L’intelligence des dauphins couplée à celle des sirènes Crée un tandem très homogène entre ces races complémentaires. Tous les deux arborent un dos fin doté de connexions sereines Aux contacts hallucinogènes d’un sixième sens élémentaire.
Sous l’onde aux reflets cristallins, le cœur bat d’un rythme identique, Fusion de deux destins divins mus dans une étreinte hypnotique. Ils glissent comme des fils opalins sur ce sillage fantastique, Loin des tourments subis en vain d’une humanité névrotique.
Leurs chants, secrets d’anciens métaux, s’enroulent en doubles spirales, Vibrant sous d’étranges manteaux de lueur claires et boréales. Sondant l’osmose de leurs cristaux par une entente magistrale, Ils fuient les aliénés mentaux des cités froides et carcérales.
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« L’enfant-flamme ! Ce mystère qui donna naissance à mon père.
Inexplicable jusqu’à présent mais la seule occurrence où une âme a pu se créer un corps afin de renaître.
Décidément, Loïrelïndt EST un fantôme d’une sagesse et d’une clairvoyance très précieuses ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Mais pourquoi êtes-vous l’unique fantôme vivant en ces lieux ? » Transmet Cristïäs qui s’attendait à en voir d’autres des plus divers. « Parce que ces lieux sont holoniques car ils font partie d’un milieu Beaucoup plus vaste qui s’étendait à l’autre bout de l’univers ! »
« Eh oui, ta télémémoire peut en retrouver ses habitants Mais non, elle ne peut pas les transférer, pas même moi ! Le passé devient peu à peu de plus en plus intermittent Et le futur s’allonge d’un pas où les secondes deviennent des mois ! »
« Tu rêves de pouvoir faire renaître une personne du passé Mais il faut un corps pour cela ; le mien a été torturé, Dispersé à des kilomètres impossibles à outrepasser Ainsi quand la mort me scella, mon corps était déstructuré ! »
« Les Irénée ont essayé, Asterias l’a aussi tenté Un seul a pourtant réussi et d’ailleurs je l’en félicite ! Il ne pensait pas balayer une règle jamais attentée En semant avec minutie son enfant-flamme dans Lïlïth ! »
« Oui Yavänor ! Tu es le seul ! Je ne sais pas toute la romance Mais j’en vois là le résultat et… je crois pourtant le savoir ! C’est Irénée, cet être veule, qui a répandu sa semence Et toi, le geste qui l’occulta pour la troquer par ton pouvoir ! »
« Souviens-toi, c’était en automne, il apparut aux femmes enceintes Et puis a pénétré Lïlïth pour changer le gamète mâle Par l’un des tiens très autonome doté d’une onction sacro-sainte Organisé par une élite de science infinitésimale ! »
« Je l’ai désiré, en effet… » avoue Yavänor humblement « J’ai demandé à l’Univers de m’incarner chez les LLyrïädes. Je ne sais pas comment s’est fait ce miracle, véritablement… Mais “quelque chose” nous a ouvert un mystère parmi des pléiades ! »
« Loïrelïndt, celle qui voit l’évidence que les autres ne voient pas !
Dès la première rencontre, Loïrelïndt nous fascine tous par son don de voyance. Elle ne prédit pas l’avenir, elle montre au présent les mécanismes et le pourquoi de toutes choses.
Un véritable Oracle comme je n’en avais jamais vu. Et si je comprends bien, celui qui m’a fait pipi dessus a ébranlé tout l’univers pour que cela arrive ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Ainsi depuis tout ce temps-là, tu vivais juste sous notre toit ! » S’exclame Lïlïth en embrassant sa vieille amie perdue de vue. « Et tant de fois, tu m’ébranlas le cœur quand j’entendais ta voix ! » Répond Loïrelïndt en l’enlaçant bien que de substance dépourvue.
« Peux-tu nous présenter, maman ? » demandent Laurelïne et Loreleï. « Voici Loïrelïndt, ma vieille amie à laquelle vos noms rendent hommage ! Et voici mes filles, notamment prénommées comme représailles Envers tes anciens ennemis pour que ton souvenir se propage ! »
« Et voici Yavänor, leur mari qui est un peu aussi le mien ! » « Toi alors, tu n’as pas changé ! » Rit Loïrelïndt en l’enlaçant Tant bien que mal, un peu marrie, malgré son corps ectoplasmien Mais qu’elle se permet d’échanger contre un regard attendrissant.
« Et voici notre grande famille qui s’est récemment agrandie De six magnifiques bébés et leurs non-moins jolies mamans ! » « Et toi aussi, pourtant mamille comme on disait en Romandie Le mari et le fils nimbés d’une même âme… étonnant ! »
« En revanche, tous ces jeunes gens ne sont sûrement pas des terriens ! » « Oui les garçons viennent de Thestïäs et les filles viennent d’Atlantïs ! » « C’est très habile ! En partageant vos gènes extrasolariens, Vous permettez la mise en place d’une race que les dieux garantissent ! »
« Ainsi, c’est grâce à vos bébés que nous pouvons communiquer ! » « Cela et sûrement autre chose ; ils n’arrêtent pas de nous surprendre ! Je crois qu’ils nous ont imbibé d’une substance médiquée Pour que cette métamorphose puisse nous atteindre sans attendre ! »
« Et je crois même que le hasard qui vous a fait vous rencontrer Vient de ces bébés justement ou plutôt de leurs âmes errantes Qui a cherché dans le bazar de l’univers enchevêtré Hommes et femmes intimement choisis pour leurs marques afférentes ! »
Je danse avec la terre, je danse avec les ours Ces danseurs plantigrades ont le rythme dans la peau ! Et jusqu’au bout des poils, ils ont de la ressource Et moi, fée du printemps, je leur tire mon chapeau !
Ils ont l’air effrayant mais ce sont des peluches Rembourrées d’intentions toutes bonnes à prendre ! Qui les traite de bêtes, d’animal en baudruche, Ignore une bourrée si facile à apprendre.
Illustration de Heinrich Kley sur https:katia-lexx.livejournal.com2218304.html .
Celui ou celle qui va cueillir la marguerite à effeuiller Et qui connaît l’orgasme avant d’arriver à lui faire un gosse… S’il n’y a plus rien à recueillir qu’un peu de cendres endeuillées Est-ce qu’on peut dire dorénavant qu’il a le coup de foudre précoce ?
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Les sirènes ont établi le contact avec le chaînon manquant : celle qui connaît l’histoire de Ô ALLEGÔRÏÄ et qui désire ardemment nous la communiquer depuis que nous l’habitons.
Nous sommes toutes invitées à nous rendre à son palais situé dans nos sous-sols.
Je suis très impatiente ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Tu n’avais donc pas disparu de la mémoire des grandes eaux ! C’est étonnant que tu aies dû attendre un mois pour te montrer ! » Pense alors Loreleï apparue sitôt prévenue par le réseau Devenu soudain si répandu qu’on n’a plus à le démontrer.
« Pourtant j’ai vainement essayé de vous contacter chaque jour ; Les habitants de votre monde n’écoutent pas celui des morts. Or je suis très émerveillée depuis deux jours et je savoure Que cesse cette barrière immonde dont j’éprouvais tant de remords. »
« Mais tu es seule ? C’est étrange ! Vous devriez être une pléthore ! » « Tu oublies que nous sommes uniques : nous sommes une race hybride Qui marchons quand ça nous arrange, nageons quand l’eau nous revigore Et nos origines germaniques ont fait de nous des apatrides ! »
« Je reste attachée à Constance car j’y ai connu les Atlantes Quand ils ont construit la maison que vous habitez désormais. Par une tragique circonstance, j’ai connu une mort sanglante Quand l’Inquisition, sans raison, nous a condamnées à jamais ! »
« J’habitais bien sûr Ôphélïä, ma résidence aménagée Où je vous ai vues tant de fois que j’en ai pleuré d’impuissance. Quand j’ai vu ÄLLÏÄ et STELLÏÄ qui venaient près de moi nager, J’ai crié de toute ma voix mais ce n’était qu’évanescence ! »
« Maintenant que vous m’entendez je vous invite dans mon palais Qui se situe dans vos sous-sols, dans votre piscine magique. Quand Éôlïäne a transcendé le passage qui l’emballait Je lui ai servi de boussole grâce aux poissons anthologiques ! »
« Transmettez à ma chère Lïlïth, que je connais depuis longtemps, Toutes mes sincères amitiés au nom de notre sororité Afin que se réhabilite ce qui, depuis la nuit des temps, A animé la société de la gynopostérité ! »
Éôlïäne, toujours aussi sarcastique et avec la langue bien pendue, découvre, à son tour, avec ses sœurs la télépathie qui leur apporte quelque chose d’inattendu : la possibilité de parler avec un fantôme d’une sirène du lac de Constance qui prétend connaître beaucoup de choses…
De belles révélations en perspective ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Ils sont tous devenus stupides ! » dit Éôlïäne consternée ; « Depuis les trois derniers bébés, soudain tout a dégénéré ! » ; « Les femmes sont plus intrépides ! » dit Olivïäne concernée ; « Ça va peut-être retomber ! » dit Azurïanne, rassérénée.
« Pourtant les bébés sont mignons ; j’aurais bien aimé en avoir ! » « Demande alors à Constantïne si toutefois il peut bander ! » « Tu parles ! avec son vieux moignon… il doit lui-même s’en émouvoir ! » « Avec un peu de Célestine qui sait ? On peut en commander ! »
« Quoi ? J’ai dit une absurdité ? » dit Éôlïäne pertinemment ; « Non mais… nous venons de causer sans même avoir ouvert la bouche ! » Pense-t-elle avec lucidité. « Et j’entends même distinctement Loreleï en train de proposer à Laurelïne de changer les couches ! »
« Excusez-moi de déranger mais j’aime votre conversation ! Et ça fait tellement longtemps que je n’avais entendu personne ! » « HÉ ! T’ES QUI TOI, L’ÉTRANGER ? MONTRE-TOI SANS PROTESTATION ! » « Ne criez pas ! Je suis contente ! Je suis une vieille âme teutonne ! »
« C’est toi la forme transparente qui vient de se concrétiser ? » « Oui… enfin non… mais j’étais là depuis votre emménagement Mais vous n’étiez pas coopérantes alors que là, vous maîtrisez Le langage de l’au-delà qu’utilisent tous les revenants ! »
« Sans blague ! Tu es un fantôme ? » – « Oui, vieille sirène de Germanie Et je m’ennuyais dans ces eaux malgré toutes vos allés venues ! Parfois, je m’incarne en Guillaume, votre poisson de compagnie En utilisant le réseau des âmes-poissons ingénues ! »
« Vous m’entendez ? C’est formidable ! J’ai plein de choses à raconter Sur la maison et ses secrets, les Atlantes qui l’ont habitée ; Et Constantïne, ce vénérable compagnon sur qui j’ai compté, Qui a toujours été discret et qui m’a toujours assistée ! »
« Les plus grandes révolutions se font par les femmes.
Nérätïs et Pénélopïä se sont rapprochées pour pratiquer beaucoup d’activités physiques ensemble pour évacuer le stress.
Le résultat dépassé leur expérience car leur propre émancipation de communique envers nous toutes.
Et même Ledalïä. C’est dire ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Ce ne sont pas les danses exotiques qui intéressent Nérätïs ; Ce ne sont pas les arts martiaux qui passionnent Pénélopïä ; Ni la danse du ventre érotique qui se pratique sur Atlantïs ; Pas plus que les gestes impartiaux qui les attirent dans l’immédiat…
Mais les deux femmes conjointement ont pris comme nouvelle habitude D’extérioriser par le corps toutes les tensions cumulées. Par un subtil consentement, elles recherchent la pleinitude Dans la détente et dans le sport sans devoir le dissimuler.
Le soir venu, elles nagent ensemble ; tous les matins elles courent ensemble ; L’après-midi, elles plongent ensemble ; quand il fait beau, elles sprintent ensemble ; Pour se distraire, elles bougent ensemble, pour leur bien-être, elles suent ensemble ; À force de travailler ensemble leur corps et leurs gestes se ressemblent.
Et pourtant contre toute attente, elles apprécient cette tendance De pratique des arts martiaux pour en éprouver la quiétude. Elles en apprécient la détente et sont attirées par la danse Alors qu’elles les trouvaient spécieux… comme quoi tout est dans l’aptitude !
Elles prennent des cours de théâtre, de Taekwondo, de savate Et certains soirs même se produisent dans des spectacles de strip-tease Car c’est idiot mais ces bellâtres qui en mangeraient leurs cravates Les amusent et leur amenuise la pudeur qui les stigmatise.
À force de s’émanciper et de laisser parler leurs corps, Elles se découvrent femmes libres, maîtrisant l’estime de soi. Et cela va se dissiper dans l’entourage dans un accord Qui apporte un rééquilibre envers chaque femme qui le reçoit.
Et l’incroyable est arrivé : notre Ledalïä si pudique Se met à sortir toute nue pour aller bronzer et nager. L’illustratrice ravivée, apprécie le côté ludique Du regard plutôt soutenu d’un Alinéor partagé.
ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Cristïäs découvrent le pouvoir des formes. Ils créent, façonnent, modèlent tout ce qui leur tombe sous la main.
Je commence à me demander si le petit Orélion, qui devient de plus en plus actif, n’est pas étranger à ce phénomène ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
ÄLLÏÄ se mit à voir sans voir ; juste pour estimer les formes. STELLÏÄ, entendre sans entendre ; juste pour capter les échos. Cristïäs, toucher sans percevoir ; juste la structure uniforme. Les trois, s’apprécier et s’entendre ; juste devenir ex-æquo.
C’est lors de la nouvelle Lune, qu’ils en ressentirent les effets, Après la clôture du conclave sur les questions les plus complexes, Qu’ils eurent l’occasion opportune d’être tous les trois stupéfaits Par l’attrait des formes concaves et le goût des formes convexes.
Ils se surprirent à modeler tout ce qui leur passait par les mains ; Façonner des origamis, des très faciles et des plus fourbes ; Pétrir de leurs doigts potelés, l’argile sur le bord des chemins ; Et tâter leurs anatomies pour en apprécier les courbes.
Quand les deux sœurs faisaient l’amour, elles fermaient toujours les yeux Pour ressentir de l’intérieur son aspect tridimensionnel Comme une sculpture glamour que leurs partenaires audacieux Travaillaient des membres inférieurs pour des chefs-d’œuvre passionnels
À presque quatre mois, Orélion perçoit et distingue ces formes Comme un ectoplasme invisible qu’il manipule de ses mains. Il joue au gentil trublion qui modèle un monde conforme À son langage imprévisible qui change à chaque lendemain.
Enfin lorsqu’il tête sa mère le flux rétrograde remonte Et Laurelïne perçoit des formes qu’elle ne comprend pas encore Mais qu’elle retransmet au père chaque nuit quand leur désir monte Qui se répand et qui transforme chaque cellule de leurs corps.
Comme un virus immunitaire ou un vaccin épidémique Ces formes s’étendent à tous les membres de la communauté Qui savent écouter et se taire, capter sans faire de polémique Ce qui s’avérera un atout accompagné de nouveautés.
Fi des mémères à leurs toutous, fi des cavalières à cheval, Fi des vielles filles et leurs chats, Fi des tatas aux mille oiseaux ! Vivent les folles du loup-garou, non pas celui du carnaval Mais celui dont s’amouracha le chaperon rouge par son museau !
J’aurais aimé être ce loup et embrasser le chaperon, Lui faire lichette et lichettes et goûter sa peau de velours. La garder loin des pieds jaloux qui empêchent de danser en rond Les amourettes et les bichettes qui s’énamourent des grands balourds !
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Ah… les lunettes à rayons X censées déshabiller les femmes ! J’en ai retrouvé par hasard ce matin au vide-greniers. J’ai donc testé cette idée fixe en souhaitant de toute mon âme Redécouvrir les plus beaux-arts que la Nature a ingéniés.
En voyant sa robe transparente, j’ai bien cru que ça fonctionnait Et j’ai acheté les lunettes à la vendeuse si charmante. Mais sa nudité apparente, elle se l’était confectionnée Avec nichons et foufounette peints sur sa robe enthousiasmante.
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« Phénomène similaire cette fois-ci avec la peinture chez Ledalïä, Geminïä et Alinéor.
Tous les trois ont reçu une information mais chacun l’a intégrée selon ses propres filtres.
Résultats, trois toiles différentes. Mais en superposant les trois images, le message émanant des b3bes est apparu. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Il y a des rêves en couleurs et des rêves en noir et blanc. Cependant cette nuit les songes sont d’une autre catégorie. Comme des teintes de douleurs qui font des camaïeux troublants Et des coloris de mensonge pour faire des allégories.
Ledalïä rêve d’arcs-en-ciel avec sept nouvelles couleurs ; Des infrarouges dégradés et des ultraviolets débordés. Et les sept couleurs officielles deviennent les souffre-douleurs Et se retrouvent rétrogradées dans des nuances inabordées.
Geminïä rêve tout en noir mais en relief avec des formes Qui avancent en créant des ondes d’une lumière ténébreuse Qui ouvre un tout nouveau couloir où le noir alors se transforme Et crée soudain des nouveaux mondes où les étoiles sont nombreuses.
Alinéor perçoit ses sens avec couleurs surnaturelles ; Le goût prend de nouvelles teintes, l’ouïe de nouveaux coloris ; Le toucher trouve alors l’essence des caresses d’or naturelles Quant à la vue, elle est éteinte par les autres sens a priori.
Dès le matin Ledalïä peint les nouvelles couleurs aperçues ; Dès le matin Geminïä peint les formes noires entraperçues ; En même temps Alinéor peint les nouveaux sens qu’il a perçus ; Trois œuvres d’un art qui dépeint ce qui demeure inaperçu.
« Euréka ! » crient-ils tous ensemble. « Il faut les photographier, Les superposer tous les trois et obtenir une seule image ! » Ce qu’ils obtiennent alors ressemble à l’effet holographié Qui montre les six enfants rois qui leur délivrent un message.
Le message parle d’avenir : Yavänor avec Laëtïtïa Qui, non seulement continueront, mais garderont la connexion De ce présent en devenir qui deviendra un noviciat Tandis que nous, constituerons leur éternelle protection.
« Encore une manifestation de la télépathie. Cette fois-ci, ce ne sont pas les pensées qui se transmettent mais la musique.
ORPHÉÔN, Altänor et Valérion le découvrent. Et mâme Captain Nemo, pourtant amnésique, retrouve son don de pianiste.
Tous les quatre se sont communiqué la même musique sans le savoir.
Et ils ont enchanté tout Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
ORPHÉÔN est fort inspiré et surprend ÄLLÏÄ au réveil : « J’ai rêvé tant de mélodies et tant de textes cette nuit Qu’ils se sont ensemble insérés dans ma mémoire en plein éveil Comme des chants de paradis, des vieilles odes inouïes ! »
Altänor est tout enjoué et Amellïä est enchantée : « J’ai rêvé des morceaux pour toi et qui m’ont traversé la tête Et je voudrais te les jouer ; peut-être pourrais-tu les chanter Ou les entonner à deux voix et organiser une fête ! »
Captain Nemo se souvient et Nérätïs est tout en joie : « Je ne saurais pas l’affirmer mais… je crois jouer du clavier Et j’ai un refrain qui revient interprété tellement de fois Que je le jouerais, les yeux fermés, devant nos amis conviés ! »
ORPHÉÔN chante à pleine voix en rejoignant ses congénères ; Altänor chantonne, enflammé, sa mélodie a capella ; Captain Nemo remue ses doigts sur un clavier imaginaire ; Et Valérion de s’exclamer : « C’est mon air que vous jouez là ! »
Ils se regardent éberlués et se dirigent vers le living ; Altänor saisit son trombone, Captain Nemo se met au piano Et ORPHÉÔN vient ponctuer la musique d’un scat qui swingue Tandis que Valérion coordonne le tout de riffs originaux.
Aussitôt le concert attire les cinq mamans et leurs bébés, D’un air réjoui et enjoué comme le fait remarquer Lïlïth : « Je ne sais pas comment vous le dire mais ils sont restés bouche bée Aussitôt que vous avez joué cette musique qui les excite ! »
Sur sa batterie de cuisine, Alinéor cuillères en mains Réalise un rythme déchaîné accompagné des Irénée. Voici alors que Laurelïne se saisit en un tournemain De Yavänor pour l’entrainer dans un charleston effréné !
« Impossible de dormir avec toutes ces pensées qui me traversent la tête ! Je ne sais pas si j’ai rêvé mais j’ai vu… ou plutôt entendu… en fait ni l’un ni l’autre mais je pensais comme Yavänor, comme Laurelïne, comme Loreleï et comme Lïlïth… C’était vraiment très étrange… Ça m’a tenue éveillée une bonne partie de la nuit ! J’ai même ressenti une irrésistible envie de faire l’amour au petit matin… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Il n’y a pas de mot pour le dire mais notre relation à quatre A changé d’orientation et se passe au-delà du corps ! » Pense Yavänor qui voit sourire ses trois femmes en train de s’ébattre Après l’expérimentation d’un nouveau type de rapport.
« Et inutile de le comprendre… » exprime Laurelïne à son tour ; « Il suffit de la pratiquer… » pense Loreleï en complément ; « Sans avoir besoin de l’apprendre… » continue Lïlïth sans détour ; « Car il suffit de l’appliquer ! » songe Yavänor simplement.
« Et pas besoin de s’observer pour apprécier l’effet produit ! » « Tu as raison et quand tu penses je crois que c’est moi qui le pense ! » « Pourtant le genre est conservé ; la pensée mâle me séduit Et la pensée femelle dispense comme une douce résonance ! »
« Continuez ! Je vais tenter une expérience intéressante ! » « Loreleï m’a l’air d’une gamine avec un tout nouveau jouet ! » « Mais tu es aussi enchantée, maman, tu es toute frémissante ! » « Je vous entends et m’achemine au fond du lac frais à souhait ! »
« Oooh, là il se passe quelque chose entre Yavänor et maman ! » « Ils tentent d’expérimenter nos rapports d’une autre façon ! » « Aaah, oui ça me métamorphose et j’apprécie bien ce moment ! » « Taisez-vous et ressentez ce qu’ensemble nous surpassons ! »
« Moi aussi ! » et les quatre amants se retrouvent dans la cuisine Car les émotions fortes creusent et l’esprit et leurs estomacs. Le papa et les trois mamans sans dire un mot emmagasinent Avec un verre de chartreuse des petits fours au curcuma.
« Je m’étais habitué à voir mes réserves pillées la nuit Mais par quatre Llyrïädes à poil, ça je ne l’avais jamais vu ! » Rit Alinéor plus pour avoir l’explication de ce qui suit Tout en saisissant une poêle pour faire ce qu’il avait prévu…
Quelle serait la longueur d’onde lorsque mon corps est en repos Et quelle est alors la fréquence lorsque mon âme fait l’amour ? Qu’est-ce qui fait vibrer le monde quand l’esprit est à fleur de peau Et qu’en est-il des conséquences quand mon cœur bat avec humour ?
Combien faut-il regrouper d’âmes pour influencer la nature Et combien des mains raccordées faut-il pour mesurer le monde ? Est-ce que les hommes et les femmes font monter la température Lorsque les cœurs sont accordés sur une même longueur d’onde ?
Est-ce que cela n’existe pas si la science ne le voit pas Et qu’elle n’est pas du même avis quant au chemin à parcourir ? Est-ce que cela ne compte pas, une fois passé de vie à trépas, Et qu’on n’a rien fait de sa vie sinon vivre, aimer et mourir ?
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La Lionne, créature de glace, protégeant les enfants du ciel, Demanda un peu de chaleur pour les protéger des frimas. L’astre ne tenant pas en place, ouvrit son cœur exponentiel D’un feu d’une telle valeur que la Lionne s’enflamma.
Devenant une étoile fixe, elle brûla éternellement Dans le firmament de l’été durant un cycle de canicule. D’autres prétendent qu’une rixe explosa passionnellement Entre les dieux et Prométhée pour une histoire ridicule.
Aujourd’hui la planète flambe mais pour toute une autre raison ; L’homme veut dominer la planète et l’homme se croit le plus fort. Alors il court à toutes jambes pour améliorer sa maison Avec tant de coups de manettes que l’humain devient pyrophore.
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Les bébés émettent des impulsions qui ne sont pas encore des pensées. Yavänor-l’ancien et Yavänor-le-jeune ont créé le premier contact. L’intimité très étroite de Yavänor, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth amplifie ce phénomène.
Ensemble, tous les quatre ressentent cette nouvelle expérience. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Ce soir, six bouches affamées tètent goulûment leurs mamans Devant une foule attendrie par le spectacle de la vie. On en voit certains se pâmer, participer à ce moment Dans un sentiment amoindri devant ces tout-petits ravis.
Notamment Yavänor ému qui a vraiment cette impression De sentir ce téton gorgé de lait lui gicler dans la bouche. Même sa mâchoire remue dans une tendre régression Simulant même une gorgée de la manne blanche farouche.
Mais quand Yavänor-le-bébé a fini de tout absorber Et que Lïlïth, sur son épaule, attend tendrement son renvoi, Yavänor-l’ancien, bouche bée, croise alors à la dérobée Celui qui a monopole de cette toute petite voix :
En fait, ce n’est pas une voix juste des pensées très éparses Mais qui intelligiblement lui transmet des impulsions brèves. Des impulsions qui, une fois teletransmises par son comparse Le hantent irrésistiblement la nuit au milieu de ses rêves.
Celui-ci est particulier ; Laurelïne, Loreleï et Lïlïth Unissent leurs mains avec les siennes pour amplifier cette voix Qui, d’un mouvement régulier, se développe et se délite Avec des inflexions anciennes semblable à des odes à la joie.
Au matin Laurelïne s’éveille en évoquant un drôle de rêve Repris par Loreleï et Lïlïth qui l’ont rêvé, elles aussi. Et cette joie les émerveille car en une seule œillade brève, Ils ont compris que l’insolite information les associe.
Non, pas besoin de long discours ; ils se regardent sans mot dire Et c’est exactement pareil que s’ils se le remémoraient. Cet intervalle paraîtrait court pourtant pour eux quatre, il s’étire Comme un bourdonnement d’oreille qui doucement leur parlerait…
« Il y a quelque chose dans l’air d’indéfinissable.
Depuis les trois naissances, j’ai l’impression qu’un climat d’empathie a envahi toute notre communauté. Ce climat existait déjà mais je crois qu’il s’est sensiblement amplifié.
Les prochains jours nous en apprendront davantage. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Trois petits quelque chose en plus par rapport aux premières naissances ; Un, la simultanéité de l’arrivée des nouveau-nés ; Deux, un tout nouveau stimulus : la télépathie en puissance ; Trois, une homogénéité en train d’atteindre leurs aînés.
Sans doute Uranus en Gémeaux, l’esprit inventif et l’aisance Avec goût de l’innovation et les nouvelles technologies. Et Mars qui vient trouver les mots pour apporter la complaisance Envers les prochaines inventions qui animeront leurs logis.
Pluton en Verseau leur apporte les transformations collectives, Une nouvelle organisation poussée par la télépathie. Qui se diffuse et se transporte déjà de manière objective Dans la nouvelle génération solidaire avec empathie.
Cependant la télépathie n’est pas du tout héréditaire Mais une transmission qu’on apprend comme le langage parlé. Et c’est grâce à cette empathie que les enfants communautaires Auront ce talent qui surprend : de communiquer sans parler.
On peut, par anticipation, sur les prochaines générations Parier sur ce phénomène qui ne saurait s’atténuer. Déjà les trois fécondations qui sont en cours de gestation Et celles de cette semaine qui vont encore continuer.
Et c’est ce secret légitime qui se passe dans la nurserie ; Les trois nouveau-nés retransmettent leurs premières heures de vie Qui atteignent les pensées intimes de la petite confrérie Ainsi tous, à leur tour, émettent des impulsions inassouvies.
Qui sait si demain les tétées n’affecteront pas les mamans ? Qui sait si les copulations n’affecteront pas les papas ? Qui sait si la communauté n’atteindra pas, à un moment, Ce pouvoir en évolution qui se propage pas à pas ?
« Le 14 juillet 2026 à 12 h (heure locale), les trois bébés naissent pratiquement au moment de la Nouvelle Lune en Cancer.
Le Soleil et la Lune sont conjoints, et Mercure rétrograde est lui aussi en Cancer, très proche de cette conjonction. Vénus est en Vierge, Mars et Uranus en Gémeaux, Jupiter en Lion, Saturne en Bélier, Neptune en Bélier (rétrograde) et Pluton en Verseau (rétrograde). »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Soleil, Lune et Mercure ensemble à midi, heure des naissances, S’alignent dans une conjonction qui va empreindre les enfants. Cet aspect notable ressemble à une nouvelle connaissance Qui nous apporte la conviction d’un commencement triomphant.
Naissance d’un cycle entièrement neuf d’une génération fondatrice Qui conduira la dynastie au-delà de ses espérances. Depuis la conception dans l’œuf, au sein même de la matrice, La fonction de télépathie s’est accrue en prépondérance.
Avec Mercure, l’intelligence alliée à la curiosité Développe le goût de comprendre, d’absorber et de retransmettre. C’est comme un serment d’allégeance qui relie l’ingéniosité Des trois esprits qui vont apprendre très vite tels des petits maîtres.
Vénus en Vierge leur précise l’amour et le sens du devoir, Envers les autres et leurs parents, de l’harmonie et du service. Les émotions seront concises, ce qui leur permettra de voir Très tôt les penchants apparents envers une âme-sœur novice.
Mars en Gémeaux, moteur d’humour, offre beaucoup de vivacité Sur la capacité d’apprendre très vite et de communiquer. Et ils sauront parler d’amour avec tant de véracité Qu’ils n’auront plus alors qu’à prendre ce qu’on leur offre sans paniquer.
Jupiter en Lion, c’est royal, comme un rayonnement naturel Qui portera leur joie de vivre avec leur magnanimité. Car le cœur se montre loyal avec un esprit culturel Qui donne confiance et qui livre une grande générosité.
Saturne en Bélier, le courage est parfaitement discipliné ; Ils auront la capacité d’ouvrir de nouveaux horizons Qui, au sein de leur entourage, ne leur fera jamais décliner Toute responsabilité, même face aux pires trahisons.
« Ils sont nés en même temps en ce 14 juillet à midi !
D’après les astres, c’est un excellent horoscope ; D’après Nérätïs, ce sont de beaux bébés ; D’après leurs mères, ce sont de pures merveilles.
Ce soir tandis que la fête continue, la nurserie est divinement calme. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Mère de plus de cinquante enfants, cinquante-deux… cinquante-trois… ? Lïlïth, obstétricienne-en-chef, s’est déchargée sur Nérätïs Qui tâte d’un air triomphant, les ventres où se sentent à l’étroit Trois nouveau-nés qui derechef naîtront sous l’égide d’Atlantïs.
Or Nérätïs sait d’intuition que la nouvelle Lune approche D’ici midi exactement et, sans consulter un Oracle, Connaît la signification de cette conjonction si proche Qui produira trois accouchements relevant presque du miracle.
Toutes trois ont des contractions, toutes trois ont perdu les eaux, Toutes trois en pleine lumière sous le soleil qui les inonde. Toutes trois en contribution comme reliées par un réseau Qui attend l’instruction première qui provoque la mise au monde.
Laurelïne, Loreleï, Pénélopïä, ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Yanimïä Six sages-femmes se dévouent, prêtant main forte à Nérätïs. Dans une ambiance d’Olympia car, dans la salle Ave Maria, Altänor et Valérion jouent, leur offrant un concert gratis.
Yavänor-le-jeune, Élyäna et Ärÿnor en même temps Naissent entre les mains expertes sans aucune difficulté. Et l’on nage en plein nirvâna sous un beau soleil éclatant, Signe d’une protection offerte que nul ne saurait discuter.
Sous la Nouvelle Lune en Cancer avec la triple conjonction Du Soleil, la Lune et Mercure, les enfants portent la lumière. Vénus les veille de concert, Mars leur apporte protection Jupiter est en sinécure, Saturne en patience première.
Le soir descend sur six bébés dormant en parfaite santé Après avoir été lavés, nourris au sein et puis couchés. L’ambiance n’est pas retombée ; au contraire la nuit enchantée Continue à parachever l’aura de nos trois accouchées.
Qu’il soit en expansion ou bien en contraction, L’univers ne serait en fait qu’une illusion. S’il grandit, je grandis ; s’il rapetisse aussi ; Et de là vient le fait que j’ai encore grossi.
Hier j’ai quitté le monde, aujourd’hui je renais ; Demain je reviendrais si je le comprenais. Mais j’ai compris le truc ; je fais mon lâcher prise Et suis le mouvement sans aucune surprise.
Aujourd’hui une muse m’a ouvert une porte, Elle me prend par la main et, au diable, m’emporte Mais c’est Dieu qui s’amuse à me faire l’amour Avec ses créatures qui ne manquent pas d’humour !
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Encore une femme-serpent, à la séduction malicieuse, Me promettant la connaissance sous réserve que je croque son fruit Défendu par un vrai serpent à sa cheville pernicieuse Qui commande l’efflorescence pour en supporter l’usufruit.
Car une fois goûté la pulpe juteuse du fruit défendu, Durant neuf mois se développe le vrai pouvoir qui se déplace Lorsque sortira de la vulve l’enfant qu’on avait attendu Et que la mère – Merci Fallope – mettra sur le trône à ma place.
La connaissance n’est pas mourir ; la connaissance, c’est souffrir ! Souffrir de ne vivre sa vie que pour laisser l’autre grandir, Savoir qu’il devra me nourrir juste le temps de découvrir Qu’il donnera lui-même la vie pour voir sa famille s’agrandir.
Au tour des Atlantes à se lancer dans la théorie des formes mais à leur manière.
On se demandait ce qui se passerait si les théories des LLyrïädes et celle des Irénée se rejoignaient… Il risque d’y avoir un effet explosif lorsque les trois forces LLyrïädes-Irénée-Atlante seront réunies ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je ne sais pas si c’est utile mais la Mantisse a pour effet D’amplifier les émotions émises par le canal du cœur ! » Avoue Astérias, très futile. « Bien sûr, j’ai été stupéfait D’en observer les émissions et de les grouper toutes en chœur ! »
« Explique-toi ! » lui dit Thétïs. « Je vois là différents fuseaux… » « Le premier, c’est l’émotion pure qui interpelle l’affectif, Le deuxième affecte la mémoire et ses souvenirs en réseau Quant au troisième, il épure, pour un sentiment expressif. »
« Quand l’extrémité est tronquée, c’est un sentiment de colère ; Et lorsqu’elle est évanescente, c’est un sentiment de tristesse ; Même si le temps m’a manqué, j’ai les quatre émotions polaires ; La joie et la peur oppressante qui se lient avec étroitesse ! »
« J’ai essayé de les cloner mais l’émotion est trop fugace ; Il lui faudrait un corps, une âme pour pouvoir la traiter d’humaine. Cependant j’ai sélectionné les expressions les plus sagaces Qui relient les hommes et les femmes ainsi que tous les phénomènes. »
« Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir Une émotion enregistrée dans un domaine singulier, Je serais plus catégorique sur ce qui pourrait subvenir Si je pouvais administrer chaque cas en particulier. »
« Génial ! » se moque alors Thétïs. « La Mantisse est psychologique Et on profite des transferts pour psychanalyser les gens. Ça donnera à Atlantïs une note anthropologique Afin de pouvoir satisfaire les voyageurs intelligents ! »
« Ne t’en fais pas ! Dit Astérias. « Ce n’est qu’un projet d’avenir Qui, en cas de crise intérieure, pourra peut-être mettre à profit Nos relations avec Cristïäs et pourrait le faire revenir À des intuitions supérieures envers notre philosophie ! »
« On se demandait ce que trafiquaient les deux Irénée ?
Et bien, à peu de choses près, les mêmes recherches que celles de Cristïäs ce qui devrait nous faire redoubler d’attention !
J’espère que les deux théories ne s’additionneront pas ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je ne sais pas si c’est utile mais la télékinétique offre Une représentation du corps par les connexions du cerveau ! » Avoue l’ancêtre, un peu futile. « Curieusement, ça a du coffre Avec ces fuseaux d’égrégore qui se rassemblent en écheveaux ! »
« Explique-toi ! » lui dit l’ancien. « Je vois là différents fuseaux… » « Le premier, la plaque nerveuse, le deuxième à tout le cortex, Le troisième au corps reptilien et le quatrième au réseau Nerveux et à la moelle osseuse ! » dit l’ancêtre en levant l’index.
« Quand l’extrémité est tronquée, les cellules se renouvellent Et lorsqu’elle est évanescente, les cellules sont éliminées. Même si le temps m’a manqué, j’ai pu relier la cervelle À une fonction rajeunissante pour nous seuls, les deux Irénée ! »
« J’ai essayé de les cloner mais le corps étant matériel, Il lui faut l’esprit et une âme et ça, c’est d’un autre niveau ! Cependant j’ai sélectionné tous les neurones sensoriels Chez le fœtus et chez la femme qui accueilleraient un cerveau, »
« Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir Une âme qui aurait vécu une existence jusqu’à sa mort, Je pourrais lier l’historique qui ainsi pourrait subvenir Afin que tu sois convaincu qu’on peut le faire sans remords. »
« Génial ! » se moque alors l’ancien. « On abandonne la contrebande Et on crée des poupées charnelles – à qui il manque une conscience – Qu’on vendra à des béotiens avec une belle propagande Afin d’éviter l’éternelle méfiance envers notre science ! »
« Ne t’en fais pas ! Répond l’ancêtre. « Je garde le dossier ouvert ; Demain, tu me remercieras de m’avoir emprunté le pas. Tu prends tout au pied de la lettre alors qu’on n’a pas découvert Si, oui ou non, cela servira nos intérêts… je ne sais pas ! »
Alors que Nérätïs surveille et organise les préparatifs des naissances prévues pour demain, Cristïäs continue à perdre son temps – ou non mais le saura-t-on un jour ? – avec de nouvelles applications de la téléportation. Théorique cette fois mais est-ce bien rassurant ? »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je ne sais pas si c’est utile mais la télémémoire dessine Une transcription de chaque âme, de sa naissance jusqu’à son terme ! » Avoue Cristïäs, un peu futile, traçant des figures sibyllines Avec des formes qui s’amalgament à des fuseaux qui se referment.
« Explique-toi ! » Dit Yavänor. « Je vois là différentes formes… » « La première forme est un fuseau aux extrémités émincées ; L’âme naît, vit jusqu’à sa mort… donc une existence conforme Comme n’importe quel zozo ! » Lance Cristïäs d’un air pincé.
« Quand l’extrémité est tronquée, c’est signe de mort accidentelle Et lorsqu’elle est évanescente, c’est une mort par maladie. Même si le temps m’a manqué, j’ai l’intuition sacramentelle Qu’on ne peut de manière décente lui espérer un paradis ! »
« J’ai essayé de les cloner mais l’âme n’est pas matérielle ; C’est la frontière de la vie entre le physique et l’esprit. Cependant j’ai sélectionné quelques données caractérielles Qui me donnent tout le suivi de ce qu’une âme aurait appris. »
« Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir Un corps vierge de tout esprit, je devrais pouvoir bouturer Le schéma fantasmagorique afin de le voir parvenir À reproduire, sans parti pris, sa personne restructurée. »
« Génial ! » se moque alors STELLÏÄ. « Ça va nous aider sûrement À organiser les naissances… au cas où l’âme des nourrissons Voudrait faire son juvenilia pour appuyer ton jugement À propos d’une connaissance pour le fun que nous chérissons ! »
« Ne t’en fais pas ! rit Yavänor. « Tu ne seras jamais autant Ridicule que je l’ai été hier soir de ma mission secrète ! » « Allez ! Ne perdons pas le nord ! » dit STELLÏÄ en ravigotant Son mari d’un baiser doté d’une petite moquerie discrète.
Il n’y a pas qu’les chats que la Lune rend fous une bonne fois par mois ; Il y a les acomats-boucans qui, eux, deviennent hystériques. Comme une prière opportune, on les croirait avec émoi En train de chasser le toucan qui vit pourtant en Amérique.
Dès que le clair de Lune augmente et que blanchissent les halliers, Le vieux hibou prend ses jumelles pour les compter jusqu’au matin. Mais il renonce et se lamente : « Ils changent tous de pédaliers ! » Car nul ne suit leurs ritournelles et tous y perdent leur latin.
Pourtant la nuit dans les Antilles, parfois la Lune redescend Pour se nicher entre les branches d’un acomat-boucan dévot. Le hibou reprend ses lentilles, les ajuste en se redressant Et voit dans la lumière blanche que les toucans lui font défaut.
Voici pourquoi le chat pelote et la Lune en est responsable ; Toutes les nuits, elle déroule le fil de l’une des neuf vies Du chat qui, d’une patte falote et d’une humeur influençable, Devient maboule qui s’enroule et tripatouille avec envie.
Lorsque paraît l’aurore blonde, le fil remonte vers la Lune ; Le chat, vaincu par son délire, s’endort d’un sommeil alangui. Mais dès que l’ombre inonde le monde et que vient la nuit opportune, La pelote reprend son empire… et le chat son boogie-woogie.
J’avais un chat mathémagique qui attendait la bonne longueur Pour lancer d’une patte folle son revers à 2k Pi près. Le fil cassait, c’était logique, et, dans un élan de langueur, Pelotait la laine frivole pour la retricoter exprès.
L’amour nous met de la couleur dans le cœur et c’est bien connu : Il met dans l’esprit la folie et dans le corps, la jouissance. Après, une étrange douleur pareille à un manque inconnu Qui nous plonge en mélancolie car voici toute sa puissance !
Alors les pensées s’entremêlent pour former l’étrange arc-en-ciel ; Les souvenirs changent de forme et se déguisent en symboles. Le rêve et le réel se mêlent comme deux amants providentiels Qui se répondent et se transforment en poursuivant leur farandole.
Puis tout finit par se rejoindre au fond du même tourbillon ; Les peurs, les joies et les désirs deviennent couleurs fraternelles. Le cœur voudrait alors s’adjoindre un battement de papillon Pour produire à son grand plaisir la procréation maternelle.
Quand la vie va trop vite, on ne prend pas le temps, On remet à plus tard, on bâcle, on simplifie. On fonce et on évite que ça dure trop longtemps, Sans qu’un moindre retard tous les jours s’amplifie.
Quand le vent ralentit, le temps contrebalance ; Les corps sortent de l’ombre aux contours adoucis. Les vagues rythment la vie en grande turbulence Et le soleil sourit aux garçons sans souci.
Enfin le temps s’étire en lumière océane Et le tableau s’achève d’un silence éphémère. Les enfants, libres et nus, sous la clarté diaphane, Échappent à la censure en s’habillant de mer.
Yavänor, qu’on avait cru dévoué aux tâches ménagères, est missionné par Atlantis pour récupérer un engin diabolique au nez et à la barbe des Irénée.
Il parvient à s’en acquitter mais il n’est pas au bout de ses surprises ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Hier soir, lors des festivités, Yavänor reçut un message Signé d’Astérias et Thétïs concernant les deux Irénée. Ils sont, pour leurs activités, cette nuit même de passage Fomentant contre Nérätïs et concernant ton dernier-né.
Conformément aux instructions, il a agi discrètement Et gagné la ville allemande au pied de la grande Impéria. En face de sa construction, c’est ici que secrètement Ils attendraient une commande à la barbe de Ô ALLEGÔRÏÄ.
Arrivé sur les quais du port, il repère vite la boutique Lieu mal famé de contrebande et d’actes de piraterie. Prétextant un ordre de transport, il avise l’engin robotique, S’en empare au nez de la bande et court, place de la mairie.
Poursuivi par deux scélérats, il réussit à les semer Et monte à bord de la navette, un gros paquet entre ses mains. « Ouf ! » se dit-il « bon débarras ! » mais il doit encore assumer Sa mission faite à la sauvette et l’apporter ici demain.
Alors que l’aube s’achemine, tandis qu’une fête bat son plein, Il entre et crie dans la maison : « J’ai déjoué nos adversaires ! » Alors soudain tout s’illumine et, dans le salon archiplein, Retentit cette entonnaison, chantant : « JOYEUX ANNIVERSAIRE ! »
Alinéor le félicite : « Tu as pu avoir le champagne Que j’avais commandé pour toi par caisse de douze bouteilles ! » Il prend le colis « illicite », l’ouvre sous le regard des compagnes Qui rient devant l’air tout pantois de Yavänor qui s’émerveille !
« Vous m’avez bien eu, mes amis, et j’ai marché comme un benêt ! » « Il fallait bien contribuer ! » rétorque Alinéor d’emblée. « Et tu as cru à l’infamie de ces soi-disant Irénée ! » Dit-il faisant distribuer les coupes à toute l’assemblée.
Beaucoup ont le réveil difficile sauf Laurelïne et Loreleï occupées à soigner leur progéniture.
Lïlïth, Ledalïä et Geminïä sont chouchoutées et installées à l’ombre sur la terrasse par Alinéor, le maître du gîte.
Peu à peu, les convives arrivent et prennent place un café à la main ou replongent de plus belle dans le sommeil. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Toute la nuit durant la fête à la délivrance a marqué Les uns et les autres de fatigue, on se couche à la pointe du jour. Les matrices sont satisfaites, nourries, distraites et embarquées Dans un sommeil qui leur prodigue un interlude dans leur séjour.
On donne la dernière tétée en priant pour un court répit ; On espère une grasse matinée malgré six bouches impertinentes. Les autres sont un peu hébétés, quelques-uns presque décrépis Chacun le regard mâtiné d’une pâmoison dominante.
Neuf heures du matin Alinéor range tout le capharnaüm ; Il prévoit les premiers levés… pas avant midi ou plus tard… Le temps est splendide au-dehors… un pique-nique sans décorum ? Peut-être un peu moins relevé selon l’énergie des fêtards…
Vers quatorze heures on s’agite… on se bouscule sous la douche… On se dirige vers la cuisine… on maugrée, l’estomac vorace… Où est passé l’âme du gîte ? Où est passée la fine bouche ? Des voix éparses s’avoisinent un peu plus loin sur la terrasse.
« Et voici les derniers convives ! » Salue Alinéor brandissant Café ou thé – on a le choix – sucré ou salé, s’il vous plaît. Ah ! Tout de suite on se ravive, on se prend un mug frémissant, Un peu de pizza aux anchois et le confort est au complet.
On entend des bruits de succion… le pique-nique a commencé Un peu plus tôt pour les bébés bien installés dans les girons. Là, pas besoin de traduction et on pourrait presque annoncer Qu’après avoir tout absorbé les gastronomes dormiront.
Ce pique-nique à l’espagnole est d’une douceur estivale Que chacun goûte sans parole, les pensées emportées au loin. On entend juste un rossignol, une saute de vent qui dévale ; Le silence a le premier rôle, quelques ronflements néanmoins…
« Contre toute attente, pas d’accouchements pour aujourd’hui !
Nérätïs a renvoyé ces mères équivoques dans leurs foyers non sans avoir prévenu tout le monde qu’elles auraient un petit creux…
Et sans doute une envie de bouger à provoquer la nature et la physiologie. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Mesdames, vous pouvez rentrer ; vous n’accoucherez pas aujourd’hui ! L’utérus n’est pas dilaté et rien n’a vraiment commencé ! Mangez, buvez et rencontrez vos amis à faire grand bruit Et revenez candidater quand ça aura recommencé ! »
Consultant les éphémérides, Nérätïs a la conviction : Nous sommes en Lune descendante, à deux jours de la Lune noire, Avec, à l’heure la plus torride, Soleil et Lune en conjonction. Cette figure coïncidente n’est-elle pas superfétatoire ?
Lïlïth dit : « J’ai une de ces faims ! Je dévorerais un éléphant ! » « Moi aussi ! » Clament de concert à pleins poumons ses deux copines. « Cette journée était sans fin… ça creuse de faire des enfants ! » Disent-elles, sortant du dispensaire pour aller droit vers les cuisines.
Au lieu de trouver porte close, au contraire tout est allumé Et tout le monde les accueille : « Nérätïs nous as prévenus ! De peur que vos ventres n’explosent, j’ai gâteaux et jambons fumés Et un vin qui a de la feuille ! » dit Alinéor en bienvenue.
Ils sont tous là et Yavänor leur cède la place sans dire un mot Tandis qu’Alinéor leur sert une coupe d’un grand millésimé Avec Amélïä, Altänor, Pénélopïä, Captain Nemo Et tous les amis nécessaires pour faire un banquet animé.
Puis Altänor et son trombone, puis Valérion et sa guitare Entreprennent improvisations et duos au rythme endiablé D’Alinéor frappant bonbonnes et casseroles sans crier gare Avec les vocalisations d’ORPHÉÔN à voix redoublée.
Et l’on voit les ventres bombés danser avec leurs cavaliers Comme pour provoquer la nature et, s’il le faut même, à outrance. Et tout le monde de succomber sous le charme festivalier Maintenant la température de la fête à la délivrance.
Pendant que les uns font la guerre contre les autres, on joue au foot Et on y retrouve les mêmes autour d’un ballon délirant. À la fin, il ne restera guère qu’un seul à remporter les joutes Avec des déploiements de haine entre tous les belligérants.
N’en déplaise à tous les médias, le football ne m’a pas atteint ; Ça doit remonter à l’enfance où je rêvais plus que je shootais. Si je m’informe dans l’immédiat des informations du matin, Je ne vois pas pourquoi la France en est tout autant envoûtée…
Ça doit venir d’un chromosome en forme de ballon de foot ; On ne l’a pas dans la famille, ce serait donc héréditaire… Ce n’est pas le gène de l’homme puisque les femmes se rajoutent À la folie et s’égosillent tout autant que les supportaires.
Si le fameux tissu conçu pour habiller un empereur Avait vraiment pu exister, il aurait dû avec aisance Cacher sa bedaine pansue et son derrière avant-coureur Qui pète la complexité d’une tête vide de bon sens.
Il peut gommer les bourrelets, les plis, les bosses et les creux, Affiner toutes les silhouettes et les rendre plus désirables, Mais ne saura rien chambouler dans l’esprit le plus désastreux Qui fait miroir aux alouettes aux pensées irrécupérables.
Il faudrait un tissu pensé d’idées légères comme un songe ; Un tissu d’air ou bien d’éther et invisible comme il se doit. Voilà le truc à compenser : tisser un tissu de mensonges Et le vendre au prix le plus cher et calculé selon son poids.
Pourtant ce tissu de mensonge, distribué gratuitement En continu par les médias n’habille pas la vérité Qui reste nue et qui éponge assez démagogiquement Les canulars dans l’immédiat mais sans trop de sévérité.
Tableaux de Leo et Diane Dillon sur https:katia-lexx.livejournal.com2500420.html .
« Décidément, un vent d’amour souffle sur Ô ALLEGÔRÏÄ !
Tandis que Pénélopïä et Captain Nemo se rapprochent, Amellïä se laisse séduire par charme d’Altänor. Les deux naufragés vont très bien ensemble. Je crois surtout qu’ils ont besoin l’un de l’autre. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Amellïä : « Ainsi tu devais soutenir le moral des troupes alliées ? » Altänor : « C’était mon job ! Et mon orchestre devait être transféré ! » Amellïä : « Et malgré l’avis de tempête, tu as risqué la traversée ? » Altänor : « Eh oui ! J’avais perdu patience quand on m’a proposé une place ! »
Amellïä : « Et qui s’est très mal terminé, tout comme moi si près du but ! » Altänor : « Tu n’étais donc pas en mission… c’est vrai… vous n’étiez pas en guerre ! » Amellïä : « J’accomplissais le tour du monde et j’y étais presque arrivée ! » Altänor : « Et que t’est-t-il donc arrivé ? Une panne ? Un temps épouvantable ? »
Amellïä : « La fatigue, tout bêtement ! J’avais trop présumé de mes forces ! » Altänor : « C’est quand on est trop fatigué que l’on produit des catastrophes ! » Amellïä : « Oui mais j’enrage ! J’étais stupide ! Tout ça pour battre des records ! » Altänor : « Et moi pareil ! Quelle importance que ces quelques jours de retard ! »
Amellïä : « Que vas-tu faire maintenant puisque la guerre est terminée ? » Altänor : « Prendre des vacances enfin après mes quatre années de guerre ! » Amellïä : « C’est tout ce qu’il nous reste à faire et personne ne nous attend ! » Altänor : « C’est vrai ! Alors profitons-en pour faire un bout de route ensemble ! »
Amellïä : « Oui mais toi tu as ta musique tandis que moi, je n’ai plus rien ! » Altänor : « Mais tu m’as moi et j’ai besoin de ta présence à mes côtés ! » Amellïä : « Mais pourquoi moi ? Hier encore, toi-même ne me connaissais pas ! » Altänor : « Parce que nous sommes désormais deux compatriotes de fortune… »
Amellïä : « Je t’aime beaucoup, Altänor ! Crois-tu que nous serons heureux ? » Altänor : « Nous recommençons, toi et moi, une nouvelle page de vie ! » Amellïä : « J’ai peur de ne pas m’adapter… trop d’années se sont écoulées… » Altänor : « Moi non plus, chérie… je ne sais pas. Mais si nous sommes deux… pourquoi pas ? »
Amellïä : « Mais resteras-tu avec moi ? Les autres filles sont si jolies… » Altänor : « Toi, tu as ce qu’elles n’ont pas ; l’Amérique qui nous manque… » Amellïä : « C’est vrai ! J’ai confiance en toi et si je t’aime, c’est pour ça ! » Altänor : « Alors si tu veux m’épouser, tu deviendras mon égérie ! »
« Nérätïs n’arrête pas de demander où est donc passée Pénélopïä !
Je crois l’avoir vue aider le dernier naufragé à faire quelques pas dehors mais je n’ose pas le dire à Nérätïs ; ils ont l’air si bien ensemble… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Pénélopïä : « Tu ne te souviens vraiment de rien ? Ni ton nom et ni ton prénom ? » Captain Nemo : « Je n’ai plus aucun souvenir ; juste la dernière image gravée ! » Pénélopïä : « Décris-la-moi, on ne sait jamais ; c’est comme un fil qu’il faut tirer ! » Captain Nemo : « L’eau m’entoure de toutes parts ; je m’abandonne et tout est noir ! »
Pénélopïä : « Tu avais un blouson de cuir comme un blouson d’aviateur ! » Captain Nemo : « Je ne sais pas ce que ça veut dire ; j’ai beau chercher, ça me fatigue… » Pénélopïä : « Alors cesse de te creuser la tête et viens ! Nous allons nous détendre ! » Captain Nemo : « Oui, je veux bien faire autre chose, sortir et faire quelques pas… »
Pénélopïä : « Tu vois ? C’est le lac de Constance entre la Suisse et l’Allemagne ! » Captain Nemo : « L’Allemagne ? Oui, ça, ça me parle… Pourquoi ça ? Je n’en sais pas plus… » Pénélopïä : « À ton époque, c’était la guerre et peut-être as-tu combattu ? » Captain Nemo : « Peut-être oui, peut-être non… Comment savoir ? C’est effacé ! »
Pénélopïä : « Écoute-moi ! tu t’es crashé en mille neuf cent quarante-quatre ! » Captain Nemo : « Si tu le sais, alors contacte la police, les renseignements… » Pénélopïä : « Nous sommes en deux mille vingt-six ; quatre-vingt-deux ans ont passé ! » Captain Nemo : « Alors tous ceux que je connaissais sont morts ou bien m’ont oublié… »
Pénélopïä : « Mais maintenant, tu nous as, nous ! Et nous t’avons, c’est important ! » Captain Nemo : « Oui, vous vous êtes montré sympas… mais surtout toi et ça me touche ! » Pénélopïä : « Si je n’m’intéresse pas à toi, qui donc le fera maintenant ? » Captain Nemo : « Merci ! J’aime ta compagnie, tu sais atténuer mes douleurs ! »
Pénélopïä : « Si tu le veux, je t’apprendrai comment nous vivons tous ici ! » Captain Nemo : « Merci ! Cet endroit est paisible et je veux bien m’y arrêter ! » Pénélopïä : « Nous sommes tous un peu comme toi, tous arrachés à notre monde ! » Captain Nemo : « Je me faisais la réflexion… on se croirait dans une gare… »
Pénélopïä : « Viens ! Marchons le long de la plage ! J’aime bien ce petit vent frais ! » Captain Nemo : « Moi aussi et je trouve ça drôle ; c’est comme si je m’en souvenais ! » Pénélopïä : « N’y pense plus, ça reviendra sinon tant pis, que nous importe ? » Captain Nemo : « Tu as raison ! Je suis ici, je n’appartiens plus au passé ! »
« Nérätïs est tellement efficace qu’on a tendance à l’oublier.
Je l’ai observée et j’ai noté ses réflexions, ses mines songeuses, son regard épanoui lorsqu’elle croise Valérion ainsi que tous les membres des LLyrïädes et surtout sa patience infinie.
Côté professionnel, il n’y a rien à dire : On dirait que toute l’histoire de la médecine est condensée dans notre médecin-chef. Elle est l’incarnation de la sagesse et du dévouement. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Durant l’attente interminable, Nérätïs songe à l’avenir Comme si cette année prédisait qu’elle prenait un nouveau pli. Sur Atlantïs, son train-train stable n’était plus qu’un vieux souvenir Tandis qu’ici se précisait son rôle de femme accomplie.
Nérätïs n’avait pas prévu devoir rester autant de temps ; Ô ALLEGÔRÏÄ l’a traitée en tant qu’invitée permanente. Puis il y a eu des imprévus qui sont devenus importants Et dont personne n’a regretté ses interventions pertinentes.
Valérion, bien sûr, la rattache à Thestïäs ainsi qu’à la Terre Car son amoureux s’épanouit auprès d’amis si formidables. Et quant à elle, elle s’attache à cet esprit communautaire ; Le mal du pays s’évanouit face à son rôle indispensable.
Cinq mères de famille, six bébés, deux naufragés et même trois, Puis tous ces jeunes sympathiques qu’elle a su apprendre à connaître ; Elle sait bien qu’elle a succombé au charme de cet étrange endroit Et son besoin thérapeutique dont elle sait se faire reconnaître.
L’alerte est passée pour Lïlïth, le bébé est hors de danger, Puis Ledalïä et Geminïä sont dans un état stationnaire. Si Yanimïä lui facilite le suivi des mères allongées, Que dire du dévouement d’ÄLLÏÄ et de STELLÏÄ, sa partenaire ?
Vont-elles accoucher aujourd’hui ou aux premières heures matinales ? Elle préfère laisser la nature agir selon son propre rythme. Elle a plusieurs fois introduit le test du toucher vaginal, Surveillé la température et la fréquence des borborygmes.
Nérätïs peut paraître fière du suivi des futures mères ; Elle est satisfaite pour Lïlïth mais inquiète pour Pénélopïä Qu’elle n’a plus vue depuis hier en tant que nurse intérimaire Or d’habitude son élite la suit dans tout ALLEGÔRÏÄ…
« Il y a de l’effervescence : le travail aurait commencé.
Nérätïs a pris les choses en main en installant un dispensaire complet avec Yanimïä promue sage-femme.
Tout le monde se relaie au chevet des futures mamans pour détendre l’atmosphère mais les naissances se rapprochent et au dernier moment, ça devient crucial ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Nérätïs a aménagé un véritable dispensaire Dans les murs de l´ancienne chapelle dédiée à l’Ave Maria. Et comme elle l’a présagé, il s’est avéré nécessaire D’anticiper ce qu’elle appelle « l’avènement d’Ô ALLEGÔRÏÄ ».
Dès les premières contractions, elle conduit immédiatement Lïlïth, suite à sa V.M.E., puis Ledalïä et Geminïä, Près de la salle d’opération et vers la salle d’accouchement Dont pour l’occasion on promeut comme sage-femme Yanimïä.
Elles auraient souhaité accoucher dans les eaux du lac de Constance Mais Nérätïs a refusé pour raison de sécurité. L’obstétricienne les a couchées ensemble pour la circonstance Et les a toutes trois infusées pour toutes les opportunités.
L’ambiance est très décontractée et tout le monde se relaie Au chevet des futures mères et leur moral est remonté. Alinéor a concocté des canelés du bordelais Parfumés aux oranges amères et des boissons à volonté.
Valérion a pris sa guitare pour accompagner ORPHÉÔN Et le duo chante en l’honneur des trois naissances imminentes. Cristïäs a branché sans retard ses moniteurs sous les néons Et l’on a prévu les donneurs de sang selon les dominantes.
Laurelïne et Loreleï vont et viennent avec leurs bébés dans les bras Et Yavänor en réflexion – et ce depuis le mois de juin. Les autres filles interviennent avec couvertures et draps Et apprennent sous la direction de Nérätïs les premiers soins.
On ne compte plus les contractions mais on mesure les fréquences En surveillant tous les diagrammes qui défilent sur les écrans. On contrôle les dilatations, on pare à toutes les conséquences, Mais le stress s’invite au programme et toutes les femmes sont à cran.
(Suite et fin de « La pension de Mademoiselle Yvette»)
De la pension de Miss Yvette, j’ai conservé le souvenir D’une dizaine de sirènes assises au pied de mon lit. Elles faisaient toutes la navette, l’une après l’autre, pour venir Apprécier la queue sereine qui frétillait à la folie.
D’un mur d’eau elles apparaissaient comme une naissance aquatique Et me charmaient d’une voix claire et envoûtante tout à la fois. Et puis elles disparaissaient dans un fondu fantomatique ; Ce n’était pas pour me déplaire car je croyais rêver, ma foi.
Toutes les nuits du vendredi – date de mon fameux séjour – Je refais ce rêve imbécile de mes sirènes à la sauvette. Toujours est-il qu’un mercredi, j’ai reçu au courrier du jour L’invitation au domicile de qui ? De Mademoiselle Yvette !
Quand tu partiras à la pêche aux trésors sacrés des sirènes, Prend garde au regard de Neptune qui surveille le détroit chinois. Et s’il voit que tu te dépêches, fais attention à ta carène Car les récifs sur la lagune crèveront ta coque de noix.
Quand enfin les vagues profondes déposeront leurs perles marines, Tu comprendras que les voyages rapides apportent le malheur Car les tempêtes à la ronde et les grandes houles assassines N’épargnent jamais les rivages où l’on accoste bien avant l’heure.
Le scan de Cristïäs avait un défaut : il gérait mal les doublons. Ce n’était pas “un” mais “deux” rescapés du crash qu’on pouvait sauver.
La machine n’a fait que poursuivre ce pour quoi elle était programmée et c’est un solide gaillard qui renaît dans le laboratoire. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Cristïäs ? En fermant le labo… il y avait un signal sonore Et un message sur les écrans : “coordonnées déterminées”. J’ai laissé le cerveau-robot qui indiquait “contraténore” ; Le bip-bip m’avait mise à cran et puis j’étais exténuée ! »
Yanimïä lâcha sa remarque qui, auprès de Cristïäs, fit mouche … Il avait laissé l’appareil sous tension après leur départ… Alors, aussitôt, il débarque et voit s’inscrire dans le cartouche : “humain parė pour le réveil” surgir alors de nulle part…
Curieux, Cristïäs lance le transfert, intrigué de la coïncidence Alors qu’il avait vérifié tous les passagers de la liste… Pourtant… rien ne peut satisfaire à l’intérêt en évidence De comprendre et authentifier cet artefact probabiliste…
Contre toute attente apparaît un corps aux proportions parfaites, Dignes d’un héros homérique échappé d’une autre odyssée Où cette fois-ci disparaît cette suprématie surfaite De l’occidental empirique : un géant noir controversé.
« Chéri ? Que fais-tu donc ici ? » demande STELLÏÄ observatrice… « Regarde ! Il y avait deux hommes derrière une seule occurrence ! » Et Cristïäs alors officie la procédure créatrice Et voit apparaître en binôme une deuxième corpulence.
« C’est l’un des “Tuskegee Airmen”, un passager exceptionnel Qui réintégrait son escadre située à Villacoublay Pour ses aptitudes humaines et son cursus professionnel, Heureux de servir les cocardes françaises qui ne l’ont pas oublié.
« Where am I ? » et ça recommence ! STELLÏÄ morigène son mari Qui, pour une fois, est incapable de fournir une explication. « Partons rechercher la clémence auprès de ceux de même gabarit Pour répéter l’invraisemblable procédure d’acceptation ! »
« Ce soir c’est l’enterrement de l’ancienne vie de Glenn et le baptême de la nouvelle vie d’Altänor autour des bons plats d’Alinéor.
Un petit souci de grossesse vient troubler la soirée mais Nérätïs a pris aussitôt les choses en mains laissant les hommes continuer la fête tout en pensant à leur progéniture mais surtout à leurs épouses. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« De ton passé fais table rase ! Garde les meilleurs souvenirs Et tourne-toi vers l’avenir : tes amis et la femme qui t’aime ! » Dit Lïlïth et cette simple phrase convainc Glenn qui veut devenir Cet homme qui vient d’obtenir l’amour comme un nouveau baptême.
« Glenn Miller est mort dans la Manche ; désormais je suis Altänor ! » Dit-il en embrassant Lïlïth et puis tendrement Amellïä. « C’est comme si on était dimanche ! » Dit joyeusement Alinéor Avec des plats qui font l’élite selon l’avis de Ledalïä.
Mais Lïlïth fait une grimace… inquiet, Yavänor se rapproche « Le bébé bouge, j’ai un peu mal ! » dit-elle en se rasseyant. « Mais il s’accroche, il est tenace ! » Dit-elle sur un air de reproche « Décidément ces petits mâles ne sont pas toujours distrayants ! »
« Le mien aussi est batailleur ! » dit Ledalïä à Geminïä ; « Oui ! On peut le dire comme ça ! » grimace aussi cette dernière ; Nérätïs, assise en tailleur, se lève, renverse sa sangria Et prend note des ondes alpha issues de leurs moelles épinières.
« Libération d’ocytocine ; le col de l’utérus commence À se dilater et prévient que déjà le travail démarre ! Laissons les hommes à la cuisine discuter de leurs performances Et suivez-moi, comme il convient, au dispensaire, sans tintamarre ! »
« Je porte un toast aux nouveau-nés et à leurs mères, s’il vous plaît ! » Dit Yavänor levant son verre qu’Alinéor lui a rempli. « Lïlïth est femme chevronnée, le personnel est au complet, Et les deux autres ont le feu vert pour un accouchement accompli ! »
Et le trombone d’Altänor fait une prière musicale D’une suavité dévote aux déesses des maternités Accompagné par Yavänor pour une jazz-session amicale Et Valérion sur une gavotte à secouer les paternités.
Sous l’impulsion créatrice de Valérion, le trombone magique a provoqué la guérison de Glenn. Tout ce qui chante et joue sont venus participer au réveil du fabuleux musicien.
Amellïä en pleure de joie ! »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Mais Glenn éprouve beaucoup de mal à s’adapter à son statut Et, au fil des jours, il déprime, neurasthénique et solitaire. Amellïä sait que c’est normal ; elle fut elle-même abattue Tout son orchestre est mort en prime ! À jamais il sera tributaire…
« Il lui faudra beaucoup de temps à vaincre sa culpabilité ! » Dit Nérätïs pour rassurer une Amellïä en plein dilemme. « Il serait mort… C’est important ! Tu ne peux que te féliciter De lui permettre d’azurer une vie qu’il doit construire lui-même ! »
« Mais pas tout seul, tu seras là et pour un homme, ça compte beaucoup ! Il était musicien, je crois, comme Valérion, c’est une idée… Entre artistes et sans tralala… la musique peut marquer le coup Et un peu de chance en surcroît suffira à en décider. »
« Un Conn 6H, professionnel ! » annonce Valérion triomphant. « Ce n’est peut-être pas le tien mais il aime le blues et le jazz ! » Celui-ci est exceptionnel : cet instrument apostrophant Deviendra bientôt le soutien pour charmer bourgeois et bourgeoises ! »
Et Valérion d’interpréter un air connu de jazz manouche Tout en observant la lueur perlant dans l’œil du tromboniste. Glenn est debout, tout apprêté à continuer l’escarmouche Avec intérêt et sueur pour épater le guitariste.
Dans le dispensaire, c’est la fête ! On joue, on chante, on improvise ! ORPHÉÔN venu en renfort avec un scat impressionnant, ÄLLÏÄ avec sa voix de tête tandis que Glenn les supervise En chef d’orchestre qui, sans effort, redevient l’homme rayonnant !
Glenn alors essuie une larme sous l’œil de ses nouveaux amis Qui lui témoignent leur affection et toute leur envie de vivre. Il voit Amellïä pleine de charme et, profitant de l’accalmie, Vient l’embrasser avec passion sous les sifflets qui se délivrent.
Alton Glenn Miller, déclaré officiellement disparu en 1944, revient à lui en 2026 à Ô ALLEGÔRÏÄ.
Amellïä étant naufragée comme lui, a pris l’initiative de lui expliquer ses nouvelles conditions de vie.
Elle va avoir du travail… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Glenn crache l’eau de ses poumons et Nérätïs se précipite Pour lui mesurer la tension et tous ses indices vitaux. Yanimïä coupe son pantalon et sa chemise décrépite Pour le mettre en observation sous les moniteurs digitaux.
Toute la nuit Amellïä le veille et suit tout ce qui est prescrit ; De temps en temps, elle surveille l’affichage sur les appareils. Le lendemain, Glenn se réveille, reprend peu à peu ses esprits, Regarde autour et s’émerveille d’un étonnement sans pareil.
Glenn: « Where am I? Who are you? What on earth has happened here? » Amellïä: « Your plane crashed into the ocean! But we saved you from drowning there. » Glenn: « And what about the other ones? Were they rescued just like I was? » Amellïä: « I’m so sorry… none survived. You alone were brought back safe! »
« Enfin, contre toute espérance… » annonce Yanimïä en entrant ; « Notre patient se ravigote ! Affaibli comme tu l’as été ! » « Vous êtes français ? Je suis en France ? » balbutie Glenn, récalcitrant « J’ai donc dérivé vers la côte ? Mes amis doivent s’inquiéter… »
« Glenn ! » dit Amellïä sérieusement. « Sans m’interrompre, écoute-moi ! Ton avion a disparu le quinze décembre quarante-quatre. On l’a cherché abondamment pendant des jours, pendant des mois Et puis le temps a concouru ; l’espoir avait cessé de battre… »
« Moi, j’étais Amelia Earhart et le deux juillet trente-sept, Mon avion s’est écrasé… je serais morte en exercice… Mais le destin a d’autres cartes : j’ai été sauvée, ranimée Recueillie et puis transposée en l’an deux mille vingt-six.
« Deux mille vingt-six ? C’est impossible ! » s’écrie Glenn en se redressant. « C’est ce que j’ai dit, moi aussi et puis j’ai fini par l’admettre. Nous sommes – et c’est irréversible – des naufragés apparaissant Dans le futur en Helvétie ! » conclut-elle et sans rien omettre.
Illustrations de Ledalïä et photo de la promotion officielle du film biographique The Glenn Miller Story.
Rideau rouge et route barrée, déviation obligatoire Pour les usagers ordinaires qui devront rebrousser chemin. J’ai été déjà rembarré par cette interdiction notoire Alors que mon imaginaire avait envie d’y mettre la main.
C’est là qu’il y a déséquilibre entre adhésion et frustration Mais l’important est de savoir où sera le basculement. Si jamais l’homme n’est pas libre de gérer la saturation Celui qui aura le pouvoir prend le risque d’encellulement.
Les bras croisés forment un signal universel profanateur Et les jambes font un barrage dont le but est : déconcentrer. La déviation vaginale est imposée à l’amateur Qui, plus que force ni que rage, patientera avant d’entrer.
Fichu miroir aux alouettes ! Tu me tends et tu me tirailles ! Tu me fais tant tourner la tête à m’attirer dans ton vitrail ! Fichu oiseau de paradis, mes cheveux ne sont pas des vers ; Arrête un peu ta comédie et ton petit vice pervers !
Tu t’es logé dans la fêlure pour mieux piller mon horizon, Cherchant une moindre effilure afin de troubler ma raison. À force de tirer mes cheveux, à moi, la belle-au-bois-dormant, Tu crois m’offrir ce que je veux en me montrant ton bec gourmand !
Mais la vitre est un froid complice qui nous sépare du jardin, Et ton manège est un supplice pareil à un coup de gourdin. Va-t’en porter tes petits soins vers d’autres nids, vers d’autres cieux, Car mes cheveux ne sont, au moins, pas pour les oiseaux disgracieux !
Autant parler à un pigeon qui, eux, délaissent mes cheveux Pour préférer comme perchoir, mes deux mains, mes bras et ma cuisse. Sans oublier leur badigeon que chacun dépose quand il veut Et qui me transforme en séchoir à guano et s’en réjouissent.
« À la suite d’une requête présentée par Amellïä, la télémémoire a procédé à une analyse exhaustive des appels de détresse similaires émis entre 1930 et 1950.
Seules deux occurrences ont été détectées : le 2 juillet 1937, Amelia Earhart, 39 ans, à bord d’un Lockheed Electra, océan Pacifique. le 15 décembre 1944, Glenn Miller, 40 ans, à bord d’un Noorduyn Norseman, Manche.
Le conseil décide d’accorder un compagnon à Amellïä. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je me demande… » suggère Amellïä… « s’il y a d’autres naufragés Qui pourraient être récupérés comme tu l’as fait avec moi ? » « C’est trop de monde ! » réplique ÄLLÏÄ. « On ne peut pas encourager Des sauvetages inespérés à raison de trente par mois ! »
« Tu restes la seule exception ! » tranche Cristïäs. « En théorie, Je peux scanner ta décennie d’une manière automatique Et voir combien d’interceptions on obtient a posteriori… Et on pourrait… Que nenni ! C’est complètement utopique ! »
« Je voudrais simplement la liste et l’étudier de bout en bout ! » « Si c’est à titre scientifique et dans le but de progresser… Je peux explorer cette piste mais le transfert reste tabou ! » Dit Cristïäs toutefois sceptique à Amellïä intéressée.
« La télémémoire scannera les années trente et puis quarante En explorant tous les messages portant “Mayday” ou “S.O.S.” ; Et ainsi les imprimera avec coordonnées garantes : Nom, date et heure de passage ! » dit Cristïäs avec allégresse.
Plusieurs coups frappés à la porte réveillent Cristïäs le lendemain. C’est Amellïä qui ne renonce pas à son rôle de “profiler”. Sobrement, la liste comporte deux lignes brandies d’une main Qui tremble, frémit et annonce : « Seulement moi et Glenn Miller ! »
Conseil de famille des LLyrïädes à la demande d’Amélïä ; Son plaidoyer : une orpheline qui souhaite quelqu’un à ses côtés ; L’opposition voit des myriades de réfugiés, selon ÄLLÏÄ ; On vote et, d’une voix cristalline, STELLÏÄ dit : « Glenn est adopté ! »
Cristïäs est déjà aux commandes, Amellïä veille à la manœuvre. On repère l’avion crashé et Glenn en train de se noyer. La Vie se plie à la demande, l’Espace-Temps est mis à l’œuvre Et sa Matière est arrachée, puis est aussitôt convoyée.
« Amellïä s’est totalement intégrée et apprend vite.
“Recrue très intéressante” dit Yavänor ; “Femme intrépide” note Lïlïth ; “Vraiment très jolie” affirme Cristïäs ; “pas tant que ça” précise Ledalïä.
En tous les cas, personne n’est indifférent au charme qui se dégage d’elle. Il va falloir sans doute lui procurer chaussure à son pied… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Et les jours suivants, Amellïä connut ses nouveaux professeurs Yavänor, Laurelïne et Loreleï lui expliquèrent l’ÏÄMÔURÏÄ. Lïlïth, Geminïä, Ledalïä, ÄLLÏÄ puis STELLÏÄ – les deux sœurs – Lui enseignèrent, vaille que vaille, l’histoire d’Ô ALLEGÔRÏÄ.
La Guilde, la Téléportation et tous ses dérivés pratiques ; Elle fut accueillie sur Thestïäs et honorée sur Atlantïs ; Elle tomba en admiration devant le vaisseau galactique ; Instruite tantôt par Cristïäs, guidée tantôt par Nérätïs.
« On se croirait au Paradis ! » dit-elle, enjouée par le calme De ceux qui l’accueillent de pied ferme comme l’un des plus nobles éléments. « Et peut-être d’ici samedi, tu en découvriras la palme ! » Répond Lïlïth, bientôt au terme d’un bienheureux événement.
Au lendemain de l’arrivée, son avion la tourmente encore ; Cristïäs accompagne Amellïä pour le hisser sur des flotteurs. Il rafistole quelques rivets, change durites et raccords Et avec l’assistance d’ÄLLÏÄ refont démarrer les moteurs.
« La panne n’était pas si grave mais tu aurais dû te poser Et forcément faire naufrage mais sans espoir d’être sauvée ! » « Et avec le temps qui s’aggrave, j’aurais vite été supposée Disparue, frappée par l’orage ! » Dit Amellïä démotivée.
« Il n’est plus immatriculé et ne pourra donc plus voler… » « Pas sur Terre, non, mais sur Thestïäs ou Atlantïs, c’est fort possible ! Il pourrait être “Miraculé” et proposer des envolées Vers Guido-Rossum… » dit Cristïäs « et garanti insubmersible ! »
« J’aimerais bien ! » dit Amellïä. « Lui offrir une belle retraite, Le piloter pour d’autres tâches et découvrir d’autres contrées ! » « En attendant… » répond ÄLLÏÄ, « il sera de façon discrète Dissimulé sous une bâche pour éviter de le montrer ! »
Elle est encore déboussolée mais Alinéor nous a fait remarquer que quand l’appétit va, tout va !
Et puis, laissons la nuit nous reposer de toutes nos émotions du jour… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« My dear ! Do you like French cuisine ? » demande Alinéor prudemment Avec un plateau d’amuse-bouche et un ballon de vin rosé… « So much I love ! I had a cousine who lived in France on Lake Léman ! » « Je crois que j’ai fait une touche et ça mérite d’être arrosé ! »
« N’oublie pas de nourrir ton fils ! » glisse Ledalïä narquoisement… « Chérie, nous devons accueillir cet ange qui est tombé du ciel ! » Dit Alinéor depuis l’office d’où il ressort courtoisement Avec des plats qu’il fait jaillir d’un chariot providentiel.
« Vous êtes vraiment trop gentils ! And that really touches me deeply ! » Dit Amellïä qui vous dévore sandwiches, tacos & chicharrón D’une vigueur qui garantit que, s’il est un fait accompli, L’appétit d’une femme omnivore est signe que tout tourne rond !
« Vious vivez really tous ensemble ? » prononce-t-elle entre deux bouchées. « Oui mais, plutôt chacun chez soi… sauf Yavänor et ses trois femmes ! » « Seriously ? Tout cela ressemble à une grande chambre à coucher Comme au dortoir en Illinois where, one night, I became « Madame » ! »
« Oui… ça paraît très compliqué mais inutile de s’affoler ! Nos hommes sont très « gentlemen » et nous avons beaucoup de chambres ! » Précise Lïlïth impliquée dans son devoir caracolé D’une matriarche qui mène sa tribu… et surtout ses membres.
« Indeed ! Ça me convient très bien… je veux dire… pour une chambre libre ! » Avance Amellïä pince-sans-rire, « Je ne suis pas encore fixée ! Mais sinon vous êtes combien ? Is the gender ratio… équilibre ? « Heu… » dit Lïlïth dans un sourire, « le soleil vient de s’éclipser… »
Amellïä monte se reposer sous l’œil équivoque des Llyrïädes Qui guettent la moindre intention parmi la gente non dominante. Mais laissons la nuit se poser sur toutes les questions par myriades Qui vont retenir l’attention d’une aviatrice étonnante…
Mademoiselle Yvette était là et toutes les autres également ; Le « Miranda » aphrodisiaque était surtout érotomane. Cette nuit j’étais au Walhalla mais drogué inélégamment Par ces femelles paradisiaques, azimutées et nymphomanes.
On m’a soigné, on m’a baigné comme odalisques à leur sultan Et j’ai eu autant de massages que j’avais eu de favorites. Puis on m’a oint, on m’a peigné – sans que ça devienne insultant – Et l’on m’a cédé le passage vers la garde-robe émérite.
Tout frais moulu, vêtu de neuf avec ma valise à la main, Je me retrouvai à la rue encore étourdi de ma nuit. J’avais des souvenirs des meufs qui me suivaient sur le chemin Qui, peu à peu, ont disparu comme cette pension inouïe.
Tableau de Mark Tennant sur https:nevsepic.com.uaart-18-nyupage,2,22941-artworks-by-mark-tennant-106-foto.html .