De l’autre côté de l’oreiller des Atlantes

« Thétïs avait exigé “tout le temps qu’il faut” pour nous juger.

Astérias l’a prise au mot : ils resteront tout le temps nécessaire pour intégrer notre famille.

Pendant la discussion, il a encore rajeuni tandis qu’elle vieillissait à force de résister.

Je conseille donc à Sa Majesté de s’ouvrir rapidement… sinon Nérätïs devra bientôt soigner sa mère et inscrire son père à la crèche. »

Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

De l’autre côté de l’oreiller des Atlantes

« Jamais je n’ai été humiliée autant et par ma propre fille ! »
Se lamente Thétïs en pleurs, inconsolable dans son lit.
« Nous aurions dû lui concilier un mariage qui lui dessillé
Le sens royal avec ampleur pour la guérir de sa folie ! »

« Je ne suis pas d’accord avec toi ; Nérätïs n’était pas heureuse ;
Je la voyais mélancolique et agir surtout par devoir ! »
Répond Astérias très courtois devant sa femme valeureuse
Mais devenue amphibolique par ce qu’elle venait de voir.

« Mais Elle avait tout ce qu’elle voulait et un rang bien plus qu’honorable ! »
Plaide Thétïs pour se convaincre que tout cela paraît infâme.
« Elle avait ce que TU voulais et elle était trop responsable ! »
Plaide Astérias, non pas pour vaincre, mais pour mieux raisonner sa femme.

« Mais as-tu vu tous ces gens nus ? Sans la moindre pudeur humaine !
Et Nérätïs se montrer nue, impudique et sans sourciller ! »
« J’ai surtout vu des inconnus pleins de respect pour les humaines ;
J’ai remarqué qu’une femme nue est plus respectée qu’habillée ! »

« Et tous les princes prétendants pour établir nos alliances ?
Tous nos projets sont annulés et leur perte est irrémédiable ! »
« Ils étaient plus ou moins pédants sinon sans la moindre vaillance !
Et je la voyais acculée à vivre une vie misérable ! »

« Et toi, ça ne te froisse pas de voir nos plans évanouis
Et ne plus la voir à portée comme quand elle était gamine ? »
« Et toi, ça ne te touche pas de voir ta fille épanouie
Et de la voir ainsi porter un bel enfant qui l’illumine ?

« Écoute-moi sans m’interrompre ! Tu voulais “tout le temps qu’il faut” ?
Restons tout le temps nécessaire et intégrons cette “famille”.
Plus tard, il suffira de rompre avec ces fiancés archifaux
Qui n’étaient que des adversaires au bonheur que je veux pour ma fille ! »

Illustration de Ledalïä.

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