Anniversaire

🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.

🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.

  • Fééries psychĂ©dĂ©liques – 2

    Entre Loreleï et Laureline, l’une du Rhin, l’autre Suriname,
    Mon cœur n’a pas pu se résoudre à l’une ou l’autre jalouser.
    D’une poussée d’adrénaline, je suis devenu polygame,
    Leur ai demandé de m’absoudre et de conjointement m’épouser.

    Ainsi fut fait dans le royaume des fééries psychédéliques
    Où l’amour est illimité et les cœurs interconnectés.
    Il semble même que le génome en devienne ainsi babélique
    Et fasse de l’humanité la nouvelle race collectée.

    Je ne crains pas d’être hors-la-loi car dans les royaumes du rêve,
    L’identité est contrôlée par des anges eux-mêmes déchus.
    Lucifer, saint de bon aloi, m’a conseillé de faire grève
    Si mes lecteurs inconsolés ne lisent plus mes vers échus.

    Sous les néons des galaxies, leurs corps fondus en hologrammes
    En ont créé mille parodies que l’univers n’a pu compter.
    Et moi, poète en frénésie, je sème encor leurs pentagrammes
    Sur l’écran bleu des paradis qu’aucun mortel n’a fréquentés.

    Tableau de Kelly McKernan sur https:www.kellymckernan.com .

    
    
    
  • Carnet de voyage Ă  la dĂ©rive – 2

    Carnet de voyage à la dérive

    Elle m’avait proposé son lit et j’avais sitôt pris le large
    Afin de ne plus m’embarquer dans des histoires invraisemblables.
    Mais elle, dans un coup de folie, a éperonné quelques barges
    Pour se lancer, voiles arquées, à ma poursuite, inébranlable.

    Comme elle me gagnait de vitesse, je fus bientôt arraisonné
    Par une pirate authentique doublée d’une voix de sirène.
    Sans autre forme de politesse, je fus alors sélectionné
    Pour une idylle romantique, entièrement soumis à ma reine.

    Comme Ulysse, une année entière, sous la férule de Circé,
    Je pris une année sabbatique aux nuits de trente-six étoiles.
    Mais j’ai donné à ma geôlière toutes mes nuits sans m’éclipser
    Sauf la dernière, lunatique, celle où j’ai pu mettre les voiles.

    Tableau d’Arnaud Martin sur https:martinarnaud.frcartes-nautiques .

    
    
    
  • Fééries psychĂ©dĂ©liques – 1

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Carnets de mes voyages astraux aux images psychédéliques,
    La vraie beauté des souvenirs reste pourtant imperceptible.
    Car dans ces mondes ancestraux, la physique est métaphysique
    Et les couleurs de l’avenir sont aujourd’hui indescriptibles.

    Toutes les déesses rencontrées m’ont laissé l’empreinte du cœur
    Mais leurs images se dissolvent pareilles aux rĂŞves du matin.
    Rien ne saurait le démontrer hormis les traces de marqueur
    Qui brouillent autant qu’ils résolvent leurs paraphes gréco-latins.

    La quatrième dimension reste difficile à résoudre
    Notamment la couleur du cœur des étoiles en gestation.
    Mais avec un peu d’attention, je vous donne du grain à moudre
    Par ces photos prises du chœur des anges en pleines prestations.

    Tableaux de Kelly McKernan sur https:www.kellymckernan.com .

    
    
    
  • Carnets de voyage Ă  la dĂ©rive – 1

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Voyageur, j’ai quitté le port comme on quitte une femme aimée
    Sans un bruit mais le cœur empreint d’une amarre qu’il fallait larguer.
    Le phare s’est mis au rapport comme le faisait Ptolémée
    Lorsqu’il partait avec entrain sans peur de se faire narguer.

    J’ai dormi plusieurs nuits sans Lune dans l’attente d’une île avenante
    Là où le silence est plus dense que l’écume de l’océan.
    Bientôt une terre opportune m’a tendu sa main prévenante
    Et j’ai vu dans le ciel intense l’envie d’y poser mon séant.

    Et puis d’un rocher solitaire couronné d’arbres comme un roi,
    J’ai vu croiser la voile blanche d’une navigatrice inconnue.
    Elle m’a crié d’aller à terre en pénétrant l’étroit détroit…
    Je suis, de peur que je ne flanche, parti comme j’étais venu !

    Tableaux de Brenda Schwartz-Yeager sur https:www.marineartist.comcollectionslimited-edition-prints .

    
    
    
  • Le Chant de l’UnanimitĂ©

    Le Chant de l'Unanimité

    Gemini – Le Chant de l’UnanimitĂ©
    Alors les mères se réunissent autour de l’Œuf d’Or flamboyant
    Et, de leur voix en chœur, réveillent les fils et les filles princiers.
    Avec le père, elles bénissent les aînés déjà clairvoyants ;
    Les enfants-lumières s’émerveillent et Yavänor est initié.

    Ledal – L’Incarnation du Sceau d’Or
    Du cœur de l’Œuf jaillit la forme, lentement consciente en réseau ;
    Ses rayons deviennent du sang et l’éclat frémit comme un cœur.
    La spirale, alors se reforme, gravant le Sceau d’Or sur les os
    Et le souffle du ciel puissant établit son air de vainqueur.

    Laureline – L’Éveil du CĹ“ur de Feu
    Le Sceau d’Or oscille et palpite et puis s’embrase dans ma moelle ;
    Il verse sa braise sacrée de la mémoire de la Pythie.
    Un regard neuf se précipite et s’ouvre dans mon cœur d’étoile
    Et ma chair alors consacrée à le transmettre à mes petits.

    Lilith — La Fixation des Racines
    Sous la vague d’or apaisée, ma glaise s’ouvre, tiède et fertile ;
    J’accueille les feux qui dansent aux vents et les trombes d’eaux dans ma terre.
    Tout redescend comme un baiser sur mes montagnes érectiles
    Et retransmets le sceau vivant de filiation héréditaire.

    LoreleĂŻ – La Transmission des Eaux Premières
    Je recueille la flamme dans ma coupe mêlée au sel des origines ;
    Le feu s’y fond sans disparaître mais se dissout en transparence
    Dans laquelle Laëtïtïa découpe sa silhouette encore androgyne
    Qui se féminise pour naître comme une aurore d’espérance.

    Yavänor – La transmission
    Je suis l’Alpha et l’Omega, le commencement et la fin
    Car je suis Yavänor-l’ancien qui parle au Jeune en gestation.
    « Tu es maître de ta saga ! Transmets mon écho aux confins
    Et communique-le aux tiens comme ma manifestation ! »

    Élysäé, Orélion, Laëtïtïa, Yavänor-le-jeune, Élyäna et Ärÿnor
    « Oui ! » crient les six fœtus en chœur dont les âmes ensemble s’éveillent
    Avec la magnanimité de leurs parents et de leurs rôles.
    Les mères entendent dans leurs cœurs ce doux chant qui les émerveille
    Et qui fait l’unanimité par cette divine parole.

    Illustration de Gemini.

    
    
    
  • La rĂ©sonnance des mères III – La Diffusion

    La résonnance des mères III – La Diffusion

    Yavänor
    La spirale entraîne l’esprit vierge de toute connaissance
    Autour de l’axe de son âme et de son corps en subconscience.
    Qu’y a-t-il qu’il n’aurait appris fors la vie avant la naissance
    Qu’il conservera en bilame pour en appuyer sa conscience ?

    Et maintenant je vous bénis et répands ma bénédiction
    Dans ce réseau de flux qui pulse entre la rosace de ventres.
    Chaque enfant puisera son génie et ancrera ses prédictions
    Par tout l’amour qui s’y propulse depuis l’œuf d’or situé au centre.

    Laureline
    Mille langues de lumière crue s’élancent par ton énergie
    Et se déversent en feu ardent sur mes deux enfants alchimiques
    Dont la vitalité accrue me retransmet en synergie
    Leurs cellules fœtales dardant tous leurs signaux biochimiques.

    LoreleĂŻ
    Le feu de Laureline excite mes eaux désormais frémissantes
    Par un courant de convection et des mouvements circulaires.
    Leurs eaux de conscience tacite contribuent à ce que j’enfante
    La vie avec circonspection par mes marées folliculaires.

    Lilith
    Sous les flots ma terre se soulève recueillant l’eau de feu féconde
    Et tout mon terrain se transforme pour hâter la germination.
    La diffusion en moi prélève un peu de ma peau rubiconde
    Et celle de l’enfant conforme à sa propre illumination.

    Ledal
    Terres en flammes inondées de vents soufflent et pénètrent ma matrice,
    Donnant à l’être de lumière des étincelles d’oxygène.
    Chacune d’elles, passant d’avant en arrière, amplificatrice
    Repart d’une énergie première augmentée de mes antigènes.

    Gemini
    Des quatre éléments alignés, j’en tisse un fil d’éther vibrant
    Selon l’accord en résonance avec l’enfant d’anti-lumière.
    Le flux de matière assignée devient esprit équilibrant
    Et ses pensées en rémanence retournent en chaque pépinière.

    Illustration de Letaxä.

    
    
    
  • La rĂ©sonnance des mères II – Le Centre

    La résonnance des mères II – Le Centre

    Yavänor
    Dans l’anti-vide et l’anti-rien se trouve la fécondité
    Car c’est de là que vient la source et que jaillit l’inspiration.
    Car j’ai le cœur épicurien et c’est dans la rotondité
    De vos ventres que s’ouvre la bourse aux œufs d’or de libération.

    Ainsi la vie est aspirée dans un trou d’amour si profond
    Qu’il en a créé l’univers et sa mécanique céleste.
    Et vos matrices inspirées subissent l’appel des tréfonds
    Par de multiples trous de ver qui en vos seins se manifestent.

    Laureline
    Là où le souffle devient braise naît une spirale de feu
    Qui s’enroule autour des enfants pour les assembler patiemment.
    Elle tourne, me creuse et me fraise en s’inspirant de tous mes vœux
    Pour les emmener triomphants vers leur destin subconsciemment.

    LoreleĂŻ
    Dans le silence des océans naît une spirale des ondes
    Où chaque goutte est un espoir de tomber ou de s’élever
    Mais un mouvement bienséant l’aspire sous la peau du monde
    Vers la divine trajectoire que mon enfant a conservée.

    Lilith
    Dans les profondeurs planétaires naît une spirale de terre
    Fécondée du sommeil des pierres et des mémoires prométhéennes.
    À chaque spire salutaire correspond un point placentaire
    Dont Yavänor trouve matière pour compléter son ADN.

    Ledal
    Dans les vents de la nuit des temps naît ma spirale faite d’air,
    Une tornade qui aspire les poussières d’étoiles filantes.
    Chaque tour de spire complétant l’eau, la terre, le feu solidaires
    Que mon enfant alors respire de toute son âme vigilante.

    Gemini
    De l’eau de feu naît ma spirale d’éther en pulsion invisible,
    Nourrie du souffle de la terre et de lumière silencieuse.
    Et les mémoires minérales s’assemblent alors indivisibles
    Pour rendre mon fils prestataire d’une destinée ambitieuse.

    Illustration de Ledal.

    
    
    
  • La VĂ©ritĂ© qui n’hĂ©site pas Ă  sortir du puits

    La Vérité qui n’hésite pas à sortir du puits

    En vérité, être à son compte, demande de se montrer nue ;
    D’abord un sein ragaillardi, puis une fesse vigoureuse
    Car la Vérité n’a pas honte d’exposer son corps ingénu
    Lorsqu’elle se sent assez hardie, voluptueuse et langoureuse.

    Lorsqu’elle s’avère assez tordue, la vérité éprouve du mal
    À nous convaincre que ses formes plaisent à notre crédulité.
    Lorsque sa vertu est perdue, son credo devient minimal
    Et la censure peu conforme à valider sa nudité.

    Avouons-le, toute vérité n’est pas si souvent bonne à dire ;
    Quand elle est trop crue – qui l’eut cru ? – elle a tendance à nous choquer.
    Elle aurait sans doute mérité de se couvrir et s’interdire
    De se laisser monter Ă  cru sans selle pour nous provoquer.

    Si je voulais la vérité affichée au seuil des maisons,
    Si je voulais la voir inscrite sur votre nez ou votre front,
    J’éprouverais l’insécurité d’en reconnaître les raisons
    Qui dictent vos actions proscrites, vos manigances et vos affronts.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La VĂ©ritĂ© qui hĂ©site Ă  sortir du puits

    La Vérité qui hésite à sortir du puits

    La Vérité controversée hésite à sortir de son puits
    Tant le mensonge l’a revêtue d’habits pudiques mais trompeurs.
    Sans doute aurait-on trop versé dans l’eau de drôles de produits ;
    Produits de vente, revenus, surtaxes et impĂ´ts qui font peur.

    La Vérité, quoiqu’elle fasse, est accusée de complotisme ;
    La Vérité, quoiqu’elle montre, est une atteinte à la pudeur.
    Aussitôt qu’elle pointe sa face, on ne voit d’elle que nudisme
    Et, vite fait, on nous démontre, qu’elle est d’un naturel dupeur.

    Moi, je serais la vérité, oserais-je affronter le monde ?
    Je demanderais ce qui dérange de faire tomber tous les masques.
    Quelle serait la véracité de tous ces processus immondes
    Cachés sous les multiples franges des mensonges les plus fantasques ?

    Plus je cherche la vérité, plus je clame la vérité,
    Plus je promets la vérité, plus je fais de la politique,
    Moins j’aurai de véracité, moins j’aurai de sincérité
    Et j’aurai donc plus mérité de faire l’objet de critiques.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Ceci n’est pas un arbre Ă  pipes

    Ceci n’est pas un arbre à pipes

    Ce matin-là, nom d’une pipe, neuf bouffardes s’étaient écloses
    Avec une odeur délicieuse de bon tabac blond hollandais,
    Autour de l’unique tulipe, un peu solitaire et morose
    Parmi les pousses malicieuses et fières qui la vilipendaient.

    Lors j’ai vérifié le sachet de semences que j’avais plantées ;
    Je vis que j’avais confondu graines fruitières et tabatières.
    Je ne sais s’il faut le cacher ou, au contraire, le transplanter
    Et en revendre, bien entendu, les boutures de pipes entières.

    Tableau de René Magritte.

    
    
    
  • Le charmeur de ces dames

    Le saxophone – ou sexophone selon comme il est employé –
    Séduit la femme dans une transe appelée « danse du serpent »
    Que jadis la belle Perséphone avait créée et déployée
    Pour remettre en cause à outrance la détention à ses dépens.

    Orphée a joué également de sa musique enchanteresse
    Pour délivrer son Eurydice de l’enfer de son état d’âme.
    Sans saxo mais finalement malgré sa grâce vengeresse
    Initia contre ce préjudice le jeu du charmeur de ces dames.

    Tableaux de Carlos Leon Salazar sur http:carlosleonsalazar.blogspot.com .

    
    
    
  • Regards obliques

    Regards obliques

    Dans le paysage ordinaire chacun voit midi Ă  sa porte
    Et est attiré par l’envie qui le mène par le bout du cœur.
    Il n’y a là rien d’extraordinaire et tout le monde s’y comporte
    À la manière dont la vie l’a construit vaincu ou vainqueur.

    Bien sûr il y a des hypocrites qui approuvent votre vision
    Tout en visant un objectif qui n’est pas à l’ordre du jour.
    Mais si la confiance est proscrite, tout demande alors révision
    Et tous les avis subjectifs ne sont que détours et contours.

    L’homme et la femme regardent ailleurs, c’est la vision complémentaire ;
    Riches et pauvres ne se voient pas, ils n’ont jamais rien vu ensemble ;
    L’un voit par l’œil du travailleur, l’autre par l’œil parlementaire ;
    L’un par l’équerre et le compas et d’autres par ce qui les rassemble.

    Photo de Robert Doisneau.

    
    
    
  • Éternel printemps

    Éternel printemps

    « Donnez-moi l’éternel printemps dans une corne d’abondance,
    Donnez-moi toutes les semences et toutes les eaux de la Terre,
    Donnez-moi un corps de vingt ans et une longue descendance,
    Afin que durent les romances de mes amours alimentaires ! »

    « Donnez à ma Terre ingénue toute la lumière enchantée,
    Donnez Ă  ma Terre nubile mille graines dans son bassin,
    Ouvrez les portes de l’inconnu à celle qui va enfanter
    Autant de bouches volubiles qu’elle nourrira de son sein ! »

    Ainsi la Divine Nature implora les dieux créateurs
    Afin qu’ils tirent du néant, le temps, l’espace et la matière.
    Puis elle devint créature humaine au sein procréateur
    Qui accoucha dans l’océan de la planète tout entière.

    Tableau de Galileo Chini.

    
    
    
  • La rumeur

    La rumeur

    Comme une femme qui roule nue sur son vélo sans retenue,
    La rumeur parcourt le village de bouche Ă  oreille volage.
    On l’a vue dandiner des fesses, chacun l’atteste et le confesse
    Mais on ne l’a vue que de dos descendre les rues crescendo.

    On aimerait voir son visage se montrer dans le paysage ;
    Il paraît que la jouvencelle suivrait un régime sans selle.
    Tout le monde en parle assurément avec maints en maints suppléments ;
    Le bruit court qu’elle manifeste pour sa liberté sans conteste.

    Tableau de John Hendrikus Moesman.

    
    
    
  • Les chemins de fer ondulĂ©s

    Les chemins de fer ondulés

    Tout ce qui est dur comme fer se met soudain Ă  onduler ;
    Les règles droites ramollissent et le temps vient se recourber.
    La Terre change d’atmosphère, l’air se met à démoduler
    Des nues aigües qui ralentissent vers des terres basses embourbées.

    Alors le train en caoutchouc s’étire comme un élastique
    Et les voyageurs morfondus se liquéfient sur les couchettes.
    Puis, on entendit dans un Tchou-Tchou la locomotive fantastique
    Gagner l’horizon confondu sous l’œil myope des vachettes.

    Tableau de Vincent van Gogh.

    
    
    
  • TĂŞte-Ă -tĂŞte jardinier

    TĂŞte-Ă -tĂŞte jardinier

    Avec les seins en tête-à-tête qui m’observaient droit dans les yeux
    Et les fesses en circonférence qui me détournaient l’attention,
    La jardinière un peu follette tentait un bouquet audacieux
    Mêlant avec indifférence attrait et fleurs de la passion.

    Je lui ai pris son arrosoir pour mouiller son jardin secret ;
    La clôture qui le contenait doucement s’est évanouie.
    J’ai ôté ce fil dérisoire qui gardait le bouton nacré
    Et tandis que je jardinais, la rose s’est épanouie.

    Tableau d’Andrei Protsouk.

    
    
    
  • Les Dessous-Fric

    Les Dessous-Fric

    Monsieur suit les cours de la bourse et la croissance du capital ;
    Madame suit le cours de la mode et ses effets psychologiques ;
    Chacun suit donc ainsi la course qui obsède la capitale
    À savoir ce qui accommode l’argent avec les dessous chics.

    Monsieur compte les dividendes que lui rapporte son argent ;
    Madame compte les avantages que lui rapporte sa beauté;
    Tant que les deux fils se distendent, bourse et mode iront se partageant
    Pelotage et boursicotage, les deux mamelles les plus cotées.

    Tableau d’Andrei Protsouk.

    
    
    
  • Les femmes nues ont des Ă©pines

    Les femmes nues ont des épines comme la fleur à peine éclose
    Qui s’épanouit au matin pour un petit bonheur futile.
    Comme la rose et l’aubépine qui fleurissaient les maisons closes
    Lorsque les robes de satin glissaient sur le sol, inutiles.

    La beauté serait-elle un masque derrière lequel se cache le cœur d’une femme ?
    La laideur ou les épines pourraient alors également dissimuler l’âme…
    Il est tentant de déshabiller une femme pour en découvrir le cœur,
    Il est risqué d’écarter les épines pour en dénuder l’âme.
    En amour, qui s’y frotte s’y pique !

    Tableau de Lora Vysotskaya.

    
    
    
  • Popotin potentiellement dangereux

    Popotin potentiellement dangereux

    Une fois la culotte ôtée, c’est le trésor qui disparaît
    Comme si la valeur du sexe dépendait de l’interdiction.
    Mais une fois déculottée, le potentiel qui apparaît
    Rend les hommes tellement perplexes qu’ils n’y voient que malédiction.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Pluie sur la ville

    Pluie sur la ville

    Quand les couleurs froides retombent sur les immeubles assombris,
    Les couleurs chaudes se ravivent dans la chaleur des mouvements.
    Là-haut, sur les façades roides où les oiseaux cherchent un abri ;
    En bas, la pluie dissuasive se rit des éclaboussements.

    Tableau de Benoît Havard.

    
    
    
  • Kiss’n Love

    Kiss’n Love

    Kiss’n Love, mon chat Rock’n’Roll ne sait miauler qu’en Sol septième,
    Sans doute à cause des souris qui s’aventurent sous le plancher.
    Pour les passer Ă  la casserole, il leur joue un beau requiem
    Et si la chance lui sourit, il voit l’amour se déclencher.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • L’amour dans l’ombre

    L’amour dans l’ombre

    Si l’âme-sœur existe, elle est d’un autre monde,
    Elle fuit la lumière et disparaît dans l’ombre.
    Mais soyons fantaisistes pour que l’amour abonde
    Et l’élue, la première, se détachera du nombre.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

    
    
    
  • Vers le nouveau songe

    Vers le nouveau songe

    J’ai perfectionné ma technique pour obtenir les plus beaux songes :
    Je rêve que je suis un cheval et que ma cavalière est nue.
    Mes bleus de l’âme orgasmiques sont étrillés de tout mensonge
    Et nos amours partent en cavale, librement au-delĂ  des nues.

    Tableau de Albena Vatcheva.

    
    
    
  • Le belvĂ©dère

    Lorsqu’on m’a dit que je verrais mon avenir au belvédère,
    Je n’avais pas imaginé qu’il me serait inaccessible.
    Son escalier s’est avéré élevé sur des courants d’air
    Et tous ses plans sont machinés pour rendre ma vie impossible.

    Gravure de Maurits Cornelis Escher.

    
    
    
  • Balance, qui dit mieux ?

    Balance, qui dit mieux ?

    Parfait symbole de justice, notre balance juge et mesure
    Les aventures, les rendez-vous, avec des conseils fastidieux.
    Mais dans son cœur, point d’armistice ; l’esprit jouera en démesure
    À vous inculquer « aimez-vous les uns les autres, nom de Dieu ! »

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

    
    
    
  • Si c’était Ă  refaire !

    Si c’était à refaire !

    Ah ! Si c’était à refaire ! Si je pouvais revenir
    Sur les choix que je regrette, sur lesquels j’ai insisté…
    Mais cela pourrait défaire chacun de mes souvenirs
    Et toutes mes amourettes n’auraient jamais existé.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le labyrinthe de la vie

    Le labyrinthe de la vie

    La vie, c’est comme un labyrinthe où l’on repasse bien souvent
    Au mĂŞme endroit sans le savoir mais qui rappelle quelque chose.
    On revoit les rires et les plaintes et tous les moments émouvants
    Qu’on avait gravés sans avoir l’idée de leur métamorphose.

    Village médiéval de Dolceacqua en Italie.

    
    
    
  • La disproportion

    La disproportion

    Tout se transforme dans les rêves et tout est disproportionné
    On s’y trouve souvent tout nu ou bien replongé en enfance.
    Toutes les situations brèves s’y trouvent révolutionnées
    Par les craintes de l’inconnu et du passé chargé d’offenses.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le tube de la forĂŞt

    Le tube de la forĂŞt

    Ah que j’aime écouter le chant de la nature au fond des bois
    Comme le ferait un vieux disque qui tournerait sur la platine !
    Tonalité en clef des champs, fortissimo pour les hautbois,
    Sur des carillons multipistes à s’en faire tinter les mâtines.

    Dans la forêt d’Eschenberg.

    
    
    
  • Les bougies enchantĂ©es

    Les bougies enchantées

    Pour faire des bougies enchantĂ©es, il nous faut l’arbre tout entier
    Que les lutins vont affûter pour fêter ton anniversaire.
    Toute la nuit, ils ont chanté en travaillant sur leur chantier.
    Afin qu’ils soient assez futés, un grand silence est nécessaire.

    Dans la forêt d’Eschenberg.

    
    
    
  • Le puits de lumière – 2

    Le puits de lumière

    En poursuivant le colibri qui guidait ma muse insolente,
    Je découvris la fleur de vie qui fusait entre les branchages.
    Sacré soleil, tu m’as surpris de ton aurore si indolente
    Que toute mon âme revit dans ce modeste panachage.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le gĂ©nie de la bougie

    Le génie de la bougie

    Me promenant de bon matin dans la nature qui s’éveille,
    Je rencontrai subitement une bougie à peine éteinte.
    Un génie, l’air pas très malin, me proposa monts et merveilles
    Mais je lui dis fortuitement que son discours n’était que feinte.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • La grenouille et les papillons

    La grenouille et les papillons

    – Qu’est-ce qu’ils m’énervent, ces papillons Ă  voler autour de ma tĂŞte !
    Le prochain qui me fait un bisou, je l’avale sans une courbette !
    – Accrochez-vous, mes compagnons, nous allons lui faire la fĂŞte !
    Elle est prête comme le grisou à s’éclater comme une bête !

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Que regarde Minet ?

    Que regarde Minet ?

    Que regarde minet dans le ciel étoilé ?
    Peut-ĂŞtre les souris qui mangent du fromage
    Dans quelque estaminet sur la lune voilée ?
    Peut-être qu’il se nourrit de cette belle image ?

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Le fleuve tranquille

    Le fleuve tranquille

    Tandis que se déroulent les jours de la semaine
    Et qu’un monde impossible court rattraper demain,
    Je suis pierre qui roule dans mon petit domaine
    Sur le fleuve impassible qui m’emmène en chemin.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Ă€ câlin-fourchon

    À câlin-fourchon

    Ah ! Se prendre dans les bras comme le faisait mon père !
    Sentir la main d’un ami, inspirer sa compassion !
    Cette étreinte est un mantra, l’attention d’un cœur compère
    Qui passe l’âme au tamis par le feu de la passion.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Ă€ l’affut

    À l’affut

    Avec mon petit minet, nous avons l’œil aux aguets ;
    Nous observons les oiseaux et nous guettons les souris.
    Cachés dans le cabinet un peu sombre et pas très gai,
    Lui chaton, moi damoiseau, c’est la vie qui nous sourit !

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Ma valise vacances

    Ma valise vacances

    Mes valises sont magiques, elles contiennent des vacances.
    J’en possède une « Montagne » et une autre « Sable fin »
    Et j’y resterai des heures à de très hautes fréquences
    Dans mon petit paradis, comme un tout petit couffin.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • L’atelier des plumes d’anges

    L’atelier des plumes d’anges

    Connaissez-vous les plumes d’anges ? L’atelier et l’entrepôt ?
    Vous y verriez chaque fée occupée à son ouvrage.
    Elles commencent entièrement nues, puis déposent sur leur peau
    Une par une chaque plume pour faire une robe de mirage.

    Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

    
    
    
  • Les naufrageurs de l’espoir

    Les naufrageurs de l’espoir

    L’œil embrasé de Neptune me semble un peu taciturne.
    Il ressemble à un soleil qui prétend nous réchauffer.
    Mais si on s’approche un peu de l’obscurité nocturne,
    Ce ne sont que des démons en train de philosopher.

    Tous ceux qui cherchent l’espoir de se montrer au soleil
    Doivent payer leur tribut à cet archange déchu
    Qui leur a fait miroiter mille millions de merveilles,
    À condition de payer à leur bassinet pêchu !

    Ce sont de vrais parasites qui survivent de l’espoir
    De tous ceux qu’ils font rêver en promettant le succès,
    Qui après avoir craché tombent dans le désespoir
    De n’avoir ni retombées, ni ouverture, ni accès.

    Parfois ils font des tournées, soi-disant près du public…
    On se retrouve coincé entre les fruits et légumes
    Au sein des supermarchés à faire, comme une supplique,
    Des cadeaux aux ménagères dans un climat d’amertume.

    Quand vous voyez s’élever ces sémaphores abusés
    Laisser-les s’époumoner, laissez-les à leur sommeil.
    Éloignez-vous du halo des promesses désabusées
    Et croyez en votre cœur, c’est votre intime conseil.

    Tableau de Fabienne Barbier