🌿 Les Poèmes du Jour Levé
Chaque matin, à la première minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici s’éveillent les poèmes publiés ce même jour, parfois un an, parfois dix ans plus tôt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans l’eau, des fragments d’éternité posés sur la date du jour, offrant à nos cœurs un miroir et à nos vies… une mémoire.
🎂 Aujourd’hui, ce ne sont pas nos années que l’on fête, mais celles des vers, des images, des cris, des étreintes, des silences, car chaque poème est un anniversaire du cœur.
-
Le dernier carré

Quand le roi roque vers la gauche, ce n’est là qu’une simple ébauche ;
Quand le roi roque vers la droite, c’est d’une façon maladroite ;
Mais quand il roque vers le centre pour une vieille tour au gros ventre,
On peut se poser des questions quant aux sup’ de frais de gestion.
Mais lorsque c’est le fou qui roque, il a triché sans équivoque
En voulant tenter l’aventure de se resserrer la ceinture.
Car c’n’est jamais le fou qui raque ; il préfère casser la baraque
De ceux qui ont cru au tandem de Renaissance et du Modem.
Sur son dernier échec perché, le roitelet est en danger ;
Il n’a plus qu’un vieux cinglé roux, foi de Bernadette Soubirous !
Or malgré l’effet recherché, la situation reste inchangée.
On se demande de quel Oracle peut-il espérer un miracle ?Tableau d’Alex Levin.
-
Un grain de sable

Un grain de sable dans le système, tout l’univers est chamboulé.
La course folle des planètes et la rotation des comètes.
Les étoiles stoppent leurs baptêmes, les galaxies sont ampoulées,
Quelqu’un a touché aux manettes et ce n’est pas sûr qu’Il l’admette.
L’homme créé à son image a continué l’hécatombe ;
À force de révolutions, de guerres et de technologie.
Il se vante de rendre hommage Ă un dieu sorti de sa tombe
Mais ne croit qu’à l’évolution de sa propre mythologie.
Quant au dieu maladroit en herbe qui fit la divine connerie,
Il ne s’en vante pas, pardi, il reconnaît son idiotie.
Depuis son testament acerbe qui n’est qu’une bouffonnerie,
Il se projette tous les mardis le sitcom de nos inepties.Tableau d’Abdul Mati Klarwein sur http:www.matiklarweinart.comartworkgallery.php .
-
Le KÄMÄSÜTRÏÄ
17. L’Homélie du Cul Vainqueur

Laureline affronte ses vertus : la force, la justice, la prudence
Tout en laissant la tempérance à Loreleï qui reste en arrière.
Mains sur les fesses, elle s’Ă©vertue de faire fi des jurisprudences
Et croit à sa prépondérance pour leur faire lever les barrières.
Quand la Force veut m’enchaîner, ce n’est pas pour me terrasser
Mais pour ployer mes reins dociles sous une poigne imaginaire.
Et moi, Laureline déchaînée, je tends mon cul pour l’embrasser
Car c’est dans ma chair indocile qu’est ma puissance légendaire.
Quand la Justice lève son bras, ce n’est pas pour me condamner
Mais pour juger ma vulve intense comme fautive de désir.
Et moi, Loreleï dans mes ébats, je lui rends grâce d’abandonner
Car mon cul juge en sa sentence qu’en lui seul est le vrai plaisir.
Quand la Prudence clôt mes paupières, ce n’est pas pour me protéger
Mais pour me dire « retiens ton feu, ne cours pas nue vers la jouissance ! »
Et moi, Laureline minaudière, je m’élance d’un pas léger,
Dardant du cul en boutefeu pour embraser toute abstinence.
Quand la Tempérance veut me freiner, ce n’est pas pour me limiter
Mais pour calmer mes reins notoires d’activer l’ardeur de mes cris.
Et moi, Loreleï, sans me gêner, je verse un vin inimité
Car mes débords sont mes victoires, c’est l’ivresse qui me décrit.
Quand les vertus se dressent ensemble ce n’est pas pour tout m’interdire
Mais pour tenter de contenir l’éclat des flammes de mon cœur.
Et moi, Laureline, je me rassemble, je fais ployer leur pauvre empire
Car mon cul a de qui tenir : Lilith à la croupe vainqueure.
Quand nos deux culs se font autels, ce n’est pas pour être jugés
Mais pour régner comme deux déesses au-dessus des lois d’autrefois.
Et nous, amantes universelles, nous triomphons sans préjugé
Le cul à l’air dans l’allégresse et nous en assumons ce choix.Illustration de Luis Royo.
-
Le KÄMÄSÜTRÏÄ
16. La Litanie du Cul Vaincu


Quand Laureline est Ă genoux ce n’est pas pour ĂŞtre vaincue
Mais pour supplier LoreleĂŻ de jouer le jeu du vainqueur…
DrĂ´le de drame parmi nous… mais nous en sommes convaincus :
Ce n’est qu’un jeu dans l’ĂŹĂ„MOURĂŹĂ„ … un jeu qui joue avec le cĹ“ur !
Quand Loreleï me pince les fesses, ce n’est pas pour me faire souffrir
Mais pour jouer la souveraine qui veut son jouet Ă genoux.
Et moi, Laureline, je le confesse, je ris d’obéir de m’offrir
Car je connais son cœur de reine qui veut jouer à broute-minou.
Quand je l’entraîne au fond du lit, ce n’est pas pour qu’elle se repose
Mais pour lier son corps de flamme et l’attacher à mon pouvoir.
Et moi, cruellement, je la lie ; j’appuie mes griffes et je m’impose
Car je veux lui plier sa flamme sous ma morsure Ă promouvoir.
Quand je gémit entre ses cuisses, ce n’est pas pour qu’elle renonce
Mais pour goûter son vin sacré qui jaillit vif entre mes lèvres.
Et moi, Laureline, sa complice, je tends ma bouche comme réponse
Car je veux boire son secret et m’en enivrer avec fièvre.
Quand je l’entends crier « assez ! », ce n’est pas pour m’apostropher
Mais pour punir sa chair latente et prolonger son doux supplice.
Et moi, sa maîtresse harassée, je tiens son cul comme trophée
Car je veux briser son attente et la marquer de mes délices.
Quand je me cambre sous ses tourments, ce n’est pas flancher des guiboles
Mais pour gémir plus fort encore et réclamer mon oraison.
Et moi, Laureline, dans ce mouvement, je donne mon cul comme une obole
Car je sais qu’elle sème en mon corps les pleurs coulant de sa raison.
Quand elle croit jouir la première, ce n’est pas moi qui la dément
Car, dans le feu de son orgasme, elle se croit super-amante.
Et moi, Loreleï fière guerrière, je me colle nue comme un aimant
Sous l’induction de ses fantasmes, car c’est moi la vraie dominante.Illustration de Luis Royo.
-
Femmes ou sirènes ?
Le choix deviendrait cornélien si toutefois je devais suivre
Les jolies femmes sur la plage ou les sirènes sur les vagues.
Si ce dilemme machiavélien n’arrête pas de me poursuivre,
C’est que, concernant l’accouplage, mon cœur tergiverse et divague.
Faire l’amour à une sirène qui vous fait mourir d’épectase,
Vaut-il faire mille fois l’amour suivi de mille petites morts ?
La jouissance, certes sereine, ichtyologique donne l’extase
Mais si les femmes ont de l’humour, les sirènes n’ont que des remords.
J’ai opté pour suivre une humaine qui sait nager comme un poisson
Et dont le jeu de jambes au lit exige des coups de queues ardents.
Et tout au long de la semaine, nous ne cessons de faire moisson
De fruits d’amour à la folie qui croquent si bien sous la dent.Tableau de Paul Delvaux.
-
Poisson-chat & chien-de-mer


Les poissons-chats, les chiens de mer font les compagnons agréables
Pour une sirène isolée dans la vacuité abyssale.
Entre deux marins victimaires, le temps paraît interminable
D’où l’envie de se consoler avec ses racines caudales.
À l’instar des gens de la ville et leurs animaux domestiques,
Elles s’attachent aux alevins selon leurs couleurs, leur splendeur.
Des poissons-chats plutĂ´t serviles aux chiens de mer humoristiques,
Un ami c’est comme du bon vin, ça réanime les profondeurs !Tableaux de Diego Fernandez.
-
L’ennui au palais
Du palais d’un jeune sultan, Shéhérazade s’empara
À moins que ce ne soit l’inverse au cours des mille-et-une nuits.
Mais ce n’est pas très important car le souverain compara
Sa nuit auprès de la perverse à l’égard d’une journée d’ennui.
Alors le sultan augmenta le temps du travail de l’amour
En réduisant le temps passé aux trente-cinq heures et RTT.
Shéhérazade lui monta le bourrichon jour après jour
Jusqu’à ce qu’il ait dépassé et enfreint les lois du traité.
Shéhérazade, dominatrice, imposa sa loi au harem
Et demanda congés payés et le statut de libérale.
Mais les autres fornicatrices ont déprécié le barème
Et les houris ont défrayé pour une grève générale.Illustration d’Ana Mirallès.
-
L’amanite alienoïde
À la cueillette aux champignons, une amanite m’a cueilli
D’un rayon issu des lamelles sous un gland moucheté d’étoiles
Par la force d’un lumignon accompagné de gargouillis
Qui me souleva les semelles et me prit Ă rebrousse-poil.
Je n’étais qu’un échantillon auprès des aliens mycologues
Qui en voulaient à mon phallus qu’ils prenaient pour un parasite.
Je me sentis un tatillon vexé par ces planétologues
Qui mettaient au rang du fongus l’instrument au bout de ma bite.
Craignant qu’ils veuillent me la couper, j’ai botté ces extra-terrestres
En jouant de leurs grosse tĂŞtes comme un punching-ball de fortune.
De leur nacelle soucoupée, où j’étais placé sous séquestre,
Je pus, sans tambour ni trompette, échapper à mon infortune.Illustration d’Acid Catopuma.
-
Amazone qui vole
Des mythes de la Grèce antique aux légendes d’Amazonie,
En redescendant l’Atlantique aux confins de la Patagonie,
L’histoire est peuplée de guerrières et leurs fantasmes associés
Fors leurs amours bien cavalières qui ne sont pas à négocier.
Des Amazones aux Walkyries que j’imagine cheveux au vent,
Au son de leur cavalerie, mille tambours poussés en avant.
Crinières brunes, blondes ou rousses et les déesses d’Italie,
Mille tuniques qui se retroussent juste au moment de l’Hallali.
Et même Pégase lui-même a dû galoper dans les airs,
Seul étalon dans le harem des juments qui le jalousèrent.
Mais offrant sa selle à Minerve, il fut accepté par les troupes
Qui le suivirent sans réserve, l’œillère fixée sur sa croupe.Tableau de Steven Kenny sur http:www.stevenkenny.comhome.html .
-
Souris des champs, souris des villes


Souris-des-Champs, plutôt rustique et même plutôt écologique
Se nourrit au fil des saisons de son jardin et de sa pĂŞche.
Souris-des-Villes, plutĂ´t pratique et mĂŞme plutĂ´t pragmatique
Fait ce que dicte sa raison sauf lorsque le cœur l’en empêche.
Que leur réserve l’avenir ? Lequel des deux va disparaître
Lorsque nous auront concédé d’ bâtir les villes à la campagne ?
Sans doute vont-ils devenir de la planète ses nouveaux maîtres
Quand les hommes auront décidé d’aller vivre sur la montagne.Illustrations de Jeremy Norton sur https:www.thearthunters.comportfolio-jeremy-norton-2 .
-
Les mĂ©moires ancestrales – 2
Aux premiers temps, la Race Astrale a dominé les mers australes ;
Sans doute sous-évalués, ils n’ont pas su évoluer.
L’Hyperboréen est venu puis, sa tribu est devenue
Maîtresse du septentrion dont peut-être nous descendrions…
Pourtant ce sont les Lémuriens, désormais fiers maîtres-terriens,
Qui ont occupé la planète et puis, auraient fait place nette.
La Terre aurait vu les Atlantes, race que la science supplante,
Accroître sa technologie jusqu’à engloutir leurs logis.
Tout ça pour qu’un jour les Aryens se conduisent comme des vauriens
Causant le pire des cataclysmes au nom d’un Dieu Capitalisme.Tableau de Thomas Richman Blackshear.
-
Un p’tit coin d’paradis


Paradis, quelle est ta couleur ? Eldorado, quel est ton prix ?
Faut-il savoir te mériter ou simplement t’être accordé ?
Faut-il braver mille douleurs ? Gagner tout ce qu’on a appris ?
Pourrais-je en être déshérité au risque d’être sabordé ?
Bien sûr, lorsque je serai mort, la question ne m’fera plus peur.
Le Paradis dans la confiance ou l’Eldorado dans l’oubli.
À quoi bon avoir des remords puisqu’on inverse la vapeur
Une fois passé la méfiance quand le néant est rétabli.
…lorsque plus rien n’est établi.
…lorsque la vie est rétablie.Sculptures d’Elizabeth Price.
-
Les mĂ©moires ancestrales – 1
Frères éperviers, hiboux, chouettes, où vous êtes-vous envolés ?
Jadis, nous volions de concert vers le continent des licornes.
Sœurs hirondelles, bergeronnettes, où avez-vous donc convolé,
Depuis le tropique du Cancer jusqu’au tropique du Capricorne ?
Frères totem, amérindiens, où sont vos terres ancestrales
Où nous pourchassions les bisons avec les géants des montagnes ?
Sœurs et chamanes du quotidien, où sont vos terres en mers australes
Vers l’Atlantide, sous l’horizon, où sont englouties vos compagnes ?Tableau de Susan Seddon-Boulet.
-
L’alchimiste du cœur


Elle distille la liqueur qu’elle fait couler dans les cœurs
Par l’alchimie de sa beauté dans toute la principauté.
Elle stimule les amours par sa gaité et son humour
Et quand ses yeux me percent l’âme, ils me dévorent de leurs flammes.
Je suis tombé dans son creuset tout nu, tout cru, tout embrasé ;
Moi qui n’avait jamais osé, Elle m’a métamorphosé.
Enfin j’ai pu lui avouer combien je lui étais dévoué
Et mon p’tit cœur a lévité, je ne pouvais pas l’éviter.Tableaux de Kity et Ge Ying.
-
Le ravalement de façade
Le jour et la nuit tomberont sur votre enveloppe charnelle
Et le printemps refleurira sur votre nouvelle jeunesse.
Tous les regards succomberont à votre beauté éternelle,
Tout votre corps rajeunira riant d’un cœur de diaconesse.Tableau de Rafal Olbinski.
-
Miroirs cassés
Pour dissimuler ses humeurs qui pourraient ternir son image,
Elle a brisé tous les reflets qui en portaient la signature.
Fini l’éclat de ces rumeurs qui colportaient sur son visage
Mille dĂ©fauts, mille pamphlets sur sa vĂ©ritable nature.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Paris – Rocamadour – Gruyère



Un jour, ma souris d’Amérique m’a rappelé son souvenir
Alors que j’étais à Paris en train de passer mes vacances.
Elle fut très allégorique sur une carrière d’avenir
Mais comme j’étais aguerri, je passai sur l’extravagance.
Nous partîmes pour Rocamadour en direction de la Dordogne
Où elle devait récupérer l’héritage légué par son oncle
Qui aurait été troubadour sa vie durant dans la Bourgogne
Et s’était fait rémunérer d’argent payé rubis sur l’ongle.
Nous passâmes par la transalpine à travers prairies et bruyères,
Franchîmes des cols vertigineux et découvrîmes son héritage :
Une distillerie clandestine qui confectionnait à Gruyère
Un alcool fort et résineux sous le cloître d’un ermitage.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
-
Lausanne – San Francisco – Lausanne



Je devais retrouver la trace d’une fille de la montagne
Qui s’était enfuie de Lausanne pour faire carrière en Amérique.
C’était une gamine de race qui était née à la campagne
Et se faisait appeler Suzanne par les gars du téléphérique.
J’allais interroger ces gars qui me donnèrent comme indice
Un aller-simple pour une croisière direction « la Californie ».
Je poursuivis donc ma saga avant que la piste ne refroidisse,
Le nez calé sous la visière de ma casquette racornie.
J’ai vite retrouvée ma souris qui chantait dans un cabaret
Avec une bande de jeunes loups jazzant du blues comme des ânes.
La mignonne alors m’a souri me disant qu’elle s’était barrée
Et comme je n’étais pas jaloux je suis revenu à Lausanne.Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
-
Les femmes de lettres
Je salue les femmes de lettre qui trempent leur plume du cœur
Dans l’encre d’amours impulsives aux reflets couleur de passion.
Conjuguant plaisir et mal-être au plus-qu’imparfait de rancœur,
Dans les Ă©critures cursives de leurs romans de compassion.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Âges tendres et tronches de bois


Âges tendres et tronches de bois, les lutins se mettent en transe
Dès qu’ils entendent la musique gravée dans le creux des sillons.
On rit, on chante, on danse, on boit et on conserve la cadence
Jusqu’à ce que nos corps physiques nécessitent un bon roupillon.Mon gendre, ma fille et moi, revenant comme des joyeux lurons de la cueillette du bois avec nos fines tronches.
-
Si les loups y étaient…
Constellations indénombrables, vous me transpercez du regard,
Moi, si infinitésimal, et vous si incommensurables !
Dans ces étoiles impénétrables, j’ai reconnu des loups hagards
M’observer comme un animal, petite proie si désirable !Je décline toute responsabilité si vous racontez cette histoire à vos enfants avant de les endormir.
-
Sainte Rose de Lima
C’est une rose épanouie sur le visage de la fille
Qui lui donna le nom de Rose pour lui ouvrir le Nouveau Monde.
Mais la vertu s’évanouit et ma confiance vacille
Quand je lis l’affliction morose qui guidait ses pensées profondes.
(Sainte Rose de Lima – Isabel Flores de Oliva – est la première sainte du Nouveau Monde, patronne des AmĂ©riques, des Philippines, du PĂ©rou et de la ville de Lima.
Mais la sainteté se fracture quand je lis ses 4 citations favorites que je juge personnellement imbéciles :
Que tous les hommes sachent que la grâce arrive après la peine, qu’ils sachent que sans avoir portĂ© le fardeau des afflictions, ils ne peuvent atteindre les hauteurs de la Grâce, qu’ils apprennent que les dons de la Grâce augmentent au fur et Ă mesure que le fardeau s’alourdit, que les hommes ne se trompent pas, il n’y a qu’une voie pour rejoindre le Paradis, et la Croix est la seule route pour y accĂ©der.
Nous n’obtiendrons pas la Grâce si nous ne souffrons pas. Nous devons supporter peine après peine pour rejoindre la nature divine, la gloire promise aux enfants de Dieu, et le parfait bonheur de l’âme.
Si l’homme savait combien est suave la possession de la Grâce divine, combien prĂ©cieuse elle est, combien de joies et d’exaltation elle procure, personne ne pourrait se plaindre de la croix qu’il faut porter.
Ă€ part la Croix, il n’y a pas d’autre Ă©chelle pour atteindre le Paradis.)
https:fr.wikipedia.orgwikiRose_de_LimaImage trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Suivre le vent
Je laisse mon cœur s’envoler sans lui donner de direction.
L’esprit se tait, l’âme retrouve la voie de la sérénité.
Ah qu’il est bon de convoler sans souci de prédilection
Pour une raison qui me prouve que j’ai besoin de vĂ©rité !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Les contes de la Terre
La Terre entière me raconte, par ses fleurs, ses bois, ses forêts ;
La Terre entière vocalise par ses montagnes et ses vallées.
Et ma vie est juste un acompte d’éternité à dévorer
En goĂ»tant ce qu’immortalisent ses fruits sauvages Ă avaler.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’aérocalligraphie
J’ai parcouru tant de pays pendant autant d’heures de page
Que j’ai obtenu mon brevet option aérocalligraphe.
Devant les grands yeux ébahis d’un prestigieux aréopage,
Je me suis laissĂ© Ă rĂŞver au fil de nombreux paragraphes.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Entre les lignes
Il faut vous dire que je triche et qu’il faut lire entre les lignes,
Lorsque j’écris deux ou trois vers sur de belles femmes à loisir.
Car pour que les rimes soient riches, il faut une plume maligne
Qui vous caresse de travers mais avec beaucoup de plaisir.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Colchiques dans les prés
J’en ai beaucoup parlé sans vraiment les montrer,
Tant elles sont précoces de couleurs qui boutonnent.
Regardez-les perler comme bijoux des prés
Que les anges Ă©cossent pour annoncer l’automne.Beaucoup de colchiques, bien avant l’heure, cette annĂ©e 2017 ! Ici nous sommes devant une ferme Ă Taa sur le mont Eidberg qui domine la commune de Winterthur. Mais le plus troublant c’est qu’elles sont sorties dès la mi-juillet de cette annĂ©e 2018 !
-
Juste avant la frontière
Au fur et à mesure, dans le temps qui s’allonge,
Les couleurs se transmutent juste avant la frontière.
Le mauve des masures dans l’ombre se prolonge
Et revĂŞt l’azimut de robes lavandières.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le pont « La vie » – 2
Aussitôt entré dans le pont, je n’en vois plus que son issue.
Je ne sais plus comment c’était avant même d’y pénétrer.
Plus rien même ne correspond, ni le décor, ni le tissu
Et je n’y vois se reflĂ©ter que des mirages fenĂŞtrĂ©s.Joli pont couvert de Brunibrug Ă cĂ´tĂ© de chez moi vu de l’intĂ©rieur.
-
Le pont « La vie » – 1
J’ai traversé le pont « La vie » comme on traverse une existence.
Tout d’abord avant d’y entrer, j’y ai repĂ©rĂ© la sortie
Pour ne franchir ce pont-levis qu’en connaissant sa consistance
Et je me suis bien concentré pour avoir une vie assortie.Joli pont couvert de Brunibrug à côté de chez moi.
-
Le fou des forĂŞts
Je me suis trouvé nez-à -nez avec le bouffon des forêts
Avec son petit air mutin comme une fille un peu coquine.
J’avais juste un peu ahané en remontant jusqu’à l’orée
Et je bâtis ce fier hutin à l’image qu’il acoquine.Photo prise dans la forêt d’Eschenberg.
-
Les gouttes du temps
Vaille que vaille, tombent les gouttes comptabilisées par le temps.
Jour après jour à leur écoute, je les apprécie toutes autant.
Toujours j’entends, toujours je goûte, chaque moment est important.
Sereinement, coĂ»te que coĂ»te, après la pluie vient le beau temps.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La tête couronnée
L’avait la tête couronnée, le crâne lisse comme un caillou,
C’Ă©tait le roi de la forĂŞt qu’on appelait « Sa MajestĂ© ».
L’avait été bûcheronné par une bande de voyous
Et je ne puis que l’honorer avec mon poème attesté.Photo prise dans la forêt d’Eschenberg.
-
La fin du monde
Voici enfin la fin du monde qu’on nous prédit depuis longtemps !
Finis les impôts à payer, finies les traites à acquitter !
Finies toutes les tâches immondes voici venu le remontant
Qui va m’aider à étayer tout ce qu’il me faudra quitter.
N’ayez pas peur, petits enfants, on ne va pas mourir demain !
Les vacances sont terminées et puis je dois me réveiller.
Demain je serai triomphant, j’prendrai mon courage à deux mains
Je me lèverai, dĂ©terminĂ© et toujours prĂŞt Ă travailler.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Ce n’est qu’un au revoir
On m’a jugé trop polisson à continuer mes manifestes
Que je semais un peu partout chez mes amis et mes amours.
Sachez que nous n’en pâtissons quand la censure se manifeste
Et j’en profiterai surtout pour une retraite en humour.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Quand bébé débarque
Quand bébé débarque, c’est comme la marée :
Ça recouvre tout à grande vitesse.
Il mène sa barque, y est amarré,
Car son grand atout, c’est sa petitesse.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le jour des clefs
Quand parfois les solutions tombent du ciel sans raison
C’est peut-être pour des problèmes que j’ai dû dissimuler.
J’ai pris la résolution d’éviter péroraisons
Pour soulager un cĹ“ur blĂŞme qui ne sait que simuler.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le salut de l’eau
Le salut de l’eau est apprécié
Par les éléments de notre univers.
C’est comme un grelot d’amour gracié
Qui fait l’aliment de ces quatre vers.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La belle indonésienne

Lorsque je fus invité sur l’île de Robinson,
Jamais je ne m’attendais à trouver tant de beauté.
Avec affectivité et un fugace pinçon,
Cette indigène ascendait Ă se faire tressauter.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
L’heure rouge
Plus intense que l’heure bleue, plus chaude et plus enivrante,
Au moment du rayon vert qui flamboie le paysage,
La nature crie « ventrebleu, que la culture est navrante
Que personne n’ait fait de vers sur ce rouge tamisage ! »Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Nature rouge
À l’heure où le soleil se couche,
Quand il lance son rayon vert,
C’est le moment qui fait mouche
Où tout parait à l’envers.
L’heure bleue se teint de rouge,
Les chats deviennent gris-rouille,
Tous les inanimés bougent
Et tout ce qui vit se brouille.
Une couleur de citrouille
Emplit doucement la maison.
Dans la cuisine tout s’embrouille
Il n’y a plus de saison !
Tous les légumes mûrissent
Dans la lumière embrasée.
Jusqu’à ce qu’ils me nourrissent
Avec leur pâte à braser.
Au moment où je m’enivre
De la liqueur enflammée,
Je me sens soudain revivre
Et mon âme est affamée.
Depuis, tous les jours, je guette
L’heure floue, momentanée,
OĂą Dieu brandit la baguette
Du miracle instantané.Tableau de Fabienne Barbier
-
La philo à l’îlot
Avec ses petits plumeaux pour accomplir son ménage
Et tous ses petits chiffons bien rangés sous les nuages,
Robinson lave à grand ’eaux à risquer le surmenage
Et nettoie comme un typhon pour le grand débarbouillage.
C’est parce que c’est vendredi et vendredi, c’est sacré !
Du lointain de l’horizon, derrière la barre de récifs,
Ça ne s’est jamais contredit : sur leurs pirogues nacrées
Viendront sur l’île-prison, les indigènes expressifs.
Quand il aura bien rangé toutes les noix de coco,
Quand il aura déblayé le varech sur le rivage,
Quand il aura dérangé sa hutte un peu rococo,
Quand il aura balayé les fientes d’oiseaux sauvages,
Il fera un feu de joie sur la pointe du rocher
Comme un phare dans la nuit qui montrera le chemin.
Être le seul villageois, sur son royaume accroché,
Ça le sort de son ennui pour aujourd’hui et demain.
C’est la vie de Robinson, c’est son devoir d’îlotier
Qui prend soin de son îlot en vrai maître de maison.
Il est gai comme un pinson chantant sur l’abricotier ;
Ça façonne sa philo et ça forge sa raison.Tableau de Fabienne Barbier
-
Tout compte fait, je vais ouvrir la mer
Je voulais terminer mais je viens de comprendre
Que rebrousser chemin c’est encore plus loin !
Et puisqu’on m’a appris à aimer à apprendre,
Je vais ouvrir la mer pour regagner mon coin.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
DĂ©collage imminent – 1
Paré à la manœuvre, décollage imminent !
Nous montons d’un degré, je vais vous l’expliquer :
Je suis le messager et c’est déterminant
Pour aider au voyage et bien vous appliquer…Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La lune, ma confidente
Tandis que je l’attends d’une tendre impatience,
Ma copine la Lune me fait ses confidences.
Elle me connait si bien, je lui fais confiance ;
Elle sait m’écouter avec condescendance.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Je pense sous la pluie
Je pense sous la pluie, je réfléchis aux nues.
Je me demande comment, en mon cœur ingénu,
Accueillir les désordres, qui m’arrivent tout le temps,
Ă€ servir de matière Ă mon renouvellement.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La femme est une ĂŽle – 1
La femme est une île haut placée dans notre univers
C’est un monde autonome et rien n’y fait carence
On y trouve forêt, fourrés et découverts
Et la source de vie y coule en persĂ©vĂ©rance.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
Le papillon sur l’épaule
Un papillon sur l’épaule a juste effleuré mon âme
Est-il mon père ou ma mère qui met sa main sur l’épaule ?
Déférence envers mon père dont je ne souffre le blâme
Et la fiertĂ© de ma mère dans toutes mes alvĂ©oles.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂ®t son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
-
La Fée de l’ÉCHO

Écoutez ce secret si vous voulez comprendre.
Partons de notre esprit et de notre conscience.
Tous nos comportements sont multiples Ă apprendre
Et c’est à tour de rôle qu’ils cherchent leur audience.
Les enfants sont perdus dans ces beaux mécanismes
Chaque comportement prend sa majorité.
Les adultes atteignent ce manichéisme
Et trouvent leur conscience dans cette identité.
Les aînés continuent à en comprendre l’ordre.
Ils montent en conscience et ressentent bientĂ´t
Les niveaux supérieurs et tout ce qu’ils désordrent,
Mais j’y perçois mon âme et tout autour l’ÉCHO.
On comprend par exemple que dans ses habitudes,
On étale dans le temps une forme pensée.
Mais les jeunes vivent sur d’autres latitudes
Et les conflits du temps sont sans cesse offensés.
J’ai moi-même ressenti entier dans ma matrice
Tout cet ordre univers comme l’éternité.
Voyant quatre piliers comme navigatrices,
J’ai parlé à mon corps et aux autres entités.
La forme du visage et toutes ses expressions
Dépendent de la manière dont l’accord est acté.
Et j’en vois toutes franges dans la surimpression
Que je vois s’écarter ; l’écho décontracté.
Ma conscience est ainsi sans cesse elle s’écarte :
En suivant son écho à l’ÉCHO reproduit.
Chaque étape de vie en éloigne les cartes
Quand on passe le niveau, le courant est induit.
C’est pour ça que tout ça n’a pas PAS d’importance
C’est la règle-univers et pour l’éternité.
Nous en faisons partie est-ce bien ou malchance ?
La raison de l’écho n’en est pas discutée.
Chaque idée vient d’une conscience supérieure de moi.
Les enfants vivent ancrés dans un seul des maillons,
Tour à tour qui abritent un éclair de faux-moi.
Les aînés ont rejoint le prochain bataillon.
Le passage au niveau supérieur circulaire,
Comme une âme en transit dans l’organisation,
Nous fait prendre conscience de l’âme humanitaire,
Sa bonté bienveillante en commisération.Tableau de Fabienne Barbier
-
Le destin de la Licorne
Fier vaisseau, de la flotte royale, armé ;
Tes quarante canons sont prĂŞts Ă aborder
L’ennemi étranger et s’auto-alarmer
Par le chant de la poudre qui rugit sa bordée !
Un matin de bon vent et voguant au grand large,
Par tribord amuré dans le vaste océan.
Puis soudain de la hune une alerte décharge :
« Une voile à bâbord au pavillon malséant ! ».
Arborant le Pavillon Noir de la flibuste,
Les pirates rapides ont tĂ´t fait de serrer.
En virant de bord sec, les canonniers combustent
Et démâtent l’ennemi de ses crocs acérés.
Il n’y aura pas de quartier tous seront massacrés !
Amis ou ennemis n’auront nul prisonnier !
Mais la lutte est injuste et l’honneur est sacré,
Les vaincus sont tués, les pirates ont gagné.
Le vaillant capitaine cependant s’est sauvé.
Capturé, attaché, il a su se délivrer.
Et tandis que les pirates vont se saouler
Il fait sauter la soute et s’enfuit désœuvré.Tableau de Fabienne Barbier