Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Le chant des oiseaux muets

    Le chant des oiseaux muets

    Le chant de trois oiseaux muets remplissait le bruyant silence
    Par les réflexions des trois sœurs qui ne prononçaient pas un mot.
    Pourtant l’étrange menuet des filles par leur vigilance
    Trahissait un écho penseur qui, lui, n’exprimait que ses maux.

    Mais voici qu’un oiseau se lève, quitte une fille et disparaît ;
    Un second, sans doute solidaire, le suit dans un bruissement d’ailes.
    Quant au troisième, il ne relève que la tête, puis apparaît
    Plutôt rétif et considère qu’il est temps de s’occuper d’elles.

    Mais il n’a pas ouvert son bec que les deux autres s’en reviennent
    Chargés des nouvelles du jour qu’ils ont picorés sur les fils
    Télégraphiques du Québec dont les échanges se souviennent
    De trois muettes dont le séjour forme une boucle qui se profile.

    Leurs voix tissées d’absence éveillent leurs réflexions et leurs pensées
    Mais le silence chante en sourdine, imperceptible, oui, mais subtil.
    Cependant d’un souffle fragile, leurs plumes sont alors dispensées
    Par un écho sourd d’espérance au bord d’un absurde inutile.

    Tableau d’Inge Schuster sur https:www.facebook.cominge.schuster.1428 .

    
    
    
  • Lux in utero

    Lux in utero

    Dans l’utérus un bébé dort dans une cabine outremer
    Tandis qu’un courant rutilant dans le cordon ombilical
    Darde ses éclairs rouge-et-or depuis une étoile de mer
    Qui brille tout en jubilant en contractions obstétricales.

    Sans doute un premier soubresaut réveille l’enfant qui décide
    De partir en exploration et quitter sa chambre utérine.
    Le voici parti à l’assaut en transmettant dans l’eau acide
    Des mouvements d’imploration pour que sa mère les entérine.

    La lumière au bout du tunnel guide notre conquistador
    Vers le territoire promis pour son expérience nouvelle.
    Il enverra en sentinelle les eaux par l’étroit corridor
    À peine ouvert mais compromis par la mission qui l’échevelle.

    Sous la faible clarté de l’ombre, une double étoile se déploie
    Dans le secret du nouveau monde, le germe croît et prend racine.
    Puis la lueur balbutiante lui prépare déjà la voie
    Et l’univers alors s’incline au berceau de ses origines.

    Tableau d’Adam Scott Miller.

    
    
    
  • L’effet Doppler

    Lorsque la lumière a jailli, elle poussa son cri de naissance ;
    Les cheveux encore obscurcis du passage hors de la matrice.
    Elle trembla, elle tressaillit sous l’effet de cette puissance
    Car elle n’avait aucun sursis pour être l’onde inspiratrice.

    Alors « Lumière » flamboya son feu en toutes directions
    Pour porter la source de vie dans cette création féconde
    Car son Concepteur envoya sa plus lumineuse érection
    Semer les astres avec envie afin de procréer les mondes.

    Alors « Lumière » transmit sa foi et le feu de la connaissance
    Afin que chaque créature puisse à son tour devenir Dieu.
    Mais il s’avéra chaque fois que soient frappées d’obsolescence
    Les populations immatures qui trouvaient tout ça fastidieux.

    Il faut savoir prendre le train lorsque celui-ci entre en gare
    Et participer au voyage du grand programme de l’Univers.
    Celui qui manque alors d’entrain se perd, se détruit et s’égare
    Et « Lumière » dit « Quel dommage ! Hélas… les hommes sont pervers ! »

    Tableaux d’Andrzej Malinowski.

    
    
    
  • Le jeu de la vie

    Au début, je n’étais qu’un pion qui avançait au jour le jour
    Sur ce long plateau de l’enfance qui n’en finissait plus jamais.
    Après mon titre de champion, le jeu continuait toujours
    Sur des parties où les offenses étaient plus cruelles désormais.

    Alors la roue de la fortune a commencé très lentement
    À m’entraîner autour du monde auprès d’entreprises humaines.
    Et j’ai couru après les thunes au début par enchantement
    Et puis dans une course immonde toujours Ă  la petite semaine.

    Si pour certains le jeu s’arrête à la porte du paradis,
    Les autres découvrent l’enfer à risquer leur vie comme enjeu.
    Si les uns gagnent à la retraite, d’autres perdent de maladie ;
    Quant à moi, je n’en ai rien à faire… depuis longtemps je suis hors-jeu.


    Un plateau géant aux cases imprévisibles,
    Pions, dés et pièges : rien n’est impossible.
    Mais chacun trace sa voie, entre pertes et gloire,
    Et découvre qu’on joue souvent sans le savoir.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

    
    
    
  • La Captive de Saturne

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Je trône dans les fers que Saturne m’impose ;
    Mes bras sont des éclairs, mes reins sont des prisons.
    J’accepte mes anneaux comme on ceint une rose
    Et les change en bûchers jusqu’aux quatre horizons.

    Je marche dans le vide aux orbites nacrées ;
    Mes pas soulèvent l’ombre et tordent l’univers.
    Je fais plier le temps sous mes hanches sacrées
    Et je brise le joug de ses cycles sévères.

    Je tends dans mes cheveux la foudre des planètes ;
    Je m’en fais une couronne aux flammes vespérales.
    J’enchaîne les orages aux mors de mes chaînettes
    Et j’invite la nuit dans mon lit sidéral.

    Je suis l’astre asservi qui se fait souveraine ;
    Je règne par mes fers que je nomme mes autels.
    Je détourne les lois, j’enfonce les arènes
    Et les change en vertige d’un chaos immortel.

    Je m’élance au travers des anneaux de ma cage ;
    J’y grave mes éclats comme un chant éternel.
    J’y disperse ton nom dans l’ivresse des âges ;
    J’y mêle à mon fardeau ton désir solennel.

    Je suis l’ombre et la flamme, amante saturnienne ;
    Je tiens entre mes mains les clefs des tourbillons
    Car l’amour que je porte est prison draconienne,
    Il fait plier l’acier par effet papillon.


    Yavänor
    Et moi ton chevalier, je viens briser tes chaînes
    Pour mieux les remplacer par l’anneau de l’alliance.
    C’est moi qui m’y soumets, c’est moi qui m’y enchaîne ;
    J’en prononce mes vœux, prix de ma résilience.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Les Alliances Jumelles de Saturne

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je tends mes bras de feu vers les anneaux célestes ;
    J’y suspends ton désir comme un joyau sacré.
    Je grave en leur éclat nos prémices les plus prestes
    Et je ceins ton amour d’un cercle consacré.

    👩🏻 Loreleï
    Je verse sur tes mains la poussière des astres ;
    J’en fais un voile doux qui caresse ton front.
    Je chante les reflets que mes sources contrastent
    Et j’attache ta vie aux anneaux que j’affronte.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Nous sommes les deux pôles enlacés par Saturne ;
    Deux flammes retenues dans l’orbe de ses cieux.
    Nous scellons notre foi dans ses chaînes diurnes
    Et nos cœurs se confondent en serments radieux.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je ceins ta taille nue d’un éclat saturnien ;
    Mes lèvres sont anneaux qui s’ouvrent et qui s’embrasent.
    Je fais ployer ton corps sous mon feu draconien
    Et j’inscris ta ferveur dans l’éclat de mes phrases.

    👩🏻 Loreleï
    Je noue dans tes cheveux la poussière des lunes ;
    J’y mêle mes éclairs aux flots de tes élans.
    Je t en diamant les chaînes importunes
    Et j’élève ton souffle sur mes volcans brûlants.

    👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
    Ainsi nous resserrons l’anneau de nos promesses,
    Ainsi nous enlaçons ton âme dans nos cœurs.
    Ô Yavänor, reçois l’ardeur de la grand-messe :
    Saturne nous consacre et nous sacre vainqueurs.

    Yavänor
    Mes reines, vos anneaux évoquent notre alliance ;
    Saturne nous consacre un mariage éternel.
    Je pénètre en vos temples de toute ma vaillance
    Et dépose mes vœux dans vos seins maternels.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Du haut de son perchoir

    Du haut de son perchoir

    Du haut de son perchoir, le marionnettiste
    Agite ses pantins et tire les ficelles.
    Jamais on n’entend choir de propos complotiste
    Ni mĂŞme de potin car le taulier excelle.

    Il feinte sur la gauche, puis il rassemble Ă  droite,
    Remet la balle au centre et botte enfin en touche.
    Tout ça n’est qu’une ébauche, une combine adroite
    Qui trompe et déconcentre le peuple d’escarmouches.

    Petits et grands enfants applaudissent en cœur
    Et rient des facéties entre tous les partis.
    L’état est triomphant, il sort toujours vainqueur
    Le Sénat apprécie sans faire de répartie.

    Arrive le gendarme armé de son bâton,
    Qui frappe les casseurs et les manifestants
    Qui sonnent alors l’alarme et s’enfuient à tâtons
    Sous le cri jacasseur d’un public exultant.

    Illustration d’Arsen Janikyan.

    
    
    
  • Marianne et ses prĂ©tendants

    Marianne et ses prétendants

    Depuis trop de jours d’affilée, Marianne dans son lit douillet
    S’ennuie et ça la déconcerte de n’avoir toujours rien à faire.
    Les prétendants ont défilé comme pour le quatorze juillet
    Devant son antichambre ouverte Ă  qui saurait la satisfaire.

    Sans doute son charme n’est plus car tous ensemble ont décliné
    Le poste de premier ministre malgré l’honneur hypothétique.
    Même les femmes auraient déplu ; aucune ne s’est inclinée
    De peur qu’on ne leur administre un cunnilingus politique.

    Elle a pensé à une annonce dans un journal d’économie :
    « Jeune république chercherait compagnon pour un court séjour
    Mais à condition qu’il renonce à sa famille et ses amis. »
    Depuis Marianne observerait les périodiques chaque jour…

    Un jeune homme septuagénaire a répondu à son appel ;
    Il a peut-être des cheveux blancs mais des idées neuves, il paraît…
    Si son allure débonnaire semble séduire toutes les chapelles,
    Nous verrons bien, sans faux-semblants, au pire, ce qu’il va préparer…

    Tableau de Raymond Agostini sur https:www.artmajeur.comraymond-agostini .

    
    
    
  • Le labyrinthe des seins

    Le labyrinthe des seins

    Dans le labyrinthe des seins ma main aveugle de tendresse
    Cherche à tâtons le souvenir de l’enfançon qui s’en abreuve.
    Pourtant quel étrange dessein qui se poursuit avec adresse
    Aussitôt qu’il voit survenir à nouveau la sensuelle épreuve !

    Souvent mon regard tortueux se doit de frayer le passage
    Parfois mon chemin tout tracé révèle bien plus qu’il me montre.
    Rarement irrespectueux mais à la limite d’être sage
    Dans le souhait d’en embrasser le fruit qui survient à l’encontre.

    Illustration de Victo Ngai sur https:www.thisiscolossal.com202205victo-ngai-illustrations .

    
    
    
  • Tout est dans ta tĂŞte !

    Tout ton cerveau ne sert Ă  rien et tes neurones sont superflus
    Car c’est dans l’œil que tout se passe – tu n’as pas besoin d’autre chose.
    Si par principe tu es terrien, ni gros, ni maigre, ni trop joufflu,
    Et que tu ôtes ta carapace examine alors ta morphose :

    Tranquillement bien installé dans son enveloppe crânienne,
    Ton œil fait une première ébauche de ce qu’il observe au-devant,
    Puis il le note, intercalé de manière assez draconienne
    Qu’il oubliera – car il est gauche – le droit étant le plus savant.

    L’œil droit, voit tout, sait tout, veux tout ! Toujours vif, jamais assoupi !
    Chez l’homme doté de rayons X et chez la femme d’une calculette.
    Inquisiteur, passe-partout, il est curieux comme une pie
    Qui vole avec une idée fixe tout c’qui lui tombe sous la houlette.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Peigner la girafe

    Peigner la girafe

    Je manque souvent de recul lorsque je peigne la girafe
    Avec mes poèmes et mes vers pour décrire la situation
    Malgré les quelques opuscules dont j’ai lu tous les paragraphes
    D’où je crois avoir découvert une partie de la solution.

    Écrire semble une tâche fastidieuse, interminable et inutile
    Car ça n’ébranle ni les murs ni n’en font trembler les moellons.
    Hélas ma plume est insidieuse et s’amuse à l’encre futile
    Mais ce ne sont là que murmures… autant pisser dans un violon !

    Si je n’ai pas réponse à tout, l’arbre qui cache la forêt
    Ne commet pas plus une faute que moi qui bâtit sur le sable.
    Quant aux girafes, le seul atout qui leur permet de dévorer
    Les feuilles et les baies les plus hautes, c’est d’avoir un cou étirable.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur https:www.liberelemo.frgalerie-d-artistes .

    
    
    
  • Avant l’orage

    Mes petits « moi » pèsent trop lourds et chacun veut faire à son tour
    Ce qui lui plaît dans le moment et tous ensemble, évidemment !
    Au matin, je me sens balourd lorsqu’ils me tournent tout autour
    De la tête sans savoir comment m’en dégager rapidement.

    Et quand éclatent les litiges, ces imposteurs à ma décharge
    S’emparent du commandement et me font exploser de rage.
    Les noms d’oiseaux font la voltige tandis que la pression monte en charge
    Mais contre tout entendement, il faut laisser crever l’orage.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • La toison de la sirène

    La toison de la sirène

    Une sirène aux cheveux longs n’a pas besoin de vêtement ;
    Deux bouclettes pour le soutif et trois tresses nouées en string.
    Bien superflu un pantalon sur une queue tout bĂŞtement
    Et le cheveu évolutif plébiscité par le sponsoring.

    Pour entretenir ses cheveux, elle les oint d’encre de seiche
    Qui donne un brillant savoureux et rabat les mèches rebelles.
    Quelques escargots bien baveux et sa coiffe point ne se dessèche
    Par tous les crabes langoureux qui en pincent de la voir si belle.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • PlongĂ©e dans la lecture

    Plongée dans la lecture

    Lorsque je plonge dans la lecture, je ne lis que de belles histoires ;
    Intrigues d’amour ou policières, bédés ou science-fiction.
    J’avale la littérature, j’en bois à ras le Saint-Ciboire,
    Je lampe l’encre nourricière et j’en sirote la diction.

    Lorsque le récit m’engloutit, je pique une tête entre deux tomes,
    Je m’éponge à la couverture et je m’étends nu sur la page.
    Si le roman inabouti me laisse un souvenir fantĂ´me,
    Je n’en fais pas une sinécure mais j’en bouffe mon marquepage.

    Photo de Daniel Serva.

    
    
    
  • Sa vĂ©ritable nature

    Sa véritable nature

    Sur une planète cuprique où les escales sont minorées,
    Dans le miroir d’un onde pure, un agneau mirait son reflet
    Sous le regard d’un loup lubrique qui faisait semblant d’ignorer
    Qu’il voyait une face impure, grimaçante et les yeux gonflés.

    Car l’eau cuivrée de la planète se comportait comme un oracle
    Qui manifestait l’origine des racines du visiteur.
    Ainsi l’enfant, l’affaire est nette, ne découle pas d’un miracle
    Mais grâce à l’action d’androgynes vénusiens ovopositeurs.

    Illustration de Frederik Peeters.

    
    
    
  • Venus Opera

    Venus Opera

    La dualité alchimique règle l’équilibre du monde ;
    Le masculin, le féminin, le jour, la nuit, Soleil et Lune.
    Et même à l’échelle atomique, tout se complète et se seconde ;
    Bien et mal ne sont pas bénins mais en relation opportune.

    Même la femme a deux visages, deux côtés, sombre et lumineux ;
    L’amour est le yin du bonheur, la haine le yang du malheur.
    Ainsi, si son homme envisage de se montrer libidineux
    En mettant son sexe à l’honneur, il montre sa seule valeur.

    Hommage Ă  Botticelli par Libellule-Art sur https:fr.libelluleart.com2013-tribute-to-old-masters .

    
    
    
  • La vie avec les flamants

    La vie avec les flamants

    Loin des vallons, s’étend la plage dans le pays plat des flamants
    Où vit auprès des marécages la femme qui s’est consacrée
    À observer les accouplages des oiseaux qui vont s’exclamant
    À grands coups de becs dans le cœur les chants d’amour du feu sacré.

    Tableau d’Andrew Remnev sur http:dona.eklablog.comandrej-remnev-peintre-russe-contemporain-un-peintre-de-genie-a113107336 .

    
    
    
  • La dernière sirène

    La dernière sirène

    Ce soir, la dernière sirène revêt son bel habit de nuit
    Pour rêver aux marins perdus qu’elle a envoûtés de son chant.
    Tandis qu’au loin une carène semble sombrer, elle s’ennuie
    En songeant au temps suspendu sur l’horizon à contrechamp.

    Tableau de Rafał Olbiński.

    
    
    
  • Les colonnes de l’exploit

    Les Pierre-Ă -feu, les Pierre-Ă -eau, les Pierre-Ă -air et les Pierre-Ă -terre
    Ont, jadis, habité ensemble pour le meilleur et pour le pire.
    Ils ont tant semé de chaos par leurs escarmouches et leurs guerres,
    Que leurs souvenirs se rassemblent parmi les grottes qui transpirent.

    Colonnes basaltiques de la grotte de Fingal en Écosse.

    
    
    
  • Papa-CrĂŞtu et Ramonette

    Papa-CrĂŞtu et Ramonette

    Papa-CrĂŞtu chantait bien fort pour attirer sa Ramonette
    Et la forêt résonne encore de ce beau ténor amoureux.
    Ils ont niché dans le confort en stridulant la chansonnette
    Dans un arbre en forme de cor pour un concerto savoureux.

    (Photo de Ben Pearce Parrot.
    « Papa-Crêtu et Ramonette » sont les oiseaux chanteurs de Mademoiselle Rigolette dans « Les mystères de Paris » d’Eugène Sue.)

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  • Double baiser

    Double baiser

    À son curieux regard en double, je n’sais à quel œil me fier
    Pour lire le fond de ses pensées de son âme au goût étranger.
    Sa bouche en double aussi me trouble et mon cœur en est statufié
    Pour embrasser sans offenser celle qui voudrait me manger.

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  • Chapeau bas, la vierge !

    Chapeau bas, la vierge !

    Parfois la vierge est tatillonne et use mille protections
    Contre le chaud, contre le froid, contre ce qu’elle ne connaît pas.
    Si jamais on lui postillonne, son réflexe d’auto-détection
    Couvre ses yeux avec effroi d’un beau galure. Chapeau bas !

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  • Nature vierge

    Nature vierge

    Nature reine et souveraine, entre herbe folle et herbe sage,
    Nature jalouse et exigeante, entre alchimie et pharmacie.
    Mais d’une nature pérenne qui, par tous ses apprentissages,
    Connaît les règles intelligentes qui asseyent sa suprématie.

    Tableau « virgo » d’Anne Bachelier.

    
    
    
  • La culotte des anges

    La culotte des anges

    Rêver le nez en l’air, flotter sur son nuage,
    Écouter les mésanges, les pies et les hulottes,
    Ça montre à l’oculaire que, selon les usages,
    Sous leur robe, les anges, portent une culotte.

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  • La vue sur l’au-delĂ 

    La vue sur l’au-delà

    Même si personne ne l’a vu, est-ce que l’au-delà existe,
    Même si scientifiquement il n’y a pas la moindre preuve ?
    On ne peut voir l’amour non plus, ni dire en quoi la vie consiste…
    Alors y croire, empiriquement, ne serait, de la mort, qu’une épreuve… ?

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  • Mon singe et moi

    Mon singe et moi

    Souvent je parle Ă  mon singe, cette partie de moi-mĂŞme,
    Héritée de mes ancêtres, qui vit tout au fond de moi.
    Je me creuse les méninges à comprendre combien il m’aime
    Car il faut le reconnaître, il m’assiste au fil des mois.

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  • Au-delĂ  du regard

    Au-delĂ  du regard

    Je ne suis qu’une moitié dans cet espace immergé,
    Une partie de matière de vie à chaque seconde.
    Et mon complément droitier, vers qui je dois converger,
    Reste pour la vie entière connecté à l’autre monde.

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  • Distribution d’automne

    Distribution d’automne

    L’automne est la saison plurielle qui éclate en mille couleurs ;
    Témoin ce message sur feuille que la nature distribue
    Pour faire monter des kyrielles de mots d’amour antidouleur
    Afin que chacun les accueille dans sa famille et sa tribu.

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  • La voix de la jeunesse

    La voix de la jeunesse

    Puisque la valeur n’attend pas le nombre des années passées
    Laissons exprimer la jeunesse pour bien démarrer la journée.
    Hommes et femmes, marquons le pas et oublions notre passé
    Pour fêter un jour d’allégresse, je vous en prie, c’est ma tournée.

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  • Bonne soirĂ©e de nos montagnes

    Bonne soirée de nos montagnes

    Pour clôturer cette journée, je suis monté sur nos montagnes,
    Là où l’herbe devient violette lorsque vient doucement le soir.
    Alors je vous paie ma tournée en embrassant bien vos compagnes.
    Avant que ce soit obsolète je vous souhaite à tous le bonsoir.

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  • L’arbre de sagesse

    L’arbre de sagesse

    Comme ce petit arbre entend, suspendu entre ciel et terre,
    La voix qui coule dans sa sève et qui s’élève vers les nues,
    Le cœur et l’âme s’apparentant, quand enfin l’esprit sait se taire,
    Connaissent la foi qui soulève les montagnes de l’inconnu.

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  • Le sang de la Terre

    Le sang de la Terre

    C’est comme le sang de la Terre qui irradie jusqu’en surface ;
    Peut-être aussi ses battements qui se transmettent à tous les cœurs ;
    Je les entends dans les cratères dans les traces que le vent efface ;
    Je les vois dans les craquements de ses blessures et ses rancœurs.

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  • La source intemporelle

    La source intemporelle

    Dans l’eau vierge de la Terre, on a vu naître la vie,
    Comme dessins d’aquarelle qui croissent et se développent.
    Quand sonne l’anniversaire, ce souvenir nous ravit
    Et marque l’intemporelle source qui nous enveloppe.

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  • Les couleurs de la Terre – 5

    Les couleurs de la Terre - 5

    Tout d’un coup, tombe le soir, on ne s’y attendait pas.
    Toutes les ombres s’allongent et contrastent la peinture
    Comme le vin du pressoir, d’une robe aux beaux appâts,
    Qui vient tacher et prolonge l’agonie de la nature.

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  • Les couleurs de la Terre – 6

    Les couleurs de la Terre - 6

    Ces matins, fort lumineux, de rêves roses embrumés
    Quand luit, encore timide, mon étoile du Berger
    Colorent les sablonneux rivages à l’accoutumée
    De petits pinceaux humides sur les terres émergées.

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  • Les couleurs de la Terre – 4

    Les couleurs de la Terre - 4

    Quand je n’ai pas le moral, je vois mes terres en rose
    Délayée dans des eaux claires en de belles aquarelles.
    Du coup, c’est presque immoral, je quitte cet air morose
    D’un paradis qui s’éclaire comme au jeu de la marelle.

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  • Les couleurs de la Terre – 2

    Les couleurs de la Terre - 2

    C’est dans la peinture Ă  l’eau que la vie fait des merveilles ;
    Quand elle fait son chemin dans les terres de lumières.
    Parfois c’est un peu pâlot quand les orages se rĂ©veillent,
    Mais ça fonce aux lendemains quand poussent les roses trémières.

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  • Les couleurs de la Terre – 3

    Les couleurs de la Terre - 3

    Depuis qu’il est commencé, cet atelier est superbe,
    MĂŞlant les couleurs du ciel aux textures harmonisantes.
    C’est une œuvre romancée par quelques artistes en herbe
    Qui entrevoient l’essentiel d’Ă©nergies favorisantes.

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  • Les couleurs de la Terre – 1

    Les couleurs de la Terre - 1

    J’aime sentir tes eaux bleues diluer les terres arides
    Et entraîner dans les flots des dégradés irisés.
    J’aime ouïr ton vent sableux effeuiller l’éphéméride
    De tes roches dans un slow qui finit pulvérisé.

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  • Les villages en couleurs

    Les villages en couleurs

    Ces villages en couleurs conversent en mille langages
    Que le soleil fait parler en caressant leurs façades.
    TantĂ´t joies, tantĂ´t douleurs dans mille coloriages
    Que les rayons font perler en ardentes ambassades.

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  • Fais pas peur Ă  l’oiseau

    Fais pas peur à l’oiseau

    Juste un bisou sur la bouche, ça n’engage rien du tout,
    Mais si tu t’en vas plus loin, je t’avalerai tout cru !
    Ce n’est pas pour prendre la mouche, mais je ne suis pas risque-tout.
    Ton cou sentira mon poing ; je suis costaud, l’eusses tu cru ?

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  • Les pluies de reproches

    Les pluies de reproches

    Lorsqu’il pleut plein de reproches comme une douche glacée,
    Je couvre de mon pépin tous mes petits cœurs d’oiseau.
    Quand il tombe des anicroches ou des phrases déplacées,
    Je les note sur un calepin que je hache de mes ciseaux.

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  • Mes levers de soleil

    Mes levers de soleil

    Je collectionne les aurores boréales ou équatoriales
    Sur la mer ou bien sur les plaines, sur les montagnes ou sur les dunes.
    J’aime ces reflets de pur or qui saignent d’un sang seigneurial
    Les pays où mon âme est pleine de sensations fortes opportunes.

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  • La fleur des secrets

    La fleur des secrets

    Tout au fond de mon oreille, il y a une petite fleur
    Tout ce que tu lui chuchotes lui chatouille les pétales.
    Quand tu me dis des merveilles, ça soulève un vent souffleur
    Qui vient siffler et cachotte plein de secrets qui s’étalent.

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  • Ă€ touche-corne

    À touche-corne

    Quand Monsieur-madame escargot croise Madame-monsieur escargot,
    À touche-corne mon compère s’en va séduire ma commère.
    Leur chant d’amour fait l’embargo et s’entremêle dans un cargo
    Pour mener une vie prospère dans leur existence éphémère.

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  • La main du pied-qui-nait

    La main du pied-qui-nait

    Heureuse la main du kiné
    Qui touche au petit pied qui nait !
    Lui, qui n’a jamais bouquiné
    Mais n’en est pas enquiquiné,
    Les voilà bien accoquinés !

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  • Derrière chez moi

    Derrière chez moi

    Derrière chez moi il y a un sentier
    Ceux qui l’empruntent en reviennent toujours
    Il paraîtrait que des instrumentiers
    Créent des échos et des chansons d’amour !

    Si vous passez, revenez donc me voir
    Je vous emmènerai le visiter
    C’est mon souhait, c’est aussi mon devoir
    De vous montrer sa grandiosité.

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  • Éternelle Sisyphe – 2

    Éternelle Sisyphe - 2

    Madame la coccinelle a sa méthode dédiée :
    Elle grimpe sur le fruit et puis marche en reculant.
    Mais pendant sa progression, elle en grignote, crédié !
    Si bien que quand elle arrive, le noyau est l’ambulant.

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  • Mon petit chez-moi

    Mon petit chez-moi

    Si tu passes par le sud, fais donc un petit crochet !
    Viens dans les terres perdues accrochées à mes collines.
    J’ai construit ma maisonnée là, sur mon petit rocher.
    J’y vis un peu en ermite dans ma vallée orpheline.

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  • Éternelle Sisyphe – 1

    Éternelle Sisyphe - 1

    L’éternelle Sisyphe continue à rouler
    Le fardeau de sa vie jusqu’en haut du rocher.
    Mais quand elle y parvient tout s’est évaporé
    Et la fourmi honteuse est bien désabusée !

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