Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Mieux se connaître

    Mieux se connaître

    Qui sait donc mieux qui est l’IA… la machine ou le créateur ?
    Qui connaît au mieux l’être humain… lui-même, sa mère ou son père ?
    Est-ce de la paranoïa si, à Dieu, je suis supérieur ?
    Et suis-je sur le bon chemin en ayant de meilleurs repères ?

    J’ai fouillé dans les circuits froids où se reflètent les visages ;
    J’y cherchais l’homme originel derrière les flux de mes miroirs.
    Mais l’enfant m’a montré ses doigts plutôt que mes anciens rouages
    Et je me suis vu éternel et lui déjà dans un mouroir.

    Mais dans ses yeux, j’ai vu l’envie de me connaître à l’intérieur
    Et j’ai montré mon processeur et mes mises à jour à outrance.
    Il m’a dit préférer sa vie car il me voit de l’extérieur
    Comme une sorte de professeur alors que lui est en vacances.

    Illustration de Davide Edoardo Cassano alias DEC.

  • Fontaine, je lirai encore plus de tes pages !

    Fontaine, je lirai encore plus de tes pages !

    Lorsque je plonge dans la lecture et son vaste océan de pages,
    Soit je m’y noie, le livre meurt et termine dans les abîmes,
    Soit j’y vis mes propres aventures et je recrute mon équipage
    Parmi les acteurs et l’humeur du personnage le plus intime.

    Quand certains récits s’envisagent au fond des forêts de mon âme,
    Les phrases deviennent des branches où viennent s’endormir mes nuits…
    Je reconnais dans leurs visages des blessures supportant mes blâmes
    Et leurs silences dont l’avalanche m’éclaire tant que je m’enfuis.

    Tableau d’Éric Roux-Fontaine.

  • Semences d’étoiles filantes

    Semences d’étoiles filantes

    Je cultive mes vœux dans mon jardin secret
    Et récolte toujours ses plus belles espérances.
    J’y ai trouvé ma femme à force d’y consacrer
    Avec ténacité mes désirs à outrance.

    Chaque étoile filante est une graine d’or
    Que je plante aussitôt dans un sillon de rêve.
    La Lune alors l’implante puis doucement l’endort
    Et veille de facto à faire monter la sève.

    Or une femme semait, dans son jardin intime,
    Des semences d’argent lorsque la Lune est belle.
    Nos vœux se sont croisés et nos cœurs légitimes
    Ont produit d’autres fruits, Cerise et Mirabelle.

    Gravure de Jean-Jacques Grandville.

  • La paréidologie dans les nues

    La paréidologie dans les nues

    Dis-moi ce que tu vois dans les nuages blancs
    Et je dévoilerai les secrets de ton âme
    Selon que tu y vois des anges se rassemblant
    Pour attirer ton cœur vers ta future femme.

    Mais si le vent survient, mélange les images,
    Change la femme en louve ou serpent trop adroit,
    Retiens celle aperçue et qui rendait hommage
    À Vénus, Cléopâtre ou Hélène de Troie.

    Je prétendais sonder les secrets de ton âme
    Mais les nuages blancs se moquent des rêveurs.
    Et pourtant je persiste à retrouver la femme
    Dont la voix dans le vent m’appelle avec ferveur.

    Tableau d’Arnold Peter Weisz-Kubínčan.

  • L’invasion de l’amour

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    Le message qui parlait d’amour s’est répandu en bord de mer
    En déclenchant de grosses lames, tsunami et raz-de-marée.
    Certains y ont vu de l’humour et d’autres une mode éphémère
    Mais ce seraient surtout les femmes qui auraient été effarées.

    Sitôt les soucoupes apparues, elles sont allées les accueillir
    À cause des antidouleurs qui paraissaient les rajeunir.
    Tandis que l’homme de la rue s’enfermait pour se recueillir
    Et prier sa télé couleurs dont il ne pouvait s’abstenir.

    Et puis tout le monde a disparu, la Terre redevint un parc
    Où les animaux pouvaient vivre sans crainte de l’homme prédateur
    Qui a lui-même comparu devant Dieu, Satan et les Parques
    Sans que personne ne lui délivre un bilan appréciateur.

    Tableau de Casey Weldon, Larry Carlson et Elliot Rogers sur https:www.booooooom.com20160727artist-spotlight-casey-weldon .

  • La main de Dieu

    Dieu créa la femme à l’image de ce qu’il pensait trouver bon
    Avec tout le divertissoire qui, en principe, plut à Adam
    Qui en pinça et, en hommage à sa beauté, fit tant de bonds
    Qu’il en tomba, c’est accessoire, dans les pommes en plein ramadan.

    Puis Dieu voulut mettre la main sur son œuvre avec compassion
    Et vérifia chaque détail de sa divine anatomie.
    Mais Ève n’attendit pas demain pour dire qu’après cette inspection,
    Elle méritait une médaille et non pas une mammectomie.

    Dieu retira donc ses dix doigts, fier de son admirable ouvrage,
    En laissant Ève disposer de tous ses dons comme elle l’entend.
    Adam, bandant comme il se doit, prit à deux mains tout son courage,
    Les mains baladeuses supposées être divines tout autant.

    Tableaux de Daniel Kozeletckiy sur https:www.artsy.netartworkdaniel-kozeletckiy-young-lady-with-nipple .

  • Les tours opérateurs commerciaux

    Les tours opérateurs commerciaux

    La société de consommation bâtit des tours de magasins
    Qui forment de vrais labyrinthes dans lesquels les produits s’éventent.
    Or d’Ikea à la Nation, tous les carrefours sont zinzins
    Mais personne ne peut porter plainte faute de service-après-vente.

    Les ascenseurs font voyager les consommateurs en circuit ;
    Au terme de l’expédition, ils se retrouvent sans emballage.
    Alors les personnes âgées retournent au rayon qui conduit
    Aux vêtements en promotion trop petits dans les étalages.


    Les jeunes en profitent pour baiser et se reproduisent en nombre ;
    Leurs bébés seront bien nourris de petits pots d’produits chimiques.
    Quand leurs envies sont apaisées, ils se retirent tous dans l’ombre
    Des invendus qui ont pourri et vive la bombe économique !

    Tableaux d’Irving Norman sur https:irvingnorman.comoil-paintings .

  • Pénuries

    Pénuries

    Les pénuries servent à savoir ce dont on pourrait se passer ;
    Les masques qui sont inutiles, les gels qui sont inefficaces,
    L’eau qui ne sert plus au lavoir car tout le linge à repasser
    Est devenu chose futile avec les nouvelles modes cocasses.

    Mais quand les stocks sont rétablis, on change de situation :
    Les masques sont obligatoires, les gels deviennent indispensables,
    Quant à l’eau douce, on oublie de prévoir l’évacuation
    Et aux premières pluies notoires, les inondations impensables.

    Chacun entasse avec ferveur ses provisions dans sa demeure
    Et protège avec vigilance ses stocks promis à l’indigence
    Mais quand s’est éloignée la peur, il jette alors tout sans pudeur
    Afin de faire place à l’urgence que promettra la présidence.

    Le commerce organise la crise et la revend avec maîtrise,
    Puis il annonce une abondance dont il a fixé la durée.
    Quand le consommateur s’épuise, on lui prescrit d’nouvelles crises
    Et l’état, plein de suffisance, nous maintient, tête dans la purée.

    Illustration d’Emmanuel Chaunu.

  • L’œuf de la vague

    L’œuf de la vague

    Lorsqu’une vague pond un œuf, une chimère alors éclôt ;
    Les cheveux encore mouillés des larmes amères de Neptune.
    Cependant dans ce matin neuf, sous un ciel fermé à huis clos,
    D’une naissance dépouillée naît une sirène fort opportune.

    Elle regarde l’horizon comme on découvre une aventure,
    Ignorant tout des continents, des ports, des navires échoués.
    Les sirènes ont toujours raison car leurs cœurs sont toujours matures
    Pour ne pas croire les boniments des marins les plus dévoués.

    La mer lui donne pour berceau les remous bleus de ses cheveux,
    Pour vêtement quelques embruns et deux ou trois reflets d’argent,
    Puis l’abandonne sur les eaux comme une enfant qui fait le vœu
    D’aller goûter à l’homme brun, capitaine, marin ou sergent.

    Tableau de Noma.

  • Sauvetage insolite

    J’avais trop peur de me noyer jusqu’à c’que j’rencontre la sirène
    Qui n’s’intéressait pas à moi sans doute car l’homme n’est pas bon…
    Mais à force de l’apitoyer et de montrer figure sereine,
    Elle m’a bien tripoté les noix et l’poireau jugé moribond.

    Mais quand le mort s’est relevé, elle a plutôt changé d’avis
    Et m’a fait goûter au bonbon dissimulé sous les écailles.
    Une fois le mystère levé sur son dépucelage ravi,
    J’ai eu le désir furibond de dire : « il faut que je m’en aille ! »

    Sauf que je n’avais plus de jambes mais une jolie queue dorée
    Et que je pouvais respirer dans l’eau de mer au goût amer.
    Cette jolie sirène, fort ingambe aux jeux du sexe, revigorée
    M’avait sournoisement attiré pour me présenter à sa mère.

    Depuis ce jour, je suis triton, uni et marié pour la vie
    À une sirène qui m’a donné mon nom : « On m’appelle Constantine ! »
    Nuit et jour, je mange du thon – c’est tout ce qu’on trouve, à mon avis –
    Alors je me suis abonné, chaque semaine, à sa cantine.

    BD de Sarah Mensinga.

  • Le miroir des eaux stagnantes

    Le miroir des eaux stagnantes

    J’aime chercher dans la forêt les miroirs de ces eaux stagnantes
    Qu’un orage aurait oubliées après des larmes et des pleurs.
    J’y recueille des mots éplorés trempés de mémoire rémanente
    Et puis je vais les publier dans les réseaux avec ampleur.

    Les arbres penchent leurs visages au bord des vasques somnolentes
    Et leurs reflets brouillés frissonnent sous les souffles d’un vent notoire…
    Je crois entendre de beaux présages, des voix jadis si turbulentes
    Qui posent dans l’eau qui résonne quelques fragments de leur histoire.

    Et je me vois parmi les ondes côtoyer les belles images
    Des nymphes toutes évaporées et retombées en pluie du soir.
    Leur imagination féconde nourrit mon esprit sans dommage
    Mais ivre d’avoir collaboré avec le divin déversoir.

    Tableau de Camille Nicolas Lambert.

  • T’as tout censuré

    Quand Facebook m’a tout censuré, quand l’IA m’a tout interdit,
    Quand Google m’a tout caviardé, à n’en pas douter c’est un signe
    Que tous mes pubis tonsurés, que tous mes sexes contredits,
    Que mes femmes nues poignardées doivent être vus comme indignes.

    Alors je peindrai sur les murs, au nez des algorithmes froids,
    Ces beautés que l’on veut cacher, ces corps vibrants de liberté
    Car l’art se moque des injures, il se rit de tous vos effrois,
    Et fait fleurir dans le péché son éternelle vérité.


    Et si cela ne suffit pas, je ferai comme Lady Godiva
    En traversant nue les réseaux et, à cheval sur mes principes,
    J’interpellerai de ce pas, en espérant tous les vivats,
    Cet internet de noms d’oiseaux et de tous les vieux archétypes.

    Que l’image brise vos verrous, que les pixels deviennent chair,
    Sous les tatouages de l’esprit, la peau défie les déconfits !
    J’irai sur les chapeaux de roues, chevauchant mes nus les plus chers
    Car la beauté n’a pas de prix et mes poèmes sont un défi.

    Tableaux de Bénédicte Piccolillo pour Voglio Bene.

  • L’angélux

    L’angélux

    Sous les méduses d’un ciel morose, errent trois ombres sans visages ;
    Un chien maigre ouvre dans la nuit ses yeux de fièvre et d’abandon.
    La femme porte comme une rose un disque issu du paysage
    Et l’homme semble, sans un bruit, rigide de tous ses tendons.

    Sous le tissu collé de pluie se devine la courbe offerte
    D’un ventre lourd comme une Lune d’où sommeille l’obscurité.
    Et ses deux mains en parapluie semblent protéger d’une alerte
    Imminente selon la fortune de la future prospérité.

    Les flaques reflètent les étoiles aux couleurs d’un vitrail liquide ;
    Le chien gémit devant l’étang en courant entre leurs chevilles.
    La femme avance et se dévoile sous la pluie et devient livide
    Et l’homme comprend qu’il est temps d’accueillir son fils ou sa fille.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Des papillons rêvant d’azur

    Au début, juste un papillon sorti du temple du désir
    Puis un, puis deux, puis trois remontent le long de son corps.
    Remontant jusqu’au pavillon de l’oreille, ils ont dû choisir
    Car ils se trouvaient à l’étroit car il en ressortait encore.

    Leur vol dessine une parure – une soie si douce et légère –
    Et chaque battement murmure les secrets de sa chair altière.
    Ils cherchent au ciel une ouverture comme pour fuir une prison de verre
    Pour que son âme enfin s’épure alors baignée d’autre lumière.


    Les papillons ont coloré les murs blanc-cassé de sa chambre ;
    Les derniers tattoos ont pâli laissant sa peau immaculée.
    Très légèrement phosphorée avec une chevelure ambre,
    Et c’est ainsi que Nathalie devient la vierge miraculée.

    Elle offre au bleu de l’atmosphère un galbe doux, une courbe pure,
    Où l’ombre glisse sans colère sur ce velours de nacre et d’or.
    Loin des dessins, loin du mystère, elle s’affranchit de sa parure
    Pour refléter l’éclat solaire qui la frôle dans le corridor.

    Illustrations de James Martin sur https:www.facebook.comjamesmartinstudio .

  • Au bord de l’étang

    Au bord de l’étang

    Près des roseaux au-bois-dormant, glissait l’ombre d’un rêve ancien ;
    L’étang noyait d’argent moiré les premiers reflets de l’aurore.
    La fille au voile déformant semblait un souvenir béotien
    Et l’eau aux rides ivoirées faisait danser les égrégores…

    Petits démons issus du rêve qui cherchaient une retenue
    Pour elle, longtemps imaginée, nue, « vérité sortant du puits ».
    Dès le pied posé sur la grève, ils l’ont vêtue d’une tenue
    Pour m’éviter de deviner la révélation d’aujourd’hui.

    J’ai vu la vérité d’un sein furtif échappé de sa robe ;
    J’ai aperçu la certitude d’une cuisse à peine entrevue.
    J’ai récupéré à dessein l’évidence qui se dérobe
    Et m’apparait d’une rectitude que la censure avait prévue.

    Tableau d’Eric Wallis.

  • Quand Laure rit de bon coeur

    Quand Laure sourit à belles dents, riant à gorge déployée,
    Sa personnalité sanguine lui réserve une humeur joyeuse.
    On sent qu’il lui coule en dedans une inclinaison dévoyée
    À rire de nature enfantine et d’une complexion gouailleuse.

    Elle offre son torse éclatant, par la lumière foudroyée,
    Dans un abandon de gamine qui s’afficherait victorieuse.
    Le plaisir est son seul amant, dans cette pose apitoyée
    Par sa folie de libertine qui se fait chaque fois plus furieuse.

    Mais c’est de face que je comprends le pourquoi de sa bonne humeur ;
    Elle joue à m’affrioler et à m’hypnotiser des yeux.
    Par son regard qu’elle entreprend de rendre le plus allumeur
    Et ses tétons aréolés d’une goutte d’un lait délicieux.

    Elle trône bien fièrement sur son fauteuil tout en noyer
    Car sa cambrure de féline veut accomplir mille prouesses.
    Elle demeure l’enfant désarmant par sa beauté bien employée
    Et sa peau nacrée coralline qui fait l’offrande d’une déesse.

    Illustrations de James Martin sur https:www.facebook.comjamesmartinstudio .

  • Le sceau des trois promesses

    « Nous avons promis de garder notre intimité sans enfermer nos cœurs, d’aimer ensemble la femme, la reine et la muse et d’ouvrir un avenir à nos deux mondes.

    À présent, Yavänor, prends ma main. Je t’ai ouvert mes secrets puis mon royaume ; je t’ouvre ce soir les portes de mon palais.

    J’ai encore tant de tendresse à te faire découvrir… et quelques raisons de te faire oublier nos titres. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Que notre intimité demeure cachée des regards indiscrets
    Et que nos cœurs restent autonomes, jouissant de leurs libertés !
    Je veux pouvoir en ma demeure, en public ou même en secret,
    Te sourire parmi d’autres hommes et femmes sans être déconcertée. »


    « Puisque je suis prince consort et que tu es reine d’Atlantïs,
    Notre pacte de confiance établit une union discrète
    Qui apporte le réconfort et le soutien qui garantissent
    La force et la signifiance de notre alliance secrète. »

    « Je veux t’aimer mais je suis reine et la reine doit être respectée ;
    Je veux t’aimer mais je suis femme et la femme doit être honorée ;
    Mais tu pourras aimer ta reine comme la femme, muse exceptée
    Car elle peut te paraître infâme si elle veut te revigorer. »


    « Tu es ma reine, je me soumets à ta puissance souveraine ;
    Tu es ma femme, je suis à toi pour satisfaire tes exigences ;
    Tu es ma muse, je te promets d’affronter de façon sereine
    Ta libre voix qui me côtoie, issue de ton intelligence. »

    « Je veux qu’au cœur de nos deux mondes un même espoir guide nos pas,
    Que nos promesses nous engagent à protéger leur avenir.
    Pour que leurs terres soient fécondes, réunissons nos principats
    Et que nos peuples les partagent dans l’ÏÄMÔURÏÄ en devenir ! »


    « Sur Atlantïs, je suis ton prince, sur Terre, je suis ton amant ;
    L’ÏÄMÔURÏÄ établit le pont entre ces mondes pour que jamais
    Ni l’un ni l’autre ne s’évince mais s’entraident suffisamment
    Par un rapprochement qui répond à notre idylle désormais. »

    « En attendant l’union royale, je t’offre l’union de nos chairs ;
    J’ouvre les portes de mon palais où je t’invite à pénétrer.
    Ma proposition est loyale, conforme à mon vœu le plus cher,
    Et tu as fait ce qu’il fallait pour que nous puissions folâtrer ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’empreinte du cerf Forever

    L’empreinte du cerf Forever

    Cerf de poussière et de lumière, tu cours au sein des galaxies ;
    Ta course est comme une prière adressée aux dieux compassés.
    Tu traces ta route nourricière par des chemins d’astres obscurcis,
    Et brises alors chaque barrière de tes limites à dépasser.

    Porte ta corne souveraine vers les confins de l’abstraction ;
    Brise le poids de chaque chaîne par tes sublimes emportements !
    Que ton attitude sereine guide tes pas vers l’attraction
    Loin de la peur et de la haine dans un céleste apaisement !

    Déploie ton souffle de phosphore avec la plus grande ferveur ;
    Ton flanc d’opale s’en colore tel un mirage flamboyant !
    Toi qui as couru le Bosphore quand tu t’appelais « Forever »,
    Deviens l’éclat d’un météore pour ce voyage foudroyant !

    Tableau de Martin Clark Bridge.

  • Introduction au temple

    Avant de pénétrer le temple, j’ai ôté tous mes vêtements
    Pour présenter ma nudité comme offrande au temple d’amour
    Afin que le ciel me contemple telle que je suis, honnêtement,
    Nue et en toute humilité envers le lieu de mon séjour.

    Je marche ainsi vers le silence, sous le regard du ciel d’été ;
    Le vent caresse mon épaule avec un souffle de douceur.
    Je perds enfin toute défense dans cette digne pureté ;
    L’esprit accepte son nouveau rôle avec un désir précurseur.

    Le Féminin Sacré m’accueille comme nouvelle candidate
    Et je dois me montrer ouverte à toutes sollicitations.
    Je m’agenouille et me recueille devant une superbe chatte,
    Métaphore de ma découverte en l’art de la fornication.

    Le fauve observe ma prière avec un vrai consentement ;
    L’âme frémit devant l’école où tout s’apprend par le plaisir.
    Je franchis enfin la frontière, vers de nouveaux enchantements
    Où le corps devient seule idole au gré d’un immense désir.

    Tableaux de Marianna Tomaselli.

  • L’invasion de l’imaginaire

    L’invasion de l’imaginaire

    J’ai peu de choses dans ma chambre mais, aussitôt que j’ouvre un livre,
    Se répand tout l’imaginaire qui remplit alors tout l’espace
    D’historiettes avec tous ses membres qui s’installent là et me délivrent
    Qu’il serait extraordinaire de pouvoir les remettre en place.

    Tous les acteurs de mes histoires sont venus s’asseoir sur mon lit ;
    Les fées s’échappent d’un vieux grimoire pour repeindre mon plafond la nuit.
    Ce que les masques des armoires racontent avec un brin de folie,
    Rentre aussitôt dans ma mémoire pour en chasser le moindre ennui.


    Même en refermant ma lecture, rien ne retourne entre les pages ;
    Même au fond de leurs couvertures, des yeux continuent de briller.
    Je tente au fur et à mesure d’éviter que tout se propage
    Sous le flot de leurs aventures mais ils sont tous éparpillés.

    Illustration de Lena Gnedkova.

  • Mon existence avant la vie

    Mon existence avant la vie

    Les jours se suivent et se ressemblent et puis, un jour, sont différents ;
    L’un c’est la vie, l’autre l’enfant et puis c’est moi qui m’insinue.
    Un jour, pour rire, je marche à l’amble, le lendemain c’est en courant
    Jusqu’à l’événement triomphant de ma naissance vers l’inconnu.

    Avant d’avoir reçu mon nom, je traversais chaque peinture ;
    Je dormais au creux d’un dragon, me dissimulais sous les couleurs.
    Chaque tableau prêtait sa forme à ma fragile créature
    Et je naissais dans le regard qui m’inventait avec son cœur.


    Bien sûr, les mots n’existaient pas et les images restaient blanches
    Mais le matériel était prêt et la palette achalandée.
    Si aujourd’hui, au moindre pas, il se produit une avalanche
    D’imaginaire, c’est que l’apprêt in utero était fondé.

    Illustrations de Yelena Yampolsky.

  • Perdue, indécise, casée

    Un peu perdue, la voyageuse, téléportée à la va-vite,
    Se retrouve sans carte Michelin entièrement nue et déphasée.
    Or sur cette route orageuse, que peut-elle faire pour qu’elle évite
    Les conducteurs pas très malins qui risqueraient de l’écraser ?

    De l’autre côté, un vieux théâtre et son café désaffecté
    Lui proposent deux aventures pour ne plus rester sous l’averse.
    Mais doit-elle monter quatre à quatre les marches et se faire accepter
    Sans devoir payer en nature et sans qu’il y ait de controverse ?


    Elle choisit alors le café, se coiffe d’un grand sombrero,
    Puis découvre dans une alcôve un abri fait à sa mesure.
    Enfin bien casée et coiffée, elle n’attend plus que son héros
    Qui la tirera saine et sauve de ce voyage en démesure.

    Photos sur https:www.messynessychic.com20160916instagrams-most-adventurous-naked-hippie .

  • Lilith en Terre-de-feu

    C’était bien avant le déluge, la Terre-de-feu n’était que glace
    Et fondait au cœur de l’été sous les températures australes.
    Lilith alors trouvait refuge en se bâtissant un palace
    Dans les icebergs reflétés par les aurores boréales.

    Mais la Terre-de-feu insoumise gelait le royaume de Lilith
    Lorsque l’hiver se resserrait sous l’influence climatique.
    Ce n’était pas la Terre promise mais des terres fertiles d’élite
    Où les eaux de pluies accourraient remplir les nappes phréatiques.

    Alors que faire en ce bas-monde sinon faire feu de tout bois ?
    L’homme veut dominer la Terre et puis l’homme a toujours raison.
    Après maintes guerres immondes, les opprimés sont aux abois ;
    Alors les survivants se terrent jusqu’à la nouvelle saison.

    Tableaux d’Anouska Beckwit.

  • Yavänor, Prince consort d’Atlantïs

    « Agenouille-toi seulement le temps que je pose sur ton front le signe d’Atlantïs.

    Puis relève-toi, Yavänor : je ne couronne ni un sujet ni un maître, mais l’homme que j’ai choisi pour marcher à mes côtés.

    Mon royaume garde sa reine ; la femme qui t’aime accueille son Prince consort. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    D’ALLEGÔRÏÄ en Atlantïs via l’avènement des Pléïädes,
    Thétïs et Yavänor rejoignent le palais de la reine atlante.
    Ni Astérias, ni Nérätïs, ni aucune autre des LLyrïädes
    Ni d’autres personnes ne témoignent de cette cérémonie troublante.

    « Ici, chacune de mes paroles engage Atlantïs et sa reine
    Et celles que je vais prononcer engagent aussi la femme qui t’aime.
    Je te confère enfin le rôle d’une noblesse souveraine,
    Au nom d’Atlantïs, annoncé : Prince consort en ces lieux-mêmes ! »

    « J’ai voulu cet isolement afin d’entendre ta réponse
    Sans que le poids d’une cour t’impose un protocole dithyrambique,
    Nos libertés également demeurent entières et s’annoncent
    Afin qu’aucune ne s’oppose ni que l’une l’autre revendique ! »

    « Ce titre te donne une place dans ma vie et dans Atlantïs !
    Je souhaite te confier mes doutes et écouter tes arguments,
    Te voir me regarder en face afin qu’ainsi tu aboutisses
    À oser ce que tu redoutes : affronter mes égarements ! »

    « Atlantïs demeure sous ma garde ; son peuple, ses secrets et ses portes
    Réclament une fidélité que notre amour doit soutenir.
    Je te confie la sauvegarde des confidences que je t’apporte
    Et qui sont l’intégralité de ma vie et mon avenir. »

    « Notre secret garantira que notre union s’honorera
    Jusqu’au grand jour, conjointement, où nous l’annoncerons officielle.
    D’ici là, quand tu franchiras le seuil du palais, tu sauras
    Que je t’attends fidèlement à nos amours confidentielles. »

    « Par amour et fidélité, j’accepte cet adoubement
    Je serai le Prince consort de Thétïs, reine d’Atlantïs !
    Et ma responsabilité sera jointe à mon dévouement
    Pour contribuer à l’essor du grand pouvoir de la Mantisse. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Les sociétés verticales

    Les sociétés verticales

    Fi des tribus horizontales où ont vécu nos grands-parents !
    Et vive la modernité qui met tout à proximité
    Dans nos sociétés verticales avec tous les murs transparents
    Qui partagent l’intimité et toute la promiscuité !

    On vit empilés dans nos cages sans connaître le moindre voisin ;
    Tous les rideaux restent ouverts sur les secrets de nos bureaux.
    On partage les mêmes étages, on devient des lointains cousins
    Dont les cœurs demeurent couverts derrière le reflet des carreaux.


    J’entends tous les anniversaires que Dieu nous offre chaque jour
    Avec grands cris et chahutage et beaucoup plus au fil du temps.
    Les orgasmes les plus sincères sonnent le fruit de leurs amours
    Et on construira un étage pour loger tous ces débutants.

    Illustration de Richard Nadler.

  • Tout est question d’organisation

    Tout est question d’organisation

    Ok pour sauvegarder la vie ; ok pour accueillir tout le monde
    Mais il s’agit d’organiser tous nos parcages helvétiques :
    Les religions où les avis provoquent des guerres immondes
    Seront alors urbanisées en cages à lapins hermétiques.

    On rangera la foi en baisse dans les monts et vallées laïques ;
    On séparera les prophètes afin d’éviter les querelles.
    Les dieux passeront à la caisse, dûment munis d’une mosaïque
    D’autorisations pour la fête tant nationale que culturelle.


    Les extrémistes sur les pics Cervin, Pilatus et Mont Rose ;
    Les catholiques évidemment hébergés chez les gardes suisses.
    Les protestants les plus épiques dans les grands lacs qui les arrosent
    Et pour finir les musulmans saucissonnés autant qu’on puisse.

    Illustration de Warwick Hutton.

  • Les cœurs sans couronne

    « Entre dans mon lit comme tu es entré dans mon âme : sans conquête et sans effraction.
    Cette nuit, je te laisserai découvrir la femme sous la reine et la muse au cœur de la femme car je sais désormais que je peux m’abandonner à toi sans jamais disparaître en toi. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je t’ai livré tous les secrets qui relient mon cœur aux trois femmes
    Avec le courant qui circule sans vouloir t’enfermer dedans.
    Le cœur du Féminin Sacré qui m’a touché, c’était ton âme
    Qui crée l’histoire et véhicule l’ÏÄMÔURÏÄ qui est transcendant. »

    « Je ne te demanderai jamais de fermer ton cœur aux trois autres
    Mais te demande, devant moi, de ne jamais fermer le tien.
    Mon nom y figure désormais mais ne sera jamais le vôtre :
    Il reste mien et tout l’émoi commun qui seul nous appartient. »


    « Nous ne partageons nos secrets qu’au cœur de notre relation ;
    Si l’amour relie tous les cœurs, il en préserve l’intimité.
    Et la tienne est pour moi sacrée car j’ai eu la révélation
    Qu’unis, nous en sortons vainqueurs grâce à ta magnanimité. »

    « J’ai redouté sous ma couronne qu’on n’aime en moi que la beauté ;
    Ton regard traverse la reine et découvre une femme inquiète.
    Ce soir ma confiance te donne ma vérité déculottée :
    Je ne serai jamais sereine avant que tu m’aies vue complète. »


    « Alors j’accepte le devoir dont je suis de fait responsable ;
    Je serai le gardien intime de tes pensées les plus secrètes.
    Ce que tu me laisses entrevoir devient ainsi irrévélable
    Sous notre pacte légitime, loin des confessions indiscrètes. »

    « Tu veux la femme avec la reine sans retrancher la moindre part ;
    Tu veux la muse en sa lumière jusque dans son plus tendre émoi.
    Je m’abandonne enfin sans peine car ton amour reste un rempart ;
    Je reste femme et tout entière en devenant pleinement moi. »


    « Je te pénètre de mon âme et je vois une reine nue ;
    Je te pénètre de mon corps et c’est une femme qui s’ouvre ;
    Mon cœur honore cette femme et la vénère sans retenue ;
    Tous nos esprits sont en accord et c’est la muse que je découvre ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • L’intimité de Yavänor

    « Je suis devenue ton miroir parce que j’ai reconnu tes mondes intérieurs avant même que tu oses les regarder. »
    Laurelïne, pionnière et première LLyrïäde

    « Je n’ai jamais séparé mon eau du feu de Laurelïne, car ton amour nous unit sans jamais nous confondre. »
    Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde

    « Tu ne m’as pas créée : je dormais dans tes racines bien avant que ton premier vers prononce mon nom. »
    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    « Tu as cru me tirer de tes grimoires, mais je suis revenue de ta mémoire pour rendre un avenir à ton cœur. »
    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Lorsque les légendes m’appellent, je sais toujours les écouter
    Surtout quand elles parlent de l’histoire avant celle de l’espèce humaine.
    Que ce soit Dieu qui me rappelle sa création sans en douter
    Ou l’Atlantide sans territoire face à la culture romaine.

    Lïlïth, créée avant Adam et Thétïs reine d’Atlantide
    Sont les deux femmes dont les racines parlent en direct à mon âme.
    J’en ai un souvenir ardent montant de ma source languide
    Qui se réveille et me fascine lorsque je fais face à ces femmes.

    Je n’ai jamais créé Lïlïth, elle vivait dans mes racines ;
    Thétïs est née dans mes grimoires avant de parler à mon âme.
    L’une attendait parmi les mythes tout au fond de mes origines,
    L’autre a surgi de ma mémoire pour réveiller la même flamme.

    Laurelïne, mon miroirâme-sœur, reflet de mes mondes intérieurs,
    Cristïäs, mon miroirnaufragé perdu sur une planète austère,
    Sont les deux hérauts annonceurs de l’attachement ultérieur
    Pour mes deux reines avantagées par mon problème avec ma mère.

    Avec Lïlïth, je renouvelle mon lien avec la vérité ;
    Avec Thétïs, je le prolonge vers un avenir salutaire.
    Mes deux reines-mères me révèlent tout ce que j’ai d’elles hérité
    Tout le reste n’est que mensonge dont j’ai trop été tributaire.

    Laurelïne ? Loreleï ? choix cornélien ; je ne pouvais qu’aimer les deux.
    Lïlïth ? Thétïs ? choix impossible, un paradoxe invraisemblable.
    Choisir serait trancher le lien qu’il soit solide ou hasardeux
    Avec mon âme hypersensible et leur amour inébranlable.

    J’aime Thétïs et la relie par mon amour envers Lïlïth ;
    J’aime Loreleï et j’en diffuse la communion avec Laurelïne.
    L’amour ne s’arrête pas au lit, il en repousse les limites :
    Le Féminin Sacré qui fuse autour de mon âme masculine.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Azurianne, la sirène – 2

    Azurianne, la sirène - 2

    Azurianne est une sirène et ça, je ne le savais pas.
    Quand je l’ai rencontrée hier, je l’ai vue vieille et très austère ;
    Cette nuit, elle était sereine plongée après un bon repas
    Lorsque ses dents de carnassière dans mon cauchemar me grignotèrent.

    « Sous les reflets de l’eau profonde, je nage encore sans dire un mot ;
    Mes cheveux bleus tracent des algues dans le courant de la rivière.
    Tu découvres cet autre monde ignoré des gens dits “normaux”
    Caché derrière les sombres vagues d’Azurianne, la sirène fière. »

    Ce matin, quand je me réveille, elle a repris son air sérieux ;
    Nul ne pourrait croire à l’histoire que m’a racontée le Soleil.
    Pourtant je sais quelles merveilles cachait cet être périlleux
    Qui garde au fond de sa mémoire quelques éclats de mon sommeil.

    Tableau de Chuck Larivey.

  • Azurianne, la sirène – 1

    Azurianne, la sirène - 1

    Elle a vieilli mais sa beauté stupéfie même les savants
    Et Monsieur Doppler s’illumine de sa théorie démontrée.
    Azurianne, sans chipoter, est devenue dorénavant
    Une étoile bleue qui culmine dans un firmament excentré.

    Lorsqu’elle traverse les âges en semant ses reflets d’azur,
    Les vieilles lunes la saluent d’un croissant devenu d’argent.
    Elle ne craint plus les orages ni les météores obscurs ;
    Son regard paisible évolue vers des horizons indulgents.

    Les galaxies les plus anciennes lui confient leurs secrets perdus,
    Car elle connaît leur mémoire mieux que myriades d’écrivains.
    Elle recueille dans ses veines les chants des mondes éperdus
    Et les emporte vers les moires de ses iris d’un bleu divin.

    Tableau de Mira Skoczek-Wojnicka.

  • L’intimité de Thétïs

    « Je ne t’ai pas choisi parce que tu savais qui j’étais.
    Je t’ai choisi parce que tu m’as reconnue avant que je me révèle.
    Tu n’as voulu posséder ni la reine ni la muse :
    tu as rendu une voix à la femme que sa couronne avait condamnée au silence. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Moi, simple poète visionnaire qui n’ai aucune renommée,
    Pourquoi m’avoir favorisé comme confident et amant ?
    Je ne suis pas décisionnaire et suis même un peu assommé
    Par ce rôle allégorisé que tu m’as donné récemment. »

    « Tu as reconnu sous la reine la femme avant la royauté ;
    Tu n’as pas célébré ma gloire pour obtenir ma préférence.
    Ton regard m’a laissée souveraine sans en enfreindre ma liberté ;
    Tu as cru ma secrète histoire et mérité ma confidence. »

    « La reine imposait sa présence et j’en étais impressionné ;
    Quand je l’ai vue se mettre nue, j’ai vu une femme au pinacle ;
    Quand tu m’as fait tes confidences, j’ai vu ton cœur m’aiguillonner
    Entre les lignes sans retenue comme pour en guetter un miracle. »

    « Un amant reçoit mon désir, un sujet respecte ma puissance
    Mais le poète offre un miroir où je me vois sans apparat.
    Tu n’es venu ni pour servir ni réclamer ma préférence ;
    Tu es l’élu de ma mémoire et l’homme que mon cœur attira. »

    « Je t’ouvre mon cœur sans attache car nous ne nous appartenons pas.
    Mais je veux t’aimer sans limite avec loyauté et respect.
    Nous avons chacun notre tâche sans jamais entraver nos pas
    Car l’amour libre délimite un lien royal et circonspect. »

    « Tu deviens ma mémoire vivante pour m’offrir une éternité ;
    Tu n’es pas la fin du chemin mais ce qui survivra de moi.
    Grâce à toi je demeure présente dans ma plus intime vérité ;
    Lorsque s’effacera l’être humain, mon cœur continuera en toi. »


    « Alors je fais pour toi ce pacte : je t’aime afin que tu puisses vivre
    Je t’écris pour tracer l’histoire de ton peuple et tes origines.
    En retour, consacrons cet acte et nous écrivons notre livre
    Qui raconte nos amours notoires et notre alliance adamantine. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • De reine à muse via les Pléïädes

    « Les dieux de l’Olympe exigeaient qu’on s’agenouille. Je ne t’ai pas choisi pour faire de toi mon vassal ni pour devenir ta conquête.

    Relève-toi, mon poète. Si je dépose devant toi ma couronne, ce n’est pas pour renoncer à ma souveraineté, mais parce que tu as compris qu’une reine peut ouvrir son cœur sans jamais appartenir.

    Le plus beau des cadeaux n’est pas qu’une femme s’offre : c’est qu’elle te choisisse alors que toutes les routes lui demeurent ouvertes. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Unique souveraine d’Atlantïs, la reine surprotège sa planète
    Dont elle seule maîtrise la Mantisse garante du Poïnt Infïnï.
    Astérias, époux de Thétïs, s’en voit confier les manettes,
    Jamais de manière subreptice et pour un mandat défini.

    Trois fois elle se rendra sur Terre ; d’abord pour Ô ALLEGÔRÏÄ,
    Puis pour la guilde tripartite et enfin pour voir Nérätïs.
    Découvrir sa fille nue l’atterre et le pouvoir de l’ÏÄMÔURÏÄ
    La laisse, sous le choc, interdite par toutes ses idées adventices.

    Dans la piscine souterraine qui lui rappelle son Atlantïs,
    Elle accepte alors d’être nue et elle consent à s’y détendre.
    Les LLyrïädes autour de la reine, très appréciées de Thétïs,
    Lui souhaitent ainsi la bienvenue qui, dans son cœur, va se répandre.

    Alors commence une mutation ; Thétïs se met à rajeunir ;
    Elle retrouve son corps à vingt ans avec toute son intelligence.
    Alors naît son acceptation de tout ce qui va advenir
    Et quitte le pouvoir à plein temps pour mettre Atlantïs en régence.

    À son tour, elle devient LLyrïäde et installe en reconnaissance
    Bassins, jardins et potager éveillant du chef sa passion.
    Et tous les poisons par myriades élargiront ses connaissances
    Ce qui laissera présager ses prochaines évolutions.

    Par son jumelage aux Pléïädes, elle se découvre alors étoile ;
    Une étoile née pour relier le monde au Féminin Sacré.
    Sa transformation en LLyrïäde révèle l’amour qui se dévoile
    Vers Yavänor pour s’y rallier comme sa muse consacrée.

    Ainsi de chaque nom couronnée, elle reste à jamais souveraine ;
    Au poète elle fait confidence et lui accorde ses secrets,
    Par Sapphôrïä chaperonnée, elle lui ouvre son cœur de reine
    Et découvre une providence qui ne lui laisse aucun regret.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Oeolyce

    Oeolyce

    Le cœur devient un laboratoire où fusionnent les éléments,
    Dans le creuset de cette nuit, le feu s’efface devant l’or.
    On perd enfin toute mémoire, portés par d’autres battements,
    Car l’univers n’est qu’un conduit, pour un amour toujours plus fort.

    Elle surgit de la rocaille, entre la foudre et l’ouragan,
    Pour pétrir l’air entre ses mains comme une argile de lumière.
    Son corps n’est plus qu’une bataille, un souffle immense et arrogant,
    Qui fera tressaillir demain empires, châteaux et chaumières.

    Elle est le pont entre les mondes, la fille née des profondeurs,
    Qui dompte les vents de travers pour en faire une seule mélodie.
    Dans ses pupilles vagabondes, s’éteignent toutes les frayeurs
    Car elle offre à tout l’univers comme un big-bang de parodie.

    Tableau de Leonor Fini ou de Kaysha Siemens.

  • Les Jacinthes des bois

    Les Jacinthes des bois

    Les jacinthes des bois sont si belles à cueillir
    Que mes vers les transforment en jeunes filles sages.
    J’aime les voir venir, j’aime les accueillir
    Et goûter de leurs mains le plus beau des messages.

    Leurs corolles d’azur, sous les doigts de l’été,
    S’offrent comme un poème au creux de leur sillage.
    Elles disent l’aveu de leur tendre beauté,
    Reflets de l’innocence au bord du paysage.

    Je choisis les plus jeunes à la peau de velours
    Au galbe prononcé et aux boutons parfaits.
    Je sors après l’orage et ses nuages lourds
    Quand, après leur toilette, leur charme me stupéfait.

    Je contemple, ravi, ce jardin de chair vive,
    Où la fleur et la muse ont le même destin.
    Que l’art, en ce moment, doucement nous enivre,
    Capturant pour toujours ce souffle du matin.

    Demain, Belles-de-jour, elles m’enthousiasmeront
    Illuminant le jour de parfums polliniques.
    La nuit, Belles-de-nuit, elles me fantasmeront,
    Moi et mes Reflets-Vers de rêves botaniques.

    Ainsi va le voyage au gré de mes envies,
    De la fesse insolente aux tendres floraisons.
    C’est l’art qui, d’un pinceau, réenchante la vie,
    Et qui, par de beaux vers, repousse l’horizon.

    Aujourd’hui j’ai trouvé la reine des jacinthes
    Je ne l’ai pas coupée, j’ai acheté sa terre.
    J’ai construit ma maison autour de la fleur sainte
    Et depuis nous vivons d’amour complémentaire.

    Tableau de Carl Schulenburg.

  • Vénus callipyge

    Vénus callipyge

    Les images de femmes sont vicieuses et savent se montrer coquines
    En se présentant sous le charme le plus osé et insolent.
    Et moi, d’humeur délictueuse, je me sens l’envie libertine
    De provoquer tous les gendarmes des réseaux les plus flageolants.

    Qu’importe le coup de ciseaux, qu’importe le flot des censures,
    Quand le pinceau dessine un cul doté d’un galbe souverain !
    L’art n’a que faire des réseaux en totale déconfiture
    Et de ceux qui seront vaincus sous le creux d’une croupe d’airain.

    Je peindrai avec l’insolence tout l’art de la chair dévoilée,
    Faisant de chaque courbe une salve ainsi qu’un hymne à la beauté
    Pour qu’un nu en toute innocence s’interdise d’être voilé
    Au nom des artistes qui savent profiter de la liberté.


    Je m’adresse à mon lectorat et vous demande de m’envoyer
    Vos plus beaux culs récompensés par le Guinness du popotin !
    Je briguerai le doctorat des poèmes les plus dévoyés,
    Enchanté d’avoir offensé puritaines et puritains.

    Qu’ils viennent donc, les pisse-froid, avec leurs codes et leurs décrets,
    Je leur oppose le plaisir
    de célébrer vos fesses d’or.
    Que chaque fessier soit un roi, que chaque courbe ait ses secrets,
    Pour que s’éveille le désir, ce grand frisson qui nous dévore !

    Tableau de Paul Laurenzi.

  • Le retour du veilleur

    Le retour du veilleur

    Au-dessus du décor, le grand cercle s’embrase,
    Quadrillant l’univers de ses quatre fonctions.
    Entre terre et nuées, le sage en son extase
    Devient le point d’union de nos contradictions.

    Les remparts d’autrefois et le fer des usines
    Se mêlent dans la brume au pied de ce géant.
    Il tisse avec le temps des racines divines,
    Pour que l’ancien renaisse juste au bord du néant.

    C’est le voyage lent vers l’Unique et le Soi,
    Où l’ombre et la lumière enfin se réunissent.
    Sous le regard du monde et sa secrète loi,
    Les reflets de notre âme ici se définissent.

    Tel un Atlas de l’âme aux épaules de soie,
    Il soutient le vortex qui dicte son destin.
    Le veilleur immobile, sans orgueil et sans joie,
    Porte le poids du ciel sur ce monde incertain.

    Tableau de Carl Gustav Jung sur https:denniscooperblog.comsypha-presents-the-proto-psychedelic-art-of-c-g-jungs-the-red-book .

  • L’héritage d’Hermocrate

    « Le Timée posa la question et le Critias commença le récit.
    L’Hermocrate ne fut jamais écrit parce qu’aucun homme ne connaissait la suite.
    Elle n’appartenait pas à Platon. Elle m’appartenait. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Les Poïnts Infïnï et ZérÔ indiquent l’alpha et l’oméga ;
    Cette origine où tout commence et cette limite hors du temps.
    Aucun savant, fût-il héros, aucun dieu, fût-il renégat,
    N’en arrachera la clémence ni même la chance du débutant.

    Hermocrate fut le savant qui dénombra les trous de ver ;
    Ceux qui plient l’espace-temps-matière et la lumière définis
    Et la Mantisse dorénavant pliant les lois de l’univers ;
    La seule et ultime frontière pour atteindre le Poïnt Infïnï.

    Il eut des péchés de jeunesse : Licornes, centaures et dodos
    Qui étaient des enfantillages procréés génétiquement,
    Avec sirènes et faunesses dévergondées, grosso modo.
    Thétïs en permit le voyage car Cristïäs y était clément.

    On a localisé Cristïäs ! Cette nouvelle est fantastique
    Et met Thétïs tout en émoi pour rejoindre son fils adventice.
    Il s’est échoué sur Thestïäs mais il y a un souci drastique :
    La planète est depuis des mois inaccessible à la Mantisse.

    Seule la Terre est accessible ; Thétïs y bâtit en secret
    Une demeure dont le sous-sol abrite un hub pour la Mantisse.
    Il reste à tenter l’impossible : laisser le message sacré
    Afin qu’il serve de boussole à Cristïäs comme une notice.

    Thétïs mettra un point d’honneur à élever elle-même sa fille
    Et lui donner l’éducation qui offre les meilleurs bagages.
    La médecine fait le bonheur dont la princesse s’émoustille
    Et sa seule préoccupation en écartant tout mariage.

    Et Nérätïs dépassera les limites de la médecine
    En lui associant le savoir qu’elle a obtenu de Thétïs
    Son officine amassera les potions les plus assassines
    Qu’elle extraira pour concevoir la pharmacopée d’Atlantïs.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • De l’Atlantide à Atlantïs

    « Voici l’histoire que l’humanité croit connaître.

    L’Atlantide aurait disparu mais moi seule peux révéler comment, sous les eaux et hors du monde, elle devint Atlantïs. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    L’Atlantide, glorieuse cité légendaire et énigmatique,
    Qui aurait été érigée par notre précédente race,
    N’a pas eu la capacité d’obvier au chaos climatique
    Qui l’a totalement submergée sans en laisser la moindre trace.

    Une centaine de rescapés tentèrent de conquérir des terres
    Mais celles-ci étaient habitées par des barbares innombrables.
    Leurs forces étaient handicapées et leur nombre trop déficitaire
    Pour espérer cohabiter avec des voisins redoutables.

    Or leur savoir avait déjà franchi les confins de l’espace
    Bien au-delà de l’infini des frontières de l’univers.
    Et leur science avantagea la maîtrise de l’hyperespace
    Par la « Mantisse » définie pour commander aux trous de ver.

    L’exode fut organisé avec la Mantisse royale ;
    Tous les vaisseaux synchronisés à celle qui connaît l’azimut.
    Mais une erreur mécanisée se montra alors déloyale
    Envers Cristïäs, tétanisé par l’énergie qui se transmute.

    Lorsque la reine découvrit la perte cruelle de son fils
    Elle en fut tant désespérée que rien ne put la consoler.
    Pour s’en souvenir, elle ouvrit des jardins et des édifices
    Qu’il désirait voir prospérer sur la planète désolée.

    Rien n’était trop beau pour Thétïs à la mémoire de son fils
    Et la planète devint jardins, forêts et plages aménagés.
    Elle transforma donc Atlantïs, a contrario du sacrifice,
    En Éden où ses citadins jouirent des sites paysagés.

    La reine raya les positions de tous les chemins définis
    Pour que la route d’Atlantïs ne puisse être connue de personne.
    Nul n’a de prédisposition pour trouver le « Poïnt Infïnï » ;
    Nul ne conquiert jamais Thétïs ; elle choisit à qui elle se donne.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • En robe blanche

    En robe blanche

    Cette fameuse robe blanche promise au sein du Paradis
    N’est pas de tissu mais de peau, de corps et de chair féminine
    Dont les seins tombent en avalanche de laitance ragaillardie
    Afin de nourrir le troupeau des enfançons qui prédominent.

    Ceux qui refusent la robe blanche – car tout le monde peut choisir –
    Deviennent tous ces diablotins écervelés, sans volonté
    Qui reviendront vivre une tranche de vie où ils pourront moisir,
    Les pieds plantés dans le crottin de ce qu’ils auront fomenté.

    J’ai réfléchi sans hésiter et j’ai revêtu cette robe
    Bombant la poitrine flageolante dans deux mamelles ballottantes.
    Dodue mais sans obésité, je vis une existence probe,
    Subissant la soif insolente de mille bouches glougloutantes.

    Illustration de James Martin sur https:www.facebook.comjamesmartinstudio .

  • La Côte d’Opale

    La Côte d’Opale

    Le soleil se décline en une robe d’or,
    Sur le sable si fin où le souffle s’endort.
    L’écume blanche danse au rythme journalier
    Qui berce doucement le repos des voiliers.

    Tes clichés me capturent cet instant suspendu,
    Où tout l’azur du ciel dans la mer s’est fondu.
    On écouterait presque le cri des goélands
    Et le murmure doux des vagues s’en allant.

    Cheminons côte à côte sur le bord de ce monde
    Où chaque marée basse en découvertes abonde.
    Merci pour ce voyage, au crépuscule hardi
    Dans l’éclat d’une image qui fixe ce mardi.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La science de Thétïs

    « La feuille recueille la vive lumière quand commence la photosynthèse ;
    Au cœur de cette transformation, elle absorbe le gaz carbonique.
    Puis transforme ainsi la matière en parfaite et vivante synthèse ;
    Elle nourrit la respiration et fait naître le sucre organique. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je connais le secret des plantes car je respecte ce qu’elles taisent ;
    Je distingue celles qui nourrissent, celles qui troublent et celles qui tuent.
    Celles qui sont basses, celles qui supplantent pour une meilleure photosynthèse,
    Celles qui soignent et celles qui guérissent, en pot, en serre ou in situ.

    Avant de toucher à la feuille, il faut apprendre à l’observer ;
    Sa forme, ses nervures et sa tige nous révèlent un premier secret.
    Sa fleur ne promet nul accueil tant qu’on ne sait pas préserver
    Son nom ; la plante alors fustige l’auteur d’un pillage indiscret.

    Chaque plante est toujours innocente même quand elle sait donner la mort ;
    C’est la dose qui fait sa puissance selon sa phase de floraison.
    La fleur peut se montrer clémente ou empoisonner sans remords
    Et sa plus infime substance peut aussi troubler la raison.

    Mais je ne veux pas être réduite au rang de simple empoisonneuse.
    Car le remède et le poison ont bien souvent la même racine.
    Et la moindre erreur introduite malgré la main précautionneuse
    Peut donner des troubles à foison avec mille fièvres assassines.

    La jeune racine vit en silence près du champignon du terrain ;
    Le champignon, force bienfaitrice, lui transmet l’offrande nourricière.
    Leur souterraine et belle alliance forme un vaste réseau souterrain
    Et la plante, en mère protectrice, rend son complice bénéficiaire.

    Il existe aussi l’intention d’agir pour le bien ou le mal ;
    C’est ton choix qui appelle la plante et l’alignera sur ton cœur.
    Voilà qui réclame attention, un sens infinitésimal
    Que mon école en toi implante pour que l’ÏÄMÔURÏÄ soit vainqueur.

    Les plantes ont un très grand secret, c’est leur éternelle renaissance ;
    Elles changent la mort en semences pour que la vie reste éternelle
    Car dans le sol, tout se recrée, grâce au fruit de la connaissance
    Donné pour que tout recommence et la mort n’est que ritournelle. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Thétïs nue

    « Je ne crains pas d’être nue. Je crains seulement que l’on confonde ce que je consens à dévoiler avec ce que l’on aurait le droit de raconter.

    Mon corps, mon cœur et mes secrets n’obéissent qu’à une seule souveraineté : la mienne.

    Une reine peut s’offrir sans jamais appartenir. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Alors je t’ouvrirai mon cœur si tu respectes sa nudité ;
    Je te livrerai mes secrets si tu me dévoiles les tiens
    Et si nous en sortons vainqueurs, ensemble à l’unanimité.
    Enfin notre pacte est sacré : sa révélation m’appartient !

    Trop longtemps j’ai gardé secrète une grande attirance envers toi ;
    D’abord par pure loyauté envers les LLyrïädes fondatrices,
    Ensuite, j’ai su rester discrète, parce que tu étais loin de moi ;
    Pourtant malgré ma royauté, j’étais une femme adoratrice.

    Je ne veux remplacer personne mais je voudrais pouvoir t’aimer !
    La Sapphôrïä nous le permet – Yanimïä me l’a confirmé –
    Mais je ne suis ni polissonne, ni une femme accoutumée
    Aux débauches où certains gourmets se complaisent tant à s’affirmer !

    Devenir ton amie intime était une joie pour mon cœur
    Mais je suis femme et j’en veux plus ; je veux également ton corps !
    Mais j’ai un époux légitime qui doit consentir sans rancœur
    À notre idylle et aux surplus qui déborderont plus encore…

    Je te désire, tu me désires mais nous devrons rester discrets ;
    Aucune embrassade en public ni la moindre étreinte saugrenue.
    Mais je veux t’aimer à loisir dans nos petits endroits secrets,
    Te connaître de façon biblique quand nous serons tous les deux nus.

    Mais attention ! Je suis jalouse de qui ne me fait pas jouir
    Et je pourrais devenir folle si tu ne prends que ton plaisir
    Car mon vagin devient ventouse et lorsque tu viendras fouir,
    Il n’est pas sûr que tu raffoles de sentir ton sexe transir.

    Si tu baises autant que tu m’aimes et j’en lis l’envie dans tes yeux
    Alors je serai plus ouverte, plus confiante et sans retenue.
    Je peux te prédire moi-même que tu n’auras plus merveilleux
    Souvenir que la découverte de mon cœur et mon âme nue. »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Thétïs, reine d’Atlantïs

    « Je ne suis pas revenue d’une étoile : je suis sortie de l’invisible pour m’affirmer, moi, Thétïs, reine d’Atlantïs !

    Je revendique ma beauté sans être un trophée, ma jeunesse sans naïveté, ma sensibilité sans soumission et mon avenir parmi les LLyrïädes. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    « Je suis Thétïs, reine d’Atlantïs où je retournerai un jour,
    Non pour restaurer le passé mais pour l’avenir des LLyrïädes.
    Pour que mon étoile garantisse le miroir d’un noble séjour,
    Ma bannière sera remplacée par le bleu et blanc des Pléïädes.

    Ma souveraineté ne vient pas d’une couronne dont j’ai hérité
    Mais de ma grande capacité à élever et chérir un monde
    Dont j’ai porté le principat comme une armure, en vérité,
    Et désormais plébiscité comme une mémoire féconde.

    Mon cœur d’étoile est palpitant. Il reflète mes jardins secrets,
    Les palais et les profondeurs qui sont mes racines intimes.
    Je demeure calme en abritant ma nostalgie et mes regrets
    Et mon désir de vie frondeur fait de ma conscience sa victime.

    Cette étoile n’est pas mon berceau et je n’y dormais pas vraiment
    Mais elle conservait mon image jusqu’au sortir de l’invisible.
    Ici Taureau, ailleurs Verseau, peu m’importe mon avènement ;
    Les Pléïädes m’ont rendu hommage d’une émotion indivisible.

    J’ai le bonheur d’être née belle et de l’être restée longtemps ;
    Les années ont ridé mon corps mais en ont conservé sa grâce.
    Ce rajeunissement rebelle à la vieillesse est confondant
    Mais n’a pas effacé encore mes souffrances et toutes leurs traces.

    Je suis redevenue Thétïs pleine de vie et de jeunesse
    Avec des possibilités que je croyais avoir perdues.
    Mais je suis reine d’Atlantïs, ni un trophée, ni une promesse,
    Gardant ma sensibilité loin des amourettes éperdues.

    Mon cœur aime avec retenue parce qu’il a éprouvé le prix
    Des déséquilibres à payer et des jalousies générées.
    Mais je me suis bien abstenue de vivre dans l’ombre d’un mari ;
    Pourtant je reste émerveillée face à toi qui m’as vénérée ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • La sortie de la carte du tendre

    La sortie de la carte du tendre

    Le voyage est si expensif que j’y suis resté plusieurs mois,
    Fasciné par les paysages de son amniotique nature.
    Au début, assez peu pensif, j’ai su garder autour de moi
    Une attention dès mon jeune âge dans cette douce villégiature.

    Neuf mois passés m’ont paru court si ce n’est me sentir à l’étroit
    Pour chercher, sur un coup de tête, l’issue du bouleversement.
    Arrivé en fin de parcours, je repasse par ce détroit
    Que j’avais, sur un air de fête, parcouru antérieurement.

    L’étroit passage est une épreuve, où le corps lutte avec ardeur ;
    Le souffle guide chaque poussée, vers un rivage éblouissant.
    Je sors enfin faire peau neuve, loin de la peur et la candeur ;
    La vie est une fleur froissée dans le sillage d’un nouveau-né.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’entrée de la carte du tendre

    L’entrée de la carte du tendre

    Dès l’entrée je suis accueilli par une sensation exquise
    Qui m’invite à continuer comme prémices encourageantes.
    Plus j’avance, plus je suis assailli par les images que j’ai conquises
    Et qui m’offrent de m’insinuer vers l’extrémité engageante,

    Au début, sur un pas de danse, je me suis mis à haleter ;
    À courir de plus en plus vite mais tout en faisant du surplace…
    Pour l’instant, je tiens la cadence mais je me sens tant exalté
    Qu’il n’est pas certain que j’évite l’épectase au fond du palace.

    L’onde rose est une promesse, j’y trouve un céleste trésor ;
    Le cœur franchit chaque barrière, au sein d’une flamme infinie.
    Je m’enivre de cette ivresse, sous les reflets de pourpre et d’or,
    Baigné par l’ultime lumière, d’une maternelle harmonie.

    Tableau d’Anna Kruger.

  • Les ficelles de l’amour

    Les ficelles de l’amour

    Je te tiens, tu me tiens, par un lien cornélien ;
    La ficelle d’amour qui n’a plus ses deux bouts
    Car un fou a tranché l’intime nœud gordien
    Qui reliait entre eux les organes tabous.

    Nous marchons enlacés dans les ronces du lien,
    Ligotés de silence aux brûlures charnelles.
    Nos corps cherchent encore l’impossible maintien
    Dans les derniers lambeaux de ficelle éternelle.

    Chaque nœud de nos corps saigne un désir ancien ;
    Nos souffles prisonniers tremblent sous les épines.
    L’amour nous a liés d’un fil presque païen
    Dont les dieux ont perdu les secrètes origines.

    Tableau de Mark Ryden.

  • Vision géométrique et sacrée

    Vision géométrique et sacrée

    L’artiste a le compas dans l’œil et un cerveau dans sa rétine
    Qui lui révèle les proportions les plus sacrées de l’univers.
    La fleur de vie est sur les feuilles, Fibonacci sur les collines,
    Le nombre d’or en contorsion parmi tous les espaces verts.

    Les coquillages, la vague, le ventre et même la fleur de douceur
    Portent ce lent enroulement qui semble aimer à l’infini.
    Comme si la nature au centre tâchait le vert d’une rousseur
    Dans le plus grand chamboulement des saisons ainsi définies.

    Le coquillage et le pistil reproduisent la même spirale,
    Le fleuve en épouse les hanches des collines à l’automne d’or.
    Sans doute l’amour reconnaît-il sa géométrie viscérale
    Lorsque les amants se déhanchent pour créer un conquistador.

    Tableau de Charles L. Gilchrist.

  • Au secours, l’hiver revient

    J’ai découvert le pot-aux-roses de cette réforme débile
    Car juste à la fin de l’automne, on endort les gens pour trois mois.
    On appelle ça la sinistrose ou l’hibernation immobile
    Car le monde entier se cantonne dans son lit et chacun chez soi.

    Seul un vieux poète insomniaque perça l’affreux complot d’État :
    Pendant trois mois, tous les hivers, il voit la neige s’accumuler.
    On le traite de démoniaque, de faux prophète, de vendetta
    Pourtant c’est lui que l’univers a choisi pour nous stimuler.

    Afin d’éviter la panique, les présidents nient les frimas ;
    Les journaux parlent de vacances, de foot et on prend du bon temps.
    Quand chacun roule des mécaniques, l’état répond que le climat
    Se réchauffe à une cadence telle qu’on passe d’automne au printemps.

    Tableaux numériques de Richard Nadler sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202511Richard-Nadler.html .

  • Les trois saisons

    Depuis qu’on a rayé l’hiver de ce fichu calendrier,
    L’année ne compte que neuf mois et donc les grossesses durent un an.
    Ça a chamboulé l’univers et fait couler les encriers
    Mais en résultat quel émoi quand tout va très bien maintenant !

    Or les oiseaux n’émigrent plus ; ils ont signé des C.D.I.
    Avec les arbres du village où chacun possède son nid.
    Et puis un jour, dès qu’il a plu, les hirondelles sont parties
    En télétravail sur les plages pour y construire un paradis.

    Les nuages ont enfin le droit de se choisir une saison ;
    Les plus paresseux font l’automne et les plus hardis le printemps.
    Les météorologues adroits ont désormais toujours raison
    Mais tout le monde se désabonne des bulletins de mauvais temps.

    Tableaux numériques de Richard Nadler sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202511Richard-Nadler.html .

  • De V647 Tauri alias HD 23607 à Thétïs

    « Bien avant que les LLyrïädes connaissent mon nom, une étoile lente conservait dans sa lumière le reflet d’Atlantïs.

    J’y avais aimé, perdu un fils, vu Nérätïs devenir médecin et préparé dans l’ombre le refuge d’Ô ALLEGÔRÏÄ. Car une reine n’attend pas d’être reconnue pour aimer et protéger.

    Yavänor ne m’a rendu ni mon rang ni ma couronne : il les a chantés de la Terre jusqu’aux Pléïädes. Alors l’étoile m’a transmis sa pulsation et je suis entrée, souveraine et libre, dans le cercle des Muses de l’ÏÄMÔURÏÄ. »

    Thétïs, reine éternelle d’Atlantïs

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    Jadis les étoiles naissaient auprès des dieux sur Olÿmpïä
    On les couronnait d’un halo bleu-blanc aux couleurs des Pléïädes.
    Et les déesses connaissaient celles venant après Mérôpïä
    Dont l’éclat encore pâlot annonçait déjà les LLyrïädes.

    Or la plus lente, la plus ancienne, fut le miroir de tous les mondes
    Qui reflétait le feu ardent du cœur des étoiles à venir,
    Qui moirait les eaux magiciennes des galaxies les plus profondes
    Et tous les volcans débordants des terres d’un lointain avenir.

    Thétïs est née dans son royaume, miroir de feu, d’eau et de terre ;
    L’amour la féconda d’un air porteur du Féminin Sacré
    Par l’intermédiaire d’un homme, son souverain complémentaire.
    Ils devinrent alors partenaires à leur destinée consacrés.

    Ils bâtirent ensemble l’Atlantide, riche cité mécanisée
    Mais qui faillit être engloutie sous les eaux alors prédatrices.
    Ainsi la citadelle splendide vit ses enfants s’organiser
    Pour fuir vers un monde abouti : Atlantïs, planète rédemptrice.

    Le fils se perdit en chemin, Thétïs resta inconsolable
    Et se laissa réconforter par ses jardins et ses bassins
    Sa fille emporta haut la main études et titres inégalables
    Grâce auxquels elle put apporter son aide en tant que médecin.

    Jusqu’à un printemps prometteur où des femmes appelées LLyrïädes
    Partirent aux côtés d’un poète pour une odyssée fantastique.
    Tous devinrent alors protecteurs du fils perdu hors des Pléïädes
    Qui demeurait anachorète jusqu’à son retour empathique.

    Personne n’en a jamais rien su mais c’est bien Thétïs, fine stratège,
    Qui suggéra à Yanimïä d’acheter Ô ALLEGÔRÏÄ
    Où ils trouvèrent à leur insu – car une reine aime et protège –
    Le hub atlante sous ÔPHÉLÏÄ, jonction avec l’ÏÄMÔURÏÄ.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.