🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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La chasse à la sirène – 3

Elle m’encercla de ses cuisses, plus souples qu’un filet de varech,
Et dans ses yeux brûlait la mer, un gouffre de sel et de fièvre.
J’y tombai comme un naufragé qui ne sait si c’est un remake
Et fuit le flot qui le dévore, puis vient s’y fondre à pleines lèvres.
Sa peau vibrait de mille vents, sa bouche aspirait mon courage,
Et chaque écume au creux des reins fur un effroi d’adolescent.
Elle m’enseigna l’adoration d’un cri poussé par tant de rage,
Le corps offert comme un autel, le baiser fou, incandescent.
Puis, dans un rire de tempête, elle me relâcha soudain ;
J’étais brisé ,infiniment heureux d’avoir connu ses pièges
Car la sirène n’est pas nuisible mais c’est comme un coup de gourdin
Vers un abîme où l’on renonce à sa vie qui s’y désagrège.Texte d’Alysée Rose et Tableau d’Antonyuk.
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La chasse à la sirène – 2

Quand ses longs cheveux ruisselants eurent couvert le pont souillé,
Elle s’étira, tout en langueur, en soupirant comme une amante.
Les rivières se cristallisèrent, suspendues à ses reins mouillés,
Et la nuit tressaillit de peur face à ses écailles éclatante.s
Elle étendit ses deux poignets vers la pleine Lune enivrée,
La gorge offerte aux marées folles et les seins dressés aux étoiles.
Le vent lui fit frémir la peau, la vague l’ourla d’un secret,
Comme une nef qui se dévoile en hissant sa plus grande voile.
Puis elle chanta sans pudeur, la bouche rouge incandescent,
Un chant qui fit trembler les terres, les ports et les quais d’allégresse.
Et moi, pauvre chasseur d’hier, je n’étais qu’un adolescent
Saisi de vertiges amers mais mordu par tant de caresses.Texte d’Alysée Rose et Tableau de Monika Luniak sur https:www.artmajeur.commonika-luniak .
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Automne
Le Banquet des Quatre Jardins Intimes




De Laureline, j’ai bu ses seins mûrs et croqué ses fruits défendus ;
Je me suis abreuvé au creux des sources du Mont de Vénus,
Rassasié de ses murmures d’amour par mon sexe tendu
Qui a pompé le vin ocreux de sa vigne vierge en bonus.
De Loreleï, j’ai lapé l’écume jaillie de ses lèvres entrouvertes ;
J’ai goûté l’huître de sa chair et ses perles aux saveurs de sel,
Son vagin où poussent légumes, chou-fleur, roses et pommes vertes
Et croqué l’étoile si chère à mon cœur qu’elle l’ensorcelle.
De Lilith j’ai eu les bourriches pleines de moules et de tellines ;
Des miches de pain des moissons pétries dans ses cuisses ouvertes.
J’ai tété ses mamelles riches d’un lait de couleur opaline
Et une soupe de poissons avec laitue romaine verte.
De Ledal, nouvelle cuisine gastronomique et diététique !
Toutes les eaux plus transparentes les unes que les autres et gazeuses
Beaucoup d’odeurs qui avoisinent fumets et arômes exotiques ;
Dégustations exaspérantes en aveugle et toujours oiseuses.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
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Automne
Les Jardins des Quatre Éléments


Yavänor
Un feu qui brûle assidûment d’une énergie renouvelée
Par l’ardeur d’une femme-lionne, précurseuse et instigatrice,
Qui a voulu résolument participer et modeler
Un jardin ou l’amour rayonne de compétences inspiratrices.
Les terres du dessus émergées issues du Féminin Sacré
Qui fait miroir en vis-à-vis à deux mondes entrelacés,
Les eaux du dessous immergées de féminité consacrée,
Sont deux jardins où l’eau-de-vie est souveraine panacée.
Mais l’atmosphère la plus riche et l’espace le plus florissant
Sont ceux de notre illustratrice qui nous a insufflé son art.
Sur nos territoires en friche, elle a dessiné de puissants
Des plantations révélatrices dignes de Maître Léonard.
Laureline
Je me dépouille de mes voiles pour livrer mon cœur de lumière,
Mes charmes se dressent en brasier au centre du jardin consacré.
Mes seins sont de puissantes étoiles d’une constellation mammaire
Mes yeux deux soleils extasiés du feu du Féminin Sacré.
Loreleï
Je laisse s’écouler mes veines dans le sillage de la mer,
Mes hanches sont deux isthmes offerts aux jeux des dauphins amoureux.
Mes seins jaillissent en fontaines, mes cuisses s’ouvrent aux vents amers
Et mes yeux comme deux abîmes où se perdent tes vœux langoureux.
Lilith
Je suis la chair originelle, matrice ardente et ténébreuse,
Mes flancs sont les volcans ouverts d’où jaillissent les terres fertiles.
Les montagnes sont mes mamelles, les grottes mes vulves nombreuses
Et mes yeux, gouffres à découvert, où plongent les pics érectiles.
Ledal
Son ciel est beauté ineffable, son corps un miracle invisible,
Ses seins sont deux Nouvelles Lunes, son sexe un trou noir dérobé.
Ses cuisses appartiennent aux fables, ses yeux aux mondes indivisibles
Et tout ce qui fait sa fortune, c’est sa peau de fards enrobée.Illustrations de Ledal.
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Automne
Les Jardins Cosmiques


Yavänor
Tout commence avec Laureline, femme aux amours éblouissantes
Et se poursuit avec Loreleï, femme aux amours enchanteresses.
Puis le royaume se décline avec Lilith toute puissante
Et ferme le cercle de l’ÏÄMOURÏÄ avec Ledal peintre et maîtresse.
Laureline
Je suis la lueur balbutiante au seuil des galaxies lointaines ;
Un feu fragile qui se consume au creux des astres frémissants.
Mes pas hésitants s’orientent par l’eau courante des fontaines
Mais déjà ton regard m’allume et me féconde en gémissant.
Loreleï
Je suis cette houle insoumise au sein profond de l’océan,
L’écume dressée, rugissante, qui brise les rocs sans faillir.
Ma voix est une vague promise, un appel farouche et géant ;
Nul ne m’enjôle sans que je consente à laisser mon amour jaillir.
Lilith
Je ne suis d’abord qu’un murmure, juste une rumeur évoquée,
L’ombre d’une femme martyre chassée par les hommes et leur dieu.
Mon nom circule entre les murs comme un sortilège invoqué
Et déjà votre appel m’attire au seuil d’un royaume radieux.
Ledal
Tu m’as cherchée hors des frontières et je me suis montrée rebelle
Mais ton appel s’est fait tempête et mon refus a décliné.
J’ai vu ton corps à part entière souffler et dresser de plus belle
Ton sexe en typhon centripète et mon amour s’est incliné.Illustrations de Ledal.
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Automne
Les Jardins de l’Ombre et de la Lumière


Yavänor
Je suis la voix de la Lumière qui vous révèle et vous instruit,
Je suis la voix de l’Ombre amère, pleine de germes et de semences,
Je suis la voix d’un Enfant fier de sa mère qui le reconstruit,
Je suis aussi la voix du père qui se soumet et recommence !
Laureline
Ma première voix pour la lumière de mon Soleil fécondateur,
Ma voix de l’ombre de la nuit quand le crépuscule apparaît,
Ma voix de ma fille jardinière et de mon fils contemplateur,
Ma voix pour toi qui à minuit tendrement me butinerait !
Loreleï
Ma première voix pour les marées qui berceront mon cœur rêveur,
Ma voix de l’ombre des abysses où s’éveillent mes doux secrets,
Ma voix de l’enfant qui paraît dans un déferlement rageur,
Ma voix pour toi, l’homme à mes cuisses amarré de tes doigts sacrés !
Lilith
Ma première voix pour l’horizon qui cerne mes terres extérieures,
Ma voix de l’ombre souterraine où brûle le feu des volcans,
Ma voix de l’enfant de raison qui joue en mon sein intérieur,
Ma voix pour toi qui, à sa reine, offre ses poèmes éloquents !
Ledal
Ma première voix pour la clarté qui danse aux souffles d’avenir,
Ma voix de l’ombre en filigrane où s’éclaircit un vent léger,
Ma voix de l’enfant-liberté et son amour en devenir,
Ma voix pour toi qui me condamne à ton amour surprotégé !Illustrations de Ledal.
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Automne
Les Jardins des Quatre Arches


Yavänor
Ô jardins du Lion et Cancer, jardins de Vierge et des Gémeaux !
Quatre arches en route pour les étoiles et pour les espaces infinis.
L’un rugit et l’autre resserre, l’un sème et l’autre ne dit mot
Et l’enfant divin se dévoile selon un plan bien défini.
Laureline
Ô jardins de feux et de flux, jardins des ombres et de l’éther !
Quatre arches dressées sous la voûte du ciel étoilé éternel.
La braise et l’écume qui refluent de terre vers la vie au grand air
Protègent l’enfant qui envoûte le secret du sein maternel !
Loreleï
Ô jardins de flammes et d’ondes, jardins de nuits et de lumières !
Quatre arches se rejoignent au cœur de l’univers originel.
Leurs souffles à chaque seconde tissent la trame familière
Et l’enfant grandit et témoigne un amour inconditionnel.
Lilith
Ô jardins de chair et d’esprit, jardins du temps et des mystères !
Quatre arches solennelles dressées autour de l’axe référentiel.
Leurs cœurs ont à jamais appris le rythme sacré de la Terre ;
L’enfant s’y couronne empressé de son héritage essentiel.
Ledal
Ô jardins de l’air et des songes, jardins d’azur et de clarté !
Quatre arches suspendues aux vents qui parcourent l’espace enfanté.
Leurs souffles tissent les mensonges, les vérités, les libertés
Et l’enfant s’élève dans l’élan d’un avenir à inventer.Illustrations de Ledal.
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Automne
Le Jardin de Ledal

Dans la clairière en arrière-plan où frémissent les sphères légères,
Chaque souffle d’or est semence et chaque étoile produit son fruit.
L’enfant y étale ses plants et ses racines potagères
Et danse dans l’aube qui commence depuis le berceau de la nuit.
Au centre des constellations, une nouvelle nef progresse,
Tissée d’éthers fins et subtils ainsi que d’éclats de poussière.
Chaque astre est en révolution pour chuchoter son allégresse
Et chaque étoile vibratile est une lyre semencière.
Mais Ledal est illustratrice et son jardin considéré
Comme un livre d’images en fleurs et un album documentaire.
Pas d’algues fertilisatrice mais des vents faibles et modérés
Et la jardinière qui effleure les graminées à mettre en terre.
Seule la lumière retentit et la couleur tintinnabule ;
Les fleurs des champs sont dispersées selon leur beauté en désordre
Et le silence est ressenti pour les fées en conciliabule
Par la rosée à déverser qui leur donne du fil à retordre.
Ledal adore la nature et son jardin reste sauvage
Pourtant tout est organisé et son plan demeure simplet.
Mais tout porte la signature par le talent et le dosage
Qui permet de botaniser les plantes en un herbier complet.
Des sentiers comme des rubans traversent les arbres en bosquets
Et les lisières suivent des coudes qui serpentent sans encadrement.
Partout trônent des petits bancs avec des coussinets coquets
Afin que l’enfant s’y accoude et dorme confortablement.
Enfin au cœur, un labyrinthe fait de hautes haies persistantes
Où l’on se perd pour s’amuser lorsqu’on a envie de s’aimer.
Qu’elles sont douces les étreintes sous les rafales intermittentes
Des brises d’amours tamisées qui passent leur temps à semer !Illustration de Ledal.
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Unis pour la vie
Pour on ne sait quelle raison, l’homme disparaîtra brusquement
Et les femmes embarrassées devront prendre une initiative.
Avoir un singe à la maison commencera pittoresquement
À devenir la panacée qui sera communicative.
Comme les filles sont humaines et les garçons, de beaux primates,
On les verra évoluer en pin-ups et singes velus
Qui bosseront toute la semaine et dormiront dans des casemates
En étant réévalués comme travailleurs chevelus.
Les femmes, demeurant épilées, décideront de vivre nues
Et les familles se grouperont en communautés de tous poils
Dont l’envie de désopiler sera le rite convenu
Au point qu’les veuves rigoleront en tenant les cordons du poêle…
Les singes n’étant pas chauds lapins mais enclins à faire des échanges,
Les femmes partageront de leur mieux leur nymphomanie contagieuse.
Ainsi, en costumes de sapin, les mâles, n’étant pas des anges,
Comparaîtront vite devant Dieu bénis par leurs amantes religieuses.Tableau de Daniele Nannini sur https:www.saatchiart.comen-chdanielenan .
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Les Trans-animales


Les transgenres seront démodés d’ici quelques années encore
Où l’on verra l’espèce humaine hybridée en femmes-animales.
Par ADN accommodé, dopé aux gènes de manticore,
Qui produiront des phénomènes qui resteront dans les annales.
Femmes-serpents pour nous séduire et Ève prendra sa revanche
En menant l’homme irresponsable à la baguette et au diapason.
On les verra se reproduire, faire des enfants aux yeux pervenche,
Pigmentation indispensable pour mettre l’homme en pâmoison.
Les femmes-chattes, les plus belles, domineront la société ;
Elles auront accès aux commandes du pouvoir à tous les niveaux.
Cruelles, méchantes et rebelles, elles croqueront à satiété
Les hommes-souris, à leur demande, pour éliminer leurs rivaux.
Les femmes-chiennes, étant lesbiennes, auront fort peu de descendance ;
Cela évitera à leurs maîtres de les sortir trois fois par jour.
On les verra en file indienne faire dans la plus grande indécence
Le copinage au kilomètre qu’elles pratiquent depuis toujours.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
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Les habits neufs de l’impératrice


L’impératrice était coquette, c’était là son moindre défaut.
Elle faisait tourner couturières, tailleurs et modistes en bourrique
Qui devaient fumer la moquette pour créer l’habit comme il faut
Selon l’humeur avant-courrière et ses caprices amphigouriques.
C’est son coiffeur, renard rusé, qui tint à peu près ce langage :
« Votre chevelure est si belle, qu’elle seule pourrait habiller
Votre plastique cérusée. Que mes ciseaux se mettent en gage
De faire de vos mèches rebelles le plus joli déshabillé ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait, ainsi l’impératrice nue
Prit désormais ses bains de foule sans vêtement qui fasse obstacle.
Et, afin que tout soit parfait, les enfants sages furent prévenus
Afin qu’aucun ne la refoule et qu’on profite du spectacle.Tableau de Leonor Fini.
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L’œuf de Colombine – 1
Premier essai, premier échec ou bien première réussite ?
Si le blanc d’œuf est accordé, le jaune jure de couleur !
Colombine devra faire avec puisque son teint blanc nécessite
De s’être elle-même sabordée de ce coup d’éclat refouleur.
Aussitôt la bouche timide devient rouge de confusion ;
Les yeux qui dissimulaient l’âme, dévoilent ses bleus intérieurs.
Cette révolution humide continue dans une intrusion
De sentiments en oriflamme par ce reflux colorieur.
Et Pierrot, sur sa femme blanche, l’impressionna d’un œuf du jour
Qu’il lui répandit sur la tête en guise de petit déjeuner.
Ainsi du lundi au dimanche, elle illumina son séjour
De la joie de son cœur en fête et de son âme déchaînée.Photo de floraborsi.com16.
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Autoportrait de mon arbre généalogique






Si j’ouvrais toutes les paires d’yeux qui ont éclairé ma lignée,
Chacune verrait une partie du puzzle de l’infinité.
Sans doute montrerait-il Dieu en train d’essayer d’aligner
Tout le matériel imparti pour procréer l’humanité.
Chaque fille, chaque mère, chaque grand-mère, chacune des milliards de bouches
Prononcerait à tour de rôle les légendes de la nuit des temps.
Sans doute chaque moment éphémère où elles ont gémi sur la couche
Pour avoir offert leurs corolles à un Roméo promettant.
Les conduits en colimaçon des labyrinthes des oreilles
Détermineraient une carte familière à qui sait l’entendre.
Sans doute les filles et les garçons, avec une ardeur sans pareille,
En ont suivi chaque pancarte filant sur la route du tendre.Tableau de Dan Casado.
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Sur le départ
Juste avant de mourir j’aimerais retenir
Mon prochain véhicule et choisir sa couleur,
Que la peur de la mort ne soit qu’un souvenir
Et puis nourrir la Terre de mon corps de douleurs.
Juste avant de quitter mon existence brève,
J’aimerais emporter un fragment d’intuition
Que je retrouverais dans le cours de mes rêves
Et qui serait l’atout pour mes compétitions.
Juste avant de partir je voudrais revenir
Sur mes actes manqués et mes erreurs passées ;
Enterrer le passé, préparer l’avenir
Et oublier la mort à jamais compassée.Tableau d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .
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Le quatrième souffle de la sirène
Sans masque plonge la sirène dans les écueils et les oursins
Et sans piqûre, elle remonte ; nul ne songe à la contrôler.
Elle vient se dorer, sereine, sur la terrasse, sans vaccin.
Et si personne ne lui fait honte, seul un marin vient la frôler.
Mais voilà, il est vacciné contre tous les maux de la mer
Et elle, contre les humains, a son système immunitaire.
Alors ils se sont confinés, chacun dans un silence amer
Et puis se sont serrés la main, unique contact sanitaire.
Hélas, les légendes succombent à la peur de mourir demain
Victime de sotte menace pour un virus Grand-Méchant-Loup.
Et les amourettes retombent bien vite à l’eau, sans lendemain ;
Les cœurs attirés dans la nasse préfèrent rester tranquillou.
Que croyez-vous ? Qu’une sirène puisse se contenter de cela ?
Que nenni ! Elle manifeste et interpelle tous les bateaux.
Alors Neptune la nomme Reine pour former un bénévolat
Avec tous les poissons modestes pour contrer les requins-marteauxPhoto de Jennifer Hannaford.
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De nature complémentaire
La Terre vit plusieurs existences depuis son passé volcanique.
Minérale, qui la cristallise de l’écorce jusqu’à son cœur ;
Végétale, qui donne substance à toute une vie organique ;
Et Animale, qui la mobilise en poussant son cri de vainqueur.
Toutes les âmes confondues suivent le ruissellement des eaux
Qui contiennent toute la mémoire de ceux qui retournent au néant.
Tous ces fantômes morfondus n’ont certes pas fait de vieux os
Mais ils s’écoulent dans les moires en vaguelettes d’océans.Tableau de David Judd.
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On s’habille, on court et on se déshabille



Au matin elle saute du lit et court toute nue sous la douche.
Elle déjeune sur la terrasse et dans le plus simple appareil.
Cinq minutes de mélancolie, une tartine dans la bouche
Mais l’heure tourne et la harasse… Vite ! Tu n’as plus le temps, Mireille !
Elle s’habille de trois petits rien, d’une petite robe légère.
Juste un soutif pas trop serré, un string noué à la va-vite.
On court on vole, chez les terriens, les bourgeoises et les mégères
Pour un travail rémunéré selon sa peine et son mérite.
Le soir elle se remet à l’aise, elle prend son bain pour se détendre.
Elle reste à poil en espérant que bientôt viendra son pilote.
Elle déambule, ne vous déplaise, tandis que l’homme se fait attendre.
Un coup de sonnette exaspérant ! Vite une robe, pas de culotte !
Tableaux d’Andrei Protsouk.
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Le cirque de poche






J’ai rêvé d’un cirque de poche, un tout petit Cirque d’Hiver,
Avec ses mini-ballerines, nains, clowns, jongleurs et acrobates
Que je mettrais dans ma sacoche avec accessoires divers :
Petit chapiteau en feutrine, tentes et auvents qui se rabattent.
Bien sûr, une ménagerie remplie de tous les animaux ;
Ours, lions, tigres en miniatures et leurs dompteurs en réduction.
Éléphants, zèbres et méharis, tous aux gabarits minimaux,
Avec les meilleures signatures pour la grâce et la séduction.
J’irais dans les petites villes, Salles-de-Bains, Salon-sur-scène
Et j’aurais pour public mes chats, mes souris, mon chien, mon épouse.
J’animerais les fêtes civiles et attirerais pour mécènes
Auguste, Boris et Natacha, la célèbre troupe andalouse.Céramiques de Marie Lilian Prett sur https:marieprettceramics.com#ad-image-1 .
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Les chapitres au long cours


Les romans fleuves jettent à la mer toutes les larmes accumulées
Par les tempêtes de colères et par les pluies de calomnies.
Et sur cet océan amer, je vois des vaisseaux pulluler
Au gré des vents épistolaires soufflant dans mes nuits d’insomnies.
Depuis le début de ce mois d’octobre, je dors la première partie de la nuit puis, dans un demi-sommeil éveillé, je fais des voyages extraordinaires sur des terres ou dans des espaces inconnus où je vois défiler toute ma vie comme des vagues de souvenirs mais je découvre également des mondes fantastiques, poussé par des vents de reconnaissance.Tableau de Rafal Olbinski.
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Histoire d’un humanoïde
Monsieur du Spermatozoïde et Madame du Saint-Ovule
Ont décidé de fusionner, pour le meilleur et pour le pire,
L’histoire d’un humanoïde qui commence à coincer sa bulle
Comme un ange désillusionné qui rêve le temps d’un soupir.Tableau de Jonas Kunickas.
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Ma mère, cette héroïne
Le dieu de l’amour me créa et la lumière m’apparut
Au fond du berceau utérin d’où coulait ma source de vie.
Et me voici, beau lauréat, à l’auréole disparue,
Prince d’un palais souverain où ma génitrice me convie.Tableau de Jonas Kunickas.
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Projection
Quand je projette mes envies sur la femme de mes désirs,
Je voudrais que le plaisir monte aussi haut que ce pléonasme,
Jusqu’à ce qu’elle me convie entre ses bras pour me saisir
Ce projecteur par qui remontent les émissions de mon orgasme.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La projectionniste
Dans la pénombre, elle me darde, de ses yeux bleus en projecteur,
Tous ses désirs inassouvis pour que j’en sois leur interprète.
De peur que son cœur ne s’attarde, j’ouvre le mien en protecteur
Et je lui renvoie ses envies dès que sa bouche s’y apprête.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La fièvre de trois
Paris ravit la belle Hélène sur les parvis de Notre-Dame,
En lui offrant sa ville rose dans les tonalités d’octobre,
Pour se marier à la Madeleine et devenir mari et femme.
Depuis les Grecs, un peu moroses, n’ont jamais digéré l’opprobre.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les petites flammes
Quand toutes les petites flammes auront rejoint les océans,
Elles s’élèveront ensemble et changeront de densité.
Puis, toutes ces petites âmes renaîtront, surgies du néant,
Dans des enfants qui nous ressemblent pour un amour d’immensité.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Un air de fantaisie
Les fenêtres s’attristent au temps des feuilles mortes,
Les fenêtres se ferment quand l’hiver les transit.
Mais elles se font artistes quand le soleil apporte
Les couleurs qui renferment un air de fantaisie.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Madame Newton
Drapée dans sa robe aubergine,
Madame Newton a découvert
Que la science est misogyne
Et que les hommes sont pervers :
La loi de la gravitation
Relie la pomme au pommier ;
L’amour et ses tentations
Rallie les hommes au sommier.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’air des vallons
Pour éviter de répéter les sanglots longs des violons
Qui grincent comme des corneilles et rendent le cœur monotone,
Je vous invite à écouter ces petits airs dans les vallons
Qui réjouissent les oreilles et que tous les oiseaux chantonnent.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon petit microcosme
Quand sonne l’heure du retour, le phénomène se répète
Et j’entends tout mon petit monde microscomique s’activer.
Chacun veut rentrer sans détour, qu’importe si le compteur pète,
Dans une abondante faconde et tous les sens s’invectiver.Photo issue du film Trafic de Jacques Tati.
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Les soirs d’octobre
Octobre à la nuit tombée, passe le marchand d’étoiles
Dont les plus mûres permettent les rêves les plus audacieux.
Chaque fois j’ai succombé à celles qui me dévoilent
Tous les plans sur la comète parmi les plus tendancieux.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La réminiscence
Finalement l’appartement n’était pas des plus convaincant ;
Mes livres ne s’y sont pas plu et ne sont que réminiscence.
Le corps vit l’écartèlement, le cœur n’est plus très requinquant,
L’esprit ne s’est jamais complu qu’avec l’âme par intermittence.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le passage de pierre
Au-delà du passage maternel de la Terre
Pour apprendre à détruire ce qui va à l’encontre,
Vit le fruit du brassage de gènes et caractères
Vers un monde à construire d’amour et de rencontres.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La guenon et le papillon
Après avoir longtemps cherché son âme sœur sur la planète,
Nous retrouvons le papillon tentant sa chance chez les primates.
Pensant que l’amour haut-perché est une manière bien nette
D’aller piquer du goupillon chez une hôtesse délicate.
Mais la guenon est difficile ! Il lui faut un mâle bien bâti,
Un héros, quelqu’un qu’on admire, quelqu’un qui pourrait l’emballer !
Un papillon, ce n’est pas facile de numéroter ses abattis,
Une fois qu’il a fait quelques spires après l’avoir bringuebalé.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La mémoire des pierres
Ô rochers immobiles, je vous prends à témoin !
Qu’avez-vous observé depuis l’aube des temps ?
Tous les peuples mobiles ont-ils su néanmoins
Veiller à préserver leurs savoirs compétents ?Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Je m’envole
Il ne faut pas grand-chose pour déployer ses ailes
La pensée d’un ami, la joie d’une rencontre,
Le parfum d’une rose ou un excès de zèle ?
Le cœur est un tamis où seul l’amour se montre.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La pêche au gros
Quand la mer devient vermeil et le ciel se teinte d’encre,
Je m’en vais au crépuscule à la pêche aux gros bateaux.
Les étoiles du sommeil lui font relâcher ses ancres
Et mon harpon minuscule s’y planter dans du gâteau.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Quand la flamme s’élève
Quand la flamme s’élève et s’ouvre au crépuscule,
C’est la femme divine qui répond au soleil.
Elle offre sa corolle et son tendre opercule
À l’homme qui saura la sortir du sommeil.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Couleurs, levez-vous
Mon Général Soleil Cinq Étoile, Garde à vous !
Hissez haut les couleurs et montrez haut vos charmes !
Éternelles aquarelles mettez-vous toutes debout !
Démarrez la fanfare et que sonne l’alarme !Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Traine-cueillette
Venez tous avec moi jouer à traine-cueillette.
J’ai mis ma robe à traine et je cueille des fleurs
Rouges comme le sang que je jette douillettes
Dans l’étoffe écarlate par mes rires et mes pleurs.Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.