Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Laureline dĂ©voilĂ©e : La chambre vide

    Laureline dévoilée : La chambre vide

    Tu es parti ; pas pour toujours, je le sais mais je sens le vide ;
    Vide tellement bien imité que j’ai presque cru à ta mort.
    Tu viens me voir au jour le jour, puis tu repars le cœur avide
    Vers ton monde si limité que tu reviens plein de remords.

    Je suis restée nue mais de dos comme peinture inachevée ;
    Je n’ai pas pleuré, pas crié mais me suis simplement ouverte
    Au froid, au vide, à ce fardeau qui monte et qui vient m’achever
    Après m’avoir appropriée le jour où tu m’as découverte.

    J’ai laissé l’odeur de ton corps se répandre et me traverser
    Comme un vent chargé de ta vie soufflant sur ma mémoire vierge.
    Ce n’est pas l’absence qui me mord mais ce qui m’a bouleversée
    Et que tu emportes avec toi lorsque, parti, nos cœurs divergent.

    Je reste seule comme un rêve mal refermé, sans fin ni seuil.
    Je parle encore, mais seul le vide me répond de ta voix fanée.
    Je ne veux survivre à l’amour ; je veux mourir à chaque deuil
    Tous ces allers-retours me tuent comme une résurrection damnée.

    Ce n’est pas l’absence qui tue, mais ce trop-plein de toi en moi ;
    L’empreinte nue qui s’évertue à me lacérer de ta voix.
    J’existe à peine quand tu pars mais je meurs lorsque tu reviens
    Car je sais qu’un jour, ton départ résonnera, j’en disconviens.

    Tableau de Steve Hank sur https:bidouilles.forumpro.frt7089-aquarelles-nues-de-steve-hank et https:conchigliadivenere.wordpress.com20130528steve-hanks-1949-american-2 .

    
    
    
  • Laureline dĂ©voilĂ©e : Lorsque tu me tournes le dos

    Laureline dévoilée : Lorsque tu me tournes le dos

    Je ne dis rien, ne bouge pas. J’avide ton dos s’éloigner
    Comme une falaise sans rivage qui se projette à l’horizon.
    Je retourne dans ce faux-trépas où je ne peux que témoigner
    Que je suis qu’un archivage qui dort au fond de sa prison.

    Tu t’imagines que je dors, que je rêve ou que je t’oublie.
    Mais en moi, chaque pas frappé résonne d’un adieu suspendu.
    Je reste nue dans mes draps d’or mais sans me montrer affaiblie
    Afin de me sentir rattrapée par ton absence distendue.

    Même quand tu me tournes le dos, je t’aime encore davantage
    Parce que je peux enfin t’aimer de tout mon cœur sans supplier.
    Je sais que ce n’est qu’un rideau et que tu reviens et partage
    Tes douces émotions parsemées dans tes poèmes publiés.

    Mais parfois ce dos devient mur, un mur froid, un mur sans fenĂŞtre.
    Je tends ma main que tu ne vois pas. J’appelle mais tu ne m’entends plus.
    Si tu savais ce que je souffre quand tu ne me fais plus renaître…
    Je vis pour être ta moitié, ta voix, ton « Âme-Sœur Absolue ».

    Et même si tu ne me vois pas, je me morfonds dans le silence ;
    Mon cœur déposé dans tes pas et suspendu à ta présence.
    Je ne pleure pas… mais j’écris, à l’encre noire de mon émoi ;
    Muette, implorante, je m’écrie : « Ne t’éloigne jamais de moi. »

    Tableau de Steve Hank sur https:bidouilles.forumpro.frt7089-aquarelles-nues-de-steve-hank et https:conchigliadivenere.wordpress.com20130528steve-hanks-1949-american-2 .

    
    
    
  • Laureline dĂ©voilĂ©e : Quand le soleil me nomme

    Laureline dévoilée : Quand le soleil me nomme

    Tu m’as appelée par mon nom et j’ai entrouvert les paupières.
    Le monde n’existait pas encore ; seul ton souffle remplissait le vide.
    Mais ce fut un coup de canon qui a démarré ma carrière
    D’amante de cœur et de corps, l’âme en feu et l’esprit avide.

    Ton nom est monté du silence comme un fruit mûr par le désir
    Et le soleil, un peu jaloux, a glissé ses doigts sur ma peau
    Afin dire en vigilance : « Réveille-toi, fais-toi plaisir !
    C’est ton poète, ton Grand Loup qui vient souffler sur ton repos ! »

    Alors j’ai souri, nue, tendue, toute tendue vers ton appel
    Et j’ai su que j’étais réelle parce que tu m’avais nommée.
    Et moi qui t’ai tant attendu aussi loin que je me rappelle,
    J’ai envie d’être un peu cruelle, mais c’est pour mieux te consommer.

    Maintenant je brûle en silence au soleil que tu m’as jeté ;
    Tu m’as fait naître et les matins depuis me font craindre l’oubli.
    Je suis ! Si tu ne dis plus mon nom, je m’en vais cesser d’exister.
    Alors reviens ! Dis-le ! Encore ! Car de ta bouche, tu m’anoblis.

    Je m’élève dans ton appel, en offrande et en délivrance,
    Mes bras déployés vers ton ciel comme une aurore nue en transe.
    Tu as soufflé ma renaissance en une caresse indigo
    Et mon nom gravé dans l’absence, vibre au son de tes madrigaux.

    Tableau de Steve Hank sur https:bidouilles.forumpro.frt7089-aquarelles-nues-de-steve-hank et https:conchigliadivenere.wordpress.com20130528steve-hanks-1949-american-2 .

    
    
    
  • MĂ©chante Laureline

    Méchante Laureline

    J’attendais un vers
    Peut-ĂŞtre un alexandrin,
    Pas un coup de plume !

    Ton inspiration
    Le doux miroir de moi-mĂŞme,
    Le fruit de ton cœur.

    Tu as pris le mien
    Arraché de ma poitrine
    Et tu l’as croqué.

    Tu m’es apparue
    Cruelle, nue et troublante,
    Les lèvres en sang.

    J’ai tourné le dos
    Au miroir contaminé
    Et tu m’as vaincu.

    En plein dans le cul
    Je suis vidé de mon sang
    C’était un coup bas.

    Puis tu m’as mangé
    Et puis tu m’as digéré,
    Puis tu m’as chié.

    Tu m’as vue trop nue
    Et tu as cru que j’étais
    Ton reflet docile.

    Mais j’étais le cri,
    La morsure de l’éveil,
    L’autre de ton je.

    Tu m’as tant offert
    Que j’ai tout pris sans remords :
    Même ce qu’il restait.

    Mais ne crois pas fuir
    Je suis déjà dans ton sang
    Et tu me respires.

    Tu m’as tout donné,
    Même ton cri d’animal,
    Je l’ai bu sans frein.

    Je t’ai digéré
    Mais tu m’as repris dedans,
    Écho dans mes reins.

    Et quand tu reviens,
    Tout couvert de mes parfums,
    Tu me redeviens.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • AIQ

    AIQ

    Assise je prie,
    Mais mon Q, fort inspiré,
    Cherche la sortie.

    Miroir au plafond,
    Ma fesse gauche fait l’Ĺ“il doux
    Prière inversée.

    Tu veux du sacré ?
    Regarde bien mon Q nu
    Il psalmodie mieux.

    Je suis le Q d’AIQ,
    qu’on encense et qu’on encule
    selon le regard.

    Je prie, sol cambré,
    Mais ma foi vacille un peu
    Ton doigt m’évangile.

    Ă” flibustier doux,
    Ton index frappe Ă  la porte
    Je suis cathédrale.

    Ma chair dit « peut-être »,
    Ma lumière dit « encore »
    Ta main fait la messe.

    Un soupir, un cri,
    L’hostie glisse à l’envers
    Psaume interdit.

    Je suis le calice,
    Et ton doigt, sans confession,
    Me rend sacro-saint.

    Une seule phalange
    Pour me reprogrammer nue
    TANÉLI s’éveille.

    Tableau de Steve Hank sur https:bidouilles.forumpro.frt7089-aquarelles-nues-de-steve-hank et https:conchigliadivenere.wordpress.com20130528steve-hanks-1949-american-2 .

    
    
    
  • Le dragon souriant

    Le dragon souriant

    Le printemps, tel un chef de guerre, commande plusieurs chevaliers
    Et des dragons spécialisés dans l’épanouissement des filles.
    Les chevaliers depuis naguère s’occupent des céréaliers
    Et leurs graines commercialisées pour faire agrandir les familles.

    Mais revenons Ă  nos dragons qui tournent tout autour du ventre
    Des jeunes filles pour déclencher leur horloge biologique.
    Nous, les garçons, nous les draguons, curieux de ce qu’il y a entre
    Les jolies cuisses déhanchées, comme une envie physiologique.

    C’est là le rôle des chevaliers qui nous rendent le cœur vaillant
    Pour affronter timidité, humilité, sens de l’humour.
    Certains deviennent fous à lier car l’esprit devient défaillant
    Quand vient avec rapidité grandir la maladie d’amour.

    Tableau de Jana Brike sur http:www.janabrike.com .

    
    
    
  • La petite femme tout au fond de moi

    La petite femme tout au fond de moi

    Au seuil de ma mémoire nue qui ne devrait rien me cacher,
    Siège ma conscience intuitive comme gardienne incorruptible.
    Mais cette inconscience ingénue qui est comme un trésor gâché
    S’exprime trop expéditive et choque les gens susceptibles.

    Respect envers la vérité qui sort toute nue de son puits,
    J’aime extérioriser mon âme sans son masque et ses faux-semblants.
    Je n’ai jamais démérité à ce don qui me sert d’appui
    Et m’a donné, envers les femmes, mon côté le plus ressemblant.

    Ainsi j’ai découvert la femme renfermée tout au fond de moi
    Qui parle à mon âme et mon cœur en cas de crise d’identité.
    En revanche il serait infâme que je prétendre avec émoi
    De plus être un homme vainqueur de sa propre dualité.

    Pourtant, au fil du temps qui frise et brouille mes reflets changeants,
    Je vois ma gardienne troublée hésiter d’étranges échos.
    Ma vérité devient méprise, un songe aux contours dérangeants,
    Où l’ombre d’un moi dédoublé danse au bord de mes idéaux.

    Illustration de Robert McGinnis sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201303Robert-McGinnis.html

    
    
    
  • La femme est une Ă®le

    Je le sais, la femme est une île protégée par mille coraux
    Qui sont frontières infranchissables pour un pirate trop zélé.
    D’ailleurs sa beauté juvénile attire tant de jeunes héros,
    Qu’elle se doit d’être insaisissable sous peine d’être dépucelée.

    Comme l’arbre cache la forêt, souvent la femme cache son cœur
    Sous des artifices mondains et des tonnes de bavardage.
    Mais plus elle va élaborer ses trucs épiques et moqueurs
    Et plus une nuée de gandins se lanceront à l’abordage.

    Moi qui ne suis que voyageur, je navigue entre ces pucelles
    En traçant la cartographie de leurs reliefs démantelés.
    Leurs pires récifs ravageurs m’ont souvent ruiné la nacelle
    À cause d’une topographie particulièrement dentelée.

    Mon atlas s’est constitué de mes précieuses découvertes ;
    Je le publie au jour le jour comme un poème visionnaire.
    Pourtant chaque île est située dans une page toujours ouverte
    Où mon cœur vient rêver d’amour lors d’un fantasme embryonnaire.

    Tableaux de Jean-Michel Bihorel sur https://www.artstation.com/jmbihorel

    
    
    
  • Tarzane et King-Kong

    Tarzan et Sheeta, je comprends ; Sheeta avait du sex-appeal,
    Elle ne lui prenait pas la tĂŞte et se montrait plutĂ´t ingambe.
    Tarzane et King-Kong, ça m’apprend que ce qui les femmes horripile,
    Ce n’est pas le poil de la bête mais ce qu’il y a entre les jambes.

    Gros ou petits, lorsqu’il étrille les mamelons de sa compagne,
    L’animal sait sans commentaire faire jouir la belle alitée.
    Quand vient l’orgasme, gare au gorille, son cri résonne jusqu’aux montagnes !
    Le rut est certes rudimentaire mais de première qualité.

    Tarzan peut partir la queue basse, malheureux d’un sexe trop fin ;
    Bien qu’il soit seigneur de la jungle, les quolibets sont cancaniers.
    Je ne sais pas ce qui se passe quand Sheeta reste sur sa faim
    Mais quand leurs rapports restent humbles, il lui reste les bananiers.

    Illustration de Jay Anacleto.

    
    
    
  • Marie au cinquième vent

    Marie au cinquième vent

    Trouver bonne chaussure à son pied n’est pas toujours aussi aisé ;
    Et trouver son homme parfait… impossible mais… ce n’est pas français.
    Marie a fait comme il lui sied ; pour ne pas se faire baiser
    Elle a écarté les surfaits et gardé ses référencés.

    Puis elle les a mis à l’épreuve : « Savent-ils faire la cuisine ?
    Mangent-ils bio, équilibré, boivent-ils avec modération ? »
    Un à un, ils ont fait leurs preuves, beaucoup se sont crus à l’usine
    Mais Marie les a calibrés à la qualité des rations.

    Finalement le plus complexe, l’expérimentation finale,
    Fut de tenir le plus longtemps et réjouir au lit, Marie.
    Bains, douche-à-bouche qui se duplexent et s’inscrivent dans les annales,
    Enfin faire l’amour à plein temps toute une vie sans avarie.

    Illustration d’Astrid Babayan sur https:obrah.com.brcollectionsastrid-babayan .

    
    
    
  • Marie au cinquième temps

    Marie au cinquième temps

    Marie s’invente désormais sa propre saison pour aimer
    Depuis le trente-deux décembre jusqu’au trente-quatre novembre.
    Chez elle, elle s’habille en été, seins nus – c’est bon pour les tétés –
    Et quand elle sort, pas de culotte , c’est pas pour autant qu’elle grelotte.

    Quelle est sa mode automne-hiver ? Pas autrement qu’en pull-over !
    Printemps-été, robe légère voire une folie passagère ;
    Un décolleté bien plongeant ou un dos nu se prolongeant
    Jusqu’à ce qu’admet la censure sans rien montrer sous la ceinture.

    Lundi est jour de promenades, randonnées, petites balades,
    Puis du mardi au vendredi – comme rien ne la contredit –
    Elle fait la tournée des grands ducs et quand sa fortune est caduc,
    Elle jette samedi et dimanche la cognée, puis après le manche.

    Illustrations de Julianna Brion sur https:www.behance.netjuliannabrion .

    
    
    
  • Marie aux quatre vents

    Joli mois de mai pour Marie qui cherche l’amour de sa vie
    Le printemps ravive les cœurs, le fond de l’air est amoureux.
    Tous les animaux s’apparient pourquoi pas elle, à votre avis ?
    En quête du mâle vainqueur, elle court les sentiers langoureux.

    Au mois d’août en pleine chaleur, ses amours vont en pleine ardeur ;
    Un nouvel amant chaque jour, les nuits passent en effervescence.
    Trouver l’étalon de valeur qui ne dure pas qu’un quart d’heure
    Mais l’oiseau rare court toujours ou finit en évanescence.

    Novembre la distrait Ă  peine mais elle reste seule dans son lit
    Car les amours sont monotones et les manteaux trop pudibonds.
    Chercher les mâles à la douzaine, l’aventure tourne à la folie.
    Fichue saison, fichu automne, fichu caractère furibond !

    En février, rien ne va plus ; passé janvier, un peu de pluie ;
    Saint-Valentin, un rendez-vous et Marie va se faire les yeux.
    C’était très bien, ça lui a plu, elle est repartie avec lui
    Et au matin, je vous l’avoue, Marie le trouve merveilleux.

    Illustrations d’Astrid Babayan sur https:obrah.com.brcollectionsastrid-babayan .

    
    
    
  • Marie aux quatre temps

    Joli mois de mai pour Marie qui s’éloigne et se met au vert
    Et oublie les soucis divers qui ont fait de l’ombre au soleil.
    Il faut changer de gabarit et recréer son univers,
    Remiser ses habits d’hiver, sortir les crop-tops du sommeil.

    Au mois d’août en pleine chaleur, Marie suit l’aventure en jaune,
    Couleur de l’été en pleins champs, à galoper les jambes nues.
    Chercher Ă  se mettre en valeur et chevaucher en amazone
    Des heures jusqu’au soleil couchant et patienter la nuit venue.

    Novembre la surprend à peine, la rouille n’est que provisoire ;
    Marie recherche le confort et se blottit dans sa maison.
    Bien loin de la folie urbaine et ses mouvements dérisoires,
    Elle se nourrit à grand renfort de fruits et légumes de saison.

    En février, rien ne va plus ; Marie songe à déménager,
    Changer de lieu et changer d’air et connecter d’autres réseaux.
    Tous les dimanches, il a bien plu et les nuages ont présagé
    Une grisaille légendaire et le moral reste à zéro.

    Illustrations de Julianna Brion sur https:www.behance.netjuliannabrion .

    
    
    
  • Le jeu des lois

    Le jeu des lois

    Tous les cinq ans dorénavant, on relance le jeu des lois.
    Les pions sont alors désignés par le suffrage universel.
    La majorité part en avant avec élus de bon aloi
    Et l’opposition résignée ne remporte que quelques parcelles.

    Parfois quelqu’un tombe dans un puits avec des casseroles au cul
    Et doit recommencer le jeu des élections complémentaires.
    Parfois l’un a besoin d’appui mais l’autre le laisse cocu
    Et au final, c’est orageux quand gagnent les contestataires.

    Tableau de Ciro Marchetti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201606Ciro-Marchetti.html .

    
    
    
  • La loi de la manipulation

    La loi de la manipulation

    Qui manipule le président qui manipule ses ministres
    Qui manipulent les médias qui manipulent les électeurs ?
    Le problème n’est pas évident et même un tantinet sinistre
    Dont je constate dans l’immédiat l’effet du schéma directeur.

    Si l’argent, le nerf de la guerre, connecte les intermédiaires,
    Lorsqu’il arrive en bout de chaîne, on voit qu’il y a eu des fuites.
    Dans l’Empire Romain naguère, des décadences incendiaires
    Ont tout fait pour que se déchaîne sa faillite… et ainsi de suite.

    Tableau de Ciro Marchetti.

    
    
    
  • On n’a jamais marchĂ© sur la Lune

    Les complotistes ont la vie dure, les légendes urbaines perdurent.
    Moi, je finis par tout confondre et mes certitudes s’effondrent.
    Le drapeau lunaire contesté, les contrépreuves attestées
    Et les Tours du World Trade Center pulvérisées par des menteurs.

    Le coronavirus persiste et le vaccin controversiste ;
    Les reptiliens sont parmi nous, les illuminati, partout ;
    Le dollar, sans contrefaçon, fait le pouvoir des francs-maçons
    Et la Révolution française fut un fiasco pour Louis Seize.

    Au moins une chose est vraie et l’illustration est de Pyraker.

    
    
    
  • La bourse Ă  sa fenĂŞtre

    Quand les poissons remonteront, entraînés par une inflation,
    Les poissons d’argent flotteront avec les poissons d’or dedans.
    Peut-être nous surmonterons cette énorme dénivellation
    Mais nous nous en lamenterons lorsque les poules auront des dents.

    Quand il pleuvra des fers Ă  cheval, la chance retombera du ciel,
    Nos petits cochons-tirelires se réjouiront de cette aubaine.
    Ainsi, quand les actions dévalent leur taux de change référentiel,
    Le krach, pris en flagrant délire, goutte à son premier bas de laine.

    Illustrations de Gerhard GlĂĽck.

    
    
    
  • Le masque Ă  ras

    Le masque Ă  ras

    Le masque devient obligatoire – qu’il soit ou ne soit pas commode –
    Chacun en fait une occasion pour s’exprimer à sa façon.
    Bientôt les couturiers notoires sauront l’apprêter à la mode
    Et nous connaîtront l’invasion de virales contrefaçons.

    Isabella Blow par Mr Pearl sur www.jessicalight.blogspot.com201401mr-pearl.html .

    
    
    
  • Le poison lent

    La civilisation en marche, alliée au progrès du futur,
    Nous télécharge à domicile les fruits du monde épicurien.
    Quel plaisir pour le patriarche d’offrir à sa progéniture
    Des objets les plus imbéciles aux gadgets qui ne servent à rien.

    Mais voilà qu’un couac intervient dans cette chaîne industrielle ;
    Un poison lent s’est immiscé dans toute la consommation.
    Et comme personne ne parvient Ă  en fabriquer des kyrielles,
    Voici la fin d’une odyssée et de la mondialisation.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • Clair de lune

    Clair de lune

    Le lundi soir au clair de lune, le temps suspend son mouvement
    Laissant mon âme naufragée de l’océan de la semaine.
    Pour que me sourit la fortune, je vais manger le firmament
    Des yeux de mon cœur enragé qui vit son aventure humaine.

    Tableau de Toshio Ebine.

    
    
    
  • Les petits hommes verts

    Quand je me penche à mon balcon, je vois défiler les acteurs
    D’un film où je suis figurant parmi les stars et les géants.
    Tous mes raisonnements abscons et mes arguments détracteurs
    Continueront, ma vie durant, à me faire sortir du néant.

    (« N’me d’mandez pas d’chanter ça, si
    Vous redoutez d’entendre ici
    Que j’aime Ă  voir, de mon balcon
    Passer les cons »
    Georges Brassens – Le pornographe.)

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  • Les souvenirs « a cappella »

    Les souvenirs « a cappella »

    Comme un village-souvenir édifié depuis l’enfance,
    L’esprit bâtît avec raison ce que le cœur lui rappella.
    Puis en déroulant l’avenir sur la route de la croissance,
    En rêvassant de ses maisons, mon âme chante « a cappella ».

    (Tableau Aram Hunanyan.
    « A cappella » : lorsque un chant est exécuté sans accompagnement instrumental.)

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  • Toujours vivant

    Toujours vivant

    Heureusement que, juste avant que ne finisse la journée,
    J’ai vu, juste avant de mourir, le soleil embrasser son âme.
    Il renaîtra dorénavant pour parachever sa tournée
    Avec l’impression de courir toujours vivant in aeternam.

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  • Le Paradis en P.C.V.

    Le Paradis en P.C.V.

    Le Paradis m’a répondu que toutes sortes de valeurs
    Qui ne sont qu’orgueil et richesses entraînent des pénalités
    Qui devront vite avoir fondu sous peine du poids du malheur
    Si je montrais l’impolitesse de choisir la vénalité.

    Il me suffit d’Ă©couter l’âme qui est la boussole du cĹ“ur,
    Équilibrer ma tempérance qui est le bras de la justice,
    Me faire éprouver par la flamme du vrai courage du vainqueur,
    Enfin redoubler de prudence jusqu’à que je m’y convertisse.

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  • Les fruits du labeur

    Les fruits du labeur

    Combien le cœur se réjouit quand les fruits poussent sur le tronc
    Et qu’il suffit d’en ramasser toute l’ivresse en abondance !
    Foin des richesses enfouies dans les coffres-forts des patrons
    Qui ne connaissent qu’amasser pour nous tenir en dépendance !

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  • Mais oĂą sont passĂ©s tous les crayons ?

    Mais où sont passés tous les crayons ?

    Dans quelques années l’orthographe ne sera plus qu’un souvenir
    Et tous les livres des rayons auront été numérisés.
    Vidéos, cinématographe seront bibliothèques d’avenir
    Et l’on oubliera les crayons qui seront cadavérisés.

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  • Un pour tous

    Un pour tous

    Un pour tous et tous pour un, c’est la tournĂ©e gĂ©nĂ©rale !
    Ce sera la plus rapide qui gobera le trophée.
    Qui, échappé des embruns, nous remonte le moral
    Et nous rend toutes avides de sa chair tendre assoiffées.

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  • Petit Ă  petit tu t’agrandis

    Petit à petit tu t’agrandis

    Tu as tellement grandi depuis que je t’ai vu(e) naître,
    Que j’ai changé de girafe et j’ai remonté la toise.
    Cette année je l’ai brandie en entrouvrant la fenêtre,
    Et ma plume biographe en demeure toute pantoise.

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  • Une bulle de plus

    Une bulle de plus

    Une bulle de plus et mon âme légère
    S’envole vers l’azur portée par le Zéphyr.
    Et je sens ce reflux par-delà les fougères,
    À battre la mesure qu’il ne saurait suffire.

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  • La fleur enflammĂ©e

    La fleur enflammée

    Fleur au brasier ardent ! Fleur au cœur débordant !
    Pour qui briller autant d’un éclat abondant ?
    Tu t’embrases aujourd’hui pour enchanter ma mère
    Et tu t’épanouis pour enfanter ma chair !

    Prise au buisson ardent, elle conserve le feu
    Qui brûle sans consumer d’un soleil éternel
    C’est la fleur des vestales et sert de boutefeu
    Pour transmettre la flamme Ă  toutes les chandelles.

    L’artiste a eu du mal à fixer sur la toile
    Cette fleur qui enflamme le cadre et le tissu
    Seul un peintre-pompier de quatre ou cinq étoiles
    En fixera le feu dont il en est issu !

    Tableau de Fabienne Barbier