La canicule me laboure et mon cœur redevient cheval Pour lutter contre le sillon de la chaleur qui me pénètre. Mes pensées fondues, à la bourre, dérivent d’amont en aval Dans le flot d’une transpiration évaporée à la fenêtre.
Le soleil pousse sa charrue jusqu’au plus profond des moissons ; Les blés s’inclinent en silence en buvant l’or qui les consume. Du vent chaud qui a disparu après avoir cuit les buissons, Il ne reste qu’une vigilance pour une fraîcheur qui s’assume.
« Mon royaume pour un cheval ! » a dit Richard III, empathique ; Je le lui laisse et en échange, je prends une mort subite bien fraîche ! Et puis je prends le car naval pour redescendre en antarctique, Là où la canicule dérange nettement moins mon corps revêche.
Hormis le lait dans l’écuelle et les croquettes dans la gamelle, Il y a tout le territoire qui m’appartient et de plein droit ! Ma promenade habituelle, la drague auprès des belles femelles, La chasse et, en cas de victoire, cet oiseau plutôt maladroit !
Les humains parlent d’astronomie, de galaxies et de trous noirs ; Moi, je me demande simplement si la Lune n’est pas un fromage. Pour moi, tout est gastronomie et exploration de l’armoire Où l’on stocke les aliments auxquels j’aime bien rendre hommage.
Mon chat retombe sur ses pattes et moi sur mes douze ou seize pieds. Nous sommes donc un peu pareils concernant nos rapports aux hommes. Lui, naturellement psychopathe, ne pense qu’à chasser le gibier Et moi si l’on me tire l’oreille, je pars écrire mes factums.
Quand Azurianne sort de l’eau dans son costume de sirène, Elle n’a qu’une fleur comme vêtement et la censure pousse un grand cri ; Elle trouve que tout va à vau-l’eau et pour qu’la morale soit sereine, Elle lui apporte prestement un T-shirt comme il est prescrit.
« Mais pourquoi donc me déguiser ? » demande la nudiste pulpeuse ; « Mes poissons-chats n’ont pas pesté et les siluriformes, pareil ! » La censure reste tétanisée devant cette logique nébuleuse Et cherche en vain pourquoi rester ainsi dans le plus simple appareil.
Alors qu’elle pouffe de rire et carrément qu’elle se bidonne, Azurianne prend le chandail sans comprendre ce qui se passe. Mais elle ne cesse de sourire malgré tout le mal qu’on se donne Et enlève tout cet attirail et… que voulez-vous qu’on y fasse ?
On la prie de se rhabiller, elle se déshabille aussitôt ; On la menace et on la gronde… enfin y consent l’ingénue. Tout le monde cesse de babiller sur ses organes génitaux Lorsqu’en s’élançant à la ronde, on s’aperçoit qu’elle est cul nu !
Tableaux de Marcin Jaszczak sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202403marcin-jaszczak.html .
La Terre exprime ses humeurs depuis l’aube de la nuit des temps Bien avant l’homme ou l’animal, végétal ou bien minéral. Du ciel, on entend les rumeurs affirmer – à ce que l’on prétend – Que ce ne serait qu’un demi-mal, juste un passage sidéral.
Ses colères font des montagnes, ses soupirs déplacent les mers ; Ses rêves couvrent les campagnes d’immenses draperies de brume. Mais lorsque ses chagrins nous gagnent, nous les croyons souvent amers Pourtant, bien qu’ils nous accompagnent, ce ne sont que des traits de plume.
Elle enfante parfois l’orage, quelquefois un ciel lumineux ; Les volcans servent de langage aux profondeurs de son royaume. Nous n’apercevons là qu’un passage dans son sommeil sublimineux Comme un virus qui met en gage l’insoutenable destin de l’homme.
Pourtant mon cœur est fait d’étoiles, celles-là même de la genèse Dont les atomes ont vibré quand Dieu a prononcé « Fiat lux ! » Alors la Terre ne me dévoile qu’un peu du feu de la fournaise Qui règne au centre pour livrer l’amour de Castor et Pollux.
« Pour célébrer l’entrée de Thétïs dans le Cercle, les dix LLyrïädes ont allumé chacune une flamme au pied d’Yggdrasil.
Lorsque leurs lumières se sont rejointes dans ses branches, l’Arbre-Mère a illuminé le lac au point que les riverains nous demanderont certainement quelques explications.
La cérémonie s’est prolongée par un banquet atlante, notre récital avec ORPHÉÔN et les danses des sirènes avant de s’achever par la première prière collective de yangmïä.
Yanimïä affirme s’être parfaitement reposée en surveillant les opérations. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
À nouveau comme tous les dimanches, les hôtes tardent à se lever ; Comme toujours à l’accoutumée, Alinéor est le premier. Puis, un par un, on se déhanche, on s’étire, on est lessivé Et le matin est consumé dans un marasme coutumier.
Alors les hommes vont à l’ouvrage : tandis que les uns dressent les tables, Les autres élèvent une scène devant un parterre de gazon. Dans les cuisines, on s’encourage à faire un banquet respectable ; Quant aux musiciens, ils enchaînent leurs partitions au diapason.
Les LLyrïädes sont maîtresses d’œuvre : on prépare la cérémonie ; On baptise les catéchumènes sous l’égide de Yanimïä. Ensuite, changement de manœuvre dans une parfaite harmonie, On fête la fin de semaine en ce tout premier yangmïä.
Dans la lumière vespérale, tous les couples sont conviés À la prière collective dans le sanctuaire béni. Dans la nudité générale, les rituels sont sanctifiés Lors des étreintes affectives en douze copulations unies.
Alors Yggdrasil resplendit dans une lumière aveuglante Dont les riverains stupéfaits auront à noyer le poisson. On regagne la place arrondie où les spécialités atlantes Sont proposées sur un buffet à volonté avec boissons.
Et vient le moment du spectacle avec la crème des musiciens : ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN, choristes, et puis les sirènes danseuses. Le public atteint le pinacle, séduit par le charme helvétien De la troupe d’artistes folkloristes et leur euphonie ambianceuse.
Quand le grand cercle des dix flammes se termine au petit matin, Les LLyrïädes regagnent leurs lits pour s’y endormir aussitôt. Laurelïne, qui a du vague à l’âme, s’enfonce dans les draps de satin, Réveille Yavänor aveuli après les rituels sommitaux.
« Considérant que douze trouples ne sauraient accomplir leur prière au cours d’une semaine de sept jours, j’institue un calendrier rituel de quatorze jours que nous appellerons semïänes.
Chaque trouple disposera de sa nuit pour nourrir Yggdrasil.
Les dimanches yinmïä et yangmïä seront consacrés à la fornication collective durant laquelle, conformément à ma charge, je me reposerai en surveillant les opérations. »
Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ
Yanimïä À Ô ALLEGÔRÏÄ, les semaines durent désormais quatorze jours ; Consacrés aux prières humaines, les cérémonies de l’amour. Six jours pour les six premiers trouples ; un jour dédié à Yanimïä ; Six jours pour les six derniers trouples ; un jour dédié à Yanimïä.
Lundi devient yalïn, jour de prière pour Yavänor & Laurelïne ; Mardi devient yaleï, jour de prière pour Yavänor & Loreleï ; Mercredi devient yalïth, jour de prière pour Yavänor & Lïlïth ; Jeudi devient alilïä, jour de prière pour Alinéor & Ledalïä ; Vendredi devient irenïä, jour de prière pour Irénée-le-jeune & Geminïä ; Samedi devient ôrphlïä, jour de prière pour ORPHÉÔN & ÄLLÏÄ ; Dimanche devient yinmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.
Lundi devient cristlïä, jour de prière pour Cristïäs & STELLÏÄ ; Mardi devient valtïs, jour de prière pour Valérion & Nérätïs ; Mercredi devient asttïs, jour de prière pour Astérias & Thétïs ; Jeudi devient altlïä, jour de prière pour Altänor & Amellïä ; Vendredi devient nempïä, jour de prière pour Captain Nemo & Pénélopïä ; Samedi devient hyärïäne, jour de prière pour Séorïäne & Hyänor ; Dimanche devient yangmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.
Laurelïne Deux semïänes forment une Lune où chacun des trouples vient fleurir ; Chaque prière devient la fortune que notre Arbre vient recueillir. Le calendrier nomme les jours sans en scinder notre unité ; Car demeure encore notre amour au-delà des solennités.
« Aux premières heures de yangmïä, tandis qu’Ô ALLEGÔRÏÄ dormait encore, Yavänor et moi sommes restés tendrement enlacés sous les draps.
Nous devions attendre yalïn pour inaugurer notre première prière avec Yanimïä… Mais les pionniers ont toujours quelques heures d’avance sur les cérémonies. »
Laurelïne, Première Reine-Mère Souveraïne dite ”la pionnière”
Aux premières heures, le monde dort, excepté nous deux dans la nuit, Ta tête posée sur mon buste, nos quatre mains entrelacées ; Des couples sous la Lune d’or entreprennent leurs bains de minuit ; Toi, couchée sur mon corps robuste et moi, sous le tien, enlacés.
Je te caresse les cheveux et je murmure à ton oreille : « Demain nous inaugurerons la première prière de yalïn ; Pionnière, c’est bien ce que tu veux et tu le seras sans pareille, Toi qui agites ton électron de feu aux teintes hyalines ! »
« Premier amour au premier jour, ton feu m’a presque brûlé les yeux ! Heureusement celui du cœur a su comment te reconnaître En t’accordant dans ce séjour, ton tout premier rôle ambitieux : Soit de faire de moi ton vainqueur et de toi un amour à naître ! »
« Nous sommes les pièces inséparables du puzzle des amours humaines ; Mon évagination convexe dans l’invagination concave. Tu as commis l’inénarrable douceur de joindre à notre hymen Ta sœur dotée d’une eau connexe et ta mère qui fait son enclave. »
« Mais je reviens toujours à toi ; même si ta sœur est favorite, Même si ta mère est mon Œdipe, tu restes l’interaction forte. Si yaleï tu prends l’air pantois et yalïth quand j’honore Lïlïth, C’est que nous aimons en équipe, un tétraèdre en quelque sorte. »
« Oui, je la sens ! » me réponds-tu. « La force invisible qui court Sur ta peau, attire mes lèvres et me ramène vers ton cœur ! Et sur ton organe pointu, j’en sens les petits élans courts Qui battent d’amour avec fièvre jusqu’à mon sanctuaire en chœur ! »
« Et quand nos sexes chantent en chorale la jouissance de l’ÏÄMÔURÏÄ, Ta force me serre si fort que je deviens ton prisonnier. Et toi ma geôlière vaginale, fondatrice d’Ô ALLEGÔRÏÄ Qui me récompense des efforts en m’offrant ton amour pionnier ! »
Hier, le progrès sentait si bon ; l’an deux mille était prometteur Avec ses voitures volantes, avec la téléportation ! Je me voyais grand vagabond de l’espace, illuminateur De rêveries affriolantes d’un avenir en formation.
Aujourd’hui tout paraît rouillé ; l’an deux mille est passé si vite Avec des guerres inattendues d’anciens conflits trop résistants. Moi-même, ai-je pris des dérouillées malgré les dangers que j’évite Et je vis sur un fil tendu qui peut se rompre à tout instant.
Mon eau a rencontré l’éther d’un avenir inconsistant, Mon air s’est dilué dans le temps d’un ascenseur vers la folie, Mon feu est resté solitaire mais son espoir est persistant, Ma terre s’effrite depuis longtemps vers une étrange mélancolie.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Quand la Terre devient le cerveau et donc la Lune, la cervelle, Mettons le Soleil dans le sexe et Dieu au milieu de ses seins. Et voici donc le renouveau avec l’amour qui renouvelle La création vers plus complexe qui s’adresserait à ses saints.
Quand deux (ou trois) corps enlacés deviennent des constellations, Leurs veines se créent des chemins où vont circuler les étoiles. L’univers n’est jamais lassé du coït de leurs pulsations Et la nuit promet pour demain les séquelles d’un temps qui se voile.
Hélas l’amour doit se cacher tandis que la guerre est montrée Dans les journaux, à la télé et dans tous les réseaux sociaux. Et tous ceux qui restent attachés à l’amour ont vu démontrer Que la censure vient marteler plus durement ces asociaux.
Présentation de la nouvelle impétrante au titre de LLyrïäde.
Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs et neuvième LLyrïäde, présentera sa mère devant le Cercle afin qu’elle soit reconnue dixième LLyrïäde.
Son adoubement renforcera l’union de la Terre et d’Atlantïs au sein d’une même sororité. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Dans le sanctuaire béni où les LLyrïädes se rassemblent, Dès ce soir sera consacrée notre dernière adepte en date Car sa transformation l’unit à toutes les autres, ensemble, Auprès du Féminin Sacré qui la reçoit pour candidate.
Thétïs, présente dans le chœur, est parrainée par Nérätïs ; Puis Laurelïne, Loreleï et Lïlïth l’adoubent devant l’assemblée : « Bénie sois-tu, toi dont le cœur, relié depuis Atlantïs, A décidé de joindre l’élite qui t’accueille dès ce soir, d’emblée ! »
Lïlïth pare du médaillon la dixième LLyrïäde lauréate Qui prononce son vœu d’union à la sainte sororité Dont elle devient dernier maillon par l’investiture adéquate Et fait alors sa communion soumise à son autorité.
Le médaillon dans sa rondeur est un sceau ceint des dix blasons ; Les neuf éléments précédents et puis la Perle couronnée. La perle née des profondeurs qui est l’enfant en pâmoison Et la couronne correspondant à Atlantïs écussonnée.
Thétïs choisit de prononcer son témoignage personnel Où elle avoue sa réticence et, plus tard, son acceptation. Elle dit qu’elle va renoncer à son retour prévisionnel Pour vivre la réjouissance qu’a donné sa transformation.
Les dix LLyrïädes se rassemblent autour d’Yggdrasil, l’arbre-mère, Elles-mêmes Reines-Souveräïnes puisqu’elles ont porté un enfant Car la dernière Lauréate semble être encore une future mère Dont la grossesse sûre et sereine produira son fruit triomphant.
Les dix se prennent par la main ; Yanimïä chante l’hymne ascendant : « Je vous ai ouvert le passage, par vous le cercle est refermé ! » Thétïs, tu recevras demain le lien d’Yggdrasil descendant Au médaillon sous ton corsage où brillera le sceau confirmé.
« Thétïs avait demandé à rester parmi nous tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.
Ôphélïä lui a rendu ses trente ans ; Astérias s’est empressé de vérifier si son épouse se souvenait encore de leur nuit de noces et Nérätïs vient de découvrir que sa mère ovule, qu’elle est enceinte et qu’elle se transforme en LLyrïäde.
La reine d’Atlantïs souhaitait pourtant rentrer rapidement chez elle. Et il semble qu’un treizième enfant nous soit promis ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Eh bien Maman, tu es enceinte ! » annonce Nérätïs fièrement. « Chérie ! Je suis ménopausée ! » réplique Thétïs dignement. « À quand remontent vos étreintes avec papa… ou un amant ? » « Hier soir et je suis opposée à ce que tu doutes de ta maman ! »
« Maman, tout cela nous dépasse et je me dois d’en référer À nos trois LLyrïädes fondatrices : Lïlïth, Loreleï et puis Laurelïne. Suis-moi ! Nous sommes dans une impasse et devons en délibérer Avec la Grande Fornicatrice pour cet excès de syncytine ! »
« Ainsi ma très chère Thétïs, vous ne faites pas que rajeunir Mais, de surcroît, vous ovulez ! » s’exclame Lïlïth interdite. « Je suis la reine d’Atlantïs et j’étais censée revenir Rapidement et vous voulez me faire croire ce que vous dites ? »
« Je ne cherche pas à vous leurrer mais à comprendre votre état ! Permettez-moi de vous sonder le corps, le cœur ainsi que l’âme ! » « Faites ! » répond Thétïs apeurée par la présence d’un placenta Qui lui apporte des ondées de chaleur et nausées infâmes.
« Laurelïne, Loreleï, faites une chaîne avec nos huit mains reliées Et amplifiez le signal que Thétïs devrait nous émettre ! » Et tandis que Lïlïth enchaîne toutes les synergies ralliées, Elle a un sourire, au final, qu’elle doit aussitôt retransmettre.
« Tout va très bien chère Thétïs mais nous devrons nous tutoyer ! » « Nous tutoyer ? » répond celle-ci ; « Mais… quelle est donc cette bravade ? » « Tu vas t’éloigner d’Atlantïs juste le temps de déployer Ta personne qui nous remercie en devenant une LLyrïäde ! »
« Nérätïs est passée par là et va t’expliquer tous les troubles Que tu risques de traverser sous l’égide d’Ô ALLEGÔRÏÄ. Si hier ta jeunesse s’installa, aujourd’hui ton âme se dédouble Pour accomplir la traversée hors de ton corps vers l’ÏÄMÔURÏÄ ! »
« À la demande de Yanimïä, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ont accepté de témoigner sur la ronde des trouples.
Leurs souvenirs nous ramènent aux premiers rituels érotiques de l’ÏÄMÔURÏÄ, lorsque Yavänor priait encore seul avec le feu et l’eau avant que la terre ne les rejoigne.
Ce qui n’était alors qu’un tétraèdre amoureux rassemble aujourd’hui vingt officiants au sein de onze trouples dont les flux nourrissent chaque nuit Yggdrasil.
Le levain a merveilleusement bien travaillé ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
On comprend désormais le rôle de la Grande Fornicatrice Car gérer onze trouples ensemble relève d’un doigté divin ! Mais laissons plutôt la parole à nos LLyrïädes fondatrices Dont la communauté ressemble à ce que produit le levain.
Laurelïne « La ronde des trouples me rappelle lorsque nos rituels commencent ; Où Yavänor, Loreleï et moi inventons nos premières prières Si torrides qu’elles interpellent Lïlïth qui vient et qui s’avance Pour joindre son souffle aux émois dont elle complète nos lumières.
Aujourd’hui, chacun de nos trouples ranime cette ardeur première Afin de nourrir Yggdrasil d’une ferveur particulière. Nous étions quatre à découvrir l’ÏÄMÔURÏÄ et ses prières ; Nous sommes vingt à prolonger cette flamboyante lumière. »
Loreleï « J’ai perçu le feu de Laurelïne embraser nos premiers élans ; Couler celui de Yavänor en moi comme une source souveraine. Lïlïth sentit l’adrénaline de nos corps comme un océan Et vint mêler au bout d’un mois nos vies à sa chair souterraine.
Si dans la ronde, chaque trouple est une vague qui revient, Elle dépose aux pieds d’Yggdrasil l’écume singulière douce-amère. Yanimïä guide les flux en double par le plaisir qui lui convient ; Onze marées d’un même asile ravitaillent ainsi l’Arbre-Mère. »
Lïlïth « Je vous observais en secret lorsque vous vous êtes accouplés ; Votre eau-de-feu s’est raffinée et a ruisselé de lumière. J’ai senti ma terre sacrée trembler sous l’appel décuplé Et suis venue enraciner toutes vos étreintes premières.
La ronde des trouples corrobore aujourd’hui notre création ; Chaque coït plante un désir dans la chair même de notre histoire. Yggdrasil puise dans nos corps la sève de l’illumination Et j’y reconnais le plaisir d’un polyamour méritoire. »
« Depuis ce jour, Yanimïä a constitué onze trouples à partir des huit couples formés et le tétraèdre Laurelïne-Loreleï-Lïlïth-Yavänor.
La nuit, on observe ce que nous appelons “la ronde des trouples” car chaque nuit, l’un après l’autre, les trouples prient pour Yggdrasil.
ORPHÉÔN et moi avons organisé une chorale pour chanter nos cantiques érotiques. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Et chaque nuit, à tour de rôle, Yanimïä convoque les couples Et leur explique la procédure qui va nourrir l’ÏÄMÔURÏÄ. Chacun se soumet au contrôle dont elle compose les trouples Et les trois forment la soudure qui bénit Ô ALLEGÔRÏÄ !
Nommée Grande Fornicatrice, Yanimïä vante sans relâche L’honneur du Féminin Sacré qui illumine tout Yggdrasil. Avec les neuf adoratrices, les neuf LLyrïädes à la tâche, Tous les hommes sont consacrés à œuvrer pour leur saint asile.
Or depuis longtemps les LLyrïädes maîtrisent pleinement leurs ovaires Et ne déclenchent l’ovulation que par leur seule volonté. Ceci évite les myriades de beaux bébés surnuméraires Qui mettraient la population face à de grosses difficultés.
La Coréenne Séorïäne puis Thétïs et Pénélopïä Ont été assez délicates à convaincre pour le rituel. Mais en usant d’un fil d’Ariane que seule connaît Yanimïä Elles ont été candidates et leurs maris fort cultuels.
Avec ses onze trouples possibles, Yanimïä est fort occupée Mais elle se nourrit d’énergie, ce qui lui permet de tenir. Personne ne reste impassible et tous souhaiteraient usurper Le tour des autres en synergie que l’on ne saurait retenir.
Tous forment une chaîne de prières et parfois avec des cantiques Car le trouple ORPHÉÔN-ÄLLÏÄ et Yanimïä fornique en chœur. Et les sirènes templières ces nuits-là joignent d’authentiques Chants homériens a cappella qui réjouissent tous les cœurs.
Les transformations se succèdent, les femmes sont de plus en plus belles Les hommes de plus en plus habiles à honorer leurs épousées. D’ailleurs un changement excède Thétïs, notre ancienne rebelle, En train de redevenir nubile alors qu’elle est ménopausée.
« Comme l’œuf de Christophe Colomb, il suffisait d’y penser !
Yanimïä vient cette nuit de comprendre le mécanisme de l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ.
Elle vient, entre les lignes, de s’instituer Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ et célébrera désormais ses rituels avec chaque couple habitant Ô ALLEGÔRÏÄ. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Raconte-nous encore comment l’amour s’est propagé ! » Demande Yanimïä qui refait la carte du tendre omnisciente. « Au début c’était un roman, la passion était partagée Laurelïne et moi, c’était parfait ! » dit Yavänor aux officiantes…
« Laurelïne a appelé Loreleï car l’amour devenait trop fort Et, au cours de nos rituels, Lïlïth est venue aux vivats ! » « C’est donc à trois, vaille que vaille, que l’amour devient sémaphore Et lance un flux spirituel ! » répond Yanimïä à tout-va.
« Il y a trois combinaisons : neutron, proton et électron ; Neutron, électron et proton ; électron, neutron et proton. Et selon leurs déclinaisons le signal alors est si prompt Que l’amour émet son “photon” vers ce que nous représentons. »
« Yavänor-neutron, puis Laurelïne-électron et Loreleï-proton ; En faisant l’amour tous ensemble ont créé le même signal. Si je prends la place de Laurelïne et Lïlïth celle de l’autre hadron Nous verrons bien ce qui ressemble à cet auspice original ! »
Et commencent les rituels selon les trois combinaisons Jusqu’à ce que l’orgasme commun transmette son flux vers le ciel. C’est au troisième gestuel qu’ils observent l’illumination : Yggdrasil brillant d’un immun rayonnement référentiel.
« Ainsi nous avons reproduit l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ Chaque nuit avec Laurelïne et Loreleï tu l’accomplis. Et nous trois avons reconduit exactement la même noria Qui, par nos triples adrénalines, l’amplifie et la multiplie ! »
« Si je convoque chaque couple et joue la force neutralisante, Je peux produire à volonté l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ ! Et refermant ainsi le trouple, l’énergie anabolisante Génère la force escomptée pour bénir Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
« Je n’étais pas dans le sanctuaire ce soir-là. Pourtant, lorsque les trois forces se sont accordées, mon médaillon s’est illuminé.
Et quand nous avons fait l’amour, ORPHÉÔN et moi, j’ai bien senti que nous étions trois. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Yavänor trouva Yanimïä qui l’attendait au sanctuaire Avec Lïlïth et juste eux trois car ils incarnaient cette amorce – Qui avait connu ÏÄNIMÏÄ et sa vérité textuaire – Et possédaient ce lien étroit de représenter les trois forces.
Lïlïth et Yanimïä pourtant auraient dû être solidaires Mais elles étaient opposées et ce n’est pas contradictoire Car ici le plus important est plutôt que l’on considère Que les deux femmes sont imposées comme les deux pôles notoires.
L’une négative, l’autre positive et peu importe qui est qui Car sans la force neutralisante la création n’aura pas lieu. Yavänor, force cognitive, est le poète dont les acquis Et les amours polarisantes ont été le juste milieu.
« Toi, Yavänor… » dit Yanimïä, « tu es à la fois fils et père ! Toi, Lïlïth, tu es à la fois sa mère, son amante et la corde Qui a appelé ÏÄNIMÏÄ vers un nouvel ordre prospère Et c’est moi qui porte la foi pour que nos trois forces concordent.
Nous sommes tous les trois positifs et sommes tous les trois négatifs Ainsi que neutres également mais lorsque nous nous rencontrons, Un mouvement alternatif nous fait tous représentatifs Des trois forces intégralement : proton, électron et neutron.
Je peux être neutre ce soir, Lïlïth peut être négative Et Yavänor être positif et changer à chaque seconde. Un mouvement de balançoire crée l’impulsion générative Au cœur de ce dispositif qui est à l’origine du monde.
Ainsi nous paraissons instables parce que c’est là notre énergie. Je vous ai réunis ce soir car il est temps de le comprendre. Et notre amour incontestable devient alors une synergie Maintenant veuillez vous asseoir, nous avons beaucoup à apprendre.
Loreleï possède un alphabet très érotique apparemment Qui demande des dispositions et une oreille de sirène. Aucune lettre n’est au rabais ; elles sont toutes un parement Pour dessiner des positions que seul un roi donne à sa reine.
Elle m’a dit « A comme Aventure qui met notre amour en peinture ! » Elle m’a dit « B comme un Baiser qui ne peut jamais s’apaiser ! » Elle m’a dit « C —comme un Courant qui te fait revenir en courant ! » Elle m’a dit « D comme Dérive lorsque la jouissance arrive ! »
Elle m’a dit « E comme l’Écume ; ton marteau frappe mon enclume ! » Elle m’a dit « F comme la Fièvre que je te transmets par mes lèvres ! » Elle m’a dit « G comme le Gong ; ton cœur bat d’un état second ! » Elle m’a dit « H comme la Hache dont je me fâche si tu me lâches ! »
Ainsi de suite jusqu’à « Z, la dernière lettre qu’elle possède Et puis, à force d’arguments, je m’abandonne à mes tourments Qu’elle recueille entre ses mains, qu’elle remet au lendemain Car elle est procrastinatrice d’une folie dominatrice.
Parfois Loreleï a des idées… vraiment de drôles d’idées, ma foi ! Elles se transforment en tentacules qui semblent chercher l’inspiration. Jusqu’à ce qu’elle ait décidé de les projeter à la fois Dans cet air du large où bascule la suite de ma narration…
Je me retrouve alors captif d’une étrange prolifération ; Chaque bras voudrait m’emmener vers un dénouement différent. L’un me conduit vers un récif, l’autre vers une constellation, Et tous prétendent me ramener après ce rêve proliférant.
Parfois je lui dis : « Mon amour, pourrais-tu faire enfin un choix ? » Mais elle sourit, mine anodine mais sardonique toutefois Car ses tentacules glamours m’enserrent alors comme un anchois Dans une boîte de sardines et je meurs encore une fois…
Mais je me réveille à nouveau, sa langue plongée dans la mienne Par son baiser incitateur, si doux, comme à l’accoutumée. Je vois passer dans mon cerveau ces fameuses idées hawaïennes Et son désir solliciteur pour un voyage présumé.
Illustrations de Siyu Chen et boxyheadbry sur https:boxyheadbry.tumblr.compost36081891861in-the-near-dystopian-future-proper-ladies-will .
« Thétïs avait demandé tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.
Ôphélïä n’a eu besoin que d’une nuit pour noyer ses préjugés, effacer ses rides et lui rendre ses trente printemps.
Au lever du soleil, elle courait nue vers le lac avec Astérias, lui aussi rajeuni. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Après cette nuit d’expérience, Thétïs et Nérätïs savourent Le soleil levant qui paraît, entièrement nues, toutes les deux Mais sans la moindre malveillance envers elles-mêmes par bravoure Ni envers le groupe guilleret qui les accompagne, fougueux.
« C’est comme tout ! Il faut oser et une fois que je suis lancée, J’ai l’impression de l’avoir fait depuis des années sans problème. Une fois ma honte déposée, la confiance a commencé Et j’y trouve même du bienfait en moi sans le moindre dilemme. »
« Cela se voit sur ton visage, je te trouve bien plus rayonnante ! » Dit Nérätïs qui examine de plus près le corps de sa mère. « Et je crois même que j’envisage d’être encore plus résiliente ! » Dit Thétïs comme une gamine et non comme une quinquagénaire.
« Tes rides se sont effacées et ta chevelure a blondi ! » Dit Nérätïs qui continue et poursuit son auscultation. « Mes seins ne sont plus crevassés et mes fesses sont rebondies ! » S’étonne Thétïs toute nue et fière de sa constitution.
« Viens ! J’ai envie d’aller nager ! La dernière est une tortue ! » Et Thétïs partir en courant pour profiter de sa lancée. Nérätïs voit sa mère âgée mais dans un corps qui s’évertue À paraître presque concurrent d’une jeune femme élancée.
Lorsqu’elle rejoint son mari, elle a du mal à le reconnaître : « Tu es splendide ce matin ! Tu as rajeuni de vingt ans ! » « Et toi ? Tu t’es vue, ma chérie ? Viens donc te voir à la fenêtre ! » Thétïs, sur la vitre sans tain, se voit avec trente printemps.
« Qu’est-ce qu’il m’arrive, ma chérie ? » demande Thétïs ingénue. « Tu es désormais comme nous ! » Ô ALLEGÔRÏÄ fait renaître, Ôphélïä est notre égérie et tu peux rester toute nue Tout en arborant ton minou sans honte mais fière de l’être. »
« Ôphélïä a encore réussi son numéro : elle n’a noyé personne, seulement quelques préjugés.
Thétïs y est entrée reine d’Atlantïs, méfiante et bouleversée.
Après un bain, une tasse de thé et un velouté servis par deux hommes nus parfaitement respectueux, elle en est ressortie mère de Nérätïs… et déjà sensiblement rajeunie.
Astérias avait donc raison — mais évitons de le lui répéter trop souvent. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Oh maman je suis désolée, j’aurais dû mieux t’y préparer Mais tout s’est passé si vite que je n’ai pas réalisé ! Viens ! Nous allons nous isoler et nous pourrons redémarrer Dans un refuge qui invite à mieux nous spiritualiser ! »
Nérätïs emmène Thétïs pour lui présenter Ôphélïä La piscine magique intérieure avec ses discrets porte-flammes. Elle lui rappelle Atlantïs et ses lacs bordés de dahlias Qui offraient une paix extérieure qui ravissait le cœur et l’âme.
Et Thétïs toujours sous le choc se laisse conduire par sa fille, Accepte de se déshabiller et plonger nue dans la piscine. Elle ne dit rien, ce qui évoque son cœur et son corps qui vacillent Et Nérätïs sent osciller petit à petit ses racines.
« Je suis bien ici, je l’avoue ; l’eau est vraiment mon élément Et j’aime cette intimité ; je suis quand même assez âgée ! » « Je suis ton guide qui se dévoue à te faire aimer posément La paix de cette communauté et te la faire partager. »
Insensiblement elle l’entraîne un peu plus loin dans Ôphélïä Et les rejoignent les LLyrïädes dans leur tendre promiscuité. Pourtant Thétïs, très souveraine, accepte le salut d’ÄLLÏÄ Et apprécie les trois dryades malgré le flot de nudité.
« Bonjour Madame, voici du thé que je fais pousser sur nos terres ! » Dit Alinéor très aimable qui laisse Thétïs interdite. « Préférez-vous un velouté ? » propose Yavänor salutaire Et Thétïs devient raisonnable devant tous ces corps nus d’élite.
« Astérias avait donc raison ! Vous êtes plus respectueux Avec moi lorsque je suis nue que lorsque je suis arrivée. Vous êtes sans comparaison des hommes des plus vertueux ! Je me sens enfin bienvenue et je m’en trouve ravivée. »
« Thétïs avait exigé “tout le temps qu’il faut” pour nous juger.
Astérias l’a prise au mot : ils resteront tout le temps nécessaire pour intégrer notre famille.
Pendant la discussion, il a encore rajeuni tandis qu’elle vieillissait à force de résister.
Je conseille donc à Sa Majesté de s’ouvrir rapidement… sinon Nérätïs devra bientôt soigner sa mère et inscrire son père à la crèche. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Jamais je n’ai été humiliée autant et par ma propre fille ! » Se lamente Thétïs en pleurs, inconsolable dans son lit. « Nous aurions dû lui concilier un mariage qui lui dessillé Le sens royal avec ampleur pour la guérir de sa folie ! »
« Je ne suis pas d’accord avec toi ; Nérätïs n’était pas heureuse ; Je la voyais mélancolique et agir surtout par devoir ! » Répond Astérias très courtois devant sa femme valeureuse Mais devenue amphibolique par ce qu’elle venait de voir.
« Mais Elle avait tout ce qu’elle voulait et un rang bien plus qu’honorable ! » Plaide Thétïs pour se convaincre que tout cela paraît infâme. « Elle avait ce que TU voulais et elle était trop responsable ! » Plaide Astérias, non pas pour vaincre, mais pour mieux raisonner sa femme.
« Mais as-tu vu tous ces gens nus ? Sans la moindre pudeur humaine ! Et Nérätïs se montrer nue, impudique et sans sourciller ! » « J’ai surtout vu des inconnus pleins de respect pour les humaines ; J’ai remarqué qu’une femme nue est plus respectée qu’habillée ! »
« Et tous les princes prétendants pour établir nos alliances ? Tous nos projets sont annulés et leur perte est irrémédiable ! » « Ils étaient plus ou moins pédants sinon sans la moindre vaillance ! Et je la voyais acculée à vivre une vie misérable ! »
« Et toi, ça ne te froisse pas de voir nos plans évanouis Et ne plus la voir à portée comme quand elle était gamine ? » « Et toi, ça ne te touche pas de voir ta fille épanouie Et de la voir ainsi porter un bel enfant qui l’illumine ?
« Écoute-moi sans m’interrompre ! Tu voulais “tout le temps qu’il faut” ? Restons tout le temps nécessaire et intégrons cette “famille”. Plus tard, il suffira de rompre avec ces fiancés archifaux Qui n’étaient que des adversaires au bonheur que je veux pour ma fille ! »
« On croit que les bébés se taisent parce qu’ils ne savent pas encore parler.
Pourtant, lorsque je berce Élysäé, Orélion et Laëtïtïa, j’ai parfois l’impression qu’ils commentent entre eux toutes nos absurdités.
Deux me sourient.
Le troisième regarde derrière moi comme s’il reconnaissait quelqu’un que je ne peux pas voir. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Pipi, caca, lolo, dodo, la vie est assez monotone ! J’avais espéré autre chose que d’être traitée comme une poupée. Maman me baigne avec tant d’eau qu’elle me noiera avant l’automne… Heureusement je métamorphose ses mamelles de salive coupée ! »
« Moi, j’aime bien quand elle chantonne et me fait des guilis-guilis ! Avec mon frère, on lui siphonne un max de lait pour le plaisir ! Et quand papa la pelotonne et lui tète ses seins avilis, Il n’a plus rien et il s’étonne d’être frustré dans son désir ! »
« Mais j’aime beaucoup être dans mon bain, je me sens devenir poisson ! Et je sens que ma foufounette est comme une bouche affamée Qui cherche son petit alevin pour lui bouffer son hameçon Ou agir comme une manette pour en faire du hareng fumé ! »
« Autant pour moi mais c’est le feu du soleil qui me fait jouir Et c’est pareil pour ma zézette qui voudrait absorber le ciel, Faire de cet astre ce que je veux mais sans le laisser m’éblouir Ou le prendre comme une sucette à l’anis, goût préférentiel ! »
« J’aime beaucoup les femmes-poissons qui nous câlinent si souvent ; J’adore caresser leurs écailles et nager en leur compagnie ! J’ai même apprécié la moisson de laitance d’un bar émouvant Qu’elles m’ont traite avec une paille … ah, mes amis, quelle avanie ! »
« Moi, j’ai un faible pour la musique des quatre garçons dans le vent Qui me font bouger tous les membres et me donnent envie de chanter ! J’aime surtout l’autre amnésique qui joue du piano en levant Les doigts au risque qu’ils se démembrent dans une folie enchantée ! »
« Parlez, discutez, jacassez ! Je ne dis mot mais ne consens Pas à trouver ce drôle de monde amusant plutôt qu’oppressé. Or j’en aurais bien eu assez si un fantôme intéressant N’était venu une seconde me dire qu’elle me reconnaissait… »
« Les trois sœurs sirènes ont sauvé trois imprudentes de la noyade.
Quant aux trois garçons, elles les ont conservés afin d’étudier scientifiquement la masculine beauté.
Les cobayes ont survécu… mais l’expérience devra être répétée pour confirmer qu’elle était bien divine. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Quand trois sirènes ont fait l’amour dans des délices incestueuses, On s’affabule sur l’oreiller sur les garçons hypothétiques… Elles les charrient avec humour et des piques irrespectueuses Jusqu’à ce que vienne s’éveiller une idée follement érotique…
« Et si l’on en capturait un ? Un de ces idiots inconscients Qui, sans nous, se serait noyé et terminé au croupissoir… On profiterait de cet importun pour vérifier son coefficient Amoureux et le soudoyer : l’oubli ou le repas du soir ! »
« Oooh moi, j’adore cette idée ! Et vu la chaleur mémorable, On n’a vraiment qu’à se baisser pour en prendre une charibotée ! Allez, les filles, c’est décidé ! On joint l’utile à l’agréable ! On va aller s’intéresser à la masculine beauté ! »
« Ben justement des trois débiles qui ont dragué les demoiselles, Tous ont plongé sans vérifier si l’échelle était bien placée… Ils crient comme des imbéciles ! Alors… on sauve les pucelles Et puis… les trois sacrifiés seront nos cobayes à classer ! »
« Partons ! Je suis tout excitée car moi, je suis encore pucelle Et, ma foi, je suis très curieuse de tester leurs tire-bouchons. J’ai beaucoup de perplexité à l’idée qu’on me dépucelle Avec leurs saucisses impérieuses à m’en monter le bourrichon ! »
« Parle pour toi ! Qu’est-ce que tu crois ? Que sur Thestïäs j’ai fait la pute ? Je n’connaissais qu’Alinéor qui ne pensait qu’à cuisiner Ou faire des poèmes à la noix sans même que cela suppute Que ce grand dadais me déflore au moins une fois sans lésiner ! »
Ainsi fut fait selon les règles ! On sauva les trois imprudentes. Quant aux trois idiots, on ne sait pas encore ce qu’il en advint… On dit que les sirènes espiègles se sont montrées outrecuidantes Mais qu’elles ont pu, avec succès, commenter que c’était divin !
L’amour à quatre est difficile déjà pour concevoir le lit. Quant à s’embrasser en public, c’est une autre paire de manches ! Si les bancs publics sont faciles à occuper à la folie, Il y a trouble à l’ordre public et ce, du lundi au dimanche.
À la maison point de fauteuils mais des canapés confortables Et qui puissent se combiner selon le baiser désiré. Quant à la baise, on se recueille non pas dans une chambre adaptable Mais dans le salon confiné pour des câlins bien inspirés.
Or il faut un quadruple lit mais électrique, ça va de soi, Pour permettre les positions acrobatiques sur la couche. Hélas gare aux torticolis si l’on n’a pas planté son doigt Au cul pour faire opposition à la décharge dans la bouche.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Quand Laëtïtïa et Yavänor aimaient jouer à l’aventure, Ils imaginaient leur bateau passer au large du Cap Vert, Puis remonter vers le grand nord en consolidant la mâture, Voiles gonflées par les zéphyrs et malgré les vents de travers.
Ils ont grandi et leur navire leur apparaît bien minuscule ; Difficile de s’imaginer faire de grandes découvertes. Laëtïtïa dont le cœur chavire, propose sous la canicule D’aller plutôt se câliner dans un coin de l’île déserte.
« Moi, je serais ta prisonnière et toi, un célèbre pirate Qui m’aurait prise avec émoi lors d’un corps à corps triomphant ! Montre-moi donc ta garçonnière et ta chambrette scélérate Où tu comptes faire de moi la mère de tous tes enfants ! »
« Attends un peu, dévergondée ! » Dit Yavänor en rougissant ; « Ton pirate n’a pas d’épée… son sabre est encore un peu court ! Et on va tous se faire gronder si jamais Mamie, surgissant Entre les fourrés bien épais, nous voit nous faire de grands mamours ! »
Tableaux d’Averyanov sur https:tanjand.livejournal.com3155807.html .
« Thétïs venait chercher Nérätïs pour la ramener à Atlantïs.
Elle l’a trouvée nue, naturiste, amoureuse, installée chez nous et enceinte.
À chaque révélation, Astérias rajeunissait tandis que son épouse vieillissait.
Heureusement, le divan était assez large pour recueillir toute sa majesté. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Alors qu’elle savoure nue la fin d’après-midi d’été, Nérätïs entend une voix familière clamer promptement : « Ma fille ! Quelle est cette tenue ? N’as-tu aucune intimité ? » « Maman et papa ? Quelle joie de vous revoir subitement ! »
« Serais-tu devenue nudiste ? Où est passée ma fille prude ? » Demande Thétïs effrayée la main sur les yeux condamnables. « Maman… nous sommes naturistes, c’est devenu une habitude Mais nous savons nous habiller quand il faut être convenable ! »
« Rentrons ! Je suis sans vêtement ! » dit-elle en roulant du derrière Sous l’œil amusé de papa mais pas celui de la maman. « Parce que tu sors habituellement toute nue comme une roturière ? » Dit Thétïs en pressant le pas et en jurant succinctement.
« Voilà, je suis plus présentable ! Mais quelle surprise exceptionnelle ! » Dit Nérätïs d’un air radieux devant sa mère qui l’est bien moins : « Mais enfin c’est insupportable ! Une semaine sans nouvelles ! « Oui… j’ai eu des jours fastidieux… assez éprouvants néanmoins ! »
« Quand est-ce que tu comptes rentrer ? » demande Thétïs sans détour ; « Maman ! C’est ici ma maison ! C’est ici que j’ai trouvé l’amour ! Ici, je peux me concentrer sur mon travail de tous les jours Et être utile en toute saison sans porter tous ces brandebourgs ! »
« L’amour ? Avec ces hommes nus qui nous ont accueillis au port ? » Ânonne une Thétïs outrée ; « Et tes fiancés au palais ? » « Maman ! Pour moi ce sont des inconnus et cela n’a aucun rapport ! Ici, je n’ai pas à m’accoutrer au milieu de ces soupe-au-lait ! »
« Il me faudra l’éternité pour comprendre ce que tu m’as fait ! » Soupire Thétïs en s’effondrant de tout son poids sur un divan. « Maman ! Vu ma maternité, rester ici est un bienfait ! » Pour Thétïs, c’est abracadabrant et ce voyage, démotivant.
« Pour rejoindre le dispensaire, Séorïäne a fait un grand détour pour éviter les femmes qui profitaient nues du soleil. Je le sais : j’étais l’une d’elles.
Au retour, le nez sur son échographie et la tête dans les étoiles, elle a failli me marcher dessus.
Elle venait d’apprendre qu’elle portait le plus petit nudiste de Ô ALLEGÔRÏÄ. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
À force d’éviter les nudistes, Séorïäne a fait des détours Mais finalement elle découvre la chapelle dont il est question. C’est Pénélopïä l’urgentiste qui l’accueille quand vient son tour Remplit sa fiche et puis lui ouvre la salle de consultation.
« Voilà une future maman ! » s’exclame Nérätïs enjouée ; « Vous dites ça sans m’ausculter ? » dit Séorïäne stupéfaite ; « Ça se voit comme le firmament ! S’il faut vraiment vous l’avouer ! Maintenant, sans difficulté, une échographie va être faite ! »
« Voilà… un cœur… deux cœurs… trois cœurs… non, je plaisante pour me détendre… Excusez-moi mais en deux jours, j’ai eu tout un lot d’émotions ! Nous avons un petit vainqueur qui est tout prêt pour se défendre Et égayer votre séjour en vous mettant en dévotion ! »
« Je peux avoir une photo pour la montrer à mon mari ? Vous pouvez me dire le sexe ? Je sais que c’est important pour lui ! » « Mais non ! Il est beaucoup trop tôt ! D’ici trois mois son gabarit Sera soit concave soit convexe et ce sera “celle” ou “celui” ! »
« Voilà le portrait tout craché de son papa et sa maman ! » Dit Nérätïs très fièrement en tendant la photographie. « Mais où diable s’est-il caché ? » dit Séorïäne sur le moment ; « Ici ! Tout petit mais parfaitement ancré dans votre utérus, à l’abri ! »
« Rentrez chez vous, reposez-vous ! Dimanche nous aurons une fête ; Et c’est parfait pour vous distraire mais pas d’alcool ni d’excitant ! » « À quand le prochain rendez-vous ? » demande Séorïäne défaite ; « Dans un mois au dispensaire ! » dit-elle en la félicitant.
Elle n’a rien vu des femmes à poil, ni des sirènes aux seins nus, Le nez collé sur la photo, rejoint son mari éconduit. Elle rentre la tête dans les étoiles et dit ces cinq mots saugrenus : « J’attends un petit diabloteau ! » avant de se pâmer sur lui.
« Loïrelïndt affirme qu’un courant d’air l’a poussée par mégarde jusque dans la chambre de Constantïne.
Il feint de la croire ; elle feint d’être désolée.
Entre une sirène au masculin qui s’obstine à vivre seul et un fantôme au féminin qui ne supporte plus sa solitude, le moindre mur devient heureusement très facile à franchir.
Ils ne peuvent peut-être pas encore se prendre par le bras…
Mais certains rapprochements commencent bien avant que les corps se touchent. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Or ce jour-là, comme il fait nuit, un jeune triton d’au moins cent ans Entendant du bruit au grenier, monte en descendant dans la cave. Comme aucune lumière ne luit, il sort un cygne – cela s’entend ; Faute de canard on prend l’panier à condition qu’il soit concave…
« Bien dormi, Monsieur Constantïne ? Excusez-moi mais vous ronflez ! » Dit Loïrelïndt tirant les rideaux sur le matin ensoleillé. « Je rêvais loin de ma routine… Hé mais vous êtes un peu gonflée De venir ici rapido pour me tirer de l’oreiller ! »
« Désolée ! C’est un courant d’air qui m’a fait traverser vos murs ! » Dit-elle fantomatiquement, sans credo ni confiteor. « Et je me sentais solidaire ! Vos rideaux sentant la saumure Avaient besoin dramatiquement d’aller s’aérer au dehors ! »
« Mouais… pourtant mon intimité n’a pas l’air de vous déranger ! » Dit-il d’un ton un peu bourru qui fait le vieux célibataire. « Allons ! Pas de fausse timidité ! Nous ne sommes pas des étrangers Et nous avons assez couru des chemins tristes et solitaires ! »
« Bon… bon… puisque vous y tenez… voulez-vous juger mon domaine ? Examiner mes corridors, voir si le vent y souffle encore ? » « Avec plaisir si vous prenez un ton aimable et plus amène Mon beau Monsieur conquistador ! Quant à votre fief, je l’adore ! »
« Je ne vous prendrai pas le bras, excusez-moi ce mauvais pas Je pourrais passer à travers et vous faire sentir ma froideur ! » Dit-elle sans avoir l’air ingrat mais en révélant ses appas Dont bien des siècles trop pervers n’ont pu effacer les rondeurs…
Entre un fantôme au féminin et une sirène au masculin, Les oxymores se marient chez les morts comme chez les vivants. La jeunesse crache son venin, la vieillesse son air vitulin Mais loin de se sentir marris, ces deux-là sont bien connivents !
« Une dépêche officielle d’Atlantïs vient de nous parvenir.
Sans nouvelles de Nérätïs depuis bientôt une semaine, Leurs Majestés Thétïs et Astérias ont décidé de venir s’assurer personnellement que leur ambassadrice se porte bien.
Ils arriveront aujourd’hui sur le lac par téléportation, à bord de leur nef royale.
La dépêche précise qu’ils souhaitent voyager dans la plus grande discrétion…
Je crains toutefois que nous ne les reconnaissions de loin. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Mais réveille-toi donc, Astérias ! » dit Thétïs en le secouant ; « Je n’ai toujours pas de nouvelles depuis bientôt une semaine ! Si Nérätïs paraît coriace avec un cœur amadouant, Elle se creuse trop la cervelle avec sa colonie humaine ! »
« Oui bon… une semaine… ça n’fait à peine… jamais plus que sept jours… » Dit Astérias en s’ébrouant ; « Elle ne va sûrement pas tarder… » « Oh toi, tu es un portefaix qui, tout au long de son séjour, Passe sa vie en rabrouant mais jamais sans trop s’attarder ! »
« Justement ! » répond Astérias ; « Ma charge est pleine de détails… » « Eh bien, dépose-les ici… » tranche Thétïs à bout de nerfs « Et lève-toi de ta paillasse et envoie tout un éventail De soldats qui bénéficient un peu trop de leur ordinaire ! »
« Eh bien… le problème chérie… c’est que tous sont en vacances ; Les temps de guerre sont révolus et tous les feux sont maîtrisés ! » « Eh bien ce sera nous, chéri, face à toutes ces circonstances ; Dès que tu seras frais émoulu, partons sans nous éterniser ! »
« Je vais quérir les Mantisseurs pour notre téléportation Combien de temps faut-il compter… un bon jour ou deux, je présume ? » « Écoute, Monsieur l’attendrisseur ! Je ne ferai aucune exception Sur toute la période escomptée pour y voir clair, je te l’assume ! »
« Comme tu voudras, je prends un bain et je convoque une patrouille ! » Dit Astérias en se levant déconfit et minoritaire. « Mets-toi le plus vite au turbin ! Pomponne-toi vite mais grouille ! » Lance Thétïs en élevant bien haut un doigt autoritaire.
Deux heures plus tard, par la Mantisse, les préparatifs vont bon train : « Le mieux pour vos deux majestés c’est de voyager en bateau Afin que la nef aboutisse bien dans le lac qui est restreint ! » Précise l’ingénieur attesté d’un zèle servi sur un plateau.
Quant au Quotient Intellectuel contre la Quête d’Érotisme, Il est difficile de savoir lequel des deux va l’emporter. Le débat est conflictuel dès qu’on aborde le complotisme Car il y a lutte de pouvoir entre les potins rapportés.
Tandis que l’esprit sculpte le roc en recherchant la pure idée, La chair, refusant d’être ailleurs, en dessous réclame son vœu. La raison austère s’entrechoque sur la libido débridée, Et l’homme demeure un tailleur pris entre deux cruels enjeux.
L’eau Je suis cette mer lente où ton âme s’abandonne, Le fil d’eau qui t’enlace et dissout tes tourments. Dans mes doigts de silence, où ton vertige résonne, Je t’apprends à mourir… pour renaître autrement.
Je suis l’onde profonde aux caresses insoumises, La nuit bleue où ton souffle apprend à s’égarer. Et quand, dans mes abîmes, tous tes désirs se brisent, C’est mon ventre d’écume qui vient te réparer.
Le feu Je suis l’incendie vif qui dévore et couronne, La flamme où ton regard ose enfin s’affirmer. Dans mes bras consumés où ton vertige rayonne, Je t’apprends à brûler… sans jamais t’abîmer.
Je suis le feu vivant aux promesses ardentes, Le cri rouge et sacré qui t’arrache aux ténèbres. Et lorsque ton amour devient braise brûlante, C’est mon cœur de soleil qui t’aime et te célèbre.
« Chaque matin, Captain Nemo s’éveille avec les derniers fragments d’un rêve que sa mémoire refuse de retenir.
Pénélopïä tente une autre méthode : puisque son esprit demeure silencieux, elle interroge son corps.
Ses muscles semblent se souvenir du piano, mais son blouson d’aviateur et l’appareil englouti dans la Manche entretiennent encore le mystère de son ancienne vie.
En attendant de recoudre son passé, Pénélopïä lui propose une thérapie capable de lui fabriquer d’excellents souvenirs nouveaux… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« J’ai rêvé de mon ancienne vie… » dit Captain Nemo, « et puis… rien ! Ça me fait ça tous les matins et ça me donne des maux de tête ! » « Je sais que tu en as envie ! » Dit Pénélopïä au terrien Nue dans ses beaux draps de satin et comprenant ce qui l’entête.
« Fais-moi confiance et ça reviendra ! Et te forcer ne résout rien ! » « Je le sais bien ! » acquiesce-t-il, « Mais, à la longue, c’est pénible ! » « Viens ! Allonge-toi sous les draps, si tu quittes cet air vaurien, Je te fais un massage subtil qui est un remède infaillible ! »
« Ton corps est vraiment magnifique mais tu étais souvent assis ; Je le pressens dans tes lombaires et tes fessiers sont ramollis ! » « Vraiment ? » fait-il, béatifique. « Mon corps serait un ramassis De tous mes souvenirs pubères ? Tu vas aimer à la folie ! »
« Peut-être plus que tu ne crois, Monsieur le petit libertin ! D’après tes muscles fléchisseurs, tu pourrais bien être pianiste ! » « C’est le sentiment qui s’accroît ; Altänor en est certain ! » Répond Nemo, l’air jouisseur sous les mains de la kinésiste.
« Tes avant-bras sont très toniques et tes épaules tombent en avant ! Ce sont là des pathologies liées aux gestes professionnels ! » Termine-t-elle d’un ton platonique et d’une main sûre dorénavant Qui connaît sa morphologie d’un autre usage plus passionnel…
« Et pourquoi avais-je un blouson d’aviateur personnalisé ? Et que faisais-je dans l’avion qui aurait sombré dans la Manche ? » « Pour le moment nous recousons ta mémoire pénalisée Et même si nous le savions, celle-ci serait peut-être étanche ! »
« Mais pour tes fessiers ramollis, je connais une thérapie Que nous devrions pratiquer un peu plus souvent ! » conclut-elle. « Je te vois venir, ma jolie, avec ta psychothérapie ! Alors allons gymnastiquer et “pratiquer” la bagatelle ! »
« Nos jeunes mariés découvrent peu à peu les coutumes de Ô ALLEGÔRÏÄ.
Notre nudité semble troubler davantage Séorïäne que Hyänor… bien que celui-ci s’efforce très maladroitement de prétendre le contraire.
Mais certains signes préoccupent la jeune femme : un appétit grandissant, des seins douloureux et l’intuition qu’un petit être pourrait déjà les avoir accompagnés dans leur naufrage.
Nérätïs les attend au dispensaire. Peut-être notre communauté n’était-elle finalement pas aussi complète que nous le pensions… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Ces gens sont gentils et charmants… » dit Séorïäne, « mais singuliers… » « Ils se baladent souvent nus sans que cela ne nuise à qui que ce soit ! » « Ils sont… » répond Hyänor, « désarmants et même assez particuliers Mais sans aucune “disconvenue” envers leurs femmes toutefois ! »
« Ils sont toujours des plus courtois et les amies de leurs épouses N’éprouvent vraiment aucune gêne… » dit Séorïäne très pantoise. « Quand une femme nue me côtoie… » dit Hyänor, « ne sois pas jalouse Mais elle est tellement “homogène” que je ne la trouve pas discourtoise ! »
« Pour la nourriture, rien à dire ! » poursuit-il sur un autre sujet ; « Beaucoup de poissons, fruits de mer, essentiellement végétariens ! » « Tu as raison ! Rien à redire ! Et ils n’ont aucun préjugé ! » Précise-t-elle d’un ton amer. « Mais ne sois pas “libertarien” ! »
« Pas de souci, je te rassure ! Elles ne sont pas vraiment belles ! » Se reprend-il. « Elles m’auraient plu si elles “furent” été coréennes… » « Mouais… j’ai bien vu ta “rougissure” lorsque l’une d’elles t’appelle ! » Tranche Séorïäne qui ne souhaite plus parler de ces européennes.
« Mais nous devons nous adapter et je crois qu’ils veulent nous aider ! Il nous faudra de la patience et… fermer les yeux quand il faut ! » Indique-t-elle, pour “impacter”, le doigt levé pour mieux plaider. « Bien entendu ! Avec confiance ! » dit-il d’un air tout à fait faux.
« Allons ! J’ai faim ! Et c’est étrange… depuis quelques jours, l’appétit Me fait perdre tous mes moyens et en plus, j’ai très mal aux seins ! » Dit-elle en relevant sa frange. « Peut-être que j’attends un petit ? Je vais demander aux “citoyens” s’ils “connaîtraient” un médecin… »
« Ils en ont un ou plutôt une ! Et il y a un dispensaire Un peu plus loin dans la chapelle ! » Elle bondit sur le tapis. « Alors si l’heure est opportune, c’est tout de suite ! C’est nécessaire ! » Dit-elle tandis qu’il lui rappelle qu’il y a des sirènes… bon tant pis !
« Les quatre derniers médaillons ont livré leurs confidences.
Le mien chantera dimanche avec ORPHÉÔN ; celui de STELLÏÄ rappelle Cristïäs au présent ; celui de Nérätïs annonce Astérïäne ; celui d’Amellïä éclaire déjà un petit homme. Ainsi, Yggdrasil ne confirme pas seulement notre appartenance au Cercle. Il veille sur les enfants que nous portons et fait de la fête prochaine leur première musique. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Cette petite étoile qui brille… » dit ORPHÉÔN, « c’est chatoyant ! » « Il irradie sur mon cristal et me réchauffe en même temps ! » Répond ÄLLÏÄ. « Comme il scintille, je sens mon cœur tout flamboyant Et je pense à un récital pour lui faire honneur en chantant ! »
« Dimanche, nous ferons la fête et je veux chanter avec toi Tout ce que mon âme ressent, tout ce à quoi mon cœur aspire, Tout ce qui me monte à la tête et me rend l’esprit tout pantois Mais que je sens très nourrissant pour notre enfant qui s’en inspire ! »
« Cet éclat est intermittent… » dit Cristïäs, « et change tout le temps ! » « Il vibre au rythme du métal de mon tempérament d’acier ! » Répond STELLÏÄ en imitant avec ses mains un clignotant ; « Et un petit miroir fœtal me le renvoie tout émacié ! »
« D’ici dimanche, tu as le temps de l’étudier si tu passes Beaucoup plus de temps avec moi qu’avec tes téléportations ! Et d’ailleurs, plus de contretemps ! Je voudrais que tu te dépasses Et que tu penses avec émoi à arranger l’habitation ! »
« Une symphonie de lumière… » dit Valérion, « son et lumière ! » « Je l’imagine comme un chœur, tel un chant d’annonciation ! » Répond Nérätïs toujours fière d’avoir appris cette première Nouvelle qui lui a mis le cœur dans une totale exaltation.
« Dimanche tu le joueras pour moi… enfin… pour nous précisément… Sais-tu qu’elle m’a bouleversée car nous attendons une fille ! Je l’ai senti avec émoi au moment même, exactement Où l’étoile m’a traversé le cœur comme une banderille ! »
« C’est comme un phare dans la nuit… » dit Altänor, « pour me guider ? » « Toi qui n’avais d’yeux que pour moi, te voilà désormais ébloui ! » Répond Amellïä. « Et il luit comme s’il était radioguidé Par un ange gardien en émoi pour mon cœur tout épanoui ! »
« Et tu n’as pas besoin d’un phare ; regarde mes seins étonnants ! Hier, ils étaient comme deux pommes et aujourd’hui bien plus renflés ; Et comme pour lancer la fanfare, tout mon corps paraît détonant Et je ressens ce petit homme comme un magicien bien gonflé ! »
« Comme Yanimïä l’avait annoncé, les neuf médaillons se sont illuminés au matin.
Dans l’intimité, les LLyrïädes en révèlent l’éclat à leurs compagnons, parfois fascinés, parfois perplexes.
Mais le lien descendant d’Yggdrasil ne les éloigne pas de ceux qu’elles aiment. Bien au contraire : il leur révèle combien cet amour est profondément enraciné en elles. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Oui… » dit Alinéor ; « en fait, c’est comme une sorte de baptême ! » « Si tu veux… » répond Ledalïä ; « mais exclusivement aux femmes ! » « Les catéchumènes stupéfaites en ont apprécié le thème Et le médaillon que voilà ! » dit-elle en lui montrant sa flamme.
« Il est non seulement magnifique mais il illumine tes seins ! » Remarque-t-il. « C’est Yggdrasil qui l’a béni par ÏÄNIMÏÄ ! Ce moment fut béatifique et l’adoubement sacro-saint. Et, au matin dans notre asile, sa nitescence s’éveilla ! »
Irénée-le-jeune est pensif : « Pourquoi est-ce interdit aux hommes ? » Geminïä répond : « C’est ainsi. C’est inhérent à notre sexe Nous avons un lien intensif inscrit dans nos deux chromosomes Un gène récessif, aminci, on l’appelle aussi “gène inflexe” ! »
« Ton médaillon est très joli mais pourquoi s’illumine-t-il ? » « C’est le signe distinctif ; l’Étoile sainte d’ÏÄNIMÏÄ ! Qui ne pourrait être aboli que si je lui devenais hostile Mais… Monsieur le méditatif, rassure-toi ! » dit Geminïä.
« C’est très nouveau cette lumière ! » remarque Yavänor fasciné « Il fallait bien que l’on intègre les deux lauréates au baptême ! » Répond Lïlïth. « C’est une première ! Tu as raison mais ça nous a enracinées Dans ce sentiment très allègre au fond du cœur qui fait qu’on t’aime ! »
« Oui, c’est vrai ! » précise Laurelïne. « Quand le sceau s’est illuminé, J’ai aussitôt pensé à toi comme le besoin de ta présence ! » Mais plus qu’un jet d’adrénaline ; un sentiment “subliminé” Qui m’a laissé l’esprit pantois et le cœur plein de quintessence ! »
« Pareil pour moi ! » ajoute Loreleï. « Dès cet instant j’ai eu l’envie De faire l’amour intensément et mon cœur en était noyé ! Et cette envie qui me tenaille me marquera toute ma vie ; Nous sommes liés immensément ; ton amour nous a déployées ! »
Je suis cet être assis au seuil de ma mémoire, Les mains sur le visage à retenir mes voix Car mille regards veillent au cœur de mon histoire Et chacun me murmure un autre reflet de moi.
Mes ailes sont des nuits constellées de visages, Des témoins suspendus aux replis de mon être ; Ils flottent comme autant d’antiques paysages Que mon âme traverse sans pouvoir les connaître.
Mais dans ce bleu profond où mon esprit s’enferme, Une lumière naît, fine et presque irréelle ; Et si je me perds, là, dans ce gouffre qui me cerne, C’est peut-être pour voir… plus loin que mes prunelles.
Aide-toi et Dieu t’aidera ou aime-toi et Dieu t’aimera ! Il faut y croire pour le voir et il faut le voir pour y croire ! Dieu créa l’homme à son image ; l’homme créa Dieu à son mirage. La foi qui mène au fanatisme n’est pas bonne pour le pragmatisme.
Si vraiment tous les gars du monde voulaient bien se donner la main Et si toutes les femmes du monde marchaient toutes du même pied, La Terre serait moins féconde en différences au genre humain Et mes pensées moins vagabondes à retranscrire sur le papier.
Présentation de deux impétrantes au titre de LLyrïäde.
Considérant que Geminïä, ambassadrice de Thestïäs, bénéficie déjà de ce titre ;
Amellïä, représentante de la Terre, et Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs, seront présentées devant le Cercle afin d’y être reconnues respectivement huitième et neuvième LLyrïädes.
Leur adoubement consacrera l’union de Thestïäs, de la Terre et d’Atlantïs au sein d’une même sororité. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Ô ÏÄNIMÏÄ, temple sacré dont Yanimïä est l’officiante Devient sanctuaire sacro-saint où les LLyrïädes se rassemblent. Et, en ce jour, sont consacrées deux nouvelles adeptes efficientes Dont la transmutation leur ceint le devoir d’adhérer ensemble.
Amellïä entre par la porte orientale, parrainée Par Laurelïne, Loreleï et Lïlïth qui la présentent à l’assemblée : « Béni soit le nom que tu portes, aux deux « L » concaténés, Qui fait de ton âme l’élite qui mérite de nous ressembler ! »
Nérätïs entre par la porte occidentale, parrainée Par Geminïä, ambassadrice de Thestïäs, qui la reconnaît : « Bénie sois-tu, puisque tu portes les deux titres entérinés : Princesse ainsi qu’ambassadrice d’Atlantïs, déjà ordonnée ! »
ÄLLÏÄ pare d’un médaillon les deux LLyrïädes lauréates Et chacune prononce le vœu d’union à la sororité Dont elles deviennent un maillon par l’investiture adéquate Et l’adoubement qui se veut soumis à son autorité.
Le médaillon porte le sceau orné de ses neuf éléments ; Feu, Eau, Terre, Air, Éther, Cristal, Métal, Étoile ailée, Trident. L’Étoile ailée dont le faisceau est venu délibérément Enfin le Trident sommital comme caducée provident.
Les neuf LLyrïädes se rassemblent autour d’Yggdrasil, l’arbre-mère, Elles-mêmes Reines-Souveräïnes puisqu’elles ont porté un enfant. Les deux lauréates ensemble apprennent alors qu’elles seront mères Et que leurs grossesses sereines produiront leurs fruits triomphants.
Les neuf se prennent par la main ; Yanimïä chante l’hymne ascendant : « Je vous ai ouvert le passage, par vous le cercle est refermé ! » Chacune recevra dès demain le lien d’Yggdrasil descendant Au médaillon sous son corsage où brillera le sceau confirmé.
« Nérätïs était vraiment bizarre lors de notre visite médicale !
Elle nous a caressées langoureusement et j’ai cru qu’elle allait m’embrasser… Puis Pénélopïä est entrée : Nérätïs a cassé deux ou trois verres, renversé un dossier et s’est mise à trembler.
STELLÏÄ et moi sommes vite allées prévenir Lïlïth que quelque chose n’allait pas. Pour une fois, c’était notre médecin qu’il fallait soigner ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Elle a souffert toute la nuit d’une douleur indéfinissable ; Tout le matin elle a pleuré et jusqu’au soir s’est lamentée. Elle ressent un profond ennui, un besoin inassouvissable ; Elle sent ce trouble l’affleurer mais sans pouvoir l’argumenter.
ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sont venues la consulter pour leurs grossesses ; Elle s’est sentie très attirée à les embrasser sur la bouche. Pénélopïä est survenue, ce qui a troublé la princesse Mais lui a aussi soutiré une irritabilité louche.
Une fois seule, elle se teste, elle s’ausculte, elle se tâte ; Elle sent monter des tremblements, des vertiges et bien plus encore. Elle s’effondre, elle proteste : « Mon Dieu, je deviens psychopathe ! » Elle tombe dans un étranglement et pleure toutes les larmes de son corps.
Les LLyrïädes sont au dispensaire ; elles savent que quelque chose se passe. Laurelïne et Loreleï la soulèvent, puis Lïlïth vient à son chevet. Lïlïth s’approche en émissaire, la rassure et parle à voix basse : « Là, ma fille, ton état relève d’une transmutation achevée ! »
« Lïlïth, je t’aime ! » dit Nérätïs. « Je le sais ! » lui répond Lïlïth. « Tu es en train de découvrir l’amour du Féminin Sacré ! Tu es arrivée d’Atlantïs et les LLyrïädes sont prosélytes Envers celles qui doivent s’ouvrir et se sentent enfin consacrées. »
« Cela s’est fait petit à petit, tu ne l’as pas senti venir Mais depuis Ô ÏÄNIMÏÄ, tout s’est alors accéléré ! Tu as perdu ton appétit et tu as pensé devenir Enceinte comme ÄLLÏÄ et STELLÏÄ mais cela a dégénéré. »
« Toi qui t’es dévouée pour nous, tu vas devenir à présent L’une des nôtres et nous aimer d’un amour inconditionnel. Tu sens ton corps qui se dénoue ? L’accord se fait omniprésent Et d’un baiser je vais semer l’adoubement traditionnel ! »
Amellïä croyait subir d’étranges transformations ; elle ignorait que son féminin cherchait seulement à lui révéler la place qui l’attendait parmi nous.
Cette nuit, nous étions huit femmes nues de toute crainte et de tout jugement. Lorsque nos mains se sont rejointes, Amellïä n’était plus celle que nous accueillions : elle était devenue le huitième lien qui nous unissait toutes. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Amellïä pleure à chaudes larmes ; la révélation est trop forte ; Depuis des jours elle ressentait son corps intime se transformer. Des signes avaient sonné l’alarme et l’inquiétaient en quelque sorte… Mais elle pensait, elle pressentait un léger trouble à confirmer.
Ses petits seins comme deux pommes avaient d’abord changé de taille ; Son bassin s’était arrondi avec un galbe apprécié. Son attirance envers son homme lui donnait un côté canaille ; Le garçon manqué rebondi devenait femme différenciée.
« Depuis des jours je sentais bien des différences dans mon corps ! » Sanglote-t-elle. « Moi, attirée uniquement par les records, Je réalise soudain combien j’ai besoin, de plus en plus fort, D’un homme qui me fasse chavirer par son amour et plus encore ! »
« Mais j’apprécie ces changements qui me font peur évidemment Et j’apprécie votre présence à en tomber presque amoureuse. Parfois juste un effleurement me fait rougir intensément ; Je me retire aux lieux d’aisance avec des larmes langoureuses. »
« Eh oui ! » répond Lïlïth. « C’est cela cet amour inconditionnel Qui fait de nous des amoureuses envers le féminin sacré ! Ce sentiment va au-delà des dogmes institutionnels Mais nous apporte de savoureuses béatitudes consacrées. »
Alors Yanimïä les accueille et toutes les huit la rejoindre Puis ôter tous leurs vêtements et se rapprocher toutes ensemble. On fait silence, on se recueille jusqu’à ce que l’on sente poindre Le besoin des attouchements et des caresses qui les rassemblent.
À l’aube, elles salueront le jour, iront laver leurs corps repus, Raviveront leurs souvenirs et riront comme des jeunes filles. Elles apprécieront leur séjour jusqu’à ce qu’elles soient interrompues Par celle qui doit intervenir : « Allez les filles, on se rhabille ! »
Ce n’était ni un appel ni une prière, mais cette vibration secrète qu’une femme reconnaît lorsqu’une autre femme s’apprête à renaître parmi les siennes.
Amellïä croyait revenir nue devant ÏÄNIMÏÄ ; elle ignorait que son âme avait déjà revêtu la lumière des LLyrïädes. Lorsque nos mains se sont tendues vers elle, nous ne l’avons pas choisie : nous lui avons seulement révélé la huitième place qui l’attendait depuis toujours. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Ô ALLEGÔRÏÄ est un puits formé d’amour énergétique ; De chaque chambre naît un courant qu’Yggdrasil la nuit canalise. L’arbre-mère alors prend appui sur la dynamique érotique Qui émane des couples concourant à l’ardeur qui les catalyse.
Neuf couples forment une couronne qui incarne la force motrice ; Yggdrasil recueille les neuf flux et les réunit tous ensemble Dans son tronc qui devient neurone dont la poussée fornicatrice Transmute en un puissant influx vers les nues qu’ÏÄNIMÏÄ rassemble.
C’est comme un spermatozoïde parti vers le divin ovule Pour en féconder ÏÄNIMÏÄ qui enfante sa bénédiction Qu’elle renvoie par l’humanoïde axione libérant ses valvules Centralisées par Yanimïä qui en diffuse son onction.
Il s’en dégage de beaux rêves qui entretiennent les cerveaux, Descendent la moelle épinière pour atteindre toutes les cellules. L’onde nourricière est très brève mais leur apporte un renouveau Répandant une pépinière de ravissements qui pullulent.
Les corps subissent une mutation, les muscles deviennent plus fermes, Les tissus souples, les sens plus fins et la peau comme de la soie. De jour en jour, l’évolution pas à pas arrive à son terme Qui d’ailleurs n’est pas une fin mais l’accomplissement en soi.
Amellïä ressent dans son ventre une poussée d’adrénaline Qui la pousse à retourner nue au refuge d’Ô ÏÄNIMÏÄ. Elle s’assied, elle se concentre, tandis qu’arrivent Laurelïne, Loreleï et Lïlïth soutenues par l’énergie de Yanimïä.
Car les LLyrïädes ont entendu la huitième voix résonner Qui a retenti dans leurs chambres et dans leurs intériorités. Alors de leurs mains étendues, elles invitent à arraisonner Celle qui devient huitième membre de la sainte sororité.
Depuis que nous prions selon l’enseignement de Yanimïä, nos nuits sont étonnamment ressourçantes. Et lorsque nous faisons l’amour, nous sentons un redoublement d’énergie qui nous propulse réellement dans un septième ciel de délices dont l’ivresse nous accompagne encore au matin. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Mais Yanimïä n’est pas la seule à se sustenter de l’amour ; L’arbre-mère étend ses racines sous Ô ALLEGÔRÏÄ, la nuit, Pour recueillir, dans les corps veules, toute la fatigue du jour Et agir par son officine sur l’épuisement qui leur nuit.
Yggdrasil – car c’est son essence – relie les âmes à ÏÄNIMÏÄ Et tout l’amour sis dans leurs cœurs monte, s’échange et se ressource. Ils n’en ont pas la connaissance, excepté bien sûr Yanimïä Qui les suit d’un œil chroniqueur lorsqu’ils retournent à leur source.
Les rêves des hommes et des femmes sont recueillis comme le fruit De leurs pensées les plus secrètes et leurs désirs inassouvis. Il ne juge ni les rêves infâmes ni le moteur qui les construit, Il ne prend qu’une partie discrète : celle capable de donner la vie.
Des hommes, il puise la force et des femmes, leur résistance ; En retour, il leur établit un vrai sommeil réparateur. S’il le faut, ses branches s’efforcent de reconnaître la substance De chacun des corps affaiblis, par un courant propagateur.
Lorsque les couples font l’amour, il absorbe littéralement Toute l’énergie sexuelle et la transforme en énergie Qui se répand dans le séjour parmi les autres également Atteints d’une phase sensuelle qui se connecte en synergie.
Laurelïne, Loreleï, Lïlïth – les trois piliers du féminin sacré – Et Yavänor sont le moteur le plus puissant de la maison. Pour Yggdrasil, cela foudroie comme une étoile consacrée À s’élever vers des hauteurs où le cœur a toujours raison.
On croirait que les quatre convulsent – il en est ainsi chaque nuit – Laurelïne incendie de son feu, Loreleï inonde de son eau, La terre de Lïlïth expulse le moindre artefact qui leur nuit Et l’air de Yavänor se veut souffler sur leurs sens virginaux.
Au fond des forêts hermétiques, dans l’obscurité des sous-bois, La licorne reflète la Lune par quelque interstice volé À la canopée helvétique des vallons où l’astre flamboie Lors des grandes phases opportunes où le silence reste inviolé.
On n’entend juste qu’un clapotis des eaux par petites gorgées Bues par les animaux nocturnes pour qui la trêve est assurée. Et parfois le doux sifflotis d’un coucou sans doute horloger Troublant le calme taciturne qui n’en finit pas de durer.
Mais qui donc lui a répondu, plagiant le cri de la chouette ? Un trouble-fête, un prédateur ou bien un chasseur nyctalope ? Partie. La licorne a fondu tandis que s’avance un poète Au regard appréciateur sur toute la faune interlope.
Le Soleil habille la nature aux couleurs d’un matin d’été, Il nourrit la faune de feu et fait transpirer l’eau du ciel Par tous ses rayons de peinture sur les paysages hébétés Pourtant c’est là tout ce que veut la Terre comme besoin essentiel.
Il déshabille la nature d’un strip-tease entre chien et loup Et puis revêt ses habits noirs en mettant la Lune en veilleuse. Enfin ! Soupirent les créatures nocturnes et les démons jaloux Qui peuvent, sans se faire voir, passer une nuit merveilleuse !
Les prières entre femmes sont surprenantes au début et d’une intimité très poussée mais la confiance finit par s’installer et nous découvrons toutes le plaisir du partage de l’intimité du corps. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Ce soir c’est l’accueil des LLyrïädes et on se retrouve entre filles ; Drôle d’impression d’être ensemble dans cette étrange intimité ! Sous les étoiles par myriades, on entre et on se déshabille, Mais entièrement nues, cela ressemble presque à l’illégitimité.
Mais c’est un rite de caresses, de massages et de frôlements, Par des gestes traditionnels qu’on poursuit encore et encore. C’est un grand moment de tendresse où on sent progressivement Cet amour inconditionnel communiquer au corps à corps.
On se pâme et on s’abandonne dans le plaisir de la confiance Et même les parties intimes s’ouvrent et attendent leurs étreintes. Quelquefois même on se cramponne lorsque surgit sans méfiance Un petit soubresaut ultime qu’un cri marque de son empreinte.
Pour Laurelïne, Loreleï et Lïlïth cet usage est habituel Mais Ledalïä et Geminïä doivent repousser leurs limites. Or les échanges facilitent l’apprentissage du rituel Sous l’excellence de Yanimïä qui fait retomber tous les mythes.
Concernant ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, le jeu plaît aux deux ingénues Qui en découvrent les vertus et poussent loin l’exploration. Et sur un geste de Yanimïä les autres observent sans retenue L’une et l’autre qui s’évertuent à pratiquer l’adoration.
La cérémonie se termine par un échange de baisers Gage de leur sororité et union de leur dévotion. Sous l’arbre-mère qui prédomine toutes les LLyrïädes apaisées Ressentent leurs intériorités vibrer de la même émotion.
Alors qu’elles sortent du temple, la même émotion continue À faire son chemin dans leurs corps et dans leurs âmes consacrées. Comme si leurs cœurs s’offraient plus amples afin qu’ensemble ils s’insinuent Dans un réseau qui pulse encore l’amour du Féminin Sacré.
« Les quatre piliers de l’ÏÄMÔURÏÄ sont invités par Yanimïä à reprendre leurs anciens rituels mais de manière beaucoup plus spirituelle.
Le temple superbement préparé par Yanimïä est un lieu qui invite à la prière par le don de soi à l’amour.
Pour des raisons techniques l’illustration montre Laurelïne, Loreleï, Lïlïth et ÏÄMÔURÏÄ avant leur passage au vestiaire. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
L’invitation de Yanimïä ne surprend pas trop Yavänor ; Il l’attendait depuis longtemps et ses trois femmes également. Leur rapport envers ÏÄNIMÏÄ n’a jamais été aussi fort Et ils ressentent qu’il est temps de prier intégralement.
Musique douce dans le temple, le puits de lumière tamisée ; Yanimïä, seule, danse nue avec des mouvements très lents Et tous les quatre la contemplent dans cet espace organisé Pour leur souhaiter la bienvenue et créer un nouvel élan.
Un petit vestiaire à l’entrée les invite à se dévêtir, Puis à pénétrer dans la nef et s’approcher d’un brasero. Yanimïä est très concentrée et ce qui suit va revêtir Ce qu’on sentait dans l’astronef à l’approche du Poïnt ZérÔ.
Mais Yanimïä leur fait reprendre un par un tous les rituels Et leurs noms prennent une valeur beaucoup plus sonore à présent. L’ÉTOILE se met à prendre un aspect plus spirituel Et DËLÏSSA une chaleur d’un amour plus omniprésent.
Et puis LYSÉON « Le Serment au fond du Sanctuaire ouvert » Offre à Yavänor le devoir d’honorer les saintes chapelles. YSÅRA devient le ferment du plaisir alors découvert À prier et donc recevoir la bénédiction qu’il appelle.
Enfin NOMIR « La Mort féconde » permet une mort symbolique Qui fait croire à une épectase qui atteindrait le Poïnt ZérÔ. On croit mourir une seconde d’un orgasme métabolique Et l’on renaît dans une extase que seuls connaissent les héros.
On clôture avec ZËMAÏA soit « Le silence après les dieux » Et LYSÉRIA qui est l’offrande pure du Féminin Sacré. On remercie fort Yanimïä pour son mysticisme radieux Et l’on embrasse la révérende par l’accolade consacrée.
« Non seulement les sirènes se sont entichées de devenir templières mais elles se sont mises à l’ouvrage.
Le premier jour, elles évaluent la portée du travail. Puis elles s’organisent avec leurs montures.
Constantïne et Loïrelïndt proposent leurs contributions. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Loreleï, maîtresse-templière est digne de ses chevalières Seins nus, chevauchant leurs silures comme montures appropriées. Si hier leurs vœux se plièrent à se montrer peu cavalières Aujourd’hui elles ont fière allure sans que l’on ait à les prier.
Et même Monsieur Constantïne est promu chevalier d’honneur Et son palais est le symbole de ce nouvel ordre abyssal. Sa corpulence éléphantine prédestinait avec bonheur À faire partie de l’école avec son statut colossal.
Si les silures sont importants pour se déplacer au plus vite, Il devient alors nécessaire d’en favoriser l’élevage. On crée un haras supportant douze poissons-chats qu’on invite À devenir les émissaires sans que ce soit un esclavage.
Loïrelïndt se propose à son tour comme jonction télépathique Pour que la communication atteigne Ô ALLEGÔRÏÄ. Parée de ses plus beaux atours dans une robe thématique Qui lui donne l’habilitation reconnue de l’ÏÄMÔURÏÄ.
Première mission ce matin : la surveillance des vacanciers Qui pour cause de canicule, se jettent à l’eau sans protection. « Regardez-moi ces traîne-patins ! » lance Éôlïäne circonstanciée Par tous ces nageurs ridicules qui friseraient l’hydrocution.
Finalement peu d’insensés à secourir dans la journée ; Sans doute les premiers orages ont eu l’effet d’une douche froide. Tous les silures sont encensés, félicités de leur tournée ; On leur reconnaît du courage et l’on étrille leurs queues roides.
Dès le lendemain, on les dresse afin qu’ils deviennent autonomes ; Ils effectueront les patrouilles avec responsabilités. En cas de danger, ils s’adressent à Loïrelïndt, notre fantôme Qui retransmettra sans embrouille toutes les éventualités.
« Aujourd’hui, Yanimïä nous a invités à découvrir une salle de la vieille chapelle qui était demeurée fermée jusqu’à présent.
Elle ne sera ni un temple, ni une église, ni un sanctuaire réservé à quelques initiés.
Ce sera un lieu où chaque femme pourra venir déposer ses joies, ses peines, ses doutes, ses enfants, ses espérances… et repartir plus légère. Les hommes sont naturellement les bienvenus.
Yanimïä l’a baptisée : Ave ÏÄNIMÏÄ. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Ô ALLEGÔRÏÄ a grandi et sa chapelle également ; Le dispensaire s’est vu doté de salles et chambres supplémentaires. « Ave Maria » resplendit dans un style très suisse-allemand Avec technologie cotée par les Atlantes contributaires.
Or aujourd’hui une autre salle dédiée au Féminin Sacré Est honorée par Yanimïä en son rôle de rédemptrice Car elle est aussi la vassale de ceux qui nous l’ont consacrée ; Les dieux YAHVÉ & ÏÄNIMÏÄ au nom de la Sainte Matrice.
Les Dieux y sont représentés par un magnifique arbre-mère Élevé sous un puits de lumière qui trône au milieu de la salle. Les alentours agrémentés de coussins et tapis sommaires Pour méditations coutumières et prières paradoxales.
On n’y prie pas pour demander, on n’y prie pas pour honorer ; Chacun EST sa propre prière qu’il vient déposer avec grâce. On ne vient pas pour s’amender mais pour s’offrir, remémorer Tout ce qu’on a laissé derrière et dont il ne reste nulle trace.
Certains messages sont affichés : « Faire l’amour EST la prière ! » ; « Aimez vos femmes, honorez-les » ; et « Priez plusieurs fois par jour ! ». Les sirènes se sont entichées d’en devenir les templières Que Yanimïä a corrélées dans leur aquatique séjour.
Laurelïne, Loreleï, Lïlïth y viennent fréquemment avec Yavänor Pour renouer leur allégeance envers ceux qui les ont aidés. Ils s’aiment alors quoi qu’il advienne sous l’arbre-mère qui les honore Et d’autres sans la moindre exigence viennent aussi leur succéder.
Yanimïä y est rayonnante et se nourrit de cet amour Car chaque couple qui copule le fait aussi à Yanimïä. Ceux qui la croyaient abstinente la découvrent sous un nouveau jour : Une Vénus nue, sans scrupule, envers YAHVÉ & ÏÄNIMÏÄ.
Ce soir la Lune est rousse et me montre un chemin Qui pour la première fois change mes bleus de l’âme Vers un nouveau départ, un nouvel examen Où je vais affronter un baptême de flammes.
De flammes orangées qui m’ouvriront la porte Si je laisse brûler mes peines et mes remords. Si je veux les garder, que les démons m’emportent Et que mon corps retombe comme un poète mort.
Mais si je lâche prise à ces démons sucrés, Si je laisse consumer tout ce qui me retient, Alors je quitte libre cette terre consacrée À éveiller en moi ce à quoi j’appartiens.
J’aimais bien ce cheval si sage qui passait entre les troncs d’arbres Que Magritte avait découpé avec un cavalier bégueule. Iris Scott l’a peint à la page en le faisant passer au marbre D’un impressionnisme loupé mais qui pourtant a de la gueule !
J’hésite entre les deux écoles sans vouloir paraître l’arbitre ; L’un faisait réfléchir les yeux, l’autre les occupe longtemps. Si Magritte aimait les symboles, Scott les noie d’un un bon demi-litre Dont le mélange délicieux se perfectionne avec le temps.
Je le fais galoper en vers et hennir en rimes croisées ; C’est la poésie qui fait rire avec des mots couleur turquoise. Et si demain mon cheval vert vous fait tendrement pavoiser, Il sera l’objet du délire d’une œuvre d’art des plus narquoises.
Une hirondelle ne fait pas le printemps mais cinq, six, sept, huit, c’est l’été ; Dix, onze douze, c’est déjà l’automne et, treize ans de malheur, l’hiver. Mais aujourd’hui c’est à plein temps qu’elles partent en vacances répétées À cause des vols monotones dans les couloirs de l’univers.
Certaines vont jusqu’à Saturne bâtir un nid d’astéroïdes ; D’autres préfèrent Jupiter où les vers rimaient autrefois. Les plus jeunes suivent Neptune et ses touristes humanoïdes Tandis que les anciennes se terrent où elles le peuvent toutefois.
Ainsi le printemps se promène, déguisé parfois en automne ; L’été prend des congés payés et l’hiver part bronzer au Sud. Quand une hirondelle se ramène, personne alors ne s’en étonne Car dans l’univers prépayé, tous les crédits sont à l’étude.
Tableaux de Rachel Wright autour du tableau d’Andreas C. Chrysafis.