
Quand Loreleï m’a capturé, mon cœur elle m’a demandé
Alors je le lui ai tendu et dit « il est tien désormais ! »
Dans ma poitrine défigurée, elle m’y a, le sien, transplanté
Et depuis nos cœurs confondus battent les vagues à jamais.
Quand tu m’as confié ton cœur, je l’ai bercé dans mes marées ;
J’l’ai porté aux Aléoutiennes où dorment les songes anciens.
Et lorsque les vents de malheur ont voulu le voir chavirer,
J’ai mêlé mon âme à la tienne afin qu’il demeure le mien.
Je l’ai reçu comme un trésor échoué là, sur mon rivage ;
J’l’ai caché dans les profondeurs où nul ne pourra l’emporter.
Depuis, les vagues de nos corps écrivent le même voyage
Et la mer chante dans nos cœurs qu’ils ne pourront plus se quitter.
Tableau de Giulia Rosa.
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