L’acomat-boucan sous la Lune

L’acomat-boucan sous la Lune

Il n’y a pas qu’les chats que la Lune rend fous une fois par mois ;
Il y a les acomats-boucans qui, eux, deviennent hystériques.
Comme une prière opportune, on les croirait avec émoi
En train de chasser le toucan qui vit pourtant en Amérique.

Dès que le clair de Lune augmente et que blanchissent les halliers,
Le vieux hibou prend ses jumelles pour les compter jusqu’au matin.
Mais il renonce et se lamente : « Ils changent tous de pédaliers ! »
Car nul ne suit leurs ritournelles et tous y perdent leur latin.

Pourtant la nuit dans les Antilles, parfois la Lune redescend
Pour se nicher entre les branches d’un acomat-boucan dévot.
Le hibou reprend ses lentilles, les ajuste en se redressant
Et voit dans la lumière blanche que les toucans lui font défaut.

Tableau de Carl Jung.

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