Catégorie : ALLEGÔRÏÄ

Bienvenue dans le Livre des enfants de l’ÏÄMOURÏÄ

  • L’antimatière

    « L’accident d’annihilation.

    Une expérimentation conduite dans le cadre des recherches sur la téléportation a provoqué la création accidentelle d’une particule d’antimatière de masse macroscopique. L’annihilation qui s’en est suivie a entièrement détruit un important rocher situé sur l’îlot voisin et provoqué une onde de choc ressentie jusqu’à Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Aucun blessé n’est à déplorer. Les recherches sont immédiatement suspendues. Les protocoles de sécurité ont été entièrement révisés et toute expérimentation analogue est désormais interdite sans autorisation expresse du C.L.T. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’antimatière

    BOOOUUUMMM !
    Les vitres volent en éclats, le silence est assourdissant.
    Cristïäs, Yavänor et Lïlïth se regardent interloqués.
    « Ça vient d’ici ? » Demande Lïlïth, « Non mais du lac ! » Répond Cristïäs
    « Regardez l’île ! » Dit Yavänor. « Le gros rocher a disparu ! »

    « J’entends des cris ! » Lance Lïlïth. « Dans l’atelier ! » Tranche Cristïäs.
    Tous les trois se précipiter, se ruer dans le laboratoire ;
    Deux petits oiseaux à la volette… ÄLLÏÄ pleurant à chaudes larmes ;
    Et rien d’autre à première vue tout semble comme d’habitude…

    « J’ai voulu tout vérifier… » sanglote-t-elle avec des spasmes
    « Et reproduire l’expérience en téléportant un oiseau ;
    J’ai réglé tous les appareils et déclenché le processus
    Et, sans vraiment le faire exprès, je l’ai relancé à nouveau… »

    « L’oiseau était sur le rocher ? » demande Yavänor inquiet.
    « Oui et tout c’était bien passé et puis… Boum ! un deuxième oiseau ! »
    « Si 1 moins 1 égale zéro, zéro moins 1 égale -1 !
    Tu as donc créé un oiseau d’antimatière ! » traduit Cristïäs.

    « Antimatière avec matière égale une annihilation
    D’où l’explosion retentissante et la disparition du roc !
    ÄLLÏÄ vient d’inventer une arme et des plus terribles qui soient
    Plus efficace que du C4 ainsi qu’une bombe atomique ! »

    « Mais je ne voulais pas faire ça ! » et ÄLLÏÄ pleurer de plus belle.
    « Là ! Calme-toi ! » lui dit Lïlïth. « Ce n’était là qu’un accident ! »
    « Alors vous n’êtes pas fâchés ? » demande alors la responsable.
    « Bien sûr que si on est fâchés ! Tu as failli tous nous détruire ! »

    « Premièrement ! » Ordonne Lïlïth. « Que plus jamais ça n’recommence !
    Deuxièmement, une seule personne ne doit jamais l’utiliser !
    Troisièmement, c’est un secret qui ne doit pas sortir d’ici !
    Quatrièmement, c’est le plus grave : Les Irénée y ont-ils accès ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La télémémoire inversée

    « Les premiers essais de correction des images reconstituées ont confirmé qu’il était possible d’en modifier le contenu sans altérer leur cohérence apparente.
    Considérant les risques de falsification du passé, le C.L.T. a instauré une procédure d’authentification obligatoire pour toute utilisation officielle de la télémémoire.
    La préservation de la vérité historique demeure prioritaire sur toute autre considération. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Et nous étions à moitié nues ! » Rugit Lïlïth toujours outrée.
    « À la maison, pas de problème, mais pas pour notre intimité
    Exposée à trop d’inconnus nous voyant ainsi accoutrées ! »
    « D’accord je comprends le dilemme ! » répond Cristïäs sollicité.

    « Je peux alors intervenir pour modifier les images,
    Rétablir la réalité et préserver votre vertu !
    Ce qui permet à l’avenir de pouvoir parer les dommages
    En toute éventualité ! » dit le savant qui s’évertue.

    « Raison de plus pour régenter et contrôler cette technique
    Qui permettrait aux dictateurs de modifier le passé
    Et d’effacer à volonté les personnages politiques
    Qui pourraient être révélateurs d’atrocités outrepassées. »

    « Et si les Irénée découvrent toutes ces possibilités,
    Dieu sait de quoi ils sont capables avec leurs principes surfaits.
    Cette technologie nous ouvre la porte aux illégalités
    Dont l’existence est improbable puisqu’on peut masquer son forfait ! »

    « Mais je peux authentifier si les images sont véritables
    Ou si elles ont été changées ! Pour vos nuisettes, aucun problème
    Car ici c’est justifié ; sinon en cas d’impondérable,
    On peut toujours interchanger le vrai du faux sans anathème ! »

    « ÄLLÏÄ ! Prends note de ceci : l’usage de la télémémoire
    Sera non seulement agréé mais vérifié précisément
    Pour parer au moindre souci ! » Tranche une Lïlïth péremptoire
    À laquelle, et sans maugréer, tous consentent unanimement.

    Ainsi fut fait et Loreleï, désignée cheffe de la police,
    Enquêta sur les Irénée pour découvrir le pot-aux-roses.
    Lïlïth soupira : « Les canailles ont agi par tant de malice
    Que nous allons devoir freiner l’inévitable sinistrose ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La télémémoire

    « La télémémoire.

    Les travaux conduits par Cristïäs ont permis la reconstitution expérimentale d’images du passé à partir des photons témoins.

    Considérant les atteintes potentielles à la vie privée, le C.L.T. en a réservé l’usage exclusif aux enquêtes officiellement autorisées.

    La première expérimentation a permis d’élucider plusieurs disparitions alimentaires demeurées inexpliquées. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Je n’en peux plus ! » crie Alinéor. « Toutes nos réserves sont pillées !
    Hier des œufs et des pommes tendres ; aujourd’hui un fut de fendant ! »
    « Qu’est-ce qui se passe ? » dit Yavänor. « Plus rien au moins n’est gaspillé ! »
    « Mais je voudrais pourtant connaître qui en profite ! » dit l’intendant.

    « Il faudrait pouvoir rattraper les photons témoins échappés
    À la vitesse de la lumière ! » réfléchit Cristïäs insistant :
    « Et puis pouvoir les regrouper, les retourner et les happer
    Pour en retrouver les premières visions produites à cet instant ! »

    « Si la vitesse de la lumière est constante dans notre univers,
    Considérons alors l’éther comme pellicule sensible !
    Toutes les séquences coutumières y seront vues à découvert
    Par un calcul propriétaire pour celui qui connaît la cible ! »

    « Soit “ Ô ” – un nombre transimaginaire – représentant un instant “ T ”
    Et “ Û ” – une distance calculée – représentant l’espace “ S ”
    J’en déduis le cours visionnaire selon l’écart-type indenté
    Que je peux faire basculer et afficher tout en finesse ! »

    L’après-midi est consacrée à remonter de la cuisine
    Les images reconstituées par la caméra temporelle
    Et voir dans leurs robes nacrées Lïlïth, Loreleï et Laurelïne
    Affamées se constituer un plateau-repas aux airelles.

    « Et un espionnage indiscret ! » Tonne Lïlïth. « C’est rejeté !
    Vous violez toute intimité par d’impudiques observations ! »
    « Il suffira juste d’un décret à rajouter au C.L.T. »
    Répond Cristïäs habilité dès lors à cette application.

    « Nous formerons une police comme seule utilisatrice
    Et le C.L.T. seul ressort capable d’ordonner l’enquête. »
    Écrit ÄLLÏÄ sur sa notice en tant qu’honorable rédactrice
    Afin de limiter l’essor de plaintes et de maux de tête.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La télépathie

    « Première intrication cognitive.

    Les recherches conduites par Cristïäs, la Princesse Nérätïs et Yavänor ont permis d’élaborer un premier protocole expérimental de communication télépathique fondé sur l’intrication des processus neuronaux. Les premiers essais, réalisés par les deux chercheurs atlantes, ouvrent des perspectives inattendues sur les échanges cognitifs à distance. Les investigations se poursuivent afin d’en préciser les limites… et d’empêcher les deux Irénée d’y apporter des “améliorations”. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La télépathie

    « Je me demande… » dit Nérëatïs « si loin des yeux et loin du cœur,
    Nous ne pourrions communiquer par pensées télétransportées… »
    « Toi, tu te languis d’Atlantïs ! » lui dit son frère à contrecœur
    « Mais quant aux esprits intriqués… c’est peut-être à notre portée… »

    « Yavänor m’a ouvert la voie thérapeutique-physiologique
    Et nous devrions pouvoir l’étendre dans le domaine neurologique
    En concevant un « porte-voix » qui puisse distendre un pont logique
    Qui permettrait de nous comprendre par lien jépistémologique. »

    « Ton idée est intéressante ! » dit Yavänor calculateur…
    « Je conçois le flux de données mais je bute sur le transcepteur !
    Les pensées sont arborescentes donc il faudrait un émetteu
    -Et récepteur coordonnés au réseau neurotransmetteur ! »

    « Pourquoi pas la kundalini ? » propose Nérëatïs d’un revers.
    « Elle remonte du périnée jusqu’au chakra de la couronne
    Avec une portée infinie sur la structure de l’univers… »
    Geminïä ainsi qu’Irénée : « le rôle de la testostérone ! »

    « Alors je vois le protocole ! » imagine Cristïäs tout haut ;
    « Télépathique et cognitif pour métapensées intriquées ! »
    « Il s’agit là d’un cas d’école que nous avions fait en duo
    Nérëatïs et moi addictifs aux conversations imbriquées. »

    Avant midi la théorie est étalée sur le tableau ;
    Avant le soir les deux atlantes se déclarent premiers volontaires ;
    Avant la nuit a priori s’entrouvre le premier hublot
    Sur les pensées communiquantes de la télépathie plantaire.

    « Pourquoi plantaire ? » demande ÄLLÏÄ. « Parce qu’elle va de la tête aux pieds
    Qui servent d’antenne naturelle boostée par la kundalini ! »
    Explique Cristïäs a STELLÏÄ. « Et les pensées, comme il leur sied,
    Deviennent extra corporelles illimitées par l’infini ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’Ordre des Réparateurs du Corps

    « L’intervention conduite par Yavänor, Cristïäs et Yanimïä a permis de stabiliser l’état de Lïlïth.
    Cette réussite marque probablement la naissance d’une nouvelle discipline fondée sur les transpositions locales.
    Lïlïth a proposé de désigner ses fondateurs sous le nom de l’Ordre des Réparateurs du Corps.
    La suggestion a été accueillie avec une modestie… toute relative. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’Ordre des Réparateurs du Corps

    « Lïlïth a fait une syncope par suite de la canicule
    Et elle reste inanimée ! » crie Yanimïä tout le monde.
    « Or je n’ai pas de stéthoscope et pas le moindre fascicule,
    Ni médecin légitimé à des kilomètres à la ronde ! »

    Yavänor, premier sur les lieux, clame sans connaître de médecine :
    « Cristïäs ! Peux-tu réaliser une transposition locale
    En agrandissant le milieu cent fois afin que ça dessine
    La coupe 3D visualisée de la région ombilicale ? »

    Et Cristïäs fait plus que répondre en installant dans la foulée
    L’appareillage improvisé et projette le ventre cintré.
    « Voyez ici dans l’hypocondre, le sang en train de s’écouler !
    Peux-tu, uniquement dans la visée, fixer les veines éventrées ? »

    « Voilà ! C’est fait !» répond Cristïäs « Ce n’est pas parfait mais ça tient ! »
    « Alors inverse le processus et réduit cent fois sur la cible ! »
    Dit Yavänor selon l’alias rétrocédé et qui contient
    La guérison du collapsus en une promesse indicible.

    « La température a baissé ! » annonce Yanimïä soulagée.
    « Le pouls est faible mais constant ; il faut la laisser reposer ;
    Le choc a été encaissé et vous avez bien ouvragé !
    Je la veille en la sustentant d’une perfusion apposée ! »

    Tous réunis dans la cuisine pour se remonter le moral
    Et pour ne pas perdre le nord après ces moments survolteurs…
    « Elle demande Laurelïne et son équipe doctorale !
    Surtout les Docteurs Yavänor et Cristïäs ses deux sauveteurs ! »

    « Nous ne sommes pas des docteurs ! » explique Yavänor à Lïlïth.
    « Tout au plus des réparateurs ! » dit Cristïäs « à 2kπ près ! »
    « Vous n’êtes pas des bonimenteurs ! Vous êtes simplement l’élite
    D’un nouvel ordre salvateur ! » répond Lïlïth tout empourprée.

    Illustration de Ledalïä.

  • Ôkapïä

    «
    Les travaux de Cristïäs sur les nombres transimaginaires ont suscité une question inattendue :

    Si le Poïnt ZérÔ permet de relier les mondes, intervient-il également au commencement de la vie ?

    Les archives atlantes mentionnent une ancienne hypothèse nommée Ôkapïä.

    Nous avons décidé d’en examiner les principes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Ôkapïä

    L’âme qui s’incarne vient-elle d’ailleurs ou est-elle contenue dans l’œuf ?
    Examinons ce qui se passe au moment de la conception !
    Le Poïnt ZérÔ ravitailleur d’âmes contacte l’ovule tout neuf
    Et transmet en pliant l’espace sa toute première connexion.

    Or si l’âme a choisi sa mère pour son cœur ferrique et doré,
    Elle a surtout été happée par les points transimaginaires
    Qui l’ont fait opter pour ce père qu’elle commence à adorer
    À cause d’une priapée révélée extraordinaire.

    Ce qui explique que la physique ignore les choses de l’âme
    Alors qu’au contraire l’amour attire les liens de la vie.
    Le temps devient une musique, la matière l’onde d’une flamme
    Et l’espace plie sous les mamours de deux orgasmes assouvis.

    Les uns disent qu’elle est dans le sang, les autres parmi les neurones ;
    En réalité Ôkapïä est un nuage d’ondes vierges
    Qui va d’abord prendre l’accent au ton de la progestérone
    Qui s’instille pour l’immédiat dans les cellules qui convergent.

    Ôkapïä n’existe pas encore mais bientôt l’âme résonnera
    Pour s’insinuer dans les os et les tissus immaculés.
    Elle prendra possession du corps, l’habitera, l’arraisonnera,
    Et se diluera dans ses eaux comme un signal inoculé.

    Pour l’instant Ôkapïä voyage dans un petit œuf minuscule ;
    Elle a le temps et en profite pour s’incarner dans la matière.
    Elle sent son petit nuage imprégner une seule cellule
    Afin d’être prête au plus vite pour une vie à part entière.

    Dors, victorieuse Ôkapïä, dors ! Ta vie commence dès aujourd’hui
    Tu fais partie d’un vaste plan et ta destinée est immense !
    Lune d’argent et soleil d’or guident la route qui te conduit
    Vers un avenir ressemblant à une véritable romance.

    Illustration de Ledalïä.

  • À 2kπ près

    « Les transimaginaires.

    Réveillée par un cri de “Eurêka !” provenant de la cuisine, j’ai constaté la présence de Cristïäs en pleine démonstration devant un tableau de courses.
    L’intéressé soutenait avoir découvert un nombre transimaginaire, noté Ô, permettant de relier les deux infinis par le Poïnt ZérÔ et d’expliquer le principe de la translation sans déplacement.
    Alinéor assistait à l’exposé avec un calme remarquable. Les circonstances exactes ayant conduit à cette illumination demeurent sujettes à interprétation.

    La théorie sera examinée ultérieurement… à 2kπ près. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Arrête de tourner en rond au nom du ciel ! » glapit STELLÏÄ !
    « Depuis ce soir tu me fatigues avec tes transimaginaires ! »
    « Mais mon amour… c’est le fleuron de mes fractales de Julia
    Qui ont permis le point prodigue ! » répond Cristïäs, l’air visionnaire.

    « Oh, je vois… » réfléchit STELLÏÄ… « si ton masculin positif
    Joint mon féminin négatif au point G – ou au Poïnt ZérÔ –
    Je suis sûre que cette “Julia” verra mon côté sensitif
    Devenir plus pénétratif que toi, mon chéri, mon héros ! »

    « Laisse-moi t’expliquer, mon amour ! » dit Cristïäs en cherchant ses mots.
    « Imagine l’espace infini chevauchant sa moitié ouverte… »
    « Je vois très bien, non sans humour, tes trucs infinitésimaux
    Remonter en catimini ma matrice à la découverte… »

    Répond STELLÏÄ montrant les courbes hyperboliques de ses seins
    Dans un striptease énamouré d’un Cristïäs mathémagicien
    En même temps que le geste fourbe asymptotique du bassin
    Tout en le laissant savourer l’appel psychosomaticien.

    « Si Paris vaut bien une messe… alors les transimaginaires
    Attendront bien demain matin ! » sourit Cristïäs en rejoignant
    La courbe délicate des fesses de STELLÏÄ, non imaginaires,
    Mais bien réelle sur le satin des draps soyeux et rougeoyants.

    Sans doute que le mouvement exponentiel des deux amants
    Fait un tout autre cheminement, du périnée à la couronne,
    Et qui par un résonnement vise à infliger ce moment
    D’une théorie ingénuement entre un luron et sa luronne…

    Et c’est au moment de l’orgasme que Cristïäs sort en s’écriant
    « Eurêka ! » surgissant tout nu devant Alinéor débonnaire.
    À 2k π près, sans sarcasme, Ô devient alors congruant
    Au Poïnt ZérÔ circonvenu à mes nombres transimaginaires !

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Irénée lequel ?

    « Les investigations menées à la suite des incidents de téléportation ont permis d’établir que plusieurs témoignages reposaient sur une erreur d’identification.

    Les individus que nous pensions être Irénée-le-jeune et Irénée-l’ancien étaient en réalité Irénée-l’ancien et son frère, Irénée-l’ancêtre, ce dernier ayant volontairement emprunté l’apparence vestimentaire du premier.

    Cette méprise explique plusieurs incohérences relevées dans les précédents rapports, notamment la présence simultanée de comportements incompatibles avec l’emploi du temps connu d’Irénée-le-jeune.

    Je présente donc mes excuses aux personnes injustement soupçonnées.
    Je ne présente, en revanche, aucune excuse aux deux autres Irénée qui ont délibérément entretenu cette mystification. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Bonjour chérie et bonne pêche ! » clame Irénée-le-jeune en verve
    Mais lorsqu’il voit sa Geminïä, il sait qu’il y a anguille sous roche…
    « Pourquoi donc cet air de pimbêche ? Pourquoi es-tu sur ta réserve ? »
    Dit-il étonné lorsqu’ÄLLÏÄ lui dit : « Tu sais bien ce qu’elle te reproche ! »

    Il écarquille alors les yeux : « Quoi ? Mais… que suis-je donc censé savoir ? »
    « Stop ! Tu t’es bien moqué de nous avec ton arrière-grand-père ! »
    « Mais… le temps était capricieux… après, il s’est mis à pleuvoir…
    Enfin, j’étais sur les genoux mais avec des poissons hors pair ! »

    « Que veux-tu dire ? » ironise-t-elle. « Où étais-tu ces derniers jours ? »
    « Parti pêcher ! » dit Irénée. « On n’avait pas besoin de moi ;
    On m’a signalé des truitelles et suis parti faire un séjour
    À faire une pêche effrénée, pour nous, jusqu’à la fin du mois ! »

    « Mais alors… QUI a secondé Irénée-l’ancien sinon toi ? »
    Demande Geminïä soupçonneuse… « Pourtant maintenant que j’y pense…
    Je t’avais trouvé transcendé, plus mature et discourtois,
    Avec une joue boutonneuse et, je crois bien, un peu de panse… »

    « Et un peu grisonnant peut-être ? » demande Irénée prudemment…
    « Oui, tout à fait ! » acquiesce Lïlïth. « Un peu plus vieux que d’habitude ! »
    « Alors c’est Irénée-l’ancêtre ! Frère de l’ancien, évidemment ! »
    Lâche Irénée… « Son acolyte à chacune d’ses turpitudes ! »

    « Ça veut donc dire que ton grand-père a fait venir à notre insu
    Son frère tout en nous faisant croire qu’il n’était autre que toi-même ! »
    Constate Lïlïth qui espère trouver, au conflit, une issue
    Mais qui réalise quelle poire elle a été dans ce dilemme !

    « Ils sont repartis pour Thestïäs pour y installer leur machine
    Afin d’établir la navette avec notre Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
    Précise incidemment Cristïäs. « Mais, au contraire, j’imagine
    Qu’ils vont produire à la sauvette plutôt une drôle de noria ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La Nuit des Azimuts Fuyants

    « Le C.E.T. est un succès et les deux Irénée le respectent.
    Nous qui nous étions méfiés d’eux, nous sommes satisfaits de voir qu’ils se montrent enfin raisonnables.

    Geminïä est nerveuse. Ses rapports avec Irénée-le-jeune seraient-ils houleux ? Eux qui semblaient inséparables ont changé depuis hier… C’est bizarre.

    Lïlïth est très absorbée par les plans que Cristïäs tente en vain de lui expliquer. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Cette nuit-là, sous les photophores, les deux Irénée rient encore ;
    Leurs lunettes pleines de reflets, les doigts barbouillés d’étincelles.
    « On a frôlé la catastrophe ! », dit l’un, « mais quel joli décor
    Pour tester un réseau soufflé au nez de ces vieilles dentelles ! »

    « Et Nérätïs ? » demande l’autre, « a-t-elle senti le contrecoup
    Quand on a tiré la ligne bleue juste au-dessus de l’océan ? »
    « À peine ! » répond l’ancien. « Le flux a juste vibré sur le coup
    Mais que veux-tu ? Ces bons vieux nœuds ne sont ni tendres ni bienséants ! »

    Ils tracent encore, ils tracent toujours, des routes que nul n’a demandées,
    Des ponts secrets, des arcs pliés, des longs couloirs stratifiés.
    « Le C.E.T. ne ferait qu’un tour s’il savait ce qu’on a commandé… »
    « Bah ! Ils nous ont tous oubliés et nul ne viendra vérifier. »

    « Et Lïlïth ? » souffle l’un soudain, « si elle découvre notre manège ? »
    « Elle saura bien qu’on l’a trompée, mais elle aimera le résultat ;
    Elle dira qu’on est des gredins, que c’est dangereux ou un piège…
    Puis elle viendra s’y tremper le bout du nez sans coup d’éclat ! »

    Un silence. Un rire. Un silence. Quatre mains qui s’agitent encore
    En dessinant des escaliers double hélice en colimaçon.
    « Quand tout sera prêt, vigilance ! », dit l’un, « il faudra qu’on soit bien raccord
    Pour monter au dernier palier sans laisser l’ombre d’un soupçon ! »

    Ce soir, les étoiles filantes tracent leurs traits sur un ciel sombre
    En coups de craies pour imiter leurs diagrammes déraisonnables.
    « Allez ! » dit l’un. « Encore un saut ! Encore un rêve sorti de l’ombre ;
    Bientôt le télétransporteur deviendra vite inévitable ! »

    « Crois-tu que l’on m’ait reconnu malgré les habits dérobés ? »
    « Penses-tu ! » lui répond l’ancien, « ils n’avaient d’yeux que pour l’engin ! »
    Tout était tellement saugrenu que même Geminïä absorbée
    N’a vu à ton air béotien qu’en fait, tu étais mon frangin ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les avatars d’une technique montante

    « Depuis la ratification du CET (Code d’Éthique des Téléportations), les transferts intermondes sont désormais strictement encadrés.
    Les procédures de sécurité, les déclarations de portails et les contrôles d’accès garantissent aujourd’hui une utilisation parfaitement maîtrisée de cette technologie.
    Les incidents rapportés dans les archives suivantes appartiennent à une époque expérimentale désormais révolue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les avatars d'une technique montante

    Quelque part ou bien n’importe où… et pourquoi pas n’importe quand ?
    Heureusement les Irénée ne voyagent pas dans le temps.
    Où peuvent être ces touche-à-tout ? Ont-ils encore changé de camp ?
    Qui saura donc les réfréner ? Est-ce que ça durera longtemps ?

    Quelle est donc cette main qui trace des lignes de Thestïäs à la Terre,
    Des lignes bleues vers Atlantïs et des limites au Poïnt ZérÔ ?
    Des drôles de machines qui contrastent avec d’autres un peu plus austères
    Et sans que rien ne garantisse quant aux azimuts sidéraux…

    Cette nuit-là les Irénée, dont quatre mains tirent des plans
    Sur la comète ou bien ailleurs, étendent leurs nouveaux réseaux.
    « Lïlïth est-elle rassérénée ? » demande l’un de but en blanc
    « T’inquiète ! Le pont ravitailleur est resté planqué sous les eaux ! »

    « C’était une bonne idée pourtant d’avoir fait semblant d’être pris
    La main dans le sac par Lïlïth et leur livrer notre machine ! »
    « Oui ! » Répond l’autre à bout portant. « Nous aurions été incompris
    Et leurs choix “licites-illicites” nous auraient fait courber l’échine ! »

    « Et le coup de l’écu violet qu’on aurait perdu a marché ;
    Lïlïth n’aura pas mis longtemps à se retourner contre nous ! »
    « Oui ! Je l’avais bien rafistolé comme si on l’avait harnaché
    À un centaure d’un autre temps ! » lui garantit l’autre à genoux.

    « Et ce Cristïäs quel ingénu doublé d’un génie, d’autant plus ;
    Il nous a mâché le travail en trouvant ce qui n’allait pas ! »
    « Oui ! Cet idiot est parvenu à donner le bon stimulus
    Pour arriver, vaille que vaille, à nous faire gagner le combat ! »

    « Un télétransporteur au point qui nous permettra les transferts
    D’un coin à l’autre de l’univers et sans laisser la moindre trace ! »
    « Oui ! » dit l’autre en serrant le poing. « Fini les commerces d’enfer
    Vivent les trafics multivers et sans la moindre paperasse ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Réussite sur tout la ligne

    « Les premiers essais du réseau navigateur ont confirmé la viabilité des transferts contrôlés entre la Terre et Thestïäs.

    Une altération volontaire des paramètres de téléportation a toutefois été découverte au cours de l’enquête.

    Les responsables ont été identifiés. Les éclats de rire se poursuivent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Réussite sur tout la ligne

    Aussitôt le premier essai, les Irénée sont au travail
    Mais ils ont beau vérifier, les calculs paraissent corrects…
    Cependant s’ils s’intéressaient à une certaine canaille
    Ils l’auraient vue modifier les paramètres en direct…

    Or Éôlïäne qui n’en peut plus chuchote à l’oreille d’Azurïanne
    Qui rit mais rit à chaudes larmes ce qui intrigue alors ÄLLÏÄ
    Qui s’met à rire de plus en plus à s’en taper les os du crâne
    Et transmet son signal d’alarme qui contamine aussi STELLÏÄ.

    « Mais qu’est-ce qui vous amuse tant ? » questionne Cristïäs agacé.
    « Ha ha ha ha ! » On a réglé la téléportation sur “chair”
    En ne laissant que l’important, c’est-à-dire “vêtements effacés”
    Pour effrayer ces vieux cinglés et les faire tomber de leurs chaires ! »

    « Même Yanimïä a approuvé la blague faite à tout le monde !
    Comme nous, elle est souvent à poil, alors un peu plus, un peu moins…
    Sans le savoir, elle a prouvé que la seule controverse immonde
    N’est pas d’atteindre les étoiles mais d’être nue devant témoins… »

    « Exactement ! » dit Yanimïä. « J’ai même trouvé ça agréable !
    Et tout l’aréopage blême comme si c’était la catastrophe ! »
    « Oui mais quand même ! » dit Geminïä. « Ce n’était pas très respectable
    Et risque de causer des problèmes si jamais on nous apostrophe ! »

    « Tout est noté ! » conclut ÄLLÏÄ. « Et je vais taper le rapport
    Car nous avons sauvegardé les films qu’on a pixélisés
    Pudiquement avec STELLÏÄ afin qu’on ne voie rien du corps
    Qu’on aurait pu voir placardé chez certains “non-civilisés” ! »

    « Tout cela me paraît raisonnable » achève Lïlïth. « Sortons d’ici
    Et remontons pour nous détendre autour du verre de l’amitié !
    De cette journée mémorable, notre science bénéficie
    D’une technologie à défendre et léguer à nos héritiers ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les premiers essais

    « Les premiers essais du réseau navigateur ont été concluants et ont permis de confirmer la stabilité des transferts entre la Terre et Thestïäs.

    Le transfert d’un sujet humain volontaire s’est déroulé sans incident physiologique notable.
    Les tissus biologiques transférées sont arrivés à destination dans un état satisfaisant.

    Les vêtements n’ont toutefois pas accompagné le voyageur. Cette anomalie fait actuellement l’objet de recherches approfondies. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Quatre cameras sont installées dans l’atelier avant toute modification
    Et Cristïäs et les Irénée semblent bien s’en accommoder.
    L’azimuteur sur chevalet est ouvert pour réparations
    Tout a été entériné, examiné et décodé.

    On a commencé par un fruit derrière une chape de plomb
    Le fruit est arrivé intact sur la terrasse préparée.
    Après avoir été instruits du maniement avec aplomb
    ÄLLÏÄ a surveillé l’impact sur une souris capturée.

    Troisième essai Terre-Thestïäs et un rat de laboratoire ;
    Il part, il est bien arrivé, la clause paraît bien entendue.
    « Nous sommes prêts » a dit Cristïäs « Tests réussis avec victoire ! »
    Tout le monde est suractivé mais Yanimïä est détendue.

    « On va faire un aller-retour ; installe-toi entre les marques ! »
    Précise Cristïäs à Yanimïä connaissant le risque encouru.
    Elle disparaît à son tour mais comme STELLÏÄ le remarque
    Ses vêtements sont restés là et Yanimïä a disparu.

    « Je vous ai trouvé le slogan ! » rit Éôlïäne de bon cœur :
    « Téléportez-vous dans l’espace mais vous voyagerez à poil !
    On ne peut dire que c’est fringant ni qu’on s’dessape à contrecœur ;
    Il faudra mettre de place en place des garde-robes cinq étoiles ! »

    « Mais fais revenir Yanimïä ! » rit Éôlïäne de plus belle
    « Elle est là-bas entièrement nue devant tout un aréopage ! »
    Heureusement, c’est Geminïä qui fait revenir sans séquelles
    Yanimïä sans disconvenue très amusée du cabotage.

    « Ils étaient rouges comme des tomates ! » Rigole-t-elle avec insouciance.
    « Mais alors qu’est-ce qu’ils sont vieux jeu et complètement à contre-emploi !
    Mais j’ai été très diplomate et dit que c’était pour la science !
    Alors ils ont compris l’enjeu et ont applaudi notre exploit ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le Commissariat Légal de Téléportation

    « Le Commissariat Légal de Téléportation a été officiellement constitué afin d’encadrer les futurs usages du réseau navigateur.

    Les protocoles d’essai sont en cours d’élaboration.

    Les personnes chargées de surveiller l’expérience semblent particulièrement motivées. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    « C’est entendu ! » tranche Lïlïth, « Cristïäs aide les Irénée
    À sécuriser la machine mais avec cette interdiction
    D’une application illicite qui ne serait entérinée
    Par un conseil que j’imagine habilité aux prescriptions. »

    « Je fonde le Commissariat Légal de Téléportation
    Présidé par les cinq LLyrïädes et Yavänor notre mentor.
    Et je propose Ledalïä, porte-parole de formation,
    Pour organiser la triade avec nos trois savants retors ! »

    « Justement » intervient STELLÏÄ… « Comment allons-nous contrôler
    Les téléportations légales de celles qui sont prohibées ? »
    « C’est très facile ! » répond ÄLLÏÄ. « Il suffit de mettre un relais
    Qui empêche les martingales et fonctionne à la dérobée ! »

    « Bravo, les filles ! » clame Lïlïth. « Décidément c’est dans nos gènes
    Qu’on retrouve enfin le bon sens et les responsabilités !
    À vous de voir ce qui facilite une appréciation homogène ;
    Vous ferez les reconnaissances et serez seules habilitées ! »

    « À quand les tous premiers essais ? » demande ORPHÉÔN intrigué
    « Eh bien commençons ce matin à démonter l’azimuteur
    Pour limiter tous ses excès aux coordonnées intriquées
    Sans y perdre notre latin… » dit Cristïäs, bon contributeur.

    « Sous la surveillance des filles et ce ne sera pas autrement ! »
    Ordonne Lïlïth méfiante sur la vertu de son chéri…
    « Nous allons nous mettre en cheville avec eux opiniâtrement ! »
    Prévient ÄLLÏÄ stupéfiante dans le rôle qu’elle surenchérit.

    « Je l’espère opérationnel d’ici demain… des volontaires ? »
    Demande l’ancien, sourcils levés et un petit sourire aux lèvres…
    « Moi ! Si ce truc est fonctionnel ! » coupe Yanimïä autoritaire
    « Moi seule pourra s’en relever selon ce que l’essai nous réserve… »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’artefact qui divise

    « Les recherches relatives au réseau navigateur ont permis d’identifier une anomalie géométrique susceptible d’expliquer plusieurs transferts involontaires entre les mondes.

    La perspective d’une correction a suscité un vif enthousiasme.

    Les usages potentiels du dispositif ont suscité un débat plus vif encore. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Après toutes ces émotions les Llyrïädes et les Irénée
    Se sont rassemblés au salon afin de prendre des décisions.
    Ce moyen de locomotion exige d’être réfréné
    Et nécessite un étalon avec toutes les précisions.

    « Ces artefacts et ces rayons… existe-t-il une barrière
    Capable de les arrêter ? » suggère Cristïäs calmement.
    « C’est ce sur quoi nous travaillons ! » dit l’ancien revenant en arrière
    Sur les échecs à regretter sans comprendre vraiment comment.

    « Une enceinte neuro-résonante qui fasse cage de Faraday… »
    Pense Cristïäs, « solutionnerait ces parasites inattendus…
    Et la seule voie raisonnante devra pouvoir rétrograder
    Et ainsi perfectionnerait le bon résultat attendu… »

    « J’ai trouvé ! C’est la direction de l’origine à l’objectif
    Qui n’est pas un simple vecteur mais toute une droite infinie
    Qui capte toute intersection qui subit l’effet projectif !
    Il faut limiter le secteur à ses deux seuls points définis. »

    « Alors on pourra transférer tout ce qu’on voudra subtiliser
    D’un monde à l’autre incognito… » commencent à dire les Irénée…
    « Des bootleggers invétérés ! » tranche Lïlïth paralysée
    Par tous les crimes capitaux dont elle va les morigéner.

    « Attends ! » dit-il déconcerté, « à ton avis comment votre or
    A permis d’acheter la maison, alors qu’il provient de Thestïäs
    Et sans qu’il soit intercepté par quelques douaniers retors ?
    Par une simple combinaison avec l’agrément de Cristïäs ! »

    « Deux cas sont liés au problème ! » soutient Lïlïth avec raison.
    « Le premier, sa résolution par un moyen de bon aloi.
    Le deuxième, lever le dilemme sur les fourbes utilisations
    Qui sèmeraient la révolution parmi les États et leurs lois ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • La machine à problèmes

    « Une séance d’information consacrée au réseau navigateur a été organisée afin de clarifier plusieurs incidents attribués à une expérimentation neuro-spatiale.

    Les participants sont repartis avec davantage de renseignements.

    Il n’est pas certain qu’ils disposent pour autant de davantage de réponses. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La machine à problèmes

    « Téléportation personnelle… » commence le jeune timidement…
    « Produit de la neuroscience… » précise l’ancien prudemment…
    « D’une technique exceptionnelle… » coupe le jeune hâtivement…
    « Qui utilise la subconscience… » tranche l’ancien pertinemment…

    « Stop ! Arrêtez ! » tronque Lïlïth, « Ne parlez pas en même temps !
    Et toi, Ledalïä, décris-nous ce que cet engin de malheur
    Est sensé faire qui explicite qu’on enlève les gens en jetant
    De la poudre aux yeux et pour nous faire croire à un truc de valeur ! »

    « Comme vous savez… » dit Ledalïä, « à l’image de l’univers,
    Le cerveau, par ses connexions, est aussi vaste qu’une galaxie.
    Le temps – comme l’a montré ÄLLÏÄ – qui passe par des trous de ver
    N’est en fait qu’une conception reliée à ses chronaxies.

    Ce qui signifie que l’on peut d’une simple pensée replier
    L’espace et ainsi voyager où l’on veut sans difficulté.
    Hélas le tissu adipeux fait office de bouclier
    Mais nous avons envisagé de déployer ses facultés.

    Par résonance magnétique, nous prolongeons tous les neurones
    Dans un réseau qui outrepasse nos propres limites humaines.
    Et, par la télékinétique couplée à la testostérone,
    Nous nous déplaçons dans l’espace grâce à cet épiphénomène. »

    À cet instant, un ange passe, et même plusieurs à la fois…
    Lïlïth s’assied, la tête lourde mais reprenant son air sévère :
    « Pourquoi vos tours de passe-passe chopent mes filles et les envoient,
    Suite à une véritable bourde, n’importe où au diable vauvert.

    « C’est ce sur quoi nous travaillons car le réseau navigateur
    Produit en équanimité, entre Thestïäs et Atlantïs,
    Des artefacts et des rayons qui happent dans leur collimateur
    Ceux qui sont à proximité sans savoir où ils aboutissent. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Coupables et irresponsables

    « Il existe une différence subtile entre un criminel et un inventeur imprudent. Le premier sait généralement ce qu’il fait. Le second l’ignore jusqu’au moment où quelqu’un disparaît. »

    Certaines énigmes naissent d’une volonté malveillante.
    D’autres d’un excès de confiance.
    Les secondes sont souvent les plus difficiles à expliquer aux victimes. »

    Les coupables cherchent parfois à cacher leurs actes.
    Les irresponsables, eux, construisent des machines capables de les reproduire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Coupables et irresponsables

    « Et toi, qu’est-ce que tu fais ici… » dit Lïlïth avec impatience
    En montrant Ledalïä du doigt. « …avec ces deux polichinelles ? »
    « Tu sais…, lorsque tu t’inities…, c’est super bien la neuroscience… »
    Lïlïth explose comme il se doit : « Vous êtes tous des criminels ! »

    « Comment cela des criminels ? » répond Ledalïä en tremblant…
    « Demande à ces deux ravisseurs qui ont enlevé deux enfants ! »
    Crie Lïlïth d’un ton solennel en accusant sans faux-semblants
    Les deux Irénée ourdisseurs montrés du doigt apostrophant.

    « Le premier, c’est un accident ! » Plaide le plus jeune baissant les yeux ;
    « Et le deuxième également ! » Explique l’ancien à son tour.
    « Vos propos sont outrecuidants et vos appareils pernicieux ! »
    Rugit Lïlïth viscéralement, « Expliquez-vous et sans détour ! »

    « Je concevais un prototype sur Thestias quand c’est arrivé… »
    Dit le plus jeune « en réaction, l’appareil a occasionné
    Le transfert dû à l’archétype qui s’est mis à réactiver
    L’effet de téléportation sans que je puisse l’étalonner… »

    « … Et malheureusement Éôlïäne était dans le champ de transfert
    Qui l’a envoyée n’importe où sans que je puisse la localiser ! »
    « Et c’est pareil pour Azurïanne ! » ajoute l’ancien de concert
    « En prenant mon passe-partout, j’ai dû la défocaliser ! »

    « Donc vous téléportez deux filles et ça ne pose aucun problème ! »
    Et cette fois elle articule : « Mais – vous – êtes – deux – ir – res – pon – sables ! »
    « On a cherché dans toute la ville ! » bafouille alors l’un des deux, blême,
    J’ai refait maintes fois les calculs mais c’était indéfinissable ! »

    « Moi, j’ai voulu faire un essai sans vérifier derrière la porte
    Si quelqu’un était dans le champ… mais je m’suis fait du souci ! »
    « Je ne sais s’il faut s’adresser à la police mais peu importe ! »
    Dit Lïlïth en se rapprochant : « Maintenant qu’est-ce que ceci ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La clef de l’énigme

    « Les disparitions inexpliquées conduisent rarement là où nous les imaginons.
    Nous cherchions un ravisseur ; nous avons trouvé deux inventeurs. Le mystère demeure entier, mais il possède désormais une adresse.
    Mais avant d’accuser un ancien contrebandier,
    il convient d’inspecter son atelier.
    Les coupables s’y cachent parfois. Les solutions aussi.
    Toute enquête sérieuse, commencée par des soupçons,
    se poursuit par des erreurs et finit généralement
    dans un atelier encombré de câbles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La clef de l’énigme

    Après quelques explications sur les derniers évènements,
    Après quelques présentations sur les deux nouveaux personnages,
    On essaie sans complication de relier les enchaînements,
    Juger les argumentations et écouter les témoignages.

    « Et vous n’avez vraiment trouvé aucune trace du ravisseur ? »
    Demande Loreleï circonspecte mais Cristïäs alors intervient :
    « Cet écusson pourrait prouver un lien avec son possesseur
    Mais aucune piste suspecte ! Du moins… personne ne s’en souvient ! »

    Lïlïth blêmit devant l’écu ; elle reste un bon moment, figée,
    Puis crie brusquement : « Irénée ! » et s’immobilise de stupeur.
    « Et moi, j’en reste sur le cul ! » Dit Éôlïäne mitigée,
    Pas forcément rassérénée de connaître son kidnappeur.

    « Au fait, où sont-ils ces deux-là ? » Demande Loreleï à la ronde.
    « C’est vrai qu’on n’les voit pas souvent… » réplique alors Laurelïne inquiète.
    Geminïä réfléchit : « Holà ! avec mes rapports intermondes
    Au moins deux mois auparavant, il m’a quittée pour une quête… »

    « Allons fouiller de fond en comble leurs chambres et leurs appartements ! »
    Dit Lïlïth montant l’escalier suivie par les filles en colère.
    « Rien ! Cette fois la mesure est comble ! » Dit-elle incontestablement.
    « N’avaient-ils pas un atelier ! » suggère ÄLLÏÄ protocolaire.

    La petite troupe reprend espoir et se dirige vers les annexes
    D’où l’on entend des voix mêlées en conflits plutôt prometteurs…
    Le premier en plein désespoir devant l’ancien en lien connexe
    Avec des câbles entremêlés pendant d’un neuro-émetteur.

    « Tu as repris la contrebande ! » Lance Lïlïth accusatrice !
    « Ce n’est pas ce que vous croyez ! » Répond l’ancien déconcerté…
    « Bien sût que si avec ta bande ! » reprend-elle en procuratrice !
    « Je ne veux pas t’apitoyer ! » Tranche-t-il… « Je vais t’expliquer… »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le mystère rode

    « Rapport N°19 – L’éternel retour.

    L’inspection du temple de Diane a confirmé l’existence d’un ancien réseau des dieux.
    L’activation involontaire du dispositif par Cristïäs a permis à une délégation atlante de rejoindre directement ÔPHÉLÏÄ.
    Les coïncidences avec les portails utilisés par ÄLLÏÄ et STELLÏÄ confirment une origine commune.
    Le premier contact entre les habitants d’Atlantïs et les LLyrïädes s’est déroulé dans des conditions globalement satisfaisantes malgré le mystère qui rode… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le mystère rode

    « Je veux savoir comment la porte fonctionne et qui l’a employée ! »
    Ordonne Nérätïs aux gardes. « Peut-être cet écu violet ? »
    Fait Cristïäs tandis qu’il actionne la porte en la faisant ployer
    Sur elle-même disant « Regarde ! Il suffisait de la frôler ! »

    « C’est surtout car tu as le sceau ! » lui fait remarque Nérätïs
    « J’aurais dû y penser moi-même ! Quant à cet écu, c’est l’indice
    Qui va devenir un faisceau qui révèlera à Atlantïs
    Quel est à la fois le problème et quels sont les plans qui l’ourdissent ! »

    Nérätïs informe Astérïas et l’informe sur ses intentions :
    « Nous partons explorer la porte ; surveille nos allées-venues
    Nous progressons avec Cristïäs avec toutes les précautions
    Ainsi que les filles qui apportent un témoignage bienvenu ! »

    « Ça, ce n’est pas un Hub Atlante ! » disent Cristïäs et Nérätïs.
    « Non car il provient du futur ! » font ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ.
    « Cette porte est très ressemblante à la découverte subreptice
    Par laquelle notre aventure nous a plongées dans l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    « Le sas cristal, le sas métal et un sas pour chaque élément ! »
    Font les sirènes devant leur sas… et disparaissent dans un halo.
    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, c’est fatal, y entrent délibérément
    Et, à l’exemple de Cristïäs, tous sont attirés à vau-l’eau.

    « Et nous voici dans ÔPHÉLÏÄ ! » dit Azurïanne peu surprise
    « Pour être rapide, c’est rapide ! Et les mantisses sont dépassées ! »
    Rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sur la situation incomprise…
    « Montons ! » lance ORPHÉÔN avide de retrouver le gynécée.

    Et c’est la surprise totale faite sans tambour ni trompette
    Lorsque le groupe alors surprend les LLyrïädes en train de manger.
    La confusion est capitale et fait l’effet d’une tempête ;
    Laurelïne et Loreleï s’empourprant s’écrient « Qui sont ces étrangers ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • Sur la piste d’une porte stylisée

    « Rapport N°18 – Le passage oublié.

    Les souvenirs d’Azurïanne situent son enlèvement au temple de Diane, près d’un ancien sas associé aux dieux.
    Les circonstances présentent des similitudes inattendues avec l’arrivée de Cristïäs sur Thestïäs.
    Une inspection du site a été ordonnée. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Ledalïä est de bon conseil et sa suggestion pertinente ! »
    Dit, en terminant le message, Nérätïs d’un air effrayé.
    « Voyons… il faut que je m’asseye devant une carte déterminante
    Pour repérer tous les passages car le nôtre est bien surveillé.

    « De quoi se souvient Azurïanne ? » demande-t-elle à l’intéressée…
    « Je venais de quitter ma sœur… » fait la sirène, l’air larmoyeur.
    « Puis autour du temple de Diane, j’ai été soudain agressée
    Sans avoir vu mon oppresseur et me suis réveillée ailleurs. »

    « Oui ! Autour du temple de Diane ! C’est l’ancien passage des dieux
    Mais qui n’est plus utilisé ; du moins c’est ce que l’on m’a dit… »
    Réfléchit alors Azurïanne et soudain, prenant l’air radieux :
    « Il y a une porte stylisée d’où une lumière irradie ! »

    « Conduis-nous immédiatement et je vais quérir quelques gardes ! »
    Dit Nérätïs se relevant et ordonnant ses directives.
    Cristïäs rétorque béatement alors que sa sœur le regarde :
    « J’ai échoué en dérivant et j’y pense par rétrospective… »

    « Comment cela ? » Questionne ÄLLÏÄ. « Tu avais échoué sur Thestïäs ! »
    « Mais à la suite d’un sabotage qui a explosé ma navette !
    Il y avait trop d’aléas pour l’expliquer… » répond Cristïäs
    « J’avais trop de désavantages pour enquêter à la sauvette ! »

    À l’entrée du temple de Diane, Azurïanne alors se souvient :
    « Suite au décès de nos parents, je soulève alors le problème
    Sur l’enlèvement d’Éôlïäne – à présent tout ça me revient –
    Et puis un détail apparent relie Thestïäs à ce lieu-même ! »

    « Aussitôt entrée, j’ai reçu un coup et je m’suis évanouie
    Pour me retrouver dans le sas qui m’a conduit vers l’inconnu.
    Mais hélas je n’ai jamais su pour quelle raison inouïe…
    Or ma mémoire me le ressasse depuis que je suis revenue ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, le solstice d’été

    « À Laurelïne et Loreleï,

    Les distances ne sont que des détours pour les cœurs qui se connaissent.

    En ce jour où le Soleil marque son plus long passage dans le ciel, nous levons nos verres depuis Atlantïs à votre santé, à celle de vos enfants à naître et à tous les chemins qui nous réuniront bientôt.

    Que votre bonheur soit aussi vaste que les océans qui nous séparent et aussi certain que les étoiles qui nous guident.
    Nous pensons à vous. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, le solstice d’été

    Souhaitons un double anniversaire à nos deux LLyrïädes sacrées ;
    Laurelïne et Loreleï futures mères entre le vingt et vingt-et-un juin.
    Lïlïth a fait le nécessaire et Ledalïä a consacré
    Ce moment extraordinaire avec Yavänor leur conjoint.

    Si Laurelïne, Loreleï et Lïlïth sont toutes les trois à l’honneur,
    Ledalïä avec Geminïä célèbrent la maternité.
    Ainsi le solstice explicite d’autres jours suivants de bonheur
    Pour Ärÿnor, Élyäna et Yavänor bientôt fêtés.

    Laissons plutôt Alinéor nous inviter à cette fête !
    Boulghour à la turque « bonne femme » et salades du palatinat.
    Vins blancs et rouges de Cahors pour une association parfaite
    Et le sésame du sésame qui fait la sauce du Trina.

    Geminïä leur aura raconté les dernières nouvelles d’Atlantïs,
    Le tourbillon du Médiapode qui a fait rire tout le monde,
    La planète creuse à remonter sous l’égide de Nérätïs
    Et Olivïäne aux antipodes et ses mésaventures immondes.

    Lïlïth soupire : « Pauvres petites, orphelines et puis séparées… »
    Laurelïne ajoute : « Olivïäne fonce ! Elle a du feu cette gamine ! »
    « Des sirènes vraiment tripartites… » cumule Loreleï presque effarée
    « Et qui attend une réponse ! Conclurait ÄLLÏÄ, cristalline… »

    « Peux-tu leur transmettre un message ? » Demande-t-on à Geminïä
    « Oui ! Je n’y avais pas pensé » avoue-t-elle alors, prise en faute.
    « Dis-leur de trouver le passage qui mène ici ! » dit Ledalïä
    « Peut-être qu’il faut commencer par-là ! » pense-t-elle à voix haute.

    « Je l’envoie immédiatement ! » répond Geminïä en courant
    Et s’engouffrant dans l’escalier avec l’empressement nécessaire.
    « Trinquons à cet évènement ! » dit Yavänor en entourant
    Toutes ses femmes ralliées à célébrer l’anniversaire.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le secret d’Olivïäne

    « Rapport N°17 – Les Trois Sœurs.

    Une découverte inattendue suggère l’existence d’un lien de parenté entre Azurïanne, Éôlïäne et Olivïäne.
    Les témoignages demeurent fragmentaires mais convergent vers une ancienne disparition demeurée inexpliquée.
    Les licornes télépathes affirment avoir reconnu leurs voix avant même qu’elles ne se reconnaissent elles-mêmes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le secret d’Olivïäne

    « C’est ma sœur ! » s’écrie Azurïanne qui plonge aussitôt dans la mer
    Suivie d’ÄLLÏÄ et d’Éôlïäne puis de STELLÏÄ qui s’inquiétait.
    « Il était temps ! » dit Olivïäne avec un rictus bien amer
    « Et tu nous ramènes Éôlïäne tout comme si de rien n’était… »

    « Que veux-tu dire ? » dit cette dernière « Je ne peux pas être ta sœur
    Je suis native de Thestïäs ! » mais Olivïäne l’interrompt :
    « Tu y es née en pouponnière… et jusqu’à ce qu’un ravisseur
    T’enlève sans laisser de trace et disparaisse des environs… »

    « On t’a cherchée pendant dix ans mais on ne t’a pas retrouvée ;
    Maman est morte de chagrin et papa aussi, peu après.
    J’ai entendu des gens disant à propos de filles éprouvés
    Par les centaures “qu’elles ont un grain”… j’ai écouté sans faire exprès… »

    « Ce sont les licornes du nord avec celles du sud, télépathes,
    Qui m’ont parlé de deux sirènes aux cheveux bleus et émeraude.
    Toutes deux d’un timbre sonore dont leurs oreilles leur rabattent
    Une parenté souveraine avec ma voix qui les taraude ! »

    « Et moi ? Qui donc m’a enlevée et m’a abandonnée sur Terre ? »
    Interroge Azurïanne en larmes. « J’ignore ce qui s’est passé ! »
    « Je ne sais pas. On a soulevé toutes les questions élémentaires
    Et laissé faire nos gens d’armes ! » répond Olivïäne dépassée.

    Nérätïs alors intervient : « Je me souviens de cette affaire ;
    J’étais très jeune évidemment mais je me sens proche des vôtres.
    Je prends les mesures qu’il convient pour toutes les trois vous satisfaire
    Et j’aimerais incidemment te demander d’être des nôtres ! »

    « Cela fait des années que je cherche alors s’il y a le moindre espoir,
    Je vous suivrai au bout du monde afin que justice soit faite ! »
    Dit celle à qui on tend la perche pour effacer le désespoir
    Dû au familicide immonde qui a frappé les trois nymphettes.

    Illustration de Ledalïä.

  • Olivïäne

    « Rapport N°16 – Apparition d’Olivïäne.

    Une quatrième sirène a rejoint notre communauté. Son langage privilégie les coraux, les algues rares et les pierreries sous-marines.
    Sa présence semble exercer un effet apaisant sur les autres pensionnaires bien que ses revendications aient troublé Nérätïs.
    Azurïanne semble la reconnaître… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Bel exposé en vérité, Madame la conférencière !
    Pourtant vous m’avez ignorée, moi et tous ceux de mon espèce ! »
    Proclame avec sévérité une voix assez outrancière
    Tandis qu’une sirène timorée s’assied sur une vague épaisse.

    « Dragons, Centaures, Lionnesses, Stryges et bien même les Gorgones,
    Licornes, Python toutefois ont retenu votre attention
    Mais les sirènes dont la jeunesse éternelle pourtant vous étonne
    Ne figurent pas une seule fois dans votre noble recension ! »

    « Certes, je ne possède point les dimensions d’un monstre antique,
    Ni la réputation d’un sphinx ou d’un vieux serpent abyssal
    Mais je peux faire le contrepoint car mon peuple reste authentique
    Et le chant de notre larynx garde sa portée colossale ! »

    « Je suis Olivïäne la sirène et Atlantïs est mon royaume
    Enfin… plutôt ses profondeurs puisque je ne suis pas invitée !
    Pourtant j’ai ouï trois voix sereines aux mêmes accents que mon idiome…
    Quel est le décret pourfendeur qui nous vaut cette pugnacité ? »

    « Nul décret n’a jamais frappé votre peuple d’une telle sentence ;
    Je crains qu’il ne s’agisse plutôt d’un regrettable oubli de ma part.
    Les archives sont parfois drapées d’ignorance ou même d’absence
    Là où l’Histoire vient aussitôt combler ce vide de faits épars. »

    « Si trois voix vous ont ressemblé, c’est qu’elles étaient de vos sœurs !
    Les mers transmettent quelquefois des échos que nul ne récuse.
    Atlantïs souhaite rassembler toutes les races comme consœurs
    Et j’espère bien toutefois que vous acceptiez mes excuses ! »

    Et Nérätïs se mettre à l’eau en gage de réconciliation
    Souriante et la main tendue qu’accepte Olivïäne méfiante.
    Alors elle avance, l’air pâlot, en acceptant l’assignation
    En chantant cet air entendu tant de fois parmi les Atlantes.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Petit traité de zoologie atlante

    « Rapport N°15 – Petit traité de zoologie atlante.

    La Princesse Nérätïs nous a présenté un aperçu des principales lignées mythozoologiques recensées sur Atlantis.
    L’exposé établit des correspondances entre plusieurs créatures légendaires des traditions extérieures et leurs équivalents atlantes.
    Cristïäs a suivi la conférence avec un intérêt manifeste. Les autres participants ont découvert que certaines légendes conservent parfois le souvenir déformé d’espèces bien réelles.
    Les archives du centre Guido-Rossum semblent confirmer que la frontière entre mythe, histoire naturelle et mémoire collective demeure plus perméable que nous l’imaginions. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Petit traité de zoologie atlante

    Une conférence est donnée par Nérätïs sur la dunette
    Car après Licornes et Centaures, Dodos et le Python-des-mers,
    D’autres espèces subordonnées à la faune de la planète
    Font l’objet, par notre mentor, d’un exposé sur les chimères.

    Méduse, Euryale et Sthéno connues comme étant les Gorgones,
    Ont évolué en Atlantide et sont devenues moins hideuses.
    De ces monstres phénoménaux, il reste les fausses-dragonnes
    Ainsi que les derniers cryptides d’atmosphères assez brouillardeuses.

    Les Sphynx, Manticore et Griffon, sont les célèbres Lionnesses
    Qui sont devenus les grands fauves, descendants d’illustres ancêtres.
    Ainsi que le fameux Typhon, Père de toutes les diaconesses,
    Les prêtresses du monstre chauve, l’abominable Metamaître.

    Vampires aux usages nocturnes étaient les Stryges à l’origine ;
    Ils ont donné au fil du temps, Chauves-souris, Renards, Roussettes.
    D’apparence assez taciturne, ils vivent avec les sauvagines,
    Oiseaux de marais et d’étang, en colonies dans les orcettes.

    Quant aux divinités marines les cinquante filles de Nérée,
    Amphitrite, Galatée, Thétis, sont les plus célèbres Néréides.
    Et par filiation utérine, on y retrouve les Irénées ;
    Et par Nérätïs et Thätïs, leurs origines perséides.

    De Colchide ou des Hespérides et de Thèbes venaient les dragons,
    Sortes de serpents monstrueux dont seuls les rouges ont survécu.
    Nessie, qui n’a pas pris une ride dans les lochs comme les lagons,
    Aurait la peau corail-vitreux…mais personne n’en est convaincu.

    Enfin toutes les Aphrodites sont tous les petits animaux
    Aquatiques, terrestres, aériens et ceux qui vivraient dans le feu.
    Sexués ou hermaphrodites, les procédés sont maximaux
    Et les dieux trop épicuriens pour les créer selon leurs vœux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le python-des-mers

    « Rapport N°14 – Le bassin des pythons.

    Les sirènes disparues ont été localisées au centre Guido-Rossum.
    Après enquête, elles poursuivaient une vérification historique concernant le célèbre python-des-mers associé aux légendes d’Irénée-l’ancien.
    Aucun incident n’est à déplorer.
    Douze spécimens ont participé spontanément à une démonstration chorégraphique improvisée.
    Les informations recueillies semblent confirmer que certaines traditions locales méritent d’être réévaluées.
    Je recommande toutefois que les prochaines recherches scientifiques soient signalées avant leur exécution. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Personne n’a vu les sirènes ? » questionne STELLÏÄ à la ronde !
    « Je n’ai retrouvé que leur torque ! » ajoute-t-elle consternée.
    « J’ai une intuition qui m’entraîne à penser que ces furibondes
    Avec les dauphins et les orques vont encore nous faire lanterner ! »

    « Les licornes et les centaures ! Malgré mes recommandations
    Les petites pestes sont parties faire de nouvelles bêtises
    Et les bêtises sont pléthore avec ces abominations ! »
    Tranche ÄLLÏÄ dont la répartie éveille une drôle de hantise.

    « Je vais alerter l’intendant pour lancer une expédition ! »
    Dit Nérätïs déterminée à devoir remuer ciel et terre.
    « Il y a une note cependant ! » dit Cristïäs captant l’attention ;
    « On suit le python d’Irénée ! » signé par nos prépubertaires.

    « Elles ont mordu à la légende et sont allées vérifier !
    Je crois savoir où elles sont … dans le grand bassin des pythons ! »
    En prenant les allées marchandes aux souvenirs mythifiés,
    Alors nous vous garantissons de les trouver sur le ponton ! »

    Aussitôt tout le monde court afin de leur porter secours…
    Peine perdue nos deux sirènes dansent avec douze serpents.
    Pas besoin de trop longs discours ni souhaiter le moindre recours ;
    Leur amitié paraît sereine entre tous les participants.

    « Ils nous ont parlé d’Irénée, vieux contrebandier repenti,
    Qui, par son amour pour Lïlïth, s’est remis dans le droit chemin.
    Cessez de nous morigéner ! Grâce à nous, vous aurez senti
    Qu’il fallait qu’on réhabilite la vérité, main dans la main »

    Éôlïäne avec Azurïanne, sont de vraies petites futées
    Qui avaient, derrière la tête, une idée des plus pondéreuses.
    Ce soir les légendes océanes seront encore plus affûtées
    Après une rapide enquête de nos remarquables éclaireuses.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Bienvenue sur les plages barbares !

    « Rapport N°13 – L’hémisphère sauvage.

    Émergés des flots du Médiapode, nous découvrons les côtes d’un printemps austral préservé.
    Centaures barbares et licornes y vivent libres.
    Nérätïs nous octroie un asile au centre Guido-Rossum.
    Un repos paisible après une telle virée océanique. »

    Geminïä, suppléant la Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Les grands plateaux sont monotones alors la soucoupe accélère
    Jusqu’à parvenir au rivage où règnent beaucoup d’activités.
    « Chez nous, nous étions en automne ; ici le printemps prolifère !
    Allons vers les côtes sauvages, découvrir les plages barbares ! »

    « C’est nos copains qu’on va croiser ! » crie Éôlïäne sur le rivage…
    « Hé non ! » avertit Nérätïs, « Ce sont des centaures barbares !
    Les nôtres sont apprivoisés tandis qu’eux sont restés sauvages
    Et s’ils vivent loin d’Atlantïs, c’est qu’ils déclenchent des bagarres ! »

    « Plus loin, des troupeaux de licornes vivent dans leur biotope naturel.
    En fait tout l’hémisphère austral a été conservé intact
    Tandis que nos constructions ornent, avec nos cités culturelles,
    Tout l’hémisphère boréal pour qu’il n’y ait aucun impact. »

    « Nous conservons beaucoup d’espèces et la chasse y est interdite
    Sauf bien sûr pour les autochtones qui régulent l’écosystème : »
    Dodos, gorgones et lionnesses ; stryges, néréides et aphrodites ;
    Le Python-des-mers allochtone et les dragons rouges anathèmes. »

    « Bien sûr la zone est protégée et le tourisme est illicite
    Sauf dans les aires d’observation et les centres scientifiques.
    Notre équipement allégé ne nous autorise pas de visite
    Mais j’ai une dérogation pour un circuit honorifique ! »

    « Voici le centre Guido-Rossum – de la planète du python
    Qui fut introduit par erreur à cause de la contrebande.
    Mais il s’est adapté en somme et nous nous en félicitons
    Bien qu’il ait semé la terreur lors de leurs migrations en bandes ! »

    Le centre admet une résidence pour loger les conférenciers ;
    On passe alors du fastueux aux lieux rustiques du Médiapode.
    Mais ce soir, c’est une évidence : on a besoin d’apprécier
    Un retour au calme respectueux des émotions fort incommodes.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La planète vivante

    « Rapport N°12 Le monde sous-marin

    Nous avons traversé le Grand Tourbillon et visité les entrailles du Médiapode.
    Nous avons observé des forêts filtrantes et des migrations de poissons migrateurs.
    Les eaux océaniques y sont filtrées par un vaste écosystème souterrain avant d’être rejetées aux antipodes par d’immenses geysers.
    Nous commençons à mieux comprendre Atlantis.
    Nérëatïs se révèle être pince-sans-rire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Par les grands hublots translucides de la soucoupe, on aperçoit
    De grandes galeries sous-marines mais monotones si l’on se leurre
    D’écouter Nérëatïs, lucide, commenter que ce qu’on perçoit
    Sont des boyaux qui s’invaginent pendant des heures et des heures.

    « Quoi ? Ça va prendre aussi longtemps ? » dit Éôlïane désespérée.
    « Non ! Nous allons nous faufiler et nous enfoncer dans les grottes ! »
    Dit Nérëatïs juste à temps avant qu’on sente accélérer
    Les moteurs puissants profilés pour mouvoir la barge fiérote.

    D’abord des cavernes semblables à celle qu’on rencontre sur Terre
    Mais avec couleurs irisées comme si recouvertes de nacre.
    Depuis des siècles innombrables, les coquillages apportèrent
    Cette matière fort prisée que l’écosystème consacre.

    « Voici les poissons migrateurs qui remontent assurer la ponte
    Et les créatures abyssales qui s’en nourrissent de tout calibre.
    Il y a beaucoup de prédateurs qui contribuent à ce que le compte
    N’atteigne pas la colossale limite du déséquilibre. »

    S’ensuit une grande forêt avec des arbres gigantesques
    Qui respirent comme un poumon vers les cristaux qui les terminent.
    « Ici le sel est dévoré par les alvéoles dantesques
    Qui le digèrent en amont pour l’entreposer dans les mines. »

    « À partir d’ici, l’eau est douce et tous les poissons rescapés
    Se sont adaptés lentement grâce à la laitance et les œufs
    Dont la coloration si rousse les empêche d’être handicapés
    Par la pénurie d’éléments filtrés par les rochers gazeux. »

    « Et maintenant accrochez-vous car nous allons être éjectés
    Par les geysers des antipodes qui nous cracheront dans les airs ! »
    Et la lumière se dévoue pour éclairer et projecter
    L’eau de l’océan Médiapode sur d’immenses plateaux déserts.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le tourbillon du Médiapode

    « Rapport N°11 – La catastrophe.

    La visite du Grand Tourbillon s’est déroulée conformément aux usages atlantes.
    Nous avons été volontairement précipités dans un gouffre océanique de dimension continentale afin d’accéder aux galeries sous-marines.

    La princesse Nérëatïs affirme que cette procédure constitue un baptême traditionnel.
    Aucun décès n’est à déplorer.
    Azurïanne n’est toujours pas convaincue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le tourbillon du Médiapode

    « Entendez-vous ce fracas sourd ? » demande soudain Nérëatïs.
    « Oui… ça me rappelle les cascades du Lac Supérieur sur Thestïäs ! »
    Répond son frère au petit jour qui se lève sur Atlantïs.
    « Précisément ! La cavalcade d’une chute d’eau, mon cher Cristïäs ! »

    « Putentrailles ! Mais quel trou béant ! » dit Éôlïane impressionnée ;
    Une cascade fantastique presque aussi grande qu’un continent
    Dessine un tourbillon géant d’une chute surdimensionnée
    Où un océan orgiastique vomit son cœur dégoulinant.

    « D’énormes quantités s’engouffrent dans les profondeurs de la Terre,
    Et parcourront plusieurs milliers de kilomètres sous-marins
    En perdant leur sel et leur soufre dans des cavernes délétères
    Et par des geysers singuliers rejailliront des souterrains. »

    « Nous visiterons ces rejets qui se situent aux antipodes
    Et créent une respiration comme un minuscule trou de ver.
    Mais pour l’instant notre sujet est l’océan du Médiapode
    Et qui sans exagération demeure unique dans l’univers. »

    Mais soudain la soucoupe tangue et ne répond plus aux commandes ;
    Elle s’approche dangereusement de la bouche du trou béant.
    Comme aspirés par une langue, Nérëatïs alors recommande
    Leurs âmes aux dieux les plus cléments tandis qu’ils plongent dans l’océan.

    « Ha ha ha ! C’est irrésistible et je vous prie de m’excuser
    Car nous allons examiner ces longues galeries sous-marines.
    C’est un baptême incompatible avec votre peur médusée
    Même si vous avez fulminé de nos vieilles traditions marines ! »

    « C’n’est pas drôle ! » crie Azurïanne frustrée de s’être fait avoir ;
    « Désolée ! C’est un rituel particulièrement orchestré ! »
    Dit Nérëatïs à Éôlïane « Maintenant vous allez savoir
    Nos grands principes habituels des phénomènes enregistrés ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’auberge du couchant

    « Rapport N°10 La fête populaire

    Les habitants des îlots voisins sont arrivés en grand nombre pour les célébrations précédant le Grand Tourbillon.

    Cristïäs a retrouvé plusieurs membres de sa famille.
    STELLÏÄ poursuit son enquête méthodique sur la civilisation atlante.
    ORPHÉÔN a été invité à se produire devant les habitants réunis sur les quais.

    La princesse Nérëatïs refuse toujours de nous révéler la nature exacte du phénomène que nous observerons demain. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Aujourd’hui est un jour de fête dans les îlots des environs,
    Les derniers bastions d’Atlantïs qui hissent leurs derniers pavillons.
    L’océan arrive à son faîte et son dernier coup d’aviron… »
    Leur dit gravement Nérëatïs « Juste avant le grand tourbillon ! »

    « Oui ! Au-delà de l’horizon les eaux s’enfoncent dans l’hémisphère
    Et s’engouffrent dans des souterrains pour remonter aux antipodes
    Et provoquer les floraisons dans le printemps du planisphère
    Qui descendront sur les terrains de l’océan du Médiapode ! »

    « C’est un autre cycle de l’eau qui utilise la gravité
    Doublant le cycle hydrologique comme celui qui règne sur Terre.
    Et ce soir tous les bungalows de l’île seront invités
    Pour l’automne biologique du jubilé communautaire. »

    « Que veux-tu dire par tourbillon ? » demande ÄLLÏÄ très étonnée ;
    « Là-bas, la planète se creuse dans une chute fantastique ! »
    Dit Nérëatïs un tatillon secrète pour faire mitonner
    Autant de mimiques nombreuses sur son auditoire empathique.

    « Pardon mais c’était trop tentant de faire durer le suspense ! »
    Dit Nérëatïs en plaisantant. « Et nous irons le voir demain !
    Reposez-vous en attendant, faites la fête avec le prince
    Tandis que je dois entre-temps y mettre la dernière main !

    Les habitants des alentours arrivent par centaines d’âmes
    Et les embarcadères chantent sous les lanternes du lagon.
    On entend battre les tambours, les rires des hommes et des femmes
    Et les lumières alléchantes sortant des gueules des dragons.

    Cristïäs retrouve des cousins dont il ignorait l’existence ;
    STELLÏÄ tente de questionner sur les prodiges du pays.
    ÄLLÏÄ sort papier et fusains pour un dessin de circonstance
    Et ORPHÉÔN auditionner devant un public ébahi.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Ledalïä attachée de presse…

    « L’expérience de Ledalïä paraît être autobiographique.
    Incroyable mais vrai, elle l’est.
    Avec espoirs, déceptions, attentes, essais et surtout de la transpiration. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Ledalïä attachée de presse…

    Devant les Éditions WordPress, Ledalïä demande à l’accueil :
    « Je viens soumettre un tapuscrit à votre comité de lecture.
    Puis-je voir un attaché de presse pour y déposer mon recueil ?
    Ou, s’il préfère un manuscrit, j’en ai fait une reliure ! »

    « Montrez-moi votre reliure ! » demande la personne affable.
    « Humm… Je préfère vous avertir… vos poèmes sont pleins d’attentions
    Mais le comité de lecture l’écartera, c’est très probable,
    Car nous ne pouvons investir dans ce type de publication. »

    « Mais il existe des maisons qui permettent l’autoédition
    Seulement il faut y investir et votre argent et votre temps !
    Ainsi, à tort ou à raison, c’est une longue expédition
    De dix ans qu’il faudra consentir et peut-être même plus longtemps ! »

    « Toutefois… si vous avez des connaissances pour écrire un site internet,
    Créez donc un blog personnel et diffusez en abondance,
    Puis annoncez donc sa naissance à tous les habitués du net.
    Si son impact est fonctionnel, revenez montrer son audience. »

    « Voici la liste des hébergeurs de sites les moins onéreux
    Ainsi qu’une autre de logiciels pour créer des blogs personnels.
    Comparez les plus arrangeurs, usez des conseils généreux
    D’intelligences artificielles qui sont assez directionnels ! »

    Ledalïä chez un fournisseur s’achète l’ordinateur portable
    Et choisit un abonnement autorisant la fibre optique.
    Elle écoute des bons connaisseurs les conseils les plus profitables
    Et regagne finalement sa chambre avec sa connectique.

    Elle connecte l’appareil, le routeur sur la prise optique,
    Choisit ses fournisseurs d’accès, de blog et puis ChatGPT.
    Et comme elle n’a pas son pareil pour devenir cataleptique,
    Elle y transpire avec succès au moins quinze jours décrétés.

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Alinéor intendant…

    « Pendant ce temps Ô ALLEGÔRÏÄ vit.

    Nous sommes un peu déconnectées sur Atlantïs
    mais nous pensons souvent aux LLyrïädes.
    Elles nous manquent… surtout le soir.
    Et les bébés aussi ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Comme les Llyrïädes ont trois enfants – et même bientôt six à nourrir –
    Il faut alimenter leurs mères qui doivent leur fournir le lait.
    Alinéor, apostrophant les hommes pour les secourir,
    Les a mis aux taches amères pour alimenter le palais.

    Ô ALLEGORÏÄ est une ruche avec ses abeilles ouvrières ;
    Irénée-l’ancien et Lïlïth s’occupent de la pharmacopée.
    Yavänor construit une huche quand hier ses femmes récrièrent
    Un meuble qui leur facilite le dépôt des pains en flopée.

    Alinéor au potager cultive et soigne ses légumes,
    Plus un verger ensoleillé pour les fruits les plus variés.
    Irénée-le-jeune, usager des cannes-à-pêche, s’accoutume
    À pêcher, vider, écailler tous les poissons répertoriés.

    Tandis que Laurelïne et Loreleï veillent sur leurs petits royaumes,
    Les berceaux vont de mains en mains dans un concert de gazouillis.
    Malgré cela, vaille que vaille, on voit souvent rôder les hommes
    Distribuer leurs gestes humains, guiliguilis et chatouillis.

    On se retrouve au déjeuner, au diner ainsi qu’au souper ;
    Parfois la nuit quand bébé pleure, on le console sur son giron.
    Et quand les filles sont surmenées, les hommes se laissent entourlouper
    Et, bien qu’ils sachent que c’est un leurre, vont lui donner un biberon.

    Alinéor, dans sa cuisine, est le véritable maître d’œuvre ;
    Il organise ses menus des jours et des jours à l’avance.
    Il lit beaucoup de magazines afin de se mettre à l’épreuve
    Par maintes recettes obtenues avec des herbes de Provence.

    De temps à autre une cavalcade ou une chute dans l’escalier.
    Et Geminïä sonner l’alarme : « Les petites m’ont encore écrit ! »
    Alors on attend l’estocade de ce service épistolier
    Qui, mais c’est bien là tout son charme, vient clamer à cor et à cri !

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Aux confins des grands lacs

    « Rapport N°9 avec les dauphins.

    Les lacs d’Atlantïs sont si vastes que leurs rivages finissent par disparaître.
    Éôlïane et Azurïanne s’en donnent à cœur joie.
    Au terme de notre traversée, une île est apparue au couchant avec une auberge fréquentée par des voyageurs venus d’horizons très divers. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Aux confins des grands lacs

    « Remettez vos torques personnels si vous voulez communiquer ! »
    Dit ÄLLÏÄ qui les a rejointes avec le reste de l’équipe.
    « Les licornes, c’est exceptionnel ! » dit Nérëatïs sans tourniquer
    Autour de la question conjointe sur leur télépathie pratique.

    « Pour les centaures, c’est différent ; ils échangent avec les dodos
    Qui par les licornes complices vous font croire à leur don d’oracles.
    Nos animaux sont afférents au contact des créatures d’eau
    Ainsi les sirènes remplissent les conditions de ce miracle ! »

    « Je vous invite maintenant à nager avec les dauphins ! »
    Leur propose alors Nérëatïs. « Ils sont non seulement familiers
    Mais sont extrêmement étonnants et nous emmèneront aux confins
    Des réseaux de lacs d’Atlantïs et vous en serez cavaliers ! »

    « Mettez vos torques a minima car ici on se baigne nu
    Et approchez-vous des dauphins qui vous laisseront les monter ! »
    Et tous suivre sans cinéma le conseil qui fut convenu,
    Poursuivant un banc d’aiglefins à cheval sur les bêtes domptées.

    « Yahou ! » crie Éôlïane émue ; « Taïaut ! » crie Azurïanne ravie
    Suivies par tous leurs camarades à l’assaut des lacs d’Atlantïs.
    Les sirènes ont été promues éclaireuses selon les avis
    Favorables à la pétarade des hallalis qui retentissent.

    Les éclaireuses faisant la course, Nérëatïs profite du moment
    Pour montrer la végétation et les serres qu’on voit au lointain.
    « Ces jardins sont notre ressource prioritaire d’aliments
    Nous en semons nos plantations parmi les îlots de plantain ! »

    À la poursuite du couchant, ils parviennent au bout de la mer
    Car les lacs à perte de vue ont effacé tous les rivages.
    Sauf une île où vont cravachant les montures sous les vents amers
    Jusqu’à une auberge pourvue d’un immense port d’arrivage.

    Illustration de Ledalïä.

  • Licornes, centaures et dodos

    « Rapport N°8 Premières rencontres.

    Les Atlantes vivent entourés de créatures que nos légendes considèrent comme imaginaires.
    Après cette journée, je me demande si ce ne sont pas nos légendes qui sont incomplètes.

    Les licornes pensent.
    Les centaures accueillent.
    Les dodos traduisent.
    Atlantïs est décidément plus étrange que prévu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Licornes, centaures et dodos

    « Elles sont jolies ces deux sirènes ! » pensent ensemble trois licornes.
    « Invitons-les ! Moi, ça m’épate ! J’ai envie d’en faire l’essai ! »
    Elles envoient une pensée sereine, une invitation par leurs cornes,
    Car les licornes sont télépathes comme tout le monde le sait.

    Éôlïane ainsi qu’Azurïanne acceptent cette offre insolite
    Et les voici cavalcadant à dos de licornes émérites
    Mais bien accrochées à l’organe corné des montures acolytes
    Et par la pensée, bavardant de fariboles qui se méritent.

    Or les licornes ne parlent pas ; le langage n’est pas leur nature
    Mais elles transmettent leurs envies par des pensées de bas niveau.
    C’est un langage des premiers pas de la communication pure
    Qui se passe de préavis et d’encombrement de cerveau.

    « Voici », « lointains », « parents », « centaures » transmettent-elles en assembleur
    Ainsi que les savants appellent leur vocabulaire restreint.
    « Bonjour Monsieur le Minotaure ! » dit Éôlïane devant l’ampleur
    De la créature si belle avec sa voix de boute-en-train.

    « Le centaure est très intrigué d’être appelé « homme-taureau »
    Dit un dodo très diplomate faisant office de traducteur.
    « Ils ne savent pas distinguer l’ironie des mots immoraux ;
    Permettez donc que je colmate ce non-sens assez reducteur ! »

    Alors les centaures se saisissent des deux sirènes affolées
    Et imposent une course effrénée à ces fieffées profanatrices.
    « Waah ! » le temps qu’elles se ressaisissent tandis qu’elles sont caracolées
    Et, au dernier moment, freinées par une résille protectrice.

    « C’est l’invitation amicale traditionnelle chez les centaures ! »
    Explique le dodo conciliant : « ils vous souhaitent la bienvenue ! »
    Et une collation frugale dans une suite de pléthores
    De fruits du lac réconciliant font pâmer les deux ingénues.

    Illustration de Ledalïä.

  • Atlantïs la cité céleste

    « Rapport N°7 Atlantïs

    Les récits les plus anciens décrivent Atlantïs comme une cité disparue.
    Les Atlantes la considèrent simplement comme leur foyer.
    Entre les deux versions se trouve sans doute la vérité que nous allons découvrir aujourd’hui.
    À chacun son émerveillement ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est une forêt de cristal ! » dit ÄLLÏÄ émue jusqu’aux larmes.
    « Des harmonies les plus splendides ! » dit ORPHÉÔN phonologique.
    « Une symphonie de métal ! » dit STELLÏÄ succombant au charme.
    « C’est comme l’ancienne Atlantide ! » dit Cristïäs au cœur nostalgique.

    « Des cages à lapin futuristes ! » dit Éôlïane sarcastique.
    « L’œuvre d’un sculpteur schizophrène ! » lâche Azurïanne toutefois.
    « Vous êtes caricaturistes, béotiennes iconoclastiques ! »
    Disent les quatre qui refrènent la pire des mauvaises fois.

    « Attends ! Mais est-ce que t’imagines ? Passer sa vie en ascenseur
    Et vivre dans un escalier ! » réplique vivement Éôlïane.
    « Les concepteurs sont misogynes pour assujettir nos consœurs
    À devenir folles à lier ! » cingle crûment Azurïanne.

    « Mais très pratique pour les soucoupes et les puits d’anti-gravité ! »
    Leur explique alors Nérëatïs « et personne ne le fait à pied !
    Et entre les tours s’entrecoupent des jardins de suavité
    Et des boutiques qui garantissent le meilleur goût, comme il nous sied ! »

    « On dort au-dessus des nuages et l’on vit en pleine nature
    Dans tous les parcs aménagés et les plages au bord des plans d’eau !
    Et le côté le plus suave apprécié sont les créatures
    Animales qui sont protégées : licornes, centaures et dodos ! »

    « On peut se baigner dans les lacs ? » s’empressent alors les sirènes.
    « Bien entendu ! Si vous voulez, c’est par là qu’on va commencer ! »
    Et la soucoupe ainsi attaque une plongée des plus sereines
    Pour atterrir et débouler dans un paradis romancé.

    « Comment on enlève ce truc ? Moi je veux me baigner à poil ! »
    Dit Éôlïane en arrachant son torque comme un élastique.
    Laissant là les auras caduques, deux queues frétillent comme des voiles
    Et disparaissent s’amourachant de cette cité fantastique.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le deuxième jour

    « Rapport N°6 Deuxième jour

    Cristïäs a retrouvé sa famille et semble très apprécié des Atlantes.
    Nous avons appris que nos aventures sont connues ici grâce aux messagers.
    Nérëatïs s’est proposée pour nous servir de guide et nous allons bientôt entreprendre notre première visite officielle d’Atlantïs en soucoupe volante ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Conviés au petit déjeuner, les six se retrouvent à la table
    Présidée par Nérëatïs, Thétïs et, bien sûr, Astérïas.
    Les unes un peu surmenées par leurs amourettes innombrables
    Et les autres plutôt propices à l’espoir d’y trouver leur place.

    L’esprit de famille, Thétïs demande comment étaient leurs nuits
    Et si leurs chambres apprêtées ont répondu à leurs souhaits.
    Astérïas, mémoire d’Atlantïs, affirme qu’il n’y a aucun ennui
    Et il propose aux invités l’accompagnatrice allouée.

    « Ce sera moi ! » dit Nérëatïs, « J’ai toutes les autorisations
    En tant que princesse royale je serai leur meilleur apôtre.
    Nous visiterons Atlantïs pour la familiarisation
    Car il serait bien déloyal de les confier à quelqu’un d’autre ! »

    « Votre Altesse ! » dit Pénélopïä, « J’ai affrété les deux navettes
    Afin de survoler la ville pour qu’ils en découvrent son charme !
    Un véhicule dans l’immédiat qui est votre propre corvette
    Et l’autre pour la garde civile, pour l’assistance et les gendarmes. »

    « J’aurais une question, Princesse… » – « ÄLLÏÄ ! Appelle-moi Nérëatïs ! »
    « Comment donc nous connaissez-vous sans que l’on vous ait contactés ? »
    Elle rit alors avec largesse ; « Savez-vous que sur Atlantïs
    Tous les messagers se dévouent à narrer vos faits impactés ? »

    « Vos aventures sur Thestïäs et puis l’escale des Gémeaux,
    Votre mission au Poïnt ZérÔ et la rencontre avec les dieux !
    Vous avez retrouvé Cristïäs, l’avez tiré de son hameau !
    Vous, les véritables héros aux exploits les plus dispendieux ! »

    « Alors en voiture, Messieurs-Dames ! » réplique alors Pénélopïä.
    « Votre pilote vous attend, bienvenue en soucoupe volante !
    Ce véhicule haut-de-gamme arbore le nom d’Ôlympia,
    Un vaisseau royal exploitant toute la technologie atlante. »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps sur Ô ALLEGÔRÏÄ…

    « Rapport N°5 addendum

    J’ai oublié de vous dire que le rapport N°5 était le récit du rêve que j’avais fait la première nuit et que je vous ai envoyé par erreur. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps sur Ô ALLEGÔRÏÄ…

    À quatre ou cinq jours de l’été, tandis que le soleil se lève,
    On entend une cavalcade qui dégringole l’escalier.
    « Les petites nous ont complété les rapports dont elles relèvent
    Renvoyées de mon ambassade par le service épistolier ! »

    « Calme-toi, Geminïä, c’est bon ! » dit Lïlïth en train de changer
    Les couches sales des jumeaux en leur massant gaiement la panse.
    « Et c’est assez nauséabond ! » dit Loreleï en train de langer
    Laëtïtïa qui, elle, ne dit mot mais allez savoir ce qu’elle pense…

    « Leur voyage est une victoire ; ils sont reçus royalement !
    Cristïäs a retrouvé ses pairs, les dignitaires d’Atlantïs !
    ÄLLÏÄ m’a raconté l’histoire… D’abord l’accueil, chaleureusement,
    La réception, sans un impair, et la Reine s’appelle Thétïs ! »

    « Et les gamines ? Pas de problème ? » demande une Lïlïth inquiète…
    « Si tu savais ! Elles ont trouvé chaussure à leurs pieds, rapido !
    Et ça n’oppose aucun dilemme apparemment et les fillettes
    Nous aurons vite ainsi prouvé que ça roule, côté libido… »

    « Et ont-ils bien utilisé les vêtements organisés
    Pour toutes les situations ? » demande Ledalïä de facto…
    « Penses-tu ? Volatilisés ! Les habits sont catalysés
    Grâce à l’individuation d’un plasme direct sur la peau ! »

    « Ils sont à poil ? » crie Ledalïä « C’est ça le savoir-faire atlante ? »
    « C’est pareil que des vêtements mais programmés comme ils le souhaitent ! »
    Explique lentement Geminïä, « Et ne soit pas aussi cinglante !
    Tu peux comprendre simplement que ça pourrait être très chouette ! »

    « Puis ÄLLÏÄ nous embrasse toutes ainsi que nos quatre confrères
    Mais je demeure un peu surprise par le dernier rapport bizarre
    Qui me laisse un immense doute sur la manière très arbitraire
    Qu’ÄLLÏÄ a mené sous l’emprise d’un renversement qui l’égare… »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le labyrinthe des limbes

    « Rapport N°5 sur les limbes

    Le lit aux rêves suggestifs nous a conduits, ORPHÉÔN et moi, dans un palais inversé où les couloirs descendaient vers les profondeurs de la pensée. Nous y avons traversé souvenirs, musiques et rêveries jusqu’à une crypte de lumière qui s’est dissoute au moment de mon réveil »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Le lit aux rêves suggestifs entraîne ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN
    Dans des couloirs luminescents aux murs tapissés de velours.
    Des salles aux motifs festifs éclairées de faibles néons
    Brillant d’un feu évanescent lançant des ultraviolets sourds.

    Or le palais est à l’envers et la terrasse devient l’entrée ;
    Les ascenseurs sont descenseurs, les escaliers desescaliers.
    Tous les passages sont convers afin de les déconcentrer
    Avec des tapis suspenseurs qui vont de paliers en paliers.

    Mais à l’étage du dessous, on sent sourdre à travers les plinthes
    Des gémissements amoureux et des soupirs enamourés.
    Pourtant tous les cris sont dissous dans un marmonnement de plaintes
    Qui se transforme en rires heureux et satisfactions savourées.

    Encore plus bas, de la musique où les instruments donnent un bal ;
    Les violons dansent avec les luths et les aiguës avec les basses.
    Un piano forte amnésique valse avec autant de cymbales
    Qui secouent leurs Dos et leur Uts pour composer des mots de passe.

    Rez-de-chaussée, la réception propose des salons de repos
    Pour y décanter les idées qui cherchent encore à se creuser.
    Parfois il y a une exception et une pensée à fleur de peau
    S’envole avant de décider de disparaître et s’embraser.

    Au sous-sol les couloirs s’enfoncent dans une spirale décroissante
    Où un veilleur en forme de prisme les empêche de remonter.
    Mais ils n’obtiennent pas de réponse, la peur devient embarrassante
    Mais on apprécie le lyrisme de ce que l’on va affronter.

    Tout au fond de la crypte sombre, ils accèdent dans le saint des saints ;
    Des pensées les plus absolues des rêveries émerveillées.
    Enfin la salle plonge dans l’ombre comme on effacerait un dessin
    Et lorsque tout s’est dissolu ÄLLÏÄ s’est enfin réveillée.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Première nuit en Atlantïs

    « Rapport N°4 première nuit sur Atlantïs.

    Les invités ont rejoint leurs appartements et chacun semble avoir trouvé sa place dans ce monde étrange.
    J’ai enfin réussi à établir un relais stable pour transmettre nos messages.

    Cristïäs a retrouvé sa famille.
    STELLÏÄ réfléchit déjà aux mondes qu’elle souhaite visiter.
    Éôlïäne et Azurïanne s’épanouissent.

    Atlantïs ne cherche pas à impressionner ses visiteurs mais leur donne simplement envie d’y rester. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Première nuit en Atlantïs

    La technologie palatiale continue de charmer ÄLLÏÄ
    Qui joue avec les appareils afin d’établir le relais
    Dans une belle suite royale qui jouxte celle de STELLÏÄ
    Et offre une vue sans pareille sur les terrasses du palais.

    « Viens tester le lit anti-G qui annule la gravité
    Et te met en apesanteur où tu te sens comme un oiseau ! »
    Lance ORPHÉÔN en négligé appréciant la suavité
    De ce sentiment enchanteur d’une sérénade graciozo.

    Lorsqu’elle entre dans le baldaquin, l’aura devient nuage orange
    Et ÄLLÏÄ se sent soulevée et libérée de l’attraction.
    « J’ai choisi le modèle coquin pour faire l’amour comme des anges
    Ce qui nous permet d’éprouver de très érotiques positions ! »

    Après deux ou trois tentatives, ils s’endorment tellement éreintés
    Qu’ils se laissent bercer sous l’action d’une rêverie suggérée
    Par des vues représentatives de beaux paysages empruntés
    Au patrimoine et attractions qu’Atlantïs sans exagérer.

    Mais Éôlïane et Azurïanne poussent des soupirs langoureux ;
    Elles connaissent leurs premières amours et ne resteront pas pucelles.
    Là, pas besoin de fil d’ariane dans le labyrinthe amoureux
    Pour y retrouver leur humour et toute l’ardeur des jouvencelles.

    Cristïäs, Thétïs et Astérïas parlent longtemps des souvenirs ;
    Cristïäs son isolement, Thétïs son cœur anéanti,
    Astérïas, malgré l’air coriace, sens ses émotions revenir
    Et tous les trois frivolement en éprouver le ressenti.

    Quant à STELLÏÄ, mélancolique, médite en lorgnant les étoiles
    Combien d’autres destinations offriront autant de merveilles.
    Sa nouvelle famille idyllique defile en pensées et dévoile
    Des envies de fécondation que des papillons lui réveillent.

    Illustration de Ledalïä.

  • Un bal intime, un banquet sublime

    « Rapport N°3 Atlantïs chante.

    Ses palais chantent, ses habitants chantent.
    Même leurs repas semblent participer à une harmonie que je ne sais pas encore décrire.
    Ce soir, nous avons dansé sous les voûtes puis partagé un banquet offert par la Reine Thétis.

    Cristïäs a retrouvé les saveurs de son enfance.
    Nous avons découvert celles de son monde.

    Les Atlantes ont appris à faire de l’abondance un partage plutôt qu’une possession. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Alors les voûtes d’Atlantïs se mettent toutes à chanter
    Et ORPHÉÔN avec ÄLLÏÄ entonnent un duo romancé.
    « Lançons le bal ! » clame Thétïs ouvrant une valse enchantée
    Avec son mari, puis STELLÏÄ et Cristïäs ensemble enlacés.

    Les auras des couples fusionnent et se trouvent dans l’intimité
    D’une danse très romantique, les corps nus tendrement étreints.
    Mais la pudeur se solutionne en toute légitimité
    Par une aura paramentique qui voile les corps d’un écrin.

    Les ballets terminés, Thétïs, en Reine-Mère et souveraine,
    Invite ses hôtes à goûter à leur cuisine traditionnelle.
    « Tout est produit en Atlantïs dans des enclaves souterraines
    Dans d’immenses grottes voûtées d’une fraîcheur exceptionnelle ! »

    Alors un banquet circulaire dans une salle gigantesque.
    Assis à la table d’honneur, ÄLLÏÄ capture les images
    Pour le côté protocolaire de ses messages pittoresques
    Qu’elle enverra avec bonheur aux LLyrïädes pour leur rendre hommage.

    « Essentiellement des légumes, fruits et cultures céréales ! »
    Présente à ses hôtes Thétïs en faisant la démonstration
    De chaque plat, chaque coutume, chaque cépage floréal.
    Le premier repas d’Atlantïs est une vraie dégustation !

    « Des pommes d’or ! Du vin de Lune ! Des choux sucrés ! Ça me ressource »
    S’exclame Cristïäs retrouvant les mets de sa petite enfance.
    « Goûte ce pâté de callunes fleuries à l’ail-de-la grande-ourse ! »
    Conseille d’un geste émouvant sa maman en toute innocence.

    Combien de temps pour bien manger, bien digérer et discuter ?
    Cela dure une éternité sans même voir le temps passer.
    Et nos amis se mélanger les uns aux autres pour disputer
    Des échanges de fraternité tout en évoquant le passé.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • L’accueil fort inspiré

    « Rapport N°2 sur l’accueil
    Atlantïs possède un réseau de translation permettant d’atteindre des mondes entiers en quelques instants. STELLÏÄ a immédiatement voulu visiter tous les nœuds accessibles. Cristïäs a posé trente-sept questions techniques. Éôlïäne s’est perdue dans les menus interactifs.

    Notre guide se nomme Pénélopïä.
    Elle affirme que nous n’avons encore rien vu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est merveilleux ! Je me sens nue et protégée tout à la fois »
    Dit ÄLLÏÄ vêtue de cristal et tâtant l’habit d’ORPHÉÔN.
    « Il n’a aucune déconvenue et peut être sexy toutefois ! »
    Montre STELLÏÄ dans son métal et les seins cernés de néon.

    « Pour le transport, que faut-il faire… » dit Cristïäs « …Madame l’hôtesse ? »
    « Vous avez accès au réseau de translation individuelle !
    Pour les trajets interstellaires seules les Mantisses ont la justesse
    Pour déterminer le fuseau qui plie l’espace continuel. »

    « Pour vous, je suis Pénélopïä, je vais vous montrer la manœuvre !
    Voyez ! Tout le réseau est projeté et vous n’avez plus qu’à cliquer…
    …et nous voici sur VÉNUSÏÄ planète de tous les chef-d’œuvres
    Avec musées téléportés et leurs spectacles impliqués ! »

    « Le réseau comprend le système solaire où demeure Atlantïs
    Et ses transports sécurisés quel que soit le lieu désiré.
    Mais revenons à notre thème afin que l’on vous garantisse
    Votre accueil caractérisé par un gala fort inspiré ! »

    « Cristïäs ! Te voici revenu ! » tonne une voix fort énergique.
    « Papa ! » s’exclame alors son fils, « je ne pensais jamais vous revoir ! »
    « Non seulement tu es bienvenu, mais tes épouses panurgiques
    Pourrons rester à ton service puisque tu en as le devoir ! »

    « Je suis sa légitime femme ! » proclame STELLÏÄ à ce butor
    « Je plaisantais, ma chère bru, nous sommes unis désormais !
    Et pour ne pas paraître infâme, je te présente mon mentor :
    Ma chère épouse qui a cru vous avoir perdu à jamais ! »

    La reine mère magnifique dans son aura de souveraine
    Embrasse son fils tendrement et STELLÏÄ démesurément.
    Ces retrouvailles béatifiques annoncent une soirée sereine
    Avec stupeur et tremblements par la surprise assurément.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Premiers contacts

    « Rapport N°1 d’arrivée.
    Atlantïs existe.
    Nous avons été accueillis avec bienveillance par ses habitants. Les technologies locales dépassent tout ce que j’avais imaginé. STELLÏÄ est fascinée. Azurïanne est heureuse. Éôlïäne ne cesse de rire.
    Je commence aujourd’hui le journal de cette expédition. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Premiers contacts

    « Ha ha ha ha ha ! Ça chatouille ! » rit Éôlïäne à chaudes larmes ;
    « C’est trop marrant cette substance ! » rit également Azurïanne ;
    « Mais pourquoi est-ce que ça gargouille ? » demande STELLÏÄ sous le charme ;
    « La Mantisse boit notre existence ! » dit Cristïäs dans le gel diaphane.

    Or la Mantisse intelligente et parvenue à l’objectif
    Libère ses six passagers de l’étrange cuve destinale.
    Mais une voix encourageante les invite à être réceptif
    Aux conditions des usagers de la translation terminale.

    Autour d’eux un aréopage d’êtres lumineux translucides
    S’apprête à scanner leurs statures et leur fait signe de les suivre
    Et les six membres d’équipage voient alors de façon lucide
    Un astroport et ses structures de verre et or, acier et cuivre.

    Une hôtesse leur distribue une sorte de collier pectoral
    Qu’elle leur pose autour du cou avec une attention complice.
    Une voix douce contribue à leur remonter le moral
    En leur prononçant tout à coup « Soyez heureux en Atlantïs ! »

    Aussitôt un plasma inonde leur peau nue de douce lumière
    Comme une sorte de combinaison parfaitement adaptée au corps.
    « Votre intimité pudibonde est nimbée d’aura costumière
    Qui, selon vos déclinaisons, vous comblera et plus encore ! »

    Habits de gala ou de sport, costumes et toilettes défilent…
    « Vous pouvez choisir vos auras selon toutes les circonstances !
    Avec vos titres de transport et la transposition facile
    De votre langue qui saura communiquer avec aisance ! »

    « Mais si vous préférez nature, il suffit de déconnecter
    Pour retrouver la nudité qui sied aux gens évolués ! »
    Azurianne alors mature l’éteint après s’être délectée
    De toutes les possibilités préférant l’aura diluée.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le départ à minuit approximativement

    « Toute aventure commence par un départ et une part d’inconnu.
    Les bagages contiennent ce que nous croyons nécessaire ;
    les voyages révèlent ce qui l’était réellement.
    Le reste appartient aux mondes que nous n’avons pas encore rencontrés.

    Les cartes montrent les destinations.
    Les départs révèlent les voyageurs.
    Quant aux mondes inconnus, ils se chargent du reste. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le départ à minuit approximativement

    À plus ou moins une heure six, un peu plus tard qu’il n’est décent,
    Tout le monde est au terminal avec bagages de toutes sortes.
    Cristïäs active la Mantisse et une navette descend
    Munie d’une cuve destinale, d’un grand coffre et de plusieurs portes.

    Les voyageurs se déshabillent et pénètrent dans la cuve ouverte ;
    Un gel liquide phosphorescent dans lequel on peut respirer.
    Et la Mantisse qui les habille, les amène à la découverte :
    La communion leur paraissant télépathiquement inspirée.

    « Ceci est le navigateur qui va nous replier l’espace ! »
    Explique Cristïäs à ses hôtes directement dans leurs pensées.
    « La Mantisse est un créateur de trous de ver qui se déplacent
    Sans mouvement dans un azote d’éther orangé compensé.

    « Ouais bon d’accord mais on y va ou on se perd dans ta purée ? »
    Dit Éôlïäne qui en a marre de se laisser entourlouper.
    « Le temps que la Supernova laisse son champ nous capturer
    Et que… » dans un grand tintamarre, Cristïäs a le souffle coupé.

    « Ils sont partis ! » dit Yavänor. « Impressionnant comme départ ! »
    « Inutile de rester ici ! Remontons » Suggère Lïlïth
    Geminïä a perdu le nord ; on ne la trouve nulle part…
    « Encore une péripétie… déjà l’histoire périclite ! »

    Geminïä arrive affolée « je ne comprends rien à leurs dires !
    On dirait qu’ils parlent à l’envers comme des chansons psychédéliques !
    Ce dont je devrais raffoler… » Ajoute-t-elle en plein délire
    « Car ça ressemble, à mots couverts, à un vieux sabir babélique ! »

    « C’est l’effet du temps à l’envers ! » dit Yavänor en connaisseur
    « Il faut attendre leur arrivée et tout se remettra en ordre ! »
    « Que de mystères dans l’univers ! » dit Alinéor en assesseur
    « Venez ! J’ai du marc cultivé de douze ans d’âge… Miséricorde ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Objectif Atlantïs

    « Les éclaireurs franchissent les seuils.
    Les chroniqueurs empêchent qu’ils disparaissent dans l’oubli.
    Entre les deux, circule un fil invisible :
    la mémoire des mondes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Objectif Atlantïs

    Chacun voit midi à sa porte… chacun a ses priorités :
    Pour ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, dessous, mini string et tenues sexy ;
    Pour Cristïäs ce qui lui importe : plans et livres en majorité ;
    ORPHÉÔN son petit binou, sa guitare, sa lyre, son dizi.

    Éôlïäne, juste une brosse à dent ; le reste, elle le trouvera sur place ;
    Quant à Azurïanne, rien du tout ; venue à poil, partie à poil.
    Alinéor fait l’intendant : provisions et panier à glace ;
    Geminïä son passe-partout : caméra reliant les étoiles.

    Lïlïth les recommandations ; elle en a fait tout une liste,
    Elle a remplacé l’eau-de-vie par ses potions dans des flacons.
    Quant à la communication, Ledalïä l’écrin de copiste
    Et du papier pour le suivi du livre enfin, son lexicon.

    Le soir, Yavänor leur raconte leurs épopées de l’an dernier
    Avec des détails croustillants dès que les enfants sont couchés.
    Il leur en a fait le décompte sans se montrer balivernier
    Ni emprunter de faux-fuyants pour ne pas les effaroucher.

    Cristïäs tient à leur expliquer le maniement de la Mantisse ;
    Une navette intelligente dont l’ordinateur est vivant.
    Mais tout devient si compliqué après mille-et-unes notices
    Qu’elles en deviennent indigentes avec tous leurs calculs savants.

    Lïlïth a fixé le transfert pour minuit très exactement
    Mais comme personne n’a de montre on ne l’a pas contrariée.
    Bien sûr, on sent dans l’atmosphère toute l’excitation du moment,
    Un peu de stress quant aux rencontres et les contacts appariés.

    Alinéor reste fidèle à son habitude ordinaire ;
    Une bonne table, un bon repas, un bon dessert et de bons vins.
    Courgettes et concombre en rondelles, des arômes extraordinaires
    Et pour ne pas faire de faux pas, un digestif des plus divins.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le conseil des LLyrïädes

    « Les éclaireurs ouvrent les portes.
    Les chroniqueurs empêchent qu’elles se referment dans l’oubli.
    Entre les deux circule un fil invisible : la mémoire des mondes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le conseil des LLyrïädes

    « Bien ! » conclut Lïlïth. « À présent nous avons les cartes en mains
    Pour voir et nos priorités et ce que chacun souhaite faire… »
    « Pour moi, c’est très électrisant ! » dit Laurelïne après examen.
    « Et moi, avec autorité… » dit Geminïä « une bonne affaire ! »

    Lïlïth se redresse furieuse : « Mais vous ne vous rendez pas compte !
    Nous sommes à huit mois de grossesse et nous ne pouvons pas partir !
    Mes filles soyez plutôt sérieuses ! Vous allaitez… d’ailleurs ça monte ! »
    Et quatre jets de lait transgressent ce dont trois bouches pourraient pâtir.

    Je propose que des éclaireurs commencent à tenter l’aventure
    Avec Cristïäs et Yavänor ; ORPHÉÔN, ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    Qui seront nos informateurs pour prendre la température ;
    Ledalïä et Alinéor resteront à Ô ALLEGÔRÏÄ ! »

    « Pas question ! Car si Yavänor part nous aussi ou bien l’inverse !
    Si les filles et leurs chéris partent, nous trois restons à la maison ! »
    Car elles n’ont pas perdu le nord, Laurelïne et Loreleï qui exercent
    Leurs droits et leur meilleure carte car l’amour a toujours raison…

    « Fort bien ! » reprend alors Lïlïth. « Les deux garçons et les deux filles
    Partiront avec Azurïanne qui sera leur ambassadrice.
    Que Geminïä leur facilite le contact avec la famille ! »
    « J’y vais aussi ! » dit Éôlïäne d’une parole provocatrice.

    « Eh bien d’accord vous serez six mais avec liaison radio,
    Avec images en permanence mais que, pour votre sécurité,
    Cristïäs et Azurïanne choisissent les équipements primordiaux
    En raison de leur appartenance à ce monde en maturité.

    Mais alors par pitié, mes filles cessez d’inonder cette table
    Avec vos mamelles gorgées du lait destiné aux enfants ! »
    Tranche Lïlïth d’un coup de faucille cherchant une excuse respectable,
    Manière polie pour déroger à son pouvoir apostrophant.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le terminal atlante

    « Les portes ne sont jamais les véritables merveilles. Les merveilles sont ceux qui osent les franchir. Car un seuil n’est qu’une pierre immobile jusqu’au jour où un rêveur décide de poursuivre son chemin.

    Les anciens bâtirent des passages entre les mondes. Le temps les recouvrit de silence. Pourtant il suffit encore d’une main curieuse pour réveiller les chemins endormis. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Hé ! Je reconnais cet endroit ! C’est par là que je suis arrivée. »
    S’exclame Azurïanne étonnée… « Mais je n’ai jamais su rentrer… »
    « Car tu n’as pas le sceau, je crois, comme celui qui est rivé
    Dans mon poignet étalonné ! » répond Cristïäs et le montrer.

    « Nous sommes au cœur du hub atlante et voici le sas de sortie
    Que tu as dû suivre Azurïanne et qui conduit à la piscine.
    Et voici les portes attenantes conduisant aux lieux assortis :
    Alpha du Centaure et Arianne ! Je ne le crois pas… J’hallucine ! »

    « Je vois douze portes marquées ! » compte Loreleï précisément.
    « L’une conduit à la piscine et les onze autres vers Atlantïs
    Ou d’autres mondes démarqués par un symbole concisément.
    Et nous pouvons… ça me fascine ! » dit Cristïäs « prendre la Mantisse ! »

    « C’est quoi ce truc… cette Mantisse ?  Encore une autre absurdité ? »
    Clame Éôlïäne sur le qui-vive, sérieuse et les mains sur les hanches.
    « Afin que le sas garantisse un voyage en sécurité,
    La Mantisse est très décisive ! » Répond Cristïäs d’une voix plus franche.

    « De toutes façons nous sommes à poil ! » Tranche Loreleï en plaisantant.
    « Être nues n’est pas un problème mais… pour voyager, sûrement !
    Remettons la course aux étoiles avec d’autres représentants ;
    D’abord ma sœur et, sans dilemme, Geminïä naturellement ! »

    « Pour moi, il n’y a pas de gêne ; les enfants sont nus tout le temps ! »
    Dit Azurïanne. « Mais les nichons de Loreleï vont nous attirer trop de mâles ! »
    « Je suis d’accord ! Les indigènes opposeraient trop de contretemps
    Et surtout s’ils sont folichons ! » rit Loreleï de ses lacrymales.

    « Allons retrouver les LLyrïädes avec toutes ces bonnes nouvelles ! »
    Disent les filles en courant telles de véritables guerrières.
    « Le Taureau, Orion, les Pléïades ! » songe Cristïäs qui renouvelle
    Ses espoirs les plus concourants tout en admirant leurs derrières…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le feu de camp du lundi matin

    « Sous les eaux du temps sommeillent parfois des chemins que nul ne cherche plus.
    Il suffit pourtant d’un rêveur obstiné pour retrouver une porte oubliée, et d’un peu de folie pour avoir le courage de la franchir.

    Les ruines ne sont pas toujours des fins. Certaines attendent simplement que quelqu’un retrouve la clef du retour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le feu de camp du lundi matin

    Lundi matin, un feu de camp, un atlante avec trois sirènes
    Observent le lac de Constance et, tandis qu’ils se déshabillent…
    « Vous ne manquez pas de piquant ! » dit Cristïäs d’une voix sereine
    Et un sourire de circonstance devant les poitrines des filles.

    « En plus de gaffeur, tu es lourd ! » dit Éôlïäne les seins dressés
    Devant son nez pour le narguer : « Mets plutôt ton équipement !
    Un conseil : ne sois pas balourd et aide-nous à progresser
    Sans essayer de nous larguer ! Nous, nous sommes dans notre élément ! »

    Chevauchant les siluriformes, on contourne la statue de Diane,
    On prend l’escalier tout au fond et Cristïäs dit dans l’océan :
    « Suivons cette route difforme ! J’y retrouve mon fil d’ariane
    Et Atlantïs est plus profond, enfoncé dans l’antre béant ! »

    Un champ de ruines les accueille là où Cristïäs pensait trouver
    Son ancien lieu natal intact ou des témoins, vaille que vaille.
    « Décidément quoi que l’on veuille, tout cela ne fait que prouver
    Que tu as perdu le contact ! » fait remarque Loreleï.

    « Non ! » tranche-t-il. « S’il y a le sas, alors il y a un relais
    Puisque tout ça fonctionne encore et que rien n’est tombé en panne.
    Il faut chercher un abraxas fixé au fronton d’un palais ! »
    « J’en vois un avec manticores ! » Dit en scrutant Azurïanne.

    « Le palais de Poséidon ! » lâche Cristïäs tout ébahi ;
    « Mon peuple est donc passé par-là ; la mort ne l’a pas envahi ! »
    Debout sur un pyramidon, il retrouve alors son pays
    Et son enthousiasme au-delà de ses espérances trahies.

    « Voyez le signal du retour ! » dit-il tout joyeux en courant ;
    « Nous allons faire connaissance avec ma propre destinée ! »
    Mais dès qu’ils en ont fait le tour, ils sentent d’abord un courant,
    Puis une formidable ascendance vers un chemin prédestiné.

    Illustration de Ledalïä.

  • La Table ronde du dimanche soir

    « Les découvertes ne sont pas faites pour être conservées dans des coffres, mais pour circuler de cœur en cœur jusqu’à devenir un bien commun.
    Les secrets peuvent protéger un monde ; ils ne doivent jamais l’isoler.
    Quant aux portails oubliés, ils ont une étrange habitude : ils attendent patiemment que les plus curieuses les trouvent avant les plus savants.
    Et lorsqu’un certain Cristïäs rougit jusqu’aux oreilles, il est généralement temps de lui pardonner et de partager un verre avec lui. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La Table ronde du dimanche soir

    Non. Ce n’est plus le feu de camp du dimanche matin sur la plage
    Mais une véritable Table ronde comme celle des anciens chevaliers.
    Loreleï, telle un volcan, préside son aéropage
    Afin d’informer tout le monde avec son esprit cavalier.

    « Donc ! Merci pour le hub Atlante ! Merci pour les ruines atlantes !
    Merci pour les petits secrets et de ne pas les partager !
    Merci pour le portail atlante et ton ingérence accablante !
    Et merci d’avoir consacré du temps pour nous le propager ! »

    « Loreleï, ne sois pas trop sévère ! » intervient STELLÏÄ vivement
    « Parce qu’il n’est pas assez grand pour se défendre sans maman ? »
    Tranche Lïlïth posant son verre ; « Allons Cristïäs, positivement !
    Explique-toi ! Il est flagrant que tu nous dois des arguments ! »

    « Je ne sais pas, je ne sais plus, l’ALLEGÔRÏÄ… tout va trop vite ! »
    Répond Cristïäs timidement ; « J’avais des possibilités,
    Des informations en surplus, des inconvénients que j’évite
    Mais surtout, bien évidemment, sans y mettre de l’hostilité ! »

    « Et moi aussi, je suis fautive ! » prévient Yanimïä humblement.
    « Cristïäs me l’avait exposé et je lui ai laissé “carte blanche”.
    Je reconnais sa tentative faite un peu trop aveuglement
    Et j’aurais dû interposer Lïlïth, à charge de revanche. »

    « Bon ! » dit Lïlïth frappant du poing ; « Du passé faisons table rase
    Mais dès demain je veux le plan et les secrets de la maison
    Afin que nous fassions le point sans faire d’inutiles phrases
    Et nous instruire de but en blanc de toutes vos combinaisons ! »

    « Et maintenant, Alinéor, à boire car nous en avons besoin
    Nos cerveaux doivent se détendre après toutes ces révélations ! »
    Dit Lïlïth comme un météore tombant pile en ce mois de juin
    Pour couper court sans trop s’étendre sur de vaines corrélations.

    Illustration de Ledalïä.

  • Matin neuf

    « Les portails ne sont pas faits pour être traversés jusqu’au bout, mais pour rappeler aux voyageurs que le monde est toujours plus vaste que leurs certitudes.
    Lorsqu’une énigme paraît insoluble, il est parfois plus sage d’aller demander son avis à “ce” Cristïäs. »

    Les anciennes routes ne disparaissent jamais ;
    elles attendent simplement que quelqu’un ait la curiosité de les rouvrir. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Dix-heures sonnent en ce dimanche et la nature goûte au repos ;
    Le lac se ride en vaguelette sous un petit vent de printemps.
    Puisque c’est une journée sans manches, autant faire profiter la peau,
    Faire un petit brin de toilette et sortir nues par ce beau temps !

    Pour Loreleï et Éôlïäne, retrouver le monde englouti
    Est une joie renouvelée par le plaisir des profondeurs.
    Mais c’est aussi pour Azurïanne, le bonheur d’un rêve abouti
    Par l’arrivée tourneboulée de compagnie tout en candeur.

    Les siluriformes dociles les ramènent au temple de Diane
    D’où Cristïäs avait suspendu la visite de la cité.
    Ce matin, sans cet imbécile et guidées par Azurïanne,
    Les sirènes très détendues nagent avec efficacité.

    La nef paraît bien plus immense qu’on la voyait de l’extérieur
    Et au fond une grande salle se termine par un escalier.
    Prudemment les filles commencent à descendre l’étage inférieur
    Et parviennent sur un sol en dalles dans un lieu inhospitalier.

    En effet, un passage sombre s’ouvre sur un tunnel sans fin
    Où l’obscurité est totale – ce qui n’est pas sans anicroche –
    Mais une lumière crève les ombres lorsqu’elles y pénètrent enfin
    Malgré la menace létale de l’inconnu qui se rapproche.

    Elles débouchent hors d’une grotte dans un vaste espace marin…
    « L’eau est salée ! » dit Éôlïäne, « Nous sommes dans un océan !
    La mer est à une sacrée trotte et ce n’est pas ce souterrain
    Qui partant du temple de Diane nous a fait faire un pas de géant.

    « Rentrons ! » dit Loreleï « Finalement ce Cristïäs nous sera utile ;
    C’est un ancien portail antique qui relient toutes les mers du monde ! »
    Alors les sirènes trivialement quittent cette énigme futile
    Aux exhalaisons d’Atlantique pour tenir une table ronde.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Retour d’expédition

    « Une piscine menait à l’Atlantide.
    Une Atlantide menait à une sirène.
    Une sirène menait à la salle à manger.
    Certaines découvertes suivent une logique étonnamment directe. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Retour d’expédition

    « Alors retourne d’où tu viens et nous nous retrouvons là-haut ! »
    Ordonne, à Cristïäs, Loreleï. « Et nous, les filles, nous rentrons ! »
    « Je reste un peu et je reviens ! » dit Éôlïäne sur le préau
    « Comme toujours, vaille que vaille ! » dit Loreleï, « nous vous attendrons !

    Loreleï regagna la piscine et remonta pour faire le point
    Mais prit des nouvelles de Lïlïth avant d’affronter les LLyrïädes.
    « Je suis passée à l’officine, ce n’était qu’un peu d’embonpoint ! »
    Répondit sa mère explicite pour tranquilliser la naïade.

    Dans la grande salle-à-manger, Loreleï et Cristïäs communiquent
    Chacun le fruit des découvertes avec passages à doubles voies.
    « Mais n’y a-t-il aucun danger entre un sas supraluminique
    Et une piscine couverte ? » demande-t-on de vive voix.

    « Non car je n’ai pu ressentir ce qu’une sirène sait reconnaître ! »
    Dit Loreleï dans l’affirmative « Et Cristïäs a pu remonter
    Sans que j’entende retentir le moindre écho au sonomètre.
    Nous avons donc l’alternative pour l’explorer à volonté ! »

    « Et voici ma nouvelle copine ! » tonitrue Éôlïäne en cœur.
    Et une jolie adolescente présente alors son personnage :
    « J’habite au fond de la bassine depuis tellement longtemps, j’ai peur
    Que je serais reconnaissante de ne pas dévoiler mon âge ! »

    « Tu as raison ! » répond Lïlïth « Le temps ne fait rien à l’affaire !
    Nous étions quinze ? Nous serons seize ! Nous ajouterons un couvert !
    Car les sardines – mêmes licites – ne doivent pas te satisfaire…
    Alinéor ! Vite une chaise ! Et du vin pour remplir nos verres ! »

    Nous sommes dix-huit en vérité avec les trois petits bébés
    Mais peu importe si le nombre n’est pas celui qu’on prétendait !
    Et Azurianne d’hériter sa place après être adoubée
    Troisième sirène sans encombre et que personne n’attendait…

    Qu’il est étrange ce repas où chacun parle en même temps !
    Azurianne écoute et découvre une famille extravagante.
    On y débat d’Atlantes, de chats, de portails et de contretemps
    Tandis qu’Éôlïäne lui trouve déjà mille qualités charmantes.

    « Tu verras ! » lui souffle Loreleï « On s’habitue à leurs manières ;
    Les premiers jours sont les plus durs, puis c’est retour à la normale ! »
    Azurianne rire, l’air canaille : « Si je rejoins votre bannière,
    Je veux bien ma chambre en bordure de la piscine aux eaux thermales ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le visiteur inattendu

    « Les Atlantes bâtissent des portails compliqués, les sirènes empruntent les piscines et les explorateurs finissent toujours par arriver au mauvais endroit.
    C’est ainsi que commencent les meilleures aventures. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Soudain, une lueur bleue aveuglante dans le temple de Poséidon.
    « Azurianne ? Il y a quelqu’un qui vit dans ces anciennes ruines ? »
    Crie Loreleï d’une voix cinglante juchée sur un pyramidon.
    « Jusqu’à présent aucun ! » répond la fille qui baragouine.

    « Allons voir ! » suggère Éôlïäne et les trois s’avancer lentement…
    « Ah ça, Cristïäs, que fais-tu là et quel est cet accoutrement ? »
    À côté d’une statue de Diane, apparaît véhémentement
    L’Atlante en habit de gala, semblant un enchevêtrement.

    « J’ai emprunté le terminal qui indiquait “ vers l’Atlantide ”
    Et mis cette combinaison ! » dit Cristïäs tout abasourdi
    De voir le corps nu virginal d’une sirène toute candide
    Surgissant d’une frondaison avec des gestes assourdis.

    « Je reconnais cette cité car c’est ici que je suis né !
    Mais toi-même comment as-tu pu arriver à poil jusqu’ici ? »
    Demande Cristïäs, excité alors qu’il a mis la journée
    À déchiffrer le préciput dont ses ancêtres bénéficient.

    « Nous faisons une randonnée tout au fond du lac de Constance ! »
    Dit Loreleï les bras sous les seins « Par la piscine, puis la splendeur
    De ses tunnels abandonnés et c’est une drôle de circonstance
    De te trouver sous le bassin à deux-cents mètres de profondeur ! »

    « Cela signifie que nous sommes en Atlantide tout simplement ! »
    Lâche Cristïäs laconiquement « Cette maison est un relais
    Afin d’étudier les hommes ainsi que leurs rassemblements
    Au cas où ironiquement ils auraient pu nous harceler ! »

    « Un relais qui ne sert à rien vu l’état des vestiges antiques ! »
    Dit Éôlïäne en s’esclaffant « Es-tu sûr que, sans faux-semblants,
    Tu n’aurais pris “ vers les terriens ” au lieu d’océan Atlantique ? »
    Continue-t-elle en se coiffant avec un coquillage blanc.

    Illustration de Ledalïä.

  • La cité engloutie

    « Certaines ruines ne s’effondrent jamais.
    Elles attendent simplement que des cœurs curieux reviennent les visiter.
    Alors les pierres racontent, les épaves se souviennent et les profondeurs cessent d’être seules. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La cité engloutie

    Et voici nos aventurières chevauchant leurs poissons à cru
    Qui arrivent au pied des vestiges d’une ancienne cité engloutie.
    Pourtant ces vénérables pierres restent debout – qui l’aurait cru ? –
    À vous en donner le vertige tellement les arches sont abouties.

    Les colonnes de marbre austère émergent des herbiers touffus ;
    Des statuettes aux yeux de nacre observent les trois cavalières.
    Nul ne sait encore quel mystère se cache derrière, à l’affût,
    Ni à quoi Éôlïäne consacre cette cité festivalière…

    « Voilà le cœur de mon royaume ! » leur dit Azurianne tout émue ;
    « J’y viens souvent quand je m’ennuie ou lorsque Guillaume est aigri ! »
    Le poisson-chat paraît en somme trouver cette remarque promue
    À se dissoudre dans la nuit quand les siluriformes sont gris.

    Sur le forum abandonné, un vieux trois-mâts s’est échoué
    Depuis plusieurs centaines d’années à en croire l’état du vaisseau.
    Sous les sabords bien ordonnés, de vieux boulets semble voués
    À une retraite surannée sur la terrasse prise d’assaut.

    « Je n’ai jamais osé monter sur cette épave aux flancs noircis ;
    Elle gémit lorsque les courants traversent ses voiles déchirées. »
    Confesse Azurianne tourmentée par les cordages racornis
    Qui sembleraient presque mourants s’ils se mettaient à délirer.

    Loreleï pose le pied sur le pont couvert de mousse et coquillages ;
    Éôlïäne la suit de très près sans même attendre son avis.
    Guillaume, lui, reste à surveiller le bateau qui a fait naufrage
    Tandis qu’un silence fait-exprès s’empare soudain du parvis.

    « Vous qui osez entrer céans, je vais vous passer par les armes ! »
    Crie une voix dont la requête fige Éôlïäne « aïe aïe aïe ! »
    « Je suis la reine de l’océan ! » rit Azurianne à chaudes larmes
    De s’être bien payé leurs têtes. « Ah c’est malin ! » dit Loreleï.

    Illustration de Ledalïä.