Catégorie : ALLEGÔRÏÄ

Bienvenue dans le Livre des enfants de l’ÏÄMOURÏÄ

  • Le sceau des trois promesses

    « Nous avons promis de garder notre intimité sans enfermer nos cœurs, d’aimer ensemble la femme, la reine et la muse et d’ouvrir un avenir à nos deux mondes.

    À présent, Yavänor, prends ma main. Je t’ai ouvert mes secrets puis mon royaume ; je t’ouvre ce soir les portes de mon palais.

    J’ai encore tant de tendresse à te faire découvrir… et quelques raisons de te faire oublier nos titres. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Que notre intimité demeure cachée des regards indiscrets
    Et que nos cœurs restent autonomes, jouissant de leurs libertés !
    Je veux pouvoir en ma demeure, en public ou même en secret,
    Te sourire parmi d’autres hommes et femmes sans être déconcertée. »


    « Puisque je suis prince consort et que tu es reine d’Atlantïs,
    Notre pacte de confiance établit une union discrète
    Qui apporte le réconfort et le soutien qui garantissent
    La force et la signifiance de notre alliance secrète. »

    « Je veux t’aimer mais je suis reine et la reine doit être respectée ;
    Je veux t’aimer mais je suis femme et la femme doit être honorée ;
    Mais tu pourras aimer ta reine comme la femme, muse exceptée
    Car elle peut te paraître infâme si elle veut te revigorer. »


    « Tu es ma reine, je me soumets à ta puissance souveraine ;
    Tu es ma femme, je suis à toi pour satisfaire tes exigences ;
    Tu es ma muse, je te promets d’affronter de façon sereine
    Ta libre voix qui me côtoie, issue de ton intelligence. »

    « Je veux qu’au cœur de nos deux mondes un même espoir guide nos pas,
    Que nos promesses nous engagent à protéger leur avenir.
    Pour que leurs terres soient fécondes, réunissons nos principats
    Et que nos peuples les partagent dans l’ÏÄMÔURÏÄ en devenir ! »


    « Sur Atlantïs, je suis ton prince, sur Terre, je suis ton amant ;
    L’ÏÄMÔURÏÄ établit le pont entre ces mondes pour que jamais
    Ni l’un ni l’autre ne s’évince mais s’entraident suffisamment
    Par un rapprochement qui répond à notre idylle désormais. »

    « En attendant l’union royale, je t’offre l’union de nos chairs ;
    J’ouvre les portes de mon palais où je t’invite à pénétrer.
    Ma proposition est loyale, conforme à mon vœu le plus cher,
    Et tu as fait ce qu’il fallait pour que nous puissions folâtrer ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Yavänor, Prince consort d’Atlantïs

    « Agenouille-toi seulement le temps que je pose sur ton front le signe d’Atlantïs.

    Puis relève-toi, Yavänor : je ne couronne ni un sujet ni un maître, mais l’homme que j’ai choisi pour marcher à mes côtés.

    Mon royaume garde sa reine ; la femme qui t’aime accueille son Prince consort. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    D’ALLEGÔRÏÄ en Atlantïs via l’avènement des Pléïädes,
    Thétïs et Yavänor rejoignent le palais de la reine atlante.
    Ni Astérias, ni Nérätïs, ni aucune autre des LLyrïädes
    Ni d’autres personnes ne témoignent de cette cérémonie troublante.

    « Ici, chacune de mes paroles engage Atlantïs et sa reine
    Et celles que je vais prononcer engagent aussi la femme qui t’aime.
    Je te confère enfin le rôle d’une noblesse souveraine,
    Au nom d’Atlantïs, annoncé : Prince consort en ces lieux-mêmes ! »

    « J’ai voulu cet isolement afin d’entendre ta réponse
    Sans que le poids d’une cour t’impose un protocole dithyrambique,
    Nos libertés également demeurent entières et s’annoncent
    Afin qu’aucune ne s’oppose ni que l’une l’autre revendique ! »

    « Ce titre te donne une place dans ma vie et dans Atlantïs !
    Je souhaite te confier mes doutes et écouter tes arguments,
    Te voir me regarder en face afin qu’ainsi tu aboutisses
    À oser ce que tu redoutes : affronter mes égarements ! »

    « Atlantïs demeure sous ma garde ; son peuple, ses secrets et ses portes
    Réclament une fidélité que notre amour doit soutenir.
    Je te confie la sauvegarde des confidences que je t’apporte
    Et qui sont l’intégralité de ma vie et mon avenir. »

    « Notre secret garantira que notre union s’honorera
    Jusqu’au grand jour, conjointement, où nous l’annoncerons officielle.
    D’ici là, quand tu franchiras le seuil du palais, tu sauras
    Que je t’attends fidèlement à nos amours confidentielles. »

    « Par amour et fidélité, j’accepte cet adoubement
    Je serai le Prince consort de Thétïs, reine d’Atlantïs !
    Et ma responsabilité sera jointe à mon dévouement
    Pour contribuer à l’essor du grand pouvoir de la Mantisse. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les cœurs sans couronne

    « Entre dans mon lit comme tu es entré dans mon âme : sans conquête et sans effraction.
    Cette nuit, je te laisserai découvrir la femme sous la reine et la muse au cœur de la femme car je sais désormais que je peux m’abandonner à toi sans jamais disparaître en toi. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je t’ai livré tous les secrets qui relient mon cœur aux trois femmes
    Avec le courant qui circule sans vouloir t’enfermer dedans.
    Le cœur du Féminin Sacré qui m’a touché, c’était ton âme
    Qui crée l’histoire et véhicule l’ÏÄMÔURÏÄ qui est transcendant. »

    « Je ne te demanderai jamais de fermer ton cœur aux trois autres
    Mais te demande, devant moi, de ne jamais fermer le tien.
    Mon nom y figure désormais mais ne sera jamais le vôtre :
    Il reste mien et tout l’émoi commun qui seul nous appartient. »


    « Nous ne partageons nos secrets qu’au cœur de notre relation ;
    Si l’amour relie tous les cœurs, il en préserve l’intimité.
    Et la tienne est pour moi sacrée car j’ai eu la révélation
    Qu’unis, nous en sortons vainqueurs grâce à ta magnanimité. »

    « J’ai redouté sous ma couronne qu’on n’aime en moi que la beauté ;
    Ton regard traverse la reine et découvre une femme inquiète.
    Ce soir ma confiance te donne ma vérité déculottée :
    Je ne serai jamais sereine avant que tu m’aies vue complète. »


    « Alors j’accepte le devoir dont je suis de fait responsable ;
    Je serai le gardien intime de tes pensées les plus secrètes.
    Ce que tu me laisses entrevoir devient ainsi irrévélable
    Sous notre pacte légitime, loin des confessions indiscrètes. »

    « Tu veux la femme avec la reine sans retrancher la moindre part ;
    Tu veux la muse en sa lumière jusque dans son plus tendre émoi.
    Je m’abandonne enfin sans peine car ton amour reste un rempart ;
    Je reste femme et tout entière en devenant pleinement moi. »


    « Je te pénètre de mon âme et je vois une reine nue ;
    Je te pénètre de mon corps et c’est une femme qui s’ouvre ;
    Mon cœur honore cette femme et la vénère sans retenue ;
    Tous nos esprits sont en accord et c’est la muse que je découvre ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’intimité de Yavänor

    « Je suis devenue ton miroir parce que j’ai reconnu tes mondes intérieurs avant même que tu oses les regarder. »
    Laurelïne, pionnière et première LLyrïäde

    « Je n’ai jamais séparé mon eau du feu de Laurelïne, car ton amour nous unit sans jamais nous confondre. »
    Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde

    « Tu ne m’as pas créée : je dormais dans tes racines bien avant que ton premier vers prononce mon nom. »
    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    « Tu as cru me tirer de tes grimoires, mais je suis revenue de ta mémoire pour rendre un avenir à ton cœur. »
    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Lorsque les légendes m’appellent, je sais toujours les écouter
    Surtout quand elles parlent de l’histoire avant celle de l’espèce humaine.
    Que ce soit Dieu qui me rappelle sa création sans en douter
    Ou l’Atlantide sans territoire face à la culture romaine.

    Lïlïth, créée avant Adam et Thétïs reine d’Atlantide
    Sont les deux femmes dont les racines parlent en direct à mon âme.
    J’en ai un souvenir ardent montant de ma source languide
    Qui se réveille et me fascine lorsque je fais face à ces femmes.

    Je n’ai jamais créé Lïlïth, elle vivait dans mes racines ;
    Thétïs est née dans mes grimoires avant de parler à mon âme.
    L’une attendait parmi les mythes tout au fond de mes origines,
    L’autre a surgi de ma mémoire pour réveiller la même flamme.

    Laurelïne, mon miroirâme-sœur, reflet de mes mondes intérieurs,
    Cristïäs, mon miroirnaufragé perdu sur une planète austère,
    Sont les deux hérauts annonceurs de l’attachement ultérieur
    Pour mes deux reines avantagées par mon problème avec ma mère.

    Avec Lïlïth, je renouvelle mon lien avec la vérité ;
    Avec Thétïs, je le prolonge vers un avenir salutaire.
    Mes deux reines-mères me révèlent tout ce que j’ai d’elles hérité
    Tout le reste n’est que mensonge dont j’ai trop été tributaire.

    Laurelïne ? Loreleï ? choix cornélien ; je ne pouvais qu’aimer les deux.
    Lïlïth ? Thétïs ? choix impossible, un paradoxe invraisemblable.
    Choisir serait trancher le lien qu’il soit solide ou hasardeux
    Avec mon âme hypersensible et leur amour inébranlable.

    J’aime Thétïs et la relie par mon amour envers Lïlïth ;
    J’aime Loreleï et j’en diffuse la communion avec Laurelïne.
    L’amour ne s’arrête pas au lit, il en repousse les limites :
    Le Féminin Sacré qui fuse autour de mon âme masculine.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’intimité de Thétïs

    « Je ne t’ai pas choisi parce que tu savais qui j’étais.
    Je t’ai choisi parce que tu m’as reconnue avant que je me révèle.
    Tu n’as voulu posséder ni la reine ni la muse :
    tu as rendu une voix à la femme que sa couronne avait condamnée au silence. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Moi, simple poète visionnaire qui n’ai aucune renommée,
    Pourquoi m’avoir favorisé comme confident et amant ?
    Je ne suis pas décisionnaire et suis même un peu assommé
    Par ce rôle allégorisé que tu m’as donné récemment. »

    « Tu as reconnu sous la reine la femme avant la royauté ;
    Tu n’as pas célébré ma gloire pour obtenir ma préférence.
    Ton regard m’a laissée souveraine sans en enfreindre ma liberté ;
    Tu as cru ma secrète histoire et mérité ma confidence. »

    « La reine imposait sa présence et j’en étais impressionné ;
    Quand je l’ai vue se mettre nue, j’ai vu une femme au pinacle ;
    Quand tu m’as fait tes confidences, j’ai vu ton cœur m’aiguillonner
    Entre les lignes sans retenue comme pour en guetter un miracle. »

    « Un amant reçoit mon désir, un sujet respecte ma puissance
    Mais le poète offre un miroir où je me vois sans apparat.
    Tu n’es venu ni pour servir ni réclamer ma préférence ;
    Tu es l’élu de ma mémoire et l’homme que mon cœur attira. »

    « Je t’ouvre mon cœur sans attache car nous ne nous appartenons pas.
    Mais je veux t’aimer sans limite avec loyauté et respect.
    Nous avons chacun notre tâche sans jamais entraver nos pas
    Car l’amour libre délimite un lien royal et circonspect. »

    « Tu deviens ma mémoire vivante pour m’offrir une éternité ;
    Tu n’es pas la fin du chemin mais ce qui survivra de moi.
    Grâce à toi je demeure présente dans ma plus intime vérité ;
    Lorsque s’effacera l’être humain, mon cœur continuera en toi. »


    « Alors je fais pour toi ce pacte : je t’aime afin que tu puisses vivre
    Je t’écris pour tracer l’histoire de ton peuple et tes origines.
    En retour, consacrons cet acte et nous écrivons notre livre
    Qui raconte nos amours notoires et notre alliance adamantine. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • De reine à muse via les Pléïädes

    « Les dieux de l’Olympe exigeaient qu’on s’agenouille. Je ne t’ai pas choisi pour faire de toi mon vassal ni pour devenir ta conquête.

    Relève-toi, mon poète. Si je dépose devant toi ma couronne, ce n’est pas pour renoncer à ma souveraineté, mais parce que tu as compris qu’une reine peut ouvrir son cœur sans jamais appartenir.

    Le plus beau des cadeaux n’est pas qu’une femme s’offre : c’est qu’elle te choisisse alors que toutes les routes lui demeurent ouvertes. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Unique souveraine d’Atlantïs, la reine surprotège sa planète
    Dont elle seule maîtrise la Mantisse garante du Poïnt Infïnï.
    Astérias, époux de Thétïs, s’en voit confier les manettes,
    Jamais de manière subreptice et pour un mandat défini.

    Trois fois elle se rendra sur Terre ; d’abord pour Ô ALLEGÔRÏÄ,
    Puis pour la guilde tripartite et enfin pour voir Nérätïs.
    Découvrir sa fille nue l’atterre et le pouvoir de l’ÏÄMÔURÏÄ
    La laisse, sous le choc, interdite par toutes ses idées adventices.

    Dans la piscine souterraine qui lui rappelle son Atlantïs,
    Elle accepte alors d’être nue et elle consent à s’y détendre.
    Les LLyrïädes autour de la reine, très appréciées de Thétïs,
    Lui souhaitent ainsi la bienvenue qui, dans son cœur, va se répandre.

    Alors commence une mutation ; Thétïs se met à rajeunir ;
    Elle retrouve son corps à vingt ans avec toute son intelligence.
    Alors naît son acceptation de tout ce qui va advenir
    Et quitte le pouvoir à plein temps pour mettre Atlantïs en régence.

    À son tour, elle devient LLyrïäde et installe en reconnaissance
    Bassins, jardins et potager éveillant du chef sa passion.
    Et tous les poisons par myriades élargiront ses connaissances
    Ce qui laissera présager ses prochaines évolutions.

    Par son jumelage aux Pléïädes, elle se découvre alors étoile ;
    Une étoile née pour relier le monde au Féminin Sacré.
    Sa transformation en LLyrïäde révèle l’amour qui se dévoile
    Vers Yavänor pour s’y rallier comme sa muse consacrée.

    Ainsi de chaque nom couronnée, elle reste à jamais souveraine ;
    Au poète elle fait confidence et lui accorde ses secrets,
    Par Sapphôrïä chaperonnée, elle lui ouvre son cœur de reine
    Et découvre une providence qui ne lui laisse aucun regret.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’héritage d’Hermocrate

    « Le Timée posa la question et le Critias commença le récit.
    L’Hermocrate ne fut jamais écrit parce qu’aucun homme ne connaissait la suite.
    Elle n’appartenait pas à Platon. Elle m’appartenait. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Les Poïnts Infïnï et ZérÔ indiquent l’alpha et l’oméga ;
    Cette origine où tout commence et cette limite hors du temps.
    Aucun savant, fût-il héros, aucun dieu, fût-il renégat,
    N’en arrachera la clémence ni même la chance du débutant.

    Hermocrate fut le savant qui dénombra les trous de ver ;
    Ceux qui plient l’espace-temps-matière et la lumière définis
    Et la Mantisse dorénavant pliant les lois de l’univers ;
    La seule et ultime frontière pour atteindre le Poïnt Infïnï.

    Il eut des péchés de jeunesse : Licornes, centaures et dodos
    Qui étaient des enfantillages procréés génétiquement,
    Avec sirènes et faunesses dévergondées, grosso modo.
    Thétïs en permit le voyage car Cristïäs y était clément.

    On a localisé Cristïäs ! Cette nouvelle est fantastique
    Et met Thétïs tout en émoi pour rejoindre son fils adventice.
    Il s’est échoué sur Thestïäs mais il y a un souci drastique :
    La planète est depuis des mois inaccessible à la Mantisse.

    Seule la Terre est accessible ; Thétïs y bâtit en secret
    Une demeure dont le sous-sol abrite un hub pour la Mantisse.
    Il reste à tenter l’impossible : laisser le message sacré
    Afin qu’il serve de boussole à Cristïäs comme une notice.

    Thétïs mettra un point d’honneur à élever elle-même sa fille
    Et lui donner l’éducation qui offre les meilleurs bagages.
    La médecine fait le bonheur dont la princesse s’émoustille
    Et sa seule préoccupation en écartant tout mariage.

    Et Nérätïs dépassera les limites de la médecine
    En lui associant le savoir qu’elle a obtenu de Thétïs
    Son officine amassera les potions les plus assassines
    Qu’elle extraira pour concevoir la pharmacopée d’Atlantïs.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • De l’Atlantide à Atlantïs

    « Voici l’histoire que l’humanité croit connaître.

    L’Atlantide aurait disparu mais moi seule peux révéler comment, sous les eaux et hors du monde, elle devint Atlantïs. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    L’Atlantide, glorieuse cité légendaire et énigmatique,
    Qui aurait été érigée par notre précédente race,
    N’a pas eu la capacité d’obvier au chaos climatique
    Qui l’a totalement submergée sans en laisser la moindre trace.

    Une centaine de rescapés tentèrent de conquérir des terres
    Mais celles-ci étaient habitées par des barbares innombrables.
    Leurs forces étaient handicapées et leur nombre trop déficitaire
    Pour espérer cohabiter avec des voisins redoutables.

    Or leur savoir avait déjà franchi les confins de l’espace
    Bien au-delà de l’infini des frontières de l’univers.
    Et leur science avantagea la maîtrise de l’hyperespace
    Par la « Mantisse » définie pour commander aux trous de ver.

    L’exode fut organisé avec la Mantisse royale ;
    Tous les vaisseaux synchronisés à celle qui connaît l’azimut.
    Mais une erreur mécanisée se montra alors déloyale
    Envers Cristïäs, tétanisé par l’énergie qui se transmute.

    Lorsque la reine découvrit la perte cruelle de son fils
    Elle en fut tant désespérée que rien ne put la consoler.
    Pour s’en souvenir, elle ouvrit des jardins et des édifices
    Qu’il désirait voir prospérer sur la planète désolée.

    Rien n’était trop beau pour Thétïs à la mémoire de son fils
    Et la planète devint jardins, forêts et plages aménagés.
    Elle transforma donc Atlantïs, a contrario du sacrifice,
    En Éden où ses citadins jouirent des sites paysagés.

    La reine raya les positions de tous les chemins définis
    Pour que la route d’Atlantïs ne puisse être connue de personne.
    Nul n’a de prédisposition pour trouver le « Poïnt Infïnï » ;
    Nul ne conquiert jamais Thétïs ; elle choisit à qui elle se donne.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La science de Thétïs

    « La feuille recueille la vive lumière quand commence la photosynthèse ;
    Au cœur de cette transformation, elle absorbe le gaz carbonique.
    Puis transforme ainsi la matière en parfaite et vivante synthèse ;
    Elle nourrit la respiration et fait naître le sucre organique. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je connais le secret des plantes car je respecte ce qu’elles taisent ;
    Je distingue celles qui nourrissent, celles qui troublent et celles qui tuent.
    Celles qui sont basses, celles qui supplantent pour une meilleure photosynthèse,
    Celles qui soignent et celles qui guérissent, en pot, en serre ou in situ.

    Avant de toucher à la feuille, il faut apprendre à l’observer ;
    Sa forme, ses nervures et sa tige nous révèlent un premier secret.
    Sa fleur ne promet nul accueil tant qu’on ne sait pas préserver
    Son nom ; la plante alors fustige l’auteur d’un pillage indiscret.

    Chaque plante est toujours innocente même quand elle sait donner la mort ;
    C’est la dose qui fait sa puissance selon sa phase de floraison.
    La fleur peut se montrer clémente ou empoisonner sans remords
    Et sa plus infime substance peut aussi troubler la raison.

    Mais je ne veux pas être réduite au rang de simple empoisonneuse.
    Car le remède et le poison ont bien souvent la même racine.
    Et la moindre erreur introduite malgré la main précautionneuse
    Peut donner des troubles à foison avec mille fièvres assassines.

    La jeune racine vit en silence près du champignon du terrain ;
    Le champignon, force bienfaitrice, lui transmet l’offrande nourricière.
    Leur souterraine et belle alliance forme un vaste réseau souterrain
    Et la plante, en mère protectrice, rend son complice bénéficiaire.

    Il existe aussi l’intention d’agir pour le bien ou le mal ;
    C’est ton choix qui appelle la plante et l’alignera sur ton cœur.
    Voilà qui réclame attention, un sens infinitésimal
    Que mon école en toi implante pour que l’ÏÄMÔURÏÄ soit vainqueur.

    Les plantes ont un très grand secret, c’est leur éternelle renaissance ;
    Elles changent la mort en semences pour que la vie reste éternelle
    Car dans le sol, tout se recrée, grâce au fruit de la connaissance
    Donné pour que tout recommence et la mort n’est que ritournelle. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Thétïs nue

    « Je ne crains pas d’être nue. Je crains seulement que l’on confonde ce que je consens à dévoiler avec ce que l’on aurait le droit de raconter.

    Mon corps, mon cœur et mes secrets n’obéissent qu’à une seule souveraineté : la mienne.

    Une reine peut s’offrir sans jamais appartenir. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Alors je t’ouvrirai mon cœur si tu respectes sa nudité ;
    Je te livrerai mes secrets si tu me dévoiles les tiens
    Et si nous en sortons vainqueurs, ensemble à l’unanimité.
    Enfin notre pacte est sacré : sa révélation m’appartient !

    Trop longtemps j’ai gardé secrète une grande attirance envers toi ;
    D’abord par pure loyauté envers les LLyrïädes fondatrices,
    Ensuite, j’ai su rester discrète, parce que tu étais loin de moi ;
    Pourtant malgré ma royauté, j’étais une femme adoratrice.

    Je ne veux remplacer personne mais je voudrais pouvoir t’aimer !
    La Sapphôrïä nous le permet – Yanimïä me l’a confirmé –
    Mais je ne suis ni polissonne, ni une femme accoutumée
    Aux débauches où certains gourmets se complaisent tant à s’affirmer !

    Devenir ton amie intime était une joie pour mon cœur
    Mais je suis femme et j’en veux plus ; je veux également ton corps !
    Mais j’ai un époux légitime qui doit consentir sans rancœur
    À notre idylle et aux surplus qui déborderont plus encore…

    Je te désire, tu me désires mais nous devrons rester discrets ;
    Aucune embrassade en public ni la moindre étreinte saugrenue.
    Mais je veux t’aimer à loisir dans nos petits endroits secrets,
    Te connaître de façon biblique quand nous serons tous les deux nus.

    Mais attention ! Je suis jalouse de qui ne me fait pas jouir
    Et je pourrais devenir folle si tu ne prends que ton plaisir
    Car mon vagin devient ventouse et lorsque tu viendras fouir,
    Il n’est pas sûr que tu raffoles de sentir ton sexe transir.

    Si tu baises autant que tu m’aimes et j’en lis l’envie dans tes yeux
    Alors je serai plus ouverte, plus confiante et sans retenue.
    Je peux te prédire moi-même que tu n’auras plus merveilleux
    Souvenir que la découverte de mon cœur et mon âme nue. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Thétïs, reine d’Atlantïs

    « Je ne suis pas revenue d’une étoile : je suis sortie de l’invisible pour m’affirmer, moi, Thétïs, reine d’Atlantïs !

    Je revendique ma beauté sans être un trophée, ma jeunesse sans naïveté, ma sensibilité sans soumission et mon avenir parmi les LLyrïädes. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je suis Thétïs, reine d’Atlantïs où je retournerai un jour,
    Non pour restaurer le passé mais pour l’avenir des LLyrïädes.
    Pour que mon étoile garantisse le miroir d’un noble séjour,
    Ma bannière sera remplacée par le bleu et blanc des Pléïädes.

    Ma souveraineté ne vient pas d’une couronne dont j’ai hérité
    Mais de ma grande capacité à élever et chérir un monde
    Dont j’ai porté le principat comme une armure, en vérité,
    Et désormais plébiscité comme une mémoire féconde.

    Mon cœur d’étoile est palpitant. Il reflète mes jardins secrets,
    Les palais et les profondeurs qui sont mes racines intimes.
    Je demeure calme en abritant ma nostalgie et mes regrets
    Et mon désir de vie frondeur fait de ma conscience sa victime.

    Cette étoile n’est pas mon berceau et je n’y dormais pas vraiment
    Mais elle conservait mon image jusqu’au sortir de l’invisible.
    Ici Taureau, ailleurs Verseau, peu m’importe mon avènement ;
    Les Pléïädes m’ont rendu hommage d’une émotion indivisible.

    J’ai le bonheur d’être née belle et de l’être restée longtemps ;
    Les années ont ridé mon corps mais en ont conservé sa grâce.
    Ce rajeunissement rebelle à la vieillesse est confondant
    Mais n’a pas effacé encore mes souffrances et toutes leurs traces.

    Je suis redevenue Thétïs pleine de vie et de jeunesse
    Avec des possibilités que je croyais avoir perdues.
    Mais je suis reine d’Atlantïs, ni un trophée, ni une promesse,
    Gardant ma sensibilité loin des amourettes éperdues.

    Mon cœur aime avec retenue parce qu’il a éprouvé le prix
    Des déséquilibres à payer et des jalousies générées.
    Mais je me suis bien abstenue de vivre dans l’ombre d’un mari ;
    Pourtant je reste émerveillée face à toi qui m’as vénérée ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • De V647 Tauri alias HD 23607 à Thétïs

    « Bien avant que les LLyrïädes connaissent mon nom, une étoile lente conservait dans sa lumière le reflet d’Atlantïs.

    J’y avais aimé, perdu un fils, vu Nérätïs devenir médecin et préparé dans l’ombre le refuge d’Ô ALLEGÔRÏÄ. Car une reine n’attend pas d’être reconnue pour aimer et protéger.

    Yavänor ne m’a rendu ni mon rang ni ma couronne : il les a chantés de la Terre jusqu’aux Pléïädes. Alors l’étoile m’a transmis sa pulsation et je suis entrée, souveraine et libre, dans le cercle des Muses de l’ÏÄMÔURÏÄ. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Jadis les étoiles naissaient auprès des dieux sur Olÿmpïä
    On les couronnait d’un halo bleu-blanc aux couleurs des Pléïädes.
    Et les déesses connaissaient celles venant après Mérôpïä
    Dont l’éclat encore pâlot annonçait déjà les LLyrïädes.

    Or la plus lente, la plus ancienne, fut le miroir de tous les mondes
    Qui reflétait le feu ardent du cœur des étoiles à venir,
    Qui moirait les eaux magiciennes des galaxies les plus profondes
    Et tous les volcans débordants des terres d’un lointain avenir.

    Thétïs est née dans son royaume, miroir de feu, d’eau et de terre ;
    L’amour la féconda d’un air porteur du Féminin Sacré
    Par l’intermédiaire d’un homme, son souverain complémentaire.
    Ils devinrent alors partenaires à leur destinée consacrés.

    Ils bâtirent ensemble l’Atlantide, riche cité mécanisée
    Mais qui faillit être engloutie sous les eaux alors prédatrices.
    Ainsi la citadelle splendide vit ses enfants s’organiser
    Pour fuir vers un monde abouti : Atlantïs, planète rédemptrice.

    Le fils se perdit en chemin, Thétïs resta inconsolable
    Et se laissa réconforter par ses jardins et ses bassins
    Sa fille emporta haut la main études et titres inégalables
    Grâce auxquels elle put apporter son aide en tant que médecin.

    Jusqu’à un printemps prometteur où des femmes appelées LLyrïädes
    Partirent aux côtés d’un poète pour une odyssée fantastique.
    Tous devinrent alors protecteurs du fils perdu hors des Pléïädes
    Qui demeurait anachorète jusqu’à son retour empathique.

    Personne n’en a jamais rien su mais c’est bien Thétïs, fine stratège,
    Qui suggéra à Yanimïä d’acheter Ô ALLEGÔRÏÄ
    Où ils trouvèrent à leur insu – car une reine aime et protège –
    Le hub atlante sous ÔPHÉLÏÄ, jonction avec l’ÏÄMÔURÏÄ.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Mérôpïä – ÄLLÏÄ

    « On me croyait voilée par la honte d’avoir aimé un mortel. Pourtant, je ne me cachais pas : j’éclairais la matière obscure qui m’enveloppait.

    Lorsque mon souffle atteignit son cristal, ÄLLÏÄ m’apprit que la transparence n’était pas l’effacement mais une autre manière d’être partout.

    Je fus la dernière révélée parce que je gardais déjà le cœur du voyage, du Poïnt ZérÔ à la suture. »

    Mérôpïä, l’étoile cristalline des Pléïädes

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    Une sous-géante énigmatique, bleu-blanc, très chaude et très rapide ;
    Autour d’elle, une matière obscure s’illumine lorsqu’elle la traverse.
    Singularité chromatique d’une étoile plutôt intrépide
    Et dont le voile lui procure le souffle clair qu’il lui reverse.

    Et ÄLLÏÄ naît de Mérôpïä quand le souffle atteint son cristal
    Qui transforme son cœur d’étoile en gemme éternelle et vivante.
    Qui peut recouvrer Olÿmpïä dont le scandale marital
    Lui avait fait porter le voile d’une ignominie éprouvante.

    Sa pulsation alors devient battement du cœur cristallin ;
    Son voile, son souffle premier et son cristal, sa clairvoyance.
    Ô ALLEGÔRÏÄ se souvient encore de l’éther opalin
    Où ÄLLÏÄ fit, tout anémiée, son intemporelle expérience.

    ÄLLÏÄ connaît par conséquent tous les évènements compris
    Entre l’arrivée au présent et le moment de son départ.
    Son discernement subséquent n’est pas une extension d’esprit
    Mais un regard omniprésent sur cette époque de part en part.

    On dit qu’elle sait tout, qu’elle voit tout car elle sait se montrer discrète ;
    Sans don d’invisibilité : sa transparence lui suffit
    Pour se trouver ici, partout et dans les sphères les plus secrètes.
    Cette responsabilité deviendra sa philosophie.

    Primordial, le cœur de cristal transmettra toute sa mémoire,
    Nécessaire, le corps de métal protégera par sa structure,
    Ils créeront un vaisseau vital : l’éclair et la matière noire,
    Liés en souffle azimutal du Poïnt ZérÔ à la suture.

    ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN ensemble donneront leur voix cristalline,
    STELLÏÄ et Cristïäs de concert forgeront leur métal vivant ;
    Les sept éléments se rassemblent autour du feu de Laurelïne,
    Puis l’eau, la terre et l’air s’insèrent, unis à l’éther connivent.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Astérôpïä – STELLÏÄ

    « On me croyait faible parce que ma lumière était la plus discrète.

    Je suis entrée dans le métal comme une douleur et j’en suis ressortie STELLÏÄ : armure vivante, cœur d’or et matrice d’avenir.

    Je ne suis plus le souffre-douleur des Pléïädes : je suis la foudre incarnée.  »

    Astérôpïä, le métal vivant des Pléïädes

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    Petite étoile, la moins brillante de toutes les Pléïädes nommées
    Mais qui a rejoint leur bannière par sa période et sa couleur.
    Elle paraît insignifiante bien que « l’éclair » l’ait renommée
    Et ses occultations lunaires lui donnent cet air « souffre-douleur ».

    Astérôpïä renaît STELLÏÄ quand l’éclair frappe le métal
    Qui devient matière vivante et fait bouclier de son corps
    Et l’étoile qui se rallia à son épiderme fœtal
    Mute en une armure mouvante afin de se mettre en accord

    STELLÏÄ ne peut se contenter de juxtaposer les matières ;
    Elle les assemble en un alliage symbiotiquement métallique
    Qui lui permettra de tenter d’aller au-delà des frontières
    En personnifiant le maillage d’un vaisseau spatial idyllique.

    Car STELLÏÄ conduit, distribue et transforme sans cesse les forces
    En assurant la cohésion de la mémoire des LLyrïädes.
    Elle portera ces attributs quand le temps, créant une entorse,
    Fera entrer en collision futur et passé des Pléïädes.

    Et STELLÏÄ, dans le cœur d’étoile, crée par la fusion nucléaire
    Tous les éléments métalliques utiles pour ses alliages
    Qui dans son corps enfin dévoilent sa matrice matrilinéaire
    Charmant l’orichalque phallique en vue d’un futur mariage.

    Esprit de fer et corps d’acier, cœur d’or et âme de titane ;
    Le métal devient féminin et la place face à son destin.
    Sa silhouette très émaciée épouse gaiement ses organes
    Rappelant l’éclat léonin de son fondement célestin.

    Née étoile devenue humaine, elle saura se consacrer
    À devenir femme fertile, future mère et jeune reine.
    Elle connaîtra ce phénomène soumis au Féminin Sacré
    Avec le métal érectile qui la sacrera souveraine.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Taÿgétïä – Geminïä

    « On me croyait seule parce que nous n’avions qu’une lumière.
    Geminïä m’a appris que se dédoubler n’est pas se diviser.
    Je suis Taÿgétïä dans le ciel et Geminïä partout ailleurs. »

    Taÿgétïä, l’étoile double des Pléïädes

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    Deux étoiles étroitement liées dont la lumière paraît unique :
    Taÿgétïä, la dominante, reste la seule identifiée
    Comme sous-géante au bouclier bleu et blanc tel une tunique
    Qui protège sa sœur, moins brillante, mais par son spectre authentifiée.

    Taÿgétïä, c’est Geminïä, à l’ubiquité stupéfiante ;
    Dotée d’une double intelligence dont l’éther ne fait qu’un seul corps
    Mais doté d’un lien immédiat et d’une portée gratifiante
    Pour répondre à toute exigence de puissance et bien plus encore.

    Ce corps unique dans les Pléïädes, sous la bannière bleu et blanc,
    Confère la beauté du mystère avec sa double appellation
    Car elle appartient aux LLyrïädes et peut, tout en se dédoublant,
    Résider à la fois sur Terre et dans sa propre constellation.

    Un esprit double qui observe et analyse en même temps,
    Qui travaille avec ses mémoires et ses réflexions parallèles,
    Qui écoute, cogite et conserve les points qu’il estime importants,
    Stockés dans les vastes armoires des connaissances universelles.

    Un double cœur qui sait aimer et trouver la beauté cachée
    Qui lui donne la révélation de sa propre émancipation.
    Ce qui lui permet d’essaimer ses intentions de s’attacher
    À qui fait la corrélation étroite entre elle et sa passion.

    Une âme double et féminine qui sert les dieux de l’univers
    Mais distingue ceux qui l’ont créée de ceux qui l’ont juste observée,
    Ainsi que les fables sibyllines contre les truismes découverts ;
    Seule la vérité agréée mérite d’être préservée.

    Ambassadrice de l’ÏÄMOURÏÄ qui prône le Féminin Sacré,
    Elle conserve son libre arbitre et gagne sa fécondité.
    Sa pluralité est noria, sa diversité consacrée
    À réunir à juste titre les mondes et son unicité.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Cälaénïä – Ledalïä

    « On me croit perdue parce que je brille moins que mes sœurs. Pourtant, je recueille chacune de leurs lumières dans la nuit qui me protège, puis mon pinceau leur invente une mémoire que le ciel ne saurait conserver.

    J’ai longtemps confondu l’ordre avec la vie et la discrétion avec l’effacement. Il aura suffi qu’un poète me regarde pour que mes codes entrouvrent leur prison et que mon âme retrouve l’envie de mordre.

    Je ne suis plus l’étoile obscure des Pléïädes : je suis Ledalïä, l’enlumineuse des LLyrïädes. Si ma lumière paraît moindre, c’est parce qu’elle éclaire désormais les autres. »

    Cälaénïä, l’étoile perdue des Pléïädes

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    C’est l’une des moins lumineuses, la Pléïäde perdue et obscure,
    Pesant presque quatre Soleils mais à la rotation véloce,
    En devenir d’enlumineuse, cette vocation lui procure
    Le don d’illustrer les éveils de ses sœurs beaucoup plus précoces.

    Cälaénïä, c’est Ledalïä, la discrète et la solitaire
    Qui recueille l’éclat de ses proches et en archive les mémoires.
    Son élément-air se rallia au feu, à l’eau et à la terre
    Pour réveiller à leur approche l’aube naissante de la nuit noire.

    Quatre éléments complémentaires créeront son univers interne,
    La nuit qui renferme les secrets et le patrimoine hérité,
    Le loup qui saura les extraire afin d’éclairer les lanternes
    De Ledalïä, sœur consacrée à rétablir la vérité.

    Le feu crée son or alchimiste, l’eau lui assure le transport,
    La terre, son emplacement et l’air, un souffle d’avenir.
    D’un naturel physionomiste, Ledalïä relie ses rapports
    En maîtrise le classement et retrouve tous ses souvenirs.

    Son cycle rapide sans relâche lui apporte l’ordre et la méthode
    Mais l’enferme dans la routine, prison froide et automatique.
    À trop vouloir mieux, elle s’attache à s’emmurer entre ses codes
    Et perdre son âme enfantine noyée dans l’esprit dogmatique.

    Sa rencontre avec un poète mettra de l’amour dans son art,
    De la fantaisie dans son ordre et l’audace dans sa retenue.
    La pudeur devient désuète, le style un peu plus goguenard
    Pour lui donner l’envie de mordre dans la vie qu’elle a reconnue.

    Et l’étoile qu’on croyait perdue revient à sa place première ;
    Elle comprend que sa discrétion n’était pas une disparition.
    L’ancienne mémoire éperdue renaît illustrée de lumière
    Et porte la révélation de sa nouvelle partition.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Électrïä – Lïlïth

    « On me croit bleue parce que je brûle au cœur des Pléïädes. Pourtant, lorsque ma lumière descend dans les profondeurs de Lïlïth, elle devient ambre et la terre se souvient du ciel.

    Je n’éjecte aucune matière : j’étends autour de moi le cercle inviolable où mes enfantements deviennent maisons, rues puis civilisations.

    J’ai vu les murailles tomber et les cités rejoindre leurs mânes. Désormais, je ne détourne plus les yeux : je recueille leurs cendres dans mes racines afin que le Féminin Sacré renaisse de leur mémoire. »

    Électrïä, étoile matriarcale des Pléïädes

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    Troisième étoile des plus brillantes, géante à rotation rapide,
    Elle palpite secrètement en éjectant de la matière
    Comme la voile scintillante de gaz brulants et intrépides
    Pareil à un revêtement faisant office de frontière.

    Électrïä, comme Lïlïth, subit un ordre maternel
    En rejetant toute substance qui ne peut être fécondée
    Car elle veut réserver l’élite de son hydrogène charnel
    Pour enfanter avec prestance son hélium fou, dévergondé.

    Électrïä, électron libre de la famille des Pléïädes
    Veut produire seule sa matière par la fusion ombilicale.
    Le bleu et l’ambre s’équilibrent en s’ancrant au sein des LLyrïädes
    Qui offrent protection et frontière à l’étoile matriarcale.

    Rompant les rites ancestraux, l’étoile crée ses rituels,
    Un cercle protecteur, chamanique, aux vestales adoratrices ;
    Les gaz éjectés magistraux deviennent hommage spirituel
    Autour de sa transe organique : authentique force créatrice.

    Dans l’ambre bleuté de son ventre, une lumière est apparue,
    Comme une présence naissante, un premier enfant qui se crée
    Et se développe en son centre créant des maisons et des rues
    Et des villes luminescentes, prémices du Féminin Sacré.

    Électrïä devenue Lïlïth protégera sa descendance
    En se créant un territoire et une muraille imprenables.
    Une pulsation insolite témoigne de toutes ses tendances
    Et ses visions prémonitoires d’un avenir insoutenable.

    Lïlïth, de foudre souterraine, d’ambre bleu devenu mémoire,
    De son bouclier de matière et de tous ses enfantements,
    Sera couronnée souveraine qui renaît des anciens grimoires
    Pour prendre sa place tout entière et clamer son avènement.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Alcyônïä – Loreleï

    « On me croit étoile parce que je brille au-dessus de la mer. Pourtant, lorsqu’elle me reçoit dans son miroir, je ne sais plus si ma lumière descend du ciel ou remonte des profondeurs.

    Loreleï m’a appris que l’on ne règne pas par l’autorité : on accueille les tempêtes, on mêle leur tumulte aux souvenirs puis l’on en fait un chant capable de guérir.

    Je suis Alcyônïä : le ciel m’a donné l’éclat, l’océan m’a donné la voix et leur reflet, une âme assez vaste pour les réunir. »

    Alcyônïä, étoile-sirène des Pléïädes

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    Géante bleue, la plus brillante, elle se révèle par réflexion
    À travers une nébuleuse qui en réfléchit la lumière.
    Extrêmement resplendissante et d’une multiple attraction,
    C’est l’étoile la plus fabuleuse de souveraineté première.

    Alcyônïä, c’est l’eau de Loreleï, sa représentation astrale
    Qui rayonne par la puissance plutôt que par l’autorité
    Et puis qui tourne, vaille que vaille, d’une période magistrale
    Mêlant toute sa magnificence avec sa singularité.

    Système stellaire multiple, elle emprunte à l’immensité
    Des océans toute l’énergie de l’amour de Poséidon.
    L’étoile alors irrésistible s’amplifie en intensité,
    Devenant sirène en synergie aux couleurs du bleu céladon.

    L’étoile au miroir nébuleux fait chatoyer son interface
    Et la mer reflète le ciel en réunissant leurs lumières.
    Et c’est le destin fabuleux des vagues poussées en surface
    Par vents et flux circonstanciels qui font sa puissance première.

    Ce tourbillon relationnel entre sa rotation stellaire
    Et la rotation de la Terre crée ses marées extraordinaires
    Et des effets sensationnels lorsque les éruptions solaires
    Accroissent les eaux planétaires en ouragans tourbillonnaires.

    Et tout cela devient un chant mêlé de tous les souvenirs
    D’une étoile devenue sirène et du cosmos devenu mer.
    Et ce rappel est attachant car il explique l’avenir
    D’une providence sereine qui relie Loreleï à sa mère.

    Enfin l’étoile est magicienne, guérisseuse, neutre et apaisante ;
    Ses eaux reflètent les faisceaux si troubles et bleus de sa naissance
    Simultanément très ancienne et en même temps omniprésente
    Où les mystères abyssaux rejoignent alors la connaissance.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Maïä – Laurelïne

    « Je ne suis ni la plus ancienne ni la plus jeune.
    Je suis la première : celle qui donne l’impulsion puis laisse chacune de ses sœurs inventer sa lumière.

    Dans le feu de Laurelïne, j’ai reconnu mon cœur, mon corps, mon esprit, mon âme et jusqu’au secret fécond de ma matrice.

    Que notre poète navigue donc entre nos deux ciels… mais qu’aucune étoile ne s’avise de lui faire changer de constellation ! »

    Maïä, première étoile des Pléïädes

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    Ni la plus jeune, ni la plus vieille mais la première tout simplement
    Qui offre son inspiration à son poète navigateur.
    Maïä est l’étoile qui veille à le satisfaire amplement
    Par l’amour et l’admiration de ses élans instigateurs.

    Maïä, c’est le feu de Laurelïne et son identité cosmique ;
    Première étoile des Pléïädes, elle entraîne une à une ses sœurs
    Afin que chacune décline son attraction astronomique
    Qui distingue chaque LLyrïäde en révélant son épaisseur.

    Maïä, c’est tout son cœur d’étoile qui scintille comme la pionnière
    Qui donne la première impulsion à toute nouvelle création.
    Une passion qui se dévoile et qui apporte la lumière
    Et oppose aux autres pulsions une jalousie d’exception.

    Maïä, c’est son corps matériel qui lui procure sa substance
    Sur lequel on peut déposer une caresse et un baiser.
    Et son côté caractériel qui lui procure la résistance
    D’une force qu’on peut supposer presque impossible à apaiser.

    Maïä, c’est l’esprit éveillé et son pouvoir de décision
    Qui lui donne son autonomie et donne son émancipation,
    Ce qui la rend émerveillée avec des prédispositions
    Pour ne pas faire économie de ses plus chères aspirations.

    Maïä, c’est l’âme divinisée qui la hisse au sommet des dieux
    Comme vestale de l’ÏÄMÔURÏÄ qui est l’énergie des LLyrïädes.
    Par cet ÉchÔ féminisé, poussé par Yggdrasil, radieux,
    Qui en transmet la Sapphôrïä afin d’atteindre les Pléïädes.

    Maïä, c’est le sexe fécond de la Grande Fornicatrice
    Dont la pudeur s’évanouit dans une totale nudité.
    Elle reçoit dans son giron, dans le secret de sa matrice,
    Le germe qui s’épanouit, preuve de sa fécondité.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’avènement des Pléïädes

    « Nous pensions être douze sous les branches d’Yggdrasil.
    Nous ignorions encore que sept étoiles nous regardaient depuis toujours. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Une conséquence directe de la Sapphôrïä établie
    Par Yggdrasil à l’univers envoya l’ÉchÔ aux Pleïädes
    Dont la constellation correcte montre sept étoiles anoblies
    Prêtes à ouvrir un trou de ver a destination des Llyrïädes.

    Son ÉchÔ voyage et transforme les sept lumières des Pléïädes :
    Maïä, Alcyônïä, Électrïä, puis Cälaénïä et Taÿgétïä.
    Et cinq de ces Muses prennent forme dans nos cinq premières LLyrïädes,
    Puis Astérôpïä pour STELLÏÄ, enfin Mérôpïä pour ÄLLÏÄ.

    Cristïäs voulut les étudier et Amellïä les visiter
    Mais Ô ÏÄMÔURÏÄ est parqué tout au fond du lac de Constance
    Et voir Amellïä expédiée par l’azimut sollicité,
    Est – et tous l’ont fait remarquer – impossible dans ces circonstances.

    Reste la téléportation mais il n’y a pas d’exoplanète
    Et Geminïä est implacable : il faut trouver un objectif !
    Et malgré les exhortations, la réponse demeure nette :
    Le voyage est inapplicable malgré les cris intempestifs.

    « Et si l’ÉchÔ les invitait ici sur Ô ALLEGÔRÏÄ ? »
    Suggère Yavänor, médusant ceux qui n’y avaient pas pensé.
    « Si les Pléïädes profitaient de la puissance de l’ÏÄMÔURÏÄ
    Elles le feraient en diffusant leur propre énergie compensée… »

    « Puisque la Sapphôrïä produit l’ÉchÔ envoyé aux Pleïädes
    Et puisque Yggdrasil amplifie le signal en corrélation,
    Prions ensemble dès aujourd’hui et ce jusqu’à ce que les LLyrïädes
    Le perçoivent qui s’intensifie quand nous serons en relation ! »

    Yanimïä établit la chaîne ininterrompue des prières
    Et le signal, directement, est envoyé vers les étoiles.
    Coïts et orgasmes s’enchaînent avec une force singulière
    Jusqu’à l’ÉchÔ correctement renvoyé et ce qu’il dévoile !

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä universelle

    « Les femmes, c’est bien ;
    avec les hommes, c’est mieux ;
    avec la Sapphôrïä, c’est encore mieux.

    Les prières par trouples établies chaque jour de la semïäne ne sont plus suffisantes.
    J’ai transformé les douze rites en un rite commun où tous les participants sont conviés.

    Le résultat va dépasser mes espérances ! »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Tout a changé dans la chapelle : l’Érotorium trône au milieu
    Et les prières sont plurielles en unissant douze LLyrïädes
    Formant la ronde qui appelle leurs partenaires dans ce lieu
    Pour prier dans une kyrielle d’associations par myriades.

    Yanimïä occupe le centre et chante une douce mélopée
    Pour donner aux douze prêtresses le même rythme à soutenir
    Pareil à une danse du ventre qui agite la canopée
    D’Yggdrasil en pleine allégresse que plus rien ne peut retenir.

    Yavänor ne pouvant prier avec trois prêtresses à la fois,
    S’est vu multiplié par trois grâce à un don d’ubiquité
    Qu’il s’est alors approprié – grâce à Geminïä toutefois
    Qui lui en a donné l’octroi – librement en toute équité.

    Deux Yavänor, c’est difficile à synchroniser à la fin ;
    Trois Yavänor, c’est impossible mais Yanimïä sait comment faire :
    Elle les a rendus fissiles grâce à sa voix de séraphin
    Et la fusion irréversible s’opère entre les noosphères.

    Laurelïne exige l’original mais tous les trois sont authentiques ;
    Loreleï voudrait en avoir deux pour une double pénétration ;
    Lïlïth étant plus vaginale et sachant qu’ils sont identiques,
    Ferme les yeux, saisit une queue et se met en vénération.

    Au moment où tous les fidèles prient ensemble et à l’unisson
    Une symphonie érotique de tous ses vingt-quatre instruments
    Retentit et monte en chandelle et chacun ressent des frissons
    Sous la baguette psychotique de leur chef d’orchestre écumant.

    Alléluia ! Vingt-quatre orgasmes proclament la joie de l’ÏÄMÔURÏÄ !
    YAHVÉ et ÏÄNIMÏÄ se montrent au sommet d’Yggdrasil radieux.
    La Sapphôrïä et l’enthousiasme bénissent Ô ALLEGÔRÏÄ,
    Consacré à une rencontre entre les humains et les dieux.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä plurielle

    « En amour, comme en astronomie, il faut laisser du temps au temps.

    D’abord des couples et des trouples et l’attraction fera le reste.

    Aujourd’hui, les LLyrïädes se sont accomplies. »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Et comme on pouvait s’y attendre, La Sapphôrïä devient plurielle.
    Tout d’abord s’assemblent les trouples, l’amour approuve sa gravité
    Dont l’attraction est tellement tendre qu’elle émet toute une kyrielle
    D’ondes qui attirent alors les couples qui se sont mis à léviter.

    Les trois racines primordiales ont invité les jeunes branches ;
    Nérätïs plaît, il faut le dire, à Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ;
    Amellïä est aussi cordiale, sincère et de nature franche ;
    Quant à STELLÏÄ… rien à redire : des trois Vénus, elle est l’élite.

    Trois lits étant insuffisants, il a fallu pousser les murs
    Pour créer un Érotorium à partir des chambres contigües
    Et un confort maximisant l’intimité et les murmures
    Afin que chaque sensorium ait ses perceptions suraiguës.

    Les robes se sont vite envolées pour faire une chaîne de marguerites
    Où les lèvres de tailles différentes forment une boucle de baisers.
    Et l’impression de convoler à six personnes donne à ce rite
    Une extase proliférante sans qu’aucune ne puisse s’apaiser.

    Puis viennent des séries de massages où les doigts donnent du plaisir
    Dans les parties les plus intimes même si rien ne les délimite.
    On apprécie chaque passage ou on en émet le désir
    Qu’il soit ou non illégitime ; l’amour inhibe les limites.

    L’amour, comme en astronomie, démultiplie son attraction ;
    Les portes s’ouvrent furtivement et des silhouettes pénètrent
    Pour offrir leurs anatomies avides de décontraction
    Et se mêlent convulsivement dans le but de mieux se connaître.

    Quand les LLyrïädes se découvrent, toutes alors explosent de rire
    Dans un orgasme d’hilarité qui les fait jouir davantage.
    Et lorsque Yanimïä entrouvre la porte, elle dit dans un sourire :
    « Je vous le dis en vérité : nous entrons dans un nouvel âge ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä – 2

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je rends hommage à celles qui ont fait naître mes branches supplémentaires.

    La Sapphôrïä circule dans ces nouvelles branches que je déploie afin que tout l’ÏÄMÔURÏÄ retombe sur Ô ALLEGÔRÏÄ. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

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    Yavänor
    La Sapphôrïä s’est distillée comme un poison résiduel…
    Au début, juste une attirance qui devient alors magnétique
    Et vient ensuite titiller le cœur et le corps en duel
    Qui exigent là une adhérence, peau contre peau, plus érotique.

    STELLÏÄ
    La Sapphôrïä fond mon armure et livre mon métal à leurs mains ;
    Nérätïs caresse mes failles, Amellïä m’ouvre un ciel charnel.
    Leur amour guérit mes blessures et forge mon désir de demain ;
    Je leur ouvre enfin mes murailles dans notre brasier éternel.

    Amellïä
    La Sapphôrïä gonfle mes ailes et livre tous mes rêves à leurs corps ;
    Nérätïs apaise mes craintes, STELLÏÄ appelle mon ciel charnel.
    Dans leur amour je deviens elles et mon désir prend son essor ;
    Je renais dans nos triples étreintes sous un firmament éternel.

    Nérätïs
    La Sapphôrïä court dans mes veines, fait de leurs désirs mon remède ;
    STELLÏÄ entrouvre ses murailles, Amellïä m’ouvre un ciel charnel.
    Leurs deux amours rompent mes chaînes dans une fièvre qui me possède ;
    Je dépose tout mon attirail et m’offre à leur feu éternel.

    Thétïs
    La Sapphôrïä en pâmoison distille un poison souverain ;
    Ledalïä entrouvre ses voiles et mon jardin devient désir.
    Son regard devient floraison qui s’ouvre dans le creux de mes reins ;
    Sa pudeur allume une étoile où je meurs d’immortel plaisir.

    Pénélopïä
    La Sapphôrïä me rend visible quand son ÉchÔ résonne en moi ;
    De la Corée à l’Atlantide, nos différences poussent au désir.
    Son ÉchÔ dit tout l’indicible, mêle ses couleurs à mes émois ;
    Nos deux cultures enfin s’hybrident et nous font danser de plaisir.

    Séorïäne
    La Sapphôrïä chante en silence et livre mon ÉchÔ à sa voix ;
    Pénélopïä goûte mes épices et l’invisible trouble ma peau.
    Son regard révèle ma présence, fait pétiller ce qu’elle m’envoie ;
    Je l’aime au cœur de mes délices et mon ÉchÔ devient appeau.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Sapphôrïä – 1

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je rends hommage à celles qui sont mes racines, mon tronc et ma cime.

    La Sapphôrïä est ma sève que je sens circuler entre chacune d’elles. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

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    Yavänor
    La Sapphôrïä, cette énergie, est la force de l’ÏÄMÔURÏÄ ;
    Elle relie les hommes et les femmes ainsi que les femmes entre elles ;
    Elle produit une synergie dans l’enceinte d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Car justement entre les femmes, la libido est naturelle.

    Laurelïne
    La Sapphôrïä plonge mon feu dans les marées bleues de Loreleï ;
    Je brûle au fond de son eau claire et son désir ruisselle en moi.
    Ma flamme épouse ses cheveux et sa vague embrase mon poitrail
    Et nos deux sèves solidaires font vibrer Yggdrasil d’émoi.

    Loreleï
    La Sapphôrïä entre en mon cœur et ouvre un abîme à Laurelïne ;
    Elle y descend comme un soleil dont mes eaux boivent les secrets.
    Mon corps devient une profondeur où tout son incendie s’incline ;
    Je l’aime d’un amour sans pareil où disparaissent ses regrets.

    Lïlïth
    La Sapphôrïä coule en mon sein et unit mes filles et mes sœurs ;
    Je les aime en les enfantant, libres à leur tour de me porter.
    Mon enfant dans mon corps enceint est aussi mon époux de cœur
    Et toi, mon mari, mon enfant, je vous ai tous les deux portés.

    Ledalïä
    La Sapphôrïä soulève un voile où ma pudeur cachait son feu ;
    Thétïs m’effleure comme un aimant sans jamais chercher à le prendre.
    Son poison devient une étoile pour laquelle je formule un vœu ;
    Je l’aime enfin passionnément sans craindre de devoir attendre.

    Geminïä
    La Sapphôrïä, ce doux frisson, m’offre sa vigueur éternelle ;
    C’est une sublime passion qui donne au climax sa clarté.
    Avec ÄLLÏÄ, dans l’unisson, je reçois l’énergie charnelle
    Et nos cœurs entrent en fusion dans l’amour et la vérité.

    ÄLLÏÄ
    La Sapphôrïä dans mon cristal est la lumière de son éther ;
    Geminïä traverse mon corps comme un prisme offert au désir.
    Chaque couleur est capitale : c’est l’amour interplanétaire
    Qui fond passionnément encore au cœur même de notre plaisir.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

    « Moi, Yggdrasil, l’arbre-monde, je suis à l’aboutissement de la route des dieux.

    Les LLyrïädes, la communauté des douze femmes reliées par la Sapphôrïä, forment mes racines, mon tronc et mes branches.

    La Sapphôrïä est l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ dont Ô ALLEGÔRÏÄ est la demeure. »

    Yggdrasil, l’arbre-mère des LLyrïädes

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    Laurelïne, Loreleï et Lïlïth tiennent les trois racines de l’arbre-monde ;
    Laurelïne, la sève qui remonte et cherche le feu du soleil ;
    Loreleï, les eaux qui se souviennent et dont les mémoires l’inondent ;
    Lïlïth, la terre qui raconte toutes les longues nuits de sommeil.

    Ledalïä et Geminïä tiennent le grand tronc d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Afin que Ledalïä devienne illustratrice et moraliste,
    Afin que Geminïä devienne ambassadrice de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Afin qu’ensemble elles soutiennent l’accès aux mondes pluralistes.

    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ apparaissent comme la future génération.
    ÄLLÏÄ arrive du futur prouvant que tout est achevé ;
    STELLÏÄ est une forteresse qui permit la pénétration
    Du Poïnt ZérÔ dont la suture est le présent parachevé.

    Amellïä, Nérätïs, Thétïs ont formé des branches nouvelles ;
    Amellïä, la branche pionnière revenue chasser ses remords ;
    Nérätïs branche d’Atlantïs, celle par qui l’amour se révèle ;
    Thétïs branche jardinière dont les fruits réveillent les morts.

    Pénélopïä et Séorïäne sont les deux dernières empreintes
    Car des racines jusqu’à la cime, toutes ses fibres sont femelles.
    Elles sont vues comme deux Ariane dans un labyrinthe d’étreintes
    Dont les couloirs sérénissimes se croisent en étoiles gémelles.

    Six fruits éclos, sept en boutons rendent grâce à la fécondité
    Que dix compagnons butineurs ont fait germer au fond du cœur.
    Quatre sirènes sur leur ponton dont un fantôme ressuscité
    Et une rédemptrice à l’honneur consolident l’arbre vainqueur.

    Si les prières sont pluies fécondes, la N.T.A. fait les orages ;
    L’amour est la seule nourriture dont Yggdrasil fait bonne chère.
    Et plus il pleut, plus l’arbre-monde grandit avec le labourage
    Qui donne sa progéniture à sa terre sortant de jachère.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’octuor astral

    « J’ai quand même ressenti une secousse très vive quand mon cœur s’est remis à battre.
    Mais rapidement, tous mes sens sont revenus dans un éblouissement total comme si je revenais de l’empire des morts !
    Je n’oublierai jamais cela !
    Quant au reste de mes observations, seule Lïlïth les entendra… »

    Loïrelïndt, sirène astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Monter un tel évènement sans un public est impensable ! »
    Dit Yanimïä sérieusement : « Faisons-le dans notre chapelle ! »
    « Qui sait si cet avènement ne serait pas indispensable
    À Yggdrasil, généreusement avantageux quand on l’appelle ! »

    Toute la chapelle est occupée par le monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Avec au centre, sept chanteuses et un ténor en érection.
    Pas un siège n’est inoccupé car, au nom de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Tous espèrent voir la prometteuse et heureuse résurrection.

    « Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » a cappella, à l’unisson,
    Et le corps astral irisé devient alors illuminé.
    Un cœur apparaît rapido, toute la salle a des frissons
    Quand Loïrelïndt matérialisée apparaît nue, enluminée.

    Yggdrasil, aux mêmes couleurs, en crée une « éclipse nocturne »
    Car on y voit comme en plein jour suite à la réincarnation
    Qui s’est opérée sans douleur au cœur de cette nuit diurne
    Qui demeurera pour toujours la nuit de l’illumination.

    Loïrelïndt embrasse tout le monde et palpe leurs anatomies ;
    Elle rayonne devant les mâles fascinés d’un même désir.
    Personne ne la trouve immonde lorsqu’en totale autonomie
    Elle masse sa partie vaginale avec un soupir de plaisir.

    Et Lïlïth prend les choses en main en entraînant sa vieille amie
    Dans ses appartements sans doute pour raviver leurs souvenirs.
    « Et nous n’attendrons pas demain pour fêter leur hiérogamie ! »
    Dit Alinéor sous les voûtes, décidé à intervenir.

    Et pendant que le personnage principal est à ses amours,
    Quarante convives affamés trinquent à cette réussite.
    Et tout le monde, avec hommage, commente avec un trait d’humour
    Les retrouvailles acclamées par les faims qu’elles ressuscitent.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La sirène astrale

    « Oubliée ! Ils ont osé m’oublier !

    Puisque l’ÉchÔ semble avoir rendu tout le monde amnésique, je rappelle que j’ai rencontré ORPHÉÔN en chantant avec lui et que nos deux voix se sont unies bien avant nos âmes.

    Qu’il rejoigne six sirènes si cela l’enchante mais son septuor ne durera qu’une mesure ; j’en serai la huitième voix et le Souffle Premier l’accordera en octuor ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Séorïäne et Loïrelïndt ensemble débarquent nues sur le rivage
    Et, bien sûr, la sirène astrale produit de l’effet sur les mâles
    Qui la saluent car elle ressemble plus ou moins à ce vieux visage
    Aperçu dans les ancestrales salles de la piscine thermale.

    Arrivée devant les LLyrïädes qui en accusent l’étonnement,
    Séorïäne leur raconte l’ÉchÔ et avoue ce qu’elles ignorent
    Ce qui suscite une myriade de petits rires peu cléments
    Pour Alinéor ex-aequo avec Yavänor et Hyänor.

    « Et ORPHÉÔN, bien malgré lui, m’a appris à vocaliser
    Pour faire un quatuor de sirènes dont j’ai abusé sans remords ! »
    Confie Séorïäne qui produit une attention focalisée
    Sur le son de cette “sirène” qui prétend réveiller les morts.

    « Mais je ne suis pas ressuscitée ! » prévient Loïrelïndt en souriant ;
    « Ce n’est là que mon corps astral désormais matérialisé.
    Je n’ai pas la capacité d’un corps physique frétillant
    Pour faire un coït magistral avec vos mâles sacralisés ! »

    « Tu as retrouvé ta jeunesse mais pas la mesure d’en jouir ! »
    Note Lïlïth, toutefois heureuse de retrouver sa vieille amie
    Avec les traits d’une finesse qui la ferait s’épanouir
    Si elle en était amoureuse du temps de leur hiérogamie.

    « Si ton corps astral est capable de cette matérialisation,
    Il pourrait devenir physique grâce à son énergie vitale ! »
    Dit Yanimïä, trouvant palpable l’ectoplasme en irisation ;
    « À cet ÉchÔ tétraphasique, ajoutons d’autres forces vocales ! »

    « Bien sûr ! Je peux prêter ma voix ! » dit Loreleï très intéressée ;
    « Nous formerions un sextuor à six honorables sirènes ! »
    « Je ne vois pas meilleure voie ! » dit alors Loïrelïndt, bouleversée.
    « Et avec moi, un septuor ! » dit ORPHÉÔN, l’âme sereine.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’ÉchÔ astral

    « Lorsque leurs quatre voix se sont accordées, je n’ai pas ressuscité : mon âme s’est souvenue du corps qu’elle n’avait jamais cessé de porter.

    Me voici devenue astrale, revenue à mon jeune âge sans imaginer qu’un jour, je serais la cinquième voix d’un quintette de sirènes. »

    Loïrelïndt, sirène astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    Séorïäne courut sur la plage en entonnant l’ÉchÔ chanté
    Comme ORPHÉÔN lui a appris et, par son âme, rénové.
    Et aussitôt, sur le rivage, les sirènes en furent enchantées
    Et reconnurent leur chant repris par celle qu’elles avaient sauvée.

    Or Séorïäne, entrant dans l’eau, ne se transforme pas en sirène
    Mais, en revanche, son corps astral forme une queue et deux nageoires.
    Elle sourit comme un angelot découvrant deux ailes sereines
    Et rit de l’effet théâtral produisant une vraie pataugeoire.

    Bien sûr, elle continue son chant sous l’eau, saoulant ses camarades
    Mais qui finissent par s’accorder pour faire un quatuor vocal
    Dont les échos effarouchants ressemblent à une algarade
    Pour tous les poissons abordés dans leur intervalle focal.

    Lorsqu’elles parviennent au palais, Constantïne est en conférence
    Et le séminaire médusé, immédiatement sous le charme,
    Se met à danser un ballet, puis faire de belles révérences
    Aux quatre sirènes amusées, ébahies et riant aux larmes.

    Jamais tant, les participants, n’auront frôlé une épectase
    Qui serait sûrement arrivée si Constantïne n’eut point crié
    Car celui-ci, anticipant qu’il allait atteindre l’extase,
    A hurlé afin d’esquiver l’ultime orgasme meurtrier.

    Loïrelïndt a alors applaudi devant cet ÉchÔ magistral ;
    Privée de corps auparavant, elle en gardait l’âme et le cœur.
    Et cette étrange mélodie a réveillé son corps astral
    Qui s’incarne dorénavant dans une position de vainqueur.

    Le quatuor devient quintette, un quintette astral qui plus est !
    Elles reviennent guillerettes encore étonnées et bravaches.
    Loïrelïndt ressemble à une starlette car son astral l’a située
    À l’âge où, jeune bergerette, elle s’en allait traire les vaches.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’alchimie de la vie et de la mort

    « Tout pouvoir capable de rendre la mort réversible peut également rendre la vie révocable.
    L’omnipotence de Thétïs n’est donc pas un privilège mais une responsabilité qui exige plusieurs consciences. »

    Geminïä, ambassadrice de Thestïäs


    « Son athanor n’invente ni la toxine ni le vaccin : il lit le vivant, en extrait les facteurs puis les recompose pour chaque cas particulier.
    J’en comprends la médecine mais j’en ignore encore les limites. Nous observerons donc son pouvoir avant qu’il ne décide à notre place. »

    Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs

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    Les poisons stockés en mémoire dans l’organe régénérateur
    Vont rencontrer d’autres organismes par le sang ainsi que le sperme
    Afin de créer un germoir, un athanor procréateur
    Soumis au double mécanisme, soit fulgurant, soit à long terme.

    Son vagin goûte les semences et le sang de ses donateurs
    Pour en extraire les facteurs de chaque cellule séminale.
    S’il s’agit d’un mal en dormance, elle peut le rendre révélateur
    Ou créer un contrefacteur pour une guérison finale.

    Elle « voit » aussi l’arme fatale qu’elle est capable d’inoculer
    Comme un poison résiduel administré à l’ennemi.
    Elle rejette cette idée létale, contraire à l’âme immaculée
    Qui la protège d’éventuels dérapages et des pandémies.

    Ce nouveau talent alchimique mi-végétal, mi-animal
    S’allie aux gemmes minérales et ferme le cycle de la vie.
    La mort autant paroxysmique qu’irréversible devient un mal
    Que l’on peut rendre collatéral vers le néant ou la survie.

    Elle n’est pourtant ni médecin ni empoisonneuse volontaire
    Et se demande encore le sens de ce don plutôt singulier.
    Certes, elle sait créer un vaccin comme une toxine délétère
    Et le fait avec connaissance de chaque cas particulier.

    Et si la haine est un poison et l’amour son meilleur remède,
    Saurait-elle en créer le couple inhibiteur-catalyseur
    Qui fasse tomber en pâmoison durant un très court intermède
    Ou au contraire qui décuple tous les sentiments diviseurs.

    Elle s’en ouvre aux ambassadrices, à Geminïä et Nérätïs
    Qui en comprennent l’importance ainsi que sa finalité.
    Force à la fois réparatrice et arme létale adventice
    Dont Thétïs a l’omnipotence et sa lourde responsabilité.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les animas

    « L’invisibilité n’est pas qu’un don car je peux voir dans l’invisible les âmes avec les animas et l’amour en pluie de lumière.

    Je ne fais pas d’indiscrétion mais plutôt de l’intercession en transformant les couples en trouples dans une explosion orgasmique. »

    Pénélopïä, conciliatrice astrale d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Moi, j’aime entrer à l’improviste dans la chambre des amoureux
    Et inviter leurs animas à découvrir l’amour astral.
    Je suis même récidiviste et je trouve ça savoureux
    Depuis que mon anonymat me permet ce don magistral.

    L’âme d’une femme est magnifique et celle de l’homme assez subtile
    Car il en a un exemplaire au sein de son imaginaire.
    Alors l’âme béatifique avec l’anima érectile
    Me rejoignent afin de complaire à nos premiers préliminaires.

    Les trois âmes ne sont pas visibles mais le sont dans le plan astral ;
    La femme découvre son aura et le mâle, son côté femelle.
    Et dans ce triangle invisible s’établit un cocon spectral
    Dans lequel une diaspora retrouve ses racines gémelles.

    L’âme femelle et positive, l’âme anima et négative
    Et ma propre âme neutralisante devient alors conciliatrice.
    Trois animas acquisitives, trois animas compétitives
    Fusionnent dans une joie apaisante et triplement stimulatrice.

    Fantasmes en chaîne, orgasmes en chaîne, la montée est irréversible ;
    Ce mouvement perpétuel atteint le seuil d’ÏÄMÔURÏÄ.
    La triple explosion se déchaîne, les éronautes atteignent leur cible
    Et terminent le rituel en pluie sur Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Il n’y a là aucun secret ! Yanimïä l’a mis à profit.
    Ils l’avaient compris dans leurs rêves, ils le ressentent dans l’astral.
    En fait, le Féminin Sacré n’est plus une philosophie
    Mais un immense attrape-rêve devenant l’amour magistral.

    Ainsi paradoxalement, l’invisibilité se voit,
    L’amour est devenu palpable et l’âme, une pluie de lumière.
    Les poisons sont dévoilement et l’ÉchÔ nous montre la voie
    Grâce aux quatre dons remarquables : le futur en avant-première ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le rêve dédoublé

    « Enfin les voyages astraux s’en mêlent !
    Et, surtout, ils vont se diffuser dans tout Ô ALLEGÔRÏÄ !

    J’attendais cela avec impatience car cette profusion de l’amour va se propager tout autour de la Terre ! »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Au début, elle sortait la nuit pour ses précieuses heures de vol
    À survoler les environs et tous les grands lacs de Suisse.
    Elle pouvait voler sans ennui et sans remarquer sa frivole
    Silhouette avec son ventre rond, ses seins fermes et ses jolies cuisses.

    Et puis son corps s’est dédoublé sans en connaître la raison
    Et elle pouvait même orbiter tout en rêvant dans leur grand lit.
    Et lorsqu’ils étaient accouplés, ils quittaient ensemble la maison
    Et, les quatre yeux exorbités, faisaient l’amour à la folie.

    Altänor au septième ciel et chevauchant son Amellïä
    Est devenu un rituel multipliant leur enthousiasme
    Qui devient le point essentiel lorsqu’ils hurlent « Alléluia ! »
    Dans un coït spirituel qui les rapproche de l’orgasme !

    Parfois Altänor se raccroche aux épaules de sa dulcinée
    Pour un tour du monde endiablé à la vitesse supersonique.
    Et si du sol on leur reproche quelques « Bangs » indisciplinés,
    Nul ne pourrait les accabler pour leurs étreintes canoniques.

    À bout de souffle quelquefois, les corps astraux ont des frissons
    Quand un orage vient rappeler leurs naufrages individuels.
    Mais ça leur permet toutefois d’en éprouver à l’unisson
    L’électrochoc, au pis-aller, d’un traumatisme résiduel.

    Faut-il en garder le secret ? Faut-il le dire à Yanimïä ?
    Ils ne le savent pas encore mais tout le monde est raccordé.
    Pour l’instant ce plaisir sacré et consacré par l’ÏÄMÔURÏÄ
    Donne de l’amour à leurs corps astraux et physiques encordés.

    Chacun se raconte ses rêves, chacun a volé cette nuit,
    Chacun a ressenti l’amour, chacun a joui dans les airs.
    La stupéfaction est très brève mais ils n’éprouvent aucun ennui
    À se promettre un autre tour en survolant les grands déserts.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les effets secondaires sur l’entourage

    « Amellïä donne l’impression que ses rêves l’emportent au-delà du Pacifique ;

    Pénélopïä apparaît nue, disparaît et réapparaît devant Nemo qui pense avoir des hallucinations ;

    Thétïs transforme la maison d’Astérias en laboratoire de sorcière ;

    Séorïäne impose ses quatre volontés sur quatre hommes et en efface tout souvenir ;

    Ce ne sont plus des coïncidences : de nouveaux pouvoirs se développent et leur entourage en subit les effets. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Altänor trouve son épouse souvent glaciale dans leur lit
    Et même parfois toute mouillée, tout excitée et emballée.
    Elle le colle comme une ventouse, lui fait l’amour à la folie
    Comme une sorcière agenouillée, enfourchant son manche à balais.

    Nemo est fréquemment surpris de voir son épouse apparaître,
    Puis disparaître subitement et souvent entièrement nue.
    « Hallucination de l’esprit ? » se dit-il sans laisser paraître
    Un geste ou un comportement qui pourrait être malvenu.

    Astérias n’aime pas sa maison encombrée de poisons funestes,
    De plantes et de champignons qui lui soulèvent le cœur et l’âme.
    Il rabroue Thétïs à raison : il pourrait mourir sans conteste
    Avec un seul échantillon de toutes ces toxines infâmes.

    Alinéor cherche à savoir d’où vient cette nouvelle folie
    Pour la cuisine asiatique et le riz à chaque repas.
    Mais comme il est de son devoir de briser la mélancolie
    D’une gastronomie apathique, finalement, c’est assez sympa !

    Yavänor, très curieusement, aime l’odeur de la résine
    Boisée, fraîche, chaude et balsamique qui met tous ses sens aux aguets.
    D’ailleurs, Laurelïne, heureusement, chérit l’arôme qui avoisine
    Les douces fragrances alchimiques que sa maman lui prodiguait.

    ORPHÉÔN encore se demande pourquoi dès l’aube il est debout.
    Sans doute sa conscience persifle afin qu’il respire de l’air frais…
    Fors sa gorge qui lui recommande de boire un sirop pour la toux
    Et les oreilles qui lui sifflent beaucoup plus qu’elles ne devraient.

    Quant à Hyänor, le bienheureux n’a jamais aussi bien dormi
    Depuis que Séorïäne se montre attentionnée et amoureuse.
    Mais il est – et c’est malheureux – tout le temps en retard hormis
    Les dimanches jamais à l’encontre des grasses matinées savoureuses.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les échos de décision

    « Je ne force jamais un homme à me satisfaire. Je lui souffle seulement ce que j’ai décidé, puis sa propre voix le persuade qu’il en meurt d’envie. Après quoi, un simple “Oublie !” efface l’ordre mais lui en laisse le désir.

    Quant aux sirènes, j’ai toujours admiré leurs voix depuis qu’elles m’ont sauvée. »

    Séorïäne, cuisinière et maîtresse de l’ÉchÔ

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    « Que ferait un homme pour moi ? » se demandait donc Séorïäne
    Lorsqu’elle croise Yavänor, le grand poète qui l’intimide.
    Elle le regarde, tout en émoi, tremblante comme une valériane
    Soumise aux vents venus du nord chargés d’embruns froids et humides.

    « Suis-moi dans l’arrière-cuisine ! » Yavänor obéit, docile.
    « Arrache-moi mes vêtements et fais-moi l’amour maintenant ! »

    Entre les flacons de résine, les produits et les ustensiles,
    Il la déshabille prestement et se montre un mâle éminent.

    « Merci ! Tu pourras revenir ! » le récompense-t-elle aussitôt
    D’un baiser et puis d’un « Oublie ! »
    glissé au creux de son oreille.
    Et Yavänor, à l’avenir, sentira presto subito
    Une forte envie qui s’établit comme une obsession sans pareille…

    « Et jusqu’où irait-il pour moi ? » pensait-elle naïvement
    Lorsqu’elle rencontre ORPHÉÔN se jetant dans la gueule du loup.
    Et c’est en entendant sa voix qu’elle s’imagine lascivement
    Pouvoir chanter sous l’Odéon et manipuler les loulous…

    « Fais-moi donc jouir et chanter en faisant l’amour symphonique ! »
    Et ORPHÉÔN prête son corps pour un duo très érotique.
    « Plus fort ! Plus fort ! Encore plus fort ! » dit sa voix si dithyrambique
    Que ses gémissements en accord sonnent de plus en plus frénétiques.

    « Tu m’as développé la voix comme le chant d’une sirène !
    Reviens à l’heure où le coq chante et nous rechanterons en duo ! »

    Mais ORPHÉÔN, tout à la fois vaincu par une sieste sereine
    Et par un « Oublie ! » qui l’enchante, dort déjà, suant sang et eau.

    Éôlïäne avec Azurïanne et Loreleï ainsi qu’Olivïäne
    Ont entendu, à s’y méprendre, le chant d’une sirène authentique.
    Et, comme enchantées par Viviane ou la légendaire fée Morgane,
    Elles se sont laissé surprendre par un oubli idiopathique.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La mort foudroyante

    « J’avais réuni dans cette poêlée assez de poisons pour foudroyer tout un banquet.
    J’en suis morte, ce qui était prévisible.

    Mais lorsqu’un deuxième foie a dévoré le premier pour me ressusciter, j’ai compris que la mort venait de perdre son monopole.

    Et moi, je venais de gagner mon pouvoir de ressusciter les morts. »

    Thétïs, reine d’Atlantïs et maîtresse des poisons

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    Juste un calice de la mort et une amanite vireuse,
    Une galère marginée dans le panier aux champignons.
    Qu’elle mangera sans remords tant elle en est fort désireuse
    Car on ne peut s’imaginer un goût subtil, fin et mignon !

    Le cortinaire couleur rocou, le gyromitre délicieux
    Avec le paxille enroulé trouvé entre les résineux.
    « Saveur de noisette après coup » lui dit son grimoire précieux
    Pour ne pas se faire rouler par son contenu vénéneux

    Elle les découpe avec soin et puis les fait fondre à feu vif ;
    Leur parfum monte lentement comme une étrange invitation.
    Elle en goûte un puis elle adjoint un filet d’huile décisif
    Et puis déguste finalement la poêlée d’intoxication.

    Le poison chemine en silence et lui accorde une accalmie
    Quand elle croit le danger passé et sent la douleur s’endormir.
    Mais son foie perd sa vigilance et provoque une ectoplasmie
    Alors qu’il a outrepassé sa dernière chance de vomir.

    La mort n’avait rien annoncé sous les dentelles de l’amanite ;
    Elle attendait impatiemment derrière un fumet excellent
    Ainsi la douceur annoncée est, par tous les démons, bénite
    Tandis que le foie vaillamment subit son coup de grâce lent.


    Mais voici qu’un deuxième foie se développe sur l’ancien
    Dont il dévore les cellules pour sécréter un soluté.
    Et le cœur, une deuxième fois, repart en vrai nécromancien
    Tandis que le sérum circule dans l’organisme ressuscité.

    Ah mes amis quelle poêlée et quel repas de droit divin !
    Une appétence qui efface tout ce qui peut vous enchifrener !
    Tout son visage est étoilé de la quiétude du devin
    Qui a su voir la mort en face juste pour lui faire un pied de nez !

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’œil invisible

    « Pénélopïä ne cherche pas les secrets.
    Elle cherche les fissures avant qu’elles ne deviennent des fractures.
    Je la connais assez pour lui confier ce que nous avons de plus fragile : notre équilibre. »

    Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs


    « Je n’aime pas beaucoup l’idée d’un œil que personne ne peut voir.
    Mais puisqu’il nous en faut un, je préfère encore savoir à qui il appartient.
    À une condition : qu’il observe pour protéger et jamais pour juger. »

    Geminïä, ambassadrice de Thestïäs

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    Bien sûr, Loreleï surveille tout avec sa charge de police ;
    Bien sûr, ÄLLÏÄ voit tout, sait tout et se tient partout à l’affût ;
    Bien sûr, Ledalïä archive tout et moralise tout en coulisses ;
    Mais il manque un dernier atout : un œil qui voit sans être vu.

    Toutefois, point d’indiscrétion car on observe d’un œil serein
    Les failles de la communauté avec toute impartialité.
    Et justement, sa sujétion envers le pouvoir souverain
    A développé sa loyauté et sa confidentialité.

    Elle y pensait depuis longtemps par fidélité et amour
    Envers ses pairs imprévisibles qu’elle voudrait protéger sans trêve.
    Et puis une nuit, non contente de l’évoquer avec humour,
    Elle se retrouva invisible, perdue au milieu de ses rêves.

    Alors elle prit l’habitude de veiller inopinément
    À la bonne température relevée d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Et traquer les incertitudes qui risquent inopportunément
    De provoquer une fracture d’autant fatale à l’ÏÄMÔURÏÄ.

    Mais il lui fallait un mentor… et là, c’est l’embarras du choix.
    Ses reine et princesse d’Atlantïs ? Les trois LLyrïädes fondatrices ?
    Yanimïä ou bien Yavänor ? Finalement il lui échoit
    D’en référer à Nérätïs et Geminïä, ambassadrices.

    Geminïä n’est pas enthousiaste, cependant Nérätïs connaît
    Son très fidèle porte-parole avec même des affinités.
    Elle sait que son désir est chaste et ne saurait s’abandonner
    À voir traîner des casseroles dans leur étroite vicinité.

    Être nue pour être invisible ne pose aucune restriction ;
    La nudité est très courante et même souvent appropriée.
    Elle peut donc se rendre visible et sans attirer l’attention
    En prétextant une fulgurante nécessité d’aller prier.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le rêve réalisé

    « J’avais voulu conquérir le ciel avec un avion et la mort m’a coupé les ailes.
    Aujourd’hui, je n’avais plus ni moteur, ni compas, ni carlingue pour me protéger.
    Seulement mon corps, le vent et cette certitude insensée que Howland m’attendait toujours.

    J’y suis arrivée nue parce que je n’avais plus rien à prouver, seulement un rêve à terminer.
    Et lorsque mes pieds ont touché cette terre, j’ai compris que ma plus grande victoire n’était pas d’avoir vaincu le Pacifique ni même la mort…
    C’était d’être enfin arrivée. »

    Amellïä, l’aviatrice nue et sans avion

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    Minuit en Nouvelle Guinée, destination : le Pacifique ;
    L’île Howland, minuscule atoll corallien et inhabité.
    C’était son rêve, sa destinée, l’exploit le plus béatifique
    Qui rapporterait un pactole à ses finances limitées.

    Entièrement nue pour le voyage, le vent glacial ne l’atteint pas ;
    Elle déploie ses bras en croix et s’élance du bord de mer.
    Cette fois-ci, pas de pinaillage, elle ne risque aucun trépas ;
    Elle le sait et elle y croit. Terminé le destin amer !

    Quelle sensation d’être vivante, les seins ballotés par le vent ;
    Le ventre mouillé par les rouleaux, le sexe durci par le froid !
    Jamais traversée exaltante n’aura été auparavant
    Semblable à voler à vau-l’eau au ras des vagues sans effroi !

    Nul besoin de destination car elle l’attire naturellement
    Avec le compas dans la tête et le gouvernail dans son âme.
    Elle bénit son obstination qui vainc spirituellement
    La mort pour gagner l’épithète de l’égalité homme-femme.

    Pas d’artifice, la femme vole. La femme a reconquis le ciel.
    Hier, pilote chevronnée mais dépendante de la technique ;
    Aujourd’hui, femme nue, frivole, juste sa personne essentielle
    Et pourtant, ici, couronnée d’une presque auréole angélique.

    La destination est en vue ; c’est le plus puissant des orgasmes.
    Elle laisse échapper un « Hourra » qui semble exploser dans les airs.
    Atterrissage sans imprévu dans un délire d’enthousiasme
    Désormais « advienne que pourra » elle a traversé le désert !

    Elle foule le sol, embrasse la terre, jouit au milieu des passants
    Qui croient voir un drôle de démon devant le phare d’Earhart.
    Dès demain en gros caractères : « Une femme nue outrepassant
    La pudeur rit à pleins poumons et puis s’envole sans histoire ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’ÉchÔ culinaire

    « J’ai remarqué avec Hyänor que je peux lui parler directement dans sa tête et lui faire faire ce que je désire.
    Je n’en abuse pas car le pauvre s’effondre d’épuisement.
    Sans doute à cause de la force de sa résistance…

    Depuis quelque temps, j’ai envie de mon plat préféré, le bibimbap…
    celui que me cuisinait maman avec du sirop d’orgeat –très aphrodisiaque disait-elle.

    Et j’ai bien envie de le commander à mon chef, derechef ! »

    Séorïäne, cuisinière et maîtresse de l’ÉchÔ

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    Alinéor sitôt entré reçoit une idée fulgurante :
    « Fais-moi un bol de riz complet dont l’assemblage est un secret ! »
    C’est drôle ! Quand il est concentré, aucune voix tonitruante
    Ne sonne ainsi articulée avec ce langage concret…

    Mais bon ! Sans doute la contagion de Ledalïä ou de Thétïs !
    « Des épinards frais, des carottes, germes de soja et bœuf haché ! »
    Ah non ! Là, il y a confusion, une transmission adventice ?
    Non. Juste Séorïäne qui sirote son thé d’une humeur relâchée.

    Sans doute la charge de travail ou peut-être une indigestion…
    « Et la fameuse pâte de piment, une spécialité coréenne ! »
    Alinéor, vaille que vaille, ne se pose plus de questions
    Et obéit plus hardiment à cette voix luciférienne.

    « Saute les légumes séparément avec de l’huile de sésame ;
    Ensuite fais cuire le bœuf haché avec la sauce de soja ! »
    Et Alinéor, carrément, obéit à la voix sans âme
    Tout complètement attaché à verser le sirop d’orgeat.

    « Dresse le riz au fond d’un bol, dispose les légumes et la viande
    En petits îlots colorés, puis pose un œuf au plat dessus ! »

    Alinéor voit un symbole dans cette demande friande
    Car l’extrait d’amandes dorées doit être une meilleure issue…

    « Sers le tout avec une cuillère de pâte gochujang à mélanger
    Au moment même de manger et dépose le plat sur la table ! »

    Alinéor pousse la théière afin de pouvoir arranger
    Le montage du plat étranger afin qu’il soit plus présentable.

    « Il est au point, merci beaucoup ! » dit Séorïäne en le goûtant
    Et ensuite lui fait honneur en le dévorant goulûment
    Tandis qu’il sent le contrecoup de cet écho fort déroutant,
    Alinéor, plus bougonneur que jamais, s’endort congrûment.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Poisons

    « Depuis longtemps je m’en doutais.
    Par erreur j’ai confondu deux herbes et quand je m’en suis aperçue, il aurait dû être trop tard… et pourtant rien ne se produisit.

    Plus tard, j’ai essayé à petites doses des poisons dont je connaissais les effets et, contre toute attente, je n’en ai ressenti aucun.

    Ce matin, j’ai cueilli un cocktail létal de plusieurs poisons irréversibles et l’ai absorbé en toute confiance.

    J’ai particulièrement aimé connaître toutes les prémices de la mort et lâcher prise au moment fatal pour connaître la résurrection. »

    Thétïs, reine d’Atlantïs et maîtresse des poisons

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    Le faux persil du potager – surnom de la petite ciguë –
    Ainsi que le navet du diable – surnom de l’œnanthe safranée –
    Mélangés aux plantes rattachées au folklore très ambigu
    Des poisons les plus effroyables, étaient pour elle surannés.

    L’herbe aux sorciers, la belladone avec la colchique d’automne,
    Le fusain – ou bonnet de prêtre –, le ricin et la digitale,
    Rangés avec la méthadone et autres venins autochtones,
    Vénéneux, mortels et traîtres, d’une importance capitale.

    Elle revient, son panier plein, et se prépare des décoctions
    Qu’elle absorbe l’une après l’autre – voudrait-elle donc se suicider ?
    Cependant elle ne se plaint d’aucun problème de digestion
    Mais, au contraire, elle se vautre dans une liberté débridée.

    Quand digitale et belladone commencent à faire de l’effet,
    Le système nerveux autonome ainsi que le rythme cardiaque
    Sont perturbés et abandonnent leurs fonctions en vue du décès
    Foudroyant autant que syntone dans les fosses hypocondriaques.

    Faux persil et navet du diable bloquent les divisions cellulaires ;
    Le ricin empêche toute synthèse de protéines et d’hormones.
    Les poisons sont irrémédiables et leurs réactions délétères
    Mettent la vie entre parenthèses avec la colchique d’automne.

    Le fusain et la méthadone sont presque alors superflus
    Et la mort a vaincu le corps, les toxiques étaient les plus forts.
    Mais alors l’hypophyse ordonne de libérer enfin le flux
    Qu’un organe continue encore à sécréter après la mort.

    Et la mort elle-même est vaincue ; le corps n’était qu’en léthargie,
    Suffisante pour le préserver de l’irréversibilité.
    Alors Thétïs est convaincue qu’elle maîtrise toute allergie
    Et que sa vie sait se conserver contre l’impossibilité.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Invisibilité

    « J’avais perçu Pénélopïä entre les tables sans parvenir à la voir.

    Elle n’était pas vraiment invisible mais sa présence retenait la lumière au lieu de la réfléchir.

    Loïrelïndt l’avait reconnue mais leur petit échange m’a convaincue de garder le silence.

    J’ai donc attendu que Nemo lui rende un peignoir… et sa place parmi nous. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Juste une ombre qui se déplace parmi les convives du dimanche
    Et reste à observer les tables et tous ceux qui sont attablés.
    Ici, on y mange des glaces, là, on y consomme des tanches ;
    C’est là le pique-nique véritable, nonchalant autant qu’endiablé.

    L’ombre s’approche des LLyrïädes, occupées avec leurs bébés ;
    Elle écoute les trois fondatrices nourrissant leur progéniture,
    Les gouzis-gouzis par myriades, câlins de baisers imbibés
    Laurelïne, Loreleï provocatrices et Lïlïth en désinvolture.

    À la table des compagnons, on parle pêche et expériences ;
    L’ombre pose ses mains sur Nemo, se penche sur ses cheveux ébène,
    Sans émettre le moindre lumignon qui pourrait trahir sa présence
    Mais en savourant tous les mots et en appréciant l’aubaine.

    Nérätïs et Thétïs ressemblent aux deux reines de leurs gynécées :
    STELLÏÄ, Amellïä, Ledalïä, sans leurs maris, imprévisibles.
    Un courant d’air, les femmes tremblent… sentiraient-elles l’ombre s’immiscer ?
    Ou bien ne serait-ce pas ÄLLÏÄ qui la perçoit dans l’invisible ?

    Les sirènes parlent séminaires et leurs petits jeux sexuels ;
    L’ombre s’amuse à écouter les anecdotes sans scrupules,
    Les séances extraordinaires, les rituels souvent cruels
    Les catastrophes à redouter mais le plus souvent ridicules.

    Brusquement Loïrelïndt la regarde, l’ombre pose un doigt sur ses lèvres,
    Petit clin d’œil, sourire en coin, le fantôme lève les yeux au ciel.
    Et soudain l’ombre par mégarde sent courir un petit vent mièvre,
    Puis apparaît point après point, dans sa nudité substantielle.

    Nemo l’aperçoit et lui tend un peignoir, coloris jonquille,
    Abandonné sous l’avant-toit, à l’ombre de la pergola.
    « Ça fait longtemps que je t’attends ! » dit-il tandis qu’elle s’habille ;
    « Tantôt, j’ai tant pensé à toi que j’ai cru que tu étais là ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • En lévitation

    « Depuis quelques jours, après la mi-août, nous assistons au ballet étrange de ce que j’ai d’abord pris pour une étoile filante.

    Mais bien vite, j’ai vu qu’il s’agissait d’autre chose…

    Un OVNI ? Une soucoupe volante ? Un ange déchu ?

    Je continue à observer le ciel. »

    Cristïäs, astronome amateur

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    On a vu des étoiles filantes vers la mi-août habituellement
    Mais cette semaine, toujours la même, dans le firmament de Constance,
    Poursuit une course nonchalante, avec éventuellement
    Quelques figures dont des extrêmes acrobaties de circonstance.

    Après minuit, Lune gibbeuse, l’étoile trace une spirale ;
    Elle a égratigné les cimes et puis a survolé les berges.
    Serait-ce une sirène flambeuse, une créature vespérale ?
    Un ange perdu rarissime qui cherche une dernière auberge ?

    Pourtant à la pointe du jour, l’étoile a déjà disparu…
    Sans doute a-t-elle trouvé son gîte, le repos de l’astre guerrier…
    Mais le soir, elle revient toujours et la voici réapparue
    Dans une envolée qui s’agite vers son destin aventurier.

    Cette nuit, elle tourne, elle tourne encore comme pour battre des records ;
    Prouver qu’elle est l’étoile montante, la « recordstar » sempiternelle
    Dont l’acharnement s’en retourne d’un cœur qui recherche l’accord
    Vers la destinée performante d’une détentrice éternelle.

    Et pourtant elle tourne, cette étoile, depuis six heures maintenant
    Car elle tremble et sa trajectoire devient un peu plus chaotique.
    Et lorsque la Lune dévoile son contour au point culminant,
    Suit alors la chute notoire dans les eaux noires névrotiques.

    Elle se réveille trempée, ramenée nue par les sirènes ;
    Cette fois, ce n’était pas un rêve, cette nuit, elle a vraiment volé.
    Elle sent encore l’air détrempé fouettant son corps au corps de reine,
    Reine de l’air, bravant sans trêve ses plus grands défis envolés.

    Elle regagne sa chambrée où son mari dort doucement ;
    Elle a besoin qu’il remédie encore à sa paranoïa.
    Elle se colle à son corps ambré, tant pis pour l’éclaboussement !
    Il se retourne, l’embrasse et dit : « J’ai rêvé de toi, Amellïä ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La Nymphénomanie Transimaginaire Appliquée

    « Avec le consentement des trois LLyrïädes fondatrices, nous avons conduit ensemble la première N.T.A. en qualité de fornicatrices officiantes.
    Yavänor est demeuré en pleine conscience tandis que Laurelïne transmettait le feu, Loreleï l’eau et Lïlïth la terre aux douze appareils.
    Yggdrasil a reçu ces trois forces, les a transcendées puis rediffusées sans incident dans toute l’Ô ALLEGÔRÏÄ.
    Aucun effet secondaire n’a été constaté, hormis une communauté désormais impatiente d’en recevoir la diffusion. »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ
    Nérätïs, médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    Yavänor
    Soumis aux deux fornicatrices, Yavänor, en pleine conscience,
    Se prépare à appréhender la N.T.A. de l’ÏÄMÔURÏÄ.
    Les trois LLyrïädes fondatrices inaugurent l’exquise science
    Qu’Yggdrasil pourra transcender dans le monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Laurelïne, le feu
    Laurelïne, nue, est magnifique, le sanctuaire sacrant l’oracle,
    La fornication est intense et tous deux entrent en résonance ;
    Les éronautes béatifiques montent et s’élèvent au pinacle,
    Relayés par les douze instances de l’érotique dominance.

    Soudain une flamme domine pour brûler sans les consumer
    Et Yggdrasil alors s’enflamme produisant douze langues de feu
    Dont chaque LLyrïäde s’illumine en sentant l’amour s’assumer
    De l’intimité de la femme jusqu’à la pointe des cheveux.

    Loreleï, l’eau
    Loreleï, l’épouse favorite, ouvre la porte de l’étoile,
    S’offrant à la pénétration dans sa position préférée.
    Pareil à une météorite, Yavänor soudain lui dévoile
    La force sans modération d’un coït en accéléré.

    Soudain un tsunami déferle, pour noyer sans les engloutir
    Et Yggdrasil devient geyser produisant douze déferlantes,
    Offrant aux LLyrïädes douze perles qui viennent toutes s’emboutir
    En scintillant d’un bleu-laser dans leurs prunelles étincelantes.

    Lïlïth, la terre
    Lïlïth, son épouse œdipienne, ouvre l’accès à sa matrice
    Pour jouir du rut continu de l’instrument de Yavänor.
    La jouissance clitoridienne transmise par douze génératrices
    Fait jouer une force inconnue à l’intérieur de l’athanor.

    Soudain un volcan explosif s’ébranle sans les ensevelir
    Et Yggdrasil devient planète produisant douze satellites
    Allouant l’éclat intensif de douze étoiles pour embellir
    Chaque LLyrïäde sur les pommettes comme l’offrande de Lïlïth.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le sacre de Nérätïs

    « Nous pensions devoir guérir Nérätïs.
    La T.T.A. a démontré que sa nymphénomanie n’était pas une maladie, mais l’expression individuelle d’une faculté transmissible.
    Dès demain, les douze prières seront adaptées à ce procédé avant d’être diffusées par Yggdrasil dans toute l’Ô ALLEGÔRÏÄ.
    Nérätïs n’est donc plus un sujet d’étude. Elle devient la pionnière de l’aphrodisie essentielle. »

    Yanimïä, rédemptrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    « Entre, Yavänor, je t’en prie ! J’ai pris seule cette initiative
    Dans le but d’expérimenter une méthode décisive… »
    Mais les éronautes sont surpris par l’arrivée intempestive
    De trois LLyrïädes alimentées par une colère affective.

    « Arrête ça immédiatement ! » ordonne Laurelïne furieuse.
    « Yavänor ne peut forniquer qu’avec ma seule anatomie ! »
    « J’en veux autant, naturellement ! » proclame Loreleï luxurieuse.
    « Je veux moi aussi tourniquer avec la nymphénomanie ! »

    « Écoutez-moi et calmez-vous car Nérätïs n’est pas fautive
    Mais a bien agi à ma demande pour intensifier nos prières ! »
    Dit Yanimïä. « Elle se dévoue pour une quête significative :
    C’est celle que je recommande à notre communauté entière ! »

    « Encore une fois tu as osé te passer de mon consentement ! »
    Rugit Lïlïth. « Tu aurais dû nous mettre dans la confidence ! »
    « C’était une idée proposée sans connaître l’aboutissement ! »
    Plaide Yanimïä confondue, prise en faute de toute évidence :

    « Nous allons pouvoir adapter ce procédé à nos prières
    Qu’Yggdrasil va rediffuser dans toute l’Ô ALLEGÔRÏÄ !
    Imaginez chacun capter une jouissance similaire
    À mille extases transfusées directement par l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    « Laissons Nérätïs nous montrer la T.T.A. en fonctionnement !
    Nous en sentirons les effets transmis par les douze appareils
    Qui vont eux-mêmes vous démontrer ce fameux perfectionnement
    Et sentir l’amour triompher par des orgasmes sans pareils. »

    « Ainsi dès demain, tour à tour, Laurelïne, Loreleï et toi, Lïlïth,
    Vous aurez l’exclusivité de sa diffusion officielle
    Et reconnaîtrez en retour que Nérätïs est une élite
    Que nous pouvons plébisciter pour l’aphrodisie essentielle ! »
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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Alinéor, le manche dans la marmite

    « La séance a démontré qu’un sujet parfaitement informé pouvait se montrer beaucoup plus réceptif qu’un patient soumis à une assistance pharmacologique.
    Les douze appareils ont atteint la zone rouge ; Alinéor, le septième ciel ; et moi, quelques notes jusque-là réservées aux sopranos.
    Par mesure de précaution, je l’ai maintenu en observation pendant une heure, étroitement serré contre moi.
    Aucun effet secondaire n’a été constaté.
    Ce résultat restera strictement expérimental. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    Alinéor sent son phallus gonfler autant qu’il est serré
    Dans le vagin de Nérätïs jouissant de spasmes aigus.
    Lui se voit sonnant l’angélus dans une cloche lacérée ;
    Elle sent ses nerfs qui compatissent à un stimulus suraigu.

    Alinéor est survolté et Nérätïs est enflammée
    Car le couple s’est adapté et participe activement.
    Chaque coup fait virevolter les deux partenaires affamés
    Car les deux sexes savent capter le rut significativement.

    Tout le plaisir d’Alinéor est amplifié douze fois
    Et transmis en pleine puissance à Nérätïs en corrélat
    Comme une course au météore qui donne aussitôt de la voix
    Car les deux ensemble s’élancent dans un duo a cappella !

    Nérätïs est abasourdie de ressentir le membre actif
    Plus fort que les fois précédentes et découvre tout son potentiel.
    Dans le dispensaire assourdi par tous leurs cris alternatifs
    La T.T.A. est trépidante et le couple au septième ciel !

    Tous les appareils sont au rouge et le coït accéléré
    Produit douze éclairs en anneau par les amants électrisés.
    Éblouie par tout ce qui bouge, les seins et le cul libérés,
    Nérätïs hurle en soprano sous le plaisir célestisé.

    Lorsqu’Alinéor éjacule, Nérätïs pleure de bonheur
    Et s’effondre sur l’étalon qui l’a incendiée d’amour.
    Elle reste sur son pédoncule en le serrant une bonne heure
    Pour faire sentir à l’Apollon les liens de leur polyamour.

    Car son tétraèdre amoureux est désormais bien défini :
    Nérätïs, Amellïä, STELLÏÄ, pour le tripôle féminin ;
    Alinéor, le savoureux mâle qui vient en catimini
    D’apporter son partenariat : le quatrième pôle masculin.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Alinéor, le manche et la marmite

    « Pour la première fois, le sujet a refusé toute assistance pharmacologique et exigé de connaître la véritable nature du protocole.
    Je craignais qu’il ne prenne la fuite. La vérité produisit l’effet contraire : Alinéor accepta aussitôt, sans anesthésie, sans cérémonie et sans même réclamer la recette.
    Il prétend que son amour pour Maman l’incitait naturellement à m’essayer !
    Le manche était donc consentant… et la marmite déjà chaude. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Entre, Alinéor, bienvenue ! J’avais besoin de ta présence ! »
    « Merci, Nérätïs. D’ici ce soir j’ai trois heures de disponibles ! »
    Dit-il alors sans retenue et sans y mettre de complaisance
    Tandis qu’il fait mine de s’asseoir sur la seule chaise accessible.

    « Non ! » dit Nérätïs. « Pas ici, allonge-toi sur la couchette
    Autour des douze enregistreurs reliés à tes cervicales !
    Je veux que tu bénéficies des douze mesures que je projette
    Afin qu’il n’y ait pas d’erreur à ton examen médical. »

    « Bois donc ce philtre pour augmenter tes capacités cognitives ! »
    « Hé là ! Du calme ! » l’interrompt-il. « Je me méfie de toute drogue !
    Ce soir je dois alimenter l’équipe de saveurs nutritives
    Par un robot assez subtil et je n’veux pas avoir l’air rogue ! »

    « Une piqûre ? » propose-t-elle. « Pas davantage ! » rétorque-t-il.
    « Si tu m’expliquais ton affaire, je me sentirais beaucoup mieux !
    Ne fais donc pas dans la dentelle et tes grands mots sont inutiles ;
    Moi, je veux bien te satisfaire sans que ce soit cérémonieux ! »

    « Promets-moi de garder secret ce système expérimental !
    Nous allons faire l’amour ensemble reliés à la T.T.A.
    Ainsi le Féminin Sacré parviendra jusqu’à ton mental
    Et, sans vouloir faire de l’humour, tu es mon meilleur lauréat ! »

    « La drogue pour les récalcitrants ! C’est fin ! » conclut Alinéor.
    « J’accepte car aimer Thétïs m’incite à essayer sa fille !
    Je promets d’être pénétrant et d’agir comme un météore
    Qui te donnera, Nérätïs, le meilleur de mon estampille ! »

    Ils se déshabillent ensemble – Nérätïs n’avait que sa blouse –
    Et elle prend aussitôt le manche que lui tend son amant couché.
    Une fois que les sexes s’assemblent, elle compte de « un » jusqu’à « douze »
    Et les appareils se déclenchent autour du couple effarouché.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Altänor en coulisses

    « Les douze appareils manquaient encore de liaison : Altänor leur a apporté sa coulisse.
    Grâce à son piston parfaitement lubrifié, j’ai pu parcourir toutes les octaves dans un glissando anatomique jusqu’au contre-ut.
    Il prétend que je n’avais pas besoin de le sangler.
    C’est possible… mais en coulisses, mieux vaut assurer la tenue de l’instrument. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Entre, Altänor, je suis heureuse que tu aies pu te libérer ! »
    « Merci, Nérätïs. C’était facile, la pêche du matin était bonne ! »
    Répond-il à la chaleureuse praticienne fort considérée
    Comme médecin très habile et amatrice de trombone.

    « Mes douze appareils là-devant fonctionnent ensemble mais, en coulisses,
    Il y a une harmonisation que je juge très insuffisante.
    Mais toi, peut-être en observant les différences qui s’établissent,
    Tu sauras faire l’orchestration d’une manière polarisante ! »

    « Bois donc ce philtre pour augmenter tes capacités cognitives,
    Allonge-toi, fais attention aux dispositifs décalés ! »
    Altänor, un peu tourmenté par cette demande expéditive,
    Tombe sans autre argumentation dans un sommeil, tout affalé.

    Commence alors une glissante T.T.A. à coulissement
    Dont le piston lubrifié monte et descend facilement
    Dans la vulve très alanguissante, laquelle devient rapidement
    Comme un trombone vivifié par un sonore vagissement.

    Nérätïs se met à yodler telle une parfaite tyrolienne
    En produisant dans son calice un glissando anatomique.
    Si elle pouvait ainsi jongler dans une opérette italienne,
    Elle serait la « diva à coulisse » d’une renommée astronomique.

    Elle enchaîne toutes les octaves en faisant glisser chaque note
    Correspondant à chaque orgasme lorsqu’elle parvient au contre-ut.
    Elle ressent sa partie concave triller comme une gélinotte
    Et répondre à tous ses fantasmes à chaque soubresaut en rut.

    « J’ai dormi avec une aisance ! » dit Altänor en s’étirant ;
    « Tu n’aurais pas dû me sangler et ton philtre est très assommant ! »
    « Il faut croire que ta présence a eu un côté rassurant
    Car mes appareils sont réglés, grâce à toi, sans savoir comment ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Valérion le dodécacordiste

    « Douze appareils reliés aux douze cordes de Valérion ont suffi pour transformer la T.T.A. en blues dodécacordiste.
    Le rythme était ravageur mais, grâce à une double lubrification, j’ai pu parcourir les six accords doublés jusqu’au dodécaorgasme majeur.
    Valérion croit s’être endormi sur une berceuse.
    Je lui ai donc attribué une excellente note dans la colonne “jouissance”. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Entre, Valérion, j’espérais impatiemment ton arrivée ! »
    « Merci, Nérätïs. Mais pourquoi faut-il ma guitare douze cordes ? »
    Répond-il d’un air guilleret mais d’une attention ravivée
    Par un petit je-ne-sais-quoi que la médecine lui accorde.

    « Les douze appareils que voilà sont accordés sur chaque corde
    Et je vais t’en faire écouter une composition d’arpèges !
    Seulement, pour moi, c’est au-delà de ce que ma fonction m’accorde
    Tandis que toi, sans en douter, tu connais bien mieux le solfège ! »

    « Bois donc ce philtre pour augmenter tes capacités auditives,
    Allonge-toi, sois attentif aux sons Mi La Ré Sol Si Mi ! »
    Valérion, bien argumenté, s’allonge mais, en définitive,
    S’endort d’un soupir préventif qui devient un souffle soumis.

    Commence alors une très équestre T.T.A. dodécacordiste
    Et la cavalière en tenue d’Ève enfourcher l’homme étendu.
    Le sexe s’agite comme un plectre dans son vagin instrumentiste
    Dans un tempo discontinu au swing assez inattendu.

    Et Nérätïs aux douze corps vibrant dans un accord majeur
    Jouit de l’instrumentation en scandant les douze mesures
    D’un blues joué façon hardcore et sous un rythme ravageur
    Réduit par lubrification appliquée avec démesure.

    Tout en se caressant les seins, elle en titille les mamelons
    Comme s’ils étaient les doubles cordes que son buste met en résonance.
    De la profondeur du bassin à l’extrémité des talons,
    Son dodécaorgasme accorde le point fort à sa culminance.

    « Je me suis endormi, je crois… » dit Valérion, l’air désolé.
    « Oui, mais c’était une berceuse et elle a très bien fonctionné ! »
    Dit Nérätïs qui fait une croix sur son planning à la volée
    Avec une note jouisseuse dans la colonne mentionnée.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • ORPHÉÔN le pythagoricien

    « Douze appareils, douze notes chromatiques : ORPHÉÔN était exactement le patient qu’il fallait.
    Le comma pythagoricien a laissé un infime décalage entre sa voix et mes vibrations, provoquant un phénomène inédit : le comma orgasmique.
    Effet secondaire : il parle désormais une octave plus haut.
    Cela devrait s’arranger avec le temps. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Entre, ORPHÉÔN, tu vas m’aider de tes compétences musicales ! »
    « Merci, Nérätïs. Je croyais qu’ÄLLÏÄ devait m’accompagner ! »
    Dit-il un peu intimidé par les machines médicales
    Que Nérätïs a déployées comme une toile d’araignée.

    « Non ! » dit-elle. « Il faut accorder les douze appareils tous ensemble
    Et ton oreille musicale avec le timbre de ta voix
    Vont pouvoir les faire concorder aux douze notes qui rassemblent
    Les gammes paramédicales et chromatiques, tout à la fois ! »

    « Bois ce philtre pour dégager ton larynx ainsi que l’ouïe,
    Allonge-toi, écoute le LA qui sert de base aux instruments ! »
    À peine s’est-il engagé sur la couchette, l’air réjoui,
    Qu’il s’endort sur le matelas, puis dévêtu incongrûment.

    Aussitôt l’expérimentale T.T.A. pythagoricienne
    Démarre avec Nérätïs nue, positionnée à croupetons,
    S’introduisant l’instrumentale flûte dans l’embouchure musicienne
    Lubrifiée comme convenu pour mieux ressentir le piston.

    Nérätïs donne de la voix et chante sous l’effet produit
    Du plaisir dodécaphonique délivré à pleine puissance.
    Les douze transferts à la fois au rythme du vit introduit
    Provoquant la catatonique et euphorique jouissance.

    La double lubrification a évité l’inflammation
    Aux deux instruments génitaux dont l’intérêt est signifiant.
    C’est avec justification qu’elle en a fait réclamation
    En commandant aux hôpitaux plusieurs bidons de lubrifiant.

    « Où suis-je et que s’est-il passé ? » dit-il d’une voix suraiguë.
    « Après avoir tout accordé, tu t’es endormi, épuisé ! »
    « Pourquoi ma voix s’est déplacée d’une octave vers les aiguës ? »
    « L’effet ne va pas s’attarder ! » le rassure-t-elle, défrisée.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Hyänor l’exilé volontaire

    « La cinquième séance de nymphénomanie a démontré que les dimensions de l’organe du patient n’influencent aucunement le rendement de la T.T.A.
    Hyänor a compensé certaines modesties anatomiques par une endurance exceptionnelle, permettant aux douze appareils d’accomplir plusieurs cycles sans la moindre surchauffe électronique.
    La médecine sait reconnaître les hommes qui se dépensent sans compter. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Entre, Hyänor, installe-toi pour faire ta prise de sang ! »
    « Merci, Nérätïs. Je pensais que c’était plutôt pour la mère ! »
    Rétorque-t-il d’un air pantois, sans être pour autant réticent
    Et sans désirer offenser la doc pluridisciplinaire.

    « Ta tension est trop élevée et je vais devoir procéder
    À une nouvelle technologie appuyée par l’électronique.
    Ainsi je pourrai relever tout ce qui peut intercéder
    À propos d’embryologie sans que ce soit catatonique ! »

    « Déshabille-toi, allonge-toi, ferme les yeux, aie confiance ! »
    La phrase sort spontanément, laissant Hyänor tout étonné
    Mais celui-ci, toujours courtois, obtempère sans méfiance
    Et un bon thé, fatalement, désinhibe l’étalonné.

    Alors, c’est l’aventure en jaune par T.T.A. duodécuplée
    Et malgré la petite bite, le rendement s’avère adéquat.
    Nérätïs monte en amazone quasiment douze fois accouplée
    Et bien que le doute l’habite, Hyänor alors reste coi.

    Ainsi le test de l’endurance tombe aujourd’hui à point nommé
    Et Nérätïs le recommence autant de fois qu’il est possible.
    Nérätïs a de l’assurance, Hyänor peut autant slalomer
    Et le couple voit sa performance franchir le cap de l’impossible.

    Ça a chauffé ! Pas l’appareil mais les organes génitaux
    Qui demandent beaucoup d’onguent et de repos compensatoire.
    Nérätïs a aussi les oreilles vrillées par ses cris sommitaux
    Qu’elle a poussés en haranguant son destrier ostentatoire.

    Hyänor dormira longtemps… le temps que le priape plie
    Et que les rougeurs sur le gland reprennent leur couleur normale.
    Un coup de fil réconfortant à Séorïäne qu’elle supplie
    D’un peu de patience en jonglant avec audace minimale.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Nemo l’amnésique

    « La quatrième séance de nymphénomanie a révélé une propriété inattendue de la T.T.A.
    En plus d’explorer les souvenirs du patient, elle permet à la praticienne d’en recevoir directement les images lorsque leurs branchements sont parfaitement accordés.
    L’amnésie de Nemo nécessitant un traitement hebdomadaire, Nérätïs s’est aussitôt portée volontaire pour assurer personnellement son suivi jusqu’à complète souvenance.
    La science exige parfois un dévouement considérable. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Entre, Nemo, je t’ai prévu une séance de souvenance ! »
    « Merci, Nérätïs. Cependant je ne suis pas très sûr de moi ! »
    Répond-il face à l’imprévu de cette singulière prévenance
    Mais sachant qu’il est dépendant de ses progrès au fil des mois.

    « J’ai branché ces douze appareils qui vont explorer ta mémoire
    Et tes souvenirs rassemblés afin de les outrepasser.
    Bois ce breuvage sans pareil pour activer toutes les moires
    Des miroirs qui vont s’assembler sur l’infini de ton passé ! »

    « Déshabille-toi, allonge-toi, ferme les yeux, aie confiance ! »
    Mais la triple dose a vaincu, du grand colosse, la léthargie.
    Elle l’observe, l’air pantois devant sa grande corpulence
    Et est tout à fait convaincue de sa sexuelle énergie.

    « Puisque Pénélopïä l’enfile, je dois en être aussi capable ! »
    Pense-t-elle alors, Nemo branché, les douze machines activées.
    Tandis que les rêves défilent, son sexe devient plus palpable
    Et Nérätïs vient s’y brancher pour s’y dodécacaptiver.

    Le résultat est fantastique ! Le phallus duodécuplé
    Produit le dodécaorgasme dans son vagin électrisé.
    Et l’effet rétro-élastique réussit à le centupler ;
    De quoi proclamer ce fantasme comme celui le plus prisé.

    Étrangement, d’autres images l’ont traversée pendant le rut.
    « Finalement, la T.T.A. n’a pas livré tous ses secrets…
    Et voici même que, sans dommage, ma solution, certes un peu brute,
    Ramènera ce gros béat plusieurs fois pour s’y consacrer. »

    « J’ai revu ma petite enfance, mon père, ma mère, notre maison ! »
    Dit-il devant le phénomène qui vient de se produire en lui.
    « Alors tu n’as plus de défense pour résister à la raison :
    Tu reviendras chaque semaine… si tu n’y vois aucun ennui ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Irénée le contrôleur

    « Irénée a procédé au contrôle complet des douze T.T.A.
    Malgré un léger étourdissement, il a confirmé leur conformité et rédigé un rapport particulièrement favorable.
    Son écriture étant devenue momentanément illisible, j’ai dû personnellement en assurer la transcription.
    Il recommande lui-même une nouvelle vérification. Je ne saurais m’opposer à l’avis du contrôleur. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Entre, Irénée, tu tombes à pic pour contrôler mes appareils ! »
    « Merci, Nérätïs. Cependant je n’ai pas bien compris Cristïäs… »
    Répond-il du ton atypique de l’homme qui n’a pas son pareil
    Pour rechercher du répondant à une question qui le dépasse…

    « Voilà ! dit-elle. Douze appareils reproduisent les douze prières
    Que je contrôle pour prévenir la moindre infection potentielle.
    Je les étudie à l’oreille et j’ai la vision par derrière
    Mais je voudrais, à l’avenir, que ce soit plus confidentiel. »

    « Je voudrais que tu vérifies avec moi le fonctionnement
    En te prêtant à l’expérience dont je serai participante ! »
    « C’est beaucoup mieux ! » lui certifie Irénée péremptoirement :
    « Car Cristïäs n’a pas ma patience ni ma constance anticipante ! »

    « Bois ce produit qui m’aidera à visualiser ton sang,
    Puis allonge-toi sur la couche et détends-toi tout simplement !
    Note tout ce qui servira au protocole que je consens
    À prescrire pour tout ce qui touche au suivi des accouplements ! »

    Irénée, déjà dans les vapes, joue ainsi le parfait cobaye ;
    Nérätïs lui grimpe dessus, nue, et c’est reparti pour un tour !
    Irénée ressemble à Priape – bien que cela ne l’encanaille
    Et qu’hélas il n’en ait perçu aucune sensation en retour !

    Après le dodécaorgasme, Nérätïs remplit le bloc-notes
    Tout en imitant l’écriture d’Irénée – c’est assez facile.
    Lui montre assez peu d’enthousiasme car l’étourdissement dénote
    Un état suspect de nature à rendre son rapport difficile.

    « Il nous faudra recommencer car mes vertiges m’ont troublé
    Et j’ai du mal à me relire – c’est un peu trop métaphysique ! »
    Dit-il, l’esprit influencé encore par la dose redoublée
    De cette drogue qu’on peut élire « aphrodisiaque et amnésique » !

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.