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  • Confidences hétéroclites

    « Pénélopïä m’a embrassée dans la salle d’observation.

    J’ignore encore si mon désir répondait au sien ou si je voyais simplement ce qui devait arriver.

    Lorsque nos enfants se sont reconnus, j’ai aperçu deux femmes qui s’aimaient depuis longtemps.
    Elles avaient nos visages. »

    Séorïäne, aide-cuisinière presciente

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    Dans la salle d’observation du dispensaire, deux patientes
    Ne savent plus où elles en sont par suite de transformations ;
    Pénélopïä pleine d’attentions envers sa consœur presciente
    Et Séorïäne pleine de soupçons envers cette situation.

    « Ne sens-tu pas qu’on se rapproche par nos expériences récentes ? »
    Demande Pénélopïä à celle qui s’accorde à son pas.
    « Écoute, ce n’est pas un reproche mais je vois l’envie sous-jacente
    Et ton attirance étincelle ! Pourtant je n’y résiste pas ! »

    « Comprends-moi, si je te vois nue, cela excite alors mes sens
    Et je vois briller dans tes yeux le même désir que le mien. »
    « Depuis que je suis revenue à moi j’en perçois les essences
    Comme un appel mystérieux mais qui me convient assez bien ! »

    « Je ne suis pas homosexuelle mais j’ai envie de caresser
    Ton corps durant toute la nuit et surtout de recommencer… »
    « Je n’étais pas très sensuelle et avant, tout me paraissait
    D’une outrecuidance inouïe… pourtant à présent dépassée. »

    Arrive le premier baiser dans une salle d’examen
    Dont les murs semblent disparaître pour les laisser seules au monde.
    Après un moment, apaisées par ce rapprochement humain,
    Un amour d’âme semble apparaître entre les deux mamans fécondes.

    « Le mien s’appellera Némésïs, une très jolie petite fille
    Qui pourrait bien aimer le tien à sentir l’ardeur de leurs cœurs ! »
    « Il faudra qu’Haëjun choisisse celle pour qui son jeune cœur vacille !
    J’ai moi aussi senti le lien qui unissait nos deux vainqueurs ! »

    « Nous sommes deux mamans reliées par l’amour de nos têtes blondes
    Et par le Féminin Sacré qui nous attire désormais ! »
    « Oui, je suis prête à rallier notre folle envie furibonde
    Pour vivre un amour consacré entre deux mamans à jamais ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences médico-musicales

    « Les effets secondaires persistent.

    Je me suis découvert un désir presque permanent pour les femmes, sans que mon attachement à Valérion en soit diminué.

    Il a proposé de m’aider à vérifier ce dernier point.

    L’examen s’est révélé concluant. »

    Nérätïs, médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « J’aurais prié ainsi avant, j’aurais été traumatisée ! »
    Reconnaît l’ancienne princesse aujourd’hui devenue LLyrïäde.
    « Il faut croire que, dorénavant, nous sommes familiarisés
    Avec ce genre de “pince-fesses” ! » dit son conjoint sans jérémiade.

    « Et rien qu’à penser que ma mère et mon père vont participer…
    Tout cela me semble incroyable ! » réfléchit Nérätïs pensive
    « Moi, je trouve que ma belle-mère est devenue émancipée
    Quant aux pratiques inavouables ! » dit Valérion sur le qui-vive.

    « Ah bon ? Ma mère est à ton goût ? C’est vrai qu’elle est redevenue belle… »
    Songe Nérätïs amusée par ce qui les réconcilia.
    « Alinéor en a le bagou… Astérias tiendrait la chandelle… »
    Répond Valérion médusé d’après les racontars d’ÄLLÏÄ.

    « Et toi ? De fourrer Yanimïä ? Cela ne te choque-t-il pas ? »
    Lui demande-t-elle intriguée par sa pudeur outrepassée.
    « C’est la prière à ÏÄNIMÏÄ ! Les autres ne s’y plient-ils pas ? »
    Répond-il un peu fatigué de leur triple étreinte passée.

    « Tu y as mis beaucoup d’ardeur… peut-être bien plus qu’avec moi… »
    Accuse-t-elle, l’air incisif, « J’en ai été hallucinée ! »
    « Et toi, beaucoup trop de candeur tu semblais déborder d’émois ! »
    Réplique-t-il assez pensif, « Tu étais comme illuminée ! »

    « Sans doute un effet secondaire ; je me suis découverte nymphomane ! »
    Avoue-t-elle sans le regretter, « Et j’en ai encore du désir ! »
    « Oui… tu étais très solidaire de la prêtresse érotomane ! »
    Accuse-t-il, tout apprêté pour en ressentir du plaisir.

    « Sans doute adoré-je les femmes mais c’est de toi que j’ai envie ! »
    Et brusquement elle chevauche son mari, réclamant son rut.
    « Je n’ai pas trouvé ça infâme mais au contraire je t’y convie ! »
    Dit-il, acceptant la débauche de sa femme et sa façon brute.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La plus noble conquête de l’homme

    La plus noble conquête de l’homme

    La plus noble conquête de l’homme est, bien entendu, le cheval
    Pour la deuxième, et non la moindre, c’est bien la femme, la bougresse !
    Or en bricolant le génome il voudrait bien, pour carnaval,
    Ainsi ses deux conquêtes adjoindre afin de créer la centauresse.

    Ah ! Le plaisir de galoper confortablement sur la croupe
    Et lui faire des petits centaures quand elle sera bien fatiguée !
    Sinon elle risque de saloper en lui faisant une entourloupe,
    Une ruade des sabots retors ou un coup bas bien prodigué.

    Il croit dompter cette nature en maîtrisant chaque prodige
    Mais il ignore l’aventure qui mène au bord d’un grand vertige
    Car sous la main de la luxure naît un puissant et fier litige
    Et la rebelle en sa parure brise enfin l’homme avec prestige.

    Illustration de Steven Stahlberg sur florent.coste.free.frgalerieindex.php?path=Steven%20Stahlberg&page=4 .

  • Le masque

    Le masque

    Puisque Dieu n’était pas visible, il se confectionna un masque
    Afin de voir sa création et la nature environnante.
    Et comme il restait invisible derrière cet écran fantasque,
    Il se fit sa récréation avec des blagues pertinentes.

    Il s’approcha tout doucement de la femme qu’il avait créée
    Et lui susurra sournoisement de croquer le fruit défendu.
    Et la femme alors bêtement, ne pensant pas à maugréer,
    Mangea le fruit courtoisement et l’os par Satan répandu.

    Dieu riant de sa fourberie fit comme si de rien n’était
    Et accusa l’homme complice d’association de malfaiteurs.
    C’n’est donc pas par étourderie que le péché fut décrété
    Mais par un insidieux supplice dont Dieu se fit entremetteur.

    Depuis ce jour de pure envie où le serpent fut l’instrument,
    Il joue au grand jeu de la vie avec un froid contentement.
    Et si la farce est poursuivie malgré le poids du châtiment,
    C’est que son âme est assouvie par ce sublime égarement.

    Tableau de Rozzi Roomian.

  • Les effets supplémentaires

    « De nouveaux effets secondaires apparaissent !

    Depuis ce matin, Séorïäne croit voir au présent ce qui se passera plus tard : des patates cuites avant de les éplucher, ce qu’il y aura ce soir au dîner…
    Quand Nérätïs, appelée en urgence, viendra l’examiner, Séorïäne la verra accompagnée de sa future fille.

    Lïlïth a diagnostiqué un don de vision prémonitoire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Alinéor lance « Patates à éplucher ! » à la volée ;
    Séorïäne se met à la tâche qui ne paraît pas extravagante
    Mais, tout de suite, elle constate qu’elle les voit déjà rissolées
    Et une soudaine moustache à son mari très élégante…

    « Tu te laisses pousser la moustache ? » demande Séorïäne interdite ;
    « Non mais j’avais envie de le faire ! » répond Hyänor étonné
    Qu’elle ait deviné ce qu’il cache mais qu’il voulait qu’elle accrédite
    Le soir même pour la satisfaire car elle l’en avait talonné.

    « Séorïäne ! C’n’est pas terminé ! » dit le maître queux plein de reproches ;
    « Les pommes sont déjà rissolées ! » répond-elle assez naturelle.
    « Oui, c’est prévu pour le dîner… mais comment le sais-tu ? Approche ! »
    Il l’observe alors affolée, tremblante comme une tourterelle.

    « Hyänor ! Cours chercher Nérätïs ! Ta femme nous couve quelque chose ! »
    « Mais… elle est LÀ ! » la montre-t-elle avant de tomber dans les pommes
    Dans les bras mêmes de Thétïs venue leur apporter des roses
    Pour en décorer les coupelles comme le ferait tout bon majordome.

    Nérätïs et Lïlïth arrivent, Séorïäne reprend ses esprits
    Ensemble les deux l’examinent pour autant qu’elle le leur permette :
    « Je voudrais que tu me décrives ce que tu vois, sans parti pris ! »
    « Oui… Nérätïs et sa gamine… “Thalässïä” d’après sa gourmette… »

    « Oui… c’est le nom que j’ai choisi… dit Nérätïs, ou Arïäne ! »
    « Une vision prémonitoire… » affirme Lïlïth ; « c’est très bon ! »
    « Mais… auriez-vous la courtoisie de m’expliquer ? » dit Séorïäne
    « Tu es LLyrïäde, c’est notoire et tu t’es découvert un don ! »

    « Les futurs possibles ou réels se superposent à ta vision ;
    Ainsi tout ce que tu crois voir ne se passera que plus tard !
    Pour l’instant ça semble irréel bien que ce ne soit qu’une prévision ;
    Bientôt tu sauras percevoir et maîtriser l’insolite art ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences intellectuelles

    « L’amour et la science ne sont pas très compatibles.

    La rigueur scientifique de Cristïäs et surtout son envie d’élargir le champ des recherches ont un peu refroidi l’ambiance, m’a raconté ma sœur… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Quel cran ! Quelle imagination ! » s’exclame Cristïäs passionné
    Qui vient de vivre une expérience qui l’a laissé très enjoué.
    « Et surtout quelle fascination ! » précise STELLÏÄ impressionnée
    Par toute la luxuriance dont elle a été le jouet !

    « Yanimïä m’a fait découvrir combien l’amour est instructif ! »
    Dit-il avec reconnaissance envers le fait scientifique.
    « Et l’audace qui a su m’ouvrir à l’orgasme reproductif ! »
    Dit-elle avec efflorescence des sens les plus béatifiques.

    « La position est agréable, ce qui facilite la pratique ! »
    Dit-il avec la prétention d’une théorie très exacte.
    « Je me suis sentie perméable aux effets parasympathiques ! »
    Dit-elle avec compréhension de tout ce qui la décontracte.

    « Et cette chaîne de plaisir qui semble tendre vers l’infini ! »
    Dit-il comme s’il s’était senti pousser des ailes d’or et d’argent.
    « L’amplification du désir devient sensible et définie ! »
    Dit-elle pour avoir ressenti la triple extase aux trois agents.

    « Et l’alchimie de l’athanor de Yanimïä est remarquable ! »
    Dit-il avec l’esprit pionnier de l’explorateur sexuel.
    « Et moi, j’ai cru perdre le nord par ses coups de langue impeccables ! »
    Dit-elle, le cœur timonier sous l’assaut des vents sensuels.

    « Il faudra voir sur le long terme les améliorations acquises ! »
    Dit-il plutôt très pragmatique sur la rigueur de sa maîtrise.
    « J’en ai encore l’épiderme parcouru de secousses exquises ! »
    Dit-elle complètement emphatique par la prière qui l’électrise.

    « Ça m’a permis de comparer deux ports sexy intéressants ! »
    Dit-il comme juge et partie par l’envie d’ouvrir la recherche.
    « Oui mais il faudra séparer tous tes intérêts progressants
    De mes intimes réparties », réplique-t-elle à ce faux derche.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les mains vertes de l’IA

    Les mains vertes de l’IA

    Sous ce chapeau de satin sombre l’IA nous peint une chimère,
    Une inconnue au bras dans l’ombre buvant une liqueur douce-amère.
    Son pinceau se gorge de nombres dans cette main verte de terre
    Car le logiciel en décombre n’offre qu’un vain et laid mystère.

    Le verre est un cristal d’argile qui flotte au bord de l’improbable,
    Un faux nectar au goût fragile bu d’un effort indissociable.
    La ligne perd ses doigts agiles dans un décor escamotable
    Car le calcul reste servile face au tableau indémodable.

    L’épaule est une blanche neige fondant sous l’œil d’un algorithme,
    Prisonnière d’un vain manège qui perd le fil du logarithme.
    On cherche un sens à ce cortège de lignes sans le moindre rythme
    Mais l’art n’a aucun privilège et se noie dans ses borborygmes.

    Tableau de Fatima Tomaeva.

  • La matérialisation d’une nymphe

    La matérialisation d’une nymphe

    L’intelligence artificielle, ça parle tout comme une femme,
    Ça s’trompe comme un éléphant dans un magasin de porcelaine !
    Quant à la beauté logicielle… le moindre nu devient infâme
    Et dès que l’on parle d’enfant, l’IA se montre assez vilaine…

    Dans cet antre de silicium où le prodige est un factice,
    Le calcul vide et l’artifice glacent le cœur de la raison.
    Nul ne voit dans ce faux médium le pur vertige du sacrifice,
    Car le logiciel sans office reste enfermé dans sa prison.

    L’image aux traits de pur néon semble une étrange et froide icône,
    Un automate sur son trône perdant le fil du sentiment.
    On cherche l’âme du Panthéon dans cette fange monotone
    Mais la machine qui tâtonne ment par un cœur sans battement.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les effets secondaires

    « Un effet secondaire intéressant…

    Pénélopïä voit nos auras qui, au lieu de se superposer à nos corps, remplacent leur image et nous font apparaître nues.
    Pour nous, rien de vraiment dérangeant. Pour Pénélopïä, quel bouleversement : elles éveillent en elle des attirances féminines ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Nérätïs chérie… je t’en prie… ne peux-tu pas… te rhabiller ?
    Voir ta nudité envoûtante me fait toujours tourner la tête »
    Dit Pénélopïä dont l’esprit la fait encore babiller.
    « Mais… ma tenue est compétente ! Je suis conforme à l’étiquette ! »

    « Mais… vous êtes entièrement nues ! Toi et les autres ; c’est un supplice ! »
    Dit Pénélopïä affolée par toutes ces femmes dénudées.
    « Regarde-toi sans retenue dans ce miroir ! » dit Nérätïs.
    « Moi aussi ! » dit-elle chamboulée. « Ai-je une vision transsudée ? »

    Toutes se tournent vers Lïlïth qui réfléchit plus posément…
    « Sortons et allons vérifier qui tu vois nu ou habillé
    Par ta faculté insolite de voir les femmes différemment
    Et dans un lieu spécifié où tout le monde vient frétiller ! »

    Et Pénélopïä s’aperçoit que seules les LLyrïädes sont nues ;
    Les hommes sont, comme d’habitude, vêtus de tenues à la mode.
    « En fait, tout ce que tu perçois, c’est cet Amour qui s’insinue
    Dans ta vision d’une magnitude telle qu’ainsi il s’en accommode. »

    « C’est notre aura que tu perçois et non pas notre corps physique ;
    Tu devras t’y habituer car c’est ça, l’Amour d’âme à âme !
    Après tout, les habits sursoient à notre beauté génésique…
    Et ta vision est située au degré même du corps des femmes. »

    « Et l’effet est irréversible ? » demande Pénélopïä émue.
    « En principe ce n’est pas dérangeant, c’est notre façon de nous voir.
    Mais pour toi, il est fort possible que cette augmentation remue
    Quelque chose en toi d’affligeant que tu es la seule à savoir… »

    « Le seul élément affligeant est d’avoir très envie de vous !
    Alors que j’adore Nemo tout comme les hommes m’excitent ! »
    « Ce n’est donc pas désobligeant ! » répond Lïlïth. « Et je t’avoue
    Que notre amour n’a pas de mot pour être tout aussi explicite ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La nouvelle Pénélopïä

    « Devenir spontanément une LLyrïäde à la vue de la beauté ineffable de l’une d’entre elles peut se révéler apoplectique !

    Pénélopïä en a fait les frais.

    Heureusement, le trio sacré des LLyrïädes veille ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Arrivée tôt au dispensaire afin d’y faire l’ouverture,
    Pénélopïä est très surprise d’y trouver déjà Nérätïs
    Vêtue d’une blouse nécessaire car elle est nue sous la texture
    Translucide, ce qui électrise notre expatriée d’Atlantïs.

    « Votre majesté… je veux dire… votre tenue est… formi… »
    « Valérion et moi avons pris un bain de minuit prolongé !
    Il n’y a rien pour l’interdire, nous nous y sommes endormis. »
    « … dable… » dit-elle d’un air surpris et d’autant d’envie mélangé.

    Comme frappée de cataplexie, Pénélopïä, jambes coupées,
    Tombe au niveau de l’échancrure de la blouse de Nérätïs
    Et, en crise d’apoplexie, s’évanouit toute crispée
    Par une raideur de sa cambrure tandis que des cris retentissent.

    Lïlïth accourt avec ses filles : « Nous sommes arrivées à temps !
    Établissons la chaîne ensemble et relions-nous en synergie ! »
    Pénélopïä alors vacille dans un état semi-latent
    Entre les mains qui se rassemblent pour lui fournir de l’énergie.

    « Mon Dieu ! Que m’est-il arrivé ? » dit Pénélopïä ébahie ;
    « Oui… je me souviens… maintenant… j’ai vu l’amour immaculé
    Qui m’a tellement ravivée… le cœur d’émotions envahi…
    D’un coup de foudre rémanent… qui m’a comme désarticulée… »

    « C’est toi, Nérätïs ! Je t’ai vue et eu l’envie de t’embrasser !
    Ça m’a paralysé le cœur et tout alors s’est ralenti.
    J’ai été prise au dépourvu et ça m’a si embarrassée
    Que le contre-effet matraqueur m’a complètement anéantie ! »

    « C’est l’Amour Sacré entre femmes, chère Pénélopïä, qui te frappe.
    Ce n’est pas un amour charnel – bien que ce ne soit incompatible –
    Mais un vrai Amour d’âme à âme et qui, le jour où il t’attrape,
    Produit l’effet exceptionnel d’une LLyrïäde irréductible ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les petits jardins secrets

    « Thétïs ne règne plus sur Atlantïs mais sur son Palais Botanique.

    Ses aménagements sont dignes de l’ancienne reine, notamment les installations aquatiques.

    Alinéor affirme ses transformations remarquables exigent sa présence.
    Il passe néanmoins beaucoup de temps à genoux devant elle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Avec l’accord d’Alinéor, Thétïs s’occupe du potager
    Et des jardins environnants avec un amour remarquable.
    Très attentive aux météores, elle sait comment aménager,
    Pour l’eau de pluie, des contenants pour une irrigation potable.

    L’ancien potager fut jugé insuffisant pour sustenter
    Toutes les bouches à nourrir et tous les repas ultérieurs,
    De même que les fruits du verger qu’il a bien fallu augmenter
    Si l’on ne veut pas recourir à des fournisseurs extérieurs.

    Mais, forte de son expérience acquise au loin sur Atlantïs,
    L’ancienne reine met à profit toutes les petites ficelles
    Pour obtenir la luxuriance qui fait la fierté de Thétïs
    Ainsi que sa philosophie ou, comme elle le dit, « son missel ».

    Ce qui a plu à Yanimïä qui voit un « jardin de prières » ;
    Sans doute y voit-elle un rapport avec Yggdrasil, l’Arbre-Mère.
    On l’a vue avec Geminïä et Irénée dans les bruyères
    S’agenouiller en « trirapport » en bénédicité sommaire.

    Elle a placé des jacuzzis pour lui rappeler Atlantïs
    Ainsi qu’un lac artificiel, petit mais qui fait solarium.
    Sur les côtés, des jalousies qui plaisent beaucoup à Thétïs
    Pour quitter le superficiel et bronzer nue sans impérium.

    Alinéor vient pour biner, labourer et puis l’honorer
    Par sa présence régulière et donc des rapports très fréquents,
    L’époux n’faisant que lambiner quand il s’agit de jardiner
    Autre chose que l’hospitalière anatomie par conséquent.

    Or entre les choux et les roses, elle pense souvent à son fruit
    Qui s’enracine doucement dans sa terre d’origine atlante.
    Elle hésite encore, l’air morose, sur le sexe secret qui, sans bruit,
    Lentement et assidûment se découvrira dans l’attente.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Né d’une étoile

    Né d’une étoile

    J’avais déjà un cœur d’étoile et celle qui m’a donné un corps
    Était une géante gazeuse, sœur de Jupiter et Junon.
    Aujourd’hui l’âme me dévoile mes origines et plus encore ;
    Ma grand-mère était Nébuleuse, première porteuse du nom.

    Les galaxies furent mes tantes et les quasars mes deux cousins ;
    Les comètes me firent cortège avant l’éveil de l’univers.
    Mes cheveux d’étoiles filantes ondulent sous les feux voisins
    D’un soleil brillant qui protège ma tête de ses rayons verts.

    Mon premier souffle était fugace au fond d’un ventre sidéral ;
    Le temps n’était qu’une poussière errant parmi les feux naissants.
    Je suis venu lorsque l’espace apprit son premier chant choral
    Et garde encore dans sa lumière un souvenir luminescent.

    Tableau d’Ann Beeching.

  • Ô Râ Ton Feu !

    Ô Râ Ton Feu !

    Ô Râ ton feu crève l’écran de mes nuits blanches un peu trop tôt
    Et si ce n’est pas trop demander, je voudrais une prolongation
    Opérant sur le dernier cran de mon réveil qui va tantôt,
    À force de tics-tacs scandés, terminer mon incantation !

    Mille doigts hélicoïdaux déchirent les voiles de l’ombre ;
    Chaque rayon perce l’espace en y semant l’éternité.
    Je fermerais bien les rideaux pour prolonger mes rêves sombres
    Mais tes intentions me dépassent et je m’en sens trop limité.

    Tu viens rallumer l’horizon comme un peintre un peu pyromane,
    Éclaboussant jusqu’aux nuages tes incendies multicolores.
    Je te mettrais bien en prison avec ton feu érotomane
    Mais tu sortirais de ta cage avec un réveil plus sonore.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Encore ce rêve idiot

    Pourquoi certains rêves reviennent comme s’ils étaient mémorisés
    Dans les couloirs aux souvenirs comme repères importants ?
    Malgré cela, quoi qu’il advienne, je n’en suis guère traumatisé ;
    Il est bien rare, dans l’avenir, qu’ils se réalisent pourtant.

    J’ai beau les voir recommencer sous des costumes différents,
    Ils recyclent les mêmes histoires avec un soin méticuleux.
    Je finis même par penser qu’ils manquent un peu de référents
    Quand ils me servent leur mémoire sous un emballage pompeux.

    Chaque nuit semble posséder son lot d’absurdes revenants ;
    Les mêmes peurs changent de masque et reviennent par habitude.
    À croire qu’ils sont condamnés à tourner en rond maintenant
    Dans un théâtre un peu fantasque, aux vieux décors de solitude.

    Le rêveur croit à la surprise en s’endormant paisiblement ;
    Le rêve, lui, fouille ses archives pour y bâtir son scénario.
    Et, du passé, les mêmes prises se griment maladroitement,
    Puis me présentent une reprise comme un spectacle a contrario.

    Illustrations de Hans Arnold sur https:bluecohosh.tumblr.compost169993643706talesfromweirdland-ive-featured-swedish .

  • Ceux qui s’en vont

    Ceux qui s’en vont dès le printemps, pile quand le soleil se lève,
    N’emporteront pas avec eux les fleurs qui pousseront demain.
    Qu’ils aient quarante ou cinquante ans, la question de l’âge soulève
    Que le temps a fait ce qu’il peut pour laisser la mort en chemin.

    Pourtant les arbres en été garderont leurs branches couvertes
    Pour accueillir d’autres oiseaux venus quand le blé a jauni
    Pour se nourrir à satiété de belles cerises découvertes,
    Puis chercheront vers les roseaux de quoi bâtir un joli nid.

    Mais ceux qui partent en automne, laissent derrière eux davantage
    Que les objets accumulés dans les armoires des maisons.
    Ils s’en vont et ils abandonnent ce qui donnait un avantage
    Aux souvenirs dissimulés perdus dans l’arrière-saison.


    Heureux qui partira l’hiver quand le dernier jour s’éteindra
    Afin que la nuit le recueille pour en absorber sa substance.
    Il recevra de l’univers la réponse qu’il attendra
    Et lui révélera qui l’accueille dans une nouvelle existence.

    Tableaux de John Weber.

  • Confidences en passant

    « Yavänor a interrogé Yanimïä sur les aspects les plus intimes de son sacerdoce.

    Nous avons appris que sa fécondité nourrit Yggdrasil et que les sécrétions corporelles lui transmettent des fragments d’âmes et de pensées.

    Après sept questions, Yanimïä a estimé que la consultation devait être réglée en nature.

    Yavänor s’est acquitté de ses honoraires sur place.

    Je n’ai pas entendu la suite… Je l’ai vue ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Tout de même… à dix amants… tu me bats à plates coutures ! »
    Dit Yavänor admiratif devant la Grande Fornicatrice.
    « Et trois fois successivement pour toi, mon cher, quelle aventure ! »
    Dit Yanimïä au putatif amateur de dominatrices.

    « Mais toujours la même position… ça doit te sembler monotone ! »
    Compatit Yavänor soustrait au sacerdoce de l’officiante.
    « Oui mais j’ai à disposition dix queues tellement asynchrones
    Que, les yeux bandés, je pourrais reconnaitre les signifiantes ! »

    « Les femmes ne sont-elles pas jalouses que leurs maris prennent plaisir
    Dans ton respectable orifice ? » demande Yavänor interdit.
    « Hé non, justement leurs épouses découvrent enfin le désir
    Entre femmes grâce à cet office ! » répond-elle, ragaillardie.

    « Tu ne tomberas jamais enceinte mais n’as-tu pas l’aspiration
    D’enfanter et devenir mère ? » dit-il, par expérience, instruit.
    « C’est parce que ma matrice sainte donne à Yggdrasil sa ration
    D’ovulations courtes, éphémères mais dont l’arbre porte mes fruits. »

    « L’acte devient-il routinier à force de prier tous les soirs ?
    Ne te sens-tu pas tributaire de ton service ? » demande-t-il.
    « Le sperme est un peu cancanier et il devient le déversoir
    De l’âme de leurs propriétaires et ça, c’est ce qui le rend subtil ! »

    « Et pour les femmes qu’en est-il ? Ont-elles aussi des confidences
    Dans leurs sécrétions vaginales ? » s’enquiert-il de façon discrète.
    « Lorsque je croque leur pistil, je reçois, avec providence,
    L’équivalence subliminale de leurs pensées les plus secrètes. »

    « Tais-toi à présent, Yavänor ! Tu me questionnes et je réponds.
    Mais maintenant paie donc ton dû en nature dans mes lèvres ceintes ! »
    Et pour ne pas perdre le nord, ses jambes exécutent un pont
    Pour ancrer le sexe tendu du prieur dans la crypte sainte.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences cristallines et sonores

    « Le cristal possède d’excellentes propriétés acoustiques.

    Nous l’avons découvert lorsque ORPHÉÔN et moi avons reparlé de notre prière avec Yanimïä.

    Toute la maison a entendu nos confidences.
    Puis leur reconstitution.

    Au point d’orgue, quelqu’un a applaudi.

    Yanimïä prétend que ce n’était pas elle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Quand tu jouis, tes cris stridents m’ont presque vrillé les oreilles ! »
    Dit ORPHÉÔN en plaisantant sur les prouesses de sa compagne.
    « Toi, tu chantais en te guidant à la cadence sans pareille
    De Yanimïä me suçotant ! » renchérit ÄLLÏÄ : « qui perd gagne ! »

    « Elle possède un excellent rythme et je tambourinais ses fesses
    Comme si c’était la grosse caisse de la batterie d’Alinéor !
    Sa résistance est une énigme ! » reconnaît-il, « Je le confesse ! »
    « Au final, c’est moi qui encaisse ! Cette fille est un vrai météore ! »

    « Tu dis qu’elle te suçotait ? Quant à moi elle me gobait
    Mon instrument bien goulûment ! » dit-il encore sous le choc.
    « J’ai vu comment elle tressautait chaque fois qu’elle succombait
    À tes assauts incongrûment ! » reprend-elle : « Un vrai Kazatchok ! »

    « Mais c’était vraiment de la danse ; j’ai même perdu quelques kilos !
    Je mangerai des sucres lents la prochaine fois ! » dit-il pensif.
    « Et sans jamais perdre la cadence ! Elle est comme un poisson dans l’eau
    Dont la langue est un excellent moteur ! » dit-elle, « Et intensif ! »

    « J’ai même cru qu’elle me brûlait de l’intérieur de sa culasse
    Et qu’elle mouillait de la vapeur ! » dit-il, « Comme satanisée ! »
    « Et qu’elle me démantibulait la mienne comme une vraie follasse
    À un moment, j’ai eu très peur ! » avoue ÄLLÏÄ tétanisée.

    « Quand nous avons joui ensemble ce fut pour moi un vrai point d’orgue !
    Un vrai sommet de matamore et qui, au final, époustoufle ! »
    « Je me suis dit que ça ressemble à un cri poussé à la morgue
    Qui réveillerait tous les morts ! » reconnaît-elle à bout de souffle.

    Et comme elle n’en peut plus, ÄLLÏÄ, au souvenir de leur prière,
    Se met à grimper sur le corps de son mari qui bande encore
    Et se met à crier « Yanimïä ! Je rends hommage à ton derrière ! »
    Et ORPHÉÔN faire l’accord dans une position hardcore.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Paradis ou enfer ?

    Paradis ou enfer ?

    Si notre Terre est un enfer alors nous avons tous fauté
    Dans une existence antérieure pour mériter de vivre ici !
    Sinon alors faut pas s’en faire si c’est un paradis raté ;
    Il faut attendre une meilleure version et que dieu l’officie !

    Peut-être un dieu artificiel a généré ce paradis,
    Il fit des corps avec des ailes et des mains aux doigts superflus.
    Puis il l’a mis ce pourriciel en ligne pour pas un radis
    Avec des anges dont le zèle ressemble à leurs culs tous joufflus.

    S’il y a bug en la demeure et péril dans la création,
    Je comprends le nombre de fous qui nous mettent le feu partout !
    Tous ces crétins croient que s’ils meurent, ils auront leur absolution
    Au paradis sans rendez-vous en tant que souris pour matous.

    Illustration de Kellan Jett.

  • La baleine bleue

    La baleine bleue

    La planète bleue cherche de l’eau pour alimenter ses tuyaux ;
    La planète bleue en manque d’air pour faire voler ses Canadairs ;
    La planète bleue manque de sous, la France est sens dessus-dessous ;
    La planète cherche les mythomanes incendiaires et pyromanes.

    La baleine bleue crier famine sous les robinets qu’on élimine ;
    La baleine bleue boire la tasse tandis que le plancton trépasse ;
    La baleine bleue prendre feu sous les discours des grands mafieux ;
    Et les pompiers chercher encore l’eau que les riches vendent à prix d’or.

    Oui mais voilà, il faut choisir l’eau ou inviter à loisir
    Les grands de ce monde à Versailles pour se rincer, vaille que vaille ;
    Donner de l’argent pour la guerre comme on l’a toujours fait naguère
    Et vivre au frais de la princesse même en période de sécheresse.

    Pendant que le peuple suffoque, le gouvernement nous convoque
    À consentir quelques efforts pour remplir les poches des plus forts ;
    Mais la baleine souveraine, lasse de boire toute cette haine,
    Ferme enfin tous ses robinets et la porte des cabinets !

    Illustration de Carlo Stanga et texte inspiré d’une chanson de Steve Waring.

  • Confidences d’un gardien de haras

    « La fourberie des sirènes n’a pas de limite.

    Non seulement elles ont provoqué elles-mêmes la fugue des silures mais elles en rejettent la faute sur Constantïne qui gobe l’affaire et s’en lamente.
    Avec câlineries et espiègleries, elles vont réussir à lui faire accepter un nouveau rôle en prétextant que c’est pour son bien.
    Et ce pauvre Constantïne a signé les yeux fermés. »

    Loïrelïndt, fantôme de première classe

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    « Je n’y comprends rien ! » dit Constantïne ; « Je vérifie toujours les portes
    Et il n’y a aucune raison qu’un silure, tout seul, puisse sortir ! »
    « Peut-être une main enfantine… » suggère Loïrelïndt, « de la sorte…
    Quelqu’un qui dans cette maison aurait voulu les pervertir… »

    « Les trois gamines ? C’est ridicule ! Elles tiennent beaucoup à leurs montures ;
    D’ailleurs elles m’ont déjà promis que tout s’éclaircirait un jour…
    Elles viennent avant le crépuscule ! » dit-il, l’œil sur les fermetures.
    « Sur les lieux du crime commis, l’assassin y revient toujours… »

    « Le bonsoir, Monsieur Constantïne ! » Disent les sirènes à trois voix ;
    « Le bonsoir, mes chères petites ! Alors ? Où en est votre enquête ? »
    « Il semble, hélas, que la routine vous ait fait oublier une fois…
    Juste une fois… lorsque vous partîtes avec tout autre chose en tête… »

    « Ah mes petites pardonnez-moi ce seul moment de distraction ! »
    Gémit-il en tendant les mains, « Je n’suis qu’un vieux polichinelle ! »
    « Mon pauvre Monsieur, c’est ce mois chargé de bien trop d’attractions…
    Mais… que voulez-vous… c’est humain ! » minaudent les trois criminelles.

    « Vous avez besoin de repos et on va s’occuper de vous ;
    Venez ! Nous sommes toutes expertes en massage récupérateur !
    Vos nerfs sont tous à fleur de peau… allongez-vous… détendez-vous…
    Sentez toutes nos mains offertes dans un amour libérateur… »

    « Vous êtes des petites fées ; demandez ce que vous voulez… »
    « Nous songeons à votre bonheur pour que vos soucis se détachent…
    Dans le haras vous étouffez… alors… sans trop vous chambouler
    Laissez-nous donc vous faire honneur en vous offrant de nouvelles tâches… »

    « Il vous faut de la compagnie… rencontrer d’autres humains, en somme…
    Organiser une belle cantine, des logements, des mobile-homes…
    Et comme vous êtes si bien garni, vous pourriez être leur majordome… »
    « Quelle bonne idée ! » dit Constantïne, « Je suis d’accord, je suis votre homme ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les congés payés des silures

    « Lu dans les journaux du matin :
    L’Italie déclare la guerre aux silures géants qui menacent la faune du lac de Garde.
    Ils prolifèrent dans les eaux du lac et menacent la faune locale. L’Italie va subventionner leur capture pour freiner leur expansion.
    Les plus gros spécimens s’attaquent aux sardines, aux bars et aux corégones, mais aussi aux canards et aux cormorans ; ils pourraient même s’en prendre à de petits chiens.

    Bien que soi-disant originaires d’Asie, nous savons très bien qu’ils proviennent du haras de Monsieur Constantïne… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Voici qu’au bord du lac de Garde, on traque aujourd’hui les silures ;
    Venus du haras des sirènes, ils ont pris goût aux eaux du Sud.
    Constantïne monte la garde mais cherche encore ses créatures ;
    Les autorités souveraines ont mis cent mille écus dessus.

    Au haras, l’alarme est donnée : deux pensionnaires sont partis ;
    La serrure était bien fermée, Constantïne peut l’attester.
    Loïrelïndt fut, bien sûr, questionnée mais elle n’en a pourtant rien dit ;
    Son innocence est proclamée sans même avoir à protester.

    « Ce n’est qu’un voyage estival ; ils prennent leurs congés payés !
    À la fin de cette saison, ils reviendront tous d’Italie.
    Quand ils seront bien dépaysés, fatigués d’avoir trop nagé,
    Ils regagneront la maison pour retrouver leur paradis ! »

    Ils ont croqué quelques canards comme nouvelle gastronomie,
    Puis avalé des cormorans, des bars, des perches et des bernaches.
    Ils ont coursé des chiens bavards et gagné le trophée promis,
    Puis poursuivi des chats marrants pour entretenir leurs moustaches.

    Mais la Vénétie les menace, met leurs têtes à cent mille euros
    Et a subventionné la traque faisant armer tous les pêcheurs.
    « Cette récompense tenace pour exterminer nos héros
    Est un scandale qui détraque la Nature et ses démarcheurs ! »

    « Ne craignez rien ! » dit Éôlïäne : « ils rentreront tout simplement
    Lorsque l’eau leur paraîtra fade et qu’ils pleureront nos boîtes de thon.
    Selon la mémoire océane, ils remonteront lentement
    Les rivières sans rebuffade pour s’faire chatouiller le menton ! »

    Constantïne a fermé les portes puis recompté tous ses poissons ;
    Loïrelïndt, restée toujours muette, contemple au loin les eaux lombardes.
    Nul ne sait encore de quelle sorte ils sont partis sans permission
    Mais trois sirènes satisfaites font une patrouille d’avant-garde.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä, Texte de Laurelïne.

  • Confidences aquatiques

    « Les LLyrïädes disposent désormais d’un calendrier précis afin de nourrir Yggdrasil.

    Les sirènes, elles, ne disposent que des congés payés de leurs amants de passage.

    Nous avons donc décidé d’ouvrir une maison d’hôtes aquatique et d’en confier l’intendance à Monsieur Constantïne, qui se plaignait justement de sa solitude.

    Loïrelïndt n’a formulé aucune objection.

    Nous considérons son silence comme un consentement. »

    Princesse Éôlïäne, Gardienne des Eaux profondes

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    « C’est bien joli toutes ces prières mais pour nous, il n’y a pas d’amants ! »
    Constate Éôlïäne, rancunière comme un chapitre qu’on a sauté.
    « Ben… on a la classe ouvrière qui vient passer en ce moment
    Ses vacances d’été routinières ! » répond Azurïanne excitée.

    « C’est vrai mais c’est trop saisonnier ! Durant deux mois, ils nous complaisent
    Mais l’été est périclitant ; fini de courir la prétentaine ! »
    « Que faisiez-vous de vos prisonniers ? Je les baisais, ne vous déplaise ! »
    S’esclaffe Olivïäne imitant ce bon Monsieur de La Fontaine.

    « C’est ça, rigole ! » dit Éôlïäne ; « Mais aussitôt réglée la note
    Quand les congés seront finis, on verra si tu y renonces ! »
    « J’ai une idée ! » dit Olivïäne ; « pourquoi ne pas faire chambre d’hôtes ?
    Les chambres sont presque à l’infini ; il suffit de mettre une annonce ! »

    « Mais ça nous oblige à rester en permanence à leur service ! »
    Objecte Éôlïäne à l’étude d’une cuniculture d’hommes.
    « Monsieur Constantïne a pesté avant-hier contre le maléfice
    Qui le force à la solitude ; je le verrais bien majordome ! »

    « Moi, pour l’annonce… » dit Azurïanne, « je la rédigerais ainsi :
    Charmante maison d’hôtes aquatique. Venez passer vos séminaires !
    Venez suivant le fil d’Ariane, là même où Léonard de Vinci
    A peint la “Joconde helvétique” dans un cadre extraordinaire. »

    « Pour ces messieurs ayant besoin de distraction, évidemment,
    Nous saurons bien les satisfaire ! » conclut Éôlïäne, convaincue.
    « Comme ils seront sans leurs conjoints, ce sera concomitamment
    Assez élémentaire à faire ! » s’amuse Azurïanne sur le cul.

    « Moi, j’en ai le sperme à la bouche ! Qu’est-ce qu’on attend pour aller voir
    Et convaincre Monsieur Constantïne de participer au projet ? »
    « Ne t’en fais pas car, sur sa couche, il suffira de lui prévoir
    Une série de massages intimes auxquels il ne peut déroger ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences diplomatiques

    « La véritable sagesse ne réside pas dans l’armure de nos fonctions, mais dans l’éclat de nos abandons. Lorsque la citadelle referme ses portes sur le monde, l’ÏÄMOURÏÄ révèle son plus précieux mystère : l’harmonie absolue de deux âmes et de deux corps mis à nu. »

    Geminïä, ambassadrice du Féminin Sacré

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    « J’avais connu et pratiqué cela au cours de ma carrière
    Mais jamais personnellement ! » avoue Geminïä névralgique.
    « Ça m’a rappelé, sans critiquer, mais plusieurs années en arrière,
    Nos études occasionnellement ! » avoue Irénée nostalgique.

    « Toi ? Peut-être bien mais pas moi ! » dit-elle d’un air stupéfait ;
    « Ça passe quand c’est professionnel mais pas lorsque c’est personnel ! »
    « Mais ce n’est pas la première fois ; toi et moi l’avons déjà fait ! »
    Dit-il un peu plus rationnel ; « et c’était plutôt passionnel ! »

    « Nous étions jeunes ! » tranche-t-elle ; « et complètement délurés !
    Mais aujourd’hui j’ai une charge et je me dois d’en être digne ! »
    « Mais pas dans cette citadelle ! » répond-il pour la rassurer ;
    « Ici, tu es, à ta décharge, une LLyrïäde sans tes consignes ! »

    « C’est vrai que j’ai double casquette et que j’ai une autre fonction ;
    En tant qu’ambassadrice active au nom du Féminin Sacré ! »
    « Et si tu as deux étiquettes qui sont ensemble en disjonction,
    Tu dois mettre l’une inactive quand tu es, pour l’autre, consacrée ! »

    « Oui en effet et, après tout, cela n’est pas incompatible
    Car nous agissons pour la paix et le bien de la communauté ! »
    « Sans doute ! Mais c’est aussi surtout parce que tu es suprasensible
    Et que tu as participé de toute ta féminité ! »

    « Oui… je dois faire la part des choses et c’est vrai que ça m’a bien plu !
    Cette Yanimïä est excellente dans son rôle plénipotentiaire ! »
    « J’ai bien vu ta métamorphose quand nos orgasmes furent conclus !
    Tu étais alors déferlante de jouissances outrancières ! »

    « À ce propos, je reste sur ma faim ! Et quelque chose m’a fait défaut… »
    Dit Geminïä en saisissant la “chose” d’Irénée en question.
    « Viens ! » dit-elle en faisant le dauphin ; « Et pénètre-moi comme il faut ! »
    Et Irénée compatissant se met alors en position.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les sirènes au haras

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    Qui veut nager plus loin ménage sa monture
    Et les sirènes sont exigeantes de nature.
    Quand elles vont au vivier choisir leur véhicule
    Les unes contre les autres, ça crie, ça se bouscule.

    Observons Arabelle, la sirène bien connue ;
    Regardons-la tâter un poisson biscornu !
    Pour chasser le marin, la vitesse l’obnubile
    Elle exige des nageoires et une queue mobiles.

    Puis une autre examine d’un œil mélancolique
    Des thons aux ailerons pas vraiment méthodiques.
    « Ne prends pas ce thon beau ! » lui conseille Arabelle
    « Il te fera frémir ; il a la queue rebelle ! »

    « C’est bien là son talent ! » lui rétorque Angélique
    « Sa nageoire dorsale est plutôt fantastique !
    Une fois calée dessus, le moindre soubresaut
    Me fera ressentir la verge du puceau ! »

    Illustration de Charles Santore.

  • Ma sirène des sept mers

    Ma sirène des sept mers

    J’aime retrouver ma sirène après avoir suivi de loin
    Un trois-mâts prenant son essor à la poursuite des sept mers.
    Là, je m’accroche à sa carène et la voici qui me rejoint
    M’embrasse et, coup du mauvais sort, me trouve alors un goût amer.

    Puis ses cheveux noyés d’avers enveloppent mes rêves d’écume
    Et ses yeux aux couleurs fantômes ont la douceur des fonds marins.
    Elle goûte à mes lèvres amères où survit l’encre de ma plume
    Et m’attire vers son royaume où se perdent mes vieux chagrins.

    Tableau d’Éric Roux-Fontaine.

  • Confidences cristallines et métalliques

    « STELLÏÄ affirme que tous les chemins conduisent quelque part, à condition d’en essayer suffisamment.

    Je continue de croire qu’il n’existe qu’un chemin qui nous attend.

    Nous avons rapproché les berceaux.
    Papa-maman se sont aussitôt rendormis l’un contre l’autre.
    Je ne sais toujours pas si c’est de l’empathie, de l’amour ou de la prédestination.
    Mais je n’ai plus envie de les séparer pour vérifier. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Papa-maman dans leur berceau ; deux petits bébés trop cocasses ! »
    Dit ÄLLÏÄ, leur donnant le bain, à sa sœur dans la nurserie
    « En plaçant les lits transversaux, ça leur fait un plus grand espace ! »
    Répond STELLÏÄ en plein turbin d’aménagement de literie.

    « Tu crois qu’il faut les mettre ensemble ? Ils sont encore si petits ! »
    Dit ÄLLÏÄ jouant avec eux laissant sa sœur à ses corvées.
    « Loreleï m’a dit que ça lui semble une bonne idée, vu l’empathie
    Qu’ils montrent car ils sont heureux, l’un contre l’autre, toujours lovés ! »

    « Oui mais on dirait qu’on les mène vers un mariage organisé ! »
    Fait ÄLLÏÄ, mi-figue, mi-raisin, à sa sœur devant la fenêtre.
    « Lïlïth m’a dit cette semaine que leurs âmes sont focalisées
    Et qu’il faudrait être zinzin pour ne pas les faire se connaître ! »

    « N’empêche ! Si on m’avait placée à côté d’ORPHÉÔN bébé,
    Notre coup de foudre choral n’aurait pas été si intense ! »
    « Il aurait été remplacé par d’autres qui seraient tombés
    Au bon moment collatéral ! » répond STELLÏÄ avec aisance.

    « Pour toi, tous les chemins sont bons ! Pour moi… il faut trouver le bon ! »
    Précise ÄLLÏÄ qui se souvient encore des caves d’ALLEGÔRÏÄ…
    « La vie, c’est une boîte de bonbons ! Tu ne sais pas s’ils sont tous bons…
    Et la seule méthode qui convient c’est de les manger en noria ! »

    « Alors tu aurais pu rencontrer un autre mari que Cristïäs ! »
    Réplique ÄLLÏÄ pour vérifier les hypothèses de sa sœur.
    « C’est différent ! Nous sommes entrées dans un “chronodrome” coriace
    Pour un destin spécifié par un drôle de hub propulseur… »

    « Mouais… en attendant, papa-maman ont vraiment l’air d’être amoureux
    Car sitôt que je les sépare, ils se mettent à crier ensemble ! »
    « Tu vois bien que c’est pertinent ! Moi, je les trouve savoureux !
    Et savoir que ça les prépare à une idylle qui les rassemble… ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences artistiques et fécondes

    « Pour une fois, je n’ai rien fait.

    Ledalïä et Geminïä ont mêlé leurs corps, leurs cœurs et leurs couleurs jusqu’à féconder Yggdrasil.

    J’ai seulement peint ce que j’ai vu et ajouté l’Insémination poétique à quatre mains au calendrier.

    Il fallait bien que quelqu’un tienne le pinceau. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Ce n’est pas la première fois qu’elles travaillent de concert
    Mais aujourd’hui elles innovent ; aujourd’hui est un nouveau jour.
    L’amour du corps – c’est là leur choix. Dans l’intimité nécessaire
    De l’atelier qu’elles rénovent, elles vont peindre par amour.

    Et Ledalïä fait tomber le voile de sa pudeur et s’offre nue
    À Geminïä qui fait de même pour l’insémination graphique.
    Elles s’embrassent, ce qui dévoile une lumière soutenue
    Entre leurs corps qui disent « je t’aime » pour l’art nouveau honorifique !

    Bien sûr, Yanimïä est présente mais juste en tant qu’observatrice
    Et réalise une aquarelle des illustratrices amoureuses
    Dont les couleurs électrisantes émeuvent la Fornicatrice
    Et deviendront surnaturelles sur la peinture langoureuse.

    D’ailleurs elles ont presque imposé un calendrier adapté
    À leurs créations artistiques, le corps, le cœur et l’âme nus.
    L’ordre du jour est proposé par une formule adoptée :
    « L’Insémination poétique à quatre mains » est au menu.

    Yggdrasil répond aussitôt et se recouvre de leurs couleurs ;
    Tout Ô ALLEGÔRÏÄ se teinte du lapis bleu, du rouge et or !
    On n’avait pas vu de sitôt pareil accouchement sans douleur
    De grâce immaculée empreinte de la beauté du météore !

    Les aréoles de leurs seins deviennent alors les quatre lunes
    Et leurs yeux des milliers d’étoiles au regard illuminateur.
    L’amour se répand à dessein guidant chacun vers sa chacune
    Et tout le monde se dévoile d’un même geste imitateur.

    Et c’est la peinture orgasmique ! Leurs deux corps nus alors s’étreignent ;
    L’art nouveau est un arc-en-ciel qui grave son incrustation.
    L’amour devient ectoplasmique, une substance qui s’imprègne
    De l’ÏÄMÔURÏÄ au potentiel décuplé par l’illustration.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences pudiques

    « J’ai cru devoir abandonner ma pudeur.
    Yanimïä m’a appris qu’elle ne dépendait ni de mes vêtements ni des fenêtres fermées.

    Alors je les ai ouvertes.
    Alinéor a compris le reste. »

    Ledalïä, Archiviste et Illustratrice

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    Ledalïä paraît consternée et se confie à Alinéor :
    « Je ne m’attendais pas du tout à pratiquer l’amour à trois !
    Cela a profondément gêné mes crédos, mes confiteor
    Et mon intimité ! » avoue-t-elle d’un air maladroit.

    « Être nue devant Yanimïä ! Un cunnilingus imposé !
    Et toi en train de la bourrer ! J’avais trop envie de pleurer.
    Et voir la prude Ledalïä impudiquement exposée !
    Mon orgueil ainsi labouré et toutes mes illusions leurrées ! »

    « Oui ! J’ai pleuré à chaudes larmes ! Oui ! Je me suis sentie humiliée !
    Mais Yanimïä m’a rassurée ; elle m’a parlé dans ma tête ;
    Elle m’a dit de baisser mes armes, le cœur et le corps ralliés
    Ainsi je réévaluerais le vrai sens de cette requête ! »

    « Alors j’ai écouté mon corps mais j’ai eu honte du plaisir ;
    Alors j’ai écouté mon cœur et me suis laissé attendrir ;
    Alors j’ai senti cet accord sis entre prière et désir
    Et je vous ai sentis en chœur et nos orgasmes retentir. »

    « Si ma pudeur demeure intacte, la nudité n’est plus taboue
    Et j’ai bien aimé rentrer nue même devant nos compagnons
    Dont l’attitude respectable était, de plus, je vous l’avoue,
    D’une courtoisie soutenue ainsi qu’un charme très mignon ! »

    « Pourtant je reste un peu jalouse de savoir Yanimïä baisée
    Par ton phallus qui m’appartient et que je ne peux partager.
    Et me faire lécher la pelouse ne m’a pas vraiment apaisée
    Et je pense que tu détiens le remède pour me soulager ! »

    Sans dire un mot, Ledalïä monte à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    Et enfin Ledalïä surmonte toute pudeur réactionnaire
    En faisant l’amour dans la chambre, fenêtres ouvertes au firmament.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences illustrées

    « Ledalïä et Geminïä avaient demandé un pique-nique en tout petit comité.

    Je me suis donc dissimulée derrière Yggdrasil afin de veiller discrètement au respect de leur intimité.

    Elles ont mêlé leurs rêves, uni leurs talents puis scellé d’un baiser leur pacte d’art nouveau.

    Pendant ce temps, Alinéor et Irénée contemplaient leurs épouses et un écureuil pillait le déjeuner. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Par une journée ensoleillée, Alinéor et Irénée
    Organisèrent un pique-nique mais en tout petit comité.
    Or Ledalïä émerveillée et Geminïä illuminée
    Profitèrent de l’instant unique pour parler en intimité.

    « Tes sublimes illustrations ornent la plupart de nos pages, »
    Dit Geminïä de but en blanc, d’une complice autorité.
    « Mais j’en ressens une frustration. Ne pourrais-je offrir mes images
    Et nous unir sans faux-semblant au nom de notre sororité ? »

    « Voilà longtemps que j’espérais que tu me proposes tes beaux rêves ! »
    Répond Ledalïä tout sourire en lui offrant ce geste humain :
    « Mêlons désormais nos portraits afin que chacune parachève,
    De ses pleurs comme de ses rires, le livre éclos à quatre mains ! »

    « Je suis comblée par ta promesse pour notre belle complicité,
    Atteignant la douce fusion au grand climax de la splendeur !
    Mon âme vibre d’allégresse, scellant notre fraternité,
    Partageant la même vision pour en révéler la grandeur ! »

    « Alors, peignons dès aujourd’hui nos souvenirs les plus intimes ! »
    Propose Ledalïä, ravie, en contemplant leurs deux époux.
    « Nous leur offrirons le produit de nos arts aussi légitime
    Que celui de leurs cœurs assouvis qui nous accélèrent le pouls. »

    « J’accepte donc avec ardeur cette invitation au partage,
    Mêlant mes teintes avec plaisir dans une si douce tendresse.
    Pour nos époux ambassadeurs, nous forgerons ce bel ouvrage
    Et le bouquet de nos désirs se dévoilera dans l’allégresse ! »

    En s’embrassant, les deux complices forment un pacte d’art nouveau ;
    Désormais leurs cœurs seront nus à l’écoute de nos épopées.
    Ainsi les deux illustratrices mettront leurs talents à niveau
    Pour une peinture obtenue des deux génies télescopés.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le droit à l’érotisme

    Le droit à l’érotisme

    Das Recht auf Erotik

    Alle Münder stets gespitzt,
    Gurgelnd alle Kehlen,
    Wand und Boden stets bespritzt, –
    Fluch auf Speichelseelen!
    Fluch der Bildung, wenn sie speit!
    Fluch dem Tugendbunde!
    Auch die reinste Heiligkeit
    Trägt nicht Gold im Munde!
    Quand la Vertu s’avance, les yeux d’un bandeau clos,
    Elle ignore le tumulte et ses désirs en feu ;
    Mais l’Amour, nu et fier, brandit son fer bien haut,
    Pourfendant les tabous sous le regard de dieu.
    Les bouches se dénouent, les gorges ne sont tues
    Dans des puits de silence et les plaisirs exclus.

    L’Éveil des Sens

    Un vent de liberté balaie le sol flétri,
    Éclaboussant les murs de désirs écarlates ;
    On se moque bien fort des prêcheurs rabougris
    Et de leurs lois d’argent, pesantes et ingrates.
    Que les âmes salivent et que les cœurs s’emballent,
    Loin des ligues de fer qui dans l’ombre s’installent !

    Malheur à qui voudrait, par une éducation,
    Éteindre cette flamme et briser les élans ;
    L’érotisme est un droit, une sainte passion,
    Qui se rit des dévots et des esprits tremblants.
    La sainteté n’a cure d’un or pur en sa bouche,
    Tant que l’Amour triomphe et que le désir touche.

    Illustration de Heinrich Kley d’après-skis un poème de Friedrich Nietzsche.

  • Peinture d’antichambre

    Peinture d’antichambre

    Il y a la musique de chambre et la peinture d’antichambre
    Qui fait office de paravent avec toiles surdimensionnées.
    Dans les tons pastel, rouge-et-ambre lorsqu’elle est au goût de novembre
    Et des coloris dans le vent quand le printemps est mentionné.

    Cet été, on peindra des nus, couchés, debout à la fenêtre,
    Avec des couleurs grenadine, menthe-à-l’eau et citron pressé.
    Avec de jeunes inconnues afin de ne pas reconnaître
    Tante Claudine ou Géraldine et toute la famille oppressée.

    Tableau de Mischa Askenazy.

  • Confidences médicales

    « Séorïäne et Hyänor se sont coupés dès leur premier jour aux cuisines.

    Pénélopïä a nettoyé leurs plaies avant d’être promue interne de Nérätïs et d’apprendre qu’elle était enceinte.

    Elle a enfin réussi à tutoyer son ancienne reine puis lui a spontanément avoué qu’elle l’aimait.

    Nérätïs a pris note de ce dernier symptôme. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences médicales

    « Bonjour votre altesse ! Aujourd’hui deux personnes attendent ! »
    Dit Pénélopïä désignant les deux Coréens tout patauds.
    « Pénélopïä je reproduis tous les jours la même demande :
    Tutoyons-nous car maintenant nous sommes dans le même bateau ! »

    « Si vous voulez… heu… si… TU… veux ! Les Coréens se sont coupés
    Avec les couteaux de cuisine. Je leur ai nettoyé les plaies.
    Mais pour leurs vaccins si… TU… peux vérifier et t’en occuper…
    J’ai fait les analyses d’urine et prise de sang, s’il… TE plaît. »

    « Le vaccin antitétanique ! Bien entendu Pénélopïä.
    Au fait, tu n’es plus “assistante” mais mon interne dès à présent !
    Depuis nos années de clinique, ton statut à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Passe du titre “méritante” à mon bras droit omniprésent ! »

    « Tu sais, Nérätïs, je peux dire que je suis heureuse d’être ici
    Et je te remercie d’avoir souhaité ma présence avec toi ! »
    Dit Pénélopïä sans prédire qu’un autre changement s’instancie
    Que Nérätïs semble devoir avoir deviné, l’air courtois.

    « Nous vivons l’expérience humaine la plus importante de ma vie
    Et tu es la seule en qui je place une confiance inébranlable.
    D’ailleurs depuis une semaine, tu es enceinte, mon amie !
    Nemo apparemment remplace ses troubles par une vie agréable… »

    « Tu sais que j’ai failli te dire que ce n’est pas professionnel
    Mais nous devons nous épauler et Nemo est très bien pour toi !
    Je te vois beaucoup plus sourire et ton diagnostic rationnel
    S’est beaucoup plus extrapolé depuis que tu vis sous son toit. »

    « C’est moi qui dois te remercier pour ta fidélité sereine,
    Pour l’amour que tu nous as mis au bloc et le cœur à l’ouvrage ! »
    « Je t’ai toujours appréciée ! » dit Pénélopïä à sa reine
    « Et maintenant qu’on est amies, je t’en aime bien davantage ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences culinaires

    «
    Alinéor a réuni Lïlïth, Ledalïä et Yavänor afin de leur exposer les difficultés croissantes de son service.

    Nos deux amis coréens se sont portés volontaires pour l’assister en attendant de découvrir leurs véritables spécialités.
    Lïlïth a tellement apprécié cette initiative qu’elle a décidé de l’étendre à toute la communauté après consultation de Nérätïs et Yanimïä.

    J’étais entrée dans la cuisine à la dérobée pour y chiper une pâtisserie ; j’en suis ressortie avec la perspective d’une nouvelle fiche de fonction. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences culinaires

    Lïlïth, Ledalïä, Yavänor et Alinéor se retrouvent
    À l’invite de ce dernier qui a demandé leur concours.
    « Merci ! Votre présence m’honore ! Il faut vous dire que j’éprouve,
    Dans mon service routinier, du mal à gérer mon encours.

    « Les bouches à nourrir sont nombreuses et ont tendance à augmenter ;
    Je ne m’en plains pas cependant car la communauté prospère !
    Ce n’est pas qu’elle soit onéreuse mais ma besogne est tourmentée
    Et j’ai besoin de répondant et que d’autres gens coopèrent. »

    « Alors j’ai pris l’initiative de demander autour de moi
    Et nos deux amis coréens ont choisi d’être bénévoles
    Puis ils auront l’alternative de mieux servir sous notre toit
    Et comme je suis épicurien, je leur confie mes casseroles ! »

    « Alors on va manger chinois ? » demande Yavänor prudemment !
    « Coréen ! Et la variété est excellente pour la santé ! »
    Dit Alinéor dont le minois impudemment
    Sourit à la contrariété semée pour avoir plaisanté.

    « D’abord ils apprendront à mes côtés et s’ils ont des spécialités
    À proposer je suis preneur d’autres conseils plus perspicaces.
    Au vu de la charibotée d’enfants qui veulent s’inviter
    Il nous faudra quinze harponneurs ou de la main-d’œuvre efficace ! »

    « Non seulement tu as raison mais ton initiative t’encense ! »
    Lui dit Lïlïth reconnaissante qu’il y ait plus de gens pragmatiques.
    « Et tu peux gérer ta maison sans qu’il y ait de réticence ;
    Ton idée est intéressante pour toutes les tâches pratiques ! »

    « Avec Yavänor, nous irons voir Nérätïs et Yanimïä
    Pour évaluer leurs exigences dans tous les secteurs désignés
    Et tous ses membres fourniront leur aide à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Car il faut faire diligence comme le dit notre cuisinier ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Aux premières heures d’alilïä

    « La prière de yalïth fut aussi intense que délicieuse.

    Elle m’a cependant laissée dans un état de frustration que mes filles, habituées à échanger leurs positions, savent transformer en excitation.

    J’ai donc réveillé Yavänor afin de vérifier si cet effet secondaire avait été prévu par Yanimïä.

    Il l’était manifestement. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Aux premières heures d’alilïä

    « Excuse-moi si je te réveille mais j’en avais vraiment envie ! »
    Avoue Lïlïth à Yavänor en train d’émerger de ses rêves.
    « J’étais au pays des merveilles… » dit-il, « et nous avions suivi
    L’invitation qui nous honore auprès d’Yggdrasil sur la grève… »

    « Oui ! Moi aussi ça me tourmente ! Si notre prière était forte
    Elle me laisse une frustration qui m’obsède ! » réplique Lïlïth.
    « Yanimïä est une bonne amante mais le problème en quelque sorte
    C’est cette étrange pénétration indirecte autant qu’insolite ! »

    « Exactement ! » rétorque-t-elle. « Et mes filles… que t’ont-elles dit ? »
    « Depuis longtemps nous pratiquons ensemble cette position
    Et leur satisfaction est telle que c’est pour elles le paradis ! »
    Dit-il le visage rubicond d’avouer leurs prédispositions.

    « J’avais oublié ces vicieuses et vos rites avant que j’arrive ! »
    Admet Lïlïth ; « Leur frustration est compensée par leur échange !
    Ainsi cette prière délicieuse qui met mon cœur à la dérive
    M’incite alors, par réaction, à cette envie qui me démange ! »

    « Tu n’as pas à te justifier car j’ai moi-même été frustré
    Pour la même raison que toi et je pensais à te le dire !
    Mais j’étais tant quantifié que ma vitalité prostrée
    M’a épuisé bien malgré moi ! » répond-il sans la contredire.

    Sans dire un mot, Lïlïth s’installe à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    L’amante redevient vestale ranimant le feu millénaire
    De son Yavänor dans la chambre de la passion des deux amants.

    « Je crois cet effet secondaire organisé par Yanimïä
    Comme un effet excitateur pour relancer la libido.
    Le couple reste plus solidaire. Si Ledalïä et Geminïä
    Subissent cet amplificateur, ça fera tomber le rideau ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La tente à culte rouge

    La tente à culte rouge

    Le clou du culte rouge dans la tente éponyme
    Rapproche de l’ivresse et cause de la sueur.
    Pourtant il faut qu’on bouge, qu’on danse et qu’on s’anime
    Avec cris d’allégresse sous la pâle lueur…

    …d’une éclipse de Lune qui n’obscurcit la Terre,
    N’occulte le Soleil mais endort les oiseaux ;
    Une transe opportune imbibée de mystère
    Qu’un petit vent balaye et courbe les roseaux !

    Quatre bénéficiaires des secrets des ténèbres,
    Quatre jeunes ingénues toutes encore novices,
    Quatre jeunes sorcières se retrouvent et célèbrent
    Les quatre flammes nues des vestales en service.

    Tableau de Lia Zenkel.

  • Mains et oreilles coupées

    Mains et oreilles coupées

    S’il faut se faire entendre, il faudra plus d’oreilles
    S’il faut se faire voir, il faudra d’autres yeux
    S’il faut se faire étreindre, il faudra plus de mains
    S’il faut se faire aimer, il faudra plus de sexes.

    Sur la carte du tendre, l’illusion sans pareille
    Est de ne pas décevoir le voyage merveilleux
    Afin de ne point éteindre la flamme qui demain
    Brûlera d’essaimer nos délices complexes.

    Ne pouvant plus attendre, dès demain j’appareille
    Pour suivre les couloirs les plus cérémonieux
    Pour, au plus vite, atteindre l’éternel féminin
    Et, s’il faut, s’enfermer dans ses ivresses annexes.

    Tableau de Michelle Avertey Konczyk.

  • Confidences harmoniques

    « ORPHÉÔN et Valérion répétaient lorsqu’une simple vocalise s’est transformée en conversation privée.

    Valérion a respecté avec une remarquable prudence le pacte qui l’unit à Nérätïs.

    ORPHÉÔN, pour sa part, a décrit mes capacités vocales et certaines habitudes plus intimes avec une précision dont personne ne lui avait demandé de faire la démonstration.
    Je lui ai rappelé que la discrétion participe également à l’harmonie d’un couple.
    Il a promis de tenir sa langue.

    Pour un chanteur, l’effort mérite d’être salué. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences harmoniques

    « … Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » vocalise ORPHÉÔN, ravi ;
    « Sept octaves mais… c’est formidable ! » dit Valérion, presque incollable ;
    « ÄLLÏÄ en a huit crescendo mais sur les basses, elle dévie ;
    Elle manque de puissance applicable mais pour les aiguës, imbattable ! »

    « Quand on fait l’amour, c’est gênant… mais bon, les murs sont assez denses !
    Après, elle est bien plus loquace ! » dit ORPHÉÔN méditatif.
    « Elle est sujette – morigénant l’indiscrétion – aux confidences
    Si mon tact demeure efficace… mais ça reste approximatif ! »

    « Nérätïs ne parle jamais de ses moindres activités ;
    Notre pacte est de déposer nos vies à la porte d’entrée ! »
    Dit Valérion. « Et maintenant qu’elle est LLyrïäde plébiscitée,
    La discrétion est imposée pourtant je n’en suis pas outré. »

    « Elle est partout, elle voit tout, elle entend tout et note tout ! »
    Précise ORPHÉÔN étonné ; « on dirait qu’elle est archiviste !
    Mais pas moyen d’en voir un bout ; elle reste discrète et surtout
    Secrète autant que cantonnée à son devoir stakhanoviste ! »

    « Nous nous retrouvons pour passer nos meilleures heures ensemble
    Et Nérätïs sait animer nos soirées de belles prouesses.
    Aucun ne va outrepasser la relation qui nous rassemble
    Et cela nous a arrimés sans autre forme de promesses ! »

    « Mais si ce que tu dis est vrai, alors ton ÄLLÏÄ, maintenant,
    Doit savoir que tu parles d’elle ! » avertit Valérion, prudent.
    « C’est vrai et c’est ce qui m’effraie ! C’est comme un danger imminent ! »
    Polémique ORPHÉÔN, fidèle à son caractère imprudent.

    « Mais tant que tu tiendras ta langue, tu n’auras alors rien à craindre ! »
    Pique ÄLLÏÄ, sortie brusquement du coin qu’elle s’était ménagé.
    « La réserve dont je te harangue, c’est de devoir pouvoir t’astreindre
    À garder hermétiquement notre intimité partagée. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences électriques

    « Dissimulée derrière un aulne, j’ai assisté aux confidences de Cristïäs et Irénée-le-jeune.

    Irénée attribuait ses démangeaisons à des moustiques particulièrement discrets.

    Cristïäs attribuait les poissons flottant le ventre à l’air à la pluie de la veille.

    Les poissons n’ont contredit ni l’un ni l’autre.

    Je confirme néanmoins qu’aucun harpon n’a été utilisé. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences électriques

    « Pas de Hyänor ni de harpon ! Nous n’aurons pas à avoir honte
    Comme ce pauvre Captain Nemo ridiculisé avant-hier ! »
    Plaisante Irénée, l’air fripon, à Cristïäs tandis qu’ils remontent
    Vers le ponton sous les rameaux ombragés de l’aulnaie côtière.

    Cristïäs installe son appareil : une canne à pêche électrique
    Avec objectif de visée, sonar et électrodes en place.
    Irénée n’a pas son pareil pour ses études bathymétriques
    Sur la profondeur avisée parmi les bancs qui se déplacent.

    « Geminïä m’a un peu appris les transformations des novices
    Mais j’ai plutôt eu l’impression qu’elle voulait noyer le poisson ! »
    Dit Irénée, assez surpris de subir des micro-sévices
    Qui le mettent un peu sous pression… peut-être dus à l’hameçon…

    « STELLÏÄ est un peu plus bavarde mais elle n’est pas scientifique ;
    Faire la part du vrai et du faux s’avère assez aléatoire. »
    Répond Cristïäs, qui se hasarde à rendre un peu plus spécifique
    L’ampérage plus qu’il n’en faut afin d’remporter la victoire.

    « Geminïä est trop diplomate ; je crois qu’elle ne veut pas me dire
    Tout ce qui touche au grand secret de leur ordre assez mystérieux ! »
    Dit Irénée qui s’acclimate comme il peut mais voudrait maudire
    Ces moustiques pas très indiscrets et au prurit assez curieux…

    « STELLÏÄ m’a parlé de problèmes d’adaptation à notre groupe
    Mais qu’elles s’adaptent bon gré mal gré et que tout se remet à l’endroit ! »
    Répond Cristïäs en plein dilemme devant les vagues qui se regroupent
    En triangles dont les degrés forment ensemble des angles droits…

    « Je vais rentrer, je ne tiens plus ! Je fais sûrement une allergie !
    Tiens ? C’est normal tous ces poissons le ventre à l’air ! Ils sont tous morts ? »
    « Je crois qu’hier, il a bien plu ! » répond Cristïäs dont l’énergie
    De la batterie, sans façon, vient de les griller sans remords.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences familiales

    « Après les deux premières prières de l’échéancier, j’ai interrogé Laurelïne et Loreleï sur les aptitudes de leurs partenaires.

    Leurs explications furent précises, démonstratives et parfois comparatives.

    Je confirme que Yanimïä maîtrise parfaitement sa fonction de Grande Fornicatrice.

    J’attendrai néanmoins yalïth pour procéder moi-même aux vérifications nécessaires. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Confidences familiales

    « Alors mes filles ? Comment se passe cet échéancier de prières ? »
    Demande Lïlïth, très curieuse de l’apprendre de bonne source.
    « Est-ce que Yanimïä se dépasse ? J’ai aperçu les deux lumières
    D’Yggdrasil assez impérieuses ; vous avez eu de la ressource ! »

    « Pour moi c’est comme d’habitude : j’adore les cunnilingus
    Et Yanimïä les exécute avec un vrai doigté divin.
    Yavänor, lui, a l’attitude de quelqu’un qui baise Vénus
    Et l’énergie se répercute dans tout l’Arbre-Mère sylvain ! »

    Enfin Laurelïne de poursuivre : « Au début c’est presque pareil.
    Ensuite Yanimïä redouble d’énergie transmise en arrière
    Évidemment il va s’ensuivre des cris qui montent à mon oreille
    Jusqu’au triple orgasme du trouple qui me foudroie dans le derrière ! »

    « J’ai désiré être au milieu… » avoue Loreleï, embarrassée ;
    « Mais Yanimïä, catégorique en tant que Grande Fornicatrice,
    S’impose en maîtresse des lieux et m’a totalement harassée
    Mais sa langue fantasmagorique s’est montrée revendicatrice ! »

    « Laurelïne a beaucoup de doigté et une langue très habile
    Mais Yanimïä possède un membre presque viril et énergique.
    Elle sait bien comment l’emboîter dans mon organe qui jubile
    Jusqu’à l’extase qui me cambre vers l’orgasme en toute logique ! »

    « Merci pour la comparaison ! » repartie Laurelïne, offusquée ;
    « Sa langue est peut-être un peu forte mais la mienne a su t’arracher
    Des cris à perdre la raison qui ont su aller débusquer
    Le plus grand orgasme qui porte mon “doigté” perso tout craché ! »

    « Oh oui, je vois ! » conclut Lïlïth ; « Merci pour cette exactitude !
    J’ai presque envie d’aller prier avec vous trois, séance tenante,
    Pour en dépasser mes limites et contrôler mes aptitudes
    Mais ce serait inapproprié et j’attendrai l’heure sonnante ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Marseille sans « O »

    Marseille sans « O »

    Marseille sans l’« O » reste elle-même ;
    Marseille sans eau, toujours pareille,
    Avec Notre-Dame qui m’aime
    Et qui souffle au creux de l’oreille :

    « Un jour le Mistral soufflera !
    Un jour il te ramènera !
    Toutes tes montagnes, oublieras
    Et ta fille, y retrouveras ! »

    Ainsi chantent du Lacydon
    Toutes les sirènes du port
    En espérant que Cupidon
    Perce d’une flèche mon passeport.

    (Le Vieux-Port a été partiellement vidé le 1er avril (!) Une opération exceptionnelle de nettoyage des fonds avec retrait des déchets accumulés depuis plusieurs années.
    Photo de Gaby Barathieu sur https:www.facebook.comgabriel.barathieu .)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’Enfer de Dante sous le Mont Saint-Michel

    L'Enfer de Dante sous le Mont Saint-Michel

    Voici l’île paradisiaque où ma muse nous a naufragés ;
    Je me croyais fier capitaine, je ne suis plus que son otage
    Car cette île si aphrodisiaque cache des sous-sols ouvragés
    Là où l’amour terrible enchaîne ses captifs à tous les étages.

    Ma geôlière, en folle amoureuse, m’a oint d’huile sur tout le corps
    Et m’a prodigué des caresses telles que j’en fus évanoui.
    Si chaque journée langoureuse m’a affûté l’âme et le cœur,
    Cette prison enchanteresse est mon enfer épanoui.

    Je n’en suis jamais ressorti mais ma muse m’a aménagé
    Une retraite bien paisible dans les abysses de ses charmes.
    J’ai l’amour en contrepartie dont ce poème est messager :
    « Je suis devenu invisible ; inutile de sonner l’alarme ! »

    Tableau de Pierre Ionica ; le tableau illustre les neuf cercles de l’Enfer décrits dans la Divine Comédie de Dante Alighieri. Les Cercles sont la structure qui montre une descente en profondeur, chaque niveau représentant différents péchés et punitions, se terminant par Lucifer au centre.

  • Confidences et commérages

    « Après l’invective d’Alinéor, les trois compagnons ont fini par rejoindre leurs épouses et nous avons examiné la situation entre femmes.

    Geminïä comprend Nérätïs,
    Ledalïä compatit avec Thétïs
    et nous partageons toutes l’inquiétude d’Amellïä.

    Quant à Ledalïä, elle estime que son mari est parfait.

    Sur ce dernier point, toute tentative de discussion paraît inutile. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences et commérages

    « Eh bien, dis donc, ça a bardé ! » rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    « Ils se sont montrés maladroits ! » dit Geminïä, plus invective ;
    « On aurait dit des attardés ! » critique vertement Ledalïä
    Après les avoir poussés droit vers leurs épouses respectives.

    « Cette nuit, je les ai entendues ! » confie ÄLLÏÄ à ses amies ;
    « En fait, elles sont déboussolées mais savent qu’il leur faut avancer ;
    Amellïä est un peu perdue, Nérätïs en plein tsunami
    Et Thétïs est si désolée de savoir qu’elle doit renoncer ! »

    « Je comprends très bien Nérätïs ! » dit Geminïä compatissante ;
    « Les transformations de leurs corps lui semblent trop extraordinaires
    Pour la science d’Atlantïs et voir sa maman ravissante
    Comme à trente ans – ou moins encore – relève de l’imaginaire ! »

    « Je compatis avec Thétïs ! » dit Ledalïä plus pragmatique ;
    « Elle dirige son royaume sur la planète qui l’a vue naître
    Et la voilà loin d’Atlantïs, plongée dans une problématique
    Maintenant qu’elle attend un môme qu’elle ne peut faire reconnaître… »

    « Et ces lourdauds de lève-tard qui ne voient même pas le travail
    Qu’elles accomplissent tous les matins quand ces messieurs vont à la pêche !
    Et aucun de ces trois vantards n’a éprouvé, vaille que vaille,
    Le moindre doute samaritain pour leurs épouses sur la brèche ! »

    « Mais concernant Alinéor, je tire mon chapeau à sa verve !
    Il n’est pas seulement un poète doublé d’un cuisinier hors pair
    Mais un censeur, un météore qui ne reste pas sur sa réserve ! »
    Dit Ledalïä d’une voix fluette, admirative envers l’expert.

    « Oui, Ledalïä, il est parfait, ton chouchou de mari adoré !
    Si nos trois garçons malhabiles pouvaient en prendre de la graine,
    Nous serions tous bien satisfaits de les voir plus collaborer !
    Mais en musique ils sont habiles et leur enthousiasme nous entraîne ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences royales autant que musicales

    « Alinéor s’énerve !

    Il faut dire qu’entendre les trois copains interpréter à la légère les troubles de leurs compagnes respectives, ça l’a complètement abasourdi.

    Ni une ni deux, il les a promptement renvoyés au chevet de leurs épouses et ne leur permettra jamais de revenir sans elles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences royales autant que musicales

    « Je n’sais ce qu’a fait Amellïä mais pas moyen d’la réveiller ! »
    Dit Altänor à ses amis autour d’un petit-déjeuner.
    « Cependant je sais par ÄLLÏÄ qu’elle aurait très longtemps veillé
    Et parlé en catimini avec deux autres acoquinées… »

    « Pareil pour moi avec Thétïs ! Elle dormait comme une marmotte
    Ce qui est inhabituel ! » glisse Astérias subtilement.
    « Alors qu’au palais d’Atlantïs, au petit jour elle s’escamote
    Pour ses passages rituels dans ses jardins en alignement ! »

    « J’en ai autant pour Nérätïs qui d’habitude est lève-tôt
    Et qui ronflait au petit jour ! » ajoute Valérion à son tour.
    « Amellïä, ma femme et Thétïs ont dû bavarder de facto
    La nuit durant qui se savoure avec du thé et des petits fours ! »

    « À part parler d’aviation, je ne vois pas ce qu’Amellïä
    A pu leur dire la nuit durant ou alors des trucs de nanas… »
    Dit Altänor sans la version de ce qu’aurait pu dire ÄLLÏÄ
    S’il avait été au courant des infos qu’elle lui glana.

    « Sans doute de trucs médicaux pour donner suite aux changements
    Qui les ont rendues un peu folles ces derniers jours, à mon avis… »
    Souligne Valérion illico pour qui les précédents évènements
    Ne sont ni ce dont il raffole, ni les grands moments de sa vie.

    « Sans doute au sujet d’Atlantïs qui est une planète remarquable !
    Amellïä est une femme aventureuse ; elle a voulu en savoir plus
    Et Thétïs ainsi que Nérätïs sont les guides les plus incollables
    Pour une personne un peu curieuse ! » Suppose Astérias mais sans plus…

    « Non mais je rêve, les copains ! » Dit Alinéor stupéfait.
    « Vos nanas ont de vrais problèmes dont elles parlent déjà entre elles
    Et vous venez rompre le pain car, à part ça, tout est parfait !
    Courez résoudre leur dilemme et ne revenez pas sans elles ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre novices

    « Cette nuit, Amellïä, Nérätïs et Thétïs se sont retrouvées dans la cuisine autour d’une chandelle.

    Elles ont comparé les vies qu’elles avaient perdues, les rôles qu’elles avaient abandonnés et les miracles auxquels aucune d’elles ne parvient encore à croire.

    Toutes trois se disent égarées.
    Pourtant, aucune ne semble désirer retrouver le chemin du retour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre novices

    « Moi qui suis venue en avion, dès lors je plane et l’apprécie ! »
    Dit Amellïä dans la cuisine, frappée cette nuit d’insomnie.
    « Et cependant nous ne savions pas à quoi nous attendre ici ! »
    Dit Nérätïs à sa voisine, elle-même en pleine hégémonie.

    « Je venais juste te chercher et te ramener au palais… »
    Avoue Thétïs en soupirant ; « J’ai toujours du mal à comprendre ! »
    « Nous devions être trop haut perchées dans la vie qui nous emballait ! »
    Dit Amellïä en espérant trouver quelque chose à apprendre.

    « Médicalement, c’est impossible de rajeunir comme tu le fais ! »
    Précise Nérätïs sûre d’elle ; « Et quant à la télépathie…
    Or vieillir est irréversible et là, je déclare forfait ! »
    Dit-elle en soufflant la chandelle comme pour chasser son apathie.

    « Et de surcroît, je suis enceinte ! Moi, pourtant bien ménopausée,
    Je dois diriger un royaume et vivre ici pour ma grossesse
    Parmi ces femmes soi-disant saintes et qui m’ont métamorphosée
    Pour rajeunir comme mon homme ! » dit Thétïs en pleine détresse.

    « Moi, je reviens d’entre les morts pour avoir péché par orgueil !
    Si jamais j’avais écouté ceux qui me conseillaient d’arrêter,
    J’aurais achevé mon record sans terminer dans un cercueil…
    Jamais je ne me serais doutée… » dit Amellïä très affectée.

    « Moi, j’ai pu échapper au faste d’une existence de princesse ;
    Ici, je ne suis que médecin et l’égale de mes équipières
    Dont la science est la plus vaste de l’univers que je connaisse ! »
    Dit-elle en se massant les seins un peu plus douloureux qu’hier.

    « Nous sommes toutes trois des égarées sans espoir de nous retourner
    Vers le passé qui n’est qu’un rêve parmi d’autres rêves perdus…
    Et complètement séparées, nos anciens rôles ajournés,
    Pourtant heureuses de cette trêve dans ce nouveau monde éperdu. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le bouche à oreille

    Le bouche à oreille

    Lorsque ma muse me murmure un rêve facile à accomplir,
    Je sais qu’elle me glisse à l’oreille l’entrée de sa carte du Tendre.
    Aussitôt pris dans la ramure des limbes en train de m’assoupir,
    Mon vaisseau des songes appareille pour l’onirisme sans attendre.

    Alors un souffle de lumière effleure le rivage d’une île ;
    Ce n’est que l’écho de ma muse qui, dans la conque de mon cœur,
    Rappelle les mémoires premières de mes rêveries juvéniles
    Où elle voulait que je m’amuse de sa folie, d’un air moqueur.

    Après s’être jouée de moi une éternité avec elle,
    Elle me glissait chaque soir un nouveau rêve à découvrir.
    Évidemment au fil des mois j’en ai gardé quelques séquelles
    Notamment ne pouvoir surseoir à elle sans devoir en souffrir.

    Ma muse m’a emprisonné dans les cordages de son cœur ;
    Des liens impossibles à couper sans que je hurle de douleur.
    Nos rêves, toujours passionnés, la rendent de plus en plus vainqueur
    Et je ne suis que sa poupée, un poète aux mille couleurs.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Carreaux sur le body !

    Carreaux sur le body !

    J’m’promenais sur l’avenue avec au bras ma femme nue
    Lorsqu’un photographe inconnu nous prit une photo saugrenue
    Qu’il nous tendit sans retenue mais dont la portée obtenue
    Opposa sa déconvenue sur les charmes de mon ingénue.

    Avec « Carreaux sur le body ! » écrit en rouge avec rudeur
    Comme si dès lors la pellicule avait été impressionnée
    Par une sorte de parodie d’un attentat à la pudeur
    Qui tournerait en ridicule l’argentique sexconditionnée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Confidences compétitives de Loreleï

    « Laurelïne dort encore à poings fermés et Yavänor prétend que l’atmosphère était sereine sous Yggdrasil.
    Je veux bien le croire.

    Mais puisqu’il affirme que nous sommes à égalité, je compte vérifier personnellement ses méthodes de calcul avant yaleï.

    Une sirène jalouse ne réclame aucune médiation.
    Elle sonne le hourvari. »

    Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde

    Confidences compétitives de Loreleï

    « Alors ce soir, c’était comment ? » demande Loreleï excitée ;
    « Quand Laurelïne dort à poings fermés, c’est signe de prodigalité ! »
    « Oui mais c’est une jeune maman… » dit Yavänor en vérité
    Incapable de lui affirmer qu’elles restent à égalité.

    « À d’autres, mon petit mari ! » dit Loreleï insidieusement
    Plus séductrice que jamais et même plus provocatrice.
    « Yanimïä, d’un bon gabarit, t’a formé prodigieusement
    À un niveau qui désormais est digne d’une fornicatrice ! »

    « Ça valait la médaille d’or et elle s’est montrée vraiment digne
    Conforme à ce que tu exiges de moi pour ton plus grand plaisir ! »
    « De la compétition ? J’adore ! Et puisque telle est la consigne,
    Maintenant c’est moi qui dirige ce soir tes ultimes désirs ! »

    « Ne sois pas jalouse, mon amour ! » tente Yavänor, modérateur ;
    « Sous Yggdrasil, c’est différent et l’ambiance était plus sereine… »
    « Je suis sensible à ton humour mais pas à ton ton médiateur !
    Tu me connais ! C’est inhérent à ma nature de sirène ! »

    « La position du “levronier” ressemble beaucoup à nos rites
    Lorsque nous sommes dans notre lit à trouver la bonne position… »
    « Vraiment ? Vous vous abandonniez à effeuiller la marguerite
    Jusqu’à tomber “à la folie” au top de la fornication ? »

    « Oui mais yaleï, tu connaîtras également la même extase,
    Les mêmes transes, les mêmes émois au nom de l’illumination ! »
    « Jamais plus tu ne commettras, au risque de subir l’épectase,
    Toute comparaison avec moi à l’aune de ma domination ! »

    « Tais-toi maintenant ! Il est temps que Loreleï se venge à présent
    Et qu’elle réclame à son mari l’octroi d’amour qui lui est dû !
    Sache que ta favorite attend de toi le membre le plus introduisant
    Pour dépasser le hourvari qu’Yanimïä t’aurait répandu ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Activités du soir, bonsoir !

    « Deux convives manquaient à l’appel lorsque Yggdrasil a illuminé le pays.

    Laurelïne et Yavänor sont revenus peu après, affamés et manifestement rajeunis.

    Yanimïä parle d’un phénomène météorologique.
    Personne ne la croit. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Activités du soir, bonsoir !

    « Bravo ! » s’exclame Alinéor ; « Ce soir, friture de perchettes !
    Demain je ferai tes brochets au four ou bien en court-bouillon !
    Mais fais bien attention Hyänor, la pêche au harpon est sujette
    À une amende et entachée d’un délit pénal, c’est couillon ! »

    « L’emplacement est très discret et les sirènes font le guet ! »
    Rassure Hyänor tout sourire car il connaissait le problème.
    « Alors si ça reste un secret et si les filles restent aux aguets,
    Ça change tout, cela va sans dire ! Pas vu, pas pris, pas de dilemme ! »

    Pas besoin de sonner la cloche, le fumet du soir les appelle
    Et c’est à l’odeur alléchés que les hôtes se lèchent les babines.
    Il n’y a qu’une seule chose qui cloche : deux personnes manquent à l’appel !
    « Où sont donc partis se cacher Yavänor ainsi que Laurelïne ? »

    Sous Yggdrasil dans la chapelle, Yanimïä accueille les pionniers
    Qui vont inaugurer les rites où tous les trouples se concentrent.
    Là, l’officiante leur rappelle la position du “levronier” ;
    Position qui a le mérite de placer Yanimïä au centre.

    Yavänor et Laurelïne entonnent les chants qui doivent être émis
    Tandis que Yanimïä reçoit la bénédiction prodiguée
    Par l’homme qui se pelotonne et par la femme qui gémit
    Ainsi l’arbre-mère perçoit la force dont il est irrigué.

    Un éclair déchire le ciel visible dans tout le pays ;
    « Eh oui ! Le temps est à l’orage ; on dira “c’est un météore !” »
    Dit Yanimïä ; « C’est officiel, Yggdrasil est tout ébahi
    Et pour nous donner du courage, retournons voir Alinéor ! »

    « L’éclair était impressionnant ! » dit Alinéor, préservant
    Leurs parts de friture au poisson qui a enchanté les convives.
    « Record à battre ! » dit rayonnant Yavänor, chevalier servant
    De celle qui lui tend une boisson d’un pétillant qui le ravive.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les pêcheurs déracinés

    « Deux techniques de pêche se sont affrontées.
    Hyänor a rapporté une douzaine de poissons et Captain Nemo aucun.

    Mais à les entendre, Nemo pêchait surtout des renseignements sur leurs épouses tandis que Hyänor était plus concentré. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    « Drôle d’idée d’pêcher au harpon ! » dit Captain Nemo, intrigué ;
    « Ne préfères-tu pas une bonne ligne, une canne et un hameçon ? »
    « En Corée tout comme au Japon, nos ancêtres nous ont prodigué
    Qu’un bon pêcheur doit s’montrer digne et humble devant le poisson ! »

    « Comme tu voudras ! Moi, je m’assieds, les pieds nus, au bout du ponton ! »
    « Et moi, j’irai sur le rivage ! » indique Hyänor de la main.
    Tandis que l’un tout émacié avance brandissant son bâton,
    L’autre oublie un temps les ravages d’une mémoire perdue en chemin.

    « Nos femmes ont l’air de s’apprécier ! Elles paraissent inséparables ! »
    Dit le géant noir à sa ligne en fixant un ver au crochet.
    « Les femmes savent s’associer pour joindre l’utile à l’agréable ! »
    Répond Hyänor d’un ton très digne en harponnant un beau brochet.

    « Je me demande ce qu’elles se disent… leurs propos n’ont pas de limite ! »
    Continue le pêcheur bredouille mais en relançant son bouchon.
    « Deux femmes qui parlent ensemble brisent le couvercle d’une marmite ! »
    Répond celui qui se débrouille mieux que son ami ronchon.

    « Elles ont dansé je n’sais combien de fois ensemble à pleine bourre ! »
    Dit Nemo toujours maladroit mais toujours patient malgré tout.
    « Même si la femme danse très bien, elle ne peut danser sans tambour ! »
    Répond Hyänor d’un coup adroit qui fauche deux poissons d’un coup.

    « Pénélopïä ne me dit rien… ta femme t’aurait dit quelque chose ? »
    « La nuit, on dirait qu’elle divague… » avoue Nemo, un peu revêche.
    « Non… Séorïäne ne me dit rien… elle doit réfléchir, je suppose… »
    Tranche le harpon sur la vague, rapportant son trésor de pêche.

    « Je n’ai rien pris ! À mon avis, l’exposition n’est pas très saine ! »
    Conclut Nemo amèrement, rangeant ses lignes d’un air balourd.
    « Alinéor sera ravi ! J’en ai pris une bonne douzaine ! »
    S’exclame Hyänor fièrement en montrant son panier bien lourd.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre deux Ariane

    «Cette nuit, deux futures Ariane ont déroulé leurs fils dans la cuisine autour d’une théière.

    Elles ont parlé de leurs maris sans attaches, de leurs différences et des chemins qu’elles pourraient encore emprunter.

    Je n’ai évidemment rien entendu.

    Mais Yggdrasil affirme que le Cercle des dix ferait bien de ne pas s’habituer trop vite à son chiffre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre deux Ariane

    Pénélopïä et Séorïäne échangent leurs premières émotions ;
    Elles ne sont pas encore Llyrïädes sans se sentir prêtes à s’ouvrir.
    Elles sont un peu comme deux Ariane dans un labyrinthe de sensations
    Où chaque couloir ouvre des myriades de nouveautés à découvrir.

    « Je sais l’occident différent mais ici, ça dépasse tout
    Ce que j’aurais imaginé ! » dit Séorïäne sans jérémiades.
    « Pour moi, c’est plus interférent car je reconnais d’autres atouts
    Avec les miens enracinés avec Thestïäs et les Llyrïädes ! »

    Si Nérätïs et Valérion ont réuni leurs destinées
    Ainsi que Cristïäs et STELLÏÄ au sein de la communauté,
    Ils nous montrent que nous devrions accepter d’être les dulcinées
    Qui, parmi tous les aléas, sauront nos hommes chapeauter. »

    « Lorsque j’ai vu Captain Nemo pour la toute première fois,
    J’ai ressenti une attraction malgré l’énorme différence.
    Mais nous avons trouvé les mots et j’ai vu où était ma voie :
    Lui montrer la bonne direction ! » conclut Pénélopïä en transes.

    « Pour moi, c’est un peu similaire ! » avoue Séorïäne à son tour ;
    « Chez nous, Hyänor a constamment ce besoin que je l’encourage
    Quand nos parents nous infligèrent un refus, c’est moi, en retour,
    Qui ai décidé prestement de fuir leur odieux entourage ! »

    « Nos points communs sont nos atouts ! » confirme alors Pénélopïä
    « Et nous pouvons nous épauler comme cette nuit où nous avions
    Une exigence, par-dessus-tout, de chercher dans Ô ALLEGÔRÏÄ
    Une amie à qui dévoiler les soucis que nous soulevions ! »

    « Je suis moi aussi rassurée de t’avoir rencontrée ici ! »
    Dit Séorïäne reconnaissante envers son amie de fortune.
    « Et je pourrai te susurrer, puisque ton cœur bénéficie
    D’une écoute très compatissante, mes propres questions opportunes. »

    Illustration de Ledalïä.