Sous l’apanage de Richelieu qui avait le goût du théâtre, Les spectacles s’y développent depuis la Comédie Française. Palais-Royal, Ô riche lieu ! Que chaque ballet idolâtre Tous les Ulysse et Pénélope des odyssées qui nous complaisent !
Là-bas, de l’autre côté du temps, mon père est encore un jeune homme, Ma mère, encore jeune fille et puis, ils s’aiment avidement. Ils vont se fréquenter longtemps jusqu’à ce qu’ils soient autonomes Afin de fonder la famille où je naîtrai, évidemment.
Hier, je l’ai rencontrée, c’était la pleine lune Et ses reflets d’argents illuminaient le port. Alors elle s’est montrée de manière opportune Dans l’instant partageant la vie avec la mort.
Juste quelques secondes mais j’ai vu son visage Et son corps et ses seins nus, d’opale perlée. Sa pâleur moribonde signifiait un présage Et j’ai su, à dessein, qu’elle allait me parler.
« Toi qui as su me voir, surtout ne me suis pas ! Je ne viens que pour ceux qui se meurent d’amour. Et, sans te décevoir, retourne sur tes pas, Mais reviens quand tu veux lorsque ce sera le jour ! »
Alors je l’ai laissée s’enfoncer dans les ombres Et fermer les rebelles portes de son royaume. Mais mon cœur est blessé, j’ai cru être du nombre Des amants de la belle et ses amours fantômes.
Tous les soirs elle entend la voix qui vient du large Puis, quand tombe la nuit, elle rentre au logis. Ça doit faire vingt ans qu’elle vit sous la charge De ce cruel ennui qu’est sa pathologie.
Attend-elle des marins qui ne seraient pas rentrés, Son mari et son frère et d’autres compagnons ? Moi, sous les tamarins, je la vois concentrée À guetter la lumière du moindre lumignon.
Fasse Dieu qu’elle revienne ! Ce mystère m’énerve. Personne ne la connaît ni même où elle habite. Je vais, quoi qu’il advienne, sortir de ma réserve, Croiser au balconnet l’apparition subite.
Ce n’était qu’un mirage, il n’y avait personne ; On m’a dit qu’un fantôme rôde sur la jetée. Lors d’une nuit d’orage, une vierge amazone S’est noyée sous le dôme dans la mer argentée.
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J’ai, en reconnaissance des lieux, commis l’erreur du débutant En ne retenant que l’image du petit village de charme. Une fois plongé dans le milieu, le fort vacarme rebutant Des navires en arrimage me fit bien vite sonner l’alarme.
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Quel beau décor paysager lorsque résonne la quiétude ! Rien ne pourrait envisager qu’il soit troublé de solitudes. Pourtant des personnes âgées laissent poindre quelques inquiétudes Sur les agréments passagers du fleuve de l’incomplétude.
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Ma vue sur la clepsydre humaine qui s’immerge tout au long des heures Transforme ma vallée de larmes en une croisière éternelle. Chaque jour de chaque semaine, leurs petits bains catalyseurs Filtrent le temps avec le charme de leurs petites fesses charnelles.
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Toutes les victimes signalées auraient-elles été appelées À mourir et à comparaitre pour échapper à la retraite ? Toi qui balance entre deux âges, réfléchis bien à ce message : « Est-ce qu’aujourd’hui on s’en fout de vivre dans ce monde de fous ? »
Vivent les masques et les tubas pour lutter efficacement Contre les vents et les marées qui affluent sur la Terre entière. Ceux qui sont coincés à Cuba pourront vivre leur confinement Avec les sirènes amarrées à leurs navires de croisière.
Malgré toutes ses protections, j’arrive à croiser mon voisin ; Celui qui habite juste en face et que j’ai souvent invité. Sans doute mes imperfections ont rebuté cet argousin Et provoqué cette interface d’infranchissable concavité.
Je salue au passage Gérard, mon voisin, si d’aventure il lit ces lignes dans sa tour d’ivoire.
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Sur nos balcons, en passerelles élevées jusqu’à l’horizon, Nous ne craignons point le vertige dans nos modernes appartements. Pigeons, corbeaux et tourterelles viennent nous voir dans nos prisons En étagères de prestige au summum de l’escarpement.
J’y vis d’éternelles vacances sur l’helvétique Riviera Avec une vue imprenable sur les sédentaires abscons. J’ai accompli l’extravagance d’établir un protectorat En me sacrant inaliénable mais mémorable Roi des Cons.
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Bien sûr, quand l’homme prend la mer, l’amour est plus vaste et profond Et ses frontières à l’infini disparaissent à l’horizon. Bien sûr, sa femme devient mère mais reste au port et se morfond Ainsi la vie nous définit entre liberté et prison.
La danseuse pointe son chausson d’une manière inoubliable. Une sorcière, sans façon, s’en ira pointer chez le diable. Pour différencier les prétendantes, présentez-leur un beau tutu ; La vraie dansera trépidante, l’autre criera : « Turlututu ! »
Photo « Margaret Morris Dancers » 1920 de Fred Daniels.
Pour les mecs, le nec plus ultra concernant le Kâmasûtra : Le fumeur de pipe, sa meuf, doit lui faire un soixante-neuf ; La nana du libre-penseur préfère l’amour dans l’ascenseur ; Et celle du révolutionnaire, la position du missionnaire.
« Three men in swimming trunks, one with shades, one with pipe, all with bulges. » – Saskatchewan 1943.
Si les p’tits rats de l’opéra apprennent entrechats et ballets, Chez les sorcières en sabbat, on apprend à coups de balais. Que faut-il faire, me direz-vous, pour n’pas s’faire mener en bateau Sous peine, au premier rendez-vous, d’risquer de se prendre un râteau ?
Photo de Hannes Kilian avec le Stuttgarter Ballet.
La clef du bonheur, quand on est un homme, C’est trouver la femme qui ne change pas. Fidèle à l’honneur, hissée au podium, Toute en haut de gamme … ou changer d’appât.
La clef du bonheur, quand on est une femme, C’est trouver un homme que l’on peut changer. Fortifier son cœur, affiner son âme, Et surtout, en somme, ne pas l’échanger.
Les plus beaux rêves éveillés seraient guidés par l’intuition Vers nos amours ensoleillées par le cœur et l’âme en fusion. Mais quand tombe la nuit profonde, les songes se connecteraient À l’originelle longueur d’onde que l’univers collecterait.
Métro, boulot, c’est fatigant pour le personnel navigant ! Faire dodo, c’est harassant, faire l’amour, embarrassant ! Faire le travail de l’amour requiert bien trop d’heures par jour Et trop de jours dans la semaine pour une activité humaine !
Femme idéale n’existe pas … sauf dans un peu toutes les femmes Mais l’homme ne saura jamais trier les bonnes des infâmes ! L’Homme idéal n’existe pas … mais c’n’est pas un problème en somme Puisque les femme savent désormais que tous les chemins mènent à l’homme.
Tenter d’éveiller le minou reste une gageure sans pareille ; Monsieur cherche l’inspiration en ouvrant en grand la fenêtre. Un petit air frais choupinou, chuchoté à même l’oreille, Pour troubler la respiration et donner l’envie de renaître.
Mais il n’est pas poltron minet ! D’ailleurs il réclame sa sieste Et garde la pose au giron en échange de quelques caresses. Gageons que dès potron-minet, Monsieur devra d’une main leste Chasser l’animal au ronron qui garde trop bien sa maîtresse.
Que revienne le temps des copines, que reviennent le temps des copains Et les longues nuits où les chattes se languissaient de leurs minets ! Quand il y avait trop de cuisine, on conviait aussi les voisins Chacun sa cruche, chacun sa jatte, chacune sa pipe, son robinet.
Les deux balançoires, ajustées à l’impudence des regards, Permettaient à ces demoiselles, en se caressant le minou, D’harceler et tarabuster tous les garçons un peu hagards Qui lorgnaient le dieu des pucelles tout en se mettant à genoux.
Tous ces petits cris intrigués, rythmés de pattes de velours, M’ont poussé à prendre une échelle… fichue curiosité suprême ! Résolu à investiguer, je me suis senti l’air balourd Devant trois belles romanichelles confinées nues dans leur harem.
Succombant au rêve d’Icare, elle mit ses bras en éventail Pour respirer à plein volume l’azur des poussières d’étoiles. Son ange gardien cria : « Gare ! Tu oublies un petit détail : Si tu ne portes pas de plumes, tu voleras toujours à poil ! »
Godelureau à bicyclette rêverait d’amour à vélo, Elle derrière et lui devant, pour pédaler jusqu’à vau-l’eau. Si tu veux être ma Juliette, j’incarnerai ton Roméo Et nous irons contre le vent en tandem ou en pédalo.
Conforme au café de Vincent, situé place du forum, J’y convierai une amie peindre avec ses toiles et ses pinceaux. Sans trop de monde effervescent mais avec tout le décorum Pour que nous puissions nous étreindre sous les arcanes provençaux.
Durant une profonde nuit pareille à la guerre qui fit rage, Entends-tu les femmes intrépides qui luttent contre l’infamie ? Malgré le froid qui s’introduit et leur lacère le visage Et leur carcasse qui trépide sous l’assaut des balles ennemies.
Depuis, leurs fantômes bleu-nuit reviennent rôder dans les parages Sur le sol gelé rougissant que leurs avions ont percuté. À l’heure fortuite – minuit – dans ce sinistre paysage, On entend l’écho rugissant de leurs cris se répercuter.
Quelques sites internet à propos des sorcières de la nuit : https:www.curieuseshistoires.netles-sorcieres-de-la-nuit
Lundi matin, le temps s’arrête juste pour moi, à ma demande. L’aurore rose me rend morose et je m’enfuis du mouvement. Le souvenir d’une amourette pendu à ma bouche gourmande Perle d’un goût à l’eau de prose sur ma peau en trémoussement.
Il n’existe pas de lumière qui ne soit issue du néant D’où naissent les constellations et meurent les trous de mémoire. Ainsi la nuit, dans les chaumières, si vous entendez ces géants Tourner en circonvolutions, confiez-leur vos idées noires.
Afin de trouver le sommeil troublé par l’esprit qui galope, Mon anima lâche la bride à ses soucis en écheveaux. Alors les chagrins sans soleil des bleus de l’âme nyctalopes Quittent ce cauchemar hybride un peu tiré par les chevaux.
Les yeux du cœur et ses oreilles captent cette onde innominée Qui s’insinue dans la spirale tapie dans l’écoute profonde. Ce labyrinthe qui s’appareille à une antenne embobinée Transmet la maladie virale des amours folles et furibondes.
À l’aveuglette, la main écoute, la main perçoit l’écho solaire ; Les vibrations qui la pénètrent croisent les énergies palmaires. Dans le silence, les deux mains goûtent les sentiments qui vont dans l’air Et qui chuchotent dans la fenêtre de mes mains jointes en prière.
Fidèle envers l’oiseau à l’aube qui chante le lever du jour, Je suis le soleil dans sa course en chevauchant le firmament. Le vent s’engouffre sous ma robe et, sous son aile, je savoure L’ultime éclat de la Grande Ourse qui s’éclipse sous le flamboiement.
Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon, Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent. Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.
Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes. Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.
Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés, Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil
Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines Si vive et communicative, elle sera mille fois maman Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen
Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents, Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons. Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.
Quand la terrienne des vestales abandonna le feu sacré Pour délaisser le feu des hommes et préférer le feu des dieux, Assise sur le piédestal d’une montagne consacrée, Elle offrit, nue, ses chromosomes à cet amant si radieux.
Quand l’aérienne des vestales abandonna sa chasteté Pour se présenter, impudique, braver la colère des dieux, Sur les montagnes de cristal, elle ne put que constater Qu’avec ou même sans tunique, le feu du ciel est fastidieux.
Quand la sirène des vestales remonta le cours des rivières, Elle parcourut monts et vallées jusqu’à atteindre les sommets. Sur un fond de carte postale baigné par un lac de Bavière, Sous l’amant de feu, affalée, elle put, son l’amour, consommer.
Sein noir, sein blanc, bien ressemblant ; sein blanc, sein noir, bonne mémoire. Bras blanc devant, contre le vent ; bras noir derrière, pour la guerrière. Selon le code, aux antipodes, la femme est tendre à qui sait l’entendre Selon le signe, la femme est digne, c’est le tatoo qui vous dit tout.
Un tatouage sur le visage, bien plus joli qu’un maquillage ; Un serpent sur une cheville, le diable se recroqueville ; Un papillon sur le bassin, le charme opère à dessein ; Un cœur aux parties génitales, un coup de la femme fatale.
Malgré sa coiffure d’automne que le printemps ne fleurit pas, Ses deux mamelons qui bourgeonnent lui donnent un air de renaissance. Fasse que l’été déboutonne la belle montrant ses appas Et que l’hiver me pelotonne contre ses seins en turgescence !
Nouvelle mode de saison ; la Terre change sa garde-robe. Adieu manteaux d’hermine blancs et châles en brumes évanouies ! Le dieu-printemps crée sans raison les plus extravagantes robes Dont il va fleurir l’arrière-plan de nos collines épanouies.
Le grand plaisir en garçonnière consiste à offrir un café À une jeune femme dévêtue pour en mêler les deux arômes. L’élixir de la cafetière produit robustesse et effet Lorsque sa bouche a revêtu de sa langue le sexe de l’homme.
Tableau « Valerie and the omani coffee pot » de Ken Howard.
Toujours légère et court vêtue, reposée sur son coussinet, Notre laitière ainsi troussée, n’ose pas tout recommencer. Assez triste et fort abattue, pense à son mari « Poussinet » Qui, pas du tout l’air courroucé, a préféré l’ensemencer.
Ainsi, tant va la cruche à l’eau, le pot-au-lait et la Perrette, Toutes les belles intentions finissent un jour par se briser. Si le mari n’est pas salaud et la femme pas trop simplette Un petit câlin plein d’attentions et tout sera cicatrisé !
Entre l’instant où je m’éveille et le moment où je m’endors L’instant précis où la conscience et l’inconscience changent de rôles, Vit le plaisir qui s’émerveille de vivre sous un soleil d’or, Meurt la peur de la subconscience qui, à l’insu, prend le contrôle.
Tout ce qui naît, qui vit qui meurt, touche mes rêves éphémères. La peur qui grandit, que j’affronte, dont le combat va me nourrir. L’amour qui éclos dans mon cœur dont je deviendrais père ou mère Joie et colère qui se confrontent mais finissent aussi par mourir.
Le songe d’une nuit d’été dans un palanquin de nature Bercé par la brise du vent, bordé par la voûte céleste, Offre un écrin à satiété à tous les désirs d’aventure Tant que le rêve est captivant et que se prolonge la sieste.
D’initiatrice à initiée, se transmet l’illumination D’un salut au soleil levant ou au départ d’un crépuscule. Ainsi les rayons nourriciers remplissent le cœur d’humiliation Par ces points du jour émouvants aussi géants que minuscules.
Tableau « Contentement » – 1927 de Maxfield Parrish.
La première âme, liée au corps, bat comme un cheval au galop ; La deuxième âme, libre d’attache, s’envole comme l’oiseau au soleil. Ainsi l’empreinte de la mort libère l’une dans un halo Tandis que l’autre se détache pour regagner le grand sommeil.
Le plus grand signe d’intelligence se révèle lorsque j’ai peur. Peur du danger, peur de mourir, peur de ma dernière seconde. La vie possède l’intransigeance de protéger ce que le cœur Tient à aimer et à chérir ce qu’il a de plus précieux au monde.
Sa beauté vierge réhaussée d’un masque autour de son visage Et ses cheveux de jais coiffés d’une floraison exotique, Mademoiselle a exaucé mon goût pour les beaux paysages ; Moi, qui était tant assoiffé d’azur et de fleurs érotiques.
Seulement voilà ! Elle est pirate, fille du corbeau noir iroquois. Son masque bleu n’est que peinture pour porter un regard amer En évoquant l’or disparate scellés aux coffres zurichois Qu’elle dissimule dans sa ceinture et qu’elle jette à tout va dans la mer.
Ami, entends-tu les rumeurs tandis que tu es confiné ? Ami, que se passe-t-il dehors quand tu regardes à l’intérieur ? Ami, es-tu de bonne humeur si tu sais que tout est combiné ? Ami, la boîte de Pandore s’est répandue à l’extérieur.
En six mois, le coronavirus n’aurait pas fait autant de morts Que la moyenne de décès observés dans une journée. Pas plus de victime non plus – ce n’est pas un nouveaux record – Que les grippes qui ont progressé depuis les dernières années.