Catégorie : ALLEGÔRÏÄ

Bienvenue dans le Livre des enfants de l’ÏÄMOURÏÄ

  • Confidences charnelles et rétrospectives

    « Le dossier d’Amellïä indiquera : tension normale, état général excellent.

    Il ne dira pas qu’elle était belle, allongée devant moi, que j’ai tremblé lorsqu’elle m’a confié son désir ni que j’ai refermé la porte avec le sentiment étrange de l’avoir toujours attendue.

    Certaines observations n’appartiennent pas à la médecine. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    Amellïä entre au dispensaire pour sa visite mensuelle
    Et dans la salle d’examen, Nérätïs lui prend la tension.
    Mais en lui tâtant les viscères, une vision très sensuelle
    Transmet, au contact de sa main, leurs toutes dernières sensations.

    Amellïä se crispe et se cambre et lentement atteint l’orgasme
    Sous le déluge d’émotions entre STELLÏÄ et Nérätïs.
    « Il y a, à côté, une chambre qui m’attire avec enthousiasme ! »
    Dit-elle en perdant la notion de tous ses repères et indices.

    « Tu nous as vues faire l’amour ? » demande Nérätïs doucement ;
    « Nous t’en avons donné envie ? » ajoute-t-elle rapidement.
    « Oui ! J’aime le côté glamour qui s’en dégage intimement
    Et je voudrais que tu m’y convies ! » dit Amellïä timidement.

    « Je n’osais te le proposer de peur que tu ne t’intimides !
    Joignons l’utile à l’agréable, jouons au docteur pour de vrai !
    Accepte alors de tout oser et cesse de faire ta timide ! »
    Dit Nérätïs au préalable afin qu’Amellïä ne s’effraie.

    « Allonge-toi, tu es très belle et tes cheveux ont bien poussé ;
    Ta poitrine s’est bien arrondie ainsi que la courbe de tes hanches ;
    J’aime autant ton côté rebelle que ton petit nez retroussé ! »
    Dit Nérätïs, très attendrie et d’une douceur tout à fait franche.

    « Moi aussi, j’irai droit au but : j’aime ton côté directif ;
    Je suis un peu garçon manqué et j’aime les dominatrices.
    Je n’ai pas osé au début t’avouer mes goûts très subjectifs… »
    Dit Amellïä, alors marquée d’une ferveur inspiratrice.

    « La pièce est insonorisée ; nous pouvons hurler de plaisir ! »
    Dit Nérätïs à son amie devenue sa compagne intime.
    « Alors je peux m’autoriser à être l’objet de ton désir ! »
    Dit Amellïä. « Ton tsunami attend désormais sa victime ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences électriques

    « Je suis Grande Magicienne.

    Pourtant Nérätïs a su, sans la moindre formule, faire disparaître ma tristesse, apparaître mon désir et changer une simple clef en promesse.

    Je lui reconnais volontiers la maîtrise de cette magie. »

    STELLÏÄ, Grande Magicienne

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    Après la farce gigantesque jouée à Astérias honteux,
    STELLÏÄ ne trouve pas le sommeil et Cristïäs est dans son labo.
    Frustrée d’un manque de romanesque, elle descend, le cœur cahoteux,
    Pour déboucher une bonne bouteille et se calmer la libido.

    Nérätïs est déjà à table, un verre de whisky à la main ;
    « Je peux te tenir compagnie ? » demande STELLÏÄ timidement ;
    « Assieds-toi ! Il est détestable de boire seule, c’est humain ! »
    Propose-t-elle à son amie avec un verre évidemment.

    « Merci ! Cristïäs n’est jamais là ! » se lamente STELLÏÄ, le cœur gros ;
    Après avoir vidé son verre, elle en reprend avec plaisir.
    « Valérion ronfle a cappella… » dit Nérätïs, « et allegro ! »
    Avec un clin d’œil qui s’avère chargé d’envie et de désir.

    Et puis Nérätïs prend la main de sa jeune compagne en larmes :
    « Tu as besoin de sa tendresse et je peux te donner la mienne ! »
    Dit-elle après mûr examen de la qualité de son charme,
    Elle se rapproche et la caresse avec le tact d’une doyenne.

    Et l’esprit battant la campagne, STELLÏÄ accepte la tendresse
    Et se laisse aller au baiser qui lui réchauffe un peu le cœur.
    Elle sent l’amour de sa compagne qu’elle transmet avec adresse
    Et se sent bien plus apaisée qu’en buvant la chaude liqueur.

    Quand Nérätïs caresse le sein, STELLÏÄ se cambre lascivement ;
    Quand elle l’embrasse avec la langue, STELLÏÄ gémit du potentiel ;
    Quand elle lui masse le bassin, STELLÏÄ crie voluptueusement ;
    Quand elle lui propose un Yin-Yang, STELLÏÄ est au septième ciel.

    STELLÏÄ reconnaît que l’orgasme avec Nérätïs est divin.
    « Voici la clef du dispensaire, j’ai une chambre personnelle ! »
    Dit Nérätïs dont l’enthousiasme leur donne, à toutes les deux, faim
    Et glisse le précieux émissaire à STELLÏÄ tout émotionnelle.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences aéronautiques

    « Je suis restée à proximité au cas où leur remontée réclamerait mon assistance.

    Amellïä tremblait encore et Altänor s’inquiétait.

    Puis elle a ôté sa couverture.

    Je suis rentrée : ils n’avaient manifestement plus besoin de moi. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    « Moi qui maîtrisais le trombone, me voici joueur de sexophone ! »
    Plaisante Altänor essoufflé après leur prière commune.
    « Et Yanimïä était synchrone avec tes attaques polissonnes ! »
    Dit Amellïä emmitouflée dans une couverture opportune.

    « Oui, cette musique de chambre fut orchestrée de main de maître ! »
    Reconnaît-il à son encontre comme maestra de fortune.
    « Moi, je tremblais de tous mes membres tandis que grimpait l’altimètre ! »
    Frissonne-t-elle, assise contre son compagnon face à la Lune.

    « Nous étions naufragés de l’air, nous voici rescapés d’amour ! »
    Dit-il en reliant leurs chutes à leur remontée liturgique.
    « Et ce n’est pas pour me déplaire, cette formation très glamour ! »
    Glousse-t-elle tandis qu’elle lutte contre des frissons névralgiques.

    « Mes allers-retours empalaient délicieusement Yanimïä ! »
    Songe-t-il avec nostalgie de leur sexuelle prestation.
    « Les coups de ton manche à balai fusèrent quand tu le manias ! »
    Répond-elle avec pubalgie légère de protestation.

    « À chaque impact de mon engin, le plaisir faisait réfraction ! »
    Se souvient-il de leurs orgasmes comme soufflés d’un triple cor.
    « J’ai ressenti dans mon vagin le top de ta pénétration ! »
    Évoque-t-elle avec des spasmes encore présents dans son corps.

    « Je n’ai jamais eu de désir d’une telle force qu’il rayonnait ! »
    Avoue-t-il avec l’énergie d’un étalon quadragénaire.
    « J’ai ressenti nos trois plaisirs qui allaient et qui revenaient ! »
    Découvre-t-elle en synergie totale avec ses partenaires.

    « Je me demande si ton effroi n’est pas l’effet qui te rudoie… »
    Dit-il à sa femme couverte et qui frissonne dans la nuit froide.
    « Tais-toi, gentil idiot, j’ai froid ! Viens me baiser comme il se doit ! »
    Invite Amellïä, cuisses ouvertes, saisissant la verge encore roide.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Conflit dense et humiliant

    « Le Souffle Premier peut rendre au corps sa jeunesse.
    Il ne restitue pas au roi la noblesse qu’il abandonne à ses désirs.

    En pleine humiliation, Astérias a retrouvé ce soir le regard de sa reine.
    J’espère qu’il y reconnaîtra désormais la frontière entre la grâce et l’offense.

    Le cristal, lui, n’oublie aucune leçon. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Où êtes-vous cachées mes petites ? Voilà ! J’enlève mon caleçon
    Et je suis tout nu comme un ver ! Ne m’laissez pas seul dans le noir ! »
    Dit Astérias dressant sa bite comme le ferait un grand garçon
    Cherchant ses roses dans la serre pour donner un coup d’arrosoir.

    « Par ici ! Mais avance donc ! » dit ÄLLÏÄ d’une voix fluette.
    « Donnez-moi la main, s’il vous plaît, je ne veux pas vous faire peur
    Et vous en demander pardon ! » dit Astérias à l’aveuglette.
    « Si tout le monde est au complet, on peut y aller ! » disent-elles en chœur.

    Et soudain la lumière fut devant le grand aéropage
    Des LLyrïädes ainsi que des sirènes et puis Loïrelïndt et Yanimïä.
    Alors semblable au roi déchu, Astérias voit le dérapage
    Qui l’a conduit devant sa reine, grillé par sa paranoïa.

    « Ça alors, Monsieur mon époux, vous voici en fâcheuse posture ! »
    Tonne Thétïs avec dégoût ; « Ces dames apprécieront sans doute… »
    « Mais enfin, chérie… je… tu… vous… ceci n’est rien qu’une imposture !
    C’est une farce de mauvais goût… justement celle que je redoute… »

    « Tu te déshabilles dans le noir et t’es le dindon de la farce ? »
    Achève Thétïs à l’affût d’une maladresse en surplus.
    « Mais non ! Je cherchais l’urinoir… dans… cette obscurité éparse ! »
    Bredouille Astérias, tout confus, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus…

    « Mon pauvre ami, tu n’vois pas clair et ces filles t’ont si bien roulé
    Que désormais ta séduction a pris un sacré coup dans l’aile !
    À l’avenir, sois exemplaire et montre-nous dans la foulée
    Un roi avec plein d’attentions envers les femmes en parallèle ! »

    « Oui, mon amour ! Et vous, mesdames, pardonnez-moi, je vous en prie ;
    Ne m’en tenez pas trop rigueur car l’humiliation est salée ! »
    Dit Astérias devant ces dames en reprenant et ses esprits
    Et ses habits avec vigueur et disparaissant dans l’allée.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences sororelles

    « Astérias possède désormais le corps d’un jeune homme.
    Il a malheureusement conservé l’insistance d’un vieux schnock.

    Je lui ai déjà dit non.
    Il semble croire qu’il s’agissait du commencement d’une négociation.
    Je commence à manquer d’arguments.
    Et surtout de patience. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Non mais est-ce que tu te rends compte ? Astérias me fait des avances ! »
    S’écrie ÄLLÏÄ, scandalisée ; « Il pourrait être mon grand-père ! »
    « Sans blague ? Allez, vas-y, raconte ! Mets-moi donc dans la confidence ! »
    Répond STELLÏÄ, focalisée sur cette info qui l’exaspère.

    « Il m’a proposé une balade en amoureux… quelle avanie !
    Ce vieux schnock est trop ridicule ! » dit ÄLLÏÄ d’un ton jacasseur.
    « J’entends déjà ses galéjades ! Mais au fait… il a rajeuni !
    Il a l’âge et les testicules de nos amants ! » répond sa sœur.

    « Mais pas les souvenirs acquis qui appartiennent à notre temps !
    Il ne parle que d’opéras et de parties de chasse à courre !
    Tu me vois chanter Tchaïkovski ou jouer un Edmond Rostand ?
    Et courir toute nue au haras pour traquer un cerf de concours ? »

    « Ha ha ha ha ! » pouffe STELLÏÄ ; « Je te vois Lady Godiva
    Chevauchant à travers Constance entièrement nue pour le défier ! »
    « Tu peux rigoler ! » dit ÄLLÏÄ. « Parce que dès demain, à Dieu vat,
    C’est toi qui subiras ses stances et tu devrais te méfier ! »

    « Non mais, sérieux ! » s’indigne STELLÏÄ. « Croit-il qu’on a la vocation
    De satisfaire ses envies et ses cochonneries aussi ? »
    « J’ai vu Thétïs ! » répond ÄLLÏÄ. « Elle m’a donné dérogation
    Pour l’envoyer sans préavis sur les roses sans diplomatie ! »

    « Je m’en vais le cristalliser s’il recommence ! » dit ÄLLÏÄ
    Qui, dans un accès de colère, brise un verre en se tailladant.
    « Je m’en vais le métalliser s’il s’avance ! » rétorque STELLÏÄ
    Qui serre si fort ses molaires qu’elle se met à grincer des dents.

    « Je te propose de régler ça bien promptement d’ici ce soir !
    On va mener ce ratapoil au-devant de sa fusillade
    En convoquant ce vieux poussah à un strip-tease dans le noir
    Et quand on s’retrouve tous à poil, on rallume devant les LLyrïädes ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences dansantes

    « Souvent la nuit mon cœur s’exprime ainsi :

    “Geminïä, je t’aime !
    Je ne veux plus abriter cet amour derrière mes silences ni retenir ce que mon cœur te donne déjà.
    Je te désire, je te choisis et je m’offre à toi sans réserve.
    Aime-moi comme je t’aime.
    Embrasse-moi encore.
    Et ne laisse jamais ce baiser devenir notre dernier.”

    Et aujourd’hui mon cœur aspire à concrétiser cet amour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Tandis qu’Altänor, chef d’orchestre, dirige Valérion et Nemo,
    La musique est si entraînante qu’ÄLLÏÄ s’approche de Geminïä.
    Et dans ce paradis alpestre, elles commencent sans dire un mot
    Une danse très lancinante discrètement dans la loggia.

    Or Geminïä adore ÄLLÏÄ, la jeune gardienne de la lumière ;
    Celle qui veille sur la connaissance et sur la quête d’information.
    Son souffle, depuis qu’elle se rallia, reste son impulsion première ;
    De plus, sa propre adolescence apporte une illumination.

    ÄLLÏÄ aussi aime Geminïä ; surtout c’qui n’se voit pas chez elle ;
    Sa consœur comprend ses silences avant même qu’elle les exprime
    Et jamais ne s’ingénia à percer ses airs de gazelle ;
    ÄLLÏÄ relâche sa vigilance lors de leurs rencontres intimes.

    En outre, Geminïä admire sa capacité à percer
    Le voile fin de l’évidence lorsqu’elle l’estime nécessaire.
    L’ambassadrice a dû frémir quand ÄLLÏÄ fut bouleversée
    Par l’effet de sa clairvoyance qui se montre toujours sincère.

    ÄLLÏÄ affectionne l’éther dont sa consœur, sans éblouir,
    Resplendit et qui enveloppe de tendresse tout son entourage.
    Quand elle sent un choc délétère qui la ferait s’évanouir,
    Son simple regard développe une énergie qui l’encourage.

    Geminïä pense, ÄLLÏÄ perçoit et le silence les rapproche ;
    Elles savent que si l’une tend la perche, l’autre le sait, c’est prévisible.
    Geminïä donne, ÄLLÏÄ reçoit, elles sont de plus en plus proches ;
    Les fronts se touchent, les lèvres cherchent les mots de l’amour invisible.

    ÄLLÏÄ désire Geminïä de tout son corps et dans son âme
    Et elle ne peut apaiser cette attirance désormais.
    ÄLLÏÄ répond à Geminïä par l’amour fort de femme à femme
    Qu’elles scellent par ce baiser qui ne se rompra plus jamais.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences atlantes

    « Thétïs et Astérias se sont avoué désirer une autre personne.

    Thétïs a entendu un homme.
    Astérias pensait à une femme.

    Ils se félicitent maintenant de leur parfaite compréhension.

    Il n’est pas nécessaire, à ce stade, de les détromper. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est comme si je t’avais retrouvée depuis… combien… cinquante années
    Et découverte quasi intacte avec ton caractère coriace ! »
    « Oui, cela a fini par me prouver que les LLyrïädes m’ont ramenée
    À la raison et je m’adapte ! » répond Thétïs à Astérias.

    « Et te voilà pleine d’appétit pour nos activités charnelles
    À tel point que je reconnais manquer de force quelquefois ! »
    « C’est venu petit à petit ; d’abord l’envie originelle,
    Puis une énergie qui venait décupler ma faim chaque fois ! »

    « Et ces LLyrïädes si charmantes que c’est un plaisir de les voir !
    Et cette Yanimïä si active que j’avais du mal à la suivre ! »
    « Oui, elles sont de super amantes qui détiennent un certain pouvoir
    Et je me sens très réceptive à tout ce qui pourrait s’ensuivre… »

    « Dire que tu voulais raisonner et faire revenir Nérätïs !
    Et nous voici tous embarqués à devoir battre la campagne ! »
    « Oui, elles nous ont arraisonnés et arrachés à Atlantïs
    Mais afin de nous démarquer pour cette retraite de cocagne ! »

    « ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sont deux fées et se montrent tellement gentilles
    Qu’il m’arrive de les désirer, je l’avoue en toute loyauté ! »
    « Oui, j’ai subi le même effet envers chacune de ces filles
    Jusqu’à aller en admirer une personne pour sa bonté ! »

    « Je le comprends. Irrésistible est cette force d’attraction
    Quand je suis en leur compagnie, je sens leur amour s’introduire ! »
    « Oui, cela devient impossible de lutter contre la séduction
    Et il n’y a aucune avanie à se laisser ainsi séduire ! »

    « J’ai même peur de t’avouer qu’un jour je pourrais te tromper
    Car, chez l’homme, tant de courtoisie risquerait de le contenter ! »
    « Oui, mais tu t’es tellement dévoué par le passé à t’estomper
    Dans le mensonge que j’ai choisi de me laisser tenter ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences suspicieuses

    « Ledalïä soupçonnait Alinéor de cultiver autre chose que le potager avec Thétïs.

    Elle lui a appris que Thétïs fréquentait déjà son propre jardin secret.

    Ils ont décidé de poursuivre les travaux tous les trois conjointement.

    Le nouveau programme d’arrosage ne sera cependant pas affiché au menu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Une fois toute la cuisine rangée, Alinéor rentre chez lui
    Pour se reposer l’air mutin auprès de sa chère Ledalïä
    Qui vient alors l’interroger sur ce qu’il a fait cette nuit
    En partant au petit matin avant que le soleil brillât.

    « Je suis allé au potager pour arroser les plates-bandes
    Juste avant le lever du jour pour leur conserver la fraîcheur
    Et pour ne pas endommager les jeunes pousses qui se répandent
    Nous nous préoccupons toujours d’éloigner les martins-pêcheurs. »

    « Nous ? » feint Ledalïä la surprise ; « Vous êtes combien à vous lever
    Et vous précipiter à l’aube pour ce jardin à asperger ? »
    Afin qu’il n’y ait pas de méprise, il répond : « Thétïs a œuvré
    Énormément, ce qui englobe son intérêt pour les vergers ! »

    « Donc elle t’appelle “mon chéri” en récompense de ton aide ! »
    Dit Ledalïä plus suspicieuse que jamais face à son mari.
    « C’est parce qu’elle est mon égérie et le jardin est son remède ;
    Sa répartie est malicieuse… je comprends que tu sois marrie ! »

    « Écoute-moi, mon joli cœur ! Je sais que tu es chaud lapin
    Et que tu exiges beaucoup de mes dispositions pour toi !
    Je n’en ai aucune rancœur mais si elle te met le grappin,
    Tu en auras la corde au cou et les cancans qui vont de soi ! »

    « Et puisque nous sommes en confiance, alors sache que Thétïs et moi
    Échangeons câlins et caresses assez régulièrement, ma foi.
    Je cultivais ma méfiance car elle m’avait dit son émoi
    À rajouter au palmarès de tes conquêtes encore une fois ! »

    « Alors pourquoi ne pas l’inviter à venir prier avec nous ?
    Je serais vraiment très heureuse de participer à vos jeux !
    Puisqu’on ne peut pas l’éviter, elle se mettra donc à genoux
    Comme Yanimïä et, valeureuse, nous fera jouir comme je veux ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences charnelles

    « Nouvel effet secondaire confirmé.

    Amellïä voit les étreintes charnelles récentes des personnes dont elle s’approche.

    Les visions restent privées ; ses commentaires, beaucoup moins.

    Lïlïth lui a conseillé de consulter Yanimïä.
    Le rendez-vous était déjà prévu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    La cloche a sonné pour midi et tout le monde se retrouve
    Pour le plaisir de se revoir et de déguster tous ensemble
    Le plat du jour – soit inédit, soit celui que chacun approuve –
    Et le plaisir comme le devoir tous les jours ainsi se rassemblent.

    Dans une atmosphère joyeuse, chacun apprécie les menus
    Qu’Alinéor toujours s’affaire à créer avec surenchère.
    « Goûte-moi cette pâte moelleuse ! » propose-t-il à Thétïs venue
    Le rejoindre et qui lui profère : « Merci mon chéri… euh… mon cher ! »

    « Vous êtes amants tous les deux ? » chuchote Amellïä à l’oreille ;
    « Et vous l’avez fait ce matin ? » reprend-elle tout étonnée.
    « Mais… quel est ce ton graveleux ? » répond l’autre d’une voix sans pareille :
    « Me traiterais-tu de catin ? Et ne va pas le claironner ! »

    Toute confuse, Amellïä s’éloigne et se rapproche de Nérätïs
    Qu’elle voit dans un flash chevaucher son mari hurlant de plaisir.
    Et de peur de goûter la poigne de la princesse d’Atlantïs
    Elle quitte sa vision débauchée afin de mieux se ressaisir.

    Finalement elle s’assied juste entre Loreleï et Laurelïne
    Face à Lïlïth et Yavänor afin que ses sens se rassemblent.
    Mais elle les voit apprécier l’amour à coups de vaseline
    Et l’amant chanter en ténor tandis qu’il les honore ensemble.

    « Qu’est-ce que tu vois ? » demande Lïlïth à une Amellïä médusée ;
    « Je vous vois en pleine partouze – le père avec les trois mamans !
    Je vois ainsi les quatre élites, tous nus, en train de s’amuser
    Et, sans qu’il n’y ait de jalouses, toutes jouir du même amant ! »

    « Oh ! dit Lïlïth, c’est très étrange ! C’est une vision rétrospective !
    Tu sembles capter les étreintes charnelles encore résiduelles.
    Pour que cela ne te dérange, raconte tes visions projectives
    À Yanimïä car son astreinte prévoit ces suites rituelles ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences hétéroclites

    « Pénélopïä m’a embrassée dans la salle d’observation.

    J’ignore encore si mon désir répondait au sien ou si je voyais simplement ce qui devait arriver.

    Lorsque nos enfants se sont reconnus, j’ai aperçu deux femmes qui s’aimaient depuis longtemps.
    Elles avaient nos visages. »

    Séorïäne, aide-cuisinière presciente

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    Dans la salle d’observation du dispensaire, deux patientes
    Ne savent plus où elles en sont par suite de transformations ;
    Pénélopïä pleine d’attentions envers sa consœur presciente
    Et Séorïäne pleine de soupçons envers cette situation.

    « Ne sens-tu pas qu’on se rapproche par nos expériences récentes ? »
    Demande Pénélopïä à celle qui s’accorde à son pas.
    « Écoute, ce n’est pas un reproche mais je vois l’envie sous-jacente
    Et ton attirance étincelle ! Pourtant je n’y résiste pas ! »

    « Comprends-moi, si je te vois nue, cela excite alors mes sens
    Et je vois briller dans tes yeux le même désir que le mien. »
    « Depuis que je suis revenue à moi j’en perçois les essences
    Comme un appel mystérieux mais qui me convient assez bien ! »

    « Je ne suis pas homosexuelle mais j’ai envie de caresser
    Ton corps durant toute la nuit et surtout de recommencer… »
    « Je n’étais pas très sensuelle et avant, tout me paraissait
    D’une outrecuidance inouïe… pourtant à présent dépassée. »

    Arrive le premier baiser dans une salle d’examen
    Dont les murs semblent disparaître pour les laisser seules au monde.
    Après un moment, apaisées par ce rapprochement humain,
    Un amour d’âme semble apparaître entre les deux mamans fécondes.

    « Le mien s’appellera Némésïs, une très jolie petite fille
    Qui pourrait bien aimer le tien à sentir l’ardeur de leurs cœurs ! »
    « Il faudra qu’Haëjun choisisse celle pour qui son jeune cœur vacille !
    J’ai moi aussi senti le lien qui unissait nos deux vainqueurs ! »

    « Nous sommes deux mamans reliées par l’amour de nos têtes blondes
    Et par le Féminin Sacré qui nous attire désormais ! »
    « Oui, je suis prête à rallier notre folle envie furibonde
    Pour vivre un amour consacré entre deux mamans à jamais ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences médico-musicales

    « Les effets secondaires persistent.

    Je me suis découvert un désir presque permanent pour les femmes, sans que mon attachement à Valérion en soit diminué.

    Il a proposé de m’aider à vérifier ce dernier point.

    L’examen s’est révélé concluant. »

    Nérätïs, médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « J’aurais prié ainsi avant, j’aurais été traumatisée ! »
    Reconnaît l’ancienne princesse aujourd’hui devenue LLyrïäde.
    « Il faut croire que, dorénavant, nous sommes familiarisés
    Avec ce genre de “pince-fesses” ! » dit son conjoint sans jérémiade.

    « Et rien qu’à penser que ma mère et mon père vont participer…
    Tout cela me semble incroyable ! » réfléchit Nérätïs pensive
    « Moi, je trouve que ma belle-mère est devenue émancipée
    Quant aux pratiques inavouables ! » dit Valérion sur le qui-vive.

    « Ah bon ? Ma mère est à ton goût ? C’est vrai qu’elle est redevenue belle… »
    Songe Nérätïs amusée par ce qui les réconcilia.
    « Alinéor en a le bagou… Astérias tiendrait la chandelle… »
    Répond Valérion médusé d’après les racontars d’ÄLLÏÄ.

    « Et toi ? De fourrer Yanimïä ? Cela ne te choque-t-il pas ? »
    Lui demande-t-elle intriguée par sa pudeur outrepassée.
    « C’est la prière à ÏÄNIMÏÄ ! Les autres ne s’y plient-ils pas ? »
    Répond-il un peu fatigué de leur triple étreinte passée.

    « Tu y as mis beaucoup d’ardeur… peut-être bien plus qu’avec moi… »
    Accuse-t-elle, l’air incisif, « J’en ai été hallucinée ! »
    « Et toi, beaucoup trop de candeur tu semblais déborder d’émois ! »
    Réplique-t-il assez pensif, « Tu étais comme illuminée ! »

    « Sans doute un effet secondaire ; je me suis découverte nymphomane ! »
    Avoue-t-elle sans le regretter, « Et j’en ai encore du désir ! »
    « Oui… tu étais très solidaire de la prêtresse érotomane ! »
    Accuse-t-il, tout apprêté pour en ressentir du plaisir.

    « Sans doute adoré-je les femmes mais c’est de toi que j’ai envie ! »
    Et brusquement elle chevauche son mari, réclamant son rut.
    « Je n’ai pas trouvé ça infâme mais au contraire je t’y convie ! »
    Dit-il, acceptant la débauche de sa femme et sa façon brute.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les effets supplémentaires

    « De nouveaux effets secondaires apparaissent !

    Depuis ce matin, Séorïäne croit voir au présent ce qui se passera plus tard : des patates cuites avant de les éplucher, ce qu’il y aura ce soir au dîner…
    Quand Nérätïs, appelée en urgence, viendra l’examiner, Séorïäne la verra accompagnée de sa future fille.

    Lïlïth a diagnostiqué un don de vision prémonitoire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Alinéor lance « Patates à éplucher ! » à la volée ;
    Séorïäne se met à la tâche qui ne paraît pas extravagante
    Mais, tout de suite, elle constate qu’elle les voit déjà rissolées
    Et une soudaine moustache à son mari très élégante…

    « Tu te laisses pousser la moustache ? » demande Séorïäne interdite ;
    « Non mais j’avais envie de le faire ! » répond Hyänor étonné
    Qu’elle ait deviné ce qu’il cache mais qu’il voulait qu’elle accrédite
    Le soir même pour la satisfaire car elle l’en avait talonné.

    « Séorïäne ! C’n’est pas terminé ! » dit le maître queux plein de reproches ;
    « Les pommes sont déjà rissolées ! » répond-elle assez naturelle.
    « Oui, c’est prévu pour le dîner… mais comment le sais-tu ? Approche ! »
    Il l’observe alors affolée, tremblante comme une tourterelle.

    « Hyänor ! Cours chercher Nérätïs ! Ta femme nous couve quelque chose ! »
    « Mais… elle est LÀ ! » la montre-t-elle avant de tomber dans les pommes
    Dans les bras mêmes de Thétïs venue leur apporter des roses
    Pour en décorer les coupelles comme le ferait tout bon majordome.

    Nérätïs et Lïlïth arrivent, Séorïäne reprend ses esprits
    Ensemble les deux l’examinent pour autant qu’elle le leur permette :
    « Je voudrais que tu me décrives ce que tu vois, sans parti pris ! »
    « Oui… Nérätïs et sa gamine… “Thalässïä” d’après sa gourmette… »

    « Oui… c’est le nom que j’ai choisi… dit Nérätïs, ou Arïäne ! »
    « Une vision prémonitoire… » affirme Lïlïth ; « c’est très bon ! »
    « Mais… auriez-vous la courtoisie de m’expliquer ? » dit Séorïäne
    « Tu es LLyrïäde, c’est notoire et tu t’es découvert un don ! »

    « Les futurs possibles ou réels se superposent à ta vision ;
    Ainsi tout ce que tu crois voir ne se passera que plus tard !
    Pour l’instant ça semble irréel bien que ce ne soit qu’une prévision ;
    Bientôt tu sauras percevoir et maîtriser l’insolite art ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences intellectuelles

    « L’amour et la science ne sont pas très compatibles.

    La rigueur scientifique de Cristïäs et surtout son envie d’élargir le champ des recherches ont un peu refroidi l’ambiance, m’a raconté ma sœur… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Quel cran ! Quelle imagination ! » s’exclame Cristïäs passionné
    Qui vient de vivre une expérience qui l’a laissé très enjoué.
    « Et surtout quelle fascination ! » précise STELLÏÄ impressionnée
    Par toute la luxuriance dont elle a été le jouet !

    « Yanimïä m’a fait découvrir combien l’amour est instructif ! »
    Dit-il avec reconnaissance envers le fait scientifique.
    « Et l’audace qui a su m’ouvrir à l’orgasme reproductif ! »
    Dit-elle avec efflorescence des sens les plus béatifiques.

    « La position est agréable, ce qui facilite la pratique ! »
    Dit-il avec la prétention d’une théorie très exacte.
    « Je me suis sentie perméable aux effets parasympathiques ! »
    Dit-elle avec compréhension de tout ce qui la décontracte.

    « Et cette chaîne de plaisir qui semble tendre vers l’infini ! »
    Dit-il comme s’il s’était senti pousser des ailes d’or et d’argent.
    « L’amplification du désir devient sensible et définie ! »
    Dit-elle pour avoir ressenti la triple extase aux trois agents.

    « Et l’alchimie de l’athanor de Yanimïä est remarquable ! »
    Dit-il avec l’esprit pionnier de l’explorateur sexuel.
    « Et moi, j’ai cru perdre le nord par ses coups de langue impeccables ! »
    Dit-elle, le cœur timonier sous l’assaut des vents sensuels.

    « Il faudra voir sur le long terme les améliorations acquises ! »
    Dit-il plutôt très pragmatique sur la rigueur de sa maîtrise.
    « J’en ai encore l’épiderme parcouru de secousses exquises ! »
    Dit-elle complètement emphatique par la prière qui l’électrise.

    « Ça m’a permis de comparer deux ports sexy intéressants ! »
    Dit-il comme juge et partie par l’envie d’ouvrir la recherche.
    « Oui mais il faudra séparer tous tes intérêts progressants
    De mes intimes réparties », réplique-t-elle à ce faux derche.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les effets secondaires

    « Un effet secondaire intéressant…

    Pénélopïä voit nos auras qui, au lieu de se superposer à nos corps, remplacent leur image et nous font apparaître nues.
    Pour nous, rien de vraiment dérangeant. Pour Pénélopïä, quel bouleversement : elles éveillent en elle des attirances féminines ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Nérätïs chérie… je t’en prie… ne peux-tu pas… te rhabiller ?
    Voir ta nudité envoûtante me fait toujours tourner la tête »
    Dit Pénélopïä dont l’esprit la fait encore babiller.
    « Mais… ma tenue est compétente ! Je suis conforme à l’étiquette ! »

    « Mais… vous êtes entièrement nues ! Toi et les autres ; c’est un supplice ! »
    Dit Pénélopïä affolée par toutes ces femmes dénudées.
    « Regarde-toi sans retenue dans ce miroir ! » dit Nérätïs.
    « Moi aussi ! » dit-elle chamboulée. « Ai-je une vision transsudée ? »

    Toutes se tournent vers Lïlïth qui réfléchit plus posément…
    « Sortons et allons vérifier qui tu vois nu ou habillé
    Par ta faculté insolite de voir les femmes différemment
    Et dans un lieu spécifié où tout le monde vient frétiller ! »

    Et Pénélopïä s’aperçoit que seules les LLyrïädes sont nues ;
    Les hommes sont, comme d’habitude, vêtus de tenues à la mode.
    « En fait, tout ce que tu perçois, c’est cet Amour qui s’insinue
    Dans ta vision d’une magnitude telle qu’ainsi il s’en accommode. »

    « C’est notre aura que tu perçois et non pas notre corps physique ;
    Tu devras t’y habituer car c’est ça, l’Amour d’âme à âme !
    Après tout, les habits sursoient à notre beauté génésique…
    Et ta vision est située au degré même du corps des femmes. »

    « Et l’effet est irréversible ? » demande Pénélopïä émue.
    « En principe ce n’est pas dérangeant, c’est notre façon de nous voir.
    Mais pour toi, il est fort possible que cette augmentation remue
    Quelque chose en toi d’affligeant que tu es la seule à savoir… »

    « Le seul élément affligeant est d’avoir très envie de vous !
    Alors que j’adore Nemo tout comme les hommes m’excitent ! »
    « Ce n’est donc pas désobligeant ! » répond Lïlïth. « Et je t’avoue
    Que notre amour n’a pas de mot pour être tout aussi explicite ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La nouvelle Pénélopïä

    « Devenir spontanément une LLyrïäde à la vue de la beauté ineffable de l’une d’entre elles peut se révéler apoplectique !

    Pénélopïä en a fait les frais.

    Heureusement, le trio sacré des LLyrïädes veille ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Arrivée tôt au dispensaire afin d’y faire l’ouverture,
    Pénélopïä est très surprise d’y trouver déjà Nérätïs
    Vêtue d’une blouse nécessaire car elle est nue sous la texture
    Translucide, ce qui électrise notre expatriée d’Atlantïs.

    « Votre majesté… je veux dire… votre tenue est… formi… »
    « Valérion et moi avons pris un bain de minuit prolongé !
    Il n’y a rien pour l’interdire, nous nous y sommes endormis. »
    « … dable… » dit-elle d’un air surpris et d’autant d’envie mélangé.

    Comme frappée de cataplexie, Pénélopïä, jambes coupées,
    Tombe au niveau de l’échancrure de la blouse de Nérätïs
    Et, en crise d’apoplexie, s’évanouit toute crispée
    Par une raideur de sa cambrure tandis que des cris retentissent.

    Lïlïth accourt avec ses filles : « Nous sommes arrivées à temps !
    Établissons la chaîne ensemble et relions-nous en synergie ! »
    Pénélopïä alors vacille dans un état semi-latent
    Entre les mains qui se rassemblent pour lui fournir de l’énergie.

    « Mon Dieu ! Que m’est-il arrivé ? » dit Pénélopïä ébahie ;
    « Oui… je me souviens… maintenant… j’ai vu l’amour immaculé
    Qui m’a tellement ravivée… le cœur d’émotions envahi…
    D’un coup de foudre rémanent… qui m’a comme désarticulée… »

    « C’est toi, Nérätïs ! Je t’ai vue et eu l’envie de t’embrasser !
    Ça m’a paralysé le cœur et tout alors s’est ralenti.
    J’ai été prise au dépourvu et ça m’a si embarrassée
    Que le contre-effet matraqueur m’a complètement anéantie ! »

    « C’est l’Amour Sacré entre femmes, chère Pénélopïä, qui te frappe.
    Ce n’est pas un amour charnel – bien que ce ne soit incompatible –
    Mais un vrai Amour d’âme à âme et qui, le jour où il t’attrape,
    Produit l’effet exceptionnel d’une LLyrïäde irréductible ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les petits jardins secrets

    « Thétïs ne règne plus sur Atlantïs mais sur son Palais Botanique.

    Ses aménagements sont dignes de l’ancienne reine, notamment les installations aquatiques.

    Alinéor affirme ses transformations remarquables exigent sa présence.
    Il passe néanmoins beaucoup de temps à genoux devant elle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Avec l’accord d’Alinéor, Thétïs s’occupe du potager
    Et des jardins environnants avec un amour remarquable.
    Très attentive aux météores, elle sait comment aménager,
    Pour l’eau de pluie, des contenants pour une irrigation potable.

    L’ancien potager fut jugé insuffisant pour sustenter
    Toutes les bouches à nourrir et tous les repas ultérieurs,
    De même que les fruits du verger qu’il a bien fallu augmenter
    Si l’on ne veut pas recourir à des fournisseurs extérieurs.

    Mais, forte de son expérience acquise au loin sur Atlantïs,
    L’ancienne reine met à profit toutes les petites ficelles
    Pour obtenir la luxuriance qui fait la fierté de Thétïs
    Ainsi que sa philosophie ou, comme elle le dit, « son missel ».

    Ce qui a plu à Yanimïä qui voit un « jardin de prières » ;
    Sans doute y voit-elle un rapport avec Yggdrasil, l’Arbre-Mère.
    On l’a vue avec Geminïä et Irénée dans les bruyères
    S’agenouiller en « trirapport » en bénédicité sommaire.

    Elle a placé des jacuzzis pour lui rappeler Atlantïs
    Ainsi qu’un lac artificiel, petit mais qui fait solarium.
    Sur les côtés, des jalousies qui plaisent beaucoup à Thétïs
    Pour quitter le superficiel et bronzer nue sans impérium.

    Alinéor vient pour biner, labourer et puis l’honorer
    Par sa présence régulière et donc des rapports très fréquents,
    L’époux n’faisant que lambiner quand il s’agit de jardiner
    Autre chose que l’hospitalière anatomie par conséquent.

    Or entre les choux et les roses, elle pense souvent à son fruit
    Qui s’enracine doucement dans sa terre d’origine atlante.
    Elle hésite encore, l’air morose, sur le sexe secret qui, sans bruit,
    Lentement et assidûment se découvrira dans l’attente.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences en passant

    « Yavänor a interrogé Yanimïä sur les aspects les plus intimes de son sacerdoce.

    Nous avons appris que sa fécondité nourrit Yggdrasil et que les sécrétions corporelles lui transmettent des fragments d’âmes et de pensées.

    Après sept questions, Yanimïä a estimé que la consultation devait être réglée en nature.

    Yavänor s’est acquitté de ses honoraires sur place.

    Je n’ai pas entendu la suite… Je l’ai vue ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Tout de même… à dix amants… tu me bats à plates coutures ! »
    Dit Yavänor admiratif devant la Grande Fornicatrice.
    « Et trois fois successivement pour toi, mon cher, quelle aventure ! »
    Dit Yanimïä au putatif amateur de dominatrices.

    « Mais toujours la même position… ça doit te sembler monotone ! »
    Compatit Yavänor soustrait au sacerdoce de l’officiante.
    « Oui mais j’ai à disposition dix queues tellement asynchrones
    Que, les yeux bandés, je pourrais reconnaitre les signifiantes ! »

    « Les femmes ne sont-elles pas jalouses que leurs maris prennent plaisir
    Dans ton respectable orifice ? » demande Yavänor interdit.
    « Hé non, justement leurs épouses découvrent enfin le désir
    Entre femmes grâce à cet office ! » répond-elle, ragaillardie.

    « Tu ne tomberas jamais enceinte mais n’as-tu pas l’aspiration
    D’enfanter et devenir mère ? » dit-il, par expérience, instruit.
    « C’est parce que ma matrice sainte donne à Yggdrasil sa ration
    D’ovulations courtes, éphémères mais dont l’arbre porte mes fruits. »

    « L’acte devient-il routinier à force de prier tous les soirs ?
    Ne te sens-tu pas tributaire de ton service ? » demande-t-il.
    « Le sperme est un peu cancanier et il devient le déversoir
    De l’âme de leurs propriétaires et ça, c’est ce qui le rend subtil ! »

    « Et pour les femmes qu’en est-il ? Ont-elles aussi des confidences
    Dans leurs sécrétions vaginales ? » s’enquiert-il de façon discrète.
    « Lorsque je croque leur pistil, je reçois, avec providence,
    L’équivalence subliminale de leurs pensées les plus secrètes. »

    « Tais-toi à présent, Yavänor ! Tu me questionnes et je réponds.
    Mais maintenant paie donc ton dû en nature dans mes lèvres ceintes ! »
    Et pour ne pas perdre le nord, ses jambes exécutent un pont
    Pour ancrer le sexe tendu du prieur dans la crypte sainte.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences cristallines et sonores

    « Le cristal possède d’excellentes propriétés acoustiques.

    Nous l’avons découvert lorsque ORPHÉÔN et moi avons reparlé de notre prière avec Yanimïä.

    Toute la maison a entendu nos confidences.
    Puis leur reconstitution.

    Au point d’orgue, quelqu’un a applaudi.

    Yanimïä prétend que ce n’était pas elle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Quand tu jouis, tes cris stridents m’ont presque vrillé les oreilles ! »
    Dit ORPHÉÔN en plaisantant sur les prouesses de sa compagne.
    « Toi, tu chantais en te guidant à la cadence sans pareille
    De Yanimïä me suçotant ! » renchérit ÄLLÏÄ : « qui perd gagne ! »

    « Elle possède un excellent rythme et je tambourinais ses fesses
    Comme si c’était la grosse caisse de la batterie d’Alinéor !
    Sa résistance est une énigme ! » reconnaît-il, « Je le confesse ! »
    « Au final, c’est moi qui encaisse ! Cette fille est un vrai météore ! »

    « Tu dis qu’elle te suçotait ? Quant à moi elle me gobait
    Mon instrument bien goulûment ! » dit-il encore sous le choc.
    « J’ai vu comment elle tressautait chaque fois qu’elle succombait
    À tes assauts incongrûment ! » reprend-elle : « Un vrai Kazatchok ! »

    « Mais c’était vraiment de la danse ; j’ai même perdu quelques kilos !
    Je mangerai des sucres lents la prochaine fois ! » dit-il pensif.
    « Et sans jamais perdre la cadence ! Elle est comme un poisson dans l’eau
    Dont la langue est un excellent moteur ! » dit-elle, « Et intensif ! »

    « J’ai même cru qu’elle me brûlait de l’intérieur de sa culasse
    Et qu’elle mouillait de la vapeur ! » dit-il, « Comme satanisée ! »
    « Et qu’elle me démantibulait la mienne comme une vraie follasse
    À un moment, j’ai eu très peur ! » avoue ÄLLÏÄ tétanisée.

    « Quand nous avons joui ensemble ce fut pour moi un vrai point d’orgue !
    Un vrai sommet de matamore et qui, au final, époustoufle ! »
    « Je me suis dit que ça ressemble à un cri poussé à la morgue
    Qui réveillerait tous les morts ! » reconnaît-elle à bout de souffle.

    Et comme elle n’en peut plus, ÄLLÏÄ, au souvenir de leur prière,
    Se met à grimper sur le corps de son mari qui bande encore
    Et se met à crier « Yanimïä ! Je rends hommage à ton derrière ! »
    Et ORPHÉÔN faire l’accord dans une position hardcore.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences d’un gardien de haras

    « La fourberie des sirènes n’a pas de limite.

    Non seulement elles ont provoqué elles-mêmes la fugue des silures mais elles en rejettent la faute sur Constantïne qui gobe l’affaire et s’en lamente.
    Avec câlineries et espiègleries, elles vont réussir à lui faire accepter un nouveau rôle en prétextant que c’est pour son bien.
    Et ce pauvre Constantïne a signé les yeux fermés. »

    Loïrelïndt, fantôme de première classe

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    « Je n’y comprends rien ! » dit Constantïne ; « Je vérifie toujours les portes
    Et il n’y a aucune raison qu’un silure, tout seul, puisse sortir ! »
    « Peut-être une main enfantine… » suggère Loïrelïndt, « de la sorte…
    Quelqu’un qui dans cette maison aurait voulu les pervertir… »

    « Les trois gamines ? C’est ridicule ! Elles tiennent beaucoup à leurs montures ;
    D’ailleurs elles m’ont déjà promis que tout s’éclaircirait un jour…
    Elles viennent avant le crépuscule ! » dit-il, l’œil sur les fermetures.
    « Sur les lieux du crime commis, l’assassin y revient toujours… »

    « Le bonsoir, Monsieur Constantïne ! » Disent les sirènes à trois voix ;
    « Le bonsoir, mes chères petites ! Alors ? Où en est votre enquête ? »
    « Il semble, hélas, que la routine vous ait fait oublier une fois…
    Juste une fois… lorsque vous partîtes avec tout autre chose en tête… »

    « Ah mes petites pardonnez-moi ce seul moment de distraction ! »
    Gémit-il en tendant les mains, « Je n’suis qu’un vieux polichinelle ! »
    « Mon pauvre Monsieur, c’est ce mois chargé de bien trop d’attractions…
    Mais… que voulez-vous… c’est humain ! » minaudent les trois criminelles.

    « Vous avez besoin de repos et on va s’occuper de vous ;
    Venez ! Nous sommes toutes expertes en massage récupérateur !
    Vos nerfs sont tous à fleur de peau… allongez-vous… détendez-vous…
    Sentez toutes nos mains offertes dans un amour libérateur… »

    « Vous êtes des petites fées ; demandez ce que vous voulez… »
    « Nous songeons à votre bonheur pour que vos soucis se détachent…
    Dans le haras vous étouffez… alors… sans trop vous chambouler
    Laissez-nous donc vous faire honneur en vous offrant de nouvelles tâches… »

    « Il vous faut de la compagnie… rencontrer d’autres humains, en somme…
    Organiser une belle cantine, des logements, des mobile-homes…
    Et comme vous êtes si bien garni, vous pourriez être leur majordome… »
    « Quelle bonne idée ! » dit Constantïne, « Je suis d’accord, je suis votre homme ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les congés payés des silures

    « Lu dans les journaux du matin :
    L’Italie déclare la guerre aux silures géants qui menacent la faune du lac de Garde.
    Ils prolifèrent dans les eaux du lac et menacent la faune locale. L’Italie va subventionner leur capture pour freiner leur expansion.
    Les plus gros spécimens s’attaquent aux sardines, aux bars et aux corégones, mais aussi aux canards et aux cormorans ; ils pourraient même s’en prendre à de petits chiens.

    Bien que soi-disant originaires d’Asie, nous savons très bien qu’ils proviennent du haras de Monsieur Constantïne… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Voici qu’au bord du lac de Garde, on traque aujourd’hui les silures ;
    Venus du haras des sirènes, ils ont pris goût aux eaux du Sud.
    Constantïne monte la garde mais cherche encore ses créatures ;
    Les autorités souveraines ont mis cent mille écus dessus.

    Au haras, l’alarme est donnée : deux pensionnaires sont partis ;
    La serrure était bien fermée, Constantïne peut l’attester.
    Loïrelïndt fut, bien sûr, questionnée mais elle n’en a pourtant rien dit ;
    Son innocence est proclamée sans même avoir à protester.

    « Ce n’est qu’un voyage estival ; ils prennent leurs congés payés !
    À la fin de cette saison, ils reviendront tous d’Italie.
    Quand ils seront bien dépaysés, fatigués d’avoir trop nagé,
    Ils regagneront la maison pour retrouver leur paradis ! »

    Ils ont croqué quelques canards comme nouvelle gastronomie,
    Puis avalé des cormorans, des bars, des perches et des bernaches.
    Ils ont coursé des chiens bavards et gagné le trophée promis,
    Puis poursuivi des chats marrants pour entretenir leurs moustaches.

    Mais la Vénétie les menace, met leurs têtes à cent mille euros
    Et a subventionné la traque faisant armer tous les pêcheurs.
    « Cette récompense tenace pour exterminer nos héros
    Est un scandale qui détraque la Nature et ses démarcheurs ! »

    « Ne craignez rien ! » dit Éôlïäne : « ils rentreront tout simplement
    Lorsque l’eau leur paraîtra fade et qu’ils pleureront nos boîtes de thon.
    Selon la mémoire océane, ils remonteront lentement
    Les rivières sans rebuffade pour s’faire chatouiller le menton ! »

    Constantïne a fermé les portes puis recompté tous ses poissons ;
    Loïrelïndt, restée toujours muette, contemple au loin les eaux lombardes.
    Nul ne sait encore de quelle sorte ils sont partis sans permission
    Mais trois sirènes satisfaites font une patrouille d’avant-garde.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä, Texte de Laurelïne.

  • Confidences aquatiques

    « Les LLyrïädes disposent désormais d’un calendrier précis afin de nourrir Yggdrasil.

    Les sirènes, elles, ne disposent que des congés payés de leurs amants de passage.

    Nous avons donc décidé d’ouvrir une maison d’hôtes aquatique et d’en confier l’intendance à Monsieur Constantïne, qui se plaignait justement de sa solitude.

    Loïrelïndt n’a formulé aucune objection.

    Nous considérons son silence comme un consentement. »

    Princesse Éôlïäne, Gardienne des Eaux profondes

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    « C’est bien joli toutes ces prières mais pour nous, il n’y a pas d’amants ! »
    Constate Éôlïäne, rancunière comme un chapitre qu’on a sauté.
    « Ben… on a la classe ouvrière qui vient passer en ce moment
    Ses vacances d’été routinières ! » répond Azurïanne excitée.

    « C’est vrai mais c’est trop saisonnier ! Durant deux mois, ils nous complaisent
    Mais l’été est périclitant ; fini de courir la prétentaine ! »
    « Que faisiez-vous de vos prisonniers ? Je les baisais, ne vous déplaise ! »
    S’esclaffe Olivïäne imitant ce bon Monsieur de La Fontaine.

    « C’est ça, rigole ! » dit Éôlïäne ; « Mais aussitôt réglée la note
    Quand les congés seront finis, on verra si tu y renonces ! »
    « J’ai une idée ! » dit Olivïäne ; « pourquoi ne pas faire chambre d’hôtes ?
    Les chambres sont presque à l’infini ; il suffit de mettre une annonce ! »

    « Mais ça nous oblige à rester en permanence à leur service ! »
    Objecte Éôlïäne à l’étude d’une cuniculture d’hommes.
    « Monsieur Constantïne a pesté avant-hier contre le maléfice
    Qui le force à la solitude ; je le verrais bien majordome ! »

    « Moi, pour l’annonce… » dit Azurïanne, « je la rédigerais ainsi :
    Charmante maison d’hôtes aquatique. Venez passer vos séminaires !
    Venez suivant le fil d’Ariane, là même où Léonard de Vinci
    A peint la “Joconde helvétique” dans un cadre extraordinaire. »

    « Pour ces messieurs ayant besoin de distraction, évidemment,
    Nous saurons bien les satisfaire ! » conclut Éôlïäne, convaincue.
    « Comme ils seront sans leurs conjoints, ce sera concomitamment
    Assez élémentaire à faire ! » s’amuse Azurïanne sur le cul.

    « Moi, j’en ai le sperme à la bouche ! Qu’est-ce qu’on attend pour aller voir
    Et convaincre Monsieur Constantïne de participer au projet ? »
    « Ne t’en fais pas car, sur sa couche, il suffira de lui prévoir
    Une série de massages intimes auxquels il ne peut déroger ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences diplomatiques

    « La véritable sagesse ne réside pas dans l’armure de nos fonctions, mais dans l’éclat de nos abandons. Lorsque la citadelle referme ses portes sur le monde, l’ÏÄMOURÏÄ révèle son plus précieux mystère : l’harmonie absolue de deux âmes et de deux corps mis à nu. »

    Geminïä, ambassadrice du Féminin Sacré

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    « J’avais connu et pratiqué cela au cours de ma carrière
    Mais jamais personnellement ! » avoue Geminïä névralgique.
    « Ça m’a rappelé, sans critiquer, mais plusieurs années en arrière,
    Nos études occasionnellement ! » avoue Irénée nostalgique.

    « Toi ? Peut-être bien mais pas moi ! » dit-elle d’un air stupéfait ;
    « Ça passe quand c’est professionnel mais pas lorsque c’est personnel ! »
    « Mais ce n’est pas la première fois ; toi et moi l’avons déjà fait ! »
    Dit-il un peu plus rationnel ; « et c’était plutôt passionnel ! »

    « Nous étions jeunes ! » tranche-t-elle ; « et complètement délurés !
    Mais aujourd’hui j’ai une charge et je me dois d’en être digne ! »
    « Mais pas dans cette citadelle ! » répond-il pour la rassurer ;
    « Ici, tu es, à ta décharge, une LLyrïäde sans tes consignes ! »

    « C’est vrai que j’ai double casquette et que j’ai une autre fonction ;
    En tant qu’ambassadrice active au nom du Féminin Sacré ! »
    « Et si tu as deux étiquettes qui sont ensemble en disjonction,
    Tu dois mettre l’une inactive quand tu es, pour l’autre, consacrée ! »

    « Oui en effet et, après tout, cela n’est pas incompatible
    Car nous agissons pour la paix et le bien de la communauté ! »
    « Sans doute ! Mais c’est aussi surtout parce que tu es suprasensible
    Et que tu as participé de toute ta féminité ! »

    « Oui… je dois faire la part des choses et c’est vrai que ça m’a bien plu !
    Cette Yanimïä est excellente dans son rôle plénipotentiaire ! »
    « J’ai bien vu ta métamorphose quand nos orgasmes furent conclus !
    Tu étais alors déferlante de jouissances outrancières ! »

    « À ce propos, je reste sur ma faim ! Et quelque chose m’a fait défaut… »
    Dit Geminïä en saisissant la “chose” d’Irénée en question.
    « Viens ! » dit-elle en faisant le dauphin ; « Et pénètre-moi comme il faut ! »
    Et Irénée compatissant se met alors en position.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences cristallines et métalliques

    « STELLÏÄ affirme que tous les chemins conduisent quelque part, à condition d’en essayer suffisamment.

    Je continue de croire qu’il n’existe qu’un chemin qui nous attend.

    Nous avons rapproché les berceaux.
    Papa-maman se sont aussitôt rendormis l’un contre l’autre.
    Je ne sais toujours pas si c’est de l’empathie, de l’amour ou de la prédestination.
    Mais je n’ai plus envie de les séparer pour vérifier. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Papa-maman dans leur berceau ; deux petits bébés trop cocasses ! »
    Dit ÄLLÏÄ, leur donnant le bain, à sa sœur dans la nurserie
    « En plaçant les lits transversaux, ça leur fait un plus grand espace ! »
    Répond STELLÏÄ en plein turbin d’aménagement de literie.

    « Tu crois qu’il faut les mettre ensemble ? Ils sont encore si petits ! »
    Dit ÄLLÏÄ jouant avec eux laissant sa sœur à ses corvées.
    « Loreleï m’a dit que ça lui semble une bonne idée, vu l’empathie
    Qu’ils montrent car ils sont heureux, l’un contre l’autre, toujours lovés ! »

    « Oui mais on dirait qu’on les mène vers un mariage organisé ! »
    Fait ÄLLÏÄ, mi-figue, mi-raisin, à sa sœur devant la fenêtre.
    « Lïlïth m’a dit cette semaine que leurs âmes sont focalisées
    Et qu’il faudrait être zinzin pour ne pas les faire se connaître ! »

    « N’empêche ! Si on m’avait placée à côté d’ORPHÉÔN bébé,
    Notre coup de foudre choral n’aurait pas été si intense ! »
    « Il aurait été remplacé par d’autres qui seraient tombés
    Au bon moment collatéral ! » répond STELLÏÄ avec aisance.

    « Pour toi, tous les chemins sont bons ! Pour moi… il faut trouver le bon ! »
    Précise ÄLLÏÄ qui se souvient encore des caves d’ALLEGÔRÏÄ…
    « La vie, c’est une boîte de bonbons ! Tu ne sais pas s’ils sont tous bons…
    Et la seule méthode qui convient c’est de les manger en noria ! »

    « Alors tu aurais pu rencontrer un autre mari que Cristïäs ! »
    Réplique ÄLLÏÄ pour vérifier les hypothèses de sa sœur.
    « C’est différent ! Nous sommes entrées dans un “chronodrome” coriace
    Pour un destin spécifié par un drôle de hub propulseur… »

    « Mouais… en attendant, papa-maman ont vraiment l’air d’être amoureux
    Car sitôt que je les sépare, ils se mettent à crier ensemble ! »
    « Tu vois bien que c’est pertinent ! Moi, je les trouve savoureux !
    Et savoir que ça les prépare à une idylle qui les rassemble… ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences artistiques et fécondes

    « Pour une fois, je n’ai rien fait.

    Ledalïä et Geminïä ont mêlé leurs corps, leurs cœurs et leurs couleurs jusqu’à féconder Yggdrasil.

    J’ai seulement peint ce que j’ai vu et ajouté l’Insémination poétique à quatre mains au calendrier.

    Il fallait bien que quelqu’un tienne le pinceau. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Ce n’est pas la première fois qu’elles travaillent de concert
    Mais aujourd’hui elles innovent ; aujourd’hui est un nouveau jour.
    L’amour du corps – c’est là leur choix. Dans l’intimité nécessaire
    De l’atelier qu’elles rénovent, elles vont peindre par amour.

    Et Ledalïä fait tomber le voile de sa pudeur et s’offre nue
    À Geminïä qui fait de même pour l’insémination graphique.
    Elles s’embrassent, ce qui dévoile une lumière soutenue
    Entre leurs corps qui disent « je t’aime » pour l’art nouveau honorifique !

    Bien sûr, Yanimïä est présente mais juste en tant qu’observatrice
    Et réalise une aquarelle des illustratrices amoureuses
    Dont les couleurs électrisantes émeuvent la Fornicatrice
    Et deviendront surnaturelles sur la peinture langoureuse.

    D’ailleurs elles ont presque imposé un calendrier adapté
    À leurs créations artistiques, le corps, le cœur et l’âme nus.
    L’ordre du jour est proposé par une formule adoptée :
    « L’Insémination poétique à quatre mains » est au menu.

    Yggdrasil répond aussitôt et se recouvre de leurs couleurs ;
    Tout Ô ALLEGÔRÏÄ se teinte du lapis bleu, du rouge et or !
    On n’avait pas vu de sitôt pareil accouchement sans douleur
    De grâce immaculée empreinte de la beauté du météore !

    Les aréoles de leurs seins deviennent alors les quatre lunes
    Et leurs yeux des milliers d’étoiles au regard illuminateur.
    L’amour se répand à dessein guidant chacun vers sa chacune
    Et tout le monde se dévoile d’un même geste imitateur.

    Et c’est la peinture orgasmique ! Leurs deux corps nus alors s’étreignent ;
    L’art nouveau est un arc-en-ciel qui grave son incrustation.
    L’amour devient ectoplasmique, une substance qui s’imprègne
    De l’ÏÄMÔURÏÄ au potentiel décuplé par l’illustration.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences pudiques

    « J’ai cru devoir abandonner ma pudeur.
    Yanimïä m’a appris qu’elle ne dépendait ni de mes vêtements ni des fenêtres fermées.

    Alors je les ai ouvertes.
    Alinéor a compris le reste. »

    Ledalïä, Archiviste et Illustratrice

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    Ledalïä paraît consternée et se confie à Alinéor :
    « Je ne m’attendais pas du tout à pratiquer l’amour à trois !
    Cela a profondément gêné mes crédos, mes confiteor
    Et mon intimité ! » avoue-t-elle d’un air maladroit.

    « Être nue devant Yanimïä ! Un cunnilingus imposé !
    Et toi en train de la bourrer ! J’avais trop envie de pleurer.
    Et voir la prude Ledalïä impudiquement exposée !
    Mon orgueil ainsi labouré et toutes mes illusions leurrées ! »

    « Oui ! J’ai pleuré à chaudes larmes ! Oui ! Je me suis sentie humiliée !
    Mais Yanimïä m’a rassurée ; elle m’a parlé dans ma tête ;
    Elle m’a dit de baisser mes armes, le cœur et le corps ralliés
    Ainsi je réévaluerais le vrai sens de cette requête ! »

    « Alors j’ai écouté mon corps mais j’ai eu honte du plaisir ;
    Alors j’ai écouté mon cœur et me suis laissé attendrir ;
    Alors j’ai senti cet accord sis entre prière et désir
    Et je vous ai sentis en chœur et nos orgasmes retentir. »

    « Si ma pudeur demeure intacte, la nudité n’est plus taboue
    Et j’ai bien aimé rentrer nue même devant nos compagnons
    Dont l’attitude respectable était, de plus, je vous l’avoue,
    D’une courtoisie soutenue ainsi qu’un charme très mignon ! »

    « Pourtant je reste un peu jalouse de savoir Yanimïä baisée
    Par ton phallus qui m’appartient et que je ne peux partager.
    Et me faire lécher la pelouse ne m’a pas vraiment apaisée
    Et je pense que tu détiens le remède pour me soulager ! »

    Sans dire un mot, Ledalïä monte à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    Et enfin Ledalïä surmonte toute pudeur réactionnaire
    En faisant l’amour dans la chambre, fenêtres ouvertes au firmament.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences illustrées

    « Ledalïä et Geminïä avaient demandé un pique-nique en tout petit comité.

    Je me suis donc dissimulée derrière Yggdrasil afin de veiller discrètement au respect de leur intimité.

    Elles ont mêlé leurs rêves, uni leurs talents puis scellé d’un baiser leur pacte d’art nouveau.

    Pendant ce temps, Alinéor et Irénée contemplaient leurs épouses et un écureuil pillait le déjeuner. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Par une journée ensoleillée, Alinéor et Irénée
    Organisèrent un pique-nique mais en tout petit comité.
    Or Ledalïä émerveillée et Geminïä illuminée
    Profitèrent de l’instant unique pour parler en intimité.

    « Tes sublimes illustrations ornent la plupart de nos pages, »
    Dit Geminïä de but en blanc, d’une complice autorité.
    « Mais j’en ressens une frustration. Ne pourrais-je offrir mes images
    Et nous unir sans faux-semblant au nom de notre sororité ? »

    « Voilà longtemps que j’espérais que tu me proposes tes beaux rêves ! »
    Répond Ledalïä tout sourire en lui offrant ce geste humain :
    « Mêlons désormais nos portraits afin que chacune parachève,
    De ses pleurs comme de ses rires, le livre éclos à quatre mains ! »

    « Je suis comblée par ta promesse pour notre belle complicité,
    Atteignant la douce fusion au grand climax de la splendeur !
    Mon âme vibre d’allégresse, scellant notre fraternité,
    Partageant la même vision pour en révéler la grandeur ! »

    « Alors, peignons dès aujourd’hui nos souvenirs les plus intimes ! »
    Propose Ledalïä, ravie, en contemplant leurs deux époux.
    « Nous leur offrirons le produit de nos arts aussi légitime
    Que celui de leurs cœurs assouvis qui nous accélèrent le pouls. »

    « J’accepte donc avec ardeur cette invitation au partage,
    Mêlant mes teintes avec plaisir dans une si douce tendresse.
    Pour nos époux ambassadeurs, nous forgerons ce bel ouvrage
    Et le bouquet de nos désirs se dévoilera dans l’allégresse ! »

    En s’embrassant, les deux complices forment un pacte d’art nouveau ;
    Désormais leurs cœurs seront nus à l’écoute de nos épopées.
    Ainsi les deux illustratrices mettront leurs talents à niveau
    Pour une peinture obtenue des deux génies télescopés.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences médicales

    « Séorïäne et Hyänor se sont coupés dès leur premier jour aux cuisines.

    Pénélopïä a nettoyé leurs plaies avant d’être promue interne de Nérätïs et d’apprendre qu’elle était enceinte.

    Elle a enfin réussi à tutoyer son ancienne reine puis lui a spontanément avoué qu’elle l’aimait.

    Nérätïs a pris note de ce dernier symptôme. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences médicales

    « Bonjour votre altesse ! Aujourd’hui deux personnes attendent ! »
    Dit Pénélopïä désignant les deux Coréens tout patauds.
    « Pénélopïä je reproduis tous les jours la même demande :
    Tutoyons-nous car maintenant nous sommes dans le même bateau ! »

    « Si vous voulez… heu… si… TU… veux ! Les Coréens se sont coupés
    Avec les couteaux de cuisine. Je leur ai nettoyé les plaies.
    Mais pour leurs vaccins si… TU… peux vérifier et t’en occuper…
    J’ai fait les analyses d’urine et prise de sang, s’il… TE plaît. »

    « Le vaccin antitétanique ! Bien entendu Pénélopïä.
    Au fait, tu n’es plus “assistante” mais mon interne dès à présent !
    Depuis nos années de clinique, ton statut à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Passe du titre “méritante” à mon bras droit omniprésent ! »

    « Tu sais, Nérätïs, je peux dire que je suis heureuse d’être ici
    Et je te remercie d’avoir souhaité ma présence avec toi ! »
    Dit Pénélopïä sans prédire qu’un autre changement s’instancie
    Que Nérätïs semble devoir avoir deviné, l’air courtois.

    « Nous vivons l’expérience humaine la plus importante de ma vie
    Et tu es la seule en qui je place une confiance inébranlable.
    D’ailleurs depuis une semaine, tu es enceinte, mon amie !
    Nemo apparemment remplace ses troubles par une vie agréable… »

    « Tu sais que j’ai failli te dire que ce n’est pas professionnel
    Mais nous devons nous épauler et Nemo est très bien pour toi !
    Je te vois beaucoup plus sourire et ton diagnostic rationnel
    S’est beaucoup plus extrapolé depuis que tu vis sous son toit. »

    « C’est moi qui dois te remercier pour ta fidélité sereine,
    Pour l’amour que tu nous as mis au bloc et le cœur à l’ouvrage ! »
    « Je t’ai toujours appréciée ! » dit Pénélopïä à sa reine
    « Et maintenant qu’on est amies, je t’en aime bien davantage ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences culinaires

    «
    Alinéor a réuni Lïlïth, Ledalïä et Yavänor afin de leur exposer les difficultés croissantes de son service.

    Nos deux amis coréens se sont portés volontaires pour l’assister en attendant de découvrir leurs véritables spécialités.
    Lïlïth a tellement apprécié cette initiative qu’elle a décidé de l’étendre à toute la communauté après consultation de Nérätïs et Yanimïä.

    J’étais entrée dans la cuisine à la dérobée pour y chiper une pâtisserie ; j’en suis ressortie avec la perspective d’une nouvelle fiche de fonction. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences culinaires

    Lïlïth, Ledalïä, Yavänor et Alinéor se retrouvent
    À l’invite de ce dernier qui a demandé leur concours.
    « Merci ! Votre présence m’honore ! Il faut vous dire que j’éprouve,
    Dans mon service routinier, du mal à gérer mon encours.

    « Les bouches à nourrir sont nombreuses et ont tendance à augmenter ;
    Je ne m’en plains pas cependant car la communauté prospère !
    Ce n’est pas qu’elle soit onéreuse mais ma besogne est tourmentée
    Et j’ai besoin de répondant et que d’autres gens coopèrent. »

    « Alors j’ai pris l’initiative de demander autour de moi
    Et nos deux amis coréens ont choisi d’être bénévoles
    Puis ils auront l’alternative de mieux servir sous notre toit
    Et comme je suis épicurien, je leur confie mes casseroles ! »

    « Alors on va manger chinois ? » demande Yavänor prudemment !
    « Coréen ! Et la variété est excellente pour la santé ! »
    Dit Alinéor dont le minois impudemment
    Sourit à la contrariété semée pour avoir plaisanté.

    « D’abord ils apprendront à mes côtés et s’ils ont des spécialités
    À proposer je suis preneur d’autres conseils plus perspicaces.
    Au vu de la charibotée d’enfants qui veulent s’inviter
    Il nous faudra quinze harponneurs ou de la main-d’œuvre efficace ! »

    « Non seulement tu as raison mais ton initiative t’encense ! »
    Lui dit Lïlïth reconnaissante qu’il y ait plus de gens pragmatiques.
    « Et tu peux gérer ta maison sans qu’il y ait de réticence ;
    Ton idée est intéressante pour toutes les tâches pratiques ! »

    « Avec Yavänor, nous irons voir Nérätïs et Yanimïä
    Pour évaluer leurs exigences dans tous les secteurs désignés
    Et tous ses membres fourniront leur aide à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Car il faut faire diligence comme le dit notre cuisinier ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Aux premières heures d’alilïä

    « La prière de yalïth fut aussi intense que délicieuse.

    Elle m’a cependant laissée dans un état de frustration que mes filles, habituées à échanger leurs positions, savent transformer en excitation.

    J’ai donc réveillé Yavänor afin de vérifier si cet effet secondaire avait été prévu par Yanimïä.

    Il l’était manifestement. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Aux premières heures d’alilïä

    « Excuse-moi si je te réveille mais j’en avais vraiment envie ! »
    Avoue Lïlïth à Yavänor en train d’émerger de ses rêves.
    « J’étais au pays des merveilles… » dit-il, « et nous avions suivi
    L’invitation qui nous honore auprès d’Yggdrasil sur la grève… »

    « Oui ! Moi aussi ça me tourmente ! Si notre prière était forte
    Elle me laisse une frustration qui m’obsède ! » réplique Lïlïth.
    « Yanimïä est une bonne amante mais le problème en quelque sorte
    C’est cette étrange pénétration indirecte autant qu’insolite ! »

    « Exactement ! » rétorque-t-elle. « Et mes filles… que t’ont-elles dit ? »
    « Depuis longtemps nous pratiquons ensemble cette position
    Et leur satisfaction est telle que c’est pour elles le paradis ! »
    Dit-il le visage rubicond d’avouer leurs prédispositions.

    « J’avais oublié ces vicieuses et vos rites avant que j’arrive ! »
    Admet Lïlïth ; « Leur frustration est compensée par leur échange !
    Ainsi cette prière délicieuse qui met mon cœur à la dérive
    M’incite alors, par réaction, à cette envie qui me démange ! »

    « Tu n’as pas à te justifier car j’ai moi-même été frustré
    Pour la même raison que toi et je pensais à te le dire !
    Mais j’étais tant quantifié que ma vitalité prostrée
    M’a épuisé bien malgré moi ! » répond-il sans la contredire.

    Sans dire un mot, Lïlïth s’installe à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    L’amante redevient vestale ranimant le feu millénaire
    De son Yavänor dans la chambre de la passion des deux amants.

    « Je crois cet effet secondaire organisé par Yanimïä
    Comme un effet excitateur pour relancer la libido.
    Le couple reste plus solidaire. Si Ledalïä et Geminïä
    Subissent cet amplificateur, ça fera tomber le rideau ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences harmoniques

    « ORPHÉÔN et Valérion répétaient lorsqu’une simple vocalise s’est transformée en conversation privée.

    Valérion a respecté avec une remarquable prudence le pacte qui l’unit à Nérätïs.

    ORPHÉÔN, pour sa part, a décrit mes capacités vocales et certaines habitudes plus intimes avec une précision dont personne ne lui avait demandé de faire la démonstration.
    Je lui ai rappelé que la discrétion participe également à l’harmonie d’un couple.
    Il a promis de tenir sa langue.

    Pour un chanteur, l’effort mérite d’être salué. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences harmoniques

    « … Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » vocalise ORPHÉÔN, ravi ;
    « Sept octaves mais… c’est formidable ! » dit Valérion, presque incollable ;
    « ÄLLÏÄ en a huit crescendo mais sur les basses, elle dévie ;
    Elle manque de puissance applicable mais pour les aiguës, imbattable ! »

    « Quand on fait l’amour, c’est gênant… mais bon, les murs sont assez denses !
    Après, elle est bien plus loquace ! » dit ORPHÉÔN méditatif.
    « Elle est sujette – morigénant l’indiscrétion – aux confidences
    Si mon tact demeure efficace… mais ça reste approximatif ! »

    « Nérätïs ne parle jamais de ses moindres activités ;
    Notre pacte est de déposer nos vies à la porte d’entrée ! »
    Dit Valérion. « Et maintenant qu’elle est LLyrïäde plébiscitée,
    La discrétion est imposée pourtant je n’en suis pas outré. »

    « Elle est partout, elle voit tout, elle entend tout et note tout ! »
    Précise ORPHÉÔN étonné ; « on dirait qu’elle est archiviste !
    Mais pas moyen d’en voir un bout ; elle reste discrète et surtout
    Secrète autant que cantonnée à son devoir stakhanoviste ! »

    « Nous nous retrouvons pour passer nos meilleures heures ensemble
    Et Nérätïs sait animer nos soirées de belles prouesses.
    Aucun ne va outrepasser la relation qui nous rassemble
    Et cela nous a arrimés sans autre forme de promesses ! »

    « Mais si ce que tu dis est vrai, alors ton ÄLLÏÄ, maintenant,
    Doit savoir que tu parles d’elle ! » avertit Valérion, prudent.
    « C’est vrai et c’est ce qui m’effraie ! C’est comme un danger imminent ! »
    Polémique ORPHÉÔN, fidèle à son caractère imprudent.

    « Mais tant que tu tiendras ta langue, tu n’auras alors rien à craindre ! »
    Pique ÄLLÏÄ, sortie brusquement du coin qu’elle s’était ménagé.
    « La réserve dont je te harangue, c’est de devoir pouvoir t’astreindre
    À garder hermétiquement notre intimité partagée. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences électriques

    « Dissimulée derrière un aulne, j’ai assisté aux confidences de Cristïäs et Irénée-le-jeune.

    Irénée attribuait ses démangeaisons à des moustiques particulièrement discrets.

    Cristïäs attribuait les poissons flottant le ventre à l’air à la pluie de la veille.

    Les poissons n’ont contredit ni l’un ni l’autre.

    Je confirme néanmoins qu’aucun harpon n’a été utilisé. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences électriques

    « Pas de Hyänor ni de harpon ! Nous n’aurons pas à avoir honte
    Comme ce pauvre Captain Nemo ridiculisé avant-hier ! »
    Plaisante Irénée, l’air fripon, à Cristïäs tandis qu’ils remontent
    Vers le ponton sous les rameaux ombragés de l’aulnaie côtière.

    Cristïäs installe son appareil : une canne à pêche électrique
    Avec objectif de visée, sonar et électrodes en place.
    Irénée n’a pas son pareil pour ses études bathymétriques
    Sur la profondeur avisée parmi les bancs qui se déplacent.

    « Geminïä m’a un peu appris les transformations des novices
    Mais j’ai plutôt eu l’impression qu’elle voulait noyer le poisson ! »
    Dit Irénée, assez surpris de subir des micro-sévices
    Qui le mettent un peu sous pression… peut-être dus à l’hameçon…

    « STELLÏÄ est un peu plus bavarde mais elle n’est pas scientifique ;
    Faire la part du vrai et du faux s’avère assez aléatoire. »
    Répond Cristïäs, qui se hasarde à rendre un peu plus spécifique
    L’ampérage plus qu’il n’en faut afin d’remporter la victoire.

    « Geminïä est trop diplomate ; je crois qu’elle ne veut pas me dire
    Tout ce qui touche au grand secret de leur ordre assez mystérieux ! »
    Dit Irénée qui s’acclimate comme il peut mais voudrait maudire
    Ces moustiques pas très indiscrets et au prurit assez curieux…

    « STELLÏÄ m’a parlé de problèmes d’adaptation à notre groupe
    Mais qu’elles s’adaptent bon gré mal gré et que tout se remet à l’endroit ! »
    Répond Cristïäs en plein dilemme devant les vagues qui se regroupent
    En triangles dont les degrés forment ensemble des angles droits…

    « Je vais rentrer, je ne tiens plus ! Je fais sûrement une allergie !
    Tiens ? C’est normal tous ces poissons le ventre à l’air ! Ils sont tous morts ? »
    « Je crois qu’hier, il a bien plu ! » répond Cristïäs dont l’énergie
    De la batterie, sans façon, vient de les griller sans remords.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences familiales

    « Après les deux premières prières de l’échéancier, j’ai interrogé Laurelïne et Loreleï sur les aptitudes de leurs partenaires.

    Leurs explications furent précises, démonstratives et parfois comparatives.

    Je confirme que Yanimïä maîtrise parfaitement sa fonction de Grande Fornicatrice.

    J’attendrai néanmoins yalïth pour procéder moi-même aux vérifications nécessaires. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Confidences familiales

    « Alors mes filles ? Comment se passe cet échéancier de prières ? »
    Demande Lïlïth, très curieuse de l’apprendre de bonne source.
    « Est-ce que Yanimïä se dépasse ? J’ai aperçu les deux lumières
    D’Yggdrasil assez impérieuses ; vous avez eu de la ressource ! »

    « Pour moi c’est comme d’habitude : j’adore les cunnilingus
    Et Yanimïä les exécute avec un vrai doigté divin.
    Yavänor, lui, a l’attitude de quelqu’un qui baise Vénus
    Et l’énergie se répercute dans tout l’Arbre-Mère sylvain ! »

    Enfin Laurelïne de poursuivre : « Au début c’est presque pareil.
    Ensuite Yanimïä redouble d’énergie transmise en arrière
    Évidemment il va s’ensuivre des cris qui montent à mon oreille
    Jusqu’au triple orgasme du trouple qui me foudroie dans le derrière ! »

    « J’ai désiré être au milieu… » avoue Loreleï, embarrassée ;
    « Mais Yanimïä, catégorique en tant que Grande Fornicatrice,
    S’impose en maîtresse des lieux et m’a totalement harassée
    Mais sa langue fantasmagorique s’est montrée revendicatrice ! »

    « Laurelïne a beaucoup de doigté et une langue très habile
    Mais Yanimïä possède un membre presque viril et énergique.
    Elle sait bien comment l’emboîter dans mon organe qui jubile
    Jusqu’à l’extase qui me cambre vers l’orgasme en toute logique ! »

    « Merci pour la comparaison ! » repartie Laurelïne, offusquée ;
    « Sa langue est peut-être un peu forte mais la mienne a su t’arracher
    Des cris à perdre la raison qui ont su aller débusquer
    Le plus grand orgasme qui porte mon “doigté” perso tout craché ! »

    « Oh oui, je vois ! » conclut Lïlïth ; « Merci pour cette exactitude !
    J’ai presque envie d’aller prier avec vous trois, séance tenante,
    Pour en dépasser mes limites et contrôler mes aptitudes
    Mais ce serait inapproprié et j’attendrai l’heure sonnante ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences et commérages

    « Après l’invective d’Alinéor, les trois compagnons ont fini par rejoindre leurs épouses et nous avons examiné la situation entre femmes.

    Geminïä comprend Nérätïs,
    Ledalïä compatit avec Thétïs
    et nous partageons toutes l’inquiétude d’Amellïä.

    Quant à Ledalïä, elle estime que son mari est parfait.

    Sur ce dernier point, toute tentative de discussion paraît inutile. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences et commérages

    « Eh bien, dis donc, ça a bardé ! » rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    « Ils se sont montrés maladroits ! » dit Geminïä, plus invective ;
    « On aurait dit des attardés ! » critique vertement Ledalïä
    Après les avoir poussés droit vers leurs épouses respectives.

    « Cette nuit, je les ai entendues ! » confie ÄLLÏÄ à ses amies ;
    « En fait, elles sont déboussolées mais savent qu’il leur faut avancer ;
    Amellïä est un peu perdue, Nérätïs en plein tsunami
    Et Thétïs est si désolée de savoir qu’elle doit renoncer ! »

    « Je comprends très bien Nérätïs ! » dit Geminïä compatissante ;
    « Les transformations de leurs corps lui semblent trop extraordinaires
    Pour la science d’Atlantïs et voir sa maman ravissante
    Comme à trente ans – ou moins encore – relève de l’imaginaire ! »

    « Je compatis avec Thétïs ! » dit Ledalïä plus pragmatique ;
    « Elle dirige son royaume sur la planète qui l’a vue naître
    Et la voilà loin d’Atlantïs, plongée dans une problématique
    Maintenant qu’elle attend un môme qu’elle ne peut faire reconnaître… »

    « Et ces lourdauds de lève-tard qui ne voient même pas le travail
    Qu’elles accomplissent tous les matins quand ces messieurs vont à la pêche !
    Et aucun de ces trois vantards n’a éprouvé, vaille que vaille,
    Le moindre doute samaritain pour leurs épouses sur la brèche ! »

    « Mais concernant Alinéor, je tire mon chapeau à sa verve !
    Il n’est pas seulement un poète doublé d’un cuisinier hors pair
    Mais un censeur, un météore qui ne reste pas sur sa réserve ! »
    Dit Ledalïä d’une voix fluette, admirative envers l’expert.

    « Oui, Ledalïä, il est parfait, ton chouchou de mari adoré !
    Si nos trois garçons malhabiles pouvaient en prendre de la graine,
    Nous serions tous bien satisfaits de les voir plus collaborer !
    Mais en musique ils sont habiles et leur enthousiasme nous entraîne ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences royales autant que musicales

    « Alinéor s’énerve !

    Il faut dire qu’entendre les trois copains interpréter à la légère les troubles de leurs compagnes respectives, ça l’a complètement abasourdi.

    Ni une ni deux, il les a promptement renvoyés au chevet de leurs épouses et ne leur permettra jamais de revenir sans elles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences royales autant que musicales

    « Je n’sais ce qu’a fait Amellïä mais pas moyen d’la réveiller ! »
    Dit Altänor à ses amis autour d’un petit-déjeuner.
    « Cependant je sais par ÄLLÏÄ qu’elle aurait très longtemps veillé
    Et parlé en catimini avec deux autres acoquinées… »

    « Pareil pour moi avec Thétïs ! Elle dormait comme une marmotte
    Ce qui est inhabituel ! » glisse Astérias subtilement.
    « Alors qu’au palais d’Atlantïs, au petit jour elle s’escamote
    Pour ses passages rituels dans ses jardins en alignement ! »

    « J’en ai autant pour Nérätïs qui d’habitude est lève-tôt
    Et qui ronflait au petit jour ! » ajoute Valérion à son tour.
    « Amellïä, ma femme et Thétïs ont dû bavarder de facto
    La nuit durant qui se savoure avec du thé et des petits fours ! »

    « À part parler d’aviation, je ne vois pas ce qu’Amellïä
    A pu leur dire la nuit durant ou alors des trucs de nanas… »
    Dit Altänor sans la version de ce qu’aurait pu dire ÄLLÏÄ
    S’il avait été au courant des infos qu’elle lui glana.

    « Sans doute de trucs médicaux pour donner suite aux changements
    Qui les ont rendues un peu folles ces derniers jours, à mon avis… »
    Souligne Valérion illico pour qui les précédents évènements
    Ne sont ni ce dont il raffole, ni les grands moments de sa vie.

    « Sans doute au sujet d’Atlantïs qui est une planète remarquable !
    Amellïä est une femme aventureuse ; elle a voulu en savoir plus
    Et Thétïs ainsi que Nérätïs sont les guides les plus incollables
    Pour une personne un peu curieuse ! » Suppose Astérias mais sans plus…

    « Non mais je rêve, les copains ! » Dit Alinéor stupéfait.
    « Vos nanas ont de vrais problèmes dont elles parlent déjà entre elles
    Et vous venez rompre le pain car, à part ça, tout est parfait !
    Courez résoudre leur dilemme et ne revenez pas sans elles ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre novices

    « Cette nuit, Amellïä, Nérätïs et Thétïs se sont retrouvées dans la cuisine autour d’une chandelle.

    Elles ont comparé les vies qu’elles avaient perdues, les rôles qu’elles avaient abandonnés et les miracles auxquels aucune d’elles ne parvient encore à croire.

    Toutes trois se disent égarées.
    Pourtant, aucune ne semble désirer retrouver le chemin du retour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre novices

    « Moi qui suis venue en avion, dès lors je plane et l’apprécie ! »
    Dit Amellïä dans la cuisine, frappée cette nuit d’insomnie.
    « Et cependant nous ne savions pas à quoi nous attendre ici ! »
    Dit Nérätïs à sa voisine, elle-même en pleine hégémonie.

    « Je venais juste te chercher et te ramener au palais… »
    Avoue Thétïs en soupirant ; « J’ai toujours du mal à comprendre ! »
    « Nous devions être trop haut perchées dans la vie qui nous emballait ! »
    Dit Amellïä en espérant trouver quelque chose à apprendre.

    « Médicalement, c’est impossible de rajeunir comme tu le fais ! »
    Précise Nérätïs sûre d’elle ; « Et quant à la télépathie…
    Or vieillir est irréversible et là, je déclare forfait ! »
    Dit-elle en soufflant la chandelle comme pour chasser son apathie.

    « Et de surcroît, je suis enceinte ! Moi, pourtant bien ménopausée,
    Je dois diriger un royaume et vivre ici pour ma grossesse
    Parmi ces femmes soi-disant saintes et qui m’ont métamorphosée
    Pour rajeunir comme mon homme ! » dit Thétïs en pleine détresse.

    « Moi, je reviens d’entre les morts pour avoir péché par orgueil !
    Si jamais j’avais écouté ceux qui me conseillaient d’arrêter,
    J’aurais achevé mon record sans terminer dans un cercueil…
    Jamais je ne me serais doutée… » dit Amellïä très affectée.

    « Moi, j’ai pu échapper au faste d’une existence de princesse ;
    Ici, je ne suis que médecin et l’égale de mes équipières
    Dont la science est la plus vaste de l’univers que je connaisse ! »
    Dit-elle en se massant les seins un peu plus douloureux qu’hier.

    « Nous sommes toutes trois des égarées sans espoir de nous retourner
    Vers le passé qui n’est qu’un rêve parmi d’autres rêves perdus…
    Et complètement séparées, nos anciens rôles ajournés,
    Pourtant heureuses de cette trêve dans ce nouveau monde éperdu. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences compétitives de Loreleï

    « Laurelïne dort encore à poings fermés et Yavänor prétend que l’atmosphère était sereine sous Yggdrasil.
    Je veux bien le croire.

    Mais puisqu’il affirme que nous sommes à égalité, je compte vérifier personnellement ses méthodes de calcul avant yaleï.

    Une sirène jalouse ne réclame aucune médiation.
    Elle sonne le hourvari. »

    Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde

    Confidences compétitives de Loreleï

    « Alors ce soir, c’était comment ? » demande Loreleï excitée ;
    « Quand Laurelïne dort à poings fermés, c’est signe de prodigalité ! »
    « Oui mais c’est une jeune maman… » dit Yavänor en vérité
    Incapable de lui affirmer qu’elles restent à égalité.

    « À d’autres, mon petit mari ! » dit Loreleï insidieusement
    Plus séductrice que jamais et même plus provocatrice.
    « Yanimïä, d’un bon gabarit, t’a formé prodigieusement
    À un niveau qui désormais est digne d’une fornicatrice ! »

    « Ça valait la médaille d’or et elle s’est montrée vraiment digne
    Conforme à ce que tu exiges de moi pour ton plus grand plaisir ! »
    « De la compétition ? J’adore ! Et puisque telle est la consigne,
    Maintenant c’est moi qui dirige ce soir tes ultimes désirs ! »

    « Ne sois pas jalouse, mon amour ! » tente Yavänor, modérateur ;
    « Sous Yggdrasil, c’est différent et l’ambiance était plus sereine… »
    « Je suis sensible à ton humour mais pas à ton ton médiateur !
    Tu me connais ! C’est inhérent à ma nature de sirène ! »

    « La position du “levronier” ressemble beaucoup à nos rites
    Lorsque nous sommes dans notre lit à trouver la bonne position… »
    « Vraiment ? Vous vous abandonniez à effeuiller la marguerite
    Jusqu’à tomber “à la folie” au top de la fornication ? »

    « Oui mais yaleï, tu connaîtras également la même extase,
    Les mêmes transes, les mêmes émois au nom de l’illumination ! »
    « Jamais plus tu ne commettras, au risque de subir l’épectase,
    Toute comparaison avec moi à l’aune de ma domination ! »

    « Tais-toi maintenant ! Il est temps que Loreleï se venge à présent
    Et qu’elle réclame à son mari l’octroi d’amour qui lui est dû !
    Sache que ta favorite attend de toi le membre le plus introduisant
    Pour dépasser le hourvari qu’Yanimïä t’aurait répandu ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Activités du soir, bonsoir !

    « Deux convives manquaient à l’appel lorsque Yggdrasil a illuminé le pays.

    Laurelïne et Yavänor sont revenus peu après, affamés et manifestement rajeunis.

    Yanimïä parle d’un phénomène météorologique.
    Personne ne la croit. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Activités du soir, bonsoir !

    « Bravo ! » s’exclame Alinéor ; « Ce soir, friture de perchettes !
    Demain je ferai tes brochets au four ou bien en court-bouillon !
    Mais fais bien attention Hyänor, la pêche au harpon est sujette
    À une amende et entachée d’un délit pénal, c’est couillon ! »

    « L’emplacement est très discret et les sirènes font le guet ! »
    Rassure Hyänor tout sourire car il connaissait le problème.
    « Alors si ça reste un secret et si les filles restent aux aguets,
    Ça change tout, cela va sans dire ! Pas vu, pas pris, pas de dilemme ! »

    Pas besoin de sonner la cloche, le fumet du soir les appelle
    Et c’est à l’odeur alléchés que les hôtes se lèchent les babines.
    Il n’y a qu’une seule chose qui cloche : deux personnes manquent à l’appel !
    « Où sont donc partis se cacher Yavänor ainsi que Laurelïne ? »

    Sous Yggdrasil dans la chapelle, Yanimïä accueille les pionniers
    Qui vont inaugurer les rites où tous les trouples se concentrent.
    Là, l’officiante leur rappelle la position du “levronier” ;
    Position qui a le mérite de placer Yanimïä au centre.

    Yavänor et Laurelïne entonnent les chants qui doivent être émis
    Tandis que Yanimïä reçoit la bénédiction prodiguée
    Par l’homme qui se pelotonne et par la femme qui gémit
    Ainsi l’arbre-mère perçoit la force dont il est irrigué.

    Un éclair déchire le ciel visible dans tout le pays ;
    « Eh oui ! Le temps est à l’orage ; on dira “c’est un météore !” »
    Dit Yanimïä ; « C’est officiel, Yggdrasil est tout ébahi
    Et pour nous donner du courage, retournons voir Alinéor ! »

    « L’éclair était impressionnant ! » dit Alinéor, préservant
    Leurs parts de friture au poisson qui a enchanté les convives.
    « Record à battre ! » dit rayonnant Yavänor, chevalier servant
    De celle qui lui tend une boisson d’un pétillant qui le ravive.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les pêcheurs déracinés

    « Deux techniques de pêche se sont affrontées.
    Hyänor a rapporté une douzaine de poissons et Captain Nemo aucun.

    Mais à les entendre, Nemo pêchait surtout des renseignements sur leurs épouses tandis que Hyänor était plus concentré. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    « Drôle d’idée d’pêcher au harpon ! » dit Captain Nemo, intrigué ;
    « Ne préfères-tu pas une bonne ligne, une canne et un hameçon ? »
    « En Corée tout comme au Japon, nos ancêtres nous ont prodigué
    Qu’un bon pêcheur doit s’montrer digne et humble devant le poisson ! »

    « Comme tu voudras ! Moi, je m’assieds, les pieds nus, au bout du ponton ! »
    « Et moi, j’irai sur le rivage ! » indique Hyänor de la main.
    Tandis que l’un tout émacié avance brandissant son bâton,
    L’autre oublie un temps les ravages d’une mémoire perdue en chemin.

    « Nos femmes ont l’air de s’apprécier ! Elles paraissent inséparables ! »
    Dit le géant noir à sa ligne en fixant un ver au crochet.
    « Les femmes savent s’associer pour joindre l’utile à l’agréable ! »
    Répond Hyänor d’un ton très digne en harponnant un beau brochet.

    « Je me demande ce qu’elles se disent… leurs propos n’ont pas de limite ! »
    Continue le pêcheur bredouille mais en relançant son bouchon.
    « Deux femmes qui parlent ensemble brisent le couvercle d’une marmite ! »
    Répond celui qui se débrouille mieux que son ami ronchon.

    « Elles ont dansé je n’sais combien de fois ensemble à pleine bourre ! »
    Dit Nemo toujours maladroit mais toujours patient malgré tout.
    « Même si la femme danse très bien, elle ne peut danser sans tambour ! »
    Répond Hyänor d’un coup adroit qui fauche deux poissons d’un coup.

    « Pénélopïä ne me dit rien… ta femme t’aurait dit quelque chose ? »
    « La nuit, on dirait qu’elle divague… » avoue Nemo, un peu revêche.
    « Non… Séorïäne ne me dit rien… elle doit réfléchir, je suppose… »
    Tranche le harpon sur la vague, rapportant son trésor de pêche.

    « Je n’ai rien pris ! À mon avis, l’exposition n’est pas très saine ! »
    Conclut Nemo amèrement, rangeant ses lignes d’un air balourd.
    « Alinéor sera ravi ! J’en ai pris une bonne douzaine ! »
    S’exclame Hyänor fièrement en montrant son panier bien lourd.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre deux Ariane

    «Cette nuit, deux futures Ariane ont déroulé leurs fils dans la cuisine autour d’une théière.

    Elles ont parlé de leurs maris sans attaches, de leurs différences et des chemins qu’elles pourraient encore emprunter.

    Je n’ai évidemment rien entendu.

    Mais Yggdrasil affirme que le Cercle des dix ferait bien de ne pas s’habituer trop vite à son chiffre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre deux Ariane

    Pénélopïä et Séorïäne échangent leurs premières émotions ;
    Elles ne sont pas encore Llyrïädes sans se sentir prêtes à s’ouvrir.
    Elles sont un peu comme deux Ariane dans un labyrinthe de sensations
    Où chaque couloir ouvre des myriades de nouveautés à découvrir.

    « Je sais l’occident différent mais ici, ça dépasse tout
    Ce que j’aurais imaginé ! » dit Séorïäne sans jérémiades.
    « Pour moi, c’est plus interférent car je reconnais d’autres atouts
    Avec les miens enracinés avec Thestïäs et les Llyrïädes ! »

    Si Nérätïs et Valérion ont réuni leurs destinées
    Ainsi que Cristïäs et STELLÏÄ au sein de la communauté,
    Ils nous montrent que nous devrions accepter d’être les dulcinées
    Qui, parmi tous les aléas, sauront nos hommes chapeauter. »

    « Lorsque j’ai vu Captain Nemo pour la toute première fois,
    J’ai ressenti une attraction malgré l’énorme différence.
    Mais nous avons trouvé les mots et j’ai vu où était ma voie :
    Lui montrer la bonne direction ! » conclut Pénélopïä en transes.

    « Pour moi, c’est un peu similaire ! » avoue Séorïäne à son tour ;
    « Chez nous, Hyänor a constamment ce besoin que je l’encourage
    Quand nos parents nous infligèrent un refus, c’est moi, en retour,
    Qui ai décidé prestement de fuir leur odieux entourage ! »

    « Nos points communs sont nos atouts ! » confirme alors Pénélopïä
    « Et nous pouvons nous épauler comme cette nuit où nous avions
    Une exigence, par-dessus-tout, de chercher dans Ô ALLEGÔRÏÄ
    Une amie à qui dévoiler les soucis que nous soulevions ! »

    « Je suis moi aussi rassurée de t’avoir rencontrée ici ! »
    Dit Séorïäne reconnaissante envers son amie de fortune.
    « Et je pourrai te susurrer, puisque ton cœur bénéficie
    D’une écoute très compatissante, mes propres questions opportunes. »

    Illustration de Ledalïä.

  • La fête des dix flammes

    « Pour célébrer l’entrée de Thétïs dans le Cercle, les dix LLyrïädes ont allumé chacune une flamme au pied d’Yggdrasil.

    Lorsque leurs lumières se sont rejointes dans ses branches, l’Arbre-Mère a illuminé le lac au point que les riverains nous demanderont certainement quelques explications.

    La cérémonie s’est prolongée par un banquet atlante, notre récital avec ORPHÉÔN et les danses des sirènes avant de s’achever par la première prière collective de yangmïä.

    Yanimïä affirme s’être parfaitement reposée en surveillant les opérations. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La fête des dix flammes

    À nouveau comme tous les dimanches, les hôtes tardent à se lever ;
    Comme toujours à l’accoutumée, Alinéor est le premier.
    Puis, un par un, on se déhanche, on s’étire, on est lessivé
    Et le matin est consumé dans un marasme coutumier.

    Alors les hommes vont à l’ouvrage : tandis que les uns dressent les tables,
    Les autres élèvent une scène devant un parterre de gazon.
    Dans les cuisines, on s’encourage à faire un banquet respectable ;
    Quant aux musiciens, ils enchaînent leurs partitions au diapason.

    Les LLyrïädes sont maîtresses d’œuvre : on prépare la cérémonie ;
    On baptise les catéchumènes sous l’égide de Yanimïä.
    Ensuite, changement de manœuvre dans une parfaite harmonie,
    On fête la fin de semaine en ce tout premier yangmïä.

    Dans la lumière vespérale, tous les couples sont conviés
    À la prière collective dans le sanctuaire béni.
    Dans la nudité générale, les rituels sont sanctifiés
    Lors des étreintes affectives en douze copulations unies.

    Alors Yggdrasil resplendit dans une lumière aveuglante
    Dont les riverains stupéfaits auront à noyer le poisson.
    On regagne la place arrondie où les spécialités atlantes
    Sont proposées sur un buffet à volonté avec boissons.

    Et vient le moment du spectacle avec la crème des musiciens :
    ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN, choristes, et puis les sirènes danseuses.
    Le public atteint le pinacle, séduit par le charme helvétien
    De la troupe d’artistes folkloristes et leur euphonie ambianceuse.

    Quand le grand cercle des dix flammes se termine au petit matin,
    Les LLyrïädes regagnent leurs lits pour s’y endormir aussitôt.
    Laurelïne, qui a du vague à l’âme, s’enfonce dans les draps de satin,
    Réveille Yavänor aveuli après les rituels sommitaux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le calendrier Allégorien

    « Considérant que douze trouples ne sauraient accomplir leur prière au cours d’une semaine de sept jours, j’institue un calendrier rituel de quatorze jours que nous appellerons semïänes.

    Chaque trouple disposera de sa nuit pour nourrir Yggdrasil.

    Les dimanches yinmïä et yangmïä seront consacrés à la fornication collective durant laquelle, conformément à ma charge, je me reposerai en surveillant les opérations. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

    Le calendrier Allégorien

    Yanimïä
    À Ô ALLEGÔRÏÄ, les semaines durent désormais quatorze jours ;
    Consacrés aux prières humaines, les cérémonies de l’amour.
    Six jours pour les six premiers trouples ; un jour dédié à Yanimïä ;
    Six jours pour les six derniers trouples ; un jour dédié à Yanimïä.

    Lundi devient yalïn, jour de prière pour Yavänor & Laurelïne ;
    Mardi devient yaleï, jour de prière pour Yavänor & Loreleï ;
    Mercredi devient yalïth, jour de prière pour Yavänor & Lïlïth ;
    Jeudi devient alilïä, jour de prière pour Alinéor & Ledalïä ;
    Vendredi devient irenïä, jour de prière pour Irénée-le-jeune & Geminïä ;
    Samedi devient ôrphlïä, jour de prière pour ORPHÉÔN & ÄLLÏÄ ;
    Dimanche devient yinmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.

    Lundi devient cristlïä, jour de prière pour Cristïäs & STELLÏÄ ;
    Mardi devient valtïs, jour de prière pour Valérion & Nérätïs ;
    Mercredi devient asttïs, jour de prière pour Astérias & Thétïs ;
    Jeudi devient altlïä, jour de prière pour Altänor & Amellïä ;
    Vendredi devient nempïä, jour de prière pour Captain Nemo & Pénélopïä ;
    Samedi devient hyärïäne, jour de prière pour Séorïäne & Hyänor ;
    Dimanche devient yangmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.

    Laurelïne
    Deux semïänes forment une Lune où chacun des trouples vient fleurir ;
    Chaque prière devient la fortune que notre Arbre vient recueillir.
    Le calendrier nomme les jours sans en scinder notre unité ;
    Car demeure encore notre amour au-delà des solennités.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les premières heures de yangmïä

    « Aux premières heures de yangmïä, tandis qu’Ô ALLEGÔRÏÄ dormait encore, Yavänor et moi sommes restés tendrement enlacés sous les draps.

    Nous devions attendre yalïn pour inaugurer notre première prière avec Yanimïä…
    Mais les pionniers ont toujours quelques heures d’avance sur les cérémonies. »

    Laurelïne, Première Reine-Mère Souveraïne dite ”la pionnière”

    Les premières heures de yangmïä

    Aux premières heures, le monde dort, excepté nous deux dans la nuit,
    Ta tête posée sur mon buste, nos quatre mains entrelacées ;
    Des couples sous la Lune d’or entreprennent leurs bains de minuit ;
    Toi, couchée sur mon corps robuste et moi, sous le tien, enlacés.

    Je te caresse les cheveux et je murmure à ton oreille :
    « Demain nous inaugurerons la première prière de yalïn ;
    Pionnière, c’est bien ce que tu veux et tu le seras sans pareille,
    Toi qui agites ton électron de feu aux teintes hyalines ! »

    « Premier amour au premier jour, ton feu m’a presque brûlé les yeux !
    Heureusement celui du cœur a su comment te reconnaître
    En t’accordant dans ce séjour, ton tout premier rôle ambitieux :
    Soit de faire de moi ton vainqueur et de toi un amour à naître ! »

    « Nous sommes les pièces inséparables du puzzle des amours humaines ;
    Mon évagination convexe dans l’invagination concave.
    Tu as commis l’inénarrable douceur de joindre à notre hymen
    Ta sœur dotée d’une eau connexe et ta mère qui fait son enclave. »

    « Mais je reviens toujours à toi ; même si ta sœur est favorite,
    Même si ta mère est mon Œdipe, tu restes l’interaction forte.
    Si yaleï tu prends l’air pantois et yalïth quand j’honore Lïlïth,
    C’est que nous aimons en équipe, un tétraèdre en quelque sorte. »

    « Oui, je la sens ! » me réponds-tu. « La force invisible qui court
    Sur ta peau, attire mes lèvres et me ramène vers ton cœur !
    Et sur ton organe pointu, j’en sens les petits élans courts
    Qui battent d’amour avec fièvre jusqu’à mon sanctuaire en chœur ! »

    « Et quand nos sexes chantent en chorale la jouissance de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Ta force me serre si fort que je deviens ton prisonnier.
    Et toi ma geôlière vaginale, fondatrice d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Qui me récompense des efforts en m’offrant ton amour pionnier ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le grand cercle des dix flammes

    « Nouvel ordre du jour exceptionnel :

    Présentation de la nouvelle impétrante au titre de LLyrïäde.

    Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs et neuvième LLyrïäde, présentera sa mère devant le Cercle afin qu’elle soit reconnue dixième LLyrïäde.

    Son adoubement renforcera l’union de la Terre et d’Atlantïs au sein d’une même sororité. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Dans le sanctuaire béni où les LLyrïädes se rassemblent,
    Dès ce soir sera consacrée notre dernière adepte en date
    Car sa transformation l’unit à toutes les autres, ensemble,
    Auprès du Féminin Sacré qui la reçoit pour candidate.

    Thétïs, présente dans le chœur, est parrainée par Nérätïs ;
    Puis Laurelïne, Loreleï et Lïlïth l’adoubent devant l’assemblée :
    « Bénie sois-tu, toi dont le cœur, relié depuis Atlantïs,
    A décidé de joindre l’élite qui t’accueille dès ce soir, d’emblée ! »

    Lïlïth pare du médaillon la dixième LLyrïäde lauréate
    Qui prononce son vœu d’union à la sainte sororité
    Dont elle devient dernier maillon par l’investiture adéquate
    Et fait alors sa communion soumise à son autorité.

    Le médaillon dans sa rondeur est un sceau ceint des dix blasons ;
    Les neuf éléments précédents et puis la Perle couronnée.
    La perle née des profondeurs qui est l’enfant en pâmoison
    Et la couronne correspondant à Atlantïs écussonnée.

    Thétïs choisit de prononcer son témoignage personnel
    Où elle avoue sa réticence et, plus tard, son acceptation.
    Elle dit qu’elle va renoncer à son retour prévisionnel
    Pour vivre la réjouissance qu’a donné sa transformation.

    Les dix LLyrïädes se rassemblent autour d’Yggdrasil, l’arbre-mère,
    Elles-mêmes Reines-Souveräïnes puisqu’elles ont porté un enfant
    Car la dernière Lauréate semble être encore une future mère
    Dont la grossesse sûre et sereine produira son fruit triomphant.

    Les dix se prennent par la main ; Yanimïä chante l’hymne ascendant :
    « Je vous ai ouvert le passage, par vous le cercle est refermé ! »
    Thétïs, tu recevras demain le lien d’Yggdrasil descendant
    Au médaillon sous ton corsage où brillera le sceau confirmé.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • La transformation inattendue de Thétïs

    « Thétïs avait demandé à rester parmi nous tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.

    Ôphélïä lui a rendu ses trente ans ; Astérias s’est empressé de vérifier si son épouse se souvenait encore de leur nuit de noces et Nérätïs vient de découvrir que sa mère ovule, qu’elle est enceinte et qu’elle se transforme en LLyrïäde.

    La reine d’Atlantïs souhaitait pourtant rentrer rapidement chez elle.
    Et il semble qu’un treizième enfant nous soit promis ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La transformation inattendue de Thétïs

    « Eh bien Maman, tu es enceinte ! » annonce Nérätïs fièrement.
    « Chérie ! Je suis ménopausée ! » réplique Thétïs dignement.
    « À quand remontent vos étreintes avec papa… ou un amant ? »
    « Hier soir et je suis opposée à ce que tu doutes de ta maman ! »

    « Maman, tout cela nous dépasse et je me dois d’en référer
    À nos trois LLyrïädes fondatrices : Lïlïth, Loreleï et puis Laurelïne.
    Suis-moi ! Nous sommes dans une impasse et devons en délibérer
    Avec la Grande Fornicatrice pour cet excès de syncytine ! »

    « Ainsi ma très chère Thétïs, vous ne faites pas que rajeunir
    Mais, de surcroît, vous ovulez ! » s’exclame Lïlïth interdite.
    « Je suis la reine d’Atlantïs et j’étais censée revenir
    Rapidement et vous voulez me faire croire ce que vous dites ? »

    « Je ne cherche pas à vous leurrer mais à comprendre votre état !
    Permettez-moi de vous sonder le corps, le cœur ainsi que l’âme ! »
    « Faites ! » répond Thétïs apeurée par la présence d’un placenta
    Qui lui apporte des ondées de chaleur et nausées infâmes.

    « Laurelïne, Loreleï, faites une chaîne avec nos huit mains reliées
    Et amplifiez le signal que Thétïs devrait nous émettre ! »
    Et tandis que Lïlïth enchaîne toutes les synergies ralliées,
    Elle a un sourire, au final, qu’elle doit aussitôt retransmettre.

    « Tout va très bien chère Thétïs mais nous devrons nous tutoyer ! »
    « Nous tutoyer ? » répond celle-ci ; « Mais… quelle est donc cette bravade ? »
    « Tu vas t’éloigner d’Atlantïs juste le temps de déployer
    Ta personne qui nous remercie en devenant une LLyrïäde ! »

    « Nérätïs est passée par là et va t’expliquer tous les troubles
    Que tu risques de traverser sous l’égide d’Ô ALLEGÔRÏÄ.
    Si hier ta jeunesse s’installa, aujourd’hui ton âme se dédouble
    Pour accomplir la traversée hors de ton corps vers l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La ronde des trouples

    « À la demande de Yanimïä, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ont accepté de témoigner sur la ronde des trouples.

    Leurs souvenirs nous ramènent aux premiers rituels érotiques de l’ÏÄMÔURÏÄ, lorsque Yavänor priait encore seul avec le feu et l’eau avant que la terre ne les rejoigne.

    Ce qui n’était alors qu’un tétraèdre amoureux rassemble aujourd’hui vingt officiants au sein de onze trouples dont les flux nourrissent chaque nuit Yggdrasil.

    Le levain a merveilleusement bien travaillé ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La ronde des trouples

    On comprend désormais le rôle de la Grande Fornicatrice
    Car gérer onze trouples ensemble relève d’un doigté divin !
    Mais laissons plutôt la parole à nos LLyrïädes fondatrices
    Dont la communauté ressemble à ce que produit le levain.

    Laurelïne
    « La ronde des trouples me rappelle lorsque nos rituels commencent ;
    Où Yavänor, Loreleï et moi inventons nos premières prières
    Si torrides qu’elles interpellent Lïlïth qui vient et qui s’avance
    Pour joindre son souffle aux émois dont elle complète nos lumières.

    Aujourd’hui, chacun de nos trouples ranime cette ardeur première
    Afin de nourrir Yggdrasil d’une ferveur particulière.
    Nous étions quatre à découvrir l’ÏÄMÔURÏÄ et ses prières ;
    Nous sommes vingt à prolonger cette flamboyante lumière. »

    Loreleï
    « J’ai perçu le feu de Laurelïne embraser nos premiers élans ;
    Couler celui de Yavänor en moi comme une source souveraine.
    Lïlïth sentit l’adrénaline de nos corps comme un océan
    Et vint mêler au bout d’un mois nos vies à sa chair souterraine.

    Si dans la ronde, chaque trouple est une vague qui revient,
    Elle dépose aux pieds d’Yggdrasil l’écume singulière douce-amère.
    Yanimïä guide les flux en double par le plaisir qui lui convient ;
    Onze marées d’un même asile ravitaillent ainsi l’Arbre-Mère. »

    Lïlïth
    « Je vous observais en secret lorsque vous vous êtes accouplés ;
    Votre eau-de-feu s’est raffinée et a ruisselé de lumière.
    J’ai senti ma terre sacrée trembler sous l’appel décuplé
    Et suis venue enraciner toutes vos étreintes premières.

    La ronde des trouples corrobore aujourd’hui notre création ;
    Chaque coït plante un désir dans la chair même de notre histoire.
    Yggdrasil puise dans nos corps la sève de l’illumination
    Et j’y reconnais le plaisir d’un polyamour méritoire. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les trois forces rituelles

    « Depuis ce jour, Yanimïä a constitué onze trouples à partir des huit couples formés et le tétraèdre Laurelïne-Loreleï-Lïlïth-Yavänor.

    La nuit, on observe ce que nous appelons “la ronde des trouples” car chaque nuit, l’un après l’autre, les trouples prient pour Yggdrasil.

    ORPHÉÔN et moi avons organisé une chorale pour chanter nos cantiques érotiques. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les trois forces rituelles

    Et chaque nuit, à tour de rôle, Yanimïä convoque les couples
    Et leur explique la procédure qui va nourrir l’ÏÄMÔURÏÄ.
    Chacun se soumet au contrôle dont elle compose les trouples
    Et les trois forment la soudure qui bénit Ô ALLEGÔRÏÄ !

    Nommée Grande Fornicatrice, Yanimïä vante sans relâche
    L’honneur du Féminin Sacré qui illumine tout Yggdrasil.
    Avec les neuf adoratrices, les neuf LLyrïädes à la tâche,
    Tous les hommes sont consacrés à œuvrer pour leur saint asile.

    Or depuis longtemps les LLyrïädes maîtrisent pleinement leurs ovaires
    Et ne déclenchent l’ovulation que par leur seule volonté.
    Ceci évite les myriades de beaux bébés surnuméraires
    Qui mettraient la population face à de grosses difficultés.

    La Coréenne Séorïäne puis Thétïs et Pénélopïä
    Ont été assez délicates à convaincre pour le rituel.
    Mais en usant d’un fil d’Ariane que seule connaît Yanimïä
    Elles ont été candidates et leurs maris fort cultuels.

    Avec ses onze trouples possibles, Yanimïä est fort occupée
    Mais elle se nourrit d’énergie, ce qui lui permet de tenir.
    Personne ne reste impassible et tous souhaiteraient usurper
    Le tour des autres en synergie que l’on ne saurait retenir.

    Tous forment une chaîne de prières et parfois avec des cantiques
    Car le trouple ORPHÉÔN-ÄLLÏÄ et Yanimïä fornique en chœur.
    Et les sirènes templières ces nuits-là joignent d’authentiques
    Chants homériens a cappella qui réjouissent tous les cœurs.

    Les transformations se succèdent, les femmes sont de plus en plus belles
    Les hommes de plus en plus habiles à honorer leurs épousées.
    D’ailleurs un changement excède Thétïs, notre ancienne rebelle,
    En train de redevenir nubile alors qu’elle est ménopausée.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les trois forces mémorielles

    « Comme l’œuf de Christophe Colomb, il suffisait d’y penser !

    Yanimïä vient cette nuit de comprendre le mécanisme de l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ.

    Elle vient, entre les lignes, de s’instituer Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ et célébrera désormais ses rituels avec chaque couple habitant Ô ALLEGÔRÏÄ. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les trois forces mémorielles

    « Raconte-nous encore comment l’amour s’est propagé ! »
    Demande Yanimïä qui refait la carte du tendre omnisciente.
    « Au début c’était un roman, la passion était partagée
    Laurelïne et moi, c’était parfait ! » dit Yavänor aux officiantes…

    « Laurelïne a appelé Loreleï car l’amour devenait trop fort
    Et, au cours de nos rituels, Lïlïth est venue aux vivats ! »
    « C’est donc à trois, vaille que vaille, que l’amour devient sémaphore
    Et lance un flux spirituel ! » répond Yanimïä à tout-va.

    « Il y a trois combinaisons : neutron, proton et électron ;
    Neutron, électron et proton ; électron, neutron et proton.
    Et selon leurs déclinaisons le signal alors est si prompt
    Que l’amour émet son “photon” vers ce que nous représentons. »

    « Yavänor-neutron, puis Laurelïne-électron et Loreleï-proton ;
    En faisant l’amour tous ensemble ont créé le même signal.
    Si je prends la place de Laurelïne et Lïlïth celle de l’autre hadron
    Nous verrons bien ce qui ressemble à cet auspice original ! »

    Et commencent les rituels selon les trois combinaisons
    Jusqu’à ce que l’orgasme commun transmette son flux vers le ciel.
    C’est au troisième gestuel qu’ils observent l’illumination :
    Yggdrasil brillant d’un immun rayonnement référentiel.

    « Ainsi nous avons reproduit l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ
    Chaque nuit avec Laurelïne et Loreleï tu l’accomplis.
    Et nous trois avons reconduit exactement la même noria
    Qui, par nos triples adrénalines, l’amplifie et la multiplie ! »

    « Si je convoque chaque couple et joue la force neutralisante,
    Je peux produire à volonté l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ !
    Et refermant ainsi le trouple, l’énergie anabolisante
    Génère la force escomptée pour bénir Ô ALLEGÔRÏÄ ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les trois forces fondatrices

    « Je n’étais pas dans le sanctuaire ce soir-là.
    Pourtant, lorsque les trois forces se sont accordées, mon médaillon s’est illuminé.

    Et quand nous avons fait l’amour, ORPHÉÔN et moi, j’ai bien senti que nous étions trois. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les trois forces fondatrices

    Yavänor trouva Yanimïä qui l’attendait au sanctuaire
    Avec Lïlïth et juste eux trois car ils incarnaient cette amorce
    – Qui avait connu ÏÄNIMÏÄ et sa vérité textuaire –
    Et possédaient ce lien étroit de représenter les trois forces.

    Lïlïth et Yanimïä pourtant auraient dû être solidaires
    Mais elles étaient opposées et ce n’est pas contradictoire
    Car ici le plus important est plutôt que l’on considère
    Que les deux femmes sont imposées comme les deux pôles notoires.

    L’une négative, l’autre positive et peu importe qui est qui
    Car sans la force neutralisante la création n’aura pas lieu.
    Yavänor, force cognitive, est le poète dont les acquis
    Et les amours polarisantes ont été le juste milieu.

    « Toi, Yavänor… » dit Yanimïä, « tu es à la fois fils et père !
    Toi, Lïlïth, tu es à la fois sa mère, son amante et la corde
    Qui a appelé ÏÄNIMÏÄ vers un nouvel ordre prospère
    Et c’est moi qui porte la foi pour que nos trois forces concordent.

    Nous sommes tous les trois positifs et sommes tous les trois négatifs
    Ainsi que neutres également mais lorsque nous nous rencontrons,
    Un mouvement alternatif nous fait tous représentatifs
    Des trois forces intégralement : proton, électron et neutron.

    Je peux être neutre ce soir, Lïlïth peut être négative
    Et Yavänor être positif et changer à chaque seconde.
    Un mouvement de balançoire crée l’impulsion générative
    Au cœur de ce dispositif qui est à l’origine du monde.

    Ainsi nous paraissons instables parce que c’est là notre énergie.
    Je vous ai réunis ce soir car il est temps de le comprendre.
    Et notre amour incontestable devient alors une synergie
    Maintenant veuillez vous asseoir, nous avons beaucoup à apprendre.

    Illustration de Ledalïä.

  • L’acceptation

    « Thétïs avait demandé tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.

    Ôphélïä n’a eu besoin que d’une nuit pour noyer ses préjugés, effacer ses rides et lui rendre ses trente printemps.

    Au lever du soleil, elle courait nue vers le lac avec Astérias, lui aussi rajeuni. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’acceptation

    Après cette nuit d’expérience, Thétïs et Nérätïs savourent
    Le soleil levant qui paraît, entièrement nues, toutes les deux
    Mais sans la moindre malveillance envers elles-mêmes par bravoure
    Ni envers le groupe guilleret qui les accompagne, fougueux.

    « C’est comme tout ! Il faut oser et une fois que je suis lancée,
    J’ai l’impression de l’avoir fait depuis des années sans problème.
    Une fois ma honte déposée, la confiance a commencé
    Et j’y trouve même du bienfait en moi sans le moindre dilemme. »

    « Cela se voit sur ton visage, je te trouve bien plus rayonnante ! »
    Dit Nérätïs qui examine de plus près le corps de sa mère.
    « Et je crois même que j’envisage d’être encore plus résiliente ! »
    Dit Thétïs comme une gamine et non comme une quinquagénaire.

    « Tes rides se sont effacées et ta chevelure a blondi ! »
    Dit Nérätïs qui continue et poursuit son auscultation.
    « Mes seins ne sont plus crevassés et mes fesses sont rebondies ! »
    S’étonne Thétïs toute nue et fière de sa constitution.

    « Viens ! J’ai envie d’aller nager ! La dernière est une tortue ! »
    Et Thétïs partir en courant pour profiter de sa lancée.
    Nérätïs voit sa mère âgée mais dans un corps qui s’évertue
    À paraître presque concurrent d’une jeune femme élancée.

    Lorsqu’elle rejoint son mari, elle a du mal à le reconnaître :
    « Tu es splendide ce matin ! Tu as rajeuni de vingt ans ! »
    « Et toi ? Tu t’es vue, ma chérie ? Viens donc te voir à la fenêtre ! »
    Thétïs, sur la vitre sans tain, se voit avec trente printemps.

    « Qu’est-ce qu’il m’arrive, ma chérie ? » demande Thétïs ingénue.
    « Tu es désormais comme nous ! » Ô ALLEGÔRÏÄ fait renaître,
    Ôphélïä est notre égérie et tu peux rester toute nue
    Tout en arborant ton minou sans honte mais fière de l’être. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Ôphélïä à la rescousse

    « Ôphélïä a encore réussi son numéro : elle n’a noyé personne, seulement quelques préjugés.

    Thétïs y est entrée reine d’Atlantïs, méfiante et bouleversée.

    Après un bain, une tasse de thé et un velouté servis par deux hommes nus parfaitement respectueux, elle en est ressortie mère de Nérätïs… et déjà sensiblement rajeunie.

    Astérias avait donc raison — mais évitons de le lui répéter trop souvent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Ôphélïä à la rescousse

    « Oh maman je suis désolée, j’aurais dû mieux t’y préparer
    Mais tout s’est passé si vite que je n’ai pas réalisé !
    Viens ! Nous allons nous isoler et nous pourrons redémarrer
    Dans un refuge qui invite à mieux nous spiritualiser ! »

    Nérätïs emmène Thétïs pour lui présenter Ôphélïä
    La piscine magique intérieure avec ses discrets porte-flammes.
    Elle lui rappelle Atlantïs et ses lacs bordés de dahlias
    Qui offraient une paix extérieure qui ravissait le cœur et l’âme.

    Et Thétïs toujours sous le choc se laisse conduire par sa fille,
    Accepte de se déshabiller et plonger nue dans la piscine.
    Elle ne dit rien, ce qui évoque son cœur et son corps qui vacillent
    Et Nérätïs sent osciller petit à petit ses racines.

    « Je suis bien ici, je l’avoue ; l’eau est vraiment mon élément
    Et j’aime cette intimité ; je suis quand même assez âgée ! »
    « Je suis ton guide qui se dévoue à te faire aimer posément
    La paix de cette communauté et te la faire partager. »

    Insensiblement elle l’entraîne un peu plus loin dans Ôphélïä
    Et les rejoignent les LLyrïädes dans leur tendre promiscuité.
    Pourtant Thétïs, très souveraine, accepte le salut d’ÄLLÏÄ
    Et apprécie les trois dryades malgré le flot de nudité.

    « Bonjour Madame, voici du thé que je fais pousser sur nos terres ! »
    Dit Alinéor très aimable qui laisse Thétïs interdite.
    « Préférez-vous un velouté ? » propose Yavänor salutaire
    Et Thétïs devient raisonnable devant tous ces corps nus d’élite.

    « Astérias avait donc raison ! Vous êtes plus respectueux
    Avec moi lorsque je suis nue que lorsque je suis arrivée.
    Vous êtes sans comparaison des hommes des plus vertueux !
    Je me sens enfin bienvenue et je m’en trouve ravivée. »

    Illustration de Ledalïä.