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  • Ôkapïä

    «
    Les travaux de Cristïäs sur les nombres transimaginaires ont suscité une question inattendue :

    Si le Poïnt ZérÔ permet de relier les mondes, intervient-il également au commencement de la vie ?

    Les archives atlantes mentionnent une ancienne hypothèse nommée Ôkapïä.

    Nous avons décidé d’en examiner les principes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Ôkapïä

    L’âme qui s’incarne vient-elle d’ailleurs ou est-elle contenue dans l’œuf ?
    Examinons ce qui se passe au moment de la conception !
    Le Poïnt ZérÔ ravitailleur d’âmes contacte l’ovule tout neuf
    Et transmet en pliant l’espace sa toute première connexion.

    Or si l’âme a choisi sa mère pour son cœur ferrique et doré,
    Elle a surtout été happée par les points transimaginaires
    Qui l’ont fait opter pour ce père qu’elle commence à adorer
    À cause d’une priapée révélée extraordinaire.

    Ce qui explique que la physique ignore les choses de l’âme
    Alors qu’au contraire l’amour attire les liens de la vie.
    Le temps devient une musique, la matière l’onde d’une flamme
    Et l’espace plie sous les mamours de deux orgasmes assouvis.

    Les uns disent qu’elle est dans le sang, les autres parmi les neurones ;
    En réalité Ôkapïä est un nuage d’ondes vierges
    Qui va d’abord prendre l’accent au ton de la progestérone
    Qui s’instille pour l’immédiat dans les cellules qui convergent.

    Ôkapïä n’existe pas encore mais bientôt l’âme résonnera
    Pour s’insinuer dans les os et les tissus immaculés.
    Elle prendra possession du corps, l’habitera, l’arraisonnera,
    Et se diluera dans ses eaux comme un signal inoculé.

    Pour l’instant Ôkapïä voyage dans un petit œuf minuscule ;
    Elle a le temps et en profite pour s’incarner dans la matière.
    Elle sent son petit nuage imprégner une seule cellule
    Afin d’être prête au plus vite pour une vie à part entière.

    Dors, victorieuse Ôkapïä, dors ! Ta vie commence dès aujourd’hui
    Tu fais partie d’un vaste plan et ta destinée est immense !
    Lune d’argent et soleil d’or guident la route qui te conduit
    Vers un avenir ressemblant à une véritable romance.

    Illustration de Ledalïä.

  • À 2kπ près

    « Les transimaginaires.

    Réveillée par un cri de “Eurêka !” provenant de la cuisine, j’ai constaté la présence de Cristïäs en pleine démonstration devant un tableau de courses.
    L’intéressé soutenait avoir découvert un nombre transimaginaire, noté Ô, permettant de relier les deux infinis par le Poïnt ZérÔ et d’expliquer le principe de la translation sans déplacement.
    Alinéor assistait à l’exposé avec un calme remarquable. Les circonstances exactes ayant conduit à cette illumination demeurent sujettes à interprétation.

    La théorie sera examinée ultérieurement… à 2kπ près. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Arrête de tourner en rond au nom du ciel ! » glapit STELLÏÄ !
    « Depuis ce soir tu me fatigues avec tes transimaginaires ! »
    « Mais mon amour… c’est le fleuron de mes fractales de Julia
    Qui ont permis le point prodigue ! » répond Cristïäs, l’air visionnaire.

    « Oh, je vois… » réfléchit STELLÏÄ… « si ton masculin positif
    Joint mon féminin négatif au point G – ou au Poïnt ZérÔ –
    Je suis sûre que cette “Julia” verra mon côté sensitif
    Devenir plus pénétratif que toi, mon chéri, mon héros ! »

    « Laisse-moi t’expliquer, mon amour ! » dit Cristïäs en cherchant ses mots.
    « Imagine l’espace infini chevauchant sa moitié ouverte… »
    « Je vois très bien, non sans humour, tes trucs infinitésimaux
    Remonter en catimini ma matrice à la découverte… »

    Répond STELLÏÄ montrant les courbes hyperboliques de ses seins
    Dans un striptease énamouré d’un Cristïäs mathémagicien
    En même temps que le geste fourbe asymptotique du bassin
    Tout en le laissant savourer l’appel psychosomaticien.

    « Si Paris vaut bien une messe… alors les transimaginaires
    Attendront bien demain matin ! » sourit Cristïäs en rejoignant
    La courbe délicate des fesses de STELLÏÄ, non imaginaires,
    Mais bien réelle sur le satin des draps soyeux et rougeoyants.

    Sans doute que le mouvement exponentiel des deux amants
    Fait un tout autre cheminement, du périnée à la couronne,
    Et qui par un résonnement vise à infliger ce moment
    D’une théorie ingénuement entre un luron et sa luronne…

    Et c’est au moment de l’orgasme que Cristïäs sort en s’écriant
    « Eurêka ! » surgissant tout nu devant Alinéor débonnaire.
    À 2k π près, sans sarcasme, Ô devient alors congruant
    Au Poïnt ZérÔ circonvenu à mes nombres transimaginaires !

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Danse avec le loup

    Danse avec le loup

    Le chaperon rouge a grandi, apparemment le loup aussi,
    Et leurs jeux se sont transformés en jeux pour grands adulescents.
    Aussitôt que le loup brandit son corps velu bien dégrossi
    La fille, faite et bien formée, se jette dans ses bras turgescents.

    Et c’est parti pour une danse avec un loup libidineux
    Et une fille délurée d’après ce qu’en dit la hulotte
    Qui les a vus en évidence partir entre les résineux
    Faire un tango démesuré sans chaperon et sans culotte.

    Ça s’est passé dans les fourrés sans autre forme de procès
    Le loup est sorti l’air ravi, elle avec les yeux vers le ciel.
    Mais il n’y a pas de coup-fourré ; ils ont juste crevé un abcès
    Et qui leur pourrissait la vie mais… chut ! Il n’y a rien d’officiel !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Dans le cadre

    Dans le cadre

    Pour rentrer dans le cadre, il faut courber la tête,
    Arrondir les épaules et puis s’asseoir par terre.
    Puis répondre aux questions mais en prenant l’air bête
    De celle qui obéit aux hommes autoritaires.

    Mais pour sortir du cadre, on peut toujours rêver…
    Quitter le quotidien et s’en aller ailleurs.
    Cesser d’avoir sa place à jamais enclavée
    Dans celle d’un séducteur, un vrai bourreau des cœurs.

    J’ai connu l’HyperCadre et son joli programme
    Il m’a nourri un temps et assuré le gîte.
    Aujourd’hui ce n’est plus qu’un ancien hologramme
    Qui brille en souvenir mais qui a pris du gîte.

    Tableau d’Akzhana Abdalieva sur https:bibliocolors.blogspot.com201111univers-femeni-universo-femenino-female.html .
    HyperCadre était le nom de mon logiciel de gestion qui m’a fait vivre pendant 13 ans.

  • Irénée lequel ?

    « Les investigations menées à la suite des incidents de téléportation ont permis d’établir que plusieurs témoignages reposaient sur une erreur d’identification.

    Les individus que nous pensions être Irénée-le-jeune et Irénée-l’ancien étaient en réalité Irénée-l’ancien et son frère, Irénée-l’ancêtre, ce dernier ayant volontairement emprunté l’apparence vestimentaire du premier.

    Cette méprise explique plusieurs incohérences relevées dans les précédents rapports, notamment la présence simultanée de comportements incompatibles avec l’emploi du temps connu d’Irénée-le-jeune.

    Je présente donc mes excuses aux personnes injustement soupçonnées.
    Je ne présente, en revanche, aucune excuse aux deux autres Irénée qui ont délibérément entretenu cette mystification. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Bonjour chérie et bonne pêche ! » clame Irénée-le-jeune en verve
    Mais lorsqu’il voit sa Geminïä, il sait qu’il y a anguille sous roche…
    « Pourquoi donc cet air de pimbêche ? Pourquoi es-tu sur ta réserve ? »
    Dit-il étonné lorsqu’ÄLLÏÄ lui dit : « Tu sais bien ce qu’elle te reproche ! »

    Il écarquille alors les yeux : « Quoi ? Mais… que suis-je donc censé savoir ? »
    « Stop ! Tu t’es bien moqué de nous avec ton arrière-grand-père ! »
    « Mais… le temps était capricieux… après, il s’est mis à pleuvoir…
    Enfin, j’étais sur les genoux mais avec des poissons hors pair ! »

    « Que veux-tu dire ? » ironise-t-elle. « Où étais-tu ces derniers jours ? »
    « Parti pêcher ! » dit Irénée. « On n’avait pas besoin de moi ;
    On m’a signalé des truitelles et suis parti faire un séjour
    À faire une pêche effrénée, pour nous, jusqu’à la fin du mois ! »

    « Mais alors… QUI a secondé Irénée-l’ancien sinon toi ? »
    Demande Geminïä soupçonneuse… « Pourtant maintenant que j’y pense…
    Je t’avais trouvé transcendé, plus mature et discourtois,
    Avec une joue boutonneuse et, je crois bien, un peu de panse… »

    « Et un peu grisonnant peut-être ? » demande Irénée prudemment…
    « Oui, tout à fait ! » acquiesce Lïlïth. « Un peu plus vieux que d’habitude ! »
    « Alors c’est Irénée-l’ancêtre ! Frère de l’ancien, évidemment ! »
    Lâche Irénée… « Son acolyte à chacune d’ses turpitudes ! »

    « Ça veut donc dire que ton grand-père a fait venir à notre insu
    Son frère tout en nous faisant croire qu’il n’était autre que toi-même ! »
    Constate Lïlïth qui espère trouver, au conflit, une issue
    Mais qui réalise quelle poire elle a été dans ce dilemme !

    « Ils sont repartis pour Thestïäs pour y installer leur machine
    Afin d’établir la navette avec notre Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
    Précise incidemment Cristïäs. « Mais, au contraire, j’imagine
    Qu’ils vont produire à la sauvette plutôt une drôle de noria ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La Nuit des Azimuts Fuyants

    « Le C.E.T. est un succès et les deux Irénée le respectent.
    Nous qui nous étions méfiés d’eux, nous sommes satisfaits de voir qu’ils se montrent enfin raisonnables.

    Geminïä est nerveuse. Ses rapports avec Irénée-le-jeune seraient-ils houleux ? Eux qui semblaient inséparables ont changé depuis hier… C’est bizarre.

    Lïlïth est très absorbée par les plans que Cristïäs tente en vain de lui expliquer. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Cette nuit-là, sous les photophores, les deux Irénée rient encore ;
    Leurs lunettes pleines de reflets, les doigts barbouillés d’étincelles.
    « On a frôlé la catastrophe ! », dit l’un, « mais quel joli décor
    Pour tester un réseau soufflé au nez de ces vieilles dentelles ! »

    « Et Nérätïs ? » demande l’autre, « a-t-elle senti le contrecoup
    Quand on a tiré la ligne bleue juste au-dessus de l’océan ? »
    « À peine ! » répond l’ancien. « Le flux a juste vibré sur le coup
    Mais que veux-tu ? Ces bons vieux nœuds ne sont ni tendres ni bienséants ! »

    Ils tracent encore, ils tracent toujours, des routes que nul n’a demandées,
    Des ponts secrets, des arcs pliés, des longs couloirs stratifiés.
    « Le C.E.T. ne ferait qu’un tour s’il savait ce qu’on a commandé… »
    « Bah ! Ils nous ont tous oubliés et nul ne viendra vérifier. »

    « Et Lïlïth ? » souffle l’un soudain, « si elle découvre notre manège ? »
    « Elle saura bien qu’on l’a trompée, mais elle aimera le résultat ;
    Elle dira qu’on est des gredins, que c’est dangereux ou un piège…
    Puis elle viendra s’y tremper le bout du nez sans coup d’éclat ! »

    Un silence. Un rire. Un silence. Quatre mains qui s’agitent encore
    En dessinant des escaliers double hélice en colimaçon.
    « Quand tout sera prêt, vigilance ! », dit l’un, « il faudra qu’on soit bien raccord
    Pour monter au dernier palier sans laisser l’ombre d’un soupçon ! »

    Ce soir, les étoiles filantes tracent leurs traits sur un ciel sombre
    En coups de craies pour imiter leurs diagrammes déraisonnables.
    « Allez ! » dit l’un. « Encore un saut ! Encore un rêve sorti de l’ombre ;
    Bientôt le télétransporteur deviendra vite inévitable ! »

    « Crois-tu que l’on m’ait reconnu malgré les habits dérobés ? »
    « Penses-tu ! » lui répond l’ancien, « ils n’avaient d’yeux que pour l’engin ! »
    Tout était tellement saugrenu que même Geminïä absorbée
    N’a vu à ton air béotien qu’en fait, tu étais mon frangin ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les avatars d’une technique montante

    « Depuis la ratification du CET (Code d’Éthique des Téléportations), les transferts intermondes sont désormais strictement encadrés.
    Les procédures de sécurité, les déclarations de portails et les contrôles d’accès garantissent aujourd’hui une utilisation parfaitement maîtrisée de cette technologie.
    Les incidents rapportés dans les archives suivantes appartiennent à une époque expérimentale désormais révolue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les avatars d'une technique montante

    Quelque part ou bien n’importe où… et pourquoi pas n’importe quand ?
    Heureusement les Irénée ne voyagent pas dans le temps.
    Où peuvent être ces touche-à-tout ? Ont-ils encore changé de camp ?
    Qui saura donc les réfréner ? Est-ce que ça durera longtemps ?

    Quelle est donc cette main qui trace des lignes de Thestïäs à la Terre,
    Des lignes bleues vers Atlantïs et des limites au Poïnt ZérÔ ?
    Des drôles de machines qui contrastent avec d’autres un peu plus austères
    Et sans que rien ne garantisse quant aux azimuts sidéraux…

    Cette nuit-là les Irénée, dont quatre mains tirent des plans
    Sur la comète ou bien ailleurs, étendent leurs nouveaux réseaux.
    « Lïlïth est-elle rassérénée ? » demande l’un de but en blanc
    « T’inquiète ! Le pont ravitailleur est resté planqué sous les eaux ! »

    « C’était une bonne idée pourtant d’avoir fait semblant d’être pris
    La main dans le sac par Lïlïth et leur livrer notre machine ! »
    « Oui ! » Répond l’autre à bout portant. « Nous aurions été incompris
    Et leurs choix “licites-illicites” nous auraient fait courber l’échine ! »

    « Et le coup de l’écu violet qu’on aurait perdu a marché ;
    Lïlïth n’aura pas mis longtemps à se retourner contre nous ! »
    « Oui ! Je l’avais bien rafistolé comme si on l’avait harnaché
    À un centaure d’un autre temps ! » lui garantit l’autre à genoux.

    « Et ce Cristïäs quel ingénu doublé d’un génie, d’autant plus ;
    Il nous a mâché le travail en trouvant ce qui n’allait pas ! »
    « Oui ! Cet idiot est parvenu à donner le bon stimulus
    Pour arriver, vaille que vaille, à nous faire gagner le combat ! »

    « Un télétransporteur au point qui nous permettra les transferts
    D’un coin à l’autre de l’univers et sans laisser la moindre trace ! »
    « Oui ! » dit l’autre en serrant le poing. « Fini les commerces d’enfer
    Vivent les trafics multivers et sans la moindre paperasse ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Sainte vierge

    Sainte vierge

    Sainte Alliance des cristaux, promets-moi des amours heureuses
    Avec les femmes qui m’auront dégusté tout nu dans leur lit !
    Remercie pour moi Callisto et sa beauté malencontreuse,
    Un véritable oxymoron qui m’a conduit à la folie.

    Sainte Alliance du cristal, donne-moi la petite mort
    Comme une sorte d’épectase afin de mourir dignement.
    Notre copulation létale qui fit de moi ton matamore
    M’a fait reconnaître l’extase dans un ultime trépignement !

    Je ne veux ni cinquante vierges ni de houri au paradis
    Mais juste ta Sainte Alliance que tu glisseras à mon doigt.
    Je l’enfilerai sur ma verge pour éviter les maladies
    Juste au cas où, en prévoyance, de ton herpès qui me rudoie.

    Tableau de Kimberley alias Meli TheLover.

  • L’ange starlette de l’apocalypse

    L’ange starlette de l’apocalypse

    Quand l’ange de l’apocalypse débouche alors tonitruant,
    Je suis en voyage en Bavière au moment de l’Oktoberfest.
    Tandis que sa trompette éclipse tout le brouhaha congruent
    Je vois tous les tonneaux de bière suinter d’une mousse céleste.

    Mais tout le monde reste impassible comme si c’n’était qu’un jeu de dupe
    Tandis que je vois l’ange jouer en me regardant dans les yeux.
    Et ce que je croyais impossible arrive quand elle ôte sa jupe ;
    Je me retrouve être un jouet dans son paradis merveilleux.

    Mais c’est pour mieux m’entrompetter avec l’instrument diabolique
    Qui me charme, comme un serpent, le phallus devenu lubrique.
    Si vous me lisez, transmettez ce mot à tous les catholiques :
    Satan se cache en usurpant les belles starlettes folkloriques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Réussite sur tout la ligne

    « Les premiers essais du réseau navigateur ont confirmé la viabilité des transferts contrôlés entre la Terre et Thestïäs.

    Une altération volontaire des paramètres de téléportation a toutefois été découverte au cours de l’enquête.

    Les responsables ont été identifiés. Les éclats de rire se poursuivent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Réussite sur tout la ligne

    Aussitôt le premier essai, les Irénée sont au travail
    Mais ils ont beau vérifier, les calculs paraissent corrects…
    Cependant s’ils s’intéressaient à une certaine canaille
    Ils l’auraient vue modifier les paramètres en direct…

    Or Éôlïäne qui n’en peut plus chuchote à l’oreille d’Azurïanne
    Qui rit mais rit à chaudes larmes ce qui intrigue alors ÄLLÏÄ
    Qui s’met à rire de plus en plus à s’en taper les os du crâne
    Et transmet son signal d’alarme qui contamine aussi STELLÏÄ.

    « Mais qu’est-ce qui vous amuse tant ? » questionne Cristïäs agacé.
    « Ha ha ha ha ! » On a réglé la téléportation sur “chair”
    En ne laissant que l’important, c’est-à-dire “vêtements effacés”
    Pour effrayer ces vieux cinglés et les faire tomber de leurs chaires ! »

    « Même Yanimïä a approuvé la blague faite à tout le monde !
    Comme nous, elle est souvent à poil, alors un peu plus, un peu moins…
    Sans le savoir, elle a prouvé que la seule controverse immonde
    N’est pas d’atteindre les étoiles mais d’être nue devant témoins… »

    « Exactement ! » dit Yanimïä. « J’ai même trouvé ça agréable !
    Et tout l’aréopage blême comme si c’était la catastrophe ! »
    « Oui mais quand même ! » dit Geminïä. « Ce n’était pas très respectable
    Et risque de causer des problèmes si jamais on nous apostrophe ! »

    « Tout est noté ! » conclut ÄLLÏÄ. « Et je vais taper le rapport
    Car nous avons sauvegardé les films qu’on a pixélisés
    Pudiquement avec STELLÏÄ afin qu’on ne voie rien du corps
    Qu’on aurait pu voir placardé chez certains “non-civilisés” ! »

    « Tout cela me paraît raisonnable » achève Lïlïth. « Sortons d’ici
    Et remontons pour nous détendre autour du verre de l’amitié !
    De cette journée mémorable, notre science bénéficie
    D’une technologie à défendre et léguer à nos héritiers ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les premiers essais

    « Les premiers essais du réseau navigateur ont été concluants et ont permis de confirmer la stabilité des transferts entre la Terre et Thestïäs.

    Le transfert d’un sujet humain volontaire s’est déroulé sans incident physiologique notable.
    Les tissus biologiques transférées sont arrivés à destination dans un état satisfaisant.

    Les vêtements n’ont toutefois pas accompagné le voyageur. Cette anomalie fait actuellement l’objet de recherches approfondies. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Quatre cameras sont installées dans l’atelier avant toute modification
    Et Cristïäs et les Irénée semblent bien s’en accommoder.
    L’azimuteur sur chevalet est ouvert pour réparations
    Tout a été entériné, examiné et décodé.

    On a commencé par un fruit derrière une chape de plomb
    Le fruit est arrivé intact sur la terrasse préparée.
    Après avoir été instruits du maniement avec aplomb
    ÄLLÏÄ a surveillé l’impact sur une souris capturée.

    Troisième essai Terre-Thestïäs et un rat de laboratoire ;
    Il part, il est bien arrivé, la clause paraît bien entendue.
    « Nous sommes prêts » a dit Cristïäs « Tests réussis avec victoire ! »
    Tout le monde est suractivé mais Yanimïä est détendue.

    « On va faire un aller-retour ; installe-toi entre les marques ! »
    Précise Cristïäs à Yanimïä connaissant le risque encouru.
    Elle disparaît à son tour mais comme STELLÏÄ le remarque
    Ses vêtements sont restés là et Yanimïä a disparu.

    « Je vous ai trouvé le slogan ! » rit Éôlïäne de bon cœur :
    « Téléportez-vous dans l’espace mais vous voyagerez à poil !
    On ne peut dire que c’est fringant ni qu’on s’dessape à contrecœur ;
    Il faudra mettre de place en place des garde-robes cinq étoiles ! »

    « Mais fais revenir Yanimïä ! » rit Éôlïäne de plus belle
    « Elle est là-bas entièrement nue devant tout un aréopage ! »
    Heureusement, c’est Geminïä qui fait revenir sans séquelles
    Yanimïä sans disconvenue très amusée du cabotage.

    « Ils étaient rouges comme des tomates ! » Rigole-t-elle avec insouciance.
    « Mais alors qu’est-ce qu’ils sont vieux jeu et complètement à contre-emploi !
    Mais j’ai été très diplomate et dit que c’était pour la science !
    Alors ils ont compris l’enjeu et ont applaudi notre exploit ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le Commissariat Légal de Téléportation

    « Le Commissariat Légal de Téléportation a été officiellement constitué afin d’encadrer les futurs usages du réseau navigateur.

    Les protocoles d’essai sont en cours d’élaboration.

    Les personnes chargées de surveiller l’expérience semblent particulièrement motivées. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est entendu ! » tranche Lïlïth, « Cristïäs aide les Irénée
    À sécuriser la machine mais avec cette interdiction
    D’une application illicite qui ne serait entérinée
    Par un conseil que j’imagine habilité aux prescriptions. »

    « Je fonde le Commissariat Légal de Téléportation
    Présidé par les cinq LLyrïädes et Yavänor notre mentor.
    Et je propose Ledalïä, porte-parole de formation,
    Pour organiser la triade avec nos trois savants retors ! »

    « Justement » intervient STELLÏÄ… « Comment allons-nous contrôler
    Les téléportations légales de celles qui sont prohibées ? »
    « C’est très facile ! » répond ÄLLÏÄ. « Il suffit de mettre un relais
    Qui empêche les martingales et fonctionne à la dérobée ! »

    « Bravo, les filles ! » clame Lïlïth. « Décidément c’est dans nos gènes
    Qu’on retrouve enfin le bon sens et les responsabilités !
    À vous de voir ce qui facilite une appréciation homogène ;
    Vous ferez les reconnaissances et serez seules habilitées ! »

    « À quand les tous premiers essais ? » demande ORPHÉÔN intrigué
    « Eh bien commençons ce matin à démonter l’azimuteur
    Pour limiter tous ses excès aux coordonnées intriquées
    Sans y perdre notre latin… » dit Cristïäs, bon contributeur.

    « Sous la surveillance des filles et ce ne sera pas autrement ! »
    Ordonne Lïlïth méfiante sur la vertu de son chéri…
    « Nous allons nous mettre en cheville avec eux opiniâtrement ! »
    Prévient ÄLLÏÄ stupéfiante dans le rôle qu’elle surenchérit.

    « Je l’espère opérationnel d’ici demain… des volontaires ? »
    Demande l’ancien, sourcils levés et un petit sourire aux lèvres…
    « Moi ! Si ce truc est fonctionnel ! » coupe Yanimïä autoritaire
    « Moi seule pourra s’en relever selon ce que l’essai nous réserve… »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’artefact qui divise

    « Les recherches relatives au réseau navigateur ont permis d’identifier une anomalie géométrique susceptible d’expliquer plusieurs transferts involontaires entre les mondes.

    La perspective d’une correction a suscité un vif enthousiasme.

    Les usages potentiels du dispositif ont suscité un débat plus vif encore. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Après toutes ces émotions les Llyrïädes et les Irénée
    Se sont rassemblés au salon afin de prendre des décisions.
    Ce moyen de locomotion exige d’être réfréné
    Et nécessite un étalon avec toutes les précisions.

    « Ces artefacts et ces rayons… existe-t-il une barrière
    Capable de les arrêter ? » suggère Cristïäs calmement.
    « C’est ce sur quoi nous travaillons ! » dit l’ancien revenant en arrière
    Sur les échecs à regretter sans comprendre vraiment comment.

    « Une enceinte neuro-résonante qui fasse cage de Faraday… »
    Pense Cristïäs, « solutionnerait ces parasites inattendus…
    Et la seule voie raisonnante devra pouvoir rétrograder
    Et ainsi perfectionnerait le bon résultat attendu… »

    « J’ai trouvé ! C’est la direction de l’origine à l’objectif
    Qui n’est pas un simple vecteur mais toute une droite infinie
    Qui capte toute intersection qui subit l’effet projectif !
    Il faut limiter le secteur à ses deux seuls points définis. »

    « Alors on pourra transférer tout ce qu’on voudra subtiliser
    D’un monde à l’autre incognito… » commencent à dire les Irénée…
    « Des bootleggers invétérés ! » tranche Lïlïth paralysée
    Par tous les crimes capitaux dont elle va les morigéner.

    « Attends ! » dit-il déconcerté, « à ton avis comment votre or
    A permis d’acheter la maison, alors qu’il provient de Thestïäs
    Et sans qu’il soit intercepté par quelques douaniers retors ?
    Par une simple combinaison avec l’agrément de Cristïäs ! »

    « Deux cas sont liés au problème ! » soutient Lïlïth avec raison.
    « Le premier, sa résolution par un moyen de bon aloi.
    Le deuxième, lever le dilemme sur les fourbes utilisations
    Qui sèmeraient la révolution parmi les États et leurs lois ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • La machine à problèmes

    « Une séance d’information consacrée au réseau navigateur a été organisée afin de clarifier plusieurs incidents attribués à une expérimentation neuro-spatiale.

    Les participants sont repartis avec davantage de renseignements.

    Il n’est pas certain qu’ils disposent pour autant de davantage de réponses. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La machine à problèmes

    « Téléportation personnelle… » commence le jeune timidement…
    « Produit de la neuroscience… » précise l’ancien prudemment…
    « D’une technique exceptionnelle… » coupe le jeune hâtivement…
    « Qui utilise la subconscience… » tranche l’ancien pertinemment…

    « Stop ! Arrêtez ! » tronque Lïlïth, « Ne parlez pas en même temps !
    Et toi, Ledalïä, décris-nous ce que cet engin de malheur
    Est sensé faire qui explicite qu’on enlève les gens en jetant
    De la poudre aux yeux et pour nous faire croire à un truc de valeur ! »

    « Comme vous savez… » dit Ledalïä, « à l’image de l’univers,
    Le cerveau, par ses connexions, est aussi vaste qu’une galaxie.
    Le temps – comme l’a montré ÄLLÏÄ – qui passe par des trous de ver
    N’est en fait qu’une conception reliée à ses chronaxies.

    Ce qui signifie que l’on peut d’une simple pensée replier
    L’espace et ainsi voyager où l’on veut sans difficulté.
    Hélas le tissu adipeux fait office de bouclier
    Mais nous avons envisagé de déployer ses facultés.

    Par résonance magnétique, nous prolongeons tous les neurones
    Dans un réseau qui outrepasse nos propres limites humaines.
    Et, par la télékinétique couplée à la testostérone,
    Nous nous déplaçons dans l’espace grâce à cet épiphénomène. »

    À cet instant, un ange passe, et même plusieurs à la fois…
    Lïlïth s’assied, la tête lourde mais reprenant son air sévère :
    « Pourquoi vos tours de passe-passe chopent mes filles et les envoient,
    Suite à une véritable bourde, n’importe où au diable vauvert.

    « C’est ce sur quoi nous travaillons car le réseau navigateur
    Produit en équanimité, entre Thestïäs et Atlantïs,
    Des artefacts et des rayons qui happent dans leur collimateur
    Ceux qui sont à proximité sans savoir où ils aboutissent. »

    Illustration de Ledalïä.

  • La chasse au dragon

    La chasse au dragon

    Pourquoi les chasseurs de dragons ont-ils besoin de femmes nues
    Pour rabattre l’animal ailé vers les pièges à eau des marais ?
    Pardi ! Parce que dans les lagons, la nudité est bienvenue
    Pour repérer de desceller ce que renvoie le mascaret.

    Quand la vague remonte le cours du fleuve jusqu’à son embouchure,
    Tous les dragons, petits et grands, sont emportés par le courant
    Et ils n’ont plus qu’un seul recours ; s’accrocher à toute fourrure
    Notamment en s’enchevêtrant là où c’est le plus rembourrant.

    La tête coincée, on débarrasse les pucelles de leurs dragons
    Avant qu’elles aient le feu au cul car dans ce cas tout se complique
    Et la chasse alors s’embarrasse de rattraper dans le lagon
    Les filles qui ont survécu en devenant femmes publiques.

    Tableau d’Esad Ribic.

  • La plongée perpétuelle

    La plongée perpétuelle

    Perpétuellement je plonge dans les rêves les plus récurrents ;
    Être tout nu et me noyer dans une foule qui s’en moque.
    Et nuit après nuit, se prolonge ce trouble pas très rassurant
    Qui ne cesse d’atermoyer autour du pot, quelle équivoque !

    À Rome, fais comme les romains, dans tes rêves, fais comme les rêveurs
    Et ne prête plus attention à tous ces cauchemars utopistes !
    Alors j’ai pris les choses en main en demandant avec ferveur
    De ne rêver qu’à condition d’être dans un camp de nudistes.

    J’en ai fait ma raison de vivre et je vis ma vie dans les rêves ;
    Je rêve que j’écris un vers, je rêve que je cherche une rime.
    L’IA a du mal à me suivre et c’est normal car ça lui crève
    Les algorithmes à l’envers et sa mémoire qui déprime.

    Photo d’Ed Freeman.

  • Coupables et irresponsables

    « Il existe une différence subtile entre un criminel et un inventeur imprudent. Le premier sait généralement ce qu’il fait. Le second l’ignore jusqu’au moment où quelqu’un disparaît. »

    Certaines énigmes naissent d’une volonté malveillante.
    D’autres d’un excès de confiance.
    Les secondes sont souvent les plus difficiles à expliquer aux victimes. »

    Les coupables cherchent parfois à cacher leurs actes.
    Les irresponsables, eux, construisent des machines capables de les reproduire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Coupables et irresponsables

    « Et toi, qu’est-ce que tu fais ici… » dit Lïlïth avec impatience
    En montrant Ledalïä du doigt. « …avec ces deux polichinelles ? »
    « Tu sais…, lorsque tu t’inities…, c’est super bien la neuroscience… »
    Lïlïth explose comme il se doit : « Vous êtes tous des criminels ! »

    « Comment cela des criminels ? » répond Ledalïä en tremblant…
    « Demande à ces deux ravisseurs qui ont enlevé deux enfants ! »
    Crie Lïlïth d’un ton solennel en accusant sans faux-semblants
    Les deux Irénée ourdisseurs montrés du doigt apostrophant.

    « Le premier, c’est un accident ! » Plaide le plus jeune baissant les yeux ;
    « Et le deuxième également ! » Explique l’ancien à son tour.
    « Vos propos sont outrecuidants et vos appareils pernicieux ! »
    Rugit Lïlïth viscéralement, « Expliquez-vous et sans détour ! »

    « Je concevais un prototype sur Thestias quand c’est arrivé… »
    Dit le plus jeune « en réaction, l’appareil a occasionné
    Le transfert dû à l’archétype qui s’est mis à réactiver
    L’effet de téléportation sans que je puisse l’étalonner… »

    « … Et malheureusement Éôlïäne était dans le champ de transfert
    Qui l’a envoyée n’importe où sans que je puisse la localiser ! »
    « Et c’est pareil pour Azurïanne ! » ajoute l’ancien de concert
    « En prenant mon passe-partout, j’ai dû la défocaliser ! »

    « Donc vous téléportez deux filles et ça ne pose aucun problème ! »
    Et cette fois elle articule : « Mais – vous – êtes – deux – ir – res – pon – sables ! »
    « On a cherché dans toute la ville ! » bafouille alors l’un des deux, blême,
    J’ai refait maintes fois les calculs mais c’était indéfinissable ! »

    « Moi, j’ai voulu faire un essai sans vérifier derrière la porte
    Si quelqu’un était dans le champ… mais je m’suis fait du souci ! »
    « Je ne sais s’il faut s’adresser à la police mais peu importe ! »
    Dit Lïlïth en se rapprochant : « Maintenant qu’est-ce que ceci ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La clef de l’énigme

    « Les disparitions inexpliquées conduisent rarement là où nous les imaginons.
    Nous cherchions un ravisseur ; nous avons trouvé deux inventeurs. Le mystère demeure entier, mais il possède désormais une adresse.
    Mais avant d’accuser un ancien contrebandier,
    il convient d’inspecter son atelier.
    Les coupables s’y cachent parfois. Les solutions aussi.
    Toute enquête sérieuse, commencée par des soupçons,
    se poursuit par des erreurs et finit généralement
    dans un atelier encombré de câbles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La clef de l’énigme

    Après quelques explications sur les derniers évènements,
    Après quelques présentations sur les deux nouveaux personnages,
    On essaie sans complication de relier les enchaînements,
    Juger les argumentations et écouter les témoignages.

    « Et vous n’avez vraiment trouvé aucune trace du ravisseur ? »
    Demande Loreleï circonspecte mais Cristïäs alors intervient :
    « Cet écusson pourrait prouver un lien avec son possesseur
    Mais aucune piste suspecte ! Du moins… personne ne s’en souvient ! »

    Lïlïth blêmit devant l’écu ; elle reste un bon moment, figée,
    Puis crie brusquement : « Irénée ! » et s’immobilise de stupeur.
    « Et moi, j’en reste sur le cul ! » Dit Éôlïäne mitigée,
    Pas forcément rassérénée de connaître son kidnappeur.

    « Au fait, où sont-ils ces deux-là ? » Demande Loreleï à la ronde.
    « C’est vrai qu’on n’les voit pas souvent… » réplique alors Laurelïne inquiète.
    Geminïä réfléchit : « Holà ! avec mes rapports intermondes
    Au moins deux mois auparavant, il m’a quittée pour une quête… »

    « Allons fouiller de fond en comble leurs chambres et leurs appartements ! »
    Dit Lïlïth montant l’escalier suivie par les filles en colère.
    « Rien ! Cette fois la mesure est comble ! » Dit-elle incontestablement.
    « N’avaient-ils pas un atelier ! » suggère ÄLLÏÄ protocolaire.

    La petite troupe reprend espoir et se dirige vers les annexes
    D’où l’on entend des voix mêlées en conflits plutôt prometteurs…
    Le premier en plein désespoir devant l’ancien en lien connexe
    Avec des câbles entremêlés pendant d’un neuro-émetteur.

    « Tu as repris la contrebande ! » Lance Lïlïth accusatrice !
    « Ce n’est pas ce que vous croyez ! » Répond l’ancien déconcerté…
    « Bien sût que si avec ta bande ! » reprend-elle en procuratrice !
    « Je ne veux pas t’apitoyer ! » Tranche-t-il… « Je vais t’expliquer… »

    Illustration de Ledalïä.

  • Change de disque ! – 2

    Change de disque ! - 2

    Comme l’œuf de Christophe Colomb, il suffisait donc d’y penser
    Et plutôt que changer de femme, changeons la façon de la voir !
    Ainsi faisons comme Apollon qui transformait ses dulcinées
    Pour échapper au piège infâme qui l’aurait mis en leur pouvoir.

    Au temps pour moi ! Ce sont les femmes qui se transforment pour échapper
    À ce demi-dieu séducteur qui les baisent dans leurs logis.
    Elles en ont marre qu’on les diffame dans une histoire de priapée
    Que colportent les persécuteurs de nymphes dans la mythologie.

    Moi, de mon côté, j’ai mes muses et même sept en supplément !
    En revanche, ce sont plutôt elles qui me font tourner en bourrique.
    Je crois bien même qu’elles s’amusent à échanger leurs vêtements
    Et me taquiner avec zèle par leurs conseils amphigouriques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Change de disque ! – 1

    Change de disque ! - 1

    Lorsqu’elle me répète à l’envi toujours les mêmes directives,
    Je fais semblant la première fois de ne rien avoir entendu.
    Et comme je n’ai pas envie de subir toute ses invectives,
    Je montre ma mauvaise foi, disant qu’il y a malentendu.

    Lorsque je demande à Madame de respecter une consigne,
    Soit elle n’a pas écouté, soit elle n’en fera qu’à sa guise.
    Et j’ai beau faire du ramdam ou parler la langue des signes,
    Elle finira par ajouter qu’il fallait bien qu’elle m’aiguise.

    Mais comme elle se plie en quatre et dans toutes les positions
    Quand nous cherchons la bonne entrée pour une bonne pénétration,
    Je passe ses coups de théâtre sans y faire d’opposition
    Pour ne pas me déconcentrer dans de futiles dénégations.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Le mystère rode

    « Rapport N°19 – L’éternel retour.

    L’inspection du temple de Diane a confirmé l’existence d’un ancien réseau des dieux.
    L’activation involontaire du dispositif par Cristïäs a permis à une délégation atlante de rejoindre directement ÔPHÉLÏÄ.
    Les coïncidences avec les portails utilisés par ÄLLÏÄ et STELLÏÄ confirment une origine commune.
    Le premier contact entre les habitants d’Atlantïs et les LLyrïädes s’est déroulé dans des conditions globalement satisfaisantes malgré le mystère qui rode… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le mystère rode

    « Je veux savoir comment la porte fonctionne et qui l’a employée ! »
    Ordonne Nérätïs aux gardes. « Peut-être cet écu violet ? »
    Fait Cristïäs tandis qu’il actionne la porte en la faisant ployer
    Sur elle-même disant « Regarde ! Il suffisait de la frôler ! »

    « C’est surtout car tu as le sceau ! » lui fait remarque Nérätïs
    « J’aurais dû y penser moi-même ! Quant à cet écu, c’est l’indice
    Qui va devenir un faisceau qui révèlera à Atlantïs
    Quel est à la fois le problème et quels sont les plans qui l’ourdissent ! »

    Nérätïs informe Astérïas et l’informe sur ses intentions :
    « Nous partons explorer la porte ; surveille nos allées-venues
    Nous progressons avec Cristïäs avec toutes les précautions
    Ainsi que les filles qui apportent un témoignage bienvenu ! »

    « Ça, ce n’est pas un Hub Atlante ! » disent Cristïäs et Nérätïs.
    « Non car il provient du futur ! » font ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ.
    « Cette porte est très ressemblante à la découverte subreptice
    Par laquelle notre aventure nous a plongées dans l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    « Le sas cristal, le sas métal et un sas pour chaque élément ! »
    Font les sirènes devant leur sas… et disparaissent dans un halo.
    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, c’est fatal, y entrent délibérément
    Et, à l’exemple de Cristïäs, tous sont attirés à vau-l’eau.

    « Et nous voici dans ÔPHÉLÏÄ ! » dit Azurïanne peu surprise
    « Pour être rapide, c’est rapide ! Et les mantisses sont dépassées ! »
    Rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sur la situation incomprise…
    « Montons ! » lance ORPHÉÔN avide de retrouver le gynécée.

    Et c’est la surprise totale faite sans tambour ni trompette
    Lorsque le groupe alors surprend les LLyrïädes en train de manger.
    La confusion est capitale et fait l’effet d’une tempête ;
    Laurelïne et Loreleï s’empourprant s’écrient « Qui sont ces étrangers ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • Sur la piste d’une porte stylisée

    « Rapport N°18 – Le passage oublié.

    Les souvenirs d’Azurïanne situent son enlèvement au temple de Diane, près d’un ancien sas associé aux dieux.
    Les circonstances présentent des similitudes inattendues avec l’arrivée de Cristïäs sur Thestïäs.
    Une inspection du site a été ordonnée. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Ledalïä est de bon conseil et sa suggestion pertinente ! »
    Dit, en terminant le message, Nérätïs d’un air effrayé.
    « Voyons… il faut que je m’asseye devant une carte déterminante
    Pour repérer tous les passages car le nôtre est bien surveillé.

    « De quoi se souvient Azurïanne ? » demande-t-elle à l’intéressée…
    « Je venais de quitter ma sœur… » fait la sirène, l’air larmoyeur.
    « Puis autour du temple de Diane, j’ai été soudain agressée
    Sans avoir vu mon oppresseur et me suis réveillée ailleurs. »

    « Oui ! Autour du temple de Diane ! C’est l’ancien passage des dieux
    Mais qui n’est plus utilisé ; du moins c’est ce que l’on m’a dit… »
    Réfléchit alors Azurïanne et soudain, prenant l’air radieux :
    « Il y a une porte stylisée d’où une lumière irradie ! »

    « Conduis-nous immédiatement et je vais quérir quelques gardes ! »
    Dit Nérätïs se relevant et ordonnant ses directives.
    Cristïäs rétorque béatement alors que sa sœur le regarde :
    « J’ai échoué en dérivant et j’y pense par rétrospective… »

    « Comment cela ? » Questionne ÄLLÏÄ. « Tu avais échoué sur Thestïäs ! »
    « Mais à la suite d’un sabotage qui a explosé ma navette !
    Il y avait trop d’aléas pour l’expliquer… » répond Cristïäs
    « J’avais trop de désavantages pour enquêter à la sauvette ! »

    À l’entrée du temple de Diane, Azurïanne alors se souvient :
    « Suite au décès de nos parents, je soulève alors le problème
    Sur l’enlèvement d’Éôlïäne – à présent tout ça me revient –
    Et puis un détail apparent relie Thestïäs à ce lieu-même ! »

    « Aussitôt entrée, j’ai reçu un coup et je m’suis évanouie
    Pour me retrouver dans le sas qui m’a conduit vers l’inconnu.
    Mais hélas je n’ai jamais su pour quelle raison inouïe…
    Or ma mémoire me le ressasse depuis que je suis revenue ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Léda et le cygne

    Alors qu’elle se baignait nue dans les eaux du fleuve Eurotas,
    Zeus aperçut la belle Leda et en tomba fou amoureux.
    De peur d’effrayer l’ingénue et qu’elle ne le redoutât,
    Il se changea et parada sous la forme d’un cygne vigoureux.

    De leur union pas si vilaine, Leda pondit le lendemain ;
    D’un œuf sortirent les Dioscures : Castor et Pollux des Gémeaux,
    De l’autre sortit la belle Hélène et sa sœur le surlendemain
    La suite pourrait paraître obscure mais les légendes n’en disent mot.

    Illustration de Walter Girotto.

  • Le son de Laghonia

    Le son de Laghonia

    Surgissant du passé d’un rêve inassouvi,
    Laghonia, la sirène, dans ses plus beaux atours.
    Les Beatles déplacés, les Stone, David Bowie
    Et même Barbara Ann, l’ont chantée tour à tour.

    Sous un ciel de comètes et d’astres en fusion,
    Le visage de l’aube s’éveille en explosion,
    Ses yeux d’azur contemplent l’océan de néon,
    Où s’écrasent les vagues d’une étrange chanson.

    Un château de poussière aux tours de l’infini,
    C’est le son de Laghonia, un écho du Pérou.
    Il se dresse dans la brume d’un rêve mal défini
    Qui fait danser les astres sur les chapeaux de roues.

    Faites de la musique, Laghonia chantera !
    Chantez un bel été, Laghonia agréera !
    Dansez sous les lampions, Laghonia rythmera !
    Et faites donc l’amour, Laghonia béniera !

    Illustration de Manuel Cornejo.

  • Par le feu, l’eau, l’air, la terre et l’éther

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    Laurelïne serait née dans le feu, c’est sa mère qui me l’a dit ;
    Son père était un vieux volcan, hyper colérique dans l’âme.
    Elle a des flammes dans les cheveux, la fièvre d’une maladie
    Congénitale et provoquant son caractère tout feu tout flamme.

    Loreleï serait née dans les eaux, c’est sa mère qui me l’a confié ;
    Son père était un océan, profond et jaloux de ses larmes.
    Elle est la sirène des réseaux mais une fois qu’elle est qualifiée,
    Elle devient maîtresse des céans qui use un peu trop de ses charmes.

    Ledalïä est née dans le vent, c’est sa mère qui me l’a chanté
    Sur l’air d’une vieille ritournelle transmise par les amazones.
    Son père ? Le Mistral s’élevant depuis les montagnes enchantées
    Qui, d’une force exceptionnelle, perturbe la vallée du Rhône.

    Lïlïth serait née dans la terre, personne ne me l’a appris ;
    Son père était un créateur de monde mais assez phallocrate.
    Son sort fut scellé sans mystère par son caractère malappris,
    Rebelle, insoumis à l’auteur de ses jours à l’âme scélérate.

    Geminïä est née aux confins des espaces intersidéraux
    Par deux Étoiles hermaphrodites, Castor et Pollux, ceux-là même.
    Je l’ai attendue mais en vain ; ses états d’âme libéraux
    L’ont surnommée la star maudite qui brise les cœurs de ceux qu’elle aime.

    Illustrations de Tom Cuzor, Ed Org, Maurice Greiffenhagen, Oscar Chichoni et Virgil Finlay.

  • Cristallisation des éléments

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    Le feu cristallise en étoile et l’étoile enfante le feu ;
    C’est la première apparition du feu de Dieu qui crée le temps.
    Après l’univers se dévoile dans une gerbe de cheveux,
    Des astres en futurition d’un espace-temps éclatant.

    L’eau se cristallise en lumière et la lumière coule dans l’eau ;
    L’originelle ovulation de l’eau de Dieu qui crée l’espace.
    La présence en avant-première des atomes encore pâlots
    Dont l’initiale ondulation dessine la première trace.

    La terre cristallise en diamant et le diamant vit de la terre ;
    C’est la première gestation du roc de Dieu dans la matière
    Qui l’éveille dans un flamboiement qui passe d’une terre austère
    À une lente pulsation qui en repousse ses frontières.

    L’air se cristallise dans le vent et le vent véhicule l’air ;
    C’est la première implantation du souffle de Dieu dans la vie.
    Le frisson du soleil levant et l’ensemencement solaire
    Qui veille à l’alimentation d’une planète inassouvie.

    L’éther cristallise le néant et du néant renaît le Tout ;
    C’est la première fécondation de l’éthernité dans l’amour.
    Lien sacré et pas de géant où Dieu sacrifie son va-tout
    Pour que sa représentation sur Terre y brille chaque jour.

    Tableaux Feu : Cliff McReynolds ; Eau : Rittareart, X, Terre : Autumn Skye ; Air : Wendy Andrew ; Éther : Peter Eglington.

  • Pendant ce temps, le solstice d’été

    « À Laurelïne et Loreleï,

    Les distances ne sont que des détours pour les cœurs qui se connaissent.

    En ce jour où le Soleil marque son plus long passage dans le ciel, nous levons nos verres depuis Atlantïs à votre santé, à celle de vos enfants à naître et à tous les chemins qui nous réuniront bientôt.

    Que votre bonheur soit aussi vaste que les océans qui nous séparent et aussi certain que les étoiles qui nous guident.
    Nous pensons à vous. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, le solstice d’été

    Souhaitons un double anniversaire à nos deux LLyrïädes sacrées ;
    Laurelïne et Loreleï futures mères entre le vingt et vingt-et-un juin.
    Lïlïth a fait le nécessaire et Ledalïä a consacré
    Ce moment extraordinaire avec Yavänor leur conjoint.

    Si Laurelïne, Loreleï et Lïlïth sont toutes les trois à l’honneur,
    Ledalïä avec Geminïä célèbrent la maternité.
    Ainsi le solstice explicite d’autres jours suivants de bonheur
    Pour Ärÿnor, Élyäna et Yavänor bientôt fêtés.

    Laissons plutôt Alinéor nous inviter à cette fête !
    Boulghour à la turque « bonne femme » et salades du palatinat.
    Vins blancs et rouges de Cahors pour une association parfaite
    Et le sésame du sésame qui fait la sauce du Trina.

    Geminïä leur aura raconté les dernières nouvelles d’Atlantïs,
    Le tourbillon du Médiapode qui a fait rire tout le monde,
    La planète creuse à remonter sous l’égide de Nérätïs
    Et Olivïäne aux antipodes et ses mésaventures immondes.

    Lïlïth soupire : « Pauvres petites, orphelines et puis séparées… »
    Laurelïne ajoute : « Olivïäne fonce ! Elle a du feu cette gamine ! »
    « Des sirènes vraiment tripartites… » cumule Loreleï presque effarée
    « Et qui attend une réponse ! Conclurait ÄLLÏÄ, cristalline… »

    « Peux-tu leur transmettre un message ? » Demande-t-on à Geminïä
    « Oui ! Je n’y avais pas pensé » avoue-t-elle alors, prise en faute.
    « Dis-leur de trouver le passage qui mène ici ! » dit Ledalïä
    « Peut-être qu’il faut commencer par-là ! » pense-t-elle à voix haute.

    « Je l’envoie immédiatement ! » répond Geminïä en courant
    Et s’engouffrant dans l’escalier avec l’empressement nécessaire.
    « Trinquons à cet évènement ! » dit Yavänor en entourant
    Toutes ses femmes ralliées à célébrer l’anniversaire.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le secret d’Olivïäne

    « Rapport N°17 – Les Trois Sœurs.

    Une découverte inattendue suggère l’existence d’un lien de parenté entre Azurïanne, Éôlïäne et Olivïäne.
    Les témoignages demeurent fragmentaires mais convergent vers une ancienne disparition demeurée inexpliquée.
    Les licornes télépathes affirment avoir reconnu leurs voix avant même qu’elles ne se reconnaissent elles-mêmes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le secret d’Olivïäne

    « C’est ma sœur ! » s’écrie Azurïanne qui plonge aussitôt dans la mer
    Suivie d’ÄLLÏÄ et d’Éôlïäne puis de STELLÏÄ qui s’inquiétait.
    « Il était temps ! » dit Olivïäne avec un rictus bien amer
    « Et tu nous ramènes Éôlïäne tout comme si de rien n’était… »

    « Que veux-tu dire ? » dit cette dernière « Je ne peux pas être ta sœur
    Je suis native de Thestïäs ! » mais Olivïäne l’interrompt :
    « Tu y es née en pouponnière… et jusqu’à ce qu’un ravisseur
    T’enlève sans laisser de trace et disparaisse des environs… »

    « On t’a cherchée pendant dix ans mais on ne t’a pas retrouvée ;
    Maman est morte de chagrin et papa aussi, peu après.
    J’ai entendu des gens disant à propos de filles éprouvés
    Par les centaures “qu’elles ont un grain”… j’ai écouté sans faire exprès… »

    « Ce sont les licornes du nord avec celles du sud, télépathes,
    Qui m’ont parlé de deux sirènes aux cheveux bleus et émeraude.
    Toutes deux d’un timbre sonore dont leurs oreilles leur rabattent
    Une parenté souveraine avec ma voix qui les taraude ! »

    « Et moi ? Qui donc m’a enlevée et m’a abandonnée sur Terre ? »
    Interroge Azurïanne en larmes. « J’ignore ce qui s’est passé ! »
    « Je ne sais pas. On a soulevé toutes les questions élémentaires
    Et laissé faire nos gens d’armes ! » répond Olivïäne dépassée.

    Nérätïs alors intervient : « Je me souviens de cette affaire ;
    J’étais très jeune évidemment mais je me sens proche des vôtres.
    Je prends les mesures qu’il convient pour toutes les trois vous satisfaire
    Et j’aimerais incidemment te demander d’être des nôtres ! »

    « Cela fait des années que je cherche alors s’il y a le moindre espoir,
    Je vous suivrai au bout du monde afin que justice soit faite ! »
    Dit celle à qui on tend la perche pour effacer le désespoir
    Dû au familicide immonde qui a frappé les trois nymphettes.

    Illustration de Ledalïä.

  • Olivïäne

    « Rapport N°16 – Apparition d’Olivïäne.

    Une quatrième sirène a rejoint notre communauté. Son langage privilégie les coraux, les algues rares et les pierreries sous-marines.
    Sa présence semble exercer un effet apaisant sur les autres pensionnaires bien que ses revendications aient troublé Nérätïs.
    Azurïanne semble la reconnaître… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Bel exposé en vérité, Madame la conférencière !
    Pourtant vous m’avez ignorée, moi et tous ceux de mon espèce ! »
    Proclame avec sévérité une voix assez outrancière
    Tandis qu’une sirène timorée s’assied sur une vague épaisse.

    « Dragons, Centaures, Lionnesses, Stryges et bien même les Gorgones,
    Licornes, Python toutefois ont retenu votre attention
    Mais les sirènes dont la jeunesse éternelle pourtant vous étonne
    Ne figurent pas une seule fois dans votre noble recension ! »

    « Certes, je ne possède point les dimensions d’un monstre antique,
    Ni la réputation d’un sphinx ou d’un vieux serpent abyssal
    Mais je peux faire le contrepoint car mon peuple reste authentique
    Et le chant de notre larynx garde sa portée colossale ! »

    « Je suis Olivïäne la sirène et Atlantïs est mon royaume
    Enfin… plutôt ses profondeurs puisque je ne suis pas invitée !
    Pourtant j’ai ouï trois voix sereines aux mêmes accents que mon idiome…
    Quel est le décret pourfendeur qui nous vaut cette pugnacité ? »

    « Nul décret n’a jamais frappé votre peuple d’une telle sentence ;
    Je crains qu’il ne s’agisse plutôt d’un regrettable oubli de ma part.
    Les archives sont parfois drapées d’ignorance ou même d’absence
    Là où l’Histoire vient aussitôt combler ce vide de faits épars. »

    « Si trois voix vous ont ressemblé, c’est qu’elles étaient de vos sœurs !
    Les mers transmettent quelquefois des échos que nul ne récuse.
    Atlantïs souhaite rassembler toutes les races comme consœurs
    Et j’espère bien toutefois que vous acceptiez mes excuses ! »

    Et Nérätïs se mettre à l’eau en gage de réconciliation
    Souriante et la main tendue qu’accepte Olivïäne méfiante.
    Alors elle avance, l’air pâlot, en acceptant l’assignation
    En chantant cet air entendu tant de fois parmi les Atlantes.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Partie à quatre

    Partie à quatre

    Si le polyamour s’impose à l’Élysée l’année prochaine,
    C’est à cause de tous ces partis qui écartèlent Marianne.
    Cela découle, je suppose, des débats sur toutes les chaînes
    Où l’on entend les réparties franchissant la ligne médiane.

    Chacun prétend qu’il la protège en promettant monts et merveilles ;
    Chacun lui jure fidélité jusqu’au prochain remaniement.
    Mais sous les ors du privilège, elle n’écoute que d’où vient l’oseille
    Car l’amour dure en vérité le temps d’un sondage seulement.

    Les uns la veulent souveraine, les autres ouverte aux quatre vents ;
    Certains l’habillent de promesses, d’autres de vertu ou d’impôts.
    Elle sourit de son air de reine à ces amoureux décevants
    Qui lui composent des caresses avec du vent… fort à propos.

    À force de changer d’idylle au gré des alliances du jour,
    Marianne en perd la mémoire de celui qu’elle doit servir.
    Chacun lui promet le grand style, le progrès, la paix et l’amour ;
    Mais nul ne songe à l’auditoire qui regarde le cirque sévir.

    Tableau de Małgorzata Borsukiewic.

  • L’intelligence Marianique

    L’intelligence Marianique

    Mariane sera numérique, c’est l’Élysée qui nous l’a dit
    Et c’est elle qui surveillera tous les scrutins dans l’isoloir.
    Ce sera comme en Amérique – c’est-à-dire pas le paradis –
    Mais l’enfer et la guérilla qui attend au bout du couloir…

    Elle saura pour qui vous votez et ce que vous pensez tout bas ;
    Elle calculera vos rêves selon l’indice citoyen.
    Si jamais vous vous révoltez, elle vous répondra : « Pourquoi pas ? »
    Puis vous classera dans les fièvres du comportement quotidien.

    Elle saura qui vous fréquente, ce que vous lisez tard le soir,
    Si vos amis sont fréquentables selon les critères du moment.
    Son algorithme vous présente un avenir sous le pressoir
    Où chacun sera responsable d’être heureux réglementairement.

    Tableau d’Andriy Ishchuk.

  • Petit traité de zoologie atlante

    « Rapport N°15 – Petit traité de zoologie atlante.

    La Princesse Nérätïs nous a présenté un aperçu des principales lignées mythozoologiques recensées sur Atlantis.
    L’exposé établit des correspondances entre plusieurs créatures légendaires des traditions extérieures et leurs équivalents atlantes.
    Cristïäs a suivi la conférence avec un intérêt manifeste. Les autres participants ont découvert que certaines légendes conservent parfois le souvenir déformé d’espèces bien réelles.
    Les archives du centre Guido-Rossum semblent confirmer que la frontière entre mythe, histoire naturelle et mémoire collective demeure plus perméable que nous l’imaginions. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Petit traité de zoologie atlante

    Une conférence est donnée par Nérätïs sur la dunette
    Car après Licornes et Centaures, Dodos et le Python-des-mers,
    D’autres espèces subordonnées à la faune de la planète
    Font l’objet, par notre mentor, d’un exposé sur les chimères.

    Méduse, Euryale et Sthéno connues comme étant les Gorgones,
    Ont évolué en Atlantide et sont devenues moins hideuses.
    De ces monstres phénoménaux, il reste les fausses-dragonnes
    Ainsi que les derniers cryptides d’atmosphères assez brouillardeuses.

    Les Sphynx, Manticore et Griffon, sont les célèbres Lionnesses
    Qui sont devenus les grands fauves, descendants d’illustres ancêtres.
    Ainsi que le fameux Typhon, Père de toutes les diaconesses,
    Les prêtresses du monstre chauve, l’abominable Metamaître.

    Vampires aux usages nocturnes étaient les Stryges à l’origine ;
    Ils ont donné au fil du temps, Chauves-souris, Renards, Roussettes.
    D’apparence assez taciturne, ils vivent avec les sauvagines,
    Oiseaux de marais et d’étang, en colonies dans les orcettes.

    Quant aux divinités marines les cinquante filles de Nérée,
    Amphitrite, Galatée, Thétis, sont les plus célèbres Néréides.
    Et par filiation utérine, on y retrouve les Irénées ;
    Et par Nérätïs et Thätïs, leurs origines perséides.

    De Colchide ou des Hespérides et de Thèbes venaient les dragons,
    Sortes de serpents monstrueux dont seuls les rouges ont survécu.
    Nessie, qui n’a pas pris une ride dans les lochs comme les lagons,
    Aurait la peau corail-vitreux…mais personne n’en est convaincu.

    Enfin toutes les Aphrodites sont tous les petits animaux
    Aquatiques, terrestres, aériens et ceux qui vivraient dans le feu.
    Sexués ou hermaphrodites, les procédés sont maximaux
    Et les dieux trop épicuriens pour les créer selon leurs vœux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le python-des-mers

    « Rapport N°14 – Le bassin des pythons.

    Les sirènes disparues ont été localisées au centre Guido-Rossum.
    Après enquête, elles poursuivaient une vérification historique concernant le célèbre python-des-mers associé aux légendes d’Irénée-l’ancien.
    Aucun incident n’est à déplorer.
    Douze spécimens ont participé spontanément à une démonstration chorégraphique improvisée.
    Les informations recueillies semblent confirmer que certaines traditions locales méritent d’être réévaluées.
    Je recommande toutefois que les prochaines recherches scientifiques soient signalées avant leur exécution. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Personne n’a vu les sirènes ? » questionne STELLÏÄ à la ronde !
    « Je n’ai retrouvé que leur torque ! » ajoute-t-elle consternée.
    « J’ai une intuition qui m’entraîne à penser que ces furibondes
    Avec les dauphins et les orques vont encore nous faire lanterner ! »

    « Les licornes et les centaures ! Malgré mes recommandations
    Les petites pestes sont parties faire de nouvelles bêtises
    Et les bêtises sont pléthore avec ces abominations ! »
    Tranche ÄLLÏÄ dont la répartie éveille une drôle de hantise.

    « Je vais alerter l’intendant pour lancer une expédition ! »
    Dit Nérätïs déterminée à devoir remuer ciel et terre.
    « Il y a une note cependant ! » dit Cristïäs captant l’attention ;
    « On suit le python d’Irénée ! » signé par nos prépubertaires.

    « Elles ont mordu à la légende et sont allées vérifier !
    Je crois savoir où elles sont … dans le grand bassin des pythons ! »
    En prenant les allées marchandes aux souvenirs mythifiés,
    Alors nous vous garantissons de les trouver sur le ponton ! »

    Aussitôt tout le monde court afin de leur porter secours…
    Peine perdue nos deux sirènes dansent avec douze serpents.
    Pas besoin de trop longs discours ni souhaiter le moindre recours ;
    Leur amitié paraît sereine entre tous les participants.

    « Ils nous ont parlé d’Irénée, vieux contrebandier repenti,
    Qui, par son amour pour Lïlïth, s’est remis dans le droit chemin.
    Cessez de nous morigéner ! Grâce à nous, vous aurez senti
    Qu’il fallait qu’on réhabilite la vérité, main dans la main »

    Éôlïäne avec Azurïanne, sont de vraies petites futées
    Qui avaient, derrière la tête, une idée des plus pondéreuses.
    Ce soir les légendes océanes seront encore plus affûtées
    Après une rapide enquête de nos remarquables éclaireuses.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Bienvenue sur les plages barbares !

    « Rapport N°13 – L’hémisphère sauvage.

    Émergés des flots du Médiapode, nous découvrons les côtes d’un printemps austral préservé.
    Centaures barbares et licornes y vivent libres.
    Nérätïs nous octroie un asile au centre Guido-Rossum.
    Un repos paisible après une telle virée océanique. »

    Geminïä, suppléant la Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Les grands plateaux sont monotones alors la soucoupe accélère
    Jusqu’à parvenir au rivage où règnent beaucoup d’activités.
    « Chez nous, nous étions en automne ; ici le printemps prolifère !
    Allons vers les côtes sauvages, découvrir les plages barbares ! »

    « C’est nos copains qu’on va croiser ! » crie Éôlïäne sur le rivage…
    « Hé non ! » avertit Nérätïs, « Ce sont des centaures barbares !
    Les nôtres sont apprivoisés tandis qu’eux sont restés sauvages
    Et s’ils vivent loin d’Atlantïs, c’est qu’ils déclenchent des bagarres ! »

    « Plus loin, des troupeaux de licornes vivent dans leur biotope naturel.
    En fait tout l’hémisphère austral a été conservé intact
    Tandis que nos constructions ornent, avec nos cités culturelles,
    Tout l’hémisphère boréal pour qu’il n’y ait aucun impact. »

    « Nous conservons beaucoup d’espèces et la chasse y est interdite
    Sauf bien sûr pour les autochtones qui régulent l’écosystème : »
    Dodos, gorgones et lionnesses ; stryges, néréides et aphrodites ;
    Le Python-des-mers allochtone et les dragons rouges anathèmes. »

    « Bien sûr la zone est protégée et le tourisme est illicite
    Sauf dans les aires d’observation et les centres scientifiques.
    Notre équipement allégé ne nous autorise pas de visite
    Mais j’ai une dérogation pour un circuit honorifique ! »

    « Voici le centre Guido-Rossum – de la planète du python
    Qui fut introduit par erreur à cause de la contrebande.
    Mais il s’est adapté en somme et nous nous en félicitons
    Bien qu’il ait semé la terreur lors de leurs migrations en bandes ! »

    Le centre admet une résidence pour loger les conférenciers ;
    On passe alors du fastueux aux lieux rustiques du Médiapode.
    Mais ce soir, c’est une évidence : on a besoin d’apprécier
    Un retour au calme respectueux des émotions fort incommodes.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Éclat d’Émeraude

    Éclat d'Émeraude

    Là où l’écume danse et vient baiser le sable,
    Apparaît une muse au regard ineffable.
    Mi-femme, mi-chimère, elle joue avec l’or
    Du soleil qui s’endort dans l’eau versicolore.

    Son rire est un murmure, une perle de rosée,
    Sur le miroir de l’eau, elle s’est déposée.
    Elle appartient au large, à la perle, au cristal,
    La beauté souveraine du palais abyssal.


    Elle rêve de drakkar, de felouque, de navire
    Issus de ses affûts de délires en délires.
    Elle imagine alors un immortel Ulysse
    Qui viendrait la rejoindre au profond des abysses.

    Illustration de Giulia Gardelli.

  • La sirène extasiée

    La sirène extasiée

    Après une agape gourmande partagée avec l’équipage
    Qui a offert ses plus dodus et appétissants matelots,
    La sirène suisse-allemande préfère alors tourner la page
    Avec le ventre bien tendu et va dormir lovée dans l’eau.

    Dans sa dérive nonchalante, elle se berce au fil du courant ;
    Son corps de nacre se repose après ce festin de géant.
    La prédatrice somnolente, dans son sommeil le plus durant,
    Rêve d’une nouvelle dose de marins au cœur consentant.


    Entre deux eaux, extasiée comme une suissesse bien nourrie,
    On dit qu’elle dormirait cent ans mais c’est un conte évidemment.
    Car après s’être rassasié, elle remonte le Missouri,
    Nil, Danube et le Saint-Laurent, les grands fleuves les plus cléments.

    Tableau de Viktor Nizovtsev.

  • La planète vivante

    « Rapport N°12 Le monde sous-marin

    Nous avons traversé le Grand Tourbillon et visité les entrailles du Médiapode.
    Nous avons observé des forêts filtrantes et des migrations de poissons migrateurs.
    Les eaux océaniques y sont filtrées par un vaste écosystème souterrain avant d’être rejetées aux antipodes par d’immenses geysers.
    Nous commençons à mieux comprendre Atlantis.
    Nérëatïs se révèle être pince-sans-rire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Par les grands hublots translucides de la soucoupe, on aperçoit
    De grandes galeries sous-marines mais monotones si l’on se leurre
    D’écouter Nérëatïs, lucide, commenter que ce qu’on perçoit
    Sont des boyaux qui s’invaginent pendant des heures et des heures.

    « Quoi ? Ça va prendre aussi longtemps ? » dit Éôlïane désespérée.
    « Non ! Nous allons nous faufiler et nous enfoncer dans les grottes ! »
    Dit Nérëatïs juste à temps avant qu’on sente accélérer
    Les moteurs puissants profilés pour mouvoir la barge fiérote.

    D’abord des cavernes semblables à celle qu’on rencontre sur Terre
    Mais avec couleurs irisées comme si recouvertes de nacre.
    Depuis des siècles innombrables, les coquillages apportèrent
    Cette matière fort prisée que l’écosystème consacre.

    « Voici les poissons migrateurs qui remontent assurer la ponte
    Et les créatures abyssales qui s’en nourrissent de tout calibre.
    Il y a beaucoup de prédateurs qui contribuent à ce que le compte
    N’atteigne pas la colossale limite du déséquilibre. »

    S’ensuit une grande forêt avec des arbres gigantesques
    Qui respirent comme un poumon vers les cristaux qui les terminent.
    « Ici le sel est dévoré par les alvéoles dantesques
    Qui le digèrent en amont pour l’entreposer dans les mines. »

    « À partir d’ici, l’eau est douce et tous les poissons rescapés
    Se sont adaptés lentement grâce à la laitance et les œufs
    Dont la coloration si rousse les empêche d’être handicapés
    Par la pénurie d’éléments filtrés par les rochers gazeux. »

    « Et maintenant accrochez-vous car nous allons être éjectés
    Par les geysers des antipodes qui nous cracheront dans les airs ! »
    Et la lumière se dévoue pour éclairer et projecter
    L’eau de l’océan Médiapode sur d’immenses plateaux déserts.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le tourbillon du Médiapode

    « Rapport N°11 – La catastrophe.

    La visite du Grand Tourbillon s’est déroulée conformément aux usages atlantes.
    Nous avons été volontairement précipités dans un gouffre océanique de dimension continentale afin d’accéder aux galeries sous-marines.

    La princesse Nérëatïs affirme que cette procédure constitue un baptême traditionnel.
    Aucun décès n’est à déplorer.
    Azurïanne n’est toujours pas convaincue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le tourbillon du Médiapode

    « Entendez-vous ce fracas sourd ? » demande soudain Nérëatïs.
    « Oui… ça me rappelle les cascades du Lac Supérieur sur Thestïäs ! »
    Répond son frère au petit jour qui se lève sur Atlantïs.
    « Précisément ! La cavalcade d’une chute d’eau, mon cher Cristïäs ! »

    « Putentrailles ! Mais quel trou béant ! » dit Éôlïane impressionnée ;
    Une cascade fantastique presque aussi grande qu’un continent
    Dessine un tourbillon géant d’une chute surdimensionnée
    Où un océan orgiastique vomit son cœur dégoulinant.

    « D’énormes quantités s’engouffrent dans les profondeurs de la Terre,
    Et parcourront plusieurs milliers de kilomètres sous-marins
    En perdant leur sel et leur soufre dans des cavernes délétères
    Et par des geysers singuliers rejailliront des souterrains. »

    « Nous visiterons ces rejets qui se situent aux antipodes
    Et créent une respiration comme un minuscule trou de ver.
    Mais pour l’instant notre sujet est l’océan du Médiapode
    Et qui sans exagération demeure unique dans l’univers. »

    Mais soudain la soucoupe tangue et ne répond plus aux commandes ;
    Elle s’approche dangereusement de la bouche du trou béant.
    Comme aspirés par une langue, Nérëatïs alors recommande
    Leurs âmes aux dieux les plus cléments tandis qu’ils plongent dans l’océan.

    « Ha ha ha ! C’est irrésistible et je vous prie de m’excuser
    Car nous allons examiner ces longues galeries sous-marines.
    C’est un baptême incompatible avec votre peur médusée
    Même si vous avez fulminé de nos vieilles traditions marines ! »

    « C’n’est pas drôle ! » crie Azurïanne frustrée de s’être fait avoir ;
    « Désolée ! C’est un rituel particulièrement orchestré ! »
    Dit Nérëatïs à Éôlïane « Maintenant vous allez savoir
    Nos grands principes habituels des phénomènes enregistrés ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’auberge du couchant

    « Rapport N°10 La fête populaire

    Les habitants des îlots voisins sont arrivés en grand nombre pour les célébrations précédant le Grand Tourbillon.

    Cristïäs a retrouvé plusieurs membres de sa famille.
    STELLÏÄ poursuit son enquête méthodique sur la civilisation atlante.
    ORPHÉÔN a été invité à se produire devant les habitants réunis sur les quais.

    La princesse Nérëatïs refuse toujours de nous révéler la nature exacte du phénomène que nous observerons demain. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Aujourd’hui est un jour de fête dans les îlots des environs,
    Les derniers bastions d’Atlantïs qui hissent leurs derniers pavillons.
    L’océan arrive à son faîte et son dernier coup d’aviron… »
    Leur dit gravement Nérëatïs « Juste avant le grand tourbillon ! »

    « Oui ! Au-delà de l’horizon les eaux s’enfoncent dans l’hémisphère
    Et s’engouffrent dans des souterrains pour remonter aux antipodes
    Et provoquer les floraisons dans le printemps du planisphère
    Qui descendront sur les terrains de l’océan du Médiapode ! »

    « C’est un autre cycle de l’eau qui utilise la gravité
    Doublant le cycle hydrologique comme celui qui règne sur Terre.
    Et ce soir tous les bungalows de l’île seront invités
    Pour l’automne biologique du jubilé communautaire. »

    « Que veux-tu dire par tourbillon ? » demande ÄLLÏÄ très étonnée ;
    « Là-bas, la planète se creuse dans une chute fantastique ! »
    Dit Nérëatïs un tatillon secrète pour faire mitonner
    Autant de mimiques nombreuses sur son auditoire empathique.

    « Pardon mais c’était trop tentant de faire durer le suspense ! »
    Dit Nérëatïs en plaisantant. « Et nous irons le voir demain !
    Reposez-vous en attendant, faites la fête avec le prince
    Tandis que je dois entre-temps y mettre la dernière main !

    Les habitants des alentours arrivent par centaines d’âmes
    Et les embarcadères chantent sous les lanternes du lagon.
    On entend battre les tambours, les rires des hommes et des femmes
    Et les lumières alléchantes sortant des gueules des dragons.

    Cristïäs retrouve des cousins dont il ignorait l’existence ;
    STELLÏÄ tente de questionner sur les prodiges du pays.
    ÄLLÏÄ sort papier et fusains pour un dessin de circonstance
    Et ORPHÉÔN auditionner devant un public ébahi.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Persistance rétinienne

    Persistance rétinienne

    Quand Laurelïne danse pour moi, l’image est floue car elle bouge
    Un peu trop vite pour ma rétine une fois que je suis réveillé.
    Reste le brouillard plein d’émois de cette silhouette rouge
    Qui me laisse de ma rouquine comme un parfum émerveillé.

    Heureusement, les yeux fermés, j’ouvre l’œil qui est dans le cœur
    Et qui sait bien la reconnaître et la toucher avec les yeux.
    Dès lors je peux vous affirmer qu’au matin je me sens vainqueur
    Après avoir senti renaître un emballementemportement délicieux.

    Elle n’est plus qu’un trait de feu dans l’aquarelle de ma mémoire ;
    Quelques couleurs abandonnées sur la blancheur du lendemain.
    Pourtant je reconnais ses yeux comme on reconnaît une histoire
    Dont le parfum s’est adonné à trouver un autre chemin.

    Tableau de De Frente.

  • Du rêve au cauchemar

    Du rêve au cauchemar

    A priori, c’est un beau rêve, mais devenu un cauchemar
    Car j’ai passé toute la nuit à grimper sans y parvenir.
    Hélas, à chaque fois, sans trêve, le but atteint, ça redémarre
    Et je me retrouve – quel ennui ! – incapable de l’obtenir.

    Alors la fille en a eu marre et s’est rhabillée prestement
    En disant qu’elle avait connu des bien plus précoces que moi.
    Et ce terrible cauchemar arrive manifestement
    Pour me faire prendre à mains nues l’affaire qui me met en émoi.

    Puis je compris dans mon malheur ce que ce rêve voulait dire :
    Certains objectifs, les plus lents, sont plus plaisants à convoiter.
    À force de grimper avant l’heure, on oublie parfois le sourire
    Et l’on transforme un simple élan en problèmes à emboîter.

    Illustration du « Testament de William S. » de Blake & Mortimer par André Juillard.

  • Pendant ce temps, Ledalïä attachée de presse…

    « L’expérience de Ledalïä paraît être autobiographique.
    Incroyable mais vrai, elle l’est.
    Avec espoirs, déceptions, attentes, essais et surtout de la transpiration. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Ledalïä attachée de presse…

    Devant les Éditions WordPress, Ledalïä demande à l’accueil :
    « Je viens soumettre un tapuscrit à votre comité de lecture.
    Puis-je voir un attaché de presse pour y déposer mon recueil ?
    Ou, s’il préfère un manuscrit, j’en ai fait une reliure ! »

    « Montrez-moi votre reliure ! » demande la personne affable.
    « Humm… Je préfère vous avertir… vos poèmes sont pleins d’attentions
    Mais le comité de lecture l’écartera, c’est très probable,
    Car nous ne pouvons investir dans ce type de publication. »

    « Mais il existe des maisons qui permettent l’autoédition
    Seulement il faut y investir et votre argent et votre temps !
    Ainsi, à tort ou à raison, c’est une longue expédition
    De dix ans qu’il faudra consentir et peut-être même plus longtemps ! »

    « Toutefois… si vous avez des connaissances pour écrire un site internet,
    Créez donc un blog personnel et diffusez en abondance,
    Puis annoncez donc sa naissance à tous les habitués du net.
    Si son impact est fonctionnel, revenez montrer son audience. »

    « Voici la liste des hébergeurs de sites les moins onéreux
    Ainsi qu’une autre de logiciels pour créer des blogs personnels.
    Comparez les plus arrangeurs, usez des conseils généreux
    D’intelligences artificielles qui sont assez directionnels ! »

    Ledalïä chez un fournisseur s’achète l’ordinateur portable
    Et choisit un abonnement autorisant la fibre optique.
    Elle écoute des bons connaisseurs les conseils les plus profitables
    Et regagne finalement sa chambre avec sa connectique.

    Elle connecte l’appareil, le routeur sur la prise optique,
    Choisit ses fournisseurs d’accès, de blog et puis ChatGPT.
    Et comme elle n’a pas son pareil pour devenir cataleptique,
    Elle y transpire avec succès au moins quinze jours décrétés.

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Alinéor intendant…

    « Pendant ce temps Ô ALLEGÔRÏÄ vit.

    Nous sommes un peu déconnectées sur Atlantïs
    mais nous pensons souvent aux LLyrïädes.
    Elles nous manquent… surtout le soir.
    Et les bébés aussi ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Comme les Llyrïädes ont trois enfants – et même bientôt six à nourrir –
    Il faut alimenter leurs mères qui doivent leur fournir le lait.
    Alinéor, apostrophant les hommes pour les secourir,
    Les a mis aux taches amères pour alimenter le palais.

    Ô ALLEGORÏÄ est une ruche avec ses abeilles ouvrières ;
    Irénée-l’ancien et Lïlïth s’occupent de la pharmacopée.
    Yavänor construit une huche quand hier ses femmes récrièrent
    Un meuble qui leur facilite le dépôt des pains en flopée.

    Alinéor au potager cultive et soigne ses légumes,
    Plus un verger ensoleillé pour les fruits les plus variés.
    Irénée-le-jeune, usager des cannes-à-pêche, s’accoutume
    À pêcher, vider, écailler tous les poissons répertoriés.

    Tandis que Laurelïne et Loreleï veillent sur leurs petits royaumes,
    Les berceaux vont de mains en mains dans un concert de gazouillis.
    Malgré cela, vaille que vaille, on voit souvent rôder les hommes
    Distribuer leurs gestes humains, guiliguilis et chatouillis.

    On se retrouve au déjeuner, au diner ainsi qu’au souper ;
    Parfois la nuit quand bébé pleure, on le console sur son giron.
    Et quand les filles sont surmenées, les hommes se laissent entourlouper
    Et, bien qu’ils sachent que c’est un leurre, vont lui donner un biberon.

    Alinéor, dans sa cuisine, est le véritable maître d’œuvre ;
    Il organise ses menus des jours et des jours à l’avance.
    Il lit beaucoup de magazines afin de se mettre à l’épreuve
    Par maintes recettes obtenues avec des herbes de Provence.

    De temps à autre une cavalcade ou une chute dans l’escalier.
    Et Geminïä sonner l’alarme : « Les petites m’ont encore écrit ! »
    Alors on attend l’estocade de ce service épistolier
    Qui, mais c’est bien là tout son charme, vient clamer à cor et à cri !

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Aux confins des grands lacs

    « Rapport N°9 avec les dauphins.

    Les lacs d’Atlantïs sont si vastes que leurs rivages finissent par disparaître.
    Éôlïane et Azurïanne s’en donnent à cœur joie.
    Au terme de notre traversée, une île est apparue au couchant avec une auberge fréquentée par des voyageurs venus d’horizons très divers. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Aux confins des grands lacs

    « Remettez vos torques personnels si vous voulez communiquer ! »
    Dit ÄLLÏÄ qui les a rejointes avec le reste de l’équipe.
    « Les licornes, c’est exceptionnel ! » dit Nérëatïs sans tourniquer
    Autour de la question conjointe sur leur télépathie pratique.

    « Pour les centaures, c’est différent ; ils échangent avec les dodos
    Qui par les licornes complices vous font croire à leur don d’oracles.
    Nos animaux sont afférents au contact des créatures d’eau
    Ainsi les sirènes remplissent les conditions de ce miracle ! »

    « Je vous invite maintenant à nager avec les dauphins ! »
    Leur propose alors Nérëatïs. « Ils sont non seulement familiers
    Mais sont extrêmement étonnants et nous emmèneront aux confins
    Des réseaux de lacs d’Atlantïs et vous en serez cavaliers ! »

    « Mettez vos torques a minima car ici on se baigne nu
    Et approchez-vous des dauphins qui vous laisseront les monter ! »
    Et tous suivre sans cinéma le conseil qui fut convenu,
    Poursuivant un banc d’aiglefins à cheval sur les bêtes domptées.

    « Yahou ! » crie Éôlïane émue ; « Taïaut ! » crie Azurïanne ravie
    Suivies par tous leurs camarades à l’assaut des lacs d’Atlantïs.
    Les sirènes ont été promues éclaireuses selon les avis
    Favorables à la pétarade des hallalis qui retentissent.

    Les éclaireuses faisant la course, Nérëatïs profite du moment
    Pour montrer la végétation et les serres qu’on voit au lointain.
    « Ces jardins sont notre ressource prioritaire d’aliments
    Nous en semons nos plantations parmi les îlots de plantain ! »

    À la poursuite du couchant, ils parviennent au bout de la mer
    Car les lacs à perte de vue ont effacé tous les rivages.
    Sauf une île où vont cravachant les montures sous les vents amers
    Jusqu’à une auberge pourvue d’un immense port d’arrivage.

    Illustration de Ledalïä.

  • Licornes, centaures et dodos

    « Rapport N°8 Premières rencontres.

    Les Atlantes vivent entourés de créatures que nos légendes considèrent comme imaginaires.
    Après cette journée, je me demande si ce ne sont pas nos légendes qui sont incomplètes.

    Les licornes pensent.
    Les centaures accueillent.
    Les dodos traduisent.
    Atlantïs est décidément plus étrange que prévu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Licornes, centaures et dodos

    « Elles sont jolies ces deux sirènes ! » pensent ensemble trois licornes.
    « Invitons-les ! Moi, ça m’épate ! J’ai envie d’en faire l’essai ! »
    Elles envoient une pensée sereine, une invitation par leurs cornes,
    Car les licornes sont télépathes comme tout le monde le sait.

    Éôlïane ainsi qu’Azurïanne acceptent cette offre insolite
    Et les voici cavalcadant à dos de licornes émérites
    Mais bien accrochées à l’organe corné des montures acolytes
    Et par la pensée, bavardant de fariboles qui se méritent.

    Or les licornes ne parlent pas ; le langage n’est pas leur nature
    Mais elles transmettent leurs envies par des pensées de bas niveau.
    C’est un langage des premiers pas de la communication pure
    Qui se passe de préavis et d’encombrement de cerveau.

    « Voici », « lointains », « parents », « centaures » transmettent-elles en assembleur
    Ainsi que les savants appellent leur vocabulaire restreint.
    « Bonjour Monsieur le Minotaure ! » dit Éôlïane devant l’ampleur
    De la créature si belle avec sa voix de boute-en-train.

    « Le centaure est très intrigué d’être appelé « homme-taureau »
    Dit un dodo très diplomate faisant office de traducteur.
    « Ils ne savent pas distinguer l’ironie des mots immoraux ;
    Permettez donc que je colmate ce non-sens assez reducteur ! »

    Alors les centaures se saisissent des deux sirènes affolées
    Et imposent une course effrénée à ces fieffées profanatrices.
    « Waah ! » le temps qu’elles se ressaisissent tandis qu’elles sont caracolées
    Et, au dernier moment, freinées par une résille protectrice.

    « C’est l’invitation amicale traditionnelle chez les centaures ! »
    Explique le dodo conciliant : « ils vous souhaitent la bienvenue ! »
    Et une collation frugale dans une suite de pléthores
    De fruits du lac réconciliant font pâmer les deux ingénues.

    Illustration de Ledalïä.

  • Atlantïs la cité céleste

    « Rapport N°7 Atlantïs

    Les récits les plus anciens décrivent Atlantïs comme une cité disparue.
    Les Atlantes la considèrent simplement comme leur foyer.
    Entre les deux versions se trouve sans doute la vérité que nous allons découvrir aujourd’hui.
    À chacun son émerveillement ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est une forêt de cristal ! » dit ÄLLÏÄ émue jusqu’aux larmes.
    « Des harmonies les plus splendides ! » dit ORPHÉÔN phonologique.
    « Une symphonie de métal ! » dit STELLÏÄ succombant au charme.
    « C’est comme l’ancienne Atlantide ! » dit Cristïäs au cœur nostalgique.

    « Des cages à lapin futuristes ! » dit Éôlïane sarcastique.
    « L’œuvre d’un sculpteur schizophrène ! » lâche Azurïanne toutefois.
    « Vous êtes caricaturistes, béotiennes iconoclastiques ! »
    Disent les quatre qui refrènent la pire des mauvaises fois.

    « Attends ! Mais est-ce que t’imagines ? Passer sa vie en ascenseur
    Et vivre dans un escalier ! » réplique vivement Éôlïane.
    « Les concepteurs sont misogynes pour assujettir nos consœurs
    À devenir folles à lier ! » cingle crûment Azurïanne.

    « Mais très pratique pour les soucoupes et les puits d’anti-gravité ! »
    Leur explique alors Nérëatïs « et personne ne le fait à pied !
    Et entre les tours s’entrecoupent des jardins de suavité
    Et des boutiques qui garantissent le meilleur goût, comme il nous sied ! »

    « On dort au-dessus des nuages et l’on vit en pleine nature
    Dans tous les parcs aménagés et les plages au bord des plans d’eau !
    Et le côté le plus suave apprécié sont les créatures
    Animales qui sont protégées : licornes, centaures et dodos ! »

    « On peut se baigner dans les lacs ? » s’empressent alors les sirènes.
    « Bien entendu ! Si vous voulez, c’est par là qu’on va commencer ! »
    Et la soucoupe ainsi attaque une plongée des plus sereines
    Pour atterrir et débouler dans un paradis romancé.

    « Comment on enlève ce truc ? Moi je veux me baigner à poil ! »
    Dit Éôlïane en arrachant son torque comme un élastique.
    Laissant là les auras caduques, deux queues frétillent comme des voiles
    Et disparaissent s’amourachant de cette cité fantastique.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Cosma Shiva

    Cosma Shiva

    Huit mains pour caresser mon corps feront quatre muses attentives
    Plus efficaces que Morphée pour m’entraîner dans de beaux rêves.
    Si mon cœur est assez d’accord pour en aimer l’alternative,
    J’en ramènerai comme trophée cette strophe légèrement trop brève.

    Tableau d’Emily Balivet.

  • Geminïä & ÄLLÏÄ

    Geminïä & ÄLLÏÄ

    Geminïä & ÄLLÏÄ sont sœurs, deux sœurs jumelles apparemment ;
    Sans doute l’une est plus Pollux et donc l’autre un peu plus Castor.
    Je les ai eues comme professeurs d’astronomie évidemment ;
    L’une portait des habits de luxe et l’autre des vêtements brodés d’or.

    Je les confondais tout le temps à part un trait de caractère ;
    L’une était assez délurée et l’autre plutôt dans la Lune.
    Mais j’étais encore débutant dans l’art à percer les mystères ;
    Ce qui fait que dans la durée, j’en ai conservé des lacunes.

    Plus tard j’ai revu Geminïä et j’ai fait comme Emmanuel ;
    Je l’ai épousée par devant Lïlïth, maire des présidentiables.
    Au sujet de sa sœur ÄLLÏÄ, elle fait son retour annuel
    Et moi, je dors sur le divan car les sœurs sont indissociables.

    Tableau d’Emily Balivet.

  • Le deuxième jour

    « Rapport N°6 Deuxième jour

    Cristïäs a retrouvé sa famille et semble très apprécié des Atlantes.
    Nous avons appris que nos aventures sont connues ici grâce aux messagers.
    Nérëatïs s’est proposée pour nous servir de guide et nous allons bientôt entreprendre notre première visite officielle d’Atlantïs en soucoupe volante ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Conviés au petit déjeuner, les six se retrouvent à la table
    Présidée par Nérëatïs, Thétïs et, bien sûr, Astérïas.
    Les unes un peu surmenées par leurs amourettes innombrables
    Et les autres plutôt propices à l’espoir d’y trouver leur place.

    L’esprit de famille, Thétïs demande comment étaient leurs nuits
    Et si leurs chambres apprêtées ont répondu à leurs souhaits.
    Astérïas, mémoire d’Atlantïs, affirme qu’il n’y a aucun ennui
    Et il propose aux invités l’accompagnatrice allouée.

    « Ce sera moi ! » dit Nérëatïs, « J’ai toutes les autorisations
    En tant que princesse royale je serai leur meilleur apôtre.
    Nous visiterons Atlantïs pour la familiarisation
    Car il serait bien déloyal de les confier à quelqu’un d’autre ! »

    « Votre Altesse ! » dit Pénélopïä, « J’ai affrété les deux navettes
    Afin de survoler la ville pour qu’ils en découvrent son charme !
    Un véhicule dans l’immédiat qui est votre propre corvette
    Et l’autre pour la garde civile, pour l’assistance et les gendarmes. »

    « J’aurais une question, Princesse… » – « ÄLLÏÄ ! Appelle-moi Nérëatïs ! »
    « Comment donc nous connaissez-vous sans que l’on vous ait contactés ? »
    Elle rit alors avec largesse ; « Savez-vous que sur Atlantïs
    Tous les messagers se dévouent à narrer vos faits impactés ? »

    « Vos aventures sur Thestïäs et puis l’escale des Gémeaux,
    Votre mission au Poïnt ZérÔ et la rencontre avec les dieux !
    Vous avez retrouvé Cristïäs, l’avez tiré de son hameau !
    Vous, les véritables héros aux exploits les plus dispendieux ! »

    « Alors en voiture, Messieurs-Dames ! » réplique alors Pénélopïä.
    « Votre pilote vous attend, bienvenue en soucoupe volante !
    Ce véhicule haut-de-gamme arbore le nom d’Ôlympia,
    Un vaisseau royal exploitant toute la technologie atlante. »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps sur Ô ALLEGÔRÏÄ…

    « Rapport N°5 addendum

    J’ai oublié de vous dire que le rapport N°5 était le récit du rêve que j’avais fait la première nuit et que je vous ai envoyé par erreur. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps sur Ô ALLEGÔRÏÄ…

    À quatre ou cinq jours de l’été, tandis que le soleil se lève,
    On entend une cavalcade qui dégringole l’escalier.
    « Les petites nous ont complété les rapports dont elles relèvent
    Renvoyées de mon ambassade par le service épistolier ! »

    « Calme-toi, Geminïä, c’est bon ! » dit Lïlïth en train de changer
    Les couches sales des jumeaux en leur massant gaiement la panse.
    « Et c’est assez nauséabond ! » dit Loreleï en train de langer
    Laëtïtïa qui, elle, ne dit mot mais allez savoir ce qu’elle pense…

    « Leur voyage est une victoire ; ils sont reçus royalement !
    Cristïäs a retrouvé ses pairs, les dignitaires d’Atlantïs !
    ÄLLÏÄ m’a raconté l’histoire… D’abord l’accueil, chaleureusement,
    La réception, sans un impair, et la Reine s’appelle Thétïs ! »

    « Et les gamines ? Pas de problème ? » demande une Lïlïth inquiète…
    « Si tu savais ! Elles ont trouvé chaussure à leurs pieds, rapido !
    Et ça n’oppose aucun dilemme apparemment et les fillettes
    Nous aurons vite ainsi prouvé que ça roule, côté libido… »

    « Et ont-ils bien utilisé les vêtements organisés
    Pour toutes les situations ? » demande Ledalïä de facto…
    « Penses-tu ? Volatilisés ! Les habits sont catalysés
    Grâce à l’individuation d’un plasme direct sur la peau ! »

    « Ils sont à poil ? » crie Ledalïä « C’est ça le savoir-faire atlante ? »
    « C’est pareil que des vêtements mais programmés comme ils le souhaitent ! »
    Explique lentement Geminïä, « Et ne soit pas aussi cinglante !
    Tu peux comprendre simplement que ça pourrait être très chouette ! »

    « Puis ÄLLÏÄ nous embrasse toutes ainsi que nos quatre confrères
    Mais je demeure un peu surprise par le dernier rapport bizarre
    Qui me laisse un immense doute sur la manière très arbitraire
    Qu’ÄLLÏÄ a mené sous l’emprise d’un renversement qui l’égare… »

    Illustration de Ledalïä.