« Valérion et ORPHÉÔN me font penser à un couple de peintre et de poète.
Valérion trace un paysage sur la toile de sa partition et ORPHÉÔN fait sonner les notes comme un poète fait sonner ses rimes.
Ils sont plus proches de moi que je ne le croyais. »
Yavänor, passeur du monde de l’ÏÄMÔURÏÄ à Ô ALLEGÔRÏÄ

Où retrouver des musiciens sinon là où les instruments
Jouent pour eux et chantent pour eux comme s’ils étaient les vrais artistes ?
Comme si un drôle de magicien avait voulu prétendument
Rendre le son plus savoureux que celui des instrumentistes.
Valérion modèle les basses pour dessiner un paysage
Avec descentes et montées régulières et très harmonieuses
Car sa mélodie outrepasse la technique qui n’envisage
Que des refrains prêt-à-monter sur mélopées trop ingénieuses.
Il n’est plus là, il se promène dans les vallées de sa musique
Où il se trouve en bonnes mains avec la lyre d’Érato.
D’ailleurs la voici qui s’amène pour rendre la main kinésique
À Valérion sur le chemin du retour appassionato.
« Encore dans les bras de ta muse comme un musicien amoureux ! »
« Yavänor, mon ami, tu tombes exactement au bon moment !
Tu peux rire si ça t’amuse mais d’un premier son savoureux,
Je suis l’harmonie qui retombe là où l’accord est imminent ! »
« Il faut le suivre justement ! » rit ORPHÉÔN s’interrompant ;
« Lui, il trace les fondations et moi je dois suivre les plans,
Puis faire mes ajustements des aigus en les estompant
Afin qu’ils entrent en compassion avec nos deux voix s’accouplant. »
ORPHÉÔN est décorateur et un chanteur paysagiste
Qui plante ici la mélodie et là un refrain du tonnerre.
Il n’invente pas, il est acteur jouant son rôle à l’improviste
Et adapte sa comédie pour rejoindre son partenaire.
ÄLLÏÄ l’avait déjà senti lorsqu’elle emprunta le chemin
De ses enceintes musicales partant directement du cœur.
Et lui-même avait ressenti tout l’amour lui donnant la main
Comme une portée ombilicale de notes qui résonnent en chœur.

Illustrations de Ledalïä & Geminïä.
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