Tiré par les cheveux

Fichu miroir aux alouettes ! Tu me tends et tu me tirailles !
Tu me fais tant tourner la tête à m’attirer dans ton vitrail !
Fichu oiseau de paradis, mes cheveux ne sont pas des vers ;
Arrête un peu ta comédie et ton petit vice pervers !

Tu t’es logé dans la fêlure pour mieux piller mon horizon,
Cherchant une moindre effilure afin de troubler ma raison.
À force de tirer mes cheveux, à moi, la belle-au-bois-dormant,
Tu crois m’offrir ce que je veux en me montrant ton bec gourmand !

Mais la vitre est un froid complice qui nous sépare du jardin,
Et ton manège est un supplice pareil à un coup de gourdin.
Va-t’en porter tes petits soins vers d’autres nids, vers d’autres cieux,
Car mes cheveux ne sont, au moins, pas pour les oiseaux disgracieux !

Autant parler à un pigeon qui, eux, délaissent mes cheveux
Pour préférer comme perchoir, mes deux mains, mes bras et ma cuisse.
Sans oublier leur badigeon que chacun dépose quand il veut
Et qui me transforme en séchoir à guano et s’en réjouissent.

Vitraux de Stef Rymenants.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *