« Les profondeurs gardent leurs secrets jusqu’au jour où trois amies viennent les réveiller.
Alors les siluriformes deviennent destriers, les fleurs deviennent festins et le lac révèle qu’il rêvait lui aussi. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Tandis que Lïlïth se repose, les deux sirènes sont descendues
Explorer les fonds sous-marins de leur citadelle abyssale.
Entièrement nues, cela s’impose, pour goûter sur la peau tendue
Les courants doux partant des reins, le long de l’épine dorsale.
Elles ont apporté des sardines pour nourrir les siluriformes ;
Éôlïane n’avait pas menti constate Loreleï ravie.
Soudain apparaît une ondine aux allures assez filiforme
Qui, à l’instant, a consenti à se montrer sans préavis.
« Bonjour ! Je suis Azurianne mais je ne connais pas ta copine ! »
« C’est Loreleï ! » répond Éôlïane, « nous sommes toutes les trois, sirènes ! »
« Voici donc notre fil d’Ariane qui depuis hier me turlupine ! »
Dit Loreleï d’une voix océane – signe d’allégresse sereine.
« Je suis contente de vous voir car je vis seule dans ce royaume
Et je m’ennuie terriblement malgré mes poissons-chats chéris ! »
Précise Azurianne par devoir en leur présentant son Guillaume,
Un poisson vraisemblablement amoureux de son égérie.
« Il est en totale harmonie à la couleur de tes cheveux ! »
Dit Loreleï en passant la main dans le bleu de sa chevelure.
« Oui mais avec parcimonie car il change quand il le veut ! »
Répond Éôlïane en chemin en s’enfuyant à vive allure.
Mais elle revient le chevauchant avec un bel harnachement ;
« Ça vous dirait de visiter à cheval sur siluriformes ? »
Propose-t-elle en décochant deux minuscules équipements
Et en sifflant pour inviter deux autres montures pétant la forme.
Et voici nos trois cavalières, proches d’un trio d’amazones,
Foncer seins nus, cheveux au flux dans une course inattendue.
Azurianne toute fière de les emmener voir la faune
Et une flore de fleurs joufflues et savoureuses, bien entendu.

Illustrations de Ledalïä.
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