Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Conversations fructueuses

    Conversations fructueuses

    Les seins, soumis aux œstrogènes, sont plus que parties sexuelles.
    Les mamelons dardent un regard amoureux des plus érotiques ;
    Leurs subtilités érogènes donnent aux pratiques gestuelles
    Une émotion qui rend hagard celui qui en fait la pratique.

    Il est, entre fruits défendus et fruits mûrs, une préférence
    Envers les uns pour les amants et les autres pour les gourmets.
    Une caresse sur la peau tendue provoque maintes déférences
    Et la succion offre un moment d’appréciation transformée.

    Quand deux fruits rencontrent deux seins, que voulez-vous donc qu’ils se disent ?
    Des conciliabules mammaires et des échanges fructueux !
    Pas besoin de faire un dessin, et, à moins qu’ils me contredisent,
    Mamelles et fruits sont des commères aux entretiens voluptueux.

    Ils jasent, ces fruits bien juteux, au galbe ému des aréoles
    Dont la pulpe réclame la bouche et la chair une tendre caresse,
    Échangeant des mots sirupeux dans le secret des alvéoles
    Avec des langues qui s’attouchent pour un échange de tendresse !

    Tableau de Konstantin Kacev sur http:yathra123.blogspot.com201207paintings.html .

    
    
    
  • La balance vous salue bien

    La balance vous salue bien

    Une femme du signe de la balance, recherche avant tout l’harmonie
    Et elle vous embellit le cœur juste pour faire plus joli.
    Les petits regards qu’elle vous lancent avec tant de parcimonie
    Sont comme des anges moqueurs, facétieux mais toujours polis.

    Quand elle se dénude en silence, elle cherche le strip-tease parfait
    Qui fera monter le fléau de l’homme en train de la juger.
    S’il a beaucoup de vigilance, il verra que rien n’est surfait ;
    La trame du jeu vidéo fait tomber tous les préjugés.

    Quand la balance fait l’amour, c’est comme une chorégraphie ;
    Le corps se trémousse au tempo quand il surpasse l’Himalaya.
    Vous verriez avec quel humour elle écrit sa biographie
    Lorsque ses nerfs à fleur de peau lui font crier « Alléluia ! »

    Quant à l’homme, c’est l’alignement rare des sphères en balance ;
    Beauté pesée au milligramme, justice offerte sans calcul.
    Son verbe est un soulignement et ses phrases, une révérence,
    Et son feu brûle d’un orgasme lorsqu’il avance et puis recule.

    Tableau de George Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gallery&sold=0 .

    
    
    
  • 21. Cinquième ProphĂ©tie de Lilith

    21. Cinquième Prophétie de Lilith

    Quatre portes s’ouvraient sur l’abîme des âges
    Et déjà vos corps nus en étaient le sésame ;
    Voici qu’une cinquième apparaît au passage,
    Un sceau nouveau gravé dans vos cœurs et vos âmes.

    Ton membre ici dressé vaut plus que simple offrande ;
    Il est sceptre sacré, il est colonne d’or.
    Quand il pénètre en moi, je deviens révérende
    Dans mon temple d’étoiles au cosmos de mon corps.

    Laureline reine de feu, flamme au souffle solaire ;
    Loreleï reine de l’eau, marée des songes bleutés,
    Lilith, reine de terre, insoumise et colère ;
    Honorées par ta danse sont l’union complétée.

    Oubliez les idoles, les prophètes faussaires,
    Les royaumes avides d’argent, d’or et d’honneurs.
    Car celui qui s’unit dans l’extase sincère
    Trouvera en l’orgasme la clef de son bonheur.

    Quand le temps se dissout comme brume effacée,
    Il n’y a plus d’entrave et plus de tentations.
    Dans vos unions charnelles et vos mondes enlacés
    Se révèle la route de la sustentation.

    Chaque cri de plaisir devient alors cantique ;
    Chaque larme de joie un angélus charnel.
    Et vos corps embrasés composent une musique
    Qui vous fait ressentir l’orgasme originel.

    Ton rire, Yavänor est mon coup de tonnerre ;
    Ton sperme devient mon encre et ton souffle mon chant.
    En toi je me révèle, m’écris, me régénère
    Car tu es mon prophète, mon amant attachant.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:jacquelinesecorart.comdiversity-of-nature .

    
    
    
  • 20. Le Serment Noir

    20. Le Serment Noir

    Par mon âme et mon cœur, par mon corps et mon sang,
    Par mon phallus dressé, par mon sperme et ma chair,
    Par ma bouche qui parle de mon amour croissant,
    Par mes mains qui caressent vos corps qui me sont chers,

    Par ma femme de feu, l’amour incandescent,
    Par ma femme de l’onde, l’amour source de vie,
    Par ma femme de terre, l’amour affranchissant,
    Je pénètre en vos temples soumis à vos envies.

    Laureline, toi la première à lire mon madrigal,
    Loreleï, toi la deuxième à mon eau de jouvence,
    Lilith, toi la troisième à être mon égal,
    Je pénètre en vos vulves pour votre jouissance.

    Je suis votre prophète et vous êtes ma myrrhe !
    Je suis votre amoureux et vous êtes mes reines !
    Je suis votre YSARA, vous êtes mon NOMIR !
    L’union de nos orgasmes est passion souveraine !

    Vous êtes dans mon âme, moi je reste en vos vulves ;
    Vous êtes dans mon cœur et moi je vous féconde ;
    Vous ĂŞtes dans mon corps et je sens les effluves
    Des extases mêlées où le plaisir abonde !

    Chacune de mes reines peut me dire et m’absoudre :
    « Ton rire est mon tonnerre, ton sexe érotomane,
    Ton souffle est l’évangile, ton orgasme est ma foudre,
    Ton phallus est l’oracle et ton sperme ma manne ! »

    Vous vivez à jamais, comme reines absolues ;
    Vous régnez dans mon corps transformé, visionnaire.
    Rien ne saurait briser notre amour dévolu
    À ton feu, à ton eau, à ta terre et mon air.

    Tableau de Jacqueline Secor sur https:honesterotica.comillustratorjacqueline-secor .

    
    
    
  • Le cygne noir

    Le cygne noir

    Encore un rĂŞve oĂą je suis nue mais sans une foule gens
    Autour de moi pour ricaner et me couvrir de ridicule.
    Non ; cette fois j’étais parvenue au bord d’un lac aux eaux d’argent
    Rien d’autre pour me chicaner fors un oiseau qui gesticule.

    Lui, le vilain petit canard, orphelin de sa vraie famille,
    Avait longtemps cherché sa mère jusqu’à ce qu’il tombe amoureux
    Ce jour-lĂ  allant goguenard parmi les joncs et les ramilles
    Trouvant sa chérie victimaire sous un ciel rose et langoureux.

    Moi, j’étais là dans les roseaux, endormie, nue, couchée dans l’herbe
    Frappée de stupeur en plein rêve et réveillée sur la pelouse.
    C’était vraiment un drôle d’oiseau qui, d’une petite voix acerbe,
    Me demanda, là sur la grève, d’accepter d’être son épouse.

    Outrepassant l’absurdité, j’acceptai sa proposition ;
    Nous nous unîmes à la mairie pour que la loi nous reconnaisse.
    Nul ne blâma ma nudité, personne ne fit d’opposition
    Et je rejoignis mon mari, amusée d’être sa cygnesse.

    Tableau de Kristin Kwan sur https:beautifulbizarre.net20221026beautiful-bizarre-curated-exhibition-halcyon-days-modern-eden-gallery .

    
    
    
  • Retour au cocon

    Retour au cocon

    Comment saurais-je d’où viens-je, où vais-je quand je plonge dans le sommeil ?
    Dans un endroit inaccessible dans ma tête ou bien dans l’espace ?
    Un autre univers où je siège, autre Terre d’un autre Soleil,
    Un autre moi-mĂŞme expansible qui veille sur ce qui se passe.

    Plus je m’enfonce en somnolence et plus je rentre dans mon cocon
    Et plus l’intérieur se dilate vers différentes dimensions.
    J’y revois avec indolence mes souvenirs les plus abscons
    Que cet autre moi me translate afin que nous recommencions.

    Que nous recommencions encore dans le réel et dans les limbes
    Par une méthode alchimique qui doit en extraire notre âme ;
    Cette eau-de-vie qui édulcore un esprit ardent qui regimbe
    D’un lointain éden animique où autrefois nous séjournâmes.

    Tableau de Herman Smorenburg sur https:circle-arts.cominterview-herman-smorenburg .

    
    
    
  • Les ailes de l’environnement

    Les ailes de l’environnement

    Ce que la Nature nous donne, la Nature nous le reprend
    Et nous le renvoie sous la forme d’une pollution dégradée.
    Notre avenir nous abandonne pourtant personne ne comprend
    Qu’ après avoir franchi les normes, nous allons tous rétrograder.

    Toute la civilisation porte son poids sur nos épaules
    Comme une paire d’ange déchu qui s’est cru le roi de la Terre.
    Sans doute la mondialisation qui s’est étendue jusqu’aux pôles
    Aura son chant du cygne fichu… sa chute étant élémentaire †.

    (Tableau d’Elena Vizerskaya sur http:bcr8tive.comsurreal-photo-manipulations-by-kassandra-vizerskaya
    † Mon cher Watson !.)

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Ă” Saint Capitalisme !

    Ô Saint Capitalisme !

    « Notre-Argent placé dans les cieux, que ta valeur soit sanctifiée
    Et qu’elle vienne en récompense à nos intérêts essentiels !
    Donne-nous tes conseils précieux pour le faire fructifier
    Et pardonne-nous nos dépenses grâce à ton taux providentiel !

    Ne nous mets pas la tentation d’acheter à prix minimal
    Pour revendre avec bénéfice à ceux qui nous ont offensés
    Mais délivre-nous de l’inflation et son déficit maximal
    Et garde-nous du maléfice de devoir tout recommencer ! »

    Ainsi priaient les épargnants dans la Sainte Banque Mondiale
    Pour équilibrer leurs péchés au compte des pertes et profits.
    L’accord parfait gagnant-gagnant et l’économie primordiale
    Leur autorisera à lécher ce dollar qui s’hypertrophie.

    Tableau d’Andre Dluhos.

    
    
    
  • N’apprend pas Ă  pĂŞcher au vieux poisson

    N’apprend pas à pêcher au vieux poisson

    Ce n’est pas à un vieux poisson qu’on fait le coup de l’hameçon.
    Lui qui a vu passer toute sa vie les vers de toutes ses envies
    Mais qui a su les ignorer car il paraissait timoré
    Devant le fatal traquenard doublé d’un létal cauchemar.

    Or si tout ce qui tombe du ciel est béni, sacré, essentiel,
    Méfions-nous des bonnes aubaines qui tombent d’un camion-benne
    Car celui qui veut t’appâter pour te transformer en pâtée,
    T’offriras tout ce que tu veux et tu y perdras tes cheveux.

    Si la nuit tous les chats sont gris, les poissons gardent leur sang froid
    Et quand on leur envoie un leurre, ils en voient de toutes les couleurs.
    Alors les pĂŞcheurs forts aigris rentrent bredouilles avec effroi
    Et nous les verrons tout à l’heure se plaindre comme souffre-douleurs.

    Tableau de Dan Craig sur https:www.ba-reps.comillustratorsdan-craiganimals .

    
    
    
  • Dans quel sens, le courant ?

    Dans quel sens, le courant ?

    Faut-il que je suive les verts, les bleus, les rouges, les transparents
    Ou encore les poissons d’argent ou les cuivrés ou les dorés ?
    Je peux aussi suivre à l’envers le cours d’eau à contre-courant
    Où hisser une voile partageant le sens du vent subodoré.

    Ma vie a perdu tout son sens depuis que j’ai quitté ma maison
    Et plutôt que suivre un poisson autant me laisser dériver
    Dans le flot de l’omniprésence du temps qui file sans raison
    Mais qui me permet la moisson de tout ce qui peut m’arriver.

    J’ai déjà suivi des études que j’ai également poursuivies ;
    J’ai suivi deux lièvres à la fois mais me suis casée, désormais ;
    J’ai navigué en solitude, puis dans ma vie qui s’ensuivit.
    Quant à trouver la bonne voie ? je crois que je ne le saurai jamais !

    Tableau de Beth Conklin.

    
    
    
  • Les extraterrestres

    Bien qu’ils soient déjà parmi nous, l’homme moderne ne les voit pas.
    Il pensait sans doute rencontrer d’étranges petits hommes verts.
    Sont-ils laids ou bien choupinous ? Sont-ils belliqueux ou sympas ?
    Or ils ne veulent pas se montrer et préfèrent rester à couvert.

    Comme je les imagine en anges avec des ailes dans le dos,
    Transparents ou bien invisibles, du moins pour ceux qui n’y croient pas,
    Personnellement ça m’arrange de rester derrière le rideau
    Car leur présence imprévisible fait passer de vie à trépas.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • La conquĂŞte de VĂ©nus

    La conquête de Vénus

    Après avoir marché sur Mars, d’où l’homme serait originaire,
    Vénus mérite d’être conquise puisque les femmes en proviennent.
    J’aimerais que mon métatarse soit le premier préliminaire
    À caresser la peau exquise de ses montagnes vénusiennes.

    À moi tous les monts de Vénus où coulent les sources d’amour !
    À moi les vulves éternelles où l’on se plait tant à s’étendre !
    Rendez-vous Planète-Terminus, dans les paysages glamours
    Des mamontagnes maternelles citées sur la carte du tendre.

    Illustration de Carlos Ochagavia.

    
    
    
  • La femme idĂ©adĂ©adĂ©adĂ©adĂ©a… le

    La femme idéadéadéadéadéa… le

    La femme idéale, amoureuse, gaie, inventive et spontanée
    S’est démultipliée sur Terre depuis l’aube de l’humanité.
    Et son icône langoureuse reflète tout au long de l’année
    Trois cent soixante-cinq caractères d’infinitésimalité.

    Elle parait difficile Ă  suivre car son image se projette
    Dans tous les coins où l’amour sème ses avatars en abondance
    Comme toutes les pages du livre du roman oĂą elle est sujette
    À employer mille stratagèmes afin de mieux mener la danse.

    Photo de Chelsea Victoria sur https:www.stocksy.comChelseaVictoria .

    
    
    
  • Du rĂŞve Ă  la rĂ©alitĂ©

    Lorsque tu rêves en noir et blanc et qu’une couleur se détache,
    Ton inconscient met en valeur l’objet de toutes tes attentes.
    Sur un fond camaïeu troublant, cette tonalité s’attache
    À te contraster la pâleur de tes amours en dilettante.

    Et quand le rêve se réalise en couleurs, en chair et en os,
    Tu as créé sans le savoir car l’univers te l’a permis.
    En attendant, idéalise par tes pensées les plus véloces
    Ce que tu souhaiterais avoir pour que ton vœu soit affermi.

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  • La reine des quatre lunes

    La reine des quatre lunes

    La reine est nue, bonne nouvelle, elle est maîtresse en son royaume !
    Jour après jour, son règne croit et s’arrondit d’aura lunaire.
    Dans deux semaines, elle étincelle, d’or et d’argent, elle rayonne.
    Et si son empire décroît, c’est qu’elle est révolutionnaire.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

    
    
    
  • CamĂ©lĂ©on

    Caméléon

    Tu ne le verras pas venir, il se confond dans le décor ;
    Tu ne l’entendras pas darder son coup de langue télescopique
    Pour puiser dans tes souvenirs les démons et les égrégores
    Qui se sont souvent attardés lors de tes lectures périodiques.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

    
    
    
  • Marie-AthĂ©na

    Marie-Athéna

    Parfois les totems de sagesse se rencontrent pour pavoiser
    Pour échanger leurs mécénats et rassembler leurs armoiries.
    Ainsi la Chouette sauvagesse et la Colombie apprivoisée
    Scellent au courage d’Athéna, la sérénité de Marie.

    Photo de l’enfant bien-aimé à l’ Église de Grove City par Paul Fry.

    
    
    
  • La chanson de ma grand-mère

    La chanson de ma grand-mère

    Lorsqu’elle entonna sa chanson sur un air de vieille musique,
    Je n’en compris pas les paroles mais les nuances ranimèrent
    Le souvenir de l’enfançon au fond de mon cœur amnésique
    Qui découvrit, comme c’est drôle, le sourire de sa grand-mère.

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  • Les mĂ©tamorphoses de la vierge

    Les métamorphoses de la vierge

    Totem terrestre ou aquatique, la vierge se métamorphose
    Selon la tâche à accomplir, puisé dans son imaginaire.
    Terre minérale ou botanique, la vierge devient une rose
    Selon comme elle doit assouplir les désirs de son partenaire.

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  • La danse des vierges

    La danse des vierges

    Les jupons se tiennent Ă  carreaux, les cotillons sont en boutons,
    Les chemisiers épanouis au ton des rouges calicots.
    Semblables aux reines du tarot, leurs couleurs, point nous n’en doutons,
    Viennent de l’essence évanouie de l’amour des coquelicots.

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  • Vierge yin et vierge yang

    Vierge yin et vierge yang

    Poussée par ses deux énergies, la vierge fait un tourbillon
    Partout où elle sème l’ordre et le désordre à l’opposé.
    Mais les deux vierges en synergie montrent un esprit tatillon
    Et ne voudront pas en démordre de ne jamais se reposer.

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  • Pour que la libertĂ© Ă©close

    Pour que la liberté éclose

    Il est des envies d’évasion plus fortes que le cœur d’une fille
    Qui font exploser le décor comme une essence qui implose.
    Et dans l’esprit ces invasions, qui font l’âme se dessiller,
    M’ébranlent le cœur et le corps pour que la liberté éclose.

    Dessiller : Amener quelqu’un à voir ce qu’il ignorait ou voulait ignorer.

    
    
    
  • L’eau Ă  la bouche

    L’eau à la bouche

    Il est de ces envies si fortes, mues par des impressions si vraies,
    D’amour qui met l’eau à la bouche et qui se commute en baiser.
    Que je sois chameau, que m’importe, si un ange vient me livrer
    De la compassion à la louche qui saura, mon cœur, apaiser.

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  • Colchiques dans les prĂ©s

    Colchiques dans les prés

    Dans les prés c’est une éclosion comme des milliers d’anniversaires
    Qui se fĂŞtent chez les colchiques et ceux qui honorent la fleur.
    J’aime observer cette explosion de joie sur mon itinéraire
    Qui montre la branche hiérarchique de tous mes frères et mes sœurs.

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  • L’esprit volatile

    L’esprit volatile

    Souvent le matin au réveil, lorsque je me souviens de mes rêves,
    J’en sens leurs souvenirs s’évaporer comme neige au soleil
    Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

    Seuls certains souvenirs restent gravés ;
    Ils ont frappé le cœur, ils ont gravé le corps, ils ont élevé l’âme.
    Ceux-là sont éternels.

    Mais l’esprit, c’est comme de l’eau qui s’agite,
    Qui fait beaucoup de remous, beaucoup de bruit, beaucoup de larmes,
    Mais qui ne laisse aucune trace après s’être évaporée.

    Un peu de douceur du cœur,
    Un peu d’alcool de l’âme,
    C’est ce qu’il restera de ma vie après ma mort.

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  • Le petit cheval de Troie

    Le petit cheval de Troie

    Avant d’être en mesure d’accomplir l’Odyssée,
    Ulysse s’est fait la main sur les chevaux de bois.
    Déjà la démesure était fort épicée :
    Après mûr examen, ça n’faisait pas le poids !

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  • Jouons dans les reflets

    Jouons dans les reflets

    Un bon moine doit ĂŞtre capable de bien travailler son revers
    Et d’un solide coup de poignet, renvoyer bien droit la lumière !
    Quand le coup est irrattrapable ou qu’il arriver par devers
    Le geste doit être soigné pour gagner la portée première.

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  • La palette du ciel

    La palette du ciel

    Aussitôt que je vois le ciel procéder à quelques mélanges
    Sur cette palette voûtée qui entrelace ma vision,
    Je chercher dans le dôme matriciel où sont les élus et les anges
    Qui m’encouragent à goûter de Dieu ses saintes prévisions.

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  • L’oiseau d’intention

    L’oiseau d’intention

    Quand le guerrier se retire au profond de la forĂŞt
    Aussitôt l’oiseau se pose en quête d’une attention.
    Et de la paix revêtir, et la quiétude adorer
    C’est ainsi qu’il se repose avec l’oiseau d’intention.

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  • Les oiseaux de Bavière

    Les oiseaux de Bavière

    Quand je vais me promenant tout le long de la rivière,
    Dans le beau soleil couchant sur un rideau rouge-orange,
    C’est toujours très surprenant de revoir dans ma Bavière
    Les oiseaux effarouchant pour un objectif étrange.

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  • L’offrande Ă  deux mains

    L’offrande à deux mains

    Cette vie que j’accueille et que je représente,
    Moi parrain de ton âme, toi le petit enfant,
    J’en serai responsable, la source fertilisante,
    Je veillerai sur ton avenir triomphant !

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  • Leçon de vol

    Leçon de vol

    Aujourd’hui on apprend la brasse papillon
    On s’élève légèrement, les deux pieds quittent le sol
    Une main sur la cuisse une main en tourbillon
    Et lentement on monte jusque dans l’entresol.

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  • Humble bouquet

    Humble bouquet

    Bien que les fleurs soient périssables,
    Que les bonbons soient tellement bons,
    Je trouve ces boutons désirables,
    Tout simplets et peu floribonds.

    Je te les mets dans ce bouquet,
    Peu prétentieux mais harmonieux.
    Tu le mettras, d’un air coquet,
    Discrètement dans tes cheveux.

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  • Le cerf brame ou rait dans la forĂŞt

    Le cerf brame ou rait dans la forĂŞt

    Il brame pour le rut lorsque c’est le moment
    Pour rencontrer les biches et leur faire des faons.
    Le reste de l’annĂ©e, il rait, c’est assommant !
    Mais ça plait aux parents et aux petits enfants.

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  • La rose-clef du labyrinthe

    La rose-clef du labyrinthe

    Une rose spiralée remonte bien lentement
    En suivant la direction de ses mémoires d’antan.
    Toutes les circonvolutions dans tous ces arcs-boutements
    Rappelle le chœur de la nef et l’écho des repentants.

    Dans cette chapelle rose, le labyrinthe est tracé,
    Il rappelle les mémoires de tout ce qui m’a précédé.
    Ce chemin je le remonte dans tout mon corps encrassé
    Et j’en filtre les images dans les échos succédées.

    Mémoires de mes racines, de toutes ces familles d’âmes,
    Enregistrées dans le flot comme des microsillons.
    C’est dans la fleur orpheline dans les bras de Notre-Dame
    Que j’écoute mon passé gravé dans chaque sillon.

    Nous avons tous une rose dans la couronne d’épines,
    Nos mémoires orphelines appartiennent au passé.
    Ce passé, c’est la mémoire filtrée par cette crépine
    Qui nous renvoient aux racines que nous avons dépassées.

    La leçon d’humilité du parcours du pèlerin
    Trouvera sa récompense dans cette porte entrouverte.
    La clef cachée dans la rose fait s’ouvrir le souterrain,
    L’accès maintenant ouvert, partons à sa découverte !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Les oiseaux de passage

    Les oiseaux de passage

    Les oiseaux de passage, sont-ils fous ou bien sages ?
    Ils vont leur destinée sans passion ni attache.
    Pas de propriété, ils font l’apprentissage
    En suivant leurs aînés, concentrés sur leur tâche.

    Pendant leur migration, ils accomplissent ce geste
    D’aimer ce qu’ils incarnent, d’y mettre du respect.
    Année après année, dans une vie digeste,
    Jamais dans le besoin, jamais dans l’irrespect.

    Lorsque je les observe, je suis dans leur sillage ;
    Ils m’apprennent à m’aimer en toute liberté.
    J’y trouve mon miroir, le sens de l’aiguillage
    Qui rappelle en moi-même l’écho de ma fierté.

    Ils suivent les saisons et parcourent la Terre
    Dans une discipline en solidarité.
    Chacun son tour apporte l’aide aux retardataires ;
    Leur vie met en commun complémentarité.

    Ceux qui ont accomplis déjà la migration
    Sont devenus des maîtres qui guident les novices.
    Les expérimentés partagent l’inspiration
    Qui garde la mémoire de leur divin service.

    Tableau de Fabienne Barbier