🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
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Le chant des oiseaux muets

Le chant de trois oiseaux muets remplissait le bruyant silence
Par les réflexions des trois sœurs qui ne prononçaient pas un mot.
Pourtant l’étrange menuet des filles par leur vigilance
Trahissait un écho penseur qui, lui, n’exprimait que ses maux.
Mais voici qu’un oiseau se lève, quitte une fille et disparaît ;
Un second, sans doute solidaire, le suit dans un bruissement d’ailes.
Quant au troisième, il ne relève que la tête, puis apparaît
Plutôt rétif et considère qu’il est temps de s’occuper d’elles.
Mais il n’a pas ouvert son bec que les deux autres s’en reviennent
Chargés des nouvelles du jour qu’ils ont picorés sur les fils
Télégraphiques du Québec dont les échanges se souviennent
De trois muettes dont le séjour forme une boucle qui se profile.
Leurs voix tissées d’absence éveillent leurs réflexions et leurs pensées
Mais le silence chante en sourdine, imperceptible, oui, mais subtil.
Cependant d’un souffle fragile, leurs plumes sont alors dispensées
Par un écho sourd d’espérance au bord d’un absurde inutile.Tableau d’Inge Schuster sur https:www.facebook.cominge.schuster.1428 .
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Lux in utero

Dans l’utérus un bébé dort dans une cabine outremer
Tandis qu’un courant rutilant dans le cordon ombilical
Darde ses éclairs rouge-et-or depuis une étoile de mer
Qui brille tout en jubilant en contractions obstétricales.
Sans doute un premier soubresaut réveille l’enfant qui décide
De partir en exploration et quitter sa chambre utérine.
Le voici parti à l’assaut en transmettant dans l’eau acide
Des mouvements d’imploration pour que sa mère les entérine.
La lumière au bout du tunnel guide notre conquistador
Vers le territoire promis pour son expérience nouvelle.
Il enverra en sentinelle les eaux par l’étroit corridor
À peine ouvert mais compromis par la mission qui l’échevelle.
Sous la faible clarté de l’ombre, une double étoile se déploie
Dans le secret du nouveau monde, le germe croît et prend racine.
Puis la lueur balbutiante lui prépare déjà la voie
Et l’univers alors s’incline au berceau de ses origines.Tableau d’Adam Scott Miller.
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L’effet Doppler




Lorsque la lumière a jailli, elle poussa son cri de naissance ;
Les cheveux encore obscurcis du passage hors de la matrice.
Elle trembla, elle tressaillit sous l’effet de cette puissance
Car elle n’avait aucun sursis pour être l’onde inspiratrice.
Alors « Lumière » flamboya son feu en toutes directions
Pour porter la source de vie dans cette création féconde
Car son Concepteur envoya sa plus lumineuse érection
Semer les astres avec envie afin de procréer les mondes.
Alors « Lumière » transmit sa foi et le feu de la connaissance
Afin que chaque créature puisse à son tour devenir Dieu.
Mais il s’avéra chaque fois que soient frappées d’obsolescence
Les populations immatures qui trouvaient tout ça fastidieux.
Il faut savoir prendre le train lorsque celui-ci entre en gare
Et participer au voyage du grand programme de l’Univers.
Celui qui manque alors d’entrain se perd, se détruit et s’égare
Et « Lumière » dit « Quel dommage ! Hélas… les hommes sont pervers ! »Tableaux d’Andrzej Malinowski.
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Le jeu de la vie



Au début, je n’étais qu’un pion qui avançait au jour le jour
Sur ce long plateau de l’enfance qui n’en finissait plus jamais.
Après mon titre de champion, le jeu continuait toujours
Sur des parties où les offenses étaient plus cruelles désormais.
Alors la roue de la fortune a commencé très lentement
À m’entraîner autour du monde auprès d’entreprises humaines.
Et j’ai couru après les thunes au début par enchantement
Et puis dans une course immonde toujours Ă la petite semaine.
Si pour certains le jeu s’arrête à la porte du paradis,
Les autres découvrent l’enfer à risquer leur vie comme enjeu.
Si les uns gagnent à la retraite, d’autres perdent de maladie ;
Quant à moi, je n’en ai rien à faire… depuis longtemps je suis hors-jeu.
Un plateau géant aux cases imprévisibles,
Pions, dés et pièges : rien n’est impossible.
Mais chacun trace sa voie, entre pertes et gloire,
Et découvre qu’on joue souvent sans le savoir.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
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Les Planètes
La Captive de Saturne

👩🏻‍🦳 Lilith
Je trône dans les fers que Saturne m’impose ;
Mes bras sont des éclairs, mes reins sont des prisons.
J’accepte mes anneaux comme on ceint une rose
Et les change en bûchers jusqu’aux quatre horizons.
Je marche dans le vide aux orbites nacrées ;
Mes pas soulèvent l’ombre et tordent l’univers.
Je fais plier le temps sous mes hanches sacrées
Et je brise le joug de ses cycles sévères.
Je tends dans mes cheveux la foudre des planètes ;
Je m’en fais une couronne aux flammes vespérales.
J’enchaîne les orages aux mors de mes chaînettes
Et j’invite la nuit dans mon lit sidéral.
Je suis l’astre asservi qui se fait souveraine ;
Je règne par mes fers que je nomme mes autels.
Je détourne les lois, j’enfonce les arènes
Et les change en vertige d’un chaos immortel.
Je m’élance au travers des anneaux de ma cage ;
J’y grave mes éclats comme un chant éternel.
J’y disperse ton nom dans l’ivresse des âges ;
J’y mêle à mon fardeau ton désir solennel.
Je suis l’ombre et la flamme, amante saturnienne ;
Je tiens entre mes mains les clefs des tourbillons
Car l’amour que je porte est prison draconienne,
Il fait plier l’acier par effet papillon.
Yavänor
Et moi ton chevalier, je viens briser tes chaînes
Pour mieux les remplacer par l’anneau de l’alliance.
C’est moi qui m’y soumets, c’est moi qui m’y enchaîne ;
J’en prononce mes vœux, prix de ma résilience.Illustration de Ledal.
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Les Planètes
Les Alliances Jumelles de Saturne

👩🏻‍🦰 Laureline
Je tends mes bras de feu vers les anneaux célestes ;
J’y suspends ton désir comme un joyau sacré.
Je grave en leur éclat nos prémices les plus prestes
Et je ceins ton amour d’un cercle consacré.
👩🏻 Loreleï
Je verse sur tes mains la poussière des astres ;
J’en fais un voile doux qui caresse ton front.
Je chante les reflets que mes sources contrastent
Et j’attache ta vie aux anneaux que j’affronte.
👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
Nous sommes les deux pôles enlacés par Saturne ;
Deux flammes retenues dans l’orbe de ses cieux.
Nous scellons notre foi dans ses chaînes diurnes
Et nos cœurs se confondent en serments radieux.
👩🏻‍🦰 Laureline
Je ceins ta taille nue d’un éclat saturnien ;
Mes lèvres sont anneaux qui s’ouvrent et qui s’embrasent.
Je fais ployer ton corps sous mon feu draconien
Et j’inscris ta ferveur dans l’éclat de mes phrases.
👩🏻 Loreleï
Je noue dans tes cheveux la poussière des lunes ;
J’y mêle mes éclairs aux flots de tes élans.
Je t en diamant les chaînes importunes
Et j’élève ton souffle sur mes volcans brûlants.
👩🏻‍🦰👩🏻 Laureline & Loreleï
Ainsi nous resserrons l’anneau de nos promesses,
Ainsi nous enlaçons ton âme dans nos cœurs.
Ô Yavänor, reçois l’ardeur de la grand-messe :
Saturne nous consacre et nous sacre vainqueurs.
Yavänor
Mes reines, vos anneaux évoquent notre alliance ;
Saturne nous consacre un mariage éternel.
Je pénètre en vos temples de toute ma vaillance
Et dépose mes vœux dans vos seins maternels.Illustration de Ledal.
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Du haut de son perchoir
Du haut de son perchoir, le marionnettiste
Agite ses pantins et tire les ficelles.
Jamais on n’entend choir de propos complotiste
Ni mĂŞme de potin car le taulier excelle.
Il feinte sur la gauche, puis il rassemble Ă droite,
Remet la balle au centre et botte enfin en touche.
Tout ça n’est qu’une ébauche, une combine adroite
Qui trompe et déconcentre le peuple d’escarmouches.
Petits et grands enfants applaudissent en cœur
Et rient des facéties entre tous les partis.
L’état est triomphant, il sort toujours vainqueur
Le Sénat apprécie sans faire de répartie.
Arrive le gendarme armé de son bâton,
Qui frappe les casseurs et les manifestants
Qui sonnent alors l’alarme et s’enfuient à tâtons
Sous le cri jacasseur d’un public exultant.Illustration d’Arsen Janikyan.
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Marianne et ses prétendants
Depuis trop de jours d’affilée, Marianne dans son lit douillet
S’ennuie et ça la déconcerte de n’avoir toujours rien à faire.
Les prétendants ont défilé comme pour le quatorze juillet
Devant son antichambre ouverte Ă qui saurait la satisfaire.
Sans doute son charme n’est plus car tous ensemble ont décliné
Le poste de premier ministre malgré l’honneur hypothétique.
Même les femmes auraient déplu ; aucune ne s’est inclinée
De peur qu’on ne leur administre un cunnilingus politique.
Elle a pensé à une annonce dans un journal d’économie :
« Jeune république chercherait compagnon pour un court séjour
Mais à condition qu’il renonce à sa famille et ses amis. »
Depuis Marianne observerait les périodiques chaque jour…
Un jeune homme septuagénaire a répondu à son appel ;
Il a peut-être des cheveux blancs mais des idées neuves, il paraît…
Si son allure débonnaire semble séduire toutes les chapelles,
Nous verrons bien, sans faux-semblants, au pire, ce qu’il va préparer…Tableau de Raymond Agostini sur https:www.artmajeur.comraymond-agostini .
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Le labyrinthe des seins
Dans le labyrinthe des seins ma main aveugle de tendresse
Cherche à tâtons le souvenir de l’enfançon qui s’en abreuve.
Pourtant quel étrange dessein qui se poursuit avec adresse
Aussitôt qu’il voit survenir à nouveau la sensuelle épreuve !
Souvent mon regard tortueux se doit de frayer le passage
Parfois mon chemin tout tracé révèle bien plus qu’il me montre.
Rarement irrespectueux mais à la limite d’être sage
Dans le souhait d’en embrasser le fruit qui survient à l’encontre.Illustration de Victo Ngai sur https:www.thisiscolossal.com202205victo-ngai-illustrations .
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Tout est dans ta tête !


Tout ton cerveau ne sert Ă rien et tes neurones sont superflus
Car c’est dans l’œil que tout se passe – tu n’as pas besoin d’autre chose.
Si par principe tu es terrien, ni gros, ni maigre, ni trop joufflu,
Et que tu ôtes ta carapace examine alors ta morphose :
Tranquillement bien installé dans son enveloppe crânienne,
Ton œil fait une première ébauche de ce qu’il observe au-devant,
Puis il le note, intercalé de manière assez draconienne
Qu’il oubliera – car il est gauche – le droit étant le plus savant.
L’œil droit, voit tout, sait tout, veux tout ! Toujours vif, jamais assoupi !
Chez l’homme doté de rayons X et chez la femme d’une calculette.
Inquisiteur, passe-partout, il est curieux comme une pie
Qui vole avec une idée fixe tout c’qui lui tombe sous la houlette.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
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Peigner la girafe
Je manque souvent de recul lorsque je peigne la girafe
Avec mes poèmes et mes vers pour décrire la situation
Malgré les quelques opuscules dont j’ai lu tous les paragraphes
D’où je crois avoir découvert une partie de la solution.
Écrire semble une tâche fastidieuse, interminable et inutile
Car ça n’ébranle ni les murs ni n’en font trembler les moellons.
Hélas ma plume est insidieuse et s’amuse à l’encre futile
Mais ce ne sont là que murmures… autant pisser dans un violon !
Si je n’ai pas réponse à tout, l’arbre qui cache la forêt
Ne commet pas plus une faute que moi qui bâtit sur le sable.
Quant aux girafes, le seul atout qui leur permet de dévorer
Les feuilles et les baies les plus hautes, c’est d’avoir un cou étirable.Tableau de Catrin Welz-Stein sur https:www.liberelemo.frgalerie-d-artistes .
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Avant l’orage


Mes petits « moi » pèsent trop lourds et chacun veut faire à son tour
Ce qui lui plaît dans le moment et tous ensemble, évidemment !
Au matin, je me sens balourd lorsqu’ils me tournent tout autour
De la tête sans savoir comment m’en dégager rapidement.
Et quand éclatent les litiges, ces imposteurs à ma décharge
S’emparent du commandement et me font exploser de rage.
Les noms d’oiseaux font la voltige tandis que la pression monte en charge
Mais contre tout entendement, il faut laisser crever l’orage.Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .
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La toison de la sirène
Une sirène aux cheveux longs n’a pas besoin de vêtement ;
Deux bouclettes pour le soutif et trois tresses nouées en string.
Bien superflu un pantalon sur une queue tout bĂŞtement
Et le cheveu évolutif plébiscité par le sponsoring.
Pour entretenir ses cheveux, elle les oint d’encre de seiche
Qui donne un brillant savoureux et rabat les mèches rebelles.
Quelques escargots bien baveux et sa coiffe point ne se dessèche
Par tous les crabes langoureux qui en pincent de la voir si belle.Tableau de Catrin Welz-Stein.
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Plongée dans la lecture
Lorsque je plonge dans la lecture, je ne lis que de belles histoires ;
Intrigues d’amour ou policières, bédés ou science-fiction.
J’avale la littérature, j’en bois à ras le Saint-Ciboire,
Je lampe l’encre nourricière et j’en sirote la diction.
Lorsque le récit m’engloutit, je pique une tête entre deux tomes,
Je m’éponge à la couverture et je m’étends nu sur la page.
Si le roman inabouti me laisse un souvenir fantĂ´me,
Je n’en fais pas une sinécure mais j’en bouffe mon marquepage.Photo de Daniel Serva.
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Sa véritable nature
Sur une planète cuprique où les escales sont minorées,
Dans le miroir d’un onde pure, un agneau mirait son reflet
Sous le regard d’un loup lubrique qui faisait semblant d’ignorer
Qu’il voyait une face impure, grimaçante et les yeux gonflés.
Car l’eau cuivrée de la planète se comportait comme un oracle
Qui manifestait l’origine des racines du visiteur.
Ainsi l’enfant, l’affaire est nette, ne découle pas d’un miracle
Mais grâce à l’action d’androgynes vénusiens ovopositeurs.Illustration de Frederik Peeters.
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Venus Opera
La dualité alchimique règle l’équilibre du monde ;
Le masculin, le féminin, le jour, la nuit, Soleil et Lune.
Et même à l’échelle atomique, tout se complète et se seconde ;
Bien et mal ne sont pas bénins mais en relation opportune.
Même la femme a deux visages, deux côtés, sombre et lumineux ;
L’amour est le yin du bonheur, la haine le yang du malheur.
Ainsi, si son homme envisage de se montrer libidineux
En mettant son sexe à l’honneur, il montre sa seule valeur.Hommage à Botticelli par Libellule-Art sur https:fr.libelluleart.com2013-tribute-to-old-masters .
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La vie avec les flamants
Loin des vallons, s’étend la plage dans le pays plat des flamants
Où vit auprès des marécages la femme qui s’est consacrée
À observer les accouplages des oiseaux qui vont s’exclamant
À grands coups de becs dans le cœur les chants d’amour du feu sacré.Tableau d’Andrew Remnev sur http:dona.eklablog.comandrej-remnev-peintre-russe-contemporain-un-peintre-de-genie-a113107336 .
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La dernière sirène
Ce soir, la dernière sirène revêt son bel habit de nuit
Pour rêver aux marins perdus qu’elle a envoûtés de son chant.
Tandis qu’au loin une carène semble sombrer, elle s’ennuie
En songeant au temps suspendu sur l’horizon à contrechamp.Tableau de Rafał Olbiński.
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Les colonnes de l’exploit


Les Pierre-Ă -feu, les Pierre-Ă -eau, les Pierre-Ă -air et les Pierre-Ă -terre
Ont, jadis, habité ensemble pour le meilleur et pour le pire.
Ils ont tant semé de chaos par leurs escarmouches et leurs guerres,
Que leurs souvenirs se rassemblent parmi les grottes qui transpirent.Colonnes basaltiques de la grotte de Fingal en Écosse.
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Papa-CrĂŞtu et Ramonette
Papa-CrĂŞtu chantait bien fort pour attirer sa Ramonette
Et la forêt résonne encore de ce beau ténor amoureux.
Ils ont niché dans le confort en stridulant la chansonnette
Dans un arbre en forme de cor pour un concerto savoureux.
(Photo de Ben Pearce Parrot.
« Papa-CrĂŞtu et Ramonette » sont les oiseaux chanteurs de Mademoiselle Rigolette dans « Les mystères de Paris » d’Eugène Sue.)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Double baiser
À son curieux regard en double, je n’sais à quel œil me fier
Pour lire le fond de ses pensées de son âme au goût étranger.
Sa bouche en double aussi me trouble et mon cœur en est statufié
Pour embrasser sans offenser celle qui voudrait me manger.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Chapeau bas, la vierge !
Parfois la vierge est tatillonne et use mille protections
Contre le chaud, contre le froid, contre ce qu’elle ne connaît pas.
Si jamais on lui postillonne, son réflexe d’auto-détection
Couvre ses yeux avec effroi d’un beau galure. Chapeau bas !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Nature vierge
Nature reine et souveraine, entre herbe folle et herbe sage,
Nature jalouse et exigeante, entre alchimie et pharmacie.
Mais d’une nature pérenne qui, par tous ses apprentissages,
Connaît les règles intelligentes qui asseyent sa suprématie.Tableau « virgo » d’Anne Bachelier.
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La culotte des anges
Rêver le nez en l’air, flotter sur son nuage,
Écouter les mésanges, les pies et les hulottes,
Ça montre à l’oculaire que, selon les usages,
Sous leur robe, les anges, portent une culotte.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La vue sur l’au-delĂ
Même si personne ne l’a vu, est-ce que l’au-delà existe,
Même si scientifiquement il n’y a pas la moindre preuve ?
On ne peut voir l’amour non plus, ni dire en quoi la vie consiste…
Alors y croire, empiriquement, ne serait, de la mort, qu’une Ă©preuve… ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon singe et moi
Souvent je parle Ă mon singe, cette partie de moi-mĂŞme,
Héritée de mes ancêtres, qui vit tout au fond de moi.
Je me creuse les méninges à comprendre combien il m’aime
Car il faut le reconnaĂ®tre, il m’assiste au fil des mois.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Au-delĂ du regard
Je ne suis qu’une moitié dans cet espace immergé,
Une partie de matière de vie à chaque seconde.
Et mon complément droitier, vers qui je dois converger,
Reste pour la vie entière connectĂ© Ă l’autre monde.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Distribution d’automne
L’automne est la saison plurielle qui éclate en mille couleurs ;
Témoin ce message sur feuille que la nature distribue
Pour faire monter des kyrielles de mots d’amour antidouleur
Afin que chacun les accueille dans sa famille et sa tribu.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La voix de la jeunesse
Puisque la valeur n’attend pas le nombre des années passées
Laissons exprimer la jeunesse pour bien démarrer la journée.
Hommes et femmes, marquons le pas et oublions notre passé
Pour fĂŞter un jour d’allĂ©gresse, je vous en prie, c’est ma tournĂ©e.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Bonne soirée de nos montagnes
Pour clôturer cette journée, je suis monté sur nos montagnes,
Là où l’herbe devient violette lorsque vient doucement le soir.
Alors je vous paie ma tournée en embrassant bien vos compagnes.
Avant que ce soit obsolète je vous souhaite Ă tous le bonsoir.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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L’arbre de sagesse
Comme ce petit arbre entend, suspendu entre ciel et terre,
La voix qui coule dans sa sève et qui s’élève vers les nues,
Le cœur et l’âme s’apparentant, quand enfin l’esprit sait se taire,
Connaissent la foi qui soulève les montagnes de l’inconnu.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Le sang de la Terre
C’est comme le sang de la Terre qui irradie jusqu’en surface ;
Peut-être aussi ses battements qui se transmettent à tous les cœurs ;
Je les entends dans les cratères dans les traces que le vent efface ;
Je les vois dans les craquements de ses blessures et ses rancĹ“urs.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La source intemporelle
Dans l’eau vierge de la Terre, on a vu naître la vie,
Comme dessins d’aquarelle qui croissent et se développent.
Quand sonne l’anniversaire, ce souvenir nous ravit
Et marque l’intemporelle source qui nous enveloppe.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les couleurs de la Terre – 5
Tout d’un coup, tombe le soir, on ne s’y attendait pas.
Toutes les ombres s’allongent et contrastent la peinture
Comme le vin du pressoir, d’une robe aux beaux appâts,
Qui vient tacher et prolonge l’agonie de la nature.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les couleurs de la Terre – 6
Ces matins, fort lumineux, de rêves roses embrumés
Quand luit, encore timide, mon étoile du Berger
Colorent les sablonneux rivages à l’accoutumée
De petits pinceaux humides sur les terres Ă©mergĂ©es.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les couleurs de la Terre – 4
Quand je n’ai pas le moral, je vois mes terres en rose
Délayée dans des eaux claires en de belles aquarelles.
Du coup, c’est presque immoral, je quitte cet air morose
D’un paradis qui s’éclaire comme au jeu de la marelle.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les couleurs de la Terre – 2
C’est dans la peinture Ă l’eau que la vie fait des merveilles ;
Quand elle fait son chemin dans les terres de lumières.
Parfois c’est un peu pâlot quand les orages se rĂ©veillent,
Mais ça fonce aux lendemains quand poussent les roses trĂ©mières.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les couleurs de la Terre – 3
Depuis qu’il est commencé, cet atelier est superbe,
MĂŞlant les couleurs du ciel aux textures harmonisantes.
C’est une œuvre romancée par quelques artistes en herbe
Qui entrevoient l’essentiel d’Ă©nergies favorisantes.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les couleurs de la Terre – 1
J’aime sentir tes eaux bleues diluer les terres arides
Et entraîner dans les flots des dégradés irisés.
J’aime ouïr ton vent sableux effeuiller l’éphéméride
De tes roches dans un slow qui finit pulvĂ©risĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les villages en couleurs
Ces villages en couleurs conversent en mille langages
Que le soleil fait parler en caressant leurs façades.
TantĂ´t joies, tantĂ´t douleurs dans mille coloriages
Que les rayons font perler en ardentes ambassades.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Fais pas peur à l’oiseau
Juste un bisou sur la bouche, ça n’engage rien du tout,
Mais si tu t’en vas plus loin, je t’avalerai tout cru !
Ce n’est pas pour prendre la mouche, mais je ne suis pas risque-tout.
Ton cou sentira mon poing ; je suis costaud, l’eusses tu cru ?Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Les pluies de reproches
Lorsqu’il pleut plein de reproches comme une douche glacée,
Je couvre de mon pépin tous mes petits cœurs d’oiseau.
Quand il tombe des anicroches ou des phrases déplacées,
Je les note sur un calepin que je hache de mes ciseaux.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mes levers de soleil
Je collectionne les aurores boréales ou équatoriales
Sur la mer ou bien sur les plaines, sur les montagnes ou sur les dunes.
J’aime ces reflets de pur or qui saignent d’un sang seigneurial
Les pays oĂą mon âme est pleine de sensations fortes opportunes.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La fleur des secrets
Tout au fond de mon oreille, il y a une petite fleur
Tout ce que tu lui chuchotes lui chatouille les pétales.
Quand tu me dis des merveilles, ça soulève un vent souffleur
Qui vient siffler et cachotte plein de secrets qui s’étalent.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Ă€ touche-corne
Quand Monsieur-madame escargot croise Madame-monsieur escargot,
À touche-corne mon compère s’en va séduire ma commère.
Leur chant d’amour fait l’embargo et s’entremêle dans un cargo
Pour mener une vie prospère dans leur existence Ă©phĂ©mère.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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La main du pied-qui-nait
Heureuse la main du kiné
Qui touche au petit pied qui nait !
Lui, qui n’a jamais bouquiné
Mais n’en est pas enquiquiné,
Les voilĂ bien accoquinĂ©s !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Derrière chez moi
Derrière chez moi il y a un sentier
Ceux qui l’empruntent en reviennent toujours
Il paraîtrait que des instrumentiers
Créent des échos et des chansons d’amour !
Si vous passez, revenez donc me voir
Je vous emmènerai le visiter
C’est mon souhait, c’est aussi mon devoir
De vous montrer sa grandiositĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Éternelle Sisyphe – 2
Madame la coccinelle a sa méthode dédiée :
Elle grimpe sur le fruit et puis marche en reculant.
Mais pendant sa progression, elle en grignote, crédié !
Si bien que quand elle arrive, le noyau est l’ambulant.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Mon petit chez-moi
Si tu passes par le sud, fais donc un petit crochet !
Viens dans les terres perdues accrochées à mes collines.
J’ai construit ma maisonnée là , sur mon petit rocher.
J’y vis un peu en ermite dans ma vallĂ©e orpheline.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
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Éternelle Sisyphe – 1
L’éternelle Sisyphe continue à rouler
Le fardeau de sa vie jusqu’en haut du rocher.
Mais quand elle y parvient tout s’est évaporé
Et la fourmi honteuse est bien dĂ©sabusĂ©e !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.