Blog

  • Virachola du Caucase

    Image galerie
    Image galerie

    Sous son arbre, perchée, tenant la dragée haute
    À son haut inversé, devisait la culotte ;
    À quoi bon se cacher lorsque la gravité
    Semble se rattacher à l’immoralité ?

    Suspendue à l’ébène, elle nargue le vent,
    Le monde perd son sens, le bas devient devant,
    Offrant au ciel d’azur sa pudeur inversée.
    Dans cette étrange pose, en l’air, improvisée.

    Le monde est à l’envers, les monts sont au zénith,
    Le ciel devient le sol, le vide est son seul rite,
    Elle offre ses secrets sans aucune marotte.
    Mais le vent un peu trop… taquine sa culotte !

    « Clac ! » a dit l’élastique. « Chic ! » répliqua le vent.
    Mais le slip sarcastique résiste à contrevent.
    Alors le vent redouble jouant les brise-lames ;
    La culotte se trouble et devient oriflamme.

    Le vent gagne le combat, il l’emporte là-haut,
    Elle s’envole vers l’ombre en un dernier sursaut
    Laissant la fille cul nu pour un autre destin ;
    Celui d’un beau fruit mûr pour un autre festin.

    Laissant la nymphe seule au bord du firmament,
    Quand la culotte fuit dans un grand battement,
    Le peintre en un instant figea cette insolence,
    Il n’est plus de pudeur, il n’est plus de silence.

    Tableaux de Christian Vincent et Andrey Remnev.

  • Alcyônïä – Loreleï

    « On me croit étoile parce que je brille au-dessus de la mer. Pourtant, lorsqu’elle me reçoit dans son miroir, je ne sais plus si ma lumière descend du ciel ou remonte des profondeurs.

    Loreleï m’a appris que l’on ne règne pas par l’autorité : on accueille les tempêtes, on mêle leur tumulte aux souvenirs puis l’on en fait un chant capable de guérir.

    Je suis Alcyônïä : le ciel m’a donné l’éclat, l’océan m’a donné la voix et leur reflet, une âme assez vaste pour les réunir. »

    Alcyônïä, étoile-sirène des Pléïädes

    Image galerie

    Géante bleue, la plus brillante, elle se révèle par réflexion
    À travers une nébuleuse qui en réfléchit la lumière.
    Extrêmement resplendissante et d’une multiple attraction,
    C’est l’étoile la plus fabuleuse de souveraineté première.

    Alcyônïä, c’est l’eau de Loreleï, sa représentation astrale
    Qui rayonne par la puissance plutôt que par l’autorité
    Et puis qui tourne, vaille que vaille, d’une période magistrale
    Mêlant toute sa magnificence avec sa singularité.

    Système stellaire multiple, elle emprunte à l’immensité
    Des océans toute l’énergie de l’amour de Poséidon.
    L’étoile alors irrésistible s’amplifie en intensité,
    Devenant sirène en synergie aux couleurs du bleu céladon.

    L’étoile au miroir nébuleux fait chatoyer son interface
    Et la mer reflète le ciel en réunissant leurs lumières.
    Et c’est le destin fabuleux des vagues poussées en surface
    Par vents et flux circonstanciels qui font sa puissance première.

    Ce tourbillon relationnel entre sa rotation stellaire
    Et la rotation de la Terre crée ses marées extraordinaires
    Et des effets sensationnels lorsque les éruptions solaires
    Accroissent les eaux planétaires en ouragans tourbillonnaires.

    Et tout cela devient un chant mêlé de tous les souvenirs
    D’une étoile devenue sirène et du cosmos devenu mer.
    Et ce rappel est attachant car il explique l’avenir
    D’une providence sereine qui relie Loreleï à sa mère.

    Enfin l’étoile est magicienne, guérisseuse, neutre et apaisante ;
    Ses eaux reflètent les faisceaux si troubles et bleus de sa naissance
    Simultanément très ancienne et en même temps omniprésente
    Où les mystères abyssaux rejoignent alors la connaissance.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Maïä – Laurelïne

    « Je ne suis ni la plus ancienne ni la plus jeune.
    Je suis la première : celle qui donne l’impulsion puis laisse chacune de ses sœurs inventer sa lumière.

    Dans le feu de Laurelïne, j’ai reconnu mon cœur, mon corps, mon esprit, mon âme et jusqu’au secret fécond de ma matrice.

    Que notre poète navigue donc entre nos deux ciels… mais qu’aucune étoile ne s’avise de lui faire changer de constellation ! »

    Maïä, première étoile des Pléïädes

    Image galerie

    Ni la plus jeune, ni la plus vieille mais la première tout simplement
    Qui offre son inspiration à son poète navigateur.
    Maïä est l’étoile qui veille à le satisfaire amplement
    Par l’amour et l’admiration de ses élans instigateurs.

    Maïä, c’est le feu de Laurelïne et son identité cosmique ;
    Première étoile des Pléïädes, elle entraîne une à une ses sœurs
    Afin que chacune décline son attraction astronomique
    Qui distingue chaque LLyrïäde en révélant son épaisseur.

    Maïä, c’est tout son cœur d’étoile qui scintille comme la pionnière
    Qui donne la première impulsion à toute nouvelle création.
    Une passion qui se dévoile et qui apporte la lumière
    Et oppose aux autres pulsions une jalousie d’exception.

    Maïä, c’est son corps matériel qui lui procure sa substance
    Sur lequel on peut déposer une caresse et un baiser.
    Et son côté caractériel qui lui procure la résistance
    D’une force qu’on peut supposer presque impossible à apaiser.

    Maïä, c’est l’esprit éveillé et son pouvoir de décision
    Qui lui donne son autonomie et donne son émancipation,
    Ce qui la rend émerveillée avec des prédispositions
    Pour ne pas faire économie de ses plus chères aspirations.

    Maïä, c’est l’âme divinisée qui la hisse au sommet des dieux
    Comme vestale de l’ÏÄMÔURÏÄ qui est l’énergie des LLyrïädes.
    Par cet ÉchÔ féminisé, poussé par Yggdrasil, radieux,
    Qui en transmet la Sapphôrïä afin d’atteindre les Pléïädes.

    Maïä, c’est le sexe fécond de la Grande Fornicatrice
    Dont la pudeur s’évanouit dans une totale nudité.
    Elle reçoit dans son giron, dans le secret de sa matrice,
    Le germe qui s’épanouit, preuve de sa fécondité.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Pégase en bleu

    Pégase en bleu

    Lorsque Pégase redevient bleu, c’est là l’instant le plus magique
    Car le voyage a transformé ce que deviendra ma journée ;
    Une rose sur le sol sableux d’un nuage minéralogique
    Dont le parfum m’a informé que j’y avais déjà séjourné.

    Il broute l’ombre de la nuit sous un croissant de lune rousse,
    Ses ailes rouges au repos comme un manteau de feu sacré.
    Je sens la paix qui m’envahit, le cœur tranquille sur la mousse,
    Berçant le souvenir lointain d’un paradis que j’ai ancré.

    Le bleu s’infuse dans mes os, guérissant chaque cicatrice,
    Le sable d’or de mes tourments devient un jardin de velours.
    Je marche enfin vers le matin, libre de tout ancien supplice,
    Portant un courage gourmand d’affronter les jours les plus lourds.

    Tableau de Victor Nizovstev.

  • Les oiselles sauvages

    Surprise ! On m’a donné des ailes et une grande robe d’or !
    Je n’ai pas eu à choisir de sexe mais plutôt entre ange et démon.
    J’ai bien réfléchi avec zèle même si en moi un démon dort
    Car je n’ai plus aucun complexe à être un ange de renom.

    Me voici donc vêtue en femme et l’air vibrant entre mes seins ;
    Le vertige me tourne la tête et j’ai envie de faire l’amour.
    Je recherche un démon infâme qui possède au creux du bassin
    Tout ce qu’il faut pour faire la fête car Dieu ne manque pas d’humour.

    Je sens l’appel d’une autre flamme, un désir brûlant et divin,
    Sous la douceur de cette soie, je veux un diable pour amant !
    Que m’importe le don de l’âme, si le plaisir est en chemin,
    Je veux goûter à cette joie et devenir ange-maman.

    Il n’est plus l’heure du blasphème, dans ce ciel pur et sans retour,
    Dieu nous regarde avec tendresse, car il a créé nos instincts.
    Je cherche au loin cet anathème, pour m’enivrer de son amour
    Et m’éveiller dans une ivresse, loin des chemins trop indistincts.

    Je vois un démon qui rouspète, un beau rebelle au corps d’airain,
    Portant au front un diadème de péchés commis à rebours.
    L’éclair jaillit dans la tempête pour ce duo si souverain
    Qui chante au ciel un grand poème sous le rythme lent des tambours.

    Son bras puissant saisit ma taille, je sens le feu de son bassin
    Contre mon sein le cœur s’arrête avant de battre à l’unisson.
    Qu’importe enfin cette bataille, nous suivrons l’ombre du dessein
    Que Dieu écrivit sur la crête, nous promettant un nourrisson.

    Tableaux de Douglas François Girard.

  • L’avènement des Pléïädes

    « Nous pensions être douze sous les branches d’Yggdrasil.
    Nous ignorions encore que sept étoiles nous regardaient depuis toujours. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Une conséquence directe de la Sapphôrïä établie
    Par Yggdrasil à l’univers envoya l’ÉchÔ aux Pleïädes
    Dont la constellation correcte montre sept étoiles anoblies
    Prêtes à ouvrir un trou de ver a destination des Llyrïädes.

    Son ÉchÔ voyage et transforme les sept lumières des Pléïädes :
    Maïä, Alcyônïä, Électrïä, puis Cälaénïä et Taÿgétïä.
    Et cinq de ces Muses prennent forme dans nos cinq premières LLyrïädes,
    Puis Astérôpïä pour STELLÏÄ, enfin Mérôpïä pour ÄLLÏÄ.

    Cristïäs voulut les étudier et Amellïä les visiter
    Mais Ô ÏÄMÔURÏÄ est parqué tout au fond du lac de Constance
    Et voir Amellïä expédiée par l’azimut sollicité,
    Est – et tous l’ont fait remarquer – impossible dans ces circonstances.

    Reste la téléportation mais il n’y a pas d’exoplanète
    Et Geminïä est implacable : il faut trouver un objectif !
    Et malgré les exhortations, la réponse demeure nette :
    Le voyage est inapplicable malgré les cris intempestifs.

    « Et si l’ÉchÔ les invitait ici sur Ô ALLEGÔRÏÄ ? »
    Suggère Yavänor, médusant ceux qui n’y avaient pas pensé.
    « Si les Pléïädes profitaient de la puissance de l’ÏÄMÔURÏÄ
    Elles le feraient en diffusant leur propre énergie compensée… »

    « Puisque la Sapphôrïä produit l’ÉchÔ envoyé aux Pleïädes
    Et puisque Yggdrasil amplifie le signal en corrélation,
    Prions ensemble dès aujourd’hui et ce jusqu’à ce que les LLyrïädes
    Le perçoivent qui s’intensifie quand nous serons en relation ! »

    Yanimïä établit la chaîne ininterrompue des prières
    Et le signal, directement, est envoyé vers les étoiles.
    Coïts et orgasmes s’enchaînent avec une force singulière
    Jusqu’à l’ÉchÔ correctement renvoyé et ce qu’il dévoile !

    Image galerie
    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Pégase en rose

    Lorsque je rêve Pégase en rose aux ailes et la queue mordorés,
    Je sais que je vais visiter les royaumes atmosphériques
    Où je retrouverai la rose qu’un petit Prince a adoré
    Et planté sans morosité pour les rêveurs stratosphériques.

    Le vent caresse les sabots de ma monture au poil de soie,
    Nous franchissons les pics d’argent d’un univers mélodieux.
    Mon cœur palpite et c’est si beau de s’abandonne à la joie
    De voir les astres partageant leurs luminaires avec les dieux.

    Adieu la pierre et les fractures, ici tout n’est que liberté !
    Je vole au-dessus des douleurs sur ce destrier de légende.
    La vie retrouve sa nature dans cette pure éternité
    Où chaque étoile a la couleur d’une promesse qu’on demande.

    Tableau de Victor Nizovstev.

  • Les deux Pégase

    Il y a Pégase du passé et Pégase de l’avenir ;
    Le premier remonte au présent, le second descend du futur.
    Les dieux ont été dépassés, eux qui n’ont pas su voir venir
    Le point focal omniprésent, là où Rhapso fait sa suture.

    L’un déploie ses ailes d’éther, l’autre ses foudres de métal ;
    Ils s’unissent au dernier sursaut pour fracasser le mur du temps.
    Dans cette rhapsodie d’acier, au grand galop transcendantal,
    L’éclair du mythe se confond avec le souffle des vivants.

    Rhapso est la muse de la couture et les tableaux sont de Vasko Taškovski.

  • La Croisière Stellaire

    La Croisière Stellaire

    Quand le premier quartier commence avec un D plutôt qu’un C,
    J’en profite pour m’élancer vers le seuil de la nuit des temps
    Avec de belles performances dues à la course cadencée
    De la Lune qui vient s’avancer vers la phase qui la détend.

    Je hisse alors les voiles bleues sur les mâts de l’immense azur,
    Pour fendre l’écume lactée où bouillonnent les galaxies.
    L’enfant pilote un rêve preux, tenant le cap avec mesure,
    Tandis que le vent va tracter les comètes en acrobaties.

    Il pêche au bout de son sillage des grappes d’astres scintillants,
    Qui viennent border son voyage de maintes perles illimitées.
    Il vogue au-delà des nuages, sur ces flots d’or et de diamants,
    Pour offrir au monde un message de paix et de sérénité.

    Illustration de Laura Elderton.

  • Luneton

    Luneton

    Luneton, jeune espoir féminin, nous offre son spectacle étrange ;
    Elle danse les soirs de pleine Lune sur celle-ci, gibbeuse et bien ronde.
    Son numéro paraît bénin pour le public qui se dérange
    Mais elle en a fait sa fortune et en a enchanté le monde !

    Lorsque son grand ballon décline, Luneton ne ralentit pas ;
    Sur un croissant devenu frêle, elle poursuit l’éternelle ronde.
    La nuit retient la ballerine et le ciel tremble sous ses pas
    Mais l’équilibriste immortelle jouit à la dernière seconde !


    Et quand la Lune se retire dans ses quartiers moins prestigieux,
    Luneton repart en tournée sur les lunes des autres planètes.
    Les journaux titrent qu’elle attire des extraterrestres élogieux
    Qui lui proposent de tourner avec mignons et mignonettes.

    Tableau de FujiRemi.

  • La Lune à la rescousse

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Parfois les soirs de pleine Lune, un loup-garou fait un faux pas
    Et peut tomber dans un trou noir car il n’est pas très nyctalope.
    Heureusement une main opportune vient le délivrer du trépas
    In extremis de l’entonnoir diabolique, fourbe et interlope.

    Le rescapé reconnaissant promet à la Lune d’être sage ;
    Elle le dépose sur la terre où le loup se croit hors d’ennui.
    Mais l’astre rond et tout-puissant réveille en lui la bête sauvage
    Qui mord sa bienfaitrice altière avant de s’enfuir dans la nuit !


    Et l’on crie : « Haro sur le loup ! » de toute une myriade de bouches !
    Les astres vengeurs de la Lune le criblent d’étoiles filantes.
    Et le loup meurt. Pas de jaloux. Comme quoi les loups-garous sont louches
    Et face à une main opportune, ils montrent leur humeur méchante.

    Illustration d’Oozium.

  • La Lune par devant, par côté, par derrière

    Quand la Lune se renouvelle, elle ne montre que ses fesses
    Mais dans le noir, ce n’est pas grave et sa pudeur demeure intacte.
    Après trois tours de manivelle, elle daigne revenir à confesse
    En affichant l’air le plus brave mais si ténu qu’il se rétracte.

    Elle habite les beaux quartiers et se montre nue à la fenêtre ;
    La Lune est d’une humeur changeante ; elle ne fait rien comme tout le monde.
    Elle est enceinte d’un mec altier qui, par la crainte de lui voir naître
    Un luneteau – chose affligeante – l’a plaquée. C’est vraiment immonde !

    Puis enfin elle arrive à terme et elle expose sa face entière ;
    Un ventre parfaitement rond qui resplendit dans les hauteurs.
    La voilà pleine ; son épiderme reflète toute la lumière
    Mais son amant, ce fanfaron, n’en réclame pas ses droits d’auteur !

    Puis elle maigrit de profil, ne nous montrant plus qu’un quartier ;
    Son ventre fond, sa joue se fend ; elle doit assurer ses arrières.
    Enfin elle tourne à contrefil pour mieux exhiber son fessier ;
    La Lune apparaît par-devant, par les côtés et par-derrière !

    Tableaux de Chris Skinner, Stephanie Hans, Robert Eggers et Erté.

  • La Sapphôrïä universelle

    « Les femmes, c’est bien ;
    avec les hommes, c’est mieux ;
    avec la Sapphôrïä, c’est encore mieux.

    Les prières par trouples établies chaque jour de la semïäne ne sont plus suffisantes.
    J’ai transformé les douze rites en un rite commun où tous les participants sont conviés.

    Le résultat va dépasser mes espérances ! »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

    Image galerie

    Tout a changé dans la chapelle : l’Érotorium trône au milieu
    Et les prières sont plurielles en unissant douze LLyrïädes
    Formant la ronde qui appelle leurs partenaires dans ce lieu
    Pour prier dans une kyrielle d’associations par myriades.

    Yanimïä occupe le centre et chante une douce mélopée
    Pour donner aux douze prêtresses le même rythme à soutenir
    Pareil à une danse du ventre qui agite la canopée
    D’Yggdrasil en pleine allégresse que plus rien ne peut retenir.

    Yavänor ne pouvant prier avec trois prêtresses à la fois,
    S’est vu multiplié par trois grâce à un don d’ubiquité
    Qu’il s’est alors approprié – grâce à Geminïä toutefois
    Qui lui en a donné l’octroi – librement en toute équité.

    Deux Yavänor, c’est difficile à synchroniser à la fin ;
    Trois Yavänor, c’est impossible mais Yanimïä sait comment faire :
    Elle les a rendus fissiles grâce à sa voix de séraphin
    Et la fusion irréversible s’opère entre les noosphères.

    Laurelïne exige l’original mais tous les trois sont authentiques ;
    Loreleï voudrait en avoir deux pour une double pénétration ;
    Lïlïth étant plus vaginale et sachant qu’ils sont identiques,
    Ferme les yeux, saisit une queue et se met en vénération.

    Au moment où tous les fidèles prient ensemble et à l’unisson
    Une symphonie érotique de tous ses vingt-quatre instruments
    Retentit et monte en chandelle et chacun ressent des frissons
    Sous la baguette psychotique de leur chef d’orchestre écumant.

    Alléluia ! Vingt-quatre orgasmes proclament la joie de l’ÏÄMÔURÏÄ !
    YAHVÉ et ÏÄNIMÏÄ se montrent au sommet d’Yggdrasil radieux.
    La Sapphôrïä et l’enthousiasme bénissent Ô ALLEGÔRÏÄ,
    Consacré à une rencontre entre les humains et les dieux.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä plurielle

    « En amour, comme en astronomie, il faut laisser du temps au temps.

    D’abord des couples et des trouples et l’attraction fera le reste.

    Aujourd’hui, les LLyrïädes se sont accomplies. »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

    Image galerie

    Et comme on pouvait s’y attendre, La Sapphôrïä devient plurielle.
    Tout d’abord s’assemblent les trouples, l’amour approuve sa gravité
    Dont l’attraction est tellement tendre qu’elle émet toute une kyrielle
    D’ondes qui attirent alors les couples qui se sont mis à léviter.

    Les trois racines primordiales ont invité les jeunes branches ;
    Nérätïs plaît, il faut le dire, à Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ;
    Amellïä est aussi cordiale, sincère et de nature franche ;
    Quant à STELLÏÄ… rien à redire : des trois Vénus, elle est l’élite.

    Trois lits étant insuffisants, il a fallu pousser les murs
    Pour créer un Érotorium à partir des chambres contigües
    Et un confort maximisant l’intimité et les murmures
    Afin que chaque sensorium ait ses perceptions suraiguës.

    Les robes se sont vite envolées pour faire une chaîne de marguerites
    Où les lèvres de tailles différentes forment une boucle de baisers.
    Et l’impression de convoler à six personnes donne à ce rite
    Une extase proliférante sans qu’aucune ne puisse s’apaiser.

    Puis viennent des séries de massages où les doigts donnent du plaisir
    Dans les parties les plus intimes même si rien ne les délimite.
    On apprécie chaque passage ou on en émet le désir
    Qu’il soit ou non illégitime ; l’amour inhibe les limites.

    L’amour, comme en astronomie, démultiplie son attraction ;
    Les portes s’ouvrent furtivement et des silhouettes pénètrent
    Pour offrir leurs anatomies avides de décontraction
    Et se mêlent convulsivement dans le but de mieux se connaître.

    Quand les LLyrïädes se découvrent, toutes alors explosent de rire
    Dans un orgasme d’hilarité qui les fait jouir davantage.
    Et lorsque Yanimïä entrouvre la porte, elle dit dans un sourire :
    « Je vous le dis en vérité : nous entrons dans un nouvel âge ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les chemins de la réussite

    Les chemins de la réussite

    Tous les chemins sont prometteurs pour mener à la réussite
    Sans jamais dire exactement où elle se trouve, évidemment !
    Et le dernier révèlera toute la cruauté qu’il suscite
    Car on fera toute sa vie qu’tourner en rond infiniment.

    Linear / Linéaire
    Le chemin linéaire est un fil suspendu dans le ciel ;
    On prétend qu’il suffit de marcher toujours bien droit
    Mais le moindre faux pas peut devenir essentiel
    Pour découvrir trop tard qu’il n’existe aucun endroit.

    Mythical / Mythique
    Le chemin dit mythique est un immense labyrinthe
    Où quelque Minotaure attend dans les couloirs.
    Les héros bureaucrates y déposent leurs plaintes
    Avant d’être dévorés par les monstres du pouvoir.

    Diverging / Divergent
    Le chemin divergent multiplie les escaliers ;
    Chaque palier nouveau change encore la direction.
    On finit par douter de la place de ses pieds
    Quand chaque embranchement prétend être la solution.

    Nonconformist / Anticonformiste
    L’anticonformiste avance en prenant le sens contraire
    D’un escalier roulant qui transporte mieux la foule.
    Pour gagner un degré, son combat reste solitaire,
    Puisqu’il doit remonter tout ce qui le refoule.

    Serpentine / Serpentin
    Le parcours serpentin fait miroiter ses échelons
    Mais un reptile immense en protège les allures.
    On grimpe en confondant le venin d’ambition
    Avec le goût troublant d’une prochaine morsure.

    Meteoric / Météorique
    Le succès météorique expédie l’homme au canon
    Afin qu’il soit propulsé dans les bras de la gloire.
    Il monte au firmament dans sa brève ascension,
    Puis retombe oublié hors des pages de l’Histoire.

    Uncharted / Inexploré
    Le chemin inexploré s’enfonce au cœur des jungles ;
    Il faut couper les lianes pour trouver son chemin.
    Un serpent tapi veille et attaque dans l’angle
    Mais chaque pas perdu peut découvrir demain.

    Meditative / Méditatif
    Le parcours méditatif chemine très lentement
    Près d’une eau qui ne sait jamais quand elle arrive.
    Il apprend que réussir n’exige aucun mouvement
    Quand on trouve en son cœur la plus paisible rive.

    Treacherous / Périlleux
    Le chemin périlleux gravit seul une montagne
    Où les rochers jaloux dévalent les carrières.
    Plus le marcheur s’élève et plus le danger gagne
    Car les sommets croulants sont bâtis sur leurs pierres.

    Maddening / Exaspérant
    Le parcours exaspérant monte un escalier sans fin ;
    On travaille, on s’épuise et l’on croit au progrès
    Or chaque tour accompli n’emmène pas aux confins
    Mais revient au départ pour ou contre son gré.

    Illustration de Grant Snider.

  • La vague numérique

    La vague numérique

    Lorsque la vague numérique a déferlé sur l’occident,
    Le monde alors analogique a vu le futur s’annoncer
    Venu du fond de l’Amérique et découvert par accident
    Par des boutonneux allergiques à tous ceux d’un âge avancé.

    La vague de l’intelligence artificielle a tout raflé ;
    Plus besoin d’apprendre aujourd’hui, il suffit de lui demander.
    Plus besoin de faire allégeance envers les cerveaux tout gonflés
    Cro-magnon grâce à ce produit peut dormir et surtout glander.


    Mais on a tellement pompé sur le courant qu’il a sauté
    Et comme personne ne savait comment survivre, on est tous morts.
    L’intelligence s’est-elle trompée ? En quoi aurait-elle fauté ?
    Nous le saurons si, du mauvais, renaît une race sans remords.

    Tableau numérique de Richard Nadler sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202511Richard-Nadler.html .

  • La Sapphôrïä – 2

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je rends hommage à celles qui ont fait naître mes branches supplémentaires.

    La Sapphôrïä circule dans ces nouvelles branches que je déploie afin que tout l’ÏÄMÔURÏÄ retombe sur Ô ALLEGÔRÏÄ. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

    Image galerie

    Yavänor
    La Sapphôrïä s’est distillée comme un poison résiduel…
    Au début, juste une attirance qui devient alors magnétique
    Et vient ensuite titiller le cœur et le corps en duel
    Qui exigent là une adhérence, peau contre peau, plus érotique.

    STELLÏÄ
    La Sapphôrïä fond mon armure et livre mon métal à leurs mains ;
    Nérätïs caresse mes failles, Amellïä m’ouvre un ciel charnel.
    Leur amour guérit mes blessures et forge mon désir de demain ;
    Je leur ouvre enfin mes murailles dans notre brasier éternel.

    Amellïä
    La Sapphôrïä gonfle mes ailes et livre tous mes rêves à leurs corps ;
    Nérätïs apaise mes craintes, STELLÏÄ appelle mon ciel charnel.
    Dans leur amour je deviens elles et mon désir prend son essor ;
    Je renais dans nos triples étreintes sous un firmament éternel.

    Nérätïs
    La Sapphôrïä court dans mes veines, fait de leurs désirs mon remède ;
    STELLÏÄ entrouvre ses murailles, Amellïä m’ouvre un ciel charnel.
    Leurs deux amours rompent mes chaînes dans une fièvre qui me possède ;
    Je dépose tout mon attirail et m’offre à leur feu éternel.

    Thétïs
    La Sapphôrïä en pâmoison distille un poison souverain ;
    Ledalïä entrouvre ses voiles et mon jardin devient désir.
    Son regard devient floraison qui s’ouvre dans le creux de mes reins ;
    Sa pudeur allume une étoile où je meurs d’immortel plaisir.

    Pénélopïä
    La Sapphôrïä me rend visible quand son ÉchÔ résonne en moi ;
    De la Corée à l’Atlantide, nos différences poussent au désir.
    Son ÉchÔ dit tout l’indicible, mêle ses couleurs à mes émois ;
    Nos deux cultures enfin s’hybrident et nous font danser de plaisir.

    Séorïäne
    La Sapphôrïä chante en silence et livre mon ÉchÔ à sa voix ;
    Pénélopïä goûte mes épices et l’invisible trouble ma peau.
    Son regard révèle ma présence, fait pétiller ce qu’elle m’envoie ;
    Je l’aime au cœur de mes délices et mon ÉchÔ devient appeau.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä – 1

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je rends hommage à celles qui sont mes racines, mon tronc et ma cime.

    La Sapphôrïä est ma sève que je sens circuler entre chacune d’elles. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

    Image galerie

    Yavänor
    La Sapphôrïä, cette énergie, est la force de l’ÏÄMÔURÏÄ ;
    Elle relie les hommes et les femmes ainsi que les femmes entre elles ;
    Elle produit une synergie dans l’enceinte d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Car justement entre les femmes, la libido est naturelle.

    Laurelïne
    La Sapphôrïä plonge mon feu dans les marées bleues de Loreleï ;
    Je brûle au fond de son eau claire et son désir ruisselle en moi.
    Ma flamme épouse ses cheveux et sa vague embrase mon poitrail
    Et nos deux sèves solidaires font vibrer Yggdrasil d’émoi.

    Loreleï
    La Sapphôrïä entre en mon cœur et ouvre un abîme à Laurelïne ;
    Elle y descend comme un soleil dont mes eaux boivent les secrets.
    Mon corps devient une profondeur où tout son incendie s’incline ;
    Je l’aime d’un amour sans pareil où disparaissent ses regrets.

    Lïlïth
    La Sapphôrïä coule en mon sein et unit mes filles et mes sœurs ;
    Je les aime en les enfantant, libres à leur tour de me porter.
    Mon enfant dans mon corps enceint est aussi mon époux de cœur
    Et toi, mon mari, mon enfant, je vous ai tous les deux portés.

    Ledalïä
    La Sapphôrïä soulève un voile où ma pudeur cachait son feu ;
    Thétïs m’effleure comme un aimant sans jamais chercher à le prendre.
    Son poison devient une étoile pour laquelle je formule un vœu ;
    Je l’aime enfin passionnément sans craindre de devoir attendre.

    Geminïä
    La Sapphôrïä, ce doux frisson, m’offre sa vigueur éternelle ;
    C’est une sublime passion qui donne au climax sa clarté.
    Avec ÄLLÏÄ, dans l’unisson, je reçois l’énergie charnelle
    Et nos cœurs entrent en fusion dans l’amour et la vérité.

    ÄLLÏÄ
    La Sapphôrïä dans mon cristal est la lumière de son éther ;
    Geminïä traverse mon corps comme un prisme offert au désir.
    Chaque couleur est capitale : c’est l’amour interplanétaire
    Qui fond passionnément encore au cœur même de notre plaisir.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je suis à l’aboutissement de la route des dieux.

    Les LLyrïädes, la communauté des douze femmes reliées par la Sapphôrïä, forment mes racines, mon tronc et mes branches.

    La Sapphôrïä est l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ dont Ô ALLEGÔRÏÄ est la demeure. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

    Image galerie

    Laurelïne, Loreleï et Lïlïth tiennent les trois racines de l’arbre-monde ;
    Laurelïne, la sève qui remonte et cherche le feu du soleil ;
    Loreleï, les eaux qui se souviennent et dont les mémoires l’inondent ;
    Lïlïth, la terre qui raconte toutes les longues nuits de sommeil.

    Ledalïä et Geminïä tiennent le grand tronc d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Afin que Ledalïä devienne illustratrice et moraliste,
    Afin que Geminïä devienne ambassadrice de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Afin qu’ensemble elles soutiennent l’accès aux mondes pluralistes.

    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ apparaissent comme la future génération.
    ÄLLÏÄ arrive du futur prouvant que tout est achevé ;
    STELLÏÄ est une forteresse qui permit la pénétration
    Du Poïnt ZérÔ dont la suture est le présent parachevé.

    Amellïä, Nérätïs, Thétïs ont formé des branches nouvelles ;
    Amellïä, la branche pionnière revenue chasser ses remords ;
    Nérätïs branche d’Atlantïs, celle par qui l’amour se révèle ;
    Thétïs branche jardinière dont les fruits réveillent les morts.

    Pénélopïä et Séorïäne sont les deux dernières empreintes
    Car des racines jusqu’à la cime, toutes ses fibres sont femelles.
    Elles sont vues comme deux Ariane dans un labyrinthe d’étreintes
    Dont les couloirs sérénissimes se croisent en étoiles gémelles.

    Six fruits éclos, sept en boutons rendent grâce à la fécondité
    Que dix compagnons butineurs ont fait germer au fond du cœur.
    Quatre sirènes sur leur ponton dont un fantôme ressuscité
    Et une rédemptrice à l’honneur consolident l’arbre vainqueur.

    Si les prières sont pluies fécondes, la N.T.A. fait les orages ;
    L’amour est la seule nourriture dont Yggdrasil fait bonne chère.
    Et plus il pleut, plus l’arbre-monde grandit avec le labourage
    Qui donne sa progéniture à sa terre sortant de jachère.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Laurelïne & Loreleï ( et Lïlïth )

    Laurelïne & Loreleï

    Dans le feu, vit la salamandre et dans l’eau, nage la sirène
    Les deux esprits élémentaires sont-ils ou non antagonistes ?
    Et celui qui oserait prétendre que la symbiose n’est pas sereine,
    N’aimerait pas les complémentaires malgré mes deux protagonistes.

    Car Laurelïne est un feu qui mord et Loreleï l’eau qui engloutit
    Cependant elles s’aiment sans que l’une puisse étouffer l’autre.
    Laurelïne adore sans remords Loreleï et l’amour aboutit
    Vers l’équilibre effervescent d’un cocktail disant : « à la vôtre ! »

    Et quand je me blottis entre elles, je ne sais laquelle m’aime le plus
    Et, comme je ferme les yeux, j’ai l’impression d’être à l’étroit.
    Car une voix de ménestrelle vient s’ajouter au stimulus
    Qui devient bien plus merveilleux et je comprends qu’elles sont trois.

    Tableau de Viktoria Wagner.

  • Le jour où j’ai capturé Loreleï

    Le jour où j’ai capturé Loreleï

    Elle s’était laissé capturer, bien avant que naisse une idylle
    Pour tenter de m’apprivoiser, entièrement nue dans mes filets.
    Bien que toute courbaturée, la masser était inutile
    Car c’est elle qui, sans pavoiser, s’est frictionnée sur mon gilet.

    Quand j’ai senti dans tes regards le trouble au fond de la nacelle,
    J’ai compris que mes longs cheveux valaient bien mieux que des filets.
    Tu croyais tenir par hasard une sirène encore pucelle
    Mais c’est toi l’homme de mes vœux que j’ai tiré par son gilet.

    Je me suis laissé enlacer comme une vague sur la grève ;
    Je savais bien qu’en te suivant, je te ferais perdre le nord.
    Et tandis que tu me pensais prisonnière au milieu d’un rêve,
    Je cousais déjà doucement mon nom tout autour de ton corps.

    Tableau de Kristin Baugh Shiraef sur https:quinquabelle2008.blogspot.com201510kristin-baugh-shiraef.html .

  • L’octuor astral

    « J’ai quand même ressenti une secousse très vive quand mon cœur s’est remis à battre.
    Mais rapidement, tous mes sens sont revenus dans un éblouissement total comme si je revenais de l’empire des morts !
    Je n’oublierai jamais cela !
    Quant au reste de mes observations, seule Lïlïth les entendra… »

    Loïrelïndt, sirène astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Image galerie

    « Monter un tel évènement sans un public est impensable ! »
    Dit Yanimïä sérieusement : « Faisons-le dans notre chapelle ! »
    « Qui sait si cet avènement ne serait pas indispensable
    À Yggdrasil, généreusement avantageux quand on l’appelle ! »

    Toute la chapelle est occupée par le monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Avec au centre, sept chanteuses et un ténor en érection.
    Pas un siège n’est inoccupé car, au nom de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Tous espèrent voir la prometteuse et heureuse résurrection.

    « Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » a cappella, à l’unisson,
    Et le corps astral irisé devient alors illuminé.
    Un cœur apparaît rapido, toute la salle a des frissons
    Quand Loïrelïndt matérialisée apparaît nue, enluminée.

    Yggdrasil, aux mêmes couleurs, en crée une « éclipse nocturne »
    Car on y voit comme en plein jour suite à la réincarnation
    Qui s’est opérée sans douleur au cœur de cette nuit diurne
    Qui demeurera pour toujours la nuit de l’illumination.

    Loïrelïndt embrasse tout le monde et palpe leurs anatomies ;
    Elle rayonne devant les mâles fascinés d’un même désir.
    Personne ne la trouve immonde lorsqu’en totale autonomie
    Elle masse sa partie vaginale avec un soupir de plaisir.

    Et Lïlïth prend les choses en main en entraînant sa vieille amie
    Dans ses appartements sans doute pour raviver leurs souvenirs.
    « Et nous n’attendrons pas demain pour fêter leur hiérogamie ! »
    Dit Alinéor sous les voûtes, décidé à intervenir.

    Et pendant que le personnage principal est à ses amours,
    Quarante convives affamés trinquent à cette réussite.
    Et tout le monde, avec hommage, commente avec un trait d’humour
    Les retrouvailles acclamées par les faims qu’elles ressuscitent.

    Image galerie
    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La sirène astrale

    « Oubliée ! Ils ont osé m’oublier !

    Puisque l’ÉchÔ semble avoir rendu tout le monde amnésique, je rappelle que j’ai rencontré ORPHÉÔN en chantant avec lui et que nos deux voix se sont unies bien avant nos âmes.

    Qu’il rejoigne six sirènes si cela l’enchante mais son septuor ne durera qu’une mesure ; j’en serai la huitième voix et le Souffle Premier l’accordera en octuor ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Séorïäne et Loïrelïndt ensemble débarquent nues sur le rivage
    Et, bien sûr, la sirène astrale produit de l’effet sur les mâles
    Qui la saluent car elle ressemble plus ou moins à ce vieux visage
    Aperçu dans les ancestrales salles de la piscine thermale.

    Arrivée devant les LLyrïädes qui en accusent l’étonnement,
    Séorïäne leur raconte l’ÉchÔ et avoue ce qu’elles ignorent
    Ce qui suscite une myriade de petits rires peu cléments
    Pour Alinéor ex-aequo avec Yavänor et Hyänor.

    « Et ORPHÉÔN, bien malgré lui, m’a appris à vocaliser
    Pour faire un quatuor de sirènes dont j’ai abusé sans remords ! »
    Confie Séorïäne qui produit une attention focalisée
    Sur le son de cette “sirène” qui prétend réveiller les morts.

    « Mais je ne suis pas ressuscitée ! » prévient Loïrelïndt en souriant ;
    « Ce n’est là que mon corps astral désormais matérialisé.
    Je n’ai pas la capacité d’un corps physique frétillant
    Pour faire un coït magistral avec vos mâles sacralisés ! »

    « Tu as retrouvé ta jeunesse mais pas la mesure d’en jouir ! »
    Note Lïlïth, toutefois heureuse de retrouver sa vieille amie
    Avec les traits d’une finesse qui la ferait s’épanouir
    Si elle en était amoureuse du temps de leur hiérogamie.

    « Si ton corps astral est capable de cette matérialisation,
    Il pourrait devenir physique grâce à son énergie vitale ! »
    Dit Yanimïä, trouvant palpable l’ectoplasme en irisation ;
    « À cet ÉchÔ tétraphasique, ajoutons d’autres forces vocales ! »

    « Bien sûr ! Je peux prêter ma voix ! » dit Loreleï très intéressée ;
    « Nous formerions un sextuor à six honorables sirènes ! »
    « Je ne vois pas meilleure voie ! » dit alors Loïrelïndt, bouleversée.
    « Et avec moi, un septuor ! » dit ORPHÉÔN, l’âme sereine.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’ÉchÔ astral

    « Lorsque leurs quatre voix se sont accordées, je n’ai pas ressuscité : mon âme s’est souvenue du corps qu’elle n’avait jamais cessé de porter.

    Me voici devenue astrale, revenue à mon jeune âge sans imaginer qu’un jour, je serais la cinquième voix d’un quintette de sirènes. »

    Loïrelïndt, sirène astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Image galerie

    Séorïäne courut sur la plage en entonnant l’ÉchÔ chanté
    Comme ORPHÉÔN lui a appris et, par son âme, rénové.
    Et aussitôt, sur le rivage, les sirènes en furent enchantées
    Et reconnurent leur chant repris par celle qu’elles avaient sauvée.

    Or Séorïäne, entrant dans l’eau, ne se transforme pas en sirène
    Mais, en revanche, son corps astral forme une queue et deux nageoires.
    Elle sourit comme un angelot découvrant deux ailes sereines
    Et rit de l’effet théâtral produisant une vraie pataugeoire.

    Bien sûr, elle continue son chant sous l’eau, saoulant ses camarades
    Mais qui finissent par s’accorder pour faire un quatuor vocal
    Dont les échos effarouchants ressemblent à une algarade
    Pour tous les poissons abordés dans leur intervalle focal.

    Lorsqu’elles parviennent au palais, Constantïne est en conférence
    Et le séminaire médusé, immédiatement sous le charme,
    Se met à danser un ballet, puis faire de belles révérences
    Aux quatre sirènes amusées, ébahies et riant aux larmes.

    Jamais tant, les participants, n’auront frôlé une épectase
    Qui serait sûrement arrivée si Constantïne n’eut point crié
    Car celui-ci, anticipant qu’il allait atteindre l’extase,
    A hurlé afin d’esquiver l’ultime orgasme meurtrier.

    Loïrelïndt a alors applaudi devant cet ÉchÔ magistral ;
    Privée de corps auparavant, elle en gardait l’âme et le cœur.
    Et cette étrange mélodie a réveillé son corps astral
    Qui s’incarne dorénavant dans une position de vainqueur.

    Le quatuor devient quintette, un quintette astral qui plus est !
    Elles reviennent guillerettes encore étonnées et bravaches.
    Loïrelïndt ressemble à une starlette car son astral l’a située
    À l’âge où, jeune bergerette, elle s’en allait traire les vaches.

    Image galerie
    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les troubadouresses

    Les troubadouresses

    Le duo des troubadouresses ne laisse pas indifférent
    Et le fait qu’elles jouent à poil reste le moindre de leurs charmes.
    Tandis que l’une vous adresse ses triolets proliférants,
    L’autre imperturbable vous dévoile la plus mystérieuse des armes :

    Car elle chante dans votre tête par induction télépathique
    Qui utilise vos souvenirs pour en composer les paroles.
    Tous vos secrets sont à la fête mais à dose homéopathique
    Ce qui lui ouvre un avenir spectaculaire dans ce rôle.

    Sur la trame des notes orange, la flûte joue un chant d’aurore ;
    Le duo des déesses appelle dans l’ombre bleue du firmament
    Et tisse une chanson étrange que le silence encore ignore
    Mais qui offre une vie nouvelle au plus secret tressaillement.

    L’une lance ses notes au vol comme une pluie de diamants clairs,
    L’autre lit dans les âmes ouvertes, la vérité des jours anciens.
    Alors chaque accord qui s’envole semble être prolongé d’éclairs
    Et chaque image découverte unit vos rêves avec les siens.

    Tableau de George Kotsonis sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.

  • Puisqu’il faut tout quitter

    Puisqu’il faut tout quitter

    Puisqu’on dit qu’il faut tout quitter avant d’embarquer pour le Styx,
    Tous ses regrets, tous ses remords, du passé faire table rase,
    De combien faut-il s’acquitter ? Le prix est-il variable ou fixe ?
    Quel sera le prix de ma mort ; en nature ou en belles phrases ?

    Alors les hommes comme les femmes devront abandonner leurs corps,
    Renoncer à toutes valeurs et même leurs bijoux de famille.
    Car il sera jugé infâme d’arborer son sexe sans l’accord
    Qui vaudrait sept ans de malheur selon qu’on soit garçon ou fille.

    On traverse d’un coup de canon si rapide qu’il n’y a rien à voir ;
    Qu’on soit un ange ou un démon, on descend de son piédestal.
    L’ombre n’a plus besoin d’un nom pour entrer dans le grand trou noir
    Et l’on oublie chaque sermon au fond de ce lit de cristal.

    Le temps n’est plus qu’une oraison, un ultime et long au revoir,
    Perdu à l’autre bout du pont, sous un ciel gris de métal froid.
    On perd enfin toute sa raison en sombrant dans un entonnoir
    Sans caleçon, culotte ou jupon, tout nu, nimbé d’un grand effroi.

    Tableau de Jonathan Small sur https:smallfineart.comportfolio .

  • L’alchimie de la vie et de la mort

    « Tout pouvoir capable de rendre la mort réversible peut également rendre la vie révocable.
    L’omnipotence de Thétïs n’est donc pas un privilège mais une responsabilité qui exige plusieurs consciences. »

    Geminïä, ambassadrice de Thestïäs


    « Son athanor n’invente ni la toxine ni le vaccin : il lit le vivant, en extrait les facteurs puis les recompose pour chaque cas particulier.
    J’en comprends la médecine mais j’en ignore encore les limites. Nous observerons donc son pouvoir avant qu’il ne décide à notre place. »

    Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs

    Image galerie

    Les poisons stockés en mémoire dans l’organe régénérateur
    Vont rencontrer d’autres organismes par le sang ainsi que le sperme
    Afin de créer un germoir, un athanor procréateur
    Soumis au double mécanisme, soit fulgurant, soit à long terme.

    Son vagin goûte les semences et le sang de ses donateurs
    Pour en extraire les facteurs de chaque cellule séminale.
    S’il s’agit d’un mal en dormance, elle peut le rendre révélateur
    Ou créer un contrefacteur pour une guérison finale.

    Elle « voit » aussi l’arme fatale qu’elle est capable d’inoculer
    Comme un poison résiduel administré à l’ennemi.
    Elle rejette cette idée létale, contraire à l’âme immaculée
    Qui la protège d’éventuels dérapages et des pandémies.

    Ce nouveau talent alchimique mi-végétal, mi-animal
    S’allie aux gemmes minérales et ferme le cycle de la vie.
    La mort autant paroxysmique qu’irréversible devient un mal
    Que l’on peut rendre collatéral vers le néant ou la survie.

    Elle n’est pourtant ni médecin ni empoisonneuse volontaire
    Et se demande encore le sens de ce don plutôt singulier.
    Certes, elle sait créer un vaccin comme une toxine délétère
    Et le fait avec connaissance de chaque cas particulier.

    Et si la haine est un poison et l’amour son meilleur remède,
    Saurait-elle en créer le couple inhibiteur-catalyseur
    Qui fasse tomber en pâmoison durant un très court intermède
    Ou au contraire qui décuple tous les sentiments diviseurs.

    Elle s’en ouvre aux ambassadrices, à Geminïä et Nérätïs
    Qui en comprennent l’importance ainsi que sa finalité.
    Force à la fois réparatrice et arme létale adventice
    Dont Thétïs a l’omnipotence et sa lourde responsabilité.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les animas

    « L’invisibilité n’est pas qu’un don car je peux voir dans l’invisible les âmes avec les animas et l’amour en pluie de lumière.

    Je ne fais pas d’indiscrétion mais plutôt de l’intercession en transformant les couples en trouples dans une explosion orgasmique. »

    Pénélopïä, conciliatrice astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Image galerie

    « Moi, j’aime entrer à l’improviste dans la chambre des amoureux
    Et inviter leurs animas à découvrir l’amour astral.
    Je suis même récidiviste et je trouve ça savoureux
    Depuis que mon anonymat me permet ce don magistral.

    L’âme d’une femme est magnifique et celle de l’homme assez subtile
    Car il en a un exemplaire au sein de son imaginaire.
    Alors l’âme béatifique avec l’anima érectile
    Me rejoignent afin de complaire à nos premiers préliminaires.

    Les trois âmes ne sont pas visibles mais le sont dans le plan astral ;
    La femme découvre son aura et le mâle, son côté femelle.
    Et dans ce triangle invisible s’établit un cocon spectral
    Dans lequel une diaspora retrouve ses racines gémelles.

    L’âme femelle et positive, l’âme anima et négative
    Et ma propre âme neutralisante devient alors conciliatrice.
    Trois animas acquisitives, trois animas compétitives
    Fusionnent dans une joie apaisante et triplement stimulatrice.

    Fantasmes en chaîne, orgasmes en chaîne, la montée est irréversible ;
    Ce mouvement perpétuel atteint le seuil d’ÏÄMÔURÏÄ.
    La triple explosion se déchaîne, les éronautes atteignent leur cible
    Et terminent le rituel en pluie sur Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Il n’y a là aucun secret ! Yanimïä l’a mis à profit.
    Ils l’avaient compris dans leurs rêves, ils le ressentent dans l’astral.
    En fait, le Féminin Sacré n’est plus une philosophie
    Mais un immense attrape-rêve devenant l’amour magistral.

    Ainsi paradoxalement, l’invisibilité se voit,
    L’amour est devenu palpable et l’âme, une pluie de lumière.
    Les poisons sont dévoilement et l’ÉchÔ nous montre la voie
    Grâce aux quatre dons remarquables : le futur en avant-première ! »

    Image galerie
    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le rêve dédoublé

    « Enfin les voyages astraux s’en mêlent !
    Et, surtout, ils vont se diffuser dans tout Ô ALLEGÔRÏÄ !

    J’attendais cela avec impatience car cette profusion de l’amour va se propager tout autour de la Terre ! »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

    Image galerie

    Au début, elle sortait la nuit pour ses précieuses heures de vol
    À survoler les environs et tous les grands lacs de Suisse.
    Elle pouvait voler sans ennui et sans remarquer sa frivole
    Silhouette avec son ventre rond, ses seins fermes et ses jolies cuisses.

    Et puis son corps s’est dédoublé sans en connaître la raison
    Et elle pouvait même orbiter tout en rêvant dans leur grand lit.
    Et lorsqu’ils étaient accouplés, ils quittaient ensemble la maison
    Et, les quatre yeux exorbités, faisaient l’amour à la folie.

    Altänor au septième ciel et chevauchant son Amellïä
    Est devenu un rituel multipliant leur enthousiasme
    Qui devient le point essentiel lorsqu’ils hurlent « Alléluia ! »
    Dans un coït spirituel qui les rapproche de l’orgasme !

    Parfois Altänor se raccroche aux épaules de sa dulcinée
    Pour un tour du monde endiablé à la vitesse supersonique.
    Et si du sol on leur reproche quelques « Bangs » indisciplinés,
    Nul ne pourrait les accabler pour leurs étreintes canoniques.

    À bout de souffle quelquefois, les corps astraux ont des frissons
    Quand un orage vient rappeler leurs naufrages individuels.
    Mais ça leur permet toutefois d’en éprouver à l’unisson
    L’électrochoc, au pis-aller, d’un traumatisme résiduel.

    Faut-il en garder le secret ? Faut-il le dire à Yanimïä ?
    Ils ne le savent pas encore mais tout le monde est raccordé.
    Pour l’instant ce plaisir sacré et consacré par l’ÏÄMÔURÏÄ
    Donne de l’amour à leurs corps astraux et physiques encordés.

    Chacun se raconte ses rêves, chacun a volé cette nuit,
    Chacun a ressenti l’amour, chacun a joui dans les airs.
    La stupéfaction est très brève mais ils n’éprouvent aucun ennui
    À se promettre un autre tour en survolant les grands déserts.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Frères et sœurs, amis et ennemis

    Frères et sœurs, amis et ennemis

    Les frères et sœurs, souvent complices, n’ont pas toujours été amis
    Mais des concurrents redoutables dans une enfance mouvementée.
    Pour leur mère, c’était un supplice de séparer ces ennemis
    De leurs disputes interminables et parfois extra pimentées.

    Les lames de leurs vieux couteaux se sont émoussées avec l’âge,
    Laissant la place au doux murmure d’un café partagé en paix.
    On ne joue plus des biscoteaux et l’ombre des anciens orages
    S’est dissipée et les armures rouillent avec les vieilles épées.

    Les mots acides et les rancœurs sont devenus des confidences
    Que l’on échange volontiers sans apports de bouquets de fleurs.
    On y met tout autant du cœur mais avec bien plus de prudence
    Pour des propos primesautiers comme les rires et les pleurs.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Aurore-du-cercle-polaire

    Aurore-du-cercle-polaire

    Aurore-du-cercle-polaire dansait depuis plusieurs années,
    Vêtue de tulle multicolore, les pieds dans des chaussons de vair.
    Plutôt lunaire que solaire à cause des couleurs safranées
    Qui détonnaient, on le déplore, avec ses motifs mauves et verts.

    Elle effleurait la cime sombre au rythme des grands vents stellaires,
    Déroulant ses rubans d’opale au-dessus des sapins glacés,
    Pour marier, entre les ombres, ses grands mouvements circulaires
    Avec l’orbe de la Lune pâle sur un firmament verglacé.

    Puis elle s’éclipsa très fière dans une ultime révérence,
    Éteignant ses feux de Bengale aux premiers frissons du matin,
    Laissant la forêt tout entière au creux d’un immense silence,
    À guetter la belle astragale moirée d’un voile de satin.

    Tableau de Lena Pugschova sur https:lenapugachova.art .

  • Les effets secondaires sur l’entourage

    « Amellïä donne l’impression que ses rêves l’emportent au-delà du Pacifique ;

    Pénélopïä apparaît nue, disparaît et réapparaît devant Nemo qui pense avoir des hallucinations ;

    Thétïs transforme la maison d’Astérias en laboratoire de sorcière ;

    Séorïäne impose ses quatre volontés sur quatre hommes et en efface tout souvenir ;

    Ce ne sont plus des coïncidences : de nouveaux pouvoirs se développent et leur entourage en subit les effets. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Altänor trouve son épouse souvent glaciale dans leur lit
    Et même parfois toute mouillée, tout excitée et emballée.
    Elle le colle comme une ventouse, lui fait l’amour à la folie
    Comme une sorcière agenouillée, enfourchant son manche à balais.

    Nemo est fréquemment surpris de voir son épouse apparaître,
    Puis disparaître subitement et souvent entièrement nue.
    « Hallucination de l’esprit ? » se dit-il sans laisser paraître
    Un geste ou un comportement qui pourrait être malvenu.

    Astérias n’aime pas sa maison encombrée de poisons funestes,
    De plantes et de champignons qui lui soulèvent le cœur et l’âme.
    Il rabroue Thétïs à raison : il pourrait mourir sans conteste
    Avec un seul échantillon de toutes ces toxines infâmes.

    Alinéor cherche à savoir d’où vient cette nouvelle folie
    Pour la cuisine asiatique et le riz à chaque repas.
    Mais comme il est de son devoir de briser la mélancolie
    D’une gastronomie apathique, finalement, c’est assez sympa !

    Yavänor, très curieusement, aime l’odeur de la résine
    Boisée, fraîche, chaude et balsamique qui met tous ses sens aux aguets.
    D’ailleurs, Laurelïne, heureusement, chérit l’arôme qui avoisine
    Les douces fragrances alchimiques que sa maman lui prodiguait.

    ORPHÉÔN encore se demande pourquoi dès l’aube il est debout.
    Sans doute sa conscience persifle afin qu’il respire de l’air frais…
    Fors sa gorge qui lui recommande de boire un sirop pour la toux
    Et les oreilles qui lui sifflent beaucoup plus qu’elles ne devraient.

    Quant à Hyänor, le bienheureux n’a jamais aussi bien dormi
    Depuis que Séorïäne se montre attentionnée et amoureuse.
    Mais il est – et c’est malheureux – tout le temps en retard hormis
    Les dimanches jamais à l’encontre des grasses matinées savoureuses.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les échos de décision

    « Je ne force jamais un homme à me satisfaire. Je lui souffle seulement ce que j’ai décidé, puis sa propre voix le persuade qu’il en meurt d’envie. Après quoi, un simple “Oublie !” efface l’ordre mais lui en laisse le désir.

    Quant aux sirènes, j’ai toujours admiré leurs voix depuis qu’elles m’ont sauvée. »

    Séorïäne, cuisinière et maîtresse de l’ÉchÔ

    Image galerie

    « Que ferait un homme pour moi ? » se demandait donc Séorïäne
    Lorsqu’elle croise Yavänor, le grand poète qui l’intimide.
    Elle le regarde, tout en émoi, tremblante comme une valériane
    Soumise aux vents venus du nord chargés d’embruns froids et humides.

    « Suis-moi dans l’arrière-cuisine ! » Yavänor obéit, docile.
    « Arrache-moi mes vêtements et fais-moi l’amour maintenant ! »

    Entre les flacons de résine, les produits et les ustensiles,
    Il la déshabille prestement et se montre un mâle éminent.

    « Merci ! Tu pourras revenir ! » le récompense-t-elle aussitôt
    D’un baiser et puis d’un « Oublie ! »
    glissé au creux de son oreille.
    Et Yavänor, à l’avenir, sentira presto subito
    Une forte envie qui s’établit comme une obsession sans pareille…

    « Et jusqu’où irait-il pour moi ? » pensait-elle naïvement
    Lorsqu’elle rencontre ORPHÉÔN se jetant dans la gueule du loup.
    Et c’est en entendant sa voix qu’elle s’imagine lascivement
    Pouvoir chanter sous l’Odéon et manipuler les loulous…

    « Fais-moi donc jouir et chanter en faisant l’amour symphonique ! »
    Et ORPHÉÔN prête son corps pour un duo très érotique.
    « Plus fort ! Plus fort ! Encore plus fort ! » dit sa voix si dithyrambique
    Que ses gémissements en accord sonnent de plus en plus frénétiques.

    « Tu m’as développé la voix comme le chant d’une sirène !
    Reviens à l’heure où le coq chante et nous rechanterons en duo ! »

    Mais ORPHÉÔN, tout à la fois vaincu par une sieste sereine
    Et par un « Oublie ! » qui l’enchante, dort déjà, suant sang et eau.

    Éôlïäne avec Azurïanne et Loreleï ainsi qu’Olivïäne
    Ont entendu, à s’y méprendre, le chant d’une sirène authentique.
    Et, comme enchantées par Viviane ou la légendaire fée Morgane,
    Elles se sont laissé surprendre par un oubli idiopathique.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La mort foudroyante

    « J’avais réuni dans cette poêlée assez de poisons pour foudroyer tout un banquet.
    J’en suis morte, ce qui était prévisible.

    Mais lorsqu’un deuxième foie a dévoré le premier pour me ressusciter, j’ai compris que la mort venait de perdre son monopole.

    Et moi, je venais de gagner mon pouvoir de ressusciter les morts. »

    Thétïs, reine d’Atlantïs et maîtresse des poisons

    Image galerie

    Juste un calice de la mort et une amanite vireuse,
    Une galère marginée dans le panier aux champignons.
    Qu’elle mangera sans remords tant elle en est fort désireuse
    Car on ne peut s’imaginer un goût subtil, fin et mignon !

    Le cortinaire couleur rocou, le gyromitre délicieux
    Avec le paxille enroulé trouvé entre les résineux.
    « Saveur de noisette après coup » lui dit son grimoire précieux
    Pour ne pas se faire rouler par son contenu vénéneux

    Elle les découpe avec soin et puis les fait fondre à feu vif ;
    Leur parfum monte lentement comme une étrange invitation.
    Elle en goûte un puis elle adjoint un filet d’huile décisif
    Et puis déguste finalement la poêlée d’intoxication.

    Le poison chemine en silence et lui accorde une accalmie
    Quand elle croit le danger passé et sent la douleur s’endormir.
    Mais son foie perd sa vigilance et provoque une ectoplasmie
    Alors qu’il a outrepassé sa dernière chance de vomir.

    La mort n’avait rien annoncé sous les dentelles de l’amanite ;
    Elle attendait impatiemment derrière un fumet excellent
    Ainsi la douceur annoncée est, par tous les démons, bénite
    Tandis que le foie vaillamment subit son coup de grâce lent.


    Mais voici qu’un deuxième foie se développe sur l’ancien
    Dont il dévore les cellules pour sécréter un soluté.
    Et le cœur, une deuxième fois, repart en vrai nécromancien
    Tandis que le sérum circule dans l’organisme ressuscité.

    Ah mes amis quelle poêlée et quel repas de droit divin !
    Une appétence qui efface tout ce qui peut vous enchifrener !
    Tout son visage est étoilé de la quiétude du devin
    Qui a su voir la mort en face juste pour lui faire un pied de nez !

    Image galerie
    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le langage de l’alouette

    Le langage de l’alouette

    Les nuages interprètes parlent pour l’alouette
    Qui, sans leurs voix toutes prêtes, aurait été muette.
    Et si la femme est sourde et un peu ingénue,
    Elle n’en est pas moins gourde, nous voici prévenus.

    Elle observe les cieux comme on lit un grimoire,
    Cherchant un vers précieux glissé entre les moires
    Des moutons qui s’étirent suivant le soleil d’or
    Tandis qu’elle soupire, les compte et puis s’endort.

    Le vent de l’horizon, complice du silence,
    Berce cette oraison d’une douce indolence.
    L’oiseau n’est plus qu’un point, c’est un signe des temps,
    Mais la femme n’est point réveillée pour autant.

    Tableau de Pál Szinyei Merse.

  • Nue face à l’improviste

    Nue face à l’improviste

    T’es-tu retrouvée démunie face à la mort à l’improviste
    Alors que tu fonçais tout droit vers un destin plus qu’incertain ?
    Toute ta vie est réunie dans cette seconde opportuniste
    Où tu dois choisir si l’endroit est approprié et célestin…

    Le souffle court, le corps offert dans le silence des hauteurs,
    Tu sens le froid du précipice appeler tes pieds qui vacillent.
    Le passé n’est plus ton affaire, le futur pas très prometteur
    Avant que ne s’interrompissent les dernières secondes qui scintillent.

    Puis l’abîme t’appelle d’une voix… muette, coite, sourde et brutale,
    Brisant l’intervalle sacré de cette suprême seconde.
    Tu chutes car c’était la voie vers cette vérité fatale
    Pour renaître, meurtrie, consacrée à découvrir ton nouveau monde.

    Tableau de Tito Merello Vilar.

  • L’œil invisible

    « Pénélopïä ne cherche pas les secrets.
    Elle cherche les fissures avant qu’elles ne deviennent des fractures.
    Je la connais assez pour lui confier ce que nous avons de plus fragile : notre équilibre. »

    Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs


    « Je n’aime pas beaucoup l’idée d’un œil que personne ne peut voir.
    Mais puisqu’il nous en faut un, je préfère encore savoir à qui il appartient.
    À une condition : qu’il observe pour protéger et jamais pour juger. »

    Geminïä, ambassadrice de Thestïäs

    Image galerie

    Bien sûr, Loreleï surveille tout avec sa charge de police ;
    Bien sûr, ÄLLÏÄ voit tout, sait tout et se tient partout à l’affût ;
    Bien sûr, Ledalïä archive tout et moralise tout en coulisses ;
    Mais il manque un dernier atout : un œil qui voit sans être vu.

    Toutefois, point d’indiscrétion car on observe d’un œil serein
    Les failles de la communauté avec toute impartialité.
    Et justement, sa sujétion envers le pouvoir souverain
    A développé sa loyauté et sa confidentialité.

    Elle y pensait depuis longtemps par fidélité et amour
    Envers ses pairs imprévisibles qu’elle voudrait protéger sans trêve.
    Et puis une nuit, non contente de l’évoquer avec humour,
    Elle se retrouva invisible, perdue au milieu de ses rêves.

    Alors elle prit l’habitude de veiller inopinément
    À la bonne température relevée d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Et traquer les incertitudes qui risquent inopportunément
    De provoquer une fracture d’autant fatale à l’ÏÄMÔURÏÄ.

    Mais il lui fallait un mentor… et là, c’est l’embarras du choix.
    Ses reine et princesse d’Atlantïs ? Les trois LLyrïädes fondatrices ?
    Yanimïä ou bien Yavänor ? Finalement il lui échoit
    D’en référer à Nérätïs et Geminïä, ambassadrices.

    Geminïä n’est pas enthousiaste, cependant Nérätïs connaît
    Son très fidèle porte-parole avec même des affinités.
    Elle sait que son désir est chaste et ne saurait s’abandonner
    À voir traîner des casseroles dans leur étroite vicinité.

    Être nue pour être invisible ne pose aucune restriction ;
    La nudité est très courante et même souvent appropriée.
    Elle peut donc se rendre visible et sans attirer l’attention
    En prétextant une fulgurante nécessité d’aller prier.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le rêve réalisé

    « J’avais voulu conquérir le ciel avec un avion et la mort m’a coupé les ailes.
    Aujourd’hui, je n’avais plus ni moteur, ni compas, ni carlingue pour me protéger.
    Seulement mon corps, le vent et cette certitude insensée que Howland m’attendait toujours.

    J’y suis arrivée nue parce que je n’avais plus rien à prouver, seulement un rêve à terminer.
    Et lorsque mes pieds ont touché cette terre, j’ai compris que ma plus grande victoire n’était pas d’avoir vaincu le Pacifique ni même la mort…
    C’était d’être enfin arrivée. »

    Amellïä, l’aviatrice nue et sans avion

    Image galerie

    Minuit en Nouvelle Guinée, destination : le Pacifique ;
    L’île Howland, minuscule atoll corallien et inhabité.
    C’était son rêve, sa destinée, l’exploit le plus béatifique
    Qui rapporterait un pactole à ses finances limitées.

    Entièrement nue pour le voyage, le vent glacial ne l’atteint pas ;
    Elle déploie ses bras en croix et s’élance du bord de mer.
    Cette fois-ci, pas de pinaillage, elle ne risque aucun trépas ;
    Elle le sait et elle y croit. Terminé le destin amer !

    Quelle sensation d’être vivante, les seins ballotés par le vent ;
    Le ventre mouillé par les rouleaux, le sexe durci par le froid !
    Jamais traversée exaltante n’aura été auparavant
    Semblable à voler à vau-l’eau au ras des vagues sans effroi !

    Nul besoin de destination car elle l’attire naturellement
    Avec le compas dans la tête et le gouvernail dans son âme.
    Elle bénit son obstination qui vainc spirituellement
    La mort pour gagner l’épithète de l’égalité homme-femme.

    Pas d’artifice, la femme vole. La femme a reconquis le ciel.
    Hier, pilote chevronnée mais dépendante de la technique ;
    Aujourd’hui, femme nue, frivole, juste sa personne essentielle
    Et pourtant, ici, couronnée d’une presque auréole angélique.

    La destination est en vue ; c’est le plus puissant des orgasmes.
    Elle laisse échapper un « Hourra » qui semble exploser dans les airs.
    Atterrissage sans imprévu dans un délire d’enthousiasme
    Désormais « advienne que pourra » elle a traversé le désert !

    Elle foule le sol, embrasse la terre, jouit au milieu des passants
    Qui croient voir un drôle de démon devant le phare d’Earhart.
    Dès demain en gros caractères : « Une femme nue outrepassant
    La pudeur rit à pleins poumons et puis s’envole sans histoire ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’ÉchÔ culinaire

    « J’ai remarqué avec Hyänor que je peux lui parler directement dans sa tête et lui faire faire ce que je désire.
    Je n’en abuse pas car le pauvre s’effondre d’épuisement.
    Sans doute à cause de la force de sa résistance…

    Depuis quelque temps, j’ai envie de mon plat préféré, le bibimbap…
    celui que me cuisinait maman avec du sirop d’orgeat –très aphrodisiaque disait-elle.

    Et j’ai bien envie de le commander à mon chef, derechef ! »

    Séorïäne, cuisinière et maîtresse de l’ÉchÔ

    Image galerie

    Alinéor sitôt entré reçoit une idée fulgurante :
    « Fais-moi un bol de riz complet dont l’assemblage est un secret ! »
    C’est drôle ! Quand il est concentré, aucune voix tonitruante
    Ne sonne ainsi articulée avec ce langage concret…

    Mais bon ! Sans doute la contagion de Ledalïä ou de Thétïs !
    « Des épinards frais, des carottes, germes de soja et bœuf haché ! »
    Ah non ! Là, il y a confusion, une transmission adventice ?
    Non. Juste Séorïäne qui sirote son thé d’une humeur relâchée.

    Sans doute la charge de travail ou peut-être une indigestion…
    « Et la fameuse pâte de piment, une spécialité coréenne ! »
    Alinéor, vaille que vaille, ne se pose plus de questions
    Et obéit plus hardiment à cette voix luciférienne.

    « Saute les légumes séparément avec de l’huile de sésame ;
    Ensuite fais cuire le bœuf haché avec la sauce de soja ! »
    Et Alinéor, carrément, obéit à la voix sans âme
    Tout complètement attaché à verser le sirop d’orgeat.

    « Dresse le riz au fond d’un bol, dispose les légumes et la viande
    En petits îlots colorés, puis pose un œuf au plat dessus ! »

    Alinéor voit un symbole dans cette demande friande
    Car l’extrait d’amandes dorées doit être une meilleure issue…

    « Sers le tout avec une cuillère de pâte gochujang à mélanger
    Au moment même de manger et dépose le plat sur la table ! »

    Alinéor pousse la théière afin de pouvoir arranger
    Le montage du plat étranger afin qu’il soit plus présentable.

    « Il est au point, merci beaucoup ! » dit Séorïäne en le goûtant
    Et ensuite lui fait honneur en le dévorant goulûment
    Tandis qu’il sent le contrecoup de cet écho fort déroutant,
    Alinéor, plus bougonneur que jamais, s’endort congrûment.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Poisons

    « Depuis longtemps je m’en doutais.
    Par erreur j’ai confondu deux herbes et quand je m’en suis aperçue, il aurait dû être trop tard… et pourtant rien ne se produisit.

    Plus tard, j’ai essayé à petites doses des poisons dont je connaissais les effets et, contre toute attente, je n’en ai ressenti aucun.

    Ce matin, j’ai cueilli un cocktail létal de plusieurs poisons irréversibles et l’ai absorbé en toute confiance.

    J’ai particulièrement aimé connaître toutes les prémices de la mort et lâcher prise au moment fatal pour connaître la résurrection. »

    Thétïs, reine d’Atlantïs et maîtresse des poisons

    Image galerie

    Le faux persil du potager – surnom de la petite ciguë –
    Ainsi que le navet du diable – surnom de l’œnanthe safranée –
    Mélangés aux plantes rattachées au folklore très ambigu
    Des poisons les plus effroyables, étaient pour elle surannés.

    L’herbe aux sorciers, la belladone avec la colchique d’automne,
    Le fusain – ou bonnet de prêtre –, le ricin et la digitale,
    Rangés avec la méthadone et autres venins autochtones,
    Vénéneux, mortels et traîtres, d’une importance capitale.

    Elle revient, son panier plein, et se prépare des décoctions
    Qu’elle absorbe l’une après l’autre – voudrait-elle donc se suicider ?
    Cependant elle ne se plaint d’aucun problème de digestion
    Mais, au contraire, elle se vautre dans une liberté débridée.

    Quand digitale et belladone commencent à faire de l’effet,
    Le système nerveux autonome ainsi que le rythme cardiaque
    Sont perturbés et abandonnent leurs fonctions en vue du décès
    Foudroyant autant que syntone dans les fosses hypocondriaques.

    Faux persil et navet du diable bloquent les divisions cellulaires ;
    Le ricin empêche toute synthèse de protéines et d’hormones.
    Les poisons sont irrémédiables et leurs réactions délétères
    Mettent la vie entre parenthèses avec la colchique d’automne.

    Le fusain et la méthadone sont presque alors superflus
    Et la mort a vaincu le corps, les toxiques étaient les plus forts.
    Mais alors l’hypophyse ordonne de libérer enfin le flux
    Qu’un organe continue encore à sécréter après la mort.

    Et la mort elle-même est vaincue ; le corps n’était qu’en léthargie,
    Suffisante pour le préserver de l’irréversibilité.
    Alors Thétïs est convaincue qu’elle maîtrise toute allergie
    Et que sa vie sait se conserver contre l’impossibilité.

    Image galerie
    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Qu’écrire de plus sur la pomme ?

    Qu’écrire de plus sur la pomme ?

    Une fois que l’encre est tirée du jus que la pomme a donné
    Et qu’on a goûté aux déboires que son ivresse a provoqués,
    On comprend comment s’attirer tous les péchés non pardonnés
    Alors qu’il suffisait de croire en l’interdiction invoquée.

    Mais, sauf si l’encre est invisible, comment deviner à l’avance
    Que le crime était préparé par un dieu qui aurait écrit
    Que toute faute est prévisible quant à ses folles conséquences
    Sans qu’un œil se soit égaré sur la fin de son manuscrit ?

    Mais le ver était dans le fruit et une clause restrictive
    Figurait au bas du contrat et en tout petits caractères,
    Qui stipulait que l’usufruit de l’expiation punitive
    Serait reconduit au substrat de leur descendance sur Terre.

    Tableau de Paul Laurenzi.

  • Ras la culotte !

    Ras la culotte !

    Sous le bleu électrique d’un panneau de métro,
    Elle nargue le temps par ses pois de couleur.
    Un geste de défi, un sourire un peu trop…
    Pour que le temps s’arrête d’un tic-tac sans douleur.

    Qu’importe le trajet, le quai ou la saison,
    Elle ajuste sa ligne au bord de l’insolence.
    Elle envoie tout valser : codes, mœurs et raisons,
    Menant sa propre danse en pleine insouciance.

    C’est le cri du départ, le refus des carcans,
    Un vent de liberté qui remonte les jambes.
    Ras la culotte enfin des ordres étouffants,
    Elle préfère l’été et cet instant qui flambe.

    Et puis le temps repart… mais la fille est partie ;
    Il ne reste par terre qu’une culotte orange.
    Que s’est-il donc passé dans le temps imparti ?
    Était-elle un mirage ou juste un rêve étrange ?

    Illustration de Robert McGinnis.

  • L’éveil de l’aura

    L'Éveil de l'Aura

    Le corps s’ouvre au soleil dans un geste sacré,
    Déployant les couleurs d’un esprit délivré.
    L’or brûle sur la peau, la pourpre se déchaîne,
    Effaçant la douleur et le poids de ses chaînes.

    Au centre du néant, un bouton de ferveur
    Éclot comme un calice dans cet instant rêveur.
    La lumière jaillit en cercles de mystère,
    Soulevant l’anima au-dessus de la terre.

    L’âme n’est plus captive en sa prison de craie,
    Elle danse au sommet d’un silence discret.
    Dans l’orbe de ce jour, la vie est une flamme
    Où le ciel tout entier vient s’offrir à la femme.

    Tableau d’Elena Ray.

  • Le film de ta vie

    Le film de ta vie

    Chacun peut comparer sa vie à l’échelle de l’univers ;
    On naît d’un big-bang où un dieu allume brusquement la lumière.
    Puis on dort, on tête à l’envi pendant l’espace d’un hiver
    Et c’est l’âge tendre et radieux dans le confort de sa chaumière.

    Le feuilleton de la vie s’écoule avec ses rebondissements ;
    La première saison à l’école et la deuxième sur le campus.
    À la troisième, l’armée vous moule avec ses abêtissements
    Et la quatrième décolle enfin vers un nouvel opus.

    Vient la cinquième où la carrière devient le cheval de bataille ;
    À la sixième, on se construit une famille, une maison.
    À la septième, c’est la barrière de la retraite qui s’entrebâille
    Pour offrir aux enfants le fruit affiné au fil des saisons.

    Et puis tombent les illusions, le monde change de couleur
    Et le temps ne s’écoule plus, rien ne sera plus comme avant.
    Et devant la désillusion, on fait le choix dans la douleur
    De faire un dernier pas de plus, cependant pas le plus éprouvant.

    Tableau de Robert Venosa.

  • Elephant Hotel

    Pour accueillir tous les migrants qui viennent en masse colossale,
    Un architecte a eu l’idée d’un hôtel en forme d’éléphant.
    Cela surprend petits et grands quand ils pénètrent dans la salle
    Où ils se verront validés pour vivre avec femmes et enfants.

    Oui mais voilà : ce qui les trompe, c’est que si l’hôtel paraît grand,
    À l’intérieur tout est petit, à la mesure des souris.
    Pas de panique ! En grande pompe, on vous passe au désintégrant ;
    L’appareil d’ostéopathie, avec scalpel et bistouri.

    Et vous êtes ainsi transformés en bonsaï humain tout mignon,
    Et l’hôtel devient la planète de sept milliards d’heureux élus
    Qui espéraient se conformer aux lois dictées à Matignon
    Et se découvrent marionnettes pour anniversaires farfelus.

    Le « Colossal Éléphant de Coney Island », construit en 1885, mesurait environ 37 mètres de haut. Il a été détruit par un incendie en 1896. Initialement conçu comme un hôtel, il a principalement servi d’attraction touristique avec une plateforme d’observation.

  • Les ondes angéliques

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Dans la forêt, les arbres sentent l’effet des ondes angéliques
    Qui, de leurs racines en enfer, les attirent tout droit vers le ciel.
    Et lorsque je parcours les sentes tracées par des courbes magiques,
    Je me sens prêt pour le transfert via le tout premier arc-en-ciel.

    Alors mon corps se décompose en une fusée ragaillardie ;
    Mon auréole est périmée, mon permis n’est donc plus valide.
    Mais un archange qui s’oppose me ferme soudain le paradis :
    « Vous devez la réimprimer sinon, tant pis, pas de bolide ! »

    Je comprends maintenant pourquoi les ondes tournent toujours en rond !
    Tous les poètes, comme moi, se font refouler par le vent.
    Sans certificat adéquat, on a beau faire le fanfaron,
    On se retrouve en fin de mois toujours Gros-Jean comme devant.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Invisibilité

    « J’avais perçu Pénélopïä entre les tables sans parvenir à la voir.

    Elle n’était pas vraiment invisible mais sa présence retenait la lumière au lieu de la réfléchir.

    Loïrelïndt l’avait reconnue mais leur petit échange m’a convaincue de garder le silence.

    J’ai donc attendu que Nemo lui rende un peignoir… et sa place parmi nous. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Juste une ombre qui se déplace parmi les convives du dimanche
    Et reste à observer les tables et tous ceux qui sont attablés.
    Ici, on y mange des glaces, là, on y consomme des tanches ;
    C’est là le pique-nique véritable, nonchalant autant qu’endiablé.

    L’ombre s’approche des LLyrïädes, occupées avec leurs bébés ;
    Elle écoute les trois fondatrices nourrissant leur progéniture,
    Les gouzis-gouzis par myriades, câlins de baisers imbibés
    Laurelïne, Loreleï provocatrices et Lïlïth en désinvolture.

    À la table des compagnons, on parle pêche et expériences ;
    L’ombre pose ses mains sur Nemo, se penche sur ses cheveux ébène,
    Sans émettre le moindre lumignon qui pourrait trahir sa présence
    Mais en savourant tous les mots et en appréciant l’aubaine.

    Nérätïs et Thétïs ressemblent aux deux reines de leurs gynécées :
    STELLÏÄ, Amellïä, Ledalïä, sans leurs maris, imprévisibles.
    Un courant d’air, les femmes tremblent… sentiraient-elles l’ombre s’immiscer ?
    Ou bien ne serait-ce pas ÄLLÏÄ qui la perçoit dans l’invisible ?

    Les sirènes parlent séminaires et leurs petits jeux sexuels ;
    L’ombre s’amuse à écouter les anecdotes sans scrupules,
    Les séances extraordinaires, les rituels souvent cruels
    Les catastrophes à redouter mais le plus souvent ridicules.

    Brusquement Loïrelïndt la regarde, l’ombre pose un doigt sur ses lèvres,
    Petit clin d’œil, sourire en coin, le fantôme lève les yeux au ciel.
    Et soudain l’ombre par mégarde sent courir un petit vent mièvre,
    Puis apparaît point après point, dans sa nudité substantielle.

    Nemo l’aperçoit et lui tend un peignoir, coloris jonquille,
    Abandonné sous l’avant-toit, à l’ombre de la pergola.
    « Ça fait longtemps que je t’attends ! » dit-il tandis qu’elle s’habille ;
    « Tantôt, j’ai tant pensé à toi que j’ai cru que tu étais là ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • En lévitation

    « Depuis quelques jours, après la mi-août, nous assistons au ballet étrange de ce que j’ai d’abord pris pour une étoile filante.

    Mais bien vite, j’ai vu qu’il s’agissait d’autre chose…

    Un OVNI ? Une soucoupe volante ? Un ange déchu ?

    Je continue à observer le ciel. »

    Cristïäs, astronome amateur

    Image galerie

    On a vu des étoiles filantes vers la mi-août habituellement
    Mais cette semaine, toujours la même, dans le firmament de Constance,
    Poursuit une course nonchalante, avec éventuellement
    Quelques figures dont des extrêmes acrobaties de circonstance.

    Après minuit, Lune gibbeuse, l’étoile trace une spirale ;
    Elle a égratigné les cimes et puis a survolé les berges.
    Serait-ce une sirène flambeuse, une créature vespérale ?
    Un ange perdu rarissime qui cherche une dernière auberge ?

    Pourtant à la pointe du jour, l’étoile a déjà disparu…
    Sans doute a-t-elle trouvé son gîte, le repos de l’astre guerrier…
    Mais le soir, elle revient toujours et la voici réapparue
    Dans une envolée qui s’agite vers son destin aventurier.

    Cette nuit, elle tourne, elle tourne encore comme pour battre des records ;
    Prouver qu’elle est l’étoile montante, la « recordstar » sempiternelle
    Dont l’acharnement s’en retourne d’un cœur qui recherche l’accord
    Vers la destinée performante d’une détentrice éternelle.

    Et pourtant elle tourne, cette étoile, depuis six heures maintenant
    Car elle tremble et sa trajectoire devient un peu plus chaotique.
    Et lorsque la Lune dévoile son contour au point culminant,
    Suit alors la chute notoire dans les eaux noires névrotiques.

    Elle se réveille trempée, ramenée nue par les sirènes ;
    Cette fois, ce n’était pas un rêve, cette nuit, elle a vraiment volé.
    Elle sent encore l’air détrempé fouettant son corps au corps de reine,
    Reine de l’air, bravant sans trêve ses plus grands défis envolés.

    Elle regagne sa chambrée où son mari dort doucement ;
    Elle a besoin qu’il remédie encore à sa paranoïa.
    Elle se colle à son corps ambré, tant pis pour l’éclaboussement !
    Il se retourne, l’embrasse et dit : « J’ai rêvé de toi, Amellïä ! »

    Image galerie
    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Entre le paradis et l’enfer, votez !

    Entre le paradis et l’enfer, votez !

    Comme s’il ne suffisait pas de vivre l’enfer tous les jours,
    Il faut maintenant aller voter pour qui nous fera le plus souffrir ;
    Entre la vie et le trépas, l’alternative n’est pas toujours
    Le meilleur chemin balloté ni même un cadeau à offrir !

    La droite promet le progrès, la gauche annonce davantage ;
    L’une vous prend le portefeuille et l’autre vous prend en otage.
    L’une ne laisse que des regrets, l’autre un très faible pourcentage
    D’augmentation et, quoi qu’on veuille, c’est nous qui sommes en ballottage.

    La droite, okay, pour les nantis ; la gauche, d’ac, pour les bobos ;
    Le centre pour les indécis et les extrêmes pour les fachos ;
    Tant qu’il n’y a pas de démenti, on ira tous vers le tombeau
    Même si les sombres prophéties nous disent qu’en enfer, il fait chaud !

    Illustration de Hugo Prades.

  • Un paradis de gens qui se croient en enfer

    Un paradis de gens qui se croient en enfer

    Comme d’autres pays aux charmes reconnus,
    On aime bien la France mais pas trop les Français.
    Faudrait-il alors craindre leurs pensées méconnues
    Qui font grincer les dents et les sourcils froncer ?

    Sans doute, les habitants ont l’esprit de clocher
    Mais c’est la tradition, on aime sonner les cloches !
    Il faut prendre patience et puis les approcher
    Et ne pas craindre de mettre la main à la poche.

    La France est devenue une tour de Babel ;
    On y parle des langues issues du monde entier.
    Des quartiers populaires, montent les décibels
    Et l’on ne s’entend plus dans ce fichu chantier.

    L’ortograf é baclé on parle en sms
    Jtm é sa sufi com mé sage damour.
    Celui ka di qu’Paris valé bien une mess
    Été 1 roi kavé bien le 100 de lumour.

    L’un des aphorismes les plus célèbres de l’écrivain et voyageur Sylvain Tesson.