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  • Le pique-nique du dimanche

    « Ambiance de pique-nique en famille

    Aujourd’hui on profite de cette belle journée d’été et tout le monde y met du siens.

    Je sens que nous allons passer une journée inoubliable ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le pique-nique du dimanche

    Arrivés très tôt ce matin, deux compères installent des tables
    Au bord du lac dans le vent frais qui fait déjà danser les nappes,
    Puis ont sorti tout le gratin d’un pique-nique respectable
    Sortant les couverts des coffrets afin d’annoncer les agapes.

    Laurelïne, Loreleï et leurs enfants s’installeront en bout de table
    Avec chaises hautes adaptées pour petits pots et biberons.
    Ils découvrent alors triomphants canards et cygnes inévitables ;
    L’ambiance est très décontractée et les bébés sont fanfarons.

    Pour les trois futures mamans, des chaises longues confortables,
    Un petit plateau pour chacune et les sirènes à leur service.
    On va passer un bon moment à savourer au préalable
    Un apéro sur la lagune pour que le bon air nous ravisse.

    Puis ORPHÉÔN et Valérion, l’un au chant, l’autre à la guitare
    Improvisent une ritournelle avec quelques couacs disparates.
    Constantïne joue l’amphitryon, s’accompagnant de sa cithare,
    En chantant ses sempiternelles chansons de marins et pirates.

    Même les deux Irénée sont là, venus exprès pour le colloque ;
    Ils ont promis aucun essai ni tentative malheureuse
    Et on leur a mis le holà sur leurs éternels soliloques
    Mais comme ils ne font pas d’excès, leur présence reste chaleureuse.

    Cristïäs observe les nuages et la météo du dimanche
    ÄLLÏÄ lui tire les oreilles : « Arrête de regarder le ciel !
    Il n’est prévu aucun orage mais beaucoup de soleil en revanche ! »
    Alors il ferme ses appareils et se consacre à l’essentiel.

    Mais que fait donc notre Yavänor ? Pardi ! Il allume un grand feu
    Pour faire griller quelques saucisses pour les amateurs de grillades.
    Tandis que le pauvre Alinéor essaie de faire ce qu’il peut
    Malgré le chat qui, à l’office, a déjà volé l’anchoïade.

    Illustration de Ledalïä.

  • La pluie à crédit

    La pluie à crédit

    Si tous les anciens présidents qui sont montés au paradis
    Voulaient bien faire pleuvoir l’oseille plutôt qu’une pluie à crédit,
    Il me semblerait évident et j’n’en ferai pas une maladie
    Si l’eau du ciel en moi réveille de l’espoir pour pas un radis.

    Je ne crois pas en l’homo-fric et pas plus au capitalisme
    Qui croît bien plus haut que son cul et presqu’en même temps s’affaisse.
    Lorsque l’homme est né en Afrique, bien avant le colonialisme,
    C’n’est pas l’serpent qui l’a vaincu encore moins une histoire de fesses…

    On a fait des révolutions pour chasser la noblesse à fric,
    On a voté nos présidents en espérant gagner le SMIC
    Mais après cette évolution, quand on regarde l’historique,
    On travaille plus en trépidant et ce qu’on gagne est théorique.

    Illustration de Milo Manara.

  • Rassemblement

    Aujourd’hui tout l’monde se rassemble pour le foot et pour la musique,
    Pour manifester tous contre un et casser tout ce qui est construit.
    Pourtant si les humains s’assemblent pourquoi deviennent-ils amnésiques
    Lorsque le voisin les contraint à se fâcher au moindre bruit ?

    Ils remplissent tous les grands stades, les avenues et les tribunes,
    S’y proclament tous frères de cœur sous les couleurs du grand moment.
    Mais face à la moindre incartade d’un voisin chantant sous la Lune,
    Ils lui déclarent de bon cœur la guerre avec empressement.

    Ils se serrent comme des sardines au concert de leur troubadour,
    Supportent trois heures debout dans une cohue fantastique
    Même si l’attente ne se termine qu’aux premières lueurs du jour
    Et on laissera dans la boue papiers et matières plastiques.

    Les foules aiment bien se confondre au milieu des grands mouvements
    Où chacun devient une vague emportée loin par l’océan.
    Mais il leur faut parfois répondre à leurs voisins tout simplement,
    Et c’est souvent là que s’aggrave le plus petit des différends.

    Illustrations de Jeff Carlisle.

  • Le retour d’Olivïäne messagère

    « Coup de théâtre !

    Olivïäne a été simplement téléportée à la place de Nérätïs à cause de la bague-balise.

    Ledalïä lit le message à toutes les LLyrïädes réunies.

    Le climax est à l’organisation du colloque prévu ce lundi matin.
    »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le retour d’Olivïäne messagère

    Le message d’Astérias

    « La Mantisse que vous connaissez n’était qu’une première version
    Qui a été améliorée depuis longtemps sur Atlantïs.
    Si vous ne vous étiez empressés de faire toutes vos excursions,
    Nous aurions pu collaborer par l’entremise de Nérätïs.

    Vous avez dû vous en douter, l’art de la téléportation
    Demande des règles très étroites car c’est une arme dangereuse.
    Et nous pouvons tous redouter toutes sortes de dépravations,
    D’utilisations maladroites et, pire, d’intentions belliqueuses.

    Nous devons mettre au point un ordre qui gère la téléportation
    Unissant Atlantis, Thestïas et les LLyrïädes conjointement
    Afin d’éviter tout désordre et surtout toute passation
    Entre les travaux de Cristïäs et ceux de la Terre notamment.

    Réunissons les trois partis en terrain neutre sécurisé
    Et je propose les vestiges de l’Atlantide disparue.
    D’après les échos répartis de Nérätïs autorisés
    Un personnage de prestige y aurait déjà concouru.

    Son palais possède une immense et étanche salle souterraine
    Pour organiser un colloque. Pourquoi pas ce lundi matin ?
    Je vous demande de la clémence – l’honnêteté est souveraine –
    Évitons-nous les soliloques qui nous feraient perdre notre latin ! »

    Les LLyrïädes

    Lïlïth, Yavänor et Cristïäs sont emballés par ce message ;
    La Guilde va finalement naître comme il était préconisé.
    Atlantïs ainsi que Thestïäs auront accès libre au passage
    Et chacun fera reconnaître sa technologie avisée.

    « Nous, les sirènes, nous partons repérer l’état de la salle
    Et puis les hommes installeront – pourquoi pas – une table ronde
    Avec sièges et petits cartons ! » dit Loreleï, ingénieure abyssale
    « Et lundi, nous déciderons pour satisfaire tout le monde ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Olivïäne a disparu

    « Trois évènements majeurs.

    Une proposition de Constantïne, sire de Constance, pour élargir nos connaissances sur les survivants de sa famille.

    La disparition mystérieuse d’Olivïäne.

    Son retour avec un message d’avertissement d’Astérias. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Suite de la discussion

    « Seule, je ne peux rien décider ! » dit Loreleï haussant les épaules ;
    « Les Llyrïädes, le cas échéant, trancheront avec prépondérance.
    Mais fais-toi déjà à l’idée que personne n’a le monopole
    Pour explorer les océans sans la plus grande transparence ! »

    « CHe n’ai pas d’autres prétentions que celles que je t’ai soumises
    Et CHe Fiendrai les exposer Tès que Ch’y serai inFité.
    Et pour montrer Ponne intention, Foici ma Karantie promise ! »
    Dit Constantïne tout disposé à prouver l’objectivité.

    Disparition

    L’arbre généalogique en mains, Loreleï s’apprête à repartir…
    « Mais où sont donc passées les filles ? » demande-t-elle d’un ton bourru…
    Après minutieux examen, Constantïne vient l’avertir :
    « Ici Teux sirènes roupillent mais la troisième a Tisparu ! »

    « Son poisson-chat est toujours là ; elle n’est donc pas repartie ! »
    Loreleï réveille les gamines et Olivïäne manque à l’appel
    On la recherche par-ci, par-là mais il faut en prendre son parti
    Malgré l’angoisse qui culmine, Loreleï sonne le rappel.

    Ô ALLEGÔRÏÄ

    « Nous rentrons chercher des renforts tandis que Constantïne reste
    Au cas où Olivïäne revient depuis un mystérieux passage… »
    Chez les LLyrïädes, on se fait fort de lancer des recherches prestes
    Lorsque d’une porte survient… Olivïäne avec un message :

    « Je reviens tout droit d’Atlantïs, téléportée par effraction !
    J’ai un message d’Astérias qui croyait retrouver sa fille…
    – J’avais piqué à Nérätïs sa bague d’auto-détection –
    Il est adressé à Cristïäs mais concerne toute la famille ! »

    Le message

    « Que d’Atlantïs on téléporte, c’est la Mantisse améliorée ;
    Que de Thestïäs on téléporte, Irénée y est arrivé ;
    Que des LLyrïädes on téléporte, ça, on ne peut plus l’ignorer ;
    Mais aujourd’hui ce qui importe, c’est que la Terre en soit privée ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La Cavale de Loreleï

    La Cavale de Loreleï

    Dans le gouffre bleu des ondes, la sirène est une cavale,
    Épousant les vagues en nombre avec beaucoup d’amusement.
    Son corps de cristal vagabonde dans une course terminale,
    Guidée par l’appel de ses ombres vers un futur apaisement.

    Les trois dauphins d’argent escortent sa farouche ardeur infernale,
    Fendant le miroir délicieux avec un bel emportement.
    Ainsi la princesse aux eaux fortes brise sa retraite hivernale,
    Pour boire l’écume des cieux dans un dernier consentement.

    Tableau de Kirk Reinert.

  • Civilités & Frugalités

    « J’ai enfin obtenu ce que cachait l’invitation de Constantïne.
    Apparemment le vieux nostalgique a fait le projet de retrouver tous les membres survivants de sa grande famille.
    Après tout sa généalogie peut nous être utile.
    Mais je dois en référer avec les LLyrïädes.

    Il faudra organiser une entrevue à notre retour. »

    Loreleï, responsable de la sécurité

    Civilités & Frugalités

    « Ach so! Fous Tefez aFoir faim! Faute de feu, tout est fruKal
    Mais CHe Fous propose un menu typique Te mon potaCHer
    Ce n’est sûrement pas aussi fin que Fotre cuisine locale
    Mais Koûtez-y sans retenue ; Fous en serez mes oPliCHés ! »

    « AlQues Fariées fraîches Tu CHour ; les rouCHes aciTes, les Fertes tenTres !
    « Anémones poiFrées que CH’importe d’Atlantïs et que CHe Pouture !
    Oursins aux pattes te Felours ; Koûtez-les, ils font Fous surprenTre !
    Coquilles Saint-CHacques en comporte et fruits Te mer en Konfiture ! »

    « Pour les Poissons, CHe me contente Te Tiffuser Tans l’eau Te mer
    Tes esturCHeons Te contrePante et à la ParPe de Petrossian !
    Ça fait comme une marée montante, Tans les Pranchies, en doux-amer !
    Enfin un Fer Te SamarkanTe pour TiCHérer à Pon escient ! »

    « Houla ! J’ai la tourne qui tête ! » dit Éôlïäne entre deux eaux…
    « Et moi je me sens si légère… » dit Azurïanne, « comme une écaille de corail ! »
    « Moi, je me sens un peu pompette ! » dit Olivïäne mezzo mezzo…
    « C’est une réaction passaCHère ! » Dit-il sans rassurer Loreleï.

    « Oui bon ! On va diluer tout ça et se prendre un grand bol d’eau fraîche !
    La prochaine fois, SANS PETIT VER ! » avertit Loreleï impassible.
    « Oja natürlich! CHe comprends ! Mes Fers sont encore reFêches
    Mais CH’en ai qui Fiennent du Cap-Fert, sans alcool et fermentescibles ! »

    « Fort bien ! » dit Loreleï calmement, « Maintenant je voudrais savoir
    Quelles sont tes résolutions envers mes filles, vieux pervers ! »
    « Il y a un passage attenant entre ici et le réserFoir
    D’Ophelíä en contriPution avec les courants outremers ! »

    « Je vois… et qui conduit à l’océan… » comprend Loreleï plus spécifique.
    « Oui, CHe Foutrai l’utiliser pour rechercher T’autres éKréKores
    Par Tes échanCHes Pienséants, de l’Atlantique au Pacifique,
    Afin de comptaPiliser les palais suPsistant encore ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Loreleï à la rescousse

    « J’avais autorisé les excursions au fond du lac à condition de semer des boîtes de thon pour baliser la piste.

    Quand Alinéor s’est plaint de la totale disparition de son stock, j’ai su qu’il y avait anguille sous roche.

    J’ai suivi prudemment le début de la piste et quand j’ai vu où elle conduisait, j’ai immédiatement compris que ce vieux forban de Constantïne était derrière tout ça. »

    Loreleï, responsable de la sécurité

    Loreleï à la rescousse

    Vendredi matin au palais de Constantïne une sirène
    S’annonce en criant haut et fort : « Ich grüße Euch, Herr vom Bodensee! »
    La même annonce qui emballait jadis sa personne souveraine
    Lui fait répondre avec effort : « Hoi Loreleï, Königin des Sees! »

    « Comment nous as-tu retrouFés ? » interroge le triton surpris ;
    « J’ai suivi les boîtes de thon qu’un Petit Poucet a semées ! »
    Dit-elle montrant, pour lui prouver, l’une des boîtes avec mépris.
    « Que fomentes-tu, vieux tritons avec des gamines désarmées ? »

    « Je Foulais CHuste leur montrer leurs oriCHines et leurs ancêtres ! »
    Dit Constantïne devant les filles : « Et tu n’as plus qu’à les reCHoinTre ! »
    « Tu nous as surtout démontré que tu es resté un grand maître
    Dans l’art de créer une famille avec ta palette de peintre ! »

    « Ma chère Loreleï… » dit Constantïne, « j’aurais pu fausser ces portraits
    Mais le même tartan iTentique de nos écailles authentifie
    La même oriCHine intestine que l’on retrouFe trait pour trait
    Dans notre Tynastie antique que la Kalerie certifie ! »

    « C’est fort possible ! » clame Loreleï, « mais tu devais passer par moi !
    Je suis la seule autorité responsable envers ces enfants !
    Heureusement, vaille que vaille, j’avais prévu depuis des mois
    Une méthode indispensable d’une candeur qui se défend ! »

    « Les poissons-chats n’aiment pas le thon ; si j’en emporte une provision,
    C’est pour indiquer mon chemin en les semant ! » dit Éôlïäne.
    Loreleï poursuit : « Mon vieux triton, révèle-nous avec précisions
    Le sceau au bas du parchemin signant ta lignée Océane ! »

    « SuiFez-moi toutes ! » dit Constantïne les entraînant vers son bureau
    Où des parchemins encadrés trônent sur les murs de salpêtre.
    « Voici l’oriCHine intestine aFec le sceau rouCHe Tes coraux
    ProuFant que nous sommes enCHenTrés par les mêmes illustres ancêtres ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Dans le désert ou à la plage

    Dans le désert ou à la plage

    Dans le désert, mets dans ton sac un dragon des sables crieur
    Et tu verras les autochtones rappliquer tout autour de toi.
    À la plage, dans ton havresac, mets un dragon des mers rieur
    Tu verras que s’y pelotonnent crabes et serpents, tous à la fois.

    Dragon des sables, dragon des mers, l’indispensable kit de survie.
    Tous les plus grands aventuriers ne se déplacent pas sans eux.
    Vous en trouverez à Saint-Omer où l’élevage est desservi
    Par tous les manufacturiers qui aiment arnaquer les niaiseux.

    Illustration de Moebius.

  • La prise par derrière

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    Menacer la Dame par derrière et, par des chemins de traverse,
    Menacer d’un échec au Roi sans regarder par devers soi,
    Puis, sans assurer ses arrières, roquer par sa tour de conserve
    Pour faire « mat » au grand désarroi de l’adversaire qui le reçoit…

    …Mais qui s’en fout apparemment. Quand on est Reine, on ne joue pas !
    On laisse les autres batailler et s’il faut, s’laisser capturer.
    Changer de Roi, évidemment, sans passer de vie à trépas
    Ça permet de discutailler avec les pions courbaturés.

    Tableaux d’Irene Sheri.

  • Nouvelle vague de couleurs

    Loreleï me submerge le cœur, Éoliane m’englouti l’esprit ;
    Il ne manquait plus qu’Arabelle pour dévorer ma tendre chair.
    Alors j’ai pris à contrecœur la première vague qui m’a surpris
    Et la deuxième, de plus belle, qui m’a envoyé en enfer…

    …l’enfer de toutes les couleurs avec Loreleï, la plus charmante,
    Éoliane la plus séduisante et Arabelle, la plus coquine.
    Elles m’ont fait mourir sans douleur d’amour et d’extase affamante,
    Ni harassante, ni épuisante, mais affreusement ultramarine.

    Illustration de Virgil Finlay.

  • Les petits rats d’or

    Les petits rats d’or

    Cet été, les petits rats d’or de l’Opera de la Méduse
    Sont échoués sur banc de sable au large d’un lac de Bavière.
    En automne tout le monde s’endort sans nous fournir la moindre excuse
    Et en hiver les responsables se sont jetés dans la rivière.

    Les touristes viennent de loin pour admirer cette sculpture ;
    Les photographes en raffolent en croyant saisir l’essentiel.
    Mais les mouettes, néanmoins, y voient surtout une pâture
    Où l’on picore et batifole avec des rats tombés du ciel.

    Au printemps, l’un ouvre les yeux, entraînant toute la pyramide ;
    Chaque rat court alors tout nu se cacher parmi les roseaux.
    Puis ils rentrent assez honteux et regagnent leur chrysalide
    Afin d’être au moins reconnu comme papillon par les oiseaux.

    Photo de Spencer Tunick.

  • Constantïne, sire de Constance

    « Invitées par ce curieux personnage, nos sirènes découvrent les vestiges de la civilisation de leurs ancêtres.
    Constantïne, sire de Constance, se révèle alors un hôte riche en histoires et en découvertes.
    Nos sirènes sont impressionnées. »

    Yavänor confident malgré lui

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    Invitées chez Sire Constantïne, les trois sirènes restent prudentes ;
    Elles ont suivi le vieux triton jusques aux rives allemandes.
    Incisé dans la serpentine ramenée par les eaux grondantes
    Du Rhin derrière un vieux ponton se dresse un château de légendes.

    « CHe Fis ici Tepuis longtemps quand l’AtlantiTe s’est effonTrée ! »
    Dit, en leur faisant faire le tour du propriétaire, Constantïne.
    « Foyez les portraits remontant à tous ceux qui m’ont enCHenTré
    Et obserFez Pien les contours et les couleurs Kréco-latines ! »

    « La vache ! » s’étonne Éôlïäne, « Ils ont les mêmes queues que nous
    Et les couleurs de leurs cheveux rappellent étrangement les nôtres ! »
    « Elle me ressemble ! » dit Azurïanne… « Par tous les dieux, où sommes-nous ? »
    « CHe Fous raconte si tu Feux ! » répond-il faisant bon apôtre.

    « CHe suis le Ternier TescenTant et Fous comprenTrez Pien ma CHoie
    Lorsque CHe Fous ai découFertes Zur les riFes Zuisse-alémaniques !
    CHe Fis Zurtout inTépenTant car hélas CHe n’ai pas le choix
    Sauf la fin que CH’aurais soufferte, chassé par la CHent CHermanique ! »

    « Mais quel est ce palais ? » dit une sirène curieuse et passionnée.
    « Ze sont les tout Terniers FestiCHes tes Krands chevaliers teutoniques
    AinZi que la Krante fortune dont les attaques occasionnées
    Ont releFé tout le prestiCHe contre les Zuisse-alémaniques ! »

    « Fenez ! CHe Fous fais Fisiter les CHarTins et les plantations
    Car nous étions FéCHétariens et aKriculteurs compétents ! »
    Ainsi, en exclusivité, les sirènes en contemplation
    Découvrent ce que les historiens renient depuis la nuit des temps.

    « Restez Tonc ici quelques CHours ; CHe vous conterai nos histoires
    Car certaines ont Peaucoup d’allure ! » propose l’hôte respectable.
    « Oui bon merci pour le séjour et ton invitation notoire !
    Allons donc nourrir nos silures ! » dit Olivïäne responsable.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le triton mystérieux

    « Un inconnu a suivi nos trois sirènes.
    Éôlïäne qui a des yeux de poisson-lynx l’a repéré tout de suite et l’a laissé s’approcher pour mieux le surprendre.
    Il s’avère être un personnage assez cocasse… »

    Yavänor confident malgré lui

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    « La tête que fera Alinéor ! » rit Éôlïäne faisant des bulles ;
    « Finalement, je lui ai pris tout son stock sans rien lui laisser
    Sauf un mot signé Yavänor disant qu’ÄLLÏÄ est somnambule,
    Qu’il ne doit pas être surpris et n’pas gronder l’intéressée… »

    Ainsi quatre ; trois montés par leurs écuyères
    Plus un pour nourrir tout le monde, filent tout droit vers l’autre versant.
    Elles ont décidé pour la forme de prendre la perpendiculaire
    Pour évaluer la profonde fosse du lac en le traversant.

    Ne regardant pas derrière elles, elles ne voient pas que leur sillage
    Est suivi par un mystérieux triton qui les a prises en chasse.
    Il n’a rien de surnaturel mais… c’est un mâle dont les écailles
    Ont ce même motif curieux que celui des trois queues fugaces.

    À mi-parcours le paysage offre l’étrange potamot de Suisse ;
    Une drôle de plante dont les tiges font plusieurs mètres dans ce milieu.
    « Les poissons-chats ont été sages ; on s’arrête dans ces abysses ! »
    Dit Azurïanne, noblesse oblige, par sa connaissance des lieux.

    « NON MAIS T’ES QUI ET TU FAIS QUOI ? » crie Éôlïäne sans baratin ;
    « Du calme ! Je n’vous veux aucun mal ! » dit l’inconnu levant les mains ;
    « ET TU PEUX NOUS DIRE POURQUOI TU NOUS SUIS DEPUIS CE MATIN ?
    QU’EST-CE T’AS ? UN PROBLÈME ANIMAL QUI POURRAIT S’RÉSOUDRE À LA MAIN ? »

    « CHe Fous ai Fues, hier sur la plage et CH’ai remarqué le tartan
    Te Fos écailles qui est le même que Zelui Te ma parenté ! »
    Dit-il en montrant l’assemblage de sa queue tout en écartant
    Le canevas du même thème que celui des trois effrontées.

    « Il a raison, le vieux croûton ! VENEZ LES FILLES CONTEMPLER…
    Et puis d’abord, présente-toi ! Qui es-tu et que nous veux-tu ? »
    « Ich bin Constantïne, der Triton, Sire de Constance, Z’il Fous plaît ! »
    Annonce-t-il d’un air courtois, « CH’en ai le titre et le statut ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Pendant ce temps, trois sirènes rebelles

    « Nos trois sirènes, n’ayant pas la fibre maternelle, s’ennuient.

    Elles m’ont fait part de leur désir d’explorer les profondeurs du lac pour se distraire.
    Je n’y vois aucun inconvénient.
    Au contraire, leurs découvertes pourraient se révéler précieuses…
    Tant que cela ne met pas la communauté en danger, bien entendu… »

    Yavänor confident malgré lui

    Pendant ce temps, trois sirènes rebelles

    « Lïlïth, Ledalïä, Geminïä ; à présent ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    Et vu la tête de Nérätïs, on peut en prévoir trois de plus !
    Les trois bébés d’ALLEGÔRÏÄ seront bientôt neuf s’il n’y a
    Pas d’autre amour qui aboutisse avec sa surprise en surplus… »

    « Étant donné que j’ai dix doigts, je vous parie avant l’automne ! »
    Compte Éôlïäne, sûre d’elle à ses deux sœurs approbatrices.
    « Et nous qui ne sommes que trois, la vie va sembler monotone
    À devoir tenir la chandelle à ce groupe de reproductrices ! »

    « Et tous les hommes passent leur temps à pêcher ou à cuisiner
    Pour nourrir toute la smala quand ce n’est pas pour… autre chose !
    Deux meufs n’ont pas eu leur printemps mais elles paraissent vaccinées ;
    Elles n’ont pas de grand échalas ou sont atteintes de ménopause… »

    « Finalement… » dit Éôlïäne, « il n’y a que nous qui sommes libres
    Pour explorer et visiter le tréfonds du lac de Constance.
    Pour le moment, seule Azurïanne a pu trouver ce qui se livre
    À quelque étrange activité ou quoi que ce soit d’importance ! »

    « Te chercherais-tu un amoureux ? » demande Olivïäne impayable…
    « Certainement pas ! Mais j’en ai marre de pouponner trois tous-petits
    Et bientôt six, et vigoureux, et puis neuf bouches insatiables
    À produire un tel tintamarre que je cherche une porte de sortie… »

    « D’accord ! Mais plus de hub atlante, je crois qu’on a déjà donné ! »
    Pose Azurïanne comme condition. « Nous n’avons pas tout parcouru
    Et puis nous avons d’excellentes montures pour une randonnée
    Ou partir en expédition sans le moindre risque encouru ! »

    « Il nous faut des boîtes de thon pour nourrir nos trois poissons-chats
    Et tant pis si Alinéor râle et nous voue aux gémonies !
    Je vais en chiper dix cartons avec un mot pour le pacha…
    Ou plutôt alors Yavänor qui partage sans cérémonie ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les poseuses

    Les poseuses

    On les appelle « les poseuses » à cause de leurs positions
    Qui attirent le client debout pour une thalassothérapie.
    Ensemble, elles paraissent causeuses et se mettent à disposition
    Pour vous offrir un bain de boue pour toutes les peaux décrépies.

    Et alors là, fini de rire car leurs corps nus nappés de boue
    Vous engloutissent de pied en cap hormis le nez évidemment.
    Le temps de vivre et de mourir, elles vous remettent debout
    Et, à coups de clic et de clac, vous giflent concomitamment.

    Celle au gros cul est réputée pour taper à coups de nichons
    Les petits mâles à sa portée bien rondouillards comme il se doit.
    Il paraît même qu’un député l’aurait traitée de cornichon
    Et qu’elle l’aurait mal supporté en le fourrant de ses gros doigts.

    Sculpture de Valérie Hadida.

  • En caressant ton iris

    Quand je caresse ton iris, je suis surpris par la douceur
    De ses pétales de velours et ses étamines soyeuses.
    Et n’en déplaise à Osiris et son lotus bleu précurseur,
    Je le préfère et le savoure malgré sa fleur de vie joyeuse.

    Mais voici qu’Osiris se venge et m’aspire dans le cœur béant
    De ton iris qui se referme une fois qu’il m’a absorbé.
    À moi de suivre la route des anges qui m’emmène à l’ovule géant
    Que je féconde car il renferme ma résurrection résorbée.

    Tableaux de Georgia O’Keeffe.

  • Convalescence et renaissance

    « L’état clinique de Lïlïth est désormais satisfaisant.
    Les paramètres maternels sont revenus à la normale et la présentation fœtale demeure stable.

    La poursuite d’une alimentation fractionnée, d’une bonne hydratation et d’un repos adapté est recommandée.

    La patiente est autorisée à reprendre progressivement ses activités, sous réserve d’éviter tout effort excessif. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Convalescence et renaissance

    « Bien s’hydrater et fractionner les repas, si possible ! »
    Dit Nérätïs à Alinéor qui ôte viande crue et laitages
    Et commence à confectionner de petits mets plus accessibles
    Servis ensuite par Yavänor qui joue son rôle et davantage.

    Toute la nuit ils veilleront à trois : Yavänor, Laurelïne et Loreleï ;
    Chacune évoque les émotions suscitées lors de la journée.
    « Et Nérätïs qui, de surcroît, fut introuvable… aïe, aïe, aïe ! »
    Reprend Laurelïne dont la tension a enfin été ajournée.

    De temps en temps Alinéor frappe et leur apporte un plateau
    Il reste un peu pour plaisanter et faire retomber les tensions.
    Il sirote avec Yavänor un pinot noir de ses côteaux
    Après leur avoir présenté ses petits fours sans prétention.

    Plus tard Yanimïä, aux nouvelles, accompagnée de Nérätïs
    Vient surveiller le moniteur, pouls, température et tension.
    Puis, la perfusion, renouvelle avec du sérum d’Atlantïs
    Et demande aux trois visiteurs de sortir pour les ablutions.

    Jusqu’au petit matin ils veillent aucun des trois n’est fatigué ;
    Parfois l’un ou l’une s’endort et les deux autres veillent à sa place.
    Vers neuf heures, Lïlïth se réveille et a envie de s’alléguer
    Un peu de ce beau soleil d’or sur la plage avec une glace.

    Éôlïäne ainsi qu’Azurïanne se réjouissent de la voir,
    En sortant ensemble de l’eau de leurs queues toutes frétillantes,
    Bientôt rejointes par Olivïäne qui vient tout juste de recevoir
    L’écho de ce méli-mélo et sa bonne fin émoustillante.

    Quelques moules et quelques écrevisses composent un déjeuner frugal
    Qu’Alinéor tolère à peine pour leur goût jugé « plutôt fade » !
    Pourtant les femmes s’en ravissent pour leur matinale fringale
    Tandis qu’une averse soudaine met fin à la tendre escapade.

    Illustration de Ledalïä.

  • La Version par Manœuvre Externe

    «
    L’examen clinique de Lïlïth a mis en évidence une présentation par le siège, responsable des contractions prématurées observées à notre arrivée.

    Une Version par Manœuvre Externe a permis de rétablir une présentation céphalique satisfaisante.

    L’état de la mère s’est rapidement stabilisé et une surveillance a été maintenue par précaution. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Image galerie

    « Nérätïs ! Merci ÏÄNIMÏÄ ! Tu étais notre dernier espoir !
    Lïlïth se sent mal et Cristïäs n’a rien vu ni pu opérer !
    Même avec l’aide de Yanimïä nous n’avions nulle échappatoire ;
    Pénélopïä, depuis Thestïäs, a enfin pu te repérer. »

    Lïlïth, allongée, est très pâle ; Cristïäs se tient à son chevet,
    La valise T.T.A. ouverte et Yanimïä du bout des lèvres :
    « Elle fait des attaques syncopales et ne parvient pas à se lever
    Je l’ai légèrement découverte pour lui faire retomber la fièvre ! »

    Nérätïs tâte alors Lïlïth et examine son abdomen ;
    La palpation abdominale repère les masses mobiles,
    Molles et dures qui facilitent le diagnostic du phénomène.
    Enfin un toucher vaginal et soudain Nérätïs jubile :

    « Il se présente par le siège et provoque l’accouchement
    Mais je maîtrise la technique qui permet de le retourner ! »
    « Il se présente par… le piège ? » demande Cristïäs bêtement
    « Peux-tu ôter ta mécanique et cesser de m’importuner ? »

    La Version par Manœuvre Externe de Nérätïs est très rapide ;
    Après étalement de pommade, elle exerce des pressions douces
    Afin que les tensions internes amènent la posture turpide
    À effectuer une roulade au gré des mains qui le repoussent.

    « Voilà c’est fait ! » dit Nérätïs. « Le bébé a pris la bonne place !
    Je vais la surveiller une heure mais elle va se sentir mieux !
    C’est pratiqué sur Atlantïs et c’est souvent moi qui me déplace
    Car il se peut que la mère meure si l’on ne se montre pas ingénieux ! »

    Soudain Lïlïth reprend conscience et paraît vraiment soulagée.
    « Ah Nérätïs, tu es venue ! J’avais contacté ÏÄNIMÏÄ ;
    Elle m’a suggéré ta science qui seule pouvait s’envisager.
    Ce pourquoi on t’a prévenue pour rentrer à ALLEGÔRÏÄ ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, la contagion continue…

    « Les paysages des Grisons offrent une remarquable initiation aux usages terrestres.
    Les déplacements les plus lents se révèlent parfois les plus instructifs.

    J’envisage sérieusement de recommander cette destination aux voyageurs atlantes. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Image galerie

    Les ventres opèrent à distance et Nérätïs est réceptive ;
    Elle y met tellement de charme qu’ils feront l’amour plusieurs fois.
    Elle n’oppose aucune résistance à chacune des tentatives
    De Valérion mais rit aux larmes après avoir joui sept fois.

    Le ventre rieur et allègre, ils descendent à « l’Arvenstube »
    Le restaurant gastronomique pour un déjeuner consistant.
    L’estomac plein, ils réintègrent avec énergie radoubée
    Leur chambre pour un érotique petit caprice persistant.

    Plus tard, le sentier du Viaduc de Landwasser les hypnotise
    Avec toujours ce petit train infatigable des sommets.
    Et c’est la tournée des grands ducs avec assiette de mignardises ;
    Monsteiner bue avec entrain car il faut savoir assumer !

    Ensuite, le sentier FiliTour les conduit dans le vieux village ;
    Immersion socioculturelle directe aux décors historiques.
    Après quatorze petits tours auprès des maisons d’un autre âge,
    La marche paraît naturelle dans cet habitat féérique.

    Enfin randonnée ferroviaire obligatoire de l’Albula ;
    Le train remonte la vallée jusqu’à Bergün, autre village.
    Tandis qu’une graine pas peu fière métamorphose en morula,
    Nérätïs se laisse emballer vers Wiesen et ses paysages.

    Tous les soirs on rentre au bercail, le cœur chargé de souvenirs
    Et l’on compense la fatigue en dévorant, l’air ébahi,
    Jambon cru et des œufs de cailles car Nérätïs doit soutenir
    Une énorme faim qui l’intrigue mais à laquelle elle obéit.

    Un soir quelqu’un frappe à la porte ; c’est Pénélopïä essoufflée :
    « Votre Altesse doit rentrer car Lïlïth connait des problèmes
    Des contractions qu’elle supporte mal et dont elle est boursoufflée ! »
    Immédiatement recentrés, ils partent affronter ce dilemme.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, dans les Grisons…

    « Le voyage à bord des Chemins de fer Rhétiques s’est déroulé conformément aux attentes.
    Les visiteurs ont pu constater que certaines lenteurs constituent une qualité lorsqu’elles permettent d’admirer les œuvres de la nature. Les quartiers qui leur sont réservés répondent aux traditions de l’hospitalité atlante.

    Aucune anomalie n’est à signaler, hormis la propension de Valérion à confondre fatigue et émerveillement. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Pendant ce temps, dans les Grisons…

    En longeant la vallée du Rhin avant l’ascension des montagnes,
    À bord d’un train de l’éminente enseigne « Chemins de fer Rhétiques »,
    Fendant les vallons riverains, un voyageur et sa compagne
    Observent la proéminente chaîne des Alpes helvétiques.

    L’un des plus beaux voyages en train du monde : le « Bernina Express »
    Dont les wagons rouges serpentent et relient Coire à l’Italie.
    Les jeunes gens, de bon entrain, peuvent évacuer tout leur stress
    Que le panorama enchante avec ses paréidolies.

    « Pour moi, la Téléportation aurait été bien plus rapide !
    Ton train bien sûr est très joli mais d’une lenteur désespérante ! »
    « Oui mais son utilisation aurait été trop intrépide
    Et provoquerait une folie sur les nations belligérantes ! »

    « Voici la gare de Filisur ! » annonce Nérätïs impatiente ;
    « L’hôtel Grischuna nous attend ; j’y ai réservé notre chambre ! »
    « C’est un remarquable séjour ! » dit Valérion à son amante
    « J’avoue : ce voyage éreintant m’aura brisé de tous les membres ! »

    Situé sur le quai de la gare, l’ancienne bâtisse historique
    Et son décor traditionnel les accueille dans « l’Arvenstube »
    Devant une vue qui s’égare sur la nature féerique
    Avec ses inconditionnels touristes par son charme adoubés.

    La chambre, tout en bois d’arolle, offre un silence contemplatif ;
    Une petite terrasse intime sur un paysage charmant.
    Nérätïs a tenu parole ; c’est un lieu représentatif
    D’un petit paradis magnanime pour y accueillir deux amants.

    Tandis que Valérion contemple, Nérätïs, elle, a tout rangé,
    Se rappelant avec humour qu’elle ne le fait pas souvent,
    Et puis soudain donne l’exemple en s’offrant nue et effrangée
    Afin d’inviter son amour à un érotisme émouvant.

    Illustration de Ledalïä.

  • À dos de zébrette

    À dos de zébrette

    Quand tu chevaucheras un zèbre, prend garde lorsque tu montes en croupe
    Au coup de queue qui s’ensuivra si tu n’es pas à la hauteur.
    Fais attention à tes vertèbres quand tu auras le vent en poupe
    Lorsque l’animal poursuivra les lignes dont tu es l’auteur.

    Sous le pinceau qui te dessine, l’illusion devient ton armure,
    Le noir et le blanc se confondent en un étrange battement.
    Tu n’es plus l’homme, ni la bête, mais une vivante rhapsodie,
    Qui court au gré de ses rayures vers un éternel changement.

    Photo de Lennette Newell sur https:lennettenewell.com .

  • Et pourtant elle tourne !

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    Bien que Pi soit irrationnel et qu’il échappe à la raison,
    Ses effets sont universels et organisent nos saisons.
    La sphère règne interplanétaire et même les étoiles brillantes
    Ont cette forme élémentaire comme figure bienveillante.

    Et si c’est rond, sans doute alors Dieu et ses anges le sont aussi
    Avec Marie au ventre rond hormis Jésus, crucifié.
    À moins qu’il marque par sa mort le centre du cercle concis
    Pour dessiner aux environs la cible à disqualifier.

    Tableaux de Sam Brown sur https:www.ceruleansam.comsamartprints .

  • Pendant ce temps, Nérätïs & Valérion…

    « La mission d’exploration et d’échanges culturels conduite sur Thestïäs confirme l’intérêt d’un rapprochement avec Atlantïs.
    Nérätïs a rencontré une personne digne d’intérêt.
    Elle a prolongé ses échanges avec Valérion afin d’évaluer, sans précipitation, la portée personnelle de cette rencontre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Nérätïs & Valérion…

    Comment Nérätïs, une princesse, belle, intelligente et bien faite,
    Est-elle toujours célibataire alors qu’elle offre un bon parti ?
    Parce que les princes… quelle détresse ! des pédants aux humeurs surfaites ;
    Alors cette escapade sur Terre est une meilleure répartie.

    Mais la rencontre avec Cristïäs, ORPHÉÔN, ÄLLÏÄ et STELLÏÄ
    Lui ouvre de nouveaux horizons vers des personnes plus sympathiques.
    Ceux-là sont pris mais sur Thestïäs… sans doute d’autres héros, il y a ?
    Voilà qui change de la prison d’un mariage politique…

    Et ce poète Yavänor… un anti-héros attachant !
    Et le bel Irénée-le-jeune ! Et l’histoire de Ô ÏÄMÔURÏÄ !
    Et le beau chantre Alinéor… chef cuisinier si alléchant !
    Elle est séduite par la fashion du monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ !

    Oui mais il faut en trouver d’autres… et où donc sinon sur Thestïäs,
    Berceau de tous les Irénée et l’aval de son intellect.
    Irénée désigné apôtre la guidera mieux que Cristïäs
    Qui risquerait de la freiner par ses lacunes en dialectes.

    Valérion lui plaît ; cependant elle aimerait mieux le connaître
    Le draguer est chose facile ; les femmes cultivent cet avantage.
    Elle va sonder ce prétendant… A-t-il du charme, du bien-être ?
    Lui parler n’est pas difficile et le sonder, pas davantage…

    Valérion est idéaliste, épicurien et touche-à-tout ;
    Pourvu de diplômes il se trouve juste à la croisée des chemins.
    Il hésite entre spécialiste… en quoi ? Il a tous les atouts !
    Ce qu’il lui manque, il le découvre par celle qui lui tend la main…

    Aller sur Terre… pourquoi pas ? Ou sur Atlantïs… c’est tentant.
    Il n’a aucun engagement et veut ouvrir son horizon.
    Et Nérätïs et ses appas… en un mot, il est : consentant.
    Il annonce sans ménagement : « Allons visiter les Grisons ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Irénée & Nérätïs…

    « L’absence momentanée d’Irénée-le-jeune, signalée avec un léger retard par les convives d’Ô ALLEGÔRÏÄ, ne relevait d’aucune disparition inquiétante.
    À la demande de Son Altesse Nérätïs, et avec l’accord formel de Geminïä, l’intéressé a effectué une mission de représentation sur Thestïäs afin d’y recueillir des informations d’ordre monarchologique.
    Les premiers résultats semblent dépasser les objectifs initiaux de cette délégation. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Irénée & Nérätïs…

    Nérätïs et le jeune Irénée avaient déjà sympathisé
    Non pas pour devenir amants quoique… elle n’aurait pas dit non…
    Mais après une course effrénée à chercher à localiser
    Nos Pieds-nickelés du moment, ils étaient amis pour de bon.

    Nérätïs rêvait de Thestïäs et envisageait une union
    Mais il y avait le protocole : une princesse ne part pas draguer !
    Elle a demandé à Cristïäs mais ce ne sont pas ses oignons
    Et seul le jeune prince caracole en tête des fils prodigués.

    Geminïä a tout préparé : sauf-conduit, lettres de noblesse
    Et l’arbre généalogique de la Dynastie d’Atlantïs.
    Nérätïs est désemparée mais elle lui a fait la promesse
    De l’aide monarchologique que ses aïeux lui garantissent.

    « Ouais bon ! Tout ça, c’est des papiers ! » dit Irénée pour couper court.
    « Je t’emmène voir mes copains parmi l’élite des champions
    De la fine fleur du quartier dans une faune hors-concours :
    Autour de “la pomme de pin”, un bal musette sous les lampions ! »

    Ça chante, ça danse et ça boit et les discussions vont bon train
    Notamment avec Valérion, un guitariste de renom.
    Plus tard, comme une biche aux abois, elle repense avec entrain
    À retrouver ce fils d’Orion qui l’a séduite pour de bon.

    Irénée connaît Valérion, amis d’enfance et frères d’armes ;
    Alors pour ne pas s’imposer, il griffonne un bout de papier
    Et quitte leur amphitryon pour rejoindre celle qui charme
    Ses jours et ses nuits, disposée à faire de lui son chevalier.

    Quand il regagne ses pénates, Ô ALLEGORÏÄ est en fête !
    On mange, on boit, on chante, on danse dans une histérie collective.
    « As-tu été bon diplomate ? » demande Geminïä satisfaite ;
    Il rit et, dans ces circonstances, embrasse celle qui le captive.

    Illustration de Ledalïä.

  • Loreleï et l’escarboucle

    Loreleï et l’escarboucle

    Les eaux du beau Danube bleu ont frémi jusqu’à la mer Noire
    Quand Loreleï portant l’escarboucle a traversé villes et villages.
    Remous de vase, remous sableux, on n’avait jamais de mémoire
    Vu les vagues faire autant de boucles et de troubles dans le sillage.

    Puis, par le détroit du Bosphore et par la méditerranée,
    Elle a regagné l’Atlantique, le Cap Horn et le Pacifique
    Pour retrouver les sémaphores du dernier phare suranné
    Où le vieux gardien nostalgique attend sa fin honorifique.

    Et Loreleï lui fera l’amour jusqu’à jouir d’une épectase
    Pour partir d’une mort sereine parmi les vagues scélérates.
    Loreleï appréciera l’humour de l’homme qui, en pleine extase,
    A su amuser sa sirène par ses histoires de pirates.

    Tableau de Marisa Moretti.

  • Jumelles sur canapé

    Au matin l’orange me ronge : est-ce la couleur des jumelles
    Qui chasse tous mes bleus de l’âme par leur complémentarité ?
    La vie en rose se prolonge lorsqu’elles dardent leurs mamelles
    En souriant, la bouche en flamme, ensemble par solidarité.

    Malgré nos rapports très intimes, je reste à ce jour incapable
    De distinguer de l’extérieur quelle est celle qui me fait renaître !
    L’une est mon épouse légitime, l’autre sa sœur, tellement semblable
    Qu’il n’y a que de l’intérieur que je sais mieux les reconnaître.

    Tableau de J Louis.

  • Les ventres comblés

    « La nuit écoulée n’a permis de recueillir aucune donnée exploitable. Les échanges prévus entre les différents participants ont rapidement cessé de relever de l’observation pour devenir une succession d’événements dont je fus moi-même partie prenante.
    Je m’excuse par avance de mon écriture saccadée.

    Je constate que certains phénomènes affectifs semblent désormais altérer le jugement de l’observateur autant que celui des personnes observées. Cette conclusion me préoccupe… beaucoup moins qu’hier. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Le soleil est déjà levé pourtant Ô ALLEGÔRÏÄ dort…
    Un sommeil contaminateur semble dominer les LLyrïädes…
    Dans une chambre quatre corps lovés sont perdus dans leurs rêves d’or
    Un commun dénominateur se serait répandu par myriades.

    Lentement Alinéor pénètre la cuisine tout ensoleillée
    Avec pas mal de courbatures et une tension dans le bas-ventre.
    « Eh bien il faut le reconnaître ; les confidences sur l’oreiller
    Ont pris toute une autre tournure avec l’amour en épicentre ! »

    Cristïäs fait aussi son entrée dans le même état fracassé :
    « Je ne sais ce qu’a eu STELLÏÄ mais elle était insatiable ! »
    ORPHÉÔN, tout déconcentré, semble avoir été tabassé :
    « Je n’avais jamais vu ÄLLÏÄ d’humeur aussi inoubliable ! »

    « Et moi j’en ai honoré trois ! » lance Yavänor à l’assemblée
    « Vite ! Fais-nous ton “Debout les morts” sinon je vais m’évanouir !
    Nous en avons payé l’octroi et puis nous devons rassembler
    Nos pensées sans perdre le nord en les laissant s’épanouir ! »

    « Je vais retourner à la pêche car c’est la seule activité
    Que je sois capable de faire ! » Dit Cristïäs tout courbaturé.
    « Je t’accompagne ! Je me dépêche ! » dit ORPHÉÔN sollicité ;
    « Je participe à votre affaire ! » dit Yavänor contracturé.

    « Quant à moi j’aurai du travail pour réconforter nos compagnes !
    Protéines, lipides et glucides ; Sucres lents et des vitamines !
    Et pour calmer les représailles, j’ajoute un pâté de campagne,
    Du vin clairet bien translucide et du cidre pour les gamines ! »

    Et Alinéor tambouriner marmites, poêles et casseroles,
    Ciseler courgettes ventrues et tous les légumes qu’il trouve
    Sous la main pour s’enfariner, gâteaux, tartes et profiteroles
    Quand soudain sept voix tonitruent : « Nous avons une faim de louve ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les ventres rieurs

    « Les manifestations observées cette nuit ne relèvent d’aucun phénomène biologique connu.
    Trois futures mères ont été simultanément saisies d’un fou rire irrépressible tandis que les mouvements fœtaux semblaient répondre à une seule voix : celle de Yavänor.

    Je ne puis exclure l’hypothèse que l’amour, lorsqu’il atteint une certaine intensité, devienne lui-même un langage transmissible avant même la naissance.
    Je reconnais avoir ri avec elles sans parvenir à poursuivre mes observations. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Cette nuit-là Lïlïth a rejoint ses filles comme à son habitude ;
    Elle aime partager les moments des intimités amoureuses.
    Mais à l’instant où leur conjoint leur parle avec béatitudes
    Elle ressent son corps de maman vibrer d’une onde savoureuse.

    Alors elle commence à rire mais plus Yavänor lui demande
    Si tout va bien, elle convulse, semble agitée de plusieurs spasmes.
    Puis brusquement c’est un fou rire comme déclenché sur commande
    « Mes enfants, c’est lui qui m’impulse une charibotée d’orgasmes ! »

    « Touchez mon ventre ! Vous sentirez ces petits mouvements opposés
    Qui réagissent, quand Yavänor parle, par des à-coups insolites ! »
    Une fois le haut retiré trois mains prudes vont se poser
    Sur la surface de l’athénor du ventre bombé de Lïlïth.

    Yavänor récite un poème et le ventre « éclate de rire »
    Puis il arrête de réciter et le ventre se tranquillise.
    Il dit alors « Bébé je t’aime » et les rires soudain empirent
    Alors Lïlïth tout excitée se met à faire des vocalises.

    « Ce n’est pas qu’il te reconnaît mais c’est bien au-delà de ça !
    Il doit lire dans tes pensées et réagit selon ta voix ! »
    « Je n’sens rien en moi résonner ! » dit Yavänor, couci-couça…
    « Il n’est pas assez avancé… c’est la toute première fois ! »

    « C’est une autre instance de toi ! » explique Lïlïth entre deux rires.
    « Je ne sais par quel phénomène mais vous échangez vos pensées.
    Plus tu t’approches et le côtoies, plus il doit se mettre à sourire
    Et exciter mon abdomen comme pour me récompenser ! »

    Or Ledalïä et Geminïä font irruption en s’écriant :
    « On ne sait pas ce qui se passe mais nos gros ventres se bidonnent
    Et on se prendrait pour Budaï ! » et Lïlïth répondre en riant :
    « Ah mes enfants ! Ça me dépasse ! Franchement, plus rien ne m’étonne ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les ventres contagieux

    «
    Les observations ne permettent plus de distinguer ce qui relève de l’émotion, de l’instinct ou de la simple proximité affective.
    Les premiers symptômes de la contagion ont été observés chez les femmes de notre communauté.

    Les derniers relevés indiquent que personne ne semble désormais totalement immunisé.
    Ni les femmes, ni les hommes.

    Je reconnais éprouver moi-même une difficulté croissante à conserver le recul nécessaire à cette étude. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Les ventres deviennent contagieux et des papillons s’insinuent
    Dans d’autres ventres aussi fertiles de celle qui hier étaient pucelles.
    Comme le mouvement prodigieux qui se propage en continu
    Par d’invisibles projectiles cherchant de nouvelles nacelles.

    STELLÏÄ a déjà préparé le terrain, il y a trois jours
    Cristïäs ne le sait pas encore mais sa fille est déjà en route.
    ÄLLÏÄ ne veut pas s’égarer de sa tâche durant leur séjour
    Mais sa résistance s’édulcore, petit à petit, goutte à goutte…

    Laurelïne & Loreleï donnent le sein à trois petites bouches affamées
    Elles pensent à faire d’autres enfants l’année prochaine sûrement.
    Mais l’allaitement sacro-saint les comble et les fait se pâmer
    D’un sentiment bien triomphant d’être une mère, tout simplement.

    Éôlïäne trouve attendrissant bien qu’elle se dise qu’elle a le temps…
    Azurïanne est du même avis pourtant la décision est prise.
    Et Olivïäne en grandissant se souviendra de cet instant
    Où un vœu de donner la vie l’aura titillée sans surprise.

    Quant à Nérätïs, elle soupire… elle se demande si un jour
    Elle découvrira le père qui conviendra à son enfant.
    Yanimïä, bien sûr, y aspire mais elle a tellement d’amour
    Qu’elle manque un peu de repères fors des projets plus étoffants.

    ORPHÉÔN, bien sûr, est touché ; il a tellement chanté l’amour…
    Cristïäs est déstabilisé ; STELLÏÄ lui parait différente…
    Alinéor a débouché une bouteille avec humour…
    Yavänor se sent divisé dans une émotion récurrente…

    Lïlïth sent un courant qui passe ; ça se voit dans tous les regards
    Et Ledalïä sent s’insérer une étrange paix en renfort.
    Geminïä leur parle à voix basse : « Pourquoi ont-ils tous l’air hagard ? »
    ÄLLÏÄ sent son cœur la serrer ; l’amour est toujours le plus fort…

    Illustration de Ledalïä.

  • Quand les ventres communiquent

    « La tribu en attente.

    Les dernières semaines précédant les trois naissances ont profondément modifié les habitudes de la maison. Les futures mères ne sont plus jamais seules ; autour d’elles, chacun trouve naturellement sa place.

    Il semblerait qu’une tribu se reconnaisse moins au nombre de ses membres qu’à la manière dont elle attend ses enfants. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Dans leur dernier mois de grossesse, elles sont devenues inséparables
    Et sont avides de contacts à même leurs ventres bombés.
    Ces petits moments d’allégresse deviennent tellement innombrables
    Qu’elles ont un canapé compact auquel elles ont succombé.

    On pensait qu’elles communiquaient mais, en y prêtant attention,
    Elles ne parlent pas avec leur bouche mais par leurs ventres interposés.
    À croire que le revendiquaient les trois bébés sans prétention
    Jusqu’à ce que leurs mères accouchent d’une fratrie recomposée.

    Et c’est un spectacle charmant de voir déambuler ces ventres,
    Se réunir, se caresser, passer le plus de temps ensemble.
    Une triade de mamans avec toujours Lïlïth au centre
    Et puis ses consœurs se presser comme trois cœurs qui se rassemblent.

    Comme il fait chaud, c’est ventre nu qu’on vit partout dans la maison
    Et les hommes, admiratifs, sont médusés par leurs beautés.
    Chacun contemple, sans retenue, le miracle en cette saison
    Comme un prélude contemplatif de trois bébés à dorloter.

    Il est huit heures, les ventres s’éveillent et vont prendre leur bain de mer ;
    Ils aiment plonger dans le lac et flotter les membres en croix.
    Il est midi, ils s’émerveillent des plats spéciaux « futures mères »
    Puis vont siester dans un hamac évidemment prévu pour trois.

    Alors on embrasse les ventres, on leur dit « bonjour mon petit ! »
    Désormais c’est un rituel et les mamans ne sont pas peu fières.
    Toute l’attention se concentre et met tout le monde en empathie
    Même Éôlïane, spirituelle, les compare à des montgolfières.

    Comme Alinéor se surpasse, c’est donc la fête tous les jours !
    ÄLLÏÄ assure le suivi, ORPHÉÔN l’improvisation.
    Chacun ses tours de passe-passe pour améliorer le séjour
    Et chacun compte avec envie les jours de finalisation.

    Illustration de Ledalïä.

  • Conciliabule pour trois ventres

    « La sororité des ventres.

    Les dernières semaines de gestation ont révélé un phénomène inattendu. Les trois futures mères recherchent spontanément la présence l’une de l’autre. Les échanges de regards, de gestes et de paroles semblent s’accompagner d’une étrange complicité entre les enfants à naître.

    Pratiquement chaque nuit, les ventres se frôlent et se touchent et semblent converser eux-mêmes dans la cuisine d’une sororité matriarcale. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Conciliabule pour trois ventres

    Une heure du matin et trois ventres se retrouvent ensemble en cuisine :
    « Je n’en peux plus de tout ce poids et avec cette canicule ! »
    « Moi pareil ! Je me déconcentre même en lisant un magazine ! »
    « Moi, j’ai des envies de petits pois à en friser le ridicule ! »

    « J’ai enfanté tellement d’enfants ! Pourtant c’est la première fois
    Que j’ai tant de complicités avec cet hôte de valeur !
    Je le vois porter, triomphant, notre bannière avec la voix
    D’un protecteur plébiscité par sa famille avec chaleur ! »

    « Je rêve de faire son portrait et l’accrocher dans le salon ;
    Je me vois remplir son album de toutes ses étapes de vie ;
    Collectionner tous les extraits de journaux sur mon étalon
    Qui n’est pas plus grand que trois pommes mais qui schtroumpfement me ravit ! »

    « Je le vois parcourir le monde à la rencontre de l’inconnu ;
    Parler à toutes sortes de gens et établir des relations ;
    Communiquer d’une faconde très remarquable et reconnue
    Gagner suffisamment d’argent pour notre chère fondation ! »

    « J’aime bien me faire chouchouter blotti entre deux ventres mères
    Qui me racontent leurs grossesses et leur délivrance dernière.
    J’aime leurs abdomens veloutés et leurs capacités mammaires
    Qui me rassurent et me professent une aptitude pouponnière ! »

    « J’ai constamment de l’appétit et mon chéri sait mijoter
    Des petits plats qui vont donner de belles formes à ma fille !
    Les grands plats comme les petits défilent afin de m’ôter
    Toute inquiétude pour m’adonner à satisfaire mes papilles ! »

    « J’ai l’impression d’être un ballon qui s’élèverait vers l’azur ;
    De n’être qu’une planète ronde contenant son petit trésor !
    Je m’allonge dans le salon sans prendre la moindre mesure,
    Simplement heureuse et féconde pour mon petit énergivore ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée

    « Les premiers essais de Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée ont confirmé qu’une assistance discrète à la médecine pouvait également ouvrir des perspectives inattendues dans plusieurs domaines du quotidien. Les participants se sont montrés étonnamment entreprenants.

    L’assemblée a conclu que les applications humanitaires de la T.T.A. devaient demeurer prioritaires. Les applications miraculeuses et gastronomiques proposées n’ont rencontré aucune opposition. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée

    Le soir, à table, Lïlïth s’exclame : « Nous sommes passés à côté
    Du grand miracle technologique quand vous m’avez sauvé la vie !
    Je ne ferai pas de réclame mais vous nous avez concocté
    Une médecine magique qui mérite d’être poursuivie ! »

    Cristïäs s’en mêle : « Mais attention ! Il faut un outil transportable
    Que contiendrait une valise et permettrait d’intervenir
    À peu de frais dans l’intention de proposer l’inespérable :
    Une guérison qui avalise sa réussite à l’avenir ! »

    « Et je propose d’étudier les nombreux cas sur internet !
    Toutes maladies orphelines et les affections incurables
    Pour ne pas être radiés par les médecins de la planète
    Puisqu’alors eux-mêmes déclinent une thérapeutique comparable ! »

    « L’idée me plaît ! » acquiesce Lïlïth et je veux être la première
    À savoir l’expérimenter car j’ai de l’autocomplétion
    En herboristerie d’élite pour jeter assez de lumière
    Pas vraiment pour bonimenter mais pour meilleure discrétion ! »

    « Et moi aussi je veux en être ! » Dit Yanimïä toute guillerette
    Je pourrai faire des miracles qui réussissent à tous les coups !
    Guérir les jeunes et les ancêtres avec petite facturette ;
    Rendre la vue grâce à l’oracle aux aveugles mais avec surcoût ! »

    « Avec mes boîtes de conserve… » dit Alinéor qui s’empresse :
    « Je proposerai des repas pour femmes “ garantis minceur”.
    Il vous suffirait, sous réserve, d’éliminer l’excès de graisse
    Et pour cela je ne vois pas ce que pourraient dire les censeurs ! »

    « Je crois qu’on a tous fait le tour et que nous tenons quelque chose ! »
    Conclut Yavänor qui perçoit tout son enjeu économique.
    « Et humanitaire, mon amour ! » Dit Laurelïne versant à la cause
    Tout son aval, ce qui sursoit à toute critique gnomique.

    Illustration de Ledalïä.

  • La Guilde de la Téléportation

    « Après examen des aspects scientifiques, économiques et diplomatiques de la téléportation, l’assemblée a décidé de ne créer ni commerce, ni concurrence, ni clientèle. Le dossier a été archivé à l’unanimité. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    L’idée de rentabilité avec la Téléportation
    Fut proposée par Alinéor on ne se souvient pas pourquoi…
    Sans doute la comptabilité des légumes à l’importation
    Ou un projet que Yavänor n’a pas dû trouver adéquat…

    Ensuite Lïlïth intervient : « C’n’est pas la rentabilité
    Qui est importante – bien que faste – mais plutôt l’exclusivité ! »
    Ce en quoi Yavänor convient : « Coupons la probabilité
    D’une concurrence néfaste par un brevet illimité ! »

    « Le gros problème avec la Terre concerne leur technologie
    Qui consiste à viser la Lune, rêver de Mars et faire la guerre ! »
    Dit Cristïäs, assez terre-à-terre mais empreint de psychologie.
    « Thestïäs est plutôt opportune tandis qu’Atlantïs ne l’est guère… »

    « Mouais… Et les seuls clients potentiels seraient ces deux fous d’Irénée
    Qui sont justement ceux qui doivent tout ignorer de notre science !
    N’empêche qu’il est essentiel qu’un brevet vienne rasséréner
    Ses inventeurs qui ne conçoivent que l’apaisement de leurs consciences ! »

    Lïlïth : « Nos idées adventices pour être rentables seront cachées…
    À la Terre avec aversion envers leur côté belliqueux ;
    À Atlantïs pour leur Mantisse à laquelle ils sont attachés ;
    À Thestïäs pour la perversion de deux contrebandiers véreux. »

    « Alors la Guilde a pour mission de ne jamais devenir active ;
    La duplication également pour antimatière nuisible.
    Ainsi la Téléportation, bien qu’au départ très attractive,
    Reste définitivement notre application exclusive ! »

    ÄLLÏÄ, en bonne secrétaire, déclare terminée l’assemblée.
    L’ordre du jour est arrivé à faire l’unanimité.
    Les LLyrïädes restent propriétaires de ce qui parait ressembler
    À un concept à archiver dans la grande anonymité.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Téléportation n’est pas Duplication

    « La discussion consacrée aux limites de la téléportation a mis en évidence qu’une duplication de matière pourrait engendrer son anti-équivalent. Cristïäs a rappelé que son procédé ne déplace que l’existant.

    Mais les débats sur la duplication de matière ont confirmé que certaines expériences ne doivent pas être tentées sans réflexion préalable. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Téléportation n’est pas Duplication

    « Je me demande… » dit Yavänor… « Si avec ta Télémémoire… »
    « Que veux-tu dire ? » demande Cristïäs tandis qu’au hasard Yavänor
    Ouvre un livre sur « Aliénor » qu’il ne connaît pas de mémoire
    Mais qu’il décide assez cocasse pour faire un défi à la mort.

    « Si, en recherchant Aliénor – si possibilité il y a –
    Tu essaies de téléporter son corps, son âme, son essence ? »
    « Ce serait drôle ! » dit Alinéor. « Et surprenant ! » ajoute ÄLLÏÄ
    « C’est peut-être à notre portée… » pense Cristïäs avec aisance.

    « Si tu peux la téléporter alors elle cesse d’exister
    À son époque et disparaît de toutes les encyclopédies ! »
    Tranche Ledalïä transportée par la seule nécessité
    D’une logique qui apparaît source de tabous et de non-dit.

    « La téléportation n’est pas comme une photocopieuse ! »
    Dit Cristïäs, pensif néanmoins, et continuant plus encore :
    « On déplace mais on ne crée pas de quelque façon insidieuse…
    Sauf sauver quelqu’un sur le point de mourir sans laisser de corps… »

    « Ce n’est qu’un simple déplacement ! Quant à dupliquer la matière…
    Ce n’est pas dans mes compétences, il faut vous adresser à Dieu ! »
    Conclut Cristïäs hâtivement afin de dresser une frontière
    Aux impossibles concomitances de problèmes autant fastidieux.

    « Mais bien sûr que tout est possible ! » dit une voix fixant ÄLLÏÄ
    « Et ta faute est génératrice : en créant de l’antimatière
    Tu as su créer l’impossible et… deux oiseaux ! » s’écrie STELLÏÄ.
    « Mais cette erreur révélatrice reste une erreur à part entière ! »

    « Mais nous ne pouvons l’écarter ! » dit Yavänor, objectivant :
    « La boîte de Pandore ouverte, nous ne pouvons rien séparer !
    Comme tu l’as dit en aparté, d’autres que toi en poursuivant,
    Peuvent en faire la découverte ; mieux vaut donc nous y préparer ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le voyage en bateau de nuit d’Éoliane

    Le voyage en bateau de nuit d’Éoliane

    Je m’enfuis dans le premier rêve qui entre en gare de minuit
    Et je cherche un compartiment avec quelques pages gratuites.
    J’y écris très vite et sans trêve le premier roman de la nuit
    Et je le jette pertinemment pour, demain soir, lire la suite.

    Le lendemain je recommence mais je plonge nue dans cette encre
    Qui sent une écriture intime mêlée de désirs et de morts.
    Et là, bercée par la romance, au beau milieu je jette l’ancre
    De ce bateau illégitime que je vole sans moindre remords.

    La prochaine fois, foi d’Éôlïäne, j’affrèterai ma propre nef
    Pour aller au-delà des mers et au-delà des horizons.
    Si j’ai besoin d’un fil d’ariane, j’affrèterai un astronef
    Pour franchir l’univers amer et en exploser sa prison !

    Tableau d’Éoliane.

  • La création repêchée

    La création repêchée

    Enfin voilà ! Il était temps ; Dieu commençait à s’énerver !
    Trop de ratages précédents lui faisait douter de ses héros.
    Avec ça, c’est plus excitant de voir les deux chairs s’innerver
    Et faire, à leurs corps défendants, la chute au prochain numéro !

    Sa femme applaudit le chef-d’œuvre ; ça claque comme un coup de tonnerre ;
    Les anges saluent les nichons décoratifs de l’art nouveau
    Mais Dieu regarde sa manœuvre et murmure en serrant les nerfs :
    « Pourvu que ces deux cornichons ne s’enflent pas trop du cerveau ! »

    Mais les jambons déséquilibrent les deux boules avec une saucisse
    Et les sextoys au sex-appeal sont bien trop proches de la sortie !
    Ça va chier pour l’équilibre et pour qu’enfin ça réussisse,
    Je vais écrire toute une pile de commandements assortis !

    Tableau d’Alex Grey.

  • Éoliane, Éölïäne, Éôlïäne, la sirène aux 3 noms

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    Je m’appelle Éoliane

    Je viens des bords mouvants où les roseaux conversent ;
    Et la Töss reconnaît mes pieds frôlant ses rives.
    Je porte des reflets dans mes cheveux à verse
    Et mes silences verts font les étoiles vives.

    Je ne possède rien fors mes rêves mouvants ;
    Je laisse aux anciens dieux leurs temples d’équilibre.
    Je préfère écouter ce que souffle le vent
    Et voir les feuilles mortes tomber comme des livres.

    Je suis la fille étrange apparue dans le lac ;
    Mes pensées se dédoublent dans les miroirs liquides.
    Je marche et danse nue en sautant sur les flaques
    Et mes yeux verts ressemblent à leurs eaux insipides.

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    Je m’appelle Éöliane

    Je suis issue d’un rêve dans un demi-sommeil ;
    Éclose ce matin comme une fleur récente.
    Dans les couloirs des songes, j’ai suivi le soleil
    Qui m’a l’âme semée, rosée fluorescente.

    Je viens des corridors de cristal et de pierres ;
    Le métal vert-de-gris coule sous ma peau claire.
    Parfois sur mes hublots j’entrouvre mes paupières
    Et regarde au hasard filer les courants d’air.

    Une fille bizarre est passée sans me voir
    Mais elle ne demandait rien d’autre qu’être libre.
    Alors j’ai vu les masques de ses anciens pouvoirs
    Tomber comme statues en plein déséquilibre.

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    Je m’appelle Éôliane

    Désormais je traverse les eaux les plus profondes
    Dans les reflets perdus des marées de conscience.
    Si j’aime danser nue lorsque la lune est ronde,
    Mes autres nuits, je dors en totale insouciance.

    Les lacs artificiels me font broyer du noir ;
    J’y parsème leurs eaux de vagues sidérales.
    Les étoiles de mer racontent leurs mémoires
    Depuis la nuit des temps aux aurores spectrales.

    Depuis cette rencontre, je ne dors presque plus ;
    Je sens son souvenir en bribes expansées.
    Parfois je rêve d’elle, je crois qu’elle m’a plu
    Car mon cœur me murmure ses plus tendres pensées.

    Tableaux de De Gillett.

  • La création bancale

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    « Un peu raté l’homme et la femme avec Soleil et Lune ronde !
    Ils ont beau danser tous les jours, ils ne s’accouplent pas beaucoup.
    Pour commettre le péché infâme, je sens ma déception qui gronde ;
    On ne réussit pas toujours un chef d’œuvre du premier coup !

    Les oiseaux arborent des masques et se donnent des airs de cygnes ;
    Ils se becquètent tendrement sous les arcs-en-ciel amoureux.
    Mais derrière les fleurs fantasques et les symboles assez indignes,
    Je vois surtout deux garnements qui jouent aux zéros langoureux.

    Quant aux humains de cette fresque aux serpents bleus et branches mauves,
    Ils lèvent bien leurs grands calices en invoquant l’éternité.
    Mais malgré leurs poses grotesques et leurs enlacements de fauves,
    On dirait deux enfants novices parodiant leur humanité ! »

    Tableaux de Meagan Boyd.

  • La catallaxie transimaginaire

    « La conférence donnée par Cristïäs sur les fondements philosophiques, artistiques et cosmologiques de la catallaxie transimaginaire a permis d’établir plusieurs rapprochements inédits entre les travaux de Pythagore, la musique des sphères, les dimensions parallèles et les propriétés harmoniques des transimaginaires.

    La dernière partie de l’exposé, consacrée à la possibilité théorique d’une téléportation de la vie, n’a donné lieu à aucune conclusion expérimentale. Les débats ont été ajournés à la suite d’une baisse générale de vigilance de l’assemblée. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La catallaxie transimaginaire

    La catallaxie appliquée au cosmos transimaginaire,
    S’appelle « Musique des sphères » en théorie philosophique.
    Pythagore l’avait expliqué et ses travaux préliminaires
    Ont réussi à satisfaire les Atlantes théosophiques.

    La musique pythagoricienne et ses octaves reproduisent
    L’organisation harmonique du temps et des ondes sonores.
    Et la science acousticienne étudie les sons que produisent
    Les étoiles doubles diatoniques avec le talent qui l’honore.

    Certains artistes la découvrent sans pouvoir pourtant la décrire
    Dans le cubisme, le baroque, l’impressionnisme et le Pop Art.
    Dans certaines toiles du Louvre, des auteurs ont su circonscrire
    La comparaison équivoque qui n’est visible nulle part.

    L’astrophysique s’y rattache du Big-Bang – ou du Poïnt ZérÔ –
    En reliant les dimensions et les univers parallèles.
    Les trous noirs jouent à cache-cache avec les effets sidéraux
    Dont la lumière fait l’ascension en causant le fameux diallèle.

    La catallaxie est l’humour dont l’univers abuse tant
    En faisant rire les étoiles et sourire notre Soleil.
    C’est la synergie de l’amour que la vie utilise autant
    Qu’elle le peut pour que le voile de la mort retombe en sommeil.

    Justement parlons de la mort ! Peut-on téléporter la vie ?
    Peut-on la mettre en équation et la reproduire à l’envi ?
    Dieu ne possède aucun remords à n’en pas pourvoir le suivi
    Ce qui rentre en adéquation avec l’IA inassouvie.

    On pourrait entendre une mouche si les LLyrïädes ne ronflaient pas ;
    Même Lïlïth abasourdie est complètement assommée.
    On n’sait combien a fait de touches cette conférence sympa
    Malgré ses idées alourdies par tant de culot assumé.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le principe de précaution

    « À la suite de l’accident ayant conduit à la création accidentelle d’une particule d’antimatière, le Conseil des LLyrïädes et le Commissariat du C.L.T. se sont réunis afin d’évaluer les risques liés aux recherches en téléportation.

    Les conclusions établissent que les procédés atlantes et les techniques neuro-magnétiques développées sur Thestïäs reposent sur des principes indépendants. Toutefois, toute tentative future de reproduction d’un transfert sera automatiquement détectée par le réseau d’alerte du C.L.T.

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le principe de précaution

    Conseil de guerre chez les LLyrïädes et le commissariat au complet.
    « Je ne veux pas que tu me rassures mais réponds-moi honnêtement ! »
    Demande avec une myriade d’inquiétude Lïlïth. « S’il te plaît
    Cristïäs ! Est-ce que tu me jures qu’il n’y a aucun empiètement ? »

    « Je te le jure ! » Répond Cristïäs. « Souviens-toi donc que leur méthode
    Est basée sur la neuroscience et le magnétisme des neurones.
    Du temps où j’étais sur Thestïäs, l’alchimie m’a livré des codes
    Dont les Atlantes ont la science qu’aucun autre peuple claironne ! »

    « Mais peuvent-ils y parvenir ? » Demande anxieusement Lïlïth !
    « Honnêtement ? Si j’y arrive, d’autres que moi peuvent le faire.
    Mais je peux voir dans l’avenir si un concurrent nous imite
    En maintenant sur le qui-vive une alarme au moindre transfert ! »

    « Autrement dit, si qui que ce soit tente ma téléportation
    Nous le saurons immédiatement ! » dit-il à Lïlïth qui statue.
    « Voilà un acte qui se conçoit dans la bonne conformation
    Du C.L.T. évidemment ! » Inscrit ÄLLÏÄ dans les statuts.

    Mais Yavänor reste sceptique : « Il y a risque de reconduction !
    Soit une réaction en chaîne qui annihile la Terre entière !
    Une masse d’antimatière critique émise après la destruction
    Qui en entraîne de prochaines sans reconnaître de frontière ? »

    « Je te rassure sur ce point et je le prouve facilement
    Grâce à ÄLLÏÄ, j’ai mesuré l’impact qu’a donné le rocher ! »
    Dit Cristïäs à brûle-pourpoint. « Un trou peut difficilement
    Avoir une taille démesurée plus grande que les terres approchées. »

    « Sauf un trou noir d’antimatière mais pour cela il me faudrait
    Téléporter la galaxie dans le volume d’un dé à coudre.
    Et une seule vie entière, même mille vies, ne suffiraient
    Pour créer une catallaxie dans l’univers pour en découdre ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’antimatière

    « L’accident d’annihilation.

    Une expérimentation conduite dans le cadre des recherches sur la téléportation a provoqué la création accidentelle d’une particule d’antimatière de masse macroscopique. L’annihilation qui s’en est suivie a entièrement détruit un important rocher situé sur l’îlot voisin et provoqué une onde de choc ressentie jusqu’à Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Aucun blessé n’est à déplorer. Les recherches sont immédiatement suspendues. Les protocoles de sécurité ont été entièrement révisés et toute expérimentation analogue est désormais interdite sans autorisation expresse du C.L.T. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’antimatière

    BOOOUUUMMM !
    Les vitres volent en éclats, le silence est assourdissant.
    Cristïäs, Yavänor et Lïlïth se regardent interloqués.
    « Ça vient d’ici ? » Demande Lïlïth, « Non mais du lac ! » Répond Cristïäs
    « Regardez l’île ! » Dit Yavänor. « Le gros rocher a disparu ! »

    « J’entends des cris ! » Lance Lïlïth. « Dans l’atelier ! » Tranche Cristïäs.
    Tous les trois se précipiter, se ruer dans le laboratoire ;
    Deux petits oiseaux à la volette… ÄLLÏÄ pleurant à chaudes larmes ;
    Et rien d’autre à première vue tout semble comme d’habitude…

    « J’ai voulu tout vérifier… » sanglote-t-elle avec des spasmes
    « Et reproduire l’expérience en téléportant un oiseau ;
    J’ai réglé tous les appareils et déclenché le processus
    Et, sans vraiment le faire exprès, je l’ai relancé à nouveau… »

    « L’oiseau était sur le rocher ? » demande Yavänor inquiet.
    « Oui et tout c’était bien passé et puis… Boum ! un deuxième oiseau ! »
    « Si 1 moins 1 égale zéro, zéro moins 1 égale -1 !
    Tu as donc créé un oiseau d’antimatière ! » traduit Cristïäs.

    « Antimatière avec matière égale une annihilation
    D’où l’explosion retentissante et la disparition du roc !
    ÄLLÏÄ vient d’inventer une arme et des plus terribles qui soient
    Plus efficace que du C4 ainsi qu’une bombe atomique ! »

    « Mais je ne voulais pas faire ça ! » et ÄLLÏÄ pleurer de plus belle.
    « Là ! Calme-toi ! » lui dit Lïlïth. « Ce n’était là qu’un accident ! »
    « Alors vous n’êtes pas fâchés ? » demande alors la responsable.
    « Bien sûr que si on est fâchés ! Tu as failli tous nous détruire ! »

    « Premièrement ! » Ordonne Lïlïth. « Que plus jamais ça n’recommence !
    Deuxièmement, une seule personne ne doit jamais l’utiliser !
    Troisièmement, c’est un secret qui ne doit pas sortir d’ici !
    Quatrièmement, c’est le plus grave : Les Irénée y ont-ils accès ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La télémémoire inversée

    « Les premiers essais de correction des images reconstituées ont confirmé qu’il était possible d’en modifier le contenu sans altérer leur cohérence apparente.
    Considérant les risques de falsification du passé, le C.L.T. a instauré une procédure d’authentification obligatoire pour toute utilisation officielle de la télémémoire.
    La préservation de la vérité historique demeure prioritaire sur toute autre considération. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Et nous étions à moitié nues ! » Rugit Lïlïth toujours outrée.
    « À la maison, pas de problème, mais pas pour notre intimité
    Exposée à trop d’inconnus nous voyant ainsi accoutrées ! »
    « D’accord je comprends le dilemme ! » répond Cristïäs sollicité.

    « Je peux alors intervenir pour modifier les images,
    Rétablir la réalité et préserver votre vertu !
    Ce qui permet à l’avenir de pouvoir parer les dommages
    En toute éventualité ! » dit le savant qui s’évertue.

    « Raison de plus pour régenter et contrôler cette technique
    Qui permettrait aux dictateurs de modifier le passé
    Et d’effacer à volonté les personnages politiques
    Qui pourraient être révélateurs d’atrocités outrepassées. »

    « Et si les Irénée découvrent toutes ces possibilités,
    Dieu sait de quoi ils sont capables avec leurs principes surfaits.
    Cette technologie nous ouvre la porte aux illégalités
    Dont l’existence est improbable puisqu’on peut masquer son forfait ! »

    « Mais je peux authentifier si les images sont véritables
    Ou si elles ont été changées ! Pour vos nuisettes, aucun problème
    Car ici c’est justifié ; sinon en cas d’impondérable,
    On peut toujours interchanger le vrai du faux sans anathème ! »

    « ÄLLÏÄ ! Prends note de ceci : l’usage de la télémémoire
    Sera non seulement agréé mais vérifié précisément
    Pour parer au moindre souci ! » Tranche une Lïlïth péremptoire
    À laquelle, et sans maugréer, tous consentent unanimement.

    Ainsi fut fait et Loreleï, désignée cheffe de la police,
    Enquêta sur les Irénée pour découvrir le pot-aux-roses.
    Lïlïth soupira : « Les canailles ont agi par tant de malice
    Que nous allons devoir freiner l’inévitable sinistrose ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La télémémoire

    « La télémémoire.

    Les travaux conduits par Cristïäs ont permis la reconstitution expérimentale d’images du passé à partir des photons témoins.

    Considérant les atteintes potentielles à la vie privée, le C.L.T. en a réservé l’usage exclusif aux enquêtes officiellement autorisées.

    La première expérimentation a permis d’élucider plusieurs disparitions alimentaires demeurées inexpliquées. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Je n’en peux plus ! » crie Alinéor. « Toutes nos réserves sont pillées !
    Hier des œufs et des pommes tendres ; aujourd’hui un fut de fendant ! »
    « Qu’est-ce qui se passe ? » dit Yavänor. « Plus rien au moins n’est gaspillé ! »
    « Mais je voudrais pourtant connaître qui en profite ! » dit l’intendant.

    « Il faudrait pouvoir rattraper les photons témoins échappés
    À la vitesse de la lumière ! » réfléchit Cristïäs insistant :
    « Et puis pouvoir les regrouper, les retourner et les happer
    Pour en retrouver les premières visions produites à cet instant ! »

    « Si la vitesse de la lumière est constante dans notre univers,
    Considérons alors l’éther comme pellicule sensible !
    Toutes les séquences coutumières y seront vues à découvert
    Par un calcul propriétaire pour celui qui connaît la cible ! »

    « Soit “ Ô ” – un nombre transimaginaire – représentant un instant “ T ”
    Et “ Û ” – une distance calculée – représentant l’espace “ S ”
    J’en déduis le cours visionnaire selon l’écart-type indenté
    Que je peux faire basculer et afficher tout en finesse ! »

    L’après-midi est consacrée à remonter de la cuisine
    Les images reconstituées par la caméra temporelle
    Et voir dans leurs robes nacrées Lïlïth, Loreleï et Laurelïne
    Affamées se constituer un plateau-repas aux airelles.

    « Et un espionnage indiscret ! » Tonne Lïlïth. « C’est rejeté !
    Vous violez toute intimité par d’impudiques observations ! »
    « Il suffira juste d’un décret à rajouter au C.L.T. »
    Répond Cristïäs habilité dès lors à cette application.

    « Nous formerons une police comme seule utilisatrice
    Et le C.L.T. seul ressort capable d’ordonner l’enquête. »
    Écrit ÄLLÏÄ sur sa notice en tant qu’honorable rédactrice
    Afin de limiter l’essor de plaintes et de maux de tête.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La télépathie

    « Première intrication cognitive.

    Les recherches conduites par Cristïäs, la Princesse Nérätïs et Yavänor ont permis d’élaborer un premier protocole expérimental de communication télépathique fondé sur l’intrication des processus neuronaux. Les premiers essais, réalisés par les deux chercheurs atlantes, ouvrent des perspectives inattendues sur les échanges cognitifs à distance. Les investigations se poursuivent afin d’en préciser les limites… et d’empêcher les deux Irénée d’y apporter des “améliorations”. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La télépathie

    « Je me demande… » dit Nérëatïs « si loin des yeux et loin du cœur,
    Nous ne pourrions communiquer par pensées télétransportées… »
    « Toi, tu te languis d’Atlantïs ! » lui dit son frère à contrecœur
    « Mais quant aux esprits intriqués… c’est peut-être à notre portée… »

    « Yavänor m’a ouvert la voie thérapeutique-physiologique
    Et nous devrions pouvoir l’étendre dans le domaine neurologique
    En concevant un « porte-voix » qui puisse distendre un pont logique
    Qui permettrait de nous comprendre par lien jépistémologique. »

    « Ton idée est intéressante ! » dit Yavänor calculateur…
    « Je conçois le flux de données mais je bute sur le transcepteur !
    Les pensées sont arborescentes donc il faudrait un émetteu
    -Et récepteur coordonnés au réseau neurotransmetteur ! »

    « Pourquoi pas la kundalini ? » propose Nérëatïs d’un revers.
    « Elle remonte du périnée jusqu’au chakra de la couronne
    Avec une portée infinie sur la structure de l’univers… »
    Geminïä ainsi qu’Irénée : « le rôle de la testostérone ! »

    « Alors je vois le protocole ! » imagine Cristïäs tout haut ;
    « Télépathique et cognitif pour métapensées intriquées ! »
    « Il s’agit là d’un cas d’école que nous avions fait en duo
    Nérëatïs et moi addictifs aux conversations imbriquées. »

    Avant midi la théorie est étalée sur le tableau ;
    Avant le soir les deux atlantes se déclarent premiers volontaires ;
    Avant la nuit a priori s’entrouvre le premier hublot
    Sur les pensées communiquantes de la télépathie plantaire.

    « Pourquoi plantaire ? » demande ÄLLÏÄ. « Parce qu’elle va de la tête aux pieds
    Qui servent d’antenne naturelle boostée par la kundalini ! »
    Explique Cristïäs a STELLÏÄ. « Et les pensées, comme il leur sied,
    Deviennent extra corporelles illimitées par l’infini ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Rien devant mais tout derrière

    Rien devant mais tout derrière

    À force de déshabiller Marianne pour habiller Brigitte,
    Marianne s’expose dans les mairies en se tournant main dans le dos.
    J’entends les hommes babiller et leurs bonnes femmes qui s’agitent
    En priant la vierge Marie de la cacher sous un rideau.

    Pourtant Marianne était très fière de représenter la patrie ;
    Elle ne voit donc aucun problème à poser toute nue sans détour.
    On s’est adressé à Saint-Pierre pour couvrir cette idolâtrie
    Mais il a tourné le dilemme en lui faisant faire demi-tour.

    Si l’on jouait à pile ou face plutôt que de voter des lois,
    On économiserait in situ un budget tellement colossal
    Qu’on pourrait acheter à la place des vêtements de bon aloi
    Et Marianne alors vêtue pourrait quitter l’arrière-salle.

    Tableau de Pon Arsher.

  • Les menteurs à tiroirs

    Les menteurs à tiroirs

    Ce que j’aime avec les menteurs ce sont leurs si nombreux tiroirs
    Pleins de mensonges et fourberies, escroqueries et tromperies.
    Leurs ruses m’évoquent une senteur, une résonance et un miroir
    Qui montrent les étourderies qui trahissent leurs filouteries.

    À force d’ouvrir leurs tiroirs pour ranger leurs pires inventions,
    Ils oublient parfois qu’à la place dort une vérité première.
    Ils errent alors dans les couloirs des nouvelles explications
    Et découvrent en rompant la glace qu’ils y ont laissé leur lumière.

    Puis il y a les supers menteurs – titre purement honorifique –
    Ceux-qui parviennent à mentir à plusieurs millions de personnes.
    Camelots et bonimenteurs ne sont que fourbes soporifiques
    Devant qui vient d’anéantir la France sans qu’on le soupçonne.

    Tableau de Małgorzata Piątek-Grabczyńska.

  • L’Ordre des Réparateurs du Corps

    « L’intervention conduite par Yavänor, Cristïäs et Yanimïä a permis de stabiliser l’état de Lïlïth.
    Cette réussite marque probablement la naissance d’une nouvelle discipline fondée sur les transpositions locales.
    Lïlïth a proposé de désigner ses fondateurs sous le nom de l’Ordre des Réparateurs du Corps.
    La suggestion a été accueillie avec une modestie… toute relative. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’Ordre des Réparateurs du Corps

    « Lïlïth a fait une syncope par suite de la canicule
    Et elle reste inanimée ! » crie Yanimïä tout le monde.
    « Or je n’ai pas de stéthoscope et pas le moindre fascicule,
    Ni médecin légitimé à des kilomètres à la ronde ! »

    Yavänor, premier sur les lieux, clame sans connaître de médecine :
    « Cristïäs ! Peux-tu réaliser une transposition locale
    En agrandissant le milieu cent fois afin que ça dessine
    La coupe 3D visualisée de la région ombilicale ? »

    Et Cristïäs fait plus que répondre en installant dans la foulée
    L’appareillage improvisé et projette le ventre cintré.
    « Voyez ici dans l’hypocondre, le sang en train de s’écouler !
    Peux-tu, uniquement dans la visée, fixer les veines éventrées ? »

    « Voilà ! C’est fait !» répond Cristïäs « Ce n’est pas parfait mais ça tient ! »
    « Alors inverse le processus et réduit cent fois sur la cible ! »
    Dit Yavänor selon l’alias rétrocédé et qui contient
    La guérison du collapsus en une promesse indicible.

    « La température a baissé ! » annonce Yanimïä soulagée.
    « Le pouls est faible mais constant ; il faut la laisser reposer ;
    Le choc a été encaissé et vous avez bien ouvragé !
    Je la veille en la sustentant d’une perfusion apposée ! »

    Tous réunis dans la cuisine pour se remonter le moral
    Et pour ne pas perdre le nord après ces moments survolteurs…
    « Elle demande Laurelïne et son équipe doctorale !
    Surtout les Docteurs Yavänor et Cristïäs ses deux sauveteurs ! »

    « Nous ne sommes pas des docteurs ! » explique Yavänor à Lïlïth.
    « Tout au plus des réparateurs ! » dit Cristïäs « à 2kπ près ! »
    « Vous n’êtes pas des bonimenteurs ! Vous êtes simplement l’élite
    D’un nouvel ordre salvateur ! » répond Lïlïth tout empourprée.

    Illustration de Ledalïä.

  • Carte maritime du tendre d’Oceanus

    Carte maritime du tendre d'Oceanus

    Si pour l’amour d’une sirène, je traçais la carte du tendre,
    Mon cœur se mettrait à chavirer et perdrait le nord de sa rose.
    Je dirigerais ma carène vers l’occident sans plus attendre,
    Espérant être désiré par Loreleï, en apothéose.

    Le vent gonflant chaque baleine, l’océan ne peut plus s’étendre
    Devant le regard de l’acier, là, enfin, mon cœur se repose.
    Sous la mer une ombre sereine, de ses chants voudrait me surprendre,
    Pour que je puisse remercier cette chimère au teint de rose.

    « Regarde le grand trident d’or, le roi veille sur son empire ! »
    Me dit un grand serpent de mer qui me guette au creux de la vague.
    « Je cherche le plus beau trésor, celui qu’on ne peut pas décrire ! »
    Et l’amour noie dans l’outre-mer mes derniers soupirs qui divaguent.

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  • La cryogénie de la sirène

    La cryogénie de la sirène

    Ils ont voulu briser la glace avec leur coque renforcée
    Et nous ont dégagé Loreleï, la sirène du Rhin égarée.
    Délivrée par un brise-glace, de la banquise divorcée,
    Elle avait crié « aïe aïe aïe ! » devant les hommes désemparés.

    Elle a subi la trahison, la nymphe en pleurs est sidérée
    Dans le silence du cristal, comme une terre enfin conquise.
    L’hiver en perdit la raison lorsque Loreleï fut libérée
    Par le fracas du noir métal qui la sauva de la banquise.

    Une fois à bord et réchauffée, elle prouva sa reconnaissance
    En entonnant pour les marins un beau chant des plus mélodieux.
    Et les matelots s’esclaffer avant de perdre connaissance
    Pour faire, avec du romarin, un déjeuner digne des dieux.

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