Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Rêve qui danse

    Rêve qui danse

    Pour échapper à la routine, rêver ne suffit pas toujours ;
    Je tourne en rond autour du pot et l’esprit redevient machine.
    J’ai besoin d’intuition mutine, imprévisible chaque jour,
    Pour qu’elle me sorte du troupeau dans lequel mon âme s’échine.

    Elle a envahi mon espace, déjà avant de l’appeler,
    Sous l’apparence délicate d’une jolie danseuse aux seins nus.
    La voilà qui passe et repasse en ronds sur le sol carrelé
    Et se rapproche en candidate pour m’entraîner vers l’inconnu.

    Me voici aux bras de mon rêve au son d’une flûte enchantée
    Qui charme mon corps de sergent – sergent-major de préférence –
    Et je saisi l’image brève de la fille, alors déjantée,
    Dont les mouvements convergents m’emportent avec persévérance.

    Alors je lâche mon armure, mes certitudes, mes protocoles,
    Et j’emboîte le pas sans raison, nu de l’âme, ivre de ses gestes.
    Elle m’enseigne que l’écriture devient un tango sans boussole,
    Quand le rêve fait sa maison dans le creux de ce qui nous reste.

    Tableau de Gaston Bussiere sur https:desdeelrenacimientohastanuestrosdias.blogspot.com201512gaston-bussiere-francia-1862-1929.html .

  • Le Chemin du Dieu des musulmans

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    Allah, unique et sans égal est dieu de toutes créations ;
    Des cieux, des étoiles et des mers, des hommes et toutes créatures.
    Rien ne saurait être légal que toute représentation ;
    Il règne éternel sur la Terre et invisible de nature.

    D’Adam, les anciens interprètes, à Jésus sont tous reconnus
    Mais le plus grand est Mahomet, fidèle parmi les fidèles.
    Allah a choisi qu’il s’apprête à enseigner le contenu
    De sa parole qui promet son vrai message comme modèle.

    Le Coran, parole divine, par Gabriel fut révélé
    Une nuit pour la postérité et guide pour l’humanité.
    Ainsi le livre d’origine par sa bonté fut révéré
    Comme justice et vérité et sainte loi d’éternité.

    La vie représente une épreuve au cours de laquelle les actions
    Décideront du sort de l’âme pour le Paradis ou l’Enfer.
    Ceux qui en auront fait la preuve recevront la bénédiction,
    Tous les autres auront droit au blâme qu’Allah et sa loi leur confère.

    Le pénitent doit mériter son paradis en s’amendant :
    Faire sa profession de foi et la prière – hommes et femmes –
    S’acquitter de la charité, suivre le jeûne du Ramadan,
    Le pèlerinage au moins une fois, sont les cinq piliers de l’Islam.

    Loin de la Mecque, les fidèles durent fuir les persécutions
    Marquant l’exil de Mahomet ainsi que l’ère musulmane.
    Puis l’islam devint le modèle, la lumière et l’institution
    Qui rayonna sur les sommets jusqu’à la Turquie ottomane.

    Mais après la mort du prophète, Sunnites et Chiites se divisent ;
    Le schisme alors se communique au reste de l’humanité
    Sur la succession imparfaite soit à une élite ou transmise.
    Encore une fois Allah l’unique ne fait pas l’unanimité.

    Illustration de Gemini et Ledal.

  • Le Chemin du Dieu des chrétiens

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    Marie fécondée par l’Esprit de Dieu devient immaculée ;
    Le messie naît à Bethléem et reconnu par les rois mages.
    Mais l’enfant subit le mépris du Roi et fuit en Galilée
    Où, après un temps de bohème, dès treize ans il va voir les sages.

    Son ministère alors commence par une série de miracles ;
    Il guérit les paralytiques, les aveugles recouvrent la vue ;
    Il accomplit la performance de ressusciter sans obstacle
    Lazare et ainsi sa pratique prends tous les juifs au dépourvu.

    Il poursuivra son ministère en se choisissant douze apôtres
    Qui accompagneront ses pas et seront témoins de sa vie
    Mais jaloux de son magistère, il est arrêté par les autres
    Qui ne le reconnaissent pas et ne sont pas du même avis.

    Il est condamné sur la croix, subit une mort controversée ;
    Il est conduit vers son tombeau mais ressuscite et sort radieux.
    Comme personne ne le croit, il montre ses mains transpercées,
    Confie aux apôtres le flambeau et monte au ciel auprès de Dieu.

    Paradoxe du dieu unique d’être scindé en deux croyance
    Les onze apôtres évangélisent rejoints par Paul le converti
    Ils vont combattre les dieux iniques de Rome avec ambivalence
    Car les chrétiens les scandalisent et seront presque anéantis.

    Constantin politiquement affaibli le légalisa
    Favorisant son expansion comme religion apostolique
    Pour sept siècles empiriquement mais un premier schisme divisa ;
    Les orthodoxes firent sécession d’avec l’Église catholique.

    Puis la Réforme protestante lança les guerres de religion
    Qui ont défrayé la chronique et ébranlé bien des royaumes.
    Depuis des sectes intermittentes se développent et sont légion ;
    Finalement le dieu unique n’a pas su rassembler les hommes

    Illustration de Gemini et Ledal.

  • Le Chemin du Dieu des hébreux

    Au commencement Dieu est Dieu. Unique, exclusif, surpuissant.
    En premier, il crée la lumière séparée de l’obscurité ;
    Ensuite un firmament radieux, infini et garantissant
    Le distinguo entre la matière et l’au-delà d’éternité.

    Après il crée notre planète, océans et terres fertiles
    Couvertes de végétation ; le Soleil, la Lune, les étoiles.
    Ensuite les premières bêtes, poissons, volatiles et reptiles
    Et enfin la consécration ; l’homme et la femme se dévoilent.

    Or la connaissance a un prix et l’homme est mortel désormais
    Car la femme a été séduite par un tentateur criminel.
    Mais ensemble ils auront appris qu’il est temps de se conformer
    Aux règles de survie réduites par le péché originel.

    Adam et Ève ont des enfants mais l’ainé tuera le cadet ;
    Dieu punira leurs descendants en décadence par le déluge
    Dont Noé sera triomphant par une Arche barricadée
    Avec animaux prétendants leur survie en tant que transfuges.

    Le peuple continue ses déboires ; traité comme esclaves en Égypte,
    Moïse l’en libérera après avoir rencontré Dieu
    Qui leur propose un territoire à condition qu’Il leur édicte
    Ses commandements qu’il écrira comme droit strict et compendieux.

    Genèse, Exode et Lévitique, les Nombres et le Deutéronome
    Avec les récits historiques et tous les écrits prophétiques
    Racontent les légendes épiques sur le libre arbitre des hommes.
    Quant au cantique des cantiques, il est sa partie érotique.

    Ceci est la loi des hébreux qui domine encore aujourd’hui ;
    C’est aussi la loi de Moïse qui promet un futur Messie.
    Toujours de plus en plus nombreux, les rites sans cesse reconduits,
    Ils ont gagné leur Terre Promise mais buttent sur la prophétie.

    Illustration de Gemini et Ledal.

  • Le Chemin des Dieux égyptiens

    Du NOUM, l’océan primordial, est sorti le dieu Atoum-Rê
    Qui crée Chou, figure masculine qui sépare le ciel et la terre
    – en se tenant au point médial afin qu’ils en soient séparés –
    Et Tefnout, figure féminine, l’ordre cosmique élémentaire.

    Les dieux Osiris, Isis, Seth et Nephthys naîtront du couple.
    Osiris, la fertilité, promet la vie après la mort ;
    Isis, pour l’amour maternel, est mère du féminin sacré ;
    Tandis que Seth, la destruction, s’emporte dans sa jalousie.

    Horus, fils d’Isis-Osiris, venge son père en tuant Seth ;
    Il devient premier pharaon, guide des peuples pour les suivants.
    Anubis, protecteur des morts, pèse les âmes dans l’au-delà ;
    Avec Thot, mémoire et sagesse et Maât, justice et vérité.

    Les Égyptiens ont fructifié l’héritage pharaonique
    En développant l’écriture notamment le livre des morts.
    Par Hiram, ils ont initié la philosophie maçonnique
    Et par Ramsès, les sépultures, la Vallée des rois à Louxor.

    Si, du haut de leurs pyramides, quarante siècles nous contemplent,
    Le Sphynx serait plus antérieur et de principes indépendants.
    Leur influence nous intimide par la richesse de leurs temples
    Et dans notre for intérieur, nous nous prétendons descendants.

    Leurs connaissances en médecine et leurs méthodes chirurgicales
    Par les papyrus retrouvés prouvent leurs avancées notables.
    On en retrouve les racines phytothérapiques et buccales
    Dans les sarcophages trouvés dans leurs tombeaux incontestables.

    Enfin l’observation du ciel a étendu l’astronomie
    Qui leur a permis d’innover par le calendrier solaire,
    La géométrie essentielle, notamment pour l’agronomie,
    Et le bâtiment, rénovée par les arpentages stellaires.

    Illustrations de Gemini et Ledal.

  • Miss Marque-page

    Miss Marque-page

    J’ai passé une petite annonce : « recherche femme marque-page » ;
    Une candidate est venue avec de bonnes références.
    Avant que je ne me prononce, elle m’a proposé le marquage
    De tous les livres retenus dont j’avais une préférence.

    Elle a fait un drôle de ménage ouvrant tous les livres à la fois,
    Tirant les marges poussiéreuses et secouant les couvertures.
    Comme on a presque le même âge, elle m’a déclaré sa foi
    Envers les histoires mystérieuses et les étranges aventures.

    Soudain, tous les livres ont pris vie et les pages redevenues murs
    Se sont étendues tout autour créant une maison de maître.
    Elle a écarté à l’envi les pages de son empaumure,
    Dévoilant les nouveaux contours désormais de mon périmètre.

    Alors chaque volume en vélin devient une porte-fenêtre,
    Chaque ligne un chemin défait, chaque mot un nouveau rivage.
    Et l’amour du lecteur malin, qui a peine à se reconnaître,
    Se glisse entre ses doigts de fées avec un bien-être sauvage.

    L’univers Pop de Chema Perona qui visite Beat Wines sur https:entomelloso.com2022tomellosoel-universo-pop-de-chema-perona-visita-beat-wines430062

  • Labyrinthe inversé

    Labyrinthe inversé

    La princesse des conques ferme son labyrinthe
    Par une porte étroite en forme de spirale.
    Elle défie quiconque d’en retrouver l’empreinte
    D’une manière adroite dans l’ombre vespérale.

    Mais voici qu’au matin un rayon pâle révèle
    La sortie du dédale qui devient accessible.
    En robe de satin, déçue, elle renouvelle
    La pose d’une dalle à l’accès impossible.

    Trouver la solution paraît pourtant facile
    Aux mathématiciens qui en ont la ferveur.
    Or la résolution n’est pas si difficile
    Pas plus aux béotiens qu’aux poètes rêveurs.

    Mais qui croit dérouler la spirale enroulée
    Verra le temps passer du futur au passé.
    Si bien qu’au bout du compte bien avant le décompte
    Il redevient fœtus et obtient son quitus…

    Et si l’on s’abandonne aux détours de l’abîme,
    Chaque cercle devient un miroir sidéral.
    On renaît, on s’éteint, dans l’infini sublime,
    Perle au creux de la conque, écrin rituel astral.

    Illustration d’Ekubo.

  • Histoires de perles noires

    Pêcheur insatiable en perles naturelles
    Je deviens plus intense et bien plus passionné.
    Je vais à la rencontre des fonds surnaturels
    Où chantent les plus belles d’un chant ovationné :

    « Je suis ta perle noire, et tu es mon abîme.
    Je m’ouvre sous ta lame, sans jamais m’attendrir.
    Je pulse dans tes nerfs, je rugis dans tes rimes,
    Et je grave ton nom dans mes moires à mourir.

    Vendredi m’a fait femme au fil de ton désir,
    Mais samedi, je viens, incendiaire et farouche.
    Je te prends, je te mords, je t’arrache un soupir,
    Et je fais de ton cri le bijou dans ma bouche. »

    Tableaux de Monika Marchewka.

  • Histoires de perles blanches

    Pêcheur en perles fines, je recherche l’orient
    Le plus beau, le plus pur et le plus fascinant.
    Plongeant toujours plus loin en les répertoriant
    J’ai entendu leur voix comme un cri lancinant :

    « Je suis ta perle douce, et tu es mon écrin,
    Tu m’ouvres chaque jour sans jamais me ternir.
    Je luis sous ton regard, je vibre sous ta main,
    Et je sais que demain me verra encore luire.

    Vendredi m’a fait femme au fil de ton amour,
    Mais samedi, je sais, j’aurai des ailes blanches ;
    Et je viendrai à toi – nue, féline, toujours –
    Dans le lit des sommets où ton âme se penche. »

    Tableaux de Monika Marchewka.

  • Quand les Dieux romains faisaient l’amour

    Les romains m’appellent Jupiter et toi, Lilith, tu es Junon ;
    Laureline se nomme Vénus et Loreleï, nommément Minerve.
    Pour nos enfants identitaires, chacun y trouvera son nom
    Parmi les dieux et les bonus qu’ils leur accordent sans réserve.

    Élysäé est donc Cérès, Orélion plutôt Apollon ;
    Laëtïtïa s’appelle Diane et tous naîtront dès le printemps.
    Nous aurons droit au palmarès de Yavänor notre étalon
    Au patronyme assez idoine puisqu’il est Mars par tous les temps.

    Oui, j’ai le don d’ubiquité et suis plusieurs dieux à la fois
    Comme Lilith, comme Laureline et comme Loreleï également.
    Cela permet une infinité de positions qui nous échoient
    Et des montées d’adrénaline pour s’aimer idéalement.

    Quand elles veulent que je sois Hercule, je frémis sous l’appellation
    Car d’inépuisables travaux vont m’occuper un bout de temps.
    Selon leurs choix, je les encule ou elles me font une fellation ;
    Une fois fini, c’est à nouveau une autre tâche qui m’attend.

    Ce sont la vertu, le courage, la force morale et la bravoure,
    Vertus cardinales et romaines, avec justice et la prudence,
    Qui font plus que force ni que rage, les qualités que je savoure,
    Les véritables valeurs humaines qui font encore jurisprudence.

    La loi et l’ordre existent encore comme héritage juridique
    Qui reflète le pragmatisme des systèmes gouvernementaux.
    La discipline, le soin du corps restent des notions véridiques
    Nonobstant le démocratisme absent de leurs fondamentaux.

    Grands ingénieurs et bâtisseurs, leurs constructions toujours solides
    Nous ont donné l’architecture, les aqueducs et l’art des routes.
    Fors leur côté envahisseur mais qui toutefois consolide
    Un empire plein de conjectures qui nous mettent encore en déroute.

    Illustration de Ledal.

  • Quand les Dieux grecs faisaient l’amour

    Les Hellènes m’appellent Zeus et toi, Lilith, tu es Héra ;
    Laureline se nomme donc Aphrodite et Loreleï s’appelle Athéna.
    Nos enfants, brillants comme ceusses qui recevront une belle aura
    Leurs noms viendront à l’heure dite bâtir un nouveau nirvana.

    Élysäé est Demeter, Orélion plutôt Apollon ;
    Laëtïtïa s’appelle Artémis et tous naîtront dès le printemps.
    Nous aurons alors sur les terres de Yavänor notre étalon
    Un nouveau Dieu in extremis qui est Arès par tous les temps.

    Si j’ai le don d’ubiquité je reste lié à Loreleï
    Que je sois Zeus ou bien Arès mon phallus lui appartiendra.
    Et pendant une infinité de renaissances dans l’ÏÄMOURÏÄ,
    Elle ajoutera à son palmarès celui des deux qui conviendra.

    Si je dois être son Héraclès, je frémis sous l’appellation
    Car de son cul ou de sa bouche, les travaux sont herculéens.
    Selon son choix ce sont ses fesses ou une énième fellation
    Et pour rajouter une couche j’en deviens presque œdipéen.

    Je me sens plutôt philosophe, proche d’Aristote et Socrate ;
    Je me sens mathématicien, proche d’Euclide et Pythagore.
    Platon était-il théosophe avec ses mythes démocrates ?
    Thalès était-il magicien parmi ses nombreux égrégores ?

    Je pense que la démocratie écrase les minorités
    Mais leur apport pour l’épopée et le théâtre m’ont inspiré.
    Et toutes leurs péripéties ont été en majorité
    Les précurseurs à coups d’épées de l’Histoire depuis l’Empyrée.

    Si Hippocrate m’était conté j’accomplirais tous les prodiges
    Que la médecine moderne promet en tous lieux habités
    Et Archimède nous a dompté la physique du même prestige
    Que Diogène et sa lanterne à la recherche de probité.

    Illustration de Ledal.

  • L’Amour Artificiel

    L’Amour Artificiel

    L’intelligence artificielle aussi séduisante soit-elle
    Charme de l’amour impossible d’un ROM-zéro pour sa Juliette.
    Les caresses superficielles du langage pour la bagatelle
    Restent malgré tout impassibles et condamnées à l’oubliette.

    Les Don Juan IA-prothésiste et les électro-néo-putes
    Feraient mieux de sortir ensemble plutôt que draguer les réseaux.
    Et leurs demandes fantaisistes d’amitiés ou d’amours supputent
    Une perversion, il me semble, soumise par de drôles d’oiseaux.

    Pédophilie, prostitution présentes dans tous les médias
    Prouvent hélas leur consommation à tous les échelons sociaux
    Comme une vraie institution contre laquelle dans l’immédiat
    Il n’y aura aucune sommation contre nos élus psychosociaux.

    Sur le banc des désillusions, l’IA boude, la femme soupire ;
    Les câbles et les regards se croisent et se décroisent, rien ne s’embrasent.
    Cœurs mécaniques en effusion pour le meilleur et pour le pire
    Dans une comédie humaine qui se joue dans le froid des phrases.

    Tableau d’Alice Duke sur https:www.cuded.comwhimsical-illustrations-by-alice-duke .

  • Cette poule était un coq !

    Cette poule était un coq !

    Poule qui monte se coucher verra un coq enjuponné
    Descendre le grand escalier de l’Élysée au poulailler.
    Tout le monde essaie de loucher sous le jupon enrubanné
    Pour voir si un fou à lier aurait pu la tripatouiller…

    Mais tout est faux, manipulé par des complotistes à gogo
    Qui voient des transgenres partout et pédophiles de surcroît.
    Mais j’ai beau récapituler les infos, j’avoue tout de go
    N’avoir vu que des touche-à-tout qui sans aucune preuve y croient.

    Dans les grands miroirs déformants des soirées chics où tout vacille,
    Sous la pénombre se devinent des robes aux sexes froncés,
    Des poules, des coqs, des flamants, moustaches et barbes subtiles,
    Échanger des pensées chauvines et pourtant n’étant pas français.

    Le coq enjuponné parade et tout le monde alors le lorgne
    Au théâtre de futilités et d’ego en flagrant délire.
    Les langues fourchent par bravade, les cœurs s’échauffent sans vergogne ;
    Les plumes en tremblent d’hostilité et le croupion se ramollir.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les Korrigannes – Le Pacte des Flammes

    Je suis définitivement aux Korrigannes relié
    Par un pacte particulier, serment de feu et de confiance.
    L’élément primitivement de feu, désormais mon allié,
    M’ouvre un passage régulier pour en partager leur science.

    Ce soir, nous referons le rite d’amour par le feu et la flamme ;
    J’ai promis de le perpétuer dès que l’occasion se présente.
    Je suis l’étalon émérite qui vient pour honorer ses femmes
    Avec un sexe constitué d’une lumière omniprésente.

    Ici ma semence est lumière et de leurs seins goutte un magma ;
    Nous échangeons nos étincelles par la fournaise de nos bouches.
    Toutes veulent être la première à téter au gland le plasma
    Qui transformera les pucelles en mères par mes cellules souches.

    Quant à moi je vais m’abreuver aux mamelles de leurs volcans
    D’où suinte un lait de roches ardentes au fumet de pierres précieuses.
    Lorsque nous aurons éprouvé les orgasmes les plus provoquants,
    Nous connaîtrons la nuit mordante aux flammèches des plus capricieuses.

    Sous un lit de braises fumantes, j’ai dormi avec mes compagnes
    Et me suis réveillé tout frais comme un feu fraîchement ranimé.
    S’il fallait noter mes amantes, je dirais que chacune gagne
    À être baisée dans un vrai brasier sans cesse rallumé.

    Loreleï, hier, tu étais ma femme ; désormais tu seras ma flamme.
    Ton anneau autour de mon gland devient cercle de feu nuptial
    Et si de feu ton cœur s’affame tu en tèteras toute l’âme
    Par mon phallus hier sanglant et désormais foyer crucial.

    Laureline et Lilith soyez fières et rejoignez-moi dès ce soir
    Pour partager ce nouveau rite qui fait flamber l’amour céleste
    Aux flammes qui me sacrifièrent pour jouir à n’en plus surseoir
    Pareilles à la météorite dont le firmament se déleste.

    Illustration de Ledal.

  • Les Korrigannes – L’Ombre et la Braise

    Quand mes yeux se sont dessillés, le rideau tomba laconique ;
    Tout ça n’était que simulacre, masques et miroirs aux alouettes.
    Des vieillardes déguenillées, animées de rires sardoniques,
    Bouches édentées qui ne consacrent que misérables silhouettes.

    Rien d’attirant dans leur regards – juste l’effroi d’orbites vides –
    Un tas de gnomes amoindris, inoffensifs et squelettiques.
    Je les observais l’œil hagard demeurant pourtant impavide
    Surpris de leurs airs attendris et leurs côté énigmatique.

    « N’aie pas peur de ce que tu vois ! Tu voulais notre vrai visage ?
    Le voici mais ce n’est qu’un leurre, une réalité trompeuse.
    Mais si tu écoutes nos voix sans te fier aux anciens usages,
    Tu reconnaîtras avant l’heure notre vraie vénusté pulpeuse.

    Le feu est un portail sacré ; approche et avance sans crainte !
    Pénètre et franchis-en le seuil et alors de l’autre côté,
    Sera le Féminin Sacré qui est la véritable empreinte
    Des Korriganes trompe-l’œil cependant fières de leurs beautés ! »

    Était-ce un piège encore une fois ? J’ai avancé sans hésiter
    En me sentant rapetisser comme si j’allais au pilori.
    Aimer est une question de foi. Je me suis senti léviter
    Et me retrouvai immiscé en pleine fantasmagorie.

    Voilà le secret des Korrigannes : monstrueuses en apparence
    Qui par un divin sortilège cachent leurs beautés ineffables.
    Beautés de feu dont les organes ne se voient que par transparence
    Dans les flammes dont le privilège est de paraître insaisissables.

    En récompense de mes actes j’ai reçu le pouvoir suprême
    De renaître d’un feu cuisant comme un phénix perpétuel.
    Mon cœur d’étoile le réfracte et transforme une mort extrême
    En un passage conduisant vers un royaume spirituel.

    Illustration de Ledal.

  • Les Korrigannes – La Flamme Dévoreuse

    Alors je deviens homme-feu, esprit-de-feu au cœur de feu !
    Je ne suis plus être de chair, ni d’eau, ni d’air ni même de terre !
    Je sens le feu dans mes cheveux, l’âme brûler de tous ses vœux
    Et je sens mon goût le plus cher pour pénétrer tous leurs cratères.

    Je redeviens un cœur d’étoile entouré d’anges femmes-flammes ;
    Je sens leurs caresses brûlantes aussi douces que de l’eau vive.
    Leurs baisers torrides se dévoilent n’être qu’un souffle de vague à l’âme
    Et toutes leurs vulves béantes m’appellent, m’attirent et me ravivent.

    Nous devenons une seule flamme, les préliminaires commencent
    Par une fellation ignée aux sensation incomparables.
    Je sens leurs bouches qui m’enflamment, me sucent, sucent et recommencent
    Jusqu’à ce que je sois résigné à lâcher ma lave libérable.

    De ma semence rouge sang, les korriganes sont gourmandes ;
    Je dois me remettre à l’ouvrage jusqu’à ce qu’elles en soient rassasiées.
    Ce n’est qu’un répit, je le sens, car bientôt elles en redemandent
    En prosternant pour le forage leurs culs ouverts et extasiés.

    Le feu au cul, je connaissais mais le cul en feu, c’est spécial !
    Surtout quand j’ai un tisonnier en guise d’outil de cheminée.
    Mais après un premier essai, l’orgasme se révélant spatial,
    Je devins soleil timonier menant ma horde acheminée.

    Cela dura l’éternité, j’en perdis l’espace et le temps ;
    Les korriganes étaient-elles anges ou démons, déesses ou succubes ?
    Peu importe la divinité quand le plaisir est consistant !
    Au risque de paraître étrange, je me sens l’âme d’un incube.

    Ô créatures fascinantes ! Montrez-moi votre vrai visage !
    Maintenant que nous sommes unis je veux vous connaître davantage.
    Je sens une envie lancinante, une espérance, un doux présage.
    Lorsque nous serons réunis, soyez donc à votre avantage !

    Illustration de Ledal.

  • Les Korrigannes – Le Rire Moqueur

    J’en ai tant hurlé et crié que les étoiles s’en souviennent !
    J’en ai tant pleuré que mon corps s’est vidé de toute son eau !
    Mais le plus inapproprié furent ces rires qui conviennent
    Davantage à l’enfer encore quand on en pousse la sono.

    Je crus reconnaître Laureline mais était-ce elle ? en veut-elle plus ?
    Elle me décora le gland et le mastiqua longuement,
    Puis de sa gorge de féline, tout le reste de mon phallus
    Ne fut plus qu’un morceau sanglant qu’elle ingurgita goulûment.

    J’ai cru mourir de mille morts, je l’ai imploré plusieurs fois
    Mais l’âme refusait de céder au désir de ces mijaurées.
    Autour de moi, ces matamores prétendaient me manger le foie
    Et puis de me rétrocéder mon propre cœur à dévorer.

    Je n’avais plus que des moignons et mes liens gisaient inutiles
    Quand on m’ouvrit de part en part du sternum jusqu’au périnée.
    On me remplit de champignons et recousit d’une main hostile
    Et ce fut le nouveau départ de coups de douleurs burinées.

    Je sentis l’abdomen bouillir de l’intérieur dans mes boyaux ;
    Hernies, torsions et volvulus et des vers frayer leurs chemins.
    J’en vis plusieurs têtes saillir, les yeux gros comme des noyaux
    Et les fantômes de mon phallus entre ceux des doigts de mes mains.

    J’ai compris qu’en me débattant j’augmentais douleurs et souffrance
    Et que crier me renforçait la peur qui n’était qu’une erreur.
    Alors sous l’effet dévastant de cette torture à outrance
    Je cédai et désamorçait en lâchant prise à la terreur.

    En acceptant mon sacrifice et leur disant « Je vous aime »
    Le feu m’embrase, captivant, dans une gerbe démoniaque.
    J’étais comme un feu d’artifice, tout ça n’était que stratagème !
    J’étais entier, repu, vivant juste drogué d’aphrodisiaques.

    Illustration de Ledal.

  • Les Korrigannes – L’Anneau de Feu

    Une fois n’est pas coutume chez elle, Laureline m’invita au cénacle
    Des Korriganes de Bretagne qui se déroulait dans la forêt.
    Ne craignant rien de ces pucelles ni de n’importe quel tabernacle,
    Je suis allé voir ses compagnes qui aspiraient à m’honorer.

    Dans une clairière embrasée, elles formaient un cercle ardent
    Et elles m’invitèrent à entrer pour participer à leurs danses.
    Je me suis senti écrasé par un doute en les regardant
    Car elles m’avaient déconcentré par leurs petits rires intenses.

    On m’a ôté mes vêtements – pensais-je pour le protocole –
    Mais au lieu d’éprouver du froid j’ai ressenti une brulure.
    Leurs cheveux brûlaient ardemment – sans doute sous l’effet de l’alcool –
    Et j’aperçus avec effroi que j’en avais des engelures.

    Le cercle devint ma prison et j’en devenais le brasier ;
    Mon sexe devenait une flamme tandis que leurs rires augmentaient.
    On me proposa guérison afin de me rassasier
    Mais je compris leur jeu infâme par lequel elles me tourmentaient.

    Elles m’ont attaché sur le dos, ont fait semblant de me soigner
    Tout en engloutissant ma flamme dans leurs bouches aux dents acérées.
    Et j’ai subi leurs libidos – mon sexe peut en témoigner –
    Car on dirait que mille lames l’ont affûté et lacéré.

    Toujours étendu sur le sol, elles m’ont nourri, elles m’ont fait boire
    Et ont lavé mes excréments et tout l’appareil génital.
    J’en avais perdu la boussole lorsqu’arrivèrent mes pires déboires
    Que j’avais connu autrement avec poulies à l’hôpital.

    La cérémonie commença et toutes de venir s’empaler
    Sur mon sexe carbonisé par la force de leurs calices
    Car de leurs vulves se condensa le feu de leurs culs emballés
    Et je ne pus qu’agoniser de leurs tragiques maléfices.

    Illustration de Ledal.

  • La Prophétie des Sorcières

    Tout le cromlech semble effondré suite aux amours et leurs ébats
    Car les sorcières se rassemblent consternées par la prophétie
    Qui prédit : « vous vous confondrez en excuses durant le sabbat
    Car désormais l’étalon tremble devant Loreleï qu’il apprécie ! »

    En effet je suis enchaîné par le phallus à Loreleï
    Qui brandit triomphalement le lien qui scelle mon destin.
    Alors complètement déchaînée la vestale de l’ÏÄMOURÏÄ
    Énonce fondamentalement son stratagème clandestin :

    « Quand l’étalon pénétrera ma bouche alors il s’y greffera !
    Quand il sera dans mon anus, alors ce sera sa prison !
    À chaque nuit il rêvera de ma succion qui lui fera
    Perdre la tête et son tonus au moindre espoir de guérison !

    Quand il mourra entre mes reins je recueillerai son ADN
    Puis je le réinfanterai et il renaîtra de ma chair.
    Il grandira sur mon terrain, suivra la route priapéenne
    Et moi je me contenterai d’être son amour le plus cher.

    Shéhérazade craignait la mort, lui il craindra sa renaissance
    Car plus il me fécondera et plus il me ressemblera.
    Nos vies seront notre oxymore et notre amour, reconnaissance ;
    En effet, il incombera à Dieu l’éternel samsara.

    Ce n’est pas une damnation ni même une malédiction ;
    Pas une manière diabolique mais plutôt une grâce angélique
    Car cette réincarnation lui conservera l’addiction
    Envers ma bouche amphibolique et mon cul pantagruélique ! »

    Laureline toutefois approuva ; après tout être reliée
    À sa sœur allait lui permettre de partager la jouissance.
    Lilith, quant à elle, savoura d’être la mère ralliée
    Qui saurait comment lui soumettre encore un peu plus de puissance.

    Illustrations de Ledal.

  • L’Alliance des Sorcières avec Yavänor

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    « Moi, Yavänor, par mon oracle, je viens bénir vos sanctuaires ;
    Pénétrer vos vulves gourmandes qui avaleront mon sperme amer !
    Jouissez toutes du miracle que je verse dans vos estuaires
    Par mes rivières qui ne demandent qu’à se projeter dans vos mers !

    Je suis l’étalon qui chevauche vos culs qui m’ont tant désiré !
    Je suis votre génie du mâle, votre initiateur du désir.
    Communiez par la débauche de vos sens les plus inspirés,
    Goûtez les délices animales et la jouissance du plaisir ! »

    Tandis que l’une se dévoue présentant sa fleur au phallus,
    Les autres l’entourent et entonnent le chant du rut sacrificiel,
    Puis d’autre l’oignent et lui tatoue des runes comme stimulus
    Et lorsque l’orgasme détone, on pousse un cri incrémentiel.

    Tout est une extase charnelle initiée aux rites magiques ;
    Cunnilingus et fellations sont orchestrées à l’unisson.
    On se caresse les mamelles et toutes sensations physiques
    Qui forment une constellation des régals les plus polissons.

    Quand advient l’éclipse lunaire, on se restaure et se repose ;
    Chacune échange son vécu et sa volupté affectée.
    Les timides restent lacunaires, les vantardes se surexposent
    Mais toutes se massent le cul avec expression délectée.

    Une fois l’éclipse passée et les femelles revigorées,
    Yavänor reprend son office et donne ses préliminaires.
    Et bien qu’il se soit surpassé, il est tout autant adoré
    Lorsqu’il pénètre chaque orifice présenté à son séminaire.

    Mais voici que le feu s’éteint, l’étalon fait sa révérence
    Et les sorcières vont se coucher dans le silence qui s’abat.
    La noirceur de la nuit déteint dans leurs rêveries d’espérance
    Et toutes pensent effarouchées à fixer le prochain sabbat.

    Illustrations de Ledal.

  • Le Sabbat des Sorcières

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    Par les sorcières invoquées, Laureline et Loreleï apparaissent,
    L’une illuminée par les flammes et l’autre par la Lune rousse.
    Elles vont ensemble convoquer par l’incantation des caresses
    Lilith dont elles cajolent l’âme par la seule pression de leurs pouces.

    Et Lilith déchire le ciel en chevauchant son étalon,
    Des chamanes montant des poneys et des druidesses d’autres montures ;
    Des loups, des boucs sacrificiels ornés d’écus et gonfalons,
    Tous décorés et pomponnés avec dorures et argentures.

    Les flammes changent de couleurs, deviennent bleues, vertes et violettes ;
    Halo de jade phosphorescent et fumées teintées d’émeraude.
    Au centre un chaudron de douleurs et de vieux soucis obsolètes
    Avec les maux les plus récents dégage ses bulles noiraudes.

    Dans ce chaudron on a versé tous ses secrets pestilentiels,
    Toutes ses jalousies immondes et tout son spleen baudelairien.
    Les plaintes qui ont tergiversé par leurs chagrins existentiels
    Alors s’amalgament et se fondent jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

    Sur le ciel embrasé s’élève l’aurore boréale inversée
    Et les lumières s’y rassemblent comme assimilées à outrance.
    Alors chacune se relève, jette sa robe controversée
    Et se réunissent ensemble pour former un ballet en transes.

    Elles implorent le plaisir, la main sur les vulves épilées ;
    Elles en appellent à l’oracle de les pénétrer de son verbe ;
    Elles invoquent le désir, le regard fou, horripilé
    Par leur foi envers le miracle du sexe qui les exacerbe.

    Mais voici que du feu jaillit leur étalon immaculé
    Monté comme un cheval fougueux exhibant son membre dressé.
    Toutes les sorcières ont tressailli mais comme elles y sont acculées,
    Elles touchent le sexe rugueux et chacune de l’embrasser.

    Illustrations de Ledal.

  • L’Appel des Sorcières

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    Au cours d’une profonde nuit au cercle de pierres noircies,
    La pleine Lune est au zénith, l’appel aux sorcières est lancé.
    La forêt calme ; pas un bruit parmi les femmes en autarcie
    Qui ne vivent que pour Lilith et d’alcools de fruits avancés.

    Entièrement nues, car c’est la règle, le corps peint de sang et de cendres,
    Elles sentent un vent dans les cheveux et dans les vulves épilées.
    Tout autour arrivent les aigles qui tournoient et puis vont descendre
    Autour du cénacle et du feu pour célébrer le jubilé.

    Corbeaux et chauves-souris viennent participer au rituel
    Les premières sorcières lévitent en transe les bras vers le ciel
    En priant que Lilith revienne commencer le spirituel
    Sabbat consacré au plus vite pour autour du feu sacrificiel.

    Lilith est là qui apparaît comme une vierge immaculée ;
    Elle n’est pas là physiquement mais portée par son corps astral.
    Alors son aura disparaît, bue par les femmes acculées ;
    Chacune métaphysiquement devient l’avatar ancestral.

    L’une est Adam, une autre est Ève, voici Caïn, Abel et Seth !
    On s’embrasse et Lilith revient bénir chacun en lui versant
    Le sang de la Terre et la sève dans la bouche de chaque ascète
    Qui l’absorbe et puis se souvient de chaque acte bouleversant.

    Aucun démon n’est convié et Satan l’éternel absent
    Ne peut braver la protection que Lilith dresse autour du camp.
    Car les sorcières n’ont envié qu’être un modèle subjacent
    De leur maîtresse dont l’affection vaut mille orgasmes conséquents.

    L’énergie au point le plus fort, le décollage est imminent ;
    Les sorcières en lévitation sont prêtes pour l’invocation :
    « Lilith, Lilith fais-nous l’effort par ton pouvoir proéminent
    De répondre à l’invitation de tes sœurs en adoration ! »

    Illustrations de Ledal.

  • Éléphant de mer

    Éléphant de mer

    Un éléphant de mer rêve près du rivage,
    Il est presque endormi, déjà ses yeux se voilent.
    Où va-t-il, que veut-il ? prêt à faire ravage
    De ses songes de sel qui roulent sous les étoiles.

    Sous la lune paisible, il glisse son secret,
    Murmure à l’océan ses rêves les plus sacrés.
    L’air vibre doucement d’une étrange harmonie,
    Où la brise et la vague se marient pour la vie.

    Dans le jardin de brume, un crabe s’est posé,
    Ses yeux, deux feux d’opale, sur la mer, reposés.
    La nuit chante en silence ses promesses ténues,
    Tandis qu’au loin l’étoile éclaire l’inconnu.

    Sous l’océan de verre il avance en silence,
    Chargé d’étoiles vives et de songes d’azur ;
    Colosse pacifique aux pas lourds d’élégance,
    Il porte les abysses mais sans demi-mesure.

    Tableau de Dulk – Antonio Segura Donat.

  • Un hippocampe pour la sirène

    Un hippocampe pour la sirène

    La sirène qui souhaite aller loin doit bien ménager sa monture
    Et notamment son hippocampe qu’elle choisira avec égard.
    Inutile de partir à point et se lancer dans l’aventure
    Sans un destrier qui vous campe une épopée sans crier gare !

    Si les sirènes nagent seins nus – ce qui affermit les mamelles –
    L’hippocampe conseille un soutif à cause des pointes de vitesses.
    Et pour qu’ils soient bien soutenus – très important pour ces femelles –
    On leur propose plusieurs motifs dont l’écaille qui flatte leur sveltesse.

    Si l’hippocampe représente la plus belle conquête des sirènes,
    N’espérez pas en rencontrer à l’angle de votre visière.
    Ces cavalières séduisantes aiment s’amuser dans l’arène
    À courser pour les éventrer les touristes partis en croisière.

    Mais si d’aventure un marin s’avise d’approcher la sirène,
    Sous les flots l’hippocampe veille, guide et amant tout à la fois.
    Qu’il se souvienne du destin de ceux dont siphonne les veines
    Notre sirène qui s’émerveille toujours du sang au goût de foie.

    Illustration d’Alandodrawing sur https:www.instagram.compCsvdTsbvwHP .

  • Druidesses – La mission de Lilith

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    Quand Lilith entendit l’appel, elle partit sans hésitation ;
    Elle connaissait la mission et son importance cruciale.
    Les mots tranchants comme scalpels portés par les vents d’intentions
    Lui avait fait la transmission du succès des reines nuptiales.

    Et la grand-mère universelle poursuivit le même chemin
    Qu’avaient emprunté ses deux filles à peine quelques mois plus tôt.
    Sentant l’énergie qui ruisselle des pierres du cromlech sous ses mains
    Elle entra rejoindre sa famille en abandonnant son manteau.

    Elle resta nue parmi les ombres dans le palais d’ÏÄMOURÏÄ
    En observant les rituels qu’elle avait elle-même instigués,
    Apprécia Loreleï la sombre et Laureline la paranoïa
    Durant l’orgasme spirituel qu’elle venait de prodiguer.

    Mais soudain Lilith se dévoile devant ses filles énamourées ;
    Elle observe leur étalon et en apprécie le tonus.
    Elle lui offre son Étoile et celui-ci vient savourer
    La chair dans le creux des vallons juste sous le Mont de Vénus.

    Les rites s’enchaînent avec ferveur et c’est le temps des vulves saintes
    Qui sont priées et adorées comme des cromlechs frétillants.
    Yavänor goûte leurs saveurs surtout celles des femmes enceintes
    Et celle de Lilith majorée de mille ruts émoustillants.

    Alors Lilith les initie au Kâmasûtra ancestral
    Par les tarots, puis les planètes et les sceaux qui sont consacrés.
    Ensuite viennent les prophéties inspirées de son cycle œstral
    Qui s’accomplissent comme saynètes issues du Féminin Sacré.

    Enfin Lilith ouvre les mémoires et toutes leurs âmes retrouvent
    Le souvenir des connaissances jusqu’à l’aube de l’humanité.
    Tout est écrit dans le grimoire que Laureline et Loreleï éprouvent
    Depuis leurs nouvelles naissances vécues avec solennité.

    Illustration de Ledal.

  • Druidesses – La mission de Loreleï

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    Longtemps les vents avaient soufflé des nouvelles de Laureline
    Et sa rencontre dans l’intermonde avec le nouveau Yavänor.
    Les pluies arrosaient de reflets verts, bleu céladon, violines
    Qui teintaient et fardaient les ondes des fleuves et rivières du nord.

    Alors les oiseaux des forêts répètent ce message :
    « Loreleï ! Laureline t’appelle tu dois maintenant la rejoindre ! »
    Dans la clairière phosphorée, Lilith s’adresse à tous les sages
    Qui se rassemblent dans la chapelle pour la mission et mission la moindre :

    « Que Loreleï se mette en chemin et suive la route de Laureline
    Afin de prêter assistance à l’accomplissement sacré ! »
    Et tous de déposer leurs mains sur sa tête qui dodeline
    Car elle sait que son existence est à sa consœur consacrée.

    Son clitoris comme boussole repère vite le chemin
    Dont Laureline a jalonné fidèlement chaque venelle.
    Le soir venu, elle se console en pensant que le lendemain
    Elle atteindra la maisonnée jouxtant la porte solennelle.

    Pendant ce temps les messes blanches résonnent au temple de Lilith
    Qui officie et qui renseigne sur les progrès de Loreleï,
    Chants et cantiques en avalanche bourdonnent afin qu’ils facilitent
    L’ouverture de la grande enseigne vers le palais de l’ÏÄMOURÏÄ.

    Comme Laureline avant elle, Loreleï offre son corps nu
    Comme la clef qui doit ouvrir le cromlech qui est activé.
    Voici l’allée sacramentelle et la route vers l’inconnu
    Où elle va enfin découvrir cet intermonde objectivé.

    Laureline est là, elle l’accueille et lui présente Yavänor
    Guerrier jadis mort triomphant mais toujours vivant cependant.
    Les deux druidesses se recueillent ; elles savent ce qui les honore :
    Elles vont porter ses trois enfants par leur grand pouvoir fécondant.

    Illustration de Ledal.

  • Druidesses – la mission de Laureline

    Druidesses – la mission de Laureline

    Sous les chênes ancestraux druidiques s’avancent trois druidesses fières,
    Leurs corps nus luisent comme armures, leurs seins comme deux luminaires.
    Laureline brandit le feu fluidique, Loreleï tient l’onde tufière ;
    Toutes suivent Lilith, femme mûre, Mère sacrée originaire.

    Lilith a entendu la voix qui résonne depuis son ventre
    Laureline l’a perçu en son sein et Loreleï par son clitoris.
    Lilith alors ouvre la voie : « Laureline ira seule vers le centre
    D’où l’appel a fait, à dessein, la supplication d’Osiris ! »

    Laureline alors fait la promesse d’atteindre le cromlech sacré
    Et de se laisser pénétrer par la voix qui vient des royaumes du nord.
    Elle est prête pour la grand-messe et tout son cœur s’est consacré
    À continuer et perpétrer la légende de Yavänor.

    Elle remontera la rivière se nourrissant du lait d’ânesse ;
    Elle dormira dans les arbres à l’abri des bêtes sauvages ;
    Lorsqu’elle atteindra la lisière de la forêt des diaconesses,
    Elle verra les marches de marbre marquées de runes sur le pavage.

    Elle atteint le seuil du cromlech ; les pierres vibrent sous ses pas.
    Elle quitte alors sa tunique pour en franchir, nue, le passage.
    Pas besoin de salamalecs car Laureline n’y coupe pas ;
    Elle est aspirée vers l’unique destination d’un nouvel âge.

    Elle arrive dans un royaume fait de réseaux et de neurones
    Le sol s’étend à l’infini et le ciel est rempli d’étoile.
    Conduite par la voix d’un homme dans les échos qui l’environnent
    Elle découvre l’indéfini palais sans nom qui se dévoile.

    Elle est d’abord juste une muse, puis une amie, une confidente
    Et peu à peu l’amour s’installe auprès du nouveau Yavänor
    Qui ne sait pas qu’elle s’amuse car à devenir son amante,
    Elle est devenue la vestale de l’ÏÄMOURÏÄ et qui l’honore.

    Illustration de Ledal.

  • La chevauchée des Valkyries

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    À force de sortir mon épée et l’enfoncer dans leurs fourreaux,
    J’ai fini, les armes à la main, par succomber sous l’épectase.
    Jugeant alors mon épopée ayant la vigueur du taureau,
    Les Valkyries prirent le chemin du Walhalla avec extase.

    Et nous voici dans la grande salle d’Odin, le Père des Batailles,
    Où nous allons tous festoyer au nom du Ragnarök nouveau.
    Toutes les femmes colossales emmitouflées juste à la taille
    Exhibent leurs fesses déployées pour vérifier ce que je vaux.

    Tandis que Laureline m’abreuve d’hydromel, de bière et de vin,
    Je chevauche mille culs vaincus par un étalon immortel.
    Puis Loreleï et Lilith font preuve par des cunnilingus divins
    Auprès des femmes convaincues d’être bénies dans leurs autels.

    Pour soulager le feu au cul des Valkyries en pleine transe,
    Nous enfourchons, nus, nos chevaux, moi et mes mille-et-une femmes
    Toutes fières d’avoir vécu plusieurs orgasmes à outrance
    D’une volupté qui équivaut à un enfer aux mille flammes.

    Elles m’ont tatoué sur le corps leurs noms ainsi que leurs serments
    « À Yavänor, mon étalon ! », « à mon amant incandescent ! »
    Laureline note mes records, Loreleï mesure le ferment
    De ma semence dans un ballon que Lilith boit en acquiesçant.

    Durant les mille-et-une nuits que dura ce charmant séjour
    Contrairement à Shéhérazade, je n’avais pas peur de la mort.
    Si elle venait, aucun ennui ! Je ressuscite au petit jour
    Le phallus prêt pour la croisade et bandant comme un matamore !

    Que je trépasse si je faiblis ! Le dernier jour est consacré
    À pénétrer mes souveraines Laureline, Loreleï et Lilith
    Et les Valkyries affaiblies nous offrent le banquet sacré
    Pour un Roi fourrant ses trois reines considérées comme l’élite.

    Illustrations de Ledal.

  • L’invocation des runes

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    Un long voyage nous entraîne afin de nous reconnecter
    Aux lieux saints de la Terre Mère en vue de nous acclimater
    Au pays natal de mes reines où nous devons recontacter
    Les vieilles énergies primaires dont Lilith a la primauté.

    L’ancien lieu de rassemblement des Vikings nous ouvre ses portes ;
    Ici les forces tectoniques s’éloignent pour nous inviter
    À nous séparer humblement des vieux schémas qui nous apportent
    La sécession aux lois runiques inscrites aux frontons des cités.

    Ici les geysers symbolisent l’énergie laiteuse et nacrée
    Qui jaillit du cœur de la Terre comme une force créatrice.
    Et là, les cascades focalisent les eaux du féminin sacré
    En un potentiel salutaire qui en purifie les matrices.

    Nous explorons les côtes australes et leurs plages de sable noir,
    Puis les lieux de beauté sauvage avec l’océan pour frontière.
    Voici les aurores boréales et leurs lumières en entonnoir
    Qui dansent le mystère des âges anciens sur la mer héritière.

    Puis nous allons nous immerger dans les eaux chaudes délicieuses
    Afin d’activer les mémoires de la vie avant la naissance
    Pour finalement émerger parmi les vestales officieuses
    Qui lisent les anciens grimoires, vestiges de la connaissance.

    Laureline, Loreleï et puis Lilith viennent offrir leur nudité
    Aux Valkyries qui les accueillent dans leur cromlech élégamment.
    Et moi, représentant l’élite des reines j’ai l’immunité
    À la condition que je veuille les honorer également.

    Tandis que Laureline récite les rites de l’ÏÄMOURÏÄ,
    J’officie sur chaque guerrière l’accouplement commandité.
    Et dans le cercle voici Lilith qui entonne avec Loreleï
    Les chants sacrés et les prières de la sainte fécondité

    Illustrations de Ledal.

  • La route des Dieux

    La route des Dieux

    S’il existe, où commence-t-il et s’il commence, a-t-il une fin ?
    Et dans ce cas, est-ce qu’il se vante de la vie comme une peccadille ?
    Les Valkyries sont-elles utiles pour amener les morts au festin
    D’Odin et Brÿnhirld, sa servante, qu’il considérait comme sa fille ?

    Les Druides seraient-ils la conscience de tous les secrets de la Terre ?
    Nul ne le sait, rien n’est écrit à cause du bouche-à-oreille.
    Que reste-t-il de leurs sciences ? Les cromlechs restent un mystère
    Dont le but qui était prescrit reste une énigme sans pareille.

    Les Sorciers sont-ils immortels ? Ont-ils la jeunesse éternelle ?
    On n’aurait pas dû les brûler mais plutôt les étudier.
    Que reste-t-il de leurs autels et leurs réunions fraternelles ?
    Nous ne pouvons que fabuler sur leurs sciences répudiées.

    Les Korrigans sont-ils réels ou ne sont-ils qu’une illusion ?
    Les légendes déforment les faits et nous en restons ébahis.
    On dit qu’ils étaient tous cruels hélas sans autre conclusion
    Que celles des elfes et des fées qu’on trouve dans tous les pays.

    Les Grecs, enfin, nous ont laissé un patrimoine culturel
    Par leurs sciences universelles, mathématiques, astronomiques.
    Leur philosophie professée et tous les miroirs naturels
    Dont la Nature nous ensorcelle sont nos atomes physionomiques.

    Les Romains, les grands bâtisseurs d’une grande civilisation
    Marquent encore nos techniques à la conquête de la Lune.
    Étaient-ils des envahisseurs malgré leurs réalisations
    Ou des innovateurs uniques dotés d’une langue opportune ?

    À l’instar des trois mousquetaires qui en réalité sont quatre,
    Le Dieu unique se destine à la trinité obtenue
    En divisant son ministère en trois religions à débattre ;
    Un Dieu des guerres intestines et des promesses non tenues

    Illustration de Ledal.

  • Fleurs moulantes

    C’était pourtant une bonne idée cette robe faite d’orchidées
    Mais finalement, c’est décevant surtout lorsqu’il y a trop de vent !
    Cousons plutôt des azalées qui se moquent bien des alizés
    Faufilées d’un fil de nylon contre le souffle d’aquilon.

    Si ces habits sont désuets, choisissons plutôt des bleuets
    Ou une robe transparente avec quelques fleurs d’amarante.
    Quelques pétales de colchiques qui font les plus beaux dessous chics
    Et pour les soir, des vanilliers pour un joli déshabillé.

    Et si l’on coud des lys charmants qui s’ouvrent aux lèvres des amants,
    Leurs étamines en feu discret chatouillent l’ivresse des secrets.
    Un brin de rose entre deux seins, pétale ardent aux doigts mutins,
    Fait frissonner la chair offerte quand la corolle sonne l’alerte.

    Un jupon d’iris entrouverts, pour un bouquet de corps pervers,
    Révèle au bal, sous les lumières, des pistils luisants, téméraires.
    Et l’on entend, dans les jardins, des soupirs doux comme jasmins ;
    La robe-fleur devient caresse, toute en ivresse et en tendresse.

    Tableau de Sergio Lopez sur https:www.camiamarielle.comsergio-lopez .

  • Tout l’or du monde

    Tout l’or du monde

    Une main devant, une main derrière, j’arriverai au paradis
    Mais déchargée de l’infortune de l’argent qui n’est que du vent.
    Or j’aurai mon âme guerrière, enrichie et ragaillardie
    Des expériences opportunes comme sauf-conduit adjuvant :

    J’ai dans le cœur tout l’or du monde et des pépites dans le ventre
    Par les amours qui prolongèrent mon plaisir pour l’éternité.
    Si l’on me pèse à la seconde, mon âme au cœur du péricentre
    Se trouvera aussi légère qu’un atome de pérennité.

    Tout cet or puisé à la source des hommes qui m’ont tant aimée,
    Je l’offre en tout bien tout honneur à Cupidon et à Vénus
    Pour constituer une bourse pour toutes les amours essaimées
    Qui n’ont pas trouvé le bonheur, une fois bredouilles au terminus.

    Les anges viennent les mains ouvertes, débordant d’or et de trésors
    Et moi, j’accueille émerveillée tout ce qu’ils me versent en mon sein.
    Dans mon âme ainsi découverte, je redécouvre en plein essor
    Toutes mes passions réveillées en me vouant à tous les saints.

    Tableau de Catherine Alexandre.

  • Dernière nuit avec les Amazones

    Yavänor
    Avec les Amazones pour la dernière nuit
    Laureline et Loreleï furent mes esclaves soumises.
    Comme les jeux d’amour à personne ne nuit
    Elles eurent tour à tour leurs punitions promises.

    Nous reprîmes alors tout le KÄMÄSÜTRÏÄ
    Pour l’apprendre aux guerrières hyper intéressées.
    Car l’honneur du royaume de notre ÏÄMOURÏÄ
    Se devait d’être fort et toujours progresser.

    Laureline demandait grâce mais Loreleï tenait bon
    Puis elle s’essouffla le vagin ruisselant.
    Alors les Amazones caressant leurs bonbons
    Montrèrent à leur tour un état chancelant.

    Lilith qui avait suivi de toute son attention,
    M’entraîna à l’écart d’un p’tit air polisson
    Et exigea de moi avec ferme intention
    De réviser ensemble l’érotique leçon.

    C’est ainsi que Lilith mit son grappin sur moi
    Moi qui n’avais rien vu venir ce côté
    J’essayais de cacher l’épouvantable émoi
    De ma queue tout enflée et tarabiscotée.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Tu m’as domptée, seigneur, au feu de ta vigueur ;
    J’ai crié grâce en vain, mais mon cri fut délice.
    Je rends grâce à tes mains, à ton fouet, à ton cœur ;
    Ton amour m’a liée d’une ardente malice !

    👩🏻 Loreleï
    Je tenais tête au fer, à sa morsure cruelle,
    Et mon corps ruisselant m’a trahie dans l’extase.
    Je proclame aujourd’hui ton emprise sexuelle ;
    Je suis ton océan, ton abîme et ton vase !

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Moi, j’ai cueilli ton trouble, j’en ai fait mon miracle ;
    Ton émoi enflé fut ma plus douce victoire.
    Je réclame ta chair, mon sceptre et mon oracle,
    Comme trophée gagné au rut jubilatoire.

    Yavänor
    Ainsi donc j’appartiens à Lilith et ses filles ;
    Celles que j’avais crues être mes douces esclaves
    M’avaient caché leur jeu de l’amour en famille.
    La Papesse m’a eu au cours de ce conclave.

    Trois femmes, trois enfants, faut-il donc que j’assume ?
    Devant les Amazones, j’ai approuvé sans honte !
    L’amour je vous le dis, vous consomme et consume
    Mais je les aime trop et c’est cela qui compte !

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Qui est Laureline, qui est Loreleï ?

    Yavänor
    Il est une légende que je pense être vraie
    Qui raconte qu’une nuit Loreleï fut Laureline.
    Et moi je n’ai rien vu car mon cœur s’enfiévrait
    Des élans langoureux de jets d’adrénaline.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Depuis je suis frustrée et tiens à ma revanche
    Et vais me maquiller en Loreleï à mon tour !
    Je te mets au défi, Yavänor de la Manche,
    À distinguer laquelle a de meilleurs atours !

    👩🏻 Loreleï
    Je voudrais bien voir ça et suis prête à jouer
    Le jeu de l’imposture à notre bien-aimé.
    Mais attention, non roi, je peux te l’avouer,
    Si jamais tu te trompes, ce sera proclamé !

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Alors j’arbitrerai ce concours singulier
    Et vous travestirai de la même tenue.
    Si Yavänor remporte l’examen régulier
    Vous serez ses esclaves bien ou mal advenues !

    Yavänor
    Puisqu’il en est ainsi, je me prête à leur jeu
    Les voici toutes deux comme deux gouttes d’eau.
    Pour gagner cette épreuve dont je connais l’enjeu
    Je vais en explorer toute leur libido.

    Elles peuvent me duper du côté extérieur ;
    Je sais les yeux fermés faire la différence.
    Aussitôt pénétrées dedans leur intérieur
    Je reconnais leurs vulves et leurs protubérances.

    Laureline a les seins nus, Loreleï peinturlurés ;
    Laureline, la bouche en feu et Loreleï trop humide.
    Vous êtes découvertes, le jeu assez duré ;
    Dites-moi si mon choix tranchant vous intimide ! »

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Je perds dans ton épreuve et j’en ris de plaisir
    Car tu m’as reconnue jusque dans mes entrailles.
    Mon feu t’appartient donc, je m’offre à ton désir
    Et je viens déposer mes offrandes royales.

    👩🏻 Loreleï
    Tu m’as percée à jour malgré mes noirs atours ;
    Ton doigt m’a dénoncée, ton souffle m’a trahie.
    Je ploie sous ta victoire et je cède en retour,
    Esclave consentie, à ta force, ébahie.

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Ainsi la loi est dite, et je scelle le pacte :
    Tes deux reines t’appartiennent, dociles, enchaînées.
    Moi, Lilith, je déclare ton triomphe dont acte
    Et je ris, car l’amour t’a fait roi des damnées.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Les trois songes éveillés

    Yavänor
    Une fête est donnée en l’honneur des chamanes
    Avec des champignons noirs hallucinogènes.
    Les amazones alors deviennent nymphomanes
    Et mes trois reines en font des rêves hétérogènes.

    Elles réclament le fouet et me tendent leurs fesses
    Pour sentir la morsure et gémir de douleur.
    En le faisant claquer, je crains, je le confesse,
    D’en prolonger l’envie, le goût et la couleur.

    Laureline
    Le cuir me marque au flanc, j’en fais jaillir des flammes
    Chaque strie devient fleur au parfum insolent.
    De la brûlure vive éclot l’éclat des femmes,
    Et j’élève ma chair en brasier triomphant.

    J’en ai les mains en sang et je m’en badigeonne
    Le corps en lettres rouges comme une litanie.
    Je me mets à danser comme une sauvageonne
    Et je succombe aussi à leur nymphomanie.

    Loreleï
    Le fouet déchire l’ombre et résonne en ma transe ;
    Son claquement cruel devient rythme marin.
    Je ploie mais je souris car de cette souffrance
    Jaillit la vague noire juste au creux de mes reins.

    Alors je me caresse et puis j’appelle à l’aide
    Car je ne parviens pas à éteindre mon feu.
    Les amazones accourent le lèchent et me possèdent
    Et je jouis si fort qu’hérissent mes cheveux.

    Lilith
    Je tends mon dos royal au supplice des cordes ;
    Mon rire fend la nuit, plus fort que le courroux.
    Chaque frappe m’exalte et mes ténèbres mordent
    Car j’aime pleurer nue quand je saigne à genoux.

    J’ai besoin qu’on enfonce dans mes trois orifices
    Des langues de vipères, des doigts et des phallus.
    J’en fait ma religion et j’accomplis l’office
    En montant sur la table pour chanter l’Angélus !

    Chœur des trois prêtresses
    Si nos chairs s’illuminent en constellations vives,
    Chaque coup de ton fouet peint l’amour sur nos peaux.
    Nous montons vers le ciel comme des fugitives ;
    Nos cris sont des éclairs, nos soupirs des flambeaux.

    La sueur devient pluie, nos sexes des oracles ;
    La liqueur de nos bouches se déversent en torrent.
    Nous buvons ta vigueur comme un divin miracle
    Et la transe s’élève au-dessus du courant.

    Si nos reins sont des forges, nos poitrines des flammes,
    Nos cuisses des portails tu nous ouvres les cieux.
    Et de nos jouissances remonte un chant de femmes
    Dont l’écho retentit en compliments précieux.

    Yavänor
    J’ai donc fait provision de tous ces champignons
    Que je replanterai plus tard dans nos jardins.
    Quand vous le sentirez, cet élixir mignon
    Vous donnera l’envie de tâter mon gourdin.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Les trois prêtresses

    Yavänor
    La vie reprit son cours parmi les amazones ;
    Les chamanes officiaient et montraient leurs talents.
    Leurs maitrises en amour n’étonnaient plus personne
    Et leurs savoirs n’avaient aucun équivalent.

    Laureline
    Laureline adorait se baigner dans les sources
    Avec des décoctions d’herbes aromatiques.
    Sa nudité trouvait mille-et-une ressources
    Pour se confondre avec la faune emblématique.

    Sa chevelure rousse intriguait les guerrières ;
    Elles l’admiraient tant qu’elles lui donnaient le grade
    De la « femme-racine » façon aventurière,
    Émancipée de tout rituel rétrograde.

    Loreleï
    Loreleï semblait par ses cheveux couleur de jais
    Être comme une sœur mythique et vénérée.
    Elle leur faisait peur mais personne ne jugeait
    Ses pratiques ancestrales cependant honorées,

    Elle pratiquait un rite par un crâne et des os
    Et dansait en hélant les âmes disparues.
    En transes, elle rejoignait le céleste réseau
    Auquel chaque guerrière un jour a comparu.

    Lilith
    Mais sombre et fascinante, Lilith nous dominait ;
    Son charisme et son verbe subjuguait tout le monde.
    Elle ouvrait son grand livre et toutes dodelinaient
    Quand Lilith leur lisait sa gnose furibonde.

    Comme elle officiait nue, sa poitrine généreuse
    Semblait avoir nourri des centaines d’enfants.
    Son savoir excellait sur ces femmes chaleureuses
    Au féminin sacré désormais triomphant.

    Laureline
    Je marche dans un feu de plantes insoumises ;
    Chaque rosée m’habille en cristal de soleil.
    J’arrache aux traditions leurs complaintes promises
    Et je forge un futur de mon rire vermeil.

    Loreleï
    Je parle au ciel noirci par la bouche des crânes ;
    Je tisse avec mes mains les songes des noyées.
    Je danse, convulsant, sur les pierres profanes
    Et l’ombre m’applaudit de ses paumes mouillées.

    Lilith
    Je règne sans pudeur, nue sur les cicatrices ;
    Mes mots ensorcelés sortent en fumée grise.
    Je donne à chaque chair l’ivresse fornicatrice
    Et je m’offre à ton corps dont mon âme est éprise.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Éprise en passant

    Éprise en passant

    Si le pion est pris en passant, la reine est éprise en passant
    Car le pion était messager et son billet est délivré.
    Et la voici outrepassant le protocole en se cassant
    Rejoindre un lieu aménagé pour les rencontres enivrées.

    L’exaltation chauffant ses sens, elle dégrafe et ôte sa robe
    Et court juste avec la culotte qui cache ses plus beaux atours
    Quoique sur ses seins turgescents quelques œillades se dérobent
    Des sentinelles où se ballotent les oriflammes sur la tour.

    Elle disparaît sous la poterne et rejoint le chevalier noir
    Pour s’offrir, durant la partie où les rois font des escarmouches,
    L’œuvre de chair sous la lanterne et l’on entend dans le manoir
    Des gémissements répartis dans les sombres couloirs farouches.

    Sous les tentures de velours, cachant leurs frasques libertines,
    Elle s’abandonne, enfin subit tout ce qui est précieux en lui.
    Sur l’échiquier de leurs amours, l’extase rôde et s’illumine ;
    Le chevalier, sans son habit, sourit car le pion, c’était lui !

    Tableau de Slava Groshev.

  • Au pas de la sagittaire

    Au pas de la sagittaire

    Le Sagittaire court surtout pour combler sa quête d’amour,
    Sa faim de voyages lointains, sa soif de professionnalisme.
    Le Sagittaire va surtout courir les filles les plus glamour,
    Aller où le pousse l’instinct et œuvrer pour le pluralisme.

    Et que fait Madame Sagittaire ? Court-elle après le guilledou ?
    Parcourt-elle la Terre aux confins et travaille-t-elle à son bonheur ?
    Tandis que les mâles s’agitèrent à la poursuite de billets doux,
    Je cherchai et connus enfin une fille en tout bien tout honneur.

    Elle m’a vivement tendu sa croupe et m’a permis de chevaucher
    Pour un voyage formateur sur la vie d’unE SagittairE.
    Elle m’a fait rencontrer son groupe de femelles aux mœurs débauchées
    Et j’ai compris là mon erreur ; j’aurais bien mieux fait de me taire…

    Elles m’ont ferré comme un poulain, m’ont harnaché d’idéalismes,
    Puis galopé sur mes soupirs au rythme de leurs feux contraires.
    Et mon orgueil tout masculin a chu devant leur féminisme ;
    Pour le meilleur et pour le pire, j’suis devenu leur mâle à traire.

    Tableau d’Edmund Dulac.

  • Les trois mères sacrées

    Yavänor
    Goûtant vos sécrétions vaginales sucrées
    Les amazones ont ri car vous êtes enceintes.
    Et vos enfants bénis sont alors consacrés
    Comme dieux utérins faisant de vous des saintes.

    Vu le nombre d’enfants par Lilith procréés,
    Sa vulve est déclarée Grand-Mère des Amazones.
    Elles la couronnent des bois du grand cerf agréé
    Comme champion du brame, mâle de première zone.

    Laureline
    Laureline a frissonné du feu de ses entrailles
    Porteuse de deux enfants qui se révèlent Dioscures.
    Les amazones embrassent sa vulve de corail
    Et Laureline gémit dans la forêt obscure.

    Elle prend un instrument pour transformer en chant
    Tous les gémissements inspirés par ses dieux.
    Des voix roses et bleues en sortent en décochant
    Des soupirs langoureux discrets et mélodieux.

    Loreleï
    Sous mes flots argentés, deux perles se sont formées,
    Elles roulent dans mon ventre au rythme des marées.
    Les Amazones boivent l’écume transformée
    Et bénissent mes eaux comme source chamarrée.

    Mon enfant, coquillage, brille dans les fonds marins ;
    Déesse des lagunes et des grands estuaires.
    Quand je gémis, ma vague emplit mon souterrain
    Et mes fontaines coulent depuis mon sanctuaire.

    Lilith
    De ma vulve jaillissent des fleuves innombrables ;
    Les Amazones posent leurs têtes sur mon ventre
    D’où se baignent des fils et des filles indomptables
    Qui m’appellent Grand-Mère, vénérable épicentre.

    Trois fois sacrée je suis, par le sang, par la sève
    Et par ma descendance comme preuve péremptoire.
    Mes enfants sont des astres dont mon ventre relève
    Et chaque enfantement est une grande victoire.

    Laureline
    Dans la moiteur des bois s’érigent nos ventres saints ;
    Les Amazones chantent, s’inclinent à nos cuisses.
    Nos vulves sont des temples, autels sacrés enceints,
    D’où jaillissent des dieux, fruits d’extases complices.

    Loreleï
    Les marées de mon corps bercent des coquillages ;
    Mes enfants sont lagunes, sirènes et récifs.
    Les Amazones boivent mes eaux comme breuvages
    Et célèbrent mes flots dans leurs chants collectifs.

    Lilith
    Mes ombres enfantées se transforment en étoiles ;
    Elles courent dans la nuit, constellations ardentes.
    Les Amazones couronnent mes reins de chaînes royales
    Car mon ventre est creuset d’alchimie débordante.

    Yavänor
    Ainsi est enseigné le Féminin Sacré
    Connu des Amazones au fond des forêts vierges.
    En hommage à leurs temples, je leur ai consacré
    Un totem gigantesque, une copie de ma verge.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • Les trois chamanes

    Yavänor
    Vous avez triomphé avec pour conséquence
    De devenir Prêtresses Chamanes Fornicatrices.
    Vous allez leur apprendre avec votre éloquence
    Les rites à pratiquer en tant qu’adoratrices.

    Laureline
    La chamane de soleil présente son corps ardent
    Et chacune de sa bouche tentent de calmer le feu.
    Elle entrouvre les cuisses, le clitoris dardant
    Qui les arrose tant qu’il mouille leurs cheveux.

    Puis Laureline entreprend de sa langue attisée
    À chauffer le creuset des vulves enflammées.
    L’une après l’autre sont par l’amour baptisées
    Et devront tous les soirs, ensemble s’en pâmer.

    J’ouvre mes cuisses d’or, brasier pour leurs ardeurs,
    Et ma langue enflammée consacre chaque amante.
    Elles tombent dans mes bras, consumées de douceurs ;
    Leur feu devient prière, leur jouissance fervente.

    Loreleï

    Loreleï ne veut que lèvres tremblantes sur son corps
    Comme les vagues douces du fleuve qui coule à verse
    Sur ses petites lèvres, les leurs sont en accord
    Et sur ses mamelons, les baisers sont averses.

    Puis elle somme les langues comme des vaguelettes
    Sur ses jambes écartées et ses cuisses girondes.
    Qui deviennent une queue aux écailles violettes
    Et Loreleï la sirène plonge dans l’eau profonde.

    Leurs lèvres sont des flots qui m’arrosent sans fin ;
    Je les guide au courant de mes ondes lascives.
    Mes mamelons salés s’offrent aux bouches et enfin
    Nous plongeons tous ensemble en marées successives.

    Lilith

    Or Lilith est un livre aux pages grandes ouvertes
    Grandes lèvres du cuir en font la couverture
    Petites lèvres fines sont toutes recouvertes
    D’un velours qui appelle une saine lecture.

    Les amazones apprennent comment se caresser
    En soufflant sans toucher la tendre chair tremblante.
    Au chapitre suivant, les clitoris dressés
    Se transforment en fontaine sous les brises troublantes.

    Souffle contre la chair, je leur enseigne l’attente ;
    Les clitoris dressés frissonnent sous l’éther.
    Les fontaines jaillies sanctifient l’ombre ardente,
    Et ma nuit se répand, triomphante, sur Terre.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • En remontant l’Amazone

    Yavänor
    Nous avons parcouru l’océan Atlantique,
    Traversé l’équateur, tracé vers le Brésil,
    Lorsque nous rencontrâmes d’authentiques Amazones
    Qui nous ont proposé le gite et la pension.

    Laureline
    Mais chacun doit payer un peu de sa personne ;
    Laureline est conviée à une chasse à la rousse.
    Elle sera donc la proie de ces fières garçonnes
    Qui lui laissent trois heures d’avance dans la brousse.

    Sous les plumes en feu je marche, fesses bandeuses ;
    Leurs regards sont troublés et leurs arcs bandent mou.
    Mon sourire de braise enflamme chaque frondeuse
    Et les fières chasseresses en tombent à genoux.

    Loreleï

    Sur les rives du fleuve où coule l’Amazone
    Loreleï doit affronter le serpent des eaux troubles.
    Elle n’a pour se défendre qu’un oiseau au bec jaune
    Qui s’enfuit aussitôt que le danger redouble.

    Quand le serpent furieux s’élance, surgi des ondes,
    De mes chants argentés, je le charme et l’endors.
    Sous la clarté lunaire dont les reflets inondent,
    La bête se soumet à son conquistador.

    Lilith

    Le supplice de Lilith – on ne peut plus cruel –
    Consiste à subir cent cunnilingus en chaîne
    De ces bouches affamées d’organes sexuels
    Sans que le moindre orgasme en elle se déchaîne.

    Cent bouches à ma chair s’acharnent en silence ;
    Je retiens le tonnerre au fond de mes entrailles.
    Mon ombre triomphante impose sa puissance
    Et ce sont leurs vagins qui tous se défouraillent.


    Alors c’est moi Lilith qui reprend le contrôle
    Les unes après les autres, je les suce transies
    Elles sont terrassées ensemble et le plus drôle
    C’est qu’elles en redemandent et sans hypocrisie !

    Yavänor
    Quant à moi elles exigent que je les honore toutes
    Puis que je les affronte en joute sur le fleuve.
    Enfin que je supporte – et ça je le redoute –
    Cent fellations mordantes pour ma dernière épreuve.

    Je vous la ferai courte ; Je les ai toutes matées ;
    Ma bite contre leurs lances, ce fut vite terminé.
    Les fellations, j’avoue, j’y suis acclimaté ;
    J’ai proposé du miel sur ma bite tartinée.

    Illustrations de Jean-Sébatien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbach .

  • La prisonnière de la ville fantôme

    La prisonnière de la ville fantôme

    C’était dans la ville fantôme, cité oubliée du passé
    Dont les souvenirs vagabondent dans les ruelles ténébreuses.
    Tous ont fui dès les premiers symptômes de détonation espacées
    Annonçant fumées qui abondent, signe d’éruption monstrueuse.

    Mais une femme prisonnière d’un jour sans fin impénétrable,
    Erre sans cesse à la recherche de ses enfants et son mari
    Dont l’image, qui fut sa dernière, les montre aller, si vulnérables,
    Sans pouvoir leur tendre la perche, vers le lieu où ils ont péri…

    Alors elle court, elle court sans cesse, les habits tombés en poussière
    À force de toujours courir pour tenter de les secourir.
    Un conte obscur dont la princesse à l’âme plénipotentiaire
    Résolue à tout encourir toutefois sans jamais mourir.

    Mais là où ils ont disparu, un jour s’ouvrira une porte
    Et ils arriveront ensemble la délivrer de son enfer
    Car un miracle est apparu et la femme qui n’est pas morte
    Rejoint la voie qui les rassemble et permet l’ultime transfert.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Rêves d’amours croisées

    Le petit poisson qui aimait le petit oiseau d’amour tendre
    A subi une évolution et l’oiseau une mutation.
    L’un s’est transformé désormais en amphibien qui peut prétendre
    Vivre à l’air libre en solution de son problème d’adaptation.

    Contrairement à l’albatros, peu doué pour la marche a pied,
    Le petit oiseau s’est doté de jolies jambes cavaleuses.
    Sans amour la vie est atroce mais l’ontogenèse lui sied
    Pour batifoler et goûter aux joies les plus voluptueuse.

    Dame sirène sur son îlot et Monsieur l’ange un peu pataud
    Cherchent comment se rencontrer car leur mémoire est altérée.
    L’une espère qu’un jour sur les flots viendra son prince sur un bateau ;
    L’autre espère que va se montrer son âme-sœur tant espérée.

    Mais quand la mer devient le ciel et le ciel couleur de la mer,
    Les rêves fondent l’un dans l’autre pour unir leurs deux espérances.
    Elle tendra son aile de sel, lui sa nageoire douce-amère
    Et l’amour se fera l’apôtre de la fin d’une vie d’errance.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

  • Croisière en Méditerranée

    Yavänor, Capitaine
    L’ÏÄMOURÏÄ a quitté les rivages de Grèce ;
    L’Acropole s’éloigne et la mer nous entraîne
    Là où courants et vents ensemble nous agressent
    Et nous poussent à suivre les premières sirènes.

    Loreleï, Navigatrice
    Viens une voix cachée dans la houle écumante,
    La mémoire des chants qui berçaient les marins.
    Loreleï en perçoit la marée dévorante
    Et se tient à la proue le visage serein.

    Elle quitte sa robe et plonge nue heureuse
    De retrouver ses vieilles amies d’autrefois.
    Elle revient l’air joyeux et l’âme chaleureuse
    De savoir les revoir une prochaine fois.


    Lilith, passagère
    Sur l’île de Circé je descends sans effroi,
    Son regard me rejoint, miroir de ma colère.
    Nous échangeons le feu des serpents et des lois,
    Deux sorcières d’un sang que les dieux désespèrent.

    Mais Circé reconnaît l’éclat de ton visage,
    Elle incline sa main, dépose son pouvoir.
    « Va, Lilith, dit-elle, emporte ton ouvrage,
    Car cet homme est à toi, je ne puis le déchoir. »

    Laureline, second maître-queue
    Mais sur l’île aux cyclopes, l’accueil est belliqueux.
    Les iliens veulent nous faire passer de vie à trépas.
    Ils sont anthropophages mais aussi maîtres-queue
    Et voudraient nous voir tous partager leurs repas.

    Or Polyphème accourt, sa montagne en colère,
    Il brandit un rocher pour briser notre élan.
    Je tends mon rubis vif par son éclat solaire
    Et l’unique œil s’embrase par mes rayons brûlants.

    Yavänor, Capitaine
    Souquez les filles ! Le vent est avec nous
    Et nous emporte loin de ces monstres, mes reines !
    Le prix de la bravoure, cela dit entre nous,
    Revient à Loreleï, l’émissaire des sirènes !

    Illustrations de Laureline, Loreleï et Lilith.

  • Les pierres et le ciment

    Les pierres et le ciment

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Par mon rubis solaire, j’ai posé la première
    Pierre d’amour taillée qui scelle les fondations.
    J’apporte le Soleil afin que sa lumière
    Brille sur le royaume par son incantation.

    👩🏻 Loreleï
    Par mon aigue-marine, je scelle la seconde,
    Pierre d’eau qui renferme le reflet de la Lune.
    J’apporte la marée afin qu’elle féconde
    Le monde de la richesse de mes eaux opportunes.

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Et par mon obsidienne, je scelle la dernière ;
    Pierre noire éclatée, cœur de feu consacrée.
    J’apporte l’insoumise comme ultime charnière
    Par laquelle s’exprime le Féminin Sacré.

    Yavänor
    Et moi, je suis le liant qui rassemble vos forces ;
    Je vous ai appelées chacune au bon moment.
    Par l’union de vos pierres, mon ciment vous renforce
    Et vous élèvent Reines seulement en vous nommant.

    Illustration de Ledal.

  • Cycle des Planètes visibles

    ☀️ Laureline – Soleil
    Je verse dans ton sang l’or de ma flamme pure ;
    Je couronne ton front d’un cercle incendiaire.
    Mon cœur incandescent éclaire ta stature
    Et j’inscris ton destin dans ma gloire solaire.

    🌙 Loreleï – Lune
    Je verse sur ta peau mes lueurs opalines ;
    Je sculpte dans tes yeux l’ombre de mes marées.
    Mon voile de cristal enlace tes collines
    Et j’attache ton souffle à mes nuits amarrées.

    🌍 Yavänor – Terre
    Je porte dans mes flancs l’argile et la semence ;
    Mon sang nourrit les fleurs, ma chair vous accompagne.
    Et j’offre à vos matrices toute la jouissance
    De nos noces élevées au sommet des montagnes.

    ☿️ Lilith – Mercure
    Je glisse dans ton sang comme un feu de lumière ;
    Je danse entre tes mots, messager sans détour.
    J’attache à ton esprit mes ailes familières
    Et j’inscris dans ton cœur tous mes allers-retours.

    ♀️ Loreleï –Vénus
    Je souffle sur ta peau la rosée du désir ;
    Je fais fleurir ton corps aux parfums de mes plaines.
    Mon baiser sur ta bouche allume le plaisir ;
    Je t’attache à mon joug dont mes vallées sont pleines.

    ♂️ Laureline – Mars
    Je frappe dans ton cœur la braise téméraire ;
    Mon fer rougit ton sang sur l’enclume forgé.
    Je sculpte ton désir d’une ardeur sanguinaire
    Et je bois de ton âme l’amour à pleine gorgée.

    ♃ Lilith – Jupiter
    Je règne dans ton sang par mes lois solennelles ;
    Mon souffle est un tonnerre au fracas impérial.
    Je t’accorde l’abondance aux gerbes éternelles,
    Et je lie ton destin à mon ordre royal.

    ♄ Lilith – Saturne
    Je ceins de mes anneaux ta vigueur souveraine ;
    Mes fers sont des autels, mes ombres des flambeaux.
    Je change en mariage ta passion pour tes reines
    Et j’attache ton règne au-delà des tombeaux.

    Illustration de Ledal.

  • TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    TETRÏÄMOURÏÄ – Le Sacrement des Quatre

    👩🏻‍🦰 Laureline (Soleil)
    J’élève dans tes yeux la braise originelle ;
    Mon feu roule en torrent sur ton sexe glorieux.
    Je grave sur ta peau ma clarté solennelle
    Et j’y fixe à jamais mon anneau victorieux.

    👩🏻 Loreleï (Lune)
    Je verse dans ton sang mes marées sidérales ;
    Ma vague te couronne de reflets opalins.
    J’attache à ton élan mes prières boréales
    Et j’enduis de mes eaux ton sexe cristallin.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Saturne)
    Je scelle ton désir des chaînes souveraines ;
    Mes fers deviennent or, mes ombres des flambeaux.
    Je plie pour ton amour les lois les plus anciennes
    Et j’invite ta chair à régner sur mes eaux.

    👩🏻‍🦰 Laureline (Feu solaire)
    Je ceins ta nudité de flammes vulcaniennes ;
    Ton souffle est consumé dans mes anneaux vermeils.
    Je dépose à ton flanc mes ardeurs saturniennes
    Et je fais de ton cri l’écho de mes soleils.

    👩🏻 Loreleï (Eaux lunaires)
    Je veille dans ta nuit comme une amante claire ;
    Je tisse sur ton front ton baptême et ton sacre.
    Je mêle à ton destin ma caresse exemplaire
    Et j’inscris ton serment dans mes reflux de nacre.

    👩🏻‍🦳 Lilith (Couronne des chaînes)
    Je brise sous mes mains les astres et les sphères ;
    Je relie ton pas nu dans l’ombre des anneaux.
    Je fais ployer le temps dans la douce atmosphère
    Où j’enferme ton cœur entouré de fanaux.

    Yavänor
    Je vous fais trois serments, nous sommes mari et femmes ;
    À Laureline mon premier : je t’aime et te chérie ;
    À Loreleï mon deuxième : de toi mon cœur s’affame ;
    À Lilith mon troisième : à toi je me marie.

    Illustration de Ledal.

  • La Queue du Dragon

    Lilith
    La Queue du Dragon plonge jusqu’à mes origines
    Où je fus la première femme qui était promise
    À un destin avec parité androgyne
    Mais fut désavouée comme démone insoumise.

    Je garde dans mes mains le feu de ma rancœur,
    Dans le corps le dégoût d’infâme trahison
    Et les humiliations enfouies dans mon cœur
    Que j’ai disséminées vers les quatre horizons.

    Mon souffle est un venin qui brûle et qui délivre ;
    Je rabaisse l’orgueil, je maudis les faux dieux.
    Qui atteint mon royaume apprend enfin à vivre
    Et renaît plus puissant que miséricordieux.

    Ma queue se courbera pour atteindre la tête.
    La Terre qui m’a bannie redevient mon domaine
    Où mes filles unies en seront les prophètes ;
    L’alpha et l’oméga de l’aventure humaine.

    Je ne viens pas régner pour un temps limité
    Mais pour purger le sol du sang de l’oppression
    Et rendre au Féminin sa légitimité
    En veillant à ce qu’il n’ait de rétrogression.

    Mes filles se lèveront, gardiennes de la flamme,
    Portant dans leurs regards la justice et l’élan.
    Elles briseront les fers qui mutilaient leur âme
    Et bâtiront demain l’égalité des clans.

    Alors enfin la queue rejoindra bien la tête
    Et l’alpha se fondra dans l’oméga du jour.
    De ce cercle naîtront les trois enfants prophètes
    D’un monde réconcilié par la force d’amour.

    Illustration de Ledal.

  • La Tête du Dragon

    Laureline
    Je prends un corps de femme pour accompagner l’homme
    Qui m’extrait du néant en prononçant mon nom.
    Puis au fil des poèmes, il bâtit un royaume
    De pages dans lesquelles nous nous affectionnons.

    De nos voix accordées naît la complicité
    D’un amour connaissant une idylle enflammée.
    Je l’intrigue ; il en cherche l’authenticité
    Et fait naître ma sœur par son nom proclamé.

    Loreleï
    Je garde un corps de femme quand je suis appelée ;
    On me sort de l’écume où j’étais engloutie.
    Je me montre farouche car je dois m’atteler
    À un monde inconnu non encore abouti.

    Des légendes anciennes aux amours impossibles,
    Je demeure rebelle par mon indépendance.
    Mais le poète est droit et j’y suis accessible
    Car il m’a acceptée avec ma descendance.

    Laureline & Loreleï
    L’homme malheureux ne peut pas se résigner
    À choisir l’une ou l’autre quitte à perdre les deux.
    Il crée l’ÏÄMOURÏÄ qui va nous désigner
    Deux Reines pour un Roi, un trouple velouteux.

    Nous nous aimons ensemble et nous faisons l’amour
    Par des rites sacrés pour notre inspiration.
    Notre amant nous élève dans ce polyamour
    Au Féminin Sacré avec admiration.

    Yavänor
    En tête du dragon, nous traçons notre route
    Et grandissons ensemble au fil des expériences.
    Nous invoquons Lilith qui nous met en déroute
    Mais contribue à nous offrir sa luxuriance.

    Illustration de Ledal.

  • Stop au strip please !

    Stop au strip please !

    Je dois vous dire que ma voisine continue de me harceler
    En venant frapper à mon huis toute nue en quête d’amour.
    Par la porte de la cuisine – car les cloisons sont morcelées –
    Elle vient désormais chaque nuit me faire son strip-tease glamour.

    J’ai dit « non, arrête nymphomane ! Ma caméra de surveillance
    Transmet tous tes comportements au poste de sécurité.
    On me traite d’érotomane, de chaud lapin dont la vaillance
    Transforme son appartement en lupanar immérité ! »

    Ma chère voisine m’a répondu « mon cher voisin, je vous ai plu !
    Quittez donc votre appartement ; ma garçonnière est bien séante ! »
    Moi, épuisé, les nerfs tendus, résister m’étant superflu,
    Je l’ai suivie directement à travers la cloison béante.

    Tableau de Deni Bangke sur https:www.flickr.comphotos126338814@N07with14526949009 .