🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Un petit moment de féérie

Au Bois-Dormant on est en liesse ! Notre princesse est revenue !
Un faux prince l’avait séduite et emportée on ne sait où !
Un homme, hier, avec hardiesse nous avait, c’est vrai, prévenus ;
« Votre dame hélas éconduite retournera demain chez vous ! »
Les elfes dansent, le cœur en joie ; les fées allument les lampions ;
Tous les esprits de la forêt s’animent d’une verve sereine.
Devant leurs portes, les villageois veulent faire honneur au champion
Qui leur ramène, déshonorée mais saine et sauve, leur souveraine.
Mais soudain on le reconnaît : « C’est lui qui nous l’avait ravie ! »
Alors le silence se fait, il parle d’un air triomphant :
« Il y a un an, je braconnais ; il me fallait gagner ma vie ;
Je l’ai enlevée, en effet, mais elle est mère de mes enfants ! »
Perplexité dans l’assemblée. On hésite entre haine et grâce.
Les elfes sont au garde-à -vous, les fées suspendent l’instant qui luit.
Devant ses sujets rassemblés, débarrassée de sa disgrâce,
Le cœur transi, elle l’avoue : « Je n’ai jamais aimé que lui ! »Tableau de David LaChapelle.
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Quand l’homme-loup sort du bois

Panique en terrain Helvétique ; l’homme-loup est sorti du bois,
Les troupeaux étaient menacés et l’on craint pour le loup-garou
Dont l’ombre rouge et hérétique sous la pleine Lune flamboie !
Un vent de folie angoissée s’avance sur les chapeaux de roue.
Mais le voici sur la clairière, la silhouette à découvert ;
Seuls quelques rapaces nocturnes ponctuent le silence immobile.
Soudain il force la barrière et franchit le portail ouvert
Sous une Lune taciturne et son halo indélébile.
Or la Lune est devenue rousse car la Terre l’a éclipsée ;
Moment tragique, astronomique, générateur de désespoir.
Dans l’atmosphère qui se courrouce, bientôt une femme sera fixée ;
Celui qui vient, fantomatique, est peut-ĂŞtre son dernier espoir.
Faut-il lui faire bon accueil ? Elle frémit sous l’ombre mouvante,
Ses yeux perçant l’éclipse noire d’où émerge un ancien serment.
L’homme-loup parait sur le seuil, sa voix rauque et douce l’enchante,
Puis dans un geste incantatoire, l’emporte vers le bois dormant.Tableau de Robert Frondozio.
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Le Tarot Imagerimes
IX L’Ermite
Yavänor

La spirale du retrait
Elle ne marche pas mais elle spirale dans une danse lente et juste ;
Retirée de la société, elle ne fuit pas mais se recentre.
Sortie des pensées carcérales d’un monde souvent trop injuste,
Elle évolue à satiété depuis l’intérieur de son ventre.
Le serpent de la connaissance
Sa connaissance reptilienne se développe et reconnecte
L’art muet que ses yeux expriment car la parole est déloyale.
Or sa sagesse autant ancienne que mystérieuse fait la collecte
De sa lumière qui s’imprime dans ses volutes mémoriales.
La flamme intérieure
Alors son cœur se met en transe et l’ermite se fait danseuse
Car le feu au sein du vivant transmue sa futile solitude.
Elle effectue ses pas de danse et soudain devient l’annonceuse
Des expériences se ravivant dans une sage infinitude.
Les cercles de fleurs
Les fleurs des différentes spires rappellent les épreuves subies ;
Des souffrances évanouies aux victoires épanouies.
Pour le meilleur et pour le pire, chaque intention, chaque lubie
Devient symbole qui éblouit de révélations inouïes.
Le lien invisible
Le serpent semble l’attacher mais en vérité s’assimile
À la profonde intimité du corps, du cœur et de son âme.
Et de ses deux mains harnachées sur les écailles du reptile,
Il crée un lien illimité qui lui donne l’aspect d’une femme.
La traversée du silence
Et cette tête de serpent représentée par son visage
Écoute les étoiles en silence et lui renvoie le chant cosmique
Qu’elle retransmet en l’extirpant par un complexe balisage
Tout en gardant sa vigilance par sa pantomime eurythmique.
Le retour du veilleur
Lorsqu’elle revient de sa retraite, son organisme est transformé ;
La vérité de l’expérience sort par ses yeux et nous inonde.
Mais l’Ermite restera secrète sans propension à informer
De son pouvoir de clairvoyance qui pourrait éclairer le monde.Tableau de Maryvon Riboulet
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Le Tarot Imagerimes
VIII La Justice
Laureline

Le cœur et le calice de Laureline
Elle commence avec le cœur et le calice la recueille.
La Justice n’est pas jugement mais équilibre pertes et profits ;
Elle pèse souffrances et douleurs avec l’agrément qu’elle accueille
Sans condamner mais assumant l’impartialité indivis.
L’épée droite de Loreleï
Elle ne tranche que l’illusion et sépare l’ombre de la lumière.
L’épée de Loreleï à droite ne punit pas mais clarifie ;
Elle désigne la confusion, dévoile la vérité première
Et guide de façon adroit sans dominer mais qualifie.
Le miroir de l’âme
Dans le miroir de la Justice, l’âme alors se découvre nue.
Sans honte, sans orgueil, sans audace mais par responsabilité ;
Par ses bienfaits, ses préjudices, l’âme est entièrement reconnue
Les déséquilibres sont loquaces avec toute crédibilité.
L’écoute du souffle intérieur
Elle accorde à son diapason le cœur qui vibre en harmonie.
La Justice se fonde sur l’écoute du souffle de l’âme vivante ;
Laureline atteint la pâmoison avec grande parcimonie
Mais aussi, bien qu’il lui en coûte, elle peut brandir l’épée fervente.
Le Verbe mis Ă nu
Au commencement était le verbe, à la Justice de conclure.
Chaque mot est aussi léger qu’une plume et lourd comme une pierre ;
L’épée de Loreleï, acerbe, saura l’inclure comme l’exclure,
Accuser ou bien protéger la langue qui parle la première.
Le jugement sans punition
L’ÏÄMOURÏÄ rééquilibre ; il n’y a pas de châtiment.
Toute erreur devient un leçon qui nous permettra d’avancer ;
L’épée de Laureline recalibre, celle de Loreleï également ;
Les deux ensemble sans façon réparent ce qui est offensé.
L’Équilibre royal
Assise entre l’épée et la coupe, Laureline assume la Justice.
Par l’union du discernement, de l’amour et la compassion.
Dans ce fondement se regroupent toutes les lois qui aboutissent
À l’ÏÄMOURÏÄ justement fondé par l’accréditation.Tableau de Maryvon Riboulet
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Juste la science ?
La science se veut juste comme une justice aveugle
Qui ordonne le monde selon sa vérité.
Or la loi est injuste envers celui qui beugle
Contre un progrès immonde pour la postérité.
La science éblouit, elle devient nécessaire.
Que chacun en devienne l’esclave tributaire !
Chaque étape inouïe fait qu’l’étau se resserre
Jusqu’à ce qu’il parvienne à détruire la Terre.
Je n’suis pas pessimiste ni anti progressiste
Sauf lorsque la science devient « La » religion
Qui mène les optimistes et les controversistes
À vivre en inconscience ; hélas, ils sont légion.Tableau de Youri Ivanov sur www.jouriskunst.nosd-world .
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Manipulation
Je suis en équilibre instable entre mes deux fondamentaux ;
L’un qui parle au fond de moi-même, l’autre qui me parle comme un moule.
Un moule souvent contestable de trop d’exercices mentaux
Pour m’adapter à ceux qui m’aiment mais qui me font tourner la boule.
Vais-je tomber dans la confiance et lâcher prise aux inquiétudes ?
Vais-je lutter dans la conscience pour sauver ma propre quiétude ?
Vais-je agir avec méfiance et adapter ma solitude ?
Vais-je sombrer dans l’inconscience et accepter ma servitude ?
Si la vie ne tient qu’à un fil, qui maintient les deux bouts ensemble ?
Un Dieu, un ange ou un démon ? Ou les trois Parque au sécateur ?
On dit qu’à la mort tout défile des souvenirs qui nous ressemblent ;
Moi, j’aspire Ă voir en amont comme en aval, l’opĂ©rateur.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’obseinsion
Toute obsession du mamelon commence, nous nous en doutons,
Par la poitrine nourricière, véritable nectar des dieux.
Plus tard, la rondeur d’un melon et son pédoncule en bouton
Éveillera l’envie outrancière de rallier le sein glandilleux.
Suivez la flèche du regard des mamelles qui observent en face
L’amant qui retrouve le sens qu’il a perdu depuis l’enfance.
Qu’il est bon de se perdre, hagard, dans cette moelleuse interface
Pour en respirer toute l’essence du corps féminin, sans offense !
Le bébé connecté au sein fait toujours partie du réseau
Auquel l’humanité relie tout l’héritage de sa lignée.
Plus grand, il mettra Ă dessein ce qui fait de lui le roseau
Pensant qui devient aveuli à cette obseinsion désignée.Illustration de Lorenzo Mattotti sur http:lorenzomattotti.blogspot.compillustrations.html .
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Le sens de l’amour


Si le sens de l’amour existe, il doit suivre la pointe du sein
Vu qu’il est en forme de flèche ciblant le mâle triomphant
Dont l’œil du phallus, plus sexiste, lorgne plutôt vers son bassin
Sauf s’il se montre un peu revêche à lui fabriquer des enfants.
L’amour n’est pas en ligne droite mais tout en courbes quant aux meufs
Et Cupidon lance ses flèches avec empennage voilé.
Mais cette technique maladroite dessine des soixante-neuf
Et nos deux amants tĂŞte-bĂŞche ne savent plus trop oĂą aller.Illustrations de Lorenzo Mattotti sur http:lorenzomattotti.blogspot.compillustrations.html .
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L’hommage papillon
Dans la famille des Sylphides, après une enfance anonyme,
À la fin de la puberté, sonne le temps de la nymphose ;
Chacun sort de sa chrysalide et tous se regroupent unanimes,
Puis s’envolent vers la liberté pour fêter leur métamorphose
Pour rendre hommage aux papillons, les fées se mettent à danser
Imitant leurs battements d’ailes de leurs chevelures dorées.
Et tournent, tournent en tourbillons leurs jolis corps nus élancés
Qui renvoient comme une chandelle leurs fluides au fond de la forĂŞt.
Et l’effet papillon produit par le fait des lépidoptères,
Un égrégore Dieu des vents qui ondule en forme de huit.
Ce sera tout pour aujourd’hui car demain autour de la Terre
Les nuées au soleil levant transmettront la bourrasque induite.Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .
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Reflet d’espoir
Mon beau miroir qui me renvoie, après avoir bien réfléchi,
Mon joli teint suivant son tain et qui m’efface mes points noirs,
N’est pas menteur – puisque sans voix – ni imitateur défraîchi ;
Juste un ami de bon matin qui m’accompagne jusqu’au soir.
Il ne retourne que des reflets de l’air du temps purifié ;
Il ne réverbère que vertu cachée dans les ombres moroses.
S’il vous reproduit un pamphlet, bien fou qui pourrait s’y fier
Car il s’applique, il s’évertue à vous faire voir la vie en rose.
Comme un ami qui ne dit rien mais qui me suit fidèlement,
Jamais ne me contredira ni trahira mes émotions.
Ô que ne sois-tu ivoirien, mais doté individuellement
De parole qui me prédira mon avenir sans inversion !Photo de Cecil Beaton.
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Grande fille



Finie l’heure des enfantillages, désormais elle est amoureuse.
Mais pour de vrai évidemment, les précédents ne comptent pas.
Tous ses efforts en maquillage et toutes ses pauses langoureuses
Ont ferré concomitamment quelques jeunes coqs de combat.
Se faire belle est une science aussi précise que primordiale
Et mettre son corps en valeur, le meilleur signe de richesse.
Sans doute qu’un peu d’insouciance favorise l’entente cordiale…
Moins qu’un petit haut enjôleur et une jupe ras-les-fesses !
Un dernier coup d’œil au miroir. Chercher le détail outrageux
Qui sera l’avertissement de l’appas le plus désarmant.
Soudain elle retire d’un tiroir un string bien plus avantageux
Le meilleur l’investissement pour pécho le prince charmant.Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .
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Petite fille







Avec le chat comme complice qui jamais ne la trahira,
Elle a volé quelques affaires dans la penderie de maman.
Être petite, quel supplice ! Mais rien ne la contrariera
À aiguiser son savoir-faire à grandir prématurément.
Sous la direction des poupées, elle continue ses essayages :
Robe de dentelles transparente, suggestive voire polissonne ?
Les cheveux ? Faut-il les couper ? Peut-être un peu de maquillage
Pour que sa frimousse s’apparente à celle d’une grande personne.
Le minet désapprobateur fait mine de se désintéresser
Aux derniers échos de la mode du petit mannequin en herbe.
Mais faute d’autre admirateur et s’il veut être caressé
Il faudra qu’il s’en accommode et miaule en la trouvant superbe.Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .
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Métamorphoses
Quand les prochaines gestations verront naître des aberrations
Grâce aux conseils déblatérés par de drôles de polichinelles,
Nous pleurerons les mutations des prochaines générations
Une fois l’ADN altéré par le graphène originel.
Par le vaccin de la discorde de l’arbre de la méconnaissance
Nous allons vivre tous ensemble une joyeuse apocalypse.
Et si tous les peuples s’accordent à obéir en connaissance
Alors l’humanité ressemble à une race qui s’éclipse.
Pas plus de virus dans la pomme que de survie par le vaccin
Le serpent a changé de peau et revêtu l’habit de science.
Et cette pandémie, en somme, n’est qu’un moyen des plus succincts
Ă€ nous transformer en robots esclaves de notre inconscience.Illustration de Chiara Aime.
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Mon petit bocal
Je distille ma propre liqueur qui s’écoule du canal du cœur
Grâce à l’essence que je recueille et au spirituel que j’accueille.
Et si vous voulez y goûter, je vous invite à écouter
Les voix des anges viticoles qui changent le suc en alcool.
Si vous trouvez que mon local se réduit au petit bocal,
Sachez que sa capacité égale sa sagacité.
Ce que l’on voit à l’intérieur paraît plus grand que l’extérieur
Cette source est la résurgence de mon éternelle jouvence.Tableau de Viaggio Magico.
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Les nouveaux héros
Aujourd’hui, on devient héros par la puissance dégagée
Par ce qui nourrit les banquiers et tire les nerfs de la guerre.
La suite au prochain numéro ? Toutes les forces engagées
Pour protéger sur l’échiquier le roi et sa reine vulgaire.
À qu’elle sauce serons-nous mangés ? Tout est déjà anticipé !
Nous serons pucés et parqués comme gibier provisionné.
D’ailleurs, ça doit les démanger puisqu’ils ont déjà dissipé
Poisons et virus embarqués dans leurs vaccins empoisonnés.Illustration de Paweł Kuczynski.
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Les femmes et les trois petits singes
Tellement de sourds sur la planète qui soutiennent ne rien entendre ;
Tellement d’aveugles sur la Terre qui, eux, prétendent ne rien voir ;
Tellement de gens sur internet qui, la main, refusent de tendre ;
Tellement de muets solitaires qui se taisent sans le savoir…
Les femmes crient à la fenêtre mais les sourds ne peuvent l’admettre ;
S’il faut, elles se montrent nues mais les aveugles n’ont rien vu ;
Elles s’expriment sur les réseaux mais on les traite de noms d’oiseaux ;
Elles ont beau s’ casser les méninges, l’homme moderne reste un singe.Photo d’Ormond Gigli.
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Les souris du Moulin Rouge
On pourra dire ce qu’on voudra mais les souris du Moulin Rouge
Attirent toujours les matous lorsqu’ils débarquent à Paris.
De l’Opéra aux petits rats, ils ne ratent rien de ce qui bouge
Dans la capitale, avant tout, où la nuit tous les chats sont gris.Tableau de Colette Brunelière.
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L’amour de la mort


Subitement je vis la mort, habillée d’étrange façon,
Tenter en se pinçant le sein de m’attirer dans ses filets.
Et je l’embrasse et je la mords pour satisfaire à la leçon
Et elle, d’un sourire assassin, se retourne pour m’en filer.
Je fais l’amour avec la mort ou bien la mort avec l’amour
Mais finalement satisfaite, elle s’endort pour décompresser.
Alors je m’enfuis sans remords, sachant très bien qu’un de ces jours
Elle me souhaitera ma fête mais bon, je ne suis pas pressé.Illustration de Alberto Vargas.
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La flamme de ma vie
« L’obsolescence est programmée, plus rien ne sera comme avant !
Une fois sa flamme consumée, la femme s’en va en fumée. »
Ainsi parlait, d’avoir ramé le long du canal déférent,
Un spermatozoïde consommé dans un petit jet parfumé.
(Photo de Luciana Urtiga.
Le canal dĂ©fĂ©rent permet aux spermatozoĂŻdes de sortir de chacun des testicules et de rejoindre la prostate.)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La femme bleue
La femme bleue chauffe bien mieux car l’amour à température
Saisit le cœur de son amant à la poêle ou la casserole.
Et son fourneau, fort ingénieux, permet la parfaite emboîture
Jusqu’à l’orgasme, Ă©videmment, je vous en donne ma parole.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La mort du jour
Quand le ciel ferme sa paupière sur la pupille crépusculaire,
Il montre la futilité de ce qui fut cette journée.
Demain sera pareil qu’hier, le présent est corpusculaire ;
Seule compte la subtilité de la mort cent fois ajournée.Photo de Phil Koch « on the edge ».
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Les trois lionnes
Quand la lionne est positive, elle materne, elle rassure ;
Quand la lionne est négative, elle soulage ses blessures ;
Parfois, c’est sa neutralité que je recherche pour m’apaiser ;
Parfois, sa combativitĂ© afin de me galvaniser.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le blues de la guitariste
Tous mes accords se sont barrés avec un Do Majeur septième ;
Ma chanterelle est à pleurer, elle est toute désaccordée.
Mes partitions sont égarées et j’ai raté mon requiem
Le manche peine à m’effleurer et ma guitare est sabordée.La chanterelle est la première corde, la plus fine et la plus aiguë de la guitare.
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La joie

Ah que j’aime la joie lorsqu’elle se communique
Et qu’elle nous aide à relier toutes celles qui nous ressemblent !
D’abord au sein des villageois qui devient vite astronomique
Et qui nous pousse à rallier les mots qui vont très bien ensemble.
L’image m’a Ă©tĂ© censurĂ©e par Facebook sans raison valable. La seule explication serait l’enfant nu dans l’ombre et dont on ne voit quasiment rien mais je n’en sais rien.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’ivresse des tournesols
Après avoir perdu le nord, j’ai éparpillé mes pensées
Par l’ivresse des tournesols dans les champs de fleurs en sommeil.
Le cœur à nu, mon corps honore, en se sentant récompensé,
Toutes ces prĂ©cieuses boussoles qui mènent au pays du soleil.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les groseilles poivrées
Je me souviens de ce vieil arbre derrière le chemin des vaches
Où brillaient comme des rubis ces perles rouges et poivrées.
Je ne pouvais rester de marbre, je me rougissais les moustaches (*)
Quand je mangeais à gros débit mes groseilles tout enfiévré.* Moustaches que je n’avais pas encore, à l’époque.
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En route vers l’utopie
Sa route a l’air un peu loufoque, d’autant plus que je suis rêveur,
Mais toutes les nuits je l’enjambe, ma passerelle bien fidèle.
Et ce besoin est équivoque car il m’apporte la saveur
De l’adorable jeu de jambes de ma colombe Ă tire-d’aile.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Paradimanche
Plutôt qu’un seul jour par semaine, que m’endimanche la nature !
Que les lundis soient en couleurs et les mardis dans des balades ;
Les mercredis, on se promène ; les jeudis en villégiature ;
Tous les samedis sans douleurs ; les vendredis en camarades.
Et le dimanche sera le jour
OĂą tous ensemble ferons l’amour.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Vœunise
Et si tu passais ce dimanche en amoureux avec tes âges,
Tous ceux qui t’ont accompagné(e) et que ton âme divinise ?
Revêt une belle tenue blanche car je t’offre un nouveau présage ;
Ce joli vĹ“u dans ton panier : un petit voyage Ă Venise !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’art cul-buteur
Afin de bien faire l’honneur Ă toutes femmes de bon goĂ»t,
J’ai pour vous une exposition de mimĂ©tisme sans pudeur.
Si vous voulez faire mon bonheur, sans insolence et sans dégout,
Vous n’aurez qu’Ă prendre position et je serai le culbuteur.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Semis d’amis
Ça me fait toujours plaisir de penser à mes amis
Parfois je me fais des plans comme des cartes postales
Je m’amuse avec les ombres des souvenirs en semis
Que je cultive au soleil de ces amitiĂ©s cordiales.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Ă€ poil, Chapeau
Je ne me vêts que de chapeau, les nichons et le cul à l’air !
N’y voyez aucune impudeur, c’est Ă cause de la chaleur.
Alors hissez bien vos drapeaux pour cette nudité stellaire
Que je vous offre sans pudeur mais peut-ĂŞtre pour votre malheur !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Sous les feux de l’été
Sous le brasier de l’été, je ne peux vivre que nue ;
Peau dorée à souhait cuite dans son propre suc.
Sans cesse, toilettée sous les douches continues,
Il me faut vous l’avouer ma fraĂ®cheur devient caduque.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’ombre du chat
Dans le regard du guépard, on voit le cousin du chat
Qui fait patte de velours pour rechercher le câlin.
Doucement il se prépare, d’une touche de pacha,
Ă€ tuer l’animal balourd qui viendra faire le malin.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Passer sous le pont
Passer sous le pont, éviter l’obstacle,
C’est avoir la foi pour le traverser.
Mais le cœur répond dans mon habitacle
Mais je sens parfois ses larmes versĂ©es.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le daim gaulois
À dédain et demi, ce daim gaulois se gausse
À aimer son reflet jusqu’alors l’embrasser.
Est-ce une épidémie ? J’ai vu même ses gosses,
Le museau Ă©raflĂ© d’être trop empressĂ©s.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les femmes dunes – 1
J’n’en peux plus de toutes ces femmes qui se font caresser le dos
Et dont le vent souffle les plaintes depuis les bosses et puis les creux.
Mon cœur est devenu affame de promener ma libido
Et je vous chante ma complainte tout seul dans ce dĂ©sert ocreux.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Matin brumeux
Matin brumeux Ă ma fenĂŞtre
L’air est bien lourd et étouffant
Bar écumeux au baromètre
J’en suis balourd et rebiffant.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le papillon d’été
Le papillon estival préfère vivre à la campagne,
Butiner les jeunes fleurs d’essence hallucinogène.
Il ne connait de rival pour conquérir sa compagne
Que des nigauds persifleurs, papillons aborigènes.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La sirène du sud
Parfois je la vois nager dans les méandres des songes
Qui ondoient entre deux eaux dans le bleu des mers du sud.
Elle s’est aménagé un appartement d’éponges
Parmi l’étrange rĂ©seau des australes latitudes.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le voyage sans fin
Partir Ă deux amoureux, prendre le train du destin,
C’est aller vers l’infini sans s’écarter du chemin.
Faire un circuit savoureux, faire de sa vie un festin,
C’est n’avoir jamais fini de se tenir par la main.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La pĂŞche de sagesse

Quand je vais me promener le matin en bord de mer
Je lance tous mes filets parmi tous les paysages
Juste une méditation en marchant dans les chimères
Et je rĂ©colte tous les jours des pensĂ©es toujours très sages.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le coup du couchant

Dis, me le referas-tu, le coup du soleil couchant ?
Moi, je fais l’interrupteur, j’ai la main sur le poussoir
Toi, tu allumes les étoiles et diminues le courant
Et après on joue : « journuit » pour matin, midi et soir !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Quand les chiens seront libres

À quoi rêvent les chiens quand ils sont assoupis ?
Là , au pied de l’échelle il rêve à s’élever
Dans la meute des loups, loin des chiens accroupis
Qui ont brisĂ© leurs chaĂ®nes et se sont soulevĂ©s !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Des liens de lumière

Et si je t’attachais de mes liens de lumière
Voudrais-tu t’échapper ou voudrais-tu rester ?
Et si je te disais que tu n’es que poussière
Et que sur cette Terre, c’est ainsi que tu es testé ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le bouquet des pierres-paon

Dans les pas de Peter Pan, j’ai mon enfant intérieur ;
Jamais n’a voulu grandir, jamais voulu obéir.
Tout le monde a essayé de me traiter d’inférieur ;
Sans cesse j’ai voulu m’enfuir, sans cesse désobéir.
Ça commence par Papa, ça commence par Maman.
Tous deux veulent que je ressemble à une personne de leur rang !
J’étais un petit enfant et j’étais bien confiant,
J’ai cru tout ce qu’ils disaient comme un effet boomerang.
Après, c’était à l’école devant tous mes professeurs
Qui voulaient me concentrer de toute mon attention
Sur les lois et les contrats comme mes prédécesseurs
L’avaient fait bien avant moi avec meilleures mentions.
J’ai dû apprendre un métier pour entrer en société.
Pourquoi pas l’informatique ? La voie était bien tracée !
J’ai graissé tous les rouages : travailler à satiété,
Entrer en compétition, finir le meilleur racé !
Mais tout ça c’est ressembler à la volonté d’un monde
Qui n’est pas vraiment le mien et que mon âme rejette.
Comment retrouver ma voie loin de cette boue immonde
Qui m’encrasse tout mon être et m’enterre dans ma cagette ?
Pour retrouver mon Ego, j’ai dû tomber de très haut ;
Pour revenir sur mes pas, déverrouiller la targette ;
Pour recouvrer tout mon cœur et rejoindre le Très-Haut.
Maintenant que j’ai compris, je suis devenu Prophète !
Aujourd’hui je suis brisé, le corps marqué de l’écho
Qui m’a fait dégringoler d’une vanité virtuelle.
Aujourd’hui je suis plus fort, corps, cœur, esprit ex-aequo
Et l’intuition de mon âme éternelle et spirituelle !Tableau de Fabienne Barbier