
J’ai revu la muse phosphorée longtemps après mon dépucelage ;
Mais elle avait changé de ton et n’aimait lors plus que les arbres.
Je la voyais dans la forêt chaque fois leur faire du racolage,
Les embrassant à même le tronc tandis que je restais de marbre.
Bien souvent les muses varient et bien fol celui qui s’y fie ;
N’empêche j’en ai du chagrin car j’étais fou amoureux d’elle.
Ne croyez pas que ça m’amuse mais souvent je m’arborifie
En faisant dépasser un brin de ma tige la plus rebelle.
Mais je crois qu’elle m’a repérée car elle me mordille l’ergot
Qui se tend car Satan m’habite ; je suis un arbre, j’en ai le droit.
Je suis un pommier phosphoré… Tiens ? ça explique tout de go
Pourquoi elle reconnaît ma bite avec ce vers si maladroit !
Tableau de Julia Arnt.
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