



Ceux qui s’en vont dès le printemps, pile quand le soleil se lève,
N’emporteront pas avec eux les fleurs qui pousseront demain.
Qu’ils aient quarante ou cinquante ans, la question de l’âge soulève
Que le temps a fait ce qu’il peut pour laisser la mort en chemin.
Pourtant les arbres en été garderont leurs branches couvertes
Pour accueillir d’autres oiseaux venus quand le blé a jauni
Pour se nourrir à satiété de belles cerises découvertes,
Puis chercheront vers les roseaux de quoi bâtir un joli nid.
Mais ceux qui partent en automne, laissent derrière eux davantage
Que les objets accumulés dans les armoires des maisons.
Ils s’en vont et ils abandonnent ce qui donnait un avantage
Aux souvenirs dissimulés perdus dans l’arrière-saison.
Heureux qui partira l’hiver quand le dernier jour s’éteindra
Afin que la nuit le recueille pour en absorber sa substance.
Il recevra de l’univers la réponse qu’il attendra
Et lui révélera qui l’accueille dans une nouvelle existence.
Tableaux de John Weber.
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