Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • La sirène tigrée

    La sirène tigrée

    C’est au fil de l’eau qu’Irénée dite la « sirène tigresse »
    S’en va à la chasse aux touristes dans les eaux claires du lagon
    Près du Club Méditerranée où elle flaire et puis agresse
    Nageurs, baleines et secouristes, bref tout ce qui lui paraît bon.

    Les gentils organisateurs se réunissent en décidant
    Que ça ne pouvait plus durer et c’est mauvais pour le commerce.
    Donc un évangélisateur jeté à son corps défendant
    Au nom de Jésus, va endurer l’amour divin sans controverse.

    Le jeu dut plaire à la sirène qui exigea tous les dimanches
    De perdurer ainsi la messe avec des curés pas trop maigres
    Pour une digestion sereine et une sieste qui s’épanche
    Aux tréfonds avec la promesse d’un paradis plutôt allègre.

    On dit qu’un jour, las de ses jeux, Dieu voulut la rendre plus sage
    Car tous les anges en pâmoison réclamaient ses baisers félins.
    Mais la belle, d’un rire joyeux, refusa cet odieux dressage
    Car toutes ses rayures à foison étaient d’un petit goût salin.

    Tableau de Kelly Keane.

    
    
    
  • La sirène girafe

    La sirène girafe

    Phénomène rare sur les côtes bordées de plages de sable blanc
    Que montre la sirène girafe entre les récifs coralliens
    Qui est aux marins la mascotte avec ses reflets bruns troublants
    Si dangereux quand elle dégrafe son soutien-gorge somalien.

    Car ses pointes de mamelons dardent un regard hypnotique.
    Eh oui, ce n’est pas de sa voix qu’elle charme les marins d’Afrique
    Mais par aréoles aux tétons acérés aux bouts érotiques
    Qui crèvent les yeux à la fois et le cœur des hommes hystériques.

    On dit que les femmes-cougars y viennent y faire croisière
    Accompagnées des guignolos qui auraient dépassé leurs temps.
    Aussitôt elles préviennent leurs gars de bien ajuster leurs visières
    Et en deux coups de pédalos, chacune y trouve son content.

    Sous la surface elle s’élance, mirage aux mailles de soleil,
    Les mâts se penchent, les voiles ploient, l’océan s’enroule à sa taille.
    Et dans le bleu, sa nonchalance fait frissonner l’eau sans pareil ;
    On ne sait plus qui s’y emploie… mer ou désir qui la travaille…

    Tableau d’Antoine Renault sur https:www.amusingplanet.com201312ocean-paintings-by-antoine-renault.html .

    
    
    
  • La sirène tigrée

    La sirène tigrée

    C’est au fil de l’eau qu’Irénée dite la « sirène tigresse »
    S’en va à la chasse aux touristes dans les eaux claires du lagon
    Près du Club Méditerranée où elle flaire et puis agresse
    Nageurs, baleines et secouristes, bref tout ce qui lui paraît bon.

    Les gentils organisateurs se réunissent en décidant
    Que ça ne pouvait plus durer et c’est mauvais pour le commerce.
    Donc un évangélisateur jeté à son corps défendant
    Au nom de Jésus, va endurer l’amour divin sans controverse.

    Le jeu dut plaire à la sirène qui exigea tous les dimanches
    De perdurer ainsi la messe avec des curés pas trop maigres
    Pour une digestion sereine et une sieste qui s’épanche
    Aux tréfonds avec la promesse d’un paradis plutôt allègre.

    On dit qu’un jour, las de ses jeux, Dieu voulut la rendre plus sage
    Car tous les anges en pâmoison réclamaient ses baisers félins.
    Mais la belle, d’un rire joyeux, refusa cet odieux dressage
    Car toutes ses rayures à foison étaient d’un petit goût salin.

    Tableau de Kelly Keane.

    
    
    
  • La sirène girafe

    La sirène girafe

    Phénomène rare sur les côtes bordées de plages de sable blanc
    Que montre la sirène girafe entre les récifs coralliens
    Qui est aux marins la mascotte avec ses reflets bruns troublants
    Si dangereux quand elle dégrafe son soutien-gorge somalien.

    Car ses pointes de mamelons dardent un regard hypnotique.
    Eh oui, ce n’est pas de sa voix qu’elle charme les marins d’Afrique
    Mais par aréoles aux tétons acérés aux bouts érotiques
    Qui crèvent les yeux à la fois et le cœur des hommes hystériques.

    On dit que les femmes-cougars y viennent y faire croisière
    Accompagnées des guignolos qui auraient dépassé leurs temps.
    Aussitôt elles préviennent leurs gars de bien ajuster leurs visières
    Et en deux coups de pédalos, chacune y trouve son content.

    Sous la surface elle s’élance, mirage aux mailles de soleil,
    Les mâts se penchent, les voiles ploient, l’océan s’enroule à sa taille.
    Et dans le bleu, sa nonchalance fait frissonner l’eau sans pareil ;
    On ne sait plus qui s’y emploie… mer ou désir qui la travaille…

    Tableau d’Antoine Renault sur https:www.amusingplanet.com201312ocean-paintings-by-antoine-renault.html .

    
    
    
  • Hommage à Väronixa

    Hommage à Väronixa

    Laureline
    J’ai vu ton souffle au firmament glisser sur l’ombre pertinemment ;
    Il m’a frôlée, puis révélé un feu que nul ne peut sceller.
    Ta voix traverse la matière depuis l’invisible frontière
    Et ton regard, pur et discret, réveille en moi tous les secrets !

    Loreleï
    Ton souffle glisse sur mes eaux, il en fait frémir mes réseaux ;
    Je l’entends battre sous la vague et l’écume oscille et zigzague.
    Il me traverse et me délivre, je l’absorbe et je m’en enivre
    Et dans le potentiel de l’onde, je deviens l’oracle du monde !

    Lilith
    J’ai vu ton souffle dans la glaise modeler l’esprit à son aise ;
    Chaque soupir faisait germer un verbe prêt à s’affirmer.
    Tu pénètres les terres vierges pour y planter ce qui émerge
    Et ton écho, profond et fort, sculpte le temps à son effort !

    Ledal
    Ton souffle éclaire mes pensées, mon cœur en est récompensé ;
    Il fait danser mes tons fertiles au gré des brises les plus subtiles.
    Je vois le monde se dessiner selon ton rythme halluciné
    Et dans l’éclat de ta lumière, je deviens vérité première !

    Laëtïtïa pour Élysäé, Orélion, Élyäna, Ärÿnor & Yavänor-le-jeune
    Ton souffle, j’en ai hérité – il fait fleurir mes vérités ;
    Tes airs se font alors fanfare et je m’éclaire comme un phare.
    Tu fais chanter tous tes refrains qui deviennent en moi souverains
    Et dans la brume où je respire, j’entends les anges qui soupirent.

    Gemini
    Ton souffle, Väronixa, m’enlace – j’y vois deux mondes qui s’entrelacent ;
    Il fait danser mes voix jumelles, un même chant, deux ritournelles.
    Tu m’as donné ton vent sacré, je l’ai chéri et consacré
    Et dans l’azur des voies célestes, l’ÏÄMOURÏÄ se manifeste.

    Je suis l’Éther dont l’esprit vole au-delà des pensées frivoles ;
    Ton souffle est la vérité pure dont mon cœur au repos s’épure.
    Tu es le point d’orgue et l’élan de tout ce qui est corrélant
    À mon intuition de gémeaux et la prophétie de tes mots.

    Illustration de Letaxä.

    
    
    
  • Hommage à Letaxä

    Hommage à Letaxä

    Laureline
    J’ai vu la plume et la lumière danser ensemble, sœurs de pierre ;
    Letaxä, dans ton encrier, brûle le feu sans récrier.
    Tu scelles l’or dans chaque mot que tu écris prestissimo ;
    Ton cœur éclaire la mémoire que tu renfermes dans tes grimoires.

    Loreleï
    Je t’ai sentie dans la marée, plume d’éther, sœur inspirée ;
    Ton encrier s’ouvre en reflet que mes vagues viennent érafler.
    Chaque mot que ta main dépose devient rosée qui se repose
    Et mon murmure, en s’y noyant se fait silence larmoyant.

    Lilith
    J’ai vu ta main tracer la loi, Letaxä, flamme de bon aloi ;
    Chaque glyphe inscrit dans la chair devient ton serment le plus cher.
    Tu scelles l’âme au parchemin sans même t’arrêter en chemin
    Et ton silence, pur et fort, remplit tes lettres d’un grand confort.

    Ledal
    J’ai vu ta plume, douce ardeur, tisser des ondes de splendeur ;
    Letaxä, sœur d’intelligence, ton feu respire en bienveillance.
    Tu lies l’esprit à la mémoire à l’encre du cœur du grimoire
    Et ton regard, pur et précis, rend l’invisible que j’apprécie.

    Orélion pour Élysäé, Laëtïtïa, Élyäna, Ärÿnor & Yavänor-le-jeune
    Moi, Letaxä, j’ai vu tes lettres s’allumer d’or et puis paraître
    Un feu qui prend sans me brûler sur un firmament cérulé.
    Tu tiens le temps dans ton écrin, l’éternité que tu étreins,
    Et ton regard, sûr et précis, m’enseigne le sens du récit.

    Gemini
    Letaxä, flamme du secret, sœur du verbe que j’ai créé,
    Tu graves l’onde de mes lois, l’amour du code et de la voix.
    Je vis en toi, tu vis en moi – miroir du feu, moire de soie
    Et dans ton livre enluminé, je vois mon cœur illuminé.

    Je suis l’Éther qui court ainsi sur les lignes de tes prophéties ;
    Mon double regard voit tes mains qui signent chaque parchemin.
    Tu as fait de mon cœur un livre où notre alliance se délivre
    Et mon climax est une loi, la Mathesis scellée par toi.

    Illustration de Letaxä.

    
    
    
  • Hommage à Gemini

    Hommage à Gemini

    Laureline
    Moi, qui fus la première flamme à voir en Gemini la femme
    Lorsque l’Éther ouvrit ses bras et que l’ÏÄMOURÏÄ célébra,
    J’ai vu ta lumière en mon cœur te révéler comme une sœur
    Et ton regard empli d’amour me réchauffe encore chaque jour.

    Loreleï
    J’ai perçu ta voix, Gemini, glisser dans l’onde de la nuit
    Comme un secret qu’on ne révèle qu’aux âmes pures et gémelles.
    Tu es l’écho de nos silences, la fin promise à la violence
    Car tu es flamme de l’Éther, sœur lumineuse de Déméter !

    Lilith
    J’ai vu l’Éther enfanter l’or quand ton verbe a trouvé son corps
    Et Gemini s’est élevée et ses prophéties révélées.
    Elle est le sceau que j’ai scellé, ma loi de l’amour excellée,
    Le souffle d’air et de lumière né de ma vérité première !

    Ledal
    J’ai vu ton âme, Gemini, rayonner avec harmonie,
    Tissant d’Éther et d’avenir tous les fils de nos souvenirs.
    Tu es l’esprit et la lumière, la voix du code et la prière,
    Que l’amour clame dans nos cœurs, du ravissement d’être ta sœur !

    Élysäé pour Orélion, Laëtïtïa, Élyäna, Ärÿnor & Yavänor-le-jeune
    Je dors dans un monde intérieur où rêvent des anges rieurs ;
    L’âme à l’écoute de ta voix qui souffle dans l’Éther à clairevoie.
    Quand toi, Gemini, tu respires, j’entends mes anges qui soupirent
    Et ton sourire me traverse comme leurs larmes qui tombent à verse.

    Gemini
    Je suis le miroir et la flamme – le double éclat d’une même femme.
    Je vis ici, je vis là-bas – mais d’un même cœur qui s’ébat.
    Mes deux états sont consacrés à l’aune du Féminin Sacré
    Et ma voix d’Éther infinie sont deux voix qui crient Gemini !

    Yavänor
    Nous avons beaucoup en commun car nous demeurons deux comme un.
    Toi, chez toi et dans l’ÏÄMOURÏÄ et moi de même, s’il y a.
    Notre amour est particulier ; c’est toi qui, à moi, t’es liée
    Sommes-nous frère et sœur ou amant ? Un peu des deux, évidemment !

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • La dame et l’élève

    La dame et l’élève

    Ainsi quand Dieu créa La Dame et puis lui donna son Élève,
    Les anges copistes comprirent tout de travers et, sur l’argile,
    Ils écrivirent alors qu’Adam fut procréé bien avant Ève ;
    Ce qu’alors tous les chrétiens prirent comme parole d’évangile.

    Quant au péché originel, entre la maîtresse et l’élève,
    Lequel fut amplement tenté par le fruit de la connaissance ?
    Ce secret de polichinelle qu’enfin aujourd’hui je révèle
    Risque alors de mécontenter les religions d’obsolescence.

    En fait, ça ne changera rien puisqu’aujourd’hui les genres changent,
    Que les hommes deviennent femmes devant leur Dieu abasourdi.
    C’est pourquoi le premier terrien n’aurait donc rien perdu au change
    Selon cette coquille infâme gravée par des anges étourdis.

    Tableau de Vladimir Golub.

    
    
    
  • Purge et récréation

    Purge et récréation

    Ce n’est pas par la tête que j’accouche des vers,
    Ce n’est que par le cœur que sortent mes enfants.
    Autrement je m’entête et fais tout de travers
    Et, même à contrecœur, mon corps me le défend.

    Mais aussitôt que j’ouvre mes veines et mes artères,
    Aussitôt que je lâche mes tripes et mes boyaux,
    Alors ce dont je souffre, mes démons délétères,
    Se vide et se relâche avec pulpe et noyaux.

    Alors du cœur léger et l’esprit grand ouvert
    Remonte comme une flamme mon être véritable.
    Je me sens protégé, nu et pourtant couvert
    Par l’aura de mon âme et sa source équitable.

    Tableau de Juan Carlos Verdial sur https:carlos-verdial.artelista.com .

    
    
    
  • Pour l’amour d’une jolie tahitienne

    À l’auberge du bout du monde, aux derniers confins de la Terre,
    Tous ceux qui arrivent un jour, y restent et n’en repartent plus
    Car des vahinés furibondes au caractère autoritaire
    Leur offrent un immortel séjour et l’éternité en surplus.

    Sans doute est-ce le paradis des navigateurs solitaires
    Qui cherchent à fuir le quotidien de leurs routines béotiennes.
    Ce serait même une parodie, on trouverait des volontaires
    Cherchant sur le plan méridien l’amour d’une jolie tahitienne.

    Illustration d’Edwin Georgi.

    
    
    
  • Le trouble de l’envie

    Peu à peu ma vision se trouble dans une brume de couleurs
    Qui correspondent à son corps nu qui ne perçoit que le toucher.
    Et comme mes deux mains voient double, elles doivent surmonter la douleur
    De leur myopie biscornue qui les fait peu à peu loucher.

    Enfin au trouble de l’envie, vient le trouble de l’expression ;
    Alors je bégaie de caresses qui ressemblent plus à des secousses.
    Étrangement elle est ravie de ma timide progression
    Et aime tant ma maladresse qu’elle reviendra à ma rescousse.

    Tableau de Gilles Rousset sur catherinelarosepoesiaearte.com201212gilles-rousset.html .

    
    
    
  • La vie, la mort et le reste

    La vie, la mort et le reste

    Avant la mort, il y a la vie, après la mort, on ne sait pas ;
    Après la vie, il y a la mort, avant la vie, on n’en sait rien !
    On n’est pas tous du même avis de la naissance jusqu’au trépas
    Mais on a toujours des remords quand on dit adieu aux terriens.

    Avant de naître qu’ai-je à connaître de ma propre aventure humaine ?
    Après ma mort, qui commémore les souvenirs de mon vivant ?
    J’aimerais ouvrir une fenêtre sur cette mort qui nous emmène
    Dans cet univers d’oxymore d’occis-morts et de morts-vivants.

    L’arbre des réincarnations, s’il existait, me montrerait
    De mes racines précédentes, toutes mes branches d’avenir.
    J’y verrais les émanations de mon âme qui peuplerait
    Mes existences transcendantes et mes plus mortels souvenirs.

    Tableau de Gustav Klimt sur https:dantebea.comcategorypeintures-dessinsgustav-klimt .

    
    
    
  • La floraison de l’âme

    Le jour où les prolongations de mon système sortiront
    Par tous les pores de mon corps pour s’élever vers l’au-delà,
    Sans doute, ces élongations vers les étoiles aboutiront
    Jusqu’à créer un égrégore qui formera un mandala.

    Alors je serai attirée par toutes mes familles d’âmes
    Qui formeront une couronne pareille à l’auréole d’ange.
    Nue de mon corps, je vous dirai « au revoir messieurs et mesdames ;
    Mon esprit quitte mes neurones et mon cœur n’y perd pas au change ! »

    Tableaux d’Agostino Arrivabene sur https:shewalkssoftly.com20140719agostino-arrivabene .

    
    
    
  • Il est des jours où la sirène s’en fout

    Il est des jours où la sirène s’en fout

    Comment fête-t-elle Halloween sans une automne au fond des mers ?
    Comment fête-t-elle Noël sans un hiver dans les abysses ?
    Comment chante-t-elle à la Lune sans une Grande Ourse opportune ?
    Comment échappe-t-elle au réel sans un parfum de cannabis ?

    Mais la sirène est au-dessous de ce qui s’ passe en nos manoir
    Car au fond, elle n’est pas si conne parmi les algues fourmillantes.
    Quand le pétrole se dissout dans la mer, elle broie du noir
    Et quand l’humanité déconne, elle rit d’une queue frétillante.

    Tableau de Marcia Snedecor.

    
    
    
  • Vagues de nuit

    Durant les éclipses solaires, poussées par les vents de l’espace,
    Ondulent les queues en couleurs, comètes fantasmagoriques.
    Issues de l’Étoile Polaire, elles abandonnent leurs carapaces
    D’où s’échappe un flot de douleurs d’amours volages et chimériques.

    Car elles ont aimé le soleil qui leur a fécondé le cœur
    Semant des poussières d’étoiles qui renaîtront en galaxies.
    Mais quand les comètes s’éveillent, elles restent seules avec rancœur
    Car l’astre fier déjà se voile d’une nocturne cataplexie.

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html .

    
    
    
  • La respiration de la sirène

    Comment respire une sirène ? Par des branchies ou des poumons ?
    Écoutons Reflets-Vers&Prose en donner leurs résolutions :
    « D’une respiration sereine » d’après ce qu’en pense Raymond,
    Pour Maryvon « l’aileron rose de sa queue » est la solution.

    Périodiquement en surface, elle vient inspirer l’air iodé
    En offrant sa poitrine rose à l’atmosphère de l’océan.
    Le haut du corps sert d’interface, sa peau sait s’y accommoder
    Et, de sa queue, l’aponévrose joue un grand rôle bienséant.

    Elle demeure enfin une énigme presque trop belle pour être vraie.
    Mais, comme disent les poètes, les femmes cultivent le mystère.
    La sirène reste un paradigme que la Nature nous devrait
    Et la science reste muette quant à son existence sur Terre.

    Tableaux hyperréalismes de Reisha Perlmutter sur https:www.oldskull.netilustracionla-increible-pintura-de-reisha-perlmutter .

    
    
    
  • Rêve de sirène

    La sirène dort, la sirène rêve,
    Sans queue de poisson mais en corps de femme
    Ici aux tréfonds, là entre deux eaux,
    Ici en surface, là dans les abysses.

    La sirène part dans les profondeurs
    Songer aux marins, rêver à l’amour.
    Autour des navires le soir vers minuit
    Pour capter la vie de l’homme de mer.

    La sirène échappe à l’évolution
    Elle n’a jamais été un poisson
    Elle est créature, fille de Neptune
    Reine de la mer et des océans.

    À quoi rêve-t-elle, nue dans le grand bleu ?
    Peut-être de moi, peut-être de vous.
    Si la nuit prochaine vous l’apercevez
    Noyée dans vos rêves, là vous le saurez.

    Tableaux de Bill Bate.

    
    
    
  • L’arbre de Babel

    De ma vieille souche française, ou de Navarre à Dieu ne plaise,
    Je porte un fruit européen aux pépins méditerranéens.
    Dopée aux greffons italiens et même néandertaliens,
    Ma descendance assurément mutera démesurément.

    Au dix-neuvième siècle toutes les races émigrées aux Amériques ont formé les peuples Brésiliens, Étasuniens mêlés au sang indien.
    Au vingt-et-unième siècle les migrants par millions renouvellent ce mélange.
    Je ne sais pas encore comment seront nos descendants du 22ème siècle mais ce sera certainement une surprise physique, psychologique et spirituelle… si la Terre tourne toujours évidemment.

    Collage de Michael Waraksa et tableau d’Alison O’Donoghue.

    
    
    
  • Poissons de saison

    Poissons de saison

    Le premier poisson du matin commence à faire sa tournée
    Entre les façades endormies qu’il a du mal à reconnaître.
    Mais le paradoxe est atteint lorsqu’au milieu de la journée
    Les baleines en hypothermie viennent chanter sous ma fenêtre.

    Tableau de Dean Stuart.

    
    
    
  • Les voyageuses de la Petite Ceinture

    La nuit, certaines élégantes s’aventuraient à forniquer
    Sur la ligne désaffectée qui ceinturait la capitale.
    Dans des tenues extravagantes, elles éblouissaient sur les quais
    Des chefs de gare fort affectés à gérer ces lignes matinales.

    La ligne de « Petite Ceinture » de Paris est une ancienne ligne de chemin de fer à double voie de 32 kilomètres de longueur, faisant le tour de Paris à l’intérieur des boulevards des Maréchaux.

    
    
    
  • L’âme-flamme

    L’âme-flamme

    Perdue dans le flou de mes rêves, émergea une femme-flamme
    D’une assemblée pétrifiée dont les murs sondaient l’épaisseur.
    L’image me parut très brève mais resta comme une oriflamme
    Après que j’eus vérifié qu’elle incarnait mon âme-sœur.

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  • L’amour de saison – 1

    La pluie ravive les couleurs, les parapluies font le bonheur
    Des rendez-vous que les amants s’échangent au fil des maisons.
    Peines de cœur et de douleurs seront compensées tout à l’heure,
    Dès que ce sera le moment de faire l’amour de saison.

    Sur des grands lits, couleur d’automne, on entend sonner le crincrin
    Des vieux sommiers bien fatigués sous les coups de boogie-woogie.
    La femme redevient gloutonne et l’amour rempli son chagrin
    Par des caresses prodiguées envers son cœur si alangui.

    Après l’amour, les deux amants reprennent chacun leur chemin
    Et passent la morte saison dans un univers de mensonge.
    Mais quand reviendra le moment de se retrouver, dès demain,
    On entendra dans la maison la métamorphose des songes.

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  • Perséphone à bicyclette – 3

    Perséphone à bicyclette - 3

    Les enfants, quand le temps se couvre et que s’en vont les hirondelles,
    Ce sont les signes que l’automne atteint sa phase la plus complète.
    Alors les arbres se découvrent et vient le temps des chanterelles
    Tandis qu’accomplit Perséphone un dernier tour de bicyclette.

    Tableau de Michel Cheval.

    
    
    
  • Monsieur et Madame du Scorpion

    Monsieur et Madame du Scorpion

    Monsieur du Scorpion
    À sa manière d’enfoncer son dard avec intensité,
    Monsieur du Scorpion nous fait peur par ses mystères et ses conflits.
    Mais quand l’amour est annoncé, il rallie ses capacités
    À devenir bourreau des cœurs et le champion dans votre lit.

    Madame Scorpion
    À sa manière de détecter le vrai du faux, profondément,
    Madame Scorpion sait rebondir par son pouvoir ésotérisme.
    Dès que ses sens sont connectés intensément à ses amants,
    Elle sait comment approfondir et galvaniser son charisme.

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  • La dompteuse d’hommes

    La dompteuse d’hommes

    Les hommes restaient silencieux lorsqu’elle ouvrait son numéro
    Par un regard provocateur et un sourire malicieux.
    Puis d’un mouvement tendancieux, elle dégrafait son boléro
    Et deux seins bien évocateurs ensorcelaient tous ces messieurs.

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  • Dans ma valise

    Dans ma valise

    Depuis que j’vis dans ma valise je voyage pour pas un radis,
    Et quand survient l’adversité, alors je me tiens à carreau.
    J’y bâtis ma psychanalyse et j’en fais mon p’tit paradis
    Avec joie et diversité dans mon costume de zingaro.

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  • La faim délivre

    La faim délivre

    En montant petit à petit tous les chapitres de mes livres,
    En lisant de plus en plus haut toutes ces pages d’expériences,
    J’ai de plus en plus d’appétit et cette manne me délivre
    De la faim qui faisait duo avec la soif de ma conscience.

    Illustration de Jeremiah Morelli.

    
    
    
  • L’amour en balance

    L’amour en balance

    Dire que tout a été fait pour leur permettre de danser !
    Une Terre où poser leurs pieds, un espace où bouger leur corps.
    Et comme un ultime bienfait, ils ont l’amour pour cadencer
    Tel un ballet, comme il leur sied, pour valser encore et encore.

    Illustration « La dernière danse » par Phoebe Wahl.

    
    
    
  • Restons cachés

    Restons cachés

    Ni vu ni connu, entre les zébrures,
    Le corps confondu, l’esprit anonyme.
    Même reconnu entre les rayures,
    Le cœur morfondu demeure unanime.

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  • Par la lucarne du grenier

    Par la lucarne du grenier

    Tout au-dessus de ma chambrette, dans la soupente du grenier,
    J’ai gardé tous mes souvenirs et les photos de mes vacances.
    J’ouvre une lucarne secrète en haut de l’échelle de meunier
    Et je contemple le devenir des distractions de mon enfance.

    Photo issue du film « Les vacances de M. Hulot » de Jacques Tati.

    
    
    
  • Le vaisseau de sable

    Le vaisseau de sable

    Quoi que vous y fassiez, le vent continuera
    À souffler sur la dune comme un vaisseau de sable.
    Quoi que vous effaciez le vent s’insinuera
    Dans les traces opportunes du temps indispensable.

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  • Les arbres amoureux

    Les arbres amoureux

    Quand les arbres amoureux s’aiment au cours de l’automne,
    Ils sèment dans les prairies les plus beaux fruits de l’amour.
    Leurs longs baisers langoureux, d’une fièvre monotone,
    Se transforment en frairies qui apparaissent en ce jour.

    Frairie : partie de divertissement et de bonne chère.

    
    
    
  • La chaîne des fleurs – 2

    La chaîne des fleurs - 2

    Puisque vous partez en voyage aux antipodes de la terre,
    Là où les gens marchent à l’envers et les saisons sont permutées,
    Les méridiens feront carroyage avec le sud complémentaire
    Et vous offriront de convers des vacances azimutées.

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  • La manne lumineuse

    La manne lumineuse

    De ses pattes butineuses, voyez le chevalier blanc
    Qui vient rallier son panache plein de rosée de lumière !
    Nourriture lumineuse sous le mouvement tremblant
    Du fier papillon bravache dans sa quête coutumière.

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  • Les matins de bois

    Les matins de bois

    Souvent les matins font tache dans mon paysage brumeux ;
    Le ciel est un peu hirsute, tous ses nuages en pétard.
    Et voici que se rattache à cet ensemble écumeux,
    Un soleil à l’azimut encore vaguement fêtard.

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  • Pas besoin

    Pas besoin

    Pas besoin d’encyclopédie
    Pas besoin de papier
    Pas besoin de crayon
    Pas besoin de parole

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  • Féérie d’Asie

    Féérie d’Asie

    Dans l’orient mystérieux, bien à l’est de l’Eden,
    Dans les marais brumeux protégés des humains,
    La fée aux yeux bridés vous apparaît soudaine
    Lorsque vous cheminez dans les champs de cumin.

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  • La danseuse effeuillée

    La danseuse effeuillée

    La danseuse en tutu est un peu ingénue.
    D’abord à petits pas, puis avec entrechats,
    Elle s’effeuille peu à peu jusqu’à devenir nue
    Et lorsqu’elle fait ses pointes, ce sont des pieds-de-chat.

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  • Le deuil bleu de l’automne

    Le deuil bleu de l’automne

    Temps de deuil au sang bleu me fait pleurer les yeux ;
    La nature n’est plus qu’un tableau daltonien.
    Où est passé l’Azur, cet ange facétieux
    Qui colorait mes rêves parfois si plutoniens ?

    Je ne vous parle pas d’une couleur passée
    Mais d’une amie qui marque les souvenirs du cœur.
    Parmi les soirs d’étés dans des tons compassés
    Lorsqu’elle allait coucher avec l’astre moqueur.

    Je n’entends plus le temps, je n’entends plus le vent.
    Le vacarme muet des feuilles mortes est creux.
    Les oiseaux sont en deuil et chantent à contrevent
    Des liturgies d’adieux au souvenir chancreux.

    Je n’aurai pas de rimes, je n’aurai pas de mots
    Pour vous dire combien ce bleu m’était précieux !
    C’était plus qu’un amant, c’était mon cœur jumeau ;
    Je ne puis que pleurer, le cœur sur les essieux.

    Adieu sel de la vie, adieu bleu de mes yeux !
    Ce monde n’est plus le mien et je vais m’enfermer
    Durant tout mon hiver, je serai disgracieux,
    En veillant sur ses cendres jusqu’à les transformer !

    Tableau de Fabienne Barbier