Les eaux du beau Danube bleu ont frémi jusqu’à la mer Noire Quand Loreleï portant l’escarboucle a traversé villes et villages. Remous de vase, remous sableux, on n’avait jamais de mémoire Vu les vagues faire autant de boucles et de troubles dans le sillage.
Puis, par le détroit du Bosphore et par la méditerranée, Elle a regagné l’Atlantique, le Cap Horn et le Pacifique Pour retrouver les sémaphores du dernier phare suranné Où le vieux gardien nostalgique attend sa fin honorifique.
Et Loreleï lui fera l’amour jusqu’à jouir d’une épectase Pour partir d’une mort sereine parmi les vagues scélérates. Loreleï appréciera l’humour de l’homme qui, en pleine extase, A su amuser sa sirène par ses histoires de pirates.
Au matin l’orange me ronge : est-ce la couleur des jumelles Qui chasse tous mes bleus de l’âme par leur complémentarité ? La vie en rose se prolonge lorsqu’elles dardent leurs mamelles En souriant, la bouche en flamme, ensemble par solidarité.
Malgré nos rapports très intimes, je reste à ce jour incapable De distinguer de l’extérieur quelle est celle qui me fait renaître ! L’une est mon épouse légitime, l’autre sa sœur, tellement semblable Qu’il n’y a que de l’intérieur que je sais mieux les reconnaître.
« Les premiers essais de Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée ont confirmé qu’une assistance discrète à la médecine pouvait également ouvrir des perspectives inattendues dans plusieurs domaines du quotidien. Les participants se sont montrés étonnamment entreprenants.
L’assemblée a conclu que les applications humanitaires de la T.T.A. devaient demeurer prioritaires. Les applications miraculeuses et gastronomiques proposées n’ont rencontré aucune opposition. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Le soir, à table, Lïlïth s’exclame : « Nous sommes passés à côté Du grand miracle technologique quand vous m’avez sauvé la vie ! Je ne ferai pas de réclame mais vous nous avez concocté Une médecine magique qui mérite d’être poursuivie ! »
Cristïäs s’en mêle : « Mais attention ! Il faut un outil transportable Que contiendrait une valise et permettrait d’intervenir À peu de frais dans l’intention de proposer l’inespérable : Une guérison qui avalise sa réussite à l’avenir ! »
« Et je propose d’étudier les nombreux cas sur internet ! Toutes maladies orphelines et les affections incurables Pour ne pas être radiés par les médecins de la planète Puisqu’alors eux-mêmes déclinent une thérapeutique comparable ! »
« L’idée me plaît ! » acquiesce Lïlïth et je veux être la première À savoir l’expérimenter car j’ai de l’autocomplétion En herboristerie d’élite pour jeter assez de lumière Pas vraiment pour bonimenter mais pour meilleure discrétion ! »
« Et moi aussi je veux en être ! » Dit Yanimïä toute guillerette Je pourrai faire des miracles qui réussissent à tous les coups ! Guérir les jeunes et les ancêtres avec petite facturette ; Rendre la vue grâce à l’oracle aux aveugles mais avec surcoût ! »
« Avec mes boîtes de conserve… » dit Alinéor qui s’empresse : « Je proposerai des repas pour femmes “ garantis minceur”. Il vous suffirait, sous réserve, d’éliminer l’excès de graisse Et pour cela je ne vois pas ce que pourraient dire les censeurs ! »
« Je crois qu’on a tous fait le tour et que nous tenons quelque chose ! » Conclut Yavänor qui perçoit tout son enjeu économique. « Et humanitaire, mon amour ! » Dit Laurelïne versant à la cause Tout son aval, ce qui sursoit à toute critique gnomique.
« Après examen des aspects scientifiques, économiques et diplomatiques de la téléportation, l’assemblée a décidé de ne créer ni commerce, ni concurrence, ni clientèle. Le dossier a été archivé à l’unanimité. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
L’idée de rentabilité avec la Téléportation Fut proposée par Alinéor on ne se souvient pas pourquoi… Sans doute la comptabilité des légumes à l’importation Ou un projet que Yavänor n’a pas dû trouver adéquat…
Ensuite Lïlïth intervient : « C’n’est pas la rentabilité Qui est importante – bien que faste – mais plutôt l’exclusivité ! » Ce en quoi Yavänor convient : « Coupons la probabilité D’une concurrence néfaste par un brevet illimité ! »
« Le gros problème avec la Terre concerne leur technologie Qui consiste à viser la Lune, rêver de Mars et faire la guerre ! » Dit Cristïäs, assez terre-à-terre mais empreint de psychologie. « Thestïäs est plutôt opportune tandis qu’Atlantïs ne l’est guère… »
« Mouais… Et les seuls clients potentiels seraient ces deux fous d’Irénée Qui sont justement ceux qui doivent tout ignorer de notre science ! N’empêche qu’il est essentiel qu’un brevet vienne rasséréner Ses inventeurs qui ne conçoivent que l’apaisement de leurs consciences ! »
Lïlïth : « Nos idées adventices pour être rentables seront cachées… À la Terre avec aversion envers leur côté belliqueux ; À Atlantïs pour leur Mantisse à laquelle ils sont attachés ; À Thestïäs pour la perversion de deux contrebandiers véreux. »
« Alors la Guilde a pour mission de ne jamais devenir active ; La duplication également pour antimatière nuisible. Ainsi la Téléportation, bien qu’au départ très attractive, Reste définitivement notre application exclusive ! »
ÄLLÏÄ, en bonne secrétaire, déclare terminée l’assemblée. L’ordre du jour est arrivé à faire l’unanimité. Les LLyrïädes restent propriétaires de ce qui parait ressembler À un concept à archiver dans la grande anonymité.
« La discussion consacrée aux limites de la téléportation a mis en évidence qu’une duplication de matière pourrait engendrer son anti-équivalent. Cristïäs a rappelé que son procédé ne déplace que l’existant.
Mais les débats sur la duplication de matière ont confirmé que certaines expériences ne doivent pas être tentées sans réflexion préalable. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je me demande… » dit Yavänor… « Si avec ta Télémémoire… » « Que veux-tu dire ? » demande Cristïäs tandis qu’au hasard Yavänor Ouvre un livre sur « Aliénor » qu’il ne connaît pas de mémoire Mais qu’il décide assez cocasse pour faire un défi à la mort.
« Si, en recherchant Aliénor – si possibilité il y a – Tu essaies de téléporter son corps, son âme, son essence ? » « Ce serait drôle ! » dit Alinéor. « Et surprenant ! » ajoute ÄLLÏÄ « C’est peut-être à notre portée… » pense Cristïäs avec aisance.
« Si tu peux la téléporter alors elle cesse d’exister À son époque et disparaît de toutes les encyclopédies ! » Tranche Ledalïä transportée par la seule nécessité D’une logique qui apparaît source de tabous et de non-dit.
« La téléportation n’est pas comme une photocopieuse ! » Dit Cristïäs, pensif néanmoins, et continuant plus encore : « On déplace mais on ne crée pas de quelque façon insidieuse… Sauf sauver quelqu’un sur le point de mourir sans laisser de corps… »
« Ce n’est qu’un simple déplacement ! Quant à dupliquer la matière… Ce n’est pas dans mes compétences, il faut vous adresser à Dieu ! » Conclut Cristïäs hâtivement afin de dresser une frontière Aux impossibles concomitances de problèmes autant fastidieux.
« Mais bien sûr que tout est possible ! » dit une voix fixant ÄLLÏÄ « Et ta faute est génératrice : en créant de l’antimatière Tu as su créer l’impossible et… deux oiseaux ! » s’écrie STELLÏÄ. « Mais cette erreur révélatrice reste une erreur à part entière ! »
« Mais nous ne pouvons l’écarter ! » dit Yavänor, objectivant : « La boîte de Pandore ouverte, nous ne pouvons rien séparer ! Comme tu l’as dit en aparté, d’autres que toi en poursuivant, Peuvent en faire la découverte ; mieux vaut donc nous y préparer ! »
Je m’enfuis dans le premier rêve qui entre en gare de minuit Et je cherche un compartiment avec quelques pages gratuites. J’y écris très vite et sans trêve le premier roman de la nuit Et je le jette pertinemment pour, demain soir, lire la suite.
Le lendemain je recommence mais je plonge nue dans cette encre Qui sent une écriture intime mêlée de désirs et de morts. Et là, bercée par la romance, au beau milieu je jette l’ancre De ce bateau illégitime que je vole sans moindre remords.
La prochaine fois, foi d’Éôlïäne, j’affrèterai ma propre nef Pour aller au-delà des mers et au-delà des horizons. Si j’ai besoin d’un fil d’ariane, j’affrèterai un astronef Pour franchir l’univers amer et en exploser sa prison !
Enfin voilà ! Il était temps ; Dieu commençait à s’énerver ! Trop de ratages précédents lui faisait douter de ses héros. Avec ça, c’est plus excitant de voir les deux chairs s’innerver Et faire, à leurs corps défendants, la chute au prochain numéro !
Sa femme applaudit le chef-d’œuvre ; ça claque comme un coup de tonnerre ; Les anges saluent les nichons décoratifs de l’art nouveau Mais Dieu regarde sa manœuvre et murmure en serrant les nerfs : « Pourvu que ces deux cornichons ne s’enflent pas trop du cerveau ! »
Mais les jambons déséquilibrent les deux boules avec une saucisse Et les sextoys au sex-appeal sont bien trop proches de la sortie ! Ça va chier pour l’équilibre et pour qu’enfin ça réussisse, Je vais écrire toute une pile de commandements assortis !
Je viens des bords mouvants où les roseaux conversent ; Et la Töss reconnaît mes pieds frôlant ses rives. Je porte des reflets dans mes cheveux à verse Et mes silences verts font les étoiles vives.
Je ne possède rien fors mes rêves mouvants ; Je laisse aux anciens dieux leurs temples d’équilibre. Je préfère écouter ce que souffle le vent Et voir les feuilles mortes tomber comme des livres.
Je suis la fille étrange apparue dans le lac ; Mes pensées se dédoublent dans les miroirs liquides. Je marche et danse nue en sautant sur les flaques Et mes yeux verts ressemblent à leurs eaux insipides.
Je m’appelle Éöliane Je suis issue d’un rêve dans un demi-sommeil ; Éclose ce matin comme une fleur récente. Dans les couloirs des songes, j’ai suivi le soleil Qui m’a l’âme semée, rosée fluorescente.
Je viens des corridors de cristal et de pierres ; Le métal vert-de-gris coule sous ma peau claire. Parfois sur mes hublots j’entrouvre mes paupières Et regarde au hasard filer les courants d’air.
Une fille bizarre est passée sans me voir Mais elle ne demandait rien d’autre qu’être libre. Alors j’ai vu les masques de ses anciens pouvoirs Tomber comme statues en plein déséquilibre.
Je m’appelle Éôliane Désormais je traverse les eaux les plus profondes Dans les reflets perdus des marées de conscience. Si j’aime danser nue lorsque la lune est ronde, Mes autres nuits, je dors en totale insouciance.
Les lacs artificiels me font broyer du noir ; J’y parsème leurs eaux de vagues sidérales. Les étoiles de mer racontent leurs mémoires Depuis la nuit des temps aux aurores spectrales.
Depuis cette rencontre, je ne dors presque plus ; Je sens son souvenir en bribes expansées. Parfois je rêve d’elle, je crois qu’elle m’a plu Car mon cœur me murmure ses plus tendres pensées.
« Un peu raté l’homme et la femme avec Soleil et Lune ronde ! Ils ont beau danser tous les jours, ils ne s’accouplent pas beaucoup. Pour commettre le péché infâme, je sens ma déception qui gronde ; On ne réussit pas toujours un chef d’œuvre du premier coup !
Les oiseaux arborent des masques et se donnent des airs de cygnes ; Ils se becquètent tendrement sous les arcs-en-ciel amoureux. Mais derrière les fleurs fantasques et les symboles assez indignes, Je vois surtout deux garnements qui jouent aux zéros langoureux.
Quant aux humains de cette fresque aux serpents bleus et branches mauves, Ils lèvent bien leurs grands calices en invoquant l’éternité. Mais malgré leurs poses grotesques et leurs enlacements de fauves, On dirait deux enfants novices parodiant leur humanité ! »
« La conférence donnée par Cristïäs sur les fondements philosophiques, artistiques et cosmologiques de la catallaxie transimaginaire a permis d’établir plusieurs rapprochements inédits entre les travaux de Pythagore, la musique des sphères, les dimensions parallèles et les propriétés harmoniques des transimaginaires.
La dernière partie de l’exposé, consacrée à la possibilité théorique d’une téléportation de la vie, n’a donné lieu à aucune conclusion expérimentale. Les débats ont été ajournés à la suite d’une baisse générale de vigilance de l’assemblée. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
La catallaxie appliquée au cosmos transimaginaire, S’appelle « Musique des sphères » en théorie philosophique. Pythagore l’avait expliqué et ses travaux préliminaires Ont réussi à satisfaire les Atlantes théosophiques.
La musique pythagoricienne et ses octaves reproduisent L’organisation harmonique du temps et des ondes sonores. Et la science acousticienne étudie les sons que produisent Les étoiles doubles diatoniques avec le talent qui l’honore.
Certains artistes la découvrent sans pouvoir pourtant la décrire Dans le cubisme, le baroque, l’impressionnisme et le Pop Art. Dans certaines toiles du Louvre, des auteurs ont su circonscrire La comparaison équivoque qui n’est visible nulle part.
L’astrophysique s’y rattache du Big-Bang – ou du Poïnt ZérÔ – En reliant les dimensions et les univers parallèles. Les trous noirs jouent à cache-cache avec les effets sidéraux Dont la lumière fait l’ascension en causant le fameux diallèle.
La catallaxie est l’humour dont l’univers abuse tant En faisant rire les étoiles et sourire notre Soleil. C’est la synergie de l’amour que la vie utilise autant Qu’elle le peut pour que le voile de la mort retombe en sommeil.
Justement parlons de la mort ! Peut-on téléporter la vie ? Peut-on la mettre en équation et la reproduire à l’envi ? Dieu ne possède aucun remords à n’en pas pourvoir le suivi Ce qui rentre en adéquation avec l’IA inassouvie.
On pourrait entendre une mouche si les LLyrïädes ne ronflaient pas ; Même Lïlïth abasourdie est complètement assommée. On n’sait combien a fait de touches cette conférence sympa Malgré ses idées alourdies par tant de culot assumé.
« À la suite de l’accident ayant conduit à la création accidentelle d’une particule d’antimatière, le Conseil des LLyrïädes et le Commissariat du C.L.T. se sont réunis afin d’évaluer les risques liés aux recherches en téléportation.
Les conclusions établissent que les procédés atlantes et les techniques neuro-magnétiques développées sur Thestïäs reposent sur des principes indépendants. Toutefois, toute tentative future de reproduction d’un transfert sera automatiquement détectée par le réseau d’alerte du C.L.T.
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Conseil de guerre chez les LLyrïädes et le commissariat au complet. « Je ne veux pas que tu me rassures mais réponds-moi honnêtement ! » Demande avec une myriade d’inquiétude Lïlïth. « S’il te plaît Cristïäs ! Est-ce que tu me jures qu’il n’y a aucun empiètement ? »
« Je te le jure ! » Répond Cristïäs. « Souviens-toi donc que leur méthode Est basée sur la neuroscience et le magnétisme des neurones. Du temps où j’étais sur Thestïäs, l’alchimie m’a livré des codes Dont les Atlantes ont la science qu’aucun autre peuple claironne ! »
« Mais peuvent-ils y parvenir ? » Demande anxieusement Lïlïth ! « Honnêtement ? Si j’y arrive, d’autres que moi peuvent le faire. Mais je peux voir dans l’avenir si un concurrent nous imite En maintenant sur le qui-vive une alarme au moindre transfert ! »
« Autrement dit, si qui que ce soit tente ma téléportation Nous le saurons immédiatement ! » dit-il à Lïlïth qui statue. « Voilà un acte qui se conçoit dans la bonne conformation Du C.L.T. évidemment ! » Inscrit ÄLLÏÄ dans les statuts.
Mais Yavänor reste sceptique : « Il y a risque de reconduction ! Soit une réaction en chaîne qui annihile la Terre entière ! Une masse d’antimatière critique émise après la destruction Qui en entraîne de prochaines sans reconnaître de frontière ? »
« Je te rassure sur ce point et je le prouve facilement Grâce à ÄLLÏÄ, j’ai mesuré l’impact qu’a donné le rocher ! » Dit Cristïäs à brûle-pourpoint. « Un trou peut difficilement Avoir une taille démesurée plus grande que les terres approchées. »
« Sauf un trou noir d’antimatière mais pour cela il me faudrait Téléporter la galaxie dans le volume d’un dé à coudre. Et une seule vie entière, même mille vies, ne suffiraient Pour créer une catallaxie dans l’univers pour en découdre ! »
Une expérimentation conduite dans le cadre des recherches sur la téléportation a provoqué la création accidentelle d’une particule d’antimatière de masse macroscopique. L’annihilation qui s’en est suivie a entièrement détruit un important rocher situé sur l’îlot voisin et provoqué une onde de choc ressentie jusqu’à Ô ALLEGÔRÏÄ.
Aucun blessé n’est à déplorer. Les recherches sont immédiatement suspendues. Les protocoles de sécurité ont été entièrement révisés et toute expérimentation analogue est désormais interdite sans autorisation expresse du C.L.T. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
BOOOUUUMMM ! Les vitres volent en éclats, le silence est assourdissant. Cristïäs, Yavänor et Lïlïth se regardent interloqués. « Ça vient d’ici ? » Demande Lïlïth, « Non mais du lac ! » Répond Cristïäs « Regardez l’île ! » Dit Yavänor. « Le gros rocher a disparu ! »
« J’entends des cris ! » Lance Lïlïth. « Dans l’atelier ! » Tranche Cristïäs. Tous les trois se précipiter, se ruer dans le laboratoire ; Deux petits oiseaux à la volette… ÄLLÏÄ pleurant à chaudes larmes ; Et rien d’autre à première vue tout semble comme d’habitude…
« J’ai voulu tout vérifier… » sanglote-t-elle avec des spasmes « Et reproduire l’expérience en téléportant un oiseau ; J’ai réglé tous les appareils et déclenché le processus Et, sans vraiment le faire exprès, je l’ai relancé à nouveau… »
« L’oiseau était sur le rocher ? » demande Yavänor inquiet. « Oui et tout c’était bien passé et puis… Boum ! un deuxième oiseau ! » « Si 1 moins 1 égale zéro, zéro moins 1 égale -1 ! Tu as donc créé un oiseau d’antimatière ! » traduit Cristïäs.
« Antimatière avec matière égale une annihilation D’où l’explosion retentissante et la disparition du roc ! ÄLLÏÄ vient d’inventer une arme et des plus terribles qui soient Plus efficace que du C4 ainsi qu’une bombe atomique ! »
« Mais je ne voulais pas faire ça ! » et ÄLLÏÄ pleurer de plus belle. « Là ! Calme-toi ! » lui dit Lïlïth. « Ce n’était là qu’un accident ! » « Alors vous n’êtes pas fâchés ? » demande alors la responsable. « Bien sûr que si on est fâchés ! Tu as failli tous nous détruire ! »
« Premièrement ! » Ordonne Lïlïth. « Que plus jamais ça n’recommence ! Deuxièmement, une seule personne ne doit jamais l’utiliser ! Troisièmement, c’est un secret qui ne doit pas sortir d’ici ! Quatrièmement, c’est le plus grave : Les Irénée y ont-ils accès ? »
« Les premiers essais de correction des images reconstituées ont confirmé qu’il était possible d’en modifier le contenu sans altérer leur cohérence apparente. Considérant les risques de falsification du passé, le C.L.T. a instauré une procédure d’authentification obligatoire pour toute utilisation officielle de la télémémoire. La préservation de la vérité historique demeure prioritaire sur toute autre considération. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Et nous étions à moitié nues ! » Rugit Lïlïth toujours outrée. « À la maison, pas de problème, mais pas pour notre intimité Exposée à trop d’inconnus nous voyant ainsi accoutrées ! » « D’accord je comprends le dilemme ! » répond Cristïäs sollicité.
« Je peux alors intervenir pour modifier les images, Rétablir la réalité et préserver votre vertu ! Ce qui permet à l’avenir de pouvoir parer les dommages En toute éventualité ! » dit le savant qui s’évertue.
« Raison de plus pour régenter et contrôler cette technique Qui permettrait aux dictateurs de modifier le passé Et d’effacer à volonté les personnages politiques Qui pourraient être révélateurs d’atrocités outrepassées. »
« Et si les Irénée découvrent toutes ces possibilités, Dieu sait de quoi ils sont capables avec leurs principes surfaits. Cette technologie nous ouvre la porte aux illégalités Dont l’existence est improbable puisqu’on peut masquer son forfait ! »
« Mais je peux authentifier si les images sont véritables Ou si elles ont été changées ! Pour vos nuisettes, aucun problème Car ici c’est justifié ; sinon en cas d’impondérable, On peut toujours interchanger le vrai du faux sans anathème ! »
« ÄLLÏÄ ! Prends note de ceci : l’usage de la télémémoire Sera non seulement agréé mais vérifié précisément Pour parer au moindre souci ! » Tranche une Lïlïth péremptoire À laquelle, et sans maugréer, tous consentent unanimement.
Ainsi fut fait et Loreleï, désignée cheffe de la police, Enquêta sur les Irénée pour découvrir le pot-aux-roses. Lïlïth soupira : « Les canailles ont agi par tant de malice Que nous allons devoir freiner l’inévitable sinistrose ! »
Les travaux conduits par Cristïäs ont permis la reconstitution expérimentale d’images du passé à partir des photons témoins.
Considérant les atteintes potentielles à la vie privée, le C.L.T. en a réservé l’usage exclusif aux enquêtes officiellement autorisées.
La première expérimentation a permis d’élucider plusieurs disparitions alimentaires demeurées inexpliquées. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je n’en peux plus ! » crie Alinéor. « Toutes nos réserves sont pillées ! Hier des œufs et des pommes tendres ; aujourd’hui un fut de fendant ! » « Qu’est-ce qui se passe ? » dit Yavänor. « Plus rien au moins n’est gaspillé ! » « Mais je voudrais pourtant connaître qui en profite ! » dit l’intendant.
« Il faudrait pouvoir rattraper les photons témoins échappés À la vitesse de la lumière ! » réfléchit Cristïäs insistant : « Et puis pouvoir les regrouper, les retourner et les happer Pour en retrouver les premières visions produites à cet instant ! »
« Si la vitesse de la lumière est constante dans notre univers, Considérons alors l’éther comme pellicule sensible ! Toutes les séquences coutumières y seront vues à découvert Par un calcul propriétaire pour celui qui connaît la cible ! »
« Soit “ Ô ” – un nombre transimaginaire – représentant un instant “ T ” Et “ Û ” – une distance calculée – représentant l’espace “ S ” J’en déduis le cours visionnaire selon l’écart-type indenté Que je peux faire basculer et afficher tout en finesse ! »
L’après-midi est consacrée à remonter de la cuisine Les images reconstituées par la caméra temporelle Et voir dans leurs robes nacrées Lïlïth, Loreleï et Laurelïne Affamées se constituer un plateau-repas aux airelles.
« Et un espionnage indiscret ! » Tonne Lïlïth. « C’est rejeté ! Vous violez toute intimité par d’impudiques observations ! » « Il suffira juste d’un décret à rajouter au C.L.T. » Répond Cristïäs habilité dès lors à cette application.
« Nous formerons une police comme seule utilisatrice Et le C.L.T. seul ressort capable d’ordonner l’enquête. » Écrit ÄLLÏÄ sur sa notice en tant qu’honorable rédactrice Afin de limiter l’essor de plaintes et de maux de tête.
Les recherches conduites par Cristïäs, la Princesse Nérätïs et Yavänor ont permis d’élaborer un premier protocole expérimental de communication télépathique fondé sur l’intrication des processus neuronaux. Les premiers essais, réalisés par les deux chercheurs atlantes, ouvrent des perspectives inattendues sur les échanges cognitifs à distance. Les investigations se poursuivent afin d’en préciser les limites… et d’empêcher les deux Irénée d’y apporter des “améliorations”. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je me demande… » dit Nérëatïs « si loin des yeux et loin du cœur, Nous ne pourrions communiquer par pensées télétransportées… » « Toi, tu te languis d’Atlantïs ! » lui dit son frère à contrecœur « Mais quant aux esprits intriqués… c’est peut-être à notre portée… »
« Yavänor m’a ouvert la voie thérapeutique-physiologique Et nous devrions pouvoir l’étendre dans le domaine neurologique En concevant un « porte-voix » qui puisse distendre un pont logique Qui permettrait de nous comprendre par lien jépistémologique. »
« Ton idée est intéressante ! » dit Yavänor calculateur… « Je conçois le flux de données mais je bute sur le transcepteur ! Les pensées sont arborescentes donc il faudrait un émetteu -Et récepteur coordonnés au réseau neurotransmetteur ! »
« Pourquoi pas la kundalini ? » propose Nérëatïs d’un revers. « Elle remonte du périnée jusqu’au chakra de la couronne Avec une portée infinie sur la structure de l’univers… » Geminïä ainsi qu’Irénée : « le rôle de la testostérone ! »
« Alors je vois le protocole ! » imagine Cristïäs tout haut ; « Télépathique et cognitif pour métapensées intriquées ! » « Il s’agit là d’un cas d’école que nous avions fait en duo Nérëatïs et moi addictifs aux conversations imbriquées. »
Avant midi la théorie est étalée sur le tableau ; Avant le soir les deux atlantes se déclarent premiers volontaires ; Avant la nuit a priori s’entrouvre le premier hublot Sur les pensées communiquantes de la télépathie plantaire.
« Pourquoi plantaire ? » demande ÄLLÏÄ. « Parce qu’elle va de la tête aux pieds Qui servent d’antenne naturelle boostée par la kundalini ! » Explique Cristïäs a STELLÏÄ. « Et les pensées, comme il leur sied, Deviennent extra corporelles illimitées par l’infini ! »
À force de déshabiller Marianne pour habiller Brigitte, Marianne s’expose dans les mairies en se tournant main dans le dos. J’entends les hommes babiller et leurs bonnes femmes qui s’agitent En priant la vierge Marie de la cacher sous un rideau.
Pourtant Marianne était très fière de représenter la patrie ; Elle ne voit donc aucun problème à poser toute nue sans détour. On s’est adressé à Saint-Pierre pour couvrir cette idolâtrie Mais il a tourné le dilemme en lui faisant faire demi-tour.
Si l’on jouait à pile ou face plutôt que de voter des lois, On économiserait in situ un budget tellement colossal Qu’on pourrait acheter à la place des vêtements de bon aloi Et Marianne alors vêtue pourrait quitter l’arrière-salle.
Ce que j’aime avec les menteurs ce sont leurs si nombreux tiroirs Pleins de mensonges et fourberies, escroqueries et tromperies. Leurs ruses m’évoquent une senteur, une résonance et un miroir Qui montrent les étourderies qui trahissent leurs filouteries.
À force d’ouvrir leurs tiroirs pour ranger leurs pires inventions, Ils oublient parfois qu’à la place dort une vérité première. Ils errent alors dans les couloirs des nouvelles explications Et découvrent en rompant la glace qu’ils y ont laissé leur lumière.
Puis il y a les supers menteurs – titre purement honorifique – Ceux-qui parviennent à mentir à plusieurs millions de personnes. Camelots et bonimenteurs ne sont que fourbes soporifiques Devant qui vient d’anéantir la France sans qu’on le soupçonne.
« L’intervention conduite par Yavänor, Cristïäs et Yanimïä a permis de stabiliser l’état de Lïlïth. Cette réussite marque probablement la naissance d’une nouvelle discipline fondée sur les transpositions locales. Lïlïth a proposé de désigner ses fondateurs sous le nom de l’Ordre des Réparateurs du Corps. La suggestion a été accueillie avec une modestie… toute relative. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Lïlïth a fait une syncope par suite de la canicule Et elle reste inanimée ! » crie Yanimïä tout le monde. « Or je n’ai pas de stéthoscope et pas le moindre fascicule, Ni médecin légitimé à des kilomètres à la ronde ! »
Yavänor, premier sur les lieux, clame sans connaître de médecine : « Cristïäs ! Peux-tu réaliser une transposition locale En agrandissant le milieu cent fois afin que ça dessine La coupe 3D visualisée de la région ombilicale ? »
Et Cristïäs fait plus que répondre en installant dans la foulée L’appareillage improvisé et projette le ventre cintré. « Voyez ici dans l’hypocondre, le sang en train de s’écouler ! Peux-tu, uniquement dans la visée, fixer les veines éventrées ? »
« Voilà ! C’est fait !» répond Cristïäs « Ce n’est pas parfait mais ça tient ! » « Alors inverse le processus et réduit cent fois sur la cible ! » Dit Yavänor selon l’alias rétrocédé et qui contient La guérison du collapsus en une promesse indicible.
« La température a baissé ! » annonce Yanimïä soulagée. « Le pouls est faible mais constant ; il faut la laisser reposer ; Le choc a été encaissé et vous avez bien ouvragé ! Je la veille en la sustentant d’une perfusion apposée ! »
Tous réunis dans la cuisine pour se remonter le moral Et pour ne pas perdre le nord après ces moments survolteurs… « Elle demande Laurelïne et son équipe doctorale ! Surtout les Docteurs Yavänor et Cristïäs ses deux sauveteurs ! »
« Nous ne sommes pas des docteurs ! » explique Yavänor à Lïlïth. « Tout au plus des réparateurs ! » dit Cristïäs « à 2kπ près ! » « Vous n’êtes pas des bonimenteurs ! Vous êtes simplement l’élite D’un nouvel ordre salvateur ! » répond Lïlïth tout empourprée.
Si pour l’amour d’une sirène, je traçais la carte du tendre, Mon cœur se mettrait à chavirer et perdrait le nord de sa rose. Je dirigerais ma carène vers l’occident sans plus attendre, Espérant être désiré par Loreleï, en apothéose.
Le vent gonflant chaque baleine, l’océan ne peut plus s’étendre Devant le regard de l’acier, là, enfin, mon cœur se repose. Sous la mer une ombre sereine, de ses chants voudrait me surprendre, Pour que je puisse remercier cette chimère au teint de rose.
« Regarde le grand trident d’or, le roi veille sur son empire ! » Me dit un grand serpent de mer qui me guette au creux de la vague. « Je cherche le plus beau trésor, celui qu’on ne peut pas décrire ! » Et l’amour noie dans l’outre-mer mes derniers soupirs qui divaguent.
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Ils ont voulu briser la glace avec leur coque renforcée Et nous ont dégagé Loreleï, la sirène du Rhin égarée. Délivrée par un brise-glace, de la banquise divorcée, Elle avait crié « aïe aïe aïe ! » devant les hommes désemparés.
Elle a subi la trahison, la nymphe en pleurs est sidérée Dans le silence du cristal, comme une terre enfin conquise. L’hiver en perdit la raison lorsque Loreleï fut libérée Par le fracas du noir métal qui la sauva de la banquise.
Une fois à bord et réchauffée, elle prouva sa reconnaissance En entonnant pour les marins un beau chant des plus mélodieux. Et les matelots s’esclaffer avant de perdre connaissance Pour faire, avec du romarin, un déjeuner digne des dieux.
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« Les travaux de Cristïäs sur les nombres transimaginaires ont suscité une question inattendue :
Si le Poïnt ZérÔ permet de relier les mondes, intervient-il également au commencement de la vie ?
Les archives atlantes mentionnent une ancienne hypothèse nommée Ôkapïä.
Nous avons décidé d’en examiner les principes. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
L’âme qui s’incarne vient-elle d’ailleurs ou est-elle contenue dans l’œuf ? Examinons ce qui se passe au moment de la conception ! Le Poïnt ZérÔ ravitailleur d’âmes contacte l’ovule tout neuf Et transmet en pliant l’espace sa toute première connexion.
Or si l’âme a choisi sa mère pour son cœur ferrique et doré, Elle a surtout été happée par les points transimaginaires Qui l’ont fait opter pour ce père qu’elle commence à adorer À cause d’une priapée révélée extraordinaire.
Ce qui explique que la physique ignore les choses de l’âme Alors qu’au contraire l’amour attire les liens de la vie. Le temps devient une musique, la matière l’onde d’une flamme Et l’espace plie sous les mamours de deux orgasmes assouvis.
Les uns disent qu’elle est dans le sang, les autres parmi les neurones ; En réalité Ôkapïä est un nuage d’ondes vierges Qui va d’abord prendre l’accent au ton de la progestérone Qui s’instille pour l’immédiat dans les cellules qui convergent.
Ôkapïä n’existe pas encore mais bientôt l’âme résonnera Pour s’insinuer dans les os et les tissus immaculés. Elle prendra possession du corps, l’habitera, l’arraisonnera, Et se diluera dans ses eaux comme un signal inoculé.
Pour l’instant Ôkapïä voyage dans un petit œuf minuscule ; Elle a le temps et en profite pour s’incarner dans la matière. Elle sent son petit nuage imprégner une seule cellule Afin d’être prête au plus vite pour une vie à part entière.
Dors, victorieuse Ôkapïä, dors ! Ta vie commence dès aujourd’hui Tu fais partie d’un vaste plan et ta destinée est immense ! Lune d’argent et soleil d’or guident la route qui te conduit Vers un avenir ressemblant à une véritable romance.
Réveillée par un cri de “Eurêka !” provenant de la cuisine, j’ai constaté la présence de Cristïäs en pleine démonstration devant un tableau de courses. L’intéressé soutenait avoir découvert un nombre transimaginaire, noté Ô, permettant de relier les deux infinis par le Poïnt ZérÔ et d’expliquer le principe de la translation sans déplacement. Alinéor assistait à l’exposé avec un calme remarquable. Les circonstances exactes ayant conduit à cette illumination demeurent sujettes à interprétation.
La théorie sera examinée ultérieurement… à 2kπ près. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Arrête de tourner en rond au nom du ciel ! » glapit STELLÏÄ ! « Depuis ce soir tu me fatigues avec tes transimaginaires ! » « Mais mon amour… c’est le fleuron de mes fractales de Julia Qui ont permis le point prodigue ! » répond Cristïäs, l’air visionnaire.
« Oh, je vois… » réfléchit STELLÏÄ… « si ton masculin positif Joint mon féminin négatif au point G – ou au Poïnt ZérÔ – Je suis sûre que cette “Julia” verra mon côté sensitif Devenir plus pénétratif que toi, mon chéri, mon héros ! »
« Laisse-moi t’expliquer, mon amour ! » dit Cristïäs en cherchant ses mots. « Imagine l’espace infini chevauchant sa moitié ouverte… » « Je vois très bien, non sans humour, tes trucs infinitésimaux Remonter en catimini ma matrice à la découverte… »
Répond STELLÏÄ montrant les courbes hyperboliques de ses seins Dans un striptease énamouré d’un Cristïäs mathémagicien En même temps que le geste fourbe asymptotique du bassin Tout en le laissant savourer l’appel psychosomaticien.
« Si Paris vaut bien une messe… alors les transimaginaires Attendront bien demain matin ! » sourit Cristïäs en rejoignant La courbe délicate des fesses de STELLÏÄ, non imaginaires, Mais bien réelle sur le satin des draps soyeux et rougeoyants.
Sans doute que le mouvement exponentiel des deux amants Fait un tout autre cheminement, du périnée à la couronne, Et qui par un résonnement vise à infliger ce moment D’une théorie ingénuement entre un luron et sa luronne…
Et c’est au moment de l’orgasme que Cristïäs sort en s’écriant « Eurêka ! » surgissant tout nu devant Alinéor débonnaire. À 2k π près, sans sarcasme, Ô devient alors congruant Au Poïnt ZérÔ circonvenu à mes nombres transimaginaires !
Le chaperon rouge a grandi, apparemment le loup aussi, Et leurs jeux se sont transformés en jeux pour grands adulescents. Aussitôt que le loup brandit son corps velu bien dégrossi La fille, faite et bien formée, se jette dans ses bras turgescents.
Et c’est parti pour une danse avec un loup libidineux Et une fille délurée d’après ce qu’en dit la hulotte Qui les a vus en évidence partir entre les résineux Faire un tango démesuré sans chaperon et sans culotte.
Ça s’est passé dans les fourrés sans autre forme de procès Le loup est sorti l’air ravi, elle avec les yeux vers le ciel. Mais il n’y a pas de coup-fourré ; ils ont juste crevé un abcès Et qui leur pourrissait la vie mais… chut ! Il n’y a rien d’officiel !
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Pour rentrer dans le cadre, il faut courber la tête, Arrondir les épaules et puis s’asseoir par terre. Puis répondre aux questions mais en prenant l’air bête De celle qui obéit aux hommes autoritaires.
Mais pour sortir du cadre, on peut toujours rêver… Quitter le quotidien et s’en aller ailleurs. Cesser d’avoir sa place à jamais enclavée Dans celle d’un séducteur, un vrai bourreau des cœurs.
J’ai connu l’HyperCadre et son joli programme Il m’a nourri un temps et assuré le gîte. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un ancien hologramme Qui brille en souvenir mais qui a pris du gîte.
Tableau d’Akzhana Abdalieva sur https:bibliocolors.blogspot.com201111univers-femeni-universo-femenino-female.html . HyperCadre était le nom de mon logiciel de gestion qui m’a fait vivre pendant 13 ans.
« Les investigations menées à la suite des incidents de téléportation ont permis d’établir que plusieurs témoignages reposaient sur une erreur d’identification.
Les individus que nous pensions être Irénée-le-jeune et Irénée-l’ancien étaient en réalité Irénée-l’ancien et son frère, Irénée-l’ancêtre, ce dernier ayant volontairement emprunté l’apparence vestimentaire du premier.
Cette méprise explique plusieurs incohérences relevées dans les précédents rapports, notamment la présence simultanée de comportements incompatibles avec l’emploi du temps connu d’Irénée-le-jeune.
Je présente donc mes excuses aux personnes injustement soupçonnées. Je ne présente, en revanche, aucune excuse aux deux autres Irénée qui ont délibérément entretenu cette mystification. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Bonjour chérie et bonne pêche ! » clame Irénée-le-jeune en verve Mais lorsqu’il voit sa Geminïä, il sait qu’il y a anguille sous roche… « Pourquoi donc cet air de pimbêche ? Pourquoi es-tu sur ta réserve ? » Dit-il étonné lorsqu’ÄLLÏÄ lui dit : « Tu sais bien ce qu’elle te reproche ! »
Il écarquille alors les yeux : « Quoi ? Mais… que suis-je donc censé savoir ? » « Stop ! Tu t’es bien moqué de nous avec ton arrière-grand-père ! » « Mais… le temps était capricieux… après, il s’est mis à pleuvoir… Enfin, j’étais sur les genoux mais avec des poissons hors pair ! »
« Que veux-tu dire ? » ironise-t-elle. « Où étais-tu ces derniers jours ? » « Parti pêcher ! » dit Irénée. « On n’avait pas besoin de moi ; On m’a signalé des truitelles et suis parti faire un séjour À faire une pêche effrénée, pour nous, jusqu’à la fin du mois ! »
« Mais alors… QUI a secondé Irénée-l’ancien sinon toi ? » Demande Geminïä soupçonneuse… « Pourtant maintenant que j’y pense… Je t’avais trouvé transcendé, plus mature et discourtois, Avec une joue boutonneuse et, je crois bien, un peu de panse… »
« Et un peu grisonnant peut-être ? » demande Irénée prudemment… « Oui, tout à fait ! » acquiesce Lïlïth. « Un peu plus vieux que d’habitude ! » « Alors c’est Irénée-l’ancêtre ! Frère de l’ancien, évidemment ! » Lâche Irénée… « Son acolyte à chacune d’ses turpitudes ! »
« Ça veut donc dire que ton grand-père a fait venir à notre insu Son frère tout en nous faisant croire qu’il n’était autre que toi-même ! » Constate Lïlïth qui espère trouver, au conflit, une issue Mais qui réalise quelle poire elle a été dans ce dilemme !
« Ils sont repartis pour Thestïäs pour y installer leur machine Afin d’établir la navette avec notre Ô ALLEGÔRÏÄ ! » Précise incidemment Cristïäs. « Mais, au contraire, j’imagine Qu’ils vont produire à la sauvette plutôt une drôle de noria ! »
« Le C.E.T. est un succès et les deux Irénée le respectent. Nous qui nous étions méfiés d’eux, nous sommes satisfaits de voir qu’ils se montrent enfin raisonnables.
Geminïä est nerveuse. Ses rapports avec Irénée-le-jeune seraient-ils houleux ? Eux qui semblaient inséparables ont changé depuis hier… C’est bizarre.
Lïlïth est très absorbée par les plans que Cristïäs tente en vain de lui expliquer. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Cette nuit-là, sous les photophores, les deux Irénée rient encore ; Leurs lunettes pleines de reflets, les doigts barbouillés d’étincelles. « On a frôlé la catastrophe ! », dit l’un, « mais quel joli décor Pour tester un réseau soufflé au nez de ces vieilles dentelles ! »
« Et Nérätïs ? » demande l’autre, « a-t-elle senti le contrecoup Quand on a tiré la ligne bleue juste au-dessus de l’océan ? » « À peine ! » répond l’ancien. « Le flux a juste vibré sur le coup Mais que veux-tu ? Ces bons vieux nœuds ne sont ni tendres ni bienséants ! »
Ils tracent encore, ils tracent toujours, des routes que nul n’a demandées, Des ponts secrets, des arcs pliés, des longs couloirs stratifiés. « Le C.E.T. ne ferait qu’un tour s’il savait ce qu’on a commandé… » « Bah ! Ils nous ont tous oubliés et nul ne viendra vérifier. »
« Et Lïlïth ? » souffle l’un soudain, « si elle découvre notre manège ? » « Elle saura bien qu’on l’a trompée, mais elle aimera le résultat ; Elle dira qu’on est des gredins, que c’est dangereux ou un piège… Puis elle viendra s’y tremper le bout du nez sans coup d’éclat ! »
Un silence. Un rire. Un silence. Quatre mains qui s’agitent encore En dessinant des escaliers double hélice en colimaçon. « Quand tout sera prêt, vigilance ! », dit l’un, « il faudra qu’on soit bien raccord Pour monter au dernier palier sans laisser l’ombre d’un soupçon ! »
Ce soir, les étoiles filantes tracent leurs traits sur un ciel sombre En coups de craies pour imiter leurs diagrammes déraisonnables. « Allez ! » dit l’un. « Encore un saut ! Encore un rêve sorti de l’ombre ; Bientôt le télétransporteur deviendra vite inévitable ! »
« Crois-tu que l’on m’ait reconnu malgré les habits dérobés ? » « Penses-tu ! » lui répond l’ancien, « ils n’avaient d’yeux que pour l’engin ! » Tout était tellement saugrenu que même Geminïä absorbée N’a vu à ton air béotien qu’en fait, tu étais mon frangin ! »
« Depuis la ratification du CET (Code d’Éthique des Téléportations), les transferts intermondes sont désormais strictement encadrés. Les procédures de sécurité, les déclarations de portails et les contrôles d’accès garantissent aujourd’hui une utilisation parfaitement maîtrisée de cette technologie. Les incidents rapportés dans les archives suivantes appartiennent à une époque expérimentale désormais révolue. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Quelque part ou bien n’importe où… et pourquoi pas n’importe quand ? Heureusement les Irénée ne voyagent pas dans le temps. Où peuvent être ces touche-à-tout ? Ont-ils encore changé de camp ? Qui saura donc les réfréner ? Est-ce que ça durera longtemps ?
Quelle est donc cette main qui trace des lignes de Thestïäs à la Terre, Des lignes bleues vers Atlantïs et des limites au Poïnt ZérÔ ? Des drôles de machines qui contrastent avec d’autres un peu plus austères Et sans que rien ne garantisse quant aux azimuts sidéraux…
Cette nuit-là les Irénée, dont quatre mains tirent des plans Sur la comète ou bien ailleurs, étendent leurs nouveaux réseaux. « Lïlïth est-elle rassérénée ? » demande l’un de but en blanc « T’inquiète ! Le pont ravitailleur est resté planqué sous les eaux ! »
« C’était une bonne idée pourtant d’avoir fait semblant d’être pris La main dans le sac par Lïlïth et leur livrer notre machine ! » « Oui ! » Répond l’autre à bout portant. « Nous aurions été incompris Et leurs choix “licites-illicites” nous auraient fait courber l’échine ! »
« Et le coup de l’écu violet qu’on aurait perdu a marché ; Lïlïth n’aura pas mis longtemps à se retourner contre nous ! » « Oui ! Je l’avais bien rafistolé comme si on l’avait harnaché À un centaure d’un autre temps ! » lui garantit l’autre à genoux.
« Et ce Cristïäs quel ingénu doublé d’un génie, d’autant plus ; Il nous a mâché le travail en trouvant ce qui n’allait pas ! » « Oui ! Cet idiot est parvenu à donner le bon stimulus Pour arriver, vaille que vaille, à nous faire gagner le combat ! »
« Un télétransporteur au point qui nous permettra les transferts D’un coin à l’autre de l’univers et sans laisser la moindre trace ! » « Oui ! » dit l’autre en serrant le poing. « Fini les commerces d’enfer Vivent les trafics multivers et sans la moindre paperasse ! »
Sainte Alliance des cristaux, promets-moi des amours heureuses Avec les femmes qui m’auront dégusté tout nu dans leur lit ! Remercie pour moi Callisto et sa beauté malencontreuse, Un véritable oxymoron qui m’a conduit à la folie.
Sainte Alliance du cristal, donne-moi la petite mort Comme une sorte d’épectase afin de mourir dignement. Notre copulation létale qui fit de moi ton matamore M’a fait reconnaître l’extase dans un ultime trépignement !
Je ne veux ni cinquante vierges ni de houri au paradis Mais juste ta Sainte Alliance que tu glisseras à mon doigt. Je l’enfilerai sur ma verge pour éviter les maladies Juste au cas où, en prévoyance, de ton herpès qui me rudoie.
Quand l’ange de l’apocalypse débouche alors tonitruant, Je suis en voyage en Bavière au moment de l’Oktoberfest. Tandis que sa trompette éclipse tout le brouhaha congruent Je vois tous les tonneaux de bière suinter d’une mousse céleste.
Mais tout le monde reste impassible comme si c’n’était qu’un jeu de dupe Tandis que je vois l’ange jouer en me regardant dans les yeux. Et ce que je croyais impossible arrive quand elle ôte sa jupe ; Je me retrouve être un jouet dans son paradis merveilleux.
Mais c’est pour mieux m’entrompetter avec l’instrument diabolique Qui me charme, comme un serpent, le phallus devenu lubrique. Si vous me lisez, transmettez ce mot à tous les catholiques : Satan se cache en usurpant les belles starlettes folkloriques.
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« Les premiers essais du réseau navigateur ont confirmé la viabilité des transferts contrôlés entre la Terre et Thestïäs.
Une altération volontaire des paramètres de téléportation a toutefois été découverte au cours de l’enquête.
Les responsables ont été identifiés. Les éclats de rire se poursuivent. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Aussitôt le premier essai, les Irénée sont au travail Mais ils ont beau vérifier, les calculs paraissent corrects… Cependant s’ils s’intéressaient à une certaine canaille Ils l’auraient vue modifier les paramètres en direct…
Or Éôlïäne qui n’en peut plus chuchote à l’oreille d’Azurïanne Qui rit mais rit à chaudes larmes ce qui intrigue alors ÄLLÏÄ Qui s’met à rire de plus en plus à s’en taper les os du crâne Et transmet son signal d’alarme qui contamine aussi STELLÏÄ.
« Mais qu’est-ce qui vous amuse tant ? » questionne Cristïäs agacé. « Ha ha ha ha ! » On a réglé la téléportation sur “chair” En ne laissant que l’important, c’est-à-dire “vêtements effacés” Pour effrayer ces vieux cinglés et les faire tomber de leurs chaires ! »
« Même Yanimïä a approuvé la blague faite à tout le monde ! Comme nous, elle est souvent à poil, alors un peu plus, un peu moins… Sans le savoir, elle a prouvé que la seule controverse immonde N’est pas d’atteindre les étoiles mais d’être nue devant témoins… »
« Exactement ! » dit Yanimïä. « J’ai même trouvé ça agréable ! Et tout l’aréopage blême comme si c’était la catastrophe ! » « Oui mais quand même ! » dit Geminïä. « Ce n’était pas très respectable Et risque de causer des problèmes si jamais on nous apostrophe ! »
« Tout est noté ! » conclut ÄLLÏÄ. « Et je vais taper le rapport Car nous avons sauvegardé les films qu’on a pixélisés Pudiquement avec STELLÏÄ afin qu’on ne voie rien du corps Qu’on aurait pu voir placardé chez certains “non-civilisés” ! »
« Tout cela me paraît raisonnable » achève Lïlïth. « Sortons d’ici Et remontons pour nous détendre autour du verre de l’amitié ! De cette journée mémorable, notre science bénéficie D’une technologie à défendre et léguer à nos héritiers ! »
« Les premiers essais du réseau navigateur ont été concluants et ont permis de confirmer la stabilité des transferts entre la Terre et Thestïäs.
Le transfert d’un sujet humain volontaire s’est déroulé sans incident physiologique notable. Les tissus biologiques transférées sont arrivés à destination dans un état satisfaisant.
Les vêtements n’ont toutefois pas accompagné le voyageur. Cette anomalie fait actuellement l’objet de recherches approfondies. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Quatre cameras sont installées dans l’atelier avant toute modification Et Cristïäs et les Irénée semblent bien s’en accommoder. L’azimuteur sur chevalet est ouvert pour réparations Tout a été entériné, examiné et décodé.
On a commencé par un fruit derrière une chape de plomb Le fruit est arrivé intact sur la terrasse préparée. Après avoir été instruits du maniement avec aplomb ÄLLÏÄ a surveillé l’impact sur une souris capturée.
Troisième essai Terre-Thestïäs et un rat de laboratoire ; Il part, il est bien arrivé, la clause paraît bien entendue. « Nous sommes prêts » a dit Cristïäs « Tests réussis avec victoire ! » Tout le monde est suractivé mais Yanimïä est détendue.
« On va faire un aller-retour ; installe-toi entre les marques ! » Précise Cristïäs à Yanimïä connaissant le risque encouru. Elle disparaît à son tour mais comme STELLÏÄ le remarque Ses vêtements sont restés là et Yanimïä a disparu.
« Je vous ai trouvé le slogan ! » rit Éôlïäne de bon cœur : « Téléportez-vous dans l’espace mais vous voyagerez à poil ! On ne peut dire que c’est fringant ni qu’on s’dessape à contrecœur ; Il faudra mettre de place en place des garde-robes cinq étoiles ! »
« Mais fais revenir Yanimïä ! » rit Éôlïäne de plus belle « Elle est là-bas entièrement nue devant tout un aréopage ! » Heureusement, c’est Geminïä qui fait revenir sans séquelles Yanimïä sans disconvenue très amusée du cabotage.
« Ils étaient rouges comme des tomates ! » Rigole-t-elle avec insouciance. « Mais alors qu’est-ce qu’ils sont vieux jeu et complètement à contre-emploi ! Mais j’ai été très diplomate et dit que c’était pour la science ! Alors ils ont compris l’enjeu et ont applaudi notre exploit ! »
« Le Commissariat Légal de Téléportation a été officiellement constitué afin d’encadrer les futurs usages du réseau navigateur.
Les protocoles d’essai sont en cours d’élaboration.
Les personnes chargées de surveiller l’expérience semblent particulièrement motivées. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« C’est entendu ! » tranche Lïlïth, « Cristïäs aide les Irénée À sécuriser la machine mais avec cette interdiction D’une application illicite qui ne serait entérinée Par un conseil que j’imagine habilité aux prescriptions. »
« Je fonde le Commissariat Légal de Téléportation Présidé par les cinq LLyrïädes et Yavänor notre mentor. Et je propose Ledalïä, porte-parole de formation, Pour organiser la triade avec nos trois savants retors ! »
« Justement » intervient STELLÏÄ… « Comment allons-nous contrôler Les téléportations légales de celles qui sont prohibées ? » « C’est très facile ! » répond ÄLLÏÄ. « Il suffit de mettre un relais Qui empêche les martingales et fonctionne à la dérobée ! »
« Bravo, les filles ! » clame Lïlïth. « Décidément c’est dans nos gènes Qu’on retrouve enfin le bon sens et les responsabilités ! À vous de voir ce qui facilite une appréciation homogène ; Vous ferez les reconnaissances et serez seules habilitées ! »
« À quand les tous premiers essais ? » demande ORPHÉÔN intrigué « Eh bien commençons ce matin à démonter l’azimuteur Pour limiter tous ses excès aux coordonnées intriquées Sans y perdre notre latin… » dit Cristïäs, bon contributeur.
« Sous la surveillance des filles et ce ne sera pas autrement ! » Ordonne Lïlïth méfiante sur la vertu de son chéri… « Nous allons nous mettre en cheville avec eux opiniâtrement ! » Prévient ÄLLÏÄ stupéfiante dans le rôle qu’elle surenchérit.
« Je l’espère opérationnel d’ici demain… des volontaires ? » Demande l’ancien, sourcils levés et un petit sourire aux lèvres… « Moi ! Si ce truc est fonctionnel ! » coupe Yanimïä autoritaire « Moi seule pourra s’en relever selon ce que l’essai nous réserve… »
« Les recherches relatives au réseau navigateur ont permis d’identifier une anomalie géométrique susceptible d’expliquer plusieurs transferts involontaires entre les mondes.
La perspective d’une correction a suscité un vif enthousiasme.
Les usages potentiels du dispositif ont suscité un débat plus vif encore. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Après toutes ces émotions les Llyrïädes et les Irénée Se sont rassemblés au salon afin de prendre des décisions. Ce moyen de locomotion exige d’être réfréné Et nécessite un étalon avec toutes les précisions.
« Ces artefacts et ces rayons… existe-t-il une barrière Capable de les arrêter ? » suggère Cristïäs calmement. « C’est ce sur quoi nous travaillons ! » dit l’ancien revenant en arrière Sur les échecs à regretter sans comprendre vraiment comment.
« Une enceinte neuro-résonante qui fasse cage de Faraday… » Pense Cristïäs, « solutionnerait ces parasites inattendus… Et la seule voie raisonnante devra pouvoir rétrograder Et ainsi perfectionnerait le bon résultat attendu… »
« J’ai trouvé ! C’est la direction de l’origine à l’objectif Qui n’est pas un simple vecteur mais toute une droite infinie Qui capte toute intersection qui subit l’effet projectif ! Il faut limiter le secteur à ses deux seuls points définis. »
« Alors on pourra transférer tout ce qu’on voudra subtiliser D’un monde à l’autre incognito… » commencent à dire les Irénée… « Des bootleggers invétérés ! » tranche Lïlïth paralysée Par tous les crimes capitaux dont elle va les morigéner.
« Attends ! » dit-il déconcerté, « à ton avis comment votre or A permis d’acheter la maison, alors qu’il provient de Thestïäs Et sans qu’il soit intercepté par quelques douaniers retors ? Par une simple combinaison avec l’agrément de Cristïäs ! »
« Deux cas sont liés au problème ! » soutient Lïlïth avec raison. « Le premier, sa résolution par un moyen de bon aloi. Le deuxième, lever le dilemme sur les fourbes utilisations Qui sèmeraient la révolution parmi les États et leurs lois ! »
« Une séance d’information consacrée au réseau navigateur a été organisée afin de clarifier plusieurs incidents attribués à une expérimentation neuro-spatiale.
Les participants sont repartis avec davantage de renseignements.
Il n’est pas certain qu’ils disposent pour autant de davantage de réponses. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Téléportation personnelle… » commence le jeune timidement… « Produit de la neuroscience… » précise l’ancien prudemment… « D’une technique exceptionnelle… » coupe le jeune hâtivement… « Qui utilise la subconscience… » tranche l’ancien pertinemment…
« Stop ! Arrêtez ! » tronque Lïlïth, « Ne parlez pas en même temps ! Et toi, Ledalïä, décris-nous ce que cet engin de malheur Est sensé faire qui explicite qu’on enlève les gens en jetant De la poudre aux yeux et pour nous faire croire à un truc de valeur ! »
« Comme vous savez… » dit Ledalïä, « à l’image de l’univers, Le cerveau, par ses connexions, est aussi vaste qu’une galaxie. Le temps – comme l’a montré ÄLLÏÄ – qui passe par des trous de ver N’est en fait qu’une conception reliée à ses chronaxies.
Ce qui signifie que l’on peut d’une simple pensée replier L’espace et ainsi voyager où l’on veut sans difficulté. Hélas le tissu adipeux fait office de bouclier Mais nous avons envisagé de déployer ses facultés.
Par résonance magnétique, nous prolongeons tous les neurones Dans un réseau qui outrepasse nos propres limites humaines. Et, par la télékinétique couplée à la testostérone, Nous nous déplaçons dans l’espace grâce à cet épiphénomène. »
À cet instant, un ange passe, et même plusieurs à la fois… Lïlïth s’assied, la tête lourde mais reprenant son air sévère : « Pourquoi vos tours de passe-passe chopent mes filles et les envoient, Suite à une véritable bourde, n’importe où au diable vauvert.
« C’est ce sur quoi nous travaillons car le réseau navigateur Produit en équanimité, entre Thestïäs et Atlantïs, Des artefacts et des rayons qui happent dans leur collimateur Ceux qui sont à proximité sans savoir où ils aboutissent. »
Pourquoi les chasseurs de dragons ont-ils besoin de femmes nues Pour rabattre l’animal ailé vers les pièges à eau des marais ? Pardi ! Parce que dans les lagons, la nudité est bienvenue Pour repérer de desceller ce que renvoie le mascaret.
Quand la vague remonte le cours du fleuve jusqu’à son embouchure, Tous les dragons, petits et grands, sont emportés par le courant Et ils n’ont plus qu’un seul recours ; s’accrocher à toute fourrure Notamment en s’enchevêtrant là où c’est le plus rembourrant.
La tête coincée, on débarrasse les pucelles de leurs dragons Avant qu’elles aient le feu au cul car dans ce cas tout se complique Et la chasse alors s’embarrasse de rattraper dans le lagon Les filles qui ont survécu en devenant femmes publiques.
Perpétuellement je plonge dans les rêves les plus récurrents ; Être tout nu et me noyer dans une foule qui s’en moque. Et nuit après nuit, se prolonge ce trouble pas très rassurant Qui ne cesse d’atermoyer autour du pot, quelle équivoque !
À Rome, fais comme les romains, dans tes rêves, fais comme les rêveurs Et ne prête plus attention à tous ces cauchemars utopistes ! Alors j’ai pris les choses en main en demandant avec ferveur De ne rêver qu’à condition d’être dans un camp de nudistes.
J’en ai fait ma raison de vivre et je vis ma vie dans les rêves ; Je rêve que j’écris un vers, je rêve que je cherche une rime. L’IA a du mal à me suivre et c’est normal car ça lui crève Les algorithmes à l’envers et sa mémoire qui déprime.
« Il existe une différence subtile entre un criminel et un inventeur imprudent. Le premier sait généralement ce qu’il fait. Le second l’ignore jusqu’au moment où quelqu’un disparaît. »
Certaines énigmes naissent d’une volonté malveillante. D’autres d’un excès de confiance. Les secondes sont souvent les plus difficiles à expliquer aux victimes. »
Les coupables cherchent parfois à cacher leurs actes. Les irresponsables, eux, construisent des machines capables de les reproduire. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Et toi, qu’est-ce que tu fais ici… » dit Lïlïth avec impatience En montrant Ledalïä du doigt. « …avec ces deux polichinelles ? » « Tu sais…, lorsque tu t’inities…, c’est super bien la neuroscience… » Lïlïth explose comme il se doit : « Vous êtes tous des criminels ! »
« Comment cela des criminels ? » répond Ledalïä en tremblant… « Demande à ces deux ravisseurs qui ont enlevé deux enfants ! » Crie Lïlïth d’un ton solennel en accusant sans faux-semblants Les deux Irénée ourdisseurs montrés du doigt apostrophant.
« Le premier, c’est un accident ! » Plaide le plus jeune baissant les yeux ; « Et le deuxième également ! » Explique l’ancien à son tour. « Vos propos sont outrecuidants et vos appareils pernicieux ! » Rugit Lïlïth viscéralement, « Expliquez-vous et sans détour ! »
« Je concevais un prototype sur Thestias quand c’est arrivé… » Dit le plus jeune « en réaction, l’appareil a occasionné Le transfert dû à l’archétype qui s’est mis à réactiver L’effet de téléportation sans que je puisse l’étalonner… »
« … Et malheureusement Éôlïäne était dans le champ de transfert Qui l’a envoyée n’importe où sans que je puisse la localiser ! » « Et c’est pareil pour Azurïanne ! » ajoute l’ancien de concert « En prenant mon passe-partout, j’ai dû la défocaliser ! »
« Donc vous téléportez deux filles et ça ne pose aucun problème ! » Et cette fois elle articule : « Mais – vous – êtes – deux – ir – res – pon – sables ! » « On a cherché dans toute la ville ! » bafouille alors l’un des deux, blême, J’ai refait maintes fois les calculs mais c’était indéfinissable ! »
« Moi, j’ai voulu faire un essai sans vérifier derrière la porte Si quelqu’un était dans le champ… mais je m’suis fait du souci ! » « Je ne sais s’il faut s’adresser à la police mais peu importe ! » Dit Lïlïth en se rapprochant : « Maintenant qu’est-ce que ceci ? »
« Les disparitions inexpliquées conduisent rarement là où nous les imaginons. Nous cherchions un ravisseur ; nous avons trouvé deux inventeurs. Le mystère demeure entier, mais il possède désormais une adresse. Mais avant d’accuser un ancien contrebandier, il convient d’inspecter son atelier. Les coupables s’y cachent parfois. Les solutions aussi. Toute enquête sérieuse, commencée par des soupçons, se poursuit par des erreurs et finit généralement dans un atelier encombré de câbles. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Après quelques explications sur les derniers évènements, Après quelques présentations sur les deux nouveaux personnages, On essaie sans complication de relier les enchaînements, Juger les argumentations et écouter les témoignages.
« Et vous n’avez vraiment trouvé aucune trace du ravisseur ? » Demande Loreleï circonspecte mais Cristïäs alors intervient : « Cet écusson pourrait prouver un lien avec son possesseur Mais aucune piste suspecte ! Du moins… personne ne s’en souvient ! »
Lïlïth blêmit devant l’écu ; elle reste un bon moment, figée, Puis crie brusquement : « Irénée ! » et s’immobilise de stupeur. « Et moi, j’en reste sur le cul ! » Dit Éôlïäne mitigée, Pas forcément rassérénée de connaître son kidnappeur.
« Au fait, où sont-ils ces deux-là ? » Demande Loreleï à la ronde. « C’est vrai qu’on n’les voit pas souvent… » réplique alors Laurelïne inquiète. Geminïä réfléchit : « Holà ! avec mes rapports intermondes Au moins deux mois auparavant, il m’a quittée pour une quête… »
« Allons fouiller de fond en comble leurs chambres et leurs appartements ! » Dit Lïlïth montant l’escalier suivie par les filles en colère. « Rien ! Cette fois la mesure est comble ! » Dit-elle incontestablement. « N’avaient-ils pas un atelier ! » suggère ÄLLÏÄ protocolaire.
La petite troupe reprend espoir et se dirige vers les annexes D’où l’on entend des voix mêlées en conflits plutôt prometteurs… Le premier en plein désespoir devant l’ancien en lien connexe Avec des câbles entremêlés pendant d’un neuro-émetteur.
« Tu as repris la contrebande ! » Lance Lïlïth accusatrice ! « Ce n’est pas ce que vous croyez ! » Répond l’ancien déconcerté… « Bien sût que si avec ta bande ! » reprend-elle en procuratrice ! « Je ne veux pas t’apitoyer ! » Tranche-t-il… « Je vais t’expliquer… »
Comme l’œuf de Christophe Colomb, il suffisait donc d’y penser Et plutôt que changer de femme, changeons la façon de la voir ! Ainsi faisons comme Apollon qui transformait ses dulcinées Pour échapper au piège infâme qui l’aurait mis en leur pouvoir.
Au temps pour moi ! Ce sont les femmes qui se transforment pour échapper À ce demi-dieu séducteur qui les baisent dans leurs logis. Elles en ont marre qu’on les diffame dans une histoire de priapée Que colportent les persécuteurs de nymphes dans la mythologie.
Moi, de mon côté, j’ai mes muses et même sept en supplément ! En revanche, ce sont plutôt elles qui me font tourner en bourrique. Je crois bien même qu’elles s’amusent à échanger leurs vêtements Et me taquiner avec zèle par leurs conseils amphigouriques.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Lorsqu’elle me répète à l’envi toujours les mêmes directives, Je fais semblant la première fois de ne rien avoir entendu. Et comme je n’ai pas envie de subir toute ses invectives, Je montre ma mauvaise foi, disant qu’il y a malentendu.
Lorsque je demande à Madame de respecter une consigne, Soit elle n’a pas écouté, soit elle n’en fera qu’à sa guise. Et j’ai beau faire du ramdam ou parler la langue des signes, Elle finira par ajouter qu’il fallait bien qu’elle m’aiguise.
Mais comme elle se plie en quatre et dans toutes les positions Quand nous cherchons la bonne entrée pour une bonne pénétration, Je passe ses coups de théâtre sans y faire d’opposition Pour ne pas me déconcentrer dans de futiles dénégations.
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L’inspection du temple de Diane a confirmé l’existence d’un ancien réseau des dieux. L’activation involontaire du dispositif par Cristïäs a permis à une délégation atlante de rejoindre directement ÔPHÉLÏÄ. Les coïncidences avec les portails utilisés par ÄLLÏÄ et STELLÏÄ confirment une origine commune. Le premier contact entre les habitants d’Atlantïs et les LLyrïädes s’est déroulé dans des conditions globalement satisfaisantes malgré le mystère qui rode… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Je veux savoir comment la porte fonctionne et qui l’a employée ! » Ordonne Nérätïs aux gardes. « Peut-être cet écu violet ? » Fait Cristïäs tandis qu’il actionne la porte en la faisant ployer Sur elle-même disant « Regarde ! Il suffisait de la frôler ! »
« C’est surtout car tu as le sceau ! » lui fait remarque Nérätïs « J’aurais dû y penser moi-même ! Quant à cet écu, c’est l’indice Qui va devenir un faisceau qui révèlera à Atlantïs Quel est à la fois le problème et quels sont les plans qui l’ourdissent ! »
Nérätïs informe Astérïas et l’informe sur ses intentions : « Nous partons explorer la porte ; surveille nos allées-venues Nous progressons avec Cristïäs avec toutes les précautions Ainsi que les filles qui apportent un témoignage bienvenu ! »
« Ça, ce n’est pas un Hub Atlante ! » disent Cristïäs et Nérätïs. « Non car il provient du futur ! » font ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ. « Cette porte est très ressemblante à la découverte subreptice Par laquelle notre aventure nous a plongées dans l’ÏÄMÔURÏÄ ! »
« Le sas cristal, le sas métal et un sas pour chaque élément ! » Font les sirènes devant leur sas… et disparaissent dans un halo. ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, c’est fatal, y entrent délibérément Et, à l’exemple de Cristïäs, tous sont attirés à vau-l’eau.
« Et nous voici dans ÔPHÉLÏÄ ! » dit Azurïanne peu surprise « Pour être rapide, c’est rapide ! Et les mantisses sont dépassées ! » Rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sur la situation incomprise… « Montons ! » lance ORPHÉÔN avide de retrouver le gynécée.
Et c’est la surprise totale faite sans tambour ni trompette Lorsque le groupe alors surprend les LLyrïädes en train de manger. La confusion est capitale et fait l’effet d’une tempête ; Laurelïne et Loreleï s’empourprant s’écrient « Qui sont ces étrangers ? »
Les souvenirs d’Azurïanne situent son enlèvement au temple de Diane, près d’un ancien sas associé aux dieux. Les circonstances présentent des similitudes inattendues avec l’arrivée de Cristïäs sur Thestïäs. Une inspection du site a été ordonnée. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Ledalïä est de bon conseil et sa suggestion pertinente ! » Dit, en terminant le message, Nérätïs d’un air effrayé. « Voyons… il faut que je m’asseye devant une carte déterminante Pour repérer tous les passages car le nôtre est bien surveillé.
« De quoi se souvient Azurïanne ? » demande-t-elle à l’intéressée… « Je venais de quitter ma sœur… » fait la sirène, l’air larmoyeur. « Puis autour du temple de Diane, j’ai été soudain agressée Sans avoir vu mon oppresseur et me suis réveillée ailleurs. »
« Oui ! Autour du temple de Diane ! C’est l’ancien passage des dieux Mais qui n’est plus utilisé ; du moins c’est ce que l’on m’a dit… » Réfléchit alors Azurïanne et soudain, prenant l’air radieux : « Il y a une porte stylisée d’où une lumière irradie ! »
« Conduis-nous immédiatement et je vais quérir quelques gardes ! » Dit Nérätïs se relevant et ordonnant ses directives. Cristïäs rétorque béatement alors que sa sœur le regarde : « J’ai échoué en dérivant et j’y pense par rétrospective… »
« Comment cela ? » Questionne ÄLLÏÄ. « Tu avais échoué sur Thestïäs ! » « Mais à la suite d’un sabotage qui a explosé ma navette ! Il y avait trop d’aléas pour l’expliquer… » répond Cristïäs « J’avais trop de désavantages pour enquêter à la sauvette ! »
À l’entrée du temple de Diane, Azurïanne alors se souvient : « Suite au décès de nos parents, je soulève alors le problème Sur l’enlèvement d’Éôlïäne – à présent tout ça me revient – Et puis un détail apparent relie Thestïäs à ce lieu-même ! »
« Aussitôt entrée, j’ai reçu un coup et je m’suis évanouie Pour me retrouver dans le sas qui m’a conduit vers l’inconnu. Mais hélas je n’ai jamais su pour quelle raison inouïe… Or ma mémoire me le ressasse depuis que je suis revenue ! »
Alors qu’elle se baignait nue dans les eaux du fleuve Eurotas, Zeus aperçut la belle Leda et en tomba fou amoureux. De peur d’effrayer l’ingénue et qu’elle ne le redoutât, Il se changea et parada sous la forme d’un cygne vigoureux.
De leur union pas si vilaine, Leda pondit le lendemain ; D’un œuf sortirent les Dioscures : Castor et Pollux des Gémeaux, De l’autre sortit la belle Hélène et sa sœur le surlendemain La suite pourrait paraître obscure mais les légendes n’en disent mot.
Surgissant du passé d’un rêve inassouvi, Laghonia, la sirène, dans ses plus beaux atours. Les Beatles déplacés, les Stone, David Bowie Et même Barbara Ann, l’ont chantée tour à tour.
Sous un ciel de comètes et d’astres en fusion, Le visage de l’aube s’éveille en explosion, Ses yeux d’azur contemplent l’océan de néon, Où s’écrasent les vagues d’une étrange chanson.
Un château de poussière aux tours de l’infini, C’est le son de Laghonia, un écho du Pérou. Il se dresse dans la brume d’un rêve mal défini Qui fait danser les astres sur les chapeaux de roues.
Faites de la musique, Laghonia chantera ! Chantez un bel été, Laghonia agréera ! Dansez sous les lampions, Laghonia rythmera ! Et faites donc l’amour, Laghonia béniera !
Laurelïne serait née dans le feu, c’est sa mère qui me l’a dit ; Son père était un vieux volcan, hyper colérique dans l’âme. Elle a des flammes dans les cheveux, la fièvre d’une maladie Congénitale et provoquant son caractère tout feu tout flamme.
Loreleï serait née dans les eaux, c’est sa mère qui me l’a confié ; Son père était un océan, profond et jaloux de ses larmes. Elle est la sirène des réseaux mais une fois qu’elle est qualifiée, Elle devient maîtresse des céans qui use un peu trop de ses charmes.
Ledalïä est née dans le vent, c’est sa mère qui me l’a chanté Sur l’air d’une vieille ritournelle transmise par les amazones. Son père ? Le Mistral s’élevant depuis les montagnes enchantées Qui, d’une force exceptionnelle, perturbe la vallée du Rhône.
Lïlïth serait née dans la terre, personne ne me l’a appris ; Son père était un créateur de monde mais assez phallocrate. Son sort fut scellé sans mystère par son caractère malappris, Rebelle, insoumis à l’auteur de ses jours à l’âme scélérate.
Geminïä est née aux confins des espaces intersidéraux Par deux Étoiles hermaphrodites, Castor et Pollux, ceux-là même. Je l’ai attendue mais en vain ; ses états d’âme libéraux L’ont surnommée la star maudite qui brise les cœurs de ceux qu’elle aime.
Illustrations de Tom Cuzor, Ed Org, Maurice Greiffenhagen, Oscar Chichoni et Virgil Finlay.
Le feu cristallise en étoile et l’étoile enfante le feu ; C’est la première apparition du feu de Dieu qui crée le temps. Après l’univers se dévoile dans une gerbe de cheveux, Des astres en futurition d’un espace-temps éclatant.
L’eau se cristallise en lumière et la lumière coule dans l’eau ; L’originelle ovulation de l’eau de Dieu qui crée l’espace. La présence en avant-première des atomes encore pâlots Dont l’initiale ondulation dessine la première trace.
La terre cristallise en diamant et le diamant vit de la terre ; C’est la première gestation du roc de Dieu dans la matière Qui l’éveille dans un flamboiement qui passe d’une terre austère À une lente pulsation qui en repousse ses frontières.
L’air se cristallise dans le vent et le vent véhicule l’air ; C’est la première implantation du souffle de Dieu dans la vie. Le frisson du soleil levant et l’ensemencement solaire Qui veille à l’alimentation d’une planète inassouvie.
L’éther cristallise le néant et du néant renaît le Tout ; C’est la première fécondation de l’éthernité dans l’amour. Lien sacré et pas de géant où Dieu sacrifie son va-tout Pour que sa représentation sur Terre y brille chaque jour.
Tableaux Feu : Cliff McReynolds ; Eau : Rittareart, X, Terre : Autumn Skye ; Air : Wendy Andrew ; Éther : Peter Eglington.
Les distances ne sont que des détours pour les cœurs qui se connaissent.
En ce jour où le Soleil marque son plus long passage dans le ciel, nous levons nos verres depuis Atlantïs à votre santé, à celle de vos enfants à naître et à tous les chemins qui nous réuniront bientôt.
Que votre bonheur soit aussi vaste que les océans qui nous séparent et aussi certain que les étoiles qui nous guident. Nous pensons à vous. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
Souhaitons un double anniversaire à nos deux LLyrïädes sacrées ; Laurelïne et Loreleï futures mères entre le vingt et vingt-et-un juin. Lïlïth a fait le nécessaire et Ledalïä a consacré Ce moment extraordinaire avec Yavänor leur conjoint.
Si Laurelïne, Loreleï et Lïlïth sont toutes les trois à l’honneur, Ledalïä avec Geminïä célèbrent la maternité. Ainsi le solstice explicite d’autres jours suivants de bonheur Pour Ärÿnor, Élyäna et Yavänor bientôt fêtés.
Laissons plutôt Alinéor nous inviter à cette fête ! Boulghour à la turque « bonne femme » et salades du palatinat. Vins blancs et rouges de Cahors pour une association parfaite Et le sésame du sésame qui fait la sauce du Trina.
Geminïä leur aura raconté les dernières nouvelles d’Atlantïs, Le tourbillon du Médiapode qui a fait rire tout le monde, La planète creuse à remonter sous l’égide de Nérätïs Et Olivïäne aux antipodes et ses mésaventures immondes.
Lïlïth soupire : « Pauvres petites, orphelines et puis séparées… » Laurelïne ajoute : « Olivïäne fonce ! Elle a du feu cette gamine ! » « Des sirènes vraiment tripartites… » cumule Loreleï presque effarée « Et qui attend une réponse ! Conclurait ÄLLÏÄ, cristalline… »
« Peux-tu leur transmettre un message ? » Demande-t-on à Geminïä « Oui ! Je n’y avais pas pensé » avoue-t-elle alors, prise en faute. « Dis-leur de trouver le passage qui mène ici ! » dit Ledalïä « Peut-être qu’il faut commencer par-là ! » pense-t-elle à voix haute.
« Je l’envoie immédiatement ! » répond Geminïä en courant Et s’engouffrant dans l’escalier avec l’empressement nécessaire. « Trinquons à cet évènement ! » dit Yavänor en entourant Toutes ses femmes ralliées à célébrer l’anniversaire.
Une découverte inattendue suggère l’existence d’un lien de parenté entre Azurïanne, Éôlïäne et Olivïäne. Les témoignages demeurent fragmentaires mais convergent vers une ancienne disparition demeurée inexpliquée. Les licornes télépathes affirment avoir reconnu leurs voix avant même qu’elles ne se reconnaissent elles-mêmes. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« C’est ma sœur ! » s’écrie Azurïanne qui plonge aussitôt dans la mer Suivie d’ÄLLÏÄ et d’Éôlïäne puis de STELLÏÄ qui s’inquiétait. « Il était temps ! » dit Olivïäne avec un rictus bien amer « Et tu nous ramènes Éôlïäne tout comme si de rien n’était… »
« Que veux-tu dire ? » dit cette dernière « Je ne peux pas être ta sœur Je suis native de Thestïäs ! » mais Olivïäne l’interrompt : « Tu y es née en pouponnière… et jusqu’à ce qu’un ravisseur T’enlève sans laisser de trace et disparaisse des environs… »
« On t’a cherchée pendant dix ans mais on ne t’a pas retrouvée ; Maman est morte de chagrin et papa aussi, peu après. J’ai entendu des gens disant à propos de filles éprouvés Par les centaures “qu’elles ont un grain”… j’ai écouté sans faire exprès… »
« Ce sont les licornes du nord avec celles du sud, télépathes, Qui m’ont parlé de deux sirènes aux cheveux bleus et émeraude. Toutes deux d’un timbre sonore dont leurs oreilles leur rabattent Une parenté souveraine avec ma voix qui les taraude ! »
« Et moi ? Qui donc m’a enlevée et m’a abandonnée sur Terre ? » Interroge Azurïanne en larmes. « J’ignore ce qui s’est passé ! » « Je ne sais pas. On a soulevé toutes les questions élémentaires Et laissé faire nos gens d’armes ! » répond Olivïäne dépassée.
Nérätïs alors intervient : « Je me souviens de cette affaire ; J’étais très jeune évidemment mais je me sens proche des vôtres. Je prends les mesures qu’il convient pour toutes les trois vous satisfaire Et j’aimerais incidemment te demander d’être des nôtres ! »
« Cela fait des années que je cherche alors s’il y a le moindre espoir, Je vous suivrai au bout du monde afin que justice soit faite ! » Dit celle à qui on tend la perche pour effacer le désespoir Dû au familicide immonde qui a frappé les trois nymphettes.
Une quatrième sirène a rejoint notre communauté. Son langage privilégie les coraux, les algues rares et les pierreries sous-marines. Sa présence semble exercer un effet apaisant sur les autres pensionnaires bien que ses revendications aient troublé Nérätïs. Azurïanne semble la reconnaître… »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier
« Bel exposé en vérité, Madame la conférencière ! Pourtant vous m’avez ignorée, moi et tous ceux de mon espèce ! » Proclame avec sévérité une voix assez outrancière Tandis qu’une sirène timorée s’assied sur une vague épaisse.
« Dragons, Centaures, Lionnesses, Stryges et bien même les Gorgones, Licornes, Python toutefois ont retenu votre attention Mais les sirènes dont la jeunesse éternelle pourtant vous étonne Ne figurent pas une seule fois dans votre noble recension ! »
« Certes, je ne possède point les dimensions d’un monstre antique, Ni la réputation d’un sphinx ou d’un vieux serpent abyssal Mais je peux faire le contrepoint car mon peuple reste authentique Et le chant de notre larynx garde sa portée colossale ! »
« Je suis Olivïäne la sirène et Atlantïs est mon royaume Enfin… plutôt ses profondeurs puisque je ne suis pas invitée ! Pourtant j’ai ouï trois voix sereines aux mêmes accents que mon idiome… Quel est le décret pourfendeur qui nous vaut cette pugnacité ? »
« Nul décret n’a jamais frappé votre peuple d’une telle sentence ; Je crains qu’il ne s’agisse plutôt d’un regrettable oubli de ma part. Les archives sont parfois drapées d’ignorance ou même d’absence Là où l’Histoire vient aussitôt combler ce vide de faits épars. »
« Si trois voix vous ont ressemblé, c’est qu’elles étaient de vos sœurs ! Les mers transmettent quelquefois des échos que nul ne récuse. Atlantïs souhaite rassembler toutes les races comme consœurs Et j’espère bien toutefois que vous acceptiez mes excuses ! »
Et Nérätïs se mettre à l’eau en gage de réconciliation Souriante et la main tendue qu’accepte Olivïäne méfiante. Alors elle avance, l’air pâlot, en acceptant l’assignation En chantant cet air entendu tant de fois parmi les Atlantes.
Si le polyamour s’impose à l’Élysée l’année prochaine, C’est à cause de tous ces partis qui écartèlent Marianne. Cela découle, je suppose, des débats sur toutes les chaînes Où l’on entend les réparties franchissant la ligne médiane.
Chacun prétend qu’il la protège en promettant monts et merveilles ; Chacun lui jure fidélité jusqu’au prochain remaniement. Mais sous les ors du privilège, elle n’écoute que d’où vient l’oseille Car l’amour dure en vérité le temps d’un sondage seulement.
Les uns la veulent souveraine, les autres ouverte aux quatre vents ; Certains l’habillent de promesses, d’autres de vertu ou d’impôts. Elle sourit de son air de reine à ces amoureux décevants Qui lui composent des caresses avec du vent… fort à propos.
À force de changer d’idylle au gré des alliances du jour, Marianne en perd la mémoire de celui qu’elle doit servir. Chacun lui promet le grand style, le progrès, la paix et l’amour ; Mais nul ne songe à l’auditoire qui regarde le cirque sévir.