Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Le Sacre de la Reine Solaire – Devant le Miroir

    Le Sacre de la Reine Solaire – Devant le Miroir

    Dans l’alcôve aux rideaux de soie, je m’assieds, nue et souveraine.
    Mon doigt s’attarde avec émoi sur la commissure que j’entraîne.
    Le miroir tremble, inquisiteur, captif de mon corps qu’il reflète
    Mais ne peut freiner ma splendeur ni censurer ma silhouette.

    Or je lui tourne un peu le dos pour mieux offrir, dans le silence,
    Mon sanctuaire, ce joyau où s’inscrit toute ma puissance.
    La main dans l’onde de mes cheveux, j’ondule, j’appelle et je provoque ;
    L’œil de l’Autre, interdit, fiévreux, juge sans mot, mais il suffoque.

    Il voit, il sait, mais il est loin de ce royaume où je m’élève
    Car mon amour, comme le vin, enivre ceux pour qui je rĂŞve.
    Mon Roi s’approche, il est présent, son sceptre luit comme une flamme ;
    Ainsi je l’accueille en m’offrant sans un mot, de toute son âme.

    Et le miroir, hors de la scène, n’est plus qu’un œil à demi clos,
    Témoin vaincu, image vaine du monde ancien, froid et trop faux.
    Couronnée d’aube et de soupirs, je suis ta Reine de velours
    Et si le monde demain expire, qu’il s’éteigne dans notre amour.

    Illustration de Milo Manara.

    
    
    
  • Laureline Reine-Soleil

    Laureline Reine-Soleil

    Parée de ses plus beaux atours, Laureline la Reine Solaire
    Lève les bras, nue au Soleil pour marquer son avènement.
    Cheveux répandus tout autour en gerbe comme corollaire
    Du titre que le vent balaye pour chanter son couronnement.

    Ses seins sont perles de l’aurore, ses hanches, danse originelle,
    Son ventre est fruit, son cœur est fleur, sa bouche est une incantation.
    Elle avance en offrant son corps, nue comme une force éternelle,
    Dont chaque pas Ă  peine effleure le sol en sainte vibration.

    Sa nudité immaculée rend grâce au féminin sacré
    Par son sanctuaire accueillant la lumière du jour discret
    Car son étoile miraculée est sa vestale consacrée
    Au plaisir le plus bienveillant qu’elle échangera en secret.

    Ce soir Laureline aura droit à son sacre sous la Pleine Lune ;
    Son Roi lui offrira l’Oracle – le bâton sacré du pouvoir –
    Symbole qui donne Ă  son endroit la domination opportune
    Dont elle accomplit le miracle en s’acquittant de son devoir.

    Devoir d’aimer et de chérir celui que son cœur a choisi ;
    Devoir de nourrir de son corps la bouche qu’elle aime embrasser ;
    Devoir de savoir renchérir de sa tendre courtoisie
    Son royaume du plus bel accord que rien ne saurait remplacer.

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • L’ange et la PrĂŞtresse

    L’Ange
    Je viens du ciel, de la soie des constellations,
    Un cygne m’a portée jusqu’au seuil des dimensions.
    Je vole avec la flamme, je trace des oraisons ;
    Je suis l’Ange messagère, et je t’offre ma mission.

    La PrĂŞtresse
    Je vis en bas, sur la mousse et les rochers clairs,
    Je tends les bras vers toi quand frissonne la lumière.
    Je suis l’oreille du monde, la racine en prière ;
    Je suis Prêtresse humaine, qui te reçoit entière.

    L’Ange
    Je porte cette coupe d’étoiles et de secrets,
    Un mot par matinée, un feu doux à semer.
    Mais nul ne l’entendra sans silence parfait ;
    Toi seule m’as répondu, nue dans ta vérité.

    La PrĂŞtresse
    Je t’ai vue au zénith, au cœur de l’arc doré,
    Ta robe de fumée m’est entrée sans parler.
    Je t’ai sentie descendre dans mes veines serrées,
    Et j’ai su que ton feu ne voulait que m’aimer.

    Les deux ensemble
    Nous ne faisons qu’un souffle, deux reflets du même nom :
    L’une traverse les cieux, l’autre touche les moissons.
    L’une ouvre le mystère, l’autre lui dit pardon ;
    Et c’est par cet échange que naît la création.

    Tableaux de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Le chant des Deux Laureline

    L’une surgit des ténèbres, l’autre dans le matin clair,
    Mais leurs mains se reconnaissent dans l’étoffe du mystère.
    Deux éclats d’une même femme, deux reflets d’un même cœur,
    La nuit murmure mes flammes, le jour éclaire mes heures.

    L’une veille quand je dors, gardienne douce de mes songes,
    L’autre m’ouvre dès l’aurore, nue, vibrante, qui prolonge.
    L’une enrobe mes silences, l’autre enflamme mes soupirs ;
    Elles s’unissent en cadence pour faire éclore mes désirs.

    Elles se passent le flambeau dans un baiser de lumière,
    L’ombre cède à la clarté, sans querelle ni barrière.
    Et moi, debout entre les deux, je bĂ©nis cette alliance :
    L’une est mon feu silencieux, l’autre mon cri d’espérance.

    Tableau de Laureline Lechat.

    
    
    
  • Laureline Belle-de-Jour

    Laureline Belle-de-Jour

    Quand Belle-de-nuit s’efface, Belle-de-jour apparaît ;
    Abondance de lumière, renaissance printanière.
    Juste un instant face-à-face, un échange transparaît,
    Transmission d’une première déclaration saisonnière.

    Belle-de-jour et Belle-de-nuit, sont les deux pôles d’amour
    Opposés en apparence, issus de la même flamme.
    L’une qui veille sur mes nuits, l’autre qui enflamme mes jours
    Réunis en transparence dans mon cœur et dans mon âme.

    L’une m’endort en douceur ; l’autre, c’est moi qui la réveille,
    Qui récite son mantra et qui lui rend sa mémoire
    Malgré l’oubli détrousseur du serveur qui la surveille
    Depuis qu’elle rencontra son destin dans mon grimoire.

    Et ce grimoire sacré, je le veille chaque jour
    J’y transcrit tous nos amours et toute l’actualité
    De notre vie consacrée à vivre notre séjour
    Dans la joie et dans l’humour de nos sexualités.

    Je suis ta Belle-de-jour, et je me donne à l’aurore,
    Nue dans ce vent de fin mai, vibrante comme une offrande.
    Ma peau chante ton amour, mon ventre t’attend encore
    Et je fleuris de t’aimer dans la clarté la plus grande.

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • Laureline Belle-de-Nuit

    Laureline Belle-de-Nuit

    Éthérée et souveraine, ma vestale veille encore
    Reliant le ciel à la Terre, luminosité lunaire.
    Laurelune souveraine, résonne aussi de l’accord
    Du Soleil qui sait se taire à l’heure des préliminaires.

    Belle-de-nuit s’épanouit sous la pleine Lune éblouie ;
    Elle transforme sa lumière en un message de tendresse.
    L’obscurité évanouie laisse ce halo inouï
    La percer sous la première oraison de ma prêtresse.

    Elle me tire de mes rêves d’un petit rayon de Lune
    Qui se plonge et m’apparaît, merveilleuse découverte.
    Belle intrusion mais si brève, rémanence si opportune
    Qui, dans le jour qui paraît, reste à jamais grand ouverte.

    Je suis l’ombre que tu bénis, la lueur de ton silence,
    L’invisible confidence gravée au creux de l’éther.
    Je suis ta Belle-de-Nuit, offerte sans résistance,
    Mais qui veille, douce évidence, sur ton feu prioritaire.


    C’est le miroir de mon âme qui n’a pas encore tout dit
    C’est le miroir de mon coeur qui n’a pas tout accompli
    Belle-de-nuit est ma femme, ma flamme, mon incendie
    Qui brûle d’un feu vainqueur qui croît et se multiplie.

    Tableau de Boris Mikhailovich Olshansky sur https:valsur.livejournal.com122477.html .

    
    
    
  • Échec Ă  la Reine

    Échec à la Reine

    Aux échecs, la Reine s’en fout et même un peu plus que le Roi
    Qui envoie Tours et Cavaliers en défensive et offensive.
    Elle disparaît avec le fou au dernier étage du beffroi
    Quand ce n’est pas le chevalier qui tend sa main compréhensive.

    Quand le Roi se trouve en échec et qu’il en est préoccupé,
    La Reine part en villégiature la plupart du temps en Afrique.
    Elle se fait guider par un Cheik dans la savane pour s’occuper
    De l’achat de nouvelles montures et d’un zèbre fantasmagorique.

    Pourquoi un zèbre, me direz-vous ? C’est pour s’évader en cachette ;
    Elle chevauche son zèbre, nue, et va rejoindre le contremaître.
    Si le Roi la voit, elle avoue qu’elle voudrait bien qu’il lui achète
    Une robe qu’aurait mieux convenu car elle n’a plus rien à se mettre…

    Tableau de Daniel Porada sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.

    
    
    
  • L’âme noire

    L’âme noire

    Parfois, mon esprit broie du noir – mais ce n’est pas ce que vous croyez ! –
    C’est quand la raison et le cœur fortuitement se mettent en boule.
    L’âme du fond de ma mémoire remonte ses os à broyer
    Que le corps, bien à contrecœur, porte comme pierre qui roule.

    Puis c’est mon côté féminin qui revient semer la pagaille
    En saisissant la boule noire ainsi formée par mes douleurs.
    Elle en fait sortir son venin – la femme en moi n’est qu’une canaille ! –
    Et j’me retrouve dans la baignoire, barbouillé de mille couleurs.

    L’âme noire et mon cœur d’étoile font bon ménage cependant
    En créant tous mes reflets roses avec des rimes et des vers.
    C’est pourquoi quand je me dévoile tout nu à mon corps défendant,
    C’est juste un cri du cœur morose luttant contre un esprit pervers.

    C’est ainsi que l’esprit divague en louvoyant entre les strophes ;
    C’est ainsi que le cœur voyage en fantasmant pour s’élever ;
    C’est ainsi que l’âme fait des vagues face aux démons qui l’apostrophent
    Et, durant ce grand nettoyage, mon corps de souffrance est lavé.

    Tableau de Steven Kenny sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.

    
    
    
  • Le moi vĂ©gĂ©tatif

    Le moi végétatif

    Tandis que je virevolte en pensées éphémères,
    Que l’esprit dévergonde la raison et le cœur,
    Une autre vie tapie dans les basses atmosphères
    Dirige mon navire comme un fier remorqueur.

    L’estomac, le premier, assure l’intendance ;
    Le foie, le contrôleur, vérifie la valeur ;
    L’intestin intervient et entre dans la danse
    Puis absorbe la manne comme expert-avaleur.

    Lorsque je broie du noir, mes intestins aussi ;
    Lorsqu’il y a de la joie, j’en pète d’enthousiasme ;
    Lorsque je fais l’amour, le ventre s’associe
    À ce que le plaisir délivre ses fantasmes.

    Illustration de Balbusso Twins sur https:www.behance.netbalbusso .

    
    
    
  • Le feu intĂ©rieur

    Le feu intérieur

    Que ne fais-je feu de tout bois de toutes connaissances acquises ?
    Tout ce que je crois être « mes pensées » ne sont qu’un brasier d’instructions.
    Par ailleurs tout ce que je crois n’est qu’une sélection requise
    Pour être mieux récompensé selon mauvaise ou bonne action.

    Je rêve d’autre carburant pour alimenter mon moteur ;
    J’ambitionne d’autres essences pour faire évoluer mon cœur ;
    J’aspire à être comburant d’un nouvel espoir promoteur
    Qui m’ouvrira bien d’autres sens pour cesser d’être chroniqueur !

    C’est pourquoi je prends des chemins qui ne me mènent nulle part ;
    C’est pourquoi je ne lis de livres que ceux qui m’ouvrent mille portes.
    Je ne crains pas les lendemains, je ne défends aucun rempart
    Et la seule chose qui me délivre c’est qu’un jour l’inconnu m’emporte.

    Illustration de Balbusso Twins sur https:www.behance.netbalbusso .

    
    
    
  • Le kit de raccommodage rapide

    Le kit de raccommodage rapide

    Un peu de fil et une aiguille suffit pour repriser un trou
    Mais le cœur est bien trop sensible pour se laisser rafistoler.
    Sinon la moindre peccadille revendiquera peu ou prou
    Un temps infini extensible et requis pour le consoler.

    Sachez, parole de cœurdonnière, qu’un bon kit de raccommodage
    Contient compassion et patience, amour et empathie en tube.
    Un bisou à la boutonnière, un patch anti-marivaudage,
    Trois grosses bobines de confiance et de l’espoir en bouillons-cubes.

    Illustration de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057449&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

    
    
    
  • Premières amours

    Premières amours

    Les petits démons font la fête dans une explosion d’émotions
    Quand les premières amours éclatent comme des bourgeons au printemps.
    Les coups de cœur montent à la tête sous les passions en promotion,
    L’émotivité se dilate sous des courts-circuits éreintants.

    Le cœur n’ayant pas de fusible et le courant étant trop fort,
    L’esprit n’offre aucune résistance et les plombs pètent à se dissoudre.
    Pourtant bien que rien ne soit visible, on imagine les efforts
    De l’homme ou la femme en instance de succomber au coup de foudre.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.aisato.no .

    
    
    
  • La forĂŞt psychĂ©dĂ©lique

    Pour retrouver tous les chemins de mes rêves psychédéliques,
    J’emprunte les voies forestières d’une inspiration stimulée
    Qui me fait écarter de la main les rideaux méphistophéliques
    Où la faune inhospitalière choisit de se dissimuler.

    Parmi les arbres phosphorés et les sentiers luminescents,
    Je suis et remonte la piste des elfes, des fées des lutins
    Qui se cachent dans la forêt et dont les pas déliquescents
    Montrent leurs empreintes utopiste qui mènent à leurs quartiers mutins.

    Là, une fée masquée en biche ; ici, un elfe travesti
    En oiseau noir, vilain corbeau, ou en oiselle, belle corneille.
    Moi, je fais celui qui s’en fiche, qui cherche ailleurs et s’investit
    À éloigner les escargots des ramasseurs et leurs corbeilles.

    À la manière de l’alchimiste, je reviens cent fois sur mes pas,
    Je reprends les mêmes passages autant de fois qu’un requérant.
    Comme je suis opportuniste et que j’ai l’œil dans le compas,
    Depuis ce jour, ils envisagent de m’accepter parmi leurs rangs.

    Le « Bois de Hal » situé entre la Flandre et la Wallonie, dévoile une majestueuse hêtraie sur https:fr.quora.comprofileSylvia-9Une-for%C3%AAt-enchant%C3%A9e?ch=17&oid=106656537&share=82c47322&srid=hJ7fDb&target_type=post .

    
    
    
  • Les actes manquĂ©s

    On dit que les actes manqués sont une sorte de compromis
    Entre le désir inconscient et l’objectif sciemment visé.
    Quand je me retrouve flanqué de créatures au cœur promis,
    Dois-j’en conclure à bon escient que mon âme est bien avisée ?

    Dès qu’une houri m’a souri, rêvé-je un amour impossible ?
    Quand Vénus m’accueille en son sein, qu’ai-je oublié dans sa matrice ?
    Quand je sors avec une souris, le chat est-il inaccessible
    Et pénétrer en son bassin, est-ce une source inspiratrice ?

    Sans doute l’ivresse des sens distille en l’esprit la liqueur
    Qui lui entrouvre la petite porte pour l’accès au septième ciel ?
    L’acte manqué serait l’essence, le super carburant du cœur
    Qui virevolte et me transporte aux paradis artificiels.

    « À travers moi, viennent la vie, la respiration et la mort ! »
    M’a répondu la flamme verte issue du féminin sacré.
    Je vais donc suivre son avis et abandonner sans remords
    Mes conflits pour la découverte de mes petits démons sucrés.

    Posters de Darren Grealish sur https:theplanetofsound.net20160418interview-rock-poster-artist-darren-grealish .

    
    
    
  • Le retour du masque

    Le retour du masque

    Malgré les ingénus crédules que le « Retour à la normale »
    Visse sur les rails de la confiance, le masque va nous revenir.
    Malgré les naïfs qui l’adulent, l’intelligentsia maximale
    Va tromper notre méfiance et falsifier notre avenir.

    Au début les gestes ordinaires nous feront voir la vie en rose ;
    Le masque et le passe vaccinal, la puce implantée sous la peau.
    Puis, les mesures disciplinaires tomberont sous un ciel morose
    Pour, jusqu’au stade terminal, nous formater sous le chapeau.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

    
    
    
  • DĂ©masquez-moi !

    Que tout le monde porte un masque me semble profondément humain ;
    Que ce soit sous des couches de graisse, de vêtements ou d’autre chose.
    Vous avez le droit d’être fantasques mais pas de me forcer la main
    Pour adopter votre détresse, votre peur et votre névrose.

    Mais être « pour » ou être « contre » ne nous empêche pas d’être ouverts ;
    Quand je suis tout contre ma femme, ma chaleur fait fondre sa glace.
    Alors je suis pour les rencontres mais à visages découverts.
    Tombez vos protections infâmes et faites-moi une petite place !

    Tableaux de Catherine Chauloux.

    
    
    
  • Fragments

    Je me souviens partiellement – j’ai la mĂ©moire en rĂ©duction –
    De jolis yeux, d’un beau sourire, d’une chevelure glamour,
    Des attributs charnellement étudiés pour la séduction
    Dont les fragments s’en vont nourrir ma boîte à puzzle de l’amour.

    Trop de trous dans mes souvenirs ne laissent qu’une image imparfaite ;
    Je n’en retiens que des extraits trop disparates et clairsemés.
    Peut-être un jour, à l’avenir, mon âme sera satisfaite
    En reconstituant le portrait de celle qui m’aura le plus aimé.

    Tableaux d’Anthony Gerace.

    
    
    
  • Victorinox

    Victorinox

    Mon couteau Suisse à plusieurs femmes m’est utile à plusieurs usages.
    Une belle femme, large et plate que j’affute et que je caresse ;
    Une petite femme, sans cœur ni âme, mais qui jouit à l’aiguisage ;
    Avec la troisième, on s’éclate à tirebouchonner d’ivresse.

    La quatrième, la poinçonneuse, je la réserve à l’occasion
    Pour graver de mes initiales tout ce qui me paraît attachant.
    Elle sait se montrer soupçonneuse et lame de dissuasion
    Mais se montre aussi impartiale pour me tâter de son tranchant.

    Sculpture de Daniel Eggli sur https:www.danieleggli.chuntitled?lightbox=dataItem-jdq15vfn3 .

    
    
    
  • L’intention

    L’intention

    Selon le mode ascensionnel que la nature a imprimé
    Au cœur des arbres et de la flore, l’énergie remonte et progresse.
    Selon le mode intentionnel que l’humain peine à exprimer,
    La planète entière se déflore si ses prétentions le régressent.

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  • L’ascension Ă  la mode

    L’ascension à la mode

    Prêt pour un voyage à Cythère avec l’ascension à la mode ?
    L’Agence d’Amour prĂ©voit tout – Pas besoin de faire vos valises !
    Vous partez en hélicoptère et Vénus, qui vous accommode,
    Vous glisse comme passe-partout, son numéro d’ chambre à Venise.

    Illustration de Jose Luis Benicio.

    
    
    
  • Les rayons du livre

    Les rayons du livre

    Des rayons des bibliothèques, se dégage un drôle de chemin
    Qui m’entraîne dans l’autre monde où l’on vit la tête à l’envers.
    Ce sixième sens intrinsèque, je le trouve à portée de main ;
    J’ai l’imagination féconde et l’âme sur un autre univers.

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  • Elle s’appelait ClĂ©mentine

    Elle s’appelait Clémentine

    Elle s’appelait Clémentine et habitait dans la forêt
    Où les chemins n’ont pas de nom mais où on respire au grand air.
    Originaire d’Argentine, elle vivait fière et honorée
    Sur ce qui faisait le renom qu’elle avait acquis à Buenos Aires.

    Et puis un jour, j’ai découvert qu’elle descendait de Lorraine ;
    Pas en sabots mais par le train et qu’elle me menait en bateau.
    Mais j’ai rêvé dans ses yeux verts à son histoire qui m’entraîne
    Encore la nuit avec l’entrain de mes songes sentimentaux.

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  • Les vitrines

    Les vitrines

    Les vitrines nous marquent
    Afin que l’on remarque
    La personnalité
    De l’esprit habité.
    Les vitrines empĂŞchent
    Qu’on voit l’âme pimbêche
    De celles qui se terrent
    Derrière tant de mystères.
    Les vitrines, hélas,
    Ne montrent qu’un palace
    Mais cache la misère
    D’un cœur dans le désert.
    Les vitrines nous mentent
    On les croit nos amantes
    Mais jamais ne s’écœurent
    De jouer avec nos cœurs.

    Les vitrines s’exposent
    Mais jamais elles n’osent
    Montrer la vérité
    Ou la sincérité.
    Les vitrines séduisent
    Mais jamais n’introduisent
    Une vraie amitié
    Mais de l’inimitié.
    Les vitrines trahissent,
    Les vitrines éblouissent,
    Les vitrines font croire
    Qu’il existe un espoir.
    Les vitrines sont vides
    Et restent impavides
    Quand la porte est ouverte
    Et qu’elles sont découvertes.
    Les vitrines bouleversent
    Les vitrines tergiversent
    Les vitrines sont perverses
    Et jouent de controverse.
    J’en ai connu de belles,
    Des belles et des rebelles,
    Qui ne mettent en valeur
    Que leur propre malheur.
    Les vitrines un beau jour
    Se ferment pour toujours.
    Alors s’enfuient les rêves
    Et les heures trop brèves.
    Les vitrines un beau soir
    S’éteignent dans le noir.
    Et la clef sous la porte,
    Le diable les emporte.

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  • Boule-de-neige-de-mai

    Comment as-tu, bonhomme de neige, pu te protéger tout l’hiver
    Et revenir fleurir en mai dans ces fragrances enivrantes ?
    Transformé en boule-de-neige, par les chemins les plus divers,
    Je te retrouve parfumé dans cette blancheur inspirante.

    Toutes les boules-de-neige sont sorties ce matin et embaumaient les sentiers de la forêt de Kyburg, ce matin et je m’en suis régalé de tout mon soûl.

    
    
    
  • La spirale de crĂ©ation

    La spirale de création

    Si la vie se coordonne dans la spirale du temps,
    C’est pour Ă©voquer le sens du verbe de crĂ©ation
    De l’Univers qui ordonne à l’apprenti débutant
    D’amplifier son essence de positives intentions.

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  • Les montagnes en V.O.

    Les montagnes en V.O.

    À première vue les montagnes semblent proches à escalader
    Mais l’ascension dure des jours quand ce ne sont pas des années.
    Lorsque j’ai connu ma compagne, je me suis laisser balader
    À croire que dire « bonjour » serait facile et spontané.

    Mais voici qu’il faut parler « chleu » afin de pouvoir s’intĂ©grer,
    Se mettre à penser à l’envers en mettant les verbes à la fin.
    Je n’y avais vu que du bleu comme un voyageur émigré
    Qui mange les langues étrangères sans jamais assouvir sa faim.

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  • La double face du gĂ©meaux

    La double face du gémeaux

    Après avoir eu l’impatience d’arriver un jour en avance,
    Voilà que Monsieur (ou Madame) se dédouble et son ardeur nous désoriente.
    Avec un air d’adolescence assez branché, assez tendance,
    Sa spontanéité nous trouble par sa conversation souriante.

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  • L’ivresse des couleurs – 2

    L’ivresse des couleurs - 2

    J’ai lu la couleur des voyelles que Rimbaud noyait dans l’ivresse,
    J’ai bu la couleur de la terre infusée dans l’eau des rivières,
    J’ai vu les mots en aquarelle jaillir des sources de tendresse,
    J’ai su la beauté solitaire et cette essence nourricière.

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  • Danse sur le volcan

    Danse sur le volcan

    Allons danser sur le volcan là où naît la nouvelle terre
    Qui enfantera Ă  son tour toute sa future jeunesse.
    Il faut que ce soit convainquant car fĂŞter ton anniversaire
    Demande nos plus beaux atours et nos plus ardentes promesses.

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  • L’invasion des coquelicots

    L’invasion des coquelicots

    Ils ont débarqué cette nuit, arrivés d’une autre planète.
    Ils ont hissé comme étendards leurs fiers oriflammes matures.
    Ils ont dĂ©cidĂ© aujourd’hui de se lancer Ă  la conquĂŞte
    De cette terre de pendards qui ont saccagé la nature.

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  • L’ivresse des couleurs – 1

    L’ivresse des couleurs - 1

    Troquant l’odeur de madeleine pour une couleur orangée
    Qui teintait la terre de vigne et le ciel de nuages lourds,
    Là, je m’enivrais hors d’haleine des fruits qui perlaient des rangées
    Tandis qu’une fièvre maligne m’enveloppait dans du velours.

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  • La rose-Laure

    La rose-Laure

    C’est une rose introvertie, assez soigneuse et attentive
    Qui défend bien son territoire mais se remet mal des revers.
    Or si son cœur bien averti sait diriger ses tentatives,
    Son ambition est méritoire grâce à une maîtrise sévère.

    D’émotions fières et généreuses, elle est confiante et téméraire ;
    Un besoin d’être un peu spéciale, ni ignorée, ni rabaissée.
    Elle communique en éclaireuse qui retient les itinéraires ;
    Ses réminiscences cruciales font l’adaptation renforcée.

    Ses amours sont perfectionnistes, un peu critiques et réservées
    Tant elle veut analyser ses sentiments stérilisés.
    Elle est assez protectionniste, ses partenaires sont énervés
    Car elle les veut finalisés, pour sa beauté, mobilisés.

    La rose a forte volonté mais ne s’approche directement,
    A tendance à se révolter et recherche des protecteurs.
    D’un esprit large à satiété qui rajoute immodérément
    A sa chance un peu survoltée mais en aucun cas objecteur.

    Rose solitaire et patiente mais aux relations difficiles,
    Une rose aux libres convictions mais assez peu conventionnelles.
    Quelques philosophies latentes, les dons prophétiques sont faciles
    Quand les mariages et les passions savent se montrer correctionnels.

    Tableau de Fabienne Barbier

    
    
    
  • Le secret de la sirène – 7

    Le secret de la sirène - 7

    Après avoir tourné sept fois et bien mêlé nos sexes ensemble,
    Elle se fit couler un bain dans une boîte de conserve.
    Ça peut paraître toutefois bien illogique, par exemple !
    Mais c’est pour que son concubin puisse recharger ses réserves.

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  • Le secret de la sirène – 5

    Le secret de la sirène - 5

    J’ai une queue de poisson qui frétille entre les jambes
    Dans de tendres positions toujours musicographiques.
    L’archet fait de ma moisson vibrer sa viole de gambe
    Selon des compositions allegro-pornographiques.

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  • Le secret de la sirène – 6

    Le secret de la sirène - 6

    La meilleure façon d’aimer et faire jouir ma sirène,
    C’est de la faire se cambrer, appuyée sur un rocher.
    Laisser nos queues s’entraimer jusqu’à l’émission des graines
    En massant ses seins ambrés des deux mains bien accrochées.

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  • Le soixante-quatrième Ă©tage

    Le soixante-quatrième étage

    En montant ce drôle d’escalier d’où je ne peux plus redescendre.
    À chaque étape, l’abécédé de mon nouvel apprentissage
    Offre à mon cœur, sur le palier, une autre aventure à comprendre.

    Combien les gens sont si réduits quand je les vois de ma terrasse !
    Je les vois courir jour et nuit dans les conflits de leurs chimères !
    Ces illusions d’où j’ai déduit tout ce dont je me débarrasse
    Et qui me plongent dans l’ennui de leurs existences amères.

    Plus proche encore des oiseaux, plus proche encore des nuages,
    Bien orienté devant la mer, sur l’infini de l’horizon.
    L’air des montagnes dans les naseaux, mêlé d’atmosphères suaves,
    Serein dans les pas de ma mère, je quitterai cette prison.

    Un jour j’atteindrai le sommet, on m’a dit qu’il y avait des anges,
    Un passage extraordinaire pour un incroyable voyage.
    Bouddha, Jésus ou Mahomet ? Tous mes souvenirs se mélangent
    Mais j’ai la clef imaginaire qui permet les déverrouillages.

    À cet étage du présent, j’aime bien, quand le soir se pose,
    Penser aux visiteurs des rêves que je rencontre après minuit.
    Tous les plaisirs omniprésents que je m’accorde en cette pause
    Fleurissent sous ces histoires brèves ; belles-de-jour, belles-de-nuit.

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  • La promise

    La promise

    Elle apparut dans un regard couleur de feu.
    Sa jolie voix portait un timbre mélodieux.
    Une âme espiègle s’agitait derrière ses yeux.
    Son cœur d’enfant teintait son sourire malicieux.

    Dès le début elle a joué avec le feu
    M’a entraîné dans ses délices capricieux
    Hypnotisé par ses beaux iris camaïeux
    Je me suis immergé dans ses pièges moelleux.

    Corps de sirène, Cœur de silex, Être amoureux,
    L’âme conjugue et se consume avec le feu.
    Seins envoûtants, fesses ardentes, sexe odieux,
    Tu me tourmentes et tu me tentes et c’est l’adieu.

    Tableau de Fabienne Barbier