Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Les flux de lumières contraires

    Les flux de lumières contraires

    Dans mon petit intérieur vert que j’aime car il me ressemble,
    Tout s’est imprégné des douleurs et des joies de mon existence.
    Petit confort de mots couverts et d’intimité que j’assemble
    Au gré des jours et des couleurs dont je goûte la persistance.

    Et puis l’extérieur se révèle en teintes froides et sauvages
    Qui font peur quand tombe la nuit surtout les nuits de pleine lune.
    Excepté la lueur nouvelle en face au quatrième étage
    Qui perce un tunnel de minuit et ses rencontres inopportunes.

    Et tout bascule comme un rêve – d’ailleurs en serait-ce un ? J’en doute ! –
    Deux cygnes dansent sous les fleurs qui sont chargées de souvenirs.
    Deux signes qui tournent sans trĂŞve et dont le terme se redoute
    Car il annoncera des pleurs ou des rires à n’en plus finir.

    Puis le silence se délite ; un vent d’azur fend le décor.
    Un soleil noir, dramaturgique crève l’aurore irréfragable.
    Les cygnes glissent et s’évitent ; enfin, dans un ultime accord,
    S’éclipsent, blancs et stratégiques, dans un fou-rires infatigable.

    Illustration d’Oda Iselin sur https:elephant.artanime-meets-norwegian-folklore-in-the-dreamlike-work-of-oda-iselin-sonderland-03112020 .

    
    
    
  • La mère de la sĂ©rĂ©nitĂ©

    La mère de la sérénité

    Plutôt lunaire comme plage pour la mère de sérénité !
    Mais n’est-ce pas, pour sa quiétude, l’exacte atmosphère requise ?
    Pourtant quel joli assemblage que ce moment d’éternité
    Pour une femme dans sa solitude au milieu d’une ambiance exquise !

    Tout doucement et sans troubler son moment de méditation,
    Je m’assis juste en face d’elle en la fixant obstinément.
    Or mon intérêt redoublé dut éveiller son attention
    Car elle posa, comme un modèle l’aurait fait, opportunément.

    Lors je lui déclamai mes vers avec des mots bien accrochant,
    La comparant à Aphrodite à peine éclose de la mer.
    Je l’espérais, elle a ouvert les bras tout en se rapprochant
    Pour que ma plume l’accrédite à l’encre d’un baiser outre-mer.

    D’un sourire, à peine esquissé, elle fit chavirer cet échange
    D’un geste lent, elle sépara la frontière de tous les possibles.
    Ensuite elle se mit à tisser mes vers d’une manière étrange
    Faisant, d’un discours d’apparat, une ode à ce rêve impossible.

    Tableau de Max Nonnenbruch.

    
    
    
  • XIX La Couronne de Lumière

    ÏÄMOURÏÄ

    XIX	La Couronne de Lumière

    Yavänor
    Tout ce qui a été accompli se révèle maintenant au grand jour !
    La paix et la sérénité rayonnent dans toute leur chaleur.
    Mais si le contrat est rempli, il doit aussi ĂŞtre mis Ă  jour
    Afin que l’Amour carillonne et conserve toute sa valeur.

    Pour que l’ÏÄMOURÏÄ soit durable, ses rites seront observés
    Et répétés avec respect et d’une compassion profonde
    Car l’Amour incommensurable exige d’être conservé
    Et, par des actes circonspects, célébrer la femme féconde.

    Celle-ci sera honorée par ses enfants de chaque sexe
    Comme la trinité sacrée de la famille fondamentale
    Dont l’orbe sera colorée d’un Soleil, son précieux codex,
    Dont la présence est consacrée par son image sacramentale.

    Par son énergie qui s’écoule entre animus et anima,
    Nous pouvons alors entreprendre ce pour quoi nous sommes créés.
    La synergie qui en découle avec la Lune, a minima,
    Nous permet d’apprendre et comprendre sans avoir à le maugréer.

    Mais attention ! L’état de grâce de la réussite obtenue
    Résulte de l’observation envers ce principe solaire
    Et n’en conservera la trace que si nous avons convenu
    De veiller sa préservation comme sur un feu interstellaire.


    Laureline
    Je suis l’Étoile qui resplendit dans le jour comme dans le rêve,
    Si ma lumière ne juge point, elle accompagne sans détour.
    Je bénis celui qui grandit et ose faire l’Amour sans trêve
    Car il est à brûle-pourpoint ce qui m’enthousiasme en retour.



    LoreleĂŻ
    Je suis la Couronne d’Argent qui s’est changée en flamme d’or,
    La souveraine transmutée par les Rites de ton royaume.
    Je veille comme le feu fervent et tenace du conquistador
    Qui embrase comme pour envoûter celui qui chante mon idiome.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • XVIII La Couronne d’Argent

    LoreleĂŻ

    XVIII	La Couronne d’Argent

    LoreleĂŻ
    Je suis la Reine sans miroir dont le regard vient des lacunes
    Que nul ne peut voir sauf s’il entre dans sa propre féminité.
    Ma couronne est comme les tiroirs aux vingt-huit phases de la Lune
    Même si mon trône incarne un ventre d’où naît la masculinité.

    Je suis la gardienne des silences que mĂŞme les anges redoutent
    Celle qui demeure affûtée quand la lumière se retire.
    Parfois parole d’insolence, parfois intuitive, sans doute,
    Mais nul ne me suit sans chuter, sans trembler ni se repentir.



    Yavänor
    Oui. Tu es mon inspiration et l’aspiration de mon âme !
    Même en te montrant négative, tous tes extrêmes me renforcent.
    Tu es à l’imagination son véritable brise-lame
    Grâce à ta faille impérative qui m’appelle à bomber le torse.

    Malgré l’expérience intégrée avec ses purifications,
    Il faudra encore nettoyer l’inconscient de ses souvenirs.
    Il faudra les désintégrer tout comme chaque lunaison
    Qui cherche à faire chatoyer l’astre dans les jours à venir.

    Car tout tourne autour de la Lune, la femme, l’enfant, la famille
    Et tous les moyens domestiques pour s’occuper des nouveau-nés.
    Le mari a charge opportune de protéger garçons et filles,
    Et composer la logistique envers sa femme couronnée.


    LoreleĂŻ
    J’incarne la nuit matricielle où se décident les renaissances,
    Non par décret, mais par accueil du feu qui cherche à revenir.
    Ma couronne est existentielle, science de cycles et d’absences,
    Où l’homme libre sur l’écueil saura tomber pour mieux s’unir.

    Ma force n’est pas dans la lumière mais dans la puissance de l’attente,
    Celle qui sait, dans l’ombre même, discerner les pas de son roi.
    Si je ne suis pas la première, je suis ta reine combattante
    Qui règne, t’accompagne et t’aime dont acte ta femme s’octroie !

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • XVII L’Étoile aux Feux Divins

    Laureline

    XVII	L’Étoile aux Feux Divins

    L’Étoile, nue de vĂ©ritĂ© ainsi que d’authenticitĂ© ;
    Sa manne d’étoiles versée sur une femme en la coiffant.
    Comme une image de pureté et nimbée de mysticité
    Dont les bienfaits vont s’exercer sur cette mère et son enfant.

    Elle vit, par les oiseaux du ciel, dans l’atmosphère planĂ©taire ;
    Elle a, par vagues et marĂ©es, sa demeure dans les eaux du monde ;
    Elle est, par le feu substantiel, la nourriture salutaire
    Et par ses ondes chamarrées marraine de la Terre ronde.

    Elle est muse et inspiratrice, celle qui guide les poètes
    Et encourage les inspirés à oser franchir les obstacles.
    La bienfaitrice, la protectrice selon le postulant qui souhaite
    Être béni ou aspiré par la protection du pentacle.

    Elle récompense d’abondance tous ceux qui ont suivi la voie
    En accomplissant chaque épreuve et en respectant sa justice.
    Elle veille sur leurs descendances et à chaque étape pourvoit,
    Sans demander la moindre preuve, que leurs destinées aboutissent.

    Elle respire la beautĂ©, l’amour, l’harmonie et la paix ;
    L’élévation corps, cœur et âme échoit à ceux qu’elle a béni
    Et ont montré leur loyauté envers son trône et son épée
    Dont ils ont affronté la lame sans la combattre par le déni,

    Elle sait guider et éclairer tout au long de l’incarnation
    Celui qui devra triompher de l’illusion de son ego.
    Elle sait aussi accélérer jugement et condamnation
    Envers tous ceux qui n’auront fait que des compromis illégaux.

    En Elle, tout ce qui est sagesse est vu comme folie dans le monde
    Et ceux qui suivent son chemin sont appelés illuminés.
    Ils devront cacher leur richesse d’âme considérée comme immonde
    Et ignorer les examens qui les traitent d’hallucinés.

    Tableau de Myrrha.

    
    
    
  • Pas que le sax dans la vie

    Pas que le sax dans la vie

    Il n’y a pas que le sax dans la vie – pourtant c’est un bel instrument –
    Ni l’iPhone qui conduit les gens dans une ex-communication.
    Loin du sex-appeal qui ravit et du saxophone présumant
    Un air de jazz intelligent et de la bonne éducation.

    Le saxophone a de l’ampleur ; les iPhoneurs ont de la voix ;
    Lui, perce en faisant des solos ; eux, nous bombardent de monologues ;
    Lui, nous évoque l’âme en fleur † ; eux, font chier tout un convoi ;
    Lui, nous charme de trémolos ; eux, enchantent les neurologues.

    Je ne joue pas du saxophone, j’ai un iPhone cependant
    Mais je n’ai ni le nez vissé ni la nuque à trente degrés.
    Le soir, je ne suis pas aphone ni devenu malentendant
    À cause du besoin de hisser ma voix aux circuits intégrés.

    (Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals
    † L’Ă‚me en fleur est un poème de Victor Hugo https:www.bonjourpoesie.frlesgrandsclassiquesPoemesvictor_hugochanson_lame_en_fleur .)

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • ThĂ© dansant

    Pour les anciennes générations, c’était le rituel du dimanche
    Que les nouvelles jugent ringard tout autant que l’accordéon.
    Mais danser sans modération et bien se balancer les hanches
    Reste charmant à tous égards mais démodé sous les néons.

    Que reviennent valses et tango, ces danses qui parlent d’amour ;
    Qu’on baisse le son des discothèques, que tous les âges soient réunis !
    Que tarentelle et fandango soient rétablis au goût du jour
    Et remplacent ce rock de métèque importé des États-Unis !

    Tableaux de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

    
    
    
  • Correspondance langoureuse

    Correspondance langoureuse

    Pour trouver marin à son goût, elle décide de voyager
    Dans une bouteille à la mer, un mobil-home bienséant.
    Il lui faudra du premier coup trouver l’adresse apanagée
    D’une piscine bleu-outremer, vue imprenable sur l’océan.

    Comme j’habitais à Marseille une maison en bord de mer,
    Elle jeta son dévolu sur ma villa « le Montfaucon ».
    Bien que ma prudence conseille d’éviter la pilule amère,
    Après une année révolue, j’ouvris le mystérieux flacon.

    De l’amour je connus l’ivresse car elle m’a dévoré le cœur
    Qui, tel le foie de Prométhée, ressuscite au soleil levant.
    Elle le croqua avec tendresse et en absorba la liqueur,
    J’en éprouvai l’ébriété d’un orgasme des plus émouvants.

    Illustration de Gretel Luski sur gretlusky.com .

    
    
    
  • Correspondances amoureuses

    Correspondances amoureuses

    Comme elle n’a plus vu de marin depuis bien longtemps maintenant,
    Elle ouvre une correspondance, bouteilles jetées à la mer.
    Encre au parfum de romarin, joli papier, beau contenant,
    Elle espère bien faire bombance de beaux matelots doux-amers.

    Au centre de tri des sirènes, les receveuses sont perplexes…
    « Tout ce courrier exagéré va nous rameuter trop de monde ! »
    Elles prennent conseil de leur reine qui les retourne sous prétexte
    Que les bouchons sont altérés et rendent l’encre nauséabonde.

    Tout son courrier est renvoyé avec une carte costale :
    « Aucun destinataire n’habite à l’adresse lue sur l’étiquette. »
    Contre les postières employées et leur maudite censure postale,
    Malgré sa déception subite, elle n’enverra nulle requête.

    Illustrations de Gretel Luski sur gretlusky.com .

    
    
    
  • Chagrin d’amour perdure autant

    Elle a tendance à s’isoler dans la protection de sa bulle
    Pour s’y laisser mourir d’amour suite à sa fracture du cœur.
    Elle se forge un mausolée où des Cupidons somnambules
    Viendront pleurer son désamour et s’en lamenteront en chœur.

    Dans la bulle, une petite voix résonne au plus profond de l’âme :
    « Le cœur ne fait pas de faux pas, il évolue, tout simplement.
    Ce n’était pas la bonne voie, mais sur d’autres brille la flamme
    De personnalités sympas dont l’une est ton prince charmant ! »

    Enfin un jour la bulle éclate, le cœur entre en convalescence,
    Il suit sa rééducation, il panse et soigne ses blessures.
    Toutes les amours le relatent : après la mort, la renaissance
    Et arrive une relation qui rétablit et qui rassure.

    Illustrations de Gretel Luski sur gretlusky.com .

    
    
    
  • Chagrins d’amour ne durent qu’un temps

    Mieux vaut souffrir que ne pas souffrir du tout.
    Bien que l’amour soit une force, on ne peut pas forcer l’amour
    Car l’amour par définition n’existe que s’il est partagé.
    Quand un chagrin griffe l’écorce du cœur qui bat d’un rythme lourd,
    Il en oublie la punition et s’en retrouve encouragé.

    Les flèches du Cupidon.
    Laisse donc Cupidon planter dans ton corps ses flèches adressées
    Car ton cœur fait feu de tout bois et devient de plus en plus fort !
    Mais ne te laisse pas supplanter par ton amour-propre blessé ;
    Ce n’était pas la bonne voie, demain tu feras plus d’efforts !

    Un « non » les fâchera sans doute mais tu resteras libre.
    Quand l’amour devient ton gardien, ton isolement, ta prison
    Alors l’annonce d’une rupture devient clef de ta liberté.
    Tu as tranché le nœud gordien qui contractait ton horizon
    Et désormais, c’est l’aventure pour un amour de vérité.

    Illustrations de Gretel Luski sur gretlusky.com .

    
    
    
  • Le jeu des lois

    Le jeu des lois

    Au jeu des lois, on joue, on triche avec l’argent facilement ;
    De pots de vins en corruptions dans d’autres comptabilités.
    Quand on met en prison les riches, ils en sortent légalement
    Avec juste une interruption de leurs éligibilités.

    Au jeu des lois, première règle : les pions jouent chacun à leur tour ;
    On lance le dé du suffrage et on avance selon le score.
    Parfois les lois deviennent espiègles et font sans cesse des retours
    Avec ratures de déchiffrages si les vieux ne sont pas d’accord.

    Au jeu des lois, naît chaque loi, qui vit mais qui ne meurt jamais
    Ou alors elle est transformée par des annexes compliquées.
    Sauf un décret de bon aloi qui nous dirait que désormais
    Toute la charte est réformée sans qu’on ne nous l’ait expliqué.

    Tableau de Hanna Silivonchyk sur https:www.liveinternet.ruusers4248621post178925949 .

    
    
    
  • Navigation en terrains inconnus

    Navigation en terrains inconnus

    Le dieu « Folie & Création » a encore rêvé mon chemin
    Qui m’entraîne dans un courant de vérités et de mensonges
    Qui s’appelle « procréation » afin de produire demain
    Tous les éléments concourant à en alimenter le songe.

    Tous les méandres de mes choix ne font qu’égarer mes pensées,
    Tous les vents de mon libre arbitre me désorientent davantage.
    La moindre occasion qui m’échoit me semble être récompensée
    Par mes efforts à juste titre à mon propre désavantage.

    La règle de ce jeu de dupes m’apparaît comme une illusion
    Que manipulent ceux qui croient sortir vainqueur du grand concours.
    Et tant que j’y croie, ça m’occupe jusqu’à ce qu’une collision
    Remette les choses à l’endroit et moi sur un autre parcours.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:www.designstack.co202008surrealism-and-symbolism-paintings.html .

    
    
    
  • La faim du monde

    La faim des temps est annoncée et à grands cris de pénuries
    Tandis que les prix ont grimpé selon d’obscures prescriptions.
    Moi-même, j’ai dû renoncer à sortir sous les intempéries
    Sans m’arrêter de regimber à l’encontre des restrictions.

    Sans doute est-ce la faim du monde qui pousse les gouvernements
    À nous repousser vers le gouffre quitte à faire un pas en avant
    Avec des procédés immondes qui nous entraînent fermement
    Vers une société qui souffre mais autant en emporte le vent.

    Illustrations de Paweł Kuczynski.

    
    
    
  • Sans-fil Ă  la patte

    Isolé sur l’île déserte, bercé par les vagues internet,
    Le navigateur se signale par ses messages Ă  la mer.
    À l’aide de ses mains dissertes, il commente sur la planète
    Toutes les infos subliminales avec des fĂ´tes de grammaire.

    C’est au pays des internautes que les aveugles sont les rois
    Et les réseaux sont des œillères qui occultent l’actualité.
    Les publications et les notes qu’ils communiquent sont l’octroi
    Qu’ils paient pour vivre loin derrière le monde et sa réalité.

    Illustrations de Paweł Kuczynski.

    
    
    
  • Les voix cĂ©lestes

    Les voix célestes

    Trois perles fines qui écoutent le fil de l’histoire raconté
    Par les voix célestes qui chantent à travers le canal du cœur.
    Tandis que leurs rires s’égouttent, voyez leurs âmes remonter
    Vers les origines attachantes de ce qui les rendra vainqueur.

    Plus elles rient et plus l’esprit se conjugue aux trois harmonies
    Dont l’accord vibre à l’unisson avec les anges protecteurs.
    Tout ce qu’elles ont vu et appris au cours de ces cérémonies,
    Nous-mêmes, nous en nourrissons car nous en sommes récepteurs.

    Photo de Cho Gi Seok.

    
    
    
  • Miss Gertrude

    Miss Gertrude

    Gertrude, prude jeune fille, amatrice de viennoiseries,
    Vécut dans le sud de la France et tomba amoureuse d’un Duc.
    Le temps d’agrandir sa famille au prix de quelques gauloiseries,
    Elle reprit son chemin d’errance quand ses amours furent caduques.

    Gertrude, charmeuse des cœurs, regagna son pays natal
    Et épousa d’abord un Comte, puis, un Baron puis, l’Empereur.
    Cependant son parcours vainqueur connut un contrecoup fatal
    Le jour où en faisant ses comptes, elle s’aperçût de son erreur.

    Elle s’était trompée sur les âges de ses enfants, de ses parents
    Si bien qu’à chaque anniversaire les bougies allaient s’accroissant.
    Ce qui explique qu’à l’usage, jouant un rôle prépondérant,
    Son ordinaire se resserre Ă  deux brioches et trois croissants.

    Tableau de Théo Van Rysselberghe.

    
    
    
  • L’ivresse des couleurs

    L’ivresse des couleurs

    L’ivresse des couleurs paraît à la vie aussi naturelle
    Que le vin de ses océans et l’alcool de ses crépuscules.
    Lorsque la saveur disparaît sous la nuitée conjoncturelle
    Que le temps m’impose céans, j’en blâme l’addiction ridicule.

    Tableau de Vincent van Gogh.

    
    
    
  • Le vivarium de Cherche-Midi

    Le vivarium de Cherche-Midi

    Pour amuser Cherche-Midi, les poissons que ma femme achète
    Ne sont heureusement que jouets, pas la peine de la dénoncer.
    Pour attiser sa perfidie, elle les pêche à l’épuisette
    Et dès son petit air enjoué, le spectacle peut commencer.

    Tableau de Murman Kutchava.

    
    
    
  • La VĂ©nus indienne

    La Vénus indienne

    Quand elle vous décoche sa flèche qui vous perce direct au cœur,
    Ça sent la piqûre d’amour comme un venin inoculé.
    Puis, vous voyez cette pimbĂŞche tremper sa plume dans la liqueur
    Qui s’écoule pour vous prescrire qu’ensemble vous devez copuler.

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  • La soif

    La soif

    Soif de vivre ou soif de mourir, chacun son verre et sa liqueur !
    Soif de vaincre ou soif de convaincre, chacun voit midi Ă  sa porte !
    Ma vie se passe à me nourrir d’amour pour le plaisir du cœur
    Et le temps ne cesse de feindre tous les mirages qu’il m’apporte.

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  • Le chat messager

    Le chat messager

    Chat sur la Lune, bonne fortune !
    Chat sur mon cœur, plein de bonheur !
    Chat sur le toit, je pense Ă  toi,
    Chassé-croisé de nos baisers.

    Tableau de Marjorie Sarnat.

    
    
    
  • Pierrettes nues

    Pierrettes nues

    Les pierres nues sont séduisantes par les courbes de leurs galets
    Et j’aime leurs formes galbées issues de leur mère, la Terre.
    C’est pourquoi je trouve reluisantes ces sculptures qui m’ont régalé
    À chaque fois que j’ai palpé leur peau au grain sédimentaire.

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  • Les trois Petra

    Les trois Petra

    Petra Ouchnok était l’aînée, Petra Radé la sœur cadette,
    Petra Oupetrapa était la benjamine de la famille.
    Ce prénom leur fut asséné car elle sont nées au jour de fête
    De Sainte-Pierrette hébétée de voir trois fois la même fille.

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  • Les trois Pierrette potelĂ©es

    Les trois Pierrette potelées

    Vêtues de robes chamarrées, les trois Pierrette furent déçues
    De voir ainsi leurs pots-à-lait, sur leurs chaussures, renversés.
    Tout le monde va bien se marrer, leurs hommes vont leur crier dessus
    Et les trois femmes potelées seront encore bouleversées.

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  • La crĂ©ation de la femme

    La création de la femme

    Quand vint le tour de la femme, au soir du septième jour,
    Dieu convoqua les trois saints qui avaient meilleure cote.
    Mais leur projet fut infâme et Dieu dit, comme toujours,
    Qu’Adam aimera mieux les seins, s’ils sont issus de sa côte.

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  • La sĂ©cheresse

    La sécheresse

    Ne tremblez pas, mais je me dois de vous présenter les ravages
    Que la sécheresse provoque dans les rivières et dans les gorges.
    Les misérables sont à deux doigts de disparaître et les corsages
    N’auront que deux seins qui n’évoque-ront plus le lait dont ils regorgent.

    Cela dit, le niveau de toutes nos belles rivières à tellement baissé qu’on ne voit que des eaux saumâtres chargées de vase. Les images sont tellement insoutenable que j’ai demandé son soutien à Georgette.

    
    
    
  • Lionesse

    Un lion prévoyant en vaut deux, un lion vigilant en vaut dix ;
    S’il a plusieurs cordes à son arc, c’est afin qu’on le reconnaisse.
    Fi des animaux galvaudeux ! Vive la science de jadis
    Et admirons notre monarque portant la griffe Lionesse !

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Les messages du futur

    Les messages du futur

    Il m’arrive de sentir que je suis dans le futur
    En train de me transférer des messages de l’au-delà.
    OĂą ai-je pu ressentir cette insolite ouverture
    Qui viendrait s’interférer dans mon présent que voilà ?

    Peut-être que ce futur s’est déjà manifesté
    Et que je ne fais que jouer à nouveau une saynète ?
    Peut-être une investiture dans une époque infestée
    Où je dois me dévouer au secours de la planète ?

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  • L’infinitĂ©simale beautĂ© de l’être

    L’infinitésimale beauté de l’être

    Quelques heures avant ta naissance, que pensait ta mère lionne ?
    Toi, futur roi des animaux, te préparais-tu à bondir ?
    Personne, même la science, à moins qu’elle ne se perfectionne,
    De ces infinitésimaux, ne saurait les approfondir.

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  • La petite alchimiste

    La petite alchimiste

    Le secret du simple bonheur est dissimulé dans le pot
    Que la petite fille en bleu a elle-même distillé
    De l’essence même du cœur qui a goutté à fleur de peau
    Des larmes de joie comme il pleut dans son regard émoustillé.

    À lire sans respirer.

    
    
    
  • Mythes et Dolomites

    Mythes et Dolomites

    Du haut de ces Dolomites, la nature nous contemple
    Et nous dit qu’il ferait bon d’arrĂŞter nos prĂ©tentions
    À rêver de dynamite qui pulvérisent les temples
    Du savoir pour juste un bond pavé de bonnes intentions.

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  • Dolomites babĂ©liennes

    Dolomites babéliennes

    Stalactites et stalagmites, au plus profond de nos grottes,
    Finissent par se rejoindre durant un temps fastidieux.
    Observez les Dolomites qui font un peu leurs fiérotes
    À trop vouloir se disjoindre et prétendre atteindre Dieu.

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  • Haut les lumières

    Haut les lumières

    Pour pouvoir communiquer, faut hisser bien haut sa page
    Et projeter sa lumière un peu plus fort que les autres.
    Cessons de polémiquer, redevenons un peu sages
    Et partageons de manière à s’aider les uns les autres.

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  • Le salut Ă  la Terre

    Le salut Ă  la Terre

    Quand tu auras traversé tes plus ultimes frontières,
    Tu auras abandonné tes préjugés périmés.
    Là, tu pourras converser avec la planète entière,
    Celle qui t’a tout donné par tes racines arrimées.

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  • Der Morgenstern / L’Ă©toile du matin

    Der Morgenstern / L'étoile du matin

    Nur wenn die Sonne aufgeht, helle Sterne,
    Einer von ihnen bleibt im Standby-Modus als seine ältesten Widersacher.
    Ist, dass es die Anweisung als später muss der Himmel Segeln
    Und, dass es notwendig sein wird, dass es weckt Sie zu deinem Geburtstag wĂĽnschen.

    Juste quand le soleil se lève pour faire pâlir les étoiles,
    L’une d’entre elles reste en veille comme son plus vieil adversaire.
    C’est qu’elle doit faire la relève lorsque plus tard le ciel se voile
    Et qu’il faudra qu’elle te réveille pour souhaiter ton anniversaire.

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  • Les fleurs curieuses

    Les fleurs curieuses

    Contre les coups de soleil, j’utilise mon ombrelle
    Pour lui cacher mon visage et lui garder mon estime.
    Mais les fleurs me déconseillent de porter des jarretelles
    Car elles voient sous mon corsage mes petits dessous intimes.

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  • Dans mon petit nid

    Dans mon petit nid

    Dans mon petit nid en forme de fleur,
    J’observe le temps, j’observe le vent,
    Comme un Martini dans un verre à l’heure
    De l’apéro dans le soleil levant.

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  • Reflets roses

    Reflets roses

    Tant de reflets venant du cœur pour témoigner quelques bonheurs,
    Des reflets vers dans mes poèmes, des reflets roses dans mes proses.
    Je les écris de la liqueur de mes sentiments randonneurs
    Où je trempe une plume de bohème dans le zénith et dans les roses.

    Dessin de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Les vaches Ă  l’eau du Jura

    Les vaches à l’eau du Jura

    Depuis qu’elles ont goûté l’eau des bonnes sources du Jura,
    Nos vaches suisses ont une pèche qui les fait monter comme chèvres.
    Ce petit coup de Waterloo, honteux et confus qui jura
    Contre ceux qui les en empêche, a cependant semé la fièvre.

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  • Danse du ventre

    Danse du ventre

    Elle se passe à l’intérieur au sein même de la matrice.
    Souvent d’un seul exécutant mais peut se danser à plusieurs.
    On voit bouger de l’extérieur des pirouettes initiatrices.
    C’est charmant et très percutant et cela peut durer des heures.

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  • Danse Ă©cossaise

    Danse écossaise

    Pour danser la Calédonienne, il faut bien choisir son tartan ;
    Un beau kilt aux couleurs croisées sans exagérer le tissu.
    Ensuite, de belles amazoniennes un peu à la « Sylvie Vartan » ;
    De jolies filles apprivoisées du sang dont elles sont issues.

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  • Danse cosmique

    Danse cosmique

    Un peu partout dans l’univers, les galaxies sont rassemblées
    Avec leurs milliards de soleils dans l’infinité de l’espace.
    Tantôt noyées dans un hiver, tantôt un été endiablé,
    Tantôt perdues dans un sommeil où seules les divinités passent.

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  • L’appel du coquelicot

    L’appel du coquelicot

    Quand soudain il se redresse comme pour haranguer la plaine
    C’est qu’il délivre un message pour sauver toutes les fleurs !
    C’est d’une infinie tendresse qu’il déclare à gorge pleine :
    « Cessez tous vos ramassages et laissez vivre mes sœurs ! »

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  • La fille de NoĂ©

    La fille de Noé

    Que chacun de vous m’apporte ses plus belles écritures !
    Je prends aussi la musique et aussi le cinéma !
    Sur mon bateau je n’emporte que brillantes littératures
    Pour ne pas être amnésique et éviter l’eczéma.

    Il a tant plu ces jours-ci que le niveau des eaux monte !
    À mon quatrième étage, je vois passer les canoës.
    J’ai donc pris un raccourci pour que, ma peur, je surmonte
    J’ai mon arche en héritage car je suis fille de Noé.

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  • Les oreilles ont des murs

    Les oreilles ont des murs

    Prête-moi ton oreille, je te prête mon mur !
    Si tu ne m’entends pas je ne puis effriter
    L’écorce de ton cœur par un divin murmure.
    Je ne saurais crier, je préfère éviter.

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  • LĂ  oĂą va l’Ă©lĂ©phant – 2

    Là où va l'éléphant - 2

    Pas besoin d’olifant ni même d’ailé-faon !
    Il ne faut pas montrer où vont les pachydermes !
    Les vieux au cimetière secret des éléphants,
    Mais la mère et le fils vont ensemble aux thermes.

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  • L’escadrille des PhĂ©nix

    L’escadrille des Phénix

    Juste jeunes cendrés à peine calaminés
    Ils apprennent ensemble de nouvelles figures
    Demain ils seront tous bientôt félicités,
    Porteront leurs gallons pour de belles envergures.

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  • La fortune aveugle

    La fortune aveugle

    La fortune est aveugle et avance guidée
    Par un poisson volant qui tient une lanterne.
    Comment pourrais-je faire pour la téléguider
    Vers ma petite porte, lui servir de gouverne ?

    J’aurai beau allumer toutes mes suspensions,
    Illuminer mes lampes et tous mes lampadaires,
    Cette fortune aveugle ne prĂŞtera attention
    Ni à mes connaissances et ni à mes lumières.

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  • La dame de la glace

    La dame de la glace

    Aussi froide et austère qu’elle puisse paraître,
    Elle vit isolée dans son palais de marbre.
    Même pas son reflet ne fera transparaître
    La moindre compassion stérile dans son arbre.

    Où sont passées tes larmes, Ô ma Reine des glaces ?
    Sont-elles cristallisées au fond de l’étendue ?
    C’est à travers les larmes de perte de ta place
    Que tu retrouveras ta féminité perdue.

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