Je conserve un bon souvenir de cette pension agréable Et surtout de sa chère hôtesse prénommée Mademoiselle Yvette. Je ne l’avais pas vue venir dans son petit imperméable Car il pleuvait, je le confesse, comme vache qui pisse sur la Croisette.
Une fois ôté l’imperméable, elle m’apparut entièrement nue En me souhaitant la bienvenue dans son auberge naturiste. Ce n’était pas désagréable sauf que n’ayant pas été prévenu, J’ai dû paraître saugrenu par ma valise antagoniste.
Mais elle m’emmena au vestiaire où mes habits furent confiés À la blanchisserie annexe car sa mère était lavandière. Tout nu, j’affrontai un bestiaire de femelles authentifiées Prédatrices regardant mon sexe comme une proie incendiaire…
Du vin blanc pour ses cheveux blonds afin qu’il lui monte à la tête Afin de la faire sortir de son fichu maudit bouquin ! Et pour la rousse, du houblon qui puisse la rendre un peu pompette ; À la limite, l’assortir au type irlandais plus rouquin.
Quant à la brune, pas de problème, qu’il soit rouge ou gris ou rosé, Ce sera du pareil au même, elle dormira toute la nuit. Si le porto pose un dilemme, il faudra quand même l’oser Si jamais elle dit qu’elle vous aime, au douzième coup de minuit.
Ô ALLEGÔRÏÄ est en fête avec bal populaire, banquet traditionnel de la région et feux d’artifice.
Finalement, la téléportation a du bon pour réunir les gens de bonne compagnie. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Les colloques vont avec le corps et avec des réjouissances ! Le « Bodensee Musikanten » qui anime les bals populaires Est venu, selon nos accords, proposer musiques d’ambiance Pour danser près de la fontaine sous les lampions crépusculaires.
Tandis qu’Astérias et Thétïs ouvrent le bal avec finesse, Ils sont rejoints par les jeunes couples que le colloque a réunis. Valérion avec Nérätïs invitent toute la jeunesse Et les Irénée, toujours souples, vont danser sans cérémonie.
Devant, des tables sont dressées avec buffet suisse-allemand Car Alinéor en bon traiteur sait comment plaire à tout le monde. Et Yavänor s’est empressé d’installer les futures mamans Dans un espace prometteur et ombragé sous la rotonde.
Rösti, Bratwurst et Pommes-frites récoltent beaucoup de succès Avec fromages Appenzeller, Pinot, Riesling et vins rosés. Wähen aux fruits ont du mérite et chacun de se propulser Entre les stands très populaires des spécialités proposées.
Pour ceux qui se sentent fatigués, la maison s’est développée De plusieurs chambres confortables aménagées dans les greniers. ALLEGÔRÏÄ a prodigué des grands lits tous enveloppés De moustiquaires transportables contre les moustiques saisonniers.
On rit, on chante et on discute avec des grands éclats de voix Et, loin des convives d’âges mûrs, les jeunes faunes et faunesses. Parfois éclate une dispute, les Irénée sont aux abois ; On les a mis le dos au mur et ils défendent leur bizness.
Enfin un grand feu d’artifice sur des barquettes à fond plat Clôture avec son et lumière le festival entériné. Les artificiers à l’office régalent de tous les éclats De couleurs en avant-première et la journée est terminée.
Cristïäs a supervisé l’enregistrement et a produit un disque souvenir qu’il a remis à chaque membre participant au colloque.
Chacun est ravi de son mémorial. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Chanson des Atlantes Depuis dix-mille ans aujourd’hui, les Atlantes étoffent la Mantisse Depuis les premières navettes jusqu’aux portes interplanétaires. Leur technologie a produit le summum auquel aboutissent Les expériences qui brevettent leur savoir-faire propriétaire.
Chanson des Irénée Avec l’aide de l’univers et des connexions cérébrales Les Irénée, par la pensée, ont relié les dimensions Par le concours des trous de ver et les commandes palpébrales Les distances sont compensées par le pouvoir de l’intention.
Chanson des LLyrïädes La découverte du Poïnt ZérÔ et des nombres transimaginaires A ouvert de nouvelles voies et nouvelles applications. Grâce à l’étoffe des héros dont les LLyrïädes originaires Sûrent prêter l’oreille à la voix de leurs quatre générations.
Le blues du voyageur En pliant l’espace de travers, je me suis perdu dans le piège D’une planète aux habitants aussi étranges qu’hermétiques, Dont le langage fut un calvaire et sans l’assistance du siège De ma patrie m’habilitant à mon retour hypothétique.
Magouille blues Ni vu ni connu je t’embrouille, tout n’est qu’un tour de passe-passe ; Hier, j’étais ici et là-bas, demain sans doute nulle part. Je suis le roi de la débrouille qui plie et qui déplie l’espace Au gré de ses moindres combats, incessamment sur le départ.
Complainte des mondes perdus Derrière le seuil des connaissances, il y a les mondes oubliés ; Mondes perdus derrière un vide jamais atteint par la lumière. Personne n’a vu la naissance du moindre atome publié, Personne n’a été avide d’en connaître la raison première.
Au-delà du mur de la lumière Tous les cris à travers l’espace, les échos de la création, Tous les trous noirs supermassifs et toutes les fontaines blanches. M’ont montré tout ce qui se passe derrière le mur de diffraction Où vont les tachyons permissifs qui créent le monde en avalanche.
« Après le colloque, tous les compositeurs se réunissent. Ledalïä et Geminïä à la partie lyrique ; Nérätïs et Valérion à la partie musicale.
On s’amuse à parodier mais pas trop, Mêler l’humour et l’amour, Mais surtout réussir le spectacle. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
L’après-midi chacun compose, les musiciens comme les choristes. Si Geminïä et Ledalïä s’attaquent aux textes sur le préau, Valérion, quant à lui, propose à Yavänor d’être bassiste Et à ORPHÉÔN et ÄLLÏÄ de chanter ensemble en duo.
Alinéor aux casseroles s’entraîne pour les percussions. Le premier texte est proposé à Valérion et Nérätïs Qui déposent sur les paroles des notes dont la répercussion Apporte un rythme supposé inspiré des chants d’Atlantïs.
Deuxième texte, les Irénée sont mis alors sur la sellette Avec humour, point trop n’en faut, un petit peu de théorie, Tout ça sur un rythme effréné assez vieillot et obsolète Pour se moquer de leurs défauts et n’en déplaise si on rit !
Troisième texte sur les LLyrïädes, on se fait un peu moins moqueur Seul Cristïäs en fera les frais… mais le point d’orgue au Poïnt ZérÔ ! Avec des solos par myriades et des refrains repris en chœur Et pour que ça fasse plus vrai, on fera l’ovation aux héros !
Un blues sur les égarements, un autre sur la contrebande En y mettant beaucoup d’humour pour ne pas réveiller le zèle. Pour éviter l’effarement, on le jouera en sarabande Avec de jolis mots d’amour à faire se pâmer les demoiselles.
« J’aimerais bien un instrumental afin que chacun imagine La téléportation chantée selon ses mots qu’il y insère, Sur un mode expérimental, moderne, branché et androgyne ! » Propose Valérion enchanté de la tournure du concert.
Sept chansons sont prévues et l’instrumental au début Pour que les invités s’installent et puissent s’imprégner de l’ambiance. Toutefois en cas d’imprévu, c’est le talent qui contribue À surprendre toute la salle afin d’en captiver l’audience.
Sur proposition d’Astérias, les Atlantes, les Llyrïädes et les Irénée se rassemblent pour créer la Guilde Tripartite chargée de contrôler la Téléportation dans l’univers connu.
Chaque partie a approuvé et ratifié les textes votés à l’unanimité. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Effervescence dans le Hub où les Atlantes sont rassemblés ; Astérias et Thétïs en tête dirigent leur délégation. Les Irénée membres d’un club qu’ils ont constitué d’emblée Et les LLyrïädes dont les vedettes couvrent plusieurs générations.
La table ronde monumentale accueille alors les trois parties Dans une ambiance détendue où se croisent plusieurs dialogues. Sous les bannières ornementales consciencieusement réparties, L’ordre du jour est entendu dès l’ouverture du colloque.
« La téléportation devient une arme et donc une responsabilité ; Elle ne sera pas un privilège et elle doit être régulée ! » Dit Astérias sonnant l’alarme face à toute possibilité Qui entraînerait le sacrilège de s’en servir pour spéculer.
Atlantis possède la Mantisse, depuis des siècles, élaborée ; Les Llyrïädes et la congruence des nombres transimaginaires : Les Irénée qui garantissent des trous de ver corroborés ; Enfin la Terre dont l’influence reste à ce jour embryonnaire.
Ainsi un ordre tripartite doit aujourd’hui être créé Pour éviter toute dérive, tout abus et toute effraction. Et la contrebande interdite, obstacle au commerce agréé Pour éviter ce qui arrive par certaines mauvaises actions.
Le compte-rendu est signé après l’assemblée générale Et un premier texte de loi ratifié par chaque partie. Les Irénée sont résignés ; adieu magouilles collatérales Et Cristïäs, heureux comme un roi, des échanges en contrepartie.
ORPHÉÔN propose de fêter l’événement par un concert Commémoratif du colloque et spécifique à chaque thème. Chacun est alors invité à rester le temps nécessaire De monter le spectacle ad hoc organisé pour le soir même.
Madame Prudence a trois têtes pour ne pas se laisser surprendre Par le passé, par le présent et le futur… sait-on jamais ! Ainsi parée pour la conquête du bonheur qu’elle veut entreprendre, Son discernement omniprésent la met en garde désormais.
Comme elle ne prend aucun risque, elle a tendance à se relâcher, Certaine de savoir prévoir tout ce qui a du potentiel. Sans assurance multirisque dont elle a su se détacher, Voilà qu’il s’est mis à pleuvoir tout un déluge tombé du ciel.
Ses trois regards font la clôture mais aucun ne voit le zénith, Négligeant la haute aventure qui dépasse le vieux récit. Quel comble de déconfiture tombant du haut de son monolithe Qui lui fait la céleste injure ruinant ses calculs sans merci !
Dans une spirale incongrue et des yeux de plumes de paons, Quelques poissons batifolant sur un pont suspendu dans l’air, Un couple sur le pied de grue attendant l’heure du serpent Avec un tournesol volant muni d’une hélice solaire.
Rajoutez quelques fleurs des champs, coquelicot et pissenlits ; Trempez quelques clefs du mystère qui n’ouvrent aucune serrure ; Vous aurez un cadre approchant à donner le torticolis À toutes les fées de la Terre qui cherchent une belle parure.
Et si l’esprit aventurier vous titillent les doigts de pied, Enfourchez donc un poisson-chat et partez faire un tour en mer ! Ne prenez pas un long courrier, ni un vieux bateau de papier Mais soyez votre propre pacha, un véritable loup-de-mer !
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Et tu remets ça chaque fois que je monte en haut de ta tour Et que j’observe mon cheptel de muses que les murs érotisent. Mon œil diffracte, dès qu’il vous voit, la lumière sous vos beaux atours Et vos corps nus comme un cocktail m’énivrent autant qu’ils m’hypnotisent.
Alors les muses se déploient comme un bouquet d’ondes charnelles ; Leurs cheveux flottent dans l’espace en rubans d’électricité. Et moi je dérive à la fois parmi leurs silhouettes fusionnelles Comme un naufragé qui s’efface au seuil de leur pluralité.
Le monde entier devient ludique autour de leurs géométries ; Chaque regard ouvre une porte à d’autres réalités du corps. Et mon âme, presque impudique, suit leurs dolentes symétries Jusqu’à sentir qu’elles m’apportent l’amour fondu dans le décor.
Quand je te vois, ma vue se trouble mais il faut dire que tu abuses De ton pouvoir d’imaginer, pour moi, les pires positions ! Par moment je te vois en double, accolée à une autre muse, Et parfois toute laminée en ondes de composition…
Tes formes glissent dans ma tête en fractales hallucinatoires ; Je ne sais plus si je contemple un corps ou ses mille visions. Ton image devient secrète au cœur des lumières vibratoires Et mon désir soudain ressemble à mille mouvantes fusions.
Les couleurs me traversent en fièvre en déroulant leurs labyrinthes ; Je crois parfois toucher ta peau dissoute dans l’immensité. Même mon cœur déploie ses lèvres sur ces psychédéliques étreintes Quand tes courbes changent les tableaux en voluptueuse unité.
Mes foldingotes continuent à me faire tourner en bourrique Ou plus exactement elles tournent en ridicule ce poème. Maintenant, le doute s’insinue… sont-elles quatre muses hystériques Ou une seule qui me retourne quatre caractères bohèmes ?
J’ai tenté de m’en rapprocher pour la saisir entre mes mains Mais elle m’a glissé des doigts comme une savonnette de Marseille. Oui mais… comment lui reprocher de vouloir remettre à demain Une rencontre comme il se doit, conforme à ce que je le lui conseille ?
Alors je les laisse tourner elles finiront par fatiguer Et je verrai si elles sont quatre ou bien en un seul exemplaire. Mais au bout de quatre journées, elles ont fini par prodiguer Un tournis tel qu’il va m’abattre et ce n’est pas pour me déplaire.
Faute de bateau, on fait le tour du lac en poissons-chats, s’il vous plaît !
Pauvres Cristïäs et Irénée qui ont voulu faire la course contre les sirènes et se retrouvent les quatre fers en mer !
Les autres en ont profité pour baliser les points intéressants autour du lac. On ne sait jamais, ça peut toujours servir. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Faire le tour du lac de Constance en bateau autour des montagnes, Est une aventure magnifique qui nécessite de naviguer Entre trois pays de prestance : la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne En quatre à cinq jours pacifiques pour ne pas trop se fatiguer.
Mais en une seule journée et sans le permis spécifique, C’est en chevauchant les silures que cela demeure possible. Douze silures furent détournés pour leurs capacités physiques Et harnachés à l’encolure pour une course submersible.
Les quatre sirènes en éclaireuses avec Yanimïä et Laurelïne, Les six compagnons en scaphandre et plus ou moins de maladresse, Partent pour une doucereuse et drôle balade sous-marine Mais sans vraiment vouloir prétendre le faire pour prouver son adresse.
Mais les sirènes sont acerbes et leurs critiques redoutables Alors Cristïäs et Irénée ne voulant pas être humiliés S’élancent dans une course superbe défiant les filles indomptables Mais il n’est pas encore né, celui qui les fera plier.
Les poissons-chats à fond de train, on fait le fier et le bravache Mais les silures excités désarçonnent vite leurs cavaliers. Les sirènes rient avec entrain, les fiers-à-bras trouvent ça vache Mais contrer six fières garçonnes, il faudrait être fou à lier !
Quant à ORPHÉÔN, Yavänor, Valérion et Alinéor Ils ont trouvé beaucoup plus sage d’apprécier le paysage Et comme ils ne perdent pas le nord préfèrent rester en quatuor Et profiter de leur passage pour faire les premiers balisages.
Et Alinéor découvrir la véritable utilité De ses précieuses boîtes de thon comme balises de fortune. Il ne va pas longtemps souffrir ; une commande de mille unités Est partie vers le Cap Breton pour une livraison opportune.
Nous connaissons tous Éolïäne, le petite nouvelle peste ; Nous connaissons tous Éölïäne, la petite sirène des Reflets-Vers ; Nous connaissons tous Éôlïäne, apprivoisée comme l’atteste Son lien d’origine océane et notamment ses cheveux verts.
Or il en est une quatrième et là le poète s’y perd… Elle s’appelle Azurianne et arbore des cheveux bleus ! Et là, je nage en plein dilemme et j’en oublie tous mes repères ; J’en ai perdu le fil d’ariane depuis le début, sacrebleu !
Difficile de les distinguer car elles sont à poil tout le temps Et à observer ses nichons, je ne retiens pas son visage. En plus, elle fait valdinguer son popotin déconcertant Et me traite de vieux cornichon en se fondant dans le paysage.
Aujourd’hui on profite de cette belle journée d’été et tout le monde y met du siens.
Je sens que nous allons passer une journée inoubliable ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Arrivés très tôt ce matin, deux compères installent des tables Au bord du lac dans le vent frais qui fait déjà danser les nappes, Puis ont sorti tout le gratin d’un pique-nique respectable Sortant les couverts des coffrets afin d’annoncer les agapes.
Laurelïne, Loreleï et leurs enfants s’installeront en bout de table Avec chaises hautes adaptées pour petits pots et biberons. Ils découvrent alors triomphants canards et cygnes inévitables ; L’ambiance est très décontractée et les bébés sont fanfarons.
Pour les trois futures mamans, des chaises longues confortables, Un petit plateau pour chacune et les sirènes à leur service. On va passer un bon moment à savourer au préalable Un apéro sur la lagune pour que le bon air nous ravisse.
Puis ORPHÉÔN et Valérion, l’un au chant, l’autre à la guitare Improvisent une ritournelle avec quelques couacs disparates. Constantïne joue l’amphitryon, s’accompagnant de sa cithare, En chantant ses sempiternelles chansons de marins et pirates.
Même les deux Irénée sont là, venus exprès pour le colloque ; Ils ont promis aucun essai ni tentative malheureuse Et on leur a mis le holà sur leurs éternels soliloques Mais comme ils ne font pas d’excès, leur présence reste chaleureuse.
Cristïäs observe les nuages et la météo du dimanche ÄLLÏÄ lui tire les oreilles : « Arrête de regarder le ciel ! Il n’est prévu aucun orage mais beaucoup de soleil en revanche ! » Alors il ferme ses appareils et se consacre à l’essentiel.
Mais que fait donc notre Yavänor ? Pardi ! Il allume un grand feu Pour faire griller quelques saucisses pour les amateurs de grillades. Tandis que le pauvre Alinéor essaie de faire ce qu’il peut Malgré le chat qui, à l’office, a déjà volé l’anchoïade.
Si tous les anciens présidents qui sont montés au paradis Voulaient bien faire pleuvoir l’oseille plutôt qu’une pluie à crédit, Il me semblerait évident et j’n’en ferai pas une maladie Si l’eau du ciel en moi réveille de l’espoir pour pas un radis.
Je ne crois pas en l’homo-fric et pas plus au capitalisme Qui croît bien plus haut que son cul et presqu’en même temps s’affaisse. Lorsque l’homme est né en Afrique, bien avant le colonialisme, C’n’est pas l’serpent qui l’a vaincu encore moins une histoire de fesses…
On a fait des révolutions pour chasser la noblesse à fric, On a voté nos présidents en espérant gagner le SMIC Mais après cette évolution, quand on regarde l’historique, On travaille plus en trépidant et ce qu’on gagne est théorique.
Aujourd’hui tout l’monde se rassemble pour le foot et pour la musique, Pour manifester tous contre un et casser tout ce qui est construit. Pourtant si les humains s’assemblent pourquoi deviennent-ils amnésiques Lorsque le voisin les contraint à se fâcher au moindre bruit ?
Ils remplissent tous les grands stades, les avenues et les tribunes, S’y proclament tous frères de cœur sous les couleurs du grand moment. Mais face à la moindre incartade d’un voisin chantant sous la Lune, Ils lui déclarent de bon cœur la guerre avec empressement.
Ils se serrent comme des sardines au concert de leur troubadour, Supportent trois heures debout dans une cohue fantastique Même si l’attente ne se termine qu’aux premières lueurs du jour Et on laissera dans la boue papiers et matières plastiques.
Les foules aiment bien se confondre au milieu des grands mouvements Où chacun devient une vague emportée loin par l’océan. Mais il leur faut parfois répondre à leurs voisins tout simplement, Et c’est souvent là que s’aggrave le plus petit des différends.
Olivïäne a été simplement téléportée à la place de Nérätïs à cause de la bague-balise.
Ledalïä lit le message à toutes les LLyrïädes réunies.
Le climax est à l’organisation du colloque prévu ce lundi matin.»
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Le message d’Astérias
« La Mantisse que vous connaissez n’était qu’une première version Qui a été améliorée depuis longtemps sur Atlantïs. Si vous ne vous étiez empressés de faire toutes vos excursions, Nous aurions pu collaborer par l’entremise de Nérätïs.
Vous avez dû vous en douter, l’art de la téléportation Demande des règles très étroites car c’est une arme dangereuse. Et nous pouvons tous redouter toutes sortes de dépravations, D’utilisations maladroites et, pire, d’intentions belliqueuses.
Nous devons mettre au point un ordre qui gère la téléportation Unissant Atlantis, Thestïas et les LLyrïädes conjointement Afin d’éviter tout désordre et surtout toute passation Entre les travaux de Cristïäs et ceux de la Terre notamment.
Réunissons les trois partis en terrain neutre sécurisé Et je propose les vestiges de l’Atlantide disparue. D’après les échos répartis de Nérätïs autorisés Un personnage de prestige y aurait déjà concouru.
Son palais possède une immense et étanche salle souterraine Pour organiser un colloque. Pourquoi pas ce lundi matin ? Je vous demande de la clémence – l’honnêteté est souveraine – Évitons-nous les soliloques qui nous feraient perdre notre latin ! »
Les LLyrïädes
Lïlïth, Yavänor et Cristïäs sont emballés par ce message ; La Guilde va finalement naître comme il était préconisé. Atlantïs ainsi que Thestïäs auront accès libre au passage Et chacun fera reconnaître sa technologie avisée.
« Nous, les sirènes, nous partons repérer l’état de la salle Et puis les hommes installeront – pourquoi pas – une table ronde Avec sièges et petits cartons ! » dit Loreleï, ingénieure abyssale « Et lundi, nous déciderons pour satisfaire tout le monde ! »
Une proposition de Constantïne, sire de Constance, pour élargir nos connaissances sur les survivants de sa famille.
La disparition mystérieuse d’Olivïäne.
Son retour avec un message d’avertissement d’Astérias. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Suite de la discussion « Seule, je ne peux rien décider ! » dit Loreleï haussant les épaules ; « Les Llyrïädes, le cas échéant, trancheront avec prépondérance. Mais fais-toi déjà à l’idée que personne n’a le monopole Pour explorer les océans sans la plus grande transparence ! »
« CHe n’ai pas d’autres prétentions que celles que je t’ai soumises Et CHe Fiendrai les exposer Tès que Ch’y serai inFité. Et pour montrer Ponne intention, Foici ma Karantie promise ! » Dit Constantïne tout disposé à prouver l’objectivité.
Disparition
L’arbre généalogique en mains, Loreleï s’apprête à repartir… « Mais où sont donc passées les filles ? » demande-t-elle d’un ton bourru… Après minutieux examen, Constantïne vient l’avertir : « Ici Teux sirènes roupillent mais la troisième a Tisparu ! »
« Son poisson-chat est toujours là ; elle n’est donc pas repartie ! » Loreleï réveille les gamines et Olivïäne manque à l’appel On la recherche par-ci, par-là mais il faut en prendre son parti Malgré l’angoisse qui culmine, Loreleï sonne le rappel.
Ô ALLEGÔRÏÄ
« Nous rentrons chercher des renforts tandis que Constantïne reste Au cas où Olivïäne revient depuis un mystérieux passage… » Chez les LLyrïädes, on se fait fort de lancer des recherches prestes Lorsque d’une porte survient… Olivïäne avec un message :
« Je reviens tout droit d’Atlantïs, téléportée par effraction ! J’ai un message d’Astérias qui croyait retrouver sa fille… – J’avais piqué à Nérätïs sa bague d’auto-détection – Il est adressé à Cristïäs mais concerne toute la famille ! »
Le message
« Que d’Atlantïs on téléporte, c’est la Mantisse améliorée ; Que de Thestïäs on téléporte, Irénée y est arrivé ; Que des LLyrïädes on téléporte, ça, on ne peut plus l’ignorer ; Mais aujourd’hui ce qui importe, c’est que la Terre en soit privée ! »
Dans le gouffre bleu des ondes, la sirène est une cavale, Épousant les vagues en nombre avec beaucoup d’amusement. Son corps de cristal vagabonde dans une course terminale, Guidée par l’appel de ses ombres vers un futur apaisement.
Les trois dauphins d’argent escortent sa farouche ardeur infernale, Fendant le miroir délicieux avec un bel emportement. Ainsi la princesse aux eaux fortes brise sa retraite hivernale, Pour boire l’écume des cieux dans un dernier consentement.
« J’ai enfin obtenu ce que cachait l’invitation de Constantïne. Apparemment le vieux nostalgique a fait le projet de retrouver tous les membres survivants de sa grande famille. Après tout sa généalogie peut nous être utile. Mais je dois en référer avec les LLyrïädes.
Il faudra organiser une entrevue à notre retour. »
Loreleï, responsable de la sécurité
« Ach so! Fous Tefez aFoir faim! Faute de feu, tout est fruKal Mais CHe Fous propose un menu typique Te mon potaCHer Ce n’est sûrement pas aussi fin que Fotre cuisine locale Mais Koûtez-y sans retenue ; Fous en serez mes oPliCHés ! »
« AlQues Fariées fraîches Tu CHour ; les rouCHes aciTes, les Fertes tenTres ! « Anémones poiFrées que CH’importe d’Atlantïs et que CHe Pouture ! Oursins aux pattes te Felours ; Koûtez-les, ils font Fous surprenTre ! Coquilles Saint-CHacques en comporte et fruits Te mer en Konfiture ! »
« Pour les Poissons, CHe me contente Te Tiffuser Tans l’eau Te mer Tes esturCHeons Te contrePante et à la ParPe de Petrossian ! Ça fait comme une marée montante, Tans les Pranchies, en doux-amer ! Enfin un Fer Te SamarkanTe pour TiCHérer à Pon escient ! »
« Houla ! J’ai la tourne qui tête ! » dit Éôlïäne entre deux eaux… « Et moi je me sens si légère… » dit Azurïanne, « comme une écaille de corail ! » « Moi, je me sens un peu pompette ! » dit Olivïäne mezzo mezzo… « C’est une réaction passaCHère ! » Dit-il sans rassurer Loreleï.
« Oui bon ! On va diluer tout ça et se prendre un grand bol d’eau fraîche ! La prochaine fois, SANS PETIT VER ! » avertit Loreleï impassible. « Oja natürlich! CHe comprends ! Mes Fers sont encore reFêches Mais CH’en ai qui Fiennent du Cap-Fert, sans alcool et fermentescibles ! »
« Fort bien ! » dit Loreleï calmement, « Maintenant je voudrais savoir Quelles sont tes résolutions envers mes filles, vieux pervers ! » « Il y a un passage attenant entre ici et le réserFoir D’Ophelíä en contriPution avec les courants outremers ! »
« Je vois… et qui conduit à l’océan… » comprend Loreleï plus spécifique. « Oui, CHe Foutrai l’utiliser pour rechercher T’autres éKréKores Par Tes échanCHes Pienséants, de l’Atlantique au Pacifique, Afin de comptaPiliser les palais suPsistant encore ! »
« J’avais autorisé les excursions au fond du lac à condition de semer des boîtes de thon pour baliser la piste.
Quand Alinéor s’est plaint de la totale disparition de son stock, j’ai su qu’il y avait anguille sous roche.
J’ai suivi prudemment le début de la piste et quand j’ai vu où elle conduisait, j’ai immédiatement compris que ce vieux forban de Constantïne était derrière tout ça. »
Loreleï, responsable de la sécurité
Vendredi matin au palais de Constantïne une sirène S’annonce en criant haut et fort : « Ich grüße Euch, Herr vom Bodensee! » La même annonce qui emballait jadis sa personne souveraine Lui fait répondre avec effort : « Hoi Loreleï, Königin des Sees! »
« Comment nous as-tu retrouFés ? » interroge le triton surpris ; « J’ai suivi les boîtes de thon qu’un Petit Poucet a semées ! » Dit-elle montrant, pour lui prouver, l’une des boîtes avec mépris. « Que fomentes-tu, vieux tritons avec des gamines désarmées ? »
« Je Foulais CHuste leur montrer leurs oriCHines et leurs ancêtres ! » Dit Constantïne devant les filles : « Et tu n’as plus qu’à les reCHoinTre ! » « Tu nous as surtout démontré que tu es resté un grand maître Dans l’art de créer une famille avec ta palette de peintre ! »
« Ma chère Loreleï… » dit Constantïne, « j’aurais pu fausser ces portraits Mais le même tartan iTentique de nos écailles authentifie La même oriCHine intestine que l’on retrouFe trait pour trait Dans notre Tynastie antique que la Kalerie certifie ! »
« C’est fort possible ! » clame Loreleï, « mais tu devais passer par moi ! Je suis la seule autorité responsable envers ces enfants ! Heureusement, vaille que vaille, j’avais prévu depuis des mois Une méthode indispensable d’une candeur qui se défend ! »
« Les poissons-chats n’aiment pas le thon ; si j’en emporte une provision, C’est pour indiquer mon chemin en les semant ! » dit Éôlïäne. Loreleï poursuit : « Mon vieux triton, révèle-nous avec précisions Le sceau au bas du parchemin signant ta lignée Océane ! »
« SuiFez-moi toutes ! » dit Constantïne les entraînant vers son bureau Où des parchemins encadrés trônent sur les murs de salpêtre. « Voici l’oriCHine intestine aFec le sceau rouCHe Tes coraux ProuFant que nous sommes enCHenTrés par les mêmes illustres ancêtres ! »
Dans le désert, mets dans ton sac un dragon des sables crieur Et tu verras les autochtones rappliquer tout autour de toi. À la plage, dans ton havresac, mets un dragon des mers rieur Tu verras que s’y pelotonnent crabes et serpents, tous à la fois.
Dragon des sables, dragon des mers, l’indispensable kit de survie. Tous les plus grands aventuriers ne se déplacent pas sans eux. Vous en trouverez à Saint-Omer où l’élevage est desservi Par tous les manufacturiers qui aiment arnaquer les niaiseux.
Menacer la Dame par derrière et, par des chemins de traverse, Menacer d’un échec au Roi sans regarder par devers soi, Puis, sans assurer ses arrières, roquer par sa tour de conserve Pour faire « mat » au grand désarroi de l’adversaire qui le reçoit…
…Mais qui s’en fout apparemment. Quand on est Reine, on ne joue pas ! On laisse les autres batailler et s’il faut, s’laisser capturer. Changer de Roi, évidemment, sans passer de vie à trépas Ça permet de discutailler avec les pions courbaturés.
Loreleï me submerge le cœur, Éoliane m’englouti l’esprit ; Il ne manquait plus qu’Arabelle pour dévorer ma tendre chair. Alors j’ai pris à contrecœur la première vague qui m’a surpris Et la deuxième, de plus belle, qui m’a envoyé en enfer…
…l’enfer de toutes les couleurs avec Loreleï, la plus charmante, Éoliane la plus séduisante et Arabelle, la plus coquine. Elles m’ont fait mourir sans douleur d’amour et d’extase affamante, Ni harassante, ni épuisante, mais affreusement ultramarine.
Cet été, les petits rats d’or de l’Opera de la Méduse Sont échoués sur banc de sable au large d’un lac de Bavière. En automne tout le monde s’endort sans nous fournir la moindre excuse Et en hiver les responsables se sont jetés dans la rivière.
Les touristes viennent de loin pour admirer cette sculpture ; Les photographes en raffolent en croyant saisir l’essentiel. Mais les mouettes, néanmoins, y voient surtout une pâture Où l’on picore et batifole avec des rats tombés du ciel.
Au printemps, l’un ouvre les yeux, entraînant toute la pyramide ; Chaque rat court alors tout nu se cacher parmi les roseaux. Puis ils rentrent assez honteux et regagnent leur chrysalide Afin d’être au moins reconnu comme papillon par les oiseaux.
« Invitées par ce curieux personnage, nos sirènes découvrent les vestiges de la civilisation de leurs ancêtres. Constantïne, sire de Constance, se révèle alors un hôte riche en histoires et en découvertes. Nos sirènes sont impressionnées. »
Yavänor confident malgré lui
Invitées chez Sire Constantïne, les trois sirènes restent prudentes ; Elles ont suivi le vieux triton jusques aux rives allemandes. Incisé dans la serpentine ramenée par les eaux grondantes Du Rhin derrière un vieux ponton se dresse un château de légendes.
« CHe Fis ici Tepuis longtemps quand l’AtlantiTe s’est effonTrée ! » Dit, en leur faisant faire le tour du propriétaire, Constantïne. « Foyez les portraits remontant à tous ceux qui m’ont enCHenTré Et obserFez Pien les contours et les couleurs Kréco-latines ! »
« La vache ! » s’étonne Éôlïäne, « Ils ont les mêmes queues que nous Et les couleurs de leurs cheveux rappellent étrangement les nôtres ! » « Elle me ressemble ! » dit Azurïanne… « Par tous les dieux, où sommes-nous ? » « CHe Fous raconte si tu Feux ! » répond-il faisant bon apôtre.
« CHe suis le Ternier TescenTant et Fous comprenTrez Pien ma CHoie Lorsque CHe Fous ai découFertes Zur les riFes Zuisse-alémaniques ! CHe Fis Zurtout inTépenTant car hélas CHe n’ai pas le choix Sauf la fin que CH’aurais soufferte, chassé par la CHent CHermanique ! »
« Mais quel est ce palais ? » dit une sirène curieuse et passionnée. « Ze sont les tout Terniers FestiCHes tes Krands chevaliers teutoniques AinZi que la Krante fortune dont les attaques occasionnées Ont releFé tout le prestiCHe contre les Zuisse-alémaniques ! »
« Fenez ! CHe Fous fais Fisiter les CHarTins et les plantations Car nous étions FéCHétariens et aKriculteurs compétents ! » Ainsi, en exclusivité, les sirènes en contemplation Découvrent ce que les historiens renient depuis la nuit des temps.
« Restez Tonc ici quelques CHours ; CHe vous conterai nos histoires Car certaines ont Peaucoup d’allure ! » propose l’hôte respectable. « Oui bon merci pour le séjour et ton invitation notoire ! Allons donc nourrir nos silures ! » dit Olivïäne responsable.
« Un inconnu a suivi nos trois sirènes. Éôlïäne qui a des yeux de poisson-lynx l’a repéré tout de suite et l’a laissé s’approcher pour mieux le surprendre. Il s’avère être un personnage assez cocasse… »
Yavänor confident malgré lui
« La tête que fera Alinéor ! » rit Éôlïäne faisant des bulles ; « Finalement, je lui ai pris tout son stock sans rien lui laisser Sauf un mot signé Yavänor disant qu’ÄLLÏÄ est somnambule, Qu’il ne doit pas être surpris et n’pas gronder l’intéressée… »
Ainsi quatre ; trois montés par leurs écuyères Plus un pour nourrir tout le monde, filent tout droit vers l’autre versant. Elles ont décidé pour la forme de prendre la perpendiculaire Pour évaluer la profonde fosse du lac en le traversant.
Ne regardant pas derrière elles, elles ne voient pas que leur sillage Est suivi par un mystérieux triton qui les a prises en chasse. Il n’a rien de surnaturel mais… c’est un mâle dont les écailles Ont ce même motif curieux que celui des trois queues fugaces.
À mi-parcours le paysage offre l’étrange potamot de Suisse ; Une drôle de plante dont les tiges font plusieurs mètres dans ce milieu. « Les poissons-chats ont été sages ; on s’arrête dans ces abysses ! » Dit Azurïanne, noblesse oblige, par sa connaissance des lieux.
« NON MAIS T’ES QUI ET TU FAIS QUOI ? » crie Éôlïäne sans baratin ; « Du calme ! Je n’vous veux aucun mal ! » dit l’inconnu levant les mains ; « ET TU PEUX NOUS DIRE POURQUOI TU NOUS SUIS DEPUIS CE MATIN ? QU’EST-CE T’AS ? UN PROBLÈME ANIMAL QUI POURRAIT S’RÉSOUDRE À LA MAIN ? »
« CHe Fous ai Fues, hier sur la plage et CH’ai remarqué le tartan Te Fos écailles qui est le même que Zelui Te ma parenté ! » Dit-il en montrant l’assemblage de sa queue tout en écartant Le canevas du même thème que celui des trois effrontées.
« Il a raison, le vieux croûton ! VENEZ LES FILLES CONTEMPLER… Et puis d’abord, présente-toi ! Qui es-tu et que nous veux-tu ? » « Ich bin Constantïne, der Triton, Sire de Constance, Z’il Fous plaît ! » Annonce-t-il d’un air courtois, « CH’en ai le titre et le statut ! »
« Nos trois sirènes, n’ayant pas la fibre maternelle, s’ennuient.
Elles m’ont fait part de leur désir d’explorer les profondeurs du lac pour se distraire. Je n’y vois aucun inconvénient. Au contraire, leurs découvertes pourraient se révéler précieuses… Tant que cela ne met pas la communauté en danger, bien entendu… »
Yavänor confident malgré lui
« Lïlïth, Ledalïä, Geminïä ; à présent ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ; Et vu la tête de Nérätïs, on peut en prévoir trois de plus ! Les trois bébés d’ALLEGÔRÏÄ seront bientôt neuf s’il n’y a Pas d’autre amour qui aboutisse avec sa surprise en surplus… »
« Étant donné que j’ai dix doigts, je vous parie avant l’automne ! » Compte Éôlïäne, sûre d’elle à ses deux sœurs approbatrices. « Et nous qui ne sommes que trois, la vie va sembler monotone À devoir tenir la chandelle à ce groupe de reproductrices ! »
« Et tous les hommes passent leur temps à pêcher ou à cuisiner Pour nourrir toute la smala quand ce n’est pas pour… autre chose ! Deux meufs n’ont pas eu leur printemps mais elles paraissent vaccinées ; Elles n’ont pas de grand échalas ou sont atteintes de ménopause… »
« Finalement… » dit Éôlïäne, « il n’y a que nous qui sommes libres Pour explorer et visiter le tréfonds du lac de Constance. Pour le moment, seule Azurïanne a pu trouver ce qui se livre À quelque étrange activité ou quoi que ce soit d’importance ! »
« Te chercherais-tu un amoureux ? » demande Olivïäne impayable… « Certainement pas ! Mais j’en ai marre de pouponner trois tous-petits Et bientôt six, et vigoureux, et puis neuf bouches insatiables À produire un tel tintamarre que je cherche une porte de sortie… »
« D’accord ! Mais plus de hub atlante, je crois qu’on a déjà donné ! » Pose Azurïanne comme condition. « Nous n’avons pas tout parcouru Et puis nous avons d’excellentes montures pour une randonnée Ou partir en expédition sans le moindre risque encouru ! »
« Il nous faut des boîtes de thon pour nourrir nos trois poissons-chats Et tant pis si Alinéor râle et nous voue aux gémonies ! Je vais en chiper dix cartons avec un mot pour le pacha… Ou plutôt alors Yavänor qui partage sans cérémonie ! »
On les appelle « les poseuses » à cause de leurs positions Qui attirent le client debout pour une thalassothérapie. Ensemble, elles paraissent causeuses et se mettent à disposition Pour vous offrir un bain de boue pour toutes les peaux décrépies.
Et alors là, fini de rire car leurs corps nus nappés de boue Vous engloutissent de pied en cap hormis le nez évidemment. Le temps de vivre et de mourir, elles vous remettent debout Et, à coups de clic et de clac, vous giflent concomitamment.
Celle au gros cul est réputée pour taper à coups de nichons Les petits mâles à sa portée bien rondouillards comme il se doit. Il paraît même qu’un député l’aurait traitée de cornichon Et qu’elle l’aurait mal supporté en le fourrant de ses gros doigts.
Quand je caresse ton iris, je suis surpris par la douceur De ses pétales de velours et ses étamines soyeuses. Et n’en déplaise à Osiris et son lotus bleu précurseur, Je le préfère et le savoure malgré sa fleur de vie joyeuse.
Mais voici qu’Osiris se venge et m’aspire dans le cœur béant De ton iris qui se referme une fois qu’il m’a absorbé. À moi de suivre la route des anges qui m’emmène à l’ovule géant Que je féconde car il renferme ma résurrection résorbée.
« L’état clinique de Lïlïth est désormais satisfaisant. Les paramètres maternels sont revenus à la normale et la présentation fœtale demeure stable.
La poursuite d’une alimentation fractionnée, d’une bonne hydratation et d’un repos adapté est recommandée.
La patiente est autorisée à reprendre progressivement ses activités, sous réserve d’éviter tout effort excessif. »
Nérätïs, Princesse d’Atlantïs
« Bien s’hydrater et fractionner les repas, si possible ! » Dit Nérätïs à Alinéor qui ôte viande crue et laitages Et commence à confectionner de petits mets plus accessibles Servis ensuite par Yavänor qui joue son rôle et davantage.
Toute la nuit ils veilleront à trois : Yavänor, Laurelïne et Loreleï ; Chacune évoque les émotions suscitées lors de la journée. « Et Nérätïs qui, de surcroît, fut introuvable… aïe, aïe, aïe ! » Reprend Laurelïne dont la tension a enfin été ajournée.
De temps en temps Alinéor frappe et leur apporte un plateau Il reste un peu pour plaisanter et faire retomber les tensions. Il sirote avec Yavänor un pinot noir de ses côteaux Après leur avoir présenté ses petits fours sans prétention.
Plus tard Yanimïä, aux nouvelles, accompagnée de Nérätïs Vient surveiller le moniteur, pouls, température et tension. Puis, la perfusion, renouvelle avec du sérum d’Atlantïs Et demande aux trois visiteurs de sortir pour les ablutions.
Jusqu’au petit matin ils veillent aucun des trois n’est fatigué ; Parfois l’un ou l’une s’endort et les deux autres veillent à sa place. Vers neuf heures, Lïlïth se réveille et a envie de s’alléguer Un peu de ce beau soleil d’or sur la plage avec une glace.
Éôlïäne ainsi qu’Azurïanne se réjouissent de la voir, En sortant ensemble de l’eau de leurs queues toutes frétillantes, Bientôt rejointes par Olivïäne qui vient tout juste de recevoir L’écho de ce méli-mélo et sa bonne fin émoustillante.
Quelques moules et quelques écrevisses composent un déjeuner frugal Qu’Alinéor tolère à peine pour leur goût jugé « plutôt fade » ! Pourtant les femmes s’en ravissent pour leur matinale fringale Tandis qu’une averse soudaine met fin à la tendre escapade.
« L’examen clinique de Lïlïth a mis en évidence une présentation par le siège, responsable des contractions prématurées observées à notre arrivée.
Une Version par Manœuvre Externe a permis de rétablir une présentation céphalique satisfaisante.
L’état de la mère s’est rapidement stabilisé et une surveillance a été maintenue par précaution. »
Nérätïs, Princesse d’Atlantïs
« Nérätïs ! Merci ÏÄNIMÏÄ ! Tu étais notre dernier espoir ! Lïlïth se sent mal et Cristïäs n’a rien vu ni pu opérer ! Même avec l’aide de Yanimïä nous n’avions nulle échappatoire ; Pénélopïä, depuis Thestïäs, a enfin pu te repérer. »
Lïlïth, allongée, est très pâle ; Cristïäs se tient à son chevet, La valise T.T.A. ouverte et Yanimïä du bout des lèvres : « Elle fait des attaques syncopales et ne parvient pas à se lever Je l’ai légèrement découverte pour lui faire retomber la fièvre ! »
Nérätïs tâte alors Lïlïth et examine son abdomen ; La palpation abdominale repère les masses mobiles, Molles et dures qui facilitent le diagnostic du phénomène. Enfin un toucher vaginal et soudain Nérätïs jubile :
« Il se présente par le siège et provoque l’accouchement Mais je maîtrise la technique qui permet de le retourner ! » « Il se présente par… le piège ? » demande Cristïäs bêtement « Peux-tu ôter ta mécanique et cesser de m’importuner ? »
La Version par Manœuvre Externe de Nérätïs est très rapide ; Après étalement de pommade, elle exerce des pressions douces Afin que les tensions internes amènent la posture turpide À effectuer une roulade au gré des mains qui le repoussent.
« Voilà c’est fait ! » dit Nérätïs. « Le bébé a pris la bonne place ! Je vais la surveiller une heure mais elle va se sentir mieux ! C’est pratiqué sur Atlantïs et c’est souvent moi qui me déplace Car il se peut que la mère meure si l’on ne se montre pas ingénieux ! »
Soudain Lïlïth reprend conscience et paraît vraiment soulagée. « Ah Nérätïs, tu es venue ! J’avais contacté ÏÄNIMÏÄ ; Elle m’a suggéré ta science qui seule pouvait s’envisager. Ce pourquoi on t’a prévenue pour rentrer à ALLEGÔRÏÄ ! »
« Les paysages des Grisons offrent une remarquable initiation aux usages terrestres. Les déplacements les plus lents se révèlent parfois les plus instructifs.
J’envisage sérieusement de recommander cette destination aux voyageurs atlantes. »
Nérätïs, Princesse d’Atlantïs
Les ventres opèrent à distance et Nérätïs est réceptive ; Elle y met tellement de charme qu’ils feront l’amour plusieurs fois. Elle n’oppose aucune résistance à chacune des tentatives De Valérion mais rit aux larmes après avoir joui sept fois.
Le ventre rieur et allègre, ils descendent à « l’Arvenstube » Le restaurant gastronomique pour un déjeuner consistant. L’estomac plein, ils réintègrent avec énergie radoubée Leur chambre pour un érotique petit caprice persistant.
Plus tard, le sentier du Viaduc de Landwasser les hypnotise Avec toujours ce petit train infatigable des sommets. Et c’est la tournée des grands ducs avec assiette de mignardises ; Monsteiner bue avec entrain car il faut savoir assumer !
Ensuite, le sentier FiliTour les conduit dans le vieux village ; Immersion socioculturelle directe aux décors historiques. Après quatorze petits tours auprès des maisons d’un autre âge, La marche paraît naturelle dans cet habitat féérique.
Enfin randonnée ferroviaire obligatoire de l’Albula ; Le train remonte la vallée jusqu’à Bergün, autre village. Tandis qu’une graine pas peu fière métamorphose en morula, Nérätïs se laisse emballer vers Wiesen et ses paysages.
Tous les soirs on rentre au bercail, le cœur chargé de souvenirs Et l’on compense la fatigue en dévorant, l’air ébahi, Jambon cru et des œufs de cailles car Nérätïs doit soutenir Une énorme faim qui l’intrigue mais à laquelle elle obéit.
Un soir quelqu’un frappe à la porte ; c’est Pénélopïä essoufflée : « Votre Altesse doit rentrer car Lïlïth connait des problèmes Des contractions qu’elle supporte mal et dont elle est boursoufflée ! » Immédiatement recentrés, ils partent affronter ce dilemme.
« Le voyage à bord des Chemins de fer Rhétiques s’est déroulé conformément aux attentes. Les visiteurs ont pu constater que certaines lenteurs constituent une qualité lorsqu’elles permettent d’admirer les œuvres de la nature. Les quartiers qui leur sont réservés répondent aux traditions de l’hospitalité atlante.
Aucune anomalie n’est à signaler, hormis la propension de Valérion à confondre fatigue et émerveillement. »
Nérätïs, Princesse d’Atlantïs
En longeant la vallée du Rhin avant l’ascension des montagnes, À bord d’un train de l’éminente enseigne « Chemins de fer Rhétiques », Fendant les vallons riverains, un voyageur et sa compagne Observent la proéminente chaîne des Alpes helvétiques.
L’un des plus beaux voyages en train du monde : le « Bernina Express » Dont les wagons rouges serpentent et relient Coire à l’Italie. Les jeunes gens, de bon entrain, peuvent évacuer tout leur stress Que le panorama enchante avec ses paréidolies.
« Pour moi, la Téléportation aurait été bien plus rapide ! Ton train bien sûr est très joli mais d’une lenteur désespérante ! » « Oui mais son utilisation aurait été trop intrépide Et provoquerait une folie sur les nations belligérantes ! »
« Voici la gare de Filisur ! » annonce Nérätïs impatiente ; « L’hôtel Grischuna nous attend ; j’y ai réservé notre chambre ! » « C’est un remarquable séjour ! » dit Valérion à son amante « J’avoue : ce voyage éreintant m’aura brisé de tous les membres ! »
Situé sur le quai de la gare, l’ancienne bâtisse historique Et son décor traditionnel les accueille dans « l’Arvenstube » Devant une vue qui s’égare sur la nature féerique Avec ses inconditionnels touristes par son charme adoubés.
La chambre, tout en bois d’arolle, offre un silence contemplatif ; Une petite terrasse intime sur un paysage charmant. Nérätïs a tenu parole ; c’est un lieu représentatif D’un petit paradis magnanime pour y accueillir deux amants.
Tandis que Valérion contemple, Nérätïs, elle, a tout rangé, Se rappelant avec humour qu’elle ne le fait pas souvent, Et puis soudain donne l’exemple en s’offrant nue et effrangée Afin d’inviter son amour à un érotisme émouvant.
Quand tu chevaucheras un zèbre, prend garde lorsque tu montes en croupe Au coup de queue qui s’ensuivra si tu n’es pas à la hauteur. Fais attention à tes vertèbres quand tu auras le vent en poupe Lorsque l’animal poursuivra les lignes dont tu es l’auteur.
Sous le pinceau qui te dessine, l’illusion devient ton armure, Le noir et le blanc se confondent en un étrange battement. Tu n’es plus l’homme, ni la bête, mais une vivante rhapsodie, Qui court au gré de ses rayures vers un éternel changement.
Photo de Lennette Newell sur https:lennettenewell.com .
Bien que Pi soit irrationnel et qu’il échappe à la raison, Ses effets sont universels et organisent nos saisons. La sphère règne interplanétaire et même les étoiles brillantes Ont cette forme élémentaire comme figure bienveillante.
Et si c’est rond, sans doute alors Dieu et ses anges le sont aussi Avec Marie au ventre rond hormis Jésus, crucifié. À moins qu’il marque par sa mort le centre du cercle concis Pour dessiner aux environs la cible à disqualifier.
Tableaux de Sam Brown sur https:www.ceruleansam.comsamartprints .
« La mission d’exploration et d’échanges culturels conduite sur Thestïäs confirme l’intérêt d’un rapprochement avec Atlantïs. Nérätïs a rencontré une personne digne d’intérêt. Elle a prolongé ses échanges avec Valérion afin d’évaluer, sans précipitation, la portée personnelle de cette rencontre. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Comment Nérätïs, une princesse, belle, intelligente et bien faite, Est-elle toujours célibataire alors qu’elle offre un bon parti ? Parce que les princes… quelle détresse ! des pédants aux humeurs surfaites ; Alors cette escapade sur Terre est une meilleure répartie.
Mais la rencontre avec Cristïäs, ORPHÉÔN, ÄLLÏÄ et STELLÏÄ Lui ouvre de nouveaux horizons vers des personnes plus sympathiques. Ceux-là sont pris mais sur Thestïäs… sans doute d’autres héros, il y a ? Voilà qui change de la prison d’un mariage politique…
Et ce poète Yavänor… un anti-héros attachant ! Et le bel Irénée-le-jeune ! Et l’histoire de Ô ÏÄMÔURÏÄ ! Et le beau chantre Alinéor… chef cuisinier si alléchant ! Elle est séduite par la fashion du monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ !
Oui mais il faut en trouver d’autres… et où donc sinon sur Thestïäs, Berceau de tous les Irénée et l’aval de son intellect. Irénée désigné apôtre la guidera mieux que Cristïäs Qui risquerait de la freiner par ses lacunes en dialectes.
Valérion lui plaît ; cependant elle aimerait mieux le connaître Le draguer est chose facile ; les femmes cultivent cet avantage. Elle va sonder ce prétendant… A-t-il du charme, du bien-être ? Lui parler n’est pas difficile et le sonder, pas davantage…
Valérion est idéaliste, épicurien et touche-à-tout ; Pourvu de diplômes il se trouve juste à la croisée des chemins. Il hésite entre spécialiste… en quoi ? Il a tous les atouts ! Ce qu’il lui manque, il le découvre par celle qui lui tend la main…
Aller sur Terre… pourquoi pas ? Ou sur Atlantïs… c’est tentant. Il n’a aucun engagement et veut ouvrir son horizon. Et Nérätïs et ses appas… en un mot, il est : consentant. Il annonce sans ménagement : « Allons visiter les Grisons ! »
« L’absence momentanée d’Irénée-le-jeune, signalée avec un léger retard par les convives d’Ô ALLEGÔRÏÄ, ne relevait d’aucune disparition inquiétante. À la demande de Son Altesse Nérätïs, et avec l’accord formel de Geminïä, l’intéressé a effectué une mission de représentation sur Thestïäs afin d’y recueillir des informations d’ordre monarchologique. Les premiers résultats semblent dépasser les objectifs initiaux de cette délégation. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Nérätïs et le jeune Irénée avaient déjà sympathisé Non pas pour devenir amants quoique… elle n’aurait pas dit non… Mais après une course effrénée à chercher à localiser Nos Pieds-nickelés du moment, ils étaient amis pour de bon.
Nérätïs rêvait de Thestïäs et envisageait une union Mais il y avait le protocole : une princesse ne part pas draguer ! Elle a demandé à Cristïäs mais ce ne sont pas ses oignons Et seul le jeune prince caracole en tête des fils prodigués.
Geminïä a tout préparé : sauf-conduit, lettres de noblesse Et l’arbre généalogique de la Dynastie d’Atlantïs. Nérätïs est désemparée mais elle lui a fait la promesse De l’aide monarchologique que ses aïeux lui garantissent.
« Ouais bon ! Tout ça, c’est des papiers ! » dit Irénée pour couper court. « Je t’emmène voir mes copains parmi l’élite des champions De la fine fleur du quartier dans une faune hors-concours : Autour de “la pomme de pin”, un bal musette sous les lampions ! »
Ça chante, ça danse et ça boit et les discussions vont bon train Notamment avec Valérion, un guitariste de renom. Plus tard, comme une biche aux abois, elle repense avec entrain À retrouver ce fils d’Orion qui l’a séduite pour de bon.
Irénée connaît Valérion, amis d’enfance et frères d’armes ; Alors pour ne pas s’imposer, il griffonne un bout de papier Et quitte leur amphitryon pour rejoindre celle qui charme Ses jours et ses nuits, disposée à faire de lui son chevalier.
Quand il regagne ses pénates, Ô ALLEGORÏÄ est en fête ! On mange, on boit, on chante, on danse dans une histérie collective. « As-tu été bon diplomate ? » demande Geminïä satisfaite ; Il rit et, dans ces circonstances, embrasse celle qui le captive.
Les eaux du beau Danube bleu ont frémi jusqu’à la mer Noire Quand Loreleï portant l’escarboucle a traversé villes et villages. Remous de vase, remous sableux, on n’avait jamais de mémoire Vu les vagues faire autant de boucles et de troubles dans le sillage.
Puis, par le détroit du Bosphore et par la méditerranée, Elle a regagné l’Atlantique, le Cap Horn et le Pacifique Pour retrouver les sémaphores du dernier phare suranné Où le vieux gardien nostalgique attend sa fin honorifique.
Et Loreleï lui fera l’amour jusqu’à jouir d’une épectase Pour partir d’une mort sereine parmi les vagues scélérates. Loreleï appréciera l’humour de l’homme qui, en pleine extase, A su amuser sa sirène par ses histoires de pirates.
Au matin l’orange me ronge : est-ce la couleur des jumelles Qui chasse tous mes bleus de l’âme par leur complémentarité ? La vie en rose se prolonge lorsqu’elles dardent leurs mamelles En souriant, la bouche en flamme, ensemble par solidarité.
Malgré nos rapports très intimes, je reste à ce jour incapable De distinguer de l’extérieur quelle est celle qui me fait renaître ! L’une est mon épouse légitime, l’autre sa sœur, tellement semblable Qu’il n’y a que de l’intérieur que je sais mieux les reconnaître.
« La nuit écoulée n’a permis de recueillir aucune donnée exploitable. Les échanges prévus entre les différents participants ont rapidement cessé de relever de l’observation pour devenir une succession d’événements dont je fus moi-même partie prenante. Je m’excuse par avance de mon écriture saccadée.
Je constate que certains phénomènes affectifs semblent désormais altérer le jugement de l’observateur autant que celui des personnes observées. Cette conclusion me préoccupe… beaucoup moins qu’hier. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Le soleil est déjà levé pourtant Ô ALLEGÔRÏÄ dort… Un sommeil contaminateur semble dominer les LLyrïädes… Dans une chambre quatre corps lovés sont perdus dans leurs rêves d’or Un commun dénominateur se serait répandu par myriades.
Lentement Alinéor pénètre la cuisine tout ensoleillée Avec pas mal de courbatures et une tension dans le bas-ventre. « Eh bien il faut le reconnaître ; les confidences sur l’oreiller Ont pris toute une autre tournure avec l’amour en épicentre ! »
Cristïäs fait aussi son entrée dans le même état fracassé : « Je ne sais ce qu’a eu STELLÏÄ mais elle était insatiable ! » ORPHÉÔN, tout déconcentré, semble avoir été tabassé : « Je n’avais jamais vu ÄLLÏÄ d’humeur aussi inoubliable ! »
« Et moi j’en ai honoré trois ! » lance Yavänor à l’assemblée « Vite ! Fais-nous ton “Debout les morts” sinon je vais m’évanouir ! Nous en avons payé l’octroi et puis nous devons rassembler Nos pensées sans perdre le nord en les laissant s’épanouir ! »
« Je vais retourner à la pêche car c’est la seule activité Que je sois capable de faire ! » Dit Cristïäs tout courbaturé. « Je t’accompagne ! Je me dépêche ! » dit ORPHÉÔN sollicité ; « Je participe à votre affaire ! » dit Yavänor contracturé.
« Quant à moi j’aurai du travail pour réconforter nos compagnes ! Protéines, lipides et glucides ; Sucres lents et des vitamines ! Et pour calmer les représailles, j’ajoute un pâté de campagne, Du vin clairet bien translucide et du cidre pour les gamines ! »
Et Alinéor tambouriner marmites, poêles et casseroles, Ciseler courgettes ventrues et tous les légumes qu’il trouve Sous la main pour s’enfariner, gâteaux, tartes et profiteroles Quand soudain sept voix tonitruent : « Nous avons une faim de louve ! »
« Les manifestations observées cette nuit ne relèvent d’aucun phénomène biologique connu. Trois futures mères ont été simultanément saisies d’un fou rire irrépressible tandis que les mouvements fœtaux semblaient répondre à une seule voix : celle de Yavänor.
Je ne puis exclure l’hypothèse que l’amour, lorsqu’il atteint une certaine intensité, devienne lui-même un langage transmissible avant même la naissance. Je reconnais avoir ri avec elles sans parvenir à poursuivre mes observations. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Cette nuit-là Lïlïth a rejoint ses filles comme à son habitude ; Elle aime partager les moments des intimités amoureuses. Mais à l’instant où leur conjoint leur parle avec béatitudes Elle ressent son corps de maman vibrer d’une onde savoureuse.
Alors elle commence à rire mais plus Yavänor lui demande Si tout va bien, elle convulse, semble agitée de plusieurs spasmes. Puis brusquement c’est un fou rire comme déclenché sur commande « Mes enfants, c’est lui qui m’impulse une charibotée d’orgasmes ! »
« Touchez mon ventre ! Vous sentirez ces petits mouvements opposés Qui réagissent, quand Yavänor parle, par des à-coups insolites ! » Une fois le haut retiré trois mains prudes vont se poser Sur la surface de l’athénor du ventre bombé de Lïlïth.
Yavänor récite un poème et le ventre « éclate de rire » Puis il arrête de réciter et le ventre se tranquillise. Il dit alors « Bébé je t’aime » et les rires soudain empirent Alors Lïlïth tout excitée se met à faire des vocalises.
« Ce n’est pas qu’il te reconnaît mais c’est bien au-delà de ça ! Il doit lire dans tes pensées et réagit selon ta voix ! » « Je n’sens rien en moi résonner ! » dit Yavänor, couci-couça… « Il n’est pas assez avancé… c’est la toute première fois ! »
« C’est une autre instance de toi ! » explique Lïlïth entre deux rires. « Je ne sais par quel phénomène mais vous échangez vos pensées. Plus tu t’approches et le côtoies, plus il doit se mettre à sourire Et exciter mon abdomen comme pour me récompenser ! »
Or Ledalïä et Geminïä font irruption en s’écriant : « On ne sait pas ce qui se passe mais nos gros ventres se bidonnent Et on se prendrait pour Budaï ! » et Lïlïth répondre en riant : « Ah mes enfants ! Ça me dépasse ! Franchement, plus rien ne m’étonne ! »
« Les observations ne permettent plus de distinguer ce qui relève de l’émotion, de l’instinct ou de la simple proximité affective. Les premiers symptômes de la contagion ont été observés chez les femmes de notre communauté.
Les derniers relevés indiquent que personne ne semble désormais totalement immunisé. Ni les femmes, ni les hommes.
Je reconnais éprouver moi-même une difficulté croissante à conserver le recul nécessaire à cette étude. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Les ventres deviennent contagieux et des papillons s’insinuent Dans d’autres ventres aussi fertiles de celle qui hier étaient pucelles. Comme le mouvement prodigieux qui se propage en continu Par d’invisibles projectiles cherchant de nouvelles nacelles.
STELLÏÄ a déjà préparé le terrain, il y a trois jours Cristïäs ne le sait pas encore mais sa fille est déjà en route. ÄLLÏÄ ne veut pas s’égarer de sa tâche durant leur séjour Mais sa résistance s’édulcore, petit à petit, goutte à goutte…
Laurelïne & Loreleï donnent le sein à trois petites bouches affamées Elles pensent à faire d’autres enfants l’année prochaine sûrement. Mais l’allaitement sacro-saint les comble et les fait se pâmer D’un sentiment bien triomphant d’être une mère, tout simplement.
Éôlïäne trouve attendrissant bien qu’elle se dise qu’elle a le temps… Azurïanne est du même avis pourtant la décision est prise. Et Olivïäne en grandissant se souviendra de cet instant Où un vœu de donner la vie l’aura titillée sans surprise.
Quant à Nérätïs, elle soupire… elle se demande si un jour Elle découvrira le père qui conviendra à son enfant. Yanimïä, bien sûr, y aspire mais elle a tellement d’amour Qu’elle manque un peu de repères fors des projets plus étoffants.
ORPHÉÔN, bien sûr, est touché ; il a tellement chanté l’amour… Cristïäs est déstabilisé ; STELLÏÄ lui parait différente… Alinéor a débouché une bouteille avec humour… Yavänor se sent divisé dans une émotion récurrente…
Lïlïth sent un courant qui passe ; ça se voit dans tous les regards Et Ledalïä sent s’insérer une étrange paix en renfort. Geminïä leur parle à voix basse : « Pourquoi ont-ils tous l’air hagard ? » ÄLLÏÄ sent son cœur la serrer ; l’amour est toujours le plus fort…
Les dernières semaines précédant les trois naissances ont profondément modifié les habitudes de la maison. Les futures mères ne sont plus jamais seules ; autour d’elles, chacun trouve naturellement sa place.
Il semblerait qu’une tribu se reconnaisse moins au nombre de ses membres qu’à la manière dont elle attend ses enfants. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Dans leur dernier mois de grossesse, elles sont devenues inséparables Et sont avides de contacts à même leurs ventres bombés. Ces petits moments d’allégresse deviennent tellement innombrables Qu’elles ont un canapé compact auquel elles ont succombé.
On pensait qu’elles communiquaient mais, en y prêtant attention, Elles ne parlent pas avec leur bouche mais par leurs ventres interposés. À croire que le revendiquaient les trois bébés sans prétention Jusqu’à ce que leurs mères accouchent d’une fratrie recomposée.
Et c’est un spectacle charmant de voir déambuler ces ventres, Se réunir, se caresser, passer le plus de temps ensemble. Une triade de mamans avec toujours Lïlïth au centre Et puis ses consœurs se presser comme trois cœurs qui se rassemblent.
Comme il fait chaud, c’est ventre nu qu’on vit partout dans la maison Et les hommes, admiratifs, sont médusés par leurs beautés. Chacun contemple, sans retenue, le miracle en cette saison Comme un prélude contemplatif de trois bébés à dorloter.
Il est huit heures, les ventres s’éveillent et vont prendre leur bain de mer ; Ils aiment plonger dans le lac et flotter les membres en croix. Il est midi, ils s’émerveillent des plats spéciaux « futures mères » Puis vont siester dans un hamac évidemment prévu pour trois.
Alors on embrasse les ventres, on leur dit « bonjour mon petit ! » Désormais c’est un rituel et les mamans ne sont pas peu fières. Toute l’attention se concentre et met tout le monde en empathie Même Éôlïane, spirituelle, les compare à des montgolfières.
Comme Alinéor se surpasse, c’est donc la fête tous les jours ! ÄLLÏÄ assure le suivi, ORPHÉÔN l’improvisation. Chacun ses tours de passe-passe pour améliorer le séjour Et chacun compte avec envie les jours de finalisation.
Les dernières semaines de gestation ont révélé un phénomène inattendu. Les trois futures mères recherchent spontanément la présence l’une de l’autre. Les échanges de regards, de gestes et de paroles semblent s’accompagner d’une étrange complicité entre les enfants à naître.
Pratiquement chaque nuit, les ventres se frôlent et se touchent et semblent converser eux-mêmes dans la cuisine d’une sororité matriarcale. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Une heure du matin et trois ventres se retrouvent ensemble en cuisine : « Je n’en peux plus de tout ce poids et avec cette canicule ! » « Moi pareil ! Je me déconcentre même en lisant un magazine ! » « Moi, j’ai des envies de petits pois à en friser le ridicule ! »
« J’ai enfanté tellement d’enfants ! Pourtant c’est la première fois Que j’ai tant de complicités avec cet hôte de valeur ! Je le vois porter, triomphant, notre bannière avec la voix D’un protecteur plébiscité par sa famille avec chaleur ! »
« Je rêve de faire son portrait et l’accrocher dans le salon ; Je me vois remplir son album de toutes ses étapes de vie ; Collectionner tous les extraits de journaux sur mon étalon Qui n’est pas plus grand que trois pommes mais qui schtroumpfement me ravit ! »
« Je le vois parcourir le monde à la rencontre de l’inconnu ; Parler à toutes sortes de gens et établir des relations ; Communiquer d’une faconde très remarquable et reconnue Gagner suffisamment d’argent pour notre chère fondation ! »
« J’aime bien me faire chouchouter blotti entre deux ventres mères Qui me racontent leurs grossesses et leur délivrance dernière. J’aime leurs abdomens veloutés et leurs capacités mammaires Qui me rassurent et me professent une aptitude pouponnière ! »
« J’ai constamment de l’appétit et mon chéri sait mijoter Des petits plats qui vont donner de belles formes à ma fille ! Les grands plats comme les petits défilent afin de m’ôter Toute inquiétude pour m’adonner à satisfaire mes papilles ! »
« J’ai l’impression d’être un ballon qui s’élèverait vers l’azur ; De n’être qu’une planète ronde contenant son petit trésor ! Je m’allonge dans le salon sans prendre la moindre mesure, Simplement heureuse et féconde pour mon petit énergivore ! »
« Les premiers essais de Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée ont confirmé qu’une assistance discrète à la médecine pouvait également ouvrir des perspectives inattendues dans plusieurs domaines du quotidien. Les participants se sont montrés étonnamment entreprenants.
L’assemblée a conclu que les applications humanitaires de la T.T.A. devaient demeurer prioritaires. Les applications miraculeuses et gastronomiques proposées n’ont rencontré aucune opposition. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Le soir, à table, Lïlïth s’exclame : « Nous sommes passés à côté Du grand miracle technologique quand vous m’avez sauvé la vie ! Je ne ferai pas de réclame mais vous nous avez concocté Une médecine magique qui mérite d’être poursuivie ! »
Cristïäs s’en mêle : « Mais attention ! Il faut un outil transportable Que contiendrait une valise et permettrait d’intervenir À peu de frais dans l’intention de proposer l’inespérable : Une guérison qui avalise sa réussite à l’avenir ! »
« Et je propose d’étudier les nombreux cas sur internet ! Toutes maladies orphelines et les affections incurables Pour ne pas être radiés par les médecins de la planète Puisqu’alors eux-mêmes déclinent une thérapeutique comparable ! »
« L’idée me plaît ! » acquiesce Lïlïth et je veux être la première À savoir l’expérimenter car j’ai de l’autocomplétion En herboristerie d’élite pour jeter assez de lumière Pas vraiment pour bonimenter mais pour meilleure discrétion ! »
« Et moi aussi je veux en être ! » Dit Yanimïä toute guillerette Je pourrai faire des miracles qui réussissent à tous les coups ! Guérir les jeunes et les ancêtres avec petite facturette ; Rendre la vue grâce à l’oracle aux aveugles mais avec surcoût ! »
« Avec mes boîtes de conserve… » dit Alinéor qui s’empresse : « Je proposerai des repas pour femmes “ garantis minceur”. Il vous suffirait, sous réserve, d’éliminer l’excès de graisse Et pour cela je ne vois pas ce que pourraient dire les censeurs ! »
« Je crois qu’on a tous fait le tour et que nous tenons quelque chose ! » Conclut Yavänor qui perçoit tout son enjeu économique. « Et humanitaire, mon amour ! » Dit Laurelïne versant à la cause Tout son aval, ce qui sursoit à toute critique gnomique.
« Après examen des aspects scientifiques, économiques et diplomatiques de la téléportation, l’assemblée a décidé de ne créer ni commerce, ni concurrence, ni clientèle. Le dossier a été archivé à l’unanimité. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
L’idée de rentabilité avec la Téléportation Fut proposée par Alinéor on ne se souvient pas pourquoi… Sans doute la comptabilité des légumes à l’importation Ou un projet que Yavänor n’a pas dû trouver adéquat…
Ensuite Lïlïth intervient : « C’n’est pas la rentabilité Qui est importante – bien que faste – mais plutôt l’exclusivité ! » Ce en quoi Yavänor convient : « Coupons la probabilité D’une concurrence néfaste par un brevet illimité ! »
« Le gros problème avec la Terre concerne leur technologie Qui consiste à viser la Lune, rêver de Mars et faire la guerre ! » Dit Cristïäs, assez terre-à-terre mais empreint de psychologie. « Thestïäs est plutôt opportune tandis qu’Atlantïs ne l’est guère… »
« Mouais… Et les seuls clients potentiels seraient ces deux fous d’Irénée Qui sont justement ceux qui doivent tout ignorer de notre science ! N’empêche qu’il est essentiel qu’un brevet vienne rasséréner Ses inventeurs qui ne conçoivent que l’apaisement de leurs consciences ! »
Lïlïth : « Nos idées adventices pour être rentables seront cachées… À la Terre avec aversion envers leur côté belliqueux ; À Atlantïs pour leur Mantisse à laquelle ils sont attachés ; À Thestïäs pour la perversion de deux contrebandiers véreux. »
« Alors la Guilde a pour mission de ne jamais devenir active ; La duplication également pour antimatière nuisible. Ainsi la Téléportation, bien qu’au départ très attractive, Reste définitivement notre application exclusive ! »
ÄLLÏÄ, en bonne secrétaire, déclare terminée l’assemblée. L’ordre du jour est arrivé à faire l’unanimité. Les LLyrïädes restent propriétaires de ce qui parait ressembler À un concept à archiver dans la grande anonymité.
« La discussion consacrée aux limites de la téléportation a mis en évidence qu’une duplication de matière pourrait engendrer son anti-équivalent. Cristïäs a rappelé que son procédé ne déplace que l’existant.
Mais les débats sur la duplication de matière ont confirmé que certaines expériences ne doivent pas être tentées sans réflexion préalable. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je me demande… » dit Yavänor… « Si avec ta Télémémoire… » « Que veux-tu dire ? » demande Cristïäs tandis qu’au hasard Yavänor Ouvre un livre sur « Aliénor » qu’il ne connaît pas de mémoire Mais qu’il décide assez cocasse pour faire un défi à la mort.
« Si, en recherchant Aliénor – si possibilité il y a – Tu essaies de téléporter son corps, son âme, son essence ? » « Ce serait drôle ! » dit Alinéor. « Et surprenant ! » ajoute ÄLLÏÄ « C’est peut-être à notre portée… » pense Cristïäs avec aisance.
« Si tu peux la téléporter alors elle cesse d’exister À son époque et disparaît de toutes les encyclopédies ! » Tranche Ledalïä transportée par la seule nécessité D’une logique qui apparaît source de tabous et de non-dit.
« La téléportation n’est pas comme une photocopieuse ! » Dit Cristïäs, pensif néanmoins, et continuant plus encore : « On déplace mais on ne crée pas de quelque façon insidieuse… Sauf sauver quelqu’un sur le point de mourir sans laisser de corps… »
« Ce n’est qu’un simple déplacement ! Quant à dupliquer la matière… Ce n’est pas dans mes compétences, il faut vous adresser à Dieu ! » Conclut Cristïäs hâtivement afin de dresser une frontière Aux impossibles concomitances de problèmes autant fastidieux.
« Mais bien sûr que tout est possible ! » dit une voix fixant ÄLLÏÄ « Et ta faute est génératrice : en créant de l’antimatière Tu as su créer l’impossible et… deux oiseaux ! » s’écrie STELLÏÄ. « Mais cette erreur révélatrice reste une erreur à part entière ! »
« Mais nous ne pouvons l’écarter ! » dit Yavänor, objectivant : « La boîte de Pandore ouverte, nous ne pouvons rien séparer ! Comme tu l’as dit en aparté, d’autres que toi en poursuivant, Peuvent en faire la découverte ; mieux vaut donc nous y préparer ! »
Je m’enfuis dans le premier rêve qui entre en gare de minuit Et je cherche un compartiment avec quelques pages gratuites. J’y écris très vite et sans trêve le premier roman de la nuit Et je le jette pertinemment pour, demain soir, lire la suite.
Le lendemain je recommence mais je plonge nue dans cette encre Qui sent une écriture intime mêlée de désirs et de morts. Et là, bercée par la romance, au beau milieu je jette l’ancre De ce bateau illégitime que je vole sans moindre remords.
La prochaine fois, foi d’Éôlïäne, j’affrèterai ma propre nef Pour aller au-delà des mers et au-delà des horizons. Si j’ai besoin d’un fil d’ariane, j’affrèterai un astronef Pour franchir l’univers amer et en exploser sa prison !
Enfin voilà ! Il était temps ; Dieu commençait à s’énerver ! Trop de ratages précédents lui faisait douter de ses héros. Avec ça, c’est plus excitant de voir les deux chairs s’innerver Et faire, à leurs corps défendants, la chute au prochain numéro !
Sa femme applaudit le chef-d’œuvre ; ça claque comme un coup de tonnerre ; Les anges saluent les nichons décoratifs de l’art nouveau Mais Dieu regarde sa manœuvre et murmure en serrant les nerfs : « Pourvu que ces deux cornichons ne s’enflent pas trop du cerveau ! »
Mais les jambons déséquilibrent les deux boules avec une saucisse Et les sextoys au sex-appeal sont bien trop proches de la sortie ! Ça va chier pour l’équilibre et pour qu’enfin ça réussisse, Je vais écrire toute une pile de commandements assortis !