Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • La nouvelle Pénélopïä

    « Devenir spontanément une LLyrïäde à la vue de la beauté ineffable de l’une d’entre elles peut se révéler apoplectique !

    Pénélopïä en a fait les frais.

    Heureusement, le trio sacré des LLyrïädes veille ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Arrivée tôt au dispensaire afin d’y faire l’ouverture,
    Pénélopïä est très surprise d’y trouver déjà Nérätïs
    Vêtue d’une blouse nécessaire car elle est nue sous la texture
    Translucide, ce qui électrise notre expatriée d’Atlantïs.

    « Votre majesté… je veux dire… votre tenue est… formi… »
    « Valérion et moi avons pris un bain de minuit prolongé !
    Il n’y a rien pour l’interdire, nous nous y sommes endormis. »
    « … dable… » dit-elle d’un air surpris et d’autant d’envie mélangé.

    Comme frappée de cataplexie, Pénélopïä, jambes coupées,
    Tombe au niveau de l’échancrure de la blouse de Nérätïs
    Et, en crise d’apoplexie, s’évanouit toute crispée
    Par une raideur de sa cambrure tandis que des cris retentissent.

    Lïlïth accourt avec ses filles : « Nous sommes arrivées à temps !
    Établissons la chaîne ensemble et relions-nous en synergie ! »
    Pénélopïä alors vacille dans un état semi-latent
    Entre les mains qui se rassemblent pour lui fournir de l’énergie.

    « Mon Dieu ! Que m’est-il arrivé ? » dit Pénélopïä ébahie ;
    « Oui… je me souviens… maintenant… j’ai vu l’amour immaculé
    Qui m’a tellement ravivée… le cœur d’émotions envahi…
    D’un coup de foudre rémanent… qui m’a comme désarticulée… »

    « C’est toi, Nérätïs ! Je t’ai vue et eu l’envie de t’embrasser !
    Ça m’a paralysé le cœur et tout alors s’est ralenti.
    J’ai été prise au dépourvu et ça m’a si embarrassée
    Que le contre-effet matraqueur m’a complètement anéantie ! »

    « C’est l’Amour Sacré entre femmes, chère Pénélopïä, qui te frappe.
    Ce n’est pas un amour charnel – bien que ce ne soit incompatible –
    Mais un vrai Amour d’âme à âme et qui, le jour où il t’attrape,
    Produit l’effet exceptionnel d’une LLyrïäde irréductible ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les petits jardins secrets

    « Thétïs ne règne plus sur Atlantïs mais sur son Palais Botanique.

    Ses aménagements sont dignes de l’ancienne reine, notamment les installations aquatiques.

    Alinéor affirme ses transformations remarquables exigent sa présence.
    Il passe néanmoins beaucoup de temps à genoux devant elle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Avec l’accord d’Alinéor, Thétïs s’occupe du potager
    Et des jardins environnants avec un amour remarquable.
    Très attentive aux météores, elle sait comment aménager,
    Pour l’eau de pluie, des contenants pour une irrigation potable.

    L’ancien potager fut jugé insuffisant pour sustenter
    Toutes les bouches à nourrir et tous les repas ultérieurs,
    De même que les fruits du verger qu’il a bien fallu augmenter
    Si l’on ne veut pas recourir à des fournisseurs extérieurs.

    Mais, forte de son expérience acquise au loin sur Atlantïs,
    L’ancienne reine met à profit toutes les petites ficelles
    Pour obtenir la luxuriance qui fait la fierté de Thétïs
    Ainsi que sa philosophie ou, comme elle le dit, « son missel ».

    Ce qui a plu à Yanimïä qui voit un « jardin de prières » ;
    Sans doute y voit-elle un rapport avec Yggdrasil, l’Arbre-Mère.
    On l’a vue avec Geminïä et Irénée dans les bruyères
    S’agenouiller en « trirapport » en bénédicité sommaire.

    Elle a placé des jacuzzis pour lui rappeler Atlantïs
    Ainsi qu’un lac artificiel, petit mais qui fait solarium.
    Sur les côtés, des jalousies qui plaisent beaucoup à Thétïs
    Pour quitter le superficiel et bronzer nue sans impérium.

    Alinéor vient pour biner, labourer et puis l’honorer
    Par sa présence régulière et donc des rapports très fréquents,
    L’époux n’faisant que lambiner quand il s’agit de jardiner
    Autre chose que l’hospitalière anatomie par conséquent.

    Or entre les choux et les roses, elle pense souvent à son fruit
    Qui s’enracine doucement dans sa terre d’origine atlante.
    Elle hésite encore, l’air morose, sur le sexe secret qui, sans bruit,
    Lentement et assidûment se découvrira dans l’attente.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Né d’une étoile

    Né d’une étoile

    J’avais déjà un cœur d’étoile et celle qui m’a donné un corps
    Était une géante gazeuse, sœur de Jupiter et Junon.
    Aujourd’hui l’âme me dévoile mes origines et plus encore ;
    Ma grand-mère était Nébuleuse, première porteuse du nom.

    Les galaxies furent mes tantes et les quasars mes deux cousins ;
    Les comètes me firent cortège avant l’éveil de l’univers.
    Mes cheveux d’étoiles filantes ondulent sous les feux voisins
    D’un soleil brillant qui protège ma tête de ses rayons verts.

    Mon premier souffle était fugace au fond d’un ventre sidéral ;
    Le temps n’était qu’une poussière errant parmi les feux naissants.
    Je suis venu lorsque l’espace apprit son premier chant choral
    Et garde encore dans sa lumière un souvenir luminescent.

    Tableau d’Ann Beeching.

  • Ô Râ Ton Feu !

    Ô Râ Ton Feu !

    Ô Râ ton feu crève l’écran de mes nuits blanches un peu trop tôt
    Et si ce n’est pas trop demander, je voudrais une prolongation
    Opérant sur le dernier cran de mon réveil qui va tantôt,
    À force de tics-tacs scandés, terminer mon incantation !

    Mille doigts hélicoïdaux déchirent les voiles de l’ombre ;
    Chaque rayon perce l’espace en y semant l’éternité.
    Je fermerais bien les rideaux pour prolonger mes rêves sombres
    Mais tes intentions me dépassent et je m’en sens trop limité.

    Tu viens rallumer l’horizon comme un peintre un peu pyromane,
    Éclaboussant jusqu’aux nuages tes incendies multicolores.
    Je te mettrais bien en prison avec ton feu érotomane
    Mais tu sortirais de ta cage avec un réveil plus sonore.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Encore ce rêve idiot

    Pourquoi certains rêves reviennent comme s’ils étaient mémorisés
    Dans les couloirs aux souvenirs comme repères importants ?
    Malgré cela, quoi qu’il advienne, je n’en suis guère traumatisé ;
    Il est bien rare, dans l’avenir, qu’ils se réalisent pourtant.

    J’ai beau les voir recommencer sous des costumes différents,
    Ils recyclent les mêmes histoires avec un soin méticuleux.
    Je finis même par penser qu’ils manquent un peu de référents
    Quand ils me servent leur mémoire sous un emballage pompeux.

    Chaque nuit semble posséder son lot d’absurdes revenants ;
    Les mêmes peurs changent de masque et reviennent par habitude.
    À croire qu’ils sont condamnés à tourner en rond maintenant
    Dans un théâtre un peu fantasque, aux vieux décors de solitude.

    Le rêveur croit à la surprise en s’endormant paisiblement ;
    Le rêve, lui, fouille ses archives pour y bâtir son scénario.
    Et, du passé, les mêmes prises se griment maladroitement,
    Puis me présentent une reprise comme un spectacle a contrario.

    Illustrations de Hans Arnold sur https:bluecohosh.tumblr.compost169993643706talesfromweirdland-ive-featured-swedish .

  • Ceux qui s’en vont

    Ceux qui s’en vont dès le printemps, pile quand le soleil se lève,
    N’emporteront pas avec eux les fleurs qui pousseront demain.
    Qu’ils aient quarante ou cinquante ans, la question de l’âge soulève
    Que le temps a fait ce qu’il peut pour laisser la mort en chemin.

    Pourtant les arbres en été garderont leurs branches couvertes
    Pour accueillir d’autres oiseaux venus quand le blé a jauni
    Pour se nourrir à satiété de belles cerises découvertes,
    Puis chercheront vers les roseaux de quoi bâtir un joli nid.

    Mais ceux qui partent en automne, laissent derrière eux davantage
    Que les objets accumulés dans les armoires des maisons.
    Ils s’en vont et ils abandonnent ce qui donnait un avantage
    Aux souvenirs dissimulés perdus dans l’arrière-saison.


    Heureux qui partira l’hiver quand le dernier jour s’éteindra
    Afin que la nuit le recueille pour en absorber sa substance.
    Il recevra de l’univers la réponse qu’il attendra
    Et lui révélera qui l’accueille dans une nouvelle existence.

    Tableaux de John Weber.

  • Confidences en passant

    « Yavänor a interrogé Yanimïä sur les aspects les plus intimes de son sacerdoce.

    Nous avons appris que sa fécondité nourrit Yggdrasil et que les sécrétions corporelles lui transmettent des fragments d’âmes et de pensées.

    Après sept questions, Yanimïä a estimé que la consultation devait être réglée en nature.

    Yavänor s’est acquitté de ses honoraires sur place.

    Je n’ai pas entendu la suite… Je l’ai vue ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Tout de même… à dix amants… tu me bats à plates coutures ! »
    Dit Yavänor admiratif devant la Grande Fornicatrice.
    « Et trois fois successivement pour toi, mon cher, quelle aventure ! »
    Dit Yanimïä au putatif amateur de dominatrices.

    « Mais toujours la même position… ça doit te sembler monotone ! »
    Compatit Yavänor soustrait au sacerdoce de l’officiante.
    « Oui mais j’ai à disposition dix queues tellement asynchrones
    Que, les yeux bandés, je pourrais reconnaitre les signifiantes ! »

    « Les femmes ne sont-elles pas jalouses que leurs maris prennent plaisir
    Dans ton respectable orifice ? » demande Yavänor interdit.
    « Hé non, justement leurs épouses découvrent enfin le désir
    Entre femmes grâce à cet office ! » répond-elle, ragaillardie.

    « Tu ne tomberas jamais enceinte mais n’as-tu pas l’aspiration
    D’enfanter et devenir mère ? » dit-il, par expérience, instruit.
    « C’est parce que ma matrice sainte donne à Yggdrasil sa ration
    D’ovulations courtes, éphémères mais dont l’arbre porte mes fruits. »

    « L’acte devient-il routinier à force de prier tous les soirs ?
    Ne te sens-tu pas tributaire de ton service ? » demande-t-il.
    « Le sperme est un peu cancanier et il devient le déversoir
    De l’âme de leurs propriétaires et ça, c’est ce qui le rend subtil ! »

    « Et pour les femmes qu’en est-il ? Ont-elles aussi des confidences
    Dans leurs sécrétions vaginales ? » s’enquiert-il de façon discrète.
    « Lorsque je croque leur pistil, je reçois, avec providence,
    L’équivalence subliminale de leurs pensées les plus secrètes. »

    « Tais-toi à présent, Yavänor ! Tu me questionnes et je réponds.
    Mais maintenant paie donc ton dû en nature dans mes lèvres ceintes ! »
    Et pour ne pas perdre le nord, ses jambes exécutent un pont
    Pour ancrer le sexe tendu du prieur dans la crypte sainte.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences cristallines et sonores

    « Le cristal possède d’excellentes propriétés acoustiques.

    Nous l’avons découvert lorsque ORPHÉÔN et moi avons reparlé de notre prière avec Yanimïä.

    Toute la maison a entendu nos confidences.
    Puis leur reconstitution.

    Au point d’orgue, quelqu’un a applaudi.

    Yanimïä prétend que ce n’était pas elle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Quand tu jouis, tes cris stridents m’ont presque vrillé les oreilles ! »
    Dit ORPHÉÔN en plaisantant sur les prouesses de sa compagne.
    « Toi, tu chantais en te guidant à la cadence sans pareille
    De Yanimïä me suçotant ! » renchérit ÄLLÏÄ : « qui perd gagne ! »

    « Elle possède un excellent rythme et je tambourinais ses fesses
    Comme si c’était la grosse caisse de la batterie d’Alinéor !
    Sa résistance est une énigme ! » reconnaît-il, « Je le confesse ! »
    « Au final, c’est moi qui encaisse ! Cette fille est un vrai météore ! »

    « Tu dis qu’elle te suçotait ? Quant à moi elle me gobait
    Mon instrument bien goulûment ! » dit-il encore sous le choc.
    « J’ai vu comment elle tressautait chaque fois qu’elle succombait
    À tes assauts incongrûment ! » reprend-elle : « Un vrai Kazatchok ! »

    « Mais c’était vraiment de la danse ; j’ai même perdu quelques kilos !
    Je mangerai des sucres lents la prochaine fois ! » dit-il pensif.
    « Et sans jamais perdre la cadence ! Elle est comme un poisson dans l’eau
    Dont la langue est un excellent moteur ! » dit-elle, « Et intensif ! »

    « J’ai même cru qu’elle me brûlait de l’intérieur de sa culasse
    Et qu’elle mouillait de la vapeur ! » dit-il, « Comme satanisée ! »
    « Et qu’elle me démantibulait la mienne comme une vraie follasse
    À un moment, j’ai eu très peur ! » avoue ÄLLÏÄ tétanisée.

    « Quand nous avons joui ensemble ce fut pour moi un vrai point d’orgue !
    Un vrai sommet de matamore et qui, au final, époustoufle ! »
    « Je me suis dit que ça ressemble à un cri poussé à la morgue
    Qui réveillerait tous les morts ! » reconnaît-elle à bout de souffle.

    Et comme elle n’en peut plus, ÄLLÏÄ, au souvenir de leur prière,
    Se met à grimper sur le corps de son mari qui bande encore
    Et se met à crier « Yanimïä ! Je rends hommage à ton derrière ! »
    Et ORPHÉÔN faire l’accord dans une position hardcore.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Paradis ou enfer ?

    Paradis ou enfer ?

    Si notre Terre est un enfer alors nous avons tous fauté
    Dans une existence antérieure pour mériter de vivre ici !
    Sinon alors faut pas s’en faire si c’est un paradis raté ;
    Il faut attendre une meilleure version et que dieu l’officie !

    Peut-être un dieu artificiel a généré ce paradis,
    Il fit des corps avec des ailes et des mains aux doigts superflus.
    Puis il l’a mis ce pourriciel en ligne pour pas un radis
    Avec des anges dont le zèle ressemble à leurs culs tous joufflus.

    S’il y a bug en la demeure et péril dans la création,
    Je comprends le nombre de fous qui nous mettent le feu partout !
    Tous ces crétins croient que s’ils meurent, ils auront leur absolution
    Au paradis sans rendez-vous en tant que souris pour matous.

    Illustration de Kellan Jett.

  • La baleine bleue

    La baleine bleue

    La planète bleue cherche de l’eau pour alimenter ses tuyaux ;
    La planète bleue en manque d’air pour faire voler ses Canadairs ;
    La planète bleue manque de sous, la France est sens dessus-dessous ;
    La planète cherche les mythomanes incendiaires et pyromanes.

    La baleine bleue crier famine sous les robinets qu’on élimine ;
    La baleine bleue boire la tasse tandis que le plancton trépasse ;
    La baleine bleue prendre feu sous les discours des grands mafieux ;
    Et les pompiers chercher encore l’eau que les riches vendent à prix d’or.

    Oui mais voilà, il faut choisir l’eau ou inviter à loisir
    Les grands de ce monde à Versailles pour se rincer, vaille que vaille ;
    Donner de l’argent pour la guerre comme on l’a toujours fait naguère
    Et vivre au frais de la princesse même en période de sécheresse.

    Pendant que le peuple suffoque, le gouvernement nous convoque
    À consentir quelques efforts pour remplir les poches des plus forts ;
    Mais la baleine souveraine, lasse de boire toute cette haine,
    Ferme enfin tous ses robinets et la porte des cabinets !

    Illustration de Carlo Stanga et texte inspiré d’une chanson de Steve Waring.

  • Confidences d’un gardien de haras

    « La fourberie des sirènes n’a pas de limite.

    Non seulement elles ont provoqué elles-mêmes la fugue des silures mais elles en rejettent la faute sur Constantïne qui gobe l’affaire et s’en lamente.
    Avec câlineries et espiègleries, elles vont réussir à lui faire accepter un nouveau rôle en prétextant que c’est pour son bien.
    Et ce pauvre Constantïne a signé les yeux fermés. »

    Loïrelïndt, fantôme de première classe

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    « Je n’y comprends rien ! » dit Constantïne ; « Je vérifie toujours les portes
    Et il n’y a aucune raison qu’un silure, tout seul, puisse sortir ! »
    « Peut-être une main enfantine… » suggère Loïrelïndt, « de la sorte…
    Quelqu’un qui dans cette maison aurait voulu les pervertir… »

    « Les trois gamines ? C’est ridicule ! Elles tiennent beaucoup à leurs montures ;
    D’ailleurs elles m’ont déjà promis que tout s’éclaircirait un jour…
    Elles viennent avant le crépuscule ! » dit-il, l’œil sur les fermetures.
    « Sur les lieux du crime commis, l’assassin y revient toujours… »

    « Le bonsoir, Monsieur Constantïne ! » Disent les sirènes à trois voix ;
    « Le bonsoir, mes chères petites ! Alors ? Où en est votre enquête ? »
    « Il semble, hélas, que la routine vous ait fait oublier une fois…
    Juste une fois… lorsque vous partîtes avec tout autre chose en tête… »

    « Ah mes petites pardonnez-moi ce seul moment de distraction ! »
    Gémit-il en tendant les mains, « Je n’suis qu’un vieux polichinelle ! »
    « Mon pauvre Monsieur, c’est ce mois chargé de bien trop d’attractions…
    Mais… que voulez-vous… c’est humain ! » minaudent les trois criminelles.

    « Vous avez besoin de repos et on va s’occuper de vous ;
    Venez ! Nous sommes toutes expertes en massage récupérateur !
    Vos nerfs sont tous à fleur de peau… allongez-vous… détendez-vous…
    Sentez toutes nos mains offertes dans un amour libérateur… »

    « Vous êtes des petites fées ; demandez ce que vous voulez… »
    « Nous songeons à votre bonheur pour que vos soucis se détachent…
    Dans le haras vous étouffez… alors… sans trop vous chambouler
    Laissez-nous donc vous faire honneur en vous offrant de nouvelles tâches… »

    « Il vous faut de la compagnie… rencontrer d’autres humains, en somme…
    Organiser une belle cantine, des logements, des mobile-homes…
    Et comme vous êtes si bien garni, vous pourriez être leur majordome… »
    « Quelle bonne idée ! » dit Constantïne, « Je suis d’accord, je suis votre homme ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les congés payés des silures

    « Lu dans les journaux du matin :
    L’Italie déclare la guerre aux silures géants qui menacent la faune du lac de Garde.
    Ils prolifèrent dans les eaux du lac et menacent la faune locale. L’Italie va subventionner leur capture pour freiner leur expansion.
    Les plus gros spécimens s’attaquent aux sardines, aux bars et aux corégones, mais aussi aux canards et aux cormorans ; ils pourraient même s’en prendre à de petits chiens.

    Bien que soi-disant originaires d’Asie, nous savons très bien qu’ils proviennent du haras de Monsieur Constantïne… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Voici qu’au bord du lac de Garde, on traque aujourd’hui les silures ;
    Venus du haras des sirènes, ils ont pris goût aux eaux du Sud.
    Constantïne monte la garde mais cherche encore ses créatures ;
    Les autorités souveraines ont mis cent mille écus dessus.

    Au haras, l’alarme est donnée : deux pensionnaires sont partis ;
    La serrure était bien fermée, Constantïne peut l’attester.
    Loïrelïndt fut, bien sûr, questionnée mais elle n’en a pourtant rien dit ;
    Son innocence est proclamée sans même avoir à protester.

    « Ce n’est qu’un voyage estival ; ils prennent leurs congés payés !
    À la fin de cette saison, ils reviendront tous d’Italie.
    Quand ils seront bien dépaysés, fatigués d’avoir trop nagé,
    Ils regagneront la maison pour retrouver leur paradis ! »

    Ils ont croqué quelques canards comme nouvelle gastronomie,
    Puis avalé des cormorans, des bars, des perches et des bernaches.
    Ils ont coursé des chiens bavards et gagné le trophée promis,
    Puis poursuivi des chats marrants pour entretenir leurs moustaches.

    Mais la Vénétie les menace, met leurs têtes à cent mille euros
    Et a subventionné la traque faisant armer tous les pêcheurs.
    « Cette récompense tenace pour exterminer nos héros
    Est un scandale qui détraque la Nature et ses démarcheurs ! »

    « Ne craignez rien ! » dit Éôlïäne : « ils rentreront tout simplement
    Lorsque l’eau leur paraîtra fade et qu’ils pleureront nos boîtes de thon.
    Selon la mémoire océane, ils remonteront lentement
    Les rivières sans rebuffade pour s’faire chatouiller le menton ! »

    Constantïne a fermé les portes puis recompté tous ses poissons ;
    Loïrelïndt, restée toujours muette, contemple au loin les eaux lombardes.
    Nul ne sait encore de quelle sorte ils sont partis sans permission
    Mais trois sirènes satisfaites font une patrouille d’avant-garde.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä, Texte de Laurelïne.

  • Confidences aquatiques

    « Les LLyrïädes disposent désormais d’un calendrier précis afin de nourrir Yggdrasil.

    Les sirènes, elles, ne disposent que des congés payés de leurs amants de passage.

    Nous avons donc décidé d’ouvrir une maison d’hôtes aquatique et d’en confier l’intendance à Monsieur Constantïne, qui se plaignait justement de sa solitude.

    Loïrelïndt n’a formulé aucune objection.

    Nous considérons son silence comme un consentement. »

    Princesse Éôlïäne, Gardienne des Eaux profondes

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    « C’est bien joli toutes ces prières mais pour nous, il n’y a pas d’amants ! »
    Constate Éôlïäne, rancunière comme un chapitre qu’on a sauté.
    « Ben… on a la classe ouvrière qui vient passer en ce moment
    Ses vacances d’été routinières ! » répond Azurïanne excitée.

    « C’est vrai mais c’est trop saisonnier ! Durant deux mois, ils nous complaisent
    Mais l’été est périclitant ; fini de courir la prétentaine ! »
    « Que faisiez-vous de vos prisonniers ? Je les baisais, ne vous déplaise ! »
    S’esclaffe Olivïäne imitant ce bon Monsieur de La Fontaine.

    « C’est ça, rigole ! » dit Éôlïäne ; « Mais aussitôt réglée la note
    Quand les congés seront finis, on verra si tu y renonces ! »
    « J’ai une idée ! » dit Olivïäne ; « pourquoi ne pas faire chambre d’hôtes ?
    Les chambres sont presque à l’infini ; il suffit de mettre une annonce ! »

    « Mais ça nous oblige à rester en permanence à leur service ! »
    Objecte Éôlïäne à l’étude d’une cuniculture d’hommes.
    « Monsieur Constantïne a pesté avant-hier contre le maléfice
    Qui le force à la solitude ; je le verrais bien majordome ! »

    « Moi, pour l’annonce… » dit Azurïanne, « je la rédigerais ainsi :
    Charmante maison d’hôtes aquatique. Venez passer vos séminaires !
    Venez suivant le fil d’Ariane, là même où Léonard de Vinci
    A peint la “Joconde helvétique” dans un cadre extraordinaire. »

    « Pour ces messieurs ayant besoin de distraction, évidemment,
    Nous saurons bien les satisfaire ! » conclut Éôlïäne, convaincue.
    « Comme ils seront sans leurs conjoints, ce sera concomitamment
    Assez élémentaire à faire ! » s’amuse Azurïanne sur le cul.

    « Moi, j’en ai le sperme à la bouche ! Qu’est-ce qu’on attend pour aller voir
    Et convaincre Monsieur Constantïne de participer au projet ? »
    « Ne t’en fais pas car, sur sa couche, il suffira de lui prévoir
    Une série de massages intimes auxquels il ne peut déroger ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences diplomatiques

    « La véritable sagesse ne réside pas dans l’armure de nos fonctions, mais dans l’éclat de nos abandons. Lorsque la citadelle referme ses portes sur le monde, l’ÏÄMOURÏÄ révèle son plus précieux mystère : l’harmonie absolue de deux âmes et de deux corps mis à nu. »

    Geminïä, ambassadrice du Féminin Sacré

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    « J’avais connu et pratiqué cela au cours de ma carrière
    Mais jamais personnellement ! » avoue Geminïä névralgique.
    « Ça m’a rappelé, sans critiquer, mais plusieurs années en arrière,
    Nos études occasionnellement ! » avoue Irénée nostalgique.

    « Toi ? Peut-être bien mais pas moi ! » dit-elle d’un air stupéfait ;
    « Ça passe quand c’est professionnel mais pas lorsque c’est personnel ! »
    « Mais ce n’est pas la première fois ; toi et moi l’avons déjà fait ! »
    Dit-il un peu plus rationnel ; « et c’était plutôt passionnel ! »

    « Nous étions jeunes ! » tranche-t-elle ; « et complètement délurés !
    Mais aujourd’hui j’ai une charge et je me dois d’en être digne ! »
    « Mais pas dans cette citadelle ! » répond-il pour la rassurer ;
    « Ici, tu es, à ta décharge, une LLyrïäde sans tes consignes ! »

    « C’est vrai que j’ai double casquette et que j’ai une autre fonction ;
    En tant qu’ambassadrice active au nom du Féminin Sacré ! »
    « Et si tu as deux étiquettes qui sont ensemble en disjonction,
    Tu dois mettre l’une inactive quand tu es, pour l’autre, consacrée ! »

    « Oui en effet et, après tout, cela n’est pas incompatible
    Car nous agissons pour la paix et le bien de la communauté ! »
    « Sans doute ! Mais c’est aussi surtout parce que tu es suprasensible
    Et que tu as participé de toute ta féminité ! »

    « Oui… je dois faire la part des choses et c’est vrai que ça m’a bien plu !
    Cette Yanimïä est excellente dans son rôle plénipotentiaire ! »
    « J’ai bien vu ta métamorphose quand nos orgasmes furent conclus !
    Tu étais alors déferlante de jouissances outrancières ! »

    « À ce propos, je reste sur ma faim ! Et quelque chose m’a fait défaut… »
    Dit Geminïä en saisissant la “chose” d’Irénée en question.
    « Viens ! » dit-elle en faisant le dauphin ; « Et pénètre-moi comme il faut ! »
    Et Irénée compatissant se met alors en position.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les sirènes au haras

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    Qui veut nager plus loin ménage sa monture
    Et les sirènes sont exigeantes de nature.
    Quand elles vont au vivier choisir leur véhicule
    Les unes contre les autres, ça crie, ça se bouscule.

    Observons Arabelle, la sirène bien connue ;
    Regardons-la tâter un poisson biscornu !
    Pour chasser le marin, la vitesse l’obnubile
    Elle exige des nageoires et une queue mobiles.

    Puis une autre examine d’un œil mélancolique
    Des thons aux ailerons pas vraiment méthodiques.
    « Ne prends pas ce thon beau ! » lui conseille Arabelle
    « Il te fera frémir ; il a la queue rebelle ! »

    « C’est bien là son talent ! » lui rétorque Angélique
    « Sa nageoire dorsale est plutôt fantastique !
    Une fois calée dessus, le moindre soubresaut
    Me fera ressentir la verge du puceau ! »

    Illustration de Charles Santore.

  • Ma sirène des sept mers

    Ma sirène des sept mers

    J’aime retrouver ma sirène après avoir suivi de loin
    Un trois-mâts prenant son essor à la poursuite des sept mers.
    Là, je m’accroche à sa carène et la voici qui me rejoint
    M’embrasse et, coup du mauvais sort, me trouve alors un goût amer.

    Puis ses cheveux noyés d’avers enveloppent mes rêves d’écume
    Et ses yeux aux couleurs fantômes ont la douceur des fonds marins.
    Elle goûte à mes lèvres amères où survit l’encre de ma plume
    Et m’attire vers son royaume où se perdent mes vieux chagrins.

    Tableau d’Éric Roux-Fontaine.

  • Confidences cristallines et métalliques

    « STELLÏÄ affirme que tous les chemins conduisent quelque part, à condition d’en essayer suffisamment.

    Je continue de croire qu’il n’existe qu’un chemin qui nous attend.

    Nous avons rapproché les berceaux.
    Papa-maman se sont aussitôt rendormis l’un contre l’autre.
    Je ne sais toujours pas si c’est de l’empathie, de l’amour ou de la prédestination.
    Mais je n’ai plus envie de les séparer pour vérifier. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Papa-maman dans leur berceau ; deux petits bébés trop cocasses ! »
    Dit ÄLLÏÄ, leur donnant le bain, à sa sœur dans la nurserie
    « En plaçant les lits transversaux, ça leur fait un plus grand espace ! »
    Répond STELLÏÄ en plein turbin d’aménagement de literie.

    « Tu crois qu’il faut les mettre ensemble ? Ils sont encore si petits ! »
    Dit ÄLLÏÄ jouant avec eux laissant sa sœur à ses corvées.
    « Loreleï m’a dit que ça lui semble une bonne idée, vu l’empathie
    Qu’ils montrent car ils sont heureux, l’un contre l’autre, toujours lovés ! »

    « Oui mais on dirait qu’on les mène vers un mariage organisé ! »
    Fait ÄLLÏÄ, mi-figue, mi-raisin, à sa sœur devant la fenêtre.
    « Lïlïth m’a dit cette semaine que leurs âmes sont focalisées
    Et qu’il faudrait être zinzin pour ne pas les faire se connaître ! »

    « N’empêche ! Si on m’avait placée à côté d’ORPHÉÔN bébé,
    Notre coup de foudre choral n’aurait pas été si intense ! »
    « Il aurait été remplacé par d’autres qui seraient tombés
    Au bon moment collatéral ! » répond STELLÏÄ avec aisance.

    « Pour toi, tous les chemins sont bons ! Pour moi… il faut trouver le bon ! »
    Précise ÄLLÏÄ qui se souvient encore des caves d’ALLEGÔRÏÄ…
    « La vie, c’est une boîte de bonbons ! Tu ne sais pas s’ils sont tous bons…
    Et la seule méthode qui convient c’est de les manger en noria ! »

    « Alors tu aurais pu rencontrer un autre mari que Cristïäs ! »
    Réplique ÄLLÏÄ pour vérifier les hypothèses de sa sœur.
    « C’est différent ! Nous sommes entrées dans un “chronodrome” coriace
    Pour un destin spécifié par un drôle de hub propulseur… »

    « Mouais… en attendant, papa-maman ont vraiment l’air d’être amoureux
    Car sitôt que je les sépare, ils se mettent à crier ensemble ! »
    « Tu vois bien que c’est pertinent ! Moi, je les trouve savoureux !
    Et savoir que ça les prépare à une idylle qui les rassemble… ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences artistiques et fécondes

    « Pour une fois, je n’ai rien fait.

    Ledalïä et Geminïä ont mêlé leurs corps, leurs cœurs et leurs couleurs jusqu’à féconder Yggdrasil.

    J’ai seulement peint ce que j’ai vu et ajouté l’Insémination poétique à quatre mains au calendrier.

    Il fallait bien que quelqu’un tienne le pinceau. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Ce n’est pas la première fois qu’elles travaillent de concert
    Mais aujourd’hui elles innovent ; aujourd’hui est un nouveau jour.
    L’amour du corps – c’est là leur choix. Dans l’intimité nécessaire
    De l’atelier qu’elles rénovent, elles vont peindre par amour.

    Et Ledalïä fait tomber le voile de sa pudeur et s’offre nue
    À Geminïä qui fait de même pour l’insémination graphique.
    Elles s’embrassent, ce qui dévoile une lumière soutenue
    Entre leurs corps qui disent « je t’aime » pour l’art nouveau honorifique !

    Bien sûr, Yanimïä est présente mais juste en tant qu’observatrice
    Et réalise une aquarelle des illustratrices amoureuses
    Dont les couleurs électrisantes émeuvent la Fornicatrice
    Et deviendront surnaturelles sur la peinture langoureuse.

    D’ailleurs elles ont presque imposé un calendrier adapté
    À leurs créations artistiques, le corps, le cœur et l’âme nus.
    L’ordre du jour est proposé par une formule adoptée :
    « L’Insémination poétique à quatre mains » est au menu.

    Yggdrasil répond aussitôt et se recouvre de leurs couleurs ;
    Tout Ô ALLEGÔRÏÄ se teinte du lapis bleu, du rouge et or !
    On n’avait pas vu de sitôt pareil accouchement sans douleur
    De grâce immaculée empreinte de la beauté du météore !

    Les aréoles de leurs seins deviennent alors les quatre lunes
    Et leurs yeux des milliers d’étoiles au regard illuminateur.
    L’amour se répand à dessein guidant chacun vers sa chacune
    Et tout le monde se dévoile d’un même geste imitateur.

    Et c’est la peinture orgasmique ! Leurs deux corps nus alors s’étreignent ;
    L’art nouveau est un arc-en-ciel qui grave son incrustation.
    L’amour devient ectoplasmique, une substance qui s’imprègne
    De l’ÏÄMÔURÏÄ au potentiel décuplé par l’illustration.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences pudiques

    « J’ai cru devoir abandonner ma pudeur.
    Yanimïä m’a appris qu’elle ne dépendait ni de mes vêtements ni des fenêtres fermées.

    Alors je les ai ouvertes.
    Alinéor a compris le reste. »

    Ledalïä, Archiviste et Illustratrice

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    Ledalïä paraît consternée et se confie à Alinéor :
    « Je ne m’attendais pas du tout à pratiquer l’amour à trois !
    Cela a profondément gêné mes crédos, mes confiteor
    Et mon intimité ! » avoue-t-elle d’un air maladroit.

    « Être nue devant Yanimïä ! Un cunnilingus imposé !
    Et toi en train de la bourrer ! J’avais trop envie de pleurer.
    Et voir la prude Ledalïä impudiquement exposée !
    Mon orgueil ainsi labouré et toutes mes illusions leurrées ! »

    « Oui ! J’ai pleuré à chaudes larmes ! Oui ! Je me suis sentie humiliée !
    Mais Yanimïä m’a rassurée ; elle m’a parlé dans ma tête ;
    Elle m’a dit de baisser mes armes, le cœur et le corps ralliés
    Ainsi je réévaluerais le vrai sens de cette requête ! »

    « Alors j’ai écouté mon corps mais j’ai eu honte du plaisir ;
    Alors j’ai écouté mon cœur et me suis laissé attendrir ;
    Alors j’ai senti cet accord sis entre prière et désir
    Et je vous ai sentis en chœur et nos orgasmes retentir. »

    « Si ma pudeur demeure intacte, la nudité n’est plus taboue
    Et j’ai bien aimé rentrer nue même devant nos compagnons
    Dont l’attitude respectable était, de plus, je vous l’avoue,
    D’une courtoisie soutenue ainsi qu’un charme très mignon ! »

    « Pourtant je reste un peu jalouse de savoir Yanimïä baisée
    Par ton phallus qui m’appartient et que je ne peux partager.
    Et me faire lécher la pelouse ne m’a pas vraiment apaisée
    Et je pense que tu détiens le remède pour me soulager ! »

    Sans dire un mot, Ledalïä monte à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    Et enfin Ledalïä surmonte toute pudeur réactionnaire
    En faisant l’amour dans la chambre, fenêtres ouvertes au firmament.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences illustrées

    « Ledalïä et Geminïä avaient demandé un pique-nique en tout petit comité.

    Je me suis donc dissimulée derrière Yggdrasil afin de veiller discrètement au respect de leur intimité.

    Elles ont mêlé leurs rêves, uni leurs talents puis scellé d’un baiser leur pacte d’art nouveau.

    Pendant ce temps, Alinéor et Irénée contemplaient leurs épouses et un écureuil pillait le déjeuner. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Par une journée ensoleillée, Alinéor et Irénée
    Organisèrent un pique-nique mais en tout petit comité.
    Or Ledalïä émerveillée et Geminïä illuminée
    Profitèrent de l’instant unique pour parler en intimité.

    « Tes sublimes illustrations ornent la plupart de nos pages, »
    Dit Geminïä de but en blanc, d’une complice autorité.
    « Mais j’en ressens une frustration. Ne pourrais-je offrir mes images
    Et nous unir sans faux-semblant au nom de notre sororité ? »

    « Voilà longtemps que j’espérais que tu me proposes tes beaux rêves ! »
    Répond Ledalïä tout sourire en lui offrant ce geste humain :
    « Mêlons désormais nos portraits afin que chacune parachève,
    De ses pleurs comme de ses rires, le livre éclos à quatre mains ! »

    « Je suis comblée par ta promesse pour notre belle complicité,
    Atteignant la douce fusion au grand climax de la splendeur !
    Mon âme vibre d’allégresse, scellant notre fraternité,
    Partageant la même vision pour en révéler la grandeur ! »

    « Alors, peignons dès aujourd’hui nos souvenirs les plus intimes ! »
    Propose Ledalïä, ravie, en contemplant leurs deux époux.
    « Nous leur offrirons le produit de nos arts aussi légitime
    Que celui de leurs cœurs assouvis qui nous accélèrent le pouls. »

    « J’accepte donc avec ardeur cette invitation au partage,
    Mêlant mes teintes avec plaisir dans une si douce tendresse.
    Pour nos époux ambassadeurs, nous forgerons ce bel ouvrage
    Et le bouquet de nos désirs se dévoilera dans l’allégresse ! »

    En s’embrassant, les deux complices forment un pacte d’art nouveau ;
    Désormais leurs cœurs seront nus à l’écoute de nos épopées.
    Ainsi les deux illustratrices mettront leurs talents à niveau
    Pour une peinture obtenue des deux génies télescopés.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le droit à l’érotisme

    Le droit à l’érotisme

    Das Recht auf Erotik

    Alle Münder stets gespitzt,
    Gurgelnd alle Kehlen,
    Wand und Boden stets bespritzt, –
    Fluch auf Speichelseelen!
    Fluch der Bildung, wenn sie speit!
    Fluch dem Tugendbunde!
    Auch die reinste Heiligkeit
    Trägt nicht Gold im Munde!
    Quand la Vertu s’avance, les yeux d’un bandeau clos,
    Elle ignore le tumulte et ses désirs en feu ;
    Mais l’Amour, nu et fier, brandit son fer bien haut,
    Pourfendant les tabous sous le regard de dieu.
    Les bouches se dénouent, les gorges ne sont tues
    Dans des puits de silence et les plaisirs exclus.

    L’Éveil des Sens

    Un vent de liberté balaie le sol flétri,
    Éclaboussant les murs de désirs écarlates ;
    On se moque bien fort des prêcheurs rabougris
    Et de leurs lois d’argent, pesantes et ingrates.
    Que les âmes salivent et que les cœurs s’emballent,
    Loin des ligues de fer qui dans l’ombre s’installent !

    Malheur à qui voudrait, par une éducation,
    Éteindre cette flamme et briser les élans ;
    L’érotisme est un droit, une sainte passion,
    Qui se rit des dévots et des esprits tremblants.
    La sainteté n’a cure d’un or pur en sa bouche,
    Tant que l’Amour triomphe et que le désir touche.

    Illustration de Heinrich Kley d’après-skis un poème de Friedrich Nietzsche.

  • Peinture d’antichambre

    Peinture d’antichambre

    Il y a la musique de chambre et la peinture d’antichambre
    Qui fait office de paravent avec toiles surdimensionnées.
    Dans les tons pastel, rouge-et-ambre lorsqu’elle est au goût de novembre
    Et des coloris dans le vent quand le printemps est mentionné.

    Cet été, on peindra des nus, couchés, debout à la fenêtre,
    Avec des couleurs grenadine, menthe-à-l’eau et citron pressé.
    Avec de jeunes inconnues afin de ne pas reconnaître
    Tante Claudine ou Géraldine et toute la famille oppressée.

    Tableau de Mischa Askenazy.

  • Confidences médicales

    « Séorïäne et Hyänor se sont coupés dès leur premier jour aux cuisines.

    Pénélopïä a nettoyé leurs plaies avant d’être promue interne de Nérätïs et d’apprendre qu’elle était enceinte.

    Elle a enfin réussi à tutoyer son ancienne reine puis lui a spontanément avoué qu’elle l’aimait.

    Nérätïs a pris note de ce dernier symptôme. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences médicales

    « Bonjour votre altesse ! Aujourd’hui deux personnes attendent ! »
    Dit Pénélopïä désignant les deux Coréens tout patauds.
    « Pénélopïä je reproduis tous les jours la même demande :
    Tutoyons-nous car maintenant nous sommes dans le même bateau ! »

    « Si vous voulez… heu… si… TU… veux ! Les Coréens se sont coupés
    Avec les couteaux de cuisine. Je leur ai nettoyé les plaies.
    Mais pour leurs vaccins si… TU… peux vérifier et t’en occuper…
    J’ai fait les analyses d’urine et prise de sang, s’il… TE plaît. »

    « Le vaccin antitétanique ! Bien entendu Pénélopïä.
    Au fait, tu n’es plus “assistante” mais mon interne dès à présent !
    Depuis nos années de clinique, ton statut à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Passe du titre “méritante” à mon bras droit omniprésent ! »

    « Tu sais, Nérätïs, je peux dire que je suis heureuse d’être ici
    Et je te remercie d’avoir souhaité ma présence avec toi ! »
    Dit Pénélopïä sans prédire qu’un autre changement s’instancie
    Que Nérätïs semble devoir avoir deviné, l’air courtois.

    « Nous vivons l’expérience humaine la plus importante de ma vie
    Et tu es la seule en qui je place une confiance inébranlable.
    D’ailleurs depuis une semaine, tu es enceinte, mon amie !
    Nemo apparemment remplace ses troubles par une vie agréable… »

    « Tu sais que j’ai failli te dire que ce n’est pas professionnel
    Mais nous devons nous épauler et Nemo est très bien pour toi !
    Je te vois beaucoup plus sourire et ton diagnostic rationnel
    S’est beaucoup plus extrapolé depuis que tu vis sous son toit. »

    « C’est moi qui dois te remercier pour ta fidélité sereine,
    Pour l’amour que tu nous as mis au bloc et le cœur à l’ouvrage ! »
    « Je t’ai toujours appréciée ! » dit Pénélopïä à sa reine
    « Et maintenant qu’on est amies, je t’en aime bien davantage ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences culinaires

    «
    Alinéor a réuni Lïlïth, Ledalïä et Yavänor afin de leur exposer les difficultés croissantes de son service.

    Nos deux amis coréens se sont portés volontaires pour l’assister en attendant de découvrir leurs véritables spécialités.
    Lïlïth a tellement apprécié cette initiative qu’elle a décidé de l’étendre à toute la communauté après consultation de Nérätïs et Yanimïä.

    J’étais entrée dans la cuisine à la dérobée pour y chiper une pâtisserie ; j’en suis ressortie avec la perspective d’une nouvelle fiche de fonction. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences culinaires

    Lïlïth, Ledalïä, Yavänor et Alinéor se retrouvent
    À l’invite de ce dernier qui a demandé leur concours.
    « Merci ! Votre présence m’honore ! Il faut vous dire que j’éprouve,
    Dans mon service routinier, du mal à gérer mon encours.

    « Les bouches à nourrir sont nombreuses et ont tendance à augmenter ;
    Je ne m’en plains pas cependant car la communauté prospère !
    Ce n’est pas qu’elle soit onéreuse mais ma besogne est tourmentée
    Et j’ai besoin de répondant et que d’autres gens coopèrent. »

    « Alors j’ai pris l’initiative de demander autour de moi
    Et nos deux amis coréens ont choisi d’être bénévoles
    Puis ils auront l’alternative de mieux servir sous notre toit
    Et comme je suis épicurien, je leur confie mes casseroles ! »

    « Alors on va manger chinois ? » demande Yavänor prudemment !
    « Coréen ! Et la variété est excellente pour la santé ! »
    Dit Alinéor dont le minois impudemment
    Sourit à la contrariété semée pour avoir plaisanté.

    « D’abord ils apprendront à mes côtés et s’ils ont des spécialités
    À proposer je suis preneur d’autres conseils plus perspicaces.
    Au vu de la charibotée d’enfants qui veulent s’inviter
    Il nous faudra quinze harponneurs ou de la main-d’œuvre efficace ! »

    « Non seulement tu as raison mais ton initiative t’encense ! »
    Lui dit Lïlïth reconnaissante qu’il y ait plus de gens pragmatiques.
    « Et tu peux gérer ta maison sans qu’il y ait de réticence ;
    Ton idée est intéressante pour toutes les tâches pratiques ! »

    « Avec Yavänor, nous irons voir Nérätïs et Yanimïä
    Pour évaluer leurs exigences dans tous les secteurs désignés
    Et tous ses membres fourniront leur aide à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Car il faut faire diligence comme le dit notre cuisinier ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Aux premières heures d’alilïä

    « La prière de yalïth fut aussi intense que délicieuse.

    Elle m’a cependant laissée dans un état de frustration que mes filles, habituées à échanger leurs positions, savent transformer en excitation.

    J’ai donc réveillé Yavänor afin de vérifier si cet effet secondaire avait été prévu par Yanimïä.

    Il l’était manifestement. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Aux premières heures d’alilïä

    « Excuse-moi si je te réveille mais j’en avais vraiment envie ! »
    Avoue Lïlïth à Yavänor en train d’émerger de ses rêves.
    « J’étais au pays des merveilles… » dit-il, « et nous avions suivi
    L’invitation qui nous honore auprès d’Yggdrasil sur la grève… »

    « Oui ! Moi aussi ça me tourmente ! Si notre prière était forte
    Elle me laisse une frustration qui m’obsède ! » réplique Lïlïth.
    « Yanimïä est une bonne amante mais le problème en quelque sorte
    C’est cette étrange pénétration indirecte autant qu’insolite ! »

    « Exactement ! » rétorque-t-elle. « Et mes filles… que t’ont-elles dit ? »
    « Depuis longtemps nous pratiquons ensemble cette position
    Et leur satisfaction est telle que c’est pour elles le paradis ! »
    Dit-il le visage rubicond d’avouer leurs prédispositions.

    « J’avais oublié ces vicieuses et vos rites avant que j’arrive ! »
    Admet Lïlïth ; « Leur frustration est compensée par leur échange !
    Ainsi cette prière délicieuse qui met mon cœur à la dérive
    M’incite alors, par réaction, à cette envie qui me démange ! »

    « Tu n’as pas à te justifier car j’ai moi-même été frustré
    Pour la même raison que toi et je pensais à te le dire !
    Mais j’étais tant quantifié que ma vitalité prostrée
    M’a épuisé bien malgré moi ! » répond-il sans la contredire.

    Sans dire un mot, Lïlïth s’installe à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    L’amante redevient vestale ranimant le feu millénaire
    De son Yavänor dans la chambre de la passion des deux amants.

    « Je crois cet effet secondaire organisé par Yanimïä
    Comme un effet excitateur pour relancer la libido.
    Le couple reste plus solidaire. Si Ledalïä et Geminïä
    Subissent cet amplificateur, ça fera tomber le rideau ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La tente à culte rouge

    La tente à culte rouge

    Le clou du culte rouge dans la tente éponyme
    Rapproche de l’ivresse et cause de la sueur.
    Pourtant il faut qu’on bouge, qu’on danse et qu’on s’anime
    Avec cris d’allégresse sous la pâle lueur…

    …d’une éclipse de Lune qui n’obscurcit la Terre,
    N’occulte le Soleil mais endort les oiseaux ;
    Une transe opportune imbibée de mystère
    Qu’un petit vent balaye et courbe les roseaux !

    Quatre bénéficiaires des secrets des ténèbres,
    Quatre jeunes ingénues toutes encore novices,
    Quatre jeunes sorcières se retrouvent et célèbrent
    Les quatre flammes nues des vestales en service.

    Tableau de Lia Zenkel.

  • Mains et oreilles coupées

    Mains et oreilles coupées

    S’il faut se faire entendre, il faudra plus d’oreilles
    S’il faut se faire voir, il faudra d’autres yeux
    S’il faut se faire étreindre, il faudra plus de mains
    S’il faut se faire aimer, il faudra plus de sexes.

    Sur la carte du tendre, l’illusion sans pareille
    Est de ne pas décevoir le voyage merveilleux
    Afin de ne point éteindre la flamme qui demain
    Brûlera d’essaimer nos délices complexes.

    Ne pouvant plus attendre, dès demain j’appareille
    Pour suivre les couloirs les plus cérémonieux
    Pour, au plus vite, atteindre l’éternel féminin
    Et, s’il faut, s’enfermer dans ses ivresses annexes.

    Tableau de Michelle Avertey Konczyk.

  • Confidences harmoniques

    « ORPHÉÔN et Valérion répétaient lorsqu’une simple vocalise s’est transformée en conversation privée.

    Valérion a respecté avec une remarquable prudence le pacte qui l’unit à Nérätïs.

    ORPHÉÔN, pour sa part, a décrit mes capacités vocales et certaines habitudes plus intimes avec une précision dont personne ne lui avait demandé de faire la démonstration.
    Je lui ai rappelé que la discrétion participe également à l’harmonie d’un couple.
    Il a promis de tenir sa langue.

    Pour un chanteur, l’effort mérite d’être salué. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences harmoniques

    « … Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » vocalise ORPHÉÔN, ravi ;
    « Sept octaves mais… c’est formidable ! » dit Valérion, presque incollable ;
    « ÄLLÏÄ en a huit crescendo mais sur les basses, elle dévie ;
    Elle manque de puissance applicable mais pour les aiguës, imbattable ! »

    « Quand on fait l’amour, c’est gênant… mais bon, les murs sont assez denses !
    Après, elle est bien plus loquace ! » dit ORPHÉÔN méditatif.
    « Elle est sujette – morigénant l’indiscrétion – aux confidences
    Si mon tact demeure efficace… mais ça reste approximatif ! »

    « Nérätïs ne parle jamais de ses moindres activités ;
    Notre pacte est de déposer nos vies à la porte d’entrée ! »
    Dit Valérion. « Et maintenant qu’elle est LLyrïäde plébiscitée,
    La discrétion est imposée pourtant je n’en suis pas outré. »

    « Elle est partout, elle voit tout, elle entend tout et note tout ! »
    Précise ORPHÉÔN étonné ; « on dirait qu’elle est archiviste !
    Mais pas moyen d’en voir un bout ; elle reste discrète et surtout
    Secrète autant que cantonnée à son devoir stakhanoviste ! »

    « Nous nous retrouvons pour passer nos meilleures heures ensemble
    Et Nérätïs sait animer nos soirées de belles prouesses.
    Aucun ne va outrepasser la relation qui nous rassemble
    Et cela nous a arrimés sans autre forme de promesses ! »

    « Mais si ce que tu dis est vrai, alors ton ÄLLÏÄ, maintenant,
    Doit savoir que tu parles d’elle ! » avertit Valérion, prudent.
    « C’est vrai et c’est ce qui m’effraie ! C’est comme un danger imminent ! »
    Polémique ORPHÉÔN, fidèle à son caractère imprudent.

    « Mais tant que tu tiendras ta langue, tu n’auras alors rien à craindre ! »
    Pique ÄLLÏÄ, sortie brusquement du coin qu’elle s’était ménagé.
    « La réserve dont je te harangue, c’est de devoir pouvoir t’astreindre
    À garder hermétiquement notre intimité partagée. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences électriques

    « Dissimulée derrière un aulne, j’ai assisté aux confidences de Cristïäs et Irénée-le-jeune.

    Irénée attribuait ses démangeaisons à des moustiques particulièrement discrets.

    Cristïäs attribuait les poissons flottant le ventre à l’air à la pluie de la veille.

    Les poissons n’ont contredit ni l’un ni l’autre.

    Je confirme néanmoins qu’aucun harpon n’a été utilisé. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences électriques

    « Pas de Hyänor ni de harpon ! Nous n’aurons pas à avoir honte
    Comme ce pauvre Captain Nemo ridiculisé avant-hier ! »
    Plaisante Irénée, l’air fripon, à Cristïäs tandis qu’ils remontent
    Vers le ponton sous les rameaux ombragés de l’aulnaie côtière.

    Cristïäs installe son appareil : une canne à pêche électrique
    Avec objectif de visée, sonar et électrodes en place.
    Irénée n’a pas son pareil pour ses études bathymétriques
    Sur la profondeur avisée parmi les bancs qui se déplacent.

    « Geminïä m’a un peu appris les transformations des novices
    Mais j’ai plutôt eu l’impression qu’elle voulait noyer le poisson ! »
    Dit Irénée, assez surpris de subir des micro-sévices
    Qui le mettent un peu sous pression… peut-être dus à l’hameçon…

    « STELLÏÄ est un peu plus bavarde mais elle n’est pas scientifique ;
    Faire la part du vrai et du faux s’avère assez aléatoire. »
    Répond Cristïäs, qui se hasarde à rendre un peu plus spécifique
    L’ampérage plus qu’il n’en faut afin d’remporter la victoire.

    « Geminïä est trop diplomate ; je crois qu’elle ne veut pas me dire
    Tout ce qui touche au grand secret de leur ordre assez mystérieux ! »
    Dit Irénée qui s’acclimate comme il peut mais voudrait maudire
    Ces moustiques pas très indiscrets et au prurit assez curieux…

    « STELLÏÄ m’a parlé de problèmes d’adaptation à notre groupe
    Mais qu’elles s’adaptent bon gré mal gré et que tout se remet à l’endroit ! »
    Répond Cristïäs en plein dilemme devant les vagues qui se regroupent
    En triangles dont les degrés forment ensemble des angles droits…

    « Je vais rentrer, je ne tiens plus ! Je fais sûrement une allergie !
    Tiens ? C’est normal tous ces poissons le ventre à l’air ! Ils sont tous morts ? »
    « Je crois qu’hier, il a bien plu ! » répond Cristïäs dont l’énergie
    De la batterie, sans façon, vient de les griller sans remords.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences familiales

    « Après les deux premières prières de l’échéancier, j’ai interrogé Laurelïne et Loreleï sur les aptitudes de leurs partenaires.

    Leurs explications furent précises, démonstratives et parfois comparatives.

    Je confirme que Yanimïä maîtrise parfaitement sa fonction de Grande Fornicatrice.

    J’attendrai néanmoins yalïth pour procéder moi-même aux vérifications nécessaires. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Confidences familiales

    « Alors mes filles ? Comment se passe cet échéancier de prières ? »
    Demande Lïlïth, très curieuse de l’apprendre de bonne source.
    « Est-ce que Yanimïä se dépasse ? J’ai aperçu les deux lumières
    D’Yggdrasil assez impérieuses ; vous avez eu de la ressource ! »

    « Pour moi c’est comme d’habitude : j’adore les cunnilingus
    Et Yanimïä les exécute avec un vrai doigté divin.
    Yavänor, lui, a l’attitude de quelqu’un qui baise Vénus
    Et l’énergie se répercute dans tout l’Arbre-Mère sylvain ! »

    Enfin Laurelïne de poursuivre : « Au début c’est presque pareil.
    Ensuite Yanimïä redouble d’énergie transmise en arrière
    Évidemment il va s’ensuivre des cris qui montent à mon oreille
    Jusqu’au triple orgasme du trouple qui me foudroie dans le derrière ! »

    « J’ai désiré être au milieu… » avoue Loreleï, embarrassée ;
    « Mais Yanimïä, catégorique en tant que Grande Fornicatrice,
    S’impose en maîtresse des lieux et m’a totalement harassée
    Mais sa langue fantasmagorique s’est montrée revendicatrice ! »

    « Laurelïne a beaucoup de doigté et une langue très habile
    Mais Yanimïä possède un membre presque viril et énergique.
    Elle sait bien comment l’emboîter dans mon organe qui jubile
    Jusqu’à l’extase qui me cambre vers l’orgasme en toute logique ! »

    « Merci pour la comparaison ! » repartie Laurelïne, offusquée ;
    « Sa langue est peut-être un peu forte mais la mienne a su t’arracher
    Des cris à perdre la raison qui ont su aller débusquer
    Le plus grand orgasme qui porte mon “doigté” perso tout craché ! »

    « Oh oui, je vois ! » conclut Lïlïth ; « Merci pour cette exactitude !
    J’ai presque envie d’aller prier avec vous trois, séance tenante,
    Pour en dépasser mes limites et contrôler mes aptitudes
    Mais ce serait inapproprié et j’attendrai l’heure sonnante ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Marseille sans « O »

    Marseille sans « O »

    Marseille sans l’« O » reste elle-même ;
    Marseille sans eau, toujours pareille,
    Avec Notre-Dame qui m’aime
    Et qui souffle au creux de l’oreille :

    « Un jour le Mistral soufflera !
    Un jour il te ramènera !
    Toutes tes montagnes, oublieras
    Et ta fille, y retrouveras ! »

    Ainsi chantent du Lacydon
    Toutes les sirènes du port
    En espérant que Cupidon
    Perce d’une flèche mon passeport.

    (Le Vieux-Port a été partiellement vidé le 1er avril (!) Une opération exceptionnelle de nettoyage des fonds avec retrait des déchets accumulés depuis plusieurs années.
    Photo de Gaby Barathieu sur https:www.facebook.comgabriel.barathieu .)

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  • L’Enfer de Dante sous le Mont Saint-Michel

    L'Enfer de Dante sous le Mont Saint-Michel

    Voici l’île paradisiaque où ma muse nous a naufragés ;
    Je me croyais fier capitaine, je ne suis plus que son otage
    Car cette île si aphrodisiaque cache des sous-sols ouvragés
    Là où l’amour terrible enchaîne ses captifs à tous les étages.

    Ma geôlière, en folle amoureuse, m’a oint d’huile sur tout le corps
    Et m’a prodigué des caresses telles que j’en fus évanoui.
    Si chaque journée langoureuse m’a affûté l’âme et le cœur,
    Cette prison enchanteresse est mon enfer épanoui.

    Je n’en suis jamais ressorti mais ma muse m’a aménagé
    Une retraite bien paisible dans les abysses de ses charmes.
    J’ai l’amour en contrepartie dont ce poème est messager :
    « Je suis devenu invisible ; inutile de sonner l’alarme ! »

    Tableau de Pierre Ionica ; le tableau illustre les neuf cercles de l’Enfer décrits dans la Divine Comédie de Dante Alighieri. Les Cercles sont la structure qui montre une descente en profondeur, chaque niveau représentant différents péchés et punitions, se terminant par Lucifer au centre.

  • Confidences et commérages

    « Après l’invective d’Alinéor, les trois compagnons ont fini par rejoindre leurs épouses et nous avons examiné la situation entre femmes.

    Geminïä comprend Nérätïs,
    Ledalïä compatit avec Thétïs
    et nous partageons toutes l’inquiétude d’Amellïä.

    Quant à Ledalïä, elle estime que son mari est parfait.

    Sur ce dernier point, toute tentative de discussion paraît inutile. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences et commérages

    « Eh bien, dis donc, ça a bardé ! » rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    « Ils se sont montrés maladroits ! » dit Geminïä, plus invective ;
    « On aurait dit des attardés ! » critique vertement Ledalïä
    Après les avoir poussés droit vers leurs épouses respectives.

    « Cette nuit, je les ai entendues ! » confie ÄLLÏÄ à ses amies ;
    « En fait, elles sont déboussolées mais savent qu’il leur faut avancer ;
    Amellïä est un peu perdue, Nérätïs en plein tsunami
    Et Thétïs est si désolée de savoir qu’elle doit renoncer ! »

    « Je comprends très bien Nérätïs ! » dit Geminïä compatissante ;
    « Les transformations de leurs corps lui semblent trop extraordinaires
    Pour la science d’Atlantïs et voir sa maman ravissante
    Comme à trente ans – ou moins encore – relève de l’imaginaire ! »

    « Je compatis avec Thétïs ! » dit Ledalïä plus pragmatique ;
    « Elle dirige son royaume sur la planète qui l’a vue naître
    Et la voilà loin d’Atlantïs, plongée dans une problématique
    Maintenant qu’elle attend un môme qu’elle ne peut faire reconnaître… »

    « Et ces lourdauds de lève-tard qui ne voient même pas le travail
    Qu’elles accomplissent tous les matins quand ces messieurs vont à la pêche !
    Et aucun de ces trois vantards n’a éprouvé, vaille que vaille,
    Le moindre doute samaritain pour leurs épouses sur la brèche ! »

    « Mais concernant Alinéor, je tire mon chapeau à sa verve !
    Il n’est pas seulement un poète doublé d’un cuisinier hors pair
    Mais un censeur, un météore qui ne reste pas sur sa réserve ! »
    Dit Ledalïä d’une voix fluette, admirative envers l’expert.

    « Oui, Ledalïä, il est parfait, ton chouchou de mari adoré !
    Si nos trois garçons malhabiles pouvaient en prendre de la graine,
    Nous serions tous bien satisfaits de les voir plus collaborer !
    Mais en musique ils sont habiles et leur enthousiasme nous entraîne ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences royales autant que musicales

    « Alinéor s’énerve !

    Il faut dire qu’entendre les trois copains interpréter à la légère les troubles de leurs compagnes respectives, ça l’a complètement abasourdi.

    Ni une ni deux, il les a promptement renvoyés au chevet de leurs épouses et ne leur permettra jamais de revenir sans elles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences royales autant que musicales

    « Je n’sais ce qu’a fait Amellïä mais pas moyen d’la réveiller ! »
    Dit Altänor à ses amis autour d’un petit-déjeuner.
    « Cependant je sais par ÄLLÏÄ qu’elle aurait très longtemps veillé
    Et parlé en catimini avec deux autres acoquinées… »

    « Pareil pour moi avec Thétïs ! Elle dormait comme une marmotte
    Ce qui est inhabituel ! » glisse Astérias subtilement.
    « Alors qu’au palais d’Atlantïs, au petit jour elle s’escamote
    Pour ses passages rituels dans ses jardins en alignement ! »

    « J’en ai autant pour Nérätïs qui d’habitude est lève-tôt
    Et qui ronflait au petit jour ! » ajoute Valérion à son tour.
    « Amellïä, ma femme et Thétïs ont dû bavarder de facto
    La nuit durant qui se savoure avec du thé et des petits fours ! »

    « À part parler d’aviation, je ne vois pas ce qu’Amellïä
    A pu leur dire la nuit durant ou alors des trucs de nanas… »
    Dit Altänor sans la version de ce qu’aurait pu dire ÄLLÏÄ
    S’il avait été au courant des infos qu’elle lui glana.

    « Sans doute de trucs médicaux pour donner suite aux changements
    Qui les ont rendues un peu folles ces derniers jours, à mon avis… »
    Souligne Valérion illico pour qui les précédents évènements
    Ne sont ni ce dont il raffole, ni les grands moments de sa vie.

    « Sans doute au sujet d’Atlantïs qui est une planète remarquable !
    Amellïä est une femme aventureuse ; elle a voulu en savoir plus
    Et Thétïs ainsi que Nérätïs sont les guides les plus incollables
    Pour une personne un peu curieuse ! » Suppose Astérias mais sans plus…

    « Non mais je rêve, les copains ! » Dit Alinéor stupéfait.
    « Vos nanas ont de vrais problèmes dont elles parlent déjà entre elles
    Et vous venez rompre le pain car, à part ça, tout est parfait !
    Courez résoudre leur dilemme et ne revenez pas sans elles ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre novices

    « Cette nuit, Amellïä, Nérätïs et Thétïs se sont retrouvées dans la cuisine autour d’une chandelle.

    Elles ont comparé les vies qu’elles avaient perdues, les rôles qu’elles avaient abandonnés et les miracles auxquels aucune d’elles ne parvient encore à croire.

    Toutes trois se disent égarées.
    Pourtant, aucune ne semble désirer retrouver le chemin du retour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre novices

    « Moi qui suis venue en avion, dès lors je plane et l’apprécie ! »
    Dit Amellïä dans la cuisine, frappée cette nuit d’insomnie.
    « Et cependant nous ne savions pas à quoi nous attendre ici ! »
    Dit Nérätïs à sa voisine, elle-même en pleine hégémonie.

    « Je venais juste te chercher et te ramener au palais… »
    Avoue Thétïs en soupirant ; « J’ai toujours du mal à comprendre ! »
    « Nous devions être trop haut perchées dans la vie qui nous emballait ! »
    Dit Amellïä en espérant trouver quelque chose à apprendre.

    « Médicalement, c’est impossible de rajeunir comme tu le fais ! »
    Précise Nérätïs sûre d’elle ; « Et quant à la télépathie…
    Or vieillir est irréversible et là, je déclare forfait ! »
    Dit-elle en soufflant la chandelle comme pour chasser son apathie.

    « Et de surcroît, je suis enceinte ! Moi, pourtant bien ménopausée,
    Je dois diriger un royaume et vivre ici pour ma grossesse
    Parmi ces femmes soi-disant saintes et qui m’ont métamorphosée
    Pour rajeunir comme mon homme ! » dit Thétïs en pleine détresse.

    « Moi, je reviens d’entre les morts pour avoir péché par orgueil !
    Si jamais j’avais écouté ceux qui me conseillaient d’arrêter,
    J’aurais achevé mon record sans terminer dans un cercueil…
    Jamais je ne me serais doutée… » dit Amellïä très affectée.

    « Moi, j’ai pu échapper au faste d’une existence de princesse ;
    Ici, je ne suis que médecin et l’égale de mes équipières
    Dont la science est la plus vaste de l’univers que je connaisse ! »
    Dit-elle en se massant les seins un peu plus douloureux qu’hier.

    « Nous sommes toutes trois des égarées sans espoir de nous retourner
    Vers le passé qui n’est qu’un rêve parmi d’autres rêves perdus…
    Et complètement séparées, nos anciens rôles ajournés,
    Pourtant heureuses de cette trêve dans ce nouveau monde éperdu. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le bouche à oreille

    Le bouche à oreille

    Lorsque ma muse me murmure un rêve facile à accomplir,
    Je sais qu’elle me glisse à l’oreille l’entrée de sa carte du Tendre.
    Aussitôt pris dans la ramure des limbes en train de m’assoupir,
    Mon vaisseau des songes appareille pour l’onirisme sans attendre.

    Alors un souffle de lumière effleure le rivage d’une île ;
    Ce n’est que l’écho de ma muse qui, dans la conque de mon cœur,
    Rappelle les mémoires premières de mes rêveries juvéniles
    Où elle voulait que je m’amuse de sa folie, d’un air moqueur.

    Après s’être jouée de moi une éternité avec elle,
    Elle me glissait chaque soir un nouveau rêve à découvrir.
    Évidemment au fil des mois j’en ai gardé quelques séquelles
    Notamment ne pouvoir surseoir à elle sans devoir en souffrir.

    Ma muse m’a emprisonné dans les cordages de son cœur ;
    Des liens impossibles à couper sans que je hurle de douleur.
    Nos rêves, toujours passionnés, la rendent de plus en plus vainqueur
    Et je ne suis que sa poupée, un poète aux mille couleurs.

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  • Carreaux sur le body !

    Carreaux sur le body !

    J’m’promenais sur l’avenue avec au bras ma femme nue
    Lorsqu’un photographe inconnu nous prit une photo saugrenue
    Qu’il nous tendit sans retenue mais dont la portée obtenue
    Opposa sa déconvenue sur les charmes de mon ingénue.

    Avec « Carreaux sur le body ! » écrit en rouge avec rudeur
    Comme si dès lors la pellicule avait été impressionnée
    Par une sorte de parodie d’un attentat à la pudeur
    Qui tournerait en ridicule l’argentique sexconditionnée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Confidences compétitives de Loreleï

    « Laurelïne dort encore à poings fermés et Yavänor prétend que l’atmosphère était sereine sous Yggdrasil.
    Je veux bien le croire.

    Mais puisqu’il affirme que nous sommes à égalité, je compte vérifier personnellement ses méthodes de calcul avant yaleï.

    Une sirène jalouse ne réclame aucune médiation.
    Elle sonne le hourvari. »

    Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde

    Confidences compétitives de Loreleï

    « Alors ce soir, c’était comment ? » demande Loreleï excitée ;
    « Quand Laurelïne dort à poings fermés, c’est signe de prodigalité ! »
    « Oui mais c’est une jeune maman… » dit Yavänor en vérité
    Incapable de lui affirmer qu’elles restent à égalité.

    « À d’autres, mon petit mari ! » dit Loreleï insidieusement
    Plus séductrice que jamais et même plus provocatrice.
    « Yanimïä, d’un bon gabarit, t’a formé prodigieusement
    À un niveau qui désormais est digne d’une fornicatrice ! »

    « Ça valait la médaille d’or et elle s’est montrée vraiment digne
    Conforme à ce que tu exiges de moi pour ton plus grand plaisir ! »
    « De la compétition ? J’adore ! Et puisque telle est la consigne,
    Maintenant c’est moi qui dirige ce soir tes ultimes désirs ! »

    « Ne sois pas jalouse, mon amour ! » tente Yavänor, modérateur ;
    « Sous Yggdrasil, c’est différent et l’ambiance était plus sereine… »
    « Je suis sensible à ton humour mais pas à ton ton médiateur !
    Tu me connais ! C’est inhérent à ma nature de sirène ! »

    « La position du “levronier” ressemble beaucoup à nos rites
    Lorsque nous sommes dans notre lit à trouver la bonne position… »
    « Vraiment ? Vous vous abandonniez à effeuiller la marguerite
    Jusqu’à tomber “à la folie” au top de la fornication ? »

    « Oui mais yaleï, tu connaîtras également la même extase,
    Les mêmes transes, les mêmes émois au nom de l’illumination ! »
    « Jamais plus tu ne commettras, au risque de subir l’épectase,
    Toute comparaison avec moi à l’aune de ma domination ! »

    « Tais-toi maintenant ! Il est temps que Loreleï se venge à présent
    Et qu’elle réclame à son mari l’octroi d’amour qui lui est dû !
    Sache que ta favorite attend de toi le membre le plus introduisant
    Pour dépasser le hourvari qu’Yanimïä t’aurait répandu ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Activités du soir, bonsoir !

    « Deux convives manquaient à l’appel lorsque Yggdrasil a illuminé le pays.

    Laurelïne et Yavänor sont revenus peu après, affamés et manifestement rajeunis.

    Yanimïä parle d’un phénomène météorologique.
    Personne ne la croit. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Activités du soir, bonsoir !

    « Bravo ! » s’exclame Alinéor ; « Ce soir, friture de perchettes !
    Demain je ferai tes brochets au four ou bien en court-bouillon !
    Mais fais bien attention Hyänor, la pêche au harpon est sujette
    À une amende et entachée d’un délit pénal, c’est couillon ! »

    « L’emplacement est très discret et les sirènes font le guet ! »
    Rassure Hyänor tout sourire car il connaissait le problème.
    « Alors si ça reste un secret et si les filles restent aux aguets,
    Ça change tout, cela va sans dire ! Pas vu, pas pris, pas de dilemme ! »

    Pas besoin de sonner la cloche, le fumet du soir les appelle
    Et c’est à l’odeur alléchés que les hôtes se lèchent les babines.
    Il n’y a qu’une seule chose qui cloche : deux personnes manquent à l’appel !
    « Où sont donc partis se cacher Yavänor ainsi que Laurelïne ? »

    Sous Yggdrasil dans la chapelle, Yanimïä accueille les pionniers
    Qui vont inaugurer les rites où tous les trouples se concentrent.
    Là, l’officiante leur rappelle la position du “levronier” ;
    Position qui a le mérite de placer Yanimïä au centre.

    Yavänor et Laurelïne entonnent les chants qui doivent être émis
    Tandis que Yanimïä reçoit la bénédiction prodiguée
    Par l’homme qui se pelotonne et par la femme qui gémit
    Ainsi l’arbre-mère perçoit la force dont il est irrigué.

    Un éclair déchire le ciel visible dans tout le pays ;
    « Eh oui ! Le temps est à l’orage ; on dira “c’est un météore !” »
    Dit Yanimïä ; « C’est officiel, Yggdrasil est tout ébahi
    Et pour nous donner du courage, retournons voir Alinéor ! »

    « L’éclair était impressionnant ! » dit Alinéor, préservant
    Leurs parts de friture au poisson qui a enchanté les convives.
    « Record à battre ! » dit rayonnant Yavänor, chevalier servant
    De celle qui lui tend une boisson d’un pétillant qui le ravive.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les pêcheurs déracinés

    « Deux techniques de pêche se sont affrontées.
    Hyänor a rapporté une douzaine de poissons et Captain Nemo aucun.

    Mais à les entendre, Nemo pêchait surtout des renseignements sur leurs épouses tandis que Hyänor était plus concentré. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Drôle d’idée d’pêcher au harpon ! » dit Captain Nemo, intrigué ;
    « Ne préfères-tu pas une bonne ligne, une canne et un hameçon ? »
    « En Corée tout comme au Japon, nos ancêtres nous ont prodigué
    Qu’un bon pêcheur doit s’montrer digne et humble devant le poisson ! »

    « Comme tu voudras ! Moi, je m’assieds, les pieds nus, au bout du ponton ! »
    « Et moi, j’irai sur le rivage ! » indique Hyänor de la main.
    Tandis que l’un tout émacié avance brandissant son bâton,
    L’autre oublie un temps les ravages d’une mémoire perdue en chemin.

    « Nos femmes ont l’air de s’apprécier ! Elles paraissent inséparables ! »
    Dit le géant noir à sa ligne en fixant un ver au crochet.
    « Les femmes savent s’associer pour joindre l’utile à l’agréable ! »
    Répond Hyänor d’un ton très digne en harponnant un beau brochet.

    « Je me demande ce qu’elles se disent… leurs propos n’ont pas de limite ! »
    Continue le pêcheur bredouille mais en relançant son bouchon.
    « Deux femmes qui parlent ensemble brisent le couvercle d’une marmite ! »
    Répond celui qui se débrouille mieux que son ami ronchon.

    « Elles ont dansé je n’sais combien de fois ensemble à pleine bourre ! »
    Dit Nemo toujours maladroit mais toujours patient malgré tout.
    « Même si la femme danse très bien, elle ne peut danser sans tambour ! »
    Répond Hyänor d’un coup adroit qui fauche deux poissons d’un coup.

    « Pénélopïä ne me dit rien… ta femme t’aurait dit quelque chose ? »
    « La nuit, on dirait qu’elle divague… » avoue Nemo, un peu revêche.
    « Non… Séorïäne ne me dit rien… elle doit réfléchir, je suppose… »
    Tranche le harpon sur la vague, rapportant son trésor de pêche.

    « Je n’ai rien pris ! À mon avis, l’exposition n’est pas très saine ! »
    Conclut Nemo amèrement, rangeant ses lignes d’un air balourd.
    « Alinéor sera ravi ! J’en ai pris une bonne douzaine ! »
    S’exclame Hyänor fièrement en montrant son panier bien lourd.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre deux Ariane

    «Cette nuit, deux futures Ariane ont déroulé leurs fils dans la cuisine autour d’une théière.

    Elles ont parlé de leurs maris sans attaches, de leurs différences et des chemins qu’elles pourraient encore emprunter.

    Je n’ai évidemment rien entendu.

    Mais Yggdrasil affirme que le Cercle des dix ferait bien de ne pas s’habituer trop vite à son chiffre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre deux Ariane

    Pénélopïä et Séorïäne échangent leurs premières émotions ;
    Elles ne sont pas encore Llyrïädes sans se sentir prêtes à s’ouvrir.
    Elles sont un peu comme deux Ariane dans un labyrinthe de sensations
    Où chaque couloir ouvre des myriades de nouveautés à découvrir.

    « Je sais l’occident différent mais ici, ça dépasse tout
    Ce que j’aurais imaginé ! » dit Séorïäne sans jérémiades.
    « Pour moi, c’est plus interférent car je reconnais d’autres atouts
    Avec les miens enracinés avec Thestïäs et les Llyrïädes ! »

    Si Nérätïs et Valérion ont réuni leurs destinées
    Ainsi que Cristïäs et STELLÏÄ au sein de la communauté,
    Ils nous montrent que nous devrions accepter d’être les dulcinées
    Qui, parmi tous les aléas, sauront nos hommes chapeauter. »

    « Lorsque j’ai vu Captain Nemo pour la toute première fois,
    J’ai ressenti une attraction malgré l’énorme différence.
    Mais nous avons trouvé les mots et j’ai vu où était ma voie :
    Lui montrer la bonne direction ! » conclut Pénélopïä en transes.

    « Pour moi, c’est un peu similaire ! » avoue Séorïäne à son tour ;
    « Chez nous, Hyänor a constamment ce besoin que je l’encourage
    Quand nos parents nous infligèrent un refus, c’est moi, en retour,
    Qui ai décidé prestement de fuir leur odieux entourage ! »

    « Nos points communs sont nos atouts ! » confirme alors Pénélopïä
    « Et nous pouvons nous épauler comme cette nuit où nous avions
    Une exigence, par-dessus-tout, de chercher dans Ô ALLEGÔRÏÄ
    Une amie à qui dévoiler les soucis que nous soulevions ! »

    « Je suis moi aussi rassurée de t’avoir rencontrée ici ! »
    Dit Séorïäne reconnaissante envers son amie de fortune.
    « Et je pourrai te susurrer, puisque ton cœur bénéficie
    D’une écoute très compatissante, mes propres questions opportunes. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Canicule

    Canicule

    La canicule me laboure et mon cœur redevient cheval
    Pour lutter contre le sillon de la chaleur qui me pénètre.
    Mes pensées fondues, à la bourre, dérivent d’amont en aval
    Dans le flot d’une transpiration évaporée à la fenêtre.

    Le soleil pousse sa charrue jusqu’au plus profond des moissons ;
    Les blés s’inclinent en silence en buvant l’or qui les consume.
    Du vent chaud qui a disparu après avoir cuit les buissons,
    Il ne reste qu’une vigilance pour une fraîcheur qui s’assume.

    « Mon royaume pour un cheval ! » a dit Richard III, empathique ;
    Je le lui laisse et en échange, je prends une mort subite bien fraîche !
    Et puis je prends le car naval pour redescendre en antarctique,
    Là où la canicule dérange nettement moins mon corps revêche.

    Tableau de Nicolas Tarkhoff.

  • L’univers vu par mon chat

    L’univers vu par mon chat

    Hormis le lait dans l’écuelle et les croquettes dans la gamelle,
    Il y a tout le territoire qui m’appartient et de plein droit !
    Ma promenade habituelle, la drague auprès des belles femelles,
    La chasse et, en cas de victoire, cet oiseau plutôt maladroit !

    Les humains parlent d’astronomie, de galaxies et de trous noirs ;
    Moi, je me demande simplement si la Lune n’est pas un fromage.
    Pour moi, tout est gastronomie et exploration de l’armoire
    Où l’on stocke les aliments auxquels j’aime bien rendre hommage.

    Mon chat retombe sur ses pattes et moi sur mes douze ou seize pieds.
    Nous sommes donc un peu pareils concernant nos rapports aux hommes.
    Lui, naturellement psychopathe, ne pense qu’à chasser le gibier
    Et moi si l’on me tire l’oreille, je pars écrire mes factums.

    Tableau de James R. Eads.

  • Azurianne fleur-bleue

    Quand Azurianne sort de l’eau dans son costume de sirène,
    Elle n’a qu’une fleur comme vêtement et la censure pousse un grand cri ;
    Elle trouve que tout va à vau-l’eau et pour qu’la morale soit sereine,
    Elle lui apporte prestement un T-shirt comme il est prescrit.

    « Mais pourquoi donc me déguiser ? » demande la nudiste pulpeuse ;
    « Mes poissons-chats n’ont pas pesté et les siluriformes, pareil ! »
    La censure reste tétanisée devant cette logique nébuleuse
    Et cherche en vain pourquoi rester ainsi dans le plus simple appareil.

    Alors qu’elle pouffe de rire et carrément qu’elle se bidonne,
    Azurianne prend le chandail sans comprendre ce qui se passe.
    Mais elle ne cesse de sourire malgré tout le mal qu’on se donne
    Et enlève tout cet attirail et… que voulez-vous qu’on y fasse ?

    On la prie de se rhabiller, elle se déshabille aussitôt ;
    On la menace et on la gronde… enfin y consent l’ingénue.
    Tout le monde cesse de babiller sur ses organes génitaux
    Lorsqu’en s’élançant à la ronde, on s’aperçoit qu’elle est cul nu !

    Tableaux de Marcin Jaszczak sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202403marcin-jaszczak.html .

  • La Terre et ses humeurs

    La Terre exprime ses humeurs depuis l’aube de la nuit des temps
    Bien avant l’homme ou l’animal, végétal ou bien minéral.
    Du ciel, on entend les rumeurs affirmer – à ce que l’on prétend –
    Que ce ne serait qu’un demi-mal, juste un passage sidéral.

    Ses colères font des montagnes, ses soupirs déplacent les mers ;
    Ses rêves couvrent les campagnes d’immenses draperies de brume.
    Mais lorsque ses chagrins nous gagnent, nous les croyons souvent amers
    Pourtant, bien qu’ils nous accompagnent, ce ne sont que des traits de plume.

    Elle enfante parfois l’orage, quelquefois un ciel lumineux ;
    Les volcans servent de langage aux profondeurs de son royaume.
    Nous n’apercevons là qu’un passage dans son sommeil sublimineux
    Comme un virus qui met en gage l’insoutenable destin de l’homme.

    Pourtant mon cœur est fait d’étoiles, celles-là même de la genèse
    Dont les atomes ont vibré quand Dieu a prononcé « Fiat lux ! »
    Alors la Terre ne me dévoile qu’un peu du feu de la fournaise
    Qui règne au centre pour livrer l’amour de Castor et Pollux.

    Tableaux de Bertha Lum.

  • La fête des dix flammes

    « Pour célébrer l’entrée de Thétïs dans le Cercle, les dix LLyrïädes ont allumé chacune une flamme au pied d’Yggdrasil.

    Lorsque leurs lumières se sont rejointes dans ses branches, l’Arbre-Mère a illuminé le lac au point que les riverains nous demanderont certainement quelques explications.

    La cérémonie s’est prolongée par un banquet atlante, notre récital avec ORPHÉÔN et les danses des sirènes avant de s’achever par la première prière collective de yangmïä.

    Yanimïä affirme s’être parfaitement reposée en surveillant les opérations. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La fête des dix flammes

    À nouveau comme tous les dimanches, les hôtes tardent à se lever ;
    Comme toujours à l’accoutumée, Alinéor est le premier.
    Puis, un par un, on se déhanche, on s’étire, on est lessivé
    Et le matin est consumé dans un marasme coutumier.

    Alors les hommes vont à l’ouvrage : tandis que les uns dressent les tables,
    Les autres élèvent une scène devant un parterre de gazon.
    Dans les cuisines, on s’encourage à faire un banquet respectable ;
    Quant aux musiciens, ils enchaînent leurs partitions au diapason.

    Les LLyrïädes sont maîtresses d’œuvre : on prépare la cérémonie ;
    On baptise les catéchumènes sous l’égide de Yanimïä.
    Ensuite, changement de manœuvre dans une parfaite harmonie,
    On fête la fin de semaine en ce tout premier yangmïä.

    Dans la lumière vespérale, tous les couples sont conviés
    À la prière collective dans le sanctuaire béni.
    Dans la nudité générale, les rituels sont sanctifiés
    Lors des étreintes affectives en douze copulations unies.

    Alors Yggdrasil resplendit dans une lumière aveuglante
    Dont les riverains stupéfaits auront à noyer le poisson.
    On regagne la place arrondie où les spécialités atlantes
    Sont proposées sur un buffet à volonté avec boissons.

    Et vient le moment du spectacle avec la crème des musiciens :
    ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN, choristes, et puis les sirènes danseuses.
    Le public atteint le pinacle, séduit par le charme helvétien
    De la troupe d’artistes folkloristes et leur euphonie ambianceuse.

    Quand le grand cercle des dix flammes se termine au petit matin,
    Les LLyrïädes regagnent leurs lits pour s’y endormir aussitôt.
    Laurelïne, qui a du vague à l’âme, s’enfonce dans les draps de satin,
    Réveille Yavänor aveuli après les rituels sommitaux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le calendrier Allégorien

    « Considérant que douze trouples ne sauraient accomplir leur prière au cours d’une semaine de sept jours, j’institue un calendrier rituel de quatorze jours que nous appellerons semïänes.

    Chaque trouple disposera de sa nuit pour nourrir Yggdrasil.

    Les dimanches yinmïä et yangmïä seront consacrés à la fornication collective durant laquelle, conformément à ma charge, je me reposerai en surveillant les opérations. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

    Le calendrier Allégorien

    Yanimïä
    À Ô ALLEGÔRÏÄ, les semaines durent désormais quatorze jours ;
    Consacrés aux prières humaines, les cérémonies de l’amour.
    Six jours pour les six premiers trouples ; un jour dédié à Yanimïä ;
    Six jours pour les six derniers trouples ; un jour dédié à Yanimïä.

    Lundi devient yalïn, jour de prière pour Yavänor & Laurelïne ;
    Mardi devient yaleï, jour de prière pour Yavänor & Loreleï ;
    Mercredi devient yalïth, jour de prière pour Yavänor & Lïlïth ;
    Jeudi devient alilïä, jour de prière pour Alinéor & Ledalïä ;
    Vendredi devient irenïä, jour de prière pour Irénée-le-jeune & Geminïä ;
    Samedi devient ôrphlïä, jour de prière pour ORPHÉÔN & ÄLLÏÄ ;
    Dimanche devient yinmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.

    Lundi devient cristlïä, jour de prière pour Cristïäs & STELLÏÄ ;
    Mardi devient valtïs, jour de prière pour Valérion & Nérätïs ;
    Mercredi devient asttïs, jour de prière pour Astérias & Thétïs ;
    Jeudi devient altlïä, jour de prière pour Altänor & Amellïä ;
    Vendredi devient nempïä, jour de prière pour Captain Nemo & Pénélopïä ;
    Samedi devient hyärïäne, jour de prière pour Séorïäne & Hyänor ;
    Dimanche devient yangmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.

    Laurelïne
    Deux semïänes forment une Lune où chacun des trouples vient fleurir ;
    Chaque prière devient la fortune que notre Arbre vient recueillir.
    Le calendrier nomme les jours sans en scinder notre unité ;
    Car demeure encore notre amour au-delà des solennités.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les premières heures de yangmïä

    « Aux premières heures de yangmïä, tandis qu’Ô ALLEGÔRÏÄ dormait encore, Yavänor et moi sommes restés tendrement enlacés sous les draps.

    Nous devions attendre yalïn pour inaugurer notre première prière avec Yanimïä…
    Mais les pionniers ont toujours quelques heures d’avance sur les cérémonies. »

    Laurelïne, Première Reine-Mère Souveraïne dite ”la pionnière”

    Les premières heures de yangmïä

    Aux premières heures, le monde dort, excepté nous deux dans la nuit,
    Ta tête posée sur mon buste, nos quatre mains entrelacées ;
    Des couples sous la Lune d’or entreprennent leurs bains de minuit ;
    Toi, couchée sur mon corps robuste et moi, sous le tien, enlacés.

    Je te caresse les cheveux et je murmure à ton oreille :
    « Demain nous inaugurerons la première prière de yalïn ;
    Pionnière, c’est bien ce que tu veux et tu le seras sans pareille,
    Toi qui agites ton électron de feu aux teintes hyalines ! »

    « Premier amour au premier jour, ton feu m’a presque brûlé les yeux !
    Heureusement celui du cœur a su comment te reconnaître
    En t’accordant dans ce séjour, ton tout premier rôle ambitieux :
    Soit de faire de moi ton vainqueur et de toi un amour à naître ! »

    « Nous sommes les pièces inséparables du puzzle des amours humaines ;
    Mon évagination convexe dans l’invagination concave.
    Tu as commis l’inénarrable douceur de joindre à notre hymen
    Ta sœur dotée d’une eau connexe et ta mère qui fait son enclave. »

    « Mais je reviens toujours à toi ; même si ta sœur est favorite,
    Même si ta mère est mon Œdipe, tu restes l’interaction forte.
    Si yaleï tu prends l’air pantois et yalïth quand j’honore Lïlïth,
    C’est que nous aimons en équipe, un tétraèdre en quelque sorte. »

    « Oui, je la sens ! » me réponds-tu. « La force invisible qui court
    Sur ta peau, attire mes lèvres et me ramène vers ton cœur !
    Et sur ton organe pointu, j’en sens les petits élans courts
    Qui battent d’amour avec fièvre jusqu’à mon sanctuaire en chœur ! »

    « Et quand nos sexes chantent en chorale la jouissance de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Ta force me serre si fort que je deviens ton prisonnier.
    Et toi ma geôlière vaginale, fondatrice d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Qui me récompense des efforts en m’offrant ton amour pionnier ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le progrès

    Le progrès

    Hier, le progrès sentait si bon ; l’an deux mille était prometteur
    Avec ses voitures volantes, avec la téléportation !
    Je me voyais grand vagabond de l’espace, illuminateur
    De rêveries affriolantes d’un avenir en formation.

    Aujourd’hui tout paraît rouillé ; l’an deux mille est passé si vite
    Avec des guerres inattendues d’anciens conflits trop résistants.
    Moi-même, ai-je pris des dérouillées malgré les dangers que j’évite
    Et je vis sur un fil tendu qui peut se rompre à tout instant.

    Mon eau a rencontré l’éther d’un avenir inconsistant,
    Mon air s’est dilué dans le temps d’un ascenseur vers la folie,
    Mon feu est resté solitaire mais son espoir est persistant,
    Ma terre s’effrite depuis longtemps vers une étrange mélancolie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’amour cosmique

    Quand la Terre devient le cerveau et donc la Lune, la cervelle,
    Mettons le Soleil dans le sexe et Dieu au milieu de ses seins.
    Et voici donc le renouveau avec l’amour qui renouvelle
    La création vers plus complexe qui s’adresserait à ses saints.

    Quand deux (ou trois) corps enlacés deviennent des constellations,
    Leurs veines se créent des chemins où vont circuler les étoiles.
    L’univers n’est jamais lassé du coït de leurs pulsations
    Et la nuit promet pour demain les séquelles d’un temps qui se voile.

    Hélas l’amour doit se cacher tandis que la guerre est montrée
    Dans les journaux, à la télé et dans tous les réseaux sociaux.
    Et tous ceux qui restent attachés à l’amour ont vu démontrer
    Que la censure vient marteler plus durement ces asociaux.

    Tableaux d’Alex Grey.