Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • 9. Première prophĂ©tie de Lilith

    9. Première prophétie de Lilith

    Laureline
    Oui, je viens dans vos chairs, messagère du temple ;
    Je dépose en vos cœurs la mémoire de Dieu !
    Oui, je donne à vos vies l’oracle qui rassemble
    Et j’ouvre à vos regards un avenir radieux !

    LoreleĂŻ
    Oui, je suis l’héritage depuis les premiers âges ;
    Je t’inscris dans le livre où s’écrit l’univers !
    Oui, je porte en ton sang l’éclat de mes présages
    Et j’ouvre ton esprit à sortir de l’hiver !

    Yavänor
    Oui, je change vos cœurs, vos esprits et vos âmes
    Par l’empreinte accordée à l’écho de ma voix !
    Oui, intuitivement vous irez vers la flamme
    Qui vous éclairera en vous montrant la voie !

    Bénédiction de Lilith
    Oui, vous êtes mes voix, mes prophètes fidèles ;
    Je répands dans vos corps mon cœur et ma raison !
    Oui, je fais de vos vies les éternels modèles
    Où brûle mon autel au creuset des saisons !

    Bénédiction pour Laureline
    Oui, je fais de ton feu la couronne solaire ;
    Ton corps est le flambeau qui rallume les jours !
    Oui, j’en grave en ton cœur ce don protocolaire
    Et ton baiser ardent devient source d’amour !

    Bénédiction pour Loreleï
    Oui, je fais de tes flots l’océan de tendresse ;
    Ton sein est le miroir des astres dévoilés !
    Oui, je garde en tes mains la douceur qui caresse
    Et ton souffle secret m’ouvre aux mondes étoilés.

    Bénédiction pour Yavänor
    Oui, je grave en ton âme mon nouveau ministère ;
    Ton sang porte ma flamme et mon sceau souverain !
    Oui, je change ton corps en temple pour la Terre
    Et ton cœur prophétique grandit entre mes reins !

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • 8. Prière Ă  Lilith, Mère fĂ©conde

    8. Prière à Lilith, Mère féconde

    Laureline, Loreleï et Yavänor
    Ă” Lilith, Ă” Matrice des mondes et des aurores,
    Fais germer dans nos vies l’amour inaltérable !
    Nous venons à genoux déposer nos trésors ;
    Donne à nos mains un fruit, à nos corps une table !

    Tu n’es pas seulement l’ardeur qui nous enflamme,
    Tu es aussi la source de vérité première !
    Verse en nos cœurs l’amour où s’abreuve notre âme
    En guidant nos pas nus vers l’aube et la lumière !

    Que nos paroles soient semence de justice
    Avec ton intuition en boussole propice !
    Que nos regards deviennent éclats dans l’interstice
    De nos temples intérieurs où s’élève l’office !

    Ô Déesse éternelle aux deux ailes d’azur,
    Que ton souffle d’amour féconde nos chemins !
    Fais de l’ÏÄMOURÏÄ royaume à ta mesure
    Et grave dans nos chairs l’alliance de tes mains !

    Prière d’Élysäé
    Ô Lilith, Ô lumière au-delà de mes nuits,
    Que mes pas soient portés en suivant tes repères !
    Fais de moi la semence oĂą germera la vie
    Et que l’amour en moi toujours croisse et prospère !

    Prière d’Orélion
    Ô Lilith, Ô mystère au-delà des clartés,
    Inspire la beauté que je grave en la pierre !
    Fais jaillir de mes mains les formes de vérité
    Et sculpte en mon esprit ta force et tes prières !

    Prière de Laëtïtïa
    Ă” Lilith, Ă” silence au fond des nuits profondes,
    Garde en moi le secret des perles invisibles !
    Que mon âme s’abandonne au chant des eaux fécondes
    Et que ta force pure demeure indivisible.

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • 7. Épilogue de Lilith

    7. Épilogue de Lilith

    Lilith
    Oui, je clos ton voyage au sommet du mystère
    Ton cœur est désormais l’autel de mon empire !
    Oui, je scelle en ton corps mon divin ministère
    En ton âme, en mon nom, à jamais je t’inspire !

    Lilith en Laureline et LoreleĂŻ
    Oui, nous scellons en toi nos couronnes jumelles ;
    Ton corps est l’héritier de nos flammes et nos eaux !
    Oui, nous voulons ton corps à nos chairs éternelles ;
    Et ton âme nous lie à ton cœur en réseau !

    Yavänor devant Lilith
    J’ai beaucoup de questions concernant ce mystère :
    Es-tu mère de Dieu ou sa première femme ?
    Vis-tu dans les montagnes ou dans un monastère ?
    Reviendras-tu ainsi que les élus proclament ?

    Où faut-il te prier ? Écoutes-tu ma voix ?
    Es-tu omniprésente chaque jour de ma vie ?
    Comment me feras-tu reconnaître la voie
    Qui accomplira ton œuvre sans qu’elle ne dévie ?

    Première révélation de Lilith
    Oui, je vis dans ton corps, plus haut que les montagnes ;
    Je suis l’ombre, la flamme et ton lien spirituel !
    Oui, je me tiens auprès de tes saintes compagnes
    Et je guide tes pas au cours de vos rituels !

    Deuxième révélation de Lilith
    Oui, je parle en leurs voix, la farouche et la tendre ;
    Leur étreinte est mon chant, leur plaisir est passion !
    Oui, je suis l’infini que leurs corps font comprendre
    Quand ton cœur en leurs lits leur fait sa soumission !

    Troisième révélation de Lilith
    Oui, je suis la mémoire primitive et notoire ;
    La première étincelle que vous seuls comprendrez !
    Oui, je suis le désir qui se change en victoire
    Et je suis l’avenir que tu viens d’engendrer !

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • Les gĂ©ants d’Albion

    Les géants d’Albion

    Du haut de ses falaises blanches couvertes de visages aigris,
    La Perfide Albion nous contemple depuis Guillaume le conquérant.
    Pourtant, malgré les avalanches de descendants, tous vert-de-gris,
    Couleur royale par exemple dont ils sont fiers au demeurant.

    Tandis que leurs chevilles enflent avant d’atteindre les sommets,
    Je philosophe sur la plage devant les eaux tourbillonnantes.
    Je sens que mon cœur se dégonfle et que j’ai l’esprit assommé
    Par mon regard perduau large bercé des houles résonnantes.

    Sous leurs crânes couleur de craie dorment des rêves en ferraille,
    Ils comptent leurs gloires passées comme on récite de vieux prêches.
    Et leur humour anglais ancré sent la pluie, le thé, la grisaille.
    Ignorant leurs deux doigts cassés pour ne plus nous tirer de flèches.

    Tableau de David Brooke.

    
    
    
  • Le virus du voyage

    Le virus du voyage

    Partout le virus du voyage se propage comme une vague
    Qui secoue toute la planète comme si le diable nous emporte.
    Les containers en convoyage tracent une courbe qui zigzague
    Depuis les sites internet, puis aboutissent devant ma porte.

    Pour ta prochaine destination, recherche bien dans les médias
    Les sites à ne pas manquer et les cadres de tes séries.
    Poursuis avec obstination ce que tu vois dans l’immédiat ;
    Surtout ne reste pas chez toi planqué et choisis bien ton égérie.

    L’égérie en publicité, l’égérie des émissions-jeux,
    L’égérie audiovisuelle et des réseaux socialisés.
    Venise toujours plébiscitée, Machu Pichu si Dieu le veut,
    Pour une retraite individuelle ou en voyage organisé !

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • 6. L’achèvement de Lilith

    6. L’achèvement de Lilith

    BaptĂŞme de Lilith
    Oui, je t’ouvre à mon souffle ta propre quintessence ;
    Ton âme est consacrée par l’ivresse intuitive.
    Oui, je verse en ton cœur l’eau du sixième sens
    Et le feu de l’Amour dans l’âme sensitive.

    Laureline, prĂŞtresse solaire
    Oui, j’ai mis dans ton cœur la braise de ma flamme
    Et ton âme a brûlé d’un désir souverain.
    J’ai initié ton corps aux ardeurs de la femme
    Pour te faire renaître, ton sexe entre mes reins.

    LoreleĂŻ, prĂŞtresse lunaire
    Oui, j’ai lavé ton front de mes vagues amères
    Et ton être a coulé dans mes eaux consacrées.
    J’ai purifié tes ombres devenues éphémères
    Pour t’offrir le baptême au Féminin Sacré.

    Yavänor
    J’ai aimé Laureline d’un amour flamboyant
    Et j’ai aimé Loreleï d’une extase absolue.
    Vous m’avez transformé d’un esprit clairvoyant
    Qui connaît sa partie féminine résolue.

    Sacre de Laureline
    Oui, je consacre en toi le feu de ma couronne
    Et ton corps resplendit d’une ardeur souveraine.
    Oui, je fais de ton cœur la flamme qui rayonne
    Et ton sexe s’embrase au creuset de sa reine.

    Sacre de LoreleĂŻ
    Oui, je consacre en toi les ondes de ma vie
    Et ton âme s’unit aux sources de l’univers.
    Oui, je t’offre mon cœur à l’eau de tes envies
    Et mon corps s’abandonne au sortir de l’hiver.

    Sacre de Lilith
    Oui, je t’ai consacré roc de mon ministère
    Et ton être devient roi d’un polyamour.
    Oui, je grave en ta chair l’empreinte du mystère
    Et ton âme s’élève au feu de mon amour.

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • 5. Hymne de Couronnement

    5. Hymne de Couronnement

    Yavänor
    Oui. J’accorde mon coeur à l’amour de deux femmes ;
    Oui, J’accorde mon âme au féminin sacré ;
    Oui, mon corps les épouse par l’amour qui m’affame
    De leurs charmes et leurs sexes qui me sont consacrés.

    Laureline
    Oui, je reçois ton feu dans mon creuset intime ;
    Oui, je reçois l’oracle en mon temple intérieur ;
    Oui, ton sexe répond au plaisir légitime
    Du mien qui veut jouir d’un orgasme ultérieur.

    LoreleĂŻ
    Oui, je reçois ton flot dans mes vagues offertes ;
    Oui, je reçois ta sève en mon lit de velours ;
    Oui, ton corps se dissout dans mes moiteurs ouvertes
    Et l’océan s’embrase d’une extase d’amour.

    Yavänor
    Mon feu mêlé au tien brûlent d’une seule flamme ;
    Nos deux eaux se rencontrent et leurs sels se délitent ;
    Dans mon corps masculin je ressens une femme
    Qui répand dans mon cœur le virus de Lilith.

    Couronnement de Laureline
    Oui, je ceins ton ardeur du diadème de flammes ;
    Ton feu nourrit mes sens d’une ardeur souveraine.
    Oui, je sacre ton corps au royaume des femmes
    Et mon sexe s’embrase de ta semence humaine.

    Couronnement de LoreleĂŻ
    Oui, je pose à ton front la couronne des ondes ;
    Ton flot s’écoule en moi dans mes gouffres secrets.
    Oui, je sacre ton cœur aux ivresses profondes
    Et mes eaux te baptisent au Féminin Sacré.

    Couronnement de Yavänor
    Je reçois vos couronnes de feu, d’eau et de sang
    Comme un poison qui mute dans mon corps masculin,
    Me transforme l’esprit viril éblouissant
    Par celui de Lilith fait d’un or cristallin.

    Tableau de Jacqueline Secor.

    
    
    
  • La sirène vous salue bien – 2

    La sirène vous salue bien - 2

    Quand la sirène vous dit adieu, quelque chose n’a pas marché ;
    Elle ne vous trouve pas à son goût, trop vieux, trop mou ou trop coriace.
    Mais vous pouvez remercier Dieu de vous avoir juste mâché
    Et rejeté avec dégoût avant que ses dents ne vous souillassent.

    Quand la sirène fait sa bégueule, on y perd beaucoup en caresses
    Mais le fait de le raconter vaut mieux que d’y être resté.
    Ne faites pas la fine gueule si vous n’êtes pas au palmarès ;
    L’épreuve est dure à surmonter mais la vie en est infestée.

    Il m’est arrivé une fois qu’une sirène me rabroue
    De notre aventure interlope aux préliminaires salivants.
    J’en reste ravi toutefois car j’en suis sorti peu ou prou
    Débarrassé d’une salope, cœur brisé mais toujours vivant.

    Tableau de Katerina Strokach.

    
    
    
  • La sirène vous salue bien – 1

    La sirène vous salue bien - 1

    Quand la sirène vous salue, elle ne passe pas inaperçue ;
    En effet, le cœur sur la main, elle vous en transmet sa chaleur.
    Mais pour cela, il aurait fallu que vous valdinguiez par-dessus
    La passerelle Ă  mi-chemin du bateau pour votre malheur.

    Admettons que ce soit le cas ; vous vous noyez et – patatras –
    Voici qu’une jolie sirène vous dit bonjour à sa façon.
    Eh bien, soyez heureux mon gars car elle vous reconnaîtra
    Et vous donnera, d’un port de reine, la gratitude des poissons.

    Si vous avez un jour ouvert une fausse boîte à sardines
    Contenant cinq ou six sirènes et vous êtes montré homme probe,
    Vous serez à jamais couvert par l’assurance, non anodine,
    Consentie sur toutes carènes qui naviguent tout autour du globe.

    Illustration de Camilla Ceccatelli sur https:www.facebook.comCamillaCeccatelliIllustrazioni .

    
    
    
  • Ă€ la Porte du Paradis – Sainte-Pierrette

    À la Porte du Paradis – Sainte-Pierrette

    Sainte-Pierrette, fort avenante, Ă  la Porte du Paradis
    Exigeait que les prétendants humblement montrent patte blanche.
    Par bonheur, mon âme prévenante purgée de son corps affadi
    Avait une forme répondant à une oie à robe pervenche.

    Ainsi les âmes après la mort prennent la forme d’un oiseau ;
    J’ai vu des chouettes chevêches, aigles et hérons prédestinés.
    Tous, à l’ombre des sycomores, gazouillons ensemble en réseau
    Évoquant les âmes revêches qui ne sont pas entérinées.

    Ainsi Saint-Pierre, ornithologue, s’occupait de ses volatiles
    Et groupe chaque famille d’âmes selon son espèce légataire.
    Les charognards scientologues au chant dissonant, versatile,
    Sont envoyés par Notre Dame vers l’enfer des contestataires.

    Illustration de Giovanni Maisto sur https:designspartan.compresentationles-illustrations-sensuelles-et-surrealistes-de-giovanni-maisto .

    
    
    
  • Ă€ l’horizontale ou Ă  la verticale ?

    Comme le chantait Jean Ferrat qui préférait l’horizontale,
    Les femmes sont ainsi plus aptes à grimper au septième ciel.
    En amour qui vivra verra ses relations sentimentales
    Gagner, si l’attraction s’adapte, selon l’effort incrémentiel.

    Quant au problème vertical lié à la communication,
    On note beaucoup trop de barreaux sur les thèmes les plus bénins.
    Sans doute un conflit radical soumis Ă  la fornication
    Qui laisse l’homme sur le carreau quant au mystère féminin.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • La collectionneuse

    La collectionneuse

    Comme il n’est pire collectionneuse que celle qui s’collectionne elle-même,
    Elle est son propre échantillon de sa collection de poupées.
    Comme elle est bonne confectionneuse, elle est agitée de dilemmes
    Quant à porter un cotillon ou une robe à franges découpées.

    Comme elle ne s’est pas décidée, elle ajuste ses étagères.
    Mais comment présenter son corps dans la meilleure position ?
    Elle n’a pas tout élucidé à part sa tête de mégère
    Bien encastrée dans le décor ténu de son exposition.

    Je l’ai donc ainsi découverte qui d’en haut m’appelait à l’aide
    Car elle s’est retrouvée coincée, nue, dans sa maison de bohème.
    Mais l’expo qui m’était offerte m’a été un bel intermède
    Pour rajouter une pincée de sel à mes petits poèmes.

    Tableau de Dino Valls.

    
    
    
  • Le rĂŞve d’Icare

    Quand tu te sens pousser des ailes pour un projet presqu’impossible,
    N’écoute pas ceux qui t’expliquent que tu n’aboutiras jamais !
    N’aie pas peur d’un excès de zèle, imagine-toi être invincible
    Car ton cheminement implique que tu es seul maître, désormais.

    Bien sûr, il y aura des tempêtes, des vents contraires et des trous d’air
    Mais l’existence terre-à-terre occasionne aussi ses histoires.
    Tu vaincras les entourloupettes, les couacs deviendront secondaires
    Et ton voyage en solitaire deviendra ta propre victoire.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • L’ange de lumière

    Un jour mon corps se ridera et ma peau deviendra écorce
    Qui alors se fragmentera sous la pression du cœur d’étoile.
    Un troisième œil s’irisera à travers l’orbite retorse
    Du front qui se segmentera puis, disparaîtra dans un voile.

    Je serai l’ange de Lumière après avoir été Ténèbres ;
    Je deviendrai le Léviathan de ma tribu humanitaire.
    Je recouvrerai ma première existence tristement célèbre
    Où l’on m’avait nommé Satan, prince déchu et solitaire.

    Tableau de Peter & Birgitte Fich Christiansen.

    
    
    
  • Retour Ă  la mer

    Après avoir foulé la terre, les jambes se couvrent d’écailles
    Et la sirène baptisée de feu retourne chez sa mère.
    Elle reste un moment solitaire dans les anémones en rocaille
    Et les poissons fanatisés par ses beaux yeux bleu-outremer.

    Souvent elle remonte en surface pour respirer le vent du large
    Et chante l’ivresse du vent pour apprécier son sevrage.
    Certains marins ont eu l’audace de la poursuivre sur leur barge
    Mais hélas aucun survivant n’a pu s’échapper du naufrage.

    Illustrations de Francisco-Albert-Albusac.

    
    
    
  • Lune dĂ©esse

    Lune déesse

    Non, ma Lune, tu n’es pas morte. Tu n’es même pas encore née.
    Tu te développes dans l’œuf jadis pondu par ma planète.
    Tu attends que le temps t’apporte cette métamorphose innée
    Qui fera de toi l’astre neuf d’une déesse mignonnette.

    Alors tu brilleras autant que le soleil, feu ton grand-père
    Et tu pivoteras ton corps d’un délicat ballet lunaire.
    Puis, ton noyau omnipotent deviendra créateur prospère
    Et qui battra tous les records de procréations planétaires.

    Tableau de John Watkiss.

    
    
    
  • NĂ©e de la mer

    Après neuf mois de gestation, la mer accouche d’une fille
    Dont la naissance était prévue depuis le fond des océans.
    Sans un cri de protestation la mère agrandit sa famille
    D’une sirène, sauf imprévu, dans le silence bienséant.

    Voici pour la première fois l’offrande au ciel de son visage
    Et sa première bouffée d’air qui souffle son feu véhément.
    Avec deux jambes toutefois étant donné qu’il est d’usage
    De fouler la terre solidaire pour unir les quatre éléments.

    Illustrations de Francisco-Albert-Albusac.

    
    
    
  • La septième dimension

    La septième dimension

    Quand j’aurai terminé mon cycle qui boucle l’existence entière
    Je changerai de dimension et serai de nouvelle essence.
    Du premier au dernier article, la récurrence est sans frontière
    De régression en expansion, de vies, de morts en renaissances.

    Illustration de Shaun Tan.

    
    
    
  • L’instant zĂ©ro

    L’instant zéro

    Cette origine mystérieuse, elle-même extérieure au monde,
    Crée le premier trait de l’histoire qui se répètera sans cesse.
    La mine de carbone victorieuse trace dès la première seconde
    La loi des mystiques notoires par des bâtonnets de sagesse.

    Illustration de Shaun Tan.

    
    
    
  • Dimensions spirituelles 4-5-6

    La quatrième dimension, plus difficile à percevoir,
    Ouvre le seuil de la conscience à celui qui en fait l’effort,
    Qui abandonne ses prétentions pour parvenir à recevoir
    La fin d’agir en inconscience, le début d’un nouvel essor.

    Désormais la cinquième essence montre la raison de la vie ;
    L’être vivant comprend le sens de son entière destinée.
    Entre conscience et inconscience, le cœur a donné son avis
    Et l’âme ressent sa puissance, dans l’univers, prédestinée.

    Dernière étape de la vie avant la porte de la mort
    Que la personne a acceptée comme porte d’éternité.
    La condition de sa survie – comme paradoxal oxymore –
    N’est plus qu’un fragment excepté d’une infinie connexité.

    Illustrations de Shaun Tan.

    
    
    
  • Dimensions mĂ©caniques 1-2-3

    Dès la première étape humaine, le temps semble une ligne droite
    Qui fuit inexorablement de l’aube jusqu’au crépuscule.
    Au fil des jours et des semaines, la vision reste maladroite,
    Pire, incommensurablement, l’existence paraît minuscule.

    Lorsque la vision s’élargit, la surface étend sa frontière,
    L’environnement se dessine aux quatre coins de sa prison.
    L’homme et la femme en léthargie commencent pour leurs vies entières
    À développer leurs racines jusqu’aux confins de l’horizon.

    À la troisième dimension, l’environnement se recourbe,
    Le territoire devient sphère et l’on se rend à l’évidence.
    Il faut changer ses conventions sans mentir, sans paraître fourbe,
    Mais accepter la planisphère, obéir à sa transcendance.

    Illustrations de Shaun Tan.

    
    
    
  • Trous de mĂ©moire

    Trous de mémoire

    J’ai tellement de trous de mémoire que j’en ai écrit un roman
    À la manière d’un amnésique dont l’esprit se vide grain par grain.
    Aussi, je dédie ce grimoire à celles qui auraient, par moment,
    Besoin d’amour anesthésique pour oublier tous leurs chagrins.

    https:mymodernmet.comvisothkakvei-detailed-drawings

    Dessin de Visothkakvei.

    
    
    
  • Pietra Paon

    Pietra Paon

    Une robe en plumes de paon dissimulait sa nudité
    Gardée par les yeux vigilants de ses ocelles chatoyants.
    Sauf au milieu, entre deux pans, s’entrouvrait son intimité
    Pour le regard obnubilant d’un jeune faune, la côtoyant.

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  • Caresse-moi !

    Caresse-moi !

    Quand parfois mon cœur papillonne, je lui dis d’aller se blottir
    Et confier tous ses chagrins en échange d’une caresse.
    Et quand mon esprit tourbillonne, il ne peut alors s’en sortir
    Qu’en se repliant dans l’écrin de la saveur d’une tendresse.

    Tableau de James Ryman.

    
    
    
  • La peinture spirituelle

    La peinture spirituelle

    Sur la toile vierge de l’âme, l’esprit, à grands coups de pinceaux,
    Répand la peinture du cœur avec ses bleus et ses douleurs.
    L’amour y exprime sa flamme qui rayonne en mille faisceaux
    Et la tristesse barbouille en chœur ses maux de toutes les couleurs.

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  • La constellation de la vierge

    La constellation de la vierge

    Partout au creux de l’univers existent des fontaines blanches
    Qui offrent aux femmes la magie et aux hommes des belles victoires.
    Un Big-Bang n’est qu’un fait divers parmi des milliards d’avalanches
    De trous noirs et de galaxies oĂą naissent toutes nos histoires.

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  • Rouge carillon

    Rouge carillon

    Si vous m’aimez vêtez-vous donc juste d’une jaquette rouge,
    Rien en dessous, juste un chapeau et un joli nœud papillon.
    Oublions les tenues quelconques, osons, tendance, ce qui bouge !
    Et pour l’amour, comme un appeau, mon cœur jouera du carillon.

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  • Bain de lune

    Bain de lune

    Ce soir, si vous vous sentez seule, placez-vous devant la fenĂŞtre ;
    Enlevez tous vos vĂŞtements et regardez le firmament.
    La nuit posera son linceul laissant les étoiles apparaître
    Et de lune, parfaitement, serez baignée, évidemment.

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  • Les petites boĂ®tes

    Les petites boîtes

    Petites boîtes à souvenirs qui envahissent les greniers.
    Petites boîtes à archiver qui contiennent tous les papiers.
    Trop s’emboîter vers l’avenir, je ne peux pas le renier,
    Ça va finir par dériver vers une vie photocopiée.

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  • Des clefs et des serrures

    Des clefs et des serrures

    Toute la vie est parsemée de portes à déverrouiller,
    De serrures qui cherchent leur clef, de clefs qui n’ont pas de serrure.
    Pour avancer, il faut semer de peur de voir son cœur rouiller
    Recommencer sans renâcler afin d’affiner sa carrure.

    Carrure qui deviendra la clef qui recherchera la serrure
    Et trouver un cœur verrouillé afin de l’ouvrir à aimer.
    On croit que la boucle est bouclée pourtant de nouvelles blessures
    Vont commencer à embrouiller toutes les portes refermées.

    (Photo : Stefanie Schächtel
    « rusty delight »
    Source :
    https:plus.google.comphotosphoto1095379190418911704006456404520943138834?icm=false&iso=true)

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  • Promenade du soir

    Promenade du soir

    Viens je t’emmène avec moi, sur une gondole noire
    Pour voguer sur le silence que l’amour met sur ma bouche.
    Viens je t’emmène en Ă©moi, suis-moi sur le promenoir.
    Vois-tu, d’envieuse insolence ? Ma main s’avance et te touche.

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  • Concert floral

    Concert floral

    Ce sont de vraies trompettes roses, reines des instruments Ă  vent,
    Qui souffleront au crépuscule le concert de la fin du jour.
    Ah, mes amis, quelle névrose ! J’ai réservé les places avant !
    Et si ce soir mon cœur bascule alors ça durera toujours.

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  • Envie du soir

    Envie du soir

    Si vous n’avez pas peur du noir et voulez tester vos envies,
    Donnez-lui rendez-vous ce soir, pour vos passions inassouvies,
    Dans la ruelle du manoir et attendez qu’il vous convie
    À vous glisser son accessoire avec les risques ensuivis.

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  • Le dĂ©sert Ă  la carte

    Le désert à la carte

    Pour obtenir un bon dessert, faites un menu Ă  la carte
    Et montez tous les blancs en neige exhalés de sucre de glace.
    Puis, mettez le feu au désert, disposez quelques plats à tarte
    Et vous aurez le privilège d’obtenir la meilleure place.

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  • L’ami sain cerf

    L’ami sain cerf

    Chaque fois qu’un anniversaire vient résonner au fond des bois,
    Les arbres se dressent en rang alignés comme des bougies.
    Alors on voit l’ami sain cerf entonner de sa plus belle voix
    Une chanson en espérant que tu n’en auras pas rougi.

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  • C’est tout pour aujourd’hui

    C’est tout pour aujourd’hui

    À chaque jour, suffit sa peine, à chaque ascension, son sommet !
    Aujourd’hui j’ai pas mal monté et je vais reprendre des forces.
    J’ai levé les yeux sur la plaine et je suis libre désormais
    Car j’ai mes frontières surmontées et de mes peurs fait le divorce.

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  • La lecture antigravitĂ©

    La lecture antigravité

    Pour échapper à la rigueur de ce monde en démolition,
    Je m’adonne dans une lecture antigravité de défense.
    Pour échapper à la chaleur de ce monde en ébullition,
    Je me plonge dans une écriture qui parfois frôle l’indécence.

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  • Le pĂŞcheur de lunes

    Le pĂŞcheur de lunes

    Ce sont les nuits de pleine lune qu’il en récolte les plus belles !
    Mûres à point, juteuses à souhait et parfumées au clair de lune.
    Pour lui, c’est la bonne fortune car il en a une ribambelle
    Qu’il enfile sur son rouet sur les rives de la lagune.

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  • FraĂ®cheur d’espoir

    Fraîcheur d’espoir

    Elle continue Ă  frapper, la canicule impitoyable
    Et mes fantasmes ne sont plus que vivre tout nu et d’eau fraîche
    Avec les membres détrempés dans une piscine incroyable
    Où j’y demeurerai reclus avec quelques femmes revêches !

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  • Dans la chaleur du soir – 1

    Dans la chaleur du soir - 1

    La chaleur délaye les couleurs de la palette de mes terres
    Et ce soleil un peu hautain embrase mes pauvres montagnes.
    Ă” Astre entends-tu la douleur de ma peinture solitaire
    Qui n’a plus que ce gris au teint dont s’endeuille ma triste campagne ?

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  • La nature du lion

    La nature du lion

    Quand je me promène dans la nature et que j’y croise un lion,
    Je suis un peu au dépourvu, j’aurais préféré un mouton.
    Quand j’aperçois sous l’armature d’un zoo un tout petit mouton,
    Je me dis que c’est imprévu, j’y aurais préféré un lion !

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  • La chaĂ®ne des fourmis

    La chaîne des fourmis

    Pour appeler les copains, les fourmis forment une chaîne
    Et composent sur les fleurs le numéro demandé.
    « Allo, tous les galopins ? Rendez-vous à la prochaine ! »
    Sur un ton écornifleur qui n’est pas recommandé.

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  • Le Chat adoucissant – 2

    Le Chat adoucissant - 2

    Les souris se mettent Ă  danser avec la chatte Ă  la machine
    Qui roule Ă  grand coups de tambour pour bien adoucir tout le linge.
    Après elle est toute condensée, je la suspends par son échine
    Et sans faire de calembour, elle me regarde comme une sphinge !

    Sphinge : femelle du sphinx

    
    
    
  • Le rĂŞve en melon

    Le rĂŞve en melon

    Pour mieux séduire ma copine, je rêve d’un rêve en melon
    Pour l’emporter vers le septième ciel et encore un peu plus loin.
    Voler au-dessus des collines en suivant le vol des frelons
    Et lui chanter mille poèmes de ma belle voix de malouin.

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  • Pleine lune

    Pleine lune

    Lorsque c’est la pleine Mère, le Monsieur devient timide.
    Elle enfante les étoiles et lui fume impatiemment.
    Il se cache en pleine mer, derrière un brouillard humide
    Dissimulé par les voiles et reste indépendamment.

    Monsieur ne partage pas, il se réserve le ciel.
    Il veut bien généreusement lui abandonner la nuit.
    Eh non, ce n’est pas sympa, c’est un peu superficiel,
    D’aimer amoureusement juste au soleil de minuit.

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  • La vague verte

    La vague verte

    Comme une vague verte agitée par le vent,
    Une coiffe ondulante qui couvre la colline,
    Ma mémoire est ouverte sous ce soleil levant
    Caché sous l’opulente brume de popeline.

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  • L’échappĂ©e dans la nuit

    L’échappée dans la nuit

    Une nuit de pleine lune quand le monde est dans l’oubli.
    Juste un trou dans les nuages et s’échappent les rayons
    De la lune bien opportune qui doucement rétablit
    Ce dynamisme suave qui fait le bon moussaillon.

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  • Le chat de l’ashram

    Le chat de l’ashram

    Pour illustrer mon propos, j’emprunte à cet auteur magnifique qu’est Jorge Bucay, une histoire extraite de son livre (magnifique, lui-aussi) « Laisse-moi te raconter … les chemins de la vie ».

    Le chat de l’ashram

    Il était une fois un gourou, en Inde, qui vivait avec ses disciples dans son ashram. Une fois par jour, au coucher du soleil, le gourou rejoignait ses disciples et prêchait.
    Un jour apparut dans l’ashram un chat magnifique, qui suivait le gourou où qu’il aille.
    Or, chaque fois que le gourou prêchait, le chat ne cessait de se promener au milieu des disciples, les distrayant et les empêchant d’écouter le maître.
    C’est pourquoi le maître finit par prendre une décision : cinq minutes avant de commencer chaque session, ils attacheraient le chat afin qu’il ne vienne pas l’interrompre.
    Le temps passa et, un jour, le gourou mourut.
    Le disciple le plus âgé devint le nouveau guide spirituel de l’ashram.
    Cinq minutes avant son premier prêche, il exigea qu’on maintienne le chat en laisse.
    Ses assistants mirent vingt minutes à retrouver l’animal pour pouvoir le faire…
    Le temps passa et, un jour, le chat mourut.
    Le nouveau gourou ordonna qu’on trouve un autre chat afin de pouvoir l’attacher.

    Je n’ose comparer cette histoire avec les rites qui sont perpétués encore aujourd’hui.
    Mais il est temps pour l’humanité de retrouver sa connexion d’origine.
    Sachant que la connaissance qui nous reste aujourd’hui n’est pas de 5ème main mais de… 25ème main ; l’enseignement s’est perdu depuis longtemps. Mais « perdu » ne signifie pas « hors de portĂ©e » ni « inaccessible » …

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  • Le secret de Capucine

    Elle était là dans ma cuisine pour venir m’emprunter du vin.
    Je lui ai dit : « Jolie voisine, quand tu viens, c’est toujours divin ! »
    Nous sommes allés sous la glycine buvant un Château angevin
    Et nous dansâmes la Capucine. Après… … c’est inutile d’être devin…

    Dessin de Fabienne Barbier.

    
    
    
  • Vive la mariĂ©e

    Vive la mariée

    Jolie comme une poupée, tout élégante de blanc
    Monsieur la sort de l’écrin pour jouer avec une fois.
    Après ils vont tous souper, après elle va tremblant,
    Sous la musique du crincrin offrir son cœur et sa foi.

    Dessin de Fabienne Barbier.