Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Le parcours de Marianne

    Quel parcours fantasmagorique que celui de la République
    Que Marianne suit depuis plus de deux siècles maintenant.
    Cinq fois elle a changé catégorique de constitution qui explique
    Qu’elle voudrait voir sortir du puits la Vérité la soutenant.

    Apparemment ce n’est pas gagné ; le jeu et les dés sont pipés ;
    Le jeu de l’oie a égaré la clef de la case prison ;
    Aux échecs se sont castagnés les joueurs bien trop dissipés
    Les partis sont contrecarrés de ne rien voir à l’horizon.

    Elle a essayé la marelle afin d’atteindre le paradis
    Mais une pluie est survenue et ses tracés sont effacés.
    Il reste bien une passerelle qui ne couterait pas un radis
    Mais un roitelet est venu couler son bateau fracassé.

    Marianne aurait plus de chance à courir la carte du tendre
    En croquant chacun des amants après une nuit à l’Élysée.
    Il n’y aurait plus eu d’urgence à concourir sans plus attendre
    Au pouvoir qui évidemment deviendrait lors diabolisé.

    Tableau d’Audrey Kawasaki.

    
    
    
  • Parité bien ordonnée

    Marianne veut la parité mais elle est seule à l’exiger.
    Plus tout à fait dorénavant ; les élus sont déterminés.
    Or dans la grande hilarité, tous les ministres ont transigé :
    « On va tous se mettre en avant, maquillés et efféminés ! »

    Elisa-bête Sous-Bérou sera la première ministre ;
    Emmanuelle de la Valse, deuxième sirène d’Outremer.
    Géraldine Darmaninoux, pour une justice plus sinistre
    Et une brunette dégueulasse pour un intérieur très sommaire.

    Nos ministres ainsi travestis devront marcher d’un pas femelle
    Sur la frontière très étroite qui sépare les hommes de femmes.
    Si vous avez l’œil averti, ne les quittez pas d’une semelle
    Vous les verrez de gauche à droite faire des courbettes infâmes.

    Tableaux de Jean-Pierre Villafañe sur https://www.jeanpierrevs.com .

    
    
    
  • En route vers la tendresse !

    Si la voie de la séduction paraît, sur la carte du tendre,
    Comme une route de montagne avec lacets et précipices,
    Sans doute la reproduction de l’espèce a besoin d’attendre
    La plus adaptée des compagnes pour un accouplement propice.

    Mais la route de la tendresse paraît comme une ligne droite
    Qui va directement au but lorsque la barrière est levée.
    Alors le héros se redresse, ses mains deviennent plus adroites,
    Et c’est sur les chapeaux de rut que la vitesse est relevée.

    Après cent mille kilomètres, le véhicule est fatigué ;
    La route pleine de nids de poule et la vitesse limitée.
    Gare alors à l’éthylomètre et les stupéfiants prodigués
    Par le viagra qui rend maboules les fous d’amour illimité.

    Illustration de Raoof Haghighi sur https://www.raoofhaghighi.com/drawings .

    
    
    
  • Comme deux sorcières oubliées

    Ni chat ni chien mais un lapin qui les accompagne partout,
    Une créature biscornue qui vous observe l’air anémique.
    Elles habitent un petit lopin, une cabane, un vrai fourre-tout
    Où elles entassent des cornues et autres instruments alchimiques.

    Les deux sœurs ne sourient jamais comme deux sorcières oubliées
    Un soir du trente-et-un octobre qui seraient restées tout l’hiver
    Et seraient coincées désormais à ce que vous ne les troubliez
    Et que vous leur jetiez l’opprobre pour quelques menus faits divers.

    Comme par exemple de raconter qu’on les a vues sur leurs balais
    Pour aller sous la pleine Lune participer à un sabbat ;
    Ou encore de les affronter tandis qu’elles vous brinquebalaient
    Pour soulager votre rancune et pour vous passer à tabac.

    Finalement elles sont parties après maintes taquineries
    Et après qu’eurent témoigné toutes les bonnes paroissiennes.
    Depuis lors, en contrepartie, contre toutes cochonneries,
    On ne sait comment se soigner car c’étaient nos deux pharmaciennes…

    Tableaux de Brom sur https://www.bromart.com/instagram .

    
    
    
  • Comme une araignée au plafond

    Mon poids descend sur la balance comme une araignée du plafond
    Qui m’affole pour que je sache qu’elle signe un matin de chagrin
    Avec mes peurs qui recommencent à me faire toucher le fond
    Pour remonter avec panache dès que l’espoir remoud son grain.

    Les démons sucrés de la vie sont trop durs à éliminer ;
    Chaque bouchée de friandise m’ancre un peu plus au désespoir.
    Ce Dieu odieux sera ravi, lui qui m’avait déterminé(e)
    À souffrir de ma gourmandise et d’un ventre rond sans espoir.

    Tableau de Shiori Matsumoto

    
    
    
  • Les contes de la petite-fille l’Oie

    Adieu tous les comptes à rebours vers les confins à l’eau de rose
    Qui mettaient un terme aux histoires des contes de ma grand-mère l’Oie !
    À moi les frais et les débours des quotidiens les plus moroses
    Car j’ai remporté la victoire entre bons et mauvais alois !

    Adieu tous les destins tracés, adieu royaumes dépravés !
    La nouvelle génération ne croit plus aux contes de fées.
    Ou plutôt elle veut embrasser une existence désentravée
    De toute commisération envers des croyances échauffées.

    Les vieilles oies du Capitole de mon héritage génétique
    Sonnent encore et toujours l’alarme lorsque le monde est envahi
    Par des propos qui rafistolent les vieilles querelles frénétiques
    Avec jérémiades et larmes dans notre jeunesse ébahie !

    Photo de Clare Ahalt sur https://www.clareahaltphotography.com/blog/portrait-photographer-potomac-md

    
    
    
  • Le jeu du fou, de la Reine et des cavaliers

    D’abord le fou charme la Reine par son caractère astucieux
    Qui permet de damer le pion au Roi lorsqu’il part à la chasse.
    De sa jolie voix de sirène, elle leur promet un audacieux
    Avenir doré de champion ou héros si leurs cœurs trépassent.

    Promu chevalier, à son tour, il transmet son métier des armes
    Aux jeunes recrues qu’il entraîne pour servir leurs maîtres et leur Roi.
    Mais il enferme dans la tour ceux qui n’ont cédé à ses charmes
    Ou ont opté suivre la Reine sans pour autant payer l’octroi.

    Tableaux de Michael Cheval sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/03/michael-cheval.html

    
    
    
  • Tandis que courent les lièvres

    Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois ;
    Ne pas viser deux buts sinon perdre les deux.
    Mais si les lièvres courent de partout à la fois,
    Je risque d’être imbu d’en sacrifier l’un d’eux.

    Je ne peux pas passer par deux portes ouvertes
    Et si elles sont fermées, je dois chercher plus loin.
    Avec un œil ouvert sur chaque découverte ;
    Les deux pour confirmer si j’en sens le besoin.

    Mais deux lièvres à moitié n’en font pas un complet.
    Un bon tiens ne vaut-il mieux que deux tu l’auras ?
    L’amour doit être entier au risque d’incomplet
    Comme celui si fertile de ma chère Laura.

    Tableau de Masaru Shichinohe sur https://freewechat.com/a/MzUyMjQ0MjkwMw==/2247503907/1

    
    
    
  • La relativité des pommes

    Du grand ruisseau du paradis, débordaient les immenses pommes
    Que les filles d’Ève précipitaient sur les fils d’Adam de passage.
    Les anges étaient en maladie, les démons confinés at home
    Tandis que Dieu sollicitait Lucifer d’être un peu plus sage.

    Le serpent avait échoué et le fruit s’était répandu
    Puis, avait démesurément poussé comme des champignons.
    Les femmes s’étaient dévouées, les hommes leur avaient répondu
    Et le bordel assurément régna parmi ces compagnons.

    On ne sait comment débuta la guerre de la pomme de discorde;
    Il dut y avoir un pépin dans la création en foutoir.
    Finalement Dieu s’en dégoûta mais, pour que l’histoire concorde,
    Il en tira un papier-peint dont il tapissa son boudoir.

    Tableau de Rafal Olbinski

    
    
    
  • La relativité des femmes

    Quand elle s’est déshabillée tout l’univers s’est entrouvert ;
    Le puceau devint étalon et la pucelle devint chatte.
    Après l’avoir estampillée, à cœur perdu, à cœur ouvert,
    Il enfila son pantalon puis, il renoua sa cravate.

    Mais elle ne put se rhabiller car il avait, dans les orties,
    Jeté sa jupe et sa culotte pour garder l’œil sur le minou.
    Elle laissa s’éparpiller toute sa pudeur assortie
    À l’exhibition rigolote du mâle se mettant à genoux.

    Tableaux de Rafal Olbinski

    
    
    
  • La reine noire de l’univers

    Le mal se niche au cœur du bien, le bien se niche au cœur du mal ;
    Ainsi la loi de l’univers se résume à cet équilibre.
    À travers le stade amphibien qu’a vécu le règne animal,
    L’humanité n’est qu’un hiver sur les saisons d’un monde libre.

    Le noir est plus ou moins salubre, le blanc parfois sain ou nocif ;
    Ne cherchez pas la vérité uniquement dans l’un des camps.
    Les extrêmes se montrent lugubres, les pourparlers trop excessifs,
    Mais leur complémentarité créera un monde conséquent.

    Tableau de Sophia Shiloh

    
    
    
  • La reine blanche de l’univers

    Bien au-delà de la lumière, dans l’anti-monde permanent
    Où le temps n’atteint de limite à sa cadence omniprésente,
    Là-bas, j’ai ma source première, l’âme primaire et rémanente
    Dont le miroir du cœur imite cette énergie valorisante.

    Lorsque mes rêves s’y connectent, lors d’une nuit de pleine lune,
    Je passe par une ouverture qui ne s’entrouvre qu’une fois.
    Mon cœur et mon âme s’affectent de recouvrer cette fortune
    Juste un instant dans l’aperture mais qui ravive ainsi ma foi.

    Tableau de Sophia Shiloh

    
    
    
  • Au jeu du chat et de la souris

    Au jeu du chat et de la souris

    Le roi des noirs, fier comme un coq, se pavanait avec sa dinde
    Mais il gueulait comme un putois quand elle lui posait un lapin.
    Ce tyran, fort comme un taureau, vit rouge à en devenir chèvre
    Quand sa gazelle aux yeux de biche quitta son vieil ours mal léché.

    Le roi des blancs, fier comme un paon, étant lui-même un chaud lapin,
    Fut séduit par la fine mouche, car cette poule avait du chien.
    La louve, montrant patte blanche pour entrer dans la bergerie,
    Se montra douce comme un agneau pour lui tirer les vers du nez.

    La tour faisait le pied de grue, l’autre roquait d’un tour de cochon,
    Le cheval sautait du coq à l’âne, le fou riait comme une baleine.
    Les pions, muets comme une carpe, autant myopes qu’une taupe,
    Se regardaient en chiens de faïence avec des yeux de merlan frit.

    Mais revenons à nos moutons ; versant des larmes de crocodile,
    La reine blanche vit anguille sous roche, n’étant pas tête de linotte.
    Un jour, en pleurant comme un veau, elle prit le taureau par les cornes
    Et blessa cette peau de vache de roi qui soufflait comme un phoque.

    Le roi blanc, vraie poule mouillée, s’enfuit et fila comme un lièvre
    Mais se fit prendre comme un rat et fut le dindon de la farce.
    Le roi noir dormait comme un loir, car il avait d’autres chats à fouetter,
    Et la reine, maligne comme un singe, lui apaisa sa faim de loup.

    (L’inspiration de ce poème m’a demandé trois ingrédients indispensables :
    1. le tableau de Chie Yoshii ;
    2. le texte de Jean d’Ormesson « Le français, une langue animale » ;
    3. la citation du joueur d’échecs Aaron Nimzowitsch « Ne tendez aucun piège pour le plaisir ! Ne jouez rien dans l’espoir que l’adversaire réagisse de façon stupide ! Prenez toujours pour acquis que l’adversaire va trouver le meilleur coup ! Ne jouez jamais de coup dans l’espoir que l’adversaire ne voie pas la menace ! Chacun de vos coups doit améliorer la position d’une façon ou d’une autre. » .)

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  • Mélusine Enfaillite

    En face de chez moi, on démolit l’usine
    Afin de transformer ça en lofts pour les riches.
    Alors au fil des mois, des grues démagasinent
    Les métaux déformés que l’on va mettre en friche.

    À Sennhof, l’usine Hermann Bühler ferme après 200 ans d’existence. Les tonnes de métaux sont vendues et expédiés en Chine et nous entendons le vacarme des ouvriers qui démontent depuis début décembre. D’après ce que j’ai compris, ce sera transformé en loft pour les riches et les ateliers en espaces à louer. Comme j’ai le spectacle juste en face, derrière la Töss, je vous tiendrai au courant des évolutions.

    
    
    
  • L’heure du café

    L’heure du café

    À l’heure du café, les dames se délassent
    Pour parfois s’esclaffer, assises en terrasse,
    Quand passent les messieurs, tentant de les draguer,
    Avec des audacieux compliments prodigués.

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  • La frontière de l’illusion

    La frontière de l’illusion

    Là, quelque part à la surface, où naissent les reflets du temps,
    La gauche et la droite s’inversent à la frontière de l’illusion.
    Ce lieu où se replie l’espace c’est un présent, juste un instant
    Et les images qui le traversent sont des mirages en collision.

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  • Les pièges de lumière

    Les pièges de lumière

    La flore coutumière à sortir du sommeil,
    Absorbe la lumière, capture le soleil.
    Quand les branches s’écartent sous les assauts du vent,
    Toutes les fleurs repartent pour un nouveau printemps.

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  • Les fruits triomphants

    Les fruits triomphants

    J’ai dû grandir vers la lumière et hisser mes plus hautes feuilles
    Pour me nourrir d’un ciel d’azur et porter mes fruits triomphants.
    J’ai dû agrandir ma chaumière pour que les oiseaux s’y recueillent
    Et y bâtissent à leur mesure un nid d’amour pour leurs enfants.

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  • Vingt-deux, les dieux !

    Vingt-deux, les dieux !

    Vingt-deux, les dieux, c’est février, il n’y en a plus pour très longtemps
    Les nuages à califourchon tonnent à grands coups de canon.
    Consultez le calendrier : dans quelques jours, c’est le printemps !
    Debout, tous les petits bourgeons, on va se prendre du galon !

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  • Salut et merci pour les poissons

    Venez à moi, petits poissons avec vos yeux de merlans frits
    Pour nous redonner le sourire et briller de vos mille écailles !
    Sonnez le temps de la moisson des rigolades en série,
    Des gaudrioles et des fous-rires et que la joie rentre au bercail !

    Photo de Oleksandr Hnatenko.

    
    
    
  • Derniers jours d’hiver

    Derniers jours d’hiver

    Ces derniers jours de l’hiver, je vais aller les passer
    Dans mon ancienne cabane en granit et en ardoise.
    Même si cet univers n’a pas encore dépassé
    L’équinoxe qui fait la douane aux deux saisons discourtoises.

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  • À deux pattes du printemps

    À deux pattes du printemps

    C’est à deux pattes du printemps qu’il faut prévoir l’atterrissage
    Qui nous fait tomber cette année sur une planète de singes.
    Un anniversaire important pour faire notre apprentissage
    D’une attitude spontanée sans trop se casser les méninges.

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  • La truite vagabonde

    La truite vagabonde

    Les deux aigles compères ce soir s’en vont pêcher.
    Le premier tient l’appât et l’autre suit la ligne.
    Volant au ras de l’eau, ils n’ont pu s’empêcher
    De taquiner la truite vagabonde et maligne.

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  • L’offrande à l’oiseau

    L’offrande à l’oiseau

    Lorsqu’il prépare son offrande, le beau mâle étend son ramage !
    Pourquoi le mâle est-il si beau et la femelle moins servie ?
    C’est que pour séduire les belles, il faut bien plus que de bagages
    Et les plus beaux qui sont choisis verront descendance et survie.

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  • Sous les voûtes le soir

    Sous les voûtes le soir

    Sous les voûtes silencieuses ce soir entre chien et loup,
    À l’heure où tout devient bleu et les chats deviennent gris,
    Vous croiserez sûrement deux ou trois maris jaloux
    Qui vont se battre en duel pour une foldinguerie.

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  • Le tact de la potière

    Le tact de la potière

    L’important, c’est de tourner autour du pot la main leste !
    Il faut bien juger le galbe et la taille de la cruche ;
    Il la faut bien évidée afin d’y joindre le geste
    Qui travaillera ses formes dans les rayons de la ruche.

    L’important, c’est de palper et bien sentir la matière !
    Juste assez sur les côtés, bien répartir au culot ;
    Car, pour servir de nourrice à une famille entière,
    Il faut pouvoir contenir et s’adapter au goulot.

    L’important, c’est revenir plusieurs fois sur son ouvrage !
    Les meilleurs pots resteront ceux qu’on aime retrouver.
    Si tu sais bien les remplir jusqu’au calice, sans bourrage,
    Les cruchons bien éduqués n’auront plus rien à prouver.

    L’important, c’est le premier contact avec la texture !
    Que de bonnes intentions et point de pensées impures !
    Il ne faut jamais brusquer sous peine de déconfiture
    Les pots-aux-roses en bouton pour les meilleures boutures.

    L’important, c’est le pied ferme, enroulé dessous les formes ;
    La jambe bien repliée à l’aise dans le giron.
    Tu verras que tôt ou tard si le bassin se déforme
    C’est pour mieux te rassasier et alors mes pots t’iront.

    Tableau de Fabienne Barbier