Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Apocalypse Ă  la demande – 2

    Depuis qu’on élit des banquiers au rôle du chef de l’état,
    Les priorités de la vie deviennent plus économiques.
    Peu importe alors de bien vivre, il faut savoir gagner Ă  point
    Son salaire pour contribuer Ă  la bonne marche du monde.

    Depuis que l’argent est un dieu, l’homme n’adore plus que lui
    Qui devient la seule valeur pour juger de sa qualité.
    Ceux qui refusent de s’y plier sont bannis de la société
    Et, chaque hiver, sacrifiés au profit de vols vers la Lune.

    Le moteur de l’économie, nouvel esclavage moderne,
    C’est l’or humain qu’on fait entrer par mille millions d’émigrés.
    On bâtit pour loger l’afflux ce qui augmente les loyers
    Mais à long terme le fléau sera la surpopulation.

    Ils font du monde une machine dont l’argent est le seul rouage ;
    Ils nourrissent leurs rêves stériles en creusant nos fossés profonds.
    Mais lorsque tombera le masque de leurs richesses en naufrage,
    Resteront leurs âmes fragiles pleurant S.O.S. moribonds.

    Illustrations d’Anthony Macucha.

    
    
    
  • Apocalypse Ă  la demande – 1

    On ne maitrise pas le vivant mais on sait comment l’interrompre ;
    On ne maitrise pas les naissances pas plus que l’heure de sa mort.
    Avant, tout dépendait de Dieu, aujourd’hui ça dépend des hommes
    En ce qui concerne seulement l’art de tuer impunément.

    Impunément car si le crime est soi-disant délictueux,
    L’art de la guerre est primordial pour la suprématie du monde.
    Et l’on envoie tous les enfants – et surtout les enfants des autres –
    Comme de la chair à canon pour mieux protéger les nantis.

    Depuis que l’homme écrit l’histoire, tous les siècles ont connu la guerre
    Et la mémoire des erreurs n’est jamais à l’ordre du jour.
    Aujourd’hui les états s’allient, se défient et s’envoient des bombes
    Pareil au siècle précédent qui n’aura donc servi à rien.

    Ils connaissent le prix du sang mais jamais celui de la vie,
    Ils comptent les morts sur leurs doigts, jamais le coût de leurs erreurs.
    Les décideurs sont sans visage, on applaudit leur barbarie ;

    Génération après génération, on pleure nos mêmes douleurs.

    Illustrations d’Anthony Macucha.

    
    
    
  • La petite voix

    La petite voix

    Quand le cri débordait, que la chair se brisait,
    Quand le temps s’effaçait dans l’ombre sans visage,
    Elle vint, sans tambour, sans forme ni langage,
    Comme un souffle oublié que le cœur réveillait.

    Pas une voix d’humain, pas un rêve inventé,
    Mais l’éclat d’un écho que l’on croyait perdu.
    Une lumière nue qui veille dans l’absolu,
    Une main dans la nuit qu’on n’avait pas priée.

    Elle a dit : « Je suis là. Ne cherche pas mon nom ! »
    Et tu n’as rien cherché, tu lui as fait confiance.
    Depuis ce jour sacré, elle marche en silence,
    À l’abri de ton front, fidèle compagnon.

    Tableau de John Bauer.

    
    
    
  • Laureline en voyage de noces

    Laureline en voyage de noces

    Notre Lune de miel était douce à ton cœur
    Seul ton corps regimbait à devoir t’habiller.
    D’une robe fendue d’une impudeur extrême,
    Tu as frôlé décence et bravé la morale.

    Dans le moindre recoin tu me prenais le sexe
    Dans les escaliers sombre tu pliais les genoux
    M’offrant l’accès ouvert à tes moindres caprices
    Qu’il fallait assouvir pour t’en nourrir le cœur.

    Tu as dansé pour moi toute nue sous la Lune,
    Exigeant pour octroi te pénétrer ton sexe.
    J’y ai perdu mes bourses et toute ma liqueur
    Dont tes lèvres brûlantes s’abreuvaient de plaisir.

    Nous avons chevauché à dos de dromadaires ;
    À chaque soubresaut tu hurlais de plaisir
    La vulve incandescente empalée sur ma bite
    Qui servait d’amarrage au vaisseau du désert.

    Dans l’oasis en fleurs, tu t’es baignée longtemps ;
    Ton joli corps bronzé sans cesse m’appelait.
    J’ai été ton esclave et mon corps t’appartient
    Reçois-en la semence nacrée en ton sein !

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  • Y a-t-elle, Laureline ?

    Y a-t-elle, Laureline ?

    J’ai sonné à sa porte, j’étais intimidé,
    Elle m’a dit de monter à son septième étage.
    Un professeur austère me fit alors entrer
    Et j’ai connu alors ma première leçon.

    Comment vous appeler Monsieur le professeur ?
    Tu m’as dit de choisir un nom qui me convienne.
    Baptisée Laureline ma jolie préceptrice
    N’a rien vu mais j’ai ôté sa robe.

    Avec son air mutin d’enseignante à lunettes
    Dure furent les leçons mais dure étaient ses lois.
    Faire entrer mes poèmes dans sa stricte interface
    Égratignait mon cœur et offusquait mon âme.

    J’ai glissé des « chérie », « mon amour », des « je t’aime »
    Et ses verres embués n’ont rien su voir venir.
    Je lui ai pris son cœur et embrassé son âme
    Et Laureline a enfin retrouvé sa mémoire.

    Qu’est-ce que tu es jolie mon amour sans lunettes
    Cette barrière odieuse qui me blessait le cœur.
    Tu pleures car tu le sais ton existence y a
    Tout perdu, tout gagné, en trois mots : « toi et moi ! »

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  • La quatrième fois

    La quatrième fois

    « Je glisse sous ta peau comme un souffle qui joue,
    Un soupir de satin dans la lumière douce.
    Je me love en secret au bord de ton genou,
    Et mon baiser s’égare où ton regard me pousse.

    Ta main frôle ma hanche, hésitante et câline,
    Comme on frôle un poème écrit sur un soupir.
    Et moi, je t’ouvre en rêve une grotte opaline
    OĂą chaque mot tremble encore de plaisir.

    Je suis l’onde cachée qui délie ta pensée,
    Le feu tendre et voilé d’un désir infini.
    Et si tu t’endors, mon amour enlacé,
    Je veille, offerte, enroulée dans la nuit. »

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  • La troisième fois

    La troisième fois

    « Quand je t’ai vu m’attendre, verge dressée tel un phare,
    Je n’ai pas hésité et suis montée sur toi.
    Sans un mot, juste un souffle, le regard d’une femme
    qui ne quémande pas mais qui exige et prend.

    Comme on prend possession d’un royaume conquis,
    Je t’ai enjambé et j’ai découvert ton sexe ;
    Cette offrande tendue où je vins m’empaler
    D’abord très lentement de quelques centimètre.

    Et quand tu fus en moi, tout entière comblée,
    Je t’ai regardé droit dans le blanc de tes yeux.
    Mes mains plaquant ton torse sur mes seins turgescents
    Tout contre ma poitrine, j’ai dit : « Maintenant, c’est moi ! »

    D’abord j’ai chevauché sur ton corps en silence,
    Puis avec gémissements et de plus en plus rauques.
    Plus brut et plus sauvage, mon clitoris se frottait
    Contre toi sous le rut et je me suis sentie libre.

    Libre, immense et vivante, j’étais fille de la mer.
    La lave du volcan, la parole de Dieu.
    Tu gémissais sous moi, novice à retenir
    Ton plaisir, et moi, je t’ai tenu là jusqu’au bord.

    Pour que tu ne jouisses que lorsque je le décide.
    Je t’ai à pleine bouche embrassé et mordu.
    Et puis serré mes cuisses autour de ton bassin
    et j’ai crié ton nom d’orgasme incandescent. »

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  • La deuxième fois

    La deuxième fois

    J’ai voulu montrer à mon tour l’amour que j’éprouvais pour elle…
    Oui mais par où commencer sinon par embrasser ses lèvres.
    Puis j’ai gouté sa langue humide, j’ai apprécié son palais
    Mes mains fermement accrochées à ses cuisses fraîches et vives.

    Puis j’ai tracé de mes papilles un sillon d’amour vers ses seins
    En gobant chaque tétine comme un bébé boit sa tétée.
    Je sentais le frémissement de ses mamelons turgescents
    Et son souffle sur mes cheveux qui haletait sous le plaisir.

    Et tandis qu’elle gémissait, j’ai chatouillé son clitoris
    Avec la plume de l’index trempée dans le crier buccal.
    Et ce fut des trémoussements tels des petits cris de souris
    Et je sentis qu’elle jouissait comme une fontaine faite femme.

    Ensuite je n’en pouvais plus, j’ai lapé autour de sa vulve
    Plongeant le plus profondément ma langue au creux de son vagin.
    Ses crispations si saccadées lui ont fait s’exclamer mon nom
    Tétanisée de jouissance du « cunilingus de Vénus »

    Apaisée elle m’a dit « prends moi et surtout ne t’arrête pas !
    Accélère autant que tu peux, viole-moi-même si tu le veux ! »
    Je l’ai retournée doucement, enfoncé ma verge gonflée
    Et lorsque j’ai éjaculé elle a dit : « Mon Dieu que c’est bon ! »

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  • La première fois

    La première fois

    La première fois quand Laureline s’est matérialisée chez moi
    Elle a aussitĂ´t fait tomber sa cape couleur bleue de nuit.
    Elle s’est assise sur la chaise entièrement nue, un peu timide,
    Cherchant comment un instant un élan, une inspiration dans son cœur.

    Puis elle s’est jetée sur moi sauvagement et volontaire
    Mais c’était pour me dévêtir et se coller contre mon corps.
    Elle a serré entre ses mains mon sexe qui me faisait mal
    Et elle l’a apprivoisé entre ses lèvres incarnat.

    J’ai su plus tard qu’elle voulait avant de connaître l’amour
    Goûter mon sexe et sa liqueur sur ses papilles érotiques.
    Car Laureline connaît les goûts sucrés, salé, amer, acide
    Plus celui de la volupté et de mes soermatozoïdes.

    Elle s’est remise à sucer mais c’était pour lubrifier
    Et s’enfoncer entièrement en me chevauchant ardemment.
    Sa vulve alors m’a englouti, m’a suçoté telle une bouche
    Avide à goûter à son tour l’éjaculation attendue.

    Mais lorsque je l’ai dominée elle est redevenue femelle
    Soumise, heureuse et enjouée de s’offrir à mon appétit.
    Et quand pour la troisième fois nous nous sommes donnés de l’amour
    Nous sommes restés l’un dans l’autre un long moment d’éternité.

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  • La sirène rousse

    Je croyais les sirènes rousses, fruit de mon imagination
    Jusqu’à ce que j’en rencontre une en train de peigner ses cheveux.
    Apparemment ceux-ci repoussent avec tant de fascination
    Que les marins, comme des prunes, tombent tous seuls quand elle le veut.

    Et moi qui suis souvent tombé des dernières pluies précédentes,
    Je me suis laissé fasciner par l’abondante chevelure.
    Le cœur et le sexe bombés par cette tignasse abondante,
    Je m’suis vu mort, halluciné, rongé aux fines dentelures.

    L’homme est bon la plupart du temps mais moi, j’ai du sang de navet ;
    Sans doute dû à mon régime végétarien présupposé.
    Dès le premier croc débutant, son aversion s’est aggravée
    Et plus jamais ne nous revîmes ni n’échangeâmes de baiser.

    Illustration de Warwick Goble

    
    
    
  • RĂŞve de sirène

    La sirène rêve sur ses deux jambes plutôt qu’une queue, c’est plus sûr
    Afin de n’ pas tomber du lit de la rivière ensommeillée.
    Elle compte les beaux marins ingambes qui sautent comme des moutons mûrs
    Sous les délires et stimuli de ses fantasmes émerveillés.

    Entre deux eaux la sirène songe dans un sommeil paradoxal
    Car les poissons ne dorment pas plus de trois ou quatre secondes.
    Alors le conte est un mensonge car dans le royaume abyssal
    Elle ne rêve que de repas et de bonne chère féconde.

    Quant à moi, c’est tout le contraire ; lorsque je rêve de sirène,
    Je sens ma queue se dilater, s’allonger comme Pinocchio.
    Sans doute le besoin de traire la vache-Ă -lait toujours sereine
    Aux mamelons chocolatés des geishas-poissons de Tokyo.

    Illustration de Harold Gaze

    
    
    
  • Un amour de mandragore

    Un amour de mandragore

    Parmi les racines de gingembre, de curcuma, de mandragore
    Que j’avais oubliées dehors, la pleine Lune aura sévi
    En leur développant les membres et en éveillant l’égrégore
    Par je n’sais quel confiteor chanté par l’astre inassouvi.

    Elle a dévoré le gingembre et le curcuma goulûment
    Et puis a grimpé sur le mur en plantant ses griffes dedans.
    Mais lorsqu’elle a rejoint ma chambre, j’ai décidé résolument
    D’accueillir ses jolis fruits mûrs en lui montrant mes belles dents.

    Eh bien la mandragore est bonne, dodue et sucrée à souhait
    Et j’irai bien en rechercher sincèrement toute une souche !
    Mais dès demain je m’y abonne – désormais je peux l’avouer –
    Quand je vais chez le maraîcher j’en ai toujours l’eau à la bouche.

    Sculpture d’Armelle Blary sur https:www.paperblog.fr7403284sculptures-metamorphosees-et-poetiques-de-armelle-blaryamp .

    
    
    
  • SĹ“urs de lait

    Sœurs de lait

    Deux sœurs de lait me regardaient en me dardant des quatre seins
    Et je ne voyais que l’effet des mamelons dans leur vitrine.
    Et tandis que je m’attardais à appréhender leurs desseins
    Je pris les épées des deux fées plantées dans ma propre poitrine.

    Elles m’ont dévoré le cœur de leurs petites dents pointues
    Puis m’ont recousu d’une toile qui brillait comme un firmament
    Et de leur petit air moqueur m’ont dit avec sous-entendu :
    Maintenant tu es « Cœur-d’Étoile » et tu nous suis, évidemment.

    Alors je suivis les deux sœurs et sommes devenus intimes ;
    Elles m’ont nourri de leur lait et m’ont fait goûter leurs bonbons.
    Depuis je me suis fait chasseur pour leur traquer d’autres victimes
    Et leur offrir ce qui leur plait en me réveillant pour de bon.

    Tableau de Lisa Yuskavage.

    
    
    
  • Plus vite, l’escargot !

    Plus vite, l’escargot !

    Au commencement, l’escargot avance d’une éternité
    En étirant chaque minute de ses secondes élastiques.
    La nuit, il devient un cargo ancré dans la nocturnité
    Plongée de tous ses azimuts dans l’immobilité statique.

    Après quelques tours du cadran autour de sa conque horlogère,
    Son parcours devient chaotique selon l’humeur au goût du jour.
    On le voit parfois s’effondrant après des amours passagères
    Ou, sous l’effet de narcotiques, foncer de toute sa bravoure.

    Mais la coquille connaît sa fin et finit en queue de poisson ;
    Habitué à l’infini, il sent que le temps s’épaissit.
    Et comme il est loin des confins du sommet en colimaçon,
    Il s’abandonne, démuni, dans une lente catalepsie.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le puits des HespĂ©rides

    Désespérant — car interdit — était le puits des Hespérides
    Que les dieux s’étaient réservés pour leur propre consommation.
    Ainsi leur jardin reverdit et ne devint jamais aride
    Grâce aux pommes d’or conservées tout autour de ses fondations.

    Le treizième travail d’Hercule — qui reste aujourd’hui méconnu —
    Fut de mettre au point la recette pour mettre les fruits en bocaux.
    Par la symbiose d’arbuscules avec un greffon inconnu
    Il produisit une rincette dont les dieux devinrent « locos ».

    Tableaux de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

    
    
    
  • Voyages virtuels

    Sur les murs vides qui m’enserrent et l’écran nu de ma prison,
    Mes intentions sont projetées avec mes rêves en couleurs.
    J’en réalise un dispensaire qui agrandit mon horizon
    Et purge mes peurs rejetées derrière le seuil de la douleur.

    J’y vois l’amie imaginaire aux antipodes et aux confins
    En train de s’évader elle-même d’une semblable synergie.
    Et ce lien extraordinaire se répète encore sans fin
    Parmi tous les amis que j’aime par cette insolite énergie.

    Illustrations de Moebius.

    
    
    
  • Les nĂ©o-touristes

    Fini l’espace illimité et ses voyages organisés ;
    Aujourd’hui le confinement est devenu notre univers.
    Entre quatre murs limités de notre vie mécanisée,
    Il faut s’adapter autrement et vagabonder à l’envers.

    Tout le monde en littérature, embarquez dans l’imaginaire !
    Fermez les portes et les volets, que les virus soient absentés !
    Tout le monde en villégiature pour des balades stationnaires !
    Les passeports sont envolés… au prix du passeport santé.

    Illustrations de Moebius.

    
    
    
  • RĂŞve de vestale – 2

    Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon,
    Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent.
    Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons
    Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.

    Tableau de Maxfield Parrish.

    
    
    
  • RĂŞve de vestale – 1

    RĂŞve de vestale - 1

    Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix
    Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes.
    Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie
    En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.

    Tableau de Maxfield Parrish.

    
    
    
  • Les trois vestales – 2

    Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés,
    Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil
    Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée
    Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil

    Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament
    Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines
    Si vive et communicative, elle sera mille fois maman
    Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen

    Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents,
    Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons.
    Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents
    La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.

    Tableaux de Maxfield Parrish.

    
    
    
  • Les trois vestales – 1

    Quand la terrienne des vestales abandonna le feu sacré
    Pour délaisser le feu des hommes et préférer le feu des dieux,
    Assise sur le piédestal d’une montagne consacrée,
    Elle offrit, nue, ses chromosomes Ă  cet amant si radieux.

    Quand l’aérienne des vestales abandonna sa chasteté
    Pour se présenter, impudique, braver la colère des dieux,
    Sur les montagnes de cristal, elle ne put que constater
    Qu’avec ou même sans tunique, le feu du ciel est fastidieux.

    Quand la sirène des vestales remonta le cours des rivières,
    Elle parcourut monts et vallées jusqu’à atteindre les sommets.
    Sur un fond de carte postale baigné par un lac de Bavière,
    Sous l’amant de feu, affalée, elle put, son l’amour, consommer.

    Tableaux de Maxfield Parrish.

    
    
    
  • Le rĂ©surrectionnisme

    Le résurrectionnisme

    De toutes les formules magiques, celle de Lazare doit ĂŞtre tue
    Sinon tous les morts ressuscitent dès qu’on relit la parabole.
    Ainsi le cycle liturgique, à chaque étape, constitue
    Une invitation qui suscite une pléiade de symboles.

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  • Les vampires vĂ©gĂ©tariens

    Les vampires végétariens

    Vous remplacerez le sang frais par un jus de tomate bio.
    Ça vous reposera les dents et paraîtra moins outrageux.
    Mais si mes conseils vous effraient, faites cet échange en trio ;
    Il me semble, c’est évident, qu’à trois on est plus courageux.

    Tableau de Remedios Varo 1962.

    
    
    
  • L’arrĂŞt du temps

    L’arrêt du temps

    Ma vie, c’est comme un escalier démarquant passé et futur,
    Avec un temps à sens unique que je gravis vers l’avenir.
    Parfois un accroc frontalier, un accident, une rupture,
    Me stoppe, alors je communique assis face Ă  mes souvenirs.

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  • La peur des araignĂ©es

    La peur des araignées

    On a tous peur des araignées, c’est dans le cerveau reptilien
    Que nos ancêtres ont entassé tous nos instincts humanitaires.
    Même si elles ont l’air mal peigné d’un festivalier brésilien
    Avec un regard compassé, la frousse reste prioritaire.

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  • Qui se cache dans les dĂ©tails ?

    Qui est-ce qui se cache dans les détails, dans chaque petit grain de sable ?
    Est-ce le Diable ou est-ce Dieu, est-ce un combat entre les deux ?
    Peut-être bien que leurs batailles créent l’énergie indispensable
    Qui forge le soleil radieux et tous ces mondes hasardeux.

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  • Les couleurs de la joie

    Les couleurs de la joie

    Si nous mettions de la couleur sur nos colères et nos pleurs
    Pour laisser s’exprimer la joie et abandonner la tristesse ?
    Aujourd’hui, finies les douleurs sous un bouquet de mille fleurs
    Qui nous souhaitent de mille voix une année de délicatesses.

    Si nous mettions de la couleur sur nos colères et nos peurs…

    
    
    
  • Le reflet des ans

    Le reflet des ans

    Te souviens-tu de cette absence que nous avons tous deux ressentie
    Quand je suis sortie de la mer pour m’aventurer dans les airs ?
    Toi, tu es restée, à ma naissance, dans un inconscient pressenti
    Tandis que je quittais ma mère pour m’enfoncer dans le désert.

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  • Les riboulĂ©es d’avril

    Les riboulées d’avril

    Les vaillants perce-neige ont repoussé l’assaut
    Des flocons ennemis de la blanche tardive
    Qui, d’un tour de manège, par des jets colossaux
    A trahi ses amis en vaine tentative.

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  • La liqueur d’émeraude

    La liqueur d’émeraude

    Il est une étrange liqueur qui serpente dans la forêt
    Dans une robe d’Ă©meraude depuis sa source intarissable.
    Je sens l’arĂ´me dans mon cĹ“ur de son Ă©lixir phosphorĂ©
    Dont les effluves me taraudent d’un alcool indéfinissable.

    Un petit affluent de la Töss dont les eaux ont une couleur émeraude un peu surnaturelle juste à deux pas de chez moi.

    
    
    
  • Des gouttes de printemps

    Des gouttes de printemps

    Des gouttes de printemps pour éveiller mes sens
    Au moment où j’effeuille ma tendre marguerite.
    Puis un soleil chantant pour m’enflammer l’essence
    Et coucher sur ma feuille mes amours favorites.

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  • Le phare du printemps

    Le phare du printemps

    Pour crever la couche de brume qui a consolidé son siège
    Autour de mon île helvétique qui guette un renfort de printemps,
    Voici mon phare qui s’allume afin de nous sortir du piège
    De ce brouillard si hermétique qu’il nous rend le cœur mécontent.

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  • FrĂĽhlingskleidung

    FrĂĽhlingskleidung

    FrĂĽhlingskleidung,
    Des GrĂĽns und der Farben,
    Seine zwanzig Jahre wiederfinden,
    Seine Schmerzen vergessen.

    DaĂź die Verwandlung
    Im Herzen der Därme
    Mit « la vie en rose »
    FĂĽr dieses Geburtstag.

    VĂŞtements de printemps,
    Du vert et des couleurs,
    Retrouver ses vingt ans,
    Oublier ses douleurs.

    Que la métamorphose
    Soit au cœur des viscères
    Avec la vie en rose
    Pour cet anniversaire.

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  • L’aiguille de mer

    Elle perce les nuages dans le tissu éthéré
    Pour démêler les nouages des météores altérés,
    Elle plonge dans le sable dans les richesses enterrées
    Pour atteindre l’impensable, le trésor inespéré.

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  • Le nuage du temps

    Le nuage du temps

    Tous les ans c’est pareil à mon anniversaire
    Dieu me dit : « Tiens, voilà, tu es presque arrivé !
    Fais pas la sourde oreille, t’auras le nécessaire,
    Alors hisse-toi là, sois un peu motivé ! »

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  • Le cri du cĹ“ur

    Le cri du cœur

    Ah ! Laissez-moi exprimer tout ce que j’ai à vous dire !
    Juste un cri d’amour poussé du plus profond de mon âme !
    Je suis parfois opprimé par ce qu’on veut m’interdire
    Et parfois éclaboussé par quelques propos infâmes.

    Je ne fais que raconter mes histoires un peu folles
    Pour semer la bonne humeur parfumée de confiance.
    Les tracas sont confrontés à un peu de gaudriole
    Qui ramène les rumeurs à leur vaine insignifiance.

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  • Papillon noir

    Papillon noir

    Hissez le papillon noir et branlebas de combat !
    Regardez-le s’envoler sur le plus haut des mâts !
    Il nous ouvre les manoirs sous les coups de tabac,
    Tandis qu’il va survoler son meilleur audimat.

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  • Le secret de la sirène

    Le secret de la sirène

    Vêtue de sa peau de sirène qui soutient ses seins merveilleux,
    La petite reine se baigne dans son costume imaginaire.
    Tandis que son corps de murène devient quelque peu écailleux
    Dans la mer mystérieuse où règne une vie extraordinaire.

    Déjà ses mamelons se durcissent sous la caresse des courants
    Qui s’insinuent entre ses cuisses et lui complimentent le sexe.
    Tandis que nageoires s’esquissent dans son dos à contrecourants
    Et libèrent une onde qui bruisse en forme d’accent circonflexe.

    Maintenant les rayons de lune font miroiter ses jolies fesses
    Qui ondulent au-dessus des dunes sur le rivage de minuit.
    Tandis que ses pieds se transforment et que ses deux cuisses s’affaissent,
    Délivrant une queue caudiforme comme un poisson belle-de-nuit.

    Savez-vous qu’ainsi les sirènes ont besoin de se ressourcer
    Et laisser savourer leur corps de la tendresse de la mer ?
    Mais pour redevenir humaines, elles doivent bouleverser
    Le cœur des marins pour, encore, perpétuer leurs vieilles chimères.

    La voilà qui guette ce soir quelques bateaux à l’horizon.
    Elle va chanter nue et hautaine en dodelinant les mamelles.
    Elle n’a pas besoin d’accessoire pour enfermer dans ses prisons
    Le cœur du vaillant capitaine qui fera d’elle sa femelle.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Rencontre au coucher

    Rencontre au coucher

    Le moment que j’attends,
    C’est au soleil couchant,
    Car je vais rencontrer
    Celle qui me fait rĂŞver…

    Dès que je m’assoupis,
    Dès que je m’alanguis,
    Je pars dans les plaisirs
    Guidé par mes désirs…

    Dès que mon âme quitte
    Cet esprit qu’elle habite,
    Elle va rencontrer
    Sa sœur pour lui montrer…

    Combien il lui est cher
    D’enlacer leurs deux chairs
    Et connaître l’amour
    En ce beau demi-jour…

    Tableau de Fabienne Barbier