




Les nuits de pleine lune, les vampires qui sont pères
S’occupent à éduquer leurs petits rejetons.
On se lève, on s’habille, on sort de son repaire
Et on se met en route pour un bon gueuleton.
Toujours en file indienne, on court sur les collines
Pour arriver en ville juste à minuit pétante.
On court de bon entrain, le vent sur les babines,
À l’affût d’une proie plus ou moins consentante.
L’un les bras, l’un le cou et l’autre les mollets,
On mordille à cœur joie, on plante bien ses dents.
Une pinte de sang de ce vieux soupe-au-lait
Qu’on partage en famille avec son ascendant.
Retour à la maison, on finira les restes
Jusqu’à la dernière goutte de sang encore frais.
Il ne faut rien laisser, ce serait indigeste,
Car le soleil corrompt la chair de ce pauvret.
Après une prière envers Nosferatu,
On se brosse les dents et regagne son cercueil.
Demain, on court encore, à bride rabattue,
Profiter de la Lune qui nous fait bon accueil.
Illustration de Graham Annable.
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