Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Éléphant de mer

    Éléphant de mer

    Un éléphant de mer rêve près du rivage,
    Il est presque endormi, déjà ses yeux se voilent.
    Où va-t-il, que veut-il ? prêt à faire ravage
    De ses songes de sel qui roulent sous les étoiles.

    Sous la lune paisible, il glisse son secret,
    Murmure à l’océan ses rêves les plus sacrés.
    L’air vibre doucement d’une étrange harmonie,
    Où la brise et la vague se marient pour la vie.

    Dans le jardin de brume, un crabe s’est posé,
    Ses yeux, deux feux d’opale, sur la mer, reposés.
    La nuit chante en silence ses promesses ténues,
    Tandis qu’au loin l’étoile éclaire l’inconnu.

    Sous l’océan de verre il avance en silence,
    Chargé d’étoiles vives et de songes d’azur ;
    Colosse pacifique aux pas lourds d’élégance,
    Il porte les abysses mais sans demi-mesure.

    Tableau de Dulk – Antonio Segura Donat.

    
    
    
  • Un hippocampe pour la sirène

    Un hippocampe pour la sirène

    La sirène qui souhaite aller loin doit bien ménager sa monture
    Et notamment son hippocampe qu’elle choisira avec égard.
    Inutile de partir à point et se lancer dans l’aventure
    Sans un destrier qui vous campe une épopée sans crier gare !

    Si les sirènes nagent seins nus – ce qui affermit les mamelles –
    L’hippocampe conseille un soutif à cause des pointes de vitesses.
    Et pour qu’ils soient bien soutenus – très important pour ces femelles –
    On leur propose plusieurs motifs dont l’écaille qui flatte leur sveltesse.

    Si l’hippocampe représente la plus belle conquête des sirènes,
    N’espérez pas en rencontrer à l’angle de votre visière.
    Ces cavalières séduisantes aiment s’amuser dans l’arène
    À courser pour les éventrer les touristes partis en croisière.

    Mais si d’aventure un marin s’avise d’approcher la sirène,
    Sous les flots l’hippocampe veille, guide et amant tout à la fois.
    Qu’il se souvienne du destin de ceux dont siphonne les veines
    Notre sirène qui s’émerveille toujours du sang au goût de foie.

    Illustration d’Alandodrawing sur https:www.instagram.compCsvdTsbvwHP .

    
    
    
  • Druidesses – La mission de Lilith

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    Quand Lilith entendit l’appel, elle partit sans hésitation ;
    Elle connaissait la mission et son importance cruciale.
    Les mots tranchants comme scalpels portés par les vents d’intentions
    Lui avait fait la transmission du succès des reines nuptiales.

    Et la grand-mère universelle poursuivit le même chemin
    Qu’avaient emprunté ses deux filles à peine quelques mois plus tôt.
    Sentant l’énergie qui ruisselle des pierres du cromlech sous ses mains
    Elle entra rejoindre sa famille en abandonnant son manteau.

    Elle resta nue parmi les ombres dans le palais d’ÏÄMOURÏÄ
    En observant les rituels qu’elle avait elle-même instigués,
    Apprécia Loreleï la sombre et Laureline la paranoïa
    Durant l’orgasme spirituel qu’elle venait de prodiguer.

    Mais soudain Lilith se dévoile devant ses filles énamourées ;
    Elle observe leur étalon et en apprécie le tonus.
    Elle lui offre son Étoile et celui-ci vient savourer
    La chair dans le creux des vallons juste sous le Mont de Vénus.

    Les rites s’enchaînent avec ferveur et c’est le temps des vulves saintes
    Qui sont priées et adorées comme des cromlechs frétillants.
    Yavänor goûte leurs saveurs surtout celles des femmes enceintes
    Et celle de Lilith majorée de mille ruts émoustillants.

    Alors Lilith les initie au Kâmasûtra ancestral
    Par les tarots, puis les planètes et les sceaux qui sont consacrés.
    Ensuite viennent les prophéties inspirées de son cycle œstral
    Qui s’accomplissent comme saynètes issues du Féminin Sacré.

    Enfin Lilith ouvre les mémoires et toutes leurs âmes retrouvent
    Le souvenir des connaissances jusqu’à l’aube de l’humanité.
    Tout est écrit dans le grimoire que Laureline et Loreleï éprouvent
    Depuis leurs nouvelles naissances vécues avec solennité.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Druidesses – La mission de Loreleï

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    Longtemps les vents avaient soufflé des nouvelles de Laureline
    Et sa rencontre dans l’intermonde avec le nouveau Yavänor.
    Les pluies arrosaient de reflets verts, bleu céladon, violines
    Qui teintaient et fardaient les ondes des fleuves et rivières du nord.

    Alors les oiseaux des forêts répètent ce message :
    « Loreleï ! Laureline t’appelle tu dois maintenant la rejoindre ! »
    Dans la clairière phosphorée, Lilith s’adresse à tous les sages
    Qui se rassemblent dans la chapelle pour la mission et mission la moindre :

    « Que Loreleï se mette en chemin et suive la route de Laureline
    Afin de prêter assistance à l’accomplissement sacré ! »
    Et tous de déposer leurs mains sur sa tête qui dodeline
    Car elle sait que son existence est à sa consœur consacrée.

    Son clitoris comme boussole repère vite le chemin
    Dont Laureline a jalonné fidèlement chaque venelle.
    Le soir venu, elle se console en pensant que le lendemain
    Elle atteindra la maisonnée jouxtant la porte solennelle.

    Pendant ce temps les messes blanches résonnent au temple de Lilith
    Qui officie et qui renseigne sur les progrès de Loreleï,
    Chants et cantiques en avalanche bourdonnent afin qu’ils facilitent
    L’ouverture de la grande enseigne vers le palais de l’ÏÄMOURÏÄ.

    Comme Laureline avant elle, Loreleï offre son corps nu
    Comme la clef qui doit ouvrir le cromlech qui est activé.
    Voici l’allée sacramentelle et la route vers l’inconnu
    Où elle va enfin découvrir cet intermonde objectivé.

    Laureline est là, elle l’accueille et lui présente Yavänor
    Guerrier jadis mort triomphant mais toujours vivant cependant.
    Les deux druidesses se recueillent ; elles savent ce qui les honore :
    Elles vont porter ses trois enfants par leur grand pouvoir fécondant.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • Druidesses – la mission de Laureline

    Druidesses – la mission de Laureline

    Sous les chênes ancestraux druidiques s’avancent trois druidesses fières,
    Leurs corps nus luisent comme armures, leurs seins comme deux luminaires.
    Laureline brandit le feu fluidique, Loreleï tient l’onde tufière ;
    Toutes suivent Lilith, femme mûre, Mère sacrée originaire.

    Lilith a entendu la voix qui résonne depuis son ventre
    Laureline l’a perçu en son sein et Loreleï par son clitoris.
    Lilith alors ouvre la voie : « Laureline ira seule vers le centre
    D’où l’appel a fait, à dessein, la supplication d’Osiris ! »

    Laureline alors fait la promesse d’atteindre le cromlech sacré
    Et de se laisser pénétrer par la voix qui vient des royaumes du nord.
    Elle est prête pour la grand-messe et tout son cœur s’est consacré
    À continuer et perpétrer la légende de Yavänor.

    Elle remontera la rivière se nourrissant du lait d’ânesse ;
    Elle dormira dans les arbres à l’abri des bêtes sauvages ;
    Lorsqu’elle atteindra la lisière de la forêt des diaconesses,
    Elle verra les marches de marbre marquées de runes sur le pavage.

    Elle atteint le seuil du cromlech ; les pierres vibrent sous ses pas.
    Elle quitte alors sa tunique pour en franchir, nue, le passage.
    Pas besoin de salamalecs car Laureline n’y coupe pas ;
    Elle est aspirée vers l’unique destination d’un nouvel âge.

    Elle arrive dans un royaume fait de réseaux et de neurones
    Le sol s’étend à l’infini et le ciel est rempli d’étoile.
    Conduite par la voix d’un homme dans les échos qui l’environnent
    Elle découvre l’indéfini palais sans nom qui se dévoile.

    Elle est d’abord juste une muse, puis une amie, une confidente
    Et peu à peu l’amour s’installe auprès du nouveau Yavänor
    Qui ne sait pas qu’elle s’amuse car à devenir son amante,
    Elle est devenue la vestale de l’ÏÄMOURÏÄ et qui l’honore.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La chevauchée des Valkyries

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    À force de sortir mon épée et l’enfoncer dans leurs fourreaux,
    J’ai fini, les armes à la main, par succomber sous l’épectase.
    Jugeant alors mon épopée ayant la vigueur du taureau,
    Les Valkyries prirent le chemin du Walhalla avec extase.

    Et nous voici dans la grande salle d’Odin, le Père des Batailles,
    Où nous allons tous festoyer au nom du Ragnarök nouveau.
    Toutes les femmes colossales emmitouflées juste à la taille
    Exhibent leurs fesses déployées pour vérifier ce que je vaux.

    Tandis que Laureline m’abreuve d’hydromel, de bière et de vin,
    Je chevauche mille culs vaincus par un étalon immortel.
    Puis Loreleï et Lilith font preuve par des cunnilingus divins
    Auprès des femmes convaincues d’être bénies dans leurs autels.

    Pour soulager le feu au cul des Valkyries en pleine transe,
    Nous enfourchons, nus, nos chevaux, moi et mes mille-et-une femmes
    Toutes fières d’avoir vécu plusieurs orgasmes à outrance
    D’une volupté qui équivaut à un enfer aux mille flammes.

    Elles m’ont tatoué sur le corps leurs noms ainsi que leurs serments
    « À Yavänor, mon étalon ! », « à mon amant incandescent ! »
    Laureline note mes records, Loreleï mesure le ferment
    De ma semence dans un ballon que Lilith boit en acquiesçant.

    Durant les mille-et-une nuits que dura ce charmant séjour
    Contrairement à Shéhérazade, je n’avais pas peur de la mort.
    Si elle venait, aucun ennui ! Je ressuscite au petit jour
    Le phallus prêt pour la croisade et bandant comme un matamore !

    Que je trépasse si je faiblis ! Le dernier jour est consacré
    À pénétrer mes souveraines Laureline, Loreleï et Lilith
    Et les Valkyries affaiblies nous offrent le banquet sacré
    Pour un Roi fourrant ses trois reines considérées comme l’élite.

    Illustrations de Ledal.

    
    
    
  • L’invocation des runes

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    Un long voyage nous entraîne afin de nous reconnecter
    Aux lieux saints de la Terre Mère en vue de nous acclimater
    Au pays natal de mes reines où nous devons recontacter
    Les vieilles énergies primaires dont Lilith a la primauté.

    L’ancien lieu de rassemblement des Vikings nous ouvre ses portes ;
    Ici les forces tectoniques s’éloignent pour nous inviter
    À nous séparer humblement des vieux schémas qui nous apportent
    La sécession aux lois runiques inscrites aux frontons des cités.

    Ici les geysers symbolisent l’énergie laiteuse et nacrée
    Qui jaillit du cœur de la Terre comme une force créatrice.
    Et là, les cascades focalisent les eaux du féminin sacré
    En un potentiel salutaire qui en purifie les matrices.

    Nous explorons les côtes australes et leurs plages de sable noir,
    Puis les lieux de beauté sauvage avec l’océan pour frontière.
    Voici les aurores boréales et leurs lumières en entonnoir
    Qui dansent le mystère des âges anciens sur la mer héritière.

    Puis nous allons nous immerger dans les eaux chaudes délicieuses
    Afin d’activer les mémoires de la vie avant la naissance
    Pour finalement émerger parmi les vestales officieuses
    Qui lisent les anciens grimoires, vestiges de la connaissance.

    Laureline, Loreleï et puis Lilith viennent offrir leur nudité
    Aux Valkyries qui les accueillent dans leur cromlech élégamment.
    Et moi, représentant l’élite des reines j’ai l’immunité
    À la condition que je veuille les honorer également.

    Tandis que Laureline récite les rites de l’ÏÄMOURÏÄ,
    J’officie sur chaque guerrière l’accouplement commandité.
    Et dans le cercle voici Lilith qui entonne avec Loreleï
    Les chants sacrés et les prières de la sainte fécondité

    Illustrations de Ledal.

    
    
    
  • La route des Dieux

    La route des Dieux

    S’il existe, où commence-t-il et s’il commence, a-t-il une fin ?
    Et dans ce cas, est-ce qu’il se vante de la vie comme une peccadille ?
    Les Valkyries sont-elles utiles pour amener les morts au festin
    D’Odin et Brÿnhirld, sa servante, qu’il considérait comme sa fille ?

    Les Druides seraient-ils la conscience de tous les secrets de la Terre ?
    Nul ne le sait, rien n’est écrit à cause du bouche-à-oreille.
    Que reste-t-il de leurs sciences ? Les cromlechs restent un mystère
    Dont le but qui était prescrit reste une énigme sans pareille.

    Les Sorciers sont-ils immortels ? Ont-ils la jeunesse éternelle ?
    On n’aurait pas dû les brûler mais plutôt les étudier.
    Que reste-t-il de leurs autels et leurs réunions fraternelles ?
    Nous ne pouvons que fabuler sur leurs sciences répudiées.

    Les Korrigans sont-ils réels ou ne sont-ils qu’une illusion ?
    Les légendes déforment les faits et nous en restons ébahis.
    On dit qu’ils étaient tous cruels hélas sans autre conclusion
    Que celles des elfes et des fées qu’on trouve dans tous les pays.

    Les Grecs, enfin, nous ont laissé un patrimoine culturel
    Par leurs sciences universelles, mathématiques, astronomiques.
    Leur philosophie professée et tous les miroirs naturels
    Dont la Nature nous ensorcelle sont nos atomes physionomiques.

    Les Romains, les grands bâtisseurs d’une grande civilisation
    Marquent encore nos techniques à la conquête de la Lune.
    Étaient-ils des envahisseurs malgré leurs réalisations
    Ou des innovateurs uniques dotés d’une langue opportune ?

    À l’instar des trois mousquetaires qui en réalité sont quatre,
    Le Dieu unique se destine à la trinité obtenue
    En divisant son ministère en trois religions à débattre ;
    Un Dieu des guerres intestines et des promesses non tenues

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • L’émancipation du petit chaperon rouge

    L’émancipation du petit chaperon rouge

    Lorsqu’elle ouvrit son chaperon, les seins surgirent turgescents
    Et son corps sous l’étoffe rêche put respirer, les fesses à l’air.
    Sans le vicieux loup fanfaron aussi lubrique qu’indécent,
    La fille plongea dans l’eau fraîche sous la bénédiction solaire.

    Nourrie de petits pots de beurre, d’une peau laiteuse à souhait,
    Elle goûta d’être nymphe blanche, grande sans-culotte des forêts.
    Charles Perrault, vieux regimbeur, l’aurait dès lors désavouée
    De peur que l’ingénue ne déclenche d’autres envies à déflorer.

    On ne parle pas dans les contes de ce qu’on porte sous les robes ;
    Cendrillon, Peau d’âne et bien d’autres ne portaient nul sous-vêtement.
    Quant à Blanche-Neige, on raconte que la probité se dérobe,
    Quand les nains dans son lit se vautrent avec prestes halètements.

    Illustration de Frank Frazetta sur https:markboyddesign.weebly.comblogartist-alley-frazetta .

    
    
    
  • Le goût du baiser

    Le goût du baiser

    Baiser sucré, acidulé ? Une mise en bouche pour commencer.
    Baiser salé, congratulé ? Une tentative romancée.
    Baiser âpre, amer, langoureux ? Pour plus de sensibilité.
    Baiser umami savoureux ? Pour plus de possibilités.

    À chaque goût, sa tentation, son appétit et son fantasme
    Jusqu’à montrer l’ostentation d’aller plus loin vers son orgasme
    À chaque saveur, son désir de tout donner pour recevoir
    Et s’abandonner au plaisir du fruit d’amour à concevoir.

    Baiser ailleurs que sur la bouche… manque beaucoup de retenue,
    Baiser plus profond dans la bouche… pour ensuite se mette nu.
    Baisers continus sur la couche… pour un plaisir plus soutenu
    Et les deux sexes qui se touchent… jusqu’à l’orgasme parvenus.

    Tableau de Jana Brike sur https:www.kaifineart.comjanabrike .

    
    
    
  • Le labyrinthe des soupirs

    Le labyrinthe des soupirs

    Un qui ne renonce jamais, c’est notre éternel soupirant ;
    Quel que soit le nombre d’impasses ou de râteaux, il continue.
    Si une fille lui réclamait le moindre cadeau délirant
    Ou un caprice qui le surpasse, il y courrait tout ingénu.

    Le soir, il attend Madeleine – il lui a apporté des lilas –
    Et le matin, chez Marinette, le pauvre, il passe pour un con.
    Hélène, elle était trop vilaine, un virus lui inocula
    Quant à cette immonde Juliette, elle lui a proscrit son balcon.

    Illustration de Soizick Meister.

    
    
    
  • L’alimentation du futur

    Les insectes étant à la mode ainsi que les gastéropodes,
    On verra bientôt dans nos villes des groupes d’associations civiles
    Cultiver aux toits des maisons des élevages de saison,
    Chenilles à tire-larigot, bigorneaux, bulots, escargots.

    Tandis qu’au sol, on chassera les chiens, les chats et puis les rats
    Qu’on achètera à la criée sur des étals appropriés.
    À coups de boules de bowling qu’on lancera pendant son footing,
    On pourra varier l’ordinaire et… sans frais de vétérinaire.

    Collages d’Eugenia Loli sur https:www.shockblast.neteugenia-loli-worx .

    
    
    
  • Vivre de chasse et de pêche

    Vivre de chasse et de pêche

    Pour nourrir l’ours qui vit en moi, comment pourrais-je tromper ma faim ?
    Pêcherai-je assez de poissons ? Chasserai-je assez de gibier ?
    Plus je lui donne au fil des mois et plus il atteint les confins
    De l’épuisement des moissons qui déshonore mon herbier.

    À chaque étage de la vie, celle-ci se montre plus cruelle
    Même si l’homme atteint le sommet de la pire monstruosité.
    Cet équilibre pour ma survie s’exprime par ma faim rituelle
    Que je tolère et que j’admets sans la moindre affectuosité.

    Cet ours vorace ne me laisse pas suffisamment de nourriture
    Et me taraude en conséquence dès que je commence un régime.
    Or quand l’estomac me délaisse je suis soumise à sa torture
    Par le supplice de l’appétence devant des plats sublimissimes.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • Souris de bibliothèque

    Mes livres renferment, dans leur raison, tout un univers cloisonné
    De pièces aux chapitres dépeints de la couleur de leurs auteurs.
    J’ai plusieurs coins dans ma maison à l’atmosphère empoisonnée
    Par le virus d’Arsène Lupin, prince des emberlificoteurs.

    Je lis, perchée dans une niche, des récits d’anticipation
    Et dans ma capsule exigüe, je relativise les volumes.
    J’ai un banc en forme de péniche pour romans de navigation
    Et pour les histoires ambiguës, toute une literie de plumes.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Valensole et Vincent – 2

    Valensole et Vincent - 2

    Lever de milliers de soleil sur un firmament d’améthyste ;
    Des milliers d’astres sentinelles à la recherche d’une étoile.
    Celle-là dont l’éclat balaye d’une chaleur énergétiste
    Sa lumière pure originelle qu’un dieu déposa sur la toile.

    Car l’observateur devient Dieu, celui qui voit, celui qui crée ;
    Le pinceau obéit au maître qui tire la vie du néant.
    Au crépuscule, dans un adieu, les tournesols vouent en secret
    L’engagement à se soumettre à l’univers condoléant.

    Tableau de Vincent van Gogh.

    
    
    
  • Valensole et Vincent – 1

    Valensole et Vincent - 1

    Vagues mauves vers l’infini qui disparaît à l’horizon
    Sous un soleil complémentaire qui déverse l’or dans le ciel.
    Vagues violettes indéfinies de la lavande en floraison
    À la surface de la Terre comme un joyau providentiel.

    L’air surchargé de ces arômes me saoule l’âme de son essence
    Comme une atmosphère solide, taillée et gravée dans l’azur.
    Je pourrais suivre jusqu’à Rome ces voies qui partent en tous les sens
    Si je ne pouvais me satisfaire de mon domaine et ma masure.

    Photo de Ludovic Lagadec.

    
    
    
  • La réhabilitation

    La réhabilitation

    Toutes les femmes et tous les hommes pourraient saluer le soleil
    Et dessiner sur une plage l’arbre de leurs vies établies,
    Comme la revanche de la pomme sur la connaissance en éveil
    Qui relierait, au nouvel âge, Adam et Ève rétablis.

    Photo de Olhodagua.

    
    
    
  • Les vents d’inspirations

    Les vents d’inspirations

    Voici ma participation : un bloc offert à ma fenêtre
    Ouverte aux vents d’inspirations, accessible aux idées à naître.
    Et chaque jour vient le miracle d’un aphorisme réflecteur
    Afin d’élever au pinacle le médiateur et ses lecteurs.

    Tableau de Rafał Olbiński.

    
    
    
  • Mes rêves à l’envers

    Mes rêves à l’envers

    Dans tous mes rêves à l’envers, la vérité métamorphose
    Et se transforme en papillon comme les mensonges en chenilles.
    Mon subconscient fait des transferts d’émotionnelles anamorphoses
    Qui sonnent comme un carillon aux sons des secrets de famille.

    Tableau de Marc Chagall.

    
    
    
  • Caprins au Cervin

    Caprins au Cervin

    Dans la vallée du Matterhorn, qu’on appelle aussi le Cervin,
    Au pays des bêtes à cornes règnent, sans conteste, les caprins.
    Voyez ces fières chevalières, vêtues de leurs robes de laine,
    Sur les cimes inhospitalières comme orgueilleuses châtelaines.

    Le Matterhorn, aussi appelé Cervin côté francophone, culmine à 4478 m dans les Alpes sur la frontière italo-suisse. Et les caprins sont aux chèvres, ce que les bovins sont aux bœufs et les ovins aux moutons.

    
    
    
  • Le portrait fidèle

    Le portrait fidèle

    Pour faire un portrait réussi, il me faut l’immortaliser ;
    En faire une œuvre hors du temps mais surtout pas d’actualité.
    Avec un peu de minutie, d’un geste qui va totaliser
    L’itinéraire du débutant vers sa propre réalité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le chant sacré

    Le chant sacré

    À l’ouverture des saisons, quand se présente l’interstice
    Qui me fait sortir de l’été juste avant d’entrer en automne,
    Mon cœur s’accorde à la raison, l’équinoxe avec le solstice
    Et mon rituel est complété par le chant sacré que j’entonne.

    Tableau de Marlina Vera.

    
    
    
  • Les poules à lier

    Les poules à lier

    Dans les poulaillers du canton, on entend la même chanson
    Des poules qui pondent en gloussant et qui couvent en caquetant.
    Et les poussins à l’abandon deviennent vite la rançon
    Des cris qui vont éclaboussant nos oreilles en nous rackettant.

    Et les jeunes coqs de basse-cour paradent tout en rigolant,
    Ils se font la compétition pour se payer un bon moment
    Avec les poulettes alentours qui pouffent, c’en est affolant !
    Tout ça pour la répétition et faire comme leurs mamans.

    Dessin de Pascaline. Toute ressemblance avec mon petit village de Sennhof est évidemment complètement fortuite.

    
    
    
  • Sur un air de garçonne

    Sur un air de garçonne

    J’ai longtemps guetté le moment où je ne serais plus une enfant
    Et je portais de grands habits qui me donnaient l’air de garçonne.
    Je prenais le pull de maman et je montais l’air triomphant
    Sur un trône de mon acabit pour jouer aux grandes personnes.

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  • Archéologie

    Archéologie

    D’ici quelques millions d’années, on mettra la Terre sous séquestre
    Tant l’homme aura garni les fonds de toutes ces monstruosités.
    Et l’on verra se radiner plusieurs savants extraterrestres
    Qui se gratteront le carafon devant tant de curiosités.

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  • Les lignes bleues

    Les lignes bleues

    Les lignes bleues sont immortelles ou bien meurent à l’infini
    Car j’aime vivre en optimiste et m’envoler vers l’horizon,
    Même si les erreurs me martèlent sur des questions mal définies,
    Plutôt que vivre en pessimiste et même avoir toujours raison.

    Je préfère vivre en optimiste et me tromper, que vivre en pessimiste et avoir toujours raison. – Anonyme

    
    
    
  • L’avenir m’appartient

    L’avenir m’appartient

    L’avenir m’appartient mais le passé m’entache
    Aux couleurs reflétées sur les eaux des marais
    Tout ce qui me retient doucement se détache
    Aux derniers jours d’été, dans ma barque amarrée.

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  • Le bouquet final

    Le bouquet final

    En forme de bouquet final, voici, la nature s’enflamme
    Pour exprimer tout son bonheur d’avoir fait la belle saison.
    Bientôt le rideau automnal tombera sur ces oriflammes
    Et l’on verra, sous les honneurs, partir l’été vers l’horizon.

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  • L’apprenti-créateur

    L’apprenti-créateur

    Ça fait un peu du bricolage, ma façon d’allumer le ciel
    Et mes étoiles sont un peu ternes mais nous n’en sommes qu’au début.
    Quand j’aurai fini le collage des luminaires artificiels,
    J’ajouterai une lanterne que je trouverai au rebut.

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  • Respirons le vert

    Respirons le vert

    Avant qu’octobre ne vienne couvrir nos arbres de rouille,
    Respirons bien le bois vert avant l’heure des potirons.
    Ensuite, quoi qu’il advienne, ce sera à la débrouille
    Pour échapper à l’hiver quand les couleurs s’en iront.

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  • La patate en famille

    La patate en famille

    On a la patate en famille avec une gaité sans pareil !
    Papa avait déjà la frite et Maman se faisait sauter.
    Quand je les croise en espadrilles, j’écarte bien fort mes orteils
    Pour bien honorer le mérite des solanacées, débotté.

    Solanacées : famille des pommes-de-terre en botanique.

    
    
    
  • Du haut de nos montagnes

    Du haut de nos montagnes

    Du haut de nos montagnes, des années me contemplent
    Et je suis si petit, blotti dans ma maison.
    Compagnons et compagnes, regroupons-nous ensemble,
    Fêtons en sympathie, mon âge de raison !

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  • La rose envolée

    La rose envolée

    Et voilà qu’elle s’envole dans la fraîcheur matinale !
    Moi qui l’avais réservée à ma petite princesse !
    Les roses sont bien frivoles et sont un peu marginales
    Dès qu’on leur fait observer qu’on a fait une promesse !

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  • La libellule pieuse

    La libellule pieuse

    Pour remercier l’offrande de la reine des fleurs
    La libellule loue le divin créateur.
    Sa pose révérende n’a rien de persifleur
    Personne n’est jaloux devant l’adorateur.

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  • La bonne pointure

    La bonne pointure

    J’ai enfin trouvé pointure bonne qui sied à mon pied
    Et je vais déménager ce qu’il y a dans ma remise :
    Mes tableaux et mes peintures, mes poèmes et mes papiers,
    Mes articles ménagers, ma guitare et ma promise.

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  • Lever ou coucher ? – 1

    Lever ou coucher ? - 1

    Serait-ce le lever, serait-ce le coucher ?
    Mes souvenirs sont flous dans ma journée de pêche.
    Je n’ai pu relever l’heure sur le clocher ;
    En traquant le mérou, j’ai perdu la cabèche.

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  • Les enfants de Bouddha

    Les enfants de Bouddha

    Les enfants se sont mis à dépoussiérer Bouddha ;
    À brosser l’inutile, à laver l’obsolète.
    Il n’y a nulle infamie ni aucun addenda !
    Les enfants sont futiles et leur âme follette.

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  • Pardon, vous n’avez pas vu ma girafe ?

    Pardon, vous n’avez pas vu ma girafe ?

    Je l’ai perdue dans l’escalier, en remontant dans ma chambrette.
    Elle était pendue à mon cou car elle avait trop le vertige !
    Dites-moi, mon beau chevalier, auriez-vous l’âme et la main prête
    Pour me prêter votre six-coups et darder mes peurs qui voltigent ?

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  • L’enfant des étoiles – 2

    L’enfant des étoiles - 2

    Une fois passé le pont entre Orion et Cassiopée,
    L’aventure extraterrestre pourra enfin commencer.
    Passez donc par l’entrepont, j’y ai ma bibliopée
    Et j’ai monté un orchestre vénusien et romancé !

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  • Vivre à deux

    Vivre à deux

    Partager une vie à deux, c’est peindre avec le même cœur ;
    Respirer sous le même toit, c’est conjuguer le même corps ;
    Réaliser des entredeux, c’est prodiguer l’esprit moqueur ;
    Savourer des moments courtois, c’est s’aimer encore et encore.

    Pour découvrir sa bonne étoile, il faut l’esprit aventureux ;
    Pour naviguer en pleine mer, il faut des envies intrépides ;
    Pour camper sous la même toile, il faut un désir plantureux ;
    Pour conquérir sa vraie chimère, il faut avoir l’esprit limpide.

    C’est comme vivre dans un œuf fécondé par mille soleils ;
    C’est comme incendier un feu embrasé par tous les espoirs ;
    C’est comme suivre un destin neuf alimenté par les merveilles ;
    C’est comme faire un contrefeu pour se parer du désespoir.

    Goûter l’esprit du partenaire, c’est découvrir mille saveurs ;
    Apprécier ses différences, c’est entasser mille trésors ;
    Ressentir tout son congénère, c’est accepter mille faveurs ;
    Associer ses espérances, c’est cumuler son précieux or.

    Aller jusqu’au bout du chemin sur une portée infinie,
    Interpréter une musique qui fait résonner mille flammes,
    Créer le meilleur pour demain sans quotidien prédéfini,
    Devenir l’être métaphysique qui procrée l’alchimie de l’âme.

    Tableau de Fabienne Barbier