Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • De chasse et de pĂŞche

    De chasse et de pĂŞche

    Bientôt c’est de chasse et de pêche que nous vivrons au jour le jour,
    À l’arme blanche uniquement et vêtus d’un fétu de paille.
    Mais le progrès nous en empêche car on ne connait pas toujours
    Comment vivre sans vĂŞtement et, de gibier, faire ripaille.

    Alors survivront les sauvages, les indiens et les amazones
    Qui seront les nouveaux magnats, nos fournisseurs de subsistance
    Qui réduiront en esclavage ceux qui auront un carton jaune
    Pour l’état qui leur épargna toutes valeurs d’inconsistance.

    Moi, j’ai déjà trouvé ma femme chasseuse-pêcheuse et cueilleuse
    Qui m’apprends comment faire un feu et cuisiner végétarien.
    Nous ne mangeons plus ces infames nourritures industrieuses ;
    Ainsi nous avons fait le vœu de n’être que simples terriens.

    « Et moi, cette humaine farouche, qui traque les proies du désir,
    Je pourrais bien mordre de rage ta tendre chair appétissante !
    Puisque tu aimes tant ma bouche, prends garde au jour oĂą, Ă  loisir,
    Je vous enfermerai tous en cage pour calmer ma faim rugissante ! »

    Illustration d’Atlatl.

    
    
    
  • Plages vĂ©ganes

    Plages véganes

    Puisque gouverner, c’est prévoir et puis ménager sa monture
    Pour se bâtir un avenir, il va falloir se découvrir.
    Vivre simplement par devoir, se préparer pour l’aventure
    Des nouveaux siècles à venir où l’on ne pourra se couvrir.

    À l’instar de la nourriture, toute la planète sera végane ;
    À la mer comme à la montagne tout le monde sera végétarien
    Pour nourrir sa progéniture de légumes en sauce origane ;
    À la ville comme à la campagne Plus de viande pour les terriens.

    Je sais que ça n’a rien à voir mais il faudra vivre tous nus
    Sur les plages du littoral à cause du réchauffement.
    Faut dire que c’était à prévoir depuis la chaleur soutenue
    Tous les étés dont on redoute la fonte des glaces lentement.

    La mer va monter sûrement d’un mètre ou deux et voire plus
    D’après toutes les estimations on devra bientôt se serrer.
    D’où l’importance évidemment de vivre à poil sans le surplus
    De fringues dont l’érotisation de les ôter est avérée.

    Illustration de Mathilde Cretier sur https:fillinglobal.comartistsmathilde-cretier .

    
    
    
  • La Cène de la Sainte Matrie

    Image galerie

    Yavänor-le-jeune
    Je conserve toute la mémoire des fondateurs de l’ÏÄMOURÏÄ ;
    Lilith et Yavänor-l’ancien, lui-même fils réincarné,
    Né de l’ancienne Lilith-la-Noire, mère de Laureline et Loreleï,
    Elles-mêmes épouses du doyen dont je suis moi-même incarné.

    Lilith et Yavänor-l’ancien
    J’ai désiré Lilith pour mère et je suis devenu son germe ;
    Elle m’a porté neuf mois durant et m’a élevé comme son enfant.
    Alors l’ancien corps éphémère dont la vie arrivait à terme
    A délégué à l’aspirant l’acte royal et triomphant.

    Lilith-la-Noire
    Je suis Lilith l’originale, celle maudite et insoumise
    Qui a fui la colère des hommes et celle de leur Dieu jaloux.
    Par mes racines vaginales et ma descendance promise
    En choisissant mes chromosomes, je suis revenue Ă  pas de loup.

    Laureline et LoreleĂŻ
    Et c’est en nous que vit son sang et dans nos cœurs et dans nos âmes ;
    Nous avons aimé le poète, réincarnation d’Yavänor,
    Qui est venu en annonçant que nous serions mari et femmes
    Et si notre mère le souhaite, elle lui servira d’athanor.

    Yavänor-le-jeune
    Je suis le fils de tous les fils, la quintessence des semences ;
    Je porte en moi l’ombre et la flamme, la faute avec la rédemption.
    Lilith a fait le sacrifice de la lignée ses souvenances
    Et par le souffle de son âme, le fils a eu la préemption.

    De ses filles, j’ai reçu l’ardeur, l’amour, la vie et la sagesse ;
    Et du poète, la parole et la mémoire du génome.
    J’en ai hérité la candeur, l’imaginaire et la richesse
    De son cœur d’enfant dont le rôle fut la création du royaume.

    Ainsi s’accomplit notre cycle : la Cène de la Sainte Matrie.
    Yavänor-l’ancien vit en moi et Lilith dans Laëtïtïa.
    Nos deux voix sont deux hémicycles, les symboles de notre fratrie ;
    Laureline, Loreleï, sa fille et moi tous unis dans l’ÏÄMOURÏÄ.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La sirène hallunecinĂ©e

    La sirène hallunecinée

    En Pleine Lune, la sirène sent les premiers préliminaires
    Entre les courants ascendants, balancés et puis descendants.
    Sous l’énergie la plus sereine des quatre périodes lunaires,
    Son cœur est plus condescendant envers les marins prétendants.

    Sans doute l’appétit charnel supplante sa gloutonnerie
    Et l’eau dilue ses phéromones en maintes circonvolutions
    Pour que son désir maternel jouisse de polissonneries
    Avec un parfum d’anémone pour en hâter l’évolution.

    Mais déjà la Lune décroît et la sensualité s’éteint ;
    Les instincts reprennent le dessus et la faim rapplique soudain.
    Si l’envie revient de surcroît ce sera pour faire un gratin
    Du pauvre marin alors déçu de finir en peau de boudin.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La sirène mĂ©tamorphosĂ©e

    Quand la Lune sera croissante, la sirène nourrira sa peau,
    Puis fera couper ses cheveux et épiler sa queue nacrée.
    Après deux semaines angoissantes, elle sentira fort à propos
    L’astre réaliser tous ses vœux et notamment le plus sucré :

    Quand la Lune sera décroissante, la sirène se purifiera
    Pour faire repousser ses écailles et sa chevelure ondulée.
    Passé la semaine harassante, sa poitrine s’intensifiera
    Et de ses mamelons corail perleront des gouttes de lait.

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  • La dolce vita

    La dolce vita

    Quand la recherche est fructueuse envers l’amour et le bonheur,
    Trouver midi au Capitole ne mange ni pain ni pizza.
    Mais pour la fille voluptueuse, il faut se lever de bonne heure
    Sinon n’importe quel Anatole la cueillera sur la piazza.

    Anatole, Luiggi, Roméo, ou n’importe quel Romanichel
    Qui saura ĂŞtre plus rapide en lui discourant Ă  foison,
    Ou une star en caméo qui monte sur la grande échelle
    Afin d’une audace intrépide, la faire tomber en pâmoison.

    Mais s’il faut entrer dans l’arène, autant que ce soit le Colisée,
    Combattre en preux gladiateur, triompher de ses adversaires
    Et gagner le cœur de sa reine, puis aller se coaliser
    Dans un mariage initiateur d’autres soucis, soyons sincères.

    Tableau de Rafal Olbinski.

    
    
    
  • L’œuf de Colombine – 2

    L’œuf de Colombine - 2

    Toute la couleur de son œuf a contaminé Colombine
    Qui désormais ne cache rien de ses sentiments enflammés.
    Car elle arbore ses habits neufs aux tons mandarine et rubine
    Puisque son cœur épicurien est libre de les proclamer.

    Révélation chez les oiseaux. Tout était calculé d’avance
    Car leurs œufs contenaient le germe de l’ouverture de l’esprit.
    Tout s’est déployé en réseau ce matin-là en connivence
    Avec les poules de la ferme et les hiboux sans parti pris.

    La révolution est dans l’œuf par l’action de ces volatiles
    Qui, tous les jours, changent la donne par le jaune conquistador.
    BientĂ´t, en deux-mille vingt-neuf, cette mutation versatile
    Fera en sorte que tous s’adonnent à la religion de l’œuf d’or.

    Tableau de Leonor Fini.

    
    
    
  • Froide fatalité !

    Froide fatalité !

    Si la météorologie augure un brulant avenir
    Et que la science promet un réchauffement de folie,
    Elle, elle use de l’astrologie et des tarots pour voir venir
    Un peu de fraîcheur au sommet de sa boule de cristal polie.

    Fatalité caniculaire ! Il faudrait un tour de magie
    Ou invoquer un démon froid en lui offrant en sacrifice
    Son cul bien perpendiculaire au risque de blennorragie
    Pour qu’il lui fasse avec effroi l’amour au prix d’un maléfice.

    Elle l’a invoqué trois fois, il l’a baisée à chaque fois
    Et la température monte avec un feu au cul des dieux !
    Ce n’est pas un manque de foi mais là, elle reste sans voix
    Et elle commence à avoir honte de son acte miséricordieux.

    Tableau de Harold Forster.

    
    
    
  • Le coup de la lapine

    Le coup de la lapine

    On ne voit bien qu’avec le cœur la vraie valeur à l’intérieur
    Et l’essentiel est invisible aux yeux qui vivent au présent.
    L’absence pèse à contrecœur, imperceptible à l’extérieur,
    Et plus la souffrance est sensible, plus l’absent est omniprésent.

    Un seul lapin vient à manquer et tout le reste est fourvoyé ;
    L’amour n’est pas qu’une carotte, il est la terre, l’air et l’eau.
    Il est aussi le feu flanqué de deux êtres au cœur du foyer
    Où naîtra au fond de la grotte un lapereau nommé Angello.

    Mais pour l’instant son cœur est froid ou ses lapins pas assez chauds ;
    Ils ont dĂ» rester au bistrot soigner leurs cirrhose du foie.
    Alors elle pleure avec effroi les larmes d’un cœur d’artichaut
    Qui s’amourache toujours trop à courir deux lièvres à la fois.

    (Tableau de Ryohei Hase.
    « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » Antoine de Saint-Exupéry.)

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  • Mille-et-une nuits

    Mille-et-une nuits

    La flamme bleue de la passion s’élevait en mille-et-une voix
    Dans le chant sacré des houris trillé par mille-et-une nanas.
    Jeune fou, j’eus la compassion pour ces vierges me montrant la voie
    Qui passait par un trou de souris pour accéder au nirvâna.

    Après, j’ai perdu la mémoire mais je me souviens des étreintes
    Et mon corps violé mille fois sauf la dernière nuit de délires
    Où j’ai aimé la vierge noire qui m’a fait jouir sans contrainte
    Et m’a libéré toutefois en effaçant mes souvenirs.

    Tableau de Kees van Dongen.

    
    
    
  • Miroir magique – 3

    Un jour le miroir craquera, mes deux âmes se rencontreront
    Et l’univers s’effondrera et nous nous annihileront
    Un instant incommensurable, un point infinitésimal,
    D’une densité comparable au néant le plus maximal.

    Et je comprendrai que l’atome, cette cellule microscopique,
    Contient toute l’humanité et l’ensemble de la connaissance.
    Lorsque je verrai mon fantĂ´me errer dans un rĂŞve entropique,
    Je sentirai la vanité de l’éternelle renaissance.

    Photos de Robin Cerutti sur https:petapixel.com20151202using-perspective-to-turn-the-surface-of-water-into-a-magical-mirror .

    
    
    
  • Miroir magique – 2

    Petit à petit, chaque nuit, les rêves percent la frontière ;
    La réalité disparaît et se fond dans l’absurdité.
    Douleurs, déboires et ennuis se confondent dans la matière
    Et l’espérance transparaît dans les mémoires régurgitées.

    Je possède une clef des songes, héritage de vies antérieures,
    Qui déverrouille les passages dont j’ai oublié le chemin ;
    Et peu m’importe les mensonges ou les vérités intérieures
    Que j’y échange avec les sages puisqu’ils ne seront plus demain.

    Photos de Robin Cerutti sur https:petapixel.com20151202using-perspective-to-turn-the-surface-of-water-into-a-magical-mirror .

    
    
    
  • Miroir magique – 1

    Je vis en deux mondes opposés qui ne dressent aucune frontière ;
    L’univers de réalité et l’antimonde d’absurdité.
    Lorsque mon corps s’est reposé, mon âme quitte la matière
    Et part dans l’irréalité des rêves d’incrédulité.

    Dans cet espace hypothétique surgit l’interface invisible
    Du miroir qui renvoie à l’âme son équivalent anti-âme.
    Si la rencontre prophétique des entités indivisibles
    Est protégée d’un brise-lames, je n’en connais pas le programme.

    Photos de Robin Cerutti sur https:petapixel.com20151202using-perspective-to-turn-the-surface-of-water-into-a-magical-mirror .

    
    
    
  • La Rose sauvage

    Les ornements dans les cheveux, une fleur posée sur l’oreille,
    Une croix, un symbole saint, tout cela me donne raison
    Mais je ne fais pas ce que je veux ; ma beauté nue n’est pas pareille
    Et si je veux montrer mes seins on me renvoie Ă  la maison.

    D’une part, une minorité montante islamique tente d’imposer son voile ;
    D’autre part une majorité démagogique rejette les décolletés jugés impudiques ;
    Et puis, des gouvernements qui nous imposent le masque et le confinement…
    Quelle est la forêt que l’arbre coronavirus tente de nous cacher ?

    Tableau de Linas CicÄ—nas.

    
    
    
  • Selon ma reine

    Si j’étais roi, juste pour un jour, je prendrais une reine pour la nuit ;
    Le lendemain, monarque déchu, je devrais me sauvegarder.
    Je ne vous raconte pas l’amour que je devrais faire à minuit
    Pour, qu’à la dernière heure échue, elle ait envie de me garder.

    Si j’étais roi, juste pour un an, je prendrais une reine en leasing
    Pour l’amortir sur douze mois et pouvoir manger à ma faim.
    Tous les matins en déjeunant je l’aimerais dans le living
    Pour lui faire un enfant de moi, rentabilisé sur la fin.

    Si j’étais roi, mais pour toujours, je prendrais une reine éternelle
    Qui ne s’use pas quand on s’en sert mais qui jouerait de l’olifant.
    Évidemment, jour après jour, grandirait l’appétit charnel
    Qui nourrirait, jusqu’au dessert, l’espoir d’avoir beaucoup d’enfants.

    Tableaux d’Alexander Sigov.

    
    
    
  • Gare au gorille !

    Monsieur prétendait que sa femme étrennait un nouvel amant
    À la voir rire en son manoir, tant glousser que ses seins en bougent.
    Pourtant rien ne semblait infâme dans le personnel du moment :
    La cuisinière vêtue de noir et le chauffeur en manteau rouge.

    Madame voyait la vie en rose et montrait de belles couleurs
    Quand elle partait en promenade chez une présumée Daisy.
    Elle quittait la vie morose de son château plein de douleurs
    Pour une vive fanfaronnade avec un’ touche de fantaisie.

    Le chauffeur, un gorille blanc, appartenait Ă  la chapelle
    Des primates érotomanes, le genre qui ne plait qu’aux dames.
    Car le singe, sans faux-semblants, donnait des orgasmes Ă  la pelle
    À sa maîtresse nymphomane en roulant sur le macadam.

    Tableaux de Caroline Christen.

    
    
    
  • Les mĂ©tamorphoses d’octobre

    Les métamorphoses d’octobre

    Octobre nous métamorphose toutes les feuilles des forêts
    Converties aux dieux de la rouille auxquels elles ont succombé.
    Octobre mêle ciels de rose aux brumes et nuages dorés
    Qui sanglotent avec les citrouilles leurs regrets aux feuilles tombées.

    Tableau de Karen Mathison Schmidt.

    
    
    
  • La maison de Cadet Rousselle

    La maison de Cadet Rousselle, qui n’a ni poutre ni chevron,
    Présente aussi des murs bizarres, un toit sans tuile ni ardoise.
    Dans les gouttières, l’eau ruisselle pour arroser quelques poivrons
    Qu’il fait sécher dans un bazar tenu par Madame Courtoise.

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  • L’épicerie Manolito

    Les promesses sont en promotion à l’épicerie Manolito
    Et les retraites sont en réclame avec Brigitta à la caisse.
    Les hausses sont en proportion et les crédits incognitos.
    D’ailleurs, c’est lui qui le proclame : « c’est bien, du moment que j’encaisse ! »

    Avec Edouardo Felipe, le chef du rayon « bon marché »,
    Vous n’en reviendrez plus jamais des huiles et des grosses légumes.
    Le magasin est équipé de gorilles tout harnachés,
    Prêts à tout pour vous rétamer s’il vous reste de l’amertume.

    Et c’est pourquoi je vous propose d’honorer ce saint épicier
    En lui offrant un bain de foule avec ses légumes pourries.
    Le seul risque serait qu’il ose les revendre pour bénéficier
    D’un prix d’a-chat qui le défoule et nous en serions les souris.

    Mafalda de Quino revisitée par qui vous savez.

    
    
    
  • Double-croche

    Double-croche

    Je l’appelais ma « Double-croche » car elle sautait en triolet
    Sur les portées en clef de sol et quelquefois en clef de fa,
    Mais n’émettais aucun reproche quand ses gambettes affriolées
    Demandaient que je les console en les massant sur le sofa.

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  • Le pont de l’amour

    Le pont de l’amour

    L’amour ressemble aux ponts couverts pour relier l’homme à la femme.
    Monsieur plonge dans le tunnel si son instrument y parvient
    Jusqu’à ce qu’il ait découvert ce qui fait plaisir à Madame.
    Et quand ça devient passionnel, il fait de nombreux va-et-vient.

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  • Le quintette de vie

    Le quintette de vie

    Les années jouent une musique qui nous entre par une oreille,
    Fait plusieurs tours dans notre tête et nous fait résonner en chœur.
    Comme un oiseau bleu amnésique qui oublierait ce qui l’effraye
    Et lors pousserait son quintette avec esprit corps âme et cœur.

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  • Les trois muses au corps beau

    Les trois muses au corps beau

    Trois jolies maîtresses au corps beau tenaient, sur leur arbre, perchées,
    Une bonne prise de bec et en faisaient tout un fromage…
    Ce furent ces échanges verbaux aux noms d’oiseaux très recherchés
    Qui inspirèrent à un jeune blanc-bec une fable pour leur rendre hommage.

    Si on sait que le jeune blanc-bec s’appelait Jean-de-la-Fontaine, en revanche, l’histoire n’a pas retenu le nom des charmantes demoiselles.

    
    
    
  • Quand le temps se distend

    Quand le temps se distend

    À l’automne, le temps se distend pour embrasser intimement
    Les saisons et les souvenirs que ma jeunesse a engrangés.
    Les plus forts, les plus résistants poursuivent leur cheminement
    Pour me montrer, qu’à l’avenir, ils demeureront inchangés.

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  • L’étang des Ă©toiles

    L’étang des étoiles

    Il faut venir Ă  la nuit noire, juste quand la lune est nouvelle,
    Et observer dans les reflets les petits éclats cristallins
    Qui convergent vers l’entonnoir de l’onde qui se renouvelle
    Par l’enchantement du soufflet qui charme l’étang opalin.

    Dans la forêt d’Eschenberg à Winterthur.

    
    
    
  • La fontaine des Ă©toiles

    La fontaine des étoiles

    Toute la poussière d’étoiles que la nuit sème aux quatre vents
    Est décantée dans les eaux noires de l’étang dans un égrégore.
    Parfois, on distingue le voile des fées qui se postent devant
    Puis, qui plongent dans la baignoire de la fontaine aux météores.

    (Photo de la fontaine de Sternweiher
    Ce qui signifie « l’étang des étoiles » ou « l’étoile sainte »
    Dans la forêt d’Eschenberg ce matin.)

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  • Les petits hommes verts

    Les petits hommes verts

    Les petits hommes verts sont partout sur la Terre
    Et savent se cacher dans les nappes de brume.
    Quand j’en ai découvert, ils m’ont dit de me taire
    Car ils restent attachés à cette humble coutume.

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  • Le sommet des ans

    Le sommet des ans

    À force de grimper les années, tu es parvenu au sommet
    Et tu embrasses du regard partout ce que tu as su vaincre.
    Le visage un peu basané d’un soleil qui t’a assommé
    Mais qui, chaque fois que tu t’égares, sait t’éclairer et te convaincre.

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  • Ça y est, je suis mort

    Ça y est, je suis mort

    Je ne sais plus où vont mes pas perdu dans ce brouillard d’octobre ;
    Hier encore un peu de soleil me montrait un chemin tracé.
    Je passe de vie à trépas tout en transportant mon opprobre
    Et je m’enfonce dans le sommeil jusqu’à la camarde embrasser.

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  • La vague d’encre

    La vague d’encre

    TempĂŞte dans un encrier ou tourbillon dans une plume,
    Tout le chaos d’une journée fait chavirer mon cœur d’étoile.
    Le film du calendrier m’entraîne au fond comme l’enclume
    Au bout d’une âme détournée de son dessein flou sur la toile.

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  • La grotte aux trĂ©sors

    La grotte aux trésors

    Bienvenue dans ma grotte où le soleil se lève !
    Il y fait toujours bon et l’amour vous y guette !
    Dès qu’une envie vous trotte, la grâce s’y révèle,
    Comme une fée, d’un bond, donne un coup de baguette.

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  • Comme affable mĂ©sange

    Comme affable mésange

    Laissez-les s’envoler vos plus belles pensées ;
    Légères comme plumes pour rejoindre les anges !
    Laissez-les convoler vos amours insensées ;
    Et donner du volume comme affable mésange.

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  • Jus d’orange

    Jus d’orange

    Prenez un beau soleil bien mûr, frottez son zeste sur un arbre,
    Diluez son jaune dans l’eau puis, flambez-le à l’eau-de-vie.
    Laissez reposer la saumure toute la nuit sur un beau marbre
    Et au matin, mes angelots, sirotez le jus à l’envi !

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  • Ă€ chacun son chat de gouttière

    À chacun son chat de gouttière

    C’est le rendez-vous, à la pleine lune,
    Tout devient magique, tout le monde est fou !
    Tous les chats sont gris et cherchent fortune
    Au-dessus de mon toit, à l’heure des matous !

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  • J’adore les petites culottes

    J’adore les petites culottes

    J’adore les petites culottes, je m’en sers comme balançoire.
    Dès que j’en vois une, je l’ôte et je m’y installe sans effort.
    Puis je me balance en cadence au-dessus des lèvres d’espoir
    Pour pratiquer l’amour en transe avec le plaisir du confort.

    J’adore les petites culottes qui font les belles balançoires.
    Et j’y fais preuve d’impudence sans souci du qu’en-dira-t-on.
    La tentation me décalotte et je vais bien vite m’asseoir
    Aussitôt que démarre la danse en tutu du candide raton.

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  • Ă€ ma fenĂŞtre

    À ma fenêtre

    Quand je suis Ă  ma fenĂŞtre, je joue Ă  changer le temps.
    J’écarte mes rideaux blancs pour faire entrer le soleil.
    Je les referme doucement comme un brouillard envoûtant.
    Avec les doubles rideaux, c’est la nuit qui m’ensommeille.

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  • VĂ©nus dĂ©coiffĂ©e

    Vénus décoiffée

    Souvent Vénus se fait femme pour s’incarner en humaine.
    Elle connait la souffrance et subit l’humiliation.
    N’y voyez ni perversion, ni futile phénomène !
    Si Vénus revêt la chair, c’est pour la conciliation.

    Si Demeter est guerrière, Vénus s’arme de ses charmes.
    Sa force est dans sa faiblesse, sa faiblesse est dans sa force.
    Ô Vénus tu as su faire, par tes rires et par tes larmes,
    Attendrir tes ennemis et enlever leur écorce.

    L’amour est une bataille qui ne connait pas de loi.
    Le vainqueur n’a rien gagné, le vaincu n’a rien perdu.
    La dualité, sans doute, est une œuvre à contremploi
    Qui s’établit dans l’entente en partageant les vertus.

    Aimer sans comprendre l’autre, c’est voué à un échec.
    Aimer et comprendre l’autre, c’est le début du succès.
    Aimer sans voir l’intérieur, c’est secouer le milkshake.
    Aimer et voir l’intérieur, c’est s’ouvrir tous les accès.

    Vénus, vous êtes, Madame, ce principe féminin
    Que j’aime de toute mon âme dans mon être masculin.
    Apprenez-moi à vous peindre, à vous écrire des vers,
    Je saurai gagner votre âme, Vous serez mon univers.

    Tableau de Fabienne Barbier