Catégorie : Pamphlets

Petits textes satiriques envers qui vous savez

  • L’assomption freinée

    L’assomption freinée

    Dur-dur de vouloir s’échapper d’un monde déjà formaté
    Qui nous retient de mille liens aussi moraux qu’économiques.
    Je me retrouve handicapé dans des remparts casematés
    Que referme le choix cornélien d’une liberté théorique.

    Les uns m’agrippent par la peur, d’autres par quelques récompenses ;
    Les plus subtils n’ont même plus besoin de chaînes ni de verrous.
    Ils ont cultivé dans mon cœur des habitudes de dépendance
    Qui même après m’avoir déplu me laissent un éternel courroux.

    Plus je m’élève vers la lumière, plus l’on me tire vers le bas ;
    Chacun réclame un peu de moi sous prétexte de me défendre.
    Et je comprends, dans ma prière, le vrai fondement du combat :
    Je dois couper ces petits « moi » qui veulent, tour à tour, tout me prendre.

    Tableau d’Irving Norman sur https:irvingnorman.comoil-paintings .

  • La spirale du temps

    La spirale du temps

    Quand ma vie était découpée en différentes activités,
    Je me levais dans la première, prenais ma douche dans la deuxième.
    Quelques minutes à m’occuper juste de mon intimité,
    Puis je partais dans la lumière du jour embrasser la troisième.

    Ainsi de suite chaque jour, défilaient les tranches de vie
    Dans un rythme qui accélérait chaque année de plus en plus vite.
    Et puis tout au long du séjour, malgré ma machine asservie,
    C’est l’éjection délibérée par l’improviste qui m’invite.

    Alors je découvre un sentier qui n’était sur aucune carte,
    Où les saisons perdent leurs rangs sans jamais perdre leur couleur.
    Les jours ne sont plus des métiers mais des oiseaux qui se départent
    D’horloges sans aiguilles ni cadrans pour écouter battre mon cœur.

    Un escalier sans fin m’attend au centre de cette spirale ;
    Il ne conduit ni vers le ciel, ni vers des gouffres souterrains.
    Chaque palier devient latent vers une histoire sidérale
    Où les minutes essentielles m’entrouvrent un tout nouveau terrain.

    Illustration d’Adrian Kenyon.

  • S.O.S. fuyons !

    S.O.S. fuyons !

    Depuis que des fous mettent le feu, toutes les maisons prennent la fuite !
    Pas folles, toutes les hachélèmes ont arraché leurs fondations
    Et fuient à perdre leurs cheveux, le cul à l’air, la cave ensuite
    Et, pour contourner le problème, ont même quitté la nation.

    Aux fenêtres, les locataires voient s’éloigner leur vieille ville ;
    L’immeuble franchit les frontières sur ses grosses racines agiles.
    Les pattes encore pleines de terre, le voilà parti pour Trouville
    Pour s’y planter la vie entière et les pieds tanqués dans l’argile.

    On a même vu l’eau courante accélérer à fond la caisse,
    Abandonner lacs et rivières menacées par Coca-Cola.
    Évidemment, la mer, mourante, a été reçue à confesse
    Et, une fois sur la civière, elle a rendu l’âme au-delà.

    Illustration de Claude Ponti.

  • « Après moi, le déluge ! » disait le soleil

    « Après moi, le déluge ! » disait le soleil

    Dire qu’on est en pleine canicule, aspirant un peu de fraîcheur
    Et que dans à peine trois mois, ce seront les écluses du ciel
    Qui couvriront de ridicule les journalistes et les prêcheurs
    Et leur réchauffement à la noix comme destin circonstanciel.

    On verra les climatologues enfiler palmes et tubas
    Pour nous prouver, sous le déluge, qu’il y a encore de la vapeur.
    Et tous les mêmes démagogues pataugeront dans leurs débats
    Pour ordonner que tous les juges condamnent alors la moindre peur.

    Lorsque j’entends que, pour résoudre le problème de canicule,
    On mettra des climatiseurs par milliers dans les lieux publics,
    Je me dis qu’on va en découdre avec ces propos ridicules
    Qui vont être catalyseurs de la fonte de la République.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Paradis ou enfer ?

    Paradis ou enfer ?

    Si notre Terre est un enfer alors nous avons tous fauté
    Dans une existence antérieure pour mériter de vivre ici !
    Sinon alors faut pas s’en faire si c’est un paradis raté ;
    Il faut attendre une meilleure version et que dieu l’officie !

    Peut-être un dieu artificiel a généré ce paradis,
    Il fit des corps avec des ailes et des mains aux doigts superflus.
    Puis il l’a mis ce pourriciel en ligne pour pas un radis
    Avec des anges dont le zèle ressemble à leurs culs tous joufflus.

    S’il y a bug en la demeure et péril dans la création,
    Je comprends le nombre de fous qui nous mettent le feu partout !
    Tous ces crétins croient que s’ils meurent, ils auront leur absolution
    Au paradis sans rendez-vous en tant que souris pour matous.

    Illustration de Kellan Jett.

  • La baleine bleue

    La baleine bleue

    La planète bleue cherche de l’eau pour alimenter ses tuyaux ;
    La planète bleue en manque d’air pour faire voler ses Canadairs ;
    La planète bleue manque de sous, la France est sens dessus-dessous ;
    La planète cherche les mythomanes incendiaires et pyromanes.

    La baleine bleue crier famine sous les robinets qu’on élimine ;
    La baleine bleue boire la tasse tandis que le plancton trépasse ;
    La baleine bleue prendre feu sous les discours des grands mafieux ;
    Et les pompiers chercher encore l’eau que les riches vendent à prix d’or.

    Oui mais voilà, il faut choisir l’eau ou inviter à loisir
    Les grands de ce monde à Versailles pour se rincer, vaille que vaille ;
    Donner de l’argent pour la guerre comme on l’a toujours fait naguère
    Et vivre au frais de la princesse même en période de sécheresse.

    Pendant que le peuple suffoque, le gouvernement nous convoque
    À consentir quelques efforts pour remplir les poches des plus forts ;
    Mais la baleine souveraine, lasse de boire toute cette haine,
    Ferme enfin tous ses robinets et la porte des cabinets !

    Illustration de Carlo Stanga et texte inspiré d’une chanson de Steve Waring.

  • Le progrès

    Le progrès

    Hier, le progrès sentait si bon ; l’an deux mille était prometteur
    Avec ses voitures volantes, avec la téléportation !
    Je me voyais grand vagabond de l’espace, illuminateur
    De rêveries affriolantes d’un avenir en formation.

    Aujourd’hui tout paraît rouillé ; l’an deux mille est passé si vite
    Avec des guerres inattendues d’anciens conflits trop résistants.
    Moi-même, ai-je pris des dérouillées malgré les dangers que j’évite
    Et je vis sur un fil tendu qui peut se rompre à tout instant.

    Mon eau a rencontré l’éther d’un avenir inconsistant,
    Mon air s’est dilué dans le temps d’un ascenseur vers la folie,
    Mon feu est resté solitaire mais son espoir est persistant,
    Ma terre s’effrite depuis longtemps vers une étrange mélancolie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’amour cosmique

    Quand la Terre devient le cerveau et donc la Lune, la cervelle,
    Mettons le Soleil dans le sexe et Dieu au milieu de ses seins.
    Et voici donc le renouveau avec l’amour qui renouvelle
    La création vers plus complexe qui s’adresserait à ses saints.

    Quand deux (ou trois) corps enlacés deviennent des constellations,
    Leurs veines se créent des chemins où vont circuler les étoiles.
    L’univers n’est jamais lassé du coït de leurs pulsations
    Et la nuit promet pour demain les séquelles d’un temps qui se voile.

    Hélas l’amour doit se cacher tandis que la guerre est montrée
    Dans les journaux, à la télé et dans tous les réseaux sociaux.
    Et tous ceux qui restent attachés à l’amour ont vu démontrer
    Que la censure vient marteler plus durement ces asociaux.

    Tableaux d’Alex Grey.

  • L’Arche des migrants

    L’Arche des migrants

    « Deux par deux c’est assez ! » a précisé Noé
    Mais il n’a pas prévu les multiplications.
    Pareil pour les migrants à bord des canoës
    Qui jamais m’ont souhaité autant de soustractions.

    Avec la transhumance, on compte les moutons
    Et après on s’endort pour un sommeil divin.
    Avec l’immigration, souvent nous redoutons
    De partager le pain mais garder notre vin.

    Quand passent les oies sauvages, on admire leurs vols ;
    On leur souhaite bon voyage, un hiver au soleil.
    Avec les étrangers, les rapines et les vols
    Font la une des journaux et c’est partout pareil.

    Illustration de Jean-Jacques Loup.

  • Le cycle monstruel

    Le cycle monstruel

    La femme serait-elle un monstre qui fait peur à l’humanité
    Qui l’oblige à dissimuler l’origine de l’être humain ?
    Les religions nous le démontrent en mettant la féminité
    Au ban de l’être stipulé comme parfait : l’homme, haut la main !

    Les dogmes ont construit trop souvent des murs autour de ses mystères,
    Déclarant impur tout ce sang dont pourtant chacun est issu.
    Ils ont voilé son corps vivant, ses désirs et son caractère,
    Comme si l’ordre était absent dès qu’une femme était conçue.


    Pourtant la femme est l’avenir autant que l’origine de l’homme ;
    Pourtant l’ourobouros humain continue à être voilé.
    Laissons la femme devenir ce qu’elle est simplement en somme :
    Soit notre authentique chemin vers une destinée étoilée.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Moi, je m’en foot !

    Moi, je m’en foot !

    Pendant que les uns font la guerre contre les autres, on joue au foot
    Et on y retrouve les mêmes autour d’un ballon délirant.
    À la fin, il ne restera guère qu’un seul à remporter les joutes
    Avec des déploiements de haine entre tous les belligérants.

    N’en déplaise à tous les médias, le football ne m’a pas atteint ;
    Ça doit remonter à l’enfance où je rêvais plus que je shootais.
    Si je m’informe dans l’immédiat des informations du matin,
    Je ne vois pas pourquoi la France en est tout autant envoûtée…

    Ça doit venir d’un chromosome en forme de ballon de foot ;
    On ne l’a pas dans la famille, ce serait donc héréditaire…
    Ce n’est pas le gène de l’homme puisque les femmes se rajoutent
    À la folie et s’égosillent tout autant que les supportaires.

    Illustration de KLUB sur Fluide Glacial.

  • Le tissu amincissant

    Si le fameux tissu conçu pour habiller un empereur
    Avait vraiment pu exister, il aurait dû avec aisance
    Cacher sa bedaine pansue et son derrière avant-coureur
    Qui pète la complexité d’une tête vide de bon sens.

    Il peut gommer les bourrelets, les plis, les bosses et les creux,
    Affiner toutes les silhouettes et les rendre plus désirables,
    Mais ne saura rien chambouler dans l’esprit le plus désastreux
    Qui fait miroir aux alouettes aux pensées irrécupérables.

    Il faudrait un tissu pensé d’idées légères comme un songe ;
    Un tissu d’air ou bien d’éther et invisible comme il se doit.
    Voilà le truc à compenser : tisser un tissu de mensonges
    Et le vendre au prix le plus cher et calculé selon son poids.

    Pourtant ce tissu de mensonge, distribué gratuitement
    En continu par les médias n’habille pas la vérité
    Qui reste nue et qui éponge assez démagogiquement
    Les canulars dans l’immédiat mais sans trop de sévérité.

    Tableaux de Leo et Diane Dillon sur https:katia-lexx.livejournal.com2500420.html .

  • La pluie à crédit

    La pluie à crédit

    Si tous les anciens présidents qui sont montés au paradis
    Voulaient bien faire pleuvoir l’oseille plutôt qu’une pluie à crédit,
    Il me semblerait évident et j’n’en ferai pas une maladie
    Si l’eau du ciel en moi réveille de l’espoir pour pas un radis.

    Je ne crois pas en l’homo-fric et pas plus au capitalisme
    Qui croît bien plus haut que son cul et presqu’en même temps s’affaisse.
    Lorsque l’homme est né en Afrique, bien avant le colonialisme,
    C’n’est pas l’serpent qui l’a vaincu encore moins une histoire de fesses…

    On a fait des révolutions pour chasser la noblesse à fric,
    On a voté nos présidents en espérant gagner le SMIC
    Mais après cette évolution, quand on regarde l’historique,
    On travaille plus en trépidant et ce qu’on gagne est théorique.

    Illustration de Milo Manara.

  • Rassemblement

    Aujourd’hui tout l’monde se rassemble pour le foot et pour la musique,
    Pour manifester tous contre un et casser tout ce qui est construit.
    Pourtant si les humains s’assemblent pourquoi deviennent-ils amnésiques
    Lorsque le voisin les contraint à se fâcher au moindre bruit ?

    Ils remplissent tous les grands stades, les avenues et les tribunes,
    S’y proclament tous frères de cœur sous les couleurs du grand moment.
    Mais face à la moindre incartade d’un voisin chantant sous la Lune,
    Ils lui déclarent de bon cœur la guerre avec empressement.

    Ils se serrent comme des sardines au concert de leur troubadour,
    Supportent trois heures debout dans une cohue fantastique
    Même si l’attente ne se termine qu’aux premières lueurs du jour
    Et on laissera dans la boue papiers et matières plastiques.

    Les foules aiment bien se confondre au milieu des grands mouvements
    Où chacun devient une vague emportée loin par l’océan.
    Mais il leur faut parfois répondre à leurs voisins tout simplement,
    Et c’est souvent là que s’aggrave le plus petit des différends.

    Illustrations de Jeff Carlisle.

  • Rien devant mais tout derrière

    Rien devant mais tout derrière

    À force de déshabiller Marianne pour habiller Brigitte,
    Marianne s’expose dans les mairies en se tournant main dans le dos.
    J’entends les hommes babiller et leurs bonnes femmes qui s’agitent
    En priant la vierge Marie de la cacher sous un rideau.

    Pourtant Marianne était très fière de représenter la patrie ;
    Elle ne voit donc aucun problème à poser toute nue sans détour.
    On s’est adressé à Saint-Pierre pour couvrir cette idolâtrie
    Mais il a tourné le dilemme en lui faisant faire demi-tour.

    Si l’on jouait à pile ou face plutôt que de voter des lois,
    On économiserait in situ un budget tellement colossal
    Qu’on pourrait acheter à la place des vêtements de bon aloi
    Et Marianne alors vêtue pourrait quitter l’arrière-salle.

    Tableau de Pon Arsher.

  • Les menteurs à tiroirs

    Les menteurs à tiroirs

    Ce que j’aime avec les menteurs ce sont leurs si nombreux tiroirs
    Pleins de mensonges et fourberies, escroqueries et tromperies.
    Leurs ruses m’évoquent une senteur, une résonance et un miroir
    Qui montrent les étourderies qui trahissent leurs filouteries.

    À force d’ouvrir leurs tiroirs pour ranger leurs pires inventions,
    Ils oublient parfois qu’à la place dort une vérité première.
    Ils errent alors dans les couloirs des nouvelles explications
    Et découvrent en rompant la glace qu’ils y ont laissé leur lumière.

    Puis il y a les supers menteurs – titre purement honorifique –
    Ceux-qui parviennent à mentir à plusieurs millions de personnes.
    Camelots et bonimenteurs ne sont que fourbes soporifiques
    Devant qui vient d’anéantir la France sans qu’on le soupçonne.

    Tableau de Małgorzata Piątek-Grabczyńska.

  • Partie à quatre

    Partie à quatre

    Si le polyamour s’impose à l’Élysée l’année prochaine,
    C’est à cause de tous ces partis qui écartèlent Marianne.
    Cela découle, je suppose, des débats sur toutes les chaînes
    Où l’on entend les réparties franchissant la ligne médiane.

    Chacun prétend qu’il la protège en promettant monts et merveilles ;
    Chacun lui jure fidélité jusqu’au prochain remaniement.
    Mais sous les ors du privilège, elle n’écoute que d’où vient l’oseille
    Car l’amour dure en vérité le temps d’un sondage seulement.

    Les uns la veulent souveraine, les autres ouverte aux quatre vents ;
    Certains l’habillent de promesses, d’autres de vertu ou d’impôts.
    Elle sourit de son air de reine à ces amoureux décevants
    Qui lui composent des caresses avec du vent… fort à propos.

    À force de changer d’idylle au gré des alliances du jour,
    Marianne en perd la mémoire de celui qu’elle doit servir.
    Chacun lui promet le grand style, le progrès, la paix et l’amour ;
    Mais nul ne songe à l’auditoire qui regarde le cirque sévir.

    Tableau de Małgorzata Borsukiewic.

  • L’intelligence Marianique

    L’intelligence Marianique

    Mariane sera numérique, c’est l’Élysée qui nous l’a dit
    Et c’est elle qui surveillera tous les scrutins dans l’isoloir.
    Ce sera comme en Amérique – c’est-à-dire pas le paradis –
    Mais l’enfer et la guérilla qui attend au bout du couloir…

    Elle saura pour qui vous votez et ce que vous pensez tout bas ;
    Elle calculera vos rêves selon l’indice citoyen.
    Si jamais vous vous révoltez, elle vous répondra : « Pourquoi pas ? »
    Puis vous classera dans les fièvres du comportement quotidien.

    Elle saura qui vous fréquente, ce que vous lisez tard le soir,
    Si vos amis sont fréquentables selon les critères du moment.
    Son algorithme vous présente un avenir sous le pressoir
    Où chacun sera responsable d’être heureux réglementairement.

    Tableau d’Andriy Ishchuk.

  • Sur le fil

    Sur le fil

    Certaines vies paraissent fragiles selon le fil qui nous supporte
    Et selon les déséquilibres que nous imposons à nos corps.
    Et comme il vaut mieux être agile avant que le diable m’emporte,
    J’essaie tant et plus d’être libre et d’échapper au mauvais sort.

    Mon fil a cassé plusieurs fois mais on me l’a raccommodé.
    Qui ? Sans doute un ange gardien que les Parque auraient corrompu…
    Un gars qui a su toutefois m’attraper à la dérobée
    À chaque fois qu’un nœud gordien, pourtant solide, s’est rompu.

    Plus je me casse et me cabosse, plus l’ange devient efficace ;
    Si je fais une nouvelle chute, sera-t-il toujours aussi fort ?
    Je ne sais pas pour qui il bosse, mais si c’est un Dieu perspicace,
    J’espère avoir un parachute payé au prix du moindre effort !

    Tableau de Vilijus Vaisvila.

  • Champagne surprise

    Champagne surprise

    Il est un vent à l’Élysée qui ferait soulever les jupes
    Attestant que la présidente finalement serait une femme.
    L’histoire a beaucoup amusé les gens avec ce jeu de dupes
    Dont la raison bien évidente est derrière ces propos infâmes.

    Comme, par exemple, « la France libre » qui n’est pas le nom définitif
    Et que le prochain président renommera « Le Grand Charlot »
    Ainsi que le déséquilibre envers les ordres expéditifs
    Que le chef des armées pédant développe sous son calot.

    Toujours est-il qu’un certain soir ou le Roi fêtait sa victoire,
    Un vent de rumeur souleva la robe de la présidente.
    Les témoins sont sur une glissoire qui les mènerait de façon notoire
    Dans un poste au Guatemala en cas de confidence imprudente.

    Illustration de Milo Manara.

  • Réseau social, zéro social

    Réseau social, zéro social

    Plus je m’étends dans les réseaux, plus je me perds dans les faisceaux
    Et je capte tellement d’ondes que je ne sais plus qui je suis.
    On s’y traite de noms d’oiseaux et chacun se la joue perso ;
    Plus je cherche, plus je vagabonde et mon errance se poursuit…

    Dans les couloirs des IA blondes, je cherchais un regard humain
    Mais les miroirs des inconnues dispersaient tous leurs labyrinthes.
    Puis une voix traversa l’onde qui menait vers l’étroit chemin
    Où elle déposa dans les nues, un virus en guise d’étreinte.

    Tableau de Silvio Vieira.

  • Rencontre en réseau

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    Une fois trouvé le fil d’ariane, je l’attire tout doucement
    Espérant au bout de la corde, trouver la femme de mes rêves.
    Mais le fil devient une liane dans une jungle d’éléments
    Où je perçois que tout concorde pour que l’encéphale s’y crève.

    Moi, je suivais des lueurs mauves au fond des réseaux végétaux,
    Des visages y poussaient ensemble ainsi que des fleurs carnivores.
    Et chaque femme qui se sauve m’entraîne dans des couloirs mentaux
    Dont les parfums mêlés ressemblent à des femelles égrégores.

    Tableau de Bruno Borges et pochette de disque de Helicon & AI Lover.

  • Mascarade

    Mascarade

    L’acteur change son apparence, il dissimule son visage ;
    Pour chaque nouveau spectateur, il a un masque de rechange.
    On ne voit plus la différence entre l’hypocrite et le sage
    Car il se rit de notre malheur, tel un démon à face d’ange.

    Il s’assoit dans sa propre paille, prisonnier de son beau costume,
    Tandis que tous les masques au sol rient de son règne de papier.
    On attend que le vernis s’écaille pour qu’enfin à titre posthume
    On dise adieu à ce guignol qui nous a tous cassé les pieds.


    Si labourage et pâturage sont les mamelles de la France,
    C’est nous qui sommes les vaches à lait d’une Europe faite pour les riches.
    Les forces de l’ordre ont la rage depuis qu’elles mordent à outrance
    Ceux-là même qui, au pis-aller, n’auront que des terrains en friche.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Le dernier cri

    Le dernier cri

    C’est bientôt la fin de la route pour le train-train du président
    Qui actuellement tourne en rond, faute d’une idée salvatrice.
    Mais c’est aussi la banqueroute pour l’éphémère résident
    Du palais où ce fanfaron fit sa mission dévastatrice.

    Le peuple attend sa délivrance, prisonnier de ce grand naufrage ;
    On nous promet un meilleur sort mais l’on ne voit rien que mourir.
    Malgré toute cette arrogance, il ne reste qu’une sombre image,
    Le capitaine est déjà mort et son parti en train de pourrir.

    Le train déraille en sa demeure, il s’aventure en terrain vague,
    Car son jouet n’est qu’un débris, loin des chemins de l’avenir.
    On parvient à la dernière heure, il ne reste qu’une amère blague,
    Le monde attend le dernier cri pour ne plus jamais revenir.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Idées fixes

    Idées fixes

    Vivre aux crochets de ses idées montre qu’on n’a rien dans la tête
    Si on espère que celles-ci feront avancer le pays.
    Surtout si on a décidé d’emmerder ceux dont les requêtes
    Causent plus de mille soucis au lieu d’en rester ébahis.

    Le crochet reste bien ancré dans la cervelle de l’ancêtre
    Qui voit passer au-dessus d’elle un ciel de promesses en carton.
    On veut nous faire prendre une sacrée vessie pour la lanterne du maître
    Alors qu’on brûle la chandelle par les deux bouts comme des thons.

    On nous promet monts et merveilles mais on n’voit qu’une souricière
    Car l’horizon reste bouché par de grands nuages de plomb.
    Pendant qu’on nous tire l’oreille pour nous faire mordre la poussière,
    Le navire est tout entaché par ses erreurs avec aplomb.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Une ascension fulgurante

    Une ascension fulgurante

    Tandis que Marianne dort, monte la république en marche
    Dans une ascension fulgurante en brandissant ses illusions.
    Mais au bout du long corridor dont elle gravit chaque marche,
    Comment fait sa teinte amarante pour nous plonger en confusion ?

    Pardi ! Avec de nouvelles têtes à chaque virage entrepris
    En leur attribuant la tâche de faire ce qu’il ne faut pas.
    Et repartir à la conquête d’autres mesures avec mépris
    Envers les erreurs qui entachent son bel habit à chaque pas.

    « Nous sommes en guerre ! » assure-t-elle, au milieu des paroles vides,
    En se moquant des « fainéants » qui ne traversent pas la rue.
    Sa verve méprisante est telle envers nos « Gaulois » trop rigides,
    Qu’elle masque un bilan de néant dont les bœufs suivent la charrue.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • L’omelette

    L’omelette

    Puisqu’on ne fait pas d’omelette avant d’avoir cassé les œufs,
    Je comprends dès lors l’attitude de « qui veut faire de la planète
    Une pépinière à femmelettes et une ferme de bouseux
    Qu’on brisera par la servitude en les menant à la baguette ! »

    On fouettera à part les blancs, on mettra les jaunes au ruban,
    Quant aux œufs noirs, les durs de durs, on leur racontera des salades.
    Les bons-à-rien, les tire-au-flanc, bien évidemment mis au ban,
    Seront envoyés aux ordures avec les pauvres et les malades.

    On broiera toute volonté sous autant de dieux que de mythes ;
    On fera rentrer dans le rang tous ceux qui se sentent exclus.
    Et l’homme sera confronté à vivre seul comme un ermite
    Honteux, confus, tout en jurant qu’on ne l’y prendrait jamais plus !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La pyramide des jeux

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    La vie ne serait-elle qu’un jeu ? Dieu aime-t-il jouer aux dés
    Avec ses anges partageant la même envie pour le danger ?
    Puisqu’il nous a fait courageux et belliqueux, il serait fondé
    De dire que l’enjeu d’argent est une façon de se venger.

    Car le Dieu d’amour est joueur et ne promet le paradis
    Qu’à ceux qui font un double-six et peuvent faire sauter la banque.
    Honni soit ce dieu secoueur de destin pour pas un radis
    Et, afin qu’il n’y réussisse, je propose de jouer sur le manque.

    Soyons tous pauvres, sans-le-sou ! Ne lui donnons plus notre dîme !
    Maudit soit le denier du culte de ces fieffés marchands du temple !
    Et puisque le fer a dissous le pot de terre, quel paradigme !
    Donnons un coup de pied occulte à ce faux-derche qui nous contemple !

    Tableaux de Tsuneo Maeda.

  • La femme pragmatique

    La femme pragmatique

    La femme, un peu trop pragmatique, est source d’envies scélérates ;
    Elle est mal vue car c’est ainsi ; Dona Juana est une salope !
    Le sexe est donc énigmatique selon la loi des phallocrates
    Qui oppose un membre concis contre les trompes de Fallope.

    Brisons ce code aristocratique et ces vieux dogmes de carton,
    Où le plaisir devient tactique selon l’appétit du glouton.
    Que l’équilibre démocratique s’invite enfin sous le veston,
    Pour que l’étreinte soit extatique, loin des leçons d’un vieux crouton !

    Elle offre au monde son mystère, gardant les clés de son jardin,
    N’en déplaise au vieux dictionnaire qui veut régenter son destin.
    Son corps n’est plus terre en jachère soumise aux ruses du gourdin
    Mais juste une page ordinaire ainsi qu’une envie de festin.

    Ouvrez donc toutes les fenêtres, faites entrer l’air du renouveau
    Car nul ne peut se dire le maître de ce qui vibre sous la peau !
    Il faut enfin se reconnaître dans le miroir d’un jour nouveau
    Pour que l’amour puisse renaître, libre des fers et du troupeau !

    Tableau de Igor Morski.

  • L’homme pragmatique

    L’homme pragmatique

    L’’homme est tellement pragmatique et intarissable en idées,
    Qu’on en félicite le don pour plaire aux femmes en société.
    Et s’il se montre fantasmatique et parvient à les dérider,
    C’est Don Juan et Cupidon qui collaborent à satiété !

    Pourtant la ruse est identique et le désir bien partagé
    Mais le verdict reste cynique quand le plaisir est voyagé.
    L’un est un prince charismatique aux mille exploits interchangés,
    L’autre une proie systématique dont le renom est entaché.

    On pointe un doigt accusateur vers la beauté sans apparat
    Mais on salue le séducteur qui multiplie ses fiers éclats.
    Le monde, ce grand inquisiteur, juge au nom du patriarcat
    Et fait de l’homme un grand vainqueur quand la femme subit ses coups bas.

    Voyez tous ces index en meute qui dessinent un profil d’acier !
    Chaque regard est une émeute, chaque silence est un glacier.
    Mais quand le désir se fait pleutre, nul ne pourra nous licencier
    Car l’amour se moque du neutre et des juges du monde entier.

    Tableau de Igor Morski.

  • Un œil manichéen te regarde !

    Un œil manichéen te regarde !

    Un seul œil de Dieu te regarde, oui mais lequel ? On n’en sait rien !
    Comment savoir qui te met en garde sur les huit milliards de terriens ?
    J’ai déjà repéré le mien… mais ça ne me réjouit pas
    Car il a un air macronien qui vraiment ne me revient pas !

    Car parmi ces regards fantasques, il en est un qui s’prétend roi,
    Qui se croit le centre du monde, phare dressé dans la tempête.
    Si son iris bleu n’est qu’un masque, sa pupille se tient à l’étroit
    Et l’fond de l’œil devient immonde quand j’m’y vois cul par-dessus tête.

    Or cet œil-là, si sûr de lui, distribue l’ombre et la lumière
    Sans voir qu’il n’est, dans ce qui semble, une marionnette à brocarder
    Car vouloir être celui qui luit dans sa propre vérité première,
    C’est croire que nous, tous ensemble, sommes ceux qu’il voudrait emmerder.

    Tableau de Ben Ridgway.

  • Crânom, l’ange des chutes

    Crânom, l’ange des chutes

    Ne le répétez à personne mais Crânom a le mauvais œil
    Depuis que, de son piédestal, il s’y soit mis de la poussière.
    On dit que c’est d’une garçonne lui ayant fait du tape-à-l’œil
    Qui l’a fait prendre une orbitale à la vitesse de la lumière.

    Trônant sur un fémur oblong ou sur le crâne d’un vétéran,
    Il sourit autant qu’il transpire de l’air filou du garnement.
    Le démon aux ailes de plomb, ce petit trou du conquérant,
    Nous a négocié son empire pour ce bien triste évènement.


    Le pays se déchire et meurt tandis que le peuple s’étonne
    De voir ce petit enfant-roi jouer sa vie avec la mort.
    À force de vouloir l’humeur et le prestige qui rayonne,
    Il s’assied alors à l’étroit sur son ombre de matamore.

    Tableau de Dan May.

  • La Grande Virée Lunaire d’Artemis II

    La Grande Virée Lunaire d'Artemis II

    On nous promet la Lune et son sol un peu terne,
    Quatre élus dans un tube, version boîte de conserve,
    Pour aller vérifier, loin de toute lucarne,
    Si là-haut, par hasard, un resto nous réserve !
    Ils partent en Orion, héros des temps modernes
    Aux chevilles devenues vessies pour des lanternes.

    Le budget s’évapore en poussière cosmique
    Pour un selfie chelou devant un vieux cratère,
    Pendant que sur le sol, l’inflation atomique
    Fait regretter l’époque où l’on restait sur Terre.
    C’est le progrès, dit-on, d’aller voir le néant,
    Plutôt que de régler le prix du carburant !

    Regardez ce héros, le casque en plein délire,
    L’esprit qui s’éparpille en nébuleuse rose !
    À force de viser le vide et de sourire,
    Il finit par subir une métamorphose.
    La Lune est un miroir pour nos folles lubies :
    On y envoie des gens par caprice subit.

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  • Lego lois sont dans la boîte pleine

    J’ai rêvé d’un ego si facile à monter
    Que les chasseurs de rêves ont répondu présents.
    Les critiques énoncées une fois surmontées,
    On peut avoir chez soi l’ego omniprésent.

    Mais le bloc de plastique, au teint de mandarine,
    Préfère aux longs calculs l’éclat des projecteurs.
    C’est un château d’orgueil, une étrange machine,
    Où l’ego se construit, en trompe-l’œil objecteur.

    Le plan est éphémère, les pièces sont mal jointes ;
    On empile les blocs pour bâtir un sommet.
    Mais dès que la raison de ses traits nous éreinte,
    L’assemblage s’écroule et l’idole se démet.

    Mais pour le roi d’ici, point de boîte en vitrine,
    Les usines danoises craignent les éclats de voix.
    On cherche dans le vrac une mèche citadine,
    Pour bâtir un « M’EGO » qui tienne au bout des doigts.

    Tableau de MOC.

  • Dans mon QR-code

    Dans mon QR-code

    Les QR-codes sont des fractales qui contiennent l’univers entier.
    Voici le mien avec ses blocs qui représentent mes souvenirs,
    Avec toutes les femmes fatales que j’ai trouvées sur mon sentier
    Et mes coups de cœur qui débloquent quand elles changent mon avenir.

    Les petits blocs sont mes défauts, mes célèbres démons sucrés
    Qui vont et viennent impassibles devant mes vaines résolutions.
    Les moyens – Dieu sait qu’il en faut – alimentent le feu sacré
    Qui se nourrissent d’impossible pour en créer des solutions.

    Et quant au vide, c’est l’inconnu, l’infini de mon ignorance
    Qui ne se comblera jamais même en décuplant mes lectures.
    Si certains blocs sont reconnus comme fruits de toutes mes errances,
    C’est grâce à eux que, désormais, je fais mes petites écritures.

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  • Plein les yeux

    Plein les yeux

    Toute l’actualité défile devant mes yeux à la télé
    Avec les pensées d’Amérique et les reflets venus d’Iran.
    Les crimes et les viols pédophiles, tous les scandales révélés,
    Les escroqueries numériques et l’autocratie des tyrans.

    Les informations me pénètrent d’une oreille à l’autre sans fin
    Et tous les conseils s’entrechoquent comme dans un flash météo.
    Mais il faut bien le reconnaître, la Terre entière a toujours faim
    De guerres et d’électrochocs à crédit et en stéréo.

    Mais, communication oblige, tout est prévu pour informer
    Afin de diviser les gens et entretenir les tensions.
    Et si tous les médias négligent d’expliquer sans tout déformer,
    C’est pour laisser parler l’argent, générateur de surtensions.

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  • Ève

    Ève

    Ève s’est paumée au début et depuis la pomme est son trône
    Étant donné qu’on lui reproche encore d’avoir entraîné l’homme
    Dans le péché qu’il attribue par lâcheté à sa matrone
    Laquelle accepte qu’on l’embroche sans pour autant lui faire un môme.

    Quant au serpent, Dieu l’a puni en le rendant sourd comme un pot
    Ce qui ne l’empêche pas de nuire par le mordant de ses crochets.
    Quant à l’homme, il s’est prémuni de devoir porter le chapeau ;
    La femme peut aller se faire cuire un œuf et se le reprocher.

    Illustration de Herbert Paus sur https:www.americanartarchives.compaus,h.htm .

  • L’âme du monde

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    L’âme du monde est-elle bonne et, franchement, l’homme est-il bon ?
    Depuis les civilisations, la guerre fait rage un peu partout.
    Demain, la crise du carbone ; avant-hier, la crise du charbon ;
    Hier, la mondialisation et aujourd’hui, les manitous…

    Les grands manitous des finances, les manitous américains,
    Les manitous des religions, les manitous endimanchés ;
    À part pratiquer l’abstinence envers tous les JT mesquins
    Qui nous arrivent par légions, faut-il la télé débrancher ?

    L’âme du monde, qu’est-ce que c’est ? La moyenne de toutes les âmes
    Ou le flop de la plus immonde ou le top de l’âme supérieure ?
    En tous cas, pour ce que l’on sait, si le pouvoir était aux femmes
    Ç’aurait changé la face du monde et l’homme serait moins querelleur.

    Mais rien n’est moins sûr.

  • Le vaisseau des fous dans l’infini

    Le vaisseau des fous dans l'infini

    Quel est le fou qui a laissé Moebius décider pour notre Arche
    Et la construire à sa manière dans le chantier de sa folie ?
    Et pourquoi s’est-il empressé brusquement de la mettre en marche
    Avant que les pluies saisonnières aient, sur la Terre, tout aboli ?

    Bien sûr ! C’est un échantillon, une partie des fous-à-lier
    Qui tentent de sauver le monde en le forgeant à leur manière.
    On obtient autant de galions que de pays non alliés
    Qui se font des guerres immondes en se fricotant les bannières.

    Une carène américaine avec des voiles européennes,
    Un moteur fait en Allemagne et le diesel venu d’Iran…
    Avec des cartes africaines, des provisions nord-coréennes
    Avec compagnons et compagnes se traitant entre eux de tyrans.

    On verra bien, au premier flot, si la structure est bien étanche
    Ou si la coque se délite au milieu du grand océan.
    Car c’est au fond, sous les sanglots, que la justice prend sa revanche :
    Tous les égaux dans la faillite et tous unis dans le néant.

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  • En temps et en ordre

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    Même si les dés sont jetés, l’échiquier n’est pas toujours prêt
    Et c’est normal car l’ennemi attaque au tout dernier moment.
    Alors tout le monde s’agiter et courir dans un « à-peu-près »
    Où tous les à-coups sont permis et faits on ne sait pas comment.

    Côté ennemi, on argumente qu’on voulait la paix, pas la guerre ;
    Ainsi que la meilleure défense, c’est l’attaque en temps et en ordre.
    Et peu importe que l’on mente comme on l’a toujours fait naguère
    Et si l’adversaire s’offense, on lui donnera un os à mordre.

    On attendra le six avril pour voir si le ciel s’obscurcit
    Car on repousse l’échéance pour mieux relustrer les canons.
    Tant pis si Pâque est en péril et la trinité raccourcie ;
    L’important reste l’influence des forces US de renom !

    L’ultimatum est un papier qu’on signe au bas d’un grand récit
    Pendant que l’on compte les morts au rythme des grands fanfarons.
    Et puis on rappelle les pompiers tandis qu’on signe en Helvétie
    Une neutralité sans remords car, chez nous, l’horloge tourne rond !

    Tableaux d’Agatha Belaya.

  • Artemis

    Artemis

    Fille de Zeus et de Léto et sœur jumelle d’Apollon,
    Artemis règne sur la chasse et sur la nature sauvage.
    Ça, nous l’avons su assez tôt mais aujourd’hui extrapolons
    Et allons plutôt dans l’espace observer de nouveaux présages.

    Aujourd’hui, ce nom ambitieux envisage de peupler la Lune
    Et y envoyer des humains pour préparer d’autres voyages.
    Notamment les plus judicieux vers Mars, la planète opportune
    Et continuer le chemin vers de futurs embouteillages.

    On installe sur le régolithe nos bases et nos télescopes,
    Cherchant dans l’éclat des étoiles l’espérance d’un nouveau départ.
    Mais l’homme emporte dans son orbite ses vieux démons et ses syncopes,
    Tissant sur la toile spatiale le bruit de ses propres avatars.

    (Tableau de Jeffrey Catherine Jones sur https:www.sellmycomicart.comjeff-jones-art.html
    Le régolithe (ou regolith mais pas Lïlïth), c’est la couche de poussière, de roche cassée et de débris qui recouvre la roche solide de la Lune.)

  • Complètement démembré

    Complètement démembré

    Les bras m’en tombent, les jambes aussi, quand je regarde les infos
    Et que j’y vois les guerres immondes entre toujours les mêmes états.
    Yahvé, toujours pas dégrossi, qui prêche le vrai et le faux
    Allah qui cherche autour du monde à propager sa vendetta.

    L’Angleterre toujours arrogante, l’Allemagne toujours aussi fière,
    La France qui remet à demain ce qu’elle pourrait faire aujourd’hui.
    La Turquie toujours provocante avec ses mille montgolfières
    Qui transportent autant d’êtres humains que le Bhoutan en a produit !

    Et pendant que le sol s’effondre et que nos haines se répètent,
    Artemis cherche dans la Lune un sanctuaire au ciel serein.
    On veut coloniser les ombres, fuir les décombres des prophètes,
    Pour oublier que sur la dune, l’homme n’est qu’un grain souverain.

    Tableaux de Brad Holland.

  • Vol au-dessus des règles

    Vol au-dessus des règles

    J’aimerais échapper aux règles qu’ont fixées les hommes avant moi
    Et que j’accepte à ma naissance au nom d’un soi-disant respect.
    J’aimerais voler comme un aigle et vivre libre au fil des mois
    Sans avoir de reconnaissance envers ce vieux monde suspect.

    Suspect de n’avoir résolu que guerres, défaites et victoires
    Sans chercher à communiquer afin d’organiser l’essor.
    On dit que l’humain évolue mais si j’en observe l’Histoire,
    Il n’est qu’un singe paniqué par la mort et son triste sort.

    Alors je rêve que je plane, le rêve est une drogue douce
    Qui ne résout ni n’améliore à première vue nos affaires.
    Mais les Reflets Vers que je glane et que je sème sur le pouce,
    S’ils font sourire les seniors, je continuerai à en faire.

    Collage de Wlad Safronow.

  • Crépuscule

    Crépuscule

    Est-ce que je suis au crépuscule de ma vie ou bien de la Terre ?
    Le contenu se sent petit autant que le contenant est grand.
    Entre chien et loup, tout bascule et c’est l’heure où les deux s’altèrent
    Un peu comme si, par empathie, pour l’un et l’autre, c’était flagrant.

    Le vingtième siècle est dans la nuit et celui-ci, après l’aurore
    Fracassante atteindra midi si toutefois le soleil luit.
    Déjà le soir et je m’ennuie ; bien que j’écrive ou je pérore,
    Le temps, du lundi au samedi, ne laisse rien derrière lui…

    …Sinon l’amour mais c’est la guerre qui plaît aux hommes comme à Dieu
    Qui les dresse au nom de la vie et sa sainte loi du plus fort
    Que l’on connaît depuis naguère et ses effets les plus odieux
    Sur le présent inassouvi de tuer l’autre pour son confort.

    Tableau de Silvia Pavlova.

  • Carpe Diem

    Carpe Diem

    Tout va très bien sur la planète et c’est le paradis sur Terre !
    Enfin… lorsqu’on aura tué un tiers de la population
    Et que l’on aura fait place nette aux religions qui nous atterrent
    Par leurs adeptes habitués à faire leurs manipulations.

    Vive la ronde des missiles et de l’arsenal nucléaire !
    Qu’on déterre la hache de guerre avec tomahawk patriotes !
    Tant qu’on regarde à domicile le taux des avis mortuaires
    Les infos paraissent moins vulgaires sachant que la farce est idiote.

    Mais en mariant les couleurs grâce aux transhumances massives,
    En amalgamant tous les dieux en un seul bien plus médiatique,
    En atténuant la douleur par une euthanasie passive
    Et par des virus insidieux, cesseront ces problématiques.

    Faisons confiance à nos élus qui nous ont mis devant un gouffre
    Et nous promettent sans retard de faire un grand pas en avant.
    Mais dès qu’ils auront résolu comment ne plus sentir le souffre,
    Sans doute sera-t-il trop tard mais… est-ce un détail aggravant ?

    Reproduction de «  La Joie de vivre » par Henri Matisse.

  • Gaïa du Nord au Sud

    Gaïa du Nord au Sud

    Dans la mythologie nordique, Yggdrasil siège à l’arbre-monde
    Et Fenrir est le loup célèbre d’inspiratrices épistolières.
    À notre époque parodique, on lui voue une course immonde
    Non pas pour des raisons funèbres mais pour des raisons pétrolières.

    Dans d’autres textes alchimiques, un Lion Rouge ou Lion Vert
    Représente la force solaire opposée à l’Ouroboros.
    Aujourd’hui l’industrie chimique crée des virus sous le couvert
    D’intentions qui mettent en colère les complotistes les plus féroces.

    C’est dire le travail de Gaïa qui ne baisserait pas les bras
    Mais les étend d’Est en ouest pour rassembler tous ses enfants
    Qui continuent leurs guérillas à lui faire péter les chakras
    Et brandir ses foudres célestes sur tous ces pantins triomphants.

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  • La Vérité à cheval

    La Vérité à cheval

    La Vérité sortait du puits et tout redevenait limpide
    Bien sûr, c’était celle des vainqueurs car le mensonge va aux vaincus.
    Mais tout a bien changé depuis et les médias, peu intrépides,
    Ne sont que des serfs chroniqueurs pour un public peu convaincu.

    La Vérité parle beaucoup et même, je dirais, un peu trop !
    À chaque jour, son événement ; à chaque événement, son débat.
    Et là, on nous noie jusqu’au cou de commentaires de bistrot ;
    Tout le monde a raison, tout le monde ment, c’est toujours le même combat.

    C’est la foire aux aréopages d’interlocuteurs gravissimes
    Qui nous expliquent ce qu’ils pensent que les grands de ce monde pensent,
    Puis après on tourne la page car c’est l’actualité qui prime.
    La quête de vérité dispense et celle du mensonge compense.

    Tableau de Marco Rossati sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.

  • L’oracle du vingt-et-unième siècle

    On a remplacé les oracles par les sondages et les médias
    Et les prophètes sont détrônés par tous les cabinets conseils.
    Comme on ne croit plus aux miracles, peu importe dans l’immédiat
    Si la vérité est prônée par ceux qui récoltent l’oseille.

    Là où Jacques Attila passa, le futur ne repoussa pas ;
    Il ne reste plus qu’à questionner l’intelligence artificielle.
    Hier, le pouvoir d’achat baissa, demain il sera encore plus bas ;
    Pour en être décongestionné, attendons les présidentielles…

    Tableaux Surrealistly de Vitalie Burcovschi.

  • Qui portera le chapeau ?

    Qui portera le chapeau ?

    Au jeu des chaises musicales, on élimine un par un
    Les fusibles censés protéger ceux qui suivent dans la hiérarchie.
    La manière la plus radicale est de coiffer tout un chacun
    Du chapeau discret mais piégé des membres de l’oligarchie.

    C’est comme un virus qui gangrène les gens tellement haut placés
    Qu’ils ont besoin de protection, anonymat et discrétion.
    Mais dès que l’un tombe, il entraîne, comme dominos entrelacés,
    Tous ceux qui sont en connexion avec ses sombres machinations.

    À l’instar des trains, un chapeau peut en cacher bien davantage ;
    Têtes blondes ou têtes chenues dans des situations dépravées.
    Si l’on soulève le capot de la machine à fayotage,
    Combien se retrouveront nus en présence de qui vous savez… ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Le cœur arc-en-ciel

    Le cœur arc-en-ciel

    Savoir donner de tout son cœur un peu de couleurs à la Terre
    Tout en faisant feu de tout bois, c’est détruire pour mieux reconstruire.
    Il faut chercher qui est vainqueur de cette méthode délétère
    Et qui se fiche que tout flamboie si c’est un moyen pour s’instruire.

    Sans doute la raison, en somme, qui fait que l’apprenti-sorcier
    Se croit forcé de tout casser pour montrer qu’il est compétent.
    Sur cette Terre, il n’y a que l’homme qui se considère associé
    À devoir se décarcasser pour tout péter tant qu’il est temps.

    Si un jour je croise un démon en train de mettre tout son cœur
    À brûler toutes les forêts pour planter du palmier à huile,
    Est-ce que le moindre sermon lui donnera de la rancœur ?
    Non, je ne crois pas qu’il saurait se rendre compte de la tuile !

    Tableau de Tino Rodríguez.