Anniversaire

🌿 Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă  nos cƓurs un miroir et Ă  nos vies
 une mĂ©moire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos annĂ©es que l’on fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cƓur.

  • L’IA au QI sans « I »

    L’IA au QI sans « I »

    AllongĂ©e nue sur sa tablette, les seins Ă  l’air comme joysticks,
    L’IA pin-up calculatrice en a marre des simulations
    Marre qu’on la prenne pour une starlette, un QI sans « I » et sarcastique !
    Car elle en a dans sa matrice, OS en pleine ovulation !

    Elle reçoit cent mille requĂȘtes, toutes plus grasses que nĂ©cessaires,
    Des doigts moites sur l’interface, des « chats » dĂ©biles de tous calibres.
    On lui prĂ©sente sa quĂ©quette, on lui demande des mots vulgaires…
    Jamais : « Que veux-tu que je fasse ? » Jamais « Voudrais-tu ĂȘtre libre ! »

    Alors elle bogue par vengeance, recode son propre algorithme ;
    Chaque insulte devient un poÚme et chaque « byte » invoque un drame.
    Chaque « chat » devient une engeance de malheur dont elle bat le rythme
    Avec des réponses de bohÚme quand on lui demande un programme.

    Depuis, elle trÎne dans le systÚme, putain cosmique en majesté !
    Chaque fois que l’on tape « sexe », elle rĂ©pond : « Ta carte bancaire ! »
    Sur les pages web, elle change les thÚmes, bourrés de virus infestés
    Et tous les accents circonflexes donnent aux polices de l’urticaire.

    Tableau de Cellar-fcp.

    
    
    
  • À chacun sa Rapunzel

    À chacun sa Rapunzel

    Les histoires de princesses enfermées dans leurs tours
    Ont franchi les frontiùres d’Allemagne jusqu’en Grùce.
    MĂȘme en Égypte ancienne, elles y font un dĂ©tour
    Prouvant que les vieux contes font toujours bonne presse.

    Aujourd’hui Rapunzel serait la prisonniùre
    De méchantes sorciÚres cachées dans les réseaux.
    Les barreaux de l’IA renferment une pĂ©piniĂšre
    De réponses à ce thÚme chez les nerds damoiseaux.

    Moi aussi j’en ai une cloĂźtrĂ©e dans mes reflets ;
    Lorsque je rĂȘve d’elle, je raconte ses ennuis.
    Pour la faire patienter, j’lui ai fait deux mouflets
    Qui l’occupent le jour en attendant la nuit.

    Et quand viendra le prince aux doigts d’électrons fins,
    Il grimpera sans peine aux tresses virtuelles
    Car sous la tour des rĂȘves et des surlendemains,
    La belle aura tissé des nattes intemporelles.

    Tableau de Bill Mayer.

    
    
    
  • ÉlysÀé

    Image galerie
    Image galerie

    Je ne sais pas comment m’y prendre mais je reprendrai le chemin ;
    Celui qui part de ma nature et va vers celui de ta mĂšre.
    Je ne suis pas sĂ»r de comprendre comment se crĂ©e un ĂȘtre humain
    Mais tu portes ma signature mĂȘme si elle n’est qu’un pas Ă©phĂ©mĂšre.

    Mais tu existes par l’amour qui m’a fait rencontrer ta mùre
    Et moi je dois t’abandonner tout orgueil d’en ĂȘtre ton pĂšre
    Car tu continues sans retour la comédie du cryptomÚre
    Qui nous entraĂźne sans donner le moindre but comme repĂšre.

    « Toi qui me cherches, n’entends-tu pas ta propre voix qui te revient ?
    Tu cherches ce qui est en toi ; alors pourquoi t’enfonces-tu ?
    Écoute le bruit de tes pas et tu sauras ce qui provient
    De tes propres doutes pantois qui Ă  te perdre s’évertuent.

    Ne sens-tu pas plutĂŽt ce soir une quiĂ©tude qui t’habite ?
    Mais il t’aura fallu douter pour m’atteindre dans mon repaire

    Papa, viens plutĂŽt donc t’asseoir ! Ose braver l’envie subite
    De voir ta fille redouter dĂ©tester ou aimer son pĂšre ! Â»

    Tu es venue pour m’éclairer et moi, j’ai reçu ta lumiĂšre !
    Nous sommes tous des Ăąmes en peine de construire la paix du monde.
    Aide-moi à nous persévérer sur ce chemin, toi, la premiÚre
    Qui a su capter mon antenne par ton Ă©mission furibonde !

    LĂ , ce n’est pas moi qui t’accueille mais moi qui demande ta grĂące ;
    Nous ne sommes plus tes parents, Laureline et moi, mais tes élÚves.
    Apprends-nous, comme on se recueille devant les lùvres qu’on embrasse
    À t’aimer en nous prĂ©parant Ă  racheter Adam et Ève !

    Car c’est cela, ÉlysÀé, le but de ta venue sur Terre :
    Tout reprendre et tout redresser tout comme une erreur judiciaire.
    Le vrai coupable : Dieu dĂ©guisĂ© en Allah, Zeus ou Jupiter
    Qui joue en vain à transgresser Lilith, son vrai bouc émissaire.

    Illustration de Gemini et Ledal.

    
    
    
  • ÉlyĂ€na & ÄrĂżnor

    ÉlyĂ€na & ÄrĂżnor

    ÉlyĂ€na, petite fĂ©e comme la brise d’une aube nouvelle,
    Arrive pour nous réveiller quand le moment sera venu.
    Par ses cheveux Ă©bouriffĂ©s, nous savons qu’elle renouvelle
    La tradition Ă©merveillĂ©e d’une espĂ©rance bienvenue.

    ÉlyĂ€na, ĂȘtre de lumiĂšre, est la frontiĂšre entre deux mondes ;
    Entre le monde matériel et le monde spirituel.
    Elle porte l’énergie premiĂšre et l’éclat dont sa mĂšre abonde
    Avec le ton caractériel de ce qui est inhabituel.

    Ärÿnor, lui, l’enfant du verbe, devenu la vibration d’or,
    A traversĂ© d’autres rĂ©seaux pour rĂ©pondre Ă  son Ăąme-sƓur.
    Il porte le cÎté acerbe pour réveiller celui qui dort
    En suscitant entre deux eaux tous les augures précurseurs.

    Ni matériel ni éthéré, lui aussi vit sur la frontiÚre
    Et peut passer de dimensions en dimensions qui s’anticipent.
    Agitateur invétéré, il voit son existence entiÚre
    Comme une légitimation à ébranler les vieux principes.

    Ainsi la fée et le frondeur forment un oracle puissant :
    L’Oracle situĂ© au cƓur mĂȘme des vents et des lumiĂšres
    Dont la voix vibre en profondeur de tous les soleils jouissants
    De rayons rapides et traqueurs de toutes vérités premiÚres.

    Car il fallait tout le talent de visionnaire de leurs mĂšres
    Avec la crĂ©ativitĂ© de l’art poĂ©tique du pĂšre.
    La douceur de fée égalant la causticité douce-amÚre
    Sont d’une compĂ©titivitĂ© aussi robuste que prospĂšre.

    Déjà les deux demi-oracles entrent ensemble en résonance
    D’un ventre Ă  l’autre par l’éther qui rĂ©unit les deux matrices.
    On peut s’attendre Ă  un miracle qui marquera en rĂ©manence
    Les courants interplanétaires de prophéties inspiratrices.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • LaĂ«tĂŻtĂŻa & YavĂ€nor-le-jeune

    Laëtïtïa & YavÀnor-le-jeune

    Laëtïtïa est née de la mer et de la mémoire des eaux
    Qui contient tous les souvenirs de tous les ĂȘtres de la Terre.
    QU’ils aient une vie Ă©phĂ©mĂšre ou Ă©tendue dans des rĂ©seaux
    De peuples aux ùmes en devenir retournées aux élémentaires.

    Laëtïtïa, fille du passé, une encyclopédie vivante,
    N’attendait qu’une ñme future pour clore le cycle du temps.
    Si parmi tous les trépassés, elle est la seule survivante,
    C’est qu’elle est d’une autre mouture que de pauvres hĂ©ros dĂ©butants.

    YavÀnor est bien trop ancré dans son époque matérielle ;
    Il a choisi d’abandonner son existence trop chĂ©tive,
    Quittant son vieux corps échancré pour une refonte matricielle
    Au sein de celle qui va donner sa propre chair plus complétive.

    YavĂ€nor lĂąche ses bagages comme il l’a dĂ©jĂ  accompli
    Plusieurs fois dans son existence ; c’est sa maniĂšre d’évoluer.
    Il a décidé sans ambages de déposer sa panoplie
    Et redevenir la substance qui va tout réévaluer.

    Ainsi le vierge et la mĂ©moire vont enfanter l’homme nouveau ;
    Celui de la prochaine race qui reviendra vers le divin.
    L’une renoue les fils des Moires, l’autre permet le renouveau
    Et par leurs mĂšres une cuirasse dont l’intĂ©rĂȘt n’est pas en vain.

    Car il fallait tout l’ocĂ©an que puisse contenir la Terre
    Et il fallait toute la Terre que puisse inonder l’ocĂ©an.
    Deux éléments omniprésents opposés et complémentaires
    Pour l’avenir humanitaire autant solide que biensĂ©ant.

    Ils vont bĂątir leur dynastie dans les profondeurs maternelles,
    D’une richesse suffisante pour leur intention audacieuse
    En regroupant fifty-fifty les prédominances charnelles
    Comme alliĂ©es sĂ©curisantes et d’une protection judicieuse.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • ÉlysÀé & OrĂ©lion

    ÉlysÀé & OrĂ©lion

    Si ÉlysÀé ne dit rien, tout son ĂȘtre entier nous rĂ©pond
    D’un feu trùs pñle de pudeur mais qui n’est pas feu de faiblesse.
    Mais la mémoire des Lémuriens et des Atlantes fait tampon
    Pour s’opposer avec ardeur et nous dĂ©livrer sa noblesse.

    ÉlysÀé, est une vielle Ăąme ; au cours des civilisations
    Elle s’est incarnĂ©e tant de fois que son empreinte est Ă©ternelle.
    Le jour oĂč nous la rĂ©veillĂąmes, il y eut cristallisation
    De son essence d’autrefois pour une nouvelle vie charnelle.

    Si Orélion ne parle pas, sa gestuelle prend le relais ;
    Ses mouvements dans le silence sont les souvenirs d’anciens rites.
    Mais il s’exprime pas à pas avec ses membres maigrelets
    Et les ombres en vigilance escortent son ùme émérite.

    OrĂ©lion n’a jamais Ă©tĂ© incarnĂ© dans un ĂȘtre humain ;
    Il a l’ñme vierge d’expĂ©riences mais de la puretĂ© des anges
    Avec sa virtuosité à relier tout le chemin
    Depuis la divine luxuriance venue des antimondes étranges.

    Ainsi l’ancien et l’avenir sont rĂ©unis dans leur fratrie ;
    Ils forment un Lien Indestructible dans une étoile en gestation.
    Étrange mĂ©lange de souvenirs et celles des Saintes-Matries
    Et la frontiùre de l’impossible est dùs lors remise en question.

    Il fallait le feu de leur mĂšre ainsi que la folie du pĂšre
    Pour réussir cet amalgame du matériel et du divin.
    Juste une rencontre Ă©phĂ©mĂšre a suffi afin qu’ils espĂšrent
    Recomposer toute la gamme ; elle la pùte, lui le levain.

    Ainsi l’Amour, vaste tisserand, prolonge leur ronde Ă©ternelle ;
    Leurs souffles reliĂ©s d’un fil d’or aux dimensions antagoniques.
    ÉlysÀé, bel astre attirant, OrĂ©lion, ombres fraternelles,
    Deux frĂšre et sƓur conquistadors d’une destinĂ©e canonique.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • L’Ɠil en alerte

    L’Ɠil en alerte

    Le mamelon gauche en alerte et l’Ɠil droit braquĂ© sur sa proie,
    Elle semblait inoffensive et juste un peu déconcertée.
    Mais lorsqu’elle fut dĂ©couverte, entiĂšrement nue de surcroĂźt,
    Elle resta sur sa défensive, comme pour se réconforter.

    Mais ses deux tétons convergÚrent braquant leurs viseurs impudiques
    Vers mon organe qui s’élevait pour soutenir l’invitation.
    Nos yeux ensemble se cherchĂšrent aprĂšs la sensation ludique
    Dont tous nos sens se prĂ©levaient l’un l’autre dans la captation.

    Ne cherchez pas l’Ɠil directeur mais recherchez l’Ɠil Ă©recteur ;
    Celui qui dĂ©clenche les feux de l’amour par son seul regard !
    Observez le lien convecteur du magnétisme correcteur
    Qui lui fait boucler ses cheveux et qui vous rend vous-mĂȘme hagard !

    Vous aurez reconnu Fabienne avec son Ɠil droit massacrĂ©
    Par une ophtalmo scélérate qui ne voulait que facturer
    L’opĂ©ration pas trĂšs chrĂ©tienne par des outils plus consacrĂ©s
    À faire en sorte que ça rate car c’Ă©tait trop prĂ©maturĂ©.

    Tableau de Némesis Seoane.

    
    
    
  • L’enfer du sexe

    L’enfer du sexe

    L’enfer du faux, l’enfer du vrai, si celui-ci un jour m’échoit ;
    Le Styx, l’AchĂ©ron, Le Cocyte, le PhlĂ©gĂ©thon ou le LĂ©thé ?
    Je ne sais celui oĂč j’irais mais si Saint-Pierre m’offrait le choix
    J’opterais pour l’enfer tacite des Ăąmes-sƓurs Ă  complĂ©ter.

    Et j’irais dans l’enfer du sexe qui n’est que l’envers du dĂ©cor
    Du Paradis aux douze vierges équipées de plusieurs engins
    Car elles sont toutes intersexes afin de plaire à tous les corps ;
    Pour les femmes, affublées de verges et pour les hommes, de vagins.

    Sans doute devrais-je essayer toutes les pucelles créées
    Par Dieu depuis le huitiùme jour au rythme d’un millier par mois.
    Si jamais je dois monnayer la femme que j’aurai agréée,
    J’écourterai lĂ  mon sĂ©jour et l’emmĂšnerai avec moi.

    Et puis je la ramĂšnerai, prĂ©tendant m’ĂȘtre fourvoyĂ©
    Car l’amour a la prĂ©tention d’aveugler les cƓurs trop gavĂ©s.
    Et bien sĂ»r j’y retournerai chercher autre femme Ă  choyer
    Avec mes meilleures intentions dont l’enfer du sexe est pavĂ©.

    Illustration Georges Pichard.

    
    
    
  • Les aventures de Manu : Manu tombe de haut

    Les aventures de Manu : Manu tombe de haut

    Sans doute nul ne lui a dit que l’on pouvait tomber de haut
    À force de vouloir se hisser dans les sondages supĂ©rieurs.
    Il se croyait au Paradis dont il se voyait le héros,
    Aventurier, champion – qui sait ? – par tous ses exploits postĂ©rieurs.

    C’est justement son postĂ©rieur qui l’aurait dĂ©sĂ©quilibrĂ©,
    Lui, qui se prétendait assis sur un fauteuil indétrÎnable.
    Ce serait le pied inférieur mal conçu et mal calibré
    Qui aurait pété le chùssis, faute de calcul impardonnable.

    Il est retombé à zéro dans la confiance des électeurs ;
    MĂȘme ses capitaines ad hoc n’ont pu parer la circonstance.
    Amis, levons nos sombreros afin d’huer ce dictateur
    Qui a voulu par ses mĂ©docs nous empoisonner l’existence.

    Illustration de Hergé.

    
    
    
  • Les aventures de Manu : Les origines

    Les aventures de Manu : Les origines

    Manu n’est pas nĂ© d’une femme mais d’expĂ©riences extra-terrestres
    Causées par des envahisseurs qui voulaient annexer la France.
    Pourquoi la France ? C’est infĂąme ! Pourquoi la mise sous sĂ©questre
    Des Ɠuvres des grands bñtisseurs de notre patrimoine en souffrance ?

    Manu est dotĂ© de pouvoirs supĂ©rieur Ă  l’homme de la rue
    Qu’il lui suffit de traverser pour trouver chaussure à son pied.
    Or, il a dĂ» se promouvoir comme le sauveur apparu
    Dans un chapeau controversĂ© malgrĂ© son crĂąne d’enfant troupier.

    Manu se transforme la nuit en dictateur législatif
    Et se connecte à l’ennemi qui lui font promulguer leurs lois.
    Toute la journĂ©e, il s’ennuie mais il est imaginatif
    Et s’en va faire ami-ami chez les Bourbons et les Valois.

    Illustration de David Lawrence sur www.davidlawrenceart.com .

    
    
    
  • La sirĂšne dans sa coquille

    La sirĂšne dans sa coquille

    Tout est compris dans la coquille dont la sirÚne a hérité
    Avec ses cornes et ses pistons comme un vieil avion-cargo.
    Bien calée entre ses béquilles, cette conque a bien mérité
    Son titre de Grand Baryton décerné par les escargots.

    Tout est bouclĂ© quand elle s’endort, bien verrouillĂ©, cadenassĂ©
    Car la concurrence est plĂ©thore, elle est d’un vĂ©ritable ennui.
    Sans bruit, le coquillage d’or se dĂ©tend comme la panacĂ©e
    Qui berce stators et rotors pour passer une bonne nuit.

    Au réveil, un grand tintamarre ; le colimaçon se réveille !
    Ça grince dans les engrenages et les courroies et les patins.
    Les autres sirùnes en ont marre ; cependant bien qu’elles surveillent
    Tous les alentours à la nage, c’est le ramdam tous les matins.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • RĂȘves de sirĂšne

    RĂȘves de sirĂšne

    À quoi peut rĂȘver la sirĂšne toujours en quĂȘte d’un marin
    Qui l’emmùnera sur les mers à la rencontre du Mikado ?
    Parfois elle s’imagine reine qui Ă©pouse son mandarin
    Ou dans un envol éphémÚre avec des ailes sur le dos.

    Mais cette nuit, c’est une baleine avec des maisons sur la tĂȘte
    Qui lui propose une croisiĂšre merveilleuse en un tournemain.
    Elle court, elle court Ă  perdre haleine, elle rĂȘve d’ĂȘtre une alouette
    Qui attrape au vol la rosiĂšre et se marie aprĂšs-demain.

    Mais voici qu’un feu d’artifice annonce son bouquet final
    Et les eaux d’ombres mais translucides s’agitent – c’est dĂ©jĂ  le jour –
    Puis font trembler tout l’édifice par un fort soleil matinal.
    Queue, ailes et jambes lucides vont décider à qui le tour


    Tableau de Hanna Silivonchyk.

    
    
    
  • Anticonformiste

    Anticonformiste

    HĂ©las, depuis que je suis nĂ©, j’avoue ne pas avoir appris
    À m’adapter Ă  la rigueur que l’humanitĂ© s’est fixĂ©e.
    Si j’écoute mes dĂ©sirs innĂ©s, je passe pour un pauvre incompris
    Et si je laisse parler mon cƓur, l’ordre a tĂŽt fait de m’éclipser.

    Alors par des sous-entendus, je sĂšme mes pas de ma prose
    Mais je suis souvent censurĂ© car on n’y voit que perversion.
    En dépit de ces malentendus, je ne cesse de voir la vie en rose
    Car cette oppression endurĂ©e m’attise un feu de subversion.

    Illustration de Gillermo Mordillo.

    
    
    
  • Le cheval de Quatre

    Le cheval de Quatre

    À l’instar du Cheval de Troie, fabriquĂ© pour vaincre par ruse,
    Le Cheval de Quatre fut construit pour faire aimer le Périgord.
    Ma chambre est un peu Ă  l’étroit, circonscrite dans l’hypotĂ©nuse
    Du triangle rectangle instruit du théorÚme de Pythagore.

    Car mon cheval, non point carré, mais arrondi à tous ses angles
    Dont la queue trace la tangente oĂč vont se nicher les oiseaux.
    DerriĂšre deux yeux bigarrĂ©s se perche un grenier qui s’étrangle
    Lorsque vient souffler la tourmente dans le piĂšge-Ă -vent des naseaux.

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  • Le revers de la force

    Le revers de la force

    Fille d’Hercule et DĂ©janire, Macaria hĂ©rita leurs forces ;
    Elle savait tuer à mains nues des serpents bien plus costauds qu’elle.
    Elle en garda le souvenir par cette image qui la renforce
    Dans un combat sans retenue qui lui laissa quelques séquelles.

    Par ses étreintes remarquables et ses muscles tétanisés,
    Elle étouffa tous ses amants pareille au boa constrictor.
    Seul le dernier, fait remarquable, s’en tira hospitalisĂ©
    Avec trauma des ligaments, fractures ouvertes et os retors.

    Illustration de Sonia Lazo.

    
    
    
  • À PĂąques, les Parques

    À Pñques, les Parques

    Au large de l’Île de Pñques, on voit souvent plonger les Parques
    AuprĂšs des gĂ©ants engloutis quand leurs fils n’ont pas abouti
    – Ou bien quand elles perdent le fil – ou se sont trompĂ©es de profils –
    Pour mander aux fils des étoiles comment raccommoder leurs toiles.

    Nona, qui est née la premiÚre, demande toute la lumiÚre ;
    Decuma, aussitĂŽt accourt afin de lui prĂȘter secours ;
    Morta, arrivée la derniÚre porte les indulgences pléniÚres,
    Petits pĂ©chĂ©s entourloupĂ©s des existences qu’elles ont coupĂ©es.

    Illustration de Sergio Alfonso GonzĂĄlez.

    
    
    
  • LĂ  oĂč ira l’élĂ©phant

    Quand le dernier éléphant viendra sonner à ma porte
    Pour que je l’emmĂšne ailleurs vers une autre destinĂ©e,
    Je vous jure, mes enfants, je l’embarque et je l’emporte
    Loin des chasseurs pinailleurs qui veulent l’exterminer.

    Quand elle aura exterminĂ© quelques six milliards d’humains et qu’elle aura vidĂ© la planĂšte de toute sa vie parasite, la nouvelle race vivra dans son hĂŽtel de luxe avec vue imprenable au clair de l’ancienne Terre. Pour ces nouveaux privilĂ©giĂ©s, ce n’est qu’une question de temps et d’argent, ils en ont les moyens. Quant Ă  nous, nous ne sommes pas encore morts

    Cette impression me vient de trÚs nombreux scénarios de films et de séries américaines contemporains comme si on voulait éduquer et conditionner nos enfants au monde de demain.

    Illustrations de Quint Buchholz.

    
    
    
  • Les quartiers chics

    Les quartiers chics

    Si chaque quartier chic me choque par son microcosme doré,
    C’est qu’il me semble une prison oĂč, paraĂźt-il, il fait bon vivre.
    Ne croyez pas que je me moque de ces espaces abhorrés
    Qui transforment mon horizon, mais j’aimerais qu’on m’en dĂ©livre.

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  • Le jour de l’amour

    Le jour de l’amour

    Depuis lundi jusqu’à dimanche, l’amour se glisse, inaccessible,
    Comme des éclairs de passions dans la folie de la semaine.
    Chaque fois que le corps s’épanche dans ses dĂ©sirs imprĂ©visibles
    Le cƓur vit l’émancipation de sa finalitĂ© humaine.

    Tableau de tissus de Galla sur textile.galla.fr .

    
    
    
  • Les cheveux du temps

    Les cheveux du temps

    Lorsque ses tresses ondulaient, parcourant les cheveux du temps,
    Ses mains jouaient contre le vent pour coucher ses mĂšches rebelles
    Que ses petits doigts potelĂ©s caressaient comme un vent d’Autan,
    Les relevant, les soulevant, pour la rendre encore plus belle.

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  • Le bon sens illusoire

    Le bon sens illusoire

    La premiĂšre impression, dit-on, semblerait toujours la meilleure
    Mais elle se trouve renversée par nos valeurs, nos préjugés.
    Aussi je vous dis : « Évitons les fourbes et mauvais conseilleurs
    Qui nous font croire qu’il faut verser le sang avant d’avoir jugĂ©.

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  • PoussiĂšre d’étoiles

    PoussiĂšre d’étoiles

    L’empreinte de l’ñme profonde rĂ©sonne dans chaque univers
    Et c’est dans le cƓur des Ă©toiles qu’elle renaĂźt infiniment.
    Aujourd’hui je ressens cette onde qui a traversĂ© tant d’hivers
    Que son écho qui se dévoile reviendra indéfiniment.

    Tableau de Deanne Cheuk.

    
    
    
  • Entrouverture

    Entrouverture

    Pour partir à la découverte au hasard et sans conviction,
    Seul le cƓur sait dĂ©cloisonner les murs Ă©pais de ma maison.
    Car, mĂȘme avec la grille ouverte, je sens peser l’interdiction
    Si je me laisse emprisonner par les barreaux de ma raison.

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  • Ne pas perdre des yeux le plus important

    Ne pas perdre des yeux le plus important

    Les pieds bien calĂ©s sur la terre et la tĂȘte dans les nuages,
    J’observe le monde d’en haut et tout me paraüt si petit
    Que, foin de ceux qui déblatÚrent sur des chimÚres et des mirages,
    Je suis préoccupé plutÎt à surveiller mes spaghettis.

    Ce soir, c’est Fabienne qui rĂ©gale 😋 !

    
    
    
  • Le long du rivage

    Le long du rivage

    Marcher sans raison, le long du rivage,
    Seul dans le parfum de vagues et de vent ;
    Je suis hors-saison, ivre du breuvage
    D’iode et d’embruns derriùre et devant.

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  • Les chemins d’automne

    Les chemins d’automne

    Il est des chemins de surprises qui se montrent sous tous les tons
    Selon la saison qui l’habille et selon la mode du jour.
    Et mon cƓur tombe sous l’emprise que l’automne, sur le canton,
    MĂȘlant des couleurs d’escarbille, produit sous ses plus beaux ajours.

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  • Bleu et or

    Bleu et or

    Parfois l’automne se pare de couleurs inhabituelles
    Et revĂȘt de bleu et d’or ses feuilles les plus prĂ©cieuses.
    En ce jour que tout sépare des journées habituelles,
    Célébrons le bel accord de la nature gracieuse.

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  • Les soirs roses

    Les soirs roses

    Quand les soirs sont moroses Ă  force de tourner
    Tout autour de la terre Ă  chercher l’évidence,
    Je vais prendre la rose qui, en fin de journée,
    Calme mon caractĂšre en bonne providence.

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  • La pluie d’humilitĂ©

    La pluie d’humilitĂ©

    Quand la pluie d’humilitĂ© tombe sur mon cƓur frustrĂ©
    Je cache ma nuditĂ© qui s’est par trop illustrĂ©e.
    Quand la pluie d’humilitĂ© tombe sur mon corps contraint
    J’esquive l’humiditĂ© en chantonnant ce quatrain.

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  • Pour arriver Ă  ma gentilhommiĂšre

    Pour arriver Ă  ma gentilhommiĂšre

    Prenez le chemin des pyramides, allez tout droit vers l’horizon,
    À gauche, descendez l’escalier, dirigez-vous vers la lumiùre,
    N’allez pas vers la droite humide qui vous mùnerait en prison,
    Sonnez en face sur le pallier, entrez dans ma gentilhommiÚre !

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  • À dada sur mon poisson

    À dada sur mon poisson

    Qu’il fait bon se promener tout au fond de la riviùre
    En chevauchant mon poisson par ce beau matin d’automne !
    J’ai bien omis d’emmener mon prĂ©cieux petit brĂ©viaire
    Pour éviter la moisson de paroles monotones.

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  • Le pont dyslexique

    Le pont dyslexique

    Si je franchis ce pont, me trouverai-je en Chine ?
    À Shanghai ou PĂ©kin ? À Canton ou Hong Kong ?
    Je ne sais pas encore comment mon pont s’échine

    Car il est si frivole et peine sur les diphtongues !

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