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  • Les oiseaux du cœur

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    L’amour produit des papillons qui viennent émigrer dans le ventre
    Et puis se voient pousser des plumes comme des oiseaux de paradis.
    Les médecins sont tatillons, ils cherchent, étudient, se concentrent
    Et, d’un coup de marteau sur l’enclume, décident que c’est une maladie.

    Les oiseaux du cœur migrateur ne connaissent aucune frontière ;
    Ils traversent mers et montagnes et cela sans passeport ni visa.
    Et le malade adulateur devient un cas à part entière
    Jusqu’à ce qu’un matin, sa compagne se développe un coryza.

    Aussitôt ils convoquent experts, savants, psychologues et notaires
    Pour ne pas se contreficher si l’oiseau relève du délire.
    Pendant qu’ils pondent avec leurs pairs leur rapport très réglementaires,
    L’oiseau s’envole et va nicher dans un nouveau cœur à élire.

    Tableaux d’Iris Scott.

  • La communauté au complet

    « Ce soir Ô ALLEGÔRÏÄ est au complet avec ses 42 membres.

    Les LLyrïädes sont à l’honneur avec les Passeurs ;
    Les Thestïässiens et les Atlantes ;
    Les Sirènes et les naufragés ;
    Les enfants dont le nombre grandit presque tous les jours.

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La communauté au complet

    Notre petite communauté forte de quarante-deux membres
    Célèbre ce soir l’arrivée de ses deux derniers habitants.
    Juillet est riche en nouveautés ; on a dû ouvrir plusieurs chambres
    Pour nos naufragés dérivés de différents espace-temps.

    Il a fallu pousser les murs et surtout retrousser ses manches
    Relever le toit du grenier et aménager les annexes.
    Mais tous les hommes d’âges mûrs sont très heureux en ce dimanche
    De poser enfin le dernier chevron et l’un des plus connexes.

    L’ancien salon est devenu la nouvelle salle à manger
    Et la terrasse déplacée devient notre nouveau salon.
    On a dallé les avenues qui entouraient le potager
    Pour une esplanade reclassée afin d’y promener nos talons.

    Les jeunes couples sous les toits pourront jouir sous les étoiles
    Et les mamans auront accès à l’ensemble du premier étage.
    Au rez-de-chaussée, on côtoie une cuisine cinq étoiles,
    Un salon qui a du succès, une salle-à-manger à la page.

    Laurelïne, Loreleï avec Lïlïth ont fusionné leurs quatre chambres
    Avec Yavänor en secret selon “leurs anciennes habitudes”
    Ce qui pour la nuit facilite les “activités” de ses membres
    Au nom du Féminin Sacré et de l’amour en plénitude.

    Amélïä avec Altänor, Pénélopïä avec Nemo
    Se sont aussi organisés et tout ça va très bien ensemble.
    Séorïäne et Hyänor ont apprécié les bains thermaux
    Qu’Ôphélïä a localisés aux sous-sols où l’on se rassemble.

    ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Nérätïs attendent toutes trois un enfant ;
    Amellïä, Pénélopïä et Séorïäne, elles, ne le savent pas encore
    Mais cette nuit dans la bâtisse, l’amour sera ébouriffant
    Pour que dans neuf mois piane-piane, il y ait un nouveau record.

    Illustration de Ledalïä.

  • Séorïäne et Hyänor, les coréens

    « Notre communauté s’agrandit avec deux nouveaux invités.

    Deux jeunes coréens qui auraient pu se noyer sans la vigilance de nos amies les sirènes.

    Nous leur avons réservé le meilleur accueil et comme ils cherchaient un refuge, nous sommes tous ravis de leur souhaiter la bienvenue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Séorïäne et Hyänor, les coréens

    Tous les garçons se précipitent derrière Nérätïs en tête ;
    Sur la plage sont allongés deux naufragés inanimés ;
    Si leurs tenues sont décrépites, eux n’ont pas l’air d’être à la fête.
    « Ça va ! Ils sont hors de danger ! Ils vont bientôt se ranimer ! »

    « Yeogiga eodiyeyo ? » dit la première naufragée
    Encore tout éberluée et complètement dépassée.
    « Museun iri isseosseoyo ? » dit l’autre autant découragé
    Et en train de s’évertuer à comprendre ce qui s’est passé.

    « C’est du coréen ! » dit Nemo. « Tu as recouvré la mémoire ? »
    Lui demande Pénélopïä. « Non mais ça parle dans ma tête ! »
    « Nous comprenons à demi-mots mais, pour eux, c’est le désespoir !
    Do you understand ? » dit ÄLLÏÄ ; « Tell me, can you understand yet ? »

    « Nous paLlons fLançais ! » dit la fille ; « Et notLe bateau a coulé ! »
    « C’est vous qui nous avez sauvés ? Heu… J’avais cLu voiL tLois siLènes ! »
    « Oui… enfin… elles sont de la famille… » Répond ÄLLÏÄ un peu troublée…
    « Venez un peu vous raviver auprès de nos cinq châtelaines ! »

    Tandis que nos deux naufragés reprennent force et contenance,
    Ô ALLEGÔRÏÄ leur apporte le gîte et l’hospitalité ;
    Lïlïth leur a aménagé une chambre à leur convenance
    Tout en espérant qu’ils se portent avec plus de vitalité.

    Ils n’en sortiront qu’à la nuit ; ils ont des choses à raconter :
    « Nous venons de nous maLier contLe l’avis de nos paLents
    Car ils nous ont tellement nui quand nous voulions nous fLéquenter
    Et nous ont tant contLaLiés qu’on s’est sauvés en se baLLant ! »

    « Nous cheLchons un havLe de paix où nous puissions nous installer ! »
    « Eh bien vous nous avez trouvés et vous êtes les bienvenus !
    Cette maison a le respect pour ceux qui ne savent où aller
    Et dont la vie nous a prouvé que nul n’y est contrevenu ! »

    Traductions
    여기가 어디예요…? (Yeogiga eodiyeyo…?) « Où sommes-nous… ? »
    무슨 일이 있었어요…? (Museun iri isseosseoyo…?) « Que s’est-il passé…? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La matinale bucolique

    « Quelle nuit mes amis !

    Et encore, STELLÏÄ et moi sommes parties nous coucher avant l’aube à cause de nos bébés en route !

    La matinée ressemble à une arrivée au compte-gouttes : d’abord les mamans et puis… jusqu’au dernier des fêtards. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Le pique-nique du dimanche est devenu indispensable
    Car il permet aux dilettantes de couper leurs activités.
    Ceux qui ont passé des nuits blanches ou ont été irresponsables
    En éternisant la détente d’une nuit de festivités.

    Les mères ont été les premières à savourer la matinée
    Par un petit déjeuner sur l’herbe sans faire comme celui de Manet
    Car on apprécie la lumière, de fraîcheur encore mâtinée,
    En obéissant au proverbe : en Suisse n’oublie pas ton bonnet.

    Elles ont dû se servir elles-mêmes car Alinéor dormait encore
    Mais Ledalïä donnant le sein n’avait pas vraiment festoyé.
    Elle remplaça celui qu’elle aime en préparant sans son accord
    Un repas léger à dessein aux premières lueurs chatoyées.

    Puis Nérätïs est arrivée sans Pénélopïä cependant ;
    Yavänor, toujours matinal, a rejoint ses chères mamans.
    Tous les deux se sont ravivés avec un café répandant
    Ce parfum si subliminal qu’il en rappelle les bons moments.

    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, futures mères, se sont couchées avant les autres
    Et viennent aussi savourer l’aurore du lac de Constance.
    Ce petit moment éphémère s’étire tant qu’elles se vautrent
    Dans l’herbe tout enamourée d’une rosée de circonstance.

    Enfin au soleil de midi, la troupe orchestrale au complet
    Déploie bras et jambes au soleil avec soupirs contemplatifs.
    Captain Nemo encore groggy et Pénélopïä accouplée
    Aux autres membres tous pareils dans un état dubitatif.

    Soudain les sirènes accourent en vociférant « Venez vite !
    Nous avons sauvé du naufrage un couple qui avait sombré.
    Nous leur avons porté secours en leur donnant de l’aquavit
    Pour leur redonner du courage mais ils sont encore tout chambrés ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • L’Arche des migrants

    L’Arche des migrants

    « Deux par deux c’est assez ! » a précisé Noé
    Mais il n’a pas prévu les multiplications.
    Pareil pour les migrants à bord des canoës
    Qui jamais m’ont souhaité autant de soustractions.

    Avec la transhumance, on compte les moutons
    Et après on s’endort pour un sommeil divin.
    Avec l’immigration, souvent nous redoutons
    De partager le pain mais garder notre vin.

    Quand passent les oies sauvages, on admire leurs vols ;
    On leur souhaite bon voyage, un hiver au soleil.
    Avec les étrangers, les rapines et les vols
    Font la une des journaux et c’est partout pareil.

    Illustration de Jean-Jacques Loup.

  • Le cycle monstruel

    Le cycle monstruel

    La femme serait-elle un monstre qui fait peur à l’humanité
    Qui l’oblige à dissimuler l’origine de l’être humain ?
    Les religions nous le démontrent en mettant la féminité
    Au ban de l’être stipulé comme parfait : l’homme, haut la main !

    Les dogmes ont construit trop souvent des murs autour de ses mystères,
    Déclarant impur tout ce sang dont pourtant chacun est issu.
    Ils ont voilé son corps vivant, ses désirs et son caractère,
    Comme si l’ordre était absent dès qu’une femme était conçue.


    Pourtant la femme est l’avenir autant que l’origine de l’homme ;
    Pourtant l’ourobouros humain continue à être voilé.
    Laissons la femme devenir ce qu’elle est simplement en somme :
    Soit notre authentique chemin vers une destinée étoilée.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Jam session à l’Odéon

    « Un peu de détente fait du bien à tout le monde.

    Captain Nemo est heureux car, si sa mémoire lui fait toujours défaut, le piano compense bien son mal être et Pénélopïä est rayonnante et toujours aux petits soins avec lui.

    Altänor semble se souvenir mais reste encore assez vague.

    Quant à moi, chanter me détend énormément.
    Et surtout avec mon chéri ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Jam session à l’Odéon

    Au piano, Captain Nemo chante : « Blue moon, you saw me standing alone… »
    « C’est drôle que tu te souviennes de tout un si grand répertoire !
    « Ton jeu me plaît, même il m’enchante ! » dit Altänor qui l’aiguillonne
    Pour que la mémoire lui revienne d’une manière péremptoire.

    « C’est curieux… » poursuit Altänor… « Tu ne lis pas de partition…
    Tu accompagnes comme quelqu’un qui connaît déjà la chanson ! »
    « C’est la mémoire et non le nord que j’ai perdue sans condition ;
    De souvenir je n’en ai aucun mais je peux jouer sans façon ! »

    « En effet, ton cerveau hésite… mais pas tes mains qui vont tout droit
    À l’accord d’un très bon pianiste qu’on entend souvent dans le jazz !
    Je crois que lors de mes visites, on s’est croisés au même endroit
    Je ne suis pas physionomiste mais je reconnais cette audace ! »

    « Arrête de parler et joue ! » lance Nemo pour couper court
    Et Altänor prend son trombone à réveiller un jazzman mort
    Avec un bisou sur la joue, Amellïä vient à leur secours,
    Armée d’une bonne bonbonne soustraite au nez d’Alinéor.

    Pénélopïä remplit les verres qu’elle dépose sur le piano
    Pour stimuler les musiciens et leur redonner du courage.
    Tandis qu’Alinéor, l’air sévère, apporte un énorme tonneau
    Et, comme un parfait magicien, récupère le cidre sauvage.

    Et puis installe sa batterie, armé de deux grandes cuillères,
    Et accompagne la jam session avec un rythme débonnaire
    Qui, après une pâtisserie mais surtout après quelques verres
    Devient une surimpression de rythmes endiablés du tonnerre.

    Il ne manquait plus qu’ORPHÉÔN avec ÄLLÏÄ en voix de tête
    Pour chanter un scat en duo au douzième coup de minuit.
    On se croirait à l’Odéon où, comme tous les soirs, c’est la fête
    Avec des lumières fluos pour y danser toute la nuit.

    Illustration de Ledalïä.

  • La relativité contrainte

    « Loïrelïndt ne s’était pas trompé sur le temps et Cristïäs l’apprend à ses dépens…
    S’il est facile de remonter une année, remonter un siècle s’avère complexe et au-delà demande trop de temps de calcul.
    Quant au futur, Cristïäs s’arrache les cheveux.

    Et STELLÏÄ qui doit lui annoncer une grande nouvelle… le pauvre ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La relativité contrainte

    « Loïrelïndt aura toujours raison ! » Dit Cristïäs au bout d’un moment.
    « Plus je vais loin dans le passé et plus les jours deviennent brefs ! »
    « N’as-tu pas la démangeaison d’aller au moment éminent
    Du Big-Bang et l’outrepasser ? » demande ÄLLÏÄ derechef.

    « En théorie peut-être bien… Mais il y a le déplacement !
    La Terre tourne autour du Soleil, le Soleil dans la Voie Lactée
    Qui elle-même, je ne sais combien de tours elle fait exactement…
    Plus je remonte et plus j’essaye et plus l’espace a diffracté. »

    « Pour revenir un siècle en arrière, j’ai dû prendre pas mal de repères
    Mais plus le temps se recontracte et plus l’espace, lui, diverge.
    Je passe plus de temps derrière mes calculs que j’en récupère
    Sur le temps qui se rétracte… et tout ça, ça me submerge ! »

    « Et le futur ? » Demande ÄLLÏÄ. « C’est pire et c’est décourageant ! »
    Reprend Cristïäs ; « Tout se rallonge ! Demain se projette sur un mois ! »
    Après-demain les aléas explosent et en envisageant
    De s’y aventurer, je plonge dans l’utopique, malgré moi ! »

    « En résumé, ton appareil est atteint d’une myopie
    Qui demande des lunettes que tu ne sais pas fabriquer ! »
    Conclut ÄLLÏÄ. « Et c’est pareil pour la T.T.A. thérapie
    Qui ne remplace pas les menottes quand il s’agit de pratiquer. »

    « Évidemment ! » Avoue Cristïäs. « Ce n’est qu’un outil perfectionné,
    Pas forcément intelligent, qui demande une main experte !
    Si j’avais eu ça sur Thestïäs, j’aurais pu m’y attentionner…
    Hélas, le temps est exigeant et ma petite femme alerte ! »

    Et Cristïäs démoralisé se met à table sans appétit
    À côté de sa chère STELLÏÄ qui lui annonce son dilemme :
    « Je me suis fait analyser et je vais avoir un petit ! »
    « Et moi aussi !  Précise ÄLLÏÄ : « Mais il n’y a pas de problème ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’étreinte d’Octopussy

    L’étreinte d’Octopussy

    Loin d’être une dévoreuse d’hommes, Octopussy vit de l’amour
    Qu’elle suce par les ventouses qui créent des rapports amoureux.
    Hélas, pour le pauvre bonhomme qui la trouve assez peu glamour,
    Et pour sa fuite que jalouse les tentacules langoureux.

    Elle enlace ses proies en automne, par ses baisers de peau rugueuse
    Sur chaque membre qu’elle ligote dans une étreinte impétueuse.
    Le pauvre amant qui s’abandonne à cette danse voluptueuse,
    Fait qu’en son cœur le désir flotte sous toutes ces caresses onctueuses.

    L’étreinte rouge se resserre, étranglant lentement sa victime,
    Dans une danse de colère qui l’entraîne au fond des abîmes.
    Le sang se glace sous la serre de ce plaisir illégitime
    Mais la détresse du pauvre hère la nourrit d’un contact intime.

    Tableau de Trissa Tilson.

  • Delphine la sirène

    Delphine la sirène

    L’intelligence des dauphins couplée à celle des sirènes
    Crée un tandem très homogène entre ces races complémentaires.
    Tous les deux arborent un dos fin doté de connexions sereines
    Aux contacts hallucinogènes d’un sixième sens élémentaire.

    Sous l’onde aux reflets cristallins, le cœur bat d’un rythme identique,
    Fusion de deux destins divins mus dans une étreinte hypnotique.
    Ils glissent comme des fils opalins sur ce sillage fantastique,
    Loin des tourments subis en vain d’une humanité névrotique.

    Leurs chants, secrets d’anciens métaux, s’enroulent en doubles spirales,
    Vibrant sous d’étranges manteaux de lueur claires et boréales.
    Sondant l’osmose de leurs cristaux par une entente magistrale,
    Ils fuient les aliénés mentaux des cités froides et carcérales.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’enfant-flamme

    « L’enfant-flamme !
    Ce mystère qui donna naissance à mon père.

    Inexplicable jusqu’à présent mais la seule occurrence où une âme a pu se créer un corps afin de renaître.

    Décidément, Loïrelïndt EST un fantôme d’une sagesse et d’une clairvoyance très précieuses ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Mais pourquoi êtes-vous l’unique fantôme vivant en ces lieux ? »
    Transmet Cristïäs qui s’attendait à en voir d’autres des plus divers.
    « Parce que ces lieux sont holoniques car ils font partie d’un milieu
    Beaucoup plus vaste qui s’étendait à l’autre bout de l’univers ! »

    « Eh oui, ta télémémoire peut en retrouver ses habitants
    Mais non, elle ne peut pas les transférer, pas même moi !
    Le passé devient peu à peu de plus en plus intermittent
    Et le futur s’allonge d’un pas où les secondes deviennent des mois ! »

    « Tu rêves de pouvoir faire renaître une personne du passé
    Mais il faut un corps pour cela ; le mien a été torturé,
    Dispersé à des kilomètres impossibles à outrepasser
    Ainsi quand la mort me scella, mon corps était déstructuré ! »

    « Les Irénée ont essayé, Asterias l’a aussi tenté
    Un seul a pourtant réussi et d’ailleurs je l’en félicite !
    Il ne pensait pas balayer une règle jamais attentée
    En semant avec minutie son enfant-flamme dans Lïlïth ! »

    « Oui Yavänor ! Tu es le seul ! Je ne sais pas toute la romance
    Mais j’en vois là le résultat et… je crois pourtant le savoir !
    C’est Irénée, cet être veule, qui a répandu sa semence
    Et toi, le geste qui l’occulta pour la troquer par ton pouvoir ! »

    « Souviens-toi, c’était en automne, il apparut aux femmes enceintes
    Et puis a pénétré Lïlïth pour changer le gamète mâle
    Par l’un des tiens très autonome doté d’une onction sacro-sainte
    Organisé par une élite de science infinitésimale ! »

    « Je l’ai désiré, en effet… » avoue Yavänor humblement
    « J’ai demandé à l’Univers de m’incarner chez les LLyrïädes.
    Je ne sais pas comment s’est fait ce miracle, véritablement…
    Mais “quelque chose” nous a ouvert un mystère parmi des pléiades ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Chez Loïrelïndt

    « Loïrelïndt, celle qui voit l’évidence que les autres ne voient pas !

    Dès la première rencontre, Loïrelïndt nous fascine tous par son don de voyance. Elle ne prédit pas l’avenir, elle montre au présent les mécanismes et le pourquoi de toutes choses.

    Un véritable Oracle comme je n’en avais jamais vu.
    Et si je comprends bien, celui qui m’a fait pipi dessus a ébranlé tout l’univers pour que cela arrive ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Chez Loïrelïndt

    « Ainsi depuis tout ce temps-là, tu vivais juste sous notre toit ! »
    S’exclame Lïlïth en embrassant sa vieille amie perdue de vue.
    « Et tant de fois, tu m’ébranlas le cœur quand j’entendais ta voix ! »
    Répond Loïrelïndt en l’enlaçant bien que de substance dépourvue.

    « Peux-tu nous présenter, maman ? » demandent Laurelïne et Loreleï.
    « Voici Loïrelïndt, ma vieille amie à laquelle vos noms rendent hommage !
    Et voici mes filles, notamment prénommées comme représailles
    Envers tes anciens ennemis pour que ton souvenir se propage ! »

    « Et voici Yavänor, leur mari qui est un peu aussi le mien ! »
    « Toi alors, tu n’as pas changé ! » Rit Loïrelïndt en l’enlaçant
    Tant bien que mal, un peu marrie, malgré son corps ectoplasmien
    Mais qu’elle se permet d’échanger contre un regard attendrissant.

    « Et voici notre grande famille qui s’est récemment agrandie
    De six magnifiques bébés et leurs non-moins jolies mamans ! »
    « Et toi aussi, pourtant mamille comme on disait en Romandie
    Le mari et le fils nimbés d’une même âme… étonnant ! »

    « En revanche, tous ces jeunes gens ne sont sûrement pas des terriens ! »
    « Oui les garçons viennent de Thestïäs et les filles viennent d’Atlantïs ! »
    « C’est très habile ! En partageant vos gènes extrasolariens,
    Vous permettez la mise en place d’une race que les dieux garantissent ! »

    « Ainsi, c’est grâce à vos bébés que nous pouvons communiquer ! »
    « Cela et sûrement autre chose ; ils n’arrêtent pas de nous surprendre !
    Je crois qu’ils nous ont imbibé d’une substance médiquée
    Pour que cette métamorphose puisse nous atteindre sans attendre ! »

    « Et je crois même que le hasard qui vous a fait vous rencontrer
    Vient de ces bébés justement ou plutôt de leurs âmes errantes
    Qui a cherché dans le bazar de l’univers enchevêtré
    Hommes et femmes intimement choisis pour leurs marques afférentes ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Danse avec les ours

    Danse avec les ours

    Je danse avec la terre, je danse avec les ours
    Ces danseurs plantigrades ont le rythme dans la peau !
    Et jusqu’au bout des poils, ils ont de la ressource
    Et moi, fée du printemps, je leur tire mon chapeau !

    Ils ont l’air effrayant mais ce sont des peluches
    Rembourrées d’intentions toutes bonnes à prendre !
    Qui les traite de bêtes, d’animal en baudruche,
    Ignore une bourrée si facile à apprendre.

    Illustration de Heinrich Kley sur https:katia-lexx.livejournal.com2218304.html .

  • Ça fout droit !

    Ça fout droit !

    Celui ou celle qui va cueillir la marguerite à effeuiller
    Et qui connaît l’orgasme avant d’arriver à lui faire un gosse…
    S’il n’y a plus rien à recueillir qu’un peu de cendres endeuillées
    Est-ce qu’on peut dire dorénavant qu’il a le coup de foudre précoce ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La GYNOPÔSTÉRÏTÉ

    « De mieux en mieux !

    Les sirènes ont établi le contact avec le chaînon manquant : celle qui connaît l’histoire de Ô ALLEGÔRÏÄ et qui désire ardemment nous la communiquer depuis que nous l’habitons.

    Nous sommes toutes invitées à nous rendre à son palais situé dans nos sous-sols.

    Je suis très impatiente ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Tu n’avais donc pas disparu de la mémoire des grandes eaux !
    C’est étonnant que tu aies dû attendre un mois pour te montrer ! »
    Pense alors Loreleï apparue sitôt prévenue par le réseau
    Devenu soudain si répandu qu’on n’a plus à le démontrer.

    « Pourtant j’ai vainement essayé de vous contacter chaque jour ;
    Les habitants de votre monde n’écoutent pas celui des morts.
    Or je suis très émerveillée depuis deux jours et je savoure
    Que cesse cette barrière immonde dont j’éprouvais tant de remords. »

    « Mais tu es seule ? C’est étrange ! Vous devriez être une pléthore ! »
    « Tu oublies que nous sommes uniques : nous sommes une race hybride
    Qui marchons quand ça nous arrange, nageons quand l’eau nous revigore
    Et nos origines germaniques ont fait de nous des apatrides ! »

    « Je reste attachée à Constance car j’y ai connu les Atlantes
    Quand ils ont construit la maison que vous habitez désormais.
    Par une tragique circonstance, j’ai connu une mort sanglante
    Quand l’Inquisition, sans raison, nous a condamnées à jamais ! »

    « J’habitais bien sûr Ôphélïä, ma résidence aménagée
    Où je vous ai vues tant de fois que j’en ai pleuré d’impuissance.
    Quand j’ai vu ÄLLÏÄ et STELLÏÄ qui venaient près de moi nager,
    J’ai crié de toute ma voix mais ce n’était qu’évanescence ! »

    « Maintenant que vous m’entendez je vous invite dans mon palais
    Qui se situe dans vos sous-sols, dans votre piscine magique.
    Quand Éôlïäne a transcendé le passage qui l’emballait
    Je lui ai servi de boussole grâce aux poissons anthologiques ! »

    « Transmettez à ma chère Lïlïth, que je connais depuis longtemps,
    Toutes mes sincères amitiés au nom de notre sororité
    Afin que se réhabilite ce qui, depuis la nuit des temps,
    A animé la société de la gynopostérité ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La sinusoïde des fluides

    « Nous avions oublié les sirènes !

    Éôlïäne, toujours aussi sarcastique et avec la langue bien pendue, découvre, à son tour, avec ses sœurs la télépathie qui leur apporte quelque chose d’inattendu : la possibilité de parler avec un fantôme d’une sirène du lac de Constance qui prétend connaître beaucoup de choses…

    De belles révélations en perspective ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La sinusoïde des fluides

    « Ils sont tous devenus stupides ! » dit Éôlïäne consternée ;
    « Depuis les trois derniers bébés, soudain tout a dégénéré ! » ;
    « Les femmes sont plus intrépides ! » dit Olivïäne concernée ;
    « Ça va peut-être retomber ! » dit Azurïanne, rassérénée.

    « Pourtant les bébés sont mignons ; j’aurais bien aimé en avoir ! »
    « Demande alors à Constantïne si toutefois il peut bander ! »
    « Tu parles ! avec son vieux moignon… il doit lui-même s’en émouvoir ! »
    « Avec un peu de Célestine qui sait ? On peut en commander ! »

    « Quoi ? J’ai dit une absurdité ? » dit Éôlïäne pertinemment ;
    « Non mais… nous venons de causer sans même avoir ouvert la bouche ! »
    Pense-t-elle avec lucidité. « Et j’entends même distinctement
    Loreleï en train de proposer à Laurelïne de changer les couches ! »

    « Excusez-moi de déranger mais j’aime votre conversation !
    Et ça fait tellement longtemps que je n’avais entendu personne ! »
    « HÉ ! T’ES QUI TOI, L’ÉTRANGER ? MONTRE-TOI SANS PROTESTATION ! »
    « Ne criez pas ! Je suis contente ! Je suis une vieille âme teutonne ! »

    « C’est toi la forme transparente qui vient de se concrétiser ? »
    « Oui… enfin non… mais j’étais là depuis votre emménagement
    Mais vous n’étiez pas coopérantes alors que là, vous maîtrisez
    Le langage de l’au-delà qu’utilisent tous les revenants ! »

    « Sans blague ! Tu es un fantôme ? » – « Oui, vieille sirène de Germanie
    Et je m’ennuyais dans ces eaux malgré toutes vos allés venues !
    Parfois, je m’incarne en Guillaume, votre poisson de compagnie
    En utilisant le réseau des âmes-poissons ingénues ! »

    « Vous m’entendez ? C’est formidable ! J’ai plein de choses à raconter
    Sur la maison et ses secrets, les Atlantes qui l’ont habitée ;
    Et Constantïne, ce vénérable compagnon sur qui j’ai compté,
    Qui a toujours été discret et qui m’a toujours assistée ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Hyperboles corporelles

    « Les plus grandes révolutions se font par les femmes.

    Nérätïs et Pénélopïä se sont rapprochées pour pratiquer beaucoup d’activités physiques ensemble pour évacuer le stress.

    Le résultat dépassé leur expérience car leur propre émancipation de communique envers nous toutes.

    Et même Ledalïä. C’est dire ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Ce ne sont pas les danses exotiques qui intéressent Nérätïs ;
    Ce ne sont pas les arts martiaux qui passionnent Pénélopïä ;
    Ni la danse du ventre érotique qui se pratique sur Atlantïs ;
    Pas plus que les gestes impartiaux qui les attirent dans l’immédiat…

    Mais les deux femmes conjointement ont pris comme nouvelle habitude
    D’extérioriser par le corps toutes les tensions cumulées.
    Par un subtil consentement, elles recherchent la pleinitude
    Dans la détente et dans le sport sans devoir le dissimuler.

    Le soir venu, elles nagent ensemble ; tous les matins elles courent ensemble ;
    L’après-midi, elles plongent ensemble ; quand il fait beau, elles sprintent ensemble ;
    Pour se distraire, elles bougent ensemble, pour leur bien-être, elles suent ensemble ;
    À force de travailler ensemble leur corps et leurs gestes se ressemblent.

    Et pourtant contre toute attente, elles apprécient cette tendance
    De pratique des arts martiaux pour en éprouver la quiétude.
    Elles en apprécient la détente et sont attirées par la danse
    Alors qu’elles les trouvaient spécieux… comme quoi tout est dans l’aptitude !

    Elles prennent des cours de théâtre, de Taekwondo, de savate
    Et certains soirs même se produisent dans des spectacles de strip-tease
    Car c’est idiot mais ces bellâtres qui en mangeraient leurs cravates
    Les amusent et leur amenuise la pudeur qui les stigmatise.

    À force de s’émanciper et de laisser parler leurs corps,
    Elles se découvrent femmes libres, maîtrisant l’estime de soi.
    Et cela va se dissiper dans l’entourage dans un accord
    Qui apporte un rééquilibre envers chaque femme qui le reçoit.

    Et l’incroyable est arrivé : notre Ledalïä si pudique
    Se met à sortir toute nue pour aller bronzer et nager.
    L’illustratrice ravivée, apprécie le côté ludique
    Du regard plutôt soutenu d’un Alinéor partagé.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Quadrature matérielle

    « Le processus de transformation se poursuit.

    ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Cristïäs découvrent le pouvoir des formes.
    Ils créent, façonnent, modèlent tout ce qui leur tombe sous la main.

    Je commence à me demander si le petit Orélion, qui devient de plus en plus actif, n’est pas étranger à ce phénomène ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    ÄLLÏÄ se mit à voir sans voir ; juste pour estimer les formes.
    STELLÏÄ, entendre sans entendre ; juste pour capter les échos.
    Cristïäs, toucher sans percevoir ; juste la structure uniforme.
    Les trois, s’apprécier et s’entendre ; juste devenir ex-æquo.

    C’est lors de la nouvelle Lune, qu’ils en ressentirent les effets,
    Après la clôture du conclave sur les questions les plus complexes,
    Qu’ils eurent l’occasion opportune d’être tous les trois stupéfaits
    Par l’attrait des formes concaves et le goût des formes convexes.

    Ils se surprirent à modeler tout ce qui leur passait par les mains ;
    Façonner des origamis, des très faciles et des plus fourbes ;
    Pétrir de leurs doigts potelés, l’argile sur le bord des chemins ;
    Et tâter leurs anatomies pour en apprécier les courbes.

    Quand les deux sœurs faisaient l’amour, elles fermaient toujours les yeux
    Pour ressentir de l’intérieur son aspect tridimensionnel
    Comme une sculpture glamour que leurs partenaires audacieux
    Travaillaient des membres inférieurs pour des chefs-d’œuvre passionnels

    À presque quatre mois, Orélion perçoit et distingue ces formes
    Comme un ectoplasme invisible qu’il manipule de ses mains.
    Il joue au gentil trublion qui modèle un monde conforme
    À son langage imprévisible qui change à chaque lendemain.

    Enfin lorsqu’il tête sa mère le flux rétrograde remonte
    Et Laurelïne perçoit des formes qu’elle ne comprend pas encore
    Mais qu’elle retransmet au père chaque nuit quand leur désir monte
    Qui se répand et qui transforme chaque cellule de leurs corps.

    Comme un virus immunitaire ou un vaccin épidémique
    Ces formes s’étendent à tous les membres de la communauté
    Qui savent écouter et se taire, capter sans faire de polémique
    Ce qui s’avérera un atout accompagné de nouveautés.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Fou du loup

    Fou du loup

    Fi des mémères à leurs toutous, fi des cavalières à cheval,
    Fi des vielles filles et leurs chats, Fi des tatas aux mille oiseaux !
    Vivent les folles du loup-garou, non pas celui du carnaval
    Mais celui dont s’amouracha le chaperon rouge par son museau !

    J’aurais aimé être ce loup et embrasser le chaperon,
    Lui faire lichette et lichettes et goûter sa peau de velours.
    La garder loin des pieds jaloux qui empêchent de danser en rond
    Les amourettes et les bichettes qui s’énamourent des grands balourds !

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  • Un rien la déshabille

    Un rien la déshabille

    Ah… les lunettes à rayons X censées déshabiller les femmes !
    J’en ai retrouvé par hasard ce matin au vide-greniers.
    J’ai donc testé cette idée fixe en souhaitant de toute mon âme
    Redécouvrir les plus beaux-arts que la Nature a ingéniés.

    En voyant sa robe transparente, j’ai bien cru que ça fonctionnait
    Et j’ai acheté les lunettes à la vendeuse si charmante.
    Mais sa nudité apparente, elle se l’était confectionnée
    Avec nichons et foufounette peints sur sa robe enthousiasmante.

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  • Paraboles naturelles

    « Phénomène similaire cette fois-ci avec la peinture chez Ledalïä, Geminïä et Alinéor.

    Tous les trois ont reçu une information mais chacun l’a intégrée selon ses propres filtres.

    Résultats, trois toiles différentes.
    Mais en superposant les trois images, le message émanant des b3bes est apparu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Paraboles naturelles

    Il y a des rêves en couleurs et des rêves en noir et blanc.
    Cependant cette nuit les songes sont d’une autre catégorie.
    Comme des teintes de douleurs qui font des camaïeux troublants
    Et des coloris de mensonge pour faire des allégories.

    Ledalïä rêve d’arcs-en-ciel avec sept nouvelles couleurs ;
    Des infrarouges dégradés et des ultraviolets débordés.
    Et les sept couleurs officielles deviennent les souffre-douleurs
    Et se retrouvent rétrogradées dans des nuances inabordées.

    Geminïä rêve tout en noir mais en relief avec des formes
    Qui avancent en créant des ondes d’une lumière ténébreuse
    Qui ouvre un tout nouveau couloir où le noir alors se transforme
    Et crée soudain des nouveaux mondes où les étoiles sont nombreuses.

    Alinéor perçoit ses sens avec couleurs surnaturelles ;
    Le goût prend de nouvelles teintes, l’ouïe de nouveaux coloris ;
    Le toucher trouve alors l’essence des caresses d’or naturelles
    Quant à la vue, elle est éteinte par les autres sens a priori.

    Dès le matin Ledalïä peint les nouvelles couleurs aperçues ;
    Dès le matin Geminïä peint les formes noires entraperçues ;
    En même temps Alinéor peint les nouveaux sens qu’il a perçus ;
    Trois œuvres d’un art qui dépeint ce qui demeure inaperçu.

    « Euréka ! » crient-ils tous ensemble. « Il faut les photographier,
    Les superposer tous les trois et obtenir une seule image ! »
    Ce qu’ils obtiennent alors ressemble à l’effet holographié
    Qui montre les six enfants rois qui leur délivrent un message.

    Le message parle d’avenir : Yavänor avec Laëtïtïa
    Qui, non seulement continueront, mais garderont la connexion
    De ce présent en devenir qui deviendra un noviciat
    Tandis que nous, constituerons leur éternelle protection.

    Illustration de Ledalïä.

  • Asymptotes instrumentales

    « Encore une manifestation de la télépathie.
    Cette fois-ci, ce ne sont pas les pensées qui se transmettent mais la musique.

    ORPHÉÔN, Altänor et Valérion le découvrent.
    Et mâme Captain Nemo, pourtant amnésique, retrouve son don de pianiste.

    Tous les quatre se sont communiqué la même musique sans le savoir.

    Et ils ont enchanté tout Ô ALLEGÔRÏÄ ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Asymptotes instrumentales

    ORPHÉÔN est fort inspiré et surprend ÄLLÏÄ au réveil :
    « J’ai rêvé tant de mélodies et tant de textes cette nuit
    Qu’ils se sont ensemble insérés dans ma mémoire en plein éveil
    Comme des chants de paradis, des vieilles odes inouïes ! »

    Altänor est tout enjoué et Amellïä est enchantée :
    « J’ai rêvé des morceaux pour toi et qui m’ont traversé la tête
    Et je voudrais te les jouer ; peut-être pourrais-tu les chanter
    Ou les entonner à deux voix et organiser une fête ! »

    Captain Nemo se souvient et Nérätïs est tout en joie :
    « Je ne saurais pas l’affirmer mais… je crois jouer du clavier
    Et j’ai un refrain qui revient interprété tellement de fois
    Que je le jouerais, les yeux fermés, devant nos amis conviés ! »

    ORPHÉÔN chante à pleine voix en rejoignant ses congénères ;
    Altänor chantonne, enflammé, sa mélodie a capella ;
    Captain Nemo remue ses doigts sur un clavier imaginaire ;
    Et Valérion de s’exclamer : « C’est mon air que vous jouez là ! »

    Ils se regardent éberlués et se dirigent vers le living ;
    Altänor saisit son trombone, Captain Nemo se met au piano
    Et ORPHÉÔN vient ponctuer la musique d’un scat qui swingue
    Tandis que Valérion coordonne le tout de riffs originaux.

    Aussitôt le concert attire les cinq mamans et leurs bébés,
    D’un air réjoui et enjoué comme le fait remarquer Lïlïth :
    « Je ne sais pas comment vous le dire mais ils sont restés bouche bée
    Aussitôt que vous avez joué cette musique qui les excite ! »

    Sur sa batterie de cuisine, Alinéor cuillères en mains
    Réalise un rythme déchaîné accompagné des Irénée.
    Voici alors que Laurelïne se saisit en un tournemain
    De Yavänor pour l’entrainer dans un charleston effréné !

    Illustration de Ledalïä.

  • Les formes de l’esprit

    « Impossible de dormir avec toutes ces pensées qui me traversent la tête !
    Je ne sais pas si j’ai rêvé mais j’ai vu… ou plutôt entendu… en fait ni l’un ni l’autre mais je pensais comme Yavänor, comme Laurelïne, comme Loreleï et comme Lïlïth…
    C’était vraiment très étrange…
    Ça m’a tenue éveillée une bonne partie de la nuit !
    J’ai même ressenti une irrésistible envie de faire l’amour au petit matin… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Il n’y a pas de mot pour le dire mais notre relation à quatre
    A changé d’orientation et se passe au-delà du corps ! »
    Pense Yavänor qui voit sourire ses trois femmes en train de s’ébattre
    Après l’expérimentation d’un nouveau type de rapport.

    « Et inutile de le comprendre… » exprime Laurelïne à son tour ;
    « Il suffit de la pratiquer… » pense Loreleï en complément ;
    « Sans avoir besoin de l’apprendre… » continue Lïlïth sans détour ;
    « Car il suffit de l’appliquer ! » songe Yavänor simplement.

    « Et pas besoin de s’observer pour apprécier l’effet produit ! »
    « Tu as raison et quand tu penses je crois que c’est moi qui le pense ! »
    « Pourtant le genre est conservé ; la pensée mâle me séduit
    Et la pensée femelle dispense comme une douce résonance ! »

    « Continuez ! Je vais tenter une expérience intéressante ! »
    « Loreleï m’a l’air d’une gamine avec un tout nouveau jouet ! »
    « Mais tu es aussi enchantée, maman, tu es toute frémissante ! »
    « Je vous entends et m’achemine au fond du lac frais à souhait ! »

    « Oooh, là il se passe quelque chose entre Yavänor et maman ! »
    « Ils tentent d’expérimenter nos rapports d’une autre façon ! »
    « Aaah, oui ça me métamorphose et j’apprécie bien ce moment ! »
    « Taisez-vous et ressentez ce qu’ensemble nous surpassons ! »

    « Moi aussi ! » et les quatre amants se retrouvent dans la cuisine
    Car les émotions fortes creusent et l’esprit et leurs estomacs.
    Le papa et les trois mamans sans dire un mot emmagasinent
    Avec un verre de chartreuse des petits fours au curcuma.

    « Je m’étais habitué à voir mes réserves pillées la nuit
    Mais par quatre Llyrïädes à poil, ça je ne l’avais jamais vu ! »
    Rit Alinéor plus pour avoir l’explication de ce qui suit
    Tout en saisissant une poêle pour faire ce qu’il avait prévu…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les ondes cérébrales

    Les ondes cérébrales

    Quelle serait la longueur d’onde lorsque mon corps est en repos
    Et quelle est alors la fréquence lorsque mon âme fait l’amour ?
    Qu’est-ce qui fait vibrer le monde quand l’esprit est à fleur de peau
    Et qu’en est-il des conséquences quand mon cœur bat avec humour ?

    Combien faut-il regrouper d’âmes pour influencer la nature
    Et combien des mains raccordées faut-il pour mesurer le monde ?
    Est-ce que les hommes et les femmes font monter la température
    Lorsque les cœurs sont accordés sur une même longueur d’onde ?

    Est-ce que cela n’existe pas si la science ne le voit pas
    Et qu’elle n’est pas du même avis quant au chemin à parcourir ?
    Est-ce que cela ne compte pas, une fois passé de vie à trépas,
    Et qu’on n’a rien fait de sa vie sinon vivre, aimer et mourir ?

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  • L’Embrasement de la Lionne

    L’Embrasement de la Lionne

    La Lionne, créature de glace, protégeant les enfants du ciel,
    Demanda un peu de chaleur pour les protéger des frimas.
    L’astre ne tenant pas en place, ouvrit son cœur exponentiel
    D’un feu d’une telle valeur que la Lionne s’enflamma.

    Devenant une étoile fixe, elle brûla éternellement
    Dans le firmament de l’été durant un cycle de canicule.
    D’autres prétendent qu’une rixe explosa passionnellement
    Entre les dieux et Prométhée pour une histoire ridicule.

    Aujourd’hui la planète flambe mais pour toute une autre raison ;
    L’homme veut dominer la planète et l’homme se croit le plus fort.
    Alors il court à toutes jambes pour améliorer sa maison
    Avec tant de coups de manettes que l’humain devient pyrophore.

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  • Participation

    « Il s’est passé quelque chose.

    Les bébés émettent des impulsions qui ne sont pas encore des pensées.
    Yavänor-l’ancien et Yavänor-le-jeune ont créé le premier contact.
    L’intimité très étroite de Yavänor, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth amplifie ce phénomène.

    Ensemble, tous les quatre ressentent cette nouvelle expérience. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Ce soir, six bouches affamées tètent goulûment leurs mamans
    Devant une foule attendrie par le spectacle de la vie.
    On en voit certains se pâmer, participer à ce moment
    Dans un sentiment amoindri devant ces tout-petits ravis.

    Notamment Yavänor ému qui a vraiment cette impression
    De sentir ce téton gorgé de lait lui gicler dans la bouche.
    Même sa mâchoire remue dans une tendre régression
    Simulant même une gorgée de la manne blanche farouche.

    Mais quand Yavänor-le-bébé a fini de tout absorber
    Et que Lïlïth, sur son épaule, attend tendrement son renvoi,
    Yavänor-l’ancien, bouche bée, croise alors à la dérobée
    Celui qui a monopole de cette toute petite voix :

    En fait, ce n’est pas une voix juste des pensées très éparses
    Mais qui intelligiblement lui transmet des impulsions brèves.
    Des impulsions qui, une fois teletransmises par son comparse
    Le hantent irrésistiblement la nuit au milieu de ses rêves.

    Celui-ci est particulier ; Laurelïne, Loreleï et Lïlïth
    Unissent leurs mains avec les siennes pour amplifier cette voix
    Qui, d’un mouvement régulier, se développe et se délite
    Avec des inflexions anciennes semblable à des odes à la joie.

    Au matin Laurelïne s’éveille en évoquant un drôle de rêve
    Repris par Loreleï et Lïlïth qui l’ont rêvé, elles aussi.
    Et cette joie les émerveille car en une seule œillade brève,
    Ils ont compris que l’insolite information les associe.

    Non, pas besoin de long discours ; ils se regardent sans mot dire
    Et c’est exactement pareil que s’ils se le remémoraient.
    Cet intervalle paraîtrait court pourtant pour eux quatre, il s’étire
    Comme un bourdonnement d’oreille qui doucement leur parlerait…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Anticipation

    « Il y a quelque chose dans l’air d’indéfinissable.

    Depuis les trois naissances, j’ai l’impression qu’un climat d’empathie a envahi toute notre communauté.
    Ce climat existait déjà mais je crois qu’il s’est sensiblement amplifié.

    Les prochains jours nous en apprendront davantage. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Anticipation

    Trois petits quelque chose en plus par rapport aux premières naissances ;
    Un, la simultanéité de l’arrivée des nouveau-nés ;
    Deux, un tout nouveau stimulus : la télépathie en puissance ;
    Trois, une homogénéité en train d’atteindre leurs aînés.

    Sans doute Uranus en Gémeaux, l’esprit inventif et l’aisance
    Avec goût de l’innovation et les nouvelles technologies.
    Et Mars qui vient trouver les mots pour apporter la complaisance
    Envers les prochaines inventions qui animeront leurs logis.

    Pluton en Verseau leur apporte les transformations collectives,
    Une nouvelle organisation poussée par la télépathie.
    Qui se diffuse et se transporte déjà de manière objective
    Dans la nouvelle génération solidaire avec empathie.

    Cependant la télépathie n’est pas du tout héréditaire
    Mais une transmission qu’on apprend comme le langage parlé.
    Et c’est grâce à cette empathie que les enfants communautaires
    Auront ce talent qui surprend : de communiquer sans parler.

    On peut, par anticipation, sur les prochaines générations
    Parier sur ce phénomène qui ne saurait s’atténuer.
    Déjà les trois fécondations qui sont en cours de gestation
    Et celles de cette semaine qui vont encore continuer.

    Et c’est ce secret légitime qui se passe dans la nurserie ;
    Les trois nouveau-nés retransmettent leurs premières heures de vie
    Qui atteignent les pensées intimes de la petite confrérie
    Ainsi tous, à leur tour, émettent des impulsions inassouvies.

    Qui sait si demain les tétées n’affecteront pas les mamans ?
    Qui sait si les copulations n’affecteront pas les papas ?
    Qui sait si la communauté n’atteindra pas, à un moment,
    Ce pouvoir en évolution qui se propage pas à pas ?

    Illustration de Ledalïä.

  • Thème astral des enfants

    « Le 14 juillet 2026 à 12 h (heure locale), les trois bébés naissent pratiquement au moment de la Nouvelle Lune en Cancer.

    Le Soleil et la Lune sont conjoints, et Mercure rétrograde est lui aussi en Cancer, très proche de cette conjonction.
    Vénus est en Vierge, Mars et Uranus en Gémeaux, Jupiter en Lion, Saturne en Bélier, Neptune en Bélier (rétrograde) et Pluton en Verseau (rétrograde). »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Thème astral des enfants

    Soleil, Lune et Mercure ensemble à midi, heure des naissances,
    S’alignent dans une conjonction qui va empreindre les enfants.
    Cet aspect notable ressemble à une nouvelle connaissance
    Qui nous apporte la conviction d’un commencement triomphant.

    Naissance d’un cycle entièrement neuf d’une génération fondatrice
    Qui conduira la dynastie au-delà de ses espérances.
    Depuis la conception dans l’œuf, au sein même de la matrice,
    La fonction de télépathie s’est accrue en prépondérance.

    Avec Mercure, l’intelligence alliée à la curiosité
    Développe le goût de comprendre, d’absorber et de retransmettre.
    C’est comme un serment d’allégeance qui relie l’ingéniosité
    Des trois esprits qui vont apprendre très vite tels des petits maîtres.

    Vénus en Vierge leur précise l’amour et le sens du devoir,
    Envers les autres et leurs parents, de l’harmonie et du service.
    Les émotions seront concises, ce qui leur permettra de voir
    Très tôt les penchants apparents envers une âme-sœur novice.

    Mars en Gémeaux, moteur d’humour, offre beaucoup de vivacité
    Sur la capacité d’apprendre très vite et de communiquer.
    Et ils sauront parler d’amour avec tant de véracité
    Qu’ils n’auront plus alors qu’à prendre ce qu’on leur offre sans paniquer.

    Jupiter en Lion, c’est royal, comme un rayonnement naturel
    Qui portera leur joie de vivre avec leur magnanimité.
    Car le cœur se montre loyal avec un esprit culturel
    Qui donne confiance et qui livre une grande générosité.

    Saturne en Bélier, le courage est parfaitement discipliné ;
    Ils auront la capacité d’ouvrir de nouveaux horizons
    Qui, au sein de leur entourage, ne leur fera jamais décliner
    Toute responsabilité, même face aux pires trahisons.

    Illustration de Ledalïä.

  • Triples naissances, triples coïncidences

    « Ils sont nés en même temps en ce 14 juillet à midi !

    D’après les astres, c’est un excellent horoscope ;
    D’après Nérätïs, ce sont de beaux bébés ;
    D’après leurs mères, ce sont de pures merveilles.

    Ce soir tandis que la fête continue, la nurserie est divinement calme. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Mère de plus de cinquante enfants, cinquante-deux… cinquante-trois… ?
    Lïlïth, obstétricienne-en-chef, s’est déchargée sur Nérätïs
    Qui tâte d’un air triomphant, les ventres où se sentent à l’étroit
    Trois nouveau-nés qui derechef naîtront sous l’égide d’Atlantïs.

    Or Nérätïs sait d’intuition que la nouvelle Lune approche
    D’ici midi exactement et, sans consulter un Oracle,
    Connaît la signification de cette conjonction si proche
    Qui produira trois accouchements relevant presque du miracle.

    Toutes trois ont des contractions, toutes trois ont perdu les eaux,
    Toutes trois en pleine lumière sous le soleil qui les inonde.
    Toutes trois en contribution comme reliées par un réseau
    Qui attend l’instruction première qui provoque la mise au monde.

    Laurelïne, Loreleï, Pénélopïä, ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Yanimïä
    Six sages-femmes se dévouent, prêtant main forte à Nérätïs.
    Dans une ambiance d’Olympia car, dans la salle Ave Maria,
    Altänor et Valérion jouent, leur offrant un concert gratis.

    Yavänor-le-jeune, Élyäna et Ärÿnor en même temps
    Naissent entre les mains expertes sans aucune difficulté.
    Et l’on nage en plein nirvâna sous un beau soleil éclatant,
    Signe d’une protection offerte que nul ne saurait discuter.

    Sous la Nouvelle Lune en Cancer avec la triple conjonction
    Du Soleil, la Lune et Mercure, les enfants portent la lumière.
    Vénus les veille de concert, Mars leur apporte protection
    Jupiter est en sinécure, Saturne en patience première.

    Le soir descend sur six bébés dormant en parfaite santé
    Après avoir été lavés, nourris au sein et puis couchés.
    L’ambiance n’est pas retombée ; au contraire la nuit enchantée
    Continue à parachever l’aura de nos trois accouchées.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Du monde à l’antimonde via l’infini

    Du monde à l’antimonde via l’infini

    Qu’il soit en expansion ou bien en contraction,
    L’univers ne serait en fait qu’une illusion.
    S’il grandit, je grandis ; s’il rapetisse aussi ;
    Et de là vient le fait que j’ai encore grossi.

    Hier j’ai quitté le monde, aujourd’hui je renais ;
    Demain je reviendrais si je le comprenais.
    Mais j’ai compris le truc ; je fais mon lâcher prise
    Et suis le mouvement sans aucune surprise.

    Aujourd’hui une muse m’a ouvert une porte,
    Elle me prend par la main et, au diable, m’emporte
    Mais c’est Dieu qui s’amuse à me faire l’amour
    Avec ses créatures qui ne manquent pas d’humour !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La femme-serpent

    Encore une femme-serpent, à la séduction malicieuse,
    Me promettant la connaissance sous réserve que je croque son fruit
    Défendu par un vrai serpent à sa cheville pernicieuse
    Qui commande l’efflorescence pour en supporter l’usufruit.

    Car une fois goûté la pulpe juteuse du fruit défendu,
    Durant neuf mois se développe le vrai pouvoir qui se déplace
    Lorsque sortira de la vulve l’enfant qu’on avait attendu
    Et que la mère – Merci Fallope – mettra sur le trône à ma place.

    La connaissance n’est pas mourir ; la connaissance, c’est souffrir !
    Souffrir de ne vivre sa vie que pour laisser l’autre grandir,
    Savoir qu’il devra me nourrir juste le temps de découvrir
    Qu’il donnera lui-même la vie pour voir sa famille s’agrandir.

    Illustration de Didier Cassegrain.

  • Les formes du cœur

    « Jamais deux sans trois !

    Au tour des Atlantes à se lancer dans la théorie des formes mais à leur manière.

    On se demandait ce qui se passerait si les théories des LLyrïädes et celle des Irénée se rejoignaient…
    Il risque d’y avoir un effet explosif lorsque les trois forces LLyrïädes-Irénée-Atlante seront réunies ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Je ne sais pas si c’est utile mais la Mantisse a pour effet
    D’amplifier les émotions émises par le canal du cœur ! »
    Avoue Astérias, très futile. « Bien sûr, j’ai été stupéfait
    D’en observer les émissions et de les grouper toutes en chœur ! »

    « Explique-toi ! » lui dit Thétïs. « Je vois là différents fuseaux… »
    « Le premier, c’est l’émotion pure qui interpelle l’affectif,
    Le deuxième affecte la mémoire et ses souvenirs en réseau
    Quant au troisième, il épure, pour un sentiment expressif. »

    « Quand l’extrémité est tronquée, c’est un sentiment de colère ;
    Et lorsqu’elle est évanescente, c’est un sentiment de tristesse ;
    Même si le temps m’a manqué, j’ai les quatre émotions polaires ;
    La joie et la peur oppressante qui se lient avec étroitesse ! »

    « J’ai essayé de les cloner mais l’émotion est trop fugace ;
    Il lui faudrait un corps, une âme pour pouvoir la traiter d’humaine.
    Cependant j’ai sélectionné les expressions les plus sagaces
    Qui relient les hommes et les femmes ainsi que tous les phénomènes. »

    « Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir
    Une émotion enregistrée dans un domaine singulier,
    Je serais plus catégorique sur ce qui pourrait subvenir
    Si je pouvais administrer chaque cas en particulier. »

    « Génial ! » se moque alors Thétïs. « La Mantisse est psychologique
    Et on profite des transferts pour psychanalyser les gens.
    Ça donnera à Atlantïs une note anthropologique
    Afin de pouvoir satisfaire les voyageurs intelligents ! »

    « Ne t’en fais pas ! Dit Astérias. « Ce n’est qu’un projet d’avenir
    Qui, en cas de crise intérieure, pourra peut-être mettre à profit
    Nos relations avec Cristïäs et pourrait le faire revenir
    À des intuitions supérieures envers notre philosophie ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les formes du corps

    « On se demandait ce que trafiquaient les deux Irénée ?

    Et bien, à peu de choses près, les mêmes recherches que celles de Cristïäs ce qui devrait nous faire redoubler d’attention !

    J’espère que les deux théories ne s’additionneront pas ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les formes du corps

    « Je ne sais pas si c’est utile mais la télékinétique offre
    Une représentation du corps par les connexions du cerveau ! »
    Avoue l’ancêtre, un peu futile. « Curieusement, ça a du coffre
    Avec ces fuseaux d’égrégore qui se rassemblent en écheveaux ! »

    « Explique-toi ! » lui dit l’ancien. « Je vois là différents fuseaux… »
    « Le premier, la plaque nerveuse, le deuxième à tout le cortex,
    Le troisième au corps reptilien et le quatrième au réseau
    Nerveux et à la moelle osseuse ! » dit l’ancêtre en levant l’index.

    « Quand l’extrémité est tronquée, les cellules se renouvellent
    Et lorsqu’elle est évanescente, les cellules sont éliminées.
    Même si le temps m’a manqué, j’ai pu relier la cervelle
    À une fonction rajeunissante pour nous seuls, les deux Irénée ! »

    « J’ai essayé de les cloner mais le corps étant matériel,
    Il lui faut l’esprit et une âme et ça, c’est d’un autre niveau !
    Cependant j’ai sélectionné tous les neurones sensoriels
    Chez le fœtus et chez la femme qui accueilleraient un cerveau, »

    « Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir
    Une âme qui aurait vécu une existence jusqu’à sa mort,
    Je pourrais lier l’historique qui ainsi pourrait subvenir
    Afin que tu sois convaincu qu’on peut le faire sans remords. »

    « Génial ! » se moque alors l’ancien. « On abandonne la contrebande
    Et on crée des poupées charnelles – à qui il manque une conscience –
    Qu’on vendra à des béotiens avec une belle propagande
    Afin d’éviter l’éternelle méfiance envers notre science ! »

    « Ne t’en fais pas ! Répond l’ancêtre. « Je garde le dossier ouvert ;
    Demain, tu me remercieras de m’avoir emprunté le pas.
    Tu prends tout au pied de la lettre alors qu’on n’a pas découvert
    Si, oui ou non, cela servira nos intérêts… je ne sais pas ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les formes de l’âme

    « Pendant ce temps les hommes s’amusent…

    Alors que Nérätïs surveille et organise les préparatifs des naissances prévues pour demain, Cristïäs continue à perdre son temps – ou non mais le saura-t-on un jour ? – avec de nouvelles applications de la téléportation.
    Théorique cette fois mais est-ce bien rassurant ? »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Je ne sais pas si c’est utile mais la télémémoire dessine
    Une transcription de chaque âme, de sa naissance jusqu’à son terme ! »
    Avoue Cristïäs, un peu futile, traçant des figures sibyllines
    Avec des formes qui s’amalgament à des fuseaux qui se referment.

    « Explique-toi ! » Dit Yavänor. « Je vois là différentes formes… »
    « La première forme est un fuseau aux extrémités émincées ;
    L’âme naît, vit jusqu’à sa mort… donc une existence conforme
    Comme n’importe quel zozo ! » Lance Cristïäs d’un air pincé.

    « Quand l’extrémité est tronquée, c’est signe de mort accidentelle
    Et lorsqu’elle est évanescente, c’est une mort par maladie.
    Même si le temps m’a manqué, j’ai l’intuition sacramentelle
    Qu’on ne peut de manière décente lui espérer un paradis ! »

    « J’ai essayé de les cloner mais l’âme n’est pas matérielle ;
    C’est la frontière de la vie entre le physique et l’esprit.
    Cependant j’ai sélectionné quelques données caractérielles
    Qui me donnent tout le suivi de ce qu’une âme aurait appris. »

    « Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir
    Un corps vierge de tout esprit, je devrais pouvoir bouturer
    Le schéma fantasmagorique afin de le voir parvenir
    À reproduire, sans parti pris, sa personne restructurée. »

    « Génial ! » se moque alors STELLÏÄ. « Ça va nous aider sûrement
    À organiser les naissances… au cas où l’âme des nourrissons
    Voudrait faire son juvenilia pour appuyer ton jugement
    À propos d’une connaissance pour le fun que nous chérissons ! »

    « Ne t’en fais pas ! rit Yavänor. « Tu ne seras jamais autant
    Ridicule que je l’ai été hier soir de ma mission secrète ! »
    « Allez ! Ne perdons pas le nord ! » dit STELLÏÄ en ravigotant
    Son mari d’un baiser doté d’une petite moquerie discrète.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • L’acomat-boucan sous la Lune

    L’acomat-boucan sous la Lune

    Il n’y a pas qu’les chats que la Lune rend fous une bonne fois par mois ;
    Il y a les acomats-boucans qui, eux, deviennent hystériques.
    Comme une prière opportune, on les croirait avec émoi
    En train de chasser le toucan qui vit pourtant en Amérique.

    Dès que le clair de Lune augmente et que blanchissent les halliers,
    Le vieux hibou prend ses jumelles pour les compter jusqu’au matin.
    Mais il renonce et se lamente : « Ils changent tous de pédaliers ! »
    Car nul ne suit leurs ritournelles et tous y perdent leur latin.

    Pourtant la nuit dans les Antilles, parfois la Lune redescend
    Pour se nicher entre les branches d’un acomat-boucan dévot.
    Le hibou reprend ses lentilles, les ajuste en se redressant
    Et voit dans la lumière blanche que les toucans lui font défaut.

    Tableau de Carl Jung.

  • Le chat, la Lune et la pelote

    Le chat, la Lune et la pelote

    Voici pourquoi le chat pelote et la Lune en est responsable ;
    Toutes les nuits, elle déroule le fil de l’une des neuf vies
    Du chat qui, d’une patte falote et d’une humeur influençable,
    Devient maboule qui s’enroule et tripatouille avec envie.

    Lorsque paraît l’aurore blonde, le fil remonte vers la Lune ;
    Le chat, vaincu par son délire, s’endort d’un sommeil alangui.
    Mais dès que l’ombre inonde le monde et que vient la nuit opportune,
    La pelote reprend son empire… et le chat son boogie-woogie.

    J’avais un chat mathémagique qui attendait la bonne longueur
    Pour lancer d’une patte folle son revers à 2k Pi près.
    Le fil cassait, c’était logique, et, dans un élan de langueur,
    Pelotait la laine frivole pour la retricoter exprès.

    Tableau de Mulgil Kim.

  • Mes pensées en couleurs

    L’amour nous met de la couleur dans le cœur et c’est bien connu :
    Il met dans l’esprit la folie et dans le corps, la jouissance.
    Après, une étrange douleur pareille à un manque inconnu
    Qui nous plonge en mélancolie car voici toute sa puissance !

    Alors les pensées s’entremêlent pour former l’étrange arc-en-ciel ;
    Les souvenirs changent de forme et se déguisent en symboles.
    Le rêve et le réel se mêlent comme deux amants providentiels
    Qui se répondent et se transforment en poursuivant leur farandole.

    Puis tout finit par se rejoindre au fond du même tourbillon ;
    Les peurs, les joies et les désirs deviennent couleurs fraternelles.
    Le cœur voudrait alors s’adjoindre un battement de papillon
    Pour produire à son grand plaisir la procréation maternelle.

    Tableaux de Paul Griffitts.

  • Quand le temps s’émousse

    Quand la vie va trop vite, on ne prend pas le temps,
    On remet à plus tard, on bâcle, on simplifie.
    On fonce et on évite que ça dure trop longtemps,
    Sans qu’un moindre retard tous les jours s’amplifie.

    Quand le vent ralentit, le temps contrebalance ;
    Les corps sortent de l’ombre aux contours adoucis.
    Les vagues rythment la vie en grande turbulence
    Et le soleil sourit aux garçons sans souci.

    Enfin le temps s’étire en lumière océane
    Et le tableau s’achève d’un silence éphémère.
    Les enfants, libres et nus, sous la clarté diaphane,
    Échappent à la censure en s’habillant de mer.

    Tableaux de Jens Ferdinand Willumsen.

  • La mission secrète de Yavänor

    « Stupéfiant !

    Yavänor, qu’on avait cru dévoué aux tâches ménagères, est missionné par Atlantis pour récupérer un engin diabolique au nez et à la barbe des Irénée.

    Il parvient à s’en acquitter mais il n’est pas au bout de ses surprises ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Hier soir, lors des festivités, Yavänor reçut un message
    Signé d’Astérias et Thétïs concernant les deux Irénée.
    Ils sont, pour leurs activités, cette nuit même de passage
    Fomentant contre Nérätïs et concernant ton dernier-né.

    Conformément aux instructions, il a agi discrètement
    Et gagné la ville allemande au pied de la grande Impéria.
    En face de sa construction, c’est ici que secrètement
    Ils attendraient une commande à la barbe de Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Arrivé sur les quais du port, il repère vite la boutique
    Lieu mal famé de contrebande et d’actes de piraterie.
    Prétextant un ordre de transport, il avise l’engin robotique,
    S’en empare au nez de la bande et court, place de la mairie.

    Poursuivi par deux scélérats, il réussit à les semer
    Et monte à bord de la navette, un gros paquet entre ses mains.
    « Ouf ! » se dit-il « bon débarras ! » mais il doit encore assumer
    Sa mission faite à la sauvette et l’apporter ici demain.

    Alors que l’aube s’achemine, tandis qu’une fête bat son plein,
    Il entre et crie dans la maison : « J’ai déjoué nos adversaires ! »
    Alors soudain tout s’illumine et, dans le salon archiplein,
    Retentit cette entonnaison, chantant : « JOYEUX ANNIVERSAIRE ! »

    Alinéor le félicite : « Tu as pu avoir le champagne
    Que j’avais commandé pour toi par caisse de douze bouteilles ! »
    Il prend le colis « illicite », l’ouvre sous le regard des compagnes
    Qui rient devant l’air tout pantois de Yavänor qui s’émerveille !

    « Vous m’avez bien eu, mes amis, et j’ai marché comme un benêt ! »
    « Il fallait bien contribuer ! » rétorque Alinéor d’emblée.
    « Et tu as cru à l’infamie de ces soi-disant Irénée ! »
    Dit-il faisant distribuer les coupes à toute l’assemblée.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le pique-nique à l’espagnole

    « Quelle nuit !

    Beaucoup ont le réveil difficile sauf Laurelïne et Loreleï occupées à soigner leur progéniture.

    Lïlïth, Ledalïä et Geminïä sont chouchoutées et installées à l’ombre sur la terrasse par Alinéor, le maître du gîte.

    Peu à peu, les convives arrivent et prennent place un café à la main ou replongent de plus belle dans le sommeil. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le pique-nique à l’espagnole

    Toute la nuit durant la fête à la délivrance a marqué
    Les uns et les autres de fatigue, on se couche à la pointe du jour.
    Les matrices sont satisfaites, nourries, distraites et embarquées
    Dans un sommeil qui leur prodigue un interlude dans leur séjour.

    On donne la dernière tétée en priant pour un court répit ;
    On espère une grasse matinée malgré six bouches impertinentes.
    Les autres sont un peu hébétés, quelques-uns presque décrépis
    Chacun le regard mâtiné d’une pâmoison dominante.

    Neuf heures du matin Alinéor range tout le capharnaüm ;
    Il prévoit les premiers levés… pas avant midi ou plus tard…
    Le temps est splendide au-dehors… un pique-nique sans décorum ?
    Peut-être un peu moins relevé selon l’énergie des fêtards…

    Vers quatorze heures on s’agite… on se bouscule sous la douche…
    On se dirige vers la cuisine… on maugrée, l’estomac vorace…
    Où est passé l’âme du gîte ? Où est passée la fine bouche ?
    Des voix éparses s’avoisinent un peu plus loin sur la terrasse.

    « Et voici les derniers convives ! » Salue Alinéor brandissant
    Café ou thé – on a le choix – sucré ou salé, s’il vous plaît.
    Ah ! Tout de suite on se ravive, on se prend un mug frémissant,
    Un peu de pizza aux anchois et le confort est au complet.

    On entend des bruits de succion… le pique-nique a commencé
    Un peu plus tôt pour les bébés bien installés dans les girons.
    Là, pas besoin de traduction et on pourrait presque annoncer
    Qu’après avoir tout absorbé les gastronomes dormiront.

    Ce pique-nique à l’espagnole est d’une douceur estivale
    Que chacun goûte sans parole, les pensées emportées au loin.
    On entend juste un rossignol, une saute de vent qui dévale ;
    Le silence a le premier rôle, quelques ronflements néanmoins…

    Illustration de Ledalïä.

  • La fête à la délivrance

    « Contre toute attente, pas d’accouchements pour aujourd’hui !

    Nérätïs a renvoyé ces mères équivoques dans leurs foyers non sans avoir prévenu tout le monde qu’elles auraient un petit creux…

    Et sans doute une envie de bouger à provoquer la nature et la physiologie. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La fête à la délivrance

    « Mesdames, vous pouvez rentrer ; vous n’accoucherez pas aujourd’hui !
    L’utérus n’est pas dilaté et rien n’a vraiment commencé !
    Mangez, buvez et rencontrez vos amis à faire grand bruit
    Et revenez candidater quand ça aura recommencé ! »

    Consultant les éphémérides, Nérätïs a la conviction :
    Nous sommes en Lune descendante, à deux jours de la Lune noire,
    Avec, à l’heure la plus torride, Soleil et Lune en conjonction.
    Cette figure coïncidente n’est-elle pas superfétatoire ?

    Lïlïth dit : « J’ai une de ces faims ! Je dévorerais un éléphant ! »
    « Moi aussi ! » Clament de concert à pleins poumons ses deux copines.
    « Cette journée était sans fin… ça creuse de faire des enfants ! »
    Disent-elles, sortant du dispensaire pour aller droit vers les cuisines.

    Au lieu de trouver porte close, au contraire tout est allumé
    Et tout le monde les accueille : « Nérätïs nous as prévenus !
    De peur que vos ventres n’explosent, j’ai gâteaux et jambons fumés
    Et un vin qui a de la feuille ! » dit Alinéor en bienvenue.

    Ils sont tous là et Yavänor leur cède la place sans dire un mot
    Tandis qu’Alinéor leur sert une coupe d’un grand millésimé
    Avec Amélïä, Altänor, Pénélopïä, Captain Nemo
    Et tous les amis nécessaires pour faire un banquet animé.

    Puis Altänor et son trombone, puis Valérion et sa guitare
    Entreprennent improvisations et duos au rythme endiablé
    D’Alinéor frappant bonbonnes et casseroles sans crier gare
    Avec les vocalisations d’ORPHÉÔN à voix redoublée.

    Et l’on voit les ventres bombés danser avec leurs cavaliers
    Comme pour provoquer la nature et, s’il le faut même, à outrance.
    Et tout le monde de succomber sous le charme festivalier
    Maintenant la température de la fête à la délivrance.

    Illustration de Ledalïä.

  • Moi, je m’en foot !

    Moi, je m’en foot !

    Pendant que les uns font la guerre contre les autres, on joue au foot
    Et on y retrouve les mêmes autour d’un ballon délirant.
    À la fin, il ne restera guère qu’un seul à remporter les joutes
    Avec des déploiements de haine entre tous les belligérants.

    N’en déplaise à tous les médias, le football ne m’a pas atteint ;
    Ça doit remonter à l’enfance où je rêvais plus que je shootais.
    Si je m’informe dans l’immédiat des informations du matin,
    Je ne vois pas pourquoi la France en est tout autant envoûtée…

    Ça doit venir d’un chromosome en forme de ballon de foot ;
    On ne l’a pas dans la famille, ce serait donc héréditaire…
    Ce n’est pas le gène de l’homme puisque les femmes se rajoutent
    À la folie et s’égosillent tout autant que les supportaires.

    Illustration de KLUB sur Fluide Glacial.

  • Le tissu amincissant

    Si le fameux tissu conçu pour habiller un empereur
    Avait vraiment pu exister, il aurait dû avec aisance
    Cacher sa bedaine pansue et son derrière avant-coureur
    Qui pète la complexité d’une tête vide de bon sens.

    Il peut gommer les bourrelets, les plis, les bosses et les creux,
    Affiner toutes les silhouettes et les rendre plus désirables,
    Mais ne saura rien chambouler dans l’esprit le plus désastreux
    Qui fait miroir aux alouettes aux pensées irrécupérables.

    Il faudrait un tissu pensé d’idées légères comme un songe ;
    Un tissu d’air ou bien d’éther et invisible comme il se doit.
    Voilà le truc à compenser : tisser un tissu de mensonges
    Et le vendre au prix le plus cher et calculé selon son poids.

    Pourtant ce tissu de mensonge, distribué gratuitement
    En continu par les médias n’habille pas la vérité
    Qui reste nue et qui éponge assez démagogiquement
    Les canulars dans l’immédiat mais sans trop de sévérité.

    Tableaux de Leo et Diane Dillon sur https:katia-lexx.livejournal.com2500420.html .

  • Pendant ce temps… Amellïä & Altänor

    « Décidément, un vent d’amour souffle sur Ô ALLEGÔRÏÄ !

    Tandis que Pénélopïä et Captain Nemo se rapprochent, Amellïä se laisse séduire par charme d’Altänor.
    Les deux naufragés vont très bien ensemble.
    Je crois surtout qu’ils ont besoin l’un de l’autre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps… Amellïä & Altänor

    Amellïä : « Ainsi tu devais soutenir le moral des troupes alliées ? »
    Altänor : « C’était mon job ! Et mon orchestre devait être transféré ! »
    Amellïä : « Et malgré l’avis de tempête, tu as risqué la traversée ? »
    Altänor : « Eh oui ! J’avais perdu patience quand on m’a proposé une place ! »

    Amellïä : « Et qui s’est très mal terminé, tout comme moi si près du but ! »
    Altänor : « Tu n’étais donc pas en mission… c’est vrai… vous n’étiez pas en guerre ! »
    Amellïä : « J’accomplissais le tour du monde et j’y étais presque arrivée ! »
    Altänor : « Et que t’est-t-il donc arrivé ? Une panne ? Un temps épouvantable ? »

    Amellïä : « La fatigue, tout bêtement ! J’avais trop présumé de mes forces ! »
    Altänor : « C’est quand on est trop fatigué que l’on produit des catastrophes ! »
    Amellïä : « Oui mais j’enrage ! J’étais stupide ! Tout ça pour battre des records ! »
    Altänor : « Et moi pareil ! Quelle importance que ces quelques jours de retard ! »

    Amellïä : « Que vas-tu faire maintenant puisque la guerre est terminée ? »
    Altänor : « Prendre des vacances enfin après mes quatre années de guerre ! »
    Amellïä : « C’est tout ce qu’il nous reste à faire et personne ne nous attend ! »
    Altänor : « C’est vrai ! Alors profitons-en pour faire un bout de route ensemble ! »

    Amellïä : « Oui mais toi tu as ta musique tandis que moi, je n’ai plus rien ! »
    Altänor : « Mais tu m’as moi et j’ai besoin de ta présence à mes côtés ! »
    Amellïä : « Mais pourquoi moi ? Hier encore, toi-même ne me connaissais pas ! »
    Altänor : « Parce que nous sommes désormais deux compatriotes de fortune… »

    Amellïä : « Je t’aime beaucoup, Altänor ! Crois-tu que nous serons heureux ? »
    Altänor : « Nous recommençons, toi et moi, une nouvelle page de vie ! »
    Amellïä : « J’ai peur de ne pas m’adapter… trop d’années se sont écoulées… »
    Altänor : « Moi non plus, chérie… je ne sais pas. Mais si nous sommes deux… pourquoi pas ? »

    Amellïä : « Mais resteras-tu avec moi ? Les autres filles sont si jolies… »
    Altänor : « Toi, tu as ce qu’elles n’ont pas ; l’Amérique qui nous manque… »
    Amellïä : « C’est vrai ! J’ai confiance en toi et si je t’aime, c’est pour ça ! »
    Altänor : « Alors si tu veux m’épouser, tu deviendras mon égérie ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps… Pénélopïä & Captain Nemo

    « Nérätïs n’arrête pas de demander où est donc passée Pénélopïä !

    Je crois l’avoir vue aider le dernier naufragé à faire quelques pas dehors mais je n’ose pas le dire à Nérätïs ; ils ont l’air si bien ensemble… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Pénélopïä : « Tu ne te souviens vraiment de rien ? Ni ton nom et ni ton prénom ? »
    Captain Nemo : « Je n’ai plus aucun souvenir ; juste la dernière image gravée ! »
    Pénélopïä : « Décris-la-moi, on ne sait jamais ; c’est comme un fil qu’il faut tirer ! »
    Captain Nemo : « L’eau m’entoure de toutes parts ; je m’abandonne et tout est noir ! »

    Pénélopïä : « Tu avais un blouson de cuir comme un blouson d’aviateur ! »
    Captain Nemo : « Je ne sais pas ce que ça veut dire ; j’ai beau chercher, ça me fatigue… »
    Pénélopïä : « Alors cesse de te creuser la tête et viens ! Nous allons nous détendre ! »
    Captain Nemo : « Oui, je veux bien faire autre chose, sortir et faire quelques pas… »

    Pénélopïä : « Tu vois ? C’est le lac de Constance entre la Suisse et l’Allemagne ! »
    Captain Nemo : « L’Allemagne ? Oui, ça, ça me parle… Pourquoi ça ? Je n’en sais pas plus… »
    Pénélopïä : « À ton époque, c’était la guerre et peut-être as-tu combattu ? »
    Captain Nemo : « Peut-être oui, peut-être non… Comment savoir ? C’est effacé ! »

    Pénélopïä : « Écoute-moi ! tu t’es crashé en mille neuf cent quarante-quatre ! »
    Captain Nemo : « Si tu le sais, alors contacte la police, les renseignements… »
    Pénélopïä : « Nous sommes en deux mille vingt-six ; quatre-vingt-deux ans ont passé ! »
    Captain Nemo : « Alors tous ceux que je connaissais sont morts ou bien m’ont oublié… »

    Pénélopïä : « Mais maintenant, tu nous as, nous ! Et nous t’avons, c’est important ! »
    Captain Nemo : « Oui, vous vous êtes montré sympas… mais surtout toi et ça me touche ! »
    Pénélopïä : « Si je n’m’intéresse pas à toi, qui donc le fera maintenant ? »
    Captain Nemo : « Merci ! J’aime ta compagnie, tu sais atténuer mes douleurs ! »

    Pénélopïä : « Si tu le veux, je t’apprendrai comment nous vivons tous ici ! »
    Captain Nemo : « Merci ! Cet endroit est paisible et je veux bien m’y arrêter ! »
    Pénélopïä : « Nous sommes tous un peu comme toi, tous arrachés à notre monde ! »
    Captain Nemo : « Je me faisais la réflexion… on se croirait dans une gare… »

    Pénélopïä : « Viens ! Marchons le long de la plage ! J’aime bien ce petit vent frais ! »
    Captain Nemo : « Moi aussi et je trouve ça drôle ; c’est comme si je m’en souvenais ! »
    Pénélopïä : « N’y pense plus, ça reviendra sinon tant pis, que nous importe ? »
    Captain Nemo : « Tu as raison ! Je suis ici, je n’appartiens plus au passé ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps… Nérätïs

    « Nérätïs est tellement efficace qu’on a tendance à l’oublier.

    Je l’ai observée et j’ai noté ses réflexions, ses mines songeuses, son regard épanoui lorsqu’elle croise Valérion ainsi que tous les membres des LLyrïädes et surtout sa patience infinie.

    Côté professionnel, il n’y a rien à dire : On dirait que toute l’histoire de la médecine est condensée dans notre médecin-chef.
    Elle est l’incarnation de la sagesse et du dévouement. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps… Nérätïs

    Durant l’attente interminable, Nérätïs songe à l’avenir
    Comme si cette année prédisait qu’elle prenait un nouveau pli.
    Sur Atlantïs, son train-train stable n’était plus qu’un vieux souvenir
    Tandis qu’ici se précisait son rôle de femme accomplie.

    Nérätïs n’avait pas prévu devoir rester autant de temps ;
    Ô ALLEGÔRÏÄ l’a traitée en tant qu’invitée permanente.
    Puis il y a eu des imprévus qui sont devenus importants
    Et dont personne n’a regretté ses interventions pertinentes.

    Valérion, bien sûr, la rattache à Thestïäs ainsi qu’à la Terre
    Car son amoureux s’épanouit auprès d’amis si formidables.
    Et quant à elle, elle s’attache à cet esprit communautaire ;
    Le mal du pays s’évanouit face à son rôle indispensable.

    Cinq mères de famille, six bébés, deux naufragés et même trois,
    Puis tous ces jeunes sympathiques qu’elle a su apprendre à connaître ;
    Elle sait bien qu’elle a succombé au charme de cet étrange endroit
    Et son besoin thérapeutique dont elle sait se faire reconnaître.

    L’alerte est passée pour Lïlïth, le bébé est hors de danger,
    Puis Ledalïä et Geminïä sont dans un état stationnaire.
    Si Yanimïä lui facilite le suivi des mères allongées,
    Que dire du dévouement d’ÄLLÏÄ et de STELLÏÄ, sa partenaire ?

    Vont-elles accoucher aujourd’hui ou aux premières heures matinales ?
    Elle préfère laisser la nature agir selon son propre rythme.
    Elle a plusieurs fois introduit le test du toucher vaginal,
    Surveillé la température et la fréquence des borborygmes.

    Nérätïs peut paraître fière du suivi des futures mères ;
    Elle est satisfaite pour Lïlïth mais inquiète pour Pénélopïä
    Qu’elle n’a plus vue depuis hier en tant que nurse intérimaire
    Or d’habitude son élite la suit dans tout ALLEGÔRÏÄ…

    Illustration de Ledalïä.

  • Premières contractions

    « Il y a de l’effervescence : le travail aurait commencé.

    Nérätïs a pris les choses en main en installant un dispensaire complet avec Yanimïä promue sage-femme.

    Tout le monde se relaie au chevet des futures mamans pour détendre l’atmosphère mais les naissances se rapprochent et au dernier moment, ça devient crucial ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Nérätïs a aménagé un véritable dispensaire
    Dans les murs de l´ancienne chapelle dédiée à l’Ave Maria.
    Et comme elle l’a présagé, il s’est avéré nécessaire
    D’anticiper ce qu’elle appelle « l’avènement d’Ô ALLEGÔRÏÄ ».

    Dès les premières contractions, elle conduit immédiatement
    Lïlïth, suite à sa V.M.E., puis Ledalïä et Geminïä,
    Près de la salle d’opération et vers la salle d’accouchement
    Dont pour l’occasion on promeut comme sage-femme Yanimïä.

    Elles auraient souhaité accoucher dans les eaux du lac de Constance
    Mais Nérätïs a refusé pour raison de sécurité.
    L’obstétricienne les a couchées ensemble pour la circonstance
    Et les a toutes trois infusées pour toutes les opportunités.

    L’ambiance est très décontractée et tout le monde se relaie
    Au chevet des futures mères et leur moral est remonté.
    Alinéor a concocté des canelés du bordelais
    Parfumés aux oranges amères et des boissons à volonté.

    Valérion a pris sa guitare pour accompagner ORPHÉÔN
    Et le duo chante en l’honneur des trois naissances imminentes.
    Cristïäs a branché sans retard ses moniteurs sous les néons
    Et l’on a prévu les donneurs de sang selon les dominantes.

    Laurelïne et Loreleï vont et viennent avec leurs bébés dans les bras
    Et Yavänor en réflexion – et ce depuis le mois de juin.
    Les autres filles interviennent avec couvertures et draps
    Et apprennent sous la direction de Nérätïs les premiers soins.

    On ne compte plus les contractions mais on mesure les fréquences
    En surveillant tous les diagrammes qui défilent sur les écrans.
    On contrôle les dilatations, on pare à toutes les conséquences,
    Mais le stress s’invite au programme et toutes les femmes sont à cran.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les sirènes, le dos au mur

    (Suite et fin de « La pension de Mademoiselle Yvette»)

    Les sirènes, le dos au mur

    De la pension de Miss Yvette, j’ai conservé le souvenir
    D’une dizaine de sirènes assises au pied de mon lit.
    Elles faisaient toutes la navette, l’une après l’autre, pour venir
    Apprécier la queue sereine qui frétillait à la folie.

    D’un mur d’eau elles apparaissaient comme une naissance aquatique
    Et me charmaient d’une voix claire et envoûtante tout à la fois.
    Et puis elles disparaissaient dans un fondu fantomatique ;
    Ce n’était pas pour me déplaire car je croyais rêver, ma foi.

    Toutes les nuits du vendredi – date de mon fameux séjour –
    Je refais ce rêve imbécile de mes sirènes à la sauvette.
    Toujours est-il qu’un mercredi, j’ai reçu au courrier du jour
    L’invitation au domicile de qui ? De Mademoiselle Yvette !

    Photo de Kevin Briggs.

  • Gare à l’impatience !

    Quand tu partiras à la pêche aux trésors sacrés des sirènes,
    Prend garde au regard de Neptune qui surveille le détroit chinois.
    Et s’il voit que tu te dépêches, fais attention à ta carène
    Car les récifs sur la lagune crèveront ta coque de noix.

    Quand enfin les vagues profondes déposeront leurs perles marines,
    Tu comprendras que les voyages rapides apportent le malheur
    Car les tempêtes à la ronde et les grandes houles assassines
    N’épargnent jamais les rivages où l’on accoste bien avant l’heure.

    Tableaux de Hanna Ligeti.

  • Welcome, Captain Nemo !

    « Jamais deux sans trois !

    Le scan de Cristïäs avait un défaut : il gérait mal les doublons. Ce n’était pas “un” mais “deux” rescapés du crash qu’on pouvait sauver.

    La machine n’a fait que poursuivre ce pour quoi elle était programmée et c’est un solide gaillard qui renaît dans le laboratoire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Welcome, Captain Nemo !

    « Cristïäs ? En fermant le labo… il y avait un signal sonore
    Et un message sur les écrans : “coordonnées déterminées”.
    J’ai laissé le cerveau-robot qui indiquait “contraténore” ;
    Le bip-bip m’avait mise à cran et puis j’étais exténuée ! »

    Yanimïä lâcha sa remarque qui, auprès de Cristïäs, fit mouche …
    Il avait laissé l’appareil sous tension après leur départ…
    Alors, aussitôt, il débarque et voit s’inscrire dans le cartouche :
    “humain parė pour le réveil” surgir alors de nulle part…

    Curieux, Cristïäs lance le transfert, intrigué de la coïncidence
    Alors qu’il avait vérifié tous les passagers de la liste…
    Pourtant… rien ne peut satisfaire à l’intérêt en évidence
    De comprendre et authentifier cet artefact probabiliste…

    Contre toute attente apparaît un corps aux proportions parfaites,
    Dignes d’un héros homérique échappé d’une autre odyssée
    Où cette fois-ci disparaît cette suprématie surfaite
    De l’occidental empirique : un géant noir controversé.

    « Chéri ? Que fais-tu donc ici ? » demande STELLÏÄ observatrice…
    « Regarde ! Il y avait deux hommes derrière une seule occurrence ! »
    Et Cristïäs alors officie la procédure créatrice
    Et voit apparaître en binôme une deuxième corpulence.

    « C’est l’un des “Tuskegee Airmen”, un passager exceptionnel
    Qui réintégrait son escadre située à Villacoublay
    Pour ses aptitudes humaines et son cursus professionnel,
    Heureux de servir les cocardes françaises qui ne l’ont pas oublié.

    « Where am I ? » et ça recommence ! STELLÏÄ morigène son mari
    Qui, pour une fois, est incapable de fournir une explication.
    « Partons rechercher la clémence auprès de ceux de même gabarit
    Pour répéter l’invraisemblable procédure d’acceptation ! »

    Illustration de Ledalïä.