Ô ALLEGÔRÏÄ

Bienvenue dans Ô ALLEGÔRÏÄ, la Maison des Mondes Reliés.
Ici vivent les LLyrïädes, leurs compagnons, leurs enfants,
et ceux que les portes du Poïnt ZérÔ déposent au seuil des merveilles.


Ô ALLEGÔRÏÄ n’est ni un royaume, ni un temple :
c’est une maison assez vaste pour accueillir les rêves,
les légendes, les cités englouties, les voyages d’Atlantis
et les mondes encore en gestation.

Chaque récit y devient passage, chaque repas une assemblée,
chaque découverte une porte entrouverte sur l’inconnu.
Entrez simplement.
La porte est ouverte.

Les Habitants et Voyageurs d’Ô ALLEGÔRÏÄ

Yavänor : Le poète, le passeur, l’ancien souffle de l’ÏÄMOURÏÄ.
Laurelïne : La flamme première, le cœur solaire, la parole qui éclaire.
Loreleï : La profondeur vivante, l’eau qui accueille et transforme.
Lïlïth : La matrice ancienne, la mémoire féconde, l’insoumise doyenne.
Ledalïä : Le regard exact, la révélation présente, l’œil qui rend visible.
Geminïä : La constellation, la reliance, l’ambassadrice de l’amour en partage.
ÄLLÏÄ : La Gardienne du Souffle Premier, celle qui ouvre les seuils.
STELLÏÄ : La magicienne du métal, l’éclat neuf des mondes à venir.
Éôlïäne : La messagère libre, le rire des passages, le vent des Reflets-Vers.
Azurïanne : La sirène des profondeurs, la mémoire liquide des mondes engloutis.
Alinéor : L’intendant, le cuisinier-poète, celui qui nourrit la maison.
Cristïäs : L’Atlante retrouvé, le lien vivant avec Atlantis.
ORPHÉÔN : La voix, le chant, l’accord secret d’ÄLLÏÄ.

Nota Bene : Les rapports et exergues d’ÄLLÏÄ ouvrent les passages d’Ô ALLEGÔRÏÄ avant que les images et les récits n’en déploient les mondes.

  • Civilités & Frugalités

    « J’ai enfin obtenu ce que cachait l’invitation de Constantïne.
    Apparemment le vieux nostalgique a fait le projet de retrouver tous les membres survivants de sa grande famille.
    Après tout sa généalogie peut nous être utile.
    Mais je dois en référer avec les LLyrïädes.

    Il faudra organiser une entrevue à notre retour. »

    Loreleï, responsable de la sécurité

    Civilités & Frugalités

    « Ach so! Fous Tefez aFoir faim! Faute de feu, tout est fruKal
    Mais CHe Fous propose un menu typique Te mon potaCHer
    Ce n’est sûrement pas aussi fin que Fotre cuisine locale
    Mais Koûtez-y sans retenue ; Fous en serez mes oPliCHés ! »

    « AlQues Fariées fraîches Tu CHour ; les rouCHes aciTes, les Fertes tenTres !
    « Anémones poiFrées que CH’importe d’Atlantïs et que CHe Pouture !
    Oursins aux pattes te Felours ; Koûtez-les, ils font Fous surprenTre !
    Coquilles Saint-CHacques en comporte et fruits Te mer en Konfiture ! »

    « Pour les Poissons, CHe me contente Te Tiffuser Tans l’eau Te mer
    Tes esturCHeons Te contrePante et à la ParPe de Petrossian !
    Ça fait comme une marée montante, Tans les Pranchies, en doux-amer !
    Enfin un Fer Te SamarkanTe pour TiCHérer à Pon escient ! »

    « Houla ! J’ai la tourne qui tête ! » dit Éôlïäne entre deux eaux…
    « Et moi je me sens si légère… » dit Azurïanne, « comme une écaille de corail ! »
    « Moi, je me sens un peu pompette ! » dit Olivïäne mezzo mezzo…
    « C’est une réaction passaCHère ! » Dit-il sans rassurer Loreleï.

    « Oui bon ! On va diluer tout ça et se prendre un grand bol d’eau fraîche !
    La prochaine fois, SANS PETIT VER ! » avertit Loreleï impassible.
    « Oja natürlich! CHe comprends ! Mes Fers sont encore reFêches
    Mais CH’en ai qui Fiennent du Cap-Fert, sans alcool et fermentescibles ! »

    « Fort bien ! » dit Loreleï calmement, « Maintenant je voudrais savoir
    Quelles sont tes résolutions envers mes filles, vieux pervers ! »
    « Il y a un passage attenant entre ici et le réserFoir
    D’Ophelíä en contriPution avec les courants outremers ! »

    « Je vois… et qui conduit à l’océan… » comprend Loreleï plus spécifique.
    « Oui, CHe Foutrai l’utiliser pour rechercher T’autres éKréKores
    Par Tes échanCHes Pienséants, de l’Atlantique au Pacifique,
    Afin de comptaPiliser les palais suPsistant encore ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Olivïäne a disparu

    « Trois évènements majeurs.

    Une proposition de Constantïne, sire de Constance, pour élargir nos connaissances sur les survivants de sa famille.

    La disparition mystérieuse d’Olivïäne.

    Son retour avec un message d’avertissement d’Astérias. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Suite de la discussion

    « Seule, je ne peux rien décider ! » dit Loreleï haussant les épaules ;
    « Les Llyrïädes, le cas échéant, trancheront avec prépondérance.
    Mais fais-toi déjà à l’idée que personne n’a le monopole
    Pour explorer les océans sans la plus grande transparence ! »

    « CHe n’ai pas d’autres prétentions que celles que je t’ai soumises
    Et CHe Fiendrai les exposer Tès que Ch’y serai inFité.
    Et pour montrer Ponne intention, Foici ma Karantie promise ! »
    Dit Constantïne tout disposé à prouver l’objectivité.

    Disparition

    L’arbre généalogique en mains, Loreleï s’apprête à repartir…
    « Mais où sont donc passées les filles ? » demande-t-elle d’un ton bourru…
    Après minutieux examen, Constantïne vient l’avertir :
    « Ici Teux sirènes roupillent mais la troisième a Tisparu ! »

    « Son poisson-chat est toujours là ; elle n’est donc pas repartie ! »
    Loreleï réveille les gamines et Olivïäne manque à l’appel
    On la recherche par-ci, par-là mais il faut en prendre son parti
    Malgré l’angoisse qui culmine, Loreleï sonne le rappel.

    Ô ALLEGÔRÏÄ

    « Nous rentrons chercher des renforts tandis que Constantïne reste
    Au cas où Olivïäne revient depuis un mystérieux passage… »
    Chez les LLyrïädes, on se fait fort de lancer des recherches prestes
    Lorsque d’une porte survient… Olivïäne avec un message :

    « Je reviens tout droit d’Atlantïs, téléportée par effraction !
    J’ai un message d’Astérias qui croyait retrouver sa fille…
    – J’avais piqué à Nérätïs sa bague d’auto-détection –
    Il est adressé à Cristïäs mais concerne toute la famille ! »

    Le message

    « Que d’Atlantïs on téléporte, c’est la Mantisse améliorée ;
    Que de Thestïäs on téléporte, Irénée y est arrivé ;
    Que des LLyrïädes on téléporte, ça, on ne peut plus l’ignorer ;
    Mais aujourd’hui ce qui importe, c’est que la Terre en soit privée ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • Le retour d’Olivïäne messagère

    « Coup de théâtre !

    Olivïäne a été simplement téléportée à la place de Nérätïs à cause de la bague-balise.

    Ledalïä lit le message à toutes les LLyrïädes réunies.

    Le climax est à l’organisation du colloque prévu ce lundi matin.
    »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le retour d’Olivïäne messagère

    Le message d’Astérias

    « La Mantisse que vous connaissez n’était qu’une première version
    Qui a été améliorée depuis longtemps sur Atlantïs.
    Si vous ne vous étiez empressés de faire toutes vos excursions,
    Nous aurions pu collaborer par l’entremise de Nérätïs.

    Vous avez dû vous en douter, l’art de la téléportation
    Demande des règles très étroites car c’est une arme dangereuse.
    Et nous pouvons tous redouter toutes sortes de dépravations,
    D’utilisations maladroites et, pire, d’intentions belliqueuses.

    Nous devons mettre au point un ordre qui gère la téléportation
    Unissant Atlantis, Thestïas et les LLyrïädes conjointement
    Afin d’éviter tout désordre et surtout toute passation
    Entre les travaux de Cristïäs et ceux de la Terre notamment.

    Réunissons les trois partis en terrain neutre sécurisé
    Et je propose les vestiges de l’Atlantide disparue.
    D’après les échos répartis de Nérätïs autorisés
    Un personnage de prestige y aurait déjà concouru.

    Son palais possède une immense et étanche salle souterraine
    Pour organiser un colloque. Pourquoi pas ce lundi matin ?
    Je vous demande de la clémence – l’honnêteté est souveraine –
    Évitons-nous les soliloques qui nous feraient perdre notre latin ! »

    Les LLyrïädes

    Lïlïth, Yavänor et Cristïäs sont emballés par ce message ;
    La Guilde va finalement naître comme il était préconisé.
    Atlantïs ainsi que Thestïäs auront accès libre au passage
    Et chacun fera reconnaître sa technologie avisée.

    « Nous, les sirènes, nous partons repérer l’état de la salle
    Et puis les hommes installeront – pourquoi pas – une table ronde
    Avec sièges et petits cartons ! » dit Loreleï, ingénieure abyssale
    « Et lundi, nous déciderons pour satisfaire tout le monde ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le pique-nique du dimanche

    « Ambiance de pique-nique en famille

    Aujourd’hui on profite de cette belle journée d’été et tout le monde y met du siens.

    Je sens que nous allons passer une journée inoubliable ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le pique-nique du dimanche

    Arrivés très tôt ce matin, deux compères installent des tables
    Au bord du lac dans le vent frais qui fait déjà danser les nappes,
    Puis ont sorti tout le gratin d’un pique-nique respectable
    Sortant les couverts des coffrets afin d’annoncer les agapes.

    Laurelïne, Loreleï et leurs enfants s’installeront en bout de table
    Avec chaises hautes adaptées pour petits pots et biberons.
    Ils découvrent alors triomphants canards et cygnes inévitables ;
    L’ambiance est très décontractée et les bébés sont fanfarons.

    Pour les trois futures mamans, des chaises longues confortables,
    Un petit plateau pour chacune et les sirènes à leur service.
    On va passer un bon moment à savourer au préalable
    Un apéro sur la lagune pour que le bon air nous ravisse.

    Puis ORPHÉÔN et Valérion, l’un au chant, l’autre à la guitare
    Improvisent une ritournelle avec quelques couacs disparates.
    Constantïne joue l’amphitryon, s’accompagnant de sa cithare,
    En chantant ses sempiternelles chansons de marins et pirates.

    Même les deux Irénée sont là, venus exprès pour le colloque ;
    Ils ont promis aucun essai ni tentative malheureuse
    Et on leur a mis le holà sur leurs éternels soliloques
    Mais comme ils ne font pas d’excès, leur présence reste chaleureuse.

    Cristïäs observe les nuages et la météo du dimanche
    ÄLLÏÄ lui tire les oreilles : « Arrête de regarder le ciel !
    Il n’est prévu aucun orage mais beaucoup de soleil en revanche ! »
    Alors il ferme ses appareils et se consacre à l’essentiel.

    Mais que fait donc notre Yavänor ? Pardi ! Il allume un grand feu
    Pour faire griller quelques saucisses pour les amateurs de grillades.
    Tandis que le pauvre Alinéor essaie de faire ce qu’il peut
    Malgré le chat qui, à l’office, a déjà volé l’anchoïade.

    Illustration de Ledalïä.

  • La course autour du lac

    « Une après-midi de vacances.

    Faute de bateau, on fait le tour du lac en poissons-chats, s’il vous plaît !

    Pauvres Cristïäs et Irénée qui ont voulu faire la course contre les sirènes et se retrouvent les quatre fers en mer !

    Les autres en ont profité pour baliser les points intéressants autour du lac. On ne sait jamais, ça peut toujours servir. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La course autour du lac

    Faire le tour du lac de Constance en bateau autour des montagnes,
    Est une aventure magnifique qui nécessite de naviguer
    Entre trois pays de prestance : la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne
    En quatre à cinq jours pacifiques pour ne pas trop se fatiguer.

    Mais en une seule journée et sans le permis spécifique,
    C’est en chevauchant les silures que cela demeure possible.
    Douze silures furent détournés pour leurs capacités physiques
    Et harnachés à l’encolure pour une course submersible.

    Les quatre sirènes en éclaireuses avec Yanimïä et Laurelïne,
    Les six compagnons en scaphandre et plus ou moins de maladresse,
    Partent pour une doucereuse et drôle balade sous-marine
    Mais sans vraiment vouloir prétendre le faire pour prouver son adresse.

    Mais les sirènes sont acerbes et leurs critiques redoutables
    Alors Cristïäs et Irénée ne voulant pas être humiliés
    S’élancent dans une course superbe défiant les filles indomptables
    Mais il n’est pas encore né, celui qui les fera plier.

    Les poissons-chats à fond de train, on fait le fier et le bravache
    Mais les silures excités désarçonnent vite leurs cavaliers.
    Les sirènes rient avec entrain, les fiers-à-bras trouvent ça vache
    Mais contrer six fières garçonnes, il faudrait être fou à lier !

    Quant à ORPHÉÔN, Yavänor, Valérion et Alinéor
    Ils ont trouvé beaucoup plus sage d’apprécier le paysage
    Et comme ils ne perdent pas le nord préfèrent rester en quatuor
    Et profiter de leur passage pour faire les premiers balisages.

    Et Alinéor découvrir la véritable utilité
    De ses précieuses boîtes de thon comme balises de fortune.
    Il ne va pas longtemps souffrir ; une commande de mille unités
    Est partie vers le Cap Breton pour une livraison opportune.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le colloque de la Guilde de la Téléportation

    « Assemblée générale

    Sur proposition d’Astérias, les Atlantes, les Llyrïädes et les Irénée se rassemblent pour créer la Guilde Tripartite chargée de contrôler la Téléportation dans l’univers connu.

    Chaque partie a approuvé et ratifié les textes votés à l’unanimité. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le colloque de la Guilde de la Téléportation

    Effervescence dans le Hub où les Atlantes sont rassemblés ;
    Astérias et Thétïs en tête dirigent leur délégation.
    Les Irénée membres d’un club qu’ils ont constitué d’emblée
    Et les LLyrïädes dont les vedettes couvrent plusieurs générations.

    La table ronde monumentale accueille alors les trois parties
    Dans une ambiance détendue où se croisent plusieurs dialogues.
    Sous les bannières ornementales consciencieusement réparties,
    L’ordre du jour est entendu dès l’ouverture du colloque.

    « La téléportation devient une arme et donc une responsabilité ;
    Elle ne sera pas un privilège et elle doit être régulée ! »
    Dit Astérias sonnant l’alarme face à toute possibilité
    Qui entraînerait le sacrilège de s’en servir pour spéculer.

    Atlantis possède la Mantisse, depuis des siècles, élaborée ;
    Les Llyrïädes et la congruence des nombres transimaginaires :
    Les Irénée qui garantissent des trous de ver corroborés ;
    Enfin la Terre dont l’influence reste à ce jour embryonnaire.

    Ainsi un ordre tripartite doit aujourd’hui être créé
    Pour éviter toute dérive, tout abus et toute effraction.
    Et la contrebande interdite, obstacle au commerce agréé
    Pour éviter ce qui arrive par certaines mauvaises actions.

    Le compte-rendu est signé après l’assemblée générale
    Et un premier texte de loi ratifié par chaque partie.
    Les Irénée sont résignés ; adieu magouilles collatérales
    Et Cristïäs, heureux comme un roi, des échanges en contrepartie.

    ORPHÉÔN propose de fêter l’événement par un concert
    Commémoratif du colloque et spécifique à chaque thème.
    Chacun est alors invité à rester le temps nécessaire
    De monter le spectacle ad hoc organisé pour le soir même.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les compositions musicales et lyriques

    « Après le colloque, tous les compositeurs se réunissent.
    Ledalïä et Geminïä à la partie lyrique ;
    Nérätïs et Valérion à la partie musicale.

    On s’amuse à parodier mais pas trop,
    Mêler l’humour et l’amour,
    Mais surtout réussir le spectacle. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les compositions musicales et lyriques

    L’après-midi chacun compose, les musiciens comme les choristes.
    Si Geminïä et Ledalïä s’attaquent aux textes sur le préau,
    Valérion, quant à lui, propose à Yavänor d’être bassiste
    Et à ORPHÉÔN et ÄLLÏÄ de chanter ensemble en duo.

    Alinéor aux casseroles s’entraîne pour les percussions.
    Le premier texte est proposé à Valérion et Nérätïs
    Qui déposent sur les paroles des notes dont la répercussion
    Apporte un rythme supposé inspiré des chants d’Atlantïs.

    Deuxième texte, les Irénée sont mis alors sur la sellette
    Avec humour, point trop n’en faut, un petit peu de théorie,
    Tout ça sur un rythme effréné assez vieillot et obsolète
    Pour se moquer de leurs défauts et n’en déplaise si on rit !

    Troisième texte sur les LLyrïädes, on se fait un peu moins moqueur
    Seul Cristïäs en fera les frais… mais le point d’orgue au Poïnt ZérÔ !
    Avec des solos par myriades et des refrains repris en chœur
    Et pour que ça fasse plus vrai, on fera l’ovation aux héros !

    Un blues sur les égarements, un autre sur la contrebande
    En y mettant beaucoup d’humour pour ne pas réveiller le zèle.
    Pour éviter l’effarement, on le jouera en sarabande
    Avec de jolis mots d’amour à faire se pâmer les demoiselles.

    « J’aimerais bien un instrumental afin que chacun imagine
    La téléportation chantée selon ses mots qu’il y insère,
    Sur un mode expérimental, moderne, branché et androgyne ! »
    Propose Valérion enchanté de la tournure du concert.

    Sept chansons sont prévues et l’instrumental au début
    Pour que les invités s’installent et puissent s’imprégner de l’ambiance.
    Toutefois en cas d’imprévu, c’est le talent qui contribue
    À surprendre toute la salle afin d’en captiver l’audience.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le disque mémorial

    « Le spectacle a été un grand succès.

    Cristïäs a supervisé l’enregistrement et a produit un disque souvenir qu’il a remis à chaque membre participant au colloque.

    Chacun est ravi de son mémorial. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le disque mémorial

    Chanson des Atlantes
    Depuis dix-mille ans aujourd’hui, les Atlantes étoffent la Mantisse
    Depuis les premières navettes jusqu’aux portes interplanétaires.
    Leur technologie a produit le summum auquel aboutissent
    Les expériences qui brevettent leur savoir-faire propriétaire.

    Chanson des Irénée
    Avec l’aide de l’univers et des connexions cérébrales
    Les Irénée, par la pensée, ont relié les dimensions
    Par le concours des trous de ver et les commandes palpébrales
    Les distances sont compensées par le pouvoir de l’intention.

    Chanson des LLyrïädes
    La découverte du Poïnt ZérÔ et des nombres transimaginaires
    A ouvert de nouvelles voies et nouvelles applications.
    Grâce à l’étoffe des héros dont les LLyrïädes originaires
    Sûrent prêter l’oreille à la voix de leurs quatre générations.

    Le blues du voyageur
    En pliant l’espace de travers, je me suis perdu dans le piège
    D’une planète aux habitants aussi étranges qu’hermétiques,
    Dont le langage fut un calvaire et sans l’assistance du siège
    De ma patrie m’habilitant à mon retour hypothétique.

    Magouille blues
    Ni vu ni connu je t’embrouille, tout n’est qu’un tour de passe-passe ;
    Hier, j’étais ici et là-bas, demain sans doute nulle part.
    Je suis le roi de la débrouille qui plie et qui déplie l’espace
    Au gré de ses moindres combats, incessamment sur le départ.

    Complainte des mondes perdus
    Derrière le seuil des connaissances, il y a les mondes oubliés ;
    Mondes perdus derrière un vide jamais atteint par la lumière.
    Personne n’a vu la naissance du moindre atome publié,
    Personne n’a été avide d’en connaître la raison première.

    Au-delà du mur de la lumière
    Tous les cris à travers l’espace, les échos de la création,
    Tous les trous noirs supermassifs et toutes les fontaines blanches.
    M’ont montré tout ce qui se passe derrière le mur de diffraction
    Où vont les tachyons permissifs qui créent le monde en avalanche.

    Illustration de Ledalïä.

  • Clôture du colloque

    « Après l’effort, le réconfort.

    Ô ALLEGÔRÏÄ est en fête avec bal populaire, banquet traditionnel de la région et feux d’artifice.

    Finalement, la téléportation a du bon pour réunir les gens de bonne compagnie. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Clôture du colloque

    Les colloques vont avec le corps et avec des réjouissances !
    Le « Bodensee Musikanten » qui anime les bals populaires
    Est venu, selon nos accords, proposer musiques d’ambiance
    Pour danser près de la fontaine sous les lampions crépusculaires.

    Tandis qu’Astérias et Thétïs ouvrent le bal avec finesse,
    Ils sont rejoints par les jeunes couples que le colloque a réunis.
    Valérion avec Nérätïs invitent toute la jeunesse
    Et les Irénée, toujours souples, vont danser sans cérémonie.

    Devant, des tables sont dressées avec buffet suisse-allemand
    Car Alinéor en bon traiteur sait comment plaire à tout le monde.
    Et Yavänor s’est empressé d’installer les futures mamans
    Dans un espace prometteur et ombragé sous la rotonde.

    Rösti, Bratwurst et Pommes-frites récoltent beaucoup de succès
    Avec fromages Appenzeller, Pinot, Riesling et vins rosés.
    Wähen aux fruits ont du mérite et chacun de se propulser
    Entre les stands très populaires des spécialités proposées.

    Pour ceux qui se sentent fatigués, la maison s’est développée
    De plusieurs chambres confortables aménagées dans les greniers.
    ALLEGÔRÏÄ a prodigué des grands lits tous enveloppés
    De moustiquaires transportables contre les moustiques saisonniers.

    On rit, on chante et on discute avec des grands éclats de voix
    Et, loin des convives d’âges mûrs, les jeunes faunes et faunesses.
    Parfois éclate une dispute, les Irénée sont aux abois ;
    On les a mis le dos au mur et ils défendent leur bizness.

    Enfin un grand feu d’artifice sur des barquettes à fond plat
    Clôture avec son et lumière le festival entériné.
    Les artificiers à l’office régalent de tous les éclats
    De couleurs en avant-première et la journée est terminée.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le plan Télépirate

    « Les dernières investigations confirment que plusieurs tentatives de dark-téléportation pourraient échapper aux protocoles de contrôle. Une telle technologie, si elle venait à être reproduite ou détournée, pourrait compromettre l’intégrité des réseaux interalliés ainsi que la sécurité des personnes.

    La Guilde a donc autorisé la mise en œuvre du plan “Télépirate”, destiné à éprouver nos propres défenses avant que d’autres ne le fassent à sa place. J’invite chacun à considérer cet exercice avec le plus grand sérieux. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le plan Télépirate

    Sur Atlantïs, on met en place le plan nommé « Télépirate »
    Afin de poursuivre et sévir contre tous les contrevenants
    Traquer tous ceux qui se déplacent d’une manière disparate
    Sachant qu’ils risquent de se servir de fourberie à tout venant.

    Chez les LLyrïädes, on fait pareil pour chasser les contrebandiers ;
    ORPHÉÔN-ÄLLÏÄ sont pirates ; Cristïäs-STELLÏÄ sont contrôleurs.
    Chacun sur ses propres appareils tente de remporter la palme :
    Déjouer le plan Télépirate ou déjouer les gens stipendiés.

    Sur Thestïäs, les deux Irénée ont promis de jouer le jeu
    Mais c’est pour mieux se renseigner sur la « dark-teleportation ».
    Or pour traquer les Irénée, c’est le jeune qui sera l’enjeu
    Du contrôle de ses aînés par l’instinct de la filiation.

    Désigner ÄLLÏÄ scélérate ? Le risque ne manque pas d’audace ;
    On se souvient de l’explosion due à l’abus d’antimatière !
    Mais pour mieux traquer les pirates, c’est elle la plus efficace
    Et STELLÏÄ en opposition sera son meilleur adversaire.

    Chaque équipe a son atelier et son propre réseau d’espionnage ;
    C’est de bon ton et ça permet de coller la réalité.
    Bien sûr, on est interallié avec le même contrespionnage
    Et Atlantïs est informée de toutes les activités.

    ÄLLÏÄ trafique de bon cœur mais STELLÏÄ déjoue tous les types ;
    ORPHÉÔN se montre ingénieux mais Cristïäs trouve la riposte.
    Il n’y a ni vaincu ni vainqueur ; on intervertit les équipes
    Et c’est ce qui se fait de mieux pour faire évoluer tous les postes.

    On y consacre une heure ou deux par jour car la vie continue ;
    Les trois naissances se rapprochent et chacun connaît son devoir.
    Parfois un concept hasardeux se développe et s’insinue
    Mais l’équipe adverse l’accroche avant qu’il acquière du pouvoir.

    Illustration de Ledalïä.

  • Ce n’est pas à un vieux pirate…

    « Apparemment les deux Irénée jouent le jeu.

    Apparemment.
    Mais Irénée-le-jeune préfère en être sûr et va vérifier par lui-même.
    On n’est jamais trop prudent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Ce n’est pas à un vieux pirate…

    Ce n’est pas à un vieux pirate qu’on apprend l’art de la rapine.
    Ceux qui n’y font pas exception s’appellent tous les deux Irénée.
    Mais quant au Plan Télépirate, la chose qui les turlupine
    N’est pas le plan de répression mais plutôt comment le contourner…

    Cependant le bilan est bon ; la contrebande a rapporté ;
    On se partage le butin à quatre-vingt-dix-huit pourcents.
    On se partage le bonbon ; les deux pourcents sont reportés
    Comme « saisie » sur traîne-patins, filous et mauvais commerçants.

    Irénée-le-jeune est content, il a trouvé les deux pourcents
    Mais qui, pour lui, en valent cent car il ne connaît pas l’astuce.
    Pourtant… au bout d’un certain temps… il trouve quand même bouleversant
    Que ce ne soit ni décroissant, ni croissant, mais toujours le même quitus…

    Qu’à cela ne tienne ! notre Irénée va jouer l’apprenti-détective
    Et s’en va rôder sur Thestïäs avec les appareils d’ÄLLÏÄ.
    Et sa confiance est réfrénée par les contrôles qu’il invective
    Et transmet les chiffres à Cristïäs qui les épluche avec STELLÏÄ.

    Pris la main dans le sac pour fraude, les Irénée jouent l’innocence :
    « C’était un test pour vérifier si ton contrôle était parfait ! »
    Bien que l’excuse le taraude, le jeune y voit obéissance
    Mais sait qu’il devra clarifier leurs manigances, tout compte fait.

    Et pour cela, il établit un poste d’agent d’expertise
    Avec le contrôleur d’impôts en charge de la capitale
    Qui, pour faire bonne mesure, publie chaque mois ce qu’il stigmatise,
    Comme infraction fort à propos, télétransmis par voie postale.

    « Et ça nous coûtera combien ? » demande un Irénée à l’autre ;
    « Dix pour cent sur ce qu’il contrôle ; le prix pour qu’il baisse les yeux ! »
    « Donc… tout est bien qui finit bien ! » dit Irénée-l’ancien qui se vautre
    Sur un immense sac bleu-pétrole plein des derniers vols prestigieux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les télépirates sont là !

    « Encore un rebondissement inquiétant.

    L’appât du gain peut occasionner des vols spectaculaires en offrant la tentation d’opérer ni vu ni connu car la technologie attire les convoitises.

    Comme le suggérait déjà Platon avec l’anneau de Gygès, nul ne sait ce qu’un homme ferait s’il était certain de ne jamais être découvert.

    Décidément la Guilde a du travail ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les télépirates sont là !

    Si l’explosion fut anodine, le sol trembla sensiblement
    Et fut ressenti tout autour de la Deutsche Bank de Constance.
    Le lendemain, dès les matines, on commenta l’évènement
    Dans les journaux des alentours, en gros titres pour la circonstance.

    « C’est drôle d’attaquer une banque allemande alors que les helvétiques
    Sont à deux pas ! » dit Alinéor le « Rorschacher Echo » en mains.
    « Ce sont des voleurs à la manque ! » répond ÄLLÏÄ d’un ton critique.
    « Les Irénée ? » dit Yavänor ; « Il faudra vérifier demain… »

    « Justement non ! » dit Geminïä. « Mon chéri a bien vérifié ! »
    « Les Irénée ne sont pas bêtes et auraient attaqué Zürich ! »
    « Alors Cristïäs ? » dit Yanimïä, « Serait-il mieux qualifié
    Pour mener une double enquête avec les ondes telluriques ? »

    Depuis l’office un « Dring Dring » sonne… « On a un téléphone ici ? »
    « C’est Astérias ! » dit Geminïä, « ou du moins sa ligne directe ! »
    Elle décroche l’interphone et puis raccroche et balbutie :
    « Il vient à Ô ALLEGÔRÏÄ… Il trouve l’affaire suspecte ! »

    Quelques heures plus tard, les Atlantes arrivent avec Astérias :
    « Nous avons fait le distinguo sur cette affaire autant qu’on puisse
    Pour découvrir le dilettante, copiant les travaux de Cristïäs,
    Pour téléporter les lingots du coffre d’une banque suisse. »

    « Mais Constance est en Allemagne ! » Dit ORPHÉÔN élevant la voix.
    « La géographie l’a trahi car cette matière n’est pas son fort
    Et il a fait comme ta compagne : il a téléporté deux fois !
    Et l’antimatière a jailli pulvérisant le coffre-fort ! »

    « Le coupable était l’un des nôtres ; il faut donc surveiller nos rangs !
    Poursuit Astérias en colère. « Mais jamais la Guilde ne dort !
    Surveillez-vous les uns les autres car l’appât du gain est courant ! »
    Mais Cristïäs coupe tutélaire : « Je suis moi-même faiseur d’or ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La Circassienne au bain

    « Une fois de plus, le paradoxe persiste.

    Cristïäs a pu récupérer par téléportation un tableau célèbre englouti avec le Titanic.
    Seulement voilà, cela pose encore de nouveaux problèmes.
    Décidément !

    Quant au tableau “La Circassienne au bain” peint en 1814 par le peintre français Merry-Joseph Blondel, il a coulé avec le Titanic. L’œuvre est considérée comme définitivement détruite ou perdue à jamais au fond de l’océan Atlantique. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Un tableau très impressionnable ! Est-ce celui du peintre Blondel ? »
    « Oui ! » assure Cristïäs, connaisseur. « Coulé avec le Titanic ! »
    « Son prix doit être inestimable ! » dit ÄLLÏÄ mangeant son strudel
    Attablée auprès de sa sœur dans la cuisine alémanique.

    « Oui ! Et c’est là tout le problème ; il est impossible de le vendre
    Sans révéler par quel moyen le tableau fut récupéré ! »
    Précise Cristïäs en plein dilemme. « Car même équipé d’un scaphandre,
    Le renflouement est kafkaïen et nul ne pourrait l’opérer ! »

    « Nous avons donc une œuvre d’art aussi précieuse que la Joconde
    Mais impossible à exposer sans trahir notre procédé ! »
    Lâche STELLÏÄ d’un air pendard et très ironique à la ronde
    Qui laisse Cristïäs indisposé devant les LLyrïädes excédées.

    « Une fois de plus ton appareil permet de pouvoir retrouver
    Des objets de grande valeur mais malheureusement invendables ! »
    Tranche Lïlïth, « Et c’est pareil pour l’or qu’Astérias a trouvé
    Dans les caves de son voleur dont la remise est improbable ! »

    « Donc… nous avons accès à tout… sauf au droit d’en tirer profit ! »
    Conclut Lïlïth. « Je me demande… cette science a trop d’aléas ! »
    « Mais il nous reste plusieurs atouts ! » Répond avec philosophie
    ÄLLÏÄ de sa bouche gourmande : « Télémémoire et T.T.A. ! »

    « À condition que le secret de fabrication soit scellé !
    Donc… impossible, encore une fois, de l’exposer au grand public !
    J’ai beau chercher et consacrer autant de temps à démêler
    Ce nœud qui atteint toutefois une vraie proportion biblique ! »

    « En résumé, » conclut Lïlïth, « nous avons une technologie
    Qui demande une discrétion primordiale et fondamentale ! »
    « Ce n’est pas ce qui facilite la bonne intendance du logis ! »
    Tranche Alinéor avec sanction : « C’est le supplice de Tantale ! »

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    Illustration de Ledalïä,
    Lithographie du XIXe siècle réalisée par l’artiste Pierre-Joseph Tavernier,
    Peinture de reconstitution moderne à l’huile par l’artiste britannique John Parker.

  • Amelia Earhart

    « Incroyable !

    Amelia Earhart, disparue sans laisser de trace, le 2 juillet 1937 au-dessus du Pacifique avec son avion – un Lockheed Electra est téléportée en 2026 par Cristïäs qui a capté “par hasard” son S.O.S. en testant la télémémoire.

    Aviatrice mondialement connue, expérimentée, déterminée, habituée à prendre des décisions en situation de crise. Elle avait 39 ans. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Et soudain un avion survole les eaux du lac bleu de Constance
    Et vient s’écraser sans dommage sur la plage d’Ô ALLEGÔRÏÄ.
    Une femme à l’allure frivole, étourdie par la circonstance,
    Peine à s’extraire du fuselage et s’écrie « Ave Maria ! »

    Sorti comme un diable de sa boîte, Cristïäs accourt vers la jeune femme
    Qui s’évanouit en prononçant : « Docteur Livingstone, je présume ? »
    D’une attention un peu benoîte, il crie, il exige, il réclame
    « Vite ! Un brancard et c’est pressant ! » devant cette issue qu’il assume.

    « Cristïäs ! Mais qu’as-tu fais encore ? » demande Loreleï excédée.
    « Arrête, s’il te plaît ! » dit-il. « Je testais la télémémoire ;
    J’ai capté un appel sonore… d’un S.O.S. … et précédé
    D’un « Mayday » tellement… subtil… qu’il est gravé dans ma mémoire. »

    « J’ai vu l’avion qui piquait tout droit et en plein pacifique
    Alors j’ai fait… sans réfléchir… un truc… j’étais bouleversé…
    J’ai… d’un seul coup, plutôt adroit … téléporté cet horrifique
    Appareil et l’ai fait fléchir après l’avoir fait traverser ! »

    « On verra bien ! » Soupire Loreleï. « Je crois qu’elle revient à elle…
    Notre inconnue ouvre les yeux… regard d’acier inoubliable ! »
    « Good Lord… where am I ? Who are you ? What the hell ?  »
    Cristïäs lui répond gracieux : « Vous êtes en vie… c’est formidable ! »

    « Des Français en plein océan ?  Heavens ! J’ai donc dû dériver… »
    « En Suisse… vous avez abordé… sur les rives du lac de Constance ! »
    Dit Cristïäs d’un ton bienséant. « J’ai vu ce qui allait arriver ;
    J’ai pu alors … vous transborder… votre avion et vous, en instance ! »

    Méfiante, l’inconnue se dresse et observe les techniciennes
    « Au nom du ciel, qu’est-ce qu’il m’arrive ? Êtes-vous des savants nazis ? »
    Loreleï, d’un geste de tendresse, lui prend la main entre les siennes :
    « Bien sûr, vous êtes sur le qui-vive mais… le destin vous a choisie ! »

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    Illustration de Ledalïä et photo issue des collections officielles de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis.

  • Et Amelia Earhart devient… Amellïä

    « C’est bien Amelia Earhart comme l’attestent ses papiers.

    Mais une Amelia qui peine à comprendre ce qui lui arrive et à l’admettre.
    89 ans de décalage, c’est dur à avaler !

    Souhaitons-lui, tous, la bienvenue ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « For heaven’s sake ! Expliquez-vous ! » demande Amelia affolée.
    « En date du deux juillet trente-sept, vous seriez morte en exercice.
    Vous allez nous traiter de fous… nous vous avons carambolée
    Par une technologie secrète en l’an… deux mille vingt-six ! »

    « VOUS ÊTES FOUS ! VOUS VOUS MOQUEZ ! C’EST IMPOSSIBLE ! » crie Amelia.
    « Regardez-nous, nos appareils, voyez la date sur la tablette ! »
    Répond Cristïäs interloqué, appelant discrètement Ledalïä
    Pour lui dire quelque chose à l’oreille… « What is this magic slate ? »

    Voici Ledalïä qui apporte la pile de tous les magazines,
    Qui s’accumulaient dans l’entrée, pour les montrer à Amelia
    Qui pâlit sous l’émotion forte, tenue par Loreleï et Laurelïne
    Qui tentent de lui démontrer qu’il n’y a aucune paranoïa.

    « Et nous avons gagné la guerre… Au moins, c’est une bonne nouvelle !
    Aujourd’hui la paix est active et règne dans tous les pays ? »
    On intervient : « Il n’y a guère que l’occident qui se révèle
    Être dans une paix relative… » dit-on à la femme ébahie.

    « Mais pouvez-vous me renvoyer à mon époque ? S’il vous plaît ! »
    Demande-t-elle larmoyante avec l’espoir du débutant.
    « Je ne veux ni vous fourvoyer ni remuer le couteau dans la plaie…
    Mais la réponse est effrayante : ce serait violer le cours du temps. »

    « Vous m’auriez donc sauvé la vie ! » conclut Amelia dépitée.
    « J’ai quatre-vingt-neuf ans de retard à rattraper et… Oh my God !
    Si les évènements ont suivi, je n’ai donc plus d’identité
    Perdue dans un futur mitard et, qui plus est, aux antipodes ! »

    « Tu nous a et nous, nous t’avons ! Amellïä ! C’est ça l’important ! »
    Intercède Lïlïth prévenue de ce nouveau partenariat.
    « Nous autres également nous avons été soustraites à notre temps…
    Je te souhaite la bienvenue au sein de Ô ALLEGÔRÏÄ ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Eat first… think later !

    « Nous avons définitivement adopté Amellïä !

    Elle est encore déboussolée mais Alinéor nous a fait remarquer que quand l’appétit va, tout va !

    Et puis, laissons la nuit nous reposer de toutes nos émotions du jour… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « My dear ! Do you like French cuisine ? » demande Alinéor prudemment
    Avec un plateau d’amuse-bouche et un ballon de vin rosé…
    « So much I love ! I had a cousine who lived in France on Lake Léman ! »
    « Je crois que j’ai fait une touche et ça mérite d’être arrosé ! »

    « N’oublie pas de nourrir ton fils ! » glisse Ledalïä narquoisement…
    « Chérie, nous devons accueillir cet ange qui est tombé du ciel ! »
    Dit Alinéor depuis l’office d’où il ressort courtoisement
    Avec des plats qu’il fait jaillir d’un chariot providentiel.

    « Vous êtes vraiment trop gentils ! And that really touches me deeply ! »
    Dit Amellïä qui vous dévore sandwiches, tacos & chicharrón
    D’une vigueur qui garantit que, s’il est un fait accompli,
    L’appétit d’une femme omnivore est signe que tout tourne rond !

    « Vious vivez really tous ensemble ? » prononce-t-elle entre deux bouchées.
    « Oui mais, plutôt chacun chez soi… sauf Yavänor et ses trois femmes ! »
    « Seriously ? Tout cela ressemble à une grande chambre à coucher
    Comme au dortoir en Illinois where, one night, I became « Madame » ! »

    « Oui… ça paraît très compliqué mais inutile de s’affoler !
    Nos hommes sont très « gentlemen » et nous avons beaucoup de chambres ! »
    Précise Lïlïth impliquée dans son devoir caracolé
    D’une matriarche qui mène sa tribu… et surtout ses membres.

    « Indeed ! Ça me convient très bien… je veux dire… pour une chambre libre ! »
    Avance Amellïä pince-sans-rire, « Je ne suis pas encore fixée !
    Mais sinon vous êtes combien ? Is the gender ratio… équilibre ?
    « Heu… » dit Lïlïth dans un sourire, « le soleil vient de s’éclipser… »

    Amellïä monte se reposer sous l’œil équivoque des Llyrïädes
    Qui guettent la moindre intention parmi la gente non dominante.
    Mais laissons la nuit se poser sur toutes les questions par myriades
    Qui vont retenir l’attention d’une aviatrice étonnante…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Et Amellïä devient… LLyrïädes

    « Amellïä s’est totalement intégrée et apprend vite.

    “Recrue très intéressante” dit Yavänor ;
    “Femme intrépide” note Lïlïth ;
    “Vraiment très jolie” affirme Cristïäs ;
    “pas tant que ça” précise Ledalïä.

    En tous les cas, personne n’est indifférent au charme qui se dégage d’elle.
    Il va falloir sans doute lui procurer chaussure à son pied… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Et Amellïä devient… LLyrïädes

    Et les jours suivants, Amellïä connut ses nouveaux professeurs
    Yavänor, Laurelïne et Loreleï lui expliquèrent l’ÏÄMÔURÏÄ.
    Lïlïth, Geminïä, Ledalïä, ÄLLÏÄ puis STELLÏÄ – les deux sœurs –
    Lui enseignèrent, vaille que vaille, l’histoire d’Ô ALLEGÔRÏÄ.

    La Guilde, la Téléportation et tous ses dérivés pratiques ;
    Elle fut accueillie sur Thestïäs et honorée sur Atlantïs ;
    Elle tomba en admiration devant le vaisseau galactique ;
    Instruite tantôt par Cristïäs, guidée tantôt par Nérätïs.

    « On se croirait au Paradis ! » dit-elle, enjouée par le calme
    De ceux qui l’accueillent de pied ferme comme l’un des plus nobles éléments.
    « Et peut-être d’ici samedi, tu en découvriras la palme ! »
    Répond Lïlïth, bientôt au terme d’un bienheureux événement.

    Au lendemain de l’arrivée, son avion la tourmente encore ;
    Cristïäs accompagne Amellïä pour le hisser sur des flotteurs.
    Il rafistole quelques rivets, change durites et raccords
    Et avec l’assistance d’ÄLLÏÄ refont démarrer les moteurs.

    « La panne n’était pas si grave mais tu aurais dû te poser
    Et forcément faire naufrage mais sans espoir d’être sauvée ! »
    « Et avec le temps qui s’aggrave, j’aurais vite été supposée
    Disparue, frappée par l’orage ! » Dit Amellïä démotivée.

    « Il n’est plus immatriculé et ne pourra donc plus voler… »
    « Pas sur Terre, non, mais sur Thestïäs ou Atlantïs, c’est fort possible !
    Il pourrait être “Miraculé” et proposer des envolées
    Vers Guido-Rossum… » dit Cristïäs « et garanti insubmersible ! »

    « J’aimerais bien ! » dit Amellïä. « Lui offrir une belle retraite,
    Le piloter pour d’autres tâches et découvrir d’autres contrées ! »
    « En attendant… » répond ÄLLÏÄ, « il sera de façon discrète
    Dissimulé sous une bâche pour éviter de le montrer ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Un compagnon pour Amellïä

    « À la suite d’une requête présentée par Amellïä, la télémémoire a procédé à une analyse exhaustive des appels de détresse similaires émis entre 1930 et 1950.

    Seules deux occurrences ont été détectées :
    le 2 juillet 1937, Amelia Earhart, 39 ans, à bord d’un Lockheed Electra, océan Pacifique.
    le 15 décembre 1944, Glenn Miller, 40 ans, à bord d’un Noorduyn Norseman, Manche.

    Le conseil décide d’accorder un compagnon à Amellïä. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Un compagnon pour Amellïä

    « Je me demande… » suggère Amellïä… « s’il y a d’autres naufragés
    Qui pourraient être récupérés comme tu l’as fait avec moi ? »
    « C’est trop de monde ! » réplique ÄLLÏÄ. « On ne peut pas encourager
    Des sauvetages inespérés à raison de trente par mois ! »

    « Tu restes la seule exception ! » tranche Cristïäs. « En théorie,
    Je peux scanner ta décennie d’une manière automatique
    Et voir combien d’interceptions on obtient a posteriori…
    Et on pourrait… Que nenni !  C’est complètement utopique ! »

    « Je voudrais simplement la liste et l’étudier de bout en bout ! »
    « Si c’est à titre scientifique et dans le but de progresser…
    Je peux explorer cette piste mais le transfert reste tabou ! »
    Dit Cristïäs toutefois sceptique à Amellïä intéressée.

    « La télémémoire scannera les années trente et puis quarante
    En explorant tous les messages portant “Mayday” ou “S.O.S.” ;
    Et ainsi les imprimera avec coordonnées garantes :
    Nom, date et heure de passage ! » dit Cristïäs avec allégresse.

    Plusieurs coups frappés à la porte réveillent Cristïäs le lendemain.
    C’est Amellïä qui ne renonce pas à son rôle de “profiler”.
    Sobrement, la liste comporte deux lignes brandies d’une main
    Qui tremble, frémit et annonce : « Seulement moi et Glenn Miller ! »

    Conseil de famille des LLyrïädes à la demande d’Amélïä ;
    Son plaidoyer : une orpheline qui souhaite quelqu’un à ses côtés ;
    L’opposition voit des myriades de réfugiés, selon ÄLLÏÄ ;
    On vote et, d’une voix cristalline, STELLÏÄ dit : « Glenn est adopté ! »

    Cristïäs est déjà aux commandes, Amellïä veille à la manœuvre.
    On repère l’avion crashé et Glenn en train de se noyer.
    La Vie se plie à la demande, l’Espace-Temps est mis à l’œuvre
    Et sa Matière est arrachée, puis est aussitôt convoyée.

    Illustration de Ledalïä.

  • Alton Glenn Miller

    « Sauvetage accompli avec succès.

    Alton Glenn Miller, déclaré officiellement disparu en 1944, revient à lui en 2026 à Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Amellïä étant naufragée comme lui, a pris l’initiative de lui expliquer ses nouvelles conditions de vie.

    Elle va avoir du travail… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Glenn crache l’eau de ses poumons et Nérätïs se précipite
    Pour lui mesurer la tension et tous ses indices vitaux.
    Yanimïä coupe son pantalon et sa chemise décrépite
    Pour le mettre en observation sous les moniteurs digitaux.

    Toute la nuit Amellïä le veille et suit tout ce qui est prescrit ;
    De temps en temps, elle surveille l’affichage sur les appareils.
    Le lendemain, Glenn se réveille, reprend peu à peu ses esprits,
    Regarde autour et s’émerveille d’un étonnement sans pareil.

    Glenn: « Where am I? Who are you? What on earth has happened here? »
    Amellïä: « Your plane crashed into the ocean! But we saved you from drowning there. »
    Glenn: « And what about the other ones? Were they rescued just like I was? »
    Amellïä: « I’m so sorry… none survived. You alone were brought back safe! »

    « Enfin, contre toute espérance… » annonce Yanimïä en entrant ;
    « Notre patient se ravigote ! Affaibli comme tu l’as été ! »
    « Vous êtes français ? Je suis en France ? » balbutie Glenn, récalcitrant
    « J’ai donc dérivé vers la côte ? Mes amis doivent s’inquiéter… »

    « Glenn ! » dit Amellïä sérieusement. « Sans m’interrompre, écoute-moi !
    Ton avion a disparu le quinze décembre quarante-quatre.
    On l’a cherché abondamment pendant des jours, pendant des mois
    Et puis le temps a concouru ; l’espoir avait cessé de battre… »

    « Moi, j’étais Amelia Earhart et le deux juillet trente-sept,
    Mon avion s’est écrasé… je serais morte en exercice…
    Mais le destin a d’autres cartes : j’ai été sauvée, ranimée
    Recueillie et puis transposée en l’an deux mille vingt-six.

    « Deux mille vingt-six ? C’est impossible ! » s’écrie Glenn en se redressant.
    « C’est ce que j’ai dit, moi aussi et puis j’ai fini par l’admettre.
    Nous sommes – et c’est irréversible – des naufragés apparaissant
    Dans le futur en Helvétie ! » conclut-elle et sans rien omettre.

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    Illustrations de Ledalïä et photo de la promotion officielle du film biographique The Glenn Miller Story.

  • La convalescence de Glenn

    « Ça a marché ! L’intuition de Nérätïs a porté.

    Sous l’impulsion créatrice de Valérion, le trombone magique a provoqué la guérison de Glenn.
    Tout ce qui chante et joue sont venus participer au réveil du fabuleux musicien.

    Amellïä en pleure de joie ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La convalescence de Glenn

    Mais Glenn éprouve beaucoup de mal à s’adapter à son statut
    Et, au fil des jours, il déprime, neurasthénique et solitaire.
    Amellïä sait que c’est normal ; elle fut elle-même abattue
    Tout son orchestre est mort en prime !  À jamais il sera tributaire…

    « Il lui faudra beaucoup de temps à vaincre sa culpabilité ! »
    Dit Nérätïs pour rassurer une Amellïä en plein dilemme.
    « Il serait mort… C’est important ! Tu ne peux que te féliciter
    De lui permettre d’azurer une vie qu’il doit construire lui-même ! »

    « Mais pas tout seul, tu seras là et pour un homme, ça compte beaucoup !
    Il était musicien, je crois, comme Valérion, c’est une idée…
    Entre artistes et sans tralala… la musique peut marquer le coup
    Et un peu de chance en surcroît suffira à en décider. »

    « Un Conn 6H, professionnel ! » annonce Valérion triomphant.
    « Ce n’est peut-être pas le tien mais il aime le blues et le jazz ! »
    Celui-ci est exceptionnel : cet instrument apostrophant
    Deviendra bientôt le soutien pour charmer bourgeois et bourgeoises ! »

    Et Valérion d’interpréter un air connu de jazz manouche
    Tout en observant la lueur perlant dans l’œil du tromboniste.
    Glenn est debout, tout apprêté à continuer l’escarmouche
    Avec intérêt et sueur pour épater le guitariste.

    Dans le dispensaire, c’est la fête ! On joue, on chante, on improvise !
    ORPHÉÔN venu en renfort avec un scat impressionnant,
    ÄLLÏÄ avec sa voix de tête tandis que Glenn les supervise
    En chef d’orchestre qui, sans effort, redevient l’homme rayonnant !

    Glenn alors essuie une larme sous l’œil de ses nouveaux amis
    Qui lui témoignent leur affection et toute leur envie de vivre.
    Il voit Amellïä pleine de charme et, profitant de l’accalmie,
    Vient l’embrasser avec passion sous les sifflets qui se délivrent.

    Illustration de Ledalïä.

  • Et Alton Glenn Miller devient… Altänor

    « Ce soir c’est l’enterrement de l’ancienne vie de Glenn et le baptême de la nouvelle vie d’Altänor autour des bons plats d’Alinéor.

    Un petit souci de grossesse vient troubler la soirée mais Nérätïs a pris aussitôt les choses en mains laissant les hommes continuer la fête tout en pensant à leur progéniture mais surtout à leurs épouses. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Et Alton Glenn Miller devient… Altänor

    « De ton passé fais table rase ! Garde les meilleurs souvenirs
    Et tourne-toi vers l’avenir : tes amis et la femme qui t’aime ! »
    Dit Lïlïth et cette simple phrase convainc Glenn qui veut devenir
    Cet homme qui vient d’obtenir l’amour comme un nouveau baptême.

    « Glenn Miller est mort dans la Manche ; désormais je suis Altänor ! »
    Dit-il en embrassant Lïlïth et puis tendrement Amellïä.
    « C’est comme si on était dimanche ! » Dit joyeusement Alinéor
    Avec des plats qui font l’élite selon l’avis de Ledalïä.

    Mais Lïlïth fait une grimace… inquiet, Yavänor se rapproche
    « Le bébé bouge, j’ai un peu mal ! » dit-elle en se rasseyant.
    « Mais il s’accroche, il est tenace ! » Dit-elle sur un air de reproche
    « Décidément ces petits mâles ne sont pas toujours distrayants ! »

    « Le mien aussi est batailleur ! » dit Ledalïä à Geminïä ;
    « Oui ! On peut le dire comme ça ! » grimace aussi cette dernière ;
    Nérätïs, assise en tailleur, se lève, renverse sa sangria
    Et prend note des ondes alpha issues de leurs moelles épinières.

    « Libération d’ocytocine ; le col de l’utérus commence
    À se dilater et prévient que déjà le travail démarre !
    Laissons les hommes à la cuisine discuter de leurs performances
    Et suivez-moi, comme il convient, au dispensaire, sans tintamarre ! »

    « Je porte un toast aux nouveau-nés et à leurs mères, s’il vous plaît ! »
    Dit Yavänor levant son verre qu’Alinéor lui a rempli.
    « Lïlïth est femme chevronnée, le personnel est au complet,
    Et les deux autres ont le feu vert pour un accouchement accompli ! »

    Et le trombone d’Altänor fait une prière musicale
    D’une suavité dévote aux déesses des maternités
    Accompagné par Yavänor pour une jazz-session amicale
    Et Valérion sur une gavotte à secouer les paternités.

    Illustration de Ledalïä.

  • Welcome, Captain Nemo !

    « Jamais deux sans trois !

    Le scan de Cristïäs avait un défaut : il gérait mal les doublons. Ce n’était pas “un” mais “deux” rescapés du crash qu’on pouvait sauver.

    La machine n’a fait que poursuivre ce pour quoi elle était programmée et c’est un solide gaillard qui renaît dans le laboratoire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Welcome, Captain Nemo !

    « Cristïäs ? En fermant le labo… il y avait un signal sonore
    Et un message sur les écrans : “coordonnées déterminées”.
    J’ai laissé le cerveau-robot qui indiquait “contraténore” ;
    Le bip-bip m’avait mise à cran et puis j’étais exténuée ! »

    Yanimïä lâcha sa remarque qui, auprès de Cristïäs, fit mouche …
    Il avait laissé l’appareil sous tension après leur départ…
    Alors, aussitôt, il débarque et voit s’inscrire dans le cartouche :
    “humain parė pour le réveil” surgir alors de nulle part…

    Curieux, Cristïäs lance le transfert, intrigué de la coïncidence
    Alors qu’il avait vérifié tous les passagers de la liste…
    Pourtant… rien ne peut satisfaire à l’intérêt en évidence
    De comprendre et authentifier cet artefact probabiliste…

    Contre toute attente apparaît un corps aux proportions parfaites,
    Dignes d’un héros homérique échappé d’une autre odyssée
    Où cette fois-ci disparaît cette suprématie surfaite
    De l’occidental empirique : un géant noir controversé.

    « Chéri ? Que fais-tu donc ici ? » demande STELLÏÄ observatrice…
    « Regarde ! Il y avait deux hommes derrière une seule occurrence ! »
    Et Cristïäs alors officie la procédure créatrice
    Et voit apparaître en binôme une deuxième corpulence.

    « C’est l’un des “Tuskegee Airmen”, un passager exceptionnel
    Qui réintégrait son escadre située à Villacoublay
    Pour ses aptitudes humaines et son cursus professionnel,
    Heureux de servir les cocardes françaises qui ne l’ont pas oublié.

    « Where am I ? » et ça recommence ! STELLÏÄ morigène son mari
    Qui, pour une fois, est incapable de fournir une explication.
    « Partons rechercher la clémence auprès de ceux de même gabarit
    Pour répéter l’invraisemblable procédure d’acceptation ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Premières contractions

    « Il y a de l’effervescence : le travail aurait commencé.

    Nérätïs a pris les choses en main en installant un dispensaire complet avec Yanimïä promue sage-femme.

    Tout le monde se relaie au chevet des futures mamans pour détendre l’atmosphère mais les naissances se rapprochent et au dernier moment, ça devient crucial ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Nérätïs a aménagé un véritable dispensaire
    Dans les murs de l´ancienne chapelle dédiée à l’Ave Maria.
    Et comme elle l’a présagé, il s’est avéré nécessaire
    D’anticiper ce qu’elle appelle « l’avènement d’Ô ALLEGÔRÏÄ ».

    Dès les premières contractions, elle conduit immédiatement
    Lïlïth, suite à sa V.M.E., puis Ledalïä et Geminïä,
    Près de la salle d’opération et vers la salle d’accouchement
    Dont pour l’occasion on promeut comme sage-femme Yanimïä.

    Elles auraient souhaité accoucher dans les eaux du lac de Constance
    Mais Nérätïs a refusé pour raison de sécurité.
    L’obstétricienne les a couchées ensemble pour la circonstance
    Et les a toutes trois infusées pour toutes les opportunités.

    L’ambiance est très décontractée et tout le monde se relaie
    Au chevet des futures mères et leur moral est remonté.
    Alinéor a concocté des canelés du bordelais
    Parfumés aux oranges amères et des boissons à volonté.

    Valérion a pris sa guitare pour accompagner ORPHÉÔN
    Et le duo chante en l’honneur des trois naissances imminentes.
    Cristïäs a branché sans retard ses moniteurs sous les néons
    Et l’on a prévu les donneurs de sang selon les dominantes.

    Laurelïne et Loreleï vont et viennent avec leurs bébés dans les bras
    Et Yavänor en réflexion – et ce depuis le mois de juin.
    Les autres filles interviennent avec couvertures et draps
    Et apprennent sous la direction de Nérätïs les premiers soins.

    On ne compte plus les contractions mais on mesure les fréquences
    En surveillant tous les diagrammes qui défilent sur les écrans.
    On contrôle les dilatations, on pare à toutes les conséquences,
    Mais le stress s’invite au programme et toutes les femmes sont à cran.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps… Nérätïs

    « Nérätïs est tellement efficace qu’on a tendance à l’oublier.

    Je l’ai observée et j’ai noté ses réflexions, ses mines songeuses, son regard épanoui lorsqu’elle croise Valérion ainsi que tous les membres des LLyrïädes et surtout sa patience infinie.

    Côté professionnel, il n’y a rien à dire : On dirait que toute l’histoire de la médecine est condensée dans notre médecin-chef.
    Elle est l’incarnation de la sagesse et du dévouement. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps… Nérätïs

    Durant l’attente interminable, Nérätïs songe à l’avenir
    Comme si cette année prédisait qu’elle prenait un nouveau pli.
    Sur Atlantïs, son train-train stable n’était plus qu’un vieux souvenir
    Tandis qu’ici se précisait son rôle de femme accomplie.

    Nérätïs n’avait pas prévu devoir rester autant de temps ;
    Ô ALLEGÔRÏÄ l’a traitée en tant qu’invitée permanente.
    Puis il y a eu des imprévus qui sont devenus importants
    Et dont personne n’a regretté ses interventions pertinentes.

    Valérion, bien sûr, la rattache à Thestïäs ainsi qu’à la Terre
    Car son amoureux s’épanouit auprès d’amis si formidables.
    Et quant à elle, elle s’attache à cet esprit communautaire ;
    Le mal du pays s’évanouit face à son rôle indispensable.

    Cinq mères de famille, six bébés, deux naufragés et même trois,
    Puis tous ces jeunes sympathiques qu’elle a su apprendre à connaître ;
    Elle sait bien qu’elle a succombé au charme de cet étrange endroit
    Et son besoin thérapeutique dont elle sait se faire reconnaître.

    L’alerte est passée pour Lïlïth, le bébé est hors de danger,
    Puis Ledalïä et Geminïä sont dans un état stationnaire.
    Si Yanimïä lui facilite le suivi des mères allongées,
    Que dire du dévouement d’ÄLLÏÄ et de STELLÏÄ, sa partenaire ?

    Vont-elles accoucher aujourd’hui ou aux premières heures matinales ?
    Elle préfère laisser la nature agir selon son propre rythme.
    Elle a plusieurs fois introduit le test du toucher vaginal,
    Surveillé la température et la fréquence des borborygmes.

    Nérätïs peut paraître fière du suivi des futures mères ;
    Elle est satisfaite pour Lïlïth mais inquiète pour Pénélopïä
    Qu’elle n’a plus vue depuis hier en tant que nurse intérimaire
    Or d’habitude son élite la suit dans tout ALLEGÔRÏÄ…

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps… Pénélopïä & Captain Nemo

    « Nérätïs n’arrête pas de demander où est donc passée Pénélopïä !

    Je crois l’avoir vue aider le dernier naufragé à faire quelques pas dehors mais je n’ose pas le dire à Nérätïs ; ils ont l’air si bien ensemble… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Pénélopïä : « Tu ne te souviens vraiment de rien ? Ni ton nom et ni ton prénom ? »
    Captain Nemo : « Je n’ai plus aucun souvenir ; juste la dernière image gravée ! »
    Pénélopïä : « Décris-la-moi, on ne sait jamais ; c’est comme un fil qu’il faut tirer ! »
    Captain Nemo : « L’eau m’entoure de toutes parts ; je m’abandonne et tout est noir ! »

    Pénélopïä : « Tu avais un blouson de cuir comme un blouson d’aviateur ! »
    Captain Nemo : « Je ne sais pas ce que ça veut dire ; j’ai beau chercher, ça me fatigue… »
    Pénélopïä : « Alors cesse de te creuser la tête et viens ! Nous allons nous détendre ! »
    Captain Nemo : « Oui, je veux bien faire autre chose, sortir et faire quelques pas… »

    Pénélopïä : « Tu vois ? C’est le lac de Constance entre la Suisse et l’Allemagne ! »
    Captain Nemo : « L’Allemagne ? Oui, ça, ça me parle… Pourquoi ça ? Je n’en sais pas plus… »
    Pénélopïä : « À ton époque, c’était la guerre et peut-être as-tu combattu ? »
    Captain Nemo : « Peut-être oui, peut-être non… Comment savoir ? C’est effacé ! »

    Pénélopïä : « Écoute-moi ! tu t’es crashé en mille neuf cent quarante-quatre ! »
    Captain Nemo : « Si tu le sais, alors contacte la police, les renseignements… »
    Pénélopïä : « Nous sommes en deux mille vingt-six ; quatre-vingt-deux ans ont passé ! »
    Captain Nemo : « Alors tous ceux que je connaissais sont morts ou bien m’ont oublié… »

    Pénélopïä : « Mais maintenant, tu nous as, nous ! Et nous t’avons, c’est important ! »
    Captain Nemo : « Oui, vous vous êtes montré sympas… mais surtout toi et ça me touche ! »
    Pénélopïä : « Si je n’m’intéresse pas à toi, qui donc le fera maintenant ? »
    Captain Nemo : « Merci ! J’aime ta compagnie, tu sais atténuer mes douleurs ! »

    Pénélopïä : « Si tu le veux, je t’apprendrai comment nous vivons tous ici ! »
    Captain Nemo : « Merci ! Cet endroit est paisible et je veux bien m’y arrêter ! »
    Pénélopïä : « Nous sommes tous un peu comme toi, tous arrachés à notre monde ! »
    Captain Nemo : « Je me faisais la réflexion… on se croirait dans une gare… »

    Pénélopïä : « Viens ! Marchons le long de la plage ! J’aime bien ce petit vent frais ! »
    Captain Nemo : « Moi aussi et je trouve ça drôle ; c’est comme si je m’en souvenais ! »
    Pénélopïä : « N’y pense plus, ça reviendra sinon tant pis, que nous importe ? »
    Captain Nemo : « Tu as raison ! Je suis ici, je n’appartiens plus au passé ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps… Amellïä & Altänor

    « Décidément, un vent d’amour souffle sur Ô ALLEGÔRÏÄ !

    Tandis que Pénélopïä et Captain Nemo se rapprochent, Amellïä se laisse séduire par charme d’Altänor.
    Les deux naufragés vont très bien ensemble.
    Je crois surtout qu’ils ont besoin l’un de l’autre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps… Amellïä & Altänor

    Amellïä : « Ainsi tu devais soutenir le moral des troupes alliées ? »
    Altänor : « C’était mon job ! Et mon orchestre devait être transféré ! »
    Amellïä : « Et malgré l’avis de tempête, tu as risqué la traversée ? »
    Altänor : « Eh oui ! J’avais perdu patience quand on m’a proposé une place ! »

    Amellïä : « Et qui s’est très mal terminé, tout comme moi si près du but ! »
    Altänor : « Tu n’étais donc pas en mission… c’est vrai… vous n’étiez pas en guerre ! »
    Amellïä : « J’accomplissais le tour du monde et j’y étais presque arrivée ! »
    Altänor : « Et que t’est-t-il donc arrivé ? Une panne ? Un temps épouvantable ? »

    Amellïä : « La fatigue, tout bêtement ! J’avais trop présumé de mes forces ! »
    Altänor : « C’est quand on est trop fatigué que l’on produit des catastrophes ! »
    Amellïä : « Oui mais j’enrage ! J’étais stupide ! Tout ça pour battre des records ! »
    Altänor : « Et moi pareil ! Quelle importance que ces quelques jours de retard ! »

    Amellïä : « Que vas-tu faire maintenant puisque la guerre est terminée ? »
    Altänor : « Prendre des vacances enfin après mes quatre années de guerre ! »
    Amellïä : « C’est tout ce qu’il nous reste à faire et personne ne nous attend ! »
    Altänor : « C’est vrai ! Alors profitons-en pour faire un bout de route ensemble ! »

    Amellïä : « Oui mais toi tu as ta musique tandis que moi, je n’ai plus rien ! »
    Altänor : « Mais tu m’as moi et j’ai besoin de ta présence à mes côtés ! »
    Amellïä : « Mais pourquoi moi ? Hier encore, toi-même ne me connaissais pas ! »
    Altänor : « Parce que nous sommes désormais deux compatriotes de fortune… »

    Amellïä : « Je t’aime beaucoup, Altänor ! Crois-tu que nous serons heureux ? »
    Altänor : « Nous recommençons, toi et moi, une nouvelle page de vie ! »
    Amellïä : « J’ai peur de ne pas m’adapter… trop d’années se sont écoulées… »
    Altänor : « Moi non plus, chérie… je ne sais pas. Mais si nous sommes deux… pourquoi pas ? »

    Amellïä : « Mais resteras-tu avec moi ? Les autres filles sont si jolies… »
    Altänor : « Toi, tu as ce qu’elles n’ont pas ; l’Amérique qui nous manque… »
    Amellïä : « C’est vrai ! J’ai confiance en toi et si je t’aime, c’est pour ça ! »
    Altänor : « Alors si tu veux m’épouser, tu deviendras mon égérie ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La fête à la délivrance

    « Contre toute attente, pas d’accouchements pour aujourd’hui !

    Nérätïs a renvoyé ces mères équivoques dans leurs foyers non sans avoir prévenu tout le monde qu’elles auraient un petit creux…

    Et sans doute une envie de bouger à provoquer la nature et la physiologie. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La fête à la délivrance

    « Mesdames, vous pouvez rentrer ; vous n’accoucherez pas aujourd’hui !
    L’utérus n’est pas dilaté et rien n’a vraiment commencé !
    Mangez, buvez et rencontrez vos amis à faire grand bruit
    Et revenez candidater quand ça aura recommencé ! »

    Consultant les éphémérides, Nérätïs a la conviction :
    Nous sommes en Lune descendante, à deux jours de la Lune noire,
    Avec, à l’heure la plus torride, Soleil et Lune en conjonction.
    Cette figure coïncidente n’est-elle pas superfétatoire ?

    Lïlïth dit : « J’ai une de ces faims ! Je dévorerais un éléphant ! »
    « Moi aussi ! » Clament de concert à pleins poumons ses deux copines.
    « Cette journée était sans fin… ça creuse de faire des enfants ! »
    Disent-elles, sortant du dispensaire pour aller droit vers les cuisines.

    Au lieu de trouver porte close, au contraire tout est allumé
    Et tout le monde les accueille : « Nérätïs nous as prévenus !
    De peur que vos ventres n’explosent, j’ai gâteaux et jambons fumés
    Et un vin qui a de la feuille ! » dit Alinéor en bienvenue.

    Ils sont tous là et Yavänor leur cède la place sans dire un mot
    Tandis qu’Alinéor leur sert une coupe d’un grand millésimé
    Avec Amélïä, Altänor, Pénélopïä, Captain Nemo
    Et tous les amis nécessaires pour faire un banquet animé.

    Puis Altänor et son trombone, puis Valérion et sa guitare
    Entreprennent improvisations et duos au rythme endiablé
    D’Alinéor frappant bonbonnes et casseroles sans crier gare
    Avec les vocalisations d’ORPHÉÔN à voix redoublée.

    Et l’on voit les ventres bombés danser avec leurs cavaliers
    Comme pour provoquer la nature et, s’il le faut même, à outrance.
    Et tout le monde de succomber sous le charme festivalier
    Maintenant la température de la fête à la délivrance.

    Illustration de Ledalïä.

  • Le pique-nique à l’espagnole

    « Quelle nuit !

    Beaucoup ont le réveil difficile sauf Laurelïne et Loreleï occupées à soigner leur progéniture.

    Lïlïth, Ledalïä et Geminïä sont chouchoutées et installées à l’ombre sur la terrasse par Alinéor, le maître du gîte.

    Peu à peu, les convives arrivent et prennent place un café à la main ou replongent de plus belle dans le sommeil. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le pique-nique à l’espagnole

    Toute la nuit durant la fête à la délivrance a marqué
    Les uns et les autres de fatigue, on se couche à la pointe du jour.
    Les matrices sont satisfaites, nourries, distraites et embarquées
    Dans un sommeil qui leur prodigue un interlude dans leur séjour.

    On donne la dernière tétée en priant pour un court répit ;
    On espère une grasse matinée malgré six bouches impertinentes.
    Les autres sont un peu hébétés, quelques-uns presque décrépis
    Chacun le regard mâtiné d’une pâmoison dominante.

    Neuf heures du matin Alinéor range tout le capharnaüm ;
    Il prévoit les premiers levés… pas avant midi ou plus tard…
    Le temps est splendide au-dehors… un pique-nique sans décorum ?
    Peut-être un peu moins relevé selon l’énergie des fêtards…

    Vers quatorze heures on s’agite… on se bouscule sous la douche…
    On se dirige vers la cuisine… on maugrée, l’estomac vorace…
    Où est passé l’âme du gîte ? Où est passée la fine bouche ?
    Des voix éparses s’avoisinent un peu plus loin sur la terrasse.

    « Et voici les derniers convives ! » Salue Alinéor brandissant
    Café ou thé – on a le choix – sucré ou salé, s’il vous plaît.
    Ah ! Tout de suite on se ravive, on se prend un mug frémissant,
    Un peu de pizza aux anchois et le confort est au complet.

    On entend des bruits de succion… le pique-nique a commencé
    Un peu plus tôt pour les bébés bien installés dans les girons.
    Là, pas besoin de traduction et on pourrait presque annoncer
    Qu’après avoir tout absorbé les gastronomes dormiront.

    Ce pique-nique à l’espagnole est d’une douceur estivale
    Que chacun goûte sans parole, les pensées emportées au loin.
    On entend juste un rossignol, une saute de vent qui dévale ;
    Le silence a le premier rôle, quelques ronflements néanmoins…

    Illustration de Ledalïä.

  • La mission secrète de Yavänor

    « Stupéfiant !

    Yavänor, qu’on avait cru dévoué aux tâches ménagères, est missionné par Atlantis pour récupérer un engin diabolique au nez et à la barbe des Irénée.

    Il parvient à s’en acquitter mais il n’est pas au bout de ses surprises ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Hier soir, lors des festivités, Yavänor reçut un message
    Signé d’Astérias et Thétïs concernant les deux Irénée.
    Ils sont, pour leurs activités, cette nuit même de passage
    Fomentant contre Nérätïs et concernant ton dernier-né.

    Conformément aux instructions, il a agi discrètement
    Et gagné la ville allemande au pied de la grande Impéria.
    En face de sa construction, c’est ici que secrètement
    Ils attendraient une commande à la barbe de Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Arrivé sur les quais du port, il repère vite la boutique
    Lieu mal famé de contrebande et d’actes de piraterie.
    Prétextant un ordre de transport, il avise l’engin robotique,
    S’en empare au nez de la bande et court, place de la mairie.

    Poursuivi par deux scélérats, il réussit à les semer
    Et monte à bord de la navette, un gros paquet entre ses mains.
    « Ouf ! » se dit-il « bon débarras ! » mais il doit encore assumer
    Sa mission faite à la sauvette et l’apporter ici demain.

    Alors que l’aube s’achemine, tandis qu’une fête bat son plein,
    Il entre et crie dans la maison : « J’ai déjoué nos adversaires ! »
    Alors soudain tout s’illumine et, dans le salon archiplein,
    Retentit cette entonnaison, chantant : « JOYEUX ANNIVERSAIRE ! »

    Alinéor le félicite : « Tu as pu avoir le champagne
    Que j’avais commandé pour toi par caisse de douze bouteilles ! »
    Il prend le colis « illicite », l’ouvre sous le regard des compagnes
    Qui rient devant l’air tout pantois de Yavänor qui s’émerveille !

    « Vous m’avez bien eu, mes amis, et j’ai marché comme un benêt ! »
    « Il fallait bien contribuer ! » rétorque Alinéor d’emblée.
    « Et tu as cru à l’infamie de ces soi-disant Irénée ! »
    Dit-il faisant distribuer les coupes à toute l’assemblée.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les formes de l’âme

    « Pendant ce temps les hommes s’amusent…

    Alors que Nérätïs surveille et organise les préparatifs des naissances prévues pour demain, Cristïäs continue à perdre son temps – ou non mais le saura-t-on un jour ? – avec de nouvelles applications de la téléportation.
    Théorique cette fois mais est-ce bien rassurant ? »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Je ne sais pas si c’est utile mais la télémémoire dessine
    Une transcription de chaque âme, de sa naissance jusqu’à son terme ! »
    Avoue Cristïäs, un peu futile, traçant des figures sibyllines
    Avec des formes qui s’amalgament à des fuseaux qui se referment.

    « Explique-toi ! » Dit Yavänor. « Je vois là différentes formes… »
    « La première forme est un fuseau aux extrémités émincées ;
    L’âme naît, vit jusqu’à sa mort… donc une existence conforme
    Comme n’importe quel zozo ! » Lance Cristïäs d’un air pincé.

    « Quand l’extrémité est tronquée, c’est signe de mort accidentelle
    Et lorsqu’elle est évanescente, c’est une mort par maladie.
    Même si le temps m’a manqué, j’ai l’intuition sacramentelle
    Qu’on ne peut de manière décente lui espérer un paradis ! »

    « J’ai essayé de les cloner mais l’âme n’est pas matérielle ;
    C’est la frontière de la vie entre le physique et l’esprit.
    Cependant j’ai sélectionné quelques données caractérielles
    Qui me donnent tout le suivi de ce qu’une âme aurait appris. »

    « Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir
    Un corps vierge de tout esprit, je devrais pouvoir bouturer
    Le schéma fantasmagorique afin de le voir parvenir
    À reproduire, sans parti pris, sa personne restructurée. »

    « Génial ! » se moque alors STELLÏÄ. « Ça va nous aider sûrement
    À organiser les naissances… au cas où l’âme des nourrissons
    Voudrait faire son juvenilia pour appuyer ton jugement
    À propos d’une connaissance pour le fun que nous chérissons ! »

    « Ne t’en fais pas ! rit Yavänor. « Tu ne seras jamais autant
    Ridicule que je l’ai été hier soir de ma mission secrète ! »
    « Allez ! Ne perdons pas le nord ! » dit STELLÏÄ en ravigotant
    Son mari d’un baiser doté d’une petite moquerie discrète.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les formes du corps

    « On se demandait ce que trafiquaient les deux Irénée ?

    Et bien, à peu de choses près, les mêmes recherches que celles de Cristïäs ce qui devrait nous faire redoubler d’attention !

    J’espère que les deux théories ne s’additionneront pas ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les formes du corps

    « Je ne sais pas si c’est utile mais la télékinétique offre
    Une représentation du corps par les connexions du cerveau ! »
    Avoue l’ancêtre, un peu futile. « Curieusement, ça a du coffre
    Avec ces fuseaux d’égrégore qui se rassemblent en écheveaux ! »

    « Explique-toi ! » lui dit l’ancien. « Je vois là différents fuseaux… »
    « Le premier, la plaque nerveuse, le deuxième à tout le cortex,
    Le troisième au corps reptilien et le quatrième au réseau
    Nerveux et à la moelle osseuse ! » dit l’ancêtre en levant l’index.

    « Quand l’extrémité est tronquée, les cellules se renouvellent
    Et lorsqu’elle est évanescente, les cellules sont éliminées.
    Même si le temps m’a manqué, j’ai pu relier la cervelle
    À une fonction rajeunissante pour nous seuls, les deux Irénée ! »

    « J’ai essayé de les cloner mais le corps étant matériel,
    Il lui faut l’esprit et une âme et ça, c’est d’un autre niveau !
    Cependant j’ai sélectionné tous les neurones sensoriels
    Chez le fœtus et chez la femme qui accueilleraient un cerveau, »

    « Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir
    Une âme qui aurait vécu une existence jusqu’à sa mort,
    Je pourrais lier l’historique qui ainsi pourrait subvenir
    Afin que tu sois convaincu qu’on peut le faire sans remords. »

    « Génial ! » se moque alors l’ancien. « On abandonne la contrebande
    Et on crée des poupées charnelles – à qui il manque une conscience –
    Qu’on vendra à des béotiens avec une belle propagande
    Afin d’éviter l’éternelle méfiance envers notre science ! »

    « Ne t’en fais pas ! Répond l’ancêtre. « Je garde le dossier ouvert ;
    Demain, tu me remercieras de m’avoir emprunté le pas.
    Tu prends tout au pied de la lettre alors qu’on n’a pas découvert
    Si, oui ou non, cela servira nos intérêts… je ne sais pas ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les formes du cœur

    « Jamais deux sans trois !

    Au tour des Atlantes à se lancer dans la théorie des formes mais à leur manière.

    On se demandait ce qui se passerait si les théories des LLyrïädes et celle des Irénée se rejoignaient…
    Il risque d’y avoir un effet explosif lorsque les trois forces LLyrïädes-Irénée-Atlante seront réunies ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Je ne sais pas si c’est utile mais la Mantisse a pour effet
    D’amplifier les émotions émises par le canal du cœur ! »
    Avoue Astérias, très futile. « Bien sûr, j’ai été stupéfait
    D’en observer les émissions et de les grouper toutes en chœur ! »

    « Explique-toi ! » lui dit Thétïs. « Je vois là différents fuseaux… »
    « Le premier, c’est l’émotion pure qui interpelle l’affectif,
    Le deuxième affecte la mémoire et ses souvenirs en réseau
    Quant au troisième, il épure, pour un sentiment expressif. »

    « Quand l’extrémité est tronquée, c’est un sentiment de colère ;
    Et lorsqu’elle est évanescente, c’est un sentiment de tristesse ;
    Même si le temps m’a manqué, j’ai les quatre émotions polaires ;
    La joie et la peur oppressante qui se lient avec étroitesse ! »

    « J’ai essayé de les cloner mais l’émotion est trop fugace ;
    Il lui faudrait un corps, une âme pour pouvoir la traiter d’humaine.
    Cependant j’ai sélectionné les expressions les plus sagaces
    Qui relient les hommes et les femmes ainsi que tous les phénomènes. »

    « Bien sûr, tout ça est théorique ! Mais si je pouvais obtenir
    Une émotion enregistrée dans un domaine singulier,
    Je serais plus catégorique sur ce qui pourrait subvenir
    Si je pouvais administrer chaque cas en particulier. »

    « Génial ! » se moque alors Thétïs. « La Mantisse est psychologique
    Et on profite des transferts pour psychanalyser les gens.
    Ça donnera à Atlantïs une note anthropologique
    Afin de pouvoir satisfaire les voyageurs intelligents ! »

    « Ne t’en fais pas ! Dit Astérias. « Ce n’est qu’un projet d’avenir
    Qui, en cas de crise intérieure, pourra peut-être mettre à profit
    Nos relations avec Cristïäs et pourrait le faire revenir
    À des intuitions supérieures envers notre philosophie ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Triples naissances, triples coïncidences

    « Ils sont nés en même temps en ce 14 juillet à midi !

    D’après les astres, c’est un excellent horoscope ;
    D’après Nérätïs, ce sont de beaux bébés ;
    D’après leurs mères, ce sont de pures merveilles.

    Ce soir tandis que la fête continue, la nurserie est divinement calme. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Mère de plus de cinquante enfants, cinquante-deux… cinquante-trois… ?
    Lïlïth, obstétricienne-en-chef, s’est déchargée sur Nérätïs
    Qui tâte d’un air triomphant, les ventres où se sentent à l’étroit
    Trois nouveau-nés qui derechef naîtront sous l’égide d’Atlantïs.

    Or Nérätïs sait d’intuition que la nouvelle Lune approche
    D’ici midi exactement et, sans consulter un Oracle,
    Connaît la signification de cette conjonction si proche
    Qui produira trois accouchements relevant presque du miracle.

    Toutes trois ont des contractions, toutes trois ont perdu les eaux,
    Toutes trois en pleine lumière sous le soleil qui les inonde.
    Toutes trois en contribution comme reliées par un réseau
    Qui attend l’instruction première qui provoque la mise au monde.

    Laurelïne, Loreleï, Pénélopïä, ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Yanimïä
    Six sages-femmes se dévouent, prêtant main forte à Nérätïs.
    Dans une ambiance d’Olympia car, dans la salle Ave Maria,
    Altänor et Valérion jouent, leur offrant un concert gratis.

    Yavänor-le-jeune, Élyäna et Ärÿnor en même temps
    Naissent entre les mains expertes sans aucune difficulté.
    Et l’on nage en plein nirvâna sous un beau soleil éclatant,
    Signe d’une protection offerte que nul ne saurait discuter.

    Sous la Nouvelle Lune en Cancer avec la triple conjonction
    Du Soleil, la Lune et Mercure, les enfants portent la lumière.
    Vénus les veille de concert, Mars leur apporte protection
    Jupiter est en sinécure, Saturne en patience première.

    Le soir descend sur six bébés dormant en parfaite santé
    Après avoir été lavés, nourris au sein et puis couchés.
    L’ambiance n’est pas retombée ; au contraire la nuit enchantée
    Continue à parachever l’aura de nos trois accouchées.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Thème astral des enfants

    « Le 14 juillet 2026 à 12 h (heure locale), les trois bébés naissent pratiquement au moment de la Nouvelle Lune en Cancer.

    Le Soleil et la Lune sont conjoints, et Mercure rétrograde est lui aussi en Cancer, très proche de cette conjonction.
    Vénus est en Vierge, Mars et Uranus en Gémeaux, Jupiter en Lion, Saturne en Bélier, Neptune en Bélier (rétrograde) et Pluton en Verseau (rétrograde). »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Thème astral des enfants

    Soleil, Lune et Mercure ensemble à midi, heure des naissances,
    S’alignent dans une conjonction qui va empreindre les enfants.
    Cet aspect notable ressemble à une nouvelle connaissance
    Qui nous apporte la conviction d’un commencement triomphant.

    Naissance d’un cycle entièrement neuf d’une génération fondatrice
    Qui conduira la dynastie au-delà de ses espérances.
    Depuis la conception dans l’œuf, au sein même de la matrice,
    La fonction de télépathie s’est accrue en prépondérance.

    Avec Mercure, l’intelligence alliée à la curiosité
    Développe le goût de comprendre, d’absorber et de retransmettre.
    C’est comme un serment d’allégeance qui relie l’ingéniosité
    Des trois esprits qui vont apprendre très vite tels des petits maîtres.

    Vénus en Vierge leur précise l’amour et le sens du devoir,
    Envers les autres et leurs parents, de l’harmonie et du service.
    Les émotions seront concises, ce qui leur permettra de voir
    Très tôt les penchants apparents envers une âme-sœur novice.

    Mars en Gémeaux, moteur d’humour, offre beaucoup de vivacité
    Sur la capacité d’apprendre très vite et de communiquer.
    Et ils sauront parler d’amour avec tant de véracité
    Qu’ils n’auront plus alors qu’à prendre ce qu’on leur offre sans paniquer.

    Jupiter en Lion, c’est royal, comme un rayonnement naturel
    Qui portera leur joie de vivre avec leur magnanimité.
    Car le cœur se montre loyal avec un esprit culturel
    Qui donne confiance et qui livre une grande générosité.

    Saturne en Bélier, le courage est parfaitement discipliné ;
    Ils auront la capacité d’ouvrir de nouveaux horizons
    Qui, au sein de leur entourage, ne leur fera jamais décliner
    Toute responsabilité, même face aux pires trahisons.

    Illustration de Ledalïä.

  • Anticipation

    « Il y a quelque chose dans l’air d’indéfinissable.

    Depuis les trois naissances, j’ai l’impression qu’un climat d’empathie a envahi toute notre communauté.
    Ce climat existait déjà mais je crois qu’il s’est sensiblement amplifié.

    Les prochains jours nous en apprendront davantage. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Anticipation

    Trois petits quelque chose en plus par rapport aux premières naissances ;
    Un, la simultanéité de l’arrivée des nouveau-nés ;
    Deux, un tout nouveau stimulus : la télépathie en puissance ;
    Trois, une homogénéité en train d’atteindre leurs aînés.

    Sans doute Uranus en Gémeaux, l’esprit inventif et l’aisance
    Avec goût de l’innovation et les nouvelles technologies.
    Et Mars qui vient trouver les mots pour apporter la complaisance
    Envers les prochaines inventions qui animeront leurs logis.

    Pluton en Verseau leur apporte les transformations collectives,
    Une nouvelle organisation poussée par la télépathie.
    Qui se diffuse et se transporte déjà de manière objective
    Dans la nouvelle génération solidaire avec empathie.

    Cependant la télépathie n’est pas du tout héréditaire
    Mais une transmission qu’on apprend comme le langage parlé.
    Et c’est grâce à cette empathie que les enfants communautaires
    Auront ce talent qui surprend : de communiquer sans parler.

    On peut, par anticipation, sur les prochaines générations
    Parier sur ce phénomène qui ne saurait s’atténuer.
    Déjà les trois fécondations qui sont en cours de gestation
    Et celles de cette semaine qui vont encore continuer.

    Et c’est ce secret légitime qui se passe dans la nurserie ;
    Les trois nouveau-nés retransmettent leurs premières heures de vie
    Qui atteignent les pensées intimes de la petite confrérie
    Ainsi tous, à leur tour, émettent des impulsions inassouvies.

    Qui sait si demain les tétées n’affecteront pas les mamans ?
    Qui sait si les copulations n’affecteront pas les papas ?
    Qui sait si la communauté n’atteindra pas, à un moment,
    Ce pouvoir en évolution qui se propage pas à pas ?

    Illustration de Ledalïä.

  • Participation

    « Il s’est passé quelque chose.

    Les bébés émettent des impulsions qui ne sont pas encore des pensées.
    Yavänor-l’ancien et Yavänor-le-jeune ont créé le premier contact.
    L’intimité très étroite de Yavänor, Laurelïne, Loreleï et Lïlïth amplifie ce phénomène.

    Ensemble, tous les quatre ressentent cette nouvelle expérience. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Ce soir, six bouches affamées tètent goulûment leurs mamans
    Devant une foule attendrie par le spectacle de la vie.
    On en voit certains se pâmer, participer à ce moment
    Dans un sentiment amoindri devant ces tout-petits ravis.

    Notamment Yavänor ému qui a vraiment cette impression
    De sentir ce téton gorgé de lait lui gicler dans la bouche.
    Même sa mâchoire remue dans une tendre régression
    Simulant même une gorgée de la manne blanche farouche.

    Mais quand Yavänor-le-bébé a fini de tout absorber
    Et que Lïlïth, sur son épaule, attend tendrement son renvoi,
    Yavänor-l’ancien, bouche bée, croise alors à la dérobée
    Celui qui a monopole de cette toute petite voix :

    En fait, ce n’est pas une voix juste des pensées très éparses
    Mais qui intelligiblement lui transmet des impulsions brèves.
    Des impulsions qui, une fois teletransmises par son comparse
    Le hantent irrésistiblement la nuit au milieu de ses rêves.

    Celui-ci est particulier ; Laurelïne, Loreleï et Lïlïth
    Unissent leurs mains avec les siennes pour amplifier cette voix
    Qui, d’un mouvement régulier, se développe et se délite
    Avec des inflexions anciennes semblable à des odes à la joie.

    Au matin Laurelïne s’éveille en évoquant un drôle de rêve
    Repris par Loreleï et Lïlïth qui l’ont rêvé, elles aussi.
    Et cette joie les émerveille car en une seule œillade brève,
    Ils ont compris que l’insolite information les associe.

    Non, pas besoin de long discours ; ils se regardent sans mot dire
    Et c’est exactement pareil que s’ils se le remémoraient.
    Cet intervalle paraîtrait court pourtant pour eux quatre, il s’étire
    Comme un bourdonnement d’oreille qui doucement leur parlerait…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les formes de l’esprit

    « Impossible de dormir avec toutes ces pensées qui me traversent la tête !
    Je ne sais pas si j’ai rêvé mais j’ai vu… ou plutôt entendu… en fait ni l’un ni l’autre mais je pensais comme Yavänor, comme Laurelïne, comme Loreleï et comme Lïlïth…
    C’était vraiment très étrange…
    Ça m’a tenue éveillée une bonne partie de la nuit !
    J’ai même ressenti une irrésistible envie de faire l’amour au petit matin… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Il n’y a pas de mot pour le dire mais notre relation à quatre
    A changé d’orientation et se passe au-delà du corps ! »
    Pense Yavänor qui voit sourire ses trois femmes en train de s’ébattre
    Après l’expérimentation d’un nouveau type de rapport.

    « Et inutile de le comprendre… » exprime Laurelïne à son tour ;
    « Il suffit de la pratiquer… » pense Loreleï en complément ;
    « Sans avoir besoin de l’apprendre… » continue Lïlïth sans détour ;
    « Car il suffit de l’appliquer ! » songe Yavänor simplement.

    « Et pas besoin de s’observer pour apprécier l’effet produit ! »
    « Tu as raison et quand tu penses je crois que c’est moi qui le pense ! »
    « Pourtant le genre est conservé ; la pensée mâle me séduit
    Et la pensée femelle dispense comme une douce résonance ! »

    « Continuez ! Je vais tenter une expérience intéressante ! »
    « Loreleï m’a l’air d’une gamine avec un tout nouveau jouet ! »
    « Mais tu es aussi enchantée, maman, tu es toute frémissante ! »
    « Je vous entends et m’achemine au fond du lac frais à souhait ! »

    « Oooh, là il se passe quelque chose entre Yavänor et maman ! »
    « Ils tentent d’expérimenter nos rapports d’une autre façon ! »
    « Aaah, oui ça me métamorphose et j’apprécie bien ce moment ! »
    « Taisez-vous et ressentez ce qu’ensemble nous surpassons ! »

    « Moi aussi ! » et les quatre amants se retrouvent dans la cuisine
    Car les émotions fortes creusent et l’esprit et leurs estomacs.
    Le papa et les trois mamans sans dire un mot emmagasinent
    Avec un verre de chartreuse des petits fours au curcuma.

    « Je m’étais habitué à voir mes réserves pillées la nuit
    Mais par quatre Llyrïädes à poil, ça je ne l’avais jamais vu ! »
    Rit Alinéor plus pour avoir l’explication de ce qui suit
    Tout en saisissant une poêle pour faire ce qu’il avait prévu…

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Asymptotes instrumentales

    « Encore une manifestation de la télépathie.
    Cette fois-ci, ce ne sont pas les pensées qui se transmettent mais la musique.

    ORPHÉÔN, Altänor et Valérion le découvrent.
    Et mâme Captain Nemo, pourtant amnésique, retrouve son don de pianiste.

    Tous les quatre se sont communiqué la même musique sans le savoir.

    Et ils ont enchanté tout Ô ALLEGÔRÏÄ ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Asymptotes instrumentales

    ORPHÉÔN est fort inspiré et surprend ÄLLÏÄ au réveil :
    « J’ai rêvé tant de mélodies et tant de textes cette nuit
    Qu’ils se sont ensemble insérés dans ma mémoire en plein éveil
    Comme des chants de paradis, des vieilles odes inouïes ! »

    Altänor est tout enjoué et Amellïä est enchantée :
    « J’ai rêvé des morceaux pour toi et qui m’ont traversé la tête
    Et je voudrais te les jouer ; peut-être pourrais-tu les chanter
    Ou les entonner à deux voix et organiser une fête ! »

    Captain Nemo se souvient et Nérätïs est tout en joie :
    « Je ne saurais pas l’affirmer mais… je crois jouer du clavier
    Et j’ai un refrain qui revient interprété tellement de fois
    Que je le jouerais, les yeux fermés, devant nos amis conviés ! »

    ORPHÉÔN chante à pleine voix en rejoignant ses congénères ;
    Altänor chantonne, enflammé, sa mélodie a capella ;
    Captain Nemo remue ses doigts sur un clavier imaginaire ;
    Et Valérion de s’exclamer : « C’est mon air que vous jouez là ! »

    Ils se regardent éberlués et se dirigent vers le living ;
    Altänor saisit son trombone, Captain Nemo se met au piano
    Et ORPHÉÔN vient ponctuer la musique d’un scat qui swingue
    Tandis que Valérion coordonne le tout de riffs originaux.

    Aussitôt le concert attire les cinq mamans et leurs bébés,
    D’un air réjoui et enjoué comme le fait remarquer Lïlïth :
    « Je ne sais pas comment vous le dire mais ils sont restés bouche bée
    Aussitôt que vous avez joué cette musique qui les excite ! »

    Sur sa batterie de cuisine, Alinéor cuillères en mains
    Réalise un rythme déchaîné accompagné des Irénée.
    Voici alors que Laurelïne se saisit en un tournemain
    De Yavänor pour l’entrainer dans un charleston effréné !

    Illustration de Ledalïä.

  • Paraboles naturelles

    « Phénomène similaire cette fois-ci avec la peinture chez Ledalïä, Geminïä et Alinéor.

    Tous les trois ont reçu une information mais chacun l’a intégrée selon ses propres filtres.

    Résultats, trois toiles différentes.
    Mais en superposant les trois images, le message émanant des b3bes est apparu. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Paraboles naturelles

    Il y a des rêves en couleurs et des rêves en noir et blanc.
    Cependant cette nuit les songes sont d’une autre catégorie.
    Comme des teintes de douleurs qui font des camaïeux troublants
    Et des coloris de mensonge pour faire des allégories.

    Ledalïä rêve d’arcs-en-ciel avec sept nouvelles couleurs ;
    Des infrarouges dégradés et des ultraviolets débordés.
    Et les sept couleurs officielles deviennent les souffre-douleurs
    Et se retrouvent rétrogradées dans des nuances inabordées.

    Geminïä rêve tout en noir mais en relief avec des formes
    Qui avancent en créant des ondes d’une lumière ténébreuse
    Qui ouvre un tout nouveau couloir où le noir alors se transforme
    Et crée soudain des nouveaux mondes où les étoiles sont nombreuses.

    Alinéor perçoit ses sens avec couleurs surnaturelles ;
    Le goût prend de nouvelles teintes, l’ouïe de nouveaux coloris ;
    Le toucher trouve alors l’essence des caresses d’or naturelles
    Quant à la vue, elle est éteinte par les autres sens a priori.

    Dès le matin Ledalïä peint les nouvelles couleurs aperçues ;
    Dès le matin Geminïä peint les formes noires entraperçues ;
    En même temps Alinéor peint les nouveaux sens qu’il a perçus ;
    Trois œuvres d’un art qui dépeint ce qui demeure inaperçu.

    « Euréka ! » crient-ils tous ensemble. « Il faut les photographier,
    Les superposer tous les trois et obtenir une seule image ! »
    Ce qu’ils obtiennent alors ressemble à l’effet holographié
    Qui montre les six enfants rois qui leur délivrent un message.

    Le message parle d’avenir : Yavänor avec Laëtïtïa
    Qui, non seulement continueront, mais garderont la connexion
    De ce présent en devenir qui deviendra un noviciat
    Tandis que nous, constituerons leur éternelle protection.

    Illustration de Ledalïä.

  • Quadrature matérielle

    « Le processus de transformation se poursuit.

    ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Cristïäs découvrent le pouvoir des formes.
    Ils créent, façonnent, modèlent tout ce qui leur tombe sous la main.

    Je commence à me demander si le petit Orélion, qui devient de plus en plus actif, n’est pas étranger à ce phénomène ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    ÄLLÏÄ se mit à voir sans voir ; juste pour estimer les formes.
    STELLÏÄ, entendre sans entendre ; juste pour capter les échos.
    Cristïäs, toucher sans percevoir ; juste la structure uniforme.
    Les trois, s’apprécier et s’entendre ; juste devenir ex-æquo.

    C’est lors de la nouvelle Lune, qu’ils en ressentirent les effets,
    Après la clôture du conclave sur les questions les plus complexes,
    Qu’ils eurent l’occasion opportune d’être tous les trois stupéfaits
    Par l’attrait des formes concaves et le goût des formes convexes.

    Ils se surprirent à modeler tout ce qui leur passait par les mains ;
    Façonner des origamis, des très faciles et des plus fourbes ;
    Pétrir de leurs doigts potelés, l’argile sur le bord des chemins ;
    Et tâter leurs anatomies pour en apprécier les courbes.

    Quand les deux sœurs faisaient l’amour, elles fermaient toujours les yeux
    Pour ressentir de l’intérieur son aspect tridimensionnel
    Comme une sculpture glamour que leurs partenaires audacieux
    Travaillaient des membres inférieurs pour des chefs-d’œuvre passionnels

    À presque quatre mois, Orélion perçoit et distingue ces formes
    Comme un ectoplasme invisible qu’il manipule de ses mains.
    Il joue au gentil trublion qui modèle un monde conforme
    À son langage imprévisible qui change à chaque lendemain.

    Enfin lorsqu’il tête sa mère le flux rétrograde remonte
    Et Laurelïne perçoit des formes qu’elle ne comprend pas encore
    Mais qu’elle retransmet au père chaque nuit quand leur désir monte
    Qui se répand et qui transforme chaque cellule de leurs corps.

    Comme un virus immunitaire ou un vaccin épidémique
    Ces formes s’étendent à tous les membres de la communauté
    Qui savent écouter et se taire, capter sans faire de polémique
    Ce qui s’avérera un atout accompagné de nouveautés.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Hyperboles corporelles

    « Les plus grandes révolutions se font par les femmes.

    Nérätïs et Pénélopïä se sont rapprochées pour pratiquer beaucoup d’activités physiques ensemble pour évacuer le stress.

    Le résultat dépassé leur expérience car leur propre émancipation de communique envers nous toutes.

    Et même Ledalïä. C’est dire ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Ce ne sont pas les danses exotiques qui intéressent Nérätïs ;
    Ce ne sont pas les arts martiaux qui passionnent Pénélopïä ;
    Ni la danse du ventre érotique qui se pratique sur Atlantïs ;
    Pas plus que les gestes impartiaux qui les attirent dans l’immédiat…

    Mais les deux femmes conjointement ont pris comme nouvelle habitude
    D’extérioriser par le corps toutes les tensions cumulées.
    Par un subtil consentement, elles recherchent la pleinitude
    Dans la détente et dans le sport sans devoir le dissimuler.

    Le soir venu, elles nagent ensemble ; tous les matins elles courent ensemble ;
    L’après-midi, elles plongent ensemble ; quand il fait beau, elles sprintent ensemble ;
    Pour se distraire, elles bougent ensemble, pour leur bien-être, elles suent ensemble ;
    À force de travailler ensemble leur corps et leurs gestes se ressemblent.

    Et pourtant contre toute attente, elles apprécient cette tendance
    De pratique des arts martiaux pour en éprouver la quiétude.
    Elles en apprécient la détente et sont attirées par la danse
    Alors qu’elles les trouvaient spécieux… comme quoi tout est dans l’aptitude !

    Elles prennent des cours de théâtre, de Taekwondo, de savate
    Et certains soirs même se produisent dans des spectacles de strip-tease
    Car c’est idiot mais ces bellâtres qui en mangeraient leurs cravates
    Les amusent et leur amenuise la pudeur qui les stigmatise.

    À force de s’émanciper et de laisser parler leurs corps,
    Elles se découvrent femmes libres, maîtrisant l’estime de soi.
    Et cela va se dissiper dans l’entourage dans un accord
    Qui apporte un rééquilibre envers chaque femme qui le reçoit.

    Et l’incroyable est arrivé : notre Ledalïä si pudique
    Se met à sortir toute nue pour aller bronzer et nager.
    L’illustratrice ravivée, apprécie le côté ludique
    Du regard plutôt soutenu d’un Alinéor partagé.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La sinusoïde des fluides

    « Nous avions oublié les sirènes !

    Éôlïäne, toujours aussi sarcastique et avec la langue bien pendue, découvre, à son tour, avec ses sœurs la télépathie qui leur apporte quelque chose d’inattendu : la possibilité de parler avec un fantôme d’une sirène du lac de Constance qui prétend connaître beaucoup de choses…

    De belles révélations en perspective ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La sinusoïde des fluides

    « Ils sont tous devenus stupides ! » dit Éôlïäne consternée ;
    « Depuis les trois derniers bébés, soudain tout a dégénéré ! » ;
    « Les femmes sont plus intrépides ! » dit Olivïäne concernée ;
    « Ça va peut-être retomber ! » dit Azurïanne, rassérénée.

    « Pourtant les bébés sont mignons ; j’aurais bien aimé en avoir ! »
    « Demande alors à Constantïne si toutefois il peut bander ! »
    « Tu parles ! avec son vieux moignon… il doit lui-même s’en émouvoir ! »
    « Avec un peu de Célestine qui sait ? On peut en commander ! »

    « Quoi ? J’ai dit une absurdité ? » dit Éôlïäne pertinemment ;
    « Non mais… nous venons de causer sans même avoir ouvert la bouche ! »
    Pense-t-elle avec lucidité. « Et j’entends même distinctement
    Loreleï en train de proposer à Laurelïne de changer les couches ! »

    « Excusez-moi de déranger mais j’aime votre conversation !
    Et ça fait tellement longtemps que je n’avais entendu personne ! »
    « HÉ ! T’ES QUI TOI, L’ÉTRANGER ? MONTRE-TOI SANS PROTESTATION ! »
    « Ne criez pas ! Je suis contente ! Je suis une vieille âme teutonne ! »

    « C’est toi la forme transparente qui vient de se concrétiser ? »
    « Oui… enfin non… mais j’étais là depuis votre emménagement
    Mais vous n’étiez pas coopérantes alors que là, vous maîtrisez
    Le langage de l’au-delà qu’utilisent tous les revenants ! »

    « Sans blague ! Tu es un fantôme ? » – « Oui, vieille sirène de Germanie
    Et je m’ennuyais dans ces eaux malgré toutes vos allés venues !
    Parfois, je m’incarne en Guillaume, votre poisson de compagnie
    En utilisant le réseau des âmes-poissons ingénues ! »

    « Vous m’entendez ? C’est formidable ! J’ai plein de choses à raconter
    Sur la maison et ses secrets, les Atlantes qui l’ont habitée ;
    Et Constantïne, ce vénérable compagnon sur qui j’ai compté,
    Qui a toujours été discret et qui m’a toujours assistée ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La GYNOPÔSTÉRÏTÉ

    « De mieux en mieux !

    Les sirènes ont établi le contact avec le chaînon manquant : celle qui connaît l’histoire de Ô ALLEGÔRÏÄ et qui désire ardemment nous la communiquer depuis que nous l’habitons.

    Nous sommes toutes invitées à nous rendre à son palais situé dans nos sous-sols.

    Je suis très impatiente ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Tu n’avais donc pas disparu de la mémoire des grandes eaux !
    C’est étonnant que tu aies dû attendre un mois pour te montrer ! »
    Pense alors Loreleï apparue sitôt prévenue par le réseau
    Devenu soudain si répandu qu’on n’a plus à le démontrer.

    « Pourtant j’ai vainement essayé de vous contacter chaque jour ;
    Les habitants de votre monde n’écoutent pas celui des morts.
    Or je suis très émerveillée depuis deux jours et je savoure
    Que cesse cette barrière immonde dont j’éprouvais tant de remords. »

    « Mais tu es seule ? C’est étrange ! Vous devriez être une pléthore ! »
    « Tu oublies que nous sommes uniques : nous sommes une race hybride
    Qui marchons quand ça nous arrange, nageons quand l’eau nous revigore
    Et nos origines germaniques ont fait de nous des apatrides ! »

    « Je reste attachée à Constance car j’y ai connu les Atlantes
    Quand ils ont construit la maison que vous habitez désormais.
    Par une tragique circonstance, j’ai connu une mort sanglante
    Quand l’Inquisition, sans raison, nous a condamnées à jamais ! »

    « J’habitais bien sûr Ôphélïä, ma résidence aménagée
    Où je vous ai vues tant de fois que j’en ai pleuré d’impuissance.
    Quand j’ai vu ÄLLÏÄ et STELLÏÄ qui venaient près de moi nager,
    J’ai crié de toute ma voix mais ce n’était qu’évanescence ! »

    « Maintenant que vous m’entendez je vous invite dans mon palais
    Qui se situe dans vos sous-sols, dans votre piscine magique.
    Quand Éôlïäne a transcendé le passage qui l’emballait
    Je lui ai servi de boussole grâce aux poissons anthologiques ! »

    « Transmettez à ma chère Lïlïth, que je connais depuis longtemps,
    Toutes mes sincères amitiés au nom de notre sororité
    Afin que se réhabilite ce qui, depuis la nuit des temps,
    A animé la société de la gynopostérité ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Chez Loïrelïndt

    « Loïrelïndt, celle qui voit l’évidence que les autres ne voient pas !

    Dès la première rencontre, Loïrelïndt nous fascine tous par son don de voyance. Elle ne prédit pas l’avenir, elle montre au présent les mécanismes et le pourquoi de toutes choses.

    Un véritable Oracle comme je n’en avais jamais vu.
    Et si je comprends bien, celui qui m’a fait pipi dessus a ébranlé tout l’univers pour que cela arrive ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Chez Loïrelïndt

    « Ainsi depuis tout ce temps-là, tu vivais juste sous notre toit ! »
    S’exclame Lïlïth en embrassant sa vieille amie perdue de vue.
    « Et tant de fois, tu m’ébranlas le cœur quand j’entendais ta voix ! »
    Répond Loïrelïndt en l’enlaçant bien que de substance dépourvue.

    « Peux-tu nous présenter, maman ? » demandent Laurelïne et Loreleï.
    « Voici Loïrelïndt, ma vieille amie à laquelle vos noms rendent hommage !
    Et voici mes filles, notamment prénommées comme représailles
    Envers tes anciens ennemis pour que ton souvenir se propage ! »

    « Et voici Yavänor, leur mari qui est un peu aussi le mien ! »
    « Toi alors, tu n’as pas changé ! » Rit Loïrelïndt en l’enlaçant
    Tant bien que mal, un peu marrie, malgré son corps ectoplasmien
    Mais qu’elle se permet d’échanger contre un regard attendrissant.

    « Et voici notre grande famille qui s’est récemment agrandie
    De six magnifiques bébés et leurs non-moins jolies mamans ! »
    « Et toi aussi, pourtant mamille comme on disait en Romandie
    Le mari et le fils nimbés d’une même âme… étonnant ! »

    « En revanche, tous ces jeunes gens ne sont sûrement pas des terriens ! »
    « Oui les garçons viennent de Thestïäs et les filles viennent d’Atlantïs ! »
    « C’est très habile ! En partageant vos gènes extrasolariens,
    Vous permettez la mise en place d’une race que les dieux garantissent ! »

    « Ainsi, c’est grâce à vos bébés que nous pouvons communiquer ! »
    « Cela et sûrement autre chose ; ils n’arrêtent pas de nous surprendre !
    Je crois qu’ils nous ont imbibé d’une substance médiquée
    Pour que cette métamorphose puisse nous atteindre sans attendre ! »

    « Et je crois même que le hasard qui vous a fait vous rencontrer
    Vient de ces bébés justement ou plutôt de leurs âmes errantes
    Qui a cherché dans le bazar de l’univers enchevêtré
    Hommes et femmes intimement choisis pour leurs marques afférentes ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’enfant-flamme

    « L’enfant-flamme !
    Ce mystère qui donna naissance à mon père.

    Inexplicable jusqu’à présent mais la seule occurrence où une âme a pu se créer un corps afin de renaître.

    Décidément, Loïrelïndt EST un fantôme d’une sagesse et d’une clairvoyance très précieuses ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Mais pourquoi êtes-vous l’unique fantôme vivant en ces lieux ? »
    Transmet Cristïäs qui s’attendait à en voir d’autres des plus divers.
    « Parce que ces lieux sont holoniques car ils font partie d’un milieu
    Beaucoup plus vaste qui s’étendait à l’autre bout de l’univers ! »

    « Eh oui, ta télémémoire peut en retrouver ses habitants
    Mais non, elle ne peut pas les transférer, pas même moi !
    Le passé devient peu à peu de plus en plus intermittent
    Et le futur s’allonge d’un pas où les secondes deviennent des mois ! »

    « Tu rêves de pouvoir faire renaître une personne du passé
    Mais il faut un corps pour cela ; le mien a été torturé,
    Dispersé à des kilomètres impossibles à outrepasser
    Ainsi quand la mort me scella, mon corps était déstructuré ! »

    « Les Irénée ont essayé, Asterias l’a aussi tenté
    Un seul a pourtant réussi et d’ailleurs je l’en félicite !
    Il ne pensait pas balayer une règle jamais attentée
    En semant avec minutie son enfant-flamme dans Lïlïth ! »

    « Oui Yavänor ! Tu es le seul ! Je ne sais pas toute la romance
    Mais j’en vois là le résultat et… je crois pourtant le savoir !
    C’est Irénée, cet être veule, qui a répandu sa semence
    Et toi, le geste qui l’occulta pour la troquer par ton pouvoir ! »

    « Souviens-toi, c’était en automne, il apparut aux femmes enceintes
    Et puis a pénétré Lïlïth pour changer le gamète mâle
    Par l’un des tiens très autonome doté d’une onction sacro-sainte
    Organisé par une élite de science infinitésimale ! »

    « Je l’ai désiré, en effet… » avoue Yavänor humblement
    « J’ai demandé à l’Univers de m’incarner chez les LLyrïädes.
    Je ne sais pas comment s’est fait ce miracle, véritablement…
    Mais “quelque chose” nous a ouvert un mystère parmi des pléiades ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La relativité contrainte

    « Loïrelïndt ne s’était pas trompé sur le temps et Cristïäs l’apprend à ses dépens…
    S’il est facile de remonter une année, remonter un siècle s’avère complexe et au-delà demande trop de temps de calcul.
    Quant au futur, Cristïäs s’arrache les cheveux.

    Et STELLÏÄ qui doit lui annoncer une grande nouvelle… le pauvre ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La relativité contrainte

    « Loïrelïndt aura toujours raison ! » Dit Cristïäs au bout d’un moment.
    « Plus je vais loin dans le passé et plus les jours deviennent brefs ! »
    « N’as-tu pas la démangeaison d’aller au moment éminent
    Du Big-Bang et l’outrepasser ? » demande ÄLLÏÄ derechef.

    « En théorie peut-être bien… Mais il y a le déplacement !
    La Terre tourne autour du Soleil, le Soleil dans la Voie Lactée
    Qui elle-même, je ne sais combien de tours elle fait exactement…
    Plus je remonte et plus j’essaye et plus l’espace a diffracté. »

    « Pour revenir un siècle en arrière, j’ai dû prendre pas mal de repères
    Mais plus le temps se recontracte et plus l’espace, lui, diverge.
    Je passe plus de temps derrière mes calculs que j’en récupère
    Sur le temps qui se rétracte… et tout ça, ça me submerge ! »

    « Et le futur ? » Demande ÄLLÏÄ. « C’est pire et c’est décourageant ! »
    Reprend Cristïäs ; « Tout se rallonge ! Demain se projette sur un mois ! »
    Après-demain les aléas explosent et en envisageant
    De s’y aventurer, je plonge dans l’utopique, malgré moi ! »

    « En résumé, ton appareil est atteint d’une myopie
    Qui demande des lunettes que tu ne sais pas fabriquer ! »
    Conclut ÄLLÏÄ. « Et c’est pareil pour la T.T.A. thérapie
    Qui ne remplace pas les menottes quand il s’agit de pratiquer. »

    « Évidemment ! » Avoue Cristïäs. « Ce n’est qu’un outil perfectionné,
    Pas forcément intelligent, qui demande une main experte !
    Si j’avais eu ça sur Thestïäs, j’aurais pu m’y attentionner…
    Hélas, le temps est exigeant et ma petite femme alerte ! »

    Et Cristïäs démoralisé se met à table sans appétit
    À côté de sa chère STELLÏÄ qui lui annonce son dilemme :
    « Je me suis fait analyser et je vais avoir un petit ! »
    « Et moi aussi !  Précise ÄLLÏÄ : « Mais il n’y a pas de problème ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Jam session à l’Odéon

    « Un peu de détente fait du bien à tout le monde.

    Captain Nemo est heureux car, si sa mémoire lui fait toujours défaut, le piano compense bien son mal être et Pénélopïä est rayonnante et toujours aux petits soins avec lui.

    Altänor semble se souvenir mais reste encore assez vague.

    Quant à moi, chanter me détend énormément.
    Et surtout avec mon chéri ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Jam session à l’Odéon

    Au piano, Captain Nemo chante : « Blue moon, you saw me standing alone… »
    « C’est drôle que tu te souviennes de tout un si grand répertoire !
    « Ton jeu me plaît, même il m’enchante ! » dit Altänor qui l’aiguillonne
    Pour que la mémoire lui revienne d’une manière péremptoire.

    « C’est curieux… » poursuit Altänor… « Tu ne lis pas de partition…
    Tu accompagnes comme quelqu’un qui connaît déjà la chanson ! »
    « C’est la mémoire et non le nord que j’ai perdue sans condition ;
    De souvenir je n’en ai aucun mais je peux jouer sans façon ! »

    « En effet, ton cerveau hésite… mais pas tes mains qui vont tout droit
    À l’accord d’un très bon pianiste qu’on entend souvent dans le jazz !
    Je crois que lors de mes visites, on s’est croisés au même endroit
    Je ne suis pas physionomiste mais je reconnais cette audace ! »

    « Arrête de parler et joue ! » lance Nemo pour couper court
    Et Altänor prend son trombone à réveiller un jazzman mort
    Avec un bisou sur la joue, Amellïä vient à leur secours,
    Armée d’une bonne bonbonne soustraite au nez d’Alinéor.

    Pénélopïä remplit les verres qu’elle dépose sur le piano
    Pour stimuler les musiciens et leur redonner du courage.
    Tandis qu’Alinéor, l’air sévère, apporte un énorme tonneau
    Et, comme un parfait magicien, récupère le cidre sauvage.

    Et puis installe sa batterie, armé de deux grandes cuillères,
    Et accompagne la jam session avec un rythme débonnaire
    Qui, après une pâtisserie mais surtout après quelques verres
    Devient une surimpression de rythmes endiablés du tonnerre.

    Il ne manquait plus qu’ORPHÉÔN avec ÄLLÏÄ en voix de tête
    Pour chanter un scat en duo au douzième coup de minuit.
    On se croirait à l’Odéon où, comme tous les soirs, c’est la fête
    Avec des lumières fluos pour y danser toute la nuit.

    Illustration de Ledalïä.

  • La matinale bucolique

    « Quelle nuit mes amis !

    Et encore, STELLÏÄ et moi sommes parties nous coucher avant l’aube à cause de nos bébés en route !

    La matinée ressemble à une arrivée au compte-gouttes : d’abord les mamans et puis… jusqu’au dernier des fêtards. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Le pique-nique du dimanche est devenu indispensable
    Car il permet aux dilettantes de couper leurs activités.
    Ceux qui ont passé des nuits blanches ou ont été irresponsables
    En éternisant la détente d’une nuit de festivités.

    Les mères ont été les premières à savourer la matinée
    Par un petit déjeuner sur l’herbe sans faire comme celui de Manet
    Car on apprécie la lumière, de fraîcheur encore mâtinée,
    En obéissant au proverbe : en Suisse n’oublie pas ton bonnet.

    Elles ont dû se servir elles-mêmes car Alinéor dormait encore
    Mais Ledalïä donnant le sein n’avait pas vraiment festoyé.
    Elle remplaça celui qu’elle aime en préparant sans son accord
    Un repas léger à dessein aux premières lueurs chatoyées.

    Puis Nérätïs est arrivée sans Pénélopïä cependant ;
    Yavänor, toujours matinal, a rejoint ses chères mamans.
    Tous les deux se sont ravivés avec un café répandant
    Ce parfum si subliminal qu’il en rappelle les bons moments.

    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, futures mères, se sont couchées avant les autres
    Et viennent aussi savourer l’aurore du lac de Constance.
    Ce petit moment éphémère s’étire tant qu’elles se vautrent
    Dans l’herbe tout enamourée d’une rosée de circonstance.

    Enfin au soleil de midi, la troupe orchestrale au complet
    Déploie bras et jambes au soleil avec soupirs contemplatifs.
    Captain Nemo encore groggy et Pénélopïä accouplée
    Aux autres membres tous pareils dans un état dubitatif.

    Soudain les sirènes accourent en vociférant « Venez vite !
    Nous avons sauvé du naufrage un couple qui avait sombré.
    Nous leur avons porté secours en leur donnant de l’aquavit
    Pour leur redonner du courage mais ils sont encore tout chambrés ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Séorïäne et Hyänor, les coréens

    « Notre communauté s’agrandit avec deux nouveaux invités.

    Deux jeunes coréens qui auraient pu se noyer sans la vigilance de nos amies les sirènes.

    Nous leur avons réservé le meilleur accueil et comme ils cherchaient un refuge, nous sommes tous ravis de leur souhaiter la bienvenue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Séorïäne et Hyänor, les coréens

    Tous les garçons se précipitent derrière Nérätïs en tête ;
    Sur la plage sont allongés deux naufragés inanimés ;
    Si leurs tenues sont décrépites, eux n’ont pas l’air d’être à la fête.
    « Ça va ! Ils sont hors de danger ! Ils vont bientôt se ranimer ! »

    « Yeogiga eodiyeyo ? » dit la première naufragée
    Encore tout éberluée et complètement dépassée.
    « Museun iri isseosseoyo ? » dit l’autre autant découragé
    Et en train de s’évertuer à comprendre ce qui s’est passé.

    « C’est du coréen ! » dit Nemo. « Tu as recouvré la mémoire ? »
    Lui demande Pénélopïä. « Non mais ça parle dans ma tête ! »
    « Nous comprenons à demi-mots mais, pour eux, c’est le désespoir !
    Do you understand ? » dit ÄLLÏÄ ; « Tell me, can you understand yet ? »

    « Nous paLlons fLançais ! » dit la fille ; « Et notLe bateau a coulé ! »
    « C’est vous qui nous avez sauvés ? Heu… J’avais cLu voiL tLois siLènes ! »
    « Oui… enfin… elles sont de la famille… » Répond ÄLLÏÄ un peu troublée…
    « Venez un peu vous raviver auprès de nos cinq châtelaines ! »

    Tandis que nos deux naufragés reprennent force et contenance,
    Ô ALLEGÔRÏÄ leur apporte le gîte et l’hospitalité ;
    Lïlïth leur a aménagé une chambre à leur convenance
    Tout en espérant qu’ils se portent avec plus de vitalité.

    Ils n’en sortiront qu’à la nuit ; ils ont des choses à raconter :
    « Nous venons de nous maLier contLe l’avis de nos paLents
    Car ils nous ont tellement nui quand nous voulions nous fLéquenter
    Et nous ont tant contLaLiés qu’on s’est sauvés en se baLLant ! »

    « Nous cheLchons un havLe de paix où nous puissions nous installer ! »
    « Eh bien vous nous avez trouvés et vous êtes les bienvenus !
    Cette maison a le respect pour ceux qui ne savent où aller
    Et dont la vie nous a prouvé que nul n’y est contrevenu ! »

    Traductions
    여기가 어디예요…? (Yeogiga eodiyeyo…?) « Où sommes-nous… ? »
    무슨 일이 있었어요…? (Museun iri isseosseoyo…?) « Que s’est-il passé…? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La communauté au complet

    « Ce soir Ô ALLEGÔRÏÄ est au complet avec ses 42 membres.

    Les LLyrïädes sont à l’honneur avec les Passeurs ;
    Les Thestïässiens et les Atlantes ;
    Les Sirènes et les naufragés ;
    Les enfants dont le nombre grandit presque tous les jours.

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La communauté au complet

    Notre petite communauté forte de quarante-deux membres
    Célèbre ce soir l’arrivée de ses deux derniers habitants.
    Juillet est riche en nouveautés ; on a dû ouvrir plusieurs chambres
    Pour nos naufragés dérivés de différents espace-temps.

    Il a fallu pousser les murs et surtout retrousser ses manches
    Relever le toit du grenier et aménager les annexes.
    Mais tous les hommes d’âges mûrs sont très heureux en ce dimanche
    De poser enfin le dernier chevron et l’un des plus connexes.

    L’ancien salon est devenu la nouvelle salle à manger
    Et la terrasse déplacée devient notre nouveau salon.
    On a dallé les avenues qui entouraient le potager
    Pour une esplanade reclassée afin d’y promener nos talons.

    Les jeunes couples sous les toits pourront jouir sous les étoiles
    Et les mamans auront accès à l’ensemble du premier étage.
    Au rez-de-chaussée, on côtoie une cuisine cinq étoiles,
    Un salon qui a du succès, une salle-à-manger à la page.

    Laurelïne, Loreleï avec Lïlïth ont fusionné leurs quatre chambres
    Avec Yavänor en secret selon “leurs anciennes habitudes”
    Ce qui pour la nuit facilite les “activités” de ses membres
    Au nom du Féminin Sacré et de l’amour en plénitude.

    Amélïä avec Altänor, Pénélopïä avec Nemo
    Se sont aussi organisés et tout ça va très bien ensemble.
    Séorïäne et Hyänor ont apprécié les bains thermaux
    Qu’Ôphélïä a localisés aux sous-sols où l’on se rassemble.

    ÄLLÏÄ, STELLÏÄ et Nérätïs attendent toutes trois un enfant ;
    Amellïä, Pénélopïä et Séorïäne, elles, ne le savent pas encore
    Mais cette nuit dans la bâtisse, l’amour sera ébouriffant
    Pour que dans neuf mois piane-piane, il y ait un nouveau record.

    Illustration de Ledalïä.