« Quelle nuit !
Beaucoup ont le réveil difficile sauf Laurelïne et Loreleï occupées à soigner leur progéniture.
Lïlïth, Ledalïä et Geminïä sont chouchoutées et installées à l’ombre sur la terrasse par Alinéor, le maître du gîte.
Peu à peu, les convives arrivent et prennent place un café à la main ou replongent de plus belle dans le sommeil. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Toute la nuit durant la fête à la délivrance a marqué
Les uns et les autres de fatigue, on se couche à la pointe du jour.
Les matrices sont satisfaites, nourries, distraites et embarquées
Dans un sommeil qui leur prodigue un interlude dans leur séjour.
On donne la dernière tétée en priant pour un court répit ;
On espère une grasse matinée malgré six bouches impertinentes.
Les autres sont un peu hébétés, quelques-uns presque décrépis
Chacun le regard mâtiné d’une pâmoison dominante.
Neuf heures du matin Alinéor range tout le capharnaüm ;
Il prévoit les premiers levés… pas avant midi ou plus tard…
Le temps est splendide au-dehors… un pique-nique sans décorum ?
Peut-être un peu moins relevé selon l’énergie des fêtards…
Vers quatorze heures on s’agite… on se bouscule sous la douche…
On se dirige vers la cuisine… on maugrée, l’estomac vorace…
Où est passé l’âme du gîte ? Où est passée la fine bouche ?
Des voix éparses s’avoisinent un peu plus loin sur la terrasse.
« Et voici les derniers convives ! » Salue Alinéor brandissant
Café ou thé – on a le choix – sucré ou salé, s’il vous plaît.
Ah ! Tout de suite on se ravive, on se prend un mug frémissant,
Un peu de pizza aux anchois et le confort est au complet.
On entend des bruits de succion… le pique-nique a commencé
Un peu plus tôt pour les bébés bien installés dans les girons.
Là, pas besoin de traduction et on pourrait presque annoncer
Qu’après avoir tout absorbé les gastronomes dormiront.
Ce pique-nique à l’espagnole est d’une douceur estivale
Que chacun goûte sans parole, les pensées emportées au loin.
On entend juste un rossignol, une saute de vent qui dévale ;
Le silence a le premier rôle, quelques ronflements néanmoins…
Illustration de Ledalïä.
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