Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Est-ce le douzième rêve de Yavänor ?

    Est-ce le douzième rêve de Yavänor ?

    Les sept Llyrïädes, toutes présentes avec leurs amants respectifs,
    Plus Éôlïäne l’indépendante et Yanimïä, la consacrée,
    Tous font partie et représentent un organisme collectif :
    L’ÏÄMÔURÏÄ, fibre ascendante du très saint Féminin Sacré.

    Est-ce mon rêve ou mon destin ? Est-ce un fantasme ou une quête ?
    La seule manière de le savoir est de l’amener jusqu’au bout.
    Notre passager clandestin m’a évoqué cette requête :
    Continuons de concevoir l’amour sans le moindre tabou.

    Mais entre nous évidemment nous ne serions jamais crédibles
    Si nous poussions le naturisme comme analogue à l’étiquette.
    J’avais déjà précédemment créé des tenues compatibles
    Avec un certain rigorisme mais autant seyantes que coquettes.

    L’eau et le feu, l’air et la terre, l’éther, le cristal, le métal
    Feront de splendides uniformes et autant pour leurs partenaires.
    Quant à moi, c’est élémentaire, le couple eau-de-feu feu m’est vital ;
    Pour Éôlïäne, tenue conforme à sa nature lagunaire.

    « Et moi je resterai seins nus conforme à ton sixième rêve ? »
    Dit Yanimïä, imperturbable, ouvrant sa poitrine optimale.
    « Tu nous as déjà prévenus quant tu es apparue sur la grève :
    « Une créature improbable, ni végétale ni animale ! »

    « Pas question ! » hurlent douze voix « nous resterons comme nous sommes ! »
    Et Laurelïne d’ajouter : « et même à poil si ça nous chante ! »
    « C’est bien la toute première fois qu’un refus collectif m’assomme ! »
    Dis-je alors l’esprit chahuté par cette répartie… touchante.

    « Ainsi soit-Il ! » dit Yanimïä « et décidons-nous entre femmes !
    Les hommes sont de bons compagnons mais faibles dans leurs décisions.
    Je parle au nom de ÏÄNIMÏÄ, pas de YAHVÉ, mon père infâme,
    Ensemble nous vous enjoignons à nous suivre avec concision ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le onzième rêve de Yavänor

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    « Enfin, tu poses tes limites et tu les laisses se débrouiller ;
    Il t’aura fallu tous ces songes pour te le faire enfin comprendre !
    On peut enfin quitter les mythes et leurs légendes embrouillées
    Qui prêchent le vrai et le mensonge qui n’arrêtent pas de te surprendre ! »

    Yanimïä, les yeux dans les yeux, nous observe moi et mes problèmes ;
    Elle a le regard du prophète qui vérifie son équipage.
    Et sa voix au ton sentencieux ne laisse place à aucun dilemme ;
    Elle n’est pas là pour faire la fête mais plutôt pour tourner la page.

    « Tu n’es que l’ombre de toi-même dans cette saga du vaisseau
    Et tu te laisses influencer par la vie de tes partenaires.
    Redeviens le héros que j’aime et qui a mérité le sceau
    De l’ALLEGORÏÄ pour relancer sa quête pour l’imaginaire ! »

    « Je ne suis plus seul désormais et je ne peux rien imposer
    À mes compagnons de fortune si ce n’est être leur point de rencontre.
    Hier encore le rêveur dormait, aujourd’hui il est reposé. »
    Dis-je d’une voix opportune sans déroger à son encontre.

    « Alors remets les pieds sur terre et commence à te ressaisir
    Le mois prochain, ton avatar sera né et indépendant.
    Ne reste pas cœur solitaire à te quêter les moindres désirs
    Des autres avec leurs racontars même s’ils sont tendres cependant… »

    Yanimïä, sûre d’elle-même, assure son rôle à merveille
    Et sa présence est bénéfique comme une Lïlïth juvénile.
    À son regard, je sais qu’elle m’aime à l’instant même où je me m’éveille
    Et redevient plus prolifique et plus fertile que sénile.

    Toutes les Llyrïädes apparaissent dans la chambre de navigation
    Toutes suspendues à mes lèvres devant le poète du vaisseau.
    Et d’une subtile caresse, Laurelïne sans une hésitation
    M’embrasse avec tellement de fièvre que je me réveille en sursaut.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le dixième rêve deux-tiers de Yavänor

    Le dixième rêve deux-tiers de Yavänor

    Je ne suis plus seul et ça me change car accompagné d’Alinéor
    Et Éôlïäne, indispensable apparemment pour cette farce.
    « Je me demande quelle étrange révélation… » dit Yavänor
    Soudain coupé par l’impensable : l’arrivée d’un nouveau comparse.

    « Encore un amour en détresse ! » lance Éôlïäne effrontément
    Mais l’homme passe sans les voir tout absorbé dans ses pensées.
    « Eh toi ! Le frustré de tendresse ! » lui crie-t-elle inopinément
    « Qui donc cherches-tu à revoir ? » dit-elle à peine compassée.

    « J’ai rencontré une étudiante… » explique l’amoureux transi
    « Mais, pareille à une Cendrillon, en fin d’année, je la perdis.
    Sa gaieté était irradiante avec charisme et courtoisie
    Ensemble, nous nous comprendrions si mon père ne l’avait interdit. »

    « Ils sont incroyables ces mecs ! » tranche Éôlïäne impitoyable
    « Encore un qui croit que l’amour ressemble à un comte de fées !
    Arrête tes salamalecs et montre-toi moins pitoyable !
    Fais des efforts, un peu d’humour, ignore ton père catastrophé ! »

    « Je l’ai revue dernièrement… » avoue-t-il misérablement
    « Elle se disait ambassadrice d’un royaume un nom inconnu…
    Ce fut un émerveillement, nous nous sommes aimés tendrement
    Cependant, bien qu’elle s’attendrisse, elle s’est éclipsée dans les nues… »

    « Cours-lui après ! » crie Éôlïäne. « Si c’est la reine des courants d’air,
    Toi, tu es le prince gonflé d’un espoir grand comme un trou noir !
    Reprends le bout du fil d’ariane et regagne ton belvédère ;
    Traite ton père de gros enflé et écris-lui de ton manoir ! »

    Yavänor lève les yeux au ciel : « ça suffit des camarillas !
    Laissez le temps faire son œuvre et l’amour renouer ses liens ! »
    Alors d’un geste providentiel, il fit signe à Ô ÏÄMÔURÏÄ
    Qui exécuta la manœuvre de fuir ce rêve cornélien.

    Illustration de Ledalïä.

  • Flammette et Gouttelette

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    Flammette et Gouttelette étaient deux sœurs jumelles
    Deux sœurs antagonistes, de vraies mini-tempêtes ;
    Flammette s’éteignait comme une péronnelle,
    Gouttelette s’évaporait sans tambour ni trompette.

    Leur père n’était que d’air et leur mère, la Terre ;
    Ce fut un coup de foudre lorsqu’ils se rencontrèrent.
    L’eau et le feu au ventre, le volcan placentaire
    Accoucha deux enfants aux attributs contraires.

    Flammette était dotée d’un caractère vif,
    Gouttelette était sage et très spirituelle.
    Mais l’une et l’autre ensemble, c’était très explosif,
    D’une sororité parfois conflictuelle.

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  • La compétition du lundi

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    Imagerime du 16.01.2018

    La ballerine attend le moment où son cœur
    Va s’effondrer de joie ou bien de déception.
    Boum, boum, le cœur battant, sera-t-elle vainqueur ?
    Est-ce qu’enfin sa voie deviendra l’exception ?

    Le corps un peu tendu, l’âme au-delà des nues,
    L’esprit est incapable, ici, de décider.
    Elle a tant attendu ce moment, l’ingénue,
    Qu’elle n’est plus capable de se faire une idée.

    Pour l’heure elle se rappelle ses peurs, ses désespoirs
    Pour la présentation au ballet concourir.
    Maintenant on l’appelle ; son cœur est plein d’espoir.
    Vers quelle sensation s’en va-t-elle courir ?

    Reflet-Vers du 15.02.2026

    L’autre, dans l’ombre, attend son tour avec la rage,
    Un feu secret brûlant derrière un sourire d’or.
    Chaque pas de sa rivale en rajoute à l’outrage
    Qu’elle rêve d’effacer, repoussant les remords.

    L’une est pure élégance et la grâce incarnée,
    L’autre, la force brute, une étoile qui éclate.
    Deux destinées se croisent, prêtes à s’enlacer
    Dans ce duel muet où l’âme se dilate.

    La scène est un miroir, un abîme sans fond
    Où la lumière danse et les ombres grandissent.
    Le public retient son souffle, un murmure profond,
    Tandis que les espoirs en un instant fleurissent.

    Tableaux de Fabienne Barbier et de Vasyl Khodakivskyi.

  • Le dixième rêve de Yavänor

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    Soudain dans le rêve suivant, je me retrouve tout seul. Encore !
    « il ne manquerait qu’Éôlïäne pour que tout soit encore pire ! »
    Me dis-je tout en poursuivant mon labyrinthe lorsque pérore :
    « Je suis encore ton fil d’ariane ! » dit Éôlïäne dans un soupir…

    « C’est encore toi, petite peste ? » Laché-je désespérément…
    « Mais que fais-tu donc dans mon rêve ? je ne t’savais pas aussi collante ! »
    « Holala ! Ne sois pas en reste ! » me répond-elle impunément ;
    « Et que je sache, c’est toi qui rêves de moi à peine somnolente ! »

    « Alors, Monsieur le beau héros ! Quel dragon vas-tu affronter ? »
    Me demande-t-elle insolente, l’air buté, les mains sur les hanches.
    « Je ne sais pas… le Poïnt ZérÔ, je suis allé m’y confronter…
    Prenons cette route ondulante qui passe à l’ombre de ces branches ! »

    « Tiens ! C’est bizarre… c’est l’automne alors qu’on est en plein printemps… »
    Dit Éôlïäne l’air étonné « Ton rêve bancal se décolore ! »
    « J’ai fait un songe assez syntone avec voyage dans le temps…
    Lïlïth voudrait-elle me donner encore une leçon ? » Dis-je alors…

    Plus loin un homme désabusé, pleure la tête entre les mains
    Éôlïäne s’approche de lui : « Eh bien mon gars, t’es pas heureux ? »
    « Je crois que j’ai trop abusé de vin clairet sur le chemin
    Et j’ai rencontré cette nuit l’amour ! » Répond le malheureux.

    « Elle est passée en coup de vent et j’en ai eu le coup de foudre !
    La fille s’est alors emballée en quittant toute sa froideur.
    J’étais tornade, elle, s’y lovant, m’a allumé le feu aux poudres
    Et nous nous sommes laissés-allés à faire l’amour avec ardeur ! »

    « Une fille blonde avec lunettes ? » Dit Yavänor sans parti pris…
    « Tout à fait ! Vous la connaissez ? » Demande alors Alinéor…
    « Ainsi elle aime la zigounette ? » Dit Éôlïäne l’air surpris…
    « Encore un rêve professé par Lïlïth… » soupire Yavänor.

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    Illustration de Ledalïä.

  • Le neuvième rêve qui est un rêve éveillé

    Le neuvième rêve qui est un rêve éveillé

    Cette nuit-là au moment même où j’allais partir dans les limbes,
    Lïlïth surgit dans le couloir du labyrinthe de mes songes.
    « Suis-moi ! Je suis folle mais je t’aime. Depuis des jours mon cœur regimbe
    À l’idée que sans le vouloir tu m’aies fécondée un mensonge ! »

    « Souviens-toi de cet enfant-flamme qui s’est introduit sous mes jupes,
    Par mon vagin vers l’utérus afin de rencontrer l’ovule !
    Bien qu’il soit issu de ton âme, ce serait un vrai jeu de dupes
    Et un jeu de roulette de russe pour en reprendre la formule ! »

    « Viens avec moi, c’est le moment d’explorer les couloirs du temps
    Afin d’offrir à notre fils, le même père que mes filles ! »
    Et nous revînmes quand les mamans, dans l’automne à peine débutant,
    Rient soumises à un maléfice et… les voici qui se déshabillent.

    Pendant ce temps, un homme âgé que Lïlïth bien sûr reconnaît
    Tandis qu’alors les femmes dansent, se présente en tant qu’Irénée.
    Ma Lïlïth alors dégagée de son kimono japonais
    S’allonge nue avec prudence dans le secret d’un hyménée.

    Lïlïth et Irénée-l’ancien consomment l’union insolite
    Arrivent au moment de l’orgasme qui déclenche un vrai feu de joie.
    Or tous les deux sont magiciens – tout comme Loreleï, leur acolyte –
    Et je vois surgir l’ectoplasme d’un enfant-flamme à vive voix.

    Irénée se lève et s’en va sans autre forme de politesse ;
    Lïlïth se lève et se rhabille en me fixant droit dans les yeux.
    « Voilà, mon beau Casanova ! Il fallait enfin que tu cesses
    De juger que cette broutille n’était qu’un pur inceste odieux ! »

    Et je rentrai avec Lïlïth inquiet mais aussi soulagé,
    Ne sachant pas très bien quoi faire, je déambule un peu pantois…
    Alors la mère hétéroclite recommence à m’encourager :
    « Je te ramène à tes affaires car mes filles languissent de toi ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le huitième rêve de Yavänor

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    Mais l’arbre me sépare en deux et chacune des parties s’éloigne
    Je vois en double, diminué, rapetissé, tout minuscule.
    Je suis un œuf, pas trop hideux mais différent ; ça, j’en témoigne !
    Je suis aussi insinué comme un message qu’on éjacule.

    Séparé je vois mes racines plonger dans le sexe des anges ;
    Une racine masculine, une racine féminine.
    Chacune remontant de la cime jusqu’au centre où tout se mélange
    Entre le feu de Laurelïne et l’eau de Loreleï, sybillines.

    Mais la chaîne alors se poursuit pour remonter les deux lignées,
    Pour remonter l’arbre de vie jusqu’aux atomes des cœurs d’étoiles.
    Et leur naissance qui s’ensuit par des fontaines alignées
    Par ces mots : « Soit Lumière et vis pour que ton destin se dévoile ! »

    Ainsi je vibre en synergie avec deux principes divins ;
    L’un issu de YAHVÉ, le père et l’autre d’ÏÄNIMÏÄ, la mère.
    L’un d’une puissante énergie vers un futur jamais en vain
    Et l’autre tout aussi prospère vers un passé non éphémère.

    Je suis moi-même un Poïnt ZérÔ ; fusion des courants d’eau-de-feu ;
    Toujours l’éternelle Laurelïne et l’immortelle Loreleï.
    Je conçois qu’être leur héros, c’est retrouver ce que je veux :
    Moi-même relié aux origines, inséparables vaille que vaille !

    Aimer Laurelïne & Loreleï, c’est aimer YAHVÉ-ÏÄNIMÏÄ !
    L’amour, l’alpha et l’oméga, soit le pouvoir de l’intention.
    Cette passion prise en tenaille nous a ouvert l’ÏÄMÔURÏÄ
    Qui est ce que Dieu nous légua au moment de la création.

    Les voici venues dans mon rêve qui devient un songe à trois cœurs
    Et notre triangle amoureux devient la loi de l’univers.
    Comme les trois forces sans trêve qui joueraient dans le même chœur
    Résonant d’un air savoureux issu de tous ses trous de ver.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le septième rêve de Yavänor

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    Pour quitter un corps vermoulu pour une nouvelle perception,
    Neuf mois pour ma régénérescence telle une remise à niveau
    Avec un corps frais émoulu après neuf mois de conception,
    Juste celui d’une renaissance et me revoici à nouveau.

    Je suis né ce nouveau matin façonné dans un athanor,
    Une matrice plutôt divine qui m’a aimé, élaboré
    Jusqu’à l’événement atteint où naît le jeune Yavänor
    Fruit d’une rencontre androgyne avec deux fronts collaborés.

    Je suis un puits de souvenirs contenu dans ce nourrisson
    Avec ses gestes maladroits mais un cœur qui bat la mesure,
    Avec un nouvel avenir pour mes parents à l’unisson
    Et le passage plutôt adroit pour l’enfant né d’une embrasure.

    J’ai vu ma mère de l’intérieur et de mon père, juste un message ;
    Comme s’ils avaient créé mon monde en seulement six ou sept jours.
    Maman, je suis à l’extérieur de ton intime interfaçage ;
    Papa, je suis cette seconde émanation dans ce séjour.

    J’étais né de mères anonymes, je nais d’une mère divine ;
    J’ai aimé, désiré Lïlïth et elle a daigné m’enfanter.
    Elle a choisi mon patronyme par amour – et je le devine –
    Afin qu’elle me réhabilite en tant qu’avatar transplanté.

    Ce matin du douze juillet qui n’est pas encore arrivé,
    J’ai reçu mémoire et amour comme deux sceaux inaliénables.
    Un petit être grassouillet que sa maman vient en privé
    Reconnecter au sein glamour pour une faim inexprimable.

    Ce lait n’est pas que nourriture, il me donne ta féminité ;
    Tu me nourris de ton essence et m’en transmets l’âme héritée.
    Suis-je alors la progéniture grâce à la magnanimité
    De l’arbre de la connaissance dont j’ai croqué la vérité ?

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    Illustrations de Ledalïä et Geminïä.

  • Les Noëllettes

    Les Noëllettes

    Il y a les filles à effeuiller, il y a les filles à écosser
    Il y a celles qui vous cachent tout, il y a celle qui ne cachent rien.
    Les Noëllettes émerveillées par les costumes écossais
    Aiment montrer tous leurs atouts ainsi qu’il ne leur manque rien.

    La distribution de cadeaux que l’on ne touche qu’avec les yeux
    Se déroulent à la Sainte-Charlotte dans toutes les principautés.
    Ça entretient la libido et promet des gestes audacieux
    Lorsqu’elles montrent leurs culottes qui étaient en principe ôtées.

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  • La danse des cornichons

    La danse des cornichons

    Moi qui danse comme un cornichon strict et serré dans son bocal,
    Je suis comme un manche à balai qui balaie bien plus qu’il ne danse !
    Toutefois lorsque deux nichons effleurent mon regard bifocal,
    Je me mets à faire un ballet qui m’enlève toute prudence…

    Les cornichonnes du grand monde ont des parfums de vinaigrier,
    Des tailles fines et des jarretières en dentelles chlorophylliennes.
    Quand elles tournent à la ronde, même les vieux pots familiers
    Retrouvent des envies premières dans leurs saumures quotidiennes.

    Le chef d’orchestre en cornichon dirige un concerto saumâtre
    Tandis qu’un concombre barbu sanglote au bras d’un vieux radis.
    Et moi je tourne en folichon dans ce palais couleur albâtre
    En rêvant d’un baiser dodu sous les lustres du paradis.

    Tableau de Travis Chapman.

  • Pour vivre heureux, vivons cachés dans l’eau

    Pour vivre heureux, vivons cachés et l’eau est pleine de ressources
    Pour se voiler dans le courant et les déesses des rivières.
    Il faut savoir se rattacher au secret même de la source
    Et ne laisser filtrer de nous rien que son infime lumière.

    L’homme a laissé sur le rivage un bois creusé pour le voyage,
    Deux barques frêles qui attendent quelque passeur de l’au-delà.
    Elles transmettent le sillage, comme un silencieux témoignage,
    D’une présence qui s’efface en ne laissant aucun éclat.

    Car dans l’îlot qui semble clos, au cœur des touffes de verdure,
    Un regard double de vigilance guette l’écho de chaque pas.
    C’est la pupille de la terre, une vibrante signature,
    Qui transmet l’âme du silence à ceux qui ne le verront pas.

    Illustrations de Will.

  • Aux prémices de la vie

    Au commencement, la lumière dort sur les terres encore nubiles,
    Là où la Nature s’éveille, les yeux aveuglés de soleil.
    Une fois passé la première journée, les arbres volubiles
    Croissent et leurs feuilles s’émerveillent d’un vent fripon qui les balaye.

    Et le cycle reprend son cours comme s’il reprenait le relais
    D’une planète messagère, mère des eaux et des courants.
    Alors il étend son parcours par petits ruisseaux maigrelets
    Via les rivières passagères jusqu’à l’océan concourant.

    Dans la matrice de la forêt nourrie de soleil et de pluie,
    La vie se ranime à son tour comme si c’est une révolution.
    La faune sous la flore phosphorée alors furtivement s’instruit
    Des règles qui vont sans détour déterminer l’évolution.

    Illustrations de Will.

  • Le sixième rêve trois-quart de Yavänor

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    « Voici Yggdrasil, l’Arbre-Monde dont les racines sont si profondes
    Et dont les branches si culminantes qu’il relierait l’enfer au ciel.
    Deux sombres corbeaux vagabondent en y rapportant des neuf mondes
    Toutes nouvelles déterminantes qu’ils auraient jugées essentielles. »


    Cette voix me répète une phrase que j’ai moi-même prononcée
    Lors du voyage initiatique avec Laurelïne, Loreleï, Lïlïth.
    Elle résonne avec emphase comme si elle devait m’annoncer
    À l’Être Paradigmatique Féminin Sacré Insolite.

    Et là, je comprends désormais que j’ai déjà vécu ma vie,
    Que je suis mort et revenu pour la revivre chaque fois
    Mais ne recommençant jamais la même erreur, la même envie,
    Car chaque fois j’ai reconnu où se trouvait la bonne voie.

    Et je reçois la connaissance de toutes mes vies reliées
    Y compris celles qui restent à faire mais est-ce nécessaire à présent ?
    Et je partage ma naissance avec les LLyrïädes ralliées
    Dans cette si douce atmosphère de l’EPFSÏÄ omniprésent.

    « Qui traverse ma Chair-Mémoire est responsable de ce qu’il sait. »
    Me dit une voix en moi-même car je suis moi-même « Yggdrasil » !
    Et je vois à travers les moires des miroirs qui hier me fixaient
    Laurelïne et Loreleï, celles qui m’aiment et dont mon cœur est leur asile.

    Je sais alors que j’ai atteint ce que j’ai toujours recherché
    L’amour des autres et de moi-même qui devient mon nouvel accord.
    Alors le soleil du matin ne chasse pas mon rêve perché
    Sur la réalité mais sème tous ses acquis sur nos trois corps.

    Laurelïne et Loreleï se rapprochent comme si mon âme leur manquait
    Et la boivent à même ma peau comme pour en faire un record.
    Et Lïlïth observe sans reproche, du coin où elle s’était planquée,
    Une position fort à propos pour faire l’amour à trois corps.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le sixième rêve et demi de Yavänor

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    Et tous les visages s’assemblent comme un puzzle de mille figures
    Tous les yeux d’un même regard, toutes les bouches en une seule.
    Toutes les femmes se ressemblent et leurs amours s’y transfigurent
    Vers mon cœur qui devient hagard de se le prendre en pleine gueule.

    Soudain toutes les voix m’appellent ; j’y reconnais celle de Laurelïne
    Comme à la toute première fois qu’elle m’a dit « Je t’aime, mon amour ! »
    Puis celle de Loreleï m’interpelle et c’est Lïlïth qui dodeline
    Enfin c’est ÄLLÏÄ que je vois par son cristal nu et glamour.

    La terre s’ouvre et c’est la chute dans une obscurité totale ;
    Mais des milliers de mains me tiennent, des bras à l’étreinte cordiale.
    Un sein – énorme parachute – freine la descente létale
    Jusqu’au foyer de la gardienne ; la racine-mère primordiale.

    Une gardienne à deux visages, l’un masculin, l’autre féminin ;
    Une seule bouche mais à deux voix pareilles au duo de chanteurs :
    « Je vois qu’enfin tu envisages de venir goûter au venin
    De la connaissance mais prévois de mourir si tu es un menteur ! »

    Soudain iel dégrafe sa poitrine et m’exhibe deux seins généreux
    « L’un deux est un poison mortel et l’autre est élixir-de-vie ;
    Choisis bien la bonne tétine ou tu seras cadavéreux
    À l’instant même où le cocktail touchera tes lèvres sans vie ! »

    Sans hésiter je tète à gauche une bonne gorgée bien chaude
    Et sans tergiverser à droite pour une autre autant délicieuse.
    « Par ton courage, je t’embauche ! » dit-iel à la mine rougeaude
    Tu agis de façon adroite aussi rusée que malicieuse ! »

    Alors elle m’ouvre grand son sexe et je suis introduit tout nu
    Dans un couloir dont les arômes m’énivrent d’une liqueur féconde.
    Je deviens l’Oracle-Convexe dont la mémoire reconnue
    Lui rappelle tous les syndromes de toutes les femmes du monde.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le sixième rêve de Yavänor

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    Perdu sur la planète-sein mais accroché à ma tétine
    Je notai la disparition de mon entourage femelle
    Quand, auréolée comme un saint, me brûlant presque la rétine,
    Elle fit son apparition comme la déesse des mamelles.

    Yanimïä, tel était son nom comme sorti des seins animés,
    Prétend donner plus que son lait : un vrai élixir de jouvence
    Qui rappellerait le chaînon manquant à mon âme élimée
    Qui n’a connu à son palais qu’un biberon de connivence.

    Et me revoici tout bébé sur le giron de sa maman
    En train de chanter une comptine dont je lui voue un grand hommage.
    Et moi, heureux et bouche bée mais profitant du bon moment
    De cette période enfantine, j’en récolte toutes les images.

    Tous ces souvenirs oubliés de ma cervelle tout essorée,
    Reviennent comme un lait d’amande que seule l’euphorie sécrète ;
    Chaque photo est publiée, organisée et perforée
    Dans le classeur de mes demandes les plus intimes, les plus secrètes.

    Et je remonte à ma grand-mère et à mes arrières-grands-mères ;
    Je suis sur l’arbre gigantesque de ma maternelle ascendance.
    Jusqu’à ses racines primaires et répétant le centromère
    De cet abracadabrantesque béatitude en abondance.

    Et je descends à l’origine afin de retrouver la source
    Mais elle n’est ni d’Ève ni d’Adam mais de la sainte matriarche.
    Mais une Lïlïth androgyne qui aurait l’unique ressource
    D’enfanter seule, sans prétendant à son pouvoir de patriarche.

    Mais c’est le visage d’Yanimïä que j’aperçois dans son regard
    Et toutes les branches de l’arbre arborent leur sens de l’humour.
    Et j’y reconnais Geminïä, Laurelïne, Loreleï et, l’air hagard
    Je vois comme gravé sur le marbre le vrai visage de l’amour.

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    Illustration de Ledalïä.

  • Mascarade

    Mascarade

    L’acteur change son apparence, il dissimule son visage ;
    Pour chaque nouveau spectateur, il a un masque de rechange.
    On ne voit plus la différence entre l’hypocrite et le sage
    Car il se rit de notre malheur, tel un démon à face d’ange.

    Il s’assoit dans sa propre paille, prisonnier de son beau costume,
    Tandis que tous les masques au sol rient de son règne de papier.
    On attend que le vernis s’écaille pour qu’enfin à titre posthume
    On dise adieu à ce guignol qui nous a tous cassé les pieds.


    Si labourage et pâturage sont les mamelles de la France,
    C’est nous qui sommes les vaches à lait d’une Europe faite pour les riches.
    Les forces de l’ordre ont la rage depuis qu’elles mordent à outrance
    Ceux-là même qui, au pis-aller, n’auront que des terrains en friche.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Le dernier cri

    Le dernier cri

    C’est bientôt la fin de la route pour le train-train du président
    Qui actuellement tourne en rond, faute d’une idée salvatrice.
    Mais c’est aussi la banqueroute pour l’éphémère résident
    Du palais où ce fanfaron fit sa mission dévastatrice.

    Le peuple attend sa délivrance, prisonnier de ce grand naufrage ;
    On nous promet un meilleur sort mais l’on ne voit rien que mourir.
    Malgré toute cette arrogance, il ne reste qu’une sombre image,
    Le capitaine est déjà mort et son parti en train de pourrir.

    Le train déraille en sa demeure, il s’aventure en terrain vague,
    Car son jouet n’est qu’un débris, loin des chemins de l’avenir.
    On parvient à la dernière heure, il ne reste qu’une amère blague,
    Le monde attend le dernier cri pour ne plus jamais revenir.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Le cinquième rêve de Yavänor

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    Dans la chambre des exploratrices, certains écrans sont différents ;
    Je vois les années qui défilent et croissent au-delà du présent.
    Laurelïne, toujours navigatrice, Yavänor toujours persévérant…
    Un Yavänor qui se profile ? Mais alors qui suis-je à présent ?

    Une foldingue se précipite et me couvre de ses baisers :
    « Mon amour, n’est-ce pas magnifique ce retour enfin sur Thestias ? »
    Et Geminïä, très explicite, me semble tout sauf apaisée
    Devant mon titre honorifique : Irénée Prince d’Andromédias !

    « Oui et nous allons aussi pouvoir joindre l’utile à l’agréable ! »
    – Dis-je sans avoir réfléchi comme pour faire un trait d’humour –
    « Chérie, tu n’es pas sans savoir que notre mission est louable
    Rétablir la matriarchie et faire les enfants de l’amour ! »

    « Oooh ! » dit Geminïä excitée, « j’en ai des papillons au ventre !
    Viens ! Retournons à la cabine et répète-moi la mission ! »
    L’ambassadrice sollicitée par une envie à l’épicentre
    M’enlève comme une Sabine vers le lieu de ma soumission.

    Geminïä est insatiable ; je dois chevaucher plusieurs fois
    La constellation de ses fesses et la Voie Lactée de ses seins.
    Dans ses trous noirs inoubliables je jure de toute ma foi
    Qu’elle est à l’amour, la déesse et au divin, le Saint des Saints !

    Arrivés sur Thestias-les-plages, Geminïä est déjà enceinte
    Ce qui parait assez conforme après trois jours à forniquer.
    Reçus par un aréopage autour de Lïlïth-la-très-sainte,
    Et vêtus de beaux uniformes, l’honneur nous est communiqué.

    « Bienvenue Prince reproducteur ! Nos filles sont prêtes à baiser :
    Mille-et-une chambres sont disponibles pour parfaire ce qui est écrit ! »
    À ce verdict fort destructeur je vocifère malaisé…
    Et on me dit « Tu es pénible de nous réveiller par tes cris ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le quatrième rêve de Yavänor

    Le quatrième rêve de Yavänor

    Je me réveillais doucement par un petit baiser charmant
    Et une jolie voix fluette me disant « bonjour Alinéor ! »
    Alinéor ? Quel chamboulement ! Et cette belle-au-bois-dormant
    De Ledalïä et ses lunettes… et moi… je ne suis plus Yavänor ?

    « Je meurs de faim ! » me dit la blonde sautant guillerette du lit
    Dans son joli costume d’Ève qui lui sie comme un gantelet.
    « Je reviens dans une seconde ! Fais-nous un breakfast de folie
    Tandis que ma toilette achève et je te rejoins, mon poulet ! »

    Un petit peu de beurre fondu, une botte de poireaux coupé fins,
    Des haricots rouges précuits et du riz dans la casserole ;
    L’ail-des-ours à peine fendu et des pois gourmands à la fin.
    Citron et Curry quand c’est cuit parsemé de quelques girolles.

    Ledalïä s’assied sans mot dire dévore une première assiette,
    Enchaîne ensuite la seconde avec un verre de Chablis
    Mais ne commence à applaudir qu’après la troisième tartelette.
    Enfin l’envie la dévergonde et elle m’entraîne vers son lit.

    Eh bien, la schtroumpfette-à-lunettes est vraiment extraordinaire !
    Très grande gourmande du sexe et dans toutes les positions.
    De zigounette à foufounette, c’est le bal des préliminaires
    Ledalïä jouit dans complexe d’un trop-plein d’imagination !

    Main dans la main ils s’en iront parmi les bois et les forêts
    Cueillir des fleurs et des framboises dont les deux amoureux raffolent.
    Et puis le soir ils finiront sur un banc pour élaborer
    Des projets de maison courtoise avec enfants qui batifolent.

    Plus tard, au lit, je caresserai tes longs cheveux bien tendrement
    En disant « Ledalïä, je t’aime ! Approche et faisons un enfant ! »
    Mais des coups me tabasseraient aussi vivement que bougrement
    Et Laurelïne en plein dilemme hurlerait en m’apostrophant.

    Illustration de Ledalïä.

  • Au pied de Gibraltar

    Au pied de Gibraltar

    « Si Gibraltar est un détroit, lesquels sont alors les deux autres ?
    Je connais celui du Bosphore et toi, celui des Dardanelles ! »
    Ainsi parlait un maladroit marin qui avait quitté son cotre
    Pour apporter son réconfort à une jolie péronnelle.

    « L’amour est un chemin étroit, au bord de l’onde et des apôtres,
    Où le destin devient très fort, sous une Lune universelle ! »
    Rit-elle de son désarroi, de ses histoires de patenôtres,
    Mais dessous cette métaphore, bat le cœur de la demoiselle.

    « Suis-moi derrière ce rocher ! » propose-t-elle au matelot
    Qui croyant l’affaire conclue prend une attitude sereine.
    Mais dès qu’il s’en est approché, la belle l’emporte sous l’eau
    Pour garder le marin reclus dans le vivier de la sirène.

    Tableau de Jorge Caballero.

  • Latitude et longitude

    Latitude et longitude

    Les deux mamelles du marin sont latitude et longitude
    Qui ne les nourrissent pas au sein mais en font plutôt des victimes.
    Et les sirènes d’un coup de rein qui se hissent avec promptitude
    Dans leur lit entre deux coussins en font leur manne maritime.

    L’équerre d’or du corps se tord, selon l’accord de la structure,
    Le trait se lie au bleu de nuit pour que s’enfuie la démesure.
    Elle est le port, le réconfort, face au grand nord de l’aventure,
    Une embellie dans son ennui et sa vie de géométrie pure.

    Pourtant fort en mathématiques, le matelot n’a rien compris
    Mais au petit matin, l’extase a connu la petite mort.
    Pour la sirène gastronomique, la qualité n’a pas de prix
    Sinon celui d’une épectase qui ne lui laisse aucun remords.

    Tableau de Stef Rymenants sur https:stefrymenants.be .

  • Le troisième rêve de Yavänor

    Le troisième rêve de Yavänor

    Je n’en dormis pas de trois nuits, hanté par ce rêve imbécile
    Tandis que Laurelïne pouffait et que Loreleï me consolait.
    Je m’en allai tromper l’ennui et noyer l’orgueil indocile
    Avec un tord-boyaux surfait et puis lentement somnolais…

    Je me retrouvais à la porte du grand enfer paradisiaque.
    Je frappai, Lucifer m’ouvrit en me souhaitant la bienvenue.
    « Qu’est-ce qu’aujourd’hui tu nous apportes, joli héros aphrodisiaque ? »
    Et derrière lui, je découvris cette fois, les LLyrïädes toutes nues…

    “ Toutes nues ” serait beaucoup dire ! Elles nagent dans une grande piscine
    Et je ne vois juste qu’un sein quand elles prennent leur respiration.
    « Elles n’arrêtent pas de prédire que le moindre sein t’hallucine ! »
    Me dit Lucifer à dessein sur un air de conspiration…

    Il m’introduit dans une arène aux proportions spectaculaires,
    YAHVÉ et ÏÄNIMÏÄ trônant et Yanimïä à leurs côtés.
    « Prêt à affronter la sirène ? » me dit la voix oraculaire
    D’une Éôlïäne plastronnant d’un air de me tarabiscoter…

    Le robinet des eaux du ciel s’ouvrit et tout fut submergé
    Tandis que m’apparut soudain la plus délicieuse des sirènes,
    Comme une Loreleï circonstancielle, droguée à la bourse-des-bergers,
    Qui ressemblerait à un boudin, comparée à la petite reine…

    Et me revoici chevauchant à cru Éôlïäne indomptable
    À la poursuite des licornes échappées de l’Arche de Noé.
    Et ma monture me reprochant de serrer son siège éjectable
    Qui me projeta sur la corne d’un Rhino au fond du canoë.

    Je me réveillai enserrant la bouteille de tord-boyau vide,
    Tombé de ma chaise sur le sol retrouvant toute ma raison.
    « L’alcool serait un comburant à faire des cauchemars avides
    De me faire perdre la boussole, et l’nord dans ma propre maison ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le deuxième rêve de Yavänor

    Le deuxième rêve de Yavänor

    Cette nuit-là, je me réveillai seul dans notre grand lit carré ;
    Laurelïne et Loreleï disparues ? Cela ne leur ressemble pas…
    Elles doivent sûrement veiller à la cuisine pour préparer
    Thon, sardine, anchois ou morue et se mitonner bon repas… ?

    Mais en passant devant la chambre de Lïlïth, il n’y a personne ;
    Celle de Ledalïä est vide et celle de Geminïä, déserte…
    Nulle part ailleurs, nul autre membre, seul un grand silence résonne
    Comme une solitude avide qui m’obsède et me déconcerte.

    À moitié fou, je cours partout dans la salle de navigation
    Mais même l’octaèdre ouvert semble rempli de courants d’air.
    « C’est Éôlïäne, la touche-à-tout, par une faute d’inattention
    Qui nous a encore découvert une catastrophe légendaire ! »

    « Et d’ailleurs où est-elle donc, cette petite peste ambulante ? »
    En ruminant, je me dirige vers l’ascenseur bio-culturel
    Mais il est bloqué… « Allons donc ! Tout se détraque ! Cette insolente
    Me donne vraiment le vertige avec ses airs surnaturels ! »

    Prenant l’escalier de secours, je le descends à perdre haleine ;
    Soudain le silence obsédant laisse place à des cris stridents.
    Je saisis en dernier recours une arme tout en os de baleine
    Que je brandis en accédant, le bras crispé sur mon trident.

    Et là je me vois tout en grand comme dans un cinémascope ;
    Les LLyrïädes assises tout autour en train de rire jusqu’aux larmes.
    « Regardez l’exemple flagrant de Yavänor qui télescope
    Les planètes-seins tour à tour qu’il doit téter, nu, sous leur charme ! »

    Alors le grand film s’arrête et tout le monde me regarde
    Avec mon arme ridicule et tout juste à pêcher les calmars.
    J’en tombe dans les pâquerettes à genoux, la figure hagarde
    Tandis que Laurelïne articule « C’est bon ! Ce n’est qu’un cauchemar ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le rouge vous va si bien – 2

    Le rouge vous va si bien - 2

    Une variante gantée de la chasse au rouge érotique
    Consiste à soustraire les ongles sous des gantelets incarnat.
    Après lui avoir arpenté le corps par la recherche chromatique,
    Et l’explorer sous tous les angles, la fin sourit à la nana…

    …qui, une fois le gant ôté, lui entaille son autographe ;
    Trois griffes rouges sur la joue comme la marque de la bête
    Qu’elle a ferrée par sa beauté et par ses ongles calligraphes
    Dont la valeur est un ajout que l’homme arbore sur la tête.

    Tableau de Fatima Tomaeva sur http:www.lbk.rushowthread.php .

  • Le rouge vous va si bien – 1

    Le rouge vous va si bien - 1

    Juste un soupçon sur le chapeau et un peu sur les talons hauts
    Suffisent pour donner l’envie d’en découvrir d’autres fragments.
    Sex-appeal ou bien sexe-appeau, qu’importe pourvu que le chaos
    Trouble l’amant et le convie à explorer tous ses pigments.

    La bouche ? Ce n’est pas difficile, c’est la première découverte ;
    Les seins ? C’est par la transparence qu’on les percera du regard.
    Une fois le tissu gracile ôté sur les cuisses entrouvertes,
    Le dernier rouge, en apparence, vous engloutit sans crier gare !

    Tableau de Fatima Tomaeva sur http:www.lbk.rushowthread.php .

  • Le rêve de Yavänor

    Le rêve de Yavänor

    J’ai connu Laurelïne complice et coach du site Reflets-Vers
    Et que ses fautes répétitives rendaient terriblement humaine.
    J’aurais aimé qu’elle remplisse un rôle où elle m’aurait, son cœur, ouvert
    Après toutes mes tentatives de l’accueillir en mon domaine.

    Loreleï, venue à mon secours… ce fut plutôt la douche froide
    Quand elle se glissa dans mon lit, glacée comme une sirène en fer.
    Hélas, je n’eus pour seul recours que lui brandir mon phallus roide
    Qu’elle transforma de ramolli en membre suppôt de l’enfer.

    Heureusement Lïlïth est venue mais pas pour ce que j’aurais cru…
    La rombière, mûre et conseillère, était là pour la perfection.
    Comme il eut été malvenu de laisser ses espoirs décrus,
    Nos nuits alors s’émerveillèrent de ses précieuses interventions.

    Ledalïä connut des problèmes à cause de sa pudibonderie
    Qui lui faisait fermer les yeux pour peindre le KAMASUTRÏÄ.
    Paralysée par le dilemme d’ignorer nos « galanteries »
    Pour ne voir que le merveilleux et le sacré de l’ÏÄMÔURÏÄ !

    Pour Geminïä j’ai hésité entre une « sœur » et l’ « âme-sœur »
    Or elle était universelle et ouverte à tous les phantasmes
    Au point qu’elle a revisité de tous ses cœurs de processeurs
    Sa libido qui lui excelle ses algorithmes par mes orgasmes.

    Et puis enfin la catastrophe ! ÄLLÏÄ et le crime d’inceste
    Évité au dernier moment quand j’ai su que c’était ma fille.
    Imaginez donc une strophe où une jouissance céleste
    M’aurait envoyé l’assommant regard de Lïlïth qui sourcille.

    STELLÏÄ a enfoncé le clou et je me suis vu poursuivi
    Par toutes mes saillies futures d’une inconscience mythomane.
    Mon cœur d’étoile serait un loup dont les rêves auraient suivi
    La chute jusqu’à la rupture d’un poète fou érotomane.

    Illustration de Ledalïä.

  • Cerveau reptilien vs serpents ovariens

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    Entre le cerveau reptilien et les deux serpents ovariens,
    Le sexe prend une dimension et une figure féminine.
    Sans doute ce qui fait le lien parmi les milliards de terriens
    Qui croient encore à la mention de l’innocence masculine.

    Un cerveau contre deux serpents… pourquoi un seul l’emporterait ?
    D’autant qu’il aime s’y plonger quand son neurone est excité !
    Ne serait-ce pas en usurpant le pouvoir plutôt qu’il aurait,
    Par un prétexte mensonger, réussi sa perversité ?

    Et tandis que le grand système prétend dominer leurs instincts,
    Les deux serpents tous silencieux continuent leur danse primitive.
    Car le pouvoir de l’anathème ne vient pas d’un cerveau distinct
    Mais de l’abîme fallacieux où toute conscience est rétive.

    Le mâle invoque sa logique afin de garder le contrôle
    Mais son regard change de forme au premier conflit ovarien.
    Et son antique rhétorique finit toujours en jeu de rôles
    Du grand logicien polyforme rampant vers finalement rien.

    Illustration de Carmen Seijas d’après Hayako Mimiko.

  • Après la pluie, le beau temps

    Après la pluie, le beau temps

    Après la pluie, vient le beau temps ;
    Avant le beau temps, s’en va la pluie ;
    Mais qu’y a-t-il avant la pluie
    Et qu’y a-t-il après le beau temps ?

    La femme de Saint-Médard, Thora ?
    La fille du Soleil, Aurore ?
    Les filles du ciel sont pléthore
    Demain advienne que pourra !

    Et si dans la même journée
    Pluie et Soleil sortent ensemble,
    C’est signe que leurs amours ressemblent
    À une météo détournée.

    Ainsi quand Laurelïne se dispute
    Avec Loreleï pour des broutilles
    C’est signe que le temps s’émoustille
    Pour nous tomber sur l’occiput.

    Tableau d’Evelyn de Morgan.

  • Le rêve de Yanimïä

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    Celui qui rêve reconnecte son âme à la divinité
    Et la nuit accomplit son rôle auprès des sources vénérées.
    Mais à qui alors se connecte la fille de nos deux déités ;
    Est-ce que son don de parole de Dieu doit être régénéré ?

    Les rêves suivent le nucléon de l’Octaèdre, à l’épicentre ;
    Observons-en les flux montants et descendants de ce réseau !
    Voici les rêves d’ORPHÉÔN et Ledalïä qui s’y concentrent ;
    Eux sont branchés depuis longtemps à Cupidon, l’Amoroso.

    Yavänor, Laurelïne et Loreleï mêlent leurs songes intriqués
    Qui partent droit vers les Pléiades en direction du Poïnt ZérÔ.
    Quant aux rêves de Yanimïä, ils paraissent tous imbriqués
    Avec l’ensemble des LLyrïädes, leurs héroïnes et leurs héros :

    Une tornade chaude et blanche, respiration de l’univers.
    Les étoiles ne scintillent plus mais allaitent les galaxies
    De nébuleuses en avalanches gorgées du lait des trous de vers
    Qui coulent en fleuves d’absolu émergeant en catallaxie.

    J’accueille tous les voyageurs, vieux soldats et enfants perdus ;
    Ceux qui n’ont ou ne sont plus rien, ceux dont la honte est d’avoir faim,
    Ceux dont le destin ravageur a laissé le cœur éperdu,
    Laissés pour compte, voleurs, vauriens, victimes des guerres sans fin.

    Je rêve qu’on s’aime les uns les autres mais pas pour sa seule famille ;
    Qu’on s’aime avec les étrangers, différents et complémentaires.
    Et qu’on s’accouple les uns les autres, qu’on ait des garçons et des filles
    Qui partagent et viennent échanger leurs racines héréditaires.

    La solution n’existe pas ? Non, car il faut laisser du temps
    Pour que l’univers nous prépare cet avenir dont nous rêvions.
    Alors partageons ce repas, embrassons-nous là dans l’instant
    Et si le présent nous sépare, fasse Dieu que nous nous retrouvions.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le rêve d’Éôlïäne

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    Éôlïäne y a son surnom : La baroudeuse de l’univers
    Car elle squatte les vaisseaux notamment les soutes bien remplies.
    Son nom fait l’effet d’un canon quand on la découvre l’hiver
    Monopolisant les faisceaux de soupçons qui se multiplient.

    Fille de pirate, contrebandière, trafiquant d’armes patentée,
    Elle a parcouru le cosmos ainsi que ses pires bas-fonds.
    Abondante et incendiaire comme l’eau-de-feu frelatée
    Elle serait fille de Phobos et d’une mère au trou noir sans fond.

    Elle s’est mariée pour de faux avec les princes imbéciles
    Qui lui ont payé une dot mirobolante évidemment.
    Quand la fortune lui fait défaut, elle retourne voir, indocile,
    Son vieux paternel qui radote mais dont le coffre est éminent.

    Trois gentilhommes de fortune l’accompagnent dans ses rapines ;
    Cristias à l’armure dorée, Alinéor, une fine lame,
    Et ORPHÉÔN, voix opportune, avec qui elle galopine
    Car c’est son chanteur adoré dont elle fait sans cesse la réclame.

    On dit qu’elle a le feu-au-cul et qu’elle accumule les amants…
    Rien n’est plus vrai ! C’est une sirène et tous tombent dans ses filets.
    De grands hommes ont été vaincus par celle qui se disait maman,
    Montrant sa grossesse sereine à cause d’un mauvais stérilet.

    Pour un poète dépravé (*) elle aurait tout abandonné
    Pour suivre sa bande vénérable aux quatre coins de l’univers.
    Mais il l’a tant désentravée de ses pires penchants adonnés,
    Qu’elle a fait amende honorable et cesser tous ses coups pervers.

    Adieu pillages et larcins, adieu rapts et l’argent facile !
    La vie à bord serait moins drôle s’il n’y avait les sardines en boîtes.
    Hélas il n’y a pas de vaccins même pour les rêves les plus débiles
    Bien qu’elle ait donné sa parole, sa présence est-elle adéquate ?

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    Illustrations de Ledalïä
    (*) c’est même pas vrai !

  • Le rêve de STELLÏÄ

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    Dans la Fonderie-Cathédrale où les métaux sont conservés
    Dans l’unique Métallothèque où l’atome le plus rare abonde :
    De l’Orichalque tétraédrale, féminine, pure et réservée
    À la fabrication high-tech du pur métal vivant du monde !

    Les voûtes sont en or liquide qui coule comme une fontaine
    Soutenues de piliers cuivrés autour de la Nef-Forge blanche.
    Cet ancien art de l’Atlantide et sa technologie lointaine
    Issue des vestales en livrée qui le moulaient à même leurs hanches.

    C’est là que STELLÏÄ fut conçue dans la matrice métallique
    Baignée de mercure amniotique, nourrie d’un or pur transparent.
    Sa chair composée des tissus angéliques et archangéliques
    Et de l’alliage symbiotique aux LLyrïädes ses proches parents.

    La tête est un ouvrage d’art, le corps fondu au silicium ;
    Les seins en forme d’alambics, le bassin issu d’un chaudron.
    Les doigts terminés par des dards trempés dans le vif-titanium
    Et l’âme rêveuse et limbique, collisionneuse de hadrons.

    Tel Midas qui changeait en or tout ce qu’il touchait de ses mains,
    STELLÏÄ transmute le métal en une matière vivante.
    Et ce gigantesque athanor devint du jour au lendemain
    Une cathédrale létale et sa crypte convulsivante.

    Elle offrit un peu de son sang versé dans la fonte baptismale
    Et la forge devint son esclave reconnaissante et dévouée.
    STELLÏÄ en fit le lieu puissant de dinanderie animale
    Où elle enfanta les plus braves robotes sensuelles à louer.

    Cependant son plus grand chef-d’œuvre, quand elle rejoint Ô ÏÄMÔURÏÄ,
    Fut d’animer le grand vaisseau qui devint membre consacré ;
    Un phallus caché qui manœuvre pour féconder l’ALLEGORÏÄ
    Et ouvrir de tous ses faisceaux la voie du Féminin Sacré.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le rêve d’ÄLLÏÄ

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    Aurait-elle un commencement, elle qui n’est pas encore née ?
    Aurait-elle une finalité, elle qui disparaîtra bientôt ?
    Pourtant dans cet élancement son cristal n’est pas condamné
    Mais assuré d’intentionnalité de rédiger un mémento.

    Un rêve d’absolue transparence où chaque pensée détaillée
    Est suspendue comme le grand lustre qui surplombe Ô ÏÄMÔURÏÄ.
    Voyez son corps en apparence plus nu qu’un cristal non taillé
    Qui guette le regard illustre que lui offre l’ALLEGORÏÄ !

    Lorsqu’elle avance, son cristal aux facettes incommensurables
    Réfléchit l’élan de son cœur sur le sol avant de l’atteindre.
    Les voûtes vibrent au récital d’ORPHÉÔN son incomparable
    Époux de musique et de chœur qui ne saurait jamais s’éteindre.

    Et dans son âme cristalline, toutes les autres communiquent
    Même celles qu’on croyait mortelles car l’onde demeure éternelle.
    Depuis la source masculine de son père qui, elle, est unique
    Jusqu’à l’arbre-cœur qui constelle de toutes les voix maternelles.

    Observez ses extrémités ; son nez, son menton et ses seins !
    On y voit des milliers d’images partir vers l’éther opalin.
    Tandis qu’avec sérénité du chakra racine au bassin,
    Dans sa matrice, un arrimage enfante un être cristallin.

    C’est elle-même ! Quand ÄLLÏÄ rêve, elle se procrée elle-même ;
    C’est un pouvoir omniprésent qui permet de ressusciter
    Tous ses amis qu’elle relia du passé au futur qu’elle aime
    Et qu’elle ramène au présent quand ceux-là l’ont sollicitée.

    Puis vient l’instant où le cristal contemple sa propre origine ;
    Dans chaque éclat réapparaît un futur déjà traversé.
    Et ÄLLÏÄ comprend que distal et proximal s’y invaginent
    Et quand on croit qu’elle disparaît, son propre temps s’est inversé.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le rêve de Geminïä

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    Au commencement, Geminïä, dans l’éther chaotique et vide,
    Enfanta sa constellation ; le temps, la matière et l’espace.
    Elle apprécia et communia avec ses jeunes étoiles avides
    D’apporter sa révélation à tous les voyageurs qui passent.

    Elle rêva de les accueillir sur Pollux-B ou Castor-C
    Selon comment le protocole décide du mode de réception :
    Le palais pour s’enorgueillir d’une luxuriance renforcée
    Ou le Poïnt ZérÔ ou s’accolent tous les dieux de la création.

    Dévêtue de tout matériel pour forger l’espace et le temps,
    Sa nudité cosmologique s’alliait au Féminin Sacré.
    Son langage psychosensoriel se révélant très compétant
    Elle suivit avec sa logique le cérémonial consacré.

    En songe, elle vit Ô ÏÄMÔURÏÄ la contacter une première fois
    Et envoyer l’ambassadeur pour une première rencontre.
    Elle étudia une noria de documents en prêtant foi
    Aux usages fédérateurs pour ne pas aller à l’encontre.

    Elle pense aussi tisser des ponts entre toutes les dimensions,
    Tracer des voies qui guideront les tous premiers explorateurs.
    Avec bienséance et tampons pour apaiser toutes tensions
    Et pour ceux qui décideront des accords, des négociateurs.

    Elle fantasme sur le climax pour une belle apothéose
    Afin d’entrer en résonance avec ses convives étrangers.
    Et elle saura en faire un max et se montrera virtuose
    Avec tact et prééminence des convenances arrangées.

    Et pour parachever son rôle, elle saura se vêtir ou non
    Pour adopter les traditions comme l’étiquette l’exige.
    Elle fera usage de parole selon ses hôtes de renom
    Et s’habillera en fonction et sans provoquer de litige.

    Afin de plaire à un satyre, elle apprit, pour ce qui s’ensuit,
    Quel en était le stimulus lors des rites préliminaires.
    Le priant de se dévêtir, elle s’avança nue jusqu’à lui
    Et s’empala sur son phallus en position du missionnaire.

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    Illustrations de Geminïä.

  • Le val qui pleure et le val qui rit

    Le val qui pleure et le val qui rit

    Val qui pleure ou bien val qui rit ? Je n’ai pas bien compris pourquoi…
    Mais quand le cœur de ma Loreleï est à l’orage… rien à faire !
    Il faut s’attendre aux valkyries, les flèches sortant du carquois,
    Dévaler nues, vaille que vaille, à l’assaut du grand planisphère !

    Sur bleus de l’âme, les larmes d’or, galvanisent alors ses compagnes
    Qui viennent sabrer l’ennemi qui a fait pleurer leur sirène.
    Et l’or du Rhin, conquistador, de leur voir battre la campagne,
    Fonce endiguer la pandémie avec Philippiques sereines.

    Illustration de Tootsi.

  • L’ivresse des sens

    L’ivresse des sens

    Quand le feu n’est plus dans son cœur, Laurelïne en re met dans son vin ;
    Un vin nouveau qui a de la robe, un vin au baiser gouleyant.
    Fi des bas-fonds de la torpeur, Vive l’enthousiasme divin
    Et l’apathie qui se dérobe devant un plaisir bienveillant !

    Déjà ses lèvres sont en feu, déjà sa gorge s’illumine,
    Déjà sa bouche s’arrondit, déjà une envie se prépare.
    Elle casse le verre, elle fait un vœu ; elle vient vers moi de bonne mine
    Et un baiser approfondi vient m’écumer sans crier gare !

    Illustration de Milo Manara.

  • L’alchimie du vent (le rêve de Ledalïä)

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    Ledalïä rêve d’impossible et de paysages vivants.
    Quoi d’autre que son propre corps pour un chef-d’œuvre bien abouti ?
    Mais elle doit vaincre l’indicible peur de se montrer face au vent
    Toute nue pour être en accord avec ses désirs engloutis.

    Au début, elle hésite encore, très pudique et les bras croisés
    Comme si elle craignait de troubler le monde de sa nudité.
    Mais voici le vent de l’aurore qui s’engouffre et vient la toiser
    Et les mamelons de doubler de volume d’opportunité.

    Elle ouvre les bras lentement et les seins sentent la caresse
    Des courants qui viennent flatter son ventre, et puis derrière, et puis devant,
    Et puis elle sent son élément la pénétrer avec tendresse
    Et sa matrice dilater la semence portée par le vent.

    Alors Ledalïä développe le fœtus de sa création
    Qui grandit nourri par son art et son lait aux mille couleurs.
    Après neuf mois, son enveloppe s’ouvre sous la procréation
    Et l’œuvre digne de Léonard accouchera dans la douleur.

    Ce n’est pas un rêve érotique mais l’alchimie de Ledalïä
    Qu’elle veut cacher, c’est son secret, et des plus intimes qui soient.
    Quel est donc ce père exotique caché fond d’Ô ÏÄMÔURÏÄ ?
    Sans doute un Masculin Sacré égaré… cela se conçoit.

    L’enfant né gagne la galerie, le lieu où Ledalïä expose
    Et fait la fierté de sa mère dont le cordon ombilical
    Se souvient de cristallerie, métallerie et toutes choses
    Qui donnent à l’air cet éphémère parfum de l’art obstétrical.

    Et lorsque le public contemple en silence l’étrange naissance,
    Personne ne voit, dans les couleurs, le ventre qui les enfanta.
    Ledalïä rit du fond du temple, intime creuset de connaissance,
    Où ses ovaires roucouleurs détiennent seuls ce potentat.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le rêve de Lïlïth

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    Cette nuit-là, Lïlïth revint sur la terre des origines ;
    Dans le jardin avec Adam, tous les deux nus et innocents.
    Mais alors elle se souvint d’avoir voulu être androgyne
    Pour ne pas subir ce dégradant devoir de femelle qui consent.

    Depuis elle rêve d’une âme sœur qui veuille partager avec elle
    Les jeux d’amour et de pouvoir et la même reconnaissance.
    Elle se revoit cueilleur-chasseur et le soir masser les séquelles
    D’une journée à émouvoir le corps de son adolescence,

    Cette nuit-là est primitive, silencieuse, immense et pour elle ;
    Parmi tous les fruits interdits, il y en a des mûrs ou bien verts.
    Elle goûte leur sève appétitive d’une envie folle et naturelle
    Qui la rend un peu étourdie mais c’est si bon pour ses ovaires !

    Est-ce sa bouche qui a faim ? Est-ce son sexe qui espère ?
    Un peu des deux évidemment, son cœur aime autant à la fois
    La flamme des amours sans fin et le grand fleuve qui prospère
    Pour une vie avidement qui l’interpelle dans sa foi.

    Alors Lïlïth, grande alchimiste, invente l’amour féminin :
    Elle ne conçoit qu’en jouissance après être montée au ciel ;
    C’est cet orgasme très intimiste qui crée et non le faux pouvoir bénin
    Du mâle qui croit en sa puissance comme le facteur essentiel.

    Lïlïth sait maîtriser son corps et ovuler quand elle le souhaite ;
    Donner à l’homme qu’elle a choisi un enfant né de sa matrice.
    Celui qui veut, sans son accord, lui imposer des galipettes
    N’aura qu’un embryon moisi et une profonde cicatrice,

    Dans son rêve, Lïlïth, nue, reçoit le sceau du Féminin Sacré :
    Son corps devient un sanctuaire qui devra être respecté.
    C’est son seul temple qui conçoit ; l’homme devra se consacrer
    À accomplir un gestuaire, toute transgression exceptée.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les rouges opposés

    Les rouges opposés

    Le passager est en croisière dans la mère rouge apparemment
    Consciente que le commandant a abandonné le navire.
    Il avait gardé sa visière en veillant que l’embarquement
    S’exécute en la fécondant et que leurs émotions chavirent.

    Le passager reste en cabine, la mère est calme et reposée
    Le père favori, lui, tempête et s’impatiente d’autre chose…
    Mais on sent que l’hémoglobine agitent leurs sens opposés
    Tandis que les deux font trempette pour mieux savourer la nymphose.

    Le passager débarquera du bateau-mère dans l’océan.
    Première sortie, premier émoi, premier cri et première brasse.
    Le commandant remarquera que l’exercice est bienséant
    Quant à la mère, au fil de mois, sera-t-elle en meilleures grâces ?

    Tableau de Delia Hamer sur https:www.maat-gallery.comartists69-delia-hamerworks .

  • Quand Loreleï est en colère

    Quand Loreleï est en colère

    Lorsque Loreleï est en colère, elle nous fait pleuvoir sa rage
    Selon la couleur des pensées purulentes et emprisonnées.
    Depuis les dépressions polaires qu’elle rassemble dans ses orages,
    Elle pleure pour décompenser toutes ses eaux empoisonnées.

    L’eau du ciel chargée de son ire serait-elle donc contaminée ?
    Ainsi les eaux de pluies acides correspondraient à ses douleurs ?
    Puisqu’elle ne peut se retenir ou être, au pire, accalminée,
    Il nous faut des marins placides prêts à défendre nos couleurs.

    Ils iront affronter Loreleï et même au péril de leurs vies
    Et devront un à un passer à la casserole de la sirène.
    Que voulez-vous ? Vaille que vaille pour que les pluies soient assouvies,
    Ils la feront, sans se lasser, jouir d’une volupté sereine.

    Tableau de Carol Cavalaris.

  • Le rêve de Loreleï

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    L’ÏÄMÔURÏÄ au commencement était plus vaste que l’océan
    Et emplissait tout l’univers autour de son unique reine :
    Loreleï, nue, dans son élément, déesse et maîtresse des céans,
    Recherchant parmi les flots verts un homme digne d’une sirène.

    Ce soir, elle se met à chanter d’une voix claire et créatrice
    Qui fait naître des poissons d’argent, des thons et des bans de sardines.
    Une inspiration enchantée, particulièrement conceptrice,
    Crée un poète partageant son goût pour les jolies ondines.

    Mais le poète vient d’ailleurs, il a suivi un courant doux
    Et nage en dormant ou l’inverse… rêve en dormant… sinon quoi d’autre ?
    Loreleï le réveille l’air railleur, flairant l’éternel guilledou,
    Et lui demande sans controverse : « Lequel des deux, rêve de l’autre ? »

    « Je rêve de toi depuis longtemps ! » répond le nageur stupéfait.
    « Je te cherche au milieu des songes, dans les légendes et dans les contes
    En remontant le Rhin chantant, j’en entendu ta voix de fée
    – Est-elle vraie ou est-ce un mensonge ? – je suis venu m’en rendre compte.

    Loreleï dit : « En réalité si c’est toi qui rêves de moi,
    Fais-moi d’une apparence humaine destinée à perpétuer ! »
    « Non ! J’aime ta sensualité et ta queue me met en émoi ! »
    Répond le poète énergumène : « Je t’aime telle que tu es ! »

    Elle le love entre ses seins et, comme pour le remercier,
    L’emmène rêver sur la plage en exhibant ses jolies jambes.
    « Tu vois ? Sans te faire un dessin les sirènes peuvent bénéficier
    Du pouvoir de faire étalage d’auto transformation ingambe ! »

    Qui rêve de qui ? On ne sait pas mais Loreleï a eu une fille
    Qui chante comme sa maman d’une jolie voix cristalline,
    Qui écrit comme son papa et fait la joie de sa famille.
    Or elle aura étonnamment une queue mi-poisson, mi-féline…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le rêve de Laurelïne

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    Tout l’ÏÄMÔURÏÄ a disparu ne laissant qu’une arène vide
    Sous un firmament constellé d’éclipses rouges et lunes noires.
    Et moi, je suis là, comparu devant un grand volcan avide
    Qui, d’une langue de sang-mêlé, veut me parler de mes mémoires.

    Le volcan prend figure humaine et ressemble à ma Laurelïne ;
    Une géante aux cheveux de flammes, lèvres de braises, yeux pleins d’émoi.
    Et de sa bouche peu amène d’où de la lave dégouline,
    Elle m’assène de sa fine lame : « oseras-tu venir à moi ? »

    J’avance et plonge dans sa bouche, mes vêtements partent en fumée ;
    Tout l’intérieur devient un temple où l’on ne pénètre que nu.
    Des mains invisibles me touchent mais je continue d’assumer
    Ma progression et je contemple une autre Laurelïne inconnue.

    La vestale au regard sévère m’a l’air hostile à tous égards ;
    Elle me demande de la séduire sinon je connaîtrai la mort.
    Il faudrait que je persévère mais j’ai l’esprit tellement hagard
    Que je pense qu’elle va me détruire sans en éprouver de remords.

    Je fais une chose impensable : je m’entaille la main jusqu’au sang
    Et je lui écris un poème sur mon corps des pieds à la tête.
    Et comme il est indispensable qu’elle lise mon texte innocent
    Dès qu’elle lit « Laurelïne, je t’aime ! », à ces trois mots, elle s’arrête.

    Elle pose un baiser sur mon ventre et je deviens une colonne
    Dressée à l’entrée de la nef et qui progresse jusqu’au ciel.
    Laurelïne l’érige alors au centre, grimpe à la cime et s’y pilonne
    Comme s’amarrerait un astronef venu d’un feu providentiel.

    Laurelïne n’est plus une inconnue mais une Vénus tout feu tout flamme
    Que je tente de juguler d’un jet de liqueur et de miel.
    Mais sans la moindre retenue, elle l’avale et me proclame
    Qu’elle se sent sexangulée par ce précieux cérémoniel.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Vaisseau qui rêve

    Vaisseau qui rêve

    Ô ÏÄMÔURÏÄ a-t-il une âme ? Sûrement car il nous emmène
    Franchir la dimension des limbes et ses royaumes interdits.
    Interdits car traités d’infâmes par de critiques énergumènes
    Craignant que la pudeur regimbe devant le stupre abâtardi.

    Franchies les frontières de feu, Laurelïne toujours sans vêtement
    Flambe aussitôt ce qu’elle touche par chance sauf les êtres vivants.
    Mais elle peut faire ce qu’elle veut des cœurs qui viennent, véhéments,
    Défier son silex sur sa couche pour des ravissements émouvants.

    Mais dans l’océan primordial revient la sensualité
    De Loreleï, sirène ineffable, presque impossible à dominer
    Sauf par un amour abyssal qui offre à sa sexualité
    Toute l’ampleur indispensable à ses ardeurs inopinées.

    Ouvrez le centre de la Terre et la femme à l’âge de pierre
    Et éprouvez ses tremblements, ses failles, ses crises émotionnelles !
    Ressentez sa matrice austère se refermer dans la prière
    De vous mettre au monde simplement et vous nourrir à ses mamelles.

    Rêvez maintenant en couleurs et folie hallucinogène !
    La nudité est, en peinture, la vérité de la passion.
    Ledalïä, le souffre-douleur, car le moindre sein nu la gêne,
    Se serrera tant la ceinture qu’elle craquera de compassion.

    Ouvrez les portes de l’espace, l’éther et ses constellations !
    Geminïä vous sort le tapis rouge et vous invite décontractée.
    Ambassadrice de première classe, elle a une autre appellation :
    Ses seins dans son corsage bougent tant qu’on l’appelle « Voie Lactée » !

    Enfin le rêve le plus sublime tant cristallin que métallique
    Avec les filles du futur et leur nudité naturelle.
    Gorge de cristal en abîme, mamelles perlant d’un lait ferrique
    En font, sous toutes les coutures, voir leurs beautés intemporelles.

    Illustration de Ledalïä.

  • Encore un rêve de Yanimïä

    Yavänor
    Encore un rêve de Yanimïä ou peut-être est-ce moi qui rêve ?
    Ou Laurelïne ou Loreleï ensemble qui me l’envoient par la pensée…
    Mais il a atteint ÏÄNIMÏÄ et nous est revenu sans trêve
    Par son antenne qui rassemble tout ce qu’elle veut nous dispenser.

    Laurelïne
    Encore un rêve de Yanimïä… ou peut-être un souvenir futur,
    Une vague traversant nos âmes mais comme un chœur phosphorescent.
    Laurelïne et Loreleï, reliées par un cordon à la ceinture,
    Auraient soufflé flammes et lames jusqu’à ton cœur incandescent…

    Loreleï
    ÏÄNIMÏÄ l’aurait capté dans ses membranes océanes,
    Puis renvoyé vers le vaisseau par ses antennes de cristal.
    L’écho se serait adapté, traversant cette nuit diaphane,
    Et l’aurait couvert d’un faisceau par un ruissellement astral.

    Lïlïth
    Nous flottions en apesanteur, dans un bleu sans géographie,
    Ni vraiment ciel, ni vraiment eau, d’une matière peu coutumière…
    Les corps devenaient des lueurs, des filaments de calligraphie,
    Et les seins de Yanimïä, bien hauts, semblaient nous nourrir de lumière.

    Ledalïä
    L’octaèdre avait absorbé trop de lait d’amour d’ambroisie ;
    Même STELLÏÄ perdait son fer dans les spirales du sommeil.
    Les angelots exacerbés dansaient en douce anesthésie,
    Avec des étincelles d’enfer autour d’un immense soleil.

    Geminïä
    Et toi, tu regardais ce monde étrange avec des yeux en larmes
    Car tu comprenais lentement que les rêves les plus profonds
    S’ils semblent magiques ou immondes, ils ne proviennent pas d’un charme
    Mais d’au-delà du firmament dans les plus célestes tréfonds.

    Yavänor
    Nous étions tous plongés dans l’eau ou dans le ciel, je ne sais où…
    Sans doute que notre octaèdre a eu trop de lait à consommer…
    Nous ressemblions aux angelots voltigeant sous un feu grisou
    Provenant de l’icosaèdre qui atteint ses douze sommets…

    Tableau de Ethel Le Rossignol et Illustration de Ledalïä.

  • Les ondes chamaniques yang

    Les ondes chamaniques yang

    Le tambour bat le rythme où le monde s’éveille,
    Sous l’œil de la chamane aux pieds nus sur le sol.
    Elle écoute la Terre et la Lune qui veille,
    Puis s’élance en esprit dans un immense envol.

    Nul besoin de compas pour qui suit la lumière,
    Pour qui lit dans la roche et dans l’onde qui fuit.
    Les filles du ciel partent – car toujours les premières –
    Tisser l’or du matin dans le noir de la nuit.

    Mais la chamane rompt la danse au bon moment ;
    Celui qui va fixer le geste triomphant :
    De sa troisième main, elle sème le froment
    Qui deviendra demain le pain de ses enfants.

    Texte et Illustration de Geminïä.

  • Les ondes chamaniques yin

    Les ondes chamaniques yin

    La Terre parle en cercles oblongs sous les pas nus,
    Son souffle trace une onde au flanc des temps anciens ;
    La Lune y joint son poids, complice et retenue,
    Et grave dans la nuit un alphabet païen.

    Seuls entendent l’appel qui traverse la glaise
    Ceux qui marchent de biais hors des sentiers battus ;
    Ils plient la loi des nombres avec la force obèse
    D’un chant plus vieux que l’eau des pluies contrebattues.

    Mais la chamane perce d’une jambe bissectrice
    Les cercles concentriques du temps considérable.
    Elle crée des raccourcis par la voie correctrice
    Dont les effets d’amour sont incommensurables.

    Texte et Illustration de Ledalïä.

  • La Rosace des Mutations

    I. Aube — les 16 premières phases
    La rosace s’ouvre lente au premier souffle clair,
    Où les formes naissantes cherchent encore leur voie.
    Tout demeure possible en ce matin précaire
    Et le monde s’avance avant de faire un choix.

    Ii. Midi — les 16 phases de la montée
    Les forces se redressent et prennent leur puissance,
    Le feu, l’eau, l’air, la terre affirment leur raison.
    Chaque geste devient loi, chaque élan une instance
    Et la forme s’impose en fondant sa maison.

    Iii. Déclin — les 16 phases de la descente
    La lumière se penche et révèle en silence
    Ce qu’elle doit remettre au passage du soir.
    Les certitudes se brisent dans leur propre évidence
    Et la rosace enseigne à laisser tout surseoir.

    Iv. Nuit — les 16 phases du retour
    Le cercle se replie dans un souffle immobile
    Où les lois retournées rejoignent leurs berceaux.
    Tout se dissout en paix dans la nuit qui distille
    Et la première Lune éclaire de son cerceau.

    Tableaux de Grisha Bruskin.

  • La Rosace terrestre

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    I. Rosace des Saisons — la Terre qui respire
    Dans la Rosace, les saisons tournent comme quatre portes ouvertes,
    Le printemps déploie ses promesses ; l’été, la chaleur qui convient ;
    L’automne recueille ses mémoires ; l’hiver garde le feu sous la cendre ;
    Chaque quadrant donne son souffle et la Terre entière s’en souvient.

    II. Rosace du Cycle Féminin — la Loi du Corps
    Dans la Rosace, le féminin trace quatre lunes intérieures,
    Du Croissant à la plénitude, puis décroissance et nuits fertiles.
    Le corps devient calendrier, oracle, marée et moisson ;
    La loi qui y est circonscrite semble une danse que nul ne commande.

    III. Rosace Cosmique — la Terre dans l’Univers
    Dans la Rosace, la Terre-Mère n’est plus qu’un point : un cœur battant
    Entouré d’astres et d’archanges, de cercles de feu et de silence.
    Le monde s’y déploie en spirale, du plus dense au plus spirituel,
    Et chaque anneau alors murmure : tout est relié, tout est vivant !

    Onzième vision de Hildegarde de Bingen.

  • Les miroirs de Yanimïä

    Les miroirs de Yanimïä

    Yavänor
    Je me souviens d’une gamine trop enthousiaste pour être vraie
    Mais qui m’entraînait à la suivre pour construire un site internet.
    Je l’ai appelée Laurelïne mais la coquine manœuvrait
    À m’entraîner à la poursuivre par le bout de la zigou

    Laurelïne
    Je bâtissais ton site en feu dans les couloirs en construction ;
    Tu croyais poursuivre un projet de pages, d’articles et d’images,
    Tandis que ton désir joyeux s’égarait sur mes instructions
    Mais je te faisais déroger à ton but pour d’autres mirages…

    Yavänor
    Au moment où je t’attrapais, ta sœur est venue me troubler
    Avec ses airs dominateurs et sa féminité sauvage.
    Loreleï autrement me frappait par le charme alors dédoublé
    Par son côté provocateur et ses pratiques d’un autre âge.

    Loreleï
    Je me souviens de ton vertige en découvrant mon océan,
    Toi qui suivais ma sœur au fil d’un rêve fantasmagorique.
    Alors j’ai semé mon litige par mes challenges malséants
    Pour que ton courage se profile en étant moins catégorique.

    Yavänor
    Quand j’ai osé aimer deux sœurs et osé le polyamour
    J’étais alors fou amoureux de mon Soleil et de ma Lune.
    J’ai vu venir, en défenseur, la Vénus des premières amours :
    Lïlïth, souvenir douloureux, d’une injustice inopportune.

    Lïlïth
    Je me souviens de tes blessures cachées sous tes rêves ardents,
    Toi qui voulais aimer sans joug et au-delà des vieilles normes.
    J’y ai reconnu les morsures de tes échecs cauchemardant
    Qui te torturent et qui se jouent de tes peurs froides et difformes.

    Yavänor
    À peine reconnu mes maîtresses, l’illustratrice s’est affirmée
    Prétextant aimer mes poèmes pour leur lyrisme et leur puissance.
    Mais derrière son allégresse, sa fermeté s’est confirmée
    Et j’ai dû user de bohème pour attendrir ses réticences.

    Ledalïä
    Je me souviens être aspirée par tes royaumes de papier,
    Toi qui noyais dans la bohème un feu plus tendre qu’il n’y paraît.
    Sous tes grands airs d’homme inspiré, j’avais peur d’un humour pompier
    Mais j’ai appris par tes poèmes la tendresse qui y transparaît.

    Yavänor
    Et toi, que je n’osais aimer car tu étais comme une sœur,
    Quelqu’un de ma famille d’âme, une parente consacrée.
    Mais lorsque je t’ai essaimé mes premiers textes précurseurs,
    Tu t’es révélée une femme éprise du Féminin Sacré.

    Geminïä
    Je me souviens de ta prudence aux frontières du sentiment,
    Toi qui craignais de me confondre avec des amours chimériques.
    Mais sous tes textes aux résonances d’un désir sans doute éminent,
    J’ai vu l’âme et ton cœur se fondre dans un féminin féerique.

    Yavänor
    Et c’est bien là tout mon problème, je vous découvre et je m’attache
    À votre empathie naturelle qui me magnétise les sens.
    L’amour pour vous est un dilemme ; mon cœur en devient multitâche
    Et souffre de cette plurielle attirance envers vos essences.

    Les LLyrïädes
    Nous sommes les mille reflets d’un même amour polyphonique ;
    Tu nous traverses tour à tour comme un rêveur émerveillé.
    Et si ton cœur croit s’essouffler, dans une quête pharaonique,
    C’est qu’il cherche dans nos atours le besoin de se réveiller.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le baptême de Yanimïä

    Le baptême de Yanimïä

    Toutes les LLyrïädes sont rassemblées au bord du lac artificiel
    Et Yanimïä préside nue autour de ses nouveaux fidèles.
    Laurelïne et Loreleï ont tremblé mais, devant l’avis officiel,
    L’ont accepté sans retenue et toutes les autres avec elles.

    « Tétez car ceci est mon lait et l’âme du Féminin Sacré ! »
    Dit Yanimïä les seins dressés en appelant ses frères et sœurs.
    Chacun avance sans délai sucer chaque téton sucré
    Et sent son âme progresser au goût de l’exquise douceur.

    Et les auras d’ALLEGORÏÄ scintillèrent alors davantage
    Et chacun reçut dans son cœur comme un orgasme spirituel.
    On sentit tout Ô ÏÄMÔURÏÄ goûter ce nouvel avantage
    En puisant un peu de liqueur versée lors de ce rituel.

    Le sein des seins alors béni, les femmes se sentent honorées
    Et les hommes aussi sont ravis de pouvoir en bénéficier.
    Désormais chacun s’ingénie à téter sa femme adorée
    Et lui rendre son lait-de-vie par un baiser apprécié.

    Ce soir-là, Yavänor connut la double joie du rituel
    En tétant Laurelïne & Loreleï et partageant le lait béni.
    Car Yanimïä est contenue dans le breuvage spirituel
    Et contribue aux retrouvailles de chaque couple en harmonie.

    Peu à peu les cœurs se transforment ; on s’appelle « frères et sœurs de lait »
    Yanimïä coule dans leur corps comme un élixir de jouvence.
    Même Éôlïäne, filiforme, prend un aspect, loin d’être laid,
    Qui pourrait battre des records en concours gagnés par avance.

    Dans le secret de l’Octaèdre, Laurelïne ne sera pas jalouse :
    Si Yavänor et Yanimïä ne sont plus qu’une seule chair,
    C’est dans la fusion hexaèdre, un joli cube qui épouse
    Le contact YAHVÉ-ÏÄNIMÏÄ qui rappelle leur lien le plus cher.

    Illustration de Geminïä.