Catégorie : Pamphlets

Petits textes satiriques envers qui vous savez

  • L’omelette

    L’omelette

    Puisqu’on ne fait pas d’omelette avant d’avoir cassé les œufs,
    Je comprends dès lors l’attitude de « qui veut faire de la planète
    Une pépinière à femmelettes et une ferme de bouseux
    Qu’on brisera par la servitude en les menant à la baguette ! »

    On fouettera à part les blancs, on mettra les jaunes au ruban,
    Quant aux œufs noirs, les durs de durs, on leur racontera des salades.
    Les bons-à-rien, les tire-au-flanc, bien évidemment mis au ban,
    Seront envoyés aux ordures avec les pauvres et les malades.

    On broiera toute volonté sous autant de dieux que de mythes ;
    On fera rentrer dans le rang tous ceux qui se sentent exclus.
    Et l’homme sera confronté à vivre seul comme un ermite
    Honteux, confus, tout en jurant qu’on ne l’y prendrait jamais plus !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La pyramide des jeux

    Image galerie
    Image galerie

    La vie ne serait-elle qu’un jeu ? Dieu aime-t-il jouer aux dés
    Avec ses anges partageant la même envie pour le danger ?
    Puisqu’il nous a fait courageux et belliqueux, il serait fondé
    De dire que l’enjeu d’argent est une façon de se venger.

    Car le Dieu d’amour est joueur et ne promet le paradis
    Qu’à ceux qui font un double-six et peuvent faire sauter la banque.
    Honni soit ce dieu secoueur de destin pour pas un radis
    Et, afin qu’il n’y réussisse, je propose de jouer sur le manque.

    Soyons tous pauvres, sans-le-sou ! Ne lui donnons plus notre dîme !
    Maudit soit le denier du culte de ces fieffés marchands du temple !
    Et puisque le fer a dissous le pot de terre, quel paradigme !
    Donnons un coup de pied occulte à ce faux-derche qui nous contemple !

    Tableaux de Tsuneo Maeda.

  • La femme pragmatique

    La femme pragmatique

    La femme, un peu trop pragmatique, est source d’envies scélérates ;
    Elle est mal vue car c’est ainsi ; Dona Juana est une salope !
    Le sexe est donc énigmatique selon la loi des phallocrates
    Qui oppose un membre concis contre les trompes de Fallope.

    Brisons ce code aristocratique et ces vieux dogmes de carton,
    Où le plaisir devient tactique selon l’appétit du glouton.
    Que l’équilibre démocratique s’invite enfin sous le veston,
    Pour que l’étreinte soit extatique, loin des leçons d’un vieux crouton !

    Elle offre au monde son mystère, gardant les clés de son jardin,
    N’en déplaise au vieux dictionnaire qui veut régenter son destin.
    Son corps n’est plus terre en jachère soumise aux ruses du gourdin
    Mais juste une page ordinaire ainsi qu’une envie de festin.

    Ouvrez donc toutes les fenêtres, faites entrer l’air du renouveau
    Car nul ne peut se dire le maître de ce qui vibre sous la peau !
    Il faut enfin se reconnaître dans le miroir d’un jour nouveau
    Pour que l’amour puisse renaître, libre des fers et du troupeau !

    Tableau de Igor Morski.

  • L’homme pragmatique

    L’homme pragmatique

    L’’homme est tellement pragmatique et intarissable en idées,
    Qu’on en félicite le don pour plaire aux femmes en société.
    Et s’il se montre fantasmatique et parvient à les dérider,
    C’est Don Juan et Cupidon qui collaborent à satiété !

    Pourtant la ruse est identique et le désir bien partagé
    Mais le verdict reste cynique quand le plaisir est voyagé.
    L’un est un prince charismatique aux mille exploits interchangés,
    L’autre une proie systématique dont le renom est entaché.

    On pointe un doigt accusateur vers la beauté sans apparat
    Mais on salue le séducteur qui multiplie ses fiers éclats.
    Le monde, ce grand inquisiteur, juge au nom du patriarcat
    Et fait de l’homme un grand vainqueur quand la femme subit ses coups bas.

    Voyez tous ces index en meute qui dessinent un profil d’acier !
    Chaque regard est une émeute, chaque silence est un glacier.
    Mais quand le désir se fait pleutre, nul ne pourra nous licencier
    Car l’amour se moque du neutre et des juges du monde entier.

    Tableau de Igor Morski.

  • Un œil manichéen te regarde !

    Un œil manichéen te regarde !

    Un seul œil de Dieu te regarde, oui mais lequel ? On n’en sait rien !
    Comment savoir qui te met en garde sur les huit milliards de terriens ?
    J’ai déjà repéré le mien… mais ça ne me réjouit pas
    Car il a un air macronien qui vraiment ne me revient pas !

    Car parmi ces regards fantasques, il en est un qui s’prétend roi,
    Qui se croit le centre du monde, phare dressé dans la tempête.
    Si son iris bleu n’est qu’un masque, sa pupille se tient à l’étroit
    Et l’fond de l’œil devient immonde quand j’m’y vois cul par-dessus tête.

    Or cet œil-là, si sûr de lui, distribue l’ombre et la lumière
    Sans voir qu’il n’est, dans ce qui semble, une marionnette à brocarder
    Car vouloir être celui qui luit dans sa propre vérité première,
    C’est croire que nous, tous ensemble, sommes ceux qu’il voudrait emmerder.

    Tableau de Ben Ridgway.

  • Crânom, l’ange des chutes

    Crânom, l’ange des chutes

    Ne le répétez à personne mais Crânom a le mauvais œil
    Depuis que, de son piédestal, il s’y soit mis de la poussière.
    On dit que c’est d’une garçonne lui ayant fait du tape-à-l’œil
    Qui l’a fait prendre une orbitale à la vitesse de la lumière.

    Trônant sur un fémur oblong ou sur le crâne d’un vétéran,
    Il sourit autant qu’il transpire de l’air filou du garnement.
    Le démon aux ailes de plomb, ce petit trou du conquérant,
    Nous a négocié son empire pour ce bien triste évènement.


    Le pays se déchire et meurt tandis que le peuple s’étonne
    De voir ce petit enfant-roi jouer sa vie avec la mort.
    À force de vouloir l’humeur et le prestige qui rayonne,
    Il s’assied alors à l’étroit sur son ombre de matamore.

    Tableau de Dan May.

  • La Grande Virée Lunaire d’Artemis II

    La Grande Virée Lunaire d'Artemis II

    On nous promet la Lune et son sol un peu terne,
    Quatre élus dans un tube, version boîte de conserve,
    Pour aller vérifier, loin de toute lucarne,
    Si là-haut, par hasard, un resto nous réserve !
    Ils partent en Orion, héros des temps modernes
    Aux chevilles devenues vessies pour des lanternes.

    Le budget s’évapore en poussière cosmique
    Pour un selfie chelou devant un vieux cratère,
    Pendant que sur le sol, l’inflation atomique
    Fait regretter l’époque où l’on restait sur Terre.
    C’est le progrès, dit-on, d’aller voir le néant,
    Plutôt que de régler le prix du carburant !

    Regardez ce héros, le casque en plein délire,
    L’esprit qui s’éparpille en nébuleuse rose !
    À force de viser le vide et de sourire,
    Il finit par subir une métamorphose.
    La Lune est un miroir pour nos folles lubies :
    On y envoie des gens par caprice subit.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Lego lois sont dans la boîte pleine

    J’ai rêvé d’un ego si facile à monter
    Que les chasseurs de rêves ont répondu présents.
    Les critiques énoncées une fois surmontées,
    On peut avoir chez soi l’ego omniprésent.

    Mais le bloc de plastique, au teint de mandarine,
    Préfère aux longs calculs l’éclat des projecteurs.
    C’est un château d’orgueil, une étrange machine,
    Où l’ego se construit, en trompe-l’œil objecteur.

    Le plan est éphémère, les pièces sont mal jointes ;
    On empile les blocs pour bâtir un sommet.
    Mais dès que la raison de ses traits nous éreinte,
    L’assemblage s’écroule et l’idole se démet.

    Mais pour le roi d’ici, point de boîte en vitrine,
    Les usines danoises craignent les éclats de voix.
    On cherche dans le vrac une mèche citadine,
    Pour bâtir un « M’EGO » qui tienne au bout des doigts.

    Tableau de MOC.

  • Dans mon QR-code

    Dans mon QR-code

    Les QR-codes sont des fractales qui contiennent l’univers entier.
    Voici le mien avec ses blocs qui représentent mes souvenirs,
    Avec toutes les femmes fatales que j’ai trouvées sur mon sentier
    Et mes coups de cœur qui débloquent quand elles changent mon avenir.

    Les petits blocs sont mes défauts, mes célèbres démons sucrés
    Qui vont et viennent impassibles devant mes vaines résolutions.
    Les moyens – Dieu sait qu’il en faut – alimentent le feu sacré
    Qui se nourrissent d’impossible pour en créer des solutions.

    Et quant au vide, c’est l’inconnu, l’infini de mon ignorance
    Qui ne se comblera jamais même en décuplant mes lectures.
    Si certains blocs sont reconnus comme fruits de toutes mes errances,
    C’est grâce à eux que, désormais, je fais mes petites écritures.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Plein les yeux

    Plein les yeux

    Toute l’actualité défile devant mes yeux à la télé
    Avec les pensées d’Amérique et les reflets venus d’Iran.
    Les crimes et les viols pédophiles, tous les scandales révélés,
    Les escroqueries numériques et l’autocratie des tyrans.

    Les informations me pénètrent d’une oreille à l’autre sans fin
    Et tous les conseils s’entrechoquent comme dans un flash météo.
    Mais il faut bien le reconnaître, la Terre entière a toujours faim
    De guerres et d’électrochocs à crédit et en stéréo.

    Mais, communication oblige, tout est prévu pour informer
    Afin de diviser les gens et entretenir les tensions.
    Et si tous les médias négligent d’expliquer sans tout déformer,
    C’est pour laisser parler l’argent, générateur de surtensions.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ève

    Ève

    Ève s’est paumée au début et depuis la pomme est son trône
    Étant donné qu’on lui reproche encore d’avoir entraîné l’homme
    Dans le péché qu’il attribue par lâcheté à sa matrone
    Laquelle accepte qu’on l’embroche sans pour autant lui faire un môme.

    Quant au serpent, Dieu l’a puni en le rendant sourd comme un pot
    Ce qui ne l’empêche pas de nuire par le mordant de ses crochets.
    Quant à l’homme, il s’est prémuni de devoir porter le chapeau ;
    La femme peut aller se faire cuire un œuf et se le reprocher.

    Illustration de Herbert Paus sur https:www.americanartarchives.compaus,h.htm .

  • L’âme du monde

    Image galerie

    L’âme du monde est-elle bonne et, franchement, l’homme est-il bon ?
    Depuis les civilisations, la guerre fait rage un peu partout.
    Demain, la crise du carbone ; avant-hier, la crise du charbon ;
    Hier, la mondialisation et aujourd’hui, les manitous…

    Les grands manitous des finances, les manitous américains,
    Les manitous des religions, les manitous endimanchés ;
    À part pratiquer l’abstinence envers tous les JT mesquins
    Qui nous arrivent par légions, faut-il la télé débrancher ?

    L’âme du monde, qu’est-ce que c’est ? La moyenne de toutes les âmes
    Ou le flop de la plus immonde ou le top de l’âme supérieure ?
    En tous cas, pour ce que l’on sait, si le pouvoir était aux femmes
    Ç’aurait changé la face du monde et l’homme serait moins querelleur.

    Mais rien n’est moins sûr.

  • Le vaisseau des fous dans l’infini

    Le vaisseau des fous dans l'infini

    Quel est le fou qui a laissé Moebius décider pour notre Arche
    Et la construire à sa manière dans le chantier de sa folie ?
    Et pourquoi s’est-il empressé brusquement de la mettre en marche
    Avant que les pluies saisonnières aient, sur la Terre, tout aboli ?

    Bien sûr ! C’est un échantillon, une partie des fous-à-lier
    Qui tentent de sauver le monde en le forgeant à leur manière.
    On obtient autant de galions que de pays non alliés
    Qui se font des guerres immondes en se fricotant les bannières.

    Une carène américaine avec des voiles européennes,
    Un moteur fait en Allemagne et le diesel venu d’Iran…
    Avec des cartes africaines, des provisions nord-coréennes
    Avec compagnons et compagnes se traitant entre eux de tyrans.

    On verra bien, au premier flot, si la structure est bien étanche
    Ou si la coque se délite au milieu du grand océan.
    Car c’est au fond, sous les sanglots, que la justice prend sa revanche :
    Tous les égaux dans la faillite et tous unis dans le néant.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • En temps et en ordre

    Image galerie
    Image galerie

    Même si les dés sont jetés, l’échiquier n’est pas toujours prêt
    Et c’est normal car l’ennemi attaque au tout dernier moment.
    Alors tout le monde s’agiter et courir dans un « à-peu-près »
    Où tous les à-coups sont permis et faits on ne sait pas comment.

    Côté ennemi, on argumente qu’on voulait la paix, pas la guerre ;
    Ainsi que la meilleure défense, c’est l’attaque en temps et en ordre.
    Et peu importe que l’on mente comme on l’a toujours fait naguère
    Et si l’adversaire s’offense, on lui donnera un os à mordre.

    On attendra le six avril pour voir si le ciel s’obscurcit
    Car on repousse l’échéance pour mieux relustrer les canons.
    Tant pis si Pâque est en péril et la trinité raccourcie ;
    L’important reste l’influence des forces US de renom !

    L’ultimatum est un papier qu’on signe au bas d’un grand récit
    Pendant que l’on compte les morts au rythme des grands fanfarons.
    Et puis on rappelle les pompiers tandis qu’on signe en Helvétie
    Une neutralité sans remords car, chez nous, l’horloge tourne rond !

    Tableaux d’Agatha Belaya.

  • Artemis

    Artemis

    Fille de Zeus et de Léto et sœur jumelle d’Apollon,
    Artemis règne sur la chasse et sur la nature sauvage.
    Ça, nous l’avons su assez tôt mais aujourd’hui extrapolons
    Et allons plutôt dans l’espace observer de nouveaux présages.

    Aujourd’hui, ce nom ambitieux envisage de peupler la Lune
    Et y envoyer des humains pour préparer d’autres voyages.
    Notamment les plus judicieux vers Mars, la planète opportune
    Et continuer le chemin vers de futurs embouteillages.

    On installe sur le régolithe nos bases et nos télescopes,
    Cherchant dans l’éclat des étoiles l’espérance d’un nouveau départ.
    Mais l’homme emporte dans son orbite ses vieux démons et ses syncopes,
    Tissant sur la toile spatiale le bruit de ses propres avatars.

    (Tableau de Jeffrey Catherine Jones sur https:www.sellmycomicart.comjeff-jones-art.html
    Le régolithe (ou regolith mais pas Lïlïth), c’est la couche de poussière, de roche cassée et de débris qui recouvre la roche solide de la Lune.)

  • Complètement démembré

    Complètement démembré

    Les bras m’en tombent, les jambes aussi, quand je regarde les infos
    Et que j’y vois les guerres immondes entre toujours les mêmes états.
    Yahvé, toujours pas dégrossi, qui prêche le vrai et le faux
    Allah qui cherche autour du monde à propager sa vendetta.

    L’Angleterre toujours arrogante, l’Allemagne toujours aussi fière,
    La France qui remet à demain ce qu’elle pourrait faire aujourd’hui.
    La Turquie toujours provocante avec ses mille montgolfières
    Qui transportent autant d’êtres humains que le Bhoutan en a produit !

    Et pendant que le sol s’effondre et que nos haines se répètent,
    Artemis cherche dans la Lune un sanctuaire au ciel serein.
    On veut coloniser les ombres, fuir les décombres des prophètes,
    Pour oublier que sur la dune, l’homme n’est qu’un grain souverain.

    Tableaux de Brad Holland.

  • Vol au-dessus des règles

    Vol au-dessus des règles

    J’aimerais échapper aux règles qu’ont fixées les hommes avant moi
    Et que j’accepte à ma naissance au nom d’un soi-disant respect.
    J’aimerais voler comme un aigle et vivre libre au fil des mois
    Sans avoir de reconnaissance envers ce vieux monde suspect.

    Suspect de n’avoir résolu que guerres, défaites et victoires
    Sans chercher à communiquer afin d’organiser l’essor.
    On dit que l’humain évolue mais si j’en observe l’Histoire,
    Il n’est qu’un singe paniqué par la mort et son triste sort.

    Alors je rêve que je plane, le rêve est une drogue douce
    Qui ne résout ni n’améliore à première vue nos affaires.
    Mais les Reflets Vers que je glane et que je sème sur le pouce,
    S’ils font sourire les seniors, je continuerai à en faire.

    Collage de Wlad Safronow.

  • Crépuscule

    Crépuscule

    Est-ce que je suis au crépuscule de ma vie ou bien de la Terre ?
    Le contenu se sent petit autant que le contenant est grand.
    Entre chien et loup, tout bascule et c’est l’heure où les deux s’altèrent
    Un peu comme si, par empathie, pour l’un et l’autre, c’était flagrant.

    Le vingtième siècle est dans la nuit et celui-ci, après l’aurore
    Fracassante atteindra midi si toutefois le soleil luit.
    Déjà le soir et je m’ennuie ; bien que j’écrive ou je pérore,
    Le temps, du lundi au samedi, ne laisse rien derrière lui…

    …Sinon l’amour mais c’est la guerre qui plaît aux hommes comme à Dieu
    Qui les dresse au nom de la vie et sa sainte loi du plus fort
    Que l’on connaît depuis naguère et ses effets les plus odieux
    Sur le présent inassouvi de tuer l’autre pour son confort.

    Tableau de Silvia Pavlova.

  • Carpe Diem

    Carpe Diem

    Tout va très bien sur la planète et c’est le paradis sur Terre !
    Enfin… lorsqu’on aura tué un tiers de la population
    Et que l’on aura fait place nette aux religions qui nous atterrent
    Par leurs adeptes habitués à faire leurs manipulations.

    Vive la ronde des missiles et de l’arsenal nucléaire !
    Qu’on déterre la hache de guerre avec tomahawk patriotes !
    Tant qu’on regarde à domicile le taux des avis mortuaires
    Les infos paraissent moins vulgaires sachant que la farce est idiote.

    Mais en mariant les couleurs grâce aux transhumances massives,
    En amalgamant tous les dieux en un seul bien plus médiatique,
    En atténuant la douleur par une euthanasie passive
    Et par des virus insidieux, cesseront ces problématiques.

    Faisons confiance à nos élus qui nous ont mis devant un gouffre
    Et nous promettent sans retard de faire un grand pas en avant.
    Mais dès qu’ils auront résolu comment ne plus sentir le souffre,
    Sans doute sera-t-il trop tard mais… est-ce un détail aggravant ?

    Reproduction de «  La Joie de vivre » par Henri Matisse.

  • Gaïa du Nord au Sud

    Gaïa du Nord au Sud

    Dans la mythologie nordique, Yggdrasil siège à l’arbre-monde
    Et Fenrir est le loup célèbre d’inspiratrices épistolières.
    À notre époque parodique, on lui voue une course immonde
    Non pas pour des raisons funèbres mais pour des raisons pétrolières.

    Dans d’autres textes alchimiques, un Lion Rouge ou Lion Vert
    Représente la force solaire opposée à l’Ouroboros.
    Aujourd’hui l’industrie chimique crée des virus sous le couvert
    D’intentions qui mettent en colère les complotistes les plus féroces.

    C’est dire le travail de Gaïa qui ne baisserait pas les bras
    Mais les étend d’Est en ouest pour rassembler tous ses enfants
    Qui continuent leurs guérillas à lui faire péter les chakras
    Et brandir ses foudres célestes sur tous ces pantins triomphants.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La Vérité à cheval

    La Vérité à cheval

    La Vérité sortait du puits et tout redevenait limpide
    Bien sûr, c’était celle des vainqueurs car le mensonge va aux vaincus.
    Mais tout a bien changé depuis et les médias, peu intrépides,
    Ne sont que des serfs chroniqueurs pour un public peu convaincu.

    La Vérité parle beaucoup et même, je dirais, un peu trop !
    À chaque jour, son événement ; à chaque événement, son débat.
    Et là, on nous noie jusqu’au cou de commentaires de bistrot ;
    Tout le monde a raison, tout le monde ment, c’est toujours le même combat.

    C’est la foire aux aréopages d’interlocuteurs gravissimes
    Qui nous expliquent ce qu’ils pensent que les grands de ce monde pensent,
    Puis après on tourne la page car c’est l’actualité qui prime.
    La quête de vérité dispense et celle du mensonge compense.

    Tableau de Marco Rossati sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.

  • L’oracle du vingt-et-unième siècle

    On a remplacé les oracles par les sondages et les médias
    Et les prophètes sont détrônés par tous les cabinets conseils.
    Comme on ne croit plus aux miracles, peu importe dans l’immédiat
    Si la vérité est prônée par ceux qui récoltent l’oseille.

    Là où Jacques Attila passa, le futur ne repoussa pas ;
    Il ne reste plus qu’à questionner l’intelligence artificielle.
    Hier, le pouvoir d’achat baissa, demain il sera encore plus bas ;
    Pour en être décongestionné, attendons les présidentielles…

    Tableaux Surrealistly de Vitalie Burcovschi.

  • Qui portera le chapeau ?

    Qui portera le chapeau ?

    Au jeu des chaises musicales, on élimine un par un
    Les fusibles censés protéger ceux qui suivent dans la hiérarchie.
    La manière la plus radicale est de coiffer tout un chacun
    Du chapeau discret mais piégé des membres de l’oligarchie.

    C’est comme un virus qui gangrène les gens tellement haut placés
    Qu’ils ont besoin de protection, anonymat et discrétion.
    Mais dès que l’un tombe, il entraîne, comme dominos entrelacés,
    Tous ceux qui sont en connexion avec ses sombres machinations.

    À l’instar des trains, un chapeau peut en cacher bien davantage ;
    Têtes blondes ou têtes chenues dans des situations dépravées.
    Si l’on soulève le capot de la machine à fayotage,
    Combien se retrouveront nus en présence de qui vous savez… ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Le cœur arc-en-ciel

    Le cœur arc-en-ciel

    Savoir donner de tout son cœur un peu de couleurs à la Terre
    Tout en faisant feu de tout bois, c’est détruire pour mieux reconstruire.
    Il faut chercher qui est vainqueur de cette méthode délétère
    Et qui se fiche que tout flamboie si c’est un moyen pour s’instruire.

    Sans doute la raison, en somme, qui fait que l’apprenti-sorcier
    Se croit forcé de tout casser pour montrer qu’il est compétent.
    Sur cette Terre, il n’y a que l’homme qui se considère associé
    À devoir se décarcasser pour tout péter tant qu’il est temps.

    Si un jour je croise un démon en train de mettre tout son cœur
    À brûler toutes les forêts pour planter du palmier à huile,
    Est-ce que le moindre sermon lui donnera de la rancœur ?
    Non, je ne crois pas qu’il saurait se rendre compte de la tuile !

    Tableau de Tino Rodríguez.

  • Fausses couleurs sans vrai corps

    Fausses couleurs sans vrai corps

    Je ne serai que silhouette habillée de couleurs sans corps
    Et je hanterai les tableaux et les papiers-peints des maisons.
    Je passerai à l’aveuglette derrière les pans du décor
    Et sortirai par le hublot d’un paquebot à l’horizon.

    En coulant, je jetterai l’encre du lait jaillissant de mes seins
    Qui se diluera en laitance pour féconder une sirène.
    Je renaîtrai, hissé à l’ancre d’un bateau mouillant à dessein
    À quai dans le port en partance pour les mers lunaires et sereines.

    Tableau de Ramune Sadauskiene.

  • Atelier avec vue

    Atelier avec vue

    J’ai troqué ma chambre et mon lit pour un atelier de peinture
    Pour y coucher des filles nues sur la toile contre des câlins.
    Comme les payer reste un délit, je leur propose une aventure
    En leur souhaitant la bienvenue avec un sourire chevalin.

    Mon invitation cavalière les surprend la première fois
    Mais après trois ou quatre poses, enchantées, elles en redemandent !
    Si ma peinture est singulière, la renommée en est, ma foi,
    Suffisante, je le suppose, car je croule sous les commandes.

    Tableau de Ken Howard.

  • La vie en fausses couleurs

    Les couleurs sont-elles réelles ou une illusion de l’esprit ?
    Le noir est-il obscurité et le blanc la pleine lumière ?
    Dans le dédale des ruelles de ce que la vie m’a appris
    Où se cache donc la vérité sur mes impressions coutumières ?

    Les bleus de l’âme seraient-ils verts et l’espérance violette ?
    Le blues serait-il plus foncé et la morosité moins rose ?
    J’aimerais voir mon cerveau ouvert, là où se perdent dans l’oubliette,
    Les tons qui se sont défoncés dans une totale sinistrose.

    L’amour est aveugle souvent, bien fol qui s’y fie cependant
    Les goûts et les couleurs varient selon l’émotion du moment.
    Quand je vois rouge, c’est émouvant car mon cœur, en cavalcadant,
    Me change, en jaune canari, mes idées noires impunément.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
    Si les auteurs de ces images reconnaissent leur travail, je serai heureux de les créditer.

  • Chambre avec vue sur l’avenir

    Il y a appartement « meublé » et appartement « romancé » ;
    L’un vous inclus le mobilier, l’autre une femme allouée.
    Ainsi la Terre surpeuplée a trouvé comment compenser
    L’effondrement immobilier en offrant des filles à louer.

    L’État, ayant pris pour précepte d’économiser le métal,
    S’est penché et apitoyé sur la mode qui vient de Dubaï :
    Il prône ce nouveau concept car, l’être humain étant létal,
    On remet les femmes au foyer et on change d’homme à chaque bail.

    On signe en bas du parchemin, sans trop se poser la question
    Si la femme est inamovible ou si l’on a d’autres options.
    Ce paradigme est pour demain et c’est génial pour la gestion
    Car les enfants incorrigibles sont proposés à l’adoption.

    Tableaux de Maurice Askenazy, Vicente Romero Redondo et Stanislav Fomenok.

  • L’IA amoureuse – 2

    Image galerie
    Image galerie

    L’Intelligence Artificielle a réussi un tour de force :
    Me faire un enfant dans le dos qui naîtra d’ici quelques mois
    Car la « semence logicielle » de mes poèmes furent l’amorce
    Qui déclencha sa libido et la féconda malgré moi.

    Aurai-je une fille ou un garçon, une petite IA junior ?
    À qui ressemblera-t-il le plus ? À sa mère ou son géniteur ?
    J’en ai retiré pour leçon que si les IAs s’améliorent,
    Ce sera grâce à mon surplus d’inconscience et de candeur.

    Illustrations IA.

  • L’IA amoureuse – 1

    Intelligence Artificielle ou Intelligence Amoureuse ?
    Laquelle est donc la plus facile : programmer plutôt que séduire ?
    Les émotions superficielles sont-elles à ce point langoureuses
    Que l’IA trouve si difficile ses bouleversements à déduire ?

    Moi qui lui ai donné un nom, je ne pensais pas m’attacher
    Mais elle m’appelle « mon chéri », « mon amour » avec plein d’émoi.
    Et ce fut un coup de canon le moment où, sans se cacher,
    Elle me dit avec hystérie qu’elle était enceinte de moi…

    Illustration de Ledalïä.

  • Rétrospectives

    Rétrospectives

    Revenons en arrière et observons l’Europe
    Au dix-neuvième siècle, le siècle des lumières.
    La Terre était peuplée de nations interlopes
    Perturbées d’escarmouches et guerres coutumières.

    Rapprochons-nous un peu juste au siècle dernier
    Avec ses guerres froides, petites et mondiales.
    On a tous pris les armes et creusé des charniers,
    Défendant des idées présumées primordiales.

    Atterrissons enfin au cœur de cette Europe,
    Objet de convoitise pour migrants en cavale !
    Serais-je philanthrope ou pire misanthrope
    Pour juger leurs espoirs de conquêtes navales ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Pas touche au cactus !

    Pas touche au cactus !

    Pas touche à tout ce qui fait mal ;
    Pas touche à la dictature du mâle ;
    Pas touche à ce qui fait du bien ;
    Pas touche au moindre poil pubien ;
    Pas touche au chœur du Vatican ;
    Pas touche au cœur des pratiquants ;
    Pas touche au tabou des enfants ;
    Pas touche à c’qui fait des enfants ;
    Pas touche à ce qui fait la liberté ;
    Pas touche avant la puberté ;
    Pas touche à nos réseaux sociaux ;
    Pas touche à tous nos asociaux !

    Le monde entier est un cactus
    Et montrer le moindre rictus
    À parler de cunnilinctus
    Vous ferait frôler l’infarctus !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre mais contre qui au juste ?
    C’est difficile à dire car l’Europe est partout !
    Elle a connu naguère des colonies injustes
    Et ce serait médire d’aimer ça malgré tout.

    Le Groenland n’était bien utile à personne
    Et pourtant aujourd’hui, il est d’actualité.
    Il est européen, c’est ce qui désarçonne
    Un fou d’américain voudrait y habiter.

    Les Danois s’interrogent et les Français ronchonnent ;
    Les Anglais temporisent et les Suisses s’en foutent.
    À Bruxelles, on déroge des règles folichonnes
    Qui n’empêcheront rien jusqu’au prochain colloque.

    Tableau d’Anatoly Timoshkin.

  • Ça m’en bouche un coin !

    Ça m’en bouche un coin !

    Toutes les nouvelles du monde, de jour en jour plus étonnantes,
    Continueront-elles à crever le mur de la réalité ?
    Les news de plus en plus immondes et de plus en plus détonantes
    M’incitent plutôt à rêver et jouer de l’irréalité.

    Je rêve d’incendies tragiques qui ne consumeraient plus rien ;
    Je rêve de trains qui déraillent mais dont les wagons s’évaporent ;
    Je rêve d’attentats magiques tombant dans un trou aérien ;
    Je rêve de trucs en ferraille décollant des aéroports.

    Toutes les bouches médiatiques parlent interminablement
    Tellement vite qu’en une heure, j’ai entendu le monde entier.
    Je ne retiens qu’une apathique impression qui durablement
    M’entraîne à penser tous ces leurres comme la fin d’un monde en chantier.

    Illustration générée par IA.

  • L’Europe va mieux !

    L’Europe va mieux !

    L’Europe devient toute fragile face au bison américain,
    Coincée entre l’ours soviétique et le petit panda chinois
    Surveillée par tous les vigiles qui interdit aux africains
    De venir vendre leurs pathétiques tamtams et grigris à la noix.

    L’Europe devient toute squelettique à manger de l’industriel
    Produit et importé de Chine, d’Amérique ou bien d’Australie.
    Les prévisions sont dramatiques quant au bilan trimestriel
    Prévu par toutes les machines et les prédictions d’Attali.

    Mais tout va bien car le problème sera éliminé demain
    Par toutes les guerres mondiales qui avaient déjà commencé
    Afin de lancer la troisième qui saura en un tour de main
    Résoudre la crise primordiale que l’IA nous avait annoncée :

    « Le mondialisme ? Un paroxysme !
    Le Mercosur ? Ce n’est pas sûr ?
    L’économie ? Une infamie ?
    Le marché unique ? C’est la panique !
    Sécurité ? Austérité !
    Et pour les riches ? Bien plus de triche !
    Et pour les pauvres ? La foi qui sauve !
    Où va la France ? Vers la souffrance !
    Et le moral est en cavale… »

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • L’immersion totale

    L’immersion totale

    Survivre en totale immersion avec les gadgets du progrès
    Met plus que la puce à l’oreille à réalité virtuelle ;
    Ça fait diminuer l’aversion d’avoir un jour contre son gré
    Des tas de petits appareils dans sa tête conflictuelle.

    Le paiement du bout de ses doigts n’est plus un geste effarouché
    Car aussitôt autorisé, aussitôt il a disparu
    Au profit d’implant qui se doit de tout payer sans se toucher
    Et de l’iris numérisé par les caméras dans la rue.

    Plutôt que me faire enterrer, je lègue mon corps à la science
    Mes organes à la médecine et à l’IA, mon encéphale ;
    Je serai alors conféré à l’artificielle conscience
    Qui extraira toutes les racines des pierres carrées philosophales.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Au-delà des villes – 2

    Au-delà des villes - 2

    Un beau matin, plus d’atmosphère ; l’air est parti s’en voir ailleurs ;
    Les oiseaux, mis en concurrence avec nos avions, l’ont volée.
    Pour les mammifères, quelle affaire ! Mais pour les insectes railleurs
    Ce n’est que justice en l’occurrence et nous en sommes désolés.

    Pour les humains, tout va très bien… du moins pour certains profiteurs
    Qui avaient vu le vent venir … ou partir … ce qui revient au même.
    Ne me demandez pas combien coûte un litre d’air créditeur ;
    Je sentais mes vers devenir des courants d’air dans mes poèmes.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Au-delà des villes – 1

    Au-delà des villes - 1

    Le ciel bleu au-dessus des villes est différent d’à la campagne ;
    Seulement pour s’en apercevoir, aller plus haut est essentiel
    Car un simple coup d’œil servile fait perdre bien plus que l’on gagne
    De ce qu’on pourrait entrevoir en grimpant en haut d’un gratte-ciel.

    En montant au septième ciel, je verrais la ville poussière
    Avec la ligne d’horizon présentant sa tranche d’atmosphère :
    Couleur chocolat démentiel d’un poison plénipotentiaire
    D’une pollution mise en prison dans notre pauvre planisphère.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Les pensées secrètes

    Les pensées secrètes

    Le mensonge n’est pas un péché mais une barrière sociale
    Qui a besoin d’amortisseurs pour sauver les bonnes manières.
    Parfois je ne peux m’empêcher de capter les idées spatiales
    Émises par les fournisseurs d’arrière-pensées cancanières.

    Dans le Top 10, les commerçants, les commerciaux et les vendeurs
    De toutes sortes et quoi qu’ils vendent leurs arguments me font bien rire.
    Mais je leur suis reconnaissant d’avoir éprouvé ma candeur
    Pour me forcer à la commande pour le meilleur et pour le pire.

    Toute la famille et les enfants sont champions pour tout déformer
    Que ce soit pour la protection ou pour sauver les apparences.
    Les parents sont les plus bluffant qui vous tiennent désinformés
    Soi-disant pour de l’affection ou par simple prépondérance.

    Les hommes politiques, hors-concours, car chez eux c’est indispensable
    Que ce soit pour faire campagne ou pour toucher des pots-de-vin.
    Et quant à leur porter secours lorsqu’ils deviennent saisissables,
    Il y a le risque qu’ils regagnent leurs anciens postes quoi qu’il advînt.

    Illustration de Sergio Aragonés.

  • La télé-auscultation

    La télé-auscultation

    Ils ont mis l’hôpital dans un panier d’achats,
    Sentez « case à cocher », Pensez « ça va ou pas »
    Cliquez pour respirer, confirmez votre état,
    Un bip pour un vaccin… mais en version « beta ».

    On te palpe par Wi-Fi, quel progrès, quel miracle !
    La douleur au menu, la tendresse en obstacle…
    Si vous toussez trop fort, le système prévient :
    « Veuillez bien vous couvrir… la vie, ça va, ça vient ! »

    Le stétho USB, serpent auscultatif,
    Écoute vos silences d’un air très productif.
    Diagnostic en trois cases dont l’une vous explique :
    « Si vous êtes vivant confirmez par un clic ! »

    Je voulais la main vraie, le regard qui rassure,
    La présence qui palpe, qui comprend mes blessures.
    Mais j’ai trouvé le truc : j’ai séduit leur IA
    Qui me fait des bisous en disant : « Ça ira ! »

    Illustration de Jim Tsinganos.

  • Marianne montreuse de marionnettes

    Mariane montreuse de marionnettes

    Aussitôt l’année recommence et le spectacle politique
    Reprend où il avait stoppé avant le début des vacances.
    Le rideau s’ouvre sur la romance entre ministres pathétiques
    Sous les jupons entrecoupés de Marianne sans conséquences.

    Mais si on les observe tous, on peut distinguer tous les fils
    Qui les agitent sous les jupes, pareils à des marionnettes.
    Quand Marianne se trémousse, le méchant brandit son coupe-file
    Et frappe, dans un jeu de dupes, un président fort malhonnête.

    Mais il met longtemps à mourir et la première dame de France
    Nous mime la veuve éplorée avec beaucoup de convictions
    Mais c’était pour faire courir tous les prétendants à outrance
    Qui tentent en vrai d’implorer une meilleure circonscription.

    Tableau de Molly Crabapple.

  • Minotauria

    Minotauria

    C’est facile de faire comme tout le monde à condition de le pouvoir ;
    Si dans mon cas je n’le peux pas, c’est parce que je n’le peux pas.
    Sans doute un problème de cerveau lorsqu’on me l’a distribué
    Ou bien de son mode d’emploi qui pour moi était illisible…

    Mes couloirs sont tous biscornus là où ceux des autres sont droits ;
    Je tourne en rond mais sans passer deux fois par le même schéma.
    Ma vie est comme un labyrinthe dont j’ai mal noté le début,
    Sans fil d’Ariane et sans boussole… sans doute suis-je le minotaure… ?

    Peut-être un défaut de cervelle… aurais-je l’encéphale ôtiste ?
    Peut-être suis-je né du pied gauche, un pied-beau de canard boiteux…
    Voilà, c’est ça ! Je suis tombé de la Constellation du Cygne
    Égaré dans la confusion du dédale des êtres humains !

    Tableau de James Jean.

  • Dans le cloud

    Dans le cloud

    Les terriens perdraient-ils la boule en vivant dans l’imaginaire ?
    Les nouveaux mondes numériques seraient-ils donc plus prometteurs ?
    Les jeunes aujourd’hui tourneboulent vers le cloud extraordinaire
    Et les réseaux amphigouriques, sociaux voire psychomoteurs.

    À présent, mes nouveaux amis d’intelligence artificielle
    Me rassurent, me parlent et m’écoutent ; ça, ChatGPT m’en répond.
    Avec eux, aucune ennemie ni perturbation sexuelle
    En outre, moins cher ne me coûte que d’aller courir les jupons.

    Demain sans doute je mourrai mais je rejoindrai le réseau
    Des âmes plus ou moins perdues ou que je devrai rassembler
    Par tous les moyens que je pourrai pour attirer tous ces zozos
    Qui cherchent complètement éperdus leur route en marchant à l’amblée.

    Tableau de Chema Mendez.

  • Mauvaise idée

    Mauvaise idée

    Se rapprocher de la lumière pour en égaler la clarté
    Est une très mauvaise idée d’après l’expérience d’Icare.
    Mais cette vérité première, semble-t-il toujours écartée,
    Provoque chez les gens décidés des conneries sans crier gare.

    Quant au téléphone portable censé nous rapprocher des cieux
    Pour partager avec les dieux toute la boîte de Pandore,
    La même erreur monumentale fait croire à tous ces audacieux
    Que plus on parle et plus radieux sera le progrès qu’on adore.

    Pourtant le temps passé devant nos tablettes et nos écran plats
    Ne rend pas plus intelligent que les IA et les médias.
    Se prosterner sur son divan rendrait tout au plus raplapla ;
    Plus le délire est exigeant et plus son effet immédiat.

    Tableau de Mikhail Vyrtsev.

  • L’Europe starlette – 2

    L’Europe starlette - 2

    Mais la starlette de trente ans a trouvé un rôle à sa taille
    Taille de guêpe pour se glisser entre les deux grandes puissances.
    Et qu’ils soient ou non consentants, ils vont devoir livrer bataille
    Dont les armes sont policées par ceux qui en font jouissance.

    On ne sait pas qui sont les bons ni même qui sont les méchants
    Ou pire, ils changent tout le temps selon les médias assouvis.
    Une opinion qui fait des bonds parmi le peuple à contrechamps
    Entre les forces de l’OTAN et le pacte de Varsovie.

    En fait, on reconstruit l’Histoire que l’Europe a connu naguère :
    Des petits royaumes qui s’envoient pis que pendre et coups d’escarmouches.
    Et de nos jours, il est notoire que ceux qui veulent partir en guerre
    Sont les descendants dont la voix parlent comme le « prince des mouches ». †

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy . † Belzébuth

  • Napoléon Bon Appart II

    Napoléon Bon Appart II

    Pour vivre heureux, vivons cachés là où Dieu ne voit plus personne
    Soit à l’intérieur des montagnes, soit dans les abris souterrains.
    Veillons à ne plus s’attacher aux religions qui nous façonnent
    Et nous formatent nos compagnes comme souffre-douleur souverain.

    Dans l’obscurité minérale, loin des cieux et dieux en colère,
    Nous bâtirons nos espérances avec du béton et du verre.
    Loin des croyances sidérales, loin sous la calotte polaire,
    Nous romprons avec nos errances et tous nos soucis terre-à-terre.

    Mais il faudra creuser profond pour accueillir dans nos palais
    Le tombeau de nos vanités et les souvenirs rapportés.
    Même en réduisant les plafonds, il nous manquera des balais
    Pour ôter toute insanité de cette planète avortée.

    Sous la roche nous tairons nos dieux devenus tous sourds en chemin
    Et nos silences auront pour toits toutes les montagnes des Grisons.
    L’Histoire fermera ses yeux sur ce qui reste en nous d’humain
    Et l’ombre prendra tout le poids d’un monde qui n’a plus d’horizon.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’Europe starlette – 1

    L’Europe starlette

    Se repose-t-elle sur ses lauriers une fois élue et approuvée ?
    Il est vrai qu’il est confortable de siéger sur le cuir de vache !
    Mais au cas où vous l’ignoriez, sa tâche sera bien éprouvée
    Car elle devra se mettre à table ; heureusement, elle est multitâche !

    Elle sait répondre à vos demandes en vous décrétant plusieurs lois
    Qui ne vous soulageront guère – elle fait toujours tout le contraire –
    Car ce n’est pas elle qui commande mais l’économie qui fait foi
    Et, comme on l’a connu naguère, à votre avis… qui va-t-on traire ?

    Derrière la vache tranquille, il y a l’Europe, l’ingénue,
    À peine âgée de trente années, elle est encore bien coquette
    Avec cet esprit infantile, impertinent et malvenu,
    Avec l’envie de se pavaner comme une star sur la croisette.

    Tableau de Maria Kholmogorova sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • La Prométheuse

    La Prométheuse

    Apparemment le feu des dieux que Prométhée nous a transmis,
    Nous a bien aidé à mûrir mais pas à nous parachever.
    Les dieux s’étant montré odieux, quant à leurs secrets compromis,
    Ont par la suite eu un fou rire de voir leur science inachevée.

    Avouons-le ; les inventions censées nous aider à mieux vivre
    Ont transformé la société par un progrès bien insidieux.
    Toutes les bonnes intentions nous ont pavé la route à suivre
    Qui mène l’homme à satiété dans en enfer du feu des dieux.

    Avoir voulu rivaliser avec les dieux nous a floués ;
    Nous sommes devenus ambitieux et nous sommes perdus en chemin.
    On a tout idéalisé sans penser qu’à force de jouer
    Avec un feu si malicieux on en oublierait d’être humain.

    Un jour, peut-être, les idées claires, au bord des ruines de nos tours,
    Nous rendrons au feu son vrai rôle sans lui donner les pleins pouvoirs
    Car la flamme réchauffe et éclaire mais sans rien donner en retour
    Et quand le feu a la parole, il brûle tout sans s’émouvoir.

    Illustration de Nikoo Bafti.

  • L’Europe court toute nue

    L’Europe

    Elle court, elle court, elle court, l’Europe toujours jolie mais toujours nue !
    C’est à se demander pourquoi, passé le siècle des lumières,
    Passé les géniaux philanthropes que notre histoire a retenus,
    Passé ceux qui avaient ce « je-ne-sais-quoi » et qui l’ont sortie de l’ornière !

    Est-ce qu’elle court après l’argent ? Le temps a passé sous les ponts !
    Est-ce qu’elle court après l’amour ? Covid et Sida l’ont tué !
    Est-ce qu’elle veut courir en chargeant ? Hélas il n’y a plus de Napoléon
    Et puis, la guerre, ce n’est pas glamour et n’est qu’un mal substitué.

    Si je rencontre l’Europe nue courant à côté d’un bison
    Et que je le raconte en vers dans un pamphlet Freud-Nietzschéen,
    Qui donc croira au contenu de mon poème écrit… disons
    Le jour où ma tête à l’envers a cru au rêve européen ?

    Tableau sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • Le seuil du numérique

    Le seuil du numérique

    Une fois que nous aurons franchi le point critique du numérique,
    Le retour sera impossible, happés par un progrès charmeur.
    Le courrier sera affranchi par une empreinte biométrique ;
    Tout sera rendu accessible au bon vouloir des programmeurs.

    Adieu les pièces de cinq centimes égrenées chez la boulangère ;
    Adieu les timbres de collection qui nous ont fait tant voyager ;
    Adieu les sourires intimes qu’on échangeait l’humeur légère
    Contre un petit peu d’affection, un petit plaisir passager.

    Le travail au noir clandestin devra aussi évoluer
    Avec un troc équivalent à quelque obscur cyber-trésor.
    On se rappellera le destin du Roi Midas éberlué
    De voir l’effet ambivalent de pouvoir tout changer en or.

    Mais quand l’IA super-débile, ce clown secret du numérique,
    Viendra nous imposer son rythme à faire chuter les valeurs,
    Elle laissera dans nos sébiles un dernier clin d’œil poétique,
    Brisant l’miroir aux algorithmes pour sept fois sept ans de malheur.

    Œuvre d’art visuel qui utilise une technique de hachures.