🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Les dessous de l’histoire

Puisque sous les pavés, la plage, je dois pouvoir extrapoler
En regardant sous les jupons de ma mère et arrières-grand-mères.
Au fil du temps des pucelages perdus d’avoir caracolé
Avec des hommes un peu fripons, j’en établirais le sommaire :
Les dessous de la religion, les dessous du Bon Dieu, lui-mĂŞme
Qui doit porter entre les jambes toute l’humanité entière ;
Du linge de corps des légions qui ont repris Jérusalem
Jusqu’au soutien-gorge qui flambe au bout du bras des lavandières.
Mesdames, montrez-moi vos dessous et je vous dirai, voyez-vous,
D’où venez-vous, où allez-vous et dans quel état mon cœur erre !
Ça ne vous coûtera pas un sou mais j’obtiendrai, je vous l’avoue,
L’écrin de ce petit bijou si tendre qu’il me rend téméraire.Illustration de Milo Manara
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Dessinatrice de charme

Connaissez-vous l’encre de charme au bleu profond voluptueux
Qui fait rosir les romantiques et rougir la gente pudique ?
Il fait s’éveiller une larme au coin de l’œil affectueux
Qui aime lire l’authentique des lettres d’amours véridiques.
La dessinatrice en abuse dans son trait sans modération
Soulignant la courbe d’un sein ou d’une fesse à peine couverte.
Pauvre lecteur qu’elle méduse par la soudaine libération
D’un afflux d’envies qui l’enceint à chaque nouvelle découverte !
J’en connais une qui dessine presque nue d’une main habile
Tandis que l’autre cherche l’idée au fond de sa petite culotte
Pour que sa beauté assassine le bibliophile immobile
Grâce au suspense validé par une chute rigolote.Illustration de Jean-Pierre Gibrat
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L’ombre de Pharaon

On connaît la malédiction qui frappe les profanateurs
Mais on ne sait comment s’étend cette punitive hécatombe.
La teneur de la prédiction frappe aussi les excavateurs
Et toute personne qui prétend découvrir un jour une tombe.
Derrière tout mystère se cache le même éternel féminin ;
Dans tous les cas, cherchez la femme et vous en trouverez la clef.
Ainsi le Pharaon s’attache à réserver tout le venin
De l’épouse la plus infâme pour administrer sa raclée.
Si par hasard vous découvrez inopinément un tombeau,
Pas touche à la momie qui dort, la mamie se cache derrière !
Si vous y êtes obligés, ouvrez mais ne touchez pas aux lambeaux
Sinon l’ombre de son mentor clora à jamais vos paupières.Photo d’Andrea Mary Marshall sur https://andreamarymarshall.com .
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Réflexions félines en fin d’après-midi

Le chat et la chatte minaudent, chacun selon ses attributs.
Le chat vous frôle de son pelage pour réclamer quelques caresses ;
La chatte se montre plus finaude à l’intérieur de sa tribu
Et jouera de son pucelage pour devenir votre maîtresse.
Mais vivre d’amour et d’eau fraîche ne nourrit pas nos citadins.
Le chat réclame sa pitance avec sa voix de baryton ;
La chatte s’avère revêche envers le prétendant radin
Qui paiera pour sa repentance la bague montée sur chaton.
Que faire en fin d’après-midi tout seul dans son appartement ?
Le chat dort pour prendre des forces en attendant l’heure de la chasse ;
La chatte ose la perfidie de se montrer sans vĂŞtement
À la fenêtre et puis s’efforce d’attirer le chaland qui passe.Illustration de Yannick Corboz.
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La plume de l’ange

Le temps passait seul, sans son ange qui n’avait pu se libérer
Et j’écrivais à cœur perdu, l’esprit crissant sur le papier.
Lorsque dans la lumière orange d’un crépuscule réverbéré,
Une plume blanche, éperdue, vint atterrir juste à mes pieds.
La nuit était-elle tombée ou était-ce entre chien et loup ?
Toujours est-il qu’un ange blanc se posa à proximité.
Et moi bien sûr, j’ai succombé, ce qui rendit le temps jaloux
Qui suspendit l’ange tremblant entre deux airs illimités.
J’ai pris sa plume que j’ai trempée à l’encre d’une nuit sans Lune
Et j’ai raconté cette histoire du temps et de l’ange qui passent.
Plaise au lecteur que j’ai trompé avec cette idée opportune
Qu’il prenne conscience notoire de mes errances dans l’espace.Illustration d’Andrej Mashkovtsev
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Miss Caméléonne

Sans doute un prénom qui déteint sur ses tenues vestimentaires
Tant celles-ci sont assorties aux murs de son appartement.
Quant à ses cheveux et son teint, également complémentaires,
Ils s’adaptent à chaque sortie au ton de ses emportements.
Point ne s’arrête son mimétisme à sa peau et ses vêtements ;
En effet tout son caractère prend la couleur de l’air du temps.
Conséquence du magnétisme de la Terre et ses éléments
Sur cette fille pleine de mystères mais qui se dévoile pourtant.
J’ai connu Miss Caméléonne au cours d’une de mes tournées
Celle-là même la plus étrange, je dirais même atmosphérique.
Elle venait de Sierra Leonne et, le soir en fin de journée,
Elle prenait la couleur orange d’un coucher de soleil d’Afrique.Tableau de Louis Treserras sur http://wombart.net/emotion-research-by-louis-treserras
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L’œil, l’expression et l’impression



L’œil, miroir indiscret de l’âme, reflète mon étonnement
Devant tout ce que je découvre et que j’ai du mal à comprendre.
Mais il trahit souvent la flamme dont fuse le rayonnement
Des raisonnements que j’entrouvre sur le peu que j’ai pu apprendre.
L’œil, sentinelle défensive, explore mon environnement,
Attentive à ce qui se passe derrière son intime frontière.
Parfois elle se montre offensive pour pallier le foisonnement
Des imprévus qui la dépasse et la font trembler tout entière.
L’œil, porte-parole du cœur, exprime mes ressentiments
Comme les joies et les pressions sur ce que j’ai envie de vivre.
Il sait occulter mes rancœurs, mes craintes et mes sentiments
Et ne renvoie que l’expression de mon intérieur comme un livre.Illustrations de Jean-Pierre Gibrat
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Réflexions lunaires



J’aime ma fenêtre propice aux réflexions fort opportunes
De son miroir qui me démontre sa silencieuse complétude
Au seuil des meilleures auspices que m’envoie un rayon de Lune
Qui perce et qui vient à l’encontre de mon cœur chargé d’inquiétudes.
Lune, Ô ma Lune taciturne, que me révèle l’avenir
À travers la neige qui tombe d’une incertitude impassible.
J’en appelle à l’astre nocturne dont le halo sait convenir
À m’indiquer ce qui m’incombe dans la nuit de tous les possibles.
C’est l’heure où je vais me coucher, lorsque le temps se superpose
Que m’apparaît la direction vers laquelle je dois lâcher prise
Je laisse mon cœur accoucher du germe que le jour dépose
Quand le soleil en érection m’illuminera sans surprise.Illustrations de Jean-Pierre Gibrat
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La prochaine génération singée


Après toutes ces pandémies sensées nous faire évoluer,
Nos enfants montreront les signes d’une mutation nécessaire.
Tout le corps de l’Académie se devra donc d’évaluer
Les hommes et les femmes dignes de figurer dans ses glossaires.
Des chats, nous aurons les oreilles orientées pour la 5G ;
Des chiens, nous aurons l’odorat pour flairer les cours malhonnêtes ;
Nos mains ne seront plus pareilles mais plutĂ´t aptes Ă singer
Nos leaders dont le mentorat nous réduira en marionnettes.Tableaux de Shiori Matsumoto sur https://iamachild.wordpress.com/category/matsumoto-shiori
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Le miroir Ă deux faces

Ces deux façons de voir le monde et qui divise encore les hommes
Se reproduit à chaque fois qu’un seuil du savoir est franchi.
Qu’on les juge purs ou immondes, tous les chemins mènent à Rome ;
Après, tout est question de choix – qu’on en soit ou non affranchi.
Les vaccins tuent-ils davantage que les virus qu’ils garantissent ?
Les pandémies sont-elles dues aux effets de la pollution ?
Quels sont tous les désavantages des avancées qui ralentissent
La vie pour une mort prétendue être la meilleure solution ?Tableau de Masaru Shichinohe sur https://freewechat.com/a/MzUyMjQ0MjkwMw==/2247503907/1
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Bisou

La communication muette d’un baiser longtemps soutenu
Part du profond de la luette jusqu’au bout des lèvres charnues.
J’aime cet échange discret qui en dit plus que mille phrases
Et dont l’amour a le secret jusqu’à connaître l’épectase.
Et le baiser se fait voyage dans la mer salée des deux bouches
Avec le tendre paysage des regards qui presque se touchent
Derrière les paupières fermées sur le bonheur inconsistant
De deux cœurs en train de germer dans l’intervalle d’un instant.
Rapellons-nous que l’Épectase dĂ©signe au choix « le Progrès de l’homme vers Dieu » ou « le fait de mourir lors de l’orgasme »Tableau de Pablo Picasso
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Dans l’embrasure


Elle me suivait de son regard dans l’embrasure de la porte
Juste entrouverte sur la ruelle dans un vieux quartier de Strasbourg.
Je voyais son visage hagard qui attendait que lui apporte
Un courant de bonnes nouvelles par un vent messager d’amour.
D’une inquiétude un peu fugace, dans l’instant bref d’une seconde,
Elle pointait ses yeux sondeurs Ă chaque pas Ă peine entendu.
Un beau jour, son esprit sagace trouvera sa source féconde
En explorant en profondeur l’âme de son prince attendu.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’issue de secours

Tant que je n’aurai pas trouvé comment devenir immortel,
La vieillesse demeurera le chemin pour ne pas mourir.
Jamais je n’aurai éprouvé le sentiment d’être mortel
Aussi longtemps que restera l’éternitĂ© Ă parcourir.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Aux couleurs de Saint-Michel
J’avais ramassé des tulipes pour les offrir à Saint-Michel.
Hélas, d’un souffle de dragon, le vent les porta dans les nues.
Après m’être mordu la lippe, j’ai couru chercher une échelle.
Trop tard ! Les marées du lagon gardaient les couleurs retenues.Le Mont-Saint-Michel en habits de carnaval.
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Ă€ la mare, y vont geler
Tout est gelé dans les forêts, les mares, les étangs, les fontaines.
Et le soleil fait des photos avec les ombres sur la neige.
Comme j’ai tendance à abhorrer les dégringolades incertaines,
Je me suis dit : « Toi, mon Toto, tu arrêtes là ton manège.J’ai voulu faire une balade dans la forêt d’Eschenberg mais les chemins enneigés ont gelé cette nuit et j’ai fait demi-tour au bout de trente minutes. Juste le temps de prendre quelques photos. Et à ce propos, l’homme n’a rien inventé car le soleil à travers les arbres crée des photos assez artistiques en ne faisant fondre que la neige exposée et en laissant celle dans l’ombre.
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Le cul blanc de la bibiche
Ah ! Que j’aime le cul blanc des bichettes au fond des bois
Quand la rencontre est fortuite et la belle, sauvageonne.
Je lui parais bien troublant et je ne fais pas le poids
Car la femelle éconduite a peur que je l’assaisonne.En fait c’était un jeune cerf ou peut-être un chevreuil qui portait une petite ramure ce matin dans la forêt d’Eschenberg.
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Les jours heureux
Pourquoi attendre des jours heureux quand on peut avoir tout de suite
Une palette de couleurs dans une bleue fluorescence ?
Si le présent est chaleureux, le passé est toujours en fuite
Et l’avenir est sans douleur d’une Ă©ternelle renaissance.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’eau messagère
Dans chaque goutte de pluie, chaque goutte de rosée,
Je vois un hublot divin qui me chante une comptine.
C’est un message qui luit au petit matin rosé
SignĂ© par un Ă©crivain Ă l’encre d’une eau sanguine.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Ah, c’est qu’assez
Assez de se casser le bol, assez de se casser la tête !
À vouloir sortir du bocal, j’ai fini par fêler mon cœur.
Me voilà gisant sur le sol, tout cabossé, comme c’est bête !
Et mon dernier adieu buccal sera pour ce poisson moqueur.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La route du désert
Ne la croyez pas cruelle, la route âpre du désert.
Parfois il faut oublier, parfois il faut pardonner.
Comme une sombre ruelle dans un quartier de misère,
Un éternel sablier dans un temps abandonné.
Puis le silence se fait et seule l’âme parle encore
Répétant d’avoir confiance et persévérer son pas.
L’esprit se voit contrefait mais seuls le cœur et le corps
Connaissent la signifiance de Dieu qui fait le compas.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Terre intérieure
En voulant parcourir la Terre, j’ai découvert son intérieur
Dans une source d’eau profonde tapissée d’écueils complaisants.
J’y ai bu l’onde élémentaire de mes souvenirs antérieurs
Qui ont permis que j’y confonde passĂ©, avenir et prĂ©sent.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La forĂŞt endormie
Dans la forĂŞt toute endormie de rĂŞves bleus qui s’Ă©vaporent,
J’aime parcourir ses chemins pour capter sa petite voix.
Quelques elfes en hypothermie, dormant encore dans les spores,
M’invitent Ă revenir demain par leurs limbes Ă claire-voie.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Taureau en marche
Le taureau aime bien foncer droit devant lui, c’est sa nature,
Les pattes ancrées dans la terre comme un conquérant échaudé.
Ses objectifs bien enfoncés comme profonde signature.
Ne cherchez pas Ă le distraire et laissez-le Ă©chafauder.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Demain, le mont de Vénus
Hier nous avons gravi le Mont Saint-Mamelon,
Aujourd’hui c’est l’attaque des Montagnes-des-Fesses.
Demain s’il fait très beau, comme choix, c’est selon ;
Soit le Mont de VĂ©nus, soit la Grotte-qui-s’affaisse.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’homme-poisson au poil
Pour pouvoir respirer sous l’eau, je mets de l’air dans mes moustaches.
Je pourrais aller plus profond si j’en mettais plus dans ma barbe,
Mais les terribles requins-barbiers rasent de près en multitâches
Hier ils m’ont Ă©pilĂ© les jambes, vous les verriez, c’est du vrai marbre !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Chacun voit midi Ă sa fenĂŞtre
Que cherchent les deux chiens, debout à la fenêtre ?
À quoi rêve l’enfant si ce n’est d’évasion ?
Ils sont assis sans maître, il faut le reconnaître,
Et guettent impatiemment la première occasion !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.


