« Les manifestations observées cette nuit ne relèvent d’aucun phénomène biologique connu.
Trois futures mères ont été simultanément saisies d’un fou rire irrépressible tandis que les mouvements fœtaux semblaient répondre à une seule voix : celle de Yavänor.
Je ne puis exclure l’hypothèse que l’amour, lorsqu’il atteint une certaine intensité, devienne lui-même un langage transmissible avant même la naissance.
Je reconnais avoir ri avec elles sans parvenir à poursuivre mes observations. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Cette nuit-là Lïlïth a rejoint ses filles comme à son habitude ;
Elle aime partager les moments des intimités amoureuses.
Mais à l’instant où leur conjoint leur parle avec béatitudes
Elle ressent son corps de maman vibrer d’une onde savoureuse.
Alors elle commence à rire mais plus Yavänor lui demande
Si tout va bien, elle convulse, semble agitée de plusieurs spasmes.
Puis brusquement c’est un fou rire comme déclenché sur commande
« Mes enfants, c’est lui qui m’impulse une charibotée d’orgasmes ! »
« Touchez mon ventre ! Vous sentirez ces petits mouvements opposés
Qui réagissent, quand Yavänor parle, par des à-coups insolites ! »
Une fois le haut retiré trois mains prudes vont se poser
Sur la surface de l’athénor du ventre bombé de Lïlïth.
Yavänor récite un poème et le ventre « éclate de rire »
Puis il arrête de réciter et le ventre se tranquillise.
Il dit alors « Bébé je t’aime » et les rires soudain empirent
Alors Lïlïth tout excitée se met à faire des vocalises.
« Ce n’est pas qu’il te reconnaît mais c’est bien au-delà de ça !
Il doit lire dans tes pensées et réagit selon ta voix ! »
« Je n’sens rien en moi résonner ! » dit Yavänor, couci-couça…
« Il n’est pas assez avancé… c’est la toute première fois ! »
« C’est une autre instance de toi ! » explique Lïlïth entre deux rires.
« Je ne sais par quel phénomène mais vous échangez vos pensées.
Plus tu t’approches et le côtoies, plus il doit se mettre à sourire
Et exciter mon abdomen comme pour me récompenser ! »
Or Ledalïä et Geminïä font irruption en s’écriant :
« On ne sait pas ce qui se passe mais nos gros ventres se bidonnent
Et on se prendrait pour Budaï ! » et Lïlïth répondre en riant :
« Ah mes enfants ! Ça me dépasse ! Franchement, plus rien ne m’étonne ! »

Illustrations de Ledalïä.
Laisser un commentaire