Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Quand passent les oies sauvages

    Quand passent les oies sauvages

    J’aime entendre le doux silence du parcours à travers le ciel
    Des oies sauvages migratrices, fidèles à leur plan de vol.
    Le tigre reste en vigilance sur l’événement circonstanciel
    Au cas oĂą une instigatrice lui piquerait quelque chose au vol.

    Chose fréquente qui plus est depuis notre époque moderne
    Où les oies ne respectent plus les biens des auberges d’escales.
    Et l’aubergiste est épuisée à cause de ces vieilles badernes
    Desquelles l’État a conclu que c’est une évasion fiscale.

    Ce qui explique la nudité et la protection rapprochée
    De son garde du corps d’élite dont c’est toujours partie remise
    Car c’est avec rapidité qu’elles foncent du haut d’un rocher
    Et volent avec leurs acolytes culotte, soutif et chemise.

    Tableau de Michael Parkes.

    
    
    
  • Les sĹ“urs TrinitĂ©

    Les sœurs Trinité

    La nuit d’Halloween, les trois Parque jouent avec les fils qu’elles tissent
    Et s’amusent avec les vivants à leur faire croire qu’ils sont mourants.
    Afin que chacun les remarque et que leurs farces aboutissent,
    Elles portent le costume motivant de religieuses s’énamourant.

    « Aime-nous comme tu aimes Dieu et tu vivras aussi longtemps
    Que dure notre mariage pour le meilleur et pour le pire ! »
    Disent-elles miséricordieux avec des arguments tentants
    Tels un languide déshabillage et tout le mal qui les inspire.

    Demain tous les fils en sursis trahiront les hommes infidèles ;
    Quelques-uns resteront intacts pour les maris les plus sincères.
    Aux célibataires endurcis qui les ont fuies à tire-d’aile,
    Elles renouvelleront le contact Ă  leurs prochains anniversaires.

    Les sœurs Trinité, sous la Lune, ajusteront leurs noirs habits,
    Dévidant l’ombre d’un sourire au seuil des portes entrouvertes.
    Elles chuchoteront l’infortune aux pauvres âmes assoupies,
    Semant en rêve un doux désir aux promesses toujours inertes.

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  • Les clefs du cĹ“ur

    Les clefs du cœur

    Pour ouvrir le cĹ“ur d’une femme, il n’y aurait qu’une seule clef ;
    Oui mais laquelle ? Nul ne le sait encore moins sa propriĂ©taire.
    En essayer paraît infâme et elle y risque une raclée
    Ou pire après le premier essai, mariée d’un geste autoritaire.

    Mais il y a les collectionneuses qui ont plusieurs clefs Ă  leur arc
    Et qui aiment les comparer et, s’il le faut, en même temps.
    Il y a aussi les soupçonneuses qui examinent et qui remarquent
    Si une clef s’est égarée dans un verrou compromettant.

    Puis les as de la cambriole usent de maints passe-partout,
    De rossignols, de pied-de-biche ou bien de pince monseigneur.
    Ils sont rois de la gaudriole et savent déverrouiller surtout
    Les cœurs logés entre les miches où ils pénètrent en grands seigneurs.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • MusicolorimĂ©trie

    Mon cœur qui n’a pas de raison sait colorer ses émotions
    Avant que l’esprit les formate selon ce qu’on lui a appris ;
    Comme une couleur de saison qui déclinerait sa promotion
    Avec les subtils aromates d’un imprévu qui m’a surpris.

    Lundi est bleu, mardi est vert, mercredi jaune et jeudi rouge ;
    Joie et douleur en noir et blanc, vie et mort si complémentaires.
    La musique est un livre ouvert oĂą les notes en triolet bougent
    Pour m’inviter sans faux-semblants à vivre un monde pigmentaire.

    Tableaux de Ricardo Maya.

    
    
    
  • Mon cĹ“ur Ă©pistĂ©mologique

    Mon cœur épistémologique

    Mon cœur épistémologique ne fonctionne pas à la logique
    Car ma raison suit l’intuition au risque de déperdition.
    J’évite Proust et l’infini de ses phrases mal définies
    Qui s’éparpillent en chemin, remises toujours à demain.

    J’agis comme un Petit Poucet sauf que je sème de mon gousset
    Tableaux, photos, belles images – un genre de scénarimage –
    Sur la voie que j’ai commencée d’une vie sans doute romancée
    Depuis déjà plus de dix ans insolites et euphorisants.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https:ilmondodimaryantony.blogspot.com201308gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html .

    
    
    
  • Les roses rebelles

    Les roses rebelles

    Lundi matin, j’avais apporté quelques roses ;
    Les nœuds ont éclaté, les roses envolées.
    Mardi matin, plutôt ai-je apporté ma prose ;
    L’encre a dégouliné, le papier gondolé.

    Puis Mercredi j’avais rapporté des bonbons ;
    Le sac était troué, les bonbons dispersés.
    Jeudi, chez le boucher, je t’ai pris du jambon
    Un gros chien affamé m’a tout fait renverser.

    Vendredi, j’ai cueilli de jolies marguerites ;
    Les pétales effeuillés tombaient sur « pas du tout ».
    Samedi au marché comme tu le mérites,
    J’ai acheté du vin, j’en ai versé partout.

    Dimanche j’ai compris, je suis trop maladroite
    À trop chercher d’idées mes flops font rebelotte.
    Je sais quoi t’apporter, j’ai mis ma robe droite
    Et pour faire une surprise, j’ai ôté ma culotte.

    Tableau de Li Guijun sur https:www.cuded.compaintings-by-li-guijun .

    
    
    
  • Les sirènes ailĂ©es

    Les sirènes aux ailes papillons se sont libérées de l’entrave
    Des lois de la gravitation et la mécanique des fluides.
    Leur dos arbore deux pavillons ondulant aux vents qu’elles bravent
    Pour passer en lévitation sur toutes interfaces liquides.

    Icare tombé en mer Égée aura fécondé sa sirène
    Qui accoucha de la lignée des femmes poissons et oiselles.
    Neptune aura su protéger tous les enfants nés de leur reine ;
    Éole les aura désignées comme éternelles demoiselles.

    Car elles ne cherchent pas d’amant, ni marin ni aviateur ;
    Heureuses comme un poisson dans l’eau, elles ne jouissent que par le vent.
    Elles inspirent évidemment poètes, peintres, illustrateurs
    Qui les évoquent mélimélo volant dans le soleil levant.

    Illustrations d’Arthur Spiderwick.

    
    
    
  • Nu au Masque

    Quitte à braver les interdits qui censurent la nudité,
    Que j’aime pouvoir m’isoler dans mon invisible cocon,
    Loin des regards abâtardis qui ne sont que stupidité
    Et qui souhaiteraient m’immoler sur leur autel des plus abscons !

    Seul mon chat et seules mes sculptures ont le droit de m’admirer nue ;
    Ils n’ont pas à se résigner et m’acceptent telle que je suis.
    Mon corps exprime la culture physique innée et ingénue
    D’un pur langage pour désigner mon cœur et tout ce qui s’ensuit.

    Bien sûr, parfois j’invite un homme à sacrifier à mon corps
    Une dévotion naturelle envers mon clitoris de nacre.
    Cette religion, je la nomme « Ma Féminité » en accord
    Avec les amours rituelles que j’accorde à qui me consacre.

    Ce strip-tease de mon physique est avant tout spirituel ;
    Je dénude aussi bien mon âme, mon cœur, mon esprit que mon corps
    Jusqu’à ce que deviennent amnésiques les pigments individuels
    Des organes intimes d’une femme qui s’est fondue dans le décor.

    « Nu au Masque » Lithographie de Jacques de Loustal sur https:www.melpublisher.comfroeuvredetails2137jacques-de-loustal-nu-au-masque-2017 .

    
    
    
  • Peinture fraĂ®che

    Peinture fraîche

    Après avoir fait le portrait du paysage politique,
    Le président nous apparaît fier héros contre les vauriens.
    Il nous annonce trait pour trait les mĂŞmes phrases sarcastiques
    En prétextant qu’il séparait les riches de ceux qui n’ont rien

    En politique comme en peinture, il faut attendre que ça sèche ;
    Vous vous en salirez les mains si vous vous appuyez dessus.
    Et choisir la bonne pointure ne préserve pas de la dèche
    Sans espérer d’ici demain la moindre indemnité reçue.

    Le gouvernement provisoire, en attendant les résultats
    Du pari du parti unique qui imposerait sa république,
    N’est qu’un prétexte dérisoire pour mater toute vendetta
    Qui enflammerait les cliniques, hôpitaux et santé publique.

    Tableau de Dino Valls sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201dino-valls-1959-spanish-surrealist.html .

    
    
    
  • Confinons-nous dans un coin

    Confinons-nous dans un coin

    Pour cet été, je vous propose de nous confiner dans un coin
    Et décompter le nombre d’heures passées dans les méditations.
    Après cela, rien ne s’y oppose, envoyons-en d’un coup de poing
    La liste Ă  tous nos emmerdeurs au nom du chef de la nation.

    À la sueur de notre front en souhaitant que l’été soit chaud,
    Nous gagnerons nos points retraite de façon assez rigolote.
    Et si la France nous fait l’affront de discréditer notre show
    Nous monterons tous d’une traite à la Bastille et sans culotte.

    Devant la garde républicaine, les C.R.S. et la police,
    Nous opposerons nos parties les plus intimes et les plus nobles.
    En France métropolitaine, nous défilerons la peau lisse,
    Le cul tendu en répartie pour une fessée des plus ignobles.

    Tableau de Dino Valls sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201dino-valls-1959-spanish-surrealist.html .

    
    
    
  • Entre les lignes

    Entre les lignes

    Entre les lignes de mes reflets, entre les lignes de ma prose,
    Le véritable messager se cache derrière le rideau.
    Parfois il me glisse un pamphlet selon une pointe d’humeur morose,
    Parfois un trouble passager selon l’heur de sa libido.

    Parfois rusé et astucieux, il commence à me laisser faire
    Puis, brusquement après deux vers, d’un sourire au coin de la bouche,
    Dévie mon texte minutieux pour une tout autre atmosphère
    Et prévient que, d’un seul revers, à la fin de l’envoi, il touche.

    Tableau de Simona Fedele sur http:jennhales.comshop .

    
    
    
  • La petite idĂ©e derrière la tĂŞte

    La petite idée derrière la tête

    Juste une idée derrière la tête qui naît d’une nuit de récolte
    Que tous les beaux rêves ont semée et les étoiles ont fait mûrir.
    Je la recueille l’air en fête taisant mes chagrins révoltés
    Qui, hier encore, ont parsemé ma vie en vue de l’ahurir.

    Je ne sais si Dieu l’a voulue ou bien si je l’ai attisée
    Mais l’idée neuve s’épanouit chaque matin fidèlement.
    Mais je ne suis point trop goulu à prétendre être divinisé
    Sinon l’idée s’évanouit et moi… déçu cruellement.

    Tableau de Jenn Hales sur http:jennhales.comshop .

    
    
    
  • Pattes blanches et la laine fraĂ®che

    Pattes blanches et la laine fraîche

    Franchement on aura tout vu ! Maintenant les chats s’font bergers !
    Il élèvent leurs propres moutons et substituent à leur fourrure
    La laine fraîchement tondue. Comment ont-ils pu gamberger ?
    Qui a donc pressé le bouton pour une pareille déchirure ?

    Tableau de Nadya Sokolova.

    
    
    
  • L’anniversaire et les minets

    L’anniversaire et les minets

    Minette et moi aurions fêté notre anniversaire de mariage
    Dans le beau pays des souris mais il y avait un embargo :
    Un virus nous a affecté et compromis notre voyage
    Lors dans un vieux rafiot pourri, nous sommes partis en cargo.

    Mais les souris nous ont déçus ; trop nombreuses et trop empressées ;
    Les hôtels sont des souricières et les chambres des tapettes à rat ;
    Les litières encore moins cossues et de la bouffe à engraisser !
    Finalement, par une chatière, nous nous sommes sortis d’embarras.

    Tableau de Nadya Sokolova.

    
    
    
  • La chatte de la mère Michel

    La chatte de la mère Michel

    La mère Michel perdit sa chatte et s’en fut chez l’pére Lustucru
    Qui lui caressa le menton et lui effleura les tétons.
    Elle lui ôta sa cravate et lui enleva, qui l’eut cru,
    Sa chemise et son pantalon qui retomba sur ses talons.

    Personne ne trouva le chat mais on raconte que la souris
    Qui s’mit dans le lit du boucher apprécia tant sa saucisse
    Qu’elle l’épousa et s’attacha à faire l’amour à son mari
    Afin qu’au moment du coucher, elle pût répéter l’exercice.

    Tableau de Kees van Dongen.

    
    
    
  • Mes amythologiques – 2

    Parfum d’amour
    Lorsque le sphinx renaît dans un parfum de cendres,
    L’amour renaît aussi en intimes fragrances.
    L’arôme du plaisir explose comme une essence
    Et distille un bouquet d’élixir sexuel.

    Touche d’amour
    De sauts en soubresauts, la petite sirène
    Se cambre et me caresse en sensuels tĂŞte-Ă -queue
    Dont l’onde se transmet sur la peau étendue
    En vibrations sensibles jusqu’à la jouissance.

    Souffle d’amour
    Quand la petite mort m’emporte dans les nues,
    Je découvre soudain l’éternel féminin.
    Je ne suis plus matière mais nouvelle substance
    Et je pars en voyage sur les monts de Vénus.

    Tableaux de Nicholas Kalmakoff.

    
    
    
  • Destination Saragosse

    Destination Saragosse

    Vous me croirez si vous voulez, mais cette nuit je me trouvais
    Dans un wagon-lit en première couché avec la fée Carabosse.
    J’étais complètement chamboulé tandis que la dame me prouvait
    Que c’était la seule manière de voyager vers Saragosse.

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  • Mon petit bois d’entre-saison

    Mon petit bois d’entre-saison

    Selon la palette du peintre, s’il met une pointe d’aurore,
    Une matinée de printemps, un soleil d’été au zénith,
    Toutes les arcades en plein cintre, formées par les ramilles d’or,
    Enluminent mon bois chantant comme des vitraux d’eau bénite.

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  • Le musĂ©e de ma mĂ©moire

    Le musée de ma mémoire

    Marquée des plus beaux souvenirs, ma mémoire ressemble au musée
    Où mon histoire est exposée aux visiteurs les plus intimes.
    Je n’ai voulu laisser venir que les femmes (*) qui m’ont amusé
    Et celles (*) qui un jour ont osé m’accorder leur plus haute estime.

    * à remplacer par « hommes » et « ceux » selon affinités.

    
    
    
  • L’encre des souvenirs

    L’encre des souvenirs

    Quand mes souvenirs jettent l’ancre pour y mélanger leurs douleurs,
    Je sens mes ailes de papillon qui s’y déposent comme un voile.
    Et mon cœur écrit de cette encre ses aspirations en couleurs
    Qui font claquer mon pavillon et soufflent le vent dans mes voiles.

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  • La coccinelle amoureuse – 2

    La coccinelle amoureuse

    Il faut l’observer à chaque printemps s’en aller conter fleurette
    Et puis l’effeuiller en comptant ses pois qu’elle porte en trophée, mazette !
    Quand elle parle d’amour, elle prend tout son temps pour trouver l’âme sœurette
    Elle y met ses mots, elle y met du poids ; on les lit dans les gazettes.

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  • Redevenir un enfant

    Redevenir un enfant

    Sans vraiment savoir pourquoi, je redeviens un enfant,
    Profondément endormi dans une forêt magique.
    Au début je reste coi mais le bois me réchauffant
    Me caresse d’un formidable arbre généalogique.

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  • Tout pour la fĂŞte

    Tout pour la fĂŞte

    Tout est prĂŞt pour la fĂŞte et pour faire un buffet,
    Des petits plats grillés, des fruits à profusion !
    Tout le monde s’apprĂŞte, tout le monde est parfait,
    Sur le calendrier, c’est un jour d’effusion !

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  • L’oiseau enchaĂ®nĂ©

    L’oiseau enchaîné

    Quand l’oiseau vient au monde en brisant sa coquille,
    Il apprend à voler et vit en liberté.
    Pour l’enfant, c’est immonde, on lui met des bĂ©quilles,
    On l’oblige Ă  voler depuis sa pubertĂ©.

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  • L’alcool d’Apollinaire

    L’alcool d’Apollinaire

    Je pars tôt à l’aventure dans la fraîcheur matinale
    Pour m’en aller retrouver mon ami imaginaire.
    C’est au cœur de la nature, dans la sylve originale,
    Que je me sens éprouvé dans l’alcool d’Apollinaire.

    Sylve : forêt en poésie.

    
    
    
  • Aussi haut

    Aussi haut que porte mon regard,
    Aussi haut que j’aurai confiance,
    Je verrai la lumière du phare,
    C’est ma plus belle prĂ©voyance.

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  • Les valeureux guerriers

    Tous de rose vĂŞtus,
    Mes valeureux guerriers
    Me souhaitent bienvenue
    Sans se faire prier.

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