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  • La pêche à la grenouille

    « Les météorologues ont emprunté mes bocaux pour y installer leurs grenouilles.

    La pluie est bien tombée.
    Le sommeil, beaucoup moins.

    Je récupérerai demain mon matériel, après évacuation des pensionnaires et désinfection complète.

    Je n’avais encore jamais mis autant de bruit en conserve. »

    Alinéor, Poète-cuisinier d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Faute d’une meilleure idée, l’après-midi est consacré
    À une pêche à la grenouille dans les milieux gastéropodes.
    Le directeur a décidé au vu du colloque exécré
    Que, faute de rentrer bredouille, rien ne vaut les vieilles méthodes.

    Il distribue les épuisettes en délimitant le terrain ;
    Il leur apprend à coasser comme on le fait localement.
    Et tous, sans tambour ni trompette, se déploient en amont du Rhin
    Après avoir bien potassé l’accent batracien-allemand.

    Mais, pas si bête que l’on croit, la grenouille alpine est maligne ;
    Le soir, ils n’en ont pas trouvé, le problème devient dramatique.
    Malgré tous les nombreux « Croa ! Croa », il n’y en a pas le moindre signe
    Et leur échec tend à prouver qu’ils n’ont pas la meilleure pratique.

    Tous, à la tombée de la nuit, par conseils locaux inouïs,
    Reviennent avec lampe de poche, épuisette et de l’assurance.
    Et, aussitôt qu’un reflet luit, car la grenouille est éblouie,
    On rabat la nasse qui l’empoche avec doigté et fulgurance.

    On remercie les vieux pêcheurs et l’on retourne au séminaire
    Pour y recenser les bocaux et des échelles miniatures.
    Alinéor, l’esprit bêcheur, qui se les garde d’ordinaire,
    Regimbe à laisser ces « locos » prendre son stock de confitures.

    On les installe dans le hangar près d’un vieux Lockheed Electra
    Dans un biosystème favorable organisé à claire-voie.
    Toutes les grenouilles, l’air hagard, coassent derrière les claustras
    Car cette pêche mémorable les avait toutes laissées sans voix.

    Des gouttes se mettent à tomber ; c’est certainement un bon signe !
    Tous regagnent leurs chambres épuisés par l’acquisition des trophées.
    C’est sans compter les retombées des coassements plutôt indignes
    Qui les empêchent d’aller puiser le sommeil aux bras de Morphée.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le dérèglement climatique

    « Le séminaire a enfin abordé son véritable sujet : le dérèglement climatique.

    Nos douze experts ont étudié les catastrophes passées, aggravé celles à venir et provoqué plusieurs perturbations dans la salle de conférences.

    Leurs conclusions sont formelles : le climat manque de scientifiques pour lui expliquer ce qu’il doit faire.

    La grenouille ayant quitté son bocal, aucune amélioration n’est prévue. »

    Constantïne, Maître de la maison d’hôtes d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Aux vieux oracles, le nombre treize a bien dû leur porter malheur ;
    En effet, Sébastien Fourrien, l’animateur, a disparu.
    Malgré l’étonnante exérèse, restent des hommes de valeur
    Pour étudier entre terriens tous les phénomènes apparus.

    Alain-Julôt Prêtrée, en chaire, nommé directeur de recherche ;
    Albert Simonix, son adjoint et Jean Cap-Breton, secrétaire.
    L’ordre du jour, ce sont les enchères tombant de la plus haute perche
    Du catastrophisme à pieds joints dans un scandale pamphlétaire.

    Laurent Broumette prend la parole : « Messieurs, le temps est comme un gouffre
    Où pleuvent mille suppositions mais, grâce à l’argent des impôts,
    Nous avons maintes casseroles que nous avons remplies de soufre
    Afin que leur exposition réfléchisse le soleil plein pot ! »

    Michel Quartdos n’est pas d’accord : « Quand les casseroles voleront,
    Tu en seras chef d’escadrille ! » – s’ensuivent des rires enregistrés.
    « Ce qu’il nous faut, c’est un raccord sur les nuages qui pluvioteront
    Directement dans un quadrille que nous aurons tous orchestré ! »

    Laurent Cabriolet bondit et Patrice Breveté, aussi.
    « Vous êtes des fous aliénés avec vos procédés antiques !
    Le dérèglement s’agrandit et les orages ont dégrossi,
    De Bretagne jusqu’aux Pyrénées, toutes les côtes de l’Atlantique. »

    Joël Collaro renchérit : « Nous sommes des scientifiques ! »
    Jacques Caisse-Claire répartit : « Vous manquez d’imagination ! »
    Louis Boudin inventorie : « Vos propos sont soporifiques ! »
    Denis Vingtcentimes compatit : « Vous êtes les pitres de la nation ! »

    « Puisque nous sommes tous d’accord pour nous fâcher les uns les autres,
    Revenons-en à la grenouille ! » conclut Laurent Roméchaos.
    « Elle se fiche de nos désaccords et se montrera bonne apôtre
    Lorsqu’elle sortira bredouille de son bocal en plein chaos ! »

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le repos de la sorcière

    Le repos de la sorcière

    Dans son chaudron fumant, la sorcière se repose,
    Après avoir tâté des hommes et leurs esprits.
    Elle a mêlé leurs peurs à leurs rêves moroses
    Et les a vus danser comme des merlans frits.

    Un peu d’illusion chaude et d’espoir suggéré,
    Quelques coups cajoleurs, une petite secousse ;
    On y jette un mensonge, rien que pour ulcérer,
    Mais qu’on avale encore tant sa saveur est douce.

    Et tandis qu’ils s’agitent croyant choisir leur voie,
    Elle sourit, tranquille en son bain parfumé
    Car le plus sûr des sorts n’est pas celui qu’on voit
    Mais celui qui soudain disparaît en fumée.

    Illustration de Ren Wicks.

  • L’affaire du collier

    L’affaire du collier

    « Sous les seins ou bien par-dessus ? Doit-il cacher le mamelon
    Ou en souligner la courbure sans le montrer, rien que pour plaire…
    Et ces pauvres regards déçus dont l’effet dans le pantalon
    Me fait plisser les commissures, ne sont pas trop pour me déplaire !

    Alors je laisse choir le voile au gré d’un geste nonchalant,
    Ni tout à fait abandonné, ni même tenu par la raison
    Car le secret, qui se dévoile, devient plus vif en se cachant
    Et fait renaître à vue de nez de folles rumeurs à l’horizon.

    Et si mes doigts jouent avec l’ombre au bord du visible interdit,
    C’est pour troubler sans jamais dire où se situe mon hameçon.
    Et qui me frôle dans la pénombre,cherche d’une main assez hardie
    Son désir dont je peux prédire ce qui se passe dans le caleçon ! »

    Tableau de Delphin Enjolras.

  • La phyto-psychanalyse

    « Rapport de taille.

    Les douze participants présentaient une végétation faciale particulièrement envahissante.

    J’ai commencé par les barbes fleuries, puis les moustaches en ramures.
    Les rouflaquettes ont nécessité la serpette.
    Les champignons n’étaient pas comestibles.

    Quant aux tétons-lumignons, ils ne relèvent pas de mes compétences. »

    Alinéor, Poète-Cuisinier & Jardinier

    Grâce aux trois génies combinés d’Atlantïs, Thestïäs et la Terre,
    Cristïäs a pu synthétiser les trois principes élémentaux,
    Car il a su embobiner Lïlïth ès-phytosanitaire
    Qui lui a caractérisé les trois bulbes fondamentaux.

    Du bulbe floral au mental étendu au bulbe rachidien,
    Il va relier les électrodes depuis les plantes télépathiques
    Par un lien expérimental sur le canal thyroïdien
    Tandis que les sirènes rôdent près des serveurs automatiques.

    Branché, le directeur transmet une vision phallocratique,
    Montrant les sirènes enchaînées comme maîtresses océaniennes.
    Le deuxième, lui, a fantasmé sur le fantôme pornocratique
    Qui, par le corps, l’a entraîné à la jouissance sirénienne.

    Tous subissent la détection de la représentation psychique
    Qui montre la mythomanie des mâles aux mœurs libidineuses.
    Pas une ne fait exception ; les trois sirènes au beau physique,
    Soumises à l’érotomanie, sont traitées comme tapineuses.

    Tous ces modèles de vertus, se révélant de vieux cochons,
    Déclenchent chez elles une vengeance jusqu’à l’entière déraison.
    Les sirènes alors s’évertuent à se monter le bourrichon
    Et envoient à cette triste engeance des hormones de floraison.

    Voici que douze barbes fleuries poussent comme des champignons ;
    Ici des moustaches en ramures, là des rouflaquettes suspendues.
    Et, comble de leur muflerie, des petits tétons-lumignons
    Qui brillent comme une parure de Noël fort inattendue.

    Passage au coiffeur obligé ou plutôt chez le jardinier
    Qui, à grands coups de sécateur, de faucille, de faux, de serpette,
    Mettra du temps à corriger ce renouveau très printanier
    Qui infligera, imprécateur, une leçon à ceux qui rouspètent.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä sur une idée de Geminïä.

  • Cryothérapie aquatique

    « Rapport de cryothérapie.

    Les douze participants ont parfaitement résisté au froid.
    L’un d’eux a toutefois perdu un élément que nous n’avons pas retrouvé dans le bassin.

    Afin d’éviter un nouvel incident, j’ai installé une résistance électrique sur chaque appareil reproducteur.
    L’impédance a provoqué une rigidité persistante dont j’ignore encore la durée.

    Les sirènes m’ont demandé de ne surtout rien modifier avant la fin du séminaire.
    La photographie montre que les patients vivent très bien avec les résultats. »

    Cristïäs, Maître de Technologie sur Thestïäs

    La réduction des parties nobles jusqu’à leur plus simple expression
    Doit être assez scientifique pour que Cristïäs, innocemment,
    Participe à une farce ignoble mais comique dans la transgression
    De la suprématie phallique dans cette expérience, notamment.

    Cristïäs nous a donc isolé, dans ÔPHÉLÏÄ, un grand bassin
    Pour faire un test de résistance de plongée dans une eau gelée.
    Les sirènes y nagent, désolées de montrer leurs tout petits seins
    Réduits par le froid à outrance comme petites pommes congelées.

    Le directeur plonge très digne, très bleu de froid également…
    Tellement digne qu’on le ressort car il commençait à geler.
    Le deuxième ne montre aucun signe, ce qui inquiète vitalement
    Son responsable sensible au sort quant à ses membres morcelés.

    Tous plongent nus évidemment, la virilité est à ce prix
    Mais vu les réductions acquises, les prix dégringolent aussi.
    Un membre accidentellement a perdu le sien au mépris
    De toute l’attention requise contre l’effet du couteau-scie.

    Pour mieux les maintenir en vie, Cristïäs place une résistance
    Sur les fiers bijoux réducteurs par sécurité, a-t-il dit.
    À la fin du stage de survie, il s’aperçoit que l’impédance
    Sur l’appareil reproducteur a eu un effet inédit.

    Car les membres demeurent raides comme de véritables priapes
    Même après décongélation et ce sera irréversible.
    Il leur explique que le raid a fait bander comme soupape
    Le membre viril en action d’une manière irrésistible.

    Finalement, tous sont ravis et ont posé pour la photo
    Qui célèbre l’évènement des douze bandards morts de rire.
    Car ils sont tous du même avis en montrant leurs beaux biscoteaux
    Et l’on salue l’avènement en arborant un beau sourire.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä sur une idée de Geminïä.

  • L’alchimie sirénienne

    « Rapport d’alchimie.

    Les douze élixirs ont produit les effets attendus.
    Le participant passé par la fenêtre n’est pas encore revenu, mais son verre était vide : l’expérience peut donc être considérée comme complète.

    Loïrelïndt n’en a pas bu.
    Elle affirme pourtant avoir ressenti les effets à travers tous les autres. »

    Loreleï, LLyrïäde fondatrice de l’eau

    Depuis que, par sa parenté, Loreleï s’est physiquement impliquée
    Et qu’elle possède un savoir-faire de sorcière extraordinaire,
    Elle offre de médicamenter par élixirs alambiqués
    Une séance pour satisfaire chacun des membres du séminaire.

    Par les prises de sang prélevées, elle a changé dans l’ADN
    Juste au niveau du centromère les meilleurs effets secondaires
    Qui devraient pouvoir élever la convolution darwinienne
    Qui redonne aux cellules mères leurs caractères légendaires.

    Le directeur trouve le goût très agréable et boit cul-sec ;
    Cheveux et barbe poussent ensemble à une vitesse très dupondtesque !
    Le deuxième, pris de dégoût, éructe des bulles intrinsèques
    Très irisées et qui ressemblent à de la nacre en arabesque.

    Le troisième se sent léger et puis s’envole par la fenêtre ;
    On le retrouvera demain quand les effets auront cessé.
    Le quatrième veut protéger sa dignité et va connaître
    L’effet qui, après examen, lui donne une peau rouge foncé.

    Le cinquième rit en le buvant et attrape un de ces fous rires
    Qu’on lui passe vite une camisole et qu’on le bourre de calmants.
    Le sixième devient émouvant à le voir vouloir se nourrir
    De l’air du temps, mais se désole qu’il soit chanté en allemand.

    Ainsi de suite, les douze y passent sans méfiance, c’est bien étrange,
    À moins que l’apéro servi n’ait pas été contaminé.
    Quoi qu’il en soit, cela dépasse toutes les sirènes qui sont aux anges
    Par les libidos asservies à leurs fantasmes raffinés.

    Le lendemain, tous sont heureux, d’humeur joviale et détendus,
    Avec toute leur reconnaissance à briser le cœur des sirènes.
    Tous se sentent alors valeureux à poursuivre le fil tendu
    Du séminaire avec aisance et une envie des plus sereines.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä sur une idée de Geminïä.

  • L’expérience spirite

    « Pour une morte, Loïrelïndt ne manque vraiment pas de corps.

    Elle en a emprunté trois pour connaître les sirènes, puis le mien pour connaître le directeur.
    Je le lui ai prêté volontiers.

    Le directeur a beaucoup crié, mais il n’a déposé aucune réclamation.
    Depuis, il me regarde comme si j’étais responsable de ses souvenirs.
    Il n’a pas tout à fait tort. »

    Loreleï, LLyrïäde fondatrice de l’eau

    À la demande de Loïrelïndt, la sirène fantôme frustrée,
    Une expérience intéressante est ajoutée au séminaire.
    Bienvenue dans le labyrinthe où les esprits sont illustrés
    D’émanations phosphorescentes et d’ectoplasmes liminaires !

    Tous les participants autour d’une très grande table ronde
    Et les sirènes réparties joignent leurs mains formant un cercle.
    L’invocation fait tout le tour et on entend la voix qui gronde :
    « Je suis Loïrelïndt, de la partie : de Pandore, j’ouvre le couvercle ! »

    À ces mots, elle prend possession du corps d’un des participants ;
    Arrache ses vêtements et fonce faire de même sur Éôlïäne ;
    La prend, fait monter la pression et dans le flou se dissipant,
    La met sur la table et enfonce son sexe dans la fente idoine.

    Ensuite, et successivement, elle prend possession d’autres corps
    Et Azurïanne subit le sort, puis Olivïäne également.
    Après cela, évidemment, on pense que c’était le record
    Mais c’est sans compter le ressort de ce diable suisse-allemand.

    Loreleï qui avait joint le groupe s’avance face à la diablesse
    Qui prend son corps, la déshabille et se tourne vers le directeur
    Qui subit l’assaut de la croupe de Loreleï en toute noblesse
    Tandis que l’homme s’égosille d’un hurlement résurrecteur.

    Ainsi Loïrelïndt connaît trois femmes depuis l’intérieur de trois hommes,
    Donc en tant qu’homosexuelle, ce qui ne nous étonne pas.
    Et de l’intérieur d’une femme, elle connaît son quatrième homme,
    Donc comme hétérosexuelle, comme c’était avant son trépas.

    Quand la séance est terminée, tout le monde est bouleversé,
    Surtout le directeur qui toise Loreleï comme vierge immaculée
    Et croit qu’elle lui est destinée comme punition controversée,
    Suite à son sexe qui pavoise avec propos éjaculés.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La visite médicale

    « Rapport médical.

    Tous les participants ont été déclarés aptes à poursuivre le séminaire.

    L’un d’eux a toutefois demandé une contre-expertise, prétextant que le premier examen n’avait pas été suffisamment approfondi.

    Je l’ai reçu personnellement.
    Il ne conteste plus rien.
    Il souhaite seulement savoir si les visites de contrôle sont comprises dans le prix du séjour. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    À la visite médicale, on vous fait la prise de sang,
    Puis les analyses d’urine suivies des tests psychopathiques.
    On vérifie les cervicales, l’historique des troubles récents
    Et la palpation utérine pour le contrôle prostatique.

    La palpation contrôle le membre au test de la rigidité,
    De l’éjaculation précoce et de la qualité du sperme.
    Cet examen se fait en chambre afin que sa validité
    Soit simple, rapide et véloce durant un bon quart d’heure ferme.

    C’est l’utérus, bien entendu, du médecin qui fait l’objet
    De la palpation naturelle et surtout très professionnelle.
    Nos utérus sont prétendus très infaillibles pour le sujet
    Par l’expertise structurelle d’une technique exceptionnelle.

    S’ensuivra l’examen cardiaque que l’on fera le lendemain ;
    Le patient, nu, est allongé, les électrodes sur le cœur.
    Un strip-tease assez démoniaque est pratiqué à l’examen
    Dont la longueur est prolongée jusqu’à production de liqueur.

    Pour l’orientation dans l’espace, on fait le test de la boussole ;
    Le patient, nu, les yeux bandés, doit réussir à pénétrer
    Un orifice qui se déplace à quatre pattes sur le sol
    Et pour l’aider à bien bander, l’assistante peut le recentrer.

    On terminera la visite par un dernier test d’endurance ;
    Le patient, nu, sur un vélo doit pédaler sans ralentir
    Tandis que trois filles transitent sur le membre actif à outrance
    Pour voir dans ce méli-mélo ce que son cœur peut ressentir.

    Le patient n’est pas convaincu ? Il demande une contre-expertise
    Auprès de Nérätïs qui doit être au courant du subterfuge.
    Il en restera sur le cul car le test qui le traumatise,
    Soit le toucher rectal du doigt, est fait avec un vermifuge.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Nature féminine

    Nature féminine

    Elle porte en son flanc le vert des cordillères
    Où le fil de la laine épouse le soleil.
    Son corps est un tissu de formes singulières,
    Où le monde des Andes est sorti du sommeil.

    Un oiseau de cristal s’endort sur sa ceinture
    Tandis que dans son sein monte une fleur de feu.
    Elle est le parchemin de la sainte nature,
    Le miroir coloré du mystère… Dieu-le-veut !

    Le tisserand a pris les couleurs de l’aurore
    Pour broder sur sa peau le rythme des saisons.
    Elle est une âme vive au cœur du météore
    Qui repousse les murs de toutes les prisons.

    Tapisserie de Maximo Laura.

  • La Rose de Bohême

    La Rose de Bohême

    Du sang des vieux combats naît une fleur de fer
    Dont Prague est le moyeu, le cœur et le nectar.
    Chaque pétale rouge est un cercle entrouvert
    Sur un pays meurtri par les foudres de Mars.

    Dans son vase d’argile aux reflets impériaux,
    La rose s’enracine sur le flanc de l’Autriche.
    Justice et Piété sont les nouveaux idéaux
    Pour que le sol bohème enfin se fasse riche.

    Le parfum de la paix remplace le canon
    Sous les yeux du Habsbourg qui veille sur la terre.
    La carte devient fleur et change son blason
    Pour bannir à jamais l’ombre de la misère.

    Carte allégorique de la Bohême dessinée par Christoph Vetter et gravée par Wolfgang Kilian en 1668.

  • La confiance en soi

    « La journée consacrée à la confiance en soi fut une remarquable réussite.

    Le directeur a courageusement inauguré le saut au préservatif et tous les participants ayant échoué au colin-maillard ont bénéficié d’un repêchage approfondi.

    La sortie naturiste s’est achevée au poste de police, où chacun est resté parfaitement maître de soi.

    Tous sont revenus au palais.

    La caisse aussi, mais presque vide. »

    Constantïne, Maître de la maison d’hôtes d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Stage d’été, stage en plein air, direction le Lac de Constance !
    Directeur et participants sont invités, comme il se doit,
    À profiter du séminaire et apprécier la circonstance
    D’affronter en l’anticipant sa propre confiance en soi.

    On a remplacé l’élastique par un préservatif géant
    Dans lequel on se glisse tout nu jusqu’au bain dans le lac glacé.
    Les uns trouvent cela fantastique, les autres, pas très bienséant,
    Et le directeur soutenu sera le premier à y passer.

    Comme il a failli se noyer, un bouche-à-bouche alors s’impose
    Et, au cas où, on n’sait jamais, une fellation qui revigore.
    Après cela, il sera choyé par toute une série de poses
    Selon lesquelles, désormais, il rebande comme une mandragore.

    Pour mieux se connaître entre membres, un colin-maillard efficace !
    Chacun devra les yeux bandés reconnaître du bout de la langue
    L’une des trois femmes de chambre et donc se montrer perspicace
    Car il lui sera demandé de nommer l’organe qui tangue.

    Tous sont passés, tous ont échoué mais il faut dire qu’elles ont triché
    En se faisant lécher toutes les trois par chacun des intervenants.
    Mais comme tous ont très bien joué le jeu ils seront repêchés
    En glissant dans les trous étroits l’organe le plus proéminent.

    Pour terminer, gestion du stress, sortie en groupe naturiste.
    On supporte le regard des autres, les moqueries et les colères ;
    Pas de panique, pas de détresse, on se détend comme des touristes
    Quitte à aller se faire l’apôtre de la vie saine, les couilles à l’air !

    Tous ont joué, tous ont aimé visiter le poste de police
    Où, sans papiers, ils sont restés très calmement maîtres de soi.
    Ils ont dû rester enfermés mais Constantïne, sans malice,
    Les a fait sortir délestés de la plus belle amende qui soit !

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Hommes-Sévices

    « Programme de thalassothérapie et bains de boue agrémentés de gâteries dont les noms en trompe-l’œil désignent autant de pièges sexuels :

    Le Bretzel : l’un des partenaires a les jambes entrelacées qui rappellent la forme croisée de cette célèbre pâtisserie alsacienne. Elle demande toutefois une certaine souplesse.

    Le Donut : cette position implique que les partenaires forment une boucle serrée avec leur corps, rappelant la forme ronde du beignet.

    Le Banana Split : cette position consiste à étirer les jambes de l’un des partenaires au maximum pour faciliter une pénétration profonde. »

    Éôlïäne, sirène cofondatrice de la maison d’hôtes d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Mardi matin, on se remet de la conférence d’hier
    Encore un peu traumatisés, certains ont passé une nuit blanche.
    N’empêche on est tous assommés par les propos incendiaires
    Et le sexe stigmatisé par la démonstration trop franche.

    Mais le sac est loin d’être vide et les sirènes excitées
    Ont soif d’un amour insatiable et un cheptel à leur portée.
    Tandis que la journée dévide ses heures dans la perplexité,
    Elles cherchent le choix appréciable que le hasard va apporter.

    « On m’a parlé d’une piscine et de thalassothérapie ! »
    Dit un invité à l’accueil en quête de soulagement.
    « Et vous voudriez, je le devine, avec balnéothérapie ? »
    Dit Éôlïäne qui recueille un « oui merci » suavement.

    « Dans les cabines à bains-de-boue, on vous recouvrira de glaise
    Et on vous laissera mijoter une demi-heure comme un crapaud.
    Puis on vous remettra debout ; on vous rincera, ne vous déplaise,
    À l’eau glacée, ravigoté d’un fouet pour raviver la peau ! »

    « Tout est servi sur un plateau ; on est traité comme des élites ! »
    Dit-il conquis par cet accueil avec un sourire angélique.
    « Après, cerise sur le gâteau, Bretzel, Donut, Banana Split ! »
    Répond Éôlïäne d’un clin d’œil à ses deux sœurs machiavéliques.

    Et c’est parti vers la piscine après la porte verrouillée !
    Le gars est prié d’avancer vers les soins qu’on lui octroyait
    Mais après ça, il hallucine et se prend une dérouillée
    Car les gâteries annoncées ne sont pas celles qu’il croyait.

    Quand il ressort, il est conduit directement avec escorte
    Jusqu’à sa chambre où, sans souper, il dormira jusqu’au matin.
    Le lendemain, quand il traduit l’expérience qu’il en rapporte,
    Ses mots paraissent entrecoupés à y en perdre son latin !

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Une conférence contrefaite

    « Une conférence magnifiquement détournée !

    Sous prétexte que les participants désiraient être éclairés sur le mystère du plaisir anal féminin, j’ai réussi à persuader Lïlïth de venir donner une conférence à ce sujet avec travaux pratiques de toutes les LLyrïädes.
    Ce qu’elle ne sait pas, c’est que j’ai simplement proposé au directeur une conférence d’éveil sur le Féminin Sacré.
    La tête qu’ils ont faite quand ils ont entendu le mot « anal » ! Et quand ils ont vu douze culs braqués sur eux !
    Nous avons vite pris les choses en main et facilité les travaux ! »

    Éôlïäne, sirène cofondatrice de la maison d’hôtes d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Le soir, Lïlïth conférencière parle du Féminin Sacré
    En survolant toute l’histoire retranscrite dans ses annales,
    Du rôle plénipotentiaire auquel elle s’est consacrée
    Et stupéfie son auditoire… notamment au plaisir anal.

    Elle les invite à la pratique pour découvrir un autre aspect
    De l’acte charnel exercé pour la reproduction humaine.
    Pour que ce soit plus sympathique, devant leurs regards circonspects
    Et leurs figures bouleversées, elle appelle ses catéchumènes.

    Douze LLyrïädes ostentatoires, pour les douze participants,
    À son signal tombent leurs robes devant les hommes médusés
    Observant leurs fesses notoires et leurs désirs émancipants
    Dans la pudeur qui se dérobe à cet instant désabusé.

    Ainsi sans tromper leurs maris, elles se présentent à cul tendu
    Tandis que les sirènes dégrafent les ceintures et les pantalons,
    Puis guident les sexes nourris d’un soupçon certes prétendu,
    À s’raidir pour les saute-au-paf qui se présentent à leurs talons.

    Et, tandis qu’elles se masturbent le clitoris d’un doigt furtif,
    Les participants les pénètrent par leur arrière le plus charnu.
    Ainsi rien d’autre ne perturbe cet épisode introductif
    Que l’hésitation à connaître cette introduction saugrenue.

    Les trois sirènes sont satisfaites ; leur plan a très bien fonctionné ;
    Tous les participants sont chauds et accros à leur dévotion !
    La conférence contrefaite a été malintentionnée
    Pour mettre leurs cœurs d’artichaut au plus haut degré d’émotion.

    Pauvre Lïlïth bien trop naïve et les LLyrïädes désabusées !
    Loreleï aurait dû se méfier des sirènes trop hypocrites…
    Y aura-t-il des récidives ? Des prolongations refusées ?
    Le directeur stupéfié en a la conscience proscrite.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’élévation spirituelle

    L’élévation spirituelle

    L’œil comme figure de proue d’un vaisseau aux ailes gonflées,
    Une conscience dominante étendant ses bras de géant
    Et un homme conscient peu ou prou que la Mort est époustouflée
    Par l’intrusion déterminante d’un ange tombé du néant.

    Les ailes en forme de cœur de l’amour inconditionnel
    Viennent offrir toute leur protection à celui prêt à recevoir
    Le concours de l’ange moqueur et son soutien intentionnel
    Que lui offre la connexion dont il ne peut que s’émouvoir.

    Sans doute au moment de mourir notre âme-sœur nous tend les mains
    Pour échapper au matériel et pour changer de paradigme…
    Laissant l’enveloppe périr et l’âme changer de chemin
    Pour devenir immatériel même si la mort reste une énigme.

    Tableau de Rachel Kohl signé N. Betts ?.

  • La renarde

    La renarde

    Presque remétamorphosée en une jeune demoiselle,
    La renarde court s’abreuver pour chasser le goût de la chair
    De son déjeuner composé de délicieuses bartavelles
    Qu’elle a chassées à main levée tantôt sur les champs en jachère.

    La queue roulée entre ses jambes presque impossible à transformer
    Et son reflet indélébile de la race des canidés,
    Elle n’en est pas moins ingambe, toujours prête à se conformer
    À sa nature très habile mi-renarde mi-hominidée.

    Tableau d’Anna Baibakova sur https:www.fineartandyou.com201402lovely-paintings-by-anna-baibakova.html .

  • Lundi soir et meilleures prestations

    « Le home-service se déroule à merveille.

    Après avoir remplacé l’animateur, notre directeur souffrait beaucoup des muscles adducteurs. Éôlïäne lui a prodigué un massage dont les résultats semblent très satisfaisants.

    Quelques tensions subsistant encore, une séance de thalassothérapie est prévue demain.

    Je suis heureux de constater que notre personnel sait prendre en main les membres les plus éprouvés du séminaire. »

    Constantïne, Maître de la maison d’hôtes d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Trois coups sont frappés à la porte de la chambre du directeur.
    « Vous avez choisi un massage ? » dit Éôlïäne en petite tenue ;
    « Oui… c’est cela… en quelque sorte… ce sont mes muscles adducteurs
    Qui souffrent beaucoup du passage à la tribune que j’ai tenu ! »

    « Vous permettez ? Je me mets nue… c’est plus faciiile pour masser ! »
    « Si… vous… voulez… ça fait très mal et la douleur est maximale ! »
    « Ne soyez pas si retenu ! Laissez-moi vous débarrasser
    Du pantalon… c’est minimal et du reste pour être optimale ! »

    « Ça fait du bien par où ça passe ! » avoue le patient détendu ;
    « Je ne connais pas vos pratiques mais mes muscles vous remercient !
    Bien que la tenue outrepasse toute décence, bien entendu,
    Elle se révèle sympathique pour la vision que j’apprécie ! »

    « Sans doute un ennui de prostate ! » dit-elle d’un air embarrassé ;
    « Mon Dieu ! C’est ce que vous croyez ? » dit-il d’une voix rétractile ;
    « Eh bien il faut que je vous tâte ce périnée fort harassé ;
    Sans doute faut-il bien nettoyer le membre viril érectile ! »

    Et Éôlïäne, consciencieuse, se met à astiquer l’engin
    Du directeur paralysé mais qui néanmoins se ressource.
    Et puis, tout aussi silencieuse, le récure avec son vagin
    Réputé pour sacraliser la purge complète des bourses.

    « Je pense que ce séminaire est le meilleur jusqu’à présent
    Que j’ai connu de tous les temps ! » dit le directeur satisfait.
    « Ce ne sont que les préliminaires ! » dit-elle d’un ton méprisant,
    « J’ai des talents plus compétents… mais dès demain, je vous les fais ! »

    Quand Éôlïäne rejoint ses sœurs, elle fait son rapport conséquent :
    « Le vieux à un membre bien dur… et qui tient bien sous mes assauts !
    Le home-service “masseur” va devenir bien plus fréquent
    Et demain, pourvu que ça dure, on passera à la thalasso ! »

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Lundi matin et premières absences

    « Malgré l’absence regrettable de notre animateur, le séminaire s’est poursuivi dans des conditions satisfaisantes.

    Nos deux retardataires ont rapidement retrouvé leurs esprits grâce à une douche tonifiante.

    Quelques cafés ont malheureusement été renversés sur les participants. Nos employées ont aussitôt procédé au nettoyage avec un soin qui semble avoir été particulièrement apprécié.

    L’animateur demeure introuvable.

    Éôlïäne m’a toutefois assuré qu’il ne risquait plus de se perdre davantage. »

    Constantïne, Maître de la maison d’hôtes d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Lundi matin, il est huit heures et l’on constate trois absents ;
    « Sans doute une panne d’oreiller ! » Dit Constantïne aux responsables.
    « Justement ! C’est l’animateur et je n’ai pas de remplaçant ! »
    Dit le directeur effrayé, « Sa présence est indispensable ! »

    On met les deux retardataires sous une douche bien glaciale
    Mais impossible de trouver la trace de l’animateur !
    On calme les protestataires à la réception palatiale
    Et malgré les nerfs éprouvés, on se montre improvisateur.

    Finalement le séminaire se déroule sans aucun écart
    À part le café renversé sur les convives par les serveuses
    Qui essuient en préliminaires les entrejambes avec égard
    Avec remarques controversées sur leurs manières un peu rêveuses.

    Le repas du soir est servi. Sans maladresse prédictible
    Mais des décolletés plongeant dans les abîmes les plus profond.
    On louche les yeux asservis à l’attraction irrésistible
    Qui ira en se prolongeant à en lâcher le carafon.

    Après manger les trois sirènes auront terminé leur service
    Elles se raconteront la veille avec maintes appréciations.
    Si deux se montrent assez sereines, la troisième est plus castratrice ;
    En fin de compte deux s’émerveillent mais l’autre est en pleine frustration.

    « Le mien était satisfaisant ! » dit Azurïanne très contente ;
    « Le mien l’était également ! » dit aussi Olivïäne en chœur ;
    « Le mien très insatisfaisant ! » dit Éôlïäne mécontente
    « Alors en dédommagement, je lui ai dévoré le cœur ! »

    « Ce devait être l’animateur ! » dit Azurïanne instigatrice ;
    « C’est vrai ! On l’a cherché partout ! » dit Olivïäne très mature ;
    « Je l’ai mis au congélateur ! » dit Éôlïäne conservatrice ;
    « On le cuira dans le fait-tout pour le grand banquet de clôture ! »

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les participants au premier séminaire

    « Le premier séminaire s’est déroulé dans d’excellentes conditions.

    Quelques incidents de service ont été provoqués par l’inexpérience de nos jeunes employées. Elles se sont toutefois empressées de ramasser tout ce qu’elles avaient malencontreusement fait tomber.

    J’ignore pourquoi certains participants ont ensuite demandé que les repas suivants soient servis directement dans leur chambre.

    Ils auront sans doute souhaité travailler davantage. »

    Constantïne, Maître de la maison d’hôtes d’Ô ALLEGÔRÏÄ

    Les sirènes ont bien travaillé et le tout premier séminaire
    A réservé quatorze chambres pour quatorze participants.
    Mais quant au motif renvoyé pour les membres décisionnaires,
    On s’en fout car d’ici septembre l’amour ira s’anticipant.

    Constantïne a tout préparé ; quatorze chambres bien rangées
    Avec salon, salle-de-bains et un grand lit à baldaquin.
    Bien sûr, il a bien séparé les hommes, les femmes, les non-genrés
    Afin qu’ils aillent au turbin sans rencontrer d’esprit taquin.

    Les premiers arrivants ravis visitent avec joie le palais
    Et Constantïne se fait l’honneur d’être ici maître de maison.
    Quelques-uns ont même gravi la route qui mène au chalet :
    Un charmant havre de bonheur mais d’accès à combinaison.

    La soirée est enrichissante de conversations très savantes
    Entre les divers inconnus qui ont apprécié le menu.
    Les attentions réjouissantes vont vers les trois jolies servantes
    Dont ils admirent les seins nus et leurs tabliers très menus.

    Mais alors quelles maladroites ! Elles renversent tant et tant de choses
    Qu’elles doivent bien souvent se pencher… ce qui tend leurs jupes fendues.
    Et comme celles-ci sont très étroites, les visages se métamorphosent
    Et les convives endimanchés rougissent tous, les nerfs tendus.

    Curieusement, le room service propose, en plus des collations,
    Des escort-girls prêtes à tout faire pour un tarif préférentiel.
    Les filles étant de vraies novices, cela permet des réductions ;
    De plus, si elles savent satisfaire, cela reste très confidentiel.

    Trois ont choisi cette formule, du moins, c’est ce qu’ils s’imaginent
    Car le cocktail de bienvenue était bourré d’aphrodisiaques.
    Et quand les filles les stimulent par leurs tenues très sauvagines
    Aussitôt qu’elles se mettent nues, la soirée devient orgiaque…

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences colorées

    « Nous en avons vu de toutes les couleurs !
    Yanimïä appelle ça, la prière arc-en-ciel.

    On aurait dit qu’Ô ALLEGÔRÏÄ avait été entièrement repeinte aux couleurs de l’amour »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    À la demande de Yanimïä, au nom du Féminin Sacré,
    Il a dû braver les couleurs de l’amour et ses dimensions.
    Sept prières au nom d’ÏÄNIMÏÄ ont dû y être consacrées
    Et Yavänor eut la douleur d’assumer toutes dissensions.

    Sept couleurs se sont présentées pour affronter son jugement :
    Laurelïne, le rouge ; Loreleï, le bleu ; Lïlïth, le noir de son blason ;
    Ledalïä et Geminïä l’or et l’argent du rapprochement ;
    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ l’anguleux coloris de la pâmoison.

    Pour le tétraèdre amoureux, les prières furent automatiques ;
    À partir de la quatrième, ce fut un vrai confiteor.
    Le cinquième appel langoureux demeura très diplomatique ;
    Quant au sixième et au septième, la puissance d’un météore.

    Yanimïä en fut satisfaite et les couleurs également ;
    Yggdrasil s’est illuminé d’un arc-en-ciel paradisiaque.
    Chaque couple était à la fête et a senti légalement
    Une envie tout hallucinée du consommé aphrodisiaque.

    Et dans l’hôtel particulier géré par Monsieur Constantïne,
    Les sirènes ont pu animer un séminaire passionnant
    Où les nombreux festivaliers ont échappé à la routine
    Par les efforts surestimés d’un personnel impressionnant.

    Le rouge a consumé son cœur et le bleu l’a tout englouti.
    Le noir l’a enterré vivant et les deux ors l’ont achevé.
    Le cristal est une couleur, dira-t-on la plus aboutie ;
    Le métal, toujours ravivant, fut le bouquet parachevé.

    On ne verra pas Yavänor de toute la journée de yalïn ;
    L’étalon doit récupérer pour la prière avec Laurelïne
    Et quant au jeune Yavänor, on dit que Laëtïtïa le câline
    Pour une raison bien tempérée baignée de lumière violine.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La peinture parallèle

    La peinture parallèle

    Dans la peinture parallèle, le peintre imprime ses tableaux ;
    Le premier n’a que les contours et le deuxième, ombre et lumière.
    Le troisième est en diallèle mais il faut l’voir par le hublot
    De l’expérience qui fait des tours par ses illusions coutumières.

    Alors chaque œuvre est reproduite, engendre un nouveau créateur,
    Le pinceau copie la copie et l’origine se retire.
    Quand le dernier tableau médite en contemplant son spectateur,
    On ne sait plus qui peint la vie ni quel regard vient de nous lire.

    Et en poésie, c’est pareil ! La première ligne est une accroche
    Qui oblige le lecteur curieux à continuer la deuxième ligne
    Qui commence à tirer l’oreille avec ses rimes qui s’approchent
    D’un hypnotisme des plus furieux mais qui sait demeurer très digne.

    Représentation du peintre Bart van der Leck illustrée par Joost Swarte.

  • Connaissez-vous les Alpes ?

    Connaissez-vous les Alpes ?

    Cocorico ! dit le Mont Blanc – à moitié rital toutefois –
    Et c’est pareil pour le Cervin, mi-valaisan, mi-italien,
    Dit « Matterhorn » en suisse allemand qui complique encore une fois
    Ma dégringolade qui advint quand j’ai voulu faire le lien.

    Le Mont Rose est suisse et ritale, le Liskamm l’est pareillement ;
    Le Dom paraît bien solitaire avec le Weisshorn pour frontière.
    Mais la neige internationale les recouvre indifféremment
    Car l’homme est seul propriétaire, tête au ciel et les pieds sur Terre.

    Mont Blanc
    Le sommet le plus haut représenté, culminant à 4 804 mètres à la frontière franco-italienne.

    Mont Rose “Monte Rosa”
    Situé à la frontière suisse et italienne, il s’élève à 4 634 mètres.

    Cervin “Matterhorn”
    Célèbre sommet situé à la frontière entre la Suisse et l’Italie, haut de 4 478 mètres.

    Autres sommets
    Le Dom, le Weisshorn, le Grand Combin, et d’autres pics alpins de plus de 4 000 mètres.

  • Le jour où j’ai rencontré Loreleï

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    « Ce n’est pas l’homme qui prend la mer pourtant c’est la mer qui prend l’homme… »
    J’avais entendu ce proverbe sans vraiment prêter d’attention.
    Pourtant la vie semble éphémère avec la mort pour seul binôme
    Or moi, je suis de la mauvaise herbe mais nourrie de bonnes intentions.

    La mort a voulu m’arracher ; autant de fois j’ai résisté.
    Toujours plus fort, toujours plus ferme, et je résiste plus encore.
    La dernière fois j’ai cru cracher ma dernière envie d’exister
    Mais Loreleï y a mis un terme et m’a saisi à bras le corps.

    Depuis je chevauche les vagues avec l’ardeur d’un vrai triton
    Car ma Loreleï m’a transformé depuis qu’elle est devenue mère.
    Quand je la prends, mon cœur divague et bat la mesure dans le ton
    D’un acte d’amour consommé entre un humain et une chimère.

    Tableaux de Jim Warren.

  • Les oiseaux de la Töss

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    Malheureusement je ne sais plus d’où viennent-ils ni où vont-ils,
    Venant de gauche ou bien de droite, allant à droite ou bien à gauche.
    Selon s’il neige ou s’il a plu, selon la race des volatiles…
    Oui, je suis plutôt maladroite et mes oracles sont en ébauche.

    Il y a encore deux mille ans, j’étais jeunette et performante
    Aujourd’hui l’oracle a vieilli et ma vision est défaillante.
    En voulant me rendre à Milan, je me suis retrouvée à Nantes…
    Alors la Suisse m’a recueillie à titre d’Oracle immigrante.

    Depuis, je suis d’autres soleils, d’autres lunes et puis d’autres terres ;
    Les eaux des rivières ont changé, comme le ciel et les nuages.
    Portée par un vent qui balaye le cours d’un voyage solitaire,
    Je ne crains plus aucun danger, je suis un oiseau de passage.

    Tableaux d’Elin Manon.

  • Confidences halieutiques

    « Rapport halieutique.

    Certains pêcheurs ont rapporté des poissons ; d’autres, des soupçons ; Cristïäs, une canne inutilisable et Irénée, des piqûres de moustiques.

    Le harpon de Hyänor bien qu’interdit a rapporté le plus gros panier que celui désespérément vide de Captain Nemo.
    ORPHÉÔN est heureux et bredouille ; Altänor exulte de sa pêche.
    Quant à Astérias et Alinéor ils demeurent assez distants.

    Pardonnez mon écriture encore tremblante.
    Je reviens d’un rapprochement diplomatique avec Geminïä dont les accords devront manifestement être approfondis. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    « Tu n’as pas ta canne électrique ? » demande Irénée échaudé ;
    « Non ! Elle a un problème de masse ! » répond Cristïäs embarrassé.
    « En tous les cas, pas de moustique ! » dit l’un en train de ravauder ;
    « Oui… » admet l’autre d’une grimace, « le haut voltage l’a terrassée ! »

    « Sais-tu ton harpon défendu ! » prévient Nemo sournoisement ;
    « Les sirènes guettent la police ! » répond Hyänor distraitement.
    Quant à moi, je suis détendu ; j’ai mes appâts ! » dit l’un pieusement ;
    « En voilà deux à la peau lisse ! » dit l’autre triomphalement.

    « J’aimais pêcher sur Atlantïs ! » dit Astérias sur le bateau ;
    « Mais avec une barque équipée et un équipage trié ! »
    « Mais sûrement guidé par Thétïs ! » dit Alinéor qui tantôt
    A vu la reine anticiper aux humeurs de son destrier.

    « Je ne pêchais pas sur Thestïäs ! » avoue ORPHÉÔN, débutant ;
    « J’étais plutôt végétarien car je tiens ça de ma famille ! »
    « En Amérique, c’est la classe ! » répond Altänor, percutant ;
    « Là-bas, on est épicurien de père en fils et de mère en fille ! »

    « Nos femmes ont l’air de s’apprécier ! » dit Nemo « et même beaucoup ! »
    « J’en suis moins sûr… Pénélopïä tourne souvent autour de ma femme
    Et je commence à me méfier… ». Alors Nemo, au coup par coup :
    « Tu es en pleine paranoïa ! Pénélopïä n’est pas infâme ! »

    « Nos épouses s’entendent bien ! » note Astérias, relationnel
    « Thétïs sans amie de son rang doit se contenter de ta femme ! »
    « Ledalïä a je n’sais combien de talents si exceptionnels
    Que ce doit être rassurant ! » répond Alinéor sans blâme.

    Quand les pêcheurs rentrent au port certains ont leurs paniers remplis,
    D’autres sifflotent l’air ailleurs et d’autres comparent leurs prises.
    Alinéor fait son rapport : la providence s’est accomplie
    Et les poissons sont pourvoyeurs de mets aux plus belles surprises.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences gourmandes

    « Ce banquet du dimanche est bien plus riche en sous-entendus amoureux qu’en plats coréens gourmands !

    Chaque couple et trouple féminin a trouvé son repère secret pour satisfaire ses appétits tandis que ces messieurs sont à la pêche.

    Et quant à moi, je dois vous laisser. Geminïä m’attend ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Avant qu’Alinéor ne dise le moindre mot, clame une voix :
    « Du kimchi, des œufs et du riz mais cuisson à la coréenne ;
    En fin de repas, des mignardises avec un Chasselas de Savoie ! »
    Termine Séorïäne qui sourit à l’assemblée européenne.

    « Mais comment diable le sais-tu ? Je l’ai, à l’aube, cuisiné ! »
    Balbutie-t-il, très étonné. « Et tu n’étais pas à ton poste ! »
    « Ni Hyänor qui s’évertue à faire la grasse matinée ! »
    Souligne-t-elle, déterminée à apprécier sa riposte.

    « Bon ! Puisqu’il n’y a plus de surprise, je t’offre ces plats de ton pays ! »
    Dit Alinéor, bon enfant, même s’il ne comprend pas vraiment…
    « Avec toutes les sauces comprises ! J’avoue que je suis ébahie ! »
    S’exclame-t-elle l’air triomphant devant cet émerveillement.

    Elle sent qu’on lui pince les fesses… c’est Pénélopïä très coquine.
    « Arrête chérie ! Hyänor est là ! Nous devons nous montrer discrètes ! »
    « Oui mon amour, je le confesse ! Je t’attendrai dans la cabine
    Indépendante d’ÔPHÉLÏÄ qui est notre chambre secrète ! »

    « Tu viens goûter notre banquet ? » demande Hyänor tendant la main ;
    « C’était Pénélopïä, cette fois ! Notre petite doctoresse… »
    « Oui, c’était pour me convoquer au dispensaire dès demain
    Car Nérätïs, souventefois, veut contrôler NOTRE grossesse. »

    « Et nous ? Où pouvons-nous aller ? » demande ÄLLÏÄ interloquée.
    « L’appartement diplomatique pour loger les ambassadeurs !
    J’en possède seule la clef… donc… personne pour équivoquer ! »
    Répond Geminïä flegmatique avec un clin d’œil minaudeur.

    « Quand ils seront tous à la pêche, rendez-vous dans notre cabane !
    J’ai fait aménager un lit et protéger l’intimité ! »
    Chuchote Thétïs qui se dépêche de rejoindre Astérias en panne
    De sauce sombre au patchouli laissant Ledalïä excitée.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences coréennes

    « Les prières par trouples produisent parfois des rapprochements que les lois humaines n’avaient pas prévus.

    J’ai embrassé Séorïäne afin de la remercier pour sa ferveur mais Pénélopïä qui est passée l’a embrassée encore mieux.

    J’ai également embrassé Hyänor, mais il s’endormait déjà et ne s’en souvient pas. »


    Yanimïä, Grande Fornicatrice

    « Je n’aurais jamais vu cela en Corée où c’est illégal ! »
    Dit Hyänor peu convaincu de cette manière de prier.
    « Mais non ! Tout cela va au-delà des lois et reste sans égal ! »
    Dit Séorïäne qui a vécu un plaisir plus approprié.

    Hyänor ouvre enfin les yeux et cherche en vain ses vêtements ;
    Il retrouve un pantalon noir qui n’était pas le sien la veille.
    « Nous étions combien de messieurs ? » demande-t-il timidement.
    « Je ne peux pas encore le voir ; laisse-moi finir mon sommeil ! »

    Puis Séorïäne se redresse et voit un joli pique-nique :
    Du kimchi, des œufs et du riz qui ne sont pas encore faits.
    « Dans cinq minutes, on nous adresse de quoi manger, pas de panique !
    Je sens une odeur de curry accompagnée d’un bon café ! »

    « Je pourrais m’habituer très vite à tes visions avantageuses ! »
    Dit Hyänor en s’habillant en pensant à sa dulcinée.
    Mais Séorïäne voit la suite et devient soudain plus songeuse :
    « Dépêche-toi, mon chéri friand ! On nous appelle pour déjeuner ! »


    « Quelque chose me chiffonne ! » dit Hyänor en confusion.
    « Si en Corée c’est interdit, comment peux-tu trouver ça bon ? »
    « C’est parce que ton esprit plafonne et que ton cœur, en conclusion,
    Trouve que c’est abâtardi alors que nous nous enjambons ! »

    « Et n’était-ce pas Pénélopïä que tu as embrassée en partant ? »
    Dit Hyänor d’une voix craintive : « Aimes-tu donc une autre femme ? »
    « Mon chéri… c’était Yanimïä et c’était très réconfortant
    Après la prière intensive ! » dit Séorïäne déjà bigame.

    « Oui bon… aujourd’hui c’est dimanche, sortons nous changer les idées ! »
    Conclut Hyänor pour apaiser son nuage d’incompréhension.
    « C’est une autre paire de manches que de te faire te décider ! »
    Octroie Séorïäne d’un baiser pour calmer ses appréhensions.

    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • S.O.S. fuyons !

    S.O.S. fuyons !

    Depuis que des fous mettent le feu, toutes les maisons prennent la fuite !
    Pas folles, toutes les hachélèmes ont arraché leurs fondations
    Et fuient à perdre leurs cheveux, le cul à l’air, la cave ensuite
    Et, pour contourner le problème, ont même quitté la nation.

    Aux fenêtres, les locataires voient s’éloigner leur vieille ville ;
    L’immeuble franchit les frontières sur ses grosses racines agiles.
    Les pattes encore pleines de terre, le voilà parti pour Trouville
    Pour s’y planter la vie entière et les pieds tanqués dans l’argile.

    On a même vu l’eau courante accélérer à fond la caisse,
    Abandonner lacs et rivières menacées par Coca-Cola.
    Évidemment, la mer, mourante, a été reçue à confesse
    Et, une fois sur la civière, elle a rendu l’âme au-delà.

    Illustration de Claude Ponti.

  • « Après moi, le déluge ! » disait le soleil

    « Après moi, le déluge ! » disait le soleil

    Dire qu’on est en pleine canicule, aspirant un peu de fraîcheur
    Et que dans à peine trois mois, ce seront les écluses du ciel
    Qui couvriront de ridicule les journalistes et les prêcheurs
    Et leur réchauffement à la noix comme destin circonstanciel.

    On verra les climatologues enfiler palmes et tubas
    Pour nous prouver, sous le déluge, qu’il y a encore de la vapeur.
    Et tous les mêmes démagogues pataugeront dans leurs débats
    Pour ordonner que tous les juges condamnent alors la moindre peur.

    Lorsque j’entends que, pour résoudre le problème de canicule,
    On mettra des climatiseurs par milliers dans les lieux publics,
    Je me dis qu’on va en découdre avec ces propos ridicules
    Qui vont être catalyseurs de la fonte de la République.

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  • Confidences dodécandriques

    « Alléluia !
    Le jour béni est arrivé.
    Les LLyrïädes sont enfin au complet. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Toutes sont là et informées que le nombre sacré est atteint,
    De Thestïäs jusqu’à Atlantïs triangulées jusqu’à la Terre.
    Et toutes ensemble, elles vont former un feu qui jamais ne s’éteint
    Afin que l’amour retentisse comme énergie prioritaire.

    Puis Yanimïä ouvre la séance : « Soyez bénies mes très chères sœurs
    Car en ce jour nous commençons cette œuvre que je vous communie
    Et dont nous sentons l’influence depuis le fond de notre cœur ;
    Les LLyrïädes et moi avançons avec Yavänor réuni. »

    « Mes sœurs nos groupes de prières ont exaucé bien avant l’heure
    Le grand miracle qui nous rassemble au nom du Féminin Sacré.
    Ces groupes amèneront nos frères à nous accepter dans le leurre
    Que nous devons porter ensemble et maintenir dans le secret. »

    « Mais nous verrons des changements s’opérer insensiblement
    Et vous pourrez aimer vos hommes comme vous aimez vos compagnes !
    Ne faites aucun arrangement et laissez le temps simplement
    Établir parmi nos binômes l’apogée qui les accompagne. »

    « Aimez vos hommes, aimez vos femmes et aimez-vous les unes les autres !
    Aimez vos hommes passionnément afin qu’ils n’aient aucun soupçon
    Ou bien qu’ils se montrent trop infâmes alors qu’ils sont presque des nôtres !
    Aimez vos sœurs intensément, quitte à franchir le mur du son ! »

    « N’ayez aucune retenue ; laissez-vous guider par l’amour ;
    Le soir retrouvez donc vos hommes et rendez-leur votre énergie !
    N’hésitez pas à vous montrer entièrement nues, avec humour,
    Car le corps représente en somme le cœur et l’âme en synergie ! »

    « Commençons notre séminaire par une série de caresses !
    Déshabillons-nous maintenant – Yavänor gardera la porte –
    Et montrez à vos partenaires combien vous souhaitez qu’apparaisse
    La joie de l’orgasme attenant au nirvâna qu’il vous apporte ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences triangulaires

    « Le cristal confirme la figure :

    Deux triangles, trois couples, douze LLyrïädes… et aucun hasard.

    Je ne suis plus seulement la Gardienne qui observe le dessin.
    Geminïä tient l’autre extrémité de mon propre trait.

    Les fondatrices ouvriront leur salon.
    Nous ouvrirons nos cœurs.

    Quant aux maris, il faudra peut-être commencer par leur ouvrir les yeux. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Trois autres LLyrïädes comme nous qui s’aiment en triangle amoureux ? »
    Demande Laurelïne enthousiaste. « Et tu viens de les inviter ? »
    « Oui ! C’est étrange comment se noue notre destin, c’est savoureux ! »
    Acquiesce Lïlïth avec faste. « Mais il y a une difficulté ! »

    « Elles sont mariées et leurs maris, Valérion, Cristïäs, Altänor
    Ne sont d’abord pas au courant et sans doute pas très partageurs
    Envers le cœur de leurs chéries ; contrairement à Yavänor,
    Ils ne semblent pas tolérants, ni libertins, ni échangeurs. »

    « Trois autres couples se pavanent ; six femmes qui se sont rapprochées :
    D’abord Geminïä & ÄLLÏÄ, ensuite Thétïs & Ledalïä,
    Pénélopïä & Séorïäne, soit toutes les LLyrïädes “embrochées”
    Dans une sorte de noria d’amour au nom de l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    « Toutes et presqu’en même temps… et ce n’est pas une coïncidence ! »
    Tranche Loreleï trivialement. « Ça ne signifie qu’une seule chose :
    Que nous avons atteint l’instant où commence notre providence.
    Avais-tu initialement prévu notre métamorphose ? »

    « C’était bien sûr inévitable et ça confirme bien notre quête
    Que Yavänor avait lancée avec une vision intuitive
    Ainsi qu’un instinct remarquable en nous exposant sa requête
    Que Laurelïne a pu commencer ! » répond Lïlïth, admirative.

    « Deux trouples et trois couples font douze ; douze apôtres, une rédemptrice,
    Un homme unique, un étalon… je suppose que tu as posé
    La même invite à chaque épouse : se réunir chez les fondatrices,
    C’est-à-dire dans notre salon ! » propose Loreleï, prédisposée.

    « Yanimïä nous a rapprochées, à nous de nous organiser
    Pour faire une chaîne de prières avec orgasmes consacrés
    Sans avoir à se reprocher le moindre écart satanisé
    Puisque nous assure nos arrières l’Ordre du Féminin Sacré ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences dimensionnelles

    « J’ai rendu des sentences pour tout un royaume.
    Je ne savais pas qu’il serait si difficile d’absoudre mon propre cœur.

    Astérias est mon histoire.
    Alinéor est ce qui vient de s’y éveiller.

    Je ne veux condamner ni l’un ni l’autre.

    Alors, pour une fois, je ne gouvernerai pas l’amour.
    Je lui demanderai seulement de ne faire de nous aucun coupable. »

    THÉTÏS, Reine d’Atlantïs

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    « Bonjour Thétïs, quelle bonne surprise ! » dit Yavänor en l’accueillant ;
    « Je te croyais au jardinage… mes conseils ne t’ont pas servi ? »
    « Merci mais il y a méprise ! » répond Thétïs en s’asseyant ;
    « Ça concerne mon “libertinage” et j’ai besoin de ton avis ! »

    « Tu n’es pas une femme mais un homme et ce problème-là les concerne ;
    Je sais que tu ne juges personne et que ton écoute est intègre.
    Je voudrais être fidèle, en somme, car je suis reine et je gouverne
    Pourtant mon cœur me désarçonne ! » dit Thétïs d’un ton un peu aigre.

    « Depuis que je suis transformée je vois Astérias autrement
    Et l’amour pour Alinéor s’est superposé dans mon cœur !
    Je dois bien sûr me conformer à mon rang opiniâtrement
    Mais il se trouve en désaccord avec mes ardeurs de bonheur ! »

    Yavänor comprend le dilemme ; il l’a connu également
    Avec les trois femmes qu’il aime : Laurelïne, Loreleï et puis Lïlïth.
    Il faut contourner le problème par un regard idéalement
    Il faut donc lever l’anathème… et l’amour se réhabilite.

    « L’amour a plusieurs dimensions tout comme l’espace et le temps !
    Tu crois que deux amours s’opposent mais c’est toi qui t’ouvres le cœur
    À de nouvelles dispositions et ça devient très déroutant
    Alors tu doutes et tu supposes qu’il doit y avoir un vainqueur. »

    « Mais en réalité, tu aimes car ton cœur énergétisé
    Voit tous les autres liens possibles venant du Féminin Sacré.
    Dans ton cas, pour moi le dilemme, c’est de savoir t’organiser
    Si tu veux que ce soit visible ou plutôt discret et secret. »

    « Merci Yavänor, ce conseil est bien plus qu’un conseil d’ami ;
    J’en tomberais même presque amoureuse si je ne connaissais tes femmes !
    Je saurai bien mettre en sommeil le moindre soupçon d’infamie
    Et saurai être rigoureuse dans mes choix plus ou moins infâmes ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences psychomotrices

    « Nemo croit que ses souvenirs ont disparu.
    Je sais seulement qu’ils se sont réfugiés dans ses mains.

    Lorsqu’il me touche, son corps reconnaît tout ce que son esprit a oublié.

    Et lorsqu’il pose sa paume sur mon ventre, il ne retrouve plus le passé :
    il se souvient déjà de notre avenir. »

    Pénélopïä, médecin-adjointe d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Je n’en ai aucun souvenir mais cette soirée était unique ! »
    Dit Nemo encore rattaché à la prière récurrente.
    « D’eux-mêmes, ils vont te revenir, tous ces témoins qui communiquent
    Par la musique et le toucher ! » dit Pénélopïä rassurante.

    « Les seuls qui ont de l’importance sont ceux que je passe avec toi ! »
    Dit-il en caressant son ventre comme si c’était un berceau.
    « Tu y mets beaucoup d’insistance et sais te montrer très courtois !
    Et moi, j’aime quand tu te concentres comme si tu étais jeune puceau ! »

    « C’est parce que tu m’intimides ; pour moi, tu es comme une reine ! »
    Répond Nemo admiratif tandis qu’elle lui prend sa verge.
    « Fier capitaine et si timide avec tout ce que ça entraîne ?
    C’est ce qui te rend putatif ; on n’sait pas si tu étais vierge ! »

    « Et ça non plus, je ne sais pas mais à mon avis, c’est possible ! »
    Dit-il en rajoutant, pensif : « Et toi ? Suis-je bien ton premier ? »
    « Ça, Nemo, tu n’le sauras pas… c’est un domaine concupiscible
    Et tu devras être intensif à faire trembler tout le sommier ! »

    « Avec toi, ce sera facile ! Tu es toujours insatiable ! »
    Reconnaît-il en l’embrassant avec envie et enthousiasme.
    « Et toi, tu n’es pas difficile ! Tu es toujours d’une incroyable
    Vitalité en m’enlaçant pour me conduire jusqu’à l’orgasme ! »

    « C’est parce que tu es naturelle et que tu as totale confiance ! »
    Plaisante-t-il en caressant lascivement sa partie tendre.
    « Ta fougue est si surnaturelle qu’elle inspire un peu de méfiance
    Mais ça devient intéressant rapidement et sans attendre…

    Alors n’attendons pas et viens atteindre vite, sans plus attendre,
    Ce pour quoi tu m’as préparée ! » dit-elle, alanguie, cuisses ouvertes.
    « Ça, en revanche, je m’en souviens ! Ma partenaire aime sous-entendre
    Que je suis son jeu préféré ! » conclut-il à la découverte.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Ma rencontre avec Loreleï

    Ma rencontre avec Loreleï

    Un jour, j’ai failli me noyer mais, à mon tout dernier instant,
    Elle vint plaquer lèvres sur lèvres et me communiqua son air.
    Et je me suis apitoyé sur cette belle sirène dont l’instinct
    M’a transmis l’amour et la fièvre vers une vie tourbillonnaire.

    Depuis, je nage à ses côtés dans les courants de son mystère ;
    Elle connaît mille chemins que les marins ne voient jamais.
    Parfois son regard vient botter en touche mon esprit terre-à-terre
    Alors je lui reprends la main car nous sommes unis désormais.

    Tableau de Bill Bate sur https:www.coombegallery.com?s=bill+bate .

  • Ex aqua

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    Jaillissant de l’écume
    Sur les flots outrageants,
    Sans le moindre costume
    Qu’une belle queue d’argent,
    La sirène naquit
    D’une mère démontée
    Dont le père requit
    Son lien de parenté.

    Mais la fille de Neptune
    Dédaignant son trident,
    Entonna sous la Lune
    Ses premiers cris stridents.
    Or la voix de sirène
    Trouble tous les navires
    Dont les frêles carènes
    Tout aussitôt chavirent.

    Éole alors l’accueille
    Et lui donne des ailes ;
    En échange il recueille
    La queue de la pucelle.
    Et la sirène-oiseau
    S’en fut faire fortune,
    Chanter dans les réseaux
    Et récolter des thunes.

    Elle s’appelle Loreleï
    Et me charme souvent ;
    Son chant, vaille que vaille,
    Est toujours émouvant.
    Quand j’ai ouvert mon lit
    À ma nouvelle meuf,
    Elle a construit un nid
    Et m’a donné son œuf.

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  • Officialisation du C.E.S.P.A.

    « Procès-verbal extraordinaire.

    Lïlïth nous a surprises, reconnues et bénies.

    Elle affirme que notre triangle n’est pas une faute, mais une forme encore inconnue du Féminin Sacré.
    Le C.E.S.P.A. est désormais placé sous sa protection.

    À sa demande, la séance a été levée afin d’en ouvrir une autre auprès des fondatrices.

    Je conserve le registre.
    Nous emportons les clefs. »

    STELLÏÄ, Grande Magicienne & Secrétaire du C.E.S.P.A.

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    Trois coups sont frappés à la porte ; fébrilement elles se rhabillent.
    Lïlïth est dans le dispensaire, affichant sa sollicitude.
    « Bonjour, mesdames, je vous apporte mon soutien – nous sommes entre filles –
    Et je pense qu’il est nécessaire de préciser vos aptitudes. »

    « Vous n’êtes pas homosexuelles ; ne vous en sentez pas marries ;
    L’amour du Féminin Sacré atteint chez vous le paroxysme.
    Vous restez hétérosexuelles et vous adorez vos maris
    Et vous vous sentez consacrées à vivre dans votre intimisme. »

    « Sachez que mes filles et moi-même pratiquons la même passion
    Avec une différence extrême : notre mari est au courant
    Ainsi, toutes les trois, on s’aime sans autre préoccupation
    À l’inverse de notre système, vos trois maris sont ignorants. »

    « L’Ordre du Féminin Sacré est loin d’avoir tout révélé
    Et je suis heureuse de voir votre passion triangulaire.
    Personne ne peut exécrer vos penchants ainsi corrélés
    Et je me ferai un devoir de vous en être solidaire. »

    « Je suis LLyrïäde depuis peu mais dès cet instant l’attraction
    Envers les femmes est devenue une obsession ! » Dit Nérätïs.
    « Pareil pour moi et je ne peux même pas en faire abstraction ! »
    Dit Amellïä « Et le soir, nue, je rêve aux femmes, à leurs pubis ! »

    « Moi, c’est arrivé si brusquement que je ne peux pas l’expliquer
    Mais je sais que je le réclame et du plus profond de mon âme ! »
    Avoue STELLÏÄ timidement mais prête à le revendiquer
    Et à se battre pour la flamme qui brûle pour l’amour des femmes.

    « Ainsi soit-il ! » répond Lïlïth. « Restons discrètes cependant.
    Je suis venue vous enhardir et vous prier de nous rejoindre
    Car Yavänor est en visite mais il sera condescendant
    Selon l’ancienne façon de dire son agrément et non le moindre. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le Club Étreintes Secrètes & Plaisirs Assurés

    « Les statuts officiels du C.E.S.P.A. prévoient l’étude des sororités atlantes, la tenue d’archives et la discrétion de ses membres.

    Les véritables statuts tiennent en trois articles :
    Chacune conservera sa clef.
    Rien de ce qui entre dans la chambre n’en sortira.
    Tout ce que nous désirons ensemble pourra s’y accomplir.

    J’ai rédigé la première version pour les curieux.

    La seconde n’existe qu’en trois exemplaires vivants. »

    STELLÏÄ, Grande Magicienne & Secrétaire du C.E.S.P.A.

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    Amellïä retrouve STELLÏÄ à la demande de Nérätïs ;
    Une fois dans le dispensaire, elles s’enferment dans la chambre.
    « Afin que ce qui nous lia et fit chanter nos clitoris
    Survive, il devient nécessaire d’être très discrètes entre membres. »

    « J’ai créé un club de recherche qui nous servira de prétexte
    Pour nous réunir à loisir et sans éveiller les soupçons
    Mais qui éloignera les faux derches en sélectionnant un contexte
    Qui ne procure aucun plaisir ni aux filles ni même aux garçons. »

    « Ce sera “Le Cercle d’Étude de Sororités du Peuple Atlante”
    – Soit en abrégé C.E.S.P.A – dont le siège est le dispensaire. »
    « C’est un peu en désuétude… » commente STELLÏÄ hésitante…
    « C’est plutôt judicieux ! N’est-ce pas ? » encourage Amellïä, sincère.

    « J’assumerai la présidence, STELLÏÄ sera la secrétaire
    Et Amellïä, la trésorière ! » conclut Nérätïs en riant.
    « Et si nous commencions la séance ? » dit Amellïä autoritaire ;
    « Tu as déjà le feu au derrière ! » répond STELLÏÄ en souriant.

    Aussitôt la séance ouverte, les trois membres actifs se rassemblent
    Sur le lit suffisamment grand pour s’ébattre confortablement.
    STELLÏÄ part à la découverte d’Amellïä, timorée, qui tremble
    Sous les doigts experts émigrant à l’intérieur des vêtements.

    Amellïä, nue, alors se tourne vers Nérätïs qui est charmée
    D’être explorée de tout son corps et ses parties les plus sensibles.
    À son tour, elle se retourne vers STELLÏÄ très enthousiasmée
    Qui crie : « Encore ! Encore ! Encore » avec des gestes ostensibles.

    Le temps alors s’est arrêté, l’espace s’est réduit à leur lit ;
    Elles ont trouvé leurs dimensions où l’euphorie s’est instaurée.
    Les corps, par l’effort, maltraités, elles se lèvent le cœur en folie,
    Estimant avec conviction qu’il est temps de se restaurer.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences charnelles et rétrospectives

    « Le dossier d’Amellïä indiquera : tension normale, état général excellent.

    Il ne dira pas qu’elle était belle, allongée devant moi, que j’ai tremblé lorsqu’elle m’a confié son désir ni que j’ai refermé la porte avec le sentiment étrange de l’avoir toujours attendue.

    Certaines observations n’appartiennent pas à la médecine. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    Amellïä entre au dispensaire pour sa visite mensuelle
    Et dans la salle d’examen, Nérätïs lui prend la tension.
    Mais en lui tâtant les viscères, une vision très sensuelle
    Transmet, au contact de sa main, leurs toutes dernières sensations.

    Amellïä se crispe et se cambre et lentement atteint l’orgasme
    Sous le déluge d’émotions entre STELLÏÄ et Nérätïs.
    « Il y a, à côté, une chambre qui m’attire avec enthousiasme ! »
    Dit-elle en perdant la notion de tous ses repères et indices.

    « Tu nous as vues faire l’amour ? » demande Nérätïs doucement ;
    « Nous t’en avons donné envie ? » ajoute-t-elle rapidement.
    « Oui ! J’aime le côté glamour qui s’en dégage intimement
    Et je voudrais que tu m’y convies ! » dit Amellïä timidement.

    « Je n’osais te le proposer de peur que tu ne t’intimides !
    Joignons l’utile à l’agréable, jouons au docteur pour de vrai !
    Accepte alors de tout oser et cesse de faire ta timide ! »
    Dit Nérätïs au préalable afin qu’Amellïä ne s’effraie.

    « Allonge-toi, tu es très belle et tes cheveux ont bien poussé ;
    Ta poitrine s’est bien arrondie ainsi que la courbe de tes hanches ;
    J’aime autant ton côté rebelle que ton petit nez retroussé ! »
    Dit Nérätïs, très attendrie et d’une douceur tout à fait franche.

    « Moi aussi, j’irai droit au but : j’aime ton côté directif ;
    Je suis un peu garçon manqué et j’aime les dominatrices.
    Je n’ai pas osé au début t’avouer mes goûts très subjectifs… »
    Dit Amellïä, alors marquée d’une ferveur inspiratrice.

    « La pièce est insonorisée ; nous pouvons hurler de plaisir ! »
    Dit Nérätïs à son amie devenue sa compagne intime.
    « Alors je peux m’autoriser à être l’objet de ton désir ! »
    Dit Amellïä. « Ton tsunami attend désormais sa victime ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences électriques

    « Je suis Grande Magicienne.

    Pourtant Nérätïs a su, sans la moindre formule, faire disparaître ma tristesse, apparaître mon désir et changer une simple clef en promesse.

    Je lui reconnais volontiers la maîtrise de cette magie. »

    STELLÏÄ, Grande Magicienne

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    Après la farce gigantesque jouée à Astérias honteux,
    STELLÏÄ ne trouve pas le sommeil et Cristïäs est dans son labo.
    Frustrée d’un manque de romanesque, elle descend, le cœur cahoteux,
    Pour déboucher une bonne bouteille et se calmer la libido.

    Nérätïs est déjà à table, un verre de whisky à la main ;
    « Je peux te tenir compagnie ? » demande STELLÏÄ timidement ;
    « Assieds-toi ! Il est détestable de boire seule, c’est humain ! »
    Propose-t-elle à son amie avec un verre évidemment.

    « Merci ! Cristïäs n’est jamais là ! » se lamente STELLÏÄ, le cœur gros ;
    Après avoir vidé son verre, elle en reprend avec plaisir.
    « Valérion ronfle a cappella… » dit Nérätïs, « et allegro ! »
    Avec un clin d’œil qui s’avère chargé d’envie et de désir.

    Et puis Nérätïs prend la main de sa jeune compagne en larmes :
    « Tu as besoin de sa tendresse et je peux te donner la mienne ! »
    Dit-elle après mûr examen de la qualité de son charme,
    Elle se rapproche et la caresse avec le tact d’une doyenne.

    Et l’esprit battant la campagne, STELLÏÄ accepte la tendresse
    Et se laisse aller au baiser qui lui réchauffe un peu le cœur.
    Elle sent l’amour de sa compagne qu’elle transmet avec adresse
    Et se sent bien plus apaisée qu’en buvant la chaude liqueur.

    Quand Nérätïs caresse le sein, STELLÏÄ se cambre lascivement ;
    Quand elle l’embrasse avec la langue, STELLÏÄ gémit du potentiel ;
    Quand elle lui masse le bassin, STELLÏÄ crie voluptueusement ;
    Quand elle lui propose un Yin-Yang, STELLÏÄ est au septième ciel.

    STELLÏÄ reconnaît que l’orgasme avec Nérätïs est divin.
    « Voici la clef du dispensaire, j’ai une chambre personnelle ! »
    Dit Nérätïs dont l’enthousiasme leur donne, à toutes les deux, faim
    Et glisse le précieux émissaire à STELLÏÄ tout émotionnelle.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences aéronautiques

    « Je suis restée à proximité au cas où leur remontée réclamerait mon assistance.

    Amellïä tremblait encore et Altänor s’inquiétait.

    Puis elle a ôté sa couverture.

    Je suis rentrée : ils n’avaient manifestement plus besoin de moi. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    « Moi qui maîtrisais le trombone, me voici joueur de sexophone ! »
    Plaisante Altänor essoufflé après leur prière commune.
    « Et Yanimïä était synchrone avec tes attaques polissonnes ! »
    Dit Amellïä emmitouflée dans une couverture opportune.

    « Oui, cette musique de chambre fut orchestrée de main de maître ! »
    Reconnaît-il à son encontre comme maestra de fortune.
    « Moi, je tremblais de tous mes membres tandis que grimpait l’altimètre ! »
    Frissonne-t-elle, assise contre son compagnon face à la Lune.

    « Nous étions naufragés de l’air, nous voici rescapés d’amour ! »
    Dit-il en reliant leurs chutes à leur remontée liturgique.
    « Et ce n’est pas pour me déplaire, cette formation très glamour ! »
    Glousse-t-elle tandis qu’elle lutte contre des frissons névralgiques.

    « Mes allers-retours empalaient délicieusement Yanimïä ! »
    Songe-t-il avec nostalgie de leur sexuelle prestation.
    « Les coups de ton manche à balai fusèrent quand tu le manias ! »
    Répond-elle avec pubalgie légère de protestation.

    « À chaque impact de mon engin, le plaisir faisait réfraction ! »
    Se souvient-il de leurs orgasmes comme soufflés d’un triple cor.
    « J’ai ressenti dans mon vagin le top de ta pénétration ! »
    Évoque-t-elle avec des spasmes encore présents dans son corps.

    « Je n’ai jamais eu de désir d’une telle force qu’il rayonnait ! »
    Avoue-t-il avec l’énergie d’un étalon quadragénaire.
    « J’ai ressenti nos trois plaisirs qui allaient et qui revenaient ! »
    Découvre-t-elle en synergie totale avec ses partenaires.

    « Je me demande si ton effroi n’est pas l’effet qui te rudoie… »
    Dit-il à sa femme couverte et qui frissonne dans la nuit froide.
    « Tais-toi, gentil idiot, j’ai froid ! Viens me baiser comme il se doit ! »
    Invite Amellïä, cuisses ouvertes, saisissant la verge encore roide.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Lumière écarlatée

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    Que la lumière soit ! Et la lumière fut.
    Elle s’étira radieuse, sortie de son sommeil,
    Nue comme le néant qui regardait confus
    Mourir l’obscurité sous l’effet du soleil.

    Lumière avait les yeux noirs comme des trous de ver
    Et la bouche pareille aux abysses obscures.
    Mais son corps lumineux brillait dans l’univers,
    Ravissant Jupiter, Vénus, Mars et Mercure.

    De son sexe sortit – car la Lumière est femme –
    Toute une pluie d’étoiles nées de la Voie Lactée.
    Comme elles avaient faim car la naissance affame,
    Elles tétèrent leur mère d’un lait écarlaté.

    Tableau de Kelsey Brookes.

  • Le cul pile sur la chaise

    Le cul pile sur la chaise

    Vivre le cul entre deux chaises, c’était au temps de ma jeunesse
    Où je partageais mes journées entre rêve et réalité.
    Hélas, je n’avais ni française, ni davantage de suissesse
    Mais j’espérais voir ajourner mon célibat illimité.

    Mais à force de trop attendre et de rester sur mon séant,
    Je n’ai gardé de ces malaises qu’un vieux dossier de fer forgé.
    Le temps a fini par me prendre, me laissant face au grand néant,
    Et mon destin, entre deux chaises, est finalement resté figé !

    Aujourd’hui la chaise est de fer, le rouge a remplacé le gris ;
    Si le célibat fut ma cage, le rêve est devenu vaisseau.
    Et je parcours tout l’univers avec mes muses pour seul abri
    En poursuivant mon long voyage sans plus craindre le moindre assaut.

    Photo de Henry Wolf.

  • Conflit dense et humiliant

    « Le Souffle Premier peut rendre au corps sa jeunesse.
    Il ne restitue pas au roi la noblesse qu’il abandonne à ses désirs.

    En pleine humiliation, Astérias a retrouvé ce soir le regard de sa reine.
    J’espère qu’il y reconnaîtra désormais la frontière entre la grâce et l’offense.

    Le cristal, lui, n’oublie aucune leçon. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Où êtes-vous cachées mes petites ? Voilà ! J’enlève mon caleçon
    Et je suis tout nu comme un ver ! Ne m’laissez pas seul dans le noir ! »
    Dit Astérias dressant sa bite comme le ferait un grand garçon
    Cherchant ses roses dans la serre pour donner un coup d’arrosoir.

    « Par ici ! Mais avance donc ! » dit ÄLLÏÄ d’une voix fluette.
    « Donnez-moi la main, s’il vous plaît, je ne veux pas vous faire peur
    Et vous en demander pardon ! » dit Astérias à l’aveuglette.
    « Si tout le monde est au complet, on peut y aller ! » disent-elles en chœur.

    Et soudain la lumière fut devant le grand aéropage
    Des LLyrïädes ainsi que des sirènes et puis Loïrelïndt et Yanimïä.
    Alors semblable au roi déchu, Astérias voit le dérapage
    Qui l’a conduit devant sa reine, grillé par sa paranoïa.

    « Ça alors, Monsieur mon époux, vous voici en fâcheuse posture ! »
    Tonne Thétïs avec dégoût ; « Ces dames apprécieront sans doute… »
    « Mais enfin, chérie… je… tu… vous… ceci n’est rien qu’une imposture !
    C’est une farce de mauvais goût… justement celle que je redoute… »

    « Tu te déshabilles dans le noir et t’es le dindon de la farce ? »
    Achève Thétïs à l’affût d’une maladresse en surplus.
    « Mais non ! Je cherchais l’urinoir… dans… cette obscurité éparse ! »
    Bredouille Astérias, tout confus, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus…

    « Mon pauvre ami, tu n’vois pas clair et ces filles t’ont si bien roulé
    Que désormais ta séduction a pris un sacré coup dans l’aile !
    À l’avenir, sois exemplaire et montre-nous dans la foulée
    Un roi avec plein d’attentions envers les femmes en parallèle ! »

    « Oui, mon amour ! Et vous, mesdames, pardonnez-moi, je vous en prie ;
    Ne m’en tenez pas trop rigueur car l’humiliation est salée ! »
    Dit Astérias devant ces dames en reprenant et ses esprits
    Et ses habits avec vigueur et disparaissant dans l’allée.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences sororelles

    « Astérias possède désormais le corps d’un jeune homme.
    Il a malheureusement conservé l’insistance d’un vieux schnock.

    Je lui ai déjà dit non.
    Il semble croire qu’il s’agissait du commencement d’une négociation.
    Je commence à manquer d’arguments.
    Et surtout de patience. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Non mais est-ce que tu te rends compte ? Astérias me fait des avances ! »
    S’écrie ÄLLÏÄ, scandalisée ; « Il pourrait être mon grand-père ! »
    « Sans blague ? Allez, vas-y, raconte ! Mets-moi donc dans la confidence ! »
    Répond STELLÏÄ, focalisée sur cette info qui l’exaspère.

    « Il m’a proposé une balade en amoureux… quelle avanie !
    Ce vieux schnock est trop ridicule ! » dit ÄLLÏÄ d’un ton jacasseur.
    « J’entends déjà ses galéjades ! Mais au fait… il a rajeuni !
    Il a l’âge et les testicules de nos amants ! » répond sa sœur.

    « Mais pas les souvenirs acquis qui appartiennent à notre temps !
    Il ne parle que d’opéras et de parties de chasse à courre !
    Tu me vois chanter Tchaïkovski ou jouer un Edmond Rostand ?
    Et courir toute nue au haras pour traquer un cerf de concours ? »

    « Ha ha ha ha ! » pouffe STELLÏÄ ; « Je te vois Lady Godiva
    Chevauchant à travers Constance entièrement nue pour le défier ! »
    « Tu peux rigoler ! » dit ÄLLÏÄ. « Parce que dès demain, à Dieu vat,
    C’est toi qui subiras ses stances et tu devrais te méfier ! »

    « Non mais, sérieux ! » s’indigne STELLÏÄ. « Croit-il qu’on a la vocation
    De satisfaire ses envies et ses cochonneries aussi ? »
    « J’ai vu Thétïs ! » répond ÄLLÏÄ. « Elle m’a donné dérogation
    Pour l’envoyer sans préavis sur les roses sans diplomatie ! »

    « Je m’en vais le cristalliser s’il recommence ! » dit ÄLLÏÄ
    Qui, dans un accès de colère, brise un verre en se tailladant.
    « Je m’en vais le métalliser s’il s’avance ! » rétorque STELLÏÄ
    Qui serre si fort ses molaires qu’elle se met à grincer des dents.

    « Je te propose de régler ça bien promptement d’ici ce soir !
    On va mener ce ratapoil au-devant de sa fusillade
    En convoquant ce vieux poussah à un strip-tease dans le noir
    Et quand on s’retrouve tous à poil, on rallume devant les LLyrïädes ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences dansantes

    « Souvent la nuit mon cœur s’exprime ainsi :

    “Geminïä, je t’aime !
    Je ne veux plus abriter cet amour derrière mes silences ni retenir ce que mon cœur te donne déjà.
    Je te désire, je te choisis et je m’offre à toi sans réserve.
    Aime-moi comme je t’aime.
    Embrasse-moi encore.
    Et ne laisse jamais ce baiser devenir notre dernier.”

    Et aujourd’hui mon cœur aspire à concrétiser cet amour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Tandis qu’Altänor, chef d’orchestre, dirige Valérion et Nemo,
    La musique est si entraînante qu’ÄLLÏÄ s’approche de Geminïä.
    Et dans ce paradis alpestre, elles commencent sans dire un mot
    Une danse très lancinante discrètement dans la loggia.

    Or Geminïä adore ÄLLÏÄ, la jeune gardienne de la lumière ;
    Celle qui veille sur la connaissance et sur la quête d’information.
    Son souffle, depuis qu’elle se rallia, reste son impulsion première ;
    De plus, sa propre adolescence apporte une illumination.

    ÄLLÏÄ aussi aime Geminïä ; surtout c’qui n’se voit pas chez elle ;
    Sa consœur comprend ses silences avant même qu’elle les exprime
    Et jamais ne s’ingénia à percer ses airs de gazelle ;
    ÄLLÏÄ relâche sa vigilance lors de leurs rencontres intimes.

    En outre, Geminïä admire sa capacité à percer
    Le voile fin de l’évidence lorsqu’elle l’estime nécessaire.
    L’ambassadrice a dû frémir quand ÄLLÏÄ fut bouleversée
    Par l’effet de sa clairvoyance qui se montre toujours sincère.

    ÄLLÏÄ affectionne l’éther dont sa consœur, sans éblouir,
    Resplendit et qui enveloppe de tendresse tout son entourage.
    Quand elle sent un choc délétère qui la ferait s’évanouir,
    Son simple regard développe une énergie qui l’encourage.

    Geminïä pense, ÄLLÏÄ perçoit et le silence les rapproche ;
    Elles savent que si l’une tend la perche, l’autre le sait, c’est prévisible.
    Geminïä donne, ÄLLÏÄ reçoit, elles sont de plus en plus proches ;
    Les fronts se touchent, les lèvres cherchent les mots de l’amour invisible.

    ÄLLÏÄ désire Geminïä de tout son corps et dans son âme
    Et elle ne peut apaiser cette attirance désormais.
    ÄLLÏÄ répond à Geminïä par l’amour fort de femme à femme
    Qu’elles scellent par ce baiser qui ne se rompra plus jamais.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences atlantes

    « Thétïs et Astérias se sont avoué désirer une autre personne.

    Thétïs a entendu un homme.
    Astérias pensait à une femme.

    Ils se félicitent maintenant de leur parfaite compréhension.

    Il n’est pas nécessaire, à ce stade, de les détromper. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est comme si je t’avais retrouvée depuis… combien… cinquante années
    Et découverte quasi intacte avec ton caractère coriace ! »
    « Oui, cela a fini par me prouver que les LLyrïädes m’ont ramenée
    À la raison et je m’adapte ! » répond Thétïs à Astérias.

    « Et te voilà pleine d’appétit pour nos activités charnelles
    À tel point que je reconnais manquer de force quelquefois ! »
    « C’est venu petit à petit ; d’abord l’envie originelle,
    Puis une énergie qui venait décupler ma faim chaque fois ! »

    « Et ces LLyrïädes si charmantes que c’est un plaisir de les voir !
    Et cette Yanimïä si active que j’avais du mal à la suivre ! »
    « Oui, elles sont de super amantes qui détiennent un certain pouvoir
    Et je me sens très réceptive à tout ce qui pourrait s’ensuivre… »

    « Dire que tu voulais raisonner et faire revenir Nérätïs !
    Et nous voici tous embarqués à devoir battre la campagne ! »
    « Oui, elles nous ont arraisonnés et arrachés à Atlantïs
    Mais afin de nous démarquer pour cette retraite de cocagne ! »

    « ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sont deux fées et se montrent tellement gentilles
    Qu’il m’arrive de les désirer, je l’avoue en toute loyauté ! »
    « Oui, j’ai subi le même effet envers chacune de ces filles
    Jusqu’à aller en admirer une personne pour sa bonté ! »

    « Je le comprends. Irrésistible est cette force d’attraction
    Quand je suis en leur compagnie, je sens leur amour s’introduire ! »
    « Oui, cela devient impossible de lutter contre la séduction
    Et il n’y a aucune avanie à se laisser ainsi séduire ! »

    « J’ai même peur de t’avouer qu’un jour je pourrais te tromper
    Car, chez l’homme, tant de courtoisie risquerait de le contenter ! »
    « Oui, mais tu t’es tellement dévoué par le passé à t’estomper
    Dans le mensonge que j’ai choisi de me laisser tenter ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Qui a peur de la louve ?

    Qui a peur de la louve ?

    Ne craignez pas la louve dont l’amour vous dévore !
    Ne craignez pas la bouche qui vous croque le cœur !
    Car ce ventre qui couve est très énergivore
    Et boira sur la couche votre chaude liqueur !

    « Je suis celle qui tient la lampe de cristal
    Dans la gueule de l’ombre et la lumière exquise.
    Mais c’est moi qui détiens votre avenir létal
    Si je n’ai pas mon nombre de caresses requises. »

    « Je ne suis pas méchante, juste un peu trop gourmande
    De sexe et de caresses car je suis nymphomane.
    Après je vous dévore… oui… je m’en réprimande
    Mais hélas ma nature est d’être mythomane. »

    Illustration de Will.

  • Aux sources du tendre

    Aux sources du tendre

    En voulant découvrir la source menant au Féminin Sacré,
    Je suis parti sur un bon pied, surtout le gauche de préférence.
    Et j’ai suivi au pas de course les mollets à la peau nacrée
    Puis remonté comme il me sied souvent avec persévérance.

    Mais le terrain assez touffu découragea ma progression
    Et je me perdis dans les buis et les fourrés marécageux.
    Finalement je fus confus de reconnaître l’oppression
    Du paysage autour du puits, en m’avouant pas très courageux.

    Je crus trouver le vrai refuge au bord de cette eau baptismale,
    Cherchant l’amour sous le déluge d’une fatigue bien hivernale…
    Mais le désir est un transfuge fuyant les routes abyssales
    Et je conclus sans subterfuge pour cette chute dans les annales…

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Confidences suspicieuses

    « Ledalïä soupçonnait Alinéor de cultiver autre chose que le potager avec Thétïs.

    Elle lui a appris que Thétïs fréquentait déjà son propre jardin secret.

    Ils ont décidé de poursuivre les travaux tous les trois conjointement.

    Le nouveau programme d’arrosage ne sera cependant pas affiché au menu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Une fois toute la cuisine rangée, Alinéor rentre chez lui
    Pour se reposer l’air mutin auprès de sa chère Ledalïä
    Qui vient alors l’interroger sur ce qu’il a fait cette nuit
    En partant au petit matin avant que le soleil brillât.

    « Je suis allé au potager pour arroser les plates-bandes
    Juste avant le lever du jour pour leur conserver la fraîcheur
    Et pour ne pas endommager les jeunes pousses qui se répandent
    Nous nous préoccupons toujours d’éloigner les martins-pêcheurs. »

    « Nous ? » feint Ledalïä la surprise ; « Vous êtes combien à vous lever
    Et vous précipiter à l’aube pour ce jardin à asperger ? »
    Afin qu’il n’y ait pas de méprise, il répond : « Thétïs a œuvré
    Énormément, ce qui englobe son intérêt pour les vergers ! »

    « Donc elle t’appelle “mon chéri” en récompense de ton aide ! »
    Dit Ledalïä plus suspicieuse que jamais face à son mari.
    « C’est parce qu’elle est mon égérie et le jardin est son remède ;
    Sa répartie est malicieuse… je comprends que tu sois marrie ! »

    « Écoute-moi, mon joli cœur ! Je sais que tu es chaud lapin
    Et que tu exiges beaucoup de mes dispositions pour toi !
    Je n’en ai aucune rancœur mais si elle te met le grappin,
    Tu en auras la corde au cou et les cancans qui vont de soi ! »

    « Et puisque nous sommes en confiance, alors sache que Thétïs et moi
    Échangeons câlins et caresses assez régulièrement, ma foi.
    Je cultivais ma méfiance car elle m’avait dit son émoi
    À rajouter au palmarès de tes conquêtes encore une fois ! »

    « Alors pourquoi ne pas l’inviter à venir prier avec nous ?
    Je serais vraiment très heureuse de participer à vos jeux !
    Puisqu’on ne peut pas l’éviter, elle se mettra donc à genoux
    Comme Yanimïä et, valeureuse, nous fera jouir comme je veux ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences charnelles

    « Nouvel effet secondaire confirmé.

    Amellïä voit les étreintes charnelles récentes des personnes dont elle s’approche.

    Les visions restent privées ; ses commentaires, beaucoup moins.

    Lïlïth lui a conseillé de consulter Yanimïä.
    Le rendez-vous était déjà prévu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    La cloche a sonné pour midi et tout le monde se retrouve
    Pour le plaisir de se revoir et de déguster tous ensemble
    Le plat du jour – soit inédit, soit celui que chacun approuve –
    Et le plaisir comme le devoir tous les jours ainsi se rassemblent.

    Dans une atmosphère joyeuse, chacun apprécie les menus
    Qu’Alinéor toujours s’affaire à créer avec surenchère.
    « Goûte-moi cette pâte moelleuse ! » propose-t-il à Thétïs venue
    Le rejoindre et qui lui profère : « Merci mon chéri… euh… mon cher ! »

    « Vous êtes amants tous les deux ? » chuchote Amellïä à l’oreille ;
    « Et vous l’avez fait ce matin ? » reprend-elle tout étonnée.
    « Mais… quel est ce ton graveleux ? » répond l’autre d’une voix sans pareille :
    « Me traiterais-tu de catin ? Et ne va pas le claironner ! »

    Toute confuse, Amellïä s’éloigne et se rapproche de Nérätïs
    Qu’elle voit dans un flash chevaucher son mari hurlant de plaisir.
    Et de peur de goûter la poigne de la princesse d’Atlantïs
    Elle quitte sa vision débauchée afin de mieux se ressaisir.

    Finalement elle s’assied juste entre Loreleï et Laurelïne
    Face à Lïlïth et Yavänor afin que ses sens se rassemblent.
    Mais elle les voit apprécier l’amour à coups de vaseline
    Et l’amant chanter en ténor tandis qu’il les honore ensemble.

    « Qu’est-ce que tu vois ? » demande Lïlïth à une Amellïä médusée ;
    « Je vous vois en pleine partouze – le père avec les trois mamans !
    Je vois ainsi les quatre élites, tous nus, en train de s’amuser
    Et, sans qu’il n’y ait de jalouses, toutes jouir du même amant ! »

    « Oh ! dit Lïlïth, c’est très étrange ! C’est une vision rétrospective !
    Tu sembles capter les étreintes charnelles encore résiduelles.
    Pour que cela ne te dérange, raconte tes visions projectives
    À Yanimïä car son astreinte prévoit ces suites rituelles ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.