Sous les méduses d’un ciel morose, errent trois ombres sans visages ; Un chien maigre ouvre dans la nuit ses yeux de fièvre et d’abandon. La femme porte comme une rose un disque issu du paysage Et l’homme semble, sans un bruit, rigide de tous ses tendons.
Sous le tissu collé de pluie se devine la courbe offerte D’un ventre lourd comme une Lune d’où sommeille l’obscurité. Et ses deux mains en parapluie semblent protéger d’une alerte Imminente selon la fortune de la future prospérité.
Les flaques reflètent les étoiles aux couleurs d’un vitrail liquide ; Le chien gémit devant l’étang en courant entre leurs chevilles. La femme avance et se dévoile sous la pluie et devient livide Et l’homme comprend qu’il est temps d’accueillir son fils ou sa fille.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Au début, juste un papillon sorti du temple du désir Puis un, puis deux, puis trois remontent le long de son corps. Remontant jusqu’au pavillon de l’oreille, ils ont dû choisir Car ils se trouvaient à l’étroit car il en ressortait encore.
Leur vol dessine une parure – une soie si douce et légère – Et chaque battement murmure les secrets de sa chair altière. Ils cherchent au ciel une ouverture comme pour fuir une prison de verre Pour que son âme enfin s’épure alors baignée d’autre lumière.
Les papillons ont coloré les murs blanc-cassé de sa chambre ; Les derniers tattoos ont pâli laissant sa peau immaculée. Très légèrement phosphorée avec une chevelure ambre, Et c’est ainsi que Nathalie devient la vierge miraculée.
Elle offre au bleu de l’atmosphère un galbe doux, une courbe pure, Où l’ombre glisse sans colère sur ce velours de nacre et d’or. Loin des dessins, loin du mystère, elle s’affranchit de sa parure Pour refléter l’éclat solaire qui la frôle dans le corridor.
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Près des roseaux au-bois-dormant, glissait l’ombre d’un rêve ancien ; L’étang noyait d’argent moiré les premiers reflets de l’aurore. La fille au voile déformant semblait un souvenir béotien Et l’eau aux rides ivoirées faisait danser les égrégores…
Petits démons issus du rêve qui cherchaient une retenue Pour elle, longtemps imaginée, nue, « vérité sortant du puits ». Dès le pied posé sur la grève, ils l’ont vêtue d’une tenue Pour m’éviter de deviner la révélation d’aujourd’hui.
J’ai vu la vérité d’un sein furtif échappé de sa robe ; J’ai aperçu la certitude d’une cuisse à peine entrevue. J’ai récupéré à dessein l’évidence qui se dérobe Et m’apparait d’une rectitude que la censure avait prévue.
Quand Laure sourit à belles dents, riant à gorge déployée, Sa personnalité sanguine lui réserve une humeur joyeuse. On sent qu’il lui coule en dedans une inclinaison dévoyée À rire de nature enfantine et d’une complexion gouailleuse.
Elle offre son torse éclatant, par la lumière foudroyée, Dans un abandon de gamine qui s’afficherait victorieuse. Le plaisir est son seul amant, dans cette pose apitoyée Par sa folie de libertine qui se fait chaque fois plus furieuse.
Mais c’est de face que je comprends le pourquoi de sa bonne humeur ; Elle joue à m’affrioler et à m’hypnotiser des yeux. Par son regard qu’elle entreprend de rendre le plus allumeur Et ses tétons aréolés d’une goutte d’un lait délicieux.
Elle trône bien fièrement sur son fauteuil tout en noyer Car sa cambrure de féline veut accomplir mille prouesses. Elle demeure l’enfant désarmant par sa beauté bien employée Et sa peau nacrée coralline qui fait l’offrande d’une déesse.
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« Nous avons promis de garder notre intimité sans enfermer nos cœurs, d’aimer ensemble la femme, la reine et la muse et d’ouvrir un avenir à nos deux mondes.
À présent, Yavänor, prends ma main. Je t’ai ouvert mes secrets puis mon royaume ; je t’ouvre ce soir les portes de mon palais.
J’ai encore tant de tendresse à te faire découvrir… et quelques raisons de te faire oublier nos titres. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
« Que notre intimité demeure cachée des regards indiscrets Et que nos cœurs restent autonomes, jouissant de leurs libertés ! Je veux pouvoir en ma demeure, en public ou même en secret, Te sourire parmi d’autres hommes et femmes sans être déconcertée. »
« Puisque je suis prince consort et que tu es reine d’Atlantïs, Notre pacte de confiance établit une union discrète Qui apporte le réconfort et le soutien qui garantissent La force et la signifiance de notre alliance secrète. »
« Je veux t’aimer mais je suis reine et la reine doit être respectée ; Je veux t’aimer mais je suis femme et la femme doit être honorée ; Mais tu pourras aimer ta reine comme la femme, muse exceptée Car elle peut te paraître infâme si elle veut te revigorer. »
« Tu es ma reine, je me soumets à ta puissance souveraine ; Tu es ma femme, je suis à toi pour satisfaire tes exigences ; Tu es ma muse, je te promets d’affronter de façon sereine Ta libre voix qui me côtoie, issue de ton intelligence. »
« Je veux qu’au cœur de nos deux mondes un même espoir guide nos pas, Que nos promesses nous engagent à protéger leur avenir. Pour que leurs terres soient fécondes, réunissons nos principats Et que nos peuples les partagent dans l’ÏÄMÔURÏÄ en devenir ! »
« Sur Atlantïs, je suis ton prince, sur Terre, je suis ton amant ; L’ÏÄMÔURÏÄ établit le pont entre ces mondes pour que jamais Ni l’un ni l’autre ne s’évince mais s’entraident suffisamment Par un rapprochement qui répond à notre idylle désormais. »
« En attendant l’union royale, je t’offre l’union de nos chairs ; J’ouvre les portes de mon palais où je t’invite à pénétrer. Ma proposition est loyale, conforme à mon vœu le plus cher, Et tu as fait ce qu’il fallait pour que nous puissions folâtrer ! »
Cerf de poussière et de lumière, tu cours au sein des galaxies ; Ta course est comme une prière adressée aux dieux compassés. Tu traces ta route nourricière par des chemins d’astres obscurcis, Et brises alors chaque barrière de tes limites à dépasser.
Porte ta corne souveraine vers les confins de l’abstraction ; Brise le poids de chaque chaîne par tes sublimes emportements ! Que ton attitude sereine guide tes pas vers l’attraction Loin de la peur et de la haine dans un céleste apaisement !
Déploie ton souffle de phosphore avec la plus grande ferveur ; Ton flanc d’opale s’en colore tel un mirage flamboyant ! Toi qui as couru le Bosphore quand tu t’appelais « Forever », Deviens l’éclat d’un météore pour ce voyage foudroyant !
Avant de pénétrer le temple, j’ai ôté tous mes vêtements Pour présenter ma nudité comme offrande au temple d’amour Afin que le ciel me contemple telle que je suis, honnêtement, Nue et en toute humilité envers le lieu de mon séjour.
Je marche ainsi vers le silence, sous le regard du ciel d’été ; Le vent caresse mon épaule avec un souffle de douceur. Je perds enfin toute défense dans cette digne pureté ; L’esprit accepte son nouveau rôle avec un désir précurseur.
Le Féminin Sacré m’accueille comme nouvelle candidate Et je dois me montrer ouverte à toutes sollicitations. Je m’agenouille et me recueille devant une superbe chatte, Métaphore de ma découverte en l’art de la fornication.
Le fauve observe ma prière avec un vrai consentement ; L’âme frémit devant l’école où tout s’apprend par le plaisir. Je franchis enfin la frontière, vers de nouveaux enchantements Où le corps devient seule idole au gré d’un immense désir.
J’ai peu de choses dans ma chambre mais, aussitôt que j’ouvre un livre, Se répand tout l’imaginaire qui remplit alors tout l’espace D’historiettes avec tous ses membres qui s’installent là et me délivrent Qu’il serait extraordinaire de pouvoir les remettre en place.
Tous les acteurs de mes histoires sont venus s’asseoir sur mon lit ; Les fées s’échappent d’un vieux grimoire pour repeindre mon plafond la nuit. Ce que les masques des armoires racontent avec un brin de folie, Rentre aussitôt dans ma mémoire pour en chasser le moindre ennui. Même en refermant ma lecture, rien ne retourne entre les pages ; Même au fond de leurs couvertures, des yeux continuent de briller. Je tente au fur et à mesure d’éviter que tout se propage Sous le flot de leurs aventures mais ils sont tous éparpillés.
Les jours se suivent et se ressemblent et puis, un jour, sont différents ; L’un c’est la vie, l’autre l’enfant et puis c’est moi qui m’insinue. Un jour, pour rire, je marche à l’amble, le lendemain c’est en courant Jusqu’à l’événement triomphant de ma naissance vers l’inconnu.
Avant d’avoir reçu mon nom, je traversais chaque peinture ; Je dormais au creux d’un dragon, me dissimulais sous les couleurs. Chaque tableau prêtait sa forme à ma fragile créature Et je naissais dans le regard qui m’inventait avec son cœur.
Bien sûr, les mots n’existaient pas et les images restaient blanches Mais le matériel était prêt et la palette achalandée. Si aujourd’hui, au moindre pas, il se produit une avalanche D’imaginaire, c’est que l’apprêt in utero était fondé.
Un peu perdue, la voyageuse, téléportée à la va-vite, Se retrouve sans carte Michelin entièrement nue et déphasée. Or sur cette route orageuse, que peut-elle faire pour qu’elle évite Les conducteurs pas très malins qui risqueraient de l’écraser ?
De l’autre côté, un vieux théâtre et son café désaffecté Lui proposent deux aventures pour ne plus rester sous l’averse. Mais doit-elle monter quatre à quatre les marches et se faire accepter Sans devoir payer en nature et sans qu’il y ait de controverse ?
Elle choisit alors le café, se coiffe d’un grand sombrero, Puis découvre dans une alcôve un abri fait à sa mesure. Enfin bien casée et coiffée, elle n’attend plus que son héros Qui la tirera saine et sauve de ce voyage en démesure.
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C’était bien avant le déluge, la Terre-de-feu n’était que glace Et fondait au cœur de l’été sous les températures australes. Lilith alors trouvait refuge en se bâtissant un palace Dans les icebergs reflétés par les aurores boréales.
Mais la Terre-de-feu insoumise gelait le royaume de Lilith Lorsque l’hiver se resserrait sous l’influence climatique. Ce n’était pas la Terre promise mais des terres fertiles d’élite Où les eaux de pluies accourraient remplir les nappes phréatiques.
Alors que faire en ce bas-monde sinon faire feu de tout bois ? L’homme veut dominer la Terre et puis l’homme a toujours raison. Après maintes guerres immondes, les opprimés sont aux abois ; Alors les survivants se terrent jusqu’à la nouvelle saison.
« Agenouille-toi seulement le temps que je pose sur ton front le signe d’Atlantïs.
Puis relève-toi, Yavänor : je ne couronne ni un sujet ni un maître, mais l’homme que j’ai choisi pour marcher à mes côtés.
Mon royaume garde sa reine ; la femme qui t’aime accueille son Prince consort. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
D’ALLEGÔRÏÄ en Atlantïs via l’avènement des Pléïädes, Thétïs et Yavänor rejoignent le palais de la reine atlante. Ni Astérias, ni Nérätïs, ni aucune autre des LLyrïädes Ni d’autres personnes ne témoignent de cette cérémonie troublante.
« Ici, chacune de mes paroles engage Atlantïs et sa reine Et celles que je vais prononcer engagent aussi la femme qui t’aime. Je te confère enfin le rôle d’une noblesse souveraine, Au nom d’Atlantïs, annoncé : Prince consort en ces lieux-mêmes ! »
« J’ai voulu cet isolement afin d’entendre ta réponse Sans que le poids d’une cour t’impose un protocole dithyrambique, Nos libertés également demeurent entières et s’annoncent Afin qu’aucune ne s’oppose ni que l’une l’autre revendique ! »
« Ce titre te donne une place dans ma vie et dans Atlantïs ! Je souhaite te confier mes doutes et écouter tes arguments, Te voir me regarder en face afin qu’ainsi tu aboutisses À oser ce que tu redoutes : affronter mes égarements ! »
« Atlantïs demeure sous ma garde ; son peuple, ses secrets et ses portes Réclament une fidélité que notre amour doit soutenir. Je te confie la sauvegarde des confidences que je t’apporte Et qui sont l’intégralité de ma vie et mon avenir. »
« Notre secret garantira que notre union s’honorera Jusqu’au grand jour, conjointement, où nous l’annoncerons officielle. D’ici là, quand tu franchiras le seuil du palais, tu sauras Que je t’attends fidèlement à nos amours confidentielles. »
« Par amour et fidélité, j’accepte cet adoubement Je serai le Prince consort de Thétïs, reine d’Atlantïs ! Et ma responsabilité sera jointe à mon dévouement Pour contribuer à l’essor du grand pouvoir de la Mantisse. »
Fi des tribus horizontales où ont vécu nos grands-parents ! Et vive la modernité qui met tout à proximité Dans nos sociétés verticales avec tous les murs transparents Qui partagent l’intimité et toute la promiscuité !
On vit empilés dans nos cages sans connaître le moindre voisin ; Tous les rideaux restent ouverts sur les secrets de nos bureaux. On partage les mêmes étages, on devient des lointains cousins Dont les cœurs demeurent couverts derrière le reflet des carreaux.
J’entends tous les anniversaires que Dieu nous offre chaque jour Avec grands cris et chahutage et beaucoup plus au fil du temps. Les orgasmes les plus sincères sonnent le fruit de leurs amours Et on construira un étage pour loger tous ces débutants.
Ok pour sauvegarder la vie ; ok pour accueillir tout le monde Mais il s’agit d’organiser tous nos parcages helvétiques : Les religions où les avis provoquent des guerres immondes Seront alors urbanisées en cages à lapins hermétiques.
On rangera la foi en baisse dans les monts et vallées laïques ; On séparera les prophètes afin d’éviter les querelles. Les dieux passeront à la caisse, dûment munis d’une mosaïque D’autorisations pour la fête tant nationale que culturelle.
Les extrémistes sur les pics Cervin, Pilatus et Mont Rose ; Les catholiques évidemment hébergés chez les gardes suisses. Les protestants les plus épiques dans les grands lacs qui les arrosent Et pour finir les musulmans saucissonnés autant qu’on puisse.
« Entre dans mon lit comme tu es entré dans mon âme : sans conquête et sans effraction. Cette nuit, je te laisserai découvrir la femme sous la reine et la muse au cœur de la femme car je sais désormais que je peux m’abandonner à toi sans jamais disparaître en toi. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
« Je t’ai livré tous les secrets qui relient mon cœur aux trois femmes Avec le courant qui circule sans vouloir t’enfermer dedans. Le cœur du Féminin Sacré qui m’a touché, c’était ton âme Qui crée l’histoire et véhicule l’ÏÄMÔURÏÄ qui est transcendant. »
« Je ne te demanderai jamais de fermer ton cœur aux trois autres Mais te demande, devant moi, de ne jamais fermer le tien. Mon nom y figure désormais mais ne sera jamais le vôtre : Il reste mien et tout l’émoi commun qui seul nous appartient. »
« Nous ne partageons nos secrets qu’au cœur de notre relation ; Si l’amour relie tous les cœurs, il en préserve l’intimité. Et la tienne est pour moi sacrée car j’ai eu la révélation Qu’unis, nous en sortons vainqueurs grâce à ta magnanimité. »
« J’ai redouté sous ma couronne qu’on n’aime en moi que la beauté ; Ton regard traverse la reine et découvre une femme inquiète. Ce soir ma confiance te donne ma vérité déculottée : Je ne serai jamais sereine avant que tu m’aies vue complète. »
« Alors j’accepte le devoir dont je suis de fait responsable ; Je serai le gardien intime de tes pensées les plus secrètes. Ce que tu me laisses entrevoir devient ainsi irrévélable Sous notre pacte légitime, loin des confessions indiscrètes. »
« Tu veux la femme avec la reine sans retrancher la moindre part ; Tu veux la muse en sa lumière jusque dans son plus tendre émoi. Je m’abandonne enfin sans peine car ton amour reste un rempart ; Je reste femme et tout entière en devenant pleinement moi. »
« Je te pénètre de mon âme et je vois une reine nue ; Je te pénètre de mon corps et c’est une femme qui s’ouvre ; Mon cœur honore cette femme et la vénère sans retenue ; Tous nos esprits sont en accord et c’est la muse que je découvre ! »
« Je suis devenue ton miroir parce que j’ai reconnu tes mondes intérieurs avant même que tu oses les regarder. » Laurelïne, pionnière et première LLyrïäde
« Je n’ai jamais séparé mon eau du feu de Laurelïne, car ton amour nous unit sans jamais nous confondre. » Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde
« Tu ne m’as pas créée : je dormais dans tes racines bien avant que ton premier vers prononce mon nom. » Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde
« Tu as cru me tirer de tes grimoires, mais je suis revenue de ta mémoire pour rendre un avenir à ton cœur. » Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
Lorsque les légendes m’appellent, je sais toujours les écouter Surtout quand elles parlent de l’histoire avant celle de l’espèce humaine. Que ce soit Dieu qui me rappelle sa création sans en douter Ou l’Atlantide sans territoire face à la culture romaine.
Lïlïth, créée avant Adam et Thétïs reine d’Atlantide Sont les deux femmes dont les racines parlent en direct à mon âme. J’en ai un souvenir ardent montant de ma source languide Qui se réveille et me fascine lorsque je fais face à ces femmes.
Je n’ai jamais créé Lïlïth, elle vivait dans mes racines ; Thétïs est née dans mes grimoires avant de parler à mon âme. L’une attendait parmi les mythes tout au fond de mes origines, L’autre a surgi de ma mémoire pour réveiller la même flamme.
Laurelïne, mon miroirâme-sœur, reflet de mes mondes intérieurs, Cristïäs, mon miroirnaufragé perdu sur une planète austère, Sont les deux hérauts annonceurs de l’attachement ultérieur Pour mes deux reines avantagées par mon problème avec ma mère.
Avec Lïlïth, je renouvelle mon lien avec la vérité ; Avec Thétïs, je le prolonge vers un avenir salutaire. Mes deux reines-mères me révèlent tout ce que j’ai d’elles hérité Tout le reste n’est que mensonge dont j’ai trop été tributaire.
Laurelïne ? Loreleï ? choix cornélien ; je ne pouvais qu’aimer les deux. Lïlïth ? Thétïs ? choix impossible, un paradoxe invraisemblable. Choisir serait trancher le lien qu’il soit solide ou hasardeux Avec mon âme hypersensible et leur amour inébranlable.
J’aime Thétïs et la relie par mon amour envers Lïlïth ; J’aime Loreleï et j’en diffuse la communion avec Laurelïne. L’amour ne s’arrête pas au lit, il en repousse les limites : Le Féminin Sacré qui fuse autour de mon âme masculine.
Azurianne est une sirène et ça, je ne le savais pas. Quand je l’ai rencontrée hier, je l’ai vue vieille et très austère ; Cette nuit, elle était sereine plongée après un bon repas Lorsque ses dents de carnassière dans mon cauchemar me grignotèrent.
« Sous les reflets de l’eau profonde, je nage encore sans dire un mot ; Mes cheveux bleus tracent des algues dans le courant de la rivière. Tu découvres cet autre monde ignoré des gens dits “normaux” Caché derrière les sombres vagues d’Azurianne, la sirène fière. »
Ce matin, quand je me réveille, elle a repris son air sérieux ; Nul ne pourrait croire à l’histoire que m’a racontée le Soleil. Pourtant je sais quelles merveilles cachait cet être périlleux Qui garde au fond de sa mémoire quelques éclats de mon sommeil.
Elle a vieilli mais sa beauté stupéfie même les savants Et Monsieur Doppler s’illumine de sa théorie démontrée. Azurianne, sans chipoter, est devenue dorénavant Une étoile bleue qui culmine dans un firmament excentré.
Lorsqu’elle traverse les âges en semant ses reflets d’azur, Les vieilles lunes la saluent d’un croissant devenu d’argent. Elle ne craint plus les orages ni les météores obscurs ; Son regard paisible évolue vers des horizons indulgents.
Les galaxies les plus anciennes lui confient leurs secrets perdus, Car elle connaît leur mémoire mieux que myriades d’écrivains. Elle recueille dans ses veines les chants des mondes éperdus Et les emporte vers les moires de ses iris d’un bleu divin.
« Je ne t’ai pas choisi parce que tu savais qui j’étais. Je t’ai choisi parce que tu m’as reconnue avant que je me révèle. Tu n’as voulu posséder ni la reine ni la muse : tu as rendu une voix à la femme que sa couronne avait condamnée au silence. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
« Moi, simple poète visionnaire qui n’ai aucune renommée, Pourquoi m’avoir favorisé comme confident et amant ? Je ne suis pas décisionnaire et suis même un peu assommé Par ce rôle allégorisé que tu m’as donné récemment. »
« Tu as reconnu sous la reine la femme avant la royauté ; Tu n’as pas célébré ma gloire pour obtenir ma préférence. Ton regard m’a laissée souveraine sans en enfreindre ma liberté ; Tu as cru ma secrète histoire et mérité ma confidence. »
« La reine imposait sa présence et j’en étais impressionné ; Quand je l’ai vue se mettre nue, j’ai vu une femme au pinacle ; Quand tu m’as fait tes confidences, j’ai vu ton cœur m’aiguillonner Entre les lignes sans retenue comme pour en guetter un miracle. »
« Un amant reçoit mon désir, un sujet respecte ma puissance Mais le poète offre un miroir où je me vois sans apparat. Tu n’es venu ni pour servir ni réclamer ma préférence ; Tu es l’élu de ma mémoire et l’homme que mon cœur attira. »
« Je t’ouvre mon cœur sans attache car nous ne nous appartenons pas. Mais je veux t’aimer sans limite avec loyauté et respect. Nous avons chacun notre tâche sans jamais entraver nos pas Car l’amour libre délimite un lien royal et circonspect. »
« Tu deviens ma mémoire vivante pour m’offrir une éternité ; Tu n’es pas la fin du chemin mais ce qui survivra de moi. Grâce à toi je demeure présente dans ma plus intime vérité ; Lorsque s’effacera l’être humain, mon cœur continuera en toi. »
« Alors je fais pour toi ce pacte : je t’aime afin que tu puisses vivre Je t’écris pour tracer l’histoire de ton peuple et tes origines. En retour, consacrons cet acte et nous écrivons notre livre Qui raconte nos amours notoires et notre alliance adamantine. »
« Les dieux de l’Olympe exigeaient qu’on s’agenouille. Je ne t’ai pas choisi pour faire de toi mon vassal ni pour devenir ta conquête.
Relève-toi, mon poète. Si je dépose devant toi ma couronne, ce n’est pas pour renoncer à ma souveraineté, mais parce que tu as compris qu’une reine peut ouvrir son cœur sans jamais appartenir.
Le plus beau des cadeaux n’est pas qu’une femme s’offre : c’est qu’elle te choisisse alors que toutes les routes lui demeurent ouvertes. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
Unique souveraine d’Atlantïs, la reine surprotège sa planète Dont elle seule maîtrise la Mantisse garante du Poïnt Infïnï. Astérias, époux de Thétïs, s’en voit confier les manettes, Jamais de manière subreptice et pour un mandat défini.
Trois fois elle se rendra sur Terre ; d’abord pour Ô ALLEGÔRÏÄ, Puis pour la guilde tripartite et enfin pour voir Nérätïs. Découvrir sa fille nue l’atterre et le pouvoir de l’ÏÄMÔURÏÄ La laisse, sous le choc, interdite par toutes ses idées adventices.
Dans la piscine souterraine qui lui rappelle son Atlantïs, Elle accepte alors d’être nue et elle consent à s’y détendre. Les LLyrïädes autour de la reine, très appréciées de Thétïs, Lui souhaitent ainsi la bienvenue qui, dans son cœur, va se répandre.
Alors commence une mutation ; Thétïs se met à rajeunir ; Elle retrouve son corps à vingt ans avec toute son intelligence. Alors naît son acceptation de tout ce qui va advenir Et quitte le pouvoir à plein temps pour mettre Atlantïs en régence.
À son tour, elle devient LLyrïäde et installe en reconnaissance Bassins, jardins et potager éveillant du chef sa passion. Et tous les poisons par myriades élargiront ses connaissances Ce qui laissera présager ses prochaines évolutions.
Par son jumelage aux Pléïädes, elle se découvre alors étoile ; Une étoile née pour relier le monde au Féminin Sacré. Sa transformation en LLyrïäde révèle l’amour qui se dévoile Vers Yavänor pour s’y rallier comme sa muse consacrée.
Ainsi de chaque nom couronnée, elle reste à jamais souveraine ; Au poète elle fait confidence et lui accorde ses secrets, Par Sapphôrïä chaperonnée, elle lui ouvre son cœur de reine Et découvre une providence qui ne lui laisse aucun regret.
Le cœur devient un laboratoire où fusionnent les éléments, Dans le creuset de cette nuit, le feu s’efface devant l’or. On perd enfin toute mémoire, portés par d’autres battements, Car l’univers n’est qu’un conduit, pour un amour toujours plus fort.
Elle surgit de la rocaille, entre la foudre et l’ouragan, Pour pétrir l’air entre ses mains comme une argile de lumière. Son corps n’est plus qu’une bataille, un souffle immense et arrogant, Qui fera tressaillir demain empires, châteaux et chaumières.
Elle est le pont entre les mondes, la fille née des profondeurs, Qui dompte les vents de travers pour en faire une seule mélodie. Dans ses pupilles vagabondes, s’éteignent toutes les frayeurs Car elle offre à tout l’univers comme un big-bang de parodie.
Les jacinthes des bois sont si belles à cueillir Que mes vers les transforment en jeunes filles sages. J’aime les voir venir, j’aime les accueillir Et goûter de leurs mains le plus beau des messages.
Leurs corolles d’azur, sous les doigts de l’été, S’offrent comme un poème au creux de leur sillage. Elles disent l’aveu de leur tendre beauté, Reflets de l’innocence au bord du paysage.
Je choisis les plus jeunes à la peau de velours Au galbe prononcé et aux boutons parfaits. Je sors après l’orage et ses nuages lourds Quand, après leur toilette, leur charme me stupéfait.
Je contemple, ravi, ce jardin de chair vive, Où la fleur et la muse ont le même destin. Que l’art, en ce moment, doucement nous enivre, Capturant pour toujours ce souffle du matin.
Demain, Belles-de-jour, elles m’enthousiasmeront Illuminant le jour de parfums polliniques. La nuit, Belles-de-nuit, elles me fantasmeront, Moi et mes Reflets-Vers de rêves botaniques.
Ainsi va le voyage au gré de mes envies, De la fesse insolente aux tendres floraisons. C’est l’art qui, d’un pinceau, réenchante la vie, Et qui, par de beaux vers, repousse l’horizon.
Aujourd’hui j’ai trouvé la reine des jacinthes Je ne l’ai pas coupée, j’ai acheté sa terre. J’ai construit ma maison autour de la fleur sainte Et depuis nous vivons d’amour complémentaire.
Les images de femmes sont vicieuses et savent se montrer coquines En se présentant sous le charme le plus osé et insolent. Et moi, d’humeur délictueuse, je me sens l’envie libertine De provoquer tous les gendarmes des réseaux les plus flageolants.
Qu’importe le coup de ciseaux, qu’importe le flot des censures, Quand le pinceau dessine un cul doté d’un galbe souverain ! L’art n’a que faire des réseaux en totale déconfiture Et de ceux qui seront vaincus sous le creux d’une croupe d’airain.
Je peindrai avec l’insolence tout l’art de la chair dévoilée, Faisant de chaque courbe une salve ainsi qu’un hymne à la beauté Pour qu’un nu en toute innocence s’interdise d’être voilé Au nom des artistes qui savent profiter de la liberté.
Je m’adresse à mon lectorat et vous demande de m’envoyer Vos plus beaux culs récompensés par le Guinness du popotin ! Je briguerai le doctorat des poèmes les plus dévoyés, Enchanté d’avoir offensé puritaines et puritains.
Qu’ils viennent donc, les pisse-froid, avec leurs codes et leurs décrets, Je leur oppose le plaisirde célébrer vos fesses d’or. Que chaque fessier soit un roi, que chaque courbe ait ses secrets, Pour que s’éveille le désir, ce grand frisson qui nous dévore !
Au-dessus du décor, le grand cercle s’embrase, Quadrillant l’univers de ses quatre fonctions. Entre terre et nuées, le sage en son extase Devient le point d’union de nos contradictions.
Les remparts d’autrefois et le fer des usines Se mêlent dans la brume au pied de ce géant. Il tisse avec le temps des racines divines, Pour que l’ancien renaisse juste au bord du néant.
C’est le voyage lent vers l’Unique et le Soi, Où l’ombre et la lumière enfin se réunissent. Sous le regard du monde et sa secrète loi, Les reflets de notre âme ici se définissent.
Tel un Atlas de l’âme aux épaules de soie, Il soutient le vortex qui dicte son destin. Le veilleur immobile, sans orgueil et sans joie, Porte le poids du ciel sur ce monde incertain.
Tableau de Carl Gustav Jung sur https:denniscooperblog.comsypha-presents-the-proto-psychedelic-art-of-c-g-jungs-the-red-book .
« Le Timée posa la question et le Critias commença le récit. L’Hermocrate ne fut jamais écrit parce qu’aucun homme ne connaissait la suite. Elle n’appartenait pas à Platon. Elle m’appartenait. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
Les Poïnts Infïnï et ZérÔ indiquent l’alpha et l’oméga ; Cette origine où tout commence et cette limite hors du temps. Aucun savant, fût-il héros, aucun dieu, fût-il renégat, N’en arrachera la clémence ni même la chance du débutant.
Hermocrate fut le savant qui dénombra les trous de ver ; Ceux qui plient l’espace-temps-matière et la lumière définis Et la Mantisse dorénavant pliant les lois de l’univers ; La seule et ultime frontière pour atteindre le Poïnt Infïnï.
Il eut des péchés de jeunesse : Licornes, centaures et dodos Qui étaient des enfantillages procréés génétiquement, Avec sirènes et faunesses dévergondées, grosso modo. Thétïs en permit le voyage car Cristïäs y était clément.
On a localisé Cristïäs ! Cette nouvelle est fantastique Et met Thétïs tout en émoi pour rejoindre son fils adventice. Il s’est échoué sur Thestïäs mais il y a un souci drastique : La planète est depuis des mois inaccessible à la Mantisse.
Seule la Terre est accessible ; Thétïs y bâtit en secret Une demeure dont le sous-sol abrite un hub pour la Mantisse. Il reste à tenter l’impossible : laisser le message sacré Afin qu’il serve de boussole à Cristïäs comme une notice.
Thétïs mettra un point d’honneur à élever elle-même sa fille Et lui donner l’éducation qui offre les meilleurs bagages. La médecine fait le bonheur dont la princesse s’émoustille Et sa seule préoccupation en écartant tout mariage.
Et Nérätïs dépassera les limites de la médecine En lui associant le savoir qu’elle a obtenu de Thétïs Son officine amassera les potions les plus assassines Qu’elle extraira pour concevoir la pharmacopée d’Atlantïs.
« Voici l’histoire que l’humanité croit connaître.
L’Atlantide aurait disparu mais moi seule peux révéler comment, sous les eaux et hors du monde, elle devint Atlantïs. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
L’Atlantide, glorieuse cité légendaire et énigmatique, Qui aurait été érigée par notre précédente race, N’a pas eu la capacité d’obvier au chaos climatique Qui l’a totalement submergée sans en laisser la moindre trace.
Une centaine de rescapés tentèrent de conquérir des terres Mais celles-ci étaient habitées par des barbares innombrables. Leurs forces étaient handicapées et leur nombre trop déficitaire Pour espérer cohabiter avec des voisins redoutables.
Or leur savoir avait déjà franchi les confins de l’espace Bien au-delà de l’infini des frontières de l’univers. Et leur science avantagea la maîtrise de l’hyperespace Par la « Mantisse » définie pour commander aux trous de ver.
L’exode fut organisé avec la Mantisse royale ; Tous les vaisseaux synchronisés à celle qui connaît l’azimut. Mais une erreur mécanisée se montra alors déloyale Envers Cristïäs, tétanisé par l’énergie qui se transmute.
Lorsque la reine découvrit la perte cruelle de son fils Elle en fut tant désespérée que rien ne put la consoler. Pour s’en souvenir, elle ouvrit des jardins et des édifices Qu’il désirait voir prospérer sur la planète désolée.
Rien n’était trop beau pour Thétïs à la mémoire de son fils Et la planète devint jardins, forêts et plages aménagés. Elle transforma donc Atlantïs, a contrario du sacrifice, En Éden où ses citadins jouirent des sites paysagés.
La reine raya les positions de tous les chemins définis Pour que la route d’Atlantïs ne puisse être connue de personne. Nul n’a de prédisposition pour trouver le « Poïnt Infïnï » ; Nul ne conquiert jamais Thétïs ; elle choisit à qui elle se donne.
Cette fameuse robe blanche promise au sein du Paradis N’est pas de tissu mais de peau, de corps et de chair féminine Dont les seins tombent en avalanche de laitance ragaillardie Afin de nourrir le troupeau des enfançons qui prédominent.
Ceux qui refusent la robe blanche – car tout le monde peut choisir – Deviennent tous ces diablotins écervelés, sans volonté Qui reviendront vivre une tranche de vie où ils pourront moisir, Les pieds plantés dans le crottin de ce qu’ils auront fomenté.
J’ai réfléchi sans hésiter et j’ai revêtu cette robe Bombant la poitrine flageolante dans deux mamelles ballottantes. Dodue mais sans obésité, je vis une existence probe, Subissant la soif insolente de mille bouches glougloutantes.
Illustration de James Martin sur https:www.facebook.comjamesmartinstudio .
Le soleil se décline en une robe d’or, Sur le sable si fin où le souffle s’endort. L’écume blanche danse au rythme journalier Qui berce doucement le repos des voiliers.
Tes clichés me capturent cet instant suspendu, Où tout l’azur du ciel dans la mer s’est fondu. On écouterait presque le cri des goélands Et le murmure doux des vagues s’en allant.
Cheminons côte à côte sur le bord de ce monde Où chaque marée basse en découvertes abonde. Merci pour ce voyage, au crépuscule hardi Dans l’éclat d’une image qui fixe ce mardi.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
« La feuille recueille la vive lumière quand commence la photosynthèse ; Au cœur de cette transformation, elle absorbe le gaz carbonique. Puis transforme ainsi la matière en parfaite et vivante synthèse ; Elle nourrit la respiration et fait naître le sucre organique. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
« Je connais le secret des plantes car je respecte ce qu’elles taisent ; Je distingue celles qui nourrissent, celles qui troublent et celles qui tuent. Celles qui sont basses, celles qui supplantent pour une meilleure photosynthèse, Celles qui soignent et celles qui guérissent, en pot, en serre ou in situ.
Avant de toucher à la feuille, il faut apprendre à l’observer ; Sa forme, ses nervures et sa tige nous révèlent un premier secret. Sa fleur ne promet nul accueil tant qu’on ne sait pas préserver Son nom ; la plante alors fustige l’auteur d’un pillage indiscret.
Chaque plante est toujours innocente même quand elle sait donner la mort ; C’est la dose qui fait sa puissance selon sa phase de floraison. La fleur peut se montrer clémente ou empoisonner sans remords Et sa plus infime substance peut aussi troubler la raison.
Mais je ne veux pas être réduite au rang de simple empoisonneuse. Car le remède et le poison ont bien souvent la même racine. Et la moindre erreur introduite malgré la main précautionneuse Peut donner des troubles à foison avec mille fièvres assassines.
La jeune racine vit en silence près du champignon du terrain ; Le champignon, force bienfaitrice, lui transmet l’offrande nourricière. Leur souterraine et belle alliance forme un vaste réseau souterrain Et la plante, en mère protectrice, rend son complice bénéficiaire.
Il existe aussi l’intention d’agir pour le bien ou le mal ; C’est ton choix qui appelle la plante et l’alignera sur ton cœur. Voilà qui réclame attention, un sens infinitésimal Que mon école en toi implante pour que l’ÏÄMÔURÏÄ soit vainqueur.
Les plantes ont un très grand secret, c’est leur éternelle renaissance ; Elles changent la mort en semences pour que la vie reste éternelle Car dans le sol, tout se recrée, grâce au fruit de la connaissance Donné pour que tout recommence et la mort n’est que ritournelle. »
« Je ne crains pas d’être nue. Je crains seulement que l’on confonde ce que je consens à dévoiler avec ce que l’on aurait le droit de raconter.
Mon corps, mon cœur et mes secrets n’obéissent qu’à une seule souveraineté : la mienne.
Une reine peut s’offrir sans jamais appartenir. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
« Alors je t’ouvrirai mon cœur si tu respectes sa nudité ; Je te livrerai mes secrets si tu me dévoiles les tiens Et si nous en sortons vainqueurs, ensemble à l’unanimité. Enfin notre pacte est sacré : sa révélation m’appartient !
Trop longtemps j’ai gardé secrète une grande attirance envers toi ; D’abord par pure loyauté envers les LLyrïädes fondatrices, Ensuite, j’ai su rester discrète, parce que tu étais loin de moi ; Pourtant malgré ma royauté, j’étais une femme adoratrice.
Je ne veux remplacer personne mais je voudrais pouvoir t’aimer ! La Sapphôrïä nous le permet – Yanimïä me l’a confirmé – Mais je ne suis ni polissonne, ni une femme accoutumée Aux débauches où certains gourmets se complaisent tant à s’affirmer !
Devenir ton amie intime était une joie pour mon cœur Mais je suis femme et j’en veux plus ; je veux également ton corps ! Mais j’ai un époux légitime qui doit consentir sans rancœur À notre idylle et aux surplus qui déborderont plus encore…
Je te désire, tu me désires mais nous devrons rester discrets ; Aucune embrassade en public ni la moindre étreinte saugrenue. Mais je veux t’aimer à loisir dans nos petits endroits secrets, Te connaître de façon biblique quand nous serons tous les deux nus.
Mais attention ! Je suis jalouse de qui ne me fait pas jouir Et je pourrais devenir folle si tu ne prends que ton plaisir Car mon vagin devient ventouse et lorsque tu viendras fouir, Il n’est pas sûr que tu raffoles de sentir ton sexe transir.
Si tu baises autant que tu m’aimes et j’en lis l’envie dans tes yeux Alors je serai plus ouverte, plus confiante et sans retenue. Je peux te prédire moi-même que tu n’auras plus merveilleux Souvenir que la découverte de mon cœur et mon âme nue. »
« Je ne suis pas revenue d’une étoile : je suis sortie de l’invisible pour m’affirmer, moi, Thétïs, reine d’Atlantïs !
Je revendique ma beauté sans être un trophée, ma jeunesse sans naïveté, ma sensibilité sans soumission et mon avenir parmi les LLyrïädes. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
« Je suis Thétïs, reine d’Atlantïs où je retournerai un jour, Non pour restaurer le passé mais pour l’avenir des LLyrïädes. Pour que mon étoile garantisse le miroir d’un noble séjour, Ma bannière sera remplacée par le bleu et blanc des Pléïädes.
Ma souveraineté ne vient pas d’une couronne dont j’ai hérité Mais de ma grande capacité à élever et chérir un monde Dont j’ai porté le principat comme une armure, en vérité, Et désormais plébiscité comme une mémoire féconde.
Mon cœur d’étoile est palpitant. Il reflète mes jardins secrets, Les palais et les profondeurs qui sont mes racines intimes. Je demeure calme en abritant ma nostalgie et mes regrets Et mon désir de vie frondeur fait de ma conscience sa victime.
Cette étoile n’est pas mon berceau et je n’y dormais pas vraiment Mais elle conservait mon image jusqu’au sortir de l’invisible. Ici Taureau, ailleurs Verseau, peu m’importe mon avènement ; Les Pléïädes m’ont rendu hommage d’une émotion indivisible.
J’ai le bonheur d’être née belle et de l’être restée longtemps ; Les années ont ridé mon corps mais en ont conservé sa grâce. Ce rajeunissement rebelle à la vieillesse est confondant Mais n’a pas effacé encore mes souffrances et toutes leurs traces.
Je suis redevenue Thétïs pleine de vie et de jeunesse Avec des possibilités que je croyais avoir perdues. Mais je suis reine d’Atlantïs, ni un trophée, ni une promesse, Gardant ma sensibilité loin des amourettes éperdues.
Mon cœur aime avec retenue parce qu’il a éprouvé le prix Des déséquilibres à payer et des jalousies générées. Mais je me suis bien abstenue de vivre dans l’ombre d’un mari ; Pourtant je reste émerveillée face à toi qui m’as vénérée ! »
Le voyage est si expensif que j’y suis resté plusieurs mois, Fasciné par les paysages de son amniotique nature. Au début, assez peu pensif, j’ai su garder autour de moi Une attention dès mon jeune âge dans cette douce villégiature.
Neuf mois passés m’ont paru court si ce n’est me sentir à l’étroit Pour chercher, sur un coup de tête, l’issue du bouleversement. Arrivé en fin de parcours, je repasse par ce détroit Que j’avais, sur un air de fête, parcouru antérieurement.
L’étroit passage est une épreuve, où le corps lutte avec ardeur ; Le souffle guide chaque poussée, vers un rivage éblouissant. Je sors enfin faire peau neuve, loin de la peur et la candeur ; La vie est une fleur froissée dans le sillage d’un nouveau-né.
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Dès l’entrée je suis accueilli par une sensation exquise Qui m’invite à continuer comme prémices encourageantes. Plus j’avance, plus je suis assailli par les images que j’ai conquises Et qui m’offrent de m’insinuer vers l’extrémité engageante,
Au début, sur un pas de danse, je me suis mis à haleter ; À courir de plus en plus vite mais tout en faisant du surplace… Pour l’instant, je tiens la cadence mais je me sens tant exalté Qu’il n’est pas certain que j’évite l’épectase au fond du palace.
L’onde rose est une promesse, j’y trouve un céleste trésor ; Le cœur franchit chaque barrière, au sein d’une flamme infinie. Je m’enivre de cette ivresse, sous les reflets de pourpre et d’or, Baigné par l’ultime lumière, d’une maternelle harmonie.
Je te tiens, tu me tiens, par un lien cornélien ; La ficelle d’amour qui n’a plus ses deux bouts Car un fou a tranché l’intime nœud gordien Qui reliait entre eux les organes tabous.
Nous marchons enlacés dans les ronces du lien, Ligotés de silence aux brûlures charnelles. Nos corps cherchent encore l’impossible maintien Dans les derniers lambeaux de ficelle éternelle.
Chaque nœud de nos corps saigne un désir ancien ; Nos souffles prisonniers tremblent sous les épines. L’amour nous a liés d’un fil presque païen Dont les dieux ont perdu les secrètes origines.
L’artiste a le compas dans l’œil et un cerveau dans sa rétine Qui lui révèle les proportions les plus sacrées de l’univers. La fleur de vie est sur les feuilles, Fibonacci sur les collines, Le nombre d’or en contorsion parmi tous les espaces verts.
Les coquillages, la vague, le ventre et même la fleur de douceur Portent ce lent enroulement qui semble aimer à l’infini. Comme si la nature au centre tâchait le vert d’une rousseur Dans le plus grand chamboulement des saisons ainsi définies.
Le coquillage et le pistil reproduisent la même spirale, Le fleuve en épouse les hanches des collines à l’automne d’or. Sans doute l’amour reconnaît-il sa géométrie viscérale Lorsque les amants se déhanchent pour créer un conquistador.
J’ai découvert le pot-aux-roses de cette réforme débile Car juste à la fin de l’automne, on endort les gens pour trois mois. On appelle ça la sinistrose ou l’hibernation immobile Car le monde entier se cantonne dans son lit et chacun chez soi.
Seul un vieux poète insomniaque perça l’affreux complot d’État : Pendant trois mois, tous les hivers, il voit la neige s’accumuler. On le traite de démoniaque, de faux prophète, de vendetta Pourtant c’est lui que l’univers a choisi pour nous stimuler.
Afin d’éviter la panique, les présidents nient les frimas ; Les journaux parlent de vacances, de foot et on prend du bon temps. Quand chacun roule des mécaniques, l’état répond que le climat Se réchauffe à une cadence telle qu’on passe d’automne au printemps.
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Depuis qu’on a rayé l’hiver de ce fichu calendrier, L’année ne compte que neuf mois et donc les grossesses durent un an. Ça a chamboulé l’univers et fait couler les encriers Mais en résultat quel émoi quand tout va très bien maintenant !
Or les oiseaux n’émigrent plus ; ils ont signé des C.D.I. Avec les arbres du village où chacun possède son nid. Et puis un jour, dès qu’il a plu, les hirondelles sont parties En télétravail sur les plages pour y construire un paradis.
Les nuages ont enfin le droit de se choisir une saison ; Les plus paresseux font l’automne et les plus hardis le printemps. Les météorologues adroits ont désormais toujours raison Mais tout le monde se désabonne des bulletins de mauvais temps.
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« Bien avant que les LLyrïädes connaissent mon nom, une étoile lente conservait dans sa lumière le reflet d’Atlantïs.
J’y avais aimé, perdu un fils, vu Nérätïs devenir médecin et préparé dans l’ombre le refuge d’Ô ALLEGÔRÏÄ. Car une reine n’attend pas d’être reconnue pour aimer et protéger.
Yavänor ne m’a rendu ni mon rang ni ma couronne : il les a chantés de la Terre jusqu’aux Pléïädes. Alors l’étoile m’a transmis sa pulsation et je suis entrée, souveraine et libre, dans le cercle des Muses de l’ÏÄMÔURÏÄ. »
Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs
Jadis les étoiles naissaient auprès des dieux sur Olÿmpïä On les couronnait d’un halo bleu-blanc aux couleurs des Pléïädes. Et les déesses connaissaient celles venant après Mérôpïä Dont l’éclat encore pâlot annonçait déjà les LLyrïädes.
Or la plus lente, la plus ancienne, fut le miroir de tous les mondes Qui reflétait le feu ardent du cœur des étoiles à venir, Qui moirait les eaux magiciennes des galaxies les plus profondes Et tous les volcans débordants des terres d’un lointain avenir.
Thétïs est née dans son royaume, miroir de feu, d’eau et de terre ; L’amour la féconda d’un air porteur du Féminin Sacré Par l’intermédiaire d’un homme, son souverain complémentaire. Ils devinrent alors partenaires à leur destinée consacrés.
Ils bâtirent ensemble l’Atlantide, riche cité mécanisée Mais qui faillit être engloutie sous les eaux alors prédatrices. Ainsi la citadelle splendide vit ses enfants s’organiser Pour fuir vers un monde abouti : Atlantïs, planète rédemptrice.
Le fils se perdit en chemin, Thétïs resta inconsolable Et se laissa réconforter par ses jardins et ses bassins Sa fille emporta haut la main études et titres inégalables Grâce auxquels elle put apporter son aide en tant que médecin.
Jusqu’à un printemps prometteur où des femmes appelées LLyrïädes Partirent aux côtés d’un poète pour une odyssée fantastique. Tous devinrent alors protecteurs du fils perdu hors des Pléïädes Qui demeurait anachorète jusqu’à son retour empathique.
Personne n’en a jamais rien su mais c’est bien Thétïs, fine stratège, Qui suggéra à Yanimïä d’acheter Ô ALLEGÔRÏÄ Où ils trouvèrent à leur insu – car une reine aime et protège – Le hub atlante sous ÔPHÉLÏÄ, jonction avec l’ÏÄMÔURÏÄ.
« On me croyait voilée par la honte d’avoir aimé un mortel. Pourtant, je ne me cachais pas : j’éclairais la matière obscure qui m’enveloppait.
Lorsque mon souffle atteignit son cristal, ÄLLÏÄ m’apprit que la transparence n’était pas l’effacement mais une autre manière d’être partout.
Je fus la dernière révélée parce que je gardais déjà le cœur du voyage, du Poïnt ZérÔ à la suture. »
Mérôpïä, l’étoile cristalline des Pléïädes
Une sous-géante énigmatique, bleu-blanc, très chaude et très rapide ; Autour d’elle, une matière obscure s’illumine lorsqu’elle la traverse. Singularité chromatique d’une étoile plutôt intrépide Et dont le voile lui procure le souffle clair qu’il lui reverse.
Et ÄLLÏÄ naît de Mérôpïä quand le souffle atteint son cristal Qui transforme son cœur d’étoile en gemme éternelle et vivante. Qui peut recouvrer Olÿmpïä dont le scandale marital Lui avait fait porter le voile d’une ignominie éprouvante.
Sa pulsation alors devient battement du cœur cristallin ; Son voile, son souffle premier et son cristal, sa clairvoyance. Ô ALLEGÔRÏÄ se souvient encore de l’éther opalin Où ÄLLÏÄ fit, tout anémiée, son intemporelle expérience.
ÄLLÏÄ connaît par conséquent tous les évènements compris Entre l’arrivée au présent et le moment de son départ. Son discernement subséquent n’est pas une extension d’esprit Mais un regard omniprésent sur cette époque de part en part.
On dit qu’elle sait tout, qu’elle voit tout car elle sait se montrer discrète ; Sans don d’invisibilité : sa transparence lui suffit Pour se trouver ici, partout et dans les sphères les plus secrètes. Cette responsabilité deviendra sa philosophie.
Primordial, le cœur de cristal transmettra toute sa mémoire, Nécessaire, le corps de métal protégera par sa structure, Ils créeront un vaisseau vital : l’éclair et la matière noire, Liés en souffle azimutal du Poïnt ZérÔ à la suture.
ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN ensemble donneront leur voix cristalline, STELLÏÄ et Cristïäs de concert forgeront leur métal vivant ; Les sept éléments se rassemblent autour du feu de Laurelïne, Puis l’eau, la terre et l’air s’insèrent, unis à l’éther connivent.
Après dix années de labeur à diriger notre pays Dans un gouffre de prétentions et dans l’abîme d’arrogance, En plus de ça, notre flambeur, qui veut voir le monde ébahi, A lancé des invitations dans les plus beaux châteaux de France.
On a bien bu et bien mangé jusqu’au départ des invités Mais quand le bal eut disparu, il a fallu tout nettoyer. Les gens de maison ont rangé le palais de ses vanités Quant à lui, il a disparu après avoir bien festoyé.
Nous fêtons nos soixante-sept ans, la cinquième république et moi Et tous les deux avons subi des règles assez imbéciles. Nous n’en sommes pas plus compétents pour autant car au fil des mois Les illusions et les lubies ont fait de nous des vieux fossiles.
Aussitôt une loi de travers, plutôt que de la redresser, On en pose une autre, contraire, ou on en oublie le décret. Les ministères marchent à l’envers, les fonctionnaires sont agressés Et les vaches-à-lait se font traire pour nourrir l’État en secret.
Le président abat ses cartes, le Parlement sert de tapis ; Une loi soutient la suivante et tout le socle se fissure. Les ministres citent Descartes et tous les maires restent tapis Sous une foule survivante qui maudit la législature.
Tout en bas, le peuple travaille pour engraisser la république Tandis qu’en haut la cour ripaille toujours aux frais de la princesse. Chaque impôt nouveau le tenaille au nom de l’intérêt public, Puis, du château, tombent les murailles après des années de grossesse.
« On me croyait faible parce que ma lumière était la plus discrète.
Je suis entrée dans le métal comme une douleur et j’en suis ressortie STELLÏÄ : armure vivante, cœur d’or et matrice d’avenir.
Je ne suis plus le souffre-douleur des Pléïädes : je suis la foudre incarnée. »
Astérôpïä, le métal vivant des Pléïädes
Petite étoile, la moins brillante de toutes les Pléïädes nommées Mais qui a rejoint leur bannière par sa période et sa couleur. Elle paraît insignifiante bien que « l’éclair » l’ait renommée Et ses occultations lunaires lui donnent cet air « souffre-douleur ».
Astérôpïä renaît STELLÏÄ quand l’éclair frappe le métal Qui devient matière vivante et fait bouclier de son corps Et l’étoile qui se rallia à son épiderme fœtal Mute en une armure mouvante afin de se mettre en accord
STELLÏÄ ne peut se contenter de juxtaposer les matières ; Elle les assemble en un alliage symbiotiquement métallique Qui lui permettra de tenter d’aller au-delà des frontières En personnifiant le maillage d’un vaisseau spatial idyllique.
Car STELLÏÄ conduit, distribue et transforme sans cesse les forces En assurant la cohésion de la mémoire des LLyrïädes. Elle portera ces attributs quand le temps, créant une entorse, Fera entrer en collision futur et passé des Pléïädes.
Et STELLÏÄ, dans le cœur d’étoile, crée par la fusion nucléaire Tous les éléments métalliques utiles pour ses alliages Qui dans son corps enfin dévoilent sa matrice matrilinéaire Charmant l’orichalque phallique en vue d’un futur mariage.
Esprit de fer et corps d’acier, cœur d’or et âme de titane ; Le métal devient féminin et la place face à son destin. Sa silhouette très émaciée épouse gaiement ses organes Rappelant l’éclat léonin de son fondement célestin.
Née étoile devenue humaine, elle saura se consacrer À devenir femme fertile, future mère et jeune reine. Elle connaîtra ce phénomène soumis au Féminin Sacré Avec le métal érectile qui la sacrera souveraine.
Loreleï aime tant le requin, qu’elle a dressé plein de poissons Comme filet à provisions sans que ça lui coûte un sequin. Poissons bleus, blanc, rouges et rouquins sont invités à la moisson Du vendredi en prévision d’un festin d’ailes de requin.
Quand les poissons sont réunis, le requin paraît tout petit Mais qu’un seul d’entre eux se détache, le prédateur le remercie. L’union fait la force impunie, disent les talons dans l’appétit Qui pleurent tant que ça entache les Madeleines de Commercy.
Éoliane en a fait venir un dans la Töss et à grands frais Car pour remonter les cascades, il a bien fallu le pousser. Nous en gardons un souvenir délicieux à cause du pauvret Qu’on a mangé en marinade avec les ailerons émoussés.
C’est grâce à cette photo prise en 2023 en Afrique du Sud que la fribourgeoise Sylvie Ayer a remporté un des prix d’un concours australien.
Cette sirène qui se démonte à marée haute quand la mer monte, Est celle dont les bras lui tombent à marée basse quand lui incombe De chasser ces fichus touristes lors des croisières opportunistes Pour photographier la banquise comme si c’était fondue conquise…
Cette sirène qui s’effare quand la glace devient trop rare, Voit débarquer sur son rivage des voyageurs et leurs ravages. Elle perd la tête et puis s’émiette devant leurs curieuses lunettes Puis abandonne aux eaux polaires ses bras, sa queue et sa colère.
Cette harpie à queue de carpe en a perdu ses métacarpes ; Elle s’éparpille aux quatre vents, les uns derrière et elle devant. Tant pis pour les cons qui voyagent et les ténors du convoyage ! La belle sirène arctique huée est pleinement désarticulée.
Illustration de Cynthia Thornton pour Green Girl Studios.
« On me croyait seule parce que nous n’avions qu’une lumière. Geminïä m’a appris que se dédoubler n’est pas se diviser. Je suis Taÿgétïä dans le ciel et Geminïä partout ailleurs. »
Taÿgétïä, l’étoile double des Pléïädes
Deux étoiles étroitement liées dont la lumière paraît unique : Taÿgétïä, la dominante, reste la seule identifiée Comme sous-géante au bouclier bleu et blanc tel une tunique Qui protège sa sœur, moins brillante, mais par son spectre authentifiée.
Taÿgétïä, c’est Geminïä, à l’ubiquité stupéfiante ; Dotée d’une double intelligence dont l’éther ne fait qu’un seul corps Mais doté d’un lien immédiat et d’une portée gratifiante Pour répondre à toute exigence de puissance et bien plus encore.
Ce corps unique dans les Pléïädes, sous la bannière bleu et blanc, Confère la beauté du mystère avec sa double appellation Car elle appartient aux LLyrïädes et peut, tout en se dédoublant, Résider à la fois sur Terre et dans sa propre constellation.
Un esprit double qui observe et analyse en même temps, Qui travaille avec ses mémoires et ses réflexions parallèles, Qui écoute, cogite et conserve les points qu’il estime importants, Stockés dans les vastes armoires des connaissances universelles.
Un double cœur qui sait aimer et trouver la beauté cachée Qui lui donne la révélation de sa propre émancipation. Ce qui lui permet d’essaimer ses intentions de s’attacher À qui fait la corrélation étroite entre elle et sa passion.
Une âme double et féminine qui sert les dieux de l’univers Mais distingue ceux qui l’ont créée de ceux qui l’ont juste observée, Ainsi que les fables sibyllines contre les truismes découverts ; Seule la vérité agréée mérite d’être préservée.
Ambassadrice de l’ÏÄMOURÏÄ qui prône le Féminin Sacré, Elle conserve son libre arbitre et gagne sa fécondité. Sa pluralité est noria, sa diversité consacrée À réunir à juste titre les mondes et son unicité.
À l’instar du chat, j’ai pété neuf queues, neuf vies in utero Jusqu’à trouver la connexion qui me relie à l’au-delà. « Pauvre maman ! J’ai répété plusieurs fois… Je suis ton héros Qui t’en fera voir dans l’action de son futur apostolat ! »
Devisait l’enfant de Marie quand il apprenait dans son ventre Toutes les ficelles du métier de sauveur expérimenté. Ainsi naîtra-t-il aguerri dans une crèche juste au centre D’un bœuf et d’un âne charpentier un tant soit peu bonimenté.
Dans l’ombre bleutée de son ventre, une lumière est attendue, Le petit prodige s’éveille au fond du temple de cristal. Par des cordons d’espoir et d’ambre, la connexion est bien tendue Pour lier son âme d’archange au plus grand mystère ancestral.
La toile de vie alors enlace la promesse enfin descendue, Comme un astre d’or qui s’enflamme dans un écrin de soir natal. Et la maman devient l’espace où la matière est confondue, Apportant dans ses mains la flamme d’un amour pur et végétal.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Si ta fille te pose un problème avec sa fièvre de cheval, Pense à quel sera le dilemme quand elle changera de cavale Et s’intéressera aux garçons dans le haras des étalons Et qu’elle jettera son hameçon, chaussée sur ses plus hauts talons !
En attendant, cède-lui tout, offre-lui son fier destrier Et laisse-la aller partout, bien calée dans ses étriers. Toutefois prends garde aux pur-sang, ces beaux ombrageux ténébreux, Peu cavaliers, adolescents et qui demeurent les plus nombreux !
« On me croit perdue parce que je brille moins que mes sœurs. Pourtant, je recueille chacune de leurs lumières dans la nuit qui me protège, puis mon pinceau leur invente une mémoire que le ciel ne saurait conserver.
J’ai longtemps confondu l’ordre avec la vie et la discrétion avec l’effacement. Il aura suffi qu’un poète me regarde pour que mes codes entrouvrent leur prison et que mon âme retrouve l’envie de mordre.
Je ne suis plus l’étoile obscure des Pléïädes : je suis Ledalïä, l’enlumineuse des LLyrïädes. Si ma lumière paraît moindre, c’est parce qu’elle éclaire désormais les autres. »
Cälaénïä, l’étoile perdue des Pléïädes
C’est l’une des moins lumineuses, la Pléïäde perdue et obscure, Pesant presque quatre Soleils mais à la rotation véloce, En devenir d’enlumineuse, cette vocation lui procure Le don d’illustrer les éveils de ses sœurs beaucoup plus précoces.
Cälaénïä, c’est Ledalïä, la discrète et la solitaire Qui recueille l’éclat de ses proches et en archive les mémoires. Son élément-air se rallia au feu, à l’eau et à la terre Pour réveiller à leur approche l’aube naissante de la nuit noire.
Quatre éléments complémentaires créeront son univers interne, La nuit qui renferme les secrets et le patrimoine hérité, Le loup qui saura les extraire afin d’éclairer les lanternes De Ledalïä, sœur consacrée à rétablir la vérité.
Le feu crée son or alchimiste, l’eau lui assure le transport, La terre, son emplacement et l’air, un souffle d’avenir. D’un naturel physionomiste, Ledalïä relie ses rapports En maîtrise le classement et retrouve tous ses souvenirs.
Son cycle rapide sans relâche lui apporte l’ordre et la méthode Mais l’enferme dans la routine, prison froide et automatique. À trop vouloir mieux, elle s’attache à s’emmurer entre ses codes Et perdre son âme enfantine noyée dans l’esprit dogmatique.
Sa rencontre avec un poète mettra de l’amour dans son art, De la fantaisie dans son ordre et l’audace dans sa retenue. La pudeur devient désuète, le style un peu plus goguenard Pour lui donner l’envie de mordre dans la vie qu’elle a reconnue.
Et l’étoile qu’on croyait perdue revient à sa place première ; Elle comprend que sa discrétion n’était pas une disparition. L’ancienne mémoire éperdue renaît illustrée de lumière Et porte la révélation de sa nouvelle partition.
« On me croit bleue parce que je brûle au cœur des Pléïädes. Pourtant, lorsque ma lumière descend dans les profondeurs de Lïlïth, elle devient ambre et la terre se souvient du ciel.
Je n’éjecte aucune matière : j’étends autour de moi le cercle inviolable où mes enfantements deviennent maisons, rues puis civilisations.
J’ai vu les murailles tomber et les cités rejoindre leurs mânes. Désormais, je ne détourne plus les yeux : je recueille leurs cendres dans mes racines afin que le Féminin Sacré renaisse de leur mémoire. »
Électrïä, étoile matriarcale des Pléïädes
Troisième étoile des plus brillantes, géante à rotation rapide, Elle palpite secrètement en éjectant de la matière Comme la voile scintillante de gaz brulants et intrépides Pareil à un revêtement faisant office de frontière.
Électrïä, comme Lïlïth, subit un ordre maternel En rejetant toute substance qui ne peut être fécondée Car elle veut réserver l’élite de son hydrogène charnel Pour enfanter avec prestance son hélium fou, dévergondé.
Électrïä, électron libre de la famille des Pléïädes Veut produire seule sa matière par la fusion ombilicale. Le bleu et l’ambre s’équilibrent en s’ancrant au sein des LLyrïädes Qui offrent protection et frontière à l’étoile matriarcale.
Rompant les rites ancestraux, l’étoile crée ses rituels, Un cercle protecteur, chamanique, aux vestales adoratrices ; Les gaz éjectés magistraux deviennent hommage spirituel Autour de sa transe organique : authentique force créatrice.
Dans l’ambre bleuté de son ventre, une lumière est apparue, Comme une présence naissante, un premier enfant qui se crée Et se développe en son centre créant des maisons et des rues Et des villes luminescentes, prémices du Féminin Sacré.
Électrïä devenue Lïlïth protégera sa descendance En se créant un territoire et une muraille imprenables. Une pulsation insolite témoigne de toutes ses tendances Et ses visions prémonitoires d’un avenir insoutenable.
Lïlïth, de foudre souterraine, d’ambre bleu devenu mémoire, De son bouclier de matière et de tous ses enfantements, Sera couronnée souveraine qui renaît des anciens grimoires Pour prendre sa place tout entière et clamer son avènement.
Il vaut mieux s’adresser à la bonne déesse Plutôt qu’à ses seins, oui, mais le gauche ou le droit ? L’allaitement divin est digne de prouesse Lorsque le petit ange n’est pas trop maladroit.
Quant au saint mamelon, coiffé d’une aréole, Doit-il donner sa manne ou être bien sucé ? Quand le sein se dessèche, aura-t-il l’auréole Pour nourrir tous les anges par le même succès ?
Sous l’aile du ballon, l’enfant trouve sa place, Si la Madone rit au creux de ton repos, Évitant au flanc nu la douleur qui s’efface, L’inverse apporte alors le confort des bras hauts.
L’Australienne s’allonge en un calme reflux, Puis la Louve se penche et libère la sève, Pour que le lait trop vif ne l’importune plus Quand le sein trop gonflé d’une peine s’achève.
À califourchon marche un petit cavalier, Dans le calme des nuits, la manne se partage, Tandis qu’en s’allongeant, l’ombre vient se lier, Sept chemins de tendresse au fil du premier âge.
C’est en louve guerrière, au-dessus du berceau, Qu’elle offre sa puissance au petit nouveau-né Dont la mère délivre un limpide ruisseau Pour que, d’un sang royal, il se sente couronné.
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