
On se souvient de la première fille que l’on a prise dans ses bras ;
Moi, je me souviens de la muse tombée de la dernière pluie.
Elle était nimbée de lumière verdâtre qui m’enténébra ;
Il fallait bien qu’elle s’amuse et mon cœur était déjà cuit.
Eh oui, la muse phosphorée joue avec le cœur des puceaux ;
Je ne sais si elle est nymphomane ou simplement fornicatrice…
Lorsque j’allai dans la forêt, elle me fit faire tant de sursauts
Que j’en devins érotomane à cause de cette séductrice.
Depuis je ne vois pas le vice, je le détourne allègrement
Dans mes poèmes et mes vers en chevauchant ma jolie muse.
On se rend l’un l’autre service ; elle avec ses enfièvrements
Et moi par mes textes pervers ; plus ils sont cons, plus ça l’amuse.
Tableau de Charles Courtney Curran.
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