Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’Oiselle des forêts

    L’Oiselle des forêts

    Juste vêtue de quelques plumes comme parure sur ses épaules
    L’Oiselle des forêts s’envole au moindre bruit perturbateur
    Dans l’air chargé à plein volume du féerique monopole
    Accordé aux fées bénévoles par les esprits fabulateurs.

    Car la forêt respire, pense d’intelligence collectrice
    Et nécessite comme ouvrières toutes les nymphes sylvicoles.
    Ainsi l’Oiselle se dépense pour nourrir sa mère protectrice
    Par ses besognes vivrières et son secours arboricole.

    Un jour, je l’ai pourtant surprise en cheminant à pas de loup
    Autour de l’étang aux étoiles alors que j’écoutais son chant.
    Je restai là sous son emprise sous l’œil de ses oiseaux jaloux
    Jusqu’à ce qu’elle se dévoile et m’apostrophe en s’approchant.

    Son souffle avait l’odeur des sèves et le frisson du bois sacré,
    Sa voix tissait d’étranges trames où s’endormaient mille allusions.
    D’un battement d’ailes trop brèves, elle m’offrit un mot secret,
    Puis disparut parmi les rames dans un grand ballet d’illusions.

    Tableau d’Aleksei Vinogradov sur https:www.artstation.comavvart .

    
    
    
  • Perséphone sur ses grands bi

    Perséphone sur ses grands bi

    Si Perséphone à bicyclette a changé de cadre de vie,
    Elle ne sort que désormais sur ses grands bi uniquement
    Qu’elle conduit à l’aveuglette, yeux fermés, selon ses envies
    Comme si elle se conformait à un rite d’obscurcissement.

    Évidemment six mois d’enfer avec un mari répugnant,
    Six autres mois avec sa mère pour la saison printemps-été,
    L’ont forcée, pendant les transferts à rouler en se résignant
    À ses deux cycles intérimaires donc deux vélos à piloter.

    Elle pédale à tombeau ouvert la nuit de l’empire des morts
    En cherchant dans l’obscurité pourquoi son cœur a ses raisons.
    Elle pédale les yeux recouverts d’une cagoule de remords
    Car de Zeus elle a hérité la suprématie des saisons.

    Ô Perséphone, déesse errante, sur tes grands bi, funambule du sort,
    Franchis donc l’ultime lisière, pneus chantant sur l’onde des cieux !
    J’ajoute une strophe vibrante, dernier élan avant l’aurore,
    Tissant d’une ombre passagère un fil d’équinoxe à tes yeux.

    Ainsi, ton mythe roule et danse, entre deux mondes, un bal secret,
    Et moi, sur mon cycle ordinaire, dans l’enfer des transferts sans fin,
    Moi, le fugitif en errance, j’écris mes poèmes d’un trait.
    Et toi, à ton art légendaire, tu pédales jusqu’aux confins !

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

    
    
    
  • XVIII La Lune

    Loreleï

    XVIII	La Lune

    Yavänor – L’Appel nocturne
    Je traverse une nuit profonde, guidé par un rayon de Lune,
    Dans le silence relatif d’une forêt en demi-sommeil.
    J’entends le souffle et la faconde de l’astre et sa voix opportune
    M’appeler d’un impératif halo affable, or et vermeil.


    Loreleï – La Gardienne des Marées
    Miroirs d’eau et d’ombres argentées qui luisent et ruissèlent des sources
    Et qui s’écoulent des rivières en vagues de sang menstruel,
    Elle avait longtemps arpenté les terres aux nombreuses ressources
    Dont les sirènes de Bavière bénissaient chaque rituel.


    Yavänor – Les Bêtes sacrées
    J’ai vu taureaux, cerfs et chevaux aux crinières de feu et d’or,
    J’ai vu le loup et le renard entrer dans la ronde sacrée,
    Tourner dans un grand écheveau autour de la Terre qui dort
    Et faire sortir du brouillard tous mes vieux rêves consacrés.


    Loreleï – L’Initiation lunaire
    Je me suis approché de l’onde pour en absorber davantage
    Et mes yeux se sont dessillés et mes oreilles se sont ouvertes.
    J’ai vu leurs robes brunes et blondes et j’ai entendu leurs langages
    Dont les idiomes m’ont éveillé à de prochaines découvertes.


    Yavänor – L’Alliance des instincts
    Une louve est sortie de l’ombre – âme-sœur femelle animale –
    Et m’a invité à la suivre dans le mystère de ses limbes.
    Nous avons marché sans encombre sous la lumière minimale
    De la Lune couleur de cuivre qui m’a couronné d’une nimbe.


    Loreleï – Le Serment de l’astre
    Ceint de la couronne d’argent, la Lune est redevenue femme
    Et m’a enfoncé dans la chair l’empreinte des quatre saisons.
    Et nos âmes en se déchargeant de leurs désirs les plus infâmes
    N’ont conservé que les plus chers envers le cœur et la raison.


    Yavänor & Loreleï – L’Aube suspendue
    Une fois la ronde apaisée, les bêtes se sont évanouies
    Me laissant seul avec Loreleï qui m’observait d’un air moqueur.
    Mais il a suffit d’un baiser pour que ma Reine épanouie
    M’ouvre les portes de l’ÏÄMOURÏÄ, de ses amours er de son cœur.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

    
    
    
  • XVII Les Étoiles

    Laureline & Loreleï

    XVII	Les Étoiles

    Yavänor – Adorer
    La Maison-Dieu m’a propulsé aux confins de notre Univers
    Et j’y découvre deux Étoiles prêtes à sustenter mon retour.
    L’éclat solaire du jour pulsé sur un paradis découvert,
    L’éclat lunaire qui dévoile une paix douce et sans détour.


    Laureline – Nourriture
    Débordante d’amour solaire, Laureline nourrit de sa coupe
    Contenant le sel de la Terre aérée de parfums floraux,
    Pareille à l’Étoile Polaire qui vous conduit le vent en poupe
    À travers l’interplanétaire dédale de l’Eldorado.


    Loreleï – Abreuver
    Profonde d’océan lunaire, Loreleï abreuve de son onde
    Contenant le feu de la Terre sublimé par l’eau-de-la-vie.
    Vestale depuis des millénaires qui veille à arroser les mondes
    De sa source qui vous désaltère et vous assure la survie.


    Yavänor – Goûter
    Alors je goûte de ma bouche la lumière liquide des Étoiles
    En m’émerveillant des saveurs – sel vaginal et virginal –
    Tandis que leurs auras se touchent à l’intersection et dévoilent
    Une espérance en ma faveur vers l’aboutissement final.


    Laureline & Loreleï – Rite de la Voie Lactée
    Les deux Étoiles jouissent ensemble et leurs fontaines alors fusionnent
    De toutes les amours cosmiques assaisonnées de connaissances.
    Toutes les vivres se rassemblent au milieu et approvisionnent
    D’une nourriture orgasmique l’être en quête de renaissance.


    Yavänor – Jouir et Boire
    Alors je découvre l’extase étoilée d’ambroisie céleste ;
    La coupe qui nourrit mon cœur et celle qui abreuve mon âme.
    Et mon passage dans l’épectase me débarrasse et me déleste
    Du poids de toutes les rancœurs mortes ad vitam æternam.


    Laureline & Loreleï – L’offrande finale
    Laureline-Soleil alors se lève, Loreleï-Lune entre en conjonction
    Et mon voyage peut reprendre sa folle course vagabonde.
    Puisque l’une et l’autre m’élèvent, j’avance avec la conviction
    Que nous allons tous entreprendre la construction d’un nouveau monde.

    Tableau de Maryvon Riboulet.

    
    
    
  • Léontine à la friperie

    Léontine à la friperie

    Comme elle n’avait rien apporté ce jour-là à la friperie,
    Elle se retrouva vite à poil sans soutif et déculottée.
    Comme ce qui était à sa portée n’était que de la draperie
    Elle s’assit donc devant le poêle pour éviter de grelotter.

    Comme à cette bourse d’échange il n’y avait pas trop de femmes,
    Elle dut attendre jusqu’au soir pour trouver chaussure à son pied.
    Sans aucun habit de rechange pour sortir de ce piège infâme,
    Elle chercha le moindre accessoire mais ne trouva rien qui lui sied.

    Finalement juste une veste qui lui tombait à ras-les-fesses,
    Une paire de bottes jusqu’aux genoux, rien d’autre après mûr examen.
    Personne ne fit le moindre geste et Léontine, je le confesse,
    Demeura cul-nu parmi nous disant « On verra bien demain ! »

    Tableau de Carl Larsson.

    
    
    
  • Des papillons plein la tête

    Des papillons plein la tête

    Ce n’est pas une case en moins que doit déplorer mon cerveau
    Mais trop de cellules en surnombre aux fenêtres grandes ouvertes.
    Tous les papillons sont témoins de ces portes à tous les niveaux
    Qui claquent et qui plongent dans l’ombre mes chambres plus ou moins désertes.

    Ces battements de papillon qui font la pluie et le beau temps,
    Déclenchent violentes tempêtes lorsque souffle un vent de colère.
    Ce n’est pas que j’sois tatillon mais ça m’agace tout autant
    Lorsqu’une larve fait trempette ou niche au creux d’une molaire.

    On dit qu’ils ne vivent qu’un jour mais ce doit être alors de nuit
    Car au milieu de mes nuits blanches, je les entends batifoler.
    Je suis condamné pour toujours à reconnaître que ça me nuit
    Entre les plinthes et les planches de mon encéphale affolée.

    Finalement on est amis bien que je n’en connaisse aucun
    Alors qu’eux-mêmes n’ignorent rien de mes trous de mémoire vides.
    Des lépidoptères ennemis doivent grignoter tout un chacun
    Le moindre délire aérien dont ils sont particulièrement avides.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • L’Europe maigrichonne

    L’Europe maigrichonne

    L’Europe a changé de régime depuis ses diètes intestines
    Qu’elle s’inflige à contrecoup depuis la mondialisation.
    L’agriculture cacochyme et son marasme la destinent
    À se faire mener par le licou de par sa victimisation.

    Amputée de sa langue anglaise qui s’est ralliée à l’Ouest,
    Elle tient sur sa botte italienne et sa péninsule ibérique.
    Mais avec la sauce hollandaise et la graisse qui lâchent du lest,
    Elle est devenue végétalienne sans ses hamburgers d’Amérique.

    La vieille Europe renaîtra peut-être bien un jour de ses cendres
    Mais en attendant elle se fond dans la masse interplanétaire.
    Un jour on lui reconnaîtra de n’avoir cessé de descendre
    Selon l’avis des bas-de-plafond qui lui ont conseillé de se taire.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

    
    
    
  • L’Europe grassouillette

    L’Europe grassouillette

    À son habitude d’engloutir les pays à proximité,
    L’Europe a forcément grossi et ses étoiles multiplié
    Dont celles qui vont s’emboutir dans la surface délimitée
    De sa robe qui la disgracie à force de la déplier.

    Après la Turquie et l’Ukraine, elle va lorgner sur la Russie
    Jusqu’à l’Oural et la Mer Noire sans vraiment d’obstacle majeur.
    L’expansion donne la migraine, commence à sentir le roussi
    Et gare au coup de tamponnoir de cet appétit ravageur !

    Je ne sais pas qui tient les rênes du chariot conquistador
    Vu que tous ses prédécesseurs se sont finalement plantés.
    À moins qu’un Roitelet et sa Reine, obnubilés par un tas d’or,
    Se revendiquent possesseurs d’une arrogance transplantée.

    Tableau de Josie Wren.

    
    
    
  • L’ambassadeur rougissant

    L’ambassadeur rougissant

    Une sirène défroquée ayant perdu sa queue sacrée
    À la suite d’amours douteuses avec un noble au beau parcours,
    Se trouva dès lors révoquée du Club-Neptune consacré
    À déguster la chair goûteuse des capitaines au long cours.

    On nomma un ambassadeur, un poisson commode diplomate
    Pour tâcher de lui expliquer ses devoirs et ses origines.
    Nanti d’un bocal-baladeur – il fallait bien qu’il s’acclimate –
    Il lui pria de rappliquer à la demande de ses frangines.

    Mais la belle garde le bocal emprisonné, au bout du compte,
    Sur une malle dans l’appartement où elle couche avec son prince.
    Confus, gêné dans le local, notre poisson, rouge de honte,
    Tourne le dos obstinément tant qu’on entend ses dents qui grincent.

    Tableau d’Olga Tuleninova.

    
    
    
  • Le Grand Prince du Danemark

    Le Grand Prince du Danemark

    Tout à l’envers chez ce Monarque, un Petit Prince devenu grand.
    Non pas le jeune héros illustre du conte de Saint-Exupéry
    Mais le Prince du Danemark connu pour ses penchants flagrants
    Notamment les milieux lacustres et les poissons de Sibérie.

    Le vendredi évidemment domine toute la semaine
    Par son marché à la criée et ses célèbres poissonnières.
    Il en est une, pertinemment, véritable prouesse humaine,
    Qui livre sa pêche triée selon sa taille chaponnière.

    À chaque fois, on agrandit, on taille portes et fenêtres
    Pour faire passer le léviathan frais pêché du lac Baïkal.
    Dans son habit en organdi, le Prince, il faut le reconnaître,
    Lui accomplit un épatant saut périlleux bien amical.

    Tableau de Handrej Dugin.

    
    
    
  • De la vache enragée

    De la vache enragée

    Quand les pervenches chanteront, les vaches seront bien gardées
    Et les taureaux prendront eux-mêmes le chemin vers les abattoirs.
    Quand les vautours arriveront, leur cuir sera sauvegardé
    Afin de couvrir sans problème nos canapés ostentatoires.

    Quand les sérums et les vaccins issus de la vache enragée
    Seront réservés aux abonnés qui devront prendre toute leur vie
    Un shoot de plus en plus succinct dont l’effet sera prorogé,
    Là, bonnet blanc et blanc bonnet, nous serons tous du même avis.

    Tableau d’Elsa Sroka sur https:www.southwestart.comeventssorrel-sky-jul2020 .

    
    
    
  • Les fleurs penchées

    J’ai beau pencher de tout mon cœur vers les jeunes filles en fleurs,
    Je n’ai pas hélas la main verte pour leurs amours de jardinières.
    Même mes textes chroniqueurs et mes poèmes écornifleurs
    Passent par leurs oreilles ouvertes comme banalité routinière.

    Alors je parle aux plantes mûres qui embellissent avec le temps
    Et je les arrose de vers à l’eau de prose et de rosée.
    À la plus belle, je lui murmure que je l’aimerai toujours autant
    Quand elle sera sèche en sous-verre mais d’éternité composée.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:elizabethprice-ceramic-sculpture.weebly.comsculptures.html .

    
    
    
  • Le pont sur la Nivelle

    Le pont sur la Nivelle

    Sur le pont de Jean de Nivelle, nul ne rétorque à son appel.
    On reste sourd aux bienvenues, on ne répond pas à son nom.
    Ainsi les mauvaises nouvelles ne sont pas transmises à la pelle
    Et aucune disconvenue ne trahira votre renom.

    Impolitesse ? Pas du tout ! Je vous en fiche mon billet !
    Le torrent et ses eaux grondantes dégagent tant de décibels
    Que vous attraperiez la toux à force de vous égosiller
    Et les oreilles correspondantes devenir sourdes de plus belle.

    (Tableau de Louis Dewis.
    Le pont sur la Nivelle également appelé Pont Romain, date du 5eme siècle, il fut reconstruit en 1994, après l’effondrement de la pile centrale, due à la crue. Il a été inscrit aux monuments historiques le 19 mai 1925.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Femmes coccinelles

    Ne dites plus « bête-à-bon-Dieu » mais « femme-en-quête-spirituelle »
    Car, de nos jours, les coccinelles sont l’élytre de l’ascension.
    Le nombre de pois dispendieux définit l’âge contractuel
    Auquel la faute originelle ne condamne aucune dissension.

    Ainsi la femme émancipée arborera autant de pois
    Que de conquêtes amoureuses comptabilisées à son actif.
    Les hommes pourront anticiper à en apprécier le poids
    Selon des offres langoureuses mais à effet rétroactif.

    Photos de Serge Lutens.

    
    
    
  • Les mots pour le dire

    Les mots pour le dire

    Maquillage-écran intégré, c’est bête mais fallait y penser !
    Les joues, le front offrent un support pour exprimer ses sentiments.
    Ainsi vous pourrez dénigrer – et sans parole dépensée –
    Votre entourage ou, sans effort, glisser un petit compliment.

    Tableau de Vincenzo Rizzo.

    
    
    
  • Photomatoises

    Nouveaux passeports du futur, nouvelles photos d’identité !
    Photos en quatre dimensions, longueur, largeur, hauteur et temps.
    Ainsi au fur et à mesure que vieillira votre entité,
    Tout paraîtra avec mention « jeune et jolie depuis longtemps ».

    L’Iris à sa reconnaissance remplace à lui seul une empreinte
    Et le visage enregistré vous fait ressortir de la foule.
    Authentifié dès la naissance, l’état exerce son étreinte
    Homologuée, administrée, on n’a pas peur, on se défoule !

    Photos de Brno Del Zou sur http:brnodelzou.ouvaton.orgv227-2portraits-en-photosculpture .

    
    
    
  • Le veilleur

    Le veilleur

    Aujourd’hui toutes mes cellules célèbrent leur anniversaire ;
    Celles qui meurent et qui renaissent, celles qui pensent avec humour.
    Merci à celles qui pullulent et transmettent mes vœux sincères
    À tous mes amis qui connaissent également le même amour.

    Au fil des mois et des saisons vient le temps des cellules mortes
    Qui vont s’endormir pour toujours et vont retourner à la terre.
    Mais quelque part dans ma maison, il y a un veilleur qui m’emporte
    Vers l’étoile qui créa, un jour, ma quintessence élémentaire.

    Tableau d’Olga Klimova.

    
    
    
  • La toison rousse

    La toison rousse

    Rouille-de-Fonte naquit naguère pendant une éclipse de lune
    Qui transmit à sa chevelure les couleurs de la lune rousse.
    Tous les chevaliers en briguèrent et sa toison et sa fortune ;
    Et on les vit, à toute allure, caracoler dans la cambrousse.

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  • Le rat botté

    Le rat botté

    Sire rat se déculottant bien trop longtemps sous l’éclairage
    Mit l’endurance en examen d’un chat de façon aguichante.
    Quand patience et longueur de temps font plus que force ni que rage,
    Le chat, comme tous les humains, n’est patient que si ça lui chante.

    https:www.lafontaine.netlesFablesafficheFable.php?id=34

    La troisième ligne est la morale de Jean de Lafontaine pour « Le lion et le rat ».

    
    
    
  • L’arbre mère

    L’arbre mère

    Les feuilles élevées au faîte supportent les intempéries
    Et font de l’ombre aux sous-jacentes protégées du feu du soleil.
    La vie me paraît imparfaite, d’abord je nais puis je péris ;
    Après une vie harassante, je pars pour un dernier sommeil.

    Mais tout ça n’est qu’une illusion que m’apportent mes sens humains.
    Comment est la réalité derrière le mur du mental ?
    La mort n’est qu’une confusion et le véritable chemin
    Part de la virtualité vers un réel fondamental.

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  • L’arbre père

    L’arbre père

    Pourrions-nous juger la nature de la cruauté de la vie ?
    « Manger l’autre ou être mangé » est-il péché originel ?
    Moi, quand j’observe l’armature de l’arbre où je suis asservi,
    J’y vois que tout est arrangé selon un plan bien criminel.

    Pourtant je ne suis qu’une feuille qui n’a connu qu’un seul printemps,
    Qu’un seul été pour prospérer, qu’un seul automne pour s’envoler.
    Toutes mes pensées que j’effeuille depuis mes souvenirs d’antan
    Sont des prières pour espérer avec l’univers convoler.

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  • La croisière qui dure depuis 60 ans

    La croisière qui dure depuis 60 ans

    Puisque vous êtes si nombreux à souhaiter mon anniversaire,
    Après m’avoir accompagné dans tous mes rêves féeriques
    Par les passages ténébreux avec tout l’amour nécessaire,
    Laissez-moi donc vous témoigner mon amitié toute euphorique.

    Tableau « les aventuriers du Riscopopoulos » de Nicolas Francescon.

    
    
    
  • La chamalionne

    La chamalionne

    Des racines d’un cœur de lion à l’âme du cœur des étoiles,
    Je relie les eaux de la Terre au feu du Soleil grandissant.
    Et par ce canal, des millions d’énergies sacrées se dévoilent
    Pour raccorder tous les mystères avec mon lion rugissant.

    Carte du tarot Chrysalis « Charmed » Hollysierra.com

    
    
    
  • Météo et coccinelle

    Météo et coccinelle

    Depuis les dernières nouvelles, voyez Madame la coccinelle
    Qui compte les gouttes de pluie par sa robe en boulier à pois.
    Si la grenouille vous rappelle que c’est sa fonction naturelle,
    Faites-lui dire qu’aujourd’hui, ce n’est plus elle qui fait le poids.

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  • L’écriture en filigrane

    L’écriture en filigrane

    Beaucoup de mes amis, souvent, se désespèrent :
    « Écrira-t-il un jour dans les messageries ? »
    Mes meilleures amies, peut-être un jour espèrent
    Une lettre d’amour toute en galanterie (*).

    Mais dans chaque poème, je fais toujours rimer
    Vos gentils commentaires cachés aux interlignes.
    Je mets tous ceux que j’aime, par mon cœur, exprimés
    Comme destinataires à chaque bout de ligne.

    * en réalité, c’est moi qui en attends d’elles mais il ne faut pas le dire à Fabienne 😄 !

    
    
    
  • Sans peur et sans reproche

    Sans peur et sans reproche

    Trônant comme le Sphinx posant l’énigme ultime,
    Sa Majesté le Lion fait appel à ses proches :
    « Léopards, Tigres, Lynx ! Mes amis légitimes,
    Que nous nous appelions, sans peur et sans reproche ! »

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  • La pêche au vert

    La pêche au vert

    Pour bien appâter ma patience, je m’en vais à la pêche au vert
    Dans un camaïeu de nature et de reflets, bien entendu.
    Je vais exercer ma science avec des rimes et des vers
    Que je vais placer en pâture à l’apex de mon fil tendu.

    Apex : extrémité d’une tige ou d’un organe.

    
    
    
  • Le vieux moulin

    Le vieux moulin

    Dressé sur son trône de pierre, le vieux moulin se remémore
    Le temps où il était un dieu pour toutes les tâches humaines.
    La rivière, son équipière, se souvient de ce matamore
    Qui moulait le blé dispendieux, sereinement à la semaine.

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  • Cap sur le fantastique

    Cap sur le fantastique

    Si vous n’avez pas froid aux yeux, empruntez donc la passerelle !
    C’est un passage ésotérique qui se poursuit sous l’océan.
    Le spectacle y est merveilleux, on y voit briller des chandelles
    Qui sont des feux métempiriques qui vous éclaireront, céans.

    Métempirique : au-delà des connaissances uniquement attribuées à l’expérience.

    
    
    
  • Cosmos-express

    Cosmos-express

    La voie express vers les étoiles n’ouvre qu’au coucher moins le quart.
    Balisée d’or et de lumière, elle vous offre le voyage.
    Soudain, le soleil se dévoile, c’est lui qui fixe le départ.
    Dans les voitures en première, bienvenue pour l’appareillage !

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  • L’exception confirme la règle

    L’exception confirme la règle

    Comme partout dans la création, l’exception confirme la règle.
    Je vois sans cesse la nature emprunter des chemins nouveaux.
    C’est comme une interprétation d’une manière un peu espiègle
    De la divine signature répétée à tous les niveaux.

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  • « Vous me plaisez »

    « Vous me plaisez »

    Je sais bien qu’on voit tous les jours le soleil flirter dans les arbres,
    Mais moi, j’y vois un doux baiser, une caresse dans les branches.
    Et je m’y attarde toujours car je ne peux rester de marbre
    Quand j’entends dire « vous me plaisez » fuser dans la lumière blanche.

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  • Un jour exclusif

    Un jour exclusif

    Qu’est-ce qui fait chanter le soleil et rire les balcons en fleurs
    Si ce n’est ce jour exclusif qui rime avec anniversaire.
    Comme une journée de merveille qui unit amour et couleurs
    Et si ce n’est pas abusif, j’t’embrasserai en émissaire.

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  • 69, rue Paradis – 5/6

    69, rue Paradis – 5 (nu

    Quand vous descendrez les marches du gigantesque escalier,
    N’oubliez pas d’aller voir, au bout du rez-de-chaussée,
    L’honorable matriarche qui attend sur le palier.
    Vous devrez, c’est un devoir, lentement vous déchausser.

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  • 69, rue Paradis – 6/6

    69, rue Paradis – 6 (nu

    Pour reprendre votre voiture descendez vers les sous-sols.
    Vous n’aurez pas à chercher, Pénélope vous prends au corps.
    Avec cœur, avec droiture, ne perdez pas la boussole,
    Gardez le sexe haut perché, il vous servira encore.

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  • 69, rue Paradis – 4/6

    69, rue Paradis – 4 (nu

    Il faut monter un étage jusqu’à ce septième ciel
    Qu’on appelle dans la maison « la chambre des mille envies » !
    Faites un petit toilettage, c’est réellement essentiel
    Puis, c’est sans comparaison la femme de votre vie.

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  • 69, rue Paradis – 2/6

    69, rue Paradis – 2 (nu

    La première chambre à droite, on l’appelle la chambre bleue.
    Vous y trouverez Mireille, la donzelle aux seins glacés.
    Là d’une main maladroite, effleurez-les tous les deux,
    Ces mamelles de merveille dressées et très bien placées.

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  • 69, rue Paradis – 3/6

    69, rue Paradis – 3 (nu

    La chambre suivante au fond de l’étendue du couloir.
    Chuchotez à peine son nom : « Julienne, laisse-moi entrer ! »
    Enfoncez-vous au profond de l’intime défouloir,
    Munissez-vous d’un condom puis osez la pénétrer.

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  • 69, rue Paradis – 1/6

    69, rue Paradis – 1 (nu

    Si vous venez en voiture, alors confiez la clef
    À la voiturière blonde qui vous accueille à l’entrée.
    Puis suivez la créature, suivez son cul musclé,
    Elle est un peu furibonde, restez vraiment concentré !

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  • La présence féline

    La présence féline

    Subrepticement elle entre au plus profond de ma vie,
    Délicatement s’amène sur ses pattes de velours.
    Un si joli petit ventre, une boule de magie,
    Un câlin qui se ramène pour une sieste glamour.

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  • Au-delà des espérances

    Au-delà des espérances

    Pour le voyage au-delà de toutes mes espérances,
    J’ai affrété le bateau hérité de mes mémoires.
    Sur les mers de chocolat, j’aspire à la délivrance ;
    Sur des îles de gâteaux, j’installerai mes armoires.

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  • Le réveil à la Prévert

    Le réveil à la Prévert

    J’aime être réveillée en douceur d’un petit bisou, tendrement,
    Et les escargots de Prévert savent si bien m’y préparer.
    Je suis couchée dans l’épaisseur de la feuille bien proprement ;
    Je laisse un côté entrouvert mais je fais mon lit séparé.

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  • Juste avant de dormir

    Juste avant de dormir

    Juste avant d’aller dormir il m’attend à l’horizon
    Pour me souhaiter bonne nuit en lançant son rayon vert
    Dans les draps de cachemire qu’il étend en floraison
    Sur un ciel bleu-de-minuit mêlé d’orange entrouvert.

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  • Destination Lune

    Destination Lune

    Comme j’étais un polisson qui semait partout ses poèmes
    Certains m’ont envoyé promener de l’autre côté de la Terre.
    Alors j’ai pris mes calissons et pris la route de bohème
    Et mon destin m’a emmené examiner d’autres cratères.

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  • L’appartement nu – 4/4

    L’appartement nu - 4 (nu

    Quand j’ai montré mon petit oiseau, la troisième m’a montré le sien,
    Perché devant son tabernacle comme un gardien sur son trésor.
    Elle m’a dit : « Toi, mon damoiseau, il va falloir mettre du tien ! »
    Alors pour contourner l’obstacle mon sexe a pris tout son essor.

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  • L’appartement nu – 2/4

    L’appartement nu - 2 (nu

    La première n’avait qu’un chapeau, les nichons et le cul à l’air.
    Je la reconnus tout de suite à ses bonnets bien pommelés.
    Elle m’a ôté mes oripeaux et sur un ton de Baudelaire,
    Après m’avoir toisé ensuite, m’a servi de son tonnelet.

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  • L’appartement nu – 3/4

    L’appartement nu - 3 (nu

    La deuxième ne parlait pas, juste son corps, surtout ses seins
    Qui me regardaient dans les yeux me tutoyant de mots d’amour.
    Hypnotisé par ses appâts j’ai bien deviné ses desseins.
    Je suis resté bien silencieux car dans le sexe, il faut de l’humour.

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  • L’appartement nu – 1/4

    L’appartement nu – 1 (nu

    Elles vivaient toutes les trois nues
    Dans un appartement menu.
    Je remontais sur l’avenue,
    Soudain je les ai reconnues.

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  • Quelle est la couleur du cheval blanc ?

    Quelle est la couleur du cheval blanc ?

    Il n’a pas de couleur, il n’a pas de patrie.
    Dans le soleil du soir, il devient flamboyant,
    Dans le brouillard voileur, il mue argenterie,
    Et la nuit dans le noir, carrément non-voyant.

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  • L’expression de la Terre

    Quand la terre s’exprime et parle avec le ciel,
    Ils s’échangent des messages en volutes de fumées.
    Ses entrailles de feu exposent l’essentiel
    Et c’est l’eau qui traduit comme à l’accoutumée !

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