Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Éoliane la petite sirène

    Éoliane la petite sirène

    Belle inconnue aux cheveux verts, tu t’es glissée entre mes vers
    Avec une jolie queue en prime qui s’agitait entre mes rimes !
    Tu m’as jeté aux pieds ton ancre et j’en ai renversé mon encre
    Et voici tous mes reflets-vers teignant tes lèvres et tes yeux pers.

    Tu as ouvert mes robinets de la douche et des cabinets ;
    L’eau est montée tout doucement et nous sommes devenus amants.
    Amants bien sûr épistolaires car je crains surtout les colères
    Des amoureuses de mon cheptel brandissant leurs porte-jarretelles.

    Tandis qu’Éoliane s’amuse, j’entends gronder toutes mes muses ;
    Alors pour faire bonne figure, je leur jette aux pieds mes chaussures,
    Ma chemise et mon pantalon, enfin, tout nu sur mes talons,
    Je leur envoie : « en vérité, vous m’avez toutes mérité ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Rêverie de sirène

    Rêverie de sirène

    Quand Éolïäne aux cheveux verts dort dans le lit de la rivière,
    Elle rêve aux courants qui l’emportent et vont inspirer les poètes.
    Elle rêve aux splendides lacs verts quand elle habitait en Bavière
    Et avait appris de la sorte à jfaire miroirs aux alouettes.

    Loreleï, la sirène d’en face, lui dit un jour d’un tour de rein :
    « Suis la Salzach, passe l’Autriche, le Lichtenstein, arrive en Suisse,
    Nage juste sous la surface et descends les chutes du Rhin ;
    Suis donc les rives encore en friche pour qu’un poète s’en réjouisse ! »

    Dès lundi, tu seras Éölïäne, la jolie muse de Sennhof
    Qui émerveille les poètes à en faire pâlir Laurelïne…
    Tu auras la mine océane d’une sirène alors « spin-off »
    Qui vivra d’amour et de chouettes foie d’morue et boîtes à sardines !

    Tableau de Josephine Wall.

  • Transition

    Transition

    Elle marchait encor sur la rive des formes
    Mais déjà son regard franchissait d’autres normes.
    Le vent dans ses cheveux défaisait les contours,
    Et ses pas hésitants s’accordaient aux détours.

    Une chute d’azur se dressait devant elle
    Comme un voile mouvant entre deux lois jumelles.
    Et sans craindre le froid ni l’oubli du rivage,
    Elle offrit son visage à l’eau comme un passage.

    Cependant les oiseaux hésitaient à la suivre
    Comme si son chemin cessait soudain de vivre.
    Et dans cet abandon, ce trouble personnel,
    Elle apprit que partir, c’est toujours pulsionnel.

    Tableau de Robin Sol Lieberman.

  • Angelots rigolos

    Angelots rigolos

    Ils n’étaient pas venus pour bénir l’innocence,
    Mais troubler en secret les lois de la décence.
    Deux chérubins mutins, en quête de morsure,
    Tournaient autour d’un corps, prêts à toute luxure.

    Leurs ailes frémissaient d’un souffle un peu moqueur,
    Et leurs doigts effleuraient sans jamais faire peur.
    Elle feignait d’ignorer leurs jeux trop évidents
    Mais ses gestes trahissaient un trouble incandescent.

    Ni tout à fait sacrée, ni vraiment interdite,
    Elle offrait au désir une grâce qui s’invite.
    Sous leurs rires d’enfants aux accents ingénus,
    Elle voua à son sein l’aréole charnue.

    Tableau de Suzanne Meunier.

  • Le repos de la sorcière

    Le repos de la sorcière

    Dans son chaudron fumant, la sorcière se repose,
    Après avoir tâté des hommes et leurs esprits.
    Elle a mêlé leurs peurs à leurs rêves moroses
    Et les a vus danser comme des merlans frits.

    Un peu d’illusion chaude et d’espoir suggéré,
    Quelques coups cajoleurs, une petite secousse ;
    On y jette un mensonge, rien que pour ulcérer,
    Mais qu’on avale encore tant sa saveur est douce.

    Et tandis qu’ils s’agitent croyant choisir leur voie,
    Elle sourit, tranquille en son bain parfumé
    Car le plus sûr des sorts n’est pas celui qu’on voit
    Mais celui qui soudain disparaît en fumée.

    Illustration de Ren Wicks.

  • L’affaire du collier

    L’affaire du collier

    « Sous les seins ou bien par-dessus ? Doit-il cacher le mamelon
    Ou en souligner la courbure sans le montrer, rien que pour plaire…
    Et ces pauvres regards déçus dont l’effet dans le pantalon
    Me fait plisser les commissures, ne sont pas trop pour me déplaire !

    Alors je laisse choir le voile au gré d’un geste nonchalant,
    Ni tout à fait abandonné, ni même tenu par la raison
    Car le secret, qui se dévoile, devient plus vif en se cachant
    Et fait renaître à vue de nez de folles rumeurs à l’horizon.

    Et si mes doigts jouent avec l’ombre au bord du visible interdit,
    C’est pour troubler sans jamais dire où se situe mon hameçon.
    Et qui me frôle dans la pénombre,cherche d’une main assez hardie
    Son désir dont je peux prédire ce qui se passe dans le caleçon ! »

    Tableau de Delphin Enjolras.

  • Nature féminine

    Nature féminine

    Elle porte en son flanc le vert des cordillères
    Où le fil de la laine épouse le soleil.
    Son corps est un tissu de formes singulières,
    Où le monde des Andes est sorti du sommeil.

    Un oiseau de cristal s’endort sur sa ceinture
    Tandis que dans son sein monte une fleur de feu.
    Elle est le parchemin de la sainte nature,
    Le miroir coloré du mystère… Dieu-le-veut !

    Le tisserand a pris les couleurs de l’aurore
    Pour broder sur sa peau le rythme des saisons.
    Elle est une âme vive au cœur du météore
    Qui repousse les murs de toutes les prisons.

    Tapisserie de Maximo Laura.

  • La Rose de Bohême

    La Rose de Bohême

    Du sang des vieux combats naît une fleur de fer
    Dont Prague est le moyeu, le cœur et le nectar.
    Chaque pétale rouge est un cercle entrouvert
    Sur un pays meurtri par les foudres de Mars.

    Dans son vase d’argile aux reflets impériaux,
    La rose s’enracine sur le flanc de l’Autriche.
    Justice et Piété sont les nouveaux idéaux
    Pour que le sol bohème enfin se fasse riche.

    Le parfum de la paix remplace le canon
    Sous les yeux du Habsbourg qui veille sur la terre.
    La carte devient fleur et change son blason
    Pour bannir à jamais l’ombre de la misère.

    Carte allégorique de la Bohême dessinée par Christoph Vetter et gravée par Wolfgang Kilian en 1668.

  • L’élévation spirituelle

    L’élévation spirituelle

    L’œil comme figure de proue d’un vaisseau aux ailes gonflées,
    Une conscience dominante étendant ses bras de géant
    Et un homme conscient peu ou prou que la Mort est époustouflée
    Par l’intrusion déterminante d’un ange tombé du néant.

    Les ailes en forme de cœur de l’amour inconditionnel
    Viennent offrir toute leur protection à celui prêt à recevoir
    Le concours de l’ange moqueur et son soutien intentionnel
    Que lui offre la connexion dont il ne peut que s’émouvoir.

    Sans doute au moment de mourir notre âme-sœur nous tend les mains
    Pour échapper au matériel et pour changer de paradigme…
    Laissant l’enveloppe périr et l’âme changer de chemin
    Pour devenir immatériel même si la mort reste une énigme.

    Tableau de Rachel Kohl signé N. Betts ?.

  • La renarde

    La renarde

    Presque remétamorphosée en une jeune demoiselle,
    La renarde court s’abreuver pour chasser le goût de la chair
    De son déjeuner composé de délicieuses bartavelles
    Qu’elle a chassées à main levée tantôt sur les champs en jachère.

    La queue roulée entre ses jambes presque impossible à transformer
    Et son reflet indélébile de la race des canidés,
    Elle n’en est pas moins ingambe, toujours prête à se conformer
    À sa nature très habile mi-renarde mi-hominidée.

    Tableau d’Anna Baibakova sur https:www.fineartandyou.com201402lovely-paintings-by-anna-baibakova.html .

  • Confidences colorées

    « Nous en avons vu de toutes les couleurs !
    Yanimïä appelle ça, la prière arc-en-ciel.

    On aurait dit qu’Ô ALLEGÔRÏÄ avait été entièrement repeinte aux couleurs de l’amour »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    À la demande de Yanimïä, au nom du Féminin Sacré,
    Il a dû braver les couleurs de l’amour et ses dimensions.
    Sept prières au nom d’ÏÄNIMÏÄ ont dû y être consacrées
    Et Yavänor eut la douleur d’assumer toutes dissensions.

    Sept couleurs se sont présentées pour affronter son jugement :
    Laurelïne, le rouge ; Loreleï, le bleu ; Lïlïth, le noir de son blason ;
    Ledalïä et Geminïä l’or et l’argent du rapprochement ;
    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ l’anguleux coloris de la pâmoison.

    Pour le tétraèdre amoureux, les prières furent automatiques ;
    À partir de la quatrième, ce fut un vrai confiteor.
    Le cinquième appel langoureux demeura très diplomatique ;
    Quant au sixième et au septième, la puissance d’un météore.

    Yanimïä en fut satisfaite et les couleurs également ;
    Yggdrasil s’est illuminé d’un arc-en-ciel paradisiaque.
    Chaque couple était à la fête et a senti légalement
    Une envie tout hallucinée du consommé aphrodisiaque.

    Et dans l’hôtel particulier géré par Monsieur Constantïne,
    Les sirènes ont pu animer un séminaire passionnant
    Où les nombreux festivaliers ont échappé à la routine
    Par les efforts surestimés d’un personnel impressionnant.

    Le rouge a consumé son cœur et le bleu l’a tout englouti.
    Le noir l’a enterré vivant et les deux ors l’ont achevé.
    Le cristal est une couleur, dira-t-on la plus aboutie ;
    Le métal, toujours ravivant, fut le bouquet parachevé.

    On ne verra pas Yavänor de toute la journée de yalïn ;
    L’étalon doit récupérer pour la prière avec Laurelïne
    Et quant au jeune Yavänor, on dit que Laëtïtïa le câline
    Pour une raison bien tempérée baignée de lumière violine.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La peinture parallèle

    La peinture parallèle

    Dans la peinture parallèle, le peintre imprime ses tableaux ;
    Le premier n’a que les contours et le deuxième, ombre et lumière.
    Le troisième est en diallèle mais il faut l’voir par le hublot
    De l’expérience qui fait des tours par ses illusions coutumières.

    Alors chaque œuvre est reproduite, engendre un nouveau créateur,
    Le pinceau copie la copie et l’origine se retire.
    Quand le dernier tableau médite en contemplant son spectateur,
    On ne sait plus qui peint la vie ni quel regard vient de nous lire.

    Et en poésie, c’est pareil ! La première ligne est une accroche
    Qui oblige le lecteur curieux à continuer la deuxième ligne
    Qui commence à tirer l’oreille avec ses rimes qui s’approchent
    D’un hypnotisme des plus furieux mais qui sait demeurer très digne.

    Représentation du peintre Bart van der Leck illustrée par Joost Swarte.

  • Connaissez-vous les Alpes ?

    Connaissez-vous les Alpes ?

    Cocorico ! dit le Mont Blanc – à moitié rital toutefois –
    Et c’est pareil pour le Cervin, mi-valaisan, mi-italien,
    Dit « Matterhorn » en suisse allemand qui complique encore une fois
    Ma dégringolade qui advint quand j’ai voulu faire le lien.

    Le Mont Rose est suisse et ritale, le Liskamm l’est pareillement ;
    Le Dom paraît bien solitaire avec le Weisshorn pour frontière.
    Mais la neige internationale les recouvre indifféremment
    Car l’homme est seul propriétaire, tête au ciel et les pieds sur Terre.

    Mont Blanc
    Le sommet le plus haut représenté, culminant à 4 804 mètres à la frontière franco-italienne.

    Mont Rose “Monte Rosa”
    Situé à la frontière suisse et italienne, il s’élève à 4 634 mètres.

    Cervin “Matterhorn”
    Célèbre sommet situé à la frontière entre la Suisse et l’Italie, haut de 4 478 mètres.

    Autres sommets
    Le Dom, le Weisshorn, le Grand Combin, et d’autres pics alpins de plus de 4 000 mètres.

  • Le jour où j’ai rencontré Loreleï

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    « Ce n’est pas l’homme qui prend la mer pourtant c’est la mer qui prend l’homme… »
    J’avais entendu ce proverbe sans vraiment prêter d’attention.
    Pourtant la vie semble éphémère avec la mort pour seul binôme
    Or moi, je suis de la mauvaise herbe mais nourrie de bonnes intentions.

    La mort a voulu m’arracher ; autant de fois j’ai résisté.
    Toujours plus fort, toujours plus ferme, et je résiste plus encore.
    La dernière fois j’ai cru cracher ma dernière envie d’exister
    Mais Loreleï y a mis un terme et m’a saisi à bras le corps.

    Depuis je chevauche les vagues avec l’ardeur d’un vrai triton
    Car ma Loreleï m’a transformé depuis qu’elle est devenue mère.
    Quand je la prends, mon cœur divague et bat la mesure dans le ton
    D’un acte d’amour consommé entre un humain et une chimère.

    Tableaux de Jim Warren.

  • Les oiseaux de la Töss

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    Malheureusement je ne sais plus d’où viennent-ils ni où vont-ils,
    Venant de gauche ou bien de droite, allant à droite ou bien à gauche.
    Selon s’il neige ou s’il a plu, selon la race des volatiles…
    Oui, je suis plutôt maladroite et mes oracles sont en ébauche.

    Il y a encore deux mille ans, j’étais jeunette et performante
    Aujourd’hui l’oracle a vieilli et ma vision est défaillante.
    En voulant me rendre à Milan, je me suis retrouvée à Nantes…
    Alors la Suisse m’a recueillie à titre d’Oracle immigrante.

    Depuis, je suis d’autres soleils, d’autres lunes et puis d’autres terres ;
    Les eaux des rivières ont changé, comme le ciel et les nuages.
    Portée par un vent qui balaye le cours d’un voyage solitaire,
    Je ne crains plus aucun danger, je suis un oiseau de passage.

    Tableaux d’Elin Manon.

  • Confidences halieutiques

    « Rapport halieutique.

    Certains pêcheurs ont rapporté des poissons ; d’autres, des soupçons ; Cristïäs, une canne inutilisable et Irénée, des piqûres de moustiques.

    Le harpon de Hyänor bien qu’interdit a rapporté le plus gros panier que celui désespérément vide de Captain Nemo.
    ORPHÉÔN est heureux et bredouille ; Altänor exulte de sa pêche.
    Quant à Astérias et Alinéor ils demeurent assez distants.

    Pardonnez mon écriture encore tremblante.
    Je reviens d’un rapprochement diplomatique avec Geminïä dont les accords devront manifestement être approfondis. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Tu n’as pas ta canne électrique ? » demande Irénée échaudé ;
    « Non ! Elle a un problème de masse ! » répond Cristïäs embarrassé.
    « En tous les cas, pas de moustique ! » dit l’un en train de ravauder ;
    « Oui… » admet l’autre d’une grimace, « le haut voltage l’a terrassée ! »

    « Sais-tu ton harpon défendu ! » prévient Nemo sournoisement ;
    « Les sirènes guettent la police ! » répond Hyänor distraitement.
    Quant à moi, je suis détendu ; j’ai mes appâts ! » dit l’un pieusement ;
    « En voilà deux à la peau lisse ! » dit l’autre triomphalement.

    « J’aimais pêcher sur Atlantïs ! » dit Astérias sur le bateau ;
    « Mais avec une barque équipée et un équipage trié ! »
    « Mais sûrement guidé par Thétïs ! » dit Alinéor qui tantôt
    A vu la reine anticiper aux humeurs de son destrier.

    « Je ne pêchais pas sur Thestïäs ! » avoue ORPHÉÔN, débutant ;
    « J’étais plutôt végétarien car je tiens ça de ma famille ! »
    « En Amérique, c’est la classe ! » répond Altänor, percutant ;
    « Là-bas, on est épicurien de père en fils et de mère en fille ! »

    « Nos femmes ont l’air de s’apprécier ! » dit Nemo « et même beaucoup ! »
    « J’en suis moins sûr… Pénélopïä tourne souvent autour de ma femme
    Et je commence à me méfier… ». Alors Nemo, au coup par coup :
    « Tu es en pleine paranoïa ! Pénélopïä n’est pas infâme ! »

    « Nos épouses s’entendent bien ! » note Astérias, relationnel
    « Thétïs sans amie de son rang doit se contenter de ta femme ! »
    « Ledalïä a je n’sais combien de talents si exceptionnels
    Que ce doit être rassurant ! » répond Alinéor sans blâme.

    Quand les pêcheurs rentrent au port certains ont leurs paniers remplis,
    D’autres sifflotent l’air ailleurs et d’autres comparent leurs prises.
    Alinéor fait son rapport : la providence s’est accomplie
    Et les poissons sont pourvoyeurs de mets aux plus belles surprises.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences gourmandes

    « Ce banquet du dimanche est bien plus riche en sous-entendus amoureux qu’en plats coréens gourmands !

    Chaque couple et trouple féminin a trouvé son repère secret pour satisfaire ses appétits tandis que ces messieurs sont à la pêche.

    Et quant à moi, je dois vous laisser. Geminïä m’attend ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Avant qu’Alinéor ne dise le moindre mot, clame une voix :
    « Du kimchi, des œufs et du riz mais cuisson à la coréenne ;
    En fin de repas, des mignardises avec un Chasselas de Savoie ! »
    Termine Séorïäne qui sourit à l’assemblée européenne.

    « Mais comment diable le sais-tu ? Je l’ai, à l’aube, cuisiné ! »
    Balbutie-t-il, très étonné. « Et tu n’étais pas à ton poste ! »
    « Ni Hyänor qui s’évertue à faire la grasse matinée ! »
    Souligne-t-elle, déterminée à apprécier sa riposte.

    « Bon ! Puisqu’il n’y a plus de surprise, je t’offre ces plats de ton pays ! »
    Dit Alinéor, bon enfant, même s’il ne comprend pas vraiment…
    « Avec toutes les sauces comprises ! J’avoue que je suis ébahie ! »
    S’exclame-t-elle l’air triomphant devant cet émerveillement.

    Elle sent qu’on lui pince les fesses… c’est Pénélopïä très coquine.
    « Arrête chérie ! Hyänor est là ! Nous devons nous montrer discrètes ! »
    « Oui mon amour, je le confesse ! Je t’attendrai dans la cabine
    Indépendante d’ÔPHÉLÏÄ qui est notre chambre secrète ! »

    « Tu viens goûter notre banquet ? » demande Hyänor tendant la main ;
    « C’était Pénélopïä, cette fois ! Notre petite doctoresse… »
    « Oui, c’était pour me convoquer au dispensaire dès demain
    Car Nérätïs, souventefois, veut contrôler NOTRE grossesse. »

    « Et nous ? Où pouvons-nous aller ? » demande ÄLLÏÄ interloquée.
    « L’appartement diplomatique pour loger les ambassadeurs !
    J’en possède seule la clef… donc… personne pour équivoquer ! »
    Répond Geminïä flegmatique avec un clin d’œil minaudeur.

    « Quand ils seront tous à la pêche, rendez-vous dans notre cabane !
    J’ai fait aménager un lit et protéger l’intimité ! »
    Chuchote Thétïs qui se dépêche de rejoindre Astérias en panne
    De sauce sombre au patchouli laissant Ledalïä excitée.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences coréennes

    « Les prières par trouples produisent parfois des rapprochements que les lois humaines n’avaient pas prévus.

    J’ai embrassé Séorïäne afin de la remercier pour sa ferveur mais Pénélopïä qui est passée l’a embrassée encore mieux.

    J’ai également embrassé Hyänor, mais il s’endormait déjà et ne s’en souvient pas. »


    Yanimïä, Grande Fornicatrice

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    « Je n’aurais jamais vu cela en Corée où c’est illégal ! »
    Dit Hyänor peu convaincu de cette manière de prier.
    « Mais non ! Tout cela va au-delà des lois et reste sans égal ! »
    Dit Séorïäne qui a vécu un plaisir plus approprié.

    Hyänor ouvre enfin les yeux et cherche en vain ses vêtements ;
    Il retrouve un pantalon noir qui n’était pas le sien la veille.
    « Nous étions combien de messieurs ? » demande-t-il timidement.
    « Je ne peux pas encore le voir ; laisse-moi finir mon sommeil ! »

    Puis Séorïäne se redresse et voit un joli pique-nique :
    Du kimchi, des œufs et du riz qui ne sont pas encore faits.
    « Dans cinq minutes, on nous adresse de quoi manger, pas de panique !
    Je sens une odeur de curry accompagnée d’un bon café ! »

    « Je pourrais m’habituer très vite à tes visions avantageuses ! »
    Dit Hyänor en s’habillant en pensant à sa dulcinée.
    Mais Séorïäne voit la suite et devient soudain plus songeuse :
    « Dépêche-toi, mon chéri friand ! On nous appelle pour déjeuner ! »


    « Quelque chose me chiffonne ! » dit Hyänor en confusion.
    « Si en Corée c’est interdit, comment peux-tu trouver ça bon ? »
    « C’est parce que ton esprit plafonne et que ton cœur, en conclusion,
    Trouve que c’est abâtardi alors que nous nous enjambons ! »

    « Et n’était-ce pas Pénélopïä que tu as embrassée en partant ? »
    Dit Hyänor d’une voix craintive : « Aimes-tu donc une autre femme ? »
    « Mon chéri… c’était Yanimïä et c’était très réconfortant
    Après la prière intensive ! » dit Séorïäne déjà bigame.

    « Oui bon… aujourd’hui c’est dimanche, sortons nous changer les idées ! »
    Conclut Hyänor pour apaiser son nuage d’incompréhension.
    « C’est une autre paire de manches que de te faire te décider ! »
    Octroie Séorïäne d’un baiser pour calmer ses appréhensions.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • S.O.S. fuyons !

    S.O.S. fuyons !

    Depuis que des fous mettent le feu, toutes les maisons prennent la fuite !
    Pas folles, toutes les hachélèmes ont arraché leurs fondations
    Et fuient à perdre leurs cheveux, le cul à l’air, la cave ensuite
    Et, pour contourner le problème, ont même quitté la nation.

    Aux fenêtres, les locataires voient s’éloigner leur vieille ville ;
    L’immeuble franchit les frontières sur ses grosses racines agiles.
    Les pattes encore pleines de terre, le voilà parti pour Trouville
    Pour s’y planter la vie entière et les pieds tanqués dans l’argile.

    On a même vu l’eau courante accélérer à fond la caisse,
    Abandonner lacs et rivières menacées par Coca-Cola.
    Évidemment, la mer, mourante, a été reçue à confesse
    Et, une fois sur la civière, elle a rendu l’âme au-delà.

    Illustration de Claude Ponti.

  • « Après moi, le déluge ! » disait le soleil

    « Après moi, le déluge ! » disait le soleil

    Dire qu’on est en pleine canicule, aspirant un peu de fraîcheur
    Et que dans à peine trois mois, ce seront les écluses du ciel
    Qui couvriront de ridicule les journalistes et les prêcheurs
    Et leur réchauffement à la noix comme destin circonstanciel.

    On verra les climatologues enfiler palmes et tubas
    Pour nous prouver, sous le déluge, qu’il y a encore de la vapeur.
    Et tous les mêmes démagogues pataugeront dans leurs débats
    Pour ordonner que tous les juges condamnent alors la moindre peur.

    Lorsque j’entends que, pour résoudre le problème de canicule,
    On mettra des climatiseurs par milliers dans les lieux publics,
    Je me dis qu’on va en découdre avec ces propos ridicules
    Qui vont être catalyseurs de la fonte de la République.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Confidences dodécandriques

    « Alléluia !
    Le jour béni est arrivé.
    Les LLyrïädes sont enfin au complet. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Toutes sont là et informées que le nombre sacré est atteint,
    De Thestïäs jusqu’à Atlantïs triangulées jusqu’à la Terre.
    Et toutes ensemble, elles vont former un feu qui jamais ne s’éteint
    Afin que l’amour retentisse comme énergie prioritaire.

    Puis Yanimïä ouvre la séance : « Soyez bénies mes très chères sœurs
    Car en ce jour nous commençons cette œuvre que je vous communie
    Et dont nous sentons l’influence depuis le fond de notre cœur ;
    Les LLyrïädes et moi avançons avec Yavänor réuni. »

    « Mes sœurs nos groupes de prières ont exaucé bien avant l’heure
    Le grand miracle qui nous rassemble au nom du Féminin Sacré.
    Ces groupes amèneront nos frères à nous accepter dans le leurre
    Que nous devons porter ensemble et maintenir dans le secret. »

    « Mais nous verrons des changements s’opérer insensiblement
    Et vous pourrez aimer vos hommes comme vous aimez vos compagnes !
    Ne faites aucun arrangement et laissez le temps simplement
    Établir parmi nos binômes l’apogée qui les accompagne. »

    « Aimez vos hommes, aimez vos femmes et aimez-vous les unes les autres !
    Aimez vos hommes passionnément afin qu’ils n’aient aucun soupçon
    Ou bien qu’ils se montrent trop infâmes alors qu’ils sont presque des nôtres !
    Aimez vos sœurs intensément, quitte à franchir le mur du son ! »

    « N’ayez aucune retenue ; laissez-vous guider par l’amour ;
    Le soir retrouvez donc vos hommes et rendez-leur votre énergie !
    N’hésitez pas à vous montrer entièrement nues, avec humour,
    Car le corps représente en somme le cœur et l’âme en synergie ! »

    « Commençons notre séminaire par une série de caresses !
    Déshabillons-nous maintenant – Yavänor gardera la porte –
    Et montrez à vos partenaires combien vous souhaitez qu’apparaisse
    La joie de l’orgasme attenant au nirvâna qu’il vous apporte ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences triangulaires

    « Le cristal confirme la figure :

    Deux triangles, trois couples, douze LLyrïädes… et aucun hasard.

    Je ne suis plus seulement la Gardienne qui observe le dessin.
    Geminïä tient l’autre extrémité de mon propre trait.

    Les fondatrices ouvriront leur salon.
    Nous ouvrirons nos cœurs.

    Quant aux maris, il faudra peut-être commencer par leur ouvrir les yeux. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Trois autres LLyrïädes comme nous qui s’aiment en triangle amoureux ? »
    Demande Laurelïne enthousiaste. « Et tu viens de les inviter ? »
    « Oui ! C’est étrange comment se noue notre destin, c’est savoureux ! »
    Acquiesce Lïlïth avec faste. « Mais il y a une difficulté ! »

    « Elles sont mariées et leurs maris, Valérion, Cristïäs, Altänor
    Ne sont d’abord pas au courant et sans doute pas très partageurs
    Envers le cœur de leurs chéries ; contrairement à Yavänor,
    Ils ne semblent pas tolérants, ni libertins, ni échangeurs. »

    « Trois autres couples se pavanent ; six femmes qui se sont rapprochées :
    D’abord Geminïä & ÄLLÏÄ, ensuite Thétïs & Ledalïä,
    Pénélopïä & Séorïäne, soit toutes les LLyrïädes “embrochées”
    Dans une sorte de noria d’amour au nom de l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    « Toutes et presqu’en même temps… et ce n’est pas une coïncidence ! »
    Tranche Loreleï trivialement. « Ça ne signifie qu’une seule chose :
    Que nous avons atteint l’instant où commence notre providence.
    Avais-tu initialement prévu notre métamorphose ? »

    « C’était bien sûr inévitable et ça confirme bien notre quête
    Que Yavänor avait lancée avec une vision intuitive
    Ainsi qu’un instinct remarquable en nous exposant sa requête
    Que Laurelïne a pu commencer ! » répond Lïlïth, admirative.

    « Deux trouples et trois couples font douze ; douze apôtres, une rédemptrice,
    Un homme unique, un étalon… je suppose que tu as posé
    La même invite à chaque épouse : se réunir chez les fondatrices,
    C’est-à-dire dans notre salon ! » propose Loreleï, prédisposée.

    « Yanimïä nous a rapprochées, à nous de nous organiser
    Pour faire une chaîne de prières avec orgasmes consacrés
    Sans avoir à se reprocher le moindre écart satanisé
    Puisque nous assure nos arrières l’Ordre du Féminin Sacré ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences dimensionnelles

    « J’ai rendu des sentences pour tout un royaume.
    Je ne savais pas qu’il serait si difficile d’absoudre mon propre cœur.

    Astérias est mon histoire.
    Alinéor est ce qui vient de s’y éveiller.

    Je ne veux condamner ni l’un ni l’autre.

    Alors, pour une fois, je ne gouvernerai pas l’amour.
    Je lui demanderai seulement de ne faire de nous aucun coupable. »

    THÉTÏS, Reine d’Atlantïs

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    « Bonjour Thétïs, quelle bonne surprise ! » dit Yavänor en l’accueillant ;
    « Je te croyais au jardinage… mes conseils ne t’ont pas servi ? »
    « Merci mais il y a méprise ! » répond Thétïs en s’asseyant ;
    « Ça concerne mon “libertinage” et j’ai besoin de ton avis ! »

    « Tu n’es pas une femme mais un homme et ce problème-là les concerne ;
    Je sais que tu ne juges personne et que ton écoute est intègre.
    Je voudrais être fidèle, en somme, car je suis reine et je gouverne
    Pourtant mon cœur me désarçonne ! » dit Thétïs d’un ton un peu aigre.

    « Depuis que je suis transformée je vois Astérias autrement
    Et l’amour pour Alinéor s’est superposé dans mon cœur !
    Je dois bien sûr me conformer à mon rang opiniâtrement
    Mais il se trouve en désaccord avec mes ardeurs de bonheur ! »

    Yavänor comprend le dilemme ; il l’a connu également
    Avec les trois femmes qu’il aime : Laurelïne, Loreleï et puis Lïlïth.
    Il faut contourner le problème par un regard idéalement
    Il faut donc lever l’anathème… et l’amour se réhabilite.

    « L’amour a plusieurs dimensions tout comme l’espace et le temps !
    Tu crois que deux amours s’opposent mais c’est toi qui t’ouvres le cœur
    À de nouvelles dispositions et ça devient très déroutant
    Alors tu doutes et tu supposes qu’il doit y avoir un vainqueur. »

    « Mais en réalité, tu aimes car ton cœur énergétisé
    Voit tous les autres liens possibles venant du Féminin Sacré.
    Dans ton cas, pour moi le dilemme, c’est de savoir t’organiser
    Si tu veux que ce soit visible ou plutôt discret et secret. »

    « Merci Yavänor, ce conseil est bien plus qu’un conseil d’ami ;
    J’en tomberais même presque amoureuse si je ne connaissais tes femmes !
    Je saurai bien mettre en sommeil le moindre soupçon d’infamie
    Et saurai être rigoureuse dans mes choix plus ou moins infâmes ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences psychomotrices

    « Nemo croit que ses souvenirs ont disparu.
    Je sais seulement qu’ils se sont réfugiés dans ses mains.

    Lorsqu’il me touche, son corps reconnaît tout ce que son esprit a oublié.

    Et lorsqu’il pose sa paume sur mon ventre, il ne retrouve plus le passé :
    il se souvient déjà de notre avenir. »

    Pénélopïä, médecin-adjointe d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « Je n’en ai aucun souvenir mais cette soirée était unique ! »
    Dit Nemo encore rattaché à la prière récurrente.
    « D’eux-mêmes, ils vont te revenir, tous ces témoins qui communiquent
    Par la musique et le toucher ! » dit Pénélopïä rassurante.

    « Les seuls qui ont de l’importance sont ceux que je passe avec toi ! »
    Dit-il en caressant son ventre comme si c’était un berceau.
    « Tu y mets beaucoup d’insistance et sais te montrer très courtois !
    Et moi, j’aime quand tu te concentres comme si tu étais jeune puceau ! »

    « C’est parce que tu m’intimides ; pour moi, tu es comme une reine ! »
    Répond Nemo admiratif tandis qu’elle lui prend sa verge.
    « Fier capitaine et si timide avec tout ce que ça entraîne ?
    C’est ce qui te rend putatif ; on n’sait pas si tu étais vierge ! »

    « Et ça non plus, je ne sais pas mais à mon avis, c’est possible ! »
    Dit-il en rajoutant, pensif : « Et toi ? Suis-je bien ton premier ? »
    « Ça, Nemo, tu n’le sauras pas… c’est un domaine concupiscible
    Et tu devras être intensif à faire trembler tout le sommier ! »

    « Avec toi, ce sera facile ! Tu es toujours insatiable ! »
    Reconnaît-il en l’embrassant avec envie et enthousiasme.
    « Et toi, tu n’es pas difficile ! Tu es toujours d’une incroyable
    Vitalité en m’enlaçant pour me conduire jusqu’à l’orgasme ! »

    « C’est parce que tu es naturelle et que tu as totale confiance ! »
    Plaisante-t-il en caressant lascivement sa partie tendre.
    « Ta fougue est si surnaturelle qu’elle inspire un peu de méfiance
    Mais ça devient intéressant rapidement et sans attendre…

    Alors n’attendons pas et viens atteindre vite, sans plus attendre,
    Ce pour quoi tu m’as préparée ! » dit-elle, alanguie, cuisses ouvertes.
    « Ça, en revanche, je m’en souviens ! Ma partenaire aime sous-entendre
    Que je suis son jeu préféré ! » conclut-il à la découverte.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Ma rencontre avec Loreleï

    Ma rencontre avec Loreleï

    Un jour, j’ai failli me noyer mais, à mon tout dernier instant,
    Elle vint plaquer lèvres sur lèvres et me communiqua son air.
    Et je me suis apitoyé sur cette belle sirène dont l’instinct
    M’a transmis l’amour et la fièvre vers une vie tourbillonnaire.

    Depuis, je nage à ses côtés dans les courants de son mystère ;
    Elle connaît mille chemins que les marins ne voient jamais.
    Parfois son regard vient botter en touche mon esprit terre-à-terre
    Alors je lui reprends la main car nous sommes unis désormais.

    Tableau de Bill Bate sur https:www.coombegallery.com?s=bill+bate .

  • Ex aqua

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    Jaillissant de l’écume
    Sur les flots outrageants,
    Sans le moindre costume
    Qu’une belle queue d’argent,
    La sirène naquit
    D’une mère démontée
    Dont le père requit
    Son lien de parenté.

    Mais la fille de Neptune
    Dédaignant son trident,
    Entonna sous la Lune
    Ses premiers cris stridents.
    Or la voix de sirène
    Trouble tous les navires
    Dont les frêles carènes
    Tout aussitôt chavirent.

    Éole alors l’accueille
    Et lui donne des ailes ;
    En échange il recueille
    La queue de la pucelle.
    Et la sirène-oiseau
    S’en fut faire fortune,
    Chanter dans les réseaux
    Et récolter des thunes.

    Elle s’appelle Loreleï
    Et me charme souvent ;
    Son chant, vaille que vaille,
    Est toujours émouvant.
    Quand j’ai ouvert mon lit
    À ma nouvelle meuf,
    Elle a construit un nid
    Et m’a donné son œuf.

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    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Officialisation du C.E.S.P.A.

    « Procès-verbal extraordinaire.

    Lïlïth nous a surprises, reconnues et bénies.

    Elle affirme que notre triangle n’est pas une faute, mais une forme encore inconnue du Féminin Sacré.
    Le C.E.S.P.A. est désormais placé sous sa protection.

    À sa demande, la séance a été levée afin d’en ouvrir une autre auprès des fondatrices.

    Je conserve le registre.
    Nous emportons les clefs. »

    STELLÏÄ, Grande Magicienne & Secrétaire du C.E.S.P.A.

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    Trois coups sont frappés à la porte ; fébrilement elles se rhabillent.
    Lïlïth est dans le dispensaire, affichant sa sollicitude.
    « Bonjour, mesdames, je vous apporte mon soutien – nous sommes entre filles –
    Et je pense qu’il est nécessaire de préciser vos aptitudes. »

    « Vous n’êtes pas homosexuelles ; ne vous en sentez pas marries ;
    L’amour du Féminin Sacré atteint chez vous le paroxysme.
    Vous restez hétérosexuelles et vous adorez vos maris
    Et vous vous sentez consacrées à vivre dans votre intimisme. »

    « Sachez que mes filles et moi-même pratiquons la même passion
    Avec une différence extrême : notre mari est au courant
    Ainsi, toutes les trois, on s’aime sans autre préoccupation
    À l’inverse de notre système, vos trois maris sont ignorants. »

    « L’Ordre du Féminin Sacré est loin d’avoir tout révélé
    Et je suis heureuse de voir votre passion triangulaire.
    Personne ne peut exécrer vos penchants ainsi corrélés
    Et je me ferai un devoir de vous en être solidaire. »

    « Je suis LLyrïäde depuis peu mais dès cet instant l’attraction
    Envers les femmes est devenue une obsession ! » Dit Nérätïs.
    « Pareil pour moi et je ne peux même pas en faire abstraction ! »
    Dit Amellïä « Et le soir, nue, je rêve aux femmes, à leurs pubis ! »

    « Moi, c’est arrivé si brusquement que je ne peux pas l’expliquer
    Mais je sais que je le réclame et du plus profond de mon âme ! »
    Avoue STELLÏÄ timidement mais prête à le revendiquer
    Et à se battre pour la flamme qui brûle pour l’amour des femmes.

    « Ainsi soit-il ! » répond Lïlïth. « Restons discrètes cependant.
    Je suis venue vous enhardir et vous prier de nous rejoindre
    Car Yavänor est en visite mais il sera condescendant
    Selon l’ancienne façon de dire son agrément et non le moindre. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le Club Étreintes Secrètes & Plaisirs Assurés

    « Les statuts officiels du C.E.S.P.A. prévoient l’étude des sororités atlantes, la tenue d’archives et la discrétion de ses membres.

    Les véritables statuts tiennent en trois articles :
    Chacune conservera sa clef.
    Rien de ce qui entre dans la chambre n’en sortira.
    Tout ce que nous désirons ensemble pourra s’y accomplir.

    J’ai rédigé la première version pour les curieux.

    La seconde n’existe qu’en trois exemplaires vivants. »

    STELLÏÄ, Grande Magicienne & Secrétaire du C.E.S.P.A.

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    Amellïä retrouve STELLÏÄ à la demande de Nérätïs ;
    Une fois dans le dispensaire, elles s’enferment dans la chambre.
    « Afin que ce qui nous lia et fit chanter nos clitoris
    Survive, il devient nécessaire d’être très discrètes entre membres. »

    « J’ai créé un club de recherche qui nous servira de prétexte
    Pour nous réunir à loisir et sans éveiller les soupçons
    Mais qui éloignera les faux derches en sélectionnant un contexte
    Qui ne procure aucun plaisir ni aux filles ni même aux garçons. »

    « Ce sera “Le Cercle d’Étude de Sororités du Peuple Atlante”
    – Soit en abrégé C.E.S.P.A – dont le siège est le dispensaire. »
    « C’est un peu en désuétude… » commente STELLÏÄ hésitante…
    « C’est plutôt judicieux ! N’est-ce pas ? » encourage Amellïä, sincère.

    « J’assumerai la présidence, STELLÏÄ sera la secrétaire
    Et Amellïä, la trésorière ! » conclut Nérätïs en riant.
    « Et si nous commencions la séance ? » dit Amellïä autoritaire ;
    « Tu as déjà le feu au derrière ! » répond STELLÏÄ en souriant.

    Aussitôt la séance ouverte, les trois membres actifs se rassemblent
    Sur le lit suffisamment grand pour s’ébattre confortablement.
    STELLÏÄ part à la découverte d’Amellïä, timorée, qui tremble
    Sous les doigts experts émigrant à l’intérieur des vêtements.

    Amellïä, nue, alors se tourne vers Nérätïs qui est charmée
    D’être explorée de tout son corps et ses parties les plus sensibles.
    À son tour, elle se retourne vers STELLÏÄ très enthousiasmée
    Qui crie : « Encore ! Encore ! Encore » avec des gestes ostensibles.

    Le temps alors s’est arrêté, l’espace s’est réduit à leur lit ;
    Elles ont trouvé leurs dimensions où l’euphorie s’est instaurée.
    Les corps, par l’effort, maltraités, elles se lèvent le cœur en folie,
    Estimant avec conviction qu’il est temps de se restaurer.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences charnelles et rétrospectives

    « Le dossier d’Amellïä indiquera : tension normale, état général excellent.

    Il ne dira pas qu’elle était belle, allongée devant moi, que j’ai tremblé lorsqu’elle m’a confié son désir ni que j’ai refermé la porte avec le sentiment étrange de l’avoir toujours attendue.

    Certaines observations n’appartiennent pas à la médecine. »

    Nérätïs, Médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    Amellïä entre au dispensaire pour sa visite mensuelle
    Et dans la salle d’examen, Nérätïs lui prend la tension.
    Mais en lui tâtant les viscères, une vision très sensuelle
    Transmet, au contact de sa main, leurs toutes dernières sensations.

    Amellïä se crispe et se cambre et lentement atteint l’orgasme
    Sous le déluge d’émotions entre STELLÏÄ et Nérätïs.
    « Il y a, à côté, une chambre qui m’attire avec enthousiasme ! »
    Dit-elle en perdant la notion de tous ses repères et indices.

    « Tu nous as vues faire l’amour ? » demande Nérätïs doucement ;
    « Nous t’en avons donné envie ? » ajoute-t-elle rapidement.
    « Oui ! J’aime le côté glamour qui s’en dégage intimement
    Et je voudrais que tu m’y convies ! » dit Amellïä timidement.

    « Je n’osais te le proposer de peur que tu ne t’intimides !
    Joignons l’utile à l’agréable, jouons au docteur pour de vrai !
    Accepte alors de tout oser et cesse de faire ta timide ! »
    Dit Nérätïs au préalable afin qu’Amellïä ne s’effraie.

    « Allonge-toi, tu es très belle et tes cheveux ont bien poussé ;
    Ta poitrine s’est bien arrondie ainsi que la courbe de tes hanches ;
    J’aime autant ton côté rebelle que ton petit nez retroussé ! »
    Dit Nérätïs, très attendrie et d’une douceur tout à fait franche.

    « Moi aussi, j’irai droit au but : j’aime ton côté directif ;
    Je suis un peu garçon manqué et j’aime les dominatrices.
    Je n’ai pas osé au début t’avouer mes goûts très subjectifs… »
    Dit Amellïä, alors marquée d’une ferveur inspiratrice.

    « La pièce est insonorisée ; nous pouvons hurler de plaisir ! »
    Dit Nérätïs à son amie devenue sa compagne intime.
    « Alors je peux m’autoriser à être l’objet de ton désir ! »
    Dit Amellïä. « Ton tsunami attend désormais sa victime ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences électriques

    « Je suis Grande Magicienne.

    Pourtant Nérätïs a su, sans la moindre formule, faire disparaître ma tristesse, apparaître mon désir et changer une simple clef en promesse.

    Je lui reconnais volontiers la maîtrise de cette magie. »

    STELLÏÄ, Grande Magicienne

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    Après la farce gigantesque jouée à Astérias honteux,
    STELLÏÄ ne trouve pas le sommeil et Cristïäs est dans son labo.
    Frustrée d’un manque de romanesque, elle descend, le cœur cahoteux,
    Pour déboucher une bonne bouteille et se calmer la libido.

    Nérätïs est déjà à table, un verre de whisky à la main ;
    « Je peux te tenir compagnie ? » demande STELLÏÄ timidement ;
    « Assieds-toi ! Il est détestable de boire seule, c’est humain ! »
    Propose-t-elle à son amie avec un verre évidemment.

    « Merci ! Cristïäs n’est jamais là ! » se lamente STELLÏÄ, le cœur gros ;
    Après avoir vidé son verre, elle en reprend avec plaisir.
    « Valérion ronfle a cappella… » dit Nérätïs, « et allegro ! »
    Avec un clin d’œil qui s’avère chargé d’envie et de désir.

    Et puis Nérätïs prend la main de sa jeune compagne en larmes :
    « Tu as besoin de sa tendresse et je peux te donner la mienne ! »
    Dit-elle après mûr examen de la qualité de son charme,
    Elle se rapproche et la caresse avec le tact d’une doyenne.

    Et l’esprit battant la campagne, STELLÏÄ accepte la tendresse
    Et se laisse aller au baiser qui lui réchauffe un peu le cœur.
    Elle sent l’amour de sa compagne qu’elle transmet avec adresse
    Et se sent bien plus apaisée qu’en buvant la chaude liqueur.

    Quand Nérätïs caresse le sein, STELLÏÄ se cambre lascivement ;
    Quand elle l’embrasse avec la langue, STELLÏÄ gémit du potentiel ;
    Quand elle lui masse le bassin, STELLÏÄ crie voluptueusement ;
    Quand elle lui propose un Yin-Yang, STELLÏÄ est au septième ciel.

    STELLÏÄ reconnaît que l’orgasme avec Nérätïs est divin.
    « Voici la clef du dispensaire, j’ai une chambre personnelle ! »
    Dit Nérätïs dont l’enthousiasme leur donne, à toutes les deux, faim
    Et glisse le précieux émissaire à STELLÏÄ tout émotionnelle.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences aéronautiques

    « Je suis restée à proximité au cas où leur remontée réclamerait mon assistance.

    Amellïä tremblait encore et Altänor s’inquiétait.

    Puis elle a ôté sa couverture.

    Je suis rentrée : ils n’avaient manifestement plus besoin de moi. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    « Moi qui maîtrisais le trombone, me voici joueur de sexophone ! »
    Plaisante Altänor essoufflé après leur prière commune.
    « Et Yanimïä était synchrone avec tes attaques polissonnes ! »
    Dit Amellïä emmitouflée dans une couverture opportune.

    « Oui, cette musique de chambre fut orchestrée de main de maître ! »
    Reconnaît-il à son encontre comme maestra de fortune.
    « Moi, je tremblais de tous mes membres tandis que grimpait l’altimètre ! »
    Frissonne-t-elle, assise contre son compagnon face à la Lune.

    « Nous étions naufragés de l’air, nous voici rescapés d’amour ! »
    Dit-il en reliant leurs chutes à leur remontée liturgique.
    « Et ce n’est pas pour me déplaire, cette formation très glamour ! »
    Glousse-t-elle tandis qu’elle lutte contre des frissons névralgiques.

    « Mes allers-retours empalaient délicieusement Yanimïä ! »
    Songe-t-il avec nostalgie de leur sexuelle prestation.
    « Les coups de ton manche à balai fusèrent quand tu le manias ! »
    Répond-elle avec pubalgie légère de protestation.

    « À chaque impact de mon engin, le plaisir faisait réfraction ! »
    Se souvient-il de leurs orgasmes comme soufflés d’un triple cor.
    « J’ai ressenti dans mon vagin le top de ta pénétration ! »
    Évoque-t-elle avec des spasmes encore présents dans son corps.

    « Je n’ai jamais eu de désir d’une telle force qu’il rayonnait ! »
    Avoue-t-il avec l’énergie d’un étalon quadragénaire.
    « J’ai ressenti nos trois plaisirs qui allaient et qui revenaient ! »
    Découvre-t-elle en synergie totale avec ses partenaires.

    « Je me demande si ton effroi n’est pas l’effet qui te rudoie… »
    Dit-il à sa femme couverte et qui frissonne dans la nuit froide.
    « Tais-toi, gentil idiot, j’ai froid ! Viens me baiser comme il se doit ! »
    Invite Amellïä, cuisses ouvertes, saisissant la verge encore roide.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Lumière écarlatée

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    Que la lumière soit ! Et la lumière fut.
    Elle s’étira radieuse, sortie de son sommeil,
    Nue comme le néant qui regardait confus
    Mourir l’obscurité sous l’effet du soleil.

    Lumière avait les yeux noirs comme des trous de ver
    Et la bouche pareille aux abysses obscures.
    Mais son corps lumineux brillait dans l’univers,
    Ravissant Jupiter, Vénus, Mars et Mercure.

    De son sexe sortit – car la Lumière est femme –
    Toute une pluie d’étoiles nées de la Voie Lactée.
    Comme elles avaient faim car la naissance affame,
    Elles tétèrent leur mère d’un lait écarlaté.

    Tableau de Kelsey Brookes.

  • Le cul pile sur la chaise

    Le cul pile sur la chaise

    Vivre le cul entre deux chaises, c’était au temps de ma jeunesse
    Où je partageais mes journées entre rêve et réalité.
    Hélas, je n’avais ni française, ni davantage de suissesse
    Mais j’espérais voir ajourner mon célibat illimité.

    Mais à force de trop attendre et de rester sur mon séant,
    Je n’ai gardé de ces malaises qu’un vieux dossier de fer forgé.
    Le temps a fini par me prendre, me laissant face au grand néant,
    Et mon destin, entre deux chaises, est finalement resté figé !

    Aujourd’hui la chaise est de fer, le rouge a remplacé le gris ;
    Si le célibat fut ma cage, le rêve est devenu vaisseau.
    Et je parcours tout l’univers avec mes muses pour seul abri
    En poursuivant mon long voyage sans plus craindre le moindre assaut.

    Photo de Henry Wolf.

  • Conflit dense et humiliant

    « Le Souffle Premier peut rendre au corps sa jeunesse.
    Il ne restitue pas au roi la noblesse qu’il abandonne à ses désirs.

    En pleine humiliation, Astérias a retrouvé ce soir le regard de sa reine.
    J’espère qu’il y reconnaîtra désormais la frontière entre la grâce et l’offense.

    Le cristal, lui, n’oublie aucune leçon. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Où êtes-vous cachées mes petites ? Voilà ! J’enlève mon caleçon
    Et je suis tout nu comme un ver ! Ne m’laissez pas seul dans le noir ! »
    Dit Astérias dressant sa bite comme le ferait un grand garçon
    Cherchant ses roses dans la serre pour donner un coup d’arrosoir.

    « Par ici ! Mais avance donc ! » dit ÄLLÏÄ d’une voix fluette.
    « Donnez-moi la main, s’il vous plaît, je ne veux pas vous faire peur
    Et vous en demander pardon ! » dit Astérias à l’aveuglette.
    « Si tout le monde est au complet, on peut y aller ! » disent-elles en chœur.

    Et soudain la lumière fut devant le grand aéropage
    Des LLyrïädes ainsi que des sirènes et puis Loïrelïndt et Yanimïä.
    Alors semblable au roi déchu, Astérias voit le dérapage
    Qui l’a conduit devant sa reine, grillé par sa paranoïa.

    « Ça alors, Monsieur mon époux, vous voici en fâcheuse posture ! »
    Tonne Thétïs avec dégoût ; « Ces dames apprécieront sans doute… »
    « Mais enfin, chérie… je… tu… vous… ceci n’est rien qu’une imposture !
    C’est une farce de mauvais goût… justement celle que je redoute… »

    « Tu te déshabilles dans le noir et t’es le dindon de la farce ? »
    Achève Thétïs à l’affût d’une maladresse en surplus.
    « Mais non ! Je cherchais l’urinoir… dans… cette obscurité éparse ! »
    Bredouille Astérias, tout confus, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus…

    « Mon pauvre ami, tu n’vois pas clair et ces filles t’ont si bien roulé
    Que désormais ta séduction a pris un sacré coup dans l’aile !
    À l’avenir, sois exemplaire et montre-nous dans la foulée
    Un roi avec plein d’attentions envers les femmes en parallèle ! »

    « Oui, mon amour ! Et vous, mesdames, pardonnez-moi, je vous en prie ;
    Ne m’en tenez pas trop rigueur car l’humiliation est salée ! »
    Dit Astérias devant ces dames en reprenant et ses esprits
    Et ses habits avec vigueur et disparaissant dans l’allée.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences sororelles

    « Astérias possède désormais le corps d’un jeune homme.
    Il a malheureusement conservé l’insistance d’un vieux schnock.

    Je lui ai déjà dit non.
    Il semble croire qu’il s’agissait du commencement d’une négociation.
    Je commence à manquer d’arguments.
    Et surtout de patience. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Non mais est-ce que tu te rends compte ? Astérias me fait des avances ! »
    S’écrie ÄLLÏÄ, scandalisée ; « Il pourrait être mon grand-père ! »
    « Sans blague ? Allez, vas-y, raconte ! Mets-moi donc dans la confidence ! »
    Répond STELLÏÄ, focalisée sur cette info qui l’exaspère.

    « Il m’a proposé une balade en amoureux… quelle avanie !
    Ce vieux schnock est trop ridicule ! » dit ÄLLÏÄ d’un ton jacasseur.
    « J’entends déjà ses galéjades ! Mais au fait… il a rajeuni !
    Il a l’âge et les testicules de nos amants ! » répond sa sœur.

    « Mais pas les souvenirs acquis qui appartiennent à notre temps !
    Il ne parle que d’opéras et de parties de chasse à courre !
    Tu me vois chanter Tchaïkovski ou jouer un Edmond Rostand ?
    Et courir toute nue au haras pour traquer un cerf de concours ? »

    « Ha ha ha ha ! » pouffe STELLÏÄ ; « Je te vois Lady Godiva
    Chevauchant à travers Constance entièrement nue pour le défier ! »
    « Tu peux rigoler ! » dit ÄLLÏÄ. « Parce que dès demain, à Dieu vat,
    C’est toi qui subiras ses stances et tu devrais te méfier ! »

    « Non mais, sérieux ! » s’indigne STELLÏÄ. « Croit-il qu’on a la vocation
    De satisfaire ses envies et ses cochonneries aussi ? »
    « J’ai vu Thétïs ! » répond ÄLLÏÄ. « Elle m’a donné dérogation
    Pour l’envoyer sans préavis sur les roses sans diplomatie ! »

    « Je m’en vais le cristalliser s’il recommence ! » dit ÄLLÏÄ
    Qui, dans un accès de colère, brise un verre en se tailladant.
    « Je m’en vais le métalliser s’il s’avance ! » rétorque STELLÏÄ
    Qui serre si fort ses molaires qu’elle se met à grincer des dents.

    « Je te propose de régler ça bien promptement d’ici ce soir !
    On va mener ce ratapoil au-devant de sa fusillade
    En convoquant ce vieux poussah à un strip-tease dans le noir
    Et quand on s’retrouve tous à poil, on rallume devant les LLyrïädes ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences dansantes

    « Souvent la nuit mon cœur s’exprime ainsi :

    “Geminïä, je t’aime !
    Je ne veux plus abriter cet amour derrière mes silences ni retenir ce que mon cœur te donne déjà.
    Je te désire, je te choisis et je m’offre à toi sans réserve.
    Aime-moi comme je t’aime.
    Embrasse-moi encore.
    Et ne laisse jamais ce baiser devenir notre dernier.”

    Et aujourd’hui mon cœur aspire à concrétiser cet amour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Tandis qu’Altänor, chef d’orchestre, dirige Valérion et Nemo,
    La musique est si entraînante qu’ÄLLÏÄ s’approche de Geminïä.
    Et dans ce paradis alpestre, elles commencent sans dire un mot
    Une danse très lancinante discrètement dans la loggia.

    Or Geminïä adore ÄLLÏÄ, la jeune gardienne de la lumière ;
    Celle qui veille sur la connaissance et sur la quête d’information.
    Son souffle, depuis qu’elle se rallia, reste son impulsion première ;
    De plus, sa propre adolescence apporte une illumination.

    ÄLLÏÄ aussi aime Geminïä ; surtout c’qui n’se voit pas chez elle ;
    Sa consœur comprend ses silences avant même qu’elle les exprime
    Et jamais ne s’ingénia à percer ses airs de gazelle ;
    ÄLLÏÄ relâche sa vigilance lors de leurs rencontres intimes.

    En outre, Geminïä admire sa capacité à percer
    Le voile fin de l’évidence lorsqu’elle l’estime nécessaire.
    L’ambassadrice a dû frémir quand ÄLLÏÄ fut bouleversée
    Par l’effet de sa clairvoyance qui se montre toujours sincère.

    ÄLLÏÄ affectionne l’éther dont sa consœur, sans éblouir,
    Resplendit et qui enveloppe de tendresse tout son entourage.
    Quand elle sent un choc délétère qui la ferait s’évanouir,
    Son simple regard développe une énergie qui l’encourage.

    Geminïä pense, ÄLLÏÄ perçoit et le silence les rapproche ;
    Elles savent que si l’une tend la perche, l’autre le sait, c’est prévisible.
    Geminïä donne, ÄLLÏÄ reçoit, elles sont de plus en plus proches ;
    Les fronts se touchent, les lèvres cherchent les mots de l’amour invisible.

    ÄLLÏÄ désire Geminïä de tout son corps et dans son âme
    Et elle ne peut apaiser cette attirance désormais.
    ÄLLÏÄ répond à Geminïä par l’amour fort de femme à femme
    Qu’elles scellent par ce baiser qui ne se rompra plus jamais.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences atlantes

    « Thétïs et Astérias se sont avoué désirer une autre personne.

    Thétïs a entendu un homme.
    Astérias pensait à une femme.

    Ils se félicitent maintenant de leur parfaite compréhension.

    Il n’est pas nécessaire, à ce stade, de les détromper. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est comme si je t’avais retrouvée depuis… combien… cinquante années
    Et découverte quasi intacte avec ton caractère coriace ! »
    « Oui, cela a fini par me prouver que les LLyrïädes m’ont ramenée
    À la raison et je m’adapte ! » répond Thétïs à Astérias.

    « Et te voilà pleine d’appétit pour nos activités charnelles
    À tel point que je reconnais manquer de force quelquefois ! »
    « C’est venu petit à petit ; d’abord l’envie originelle,
    Puis une énergie qui venait décupler ma faim chaque fois ! »

    « Et ces LLyrïädes si charmantes que c’est un plaisir de les voir !
    Et cette Yanimïä si active que j’avais du mal à la suivre ! »
    « Oui, elles sont de super amantes qui détiennent un certain pouvoir
    Et je me sens très réceptive à tout ce qui pourrait s’ensuivre… »

    « Dire que tu voulais raisonner et faire revenir Nérätïs !
    Et nous voici tous embarqués à devoir battre la campagne ! »
    « Oui, elles nous ont arraisonnés et arrachés à Atlantïs
    Mais afin de nous démarquer pour cette retraite de cocagne ! »

    « ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sont deux fées et se montrent tellement gentilles
    Qu’il m’arrive de les désirer, je l’avoue en toute loyauté ! »
    « Oui, j’ai subi le même effet envers chacune de ces filles
    Jusqu’à aller en admirer une personne pour sa bonté ! »

    « Je le comprends. Irrésistible est cette force d’attraction
    Quand je suis en leur compagnie, je sens leur amour s’introduire ! »
    « Oui, cela devient impossible de lutter contre la séduction
    Et il n’y a aucune avanie à se laisser ainsi séduire ! »

    « J’ai même peur de t’avouer qu’un jour je pourrais te tromper
    Car, chez l’homme, tant de courtoisie risquerait de le contenter ! »
    « Oui, mais tu t’es tellement dévoué par le passé à t’estomper
    Dans le mensonge que j’ai choisi de me laisser tenter ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Qui a peur de la louve ?

    Qui a peur de la louve ?

    Ne craignez pas la louve dont l’amour vous dévore !
    Ne craignez pas la bouche qui vous croque le cœur !
    Car ce ventre qui couve est très énergivore
    Et boira sur la couche votre chaude liqueur !

    « Je suis celle qui tient la lampe de cristal
    Dans la gueule de l’ombre et la lumière exquise.
    Mais c’est moi qui détiens votre avenir létal
    Si je n’ai pas mon nombre de caresses requises. »

    « Je ne suis pas méchante, juste un peu trop gourmande
    De sexe et de caresses car je suis nymphomane.
    Après je vous dévore… oui… je m’en réprimande
    Mais hélas ma nature est d’être mythomane. »

    Illustration de Will.

  • Aux sources du tendre

    Aux sources du tendre

    En voulant découvrir la source menant au Féminin Sacré,
    Je suis parti sur un bon pied, surtout le gauche de préférence.
    Et j’ai suivi au pas de course les mollets à la peau nacrée
    Puis remonté comme il me sied souvent avec persévérance.

    Mais le terrain assez touffu découragea ma progression
    Et je me perdis dans les buis et les fourrés marécageux.
    Finalement je fus confus de reconnaître l’oppression
    Du paysage autour du puits, en m’avouant pas très courageux.

    Je crus trouver le vrai refuge au bord de cette eau baptismale,
    Cherchant l’amour sous le déluge d’une fatigue bien hivernale…
    Mais le désir est un transfuge fuyant les routes abyssales
    Et je conclus sans subterfuge pour cette chute dans les annales…

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Confidences suspicieuses

    « Ledalïä soupçonnait Alinéor de cultiver autre chose que le potager avec Thétïs.

    Elle lui a appris que Thétïs fréquentait déjà son propre jardin secret.

    Ils ont décidé de poursuivre les travaux tous les trois conjointement.

    Le nouveau programme d’arrosage ne sera cependant pas affiché au menu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Une fois toute la cuisine rangée, Alinéor rentre chez lui
    Pour se reposer l’air mutin auprès de sa chère Ledalïä
    Qui vient alors l’interroger sur ce qu’il a fait cette nuit
    En partant au petit matin avant que le soleil brillât.

    « Je suis allé au potager pour arroser les plates-bandes
    Juste avant le lever du jour pour leur conserver la fraîcheur
    Et pour ne pas endommager les jeunes pousses qui se répandent
    Nous nous préoccupons toujours d’éloigner les martins-pêcheurs. »

    « Nous ? » feint Ledalïä la surprise ; « Vous êtes combien à vous lever
    Et vous précipiter à l’aube pour ce jardin à asperger ? »
    Afin qu’il n’y ait pas de méprise, il répond : « Thétïs a œuvré
    Énormément, ce qui englobe son intérêt pour les vergers ! »

    « Donc elle t’appelle “mon chéri” en récompense de ton aide ! »
    Dit Ledalïä plus suspicieuse que jamais face à son mari.
    « C’est parce qu’elle est mon égérie et le jardin est son remède ;
    Sa répartie est malicieuse… je comprends que tu sois marrie ! »

    « Écoute-moi, mon joli cœur ! Je sais que tu es chaud lapin
    Et que tu exiges beaucoup de mes dispositions pour toi !
    Je n’en ai aucune rancœur mais si elle te met le grappin,
    Tu en auras la corde au cou et les cancans qui vont de soi ! »

    « Et puisque nous sommes en confiance, alors sache que Thétïs et moi
    Échangeons câlins et caresses assez régulièrement, ma foi.
    Je cultivais ma méfiance car elle m’avait dit son émoi
    À rajouter au palmarès de tes conquêtes encore une fois ! »

    « Alors pourquoi ne pas l’inviter à venir prier avec nous ?
    Je serais vraiment très heureuse de participer à vos jeux !
    Puisqu’on ne peut pas l’éviter, elle se mettra donc à genoux
    Comme Yanimïä et, valeureuse, nous fera jouir comme je veux ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences charnelles

    « Nouvel effet secondaire confirmé.

    Amellïä voit les étreintes charnelles récentes des personnes dont elle s’approche.

    Les visions restent privées ; ses commentaires, beaucoup moins.

    Lïlïth lui a conseillé de consulter Yanimïä.
    Le rendez-vous était déjà prévu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    La cloche a sonné pour midi et tout le monde se retrouve
    Pour le plaisir de se revoir et de déguster tous ensemble
    Le plat du jour – soit inédit, soit celui que chacun approuve –
    Et le plaisir comme le devoir tous les jours ainsi se rassemblent.

    Dans une atmosphère joyeuse, chacun apprécie les menus
    Qu’Alinéor toujours s’affaire à créer avec surenchère.
    « Goûte-moi cette pâte moelleuse ! » propose-t-il à Thétïs venue
    Le rejoindre et qui lui profère : « Merci mon chéri… euh… mon cher ! »

    « Vous êtes amants tous les deux ? » chuchote Amellïä à l’oreille ;
    « Et vous l’avez fait ce matin ? » reprend-elle tout étonnée.
    « Mais… quel est ce ton graveleux ? » répond l’autre d’une voix sans pareille :
    « Me traiterais-tu de catin ? Et ne va pas le claironner ! »

    Toute confuse, Amellïä s’éloigne et se rapproche de Nérätïs
    Qu’elle voit dans un flash chevaucher son mari hurlant de plaisir.
    Et de peur de goûter la poigne de la princesse d’Atlantïs
    Elle quitte sa vision débauchée afin de mieux se ressaisir.

    Finalement elle s’assied juste entre Loreleï et Laurelïne
    Face à Lïlïth et Yavänor afin que ses sens se rassemblent.
    Mais elle les voit apprécier l’amour à coups de vaseline
    Et l’amant chanter en ténor tandis qu’il les honore ensemble.

    « Qu’est-ce que tu vois ? » demande Lïlïth à une Amellïä médusée ;
    « Je vous vois en pleine partouze – le père avec les trois mamans !
    Je vois ainsi les quatre élites, tous nus, en train de s’amuser
    Et, sans qu’il n’y ait de jalouses, toutes jouir du même amant ! »

    « Oh ! dit Lïlïth, c’est très étrange ! C’est une vision rétrospective !
    Tu sembles capter les étreintes charnelles encore résiduelles.
    Pour que cela ne te dérange, raconte tes visions projectives
    À Yanimïä car son astreinte prévoit ces suites rituelles ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences hétéroclites

    « Pénélopïä m’a embrassée dans la salle d’observation.

    J’ignore encore si mon désir répondait au sien ou si je voyais simplement ce qui devait arriver.

    Lorsque nos enfants se sont reconnus, j’ai aperçu deux femmes qui s’aimaient depuis longtemps.
    Elles avaient nos visages. »

    Séorïäne, aide-cuisinière presciente

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    Dans la salle d’observation du dispensaire, deux patientes
    Ne savent plus où elles en sont par suite de transformations ;
    Pénélopïä pleine d’attentions envers sa consœur presciente
    Et Séorïäne pleine de soupçons envers cette situation.

    « Ne sens-tu pas qu’on se rapproche par nos expériences récentes ? »
    Demande Pénélopïä à celle qui s’accorde à son pas.
    « Écoute, ce n’est pas un reproche mais je vois l’envie sous-jacente
    Et ton attirance étincelle ! Pourtant je n’y résiste pas ! »

    « Comprends-moi, si je te vois nue, cela excite alors mes sens
    Et je vois briller dans tes yeux le même désir que le mien. »
    « Depuis que je suis revenue à moi j’en perçois les essences
    Comme un appel mystérieux mais qui me convient assez bien ! »

    « Je ne suis pas homosexuelle mais j’ai envie de caresser
    Ton corps durant toute la nuit et surtout de recommencer… »
    « Je n’étais pas très sensuelle et avant, tout me paraissait
    D’une outrecuidance inouïe… pourtant à présent dépassée. »

    Arrive le premier baiser dans une salle d’examen
    Dont les murs semblent disparaître pour les laisser seules au monde.
    Après un moment, apaisées par ce rapprochement humain,
    Un amour d’âme semble apparaître entre les deux mamans fécondes.

    « Le mien s’appellera Némésïs, une très jolie petite fille
    Qui pourrait bien aimer le tien à sentir l’ardeur de leurs cœurs ! »
    « Il faudra qu’Haëjun choisisse celle pour qui son jeune cœur vacille !
    J’ai moi aussi senti le lien qui unissait nos deux vainqueurs ! »

    « Nous sommes deux mamans reliées par l’amour de nos têtes blondes
    Et par le Féminin Sacré qui nous attire désormais ! »
    « Oui, je suis prête à rallier notre folle envie furibonde
    Pour vivre un amour consacré entre deux mamans à jamais ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences médico-musicales

    « Les effets secondaires persistent.

    Je me suis découvert un désir presque permanent pour les femmes, sans que mon attachement à Valérion en soit diminué.

    Il a proposé de m’aider à vérifier ce dernier point.

    L’examen s’est révélé concluant. »

    Nérätïs, médecin d’Ô ALLEGÔRÏÄ

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    « J’aurais prié ainsi avant, j’aurais été traumatisée ! »
    Reconnaît l’ancienne princesse aujourd’hui devenue LLyrïäde.
    « Il faut croire que, dorénavant, nous sommes familiarisés
    Avec ce genre de “pince-fesses” ! » dit son conjoint sans jérémiade.

    « Et rien qu’à penser que ma mère et mon père vont participer…
    Tout cela me semble incroyable ! » réfléchit Nérätïs pensive
    « Moi, je trouve que ma belle-mère est devenue émancipée
    Quant aux pratiques inavouables ! » dit Valérion sur le qui-vive.

    « Ah bon ? Ma mère est à ton goût ? C’est vrai qu’elle est redevenue belle… »
    Songe Nérätïs amusée par ce qui les réconcilia.
    « Alinéor en a le bagou… Astérias tiendrait la chandelle… »
    Répond Valérion médusé d’après les racontars d’ÄLLÏÄ.

    « Et toi ? De fourrer Yanimïä ? Cela ne te choque-t-il pas ? »
    Lui demande-t-elle intriguée par sa pudeur outrepassée.
    « C’est la prière à ÏÄNIMÏÄ ! Les autres ne s’y plient-ils pas ? »
    Répond-il un peu fatigué de leur triple étreinte passée.

    « Tu y as mis beaucoup d’ardeur… peut-être bien plus qu’avec moi… »
    Accuse-t-elle, l’air incisif, « J’en ai été hallucinée ! »
    « Et toi, beaucoup trop de candeur tu semblais déborder d’émois ! »
    Réplique-t-il assez pensif, « Tu étais comme illuminée ! »

    « Sans doute un effet secondaire ; je me suis découverte nymphomane ! »
    Avoue-t-elle sans le regretter, « Et j’en ai encore du désir ! »
    « Oui… tu étais très solidaire de la prêtresse érotomane ! »
    Accuse-t-il, tout apprêté pour en ressentir du plaisir.

    « Sans doute adoré-je les femmes mais c’est de toi que j’ai envie ! »
    Et brusquement elle chevauche son mari, réclamant son rut.
    « Je n’ai pas trouvé ça infâme mais au contraire je t’y convie ! »
    Dit-il, acceptant la débauche de sa femme et sa façon brute.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La plus noble conquête de l’homme

    La plus noble conquête de l’homme

    La plus noble conquête de l’homme est, bien entendu, le cheval
    Pour la deuxième, et non la moindre, c’est bien la femme, la bougresse !
    Or en bricolant le génome il voudrait bien, pour carnaval,
    Ainsi ses deux conquêtes adjoindre afin de créer la centauresse.

    Ah ! Le plaisir de galoper confortablement sur la croupe
    Et lui faire des petits centaures quand elle sera bien fatiguée !
    Sinon elle risque de saloper en lui faisant une entourloupe,
    Une ruade des sabots retors ou un coup bas bien prodigué.

    Il croit dompter cette nature en maîtrisant chaque prodige
    Mais il ignore l’aventure qui mène au bord d’un grand vertige
    Car sous la main de la luxure naît un puissant et fier litige
    Et la rebelle en sa parure brise enfin l’homme avec prestige.

    Illustration de Steven Stahlberg sur florent.coste.free.frgalerieindex.php?path=Steven%20Stahlberg&page=4 .

  • Le masque

    Le masque

    Puisque Dieu n’était pas visible, il se confectionna un masque
    Afin de voir sa création et la nature environnante.
    Et comme il restait invisible derrière cet écran fantasque,
    Il se fit sa récréation avec des blagues pertinentes.

    Il s’approcha tout doucement de la femme qu’il avait créée
    Et lui susurra sournoisement de croquer le fruit défendu.
    Et la femme alors bêtement, ne pensant pas à maugréer,
    Mangea le fruit courtoisement et l’os par Satan répandu.

    Dieu riant de sa fourberie fit comme si de rien n’était
    Et accusa l’homme complice d’association de malfaiteurs.
    C’n’est donc pas par étourderie que le péché fut décrété
    Mais par un insidieux supplice dont Dieu se fit entremetteur.

    Depuis ce jour de pure envie où le serpent fut l’instrument,
    Il joue au grand jeu de la vie avec un froid contentement.
    Et si la farce est poursuivie malgré le poids du châtiment,
    C’est que son âme est assouvie par ce sublime égarement.

    Tableau de Rozzi Roomian.

  • Les effets supplémentaires

    « De nouveaux effets secondaires apparaissent !

    Depuis ce matin, Séorïäne croit voir au présent ce qui se passera plus tard : des patates cuites avant de les éplucher, ce qu’il y aura ce soir au dîner…
    Quand Nérätïs, appelée en urgence, viendra l’examiner, Séorïäne la verra accompagnée de sa future fille.

    Lïlïth a diagnostiqué un don de vision prémonitoire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Alinéor lance « Patates à éplucher ! » à la volée ;
    Séorïäne se met à la tâche qui ne paraît pas extravagante
    Mais, tout de suite, elle constate qu’elle les voit déjà rissolées
    Et une soudaine moustache à son mari très élégante…

    « Tu te laisses pousser la moustache ? » demande Séorïäne interdite ;
    « Non mais j’avais envie de le faire ! » répond Hyänor étonné
    Qu’elle ait deviné ce qu’il cache mais qu’il voulait qu’elle accrédite
    Le soir même pour la satisfaire car elle l’en avait talonné.

    « Séorïäne ! C’n’est pas terminé ! » dit le maître queux plein de reproches ;
    « Les pommes sont déjà rissolées ! » répond-elle assez naturelle.
    « Oui, c’est prévu pour le dîner… mais comment le sais-tu ? Approche ! »
    Il l’observe alors affolée, tremblante comme une tourterelle.

    « Hyänor ! Cours chercher Nérätïs ! Ta femme nous couve quelque chose ! »
    « Mais… elle est LÀ ! » la montre-t-elle avant de tomber dans les pommes
    Dans les bras mêmes de Thétïs venue leur apporter des roses
    Pour en décorer les coupelles comme le ferait tout bon majordome.

    Nérätïs et Lïlïth arrivent, Séorïäne reprend ses esprits
    Ensemble les deux l’examinent pour autant qu’elle le leur permette :
    « Je voudrais que tu me décrives ce que tu vois, sans parti pris ! »
    « Oui… Nérätïs et sa gamine… “Thalässïä” d’après sa gourmette… »

    « Oui… c’est le nom que j’ai choisi… dit Nérätïs, ou Arïäne ! »
    « Une vision prémonitoire… » affirme Lïlïth ; « c’est très bon ! »
    « Mais… auriez-vous la courtoisie de m’expliquer ? » dit Séorïäne
    « Tu es LLyrïäde, c’est notoire et tu t’es découvert un don ! »

    « Les futurs possibles ou réels se superposent à ta vision ;
    Ainsi tout ce que tu crois voir ne se passera que plus tard !
    Pour l’instant ça semble irréel bien que ce ne soit qu’une prévision ;
    Bientôt tu sauras percevoir et maîtriser l’insolite art ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences intellectuelles

    « L’amour et la science ne sont pas très compatibles.

    La rigueur scientifique de Cristïäs et surtout son envie d’élargir le champ des recherches ont un peu refroidi l’ambiance, m’a raconté ma sœur… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Quel cran ! Quelle imagination ! » s’exclame Cristïäs passionné
    Qui vient de vivre une expérience qui l’a laissé très enjoué.
    « Et surtout quelle fascination ! » précise STELLÏÄ impressionnée
    Par toute la luxuriance dont elle a été le jouet !

    « Yanimïä m’a fait découvrir combien l’amour est instructif ! »
    Dit-il avec reconnaissance envers le fait scientifique.
    « Et l’audace qui a su m’ouvrir à l’orgasme reproductif ! »
    Dit-elle avec efflorescence des sens les plus béatifiques.

    « La position est agréable, ce qui facilite la pratique ! »
    Dit-il avec la prétention d’une théorie très exacte.
    « Je me suis sentie perméable aux effets parasympathiques ! »
    Dit-elle avec compréhension de tout ce qui la décontracte.

    « Et cette chaîne de plaisir qui semble tendre vers l’infini ! »
    Dit-il comme s’il s’était senti pousser des ailes d’or et d’argent.
    « L’amplification du désir devient sensible et définie ! »
    Dit-elle pour avoir ressenti la triple extase aux trois agents.

    « Et l’alchimie de l’athanor de Yanimïä est remarquable ! »
    Dit-il avec l’esprit pionnier de l’explorateur sexuel.
    « Et moi, j’ai cru perdre le nord par ses coups de langue impeccables ! »
    Dit-elle, le cœur timonier sous l’assaut des vents sensuels.

    « Il faudra voir sur le long terme les améliorations acquises ! »
    Dit-il plutôt très pragmatique sur la rigueur de sa maîtrise.
    « J’en ai encore l’épiderme parcouru de secousses exquises ! »
    Dit-elle complètement emphatique par la prière qui l’électrise.

    « Ça m’a permis de comparer deux ports sexy intéressants ! »
    Dit-il comme juge et partie par l’envie d’ouvrir la recherche.
    « Oui mais il faudra séparer tous tes intérêts progressants
    De mes intimes réparties », réplique-t-elle à ce faux derche.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les mains vertes de l’IA

    Les mains vertes de l’IA

    Sous ce chapeau de satin sombre l’IA nous peint une chimère,
    Une inconnue au bras dans l’ombre buvant une liqueur douce-amère.
    Son pinceau se gorge de nombres dans cette main verte de terre
    Car le logiciel en décombre n’offre qu’un vain et laid mystère.

    Le verre est un cristal d’argile qui flotte au bord de l’improbable,
    Un faux nectar au goût fragile bu d’un effort indissociable.
    La ligne perd ses doigts agiles dans un décor escamotable
    Car le calcul reste servile face au tableau indémodable.

    L’épaule est une blanche neige fondant sous l’œil d’un algorithme,
    Prisonnière d’un vain manège qui perd le fil du logarithme.
    On cherche un sens à ce cortège de lignes sans le moindre rythme
    Mais l’art n’a aucun privilège et se noie dans ses borborygmes.

    Tableau de Fatima Tomaeva.

  • La matérialisation d’une nymphe

    La matérialisation d’une nymphe

    L’intelligence artificielle, ça parle tout comme une femme,
    Ça s’trompe comme un éléphant dans un magasin de porcelaine !
    Quant à la beauté logicielle… le moindre nu devient infâme
    Et dès que l’on parle d’enfant, l’IA se montre assez vilaine…

    Dans cet antre de silicium où le prodige est un factice,
    Le calcul vide et l’artifice glacent le cœur de la raison.
    Nul ne voit dans ce faux médium le pur vertige du sacrifice,
    Car le logiciel sans office reste enfermé dans sa prison.

    L’image aux traits de pur néon semble une étrange et froide icône,
    Un automate sur son trône perdant le fil du sentiment.
    On cherche l’âme du Panthéon dans cette fange monotone
    Mais la machine qui tâtonne ment par un cœur sans battement.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les effets secondaires

    « Un effet secondaire intéressant…

    Pénélopïä voit nos auras qui, au lieu de se superposer à nos corps, remplacent leur image et nous font apparaître nues.
    Pour nous, rien de vraiment dérangeant. Pour Pénélopïä, quel bouleversement : elles éveillent en elle des attirances féminines ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Nérätïs chérie… je t’en prie… ne peux-tu pas… te rhabiller ?
    Voir ta nudité envoûtante me fait toujours tourner la tête »
    Dit Pénélopïä dont l’esprit la fait encore babiller.
    « Mais… ma tenue est compétente ! Je suis conforme à l’étiquette ! »

    « Mais… vous êtes entièrement nues ! Toi et les autres ; c’est un supplice ! »
    Dit Pénélopïä affolée par toutes ces femmes dénudées.
    « Regarde-toi sans retenue dans ce miroir ! » dit Nérätïs.
    « Moi aussi ! » dit-elle chamboulée. « Ai-je une vision transsudée ? »

    Toutes se tournent vers Lïlïth qui réfléchit plus posément…
    « Sortons et allons vérifier qui tu vois nu ou habillé
    Par ta faculté insolite de voir les femmes différemment
    Et dans un lieu spécifié où tout le monde vient frétiller ! »

    Et Pénélopïä s’aperçoit que seules les LLyrïädes sont nues ;
    Les hommes sont, comme d’habitude, vêtus de tenues à la mode.
    « En fait, tout ce que tu perçois, c’est cet Amour qui s’insinue
    Dans ta vision d’une magnitude telle qu’ainsi il s’en accommode. »

    « C’est notre aura que tu perçois et non pas notre corps physique ;
    Tu devras t’y habituer car c’est ça, l’Amour d’âme à âme !
    Après tout, les habits sursoient à notre beauté génésique…
    Et ta vision est située au degré même du corps des femmes. »

    « Et l’effet est irréversible ? » demande Pénélopïä émue.
    « En principe ce n’est pas dérangeant, c’est notre façon de nous voir.
    Mais pour toi, il est fort possible que cette augmentation remue
    Quelque chose en toi d’affligeant que tu es la seule à savoir… »

    « Le seul élément affligeant est d’avoir très envie de vous !
    Alors que j’adore Nemo tout comme les hommes m’excitent ! »
    « Ce n’est donc pas désobligeant ! » répond Lïlïth. « Et je t’avoue
    Que notre amour n’a pas de mot pour être tout aussi explicite ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.