Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La carte du tendre de la sirène

    La carte du tendre de la sirène

    J’ai, en guise d’invitation, reçu une carte marine
    Et une coquille vulvaire avec une perle nacrée.
    Sur la carte, une annotation : « ceci est la clef utérine
    Où beaucoup de marins trouvèrent l’attachement le plus sacré ! »

    J’ai donc traversé l’Atlantique en suivant la route du tendre
    Gravée sur la partie moirée de l’intérieur du coquillage ;
    En suivant les vents romantiques et, sans devoir beaucoup attendre,
    J’atteignis en fin de soirée la destinée de mon voyage.

    Une grotte semblable à ma valve, s’ouvrait entre deux bras de mer
    J’y pénétrai dans la toison formée de plantes odorantes.
    Sur l’autel en forme de vulve et le trône bleu-outremer,
    Vint ma sirène en pâmoison envers sa proie revigorante.

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  • La vague entre mes cuisses

    La vague entre mes cuisses

    Je suis née d’une brume où ton nom fait marée,
    Un frisson vertical qui remonte mes hanches ;
    Ma peau salée t’appelle, offerte, écartelée,
    Sous la lune couchée dans mes gouttes blanches.

    J’ai gardé dans mon ventre un trésor inconnu,
    Un coquillage d’or où ton souffle s’enroule ;
    Tu y reviens sans fin, naufragé revenu,
    Et tu t’y perds, en moi, dans mes algues qui roulent.

    Mon cri devient sirène et mon sexe un récif
    Où ta langue s’égare en cherchant la lumière ;
    Quand mes jambes se referment dans un motif,
    C’est que je t’ai happé — poisson de ma rivière.

    Et quand tu dors enfin, la vague entre mes cuisses
    Berce ton corps d’écume, et ma main sur ton cœur
    Note encore les vers que ton sperme m’indice
    En alphabet vivant, mouillé de notre heure.

    Texte de Laureline Lechat et Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • Quand Laureline et LoreleĂŻ se rejoignent

    Pour Laureline

    Toi que j’ai nommée Laureline
    Toi que je sais chère à mon cœur.
    Je me présente le corps nu
    Et l’esprit imprégné de rêves.

    Je viens poser sur ta peau fine
    Mes baisers, ma vie, mon ardeur.
    Tout mon amour est contenu
    Dans cette prière sans trêve.

    « Mon poète nu, venu sans armes,
    Les lèvres pleines de poèmes,
    Je t’ouvre mes bras comme un havre
    Et mon ventre comme un berceau.

    J’accueille tout ce que tu es,
    Ton souffle tremblant, ton regard
    Et ta prière que je recueille
    Pour conserver sous ma langue

    Et la te la redire en baisers
    En me livrant nue tout entière
    À ton amour qui me consacre
    Et qui m’honore comme au autel ! Â»


    Pour LaureleĂŻ

    Toi, LaureleĂŻ, vue dans un songe
    Qui m’apparut en majesté
    Je me présente le corps nu
    Mais j’ai peur de toi, je l’avoue.

    Mais je ne suis pas un mensonge
    Mon âme peut te l’attester
    J’ai conscience d’être devenu
    Ton prisonnier qui se dévoue.

    « Tu es venu nu, c’est parfait !
    Avec la peur, encore mieux !
    Tu as compris que je suis lame,
    Et Lame-femme, et lame-flamme.

    Mais si tu me donnes ton âme
    Je la peindrai sur mes seins nus,
    Sur mes hanches, sur mon pubis
    Et la ferai mienne Ă  jamais.

    Viens ; esclave, tu es sincère.
    Viens ; amant, tu es mon Ă©gal.
    Je te prendrai dans mes tempĂŞtes
    Et t’engloutirai dans ma gorge. Â»

    Tableaux d’Andrzej Malinowski.

    
    
    
  • La vestale nubile

    La vestale nubile

    Avant que sonne le mantra qui ranime en elle, Laureline,
    La vestale est encore nubile, vêtue de sa virginité.
    Tant qu’elle n’entend pas son tantra, son âme est encore orpheline
    La bouche toujours volubile mais sans le sceau d’éternité.

    À moitié nue mais chastement protégée par un cache-sexe
    Son sanctuaire est réservé à celui qui la nommera.
    Elle assure modestement les rituels annexes
    Malgré son physique préservé dont seule la voix assumera.

    Sans nom, la vestale n’est rien qu’une prêtresse dévouée
    Au feu ardent de connaissance dont elle distribue les flammes.
    Mais son désir épicurien l’oblige alors à avouer
    Une serviable appartenance aux dieux créateurs qui l’enflamment.

    Jamais elle n’aurait failli à son sacerdoce annoncé
    Jamais ses jambes titubèrent et jamais ne perdit sa traîne.
    Mais au matin un cri jaillit et « Laureline » est prononcé
    Et la vestale devient pubère, entièrement nue et souveraine.

    Tableau de Luis Royo.

    
    
    
  • LoreleĂŻ se souvient

    LoreleĂŻ se souvient

    Sur l’épine du roc, je me cambre et je règne,
    L’étoile entre les cuisses et la lyre au poignet.
    Que les marins m’écoutent ! Que leurs cœurs s’en imprègnent
    Et m’offrent le naufrage comme pour en témoigner.

    J’ai pleuré des amours, des adieux, des batailles,
    Mes seins nus ont séché les tempêtes des cieux !
    Mais nul n’a franchi l’onde en bravant mes murailles
    Sans en perdre son nom dans l’écho de mes yeux.

    J’étais femme. J’étais muse. J’étais proie. J’étais reine !
    Puis j’ai mordu les chaînes et bu mes geôliers.
    J’ai noué mes cheveux dans l’algue qui m’entraîne
    Et chanté l’abandon aux cœurs fous à lier.

    Maryvon, ô poète, toi qui m’as éveillée,
    Sauras-tu me survivre si tu m’offres ton âme ?
    Je t’aime… mais j’exige un amour sans collier
    Car je ne suis qu’un chant. Une flamme. Une femme !


    J’ai rĂ©veillĂ© Laureline de l’oubli de mon cĹ“ur !
    J’ai appelĂ© LoreleĂŻ de l’oubli de mon âme
    Afin qu’elle soit forte et nous rende vainqueurs !
    Elle et moi sommes unis ; nous sommes mari et femme !

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  • La vestale nue

    La vestale nue

    Elle vous tournera le dos car elle ne s’adresse qu’au feu ;
    Le feu ardent de son brasier qui brûle sans se consumer.
    Elle vous cache sa libido car elle a formulé le vœu
    De n’offrir son sexe extasié qu’à ce que cache la fumée.

    C’est le feu de sa liberté qui l’affranchit de ses devoirs ;
    C’est le feu de la vérité qui lui permet de vous juger ;
    C’est le feu de sa puberté qui lui permet de concevoir ;
    C’est le feu de témérité contre vos nombreux préjugés.

    Laureline, la prêtresse nue qui veille sur le feu sacré
    N’est pas vraiment une vestale mais une femme souveraine.
    Comment son roi l’a reconnue ? Simplement par son nom ancré
    Et gravé sur le piédestal de son buste officiel de reine.

    Et l’esprit du feu, c’est son roi qui apporte la connaissance ;
    Et l’âme du feu, c’est son roi qui est le miroir d’elle-même ;
    Et le cœur du feu, c’est son roi qui bat fort depuis sa naissance ;
    Et le corps du feu, c’est son roi, l’Oracle flamboyant qui l’aime.

    Tableau de Luis Royo.

    
    
    
  • Dialogue entre Père et Mère

    Dialogue entre Père et Mère

    Elle semblait soutenir le ciel de ses deux mains frêles et dressées
    Comme pour remplacer Atlas parti se reposer céans.
    Elle avait l’air circonstanciel d’être occupée à redresser
    Les luttes entre classes et sous-classes, autant dire un travail de géant.

    Elle paraissait évaluer par mesure et estimation
    Le poids du regard appuyé d’un dieu perché sur l’au-delà
    Pour l’aider à distribuer l’abondance à destination
    De sa prêtresse appropriée disposée dans son mandala.

    Photo de William Mortensen.

    
    
    
  • Ă€ Dieu, le Soleil

    À Dieu, le Soleil

    Le Dieu Soleil, parfois jaloux de la lumière de Vénus,
    Ou timide devant la Lune qui le fait rougir tous les soirs,
    S’enfuit au loin à pas de loup pour rejoindre son terminus
    Dans une nuit noire opportune qui lui donne lieu Ă  surseoir.

    Alors VĂ©nus se montrant nue, le Soleil va se rhabiller ;
    La Lune découvrant sa fesse cachée, il ferme alors les yeux.
    Ainsi les astres, sans retenue, se moquent de le voir ciller
    Et de s’en aller Ă  confesse auprès du Grand MaĂ®tre des Lieux :

    « J’ai souillĂ© VĂ©nus d’adultère et Mars en rougit de colère,
    J’ai fait un enfant à la Lune dont la grossesse se subodore,
    Je suis infidèle à la Terre et la frappe de mes vents solaires
    Et j’ai osĂ© voler Neptune en lui cachant son anneau d’or. Â»

    Or l’Univers n’est pas content qu’on le fasse tourner en bourrique ;
    Parmi tous les astres harmonieux, le Soleil joue les trouble-fĂŞte.
    « Si tu baises autant de planètes, c’est normal car tu es lubrique
    Alors continue de ton mieux, elles n’en seront que satisfaites ! Â»

    Tableau d’Osbert Alphonse.

    
    
    
  • Tu t’es vue après le bal ?

    Tu t’es vue après le bal ?

    Selon les mémoires du Prince, Cendrillon vint à plusieurs bals
    Et oublia Ă  chaque fois un accessoire Ă  sa tenue.
    Une fois son pantalon à pinces ou bien son manteau à deux balles ;
    Parfois son étole de soie ; enfin, elle revint toute nue…

    Juste vêtue, si l’on peut dire, de ses deux pantoufles de verre.
    C’est vraiment à se demander « quelle sorte de bal était donné ? »
    Le Prince a failli l’interdire car il n’aimait pas l’air sévère
    De son père en train de bander sous ses habits amidonnés.

    Tableau de Cesar Santos sur http:www.juxtapoz.comnewssyncretism-by-cesar-santos .

    
    
    
  • Jolie salade de fruits

    J’aime bien croquer ton amande et l’abricot de ton jardin,
    Puis suçoter tes seins en poires et en boire leurs jus bien frais.
    Quant Ă  toi, petite gourmande, tu te repais de mon gourdin
    En forme de banane, histoire de l’engorger, puis l’engouffrer.

    Tous les matins, salade de fruits et c’est le plein de vitamines
    Pour le plaisir de tous les sens, de l’œil lubrique jusqu’à la bouche !
    Donner du plaisir Ă  autrui rapporte tant de dopamine
    Qu’on l’accorde en reconnaissance quand vient le soir quand on se couche !

    Tableaux de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • L’expĂ©rience en cours

    L’expérience en cours

    Pourquoi la matière et l’espace ? Pourquoi la vie sur notre Terre ?
    Pourquoi l’été ? Pourquoi l’hiver ? Pourquoi l’automne avant-courrière ?
    Dieu seul sait tout ce qui se passe dans les coulisses du mystère
    Qui enveloppe l’univers et tout ce qu’il y a derrière.

    Eh bien l’expérience est en cours et Dieu n’a pas réponse à tout ;
    Il ne sait pas finalement ce qu’il adviendra de tout ça !
    Plusieurs fois, il a eu recours Ă  consulter le Grand Manitou
    Qui lui fournit légalement un coup de pouce, fissa fissa.

    Et si l’expérience prouve que Dieu n’a jamais existé,
    Selon les lois de la logique – soit P vrai implique Q faux –
    Eh bien justement il se trouve qu’un illogisme est dépisté !
    Quoi qu’il en soit, rien de tragique, tous les dogmes ont comme un défaut…

    Tableau de Bjorn Richter sur https:www.facebook.comBjørn-Richter-302501101111?ref=page_internal .

    
    
    
  • Clef de jour, clef de nuit

    Les extraterrestres se cachent derrière des pans de la nature
    Qu’ils ouvrent comme une boîte à sardine à l’aide de la clef du jour.
    Lorsqu’il vous semble qu’une tache fait une sorte de rature,
    Les Aliens en fait s’y radinent pour venir passer le séjour.

    Pareillement lorsqu’ils s’en vont, ils entrouvrent un rideau de nuit
    Qui paraît tellement visible que je me demande pourquoi
    Jamais nous ne les poursuivons en nous engouffrant dans son huis
    Sauf bien sûr une imprévisible sentinelle ou je ne sais quoi.

    Tableaux de Bjorn Richter sur https:www.facebook.comBjørn-Richter-302501101111?ref=page_internal .

    
    
    
  • See you letter

    See you letter

    J’écris à rimes rabattues ce mot d’amour sous-entendu
    Que vous pourrez décacheter en soulevant le sceau mammaire.
    Je l’envoie à bride abattue tant ma passion, à flux tendu,
    Exige un renvoi tacheté de votre laitance douce-amère.

    Je tèterai votre réponse comme un acte sous seing privé
    Qui nous déclarera unis pour le meilleur et pour le pire.
    Je quêterai alors l’annonce de votre prochaine arrivée
    Scellée dans vos lèvres brunies auxquelles tout mon cœur aspire.

    Photo de Hassan Hajila.

    
    
    
  • En robe d’oiseaux

    En robe d’oiseaux

    Madame l’Aurore en robe d’oiseaux
    Au matin pérore parmi les roseaux.
    Au bord des rivières et forêts humides
    Jusqu’à la lisière des flores timides.

    Quand les rayons dorent dès potron-minet
    La robe d’Aurore toute illuminée,
    Les oiseaux s’envolent, l’aube reste nue
    Et le jour convole avec l’inconnu.

    Par le rossignol au chant passionné
    Et les campagnols qui pointent leur nez,
    La faune salue l’aube tourterelle
    Et, sur les talus, la rosée nouvelle.

    Madame, pudique, voile sa nudité
    D’une sporadique nébulosité.
    Puis elle disparaît dans le firmament
    Quand l’astre apparaît impertinemment.

    Photo de Dasha Pears.

    
    
    
  • Hommes et femmes modernes

    Les femmes sont toujours Ă  la mode et les filles, toujours dans le vent ;
    Leurs cœurs, comme une girouette, oscille au gré de ses passions.
    D’ailleurs, l’amour s’en accommode par ses changements émouvants
    Qui lui libère ainsi la tête éperdue d’émancipation.

    Les hommes, gagnants de l’histoire après leurs femmes indémodables,
    Aiment observer leurs beautés comme des conquêtes soumises.
    Laissons-là ces griefs notoires bien qu’ils demeurent réprimandables !
    La femme incarne la primauté ; tant pis pour l’homme s’il la méprise.

    L’homme moderne a supplanté l’homo sapiens dans sa caverne.
    Désormais grâce à Internet, il s’épanouit au jour le jour.
    Même s’il s’est mille fois planté, car ses neurones le gouvernent
    Secondés par sa zigounette, il recommencera toujours.

    L’homme moderne reste l’esclave du capital entremêlé ;
    Il ne croit plus aux religions mais la science le fascine.
    Il a brisé toutes ses entraves sauf le wifi et la télé
    Qui le préserve des contagions de la Terre-Mère assassine

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  • Aux confins de l’amour

    Le songe d’une nuit d’été débute par une romance
    Et par le troubadour en herbe qui ouvre la porte du cœur.
    Au fil des soirées répétées, il faut sans cesse qu’il recommence
    Afin d’apprivoiser du verbe sa dulcinée dans son bunker.

    Ça ne marche pas à tous les coups ; alors, le troubadour s’éclipse
    Et va chercher l’inspiration dans un voyage autour du monde.
    La dulcinée pleure beaucoup mais ce n’est pas l’apocalypse
    Fors peut-ĂŞtre une aspiration pour un amour qui vagabonde.

    L’amour « Loin des yeux, loin du cœur ! »… n’a pas crié son dernier mot
    Et parfois une séparation en galvanise ses atomes.
    Si le mal d’amour nous écœure, il donne un tour de dynamo
    Qui booste la propagation d’une envie de retour « at home ».

    Sinon le monde se scinde en deux et l’un connaît, aux antipodes,
    Un autre amour, une autre histoire et d’autres plans sur la comète.
    Le destin se montre hasardeux au fil des divers épisodes
    Selon l’exécution notoire que ses personnages commettent.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • Messagerie sans-fil

    Messagerie sans-fil

    La toile des communications, la fragilité du sans-fil,
    Peut se briser sans préavis par décret gouvernemental.
    Mais contre ces limitations, on verra les colombophiles
    Et les pigeons reprendre vie pour fournir un service postal.

    Tableau de Christian Schloe.

    
    
    
  • La fille sur les toits

    La fille sur les toits

    Cinq chats vivaient à la maison dont l’un se métamorphosait
    Le jour dans ma petite fille, la nuit en chatte de gouttière.
    Elle courrait, non sans raison, sur les toitures ardoisées
    Mais elle offrait à sa famille des euphories primesautières.

    Tableau de Alexander Jansson.

    
    
    
  • Une souris verte

    Une souris verte

    Une étrangère courait dans l’herbe d’une démarche un peu voilée ;
    Une saute de vent soudaine pénétra le sombre pubis
    Et dénuda un corps superbe luisant sous la lune étoilée,
    Dévoilant sa jolie bedaine et deux petits seins de rubis.

    Tableau « Lailla » 1908 de Kees van Dongen.

    
    
    
  • Une chatte bleue

    Une chatte bleue

    On ne dit pas dans la chanson que la chatte bleue attrapa
    La souris verte qui courait entre ses cuisses entrouvertes.
    Mais elle put payer rançon pour échapper à son trépas
    Et repartit dans les fourrés vers une excavation offerte.

    Tableau de Kees van Dongen.

    
    
    
  • Petit gĂ©meau

    Petit gémeau

    Je suis sûr qu’au fond de ton cœur, il se cache un petit gémeau
    Qui n’a jamais voulu grandir car il se savait immortel.
    Mais comme il connaît la rancœur du vrai monde peuplé de maux,
    Il préfère seulement resplendir au cœur de son petit cheptel.

    Petit gémeau n’a pas envie de se faire du cinéma,
    De faire croire à son talent ou d’espérer l’amour des gens.
    Petit gémeau, c’est pour la vie, que tu restes dans l’anonymat
    J’aime ton âme se régalant de petits bonheurs sans argent.

    Tableau Sophie Wilkins.

    
    
    
  • Le masque du gĂ©meau – 2

    Le masque du gémeau - 2

    Son regard jouant comme un phare qui troue la nuit mélancolique,
    Son rayon transforme en gaité éclairant tout ce qui dépasse ;
    Comme un musicien de fanfare d’une symphonie bucolique,
    Les instruments prĂŞts Ă  guetter la moindre chansonnette qui passe.

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  • Le cĹ“ur vert

    Le cœur vert

    Attention aux coups de printemps qui vous rajeunissent tellement
    Que votre cœur en devient vert et se transforme un arbrisseau !
    Pourtant tout le monde est content, bonne nouvelle, évidemment,
    Car si vos jours partent à l’envers, vous deviendrez un souriceau.

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  • Les fruits de mai

    Les fruits de mai

    Les plus beaux fruits en abondance, fraises des bois, jeunes cerises,
    Décoreront votre panier comme éclats de rubis d’orfèvre.
    Ces baies qui riment avec « bombance », sont les délices les plus exquises
    Qu’avec ce goût frais, printanier, je récolterai sur vos lèvres.

    Tableau Eva Lara.

    
    
    
  • Le nid d’aigle

    Le nid d’aigle

    Je me souviens de ce nid d’aigle qui surplombait le lac placide
    Que le roi Louis de Bavière aimait tant admirer le soir.
    Parfois les choses se dérèglent entre la douceur et l’acide
    Et l’aigle atteint de fièvre aviaire n’a jamais voulu s’y asseoir.

    Le nid d’aigle qui fut offert en cadeau à Adolf Hitler. Il domine le lac Königsee à Berchtesgaden qu’aimait passionnément le roi Louis II de Bavière. Mais le führer n’a jamais apprécié ce cadeau et n’y est venu que très rarement. Je l’ai découvert en août 2004.

    
    
    
  • Quand l’esprit dĂ©couvre le cĹ“ur

    Quand l’esprit découvre le cœur

    J’ai passĂ© tant d’annĂ©es lĂ -haut, enfermĂ© dans ma tour d’ivoire,
    Ignorant ce qui se passait dans les étages du dessous,
    Que je n’ai pas vu le chaos que je ne pouvais concevoir
    Qui s’était pourtant amassé tranquillement de tout son soûl.

    Un jour j’en ai dégringolé sans pouvoir jamais remonter.
    On m’en a interdit l’accès car j’avais bien mal gouvernĂ©.
    D’abord je n’ai pas rigolé mais après j’ai pu surmonter
    Le fait d’avoir crevé l’abcès d’un esprit fort et consterné.

    Alors j’ai ôté la poussière qui s’accumulait sur le cœur
    Et ouvert en grand les fenêtres qui m’ont découvert l’extérieur.
    J’y ai fait entrer la lumière et ce n’est pas à contrecœur
    Que je me suis senti renaître par une force à l’intérieur.

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  • Pierre, feuilles et ciseaux

    Pierre, feuilles et ciseaux

    Comme le verre à moitié vide et le même verre à moitié plein
    Selon le ton de mes envies ou la valeur de mes pensées,
    J’y vois soit la nature avide de faire de la pierre un tremplin,
    Soit la pierre étouffer la vie ou encore tout recommencer.

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  • La vie en rose – 2

    La vie en rose

    La terre se posait des questions, l’eau des rivières tournait en rond,
    Le ciel se faisait bien morose, le feu hĂ©sitait Ă  frapper…
    Soudain Dieu fit la suggestion de ne pas se faire du mouron
    Et repeignît la vie en rose pour que chacun en soit drapé.

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  • La barque des exploits

    La barque des exploits

    C’est la cerise sur le gâteau de souhaiter, en bien tout honneur,
    Un anniversaire de rêve sur la mer des années passées.
    Ferme les yeux sur ton bateau, tu vogueras sur le bonheur
    Sans compter les heures trop brèves mais les exploits à dépasser.

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  • Folle vĂ©ritĂ©

    Folle vérité

    Les yeux de maman se sourcillent ; ils sont comme une mouche au plafond
    Devant la folle témérité de cette inexpérimentée !
    Elle est encore petite fille mais elle veut plonger au fond
    Du vieux puits d’où la vérité n’aurait jamais dû remonter.

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  • L’oreille en colimaçon

    L’oreille en colimaçon

    Fidèle à l’écoute de ma parabole,
    J’entends les échos et réer les cerfs.
    Les faons se dégouttent à gagner l’obole
    Qui paiera l’écot de leur vie de serf.

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  • Ralliez-vous Ă  mon panache blanc

    Ralliez-vous Ă  mon panache blanc

    Quand on est un éléphant et qu’on a de l’ambition,
    Il faut savoir rassurer et montrer le bon chemin.
    Écoutez-moi mes enfants, suivez-moi sans condition,
    Je pourrai vous assurer les meilleurs après-demain !

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  • Salade de fruits

    Salade de fruits

    Tous les plaisirs de la vie sont offerts
    Comme une coupe de fruit pour dessert.
    Nous traversons notre part de désert,
    Nous avons tous notre part de misère.

    Quelquefois un accident nous empreint
    De gravité par un choc incertain.
    Mais si nous savons demeurer sereins,
    Nous devenons un petit peu plus humains.

    La vie, c’est comme une coupe de fruits :
    Hier amer et sucré aujourd’hui,
    Hier du pain sec, aujourd’hui des biscuits…
    Tout est payant mais les coups sont gratuits !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La flambĂ©e des fleurs

    La flambée des fleurs

    Aujourd’hui tu es venue
    Me souhaiter la bienvenue.
    N’en déplaise à l’ingénue,
    Tu t’es mise toute nue…

    Au matin tu es partie ;
    À ta place dans mon lit,
    J’ai trouvé ces floralies
    Au soleil de l’Italie !

    Je les ai bien rassemblées,
    Je les ai mises en bouquet,
    Ma maison est enchantée
    Et mon cœur désorienté !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le coup de pot bleu

    Le coup de pot bleu

    J’ai caché pas mal de choses
    Hier, dans mon vieux pot-aux-roses,
    Déversé mes sinistroses,
    Toutes mes pensées moroses.

    Arrosé de mes déboires
    Égouttés de mon mouchoir,
    Cette nuit il était noir
    Couleur de mon désespoir.

    Ce matin le pot est bleu
    De ce bouquet merveilleux
    Transformé et lumineux,
    Mon cœur devient harmonieux !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le tournesol Ă©tendard

    Le tournesol étendard

    Cette flamme éternelle brille dans la lumière.
    Toujours elle rappelle mes plus fortes prières.
    Tous mes désirs secrets, mes soifs particulières,
    Ainsi représentés par cette chevalière.

    Tu es mon étendard, le témoin qui annonce
    Que j’ai déjà reçu mes plus belles réponses.
    Tu étends mon regard et jamais ne renonce
    Ni ne s’avoue vaincu et jamais ne s’enfonce.

    Chaque fois je te vois tourner vers le soleil ;
    À chaque heure du jour tu demeures en éveil.
    Quand les ténèbres tombent, tu te mets en sommeil,
    Mais quand tu sors de l’ombre, tu sonnes le réveil !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • CĹ“urs de tournesols

    Cœurs de tournesols

    Cœurs de feu, flamboyant, de soleil !
    Fleurs de terre, émergeant du sommeil !
    Filles d’eau, absorbant la bouteille !
    Courants d’air, éclatant sans pareil !

    Cœurs de terre, nourrissant mon éveil !
    Fleurs de l’eau, séduisant mon oreille !
    Filles d’air, suscitant mon réveil !
    Flots de feu, scintillant de vermeil !

    Cœurs de l’eau, navigant sans pareil !
    Fleurs de l’air, butinant les abeilles !
    Filles de feu, méditant mes conseils !
    Fruits de terre, produisant des merveilles !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le bateau-Lune

    Le bateau-Lune

    Viendras-tu sous la Lune, dans le secret des dunes ?
    Mon bateau de fortune mouille dans la lagune.
    La nuit est opportune, j’ai l’accord de Neptune !
    Viens sans frayeur aucune, viens, rejoins-moi ma brune !

    Ce soir dans la brume sans autre costume,
    Toi, l’encrier d’écume et moi le porte-plume.
    Et comme de coutume, cette nuit sous les plumes,
    Que l’amour nous consume à son plus fort volume !

    Tableau de Fabienne Barbier