Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Monsieur du Corbeau

    Monsieur du Corbeau

    Maintenant qu’il s’est fait un nom inséré dans la société
    Et qu’il chante sans le savoir comme le bourgeois gentilhomme,
    Sa manufacture en renom nous confectionne à satiété
    De bons fromages du terroir, renommés dans tous le royaume.

    Hélas, un policier jaloux – un certain inspecteur Renard –
    Cherche à révéler au grand jour son passé de maître-chanteur.
    Avec une bande de loups, il lui fomente un traquenard
    Mais patience ! Il peut toujours se faire traiter de menteur.

    Tableau d’Adrian Higgins.

  • Beautés cachées et dévoilées – 2

    Le jeu doit plaire à l’ingénue car elle en joue et en rejoue
    À se promener sous le voile cachant l’intime nudité
    Avec l’ombre qui atténue et la lumière qui déjoue
    La transparence de la toile à travers sa solidité.

    Mais elle s’offre à la demande au soleil et au clair de lune
    Selon l’envie de la caresse ou le degré de pénétration
    Car elle compose et elle commande – c’est ce qui lui fait sa fortune –
    Par son corps nu d’enchanteresse à l’homme son inspiration.

    Tableaux de Sergio Lopez.

  • Des racines et des ailes

    Maintenant que j’ai pris racine dans mon plancher en bois verni,
    Voilà que le confinement met un terme à ma gestation.
    Je sors les pieds de ma bassine, mes ailes blanches un peu ternies
    Mais avec le raffinement de sortir sans attestation.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Et volent les moutons

    Et volent les moutons

    Fêtons le déconfinement en savourant la liberté
    Qui nous donne des ailerons qui prolongent nos espadrilles.
    En poussant le raffinement nous en serons déconcertés ;
    Lorsque les moutons voleront, nous serons tous chefs d’escadrille.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’école des modèles

    L’école des modèles

    Tu te sens étranger sur Terre, inadapté à notre monde ?
    Tu n’as simplement pas croisé celui qui fera ton portrait.
    Porte-toi plutôt volontaire en t’inspirant de la Joconde
    Et là, tu pourras pavoiser dans une ébauche d’art abstrait.

    Tableau de Harry Bliss.

  • Maître Corbac

    Maître Corbac

    Maître Corbac, un peu déçu et mal à l’aise dans ses bottes,
    Cherchait en vain une réplique pour défier Maître Goupil.
    Ses ailes noires en pardessus avec la queue en redingote
    Faisait ressembler sa supplique à celle d’un clerc volubile.

    Mais il ne trouva rien à dire malgré son soi-disant ramage ;
    Preuve que croasser dans les champs n’a qu’une portée scolastique.
    Alors le corbeau de prédire qu’il veillerait que son fromage
    N’aurait pas d’arôme alléchant mais confiné dans du plastique.

    Illustration de Rudi Hurzlmeier.

  • La piqûre de rappel

    La piqûre de rappel

    Lorsque tu vois tes convictions basculer sur ton horizon,
    Quand tu vois le diable à l’église plutôt que Dieu dans sa chapelle,
    Lorsque tu sens tes addictions t’enfermer comme une prison,
    Plutôt qu’une psychanalyse, fais-toi la piqûre de rappel.

    Tableau de René Magritte.

  • En attendant de jour de bon thé

    En attendant de jour de bon thé

    J’attendais l’aube au carrefour sous les feux rouges de la nuit,
    Guettant les premières lueurs sur les limites du comté.
    L’orange m’annonce le jour qui va me tirer de l’ennui
    Et quand le vert sonnera l’heure, éclora mon jour de bon thé.

    Voici le feu qui fait bouillir la brume humide des forêts
    Que l’ardent soleil ébouillante en haut des cimes dentelées.
    C’est le moment de recueillir quelques-uns des rayons dorés
    À plonger dans l’eau frétillante avec un nuage de lait.

    Illustration de Ner-Tamin.

  • Miracle arc-en-ciel

    Miracle arc-en-ciel

    Abritées sous un parapluie d’arc-en-ciel, d’eau et de lumière,
    Trois sirènes métamorphosées par une envie qui les affame.
    Comment le miracle est produit ? Une vieille légende des chaumières
    Dit que lorsqu’elles sont arrosées, le poisson se transforme en femme.

    Tableau d’Arthur Rackham.

  • Comme un oiseau sur la branche

    Quand ses halètements se voilent et se transforment en cris puissants,
    Son amant, le vent, la caresse à lui en faire perdre la boule.
    L’oiselle sans plume et à poil se balance en se réjouissant
    De ces courants d’air qui l’agressent et lui donnent la chair de poule.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Mon petit phare-nid-antre

    Dans mon petit phare-nid-antre, je crie mes « Hip hip hip hourra ! »
    Tant il semble une tour d’ivoire bien défendue et isolée.
    Et j’y prolonge le farniente autant que faire se pourra.
    Que voulez-vous ? C’est mon histoire, mon tombeau et mon mausolée.

    Jusqu’à ce que je me réveille de cette hypnotique torpeur
    Qui me fait entendre des voix qui me parlent de l’intérieur.
    Voici qu’un poisson m’émerveille, qu’un coup de vent chasse mes peurs,
    Le brouillard dégage la voie et je retourne à l’extérieur.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Le lait qu’on dansait

    Le lait qu’on dansait

    Sur la patinoire glacée à la fraise et à la pistache,
    Tous les spectateurs condensés étaient ébahis dans l’étable
    De voir la grâce que déplaçaient les patins de la grosse vache
    Et les pis à lait qu’ont dansé les figures les plus délectables.

    Tableau de Michael Sowa.

  • L’adaptation

    L’adaptation

    Ce n’est pas l’homme qui tend l’oreille, plutôt l’oreille qui tend l’homme
    Et ce sens, le plus archaïque, nous prévient de toute incidence.
    Ainsi lorsque nos appareils émettent une sonnerie fantôme,
    C’est l’adaptation prosaïque de la moderne dépendance.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Les bandes des minets

    Les bandes des minets

    Par-dessus l’épaule velue, pelotonné dans sa fourrure,
    J’ai lu toutes les aventures des vieilles bandes dessinées.
    Quand plus tard je les ai relues c’était avec la déchirure
    D’avoir délaissé la monture que m’accordait mon vieux minet.

    Illustration de Rudi Hurzlmeier.

  • Le maquillage mathématique

    Le maquillage mathématique

    Un maquillage en trompe-l’œil fera-t-il fuir, fera-t-il peur ?
    Attirera-t-il les regards, fera-t-il tomber sous le charme ?
    Mathématiquement le seuil entre la grâce et la stupeur
    Est proportionnel à l’écart entre les rires et les larmes.

    Photo de Josh Herrington.

  • Aux sources du stradivarius

    Aux sources du stradivarius

    Après la leçon de piano, il s’en va faire un gros dodo
    Car les enfants l’ont épuisé par leurs cris stridents et laïus.
    Les concours internationaux ont tant pompé sa gamme de do,
    Qu’en dormant il ira puiser auprès d’un vieux stradivarius.

    Pour ce dernier jour confiné dans son petit conservatoire,
    Il s’en ira conter fleurette aux souris et aux petits rats.
    Le violon d’Ingres du minet s’étant révélé, c’est notoire,
    D’accompagner les amourettes sur des miaulements d’opéra.

    Tableau de Maria Pavlova.

  • En avance sur son temps

    En avance sur son temps

    Monsieur Héron, motorisé car en avance sur son temps
    Sur une tortue populaire, croisa une jolie luronne.
    Alors il s’est autorisé à lui demander le montant
    D’une partie de pattes-en-l’air pour calmer sa testostérone.

    La belle, à patte et à plume, répliqua à cette envergure
    En déployant ses grandes ailes et s’envola dans le silence.
    De cette histoire, nous conclûmes qu’il n’était pas de bon augure
    De se pavaner avec zèle et frimer avec insolence.

    Tableau de Kevin Sloan sur http:paradisexpress.blogspot.com201010kevin-sloan.html .

  • Les femmes-anima

    Au sein de son imaginaire, l’homme s’approche d’une image,
    Représentation féminine de son anima masculine.
    Il cherche l’âme originaire qui se dérobe dans un mirage
    Dès que sa raison léonine fait monter son adrénaline.

    Alors pour dépasser le mur du masculin au féminin,
    Remontons la fibre animale dont nous sommes les héritiers.
    Et ce fil ténu nous murmure d’un écho sans doute bénin
    Que la vie a créé le mâle et la femelle usufruitiers.

    Car la vie nous prête le corps et nous n’en sommes que locataires,
    L’homme comme les animaux, comme la femme sans frontière.
    Ainsi pour retrouver l’accord de l’anima héréditaire,
    Ces fils infinitésimaux sont tendus sur la faune entière.

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.

  • Les femmes-oiseaux

    Cri de chouette dans la nuit, femme qui rêve dans son lit.
    Vol d’alouette au point du jour, femme qui s’éveille au matin.
    Survol de l’aigle de minuit, femme dans sa mélancolie.
    Hululement, voix de velours, femme dans ses draps de satin.

    Le saviez-vous ? Ce sont les femmes qui se transforment en oiseaux
    Lorsqu’elles rêvent où se réveillent ou s’abandonnent à leurs pensées.
    Ce n’est ni bestial ni infâme, c’est leur partie de damoiseau
    Qui prend le relais et qui veille comme pour les récompenser.

    Quand je vois l’envol d’un corbeau, d’un canard ou d’un épervier,
    Je pense à la femme qui dort et laisse s’envoler son âme.
    De leurs gazouillements verbaux, quelquefois je suis convié
    À partager ce rêve d’or dont je vous livre le sésame.

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.

  • Napoléon et Joséphine

    Napoléon et Joséphine

    J’aime m’inventer des histoires sapides d’absurde impossible
    Comme Napoléon et Joséphine planant en canot sur la mer.
    Entre défaites et victoires, il se prélasse, l’air impassible,
    Elle, nue, tandis qu’il peaufine son prochain combat aux chimères.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Entre ombre et lumière

    Entre ombre et lumière

    À l’heure des premiers brouillards à la rencontre du soleil
    Les bateaux louvoient les eaux d’encre entre les ombres et la lumière.
    Alors j’admire ces gaillards debout sur le soir en sommeil
    Qui rentrent au port pour jeter l’ancre dans un spectacle de première.

    Photo d’Andre Bandke.

  • La fleur aux dents

    La fleur aux dents

    Elle est venue la fleur aux dents pour me proposer l’aventure,
    Animée d’une faim d’amour sans doute éprise de boisson.
    Mais on n’est jamais trop prudent. Quand j’ai dégrafé sa ceinture
    J’ai bien vu sous un nouveau jour que tout finit en queue de poisson.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Les rats de bibliothèque

    Les rats de bibliothèque

    On voit souvent dans les maisons des signes qui ne trompent pas ;
    Un chat qui lit comme un potache et des rats de bibliothèques.
    Et comme il n’y eut pas de raison que moi-même je n’y coupas,
    J’en ai des spirales aux moustaches et la queue en crosse d’archevêque.

    Illustration de Liselotte Eriksson.

  • La répartition

    La répartition

    La femme descendrait de l’arbre porteur du fruit de connaissance
    Tandis que l’homme viendrait du singe selon à quel dogme on s’attache.
    Tout ça me laisse un peu de marbre car, depuis toutes ces naissances,
    On se creuse toujours les méninges pour la répartition des tâches.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Avec des fleurs

    Avec des fleurs

    Un peu étonné, je l’avoue, par la fille au bouquet de fleurs,
    Roses plantées dans les cheveux, l’air guilleret, l’air ingénu.
    Quand elle me donna rendez-vous chez elle – elle habitait Honfleur –
    Je répondis « ce que je veux va vous paraître saugrenu ! »

    « Je voudrais écrire un poème en vous habillant de mes vers
    Sur la peau nue de votre corps avec l’amour qui en émerge. »
    Elle me répondit « je vous aime, vous et vos goûts un peu pervers,
    Mais permettez-moi tout d’abord de vous offrir ma page vierge. »

    Tableau de Jennifer Bonneteau.

  • Le cours du chat

    Le cours du chat

    Durant notre confinement, quand vocifèrent les enfants,
    J’en suis toujours à m’ demander d’où leur vient cette voix criarde.
    Je l’ai appris dernièrement par la souris dont l’éléphant
    Connaît le cours recommandé d’un chat hurlant comme un vieux barde.

    Tableau de Maria Pavlova sur https:www.thegreatcat.orgthe-cat-in-art-and-photos-2cats-art-contemporarymaria-pavlova-1979-present-russian .

  • Chappartement – 1

    Chappartement - 1

    Dommage qu’il ait déménagé de son joli chappartement
    Qu’il occupait dans mon armoire d’une manière sans pareille.
    Depuis, je ne puis présager les orages à retardement
    Qu’il faisait, si j’ai bonne mémoire, tonner, la patte sur l’oreille.

    Tableau de Giovanna Zoboli.

  • Le cœur vermeil

    Le cœur vermeil

    Sur son corps nu, juxtaposé, le trou du cœur de son ombrelle
    Filtrait le baiser de soleil pour un tatouage d’amour.
    Mais quelle audace fallait oser d’utiliser la fenestrelle
    Pour graver l’empreinte vermeil qui la parait d’un bel atour !

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Réveil-mâtin

    Réveil-mâtin

    Une drôle d’idée assurément de peindre un clin d’œil au soleil
    Sous un plafond tout arboré d’une pinède en trompe-l’œil.
    Il semble le simple agrément qui accompagne le réveil
    Du dormeur aux rêves dorés à qui le jour fait bon accueil.

    Tableau d’Antonio Nunziante.

  • La souris des moissons

    La souris des moissons

    Elle paresse au pissenlit le temps d’une grasse matinée
    Puis, elle baptisera son lit d’un souffle vif et mutiné.
    Durant la saison des moissons, elle vivra se pourléchant
    D’un peu de rosée comme boisson et des blés d’or glanés aux champs.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’esprit des bois

    L’esprit des bois

    Gros daim des bois, grand cerf des monts et tous les autres cervidés,
    Arborez vos cornes ramifiées de vos plus étranges symptômes !
    Faites place aux petits démons, les sylvidés, les corvidés,
    Pour le concert planifié des chants sacrés d’oiseaux fantômes.

    Tableau de Barrett Biggers sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .

  • L’enfant-loup

    L’enfant-loup

    La lance, acérée comme un croc dont l’homme-loup a hérité,
    Rapide comme l’aigle blanc vole en suivant le sens du vent.
    La proie, sacrifiée sans accroc, cuira le repas mérité
    Dans le creuset d’un feu tremblant pour nourrir l’enfant survivant.

    Tableau de Barrett Biggers sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .

  • Ma source imaginaire

    Ma source imaginaire

    J’arrive dans ma chambre nue, juste éclairée d’un luminaire,
    Que je me hâte d’embellir d’un roman de littérature ;
    Tout un univers saugrenu sort de ma source imaginaire
    Dont des fantasmes et des délires que la moralité rature.

    Tableau de Lena sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .

  • La peur du loup – 2

    La peur du loup - 2

    N’ayez pas peur, ce n’est que moi, quand je demande à l’Univers
    De faire évoluer mon âme quel qu’en soit le prix à payer.
    Ce loup qui vous met en émoi, sorti des brumes de l’hiver,
    Ne représente que la flamme de l’épreuve du feu monnayée.

    Tableau de Ross Tran sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .

  • La peur du loup – 1

    La peur du loup - 1

    Enfant, j’ai bien connu la peur qui me paralysait l’esprit ;
    J’avais l’impression de mourir et disparaître dans le néant.
    Jusqu’à ce qu’un jour la stupeur d’un accroc – sans doute prescrit –
    Me permette de découvrir de ne plus craindre les géants.

    Alors, j’ai affronté la peur qui m’a outrepassé le corps
    Et j’ai senti dans tous mes os la souffrance d’être vivant.
    Après, sorti de ma torpeur, j’ai réalisé mon record ;
    Moi, le plus faible des roseaux, avait plié devant le vent.

    « Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. » Litanie contre la peur « Dune » de Franck Herbert.

    Tableau de Vincent Belbari sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .

  • Réflexions universelles

    Réflexions universelles

    À la fois infinitésimal par rapport au grand Univers
    Et sur la frontière attestée avec l’infiniment petit.
    Ne suis-je donc qu’un animal qui meurt et nourrira les vers
    Ou l’enfant d’un dieu contesté par une démonopathie ?

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • En tout cas, le toucan

    En tout cas, le toucan

    En tout cas, le toucan, myope comme une taupe
    Parla toute la nuit à des bananes mûres.
    Et malgré le boucan des oiseaux nyctalopes,
    Il n’eut aucun ennui à dire dans un murmure :

    « Ah mes jolies toucanes, que vous me semblez belles,
    L’odeur de votre arôme et vos petites mouches !
    Venez dans ma cabane, ne soyez pas rebelles,
    Mon grand bec papillonne à vous tendre sa bouche ! »

    Tableau de Kevin Sloan.

  • Doctor Shakes & Mister Peare

    Doctor Shakes & Mister Peare

    Tandis que Shakes, ce bon docteur déshabillait les jolies femmes
    Pour le meilleur et pour le pire dans le secret du cabinet,
    L’abominable Mister Peare, arpentait les estaminets
    Pour se cacher de l’inspecteur qui surveillait ces lieux infâmes.

    Tableau de Ruben Schill.

  • Lu sur le visage

    Lu sur le visage

    Il est des gens, je vous le jure, qui portent tout sur la figure.
    Toutes leurs histoires embarquées, sur leur front ridé, sont marquées.
    Un chagrin d’amour les rudoie et laisse aux yeux des pattes-d’oie.
    Seul, un poète pince-sans-rire leur tord la bouche d’un sourire.

    Tableau de Jane Spakowsky.

  • La théorie du complot

    La théorie du complot

    « Ha ha, il paraît qu’on sera tondus ! » Tout ça, c’est des sous-entendus !
    « Hé hé, il paraît qu’on rationne l’herbe  ! » j’ai déjà ouï ce proverbe !
    « Hi hi, on nous traite comme des moutons ! » méfions-nous du qu’en-dira-t-on !
    « Hu hu, il paraît même que ça urge ! » comme les moutons de Panurge !
    « Ho ho, il paraît qu’on sera pucés ! » avec science et caducée !
    « Hou hou, il paraît qu’on sera mangés ! » ça ne doit pas nous déranger !

    Tableau de Scott Gustavson sur www.scottgustafson.comcharacter-design .

  • Trois petits singes

    Trois petits singes

    On n’a rien entendu de pis que les grippes du temps jadis !
    On n’a rien vu au niveau masques, l’erreur paraît plutôt fantasque !
    On n’a rien dit aux confinés pour qu’ils ne montrent plus leur nez !

    Black-out complet dans les cités, ignorons les atrocités !
    L’information est muselée afin de vous dissimuler
    Que l’ coronavirus, c’est l’arbre qui cache la forêt macabre.

    Tableau de Scott Gustavson sur www.scottgustafson.comcharacter-design .

  • À l’heure de la passiflore

    À l’heure de la passiflore

    Comme je vivais à l’écart du centre urbain que je déplore,
    J’ai convié tous les fêtards pour une collation légère.
    À l’instant muguet moins le quart, passé l’heure de la passiflore,
    Personne n’était en retard exceptée ma belle horlogère.

    Tableau de Shiori Matsumoto.

  • Le secret des pyramides

    Le secret des pyramides

    Tout comme les petits ruisseaux qui se rassemblent en rivières,
    Les puissants ont besoin de sots pour leurs carrières financières.
    Soulevez le bord des pyramides, vous y verrez tous ceux qui croient
    Que vivre une vie insipide représente leur chemin de croix.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Tisseuse d’étoiles

    Tisseuse d’étoiles

    Sur la toile bleue de mes rêves, elle vient tisser tous les soirs
    Quelques étoiles de bonheur tressées avec mes espérances.
    Parfois ma toile craque et crève et crée un trou de désespoir
    Dont elle me raccommode l’humeur par un bouton de délivrance.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Des lits de fleurs

    Des lits de fleurs

    Flagrant délit de lits de fleurs, la main dans le sac du semeur,
    J’aime le paysan naïf qui fait de l’art sans le savoir.
    Lui, il sait transformer les pleurs de toute une vie de labeur
    En champs de blé, champs de maïs, sans la nature décevoir.

    Tableau de Vincent van Gogh.

  • L’aurore florale

    Nimbée d’une aura de lumière des premiers rayons de l’aurore
    Sur un rêve de virginité qui se réveille au nouveau jour.
    Couleurs à travers sa crinière comme une gerbe de blé d’or,
    Honorent sa féminité comme une couronne d’amour.

    Tableau de Taras Loboda.

  • La voie de la contradiction

    La voie de la contradiction

    Lis ta bible ! Lis le Coran, Veda, Tantras et les Sûtras !
    Crains pour ta vie, crains pour ta mort, soumets-toi à nos traditions !
    Moi, j’ai été déshonorant envers Dieu et Zarathustra ;
    J’ai pris, à raison ou à tort, la voie de la contradiction.

    Tableau de Yuko Shimizu.

  • Une Terre paysagiste

    Une Terre paysagiste

    La faune s’adapte à la flore et l’ensemble aux quatre éléments
    Qui peignent les plus beaux rivages et sculptent les crêtes de schiste.
    Quant aux roches multicolores, les gazelles et leurs parements,
    Elles nous invitent au vernissage d’une Terre paysagiste.

    Photo de Stijn Dijkstra.

  • La folie des grandeurs

    La folie des grandeurs

    Rien n’est trop beau pour la princesse qui n’en aura jamais assez
    Et si elle prend trop de place, on augmentera les impôts.
    Après tout pourquoi la richesse devrait-elle un beau jour cesser
    Puisqu’il paraît que la populace a choisi de porter le chapeau.

    Il faut au peuple ses héros et ses vedettes à admirer
    Afin de, par procuration, rêver à la vie de château.
    Tant pis si on reste à zéro, tant pis si on est aspiré
    Par notre procrastination car agir, c’ n’est pas du gâteau !

    Tableau de Tomasz Sętowski sur https:www.designstack.co201801oil-paintings-magical-realism-meets.html

  • Les tours d’ego

    Les tours d’ego

    Dans les immeubles confinés, les cages d’escaliers résonnent
    Comme des chœurs de cathédrales où chacun prie pour son église.
    Dans les familles recombinées, plusieurs générations raisonnent
    Sur les mesures magistrales que nos dirigeants diabolisent.

    Il paraît qu’on va nous tracer par des dispositifs légaux
    Pour donner des informations sur ce qu’on fait et où l’on est.
    Ce n’est pas que j’ sois agacé que l’on surveille mon ego
    Mais plutôt la déformation d’un totalitarisme inné.

    Tableau de Tomasz Sętowski sur https:ego-alterego.comtomasz-setowski-paintings#.XrLVXf8kyf1