Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Couleur moustache

    Couleur moustache

    C’était le temps des croquembouches, parfum chocolat ou pistache,
    Que l’on dégustait en terrasse en tête-à-tête romantique.
    Comme le soulignaient les bouches des messieurs aux belles moustaches,
    Qui, le temps d’un soupir, embrassent les jolies lèvres aromatiques.

    Tableau d’Isaac Maimon.

  • La favorite

    La favorite

    Comme une douceur au palais qui enchanterait la couronne,
    Comme un baiser au caramel qui envoûterait les papilles,
    Le goût de son charme égalait les regards tendres et synchrones
    Qui noyaient les yeux d’hydromel du Roi Edward jusqu’aux pupilles.

    Photo de Marie Doro, actrice américaine née en 1882 et maîtresse du Roi Edward VII.

  • Baisers volants

    Baisers volants

    L’amour surprend comme le vent, le cœur en subit la bourrasque,
    Le corps en tremble de frissons comme frappé d’une embolie.
    Et les amoureux émouvants, pirouetter de mille frasques
    Suivant les baisers polissons qui tentent l’âme à la folie.

    Tableau de Marc Chagall.

  • Les œils-de-cyclone

    Les œils-de-cyclone

    Dans une tempête de fleurs, tornade de roses et de lys,
    Une femme bouleversée sous une giboulée d’icônes.
    La surprise lui ouvre le cœur d’une échancrure de peau lisse ;
    Au milieu du flot déversé, ses deux seins en œil de cyclone.

    Tableau de Gustav Klimt.

  • Madame Gulliver est venue

    Madame Gulliver est venue

    Intéressée par ses histoires, Madame Gulliver, curieuse,
    Vint accompagner son mari lors de l’expédition suivante.
    Elle suscita un auditoire composé de femmes furieuses,
    Jalouses par le gabarit de cette rivale émouvante.

    Bien qu’elles en fussent marries, elles durent par politesse,
    Sans faire de provocation, lui faire belle réception.
    Toutefois, lorsque leurs maris, séduits par son corps de déesse,
    Lui firent une belle ovation, terrible fut leur déception.

    Tableau d’Edward Robert Hugues.

  • Pluie de lumière

    Pluie de lumière

    Sous la voûte d’un ciel de verre qui miroitait au firmament,
    Je reçus la pluie de lumière comme un soleil aux mille voix.
    Et les étoiles de l’univers m’ont arrosé(e) à ce moment
    De cette matière première captée pour la première fois.

    Mosaïque de x.

  • La résolution de la femme

    Tandis que la Terre se morfond et que les hommes perdent la boule,
    Les femmes, en cercles, se rassemblent pour former leur révolution.
    Si ce changement est fécond et renverse l’état maboule,
    Nous pourrons dire tous ensemble que la femme mène l’évolution.

    Tableau d’Annelie Solis

  • Le lundi au Colisée !

    Monsieur le président assiégé qui choisissez et élisez
    Tous vos amis médiateurs aux postes les plus enviés,
    Je vous propose de faire siéger, tous les élus, au Colisée
    Combattre les gladiateurs où les lions seront conviés.

    Le Colisée à Rome

  • La fille aux oiseaux – F5

    La fille aux oiseaux – F5

    Prend garde à toi, impertinent, si tu veux butiner mon cœur !
    Mes deux cigognes fidèlement défendront mon corps ingénu !
    Si tu te montres pertinent, peut-être seras-tu vainqueur ?
    Sinon superficiellement tes fesses en seront prévenues !

    Tableau de Didier Delamonica.

  • Drôle de binette !

    Drôle de binette !

    Si vous saviez l’effet que fait chaque matin quand je m’éveille !
    Comme si je récupérais toute ma tête à la consigne.
    J’ai tellement l’air stupéfait de naître au pays des merveilles
    Qu’on pourrait y énumérer l’étonnement que je m’assigne.

    Tableau de Jennifer Yoswa.

  • Le garçon à la licorne

    Le garçon à la licorne

    Que d’aventures mon enfance aura rêvé de traverser
    En compagnie de la licorne dont j’avais percé le secret.
    Elle savait prendre ma défense pour toutes mes larmes versées
    Quand je prenais un coup de corne de la part d’un démon sucré.

    (Tableau de Didier Delamonica.
    J’appelais « démon sucré » ces petits défauts dont j’avais tant de mal à me débarrasser car ils étaient tellement tentants.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Couleurs réelles

    Couleurs réelles

    Souvent l’image en noir et blanc révèle ses secrets dans l’ombre
    Comme si toute sa lumière ne s’exprimait que dans le noir.
    Voyez ce message troublant dans les contours de la pénombre
    Qui renvoie les couleurs primaires en diffraction de sa mémoire.

    Tableau de x.

  • Ma couette en plumes

    Que de trésors accumulés, le matin à l’heure du réveil !
    Les rêves et les cauchemars en sont parsemés sur la couette !
    J’en chargerai mille mulets et j’irai vendre ces merveilles
    Une fois bu mon coquemar de café, d’une pirouette.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk

  • Le don

    « – Dis-moi, Doudou, dis-donc !
    Est-ce que tu me souris
    Si je te fais le don
    D’une tendre souris ? »

    « Mon tendre et gros Minou,
    Tu deviens mon vainqueur.
    Je me mets à genoux
    Et je t’offre mon cœur ! »

    Tableau d’Hanna Silivonchyk

  • Les femmes rouges

    Lèvres rouges aux teintes sanguines comme un baiser couleur cerise
    Qui délivre son suc sucré à qui embrassera le fruit.
    Lèvres rouges si féminines dont la texture valorise
    La transmission du feu sacré à qui en sera plus instruit.

    Cheveux rouges aux teintes écarlates comme floraison d’amarantes
    Qui exhale une odeur musquée à qui caressera la fleur.
    Cheveux dont le brillant éclate d’une magie revigorante
    Qui frappe l’œil sans le brusquer juste pour atteindre le cœur.

    Langues rouges aux tons rugissants comme un cri poussé dans la nuit
    Qui prononce des mots d’amour à qui goûtera la saveur.
    Langues rouges aux sons mugissants lorsque l’envie s’épanouit ;
    Baisers de plus en plus glamours pour qui en mérite la faveur.

    Photos de Frederico Bebber

  • La petite sirène

    Tous les marins, vieux loups de mer, tous les plus grands explorateurs,
    Les navigateurs solitaires, les capitaines et leurs matelots,
    Ont croisé la voie des chimères lorsqu’ils ont passé l’équateur,
    Ont perçu la voix du mystère entre les vagues, au fil de l’eau.

    Ne croyez pas qu’elle assassine les hommes par haine ou par rancœur !
    La légende et la vérité s’enchevêtrent avec démesure.
    S’il est vrai qu’à son origine, elle leur dévorait le cœur,
    C’était pour sa sécurité et pour les avoir à l’usure.

    Aujourd’hui, elle dissimule sa jolie queue loin des regards,
    Loin de ce tourisme imbécile qui pollue plus que de raison.
    Si la sirène nous stimule et rend toujours les hommes hagards,
    C’est qu’elle a élu domicile là où le cœur a sa maison.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les mains d’or

    Les mains d’or

    Printemps, reviens sur mon visage, attouche-le de tes mains d’or,
    Verse une pluie de tes doigts drus, appuie doucement de tes pouces.
    Fais-moi sentir ce doux présage quand, sous le soleil, je m’endors
    Tandis qu’un rayon incongru sort du sommeil les jeunes pousses.

    Été, embrasse mon paysage par ton soleil aux doigts de fées
    Qui vont resplendir de beauté et brunir ma peau délicate.
    Embrasse-moi de doux présages, masse-moi du plus bel effet
    Qui va, mes crampes, raboter par ta magie d’ostéopathe.

    Automne, débarrasse ma tête de toutes les pensées impures
    Qui, sur les plateaux de mon front, ont labouré trop de sillons.
    Ta moisson sera ma conquête, comme la charrue qui épure
    Dans le cocon tous les affronts de la chenille au papillon.

    Hiver, couvre de ton manteau tissé des cristaux qui endorment
    Mon corps à la peau d’opaline et mettent ma terre en jachère.
    Les compléments fondamentaux, durant mon sommeil, me transforment
    Comme une source cristalline dont la vie jaillit de ma chair.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’amante des forêts

    L’amante des forêts

    L’ambiguïté déterminante qu’offre l’amante des forêts
    Rivalise entre ses beaux yeux et l’influence qu’elle provoque.
    Jamais envie intimidante d’une requête à déflorer
    N’avait mis mon cœur périlleux dans un état si équivoque.

    Tableau de Maxine Gadd.

  • Devenue reine

    Devenue reine

    La somnolence de son regard accuse la forte chaleur
    Mais ses cheveux fraîchement coupés soutiennent une pose sereine.
    Hier encore, ses yeux hagards n’en connaissait pas la valeur
    Mais aujourd’hui préoccupée, la princesse est devenue reine.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • Drôle d’habits

    Drôle d’habits

    Finalement, que sommes-nous sinon des costumes pour l’âme ?
    Dès la naissance, on distribue des rôles plus ou moins infâmes.
    Un uniforme ou un burnous, la chrétienté ou bien l’islam ;
    Puis, un sexe comme attribut selon si on est homme ou femme.

    (Tableau d’Hanna Silivonchyk.
    Désolé pour le bouddhisme, l’hindouisme, le judaïsme et les autres religions que je n’ai pu nommer ici par manque de place.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Beauté répétitive est-elle compétitive ?

    Beauté répétitive est-elle compétitive ?

    Cette beauté soporifique qu’on nous demande d’applaudir
    Enferme dans l’uniformité toute la créativité.
    Serions-nous autant magnifiques que la mode veut bien le dire
    Si nous perdions notre identité pour une productivité ?

    Tableau d’Ofra Amit.

  • Réaction en chaîne

    Réaction en chaîne

    La vache n’veut pas donner son lait, la fermière ne peut pas traire la vache,
    Le fermier n’aura pas de câlins, l’apprenti n’aura pas son dû,
    Rien ne sera fait dans les délais, alors on brandit la cravache…
    Pour un bovin qui fait le malin, le monde entier est suspendu.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk.

  • L’apprentie chamane

    L’apprentie chamane

    Sitôt ma première leçon, on m’a proposé un défi :
    Soit devenir la meilleure, soit trouver mon identité.
    Aussitôt nous nous élançons, moi et mon oiseau Rififi,
    Pour conjurer notre frayeur en fusionnant nos entités.

    Gagnants du concours de dessin pour enfants « Rainbow Ugra-2019 » sur http:odntugra.rumediaphoto79.

  • La reine noire de l’univers

    Le mal se niche au cœur du bien, le bien se niche au cœur du mal ;
    Ainsi la loi de l’univers se résume à cet équilibre.
    À travers le stade amphibien qu’a vécu le règne animal,
    L’humanité n’est qu’un hiver sur les saisons d’un monde libre.

    Le noir est plus ou moins salubre, le blanc parfois sain ou nocif ;
    Ne cherchez pas la vérité uniquement dans l’un des camps.
    Les extrêmes se montrent lugubres, les pourparlers trop excessifs,
    Mais leur complémentarité créera un monde conséquent.

    Tableau de Sophia Shiloh

  • La reine blanche de l’univers

    Bien au-delà de la lumière, dans l’anti-monde permanent
    Où le temps n’atteint de limite à sa cadence omniprésente,
    Là-bas, j’ai ma source première, l’âme primaire et rémanente
    Dont le miroir du cœur imite cette énergie valorisante.

    Lorsque mes rêves s’y connectent, lors d’une nuit de pleine lune,
    Je passe par une ouverture qui ne s’entrouvre qu’une fois.
    Mon cœur et mon âme s’affectent de recouvrer cette fortune
    Juste un instant dans l’aperture mais qui ravive ainsi ma foi.

    Tableau de Sophia Shiloh

  • Pluie collatérale

    Pluie collatérale

    Quand je mets trop de protections, par excès de sécurité,
    Qui sait si rien ne retombera sur moi qui jouait les héros ?
    Toutes ces peurs, ces projections me plongent dans l’obscurité
    Et mon propre cœur succombera de mes dommages collatéraux.

    Tableau de Lora Zombie.

  • Cyrano

    Cyrano

    Là, quand tout n’est qu’ordre et beauté, l’inattendu est malvenu.
    Un nez trop long, un front trop bas, sourcils épais, un œil qui louche.
    Qui sort de la communauté ne sera jamais bienvenu.
    C’est toujours le même combat dont Cyrano fait fine bouche.

    Tableau de Rébecca Dautremer.

  • Pauvre pomme

    Pauvre pomme

    Pomme de reinette et pomme d’api, aussitôt mise sur le tapis,
    Le choix d’ouvrir sa conscience ouvrit les portes à la science.
    Joli fruit de la connaissance, tu apportes au fil des naissances
    La décision d’évoluer et nous en sommes éberlués.

    Tableau de Valeri Tsenov.

  • La femme de Vitruve – 1

    La femme de Vitruve - 1

    Assez jalouse que son mari plut à Léonard de Vinci,
    Elle se trouva fort dépourvue par ses deux jambes et ses deux bras.
    Madame Vitruve fort marrie de se retrouver évincée
    Par ce sinistre « m’as-tu-vu », s’en regimba et s’en cabra.

    Tableau de Sandro Botticelli.

  • La princesse à la licorne – 2

    La princesse à la licorne - 2

    Adieu, licornes télépathes, adieu Pégase volatile !
    Adieu, mes rêves de princesse depuis mon accomplissement !
    Devenir reine, ça vous épate, mais ces protocoles futiles
    Ont mis fin, avec mes grossesses, à tous mes attendrissements.

    Tableau de Valeri Tsenov.

  • La princesse à la licorne – 1

    La princesse à la licorne - 1

    Qu’est donc la licorne devenue une fois la princesse mariée
    Qui n’a plus besoin de ses charmes et son don de télépathie ?
    Ma reine, t’es-tu souvenue, avant que vous vous sépariez,
    Qu’elle aurait versé une larme avec regret et empathie ?

    Tableau d’Armand Point.

  • Tomber la burqa

    Lorsque tombèrent les burqas et tout le reste sur les talons,
    Les intégristes mécontents criaient « Maman », pleuraient beaucoup.
    Les femmes dansèrent la mazurka sans chemise et sans pantalon
    Pour se rembourser au comptant de ceux qui les avaient rouées de coups.

    Tableau d’Henri Matisse.

  • La fleur aux dents

    La fleur aux dents

    Couchée parmi les marguerites, dans une étrange mélancolie,
    Une fille étendue sans voix, regard perdu un peu partout.
    Elle avait succombé au rite « Il m’aime, un peu, à la folie… »
    Mais retombait à chaque fois sur « Il ne m’aime pas du tout ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le prince qu’on sort

    Le prince qu’on sort

    Les princes changés en grenouille n’embrassent plus à la volée
    Et les princesses furibondes les pourchassent tout autour du lac.
    Elles n’ont pas peur, elles se mouillent, prédisposées à convoler
    Mais la grenouille pudibonde détient plus d’un tour dans son sac.

    Tableau de Rébecca Dautremer.

  • Le sexe maintenu

    Le sexe maintenu

    J’avais admis qu’après la mort, hommes et femmes perdaient leurs sexes
    Car ils ne devaient plus procréer et devenaient ainsi des anges.
    Finalement, j’avais bien tort ; les genres demeurent complexes
    Et continuent à maugréer en s’adonnant à leurs échanges.

    Photo d’Alwin Nicolais.

  • Ma mère en troubles

    L’image de ma mère se trouble quand le miroir de mon enfance
    Me renvoie l’écho qui redouble d’une réponse comme une offense.
    Est-ce mon cœur qui se refuse à voir à qui elle ressemblait
    Ou est-ce mon âme qui s’amuse de ces reflets désassemblés ?

    Tableau d’Alex Alemany

  • Cette tendre spirale

    L’homme et la femme, son contraire, à moins que ce ne soit l’inverse,
    Forment deux branches séparées qu’on a du mal à rassembler.
    Mais si le sexe est arbitraire de la semence qui se déverse
    De nos parents désemparés, personne ne veut leur ressembler.

    Tableau de Susan Walker

  • L’infini à l’unisson

    L’infini à l’unisson

    Comme deux miroirs face à face, la vie répète à l’infini
    La même image, le même son, le même amour, la même odeur.
    Sans cesse, j’en ressens la trace quand, dans une œuvre de Rossini,
    Les violoncelles à l’unisson plongent mon âme en profondeur.

    Tableau d’Andrey Aranyshev.

  • Les remous de la mémoire

    Les remous de la mémoire

    Sous les pavés la plage laisse une empreinte indéfinissable.
    Il me suffit de secouer toute la poussière d’histoire
    Pour ressentir dans la mollesse de mes pieds enfouis sous le sable
    Tout l’or fraîchement éboué par les remous de ma mémoire.

    Tableau de Andrey Remnev.

  • L’écho de Sonora

    L’écho de Sonora

    Selon la lumière transmise, l’homme apparaît dans son aura
    Nappée des ancêtres fossiles, maillons de la chaîne de vie.
    À son tour, la lueur émise renvoie l’écho de Sonora,
    La terre de son domicile où sa tribu fut asservie.

    Tableau de Susan Seddon-Boulet.

  • Le rêve d’un autre

    Le rêve d’un autre

    Parfois je ressens l’impression de vivre le rêve d’un autre
    Comme un dieu qui s’endormirait et nagerait dans mon espace.
    Et quand j’observe l’expression des visages qui sont les vôtres,
    J’y vois ce qui nous unirait dans le vol d’un ange qui passe.

    Tableau de Andrey Remnev.

  • À l’écoute des fleurs

    À l’écoute des fleurs

    Lorsqu’elle occulte tous ses sens pour se relier à l’éther,
    Plusieurs fleurs restent à l’écoute, captant la voix de Demeter.
    Ainsi son cœur perçoit l’essence des émanations de la Terre ;
    Son corps transmet, son esprit goûte et son âme s’en désaltère.

    Photo de Laura Makabresku.

  • Le parfum des heures immobiles

    Tantôt l’aurore marque l’heure en développant les couleurs
    Qui ont trempé toute la nuit dans l’obscurité du séjour.
    Puis, les rayons dardent un leurre qui fait ressentir la douleur
    De l’aube accouchant sans un bruit d’un soleil qui ne vit qu’un jour.

    Tantôt le crépuscule opaque couvre la lueur des bougies
    Des lampadaires immobiles faisant office de sentinelles.
    Les étoiles, une à une, attaquent la lune qui se lève et rougit ;
    Et la nuit tombe indélébile comme une aveugle criminelle.

    La place San Marco à Venise au gré des heures

  • Le sacre féminin

    La pleine lune attire l’âme comme la femme attire l’homme
    Et l’homme désire conquérir ce qui est hors de sa portée.
    Ainsi, la femme produit la flamme qui fait basculer les royaumes
    Que l’homme rêve d’acquérir et que l’amour va apporter.

    Tableau de Peter Engelhardt

  • La suissesse téméraire

    La suissesse téméraire

    Toujours en guerre et insoumise, armée de l’épée de réforme,
    Gare à ceux qui résisteront à son vœu de neutralité.
    Le paradoxe semble de mise mais l’argent prend de nouvelles formes
    Quand le marteau du forgeron façonne la moralité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Saute-cochon

    Saute-cochon

    Quand les filles à califourchon voulaient sauter du coq à l’âne,
    Elles enfourchaient le cochon, les jupons en aéroplane.
    Malgré les rires des bourgeois qui prétendaient, d’un air méchant,
    Que c’était des filles de joie qui s’en allaient glaner aux champs.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’attitude de l’Ego

    L’attitude de l’Ego

    Plus je remplis de certitudes mon âme creuse de naissance,
    Plus je subis la servitude d’un esprit trop plein de sciences
    Tout dépend de mon attitude envers le flot de connaissances
    Qui met l’Ego en altitude au péril de son inconscience.

    Tableau de Joan Miró.

  • La maternité

    « Arrêtez ça ! Ça nous fait mal ! Ça nous rabaisse à l’animal !
    Observer cet enfant qui tête ramène la femme à la bête ! »
    Qui a dit çà ? Un androgyne ? Quelqu’un qui nie ses origines ?
    Quelqu’un qui trouve complexuel le fruit de l’acte sexuel.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Chat s’takovitch

    Une souris vint l’inspirer se promenant sur le clavier
    En sautillant de touche en touche mais préférant les noires aux blanches.
    Mais quand une autre vint conspirer en faisant, ses pattes, octavier,
    Le chat goutât, en fine mouche, qu’il avait du pain sur la planche.

    Tableau de David Martiashvili.

  • L’écrit-loup

    L’écrit-loup

    Que la magie de l’écriture me transforme encore aujourd’hui !
    Que du profond puits de mon âme remontent des mots oubliés !
    J’en remercie la nourriture et l’esprit qui sont reconduits
    Dans chaque phrase comme un sésame vers ce qui sera publié.

    Tableau de Christian Schloe.