
Quand ma vie était découpée en différentes activités,
Je me levais dans la première, prenais ma douche dans la deuxième.
Quelques minutes à m’occuper juste de mon intimité,
Puis je partais dans la lumière du jour embrasser la troisième.
Ainsi de suite chaque jour, défilaient les tranches de vie
Dans un rythme qui accélérait chaque année de plus en plus vite.
Et puis tout au long du séjour, malgré ma machine asservie,
C’est l’éjection délibérée par l’improviste qui m’invite.
Alors je découvre un sentier qui n’était sur aucune carte,
Où les saisons perdent leurs rangs sans jamais perdre leur couleur.
Les jours ne sont plus des métiers mais des oiseaux qui se départent
D’horloges sans aiguilles ni cadrans pour écouter battre mon cœur.
Un escalier sans fin m’attend au centre de cette spirale ;
Il ne conduit ni vers le ciel, ni vers des gouffres souterrains.
Chaque palier devient latent vers une histoire sidérale
Où les minutes essentielles m’entrouvrent un tout nouveau terrain.
Illustration d’Adrian Kenyon.
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