Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Cauchemars du passĂ© et rĂŞves d’avenir

    Bonnes nouvelles des Ă©toiles ou mauvais prĂ©sage du ciel ?
    Mes nuits souvent paradoxales remuent passé et avenir.
    Que ma mémoire se dévoile, je le comprends, c’est essentiel,
    Mais de ce futur abyssal, je ne vois pourtant rien venir.

    Malgré rêves et cauchemars qui ne font rien que ménager
    Toutes les peurs non résolues et les échecs irréversibles,
    Sans doute les dieux en ont marre de m’envoyer leurs messagers
    Dont je ne jette mon dévolu que lors des songes inaccessibles.

    J’ai demandé la clairvoyance, l’enregistrement de l’oubli
    Et la capacité d’écrire ce qu’ils daignent me consentir.
    Dès le matin, en prévoyance, encore imprégné je publie
    Ces drôles de vers qui vont décrire tout ce que j’ai pu ressentir.

    (Tableau de Laureline Lechat

    
    
    
  • Les lunes de l’équinoxe

    Les lunes de l’équinoxe

    J’étais cancre en astrologie et je confondais les planètes,
    Les douze signes et les maisons, l’ascendant au milieu du ciel
    Qui ne paraissait pas logique face Ă  une Lune pas nette
    Qui masquait plus que de raison un soleil bien superficiel.

    La muse de l’écartométrie finalement m’a dévoilé
    Tout le mécanisme secret et m’a levé les paradoxes
    Entre la trigonométrie et le firmament étoilé
    Qui indique le lien sacré avec les lunes de l’équinoxe.

    Les équinoxes et les solstices, l’apogée et le périgée
    Et tout ce que cela implique au cœur de notre biorythme,
    D’un doigt posé sur l’interstice des pans du rideau érigé
    Par une science qui complique nos vies avec ses logarithmes.

    Mais quand la nuit ouvre ses portes aux astres fous de liberté,
    Ils dansent sur l’onde infinie où le mystère se renouvelle.
    Et dans l’éclat qu’ils nous apportent, mes sens alors sont alertés
    Par le chant de leur symphonie pour une orbite intemporelle.

    Tableau d’Andrzej Malinowski.

    
    
    
  • Le ticket gagnant

    Quand je pense Ă  la fin du monde, il me faudra trouver le port
    Et un navire qui appareille pour le voyage dans l’au-delà.
    À la toute dernière seconde, j’aurai un titre de transport
    Trouvé sans doute dans l’oreille d’un chat en habit de gala.

    Parmi tous les billets d’accès au vaisseau interplanétaire
    Qui nous transportera ailleurs, il y a un billet gagnant
    Dont le prix sera surtaxé par les conventions monétaires
    Qui désigneront le convoyeur en chef et son rôle assignant.

    Personne ne le connaîtra, ce sera l’homme sans visage
    Ou la bonne femme anonyme qui dirigera en secret.
    Donc nul ne se compromettra dans un complot qu’on envisage
    À chaque fois que s’envenime la bonne entente consacrée.

    Si c’est un homme est-ce que sa femme tiendra sa langue suffisamment ?
    Si c’est une femme, c’est kif-kif pour la confidentialité…
    La solution, sans être infâme, serait de nommer savamment
    Un asexué sur notre esquif mais… bonjour la jovialité !

    (Collages Handiedan sur https://handiedan.com/digital-art.html .)

    
    
    
  • Le billet rose

    La question du sexe taraude quand on arrive au paradis :
    Quel sera notre partenaire durant toute une éternité ?
    Les petites vierges faraudes resteront-elles comme on l’a dit ?
    Une réponse bien débonnaire serait d’une opportunité.

    Bonne nouvelle pour les élus ! Toutes les vierges sont des hommes
    Car nous appartiendrons au sexe féminin, tous sans exception.
    Les anges promus au salut n’ayant, eux, aucun chromosome,
    Nous feront l’amour sans complexe sans besoin de contraception.

    Pour les femmes et les invertis, pas de changement au programme
    Mais pour les hommes quelle déception ! Personne ne l’avait prévu.
    N’avoir pas été avertis nous fait réaliser le drame
    Pressenti dès la conception du monde avec cette bévue.

    On nous donnera des billets roses en échange de nos services…
    Mais bon ! Après tout pourquoi pas… on ne sait jamais avec Dieu.
    Allez ! Quittez cet air morose ! Sans doute y aura-t-il un vice
    Et passer de vie à trépas sera plus miséricordieux !

    (Collage Handiedan sur https://handiedan.com/digital-art.html .)

    
    
    
  • Les billets d’or

    Comme c’est bientôt la fin du monde, il va falloir appareiller
    Pour n’importe où, on trouvera bien quelque chose dans l’espace ;
    Partout où l’homme vagabonde et où la femme saura veiller
    À sa famille qu’elle couvera et aimera quoi qu’il se passe.

    Évidemment c’est limité. Les places sont chères à gagner
    Et même très cher pour les riches et quant aux pauvres, on va trouver…
    Un stratagème bien imité voire un concours accompagné
    D’un grand jeu où l’on perd et triche, télévisé et approuvé.

    Supposons que nous sommes partis et que tout le monde est casé.
    Comme Noé, le patriarche, on groupera dans les cabines
    Des couples et, en contrepartie, les genres tri- et monophasés,
    Puis chacun vivra dans son arche Ă  se regarder la trombine.

    (Collages Handiedan sur https://handiedan.com/digital-art.html .)

    
    
    
  • Les billets verts

    Au Paradis comment payer les soixante-douze vierges promises
    Et l’assurance-vie éternelle sera-t-elle prise en charge ou non ?
    Ces deux questions non étayées dans les écritures commises
    Sont importantes et solennelles car rien n’avancera sinon.

    Bien sûr, l’économie divine est l’une des voies insondables
    Que Dieu se réserve souvent quand c’est trop compliqué pour nous.
    Mais cela dit, je le devine, les vierges étant invendables,
    Elles seront parquées au couvent, les anges leur servant de nounous.

    Si la règle au Monopoly est de plumer ses adversaires,
    Je me demande quel objectif sera visé au Paradis !
    Bien malhonnête pour être poli paraît cet Éden de faussaire…
    Je penche pour un vol collectif (un viol ?) et nous n’aurons pas un radis !

    (Collages Handiedan sur https://handiedan.com/digital-art.html .)

    
    
    
  • Bras-dessus bras-dessous et poisson-chat – 2

    Le poisson-chat est revenu hier se promener dans mes rĂŞves
    Et j’ai vu le commencement du poisson dont il est question.
    Pêché dans l’étang du couvent et mis en panier sur la grève,
    Il s’attendait évidemment à faire l’objet d’une digestion.

    Tout débonnaire, le pêcheur fier de sa pêche miraculeuse,
    Ouvrit un tonnelet de rhum et le bonhomme s’enfiévra.
    Pour lui conserver sa fraîcheur, il eut une idée fabuleuse
    Et versa un peu de sérum au poisson qui s’en enivra.

    Survint un chat qui avait faim, un chat qui cherchait l’aventure
    Et qui, sans tambour ni trompette, s’empara de la belle prise.
    Mais lorsqu’il vit son aiglefin – alors que friand de nature –
    Plutôt que d’en faire trempette, il lui fit une sacrée surprise.

    Un coup de foudre détonant frappa notre chat vigoureux
    Dont la phénoménologie me surprend encore et toujours.
    Bras-dessus, bras-dessous – c’est étonnant – le chat qui tomba amoureux
    Le transporta dans son logis pour agrémenter son séjour.

    Tableaux de Valeriy Syrov.

    
    
    
  • Une sirène dans la course

    Une sirène dans la course

    Au temps de la Marine Ă  voile, elle courait les cheveux au vent
    Souvent en figure de proue comme chimère redoutée.
    Parfois, le nez dans les étoiles, elle guettait le soleil levant
    Pour fuir sur les chapeaux de roues le cœur d’un marin envoûté.

    Et puis, à voile et à vapeur, la mécanique devenue reine,
    Elle a bien dû se recycler et mettre la main à la pâte.
    À tel point qu’elle ose sans peur braver la folie des sirènes
    En démarrant d’un tour de clef avec une vigueur qui m’épate.

    Spécialiste en queues de poisson, virages en épingle à cheveux,
    Je l’admire et je lui débourse une fortune pour la suivre
    Car j’aime faire la moisson de tout mon cœur, de tous mes vœux
    De sa conquĂŞte de la course, poitrine nue sur peau de cuivre.

    Illustration de Willy Maltaite extraite de l’album « Le jardin des couleurs ».

    
    
    
  • De bouche Ă  oreille

    De bouche Ă  oreille

    Les messagers d’amour opèrent en direct du bouche à oreille ;
    Charmée, l’expéditrice transmet son billet doux au récepteur.
    Parfois un vent doux coopère pour accélérer sans pareille
    Une suggestion qui promet tout le plaisir du concepteur.

    Cependant quand les vents contraires transforment l’écho de la voix,
    Souvent s’ensuivent des courants froids condensés en perles de pluie.
    Les mots, de manière arbitraire, prennent une tout autre voie
    Et le cœur doute avec effroi de l’affection venant de lui.

    Mais après la pluie, le beau temps car les cœurs ne sont pas en sucre ;
    Certains sont si inoxydables qu’il ne craignent point le déluge.
    Sinon la haine depuis longtemps aurait dilué l’esprit de lucre
    Dans des orages inexorables où l’amour sait trouver refuge.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .

    
    
    
  • Tous les visages sont paysages

    Tous les visages sont paysages

    Toutes les neiges de malheurs, toutes les pluies de catastrophes,
    Toutes les larmes qui ont coulé et ont creusé rides et ridelles,
    Forment ce qui fait la valeur d’un visage qu’on apostrophe
    Et sur lequel seront moulées les mémoires qui parleront d’elles.

    Quand un bouton fait irruption sur ta peau blanche satinée,
    C’est un souvenir douloureux qui reprend du poil de la bête.
    Il le fait sans interruption jusqu’à ce qu’il soit patiné
    D’un désamour si langoureux qu’il te prendrait toute la tête.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .

    
    
    
  • L’amĂ©ricanisation

    L’américanisation

    Grâce à Walt Disney et consort, toutes les histoires du monde
    Sont devenues états-uniennes, d’Aladin jusqu’à Jeanne d’Arc.
    Shakespeare, lui-même, s’en sort, mais marqué d’un accent immonde,
    Dans les chansons californiennes que l’on entend à Central Park.

    La cuisine aussi s’en ressent et l’on voudrait nous faire croire
    Que, sans pancake, un déjeuner est comme un hamburger sans frite.
    Pour l’estomac, il est stressant de voir cette bouffe sans gloire
    Gonfler la tĂŞte des jeunes et en faire leur pitance favorite.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

    
    
    
  • Le dieu vivant

    Et ce nouvel homme d’argile, modelé d’une jeune Terre,
    Métamorphosa de la boue une créature vivante.
    On aurait dit qu’un dieu agile venait de naître en solitaire
    Comme animal marchant debout vers une épopée captivante.

    Aussitôt il chercha compagne pour partager ses expériences
    En prélevant un bout de chair qu’il planta dans la terre glaise.
    Le printemps mûrit les campagnes et la femme en luxuriance
    Lui offrit son vœu le plus cher : la descendance qui lui complaise.

    Sculptures de Pablo Hueso.

    
    
    
  • Dans l’eau de la salle de bain

    Dans l’eau de la salle de bain, elle s’en fut suer toute nue
    Puis, dans la cabine de douche aux effets de brume amoureuse,
    S’introduisit son concubin, armé d’intentions soutenues,
    La baisa d’abord sur la bouche puis, d’une étreinte langoureuse.

    La suite fut l’histoire ordinaire dans un moment d’intimité
    Où les échanges de pudeurs voltigèrent à toute vapeur.
    Après cela, ils s’obstinèrent sans autre légitimité
    Que d’apprécier l’impudeur de faire l’amour dans la sueur.

    Photos de Jacob Sutton.

    
    
    
  • Sous le signe des montgolfières

    Dès que le bélier, monte-en-l’air, nous quitte le plancher des vaches,
    Les gémeaux font des soubresauts et le cancer, des entrechats.
    Le lion rugit de colère tandis qu’il brandit sa cravache
    Et le scorpion monte à l’assaut de la vierge percée de son chas.

    D’un courant d’air, le sagittaire jette à la mer le capricorne
    Qui se balance de tout son lest et tombe parmi les poissons.
    Ainsi l’on vit les montgolfières prendre le taureau par les cornes
    Recto-verso, d’est en ouest, le jour de la fin des moissons.

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  • Ces femmes qui voient tout

    La femme sait vous scanner l’âme par ses yeux examinateurs
    Qui explorent chaque parcelle de vos pensées, de vos humeurs.
    Et si jamais une autre femme paraît dans le collimateur,
    Aussitôt elle vous harcèle pour éliminer la tumeur.

    Parfois son regard vous encercle et vous fait tourner en bourrique
    D’une manière fort efficace pour vous sonder en profondeur
    Afin d’ouvrir votre couvercle et vérifier votre historique,
    Grâce à son esprit perspicace et son instinct de pourfendeur.

    Si sa vue paraît en désordre, méfiez-vous, c’est une alarme !
    Elle a flairé votre adultère et va piquer direct au cœur.
    Car bientôt, jusqu’à nouvel ordre, ce sera l’effusion de larmes
    Et si la fuite est salutaire, vous n’en sortirez pas vainqueur !

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  • Le Toto-portrait

    Le Toto-portrait

    Et c’est ainsi qu’en me peignant à partir du « moi » réfléchi
    Par ma propre image inversée, je découvris le subconscient
    Tout simplement en atteignant le fond de l’âme défraîchie
    Qui ne demandait qu’à percer les barrières de l’inconscient.

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  • Lapinvisible

    Lapinvisible

    Un jour, je vous raconterai l’histoire du Lapinvisible
    Dont l’existence aventureuse occupe une très grande place.
    Sa conception remonterait à la rencontre imprévisible
    D’une cloche d’or amoureuse et d’un bourdon de première classe.

    Dessin de Larry MacDougall.

    
    
    
  • Le chat culottĂ©

    Le chat culotté

    Lorsqu’il sût que j’avais séduit et courtisé sa chatte-femme,
    Le chat botté, vexé, jura qu’être cocu le rendrait fou !
    Il m’attira dans un réduit en disant : « À nous deux, infâme ! »
    Mais après il me rassura : « Tu peux la garder, je m’en fous ! »

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  • L’humanoculture

    L’humanoculture

    Les cages à lapins de mon père étaient très bien organisées ;
    Les lapins sautaient les lapines puis, dans le civet préparé.
    Dans notre beau monde prospère, les cages sont modernisées
    Mais les copains et les copines vivent à étages séparés.

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  • La chatte noire

    La chatte noire

    Quand j’ai appris que le chat noir était une chatte aux yeux verts,
    Je suis allé vérifier si elle avait d’autres nuances.
    Je l’ai surprise dans sa baignoire, d’un air échaudé et pervers,
    Mais pour mieux la pacifier, je lui ai fait bonne influence.

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  • L’heure du printemps

    L’heure du printemps

    Pas besoin d’un long baratin, prenons notre courage à deux mains
    Sans oublier, c’est important, de vivre à l’heure du printemps !
    C’est à trois heures du matin qu’il faudra avancer demain
    Tous les immeubles comportant des horloges en mĂŞme temps.

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  • L’école des coucous

    L’école des coucous

    C’est à l’école des coucous que les merles bleus officient
    Pour les éduquer à sonner chaque horaire planifié.
    Mais ce n’est qu’au douzième coup que les élèves bénéficient
    De l’uniforme écussonné qui fait d’eux des qualifiés.

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  • La danse de la renaissance

    La danse de la renaissance

    Étalés en motifs divers sur de magnifiques costumes
    Au couleurs des fleurs de printemps et de leurs plus belles essences,
    Oublions les teintes d’hiver et ses décorations posthumes
    Puis, savourons en cet instant la danse de la renaissance.

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  • Les trois grâces sans chaussures

    Les trois grâces sans chaussures

    Pour éviter que la censure ne vienne encore me frapper
    De critiques avilissantes, j’ai demandĂ© Ă  mes nymphettes
    De ne quitter que leurs chaussures afin de ne pas attraper
    Une punition humiliante sinon ça va être ma fête.

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  • Petite leçon d’Ă©conomie

    Petite leçon d'économie

    Comme les gens bienheureux
    Dans leurs villages ancestraux
    Ne rapportent pas d’argent,
    On les regroupe en cités,
    On les soumet Ă  des lois,
    On les attelle à la tâche.
    On leur consent un salaire
    Mais ils doivent payer leur toit,
    Quémander leur nourriture.
    Puis quand ils sont bien coupés
    De leurs racines ancestrales,
    On rationne leur travail.

    Quand les peuples sont éloignés,
    Dans leurs provinces lointaines
    Aux coutumes étrangères,
    On leur apporte la guerre,
    On leur mandate des bombes,
    On y sème la terreur.
    Puis on les fait immigrer,
    Puis on les regroupe ensemble,
    Puis on les fait travailler.
    Car ce qui fait fonctionner
    La machine économique,
    C’est bien les humains eux-mĂŞmes.

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  • Il brille dans mon cĹ“ur

    Il brille dans mon cœur

    Écho Ă  un poème que j’avais appris Ă  l’Ă©cole primaire :
    Il pleure dans mon cœur
    Paul Verlaine 1844-1896

    Il brille dans mon cœur comme il luit sur la ville
    Comme une protection qui pénètre mon âme
    Et la douce liqueur sur les places civiles
    Balaie ses projections comme petites flammes.

    Comme un doux parapluie qui, sur moi, s’apitoie,
    Quelques vers dans la nuit encore m’ont séduit :
    « Ô bruit doux de la pluie par terre et sur les toits !
    Pour un cĹ“ur qui s’ennuie, Ă” le chant de la pluie ! »

    Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette langueur qui pénètre mon cœur ?
    Ă” bruit doux de la pluie par terre et sur les toits !
    Pour un cĹ“ur qui s’ennuie, Ă” le chant de la pluie !

    Il pleure sans raison dans ce cĹ“ur qui s’Ă©cĹ“ure.
    Quoi ! nulle trahison ?… Ce deuil est sans raison.
    C’est bien la pire peine de ne savoir pourquoi
    Sans amour et sans haine mon cœur a tant de peine !

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  • L’Ĺ“il du rocher

    Par ce passage initiatique lorsque la nature s’endort,
    L’œil du rocher offre un creuset à tous ses grands conquistadors,
    Fous de légendes énigmatiques, chercheurs et pilleurs de trésor,
    Mais dont le corps d’or empesé ne franchira le corridor.

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  • La ville vĂ©gĂ©tale

    Comme une ville ultramoderne de gratte-ciels et hautes tours
    Je m’amuse à m’imaginer les locataires des lupins
    À la lueur de leurs lanternes se rassembler aux alentours
    De bons petits plats cuisinés par les meilleurs petits lutins.

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  • Le pont de l’araignĂ©e

    Je n’ai pas peur des araignées quand elles tissent un pont d’étoile
    Et qu’elles m’invitent à l’emprunter pour franchir les gorges profondes.
    Si mon instinct reste imprégné des peurs anciennes qui le voilent,
    Je serai toujours confronté aux barbaries qui me confondent.

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  • Ma langue au chat

    Comment faire un entrechat
    Sur des pattes de velours ?
    J’ai donné ma langue au chat
    À ces trois petits balourds.

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  • La mouette errante

    Dans la lumière d’argent lorsque sonnent les matines
    Et que la mouette errante rase les flots endormis,
    Je vois le texte émergeant d’un poème de Lamartine
    Aux pensées indifférentes des morts en hypothermie.

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  • Les semeurs de boutons d’or

    Les semeurs de boutons d’or

    Les semeurs de boutons d’or travaillent à l’orée du jour ;
    Ils parsèment de lumière comme une marée d’étoiles.
    Au moment où l’on s’endort dans les songes à contrejour,
    Aux fenêtres des chaumières, on voit s’envoler leurs voiles.

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