Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La sirène Ninja – 2

    La sirène Ninja - 2

    À quoi rêvent les petites filles modernes qui s’endorment le soir ?
    Certainement pas à survoler les villes en tortues volantes…
    Pourtant il est des escadrilles qui leur permettent de s’asseoir
    Afin d’espérer convoler comme des princesses indolentes.

    On dit que les princes charmants parcourent à dos d’hippocampes
    Le pays en quête d’épouses pour assurer leurs descendances.
    D’où ces petits vœux désarmants de la part des filles qui campent
    Des prétentions que leur jalousent les sirènes en décadence.

    Et quand la nuit ferme les portes du royaume en lévitation,
    Les tortues rentrent au bercail sous la lune phosphorescente.
    Les filles, en pleines cohortes, guettent encore la transmutation
    D’un simple songe en éventail et les écailles fluorescentes.

    Mais au matin, tout se dissout dans le brouillard des girouettes ;
    Ne restent que des carapaces, voguant au-dessus des palais.
    Les princes ont perdu tous leurs sous à poursuivre les silhouettes ;
    Souvenirs d’un conte fugace qui s’en va d’un coup de balai.

    Tableau de Victor Molev sur https:viola.bzvictor-molev-portraits-puzzlepainting-by-russian-artist-victor-molev-3 .

    
    
    
  • La sirène Ninja – 1

    La sirène Ninja - 1

    Après toutes les mutations, suite aux centrales nucléaires,
    Qui ont irradié l’océan de rayons alpha-oméga,
    Nous noterons l’apparition sur nos rivages balnéaires
    De sirènes hybridées séant à cru sur carets renégats.

    Escortés de poissons pilotes de l’escadrille des requins,
    Elles patrouillent à la recherche d’autres formes de femmes mutantes.
    Débardeur et jupe-culotte par rapport aux américains
    Qui les confondent avec les perches pêchées lors des marées montantes.

    Quant aux tortues qui n’ont pas tort, mais en service commandé,
    On dit qu’elles auraient profité des tsunamis à volonté
    Déclenchés par Odin et Thor lors des batailles quémandées
    Suite aux inscriptions graffitées par des yakusas effrontés.

    Et quand s’achève la marée, sur l’écran bleu des océans,
    Elles dansent, cyber-sirènes, aux sons des courants sous-marins.
    Leurs chants ont vite démarré par des ultrasons bienséants
    Afin de prévenir leur reine avec les requins pèlerins.

    Tableau de Justin Gerard.

    
    
    
  • L’union des aînés

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    Élysäé, l’Étoile-Mère et la Réceptivité Sacrée ;
    La Pureté de l’intention et l’Amour inconditionnel.
    Élysäé, l’enfant primaire dans sa gestation consacrée
    À établir toute l’attention des trois aînés décisionnels.

    Orélion, Principe Solaire, Lumière et feu de transmission ;
    La Sagesse et la clairvoyance, Créateur et initiateur.
    L’enfant qui a pour corollaire l’accomplissement de sa mission
    Qui doit transmettre en prévoyance tous les principes annonciateurs.

    Laëtïtïa, Joie et Éclat, le Principe de Réalisation ;
    L’Extase, la Lumière, la Grâce, la Beauté et la légèreté.
    Représentante du postulat de l’être et sa célébration
    Elle suivra son père à la trace en atteignant sa puberté.

    Élysäé et Orélion
    Déjà, nous sommes en union et tressons nos liens fraternels
    Car notre sexualité alimente nos polarités.
    Actuellement la communion crée en nous les liens éternels
    Dans une sensualité de grande singularité.

    Orélion et Laëtïtïa
    Nous sommes l’Ombre et la Lumière, les deux principes complémentaires,
    Les bâtisseurs invétérés de grande compatibilité.
    Toute la vérité première rejaillira enfin sur Terre
    Par nos prières réitérées et Lilith réhabilitée.

    Élysäé et Laëtïtïa
    Célibataire ou Matriarche mais toutes les deux responsables
    De l’équilibre de l’ÏÄMOURÏÄ et son futur, évidemment.
    Par moi, la voie du patriarche s’ordonnera indispensable
    Et par toi, Laëtïtïa s’enjoindra celle de la maman.

    Élysäé, Orélion et Laëtïtïa
    Enfants jumeaux de Laureline et fille unique de Loreleï,
    Conçus consécutivement du même amour de nos parents.
    Une seule âme masculine pour deux sœurs de l’ÏÄMOURÏÄ
    Unis pour le ravivement d’un contentement apparent.

    Illustrations de Ledal & Gemini.

    
    
    
  • L’œuf cosmique de Yavänor-le-jeune

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    Moi
    Encore ni pensée, ni vision, juste une trace d’existence ;
    Juste un petit germe de vie qui veut devenir un enfant.
    Juste un stade de division de cellules cherchant consistance
    Et vont voyager à l’envi vers un conquérant triomphant.

    Double-moi
    Pas de pensée mais un éclair, pas de vision mais un écho ;
    Comme un miroir qui me renvoie un autre « moi » venu d’ailleurs.
    Dans mon développement clair, l’ombre de l’autre « moi » ex- æquo
    Qui me complète et qui me voit doté d’un avenir meilleur.

    Je ne pense pas mais je sens une présence masculine
    Qui me rassure et me seconde dans mon processus de croissance.
    Rien de vraiment embarrassant fors le taux de folliculine
    Qui augmente à chaque seconde d’une sensible recrudescence.

    Pas de trace de raisonnement mais une trace d’intelligence ;
    Juste une flamme de conscience lointaine mais déjà éveillée.
    La trace d’un rayonnement qui n’a qu’une seule exigence
    Accepter avec bienveillance notre dualité réveillée.

    Triple-moi
    Ce n’est pas tout… il y a « Mère » comme une troisième présence
    Car je n’entends pas que son cœur mais aussi le son de sa voix
    Comme une musique primaire dans un climat de complaisance
    Que nous accompagnons en chœur, moi et celui que j’entrevois.

    Je ne pense pas mais je comprends comme si j’étais dans sa tête
    Comme son apprenti protégé dans une cellule reculée.
    Je ne rêve pas mais j’apprends par le concours des épithètes
    Qui me qualifient de légers rattachements immaculés.

    Je n’ai pas la notions du temps mais mon double-cœur se raccorde
    À celui qui me transmet la vie et qui m’enseigne sa science.
    Minuscule être débutant d’amour et de miséricorde ;
    Deux existences en vis-à-vis qui ne font qu’une seule conscience.

    Illustrations de Ledal & Gemini. 1ère strophe inspirée d’Élysäé dans « Enceinte d’ELYSÄÉ ».

    
    
    
  • L’œuf cosmique de Yavänor-l’ancien

    L’œuf cosmique de Yavänor-l’ancien

    On dit qu’au moment de la mort on voit toute sa vie défiler ;
    Moi, je vois le temps aplati d’éternité instantanée.
    Je vois mes plaisirs, mes remords et toute ma vie profilée
    En une immersive apathie de tous mes âges simultanés.

    Je me découvre alors fœtus et à la fois vieillard sénile
    Liés et fusionnés ensemble dans le vortex d’un œuf cosmique
    Enveloppé par des stratus d’ondes devenant juvéniles
    En heurtant l’embryon qui tremble sous la compression osmotique.

    De l’ultraviolet invisible jusqu’au rouge le plus intense,
    Je revois les couleurs du temps surgir vers moi et m’absorber.
    Nous sommes alors indivisibles et, peu à peu, cette accointance
    Devient intime en débutant une communion résorbée.

    Plus je me sens devenir « lui » et plus je ne me sens plus « moi »
    Comme la neige sous le soleil qui subit sa sublimation.
    Tout se referme sous ce huis hermétique durant neuf mois
    Et, comme un rêve à son réveil, tout devient évaporation.

    Dernier soubresaut de mémoire comme les SOS de l’âme
    Qui lance son dernier appel, son dernier message de détresse.
    Dernière image montrant les Moires boucler mon fil dans une flamme
    Tranchant ma vue comme un scalpel d’une découpe vengeresse.

    Le trou noir m’aspire par le fond et dilue toutes mes pensées
    Que je sens toutes effilochées et tressées sur d’autres fragments.
    Puis, aspirées par le siphon, mes dernières bribes expansées
    Semblent alors se raccrocher happées par de nouveaux segments.

    Nous abandonnons nos mémoires à nos cellules embryonnaires
    Qui se combinent se s’associent parmi nos dendrites fœtales
    Qui tissent et forment une moire dans le cortex ganglionnaire
    Où des échos de diglossie soupirent un dernier cri létal.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Le leurre originel

    Le leurre originel

    Et si ce n’était pas notre Ève, pauvre innocente à excuser,
    Qui aurait tenté notre Adam par le fruit de la connaissance ?
    Je crois plutôt que cela relève d’un autre qu’il faudrait accuser
    D’avoir leurré – c’est dégradant – le premier homme à sa naissance.

    Pour tromper le pauvre garçon, il aurait modelé l’appât
    Ressemblant comme deux gouttes d’eau, des pieds aux racines des cheveux,
    Mettant en guise d’hameçon une fausse Ève et de beaux appas
    Pour embobiner le lourdaud qui n’y aurait vu que du feu.

    S’il n’a pas remarqué la pomme qu’aurait reconnue le gugusse,
    C’est que l’impostrice l’a glissée dans sa chatte d’un air bêcheur.
    Puis elle a imploré son homme de lui faire un cunnilingus
    Et l’aurait donc ainsi hissé au rang du tout premier pêcheur.

    Tableau de John Tarahteeff sur https:www.nuartgallery.comartists37-john-tarahteeffworks .

    
    
    
  • Le pull en laine

    Le pull en laine

    Malgré ma myopie sévère, j’ai vu qu’elle avait mis mon pull ;
    Mon pull en pure laine vierge que m’avait tricoté ma mère.
    Sans doute que si je persévère à voir, sans le moindre scrupule,
    Que cette obsession me gamberge, j’aurai une réaction primaire.

    En effet, elle ne porte rien d’autre que ce fameux tricot
    Qu’elle promène dans mon atelier avec un regard offensé.
    Quant à moi, pauvre galérien, elle me court sur le haricot
    Tandis que je cherche à rallier l’inspiration dans mes pensées.

    Je cède à la facilité en lui dédiant quelques vers ;
    Faute de muse vertueuse, j’accepte la dévergondée.
    Finalement la nudité, le corps à peine recouvert
    D’une laine délictueuse, me tend sa graine à féconder.

    Tableau de Manuel Leonardi.

    
    
    
  • Des ailes et des chaînes

    Des ailes et des chaînes

    Ma mère m’a offert ses racines et mon père m’a donné ses ailes
    Pour utiliser leur réseau afin de m’envoler plus haut.
    Depuis que l’état me vaccine avec excès et trop de zèle,
    J’ai l’impression d’être un oiseau aux pattes prises dans un gluau.

    Liberté et sécurité ne feraient donc pas bon ménage ;
    S’il m’était permis de choisir, j’aspirerais à moins de poids,
    Moins de rigueur, sévérité et par-là moins de surmenage
    Mais on n’ me laisse pas le loisir d’opter pour un sort adéquat.

    Sculpture de John Morris sur http:blog.parlor.social28-arresting-art-piece-that-will-force-you-to-think .

    
    
    
  • L’animadversion

    Il est interdit par la loi de se promener nu chez soi
    Si quelque regard que ce soit furtivement vous aperçoit.
    Mais entre femmes qui le saura puisqu’il n’y a pas d’embarras ?
    Sauf si son homme, ce scélérat, se cache dans le débarras…

    Mais savoir que l’on est matée en faisant le tour du pâté
    De maisons toutes calfatées aux fenêtres casematées,
    Relève d’une perversion à traquer avec subversion
    La pudeur par incorrection et mérite l’animadversion.

    (Illustrations de Vincent Mahé sur https:www.costume3pieces.comtalent10vincent-mahe ;
    l’animadversion est une sorte de censure, de blâme.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • La pondeuse songeuse

    La pondeuse songeuse

    Tous les matins, elle doit peser les œufs de nouvelle couvée
    Que les oiseaux ont rapportés du paradis des deux autruches.
    Ces volatiles ont soupesé l’idée d’un éden retrouvé
    Sur les nuages transportés par le vent comme des baudruches.

    Alors elle met en balance à bout de bras les œufs livrés
    En se servant du contrepoids de ses deux seins homologués.
    Mais pour avoir l’équivalence, les deux oiseaux un peu givrés
    L’influencent de tous leurs poids ; du coup, la mesure est boguée.

    La coquetière, alors songeuse, annonce approximativement
    Une mesure qu’elle ébauche d’une manière assez adroite
    Car elle fournit à la pondeuse un prix alternativement,
    Les jours pairs l’avantage à gauche et pour les jours impairs, à droite.

    Tableau de Sophie Wilkins sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201204sophie-wilkins-canadian-magic-realism.html .

    
    
    
  • Les oiseaux coiffeurs

    À tire-d’aile, à tire-peigne, les petits oiseaux sont sereins
    Pour vous déstresser la coiffure et vous décrêper le chignon.
    J’ai demandé que me les peigne un camarade des serins,
    Peintre-animalier à l’allure d’un pin coiffé comme un pignon.

    Il m’a peint toute une famille posée sur mon double portrait
    Dont les cheveux à la siamoise offrent un perchoir sylviculteur.
    Avec des couettes en ramilles, je ressemble alors trait pour trait
    À une femme qu’apprivoisent des oiseaux capilliculteurs.

    Tableaux de Sophie Wilkins sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201204sophie-wilkins-canadian-magic-realism.html .

    
    
    
  • La biche à la rose

    La biche à la rose

    La biche, pas encore aux abois, a reçu au courrier la prose
    Qu’un jeune cerf aux quatre bois lui a parfumé d’une rose.
    Or la biche, un vrai cerf-manqué, s’habilla d’une redingote
    Et courut au rancard planquée, timide, au fond d’une gargote.

    Dans l’entrefaite, le cerf arrive, les bois cirés et reluisants,
    Avec un œil à la dérive et l’autre fier et séduisant.
    Il voit la biche un peu morose et clame d’un air triomphant :
    « Buvons ! C’est ce soir que j’arrose et que j’enterre ma vie de faon ! »

    Tableau de Christian Schloe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201306Christian.Schloe.html?m=1 .

    
    
    
  • La vache de Monsieur Seguin

    La vache de Monsieur Seguin

    Fidèle à l’esprit de Blanquette, dévouée à Monsieur Seguin,
    Une normande nostalgique s’ennuyait ferme en son enclos.
    Le soir, assise sur sa banquette, elle se découvrait le béguin
    Envers une envie névralgique à sortir de son monde clos.

    Comme il n’y avait pas de montagne et ni de loup à l’horizon,
    Un matin, elle se décida à faire le mur et galoper
    Puis, elle battit la campagne sans revenir dans sa prison.
    Dommage qu’Alphonse évita d’en raconter son épopée.

    Illustration de Gillermo Mordillo.

    
    
    
  • La boîte de Pandore

    L’homme découvrit la science beaucoup plus puissante que Dieu
    Mais il n’ouvrit pas le couvercle car il n’était pas encore prêt.
    Il luttait contre sa conscience et le potentiel insidieux
    Qui pouvait s’échapper du cercle des démesures de l’à-peu-près.

    Mais fasciné par le pouvoir qu’offre une science affranchie,
    Il osa l’ouvrir pour comprendre afin d’en absorber la force.
    C’était somme toute un devoir puisque le pas était franchi
    Par tous ceux désireux d’apprendre la toute-puissance retorse.

    « Boum » a fait la première bombe pour exterminer l’être humain !
    « Couic » ont fait les millions de morts ennemies du camp opposé !
    « Bang » a expédié dans la tombe ceux qui se sont trompés de chemin !
    « Chut » murmurent tous les remords tus par le silence imposé.

    Illustrations de Moebius.

    
    
    
  • Les femmes de l’automne

    À l’automne de tous les dangers, viendra un temps d’adaptation
    Pour les humains contaminés par le virus des grands voyages.
    Les femmes commenceront à ranger leurs souvenirs d’exaltation
    Avant de se reconfiner pour un cycle de nettoyage.

    En fin d’automne, les couleurs s’accoutumeront de saison
    Avec des rappels de natures piquantes et traumatisantes.
    Alors les premières douleurs grinceront des murs des maisons
    Que les femmes aux belles peintures peindront de teintes apaisantes.

    Début d’hiver, premiers frimas mais on s’en fout, on couche nues
    Devant un feu de cheminée avec un homme, s’il vous plaît.
    On tremble un peu sous le climat mais déjà le froid s’atténue
    Et les femmes ne sont dominées que d’un chaleur accouplée.

    Fin de l’hiver, boule de neige, on s’endort et l’on s’ensommeille.
    Malgré les journées raccourcies, les jours jouent les prolongations.
    Mais on s’amuse du manège des femmes-fleurs qui s’émerveillent
    Dans la nature radoucie de nouvelles fécondations.

    Tableaux de Michael & Inessa Garmash.

    
    
    
  • Dans l’eau trouble de mon bain

    Laver le cœur, l’âme et l’esprit dans un bain en quadrichromie
    Me permettrait d’évacuer mes fantasmes et mes stupeurs.
    J’y verrais ce que j’ai appris et tout ce que j’aurais omis
    Qui pourrait réévaluer colères, joies, tristesses et peurs.

    Aujourd’hui, science sait reconnaître la forme d’un rêve à partir d’images du cerveau ;
    Demain, elle saura explorer la mémoire et nous n’aurons plus rien à cacher ;
    Déjà, les scanners des aéroports nous déshabillent et nous montrent nus ;
    Lorsqu’une puce implantée nous servira de monnaie d’échange tout en signalant où nous sommes, il faudra être propre à l’intérieur comme à l’extérieur.

    Tableau de Frida Kahlo.

    
    
    
  • Petit rat

    Petit rat

    Petite musique de pluie, mon petit rat d’opéra danse.
    Petites notes sur la portée, petits entrechats clapotés.
    Trois soubresauts de parapluie, trois petits pas dans la cadence.
    Petite souris rapportée à l’appétit d’un chat botté.

    Tableau de Brandon Scott.

    
    
    
  • L’ivresse de l’amour

    L’ivresse de l’amour

    L’alcool d’amour majoritaire trouble mon cœur de solitaire
    Dans ces reflets verts de l’ivresse d’une caresse de peau rose.
    Sa dépendance solidaire pourrait vous sembler suicidaire
    Mais c’est ainsi que ma tigresse m’inspire mes vers et ma prose.

    Tableau de Aja.

    
    
    
  • Le huitième voile

    Le huitième voile

    Après la danse des sept voiles, quand l’amour a chauffé les cœurs,
    C’est un huitième mouvement qui brûle l’esprit et le corps.
    La passion alors se dévoile pour récompenser ses vainqueurs
    Juste avant que les vêtements ne disparaissent dans le décor.

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  • En contre-plongée

    En contre-plongée

    Par-dessous les jupes des filles, j’ai tellement vu de merveilles
    Que je me suis mis à observer la nature en contre-plongée.
    J’ai regardé sous les jonquilles, sous les tulipes, sous le soleil ;
    J’y ai vu mon plaisir conservé dans tous ces désirs prolongés.

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  • Les ciseaux en balance

    Les ciseaux en balance

    Ils ont tant découpé de jours, tout au long du calendrier,
    Que mes ciseaux sont en balance entre aujourd’hui, hier et demain.
    Alors, aidé de leur concours, du papier et de l’encrier,
    Je vous prescris l’équivalence de succès sur votre chemin.

    Tableau de Vladimir Kush.

    
    
    
  • Rayons de couleur

    Rayons de couleur

    Tombant d’un puits de lumière, quelques crayons colorés
    Transforment ma citadelle et les objets immobiles.
    Rayons d’or dans la poussière, balcons d’argent moulurés
    Font feux de mille chandelles aux flammes indélébiles.

    Tableau de John Lovett.

    
    
    
  • Oppède-le-Vieux

    Oppède-le-Vieux

    Déambulant les vieux pavés chargés de temps et de mystères,
    J’écoutais les arches chanter le souvenir des jours anciens.
    Vers la placette délavée, je me sentais bien solitaire,
    Malgré l’atmosphère enchantée de ce village languedocien.

    Tableau de Lain Stewart « Le touriste » à Oppède-le-vieux en Provence qui n’est donc pas un village languedocien n’en déplaise à la rime.

    
    
    
  • L’apparition

    L’apparition

    Un geôlier facétieux me maintient en prison
    Et ma disparition vous a tous affolés.
    Ô soleil capricieux, rase mon horizon !
    Joue moi l’apparition d’un joyeux feu follet !

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  • La porte du soleil

    La porte du soleil

    Octobre, dans tes voiles de brumes matinales,
    Le soleil néanmoins fait un pâle adversaire.
    Mais perpétue l’étoile ardente et virginale
    Qui reste le témoin de ton anniversaire.

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  • Le cycle subit

    Le cycle subit

    Cette horloge du temps cruelle et rigoureuse,
    Comme un film en couleurs qui déroule sa vie,
    Contraint le débutant à rendre vigoureuse
    Sa chair sous les douleurs jusqu’à l’âme ravie.

    Mais le cycle reprend par la force puissante
    Qui anime la terre et réchauffe la mer.
    Si la peur se méprend sur sa mort frémissante
    L’âme rejoint le père et le cœur voit sa mère.

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  • Les canards verts

    Les canards verts

    Je révolutionne la méthode pour fabriquer les canards verts !
    Avant, j’étais dans les colverts mais les clients me plumaient trop !
    J’ai mis au point une électrode dont, le secret, j’ai découvert
    Pour réaliser sans calvaire des bénéfices magistraux.

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  • Ballerine qui rêve

    Ballerine qui rêve

    Laissez dormir la ballerine qui rêve de son prince étoile.
    Laissez rêver la jeune fille au cœur maussade, au cœur morose.
    Revêtu de sa pèlerine, il a hissé sa grande voile
    Lui laissant pour toute béquille juste une ramille de rose.

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  • Le chat noir miraculeux

    Le chat noir miraculeux

    Sur un crépuscule rose, sur les chemins de traverse,
    Ah ! Que j’aime la rencontre de l’animal fabuleux !
    Pour l’affection d’une prose, quelques rimes que je verse,
    Je risque aller à l’encontre du chat noir miraculeux.

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  • Toujours plus haut ! – 2

    Toujours plus haut ! - 2

    Lorsque je parviens au sommet, à l’endroit le plus élevé
    Ce n’est pas encore fini, l’ascension n’est que commencée !
    Dieu me fera la courte échelle pour encore me soulever
    En m’envoyant sa montgolfière et j’en serai ensemencé !

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  • Le chapeau sourire

    Le chapeau sourire

    Dès qu’il est sur ma tête, le monde devient beau.
    C’est comme une tenture qu’on ouvre sur la fenêtre.
    Le monde me sourit, les gens sont des flambeaux !
    Et moi je redeviens celui qui a su naître.

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  • Plaquer le désaccord

    Plaquer le désaccord

    Si plaquer un accord engendre l’harmonie,
    Plaquer son partenaire apporte la discorde.
    C’est très paradoxal, presqu’une félonie.
    Va, je ne te hais point, mais renvoie-moi la corde !

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  • Prête à démasquer

    Prête à démasquer

    Mon amour est toute prête à être démasquée ;
    Je me glisse derrière et lui enlève son masque.
    Lorsqu’elle sera libre, sans vraiment l’offusquer,
    J’enlèverai tout le reste d’un souffle de bourrasque !

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  • Nature floue

    Nature floue

    Cette nature floue est mon environnement.
    J’y vis dans un brouillard de verbes et de mots
    Qui troublent ma vision et, quotidiennement,
    Je chemine à tâtons, j’y vais pianissimo.

    Cette entrave à mes pas, peut-être, trop protectrice,
    Ralentit mes élans et calme mes ardeurs.
    Mon cerveau est l’éponge d’une âme directrice
    Qui noie mes émotions d’un médium retardeur.

    La bouteille est fondue, elle est contre nature.
    Sa frontière n’est plus qu’un leurre d’illusion.
    Tout comme cette pomme qui me paraissait mûre
    Mais qui, en la mordant, n’était que confusion.

    Mais là où tout parait, limites et contraintes,
    J’ai aperçu des anges, amis imaginaires.
    Ils ont su me guider parmi les labyrinthes
    Sans me lâcher la main, étonnants partenaires !

    La grappe de ma vie est ainsi vaporeuse :
    Chaque grain isolé se fond au voisinage.
    Mais elle m’a apporté une flamme amoureuse
    Qui m’a désenchaîné des maudits engrenages.

    Tableau de Fabienne Barbier