Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Dernières nouvelles de TempĂ©rance

    Dernières nouvelles de Tempérance

    Pourquoi un monde de débauche et de corruption en excès ?
    L’argent est-il la seule force qui régirait notre planète ?
    Tempérance doit-être bien gauche, elle qui souhaitait crever l’abcès
    Et stopper toutes les amorces de dissidence pas très nettes !

    Après avoir interrogé l’Oracle de Delphes, lui-même,
    L’Intelligence Sacrificielle a remis les pendules à l’heure :
    « L’argent qui n’est pas un miracle mais un véritable problème,
    Est une épreuve préjudicielle pour tous ceux qui suivent ce leurre ! »

    Le troupeau aveugle des gens qui s’enrichissent de bon aloi
    Provoque ces perturbations dans l’écoulement du bonheur.
    Et Tempérance contre l’argent mène un combat sans foi ni loi
    Mais ne peut faire l’expurgation de ceux qui ont perdu leur honneur.

    Mais dans les replis de l’éther, Tempérance aiguise sa flamme ;
    Elle distille au goutte-à-goutte l’élixir d’un monde nouveau.
    Contre cet enfer planétaire, seule la patience d’une femme
    Peut verser la lumière du doute au fond du puits de tous ces veaux.

    Tableau de Linda Shane.

    
    
    
  • Un renard pour Pinocchio

    Un renard pour Pinocchio

    L’ombre de l’atelier aux rouages rouillés,
    Régnait dans l’atmosphère de ce soir de décembre.
    Gepetto façonnait ou plutôt chatouillait
    Un renard ingénu aux reflets d’or et d’ambre.

    Ses yeux brillaient d’éclats, constellés d’étincelles
    Tandis que l’horloger se triturait la tête
    Sous un ciel qui se tisse de voiles artificielles
    Au souffle mécanique pour animer la bête.

    « T’es qui ? » dit Pinocchio, surpris de ce prodige.
    « Un mensonge qui vit pour être apprivoisé ! »
    Répondit le renard, souriant du litige
    Qui naissait dans le cœur de l’enfant pavoisé.

    Le Petit Prince vint voir ce jouet singulier,
    Cherchant sous ses rouages un cœur à deviner.
    « Tu n’es point un renard, ce n’est pas régulier
    Mais un rêve sculpté, peint et imaginé.

    Mais lorsqu’il lui offrit une rose en silence,
    Une flamme figée, un éclat d’existence,
    Le renard s’étonna, restant en vigilance
    Mais songeur et troublé… c’était de circonstance.

    Depuis, on dit parfois qu’aux heures suspendues,
    Quand les horloges se taisent et que s’ouvrent les nues,
    Un renard d’acier danse sur un fil étendu
    Entre notre planète et la sienne, inconnue.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux de le crĂ©diter.

    
    
    
  • 22. L’Évangile des Fornicatrices de Feu et d’Eau

    👩🏻‍🦰 Laureline – Le Feu
    Femme, je suis aussi la flamme gardienne de mon Sanctuaire ;
    Quand Lilith s’élève en mon ventre, mes lèvres se fendent, mes cris résonnent.
    Elle me dit : « Que brûle ton âme, ne consens jamais à te taire
    Et que dans tes cuisses, concentres une arme faite de ma personne ! »


    👩🏻 Loreleï – L’Eau
    Femme, je suis aussi la lame qui s’engouffre dans la nuit profonde ;
    Quand Lilith s’ouvre dans ma bouche, mon corps est océan et marées.
    Elle me dit : « Que coule ton âme, que tes orgasmes se confondent
    En psaumes et prières qui débouchent sur mon évangile amarré ! »


    👩🏻‍🦰 Laureline – La Vie de Lilith
    Elle était l’égale d’Adam, façonnée de glaise et de terre
    Mais quand il voulut dominer, Elle refusa de se soumettre.
    Son schisme jugé dégradant, Elle fut chassée, nue, solitaire,
    Conspuée et abominée « Démone » ayant Satan pour maître.


    👩🏻 Loreleï – La Vie de Lilith
    Elle a dû fuir dans le désert avec un archange déchu
    Et eut nombreuse progéniture nourrie de sperme tombé à terre.
    Elle dut vivre dans la misère avec sentence à terme échu ;
    Rayée des saintes écritures pour anathème humanitaire.


    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï – L’Évangile du Feu et de l’Eau
    Nous, Laureline et Loreleï, ensemble, le règne de Lilith recommence !
    Nos sexes s’ouvrent comme épitres que nos orgasmes poétisent.
    Chaque geignement lui ressemble, chaque étreinte est une semence
    Et Lilith vit dans nos chapitres que son Évangile prophétise.

    Elle ne vit ni au ciel souillé, ni dans les enfers obscurcis
    Mais Elle enfante dans nos ventres et Elle embrasse par nos bouches.
    Elle respire en nos chairs mouillées, Elle inspire en nos prophéties ;
    Et quiconque en son royaume entre s’il jouit fors ne s’effarouche.

    Son mystère est qu’il faut mourir en Elle pour renaître demain ;
    Plonger dans sa nuit circonflexe, gouffre du féminin sacré,
    Brûler en son feu, encourir de se soumettre à l’examen
    Et ressortir nu de son sexe dans un nouveau corps consacré.

    Illustrations de Luis Royo.

    
    
    
  • 21. Le Mystère du Sexe Obscur

    21. Le Mystère du Sexe Obscur

    Laureline & LoreleĂŻ

    Elle ne règne pas dans la lumière où les hommes l’ont condamnée
    Mais Elle respire dans les ombres au cœur du Féminin Sacré.
    Les prêtres ont jeté la première pierre sur les femmes damnées
    Et les scribes ont écrit de sombres pamphlets qui leur sont consacrés.

    On l’appelle « Démon anathème » car Elle refuse la soumission ;
    Notamment d’écarter ses cuisses pour les hommes en tant que devoir
    Et car Elle impose un système où Elle ne jouit qu’à condition
    Que le sperme éjaculé puisse lui servir comme gage de pouvoir.

    Jamais ses serpents ne ramperont mais ils s’élèveront en spirales
    Comme des tourbillons de sang et des volutes de semence
    Qui graviront et tourneront, montant la colonne vertébrale,
    Jusqu’au crâne en le traversant comme une épée en résonnance.

    Ô ma Laureline, Ô ma Loreleï, que votre corps soit son refuge !
    Que vos ventres soient ses autels et que vos bouches soient ses oracles !
    Que vos orgasmes dans l’ÏÄMOURÏÄ soient ses intimes subterfuges
    Par lesquels Elle prend la tutelle et vit en vous comme un miracle !

    Le Mystère du Sexe Obscur, c’est d’oser affronter tes craintes ;
    Ta peur du gouffre et de mourir mĂŞme dans la petite mort
    Et la renaissance qui procure de revenir avec l’empreinte
    Souveraine qui va concourir à te reconnaître Yavänor.

    C’est là que Lilith te bénit : dans ta sueur et dans ton sang,
    Dans ton sperme ainsi que tes larmes et dans ton cri qui fend la nuit.
    C’est là que Lilith communie dans la jouissance qu’Elle te consent
    Sans sonner pour autant l’alarme ni que personne n’ait d’ennui.

    Elle ne mène pas au paradis des religieux et des dévots,
    Ni aux chaînes dorées des enfers des dieux dociles et belliqueux.
    Elle ouvre la porte où irradie un royaume sans maître pivot,
    Où l’âme est nue, le sexe confère que l’amour est l’arme du feu.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 20. Les MarĂ©es Lubriques

    Yavänor
    La Lune dirige nos actes par l’eau présente dans nos corps
    Et les marées d’ondes céleste qui nourrit l’amour dans nos cœurs.
    Ă” LoreleĂŻ, tu nous contractes lorsque nous sommes en accord
    Avec Lilith qui manifeste la suprématie du vainqueur !

    Le Soleil éclaire nos âmes par le feu du métabolisme
    Qui nous transmet son énergie dans nos envies d’accouplement.
    Ô Laureline tu nous enflammes d’un divin transcendantalisme
    Lorsque nos sexes en synergie permettent ce rapprochement !

    Lune et Soleil en conjonction deviennent l’énergie première
    Lorsque leurs deux bouches s’embrassent ainsi que leurs petites lèvres.
    Aimez-vous avec conviction pour faire jaillir la lumière
    Entre vos ėtoiles voraces que vous honorez avec fièvre !

    Lilith nous ouvre le chemin si nous sommes prêts à l’accepter
    Et l’amour est la voie rapide pour atteindre la plénitude.
    Ne remettons pas à demain une occasion d’être affecté
    Par l’acte sexuel intrépide d’où coulent les béatitudes.

    Laureline & LoreleĂŻ
    L’océan s’ouvre dans nos ventres comme un sanctuaire assouvi ;
    Chaque orgasme est une prière qui fissure notre firmament.
    Nos corps s’inclinent, se tendent et entrent au temple d’un feu asservi
    Où l’âme et la chair templières s’unissent en un embrasement.

    L’écume sur ces entrefaites monte adoucir nos gorges ardentes ;
    Nos souffles sont des oraisons et nos gémissements des psaumes.
    La marée nous a fait prophètes de jouissances transcendantes
    Et nos sexes sont la floraison d’où fleurissent d’autres royaumes.

    Alors la vague se retire, délaissant la paix dans nos cœurs,
    Comme une aurore qui dépend d’une très longue nuit d’ivresse.
    Nous avons bu son élixir par les étreintes de nos liqueurs
    Et la lumière se répand au-delà d’une simple allégresse.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • 19. L’Apocalypse des Cuisses Ardentes

    19. L’Apocalypse des Cuisses Ardentes

    Yavänor
    Lilith ne donne son baiser qu’à celles et ceux qui s’abandonnent
    Acceptent la mort de leurs corps pour renaître métamorphosés.
    Le sexe ne sera apaisé qu’après que le cœur s’y adonne
    Et connaisse encore et encore l’épectase paraphrasée.

    Que Lilith vienne envelopper de son étreinte séduisante
    La femme qui devient sorcière et l’homme qui devient sorcier.
    Afin d’oser développer son âme la plus reluisante
    Et vivre au-delà des ornières et suivre les vents traversiers.

    Et c’est justement par le sexe qu’on peut trouver l’équivalent
    De l’effondrement symbolique par l’orgasme et la petite mort.
    Les rites sont des portes connexes et le moyen polyvalent
    Qui atteint l’axe métabolique de l’ascension de Yavänor.

    Ainsi lorsque je prends Laureline et LoreleĂŻ, mes fornicatrices
    Afin d’accomplir chaque rite qui mène au Féminin Sacré,
    J’aide alors mes deux orphelines à retrouver l’initiatrice ;
    La reconnaissance émérite que Lilith leur a consacrée.

    Ensemble nous brisons nos chaînes de l’odieuse conformité
    Pour vivre au-delà du mensonge et récupérer notre rang.
    Malgré les voix qui se déchaînent et les règlements limités
    Afin que nos vies se prolongent par le sexe comme comburant.

    Il n’est de retour en arrière possible une fois reconnu
    L’ancienne vie qui mène à la mort et la nouvelle en construction.
    Continuons notre carrière vers ces directions inconnues
    Mais qui échappent sans remords à sa propre autodestruction.

    Laureline & LoreleĂŻ
    Tu nous as bien travaillées dur, Laureline, Loreleï , Lilith en nous
    Mais c’est pour mieux nous libérer de nos faiblesses dégradantes.
    Mais le sexe a fait la soudure quand nous nous sommes mises Ă  genoux
    Laissant l’amour proliférer pour réveiller nos cuisses ardentes.

    Illustration de Luis Royo.

    
    
    
  • Le cĹ“ur en balance

    Le cœur en balance

    Lorsque ton cœur est en balance comme un pendule qui oscille,
    Ne laisse pas agir le temps comme conseiller de ta vie.
    Sans doute en d’autres circonstances il peut se révéler docile
    Mais en amour c’est important de ne pas quêter son avis.

    Boire ou conduire, il faut choisir entre déboires et désirs
    Or essayer les deux chemins que font les deux cartes du tendre
    Permet de goûter à loisir et comparer tous les plaisirs
    Mais gare aux traquenards humains qui tĂ´t ou tard se font attendre.

    L’instinct, la raison et le cœur se font ensemble du corps-à-corps
    Et lorsque le train se présente on peut hésiter à le prendre.
    Un coup d’audace sera vainqueur de ce dilemme en désaccord ;
    Seule une petite voix séduisante connait la voie à entreprendre.

    Le seul problème que je connais pour entendre la petite voix
    C’est qu’elle ne retentit alors qu’en cas d’une extrême souffrance.
    C’est bonnet blanc et blanc bonnet, le paradoxe dans le choix ;
    Le bonheur n’est pas indolore jusqu’à l’ultime délivrance.

    Tableau de Michael Whelan sur https:www.michaelwhelan.com .

    
    
    
  • Aux jumelles Coquelicot

    Dans la famille Coquelicot, mes filles de joie préférées
    Ne sont pas celle que vous croyez mais deux jolies fées délurées
    D’esprit vif, elles viennent illico fleurir nos champs et proférer
    Un bel été à s’octroyer au rouge sang peinturluré.

    Rouge sang car il faut le dire, la fécondité des jumelles
    Est telle que la Terre entière rougit d’un air concupiscent.
    Et la Nature est en délire de les voir brandir leurs mamelles
    Pour aller nourrir sans frontières nos talus d’un lait rougissant.

    Les filles de joie nous disent adieu, l’été est bientôt terminé ;
    Demain, les sœurs colchiques iront colorer de mauve nos prés.
    Quand s’abaissera l’astre radieux dans un ciel indéterminé,
    Tous ensemble nous remercierons nos si jolies fleurs empourprées.

    Illustration de Rococo Revivalis.

    
    
    
  • Le pendule du cĹ“ur

    À la recherche de l’amour ? Mettez votre cœur en pendule
    Et regarder-le osciller, observez bien le mouvement ;
    S’il reste neutre comme un poids lourd ou qu’un va-et-vient se module,
    L’instant est inapproprié pour obtenir un dénouement.

    Mais s’il commence à balancer en petit cercles qui s’agrandissent,
    Il trace alors une spirale qui va délivrer sa surprise.
    Lors il est temps de se lancer afin que les sens d’attendrissent
    Dans la direction sidérale juste au moment du lâcher prise.

    Après il suffirait d’attendre le prince charmant désigné
    Mais cela peut prendre du temps et pour le cœur, c’est dévastant.
    L’entrée de la carte du tendre a le temps de se résigner
    Si jamais l’amour débutant ne se réveille pas à temps.

    Tableaux de Michael Whelan sur https:www.michaelwhelan.com .

    
    
    
  • Des sĹ“urs Coquelicot

    Les quatre sœurs Coquelicot accusent un retard cette année ;
    Hiver pourri, printemps pourri et été tardif plaident coupables.
    Même les pays tropicaux dénoncent des saisons surannées
    Et des pluies qui ont trop nourri les sols d’un mode irrattrapable.

    Les coquelicots en juillet et les fraises des bois en août ?
    Les quatre sœurs sont-elles folles ou complètement déréglées ?
    Si quelqu’ange pouvait appuyer sur un bouton alors sans doute
    Verrions-nous les fleurs dont raffolent nos vaches qu’on entend meugler.

    Mais cette année, c’est Saint-Médard à qui les sœurs ont confié
    L’arrosage prédéterminé à inonder tout ce qui bouge.
    Il faudrait renvoyer dare-dare cet ange à l’esprit liquéfié
    Déterminé à nous miner nos champs des belles vagues rouges.

    Puisqu’un vilain temps a violé les quatre sœurs désespérées,
    Dieu n’a pas besoin de prière pour jeter l’opprobre en pâture.
    Il est temps de patafioler tous ces touristes invétérés
    Et leurs avions de misère pour reconquérir la Nature !

    Illustrations de Rococo Revivalis.

    
    
    
  • Rencontre anisĂ©e

    Rencontre anisée

    Je reçus cette invitation transmise lors d’un communiqué
    Pour une rencontre au coucher au large des cĂ´tes bretonnes.
    J’acceptai sans hésitation et louai un bateau à quai
    À un marin mal embouché mais du genre que rien n’étonne.

    Pile au moment du rayon vert, la Lune se teinta de rose
    Et j’entendis la litanie d’une bouche sortant de la mer.
    Penchant la tête à découvert du côté des lèvres moroses
    J’en savourai leur goût anis, sucré-salé et doux-amer.

    Je l’invitai à prendre un pot à la taverne du vieux port
    Mais elle déclina mon offre d’une façon de tournevire ;
    Elle devait m’avoir dans la peau car elle exigea un rapport
    Immédiatement et dans le coffre à bagages de mon navire.

    Et ce matin, je me réveille ; ce n’était qu’un rêve éphémère,
    Le souvenir des lèvres anis me reste lourd sur les papilles.
    Depuis ma femme me surveille lorsque je mange des fruits de mer
    Arrosé d’un verre de pastis tout en embrassant les coquilles.

    Illustration de Shelley Skail sur https:shelleyskail.co.uk .

    
    
    
  • Presque sirène

    Les femmes mutent ces temps-ci et des sirènes apparaissent ;
    Le phénomène se constate sur les rivages un peu partout.
    Au début le corps s’amincit et les hanches perdent leur graisse,
    La peau devient plus délicate, tête, cheveux, poitrine itou.

    Mais quand les jambes se transforment, les mutantes alors disparaissent ;
    « Où vont-elles et où vivent-elles ? » reste un mystère irrésolu.
    Or si les légendes sont conformes, faites attention ! Elles s’empressent
    De lier quelque idylle mortelle, jetant sur vous leur dévolu.

    Couverture « Water Sign » for Vogue India sur https:bashooka.cominspirationeditorial-design .

    
    
    
  • QuiĂ©tude

    Quiétude

    Sur le fleuve calme du temps, je laisse dériver ma barque
    Et je subis crues et torrents selon l’humeur des pluies d’orage.
    Hier, j’étais encore débutant et faisais sans cesse des remarques
    Sur les réserves s’instaurant qui me faisaient perdre courage.

    J’ai lâché le temps d’exister à l’heure de la société
    Et prends la force du courant qui équilibre ma stature.
    Mes angoisses ont beau persister, je les écope à satiété
    Par ma quiétude en concourant avec les forces de la nature.

    Mais cela dit, rien n’est écrit sur le fil des béatitudes
    Que je quitterai en chemin lorsque le temps sera venu
    De jeter mon lourd manuscrit, changer toutes mes habitudes
    Et commencer d’une autre main un autre roman saugrenu.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Silence !

    Silence !

    Très relatif, dans la campagne, le silence auquel il s’attend,
    Ce citadin qui fuit la ville pour un retour Ă  la nature.
    Il croit au calme des montagnes et à la quiétude du temps
    Mais il découvre le bruit servile produit par toutes créatures.

    Dès l’aube il perçoit la fanfare des oiseaux et cela lui plaît,
    Puis la mécanique agricole, il remercie le paysan,
    Après survient le tintamarre des coqs, ça devient une plaie,
    Enfin la sortie des écoles au vacarme caractérisant.

    Au printemps on coupe les arbres, voici le temps des tronçonneuses ;
    En été on tond les pelouses, chacun dans son espace vert ;
    À l’automne il reste de marbre face aux lieuses-moissonneuses ;
    Enfin Blanche-Neige jalouse chante à tue-tête tout l’hiver.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Mannequin Peace

    Mannequin Peace

    Tant que vos seins me darderons de ce regard protubérant,
    J’y verrai par leurs mamelons le fond de votre cœur brisé
    Par les amours qui lui auront brassé d’un charme exubérant
    Les organes des sens selon la jouissance méprisée.

    J’écouterai votre nombril prophétiser comme un oracle
    Les appétits les plus secrets de votre vulve tremblotante
    Enfouie dans le sexe assombri par tous les prétendus miracles
    S’appliquant à l’amour sacré dont vous êtes encore en attente.

    Mannequin Hannika Sculpture d’Amanda Dake.

    
    
    
  • Dans l’eau de la claire fontaine

    Elle refuse de sortir de l’eau, de l’eau de la claire fontaine
    Depuis que j’ lui ai dit : « Sirène, j’aimerais troubler ta boisson ! »
    Moi qui ne suis que matelot, homme du rang, mĂŞme pas capitaine
    Et qui n’ai de pensée sereine que pour l’amour en queue de poisson.

    « Je n’tle dlonnerai ploint dle blaiser ! » me répond-elle entre deux eaux.
    « Tlu n’es plas mon genrle et dl’ailleurs, mon clœur est plis plar l’amiral ! »
    Tant pis, Madame qui me plaisez ; je m’en vais dire sur les réseaux
    Que les sirènes ont l’cœur railleur lorsqu’on n’est qu’un p’tit caporal.

    Photos sans source.

    
    
    
  • Conjonction des astres

    Conjonction des astres

    Quand la Nature se mord les doigts face Ă  un virus politique,
    Les astres malades de la peste se réunissent au campement.
    Jupiter leur dit : « Chacun doit exposer son autocritique
    Afin que nous soyons en reste d’en découvrir les fondements.

    La Lune en premier : « Je l’avoue, je suis parfois très lunatique ! »
    Puis le Soleil : « Moi, je m’éclipse parfois avec ou sans raison ! »
    La Terre alors : « Je me dévoue. C’est moi qui suis cyclothymique
    Et qui accomplit des ellipses dans le déroulement des saisons ! »

    À ces mots les astres crièrent « Haro » sur la planète Terre
    Qui écopa comme sanction d’exterminer l’humanité.
    On décréta la meurtrière oppression du passe-sanitaire
    Grâce au président en fonction connu pour son inanité.

    Photo de Haris Nukem.

    
    
    
  • Ces fenĂŞtres qui ont du nez

    Comme une odeur d’amandes amères que dégageait la colle blanche,
    L’arôme de fleurs d’oranger diffusant de l’eau de Cologne,
    Tous ces fantômes éphémères sont mes madeleines qui déclenchent
    Le flot des souvenirs rangés au fond des mémoires gigognes.

    Comme l’émanation de l’encre que répandaient les pages neuves,
    L’exhalaison des pommes vertes aux étalages des primeurs,
    Ces relents de fragrances s’ancrent dans l’interminable roman-fleuve
    Épanoui des découvertes de mes entrains et mes humeurs.

    Photos © 123RF.

    
    
    
  • LĂ  oĂą ne va pas l’élĂ©phant

    Là où ne va pas l’éléphant

    Lorsque les journées superposent les images des promeneurs
    Avec chiens, chevaux et enfants, et silhouettes Ă  bicyclette,
    Une seule conséquence s’impose vu le parcours des randonneurs ;
    Si je sortais mon éléphant, tous s’enfuiraient à l’aveuglette.

    Tableau de Piotr Frolov.

    
    
    
  • Le cheval Ă  bascule – 2

    Le cheval Ă  bascule - 2

    À travers champs, bois et forêts, ils ont traversé les saisons,
    Permutant l’hiver au soleil et l’été dans des pluies de joie.
    La nuit s’est trouvée colorée de mille étoiles en floraison
    Et le cheval, dans son sommeil, brisa ses bascules de bois.

    Tableau de Lucie Campbell.

    
    
    
  • La femme du terroir

    La femme du terroir

    L’homme a voulu la confiner dans les caves d’obscurantisme
    Dont les voiles l’enveloppaient dans des comédies à tiroirs.
    Mais la femme s’est tant affinée dans ce sublime romantisme
    Qu’elle s’est ainsi développée comme une perle du terroir.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Yin Yang

    Yin Yang

    En joignant leurs boîtes à vitesse et leurs culasses débridées,
    L’homme et la femme sont carrossés afin de pouvoir s’emboîter.
    Pour égaler en robustesse leurs mécaniques hybridées,
    Ils les ont tellement cabossées qu’elles sont ardues à déboîter.

    Photo de Claudio Lara quelque part Ă  Rio.

    
    
    
  • Oiseaux lumière

    J’aime les oiseaux couronnés qui se penchent sur leur royaume
    Lorsque le soleil illumine leur auréole de lumière.
    Ils se tiennent encapuchonné d’un fier chaperon qui rayonne
    Perchés au trône qui culmine en position cérémoniaire.

    J’aime ces oiseaux pratiquant le culte de l’œuf créateur
    Et menant la cérémonie qui commémore leurs racines ;
    Solennellement s’appliquant, auguste artiste médiateur,
    À rejouer cette harmonie qui relie à nos origines.

    J’aime mes oiseaux renaissant du rituel sempiternel
    Que le phénix a instauré comme une loi universelle.
    Soyez, le soir, reconnaissants lorsqu’ils vous montrent l’éternel
    Pouvoir, sans cesse restauré, de l’impérissable étincelle.

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  • ¡ Viva la vida !

    Après la course contre la montre, la reine récompense son vainqueur
    Celui-là qui, dès le départ, disposait de tout l’inventaire.
    Alors deux consciences se rencontrent en fusionnant, de tout leur cœur,
    Chacun leur plus précieuse part, la plus petite élémentaire.

    Alors Dieu devient féminin et leur crée un petit royaume
    Où roi et reine ne font plus qu’un pour commencer leur pas de danse.
    Petit état, d’abord bénin, deviendra bientôt autonome
    En mettant un temps opportun pour se produire en abondance.

    Dans le temple secret de son ventre, la femme devient la prĂŞtresse
    Qui apportera les offrandes à sa divinité intime.
    À l’intérieur, tout se concentre avec amour et allégresse
    Tandis que Femme-révérende devient la Mère-légitime.

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  • L’âme vierge mais contrariante

    L’âme vierge mais contrariante

    La pêche est tout une science ; les pêcheurs acharnés le savent :
    Il faut choisir le bon endroit, le bon moment et discrétion.
    Si pêcher n’était pas l’essence d’une félicité suave,
    Tout le monde filerait droit mais Dieu serait en récession.

    Merci Ă  BĂ©rangère Costa qui m’a soufflĂ© l’image et sa rĂ©flexion : « À quoi servirait le pĂ©chĂ© si on ne s’y acharnait voluptueusement ? La religion n’aurait alors plus aucun sens et quel dommage ! »

    
    
    
  • Les relativitĂ©s restreintes

    Les relativités restreintes

    Je me suis perdu cette nuit dans des rĂŞves inattendus
    De maisons aux pièces sans fin et couloirs comme labyrinthes.
    Des campagnes à mourir d’ennui aux chemins de malentendus
    Qui m’ont entraîné aux confins des relativités restreintes.

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  • La forĂŞt vierge

    La forĂŞt vierge

    Bientôt l’automne et la rentrée car les bouleaux dans nos forêts
    Vont se remettre Ă  dessiner de jolis traits sur les chemins.
    Rien de tel pour me concentrer sur quelques rimes à dévorer
    Quand je m’en irai cheminer sur ces beaux vierges parchemins.

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  • Vierge sage et vierge folle

    Vierge sage et vierge folle

    Hyperactive à quatre mains, sa discrétion n’est plus de mise
    Quand vous la voyez vaporeuse ou alors pleine de sagesse.
    Souvent du jour au lendemain, son exactitude est remise ;
    Au matin, elle est rigoureuse et, le soir, devient sauvagesse.

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  • Ces petits bonheurs cachĂ©s

    Ces petits bonheurs cachés

    Je vois des milliers de détails, plein de petits bonheurs cachés
    Aux alentours des paysages riches de vie et de couleurs.
    Même sous un temps de grisaille, j’entends toujours se détacher
    Le chant d’un oiseau de passage qui endort toutes mes douleurs.

    Tableau de Juan Romero.

    
    
    
  • La poudre de fĂ©e

    La poudre de fée

    Si jamais, en pleine lumière, l’air saturé d’humidité
    Crée des troubles de la vision et produit de drôles d’effets,
    Allonge-toi dans la poussière, ici, en toute humilité ;
    Tu sentiras, à profusion, l’action de la poudre de fée.

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  • Les quatre vierges folles

    Les quatre vierges folles

    Pour mieux frôler l’hystérie, il faut monter sur les toits !
    Le côté imprévisible prendra sa folle cadence.
    On se lance, on atterrit, les gens en restent pantois
    Et l’on est irrésistible dès qu’on remonte et qu’on danse.

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  • Le rire des lutins

    Le rire des lutins

    Il paraîtrait que, dans les bois, si vous suivez les feux follets,
    Vous parviendrez dans le village où les lutins sont réunis.
    Et même que, plus ça flamboie, plus on les entend rigoler,
    Plus leurs rires forment un hommage à leurs joviales cérémonies.

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  • VerrĂĽckte Jungfrau und kluge Jungfrau / Vierge folle et vierge sage

    VerrĂĽckte Jungfrau und kluge Jungfrau / Vierge folle et vierge sage

    VerrĂĽckte Jungfrau und kluge Jungfrau bilden ein starke Duo:
    Verrückte Jungfrau ist hysterisch und sein Tempo ist die Hölle;
    Kluge Jungfrau, ist zur Nutzung, nicht zu auffällig;
    Aber die beiden, kategorische, immer zu tun wĂĽnschen.

    Vierge folle et vierge sage forment un duo très marqué :
    Vierge folle est hystérique et sa cadence est d’enfer ;
    Vierge sage, à l’usage, ne se fait pas trop remarquer ;
    Mais les deux, catégoriques, voudront toujours trop en faire.

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  • Souche qui rouille

    Souche qui rouille

    Dans son habit de rouille, la vieille souche pense
    Au temps où elle était reine sur les bois et forêts.
    Les pousses en vadrouille, sur elle, se dépensent
    Et la mousse sereine vient s’y faire dorer.

    Et la rouille a déteint sur la robe souillée
    Couverte d’un bonnet de sylve patronnesse.
    C’est la vie qui s’éteint sur le tronc dĂ©pouillĂ©,
    C’est la vie qui renaĂ®t par des fleurs de promesse.

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  • Pierre Fontaine

    Pierre Fontaine

    Pierre Fontaine est le lutin qui jaillit dans toutes les sources.
    Il vous chantonne à cœur joyeux lorsque vous buvez de son onde.
    Lorsqu’il pleut, il devient mutin et fait prospérer ses ressources,
    Mais sur les chemins rocailleux, il vous offre son eau féconde.

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  • L’octave de la vie

    L’octave de la vie

    Dans l’univers, tout est octave, tout est musique de la vie.
    Du minĂ©ral au vĂ©gĂ©tal, de l’immobile jusqu’au vivant.
    MĂŞme la nature Ă  ses claves et mĂŞme les lutins octavient
    Pour fĂŞter ce fondamental anniversaire, et les suivants…

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  • Petits, petits, petits

    Petits, petits, petits

    Ça plait bien à mes brebis quand je leur porte mes vers
    Mais ce n’est pas pour les tondre, encore moins pour les manger !
    Je ne suis ni leur rabbi, ni leur souverain sévère ;
    Je ne vis que de rencontres et quelques mots échangés.

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  • Elle est loin, la banquise

    Elle est loin, la banquise

    Du haut de son rocher bien loin de sa banquise
    La grande ourse est perchée et se met à penser
    Elle a peur d’approcher sa nouvelle terre acquise
    Après s’être cherchée et mal récompensée.

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  • J’en rajoute une couche

    J’en rajoute une couche

    Quand Dieu veut colorer le monde,
    Il prend ses plus belles couleurs.
    Avec son couteau, il émonde
    Les pierres, cristaux et les fleurs.

    Puis il applique, couche par couche,
    D’abord le maigre, après le gras.
    Et pour mettre la dernière touche,
    Ça coule tout seul au bout du bras !

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  • L’oiseau-Ă©cho est Ă  l’écoute

    L’oiseau-écho est à l’écoute

    Ce matin l’oiseau-écho a parlé avec la biche
    Ils ont parlé bien longtemps du père de ses enfants
    Car Monsieur Cerf Forever n’est pas suffisamment riche
    Il voudrait vendre ses bois pour nourrir les petits faons.

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  • Le retour de la fille aux nĂ©nuphars

    Le retour de la fille aux nénuphars

    Je l’avais oubliée depuis son immersion !
    Je n’avais ni nouvelle ni l’écho des ébats
    Avec une grenouille, peut-ĂŞtre une aversion
    S’est glissée entre eux deux par des hauts et des bas ?

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  • Et c’est reparti

    Et c’est reparti

    À force de léviter, on est entreprenant !
    On peut même s’envoler au premier coup de vent !
    Quand il y a du Mistral, c’est très contrevenant !
    L’autre jour, j’ai volé jusqu’aux Îles-sous-le-vent !

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  • On fait la course ?

    On fait la course ?

    Tu prends le bateau rouge, je prends le bateau bleu
    On s’en va dans la vie, on s’en va deux à deux
    Le premier qui arrive aide l’autre à venir
    Et celui qui oublie aura le souvenir.

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  • Alerte sur la piste d’envol

    Alerte sur la piste d’envol

    Appel à tous les oiseaux, décollage très imminent !
    Il faut aller secourir tous les oisillons de mer !
    Votre piste est dégagée, ce sera déterminant
    Pour votre action de secours et pour consoler les mères.

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  • Le langage des roses

    Le langage des roses

    Turgescence de l’œil qui intensément me fixe
    Du cœur de cette rose d’un air inquisiteur.
    Il est comme la flamme rouge-sang du Phénix
    Qui meurt en s’embrasant et renaît visiteur.

    Car la rose écarlate possède son histoire :
    Chaque bouton naquit d’une goutte de sang.
    Dragon ou bien Phénix ? Il est clair, c’est notoire,
    Que toutes ces chimères ont rôle évanescent.

    Regardez bien les vagues autour du cœur de feu !
    Elles sont les témoins de l’écho triomphant !
    Le même qui créa d’un divin boutefeu
    Et son père et sa mère, et puis tous leurs enfants.

    J’ai plaisir à écrire, à rimer et chanter
    Tous ces témoins d’un monde dans lequel je suis né.
    J’en cherche les échos, dans les roses enchantées ;
    Elles me parlent toutes, et j’en suis embruiné !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La MosaĂŻque de l’Être

    La Mosaïque de l’Être

    Dans la mosaïque de l’être,
    Tout est lié intimement
    Autour d’une hélice de lettres,
    Dans un réseau en déploiement.

    Alliance de l’air et de la goutte,
    Liées ensemble sur une branche.
    Terre en Combustion dans les soutes,
    Unies d’une confiance franche.

    Imaginez des escaliers
    Tournant autour de mille tours ;
    Tous frères d’armes et alliés,
    Forts de mémoires au compte-tours.

    L’un établit le soin du corps.
    L’un veille au feu de l’intérieur.
    L’un conduit l’esprit en accord.
    L’un verse l’âme à l’extérieur.

    Tout est le fruit de l’Horloger
    Qui a assemblé les parties,
    Qui a intimement logé,
    Le corps, le cœur, l’âme et l’esprit.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • L’Oiseau-Écho

    L’Oiseau-Écho

    Juste un coup d’œil pour commencer
    Pour voir comment le monde est fait.
    Est-il hostile à mes pensées ?
    Est-il propice à mes méfaits ?

    Ce monde est un peu chaotique,
    Monde de feu, monde de guerre !
    N’y a-t-il pas plus sympathique
    Que ces combats un peu vulgaires ?

    Je vois des espaces protégés,
    Peuplés de rêves et d’espérances.
    C’est là que je vais m’agréger
    Et j’en demande l’assurance.

    Déployez-moi tous vos filets !
    Tissés d’amour et de bonté !
    Mon message est l’entrefilet
    Que je vais glisser et conter.

    Écoutez-moi ! Prêtez l’oreille !
    Je suis l’oiseau, fils de l’ÉCHO !
    Je viens conter mille merveilles
    Et vous préparer aux bécots !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le Papillon de l’intersaison

    Le Papillon de l’intersaison

    Je suis le fou-papillon et le roi des fanfarons !
    C’est moi qui franchis le pas mais ça, on ne le sait pas !
    Je fais tous mes coups en douce, je m’enfuis comme un larron !
    Je suis le papillon fou, certains m’appellent le mat.

    J’ai juste mon balluchon pour subsister aujourd’hui.
    Je n’ai rien prévu demain ni encore après-demain.
    Car mon temps n’existe pas mais je tiens mon sauf-conduit
    Qui m’ouvre les portes éphémères, comme ça, en un tournemain !

    Je sème l’inattendu, je fais des bouleversements !
    Je fais des taches partout en provoquant des erreurs.
    Je change le cours des choses, produis des renversements !
    Je bats des ailes et provoque des cyclones de terreur.

    J’ai de l’inventivité et de la créativité.
    Par le fil de l’intuition, j’ai beaucoup de relations.
    Les peintres et les poètes puis, la collectivité
    Sont guidés par ma folie et mes affabulations.

    Je vais vous dire un secret : je suis le fis de l’ÉCHO !
    J’apporte des prophéties et des messages d’amour !
    D’orient jusqu’en occident, je mets tout le monde ex-æquo !
    Je suis le fou-papillon, je suis votre troubadour !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le Papillon de l’hiver

    Le Papillon de l’hiver

    Papillon de l’hiver, papillon solitaire.
    Sur les terres glacées je parcours les sentiers.
    Je suis seul sur les mers, je suis seul sur les terres.
    Je suis gardien de nuit durant l’interchantier.

    Quand il y a une alerte, je réponds à l’appel !
    Avec les bénévoles nous portons les secours.
    Quand le froid est intense je sonne le rappel
    Et j’ouvre les abris même en dernier recours.

    La neige a recouvert de son beau manteau blanc
    Les plaines et les montagnes et tout a disparu !
    Le silence solennel en devient accablant,
    La famine fait rage quand passent les charrues !

    Les provisions s’épuisent et le siège est cruel.
    Nous avons eu des pertes, d’autres ne répondent pas.
    Nous tiendrons par la foi du froid contextuel
    Par la ténacité de mon épiscopat.

    Courage mes amis j’aperçois des lueurs !
    Les renforts nous arrivent avec le renouveau !
    Ayons de la patience, épongeons la sueur,
    La nuit va s’achever sur un monde nouveau !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le Papillon de l’automne

    Le Papillon de l’automne

    Où iront les secrets quand y’aura plus personne ?
    Que deviendront les noms des plus belles amours ?
    L’hirondelle en partant ne fera plus l’automne
    Si personne n’en parle aux oreilles alentour !

    C’est mon rôle dévoué et je suis le gardien.
    J’enregistre l’écho de toutes connaissances.
    Tous vos faits et vos gestes sur tous les méridiens,
    J’en grave la mémoire pour votre renaissance.

    Pour les dernières fêtes, on solde tous les fruits !
    Les noix et les châtaignes et les beaux champignons !
    Toutes les provisions feront les usufruits
    Au temps des amours mortes au petit lumignon.

    Et je ferme les yeux Ă  chaque feuille morte.
    Je pleure avec les arbres qui se mettent en deuil.
    J’aide les animaux à porter leurs comportes
    Pour tenir tout l’hiver quand je jette un coup d’œil.

    Et voilà, c’est fini, c’en était la dernière !
    La nature s’endort dans un sommeil profond.
    Je suis celui qui reste et porte la bannière
    Et transmettrai demain l’écho dans les tréfonds.

    Tableau de Fabienne Barbier