Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • À demi-mots

    À demi-mots

    Quand je lui parle, mes mots s’inscrivent sur une moitié du visage,
    Souffrant à mi-maux l’offensive, comme si j’étais un sauvage.
    Il faut le temps de l’absorption pour qu’elle en comprenne l’usage
    Et lentement par résorption, elle en accepte le message.

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  • Mathémagiques – 2

    Mathémagiques - 2

    Curieusement, si la science explique la magie du corps,
    Le charme émanant de la femme se soustrait à ses déductions.
    Et j’en appelle à ma conscience qui, elle seulement, édulcore
    Toutes ces théories infâmes pour préférer la séduction.

    Photo d’Anatoly Beloshchin.

  • Mathémagiques – 1

    Mathémagiques - 1

    Parmi les courbes magnifiques que tracent les mathématiques,
    Aucune n’atteint la limite, aucune n’est aussi continue
    Que ces deux seins honorifiques, ce dos cambré asymptotique,
    Dont la silhouette délimite la beauté d’une femme nue.

    Photo de Dani Olivier.

  • Le roseau désaltéré

    L’eau bénite de ma planète, depuis le baptême de ma bouche,
    Déverse sa grâce divine jusqu’à mon cœur par mon réseau.
    Issue du cycle des comètes, la vie dont l’univers accouche
    Transmet son chœur des origines au plus faible de ses roseaux.

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  • L’hippocampe ancestral

    De mon hippocampe ancestral, un vieux cauchemar magistral,
    Dans les abysses de ma mémoire, dans les neurones de mes armoires.
    Cette peur bleue reste enfouie dans le réseau de mon fouillis,
    D’araignées et calmars géants que mes nuits extraient du néant.

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  • Le mille-poches

    Le mille-poches

    Jamais n’aurai assez de poches pour embarquer tous mes trésors :
    Belles images, jolies pensées et même plus si affinités.
    J’entasse tout dans ma sacoche, mes credo, mes confiteor
    Dont l’excès sera compensé par des trous en infinité.

    Tableau de Vladimir Gvozdev.

  • Comme un oiseau sur la branche

    Comme un oiseau sur la branche

    La p’tite bonne femme qui avait, là, trois petits oiseaux sur la tête,
    Aimait sortir à l’imprévu, par tous les temps, par tous les vents.
    Dès que son cœur donnait le La, leurs trois petites voix de crête
    Exécutaient une revue d’un trio des plus émouvants.

    Tableau d’Amandine Jacquemet Soares.

  • La petite princesse

    Connaissez-vous la jeune sœur du Petit Prince putative ?
    Du moins, c’est ce qu’elle prétend avec deux solides arguments :
    D’abord la rose, ouverte en cœur, comme valeur spéculative ;
    Ensuite un mouton hébétant qui n’est rien d’autre qu’un lapin blanc.

    Hardiment voici qu’elle effeuille sa rose comme une marguerite
    En récitant « je l’aime un peu, à la folie et pas du tout ! »
    Gageons que le Petit Prince veuille en faire ou non sa favorite
    Et que Dieu fasse ce qu’il peut pour qu’il l’épouse selon son goût.

    Tableaux de Sophie Wilkins.

  • La toilette

    La toilette

    Tous ces moments d’intimité, de face-à-face à ma psyché,
    Comblent l’instant de ma toilette d’un parfum de félicité.
    Et dans ce temps illimité où ma pudeur est affichée,
    Ma peau ressent des vaguelettes d’un désir de complicité.

    Tableau « La Toilette » de Gustave Moreau.

  • Cueillir le monde

    Tous ces trésors si admirables m’enivrent et troublent ma raison
    Et j’en perds la modération, je n’en peux rester impassible.
    Cette affluence remarquable d’innombrables fleurs de saison
    Met mon cœur en sidération sur l’infini et l’impossible.

    Tableaux de Dima Dmitriev.

  • Les fleurs anti-blues

    Les fleurs anti-blues

    Coup de bourdon, coup de cafard, tournent le temps d’un vent morose
    Et je m’en vais sentir les fleurs qu’ils ont butiné en partie.
    J’écoute leur calme sans fard, sans prétention à l’eau de rose,
    Juste quelques baumes au cœur et voilà, le blues est parti.

    Tableau de Kelly Vivanco.

  • Danses et cadence

    Au mitan des jours de lumière, juste à l’approche du printemps,
    Le temps me suspend sa cadence, pour écouter pousser les fleurs.
    Voici, au milieu des bruyères, le premier bouton s’apprêtant ;
    Voilà, sous la brise qui dansent, les gouttes de rosée en pleurs.

    Tableau de Luci Collin.

  • La pleine reine

    La pleine reine

    Ma reine, allons voir si la lune se montre ce soir magnanime.
    Prenons un bain d’argent lunaire arrosé d’une pluie d’étoiles.
    Ma reine, à la bonne fortune, rejoignons nos cœurs unanimes
    Avec quelques préliminaires et ce que l’amour nous dévoile.

    Tableau « Lady of Avalon » de Tiana.

  • Finalement

    Finalement

    N’écoutez donc pas les rumeurs, arrêtez d’avoir peur du loup !
    Ce qu’on raconte dans les fables n’est destiné qu’aux fanfarons.
    Le loup était de bonne humeur et n’avait pas le pied jaloux.
    Il s’est avéré responsable en épousant le chaperon.

    Illustration de Glenda Sburelin.

  • L’éléphantologue

    L’éléphantologue

    Mon éléphant fait des complexes et se sent insignifiant.
    La moindre souris lui fait peur ; au moindre museau, il détale.
    Alors je suis un peu perplexe… Comment le rendre confiant ?
    Quel est donc ce poids sur le cœur qui lui fait perdre les pédales ?

    Illustration de Jessica von Braun Grundy.

  • La mer en dedans

    La solution paraît facile… mais encore faut-il y penser !
    Pour guérir les cas difficiles, cherchez la femme, trouvez la mère !
    Si chacun se montre docile, personne n’en sera offensé.
    Ça se pratique à domicile, à la montagne ou à la mer.

    Savoir retomber en enfance dénoue les pires sentiments
    Cumulés entre frères et sœurs, entre parents et les enfants.
    Savoir abaisser ses défenses délie tous les ressentiments ;
    J’en fais mon antidépresseur et j’en parle à mon éléphant.

    Vu sur Artezaar.com.

  • La femme derrière la fenêtre

    La femme derrière la fenêtre

    Pas de rideaux à sa fenêtre, juste une couche de poussière
    Protège son intimité des regards par trop indiscrets.
    Je sens pourtant une envie naître juste par ce trait de lumière
    Qui me révèle sa nudité dont je découvre le secret.

    Photo de Wynn Bullock.

  • Livraison à domicile

    Livraison à domicile

    Je me fais livrer les idées directement à domicile,
    Limités les inconvénients des voyages trop éreintants.
    Ce qui m’a surtout décidé, c’est la manière douce et docile
    Et le service conciliant des muses qui œuvrent à plein temps.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Masquée, démasquée

    L’amour masqué si délicat quand on se touche dans le noir.
    La main qui effleure la peau et qui ne voit qu’au bout des doigts.
    Un toucher presque indélicat vers des parties qu’on ne peut voir.
    La langue qui se fait l’appeau pour allécher comme il se doit.

    Enfin la lumière révèle ce regard si impénétrable.
    Enfin le visage se dégage, l’envie devient déraisonnable.
    Le corps tout entier se relève, les sexes deviennent pénétrables
    L’amour démasqué se partage dans tous les sens imaginables.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • De la mère à la terre

    De la mère à la terre

    De la Terre à la Lune, les hommes ont voyagé ;
    De la Mère à la Terre, les femmes ont procréé.
    Ah, la belle fortune que Mars a partagé !
    Ah, le joli mystère que Vénus a créé !

    Illustration de Jaine Rose.

  • La naissance de l’ange

    Cette conception primordiale prévalait sur tout les projets
    Car Dieu voulait l’ange impeccable avant d’entreprendre son œuvre.
    S’il jugea la Terre cordiale, l’humanité fut abrogée
    Mais avant ce choix irrévocable il réfléchit à la manœuvre.
    Gare à la fi-i-i-ille !

    Comment agir pour injecter de l’amour dans le cœur du mâle ?
    Dieu reprit, de l’ange, ses côtes et son immaculée perfection.
    Pour ne pas être suspecté de truquer le bel animal,
    Il y substitua une côte prétendant une correction.
    Gare à la fi-i-i-ille !

    L’homme dormait profondément comme l’aurait fait un nouveau-né
    Quand la femme se réveilla dans le fourbi d’une roulotte.
    Alors la belle effrontément, le menant par le bout du nez,
    D’un strip-tease l’émerveilla et lui usurpa la culotte.
    Gare à la fi-i-i-ille !

    Dommage pour le magnifique tableau d’Omar Ortiz qui a été censuré par Facebook

  • L’autre aéronautique

    Si les frères américains Wright ou le français Clément Ader
    S’étaient plantés dans leurs calculs à propos des plus lourds que l’air,
    Nous volerions sans copyright, sans licence auxquelles on adhère,
    Et, avec un peu de recul, nous voguerions en montgolfières.

    Par la vapeur nous volerions et par l’hélium nous planerions
    Au-dessus des bois et forêts, au-delà des mines à charbon.
    Que de forêts nous couperions ! Que de terres nous ravagerions !
    Que voulez-vous ? C’est le progrès ! Tant pis pour l’indice carbone.



    Les Américains Wilbur (1867-1912) et Orville (1871-1948) Wright effectuèrent le premier vol motorisé et dirigé à partir d’un engin plus lourd que l’air. D’abord des cerfs-volants et des planeurs biplans puis, en 1900, les premiers vols expérimentaux et enfin, leur vol historique le 17 décembre 1903.
    Le tout premier à avoir fait décoller un appareil est toutefois Clément Ader, un ingénieur français, en 1890. La différence entre le premier vol d’Ader et celui des frères Wright concernait surtout la maniabilité de l’avion. Alors que Clément Ader exécuta le premier vol non dirigé, l’appareil des frères Wright était en mesure d’effectuer des virages.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Chœur jaune-orange

    Chœur jaune-orange

    Les tournesols à l’infini baignaient dans l’océan solaire
    Où rugissaient les fleurs en chœur, couleur d’un milliard de soleils.
    Quelques éclats indéfinis de jaune-orange s’envolèrent
    Dans l’azur où brillait le cœur d’un Big-Bang tiré du sommeil.

    (Texte inspiré de cette belle phrase de Yann Queffélec dans son livre « Les Noces barbares » :
    « Le ciel et la terre baignaient dans un océan lunaire où mugissait la forêt couleur de récif. ».)

    Photo Nguồn Zing de la ville de Mashiko au Japon.

  • Rêve de femme

    Rêve de femme

    Femme de rêve ou rêve de femme ?
    Femme que j’aime ou femme qui m’aime ?
    Entre « choisir » ou « être choisi »
    Le désir se change en plaisir.

    Photo de Frederico Bebber.

  • Mon gros Doudou

    Mon gros Doudou

    Mon gros Doudou, plein d’appétit attend le récit des souris
    Qui lui racontent les potins des petits rats de l’opéra.
    Et patata et patati, il en raffole, il s’en nourrit,
    Bien assis sur son strapontin, de ces racontars scélérats.

    Illustration de Frédéric Saurel.

  • Made in Japan

    Made in Japan

    Là-bas, derrière les murs de papier, les geishas dans leurs kimonos
    Les ouvrent en déshabillé dévoilant leurs intimités.
    De peur que vous vous échappiez de leurs caprices hormonaux,
    Elles vous font le cœur vaciller en dévoilant leur nudité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Sokar, Ptah et Osiris

    Sokar, Ptah et Osiris

    Les pauvres mâles qui s’intimident sur les mystères du clitoris
    Devraient savoir que l’érection est dictée par un rituel :
    Celui de la petite mort.
    Au sommet de trois pyramides, trônent Sokar, Ptah, Osiris ;
    Chacun veillant la direction sur l’âme et le corps des mortels,
    Décrit dans le livre des morts.

    (Ptah-Sokar-Osiris est un syncrétisme de trois dieux : Sokaris, Ptah et Osiris. Sokaris est un dieu memphite tout comme Ptah, mais à caractère funéraire, Osiris également. Le dieu représente un mélange de ces trois divinités et est vénéré à Memphis. Il a des fonctions osiriennes et veille sur la nécropole de Saqqarah, en face de la ville de Ptah..
    Sokaris correspond à peu près à la séparation de l’âme du corps après la mort. Cette opération est rendue possible par le rituel de l’« Ouverture de la bouche », c’est pourquoi le nom de Sokaris signifie qui nettoie la bouche.
    Ptah est le dieu créateur par excellence : il est considéré comme le démiurge qui a existé avant toute chose, et qui par sa volonté a pensé le monde.
    Osiris (du grec ancien Ὄσιρις) est un dieu du panthéon égyptien et un roi mythique de l’Égypte antique. Inventeur de l’agriculture et de la religion, son règne est bienfaisant et civilisateur.

    Ptah-Sokar-Osiris est un syncrétisme de trois dieux : Ptah est le dieu créateur par excellence ; Sokaris veille à la séparation de l’âme du corps après la mort ; Osiris règne avec bienfaisance sur l’agriculture et la religion.

  • Le temps de l’amour

    Parce que le temps, c’est de l’argent, parce que le temps, c’est de l’amour,
    Il faut en consacrer au sexe pour que la vie s’épanouisse.
    Tous les désirs se partageant dans les plaisirs de chaque jour ;
    Organes concaves et convexes, que l’homme et la femme en jouissent !

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Sacrée Milady !

    Sacrée Milady !

    Un petit air de diablesse enflammé par ses cheveux,
    Un sourire inquisiteur renforcé d’yeux émeraudes.
    Elle connaît mes faiblesses, elle sait ce que je veux
    D’un regard inhibiteur qui me fixe et me taraude.

    Illustration de Lou Shabner.

  • Sacrée Cléopâtre !

    Ah, qu’ils avaient de beaux profils, ces beaux pharaons façonnés !
    Mais il parut que Cléopâtre préféra se montrer de face
    Afin de remettre à profit les compétences de son nez
    Qui fit les historiens débattre pour que sa taille les satisfasse.

    Illustration d’Henri Clive.

  • La couleur de l’indien

    La couleur de l’indien

    Les couleurs de la nature alliées au feu du soleil
    Expriment une dimension que l’indien sait percevoir.
    Il reproduit en peinture tous les rêves à son réveil
    Qui ont filtré l’absorption que son cœur sait concevoir.

    Tableau de Laurel Burch.

  • L’aquarelle

    La peinture à l’eau de pluie reste empreinte de tristesse
    D’avoir autant ruisselé des montagnes à la mer.
    Mais dès que le soleil luit d’un feu de délicatesse,
    Ton sourire est profilé d’une grâce douce-amère.

    Tableau d’Anna Brigitta Kovacs.

  • La vierge solaire

    Depuis l’aurore, Mademoiselle, accorde ses rayons solaires.
    Juste par jeu, pour iriser les cimes des arbres enflammés.
    Impertinente comme l’oiselle qui occasionne la colère
    Des noctambules dégrisés hagards d’un sommeil réclamé.

    En plein midi, Mademoiselle, projette sa pleine lumière.
    Juste d’un feu, pour attiser les cœurs d’amour se consumer.
    Irrespectueuse comme l’oiselle qui vient gazouiller la première
    Sur les crêtes aromatisées puis, qui disparaît en fumée.

    Au crépuscule, Mademoiselle, s’habille d’une étole orange.
    Juste un enjeu, pour annoncer le temps des amours de demain.
    Épanouie comme l’oiselle qui stridule avec les mésanges
    Quelques chants d’amour prononcés pour les amoureux en chemin.

    Tableau de Sulamith Wulfing

  • La vierge lunaire

    La pleine lune du lundi serait féconde, c’est ce qu’on dit.
    La jeune vierge énamourée y vient la nuit la savourer.
    Son bel amoureux s’en dispense, reste à l’abri, c’est ce qu’on pense.

    Soudain la vierge entend un cri, sans doute que c’était écrit.
    Un appel derrière les fourrés : « Ma belle, près de moi, accourrez ! »
    Et les deux amants faire ensemble l’amour, du moins, c’est ce qu’il semble.

    La pleine lune du mardi, les autres jours, et même pis.
    Les amants recommenceront, les amants se prononceront.
    Dimanche, ils vont se marier, ils ne s’en sont pas fait prier.

    La pleine lune, demain décroît, elle forme un « C », c’est ce qu’on croit.
    Tous les amants s’épanouir et puis, leur nuit s’évanouir.
    Bientôt la lune disparaît, elle est nouvelle, à ce qu’il paraît.

    Tableau de Sulamith Wulfing

  • La percée

    La percée

    Est-ce que je vous ai racontés comment je suis venu au monde ?
    Non pas celui de ma naissance mais celui du fond des océans !
    Sur un bateau j’étais montée puis, une grosse vague immonde
    M’a fait perdre ma connaissance et je suis sortie du néant.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les accords

    Les accords

    Grâce aux accords économiques, vous vivons sur une grande échelle.
    Puisque le monde nous appartient, puisons-le sans modération !
    N’écoutons pas ces polémiques d’une bande de polichinelles
    Annonçant, si ça se maintient, demain sa désintégration.

    Tableau de Rafel Oblinski.

  • L’inventaire à la Prévert

    L’inventaire à la Prévert

    Pour une journée salutaire j’ai travaillé mon inventaire :
    Le porte-monnaie pour l’amour et une fleur pour chaque jour ;
    La clef des cœurs pour une union et ciseaux si séparation ;
    Un coquillage pour la mer et une amande douce-amère ;
    Deux verres à pied afin de boire à l’avenir et ses déboires
    Autour d’un petit apéro et tout recommencer à zéro.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Entre cruches et potiches

    J’ai reçu une invitation pour une soirée aux potiches.
    Les gourdes sont sollicitées avec les cruches en finalistes.
    Moi qui n’ai pas la prétention d’être expert, calé et fortiche,
    Devrais-je me féliciter d’être le premier sur la liste ?

    Finalement, je suis allé à l’invitation des potiches
    Pour tâter, par curiosité, le puits profond de leurs pensées.
    Au début, j’étais emballé mais arrivé à l’hémistiche
    De cette monstruosité, je m’en suis senti offensé.

    Tableaux de Vladimir Kush.

  • Le pays des éteints

    Le pays des éteints

    La nuit, l’obscurité totale n’existe pas, évidemment.
    Car toutes les âmes éteintes animent des noirs feux follets.
    J’y vois des figures létales qui montent dans le firmament
    En abandonnant une empreinte qui ne m’a jamais affolé.

    Tableau de Rafel Oblinski.

  • Soleils à la coque

    Soleils à la coque

    Mâtin, ce soleil à la coque me fournit toute l’énergie
    Pour accomplir cette journée l’imprévu qui survient toujours !
    Hardi les gars, fiers comme un coq ! Sortons de notre léthargie !
    Commençons par une tournée en l’honneur de ce nouveau jour !

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Cocktail soleil

    Cocktail soleil

    Le soleil m’offre son cocktail tous les soirs, presque à la même heure ;
    Il est plus ou moins en avance mais fidèle à la fermeture.
    Chacun donne un goût immortel avant que la journée ne meure
    Et que demain ne recommence à acter son investiture.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Les femmes solaires

    Puisque la femme éclaire l’âme tandis que l’homme est lunatique,
    Il faudrait renverser les rôles du pouvoir des deux luminaires.
    Le féminin montre sa flamme, le masculin en revendique
    Toute la gloire, ce n’est pas drôle mais plutôt extraordinaire.

    Cependant celui qui comprend et s’éveille à la clairvoyance,
    Deviendra un homme accompli car ce n’est pas si compliqué.
    Alors si la femme entreprend de sauver notre défaillance,
    Ouvrons nos cœurs, qu’ils soient remplis de leurs connaissances impliquées !

    Tableaux d’Annelie Solis

  • Les voyages du nord

    Au pays du jour éternel, au-delà du septentrion
    Où le soleil brille à minuit d’une clarté perpétuelle,
    J’aime la chaleur fraternelle de mon fidèle amphitryon
    Dont la présence jamais ne nuit à mes attentes spirituelles.

    Mais ce pays perd son soleil au temps de la domination
    Pour une période de jeûne et de méditation profonde
    Où nous nous mettons en sommeil et subissons la condition
    Du vieux temps qui deviendra jeune sans pour autant qu’on s’en morfonde.

    Tableaux de Stephen T. Johnson

  • Au pays des femmes rousses

    Si le pays des femmes rousses est plus facile à parcourir
    Que le pays des femmes à barbe, rien ne sert de s’y précipiter.
    Les voyagistes vous détroussent, les changements vous font courir
    Et les agences vous bombardent n’importe où, sans lucidité.

    Le pays des cheveux roussis se situe en terres inconnues ;
    On dit que seules les sorcières savent comment s’y trimballer.
    Pour un voyage sans souci, optez pour un truc reconnu :
    Suivez les traces de poussière qui s’échappent de leurs balais.

    Cheveux de feu, cheveux de braise, cheveux ardents, cheveux cuivrés,
    Beaucoup de qualificatifs et tous les titres de noblesse.
    Personnellement, à Dieu ne plaise, où elles iront, je les suivrai
    Autant je reste admiratif de leurs coiffures de diablesses.

    Tableaux de Lou Shabner

  • Au pays des femmes bleues

    Quand les chiens cessent d’aboyer au passage de la caravane,
    Les gens du voyage abandonnent les rênes aux chevaux débridés.
    Les chemins qu’ils vont côtoyer ne sont pas connus des profanes
    Mais des espèces qui coordonnent l’ordre des géométridés.

    Les femmes bleues restent une énigme, une légende à ce qu’on dit.
    Elles proviendraient d’Atlantide ou au-delà d’Hyperborée.
    Mais quel qu’en soit le paradigme qui subsiste encore aujourd’hui,
    Il en subsiste un trait splendide dans leurs mythes élaborés.

    Une asiatique en bleu de chine, une autre en lapis-lazuli ?
    Une africaine en bleu de jade, une indonésienne en saphir ?
    Elles sont partout, je l’imagine, dans les rêves et leurs stimuli,
    Mais disparaissent en galéjade au moindre souffle du zéphyr.



    Les Géométridés appartiennent aux familles des papillons de nuit et aux chenilles arpenteuses qui suivent des chemins connus de ces seuls initiés.

    Tableaux de Vladimir Tretchikoff

  • Les fleurs d’espoir

    Les fleurs d’espoir

    Tantôt perdu dans ses pensées, tantôt envoyé sur les roses
    Mon cœur d’enfant reste perplexe sur ce qui fait rêver les filles.
    Parfois les voici offensées, parfois les voilà l’air morose…
    Dieu que le sexe paraît complexe à la lumière de mes pupilles !

    Tableau de Karl Witkowski.

  • Les couleurs de l’Orient

    Les couleurs de l’Orient

    Si les couleurs orientales m’étaient contées mille-et-une fois,
    J’en écrirais des reflets vers à l’encre de Shéhérazade.
    Mais ma prose sentimentale se confronterait toutefois
    À l’ombre du grand croissant vert qui serpente sur les croisades.

    Photo de Ben Hasset.

  • La fille à la contrebasse – 2

    Tandis que la gauche s’étire à la recherche du contre Ut,
    La droite, sur la corde sensible, redescend vers le chevalet.
    L’artiste soupire et respire d’un soubresaut pendant le rut
    Jusqu’à la limite extensible de cet érotique ballet.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • À bon port

    De la naissance jusqu’à la mort, je dois tracer ma destinée
    Parfois voguant sur handicap, ou chavirant par accident,
    Jusqu’à arriver à bon port, vers mon mouillage prédestiné.
    L’essentiel, c’est garder le cap sans perdre le nord, ni l’occident.

    Aquarelle de Dusan Djukaric

  • La chevauchée de Constance

    Par une nuit d’hiver, glacial, un hiver rude et rigoureux,
    Dans sa hâte, une cavalière cherche à atteindre l’autre berge
    Du lac, un désert impartial, pas même un arbre vigoureux.
    Croyant la terre hospitalière, la cavalière fonce à l’auberge.

    Passée la traversée cruciale, elle rejoint son amoureux.
    Or, là-bas, tous sont solidaires à l’amazone qui émerge
    Puis, réalise l’aplomb spécial de son exploit aventureux
    Et tombe évanouie à terre fors l’audace qui la submerge.



    Vieille légende allemande de la chevauchée du lac de Constance.

    Tableau « Quincabelle » de Carrie Vielle