Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Qu’est-ce qu’on s’ennuie !

    Qu’est-ce qu’on s’ennuie !

    Ne cherchez pas ! J’ai essayé d’ savoir c’ qui ennuie nos enfants.
    Peut-être n’ont-ils pas confiance, vu comment merdent leurs parents…
    Ils sont d’abord émerveillés des super-héros triomphants
    Et puis, font face à la méfiance des trompe-l’œil désemparant.

    Le Père-Noël fabrique en Chine les jouets stéréotypés
    Pour apprendre à être soldat, businessman ou fonctionnaire.
    La fascination des machines et des joujoux suréquipés,
    Tout ça, à la fin, se solda par un état dépressionnaire.

    Photo de Jelly Mallows.

  • Les châteaux de cartes

    Les châteaux de cartes

    Entre les pauvres et les riches, on empile selon les couleurs ;
    Tout au sommet les gens qui trichent, en bas ceux qui vivent de douleurs.
    les basses cartes en soumission, les belles figures au palmarès.
    Patatras, une révolution met en péril la forteresse.

    Tableau de Catherine Alexandre.

  • Le changement

    Le changement

    Celle qui veut être comme tout le monde,
    Cherchera un modèle à suivre,
    Et vit sa vie gomme dans un livre.
    Celle qui veut changer le monde,
    Cherchera de nouveaux horizons,
    Finira peut-être en prison.

    Celle qui ne fait pas comme tout le monde,
    Fuira toute forme de formatage
    Mais ne fera aucun partage.
    Celle qui ne sait pas faire comme tout le monde,
    Elle n’aime pas les stéréotypes,
    Ne comprend pas les archétypes.

    Et celle qui n’est pas de ce monde ?
    Si vous ne l’avez- jamais vue,
    Je vous ai pris au dépourvu.

    Tableau d’Ofra Amit.

  • L’ennui

    L’ennui

    Béni soit le temps de l’ennui car il m’entrouvre une fenêtre
    Dont je me sers pour aérer l’intérieur avec l’extérieur.
    Souvent, comme le jour et la nuit, dans ces instants je sens renaître
    Cette appétence désespérée avec mon Prāna supérieur.

    Tableau de Roza Goneva d’après Klimt.

  • Sophie et ses chattes

    Pour échapper aux tentacules de la pieuvre libidineuse
    Qui s’insinuent, la chatte humant les repousse à grands coups de griffes.
    Sous ses assauts, les testicules de cette verge enquiquineuse
    Se replient sous le châtiment dans les replis de l’escogriffe.

    Comme il poursuivait sa compagne avec sa langue de belle-mère,
    Elle s’enfuit de ses montagnes et trouva refuge à la mer.
    Grâce à Dieu, la chatte siamoise qui la veillait en son logis,
    Croqua l’appendice grivoise défiant sa gynécologie.

    Tableaux de Rezzan Ganiz.

  • Le cul de Cléopâtre

    Le cul de Cléopâtre

    Le cul de Cléopâtre, s’il eût été plus court,
    La fesse de la Terre aurait été changée.
    La question à débattre sur les histoires d’amour
    Resteront un mystère à jamais prolongé.

    Il paraît que César le trouvait bien quelconque,
    Qu’Octave et Marc-Antoine aimaient le partager.
    Mais il n’y a pas de lézard ! Car on n’entendit onques
    Parler du patrimoine d’un cul avantagé.

    Illustration Al Rio.

  • Barberousse

    On finit par s’harmoniser à son animal de compagnie.
    Ainsi, ma voisine, la rousse, possède un chat roux, assorti.
    Petit filou démonisé par ses moustaches – quelle avanie –
    Et qu’on appelle « Barberousse ! » aussitôt qu’il est de sortie.

    Barberousse, aux belles moustaches, est un compagnon prévenant
    Qui rapporte souvent de sa chasse un petit rat d’arrière-cour.
    Il s’acquitte toujours de sa tâche en posant le contrevenant
    Sur le tapis de la bonnasse qui crie « Ah, mon Dieu, au secours ! »

    Tableaux d’Armandine Jacquemet Soares.

  • Chanson d’amour

    Faites l’amour plutôt que la guerre mais pas la guerre de l’amour
    Car la jalousie offre une arme qui possède plusieurs tranchants !
    Quand votre femme est en colère fermez les portes à double tour
    Sonnez le tocsin et l’alarme et puis, prenez la clef des champs !

    Lorsque l’amour nourrit la haine, les femmes visent encore mieux
    Et le mari devra courir en faisant beaucoup de crochets.
    Il peut courir à perdre haleine, l’exécuteur acrimonieux
    Lui laissera le temps de mourir, tout doux, avant de l’embrocher.

    Tableaux de Danny Galieote.

  • Le mentor de l’amour

    Le mentor de l’amour

    Pour augmenter l’ivresse de notre libido
    Ma femme rend visite fréquemment au centaure.
    L’amour à la vitesse d’un cheval au galop
    Court encore plus vite avec un bon mentor.

    Tableau d’Odilon Redon.

  • Les plaques souvenirs de mes rêves

    Les plaques souvenirs de mes rêves

    Tantôt, dans le monde des rêves, je jouis de festivités
    Sans pour autant en retenir d’éclat quand je suis réveillé.
    Et pourtant chaque nuit sans trêve je reprends ces activités
    D’autant de plaques souvenirs dont ma mémoire est émaillée.

    Tableau d’Odilon Redon.

  • Les Trois Grâces

    Les Trois Grâces

    Sachant que les Trois Grâces s’amusent à nous charmer de leur beauté
    Et font l’amour par charité aux pauvres héros fatigués,
    J’en demande auprès de ma muse qui me répond sans chipoter
    Qu’ cet esprit d’ solidarité ne lui était pas prodigué.

    Tableau de Gustave Moreau.

  • La fille de l’air

    La fille de l’air

    Icare a rêvé de voler et sa femme devenir sirène.
    De leur union naquit Ariane qui joua la fille de l’air.
    Elle aurait ensuite convolé avec Thésée et fut sa reine
    Dans une monarchie océanne qui n’était pas pour lui déplaire.

    Photo sous-marine sur https:www.lookslikefilm.com20190502underwater-photography .

  • Horus et Thoth

    Horus et Thoth

    Sous l’œil d’Horus, comme de coutume, à l’aube le soleil s’éveillera
    Pour saluer, à titre posthume, le sauveur qui protège Râ.
    Sous l’œil de Thoth, le dieu nocturne, la pleine lune resplendira
    Tandis que Seth, dieu taciturne, encore une fois regimbera.

    Thoth et Horus.

  • Chacun dans sa bulle

    Chacun dans sa bulle

    Chacun sa bulle individuelle pour subsister contre l’immonde ;
    Chacun son petit univers à arranger selon son choix.
    Pour l’activité sexuelle, on fera comme tout le monde ;
    Ça se passera dans un p’tit verre, par exemple un verre d’anchois.

    Photo Ernest sur www.instagram.comphotographizemag .

  • Le messager des couleurs

    Le messager des couleurs

    Je livre le vert de l’espoir lorsque votre cœur est morose ;
    Je remets la touche violette qui efface les bleus de l’âme.
    J’apporte le courrier du soir et vous voyez la vie en rose ;
    Et je repars à la volette pour renouveler votre flamme.

    Lorsque souffle un vent de colère, je sème vos lettres écarlates ;
    Lorsque gronde un orage sombre, j’y disperse vos idées noires.
    Je me montre protocolaire par des blancs que l’on relate ;
    Les couleurs qui restent dans l’ombre glissent dans mes trous de mémoire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le temps du Muguet

    Lorsque vint le temps du gui, on s’est souhaité bonne année
    Et puis quand vient le muguet, déjà, on n’y pense plus.
    À la fin on s’alanguit, on devient moins spontané,
    Peut-être aussi fatigué si l’année nous a déplu.

    Lorsque vint le temps du houx, on s’est offert des cadeaux
    Et puis quand vient le muguet, on s’en est déjà lassés.
    On s’en ira au mois d’août, on prendra les sacs-à-dos,
    La rentrée sera moins gaie, les vacances sont passées.

    Lorsque vint le mois de mai, on était tous confinés
    Et puis quand vient le muguet, on regarde la nature.
    On le sait tous, désormais, tout a été combiné
    Pour nous envoyer dinguer sous la loi des dictatures.

    Tableaux de Jan Pashley.

  • La plus belle pour aller danser

    La plus belle pour aller danser

    La plus belle pour aller danser m’a rappelé son souvenir
    Lorsqu’elle est passée à Genève pour un concert digne de Chopin.
    Le récital très condensé aurait réussi à tenir
    Le public qui a pris la relève du nostalgique temps des copains.

    Je n’ai jamais été fan de Sylvie Vartan mais j’ai trouvé la photo jolie et puis, le temps des copains, c’est ma jeunesse.

    Photo de Sylvie Vartan et son dernier passage en suisse : https:www.lematin.chpeoplesylvie-vartanstory21456099

  • En attendant Pénélope

    En attendant Pénélope

    Ce soir, je rencontre Pénélope, selon les dires de Cassandre
    Qui sait lire dans l’avenir dans un flacon d’eau de mélisse.
    Or cette voyante interlope a vu des auspices descendre
    Qui rapportaient un souvenir du temps où l’on m’appelait Ulysse.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Yin-yang

    « Échec et mat et dix de der ! » S’écrie la reine de la mort.
    « Ça ne va pas, tu as triché ! » Répond la reine de la vie.
    Entre les deux, leur légendaire lutte rebondit sans remords
    Et, dès le terrain défriché, elles recommencent à l’envi.

    « Taratata ! » leur dit le Temps. « Vous n’avez pas l’éternité
    Et tôt ou tard devrez trouver à réconcilier vos yin-yang. »
    Mais les reines ont du répondant qui dit que la paternité
    De leurs batailles éprouvées remonte bien avant le Big-bang.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Amours d’automne – 2

    Amours d’automne - 2

    Elle s’épanouit comme une fleur ; comme une fleur, porte ses fruits ;
    Comme un fruit enfante ses graines qui, dans la terre, se replient.
    Meurt-elle au milieu de nos pleurs ? Non, elle a repoussé sans un bruit
    Sous un soleil neuf qui égrène ses rayons dans un peu de pluie.

    Tableau de Khalil Gibran.

  • Amours d’automne – 1

    Amours d’automne - 1

    L’automne, la plus belle saison pour une leçon singulière
    Montrant la nature qui s’endort dans un linceul de feuilles mortes.
    Et un miracle sans raison mais d’une promesse régulière
    Fera renaître ses graines d’or qu’un vent de confiance emporte.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • En robe de fleurs

    En robe de fleurs

    Offrant son corps à la nature et son ingénue nudité,
    Elle a cueilli quelques pétales, posés sur son intimité.
    Le printemps, maître de couture, porte un soutien commandité
    D’un tissu à fleurs qui s’étale en toute magnanimité.

    Tableau d’Alexey Slusar.

  • Danse du petit soleil en pleine lune

    Danse du petit soleil en pleine lune

    Deux petits astres auréolés de graines de poudre d’étoiles
    Dansotent un drôle de ballet sur la piste de sa poitrine.
    Deux sphéroïdes aréolés qui l’un après l’autre dévoilent
    Jour et nuit un cycle emballé par le charme de la ballerine.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Virus printanier

    Virus printanier

    Le virus de l’ondulation s’est répandu dans mes cheveux
    Comme des eaux d’éboulements tombées de pluies en tourbillon.
    Et mon cœur en modulation ne pulse plus comme je veux ;
    Alors, je suis le mouvement et devient femme en tortillons.

    Tableau de Kennedy James.

  • La fée verte

    Lentement il verse l’eau claire sur le petit morceau de sucre
    Posé au creux de la cuillère jusqu’à ce que l’absinthe se trouble.
    L’ivresse claque comme un éclair qui distille à son cœur le lucre
    Qui met le feu aux poudrières de sa folie qui se dédouble.

    Alors apparaît la fée verte, celle à qui son âme est acquise
    Et son pacte avec la diablesse est signée à l’encre d’absinthe.
    De découverte en découverte, l’âme est piégée, l’âme est conquise.
    Quand la raison a ses faiblesses, le cœur connaît sa mort succincte

    Tableau « le buveur d’absinthe » de Viktor Oliva.

  • Fille fleurs

    Fille fleurs

    Vague de fleurs, vague de flamme à l’aube d’un nouveau printemps
    Qui réussissent à supplanter l’éternel soleil suranné.
    Bonjour ma nouvelle oriflamme qui s’harmonise à mes vingt ans
    Tout en cherchant à s’implanter pour un bonheur instantané.

    Or la beauté se renouvelle car l’art n’est jamais éreintant.
    Il anobli, il perfectionne la pierre sortie de la Terre.
    Précieux trésor des jouvencelles qui fêtent encore leurs trente ans,
    Toujours jolies, toujours mignonnes, toujours empreintes de mystères.

    La flamme ne peut dépérir, elle se consume à plein temps
    Car le cœur se nourrit d’amour lié au cycle de la mère.
    Je verrai toujours refleurir de quarante ans jusqu’à cent ans
    Celle qui égaye mes jours depuis qu’elle est née de la mer.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Bas les masques !

    Bas les masques !

    Lorsqu’elle ment, elle porte un masque pour abriter sa vérité
    Ne laissant qu’un fantomatique regard figé et indolent.
    Mais si ce soir, je la démasque, même en toute sincérité,
    J’aurai le masque fatidique de l’inquisiteur insolent.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • L’offrande

    L’offrande

    J’offre mon corps à la science, le cerveau a très peu servi.
    J’offre mon cœur à la romance, il a battu, il a conquis.
    J’offre l’esprit à la patience d’attendre avant d’avoir compris.
    J’offre mon âme à la semence qui montera quand je serai parti.

    Tableau de Marti Fenton.

  • Mes vies en bateau

    Le monde nous mène en bateau et me fait vivre mille vies
    Avec les rôles du méchant et du gentil par alternance.
    Hier, ce n’était pas du gâteau de vivre nu sur le parvis,
    Demain, ce sera alléchant d’être le roi de la finance.

    Lorsque je suis né noir de peau au cœur de l’Afrique secrète,
    Aurais-je pu m’imaginer devenir un marchand d’esclave ?
    Mais je tire à Dieu mon chapeau pour les scénarios qu’il sécrète
    Dont je n’ai qu’à rembobiner mes épisodes les plus braves.

    Tableaux de Peter Doig.

  • Réflexions

    J’ai enfin trouvé un miroir qui inverse le haut et le bas
    Plutôt que la droite et la gauche comme une habitude imbécile.
    Mon reflet souvent me fait croire qu’entre nous deux, il n’y a qu’un pas
    Or ce n’était là que l’ébauche d’une aberration indocile.

    Il faut que je sorte du cadre dans lequel je suis enfermé
    Car ma vision et ma pensée y rebondissent comme au billard.
    Aussi de peur que l’on m’encadre comme un utopiste renfermé,
    Plaise à Dieu de me dispenser d’être un éternel scribouillard.

    Tableau « Réflexion » de Peter Doig.

  • L’ogre des cœurs

    L’ogre des cœurs

    L’ogre des cœurs, à sa façon, vous dévore en ouvrant son âme.
    L’amour le met en appétit surtout si la proie est jolie.
    Nonobstant les contrefaçons qui n’épousent que des hauts de gamme,
    Lui, n’offre pas de garantie mais il vous aime à la folie.

    À Cancun au Mexique vu sur https:demibonita.com .

  • En quête d’amour

    En quête d’amour

    L’amour m’attend à la fenêtre et j’ai enfilé ma tenue
    De l’héroïne, selon Vénus, qui aime plus fort que la mort.
    Cela dit, avant de renaître, j’aimerais être soutenue
    Par l’introduction d’un phallus et qui m’embrasse et qui me mord.

    Tableau d’Edward Hopper mis en photo par Richard Tuschman.

  • La première impression

    La première impression

    Matin, la première impression que j’aperçois à la fenêtre
    M’apporte une compréhension – sans pour autant la vérité.
    Mais j’en façonne une expression qui incessamment fera naître
    La direction à emprunter avec force et témérité.

    Tableau d’Edward Hopper.

  • La détente

    La détente

    En même temps, je me rassure et je me raccroche à mon fil,
    En même temps, je m’épouvante quand je suis coupé de la Terre.
    Mais la sécurité qui m’assure comment l’avenir se profile
    Est de plus en plus éprouvante et à tel point qu’elle m’atterre.

    Photo de Ryan Shude.

  • L’amour en fumée

    Avant l’amour, je m’encourage et me donne une contenance ;
    Après l’amour, je me délecte à goûter la petite mort.
    Avant de naître, mon entourage m’accueille avec les convenances ;
    Après ma mort, je me collecte dans la fumée qui s’évapore.

    Tableau d’Edward Hopper mis en photo par Richard Tuschman.

  • L’étranger

    L’étranger

    Cet étranger qui vit en moi et qui connaît ma destinée
    Guide chacun des épisodes car il connaît le scénario.
    Tandis que moi, au fil des mois, je joue l’acteur prédestiné
    Qui participe à notre exode sous l’égide de l’imprésario.

    Tableau « House of Flowers – See You There – » de Peter Doig.

  • La pyramide

    La pyramide

    Dans notre merveilleux système qui fait notre organisation,
    Notre système digestif assure l’alimentation
    Avec circulation des eaux et élimination des déchets
    Et l’appareil respiratoire qui fournit l’oxygénation.

    Notre système musculaire nous porte vers la nourriture
    Grâce au système de surveillance et de défense par nos sens
    Qui, par le système nerveux de transmission et réception,
    Connectent les informations face aux besoins et aux dangers.

    Le système de reproduction boosté par la sexualité
    Permet de transmettre la vie et de s’adapter au terrain.
    Enfin l’esprit qui nous préside et gouverne nos sentiments
    Nous pousse à gagner le pouvoir au sommet de la pyramide.

    Mais on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs de la Terre.
    Les victimes et les sacrifices qui ont permis l’évolution
    Gisent et meurent à nos pieds avec peine et désolation.
    Tel est le prix de la beauté et du Dieu cruel de la vie.

    Tableau de Julie Hefferman.

  • La rousse aux quatre vents

    La rousse aux quatre vents

    Son cœur, comme une girouette ou plutôt la rose des vents,
    Donne à l’amour sa provenance, son énergie et son allure.
    Mais il suffit d’une pirouette d’un fervent chevalier servant
    Pour provoquer une dissonance qui irradie sa chevelure.

    Photo de Kerry Moore.

  • Collectrice de larmes

    Collectrice de larmes

    Il pleure sur la Terre triste comme il pleut dans les cœurs transis
    Entre les hommes qui se battent et les collectrices de larmes.
    Comme une pluie égocentriste qui renvoie les âmes en transit
    De peur que le ciel ne rabatte ses nuages en tirant l’alarme.

    La Terre pleure sans raison ses enfants les plus turbulents
    Qui ont comme le fils prodigue leur héritage gaspillé.
    Alors sur les quatre horizons, voyez la Terre accumulant,
    De dépressions et de fatigue, tout son amour éparpillé.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • L’amour à la prochaine station

    L’amour à la prochaine station

    Prochaine station : L’aventure ! Le train bleu va entrer en gare !
    Tous les voyageurs sont priés de continuer leur destinée
    Qui, selon la température de l’amour, change le regard
    Et offre un cœur approprié et sûrement prédestiné.

    Photo anonyme d’un train en Inde.

  • Et volent les cerveaux lents

    Et vogue la galère quand tout va à vau-l’eau ;
    Et volent dans le vent bien haut, les cerveaux lents ;
    Et roulent sur la Terre, les fêlés du vélo ;
    Et brûlent les vivants après soixante-cinq ans.

    Je plane entre deux âges et ne tient qu’à un fil
    Mais c’est sans conséquences, j’ai la mort en surplus.
    Et tout le paysage en cette fin avril
    Ressemble à des vacances qui n’en finissent plus.

    Tableau de Fred Calleri sur http:www.howardmandville.comfred-calleri.html

  • Réflexions en confinement

    Prendre une chaise comme une échelle pour voir le monde à sa fenêtre
    Pourrait changer la position de ce qu’on croyait parachevé.
    Peut-être que mademoiselle y verra un espoir renaître ?
    Mais à quoi bon ces dispositions qui laissent un doute inachevé !

    Prendre une chaise comme un prie-Dieu pour interroger son oracle
    Et peser dans chaque prière le poids de son acceptation
    Ne paraît pas plus fastidieux qu’attendre un soi-disant miracle
    D’un peuple dans la poudrière brûler en manifestations.

    Photos de Catherine Cornett.

  • Couleurs affriolantes

    Couleurs affriolantes

    Je lui dépose un peu d’azur pour apaiser les bleus de l’âme,
    J’ajoute une touche de rouge qui calmera ses coups de cœur.
    Je délaie un peu de peinture autour des yeux en oriflamme
    Enfin un baiser sur la bouche pour lui effacer sa rancœur.

    Je lui peins les paupières en mauve pour éliminer la grisaille,
    Un peu d’essence de violette pour essuyer cet air morose.
    Une touche finale de fauve et je chasse sans représailles
    L’ultime trace affriolette pour lui montrer la vie en rose.

    Photo de Michal Lukasiewicz.

  • La carte du tendre simplifiée

    La carte du tendre simplifiée

    Ma main caresse ses pommettes pour tracer la carte du tendre ;
    Je fais des plans sur la comète car l’amour ne saurait attendre.
    Mon corps s’embrase sous l’effort puis retombe en mélancolie
    Avant que la petite mort me déconcerte dans son lit.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • Plume au vent

    Plume au vent

    Elle m’a laissé juste un indice : une plume de son chapeau
    Avec cette odeur de mystère que les femmes sèment au vent.
    Petit lien, comme un appendice, qui jouera le rôle d’appeau
    Chaque fois que, loup solitaire, j’écrirai des vers émouvants.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • Projections

    Projections

    Après ma première rencontre avec la femme de ma vie,
    La ville s’était colorée de son aura surnaturelle.
    La nuit venue à mon encontre s’est délayée dans le lavis
    Des reflets de lune dorée de cette éternelle aquarelle.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • Le chat m’a trouvé

    Le chat m’a trouvé

    Elle s’étend sur le dossier de mon fauteuil pour un ronron ;
    Je sens les poils doux du minou se frotter contre mon épaule.
    Je lui caresse le fessier, elle descend sur mon giron
    Pour se blottir sur mes genoux et la queue devient une gaule.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Je cherche un chat

    Je cherche un chat

    Je cherche un chat désopilant ou une chatte facétieuse
    Car j’ai un trou qui me sourit dans ma mémoire capricieuse.
    Or rien n’est plus horripilant que d’oublier ma fallacieuse
    Mauvaise foi qui me nourrit comme une lubie délicieuse.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • La disparition

    La disparition

    J’ai invité votre fantôme tout de volutes parfumées
    En train de rêver d’aventure dans un film en Technicolor.
    Soudain sur la Place Vendôme, vous disparûtes en fumée
    Ne laissant que la parementure de votre coiffe tricolore.

    Lithographie de René Gruau.

  • Tout ce que j’ai connu de vous

    Tout ce que j’ai connu de vous

    Je m’souviens du chapeau à plumes qui lascivement vous habillait,
    Du boa qui donnait du volume à votre corps déshabillé.
    Tout ce que j’ai connu de vous, folles caresses, moments très doux,
    Votre douce voix, je vous l’avoue, qui chantait « Pou Pidou Pidou ! »

    Je me souviens de la musique que vous mettiez pendant l’amour
    Et de la culture physique dans nos positions coquines et glamour.
    Tout ce que je retiens de vous, folles étreintes, douce tendresse,
    À chacun de nos rendez-vous pour passer une nuit d’ivresse.

    Lithographie de René Gruau.