
La canicule me laboure et mon cœur redevient cheval
Pour lutter contre le sillon de la chaleur qui me pénètre.
Mes pensées fondues, à la bourre, dérivent d’amont en aval
Dans le flot d’une transpiration évaporée à la fenêtre.
Le soleil pousse sa charrue jusqu’au plus profond des moissons ;
Les blés s’inclinent en silence en buvant l’or qui les consume.
Du vent chaud qui a disparu après avoir cuit les buissons,
Il ne reste qu’une vigilance pour une fraîcheur qui s’assume.
« Mon royaume pour un cheval ! » a dit Richard III, empathique ;
Je le lui laisse et en échange, je prends une mort subite bien fraîche !
Et puis je prends le car naval pour redescendre en antarctique,
Là où la canicule dérange nettement moins mon corps revêche.
Tableau de Nicolas Tarkhoff.
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