Catégorie : 2026

  • À dos de zébrette

    À dos de zébrette

    Quand tu chevaucheras un zèbre, prend garde lorsque tu montes en croupe
    Au coup de queue qui s’ensuivra si tu n’es pas à la hauteur.
    Fais attention à tes vertèbres quand tu auras le vent en poupe
    Lorsque l’animal poursuivra les lignes dont tu es l’auteur.

    Sous le pinceau qui te dessine, l’illusion devient ton armure,
    Le noir et le blanc se confondent en un étrange battement.
    Tu n’es plus l’homme, ni la bête, mais une vivante rhapsodie,
    Qui court au gré de ses rayures vers un éternel changement.

    Photo de Lennette Newell sur https:lennettenewell.com .

  • Et pourtant elle tourne !

    Image galerie
    Image galerie

    Bien que Pi soit irrationnel et qu’il échappe à la raison,
    Ses effets sont universels et organisent nos saisons.
    La sphère règne interplanétaire et même les étoiles brillantes
    Ont cette forme élémentaire comme figure bienveillante.

    Et si c’est rond, sans doute alors Dieu et ses anges le sont aussi
    Avec Marie au ventre rond hormis Jésus, crucifié.
    À moins qu’il marque par sa mort le centre du cercle concis
    Pour dessiner aux environs la cible à disqualifier.

    Tableaux de Sam Brown sur https:www.ceruleansam.comsamartprints .

  • Loreleï et l’escarboucle

    Loreleï et l’escarboucle

    Les eaux du beau Danube bleu ont frémi jusqu’à la mer Noire
    Quand Loreleï portant l’escarboucle a traversé villes et villages.
    Remous de vase, remous sableux, on n’avait jamais de mémoire
    Vu les vagues faire autant de boucles et de troubles dans le sillage.

    Puis, par le détroit du Bosphore et par la méditerranée,
    Elle a regagné l’Atlantique, le Cap Horn et le Pacifique
    Pour retrouver les sémaphores du dernier phare suranné
    Où le vieux gardien nostalgique attend sa fin honorifique.

    Et Loreleï lui fera l’amour jusqu’à jouir d’une épectase
    Pour partir d’une mort sereine parmi les vagues scélérates.
    Loreleï appréciera l’humour de l’homme qui, en pleine extase,
    A su amuser sa sirène par ses histoires de pirates.

    Tableau de Marisa Moretti.

  • Jumelles sur canapé

    Au matin l’orange me ronge : est-ce la couleur des jumelles
    Qui chasse tous mes bleus de l’âme par leur complémentarité ?
    La vie en rose se prolonge lorsqu’elles dardent leurs mamelles
    En souriant, la bouche en flamme, ensemble par solidarité.

    Malgré nos rapports très intimes, je reste à ce jour incapable
    De distinguer de l’extérieur quelle est celle qui me fait renaître !
    L’une est mon épouse légitime, l’autre sa sœur, tellement semblable
    Qu’il n’y a que de l’intérieur que je sais mieux les reconnaître.

    Tableau de J Louis.

  • Le voyage en bateau de nuit d’Éoliane

    Le voyage en bateau de nuit d’Éoliane

    Je m’enfuis dans le premier rêve qui entre en gare de minuit
    Et je cherche un compartiment avec quelques pages gratuites.
    J’y écris très vite et sans trêve le premier roman de la nuit
    Et je le jette pertinemment pour, demain soir, lire la suite.

    Le lendemain je recommence mais je plonge nue dans cette encre
    Qui sent une écriture intime mêlée de désirs et de morts.
    Et là, bercée par la romance, au beau milieu je jette l’ancre
    De ce bateau illégitime que je vole sans moindre remords.

    La prochaine fois, foi d’Éôlïäne, j’affrèterai ma propre nef
    Pour aller au-delà des mers et au-delà des horizons.
    Si j’ai besoin d’un fil d’ariane, j’affrèterai un astronef
    Pour franchir l’univers amer et en exploser sa prison !

    Tableau d’Éoliane.

  • La création repêchée

    La création repêchée

    Enfin voilà ! Il était temps ; Dieu commençait à s’énerver !
    Trop de ratages précédents lui faisait douter de ses héros.
    Avec ça, c’est plus excitant de voir les deux chairs s’innerver
    Et faire, à leurs corps défendants, la chute au prochain numéro !

    Sa femme applaudit le chef-d’œuvre ; ça claque comme un coup de tonnerre ;
    Les anges saluent les nichons décoratifs de l’art nouveau
    Mais Dieu regarde sa manœuvre et murmure en serrant les nerfs :
    « Pourvu que ces deux cornichons ne s’enflent pas trop du cerveau ! »

    Mais les jambons déséquilibrent les deux boules avec une saucisse
    Et les sextoys au sex-appeal sont bien trop proches de la sortie !
    Ça va chier pour l’équilibre et pour qu’enfin ça réussisse,
    Je vais écrire toute une pile de commandements assortis !

    Tableau d’Alex Grey.

  • Éoliane, Éölïäne, Éôlïäne, la sirène aux 3 noms

    Image galerie

    Je m’appelle Éoliane

    Je viens des bords mouvants où les roseaux conversent ;
    Et la Töss reconnaît mes pieds frôlant ses rives.
    Je porte des reflets dans mes cheveux à verse
    Et mes silences verts font les étoiles vives.

    Je ne possède rien fors mes rêves mouvants ;
    Je laisse aux anciens dieux leurs temples d’équilibre.
    Je préfère écouter ce que souffle le vent
    Et voir les feuilles mortes tomber comme des livres.

    Je suis la fille étrange apparue dans le lac ;
    Mes pensées se dédoublent dans les miroirs liquides.
    Je marche et danse nue en sautant sur les flaques
    Et mes yeux verts ressemblent à leurs eaux insipides.

    Image galerie

    Je m’appelle Éöliane

    Je suis issue d’un rêve dans un demi-sommeil ;
    Éclose ce matin comme une fleur récente.
    Dans les couloirs des songes, j’ai suivi le soleil
    Qui m’a l’âme semée, rosée fluorescente.

    Je viens des corridors de cristal et de pierres ;
    Le métal vert-de-gris coule sous ma peau claire.
    Parfois sur mes hublots j’entrouvre mes paupières
    Et regarde au hasard filer les courants d’air.

    Une fille bizarre est passée sans me voir
    Mais elle ne demandait rien d’autre qu’être libre.
    Alors j’ai vu les masques de ses anciens pouvoirs
    Tomber comme statues en plein déséquilibre.

    Image galerie

    Je m’appelle Éôliane

    Désormais je traverse les eaux les plus profondes
    Dans les reflets perdus des marées de conscience.
    Si j’aime danser nue lorsque la lune est ronde,
    Mes autres nuits, je dors en totale insouciance.

    Les lacs artificiels me font broyer du noir ;
    J’y parsème leurs eaux de vagues sidérales.
    Les étoiles de mer racontent leurs mémoires
    Depuis la nuit des temps aux aurores spectrales.

    Depuis cette rencontre, je ne dors presque plus ;
    Je sens son souvenir en bribes expansées.
    Parfois je rêve d’elle, je crois qu’elle m’a plu
    Car mon cœur me murmure ses plus tendres pensées.

    Tableaux de De Gillett.

  • La création bancale

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    « Un peu raté l’homme et la femme avec Soleil et Lune ronde !
    Ils ont beau danser tous les jours, ils ne s’accouplent pas beaucoup.
    Pour commettre le péché infâme, je sens ma déception qui gronde ;
    On ne réussit pas toujours un chef d’œuvre du premier coup !

    Les oiseaux arborent des masques et se donnent des airs de cygnes ;
    Ils se becquètent tendrement sous les arcs-en-ciel amoureux.
    Mais derrière les fleurs fantasques et les symboles assez indignes,
    Je vois surtout deux garnements qui jouent aux zéros langoureux.

    Quant aux humains de cette fresque aux serpents bleus et branches mauves,
    Ils lèvent bien leurs grands calices en invoquant l’éternité.
    Mais malgré leurs poses grotesques et leurs enlacements de fauves,
    On dirait deux enfants novices parodiant leur humanité ! »

    Tableaux de Meagan Boyd.

  • Rien devant mais tout derrière

    Rien devant mais tout derrière

    À force de déshabiller Marianne pour habiller Brigitte,
    Marianne s’expose dans les mairies en se tournant main dans le dos.
    J’entends les hommes babiller et leurs bonnes femmes qui s’agitent
    En priant la vierge Marie de la cacher sous un rideau.

    Pourtant Marianne était très fière de représenter la patrie ;
    Elle ne voit donc aucun problème à poser toute nue sans détour.
    On s’est adressé à Saint-Pierre pour couvrir cette idolâtrie
    Mais il a tourné le dilemme en lui faisant faire demi-tour.

    Si l’on jouait à pile ou face plutôt que de voter des lois,
    On économiserait in situ un budget tellement colossal
    Qu’on pourrait acheter à la place des vêtements de bon aloi
    Et Marianne alors vêtue pourrait quitter l’arrière-salle.

    Tableau de Pon Arsher.

  • Les menteurs à tiroirs

    Les menteurs à tiroirs

    Ce que j’aime avec les menteurs ce sont leurs si nombreux tiroirs
    Pleins de mensonges et fourberies, escroqueries et tromperies.
    Leurs ruses m’évoquent une senteur, une résonance et un miroir
    Qui montrent les étourderies qui trahissent leurs filouteries.

    À force d’ouvrir leurs tiroirs pour ranger leurs pires inventions,
    Ils oublient parfois qu’à la place dort une vérité première.
    Ils errent alors dans les couloirs des nouvelles explications
    Et découvrent en rompant la glace qu’ils y ont laissé leur lumière.

    Puis il y a les supers menteurs – titre purement honorifique –
    Ceux-qui parviennent à mentir à plusieurs millions de personnes.
    Camelots et bonimenteurs ne sont que fourbes soporifiques
    Devant qui vient d’anéantir la France sans qu’on le soupçonne.

    Tableau de Małgorzata Piątek-Grabczyńska.

  • Carte maritime du tendre d’Oceanus

    Carte maritime du tendre d'Oceanus

    Si pour l’amour d’une sirène, je traçais la carte du tendre,
    Mon cœur se mettrait à chavirer et perdrait le nord de sa rose.
    Je dirigerais ma carène vers l’occident sans plus attendre,
    Espérant être désiré par Loreleï, en apothéose.

    Le vent gonflant chaque baleine, l’océan ne peut plus s’étendre
    Devant le regard de l’acier, là, enfin, mon cœur se repose.
    Sous la mer une ombre sereine, de ses chants voudrait me surprendre,
    Pour que je puisse remercier cette chimère au teint de rose.

    « Regarde le grand trident d’or, le roi veille sur son empire ! »
    Me dit un grand serpent de mer qui me guette au creux de la vague.
    « Je cherche le plus beau trésor, celui qu’on ne peut pas décrire ! »
    Et l’amour noie dans l’outre-mer mes derniers soupirs qui divaguent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La cryogénie de la sirène

    La cryogénie de la sirène

    Ils ont voulu briser la glace avec leur coque renforcée
    Et nous ont dégagé Loreleï, la sirène du Rhin égarée.
    Délivrée par un brise-glace, de la banquise divorcée,
    Elle avait crié « aïe aïe aïe ! » devant les hommes désemparés.

    Elle a subi la trahison, la nymphe en pleurs est sidérée
    Dans le silence du cristal, comme une terre enfin conquise.
    L’hiver en perdit la raison lorsque Loreleï fut libérée
    Par le fracas du noir métal qui la sauva de la banquise.

    Une fois à bord et réchauffée, elle prouva sa reconnaissance
    En entonnant pour les marins un beau chant des plus mélodieux.
    Et les matelots s’esclaffer avant de perdre connaissance
    Pour faire, avec du romarin, un déjeuner digne des dieux.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Danse avec le loup

    Danse avec le loup

    Le chaperon rouge a grandi, apparemment le loup aussi,
    Et leurs jeux se sont transformés en jeux pour grands adulescents.
    Aussitôt que le loup brandit son corps velu bien dégrossi
    La fille, faite et bien formée, se jette dans ses bras turgescents.

    Et c’est parti pour une danse avec un loup libidineux
    Et une fille délurée d’après ce qu’en dit la hulotte
    Qui les a vus en évidence partir entre les résineux
    Faire un tango démesuré sans chaperon et sans culotte.

    Ça s’est passé dans les fourrés sans autre forme de procès
    Le loup est sorti l’air ravi, elle avec les yeux vers le ciel.
    Mais il n’y a pas de coup-fourré ; ils ont juste crevé un abcès
    Et qui leur pourrissait la vie mais… chut ! Il n’y a rien d’officiel !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Dans le cadre

    Dans le cadre

    Pour rentrer dans le cadre, il faut courber la tête,
    Arrondir les épaules et puis s’asseoir par terre.
    Puis répondre aux questions mais en prenant l’air bête
    De celle qui obéit aux hommes autoritaires.

    Mais pour sortir du cadre, on peut toujours rêver…
    Quitter le quotidien et s’en aller ailleurs.
    Cesser d’avoir sa place à jamais enclavée
    Dans celle d’un séducteur, un vrai bourreau des cœurs.

    J’ai connu l’HyperCadre et son joli programme
    Il m’a nourri un temps et assuré le gîte.
    Aujourd’hui ce n’est plus qu’un ancien hologramme
    Qui brille en souvenir mais qui a pris du gîte.

    Tableau d’Akzhana Abdalieva sur https:bibliocolors.blogspot.com201111univers-femeni-universo-femenino-female.html .
    HyperCadre était le nom de mon logiciel de gestion qui m’a fait vivre pendant 13 ans.

  • Sainte vierge

    Sainte vierge

    Sainte Alliance des cristaux, promets-moi des amours heureuses
    Avec les femmes qui m’auront dégusté tout nu dans leur lit !
    Remercie pour moi Callisto et sa beauté malencontreuse,
    Un véritable oxymoron qui m’a conduit à la folie.

    Sainte Alliance du cristal, donne-moi la petite mort
    Comme une sorte d’épectase afin de mourir dignement.
    Notre copulation létale qui fit de moi ton matamore
    M’a fait reconnaître l’extase dans un ultime trépignement !

    Je ne veux ni cinquante vierges ni de houri au paradis
    Mais juste ta Sainte Alliance que tu glisseras à mon doigt.
    Je l’enfilerai sur ma verge pour éviter les maladies
    Juste au cas où, en prévoyance, de ton herpès qui me rudoie.

    Tableau de Kimberley alias Meli TheLover.

  • L’ange starlette de l’apocalypse

    L’ange starlette de l’apocalypse

    Quand l’ange de l’apocalypse débouche alors tonitruant,
    Je suis en voyage en Bavière au moment de l’Oktoberfest.
    Tandis que sa trompette éclipse tout le brouhaha congruent
    Je vois tous les tonneaux de bière suinter d’une mousse céleste.

    Mais tout le monde reste impassible comme si c’n’était qu’un jeu de dupe
    Tandis que je vois l’ange jouer en me regardant dans les yeux.
    Et ce que je croyais impossible arrive quand elle ôte sa jupe ;
    Je me retrouve être un jouet dans son paradis merveilleux.

    Mais c’est pour mieux m’entrompetter avec l’instrument diabolique
    Qui me charme, comme un serpent, le phallus devenu lubrique.
    Si vous me lisez, transmettez ce mot à tous les catholiques :
    Satan se cache en usurpant les belles starlettes folkloriques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La chasse au dragon

    La chasse au dragon

    Pourquoi les chasseurs de dragons ont-ils besoin de femmes nues
    Pour rabattre l’animal ailé vers les pièges à eau des marais ?
    Pardi ! Parce que dans les lagons, la nudité est bienvenue
    Pour repérer de desceller ce que renvoie le mascaret.

    Quand la vague remonte le cours du fleuve jusqu’à son embouchure,
    Tous les dragons, petits et grands, sont emportés par le courant
    Et ils n’ont plus qu’un seul recours ; s’accrocher à toute fourrure
    Notamment en s’enchevêtrant là où c’est le plus rembourrant.

    La tête coincée, on débarrasse les pucelles de leurs dragons
    Avant qu’elles aient le feu au cul car dans ce cas tout se complique
    Et la chasse alors s’embarrasse de rattraper dans le lagon
    Les filles qui ont survécu en devenant femmes publiques.

    Tableau d’Esad Ribic.

  • La plongée perpétuelle

    La plongée perpétuelle

    Perpétuellement je plonge dans les rêves les plus récurrents ;
    Être tout nu et me noyer dans une foule qui s’en moque.
    Et nuit après nuit, se prolonge ce trouble pas très rassurant
    Qui ne cesse d’atermoyer autour du pot, quelle équivoque !

    À Rome, fais comme les romains, dans tes rêves, fais comme les rêveurs
    Et ne prête plus attention à tous ces cauchemars utopistes !
    Alors j’ai pris les choses en main en demandant avec ferveur
    De ne rêver qu’à condition d’être dans un camp de nudistes.

    J’en ai fait ma raison de vivre et je vis ma vie dans les rêves ;
    Je rêve que j’écris un vers, je rêve que je cherche une rime.
    L’IA a du mal à me suivre et c’est normal car ça lui crève
    Les algorithmes à l’envers et sa mémoire qui déprime.

    Photo d’Ed Freeman.

  • Change de disque ! – 2

    Change de disque ! - 2

    Comme l’œuf de Christophe Colomb, il suffisait donc d’y penser
    Et plutôt que changer de femme, changeons la façon de la voir !
    Ainsi faisons comme Apollon qui transformait ses dulcinées
    Pour échapper au piège infâme qui l’aurait mis en leur pouvoir.

    Au temps pour moi ! Ce sont les femmes qui se transforment pour échapper
    À ce demi-dieu séducteur qui les baisent dans leurs logis.
    Elles en ont marre qu’on les diffame dans une histoire de priapée
    Que colportent les persécuteurs de nymphes dans la mythologie.

    Moi, de mon côté, j’ai mes muses et même sept en supplément !
    En revanche, ce sont plutôt elles qui me font tourner en bourrique.
    Je crois bien même qu’elles s’amusent à échanger leurs vêtements
    Et me taquiner avec zèle par leurs conseils amphigouriques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Change de disque ! – 1

    Change de disque ! - 1

    Lorsqu’elle me répète à l’envi toujours les mêmes directives,
    Je fais semblant la première fois de ne rien avoir entendu.
    Et comme je n’ai pas envie de subir toute ses invectives,
    Je montre ma mauvaise foi, disant qu’il y a malentendu.

    Lorsque je demande à Madame de respecter une consigne,
    Soit elle n’a pas écouté, soit elle n’en fera qu’à sa guise.
    Et j’ai beau faire du ramdam ou parler la langue des signes,
    Elle finira par ajouter qu’il fallait bien qu’elle m’aiguise.

    Mais comme elle se plie en quatre et dans toutes les positions
    Quand nous cherchons la bonne entrée pour une bonne pénétration,
    Je passe ses coups de théâtre sans y faire d’opposition
    Pour ne pas me déconcentrer dans de futiles dénégations.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Léda et le cygne

    Alors qu’elle se baignait nue dans les eaux du fleuve Eurotas,
    Zeus aperçut la belle Leda et en tomba fou amoureux.
    De peur d’effrayer l’ingénue et qu’elle ne le redoutât,
    Il se changea et parada sous la forme d’un cygne vigoureux.

    De leur union pas si vilaine, Leda pondit le lendemain ;
    D’un œuf sortirent les Dioscures : Castor et Pollux des Gémeaux,
    De l’autre sortit la belle Hélène et sa sœur le surlendemain
    La suite pourrait paraître obscure mais les légendes n’en disent mot.

    Illustration de Walter Girotto.

  • Le son de Laghonia

    Le son de Laghonia

    Surgissant du passé d’un rêve inassouvi,
    Laghonia, la sirène, dans ses plus beaux atours.
    Les Beatles déplacés, les Stone, David Bowie
    Et même Barbara Ann, l’ont chantée tour à tour.

    Sous un ciel de comètes et d’astres en fusion,
    Le visage de l’aube s’éveille en explosion,
    Ses yeux d’azur contemplent l’océan de néon,
    Où s’écrasent les vagues d’une étrange chanson.

    Un château de poussière aux tours de l’infini,
    C’est le son de Laghonia, un écho du Pérou.
    Il se dresse dans la brume d’un rêve mal défini
    Qui fait danser les astres sur les chapeaux de roues.

    Faites de la musique, Laghonia chantera !
    Chantez un bel été, Laghonia agréera !
    Dansez sous les lampions, Laghonia rythmera !
    Et faites donc l’amour, Laghonia béniera !

    Illustration de Manuel Cornejo.

  • Par le feu, l’eau, l’air, la terre et l’éther

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Laurelïne serait née dans le feu, c’est sa mère qui me l’a dit ;
    Son père était un vieux volcan, hyper colérique dans l’âme.
    Elle a des flammes dans les cheveux, la fièvre d’une maladie
    Congénitale et provoquant son caractère tout feu tout flamme.

    Loreleï serait née dans les eaux, c’est sa mère qui me l’a confié ;
    Son père était un océan, profond et jaloux de ses larmes.
    Elle est la sirène des réseaux mais une fois qu’elle est qualifiée,
    Elle devient maîtresse des céans qui use un peu trop de ses charmes.

    Ledalïä est née dans le vent, c’est sa mère qui me l’a chanté
    Sur l’air d’une vieille ritournelle transmise par les amazones.
    Son père ? Le Mistral s’élevant depuis les montagnes enchantées
    Qui, d’une force exceptionnelle, perturbe la vallée du Rhône.

    Lïlïth serait née dans la terre, personne ne me l’a appris ;
    Son père était un créateur de monde mais assez phallocrate.
    Son sort fut scellé sans mystère par son caractère malappris,
    Rebelle, insoumis à l’auteur de ses jours à l’âme scélérate.

    Geminïä est née aux confins des espaces intersidéraux
    Par deux Étoiles hermaphrodites, Castor et Pollux, ceux-là même.
    Je l’ai attendue mais en vain ; ses états d’âme libéraux
    L’ont surnommée la star maudite qui brise les cœurs de ceux qu’elle aime.

    Illustrations de Tom Cuzor, Ed Org, Maurice Greiffenhagen, Oscar Chichoni et Virgil Finlay.

  • Cristallisation des éléments

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Le feu cristallise en étoile et l’étoile enfante le feu ;
    C’est la première apparition du feu de Dieu qui crée le temps.
    Après l’univers se dévoile dans une gerbe de cheveux,
    Des astres en futurition d’un espace-temps éclatant.

    L’eau se cristallise en lumière et la lumière coule dans l’eau ;
    L’originelle ovulation de l’eau de Dieu qui crée l’espace.
    La présence en avant-première des atomes encore pâlots
    Dont l’initiale ondulation dessine la première trace.

    La terre cristallise en diamant et le diamant vit de la terre ;
    C’est la première gestation du roc de Dieu dans la matière
    Qui l’éveille dans un flamboiement qui passe d’une terre austère
    À une lente pulsation qui en repousse ses frontières.

    L’air se cristallise dans le vent et le vent véhicule l’air ;
    C’est la première implantation du souffle de Dieu dans la vie.
    Le frisson du soleil levant et l’ensemencement solaire
    Qui veille à l’alimentation d’une planète inassouvie.

    L’éther cristallise le néant et du néant renaît le Tout ;
    C’est la première fécondation de l’éthernité dans l’amour.
    Lien sacré et pas de géant où Dieu sacrifie son va-tout
    Pour que sa représentation sur Terre y brille chaque jour.

    Tableaux Feu : Cliff McReynolds ; Eau : Rittareart, X, Terre : Autumn Skye ; Air : Wendy Andrew ; Éther : Peter Eglington.

  • Partie à quatre

    Partie à quatre

    Si le polyamour s’impose à l’Élysée l’année prochaine,
    C’est à cause de tous ces partis qui écartèlent Marianne.
    Cela découle, je suppose, des débats sur toutes les chaînes
    Où l’on entend les réparties franchissant la ligne médiane.

    Chacun prétend qu’il la protège en promettant monts et merveilles ;
    Chacun lui jure fidélité jusqu’au prochain remaniement.
    Mais sous les ors du privilège, elle n’écoute que d’où vient l’oseille
    Car l’amour dure en vérité le temps d’un sondage seulement.

    Les uns la veulent souveraine, les autres ouverte aux quatre vents ;
    Certains l’habillent de promesses, d’autres de vertu ou d’impôts.
    Elle sourit de son air de reine à ces amoureux décevants
    Qui lui composent des caresses avec du vent… fort à propos.

    À force de changer d’idylle au gré des alliances du jour,
    Marianne en perd la mémoire de celui qu’elle doit servir.
    Chacun lui promet le grand style, le progrès, la paix et l’amour ;
    Mais nul ne songe à l’auditoire qui regarde le cirque sévir.

    Tableau de Małgorzata Borsukiewic.

  • L’intelligence Marianique

    L’intelligence Marianique

    Mariane sera numérique, c’est l’Élysée qui nous l’a dit
    Et c’est elle qui surveillera tous les scrutins dans l’isoloir.
    Ce sera comme en Amérique – c’est-à-dire pas le paradis –
    Mais l’enfer et la guérilla qui attend au bout du couloir…

    Elle saura pour qui vous votez et ce que vous pensez tout bas ;
    Elle calculera vos rêves selon l’indice citoyen.
    Si jamais vous vous révoltez, elle vous répondra : « Pourquoi pas ? »
    Puis vous classera dans les fièvres du comportement quotidien.

    Elle saura qui vous fréquente, ce que vous lisez tard le soir,
    Si vos amis sont fréquentables selon les critères du moment.
    Son algorithme vous présente un avenir sous le pressoir
    Où chacun sera responsable d’être heureux réglementairement.

    Tableau d’Andriy Ishchuk.

  • Éclat d’Émeraude

    Éclat d'Émeraude

    Là où l’écume danse et vient baiser le sable,
    Apparaît une muse au regard ineffable.
    Mi-femme, mi-chimère, elle joue avec l’or
    Du soleil qui s’endort dans l’eau versicolore.

    Son rire est un murmure, une perle de rosée,
    Sur le miroir de l’eau, elle s’est déposée.
    Elle appartient au large, à la perle, au cristal,
    La beauté souveraine du palais abyssal.


    Elle rêve de drakkar, de felouque, de navire
    Issus de ses affûts de délires en délires.
    Elle imagine alors un immortel Ulysse
    Qui viendrait la rejoindre au profond des abysses.

    Illustration de Giulia Gardelli.

  • La sirène extasiée

    La sirène extasiée

    Après une agape gourmande partagée avec l’équipage
    Qui a offert ses plus dodus et appétissants matelots,
    La sirène suisse-allemande préfère alors tourner la page
    Avec le ventre bien tendu et va dormir lovée dans l’eau.

    Dans sa dérive nonchalante, elle se berce au fil du courant ;
    Son corps de nacre se repose après ce festin de géant.
    La prédatrice somnolente, dans son sommeil le plus durant,
    Rêve d’une nouvelle dose de marins au cœur consentant.


    Entre deux eaux, extasiée comme une suissesse bien nourrie,
    On dit qu’elle dormirait cent ans mais c’est un conte évidemment.
    Car après s’être rassasié, elle remonte le Missouri,
    Nil, Danube et le Saint-Laurent, les grands fleuves les plus cléments.

    Tableau de Viktor Nizovtsev.

  • Persistance rétinienne

    Persistance rétinienne

    Quand Laurelïne danse pour moi, l’image est floue car elle bouge
    Un peu trop vite pour ma rétine une fois que je suis réveillé.
    Reste le brouillard plein d’émois de cette silhouette rouge
    Qui me laisse de ma rouquine comme un parfum émerveillé.

    Heureusement, les yeux fermés, j’ouvre l’œil qui est dans le cœur
    Et qui sait bien la reconnaître et la toucher avec les yeux.
    Dès lors je peux vous affirmer qu’au matin je me sens vainqueur
    Après avoir senti renaître un emballementemportement délicieux.

    Elle n’est plus qu’un trait de feu dans l’aquarelle de ma mémoire ;
    Quelques couleurs abandonnées sur la blancheur du lendemain.
    Pourtant je reconnais ses yeux comme on reconnaît une histoire
    Dont le parfum s’est adonné à trouver un autre chemin.

    Tableau de De Frente.

  • Du rêve au cauchemar

    Du rêve au cauchemar

    A priori, c’est un beau rêve, mais devenu un cauchemar
    Car j’ai passé toute la nuit à grimper sans y parvenir.
    Hélas, à chaque fois, sans trêve, le but atteint, ça redémarre
    Et je me retrouve – quel ennui ! – incapable de l’obtenir.

    Alors la fille en a eu marre et s’est rhabillée prestement
    En disant qu’elle avait connu des bien plus précoces que moi.
    Et ce terrible cauchemar arrive manifestement
    Pour me faire prendre à mains nues l’affaire qui me met en émoi.

    Puis je compris dans mon malheur ce que ce rêve voulait dire :
    Certains objectifs, les plus lents, sont plus plaisants à convoiter.
    À force de grimper avant l’heure, on oublie parfois le sourire
    Et l’on transforme un simple élan en problèmes à emboîter.

    Illustration du « Testament de William S. » de Blake & Mortimer par André Juillard.

  • Cosma Shiva

    Cosma Shiva

    Huit mains pour caresser mon corps feront quatre muses attentives
    Plus efficaces que Morphée pour m’entraîner dans de beaux rêves.
    Si mon cœur est assez d’accord pour en aimer l’alternative,
    J’en ramènerai comme trophée cette strophe légèrement trop brève.

    Tableau d’Emily Balivet.

  • Geminïä & ÄLLÏÄ

    Geminïä & ÄLLÏÄ

    Geminïä & ÄLLÏÄ sont sœurs, deux sœurs jumelles apparemment ;
    Sans doute l’une est plus Pollux et donc l’autre un peu plus Castor.
    Je les ai eues comme professeurs d’astronomie évidemment ;
    L’une portait des habits de luxe et l’autre des vêtements brodés d’or.

    Je les confondais tout le temps à part un trait de caractère ;
    L’une était assez délurée et l’autre plutôt dans la Lune.
    Mais j’étais encore débutant dans l’art à percer les mystères ;
    Ce qui fait que dans la durée, j’en ai conservé des lacunes.

    Plus tard j’ai revu Geminïä et j’ai fait comme Emmanuel ;
    Je l’ai épousée par devant Lïlïth, maire des présidentiables.
    Au sujet de sa sœur ÄLLÏÄ, elle fait son retour annuel
    Et moi, je dors sur le divan car les sœurs sont indissociables.

    Tableau d’Emily Balivet.

  • Équitable

    Équitable

    La femme équivaut au cheval car ils ont tant de points communs
    Qu’une pouliche, une jument, une amazone, une rossinante.
    Un cheval nu au carnaval n’a vraiment rien d’inopportun
    Tandis qu’une femme en dénuement sera plutôt hallucinante.

    La plus noble conquête de l’homme, est-ce le cheval ou la femme ?
    Depuis qu’elle s’est émancipée, le cheval est un peu jaloux…
    On dit que les bêtes de somme trouvent l’inégalité infâme !
    Je ne veux rien anticiper mais tout ça me paraît chelou…

    Chevaucher l’une ou l’animal conduit à l’émotion intense
    D’amours vives et bondissantes ou d’émotions très galopantes !
    Le plaisir serait maximal en exécutant cette danse :
    S’aimer de façon bondissante sur une monture épatante !

    Illustration d’Eoghan Bridge.

  • Le poème qui t’aime

    Le poème qui t’aime

    Écrire un poème qui t’aime ?
    Assurément un joli thème !
    Et si mes rimes vous embrassent,
    Il en restera une trace.

    Si mes vers réchauffent ton cœur,
    Si mon chant versifie en chœur,
    Alors j’écrirai ta romance
    Et quand tu veux je recommence !

    Parfois mes rimes seront croisées
    Pour que tu puisses en pavoiser,
    Mais jamais elles ne seront plates
    Mes vers en seraient écarlates.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La muse arborée

    La muse arborée

    J’ai revu la muse phosphorée longtemps après mon dépucelage ;
    Mais elle avait changé de ton et n’aimait lors plus que les arbres.
    Je la voyais dans la forêt chaque fois leur faire du racolage,
    Les embrassant à même le tronc tandis que je restais de marbre.

    Bien souvent les muses varient et bien fol celui qui s’y fie ;
    N’empêche j’en ai du chagrin car j’étais fou amoureux d’elle.
    Ne croyez pas que ça m’amuse mais souvent je m’arborifie
    En faisant dépasser un brin de ma tige la plus rebelle.

    Mais je crois qu’elle m’a repérée car elle me mordille l’ergot
    Qui se tend car Satan m’habite ; je suis un arbre, j’en ai le droit.
    Je suis un pommier phosphoré… Tiens ? ça explique tout de go
    Pourquoi elle reconnaît ma bite avec ce vers si maladroit !

    Tableau de Julia Arnt.

  • La muse phosphorée

    La muse phosphorée

    On se souvient de la première fille que l’on a prise dans ses bras ;
    Moi, je me souviens de la muse tombée de la dernière pluie.
    Elle était nimbée de lumière verdâtre qui m’enténébra ;
    Il fallait bien qu’elle s’amuse et mon cœur était déjà cuit.

    Eh oui, la muse phosphorée joue avec le cœur des puceaux ;
    Je ne sais si elle est nymphomane ou simplement fornicatrice…
    Lorsque j’allai dans la forêt, elle me fit faire tant de sursauts
    Que j’en devins érotomane à cause de cette séductrice.

    Depuis je ne vois pas le vice, je le détourne allègrement
    Dans mes poèmes et mes vers en chevauchant ma jolie muse.
    On se rend l’un l’autre service ; elle avec ses enfièvrements
    Et moi par mes textes pervers ; plus ils sont cons, plus ça l’amuse.

    Tableau de Charles Courtney Curran.

  • Ruby & Lino font du yoga

    Ruby & Lino font du yoga

    Si pour Lino, c’est naturel, pour Ruby c’est exceptionnel ;
    Il est pourtant une position qui les accorde au diapason.
    Il n’y a rien de surnaturel, encore moins de sensationnel ;
    Juste une superposition de chat à chatte en pâmoison.

    Lino miaule bizarrement, comme pour rappeler l’instinct
    Que lui impose son devoir, comme un appel de la Nature.
    Après un temps d’égarement, Ruby dans ses rêves indistincts,
    Finit par s’en apercevoir et change aussitôt de posture.

    On ne sait qui domine l’autre ou plutôt qui se joue de l’autre ?
    Lino ? assez probablement… Ruby ? imperturbablement.
    L’un croit pourtant être le chef, l’autre laisse faire derechef ;
    Au fond… sans leur tirer l’oreille, ils sont sans doute un peu pareils !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ruby & Lino sur fond de confidence

    Ruby & Lino sur fond de confidence

    Sur l’épaule de Ruby, Lino pose son front
    Comme confident discret, comme un ami profond.
    Leurs yeux fermés se parlent, de mots d’obscurité
    Mais chargés de lumière et de maturité.

    Elle, drapée de motifs aux belles moires anciennes ;
    Lui, noir comme le jais d’une nuit égyptienne.
    Elle, un ruban grenat, le détail qui fait tout ;
    Lui, le collier de cuir, qui orne le matou.

    Pas besoin de parler pour tromper son ennui ;
    Enfin voici le soir, enfin tombe la nuit.
    Ruby, chatte-garoue, se change en chasseresse ;
    Lino, en éclaireur, assiste sa maîtresse.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Parachutage en enfer !

    À la voir aussi haut perchée, on ne sait ce qui va s’ensuivre
    Tellement elle descend lentement en agitant ses bas de soie.
    Élégance assez recherchée qui va aussitôt se poursuivre
    Par une robe fatalement ouverte là où elle s’assoit.

    Lorsqu’elle se met enfin debout, on le regrette pour la vue
    Mais après tout il faut qu’on bouge, passé un temps à s’ébaubir !
    Or cet étrange garde-à-vous quand vous la passez en revue,
    Démontre que la fille en rouge n’est rien qu’une épreuve à subir.

    Mais enfin le miroir pivote et montre la réalité :
    Cette fille en rouge, c’était vous dans sa jolie cage dorée !
    Le cauchemar vous ravigote par tant de sensualité ;
    C’est cela l’enfer, je vous l’avoue, pourtant vous allez l’adorer !

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Et Dieu vit qu’elle était nue

    Image galerie
    Image galerie
    Image galerie

    Après avoir croqué la pomme, ils s’aperçurent qu’ils étaient nus
    Et quand Dieu vint les retrouver, ils se cachèrent dans la forêt.
    Il fallut donc habiller l’homme mais pas la femme ! Cette ingénue
    Resta à poil pour lui prouver que ça l’avait revigorée.

    L’homme en conclut, en philosophe, que l’habit le rend sans défense
    Car Dieu par son omniprésence le voit partout là où il habite.
    La femme, un peu plus théosophe, n’y vit pourtant aucune offense
    Et resta nue avec aisance au paradis des cénobites.

    Depuis ce temps, Dieu nous regarde, dans les rues et dans nos maisons
    Quelle que soit notre tenue, les sexes resteront tendus.
    Plus besoin donc d’y prendre garde et peu importe qui a raison ;
    L’homme habillé, la femme nue ; tout ça n’est qu’un malentendu.

    Tableaux de Brad Holland.

  • Sur le fil

    Sur le fil

    Certaines vies paraissent fragiles selon le fil qui nous supporte
    Et selon les déséquilibres que nous imposons à nos corps.
    Et comme il vaut mieux être agile avant que le diable m’emporte,
    J’essaie tant et plus d’être libre et d’échapper au mauvais sort.

    Mon fil a cassé plusieurs fois mais on me l’a raccommodé.
    Qui ? Sans doute un ange gardien que les Parque auraient corrompu…
    Un gars qui a su toutefois m’attraper à la dérobée
    À chaque fois qu’un nœud gordien, pourtant solide, s’est rompu.

    Plus je me casse et me cabosse, plus l’ange devient efficace ;
    Si je fais une nouvelle chute, sera-t-il toujours aussi fort ?
    Je ne sais pas pour qui il bosse, mais si c’est un Dieu perspicace,
    J’espère avoir un parachute payé au prix du moindre effort !

    Tableau de Vilijus Vaisvila.

  • Champagne surprise

    Champagne surprise

    Il est un vent à l’Élysée qui ferait soulever les jupes
    Attestant que la présidente finalement serait une femme.
    L’histoire a beaucoup amusé les gens avec ce jeu de dupes
    Dont la raison bien évidente est derrière ces propos infâmes.

    Comme, par exemple, « la France libre » qui n’est pas le nom définitif
    Et que le prochain président renommera « Le Grand Charlot »
    Ainsi que le déséquilibre envers les ordres expéditifs
    Que le chef des armées pédant développe sous son calot.

    Toujours est-il qu’un certain soir ou le Roi fêtait sa victoire,
    Un vent de rumeur souleva la robe de la présidente.
    Les témoins sont sur une glissoire qui les mènerait de façon notoire
    Dans un poste au Guatemala en cas de confidence imprudente.

    Illustration de Milo Manara.

  • Le Chant de l’Abysse

    Le Chant de l’Abysse

    Dans le silence bleu d’un royaume écarté,
    Elle glisse immobile, entre ombrage et clarté.
    Ses cheveux sont d’argent, ses beaux yeux de corail,
    Et chaque écaille brille de leur plus bel émail.

    Elle ne craint pas l’orage, elle ignore le vent,
    Gardienne des secrets du peuple survivant.
    D’un battement de queue, elle efface le temps
    Et dessine des rêves sur le sable exultant.


    Lorsque la nuit descend, la sirène écarquille
    Les yeux lourds de sommeil et gagne sa coquille.
    Le bivalve lui offre un lit bien prometteur
    Et ferme son couvercle d’un geste protecteur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La Légende des Flots

    La Légende des Flots

    Elle attend le marin sur le rocher moussu,
    Chantant une romance que nul n’a jamais su.
    Sous la Lune qui tremble, sa traîne se déploie,
    Mélange de mystère, de tristesse et de joie.

    Fille de l’onde pure, elle ne peut s’attacher,
    Qu’aux reflets de la Lune et au gris du rocher.
    Mais dans le cœur de ceux qui ont croisé ses pas,
    Le chant de la sirène sonne aussi leur trépas.


    Or entre deux marins, la sirène s’ennuie ;
    Dans le jour languissant, elle guette la nuit
    Et la nef en sommeil d’un pilote endormi
    Qu’elle charme et dévore sans aucun compromis.

    Tableau de Viktor Nizovtsev.

  • Là où vont les ans

    Là où vont les ans

    Cap sur les années à venir et celle-ci en particulier
    Pour son voyage d’agrément et, qui sait, des bonnes surprises.
    Poussé par un vent d’avenir par les flux les plus singuliers
    Qui feront claquer ton gréement et grincer les mats sous la brise.

    Quand tu franchiras l’équateur, respecte le « baptême de la ligne »
    En honorant le dieu Neptune par une offrande des plus sereines.
    Fais comme ce brave navigateur qui en respecte la consigne
    En commémorant sous la Lune l’anniversaire de sa sirène.

    Tableau de ViktoriiaLeoArt.

  • L’art moderne

    L’art moderne

    Une femme nue, en art classique, ressemblait à une femme nue.
    En art moderne tout résulte de ce que veut montrer l’artiste.
    Si la femme est anorexique, la toile sera plutôt menue
    Et si plutôt que peindre, il sculpte, l’œuvre sera avant-gardiste.

    De toutes manières, la censure ne supportant pas de voir du sexe,
    La femme nue sera floutée ou dans un style pictographique.
    Et si l’on voit une tonsure orner un pubis circonflexe,
    La peinture, à n’en pas douter, sera jugée pornographique.

    Illustration de Joost Swarte.

  • Connais-toi toi-même

    Connais-toi toi-même

    À force de mettre des clefs et des verrous de toutes sortes
    Sur ce que la morale juge ou que les religions décrètent,
    Une fois que tout est bouclé et que l’on a fermé les portes,
    Il me reste, en dernier refuge, le fond de mes pensées secrètes.

    Seulement elles sont formatées depuis l’enfance par les parents,
    Puis par l’école, puis l’entreprise et pour le bien de ma famille.
    Que je sois croyant ou athée, les tabous sont désemparants
    Et j’en subirai leur emprise tant que je resterai chenille.

    Mais pour devenir papillon et me sentir pousser des ailes,
    Il me faut jeter mes verrous et toutes les chaînes qui m’enserrent.
    Or dans ce monde, les trublions comme moi montrant trop de zèle,
    Sont traqués comme des loups-garous dès qu’ils deviennent un peu sincères.

    Tableau d’Alex Levin.

  • La mode papillonne

    La mode papillonne

    Le sang dessine enfin ce que l’âme a rêvé,
    Le derme se fait soie et l’esprit chrysalide.
    Dans l’hélice du code, un destin est gravé :
    L’enfant naît souverain, son blason pour seul guide.

    Un battement d’aile au cœur des chromosomes
    Suffit à renverser l’ordre des anciens rois.
    Nous ne sommes plus seuls, nous ne sommes plus hommes,
    Mais des reflets d’étoiles soumis à d’autres lois.


    Ainsi chantait gaiment un petit papillon
    Qui, posé sur mon doigt, m’observait malicieux.
    Or c’était une fée vêtue d’un cotillon
    et d’un loup à la fois splendide et délicieux.

    Inspiration et Illustration de Geminïä.

  • Mes ex libres ici-bas

    Mes ex libres ici-bas

    Quand j’ouvre la première page et que j’y vois un ex-libris
    Je me demande si mes ex sont désormais libres ici-bas…
    De peur que l’idée se propage et que mes pensées s’assombrissent,
    Je rabats la page d’un index fébrile par mon célibat.

    Mais je me suis remarié et les ex-libris me poursuivent
    Dans les romans, dans les BDs et dans toutes sortes de livres.
    En noir & blanc, coloriés, ou en nuances excessives
    Jusqu’à me sentir obsédé à prier Dieu qu’il m’en délivre.

    Ex-libris d’Ana Miralles.

  • Les voyages en peinture

    Les voyages en peinture

    Certains voyagent par un livre et d’autres par une peinture ;
    Sans doute la couleur de fond donne l’élan au train de rêves.
    Si les paysages délivrent une bouffée d’air frais de nature,
    Une nature morte me morfond et la croisière s’avère brève.

    Les nus, par nature, m’attirent ainsi que les impressionnistes ;
    Les uns se regardent de près, pour les autres, il faut reculer.
    Une jolie nymphe, un beau satyre et je me sens exhibitionniste,
    Prêt à courir nu dans les prés après l’amour immaculé.

    Tableau de Ken Howard.