Pendant le tonnerre qui gronde, Madame, fertile sous sa robe, Arrose de petites larmes son petit jardinet privé Jolie, mignonne, plutôt gironde, malgré Monsieur qui se dérobe, Entretient son jardin de charme lorsqu’elle se sent démotivée.
Les voilà pris dans ses filets de son lancinant somnifère Car la flûtiste vient d’entamer l’entrée de la « Flûte enchantée » Qui met l’auditoire enfilé dans les notes qui prolifèrent. Et le public de réclamer sa rémission désenchantée.
Tantôt Madame la Renarde consolera le honteux corbeau Qui s’est fait flouer par son comparse, Maître Renard, l’amant volage. Tandis que le coquin traînarde avec une gazelle-au-corps-beau, Nos pauvres dindons de la farce s’apaisent d’un batifolage.
Tableau de Christian Schloe sur http:pussycatdreams.centerblog.netrub-10-art-surrealiste-de-christian-schloe–6.html .
Méditer en Terre Sacrée, demande un arbre décoré D’un peu de guirlandes aux cœurs d’or et quelques étoiles au firmament. Le buste nu, la peau nacrée d’un peu de rosée des forêts, On fait silence puis, on s’endort et on contemple le moment.
Cet oiseau-là, je le connais, il est tombé à sein nommé Directement dans la pâture de Mademoiselle Nature. Tendrement, sans cérémonie, elle lui a apprêté son nid Dans une touffe aux environs, tassée au creux de son giron.
Le père de la reine Margot, nommé le roi des escargots, S’apprête à sortir sa mascotte et enfiler ses grandes bottes Car le temps se met à la pluie et le roi met sa panoplie À la vitesse d’un soupir tranquillement sans s’assoupir.
Aussitôt que j’ouvre une image, les mots s’échappent par milliers Et je les capte dans l’éther grâce à un moyen qui m’échappe… Mais je crois qu’il serait dommage de comprendre cet art singulier Sous peine que le don s’altère ou, qu’au contraire, il m’handicape.
À l’heure des réseaux sociaux où tout va de plus en plus vite La gloire sombre dans l’oubli si vous n’êtes vus en permanence Et vous deviendrez asociaux si vous refusez une invite Ainsi, permettez que je publie ma toute dernière impertinence.
À tant suivre un confinement durant les longs jours du printemps, Je me mets à désespérer aux vacances toutes l’année. Je propose le raffinement de les faire durer à plein temps, Laisser le mois d’août prospérer d’une éternité à flâner.
D’une culotte marinière plutôt qu’une queue de poisson, Les sirènes s’habillent moderne, je vous en fais ce désaveu. Depuis le siècle des lumières, elles se sont mises aux caleçons Avec écailles en baderne, seins nus et fleurs dans les cheveux.
Tableau d’Elena Khmeleva sur http:touchofcolorr.blogspot.com201506elena-khmeleva.html?m=1#more
Souvent les filles perdent la tête de façon claire ou ambiguë Et les sœurs du Petit Poucet le font souvent à la maison. Quand elles poussent la quintette en chantant d’une voix suraiguë, Elles en sont tellement trémoussées qu’elles en perdent aussi la raison.
Alors le moindre courant d’air les emporte dans les forêts Et ce pauvre Petit Poucet de courir pour les rattraper. Mais si les filles sont solidaires, le p’tit dernier est timoré Et c’est la mine courroucée qu’il leur ferme enfin le clapet.
Le chat, animal capricieux et amateur d’échauffourée Aime nicher au fond de l’armoire ou disparaître comme un gredin En cherchant dans quel malicieux trou d’souris il s’était fourré, J’ai fait appel à la mémoire des habitants de mon jardin.
Je me souviens de son collier qu’elle portait pendant l’amour ; Les vertus lapis-lazuli lui permettant moultes délices. D’ailleurs, elle m’avait défolié avec ces pierres au premier jour ; J’en ressentis les stimuli en lui pénétrant le calice.
Dans le jardin des Hespérides sur la frontière occidentale, Il n’est jamais désespérant de cueillir les pommes dorées. Selon les tables éphémérides et les trois muses sentimentales, Leur valeur va s’accélérant lorsque la lune est mordorée.
Dans le jardin des Hespérides sur la frontière occidentale, On n’est jamais désespéré de cueillir les pommes dorées. Selon les tables éphémérides et les trois muses sentimentales, Leur valeur est inespérée en pleine lune mordorée.
Tableau de Karl Bang sur https:sergeyurich.livejournal.com157034.html?thread=277098 .
Les artistes ont le cœur dans l’œil – à moins qu’ils aient l’œil dans le cœur – À leur manière de saisir l’instant le plus significatif. Ils voient l’imperceptible seuil qui fixera avec vigueur L’intense moment de plaisir que sait capter leur objectif.
Commencent les préliminaires par un poème de caresses Dont les rimes s’accorderont avec les mains dur la poitrine. Quelques baisers imaginaires alanguis juste par paresse Mais dont les sens aborderont une ouverture de la vitrine.
Les mains forment un beau costume à la femme déshabillée Qui apprécie le geste ultime du maître tailleur roucouleur. L’homme se plie à la coutume de faire l’amour maquillé Sur les parties les plus intimes avec son bâton de couleur.
Tableaux d’Éric Pause sur https:www.cowabungart.comartpeinturepeintures-par-eric-pause
Fille de lune et du soleil, reine de nuit épanouie, Elle se confie aux étoiles pour évoquer ses souvenirs. Son art, sans nul autre pareil, vous paraîtra certes inouï Mais son tarot lève le voile sur votre meilleur avenir.
Un photographe aux idées larges dont les pensées sont en surcharge Devait soulever son calot sous les nuages au galop ; Une princesse prétendue, tenant de la glace fondue, Coiffée d’un genre de couronne, posait sur un drôle de trône.
Mais la photographie rata, on dut faire un duplicata ; Les blocs étaient désassortis quand le p’tit oiseau est sorti. Ils ont fondu sur la culotte, on a attendu qu’elle l’ôte, Puis, on a refait des glaçons et remplacé le caleçon.
Fixer la grisaille du monde formate l’esprit et le cœur Et pour changer de dimension, j’ai changé ma façon de voir. Alors ce qui semblait immonde ne provoque plus ma rancœur$ Et j’ai muté mes dissensions sur la manière d’être et d’avoir.
Le temps n’est pas une dimension, le temps n’est qu’une condition. La science ne peut le prétendre et n’arrive pas à comprendre. Ne sait que mesurer la trace du passage du temps qui passe Et donne du fil à retordre alors qu’il représente l’ordre.
L’amour n’est pas une dimension, l’amour est la prolongation De la vie qui ne peut ni mentir ni cesser de s’anéantir. L’amour un message à transmettre à l’évolution qui va naître À chaque rencontre amoureuse dans une explosion langoureuse.
(Tableau de Vladimir Kush. « Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel. » Jean Cocteau.)
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Madame la reine nous entraîne dans un bal de sévérité Et se joue de la tyrannie pour galvaniser ses sujets. Gare à celui qui est à la traîne et gare à sa témérité ! Celui qui résiste est banni a priori, sans préjugé.
Madame, la reine de la nuit, entièrement nue à sa fenêtre, Se détend langoureusement pour un rapport d’intimité. Dès le premier coup de minuit, elle se donne à qui la pénètre Et lui offre amoureusement du sexe en magnanimité.
« Taïaut ! Taïaut ! » Les amazones poursuivent les hommes aux abois Qui s’enfuient effarés et nus, convoités par ces vengeresses. Ce soir, attachés aux pylônes, totemisés au feu de bois, Ils apprécieront l’ingénue volupté des enchanteresses.
J’ai trouvé chaussure à mon pied avec cette femme qui lit Qui est devenue ma maîtresse en m’accordant voix au chapitre. Non seulement elle me sied lorsqu’elle se couche dans mon lit Mais elle me procure l’ivresse de la romance à juste titre.
Le jeu dû plaire à l’ingénue qui désormais ne porte rien Que de jolies fleurs délicates dont je dois humer les pétales. Alors j’attaque l’inconnue d’un appétit épicurien Et, sitôt que son rire éclate, les amaryllis s’épétalent.
« Le jeu dû plaire à l’ingénue » est le début de la chanson « Dans l’eau de la claire fontaine » de Georges Brassens.
L’amaryllis, fleur de victoire, désir puissant et parfumé, Transmet le langage de charme d’une femme au sourire d’amour. J’aime tant cette belle histoire que j’essaierai de les humer Jusqu’à ce qu’elle en rit aux larmes, preuve qu’elle a le sens de l’humour.
Lorsqu’au réveil, elle ouvre un œil, l’astre vert glisse sous la paupière ; Puis quand elle ouvre le second, deux soleils sortent entre les cils. L’aube me souhaite un bon accueil et je salue mon équipière Qui m’offre, suprême parangon, le point du jour à domicile.
La plus belle femme du monde selon la légende homérique Déclencha guerres et passions parmi les hommes invincibles. Ainsi les amours furibondes conduisent les cœurs chimériques À franchir par l’innovation les limites de l’impossible.
Un sommelier fort de café, pris en train de se décoiffer, L’esprit ailleurs dans le décor et dont le cœur flotte sans corps ; Une cliente peu commode, vêtue à la dernière mode, Robe à bretelles qui pendulent sous la coiffe bleue qui ondule.
Une dégustation ouverte à l’envie de la découverte. Le champagne l’a un peu surprise quant au Bordeaux, quelle méprise, S’il a du corps et de la robe, tous ses arômes se dérobent ! Cette histoire cousue de fil blanc semble un délire des plus troublants.
Quand la nature silencieuse me fait part de ses réflexions, L’art immobilise le temps par sa beauté et sa noblesse. Alors mon âme révérencieuse lance à l’esprit ses projections Afin qu’il réalise autant sa robustesse et sa faiblesse.
Quand ses petits seins enchanteurs me regardent droit dans les yeux, Je sens monter tous les fantasmes avec l’envie et l’allégresse D’être choisi comme détenteur de ces moments les plus précieux Où je travaille mes orgasmes sous le charme de l’enchanteresse.
Au cœur du songe, l’inconscient, l’anima de mes profondeurs, Conduit le chemin du rêveur là où il devrait s’assouplir. Alors la voix du subconscient enregistre sur mon répondeur Le message qui tient la ferveur de ce que j’ai à accomplir.
Lorsque je creuse plus profond dans l’océan de ma mémoire, Toute la vase remuée trouble l’ordre des souvenirs. Et plus j’agite les tréfonds, plus je crée des effets de moire Dont les blessures viennent refluer sur le présent et l’avenir.
Plongeant sous les couches du rêve, bien profond derrière les paupières, Souvent la mémoire ressurgit, imperturbable et obsédante. Bien que l’apparition soit brève, elle reste gravée dans la pierre Comme relique ou liturgie d’une existence précédente.
Notre-Dame des pâlichons, méprenez-vous sur la maigreur Des arbres noirs, des arbres en deuil que les corbeaux mettent à l’honneur ! Tout paraît un peu folichon, tout paraît noyé dans l’aigreur ; On croirait au premier coup d’œil que c’en est fini du bonheur.
Ce n’est que de la comédie, la terre n’est pas morte, elle dort En rêvant à la renaissance qui s’épanouira au soleil. L’hiver n’est qu’une parodie tirée de la boîte de Pandore ; Seul le sage a la connaissance que le trésor est en sommeil.
Toi qui conduit la cadence, toi qui dirige l’orchestre, Toi qui rythme la mesure, toi qui impose le temps, Toi qui nous immerge en transe les soirs de la Saint-Sylvestre, Mes pas résistent à l’usure et mon cœur en bat autant.
« Au loup ! Au loup ! » Crient les sorcières, toutes les trois sorties du bois. « Taïaut ! Taïaut ! » Hurlent les loups à l’unisson du contrepoint Qui a monté la souricière en claironnant cor et hautbois ? Un musicien un peu jaloux ou un berger, je ne sais point.
Vêtu de sa robe de nuit, il l’enveloppa de ses bras Et elle tomba évanouie dans le satin bleu de ses draps. Puis les ténèbres se firent violettes lorsque se rouvrirent les grands yeux De la belle sous la houlette de son conquérant audacieux.
Là-haut, sur les hautes altitudes où moutonnent monts et vallées, Le climat austère balaye rivières et torrents telluriques. Là-haut, vit de béatitudes, sur les pics rocheux ravalés, La magicienne qui ensoleille son territoire chimérique.
Quand tombent les premières neiges, l’audace fait sa disparition Et elle attendra le printemps pour vaincre sa timidité. Pourtant, quel étrange manège que sa nouvelle apparition ; L’éternité de ses vingt ans qui couronnent sa nudité !
Je lis souvent plusieurs histoires simultanément sans problème Et qui se perdent dans les ruelles de ma mémoire narrative. Après l’affinage notoire qui sépare amours et dilemmes J’écris quelques rimes cruelles cependant jamais négatives.
Autant étrange qu’insolite, la sorcière perd ses pouvoirs Sans ses bottes qui facilitent sa faculté de se mouvoir. Même lorsqu’elle fait l’amour, elle conserve ses cuissardes Ce qui ajoute un peu d’humour quand on la prend à la hussarde.
Car si son amoureux barbote et ne se montre pas merveilleux, Elle lui décoche un coup de botte qui lui fait parcourir sept lieux. Quand la pleine lune s’enchâsse sur les montagnes et les collines, Fuient les amants qu’elle pourchasse, nue mais chaussée de ses bottines.
Prince de la Sainte-Victoire et de tous les champs de la Terre, Toi, qui a su remédier à la couleur de mes espoirs, Toi, qui a raconté l’histoire à ma peinture élémentaire, Laisse-moi donc te dédier l’ensemble de mon répertoire.
Tableau de Pablo Picasso en l’hommage à Paul Cézanne.
Quand les maux s’écrivent en douleurs tissées en forme de cuirasse, Seul un retour à la nature peut réveiller un cœur blessé. Flore et faune offrent leurs couleurs qui viennent à bout des carapaces Et autorisent l’ouverture vers les délices délaissées.
« Nous ne vieillirons pas ensemble. » Je parle de moi et de mon corps, Celui qui retourne à la terre avec les plaintes et les remords. Quant à l’âme, si elle se rassemble avec mes autres plus vieilles encore, Je rejoindrai le grand mystère d’une autre vie après la mort.
Quand Dieu devra penser à moi, plutôt que moi penser à lui, Soit je n’aurai plus rien à faire, soit je devrai recommencer. La mort aveugle, toute en émoi, me vendra le même produit : « Je vous propose une bonne affaire, cela dit sans vous offenser ! »
Sauf que si l’âme se réveille hors de mon cœur, hors de l’esprit Qui à cette heure se véhicule dans un corps qui se reproduit ; Ce nouvel être qui s’émerveille dans un ailleurs qu’il s’approprie Connaîtra-t-il le ridicule de ce que je pense aujourd’hui ?
Je vis dans mon propre tableau encadré par les quatre murs Que mes petites cellules grises ont transformé en miniature. Heureusement, j’ai mon hublot d’où j’entends des voix qui murmurent Et me révèlent des surprises portant ma propre signature.
Alors je les mets en musique accordée sur les courants d’air Qui me donnent un Do confiné plutôt qu’un La de référence. Mais pour tous les vents amnésiques, l’exactitude reste secondaire Et ma zizique, mal peaufinée, n’a pas atteint ma préférence.
Alors j’ai fermé le hublot durant quelques heures par jour Pour écouter dans le silence mon propre diapason de l’âme. Et j’ai repris dans mon tableau ma place dans l’étroit séjour Où, dans mes heures de vigilance, je joue ce que mon cœur réclame.
Pour l’oral de son examen, même si le test paraît bénin, La sorcière place tout son charme dans sa tenue ensorceleuse Car, si se tromper est humain, se rattraper est féminin Et la séduction est une arme sexuellement frauduleuse.
Maudit soit le trou de mémoire pour une sorcière apprentie Qui a oublié son grimoire et ses formules pressenties. Les anti-sèches dans le balai se font des nœuds à son chapeau Las, l’examen est remballé, l’apprentie-sorcière est capot.
Soudain le monde entier bascule entre deux choix irréversibles ; Dans une fraction de seconde, il va bien me falloir choisir. Entre la mort au crépuscule ou la survie inaccessible, J’opte pour l’envie furibonde de la moindre chance à saisir.
Selon l’objet de son désir, chacun observe à sa façon ; Le chien examine à loisir minet surveiller le poisson. Leur maîtresse trouve enquiquinant tous ces instincts à assouvir. Quoi qu’il en soit, c’est imminent, la loi de Murphy va sévir.
Heureux celui qui a voyagé et a marqué sur son visage Toutes les plus belles impressions des pays qu’il a traversés. Dans son regard apanagé de tous ces charmants paysages Et sur sa bouche l’expression des femmes qu’il a embrassées.
Une souris rouge par son père, à tête verte par sa mère, A traversé tranquillement l’espace de mon appartement. Mon chat délicat m’exaspère ! Il trouve la proie bien amère Et l’abandonne fébrilement comme bombe à retardement.