
En Mer du Nord, il n’y en a qu’une pour s’échouer sur le rivage :
C’est Loreleï qui guette, pensive, un promeneur assez candide
Pour approcher sur la lagune cette créature sauvage
Apparemment inoffensive et vraisemblablement morbide.
Il la touche, elle se retourne, il se penche et elle l’embrasse
En inoculant son venin car ses canines à crochets.
Le soir venu, elle l’enfourne en l’assaisonnant d’huile grasse ;
Ce plat typiquement sirénien n’a plus rien à se reprocher.
Nul ne saurait lui échapper et moi-même en ai fait les frais
Mais me suis aussitôt méfié de ses eaux manipulatrices.
Mais elle m’a pourtant rattrapé en me promettant le plus vrai
Des amours les plus raréfiées et les plus illuminatrices.
Illustration extraite de « Les sirènes », recueil de dessins d’auteurs.
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