Mariane sera numérique, c’est l’Élysée qui nous l’a dit Et c’est elle qui surveillera tous les scrutins dans l’isoloir. Ce sera comme en Amérique – c’est-à-dire pas le paradis – Mais l’enfer et la guérilla qui attend au bout du couloir…
Elle saura pour qui vous votez et ce que vous pensez tout bas ; Elle calculera vos rêves selon l’indice citoyen. Si jamais vous vous révoltez, elle vous répondra : « Pourquoi pas ? » Puis vous classera dans les fièvres du comportement quotidien.
Elle saura qui vous fréquente, ce que vous lisez tard le soir, Si vos amis sont fréquentables selon les critères du moment. Son algorithme vous présente un avenir sous le pressoir Où chacun sera responsable d’être heureux réglementairement.
« Rapport N°15 – Petit traité de zoologie atlante.
La Princesse Nérätïs nous a présenté un aperçu des principales lignées mythozoologiques recensées sur Atlantis. L’exposé établit des correspondances entre plusieurs créatures légendaires des traditions extérieures et leurs équivalents atlantes. Cristïäs a suivi la conférence avec un intérêt manifeste. Les autres participants ont découvert que certaines légendes conservent parfois le souvenir déformé d’espèces bien réelles. Les archives du centre Guido-Rossum semblent confirmer que la frontière entre mythe, histoire naturelle et mémoire collective demeure plus perméable que nous l’imaginions. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Une conférence est donnée par Nérätïs sur la dunette Car après Licornes et Centaures, Dodos et le Python-des-mers, D’autres espèces subordonnées à la faune de la planète Font l’objet, par notre mentor, d’un exposé sur les chimères.
Méduse, Euryale et Sthéno connues comme étant les Gorgones, Ont évolué en Atlantide et sont devenues moins hideuses. De ces monstres phénoménaux, il reste les fausses-dragonnes Ainsi que les derniers cryptides d’atmosphères assez brouillardeuses.
Les Sphynx, Manticore et Griffon, sont les célèbres Lionnesses Qui sont devenus les grands fauves, descendants d’illustres ancêtres. Ainsi que le fameux Typhon, Père de toutes les diaconesses, Les prêtresses du monstre chauve, l’abominable Metamaître.
Vampires aux usages nocturnes étaient les Stryges à l’origine ; Ils ont donné au fil du temps, Chauves-souris, Renards, Roussettes. D’apparence assez taciturne, ils vivent avec les sauvagines, Oiseaux de marais et d’étang, en colonies dans les orcettes.
Quant aux divinités marines les cinquante filles de Nérée, Amphitrite, Galatée, Thétis, sont les plus célèbres Néréides. Et par filiation utérine, on y retrouve les Irénées ; Et par Nérätïs et Thätïs, leurs origines perséides.
De Colchide ou des Hespérides et de Thèbes venaient les dragons, Sortes de serpents monstrueux dont seuls les rouges ont survécu. Nessie, qui n’a pas pris une ride dans les lochs comme les lagons, Aurait la peau corail-vitreux…mais personne n’en est convaincu.
Enfin toutes les Aphrodites sont tous les petits animaux Aquatiques, terrestres, aériens et ceux qui vivraient dans le feu. Sexués ou hermaphrodites, les procédés sont maximaux Et les dieux trop épicuriens pour les créer selon leurs vœux.
Les sirènes disparues ont été localisées au centre Guido-Rossum. Après enquête, elles poursuivaient une vérification historique concernant le célèbre python-des-mers associé aux légendes d’Irénée-l’ancien. Aucun incident n’est à déplorer. Douze spécimens ont participé spontanément à une démonstration chorégraphique improvisée. Les informations recueillies semblent confirmer que certaines traditions locales méritent d’être réévaluées. Je recommande toutefois que les prochaines recherches scientifiques soient signalées avant leur exécution. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Personne n’a vu les sirènes ? » questionne STELLÏÄ à la ronde ! « Je n’ai retrouvé que leur torque ! » ajoute-t-elle consternée. « J’ai une intuition qui m’entraîne à penser que ces furibondes Avec les dauphins et les orques vont encore nous faire lanterner ! »
« Les licornes et les centaures ! Malgré mes recommandations Les petites pestes sont parties faire de nouvelles bêtises Et les bêtises sont pléthore avec ces abominations ! » Tranche ÄLLÏÄ dont la répartie éveille une drôle de hantise.
« Je vais alerter l’intendant pour lancer une expédition ! » Dit Nérätïs déterminée à devoir remuer ciel et terre. « Il y a une note cependant ! » dit Cristïäs captant l’attention ; « On suit le python d’Irénée ! » signé par nos prépubertaires.
« Elles ont mordu à la légende et sont allées vérifier ! Je crois savoir où elles sont … dans le grand bassin des pythons ! » En prenant les allées marchandes aux souvenirs mythifiés, Alors nous vous garantissons de les trouver sur le ponton ! »
Aussitôt tout le monde court afin de leur porter secours… Peine perdue nos deux sirènes dansent avec douze serpents. Pas besoin de trop longs discours ni souhaiter le moindre recours ; Leur amitié paraît sereine entre tous les participants.
« Ils nous ont parlé d’Irénée, vieux contrebandier repenti, Qui, par son amour pour Lïlïth, s’est remis dans le droit chemin. Cessez de nous morigéner ! Grâce à nous, vous aurez senti Qu’il fallait qu’on réhabilite la vérité, main dans la main »
Éôlïäne avec Azurïanne, sont de vraies petites futées Qui avaient, derrière la tête, une idée des plus pondéreuses. Ce soir les légendes océanes seront encore plus affûtées Après une rapide enquête de nos remarquables éclaireuses.
Émergés des flots du Médiapode, nous découvrons les côtes d’un printemps austral préservé. Centaures barbares et licornes y vivent libres. Nérätïs nous octroie un asile au centre Guido-Rossum. Un repos paisible après une telle virée océanique. »
Geminïä, suppléant la Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Les grands plateaux sont monotones alors la soucoupe accélère Jusqu’à parvenir au rivage où règnent beaucoup d’activités. « Chez nous, nous étions en automne ; ici le printemps prolifère ! Allons vers les côtes sauvages, découvrir les plages barbares ! »
« C’est nos copains qu’on va croiser ! » crie Éôlïäne sur le rivage… « Hé non ! » avertit Nérätïs, « Ce sont des centaures barbares ! Les nôtres sont apprivoisés tandis qu’eux sont restés sauvages Et s’ils vivent loin d’Atlantïs, c’est qu’ils déclenchent des bagarres ! »
« Plus loin, des troupeaux de licornes vivent dans leur biotope naturel. En fait tout l’hémisphère austral a été conservé intact Tandis que nos constructions ornent, avec nos cités culturelles, Tout l’hémisphère boréal pour qu’il n’y ait aucun impact. »
« Nous conservons beaucoup d’espèces et la chasse y est interdite Sauf bien sûr pour les autochtones qui régulent l’écosystème : » Dodos, gorgones et lionnesses ; stryges, néréides et aphrodites ; Le Python-des-mers allochtone et les dragons rouges anathèmes. »
« Bien sûr la zone est protégée et le tourisme est illicite Sauf dans les aires d’observation et les centres scientifiques. Notre équipement allégé ne nous autorise pas de visite Mais j’ai une dérogation pour un circuit honorifique ! »
« Voici le centre Guido-Rossum – de la planète du python Qui fut introduit par erreur à cause de la contrebande. Mais il s’est adapté en somme et nous nous en félicitons Bien qu’il ait semé la terreur lors de leurs migrations en bandes ! »
Le centre admet une résidence pour loger les conférenciers ; On passe alors du fastueux aux lieux rustiques du Médiapode. Mais ce soir, c’est une évidence : on a besoin d’apprécier Un retour au calme respectueux des émotions fort incommodes.
Là où l’écume danse et vient baiser le sable, Apparaît une muse au regard ineffable. Mi-femme, mi-chimère, elle joue avec l’or Du soleil qui s’endort dans l’eau versicolore.
Son rire est un murmure, une perle de rosée, Sur le miroir de l’eau, elle s’est déposée. Elle appartient au large, à la perle, au cristal, La beauté souveraine du palais abyssal.
Elle rêve de drakkar, de felouque, de navire Issus de ses affûts de délires en délires. Elle imagine alors un immortel Ulysse Qui viendrait la rejoindre au profond des abysses.
Après une agape gourmande partagée avec l’équipage Qui a offert ses plus dodus et appétissants matelots, La sirène suisse-allemande préfère alors tourner la page Avec le ventre bien tendu et va dormir lovée dans l’eau.
Dans sa dérive nonchalante, elle se berce au fil du courant ; Son corps de nacre se repose après ce festin de géant. La prédatrice somnolente, dans son sommeil le plus durant, Rêve d’une nouvelle dose de marins au cœur consentant.
Entre deux eaux, extasiée comme une suissesse bien nourrie, On dit qu’elle dormirait cent ans mais c’est un conte évidemment. Car après s’être rassasié, elle remonte le Missouri, Nil, Danube et le Saint-Laurent, les grands fleuves les plus cléments.
Nous avons traversé le Grand Tourbillon et visité les entrailles du Médiapode. Nous avons observé des forêts filtrantes et des migrations de poissons migrateurs. Les eaux océaniques y sont filtrées par un vaste écosystème souterrain avant d’être rejetées aux antipodes par d’immenses geysers. Nous commençons à mieux comprendre Atlantis. Nérëatïs se révèle être pince-sans-rire. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Par les grands hublots translucides de la soucoupe, on aperçoit De grandes galeries sous-marines mais monotones si l’on se leurre D’écouter Nérëatïs, lucide, commenter que ce qu’on perçoit Sont des boyaux qui s’invaginent pendant des heures et des heures.
« Quoi ? Ça va prendre aussi longtemps ? » dit Éôlïane désespérée. « Non ! Nous allons nous faufiler et nous enfoncer dans les grottes ! » Dit Nérëatïs juste à temps avant qu’on sente accélérer Les moteurs puissants profilés pour mouvoir la barge fiérote.
D’abord des cavernes semblables à celle qu’on rencontre sur Terre Mais avec couleurs irisées comme si recouvertes de nacre. Depuis des siècles innombrables, les coquillages apportèrent Cette matière fort prisée que l’écosystème consacre.
« Voici les poissons migrateurs qui remontent assurer la ponte Et les créatures abyssales qui s’en nourrissent de tout calibre. Il y a beaucoup de prédateurs qui contribuent à ce que le compte N’atteigne pas la colossale limite du déséquilibre. »
S’ensuit une grande forêt avec des arbres gigantesques Qui respirent comme un poumon vers les cristaux qui les terminent. « Ici le sel est dévoré par les alvéoles dantesques Qui le digèrent en amont pour l’entreposer dans les mines. »
« À partir d’ici, l’eau est douce et tous les poissons rescapés Se sont adaptés lentement grâce à la laitance et les œufs Dont la coloration si rousse les empêche d’être handicapés Par la pénurie d’éléments filtrés par les rochers gazeux. »
« Et maintenant accrochez-vous car nous allons être éjectés Par les geysers des antipodes qui nous cracheront dans les airs ! » Et la lumière se dévoue pour éclairer et projecter L’eau de l’océan Médiapode sur d’immenses plateaux déserts.
La visite du Grand Tourbillon s’est déroulée conformément aux usages atlantes. Nous avons été volontairement précipités dans un gouffre océanique de dimension continentale afin d’accéder aux galeries sous-marines.
La princesse Nérëatïs affirme que cette procédure constitue un baptême traditionnel. Aucun décès n’est à déplorer. Azurïanne n’est toujours pas convaincue. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Entendez-vous ce fracas sourd ? » demande soudain Nérëatïs. « Oui… ça me rappelle les cascades du Lac Supérieur sur Thestïäs ! » Répond son frère au petit jour qui se lève sur Atlantïs. « Précisément ! La cavalcade d’une chute d’eau, mon cher Cristïäs ! »
« Putentrailles ! Mais quel trou béant ! » dit Éôlïane impressionnée ; Une cascade fantastique presque aussi grande qu’un continent Dessine un tourbillon géant d’une chute surdimensionnée Où un océan orgiastique vomit son cœur dégoulinant.
« D’énormes quantités s’engouffrent dans les profondeurs de la Terre, Et parcourront plusieurs milliers de kilomètres sous-marins En perdant leur sel et leur soufre dans des cavernes délétères Et par des geysers singuliers rejailliront des souterrains. »
« Nous visiterons ces rejets qui se situent aux antipodes Et créent une respiration comme un minuscule trou de ver. Mais pour l’instant notre sujet est l’océan du Médiapode Et qui sans exagération demeure unique dans l’univers. »
Mais soudain la soucoupe tangue et ne répond plus aux commandes ; Elle s’approche dangereusement de la bouche du trou béant. Comme aspirés par une langue, Nérëatïs alors recommande Leurs âmes aux dieux les plus cléments tandis qu’ils plongent dans l’océan.
« Ha ha ha ! C’est irrésistible et je vous prie de m’excuser Car nous allons examiner ces longues galeries sous-marines. C’est un baptême incompatible avec votre peur médusée Même si vous avez fulminé de nos vieilles traditions marines ! »
« C’n’est pas drôle ! » crie Azurïanne frustrée de s’être fait avoir ; « Désolée ! C’est un rituel particulièrement orchestré ! » Dit Nérëatïs à Éôlïane « Maintenant vous allez savoir Nos grands principes habituels des phénomènes enregistrés ! »
Les habitants des îlots voisins sont arrivés en grand nombre pour les célébrations précédant le Grand Tourbillon.
Cristïäs a retrouvé plusieurs membres de sa famille. STELLÏÄ poursuit son enquête méthodique sur la civilisation atlante. ORPHÉÔN a été invité à se produire devant les habitants réunis sur les quais.
La princesse Nérëatïs refuse toujours de nous révéler la nature exacte du phénomène que nous observerons demain. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Aujourd’hui est un jour de fête dans les îlots des environs, Les derniers bastions d’Atlantïs qui hissent leurs derniers pavillons. L’océan arrive à son faîte et son dernier coup d’aviron… » Leur dit gravement Nérëatïs « Juste avant le grand tourbillon ! »
« Oui ! Au-delà de l’horizon les eaux s’enfoncent dans l’hémisphère Et s’engouffrent dans des souterrains pour remonter aux antipodes Et provoquer les floraisons dans le printemps du planisphère Qui descendront sur les terrains de l’océan du Médiapode ! »
« C’est un autre cycle de l’eau qui utilise la gravité Doublant le cycle hydrologique comme celui qui règne sur Terre. Et ce soir tous les bungalows de l’île seront invités Pour l’automne biologique du jubilé communautaire. »
« Que veux-tu dire par tourbillon ? » demande ÄLLÏÄ très étonnée ; « Là-bas, la planète se creuse dans une chute fantastique ! » Dit Nérëatïs un tatillon secrète pour faire mitonner Autant de mimiques nombreuses sur son auditoire empathique.
« Pardon mais c’était trop tentant de faire durer le suspense ! » Dit Nérëatïs en plaisantant. « Et nous irons le voir demain ! Reposez-vous en attendant, faites la fête avec le prince Tandis que je dois entre-temps y mettre la dernière main !
Les habitants des alentours arrivent par centaines d’âmes Et les embarcadères chantent sous les lanternes du lagon. On entend battre les tambours, les rires des hommes et des femmes Et les lumières alléchantes sortant des gueules des dragons.
Cristïäs retrouve des cousins dont il ignorait l’existence ; STELLÏÄ tente de questionner sur les prodiges du pays. ÄLLÏÄ sort papier et fusains pour un dessin de circonstance Et ORPHÉÔN auditionner devant un public ébahi.
Quand Laurelïne danse pour moi, l’image est floue car elle bouge Un peu trop vite pour ma rétine une fois que je suis réveillé. Reste le brouillard plein d’émois de cette silhouette rouge Qui me laisse de ma rouquine comme un parfum émerveillé.
Heureusement, les yeux fermés, j’ouvre l’œil qui est dans le cœur Et qui sait bien la reconnaître et la toucher avec les yeux. Dès lors je peux vous affirmer qu’au matin je me sens vainqueur Après avoir senti renaître un emballementemportement délicieux.
Elle n’est plus qu’un trait de feu dans l’aquarelle de ma mémoire ; Quelques couleurs abandonnées sur la blancheur du lendemain. Pourtant je reconnais ses yeux comme on reconnaît une histoire Dont le parfum s’est adonné à trouver un autre chemin.
A priori, c’est un beau rêve, mais devenu un cauchemar Car j’ai passé toute la nuit à grimper sans y parvenir. Hélas, à chaque fois, sans trêve, le but atteint, ça redémarre Et je me retrouve – quel ennui ! – incapable de l’obtenir.
Alors la fille en a eu marre et s’est rhabillée prestement En disant qu’elle avait connu des bien plus précoces que moi. Et ce terrible cauchemar arrive manifestement Pour me faire prendre à mains nues l’affaire qui me met en émoi.
Puis je compris dans mon malheur ce que ce rêve voulait dire : Certains objectifs, les plus lents, sont plus plaisants à convoiter. À force de grimper avant l’heure, on oublie parfois le sourire Et l’on transforme un simple élan en problèmes à emboîter.
Illustration du « Testament de William S. » de Blake & Mortimer par André Juillard.
« L’expérience de Ledalïä paraît être autobiographique. Incroyable mais vrai, elle l’est. Avec espoirs, déceptions, attentes, essais et surtout de la transpiration. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Devant les Éditions WordPress, Ledalïä demande à l’accueil : « Je viens soumettre un tapuscrit à votre comité de lecture. Puis-je voir un attaché de presse pour y déposer mon recueil ? Ou, s’il préfère un manuscrit, j’en ai fait une reliure ! »
« Montrez-moi votre reliure ! » demande la personne affable. « Humm… Je préfère vous avertir… vos poèmes sont pleins d’attentions Mais le comité de lecture l’écartera, c’est très probable, Car nous ne pouvons investir dans ce type de publication. »
« Mais il existe des maisons qui permettent l’autoédition Seulement il faut y investir et votre argent et votre temps ! Ainsi, à tort ou à raison, c’est une longue expédition De dix ans qu’il faudra consentir et peut-être même plus longtemps ! »
« Toutefois… si vous avez des connaissances pour écrire un site internet, Créez donc un blog personnel et diffusez en abondance, Puis annoncez donc sa naissance à tous les habitués du net. Si son impact est fonctionnel, revenez montrer son audience. »
« Voici la liste des hébergeurs de sites les moins onéreux Ainsi qu’une autre de logiciels pour créer des blogs personnels. Comparez les plus arrangeurs, usez des conseils généreux D’intelligences artificielles qui sont assez directionnels ! »
Ledalïä chez un fournisseur s’achète l’ordinateur portable Et choisit un abonnement autorisant la fibre optique. Elle écoute des bons connaisseurs les conseils les plus profitables Et regagne finalement sa chambre avec sa connectique.
Elle connecte l’appareil, le routeur sur la prise optique, Choisit ses fournisseurs d’accès, de blog et puis ChatGPT. Et comme elle n’a pas son pareil pour devenir cataleptique, Elle y transpire avec succès au moins quinze jours décrétés.
Nous sommes un peu déconnectées sur Atlantïs mais nous pensons souvent aux LLyrïädes. Elles nous manquent… surtout le soir. Et les bébés aussi ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Comme les Llyrïädes ont trois enfants – et même bientôt six à nourrir – Il faut alimenter leurs mères qui doivent leur fournir le lait. Alinéor, apostrophant les hommes pour les secourir, Les a mis aux taches amères pour alimenter le palais.
Ô ALLEGORÏÄ est une ruche avec ses abeilles ouvrières ; Irénée-l’ancien et Lïlïth s’occupent de la pharmacopée. Yavänor construit une huche quand hier ses femmes récrièrent Un meuble qui leur facilite le dépôt des pains en flopée.
Alinéor au potager cultive et soigne ses légumes, Plus un verger ensoleillé pour les fruits les plus variés. Irénée-le-jeune, usager des cannes-à-pêche, s’accoutume À pêcher, vider, écailler tous les poissons répertoriés.
Tandis que Laurelïne et Loreleï veillent sur leurs petits royaumes, Les berceaux vont de mains en mains dans un concert de gazouillis. Malgré cela, vaille que vaille, on voit souvent rôder les hommes Distribuer leurs gestes humains, guiliguilis et chatouillis.
On se retrouve au déjeuner, au diner ainsi qu’au souper ; Parfois la nuit quand bébé pleure, on le console sur son giron. Et quand les filles sont surmenées, les hommes se laissent entourlouper Et, bien qu’ils sachent que c’est un leurre, vont lui donner un biberon.
Alinéor, dans sa cuisine, est le véritable maître d’œuvre ; Il organise ses menus des jours et des jours à l’avance. Il lit beaucoup de magazines afin de se mettre à l’épreuve Par maintes recettes obtenues avec des herbes de Provence.
De temps à autre une cavalcade ou une chute dans l’escalier. Et Geminïä sonner l’alarme : « Les petites m’ont encore écrit ! » Alors on attend l’estocade de ce service épistolier Qui, mais c’est bien là tout son charme, vient clamer à cor et à cri !
Les lacs d’Atlantïs sont si vastes que leurs rivages finissent par disparaître. Éôlïane et Azurïanne s’en donnent à cœur joie. Au terme de notre traversée, une île est apparue au couchant avec une auberge fréquentée par des voyageurs venus d’horizons très divers. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Remettez vos torques personnels si vous voulez communiquer ! » Dit ÄLLÏÄ qui les a rejointes avec le reste de l’équipe. « Les licornes, c’est exceptionnel ! » dit Nérëatïs sans tourniquer Autour de la question conjointe sur leur télépathie pratique.
« Pour les centaures, c’est différent ; ils échangent avec les dodos Qui par les licornes complices vous font croire à leur don d’oracles. Nos animaux sont afférents au contact des créatures d’eau Ainsi les sirènes remplissent les conditions de ce miracle ! »
« Je vous invite maintenant à nager avec les dauphins ! » Leur propose alors Nérëatïs. « Ils sont non seulement familiers Mais sont extrêmement étonnants et nous emmèneront aux confins Des réseaux de lacs d’Atlantïs et vous en serez cavaliers ! »
« Mettez vos torques a minima car ici on se baigne nu Et approchez-vous des dauphins qui vous laisseront les monter ! » Et tous suivre sans cinéma le conseil qui fut convenu, Poursuivant un banc d’aiglefins à cheval sur les bêtes domptées.
« Yahou ! » crie Éôlïane émue ; « Taïaut ! » crie Azurïanne ravie Suivies par tous leurs camarades à l’assaut des lacs d’Atlantïs. Les sirènes ont été promues éclaireuses selon les avis Favorables à la pétarade des hallalis qui retentissent.
Les éclaireuses faisant la course, Nérëatïs profite du moment Pour montrer la végétation et les serres qu’on voit au lointain. « Ces jardins sont notre ressource prioritaire d’aliments Nous en semons nos plantations parmi les îlots de plantain ! »
À la poursuite du couchant, ils parviennent au bout de la mer Car les lacs à perte de vue ont effacé tous les rivages. Sauf une île où vont cravachant les montures sous les vents amers Jusqu’à une auberge pourvue d’un immense port d’arrivage.
Les Atlantes vivent entourés de créatures que nos légendes considèrent comme imaginaires. Après cette journée, je me demande si ce ne sont pas nos légendes qui sont incomplètes.
Les licornes pensent. Les centaures accueillent. Les dodos traduisent. Atlantïs est décidément plus étrange que prévu. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Elles sont jolies ces deux sirènes ! » pensent ensemble trois licornes. « Invitons-les ! Moi, ça m’épate ! J’ai envie d’en faire l’essai ! » Elles envoient une pensée sereine, une invitation par leurs cornes, Car les licornes sont télépathes comme tout le monde le sait.
Éôlïane ainsi qu’Azurïanne acceptent cette offre insolite Et les voici cavalcadant à dos de licornes émérites Mais bien accrochées à l’organe corné des montures acolytes Et par la pensée, bavardant de fariboles qui se méritent.
Or les licornes ne parlent pas ; le langage n’est pas leur nature Mais elles transmettent leurs envies par des pensées de bas niveau. C’est un langage des premiers pas de la communication pure Qui se passe de préavis et d’encombrement de cerveau.
« Voici », « lointains », « parents », « centaures » transmettent-elles en assembleur Ainsi que les savants appellent leur vocabulaire restreint. « Bonjour Monsieur le Minotaure ! » dit Éôlïane devant l’ampleur De la créature si belle avec sa voix de boute-en-train.
« Le centaure est très intrigué d’être appelé « homme-taureau » Dit un dodo très diplomate faisant office de traducteur. « Ils ne savent pas distinguer l’ironie des mots immoraux ; Permettez donc que je colmate ce non-sens assez reducteur ! »
Alors les centaures se saisissent des deux sirènes affolées Et imposent une course effrénée à ces fieffées profanatrices. « Waah ! » le temps qu’elles se ressaisissent tandis qu’elles sont caracolées Et, au dernier moment, freinées par une résille protectrice.
« C’est l’invitation amicale traditionnelle chez les centaures ! » Explique le dodo conciliant : « ils vous souhaitent la bienvenue ! » Et une collation frugale dans une suite de pléthores De fruits du lac réconciliant font pâmer les deux ingénues.
Les récits les plus anciens décrivent Atlantïs comme une cité disparue. Les Atlantes la considèrent simplement comme leur foyer. Entre les deux versions se trouve sans doute la vérité que nous allons découvrir aujourd’hui. À chacun son émerveillement ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« C’est une forêt de cristal ! » dit ÄLLÏÄ émue jusqu’aux larmes. « Des harmonies les plus splendides ! » dit ORPHÉÔN phonologique. « Une symphonie de métal ! » dit STELLÏÄ succombant au charme. « C’est comme l’ancienne Atlantide ! » dit Cristïäs au cœur nostalgique.
« Des cages à lapin futuristes ! » dit Éôlïane sarcastique. « L’œuvre d’un sculpteur schizophrène ! » lâche Azurïanne toutefois. « Vous êtes caricaturistes, béotiennes iconoclastiques ! » Disent les quatre qui refrènent la pire des mauvaises fois.
« Attends ! Mais est-ce que t’imagines ? Passer sa vie en ascenseur Et vivre dans un escalier ! » réplique vivement Éôlïane. « Les concepteurs sont misogynes pour assujettir nos consœurs À devenir folles à lier ! » cingle crûment Azurïanne.
« Mais très pratique pour les soucoupes et les puits d’anti-gravité ! » Leur explique alors Nérëatïs « et personne ne le fait à pied ! Et entre les tours s’entrecoupent des jardins de suavité Et des boutiques qui garantissent le meilleur goût, comme il nous sied ! »
« On dort au-dessus des nuages et l’on vit en pleine nature Dans tous les parcs aménagés et les plages au bord des plans d’eau ! Et le côté le plus suave apprécié sont les créatures Animales qui sont protégées : licornes, centaures et dodos ! »
« On peut se baigner dans les lacs ? » s’empressent alors les sirènes. « Bien entendu ! Si vous voulez, c’est par là qu’on va commencer ! » Et la soucoupe ainsi attaque une plongée des plus sereines Pour atterrir et débouler dans un paradis romancé.
« Comment on enlève ce truc ? Moi je veux me baigner à poil ! » Dit Éôlïane en arrachant son torque comme un élastique. Laissant là les auras caduques, deux queues frétillent comme des voiles Et disparaissent s’amourachant de cette cité fantastique.
Huit mains pour caresser mon corps feront quatre muses attentives Plus efficaces que Morphée pour m’entraîner dans de beaux rêves. Si mon cœur est assez d’accord pour en aimer l’alternative, J’en ramènerai comme trophée cette strophe légèrement trop brève.
Geminïä & ÄLLÏÄ sont sœurs, deux sœurs jumelles apparemment ; Sans doute l’une est plus Pollux et donc l’autre un peu plus Castor. Je les ai eues comme professeurs d’astronomie évidemment ; L’une portait des habits de luxe et l’autre des vêtements brodés d’or.
Je les confondais tout le temps à part un trait de caractère ; L’une était assez délurée et l’autre plutôt dans la Lune. Mais j’étais encore débutant dans l’art à percer les mystères ; Ce qui fait que dans la durée, j’en ai conservé des lacunes.
Plus tard j’ai revu Geminïä et j’ai fait comme Emmanuel ; Je l’ai épousée par devant Lïlïth, maire des présidentiables. Au sujet de sa sœur ÄLLÏÄ, elle fait son retour annuel Et moi, je dors sur le divan car les sœurs sont indissociables.
Cristïäs a retrouvé sa famille et semble très apprécié des Atlantes. Nous avons appris que nos aventures sont connues ici grâce aux messagers. Nérëatïs s’est proposée pour nous servir de guide et nous allons bientôt entreprendre notre première visite officielle d’Atlantïs en soucoupe volante ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Conviés au petit déjeuner, les six se retrouvent à la table Présidée par Nérëatïs, Thétïs et, bien sûr, Astérïas. Les unes un peu surmenées par leurs amourettes innombrables Et les autres plutôt propices à l’espoir d’y trouver leur place.
L’esprit de famille, Thétïs demande comment étaient leurs nuits Et si leurs chambres apprêtées ont répondu à leurs souhaits. Astérïas, mémoire d’Atlantïs, affirme qu’il n’y a aucun ennui Et il propose aux invités l’accompagnatrice allouée.
« Ce sera moi ! » dit Nérëatïs, « J’ai toutes les autorisations En tant que princesse royale je serai leur meilleur apôtre. Nous visiterons Atlantïs pour la familiarisation Car il serait bien déloyal de les confier à quelqu’un d’autre ! »
« Votre Altesse ! » dit Pénélopïä, « J’ai affrété les deux navettes Afin de survoler la ville pour qu’ils en découvrent son charme ! Un véhicule dans l’immédiat qui est votre propre corvette Et l’autre pour la garde civile, pour l’assistance et les gendarmes. »
« J’aurais une question, Princesse… » – « ÄLLÏÄ ! Appelle-moi Nérëatïs ! » « Comment donc nous connaissez-vous sans que l’on vous ait contactés ? » Elle rit alors avec largesse ; « Savez-vous que sur Atlantïs Tous les messagers se dévouent à narrer vos faits impactés ? »
« Vos aventures sur Thestïäs et puis l’escale des Gémeaux, Votre mission au Poïnt ZérÔ et la rencontre avec les dieux ! Vous avez retrouvé Cristïäs, l’avez tiré de son hameau ! Vous, les véritables héros aux exploits les plus dispendieux ! »
« Alors en voiture, Messieurs-Dames ! » réplique alors Pénélopïä. « Votre pilote vous attend, bienvenue en soucoupe volante ! Ce véhicule haut-de-gamme arbore le nom d’Ôlympia, Un vaisseau royal exploitant toute la technologie atlante. »
J’ai oublié de vous dire que le rapport N°5 était le récit du rêve que j’avais fait la première nuit et que je vous ai envoyé par erreur. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
À quatre ou cinq jours de l’été, tandis que le soleil se lève, On entend une cavalcade qui dégringole l’escalier. « Les petites nous ont complété les rapports dont elles relèvent Renvoyées de mon ambassade par le service épistolier ! »
« Calme-toi, Geminïä, c’est bon ! » dit Lïlïth en train de changer Les couches sales des jumeaux en leur massant gaiement la panse. « Et c’est assez nauséabond ! » dit Loreleï en train de langer Laëtïtïa qui, elle, ne dit mot mais allez savoir ce qu’elle pense…
« Leur voyage est une victoire ; ils sont reçus royalement ! Cristïäs a retrouvé ses pairs, les dignitaires d’Atlantïs ! ÄLLÏÄ m’a raconté l’histoire… D’abord l’accueil, chaleureusement, La réception, sans un impair, et la Reine s’appelle Thétïs ! »
« Et les gamines ? Pas de problème ? » demande une Lïlïth inquiète… « Si tu savais ! Elles ont trouvé chaussure à leurs pieds, rapido ! Et ça n’oppose aucun dilemme apparemment et les fillettes Nous aurons vite ainsi prouvé que ça roule, côté libido… »
« Et ont-ils bien utilisé les vêtements organisés Pour toutes les situations ? » demande Ledalïä de facto… « Penses-tu ? Volatilisés ! Les habits sont catalysés Grâce à l’individuation d’un plasme direct sur la peau ! »
« Ils sont à poil ? » crie Ledalïä « C’est ça le savoir-faire atlante ? » « C’est pareil que des vêtements mais programmés comme ils le souhaitent ! » Explique lentement Geminïä, « Et ne soit pas aussi cinglante ! Tu peux comprendre simplement que ça pourrait être très chouette ! »
« Puis ÄLLÏÄ nous embrasse toutes ainsi que nos quatre confrères Mais je demeure un peu surprise par le dernier rapport bizarre Qui me laisse un immense doute sur la manière très arbitraire Qu’ÄLLÏÄ a mené sous l’emprise d’un renversement qui l’égare… »
Le lit aux rêves suggestifs nous a conduits, ORPHÉÔN et moi, dans un palais inversé où les couloirs descendaient vers les profondeurs de la pensée. Nous y avons traversé souvenirs, musiques et rêveries jusqu’à une crypte de lumière qui s’est dissoute au moment de mon réveil »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Le lit aux rêves suggestifs entraîne ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN Dans des couloirs luminescents aux murs tapissés de velours. Des salles aux motifs festifs éclairées de faibles néons Brillant d’un feu évanescent lançant des ultraviolets sourds.
Or le palais est à l’envers et la terrasse devient l’entrée ; Les ascenseurs sont descenseurs, les escaliers desescaliers. Tous les passages sont convers afin de les déconcentrer Avec des tapis suspenseurs qui vont de paliers en paliers.
Mais à l’étage du dessous, on sent sourdre à travers les plinthes Des gémissements amoureux et des soupirs enamourés. Pourtant tous les cris sont dissous dans un marmonnement de plaintes Qui se transforme en rires heureux et satisfactions savourées.
Encore plus bas, de la musique où les instruments donnent un bal ; Les violons dansent avec les luths et les aiguës avec les basses. Un piano forte amnésique valse avec autant de cymbales Qui secouent leurs Dos et leur Uts pour composer des mots de passe.
Rez-de-chaussée, la réception propose des salons de repos Pour y décanter les idées qui cherchent encore à se creuser. Parfois il y a une exception et une pensée à fleur de peau S’envole avant de décider de disparaître et s’embraser.
Au sous-sol les couloirs s’enfoncent dans une spirale décroissante Où un veilleur en forme de prisme les empêche de remonter. Mais ils n’obtiennent pas de réponse, la peur devient embarrassante Mais on apprécie le lyrisme de ce que l’on va affronter.
Tout au fond de la crypte sombre, ils accèdent dans le saint des saints ; Des pensées les plus absolues des rêveries émerveillées. Enfin la salle plonge dans l’ombre comme on effacerait un dessin Et lorsque tout s’est dissolu ÄLLÏÄ s’est enfin réveillée.
La femme équivaut au cheval car ils ont tant de points communs Qu’une pouliche, une jument, une amazone, une rossinante. Un cheval nu au carnaval n’a vraiment rien d’inopportun Tandis qu’une femme en dénuement sera plutôt hallucinante.
La plus noble conquête de l’homme, est-ce le cheval ou la femme ? Depuis qu’elle s’est émancipée, le cheval est un peu jaloux… On dit que les bêtes de somme trouvent l’inégalité infâme ! Je ne veux rien anticiper mais tout ça me paraît chelou…
Chevaucher l’une ou l’animal conduit à l’émotion intense D’amours vives et bondissantes ou d’émotions très galopantes ! Le plaisir serait maximal en exécutant cette danse : S’aimer de façon bondissante sur une monture épatante !
Écrire un poème qui t’aime ? Assurément un joli thème ! Et si mes rimes vous embrassent, Il en restera une trace.
Si mes vers réchauffent ton cœur, Si mon chant versifie en chœur, Alors j’écrirai ta romance Et quand tu veux je recommence !
Parfois mes rimes seront croisées Pour que tu puisses en pavoiser, Mais jamais elles ne seront plates Mes vers en seraient écarlates.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Les invités ont rejoint leurs appartements et chacun semble avoir trouvé sa place dans ce monde étrange. J’ai enfin réussi à établir un relais stable pour transmettre nos messages.
Cristïäs a retrouvé sa famille. STELLÏÄ réfléchit déjà aux mondes qu’elle souhaite visiter. Éôlïäne et Azurïanne s’épanouissent.
Atlantïs ne cherche pas à impressionner ses visiteurs mais leur donne simplement envie d’y rester. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
La technologie palatiale continue de charmer ÄLLÏÄ Qui joue avec les appareils afin d’établir le relais Dans une belle suite royale qui jouxte celle de STELLÏÄ Et offre une vue sans pareille sur les terrasses du palais.
« Viens tester le lit anti-G qui annule la gravité Et te met en apesanteur où tu te sens comme un oiseau ! » Lance ORPHÉÔN en négligé appréciant la suavité De ce sentiment enchanteur d’une sérénade graciozo.
Lorsqu’elle entre dans le baldaquin, l’aura devient nuage orange Et ÄLLÏÄ se sent soulevée et libérée de l’attraction. « J’ai choisi le modèle coquin pour faire l’amour comme des anges Ce qui nous permet d’éprouver de très érotiques positions ! »
Après deux ou trois tentatives, ils s’endorment tellement éreintés Qu’ils se laissent bercer sous l’action d’une rêverie suggérée Par des vues représentatives de beaux paysages empruntés Au patrimoine et attractions qu’Atlantïs sans exagérer.
Mais Éôlïane et Azurïanne poussent des soupirs langoureux ; Elles connaissent leurs premières amours et ne resteront pas pucelles. Là, pas besoin de fil d’ariane dans le labyrinthe amoureux Pour y retrouver leur humour et toute l’ardeur des jouvencelles.
Cristïäs, Thétïs et Astérïas parlent longtemps des souvenirs ; Cristïäs son isolement, Thétïs son cœur anéanti, Astérïas, malgré l’air coriace, sens ses émotions revenir Et tous les trois frivolement en éprouver le ressenti.
Quant à STELLÏÄ, mélancolique, médite en lorgnant les étoiles Combien d’autres destinations offriront autant de merveilles. Sa nouvelle famille idyllique defile en pensées et dévoile Des envies de fécondation que des papillons lui réveillent.
Ses palais chantent, ses habitants chantent. Même leurs repas semblent participer à une harmonie que je ne sais pas encore décrire. Ce soir, nous avons dansé sous les voûtes puis partagé un banquet offert par la Reine Thétis.
Cristïäs a retrouvé les saveurs de son enfance. Nous avons découvert celles de son monde.
Les Atlantes ont appris à faire de l’abondance un partage plutôt qu’une possession. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Alors les voûtes d’Atlantïs se mettent toutes à chanter Et ORPHÉÔN avec ÄLLÏÄ entonnent un duo romancé. « Lançons le bal ! » clame Thétïs ouvrant une valse enchantée Avec son mari, puis STELLÏÄ et Cristïäs ensemble enlacés.
Les auras des couples fusionnent et se trouvent dans l’intimité D’une danse très romantique, les corps nus tendrement étreints. Mais la pudeur se solutionne en toute légitimité Par une aura paramentique qui voile les corps d’un écrin.
Les ballets terminés, Thétïs, en Reine-Mère et souveraine, Invite ses hôtes à goûter à leur cuisine traditionnelle. « Tout est produit en Atlantïs dans des enclaves souterraines Dans d’immenses grottes voûtées d’une fraîcheur exceptionnelle ! »
Alors un banquet circulaire dans une salle gigantesque. Assis à la table d’honneur, ÄLLÏÄ capture les images Pour le côté protocolaire de ses messages pittoresques Qu’elle enverra avec bonheur aux LLyrïädes pour leur rendre hommage.
« Essentiellement des légumes, fruits et cultures céréales ! » Présente à ses hôtes Thétïs en faisant la démonstration De chaque plat, chaque coutume, chaque cépage floréal. Le premier repas d’Atlantïs est une vraie dégustation !
« Des pommes d’or ! Du vin de Lune ! Des choux sucrés ! Ça me ressource » S’exclame Cristïäs retrouvant les mets de sa petite enfance. « Goûte ce pâté de callunes fleuries à l’ail-de-la grande-ourse ! » Conseille d’un geste émouvant sa maman en toute innocence.
Combien de temps pour bien manger, bien digérer et discuter ? Cela dure une éternité sans même voir le temps passer. Et nos amis se mélanger les uns aux autres pour disputer Des échanges de fraternité tout en évoquant le passé.
« Rapport N°2 sur l’accueil Atlantïs possède un réseau de translation permettant d’atteindre des mondes entiers en quelques instants. STELLÏÄ a immédiatement voulu visiter tous les nœuds accessibles. Cristïäs a posé trente-sept questions techniques. Éôlïäne s’est perdue dans les menus interactifs.
Notre guide se nomme Pénélopïä. Elle affirme que nous n’avons encore rien vu. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« C’est merveilleux ! Je me sens nue et protégée tout à la fois » Dit ÄLLÏÄ vêtue de cristal et tâtant l’habit d’ORPHÉÔN. « Il n’a aucune déconvenue et peut être sexy toutefois ! » Montre STELLÏÄ dans son métal et les seins cernés de néon.
« Pour le transport, que faut-il faire… » dit Cristïäs « …Madame l’hôtesse ? » « Vous avez accès au réseau de translation individuelle ! Pour les trajets interstellaires seules les Mantisses ont la justesse Pour déterminer le fuseau qui plie l’espace continuel. »
« Pour vous, je suis Pénélopïä, je vais vous montrer la manœuvre ! Voyez ! Tout le réseau est projeté et vous n’avez plus qu’à cliquer… …et nous voici sur VÉNUSÏÄ planète de tous les chef-d’œuvres Avec musées téléportés et leurs spectacles impliqués ! »
« Le réseau comprend le système solaire où demeure Atlantïs Et ses transports sécurisés quel que soit le lieu désiré. Mais revenons à notre thème afin que l’on vous garantisse Votre accueil caractérisé par un gala fort inspiré ! »
« Cristïäs ! Te voici revenu ! » tonne une voix fort énergique. « Papa ! » s’exclame alors son fils, « je ne pensais jamais vous revoir ! » « Non seulement tu es bienvenu, mais tes épouses panurgiques Pourrons rester à ton service puisque tu en as le devoir ! »
« Je suis sa légitime femme ! » proclame STELLÏÄ à ce butor « Je plaisantais, ma chère bru, nous sommes unis désormais ! Et pour ne pas paraître infâme, je te présente mon mentor : Ma chère épouse qui a cru vous avoir perdu à jamais ! »
La reine mère magnifique dans son aura de souveraine Embrasse son fils tendrement et STELLÏÄ démesurément. Ces retrouvailles béatifiques annoncent une soirée sereine Avec stupeur et tremblements par la surprise assurément.
« Rapport N°1 d’arrivée. Atlantïs existe. Nous avons été accueillis avec bienveillance par ses habitants. Les technologies locales dépassent tout ce que j’avais imaginé. STELLÏÄ est fascinée. Azurïanne est heureuse. Éôlïäne ne cesse de rire. Je commence aujourd’hui le journal de cette expédition. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Ha ha ha ha ha ! Ça chatouille ! » rit Éôlïäne à chaudes larmes ; « C’est trop marrant cette substance ! » rit également Azurïanne ; « Mais pourquoi est-ce que ça gargouille ? » demande STELLÏÄ sous le charme ; « La Mantisse boit notre existence ! » dit Cristïäs dans le gel diaphane.
Or la Mantisse intelligente et parvenue à l’objectif Libère ses six passagers de l’étrange cuve destinale. Mais une voix encourageante les invite à être réceptif Aux conditions des usagers de la translation terminale.
Autour d’eux un aréopage d’êtres lumineux translucides S’apprête à scanner leurs statures et leur fait signe de les suivre Et les six membres d’équipage voient alors de façon lucide Un astroport et ses structures de verre et or, acier et cuivre.
Une hôtesse leur distribue une sorte de collier pectoral Qu’elle leur pose autour du cou avec une attention complice. Une voix douce contribue à leur remonter le moral En leur prononçant tout à coup « Soyez heureux en Atlantïs ! »
Aussitôt un plasma inonde leur peau nue de douce lumière Comme une sorte de combinaison parfaitement adaptée au corps. « Votre intimité pudibonde est nimbée d’aura costumière Qui, selon vos déclinaisons, vous comblera et plus encore ! »
Habits de gala ou de sport, costumes et toilettes défilent… « Vous pouvez choisir vos auras selon toutes les circonstances ! Avec vos titres de transport et la transposition facile De votre langue qui saura communiquer avec aisance ! »
« Mais si vous préférez nature, il suffit de déconnecter Pour retrouver la nudité qui sied aux gens évolués ! » Azurianne alors mature l’éteint après s’être délectée De toutes les possibilités préférant l’aura diluée.
J’ai revu la muse phosphorée longtemps après mon dépucelage ; Mais elle avait changé de ton et n’aimait lors plus que les arbres. Je la voyais dans la forêt chaque fois leur faire du racolage, Les embrassant à même le tronc tandis que je restais de marbre.
Bien souvent les muses varient et bien fol celui qui s’y fie ; N’empêche j’en ai du chagrin car j’étais fou amoureux d’elle. Ne croyez pas que ça m’amuse mais souvent je m’arborifie En faisant dépasser un brin de ma tige la plus rebelle.
Mais je crois qu’elle m’a repérée car elle me mordille l’ergot Qui se tend car Satan m’habite ; je suis un arbre, j’en ai le droit. Je suis un pommier phosphoré… Tiens ? ça explique tout de go Pourquoi elle reconnaît ma bite avec ce vers si maladroit !
On se souvient de la première fille que l’on a prise dans ses bras ; Moi, je me souviens de la muse tombée de la dernière pluie. Elle était nimbée de lumière verdâtre qui m’enténébra ; Il fallait bien qu’elle s’amuse et mon cœur était déjà cuit.
Eh oui, la muse phosphorée joue avec le cœur des puceaux ; Je ne sais si elle est nymphomane ou simplement fornicatrice… Lorsque j’allai dans la forêt, elle me fit faire tant de sursauts Que j’en devins érotomane à cause de cette séductrice.
Depuis je ne vois pas le vice, je le détourne allègrement Dans mes poèmes et mes vers en chevauchant ma jolie muse. On se rend l’un l’autre service ; elle avec ses enfièvrements Et moi par mes textes pervers ; plus ils sont cons, plus ça l’amuse.
« Toute aventure commence par un départ et une part d’inconnu. Les bagages contiennent ce que nous croyons nécessaire ; les voyages révèlent ce qui l’était réellement. Le reste appartient aux mondes que nous n’avons pas encore rencontrés.
Les cartes montrent les destinations. Les départs révèlent les voyageurs. Quant aux mondes inconnus, ils se chargent du reste. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
À plus ou moins une heure six, un peu plus tard qu’il n’est décent, Tout le monde est au terminal avec bagages de toutes sortes. Cristïäs active la Mantisse et une navette descend Munie d’une cuve destinale, d’un grand coffre et de plusieurs portes.
Les voyageurs se déshabillent et pénètrent dans la cuve ouverte ; Un gel liquide phosphorescent dans lequel on peut respirer. Et la Mantisse qui les habille, les amène à la découverte : La communion leur paraissant télépathiquement inspirée.
« Ceci est le navigateur qui va nous replier l’espace ! » Explique Cristïäs à ses hôtes directement dans leurs pensées. « La Mantisse est un créateur de trous de ver qui se déplacent Sans mouvement dans un azote d’éther orangé compensé.
« Ouais bon d’accord mais on y va ou on se perd dans ta purée ? » Dit Éôlïäne qui en a marre de se laisser entourlouper. « Le temps que la Supernova laisse son champ nous capturer Et que… » dans un grand tintamarre, Cristïäs a le souffle coupé.
« Ils sont partis ! » dit Yavänor. « Impressionnant comme départ ! » « Inutile de rester ici ! Remontons » Suggère Lïlïth Geminïä a perdu le nord ; on ne la trouve nulle part… « Encore une péripétie… déjà l’histoire périclite ! »
Geminïä arrive affolée « je ne comprends rien à leurs dires ! On dirait qu’ils parlent à l’envers comme des chansons psychédéliques ! Ce dont je devrais raffoler… » Ajoute-t-elle en plein délire « Car ça ressemble, à mots couverts, à un vieux sabir babélique ! »
« C’est l’effet du temps à l’envers ! » dit Yavänor en connaisseur « Il faut attendre leur arrivée et tout se remettra en ordre ! » « Que de mystères dans l’univers ! » dit Alinéor en assesseur « Venez ! J’ai du marc cultivé de douze ans d’âge… Miséricorde ! »
« Les éclaireurs franchissent les seuils. Les chroniqueurs empêchent qu’ils disparaissent dans l’oubli. Entre les deux, circule un fil invisible : la mémoire des mondes. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Chacun voit midi à sa porte… chacun a ses priorités : Pour ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, dessous, mini string et tenues sexy ; Pour Cristïäs ce qui lui importe : plans et livres en majorité ; ORPHÉÔN son petit binou, sa guitare, sa lyre, son dizi.
Éôlïäne, juste une brosse à dent ; le reste, elle le trouvera sur place ; Quant à Azurïanne, rien du tout ; venue à poil, partie à poil. Alinéor fait l’intendant : provisions et panier à glace ; Geminïä son passe-partout : caméra reliant les étoiles.
Lïlïth les recommandations ; elle en a fait tout une liste, Elle a remplacé l’eau-de-vie par ses potions dans des flacons. Quant à la communication, Ledalïä l’écrin de copiste Et du papier pour le suivi du livre enfin, son lexicon.
Le soir, Yavänor leur raconte leurs épopées de l’an dernier Avec des détails croustillants dès que les enfants sont couchés. Il leur en a fait le décompte sans se montrer balivernier Ni emprunter de faux-fuyants pour ne pas les effaroucher.
Cristïäs tient à leur expliquer le maniement de la Mantisse ; Une navette intelligente dont l’ordinateur est vivant. Mais tout devient si compliqué après mille-et-unes notices Qu’elles en deviennent indigentes avec tous leurs calculs savants.
Lïlïth a fixé le transfert pour minuit très exactement Mais comme personne n’a de montre on ne l’a pas contrariée. Bien sûr, on sent dans l’atmosphère toute l’excitation du moment, Un peu de stress quant aux rencontres et les contacts appariés.
Alinéor reste fidèle à son habitude ordinaire ; Une bonne table, un bon repas, un bon dessert et de bons vins. Courgettes et concombre en rondelles, des arômes extraordinaires Et pour ne pas faire de faux pas, un digestif des plus divins.
« Les éclaireurs ouvrent les portes. Les chroniqueurs empêchent qu’elles se referment dans l’oubli. Entre les deux circule un fil invisible : la mémoire des mondes. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Bien ! » conclut Lïlïth. « À présent nous avons les cartes en mains Pour voir et nos priorités et ce que chacun souhaite faire… » « Pour moi, c’est très électrisant ! » dit Laurelïne après examen. « Et moi, avec autorité… » dit Geminïä « une bonne affaire ! »
Lïlïth se redresse furieuse : « Mais vous ne vous rendez pas compte ! Nous sommes à huit mois de grossesse et nous ne pouvons pas partir ! Mes filles soyez plutôt sérieuses ! Vous allaitez… d’ailleurs ça monte ! » Et quatre jets de lait transgressent ce dont trois bouches pourraient pâtir.
Je propose que des éclaireurs commencent à tenter l’aventure Avec Cristïäs et Yavänor ; ORPHÉÔN, ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ; Qui seront nos informateurs pour prendre la température ; Ledalïä et Alinéor resteront à Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
« Pas question ! Car si Yavänor part nous aussi ou bien l’inverse ! Si les filles et leurs chéris partent, nous trois restons à la maison ! » Car elles n’ont pas perdu le nord, Laurelïne et Loreleï qui exercent Leurs droits et leur meilleure carte car l’amour a toujours raison…
« Fort bien ! » reprend alors Lïlïth. « Les deux garçons et les deux filles Partiront avec Azurïanne qui sera leur ambassadrice. Que Geminïä leur facilite le contact avec la famille ! » « J’y vais aussi ! » dit Éôlïäne d’une parole provocatrice.
« Eh bien d’accord vous serez six mais avec liaison radio, Avec images en permanence mais que, pour votre sécurité, Cristïäs et Azurïanne choisissent les équipements primordiaux En raison de leur appartenance à ce monde en maturité.
Mais alors par pitié, mes filles cessez d’inonder cette table Avec vos mamelles gorgées du lait destiné aux enfants ! » Tranche Lïlïth d’un coup de faucille cherchant une excuse respectable, Manière polie pour déroger à son pouvoir apostrophant.
« Les portes ne sont jamais les véritables merveilles. Les merveilles sont ceux qui osent les franchir. Car un seuil n’est qu’une pierre immobile jusqu’au jour où un rêveur décide de poursuivre son chemin.
Les anciens bâtirent des passages entre les mondes. Le temps les recouvrit de silence. Pourtant il suffit encore d’une main curieuse pour réveiller les chemins endormis. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Hé ! Je reconnais cet endroit ! C’est par là que je suis arrivée. » S’exclame Azurïanne étonnée… « Mais je n’ai jamais su rentrer… » « Car tu n’as pas le sceau, je crois, comme celui qui est rivé Dans mon poignet étalonné ! » répond Cristïäs et le montrer.
« Nous sommes au cœur du hub atlante et voici le sas de sortie Que tu as dû suivre Azurïanne et qui conduit à la piscine. Et voici les portes attenantes conduisant aux lieux assortis : Alpha du Centaure et Arianne ! Je ne le crois pas… J’hallucine ! »
« Je vois douze portes marquées ! » compte Loreleï précisément. « L’une conduit à la piscine et les onze autres vers Atlantïs Ou d’autres mondes démarqués par un symbole concisément. Et nous pouvons… ça me fascine ! » dit Cristïäs « prendre la Mantisse ! »
« C’est quoi ce truc… cette Mantisse ? Encore une autre absurdité ? » Clame Éôlïäne sur le qui-vive, sérieuse et les mains sur les hanches. « Afin que le sas garantisse un voyage en sécurité, La Mantisse est très décisive ! » Répond Cristïäs d’une voix plus franche.
« De toutes façons nous sommes à poil ! » Tranche Loreleï en plaisantant. « Être nues n’est pas un problème mais… pour voyager, sûrement ! Remettons la course aux étoiles avec d’autres représentants ; D’abord ma sœur et, sans dilemme, Geminïä naturellement ! »
« Pour moi, il n’y a pas de gêne ; les enfants sont nus tout le temps ! » Dit Azurïanne. « Mais les nichons de Loreleï vont nous attirer trop de mâles ! » « Je suis d’accord ! Les indigènes opposeraient trop de contretemps Et surtout s’ils sont folichons ! » rit Loreleï de ses lacrymales.
« Allons retrouver les LLyrïädes avec toutes ces bonnes nouvelles ! » Disent les filles en courant telles de véritables guerrières. « Le Taureau, Orion, les Pléïades ! » songe Cristïäs qui renouvelle Ses espoirs les plus concourants tout en admirant leurs derrières…
« Sous les eaux du temps sommeillent parfois des chemins que nul ne cherche plus. Il suffit pourtant d’un rêveur obstiné pour retrouver une porte oubliée, et d’un peu de folie pour avoir le courage de la franchir.
Les ruines ne sont pas toujours des fins. Certaines attendent simplement que quelqu’un retrouve la clef du retour. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Lundi matin, un feu de camp, un atlante avec trois sirènes Observent le lac de Constance et, tandis qu’ils se déshabillent… « Vous ne manquez pas de piquant ! » dit Cristïäs d’une voix sereine Et un sourire de circonstance devant les poitrines des filles.
« En plus de gaffeur, tu es lourd ! » dit Éôlïäne les seins dressés Devant son nez pour le narguer : « Mets plutôt ton équipement ! Un conseil : ne sois pas balourd et aide-nous à progresser Sans essayer de nous larguer ! Nous, nous sommes dans notre élément ! »
Chevauchant les siluriformes, on contourne la statue de Diane, On prend l’escalier tout au fond et Cristïäs dit dans l’océan : « Suivons cette route difforme ! J’y retrouve mon fil d’ariane Et Atlantïs est plus profond, enfoncé dans l’antre béant ! »
Un champ de ruines les accueille là où Cristïäs pensait trouver Son ancien lieu natal intact ou des témoins, vaille que vaille. « Décidément quoi que l’on veuille, tout cela ne fait que prouver Que tu as perdu le contact ! » fait remarque Loreleï.
« Non ! » tranche-t-il. « S’il y a le sas, alors il y a un relais Puisque tout ça fonctionne encore et que rien n’est tombé en panne. Il faut chercher un abraxas fixé au fronton d’un palais ! » « J’en vois un avec manticores ! » Dit en scrutant Azurïanne.
« Le palais de Poséidon ! » lâche Cristïäs tout ébahi ; « Mon peuple est donc passé par-là ; la mort ne l’a pas envahi ! » Debout sur un pyramidon, il retrouve alors son pays Et son enthousiasme au-delà de ses espérances trahies.
« Voyez le signal du retour ! » dit-il tout joyeux en courant ; « Nous allons faire connaissance avec ma propre destinée ! » Mais dès qu’ils en ont fait le tour, ils sentent d’abord un courant, Puis une formidable ascendance vers un chemin prédestiné.
Si pour Lino, c’est naturel, pour Ruby c’est exceptionnel ; Il est pourtant une position qui les accorde au diapason. Il n’y a rien de surnaturel, encore moins de sensationnel ; Juste une superposition de chat à chatte en pâmoison.
Lino miaule bizarrement, comme pour rappeler l’instinct Que lui impose son devoir, comme un appel de la Nature. Après un temps d’égarement, Ruby dans ses rêves indistincts, Finit par s’en apercevoir et change aussitôt de posture.
On ne sait qui domine l’autre ou plutôt qui se joue de l’autre ? Lino ? assez probablement… Ruby ? imperturbablement. L’un croit pourtant être le chef, l’autre laisse faire derechef ; Au fond… sans leur tirer l’oreille, ils sont sans doute un peu pareils !
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Sur l’épaule de Ruby, Lino pose son front Comme confident discret, comme un ami profond. Leurs yeux fermés se parlent, de mots d’obscurité Mais chargés de lumière et de maturité.
Elle, drapée de motifs aux belles moires anciennes ; Lui, noir comme le jais d’une nuit égyptienne. Elle, un ruban grenat, le détail qui fait tout ; Lui, le collier de cuir, qui orne le matou.
Pas besoin de parler pour tromper son ennui ; Enfin voici le soir, enfin tombe la nuit. Ruby, chatte-garoue, se change en chasseresse ; Lino, en éclaireur, assiste sa maîtresse.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
À la voir aussi haut perchée, on ne sait ce qui va s’ensuivre Tellement elle descend lentement en agitant ses bas de soie. Élégance assez recherchée qui va aussitôt se poursuivre Par une robe fatalement ouverte là où elle s’assoit.
Lorsqu’elle se met enfin debout, on le regrette pour la vue Mais après tout il faut qu’on bouge, passé un temps à s’ébaubir ! Or cet étrange garde-à-vous quand vous la passez en revue, Démontre que la fille en rouge n’est rien qu’une épreuve à subir.
Mais enfin le miroir pivote et montre la réalité : Cette fille en rouge, c’était vous dans sa jolie cage dorée ! Le cauchemar vous ravigote par tant de sensualité ; C’est cela l’enfer, je vous l’avoue, pourtant vous allez l’adorer !
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.
Après avoir croqué la pomme, ils s’aperçurent qu’ils étaient nus Et quand Dieu vint les retrouver, ils se cachèrent dans la forêt. Il fallut donc habiller l’homme mais pas la femme ! Cette ingénue Resta à poil pour lui prouver que ça l’avait revigorée.
L’homme en conclut, en philosophe, que l’habit le rend sans défense Car Dieu par son omniprésence le voit partout là où il habite. La femme, un peu plus théosophe, n’y vit pourtant aucune offense Et resta nue avec aisance au paradis des cénobites.
Depuis ce temps, Dieu nous regarde, dans les rues et dans nos maisons Quelle que soit notre tenue, les sexes resteront tendus. Plus besoin donc d’y prendre garde et peu importe qui a raison ; L’homme habillé, la femme nue ; tout ça n’est qu’un malentendu.
« Les découvertes ne sont pas faites pour être conservées dans des coffres, mais pour circuler de cœur en cœur jusqu’à devenir un bien commun. Les secrets peuvent protéger un monde ; ils ne doivent jamais l’isoler. Quant aux portails oubliés, ils ont une étrange habitude : ils attendent patiemment que les plus curieuses les trouvent avant les plus savants. Et lorsqu’un certain Cristïäs rougit jusqu’aux oreilles, il est généralement temps de lui pardonner et de partager un verre avec lui. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Non. Ce n’est plus le feu de camp du dimanche matin sur la plage Mais une véritable Table ronde comme celle des anciens chevaliers. Loreleï, telle un volcan, préside son aéropage Afin d’informer tout le monde avec son esprit cavalier.
« Donc ! Merci pour le hub Atlante ! Merci pour les ruines atlantes ! Merci pour les petits secrets et de ne pas les partager ! Merci pour le portail atlante et ton ingérence accablante ! Et merci d’avoir consacré du temps pour nous le propager ! »
« Loreleï, ne sois pas trop sévère ! » intervient STELLÏÄ vivement « Parce qu’il n’est pas assez grand pour se défendre sans maman ? » Tranche Lïlïth posant son verre ; « Allons Cristïäs, positivement ! Explique-toi ! Il est flagrant que tu nous dois des arguments ! »
« Je ne sais pas, je ne sais plus, l’ALLEGÔRÏÄ… tout va trop vite ! » Répond Cristïäs timidement ; « J’avais des possibilités, Des informations en surplus, des inconvénients que j’évite Mais surtout, bien évidemment, sans y mettre de l’hostilité ! »
« Et moi aussi, je suis fautive ! » prévient Yanimïä humblement. « Cristïäs me l’avait exposé et je lui ai laissé “carte blanche”. Je reconnais sa tentative faite un peu trop aveuglement Et j’aurais dû interposer Lïlïth, à charge de revanche. »
« Bon ! » dit Lïlïth frappant du poing ; « Du passé faisons table rase Mais dès demain je veux le plan et les secrets de la maison Afin que nous fassions le point sans faire d’inutiles phrases Et nous instruire de but en blanc de toutes vos combinaisons ! »
« Et maintenant, Alinéor, à boire car nous en avons besoin Nos cerveaux doivent se détendre après toutes ces révélations ! » Dit Lïlïth comme un météore tombant pile en ce mois de juin Pour couper court sans trop s’étendre sur de vaines corrélations.
« Les portails ne sont pas faits pour être traversés jusqu’au bout, mais pour rappeler aux voyageurs que le monde est toujours plus vaste que leurs certitudes. Lorsqu’une énigme paraît insoluble, il est parfois plus sage d’aller demander son avis à “ce” Cristïäs. »
Les anciennes routes ne disparaissent jamais ; elles attendent simplement que quelqu’un ait la curiosité de les rouvrir. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Dix-heures sonnent en ce dimanche et la nature goûte au repos ; Le lac se ride en vaguelette sous un petit vent de printemps. Puisque c’est une journée sans manches, autant faire profiter la peau, Faire un petit brin de toilette et sortir nues par ce beau temps !
Pour Loreleï et Éôlïäne, retrouver le monde englouti Est une joie renouvelée par le plaisir des profondeurs. Mais c’est aussi pour Azurïanne, le bonheur d’un rêve abouti Par l’arrivée tourneboulée de compagnie tout en candeur.
Les siluriformes dociles les ramènent au temple de Diane D’où Cristïäs avait suspendu la visite de la cité. Ce matin, sans cet imbécile et guidées par Azurïanne, Les sirènes très détendues nagent avec efficacité.
La nef paraît bien plus immense qu’on la voyait de l’extérieur Et au fond une grande salle se termine par un escalier. Prudemment les filles commencent à descendre l’étage inférieur Et parviennent sur un sol en dalles dans un lieu inhospitalier.
En effet, un passage sombre s’ouvre sur un tunnel sans fin Où l’obscurité est totale – ce qui n’est pas sans anicroche – Mais une lumière crève les ombres lorsqu’elles y pénètrent enfin Malgré la menace létale de l’inconnu qui se rapproche.
Elles débouchent hors d’une grotte dans un vaste espace marin… « L’eau est salée ! » dit Éôlïäne, « Nous sommes dans un océan ! La mer est à une sacrée trotte et ce n’est pas ce souterrain Qui partant du temple de Diane nous a fait faire un pas de géant.
« Rentrons ! » dit Loreleï « Finalement ce Cristïäs nous sera utile ; C’est un ancien portail antique qui relient toutes les mers du monde ! » Alors les sirènes trivialement quittent cette énigme futile Aux exhalaisons d’Atlantique pour tenir une table ronde.
Certaines vies paraissent fragiles selon le fil qui nous supporte Et selon les déséquilibres que nous imposons à nos corps. Et comme il vaut mieux être agile avant que le diable m’emporte, J’essaie tant et plus d’être libre et d’échapper au mauvais sort.
Mon fil a cassé plusieurs fois mais on me l’a raccommodé. Qui ? Sans doute un ange gardien que les Parque auraient corrompu… Un gars qui a su toutefois m’attraper à la dérobée À chaque fois qu’un nœud gordien, pourtant solide, s’est rompu.
Plus je me casse et me cabosse, plus l’ange devient efficace ; Si je fais une nouvelle chute, sera-t-il toujours aussi fort ? Je ne sais pas pour qui il bosse, mais si c’est un Dieu perspicace, J’espère avoir un parachute payé au prix du moindre effort !
Il est un vent à l’Élysée qui ferait soulever les jupes Attestant que la présidente finalement serait une femme. L’histoire a beaucoup amusé les gens avec ce jeu de dupes Dont la raison bien évidente est derrière ces propos infâmes.
Comme, par exemple, « la France libre » qui n’est pas le nom définitif Et que le prochain président renommera « Le Grand Charlot » Ainsi que le déséquilibre envers les ordres expéditifs Que le chef des armées pédant développe sous son calot.
Toujours est-il qu’un certain soir ou le Roi fêtait sa victoire, Un vent de rumeur souleva la robe de la présidente. Les témoins sont sur une glissoire qui les mènerait de façon notoire Dans un poste au Guatemala en cas de confidence imprudente.
« Une piscine menait à l’Atlantide. Une Atlantide menait à une sirène. Une sirène menait à la salle à manger. Certaines découvertes suivent une logique étonnamment directe. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Alors retourne d’où tu viens et nous nous retrouvons là-haut ! » Ordonne, à Cristïäs, Loreleï. « Et nous, les filles, nous rentrons ! » « Je reste un peu et je reviens ! » dit Éôlïäne sur le préau « Comme toujours, vaille que vaille ! » dit Loreleï, « nous vous attendrons !
Loreleï regagna la piscine et remonta pour faire le point Mais prit des nouvelles de Lïlïth avant d’affronter les LLyrïädes. « Je suis passée à l’officine, ce n’était qu’un peu d’embonpoint ! » Répondit sa mère explicite pour tranquilliser la naïade.
Dans la grande salle-à-manger, Loreleï et Cristïäs communiquent Chacun le fruit des découvertes avec passages à doubles voies. « Mais n’y a-t-il aucun danger entre un sas supraluminique Et une piscine couverte ? » demande-t-on de vive voix.
« Non car je n’ai pu ressentir ce qu’une sirène sait reconnaître ! » Dit Loreleï dans l’affirmative « Et Cristïäs a pu remonter Sans que j’entende retentir le moindre écho au sonomètre. Nous avons donc l’alternative pour l’explorer à volonté ! »
« Et voici ma nouvelle copine ! » tonitrue Éôlïäne en cœur. Et une jolie adolescente présente alors son personnage : « J’habite au fond de la bassine depuis tellement longtemps, j’ai peur Que je serais reconnaissante de ne pas dévoiler mon âge ! »
« Tu as raison ! » répond Lïlïth « Le temps ne fait rien à l’affaire ! Nous étions quinze ? Nous serons seize ! Nous ajouterons un couvert ! Car les sardines – mêmes licites – ne doivent pas te satisfaire… Alinéor ! Vite une chaise ! Et du vin pour remplir nos verres ! »
Nous sommes dix-huit en vérité avec les trois petits bébés Mais peu importe si le nombre n’est pas celui qu’on prétendait ! Et Azurianne d’hériter sa place après être adoubée Troisième sirène sans encombre et que personne n’attendait…
Qu’il est étrange ce repas où chacun parle en même temps ! Azurianne écoute et découvre une famille extravagante. On y débat d’Atlantes, de chats, de portails et de contretemps Tandis qu’Éôlïäne lui trouve déjà mille qualités charmantes.
« Tu verras ! » lui souffle Loreleï « On s’habitue à leurs manières ; Les premiers jours sont les plus durs, puis c’est retour à la normale ! » Azurianne rire, l’air canaille : « Si je rejoins votre bannière, Je veux bien ma chambre en bordure de la piscine aux eaux thermales ! »
« Les Atlantes bâtissent des portails compliqués, les sirènes empruntent les piscines et les explorateurs finissent toujours par arriver au mauvais endroit. C’est ainsi que commencent les meilleures aventures. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Soudain, une lueur bleue aveuglante dans le temple de Poséidon. « Azurianne ? Il y a quelqu’un qui vit dans ces anciennes ruines ? » Crie Loreleï d’une voix cinglante juchée sur un pyramidon. « Jusqu’à présent aucun ! » répond la fille qui baragouine.
« Allons voir ! » suggère Éôlïäne et les trois s’avancer lentement… « Ah ça, Cristïäs, que fais-tu là et quel est cet accoutrement ? » À côté d’une statue de Diane, apparaît véhémentement L’Atlante en habit de gala, semblant un enchevêtrement.
« J’ai emprunté le terminal qui indiquait “ vers l’Atlantide ” Et mis cette combinaison ! » dit Cristïäs tout abasourdi De voir le corps nu virginal d’une sirène toute candide Surgissant d’une frondaison avec des gestes assourdis.
« Je reconnais cette cité car c’est ici que je suis né ! Mais toi-même comment as-tu pu arriver à poil jusqu’ici ? » Demande Cristïäs, excité alors qu’il a mis la journée À déchiffrer le préciput dont ses ancêtres bénéficient.
« Nous faisons une randonnée tout au fond du lac de Constance ! » Dit Loreleï les bras sous les seins « Par la piscine, puis la splendeur De ses tunnels abandonnés et c’est une drôle de circonstance De te trouver sous le bassin à deux-cents mètres de profondeur ! »
« Cela signifie que nous sommes en Atlantide tout simplement ! » Lâche Cristïäs laconiquement « Cette maison est un relais Afin d’étudier les hommes ainsi que leurs rassemblements Au cas où ironiquement ils auraient pu nous harceler ! »
« Un relais qui ne sert à rien vu l’état des vestiges antiques ! » Dit Éôlïäne en s’esclaffant « Es-tu sûr que, sans faux-semblants, Tu n’aurais pris “ vers les terriens ” au lieu d’océan Atlantique ? » Continue-t-elle en se coiffant avec un coquillage blanc.
« Certaines ruines ne s’effondrent jamais. Elles attendent simplement que des cœurs curieux reviennent les visiter. Alors les pierres racontent, les épaves se souviennent et les profondeurs cessent d’être seules. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Et voici nos aventurières chevauchant leurs poissons à cru Qui arrivent au pied des vestiges d’une ancienne cité engloutie. Pourtant ces vénérables pierres restent debout – qui l’aurait cru ? – À vous en donner le vertige tellement les arches sont abouties.
Les colonnes de marbre austère émergent des herbiers touffus ; Des statuettes aux yeux de nacre observent les trois cavalières. Nul ne sait encore quel mystère se cache derrière, à l’affût, Ni à quoi Éôlïäne consacre cette cité festivalière…
« Voilà le cœur de mon royaume ! » leur dit Azurianne tout émue ; « J’y viens souvent quand je m’ennuie ou lorsque Guillaume est aigri ! » Le poisson-chat paraît en somme trouver cette remarque promue À se dissoudre dans la nuit quand les siluriformes sont gris.
Sur le forum abandonné, un vieux trois-mâts s’est échoué Depuis plusieurs centaines d’années à en croire l’état du vaisseau. Sous les sabords bien ordonnés, de vieux boulets semble voués À une retraite surannée sur la terrasse prise d’assaut.
« Je n’ai jamais osé monter sur cette épave aux flancs noircis ; Elle gémit lorsque les courants traversent ses voiles déchirées. » Confesse Azurianne tourmentée par les cordages racornis Qui sembleraient presque mourants s’ils se mettaient à délirer.
Loreleï pose le pied sur le pont couvert de mousse et coquillages ; Éôlïäne la suit de très près sans même attendre son avis. Guillaume, lui, reste à surveiller le bateau qui a fait naufrage Tandis qu’un silence fait-exprès s’empare soudain du parvis.
« Vous qui osez entrer céans, je vais vous passer par les armes ! » Crie une voix dont la requête fige Éôlïäne « aïe aïe aïe ! » « Je suis la reine de l’océan ! » rit Azurianne à chaudes larmes De s’être bien payé leurs têtes. « Ah c’est malin ! » dit Loreleï.
« Les profondeurs gardent leurs secrets jusqu’au jour où trois amies viennent les réveiller. Alors les siluriformes deviennent destriers, les fleurs deviennent festins et le lac révèle qu’il rêvait lui aussi. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Tandis que Lïlïth se repose, les deux sirènes sont descendues Explorer les fonds sous-marins de leur citadelle abyssale. Entièrement nues, cela s’impose, pour goûter sur la peau tendue Les courants doux partant des reins, le long de l’épine dorsale.
Elles ont apporté des sardines pour nourrir les siluriformes ; Éôlïane n’avait pas menti constate Loreleï ravie. Soudain apparaît une ondine aux allures assez filiforme Qui, à l’instant, a consenti à se montrer sans préavis.
« Bonjour ! Je suis Azurianne mais je ne connais pas ta copine ! » « C’est Loreleï ! » répond Éôlïane, « nous sommes toutes les trois, sirènes ! » « Voici donc notre fil d’Ariane qui depuis hier me turlupine ! » Dit Loreleï d’une voix océane – signe d’allégresse sereine.
« Je suis contente de vous voir car je vis seule dans ce royaume Et je m’ennuie terriblement malgré mes poissons-chats chéris ! » Précise Azurianne par devoir en leur présentant son Guillaume, Un poisson vraisemblablement amoureux de son égérie.
« Il est en totale harmonie à la couleur de tes cheveux ! » Dit Loreleï en passant la main dans le bleu de sa chevelure. « Oui mais avec parcimonie car il change quand il le veut ! » Répond Éôlïane en chemin en s’enfuyant à vive allure.
Mais elle revient le chevauchant avec un bel harnachement ; « Ça vous dirait de visiter à cheval sur siluriformes ? » Propose-t-elle en décochant deux minuscules équipements Et en sifflant pour inviter deux autres montures pétant la forme.
Et voici nos trois cavalières, proches d’un trio d’amazones, Foncer seins nus, cheveux au flux dans une course inattendue. Azurianne toute fière de les emmener voir la faune Et une flore de fleurs joufflues et savoureuses, bien entendu.
« Quand les sardines disparaissent, les amitiés apparaissent. N’accusez jamais trop vite les voleuses : elles conduisent souvent à la fête. Quant aux ventres silencieux, ils annoncent parfois davantage d’avenir que tous les banquets. Les querelles passent, les conserves aussi mais la question demeure : Quand est-ce qu’on mange ? »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« C’est elle ma voleuse qui vient jouir du fruit de ses rapines ! » Crie Alinéor en tremblant :« Elle vole nos boîtes de sardines ! » Aussitôt Loreleï intervient : « Personne ne touche à ma copine ! » Apostrophant sans faux-semblants le cuisinier dans sa cuisine.
« Et si la petite avait faim, elle a bien fait ! » tranche Lïlïth. « Depuis quand tergiverse-t-on sur des problèmes plutôt curieux ? » « Oui mais… c’est deux cents boîtes… enfin… » dit Ledalïä « c’est insolite ! » « Et aussi des boîtes de thon ! » ajoute Alinéor furieux.
« Voici pour tes prochaines courses ! » lance Irénée soudainement « Madame la schtroumpfette-à-lunettes, pour deux cents boîtes c’est suffisant ! » Les pièces d’or hors de la bourse produisent l’effet certainement Qui clôture cette saynète tout en la ridiculisant.
« C’est que j’ai des bouches à nourrir ! » explique Éôlïane confuse « J’ai des poissons-chats très gourmands que je chouchoute tendrement ! Je ne veux pas les voir mourir alors je pille la cambuse Car ils sont tellement charmants que je ne peux faire autrement ! »
« Et nous aussi nous avons faim ! » clame Loreleï en s’asseyant « Et sers-nous donc ce qui te reste de tes conserves de légumes ! » « C’est vrai ! Espèce d’aigrefin ! » dit Éôlïane l’air malveillant « Tu en avais fait un Everest ! Et il t’en reste, je présume… »
« Evidemment ! » dit Alinéor sortant ses pâtés d’aubergines, Sa ratatouille aux champignons et ses tartes végétaliennes. « Et voici des vins de Cahors – et… d’appellation d’origine ! – Puis du Cabernet-Sauvignon produit de mes vignes italiennes ».
Qu’il est bizarre ce silence qui devient alors général Tandis que les bouches dégustent et boivent sans modération ! Seule Lïlïth, en vigilance, ne boit que de l’eau minérale Tout en se redressant le buste car elle sent des contractions…
Dans le silence bleu d’un royaume écarté, Elle glisse immobile, entre ombrage et clarté. Ses cheveux sont d’argent, ses beaux yeux de corail, Et chaque écaille brille de leur plus bel émail.
Elle ne craint pas l’orage, elle ignore le vent, Gardienne des secrets du peuple survivant. D’un battement de queue, elle efface le temps Et dessine des rêves sur le sable exultant.
Lorsque la nuit descend, la sirène écarquille Les yeux lourds de sommeil et gagne sa coquille. Le bivalve lui offre un lit bien prometteur Et ferme son couvercle d’un geste protecteur.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Elle attend le marin sur le rocher moussu, Chantant une romance que nul n’a jamais su. Sous la Lune qui tremble, sa traîne se déploie, Mélange de mystère, de tristesse et de joie.
Fille de l’onde pure, elle ne peut s’attacher, Qu’aux reflets de la Lune et au gris du rocher. Mais dans le cœur de ceux qui ont croisé ses pas, Le chant de la sirène sonne aussi leur trépas.
Or entre deux marins, la sirène s’ennuie ; Dans le jour languissant, elle guette la nuit Et la nef en sommeil d’un pilote endormi Qu’elle charme et dévore sans aucun compromis.
Yanimïä revint parmi nous, toute rayonnante de lumière : « J’ai vu vos six enfants grandir, Yavänor marier Laëtïtïa, ÄLLÏÄ et STELLÏÄ qui renouent leurs venues en avant-première Voici des mois pour resplendir dans leur si jeune noviciat. »
Comme une seule femme, toutes les LLyrïädes l’abreuvent d’interrogations : « Comment sont-ils ? T’as des photos ? Sont-ils heureux ? Raconte-nous ! Ont-ils des enfants par myriades ? Avons-nous leur approbation ? … » Yanimïä poser subito un grand coffret sur ses genoux.
« Je reviens de l’ALLEGÔRÏÄ de l’an deux-mille soixante-et-un Juste après qu’ÄLLÏÄ et STELLÏÄ aient disparu dans le passé. Voici au nom de l’ÏÄMÔURÏÄ des lettres adressées à chacun Écrites sous les magnolias avec un sceau dédicacé.
Vous la lirez, chacun, plus tard mais voici mon information : Aujourd’hui tout est accompli et vos efforts ne sont pas vains. Vous n’êtes pas trop en retard et vous avez l’approbation De ÏÄNIMÏÄ d’avoir rempli votre part du devoir divin.
ÄLLÏÄ est désormais Gardienne au titre du Souffle Premier Et rédigera tous les actes qui paraîtront de son ressort. STELLÏÄ est Grande Magicienne et Cristïäs est Grand Chaudronnier Ce faiseur d’or autodidacte gèrera seul notre trésor.
Enfin cette équation magique : ÏÄMÔURÏÄ & ALLEGÔRÏÄ Donnent l’accès au Poïnt ZérÔ à chaque porte du terminal. Les portes ne sont plus tragiques comme avec ÄLLÏÄ et STELLÏÄ Et j’apprendrai à nos héros l’usage du sas virginal. »
Alors Yanimïä distribue à chacun son précieux courrier Et un silence collectif retombe parmi l’assemblée. Chaque sourire contribue et chaque larme vient s’apparier Au sentiment introspectif qui domine et règne d’emblée.