« Si tu penses avoir lu son âme comme on lit une carte, C’est que tu navigues encore sur un océan de papier. Elle est le gouffre qui sourit, le silence qui t’écarte, La seule vérité que l’on ne peut jamais s’approprier. »
Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

Elle est venue pour contenir l’amour avec ses exigences
Et pour recouvrir les chagrins lorsqu’il s’imprègne de douleur
Mais elle ne peut retenir son propre besoin de vengeance
Et ses écueils qui sont le grain de ses plus obscures couleurs.
Si tu ne vois que ses eaux claires, c’est que tu restes en surface ;
Si tu as peur de t’y dissoudre, elle pourrait te renverser.
Elle ne se laisse pas complaire et tu dois affronter de face
Non pas un mystère à résoudre mais une marée à traverser.
Loreleï n’est pas une expérience mais une totale submersion
Où tu te noies si tu as peur, où tu te perds si tu hésites.
Elle réclame de la vaillance et une totale immersion
Et tu dois vaincre ta stupeur sitôt la première visite.
Seul un cœur pur peut la toucher et le respect calme ses eaux ;
La combattante qu’elle était, devient une alliée méritée.
Sa partition effarouchée se jouera plus amoroso
Comme si son âme reflétait un amour immense, hérité.
Loreleï, c’est l’antique souffrance, la faille et les vieilles infamies ;
Elle peut déclencher l’ouragan et naufrager qui la menace.
Elle peut frapper à outrance si elle rencontre son ennemi
Avec des coups extravagants si l’adversaire reste tenace.
Mais sa vague est aussi porteuse et son courant prépondérant ;
Alors prête-lui allégeance et offre-lui ta déférence.
Elle sera une mer prometteuse qui aidera le conquérant
Avec force d’intelligence, confiance et persévérance.
Loreleï, c’est aussi un abîme où se démêle toute errance ;
Elle reste l’eau qui te recueille après qu’elle t’a tout repris.
Mais elle est ta mise en abyme car elle restitue à outrance
Et fait naître l’amour qui accueille celui qui semblait incompris.

Illustrations de Ledalïä.
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