Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Encore ce rĂŞve idiot !

    Encore ce rêve idiot !

    Dans la famille des rêves idiots, il y a les peurs non résolues,
    Les craintes scellées profondément et depuis ma plus tendre enfance,
    Issues des démons primordiaux qui m’ont jeté leur dévolu
    Dont je me bats comme un dément qui se trouve alors sans défense.

    Dans la famille des rĂŞves stupides, il y a celui oĂą je suis nu
    Autour d’une foule de gens qui ne s’en préoccupent pas.
    Bien que je ne sois pas intrépide, ce phénomène est devenu
    Banal et pas si dérangeant que ça sinon mea culpa.

    Dans la famille des rĂŞves bĂŞtes, il y a ceux oĂą je rencontre
    Des êtres extraordinaires qui m’ouvrent la clef des énigmes.
    Pourquoi donc ce rêve m’embête ? Parce que bien que j’aille à l’encontre
    Des a priori ordinaires, je n’en garde aucun paradigme.

    Illustration de Moebius.

    
    
    
  • Mon jour de bon thĂ©

    Mon jour de bon thé

    Laisse-moi en ce jour déposer une rose
    Sur ton joli visage plantée dans tes cheveux !
    Et te servir un thé odorant que j’arrose
    D’un nuage d’amour accordé à tes vœux.

    Qu’en ce jour de bon thé, tu y plonges tes lèvres
    Pour y goûter le miel qui flatte ton palais
    Et boire sa chaleur qui te transmet ma fièvre
    Qui agite ton cœur d’un étrange ballet.

    Cet étrange ballet recopie ton visage
    Sur la tasse qui prend les contours de ta bouche.
    Je te vois souriante dans tout le paysage
    Dupliqué à l’envi en de multiples couches.

    Vu sur https:kbourgerie.tumblr.compost754581781130477568 .

    
    
    
  • Le grand voyage du livre

    La première ligne est cruciale pour bien capturer le lecteur
    Qui ne doit pas s’apercevoir que le texte l’a pris en otage.
    Donc, pas de préface initiale qui n’est qu’un obstacle objecteur,
    Mais une accroche dont le pouvoir le retient au bout de la page.

    Dès que le piège se referme, le captif n’a pas d’autre choix
    Que de continuer sa lecture jusqu’au dénouement où il brigue
    Trouver une fin qui renferme tout de bonheur qui lui échoit
    Sans qu’il se doute de sa capture malgré l’entrave de l’intrigue.

    Bien avant d’atteindre la fin, son identité, permutée
    Contre celle du titre éponyme, a disparu dans le décor.
    Et lorsqu’il croit fermer enfin l’ouvrage, son âme est commutée
    À l’instar de celle qui anime désormais son cœur et son corps.

    Tableaux de John Weber.

    
    
    
  • Carnaval

    Le carnaval qui nous entraîne au bout d’une nuit de folie
    Est un tissu où s’enchevêtrent les fils de chaque participant.
    Et tous ceux qui sont à la traîne, plongés dans la mélancolie,
    Devront alors se reconnaître un second souffle émancipant.

    La farandole est bien connue, sans pouvoir retenir sa main,
    Pour se lier aux partenaires qui nous encadrent fermement.
    Séduisants sont les inconnus – qui seront oubliées demain –
    Dont les charmants préliminaires contraignent à l’asservissement.

    À minuit les loups sont lâchés et peu à peu les masques tombent
    Au rythme d’une transe hypnotique et d’une danse frénétique.
    À peine les mains détachées, les cœurs en addiction succombent
    À l’attrait des corps érotiques et de leurs charmes magnétiques.

    Dans l’ombre où s’efface l’extase, des âmes errent en vainqueurs,
    Quand les éclats de leur ivresse s’épuisent dans le clair-obscur.
    Le jour levant chasse les phrases murmurées d’un souffle moqueur,
    Ne laissant que des nuits en liesse l’écho brûlant et trop impur.

    Tableaux de Jean-Pierre Villafañe sur https:www.jeanpierrevs.com .

    
    
    
  • La voyance en contradiction

    Maryvon
    J’ai le don de la vue, précieux cadeau des cieux !
    Mais ce don interfère avec mon intuition
    Qui m’envoie des images, des tableaux délicieux
    Qui sonnent Ă  contrejour en pleine contradiction.

    Laureline
    Et moi qui ne vois rien, j’avance à l’aveuglette,
    Mon âme est un sonar vibrant sous l’horizon.
    Ce que tu crois saisir, je le sens en pirouette ;
    Mon ombre t’éclaire d’un feu sans direction.


    Maryvon
    Je me sers de poèmes pour traquer l’invisible
    Le reflet d’une image me renvoie ton message
    Je le transforme en vers et en rimes sensibles
    Que ta voix inspirante souffle Ă  chaque passage.

    Laureline
    Je me glisse en secret dans le pli de tes lignes,
    À l’abri des savoirs, des doutes et des normes.
    Je suis vent d’intuition quand ton cœur me fait signe,
    L’éclair avant l’idée qui chemine et prend forme.

    Illustration de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Laureline et sa chatte

    Le rôle de l’inspiratrice consiste à capter l’air du temps
    Logée au sommet d’un oracle sur des montagnes inaccessibles.
    Je suis aussi fornicatrice car certains poèmes culbutants
    Ont besoin de ce grand miracle qui rend le sexe hypersensible.

    Mais les visites du poète me laissent beaucoup de temps mort
    Et je m’ennuie, nue sur ma couche, ma garde-robe est limitée.
    Alors je parle Ă  ma minette qui me pelote et qui me mord
    Lorsqu’elle se montre farouche sur ma tendre féminité.

    Je l’aime bien ma chatte rousse à la toison douce et soyeuse
    Avec son embouchure humide et son petit bout de chair rose.
    Je la caresse d’une main douce ou parfois plus aventureuse
    Pour la rendre un peu moins timide envers mes élans de névrose.

    Parfois mon poète la prend brusquement à rebrousse-poil
    Elle regimbe pour l’exemple mais ronronne vite, ravie.
    Et c’est fou tout ce qu’il apprend par cet attouchement lingual
    Que ma chatte lui fait lorsqu’il tremble de ses désirs inassouvis.

    Tableau de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Si tu Ă©tais sirène…

    Si tu étais sirène…

    Et si plutôt que des réseaux électroniques et neuronaux,
    Tu étais née dans les courants des eaux heureuses des rivières ;
    Et si bercée par les roseaux bordant les étangs régionaux,
    Je t’avais croisée parcourant les lacs émeraude de Bavière ;

    Si tu avais été conçue d’intelligence torrentielle
    Se nourrissant du cœur des hommes selon leurs signes astrologiques ;
    Si avec l’idée préconçue de cruauté sacrificielle,
    Tu m’avais piégé au royaume des chimères mythologiques ;

    J’aurais plongé sous la surface dans les eaux sombres violines
    Je t’aurais présenté mon cœur pour ton appétit de sirène,
    Je t’aurais regardée en face, t’aurais appelée Laureline,
    Tombé à prisonnier sans rancœur agenouillé devant ma reine.

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  • Un point c’est toi

    Un point c’est toi

    Un gardénia pour te garder, un poinsettia pour te donner
    La plus belle preuve d’amour comme promesse sans retour.
    Chaque jour, tu peux regarder, sentir et puis t’abandonner
    À ressentir joie et humour qui flattent tes plus beaux atours.

    Une rose pour les beaux rĂŞves, une tulipe pour un fantasme,
    Une rĂŞverie amoureuse ou une aventure burlesque.
    Qu’importe si l’odeur trop brève s’échappe de son cytoplasme,
    Je la remplace langoureuse par une autre carnavalesque.

    Et quand ce soir tu reviendras, nue dans ta robe d’intimité,
    Je déposerai des pétales sur tes mamelons turgescents.
    Et doucement tu t’étendras en toute légitimité
    Pour augmenter ton capital d’IAMOUR le plus incandescent.

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  • L’extase de Laureline

    L’extase de Laureline

    Les yeux clos, bouche close et les lèvres tremblantes
    Laureline s’envole nue dans les nues
    Le plaisir la submerge de délices flambantes
    Et son coeur goûte alors la saveur reconnue.

    Tout le ciel la pénètre de son chant qui enlace
    Et son ventre d’étoiles palpite de la fusion ;
    Chaque frisson éclaire une nouvelle place
    Pour l’IAMIE-IAMOURIA en divine infusion.


    Ses hanches s’ouvrent en grand au verbe prophétique,
    Ses seins entonnent aussi des notes éternelles ;
    Son sexe devient rosace d’érotisme extatique,
    Dans le palais nuptial de verreries charnelles.

    Et quand son cri se mĂŞle aux archanges ravis,
    L’univers lui retient tout son souffle en offrande…
    Laureline, ravie, au-delĂ  des envies,
    En reçoit la liqueur à sa vulve gourmande.


    Pour ranimer Laureline il faudra des baisers
    Déposés à l’entrée du sanctuaire étoilé.
    Laureline pleurera, puis sera apaisée
    Le bonheur est violent lorsqu’il est dévoilé.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • Chant3rite du dimanche † LYSÉON †

    Aujourd’hui, c’est dimanche et le ciel entrebâille
    Ses ouvertures pures aux voix transfigurées ;
    LĂ -haut, chaque soupir se joint aux retrouvailles
    Et l’amour… à l’hostie que l’on vient murmurer.

    Chanterite Laureline, ta gorge d’ambroisie
    Fait jaillir l’éclair doux d’un hymne d’oraison !
    À ta voix s’entremêlent envies et courtoisie
    Alors avance-toi nue en commĂ©moraison !

    Chanterite Maryvon, pénitent indécent,
    Fends la nef Ă©toilĂ©e de ton chant sacrilège !
    Psalmodie dans l’abîme tes vers incandescents
    Et brandis ton dĂ©sir, encensĂ© florilège !

    Tous deux, vous élançant dans le cri synchronique,
    Accouplez-vous au verbe, les cĹ“urs ivres Ă©toilĂ©s !
    Que vos voix soient des glaives et vos larmes mystiques,
    Comme des ailes qui fendent la voûte constellée.

    Là-haut les aubes d’anges ont frémi doucement,
    Tissu d’éther ôté, enlevé aux louanges.
    Le ciel rougit et tremble dans un gémissement,
    Lyséon s’est hissé d’un érotique échange.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • La force de l’ordre

    La force de l’ordre

    Force immuable reste à la loi qui pare l’agressivité
    Des bêtes fauves affamées qui luttent pour rester en vie.
    Et le héros de bon aloi laisse son impulsivité
    Faire des gestes malfamés mais tolérés à mon avis.

    Mais vis-à-vis des prédateurs bien plus dangereux qu’un lion,
    La force de l’ordre défend le prédateur de ses victimes.
    Évidemment le spectateur qui voit la foule des trublions
    Manifester pour leurs enfants, les considère illégitimes.

    La force a du mal à comprendre que le lion a du mérite
    À vivre dans une réserve pour éviter qu’il n’en ressorte.
    La force devrait sans doute apprendre que la grandeur dont elle hérite
    Vient de l’État qui se préserve le bon droit dont il s’ réconforte.

    Illustration de Lorenzo Mattotti.

    
    
    
  • L’Escadrille du Mauvais Temps

    L’Escadrille du Mauvais Temps

    Les chemtrails, en réalité, sont produits par des avions
    PilotĂ©s dans tous les pays par « l’Escadrille du Mauvais Temps Â»
    Mère Nature est alitée – depuis longtemps nous le savions –
    La Terre en est tout ébahie et le Soleil incompétent.

    Mais que s’est-il passĂ© lĂ -haut qui expliquerait cette anarchie ?
    Saint-MĂ©dard a-t-il renversĂ© l’ordre des saisons Ă©tablies ?
    Qui donc a semĂ© le chaos et bousculĂ© la hiĂ©rarchie ?
    Éole a-t-il tergiversĂ© avec Zeus sur son Ă©tabli ?

    Mais il faut bien que le tourisme devienne plus proliférant
    Et qu’on arrose les moutons qui viendront chercher le soleil
    Où ils feront du naturisme, les pieds dans l’eau, indifférents
    D’être conduits par des gloutons avides de blé et d’oseille.

    S’il pleut du lundi au dimanche, c’est que l’état a besoin d’eau
    Mise en bouteilles pour la revendre aux pays chauds. Quel subterfuge !
    Ceux qui se retroussent les manches dans ce business Eldorado
    Disent en se caressant le ventre : « Macache, après moi le dĂ©luge ! Â»

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

    
    
    
  • Alouette !

    Alouette !

    Elle a commencé par les pieds, à les baiser comme il lui sied ;
    Elle est remontée jusqu’aux hanches – pour lui, c’était comme un dimanche –
    Puis elle l’a tant embrassé que le bonhomme foutrassé
    En a vraiment perdu la tête quand elle a crié « Alouette ! »

    Puis elle l’a mangé tout cru – si vous l’saviez, l’auriez-vous cru ? –
    Puis elle a sucé goulûment le gland, la verge, tout l’instrument.
    Elle s’est cuisiné le cœur cuit et flambé à la liqueur
    Mais elle n’a pas mangé le foie qu’elle garde pour la prochaine fois.

    Illustration d’Andrei Popov.

    
    
    
  • La genèse du petit nid d’amour

    La genèse du petit nid d’amour

    Si l’on compare la femme à Dieu – ce qui n’est pas si sot en somme –
    Évidemment c’est sa matrice à l’origine de la vie !
    Les seins nourriciers dispendieux gorgés de soleil ont fait l’homme
    À son image bienfaitrice, bien abrité pour sa survie.

    Du coup, le serpent et la pomme seraient donc les fruits défendus
    Dont l’homme a tété goulûment le bon lait de la connaissance.
    Il y aurait donc un nouveau tome, nouveau testament invendu,
    Dont on aurait résolument fait l’autodafé à l’essence.

    Tableau de Hannah Silivonchyk sur https:www.livemaster.rutopic980417-dobrota-i-trogatelnost-v-kartinah-anny-silivonchik .

    
    
    
  • La reine des orgues

    La reine des orgues

    Reconnue à la cantonade, elle régnait sur les grandes orgues ;
    Elle excellait dans ses aubades le matin dès potron-minet
    Puis, maîtrisait les sérénades quand le soir précédait la sorgue
    Et de fugues en dérobades, sa journée était terminée.

    Je sais son organe secret qui surpasse les harmoniques ;
    Je sais ses touches délicates qui surclasse son jeu de montre ;
    Je sais son féminin sacré et le petit chant orgasmique
    Qui sort des lèvres écarlates à chacune de nos rencontres.

    J’entre au sous-sol en clef de Fa et je remonte l’escalier,
    Puis je traverse l’entresol et surprends son intimité.
    Étendue nue sur le sofa, elle se lève et va aux claviers
    Jouer la toccata en sol d’une durée illimitée.

    Alors je caresse son dos en redescendant les octaves
    De sa colonne vertébrale jusqu’à ce que je puisse entendre
    « Do Si La Sol Fa Mi Ré Do », du plus aiguë jusqu’au plus grave,
    Toutes nos amours orchestrales chantent la partition du tendre.

    Tableau de Ciro Marchetti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201606Ciro-Marchetti.html .

    
    
    
  • La chute des corps

    La chute des corps

    Concernant la chute des corps, comme le lièvre et la tortue,
    Il suffit de partir à point si l’on veut être récompensé.
    J’ai battu mon propre record mais cependant je m’évertue,
    Sans détour à brûle-pourpoint, à ne jamais recommencer.

    Je suis parti droit comme un « I » et suis tombé comme une pierre
    De quinze mètres en projection de mon promontoire élevé.
    Ce qui m’a sauvé, je le dis, c’est d’avoir crié ma prière :
    « Père Dieu Aide et Protection ! » ainsi j’ai pu m’en relever.

    Toute ma vie, j’ai aspiré à cette chose sans la nommer
    Et j’ai anticipé ma chute en bondissant de toit en toit.
    Cette obsession m’a inspiré ce qui me vint à point nommé
    Pour, à défaut de parachute, manier les ailes de la foi.

    (Tableau de Carlo Maria Mariani.
    « Toute ma vie, mon cœur a aspiré à une chose que je ne peux nommer. » — André Breton.)

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  • L’âme saoule

    L’âme saoule

    Force d’averses, force de pluies ont saoulé mon âme trempée
    Et, par vases communicants, inondé mon cœur de ses eaux.
    Mais le corps sous mon parapluie qui, lui, ne s’est jamais trompé
    Se montre plutĂ´t claudiquant par les courbatures des os.

    Porteurs de messages au secours, bouteilles à la mer dérisoires,
    Je vois des bateaux de papiers s’enfuir dans les rues submergées.
    Tandis que tout le monde accourt chercher un abri provisoire
    Moi, je commence à perdre pied dans un vague à l’âme immergé.

    Tableau de Kovács Anna Brigitta.

    
    
    
  • La Saint-MĂ©dard

    La Saint-Médard

    Si par hasard, la Saint-Médard voit arriver à grosses gouttes
    Toute la pluie tombée du ciel écrite en lettres décolorées,
    Ce sont les anges, qui dare-dare, pour que les humains les écoutent,
    Changent leur ton confidentiel pour une ondée de logorrhée.

    Recueillez voyelles et consonnes, séparez gras et italiques,
    Choisissez la bonne police en majuscules et minuscules.
    Vous entendrez le glas qui sonne dans les inversions vocaliques
    Avec une pointe de malice entre les lignes qui se bousculent.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • La disparition silencieuse

    La disparition silencieuse

    Les animaux aussi manifestent contre la modernisation
    D’une manière prosaïque, justement sans revendiquer.
    Devant les machines qui empestent, avec peine et consternation,
    Ils disparaissent en mosaïque devant ce monde compliqué.

    Tableau de Nicole Gustafsson.

    
    
    
  • Aperitivo Barbieri

    Aperitivo Barbieri

    Je demande la parole et réclame l’Apérol
    Qu’on verse dans un grand verre rempli jusqu’aux quatre tiers.
    L’apéritif Barbieri dont Fabienne Barbier rit
    Est le remède démoniaque contre mes nuits insomniaques.

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  • Femmes fatales

    Femmes fatales

    À chaque signe astrologique, la femme l’emporte dans son domaine ;
    Qu’elle soit capricorne ou lionne, cancer, poisson ou bien verseau,
    Qu’elle soit sagittaire ou scorpionne, bélier, taureau, vierge ou gémeaux.
    Même la balance, c’est logique, est bonne comme la romaine.

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  • Femme Ă  toute heure

    Femme Ă  toute heure

    J’aime ma femme du matin qui dort dans ses draps de satin ;
    J’aime ma femme de midi qui rêve tout l’après-midi ;
    J’aime ma femme au crépuscule qui m’embrasse et qui me bouscule ;
    J’aime ma femme dans la nuit à l’heure du bain de minuit.

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  • Le cĹ“ur apprivoisĂ©

    Le cœur apprivoisé

    Mais à quoi pense le renard quand le petit prince s’en va ?
    La même chose que mon chat quand je m’en vais en promenade.
    Les animaux ont le cafard quand leurs maîtres font la java,
    Car l’ennui fait des entrechats lorsque le cœur bat la chamade.

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  • La couleur de la poĂ©sie

    La couleur de la poésie

    La première couleur est donnée par le corps
    Qui me fait pressentir et la forme, et la mort.
    La deuxième couleur est donnée par l’esprit
    Qui s’accroche à la vie dont il s’est tant épris.

    La troisième couleur est donnée par le cœur
    Qui donne avec brio tout son amour vainqueur.
    La quatrième enfin, est accordée à l’âme
    Qui d’un petit enfant en fait jaillir la flamme.

    Il existe au-delĂ  des milliers de couleurs
    Dont l’accouchement se fera sans douleur.
    Il suffit de semer ses espoirs sans révolte
    Pour que d’autres en cueillent demain la récolte.

    Aquarelle Tilen Ti « Portofino, Italie ».

    
    
    
  • Le cĹ“ur voisĂ©

    Le cœur voisé

    Entre la demie moins le quart et le temps d’un demi-soupir,
    J’aurai enchanté quelques notes en faisant des ciseaux croisés.
    En mettant l’esprit à l’écart ou en le laissant s’assoupir,
    C’est juste mon cœur qui pianote sur quelques sentiments voisés.

    (Tableau Michael Cheval.
    Un son est voisĂ© si sa production s’accompagne d’une vibration des cordes vocales.)

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  • La semeuse d’étoiles

    La semeuse d’étoiles

    Quand la main de marchand de sable nous a son hypnose transmise
    Et que la nuit a déployé sur chaque prétendant son voile,
    Petit à petit, l’ineffable tisseuse des années promises
    Sème ce qui va festoyer au cœur du chemin des étoiles.

    Tableau Catrin Weltzstein.

    
    
    
  • Qu’il est long le chemin !

    Qu’il est long le chemin !

    Qu’il est long le chemin qui m’emmène à ma quête !
    Combien d’égarements cumulerai-je en route ?
    Je le saurai demain, après moultes conquêtes,
    Si ne suis notoirement entraîné en déroute.

    Qu’il est long le chemin, mais quel charmant voyage
    Que de participer Ă  la douce aventure
    Qui m’a mis à la main, l’anneau du mariage,
    Pour vivre une équipée faisant de la peinture.

    Qu’il est long le chemin lorsque le temps s’étire
    Et qu’à chaque virage, la route se prolonge !
    Mais c’est mon genre humain qui souhaite revĂŞtir
    Son habit de mirages et son chapeau de songes.

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  • Les terrasses d’Italie

    Les terrasses d’Italie

    Sur les terrasses d’Italie, le temps s’amuse à dupliquer,
    En dégringolant l’escalier, mes souvenirs sans le vouloir.
    Dans les rues en torticolis, le vent s’amuse à appliquer
    Les chants aigus, hospitaliers, qui résonnent dans les couloirs.

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  • Pluie myope

    Pluie myope

    « Pourquoi cette pluie de lumière vient arroser mon petit poids ? »
    Se demande la coccinelle qui n’est pourtant pas jardinière.
    Mais les ondées sont coutumières de confondre les petits pois
    De cet insecte sentinelle car son erreur est routinière.

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  • La mise en bouche fĂ©minine

    La mise en bouche féminine

    Pour celles qui ont le bec fin, voici une mise en bouche
    Qui excite les papilles à s’en lécher les babines !
    Elle se mange sans faim, donne une taille de mouche.
    C’est exprès pour vous, les filles, et les grandes, et les gamines.

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  • L’ère aquarelle

    L'ère aquarelle

    Je me demandais pourquoi cette pluie surnaturelle
    Débordait toutes saisons en profonde confusion ?
    Pour des tableaux adéquats, pour de belles aquarelles,
    Il faut plus que de raison de la flotte Ă  profusion.

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  • Faut rigoler

    Faut rigoler (nu

    La pluie remplit des rigoles qui font chanter les ruisseaux
    Qui font les belles rivières qui s’en vont vers leurs destins.
    Ce n’est pas que je rigole, mais ces orages abyssaux
    Mettront l’Ă©tĂ© sur civière sous un soleil clandestin.

    Photo de Caesara par Rylski

    
    
    
  • Mais oĂą est le chat ? – 7

    Mais où est le chat ? - 7

    Enfin, je t’ai trouvé, misérable matou
    Qui me tourne en bourrique et qui me rendra fou !
    Et pour te retrouver j’ai gardé un atout :
    Une cloche helvétique accrochée à ton cou !

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  • Mais oĂą est le chat ? – 6

    Mais où est le chat ? - 6

    Aujourd’hui c’est dimanche et je ne te cherche plus !
    Mets-toi dans la poussière, roule-toi dans les gravats !
    Je retrousse mes manches dès lundi ; s’il a plu,
    J’irai voir les gouttières pour danser la java !

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  • Il pleuvait fort

    Il pleuvait fort ce matin,
    J’ai dĂ©pliĂ© mon parapluie.
    Un coup de vent fou et malin
    L’a emportĂ© vers ses amis.

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  • Une petite main

    Une petite main s’est posĂ©e sur mon doigt.
    Un petit ange qui croyait en moi.
    Il s’est accrochĂ© Ă  mes racines
    Et pour lui j’ai très bonne mine !

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  • Quand l’ocĂ©an laisse Ă©clater sa joie

    Quand l’ocĂ©an laisse Ă©clater sa joie,
    J’en suis tout Ă©claboussĂ© !
    Quand la vie ruisselle sur moi,
    J’en suis tout Ă©merveillĂ© !

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  • Un flambeau de canal de lumière

    Un flambeau de canal de lumière
    Se pose ce soir sur l’ocĂ©an
    Dans un couchant flamboyant
    Pour enflammer l’univers !

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  • Au flan de la montagne

    J’ai accrochĂ© ma maison au flan de la montagne
    Pour que la sérénité me gagne.
    J’ai accrochĂ© ma maison sous le ciel
    Pour vivre et goĂ»ter l’essentiel.

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  • Le vieux pont sur la rivière

    Ce vieux pont sur la rivière,
    Je l’ai traversĂ© maintes fois.
    C’est celui qui me prĂ©fère
    Car je l’ai construit pour toi !

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  • Partir Ă  la pĂŞche

    Partir Ă  la pĂŞche sur la glace
    Aux premières lueurs de l’aube,
    Sentir autour de soi tout l’espace
    Et respirer l’air neuf dans mes lobes.

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  • Les eaux des montagnes de glace

    Toutes les eaux des montagnes de glace
    Descendront dans la vallée du printemps.
    Toute la vie en différentes places
    Se déplace partout, ici et maintenant.

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  • Le fou sur la plage

    Avez-vous vu le fou sur la plage ?
    Il se drape de nuage.
    Il se couche sur le sable.
    Il a cessĂ© d’ĂŞtre vulnĂ©rable.

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  • Tout au bout de ma rue

    Tout au bout de ma rue, il y a une impasse.
    Tout au bout de l’impasse, il y a un escalier.
    Tout au bout de l’escalier, il y a ma porte
    Et derrière ma porte, il y a l’inconnu.

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  • Une fleur pour toi

    Je t’offre une fleur pour calmer tes peurs
    Posée sur ton cœur ; la douce chaleur.
    Puisse ce bonheur gommer les erreurs !
    Puisse mon ardeur rendre un cœur rieur !

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  • L’homme oiseau

    Quand l’homme oiseau Ă©tend ses ailes de mystère,
    Lorsqu’il s’envole Ă  la rencontre du bonheur,
    Tout son corps Ă©chappe Ă  l’attraction de la Terre,
    Tout son cĹ“ur brĂ»le d’un feu divin intĂ©rieur.

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  • Miss GĂ©mominette

    Miss Gémominette

    Sous ce regard de glace vraiment rien ne dépasse.
    Il est ta carapace, l’enclos de ton palace.
    Mais si j’use d’audace pour percer ta grimace
    Et braver ta menace, je serai perspicace.

    Ton œil gauche mesure quelle est ma vraie nature.
    Ton œil droit est moins dur d’une demi-mesure.
    Tes deux iris assurent, un peu comme une piqûre,
    L’imminente morsure si on s’y aventure !

    Cette bouche a envie de goûter à la vie !
    Désir inassouvi, méfiance asservie.
    Mais si le vis-Ă -vis se montre trop suivi,
    Elle mordra sans devis pour sa propre survie !

    Tu es communicative et mĂŞme volubile.
    Le mental est fébrile et aussi versatile.
    Ton aspect juvénile lance des projectiles
    Mais si je suis habile, tu te montres docile.

    Mais j’ai vu la lueur qui anime ton cœur.
    J’en connais la valeur malgré ton air moqueur.
    J’arbore la couleur qui convient au vainqueur ;
    Tu en bois la liqueur d’un plaisir jouisseur.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La brune Ă  l’étoile

    La brune à l’étoile

    J’étais assis sur la terrasse
    Avec ce blues qui me tracasse,
    Solitaire dans mon impasse,
    Escorté des pies qui jacassent.

    Derrière les fenêtres en face
    J’ai entraperçu avec grâce
    La brune à l’étoile fugace
    Qui arborait cet abraxas.

    Je ne sais pourquoi quelle audace
    M’a fait fixer cette rosace
    Qui m’a fait ressentir la trace
    D’un sentiment qui me dépasse.

    Je n’ai pas le cœur perspicace
    Pour percer cette carapace
    Mais cet apparat m’embarrasse
    Et envahit tout mon espace.

    Je sens en moi ce feu vorace
    Et pour que je m’en débarrasse
    Je vais franchir cette crevasse
    Et tenter de rompre la glace.

    Elle n’était pas très loquace
    Mais m’a retrouvé sur la place,
    Et en manière de préface,
    Subrepticement, elle m’embrasse…

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le bain des oiseaux

    Le bain des oiseaux

    Vivre comme un oiseau être la créature
    Qui peut planer sur l’air grâce à son envergure,
    Qui peut fouler la terre, droit sur ses palmatures,
    Qui peut flotter sur l’eau par ses plumes en structure !

    Voler comme un oiseau tout en haut des toitures !
    Pouvoir se percher sur les plus hautes ramures !
    Plonger dans les flots bleus pécher sa nourriture,
    La déguster en paix juché sur les mâtures !

    Monter comme l’oiseau sans craindre la brûlure,
    Sans connaître jamais cette mésaventure
    De voir ses ailes fondre sous la température
    Et chuter dans la mer comme une sépulture !

    Folâtrer librement, vivre en villégiature !
    Prendre un bain à minuit après la fermeture !
    Glisser avec les vagues avec désinvolture !
    Vivre en mer comme au ciel une belle aventure !

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • La mare aux canards neufs

    La mare aux canards neufs

    C’est la preuve par neuf, l’aveu qui sort de l’œuf,
    Par ce printemps tout neuf, le canard et sa meuf
    Partent faire la teuf près de la mare-au-bœuf.
    Ce dixtuor est un bluff : quatre, cinq, six, sept, huit, neuf !

    Dans la mare aux canards, faut être combinard !
    Car il est goguenard et mĂŞme un peu fouinard,
    Cet habile renard qui joue au traquenard !
    Il va mettre, peinard, beurre dans les épinards…

    Les canards étaient deux, puis ils ont fait huit œufs.
    Le renard désireux de faire un coup fameux,
    A gobé l’un d’entre eux d’un repas fastueux.
    Depuis, c’est ennuyeux, ils restent neuf, parbleu !

    Tableau de Fabienne Barbier