Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Mon chemin

    Mon chemin

    Je ne suis pas les chemins tracés
    Mais je suis mon propre chemin ;
    Mes reflets verts sont des repères
    Pour celui qui veut l’emprunter.

    Mon chemin n’est pas le plus court
    Mais il embrasse les paysages ;
    Je ne sais pas où il arrive
    Mais c’est toujours une surprise.

    Il suit les contours du terrain
    Et fait des circonvolutions ;
    Il n’obéit pas au cartographe
    Mais pour moi c’est le plus adroit.

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  • Les femmes-caméléons

    Les femmes-caméléons

    Les femmes-caméléons existent mais se fondent dans le paysage,
    Même si cela peut vous paraître un fantasme de littérature.
    Mais si votre attention persiste, vous verrez qu’elles vous dévisagent
    En hésitant entre apparaître ou disparaître dans la nature.

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  • Le regard de l’amour

    Le regard de l’amour

    L’amour défrise la raison et frise les grands sentiments ;
    Les yeux, frappés de cécité, n’observent plus qu’avec le cœur.
    Selon la mode et les saisons, il habille ainsi les amants
    Et leurs visages surexcités lancent des regards alambiqueurs.

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  • L’odyssée de l’amour

    L’odyssée de l’amour

    Faire l’amour dans l’espace-temps demande un drôle de scaphandre,
    Une tenue particulière pour l’attraction paradoxale.
    Ses coups de foudre dévastant – dont nous ne savons nous défendre –
    Shuntent de façon singulière dans les profondeurs abyssales.

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  • Mortelle Vénus

    Mortelle Vénus

    Lors d’une nuit blanche, sortez guetter le wagon restaurant ;
    La Mort, assise sur la banquette, vous invite en tenue légère.
    Afin de vous réconforter, commandez un revigorant ;
    Parlez à la bonne franquette car elle n’est que passagère.

    Si elle vous demande la station à laquelle vous voulez descendre
    Répondez-lui « au terminus » aimablement dans un sourire.
    Selon son appréciation, elle se transformera en cendres
    Sinon deviendra la Vénus qui vous aimera à en mourir.

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  • L’indienne fantôme

    L’indienne fantôme

    Les flammes viennent batifoler attirées par le phénomène
    De l’égrégore qui se soulève dans des essences aromatiques.
    Blottie contre le feu follet, l’indienne reprend forme humaine
    Lorsque la lune bleue se lève sur la forêt fantomatique.

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  • Vendredi, jour de vertige

    Vendredi, jour de vertige

    Le plafond bascule au plancher, les tableaux tournent autour des murs ;
    Ce vendredi, jour de vertige, je vais rester à la maison.
    Je ne sais comment déclencher l’effet qui prend cette tournure
    Mais, de plus en plus, je voltige et n’en connais pas la raison.

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  • Nature

    Nature

    Bains de fougères et de ramures tannent ma peau d’un air sauvage
    Et les ombres qui s’y dessinent m’empreignent de leurs signatures.
    Alors le vent, dans un murmure, chante et caresse mon visage
    Et je transplante mes racines dans le terreau de la nature.

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  • L’antimorosité

    L’antimorosité

    Quand elle nage entre deux eaux, sa dépression paraît morose
    Mais c’est afin de respirer entre les vagues de déprime.
    Puis, elle lèvera le museau afin de voir la vie en rose
    Et se sentira inspirée par une exaltation en prime.

    Tableau de Mike Lazarus.

  • Fantasme grand-guignolesque

    Fantasme grand-guignolesque

    N’ayez pas peur de son fantasme ! Lucifer parfois se transforme
    Pour provoquer par la douleur des suggestions cauchemardesques.
    Mais finalement, quel sarcasme ! Cette vision reste conforme
    À une chimère en couleurs grimée en vache à lait grotesque.

    Tableau d’A. Dunhvm.

  • Palpitations amoureuses

    Palpitations amoureuses

    Toutes les énergies cosmiques que les sept chakras orientent
    Forment une aura communicante durant une méditation.
    Les orifices anatomiques jusqu’à la bouche souriante
    Apportent à la pratiquante d’amoureuses palpitations.

    Tableau de Jessica Perlstein.

  • Le principe amoureux d’Archimède

    Le principe amoureux d’Archimède

    Tout cœur plongé dans un amour reçoit une intime poussée
    Égale aux élans déplacés des sentiments manifestés.
    La physique et l’ sens de l’humour ne se sont jamais repoussés,
    Ce qui permet de déglacer les filles sans les admonester.

    Tableau de Silvio Porzionato.

  • Rayons XY

    Bien que vêtue de pied en cap, moi, à travers ses vêtements,
    Je vois les pensées qui l’habillent selon la mode de son cœur.
    À son regard qui me décape, elle a tendance évidemment
    À croire que je la déshabille et m’envoie toute sa rancœur.

    Comme elle sait que je perçois ce qui émane de son cœur,
    Elle s’abrite pudiquement d’une carapace avisée.
    Hélas, son mamelon sursoit à m’informer à contrecœur
    Qu’elle aimerait avidement que je rehausse ma visée.

    Tableau de Silvio Porzionato.

  • L’attraction inverse

    Contrairement à la plupart des habitudes attractives,
    J’ai une boussole intérieure qui perd le nord selon le lieu.
    Là où l’amour n’est nulle part dans une foule adaptative,
    Mes pensées deviennent extérieures et je m’enfuis de ce milieu.

    Quand les lieux ont été chargés de lourdes spiritualités,
    Mon âme part à la renverse et mon cœur tourne dans l’autre sens.
    Je monte en bas pour décharger tout ce trop-plein d’actualité
    Et je descends sans controverse vers les hauteurs de mes absences.

    Photos de Martin Tremblay.

  • La touche orange

    La touche orange

    Dans le bleu d’une nuit d’orage, un éclair surgi des ténèbres
    Porte juste la touche orange qui marque sa jeunesse en herbe.
    Pertinent, subtil éclairage sur un mur noir qui enténèbre
    Mais caresse d’une main étrange l’apparition au charme acerbe.

    Photo de Sergey P. Iron.

  • La touche bleue

    La touche bleue

    L’ennui se tisse sur l’azur par des lettres écrites en fil d’or
    Pour chasser les nuages épars qui pourraient crever de déprime.
    Alors au fur et à mesure que la mélancolie s’endort,
    Malheurs et bonheurs se séparent sur l’humeur qui se décomprime.

    Photo de Tejal Patni.

  • Le masque à ras

    Le masque à ras

    Le masque devient obligatoire – qu’il soit ou ne soit pas commode –
    Chacun en fait une occasion pour s’exprimer à sa façon.
    Bientôt les couturiers notoires sauront l’apprêter à la mode
    Et nous connaîtront l’invasion de virales contrefaçons.

    Isabella Blow par Mr Pearl sur www.jessicalight.blogspot.com201401mr-pearl.html .

  • Le poison lent

    La civilisation en marche, alliée au progrès du futur,
    Nous télécharge à domicile les fruits du monde épicurien.
    Quel plaisir pour le patriarche d’offrir à sa progéniture
    Des objets les plus imbéciles aux gadgets qui ne servent à rien.

    Mais voilà qu’un couac intervient dans cette chaîne industrielle ;
    Un poison lent s’est immiscé dans toute la consommation.
    Et comme personne ne parvient à en fabriquer des kyrielles,
    Voici la fin d’une odyssée et de la mondialisation.

    Illustration de Moebius.

  • Le temps est à l’Orange

    Le temps est à l’Orange

    Lorsque le temps est à l’Orange, elle porte une robe bleu clair
    Alors que si l’heure se fixe à midi, elle reste sur sa faim.
    Mais dès qu’il pleut, elle se change et tapote une lettre éclair
    Mais comme elle est tellement prolixe, on n’en verra jamais la fin.

    Photo de Lucia Giacani.

  • Génétique gynécée

    Comme une parthénogenèse, souvent femme enfante une fille
    Comme s’il paraît naturel que la femme est universelle.
    Mais serait-elle bien à son aise et heureuse dans sa famille
    Si le mâle n’avait point sur elle un piège à flirt qui l’ensorcelle.

    Toutes les filles ont une mère et c’est une chaîne sans fin
    Qui remonteraient aux racines de la première femme de la Terre.
    Si je déroulais le sommaire de tout le genre féminin,
    J’aurais la carte que dessine sa génétique secrétaire.

    Affiches de Sofia Bonati.

  • Tous les mêmes !

    Tous les mêmes !

    L’homme passe un quart de sa vie à s’amuser comme un gamin,
    Après, un quart d’adolescence à critiquer ceux qui les aiment.
    Tandis que ces quarts sont ravis, les autres, parmi les humains,
    Travaillent et rament dans l’abstinence mais finalement, ce sont les mêmes.

    Tableau de Giuseppe Boschetti.

  • En robe de paon

    La femme passe un quart de sa vie à s’amuser comme une gamine
    Puis, tout dépend de la façon dont elle dirige sa vie féconde ;
    Soit sa famille la ravit de l’aînée à la benjamine,
    Soit elle trouve le chausson qui lui fera gravir le monde.

    Pour rivaliser de beauté, une robe en plume de paon
    Dirigera tous les regards et lui octroiera la médaille.
    Mais toute la charibotée de pacotille sur tous ses pans
    Complique la vie qui s’égare dans l’apparence et les détails.

    Surelee Joseph photographiée par Anushka Menon.

  • D’une autre couleur

    D’une autre couleur

    Notre planète, drôle de manège, nous change souvent les usages
    Selon les changements d’époque, des bourreaux aux souffre-douleurs.
    Mais après la pluie et la neige qui nous changent les paysages,
    Toujours le même système ad hoc revient mais d’une autre couleur.

    Photo de Tejal Patni.

  • La fin du monde au troisième top

    La fin du monde au troisième top

    Assis sur le rebord du monde, je me posais cette question
    À propos de sa destinée dans cet univers infini.
    Mais je n’ai plus qu’une seconde avant de faire une suggestion
    Car tandis que j’ baratinais, je crois bien que tout est fini…

    Illustration de Moebius.

  • Vers une mode nouvelle

    Vers une mode nouvelle

    Bonne nouvelle cependant pour les survivants et leurs chiennes ;
    Demain la mode unifiera le monde entier aux mêmes tons.
    Finis les noirs, les jaunes et blancs. Vivent les teintes daltoniennes !
    Le futur se justifiera de nous avoir traités de moutons.

    Photo de Tejal Patni.

  • L’enfance du Cornard

    L’enfance du Cornard

    À son museau couleur d’ébène qui rappelle le bec du corbeau
    Et à ses oreilles rouquines qui évoquent l’appel eu renard,
    Assurément, De la Fontaine aurait changé ses contes verbaux
    Par une fable plus coquine nommée « l’enfance du Cornard ».

    Tableau de Michael Garmash.

  • La plus belle conquête ailée de l’homme zélé

    La plus belle conquête ailée de l’homme zélé

    Si Dieu avait fait les chevaux doté d’ailes à grande envergure,
    Alors notre plus belle conquête serait Pégase ou sinon rien.
    Et depuis les temps médiévaux, les bons et les mauvais augures
    Seraient livrés à la requête de courriers postaux aériens.

    Illustration de Moebius.

  • Comme une araignée au plafond – 4

    Comme une araignée au plafond - 4

    L’inconscient sent son cauchemar s’insinuer dans tous les rêves
    Qui viennent le hanter la nuit comme si c’était prédestiné.
    Car le jour nous en avons marre de voir que l’on vit ou l’on crève
    Selon un pouvoir qui nous nuit à défaut de nous estimer.

    Tableau de Michael Sowa.

  • Comme une araignée au plafond – 3

    Comme une araignée au plafond - 3

    Tant elle usa, elle abusa de son pouvoir bouleversant
    Qu’elle ne put quitter son plafond sur lequel elle se confinait.
    Son mari point ne s’amusa et trouva plutôt renversant
    De la voir en toile de fond, nue, tandis qu’il se lancinait.

    Tableau de Brooke Shaden.

  • L’assemblée des utopistes

    L’assemblée des utopistes

    À l’assemblée des utopistes, il n’existe qu’une seule règle :
    Celle de n’en établir aucune car elles les mettent en addiction.
    La moindre loi met le lampiste à l’abri – il se croit espiègle –
    De ses erreurs et ses lacunes par esprit de contradiction.

    Moi, qui suis un vrai utopiste, j’ai rêvé de tant de pays
    Où hommes et femmes vivent ensemble d’eau fraîche et d’amours merveilleuses,
    Que j’ai effacé toutes les pistes de peur qu’ils ne soient envahis
    Par des râleurs qui se rassemblent pour créer des lois ennuyeuses.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • La plus kitsch

    La plus kitsch

    L’élection de la Reine des sorcières reste un spectacle inoubliable
    Car elles s’apprêtent au concours pour élire des leurs, la plus « bitch ».
    Il échoit au bénéficiaire – le maître des céans, le Diable –
    De choisir dans sa basse-cour la poule à la robe la plus kitsch.

    Photo de Tejal Patni.

  • Le jour des sorcières

    Le jour des sorcières

    Après avoir bien forniqué pour la fête de Lucifer,
    Les sorcières saluent le soleil en offrant leurs formes girondes.
    Puis, elles vont pique-niquer toujours à poil, faut pas s’en faire,
    Et rentrent sans donner l’éveil jusqu’à la prochaine lune ronde.

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  • La nuit des sorcières

    La nuit des sorcières

    Dans la nuit d’une pleine lune quand les villageois sont couchés
    Les femmes sortent à l’improviste pour satisfaire leurs désirs.
    Impudentes et sans honte aucune, elles dansent nues sans se toucher
    Jusqu’à ce qu’un diable opportuniste les fasse hurler de plaisir.

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  • Message aux étoiles

    Message aux étoiles

    Avec ma tête en l’air,
    Je ne pense qu’à toi,
    À ton anniversaire
    D’un petit vers courtois.

    À l’encre des étoiles
    Ma plume s’est délectée
    À tracer sur la toile
    Ses points de Voie Lactée.

    Si tu lis mon message
    À chaque anniversaire
    Quel que sera ton âge
    Il restera sincère.

    Tableau de Christian Schloé.

  • Chapeau pointu

    Chapeau pointu

    Pour tenter les jolis garçons, il suffit d’un chapeau pointu
    Qui leur suggère une érection proportionnelle et sans détour.
    Puis on mesure au caleçon l’angle arqué du sillon pentu
    Qui se redresse en direction de l’aventure sans retour.

    Sur https:www.paololazzarotti.photoprimordial-beauty .

  • Ce n’est pas la mer à boire !

    Ce n’est pas la mer à boire !

    Juste un peu décontenancée devant son monde qui vacille
    Et par la vague d’émotion qu’accompagnait son faible espoir,
    Elle hésita à compenser la peur qui, dans son cœur, oscille
    Par cette absurde disproportion, mêm’ si c’ n’est pas la mer à boire.

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  • En parts égales

    En parts égales

    Ma petite femme en parts égales pour chaque jour de la semaine.
    Lundi, je commence par baiser sa bouche et ses deux yeux vairons ;
    Le mercredi, je me régale à téter sa poitrine amène
    Et le dimanche, tout embrasé d’un feu d’amour dans son giron.

    Tableau de Michael Carson.

  • Chacun dans son nid

    Dans sa petite maison grise où l’intérieur n’est que couleur,
    Mademoiselle se dégrise du blues d’une vie sans douleur.
    Sa petite vie monotone malgré l’étage supérieur
    Sera tôt ou tard en automne sauf événement extérieur.

    Dans sa petite maison sombre où l’intérieur vit en lumière
    L’humeur du petit monsieur sombre dans la tristesse coutumière
    Mais dès que ce jeune coq cuisine, aussitôt penche à la fenêtre
    Le nez curieux de sa voisine et tous les goûts s’interpénètrent…

    Illustrations de Suzanne Geary.

  • Femmes des villes, femmes des champs

    Femmes des villes, femmes des champs

    Femmes des villes, femmes des champs, tout est devenu différent
    Depuis que poussent les nouveaux riches qui ont, la terre, abandonnée.
    Filles de l’air, filles du vent, le monde devient afférent
    À toute une planète en friche qui ne saurait nous pardonner.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La Vénus à tour de bras

    La Vénus à tour de bras

    La Vénus de Minuit, comme on l’appelle ici
    N’est ni une déesse ni une fille de joie.
    Au milieu de la nuit, son public l’apprécie ;
    Elle fait des prouesses par l’écho de sa voix.

    La Vénus de Midi – car elle a plusieurs noms –
    Fait tourner la marmite à l’hôtel de La Poste.
    Pour autant, cela dit, on connaît son renom
    Depuis les Dolomites jusqu’à la vallée d’Aoste.

    La Vénus de Milo – car c’est son patronyme –
    N’a jamais eu d’amants ni d’amours à la pelle.
    Tant de méli-mélo gigotés en cuisine
    Ne laissent aucun moment pour une bagatelle.

    Tableau de Michael Garmash.

  • Entre les monts mammaires

    Entre les monts mammaires

    Dans la vallée des mille femmes du royaume des terres-mères,
    Tu peux chevaucher des journées au pays des gorges profondes.
    Et lorsque le grand air t’affame, descend entre les monts mammaires ;
    Ta quête y sera ajournée auprès d’une femme féconde.

    Tableau de Ming Liu.

  • Die Vestalin der Kräuter

    Dank der Liebe zur Zitronenmelisse, aus der sie das Elixier schuf,
    Dank des Duftes von Rosmarin, aus dem sie seine Essenz gewann,
    Dank der Heiligkeit der Zypresse, die Santoline bringt,
    Dank der Orangenrinde, die sie schält,

    Unsere baumbewohnende Vestalin im Geheimnis ihres Waldes
    Destilliert den Trank der Götter mit dem Elixier der Jugend,
    Das sie mit Lavendel-, Oregano- und Rosenwasser parfümiert.
    Richtig gemacht in der Vollmondnacht.

    An ihrem Geburtstag nimmt sie die ganze Quintessenz davon
    In der Badewanne, in der die Jahre vergehen, die sie im Wasser der Zeit verdünnt.
    Dann wird ihm von den Göttern ewige Jugend geschenkt.
    Ein wenig eifersüchtig auf seine Schönheit, aber stolz auf seine Fruchtbarkeit.

    Bild von Fabienne Barbier

  • Comme une araignée au plafond – 1

    Comme une araignée au plafond - 1

    Comment en suis-je arrivée là, moi, l’innocente et son minet ?
    Comment le monde a basculé vers une telle absurdité ?
    Comment le monde s’emmêla à désirer me confiner
    Comme s’il avait calculé mon degré de crédulité ?

    Photo de Brooke Shaden.

  • Comme une araignée au plafond – 2

    Comme une araignée au plafond - 2

    Heureusement j’ai des infos que je dois comprendre à l’envers.
    Heureusement j’ai la radio dont j’entends les conseils pervers.
    Heureusement j’ai la télé qui montre ce que je dois voir
    Et j’en serai inoculée de ce qu’ON pense être mon devoir.

    Photo de Rosie Hardy.

  • Démonstration rouge-sang

    Démonstration rouge-sang

    Dans un champs de blé rouge-sang, j’ai levé un doute qui m’effleure :
    « Pourquoi la Nature associe le coquelicot à la joie ? »
    Mon raisonnement rougissant d’une femme au milieu des fleurs
    Saura le montrer sans souci et devrait vous laisser sans voix.

    Photo de Mélanie Dietze.

  • Ma vallée de larmes

    Ma vallée de larmes

    Si j’accumulais les papiers de mes poèmes mis bout-à-bout,
    Peut-être écriraient-ils l’histoire d’un gars dans sa vallée de larmes.
    À condition de les copier dans le bon ordre et avec goût
    Ou je cours le risque notoire d’en gâcher l’attrait et le charme.

    Vu sur http:www.bettypepper.co.ukpage3.htm .

  • Tea party

    Tea party

    Un petit sourire mutin accroché au coin de ses lèvres
    Laisse présager une intrigue au cours de cette tea-party.
    Bien sûr, n’importe quelle putain essaierait de lever son lièvre
    Mais celle-ci, elle investigue pour trouver le meilleur parti.

    Tableau de Maria Pace-Wynter.

  • Et décrocher la Lune

    Et décrocher la Lune

    Toute nue, sous un léger voile, la femme montre son ambition
    Et saurait décrocher la Lune, rien ne lui paraît impossible.
    Déjà, elle s’accroche aux étoiles mais le but de l’exhibition
    Semble une astuce opportune pour braver le mâle impassible.

    Tableau d’Edward Eggleston.

  • Quand l’heure sonnera

    Quand l’heure sonnera

    Entre la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace,
    Les femmes perdent souvent la tête, les bras les ailes et tout le reste,
    Mais elles perdent des kilos sans qu’on n’en retrouve une trace.
    Quant aux hommes, ce qui les embête, c’est de n’ plus avoir la main preste.

    Tableau de René Magritte.

  • Monsieur du Renard

    Monsieur du Renard

    Hier, le Renard est dans les choux, aujourd’hui il est dans les roses.
    Son combat d’avec le corbeau risque de tourner au désastre.
    Depuis trop longtemps qu’il échoue à découvrir le pot-aux-roses,
    Il s’est pris des procès-verbaux qui lui ont coupé l’épigastre.

    Or tout ce trafic de fromages qui dès lors lui passent sous le nez
    Lui est tant monté à la tête qu’aujourd’hui encore, il déprime.
    Aussi je propose en hommage, tellement il s’est surmené,
    De lui retirer son enquête en échange d’une forte prime.

    Photo de Karen Cantuq.