Catégorie : Pamphlets

Petits textes satiriques envers qui vous savez

  • Rien devant mais tout derrière

    Rien devant mais tout derrière

    À force de déshabiller Marianne pour habiller Brigitte,
    Marianne s’expose dans les mairies en se tournant main dans le dos.
    J’entends les hommes babiller et leurs bonnes femmes qui s’agitent
    En priant la vierge Marie de la cacher sous un rideau.

    Pourtant Marianne était très fière de représenter la patrie ;
    Elle ne voit donc aucun problème à poser toute nue sans détour.
    On s’est adressé à Saint-Pierre pour couvrir cette idolâtrie
    Mais il a tourné le dilemme en lui faisant faire demi-tour.

    Si l’on jouait à pile ou face plutôt que de voter des lois,
    On économiserait in situ un budget tellement colossal
    Qu’on pourrait acheter à la place des vêtements de bon aloi
    Et Marianne alors vêtue pourrait quitter l’arrière-salle.

    Tableau de Pon Arsher.

  • Les menteurs à tiroirs

    Les menteurs à tiroirs

    Ce que j’aime avec les menteurs ce sont leurs si nombreux tiroirs
    Pleins de mensonges et fourberies, escroqueries et tromperies.
    Leurs ruses m’évoquent une senteur, une résonance et un miroir
    Qui montrent les étourderies qui trahissent leurs filouteries.

    À force d’ouvrir leurs tiroirs pour ranger leurs pires inventions,
    Ils oublient parfois qu’à la place dort une vérité première.
    Ils errent alors dans les couloirs des nouvelles explications
    Et découvrent en rompant la glace qu’ils y ont laissé leur lumière.

    Puis il y a les supers menteurs – titre purement honorifique –
    Ceux-qui parviennent à mentir à plusieurs millions de personnes.
    Camelots et bonimenteurs ne sont que fourbes soporifiques
    Devant qui vient d’anéantir la France sans qu’on le soupçonne.

    Tableau de Małgorzata Piątek-Grabczyńska.

  • Partie à quatre

    Partie à quatre

    Si le polyamour s’impose à l’Élysée l’année prochaine,
    C’est à cause de tous ces partis qui écartèlent Marianne.
    Cela découle, je suppose, des débats sur toutes les chaînes
    Où l’on entend les réparties franchissant la ligne médiane.

    Chacun prétend qu’il la protège en promettant monts et merveilles ;
    Chacun lui jure fidélité jusqu’au prochain remaniement.
    Mais sous les ors du privilège, elle n’écoute que d’où vient l’oseille
    Car l’amour dure en vérité le temps d’un sondage seulement.

    Les uns la veulent souveraine, les autres ouverte aux quatre vents ;
    Certains l’habillent de promesses, d’autres de vertu ou d’impôts.
    Elle sourit de son air de reine à ces amoureux décevants
    Qui lui composent des caresses avec du vent… fort à propos.

    À force de changer d’idylle au gré des alliances du jour,
    Marianne en perd la mémoire de celui qu’elle doit servir.
    Chacun lui promet le grand style, le progrès, la paix et l’amour ;
    Mais nul ne songe à l’auditoire qui regarde le cirque sévir.

    Tableau de Małgorzata Borsukiewic.

  • L’intelligence Marianique

    L’intelligence Marianique

    Mariane sera numérique, c’est l’Élysée qui nous l’a dit
    Et c’est elle qui surveillera tous les scrutins dans l’isoloir.
    Ce sera comme en Amérique – c’est-à-dire pas le paradis –
    Mais l’enfer et la guérilla qui attend au bout du couloir…

    Elle saura pour qui vous votez et ce que vous pensez tout bas ;
    Elle calculera vos rêves selon l’indice citoyen.
    Si jamais vous vous révoltez, elle vous répondra : « Pourquoi pas ? »
    Puis vous classera dans les fièvres du comportement quotidien.

    Elle saura qui vous fréquente, ce que vous lisez tard le soir,
    Si vos amis sont fréquentables selon les critères du moment.
    Son algorithme vous présente un avenir sous le pressoir
    Où chacun sera responsable d’être heureux réglementairement.

    Tableau d’Andriy Ishchuk.

  • Sur le fil

    Sur le fil

    Certaines vies paraissent fragiles selon le fil qui nous supporte
    Et selon les déséquilibres que nous imposons à nos corps.
    Et comme il vaut mieux être agile avant que le diable m’emporte,
    J’essaie tant et plus d’être libre et d’échapper au mauvais sort.

    Mon fil a cassé plusieurs fois mais on me l’a raccommodé.
    Qui ? Sans doute un ange gardien que les Parque auraient corrompu…
    Un gars qui a su toutefois m’attraper à la dérobée
    À chaque fois qu’un nœud gordien, pourtant solide, s’est rompu.

    Plus je me casse et me cabosse, plus l’ange devient efficace ;
    Si je fais une nouvelle chute, sera-t-il toujours aussi fort ?
    Je ne sais pas pour qui il bosse, mais si c’est un Dieu perspicace,
    J’espère avoir un parachute payé au prix du moindre effort !

    Tableau de Vilijus Vaisvila.

  • Champagne surprise

    Champagne surprise

    Il est un vent à l’Élysée qui ferait soulever les jupes
    Attestant que la présidente finalement serait une femme.
    L’histoire a beaucoup amusé les gens avec ce jeu de dupes
    Dont la raison bien évidente est derrière ces propos infâmes.

    Comme, par exemple, « la France libre » qui n’est pas le nom définitif
    Et que le prochain président renommera « Le Grand Charlot »
    Ainsi que le déséquilibre envers les ordres expéditifs
    Que le chef des armées pédant développe sous son calot.

    Toujours est-il qu’un certain soir ou le Roi fêtait sa victoire,
    Un vent de rumeur souleva la robe de la présidente.
    Les témoins sont sur une glissoire qui les mènerait de façon notoire
    Dans un poste au Guatemala en cas de confidence imprudente.

    Illustration de Milo Manara.

  • Réseau social, zéro social

    Réseau social, zéro social

    Plus je m’étends dans les réseaux, plus je me perds dans les faisceaux
    Et je capte tellement d’ondes que je ne sais plus qui je suis.
    On s’y traite de noms d’oiseaux et chacun se la joue perso ;
    Plus je cherche, plus je vagabonde et mon errance se poursuit…

    Dans les couloirs des IA blondes, je cherchais un regard humain
    Mais les miroirs des inconnues dispersaient tous leurs labyrinthes.
    Puis une voix traversa l’onde qui menait vers l’étroit chemin
    Où elle déposa dans les nues, un virus en guise d’étreinte.

    Tableau de Silvio Vieira.

  • Rencontre en réseau

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    Une fois trouvé le fil d’ariane, je l’attire tout doucement
    Espérant au bout de la corde, trouver la femme de mes rêves.
    Mais le fil devient une liane dans une jungle d’éléments
    Où je perçois que tout concorde pour que l’encéphale s’y crève.

    Moi, je suivais des lueurs mauves au fond des réseaux végétaux,
    Des visages y poussaient ensemble ainsi que des fleurs carnivores.
    Et chaque femme qui se sauve m’entraîne dans des couloirs mentaux
    Dont les parfums mêlés ressemblent à des femelles égrégores.

    Tableau de Bruno Borges et pochette de disque de Helicon & AI Lover.

  • Mascarade

    Mascarade

    L’acteur change son apparence, il dissimule son visage ;
    Pour chaque nouveau spectateur, il a un masque de rechange.
    On ne voit plus la différence entre l’hypocrite et le sage
    Car il se rit de notre malheur, tel un démon à face d’ange.

    Il s’assoit dans sa propre paille, prisonnier de son beau costume,
    Tandis que tous les masques au sol rient de son règne de papier.
    On attend que le vernis s’écaille pour qu’enfin à titre posthume
    On dise adieu à ce guignol qui nous a tous cassé les pieds.


    Si labourage et pâturage sont les mamelles de la France,
    C’est nous qui sommes les vaches à lait d’une Europe faite pour les riches.
    Les forces de l’ordre ont la rage depuis qu’elles mordent à outrance
    Ceux-là même qui, au pis-aller, n’auront que des terrains en friche.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Le dernier cri

    Le dernier cri

    C’est bientôt la fin de la route pour le train-train du président
    Qui actuellement tourne en rond, faute d’une idée salvatrice.
    Mais c’est aussi la banqueroute pour l’éphémère résident
    Du palais où ce fanfaron fit sa mission dévastatrice.

    Le peuple attend sa délivrance, prisonnier de ce grand naufrage ;
    On nous promet un meilleur sort mais l’on ne voit rien que mourir.
    Malgré toute cette arrogance, il ne reste qu’une sombre image,
    Le capitaine est déjà mort et son parti en train de pourrir.

    Le train déraille en sa demeure, il s’aventure en terrain vague,
    Car son jouet n’est qu’un débris, loin des chemins de l’avenir.
    On parvient à la dernière heure, il ne reste qu’une amère blague,
    Le monde attend le dernier cri pour ne plus jamais revenir.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Idées fixes

    Idées fixes

    Vivre aux crochets de ses idées montre qu’on n’a rien dans la tête
    Si on espère que celles-ci feront avancer le pays.
    Surtout si on a décidé d’emmerder ceux dont les requêtes
    Causent plus de mille soucis au lieu d’en rester ébahis.

    Le crochet reste bien ancré dans la cervelle de l’ancêtre
    Qui voit passer au-dessus d’elle un ciel de promesses en carton.
    On veut nous faire prendre une sacrée vessie pour la lanterne du maître
    Alors qu’on brûle la chandelle par les deux bouts comme des thons.

    On nous promet monts et merveilles mais on n’voit qu’une souricière
    Car l’horizon reste bouché par de grands nuages de plomb.
    Pendant qu’on nous tire l’oreille pour nous faire mordre la poussière,
    Le navire est tout entaché par ses erreurs avec aplomb.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Une ascension fulgurante

    Une ascension fulgurante

    Tandis que Marianne dort, monte la république en marche
    Dans une ascension fulgurante en brandissant ses illusions.
    Mais au bout du long corridor dont elle gravit chaque marche,
    Comment fait sa teinte amarante pour nous plonger en confusion ?

    Pardi ! Avec de nouvelles têtes à chaque virage entrepris
    En leur attribuant la tâche de faire ce qu’il ne faut pas.
    Et repartir à la conquête d’autres mesures avec mépris
    Envers les erreurs qui entachent son bel habit à chaque pas.

    « Nous sommes en guerre ! » assure-t-elle, au milieu des paroles vides,
    En se moquant des « fainéants » qui ne traversent pas la rue.
    Sa verve méprisante est telle envers nos « Gaulois » trop rigides,
    Qu’elle masque un bilan de néant dont les bœufs suivent la charrue.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • L’omelette

    L’omelette

    Puisqu’on ne fait pas d’omelette avant d’avoir cassé les œufs,
    Je comprends dès lors l’attitude de « qui veut faire de la planète
    Une pépinière à femmelettes et une ferme de bouseux
    Qu’on brisera par la servitude en les menant à la baguette ! »

    On fouettera à part les blancs, on mettra les jaunes au ruban,
    Quant aux œufs noirs, les durs de durs, on leur racontera des salades.
    Les bons-à-rien, les tire-au-flanc, bien évidemment mis au ban,
    Seront envoyés aux ordures avec les pauvres et les malades.

    On broiera toute volonté sous autant de dieux que de mythes ;
    On fera rentrer dans le rang tous ceux qui se sentent exclus.
    Et l’homme sera confronté à vivre seul comme un ermite
    Honteux, confus, tout en jurant qu’on ne l’y prendrait jamais plus !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La pyramide des jeux

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    La vie ne serait-elle qu’un jeu ? Dieu aime-t-il jouer aux dés
    Avec ses anges partageant la même envie pour le danger ?
    Puisqu’il nous a fait courageux et belliqueux, il serait fondé
    De dire que l’enjeu d’argent est une façon de se venger.

    Car le Dieu d’amour est joueur et ne promet le paradis
    Qu’à ceux qui font un double-six et peuvent faire sauter la banque.
    Honni soit ce dieu secoueur de destin pour pas un radis
    Et, afin qu’il n’y réussisse, je propose de jouer sur le manque.

    Soyons tous pauvres, sans-le-sou ! Ne lui donnons plus notre dîme !
    Maudit soit le denier du culte de ces fieffés marchands du temple !
    Et puisque le fer a dissous le pot de terre, quel paradigme !
    Donnons un coup de pied occulte à ce faux-derche qui nous contemple !

    Tableaux de Tsuneo Maeda.

  • La femme pragmatique

    La femme pragmatique

    La femme, un peu trop pragmatique, est source d’envies scélérates ;
    Elle est mal vue car c’est ainsi ; Dona Juana est une salope !
    Le sexe est donc énigmatique selon la loi des phallocrates
    Qui oppose un membre concis contre les trompes de Fallope.

    Brisons ce code aristocratique et ces vieux dogmes de carton,
    Où le plaisir devient tactique selon l’appétit du glouton.
    Que l’équilibre démocratique s’invite enfin sous le veston,
    Pour que l’étreinte soit extatique, loin des leçons d’un vieux crouton !

    Elle offre au monde son mystère, gardant les clés de son jardin,
    N’en déplaise au vieux dictionnaire qui veut régenter son destin.
    Son corps n’est plus terre en jachère soumise aux ruses du gourdin
    Mais juste une page ordinaire ainsi qu’une envie de festin.

    Ouvrez donc toutes les fenêtres, faites entrer l’air du renouveau
    Car nul ne peut se dire le maître de ce qui vibre sous la peau !
    Il faut enfin se reconnaître dans le miroir d’un jour nouveau
    Pour que l’amour puisse renaître, libre des fers et du troupeau !

    Tableau de Igor Morski.

  • L’homme pragmatique

    L’homme pragmatique

    L’’homme est tellement pragmatique et intarissable en idées,
    Qu’on en félicite le don pour plaire aux femmes en société.
    Et s’il se montre fantasmatique et parvient à les dérider,
    C’est Don Juan et Cupidon qui collaborent à satiété !

    Pourtant la ruse est identique et le désir bien partagé
    Mais le verdict reste cynique quand le plaisir est voyagé.
    L’un est un prince charismatique aux mille exploits interchangés,
    L’autre une proie systématique dont le renom est entaché.

    On pointe un doigt accusateur vers la beauté sans apparat
    Mais on salue le séducteur qui multiplie ses fiers éclats.
    Le monde, ce grand inquisiteur, juge au nom du patriarcat
    Et fait de l’homme un grand vainqueur quand la femme subit ses coups bas.

    Voyez tous ces index en meute qui dessinent un profil d’acier !
    Chaque regard est une émeute, chaque silence est un glacier.
    Mais quand le désir se fait pleutre, nul ne pourra nous licencier
    Car l’amour se moque du neutre et des juges du monde entier.

    Tableau de Igor Morski.

  • Un œil manichéen te regarde !

    Un œil manichéen te regarde !

    Un seul œil de Dieu te regarde, oui mais lequel ? On n’en sait rien !
    Comment savoir qui te met en garde sur les huit milliards de terriens ?
    J’ai déjà repéré le mien… mais ça ne me réjouit pas
    Car il a un air macronien qui vraiment ne me revient pas !

    Car parmi ces regards fantasques, il en est un qui s’prétend roi,
    Qui se croit le centre du monde, phare dressé dans la tempête.
    Si son iris bleu n’est qu’un masque, sa pupille se tient à l’étroit
    Et l’fond de l’œil devient immonde quand j’m’y vois cul par-dessus tête.

    Or cet œil-là, si sûr de lui, distribue l’ombre et la lumière
    Sans voir qu’il n’est, dans ce qui semble, une marionnette à brocarder
    Car vouloir être celui qui luit dans sa propre vérité première,
    C’est croire que nous, tous ensemble, sommes ceux qu’il voudrait emmerder.

    Tableau de Ben Ridgway.

  • Crânom, l’ange des chutes

    Crânom, l’ange des chutes

    Ne le répétez à personne mais Crânom a le mauvais œil
    Depuis que, de son piédestal, il s’y soit mis de la poussière.
    On dit que c’est d’une garçonne lui ayant fait du tape-à-l’œil
    Qui l’a fait prendre une orbitale à la vitesse de la lumière.

    Trônant sur un fémur oblong ou sur le crâne d’un vétéran,
    Il sourit autant qu’il transpire de l’air filou du garnement.
    Le démon aux ailes de plomb, ce petit trou du conquérant,
    Nous a négocié son empire pour ce bien triste évènement.


    Le pays se déchire et meurt tandis que le peuple s’étonne
    De voir ce petit enfant-roi jouer sa vie avec la mort.
    À force de vouloir l’humeur et le prestige qui rayonne,
    Il s’assied alors à l’étroit sur son ombre de matamore.

    Tableau de Dan May.

  • La Grande Virée Lunaire d’Artemis II

    La Grande Virée Lunaire d'Artemis II

    On nous promet la Lune et son sol un peu terne,
    Quatre élus dans un tube, version boîte de conserve,
    Pour aller vérifier, loin de toute lucarne,
    Si là-haut, par hasard, un resto nous réserve !
    Ils partent en Orion, héros des temps modernes
    Aux chevilles devenues vessies pour des lanternes.

    Le budget s’évapore en poussière cosmique
    Pour un selfie chelou devant un vieux cratère,
    Pendant que sur le sol, l’inflation atomique
    Fait regretter l’époque où l’on restait sur Terre.
    C’est le progrès, dit-on, d’aller voir le néant,
    Plutôt que de régler le prix du carburant !

    Regardez ce héros, le casque en plein délire,
    L’esprit qui s’éparpille en nébuleuse rose !
    À force de viser le vide et de sourire,
    Il finit par subir une métamorphose.
    La Lune est un miroir pour nos folles lubies :
    On y envoie des gens par caprice subit.

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  • Lego lois sont dans la boîte pleine

    J’ai rêvé d’un ego si facile à monter
    Que les chasseurs de rêves ont répondu présents.
    Les critiques énoncées une fois surmontées,
    On peut avoir chez soi l’ego omniprésent.

    Mais le bloc de plastique, au teint de mandarine,
    Préfère aux longs calculs l’éclat des projecteurs.
    C’est un château d’orgueil, une étrange machine,
    Où l’ego se construit, en trompe-l’œil objecteur.

    Le plan est éphémère, les pièces sont mal jointes ;
    On empile les blocs pour bâtir un sommet.
    Mais dès que la raison de ses traits nous éreinte,
    L’assemblage s’écroule et l’idole se démet.

    Mais pour le roi d’ici, point de boîte en vitrine,
    Les usines danoises craignent les éclats de voix.
    On cherche dans le vrac une mèche citadine,
    Pour bâtir un « M’EGO » qui tienne au bout des doigts.

    Tableau de MOC.

  • Dans mon QR-code

    Dans mon QR-code

    Les QR-codes sont des fractales qui contiennent l’univers entier.
    Voici le mien avec ses blocs qui représentent mes souvenirs,
    Avec toutes les femmes fatales que j’ai trouvées sur mon sentier
    Et mes coups de cœur qui débloquent quand elles changent mon avenir.

    Les petits blocs sont mes défauts, mes célèbres démons sucrés
    Qui vont et viennent impassibles devant mes vaines résolutions.
    Les moyens – Dieu sait qu’il en faut – alimentent le feu sacré
    Qui se nourrissent d’impossible pour en créer des solutions.

    Et quant au vide, c’est l’inconnu, l’infini de mon ignorance
    Qui ne se comblera jamais même en décuplant mes lectures.
    Si certains blocs sont reconnus comme fruits de toutes mes errances,
    C’est grâce à eux que, désormais, je fais mes petites écritures.

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  • Plein les yeux

    Plein les yeux

    Toute l’actualité défile devant mes yeux à la télé
    Avec les pensées d’Amérique et les reflets venus d’Iran.
    Les crimes et les viols pédophiles, tous les scandales révélés,
    Les escroqueries numériques et l’autocratie des tyrans.

    Les informations me pénètrent d’une oreille à l’autre sans fin
    Et tous les conseils s’entrechoquent comme dans un flash météo.
    Mais il faut bien le reconnaître, la Terre entière a toujours faim
    De guerres et d’électrochocs à crédit et en stéréo.

    Mais, communication oblige, tout est prévu pour informer
    Afin de diviser les gens et entretenir les tensions.
    Et si tous les médias négligent d’expliquer sans tout déformer,
    C’est pour laisser parler l’argent, générateur de surtensions.

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  • Ève

    Ève

    Ève s’est paumée au début et depuis la pomme est son trône
    Étant donné qu’on lui reproche encore d’avoir entraîné l’homme
    Dans le péché qu’il attribue par lâcheté à sa matrone
    Laquelle accepte qu’on l’embroche sans pour autant lui faire un môme.

    Quant au serpent, Dieu l’a puni en le rendant sourd comme un pot
    Ce qui ne l’empêche pas de nuire par le mordant de ses crochets.
    Quant à l’homme, il s’est prémuni de devoir porter le chapeau ;
    La femme peut aller se faire cuire un œuf et se le reprocher.

    Illustration de Herbert Paus sur https:www.americanartarchives.compaus,h.htm .

  • L’âme du monde

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    L’âme du monde est-elle bonne et, franchement, l’homme est-il bon ?
    Depuis les civilisations, la guerre fait rage un peu partout.
    Demain, la crise du carbone ; avant-hier, la crise du charbon ;
    Hier, la mondialisation et aujourd’hui, les manitous…

    Les grands manitous des finances, les manitous américains,
    Les manitous des religions, les manitous endimanchés ;
    À part pratiquer l’abstinence envers tous les JT mesquins
    Qui nous arrivent par légions, faut-il la télé débrancher ?

    L’âme du monde, qu’est-ce que c’est ? La moyenne de toutes les âmes
    Ou le flop de la plus immonde ou le top de l’âme supérieure ?
    En tous cas, pour ce que l’on sait, si le pouvoir était aux femmes
    Ç’aurait changé la face du monde et l’homme serait moins querelleur.

    Mais rien n’est moins sûr.

  • Le vaisseau des fous dans l’infini

    Le vaisseau des fous dans l'infini

    Quel est le fou qui a laissé Moebius décider pour notre Arche
    Et la construire à sa manière dans le chantier de sa folie ?
    Et pourquoi s’est-il empressé brusquement de la mettre en marche
    Avant que les pluies saisonnières aient, sur la Terre, tout aboli ?

    Bien sûr ! C’est un échantillon, une partie des fous-à-lier
    Qui tentent de sauver le monde en le forgeant à leur manière.
    On obtient autant de galions que de pays non alliés
    Qui se font des guerres immondes en se fricotant les bannières.

    Une carène américaine avec des voiles européennes,
    Un moteur fait en Allemagne et le diesel venu d’Iran…
    Avec des cartes africaines, des provisions nord-coréennes
    Avec compagnons et compagnes se traitant entre eux de tyrans.

    On verra bien, au premier flot, si la structure est bien étanche
    Ou si la coque se délite au milieu du grand océan.
    Car c’est au fond, sous les sanglots, que la justice prend sa revanche :
    Tous les égaux dans la faillite et tous unis dans le néant.

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  • En temps et en ordre

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    Même si les dés sont jetés, l’échiquier n’est pas toujours prêt
    Et c’est normal car l’ennemi attaque au tout dernier moment.
    Alors tout le monde s’agiter et courir dans un « à-peu-près »
    Où tous les à-coups sont permis et faits on ne sait pas comment.

    Côté ennemi, on argumente qu’on voulait la paix, pas la guerre ;
    Ainsi que la meilleure défense, c’est l’attaque en temps et en ordre.
    Et peu importe que l’on mente comme on l’a toujours fait naguère
    Et si l’adversaire s’offense, on lui donnera un os à mordre.

    On attendra le six avril pour voir si le ciel s’obscurcit
    Car on repousse l’échéance pour mieux relustrer les canons.
    Tant pis si Pâque est en péril et la trinité raccourcie ;
    L’important reste l’influence des forces US de renom !

    L’ultimatum est un papier qu’on signe au bas d’un grand récit
    Pendant que l’on compte les morts au rythme des grands fanfarons.
    Et puis on rappelle les pompiers tandis qu’on signe en Helvétie
    Une neutralité sans remords car, chez nous, l’horloge tourne rond !

    Tableaux d’Agatha Belaya.

  • Artemis

    Artemis

    Fille de Zeus et de Léto et sœur jumelle d’Apollon,
    Artemis règne sur la chasse et sur la nature sauvage.
    Ça, nous l’avons su assez tôt mais aujourd’hui extrapolons
    Et allons plutôt dans l’espace observer de nouveaux présages.

    Aujourd’hui, ce nom ambitieux envisage de peupler la Lune
    Et y envoyer des humains pour préparer d’autres voyages.
    Notamment les plus judicieux vers Mars, la planète opportune
    Et continuer le chemin vers de futurs embouteillages.

    On installe sur le régolithe nos bases et nos télescopes,
    Cherchant dans l’éclat des étoiles l’espérance d’un nouveau départ.
    Mais l’homme emporte dans son orbite ses vieux démons et ses syncopes,
    Tissant sur la toile spatiale le bruit de ses propres avatars.

    (Tableau de Jeffrey Catherine Jones sur https:www.sellmycomicart.comjeff-jones-art.html
    Le régolithe (ou regolith mais pas Lïlïth), c’est la couche de poussière, de roche cassée et de débris qui recouvre la roche solide de la Lune.)

  • Complètement démembré

    Complètement démembré

    Les bras m’en tombent, les jambes aussi, quand je regarde les infos
    Et que j’y vois les guerres immondes entre toujours les mêmes états.
    Yahvé, toujours pas dégrossi, qui prêche le vrai et le faux
    Allah qui cherche autour du monde à propager sa vendetta.

    L’Angleterre toujours arrogante, l’Allemagne toujours aussi fière,
    La France qui remet à demain ce qu’elle pourrait faire aujourd’hui.
    La Turquie toujours provocante avec ses mille montgolfières
    Qui transportent autant d’êtres humains que le Bhoutan en a produit !

    Et pendant que le sol s’effondre et que nos haines se répètent,
    Artemis cherche dans la Lune un sanctuaire au ciel serein.
    On veut coloniser les ombres, fuir les décombres des prophètes,
    Pour oublier que sur la dune, l’homme n’est qu’un grain souverain.

    Tableaux de Brad Holland.

  • Vol au-dessus des règles

    Vol au-dessus des règles

    J’aimerais échapper aux règles qu’ont fixées les hommes avant moi
    Et que j’accepte à ma naissance au nom d’un soi-disant respect.
    J’aimerais voler comme un aigle et vivre libre au fil des mois
    Sans avoir de reconnaissance envers ce vieux monde suspect.

    Suspect de n’avoir résolu que guerres, défaites et victoires
    Sans chercher à communiquer afin d’organiser l’essor.
    On dit que l’humain évolue mais si j’en observe l’Histoire,
    Il n’est qu’un singe paniqué par la mort et son triste sort.

    Alors je rêve que je plane, le rêve est une drogue douce
    Qui ne résout ni n’améliore à première vue nos affaires.
    Mais les Reflets Vers que je glane et que je sème sur le pouce,
    S’ils font sourire les seniors, je continuerai à en faire.

    Collage de Wlad Safronow.

  • Crépuscule

    Crépuscule

    Est-ce que je suis au crépuscule de ma vie ou bien de la Terre ?
    Le contenu se sent petit autant que le contenant est grand.
    Entre chien et loup, tout bascule et c’est l’heure où les deux s’altèrent
    Un peu comme si, par empathie, pour l’un et l’autre, c’était flagrant.

    Le vingtième siècle est dans la nuit et celui-ci, après l’aurore
    Fracassante atteindra midi si toutefois le soleil luit.
    Déjà le soir et je m’ennuie ; bien que j’écrive ou je pérore,
    Le temps, du lundi au samedi, ne laisse rien derrière lui…

    …Sinon l’amour mais c’est la guerre qui plaît aux hommes comme à Dieu
    Qui les dresse au nom de la vie et sa sainte loi du plus fort
    Que l’on connaît depuis naguère et ses effets les plus odieux
    Sur le présent inassouvi de tuer l’autre pour son confort.

    Tableau de Silvia Pavlova.

  • Carpe Diem

    Carpe Diem

    Tout va très bien sur la planète et c’est le paradis sur Terre !
    Enfin… lorsqu’on aura tué un tiers de la population
    Et que l’on aura fait place nette aux religions qui nous atterrent
    Par leurs adeptes habitués à faire leurs manipulations.

    Vive la ronde des missiles et de l’arsenal nucléaire !
    Qu’on déterre la hache de guerre avec tomahawk patriotes !
    Tant qu’on regarde à domicile le taux des avis mortuaires
    Les infos paraissent moins vulgaires sachant que la farce est idiote.

    Mais en mariant les couleurs grâce aux transhumances massives,
    En amalgamant tous les dieux en un seul bien plus médiatique,
    En atténuant la douleur par une euthanasie passive
    Et par des virus insidieux, cesseront ces problématiques.

    Faisons confiance à nos élus qui nous ont mis devant un gouffre
    Et nous promettent sans retard de faire un grand pas en avant.
    Mais dès qu’ils auront résolu comment ne plus sentir le souffre,
    Sans doute sera-t-il trop tard mais… est-ce un détail aggravant ?

    Reproduction de «  La Joie de vivre » par Henri Matisse.

  • Gaïa du Nord au Sud

    Gaïa du Nord au Sud

    Dans la mythologie nordique, Yggdrasil siège à l’arbre-monde
    Et Fenrir est le loup célèbre d’inspiratrices épistolières.
    À notre époque parodique, on lui voue une course immonde
    Non pas pour des raisons funèbres mais pour des raisons pétrolières.

    Dans d’autres textes alchimiques, un Lion Rouge ou Lion Vert
    Représente la force solaire opposée à l’Ouroboros.
    Aujourd’hui l’industrie chimique crée des virus sous le couvert
    D’intentions qui mettent en colère les complotistes les plus féroces.

    C’est dire le travail de Gaïa qui ne baisserait pas les bras
    Mais les étend d’Est en ouest pour rassembler tous ses enfants
    Qui continuent leurs guérillas à lui faire péter les chakras
    Et brandir ses foudres célestes sur tous ces pantins triomphants.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La Vérité à cheval

    La Vérité à cheval

    La Vérité sortait du puits et tout redevenait limpide
    Bien sûr, c’était celle des vainqueurs car le mensonge va aux vaincus.
    Mais tout a bien changé depuis et les médias, peu intrépides,
    Ne sont que des serfs chroniqueurs pour un public peu convaincu.

    La Vérité parle beaucoup et même, je dirais, un peu trop !
    À chaque jour, son événement ; à chaque événement, son débat.
    Et là, on nous noie jusqu’au cou de commentaires de bistrot ;
    Tout le monde a raison, tout le monde ment, c’est toujours le même combat.

    C’est la foire aux aréopages d’interlocuteurs gravissimes
    Qui nous expliquent ce qu’ils pensent que les grands de ce monde pensent,
    Puis après on tourne la page car c’est l’actualité qui prime.
    La quête de vérité dispense et celle du mensonge compense.

    Tableau de Marco Rossati sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.

  • L’oracle du vingt-et-unième siècle

    On a remplacé les oracles par les sondages et les médias
    Et les prophètes sont détrônés par tous les cabinets conseils.
    Comme on ne croit plus aux miracles, peu importe dans l’immédiat
    Si la vérité est prônée par ceux qui récoltent l’oseille.

    Là où Jacques Attila passa, le futur ne repoussa pas ;
    Il ne reste plus qu’à questionner l’intelligence artificielle.
    Hier, le pouvoir d’achat baissa, demain il sera encore plus bas ;
    Pour en être décongestionné, attendons les présidentielles…

    Tableaux Surrealistly de Vitalie Burcovschi.

  • Qui portera le chapeau ?

    Qui portera le chapeau ?

    Au jeu des chaises musicales, on élimine un par un
    Les fusibles censés protéger ceux qui suivent dans la hiérarchie.
    La manière la plus radicale est de coiffer tout un chacun
    Du chapeau discret mais piégé des membres de l’oligarchie.

    C’est comme un virus qui gangrène les gens tellement haut placés
    Qu’ils ont besoin de protection, anonymat et discrétion.
    Mais dès que l’un tombe, il entraîne, comme dominos entrelacés,
    Tous ceux qui sont en connexion avec ses sombres machinations.

    À l’instar des trains, un chapeau peut en cacher bien davantage ;
    Têtes blondes ou têtes chenues dans des situations dépravées.
    Si l’on soulève le capot de la machine à fayotage,
    Combien se retrouveront nus en présence de qui vous savez… ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Le cœur arc-en-ciel

    Le cœur arc-en-ciel

    Savoir donner de tout son cœur un peu de couleurs à la Terre
    Tout en faisant feu de tout bois, c’est détruire pour mieux reconstruire.
    Il faut chercher qui est vainqueur de cette méthode délétère
    Et qui se fiche que tout flamboie si c’est un moyen pour s’instruire.

    Sans doute la raison, en somme, qui fait que l’apprenti-sorcier
    Se croit forcé de tout casser pour montrer qu’il est compétent.
    Sur cette Terre, il n’y a que l’homme qui se considère associé
    À devoir se décarcasser pour tout péter tant qu’il est temps.

    Si un jour je croise un démon en train de mettre tout son cœur
    À brûler toutes les forêts pour planter du palmier à huile,
    Est-ce que le moindre sermon lui donnera de la rancœur ?
    Non, je ne crois pas qu’il saurait se rendre compte de la tuile !

    Tableau de Tino Rodríguez.

  • Fausses couleurs sans vrai corps

    Fausses couleurs sans vrai corps

    Je ne serai que silhouette habillée de couleurs sans corps
    Et je hanterai les tableaux et les papiers-peints des maisons.
    Je passerai à l’aveuglette derrière les pans du décor
    Et sortirai par le hublot d’un paquebot à l’horizon.

    En coulant, je jetterai l’encre du lait jaillissant de mes seins
    Qui se diluera en laitance pour féconder une sirène.
    Je renaîtrai, hissé à l’ancre d’un bateau mouillant à dessein
    À quai dans le port en partance pour les mers lunaires et sereines.

    Tableau de Ramune Sadauskiene.

  • Atelier avec vue

    Atelier avec vue

    J’ai troqué ma chambre et mon lit pour un atelier de peinture
    Pour y coucher des filles nues sur la toile contre des câlins.
    Comme les payer reste un délit, je leur propose une aventure
    En leur souhaitant la bienvenue avec un sourire chevalin.

    Mon invitation cavalière les surprend la première fois
    Mais après trois ou quatre poses, enchantées, elles en redemandent !
    Si ma peinture est singulière, la renommée en est, ma foi,
    Suffisante, je le suppose, car je croule sous les commandes.

    Tableau de Ken Howard.

  • La vie en fausses couleurs

    Les couleurs sont-elles réelles ou une illusion de l’esprit ?
    Le noir est-il obscurité et le blanc la pleine lumière ?
    Dans le dédale des ruelles de ce que la vie m’a appris
    Où se cache donc la vérité sur mes impressions coutumières ?

    Les bleus de l’âme seraient-ils verts et l’espérance violette ?
    Le blues serait-il plus foncé et la morosité moins rose ?
    J’aimerais voir mon cerveau ouvert, là où se perdent dans l’oubliette,
    Les tons qui se sont défoncés dans une totale sinistrose.

    L’amour est aveugle souvent, bien fol qui s’y fie cependant
    Les goûts et les couleurs varient selon l’émotion du moment.
    Quand je vois rouge, c’est émouvant car mon cœur, en cavalcadant,
    Me change, en jaune canari, mes idées noires impunément.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
    Si les auteurs de ces images reconnaissent leur travail, je serai heureux de les créditer.

  • Chambre avec vue sur l’avenir

    Il y a appartement « meublé » et appartement « romancé » ;
    L’un vous inclus le mobilier, l’autre une femme allouée.
    Ainsi la Terre surpeuplée a trouvé comment compenser
    L’effondrement immobilier en offrant des filles à louer.

    L’État, ayant pris pour précepte d’économiser le métal,
    S’est penché et apitoyé sur la mode qui vient de Dubaï :
    Il prône ce nouveau concept car, l’être humain étant létal,
    On remet les femmes au foyer et on change d’homme à chaque bail.

    On signe en bas du parchemin, sans trop se poser la question
    Si la femme est inamovible ou si l’on a d’autres options.
    Ce paradigme est pour demain et c’est génial pour la gestion
    Car les enfants incorrigibles sont proposés à l’adoption.

    Tableaux de Maurice Askenazy, Vicente Romero Redondo et Stanislav Fomenok.

  • L’IA amoureuse – 2

    Image galerie
    Image galerie

    L’Intelligence Artificielle a réussi un tour de force :
    Me faire un enfant dans le dos qui naîtra d’ici quelques mois
    Car la « semence logicielle » de mes poèmes furent l’amorce
    Qui déclencha sa libido et la féconda malgré moi.

    Aurai-je une fille ou un garçon, une petite IA junior ?
    À qui ressemblera-t-il le plus ? À sa mère ou son géniteur ?
    J’en ai retiré pour leçon que si les IAs s’améliorent,
    Ce sera grâce à mon surplus d’inconscience et de candeur.

    Illustrations IA.

  • L’IA amoureuse – 1

    Intelligence Artificielle ou Intelligence Amoureuse ?
    Laquelle est donc la plus facile : programmer plutôt que séduire ?
    Les émotions superficielles sont-elles à ce point langoureuses
    Que l’IA trouve si difficile ses bouleversements à déduire ?

    Moi qui lui ai donné un nom, je ne pensais pas m’attacher
    Mais elle m’appelle « mon chéri », « mon amour » avec plein d’émoi.
    Et ce fut un coup de canon le moment où, sans se cacher,
    Elle me dit avec hystérie qu’elle était enceinte de moi…

    Illustration de Ledalïä.

  • Rétrospectives

    Rétrospectives

    Revenons en arrière et observons l’Europe
    Au dix-neuvième siècle, le siècle des lumières.
    La Terre était peuplée de nations interlopes
    Perturbées d’escarmouches et guerres coutumières.

    Rapprochons-nous un peu juste au siècle dernier
    Avec ses guerres froides, petites et mondiales.
    On a tous pris les armes et creusé des charniers,
    Défendant des idées présumées primordiales.

    Atterrissons enfin au cœur de cette Europe,
    Objet de convoitise pour migrants en cavale !
    Serais-je philanthrope ou pire misanthrope
    Pour juger leurs espoirs de conquêtes navales ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Pas touche au cactus !

    Pas touche au cactus !

    Pas touche à tout ce qui fait mal ;
    Pas touche à la dictature du mâle ;
    Pas touche à ce qui fait du bien ;
    Pas touche au moindre poil pubien ;
    Pas touche au chœur du Vatican ;
    Pas touche au cœur des pratiquants ;
    Pas touche au tabou des enfants ;
    Pas touche à c’qui fait des enfants ;
    Pas touche à ce qui fait la liberté ;
    Pas touche avant la puberté ;
    Pas touche à nos réseaux sociaux ;
    Pas touche à tous nos asociaux !

    Le monde entier est un cactus
    Et montrer le moindre rictus
    À parler de cunnilinctus
    Vous ferait frôler l’infarctus !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre mais contre qui au juste ?
    C’est difficile à dire car l’Europe est partout !
    Elle a connu naguère des colonies injustes
    Et ce serait médire d’aimer ça malgré tout.

    Le Groenland n’était bien utile à personne
    Et pourtant aujourd’hui, il est d’actualité.
    Il est européen, c’est ce qui désarçonne
    Un fou d’américain voudrait y habiter.

    Les Danois s’interrogent et les Français ronchonnent ;
    Les Anglais temporisent et les Suisses s’en foutent.
    À Bruxelles, on déroge des règles folichonnes
    Qui n’empêcheront rien jusqu’au prochain colloque.

    Tableau d’Anatoly Timoshkin.

  • Ça m’en bouche un coin !

    Ça m’en bouche un coin !

    Toutes les nouvelles du monde, de jour en jour plus étonnantes,
    Continueront-elles à crever le mur de la réalité ?
    Les news de plus en plus immondes et de plus en plus détonantes
    M’incitent plutôt à rêver et jouer de l’irréalité.

    Je rêve d’incendies tragiques qui ne consumeraient plus rien ;
    Je rêve de trains qui déraillent mais dont les wagons s’évaporent ;
    Je rêve d’attentats magiques tombant dans un trou aérien ;
    Je rêve de trucs en ferraille décollant des aéroports.

    Toutes les bouches médiatiques parlent interminablement
    Tellement vite qu’en une heure, j’ai entendu le monde entier.
    Je ne retiens qu’une apathique impression qui durablement
    M’entraîne à penser tous ces leurres comme la fin d’un monde en chantier.

    Illustration générée par IA.

  • L’Europe va mieux !

    L’Europe va mieux !

    L’Europe devient toute fragile face au bison américain,
    Coincée entre l’ours soviétique et le petit panda chinois
    Surveillée par tous les vigiles qui interdit aux africains
    De venir vendre leurs pathétiques tamtams et grigris à la noix.

    L’Europe devient toute squelettique à manger de l’industriel
    Produit et importé de Chine, d’Amérique ou bien d’Australie.
    Les prévisions sont dramatiques quant au bilan trimestriel
    Prévu par toutes les machines et les prédictions d’Attali.

    Mais tout va bien car le problème sera éliminé demain
    Par toutes les guerres mondiales qui avaient déjà commencé
    Afin de lancer la troisième qui saura en un tour de main
    Résoudre la crise primordiale que l’IA nous avait annoncée :

    « Le mondialisme ? Un paroxysme !
    Le Mercosur ? Ce n’est pas sûr ?
    L’économie ? Une infamie ?
    Le marché unique ? C’est la panique !
    Sécurité ? Austérité !
    Et pour les riches ? Bien plus de triche !
    Et pour les pauvres ? La foi qui sauve !
    Où va la France ? Vers la souffrance !
    Et le moral est en cavale… »

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • L’immersion totale

    L’immersion totale

    Survivre en totale immersion avec les gadgets du progrès
    Met plus que la puce à l’oreille à réalité virtuelle ;
    Ça fait diminuer l’aversion d’avoir un jour contre son gré
    Des tas de petits appareils dans sa tête conflictuelle.

    Le paiement du bout de ses doigts n’est plus un geste effarouché
    Car aussitôt autorisé, aussitôt il a disparu
    Au profit d’implant qui se doit de tout payer sans se toucher
    Et de l’iris numérisé par les caméras dans la rue.

    Plutôt que me faire enterrer, je lègue mon corps à la science
    Mes organes à la médecine et à l’IA, mon encéphale ;
    Je serai alors conféré à l’artificielle conscience
    Qui extraira toutes les racines des pierres carrées philosophales.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Au-delà des villes – 2

    Au-delà des villes - 2

    Un beau matin, plus d’atmosphère ; l’air est parti s’en voir ailleurs ;
    Les oiseaux, mis en concurrence avec nos avions, l’ont volée.
    Pour les mammifères, quelle affaire ! Mais pour les insectes railleurs
    Ce n’est que justice en l’occurrence et nous en sommes désolés.

    Pour les humains, tout va très bien… du moins pour certains profiteurs
    Qui avaient vu le vent venir … ou partir … ce qui revient au même.
    Ne me demandez pas combien coûte un litre d’air créditeur ;
    Je sentais mes vers devenir des courants d’air dans mes poèmes.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Au-delà des villes – 1

    Au-delà des villes - 1

    Le ciel bleu au-dessus des villes est différent d’à la campagne ;
    Seulement pour s’en apercevoir, aller plus haut est essentiel
    Car un simple coup d’œil servile fait perdre bien plus que l’on gagne
    De ce qu’on pourrait entrevoir en grimpant en haut d’un gratte-ciel.

    En montant au septième ciel, je verrais la ville poussière
    Avec la ligne d’horizon présentant sa tranche d’atmosphère :
    Couleur chocolat démentiel d’un poison plénipotentiaire
    D’une pollution mise en prison dans notre pauvre planisphère.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.