« Elles ne se donnent pas le lait :
elles échangent leur lumière.
Car lorsque deux sources consentent à se nourrir l’une l’autre,
ce n’est plus le corps qui aime…
mais l’origine elle-même qui se reconnaît. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier


Lorsqu’elles allaitaient leurs enfants, entre elles, elles l’ont ressenti
Ce frémissement érotique non sexuel mais sensuel.
Un besoin d’aller triomphant, l’une vers l’autre, consenties
Par un contact presque hypnotique, sensitif comme un rituel.
Elles s’isolent dans leur chambre sans dire un mot mais conniventes,
Ôtent leurs robes débouclées pour une tenue plus adaptée.
Elles se rapprochent de tous leurs membres et leurs poitrines captivantes
S’envoient de petites giclées pour sceller l’Alliance Lactée.
Laurelïne, toujours la première, tète Loreleï goulûment
Ensuite Loreleï à son tour boira au sein de Laurelïne.
Elles reçoivent la même lumière, intensément, absolument,
Et reçoivent en onde retour un puissant jet d’adrénaline.
Lait de feu dans la bouche d’eau, Laurelïne et Loreleï auxiliaires ;
Lait d’eau dans la bouche de feu, les deux sœurs sont complémentaires.
Comme une suave libido, une caresse familière,
Presque orgasmique comme un vœu d’amour antiréglementaire.
Les sécrétions blanches naviguent, de la poitrine jusqu’au cœur ;
Il n’est plus de sang mais de lymphe qui circule entre leurs deux arches :
Leurs deux matrices alors prodiguent un signal qui devient liqueur
Et métamorphose les nymphes au rang de saintes matriarches.
Elles sont devenues l’une et l’autre l’Écho qui appelle ÏÄNIMÏÄ :
Deux femmes entrées en résonance avec le Féminin Sacré.
Elles seront les nouveaux apôtres qui ouvriront avec ÄLLÏÄ
La route dont la gouvernance est au Poïnt Zéro consacrée.
Les deux mères ne font plus qu’une et leurs matrices, un athanor
Où un cœur d’eau-de-feu dévoile une présence encore cachée.
Dans l’intimité opportune surgit l’âme de Yavänor
Qui suit le chemin des étoiles via ses deux astres panachés.
Illustrations de Ledalïä.
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