
Puisque Dieu n’était pas visible, il se confectionna un masque
Afin de voir sa création et la nature environnante.
Et comme il restait invisible derrière cet écran fantasque,
Il se fit sa récréation avec des blagues pertinentes.
Il s’approcha tout doucement de la femme qu’il avait créée
Et lui susurra sournoisement de croquer le fruit défendu.
Et la femme alors bêtement, ne pensant pas à maugréer,
Mangea le fruit courtoisement et l’os par Satan répandu.
Dieu riant de sa fourberie fit comme si de rien n’était
Et accusa l’homme complice d’association de malfaiteurs.
C’n’est donc pas par étourderie que le péché fut décrété
Mais par un insidieux supplice dont Dieu se fit entremetteur.
Depuis ce jour de pure envie où le serpent fut l’instrument,
Il joue au grand jeu de la vie avec un froid contentement.
Et si la farce est poursuivie malgré le poids du châtiment,
C’est que son âme est assouvie par ce sublime égarement.
Tableau de Rozzi Roomian.
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