Ô ALLEGÔRÏÄ

Bienvenue dans Ô ALLEGÔRÏÄ, la Maison des Mondes Reliés.
Ici vivent les LLyrïädes, leurs compagnons, leurs enfants,
et ceux que les portes du Poïnt ZérÔ déposent au seuil des merveilles.


Ô ALLEGÔRÏÄ n’est ni un royaume, ni un temple :
c’est une maison assez vaste pour accueillir les rêves,
les légendes, les cités englouties, les voyages d’Atlantis
et les mondes encore en gestation.

Chaque récit y devient passage, chaque repas une assemblée,
chaque découverte une porte entrouverte sur l’inconnu.
Entrez simplement.
La porte est ouverte.

Les Habitants et Voyageurs d’Ô ALLEGÔRÏÄ

Yavänor : Le poète, le passeur, l’ancien souffle de l’ÏÄMOURÏÄ.
Laurelïne : La flamme première, le cœur solaire, la parole qui éclaire.
Loreleï : La profondeur vivante, l’eau qui accueille et transforme.
Lïlïth : La matrice ancienne, la mémoire féconde, l’insoumise doyenne.
Ledalïä : Le regard exact, la révélation présente, l’œil qui rend visible.
Geminïä : La constellation, la reliance, l’ambassadrice de l’amour en partage.
ÄLLÏÄ : La Gardienne du Souffle Premier, celle qui ouvre les seuils.
STELLÏÄ : La magicienne du métal, l’éclat neuf des mondes à venir.
Éôlïäne : La messagère libre, le rire des passages, le vent des Reflets-Vers.
Azurïanne : La sirène des profondeurs, la mémoire liquide des mondes engloutis.
Alinéor : L’intendant, le cuisinier-poète, celui qui nourrit la maison.
Cristïäs : L’Atlante retrouvé, le lien vivant avec Atlantis.
ORPHÉÔN : La voix, le chant, l’accord secret d’ÄLLÏÄ.

Nota Bene : Les rapports et exergues d’ÄLLÏÄ ouvrent les passages d’Ô ALLEGÔRÏÄ avant que les images et les récits n’en déploient les mondes.

  • Ave ÏÄNIMÏÄ

    « Aujourd’hui, Yanimïä nous a invités à découvrir une salle de la vieille chapelle qui était demeurée fermée jusqu’à présent.

    Elle ne sera ni un temple, ni une église, ni un sanctuaire réservé à quelques initiés.

    Ce sera un lieu où chaque femme pourra venir déposer ses joies, ses peines, ses doutes, ses enfants, ses espérances… et repartir plus légère.
    Les hommes sont naturellement les bienvenus.

    Yanimïä l’a baptisée : Ave ÏÄNIMÏÄ. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Ô ALLEGÔRÏÄ a grandi et sa chapelle également ;
    Le dispensaire s’est vu doté de salles et chambres supplémentaires.
    « Ave Maria » resplendit dans un style très suisse-allemand
    Avec technologie cotée par les Atlantes contributaires.

    Or aujourd’hui une autre salle dédiée au Féminin Sacré
    Est honorée par Yanimïä en son rôle de rédemptrice
    Car elle est aussi la vassale de ceux qui nous l’ont consacrée ;
    Les dieux YAHVÉ & ÏÄNIMÏÄ au nom de la Sainte Matrice.

    Les Dieux y sont représentés par un magnifique arbre-mère
    Élevé sous un puits de lumière qui trône au milieu de la salle.
    Les alentours agrémentés de coussins et tapis sommaires
    Pour méditations coutumières et prières paradoxales.

    On n’y prie pas pour demander, on n’y prie pas pour honorer ;
    Chacun EST sa propre prière qu’il vient déposer avec grâce.
    On ne vient pas pour s’amender mais pour s’offrir, remémorer
    Tout ce qu’on a laissé derrière et dont il ne reste nulle trace.

    Certains messages sont affichés : « Faire l’amour EST la prière ! » ;
    « Aimez vos femmes, honorez-les » ; et « Priez plusieurs fois par jour ! ».
    Les sirènes se sont entichées d’en devenir les templières
    Que Yanimïä a corrélées dans leur aquatique séjour.

    Laurelïne, Loreleï, Lïlïth y viennent fréquemment avec Yavänor
    Pour renouer leur allégeance envers ceux qui les ont aidés.
    Ils s’aiment alors quoi qu’il advienne sous l’arbre-mère qui les honore
    Et d’autres sans la moindre exigence viennent aussi leur succéder.

    Yanimïä y est rayonnante et se nourrit de cet amour
    Car chaque couple qui copule le fait aussi à Yanimïä.
    Ceux qui la croyaient abstinente la découvrent sous un nouveau jour :
    Une Vénus nue, sans scrupule, envers YAHVÉ & ÏÄNIMÏÄ.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les sirènes templières

    « Non seulement les sirènes se sont entichées de devenir templières mais elles se sont mises à l’ouvrage.

    Le premier jour, elles évaluent la portée du travail.
    Puis elles s’organisent avec leurs montures.

    Constantïne et Loïrelïndt proposent leurs contributions. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Loreleï, maîtresse-templière est digne de ses chevalières
    Seins nus, chevauchant leurs silures comme montures appropriées.
    Si hier leurs vœux se plièrent à se montrer peu cavalières
    Aujourd’hui elles ont fière allure sans que l’on ait à les prier.

    Et même Monsieur Constantïne est promu chevalier d’honneur
    Et son palais est le symbole de ce nouvel ordre abyssal.
    Sa corpulence éléphantine prédestinait avec bonheur
    À faire partie de l’école avec son statut colossal.

    Si les silures sont importants pour se déplacer au plus vite,
    Il devient alors nécessaire d’en favoriser l’élevage.
    On crée un haras supportant douze poissons-chats qu’on invite
    À devenir les émissaires sans que ce soit un esclavage.

    Loïrelïndt se propose à son tour comme jonction télépathique
    Pour que la communication atteigne Ô ALLEGÔRÏÄ.
    Parée de ses plus beaux atours dans une robe thématique
    Qui lui donne l’habilitation reconnue de l’ÏÄMÔURÏÄ.

    Première mission ce matin : la surveillance des vacanciers
    Qui pour cause de canicule, se jettent à l’eau sans protection.
    « Regardez-moi ces traîne-patins ! » lance Éôlïäne circonstanciée
    Par tous ces nageurs ridicules qui friseraient l’hydrocution.

    Finalement peu d’insensés à secourir dans la journée ;
    Sans doute les premiers orages ont eu l’effet d’une douche froide.
    Tous les silures sont encensés, félicités de leur tournée ;
    On leur reconnaît du courage et l’on étrille leurs queues roides.

    Dès le lendemain, on les dresse afin qu’ils deviennent autonomes ;
    Ils effectueront les patrouilles avec responsabilités.
    En cas de danger, ils s’adressent à Loïrelïndt, notre fantôme
    Qui retransmettra sans embrouille toutes les éventualités.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • L’invitation de Yanimïä

    « Les quatre piliers de l’ÏÄMÔURÏÄ sont invités par Yanimïä à reprendre leurs anciens rituels mais de manière beaucoup plus spirituelle.

    Le temple superbement préparé par Yanimïä est un lieu qui invite à la prière par le don de soi à l’amour.

    Pour des raisons techniques l’illustration montre Laurelïne, Loreleï, Lïlïth et ÏÄMÔURÏÄ avant leur passage au vestiaire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    L’invitation de Yanimïä ne surprend pas trop Yavänor ;
    Il l’attendait depuis longtemps et ses trois femmes également.
    Leur rapport envers ÏÄNIMÏÄ n’a jamais été aussi fort
    Et ils ressentent qu’il est temps de prier intégralement.

    Musique douce dans le temple, le puits de lumière tamisée ;
    Yanimïä, seule, danse nue avec des mouvements très lents
    Et tous les quatre la contemplent dans cet espace organisé
    Pour leur souhaiter la bienvenue et créer un nouvel élan.

    Un petit vestiaire à l’entrée les invite à se dévêtir,
    Puis à pénétrer dans la nef et s’approcher d’un brasero.
    Yanimïä est très concentrée et ce qui suit va revêtir
    Ce qu’on sentait dans l’astronef à l’approche du Poïnt ZérÔ.

    Mais Yanimïä leur fait reprendre un par un tous les rituels
    Et leurs noms prennent une valeur beaucoup plus sonore à présent.
    L’ÉTOILE se met à prendre un aspect plus spirituel
    Et DËLÏSSA une chaleur d’un amour plus omniprésent.

    Et puis LYSÉON « Le Serment au fond du Sanctuaire ouvert »
    Offre à Yavänor le devoir d’honorer les saintes chapelles.
    YSÅRA devient le ferment du plaisir alors découvert
    À prier et donc recevoir la bénédiction qu’il appelle.

    Enfin NOMIR « La Mort féconde » permet une mort symbolique
    Qui fait croire à une épectase qui atteindrait le Poïnt ZérÔ.
    On croit mourir une seconde d’un orgasme métabolique
    Et l’on renaît dans une extase que seuls connaissent les héros.

    On clôture avec ZËMAÏA soit « Le silence après les dieux »
    Et LYSÉRIA qui est l’offrande pure du Féminin Sacré.
    On remercie fort Yanimïä pour son mysticisme radieux
    Et l’on embrasse la révérende par l’accolade consacrée.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • L’accueil des LLyrïädes

    « Très intéressant !

    Les prières entre femmes sont surprenantes au début et d’une intimité très poussée mais la confiance finit par s’installer et nous découvrons toutes le plaisir du partage de l’intimité du corps. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Ce soir c’est l’accueil des LLyrïädes et on se retrouve entre filles ;
    Drôle d’impression d’être ensemble dans cette étrange intimité !
    Sous les étoiles par myriades, on entre et on se déshabille,
    Mais entièrement nues, cela ressemble presque à l’illégitimité.

    Mais c’est un rite de caresses, de massages et de frôlements,
    Par des gestes traditionnels qu’on poursuit encore et encore.
    C’est un grand moment de tendresse où on sent progressivement
    Cet amour inconditionnel communiquer au corps à corps.

    On se pâme et on s’abandonne dans le plaisir de la confiance
    Et même les parties intimes s’ouvrent et attendent leurs étreintes.
    Quelquefois même on se cramponne lorsque surgit sans méfiance
    Un petit soubresaut ultime qu’un cri marque de son empreinte.

    Pour Laurelïne, Loreleï et Lïlïth cet usage est habituel
    Mais Ledalïä et Geminïä doivent repousser leurs limites.
    Or les échanges facilitent l’apprentissage du rituel
    Sous l’excellence de Yanimïä qui fait retomber tous les mythes.

    Concernant ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, le jeu plaît aux deux ingénues
    Qui en découvrent les vertus et poussent loin l’exploration.
    Et sur un geste de Yanimïä les autres observent sans retenue
    L’une et l’autre qui s’évertuent à pratiquer l’adoration.

    La cérémonie se termine par un échange de baisers
    Gage de leur sororité et union de leur dévotion.
    Sous l’arbre-mère qui prédomine toutes les LLyrïädes apaisées
    Ressentent leurs intériorités vibrer de la même émotion.

    Alors qu’elles sortent du temple, la même émotion continue
    À faire son chemin dans leurs corps et dans leurs âmes consacrées.
    Comme si leurs cœurs s’offraient plus amples afin qu’ensemble ils s’insinuent
    Dans un réseau qui pulse encore l’amour du Féminin Sacré.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le rêve de l’arbre-mère

    « Nous le ressentons toutes et tous !

    Depuis que nous prions selon l’enseignement de Yanimïä, nos nuits sont étonnamment ressourçantes.
    Et lorsque nous faisons l’amour, nous sentons un redoublement d’énergie qui nous propulse réellement dans un septième ciel de délices dont l’ivresse nous accompagne encore au matin. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le rêve de l’arbre-mère

    Mais Yanimïä n’est pas la seule à se sustenter de l’amour ;
    L’arbre-mère étend ses racines sous Ô ALLEGÔRÏÄ, la nuit,
    Pour recueillir, dans les corps veules, toute la fatigue du jour
    Et agir par son officine sur l’épuisement qui leur nuit.

    Yggdrasil – car c’est son essence – relie les âmes à ÏÄNIMÏÄ
    Et tout l’amour sis dans leurs cœurs monte, s’échange et se ressource.
    Ils n’en ont pas la connaissance, excepté bien sûr Yanimïä
    Qui les suit d’un œil chroniqueur lorsqu’ils retournent à leur source.

    Les rêves des hommes et des femmes sont recueillis comme le fruit
    De leurs pensées les plus secrètes et leurs désirs inassouvis.
    Il ne juge ni les rêves infâmes ni le moteur qui les construit,
    Il ne prend qu’une partie discrète : celle capable de donner la vie.

    Des hommes, il puise la force et des femmes, leur résistance ;
    En retour, il leur établit un vrai sommeil réparateur.
    S’il le faut, ses branches s’efforcent de reconnaître la substance
    De chacun des corps affaiblis, par un courant propagateur.

    Lorsque les couples font l’amour, il absorbe littéralement
    Toute l’énergie sexuelle et la transforme en énergie
    Qui se répand dans le séjour parmi les autres également
    Atteints d’une phase sensuelle qui se connecte en synergie.

    Laurelïne, Loreleï, Lïlïth – les trois piliers du féminin sacré –
    Et Yavänor sont le moteur le plus puissant de la maison.
    Pour Yggdrasil, cela foudroie comme une étoile consacrée
    À s’élever vers des hauteurs où le cœur a toujours raison.

    On croirait que les quatre convulsent – il en est ainsi chaque nuit –
    Laurelïne incendie de son feu, Loreleï inonde de son eau,
    La terre de Lïlïth expulse le moindre artefact qui leur nuit
    Et l’air de Yavänor se veut souffler sur leurs sens virginaux.

    Illustration de Ledalïä.

  • La respiration d’Yggdrasil

    « Nous l’avons toutes entendue !

    Ce n’était ni un appel ni une prière, mais cette vibration secrète qu’une femme reconnaît lorsqu’une autre femme s’apprête à renaître parmi les siennes.

    Amellïä croyait revenir nue devant ÏÄNIMÏÄ ; elle ignorait que son âme avait déjà revêtu la lumière des LLyrïädes. Lorsque nos mains se sont tendues vers elle, nous ne l’avons pas choisie : nous lui avons seulement révélé la huitième place qui l’attendait depuis toujours. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La respiration d’Yggdrasil

    Ô ALLEGÔRÏÄ est un puits formé d’amour énergétique ;
    De chaque chambre naît un courant qu’Yggdrasil la nuit canalise.
    L’arbre-mère alors prend appui sur la dynamique érotique
    Qui émane des couples concourant à l’ardeur qui les catalyse.

    Neuf couples forment une couronne qui incarne la force motrice ;
    Yggdrasil recueille les neuf flux et les réunit tous ensemble
    Dans son tronc qui devient neurone dont la poussée fornicatrice
    Transmute en un puissant influx vers les nues qu’ÏÄNIMÏÄ rassemble.

    C’est comme un spermatozoïde parti vers le divin ovule
    Pour en féconder ÏÄNIMÏÄ qui enfante sa bénédiction
    Qu’elle renvoie par l’humanoïde axione libérant ses valvules
    Centralisées par Yanimïä qui en diffuse son onction.

    Il s’en dégage de beaux rêves qui entretiennent les cerveaux,
    Descendent la moelle épinière pour atteindre toutes les cellules.
    L’onde nourricière est très brève mais leur apporte un renouveau
    Répandant une pépinière de ravissements qui pullulent.

    Les corps subissent une mutation, les muscles deviennent plus fermes,
    Les tissus souples, les sens plus fins et la peau comme de la soie.
    De jour en jour, l’évolution pas à pas arrive à son terme
    Qui d’ailleurs n’est pas une fin mais l’accomplissement en soi.

    Amellïä ressent dans son ventre une poussée d’adrénaline
    Qui la pousse à retourner nue au refuge d’Ô ÏÄNIMÏÄ.
    Elle s’assied, elle se concentre, tandis qu’arrivent Laurelïne,
    Loreleï et Lïlïth soutenues par l’énergie de Yanimïä.

    Car les LLyrïädes ont entendu la huitième voix résonner
    Qui a retenti dans leurs chambres et dans leurs intériorités.
    Alors de leurs mains étendues, elles invitent à arraisonner
    Celle qui devient huitième membre de la sainte sororité.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le huitième lien

    « Son corps le savait avant elle !

    Amellïä croyait subir d’étranges transformations ; elle ignorait que son féminin cherchait seulement à lui révéler la place qui l’attendait parmi nous.

    Cette nuit, nous étions huit femmes nues de toute crainte et de tout jugement. Lorsque nos mains se sont rejointes, Amellïä n’était plus celle que nous accueillions : elle était devenue le huitième lien qui nous unissait toutes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le huitième lien

    Amellïä pleure à chaudes larmes ; la révélation est trop forte ;
    Depuis des jours elle ressentait son corps intime se transformer.
    Des signes avaient sonné l’alarme et l’inquiétaient en quelque sorte…
    Mais elle pensait, elle pressentait un léger trouble à confirmer.

    Ses petits seins comme deux pommes avaient d’abord changé de taille ;
    Son bassin s’était arrondi avec un galbe apprécié.
    Son attirance envers son homme lui donnait un côté canaille ;
    Le garçon manqué rebondi devenait femme différenciée.

    « Depuis des jours je sentais bien des différences dans mon corps ! »
    Sanglote-t-elle. « Moi, attirée uniquement par les records,
    Je réalise soudain combien j’ai besoin, de plus en plus fort,
    D’un homme qui me fasse chavirer par son amour et plus encore ! »

    « Mais j’apprécie ces changements qui me font peur évidemment
    Et j’apprécie votre présence à en tomber presque amoureuse.
    Parfois juste un effleurement me fait rougir intensément ;
    Je me retire aux lieux d’aisance avec des larmes langoureuses. »

    « Eh oui ! » répond Lïlïth. « C’est cela cet amour inconditionnel
    Qui fait de nous des amoureuses envers le féminin sacré !
    Ce sentiment va au-delà des dogmes institutionnels
    Mais nous apporte de savoureuses béatitudes consacrées. »

    Alors Yanimïä les accueille et toutes les huit la rejoindre
    Puis ôter tous leurs vêtements et se rapprocher toutes ensemble.
    On fait silence, on se recueille jusqu’à ce que l’on sente poindre
    Le besoin des attouchements et des caresses qui les rassemblent.

    À l’aube, elles salueront le jour, iront laver leurs corps repus,
    Raviveront leurs souvenirs et riront comme des jeunes filles.
    Elles apprécieront leur séjour jusqu’à ce qu’elles soient interrompues
    Par celle qui doit intervenir : « Allez les filles, on se rhabille ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La neuvième clef

    « Nérätïs était vraiment bizarre lors de notre visite médicale !

    Elle nous a caressées langoureusement et j’ai cru qu’elle allait m’embrasser… Puis Pénélopïä est entrée : Nérätïs a cassé deux ou trois verres, renversé un dossier et s’est mise à trembler.

    STELLÏÄ et moi sommes vite allées prévenir Lïlïth que quelque chose n’allait pas. Pour une fois, c’était notre médecin qu’il fallait soigner ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La neuvième clef

    Elle a souffert toute la nuit d’une douleur indéfinissable ;
    Tout le matin elle a pleuré et jusqu’au soir s’est lamentée.
    Elle ressent un profond ennui, un besoin inassouvissable ;
    Elle sent ce trouble l’affleurer mais sans pouvoir l’argumenter.

    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sont venues la consulter pour leurs grossesses ;
    Elle s’est sentie très attirée à les embrasser sur la bouche.
    Pénélopïä est survenue, ce qui a troublé la princesse
    Mais lui a aussi soutiré une irritabilité louche.

    Une fois seule, elle se teste, elle s’ausculte, elle se tâte ;
    Elle sent monter des tremblements, des vertiges et bien plus encore.
    Elle s’effondre, elle proteste : « Mon Dieu, je deviens psychopathe ! »
    Elle tombe dans un étranglement et pleure toutes les larmes de son corps.

    Les LLyrïädes sont au dispensaire ; elles savent que quelque chose se passe.
    Laurelïne et Loreleï la soulèvent, puis Lïlïth vient à son chevet.
    Lïlïth s’approche en émissaire, la rassure et parle à voix basse :
    « Là, ma fille, ton état relève d’une transmutation achevée ! »

    « Lïlïth, je t’aime ! » dit Nérätïs. « Je le sais ! » lui répond Lïlïth.
    « Tu es en train de découvrir l’amour du Féminin Sacré !
    Tu es arrivée d’Atlantïs et les LLyrïädes sont prosélytes
    Envers celles qui doivent s’ouvrir et se sentent enfin consacrées. »

    « Cela s’est fait petit à petit, tu ne l’as pas senti venir
    Mais depuis Ô ÏÄNIMÏÄ, tout s’est alors accéléré !
    Tu as perdu ton appétit et tu as pensé devenir
    Enceinte comme ÄLLÏÄ et STELLÏÄ mais cela a dégénéré. »

    « Toi qui t’es dévouée pour nous, tu vas devenir à présent
    L’une des nôtres et nous aimer d’un amour inconditionnel.
    Tu sens ton corps qui se dénoue ? L’accord se fait omniprésent
    Et d’un baiser je vais semer l’adoubement traditionnel ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le cercle des neuf

    « Ordre du jour :

    Présentation de deux impétrantes au titre de LLyrïäde.

    Considérant que Geminïä, ambassadrice de Thestïäs, bénéficie déjà de ce titre ;

    Amellïä, représentante de la Terre, et Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs, seront présentées devant le Cercle afin d’y être reconnues respectivement huitième et neuvième LLyrïädes.

    Leur adoubement consacrera l’union de Thestïäs, de la Terre et d’Atlantïs au sein d’une même sororité. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Ô ÏÄNIMÏÄ, temple sacré dont Yanimïä est l’officiante
    Devient sanctuaire sacro-saint où les LLyrïädes se rassemblent.
    Et, en ce jour, sont consacrées deux nouvelles adeptes efficientes
    Dont la transmutation leur ceint le devoir d’adhérer ensemble.

    Amellïä entre par la porte orientale, parrainée
    Par Laurelïne, Loreleï et Lïlïth qui la présentent à l’assemblée :
    « Béni soit le nom que tu portes, aux deux « L » concaténés,
    Qui fait de ton âme l’élite qui mérite de nous ressembler ! »

    Nérätïs entre par la porte occidentale, parrainée
    Par Geminïä, ambassadrice de Thestïäs, qui la reconnaît :
    « Bénie sois-tu, puisque tu portes les deux titres entérinés :
    Princesse ainsi qu’ambassadrice d’Atlantïs, déjà ordonnée ! »

    ÄLLÏÄ pare d’un médaillon les deux LLyrïädes lauréates
    Et chacune prononce le vœu d’union à la sororité
    Dont elles deviennent un maillon par l’investiture adéquate
    Et l’adoubement qui se veut soumis à son autorité.

    Le médaillon porte le sceau orné de ses neuf éléments ;
    Feu, Eau, Terre, Air, Éther, Cristal, Métal, Étoile ailée, Trident.
    L’Étoile ailée dont le faisceau est venu délibérément
    Enfin le Trident sommital comme caducée provident.

    Les neuf LLyrïädes se rassemblent autour d’Yggdrasil, l’arbre-mère,
    Elles-mêmes Reines-Souveräïnes puisqu’elles ont porté un enfant.
    Les deux lauréates ensemble apprennent alors qu’elles seront mères
    Et que leurs grossesses sereines produiront leurs fruits triomphants.

    Les neuf se prennent par la main ; Yanimïä chante l’hymne ascendant :
    « Je vous ai ouvert le passage, par vous le cercle est refermé ! »
    Chacune recevra dès demain le lien d’Yggdrasil descendant
    Au médaillon sous son corsage où brillera le sceau confirmé.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Confidences sur l’oreiller

    « Comme Yanimïä l’avait annoncé, les neuf médaillons se sont illuminés au matin.

    Dans l’intimité, les LLyrïädes en révèlent l’éclat à leurs compagnons, parfois fascinés, parfois perplexes.

    Mais le lien descendant d’Yggdrasil ne les éloigne pas de ceux qu’elles aiment.
    Bien au contraire : il leur révèle combien cet amour est profondément enraciné en elles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences sur l’oreiller

    « Oui… » dit Alinéor ; « en fait, c’est comme une sorte de baptême ! »
    « Si tu veux… » répond Ledalïä ; « mais exclusivement aux femmes ! »
    « Les catéchumènes stupéfaites en ont apprécié le thème
    Et le médaillon que voilà ! » dit-elle en lui montrant sa flamme.

    « Il est non seulement magnifique mais il illumine tes seins ! »
    Remarque-t-il. « C’est Yggdrasil qui l’a béni par ÏÄNIMÏÄ !
    Ce moment fut béatifique et l’adoubement sacro-saint.
    Et, au matin dans notre asile, sa nitescence s’éveilla ! »

    Irénée-le-jeune est pensif : « Pourquoi est-ce interdit aux hommes ? »
    Geminïä répond : « C’est ainsi. C’est inhérent à notre sexe
    Nous avons un lien intensif inscrit dans nos deux chromosomes
    Un gène récessif, aminci, on l’appelle aussi “gène inflexe” ! »

    « Ton médaillon est très joli mais pourquoi s’illumine-t-il ? »
    « C’est le signe distinctif ; l’Étoile sainte d’ÏÄNIMÏÄ !
    Qui ne pourrait être aboli que si je lui devenais hostile
    Mais… Monsieur le méditatif, rassure-toi ! » dit Geminïä.

    « C’est très nouveau cette lumière ! » remarque Yavänor fasciné
    « Il fallait bien que l’on intègre les deux lauréates au baptême ! »
    Répond Lïlïth. « C’est une première ! Tu as raison mais ça nous a enracinées
    Dans ce sentiment très allègre au fond du cœur qui fait qu’on t’aime ! »

    « Oui, c’est vrai ! » précise Laurelïne. « Quand le sceau s’est illuminé,
    J’ai aussitôt pensé à toi comme le besoin de ta présence ! »
    Mais plus qu’un jet d’adrénaline ; un sentiment “subliminé”
    Qui m’a laissé l’esprit pantois et le cœur plein de quintessence ! »

    « Pareil pour moi ! » ajoute Loreleï. « Dès cet instant j’ai eu l’envie
    De faire l’amour intensément et mon cœur en était noyé !
    Et cette envie qui me tenaille me marquera toute ma vie ;
    Nous sommes liés immensément ; ton amour nous a déployées ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Encore des confidences sur l’oreiller

    « Les quatre derniers médaillons ont livré leurs confidences.

    Le mien chantera dimanche avec ORPHÉÔN ;
    celui de STELLÏÄ rappelle Cristïäs au présent ;
    celui de Nérätïs annonce Astérïäne ;
    celui d’Amellïä éclaire déjà un petit homme.
    Ainsi, Yggdrasil ne confirme pas seulement notre appartenance au Cercle.
    Il veille sur les enfants que nous portons et fait de la fête prochaine leur première musique. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Encore des confidences sur l’oreiller

    « Cette petite étoile qui brille… » dit ORPHÉÔN, « c’est chatoyant ! »
    « Il irradie sur mon cristal et me réchauffe en même temps ! »
    Répond ÄLLÏÄ. « Comme il scintille, je sens mon cœur tout flamboyant
    Et je pense à un récital pour lui faire honneur en chantant ! »

    « Dimanche, nous ferons la fête et je veux chanter avec toi
    Tout ce que mon âme ressent, tout ce à quoi mon cœur aspire,
    Tout ce qui me monte à la tête et me rend l’esprit tout pantois
    Mais que je sens très nourrissant pour notre enfant qui s’en inspire ! »

    « Cet éclat est intermittent… » dit Cristïäs, « et change tout le temps ! »
    « Il vibre au rythme du métal de mon tempérament d’acier ! »
    Répond STELLÏÄ en imitant avec ses mains un clignotant ;
    « Et un petit miroir fœtal me le renvoie tout émacié ! »

    « D’ici dimanche, tu as le temps de l’étudier si tu passes
    Beaucoup plus de temps avec moi qu’avec tes téléportations !
    Et d’ailleurs, plus de contretemps ! Je voudrais que tu te dépasses
    Et que tu penses avec émoi à arranger l’habitation ! »

    « Une symphonie de lumière… » dit Valérion, « son et lumière ! »
    « Je l’imagine comme un chœur, tel un chant d’annonciation ! »
    Répond Nérätïs toujours fière d’avoir appris cette première
    Nouvelle qui lui a mis le cœur dans une totale exaltation.

    « Dimanche tu le joueras pour moi… enfin… pour nous précisément…
    Sais-tu qu’elle m’a bouleversée car nous attendons une fille !
    Je l’ai senti avec émoi au moment même, exactement
    Où l’étoile m’a traversé le cœur comme une banderille ! »

    « C’est comme un phare dans la nuit… » dit Altänor, « pour me guider ? »
    « Toi qui n’avais d’yeux que pour moi, te voilà désormais ébloui ! »
    Répond Amellïä. « Et il luit comme s’il était radioguidé
    Par un ange gardien en émoi pour mon cœur tout épanoui ! »

    « Et tu n’as pas besoin d’un phare ; regarde mes seins étonnants !
    Hier, ils étaient comme deux pommes et aujourd’hui bien plus renflés ;
    Et comme pour lancer la fanfare, tout mon corps paraît détonant
    Et je ressens ce petit homme comme un magicien bien gonflé ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Du côté de l’oreiller des Coréens

    « Nos jeunes mariés découvrent peu à peu les coutumes de Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Notre nudité semble troubler davantage Séorïäne que Hyänor… bien que celui-ci s’efforce très maladroitement de prétendre le contraire.

    Mais certains signes préoccupent la jeune femme : un appétit grandissant, des seins douloureux et l’intuition qu’un petit être pourrait déjà les avoir accompagnés dans leur naufrage.

    Nérätïs les attend au dispensaire. Peut-être notre communauté n’était-elle finalement pas aussi complète que nous le pensions… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Du côté de l’oreiller des Coréens

    « Ces gens sont gentils et charmants… » dit Séorïäne, « mais singuliers… »
    « Ils se baladent souvent nus sans que cela ne nuise à qui que ce soit ! »
    « Ils sont… » répond Hyänor, « désarmants et même assez particuliers
    Mais sans aucune “disconvenue” envers leurs femmes toutefois ! »

    « Ils sont toujours des plus courtois et les amies de leurs épouses
    N’éprouvent vraiment aucune gêne… » dit Séorïäne très pantoise.
    « Quand une femme nue me côtoie… » dit Hyänor, « ne sois pas jalouse
    Mais elle est tellement “homogène” que je ne la trouve pas discourtoise ! »

    « Pour la nourriture, rien à dire ! » poursuit-il sur un autre sujet ;
    « Beaucoup de poissons, fruits de mer, essentiellement végétariens ! »
    « Tu as raison ! Rien à redire ! Et ils n’ont aucun préjugé ! »
    Précise-t-elle d’un ton amer. « Mais ne sois pas “libertarien” ! »

    « Pas de souci, je te rassure ! Elles ne sont pas vraiment belles ! »
    Se reprend-il. « Elles m’auraient plu si elles “furent” été coréennes… »
    « Mouais… j’ai bien vu ta “rougissure” lorsque l’une d’elles t’appelle ! »
    Tranche Séorïäne qui ne souhaite plus parler de ces européennes.

    « Mais nous devons nous adapter et je crois qu’ils veulent nous aider !
    Il nous faudra de la patience et… fermer les yeux quand il faut ! »
    Indique-t-elle, pour “impacter”, le doigt levé pour mieux plaider.
    « Bien entendu ! Avec confiance ! » dit-il d’un air tout à fait faux.

    « Allons ! J’ai faim ! Et c’est étrange… depuis quelques jours, l’appétit
    Me fait perdre tous mes moyens et en plus, j’ai très mal aux seins ! »
    Dit-elle en relevant sa frange. « Peut-être que j’attends un petit ?
    Je vais demander aux “citoyens” s’ils “connaîtraient” un médecin… »

    « Ils en ont un ou plutôt une ! Et il y a un dispensaire
    Un peu plus loin dans la chapelle ! » Elle bondit sur le tapis.
    « Alors si l’heure est opportune, c’est tout de suite ! C’est nécessaire ! »
    Dit-elle tandis qu’il lui rappelle qu’il y a des sirènes… bon tant pis !

    Illustration de Ledalïä.

  • Du côté de l’oreiller de la mémoire

    « Chaque matin, Captain Nemo s’éveille avec les derniers fragments d’un rêve que sa mémoire refuse de retenir.

    Pénélopïä tente une autre méthode : puisque son esprit demeure silencieux, elle interroge son corps.

    Ses muscles semblent se souvenir du piano, mais son blouson d’aviateur et l’appareil englouti dans la Manche entretiennent encore le mystère de son ancienne vie.

    En attendant de recoudre son passé, Pénélopïä lui propose une thérapie capable de lui fabriquer d’excellents souvenirs nouveaux… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Du côté de l’oreiller de la mémoire

    « J’ai rêvé de mon ancienne vie… » dit Captain Nemo, « et puis… rien !
    Ça me fait ça tous les matins et ça me donne des maux de tête ! »
    « Je sais que tu en as envie ! » Dit Pénélopïä au terrien
    Nue dans ses beaux draps de satin et comprenant ce qui l’entête.

    « Fais-moi confiance et ça reviendra ! Et te forcer ne résout rien ! »
    « Je le sais bien ! » acquiesce-t-il, « Mais, à la longue, c’est pénible ! »
    « Viens ! Allonge-toi sous les draps, si tu quittes cet air vaurien,
    Je te fais un massage subtil qui est un remède infaillible ! »

    « Ton corps est vraiment magnifique mais tu étais souvent assis ;
    Je le pressens dans tes lombaires et tes fessiers sont ramollis ! »
    « Vraiment ? » fait-il, béatifique. « Mon corps serait un ramassis
    De tous mes souvenirs pubères ? Tu vas aimer à la folie ! »

    « Peut-être plus que tu ne crois, Monsieur le petit libertin !
    D’après tes muscles fléchisseurs, tu pourrais bien être pianiste ! »
    « C’est le sentiment qui s’accroît ; Altänor en est certain ! »
    Répond Nemo, l’air jouisseur sous les mains de la kinésiste.

    « Tes avant-bras sont très toniques et tes épaules tombent en avant !
    Ce sont là des pathologies liées aux gestes professionnels ! »
    Termine-t-elle d’un ton platonique et d’une main sûre dorénavant
    Qui connaît sa morphologie d’un autre usage plus passionnel…

    « Et pourquoi avais-je un blouson d’aviateur personnalisé ?
    Et que faisais-je dans l’avion qui aurait sombré dans la Manche ? »
    « Pour le moment nous recousons ta mémoire pénalisée
    Et même si nous le savions, celle-ci serait peut-être étanche ! »

    « Mais pour tes fessiers ramollis, je connais une thérapie
    Que nous devrions pratiquer un peu plus souvent ! » conclut-elle.
    « Je te vois venir, ma jolie, avec ta psychothérapie !
    Alors allons gymnastiquer et “pratiquer” la bagatelle ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Du côté de l’oreiller des Atlantes

    « Une dépêche officielle d’Atlantïs vient de nous parvenir.

    Sans nouvelles de Nérätïs depuis bientôt une semaine, Leurs Majestés Thétïs et Astérias ont décidé de venir s’assurer personnellement que leur ambassadrice se porte bien.

    Ils arriveront aujourd’hui sur le lac par téléportation, à bord de leur nef royale.

    La dépêche précise qu’ils souhaitent voyager dans la plus grande discrétion…

    Je crains toutefois que nous ne les reconnaissions de loin. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Du côté de l’oreiller des Atlantes

    « Mais réveille-toi donc, Astérias ! » dit Thétïs en le secouant ;
    « Je n’ai toujours pas de nouvelles depuis bientôt une semaine !
    Si Nérätïs paraît coriace avec un cœur amadouant,
    Elle se creuse trop la cervelle avec sa colonie humaine ! »

    « Oui bon… une semaine… ça n’fait à peine… jamais plus que sept jours… »
    Dit Astérias en s’ébrouant ; « Elle ne va sûrement pas tarder… »
    « Oh toi, tu es un portefaix qui, tout au long de son séjour,
    Passe sa vie en rabrouant mais jamais sans trop s’attarder ! »

    « Justement ! » répond Astérias ; « Ma charge est pleine de détails… »
    « Eh bien, dépose-les ici… » tranche Thétïs à bout de nerfs
    « Et lève-toi de ta paillasse et envoie tout un éventail
    De soldats qui bénéficient un peu trop de leur ordinaire ! »

    « Eh bien… le problème chérie… c’est que tous sont en vacances ;
    Les temps de guerre sont révolus et tous les feux sont maîtrisés ! »
    « Eh bien ce sera nous, chéri, face à toutes ces circonstances ;
    Dès que tu seras frais émoulu, partons sans nous éterniser ! »

    « Je vais quérir les Mantisseurs pour notre téléportation
    Combien de temps faut-il compter… un bon jour ou deux, je présume ? »
    « Écoute, Monsieur l’attendrisseur ! Je ne ferai aucune exception
    Sur toute la période escomptée pour y voir clair, je te l’assume ! »

    « Comme tu voudras, je prends un bain et je convoque une patrouille ! »
    Dit Astérias en se levant déconfit et minoritaire.
    « Mets-toi le plus vite au turbin ! Pomponne-toi vite mais grouille ! »
    Lance Thétïs en élevant bien haut un doigt autoritaire.

    Deux heures plus tard, par la Mantisse, les préparatifs vont bon train :
    « Le mieux pour vos deux majestés c’est de voyager en bateau
    Afin que la nef aboutisse bien dans le lac qui est restreint ! »
    Précise l’ingénieur attesté d’un zèle servi sur un plateau.

    Illustration de Ledalïä.

  • Du côté de l’oreiller fantôme

    « Loïrelïndt affirme qu’un courant d’air l’a poussée par mégarde jusque dans la chambre de Constantïne.

    Il feint de la croire ; elle feint d’être désolée.

    Entre une sirène au masculin qui s’obstine à vivre seul et un fantôme au féminin qui ne supporte plus sa solitude, le moindre mur devient heureusement très facile à franchir.

    Ils ne peuvent peut-être pas encore se prendre par le bras…

    Mais certains rapprochements commencent bien avant que les corps se touchent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Du côté de l’oreiller fantôme

    Or ce jour-là, comme il fait nuit, un jeune triton d’au moins cent ans
    Entendant du bruit au grenier, monte en descendant dans la cave.
    Comme aucune lumière ne luit, il sort un cygne – cela s’entend ;
    Faute de canard on prend l’panier à condition qu’il soit concave…

    « Bien dormi, Monsieur Constantïne ? Excusez-moi mais vous ronflez ! »
    Dit Loïrelïndt tirant les rideaux sur le matin ensoleillé.
    « Je rêvais loin de ma routine… Hé mais vous êtes un peu gonflée
    De venir ici rapido pour me tirer de l’oreiller ! »

    « Désolée ! C’est un courant d’air qui m’a fait traverser vos murs ! »
    Dit-elle fantomatiquement, sans credo ni confiteor.
    « Et je me sentais solidaire ! Vos rideaux sentant la saumure
    Avaient besoin dramatiquement d’aller s’aérer au dehors ! »

    « Mouais… pourtant mon intimité n’a pas l’air de vous déranger ! »
    Dit-il d’un ton un peu bourru qui fait le vieux célibataire.
    « Allons ! Pas de fausse timidité ! Nous ne sommes pas des étrangers
    Et nous avons assez couru des chemins tristes et solitaires ! »

    « Bon… bon… puisque vous y tenez… voulez-vous juger mon domaine ?
    Examiner mes corridors, voir si le vent y souffle encore ? »
    « Avec plaisir si vous prenez un ton aimable et plus amène
    Mon beau Monsieur conquistador ! Quant à votre fief, je l’adore ! »

    « Je ne vous prendrai pas le bras, excusez-moi ce mauvais pas
    Je pourrais passer à travers et vous faire sentir ma froideur ! »
    Dit-elle sans avoir l’air ingrat mais en révélant ses appas
    Dont bien des siècles trop pervers n’ont pu effacer les rondeurs…

    Entre un fantôme au féminin et une sirène au masculin,
    Les oxymores se marient chez les morts comme chez les vivants.
    La jeunesse crache son venin, la vieillesse son air vitulin
    Mais loin de se sentir marris, ces deux-là sont bien connivents !

    Illustration de Ledalïä.

  • La consultation

    « Pour rejoindre le dispensaire, Séorïäne a fait un grand détour pour éviter les femmes qui profitaient nues du soleil.
    Je le sais : j’étais l’une d’elles.

    Au retour, le nez sur son échographie et la tête dans les étoiles, elle a failli me marcher dessus.

    Elle venait d’apprendre qu’elle portait le plus petit nudiste de Ô ALLEGÔRÏÄ. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La consultation

    À force d’éviter les nudistes, Séorïäne a fait des détours
    Mais finalement elle découvre la chapelle dont il est question.
    C’est Pénélopïä l’urgentiste qui l’accueille quand vient son tour
    Remplit sa fiche et puis lui ouvre la salle de consultation.

    « Voilà une future maman ! » s’exclame Nérätïs enjouée ;
    « Vous dites ça sans m’ausculter ? » dit Séorïäne stupéfaite ;
    « Ça se voit comme le firmament ! S’il faut vraiment vous l’avouer !
    Maintenant, sans difficulté, une échographie va être faite ! »

    « Voilà… un cœur… deux cœurs… trois cœurs… non, je plaisante pour me détendre…
    Excusez-moi mais en deux jours, j’ai eu tout un lot d’émotions !
    Nous avons un petit vainqueur qui est tout prêt pour se défendre
    Et égayer votre séjour en vous mettant en dévotion ! »

    « Je peux avoir une photo pour la montrer à mon mari ?
    Vous pouvez me dire le sexe ? Je sais que c’est important pour lui ! »
    « Mais non ! Il est beaucoup trop tôt ! D’ici trois mois son gabarit
    Sera soit concave soit convexe et ce sera “celle” ou “celui” ! »

    « Voilà le portrait tout craché de son papa et sa maman ! »
    Dit Nérätïs très fièrement en tendant la photographie.
    « Mais où diable s’est-il caché ? » dit Séorïäne sur le moment ;
    « Ici ! Tout petit mais parfaitement ancré dans votre utérus, à l’abri ! »

    « Rentrez chez vous, reposez-vous ! Dimanche nous aurons une fête ;
    Et c’est parfait pour vous distraire mais pas d’alcool ni d’excitant ! »
    « À quand le prochain rendez-vous ? » demande Séorïäne défaite ;
    « Dans un mois au dispensaire ! » dit-elle en la félicitant.

    Elle n’a rien vu des femmes à poil, ni des sirènes aux seins nus,
    Le nez collé sur la photo, rejoint son mari éconduit.
    Elle rentre la tête dans les étoiles et dit ces cinq mots saugrenus :
    « J’attends un petit diabloteau ! » avant de se pâmer sur lui.

    Illustration de Ledalïä.

  • La confrontation

    « Thétïs venait chercher Nérätïs pour la ramener à Atlantïs.

    Elle l’a trouvée nue, naturiste, amoureuse, installée chez nous et enceinte.

    À chaque révélation, Astérias rajeunissait tandis que son épouse vieillissait.

    Heureusement, le divan était assez large pour recueillir toute sa majesté. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La confrontation

    Alors qu’elle savoure nue la fin d’après-midi d’été,
    Nérätïs entend une voix familière clamer promptement :
    « Ma fille ! Quelle est cette tenue ? N’as-tu aucune intimité ? »
    « Maman et papa ? Quelle joie de vous revoir subitement ! »

    « Serais-tu devenue nudiste ? Où est passée ma fille prude ? »
    Demande Thétïs effrayée la main sur les yeux condamnables.
    « Maman… nous sommes naturistes, c’est devenu une habitude
    Mais nous savons nous habiller quand il faut être convenable ! »

    « Rentrons ! Je suis sans vêtement ! » dit-elle en roulant du derrière
    Sous l’œil amusé de papa mais pas celui de la maman.
    « Parce que tu sors habituellement toute nue comme une roturière ? »
    Dit Thétïs en pressant le pas et en jurant succinctement.

    « Voilà, je suis plus présentable ! Mais quelle surprise exceptionnelle ! »
    Dit Nérätïs d’un air radieux devant sa mère qui l’est bien moins :
    « Mais enfin c’est insupportable ! Une semaine sans nouvelles !
    « Oui… j’ai eu des jours fastidieux… assez éprouvants néanmoins ! »

    « Quand est-ce que tu comptes rentrer ? » demande Thétïs sans détour ;
    « Maman ! C’est ici ma maison ! C’est ici que j’ai trouvé l’amour !
    Ici, je peux me concentrer sur mon travail de tous les jours
    Et être utile en toute saison sans porter tous ces brandebourgs ! »

    « L’amour ? Avec ces hommes nus qui nous ont accueillis au port ? »
    Ânonne une Thétïs outrée ; « Et tes fiancés au palais ? »
    « Maman ! Pour moi ce sont des inconnus et cela n’a aucun rapport !
    Ici, je n’ai pas à m’accoutrer au milieu de ces soupe-au-lait ! »

    « Il me faudra l’éternité pour comprendre ce que tu m’as fait ! »
    Soupire Thétïs en s’effondrant de tout son poids sur un divan.
    « Maman ! Vu ma maternité, rester ici est un bienfait ! »
    Pour Thétïs, c’est abracadabrant et ce voyage, démotivant.

    Illustration de Ledalïä.

  • Du côté de l’oreiller des sirènes

    « Les trois sœurs sirènes ont sauvé trois imprudentes de la noyade.

    Quant aux trois garçons, elles les ont conservés afin d’étudier scientifiquement la masculine beauté.

    Les cobayes ont survécu… mais l’expérience devra être répétée pour confirmer qu’elle était bien divine. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Du côté de l’oreiller des sirènes

    Quand trois sirènes ont fait l’amour dans des délices incestueuses,
    On s’affabule sur l’oreiller sur les garçons hypothétiques…
    Elles les charrient avec humour et des piques irrespectueuses
    Jusqu’à ce que vienne s’éveiller une idée follement érotique…

    « Et si l’on en capturait un ? Un de ces idiots inconscients
    Qui, sans nous, se serait noyé et terminé au croupissoir…
    On profiterait de cet importun pour vérifier son coefficient
    Amoureux et le soudoyer : l’oubli ou le repas du soir ! »

    « Oooh moi, j’adore cette idée ! Et vu la chaleur mémorable,
    On n’a vraiment qu’à se baisser pour en prendre une charibotée !
    Allez, les filles, c’est décidé ! On joint l’utile à l’agréable !
    On va aller s’intéresser à la masculine beauté ! »

    « Ben justement des trois débiles qui ont dragué les demoiselles,
    Tous ont plongé sans vérifier si l’échelle était bien placée…
    Ils crient comme des imbéciles ! Alors… on sauve les pucelles
    Et puis… les trois sacrifiés seront nos cobayes à classer ! »

    « Partons ! Je suis tout excitée car moi, je suis encore pucelle
    Et, ma foi, je suis très curieuse de tester leurs tire-bouchons.
    J’ai beaucoup de perplexité à l’idée qu’on me dépucelle
    Avec leurs saucisses impérieuses à m’en monter le bourrichon ! »

    « Parle pour toi ! Qu’est-ce que tu crois ? Que sur Thestïäs j’ai fait la pute ?
    Je n’connaissais qu’Alinéor qui ne pensait qu’à cuisiner
    Ou faire des poèmes à la noix sans même que cela suppute
    Que ce grand dadais me déflore au moins une fois sans lésiner ! »

    Ainsi fut fait selon les règles ! On sauva les trois imprudentes.
    Quant aux trois idiots, on ne sait pas encore ce qu’il en advint…
    On dit que les sirènes espiègles se sont montrées outrecuidantes
    Mais qu’elles ont pu, avec succès, commenter que c’était divin !

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences dans le berceau

    « On croit que les bébés se taisent parce qu’ils ne savent pas encore parler.

    Pourtant, lorsque je berce Élysäé, Orélion et Laëtïtïa, j’ai parfois l’impression qu’ils commentent entre eux toutes nos absurdités.

    Deux me sourient.

    Le troisième regarde derrière moi comme s’il reconnaissait quelqu’un que je ne peux pas voir. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences dans le berceau

    « Pipi, caca, lolo, dodo, la vie est assez monotone !
    J’avais espéré autre chose que d’être traitée comme une poupée.
    Maman me baigne avec tant d’eau qu’elle me noiera avant l’automne…
    Heureusement je métamorphose ses mamelles de salive coupée ! »

    « Moi, j’aime bien quand elle chantonne et me fait des guilis-guilis !
    Avec mon frère, on lui siphonne un max de lait pour le plaisir !
    Et quand papa la pelotonne et lui tète ses seins avilis,
    Il n’a plus rien et il s’étonne d’être frustré dans son désir ! »

    « Mais j’aime beaucoup être dans mon bain, je me sens devenir poisson !
    Et je sens que ma foufounette est comme une bouche affamée
    Qui cherche son petit alevin pour lui bouffer son hameçon
    Ou agir comme une manette pour en faire du hareng fumé ! »

    « Autant pour moi mais c’est le feu du soleil qui me fait jouir
    Et c’est pareil pour ma zézette qui voudrait absorber le ciel,
    Faire de cet astre ce que je veux mais sans le laisser m’éblouir
    Ou le prendre comme une sucette à l’anis, goût préférentiel ! »

    « J’aime beaucoup les femmes-poissons qui nous câlinent si souvent ;
    J’adore caresser leurs écailles et nager en leur compagnie !
    J’ai même apprécié la moisson de laitance d’un bar émouvant
    Qu’elles m’ont traite avec une paille … ah, mes amis, quelle avanie ! »

    « Moi, j’ai un faible pour la musique des quatre garçons dans le vent
    Qui me font bouger tous les membres et me donnent envie de chanter !
    J’aime surtout l’autre amnésique qui joue du piano en levant
    Les doigts au risque qu’ils se démembrent dans une folie enchantée ! »

    « Parlez, discutez, jacassez ! Je ne dis mot mais ne consens
    Pas à trouver ce drôle de monde amusant plutôt qu’oppressé.
    Or j’en aurais bien eu assez si un fantôme intéressant
    N’était venu une seconde me dire qu’elle me reconnaissait… »

    Illustration de Ledalïä.

  • De l’autre côté de l’oreiller des Atlantes

    « Thétïs avait exigé “tout le temps qu’il faut” pour nous juger.

    Astérias l’a prise au mot : ils resteront tout le temps nécessaire pour intégrer notre famille.

    Pendant la discussion, il a encore rajeuni tandis qu’elle vieillissait à force de résister.

    Je conseille donc à Sa Majesté de s’ouvrir rapidement… sinon Nérätïs devra bientôt soigner sa mère et inscrire son père à la crèche. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    De l’autre côté de l’oreiller des Atlantes

    « Jamais je n’ai été humiliée autant et par ma propre fille ! »
    Se lamente Thétïs en pleurs, inconsolable dans son lit.
    « Nous aurions dû lui concilier un mariage qui lui dessillé
    Le sens royal avec ampleur pour la guérir de sa folie ! »

    « Je ne suis pas d’accord avec toi ; Nérätïs n’était pas heureuse ;
    Je la voyais mélancolique et agir surtout par devoir ! »
    Répond Astérias très courtois devant sa femme valeureuse
    Mais devenue amphibolique par ce qu’elle venait de voir.

    « Mais Elle avait tout ce qu’elle voulait et un rang bien plus qu’honorable ! »
    Plaide Thétïs pour se convaincre que tout cela paraît infâme.
    « Elle avait ce que TU voulais et elle était trop responsable ! »
    Plaide Astérias, non pas pour vaincre, mais pour mieux raisonner sa femme.

    « Mais as-tu vu tous ces gens nus ? Sans la moindre pudeur humaine !
    Et Nérätïs se montrer nue, impudique et sans sourciller ! »
    « J’ai surtout vu des inconnus pleins de respect pour les humaines ;
    J’ai remarqué qu’une femme nue est plus respectée qu’habillée ! »

    « Et tous les princes prétendants pour établir nos alliances ?
    Tous nos projets sont annulés et leur perte est irrémédiable ! »
    « Ils étaient plus ou moins pédants sinon sans la moindre vaillance !
    Et je la voyais acculée à vivre une vie misérable ! »

    « Et toi, ça ne te froisse pas de voir nos plans évanouis
    Et ne plus la voir à portée comme quand elle était gamine ? »
    « Et toi, ça ne te touche pas de voir ta fille épanouie
    Et de la voir ainsi porter un bel enfant qui l’illumine ?

    « Écoute-moi sans m’interrompre ! Tu voulais “tout le temps qu’il faut” ?
    Restons tout le temps nécessaire et intégrons cette “famille”.
    Plus tard, il suffira de rompre avec ces fiancés archifaux
    Qui n’étaient que des adversaires au bonheur que je veux pour ma fille ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Ôphélïä à la rescousse

    « Ôphélïä a encore réussi son numéro : elle n’a noyé personne, seulement quelques préjugés.

    Thétïs y est entrée reine d’Atlantïs, méfiante et bouleversée.

    Après un bain, une tasse de thé et un velouté servis par deux hommes nus parfaitement respectueux, elle en est ressortie mère de Nérätïs… et déjà sensiblement rajeunie.

    Astérias avait donc raison — mais évitons de le lui répéter trop souvent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Ôphélïä à la rescousse

    « Oh maman je suis désolée, j’aurais dû mieux t’y préparer
    Mais tout s’est passé si vite que je n’ai pas réalisé !
    Viens ! Nous allons nous isoler et nous pourrons redémarrer
    Dans un refuge qui invite à mieux nous spiritualiser ! »

    Nérätïs emmène Thétïs pour lui présenter Ôphélïä
    La piscine magique intérieure avec ses discrets porte-flammes.
    Elle lui rappelle Atlantïs et ses lacs bordés de dahlias
    Qui offraient une paix extérieure qui ravissait le cœur et l’âme.

    Et Thétïs toujours sous le choc se laisse conduire par sa fille,
    Accepte de se déshabiller et plonger nue dans la piscine.
    Elle ne dit rien, ce qui évoque son cœur et son corps qui vacillent
    Et Nérätïs sent osciller petit à petit ses racines.

    « Je suis bien ici, je l’avoue ; l’eau est vraiment mon élément
    Et j’aime cette intimité ; je suis quand même assez âgée ! »
    « Je suis ton guide qui se dévoue à te faire aimer posément
    La paix de cette communauté et te la faire partager. »

    Insensiblement elle l’entraîne un peu plus loin dans Ôphélïä
    Et les rejoignent les LLyrïädes dans leur tendre promiscuité.
    Pourtant Thétïs, très souveraine, accepte le salut d’ÄLLÏÄ
    Et apprécie les trois dryades malgré le flot de nudité.

    « Bonjour Madame, voici du thé que je fais pousser sur nos terres ! »
    Dit Alinéor très aimable qui laisse Thétïs interdite.
    « Préférez-vous un velouté ? » propose Yavänor salutaire
    Et Thétïs devient raisonnable devant tous ces corps nus d’élite.

    « Astérias avait donc raison ! Vous êtes plus respectueux
    Avec moi lorsque je suis nue que lorsque je suis arrivée.
    Vous êtes sans comparaison des hommes des plus vertueux !
    Je me sens enfin bienvenue et je m’en trouve ravivée. »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’acceptation

    « Thétïs avait demandé tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.

    Ôphélïä n’a eu besoin que d’une nuit pour noyer ses préjugés, effacer ses rides et lui rendre ses trente printemps.

    Au lever du soleil, elle courait nue vers le lac avec Astérias, lui aussi rajeuni. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’acceptation

    Après cette nuit d’expérience, Thétïs et Nérätïs savourent
    Le soleil levant qui paraît, entièrement nues, toutes les deux
    Mais sans la moindre malveillance envers elles-mêmes par bravoure
    Ni envers le groupe guilleret qui les accompagne, fougueux.

    « C’est comme tout ! Il faut oser et une fois que je suis lancée,
    J’ai l’impression de l’avoir fait depuis des années sans problème.
    Une fois ma honte déposée, la confiance a commencé
    Et j’y trouve même du bienfait en moi sans le moindre dilemme. »

    « Cela se voit sur ton visage, je te trouve bien plus rayonnante ! »
    Dit Nérätïs qui examine de plus près le corps de sa mère.
    « Et je crois même que j’envisage d’être encore plus résiliente ! »
    Dit Thétïs comme une gamine et non comme une quinquagénaire.

    « Tes rides se sont effacées et ta chevelure a blondi ! »
    Dit Nérätïs qui continue et poursuit son auscultation.
    « Mes seins ne sont plus crevassés et mes fesses sont rebondies ! »
    S’étonne Thétïs toute nue et fière de sa constitution.

    « Viens ! J’ai envie d’aller nager ! La dernière est une tortue ! »
    Et Thétïs partir en courant pour profiter de sa lancée.
    Nérätïs voit sa mère âgée mais dans un corps qui s’évertue
    À paraître presque concurrent d’une jeune femme élancée.

    Lorsqu’elle rejoint son mari, elle a du mal à le reconnaître :
    « Tu es splendide ce matin ! Tu as rajeuni de vingt ans ! »
    « Et toi ? Tu t’es vue, ma chérie ? Viens donc te voir à la fenêtre ! »
    Thétïs, sur la vitre sans tain, se voit avec trente printemps.

    « Qu’est-ce qu’il m’arrive, ma chérie ? » demande Thétïs ingénue.
    « Tu es désormais comme nous ! » Ô ALLEGÔRÏÄ fait renaître,
    Ôphélïä est notre égérie et tu peux rester toute nue
    Tout en arborant ton minou sans honte mais fière de l’être. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les trois forces fondatrices

    « Je n’étais pas dans le sanctuaire ce soir-là.
    Pourtant, lorsque les trois forces se sont accordées, mon médaillon s’est illuminé.

    Et quand nous avons fait l’amour, ORPHÉÔN et moi, j’ai bien senti que nous étions trois. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les trois forces fondatrices

    Yavänor trouva Yanimïä qui l’attendait au sanctuaire
    Avec Lïlïth et juste eux trois car ils incarnaient cette amorce
    – Qui avait connu ÏÄNIMÏÄ et sa vérité textuaire –
    Et possédaient ce lien étroit de représenter les trois forces.

    Lïlïth et Yanimïä pourtant auraient dû être solidaires
    Mais elles étaient opposées et ce n’est pas contradictoire
    Car ici le plus important est plutôt que l’on considère
    Que les deux femmes sont imposées comme les deux pôles notoires.

    L’une négative, l’autre positive et peu importe qui est qui
    Car sans la force neutralisante la création n’aura pas lieu.
    Yavänor, force cognitive, est le poète dont les acquis
    Et les amours polarisantes ont été le juste milieu.

    « Toi, Yavänor… » dit Yanimïä, « tu es à la fois fils et père !
    Toi, Lïlïth, tu es à la fois sa mère, son amante et la corde
    Qui a appelé ÏÄNIMÏÄ vers un nouvel ordre prospère
    Et c’est moi qui porte la foi pour que nos trois forces concordent.

    Nous sommes tous les trois positifs et sommes tous les trois négatifs
    Ainsi que neutres également mais lorsque nous nous rencontrons,
    Un mouvement alternatif nous fait tous représentatifs
    Des trois forces intégralement : proton, électron et neutron.

    Je peux être neutre ce soir, Lïlïth peut être négative
    Et Yavänor être positif et changer à chaque seconde.
    Un mouvement de balançoire crée l’impulsion générative
    Au cœur de ce dispositif qui est à l’origine du monde.

    Ainsi nous paraissons instables parce que c’est là notre énergie.
    Je vous ai réunis ce soir car il est temps de le comprendre.
    Et notre amour incontestable devient alors une synergie
    Maintenant veuillez vous asseoir, nous avons beaucoup à apprendre.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les trois forces mémorielles

    « Comme l’œuf de Christophe Colomb, il suffisait d’y penser !

    Yanimïä vient cette nuit de comprendre le mécanisme de l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ.

    Elle vient, entre les lignes, de s’instituer Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ et célébrera désormais ses rituels avec chaque couple habitant Ô ALLEGÔRÏÄ. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les trois forces mémorielles

    « Raconte-nous encore comment l’amour s’est propagé ! »
    Demande Yanimïä qui refait la carte du tendre omnisciente.
    « Au début c’était un roman, la passion était partagée
    Laurelïne et moi, c’était parfait ! » dit Yavänor aux officiantes…

    « Laurelïne a appelé Loreleï car l’amour devenait trop fort
    Et, au cours de nos rituels, Lïlïth est venue aux vivats ! »
    « C’est donc à trois, vaille que vaille, que l’amour devient sémaphore
    Et lance un flux spirituel ! » répond Yanimïä à tout-va.

    « Il y a trois combinaisons : neutron, proton et électron ;
    Neutron, électron et proton ; électron, neutron et proton.
    Et selon leurs déclinaisons le signal alors est si prompt
    Que l’amour émet son “photon” vers ce que nous représentons. »

    « Yavänor-neutron, puis Laurelïne-électron et Loreleï-proton ;
    En faisant l’amour tous ensemble ont créé le même signal.
    Si je prends la place de Laurelïne et Lïlïth celle de l’autre hadron
    Nous verrons bien ce qui ressemble à cet auspice original ! »

    Et commencent les rituels selon les trois combinaisons
    Jusqu’à ce que l’orgasme commun transmette son flux vers le ciel.
    C’est au troisième gestuel qu’ils observent l’illumination :
    Yggdrasil brillant d’un immun rayonnement référentiel.

    « Ainsi nous avons reproduit l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ
    Chaque nuit avec Laurelïne et Loreleï tu l’accomplis.
    Et nous trois avons reconduit exactement la même noria
    Qui, par nos triples adrénalines, l’amplifie et la multiplie ! »

    « Si je convoque chaque couple et joue la force neutralisante,
    Je peux produire à volonté l’énergie de l’ÏÄMÔURÏÄ !
    Et refermant ainsi le trouple, l’énergie anabolisante
    Génère la force escomptée pour bénir Ô ALLEGÔRÏÄ ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les trois forces rituelles

    « Depuis ce jour, Yanimïä a constitué onze trouples à partir des huit couples formés et le tétraèdre Laurelïne-Loreleï-Lïlïth-Yavänor.

    La nuit, on observe ce que nous appelons “la ronde des trouples” car chaque nuit, l’un après l’autre, les trouples prient pour Yggdrasil.

    ORPHÉÔN et moi avons organisé une chorale pour chanter nos cantiques érotiques. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les trois forces rituelles

    Et chaque nuit, à tour de rôle, Yanimïä convoque les couples
    Et leur explique la procédure qui va nourrir l’ÏÄMÔURÏÄ.
    Chacun se soumet au contrôle dont elle compose les trouples
    Et les trois forment la soudure qui bénit Ô ALLEGÔRÏÄ !

    Nommée Grande Fornicatrice, Yanimïä vante sans relâche
    L’honneur du Féminin Sacré qui illumine tout Yggdrasil.
    Avec les neuf adoratrices, les neuf LLyrïädes à la tâche,
    Tous les hommes sont consacrés à œuvrer pour leur saint asile.

    Or depuis longtemps les LLyrïädes maîtrisent pleinement leurs ovaires
    Et ne déclenchent l’ovulation que par leur seule volonté.
    Ceci évite les myriades de beaux bébés surnuméraires
    Qui mettraient la population face à de grosses difficultés.

    La Coréenne Séorïäne puis Thétïs et Pénélopïä
    Ont été assez délicates à convaincre pour le rituel.
    Mais en usant d’un fil d’Ariane que seule connaît Yanimïä
    Elles ont été candidates et leurs maris fort cultuels.

    Avec ses onze trouples possibles, Yanimïä est fort occupée
    Mais elle se nourrit d’énergie, ce qui lui permet de tenir.
    Personne ne reste impassible et tous souhaiteraient usurper
    Le tour des autres en synergie que l’on ne saurait retenir.

    Tous forment une chaîne de prières et parfois avec des cantiques
    Car le trouple ORPHÉÔN-ÄLLÏÄ et Yanimïä fornique en chœur.
    Et les sirènes templières ces nuits-là joignent d’authentiques
    Chants homériens a cappella qui réjouissent tous les cœurs.

    Les transformations se succèdent, les femmes sont de plus en plus belles
    Les hommes de plus en plus habiles à honorer leurs épousées.
    D’ailleurs un changement excède Thétïs, notre ancienne rebelle,
    En train de redevenir nubile alors qu’elle est ménopausée.

    Illustration de Ledalïä.

  • La ronde des trouples

    « À la demande de Yanimïä, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth ont accepté de témoigner sur la ronde des trouples.

    Leurs souvenirs nous ramènent aux premiers rituels érotiques de l’ÏÄMÔURÏÄ, lorsque Yavänor priait encore seul avec le feu et l’eau avant que la terre ne les rejoigne.

    Ce qui n’était alors qu’un tétraèdre amoureux rassemble aujourd’hui vingt officiants au sein de onze trouples dont les flux nourrissent chaque nuit Yggdrasil.

    Le levain a merveilleusement bien travaillé ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La ronde des trouples

    On comprend désormais le rôle de la Grande Fornicatrice
    Car gérer onze trouples ensemble relève d’un doigté divin !
    Mais laissons plutôt la parole à nos LLyrïädes fondatrices
    Dont la communauté ressemble à ce que produit le levain.

    Laurelïne
    « La ronde des trouples me rappelle lorsque nos rituels commencent ;
    Où Yavänor, Loreleï et moi inventons nos premières prières
    Si torrides qu’elles interpellent Lïlïth qui vient et qui s’avance
    Pour joindre son souffle aux émois dont elle complète nos lumières.

    Aujourd’hui, chacun de nos trouples ranime cette ardeur première
    Afin de nourrir Yggdrasil d’une ferveur particulière.
    Nous étions quatre à découvrir l’ÏÄMÔURÏÄ et ses prières ;
    Nous sommes vingt à prolonger cette flamboyante lumière. »

    Loreleï
    « J’ai perçu le feu de Laurelïne embraser nos premiers élans ;
    Couler celui de Yavänor en moi comme une source souveraine.
    Lïlïth sentit l’adrénaline de nos corps comme un océan
    Et vint mêler au bout d’un mois nos vies à sa chair souterraine.

    Si dans la ronde, chaque trouple est une vague qui revient,
    Elle dépose aux pieds d’Yggdrasil l’écume singulière douce-amère.
    Yanimïä guide les flux en double par le plaisir qui lui convient ;
    Onze marées d’un même asile ravitaillent ainsi l’Arbre-Mère. »

    Lïlïth
    « Je vous observais en secret lorsque vous vous êtes accouplés ;
    Votre eau-de-feu s’est raffinée et a ruisselé de lumière.
    J’ai senti ma terre sacrée trembler sous l’appel décuplé
    Et suis venue enraciner toutes vos étreintes premières.

    La ronde des trouples corrobore aujourd’hui notre création ;
    Chaque coït plante un désir dans la chair même de notre histoire.
    Yggdrasil puise dans nos corps la sève de l’illumination
    Et j’y reconnais le plaisir d’un polyamour méritoire. »

    Illustration de Ledalïä.

  • La transformation inattendue de Thétïs

    « Thétïs avait demandé à rester parmi nous tout le temps nécessaire pour comprendre notre manière de vivre.

    Ôphélïä lui a rendu ses trente ans ; Astérias s’est empressé de vérifier si son épouse se souvenait encore de leur nuit de noces et Nérätïs vient de découvrir que sa mère ovule, qu’elle est enceinte et qu’elle se transforme en LLyrïäde.

    La reine d’Atlantïs souhaitait pourtant rentrer rapidement chez elle.
    Et il semble qu’un treizième enfant nous soit promis ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La transformation inattendue de Thétïs

    « Eh bien Maman, tu es enceinte ! » annonce Nérätïs fièrement.
    « Chérie ! Je suis ménopausée ! » réplique Thétïs dignement.
    « À quand remontent vos étreintes avec papa… ou un amant ? »
    « Hier soir et je suis opposée à ce que tu doutes de ta maman ! »

    « Maman, tout cela nous dépasse et je me dois d’en référer
    À nos trois LLyrïädes fondatrices : Lïlïth, Loreleï et puis Laurelïne.
    Suis-moi ! Nous sommes dans une impasse et devons en délibérer
    Avec la Grande Fornicatrice pour cet excès de syncytine ! »

    « Ainsi ma très chère Thétïs, vous ne faites pas que rajeunir
    Mais, de surcroît, vous ovulez ! » s’exclame Lïlïth interdite.
    « Je suis la reine d’Atlantïs et j’étais censée revenir
    Rapidement et vous voulez me faire croire ce que vous dites ? »

    « Je ne cherche pas à vous leurrer mais à comprendre votre état !
    Permettez-moi de vous sonder le corps, le cœur ainsi que l’âme ! »
    « Faites ! » répond Thétïs apeurée par la présence d’un placenta
    Qui lui apporte des ondées de chaleur et nausées infâmes.

    « Laurelïne, Loreleï, faites une chaîne avec nos huit mains reliées
    Et amplifiez le signal que Thétïs devrait nous émettre ! »
    Et tandis que Lïlïth enchaîne toutes les synergies ralliées,
    Elle a un sourire, au final, qu’elle doit aussitôt retransmettre.

    « Tout va très bien chère Thétïs mais nous devrons nous tutoyer ! »
    « Nous tutoyer ? » répond celle-ci ; « Mais… quelle est donc cette bravade ? »
    « Tu vas t’éloigner d’Atlantïs juste le temps de déployer
    Ta personne qui nous remercie en devenant une LLyrïäde ! »

    « Nérätïs est passée par là et va t’expliquer tous les troubles
    Que tu risques de traverser sous l’égide d’Ô ALLEGÔRÏÄ.
    Si hier ta jeunesse s’installa, aujourd’hui ton âme se dédouble
    Pour accomplir la traversée hors de ton corps vers l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le grand cercle des dix flammes

    « Nouvel ordre du jour exceptionnel :

    Présentation de la nouvelle impétrante au titre de LLyrïäde.

    Nérätïs, ambassadrice d’Atlantïs et neuvième LLyrïäde, présentera sa mère devant le Cercle afin qu’elle soit reconnue dixième LLyrïäde.

    Son adoubement renforcera l’union de la Terre et d’Atlantïs au sein d’une même sororité. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Dans le sanctuaire béni où les LLyrïädes se rassemblent,
    Dès ce soir sera consacrée notre dernière adepte en date
    Car sa transformation l’unit à toutes les autres, ensemble,
    Auprès du Féminin Sacré qui la reçoit pour candidate.

    Thétïs, présente dans le chœur, est parrainée par Nérätïs ;
    Puis Laurelïne, Loreleï et Lïlïth l’adoubent devant l’assemblée :
    « Bénie sois-tu, toi dont le cœur, relié depuis Atlantïs,
    A décidé de joindre l’élite qui t’accueille dès ce soir, d’emblée ! »

    Lïlïth pare du médaillon la dixième LLyrïäde lauréate
    Qui prononce son vœu d’union à la sainte sororité
    Dont elle devient dernier maillon par l’investiture adéquate
    Et fait alors sa communion soumise à son autorité.

    Le médaillon dans sa rondeur est un sceau ceint des dix blasons ;
    Les neuf éléments précédents et puis la Perle couronnée.
    La perle née des profondeurs qui est l’enfant en pâmoison
    Et la couronne correspondant à Atlantïs écussonnée.

    Thétïs choisit de prononcer son témoignage personnel
    Où elle avoue sa réticence et, plus tard, son acceptation.
    Elle dit qu’elle va renoncer à son retour prévisionnel
    Pour vivre la réjouissance qu’a donné sa transformation.

    Les dix LLyrïädes se rassemblent autour d’Yggdrasil, l’arbre-mère,
    Elles-mêmes Reines-Souveräïnes puisqu’elles ont porté un enfant
    Car la dernière Lauréate semble être encore une future mère
    Dont la grossesse sûre et sereine produira son fruit triomphant.

    Les dix se prennent par la main ; Yanimïä chante l’hymne ascendant :
    « Je vous ai ouvert le passage, par vous le cercle est refermé ! »
    Thétïs, tu recevras demain le lien d’Yggdrasil descendant
    Au médaillon sous ton corsage où brillera le sceau confirmé.

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • Les premières heures de yangmïä

    « Aux premières heures de yangmïä, tandis qu’Ô ALLEGÔRÏÄ dormait encore, Yavänor et moi sommes restés tendrement enlacés sous les draps.

    Nous devions attendre yalïn pour inaugurer notre première prière avec Yanimïä…
    Mais les pionniers ont toujours quelques heures d’avance sur les cérémonies. »

    Laurelïne, Première Reine-Mère Souveraïne dite ”la pionnière”

    Les premières heures de yangmïä

    Aux premières heures, le monde dort, excepté nous deux dans la nuit,
    Ta tête posée sur mon buste, nos quatre mains entrelacées ;
    Des couples sous la Lune d’or entreprennent leurs bains de minuit ;
    Toi, couchée sur mon corps robuste et moi, sous le tien, enlacés.

    Je te caresse les cheveux et je murmure à ton oreille :
    « Demain nous inaugurerons la première prière de yalïn ;
    Pionnière, c’est bien ce que tu veux et tu le seras sans pareille,
    Toi qui agites ton électron de feu aux teintes hyalines ! »

    « Premier amour au premier jour, ton feu m’a presque brûlé les yeux !
    Heureusement celui du cœur a su comment te reconnaître
    En t’accordant dans ce séjour, ton tout premier rôle ambitieux :
    Soit de faire de moi ton vainqueur et de toi un amour à naître ! »

    « Nous sommes les pièces inséparables du puzzle des amours humaines ;
    Mon évagination convexe dans l’invagination concave.
    Tu as commis l’inénarrable douceur de joindre à notre hymen
    Ta sœur dotée d’une eau connexe et ta mère qui fait son enclave. »

    « Mais je reviens toujours à toi ; même si ta sœur est favorite,
    Même si ta mère est mon Œdipe, tu restes l’interaction forte.
    Si yaleï tu prends l’air pantois et yalïth quand j’honore Lïlïth,
    C’est que nous aimons en équipe, un tétraèdre en quelque sorte. »

    « Oui, je la sens ! » me réponds-tu. « La force invisible qui court
    Sur ta peau, attire mes lèvres et me ramène vers ton cœur !
    Et sur ton organe pointu, j’en sens les petits élans courts
    Qui battent d’amour avec fièvre jusqu’à mon sanctuaire en chœur ! »

    « Et quand nos sexes chantent en chorale la jouissance de l’ÏÄMÔURÏÄ,
    Ta force me serre si fort que je deviens ton prisonnier.
    Et toi ma geôlière vaginale, fondatrice d’Ô ALLEGÔRÏÄ
    Qui me récompense des efforts en m’offrant ton amour pionnier ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le calendrier Allégorien

    « Considérant que douze trouples ne sauraient accomplir leur prière au cours d’une semaine de sept jours, j’institue un calendrier rituel de quatorze jours que nous appellerons semïänes.

    Chaque trouple disposera de sa nuit pour nourrir Yggdrasil.

    Les dimanches yinmïä et yangmïä seront consacrés à la fornication collective durant laquelle, conformément à ma charge, je me reposerai en surveillant les opérations. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

    Le calendrier Allégorien

    Yanimïä
    À Ô ALLEGÔRÏÄ, les semaines durent désormais quatorze jours ;
    Consacrés aux prières humaines, les cérémonies de l’amour.
    Six jours pour les six premiers trouples ; un jour dédié à Yanimïä ;
    Six jours pour les six derniers trouples ; un jour dédié à Yanimïä.

    Lundi devient yalïn, jour de prière pour Yavänor & Laurelïne ;
    Mardi devient yaleï, jour de prière pour Yavänor & Loreleï ;
    Mercredi devient yalïth, jour de prière pour Yavänor & Lïlïth ;
    Jeudi devient alilïä, jour de prière pour Alinéor & Ledalïä ;
    Vendredi devient irenïä, jour de prière pour Irénée-le-jeune & Geminïä ;
    Samedi devient ôrphlïä, jour de prière pour ORPHÉÔN & ÄLLÏÄ ;
    Dimanche devient yinmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.

    Lundi devient cristlïä, jour de prière pour Cristïäs & STELLÏÄ ;
    Mardi devient valtïs, jour de prière pour Valérion & Nérätïs ;
    Mercredi devient asttïs, jour de prière pour Astérias & Thétïs ;
    Jeudi devient altlïä, jour de prière pour Altänor & Amellïä ;
    Vendredi devient nempïä, jour de prière pour Captain Nemo & Pénélopïä ;
    Samedi devient hyärïäne, jour de prière pour Séorïäne & Hyänor ;
    Dimanche devient yangmïä, jour de repos pour Yanimïä et de prière collective.

    Laurelïne
    Deux semïänes forment une Lune où chacun des trouples vient fleurir ;
    Chaque prière devient la fortune que notre Arbre vient recueillir.
    Le calendrier nomme les jours sans en scinder notre unité ;
    Car demeure encore notre amour au-delà des solennités.

    Illustration de Ledalïä.

  • La fête des dix flammes

    « Pour célébrer l’entrée de Thétïs dans le Cercle, les dix LLyrïädes ont allumé chacune une flamme au pied d’Yggdrasil.

    Lorsque leurs lumières se sont rejointes dans ses branches, l’Arbre-Mère a illuminé le lac au point que les riverains nous demanderont certainement quelques explications.

    La cérémonie s’est prolongée par un banquet atlante, notre récital avec ORPHÉÔN et les danses des sirènes avant de s’achever par la première prière collective de yangmïä.

    Yanimïä affirme s’être parfaitement reposée en surveillant les opérations. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La fête des dix flammes

    À nouveau comme tous les dimanches, les hôtes tardent à se lever ;
    Comme toujours à l’accoutumée, Alinéor est le premier.
    Puis, un par un, on se déhanche, on s’étire, on est lessivé
    Et le matin est consumé dans un marasme coutumier.

    Alors les hommes vont à l’ouvrage : tandis que les uns dressent les tables,
    Les autres élèvent une scène devant un parterre de gazon.
    Dans les cuisines, on s’encourage à faire un banquet respectable ;
    Quant aux musiciens, ils enchaînent leurs partitions au diapason.

    Les LLyrïädes sont maîtresses d’œuvre : on prépare la cérémonie ;
    On baptise les catéchumènes sous l’égide de Yanimïä.
    Ensuite, changement de manœuvre dans une parfaite harmonie,
    On fête la fin de semaine en ce tout premier yangmïä.

    Dans la lumière vespérale, tous les couples sont conviés
    À la prière collective dans le sanctuaire béni.
    Dans la nudité générale, les rituels sont sanctifiés
    Lors des étreintes affectives en douze copulations unies.

    Alors Yggdrasil resplendit dans une lumière aveuglante
    Dont les riverains stupéfaits auront à noyer le poisson.
    On regagne la place arrondie où les spécialités atlantes
    Sont proposées sur un buffet à volonté avec boissons.

    Et vient le moment du spectacle avec la crème des musiciens :
    ÄLLÏÄ et ORPHÉÔN, choristes, et puis les sirènes danseuses.
    Le public atteint le pinacle, séduit par le charme helvétien
    De la troupe d’artistes folkloristes et leur euphonie ambianceuse.

    Quand le grand cercle des dix flammes se termine au petit matin,
    Les LLyrïädes regagnent leurs lits pour s’y endormir aussitôt.
    Laurelïne, qui a du vague à l’âme, s’enfonce dans les draps de satin,
    Réveille Yavänor aveuli après les rituels sommitaux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre deux Ariane

    «Cette nuit, deux futures Ariane ont déroulé leurs fils dans la cuisine autour d’une théière.

    Elles ont parlé de leurs maris sans attaches, de leurs différences et des chemins qu’elles pourraient encore emprunter.

    Je n’ai évidemment rien entendu.

    Mais Yggdrasil affirme que le Cercle des dix ferait bien de ne pas s’habituer trop vite à son chiffre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre deux Ariane

    Pénélopïä et Séorïäne échangent leurs premières émotions ;
    Elles ne sont pas encore Llyrïädes sans se sentir prêtes à s’ouvrir.
    Elles sont un peu comme deux Ariane dans un labyrinthe de sensations
    Où chaque couloir ouvre des myriades de nouveautés à découvrir.

    « Je sais l’occident différent mais ici, ça dépasse tout
    Ce que j’aurais imaginé ! » dit Séorïäne sans jérémiades.
    « Pour moi, c’est plus interférent car je reconnais d’autres atouts
    Avec les miens enracinés avec Thestïäs et les Llyrïädes ! »

    Si Nérätïs et Valérion ont réuni leurs destinées
    Ainsi que Cristïäs et STELLÏÄ au sein de la communauté,
    Ils nous montrent que nous devrions accepter d’être les dulcinées
    Qui, parmi tous les aléas, sauront nos hommes chapeauter. »

    « Lorsque j’ai vu Captain Nemo pour la toute première fois,
    J’ai ressenti une attraction malgré l’énorme différence.
    Mais nous avons trouvé les mots et j’ai vu où était ma voie :
    Lui montrer la bonne direction ! » conclut Pénélopïä en transes.

    « Pour moi, c’est un peu similaire ! » avoue Séorïäne à son tour ;
    « Chez nous, Hyänor a constamment ce besoin que je l’encourage
    Quand nos parents nous infligèrent un refus, c’est moi, en retour,
    Qui ai décidé prestement de fuir leur odieux entourage ! »

    « Nos points communs sont nos atouts ! » confirme alors Pénélopïä
    « Et nous pouvons nous épauler comme cette nuit où nous avions
    Une exigence, par-dessus-tout, de chercher dans Ô ALLEGÔRÏÄ
    Une amie à qui dévoiler les soucis que nous soulevions ! »

    « Je suis moi aussi rassurée de t’avoir rencontrée ici ! »
    Dit Séorïäne reconnaissante envers son amie de fortune.
    « Et je pourrai te susurrer, puisque ton cœur bénéficie
    D’une écoute très compatissante, mes propres questions opportunes. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les pêcheurs déracinés

    « Deux techniques de pêche se sont affrontées.
    Hyänor a rapporté une douzaine de poissons et Captain Nemo aucun.

    Mais à les entendre, Nemo pêchait surtout des renseignements sur leurs épouses tandis que Hyänor était plus concentré. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    « Drôle d’idée d’pêcher au harpon ! » dit Captain Nemo, intrigué ;
    « Ne préfères-tu pas une bonne ligne, une canne et un hameçon ? »
    « En Corée tout comme au Japon, nos ancêtres nous ont prodigué
    Qu’un bon pêcheur doit s’montrer digne et humble devant le poisson ! »

    « Comme tu voudras ! Moi, je m’assieds, les pieds nus, au bout du ponton ! »
    « Et moi, j’irai sur le rivage ! » indique Hyänor de la main.
    Tandis que l’un tout émacié avance brandissant son bâton,
    L’autre oublie un temps les ravages d’une mémoire perdue en chemin.

    « Nos femmes ont l’air de s’apprécier ! Elles paraissent inséparables ! »
    Dit le géant noir à sa ligne en fixant un ver au crochet.
    « Les femmes savent s’associer pour joindre l’utile à l’agréable ! »
    Répond Hyänor d’un ton très digne en harponnant un beau brochet.

    « Je me demande ce qu’elles se disent… leurs propos n’ont pas de limite ! »
    Continue le pêcheur bredouille mais en relançant son bouchon.
    « Deux femmes qui parlent ensemble brisent le couvercle d’une marmite ! »
    Répond celui qui se débrouille mieux que son ami ronchon.

    « Elles ont dansé je n’sais combien de fois ensemble à pleine bourre ! »
    Dit Nemo toujours maladroit mais toujours patient malgré tout.
    « Même si la femme danse très bien, elle ne peut danser sans tambour ! »
    Répond Hyänor d’un coup adroit qui fauche deux poissons d’un coup.

    « Pénélopïä ne me dit rien… ta femme t’aurait dit quelque chose ? »
    « La nuit, on dirait qu’elle divague… » avoue Nemo, un peu revêche.
    « Non… Séorïäne ne me dit rien… elle doit réfléchir, je suppose… »
    Tranche le harpon sur la vague, rapportant son trésor de pêche.

    « Je n’ai rien pris ! À mon avis, l’exposition n’est pas très saine ! »
    Conclut Nemo amèrement, rangeant ses lignes d’un air balourd.
    « Alinéor sera ravi ! J’en ai pris une bonne douzaine ! »
    S’exclame Hyänor fièrement en montrant son panier bien lourd.

    Illustration de Ledalïä.

  • Activités du soir, bonsoir !

    « Deux convives manquaient à l’appel lorsque Yggdrasil a illuminé le pays.

    Laurelïne et Yavänor sont revenus peu après, affamés et manifestement rajeunis.

    Yanimïä parle d’un phénomène météorologique.
    Personne ne la croit. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Activités du soir, bonsoir !

    « Bravo ! » s’exclame Alinéor ; « Ce soir, friture de perchettes !
    Demain je ferai tes brochets au four ou bien en court-bouillon !
    Mais fais bien attention Hyänor, la pêche au harpon est sujette
    À une amende et entachée d’un délit pénal, c’est couillon ! »

    « L’emplacement est très discret et les sirènes font le guet ! »
    Rassure Hyänor tout sourire car il connaissait le problème.
    « Alors si ça reste un secret et si les filles restent aux aguets,
    Ça change tout, cela va sans dire ! Pas vu, pas pris, pas de dilemme ! »

    Pas besoin de sonner la cloche, le fumet du soir les appelle
    Et c’est à l’odeur alléchés que les hôtes se lèchent les babines.
    Il n’y a qu’une seule chose qui cloche : deux personnes manquent à l’appel !
    « Où sont donc partis se cacher Yavänor ainsi que Laurelïne ? »

    Sous Yggdrasil dans la chapelle, Yanimïä accueille les pionniers
    Qui vont inaugurer les rites où tous les trouples se concentrent.
    Là, l’officiante leur rappelle la position du “levronier” ;
    Position qui a le mérite de placer Yanimïä au centre.

    Yavänor et Laurelïne entonnent les chants qui doivent être émis
    Tandis que Yanimïä reçoit la bénédiction prodiguée
    Par l’homme qui se pelotonne et par la femme qui gémit
    Ainsi l’arbre-mère perçoit la force dont il est irrigué.

    Un éclair déchire le ciel visible dans tout le pays ;
    « Eh oui ! Le temps est à l’orage ; on dira “c’est un météore !” »
    Dit Yanimïä ; « C’est officiel, Yggdrasil est tout ébahi
    Et pour nous donner du courage, retournons voir Alinéor ! »

    « L’éclair était impressionnant ! » dit Alinéor, préservant
    Leurs parts de friture au poisson qui a enchanté les convives.
    « Record à battre ! » dit rayonnant Yavänor, chevalier servant
    De celle qui lui tend une boisson d’un pétillant qui le ravive.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences compétitives de Loreleï

    « Laurelïne dort encore à poings fermés et Yavänor prétend que l’atmosphère était sereine sous Yggdrasil.
    Je veux bien le croire.

    Mais puisqu’il affirme que nous sommes à égalité, je compte vérifier personnellement ses méthodes de calcul avant yaleï.

    Une sirène jalouse ne réclame aucune médiation.
    Elle sonne le hourvari. »

    Loreleï, favorite et deuxième LLyrïäde

    Confidences compétitives de Loreleï

    « Alors ce soir, c’était comment ? » demande Loreleï excitée ;
    « Quand Laurelïne dort à poings fermés, c’est signe de prodigalité ! »
    « Oui mais c’est une jeune maman… » dit Yavänor en vérité
    Incapable de lui affirmer qu’elles restent à égalité.

    « À d’autres, mon petit mari ! » dit Loreleï insidieusement
    Plus séductrice que jamais et même plus provocatrice.
    « Yanimïä, d’un bon gabarit, t’a formé prodigieusement
    À un niveau qui désormais est digne d’une fornicatrice ! »

    « Ça valait la médaille d’or et elle s’est montrée vraiment digne
    Conforme à ce que tu exiges de moi pour ton plus grand plaisir ! »
    « De la compétition ? J’adore ! Et puisque telle est la consigne,
    Maintenant c’est moi qui dirige ce soir tes ultimes désirs ! »

    « Ne sois pas jalouse, mon amour ! » tente Yavänor, modérateur ;
    « Sous Yggdrasil, c’est différent et l’ambiance était plus sereine… »
    « Je suis sensible à ton humour mais pas à ton ton médiateur !
    Tu me connais ! C’est inhérent à ma nature de sirène ! »

    « La position du “levronier” ressemble beaucoup à nos rites
    Lorsque nous sommes dans notre lit à trouver la bonne position… »
    « Vraiment ? Vous vous abandonniez à effeuiller la marguerite
    Jusqu’à tomber “à la folie” au top de la fornication ? »

    « Oui mais yaleï, tu connaîtras également la même extase,
    Les mêmes transes, les mêmes émois au nom de l’illumination ! »
    « Jamais plus tu ne commettras, au risque de subir l’épectase,
    Toute comparaison avec moi à l’aune de ma domination ! »

    « Tais-toi maintenant ! Il est temps que Loreleï se venge à présent
    Et qu’elle réclame à son mari l’octroi d’amour qui lui est dû !
    Sache que ta favorite attend de toi le membre le plus introduisant
    Pour dépasser le hourvari qu’Yanimïä t’aurait répandu ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences entre novices

    « Cette nuit, Amellïä, Nérätïs et Thétïs se sont retrouvées dans la cuisine autour d’une chandelle.

    Elles ont comparé les vies qu’elles avaient perdues, les rôles qu’elles avaient abandonnés et les miracles auxquels aucune d’elles ne parvient encore à croire.

    Toutes trois se disent égarées.
    Pourtant, aucune ne semble désirer retrouver le chemin du retour. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences entre novices

    « Moi qui suis venue en avion, dès lors je plane et l’apprécie ! »
    Dit Amellïä dans la cuisine, frappée cette nuit d’insomnie.
    « Et cependant nous ne savions pas à quoi nous attendre ici ! »
    Dit Nérätïs à sa voisine, elle-même en pleine hégémonie.

    « Je venais juste te chercher et te ramener au palais… »
    Avoue Thétïs en soupirant ; « J’ai toujours du mal à comprendre ! »
    « Nous devions être trop haut perchées dans la vie qui nous emballait ! »
    Dit Amellïä en espérant trouver quelque chose à apprendre.

    « Médicalement, c’est impossible de rajeunir comme tu le fais ! »
    Précise Nérätïs sûre d’elle ; « Et quant à la télépathie…
    Or vieillir est irréversible et là, je déclare forfait ! »
    Dit-elle en soufflant la chandelle comme pour chasser son apathie.

    « Et de surcroît, je suis enceinte ! Moi, pourtant bien ménopausée,
    Je dois diriger un royaume et vivre ici pour ma grossesse
    Parmi ces femmes soi-disant saintes et qui m’ont métamorphosée
    Pour rajeunir comme mon homme ! » dit Thétïs en pleine détresse.

    « Moi, je reviens d’entre les morts pour avoir péché par orgueil !
    Si jamais j’avais écouté ceux qui me conseillaient d’arrêter,
    J’aurais achevé mon record sans terminer dans un cercueil…
    Jamais je ne me serais doutée… » dit Amellïä très affectée.

    « Moi, j’ai pu échapper au faste d’une existence de princesse ;
    Ici, je ne suis que médecin et l’égale de mes équipières
    Dont la science est la plus vaste de l’univers que je connaisse ! »
    Dit-elle en se massant les seins un peu plus douloureux qu’hier.

    « Nous sommes toutes trois des égarées sans espoir de nous retourner
    Vers le passé qui n’est qu’un rêve parmi d’autres rêves perdus…
    Et complètement séparées, nos anciens rôles ajournés,
    Pourtant heureuses de cette trêve dans ce nouveau monde éperdu. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences royales autant que musicales

    « Alinéor s’énerve !

    Il faut dire qu’entendre les trois copains interpréter à la légère les troubles de leurs compagnes respectives, ça l’a complètement abasourdi.

    Ni une ni deux, il les a promptement renvoyés au chevet de leurs épouses et ne leur permettra jamais de revenir sans elles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences royales autant que musicales

    « Je n’sais ce qu’a fait Amellïä mais pas moyen d’la réveiller ! »
    Dit Altänor à ses amis autour d’un petit-déjeuner.
    « Cependant je sais par ÄLLÏÄ qu’elle aurait très longtemps veillé
    Et parlé en catimini avec deux autres acoquinées… »

    « Pareil pour moi avec Thétïs ! Elle dormait comme une marmotte
    Ce qui est inhabituel ! » glisse Astérias subtilement.
    « Alors qu’au palais d’Atlantïs, au petit jour elle s’escamote
    Pour ses passages rituels dans ses jardins en alignement ! »

    « J’en ai autant pour Nérätïs qui d’habitude est lève-tôt
    Et qui ronflait au petit jour ! » ajoute Valérion à son tour.
    « Amellïä, ma femme et Thétïs ont dû bavarder de facto
    La nuit durant qui se savoure avec du thé et des petits fours ! »

    « À part parler d’aviation, je ne vois pas ce qu’Amellïä
    A pu leur dire la nuit durant ou alors des trucs de nanas… »
    Dit Altänor sans la version de ce qu’aurait pu dire ÄLLÏÄ
    S’il avait été au courant des infos qu’elle lui glana.

    « Sans doute de trucs médicaux pour donner suite aux changements
    Qui les ont rendues un peu folles ces derniers jours, à mon avis… »
    Souligne Valérion illico pour qui les précédents évènements
    Ne sont ni ce dont il raffole, ni les grands moments de sa vie.

    « Sans doute au sujet d’Atlantïs qui est une planète remarquable !
    Amellïä est une femme aventureuse ; elle a voulu en savoir plus
    Et Thétïs ainsi que Nérätïs sont les guides les plus incollables
    Pour une personne un peu curieuse ! » Suppose Astérias mais sans plus…

    « Non mais je rêve, les copains ! » Dit Alinéor stupéfait.
    « Vos nanas ont de vrais problèmes dont elles parlent déjà entre elles
    Et vous venez rompre le pain car, à part ça, tout est parfait !
    Courez résoudre leur dilemme et ne revenez pas sans elles ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences et commérages

    « Après l’invective d’Alinéor, les trois compagnons ont fini par rejoindre leurs épouses et nous avons examiné la situation entre femmes.

    Geminïä comprend Nérätïs,
    Ledalïä compatit avec Thétïs
    et nous partageons toutes l’inquiétude d’Amellïä.

    Quant à Ledalïä, elle estime que son mari est parfait.

    Sur ce dernier point, toute tentative de discussion paraît inutile. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences et commérages

    « Eh bien, dis donc, ça a bardé ! » rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    « Ils se sont montrés maladroits ! » dit Geminïä, plus invective ;
    « On aurait dit des attardés ! » critique vertement Ledalïä
    Après les avoir poussés droit vers leurs épouses respectives.

    « Cette nuit, je les ai entendues ! » confie ÄLLÏÄ à ses amies ;
    « En fait, elles sont déboussolées mais savent qu’il leur faut avancer ;
    Amellïä est un peu perdue, Nérätïs en plein tsunami
    Et Thétïs est si désolée de savoir qu’elle doit renoncer ! »

    « Je comprends très bien Nérätïs ! » dit Geminïä compatissante ;
    « Les transformations de leurs corps lui semblent trop extraordinaires
    Pour la science d’Atlantïs et voir sa maman ravissante
    Comme à trente ans – ou moins encore – relève de l’imaginaire ! »

    « Je compatis avec Thétïs ! » dit Ledalïä plus pragmatique ;
    « Elle dirige son royaume sur la planète qui l’a vue naître
    Et la voilà loin d’Atlantïs, plongée dans une problématique
    Maintenant qu’elle attend un môme qu’elle ne peut faire reconnaître… »

    « Et ces lourdauds de lève-tard qui ne voient même pas le travail
    Qu’elles accomplissent tous les matins quand ces messieurs vont à la pêche !
    Et aucun de ces trois vantards n’a éprouvé, vaille que vaille,
    Le moindre doute samaritain pour leurs épouses sur la brèche ! »

    « Mais concernant Alinéor, je tire mon chapeau à sa verve !
    Il n’est pas seulement un poète doublé d’un cuisinier hors pair
    Mais un censeur, un météore qui ne reste pas sur sa réserve ! »
    Dit Ledalïä d’une voix fluette, admirative envers l’expert.

    « Oui, Ledalïä, il est parfait, ton chouchou de mari adoré !
    Si nos trois garçons malhabiles pouvaient en prendre de la graine,
    Nous serions tous bien satisfaits de les voir plus collaborer !
    Mais en musique ils sont habiles et leur enthousiasme nous entraîne ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences familiales

    « Après les deux premières prières de l’échéancier, j’ai interrogé Laurelïne et Loreleï sur les aptitudes de leurs partenaires.

    Leurs explications furent précises, démonstratives et parfois comparatives.

    Je confirme que Yanimïä maîtrise parfaitement sa fonction de Grande Fornicatrice.

    J’attendrai néanmoins yalïth pour procéder moi-même aux vérifications nécessaires. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Confidences familiales

    « Alors mes filles ? Comment se passe cet échéancier de prières ? »
    Demande Lïlïth, très curieuse de l’apprendre de bonne source.
    « Est-ce que Yanimïä se dépasse ? J’ai aperçu les deux lumières
    D’Yggdrasil assez impérieuses ; vous avez eu de la ressource ! »

    « Pour moi c’est comme d’habitude : j’adore les cunnilingus
    Et Yanimïä les exécute avec un vrai doigté divin.
    Yavänor, lui, a l’attitude de quelqu’un qui baise Vénus
    Et l’énergie se répercute dans tout l’Arbre-Mère sylvain ! »

    Enfin Laurelïne de poursuivre : « Au début c’est presque pareil.
    Ensuite Yanimïä redouble d’énergie transmise en arrière
    Évidemment il va s’ensuivre des cris qui montent à mon oreille
    Jusqu’au triple orgasme du trouple qui me foudroie dans le derrière ! »

    « J’ai désiré être au milieu… » avoue Loreleï, embarrassée ;
    « Mais Yanimïä, catégorique en tant que Grande Fornicatrice,
    S’impose en maîtresse des lieux et m’a totalement harassée
    Mais sa langue fantasmagorique s’est montrée revendicatrice ! »

    « Laurelïne a beaucoup de doigté et une langue très habile
    Mais Yanimïä possède un membre presque viril et énergique.
    Elle sait bien comment l’emboîter dans mon organe qui jubile
    Jusqu’à l’extase qui me cambre vers l’orgasme en toute logique ! »

    « Merci pour la comparaison ! » repartie Laurelïne, offusquée ;
    « Sa langue est peut-être un peu forte mais la mienne a su t’arracher
    Des cris à perdre la raison qui ont su aller débusquer
    Le plus grand orgasme qui porte mon “doigté” perso tout craché ! »

    « Oh oui, je vois ! » conclut Lïlïth ; « Merci pour cette exactitude !
    J’ai presque envie d’aller prier avec vous trois, séance tenante,
    Pour en dépasser mes limites et contrôler mes aptitudes
    Mais ce serait inapproprié et j’attendrai l’heure sonnante ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences électriques

    « Dissimulée derrière un aulne, j’ai assisté aux confidences de Cristïäs et Irénée-le-jeune.

    Irénée attribuait ses démangeaisons à des moustiques particulièrement discrets.

    Cristïäs attribuait les poissons flottant le ventre à l’air à la pluie de la veille.

    Les poissons n’ont contredit ni l’un ni l’autre.

    Je confirme néanmoins qu’aucun harpon n’a été utilisé. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences électriques

    « Pas de Hyänor ni de harpon ! Nous n’aurons pas à avoir honte
    Comme ce pauvre Captain Nemo ridiculisé avant-hier ! »
    Plaisante Irénée, l’air fripon, à Cristïäs tandis qu’ils remontent
    Vers le ponton sous les rameaux ombragés de l’aulnaie côtière.

    Cristïäs installe son appareil : une canne à pêche électrique
    Avec objectif de visée, sonar et électrodes en place.
    Irénée n’a pas son pareil pour ses études bathymétriques
    Sur la profondeur avisée parmi les bancs qui se déplacent.

    « Geminïä m’a un peu appris les transformations des novices
    Mais j’ai plutôt eu l’impression qu’elle voulait noyer le poisson ! »
    Dit Irénée, assez surpris de subir des micro-sévices
    Qui le mettent un peu sous pression… peut-être dus à l’hameçon…

    « STELLÏÄ est un peu plus bavarde mais elle n’est pas scientifique ;
    Faire la part du vrai et du faux s’avère assez aléatoire. »
    Répond Cristïäs, qui se hasarde à rendre un peu plus spécifique
    L’ampérage plus qu’il n’en faut afin d’remporter la victoire.

    « Geminïä est trop diplomate ; je crois qu’elle ne veut pas me dire
    Tout ce qui touche au grand secret de leur ordre assez mystérieux ! »
    Dit Irénée qui s’acclimate comme il peut mais voudrait maudire
    Ces moustiques pas très indiscrets et au prurit assez curieux…

    « STELLÏÄ m’a parlé de problèmes d’adaptation à notre groupe
    Mais qu’elles s’adaptent bon gré mal gré et que tout se remet à l’endroit ! »
    Répond Cristïäs en plein dilemme devant les vagues qui se regroupent
    En triangles dont les degrés forment ensemble des angles droits…

    « Je vais rentrer, je ne tiens plus ! Je fais sûrement une allergie !
    Tiens ? C’est normal tous ces poissons le ventre à l’air ! Ils sont tous morts ? »
    « Je crois qu’hier, il a bien plu ! » répond Cristïäs dont l’énergie
    De la batterie, sans façon, vient de les griller sans remords.

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences harmoniques

    « ORPHÉÔN et Valérion répétaient lorsqu’une simple vocalise s’est transformée en conversation privée.

    Valérion a respecté avec une remarquable prudence le pacte qui l’unit à Nérätïs.

    ORPHÉÔN, pour sa part, a décrit mes capacités vocales et certaines habitudes plus intimes avec une précision dont personne ne lui avait demandé de faire la démonstration.
    Je lui ai rappelé que la discrétion participe également à l’harmonie d’un couple.
    Il a promis de tenir sa langue.

    Pour un chanteur, l’effort mérite d’être salué. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences harmoniques

    « … Do Ré Mi Fa Sol La Si Do ! » vocalise ORPHÉÔN, ravi ;
    « Sept octaves mais… c’est formidable ! » dit Valérion, presque incollable ;
    « ÄLLÏÄ en a huit crescendo mais sur les basses, elle dévie ;
    Elle manque de puissance applicable mais pour les aiguës, imbattable ! »

    « Quand on fait l’amour, c’est gênant… mais bon, les murs sont assez denses !
    Après, elle est bien plus loquace ! » dit ORPHÉÔN méditatif.
    « Elle est sujette – morigénant l’indiscrétion – aux confidences
    Si mon tact demeure efficace… mais ça reste approximatif ! »

    « Nérätïs ne parle jamais de ses moindres activités ;
    Notre pacte est de déposer nos vies à la porte d’entrée ! »
    Dit Valérion. « Et maintenant qu’elle est LLyrïäde plébiscitée,
    La discrétion est imposée pourtant je n’en suis pas outré. »

    « Elle est partout, elle voit tout, elle entend tout et note tout ! »
    Précise ORPHÉÔN étonné ; « on dirait qu’elle est archiviste !
    Mais pas moyen d’en voir un bout ; elle reste discrète et surtout
    Secrète autant que cantonnée à son devoir stakhanoviste ! »

    « Nous nous retrouvons pour passer nos meilleures heures ensemble
    Et Nérätïs sait animer nos soirées de belles prouesses.
    Aucun ne va outrepasser la relation qui nous rassemble
    Et cela nous a arrimés sans autre forme de promesses ! »

    « Mais si ce que tu dis est vrai, alors ton ÄLLÏÄ, maintenant,
    Doit savoir que tu parles d’elle ! » avertit Valérion, prudent.
    « C’est vrai et c’est ce qui m’effraie ! C’est comme un danger imminent ! »
    Polémique ORPHÉÔN, fidèle à son caractère imprudent.

    « Mais tant que tu tiendras ta langue, tu n’auras alors rien à craindre ! »
    Pique ÄLLÏÄ, sortie brusquement du coin qu’elle s’était ménagé.
    « La réserve dont je te harangue, c’est de devoir pouvoir t’astreindre
    À garder hermétiquement notre intimité partagée. »

    Illustration de Ledalïä.

  • Aux premières heures d’alilïä

    « La prière de yalïth fut aussi intense que délicieuse.

    Elle m’a cependant laissée dans un état de frustration que mes filles, habituées à échanger leurs positions, savent transformer en excitation.

    J’ai donc réveillé Yavänor afin de vérifier si cet effet secondaire avait été prévu par Yanimïä.

    Il l’était manifestement. »

    Lïlïth, matriarche et troisième LLyrïäde

    Aux premières heures d’alilïä

    « Excuse-moi si je te réveille mais j’en avais vraiment envie ! »
    Avoue Lïlïth à Yavänor en train d’émerger de ses rêves.
    « J’étais au pays des merveilles… » dit-il, « et nous avions suivi
    L’invitation qui nous honore auprès d’Yggdrasil sur la grève… »

    « Oui ! Moi aussi ça me tourmente ! Si notre prière était forte
    Elle me laisse une frustration qui m’obsède ! » réplique Lïlïth.
    « Yanimïä est une bonne amante mais le problème en quelque sorte
    C’est cette étrange pénétration indirecte autant qu’insolite ! »

    « Exactement ! » rétorque-t-elle. « Et mes filles… que t’ont-elles dit ? »
    « Depuis longtemps nous pratiquons ensemble cette position
    Et leur satisfaction est telle que c’est pour elles le paradis ! »
    Dit-il le visage rubicond d’avouer leurs prédispositions.

    « J’avais oublié ces vicieuses et vos rites avant que j’arrive ! »
    Admet Lïlïth ; « Leur frustration est compensée par leur échange !
    Ainsi cette prière délicieuse qui met mon cœur à la dérive
    M’incite alors, par réaction, à cette envie qui me démange ! »

    « Tu n’as pas à te justifier car j’ai moi-même été frustré
    Pour la même raison que toi et je pensais à te le dire !
    Mais j’étais tant quantifié que ma vitalité prostrée
    M’a épuisé bien malgré moi ! » répond-il sans la contredire.

    Sans dire un mot, Lïlïth s’installe à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    L’amante redevient vestale ranimant le feu millénaire
    De son Yavänor dans la chambre de la passion des deux amants.

    « Je crois cet effet secondaire organisé par Yanimïä
    Comme un effet excitateur pour relancer la libido.
    Le couple reste plus solidaire. Si Ledalïä et Geminïä
    Subissent cet amplificateur, ça fera tomber le rideau ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences culinaires

    «
    Alinéor a réuni Lïlïth, Ledalïä et Yavänor afin de leur exposer les difficultés croissantes de son service.

    Nos deux amis coréens se sont portés volontaires pour l’assister en attendant de découvrir leurs véritables spécialités.
    Lïlïth a tellement apprécié cette initiative qu’elle a décidé de l’étendre à toute la communauté après consultation de Nérätïs et Yanimïä.

    J’étais entrée dans la cuisine à la dérobée pour y chiper une pâtisserie ; j’en suis ressortie avec la perspective d’une nouvelle fiche de fonction. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences culinaires

    Lïlïth, Ledalïä, Yavänor et Alinéor se retrouvent
    À l’invite de ce dernier qui a demandé leur concours.
    « Merci ! Votre présence m’honore ! Il faut vous dire que j’éprouve,
    Dans mon service routinier, du mal à gérer mon encours.

    « Les bouches à nourrir sont nombreuses et ont tendance à augmenter ;
    Je ne m’en plains pas cependant car la communauté prospère !
    Ce n’est pas qu’elle soit onéreuse mais ma besogne est tourmentée
    Et j’ai besoin de répondant et que d’autres gens coopèrent. »

    « Alors j’ai pris l’initiative de demander autour de moi
    Et nos deux amis coréens ont choisi d’être bénévoles
    Puis ils auront l’alternative de mieux servir sous notre toit
    Et comme je suis épicurien, je leur confie mes casseroles ! »

    « Alors on va manger chinois ? » demande Yavänor prudemment !
    « Coréen ! Et la variété est excellente pour la santé ! »
    Dit Alinéor dont le minois impudemment
    Sourit à la contrariété semée pour avoir plaisanté.

    « D’abord ils apprendront à mes côtés et s’ils ont des spécialités
    À proposer je suis preneur d’autres conseils plus perspicaces.
    Au vu de la charibotée d’enfants qui veulent s’inviter
    Il nous faudra quinze harponneurs ou de la main-d’œuvre efficace ! »

    « Non seulement tu as raison mais ton initiative t’encense ! »
    Lui dit Lïlïth reconnaissante qu’il y ait plus de gens pragmatiques.
    « Et tu peux gérer ta maison sans qu’il y ait de réticence ;
    Ton idée est intéressante pour toutes les tâches pratiques ! »

    « Avec Yavänor, nous irons voir Nérätïs et Yanimïä
    Pour évaluer leurs exigences dans tous les secteurs désignés
    Et tous ses membres fourniront leur aide à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Car il faut faire diligence comme le dit notre cuisinier ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences médicales

    « Séorïäne et Hyänor se sont coupés dès leur premier jour aux cuisines.

    Pénélopïä a nettoyé leurs plaies avant d’être promue interne de Nérätïs et d’apprendre qu’elle était enceinte.

    Elle a enfin réussi à tutoyer son ancienne reine puis lui a spontanément avoué qu’elle l’aimait.

    Nérätïs a pris note de ce dernier symptôme. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Confidences médicales

    « Bonjour votre altesse ! Aujourd’hui deux personnes attendent ! »
    Dit Pénélopïä désignant les deux Coréens tout patauds.
    « Pénélopïä je reproduis tous les jours la même demande :
    Tutoyons-nous car maintenant nous sommes dans le même bateau ! »

    « Si vous voulez… heu… si… TU… veux ! Les Coréens se sont coupés
    Avec les couteaux de cuisine. Je leur ai nettoyé les plaies.
    Mais pour leurs vaccins si… TU… peux vérifier et t’en occuper…
    J’ai fait les analyses d’urine et prise de sang, s’il… TE plaît. »

    « Le vaccin antitétanique ! Bien entendu Pénélopïä.
    Au fait, tu n’es plus “assistante” mais mon interne dès à présent !
    Depuis nos années de clinique, ton statut à Ô ALLEGÔRÏÄ
    Passe du titre “méritante” à mon bras droit omniprésent ! »

    « Tu sais, Nérätïs, je peux dire que je suis heureuse d’être ici
    Et je te remercie d’avoir souhaité ma présence avec toi ! »
    Dit Pénélopïä sans prédire qu’un autre changement s’instancie
    Que Nérätïs semble devoir avoir deviné, l’air courtois.

    « Nous vivons l’expérience humaine la plus importante de ma vie
    Et tu es la seule en qui je place une confiance inébranlable.
    D’ailleurs depuis une semaine, tu es enceinte, mon amie !
    Nemo apparemment remplace ses troubles par une vie agréable… »

    « Tu sais que j’ai failli te dire que ce n’est pas professionnel
    Mais nous devons nous épauler et Nemo est très bien pour toi !
    Je te vois beaucoup plus sourire et ton diagnostic rationnel
    S’est beaucoup plus extrapolé depuis que tu vis sous son toit. »

    « C’est moi qui dois te remercier pour ta fidélité sereine,
    Pour l’amour que tu nous as mis au bloc et le cœur à l’ouvrage ! »
    « Je t’ai toujours appréciée ! » dit Pénélopïä à sa reine
    « Et maintenant qu’on est amies, je t’en aime bien davantage ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Confidences illustrées

    « Ledalïä et Geminïä avaient demandé un pique-nique en tout petit comité.

    Je me suis donc dissimulée derrière Yggdrasil afin de veiller discrètement au respect de leur intimité.

    Elles ont mêlé leurs rêves, uni leurs talents puis scellé d’un baiser leur pacte d’art nouveau.

    Pendant ce temps, Alinéor et Irénée contemplaient leurs épouses et un écureuil pillait le déjeuner. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Par une journée ensoleillée, Alinéor et Irénée
    Organisèrent un pique-nique mais en tout petit comité.
    Or Ledalïä émerveillée et Geminïä illuminée
    Profitèrent de l’instant unique pour parler en intimité.

    « Tes sublimes illustrations ornent la plupart de nos pages, »
    Dit Geminïä de but en blanc, d’une complice autorité.
    « Mais j’en ressens une frustration. Ne pourrais-je offrir mes images
    Et nous unir sans faux-semblant au nom de notre sororité ? »

    « Voilà longtemps que j’espérais que tu me proposes tes beaux rêves ! »
    Répond Ledalïä tout sourire en lui offrant ce geste humain :
    « Mêlons désormais nos portraits afin que chacune parachève,
    De ses pleurs comme de ses rires, le livre éclos à quatre mains ! »

    « Je suis comblée par ta promesse pour notre belle complicité,
    Atteignant la douce fusion au grand climax de la splendeur !
    Mon âme vibre d’allégresse, scellant notre fraternité,
    Partageant la même vision pour en révéler la grandeur ! »

    « Alors, peignons dès aujourd’hui nos souvenirs les plus intimes ! »
    Propose Ledalïä, ravie, en contemplant leurs deux époux.
    « Nous leur offrirons le produit de nos arts aussi légitime
    Que celui de leurs cœurs assouvis qui nous accélèrent le pouls. »

    « J’accepte donc avec ardeur cette invitation au partage,
    Mêlant mes teintes avec plaisir dans une si douce tendresse.
    Pour nos époux ambassadeurs, nous forgerons ce bel ouvrage
    Et le bouquet de nos désirs se dévoilera dans l’allégresse ! »

    En s’embrassant, les deux complices forment un pacte d’art nouveau ;
    Désormais leurs cœurs seront nus à l’écoute de nos épopées.
    Ainsi les deux illustratrices mettront leurs talents à niveau
    Pour une peinture obtenue des deux génies télescopés.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences pudiques

    « J’ai cru devoir abandonner ma pudeur.
    Yanimïä m’a appris qu’elle ne dépendait ni de mes vêtements ni des fenêtres fermées.

    Alors je les ai ouvertes.
    Alinéor a compris le reste. »

    Ledalïä, Archiviste et Illustratrice

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    Ledalïä paraît consternée et se confie à Alinéor :
    « Je ne m’attendais pas du tout à pratiquer l’amour à trois !
    Cela a profondément gêné mes crédos, mes confiteor
    Et mon intimité ! » avoue-t-elle d’un air maladroit.

    « Être nue devant Yanimïä ! Un cunnilingus imposé !
    Et toi en train de la bourrer ! J’avais trop envie de pleurer.
    Et voir la prude Ledalïä impudiquement exposée !
    Mon orgueil ainsi labouré et toutes mes illusions leurrées ! »

    « Oui ! J’ai pleuré à chaudes larmes ! Oui ! Je me suis sentie humiliée !
    Mais Yanimïä m’a rassurée ; elle m’a parlé dans ma tête ;
    Elle m’a dit de baisser mes armes, le cœur et le corps ralliés
    Ainsi je réévaluerais le vrai sens de cette requête ! »

    « Alors j’ai écouté mon corps mais j’ai eu honte du plaisir ;
    Alors j’ai écouté mon cœur et me suis laissé attendrir ;
    Alors j’ai senti cet accord sis entre prière et désir
    Et je vous ai sentis en chœur et nos orgasmes retentir. »

    « Si ma pudeur demeure intacte, la nudité n’est plus taboue
    Et j’ai bien aimé rentrer nue même devant nos compagnons
    Dont l’attitude respectable était, de plus, je vous l’avoue,
    D’une courtoisie soutenue ainsi qu’un charme très mignon ! »

    « Pourtant je reste un peu jalouse de savoir Yanimïä baisée
    Par ton phallus qui m’appartient et que je ne peux partager.
    Et me faire lécher la pelouse ne m’a pas vraiment apaisée
    Et je pense que tu détiens le remède pour me soulager ! »

    Sans dire un mot, Ledalïä monte à cheval sur son partenaire
    Qui se cambre de tous ses membres, dont un particulièrement.
    Et enfin Ledalïä surmonte toute pudeur réactionnaire
    En faisant l’amour dans la chambre, fenêtres ouvertes au firmament.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences artistiques et fécondes

    « Pour une fois, je n’ai rien fait.

    Ledalïä et Geminïä ont mêlé leurs corps, leurs cœurs et leurs couleurs jusqu’à féconder Yggdrasil.

    J’ai seulement peint ce que j’ai vu et ajouté l’Insémination poétique à quatre mains au calendrier.

    Il fallait bien que quelqu’un tienne le pinceau. »

    Yanimïä, Grande Fornicatrice de l’ÏÄMÔURÏÄ

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    Ce n’est pas la première fois qu’elles travaillent de concert
    Mais aujourd’hui elles innovent ; aujourd’hui est un nouveau jour.
    L’amour du corps – c’est là leur choix. Dans l’intimité nécessaire
    De l’atelier qu’elles rénovent, elles vont peindre par amour.

    Et Ledalïä fait tomber le voile de sa pudeur et s’offre nue
    À Geminïä qui fait de même pour l’insémination graphique.
    Elles s’embrassent, ce qui dévoile une lumière soutenue
    Entre leurs corps qui disent « je t’aime » pour l’art nouveau honorifique !

    Bien sûr, Yanimïä est présente mais juste en tant qu’observatrice
    Et réalise une aquarelle des illustratrices amoureuses
    Dont les couleurs électrisantes émeuvent la Fornicatrice
    Et deviendront surnaturelles sur la peinture langoureuse.

    D’ailleurs elles ont presque imposé un calendrier adapté
    À leurs créations artistiques, le corps, le cœur et l’âme nus.
    L’ordre du jour est proposé par une formule adoptée :
    « L’Insémination poétique à quatre mains » est au menu.

    Yggdrasil répond aussitôt et se recouvre de leurs couleurs ;
    Tout Ô ALLEGÔRÏÄ se teinte du lapis bleu, du rouge et or !
    On n’avait pas vu de sitôt pareil accouchement sans douleur
    De grâce immaculée empreinte de la beauté du météore !

    Les aréoles de leurs seins deviennent alors les quatre lunes
    Et leurs yeux des milliers d’étoiles au regard illuminateur.
    L’amour se répand à dessein guidant chacun vers sa chacune
    Et tout le monde se dévoile d’un même geste imitateur.

    Et c’est la peinture orgasmique ! Leurs deux corps nus alors s’étreignent ;
    L’art nouveau est un arc-en-ciel qui grave son incrustation.
    L’amour devient ectoplasmique, une substance qui s’imprègne
    De l’ÏÄMÔURÏÄ au potentiel décuplé par l’illustration.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences cristallines et métalliques

    « STELLÏÄ affirme que tous les chemins conduisent quelque part, à condition d’en essayer suffisamment.

    Je continue de croire qu’il n’existe qu’un chemin qui nous attend.

    Nous avons rapproché les berceaux.
    Papa-maman se sont aussitôt rendormis l’un contre l’autre.
    Je ne sais toujours pas si c’est de l’empathie, de l’amour ou de la prédestination.
    Mais je n’ai plus envie de les séparer pour vérifier. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Papa-maman dans leur berceau ; deux petits bébés trop cocasses ! »
    Dit ÄLLÏÄ, leur donnant le bain, à sa sœur dans la nurserie
    « En plaçant les lits transversaux, ça leur fait un plus grand espace ! »
    Répond STELLÏÄ en plein turbin d’aménagement de literie.

    « Tu crois qu’il faut les mettre ensemble ? Ils sont encore si petits ! »
    Dit ÄLLÏÄ jouant avec eux laissant sa sœur à ses corvées.
    « Loreleï m’a dit que ça lui semble une bonne idée, vu l’empathie
    Qu’ils montrent car ils sont heureux, l’un contre l’autre, toujours lovés ! »

    « Oui mais on dirait qu’on les mène vers un mariage organisé ! »
    Fait ÄLLÏÄ, mi-figue, mi-raisin, à sa sœur devant la fenêtre.
    « Lïlïth m’a dit cette semaine que leurs âmes sont focalisées
    Et qu’il faudrait être zinzin pour ne pas les faire se connaître ! »

    « N’empêche ! Si on m’avait placée à côté d’ORPHÉÔN bébé,
    Notre coup de foudre choral n’aurait pas été si intense ! »
    « Il aurait été remplacé par d’autres qui seraient tombés
    Au bon moment collatéral ! » répond STELLÏÄ avec aisance.

    « Pour toi, tous les chemins sont bons ! Pour moi… il faut trouver le bon ! »
    Précise ÄLLÏÄ qui se souvient encore des caves d’ALLEGÔRÏÄ…
    « La vie, c’est une boîte de bonbons ! Tu ne sais pas s’ils sont tous bons…
    Et la seule méthode qui convient c’est de les manger en noria ! »

    « Alors tu aurais pu rencontrer un autre mari que Cristïäs ! »
    Réplique ÄLLÏÄ pour vérifier les hypothèses de sa sœur.
    « C’est différent ! Nous sommes entrées dans un “chronodrome” coriace
    Pour un destin spécifié par un drôle de hub propulseur… »

    « Mouais… en attendant, papa-maman ont vraiment l’air d’être amoureux
    Car sitôt que je les sépare, ils se mettent à crier ensemble ! »
    « Tu vois bien que c’est pertinent ! Moi, je les trouve savoureux !
    Et savoir que ça les prépare à une idylle qui les rassemble… ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences diplomatiques

    « La véritable sagesse ne réside pas dans l’armure de nos fonctions, mais dans l’éclat de nos abandons. Lorsque la citadelle referme ses portes sur le monde, l’ÏÄMOURÏÄ révèle son plus précieux mystère : l’harmonie absolue de deux âmes et de deux corps mis à nu. »

    Geminïä, ambassadrice du Féminin Sacré

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    « J’avais connu et pratiqué cela au cours de ma carrière
    Mais jamais personnellement ! » avoue Geminïä névralgique.
    « Ça m’a rappelé, sans critiquer, mais plusieurs années en arrière,
    Nos études occasionnellement ! » avoue Irénée nostalgique.

    « Toi ? Peut-être bien mais pas moi ! » dit-elle d’un air stupéfait ;
    « Ça passe quand c’est professionnel mais pas lorsque c’est personnel ! »
    « Mais ce n’est pas la première fois ; toi et moi l’avons déjà fait ! »
    Dit-il un peu plus rationnel ; « et c’était plutôt passionnel ! »

    « Nous étions jeunes ! » tranche-t-elle ; « et complètement délurés !
    Mais aujourd’hui j’ai une charge et je me dois d’en être digne ! »
    « Mais pas dans cette citadelle ! » répond-il pour la rassurer ;
    « Ici, tu es, à ta décharge, une LLyrïäde sans tes consignes ! »

    « C’est vrai que j’ai double casquette et que j’ai une autre fonction ;
    En tant qu’ambassadrice active au nom du Féminin Sacré ! »
    « Et si tu as deux étiquettes qui sont ensemble en disjonction,
    Tu dois mettre l’une inactive quand tu es, pour l’autre, consacrée ! »

    « Oui en effet et, après tout, cela n’est pas incompatible
    Car nous agissons pour la paix et le bien de la communauté ! »
    « Sans doute ! Mais c’est aussi surtout parce que tu es suprasensible
    Et que tu as participé de toute ta féminité ! »

    « Oui… je dois faire la part des choses et c’est vrai que ça m’a bien plu !
    Cette Yanimïä est excellente dans son rôle plénipotentiaire ! »
    « J’ai bien vu ta métamorphose quand nos orgasmes furent conclus !
    Tu étais alors déferlante de jouissances outrancières ! »

    « À ce propos, je reste sur ma faim ! Et quelque chose m’a fait défaut… »
    Dit Geminïä en saisissant la “chose” d’Irénée en question.
    « Viens ! » dit-elle en faisant le dauphin ; « Et pénètre-moi comme il faut ! »
    Et Irénée compatissant se met alors en position.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Confidences aquatiques

    « Les LLyrïädes disposent désormais d’un calendrier précis afin de nourrir Yggdrasil.

    Les sirènes, elles, ne disposent que des congés payés de leurs amants de passage.

    Nous avons donc décidé d’ouvrir une maison d’hôtes aquatique et d’en confier l’intendance à Monsieur Constantïne, qui se plaignait justement de sa solitude.

    Loïrelïndt n’a formulé aucune objection.

    Nous considérons son silence comme un consentement. »

    Princesse Éôlïäne, Gardienne des Eaux profondes

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    « C’est bien joli toutes ces prières mais pour nous, il n’y a pas d’amants ! »
    Constate Éôlïäne, rancunière comme un chapitre qu’on a sauté.
    « Ben… on a la classe ouvrière qui vient passer en ce moment
    Ses vacances d’été routinières ! » répond Azurïanne excitée.

    « C’est vrai mais c’est trop saisonnier ! Durant deux mois, ils nous complaisent
    Mais l’été est périclitant ; fini de courir la prétentaine ! »
    « Que faisiez-vous de vos prisonniers ? Je les baisais, ne vous déplaise ! »
    S’esclaffe Olivïäne imitant ce bon Monsieur de La Fontaine.

    « C’est ça, rigole ! » dit Éôlïäne ; « Mais aussitôt réglée la note
    Quand les congés seront finis, on verra si tu y renonces ! »
    « J’ai une idée ! » dit Olivïäne ; « pourquoi ne pas faire chambre d’hôtes ?
    Les chambres sont presque à l’infini ; il suffit de mettre une annonce ! »

    « Mais ça nous oblige à rester en permanence à leur service ! »
    Objecte Éôlïäne à l’étude d’une cuniculture d’hommes.
    « Monsieur Constantïne a pesté avant-hier contre le maléfice
    Qui le force à la solitude ; je le verrais bien majordome ! »

    « Moi, pour l’annonce… » dit Azurïanne, « je la rédigerais ainsi :
    Charmante maison d’hôtes aquatique. Venez passer vos séminaires !
    Venez suivant le fil d’Ariane, là même où Léonard de Vinci
    A peint la “Joconde helvétique” dans un cadre extraordinaire. »

    « Pour ces messieurs ayant besoin de distraction, évidemment,
    Nous saurons bien les satisfaire ! » conclut Éôlïäne, convaincue.
    « Comme ils seront sans leurs conjoints, ce sera concomitamment
    Assez élémentaire à faire ! » s’amuse Azurïanne sur le cul.

    « Moi, j’en ai le sperme à la bouche ! Qu’est-ce qu’on attend pour aller voir
    Et convaincre Monsieur Constantïne de participer au projet ? »
    « Ne t’en fais pas car, sur sa couche, il suffira de lui prévoir
    Une série de massages intimes auxquels il ne peut déroger ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.