de lumière ;
    Lilith s’apaise en ma poitrine et je sens sa montée de lait.
    Je suis ton temple et ton empire, prêtresse et ta muse première ;
    Ton prénom s’inscrit en lettrine sur le linteau de mon palais.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • La verge et le serpent

    La verge et le serpent

    Sans doute Ève demeura de pierre la première fois que le serpent
    Voulut s’introduire céans dans son petit jardin secret ;
    Son œil unique sans paupière, son crâne chauve s’extirpant
    De l’entrejambe malséant qu’Adam voulait lui consacrer.

    Si je tentais la métaphore entre Ève et le serpent retors,
    J’opterai pour la connaissance du rôle du sexe et de l’amour.
    Brandissant comme un sémaphore un engin faquin et butor,
    Adam connut la jouissance et Ève, trompée, fit la moue.

    Évidemment tout est voilé, maquillé et dissimulé
    Et le pauvre serpent bandant fut obligé de débander.
    Je peux maintenant dévoiler qu’Ève avait sciemment simulé
    Pour qu’Adam devînt dépendant de son phallus pour commander.

    Sculpture d’Armelle Colombier sur https:www.artmajeur.comarmellecolombier .

    
    
    
  • La peur de l’inconnu

    La peur de l’inconnu

    Qu’est-ce qui se cache dans le noir sinon ce que je ne peux voir ?
    Qu’est-ce que dissimule l’inconnu sinon un monstre biscornu ?
    Qu’est-ce qui se dit dans le silence sinon un manque de vigilance ?
    Qu’est-ce qui se passera demain sinon le bout de mon chemin ?

    Toutes ces craintes de l’enfance ont consolidé mes défenses ;
    L’inconnu est plein d’imprévus qui s’alignent à perte de vue ;
    Tout ce que je ne peux comprendre n’est pas toujours bon à entendre ;
    Demain sera un autre jour, un beau jour pour mourir d’amour.

    Tous les démons sont inventés, le pot-aux-roses est éventé ;
    Les ogres et le croque-mitaine sont d’une bêtise incertaine ;
    Les crises et les guerres immondes créées par les grands de ce monde ;
    Pour finir, la peur de la mort, conçue par un dieu sans remords.

    Illustration de Lorenzo Mattotti.

    
    
    
  • Les jardins de l’Élysée

    Les jardins de l’Élysée

    Mais que se passe-t-il la nuit dans les jardins de l’Élysée ?
    Est-ce que les ministres-femmes se retrouvent autour de leur Roi ?
    Car notre roitelet s’ennuie une fois qu’il a réalisé
    Qu’il n’a que la première dame dans un lit plutôt à l’étroit.

    Alors il se déguise en âne et ses meufs du gouvernement
    Viennent à poil lui caresser la tête et ses grandes oreilles.
    Carottes, concombre et bananes se dégustent perversement
    Avec des gestes adressés envers son royal appareil.

    Quelquefois sa Torpédo file avec un orgueil titanique
    Pour rencontrer les dirigeantes de tous les pays de l’Europe.
    Et comme il est germanophile – surtout en Suisse alémanique –
    Il en profite pour d’urgentes extorsions de fonds interlopes.

    Tableau de Sergey Lesnikov.

    
    
    
  • Un coup à gauche, un coup à droite !

    Marianne avait des arguments de poids à gauche comme à droite
    Et avait promis de mener le pays juste entre les deux.
    Mais elle nous a menti crûment par une roublardise adroite
    Après nous avoir malmenés avec ses gorilles douteux.

    Lorsqu’elle sent la larme à gauche issue d’une idée maladroite,
    Elle recherche, pour son équilibre, une opinion contradictoire.
    Ensuite elle repense à l’ébauche d’un virage nettement à droite,
    Puis elle continue en roue libre dans les ruelles de l’histoire.

    Tantôt à gauche, tantôt à droite, comme un balancier indécis,
    Elle use des clefs du pouvoir selon les crises éventuelles.
    Heureusement la porte étroite d’un autre mandat rétrécit
    Sauf si elle a su promouvoir sa concession perpétuelle.

    Illustration de Fornasetti.

    
    
    
  • Ange et sirène

    Ange et sirène

    Un ange qui marche sur l’eau, une sirène pourvue de plumes,
    Toutes les tendances de la nature s’expriment à travers les légendes.
    De leurs amours sur les rouleaux et les vagues crêtées d’écume,
    Est née une progéniture dont Dieu n’a pas fait propagande.

    Pourtant, de la femme poisson et de son angelot déchu,
    Se sont éveillées par le monde mille chimères adorables.
    Tritons, queues en colimaçon ; serpents de mer, langue fourchue
    Médusa, mèches furibondes ; et la Vouivre, dragon formidable !

    Leurs deux parents omniprésents, survivant avec allégresse,
    Sont partis en villégiature au pôle sud, en Antarctique.
    Or s’ils recommencent à présent à s’accoupler avec ivresse,
    Ressentez la température du réchauffement climatique !

    Tableau de Carlos Schwabe.

    
    
    
  • Sauvés des eaux

    Je vis des gens sauvés des eaux, venus du profond des abysses,
    Remonter jusqu’à la surface et puis s’envoler dans les airs.
    Ensemble, unis par un réseau afin qu’aucun d’eux ne subisse
    La décompression face à face de la puissance du geyser.

    Leur ascension pourtant très brève m’apparaissait spectaculaire ;
    Des âmes héritières du ciel mais avec effet immédiat.
    J’ai cru que ce n’était qu’un rêve, une illusion sur l’oculaire,
    Car je n’ai lu rien d’officiel dans les journaux et les médias.

    Photos de Tamara Dean.

    
    
    
  • La grande migration

    La grande migration

    Tous les oiseaux aux noirs desseins nous trompent et perdent le nord ;
    Tous les migrateurs authentiques restent fidèles aux traditions.
    Des volatiles médecins se trahissent et se déshonorent
    Tandis que d’autres, à l’identique, sont contraints à l’extradition.

    De ma petite île helvétique, j’entends toutes les contradictions
    Et mon pays prend la couleur indignement du déshonneur.
    Cette zizanie pathétique intensifie les addictions
    À la peur et à la douleur de manquer d’un peu bonheur.

    Gravure de Maurits Cornelis Escher.

    
    
    
  • Un monde meilleur ?

    Nous attendons tous du progrès l’essor de la technologie
    Qui nous ouvrira l’avenir sur un monde moderne et meilleur.
    Attendons-nous, bon gré, mal gré, à accepter dans nos logis
    Que l’état fasse intervenir son pouvoir contre les railleurs.

    Car les railleurs seront bannis par leurs parents et leurs amis ;
    Ils seront privés d’exercer, interdits de participer
    Aux fonctions sociales honnies et seront vus comme l’ennemi
    Grâce à un poison déversé par pandémie anticipée.

    Tableaux de Dmitri Aske.

    
    
    
  • Vacances sur Mars – 2

    Vacances sur Mars - 2

    Voulez-vous offrir des vacances inoubliables à vos enfants ?
    Confiez-les nous deux ou trois ans pour le temps d’un aller-retour !
    Notre croisière Extravagance leur offre un effet triomphant
    Sur la durée du temps présent qui ralentit leurs compte-tours.

    Ils prendront de belles couleurs, surtout le rouge évidemment
    Et potasseront l’astronomie à trois parsecs de Jupiter.
    Ils retiendront non sans douleur comment s’adapter sans maman ;
    Vous gagnerez en autonomie en les sachant loin de la Terre.

    (Tableau de Costa Dvoreski.
    Le temps mis par un vaisseau pour parcourir le trajet Terre-Mars dans la configuration la plus favorable tout en réduisant la consommation de carburant au minimum est de 258 jours. En dépensant beaucoup de carburant, mais dans des limites raisonnables, on peut réduire cette durée à 180 jours.)

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  • Suggestions divines

    Plus l’existence est en douleurs aux plaintes les plus miroitantes,
    Plus mes yeux louchent sur l’ensemble et percent l’inversion de phase.
    J’y vois habillés de couleurs des anges aux formes attirantes
    Qui me rassurent et qui ressemblent à Dieu qui parle en périphrases.

    Finalement Dieu est partout dans nos souffrances et nos malheurs
    Et tout ce qu’il a jugé bon n’est que création de misère.
    Alors jouons notre va-tout et prions de tout notre cœur
    Afin que Dieu, dans un rebond, aille prêcher dans le désert.

    Tableaux d’Elena Prenner.

    
    
    
  • L’ordre des papillons

    L’ordre des papillons

    Quand son mari mourut un jour, tous les amants de Cendrillon
    La convoquèrent à minuit afin de consoler leur reine.
    L’un après l’autre, épris d’amour, joignirent l’ordre des papillons
    Et jurèrent qu’ils, toutes les nuits, butineraient leur souveraine.

    Tableau de David Galchutt.

    
    
    
  • Le cheval à bascule – 3

    Le cheval à bascule - 3

    Maintenant qu’il est animé des sabots jusqu’à la crinière,
    D’une blancheur immaculée, le cheval s’échauffe, impassible.
    Doucement, il vient ranimer les souhaits de la cavalière
    Qui, elle aussi, a basculé dans des logiques impossibles.

    Tableau de Tracie Grimwood.

    
    
    
  • Super Vénus

    Super Vénus

    Les dieux l’avaient vêtue d’amour, symbole de fécondité,
    Comme une déesse héroïque dont l’arme était sa nudité.
    Alors Vénus, super-glamour, exposa sa rotondité
    Mais les prêtres, plus prosaïques, voilèrent son impudicité.

    Tableau de Jake Baddeley.

    
    
    
  • Psychœil

    Psychœil

    Comme mes yeux ne savaient voir que ce qu’un humain peut comprendre,
    J’ai demandé une vision quel qu’en soit le prix à payer.
    Si j’ai obtenu ce pouvoir, j’en ai senti mon corps se fendre
    Pour qu’en mon cœur en collision s’épanouisse l’œil éveillé.

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  • Le paradis perdu ?

    Le paradis perdu ?

    Jamais n’en a été chassé et l’homme n’a pas trébuché ;
    Mais c’est ce qu’on lui a fait croire à coups de vierge immaculée.
    Les religions ont pourchassé et fait brûler sur le bûcher
    Ceux qui avaient toujours l’espoir de ne plus être manipulés.

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  • Le dôme de la vierge

    Le dôme de la vierge

    Sous la tonnelle vierge du jour, j’aime voir les rayons nimbés
    Former un dôme de lumière qui bénit la nef arborée.
    Et mon esprit qui est toujours souvent prêt à se regimber
    Se rassérène dès la première lueur qui fuse dans la forêt.

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  • Faceboulevard

    Faceboulevard

    Derrière chaque petit profil existe une tranche de vie
    Dont je perçois par la fenêtre les petits gestes quotidiens.
    C’est pourquoi je mets à profit de leur assurer le suivi
    Des amitiés qui voient renaître les petits bonheurs circadiens.

    Circadien : d’un rythme biologique dont la période est d’environ 24 heures.

    
    
    
  • Le cinéma de la vie

    Le cinéma de la vie

    La vie, c’est comme au cinéma ; on arrive en pleine séance ;
    On choisit sa place au jugé et puis on essaie de comprendre.
    On suit plus ou moins le schéma en adoptant la bienséance
    Qui veut de ne pas s’adjuger le premier rôle, mais apprendre.

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  • Ô gloria mirabilis

    Ô gloria mirabilis

    Sous la canicule écrasante je rêve de panoramas
    Avec glaciers et neige blanche en sorbet ou en chantilly.
    Une étendue dépaysante comme le mont Fujiyama
    Aux cavaliers en avalanches… Ô gloria mirabilis !

    Gloria mirabilis : merveilleux honneur en latin.

    
    
    
  • La laine fraîche

    La laine fraîche

    Sous la pleine lumière des chaleurs indicielles,
    Quelques moutons passaient avec leur laine rêche.
    La brume la première à recouvert le ciel
    Que le temps embrassait avec l’haleine fraîche.

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  • Je t’enlève

    Je t’enlève

    Comme je voulais t’enlever pour t’emmener au firmament,
    J’ai ouvert un tunnel floral en direction de nulle-part.
    Il m’a suffi de soulever une pensée pertinemment
    Pour créer l’effet pastoral qui, au paradis, nous prépare.

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  • Rien dans les mains

    Rien dans les mains

    Pour augmenter vos ambitions, tatouez-vous des arabesques,
    Étirez la ligne de chance bien au-delà de l’impossible.
    Tranchez dans vos inhibitions de manière rocambolesque,
    Reliez l’argent en puissance à une ligne de vie extensible.

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  • Des jours par milliers

    Des jours par milliers

    J’ai des milliers de jours, là, devant ma fenêtre
    Aux couleurs s’adaptant aux caprices du temps.
    Une année, c’est toujours un moment pour renaître
    J’irai les adoptant pour un autre printemps.

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  • Ah, vous étiez au courant ?

    Ah, vous étiez au courant ?

    Ah, vous étiez au courant que j’étais en plein échec ?
    C’était par un mauvais tour d’un pion un peu cavalier.
    Tout ça pour un roi mourant, une espèce de vieux scheik,
    Qui a peur de faire un four et devient fou à lier !

    Et voilà qu’il me dérange pour un petit jeu de dames
    Où je dois faire la lumière pour tout remettre dans l’ordre.
    Et qui est-ce qui arrangera encore ce ramdam ?
    C’est bibi dans la chaumière qui s’occupe du désordre !

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  • Entre girafe et zèbre

    Entre girafe et zèbre

    C’est pour toi mon p’tit loulou que j’ai appelé la lune
    Pour nous montrer ses quartiers de noblesse et tous ses titres.
    C’est juste entre chien et loup dans cette heure bien opportune
    Qu’on se sent un peu altier et qu’on a droit au chapitre.

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  • Je ris sous cape rouge

    Je ris sous cape rouge

    Quand je ris sous ma cape, je l’étale tout en long
    Pour montrer aux canots mon fou rire éclatant !
    Tous les bateaux du port en prennent du galon
    Et hissent leurs fanaux pour saluer juste à temps.

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  • Le rideau de lumière

    Le rideau de lumière

    Pour séparer ces deux mondes de pénombre et de lumière,
    La nature a élevé une limite essentielle.
    Cette frontière de l’onde fait mon chemin de Sommières
    Dont le plafond soulevé fait le plus bel arc-en-ciel.

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  • La forge des vagues

    La forge des vagues

    Quand l’eau se charge d’écume dans l’explosion de la vague
    Qui déferle sur la pierre et fouette le vent du large,
    Dieu frappe fort sur l’enclume pour forger la sainte dague
    Qui devient mon équipière et ma précieuse recharge.

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  • La réponse est dans la fleur

    La réponse est dans la fleur

    Si tu te demandes encore qui décide la direction
    Du vent qui souffle sur les monts et disperse les nuages ;
    Si tu recherches l’accord que donne la protection
    De l’eau qui coule en amont et anime ton sillage ;

    Si tu cherches la raison qui inspire la passion
    De la terre qui nourrit et féconde ses enfants ;
    Si tu quêtes la maison d’où émane la compassion
    Du feu qui brûle et sourit à ton cœur en le chauffant ;

    Alors écoute la fleur, sois attentif à la gerbe,
    La réponse à tes questions est dans le cœur de la fleur ;
    Regarde bien les couleurs, c’est dans leur écho superbe
    Qu’est cachée, en suggestion, la science du souffleur.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Briquette Ô ma briquette

    Briquette Ô ma briquette

    Si l’âme a choisi ses parents,
    Si le père a choisi la mère,
    Si la mère a choisi le sang,
    Si la vie est bien éphémère,
    Si l’esprit en est le cocher,
    Si le corps a été conçu,
    Si le cœur en est le clocher,
    Si l’écho en est préconçu,

    Tu seras un homme, mon fils !
    Tu seras une femme, ma fille !

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  • L’arbre aux pépins

    L’arbre aux pépins

    Les baleines ont planté après s’être échouées
    Quelques pépins de toile, c’est assez comme ombrelle !
    Quelques gouttes de pluie et puis un coup de fouet
    Par un coup de tonnerre sonnant les chanterelles !

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  • Gare aux Pingouins

    Gare aux Pingouins

    Tous en habit de fête ils se sont alignés
    Pour entrer dans la boîte du soleil de minuit.
    Le videur est un orque au devoir assigné
    Il est physionomiste pour les belles-de-nuit.

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  • Coquelicot sentinelle

    Coquelicot sentinelle

    Tandis que tous sommeillent et s’apprêtent à éclore
    Il est la sentinelle et guette les dangers
    Il veille à préserver tout l’art unicolore
    De la fleur de gaieté mais sans les déranger.

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  • La ville embrumée

    La ville embrumée

    Surgissant de la brume comme faisant surface,
    La cité sous-marine a les pieds dans la vase.
    L’inspecteur Canardeau va enquêter sur place
    Et tenter de trouver un indice pas trop naze.

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  • L’inspecteur Canardeau

    L’inspecteur Canardeau

    Quand le soleil s’est levé, la barque était désertée !
    Nulle trace du pêcheur, nulle trace d’un rôdeur !
    C’est l’inspecteur Canardeau qui a été alerté
    Et qui va nous raconter qui est victime ou fraudeur ?

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  • Le dentiste Colibri

    Le dentiste Colibri

    Le dentiste Colibri est vraiment très compétent.
    Allongez-vous sans un bruit et ouvrez bien grand vos dents.
    Il saura vous nettoyer et enlever vos caries
    Sans douleur et sans regret de son petit gabarit !

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  • Les briques de la vie

    Les briques de la vie

    Ils étaient des milliers, ils étaient des millions
    À foncer vers un but qui leur était donné.
    Après avoir couru sous la loi du talion
    Car ils savaient qu’un seul serait subordonné.

    C’est à ce moment-là que l’âme a décidé
    Lequel serait l’élu, lequel serait sacré.
    Celui qu’elle a choisi pour se chrysalider
    Et dont l’hérédité lui serait consacrée.

    Tous les dés sont jetés, tous les plans sont tracés.
    On va réaliser une nouvelle essence !
    L’âme se confectionne un corps si bien racé
    Qu’on ne pourra jamais faire la différence !

    Maintenant les travaux sont très bien engagés,
    Il n’y a plus qu’à attendre leur réalisation.
    D’ici quelques saisons il va aménager
    Pour une autre maison : la civilisation.

    Aujourd’hui c’est le jour de son achèvement.
    Le moment va venir où l’esprit insufflé
    Va naître à la lumière impérativement
    Et poursuivre sa vie que l’écho a soufflée.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’Écho de la Trinité

    L’Écho de la Trinité

    Après avoir posé les fondements sacrés,
    L’écho s’est divisé ; il en naquit deux fées.
    Désormais elles sont la trinité nacrée,
    Irisée de lumière, un symbole, un trophée.

    La « Mère Créatrice » s’est ainsi dupliquée :
    Avec « Dualité », elle s’est répartie,
    Avec « Filiation » elle s’est répliquée,
    Et l’ÉCHO d’origine est dans chaque partie.

    « Créatrice » est heureuse d’être ainsi épaulée.
    Tout l’univers repose sur ces quatre piliers.
    L’écho n’a pas besoin d’être autocontrôlé ;
    Il est le quatrième et leur est affilié.

    « Dualité » féconde la vie en expansion.
    C’est la fée qui seconde en collaboration.
    Elle amplifie le monde en simple propension
    Mais sa force réside dans la séparation.

    « Filiation » perpétue tous les rêves d’amour !
    Elle est la compassion qui anime l’union.
    Elle s’est sacrifiée sur l’autel désamour
    Pour nous autoriser d’entrer en communion.

    Tableau de Fabienne Barbier