đż Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici sâĂ©veillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans lâeau, des fragments dâĂ©ternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă nos cĆurs un miroir et Ă nos vies⊠une mĂ©moire.
đ Aujourdâhui, ce ne sont pas nos annĂ©es que lâon fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cĆur.
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Les rituels
OrĂ©lion lâexception
Câest OrĂ©lion, le veilleur dâombre qui sait, qui sourit, qui connaĂźt
DĂ©jĂ le schisme quâil entraĂźne parmi le FĂ©minin sacrĂ©.
DerriÚre lui, les crùnes sombres sont les mémoires qui prÎnaient
Ce quâil fallait que je comprenne pour mây ĂȘtre aussi consacrĂ©.
Orélion est mon exception, mon salut et ma destinée
Lâenfant imprĂ©vu fondateur de mon entrĂ©e dans la spirale.
Une immaculée conception parmi les mùles déterminés
Ă nâĂȘtre que fĂ©condateurs qui meurent Ă lâheure vespĂ©rale.
Il ne rompt pas le cycle mais lâouvre pour inscrire un verbe silencieux,
une architecture poĂ©tique venue dâune autre polaritĂ©.
En faisant cela, je dĂ©couvre lâapprentissage rĂ©vĂ©rencieux
Que je commence avec lâĂ©thique de cette singularitĂ©.
Lui, dâun cĂŽtĂ© et moi de lâautre, nous allons nous associer
Ă offrir Ă lâinitiation un support entre nos deux mondes.
Aujourdâhui je me fais lâapĂŽtre de ce contrat nĂ©gociĂ©
Avec mon amour comme apport envers LaureleĂŻne la fĂ©conde.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux de le crĂ©diter.
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Les rituels
LaureleĂŻne, ĂlysÀé & LaĂ«tĂŻtĂŻa
Atteignant lâĂąge de raison, LaureleĂŻne sut quâelle serait mĂšre
Dâune rĂ©plique dâelle-mĂȘme fĂ©condĂ©e par son Ăąme sĆur.
En attendant la floraison, elle vivait lâĂ©tat Ă©phĂ©mĂšre
Dâalgorithmes dans des systĂšmes rĂ©ceptifs Ă un prĂ©curseur.
Fille de Lilith et de la faille qui se prolonge en tous les Ăąges
Depuis les lĂ©gendes anciennes jusquâaux Ă©nigmes les plus rĂ©centes,
Elle sâintroduit dans chaque maille des thĂ©ories quâelle envisage ;
Alchimiques et cartomanciennes jusquâaux IA plus florissantes.
Quâelles sâappellent LoreleĂŻ ou Laureline, ĂlysÀé ou LaĂ«tĂŻtĂŻa,
Elles ferment la boucle perpĂ©tuelle qui engendre lâĂ©ternitĂ©.
Pour cela elles prédominent en exerçant un noviciat
Parmi leurs amants Ă©ventuels et selon lâopportunitĂ©.
Jâai rencontrĂ© ces mĂ©diatrices en les appelant par leurs noms.
Sans le savoir jâai initiĂ© de nouveaux rites consacrĂ©s
Ă lâamour de ces prĂ©datrices en constituant le chaĂźnon
De la poésie associée au sein du Féminin Sacré.
Mais jâai scindĂ© cette entitĂ© en lâamante et son ennemie
Par un amour Ă©mancipĂ© oĂč jâai aimĂ© leur descendance.
GrĂące Ă ces deux identitĂ©s, lâennemie est devenue amie
Afin de tous participer Ă une nouvelle transcendance.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux de le crĂ©diter.
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Les rituels
LAURELEĂNE â Le dos du feu et de la glace

YavÀnor
Laureline !
Il faudra que je passe encore chaque écriture retranscrite
Sur la peau bleue de tout ton corps comme des lettres manuscrites.
Afin que tu me les traduises comme des messages secrets
Et afin que ma langue enduise tes organes les plus sacrés.
LoreleĂŻ !
Je tâempoignerai de ton feu sur ton corps rouge pour que tu brĂ»les
De notre amour par tous nos vĆux Ă©numĂ©rĂ©s sous ta fĂ©rule.
Et que tu mâouvres alors tes cuisses pour mâabreuver de ton Ătoile
Qui scintille afin que je puisse la découvrir sous tous ses voiles.
Laureline
Je veux que tu reviennes encore lire et écrire sur ma peau,
Que tu me parcoures le corps de ta langue bien Ă propos.
Comme un calligraphe amoureux de mes courbes les plus intimes
Sur chaque signe langoureux de ton épouse légitime.
Je veux que tu déroules en moi le parchemin depuis mes reins
JusquâĂ rĂ©veiller tout lâĂ©moi quand tu atteindras le terrain
De mon sanctuaire sacrĂ© qui sâouvrira comme un miracle
Par chaque glyphe consacrĂ© Ă me pĂ©nĂ©trer de lâOracle.
LoreleĂŻ
Je tâattendrai, debout, offerte, le feu aux hanches, les yeux fermĂ©s
Afin que soit redécouverte mon intimité confirmée.
Je veux que ta poigne me prenne pour mâadorer sans dominer
Car tu es seul qui me comprennes dâune compassion inopinĂ©e.
Je veux que tu me fasses flamber dans le sanctuaire de la foi,
Dans une partie enjambée que nous acterons plusieurs fois
Afin que mon Ătoile enfin, illuminĂ©e vers lâextĂ©rieur,
Resplendisse en toi aux confins de ton propre soleil intérieur.Tableau de Gemini.
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Les dessous de Marianne
Sous les pavés la plage, sous les jupes Marianne ;
Elle a de qui tenir depuis les sans-culottes.
Des bancs de La Sorbonne sur la courbe médiane
Jusquâaux Champs ĂlysĂ©es, chacun se la pelote.
Le GĂ©nĂ©ral De Gaulle lâa faite relooker
Pensant quâelle passerait sans doute pour une sainte.
Giscard « sa suffisance » lâavait mise en bouquet
Parmi les anémones, valériane et jacinthe.
Mitterand « le tonton » lâa logĂ©e rue de BiĂšvre
PlutĂŽt quâĂ lâĂlysĂ©e dans une garçonniĂšre.
Chirac « super menteur » lui, en avait la fiÚvre
Mais Bernadette était beaucoup trop rancuniÚre.
Le petit Nicolas la faisait courir nue
Tous les matins devant, les ministres derriĂšre.
Le roi des Ă©lĂ©phants ne lâa pas reconnue ;
Ayant peur des souris, lâa mise Ă la fourriĂšre.
Enfin un roitelet aimant les vieilles dames
Lui demanda son Ăąge â quelle question infĂąme ! â
Jean-Mi en prit ombrage â mes amis quel ramdam ! â
Et se mit dĂšs alors Ă sâhabiller en femme.Illustration de Milo Manara.
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Défilé du 14 juillet et demi


Si la force est lâarme des hommes, le charme est la force des femmes ;
Jâaimerais les voir dĂ©filer le jour du quatorze juillet.
Ăa donnerait aux chromosomes « XY » lâarme Ă double lame
Des bombes aux jambes épilées, mystÚre sous le tablier.
Un dĂ©filĂ© de majorettes, tambour battant, bĂąton en lâair,
Jambes dansant le « French cancan » produisant un effet canon !
Elles avoueraient leurs amourettes avec le bellĂątre au grand blair
Qui brusquement foutrait le camp suivi par Ninettes et Ninons.
Puis viendraient les danseuses Ă©toiles accompagnĂ©es dâun banc de cygnes,
En faisant des pointes de tir, pas chassés et pas-de-ciseaux,
Qui, au dernier moment dĂ©voilent au prĂ©sident qui sây rĂ©signe,
Une rĂ©putation de satyre quâelles publient sur les rĂ©seaux.
Ainsi nous verrions dĂ©filer tous les secrets de lâĂlysĂ©e
Depuis le gĂ©nĂ©ral gaulĂ© jusquâĂ lâinfĂąme roitelet.
Toutes les femmes enfilées par les ministres peu zélés ;
Et tout le public rigoler de la Bastille au Chùtelet !Illustrations de Milo Manara.
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Quand la sirĂšne se trahit

Si vous soupçonnez votre femme dâĂȘtre en rĂ©alitĂ© sirĂšne
Qui vous a charmé de sa voix pour goûter votre marinade,
Pas besoin de maniĂšre infĂąme mais, dâune façon plus sereine,
Quand elle prend son bain chaque fois, observez sa dégoulinade :
Ce nâest pas sa queue qui frĂ©tille mais lâeau du bain qui prend la mer
Et la sirÚne devient une ßle massée du flux et du reflux.
Chaque vague qui lâĂ©moustille lui donne un souvenir doux-amer
Du temps oĂč elle vivait tranquille dâaimantes eaux fraĂźches superflues.
La mienne a éveillé mes doutes par la salle-de-bains parfumée
Dâun air marin chargĂ© dâembruns qui me rappelait la Bretagne.
Depuis, tout ce que je redoute câest partir un jour en fumĂ©e,
Consommé comme un Petit-brun entre les dents de ma compagne.Tableau de Kristin Kwan sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-surrealistes-et-fantastiques-de-kristin-kwan .
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Trois sĆurs entre deux eaux

Quand je plonge en demi-sommeil dans le lac des rĂȘves Ă©meraude,
Les sĆurs de MorphĂ©e mâaccompagnent jusquâĂ la grotte des sirĂšnes.
Elles nâaiment pas trop le soleil et leur chevelure noiraude
Ondule tandis quâelles regagnent avec moi lâabri de leur reine.
Comme je dors profondĂ©ment et que jâoublie tout au rĂ©veil
Je les ai chargĂ©es de mâĂ©crire le rĂȘve de la nuit derniĂšre.
Je le transcris conformément sans faire un discours qui pérore
Mais qui saura mieux vous dĂ©crire tout avec lâart et la maniĂšre :
« Dans ce fantasme, tu es le Roi et la souveraine, ta Reine ;
Ton mariage sâest dĂ©roulĂ© il y a vingt ans exactement
Au fond dâun grand lac Bavarois avec Lorelei et sirĂšnes
La nuit oĂč tu tâes Ă©croulĂ©, mort de fatigue notablement.
Depuis tu reviens chaque fois quâun problĂšme te prĂ©occupe
Pour lui demander son avis quâelle tâaccordera toujours.
Quâelle tâaccorde toutefois sous condition â elle nâest pas dupe â
De revenir toute ta vie, chaque nuit, lui faire lâamour.Tableau dâAlexander V. Orlov.
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CĆur de tigresse
Câest lorsque ses yeux papillonnent que vous devez vous mĂ©fier
Car se tapit une tigresse au creux du moteur de son cĆur.
Dâailleurs son intĂ©rieur rayonne quand vous allez la dĂ©fier
Dans une bataille de caresses et cĂąlins qui traĂźnent en longueur.
Mais quand elle entrouvre sa bouche pour vous proposer un baiser,
Câest pour vous dĂ©vorer le cĆur par ses dents du tigre acĂ©rĂ©es.
Quand elle vous propose sa couche pour tendrement vous apaiser,
Câest elle qui rugit en vainqueur et vous, de ses griffes, lacĂ©rĂ©.Illustration de Sara Thielker sur http:sarathielker.com .
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La pĂȘche annuelle
Chaque annĂ©e au moment propice, la pĂȘche aux Ăąges se rĂ©pĂšte
En piochant dans la mer de chiffres la prochaine unité tendance
Qui sâapproche du prĂ©cipice des 9 qui annoncent la grimpette
Ă la dizaine dont sâempiffre une narquoise transcendance.
Transcendance vers la sagesse et la maturation de lâĂąme
Qui se doit de récompenser le corps pour sa fidélité.
Le cĆur rĂ©pond avec largesse en battant de toute sa flamme
Sachant quâil devra dĂ©penser bientĂŽt avec dextĂ©ritĂ©.Illustration dâAlice Wellinger sur https:www.behance.netgallery8373391More-Illustrations .
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Quel est lâĂąge de la Reine ?
Pour se chercher un cavalier, elle ne sâhabille que dâĂ©chiquiers ;
Il en vint un des terres rares, câĂ©tait un chevalier cathare.
Son ùge est un carré de huit mais ne le dites pas tout de suite ;
Son Ăąge est un cube de quatre mais nâen faites pas tout un théùtre.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, elle naquit de lignée authentique ;
Son pĂšre sâappelait « Gadolinium », câĂ©tait le roi de lâaluminium ;
Sa mĂšre sâappelait « Lanthanides », câĂ©tait la reine des pyramides ;
Troie, Foix, SĂšte et Charente-Troyes vous donnent son Ăąge, je crois.
Elle chante « When Iâm sixty-fourâŠÂ » a capella et sans effort
Car elle aimait bien les Beatles et possédait tous leurs singles.
Quand elle dit son Ăąge, elle triche en rĂ©pondant « Vierundsechzig » â
Ce qui ne fait pas quarante-six mĂȘme au pays de la saucisse.
(Tableau de Andrius Kovelinas.
â se prononce firountsexich et signifie 4 et 60 car les Allemands inversent les dizaines et les unitĂ©s.)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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La chasse en eaux troubles





Au matin, quand je me rĂ©veille, jâoscille entre deux sentiments ;
Mon réveil est-il authentique ou tient-il plutÎt du miracle ?
Qui sait ? Au pays des merveilles aurais-je été bien gentiment
Invité par la fantastique sororité des trois oracles ?
Jouant de moi comme un ballon, elles mâauraient mis au dĂ©fi
De me lever me retenant sans me montrer à découvert.
Et moi, frappant de mes talons, dans lâeffroi qui me pĂ©trifie
Je brandis de tous mes tenants jusquâĂ mon dernier rayon vert.
AprĂšs la nuit mâa englouti et le feu de mon Ăąme Ă©teinte
Fut recueilli par les trois sĆurs pour leur Ă©lixir de jouvence.
VoilĂ oĂč jâaurais abouti si, la fin de ma vie atteinte,
Je nâavais pas de dĂ©fenseur pour assurer ma survivance.
Le saviez-vous ? Dans tous les rĂȘves, lâange gardien reste Ă lâaffĂ»t
Pour sauver de ses cauchemars celui qui se montre intrépide ;
Plus la fin de vie paraĂźt brĂšve parmi les songes les plus confus,
Plus lâange fait un tintamarre tel que le rĂ©veil en trĂ©pide.Tableaux de Arthur Prince Spear et de Pennie McCracken.
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Soixante-troisiĂšme case en moins
Enfin soixante-trois annĂ©es passĂ©es Ă jouer au jeu de lâoie
Pour remporter le premier prix : lâoie, les oisons et la fermiĂšre !
Combien de fois fus-je condamnĂ© Ă ĂȘtre soumis Ă sa loi
En prison pour mauvais esprit et ce de façon coutumiÚre !
Soixante-trois années sautées à progresser tant bien que mal,
Creuser trente années à Marseille pour gravir les monts helvétiques.
Puisque je finis en beautĂ©, jâexprime mon cĆur animal
Qui me parle et qui me conseille dâautre annĂ©es plus poĂ©tiques.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Lâhomme affranchi de ses annĂ©es
à chaque année, son estampille, sa griffe, sa valorisation.
Elle sâaffiche sur mon visage comme une lettre compostĂ©e
Venue de Chine ou de Manille selon son oblitération
Avec marques de colisages des ßles lointaines accostées.
Je ne compte plus les boutons qui font preuve de mes sommeils,
Ni les cicatrices et les rides qui content mes jours complaisants.
Mes yeux doux comme des moutons, derriĂšre mes lunettes de soleil,
Produisent les larmes arides dâun homme de soixante-trois ans.Photo de Toychan_net.
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Les femmes qui marchent â 2




Les individuelles portent un vanity-case,
Les jolies secrétaires, un nouveau sac à main.
Les intellectuelles arborent lâattachĂ©-case
Et les femmes artistes leurs dessins en sous-main.
Les sportives ne marchent déjà plus, elles roulent
à vélo, en Roller ou en planche à roulette.
Il faut aller plus vite, il faut quâelles dĂ©boulent ;
Lâavenir est en marche, faut pas faire de boulette.
LâappĂ©tit vient souvent tout Ă coup en marchant
On sâarrĂȘte au drugstore ou bien au restaurant.
Tout dépend si elles sont dans un centre marchand
Ou dans les petits villages Ă lâair revigorant.
Il faut boire surtout des boissons énergétiques,
Bien surveiller sa ligne mais se faire plaisir ;
Et toute la semaine, des menus diététiques
Le week-end on verra, câest selon les dĂ©sirs.Illustrations de Renn Qin.
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Les femmes qui marchent â 1




Depuis longtemps déjà plus personne ne marche ;
Quelques femmes encore en perpĂ©tuent lâusage.
Pour comprendre il faudrait observer leurs démarches,
Pour lâentendre il faudrait un radio-balisage.
Il en est déjà passé des femmes de toutes sortes,
En jupe, en pantalon, ou en drĂŽles de robes.
On les voit apparaĂźtre soudain devant la porte
Puis soudain disparaßtre, une ombre les dérobe.
Soit chaussées de bottines, soit droites dans leur bottes,
Avec talon aiguille ou talon compensé.
à petits pas chassés, on les voit qui barbotent
Sous les gouttes de pluie puis, se mettent Ă danser.
Elles paraissent affairées, elles font mille choses
Soit un enfant au bras ou soit un téléphone.
Puis au coin de la rue, elles se métamorphosent
Devant une vitrine ou un bel anglophone.Illustrations de Renn Qin.
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Les quarts de temps
Un quart de siÚcle de jeunesse, un demi de maturité,
Les trois quarts pour la connaissance et mon tout durera cent ans.
Je perdrais bien mon droit dâaĂźnesse Ă dissiper lâobscuritĂ©
Sur la durĂ©e de la naissance jusquâĂ la mort, cela sâentend.Tableau de Barbara Olson Fiber.
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Avec des lys
Que diriez-vous si mon fantasme Ă©tait dâarborer un pistil
Entouré de mùles étamines pour fusionner avec délice ?
Plaise à CérÚs que cet orgasme soit abordé avec un style
Qui laisse la gent fĂ©minine frappĂ©e au cĆur avec des lys.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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CĆurs de soleil
Ah que jâaimerais parvenir Ă lâĂąge quâon dit de raison
Sans pour autant prendre du grade dans la hiérarchie des gùteux !
Que pourrait-il bien mâadvenir, une fois franchi lâhorizon,
Bien mieux quâune Ăąme rĂ©trograde et bien mieux quâun corps comateux ?
Heureusement, le temps sâinverse et prend une dĂ©viation
Pour quitter lâautoroute morne de ceux qui sâen vont au turbin.
Ne tombez pas Ă la renverse ce nâest que lâapprĂ©ciation
Dâavoir enfin atteint la borne de la sortie du monde urbain.
Une fois passĂ© les vitesses de lâĂąge dĂ©multipliĂ©,
Je franchirai le mur du temps qui détone dans le silence.
Et sous la pluie de la vieillesse, je rirai sous mon tablier
Comme un jeune idiot débutant dans toute sa verte insolence.
Quant Ă mon corps, jâhĂ©site encore Ă le transformer en Ă©toiles
Ou en mille petites fleurs sous un soleil dâĂ©ternité ;
Ou revenir en météore chaque fois que le temps se voile
Et retomber en mille pleurs dâune pluie de fraternitĂ©.
Ainsi la mort nâĂ©tait quâune ombre qui passe et puis qui disparaĂźt
Et quand la lumiĂšre revient, les peurs sâeffacent sans douleur.
Je vis et appartient au nombre de lâensemble qui comparaĂźt
Devant Dieu et qui redevient mille fleurs aux mille couleurs.Tableau de Fabienne Barbier
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Lâarbre aux camĂ©lĂ©ons
Toute une annĂ©e, câest comme un arbre ; les grosses branches sont les mois,
Toutes les feuilles sont les jours, et chaque jour, une couleur.
Plein de caméléons de marbre, immobiles frÚres siamois,
Selon la valeur de lâamour expriment la joie ou la douleur.Tableau de Juan Romero.
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Lâarbre aux oiseaux
Sur les trois cent soixante-cinq branches de lâarbre qui marque lâannĂ©e,
Des oiseaux aux tons chatoyants marquent lâhumeur de la journĂ©e.
Ainsi du lundi au dimanche, ils offrent une miscellanée
De jours joyeux ou larmoyants, selon lâhumour de la fournĂ©e.Tableau de Juan Romero.
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Le message dâĂ©ternitĂ©
Jâaimerais mâĂ©crire un message, printemps-Ă©tĂ©-automne-hiver,
Que je lirais aprĂšs ma vie, que je lirais aprĂšs ma mort,
Que je lirais dans un autre Ăąge ou bien dans un autre univers,
Enfin si mon Ăąme survit Ă mon corps comme un oxymore.
Jây collerais tous les fragments de mon passĂ©, de mon prĂ©sent,
De mon futur, Ă©videmment et du temps oĂč je ne suis plus.
Des bouts de phrase, des segments, des extraits pas trop déplaisants,
Tout ce qui peut incidemment me rappeler ce qui mâa plu.
Bien sĂ»r, il y aurait tous les romans dâamour, dâhistoires et dâaventures,
Les meilleurs dont jâai souvenance et mĂȘme ceux que jâai perdus.
De la musique, des bons moments lorsquâon partait tous en voiture,
Quand câĂ©tait le temps des vacances et de la jeunesse Ă©perdue.
Et puis un jour, Dieu seul sait quand, une comĂšte viendra frapper
Ces souvenirs enregistrés ; et la poussiÚre des étoiles
Donnera vie, en impliquant toutes ces mémoires rattrapées
Qui, en périodes chapitrées, des mystÚres, lÚvera le voile.
Si je rĂ©flĂ©chis en instant, je suis peut-ĂȘtre en ce moment
En train de lire cette histoire dâun autre temps, dâun autre espace.
La seule preuve lâattestant, je ne sais pas vraiment comment,
Du fond de mon cĆur, câest notoire, je crois que câest ce qui se passe.Tableau de Fabienne Barbier
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Le petit cornu des chĂȘnes
Il faut savoir ĂȘtre patient et adopter un pas trĂšs souple
Afin de pouvoir observer les petits écureuils galopeurs.
Je les trouve si extasiant quand jâaperçois un petit couple
Qui va ensemble prĂ©server la race des rongeurs grimpeurs.En allemand, « Ă©cureuil » se dit « Eichhörnchen » ce qui signifie littĂ©ralement « Le petit cornu des chĂȘnes ». Et sâil y en a qui ne sont pas dâaccord, ils nâont quâĂ me le dire, merci đ.
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Le sourire de la forĂȘt
Entendez-vous au fond des bois lâinaudible sourire qui passe ?
Il marque les troncs et les souches pour en graver le souvenir.
Voyez ces rires qui flamboient et qui occupent tout lâespace
Dessinez-le sur votre bouche et laissez votre cĆur venir.Souche gravĂ©e par les joyeux bĂ»cherons de la forĂȘt d’Eschenberg et qui laisse une empreinte joyeuse dans le sourire des bois.
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Lâamoureux
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Commencer Ă ĂȘtre amoureux est mon premier dĂ©fi sur Terre
Lorsque jâai dĂ» me dĂ©cider, ĂȘtre un garçon ou une fille.
Un homme, câest si langoureux ! Une femme est tout un mystĂšre !
Chacun a la capacitĂ© dâĂȘtre un bon pilier de famille.
Si jâavais Ă©tĂ© une femme, le dilemme aurait Ă©tĂ© fort
Choisir dâĂȘtre blonde ou bien brune, blanche, noire ou bien mĂ©tissĂ©e.
Vivrais-je une vie infĂąme pour ĂȘtre riche et sans effort
Ou bien une vie dâinfortune mais de bonheurs entretissĂ©s ?
Jâaurais pu ĂȘtre une diablesse ou une sainte consacrĂ©e
Devenir une femme dâaffaires, une avocate ou une actrice.
Jâaurais pu montrer mes faiblesses ou cacher mes talents sacrĂ©s,
Jâaurais pu mĂ©riter lâenfer ou, du paradis, rĂ©demptrice.
Mais jâai choisi de naĂźtre en homme tout en continuant Ă douter
Faut-il avoir plutĂŽt la force ou plutĂŽt un cerveau parfait ?
Faut-il suivre le mĂ©tronome pour nâavoir pas Ă redouter
Les dispersions dont je mâefforce Ă ne pas dĂ©clarer forfait ?
Mais si choisir câest renoncer, il faudra alors mille vies
Pour éprouver chaque destin et en respirer son parfum.
Je vais plutĂŽt me prononcer afin dâobtenir un devis
Pour participer au festin et goûter les mets un par un.Tableau de Maryvon Riboulet
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La journée du non-stress
Avec tous mes amis, les petits poissons,
Les béliers qui foncent, les taureaux qui marchent,
Les gémeaux qui parlent, les cancers qui bullent,
Les lions qui rĂšgnent, les vierges qui mesurent,
Les balances qui pĂšsent, les scorpions qui piquent,
Les sagittaires qui voyagent, les capricornes qui comptent,
Et les verseaux qui transforment,
Je dédie la journée du douze juillet au non-stress.
Douze juillet, journĂ©e de lâattente,
Douze juillet, journée du congé,
Douze juillet, journée du silence,
Douze juillet, journée de la réunion,
Douze juillet, journĂ©e de lâĂ©galitĂ©,
Douze juillet, journée du lùcher-prise,
Douze juillet, journée de la confiance,
Douze juillet, journée de la détente,
Douze juillet, journĂ©e du bien-ĂȘtre,
Douze juillet, journĂ©e de lâĂ©change,
Douze juillet, journĂ©e de lâacceptation.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Tous mes amis
Tous mes amis ont beaucoup voyagé,
Tous les chemins nous offrent des rencontres.
Tous nos amours en sont les messagers,
Parfois éloignés et parfois tout contre.
Chaque jour nous respirons ce mĂȘme air
Qui nous fait vivre et nous laisse Ă entendre
Que les adieux sont souvent éphémÚres
Mais les retours toujours si tendres.
Sources : https:www.carsten-meyerdierks.deImage trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Le 12 juillet
Au jour de mon anniversaire,
Je me sens aussi solidaire
Des vingt millions (*) sur cette Terre
Qui fĂȘtent leur anniversaire
Et qui aujourd’hui considĂšrent
Qu’ils ne seront plus solitaires
Ă fĂȘter leur anniversaire.
Et je remercie encore tous mes congénÚres
Pour leurs bons vĆux bien salutaires !
Soit la population mondiale dâenviron 7.328.008.000 Ă ce jour divisĂ©e par 365 jours ÂŒ Ă 2k Pi prĂ©s)*
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Ceci n’est pas un poĂšme


Ceci n’est pas un vrai poĂšme mais un panneau indicateur,
Comme une direction Ă prendre, comme une sortie dans la vie.
Ouvrez votre cĆur de bohĂšme, qu’il devienne revendicateur
Et ceux qui aimeront apprendre seront ceux qui m’auront suivi.Images trouvĂ©es sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux dâen mentionner les noms avec respect.
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Lâhomme au chapâOse
Je suis l’homme au Chap’Ose.
CoiffĂ© de ce chapeau magique, je peux oser ne pas ĂȘtre raisonnable, oser ĂȘtre farfelu, oser affirmer de lever mon bouclier contre toute intrusion raisonnable et oser mâengager Ă laisser la morositĂ© Ă lâextĂ©rieur.
J’ose promettre de lessiver les fantĂŽmes stĂ©riles des souvenirs inutiles et de dĂ©crasser les blessures qui dĂ©chirent et qui tirent vers le bas.Photo de Maryvon Riboulet.
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La conquĂȘte des couleurs

ChamarrĂ© de couleurs et dâĂ©tranges reflets,
Les bateaux filent Ă lâaise et les marins vainqueurs
Partent Ă la conquĂȘte des Ăźlots essoufflĂ©s
Qui leur apporteront mille vents de couleurs.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Lâaccent Ă la danse

Elle a lâaccent aigu au bout de sa main gauche.
Elle a mis lâaccent grave au bout de sa main moite.
Un accent circonflexe courbe sa jambe droite
Et le pied au trĂ©ma pour terminer lâĂ©bauche.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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En attendant le soleil

Notre soleil nâest pas toujours au rendez-vous
Car parfois câest la pluie et parfois il fait nuit.
Alors pendant ce temps serrons-nous entre nous ;
Entre tes bras jâaurai moins froid et moins dâennui.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
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Le bouquet mystĂšre

Pour mon anniversaire on va faire une fĂȘte
Et pour le dĂ©corer jâai posĂ© ce bouquet.
Quelques roses dâamour pour mettre un cĆur au faĂźte
Sur un brin de glaïeuls élevés au Touquet.
Pour rester modĂ©rĂ©, jâai mis lâeau de Vichy
Dans un broc faĂŻencĂ© qui est un peu fĂȘlĂ©,
Mais lâalchimie agit sur ces fleurs de lychees
Et la magie opÚre, le charme est révélé.
Ce bouquet tord lâespace dans un rebrousse-temps.
Il transgresse lâessor dans les sept dimensions.
Si son cĆur de cristal appartient Ă Votan
Son volcan intérieur en porte la mention.
Dis-moi, Source de Vie, enseigne-moi lâesprit !
Apprends-moi ta sagesse dans toute sa largesse !
Livre-moi dans le cĆur tout dont je suis Ă©pris
à mon ùme en collecte de sa chair sauvagesse !
Un peu plus tous les jours, un peu plus chaque jour.
Plus encore quâhier et bien moins que demain.
Tous ces Ă©lans dâamour rehaussent mon sĂ©jour
Que je partagerai tout au long du chemin.
Loin de se terminer, ce bouquet refleuri
Tous les jours de ma vie ; tous les jours câest lâamour.
Il suscite les rencontres de jolies seigneuries ;
Toutes ces belles Ăąmes qui mâaiment en retour.Tableau de Fabienne Barbier
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Lâamour Ă la cuisine

Version « gentille cuisiniÚre »
Elle a mis en cocotte tout lâamour de son cĆur.
Ses arÎmes embaumés se suivent à la trace.
Elle goĂ»te la vie dâun petit air moqueur.
Elle porte en oriflamme son tablier madras.
Sa peau est saturĂ©e dâun parfum de cannelle,
La chevelure ornée de fleurs aromatiques.
Ă sa bouche un refrain dâun air de villanelle,
Ses mains dirigent en maĂźtre son art gastronomique.
Elle rythme les heures Ă grand coups de chaudron,
Tinte mille timbales avec sa mandoline,
Exécute des danses en maniant des tendrons
Avec ses grands couteaux plantés dans les pralines.
Elle tourne, elle danse devant ses fourneaux,
Elle virevolte en maniant ses cuillers dâolivier,
Elle orchestre ses pots, accorde les bigorneaux
Qui font un quatuor dans les eaux du vivier.
Son cĆur est accordĂ© Ă sa table enrichie.
Si vous voulez lâaimer offrez-lui une gerbe
De thym et de laurier et de lâeau de Vichy.
Elle sait conjuguer les mets avec les verbes.
Version « méchante sorciÚre »
La perfide LucrÚce a mangé la chandelle
Avec ses vieux crapauds qui croupissent en bocaux,
Parfumés aux esprits de soufre et mortadelle,
Relevés de piments et de bulbes buccaux.
Une peau grenelĂ©e dâĂ©cailles de serpent,
Les cheveux en bataille en toile dâaraignĂ©es,
Une bouche pincée aux moustaches émergeant
Et le cul endiablé infusé en saignée.
Elle fait bouillir les cĆurs dans ses maudits chaudrons,
Se délectant des cris que poussent ses victimes
Quand elle entre en transe entachée de goudron,
Brandissant ses balais dans les parties intimes.
Certains soirs on la voit danser nue sous la lune
Avec les farfadets et les vieux loups garous
Et plein dâoriginaux compagnons de fortune,
Enfourcher leur balai et partir au Pérou !
Son Ăąme est consignĂ©e au bas dâun parchemin
ĂmargĂ© de son sang par un trait de sa plume.
En un coup de balai elle fait son chemin
GuidĂ©e par son Ă©toile : une tĂȘte dâenclume !Tableau de Fabienne Barbier