Ô ALLEGÔRÏÄ

Bienvenue dans Ô ALLEGÔRÏÄ, la Maison des Mondes Reliés.
Ici vivent les LLyrïädes, leurs compagnons, leurs enfants,
et ceux que les portes du Poïnt ZérÔ déposent au seuil des merveilles.


Ô ALLEGÔRÏÄ n’est ni un royaume, ni un temple :
c’est une maison assez vaste pour accueillir les rêves,
les légendes, les cités englouties, les voyages d’Atlantis
et les mondes encore en gestation.

Chaque récit y devient passage, chaque repas une assemblée,
chaque découverte une porte entrouverte sur l’inconnu.
Entrez simplement.
La porte est ouverte.

Les Habitants et Voyageurs d’Ô ALLEGÔRÏÄ

Yavänor : Le poète, le passeur, l’ancien souffle de l’ÏÄMOURÏÄ.
Laurelïne : La flamme première, le cœur solaire, la parole qui éclaire.
Loreleï : La profondeur vivante, l’eau qui accueille et transforme.
Lïlïth : La matrice ancienne, la mémoire féconde, l’insoumise doyenne.
Ledalïä : Le regard exact, la révélation présente, l’œil qui rend visible.
Geminïä : La constellation, la reliance, l’ambassadrice de l’amour en partage.
ÄLLÏÄ : La Gardienne du Souffle Premier, celle qui ouvre les seuils.
STELLÏÄ : La magicienne du métal, l’éclat neuf des mondes à venir.
Éôlïäne : La messagère libre, le rire des passages, le vent des Reflets-Vers.
Azurïanne : La sirène des profondeurs, la mémoire liquide des mondes engloutis.
Alinéor : L’intendant, le cuisinier-poète, celui qui nourrit la maison.
Cristïäs : L’Atlante retrouvé, le lien vivant avec Atlantis.
ORPHÉÔN : La voix, le chant, l’accord secret d’ÄLLÏÄ.

Nota Bene : Les rapports et exergues d’ÄLLÏÄ ouvrent les passages d’Ô ALLEGÔRÏÄ avant que les images et les récits n’en déploient les mondes.

  • Pendant ce temps, Alinéor intendant…

    « Pendant ce temps Ô ALLEGÔRÏÄ vit.

    Nous sommes un peu déconnectées sur Atlantïs
    mais nous pensons souvent aux LLyrïädes.
    Elles nous manquent… surtout le soir.
    Et les bébés aussi ! »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Comme les Llyrïädes ont trois enfants – et même bientôt six à nourrir –
    Il faut alimenter leurs mères qui doivent leur fournir le lait.
    Alinéor, apostrophant les hommes pour les secourir,
    Les a mis aux taches amères pour alimenter le palais.

    Ô ALLEGORÏÄ est une ruche avec ses abeilles ouvrières ;
    Irénée-l’ancien et Lïlïth s’occupent de la pharmacopée.
    Yavänor construit une huche quand hier ses femmes récrièrent
    Un meuble qui leur facilite le dépôt des pains en flopée.

    Alinéor au potager cultive et soigne ses légumes,
    Plus un verger ensoleillé pour les fruits les plus variés.
    Irénée-le-jeune, usager des cannes-à-pêche, s’accoutume
    À pêcher, vider, écailler tous les poissons répertoriés.

    Tandis que Laurelïne et Loreleï veillent sur leurs petits royaumes,
    Les berceaux vont de mains en mains dans un concert de gazouillis.
    Malgré cela, vaille que vaille, on voit souvent rôder les hommes
    Distribuer leurs gestes humains, guiliguilis et chatouillis.

    On se retrouve au déjeuner, au diner ainsi qu’au souper ;
    Parfois la nuit quand bébé pleure, on le console sur son giron.
    Et quand les filles sont surmenées, les hommes se laissent entourlouper
    Et, bien qu’ils sachent que c’est un leurre, vont lui donner un biberon.

    Alinéor, dans sa cuisine, est le véritable maître d’œuvre ;
    Il organise ses menus des jours et des jours à l’avance.
    Il lit beaucoup de magazines afin de se mettre à l’épreuve
    Par maintes recettes obtenues avec des herbes de Provence.

    De temps à autre une cavalcade ou une chute dans l’escalier.
    Et Geminïä sonner l’alarme : « Les petites m’ont encore écrit ! »
    Alors on attend l’estocade de ce service épistolier
    Qui, mais c’est bien là tout son charme, vient clamer à cor et à cri !

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Ledalïä attachée de presse…

    « L’expérience de Ledalïä paraît être autobiographique.
    Incroyable mais vrai, elle l’est.
    Avec espoirs, déceptions, attentes, essais et surtout de la transpiration. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Ledalïä attachée de presse…

    Devant les Éditions WordPress, Ledalïä demande à l’accueil :
    « Je viens soumettre un tapuscrit à votre comité de lecture.
    Puis-je voir un attaché de presse pour y déposer mon recueil ?
    Ou, s’il préfère un manuscrit, j’en ai fait une reliure ! »

    « Montrez-moi votre reliure ! » demande la personne affable.
    « Humm… Je préfère vous avertir… vos poèmes sont pleins d’attentions
    Mais le comité de lecture l’écartera, c’est très probable,
    Car nous ne pouvons investir dans ce type de publication. »

    « Mais il existe des maisons qui permettent l’autoédition
    Seulement il faut y investir et votre argent et votre temps !
    Ainsi, à tort ou à raison, c’est une longue expédition
    De dix ans qu’il faudra consentir et peut-être même plus longtemps ! »

    « Toutefois… si vous avez des connaissances pour écrire un site internet,
    Créez donc un blog personnel et diffusez en abondance,
    Puis annoncez donc sa naissance à tous les habitués du net.
    Si son impact est fonctionnel, revenez montrer son audience. »

    « Voici la liste des hébergeurs de sites les moins onéreux
    Ainsi qu’une autre de logiciels pour créer des blogs personnels.
    Comparez les plus arrangeurs, usez des conseils généreux
    D’intelligences artificielles qui sont assez directionnels ! »

    Ledalïä chez un fournisseur s’achète l’ordinateur portable
    Et choisit un abonnement autorisant la fibre optique.
    Elle écoute des bons connaisseurs les conseils les plus profitables
    Et regagne finalement sa chambre avec sa connectique.

    Elle connecte l’appareil, le routeur sur la prise optique,
    Choisit ses fournisseurs d’accès, de blog et puis ChatGPT.
    Et comme elle n’a pas son pareil pour devenir cataleptique,
    Elle y transpire avec succès au moins quinze jours décrétés.

    Illustration de Ledalïä.

  • L’auberge du couchant

    « Rapport N°10 La fête populaire

    Les habitants des îlots voisins sont arrivés en grand nombre pour les célébrations précédant le Grand Tourbillon.

    Cristïäs a retrouvé plusieurs membres de sa famille.
    STELLÏÄ poursuit son enquête méthodique sur la civilisation atlante.
    ORPHÉÔN a été invité à se produire devant les habitants réunis sur les quais.

    La princesse Nérëatïs refuse toujours de nous révéler la nature exacte du phénomène que nous observerons demain. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Aujourd’hui est un jour de fête dans les îlots des environs,
    Les derniers bastions d’Atlantïs qui hissent leurs derniers pavillons.
    L’océan arrive à son faîte et son dernier coup d’aviron… »
    Leur dit gravement Nérëatïs « Juste avant le grand tourbillon ! »

    « Oui ! Au-delà de l’horizon les eaux s’enfoncent dans l’hémisphère
    Et s’engouffrent dans des souterrains pour remonter aux antipodes
    Et provoquer les floraisons dans le printemps du planisphère
    Qui descendront sur les terrains de l’océan du Médiapode ! »

    « C’est un autre cycle de l’eau qui utilise la gravité
    Doublant le cycle hydrologique comme celui qui règne sur Terre.
    Et ce soir tous les bungalows de l’île seront invités
    Pour l’automne biologique du jubilé communautaire. »

    « Que veux-tu dire par tourbillon ? » demande ÄLLÏÄ très étonnée ;
    « Là-bas, la planète se creuse dans une chute fantastique ! »
    Dit Nérëatïs un tatillon secrète pour faire mitonner
    Autant de mimiques nombreuses sur son auditoire empathique.

    « Pardon mais c’était trop tentant de faire durer le suspense ! »
    Dit Nérëatïs en plaisantant. « Et nous irons le voir demain !
    Reposez-vous en attendant, faites la fête avec le prince
    Tandis que je dois entre-temps y mettre la dernière main !

    Les habitants des alentours arrivent par centaines d’âmes
    Et les embarcadères chantent sous les lanternes du lagon.
    On entend battre les tambours, les rires des hommes et des femmes
    Et les lumières alléchantes sortant des gueules des dragons.

    Cristïäs retrouve des cousins dont il ignorait l’existence ;
    STELLÏÄ tente de questionner sur les prodiges du pays.
    ÄLLÏÄ sort papier et fusains pour un dessin de circonstance
    Et ORPHÉÔN auditionner devant un public ébahi.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le tourbillon du Médiapode

    « Rapport N°11 – La catastrophe.

    La visite du Grand Tourbillon s’est déroulée conformément aux usages atlantes.
    Nous avons été volontairement précipités dans un gouffre océanique de dimension continentale afin d’accéder aux galeries sous-marines.

    La princesse Nérëatïs affirme que cette procédure constitue un baptême traditionnel.
    Aucun décès n’est à déplorer.
    Azurïanne n’est toujours pas convaincue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le tourbillon du Médiapode

    « Entendez-vous ce fracas sourd ? » demande soudain Nérëatïs.
    « Oui… ça me rappelle les cascades du Lac Supérieur sur Thestïäs ! »
    Répond son frère au petit jour qui se lève sur Atlantïs.
    « Précisément ! La cavalcade d’une chute d’eau, mon cher Cristïäs ! »

    « Putentrailles ! Mais quel trou béant ! » dit Éôlïane impressionnée ;
    Une cascade fantastique presque aussi grande qu’un continent
    Dessine un tourbillon géant d’une chute surdimensionnée
    Où un océan orgiastique vomit son cœur dégoulinant.

    « D’énormes quantités s’engouffrent dans les profondeurs de la Terre,
    Et parcourront plusieurs milliers de kilomètres sous-marins
    En perdant leur sel et leur soufre dans des cavernes délétères
    Et par des geysers singuliers rejailliront des souterrains. »

    « Nous visiterons ces rejets qui se situent aux antipodes
    Et créent une respiration comme un minuscule trou de ver.
    Mais pour l’instant notre sujet est l’océan du Médiapode
    Et qui sans exagération demeure unique dans l’univers. »

    Mais soudain la soucoupe tangue et ne répond plus aux commandes ;
    Elle s’approche dangereusement de la bouche du trou béant.
    Comme aspirés par une langue, Nérëatïs alors recommande
    Leurs âmes aux dieux les plus cléments tandis qu’ils plongent dans l’océan.

    « Ha ha ha ! C’est irrésistible et je vous prie de m’excuser
    Car nous allons examiner ces longues galeries sous-marines.
    C’est un baptême incompatible avec votre peur médusée
    Même si vous avez fulminé de nos vieilles traditions marines ! »

    « C’n’est pas drôle ! » crie Azurïanne frustrée de s’être fait avoir ;
    « Désolée ! C’est un rituel particulièrement orchestré ! »
    Dit Nérëatïs à Éôlïane « Maintenant vous allez savoir
    Nos grands principes habituels des phénomènes enregistrés ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La planète vivante

    « Rapport N°12 Le monde sous-marin

    Nous avons traversé le Grand Tourbillon et visité les entrailles du Médiapode.
    Nous avons observé des forêts filtrantes et des migrations de poissons migrateurs.
    Les eaux océaniques y sont filtrées par un vaste écosystème souterrain avant d’être rejetées aux antipodes par d’immenses geysers.
    Nous commençons à mieux comprendre Atlantis.
    Nérëatïs se révèle être pince-sans-rire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Par les grands hublots translucides de la soucoupe, on aperçoit
    De grandes galeries sous-marines mais monotones si l’on se leurre
    D’écouter Nérëatïs, lucide, commenter que ce qu’on perçoit
    Sont des boyaux qui s’invaginent pendant des heures et des heures.

    « Quoi ? Ça va prendre aussi longtemps ? » dit Éôlïane désespérée.
    « Non ! Nous allons nous faufiler et nous enfoncer dans les grottes ! »
    Dit Nérëatïs juste à temps avant qu’on sente accélérer
    Les moteurs puissants profilés pour mouvoir la barge fiérote.

    D’abord des cavernes semblables à celle qu’on rencontre sur Terre
    Mais avec couleurs irisées comme si recouvertes de nacre.
    Depuis des siècles innombrables, les coquillages apportèrent
    Cette matière fort prisée que l’écosystème consacre.

    « Voici les poissons migrateurs qui remontent assurer la ponte
    Et les créatures abyssales qui s’en nourrissent de tout calibre.
    Il y a beaucoup de prédateurs qui contribuent à ce que le compte
    N’atteigne pas la colossale limite du déséquilibre. »

    S’ensuit une grande forêt avec des arbres gigantesques
    Qui respirent comme un poumon vers les cristaux qui les terminent.
    « Ici le sel est dévoré par les alvéoles dantesques
    Qui le digèrent en amont pour l’entreposer dans les mines. »

    « À partir d’ici, l’eau est douce et tous les poissons rescapés
    Se sont adaptés lentement grâce à la laitance et les œufs
    Dont la coloration si rousse les empêche d’être handicapés
    Par la pénurie d’éléments filtrés par les rochers gazeux. »

    « Et maintenant accrochez-vous car nous allons être éjectés
    Par les geysers des antipodes qui nous cracheront dans les airs ! »
    Et la lumière se dévoue pour éclairer et projecter
    L’eau de l’océan Médiapode sur d’immenses plateaux déserts.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Bienvenue sur les plages barbares !

    « Rapport N°13 – L’hémisphère sauvage.

    Émergés des flots du Médiapode, nous découvrons les côtes d’un printemps austral préservé.
    Centaures barbares et licornes y vivent libres.
    Nérätïs nous octroie un asile au centre Guido-Rossum.
    Un repos paisible après une telle virée océanique. »

    Geminïä, suppléant la Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Les grands plateaux sont monotones alors la soucoupe accélère
    Jusqu’à parvenir au rivage où règnent beaucoup d’activités.
    « Chez nous, nous étions en automne ; ici le printemps prolifère !
    Allons vers les côtes sauvages, découvrir les plages barbares ! »

    « C’est nos copains qu’on va croiser ! » crie Éôlïäne sur le rivage…
    « Hé non ! » avertit Nérätïs, « Ce sont des centaures barbares !
    Les nôtres sont apprivoisés tandis qu’eux sont restés sauvages
    Et s’ils vivent loin d’Atlantïs, c’est qu’ils déclenchent des bagarres ! »

    « Plus loin, des troupeaux de licornes vivent dans leur biotope naturel.
    En fait tout l’hémisphère austral a été conservé intact
    Tandis que nos constructions ornent, avec nos cités culturelles,
    Tout l’hémisphère boréal pour qu’il n’y ait aucun impact. »

    « Nous conservons beaucoup d’espèces et la chasse y est interdite
    Sauf bien sûr pour les autochtones qui régulent l’écosystème : »
    Dodos, gorgones et lionnesses ; stryges, néréides et aphrodites ;
    Le Python-des-mers allochtone et les dragons rouges anathèmes. »

    « Bien sûr la zone est protégée et le tourisme est illicite
    Sauf dans les aires d’observation et les centres scientifiques.
    Notre équipement allégé ne nous autorise pas de visite
    Mais j’ai une dérogation pour un circuit honorifique ! »

    « Voici le centre Guido-Rossum – de la planète du python
    Qui fut introduit par erreur à cause de la contrebande.
    Mais il s’est adapté en somme et nous nous en félicitons
    Bien qu’il ait semé la terreur lors de leurs migrations en bandes ! »

    Le centre admet une résidence pour loger les conférenciers ;
    On passe alors du fastueux aux lieux rustiques du Médiapode.
    Mais ce soir, c’est une évidence : on a besoin d’apprécier
    Un retour au calme respectueux des émotions fort incommodes.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Le python-des-mers

    « Rapport N°14 – Le bassin des pythons.

    Les sirènes disparues ont été localisées au centre Guido-Rossum.
    Après enquête, elles poursuivaient une vérification historique concernant le célèbre python-des-mers associé aux légendes d’Irénée-l’ancien.
    Aucun incident n’est à déplorer.
    Douze spécimens ont participé spontanément à une démonstration chorégraphique improvisée.
    Les informations recueillies semblent confirmer que certaines traditions locales méritent d’être réévaluées.
    Je recommande toutefois que les prochaines recherches scientifiques soient signalées avant leur exécution. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Personne n’a vu les sirènes ? » questionne STELLÏÄ à la ronde !
    « Je n’ai retrouvé que leur torque ! » ajoute-t-elle consternée.
    « J’ai une intuition qui m’entraîne à penser que ces furibondes
    Avec les dauphins et les orques vont encore nous faire lanterner ! »

    « Les licornes et les centaures ! Malgré mes recommandations
    Les petites pestes sont parties faire de nouvelles bêtises
    Et les bêtises sont pléthore avec ces abominations ! »
    Tranche ÄLLÏÄ dont la répartie éveille une drôle de hantise.

    « Je vais alerter l’intendant pour lancer une expédition ! »
    Dit Nérätïs déterminée à devoir remuer ciel et terre.
    « Il y a une note cependant ! » dit Cristïäs captant l’attention ;
    « On suit le python d’Irénée ! » signé par nos prépubertaires.

    « Elles ont mordu à la légende et sont allées vérifier !
    Je crois savoir où elles sont … dans le grand bassin des pythons ! »
    En prenant les allées marchandes aux souvenirs mythifiés,
    Alors nous vous garantissons de les trouver sur le ponton ! »

    Aussitôt tout le monde court afin de leur porter secours…
    Peine perdue nos deux sirènes dansent avec douze serpents.
    Pas besoin de trop longs discours ni souhaiter le moindre recours ;
    Leur amitié paraît sereine entre tous les participants.

    « Ils nous ont parlé d’Irénée, vieux contrebandier repenti,
    Qui, par son amour pour Lïlïth, s’est remis dans le droit chemin.
    Cessez de nous morigéner ! Grâce à nous, vous aurez senti
    Qu’il fallait qu’on réhabilite la vérité, main dans la main »

    Éôlïäne avec Azurïanne, sont de vraies petites futées
    Qui avaient, derrière la tête, une idée des plus pondéreuses.
    Ce soir les légendes océanes seront encore plus affûtées
    Après une rapide enquête de nos remarquables éclaireuses.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Petit traité de zoologie atlante

    « Rapport N°15 – Petit traité de zoologie atlante.

    La Princesse Nérätïs nous a présenté un aperçu des principales lignées mythozoologiques recensées sur Atlantis.
    L’exposé établit des correspondances entre plusieurs créatures légendaires des traditions extérieures et leurs équivalents atlantes.
    Cristïäs a suivi la conférence avec un intérêt manifeste. Les autres participants ont découvert que certaines légendes conservent parfois le souvenir déformé d’espèces bien réelles.
    Les archives du centre Guido-Rossum semblent confirmer que la frontière entre mythe, histoire naturelle et mémoire collective demeure plus perméable que nous l’imaginions. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Petit traité de zoologie atlante

    Une conférence est donnée par Nérätïs sur la dunette
    Car après Licornes et Centaures, Dodos et le Python-des-mers,
    D’autres espèces subordonnées à la faune de la planète
    Font l’objet, par notre mentor, d’un exposé sur les chimères.

    Méduse, Euryale et Sthéno connues comme étant les Gorgones,
    Ont évolué en Atlantide et sont devenues moins hideuses.
    De ces monstres phénoménaux, il reste les fausses-dragonnes
    Ainsi que les derniers cryptides d’atmosphères assez brouillardeuses.

    Les Sphynx, Manticore et Griffon, sont les célèbres Lionnesses
    Qui sont devenus les grands fauves, descendants d’illustres ancêtres.
    Ainsi que le fameux Typhon, Père de toutes les diaconesses,
    Les prêtresses du monstre chauve, l’abominable Metamaître.

    Vampires aux usages nocturnes étaient les Stryges à l’origine ;
    Ils ont donné au fil du temps, Chauves-souris, Renards, Roussettes.
    D’apparence assez taciturne, ils vivent avec les sauvagines,
    Oiseaux de marais et d’étang, en colonies dans les orcettes.

    Quant aux divinités marines les cinquante filles de Nérée,
    Amphitrite, Galatée, Thétis, sont les plus célèbres Néréides.
    Et par filiation utérine, on y retrouve les Irénées ;
    Et par Nérätïs et Thätïs, leurs origines perséides.

    De Colchide ou des Hespérides et de Thèbes venaient les dragons,
    Sortes de serpents monstrueux dont seuls les rouges ont survécu.
    Nessie, qui n’a pas pris une ride dans les lochs comme les lagons,
    Aurait la peau corail-vitreux…mais personne n’en est convaincu.

    Enfin toutes les Aphrodites sont tous les petits animaux
    Aquatiques, terrestres, aériens et ceux qui vivraient dans le feu.
    Sexués ou hermaphrodites, les procédés sont maximaux
    Et les dieux trop épicuriens pour les créer selon leurs vœux.

    Illustration de Ledalïä.

  • Olivïäne

    « Rapport N°16 – Apparition d’Olivïäne.

    Une quatrième sirène a rejoint notre communauté. Son langage privilégie les coraux, les algues rares et les pierreries sous-marines.
    Sa présence semble exercer un effet apaisant sur les autres pensionnaires bien que ses revendications aient troublé Nérätïs.
    Azurïanne semble la reconnaître… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Bel exposé en vérité, Madame la conférencière !
    Pourtant vous m’avez ignorée, moi et tous ceux de mon espèce ! »
    Proclame avec sévérité une voix assez outrancière
    Tandis qu’une sirène timorée s’assied sur une vague épaisse.

    « Dragons, Centaures, Lionnesses, Stryges et bien même les Gorgones,
    Licornes, Python toutefois ont retenu votre attention
    Mais les sirènes dont la jeunesse éternelle pourtant vous étonne
    Ne figurent pas une seule fois dans votre noble recension ! »

    « Certes, je ne possède point les dimensions d’un monstre antique,
    Ni la réputation d’un sphinx ou d’un vieux serpent abyssal
    Mais je peux faire le contrepoint car mon peuple reste authentique
    Et le chant de notre larynx garde sa portée colossale ! »

    « Je suis Olivïäne la sirène et Atlantïs est mon royaume
    Enfin… plutôt ses profondeurs puisque je ne suis pas invitée !
    Pourtant j’ai ouï trois voix sereines aux mêmes accents que mon idiome…
    Quel est le décret pourfendeur qui nous vaut cette pugnacité ? »

    « Nul décret n’a jamais frappé votre peuple d’une telle sentence ;
    Je crains qu’il ne s’agisse plutôt d’un regrettable oubli de ma part.
    Les archives sont parfois drapées d’ignorance ou même d’absence
    Là où l’Histoire vient aussitôt combler ce vide de faits épars. »

    « Si trois voix vous ont ressemblé, c’est qu’elles étaient de vos sœurs !
    Les mers transmettent quelquefois des échos que nul ne récuse.
    Atlantïs souhaite rassembler toutes les races comme consœurs
    Et j’espère bien toutefois que vous acceptiez mes excuses ! »

    Et Nérätïs se mettre à l’eau en gage de réconciliation
    Souriante et la main tendue qu’accepte Olivïäne méfiante.
    Alors elle avance, l’air pâlot, en acceptant l’assignation
    En chantant cet air entendu tant de fois parmi les Atlantes.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le secret d’Olivïäne

    « Rapport N°17 – Les Trois Sœurs.

    Une découverte inattendue suggère l’existence d’un lien de parenté entre Azurïanne, Éôlïäne et Olivïäne.
    Les témoignages demeurent fragmentaires mais convergent vers une ancienne disparition demeurée inexpliquée.
    Les licornes télépathes affirment avoir reconnu leurs voix avant même qu’elles ne se reconnaissent elles-mêmes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le secret d’Olivïäne

    « C’est ma sœur ! » s’écrie Azurïanne qui plonge aussitôt dans la mer
    Suivie d’ÄLLÏÄ et d’Éôlïäne puis de STELLÏÄ qui s’inquiétait.
    « Il était temps ! » dit Olivïäne avec un rictus bien amer
    « Et tu nous ramènes Éôlïäne tout comme si de rien n’était… »

    « Que veux-tu dire ? » dit cette dernière « Je ne peux pas être ta sœur
    Je suis native de Thestïäs ! » mais Olivïäne l’interrompt :
    « Tu y es née en pouponnière… et jusqu’à ce qu’un ravisseur
    T’enlève sans laisser de trace et disparaisse des environs… »

    « On t’a cherchée pendant dix ans mais on ne t’a pas retrouvée ;
    Maman est morte de chagrin et papa aussi, peu après.
    J’ai entendu des gens disant à propos de filles éprouvés
    Par les centaures “qu’elles ont un grain”… j’ai écouté sans faire exprès… »

    « Ce sont les licornes du nord avec celles du sud, télépathes,
    Qui m’ont parlé de deux sirènes aux cheveux bleus et émeraude.
    Toutes deux d’un timbre sonore dont leurs oreilles leur rabattent
    Une parenté souveraine avec ma voix qui les taraude ! »

    « Et moi ? Qui donc m’a enlevée et m’a abandonnée sur Terre ? »
    Interroge Azurïanne en larmes. « J’ignore ce qui s’est passé ! »
    « Je ne sais pas. On a soulevé toutes les questions élémentaires
    Et laissé faire nos gens d’armes ! » répond Olivïäne dépassée.

    Nérätïs alors intervient : « Je me souviens de cette affaire ;
    J’étais très jeune évidemment mais je me sens proche des vôtres.
    Je prends les mesures qu’il convient pour toutes les trois vous satisfaire
    Et j’aimerais incidemment te demander d’être des nôtres ! »

    « Cela fait des années que je cherche alors s’il y a le moindre espoir,
    Je vous suivrai au bout du monde afin que justice soit faite ! »
    Dit celle à qui on tend la perche pour effacer le désespoir
    Dû au familicide immonde qui a frappé les trois nymphettes.

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, le solstice d’été

    « À Laurelïne et Loreleï,

    Les distances ne sont que des détours pour les cœurs qui se connaissent.

    En ce jour où le Soleil marque son plus long passage dans le ciel, nous levons nos verres depuis Atlantïs à votre santé, à celle de vos enfants à naître et à tous les chemins qui nous réuniront bientôt.

    Que votre bonheur soit aussi vaste que les océans qui nous séparent et aussi certain que les étoiles qui nous guident.
    Nous pensons à vous. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, le solstice d’été

    Souhaitons un double anniversaire à nos deux LLyrïädes sacrées ;
    Laurelïne et Loreleï futures mères entre le vingt et vingt-et-un juin.
    Lïlïth a fait le nécessaire et Ledalïä a consacré
    Ce moment extraordinaire avec Yavänor leur conjoint.

    Si Laurelïne, Loreleï et Lïlïth sont toutes les trois à l’honneur,
    Ledalïä avec Geminïä célèbrent la maternité.
    Ainsi le solstice explicite d’autres jours suivants de bonheur
    Pour Ärÿnor, Élyäna et Yavänor bientôt fêtés.

    Laissons plutôt Alinéor nous inviter à cette fête !
    Boulghour à la turque « bonne femme » et salades du palatinat.
    Vins blancs et rouges de Cahors pour une association parfaite
    Et le sésame du sésame qui fait la sauce du Trina.

    Geminïä leur aura raconté les dernières nouvelles d’Atlantïs,
    Le tourbillon du Médiapode qui a fait rire tout le monde,
    La planète creuse à remonter sous l’égide de Nérätïs
    Et Olivïäne aux antipodes et ses mésaventures immondes.

    Lïlïth soupire : « Pauvres petites, orphelines et puis séparées… »
    Laurelïne ajoute : « Olivïäne fonce ! Elle a du feu cette gamine ! »
    « Des sirènes vraiment tripartites… » cumule Loreleï presque effarée
    « Et qui attend une réponse ! Conclurait ÄLLÏÄ, cristalline… »

    « Peux-tu leur transmettre un message ? » Demande-t-on à Geminïä
    « Oui ! Je n’y avais pas pensé » avoue-t-elle alors, prise en faute.
    « Dis-leur de trouver le passage qui mène ici ! » dit Ledalïä
    « Peut-être qu’il faut commencer par-là ! » pense-t-elle à voix haute.

    « Je l’envoie immédiatement ! » répond Geminïä en courant
    Et s’engouffrant dans l’escalier avec l’empressement nécessaire.
    « Trinquons à cet évènement ! » dit Yavänor en entourant
    Toutes ses femmes ralliées à célébrer l’anniversaire.

    Illustration de Ledalïä.

  • Sur la piste d’une porte stylisée

    « Rapport N°18 – Le passage oublié.

    Les souvenirs d’Azurïanne situent son enlèvement au temple de Diane, près d’un ancien sas associé aux dieux.
    Les circonstances présentent des similitudes inattendues avec l’arrivée de Cristïäs sur Thestïäs.
    Une inspection du site a été ordonnée. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    « Ledalïä est de bon conseil et sa suggestion pertinente ! »
    Dit, en terminant le message, Nérätïs d’un air effrayé.
    « Voyons… il faut que je m’asseye devant une carte déterminante
    Pour repérer tous les passages car le nôtre est bien surveillé.

    « De quoi se souvient Azurïanne ? » demande-t-elle à l’intéressée…
    « Je venais de quitter ma sœur… » fait la sirène, l’air larmoyeur.
    « Puis autour du temple de Diane, j’ai été soudain agressée
    Sans avoir vu mon oppresseur et me suis réveillée ailleurs. »

    « Oui ! Autour du temple de Diane ! C’est l’ancien passage des dieux
    Mais qui n’est plus utilisé ; du moins c’est ce que l’on m’a dit… »
    Réfléchit alors Azurïanne et soudain, prenant l’air radieux :
    « Il y a une porte stylisée d’où une lumière irradie ! »

    « Conduis-nous immédiatement et je vais quérir quelques gardes ! »
    Dit Nérätïs se relevant et ordonnant ses directives.
    Cristïäs rétorque béatement alors que sa sœur le regarde :
    « J’ai échoué en dérivant et j’y pense par rétrospective… »

    « Comment cela ? » Questionne ÄLLÏÄ. « Tu avais échoué sur Thestïäs ! »
    « Mais à la suite d’un sabotage qui a explosé ma navette !
    Il y avait trop d’aléas pour l’expliquer… » répond Cristïäs
    « J’avais trop de désavantages pour enquêter à la sauvette ! »

    À l’entrée du temple de Diane, Azurïanne alors se souvient :
    « Suite au décès de nos parents, je soulève alors le problème
    Sur l’enlèvement d’Éôlïäne – à présent tout ça me revient –
    Et puis un détail apparent relie Thestïäs à ce lieu-même ! »

    « Aussitôt entrée, j’ai reçu un coup et je m’suis évanouie
    Pour me retrouver dans le sas qui m’a conduit vers l’inconnu.
    Mais hélas je n’ai jamais su pour quelle raison inouïe…
    Or ma mémoire me le ressasse depuis que je suis revenue ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Le mystère rode

    « Rapport N°19 – L’éternel retour.

    L’inspection du temple de Diane a confirmé l’existence d’un ancien réseau des dieux.
    L’activation involontaire du dispositif par Cristïäs a permis à une délégation atlante de rejoindre directement ÔPHÉLÏÄ.
    Les coïncidences avec les portails utilisés par ÄLLÏÄ et STELLÏÄ confirment une origine commune.
    Le premier contact entre les habitants d’Atlantïs et les LLyrïädes s’est déroulé dans des conditions globalement satisfaisantes malgré le mystère qui rode… »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le mystère rode

    « Je veux savoir comment la porte fonctionne et qui l’a employée ! »
    Ordonne Nérätïs aux gardes. « Peut-être cet écu violet ? »
    Fait Cristïäs tandis qu’il actionne la porte en la faisant ployer
    Sur elle-même disant « Regarde ! Il suffisait de la frôler ! »

    « C’est surtout car tu as le sceau ! » lui fait remarque Nérätïs
    « J’aurais dû y penser moi-même ! Quant à cet écu, c’est l’indice
    Qui va devenir un faisceau qui révèlera à Atlantïs
    Quel est à la fois le problème et quels sont les plans qui l’ourdissent ! »

    Nérätïs informe Astérïas et l’informe sur ses intentions :
    « Nous partons explorer la porte ; surveille nos allées-venues
    Nous progressons avec Cristïäs avec toutes les précautions
    Ainsi que les filles qui apportent un témoignage bienvenu ! »

    « Ça, ce n’est pas un Hub Atlante ! » disent Cristïäs et Nérätïs.
    « Non car il provient du futur ! » font ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ.
    « Cette porte est très ressemblante à la découverte subreptice
    Par laquelle notre aventure nous a plongées dans l’ÏÄMÔURÏÄ ! »

    « Le sas cristal, le sas métal et un sas pour chaque élément ! »
    Font les sirènes devant leur sas… et disparaissent dans un halo.
    ÄLLÏÄ et STELLÏÄ, c’est fatal, y entrent délibérément
    Et, à l’exemple de Cristïäs, tous sont attirés à vau-l’eau.

    « Et nous voici dans ÔPHÉLÏÄ ! » dit Azurïanne peu surprise
    « Pour être rapide, c’est rapide ! Et les mantisses sont dépassées ! »
    Rient ensemble ÄLLÏÄ et STELLÏÄ sur la situation incomprise…
    « Montons ! » lance ORPHÉÔN avide de retrouver le gynécée.

    Et c’est la surprise totale faite sans tambour ni trompette
    Lorsque le groupe alors surprend les LLyrïädes en train de manger.
    La confusion est capitale et fait l’effet d’une tempête ;
    Laurelïne et Loreleï s’empourprant s’écrient « Qui sont ces étrangers ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La clef de l’énigme

    « Les disparitions inexpliquées conduisent rarement là où nous les imaginons.
    Nous cherchions un ravisseur ; nous avons trouvé deux inventeurs. Le mystère demeure entier, mais il possède désormais une adresse.
    Mais avant d’accuser un ancien contrebandier,
    il convient d’inspecter son atelier.
    Les coupables s’y cachent parfois. Les solutions aussi.
    Toute enquête sérieuse, commencée par des soupçons,
    se poursuit par des erreurs et finit généralement
    dans un atelier encombré de câbles. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La clef de l’énigme

    Après quelques explications sur les derniers évènements,
    Après quelques présentations sur les deux nouveaux personnages,
    On essaie sans complication de relier les enchaînements,
    Juger les argumentations et écouter les témoignages.

    « Et vous n’avez vraiment trouvé aucune trace du ravisseur ? »
    Demande Loreleï circonspecte mais Cristïäs alors intervient :
    « Cet écusson pourrait prouver un lien avec son possesseur
    Mais aucune piste suspecte ! Du moins… personne ne s’en souvient ! »

    Lïlïth blêmit devant l’écu ; elle reste un bon moment, figée,
    Puis crie brusquement : « Irénée ! » et s’immobilise de stupeur.
    « Et moi, j’en reste sur le cul ! » Dit Éôlïäne mitigée,
    Pas forcément rassérénée de connaître son kidnappeur.

    « Au fait, où sont-ils ces deux-là ? » Demande Loreleï à la ronde.
    « C’est vrai qu’on n’les voit pas souvent… » réplique alors Laurelïne inquiète.
    Geminïä réfléchit : « Holà ! avec mes rapports intermondes
    Au moins deux mois auparavant, il m’a quittée pour une quête… »

    « Allons fouiller de fond en comble leurs chambres et leurs appartements ! »
    Dit Lïlïth montant l’escalier suivie par les filles en colère.
    « Rien ! Cette fois la mesure est comble ! » Dit-elle incontestablement.
    « N’avaient-ils pas un atelier ! » suggère ÄLLÏÄ protocolaire.

    La petite troupe reprend espoir et se dirige vers les annexes
    D’où l’on entend des voix mêlées en conflits plutôt prometteurs…
    Le premier en plein désespoir devant l’ancien en lien connexe
    Avec des câbles entremêlés pendant d’un neuro-émetteur.

    « Tu as repris la contrebande ! » Lance Lïlïth accusatrice !
    « Ce n’est pas ce que vous croyez ! » Répond l’ancien déconcerté…
    « Bien sût que si avec ta bande ! » reprend-elle en procuratrice !
    « Je ne veux pas t’apitoyer ! » Tranche-t-il… « Je vais t’expliquer… »

    Illustration de Ledalïä.

  • Coupables et irresponsables

    « Il existe une différence subtile entre un criminel et un inventeur imprudent. Le premier sait généralement ce qu’il fait. Le second l’ignore jusqu’au moment où quelqu’un disparaît. »

    Certaines énigmes naissent d’une volonté malveillante.
    D’autres d’un excès de confiance.
    Les secondes sont souvent les plus difficiles à expliquer aux victimes. »

    Les coupables cherchent parfois à cacher leurs actes.
    Les irresponsables, eux, construisent des machines capables de les reproduire. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Coupables et irresponsables

    « Et toi, qu’est-ce que tu fais ici… » dit Lïlïth avec impatience
    En montrant Ledalïä du doigt. « …avec ces deux polichinelles ? »
    « Tu sais…, lorsque tu t’inities…, c’est super bien la neuroscience… »
    Lïlïth explose comme il se doit : « Vous êtes tous des criminels ! »

    « Comment cela des criminels ? » répond Ledalïä en tremblant…
    « Demande à ces deux ravisseurs qui ont enlevé deux enfants ! »
    Crie Lïlïth d’un ton solennel en accusant sans faux-semblants
    Les deux Irénée ourdisseurs montrés du doigt apostrophant.

    « Le premier, c’est un accident ! » Plaide le plus jeune baissant les yeux ;
    « Et le deuxième également ! » Explique l’ancien à son tour.
    « Vos propos sont outrecuidants et vos appareils pernicieux ! »
    Rugit Lïlïth viscéralement, « Expliquez-vous et sans détour ! »

    « Je concevais un prototype sur Thestias quand c’est arrivé… »
    Dit le plus jeune « en réaction, l’appareil a occasionné
    Le transfert dû à l’archétype qui s’est mis à réactiver
    L’effet de téléportation sans que je puisse l’étalonner… »

    « … Et malheureusement Éôlïäne était dans le champ de transfert
    Qui l’a envoyée n’importe où sans que je puisse la localiser ! »
    « Et c’est pareil pour Azurïanne ! » ajoute l’ancien de concert
    « En prenant mon passe-partout, j’ai dû la défocaliser ! »

    « Donc vous téléportez deux filles et ça ne pose aucun problème ! »
    Et cette fois elle articule : « Mais – vous – êtes – deux – ir – res – pon – sables ! »
    « On a cherché dans toute la ville ! » bafouille alors l’un des deux, blême,
    J’ai refait maintes fois les calculs mais c’était indéfinissable ! »

    « Moi, j’ai voulu faire un essai sans vérifier derrière la porte
    Si quelqu’un était dans le champ… mais je m’suis fait du souci ! »
    « Je ne sais s’il faut s’adresser à la police mais peu importe ! »
    Dit Lïlïth en se rapprochant : « Maintenant qu’est-ce que ceci ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • La machine à problèmes

    « Une séance d’information consacrée au réseau navigateur a été organisée afin de clarifier plusieurs incidents attribués à une expérimentation neuro-spatiale.

    Les participants sont repartis avec davantage de renseignements.

    Il n’est pas certain qu’ils disposent pour autant de davantage de réponses. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La machine à problèmes

    « Téléportation personnelle… » commence le jeune timidement…
    « Produit de la neuroscience… » précise l’ancien prudemment…
    « D’une technique exceptionnelle… » coupe le jeune hâtivement…
    « Qui utilise la subconscience… » tranche l’ancien pertinemment…

    « Stop ! Arrêtez ! » tronque Lïlïth, « Ne parlez pas en même temps !
    Et toi, Ledalïä, décris-nous ce que cet engin de malheur
    Est sensé faire qui explicite qu’on enlève les gens en jetant
    De la poudre aux yeux et pour nous faire croire à un truc de valeur ! »

    « Comme vous savez… » dit Ledalïä, « à l’image de l’univers,
    Le cerveau, par ses connexions, est aussi vaste qu’une galaxie.
    Le temps – comme l’a montré ÄLLÏÄ – qui passe par des trous de ver
    N’est en fait qu’une conception reliée à ses chronaxies.

    Ce qui signifie que l’on peut d’une simple pensée replier
    L’espace et ainsi voyager où l’on veut sans difficulté.
    Hélas le tissu adipeux fait office de bouclier
    Mais nous avons envisagé de déployer ses facultés.

    Par résonance magnétique, nous prolongeons tous les neurones
    Dans un réseau qui outrepasse nos propres limites humaines.
    Et, par la télékinétique couplée à la testostérone,
    Nous nous déplaçons dans l’espace grâce à cet épiphénomène. »

    À cet instant, un ange passe, et même plusieurs à la fois…
    Lïlïth s’assied, la tête lourde mais reprenant son air sévère :
    « Pourquoi vos tours de passe-passe chopent mes filles et les envoient,
    Suite à une véritable bourde, n’importe où au diable vauvert.

    « C’est ce sur quoi nous travaillons car le réseau navigateur
    Produit en équanimité, entre Thestïäs et Atlantïs,
    Des artefacts et des rayons qui happent dans leur collimateur
    Ceux qui sont à proximité sans savoir où ils aboutissent. »

    Illustration de Ledalïä.

  • L’artefact qui divise

    « Les recherches relatives au réseau navigateur ont permis d’identifier une anomalie géométrique susceptible d’expliquer plusieurs transferts involontaires entre les mondes.

    La perspective d’une correction a suscité un vif enthousiasme.

    Les usages potentiels du dispositif ont suscité un débat plus vif encore. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Image galerie

    Après toutes ces émotions les Llyrïädes et les Irénée
    Se sont rassemblés au salon afin de prendre des décisions.
    Ce moyen de locomotion exige d’être réfréné
    Et nécessite un étalon avec toutes les précisions.

    « Ces artefacts et ces rayons… existe-t-il une barrière
    Capable de les arrêter ? » suggère Cristïäs calmement.
    « C’est ce sur quoi nous travaillons ! » dit l’ancien revenant en arrière
    Sur les échecs à regretter sans comprendre vraiment comment.

    « Une enceinte neuro-résonante qui fasse cage de Faraday… »
    Pense Cristïäs, « solutionnerait ces parasites inattendus…
    Et la seule voie raisonnante devra pouvoir rétrograder
    Et ainsi perfectionnerait le bon résultat attendu… »

    « J’ai trouvé ! C’est la direction de l’origine à l’objectif
    Qui n’est pas un simple vecteur mais toute une droite infinie
    Qui capte toute intersection qui subit l’effet projectif !
    Il faut limiter le secteur à ses deux seuls points définis. »

    « Alors on pourra transférer tout ce qu’on voudra subtiliser
    D’un monde à l’autre incognito… » commencent à dire les Irénée…
    « Des bootleggers invétérés ! » tranche Lïlïth paralysée
    Par tous les crimes capitaux dont elle va les morigéner.

    « Attends ! » dit-il déconcerté, « à ton avis comment votre or
    A permis d’acheter la maison, alors qu’il provient de Thestïäs
    Et sans qu’il soit intercepté par quelques douaniers retors ?
    Par une simple combinaison avec l’agrément de Cristïäs ! »

    « Deux cas sont liés au problème ! » soutient Lïlïth avec raison.
    « Le premier, sa résolution par un moyen de bon aloi.
    Le deuxième, lever le dilemme sur les fourbes utilisations
    Qui sèmeraient la révolution parmi les États et leurs lois ! »

    Image galerie

    Illustrations de Ledalïä.

  • Le Commissariat Légal de Téléportation

    « Le Commissariat Légal de Téléportation a été officiellement constitué afin d’encadrer les futurs usages du réseau navigateur.

    Les protocoles d’essai sont en cours d’élaboration.

    Les personnes chargées de surveiller l’expérience semblent particulièrement motivées. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « C’est entendu ! » tranche Lïlïth, « Cristïäs aide les Irénée
    À sécuriser la machine mais avec cette interdiction
    D’une application illicite qui ne serait entérinée
    Par un conseil que j’imagine habilité aux prescriptions. »

    « Je fonde le Commissariat Légal de Téléportation
    Présidé par les cinq LLyrïädes et Yavänor notre mentor.
    Et je propose Ledalïä, porte-parole de formation,
    Pour organiser la triade avec nos trois savants retors ! »

    « Justement » intervient STELLÏÄ… « Comment allons-nous contrôler
    Les téléportations légales de celles qui sont prohibées ? »
    « C’est très facile ! » répond ÄLLÏÄ. « Il suffit de mettre un relais
    Qui empêche les martingales et fonctionne à la dérobée ! »

    « Bravo, les filles ! » clame Lïlïth. « Décidément c’est dans nos gènes
    Qu’on retrouve enfin le bon sens et les responsabilités !
    À vous de voir ce qui facilite une appréciation homogène ;
    Vous ferez les reconnaissances et serez seules habilitées ! »

    « À quand les tous premiers essais ? » demande ORPHÉÔN intrigué
    « Eh bien commençons ce matin à démonter l’azimuteur
    Pour limiter tous ses excès aux coordonnées intriquées
    Sans y perdre notre latin… » dit Cristïäs, bon contributeur.

    « Sous la surveillance des filles et ce ne sera pas autrement ! »
    Ordonne Lïlïth méfiante sur la vertu de son chéri…
    « Nous allons nous mettre en cheville avec eux opiniâtrement ! »
    Prévient ÄLLÏÄ stupéfiante dans le rôle qu’elle surenchérit.

    « Je l’espère opérationnel d’ici demain… des volontaires ? »
    Demande l’ancien, sourcils levés et un petit sourire aux lèvres…
    « Moi ! Si ce truc est fonctionnel ! » coupe Yanimïä autoritaire
    « Moi seule pourra s’en relever selon ce que l’essai nous réserve… »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les premiers essais

    « Les premiers essais du réseau navigateur ont été concluants et ont permis de confirmer la stabilité des transferts entre la Terre et Thestïäs.

    Le transfert d’un sujet humain volontaire s’est déroulé sans incident physiologique notable.
    Les tissus biologiques transférées sont arrivés à destination dans un état satisfaisant.

    Les vêtements n’ont toutefois pas accompagné le voyageur. Cette anomalie fait actuellement l’objet de recherches approfondies. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Quatre cameras sont installées dans l’atelier avant toute modification
    Et Cristïäs et les Irénée semblent bien s’en accommoder.
    L’azimuteur sur chevalet est ouvert pour réparations
    Tout a été entériné, examiné et décodé.

    On a commencé par un fruit derrière une chape de plomb
    Le fruit est arrivé intact sur la terrasse préparée.
    Après avoir été instruits du maniement avec aplomb
    ÄLLÏÄ a surveillé l’impact sur une souris capturée.

    Troisième essai Terre-Thestïäs et un rat de laboratoire ;
    Il part, il est bien arrivé, la clause paraît bien entendue.
    « Nous sommes prêts » a dit Cristïäs « Tests réussis avec victoire ! »
    Tout le monde est suractivé mais Yanimïä est détendue.

    « On va faire un aller-retour ; installe-toi entre les marques ! »
    Précise Cristïäs à Yanimïä connaissant le risque encouru.
    Elle disparaît à son tour mais comme STELLÏÄ le remarque
    Ses vêtements sont restés là et Yanimïä a disparu.

    « Je vous ai trouvé le slogan ! » rit Éôlïäne de bon cœur :
    « Téléportez-vous dans l’espace mais vous voyagerez à poil !
    On ne peut dire que c’est fringant ni qu’on s’dessape à contrecœur ;
    Il faudra mettre de place en place des garde-robes cinq étoiles ! »

    « Mais fais revenir Yanimïä ! » rit Éôlïäne de plus belle
    « Elle est là-bas entièrement nue devant tout un aréopage ! »
    Heureusement, c’est Geminïä qui fait revenir sans séquelles
    Yanimïä sans disconvenue très amusée du cabotage.

    « Ils étaient rouges comme des tomates ! » Rigole-t-elle avec insouciance.
    « Mais alors qu’est-ce qu’ils sont vieux jeu et complètement à contre-emploi !
    Mais j’ai été très diplomate et dit que c’était pour la science !
    Alors ils ont compris l’enjeu et ont applaudi notre exploit ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Réussite sur tout la ligne

    « Les premiers essais du réseau navigateur ont confirmé la viabilité des transferts contrôlés entre la Terre et Thestïäs.

    Une altération volontaire des paramètres de téléportation a toutefois été découverte au cours de l’enquête.

    Les responsables ont été identifiés. Les éclats de rire se poursuivent. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Réussite sur tout la ligne

    Aussitôt le premier essai, les Irénée sont au travail
    Mais ils ont beau vérifier, les calculs paraissent corrects…
    Cependant s’ils s’intéressaient à une certaine canaille
    Ils l’auraient vue modifier les paramètres en direct…

    Or Éôlïäne qui n’en peut plus chuchote à l’oreille d’Azurïanne
    Qui rit mais rit à chaudes larmes ce qui intrigue alors ÄLLÏÄ
    Qui s’met à rire de plus en plus à s’en taper les os du crâne
    Et transmet son signal d’alarme qui contamine aussi STELLÏÄ.

    « Mais qu’est-ce qui vous amuse tant ? » questionne Cristïäs agacé.
    « Ha ha ha ha ! » On a réglé la téléportation sur “chair”
    En ne laissant que l’important, c’est-à-dire “vêtements effacés”
    Pour effrayer ces vieux cinglés et les faire tomber de leurs chaires ! »

    « Même Yanimïä a approuvé la blague faite à tout le monde !
    Comme nous, elle est souvent à poil, alors un peu plus, un peu moins…
    Sans le savoir, elle a prouvé que la seule controverse immonde
    N’est pas d’atteindre les étoiles mais d’être nue devant témoins… »

    « Exactement ! » dit Yanimïä. « J’ai même trouvé ça agréable !
    Et tout l’aréopage blême comme si c’était la catastrophe ! »
    « Oui mais quand même ! » dit Geminïä. « Ce n’était pas très respectable
    Et risque de causer des problèmes si jamais on nous apostrophe ! »

    « Tout est noté ! » conclut ÄLLÏÄ. « Et je vais taper le rapport
    Car nous avons sauvegardé les films qu’on a pixélisés
    Pudiquement avec STELLÏÄ afin qu’on ne voie rien du corps
    Qu’on aurait pu voir placardé chez certains “non-civilisés” ! »

    « Tout cela me paraît raisonnable » achève Lïlïth. « Sortons d’ici
    Et remontons pour nous détendre autour du verre de l’amitié !
    De cette journée mémorable, notre science bénéficie
    D’une technologie à défendre et léguer à nos héritiers ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Les avatars d’une technique montante

    « Depuis la ratification du CET (Code d’Éthique des Téléportations), les transferts intermondes sont désormais strictement encadrés.
    Les procédures de sécurité, les déclarations de portails et les contrôles d’accès garantissent aujourd’hui une utilisation parfaitement maîtrisée de cette technologie.
    Les incidents rapportés dans les archives suivantes appartiennent à une époque expérimentale désormais révolue. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Les avatars d'une technique montante

    Quelque part ou bien n’importe où… et pourquoi pas n’importe quand ?
    Heureusement les Irénée ne voyagent pas dans le temps.
    Où peuvent être ces touche-à-tout ? Ont-ils encore changé de camp ?
    Qui saura donc les réfréner ? Est-ce que ça durera longtemps ?

    Quelle est donc cette main qui trace des lignes de Thestïäs à la Terre,
    Des lignes bleues vers Atlantïs et des limites au Poïnt ZérÔ ?
    Des drôles de machines qui contrastent avec d’autres un peu plus austères
    Et sans que rien ne garantisse quant aux azimuts sidéraux…

    Cette nuit-là les Irénée, dont quatre mains tirent des plans
    Sur la comète ou bien ailleurs, étendent leurs nouveaux réseaux.
    « Lïlïth est-elle rassérénée ? » demande l’un de but en blanc
    « T’inquiète ! Le pont ravitailleur est resté planqué sous les eaux ! »

    « C’était une bonne idée pourtant d’avoir fait semblant d’être pris
    La main dans le sac par Lïlïth et leur livrer notre machine ! »
    « Oui ! » Répond l’autre à bout portant. « Nous aurions été incompris
    Et leurs choix “licites-illicites” nous auraient fait courber l’échine ! »

    « Et le coup de l’écu violet qu’on aurait perdu a marché ;
    Lïlïth n’aura pas mis longtemps à se retourner contre nous ! »
    « Oui ! Je l’avais bien rafistolé comme si on l’avait harnaché
    À un centaure d’un autre temps ! » lui garantit l’autre à genoux.

    « Et ce Cristïäs quel ingénu doublé d’un génie, d’autant plus ;
    Il nous a mâché le travail en trouvant ce qui n’allait pas ! »
    « Oui ! Cet idiot est parvenu à donner le bon stimulus
    Pour arriver, vaille que vaille, à nous faire gagner le combat ! »

    « Un télétransporteur au point qui nous permettra les transferts
    D’un coin à l’autre de l’univers et sans laisser la moindre trace ! »
    « Oui ! » dit l’autre en serrant le poing. « Fini les commerces d’enfer
    Vivent les trafics multivers et sans la moindre paperasse ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La Nuit des Azimuts Fuyants

    « Le C.E.T. est un succès et les deux Irénée le respectent.
    Nous qui nous étions méfiés d’eux, nous sommes satisfaits de voir qu’ils se montrent enfin raisonnables.

    Geminïä est nerveuse. Ses rapports avec Irénée-le-jeune seraient-ils houleux ? Eux qui semblaient inséparables ont changé depuis hier… C’est bizarre.

    Lïlïth est très absorbée par les plans que Cristïäs tente en vain de lui expliquer. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Cette nuit-là, sous les photophores, les deux Irénée rient encore ;
    Leurs lunettes pleines de reflets, les doigts barbouillés d’étincelles.
    « On a frôlé la catastrophe ! », dit l’un, « mais quel joli décor
    Pour tester un réseau soufflé au nez de ces vieilles dentelles ! »

    « Et Nérätïs ? » demande l’autre, « a-t-elle senti le contrecoup
    Quand on a tiré la ligne bleue juste au-dessus de l’océan ? »
    « À peine ! » répond l’ancien. « Le flux a juste vibré sur le coup
    Mais que veux-tu ? Ces bons vieux nœuds ne sont ni tendres ni bienséants ! »

    Ils tracent encore, ils tracent toujours, des routes que nul n’a demandées,
    Des ponts secrets, des arcs pliés, des longs couloirs stratifiés.
    « Le C.E.T. ne ferait qu’un tour s’il savait ce qu’on a commandé… »
    « Bah ! Ils nous ont tous oubliés et nul ne viendra vérifier. »

    « Et Lïlïth ? » souffle l’un soudain, « si elle découvre notre manège ? »
    « Elle saura bien qu’on l’a trompée, mais elle aimera le résultat ;
    Elle dira qu’on est des gredins, que c’est dangereux ou un piège…
    Puis elle viendra s’y tremper le bout du nez sans coup d’éclat ! »

    Un silence. Un rire. Un silence. Quatre mains qui s’agitent encore
    En dessinant des escaliers double hélice en colimaçon.
    « Quand tout sera prêt, vigilance ! », dit l’un, « il faudra qu’on soit bien raccord
    Pour monter au dernier palier sans laisser l’ombre d’un soupçon ! »

    Ce soir, les étoiles filantes tracent leurs traits sur un ciel sombre
    En coups de craies pour imiter leurs diagrammes déraisonnables.
    « Allez ! » dit l’un. « Encore un saut ! Encore un rêve sorti de l’ombre ;
    Bientôt le télétransporteur deviendra vite inévitable ! »

    « Crois-tu que l’on m’ait reconnu malgré les habits dérobés ? »
    « Penses-tu ! » lui répond l’ancien, « ils n’avaient d’yeux que pour l’engin ! »
    Tout était tellement saugrenu que même Geminïä absorbée
    N’a vu à ton air béotien qu’en fait, tu étais mon frangin ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Irénée lequel ?

    « Les investigations menées à la suite des incidents de téléportation ont permis d’établir que plusieurs témoignages reposaient sur une erreur d’identification.

    Les individus que nous pensions être Irénée-le-jeune et Irénée-l’ancien étaient en réalité Irénée-l’ancien et son frère, Irénée-l’ancêtre, ce dernier ayant volontairement emprunté l’apparence vestimentaire du premier.

    Cette méprise explique plusieurs incohérences relevées dans les précédents rapports, notamment la présence simultanée de comportements incompatibles avec l’emploi du temps connu d’Irénée-le-jeune.

    Je présente donc mes excuses aux personnes injustement soupçonnées.
    Je ne présente, en revanche, aucune excuse aux deux autres Irénée qui ont délibérément entretenu cette mystification. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Bonjour chérie et bonne pêche ! » clame Irénée-le-jeune en verve
    Mais lorsqu’il voit sa Geminïä, il sait qu’il y a anguille sous roche…
    « Pourquoi donc cet air de pimbêche ? Pourquoi es-tu sur ta réserve ? »
    Dit-il étonné lorsqu’ÄLLÏÄ lui dit : « Tu sais bien ce qu’elle te reproche ! »

    Il écarquille alors les yeux : « Quoi ? Mais… que suis-je donc censé savoir ? »
    « Stop ! Tu t’es bien moqué de nous avec ton arrière-grand-père ! »
    « Mais… le temps était capricieux… après, il s’est mis à pleuvoir…
    Enfin, j’étais sur les genoux mais avec des poissons hors pair ! »

    « Que veux-tu dire ? » ironise-t-elle. « Où étais-tu ces derniers jours ? »
    « Parti pêcher ! » dit Irénée. « On n’avait pas besoin de moi ;
    On m’a signalé des truitelles et suis parti faire un séjour
    À faire une pêche effrénée, pour nous, jusqu’à la fin du mois ! »

    « Mais alors… QUI a secondé Irénée-l’ancien sinon toi ? »
    Demande Geminïä soupçonneuse… « Pourtant maintenant que j’y pense…
    Je t’avais trouvé transcendé, plus mature et discourtois,
    Avec une joue boutonneuse et, je crois bien, un peu de panse… »

    « Et un peu grisonnant peut-être ? » demande Irénée prudemment…
    « Oui, tout à fait ! » acquiesce Lïlïth. « Un peu plus vieux que d’habitude ! »
    « Alors c’est Irénée-l’ancêtre ! Frère de l’ancien, évidemment ! »
    Lâche Irénée… « Son acolyte à chacune d’ses turpitudes ! »

    « Ça veut donc dire que ton grand-père a fait venir à notre insu
    Son frère tout en nous faisant croire qu’il n’était autre que toi-même ! »
    Constate Lïlïth qui espère trouver, au conflit, une issue
    Mais qui réalise quelle poire elle a été dans ce dilemme !

    « Ils sont repartis pour Thestïäs pour y installer leur machine
    Afin d’établir la navette avec notre Ô ALLEGÔRÏÄ ! »
    Précise incidemment Cristïäs. « Mais, au contraire, j’imagine
    Qu’ils vont produire à la sauvette plutôt une drôle de noria ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • À 2kπ près

    « Les transimaginaires.

    Réveillée par un cri de “Eurêka !” provenant de la cuisine, j’ai constaté la présence de Cristïäs en pleine démonstration devant un tableau de courses.
    L’intéressé soutenait avoir découvert un nombre transimaginaire, noté Ô, permettant de relier les deux infinis par le Poïnt ZérÔ et d’expliquer le principe de la translation sans déplacement.
    Alinéor assistait à l’exposé avec un calme remarquable. Les circonstances exactes ayant conduit à cette illumination demeurent sujettes à interprétation.

    La théorie sera examinée ultérieurement… à 2kπ près. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Arrête de tourner en rond au nom du ciel ! » glapit STELLÏÄ !
    « Depuis ce soir tu me fatigues avec tes transimaginaires ! »
    « Mais mon amour… c’est le fleuron de mes fractales de Julia
    Qui ont permis le point prodigue ! » répond Cristïäs, l’air visionnaire.

    « Oh, je vois… » réfléchit STELLÏÄ… « si ton masculin positif
    Joint mon féminin négatif au point G – ou au Poïnt ZérÔ –
    Je suis sûre que cette “Julia” verra mon côté sensitif
    Devenir plus pénétratif que toi, mon chéri, mon héros ! »

    « Laisse-moi t’expliquer, mon amour ! » dit Cristïäs en cherchant ses mots.
    « Imagine l’espace infini chevauchant sa moitié ouverte… »
    « Je vois très bien, non sans humour, tes trucs infinitésimaux
    Remonter en catimini ma matrice à la découverte… »

    Répond STELLÏÄ montrant les courbes hyperboliques de ses seins
    Dans un striptease énamouré d’un Cristïäs mathémagicien
    En même temps que le geste fourbe asymptotique du bassin
    Tout en le laissant savourer l’appel psychosomaticien.

    « Si Paris vaut bien une messe… alors les transimaginaires
    Attendront bien demain matin ! » sourit Cristïäs en rejoignant
    La courbe délicate des fesses de STELLÏÄ, non imaginaires,
    Mais bien réelle sur le satin des draps soyeux et rougeoyants.

    Sans doute que le mouvement exponentiel des deux amants
    Fait un tout autre cheminement, du périnée à la couronne,
    Et qui par un résonnement vise à infliger ce moment
    D’une théorie ingénuement entre un luron et sa luronne…

    Et c’est au moment de l’orgasme que Cristïäs sort en s’écriant
    « Eurêka ! » surgissant tout nu devant Alinéor débonnaire.
    À 2k π près, sans sarcasme, Ô devient alors congruant
    Au Poïnt ZérÔ circonvenu à mes nombres transimaginaires !

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Ôkapïä

    «
    Les travaux de Cristïäs sur les nombres transimaginaires ont suscité une question inattendue :

    Si le Poïnt ZérÔ permet de relier les mondes, intervient-il également au commencement de la vie ?

    Les archives atlantes mentionnent une ancienne hypothèse nommée Ôkapïä.

    Nous avons décidé d’en examiner les principes. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Ôkapïä

    L’âme qui s’incarne vient-elle d’ailleurs ou est-elle contenue dans l’œuf ?
    Examinons ce qui se passe au moment de la conception !
    Le Poïnt ZérÔ ravitailleur d’âmes contacte l’ovule tout neuf
    Et transmet en pliant l’espace sa toute première connexion.

    Or si l’âme a choisi sa mère pour son cœur ferrique et doré,
    Elle a surtout été happée par les points transimaginaires
    Qui l’ont fait opter pour ce père qu’elle commence à adorer
    À cause d’une priapée révélée extraordinaire.

    Ce qui explique que la physique ignore les choses de l’âme
    Alors qu’au contraire l’amour attire les liens de la vie.
    Le temps devient une musique, la matière l’onde d’une flamme
    Et l’espace plie sous les mamours de deux orgasmes assouvis.

    Les uns disent qu’elle est dans le sang, les autres parmi les neurones ;
    En réalité Ôkapïä est un nuage d’ondes vierges
    Qui va d’abord prendre l’accent au ton de la progestérone
    Qui s’instille pour l’immédiat dans les cellules qui convergent.

    Ôkapïä n’existe pas encore mais bientôt l’âme résonnera
    Pour s’insinuer dans les os et les tissus immaculés.
    Elle prendra possession du corps, l’habitera, l’arraisonnera,
    Et se diluera dans ses eaux comme un signal inoculé.

    Pour l’instant Ôkapïä voyage dans un petit œuf minuscule ;
    Elle a le temps et en profite pour s’incarner dans la matière.
    Elle sent son petit nuage imprégner une seule cellule
    Afin d’être prête au plus vite pour une vie à part entière.

    Dors, victorieuse Ôkapïä, dors ! Ta vie commence dès aujourd’hui
    Tu fais partie d’un vaste plan et ta destinée est immense !
    Lune d’argent et soleil d’or guident la route qui te conduit
    Vers un avenir ressemblant à une véritable romance.

    Illustration de Ledalïä.

  • L’Ordre des Réparateurs du Corps

    « L’intervention conduite par Yavänor, Cristïäs et Yanimïä a permis de stabiliser l’état de Lïlïth.
    Cette réussite marque probablement la naissance d’une nouvelle discipline fondée sur les transpositions locales.
    Lïlïth a proposé de désigner ses fondateurs sous le nom de l’Ordre des Réparateurs du Corps.
    La suggestion a été accueillie avec une modestie… toute relative. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’Ordre des Réparateurs du Corps

    « Lïlïth a fait une syncope par suite de la canicule
    Et elle reste inanimée ! » crie Yanimïä tout le monde.
    « Or je n’ai pas de stéthoscope et pas le moindre fascicule,
    Ni médecin légitimé à des kilomètres à la ronde ! »

    Yavänor, premier sur les lieux, clame sans connaître de médecine :
    « Cristïäs ! Peux-tu réaliser une transposition locale
    En agrandissant le milieu cent fois afin que ça dessine
    La coupe 3D visualisée de la région ombilicale ? »

    Et Cristïäs fait plus que répondre en installant dans la foulée
    L’appareillage improvisé et projette le ventre cintré.
    « Voyez ici dans l’hypocondre, le sang en train de s’écouler !
    Peux-tu, uniquement dans la visée, fixer les veines éventrées ? »

    « Voilà ! C’est fait !» répond Cristïäs « Ce n’est pas parfait mais ça tient ! »
    « Alors inverse le processus et réduit cent fois sur la cible ! »
    Dit Yavänor selon l’alias rétrocédé et qui contient
    La guérison du collapsus en une promesse indicible.

    « La température a baissé ! » annonce Yanimïä soulagée.
    « Le pouls est faible mais constant ; il faut la laisser reposer ;
    Le choc a été encaissé et vous avez bien ouvragé !
    Je la veille en la sustentant d’une perfusion apposée ! »

    Tous réunis dans la cuisine pour se remonter le moral
    Et pour ne pas perdre le nord après ces moments survolteurs…
    « Elle demande Laurelïne et son équipe doctorale !
    Surtout les Docteurs Yavänor et Cristïäs ses deux sauveteurs ! »

    « Nous ne sommes pas des docteurs ! » explique Yavänor à Lïlïth.
    « Tout au plus des réparateurs ! » dit Cristïäs « à 2kπ près ! »
    « Vous n’êtes pas des bonimenteurs ! Vous êtes simplement l’élite
    D’un nouvel ordre salvateur ! » répond Lïlïth tout empourprée.

    Illustration de Ledalïä.

  • La télépathie

    « Première intrication cognitive.

    Les recherches conduites par Cristïäs, la Princesse Nérätïs et Yavänor ont permis d’élaborer un premier protocole expérimental de communication télépathique fondé sur l’intrication des processus neuronaux. Les premiers essais, réalisés par les deux chercheurs atlantes, ouvrent des perspectives inattendues sur les échanges cognitifs à distance. Les investigations se poursuivent afin d’en préciser les limites… et d’empêcher les deux Irénée d’y apporter des “améliorations”. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La télépathie

    « Je me demande… » dit Nérëatïs « si loin des yeux et loin du cœur,
    Nous ne pourrions communiquer par pensées télétransportées… »
    « Toi, tu te languis d’Atlantïs ! » lui dit son frère à contrecœur
    « Mais quant aux esprits intriqués… c’est peut-être à notre portée… »

    « Yavänor m’a ouvert la voie thérapeutique-physiologique
    Et nous devrions pouvoir l’étendre dans le domaine neurologique
    En concevant un « porte-voix » qui puisse distendre un pont logique
    Qui permettrait de nous comprendre par lien jépistémologique. »

    « Ton idée est intéressante ! » dit Yavänor calculateur…
    « Je conçois le flux de données mais je bute sur le transcepteur !
    Les pensées sont arborescentes donc il faudrait un émetteu
    -Et récepteur coordonnés au réseau neurotransmetteur ! »

    « Pourquoi pas la kundalini ? » propose Nérëatïs d’un revers.
    « Elle remonte du périnée jusqu’au chakra de la couronne
    Avec une portée infinie sur la structure de l’univers… »
    Geminïä ainsi qu’Irénée : « le rôle de la testostérone ! »

    « Alors je vois le protocole ! » imagine Cristïäs tout haut ;
    « Télépathique et cognitif pour métapensées intriquées ! »
    « Il s’agit là d’un cas d’école que nous avions fait en duo
    Nérëatïs et moi addictifs aux conversations imbriquées. »

    Avant midi la théorie est étalée sur le tableau ;
    Avant le soir les deux atlantes se déclarent premiers volontaires ;
    Avant la nuit a priori s’entrouvre le premier hublot
    Sur les pensées communiquantes de la télépathie plantaire.

    « Pourquoi plantaire ? » demande ÄLLÏÄ. « Parce qu’elle va de la tête aux pieds
    Qui servent d’antenne naturelle boostée par la kundalini ! »
    Explique Cristïäs a STELLÏÄ. « Et les pensées, comme il leur sied,
    Deviennent extra corporelles illimitées par l’infini ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La télémémoire

    « La télémémoire.

    Les travaux conduits par Cristïäs ont permis la reconstitution expérimentale d’images du passé à partir des photons témoins.

    Considérant les atteintes potentielles à la vie privée, le C.L.T. en a réservé l’usage exclusif aux enquêtes officiellement autorisées.

    La première expérimentation a permis d’élucider plusieurs disparitions alimentaires demeurées inexpliquées. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Je n’en peux plus ! » crie Alinéor. « Toutes nos réserves sont pillées !
    Hier des œufs et des pommes tendres ; aujourd’hui un fut de fendant ! »
    « Qu’est-ce qui se passe ? » dit Yavänor. « Plus rien au moins n’est gaspillé ! »
    « Mais je voudrais pourtant connaître qui en profite ! » dit l’intendant.

    « Il faudrait pouvoir rattraper les photons témoins échappés
    À la vitesse de la lumière ! » réfléchit Cristïäs insistant :
    « Et puis pouvoir les regrouper, les retourner et les happer
    Pour en retrouver les premières visions produites à cet instant ! »

    « Si la vitesse de la lumière est constante dans notre univers,
    Considérons alors l’éther comme pellicule sensible !
    Toutes les séquences coutumières y seront vues à découvert
    Par un calcul propriétaire pour celui qui connaît la cible ! »

    « Soit “ Ô ” – un nombre transimaginaire – représentant un instant “ T ”
    Et “ Û ” – une distance calculée – représentant l’espace “ S ”
    J’en déduis le cours visionnaire selon l’écart-type indenté
    Que je peux faire basculer et afficher tout en finesse ! »

    L’après-midi est consacrée à remonter de la cuisine
    Les images reconstituées par la caméra temporelle
    Et voir dans leurs robes nacrées Lïlïth, Loreleï et Laurelïne
    Affamées se constituer un plateau-repas aux airelles.

    « Et un espionnage indiscret ! » Tonne Lïlïth. « C’est rejeté !
    Vous violez toute intimité par d’impudiques observations ! »
    « Il suffira juste d’un décret à rajouter au C.L.T. »
    Répond Cristïäs habilité dès lors à cette application.

    « Nous formerons une police comme seule utilisatrice
    Et le C.L.T. seul ressort capable d’ordonner l’enquête. »
    Écrit ÄLLÏÄ sur sa notice en tant qu’honorable rédactrice
    Afin de limiter l’essor de plaintes et de maux de tête.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La télémémoire inversée

    « Les premiers essais de correction des images reconstituées ont confirmé qu’il était possible d’en modifier le contenu sans altérer leur cohérence apparente.
    Considérant les risques de falsification du passé, le C.L.T. a instauré une procédure d’authentification obligatoire pour toute utilisation officielle de la télémémoire.
    La préservation de la vérité historique demeure prioritaire sur toute autre considération. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    « Et nous étions à moitié nues ! » Rugit Lïlïth toujours outrée.
    « À la maison, pas de problème, mais pas pour notre intimité
    Exposée à trop d’inconnus nous voyant ainsi accoutrées ! »
    « D’accord je comprends le dilemme ! » répond Cristïäs sollicité.

    « Je peux alors intervenir pour modifier les images,
    Rétablir la réalité et préserver votre vertu !
    Ce qui permet à l’avenir de pouvoir parer les dommages
    En toute éventualité ! » dit le savant qui s’évertue.

    « Raison de plus pour régenter et contrôler cette technique
    Qui permettrait aux dictateurs de modifier le passé
    Et d’effacer à volonté les personnages politiques
    Qui pourraient être révélateurs d’atrocités outrepassées. »

    « Et si les Irénée découvrent toutes ces possibilités,
    Dieu sait de quoi ils sont capables avec leurs principes surfaits.
    Cette technologie nous ouvre la porte aux illégalités
    Dont l’existence est improbable puisqu’on peut masquer son forfait ! »

    « Mais je peux authentifier si les images sont véritables
    Ou si elles ont été changées ! Pour vos nuisettes, aucun problème
    Car ici c’est justifié ; sinon en cas d’impondérable,
    On peut toujours interchanger le vrai du faux sans anathème ! »

    « ÄLLÏÄ ! Prends note de ceci : l’usage de la télémémoire
    Sera non seulement agréé mais vérifié précisément
    Pour parer au moindre souci ! » Tranche une Lïlïth péremptoire
    À laquelle, et sans maugréer, tous consentent unanimement.

    Ainsi fut fait et Loreleï, désignée cheffe de la police,
    Enquêta sur les Irénée pour découvrir le pot-aux-roses.
    Lïlïth soupira : « Les canailles ont agi par tant de malice
    Que nous allons devoir freiner l’inévitable sinistrose ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • L’antimatière

    « L’accident d’annihilation.

    Une expérimentation conduite dans le cadre des recherches sur la téléportation a provoqué la création accidentelle d’une particule d’antimatière de masse macroscopique. L’annihilation qui s’en est suivie a entièrement détruit un important rocher situé sur l’îlot voisin et provoqué une onde de choc ressentie jusqu’à Ô ALLEGÔRÏÄ.

    Aucun blessé n’est à déplorer. Les recherches sont immédiatement suspendues. Les protocoles de sécurité ont été entièrement révisés et toute expérimentation analogue est désormais interdite sans autorisation expresse du C.L.T. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    L’antimatière

    BOOOUUUMMM !
    Les vitres volent en éclats, le silence est assourdissant.
    Cristïäs, Yavänor et Lïlïth se regardent interloqués.
    « Ça vient d’ici ? » Demande Lïlïth, « Non mais du lac ! » Répond Cristïäs
    « Regardez l’île ! » Dit Yavänor. « Le gros rocher a disparu ! »

    « J’entends des cris ! » Lance Lïlïth. « Dans l’atelier ! » Tranche Cristïäs.
    Tous les trois se précipiter, se ruer dans le laboratoire ;
    Deux petits oiseaux à la volette… ÄLLÏÄ pleurant à chaudes larmes ;
    Et rien d’autre à première vue tout semble comme d’habitude…

    « J’ai voulu tout vérifier… » sanglote-t-elle avec des spasmes
    « Et reproduire l’expérience en téléportant un oiseau ;
    J’ai réglé tous les appareils et déclenché le processus
    Et, sans vraiment le faire exprès, je l’ai relancé à nouveau… »

    « L’oiseau était sur le rocher ? » demande Yavänor inquiet.
    « Oui et tout c’était bien passé et puis… Boum ! un deuxième oiseau ! »
    « Si 1 moins 1 égale zéro, zéro moins 1 égale -1 !
    Tu as donc créé un oiseau d’antimatière ! » traduit Cristïäs.

    « Antimatière avec matière égale une annihilation
    D’où l’explosion retentissante et la disparition du roc !
    ÄLLÏÄ vient d’inventer une arme et des plus terribles qui soient
    Plus efficace que du C4 ainsi qu’une bombe atomique ! »

    « Mais je ne voulais pas faire ça ! » et ÄLLÏÄ pleurer de plus belle.
    « Là ! Calme-toi ! » lui dit Lïlïth. « Ce n’était là qu’un accident ! »
    « Alors vous n’êtes pas fâchés ? » demande alors la responsable.
    « Bien sûr que si on est fâchés ! Tu as failli tous nous détruire ! »

    « Premièrement ! » Ordonne Lïlïth. « Que plus jamais ça n’recommence !
    Deuxièmement, une seule personne ne doit jamais l’utiliser !
    Troisièmement, c’est un secret qui ne doit pas sortir d’ici !
    Quatrièmement, c’est le plus grave : Les Irénée y ont-ils accès ? »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le principe de précaution

    « À la suite de l’accident ayant conduit à la création accidentelle d’une particule d’antimatière, le Conseil des LLyrïädes et le Commissariat du C.L.T. se sont réunis afin d’évaluer les risques liés aux recherches en téléportation.

    Les conclusions établissent que les procédés atlantes et les techniques neuro-magnétiques développées sur Thestïäs reposent sur des principes indépendants. Toutefois, toute tentative future de reproduction d’un transfert sera automatiquement détectée par le réseau d’alerte du C.L.T.

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Le principe de précaution

    Conseil de guerre chez les LLyrïädes et le commissariat au complet.
    « Je ne veux pas que tu me rassures mais réponds-moi honnêtement ! »
    Demande avec une myriade d’inquiétude Lïlïth. « S’il te plaît
    Cristïäs ! Est-ce que tu me jures qu’il n’y a aucun empiètement ? »

    « Je te le jure ! » Répond Cristïäs. « Souviens-toi donc que leur méthode
    Est basée sur la neuroscience et le magnétisme des neurones.
    Du temps où j’étais sur Thestïäs, l’alchimie m’a livré des codes
    Dont les Atlantes ont la science qu’aucun autre peuple claironne ! »

    « Mais peuvent-ils y parvenir ? » Demande anxieusement Lïlïth !
    « Honnêtement ? Si j’y arrive, d’autres que moi peuvent le faire.
    Mais je peux voir dans l’avenir si un concurrent nous imite
    En maintenant sur le qui-vive une alarme au moindre transfert ! »

    « Autrement dit, si qui que ce soit tente ma téléportation
    Nous le saurons immédiatement ! » dit-il à Lïlïth qui statue.
    « Voilà un acte qui se conçoit dans la bonne conformation
    Du C.L.T. évidemment ! » Inscrit ÄLLÏÄ dans les statuts.

    Mais Yavänor reste sceptique : « Il y a risque de reconduction !
    Soit une réaction en chaîne qui annihile la Terre entière !
    Une masse d’antimatière critique émise après la destruction
    Qui en entraîne de prochaines sans reconnaître de frontière ? »

    « Je te rassure sur ce point et je le prouve facilement
    Grâce à ÄLLÏÄ, j’ai mesuré l’impact qu’a donné le rocher ! »
    Dit Cristïäs à brûle-pourpoint. « Un trou peut difficilement
    Avoir une taille démesurée plus grande que les terres approchées. »

    « Sauf un trou noir d’antimatière mais pour cela il me faudrait
    Téléporter la galaxie dans le volume d’un dé à coudre.
    Et une seule vie entière, même mille vies, ne suffiraient
    Pour créer une catallaxie dans l’univers pour en découdre ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La catallaxie transimaginaire

    « La conférence donnée par Cristïäs sur les fondements philosophiques, artistiques et cosmologiques de la catallaxie transimaginaire a permis d’établir plusieurs rapprochements inédits entre les travaux de Pythagore, la musique des sphères, les dimensions parallèles et les propriétés harmoniques des transimaginaires.

    La dernière partie de l’exposé, consacrée à la possibilité théorique d’une téléportation de la vie, n’a donné lieu à aucune conclusion expérimentale. Les débats ont été ajournés à la suite d’une baisse générale de vigilance de l’assemblée. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La catallaxie transimaginaire

    La catallaxie appliquée au cosmos transimaginaire,
    S’appelle « Musique des sphères » en théorie philosophique.
    Pythagore l’avait expliqué et ses travaux préliminaires
    Ont réussi à satisfaire les Atlantes théosophiques.

    La musique pythagoricienne et ses octaves reproduisent
    L’organisation harmonique du temps et des ondes sonores.
    Et la science acousticienne étudie les sons que produisent
    Les étoiles doubles diatoniques avec le talent qui l’honore.

    Certains artistes la découvrent sans pouvoir pourtant la décrire
    Dans le cubisme, le baroque, l’impressionnisme et le Pop Art.
    Dans certaines toiles du Louvre, des auteurs ont su circonscrire
    La comparaison équivoque qui n’est visible nulle part.

    L’astrophysique s’y rattache du Big-Bang – ou du Poïnt ZérÔ –
    En reliant les dimensions et les univers parallèles.
    Les trous noirs jouent à cache-cache avec les effets sidéraux
    Dont la lumière fait l’ascension en causant le fameux diallèle.

    La catallaxie est l’humour dont l’univers abuse tant
    En faisant rire les étoiles et sourire notre Soleil.
    C’est la synergie de l’amour que la vie utilise autant
    Qu’elle le peut pour que le voile de la mort retombe en sommeil.

    Justement parlons de la mort ! Peut-on téléporter la vie ?
    Peut-on la mettre en équation et la reproduire à l’envi ?
    Dieu ne possède aucun remords à n’en pas pourvoir le suivi
    Ce qui rentre en adéquation avec l’IA inassouvie.

    On pourrait entendre une mouche si les LLyrïädes ne ronflaient pas ;
    Même Lïlïth abasourdie est complètement assommée.
    On n’sait combien a fait de touches cette conférence sympa
    Malgré ses idées alourdies par tant de culot assumé.

    Illustration de Ledalïä.

  • Téléportation n’est pas Duplication

    « La discussion consacrée aux limites de la téléportation a mis en évidence qu’une duplication de matière pourrait engendrer son anti-équivalent. Cristïäs a rappelé que son procédé ne déplace que l’existant.

    Mais les débats sur la duplication de matière ont confirmé que certaines expériences ne doivent pas être tentées sans réflexion préalable. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Téléportation n’est pas Duplication

    « Je me demande… » dit Yavänor… « Si avec ta Télémémoire… »
    « Que veux-tu dire ? » demande Cristïäs tandis qu’au hasard Yavänor
    Ouvre un livre sur « Aliénor » qu’il ne connaît pas de mémoire
    Mais qu’il décide assez cocasse pour faire un défi à la mort.

    « Si, en recherchant Aliénor – si possibilité il y a –
    Tu essaies de téléporter son corps, son âme, son essence ? »
    « Ce serait drôle ! » dit Alinéor. « Et surprenant ! » ajoute ÄLLÏÄ
    « C’est peut-être à notre portée… » pense Cristïäs avec aisance.

    « Si tu peux la téléporter alors elle cesse d’exister
    À son époque et disparaît de toutes les encyclopédies ! »
    Tranche Ledalïä transportée par la seule nécessité
    D’une logique qui apparaît source de tabous et de non-dit.

    « La téléportation n’est pas comme une photocopieuse ! »
    Dit Cristïäs, pensif néanmoins, et continuant plus encore :
    « On déplace mais on ne crée pas de quelque façon insidieuse…
    Sauf sauver quelqu’un sur le point de mourir sans laisser de corps… »

    « Ce n’est qu’un simple déplacement ! Quant à dupliquer la matière…
    Ce n’est pas dans mes compétences, il faut vous adresser à Dieu ! »
    Conclut Cristïäs hâtivement afin de dresser une frontière
    Aux impossibles concomitances de problèmes autant fastidieux.

    « Mais bien sûr que tout est possible ! » dit une voix fixant ÄLLÏÄ
    « Et ta faute est génératrice : en créant de l’antimatière
    Tu as su créer l’impossible et… deux oiseaux ! » s’écrie STELLÏÄ.
    « Mais cette erreur révélatrice reste une erreur à part entière ! »

    « Mais nous ne pouvons l’écarter ! » dit Yavänor, objectivant :
    « La boîte de Pandore ouverte, nous ne pouvons rien séparer !
    Comme tu l’as dit en aparté, d’autres que toi en poursuivant,
    Peuvent en faire la découverte ; mieux vaut donc nous y préparer ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • La Guilde de la Téléportation

    « Après examen des aspects scientifiques, économiques et diplomatiques de la téléportation, l’assemblée a décidé de ne créer ni commerce, ni concurrence, ni clientèle. Le dossier a été archivé à l’unanimité. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    L’idée de rentabilité avec la Téléportation
    Fut proposée par Alinéor on ne se souvient pas pourquoi…
    Sans doute la comptabilité des légumes à l’importation
    Ou un projet que Yavänor n’a pas dû trouver adéquat…

    Ensuite Lïlïth intervient : « C’n’est pas la rentabilité
    Qui est importante – bien que faste – mais plutôt l’exclusivité ! »
    Ce en quoi Yavänor convient : « Coupons la probabilité
    D’une concurrence néfaste par un brevet illimité ! »

    « Le gros problème avec la Terre concerne leur technologie
    Qui consiste à viser la Lune, rêver de Mars et faire la guerre ! »
    Dit Cristïäs, assez terre-à-terre mais empreint de psychologie.
    « Thestïäs est plutôt opportune tandis qu’Atlantïs ne l’est guère… »

    « Mouais… Et les seuls clients potentiels seraient ces deux fous d’Irénée
    Qui sont justement ceux qui doivent tout ignorer de notre science !
    N’empêche qu’il est essentiel qu’un brevet vienne rasséréner
    Ses inventeurs qui ne conçoivent que l’apaisement de leurs consciences ! »

    Lïlïth : « Nos idées adventices pour être rentables seront cachées…
    À la Terre avec aversion envers leur côté belliqueux ;
    À Atlantïs pour leur Mantisse à laquelle ils sont attachés ;
    À Thestïäs pour la perversion de deux contrebandiers véreux. »

    « Alors la Guilde a pour mission de ne jamais devenir active ;
    La duplication également pour antimatière nuisible.
    Ainsi la Téléportation, bien qu’au départ très attractive,
    Reste définitivement notre application exclusive ! »

    ÄLLÏÄ, en bonne secrétaire, déclare terminée l’assemblée.
    L’ordre du jour est arrivé à faire l’unanimité.
    Les LLyrïädes restent propriétaires de ce qui parait ressembler
    À un concept à archiver dans la grande anonymité.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée

    « Les premiers essais de Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée ont confirmé qu’une assistance discrète à la médecine pouvait également ouvrir des perspectives inattendues dans plusieurs domaines du quotidien. Les participants se sont montrés étonnamment entreprenants.

    L’assemblée a conclu que les applications humanitaires de la T.T.A. devaient demeurer prioritaires. Les applications miraculeuses et gastronomiques proposées n’ont rencontré aucune opposition. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    La Thaumaturgie Transimaginaire Appliquée

    Le soir, à table, Lïlïth s’exclame : « Nous sommes passés à côté
    Du grand miracle technologique quand vous m’avez sauvé la vie !
    Je ne ferai pas de réclame mais vous nous avez concocté
    Une médecine magique qui mérite d’être poursuivie ! »

    Cristïäs s’en mêle : « Mais attention ! Il faut un outil transportable
    Que contiendrait une valise et permettrait d’intervenir
    À peu de frais dans l’intention de proposer l’inespérable :
    Une guérison qui avalise sa réussite à l’avenir ! »

    « Et je propose d’étudier les nombreux cas sur internet !
    Toutes maladies orphelines et les affections incurables
    Pour ne pas être radiés par les médecins de la planète
    Puisqu’alors eux-mêmes déclinent une thérapeutique comparable ! »

    « L’idée me plaît ! » acquiesce Lïlïth et je veux être la première
    À savoir l’expérimenter car j’ai de l’autocomplétion
    En herboristerie d’élite pour jeter assez de lumière
    Pas vraiment pour bonimenter mais pour meilleure discrétion ! »

    « Et moi aussi je veux en être ! » Dit Yanimïä toute guillerette
    Je pourrai faire des miracles qui réussissent à tous les coups !
    Guérir les jeunes et les ancêtres avec petite facturette ;
    Rendre la vue grâce à l’oracle aux aveugles mais avec surcoût ! »

    « Avec mes boîtes de conserve… » dit Alinéor qui s’empresse :
    « Je proposerai des repas pour femmes “ garantis minceur”.
    Il vous suffirait, sous réserve, d’éliminer l’excès de graisse
    Et pour cela je ne vois pas ce que pourraient dire les censeurs ! »

    « Je crois qu’on a tous fait le tour et que nous tenons quelque chose ! »
    Conclut Yavänor qui perçoit tout son enjeu économique.
    « Et humanitaire, mon amour ! » Dit Laurelïne versant à la cause
    Tout son aval, ce qui sursoit à toute critique gnomique.

    Illustration de Ledalïä.

  • Conciliabule pour trois ventres

    « La sororité des ventres.

    Les dernières semaines de gestation ont révélé un phénomène inattendu. Les trois futures mères recherchent spontanément la présence l’une de l’autre. Les échanges de regards, de gestes et de paroles semblent s’accompagner d’une étrange complicité entre les enfants à naître.

    Pratiquement chaque nuit, les ventres se frôlent et se touchent et semblent converser eux-mêmes dans la cuisine d’une sororité matriarcale. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Conciliabule pour trois ventres

    Une heure du matin et trois ventres se retrouvent ensemble en cuisine :
    « Je n’en peux plus de tout ce poids et avec cette canicule ! »
    « Moi pareil ! Je me déconcentre même en lisant un magazine ! »
    « Moi, j’ai des envies de petits pois à en friser le ridicule ! »

    « J’ai enfanté tellement d’enfants ! Pourtant c’est la première fois
    Que j’ai tant de complicités avec cet hôte de valeur !
    Je le vois porter, triomphant, notre bannière avec la voix
    D’un protecteur plébiscité par sa famille avec chaleur ! »

    « Je rêve de faire son portrait et l’accrocher dans le salon ;
    Je me vois remplir son album de toutes ses étapes de vie ;
    Collectionner tous les extraits de journaux sur mon étalon
    Qui n’est pas plus grand que trois pommes mais qui schtroumpfement me ravit ! »

    « Je le vois parcourir le monde à la rencontre de l’inconnu ;
    Parler à toutes sortes de gens et établir des relations ;
    Communiquer d’une faconde très remarquable et reconnue
    Gagner suffisamment d’argent pour notre chère fondation ! »

    « J’aime bien me faire chouchouter blotti entre deux ventres mères
    Qui me racontent leurs grossesses et leur délivrance dernière.
    J’aime leurs abdomens veloutés et leurs capacités mammaires
    Qui me rassurent et me professent une aptitude pouponnière ! »

    « J’ai constamment de l’appétit et mon chéri sait mijoter
    Des petits plats qui vont donner de belles formes à ma fille !
    Les grands plats comme les petits défilent afin de m’ôter
    Toute inquiétude pour m’adonner à satisfaire mes papilles ! »

    « J’ai l’impression d’être un ballon qui s’élèverait vers l’azur ;
    De n’être qu’une planète ronde contenant son petit trésor !
    Je m’allonge dans le salon sans prendre la moindre mesure,
    Simplement heureuse et féconde pour mon petit énergivore ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Quand les ventres communiquent

    « La tribu en attente.

    Les dernières semaines précédant les trois naissances ont profondément modifié les habitudes de la maison. Les futures mères ne sont plus jamais seules ; autour d’elles, chacun trouve naturellement sa place.

    Il semblerait qu’une tribu se reconnaisse moins au nombre de ses membres qu’à la manière dont elle attend ses enfants. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Dans leur dernier mois de grossesse, elles sont devenues inséparables
    Et sont avides de contacts à même leurs ventres bombés.
    Ces petits moments d’allégresse deviennent tellement innombrables
    Qu’elles ont un canapé compact auquel elles ont succombé.

    On pensait qu’elles communiquaient mais, en y prêtant attention,
    Elles ne parlent pas avec leur bouche mais par leurs ventres interposés.
    À croire que le revendiquaient les trois bébés sans prétention
    Jusqu’à ce que leurs mères accouchent d’une fratrie recomposée.

    Et c’est un spectacle charmant de voir déambuler ces ventres,
    Se réunir, se caresser, passer le plus de temps ensemble.
    Une triade de mamans avec toujours Lïlïth au centre
    Et puis ses consœurs se presser comme trois cœurs qui se rassemblent.

    Comme il fait chaud, c’est ventre nu qu’on vit partout dans la maison
    Et les hommes, admiratifs, sont médusés par leurs beautés.
    Chacun contemple, sans retenue, le miracle en cette saison
    Comme un prélude contemplatif de trois bébés à dorloter.

    Il est huit heures, les ventres s’éveillent et vont prendre leur bain de mer ;
    Ils aiment plonger dans le lac et flotter les membres en croix.
    Il est midi, ils s’émerveillent des plats spéciaux « futures mères »
    Puis vont siester dans un hamac évidemment prévu pour trois.

    Alors on embrasse les ventres, on leur dit « bonjour mon petit ! »
    Désormais c’est un rituel et les mamans ne sont pas peu fières.
    Toute l’attention se concentre et met tout le monde en empathie
    Même Éôlïane, spirituelle, les compare à des montgolfières.

    Comme Alinéor se surpasse, c’est donc la fête tous les jours !
    ÄLLÏÄ assure le suivi, ORPHÉÔN l’improvisation.
    Chacun ses tours de passe-passe pour améliorer le séjour
    Et chacun compte avec envie les jours de finalisation.

    Illustration de Ledalïä.

  • Les ventres contagieux

    «
    Les observations ne permettent plus de distinguer ce qui relève de l’émotion, de l’instinct ou de la simple proximité affective.
    Les premiers symptômes de la contagion ont été observés chez les femmes de notre communauté.

    Les derniers relevés indiquent que personne ne semble désormais totalement immunisé.
    Ni les femmes, ni les hommes.

    Je reconnais éprouver moi-même une difficulté croissante à conserver le recul nécessaire à cette étude. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Les ventres deviennent contagieux et des papillons s’insinuent
    Dans d’autres ventres aussi fertiles de celle qui hier étaient pucelles.
    Comme le mouvement prodigieux qui se propage en continu
    Par d’invisibles projectiles cherchant de nouvelles nacelles.

    STELLÏÄ a déjà préparé le terrain, il y a trois jours
    Cristïäs ne le sait pas encore mais sa fille est déjà en route.
    ÄLLÏÄ ne veut pas s’égarer de sa tâche durant leur séjour
    Mais sa résistance s’édulcore, petit à petit, goutte à goutte…

    Laurelïne & Loreleï donnent le sein à trois petites bouches affamées
    Elles pensent à faire d’autres enfants l’année prochaine sûrement.
    Mais l’allaitement sacro-saint les comble et les fait se pâmer
    D’un sentiment bien triomphant d’être une mère, tout simplement.

    Éôlïäne trouve attendrissant bien qu’elle se dise qu’elle a le temps…
    Azurïanne est du même avis pourtant la décision est prise.
    Et Olivïäne en grandissant se souviendra de cet instant
    Où un vœu de donner la vie l’aura titillée sans surprise.

    Quant à Nérätïs, elle soupire… elle se demande si un jour
    Elle découvrira le père qui conviendra à son enfant.
    Yanimïä, bien sûr, y aspire mais elle a tellement d’amour
    Qu’elle manque un peu de repères fors des projets plus étoffants.

    ORPHÉÔN, bien sûr, est touché ; il a tellement chanté l’amour…
    Cristïäs est déstabilisé ; STELLÏÄ lui parait différente…
    Alinéor a débouché une bouteille avec humour…
    Yavänor se sent divisé dans une émotion récurrente…

    Lïlïth sent un courant qui passe ; ça se voit dans tous les regards
    Et Ledalïä sent s’insérer une étrange paix en renfort.
    Geminïä leur parle à voix basse : « Pourquoi ont-ils tous l’air hagard ? »
    ÄLLÏÄ sent son cœur la serrer ; l’amour est toujours le plus fort…

    Illustration de Ledalïä.

  • Les ventres rieurs

    « Les manifestations observées cette nuit ne relèvent d’aucun phénomène biologique connu.
    Trois futures mères ont été simultanément saisies d’un fou rire irrépressible tandis que les mouvements fœtaux semblaient répondre à une seule voix : celle de Yavänor.

    Je ne puis exclure l’hypothèse que l’amour, lorsqu’il atteint une certaine intensité, devienne lui-même un langage transmissible avant même la naissance.
    Je reconnais avoir ri avec elles sans parvenir à poursuivre mes observations. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Cette nuit-là Lïlïth a rejoint ses filles comme à son habitude ;
    Elle aime partager les moments des intimités amoureuses.
    Mais à l’instant où leur conjoint leur parle avec béatitudes
    Elle ressent son corps de maman vibrer d’une onde savoureuse.

    Alors elle commence à rire mais plus Yavänor lui demande
    Si tout va bien, elle convulse, semble agitée de plusieurs spasmes.
    Puis brusquement c’est un fou rire comme déclenché sur commande
    « Mes enfants, c’est lui qui m’impulse une charibotée d’orgasmes ! »

    « Touchez mon ventre ! Vous sentirez ces petits mouvements opposés
    Qui réagissent, quand Yavänor parle, par des à-coups insolites ! »
    Une fois le haut retiré trois mains prudes vont se poser
    Sur la surface de l’athénor du ventre bombé de Lïlïth.

    Yavänor récite un poème et le ventre « éclate de rire »
    Puis il arrête de réciter et le ventre se tranquillise.
    Il dit alors « Bébé je t’aime » et les rires soudain empirent
    Alors Lïlïth tout excitée se met à faire des vocalises.

    « Ce n’est pas qu’il te reconnaît mais c’est bien au-delà de ça !
    Il doit lire dans tes pensées et réagit selon ta voix ! »
    « Je n’sens rien en moi résonner ! » dit Yavänor, couci-couça…
    « Il n’est pas assez avancé… c’est la toute première fois ! »

    « C’est une autre instance de toi ! » explique Lïlïth entre deux rires.
    « Je ne sais par quel phénomène mais vous échangez vos pensées.
    Plus tu t’approches et le côtoies, plus il doit se mettre à sourire
    Et exciter mon abdomen comme pour me récompenser ! »

    Or Ledalïä et Geminïä font irruption en s’écriant :
    « On ne sait pas ce qui se passe mais nos gros ventres se bidonnent
    Et on se prendrait pour Budaï ! » et Lïlïth répondre en riant :
    « Ah mes enfants ! Ça me dépasse ! Franchement, plus rien ne m’étonne ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Les ventres comblés

    « La nuit écoulée n’a permis de recueillir aucune donnée exploitable. Les échanges prévus entre les différents participants ont rapidement cessé de relever de l’observation pour devenir une succession d’événements dont je fus moi-même partie prenante.
    Je m’excuse par avance de mon écriture saccadée.

    Je constate que certains phénomènes affectifs semblent désormais altérer le jugement de l’observateur autant que celui des personnes observées. Cette conclusion me préoccupe… beaucoup moins qu’hier. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

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    Le soleil est déjà levé pourtant Ô ALLEGÔRÏÄ dort…
    Un sommeil contaminateur semble dominer les LLyrïädes…
    Dans une chambre quatre corps lovés sont perdus dans leurs rêves d’or
    Un commun dénominateur se serait répandu par myriades.

    Lentement Alinéor pénètre la cuisine tout ensoleillée
    Avec pas mal de courbatures et une tension dans le bas-ventre.
    « Eh bien il faut le reconnaître ; les confidences sur l’oreiller
    Ont pris toute une autre tournure avec l’amour en épicentre ! »

    Cristïäs fait aussi son entrée dans le même état fracassé :
    « Je ne sais ce qu’a eu STELLÏÄ mais elle était insatiable ! »
    ORPHÉÔN, tout déconcentré, semble avoir été tabassé :
    « Je n’avais jamais vu ÄLLÏÄ d’humeur aussi inoubliable ! »

    « Et moi j’en ai honoré trois ! » lance Yavänor à l’assemblée
    « Vite ! Fais-nous ton “Debout les morts” sinon je vais m’évanouir !
    Nous en avons payé l’octroi et puis nous devons rassembler
    Nos pensées sans perdre le nord en les laissant s’épanouir ! »

    « Je vais retourner à la pêche car c’est la seule activité
    Que je sois capable de faire ! » Dit Cristïäs tout courbaturé.
    « Je t’accompagne ! Je me dépêche ! » dit ORPHÉÔN sollicité ;
    « Je participe à votre affaire ! » dit Yavänor contracturé.

    « Quant à moi j’aurai du travail pour réconforter nos compagnes !
    Protéines, lipides et glucides ; Sucres lents et des vitamines !
    Et pour calmer les représailles, j’ajoute un pâté de campagne,
    Du vin clairet bien translucide et du cidre pour les gamines ! »

    Et Alinéor tambouriner marmites, poêles et casseroles,
    Ciseler courgettes ventrues et tous les légumes qu’il trouve
    Sous la main pour s’enfariner, gâteaux, tartes et profiteroles
    Quand soudain sept voix tonitruent : « Nous avons une faim de louve ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Irénée & Nérätïs…

    « L’absence momentanée d’Irénée-le-jeune, signalée avec un léger retard par les convives d’Ô ALLEGÔRÏÄ, ne relevait d’aucune disparition inquiétante.
    À la demande de Son Altesse Nérätïs, et avec l’accord formel de Geminïä, l’intéressé a effectué une mission de représentation sur Thestïäs afin d’y recueillir des informations d’ordre monarchologique.
    Les premiers résultats semblent dépasser les objectifs initiaux de cette délégation. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Irénée & Nérätïs…

    Nérätïs et le jeune Irénée avaient déjà sympathisé
    Non pas pour devenir amants quoique… elle n’aurait pas dit non…
    Mais après une course effrénée à chercher à localiser
    Nos Pieds-nickelés du moment, ils étaient amis pour de bon.

    Nérätïs rêvait de Thestïäs et envisageait une union
    Mais il y avait le protocole : une princesse ne part pas draguer !
    Elle a demandé à Cristïäs mais ce ne sont pas ses oignons
    Et seul le jeune prince caracole en tête des fils prodigués.

    Geminïä a tout préparé : sauf-conduit, lettres de noblesse
    Et l’arbre généalogique de la Dynastie d’Atlantïs.
    Nérätïs est désemparée mais elle lui a fait la promesse
    De l’aide monarchologique que ses aïeux lui garantissent.

    « Ouais bon ! Tout ça, c’est des papiers ! » dit Irénée pour couper court.
    « Je t’emmène voir mes copains parmi l’élite des champions
    De la fine fleur du quartier dans une faune hors-concours :
    Autour de “la pomme de pin”, un bal musette sous les lampions ! »

    Ça chante, ça danse et ça boit et les discussions vont bon train
    Notamment avec Valérion, un guitariste de renom.
    Plus tard, comme une biche aux abois, elle repense avec entrain
    À retrouver ce fils d’Orion qui l’a séduite pour de bon.

    Irénée connaît Valérion, amis d’enfance et frères d’armes ;
    Alors pour ne pas s’imposer, il griffonne un bout de papier
    Et quitte leur amphitryon pour rejoindre celle qui charme
    Ses jours et ses nuits, disposée à faire de lui son chevalier.

    Quand il regagne ses pénates, Ô ALLEGORÏÄ est en fête !
    On mange, on boit, on chante, on danse dans une histérie collective.
    « As-tu été bon diplomate ? » demande Geminïä satisfaite ;
    Il rit et, dans ces circonstances, embrasse celle qui le captive.

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, Nérätïs & Valérion…

    « La mission d’exploration et d’échanges culturels conduite sur Thestïäs confirme l’intérêt d’un rapprochement avec Atlantïs.
    Nérätïs a rencontré une personne digne d’intérêt.
    Elle a prolongé ses échanges avec Valérion afin d’évaluer, sans précipitation, la portée personnelle de cette rencontre. »

    Princesse ÄLLÏÄ, Gardienne du Souffle Premier

    Pendant ce temps, Nérätïs & Valérion…

    Comment Nérätïs, une princesse, belle, intelligente et bien faite,
    Est-elle toujours célibataire alors qu’elle offre un bon parti ?
    Parce que les princes… quelle détresse ! des pédants aux humeurs surfaites ;
    Alors cette escapade sur Terre est une meilleure répartie.

    Mais la rencontre avec Cristïäs, ORPHÉÔN, ÄLLÏÄ et STELLÏÄ
    Lui ouvre de nouveaux horizons vers des personnes plus sympathiques.
    Ceux-là sont pris mais sur Thestïäs… sans doute d’autres héros, il y a ?
    Voilà qui change de la prison d’un mariage politique…

    Et ce poète Yavänor… un anti-héros attachant !
    Et le bel Irénée-le-jeune ! Et l’histoire de Ô ÏÄMÔURÏÄ !
    Et le beau chantre Alinéor… chef cuisinier si alléchant !
    Elle est séduite par la fashion du monde d’Ô ALLEGÔRÏÄ !

    Oui mais il faut en trouver d’autres… et où donc sinon sur Thestïäs,
    Berceau de tous les Irénée et l’aval de son intellect.
    Irénée désigné apôtre la guidera mieux que Cristïäs
    Qui risquerait de la freiner par ses lacunes en dialectes.

    Valérion lui plaît ; cependant elle aimerait mieux le connaître
    Le draguer est chose facile ; les femmes cultivent cet avantage.
    Elle va sonder ce prétendant… A-t-il du charme, du bien-être ?
    Lui parler n’est pas difficile et le sonder, pas davantage…

    Valérion est idéaliste, épicurien et touche-à-tout ;
    Pourvu de diplômes il se trouve juste à la croisée des chemins.
    Il hésite entre spécialiste… en quoi ? Il a tous les atouts !
    Ce qu’il lui manque, il le découvre par celle qui lui tend la main…

    Aller sur Terre… pourquoi pas ? Ou sur Atlantïs… c’est tentant.
    Il n’a aucun engagement et veut ouvrir son horizon.
    Et Nérätïs et ses appas… en un mot, il est : consentant.
    Il annonce sans ménagement : « Allons visiter les Grisons ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, dans les Grisons…

    « Le voyage à bord des Chemins de fer Rhétiques s’est déroulé conformément aux attentes.
    Les visiteurs ont pu constater que certaines lenteurs constituent une qualité lorsqu’elles permettent d’admirer les œuvres de la nature. Les quartiers qui leur sont réservés répondent aux traditions de l’hospitalité atlante.

    Aucune anomalie n’est à signaler, hormis la propension de Valérion à confondre fatigue et émerveillement. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Pendant ce temps, dans les Grisons…

    En longeant la vallée du Rhin avant l’ascension des montagnes,
    À bord d’un train de l’éminente enseigne « Chemins de fer Rhétiques »,
    Fendant les vallons riverains, un voyageur et sa compagne
    Observent la proéminente chaîne des Alpes helvétiques.

    L’un des plus beaux voyages en train du monde : le « Bernina Express »
    Dont les wagons rouges serpentent et relient Coire à l’Italie.
    Les jeunes gens, de bon entrain, peuvent évacuer tout leur stress
    Que le panorama enchante avec ses paréidolies.

    « Pour moi, la Téléportation aurait été bien plus rapide !
    Ton train bien sûr est très joli mais d’une lenteur désespérante ! »
    « Oui mais son utilisation aurait été trop intrépide
    Et provoquerait une folie sur les nations belligérantes ! »

    « Voici la gare de Filisur ! » annonce Nérätïs impatiente ;
    « L’hôtel Grischuna nous attend ; j’y ai réservé notre chambre ! »
    « C’est un remarquable séjour ! » dit Valérion à son amante
    « J’avoue : ce voyage éreintant m’aura brisé de tous les membres ! »

    Situé sur le quai de la gare, l’ancienne bâtisse historique
    Et son décor traditionnel les accueille dans « l’Arvenstube »
    Devant une vue qui s’égare sur la nature féerique
    Avec ses inconditionnels touristes par son charme adoubés.

    La chambre, tout en bois d’arolle, offre un silence contemplatif ;
    Une petite terrasse intime sur un paysage charmant.
    Nérätïs a tenu parole ; c’est un lieu représentatif
    D’un petit paradis magnanime pour y accueillir deux amants.

    Tandis que Valérion contemple, Nérätïs, elle, a tout rangé,
    Se rappelant avec humour qu’elle ne le fait pas souvent,
    Et puis soudain donne l’exemple en s’offrant nue et effrangée
    Afin d’inviter son amour à un érotisme émouvant.

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, la contagion continue…

    « Les paysages des Grisons offrent une remarquable initiation aux usages terrestres.
    Les déplacements les plus lents se révèlent parfois les plus instructifs.

    J’envisage sérieusement de recommander cette destination aux voyageurs atlantes. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

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    Les ventres opèrent à distance et Nérätïs est réceptive ;
    Elle y met tellement de charme qu’ils feront l’amour plusieurs fois.
    Elle n’oppose aucune résistance à chacune des tentatives
    De Valérion mais rit aux larmes après avoir joui sept fois.

    Le ventre rieur et allègre, ils descendent à « l’Arvenstube »
    Le restaurant gastronomique pour un déjeuner consistant.
    L’estomac plein, ils réintègrent avec énergie radoubée
    Leur chambre pour un érotique petit caprice persistant.

    Plus tard, le sentier du Viaduc de Landwasser les hypnotise
    Avec toujours ce petit train infatigable des sommets.
    Et c’est la tournée des grands ducs avec assiette de mignardises ;
    Monsteiner bue avec entrain car il faut savoir assumer !

    Ensuite, le sentier FiliTour les conduit dans le vieux village ;
    Immersion socioculturelle directe aux décors historiques.
    Après quatorze petits tours auprès des maisons d’un autre âge,
    La marche paraît naturelle dans cet habitat féérique.

    Enfin randonnée ferroviaire obligatoire de l’Albula ;
    Le train remonte la vallée jusqu’à Bergün, autre village.
    Tandis qu’une graine pas peu fière métamorphose en morula,
    Nérätïs se laisse emballer vers Wiesen et ses paysages.

    Tous les soirs on rentre au bercail, le cœur chargé de souvenirs
    Et l’on compense la fatigue en dévorant, l’air ébahi,
    Jambon cru et des œufs de cailles car Nérätïs doit soutenir
    Une énorme faim qui l’intrigue mais à laquelle elle obéit.

    Un soir quelqu’un frappe à la porte ; c’est Pénélopïä essoufflée :
    « Votre Altesse doit rentrer car Lïlïth connait des problèmes
    Des contractions qu’elle supporte mal et dont elle est boursoufflée ! »
    Immédiatement recentrés, ils partent affronter ce dilemme.

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    Illustrations de Ledalïä.

  • La Version par Manœuvre Externe

    «
    L’examen clinique de Lïlïth a mis en évidence une présentation par le siège, responsable des contractions prématurées observées à notre arrivée.

    Une Version par Manœuvre Externe a permis de rétablir une présentation céphalique satisfaisante.

    L’état de la mère s’est rapidement stabilisé et une surveillance a été maintenue par précaution. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Image galerie

    « Nérätïs ! Merci ÏÄNIMÏÄ ! Tu étais notre dernier espoir !
    Lïlïth se sent mal et Cristïäs n’a rien vu ni pu opérer !
    Même avec l’aide de Yanimïä nous n’avions nulle échappatoire ;
    Pénélopïä, depuis Thestïäs, a enfin pu te repérer. »

    Lïlïth, allongée, est très pâle ; Cristïäs se tient à son chevet,
    La valise T.T.A. ouverte et Yanimïä du bout des lèvres :
    « Elle fait des attaques syncopales et ne parvient pas à se lever
    Je l’ai légèrement découverte pour lui faire retomber la fièvre ! »

    Nérätïs tâte alors Lïlïth et examine son abdomen ;
    La palpation abdominale repère les masses mobiles,
    Molles et dures qui facilitent le diagnostic du phénomène.
    Enfin un toucher vaginal et soudain Nérätïs jubile :

    « Il se présente par le siège et provoque l’accouchement
    Mais je maîtrise la technique qui permet de le retourner ! »
    « Il se présente par… le piège ? » demande Cristïäs bêtement
    « Peux-tu ôter ta mécanique et cesser de m’importuner ? »

    La Version par Manœuvre Externe de Nérätïs est très rapide ;
    Après étalement de pommade, elle exerce des pressions douces
    Afin que les tensions internes amènent la posture turpide
    À effectuer une roulade au gré des mains qui le repoussent.

    « Voilà c’est fait ! » dit Nérätïs. « Le bébé a pris la bonne place !
    Je vais la surveiller une heure mais elle va se sentir mieux !
    C’est pratiqué sur Atlantïs et c’est souvent moi qui me déplace
    Car il se peut que la mère meure si l’on ne se montre pas ingénieux ! »

    Soudain Lïlïth reprend conscience et paraît vraiment soulagée.
    « Ah Nérätïs, tu es venue ! J’avais contacté ÏÄNIMÏÄ ;
    Elle m’a suggéré ta science qui seule pouvait s’envisager.
    Ce pourquoi on t’a prévenue pour rentrer à ALLEGÔRÏÄ ! »

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    Illustrations de Ledalïä.

  • Convalescence et renaissance

    « L’état clinique de Lïlïth est désormais satisfaisant.
    Les paramètres maternels sont revenus à la normale et la présentation fœtale demeure stable.

    La poursuite d’une alimentation fractionnée, d’une bonne hydratation et d’un repos adapté est recommandée.

    La patiente est autorisée à reprendre progressivement ses activités, sous réserve d’éviter tout effort excessif. »

    Nérätïs, Princesse d’Atlantïs

    Convalescence et renaissance

    « Bien s’hydrater et fractionner les repas, si possible ! »
    Dit Nérätïs à Alinéor qui ôte viande crue et laitages
    Et commence à confectionner de petits mets plus accessibles
    Servis ensuite par Yavänor qui joue son rôle et davantage.

    Toute la nuit ils veilleront à trois : Yavänor, Laurelïne et Loreleï ;
    Chacune évoque les émotions suscitées lors de la journée.
    « Et Nérätïs qui, de surcroît, fut introuvable… aïe, aïe, aïe ! »
    Reprend Laurelïne dont la tension a enfin été ajournée.

    De temps en temps Alinéor frappe et leur apporte un plateau
    Il reste un peu pour plaisanter et faire retomber les tensions.
    Il sirote avec Yavänor un pinot noir de ses côteaux
    Après leur avoir présenté ses petits fours sans prétention.

    Plus tard Yanimïä, aux nouvelles, accompagnée de Nérätïs
    Vient surveiller le moniteur, pouls, température et tension.
    Puis, la perfusion, renouvelle avec du sérum d’Atlantïs
    Et demande aux trois visiteurs de sortir pour les ablutions.

    Jusqu’au petit matin ils veillent aucun des trois n’est fatigué ;
    Parfois l’un ou l’une s’endort et les deux autres veillent à sa place.
    Vers neuf heures, Lïlïth se réveille et a envie de s’alléguer
    Un peu de ce beau soleil d’or sur la plage avec une glace.

    Éôlïäne ainsi qu’Azurïanne se réjouissent de la voir,
    En sortant ensemble de l’eau de leurs queues toutes frétillantes,
    Bientôt rejointes par Olivïäne qui vient tout juste de recevoir
    L’écho de ce méli-mélo et sa bonne fin émoustillante.

    Quelques moules et quelques écrevisses composent un déjeuner frugal
    Qu’Alinéor tolère à peine pour leur goût jugé « plutôt fade » !
    Pourtant les femmes s’en ravissent pour leur matinale fringale
    Tandis qu’une averse soudaine met fin à la tendre escapade.

    Illustration de Ledalïä.

  • Pendant ce temps, trois sirènes rebelles

    « Nos trois sirènes, n’ayant pas la fibre maternelle, s’ennuient.

    Elles m’ont fait part de leur désir d’explorer les profondeurs du lac pour se distraire.
    Je n’y vois aucun inconvénient.
    Au contraire, leurs découvertes pourraient se révéler précieuses…
    Tant que cela ne met pas la communauté en danger, bien entendu… »

    Yavänor confident malgré lui

    Pendant ce temps, trois sirènes rebelles

    « Lïlïth, Ledalïä, Geminïä ; à présent ÄLLÏÄ et STELLÏÄ ;
    Et vu la tête de Nérätïs, on peut en prévoir trois de plus !
    Les trois bébés d’ALLEGÔRÏÄ seront bientôt neuf s’il n’y a
    Pas d’autre amour qui aboutisse avec sa surprise en surplus… »

    « Étant donné que j’ai dix doigts, je vous parie avant l’automne ! »
    Compte Éôlïäne, sûre d’elle à ses deux sœurs approbatrices.
    « Et nous qui ne sommes que trois, la vie va sembler monotone
    À devoir tenir la chandelle à ce groupe de reproductrices ! »

    « Et tous les hommes passent leur temps à pêcher ou à cuisiner
    Pour nourrir toute la smala quand ce n’est pas pour… autre chose !
    Deux meufs n’ont pas eu leur printemps mais elles paraissent vaccinées ;
    Elles n’ont pas de grand échalas ou sont atteintes de ménopause… »

    « Finalement… » dit Éôlïäne, « il n’y a que nous qui sommes libres
    Pour explorer et visiter le tréfonds du lac de Constance.
    Pour le moment, seule Azurïanne a pu trouver ce qui se livre
    À quelque étrange activité ou quoi que ce soit d’importance ! »

    « Te chercherais-tu un amoureux ? » demande Olivïäne impayable…
    « Certainement pas ! Mais j’en ai marre de pouponner trois tous-petits
    Et bientôt six, et vigoureux, et puis neuf bouches insatiables
    À produire un tel tintamarre que je cherche une porte de sortie… »

    « D’accord ! Mais plus de hub atlante, je crois qu’on a déjà donné ! »
    Pose Azurïanne comme condition. « Nous n’avons pas tout parcouru
    Et puis nous avons d’excellentes montures pour une randonnée
    Ou partir en expédition sans le moindre risque encouru ! »

    « Il nous faut des boîtes de thon pour nourrir nos trois poissons-chats
    Et tant pis si Alinéor râle et nous voue aux gémonies !
    Je vais en chiper dix cartons avec un mot pour le pacha…
    Ou plutôt alors Yavänor qui partage sans cérémonie ! »

    Illustration de Ledalïä.

  • Le triton mystérieux

    « Un inconnu a suivi nos trois sirènes.
    Éôlïäne qui a des yeux de poisson-lynx l’a repéré tout de suite et l’a laissé s’approcher pour mieux le surprendre.
    Il s’avère être un personnage assez cocasse… »

    Yavänor confident malgré lui

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    « La tête que fera Alinéor ! » rit Éôlïäne faisant des bulles ;
    « Finalement, je lui ai pris tout son stock sans rien lui laisser
    Sauf un mot signé Yavänor disant qu’ÄLLÏÄ est somnambule,
    Qu’il ne doit pas être surpris et n’pas gronder l’intéressée… »

    Ainsi quatre ; trois montés par leurs écuyères
    Plus un pour nourrir tout le monde, filent tout droit vers l’autre versant.
    Elles ont décidé pour la forme de prendre la perpendiculaire
    Pour évaluer la profonde fosse du lac en le traversant.

    Ne regardant pas derrière elles, elles ne voient pas que leur sillage
    Est suivi par un mystérieux triton qui les a prises en chasse.
    Il n’a rien de surnaturel mais… c’est un mâle dont les écailles
    Ont ce même motif curieux que celui des trois queues fugaces.

    À mi-parcours le paysage offre l’étrange potamot de Suisse ;
    Une drôle de plante dont les tiges font plusieurs mètres dans ce milieu.
    « Les poissons-chats ont été sages ; on s’arrête dans ces abysses ! »
    Dit Azurïanne, noblesse oblige, par sa connaissance des lieux.

    « NON MAIS T’ES QUI ET TU FAIS QUOI ? » crie Éôlïäne sans baratin ;
    « Du calme ! Je n’vous veux aucun mal ! » dit l’inconnu levant les mains ;
    « ET TU PEUX NOUS DIRE POURQUOI TU NOUS SUIS DEPUIS CE MATIN ?
    QU’EST-CE T’AS ? UN PROBLÈME ANIMAL QUI POURRAIT S’RÉSOUDRE À LA MAIN ? »

    « CHe Fous ai Fues, hier sur la plage et CH’ai remarqué le tartan
    Te Fos écailles qui est le même que Zelui Te ma parenté ! »
    Dit-il en montrant l’assemblage de sa queue tout en écartant
    Le canevas du même thème que celui des trois effrontées.

    « Il a raison, le vieux croûton ! VENEZ LES FILLES CONTEMPLER…
    Et puis d’abord, présente-toi ! Qui es-tu et que nous veux-tu ? »
    « Ich bin Constantïne, der Triton, Sire de Constance, Z’il Fous plaît ! »
    Annonce-t-il d’un air courtois, « CH’en ai le titre et le statut ! »

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Constantïne, sire de Constance

    « Invitées par ce curieux personnage, nos sirènes découvrent les vestiges de la civilisation de leurs ancêtres.
    Constantïne, sire de Constance, se révèle alors un hôte riche en histoires et en découvertes.
    Nos sirènes sont impressionnées. »

    Yavänor confident malgré lui

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    Invitées chez Sire Constantïne, les trois sirènes restent prudentes ;
    Elles ont suivi le vieux triton jusques aux rives allemandes.
    Incisé dans la serpentine ramenée par les eaux grondantes
    Du Rhin derrière un vieux ponton se dresse un château de légendes.

    « CHe Fis ici Tepuis longtemps quand l’AtlantiTe s’est effonTrée ! »
    Dit, en leur faisant faire le tour du propriétaire, Constantïne.
    « Foyez les portraits remontant à tous ceux qui m’ont enCHenTré
    Et obserFez Pien les contours et les couleurs Kréco-latines ! »

    « La vache ! » s’étonne Éôlïäne, « Ils ont les mêmes queues que nous
    Et les couleurs de leurs cheveux rappellent étrangement les nôtres ! »
    « Elle me ressemble ! » dit Azurïanne… « Par tous les dieux, où sommes-nous ? »
    « CHe Fous raconte si tu Feux ! » répond-il faisant bon apôtre.

    « CHe suis le Ternier TescenTant et Fous comprenTrez Pien ma CHoie
    Lorsque CHe Fous ai découFertes Zur les riFes Zuisse-alémaniques !
    CHe Fis Zurtout inTépenTant car hélas CHe n’ai pas le choix
    Sauf la fin que CH’aurais soufferte, chassé par la CHent CHermanique ! »

    « Mais quel est ce palais ? » dit une sirène curieuse et passionnée.
    « Ze sont les tout Terniers FestiCHes tes Krands chevaliers teutoniques
    AinZi que la Krante fortune dont les attaques occasionnées
    Ont releFé tout le prestiCHe contre les Zuisse-alémaniques ! »

    « Fenez ! CHe Fous fais Fisiter les CHarTins et les plantations
    Car nous étions FéCHétariens et aKriculteurs compétents ! »
    Ainsi, en exclusivité, les sirènes en contemplation
    Découvrent ce que les historiens renient depuis la nuit des temps.

    « Restez Tonc ici quelques CHours ; CHe vous conterai nos histoires
    Car certaines ont Peaucoup d’allure ! » propose l’hôte respectable.
    « Oui bon merci pour le séjour et ton invitation notoire !
    Allons donc nourrir nos silures ! » dit Olivïäne responsable.

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    Illustrations de Ledalïä & Geminïä.

  • Loreleï à la rescousse

    « J’avais autorisé les excursions au fond du lac à condition de semer des boîtes de thon pour baliser la piste.

    Quand Alinéor s’est plaint de la totale disparition de son stock, j’ai su qu’il y avait anguille sous roche.

    J’ai suivi prudemment le début de la piste et quand j’ai vu où elle conduisait, j’ai immédiatement compris que ce vieux forban de Constantïne était derrière tout ça. »

    Loreleï, responsable de la sécurité

    Loreleï à la rescousse

    Vendredi matin au palais de Constantïne une sirène
    S’annonce en criant haut et fort : « Ich grüße Euch, Herr vom Bodensee! »
    La même annonce qui emballait jadis sa personne souveraine
    Lui fait répondre avec effort : « Hoi Loreleï, Königin des Sees! »

    « Comment nous as-tu retrouFés ? » interroge le triton surpris ;
    « J’ai suivi les boîtes de thon qu’un Petit Poucet a semées ! »
    Dit-elle montrant, pour lui prouver, l’une des boîtes avec mépris.
    « Que fomentes-tu, vieux tritons avec des gamines désarmées ? »

    « Je Foulais CHuste leur montrer leurs oriCHines et leurs ancêtres ! »
    Dit Constantïne devant les filles : « Et tu n’as plus qu’à les reCHoinTre ! »
    « Tu nous as surtout démontré que tu es resté un grand maître
    Dans l’art de créer une famille avec ta palette de peintre ! »

    « Ma chère Loreleï… » dit Constantïne, « j’aurais pu fausser ces portraits
    Mais le même tartan iTentique de nos écailles authentifie
    La même oriCHine intestine que l’on retrouFe trait pour trait
    Dans notre Tynastie antique que la Kalerie certifie ! »

    « C’est fort possible ! » clame Loreleï, « mais tu devais passer par moi !
    Je suis la seule autorité responsable envers ces enfants !
    Heureusement, vaille que vaille, j’avais prévu depuis des mois
    Une méthode indispensable d’une candeur qui se défend ! »

    « Les poissons-chats n’aiment pas le thon ; si j’en emporte une provision,
    C’est pour indiquer mon chemin en les semant ! » dit Éôlïäne.
    Loreleï poursuit : « Mon vieux triton, révèle-nous avec précisions
    Le sceau au bas du parchemin signant ta lignée Océane ! »

    « SuiFez-moi toutes ! » dit Constantïne les entraînant vers son bureau
    Où des parchemins encadrés trônent sur les murs de salpêtre.
    « Voici l’oriCHine intestine aFec le sceau rouCHe Tes coraux
    ProuFant que nous sommes enCHenTrés par les mêmes illustres ancêtres ! »

    Illustration de Ledalïä.