Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Un petit moment de féérie

    Au Bois-Dormant on est en liesse ! Notre princesse est revenue !
    Un faux prince l’avait séduite et emportée on ne sait où !
    Un homme, hier, avec hardiesse nous avait, c’est vrai, prévenus ;
    « Votre dame hélas éconduite retournera demain chez vous ! »

    Les elfes dansent, le cœur en joie ; les fées allument les lampions ;
    Tous les esprits de la forêt s’animent d’une verve sereine.
    Devant leurs portes, les villageois veulent faire honneur au champion
    Qui leur ramène, déshonorée mais saine et sauve, leur souveraine.

    Mais soudain on le reconnaît : « C’est lui qui nous l’avait ravie ! »
    Alors le silence se fait, il parle d’un air triomphant :
    « Il y a un an, je braconnais ; il me fallait gagner ma vie ;
    Je l’ai enlevée, en effet, mais elle est mère de mes enfants ! »

    Perplexité dans l’assemblée. On hésite entre haine et grâce.
    Les elfes sont au garde-à-vous, les fées suspendent l’instant qui luit.
    Devant ses sujets rassemblés, débarrassée de sa disgrâce,
    Le cœur transi, elle l’avoue : « Je n’ai jamais aimé que lui ! »

    Tableau de David LaChapelle.

    
    
    
  • Quand l’homme-loup sort du bois

    Panique en terrain Helvétique ; l’homme-loup est sorti du bois,
    Les troupeaux étaient menacés et l’on craint pour le loup-garou
    Dont l’ombre rouge et hérétique sous la pleine Lune flamboie !
    Un vent de folie angoissée s’avance sur les chapeaux de roue.

    Mais le voici sur la clairière, la silhouette à découvert ;
    Seuls quelques rapaces nocturnes ponctuent le silence immobile.
    Soudain il force la barrière et franchit le portail ouvert
    Sous une Lune taciturne et son halo indélébile.

    Or la Lune est devenue rousse car la Terre l’a éclipsée ;
    Moment tragique, astronomique, générateur de désespoir.
    Dans l’atmosphère qui se courrouce, bientôt une femme sera fixée ;
    Celui qui vient, fantomatique, est peut-ĂŞtre son dernier espoir.

    Faut-il lui faire bon accueil ? Elle frémit sous l’ombre mouvante,
    Ses yeux perçant l’éclipse noire d’où émerge un ancien serment.
    L’homme-loup parait sur le seuil, sa voix rauque et douce l’enchante,
    Puis dans un geste incantatoire, l’emporte vers le bois dormant.

    Tableau de Robert Frondozio.

    
    
    
  • IX L’Ermite

    Yavänor

    IX	L’Ermite

    La spirale du retrait
    Elle ne marche pas mais elle spirale dans une danse lente et juste ;
    Retirée de la société, elle ne fuit pas mais se recentre.
    Sortie des pensées carcérales d’un monde souvent trop injuste,
    Elle évolue à satiété depuis l’intérieur de son ventre.


    Le serpent de la connaissance
    Sa connaissance reptilienne se développe et reconnecte
    L’art muet que ses yeux expriment car la parole est déloyale.
    Or sa sagesse autant ancienne que mystérieuse fait la collecte
    De sa lumière qui s’imprime dans ses volutes mémoriales.


    La flamme intérieure
    Alors son cœur se met en transe et l’ermite se fait danseuse
    Car le feu au sein du vivant transmue sa futile solitude.
    Elle effectue ses pas de danse et soudain devient l’annonceuse
    Des expériences se ravivant dans une sage infinitude.


    Les cercles de fleurs
    Les fleurs des différentes spires rappellent les épreuves subies ;
    Des souffrances évanouies aux victoires épanouies.
    Pour le meilleur et pour le pire, chaque intention, chaque lubie
    Devient symbole qui éblouit de révélations inouïes.


    Le lien invisible
    Le serpent semble l’attacher mais en vérité s’assimile
    À la profonde intimité du corps, du cœur et de son âme.
    Et de ses deux mains harnachées sur les écailles du reptile,
    Il crée un lien illimité qui lui donne l’aspect d’une femme.


    La traversée du silence
    Et cette tête de serpent représentée par son visage
    Écoute les étoiles en silence et lui renvoie le chant cosmique
    Qu’elle retransmet en l’extirpant par un complexe balisage
    Tout en gardant sa vigilance par sa pantomime eurythmique.


    Le retour du veilleur
    Lorsqu’elle revient de sa retraite, son organisme est transformé ;
    La vérité de l’expérience sort par ses yeux et nous inonde.
    Mais l’Ermite restera secrète sans propension à informer
    De son pouvoir de clairvoyance qui pourrait éclairer le monde.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • VIII La Justice

    Laureline

    VIII	La Justice

    Le cœur et le calice de Laureline
    Elle commence avec le cœur et le calice la recueille.
    La Justice n’est pas jugement mais équilibre pertes et profits ;
    Elle pèse souffrances et douleurs avec l’agrément qu’elle accueille
    Sans condamner mais assumant l’impartialité indivis.


    L’épée droite de Loreleï
    Elle ne tranche que l’illusion et sépare l’ombre de la lumière.
    L’épée de Loreleï à droite ne punit pas mais clarifie ;
    Elle désigne la confusion, dévoile la vérité première
    Et guide de façon adroit sans dominer mais qualifie.


    Le miroir de l’âme
    Dans le miroir de la Justice, l’âme alors se découvre nue.
    Sans honte, sans orgueil, sans audace mais par responsabilité ;
    Par ses bienfaits, ses préjudices, l’âme est entièrement reconnue
    Les déséquilibres sont loquaces avec toute crédibilité.


    L’écoute du souffle intérieur
    Elle accorde à son diapason le cœur qui vibre en harmonie.
    La Justice se fonde sur l’écoute du souffle de l’âme vivante ;
    Laureline atteint la pâmoison avec grande parcimonie
    Mais aussi, bien qu’il lui en coûte, elle peut brandir l’épée fervente.


    Le Verbe mis Ă  nu
    Au commencement était le verbe, à la Justice de conclure.
    Chaque mot est aussi léger qu’une plume et lourd comme une pierre ;
    L’épée de Loreleï, acerbe, saura l’inclure comme l’exclure,
    Accuser ou bien protéger la langue qui parle la première.


    Le jugement sans punition
    L’ÏÄMOURÏÄ rééquilibre ; il n’y a pas de châtiment.
    Toute erreur devient un leçon qui nous permettra d’avancer ;
    L’épée de Laureline recalibre, celle de Loreleï également ;
    Les deux ensemble sans façon réparent ce qui est offensé.


    L’Équilibre royal
    Assise entre l’épée et la coupe, Laureline assume la Justice.
    Par l’union du discernement, de l’amour et la compassion.
    Dans ce fondement se regroupent toutes les lois qui aboutissent
    À l’ÏÄMOURÏÄ justement fondé par l’accréditation.

    Tableau de Maryvon Riboulet

    
    
    
  • Juste la science ?

    Juste la science ?

    La science se veut juste comme une justice aveugle
    Qui ordonne le monde selon sa vérité.
    Or la loi est injuste envers celui qui beugle
    Contre un progrès immonde pour la postérité.

    La science éblouit, elle devient nécessaire.
    Que chacun en devienne l’esclave tributaire !
    Chaque étape inouïe fait qu’l’étau se resserre
    Jusqu’à ce qu’il parvienne à détruire la Terre.

    Je n’suis pas pessimiste ni anti progressiste
    Sauf lorsque la science devient « La » religion
    Qui mène les optimistes et les controversistes
    À vivre en inconscience ; hélas, ils sont légion.

    Tableau de Youri Ivanov sur www.jouriskunst.nosd-world .

    
    
    
  • Manipulation

    Manipulation

    Je suis en équilibre instable entre mes deux fondamentaux ;
    L’un qui parle au fond de moi-même, l’autre qui me parle comme un moule.
    Un moule souvent contestable de trop d’exercices mentaux
    Pour m’adapter à ceux qui m’aiment mais qui me font tourner la boule.

    Vais-je tomber dans la confiance et lâcher prise aux inquiétudes ?
    Vais-je lutter dans la conscience pour sauver ma propre quiétude ?
    Vais-je agir avec méfiance et adapter ma solitude ?
    Vais-je sombrer dans l’inconscience et accepter ma servitude ?

    Si la vie ne tient qu’à un fil, qui maintient les deux bouts ensemble ?
    Un Dieu, un ange ou un démon ? Ou les trois Parque au sécateur ?
    On dit qu’à la mort tout défile des souvenirs qui nous ressemblent ;
    Moi, j’aspire à voir en amont comme en aval, l’opérateur.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • L’obseinsion

    L’obseinsion

    Toute obsession du mamelon commence, nous nous en doutons,
    Par la poitrine nourricière, véritable nectar des dieux.
    Plus tard, la rondeur d’un melon et son pédoncule en bouton
    Éveillera l’envie outrancière de rallier le sein glandilleux.

    Suivez la flèche du regard des mamelles qui observent en face
    L’amant qui retrouve le sens qu’il a perdu depuis l’enfance.
    Qu’il est bon de se perdre, hagard, dans cette moelleuse interface
    Pour en respirer toute l’essence du corps féminin, sans offense !

    Le bébé connecté au sein fait toujours partie du réseau
    Auquel l’humanité relie tout l’héritage de sa lignée.
    Plus grand, il mettra Ă  dessein ce qui fait de lui le roseau
    Pensant qui devient aveuli à cette obseinsion désignée.

    Illustration de Lorenzo Mattotti sur http:lorenzomattotti.blogspot.compillustrations.html .

    
    
    
  • Le sens de l’amour

    Si le sens de l’amour existe, il doit suivre la pointe du sein
    Vu qu’il est en forme de flèche ciblant le mâle triomphant
    Dont l’œil du phallus, plus sexiste, lorgne plutôt vers son bassin
    Sauf s’il se montre un peu revêche à lui fabriquer des enfants.

    L’amour n’est pas en ligne droite mais tout en courbes quant aux meufs
    Et Cupidon lance ses flèches avec empennage voilé.
    Mais cette technique maladroite dessine des soixante-neuf
    Et nos deux amants tĂŞte-bĂŞche ne savent plus trop oĂą aller.

    Illustrations de Lorenzo Mattotti sur http:lorenzomattotti.blogspot.compillustrations.html .

    
    
    
  • L’hommage papillon

    L’hommage papillon

    Dans la famille des Sylphides, après une enfance anonyme,
    À la fin de la puberté, sonne le temps de la nymphose ;
    Chacun sort de sa chrysalide et tous se regroupent unanimes,
    Puis s’envolent vers la liberté pour fêter leur métamorphose

    Pour rendre hommage aux papillons, les fées se mettent à danser
    Imitant leurs battements d’ailes de leurs chevelures dorées.
    Et tournent, tournent en tourbillons leurs jolis corps nus élancés
    Qui renvoient comme une chandelle leurs fluides au fond de la forĂŞt.

    Et l’effet papillon produit par le fait des lépidoptères,
    Un égrégore Dieu des vents qui ondule en forme de huit.
    Ce sera tout pour aujourd’hui car demain autour de la Terre
    Les nuées au soleil levant transmettront la bourrasque induite.

    Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .

    
    
    
  • Reflet d’espoir

    Reflet d’espoir

    Mon beau miroir qui me renvoie, après avoir bien réfléchi,
    Mon joli teint suivant son tain et qui m’efface mes points noirs,
    N’est pas menteur – puisque sans voix – ni imitateur défraîchi ;
    Juste un ami de bon matin qui m’accompagne jusqu’au soir.

    Il ne retourne que des reflets de l’air du temps purifié ;
    Il ne réverbère que vertu cachée dans les ombres moroses.
    S’il vous reproduit un pamphlet, bien fou qui pourrait s’y fier
    Car il s’applique, il s’évertue à vous faire voir la vie en rose.

    Comme un ami qui ne dit rien mais qui me suit fidèlement,
    Jamais ne me contredira ni trahira mes émotions.
    Ô que ne sois-tu ivoirien, mais doté individuellement
    De parole qui me prédira mon avenir sans inversion !

    Photo de Cecil Beaton.

    
    
    
  • Grande fille

    Finie l’heure des enfantillages, désormais elle est amoureuse.
    Mais pour de vrai évidemment, les précédents ne comptent pas.
    Tous ses efforts en maquillage et toutes ses pauses langoureuses
    Ont ferré concomitamment quelques jeunes coqs de combat.

    Se faire belle est une science aussi précise que primordiale
    Et mettre son corps en valeur, le meilleur signe de richesse.
    Sans doute qu’un peu d’insouciance favorise l’entente cordiale…
    Moins qu’un petit haut enjôleur et une jupe ras-les-fesses !

    Un dernier coup d’œil au miroir. Chercher le détail outrageux
    Qui sera l’avertissement de l’appas le plus désarmant.
    Soudain elle retire d’un tiroir un string bien plus avantageux
    Le meilleur l’investissement pour pécho le prince charmant.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

    
    
    
  • Petite fille

    Avec le chat comme complice qui jamais ne la trahira,
    Elle a volé quelques affaires dans la penderie de maman.
    Être petite, quel supplice ! Mais rien ne la contrariera
    À aiguiser son savoir-faire à grandir prématurément.

    Sous la direction des poupées, elle continue ses essayages :
    Robe de dentelles transparente, suggestive voire polissonne ?
    Les cheveux ? Faut-il les couper ? Peut-être un peu de maquillage
    Pour que sa frimousse s’apparente à celle d’une grande personne.

    Le minet désapprobateur fait mine de se désintéresser
    Aux derniers échos de la mode du petit mannequin en herbe.
    Mais faute d’autre admirateur et s’il veut être caressé
    Il faudra qu’il s’en accommode et miaule en la trouvant superbe.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

    
    
    
  • MĂ©tamorphoses

    Métamorphoses

    Quand les prochaines gestations verront naître des aberrations
    Grâce aux conseils déblatérés par de drôles de polichinelles,
    Nous pleurerons les mutations des prochaines générations
    Une fois l’ADN altéré par le graphène originel.

    Par le vaccin de la discorde de l’arbre de la méconnaissance
    Nous allons vivre tous ensemble une joyeuse apocalypse.
    Et si tous les peuples s’accordent à obéir en connaissance
    Alors l’humanité ressemble à une race qui s’éclipse.

    Pas plus de virus dans la pomme que de survie par le vaccin
    Le serpent a changé de peau et revêtu l’habit de science.
    Et cette pandémie, en somme, n’est qu’un moyen des plus succincts
    À nous transformer en robots esclaves de notre inconscience.

    Illustration de Chiara Aime.

    
    
    
  • Mon petit bocal

    Mon petit bocal

    Je distille ma propre liqueur qui s’écoule du canal du cœur
    Grâce à l’essence que je recueille et au spirituel que j’accueille.
    Et si vous voulez y goûter, je vous invite à écouter
    Les voix des anges viticoles qui changent le suc en alcool.

    Si vous trouvez que mon local se réduit au petit bocal,
    Sachez que sa capacité égale sa sagacité.
    Ce que l’on voit à l’intérieur paraît plus grand que l’extérieur
    Cette source est la résurgence de mon éternelle jouvence.

    Tableau de Viaggio Magico.

    
    
    
  • Les nouveaux hĂ©ros

    Les nouveaux héros

    Aujourd’hui, on devient héros par la puissance dégagée
    Par ce qui nourrit les banquiers et tire les nerfs de la guerre.
    La suite au prochain numéro ? Toutes les forces engagées
    Pour protéger sur l’échiquier le roi et sa reine vulgaire.

    À qu’elle sauce serons-nous mangés ? Tout est déjà anticipé !
    Nous serons pucés et parqués comme gibier provisionné.
    D’ailleurs, ça doit les démanger puisqu’ils ont déjà dissipé
    Poisons et virus embarqués dans leurs vaccins empoisonnés.

    Illustration de Paweł Kuczynski.

    
    
    
  • Les femmes et les trois petits singes

    Les femmes et les trois petits singes

    Tellement de sourds sur la planète qui soutiennent ne rien entendre ;
    Tellement d’aveugles sur la Terre qui, eux, prétendent ne rien voir ;
    Tellement de gens sur internet qui, la main, refusent de tendre ;
    Tellement de muets solitaires qui se taisent sans le savoir…

    Les femmes crient à la fenêtre mais les sourds ne peuvent l’admettre ;
    S’il faut, elles se montrent nues mais les aveugles n’ont rien vu ;
    Elles s’expriment sur les réseaux mais on les traite de noms d’oiseaux ;
    Elles ont beau s’ casser les méninges, l’homme moderne reste un singe.

    Photo d’Ormond Gigli.

    
    
    
  • Les souris du Moulin Rouge

    Les souris du Moulin Rouge

    On pourra dire ce qu’on voudra mais les souris du Moulin Rouge
    Attirent toujours les matous lorsqu’ils débarquent à Paris.
    De l’Opéra aux petits rats, ils ne ratent rien de ce qui bouge
    Dans la capitale, avant tout, oĂą la nuit tous les chats sont gris.

    Tableau de Colette Brunelière.

    
    
    
  • L’amour de la mort

    Subitement je vis la mort, habillée d’étrange façon,
    Tenter en se pinçant le sein de m’attirer dans ses filets.
    Et je l’embrasse et je la mords pour satisfaire à la leçon
    Et elle, d’un sourire assassin, se retourne pour m’en filer.

    Je fais l’amour avec la mort ou bien la mort avec l’amour
    Mais finalement satisfaite, elle s’endort pour décompresser.
    Alors je m’enfuis sans remords, sachant très bien qu’un de ces jours
    Elle me souhaitera ma fête mais bon, je ne suis pas pressé.

    Illustration de Alberto Vargas.

    
    
    
  • La flamme de ma vie

    La flamme de ma vie

    « L’obsolescence est programmée, plus rien ne sera comme avant !
    Une fois sa flamme consumée, la femme s’en va en fumée. »
    Ainsi parlait, d’avoir ramé le long du canal déférent,
    Un spermatozoïde consommé dans un petit jet parfumé.

    (Photo de Luciana Urtiga.
    Le canal déférent permet aux spermatozoïdes de sortir de chacun des testicules et de rejoindre la prostate.)

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  • La femme bleue

    La femme bleue

    La femme bleue chauffe bien mieux car l’amour à température
    Saisit le cœur de son amant à la poêle ou la casserole.
    Et son fourneau, fort ingénieux, permet la parfaite emboîture
    Jusqu’à l’orgasme, évidemment, je vous en donne ma parole.

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  • La mort du jour

    La mort du jour

    Quand le ciel ferme sa paupière sur la pupille crépusculaire,
    Il montre la futilité de ce qui fut cette journée.
    Demain sera pareil qu’hier, le présent est corpusculaire ;
    Seule compte la subtilité de la mort cent fois ajournée.

    Photo de Phil Koch « on the edge ».

    
    
    
  • Les trois lionnes

    Les trois lionnes

    Quand la lionne est positive, elle materne, elle rassure ;
    Quand la lionne est négative, elle soulage ses blessures ;
    Parfois, c’est sa neutralité que je recherche pour m’apaiser ;
    Parfois, sa combativité afin de me galvaniser.

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  • Le blues de la guitariste

    Le blues de la guitariste

    Tous mes accords se sont barrés avec un Do Majeur septième ;
    Ma chanterelle est à pleurer, elle est toute désaccordée.
    Mes partitions sont égarées et j’ai raté mon requiem
    Le manche peine à m’effleurer et ma guitare est sabordée.

    La chanterelle est la première corde, la plus fine et la plus aiguë de la guitare.

    
    
    
  • La joie

    La joie (racisme ?)

    Ah que j’aime la joie lorsqu’elle se communique
    Et qu’elle nous aide à relier toutes celles qui nous ressemblent !
    D’abord au sein des villageois qui devient vite astronomique
    Et qui nous pousse à rallier les mots qui vont très bien ensemble.



    L’image m’a Ă©tĂ© censurĂ©e par Facebook sans raison valable. La seule explication serait l’enfant nu dans l’ombre et dont on ne voit quasiment rien mais je n’en sais rien.

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  • L’ivresse des tournesols

    L’ivresse des tournesols

    Après avoir perdu le nord, j’ai éparpillé mes pensées
    Par l’ivresse des tournesols dans les champs de fleurs en sommeil.
    Le cœur à nu, mon corps honore, en se sentant récompensé,
    Toutes ces précieuses boussoles qui mènent au pays du soleil.

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  • Les groseilles poivrĂ©es

    Les groseilles poivrées

    Je me souviens de ce vieil arbre derrière le chemin des vaches
    Où brillaient comme des rubis ces perles rouges et poivrées.
    Je ne pouvais rester de marbre, je me rougissais les moustaches (*)
    Quand je mangeais à gros débit mes groseilles tout enfiévré.

    * Moustaches que je n’avais pas encore, à l’époque.

    
    
    
  • En route vers l’utopie

    En route vers l’utopie

    Sa route a l’air un peu loufoque, d’autant plus que je suis rêveur,
    Mais toutes les nuits je l’enjambe, ma passerelle bien fidèle.
    Et ce besoin est équivoque car il m’apporte la saveur
    De l’adorable jeu de jambes de ma colombe à tire-d’aile.

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  • Paradimanche

    Paradimanche

    Plutôt qu’un seul jour par semaine, que m’endimanche la nature !
    Que les lundis soient en couleurs et les mardis dans des balades ;
    Les mercredis, on se promène ; les jeudis en villégiature ;
    Tous les samedis sans douleurs ; les vendredis en camarades.

    Et le dimanche sera le jour
    Où tous ensemble ferons l’amour.

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  • VĹ“unise

    Vœunise

    Et si tu passais ce dimanche en amoureux avec tes âges,
    Tous ceux qui t’ont accompagné(e) et que ton âme divinise ?
    Revêt une belle tenue blanche car je t’offre un nouveau présage ;
    Ce joli vœu dans ton panier : un petit voyage à Venise !

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  • L’art cul-buteur

    L'art cul-buteur (nu

    Afin de bien faire l’honneur Ă  toutes femmes de bon goĂ»t,
    J’ai pour vous une exposition de mimĂ©tisme sans pudeur.
    Si vous voulez faire mon bonheur, sans insolence et sans dégout,
    Vous n’aurez qu’Ă  prendre position et je serai le culbuteur.

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  • Semis d’amis

    Semis d’amis

    Ça me fait toujours plaisir de penser à mes amis
    Parfois je me fais des plans comme des cartes postales
    Je m’amuse avec les ombres des souvenirs en semis
    Que je cultive au soleil de ces amitiés cordiales.

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  • Ă€ poil, Chapeau

    À poil, Chapeau

    Je ne me vêts que de chapeau, les nichons et le cul à l’air !
    N’y voyez aucune impudeur, c’est Ă  cause de la chaleur.
    Alors hissez bien vos drapeaux pour cette nudité stellaire
    Que je vous offre sans pudeur mais peut-ĂŞtre pour votre malheur !

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  • Sous les feux de l’étĂ©

    Sous les feux de l’été (nu

    Sous le brasier de l’été, je ne peux vivre que nue ;
    Peau dorée à souhait cuite dans son propre suc.
    Sans cesse, toilettée sous les douches continues,
    Il me faut vous l’avouer ma fraîcheur devient caduque.

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  • L’ombre du chat

    L’ombre du chat

    Dans le regard du guépard, on voit le cousin du chat
    Qui fait patte de velours pour rechercher le câlin.
    Doucement il se prépare, d’une touche de pacha,
    À tuer l’animal balourd qui viendra faire le malin.

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  • Passer sous le pont

    Passer sous le pont

    Passer sous le pont, éviter l’obstacle,
    C’est avoir la foi pour le traverser.
    Mais le cœur répond dans mon habitacle
    Mais je sens parfois ses larmes versées.

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  • Le daim gaulois

    Le daim gaulois

    À dédain et demi, ce daim gaulois se gausse
    À aimer son reflet jusqu’alors l’embrasser.
    Est-ce une épidémie ? J’ai vu même ses gosses,
    Le museau éraflé d’être trop empressés.

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  • Les femmes dunes – 1

    Les femmes dunes - 1

    J’n’en peux plus de toutes ces femmes qui se font caresser le dos
    Et dont le vent souffle les plaintes depuis les bosses et puis les creux.
    Mon cœur est devenu affame de promener ma libido
    Et je vous chante ma complainte tout seul dans ce désert ocreux.

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  • Matin brumeux

    Matin brumeux

    Matin brumeux Ă  ma fenĂŞtre
    L’air est bien lourd et étouffant
    Bar écumeux au baromètre
    J’en suis balourd et rebiffant.

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  • Le papillon d’étĂ©

    Le papillon d’été

    Le papillon estival préfère vivre à la campagne,
    Butiner les jeunes fleurs d’essence hallucinogène.
    Il ne connait de rival pour conquérir sa compagne
    Que des nigauds persifleurs, papillons aborigènes.

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  • La sirène du sud

    La sirène du sud

    Parfois je la vois nager dans les méandres des songes
    Qui ondoient entre deux eaux dans le bleu des mers du sud.
    Elle s’est aménagé un appartement d’éponges
    Parmi l’étrange réseau des australes latitudes.

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  • Le voyage sans fin

    Le voyage sans fin

    Partir Ă  deux amoureux, prendre le train du destin,
    C’est aller vers l’infini sans s’écarter du chemin.
    Faire un circuit savoureux, faire de sa vie un festin,
    C’est n’avoir jamais fini de se tenir par la main.

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  • La pĂŞche de sagesse

    La pĂŞche de sagesse

    Quand je vais me promener le matin en bord de mer
    Je lance tous mes filets parmi tous les paysages
    Juste une méditation en marchant dans les chimères
    Et je récolte tous les jours des pensées toujours très sages.

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  • Le coup du couchant

    Le coup du couchant

    Dis, me le referas-tu, le coup du soleil couchant ?
    Moi, je fais l’interrupteur, j’ai la main sur le poussoir
    Toi, tu allumes les étoiles et diminues le courant
    Et après on joue : « journuit » pour matin, midi et soir !

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  • Quand les chiens seront libres

    Quand les chiens seront libres

    À quoi rêvent les chiens quand ils sont assoupis ?
    Là, au pied de l’échelle il rêve à s’élever
    Dans la meute des loups, loin des chiens accroupis
    Qui ont brisé leurs chaînes et se sont soulevés !

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  • Des liens de lumière

    Des liens de lumière

    Et si je t’attachais de mes liens de lumière
    Voudrais-tu t’échapper ou voudrais-tu rester ?
    Et si je te disais que tu n’es que poussière
    Et que sur cette Terre, c’est ainsi que tu es testé ?

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  • Le bouquet des pierres-paon

    Le bouquet des pierres-paon

    Dans les pas de Peter Pan, j’ai mon enfant intérieur ;
    Jamais n’a voulu grandir, jamais voulu obéir.
    Tout le monde a essayé de me traiter d’inférieur ;
    Sans cesse j’ai voulu m’enfuir, sans cesse désobéir.

    Ça commence par Papa, ça commence par Maman.
    Tous deux veulent que je ressemble à une personne de leur rang !
    J’étais un petit enfant et j’étais bien confiant,
    J’ai cru tout ce qu’ils disaient comme un effet boomerang.

    Après, c’était à l’école devant tous mes professeurs
    Qui voulaient me concentrer de toute mon attention
    Sur les lois et les contrats comme mes prédécesseurs
    L’avaient fait bien avant moi avec meilleures mentions.

    J’ai dû apprendre un métier pour entrer en société.
    Pourquoi pas l’informatique ? La voie était bien tracée !
    J’ai graissé tous les rouages : travailler à satiété,
    Entrer en compétition, finir le meilleur racé !

    Mais tout ça c’est ressembler à la volonté d’un monde
    Qui n’est pas vraiment le mien et que mon âme rejette.
    Comment retrouver ma voie loin de cette boue immonde
    Qui m’encrasse tout mon être et m’enterre dans ma cagette ?

    Pour retrouver mon Ego, j’ai dû tomber de très haut ;
    Pour revenir sur mes pas, déverrouiller la targette ;
    Pour recouvrer tout mon cœur et rejoindre le Très-Haut.
    Maintenant que j’ai compris, je suis devenu Prophète !

    Aujourd’hui je suis brisé, le corps marqué de l’écho
    Qui m’a fait dégringoler d’une vanité virtuelle.
    Aujourd’hui je suis plus fort, corps, cœur, esprit ex-aequo
    Et l’intuition de mon âme éternelle et spirituelle !

    Tableau de Fabienne Barbier