
Dans la chambre des exploratrices, certains écrans sont différents ;
Je vois les années qui défilent et croissent au-delà du présent.
Laurelïne, toujours navigatrice, Yavänor toujours persévérant…
Un Yavänor qui se profile ? Mais alors qui suis-je à présent ?
Une foldingue se précipite et me couvre de ses baisers :
« Mon amour, n’est-ce pas magnifique ce retour enfin sur Thestias ? »
Et Geminïä, très explicite, me semble tout sauf apaisée
Devant mon titre honorifique : Irénée Prince d’Andromédias !
« Oui et nous allons aussi pouvoir joindre l’utile à l’agréable ! »
– Dis-je sans avoir réfléchi comme pour faire un trait d’humour –
« Chérie, tu n’es pas sans savoir que notre mission est louable
Rétablir la matriarchie et faire les enfants de l’amour ! »
« Oooh ! » dit Geminïä excitée, « j’en ai des papillons au ventre !
Viens ! Retournons à la cabine et répète-moi la mission ! »
L’ambassadrice sollicitée par une envie à l’épicentre
M’enlève comme une Sabine vers le lieu de ma soumission.
Geminïä est insatiable ; je dois chevaucher plusieurs fois
La constellation de ses fesses et la Voie Lactée de ses seins.
Dans ses trous noirs inoubliables je jure de toute ma foi
Qu’elle est à l’amour, la déesse et au divin, le Saint des Saints !
Arrivés sur Thestias-les-plages, Geminïä est déjà enceinte
Ce qui parait assez conforme après trois jours à forniquer.
Reçus par un aréopage autour de Lïlïth-la-très-sainte,
Et vêtus de beaux uniformes, l’honneur nous est communiqué.
« Bienvenue Prince reproducteur ! Nos filles sont prêtes à baiser :
Mille-et-une chambres sont disponibles pour parfaire ce qui est écrit ! »
À ce verdict fort destructeur je vocifère malaisé…
Et on me dit « Tu es pénible de nous réveiller par tes cris ! »



Illustrations de Ledalïä.
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