Fi des mémères à leurs toutous, fi des cavalières à cheval, Fi des vielles filles et leurs chats, Fi des tatas aux mille oiseaux ! Vivent les folles du loup-garou, non pas celui du carnaval Mais celui dont s’amouracha le chaperon rouge par son museau !
J’aurais aimé être ce loup et embrasser le chaperon, Lui faire lichette et lichettes et goûter sa peau de velours. La garder loin des pieds jaloux qui empêchent de danser en rond Les amourettes et les bichettes qui s’énamourent des grands balourds !
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Ah… les lunettes à rayons X censées déshabiller les femmes ! J’en ai retrouvé par hasard ce matin au vide-greniers. J’ai donc testé cette idée fixe en souhaitant de toute mon âme Redécouvrir les plus beaux-arts que la Nature a ingéniés.
En voyant sa robe transparente, j’ai bien cru que ça fonctionnait Et j’ai acheté les lunettes à la vendeuse si charmante. Mais sa nudité apparente, elle se l’était confectionnée Avec nichons et foufounette peints sur sa robe enthousiasmante.
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Quelle serait la longueur d’onde lorsque mon corps est en repos Et quelle est alors la fréquence lorsque mon âme fait l’amour ? Qu’est-ce qui fait vibrer le monde quand l’esprit est à fleur de peau Et qu’en est-il des conséquences quand mon cœur bat avec humour ?
Combien faut-il regrouper d’âmes pour influencer la nature Et combien des mains raccordées faut-il pour mesurer le monde ? Est-ce que les hommes et les femmes font monter la température Lorsque les cœurs sont accordés sur une même longueur d’onde ?
Est-ce que cela n’existe pas si la science ne le voit pas Et qu’elle n’est pas du même avis quant au chemin à parcourir ? Est-ce que cela ne compte pas, une fois passé de vie à trépas, Et qu’on n’a rien fait de sa vie sinon vivre, aimer et mourir ?
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La Lionne, créature de glace, protégeant les enfants du ciel, Demanda un peu de chaleur pour les protéger des frimas. L’astre ne tenant pas en place, ouvrit son cœur exponentiel D’un feu d’une telle valeur que la Lionne s’enflamma.
Devenant une étoile fixe, elle brûla éternellement Dans le firmament de l’été durant un cycle de canicule. D’autres prétendent qu’une rixe explosa passionnellement Entre les dieux et Prométhée pour une histoire ridicule.
Aujourd’hui la planète flambe mais pour toute une autre raison ; L’homme veut dominer la planète et l’homme se croit le plus fort. Alors il court à toutes jambes pour améliorer sa maison Avec tant de coups de manettes que l’humain devient pyrophore.
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Qu’il soit en expansion ou bien en contraction, L’univers ne serait en fait qu’une illusion. S’il grandit, je grandis ; s’il rapetisse aussi ; Et de là vient le fait que j’ai encore grossi.
Hier j’ai quitté le monde, aujourd’hui je renais ; Demain je reviendrais si je le comprenais. Mais j’ai compris le truc ; je fais mon lâcher prise Et suis le mouvement sans aucune surprise.
Aujourd’hui une muse m’a ouvert une porte, Elle me prend par la main et, au diable, m’emporte Mais c’est Dieu qui s’amuse à me faire l’amour Avec ses créatures qui ne manquent pas d’humour !
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Encore une femme-serpent, à la séduction malicieuse, Me promettant la connaissance sous réserve que je croque son fruit Défendu par un vrai serpent à sa cheville pernicieuse Qui commande l’efflorescence pour en supporter l’usufruit.
Car une fois goûté la pulpe juteuse du fruit défendu, Durant neuf mois se développe le vrai pouvoir qui se déplace Lorsque sortira de la vulve l’enfant qu’on avait attendu Et que la mère – Merci Fallope – mettra sur le trône à ma place.
La connaissance n’est pas mourir ; la connaissance, c’est souffrir ! Souffrir de ne vivre sa vie que pour laisser l’autre grandir, Savoir qu’il devra me nourrir juste le temps de découvrir Qu’il donnera lui-même la vie pour voir sa famille s’agrandir.
Il n’y a pas qu’les chats que la Lune rend fous une bonne fois par mois ; Il y a les acomats-boucans qui, eux, deviennent hystériques. Comme une prière opportune, on les croirait avec émoi En train de chasser le toucan qui vit pourtant en Amérique.
Dès que le clair de Lune augmente et que blanchissent les halliers, Le vieux hibou prend ses jumelles pour les compter jusqu’au matin. Mais il renonce et se lamente : « Ils changent tous de pédaliers ! » Car nul ne suit leurs ritournelles et tous y perdent leur latin.
Pourtant la nuit dans les Antilles, parfois la Lune redescend Pour se nicher entre les branches d’un acomat-boucan dévot. Le hibou reprend ses lentilles, les ajuste en se redressant Et voit dans la lumière blanche que les toucans lui font défaut.
Voici pourquoi le chat pelote et la Lune en est responsable ; Toutes les nuits, elle déroule le fil de l’une des neuf vies Du chat qui, d’une patte falote et d’une humeur influençable, Devient maboule qui s’enroule et tripatouille avec envie.
Lorsque paraît l’aurore blonde, le fil remonte vers la Lune ; Le chat, vaincu par son délire, s’endort d’un sommeil alangui. Mais dès que l’ombre inonde le monde et que vient la nuit opportune, La pelote reprend son empire… et le chat son boogie-woogie.
J’avais un chat mathémagique qui attendait la bonne longueur Pour lancer d’une patte folle son revers à 2k Pi près. Le fil cassait, c’était logique, et, dans un élan de langueur, Pelotait la laine frivole pour la retricoter exprès.
L’amour nous met de la couleur dans le cœur et c’est bien connu : Il met dans l’esprit la folie et dans le corps, la jouissance. Après, une étrange douleur pareille à un manque inconnu Qui nous plonge en mélancolie car voici toute sa puissance !
Alors les pensées s’entremêlent pour former l’étrange arc-en-ciel ; Les souvenirs changent de forme et se déguisent en symboles. Le rêve et le réel se mêlent comme deux amants providentiels Qui se répondent et se transforment en poursuivant leur farandole.
Puis tout finit par se rejoindre au fond du même tourbillon ; Les peurs, les joies et les désirs deviennent couleurs fraternelles. Le cœur voudrait alors s’adjoindre un battement de papillon Pour produire à son grand plaisir la procréation maternelle.
Quand la vie va trop vite, on ne prend pas le temps, On remet à plus tard, on bâcle, on simplifie. On fonce et on évite que ça dure trop longtemps, Sans qu’un moindre retard tous les jours s’amplifie.
Quand le vent ralentit, le temps contrebalance ; Les corps sortent de l’ombre aux contours adoucis. Les vagues rythment la vie en grande turbulence Et le soleil sourit aux garçons sans souci.
Enfin le temps s’étire en lumière océane Et le tableau s’achève d’un silence éphémère. Les enfants, libres et nus, sous la clarté diaphane, Échappent à la censure en s’habillant de mer.
Pendant que les uns font la guerre contre les autres, on joue au foot Et on y retrouve les mêmes autour d’un ballon délirant. À la fin, il ne restera guère qu’un seul à remporter les joutes Avec des déploiements de haine entre tous les belligérants.
N’en déplaise à tous les médias, le football ne m’a pas atteint ; Ça doit remonter à l’enfance où je rêvais plus que je shootais. Si je m’informe dans l’immédiat des informations du matin, Je ne vois pas pourquoi la France en est tout autant envoûtée…
Ça doit venir d’un chromosome en forme de ballon de foot ; On ne l’a pas dans la famille, ce serait donc héréditaire… Ce n’est pas le gène de l’homme puisque les femmes se rajoutent À la folie et s’égosillent tout autant que les supportaires.
Si le fameux tissu conçu pour habiller un empereur Avait vraiment pu exister, il aurait dû avec aisance Cacher sa bedaine pansue et son derrière avant-coureur Qui pète la complexité d’une tête vide de bon sens.
Il peut gommer les bourrelets, les plis, les bosses et les creux, Affiner toutes les silhouettes et les rendre plus désirables, Mais ne saura rien chambouler dans l’esprit le plus désastreux Qui fait miroir aux alouettes aux pensées irrécupérables.
Il faudrait un tissu pensé d’idées légères comme un songe ; Un tissu d’air ou bien d’éther et invisible comme il se doit. Voilà le truc à compenser : tisser un tissu de mensonges Et le vendre au prix le plus cher et calculé selon son poids.
Pourtant ce tissu de mensonge, distribué gratuitement En continu par les médias n’habille pas la vérité Qui reste nue et qui éponge assez démagogiquement Les canulars dans l’immédiat mais sans trop de sévérité.
Tableaux de Leo et Diane Dillon sur https:katia-lexx.livejournal.com2500420.html .
« Décidément, un vent d’amour souffle sur Ô ALLEGÔRÏÄ !
Tandis que Pénélopïä et Captain Nemo se rapprochent, Amellïä se laisse séduire par charme d’Altänor. Les deux naufragés vont très bien ensemble. Je crois surtout qu’ils ont besoin l’un de l’autre. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Amellïä : « Ainsi tu devais soutenir le moral des troupes alliées ? » Altänor : « C’était mon job ! Et mon orchestre devait être transféré ! » Amellïä : « Et malgré l’avis de tempête, tu as risqué la traversée ? » Altänor : « Eh oui ! J’avais perdu patience quand on m’a proposé une place ! »
Amellïä : « Et qui s’est très mal terminé, tout comme moi si près du but ! » Altänor : « Tu n’étais donc pas en mission… c’est vrai… vous n’étiez pas en guerre ! » Amellïä : « J’accomplissais le tour du monde et j’y étais presque arrivée ! » Altänor : « Et que t’est-t-il donc arrivé ? Une panne ? Un temps épouvantable ? »
Amellïä : « La fatigue, tout bêtement ! J’avais trop présumé de mes forces ! » Altänor : « C’est quand on est trop fatigué que l’on produit des catastrophes ! » Amellïä : « Oui mais j’enrage ! J’étais stupide ! Tout ça pour battre des records ! » Altänor : « Et moi pareil ! Quelle importance que ces quelques jours de retard ! »
Amellïä : « Que vas-tu faire maintenant puisque la guerre est terminée ? » Altänor : « Prendre des vacances enfin après mes quatre années de guerre ! » Amellïä : « C’est tout ce qu’il nous reste à faire et personne ne nous attend ! » Altänor : « C’est vrai ! Alors profitons-en pour faire un bout de route ensemble ! »
Amellïä : « Oui mais toi tu as ta musique tandis que moi, je n’ai plus rien ! » Altänor : « Mais tu m’as moi et j’ai besoin de ta présence à mes côtés ! » Amellïä : « Mais pourquoi moi ? Hier encore, toi-même ne me connaissais pas ! » Altänor : « Parce que nous sommes désormais deux compatriotes de fortune… »
Amellïä : « Je t’aime beaucoup, Altänor ! Crois-tu que nous serons heureux ? » Altänor : « Nous recommençons, toi et moi, une nouvelle page de vie ! » Amellïä : « J’ai peur de ne pas m’adapter… trop d’années se sont écoulées… » Altänor : « Moi non plus, chérie… je ne sais pas. Mais si nous sommes deux… pourquoi pas ? »
Amellïä : « Mais resteras-tu avec moi ? Les autres filles sont si jolies… » Altänor : « Toi, tu as ce qu’elles n’ont pas ; l’Amérique qui nous manque… » Amellïä : « C’est vrai ! J’ai confiance en toi et si je t’aime, c’est pour ça ! » Altänor : « Alors si tu veux m’épouser, tu deviendras mon égérie ! »
« Nérätïs n’arrête pas de demander où est donc passée Pénélopïä !
Je crois l’avoir vue aider le dernier naufragé à faire quelques pas dehors mais je n’ose pas le dire à Nérätïs ; ils ont l’air si bien ensemble… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Pénélopïä : « Tu ne te souviens vraiment de rien ? Ni ton nom et ni ton prénom ? » Captain Nemo : « Je n’ai plus aucun souvenir ; juste la dernière image gravée ! » Pénélopïä : « Décris-la-moi, on ne sait jamais ; c’est comme un fil qu’il faut tirer ! » Captain Nemo : « L’eau m’entoure de toutes parts ; je m’abandonne et tout est noir ! »
Pénélopïä : « Tu avais un blouson de cuir comme un blouson d’aviateur ! » Captain Nemo : « Je ne sais pas ce que ça veut dire ; j’ai beau chercher, ça me fatigue… » Pénélopïä : « Alors cesse de te creuser la tête et viens ! Nous allons nous détendre ! » Captain Nemo : « Oui, je veux bien faire autre chose, sortir et faire quelques pas… »
Pénélopïä : « Tu vois ? C’est le lac de Constance entre la Suisse et l’Allemagne ! » Captain Nemo : « L’Allemagne ? Oui, ça, ça me parle… Pourquoi ça ? Je n’en sais pas plus… » Pénélopïä : « À ton époque, c’était la guerre et peut-être as-tu combattu ? » Captain Nemo : « Peut-être oui, peut-être non… Comment savoir ? C’est effacé ! »
Pénélopïä : « Écoute-moi ! tu t’es crashé en mille neuf cent quarante-quatre ! » Captain Nemo : « Si tu le sais, alors contacte la police, les renseignements… » Pénélopïä : « Nous sommes en deux mille vingt-six ; quatre-vingt-deux ans ont passé ! » Captain Nemo : « Alors tous ceux que je connaissais sont morts ou bien m’ont oublié… »
Pénélopïä : « Mais maintenant, tu nous as, nous ! Et nous t’avons, c’est important ! » Captain Nemo : « Oui, vous vous êtes montré sympas… mais surtout toi et ça me touche ! » Pénélopïä : « Si je n’m’intéresse pas à toi, qui donc le fera maintenant ? » Captain Nemo : « Merci ! J’aime ta compagnie, tu sais atténuer mes douleurs ! »
Pénélopïä : « Si tu le veux, je t’apprendrai comment nous vivons tous ici ! » Captain Nemo : « Merci ! Cet endroit est paisible et je veux bien m’y arrêter ! » Pénélopïä : « Nous sommes tous un peu comme toi, tous arrachés à notre monde ! » Captain Nemo : « Je me faisais la réflexion… on se croirait dans une gare… »
Pénélopïä : « Viens ! Marchons le long de la plage ! J’aime bien ce petit vent frais ! » Captain Nemo : « Moi aussi et je trouve ça drôle ; c’est comme si je m’en souvenais ! » Pénélopïä : « N’y pense plus, ça reviendra sinon tant pis, que nous importe ? » Captain Nemo : « Tu as raison ! Je suis ici, je n’appartiens plus au passé ! »
« Nérätïs est tellement efficace qu’on a tendance à l’oublier.
Je l’ai observée et j’ai noté ses réflexions, ses mines songeuses, son regard épanoui lorsqu’elle croise Valérion ainsi que tous les membres des LLyrïädes et surtout sa patience infinie.
Côté professionnel, il n’y a rien à dire : On dirait que toute l’histoire de la médecine est condensée dans notre médecin-chef. Elle est l’incarnation de la sagesse et du dévouement. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Durant l’attente interminable, Nérätïs songe à l’avenir Comme si cette année prédisait qu’elle prenait un nouveau pli. Sur Atlantïs, son train-train stable n’était plus qu’un vieux souvenir Tandis qu’ici se précisait son rôle de femme accomplie.
Nérätïs n’avait pas prévu devoir rester autant de temps ; Ô ALLEGÔRÏÄ l’a traitée en tant qu’invitée permanente. Puis il y a eu des imprévus qui sont devenus importants Et dont personne n’a regretté ses interventions pertinentes.
Valérion, bien sûr, la rattache à Thestïäs ainsi qu’à la Terre Car son amoureux s’épanouit auprès d’amis si formidables. Et quant à elle, elle s’attache à cet esprit communautaire ; Le mal du pays s’évanouit face à son rôle indispensable.
Cinq mères de famille, six bébés, deux naufragés et même trois, Puis tous ces jeunes sympathiques qu’elle a su apprendre à connaître ; Elle sait bien qu’elle a succombé au charme de cet étrange endroit Et son besoin thérapeutique dont elle sait se faire reconnaître.
L’alerte est passée pour Lïlïth, le bébé est hors de danger, Puis Ledalïä et Geminïä sont dans un état stationnaire. Si Yanimïä lui facilite le suivi des mères allongées, Que dire du dévouement d’ÄLLÏÄ et de STELLÏÄ, sa partenaire ?
Vont-elles accoucher aujourd’hui ou aux premières heures matinales ? Elle préfère laisser la nature agir selon son propre rythme. Elle a plusieurs fois introduit le test du toucher vaginal, Surveillé la température et la fréquence des borborygmes.
Nérätïs peut paraître fière du suivi des futures mères ; Elle est satisfaite pour Lïlïth mais inquiète pour Pénélopïä Qu’elle n’a plus vue depuis hier en tant que nurse intérimaire Or d’habitude son élite la suit dans tout ALLEGÔRÏÄ…
« Il y a de l’effervescence : le travail aurait commencé.
Nérätïs a pris les choses en main en installant un dispensaire complet avec Yanimïä promue sage-femme.
Tout le monde se relaie au chevet des futures mamans pour détendre l’atmosphère mais les naissances se rapprochent et au dernier moment, ça devient crucial ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Nérätïs a aménagé un véritable dispensaire Dans les murs de l´ancienne chapelle dédiée à l’Ave Maria. Et comme elle l’a présagé, il s’est avéré nécessaire D’anticiper ce qu’elle appelle « l’avènement d’Ô ALLEGÔRÏÄ ».
Dès les premières contractions, elle conduit immédiatement Lïlïth, suite à sa V.M.E., puis Ledalïä et Geminïä, Près de la salle d’opération et vers la salle d’accouchement Dont pour l’occasion on promeut comme sage-femme Yanimïä.
Elles auraient souhaité accoucher dans les eaux du lac de Constance Mais Nérätïs a refusé pour raison de sécurité. L’obstétricienne les a couchées ensemble pour la circonstance Et les a toutes trois infusées pour toutes les opportunités.
L’ambiance est très décontractée et tout le monde se relaie Au chevet des futures mères et leur moral est remonté. Alinéor a concocté des canelés du bordelais Parfumés aux oranges amères et des boissons à volonté.
Valérion a pris sa guitare pour accompagner ORPHÉÔN Et le duo chante en l’honneur des trois naissances imminentes. Cristïäs a branché sans retard ses moniteurs sous les néons Et l’on a prévu les donneurs de sang selon les dominantes.
Laurelïne et Loreleï vont et viennent avec leurs bébés dans les bras Et Yavänor en réflexion – et ce depuis le mois de juin. Les autres filles interviennent avec couvertures et draps Et apprennent sous la direction de Nérätïs les premiers soins.
On ne compte plus les contractions mais on mesure les fréquences En surveillant tous les diagrammes qui défilent sur les écrans. On contrôle les dilatations, on pare à toutes les conséquences, Mais le stress s’invite au programme et toutes les femmes sont à cran.
(Suite et fin de « La pension de Mademoiselle Yvette»)
De la pension de Miss Yvette, j’ai conservé le souvenir D’une dizaine de sirènes assises au pied de mon lit. Elles faisaient toutes la navette, l’une après l’autre, pour venir Apprécier la queue sereine qui frétillait à la folie.
D’un mur d’eau elles apparaissaient comme une naissance aquatique Et me charmaient d’une voix claire et envoûtante tout à la fois. Et puis elles disparaissaient dans un fondu fantomatique ; Ce n’était pas pour me déplaire car je croyais rêver, ma foi.
Toutes les nuits du vendredi – date de mon fameux séjour – Je refais ce rêve imbécile de mes sirènes à la sauvette. Toujours est-il qu’un mercredi, j’ai reçu au courrier du jour L’invitation au domicile de qui ? De Mademoiselle Yvette !
Quand tu partiras à la pêche aux trésors sacrés des sirènes, Prend garde au regard de Neptune qui surveille le détroit chinois. Et s’il voit que tu te dépêches, fais attention à ta carène Car les récifs sur la lagune crèveront ta coque de noix.
Quand enfin les vagues profondes déposeront leurs perles marines, Tu comprendras que les voyages rapides apportent le malheur Car les tempêtes à la ronde et les grandes houles assassines N’épargnent jamais les rivages où l’on accoste bien avant l’heure.
Le scan de Cristïäs avait un défaut : il gérait mal les doublons. Ce n’était pas “un” mais “deux” rescapés du crash qu’on pouvait sauver.
La machine n’a fait que poursuivre ce pour quoi elle était programmée et c’est un solide gaillard qui renaît dans le laboratoire. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Cristïäs ? En fermant le labo… il y avait un signal sonore Et un message sur les écrans : “coordonnées déterminées”. J’ai laissé le cerveau-robot qui indiquait “contraténore” ; Le bip-bip m’avait mise à cran et puis j’étais exténuée ! »
Yanimïä lâcha sa remarque qui, auprès de Cristïäs, fit mouche … Il avait laissé l’appareil sous tension après leur départ… Alors, aussitôt, il débarque et voit s’inscrire dans le cartouche : “humain parė pour le réveil” surgir alors de nulle part…
Curieux, Cristïäs lance le transfert, intrigué de la coïncidence Alors qu’il avait vérifié tous les passagers de la liste… Pourtant… rien ne peut satisfaire à l’intérêt en évidence De comprendre et authentifier cet artefact probabiliste…
Contre toute attente apparaît un corps aux proportions parfaites, Dignes d’un héros homérique échappé d’une autre odyssée Où cette fois-ci disparaît cette suprématie surfaite De l’occidental empirique : un géant noir controversé.
« Chéri ? Que fais-tu donc ici ? » demande STELLÏÄ observatrice… « Regarde ! Il y avait deux hommes derrière une seule occurrence ! » Et Cristïäs alors officie la procédure créatrice Et voit apparaître en binôme une deuxième corpulence.
« C’est l’un des “Tuskegee Airmen”, un passager exceptionnel Qui réintégrait son escadre située à Villacoublay Pour ses aptitudes humaines et son cursus professionnel, Heureux de servir les cocardes françaises qui ne l’ont pas oublié.
« Where am I ? » et ça recommence ! STELLÏÄ morigène son mari Qui, pour une fois, est incapable de fournir une explication. « Partons rechercher la clémence auprès de ceux de même gabarit Pour répéter l’invraisemblable procédure d’acceptation ! »
« Ce soir c’est l’enterrement de l’ancienne vie de Glenn et le baptême de la nouvelle vie d’Altänor autour des bons plats d’Alinéor.
Un petit souci de grossesse vient troubler la soirée mais Nérätïs a pris aussitôt les choses en mains laissant les hommes continuer la fête tout en pensant à leur progéniture mais surtout à leurs épouses. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« De ton passé fais table rase ! Garde les meilleurs souvenirs Et tourne-toi vers l’avenir : tes amis et la femme qui t’aime ! » Dit Lïlïth et cette simple phrase convainc Glenn qui veut devenir Cet homme qui vient d’obtenir l’amour comme un nouveau baptême.
« Glenn Miller est mort dans la Manche ; désormais je suis Altänor ! » Dit-il en embrassant Lïlïth et puis tendrement Amellïä. « C’est comme si on était dimanche ! » Dit joyeusement Alinéor Avec des plats qui font l’élite selon l’avis de Ledalïä.
Mais Lïlïth fait une grimace… inquiet, Yavänor se rapproche « Le bébé bouge, j’ai un peu mal ! » dit-elle en se rasseyant. « Mais il s’accroche, il est tenace ! » Dit-elle sur un air de reproche « Décidément ces petits mâles ne sont pas toujours distrayants ! »
« Le mien aussi est batailleur ! » dit Ledalïä à Geminïä ; « Oui ! On peut le dire comme ça ! » grimace aussi cette dernière ; Nérätïs, assise en tailleur, se lève, renverse sa sangria Et prend note des ondes alpha issues de leurs moelles épinières.
« Libération d’ocytocine ; le col de l’utérus commence À se dilater et prévient que déjà le travail démarre ! Laissons les hommes à la cuisine discuter de leurs performances Et suivez-moi, comme il convient, au dispensaire, sans tintamarre ! »
« Je porte un toast aux nouveau-nés et à leurs mères, s’il vous plaît ! » Dit Yavänor levant son verre qu’Alinéor lui a rempli. « Lïlïth est femme chevronnée, le personnel est au complet, Et les deux autres ont le feu vert pour un accouchement accompli ! »
Et le trombone d’Altänor fait une prière musicale D’une suavité dévote aux déesses des maternités Accompagné par Yavänor pour une jazz-session amicale Et Valérion sur une gavotte à secouer les paternités.
Sous l’impulsion créatrice de Valérion, le trombone magique a provoqué la guérison de Glenn. Tout ce qui chante et joue sont venus participer au réveil du fabuleux musicien.
Amellïä en pleure de joie ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Mais Glenn éprouve beaucoup de mal à s’adapter à son statut Et, au fil des jours, il déprime, neurasthénique et solitaire. Amellïä sait que c’est normal ; elle fut elle-même abattue Tout son orchestre est mort en prime ! À jamais il sera tributaire…
« Il lui faudra beaucoup de temps à vaincre sa culpabilité ! » Dit Nérätïs pour rassurer une Amellïä en plein dilemme. « Il serait mort… C’est important ! Tu ne peux que te féliciter De lui permettre d’azurer une vie qu’il doit construire lui-même ! »
« Mais pas tout seul, tu seras là et pour un homme, ça compte beaucoup ! Il était musicien, je crois, comme Valérion, c’est une idée… Entre artistes et sans tralala… la musique peut marquer le coup Et un peu de chance en surcroît suffira à en décider. »
« Un Conn 6H, professionnel ! » annonce Valérion triomphant. « Ce n’est peut-être pas le tien mais il aime le blues et le jazz ! » Celui-ci est exceptionnel : cet instrument apostrophant Deviendra bientôt le soutien pour charmer bourgeois et bourgeoises ! »
Et Valérion d’interpréter un air connu de jazz manouche Tout en observant la lueur perlant dans l’œil du tromboniste. Glenn est debout, tout apprêté à continuer l’escarmouche Avec intérêt et sueur pour épater le guitariste.
Dans le dispensaire, c’est la fête ! On joue, on chante, on improvise ! ORPHÉÔN venu en renfort avec un scat impressionnant, ÄLLÏÄ avec sa voix de tête tandis que Glenn les supervise En chef d’orchestre qui, sans effort, redevient l’homme rayonnant !
Glenn alors essuie une larme sous l’œil de ses nouveaux amis Qui lui témoignent leur affection et toute leur envie de vivre. Il voit Amellïä pleine de charme et, profitant de l’accalmie, Vient l’embrasser avec passion sous les sifflets qui se délivrent.
Alton Glenn Miller, déclaré officiellement disparu en 1944, revient à lui en 2026 à Ô ALLEGÔRÏÄ.
Amellïä étant naufragée comme lui, a pris l’initiative de lui expliquer ses nouvelles conditions de vie.
Elle va avoir du travail… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Glenn crache l’eau de ses poumons et Nérätïs se précipite Pour lui mesurer la tension et tous ses indices vitaux. Yanimïä coupe son pantalon et sa chemise décrépite Pour le mettre en observation sous les moniteurs digitaux.
Toute la nuit Amellïä le veille et suit tout ce qui est prescrit ; De temps en temps, elle surveille l’affichage sur les appareils. Le lendemain, Glenn se réveille, reprend peu à peu ses esprits, Regarde autour et s’émerveille d’un étonnement sans pareil.
Glenn: « Where am I? Who are you? What on earth has happened here? » Amellïä: « Your plane crashed into the ocean! But we saved you from drowning there. » Glenn: « And what about the other ones? Were they rescued just like I was? » Amellïä: « I’m so sorry… none survived. You alone were brought back safe! »
« Enfin, contre toute espérance… » annonce Yanimïä en entrant ; « Notre patient se ravigote ! Affaibli comme tu l’as été ! » « Vous êtes français ? Je suis en France ? » balbutie Glenn, récalcitrant « J’ai donc dérivé vers la côte ? Mes amis doivent s’inquiéter… »
« Glenn ! » dit Amellïä sérieusement. « Sans m’interrompre, écoute-moi ! Ton avion a disparu le quinze décembre quarante-quatre. On l’a cherché abondamment pendant des jours, pendant des mois Et puis le temps a concouru ; l’espoir avait cessé de battre… »
« Moi, j’étais Amelia Earhart et le deux juillet trente-sept, Mon avion s’est écrasé… je serais morte en exercice… Mais le destin a d’autres cartes : j’ai été sauvée, ranimée Recueillie et puis transposée en l’an deux mille vingt-six.
« Deux mille vingt-six ? C’est impossible ! » s’écrie Glenn en se redressant. « C’est ce que j’ai dit, moi aussi et puis j’ai fini par l’admettre. Nous sommes – et c’est irréversible – des naufragés apparaissant Dans le futur en Helvétie ! » conclut-elle et sans rien omettre.
Illustrations de Ledalïä et photo de la promotion officielle du film biographique The Glenn Miller Story.
Rideau rouge et route barrée, déviation obligatoire Pour les usagers ordinaires qui devront rebrousser chemin. J’ai été déjà rembarré par cette interdiction notoire Alors que mon imaginaire avait envie d’y mettre la main.
C’est là qu’il y a déséquilibre entre adhésion et frustration Mais l’important est de savoir où sera le basculement. Si jamais l’homme n’est pas libre de gérer la saturation Celui qui aura le pouvoir prend le risque d’encellulement.
Les bras croisés forment un signal universel profanateur Et les jambes font un barrage dont le but est : déconcentrer. La déviation vaginale est imposée à l’amateur Qui, plus que force ni que rage, patientera avant d’entrer.
Fichu miroir aux alouettes ! Tu me tends et tu me tirailles ! Tu me fais tant tourner la tête à m’attirer dans ton vitrail ! Fichu oiseau de paradis, mes cheveux ne sont pas des vers ; Arrête un peu ta comédie et ton petit vice pervers !
Tu t’es logé dans la fêlure pour mieux piller mon horizon, Cherchant une moindre effilure afin de troubler ma raison. À force de tirer mes cheveux, à moi, la belle-au-bois-dormant, Tu crois m’offrir ce que je veux en me montrant ton bec gourmand !
Mais la vitre est un froid complice qui nous sépare du jardin, Et ton manège est un supplice pareil à un coup de gourdin. Va-t’en porter tes petits soins vers d’autres nids, vers d’autres cieux, Car mes cheveux ne sont, au moins, pas pour les oiseaux disgracieux !
Autant parler à un pigeon qui, eux, délaissent mes cheveux Pour préférer comme perchoir, mes deux mains, mes bras et ma cuisse. Sans oublier leur badigeon que chacun dépose quand il veut Et qui me transforme en séchoir à guano et s’en réjouissent.
« À la suite d’une requête présentée par Amellïä, la télémémoire a procédé à une analyse exhaustive des appels de détresse similaires émis entre 1930 et 1950.
Seules deux occurrences ont été détectées : le 2 juillet 1937, Amelia Earhart, 39 ans, à bord d’un Lockheed Electra, océan Pacifique. le 15 décembre 1944, Glenn Miller, 40 ans, à bord d’un Noorduyn Norseman, Manche.
Le conseil décide d’accorder un compagnon à Amellïä. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je me demande… » suggère Amellïä… « s’il y a d’autres naufragés Qui pourraient être récupérés comme tu l’as fait avec moi ? » « C’est trop de monde ! » réplique ÄLLÏÄ. « On ne peut pas encourager Des sauvetages inespérés à raison de trente par mois ! »
« Tu restes la seule exception ! » tranche Cristïäs. « En théorie, Je peux scanner ta décennie d’une manière automatique Et voir combien d’interceptions on obtient a posteriori… Et on pourrait… Que nenni ! C’est complètement utopique ! »
« Je voudrais simplement la liste et l’étudier de bout en bout ! » « Si c’est à titre scientifique et dans le but de progresser… Je peux explorer cette piste mais le transfert reste tabou ! » Dit Cristïäs toutefois sceptique à Amellïä intéressée.
« La télémémoire scannera les années trente et puis quarante En explorant tous les messages portant “Mayday” ou “S.O.S.” ; Et ainsi les imprimera avec coordonnées garantes : Nom, date et heure de passage ! » dit Cristïäs avec allégresse.
Plusieurs coups frappés à la porte réveillent Cristïäs le lendemain. C’est Amellïä qui ne renonce pas à son rôle de “profiler”. Sobrement, la liste comporte deux lignes brandies d’une main Qui tremble, frémit et annonce : « Seulement moi et Glenn Miller ! »
Conseil de famille des LLyrïädes à la demande d’Amélïä ; Son plaidoyer : une orpheline qui souhaite quelqu’un à ses côtés ; L’opposition voit des myriades de réfugiés, selon ÄLLÏÄ ; On vote et, d’une voix cristalline, STELLÏÄ dit : « Glenn est adopté ! »
Cristïäs est déjà aux commandes, Amellïä veille à la manœuvre. On repère l’avion crashé et Glenn en train de se noyer. La Vie se plie à la demande, l’Espace-Temps est mis à l’œuvre Et sa Matière est arrachée, puis est aussitôt convoyée.
« Amellïä s’est totalement intégrée et apprend vite.
“Recrue très intéressante” dit Yavänor ; “Femme intrépide” note Lïlïth ; “Vraiment très jolie” affirme Cristïäs ; “pas tant que ça” précise Ledalïä.
En tous les cas, personne n’est indifférent au charme qui se dégage d’elle. Il va falloir sans doute lui procurer chaussure à son pied… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Et les jours suivants, Amellïä connut ses nouveaux professeurs Yavänor, Laurelïne et Loreleï lui expliquèrent l’ÏÄMÔURÏÄ. Lïlïth, Geminïä, Ledalïä, ÄLLÏÄ puis STELLÏÄ – les deux sœurs – Lui enseignèrent, vaille que vaille, l’histoire d’Ô ALLEGÔRÏÄ.
La Guilde, la Téléportation et tous ses dérivés pratiques ; Elle fut accueillie sur Thestïäs et honorée sur Atlantïs ; Elle tomba en admiration devant le vaisseau galactique ; Instruite tantôt par Cristïäs, guidée tantôt par Nérätïs.
« On se croirait au Paradis ! » dit-elle, enjouée par le calme De ceux qui l’accueillent de pied ferme comme l’un des plus nobles éléments. « Et peut-être d’ici samedi, tu en découvriras la palme ! » Répond Lïlïth, bientôt au terme d’un bienheureux événement.
Au lendemain de l’arrivée, son avion la tourmente encore ; Cristïäs accompagne Amellïä pour le hisser sur des flotteurs. Il rafistole quelques rivets, change durites et raccords Et avec l’assistance d’ÄLLÏÄ refont démarrer les moteurs.
« La panne n’était pas si grave mais tu aurais dû te poser Et forcément faire naufrage mais sans espoir d’être sauvée ! » « Et avec le temps qui s’aggrave, j’aurais vite été supposée Disparue, frappée par l’orage ! » Dit Amellïä démotivée.
« Il n’est plus immatriculé et ne pourra donc plus voler… » « Pas sur Terre, non, mais sur Thestïäs ou Atlantïs, c’est fort possible ! Il pourrait être “Miraculé” et proposer des envolées Vers Guido-Rossum… » dit Cristïäs « et garanti insubmersible ! »
« J’aimerais bien ! » dit Amellïä. « Lui offrir une belle retraite, Le piloter pour d’autres tâches et découvrir d’autres contrées ! » « En attendant… » répond ÄLLÏÄ, « il sera de façon discrète Dissimulé sous une bâche pour éviter de le montrer ! »
Elle est encore déboussolée mais Alinéor nous a fait remarquer que quand l’appétit va, tout va !
Et puis, laissons la nuit nous reposer de toutes nos émotions du jour… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« My dear ! Do you like French cuisine ? » demande Alinéor prudemment Avec un plateau d’amuse-bouche et un ballon de vin rosé… « So much I love ! I had a cousine who lived in France on Lake Léman ! » « Je crois que j’ai fait une touche et ça mérite d’être arrosé ! »
« N’oublie pas de nourrir ton fils ! » glisse Ledalïä narquoisement… « Chérie, nous devons accueillir cet ange qui est tombé du ciel ! » Dit Alinéor depuis l’office d’où il ressort courtoisement Avec des plats qu’il fait jaillir d’un chariot providentiel.
« Vous êtes vraiment trop gentils ! And that really touches me deeply ! » Dit Amellïä qui vous dévore sandwiches, tacos & chicharrón D’une vigueur qui garantit que, s’il est un fait accompli, L’appétit d’une femme omnivore est signe que tout tourne rond !
« Vious vivez really tous ensemble ? » prononce-t-elle entre deux bouchées. « Oui mais, plutôt chacun chez soi… sauf Yavänor et ses trois femmes ! » « Seriously ? Tout cela ressemble à une grande chambre à coucher Comme au dortoir en Illinois where, one night, I became « Madame » ! »
« Oui… ça paraît très compliqué mais inutile de s’affoler ! Nos hommes sont très « gentlemen » et nous avons beaucoup de chambres ! » Précise Lïlïth impliquée dans son devoir caracolé D’une matriarche qui mène sa tribu… et surtout ses membres.
« Indeed ! Ça me convient très bien… je veux dire… pour une chambre libre ! » Avance Amellïä pince-sans-rire, « Je ne suis pas encore fixée ! Mais sinon vous êtes combien ? Is the gender ratio… équilibre ? « Heu… » dit Lïlïth dans un sourire, « le soleil vient de s’éclipser… »
Amellïä monte se reposer sous l’œil équivoque des Llyrïädes Qui guettent la moindre intention parmi la gente non dominante. Mais laissons la nuit se poser sur toutes les questions par myriades Qui vont retenir l’attention d’une aviatrice étonnante…
Mademoiselle Yvette était là et toutes les autres également ; Le « Miranda » aphrodisiaque était surtout érotomane. Cette nuit j’étais au Walhalla mais drogué inélégamment Par ces femelles paradisiaques, azimutées et nymphomanes.
On m’a soigné, on m’a baigné comme odalisques à leur sultan Et j’ai eu autant de massages que j’avais eu de favorites. Puis on m’a oint, on m’a peigné – sans que ça devienne insultant – Et l’on m’a cédé le passage vers la garde-robe émérite.
Tout frais moulu, vêtu de neuf avec ma valise à la main, Je me retrouvai à la rue encore étourdi de ma nuit. J’avais des souvenirs des meufs qui me suivaient sur le chemin Qui, peu à peu, ont disparu comme cette pension inouïe.
Tableau de Mark Tennant sur https:nevsepic.com.uaart-18-nyupage,2,22941-artworks-by-mark-tennant-106-foto.html .
Si dès le matin je m’habille et que le soir je me déshabille, J’aurai plus de vingt-mille fois subi cette crise de foi ! Maudit soit Dieu et son péché qui m’oblige à me dépêcher À croire que tout ce qui compte, c’est cacher mon cul de la honte.
Si Dieu était départageant, on n’aurait pas besoin d’argent, Arrivé en fin de carrière, une main devant, une main derrière, Nous serions doux comme des moutons sans savoir ce que nous redoutons Et tout ça pour naître tout nu et mourir sans déconvenue !
« C’est bien Amelia Earhart comme l’attestent ses papiers.
Mais une Amelia qui peine à comprendre ce qui lui arrive et à l’admettre. 89 ans de décalage, c’est dur à avaler !
Souhaitons-lui, tous, la bienvenue ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« For heaven’s sake ! Expliquez-vous ! » demande Amelia affolée. « En date du deux juillet trente-sept, vous seriez morte en exercice. Vous allez nous traiter de fous… nous vous avons carambolée Par une technologie secrète en l’an… deux mille vingt-six ! »
« VOUS ÊTES FOUS ! VOUS VOUS MOQUEZ ! C’EST IMPOSSIBLE ! » crie Amelia. « Regardez-nous, nos appareils, voyez la date sur la tablette ! » Répond Cristïäs interloqué, appelant discrètement Ledalïä Pour lui dire quelque chose à l’oreille… « What is this magic slate ? »
Voici Ledalïä qui apporte la pile de tous les magazines, Qui s’accumulaient dans l’entrée, pour les montrer à Amelia Qui pâlit sous l’émotion forte, tenue par Loreleï et Laurelïne Qui tentent de lui démontrer qu’il n’y a aucune paranoïa.
« Et nous avons gagné la guerre… Au moins, c’est une bonne nouvelle ! Aujourd’hui la paix est active et règne dans tous les pays ? » On intervient : « Il n’y a guère que l’occident qui se révèle Être dans une paix relative… » dit-on à la femme ébahie.
« Mais pouvez-vous me renvoyer à mon époque ? S’il vous plaît ! » Demande-t-elle larmoyante avec l’espoir du débutant. « Je ne veux ni vous fourvoyer ni remuer le couteau dans la plaie… Mais la réponse est effrayante : ce serait violer le cours du temps. »
« Vous m’auriez donc sauvé la vie ! » conclut Amelia dépitée. « J’ai quatre-vingt-neuf ans de retard à rattraper et… Oh my God ! Si les évènements ont suivi, je n’ai donc plus d’identité Perdue dans un futur mitard et, qui plus est, aux antipodes ! »
« Tu nous a et nous, nous t’avons ! Amellïä ! C’est ça l’important ! » Intercède Lïlïth prévenue de ce nouveau partenariat. « Nous autres également nous avons été soustraites à notre temps… Je te souhaite la bienvenue au sein de Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
Amelia Earhart, disparue sans laisser de trace, le 2 juillet 1937 au-dessus du Pacifique avec son avion – un Lockheed Electra est téléportée en 2026 par Cristïäs qui a capté “par hasard” son S.O.S. en testant la télémémoire.
Aviatrice mondialement connue, expérimentée, déterminée, habituée à prendre des décisions en situation de crise. Elle avait 39 ans. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Et soudain un avion survole les eaux du lac bleu de Constance Et vient s’écraser sans dommage sur la plage d’Ô ALLEGÔRÏÄ. Une femme à l’allure frivole, étourdie par la circonstance, Peine à s’extraire du fuselage et s’écrie « Ave Maria ! »
Sorti comme un diable de sa boîte, Cristïäs accourt vers la jeune femme Qui s’évanouit en prononçant : « Docteur Livingstone, je présume ? » D’une attention un peu benoîte, il crie, il exige, il réclame « Vite ! Un brancard et c’est pressant ! » devant cette issue qu’il assume.
« Cristïäs ! Mais qu’as-tu fais encore ? » demande Loreleï excédée. « Arrête, s’il te plaît ! » dit-il. « Je testais la télémémoire ; J’ai capté un appel sonore… d’un S.O.S. … et précédé D’un « Mayday » tellement… subtil… qu’il est gravé dans ma mémoire. »
« J’ai vu l’avion qui piquait tout droit et en plein pacifique Alors j’ai fait… sans réfléchir… un truc… j’étais bouleversé… J’ai… d’un seul coup, plutôt adroit … téléporté cet horrifique Appareil et l’ai fait fléchir après l’avoir fait traverser ! »
« On verra bien ! » Soupire Loreleï. « Je crois qu’elle revient à elle… Notre inconnue ouvre les yeux… regard d’acier inoubliable ! » « Good Lord… where am I ? Who are you ? What the hell ? » Cristïäs lui répond gracieux : « Vous êtes en vie… c’est formidable ! »
« Des Français en plein océan ? Heavens ! J’ai donc dû dériver… » « En Suisse… vous avez abordé… sur les rives du lac de Constance ! » Dit Cristïäs d’un ton bienséant. « J’ai vu ce qui allait arriver ; J’ai pu alors … vous transborder… votre avion et vous, en instance ! »
Méfiante, l’inconnue se dresse et observe les techniciennes « Au nom du ciel, qu’est-ce qu’il m’arrive ? Êtes-vous des savants nazis ? » Loreleï, d’un geste de tendresse, lui prend la main entre les siennes : « Bien sûr, vous êtes sur le qui-vive mais… le destin vous a choisie ! »
Cristïäs a pu récupérer par téléportation un tableau célèbre englouti avec le Titanic. Seulement voilà, cela pose encore de nouveaux problèmes. Décidément !
Quant au tableau “La Circassienne au bain” peint en 1814 par le peintre français Merry-Joseph Blondel, il a coulé avec le Titanic. L’œuvre est considérée comme définitivement détruite ou perdue à jamais au fond de l’océan Atlantique. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Un tableau très impressionnable ! Est-ce celui du peintre Blondel ? » « Oui ! » assure Cristïäs, connaisseur. « Coulé avec le Titanic ! » « Son prix doit être inestimable ! » dit ÄLLÏÄ mangeant son strudel Attablée auprès de sa sœur dans la cuisine alémanique.
« Oui ! Et c’est là tout le problème ; il est impossible de le vendre Sans révéler par quel moyen le tableau fut récupéré ! » Précise Cristïäs en plein dilemme. « Car même équipé d’un scaphandre, Le renflouement est kafkaïen et nul ne pourrait l’opérer ! »
« Nous avons donc une œuvre d’art aussi précieuse que la Joconde Mais impossible à exposer sans trahir notre procédé ! » Lâche STELLÏÄ d’un air pendard et très ironique à la ronde Qui laisse Cristïäs indisposé devant les LLyrïädes excédées.
« Une fois de plus ton appareil permet de pouvoir retrouver Des objets de grande valeur mais malheureusement invendables ! » Tranche Lïlïth, « Et c’est pareil pour l’or qu’Astérias a trouvé Dans les caves de son voleur dont la remise est improbable ! »
« Donc… nous avons accès à tout… sauf au droit d’en tirer profit ! » Conclut Lïlïth. « Je me demande… cette science a trop d’aléas ! » « Mais il nous reste plusieurs atouts ! » Répond avec philosophie ÄLLÏÄ de sa bouche gourmande : « Télémémoire et T.T.A. ! »
« À condition que le secret de fabrication soit scellé ! Donc… impossible, encore une fois, de l’exposer au grand public ! J’ai beau chercher et consacrer autant de temps à démêler Ce nœud qui atteint toutefois une vraie proportion biblique ! »
« En résumé, » conclut Lïlïth, « nous avons une technologie Qui demande une discrétion primordiale et fondamentale ! » « Ce n’est pas ce qui facilite la bonne intendance du logis ! » Tranche Alinéor avec sanction : « C’est le supplice de Tantale ! »
Illustration de Ledalïä, Lithographie du XIXe siècle réalisée par l’artiste Pierre-Joseph Tavernier, Peinture de reconstitution moderne à l’huile par l’artiste britannique John Parker.
Passé le test avec succès, on ne m’a pas donné de chambre Mais le nom d’une fille fut tiré dans une sorte d’entonnoir. J’ai compris que j’avais accès à suivre celle aux cheveux ambre ; Celle qui avait tout retiré excepté ses bottes en cuir noir.
Arrivé au petit salon, elle s’assit dans une Bergère Dont les oreilles semblaient lui dire les règles du jeu à mener. Elle écarta bien ses talons jusqu’à ce que ses cuisses de mégère M’invitent à lui approfondir ses idées malintentionnées.
Mais j’exagère ! Elle fut douce et apprécia mon offrande ; En retour j’eus droit au service réservé aux hôtes de marque. Au petit jour, elle était rousse et me semblait beaucoup plus grande… C’était Yvette dont le vice est la corde sensible de son arc.
Illustration de Luis Royo & Romulo Royo sur https:laberintogris.comen12-luis-royo-romulo-royo .
Dans la pénombre du printemps et la douceur d’une véranda, Huit ou neuf femmes m’attendaient pour satisfaire leurs appétits. Après mon voyage éreintant, je pris le verre de Miranda Qu’une femelle me tendait pour me sortir de l’apathie.
L’effet fut si revigorant que j’en ai eu une érection Tandis que les femmes gloussaient chacune avec son petit drapeau. Je les ai vues élaborant comme une sorte d’élection Tandis qu’elles se trémoussaient en les glissant dans un chapeau.
Mais ce n’était pas un chapeau mais une sorte d’entonnoir Et les drapeaux, un numéro, indiquant celui d’une chambre. Assise dans un fauteuil crapaud, Yvette maîtresse en son manoir, Extirpa celui de Caro, une fille aux cheveux, couleur ambre…
L’appât du gain peut occasionner des vols spectaculaires en offrant la tentation d’opérer ni vu ni connu car la technologie attire les convoitises.
Comme le suggérait déjà Platon avec l’anneau de Gygès, nul ne sait ce qu’un homme ferait s’il était certain de ne jamais être découvert.
Décidément la Guilde a du travail ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Si l’explosion fut anodine, le sol trembla sensiblement Et fut ressenti tout autour de la Deutsche Bank de Constance. Le lendemain, dès les matines, on commenta l’évènement Dans les journaux des alentours, en gros titres pour la circonstance.
« C’est drôle d’attaquer une banque allemande alors que les helvétiques Sont à deux pas ! » dit Alinéor le « Rorschacher Echo » en mains. « Ce sont des voleurs à la manque ! » répond ÄLLÏÄ d’un ton critique. « Les Irénée ? » dit Yavänor ; « Il faudra vérifier demain… »
« Justement non ! » dit Geminïä. « Mon chéri a bien vérifié ! » « Les Irénée ne sont pas bêtes et auraient attaqué Zürich ! » « Alors Cristïäs ? » dit Yanimïä, « Serait-il mieux qualifié Pour mener une double enquête avec les ondes telluriques ? »
Depuis l’office un « Dring Dring » sonne… « On a un téléphone ici ? » « C’est Astérias ! » dit Geminïä, « ou du moins sa ligne directe ! » Elle décroche l’interphone et puis raccroche et balbutie : « Il vient à Ô ALLEGÔRÏÄ… Il trouve l’affaire suspecte ! »
Quelques heures plus tard, les Atlantes arrivent avec Astérias : « Nous avons fait le distinguo sur cette affaire autant qu’on puisse Pour découvrir le dilettante, copiant les travaux de Cristïäs, Pour téléporter les lingots du coffre d’une banque suisse. »
« Mais Constance est en Allemagne ! » Dit ORPHÉÔN élevant la voix. « La géographie l’a trahi car cette matière n’est pas son fort Et il a fait comme ta compagne : il a téléporté deux fois ! Et l’antimatière a jailli pulvérisant le coffre-fort ! »
« Le coupable était l’un des nôtres ; il faut donc surveiller nos rangs ! Poursuit Astérias en colère. « Mais jamais la Guilde ne dort ! Surveillez-vous les uns les autres car l’appât du gain est courant ! » Mais Cristïäs coupe tutélaire : « Je suis moi-même faiseur d’or ! »
Apparemment. Mais Irénée-le-jeune préfère en être sûr et va vérifier par lui-même. On n’est jamais trop prudent. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Ce n’est pas à un vieux pirate qu’on apprend l’art de la rapine. Ceux qui n’y font pas exception s’appellent tous les deux Irénée. Mais quant au Plan Télépirate, la chose qui les turlupine N’est pas le plan de répression mais plutôt comment le contourner…
Cependant le bilan est bon ; la contrebande a rapporté ; On se partage le butin à quatre-vingt-dix-huit pourcents. On se partage le bonbon ; les deux pourcents sont reportés Comme « saisie » sur traîne-patins, filous et mauvais commerçants.
Irénée-le-jeune est content, il a trouvé les deux pourcents Mais qui, pour lui, en valent cent car il ne connaît pas l’astuce. Pourtant… au bout d’un certain temps… il trouve quand même bouleversant Que ce ne soit ni décroissant, ni croissant, mais toujours le même quitus…
Qu’à cela ne tienne ! notre Irénée va jouer l’apprenti-détective Et s’en va rôder sur Thestïäs avec les appareils d’ÄLLÏÄ. Et sa confiance est réfrénée par les contrôles qu’il invective Et transmet les chiffres à Cristïäs qui les épluche avec STELLÏÄ.
Pris la main dans le sac pour fraude, les Irénée jouent l’innocence : « C’était un test pour vérifier si ton contrôle était parfait ! » Bien que l’excuse le taraude, le jeune y voit obéissance Mais sait qu’il devra clarifier leurs manigances, tout compte fait.
Et pour cela, il établit un poste d’agent d’expertise Avec le contrôleur d’impôts en charge de la capitale Qui, pour faire bonne mesure, publie chaque mois ce qu’il stigmatise, Comme infraction fort à propos, télétransmis par voie postale.
« Et ça nous coûtera combien ? » demande un Irénée à l’autre ; « Dix pour cent sur ce qu’il contrôle ; le prix pour qu’il baisse les yeux ! » « Donc… tout est bien qui finit bien ! » dit Irénée-l’ancien qui se vautre Sur un immense sac bleu-pétrole plein des derniers vols prestigieux.
« Les dernières investigations confirment que plusieurs tentatives de dark-téléportation pourraient échapper aux protocoles de contrôle. Une telle technologie, si elle venait à être reproduite ou détournée, pourrait compromettre l’intégrité des réseaux interalliés ainsi que la sécurité des personnes.
La Guilde a donc autorisé la mise en œuvre du plan “Télépirate”, destiné à éprouver nos propres défenses avant que d’autres ne le fassent à sa place. J’invite chacun à considérer cet exercice avec le plus grand sérieux. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Sur Atlantïs, on met en place le plan nommé « Télépirate » Afin de poursuivre et sévir contre tous les contrevenants Traquer tous ceux qui se déplacent d’une manière disparate Sachant qu’ils risquent de se servir de fourberie à tout venant.
Chez les LLyrïädes, on fait pareil pour chasser les contrebandiers ; ORPHÉÔN-ÄLLÏÄ sont pirates ; Cristïäs-STELLÏÄ sont contrôleurs. Chacun sur ses propres appareils tente de remporter la palme : Déjouer le plan Télépirate ou déjouer les gens stipendiés.
Sur Thestïäs, les deux Irénée ont promis de jouer le jeu Mais c’est pour mieux se renseigner sur la « dark-teleportation ». Or pour traquer les Irénée, c’est le jeune qui sera l’enjeu Du contrôle de ses aînés par l’instinct de la filiation.
Désigner ÄLLÏÄ scélérate ? Le risque ne manque pas d’audace ; On se souvient de l’explosion due à l’abus d’antimatière ! Mais pour mieux traquer les pirates, c’est elle la plus efficace Et STELLÏÄ en opposition sera son meilleur adversaire.
Chaque équipe a son atelier et son propre réseau d’espionnage ; C’est de bon ton et ça permet de coller la réalité. Bien sûr, on est interallié avec le même contrespionnage Et Atlantïs est informée de toutes les activités.
ÄLLÏÄ trafique de bon cœur mais STELLÏÄ déjoue tous les types ; ORPHÉÔN se montre ingénieux mais Cristïäs trouve la riposte. Il n’y a ni vaincu ni vainqueur ; on intervertit les équipes Et c’est ce qui se fait de mieux pour faire évoluer tous les postes.
On y consacre une heure ou deux par jour car la vie continue ; Les trois naissances se rapprochent et chacun connaît son devoir. Parfois un concept hasardeux se développe et s’insinue Mais l’équipe adverse l’accroche avant qu’il acquière du pouvoir.
Je conserve un bon souvenir de cette pension agréable Et surtout de sa chère hôtesse prénommée Mademoiselle Yvette. Je ne l’avais pas vue venir dans son petit imperméable Car il pleuvait, je le confesse, comme vache qui pisse sur la Croisette.
Une fois ôté l’imperméable, elle m’apparut entièrement nue En me souhaitant la bienvenue dans son auberge naturiste. Ce n’était pas désagréable sauf que n’ayant pas été prévenu, J’ai dû paraître saugrenu par ma valise antagoniste.
Mais elle m’emmena au vestiaire où mes habits furent confiés À la blanchisserie annexe car sa mère était lavandière. Tout nu, j’affrontai un bestiaire de femelles authentifiées Prédatrices regardant mon sexe comme une proie incendiaire…
Du vin blanc pour ses cheveux blonds afin qu’il lui monte à la tête Afin de la faire sortir de son fichu maudit bouquin ! Et pour la rousse, du houblon qui puisse la rendre un peu pompette ; À la limite, l’assortir au type irlandais plus rouquin.
Quant à la brune, pas de problème, qu’il soit rouge ou gris ou rosé, Ce sera du pareil au même, elle dormira toute la nuit. Si le porto pose un dilemme, il faudra quand même l’oser Si jamais elle dit qu’elle vous aime, au douzième coup de minuit.
Ô ALLEGÔRÏÄ est en fête avec bal populaire, banquet traditionnel de la région et feux d’artifice.
Finalement, la téléportation a du bon pour réunir les gens de bonne compagnie. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Les colloques vont avec le corps et avec des réjouissances ! Le « Bodensee Musikanten » qui anime les bals populaires Est venu, selon nos accords, proposer musiques d’ambiance Pour danser près de la fontaine sous les lampions crépusculaires.
Tandis qu’Astérias et Thétïs ouvrent le bal avec finesse, Ils sont rejoints par les jeunes couples que le colloque a réunis. Valérion avec Nérätïs invitent toute la jeunesse Et les Irénée, toujours souples, vont danser sans cérémonie.
Devant, des tables sont dressées avec buffet suisse-allemand Car Alinéor en bon traiteur sait comment plaire à tout le monde. Et Yavänor s’est empressé d’installer les futures mamans Dans un espace prometteur et ombragé sous la rotonde.
Rösti, Bratwurst et Pommes-frites récoltent beaucoup de succès Avec fromages Appenzeller, Pinot, Riesling et vins rosés. Wähen aux fruits ont du mérite et chacun de se propulser Entre les stands très populaires des spécialités proposées.
Pour ceux qui se sentent fatigués, la maison s’est développée De plusieurs chambres confortables aménagées dans les greniers. ALLEGÔRÏÄ a prodigué des grands lits tous enveloppés De moustiquaires transportables contre les moustiques saisonniers.
On rit, on chante et on discute avec des grands éclats de voix Et, loin des convives d’âges mûrs, les jeunes faunes et faunesses. Parfois éclate une dispute, les Irénée sont aux abois ; On les a mis le dos au mur et ils défendent leur bizness.
Enfin un grand feu d’artifice sur des barquettes à fond plat Clôture avec son et lumière le festival entériné. Les artificiers à l’office régalent de tous les éclats De couleurs en avant-première et la journée est terminée.
Cristïäs a supervisé l’enregistrement et a produit un disque souvenir qu’il a remis à chaque membre participant au colloque.
Chacun est ravi de son mémorial. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Chanson des Atlantes Depuis dix-mille ans aujourd’hui, les Atlantes étoffent la Mantisse Depuis les premières navettes jusqu’aux portes interplanétaires. Leur technologie a produit le summum auquel aboutissent Les expériences qui brevettent leur savoir-faire propriétaire.
Chanson des Irénée Avec l’aide de l’univers et des connexions cérébrales Les Irénée, par la pensée, ont relié les dimensions Par le concours des trous de ver et les commandes palpébrales Les distances sont compensées par le pouvoir de l’intention.
Chanson des LLyrïädes La découverte du Poïnt ZérÔ et des nombres transimaginaires A ouvert de nouvelles voies et nouvelles applications. Grâce à l’étoffe des héros dont les LLyrïädes originaires Sûrent prêter l’oreille à la voix de leurs quatre générations.
Le blues du voyageur En pliant l’espace de travers, je me suis perdu dans le piège D’une planète aux habitants aussi étranges qu’hermétiques, Dont le langage fut un calvaire et sans l’assistance du siège De ma patrie m’habilitant à mon retour hypothétique.
Magouille blues Ni vu ni connu je t’embrouille, tout n’est qu’un tour de passe-passe ; Hier, j’étais ici et là-bas, demain sans doute nulle part. Je suis le roi de la débrouille qui plie et qui déplie l’espace Au gré de ses moindres combats, incessamment sur le départ.
Complainte des mondes perdus Derrière le seuil des connaissances, il y a les mondes oubliés ; Mondes perdus derrière un vide jamais atteint par la lumière. Personne n’a vu la naissance du moindre atome publié, Personne n’a été avide d’en connaître la raison première.
Au-delà du mur de la lumière Tous les cris à travers l’espace, les échos de la création, Tous les trous noirs supermassifs et toutes les fontaines blanches. M’ont montré tout ce qui se passe derrière le mur de diffraction Où vont les tachyons permissifs qui créent le monde en avalanche.
« Après le colloque, tous les compositeurs se réunissent. Ledalïä et Geminïä à la partie lyrique ; Nérätïs et Valérion à la partie musicale.
On s’amuse à parodier mais pas trop, Mêler l’humour et l’amour, Mais surtout réussir le spectacle. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
L’après-midi chacun compose, les musiciens comme les choristes. Si Geminïä et Ledalïä s’attaquent aux textes sur le préau, Valérion, quant à lui, propose à Yavänor d’être bassiste Et à ORPHÉÔN et ÄLLÏÄ de chanter ensemble en duo.
Alinéor aux casseroles s’entraîne pour les percussions. Le premier texte est proposé à Valérion et Nérätïs Qui déposent sur les paroles des notes dont la répercussion Apporte un rythme supposé inspiré des chants d’Atlantïs.
Deuxième texte, les Irénée sont mis alors sur la sellette Avec humour, point trop n’en faut, un petit peu de théorie, Tout ça sur un rythme effréné assez vieillot et obsolète Pour se moquer de leurs défauts et n’en déplaise si on rit !
Troisième texte sur les LLyrïädes, on se fait un peu moins moqueur Seul Cristïäs en fera les frais… mais le point d’orgue au Poïnt ZérÔ ! Avec des solos par myriades et des refrains repris en chœur Et pour que ça fasse plus vrai, on fera l’ovation aux héros !
Un blues sur les égarements, un autre sur la contrebande En y mettant beaucoup d’humour pour ne pas réveiller le zèle. Pour éviter l’effarement, on le jouera en sarabande Avec de jolis mots d’amour à faire se pâmer les demoiselles.
« J’aimerais bien un instrumental afin que chacun imagine La téléportation chantée selon ses mots qu’il y insère, Sur un mode expérimental, moderne, branché et androgyne ! » Propose Valérion enchanté de la tournure du concert.
Sept chansons sont prévues et l’instrumental au début Pour que les invités s’installent et puissent s’imprégner de l’ambiance. Toutefois en cas d’imprévu, c’est le talent qui contribue À surprendre toute la salle afin d’en captiver l’audience.
Sur proposition d’Astérias, les Atlantes, les Llyrïädes et les Irénée se rassemblent pour créer la Guilde Tripartite chargée de contrôler la Téléportation dans l’univers connu.
Chaque partie a approuvé et ratifié les textes votés à l’unanimité. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Effervescence dans le Hub où les Atlantes sont rassemblés ; Astérias et Thétïs en tête dirigent leur délégation. Les Irénée membres d’un club qu’ils ont constitué d’emblée Et les LLyrïädes dont les vedettes couvrent plusieurs générations.
La table ronde monumentale accueille alors les trois parties Dans une ambiance détendue où se croisent plusieurs dialogues. Sous les bannières ornementales consciencieusement réparties, L’ordre du jour est entendu dès l’ouverture du colloque.
« La téléportation devient une arme et donc une responsabilité ; Elle ne sera pas un privilège et elle doit être régulée ! » Dit Astérias sonnant l’alarme face à toute possibilité Qui entraînerait le sacrilège de s’en servir pour spéculer.
Atlantis possède la Mantisse, depuis des siècles, élaborée ; Les Llyrïädes et la congruence des nombres transimaginaires : Les Irénée qui garantissent des trous de ver corroborés ; Enfin la Terre dont l’influence reste à ce jour embryonnaire.
Ainsi un ordre tripartite doit aujourd’hui être créé Pour éviter toute dérive, tout abus et toute effraction. Et la contrebande interdite, obstacle au commerce agréé Pour éviter ce qui arrive par certaines mauvaises actions.
Le compte-rendu est signé après l’assemblée générale Et un premier texte de loi ratifié par chaque partie. Les Irénée sont résignés ; adieu magouilles collatérales Et Cristïäs, heureux comme un roi, des échanges en contrepartie.
ORPHÉÔN propose de fêter l’événement par un concert Commémoratif du colloque et spécifique à chaque thème. Chacun est alors invité à rester le temps nécessaire De monter le spectacle ad hoc organisé pour le soir même.
Madame Prudence a trois têtes pour ne pas se laisser surprendre Par le passé, par le présent et le futur… sait-on jamais ! Ainsi parée pour la conquête du bonheur qu’elle veut entreprendre, Son discernement omniprésent la met en garde désormais.
Comme elle ne prend aucun risque, elle a tendance à se relâcher, Certaine de savoir prévoir tout ce qui a du potentiel. Sans assurance multirisque dont elle a su se détacher, Voilà qu’il s’est mis à pleuvoir tout un déluge tombé du ciel.
Ses trois regards font la clôture mais aucun ne voit le zénith, Négligeant la haute aventure qui dépasse le vieux récit. Quel comble de déconfiture tombant du haut de son monolithe Qui lui fait la céleste injure ruinant ses calculs sans merci !
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Dans une spirale incongrue et des yeux de plumes de paons, Quelques poissons batifolant sur un pont suspendu dans l’air, Un couple sur le pied de grue attendant l’heure du serpent Avec un tournesol volant muni d’une hélice solaire.
Rajoutez quelques fleurs des champs, coquelicot et pissenlits ; Trempez quelques clefs du mystère qui n’ouvrent aucune serrure ; Vous aurez un cadre approchant à donner le torticolis À toutes les fées de la Terre qui cherchent une belle parure.
Et si l’esprit aventurier vous titillent les doigts de pied, Enfourchez donc un poisson-chat et partez faire un tour en mer ! Ne prenez pas un long courrier, ni un vieux bateau de papier Mais soyez votre propre pacha, un véritable loup-de-mer !
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Et tu remets ça chaque fois que je monte en haut de ta tour Et que j’observe mon cheptel de muses que les murs érotisent. Mon œil diffracte, dès qu’il vous voit, la lumière sous vos beaux atours Et vos corps nus comme un cocktail m’énivrent autant qu’ils m’hypnotisent.
Alors les muses se déploient comme un bouquet d’ondes charnelles ; Leurs cheveux flottent dans l’espace en rubans d’électricité. Et moi je dérive à la fois parmi leurs silhouettes fusionnelles Comme un naufragé qui s’efface au seuil de leur pluralité.
Le monde entier devient ludique autour de leurs géométries ; Chaque regard ouvre une porte à d’autres réalités du corps. Et mon âme, presque impudique, suit leurs dolentes symétries Jusqu’à sentir qu’elles m’apportent l’amour fondu dans le décor.
Quand je te vois, ma vue se trouble mais il faut dire que tu abuses De ton pouvoir d’imaginer, pour moi, les pires positions ! Par moment je te vois en double, accolée à une autre muse, Et parfois toute laminée en ondes de composition…
Tes formes glissent dans ma tête en fractales hallucinatoires ; Je ne sais plus si je contemple un corps ou ses mille visions. Ton image devient secrète au cœur des lumières vibratoires Et mon désir soudain ressemble à mille mouvantes fusions.
Les couleurs me traversent en fièvre en déroulant leurs labyrinthes ; Je crois parfois toucher ta peau dissoute dans l’immensité. Même mon cœur déploie ses lèvres sur ces psychédéliques étreintes Quand tes courbes changent les tableaux en voluptueuse unité.
Mes foldingotes continuent à me faire tourner en bourrique Ou plus exactement elles tournent en ridicule ce poème. Maintenant, le doute s’insinue… sont-elles quatre muses hystériques Ou une seule qui me retourne quatre caractères bohèmes ?
J’ai tenté de m’en rapprocher pour la saisir entre mes mains Mais elle m’a glissé des doigts comme une savonnette de Marseille. Oui mais… comment lui reprocher de vouloir remettre à demain Une rencontre comme il se doit, conforme à ce que je le lui conseille ?
Alors je les laisse tourner elles finiront par fatiguer Et je verrai si elles sont quatre ou bien en un seul exemplaire. Mais au bout de quatre journées, elles ont fini par prodiguer Un tournis tel qu’il va m’abattre et ce n’est pas pour me déplaire.
Faute de bateau, on fait le tour du lac en poissons-chats, s’il vous plaît !
Pauvres Cristïäs et Irénée qui ont voulu faire la course contre les sirènes et se retrouvent les quatre fers en mer !
Les autres en ont profité pour baliser les points intéressants autour du lac. On ne sait jamais, ça peut toujours servir. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Faire le tour du lac de Constance en bateau autour des montagnes, Est une aventure magnifique qui nécessite de naviguer Entre trois pays de prestance : la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne En quatre à cinq jours pacifiques pour ne pas trop se fatiguer.
Mais en une seule journée et sans le permis spécifique, C’est en chevauchant les silures que cela demeure possible. Douze silures furent détournés pour leurs capacités physiques Et harnachés à l’encolure pour une course submersible.
Les quatre sirènes en éclaireuses avec Yanimïä et Laurelïne, Les six compagnons en scaphandre et plus ou moins de maladresse, Partent pour une doucereuse et drôle balade sous-marine Mais sans vraiment vouloir prétendre le faire pour prouver son adresse.
Mais les sirènes sont acerbes et leurs critiques redoutables Alors Cristïäs et Irénée ne voulant pas être humiliés S’élancent dans une course superbe défiant les filles indomptables Mais il n’est pas encore né, celui qui les fera plier.
Les poissons-chats à fond de train, on fait le fier et le bravache Mais les silures excités désarçonnent vite leurs cavaliers. Les sirènes rient avec entrain, les fiers-à-bras trouvent ça vache Mais contrer six fières garçonnes, il faudrait être fou à lier !
Quant à ORPHÉÔN, Yavänor, Valérion et Alinéor Ils ont trouvé beaucoup plus sage d’apprécier le paysage Et comme ils ne perdent pas le nord préfèrent rester en quatuor Et profiter de leur passage pour faire les premiers balisages.
Et Alinéor découvrir la véritable utilité De ses précieuses boîtes de thon comme balises de fortune. Il ne va pas longtemps souffrir ; une commande de mille unités Est partie vers le Cap Breton pour une livraison opportune.
Nous connaissons tous Éolïäne, le petite nouvelle peste ; Nous connaissons tous Éölïäne, la petite sirène des Reflets-Vers ; Nous connaissons tous Éôlïäne, apprivoisée comme l’atteste Son lien d’origine océane et notamment ses cheveux verts.
Or il en est une quatrième et là le poète s’y perd… Elle s’appelle Azurianne et arbore des cheveux bleus ! Et là, je nage en plein dilemme et j’en oublie tous mes repères ; J’en ai perdu le fil d’ariane depuis le début, sacrebleu !
Difficile de les distinguer car elles sont à poil tout le temps Et à observer ses nichons, je ne retiens pas son visage. En plus, elle fait valdinguer son popotin déconcertant Et me traite de vieux cornichon en se fondant dans le paysage.