
L’effacement des frontières
Il fut un temps où les royaumes s’étendaient aux confins du monde
Chacun clos derrière ses frontières et sûr de son éternité.
Mais les frontières sont des axiomes soutenus par des peurs immondes
Or le temps passe et reste entière l’arcane jamais délimitée.
Les ruines encore vibrantes
Ces royaumes se sont fragmentés, dispersés par des vents d’oubli
Et la poussière des étoiles qui a recouvert leurs histoires.
Où sont leurs textes documentés, où sont leurs règles établies ?
Aucune carte n’en dévoile la moindre information notoire.
Les routes oubliées
Pourtant quelque chose persiste et tient bon pour ne pas pourrir
Sous les ruines à peine visibles où pas une route ne mène.
Une mémoire encore résiste, ne voulant pas encore mourir,
Et lance un appel invisible sur les vestiges du domaine.
Les ponts invisibles
Alors celle qui voit au-delà, reliant les histoires sombres,
Tend ses mains, non pour reconstruire, mais révéler cette mémoire
Des rosaces et des mandalas pour la faire sortir de l’ombre
Et parvenir à reproduire l’appel qui fuse entre les moires.
Le point de convergence
Car elle est la carte vivante qui rassemble et guide les pas
De ceux qui savent que le royaume perdu ne l’a jamais été.
Grâce aux lumières adjuvantes qu’elle relie comme un compas
Qui circonscrit tous les idiomes où les symboles sont répétés.
La mémoire retrouvée
Mais la carte devient muette vers le seuil de plus en plus proche ;
Seuls les derniers marqueurs se cachent dans le souffle du vent
Car des miroirs aux alouettes brouillent celui qui se rapproche
Et qui doit écouter son cœur pour trouver l’indice suivant.
La carte qui se dessine seule
Or, c’est la carte qui écoute le cœur, le corps, l’âme et l’esprit,
Laissant le chemin apparaître à celui qui l’a mérité.
Mais pour l’atteindre, quoi qu’il en coûte, il faut aussi avoir compris
Qu’elle va le faire comparaître avec toute sa vérité.

Illustration de Ledalïä.
Laisser un commentaire