đż Les PoĂšmes du Jour LevĂ©
Chaque matin, à la premiÚre minute, les mots anciens sortent de leur sommeil, portés par le souffle léger du souvenir.
Ici sâĂ©veillent les poĂšmes publiĂ©s ce mĂȘme jour, parfois un an, parfois dix ans plus tĂŽt, mais toujours vibrants, toujours vivants.
Ils surgissent comme des reflets dans lâeau, des fragments dâĂ©ternitĂ© posĂ©s sur la date du jour, offrant Ă nos cĆurs un miroir et Ă nos vies⊠une mĂ©moire.
đ Aujourdâhui, ce ne sont pas nos annĂ©es que lâon fĂȘte, mais celles des vers, des images, des cris, des Ă©treintes, des silences, car chaque poĂšme est un anniversaire du cĆur.
-
Lâouverture du cĆur

Lâouverture du cĆur demande Ă lâesprit de se retirer,
DâarrĂȘter le flot des pensĂ©es et de vivre lâinstant prĂ©sent.
Mais il nây a pas de commande ni de cordelette Ă tirer ;
Rien dâautre ne peut compenser le coup de foudre Ă©lectrisant.
Jâai dĂ©sirĂ© cette ouverture quel qu’en soit le prix Ă payer
Je lâai obtenu en Ă©change dâune chute de quinze mĂštres
Nécessaires pour la fracture de ma carapace étayée,
Lâesprit qui me donnait le change et qui voulait ĂȘtre mon maĂźtre.
Jâai retrouvĂ© mon cĆur dâenfant, petit garçon, petite fille,
Ainsi que la naĂŻvetĂ© dâune essence ingĂ©nue qui mâaime.
Je nâen suis pas moins triomphant, juste dĂ©gonflĂ© des chevilles
Et accĂ©dĂ© avec aisance Ă lâamour propre envers moi-mĂȘme.Tableau de Nataly Abramovitch.
-
Les femmes-troncs

Les femmes-troncs sont élevées à la limite de la ville.
Pourquoi cela ? Câest Ă©vident ! Leurs racines posent des problĂšmes.
Bien que les murs soient relevés, leurs fondations sont trop fragiles
Malgré les soins consolidants apportés contre ce dilemme.
DerriÚre le périphérique, les femmes-troncs peuvent pousser
Sans danger pour les bĂątiments de peur quâelles ne les Ă©ventrent.
Mais la distance thĂ©orique pour quâelles ne soient pas courroucĂ©es
Demande un environnement faiblement éloigné du centre.
Or juste en dehors des faubourgs, les femmes-troncs peuvent marcotter
Et développer des fonctions dans plusieurs branches professionnelles.
ĂnumĂ©rer les comptes Ă rebours, parler du temps et papoter
Parler dâaccords et de sanctions lors des rencontres exceptionnelles.
Reléguées au rÎle de speakerine jadis à la télévision,
Elles se spĂ©cialisent dĂ©sormais hĂŽtesses dâaccueil au premier plan.
Jâai connu une Catherine qui signalait les prĂ©cisions
Du film dont elle nous informait sâil y avait un rectangle blanc.Tableau de Paul Delvaux.
-
Selon son point de vue

Je ne suis pas autant lion que jâaurais aimĂ© le montrer
Et la plupart de mes amis me voient plutĂŽt comme un mouton.
Je vis pourtant comme un champion, dâailleurs je suis trĂšs concentrĂ©
Ă braver tous les ennemis que vous et moi, nous redoutons.
Ce doit ĂȘtre une question dâangle ou bien de valeurs diffĂ©rentes ;
Les femmes vĂ©nales mâĂ©vitent, les hommes dâaffaires Ă©galement.
Si dâaventure je mâĂ©trangle selon comme on me reprĂ©sente,
Je sais que les regards lévitent par-dessus mon signalement.
Si vous aussi on vous surnomme « Petite tĂȘte », « Petite bite »
Ou quâune image mal dĂ©gommĂ©e tente de vous disqualifier,
Dites-vous bien que le bonhomme a de la merde dans les orbites
Ou se la pĂšte sur des sommets oĂč lâesprit sâest rarĂ©fiĂ©.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Séréna, tendre chimÚre

La SĂ©rĂ©na mâa serinĂ©
en tournant sept fois dans sa bouche
Sa langue fourchue telle un serpent
tandis que nous parlions ensemble.
Je nâĂ©tais pas rassĂ©rĂ©nĂ©
et estimais mĂȘme trĂšs louche
Quâelle mâattire en ses arpents
avec des chaĂźnes par exemple.
Alors jâai sorti mon Portable
avant quâelle ne se dĂ©chaĂźne
Car la sirĂšne sâexprima
dâune plaintive mĂ©lancolie.
Elle devint plus volubile
lorsquâelle verrouilla mes chaĂźnes
Sur la porte et quâelle mâintima
lâordre de la rejoindre au lit.
Eh bien les vieux mythes sont mités
sur les amantes religieuses
Qui ne sont pas celles quâon croit
mais des nymphomanes toutefois !
Elles ne seront jamais imitées
et leurs prouesses prodigieuses
Au lit, dâun succĂšs qui sâaccroĂźt,
Font quâon nây goĂ»te quâune fois.Illustration de Daniela Uhlig sur https://poramoralarte-exposito.blogspot.com/2016/10/daniela-uhlig_18.html?m=0&hl=es_419
-
LâĂ©nergie du baiser
La force gravitationnelle, la force électromagnétique
Et les deux forces nucléaires font la physique fondamentale.
Quand lâĂ©nergie Ă©motionnelle et la synergie romantique
Deviennent ensemble colinéaires, la physique est sentimentales.
La matiÚre pourtant constituée presque essentiellement de vide
Entre les atomes Ă©pars nâest quâune alliance de ces forces.
Quant Ă lâamour substituĂ© entre deux corps, deux cĆurs avides,
Il est lâĂ©nergie qui rĂ©pare ou brise les noyaux sous lâĂ©corce.Tableau de Graham Dean.
-
Projet Coquelicots
Avant que le printemps survienne, je me suis projetĂ© lâĂ©cran
Dâun Dieu en camaĂŻeu orange sur coquelicots en pĂąture.
Je ne doute pas quâil y parvienne ; aprĂšs lâhiver, Il est Ă cran
Et nécessite cette étrange transformation de la nature.
Plaise au Dieu-Soleil dâembellir, de lâaurore jusquâau coucher,
Et de jouer de sa lumiĂšre, sur mon champ toute sa chaleur.
Plaisent aux étoiles en délire et à la Lune effarouchée
De rĂ©pandre sur ma chaumiĂšre une aura de mĂȘme valeur.Photo de lâEast Yorkshire par Alastair Graham.
-
Mon amie Pascale



Lundi de Pùques, jour de la Lune, Pascale sort la grande échelle.
Au premier quartier, elle cueille un croissant chaud, sorti du four ;
En pleine Lune, bonne fortune pour le chien de Jean de Nivelle
Qui nâaboie pas mais se recueille posĂ©ment jusquâau petit jour.
Lorsque les phases se terminent, Pascale lave sa récolte
Au son dâun violon qui chantonne un air vif et bien inspirĂ©.
Petit Ă petit sâĂ©liminent toutes les larmes dĂ©sinvoltes
TombĂ©es dâĂ©toiles monotones et dâune Lune dĂ©sespĂ©rĂ©e.
Quand la Lune se renouvelle et sâen va pour une semaine,
Pascale alors sort sa roulotte pour vendre sa compilation.
« La Lune, la Lune nouvelle ! Profitez de la bonne aubaine ! »
Crie-t-elle dans un éclat de glotte aux poÚtes sans inspiration.Tableaux de Lisandro Rota sur http:www.lisandrorota.itgalleria-2-dal-2003-al-2010 .
-
Le week-end de Pascale



Vendredi-saint, prenant son bain avec les carpes qui dégorgent,
Pascale explore sa baignoire car, au fond, elle nâest pas si bĂȘte.
AprĂšs une semaine de turbin, viendra demain son ami Georges
Avec qui, vĂȘtant son peignoir, elle prĂ©voit de faire la fĂȘte.
Le samedi, elle pique une tĂȘte avec Jojo dans la piscine ;
La cuvette est ainsi nommée pour amplifier leurs ébats
Qui virent vite Ă la tempĂȘte qui secoue bien fort la bassine
Et qui étend leur renommée deux ou trois étages plus bas.
Dimanche enfin, portes ouvertes, elle étend un soleil radieux
ChauffĂ© toute une nuit dâamour au bain-marie dans la cuisine.
AprÚs toutes ces découvertes, il est temps de se dire adieu ;
Jojo sâen va au petit jour et Pascale repart Ă lâusine.Tableaux de Lisandro Rota sur http:www.lisandrorota.itgalleria-2-dal-2003-al-2010 .
-
Redevenir transparents
Quittons ce masque de tristesse qui cache tous nos sentiments
Afin dâĂ©couter notre cĆur parler dâamour en vĂ©ritĂ©.
Ătons ce leurre dâĂ©troitesse qui nous rassure mais qui nous ment
Et ne nous renvoie que rancĆur, amertume et sĂ©vĂ©ritĂ©.
Ce faux miroir renvoie lâimage de la peur qui nous a vaincus
Et qui efface la mémoire que nous ont léguée nos parents.
Ăcoutons plutĂŽt le ramage de lâoiseau dâamour convaincu
Quâil faut cesser ces messes noires et redevenir transparents.
La transparence apparemment est une arme Ă double tranchant.
Est-il vraiment indispensable dâĂ©lire nos tyrans politiques
Par un systĂšme savamment dotĂ© dâun programme allĂ©chant
Et qui nous rend tous responsables de ce piÚge démocratique ?Tableau de Chie Yoshii sur https:theinspirationgrid.compaintings-by-chie-yoshii .
-
Lâinjustice en marche


Tandis que lâinjustice en marche cherche Ă nous imposer ses lois,
Nous nous révélons complotistes dÚs que nous réclamons justice.
Et si nous faisons la démarche de protester de bon aloi,
Nous sommes traités de terroristes par une police factice.
Ătre libre est un choix pervers puisquâil faut savoir obĂ©ir
Aux rÚgles qui sont imposées pour mériter sa liberté.
Ainsi nous vivons Ă lâenvers si nous nous laissons envahir
Par ce quâun fou vient proposer et qui va nous dĂ©concerter.
Parler du rire ne fait pas rire et débattre de la liberté
Des uns des autres, Ă©videmment, câest en imposer ses limites.
Mettons-nous plutÎt à sourire, à se parler, se concerter ;
Nous verrons bien, incidemment, si ce droit sacrĂ© nâest quâun mythe.
Les quatre vertus cardinales nâont Ă©tĂ© autant bafouĂ©es ;
La force attribuée aux agents, les prudents médias accablants ;
La tempérance médicinale et ses remÚdes désavoués ;
Quant Ă la justice et lâargent, tout est blanc-bonnet, bonnet-blanc.
(Tableaux dâElena Filatov sur http:touchofcolorr.blogspot.com201704elena-filatov.html
« Ătre libre, câest ĂȘtre libre dâobĂ©ir au risque dâĂȘtre mis au ban de la sociĂ©tĂ© » dixit VĂ©rantanplan.)Images trouvĂ©es sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux dâen mentionner les noms avec respect.
-
Les tontons flingueurs Ă la rescousse
Tonton Lino, tonton Francis et tonton Bernard, le placide,
Montrent le bout de leurs museaux tout en finesse et en silence.
Ils tombent Ă bras raccourcis, dâun rictus au regard acide,
Et lâennemi, des deux fuseaux, sâĂ©vanouir en ambulance.
Donc je propose de confier le combat pour la pandémie
à notre trio de tontons chargé de la javéliser.
DĂšs quâils auront pacifiĂ© les prochaines vagues ennemies,
Ils sâattaqueront au fronton du laid palais de lâĂlysĂ©e.Dessin de Jacques Tardi.
-
Pas si bĂȘte, la femme
La pomme Ă©tait bien verte ; Ăve nâen a point voulu.
Elle en est restée nue de toute connaissance.
Comme elle était ouverte et toute fraßche émoulue,
Son esprit ingĂ©nu vĂ©cu dans lâinnocence.
Elle bùtit sa maison sans poutre ni chevron ;
Elle avait deux mains gauches et pas trop de bon sens.
Ses enfants sans raison Ă lâavenir poursuivront
Cette vie de débauche et de concupiscence.
âŠ
Alors finalement, remercions notre Ăve
Dâavoir croquĂ© la pomme pour deux sous de jugeote.
Bien sûr, évidemment, cette histoire soulÚve
Que dans le cĆur de lâhomme, une femme mijote.Tableau de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .
-
Demain, les citrons


Demain, les champs de citronniers auront envahi la planĂšte
Ă force de se critiquer et se gausser les uns des autres.
Se disputer comme chiffonniers avec des propos malhonnĂȘtes,
On presse un jus sophistiquĂ© dont lâaciditĂ© fait lâapĂŽtre.
Et pourquoi pas des cornichons pourris dans les champs de navets
ArrosĂ©s dâune pollution, pluies acides sur les graminĂ©es ?
Ne poussons ni le bourrichon ni le linge sale à laver ;
Trouvons plutÎt une solution à ce futur contaminé !Tableaux de Vitaly Urzhumov sur https:www.finedininglovers.comarticleworld-full-lemons .
-
Carnet de voyage – 2
Mon héritage paternel comme une loupe grossissante ;
La marguerite Ă effeuiller qui lui a fait aimer ma mĂšre,
Quelques mots tendres et éternels sur quatre pages jaunissantes
De son vieux carnet Ă feuillets pour ses voyages Ă©phĂ©mĂšres.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
à toute berzingue !
Ces merveilleuses mécaniques qui pétaradent de bonheur
Donnent aux uns lâillusion des ailes, aux autres dâĂ©normes frissons.
Union dâaudace et de panique, la vie est une course Ă lâhonneur
OĂč nous plaçons tout notre zĂšle dans lâorgueil que nous chĂ©rissons.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Pour la prochaine civilisation
La Terre abrite un carrefour de plusieurs civilisations
Qui ont bĂąti des pyramides, des temples et des grandes murailles.
Jâen lis lâessor et la bravoure au cours des rĂ©alisations
Dont le souvenir mâintimide dans ce qui reste de pierraille.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Par Saint-Barnabé et Saint-Médard !
Ils vont sâfaire passer un savon et se faire tirer les oreilles,
Les deux petits anges en retard qui nâont pas ĂŽtĂ© la poussiĂšre !
Saint-Barnabé et Saint-Médard vont devoir passer la serpillÚre
Et gratter du sol au plafond Ă grands coups de pluies et tonnerres
(Moralité :
Pour bien nettoyer vos chaumiĂšres
Et laisser entrer la lumiĂšre,
Faites confiance à Saint-Médard
Saint-BarnabĂ© et OâCĂ©dar !)Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
La reine de la nuit, chez moi Ă Sennhof
La reine de la nuit se cache, lorsque le jour frappe Ă sa porte,
Chez moi, derriĂšre mon miroir qui la protĂšge comme un voile.
Seules subsistent quelques taches de la traĂźne quâelle transporte
Et jâen vois fuser mes tiroirs dâun peu de poussiĂšre dâĂ©toiles.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Mon ballon folichon
Sous ma cloche Ă fromage, le temps me semble lourd
Le soleil pĂąlichon ne fait mĂȘme plus dâombre.
Sur la mer de nuages, loin des terres en labour,
Mon ballon folichon sâest Ă©chappĂ© du nombre.CoĂŻncidence ou pas, aprĂšs avoir Ă©crit ce texte, jâai trouvĂ© ce matin dans la forĂȘt dâEschenberg une carte-concours dâun lĂącher de ballon đ que jâai renvoyĂ©e Ă sa jeune destinataire !
-
Lâoignon fait la farce
Allons ensemble câest parti,
La cuisine est suractivée !
Avec nous les macaronis,
Avec nous la pùte levée !
Celle qui nous fait tant saliver
Avec le pùté de campagne
Et les bouteilles de soda
Que jamais on ne dénombra
Tant on a bu dans la montagne !
Allez, grands et moyens,
Allez, petits oignons,
Hachons, hachons,
Quâune main sĂ»re
Mijote les croustillons !Ă chanter sur l’air de la Marseillaise.
-
Le jour neuf
Pour retrouver mon essence, je sais calmer mes douleurs,
Je sais oublier mes sens, laisser agir les couleurs.
Et je laisse ce jour neuf quâun divin soleil enflamme
RĂ©veiller lâhumain dans lâĆuf du plus profond de mon Ăąme.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
HĂŽpital â 3
Me voilà rentré à la maison.
Je nâaurais pas cru que ce soit aussi difficile.
Fabienne et un ami sont venus me chercher en voiture.
Jâavais lâimpression que jâallais m’Ă©vanouir Ă chaque pas.
Ces trois tout petits trous résonnent trÚs fort.
Je sais quâil s’est passĂ© quelque chose en moi.
Je sens cette intrusion.
Une violation de propriété.
AllongĂ© sur un lit, jâarrive Ă paraĂźtre.
Mais debout sur mes jambes, je me sens étranger.
Je me sens arrachĂ©, hors du temps, hors de lâhistoire.
Comme une image qui se serait Ă©chappĂ©e dâun film.
Comme une feuille qui se dĂ©tache de lâarbre.
Quâon me comprenne bien, je ne me sens pas seul au monde.
C’est comme si mon prĂ©sent nâĂ©tait plus accordĂ© au monde.
Comme si jâĂ©tais une fausse note.
Peut-ĂȘtre le temps me redonnera le La…
Peut-ĂȘtre que je vais devoir rĂ©apprendre Ă vivre avec un nouveau son.
Ăa mâest dĂ©jĂ arrivĂ©, ça va faire sept ans.
Merci Ă tous pour mâavoir prĂȘtĂ© un peu votre diapason.Illustration de Claude Serre.
-
PiÚce montée
La vie c’est comme une maison oĂč lâon rajoute une piĂšce
Pour chaque ami rencontré, pour chaque amour embrassé.
Lâarchitecte est sans raison, son plan est dâune hardiesse !
Je nâai plus Ă dĂ©montrer ce quâil y a entassĂ© !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Le voyage éphémÚre
Parfois la porte est étroite et le passage fait mal.
Comme une autre renaissance hors du ventre de ma mĂšre.
Si ma main est maladroite, il nây a rien dâanormal
Car je change mon essence par ce voyage Ă©phĂ©mĂšre.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
21, rue des souhaits – 1
Cette année je déménage pour une nouvelle vie.
Jâhabite rue des souhaits dans la villa « Havana » !
Jây dĂ©voile un personnage dont les rĂȘves inassouvis
Transforment tous les jouets en oiseaux de nirvana.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Qui suit un bĆuf nâest pas neuf
Je suis passé sur le pont neuf
Avec mon bĂąton et mon bĆuf.
Je suis passé sur le pont vieux
Mais je nâai pas su faire mieux !Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Les fleurs-papillons
Dans la forĂȘt des papillons, chaque matin câest le miracle !
DĂšs que la rosĂ©e sâest posĂ©e sur les jeunes fleurs Ă©panouies,
Elles se transforment au Parpaillon, elles sâagitent, câest la dĂ©bĂącle !
Elles partent se dĂ©sankyloser sur leurs racines Ă©vanouies.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Lâatelier des fĂ©es
Dans lâatelier des fĂ©es, chacun est Ă lâouvrage.
On rassemble les fleurs aux plus belles couleurs,
Iris et coquelicots feront des beaux feutrages ;
Du rouge pour les robes, du bleu pour les tailleurs.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
Le cow-boy des plages
Loin des plaines de lâouest, lĂ -bas au-delĂ des mers,
Mon joli pur-sang et moi, aimons courir sur les plages.
Je suis loin de mon foyer, mais le souvenir de ma mĂšre
Fait battre mon cĆur de feu et mon cheval fait sablage.Image trouvĂ©e sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaĂźt son travail, je serai heureux dâen mentionner le nom avec respect.
-
La geisha aux trois couleurs
Je lâai souvent vue assise toute nue sur sa terrasse,
La geisha aux trois couleurs, rayonnante de lumiĂšre.
Dans cette pĂ©nombre grise dâoĂč se dĂ©tache sa trace
Me laissant mille douleurs dans mon cĆur chargĂ© de pierres.
Ses mouvements en cadence jouent musique dans lâespace ;
Une expression artistique de figure féminine.
Regardez quand elle danse, regardez quand elle passe !
Quand ses bras en élastique jouent la jolie figurine.
Un sein rond couronnĂ© dâor, un sein lourd aurĂ©olĂ©
Sous deux épaules au soleil qui en caresse les dunes.
Au moment oĂč je mâendors dâun esprit « OlĂ©, Olé »,
Je rĂȘve Ă ces deux merveilles que je tĂšte sous la lune.
Quand la geisha se repose, ses trois couleurs se mélangent
Dans une teinte dâalbĂątre lumineuse de la nuit.
Quand la geisha tient la pose, sa peau, blanche comme un ange,
Mâappelle et je dois combattre mes cauchemars de minuit.
De lâaurore au crĂ©puscule, ma geisha sonne lâaccord
Par les reflets des rayons qui dessinent mille gestes.
Majuscules ou minuscules ? Le langage de son corps
Brouille et corrompt mon crayon et mes rimes font le reste.Tableau de Fabienne Barbier
-
La danse de pluie
Ma voisine dâen face est une vraie sirĂšne.
DÚs les premiÚres gouttes, elle se déshabille
Puis, vient sur sa terrasse, apaisée et sereine,
Sous la pluie qui mâenvoĂ»te en pure jeune fille.
Câest pour moi quâelle danse nue devant ma fenĂȘtre
Pour mâaimer en silence sans rien laisser paraĂźtre.
Câest pour moi quâelle ondule son corps qui vient de naĂźtre
Pour mâextraire de ma bulle, je dois le reconnaĂźtre.
Ces gouttes de plaisir qui glissent sur ses seins,
Qui mouillent sa plastique, qui perlent aux mamelons,
Qui ruissellent Ă loisir jusquâau creux de ses reins,
Qui nettoient et astiquent jusquâau bout des talons.
Mais lorsquâelle sâallonge en Ă©cartant les jambes
Pour jouir de lâextase du flux et du reflux,
Je crĂ©e une rallonge que lâonde me dĂ©trempe
Et mon cĆur est en phase et lâamour y afflue.
Mais lorsque lâarc-en-ciel irradie ses cheveux
Et que le soleil perce Ă enflammer son corps,
Cette danse essentielle sâarrĂȘte sur un aveu :
JâapprĂ©cie les averses et encore et encore !Tableau de Fabienne Barbier