Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • L’entrĂ©e au musĂ©e du Bizarre

    L’entrée au musée du Bizarre

    Dès l’entrée droite du musée, les deux hôtesses de l’accueil
    Vous guident depuis les colossales jusqu’aux minuscules chambrettes.
    Vous allez bien vous amuser par tout ce qui vaut le coup d’œil,
    Notamment la première salle avec une chienne et sa levrette.

    Premier étage, les fantômes hantent paliers et escaliers ;
    Tout est bâti en trompe-l’œil, faux couloirs, passages secrets ;
    Observez bien tous les symptômes qui mènent aux fous à lier
    Dont les voix fusent sur le seuil des lieux qui leur sont consacrés.

    Deuxième étage, le paradis et l’enfer au même niveau ;
    Tous les démons sont attachés et les anges émancipés.
    Dieu vous donne pour pas un radis la clef de votre renouveau
    Car vous vous êtes détachés des biens d’une vie dissipée.

    On ne quitte pas le musée entrouvert sur l’éternité ;
    Le grenier n’est pas de ce monde mais l’au-delà, toujours bizarre,
    Répondra aux désabusés de toute la modernité
    Du vingt-et-unième siècle immonde, du progrès et tout le bazar.

    Tableau de Dino Valls sur https:dinovalls.comgalleryId.php?id=141 .

    
    
    
  • Au-delĂ  du musĂ©e du Bizarre

    Au-delà du musée du Bizarre

    Une fois que j’eus tout compris sur la vie, la mort et le reste
    Et sur le musée du Bizarre dont les voies sont impénétrables,
    J’ai réalisé à quel prix j’avais effectué chaque geste
    N’étant pas le fruit du hasard mais d’une portée considérable.

    Toute une vie dans la machine de la vie en évolution
    À manger, dormir, travailler pour n’être plus rien à la fin ;
    Cinquante ans à courber l’échine, puis à faire ma révolution
    Où je n’ai fait que batailler à mourir comme un crève-la-faim.

    Et puis, surprise, Dieu n’est qu’un seuil vers plusieurs mondes à découvrir
    Où je renaîtrai chaque fois que la mort fournira la clef
    À moins que le destin ne veuille m’assujettir à recouvrir
    Toutes les mémoires où ma foi ait été trop souvent bâclée.

    Car c’est ainsi, tout recommence autant de fois que Dieu le veut
    Pour affûter comme une lame le fil du couteau qui poursuit
    Et se taille à chaque romance des amours qui forment le vœu
    D’enfin parachever mon âme et devenir ce que je suis.

    Tableau de Dino Valls sur https:dinovalls.comgalleryId.php?id=141 .

    
    
    
  • Manette versus joysticks

    Si l’homme a une grosse manette, la femme a deux petits joysticks
    Qui lui occupent les deux mains là où l’homme n’en utilise qu’une.
    Cela explique sur la planète qu’au jeu de l’amour orgastique,
    Il est encore long le chemin pour satisfaire chacun chacune.

    En parlant du jeu de l’amour, y a-t-il vainqueur ou con vaincu ?
    Est-ce que les préliminaires sont moins cotés que les fantasmes ?
    Quand je veux faire un peu d’humour, je parle à l’arrêt de mon cul
    Qui aussitĂ´t, en missionnaire, repart vers un nouvel orgasme.

    Sculpture de Qi Sheng Luo sur https://www.li-an.fr/zolies-images/sculpture-hyperrealiste-geek-qi-sheng-luo/ .

    
    
    
  • Rose-Mariana, je ne sais plus ce qui se passe

    Rose-Mariana joue double jeu, montre ses seins, cache ses yeux,
    Porte un triple collier d’épines serti d’une rose-aubépine.
    Elle est farouche et tout le monde la juge vulgaire et immonde
    Comme une sorcière un peu louche, mi sournoise, mi sainte-nitouche.

    On m’a averti : « Prenez garde ! Derrière son voile, elle vous regarde
    Et si vous croisez son regard, n’aurez droit à aucun égard !
    Si elle enlève son chapeau, c’est pour vous changer en crapaud
    Et si elle vous parle, courez donc sinon vous serez moribond ! »

    Évidemment un coup de vent, un jour que je passais devant,
    A fait s’envoler son chapeau, j’avais les nerfs à fleur de peau.
    Je l’ai rattrapé et tendu à l’ingénue, bien entendu,
    Qui, n’étant pas embarrassée, s’en est sitôt débarrassé.

    Elle me dit : « Je ne suis pas sage ! » Je réponds : « Je suis de passage ! »
    Elle me prie de l’accompagner en me remettant son panier…
    Après je ne me souviens plus si je lui ai plu ou bien déplu
    Mais je suis tombé en quenouille sans pour autant être grenouille.

    Tableaux d’Ina lukauskaite.

    
    
    
  • Le barème

    Le barème

    Si aujourd’hui tout se mesure, tout s’évalue, tout se calcule,
    On quantifie aussi l’esprit et qualifie ce que je pense.
    Mais tout cela frise la démesure car ces mensurations m’acculent
    À m’y conformer à tout prix pour atteindre ma récompense.

    Pour tenter de sortir du rang, je dois partir Ă  la conquĂŞte,
    Guetter ma chance, la bonne occase là où tout est manigancé.
    Mais Ă  jouer dans la cour des grands, je pourrais y perdre la tĂŞte
    Et me retrouver à la case départ pour tout recommencer.

    Ne suis-je alors qu’un numéro lambda doté d’un étiquette
    Où toute ma vie est notée, analysée, pesée, jugée ;
    Ou une sorte d’anti-héros affublé d’une double casquette
    Qui penche du mauvais côté et qui se moque des préjugés ?

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.aisato.noandre-illustrasjoner#itemId=55830f07e4b0d670c6fc3e2b .

    
    
    
  • L’oignon et la carotte

    La vie ressemble à un oignon que nous épluchons en pleurant †
    Avec la carotte et le bâton pour y poser des pièges à loup.
    La vie ressemble Ă  trop de gnons pris sur la gueule, au demeurant
    Donnés par le qu’en-dira-t-on pour mieux nous enfoncer le clou.

    Mais tout part en eau de boudin et si les carottes sont cuites,
    Restent la soupe à la grimace et la piquette cachetée.
    Le bâton devient un gourdin, les carottes nous sont introduites
    Au fondement par contumace si nous mourrons par lâcheté.

    (Tableaux de Nicoletta Ceccoli.
    † « La vie est un oignon qu’on Ă©pluche en pleurant. » est une citation de Carl Sandburg.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

    
    
    
  • Les courses du vendredi

    Les courses du vendredi

    Dès le lundi il faut courir la Terre, les airs et l’océan
    Afin que Dieu, dans sa clémence, nous donne le pain de ce jour.
    Manger au risque de mourir et s’en retourner au néant
    Ou bien mériter sa pitance et survivre tout au long séjour.

    Dès le lundi, elle s’entraîne, la voix tintant comme de l’airain
    Afin que jeudi, elle soit prête à faire monter les enchères.
    Vendredi, jour pour la sirène dédié à la course aux marins,
    Elle va s’en mettre plein l’arête après avoir fait bonne chère.

    Mais il faut chanter à tue-tête pour décrocher le meilleur lot !
    Ainsi le marin de Bretagne se vend bien plus cher que l’anglais.
    Il faut traquer la belle bĂŞte en lui montant le ciboulot,
    Triller d’un chœur qui accompagne le chant au risque de s’étrangler.

    Tableau de Mike Hoffman.

    
    
    
  • La sirène de minuit

    La sirène de minuit

    Comme Cendrillon, la sirène, plongeuse à la petite semaine,
    Souhaite participer au bal nonobstant sa queue malvenue.
    Elle se confie Ă  sa marraine qui lui donne apparence humaine
    Avec comme ordre principal : « Qu’à minuit tu sois revenue ! »

    La sirène est à moitié femme – et c’est là son moindre défaut.
    Les valses dérèglent son horloge ainsi que sa notion du temps.
    Minuit sonnant. Précepte infâme ! Elle pirouette en porte-à-faux
    Autour de sa queue qui déroge aux règles du bal des débutants.

    Alors elle s’enfuit vers le port perdant ses pantoufles de vair
    Qu’un beau capitaine au long cours a recueilli sur le parvis.
    J’ai lu sur son dernier rapport qu’il a navigué tout l’hiver
    Et rencontré sur son parcours la belle au risque sa vie.

    Tableau d’Edvard Munch.

    
    
    
  • StratĂ©gie sanitaire

    Stratégie sanitaire

    Après trois cent soixante-cinq marches, nous sommes revenus sur nos pas
    Malgré tous les confinements et les couvre-feux de saisons.
    Je ne sais plus quelle démarche, sensée nous éviter le trépas,
    Devrons-nous prendre finalement pour ne pas perdre la raison.

    Le boulevard « vaccination » ressemble plus à une impasse
    Débouchant sur le cimetière qu’à une porte de sortie.
    Les agents de divination nous mentent sur ce qui se passe
    Et l’autorité cachotière pousse mémé dans les orties.

    Illustration de Deligne d’après Escher.

    
    
    
  • Le grand orchestre des Pharaons

    Le grand orchestre des Pharaons

    Ramsès II à l’accordéon et à la balalaïka,
    Le grand orchestre des Pharaons nous réinvente la mazurka.
    Avec des rythmes endiablés, il nous chante sa mélopée ;
    Avec des bourrées ensablées, il nous clame son épopée.

    Les cordes, tel un arc, nous rappellent jadis la bataille de Qadesh
    Avec le piano à bretelles au vent du souvenir des flèches.
    Tout droit échappé des ténèbres pour délivrer les confinés
    Avec une marche funèbre pour envoûter les vaccinés.

    Temple d’Abou Simbel au nord du Lac Nasser.

    
    
    
  • Rideau de jour, rideau de nuit

    Rideau de jour, rideau de nuit

    Il reste curieux, l’équinoxe qui masque la moitié du jour
    Avec la moitié de la nuit comme le paravent du temps.
    Le Soleil, dans ce paradoxe, se voile sous un abat-jour
    Quant à la Lune, celle-ci luit dans la pénombre en clignotant.

    Mais cet équilibre ne dure que juste le temps d’un rappel
    Et la lutte pour la lumière recommencera jusqu’au solstice.
    Puis, reprendra la procédure ; l’obscurité fera appel
    Afin de remporter, la première, l’alternance par la justice.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

    
    
    
  • Longue est la route

    Longue est la route

    Lorsque la route se rallonge en multiples prolongations,
    J’en déduis que Dieu, en retard, fignole ma destination.
    Et si le Diable me prolonge encore ses déviations,
    Je prendrai le Guide du Routard contre la procrastination.

    Heureusement j’ai Saint-Christophe attaché au tableau de bord
    Avec le Guide Michelin pour manger en dernier recours.
    Enfin, je lirai quelques strophes contre l’impatience que j’abhorre
    Et les « Lettres de mon moulin » deviendront ma roue de secours.

    Photo de Georgekev.

    
    
    
  • Le repas des pĂŞcheurs

    Le repas des pĂŞcheurs

    Une habitude rituelle, comme une messe mécréante,
    Réunissait ces camarades, grands pêcheurs devant l’Éternel.
    Quelques tournées spirituelles dans l’atmosphère bienséante
    D’un troquet au bord de la rade sacraient ce repas fraternel.

    Tableau d’André Lhote.

    
    
    
  • Juste avant la petite mort

    Juste avant la dernière étape, je m’arrêterai un moment
    Avant d’aborder la montagne où je suis sensé m’éprouver.
    Après, auront lieu des agapes avec le vin et le froment
    Partagées avec les compagnes qui seront venues m’approuver.

    Une chapelle en Slovénie.

    
    
    
  • Cancer, mon amour

    Cancer, mon amour

    Les cancers savent avec humour vous mettre le cœur à l’envers
    Car l’amoureux, c’est coutumier, se montre charmant comme un prince.
    Ainsi, la maladie d’amour court assez souvent de travers
    Car ils sont toujours les premiers Ă  venir vous serrer la pince.

    Dessin d’Anette Marnat.

    
    
    
  • La messagère du printemps

    La messagère du printemps

    Drapée d’une robe d’azur brodée de rayons de soleil,
    La messagère du printemps vient au matin précisément.
    Elle apparaît dans l’embrasure lorsque l’aurore nous réveille
    Pour faire la pluie et le beau temps selon l’humeur des éléments.

    Illustration d’Ana Mirallès.

    
    
    
  • La mĂ©moire du goĂ»t

    La mémoire du goût

    En mémoire du Petit Breton et des galettes de Pont-Aven,
    J’ai la saveur de la Bretagne tout comme Proust, sa madeleine.
    En souvenir de gueuletons qu’on faisait au cœur des Cévennes,
    Que ce soit campagne ou montagne, mes pulsions restent épicuriennes.

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  • Sortir de mon bocal

    Sortir de mon bocal

    Trouver de nouvelles idées me fait sortir de mon bocal,
    Mais ça me fait réaliser à quel point j’en suis dépendant.
    Parfois je suis intimidé quand je m’observe dans mon local
    Mais ça me fait visualiser l’incertitude, cependant.

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  • La touche rose

    La touche rose

    Pareil à la fleur de printemps, peignez-vous donc le corps en rose !
    Sur vos bleus, repassez trois couches surtout sur ceux qui ont jauni.
    C’est miraculeux, éclatant, terminées les journées moroses !
    Ça vous en met l’eau à la bouche et votre cœur en rajeunit.

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  • Mes rĂŞves en couleurs

    Mes rĂŞves en couleurs

    Ce que la pluie a délavé et que la terre a absorbé
    Métamorphose mes douleurs et transforme mes désamours
    Qui remontent sur les pavés sur un cœur neuf et résorbé.
    Ah que ravivent mes couleurs ! Ah que revivent mes amours !

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  • La vache, la femme et le valet

    La vache, la femme et le valet

    C’Ă©tait bizarre autant qu’étrange, mon rĂŞve fou de l’autre nuit.
    Sur la route, une vache à lait venant d’une autre galaxie ;
    Une femme nue, belle comme un ange, cherchait l’amour avec ennui ;
    Et, gesticulant, son valet qui tentait d’héler un taxi.

    Voir aussi « Ma femme nue, ma vache et moi » du 04.01.2017

    
    
    
  • Les veilleurs

    Les veilleurs

    Parfois les anges se faufilent dans les courants de l’atmosphère
    Où passent les oiseaux d’acier qui violent le silence azur.
    Ces veilleurs d’âmes qui défilent, toujours prêts à vous satisfaire,
    Jugeront quoique vous y fassiez toutes vos vaines démesures.

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  • Les rĂ©volutions fĂ©condes

    Les révolutions fécondes

    Tous ceux qui font le tour du monde retournent un jour Ă  leurs racines
    Et toute l’eau des océans le fait depuis des millénaires.
    Si ces révolutions fécondes séduisent ton cœur et le fascinent,
    Alors l’instant est bienséant pour souhaiter ton anniversaire.

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